La Nature
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- revue des sciences
- ET DE LE UH S A EDUCATIONS AUX A II T S ET A L’JNDUSTHIE
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- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
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- llli IJUIIS APPLICATIONS AUX A11TS KT A L’
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
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- HENRI DE PARVILLE
- NINGT-HUITIÈME ANNÉE
- 1900
- DEUXIÈME SEMESTRE
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- Ü8» ANNÉE. — N# 1410.
- 2 JUIN 1900.
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- L\ LUMIÈRE NOIRE
- ET LES FORMES ULTIMES DE LA MATIÈRE
- M. le I)1' Gustave Le Bon continue ses études sur la lumière noire commencées depuis déjà quatre ans.
- Sous ce nom [général de lumière noire on sait qu’il désigne aujourd’hui les radiations suivantes :
- 1° La luminescence invisible. — Grâce à elle on peut photographier dans une obscurité profonde des corps qui n’ont pas vu la lumière depuis 18 mois.
- Appareils de M. Gustave Le Bon destinés à montrer le passage, à travers des obstacles matériels, des effluves de matière dissociée produits par les réactions chimiques, l'action de la lumière sur les métaux, etc. ; et à démontrer que ces effluves ne sont pas analogues à la lumière.
- 2° Les radiations invisibles de grande longueur d'onde. — Elles rendent possible la photographie à la chambre noire à travers les corps opaques ainsi que nous l’avons déjà expliqué dans ce journal.
- 5° Les émissions métalliques. — Ces dernières déchargent les corps électrisés et impressionnent les plaques photographiques à travers les obstacles mais n’agissent qu’à petite distance. Bien que ces émissions soient les premières dont M. Gustave Le Bon se 28e année. — 2° semestre.
- soit occupé ce sont celles dont l’étude est la moins avancée encore.
- Les métaux ordinaires ont une émission très faible. M. Becquerel et d’autres observateurs découvrirent plus tard que l’uranium, le thorium, etc., sont de beaucoup plus actifs. On reconnut aussi que certains sels dits radio-actifs possèdent les mêmes propriétés à un degré bien plus élevé encore. Quelques-uns de ces composés, le chlorure de baryum radifère par exemple, sont spontanément phosphorescents.
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- En étudiant ces derniers sels et en voyant à quel point leurs propriétés se modifient par la chaleur, l'humidité, etc., M. Gustave Le Bon a été amené à conclure que les propriétés des corps dits radio-actifs sont dues — comme cela est admis de plus en plus pour les orps phosphorescents — à des réactions chimiques très mobiles pouvant se faire et se défaire au sein de corps solides - sels ou métaux, — sous l’influence de causes très simples telles par exemple que de faibles variations de température.
- Pour justifier cette hypothèse il fallait trouver des corps pouvant devenir radio-actifs sous l'influence de réactions bien déterminées. Tel est le but du dernier travail (pie M. Gustave Le Bon a publié récemment dans les Comptes rendus de l'Académie des sciences et développé ensuite dans un Mémoire.
- Parmi les corps présentant les phénomènes dits radio-actifs l’auteur cite notamment le sulfate de quinine. Plaçons une couche mince de ce sel sur une feuille de papier que nous poserons ensuite sur une plaque métallique chauffée à 120° environ1. Le sulfate de quinine devient bientôt phosphorescent et la phosphorescence s’éteint en quelques minutes. En enlevant alors le papier et le posant sur un corps froid le sel redevient lumineux et on augmente sa luminosité en soufflant légèrement à sa surface.
- Au bout d’un quart d'heure il cesse de briller. En le chauffant de nouveau il brille encore et cette série d’opérations peut être répétée indéfiniment. Si pendant qu’il se refroidit on le place sur le [daleau d’un éleetroscope il le décharge rapidement même à travers un obstacle matériel tel qu’une feuille mince de métal. Les réactions qui se [tassent alors sont très simples. Le sulfate de quinine chauffé se déshydrate, refroidi il s’hydrate. La phosphorescence et les divers phénomènes de radio-activité accompagnent l’hydratation et la déshydratation par simples variations de température. Beaucoup de corps présentent les memes propriétés que le sulfate de quinine. Des réactions fort différentes de l'hydratation peuvent produire, comme l’a également démontré M. Gustave Le Bon, des phénomènes de radio-activité.
- En quoi consistent les radiations émises par les corps radio-actifs, c’est-à-dire par des métaux divers tels que l'uranium, le zinc, l’aluminium, etc., ou par des sels tels que le chlorure de baryum radifère, le sulfate de quinine, etc. Leur rayonnement est-il bien constitué par des radiations, c’est-à-dire par un phénomène se [tassant au sein.de l'éther et sc propageant comme la lumière par ondulations? On l’a cru [tendant quelque temps, mais tous les physiciens admettent aujourd’hui, comme l’a soutenu M. Gustave Le Bon le premier, il y a trois ans, que les prétendues radiations des corps radio-actifs ne se polarisent [tas et ne se rétractent pas. Ge ne sont donc [tas des
- 1 Celte température de 120°s obtient très facilement avec une lampe à projection à 2 mèches sur laquelle on place le couvercle d'une boîte de conserves. Pour cacher la lumière qui empêcherait de voir la phosphorescence on remplace le verre, qui ferme la lampe par une plaque de métal.
- radiations et il devient dès lors probable qu’elles sont constituées par une émission de matière se rapprochant des émanations cathodiques.
- Mais cette matière qui traverse les eorps matériels décharge les corps électrisés, impressionne les plaques photographiques, etc., ne peut être ni un gaz ni une vapeur. Elle diffère même beaucoup, d’après Gustave Le Bon, des ions, c’est-à-dire des molécules dissociées par l'électricité. Suivant lui ce n’est [tas la molécule mais l’atome qui serait dissocié. Cette dissociation serait telle que les particules infiniment petites désignées sous le nom d’atomes seraient des infiniment grands vis-à-vis de cette forme ultime de la matière et c’est pourquoi les corps pourraient en émettre indéfiniment sans perdre sensiblement de. leur poids. Le fait que ces particules se conduisent comme des courants électriques, ainsi que le prouve leur déviation par l’aimant et leur propriété de rendre l’air conducteur de l’électricité, démontre qu'elles sont animées d’une extrême vitesse. Toutes ces expériences, dit M. Gustave Le Bon en terminant son Mémoire, montrent que ces atomes dissociés, ces particules de matière immatérielle, si Ton osait s’exprimer ainsi, particules qui peuvent traverser les obstacles les plus matériels, représentent une forme ultime de la matière tout à fait différente de celles (pie la chimie nous fait connaître. G’est un monde nouveau plein de mystère qui s’ouvre aux investigations des chercheurs.
- Nous représentons ici quelques-uns des appareils employés par le l)r Gustave Le Bon dans ses nouvelles expériences.
- Un voit dans la figure n° 1 le tube BC de métal soudé dans lequel sont enfermés les corps en expérience. Les particules produites par les réactions chimiques (par exenqde celle de l’eau sur le phosphore) traversent les parois du métal pour décharger P éleetroscope à projection I)G.
- La figure n° 2 représente la formation d’effluves capables de traverser les obstacles matériels par l’action de la lumière agissant sur certains métaux fraîchement, nettoyés (magnésium, zinc, cuivre amalgamé, etc.). Un miroir AG fait avec un de ces métaux et monté sur un pied Gl) électriquement isolé est relié par un fil métallique E à un éleetroscope déchargé F. Le miroir AC est placé au-dessus d’un éleetroscope chargé B et exposé au soleil. Sous l’influence de la lumière, F se charge pendant que B se décharge, ce qui montre la conductibilité établie entre A et B par émission d’effluves. Le même appareil (Téleetroscope F et le fil E étant supprimés) sert à prouver que ces effluves métalliques traversent les obstacles matériels. Un interpose entre le miroir AG et le plateau de T éleetroscope B une mince feuille d’étain, corps peu sensible à la lumière. La décharge se fait à travers ce métal, ce qui montre qu’il a été traversé par les effluves émis par le miroir AG sous l’influence de la lumière.
- La ligure n° 5 représente le polariscope imaginé par M. Gustave Le Bon pour [trouver, par l’absence de
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- double réfraction à travers du spath d’Islande des images formées sur une plaque photographique, que les effluves qui émanent des corps dits radio-actifs, tels cpie Luranium, ne sont pas des radiations comparables à celles de la lumière. Un appareil analogue lui avait déjà servi pour prouver la polarisation de la lumière invisible. A. de Maksy.
- MORBIDITÉ MILITAIRE
- Le service militaire doit accroître la résistance des jeunes soldats à la maladie.
- La vie au grand air, la régularité de l’existence, l’exercice, etc., sont autant de facteurs de santé. Sous leur influence, l’homme devient plus vigoureux et termine sa croissance dans des conditions plus favorables <|u’on ne le soupçonne généralement. Toujours est-il (jue, d’après les statistiques médicales de l’armée, en France tout au moins, la morbidité des militaires qui ont plus d’un an de service est moindre que celle des hommes qui arrivent au régiment.
- La première année est mauvaise, à cause du défaut d’accoutumance, de la moindre résistance dus au genre de vie antérieure. En tout cas, à quelques variations près, d’année en année, résultant de la constitution morbide du pays, du casernement, d’autres causes accessoires, les chiffres proportionnels se maintiennent dans le même sens pour les jeunes recrues et pour les soldats d’un an.
- Voici des chiffres exprimant la morbidité comparée,
- pour 1000, chez les soldats ayant plus d’un an
- ayant moins d’un an de service ;
- Fièvre typhoïde 8.51 J 5.07
- Grippe . 10.04 27.41
- Oreillons 0.17 10.72
- Rougeole . 7.;>o 15.02
- Scarlatine . ‘2.97 7.01
- Erysipèle 1.80 2.86
- Méningite lombo-spinale . . . 0.05 0.11
- Diphtérie 5.80 7.00
- Tuberculose . 5.78 0.65
- Rhumatisme 0.20 17.50
- Pneumonie, bronchite. . . 5.62 7.92
- Pleurésie 4.00 9.51
- Diarrhée, dysenterie. . . . . 18.80 57.70
- Ictère catarrhal . 5.18 5.11
- Ainsi, sauf pour l’ictère catarrhal dont la proportion est à peu près la même dans les deux cas, la morbidité des soldats de la classe approche presque toujours, atteint souvent et même parfois dépasse le double de la morbidité des militaires ayant plus d’un an de service. Et, en thèse générale, on peut soutenir que les jeunes soldats sont deux fois plus exposés à contracter une maladie interne que les militaires qui appartiennent aux deux classes antérieures.
- Cette statistique est donc suggestive et mérite d’attirer l’attention.
- Il faudra donc s’efforcer dans les régiments d’apporter dans l’alimentation et dans les nécessités du métier certain tempérament et des soins spéciaux. On ne prend pas de la vigueur et de la force en un jour !
- I)1' Caklbs.
- Cl ETIRE DE LA VANILLE EN SERRE
- POUR LA PRODUCTION DES GOUSSES
- Beaucoup d’amateurs d’horticulture possèdent dans leur serre un ou plusieurs pieds de Vanille sans se douter de la production annuelle de gousses que peut leur donner cette plante si elle est cultivée dans une serre chaude ou tempérée-chaude et traitée à cet effet.
- La Vanille du commerce est, comme on le sait, produite en grand dans les pays tropicaux : à la Guyane, à Bourbon, au Mexique, à la Réunion, à la Colombie, etc.
- L’espèce principalement cultivée en serre, et celle du commerce, est la Vanille à feuille plane, Vanilla planifolui, et ses variétés; toutefois d’autres espèces sont parfois cultivées également, mais elles donnent des produits d’une qualité inférieure.
- Je n’entrerai pas dans les détails de cette culture aux colonies ni de la préparation des gousses de Vanille, questions pourtant bien intéressantes, et j’aborderai immédiatement la culture en serre en Europe.
- Un orchidophile distingué, le comte du Buysson, a décrit naguère l'avantage de cette culture en serre, dans un intéressant article que MM. Bellair et Saint-Léger ont reproduit dans leur superbe ouvrage sur les plantes de serre qu'ils viennent de publier chez M. J)oin, sans que cependant celte culture soit très répandue pour cela.
- En serre, la culture de la Vanille peut se faire de deux façons différentes : soit en très grand pot ou eu bac, en palissant les rameaux sur une armature en en fil de fer, soit en pleine terre, dans une bûche en faisant courir les rameaux le long des fils de fer tendus parallèlement au vitrage; c’est certainement le dernier procédé qui est le plus pratique, car de cette façon on peut cultiver les autres plantes sur la tablette, les pieds de Vanille no prenant aucune place.
- La multiplication de la Vanille se fait soit par marcottes, soit par boutures. Pour le marcottage, il suffit d’inciser un rameau, d’entourer cette partie de mousse que l’on maintient mouillée pour provoquer un enracinement rapide. Les boutures sont constituées par des fractions de rameaux portant deux ou trois feuilles que l’on repique dans des godets et dans de la mousse maintenue humide.
- Ges jeunes pieds peuvent, être cultivés un an ou deux en pots, après quoi on les plante en pleine terre, en bâche ou dans de très grands pois. Pour leur plantation on utilise de la terre de bruyère grossièrement concassée et additionnée de mousse blanche nommée sphagnum, que l’on étend sur un drainage de tessons de pot. C’est à partir de ce moment que la Vanille pousse vigoureusement et qu'il faut en diriger les tiges le long des fils de fer.
- Au château de Mello, le jardinier, M. Bultel, a fort intelligemment installé ses plantations de Vanille.
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- LA NA T LUE.
- Au lien de laisser les rameaux courir sur les (ils de 1er, il a iixé sur ceux-ci des gros sarments de Vigne, laissant entre eux des villes qu'il a comblés de terre de bruyère et de sphagmun; eà et là sont d’autres gros sarments posés verticalement, autour desquels les rameaux de Vanille s'enroulent [tour aller rejoindre le cordon supérieur. Avec celte méthode, les nombreuses racines adventices qui se développent vont [miser des matières nutritives dans ce milieu.
- Depuis le printemps jusqu'en automne, il tant bassiner les pieds de Vanille plusieurs lois par jour, tandis qu'une lois suffit en hiver.
- 11 ne faut [tas songer à faire fleurir les [tieds de Vanille immédiatement après leur plantation, car ce n’est que lorsqu’elles ont développé de fortes tiges qu'on peut les préparer à donner des fleurs. Il est bon, à cet effet, de rabattre les tiges malingres [tour provoquer le développement des tiges très vigoureuses.
- S’il est nécessaire d'avoir des pousses vigoureuses il ne l'est pas moins d’en arrêter le développement exagéré, sans quoi la Vanille ne lleurirait pas. Pour provoquer la floraison , on pince les [tousses lorsqu’elles ont atteint lin,50 à 2 mètres, on les incise longitudinalement et transversalement sous les yeux; on les tord, on les contourne autour des lils de fer et des sarmenls; on les courbe de façon à provoquer des arrêts de sève à certaines places, de faciliter l'aôutement des rameaux et le développement des grappes florales à ces endroits ; toutes ces opérations doivent être faites attentivement pour ne pas casser les tiges.
- Ces opérations se trouvent encore complétées en privant la Vanille d’eau depuis la fin d’octobre, de façon que la terre dans laquelle elle se trouve soit sèche au mois, de décembre.
- Les grappes de fleurs apparaissent en décembre-janvier et s’épanouissent surtout en février-mars et avril, ces grappes sortent à l’aisselle des /euilles aussi bien sur les vieilles tiges ([ue sur les jeunes.
- II est absolument nécessaire de féconder ces fleurs artificiellement pour obtenir des gousses. La fécondation réussit moins bien sur les premières fleurs ([lie sur les dernières, ce qui tient, sans doute, à la presque absence du soleil au début de la floraison.
- Les fleurs sont très éphémères, elles s’épanouissent le matin pour se fermer le soir et la fécondation ne réussit bien que lorsque la fleur est bien épanouie, mais pas trop avancée, le matin de 9 heures à midi; il est ensuite trop tard, car l’après-midi les pollinies se détachent au moindre choc.
- La fleur est grande et verdâtre, sans odeur ; le pédoncule en est l’ovaire, le rudiment de la gousse, qui est terminé par le gynos-tème qui contient les pollinies ; le stigmate se trouve au-dessus et est presque entièrement caché par une valve qu’il faut soulever pour opérer la fécondation. Pour effectuer celle-ci on peut soit soulever à l’aide d’un petit bâton pointu, en y appliquant les pollinies sans les détacher, soit détacher les pollinies et les recueillir dans une petite boite bien close en fer-blanc et appliquer le pollen de suite ou une à deux heures [dus tard sur le stigmate à l’aide d’un pinceau.
- On s’aperçoit que la fécondation a réussi dans les 2-4 heures lorsque la fleur se dessèche sur place et (pie l’ovaire grossit; si, au contraire, elle n’a pas eu lieu la fleur tombe, puis l’ovaire jaunit et tombe également.
- Aussitôt la fécondation, il y a lieu de faire une petite opération, pleine de conséquences dans la suite, que l’on connaît peu et qui se résume simplement à serrer la fleur entre les doigts un peu plus
- Fig. 1. — Vanille cultivée en pleine terre en bâche.
- (D’après une photographie prise dans les serres du château de Mello.)
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- LA NATURE.
- haut que le stigmate. Il résulte de ceci que les pétales tombent seuls, tandis que le style reste et sèche et que sa hase forme une petite excroissance. Lors de la maturité des gousses il arrive fréquemment que les valves s’ouvrent et que les gousses perdent de leur valeur; cette petite excroissance empêche précisément cet écartement des valves.
- La fécondation opérée, il est bon de recommencer les arrosages et les bassinages, en prenant [bien soin cependant de ne pas
- occasionner la pour- f — ~~~ ~
- riture des gousses.
- Les gousses se trou-v e n t généralement au nombre de une à douze par grappe, il ne faut en laisser au plus qu’une à cinq par grappe, car elles grossissent davantage et les plus grosses sont les plus parfumées.
- La maturité a lieu environ dix mois après; on s’en aperçoit lorsqu’elles jaunissent puis brunissent. Lorsqu’elles commencent à jaunir, M. Bultel les enduit d’huile d’olive à l’aide d'un petit pinceau jusqu’au moment où elles brunissent. On peut aussi les entourer de gaze légère imbibée d’huile; cette petite opération a aussi pour but d’éviter l’écartement des valves. Lorsqu’elles ont une teinte brun-marron c’est le moment de les cueillir.
- Certaines se maintiennent parfois un an sur le pied ; mais il n’y a pas intérêt à les laisser si longtemps. Ces gousses sont ensuite mises à sécher, puis entérinées dans des boîtes en fer-blanc dans lesquelles elles givrent.
- Si Ton n’enduit pas les gousses d’huile on peut, dès leur cueillette, les placer dans une boîte entre deux morceaux de laine, placer cette boîte dans un endroit très chaud pendant une quinzaine de jours. Elles perdent ainsi leur humidité et certaines matières aqueuses, après quoi on les met dans une boîte en fer-blanc.
- Il est bien difficile de dire la production annuelle
- d’un pied de Vanille, cette plante étant très capricieuse. Ainsi la ligure I représente un pied de Vanille dans une serre dn château de Mello (Oise), qui en 1897 a donné 115 gousses, en 1898, 40 et en 1899, 50; cela bien que les Heurs n’aient pas été toutes fécondées.
- En 1896, un seul rameau long d'environ 10 mètres portait 57 gousses. Ce rameau fut, avant la maturité des gousses, marcotté en pot, enroulé
- sur un tuteur et présenté à la Société nationale d’Ilorticul-ture de France avec ses 57 gousses qui ont parfaitement mûri ; il constitue certes un exemple rare de grande fertilité.
- La figure 2 représente une autre Vanille cultivée en pot dans une des serres du Casino à Monte-Carlo et que j’ai photographiée en septembre 1899.
- Cette plante spécimen que Ton peut voir à l’Exposition universelle dans la section de la principauté de Monaco, portait alors une centaine de gousses et elle en donne à peu près la même quantité chaque année. Les multiples tours que Ton fait faire aux rameaux autour de cette armature semblent avoir pour effet de répartir convenablement la sève et de favoriser une production régulière. Cette culture pratiquée intelligemment en serre est non seulement amusante, mais encore très productive et cela, sans nuire aucunement aux plantes qui sont cultivées en même temps au-dessous.
- Ai.bert Malmené.
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- POSTES, TÉLÉGRAPHES ET TÉLÉPHONES
- EN FRANCE
- I. -- POSTES ET TÉLÉGRAPHES
- On donne généralement, et avec raison, comme la mesure approximative au moins des progrès commerciaux et
- Fig. 2. — Vanille cultivée en pot.
- (D'après une photographie prise dans les serres du Casino, à Monte-Carlo.)
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- LA NATURE.
- n
- économiques d’un pays, le <1«*vcloftpement de sa circulation postale et télégraphique: le fait est que ces moyens de communication jouent aujourd’hui un rôle primordial, tellement même qu’on se demande ce que deviendraient industrie et commerce, si une, circonstance quelconque venait à troubler simplement ces communications.
- Aussi est-il curieux de relever certains chiffres à ce propos, en ce qui concerne la f ranco, d’autant qu’en somme ces progrès n’ont été rendus possibles que par les perfectionnements réalisés par la science et l’art de l’ingénieur.
- Kn 1870 la circulation postale intérieure comprenait un ensemble de 404 millions de lettres ordinaires, 26 millions 1/2 de cartes postales, un peu moins de 7 millions de chargements, et enfin 555 millions et demi de journaux et papiers d’affaires.
- Kn 1808, on peut dire actuellement, puisque aussi bien il est impossible de se procurer les données relatives à l’année qui vient de finir, les chiffres correspondants sont de 718 millions, 52 1/2, 28 et 1214 millions, dernier total formidable, qui dit bien clairement l’importance qu’ont prise les journaux et les imprimés de toute sorte.
- La progression est encore bien autrement considérable si nous envisageons les relations internationales, et cela s’explique par ce fait que chaque Français, pour ainsi dire, a des relations d’affaires ou même des relations personnelles avec quelque correspondant de l’étranger. Le fait est que, toujours à considérer cette même période de vingt années, nous voyons que les lettres ordinaires ont passé du chiffre de 61 millions 1/2 à celui de 109 millions et plus, que, pour les cartes postales, on est passé de même d’un peu plus de deux millions à près de 5, que le nombre des chargements s’est élevé de 1 million 1/2 à 4, et enfin que la circulation des journaux et imprimés est de 95 millions environ, alors qu’elle n’atteignait pas 55 millions en 1879.
- Nous ajouterons encore que le mouvement des télégrammes est de 40 millions, au lieu de 10 millions 1/2, qu’enfin le nombre des mandats français atteint 52 millions 1/2 au lieu de 11 millions, et que celui des mandats étrangers dépasse de beaucoup le million, alors qu’en 1879 il ne s’élevait pas au demi-million.
- En cette même année, le service des bons de poste et de la Caisse d’épargne n’existaient point, et aujourd’hui le premier émet plus de 5 r.illions de bons, et la seconde fait 4 millions 1/2 d’opérations.
- II. - TÉI.KPHON'KS
- Ce n’est pas d’aujourd’hui que l’on répète que la France n’est pas à la hauteur de beaucoup de pays étrangers, au point de vue du développement des réseaux téléphoniques; nous pouvons ajouter immédiatement que la faute en est en grande partie aux tarifs élevés que fait payer l’administration, pour la pose des fils et pour les abonnements.
- Il doit aussi être reconnu que les abonnés ont réellement à se plaindre du temps qu’ils attendent généralement pour obtenir communication, tout simplement parce que les circuits ne sont pas assez nombreux, et qu’il se produit des encombrements constants : on comprend que, dans ces conditions, ceux qui ne sont pas abonnés ne se sentent pas tentés de le devenir.
- Nous trouvons l’aveu de ce que nous venons de dire dans un rapport récent du ministre des Postes et télégra-
- phes, auquel nous empruntons quelques chiffres assez intéressants.
- Alors que la Belgique, avec sa population de 6 495 000 ha bitants possède en 1897 plus de 12 000 postes d’abonnés, que le chiffre correspondant est de 50 000 et plus pour les 4 962 000 habitants de la Suède, et qu’enfin la Suisse, qui ne compte que 2 917 000 âmes, peut mettre en regard le total relativement énorme de 51 000 postes d’abonnés, c’est à peine si la France en compte 44 000, pour une population qui dépasse actuellement 58 millions et demi. Si nous voulons entrer dans le détail, nous verrons qu’en 1890 nous possédions 57 lignes interurbaines et 54 réseaux; peu à peu ces chiffres deviennent 559 et 414 pour l’année 1896, puis 791 et 606 en 1898, enfin 1079 et 959 en 1900.
- La progression est assez sensible, mais elle n’est que bien lente pour le nombre des postes d’abonnés : en effet il était déjà de 54 500 en 1896, pour s’élever à 44000 en 1898, et finalement atteindre le total de 60 000 en 1900. Et encore faut-il dire que la part de Paris dans ce chiffre est tout à fait prédominante, puisque les postes d’abonnés s’v comptent par plus de 51 000 en 1900.
- Depuis 1898, le total des abonnés de Paris a augmenté d’une façon énorme, mais on peut se demander s’il n’y a pas là un accroissement factice ou plus exactement temporaire dù à l’Exposition, et si la dépression ne se fera pas sentir ensuite.
- Il ne faut pas oublier du reste que le prix de l’abonnement, notamment à Paris, est excessivement élevé, et que la France est le seul pays où l’abonné ait à contribuer aux frais d’établissement de sa ligne, et à acquérir de ses deniers l’appareil de son poste.
- Et d’ailleurs, chose bien plus importante à signaler, et qui démontre que notre service téléphonique pèche par la base, c’est que, si l’administration n’abaisse point la taxe d’abonnement, ce n’est pas qu’elle craint que cela entraîne des déficits pour elle, c’est qu’elle laisse celte taxe élevée comme une digue à l’accroissement trop rapide du nombre des abonnés : et cela tout simplement parce que cette administration n’a pas les ressources nécessaires pour constituer le matériel devant assurer la liaison des nouveaux abonnés, et pourvoir à l’exploitation.
- Nous voyons bien ainsi les résultats d’un monopole d’État, où l’on empêche, par l’établissement de taxes prohibitives, l’usage d’un moyen de correspondance qu’on peut considérer à bon droit aujourd’hui comme de première nécessité. I). 11.
- TOXICITÉ DU SEL MURIN
- Certains faits sont vraiment singuliers. Qui aurait jamais osé prétendre que le sel marin pouvait être toxique quand il est pur?
- Les innombrables animaux qui vivent dans la mer sont en contact permanent avec une eau fortement salée, renfermant non pas exclusivement, mais essentiellement du sel marin, du chlorure de sodium. Beaucoup d’entre eux meurent en quelques instants quand on les plonge dans de l’eau douce. Nous ajoutons tous les jours à nos aliments du sel marin, et, si nous ne nous servions pas de ce condiment, notre estomac s’en plaindrait vivement.
- Le sel marin nous apparaît donc comme un élément utile et même indispensable pour certains animaux.
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- LA N A TME.
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- Or, d’après des expériences toutes récentes d’un physiologiste américain, M. Jacques Loeb1, le chlorure de sodium, débarrassé des autres sels qui l’accompagnent dans la mer, serait un poison violent pour les animaux marins.
- Peut-être serait-il de même un poison pour l’homme, si l’homme n’ingérait pas avec lui, dans ses aliments, une certaine proportion de sel de potasse, de chaux, etc.
- Voici, brièvement, les curieuses expériences de M. Jacques Loeb. Ce savant prend des petits poissons marins fraîchement éclos, du genre Fundulus et les plonge, dans une solution de chlorure de sodium pure avec de l’eau distillée ; les poissons y vivent d’autant plus longtemps que la solution est {dus diluée. C’est ainsi qu’ils vivent environ quarante heures dans une eau contenant une quantité de sel égale à la moitié de la salure marine vt environ soixante-douze heures dans une eau en contenant la dixième partie. Dans l’eau distillée, ils sont encore vivants après dix jours. Les mêmes petits poissons vivent indéfiniment lorsqu’ils sont conservés dans l’eau marine, même si l’on ajout'* à cette dernière 5 pour 100 de chlorure de sodium pur. 11 faut donc bien en conclure que le chlorure de sodium pur est un poison pour les êtres et que l’eau de mer contient, à côté de ce poison, un contre-poison.
- M. Loeb a fait ensuite des mélanges de chlorure de sodium et de chlorures de magnésium, de potassium, de calcium. S’il y a du chlorure de sodium en grande proportion relative, les animaux meurent encore, mais résistent plus longtemps que dans la solution de sel marin pur. Si, au contraire, on augmente peu à peu les proportions des sels de magnésium et de calcium, les poissons finissent par très bien vivre et se développer, tout comme dans l’eau de mer.
- Le même résultat s’obtient assez bien avec d’autres animaux marins. Par exemple, les méduses du genre Go-nionemus plongées dans la solution de sel marin pur meurent. Si l’on ajoute des sels de potassium et de sodium, les animaux reviennent à la vie. Il en est encore ainsi pour les oursins.
- Donc, le sel marin pur se comporte comme un poison. Tel est le fait. Il montre d’une façon frappante le rôle capital de la composition minérale du milieu dans les phénomènes de la vie.
- Il nous paraît bon de rapprocher ces expériences très suggestives des observations de MM. Richet et Iléricourt sur le rôle du sel vis-à-vis des bromures dans le traitement de l’épilepsie. Le bromure de potassium se montre relativement inerte sur la cellule animale en présence du chlorure de sodium en excès. Supprime-t-on la ration de sel marin et 1* bromure acquiert une vertu double, triple, puisqu’on peut faire descendre les doses quotidiennes de 12 à 4 grammes. Le chlorure de sodium gênait l’action du bromure. Le mélange diminue considérablement l’influence du bromure sur le système nerveux.
- Donc, on retrouve déjà ici, avant les expériences de M. Loeb, cette notion neuve et curieuse de la toxicité des sels purs.
- Ces diverses expériences ont une portée théorique considérable, et il sera important de ne les pas perdre de vue. J,-F. Gau..
- 1 The American Journal of physioloqy.
- LES PAVILLONS DE L'ANGLETERRE
- A L'EXPOSITION IUNIVERSELLE
- La classification adoptée pour notre Exposition d’aujourd’hui nous lait sortir dt* nos habitudes, jusqu’ici, chaque nation montrait en un palais à part l’ensemble de ses diverses industries, de façon à former une sorte de synthèse de la production du pays considéré. Cette fois, c’est le produit lui-même qui est la hase de la répartition des objets dans les différentes galeries. Chaque classe forme une sorte d’exposition indépendante et autonome qui comprend toutes les unités du programme sous ses différents aspects, à quelque nation qu’elles appartiennent ; cette façon d’agir est très rationnelle, car elle permet au visiteur de comparer les produits entre eux, sans qu’il soit obligé de se transporter dans les pavillons de diverses puissances pour aller voir en chacune comment ils sont traités.
- Le premier résultat d’une classification comprise de la sorte eût été de faire disparaître les palais étrangers; cela aurait été une faute très grande, car on sait que le public trouve en eux un élément de satisfaire sa curiosité : toutes ces constructions si variées de style et d’architecture ont un attrait spécial qui se trouve augmenté par la couleur locale provenant des marchandises offertes, des plantations qui les entourent et même des indigènes venus à Paris.
- Aussi a-t-on tourné la difficulté en laissant les diverses nations élever des pavillons pour y loger des souvenirs nationaux, installer des salons de réception, etc. En réalité, plusieurs pays ont échappé à cette règle et ont carrément installé dans leurs palais les produits pour lesquels ils ne trouvaient point de place à leur convenance dans les palais officiels. Mais ceci ne s’est fait qu’à titre de dérogation à la règles de sorte que, si la classification adoptée conserve en principe ses qualités, il n’en est pas moins vrai qu’en réalité elle en perd une grande, partie, à cause des nombreuses exceptions qui lui ont été apportées.
- On a également offert aux pays étrangers de vastes terrains au Trocadéro pour y faire des reconstitutions exotiques rappelant leurs colonies.
- L’Angleterre est un des pays les mieux partagés à l'Exposition, car elle a pu installer plusieurs constructions importantes ayant chacune son cachet et sa destination.
- Le principal est celui qu’on a élevé sur le quai d’Orsay et qui porte le nom de pavillon du Prince de Galles ; ce palais est d’une simplicité britannique et n’inspire aucunement l’idée grandiose qu’on pourrait avoir d’un palais d’Exposition. C’est une demeure confortable et bien solide, avec de vastes fenêtres donnant beaucoup de lumière, et des murs épais ne laissant passer ni le froid ni l’humidité. C’est une maison qui semble, à tous les points, être faite en vue du bien-être (fig. 1).
- Les salles que contient cet, édifice recouvrent des
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- LA NATURE.
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- œuvres de l’art ancienfrappelant les grandes dates de l’histoire de l’Angleterre; c’est un musée national dont les objets pourraient faire partie de l’exposition rétrospective du Groupe II attribuée aux œuvres d’art. On a également réservé une salle d’apparat et une autre de repos au cas ou le Prince de Galles viendrait à Paris voir l'Exposition. Il n’y a ni bar ni restaurant.
- Le deuxième pavillon anglais est celui de la Société des canons Maxim situé derrière le palais officiel des Armées de terre et de mer, c'est une construction bizarre et sans grande beauté, moitié cuirassé de mer, moitié place forte de terre; elle attire le regard mais ne le retient pas.
- Nous ne pouvons en dire autant de ce merveilleux édifice situé à côté du palais du Commerce et de la Navigation et qui est destiné à montrer ces deux branches de l’activité britannique : ce pavillon rappelle une église grecque avec ses coupoles et ses cintres surbaissés ; il y a beaucoup d’unité dans cet[édifice et une très grande pureté de style (fig. 2).
- Au Trocadéro, l’Angleterre occupe une surface considérable pour abriter les produits de ses colonies ; elle possède en ces parages près de 7000 mètres carrés. On a construit sur cet espace deux palais bien distincts, l’un pour les Indes anglaises, l’autre pour la généralité des colonies.
- Le bâtiment indien se compose d’un grand édifice occupant une surface sensiblement rectangle. Une entrée monumentale ayant presque toute la hauteur du palais forme une sorte de pavillon indépendant surmonté d’une coupole spéciale et flanqué de quatre minarets ayant à leurs sommets des petits
- dômes ajourés. Ce motif forme une tour carrée et divise le palais indien en deux sections correspondant à deux séries de salles d’exposition. Celles-ci sont fort élevées et se composent d’un rez-de-chaussée garni de balcons intérieurs : cette disposition est fort propice à l’installation de trophées que les Anglais aiment beaucoup montrer dans toutes leurs exhibitions. Ce sont des amas de produits les plus divers formant des pyramides élevées et dont la disposition
- artistique est souvent plus intéressante que les produits dont elles se composent.
- La salle de gauche est réservée au gouvernement des Indes et celle de droite est attribuée aux expo-sants particuliers; dans l’une et dans l’autre on voit des bois d’essences diverses, soit à l’état naturel, soit à l’état de travail, des ivoires, etc. Deux grandes salles sont consacrées à l’exposition de file de Ceylan qui, on le sait, est une des plus riches provinces des possessions anglaises en Asie; elle sert à nous montrer la faune de cette belle contrée, les divers animaux féroces de ce pays qui constituent le gibier ordinaire, auquel les Anglais destinent les balles des rifles.
- Derrière le palais des Indes, se trouve une autre construction de dimensions plus considérables encore dans laquelle sont réunis les produits des autres colonies anglaises et plus spécialement du Canada, qui occupe tout un corps de l’édifice.
- Une salle est réservée à la Canadian Pacific Navigation Company, dans laquelle on nous montre des modèles de navires et des trains appartenant à cette compagnie, ainsi que les plans des différentes lignes qu’elle possède ; de grandes photographies nous donnent une'impression des sites tra-
- Fig. 1. — Le Pavillon du Prince de Galles au Quai d'Orsay.
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- Fig. 3. -— Le restaurant de Geylan nu Trocadéro. (L’après une photographie.)
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- versés par son matériel flottant et roulant. Une antre salle est attribuée au gouvernement canadien avec trophées dans lesquelles s’étagent tous les produits du pays, lingots d’or, peaux, céréales, etc.
- Une partie du palais est consacrée aux Crown Colonies, c’est-à-dire aux colonies qui n'ont pas de gouvernement local, mais qui dépendent directement dé la direction coloniale à Londres.
- C’est le cas des îles Maurice, les Seychelles, etc.
- L’architecture de ces deux palais coloniaux est très sobre et sévère; de grandes tours carrées et massives donnent l’impression de puissance; le blanc domine sur les surlaces extérieures, tandis qu’à l’intérieur, on trouve tous les coloris des pays de l’Orient; ainsi les salles du palais des Indes sont d'une richesse merveilleuse de teintes.
- On sait que la Ville de Paris imposait aux diflé-rents architectes qui avaient à élever des palais au Trocadéro, l’obligation de respecter tous les arbres. Cette circonstance a été une gène pour nombre d’entre eux; mais l’auteur de ces pavillons anglais, M. Charles Clowes, a su profiter de cette clause au profit de ses constructions; il a installé des jardins intérieurs, avec échappées sur le grand air : il a su trouver ainsi des motifs de décoration nouveaux et du plus heureux effet.
- Des plantes asiatiques donnent à ces monuments un cadre d’exotisme réel qui en fait un ornement des plus piquants. De superbes Indiens avec leur teint basané et leurs costumes bariolés donnent un cachet de couleur local encore plus réelle à cette exhibition.
- A côté du palais colonial, nous trouvons un pavillon réservé à la dégustation du thé de l’ile de Ceylan; la construction est légère et gracieuse, mais son plus grand charme provient de la présence des serviteurs qui sont des natifs de la grande île indienne, leur coiffure bizarre est agrémentée d’un peigne tout à fait curieux (fig. 3).
- Ajoutons enfin que sur les bords de la Seine, on a construit un grand pavillon à plusieurs étages réservé à la consommation de mets coloniaux anglais. C’est un édifice en bois, tel qu’on en trouve dans les Indes avec beaucoup de saillies et des balcons découverts prévus dans toutes les orientations. A. DA CUNHA.
- LE FIBRftLEUM
- M. de Livache, ail nom du Comité des Arts chimiques de la Société d’Enseignement à l’Industrie nationale, vient de faire un rapport intéressant sur un nouveau produit le fibroleum. Ce produit est fabriqué avec des rognures de cuir; il est dù à M. Brigalant qui a pensé avec raison que l’on pourrait bien utiliser les déchets de cuir de même que l’on utilise les vieux papiers quand on les transforme à nouveau en papier ou en carton. Lorsqu’on examine du cuir au microscope, on voit qu’il est composé de fibres assez longues soudées entre elles par une substance jouant le rôle de ciment. Les solutions alcalines dissolvent le ciment, de sorte que l’on peut isoler les fibres comme celles du papier, les faire passer sur la toile d’une
- machine à fabriquer le papier, et on obtient ainsi une feuille constituée par le feutrage des fibres retirées du cuir. C’est ce produit feutré qui constitue le fibroleum.
- A l’usine de M. Brigalant, on utilise des rognures coupées en petits morceaux ; on les empile dans de vastes cuves pouvant en contenir 4000 kilogrammes par opération et on les laisse macérer avec une solution alcaline. L’action chimique doit durer de huit à quinze jours à la température ordinaire. Après quoi, on évacue la solution alcaline, on lave à l’eau froide et la matière est envoyée dans un appareil défibreur spécial, consistant tn deux cylindres à fortes cannelures qui étirent le produit. Finalement, on obtient une pulpe très douce au toucher qui est encore transportée dans une pile raftîneuse où l’on ajoute, pour certaines applications, des fibres papetières de chanvre, de jute, de paille, etc. La pâte ainsi obtenue est travaillée par une machine à papier ordinaire et sort à l’état de feuille présentant déjà, à l’état humide, une certaine résistance, bien qu’elle ne mesure pas plus d’un dixième de millimètre d’épaisseur et qu’elle ne pèse que 25 à 50 grammes par mètre carré.
- En quittant la toile, cette feuille de 2 mètres de largeur s’enroule sur un cylindre de 0m,70 de diamètre et l’on obtient ainsi une superposition de feuilles humides adhérentes. Quand on a l’épaisseur voulue pour l’application en vue, un couteau sépare le paquet de feuilles du cylindre. On fabrique de cette façon des feuilles d’une épaisseur de 1 à 10 centimètres constituées par la superposition de 100, de 1000 feuilles simples. On termine l’opération en faisant passer les feuilles entre des feutres sous la presse hydraulique qui diminue leur teneur en eau de 75 à 50 pour 100, puis dans des séchoirs à air chaud en vue d’abaisser la proportion d’eau jusqu’à 8 pour 100 et, enfin, à la calandre. Les feuilles se gondolent comme le cuir naturel et en présentent tous les caractères essentiels. Voilà en gros la fabrication.
- Les applications ne manquent pas. Le fibroleum n’est pas destiné à remplacer le bon cuir naturel; mais il est tout indiqué pour se substituer avantageusement aux produits inférieurs qui entrent aujourd’hui dans la confection des chaussures à bon marché. Une feuille de fibroleum ne se déchire pas, en effet, sous l’influence de flexions répétées ; elle présente une résistance énorme à la traction et les fibres montrent des qualités identiques à celles qu’elles possédaient dans le cuir dont elles proviennent. Aussi se sert-on déjà avec avantage du nouveau composé pour les contreforts de bottines, pour les talons surtout; les talons en cuir naturel sont composés de feuilles superposées et collées; au contraire, avec le fibroleum, on peut fabriquer des feuilles qui, après dessiccation, ont précisément l’épaisseur voulue et que l’on découpe à l’emporte-pièce. Un talon de 3 centimètres, par exemple, nécessite un bloc de 800 feuilles.
- En ce moment, le fibroleum ne donne pas ce que l’on peut en espérer pour les semelles exposées à un contact prolongé avec l’eau. Évidemment, il est très supérieur aux produits à base de carton qui se comportent comme une éponge ; mais il absorbe plus d’eau que le cuir naturel, malgré des essais de collage au savon de résine analogue au collage que l’on fait subir au papier. M. de Livache a pris deux morceaux de même surface, de 2 millimètres d’épaisseur, l’un de cuir, l’autre de fibroleum, et il les a tenus immergés dans l’eau. Après les avoir essuyés avec un linge, il a pesé. Or, après diverses durées d’immersion, il a relevé l’augmentation de poids. Par exemple, après une demi-heure, elle a été pour le cuir de
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- En somme, la nouvelle matière absorbe en moyenne l’eau trois fois plus vite que le cuir. Mais les couches ne se séparent pas et, après dessiccation, la substance reprend sa dureté et sa flexibilité. On peut espérer qu’avec quelques recherches M. Brigalant parviendra à trouver une colle résistant à l’eau et suffisamment épaisse pour boucher les pores. Nous croyons personnellement le problème très soluble. Alors, le fibroleum pourrait recevoir de nombreuses applications.
- A l’heure actuelle, l’inventeur fabrique 120 à 150 grosses de contreforts de bottines par jour et il livrera bientôt, pour satisfaire aux demandes, 1000 grosses de contreforts et 5000 douzaines de talons par jour. Bientôt commencera la fabrication de fibroleum gaufré pour tentures et dessus de sièges.
- Le prix de revient du fibroleum est très peu élevé et très inférieur à celui des cuirs factices si défectueux que l’on emploie aujourd’hui. Ainsi, les contreforts pour chaussures reviennent en ce moment à 50 francs la grosse, en cuir naturel; avec le nouveau produit, le cent ne sera que de 5 francs, alors qu’il s’élève à 15 francs pour le cuir factice. Pour les talons, le prix est cinq fois moindre en fibroleum qu’en cuir naturel et un peu inférieur à celui des talons en cuir factice.
- Cette nouvelle industrie rendra donc de véritables services aux consommateurs, et elle est curieuse, car les produits mis en œuvre, déchets, rognures, résidus, ne sont guère utilisés, aujourd’hui, que pour la fabrication des engrais. ; ^ __ IL de P.
- LA NOUVELLE LIGNE
- DU CHEMIN UE FER D’ORLÉANS
- DANS PARIS
- Nous avons parlé à plusieurs reprises, pendant le cours des travaux, de ce nouveau tronçon que la Compagnie des chemins de fer d’Orléans a construit dans Paris pour le prolongement de sa tête de ligne au quai d’Orsay, à l’emplacement de l’ancienne Cour des Comptes1. Aujourd’hui l’ouvrage est terminé, et le 21 mai dernier les ingénieurs de la Compagnie nous conviaient à prendre le premier train d’essai sur le nouveau parcours.
- Il est juste d'admirer la gare du quai d’Orsay, œuvre de MM. Sabouret et Laloux, car non seulement elle répond aux désiderata des nécessités modernes, mais encore elle est un monument, dans toute l’acception du terme ; elle a fort grand air et contribue à orner ces parages de la Seine déjà si riches en belles constructions.
- Au point de vue technique, la gare d’Orléans est parfaite : on a ménagé le mouvement des voyageurs et des bagages, tant au départ qu’à Varrivée, de façon qu’il y ait le moins d’embarras possible. Le voyageur qui vient en voiture ou en omnibus pour prendre un train est immédiatement séparé de ses colis, ceux-ci sont aussitôt enregistrés et dirigés, à l’aide de monte-charges, vers les fourgons qui doivent les emporter. Une particularité fort
- 1 Voy. n° 1322, du 1er octobre 1898, p. 278 et n° 1365, du 22 juillet 1899, p. 119.
- intéressante est que, pour chaque train, il y a deux quais situés de chaque côté, l’un est exclusivement réservé au public et l’autre aux employés qui font les manœuvres des bagages.
- Grâce aux emprises considérables qui ont été faites non seulement sous la gare, mais encore sous le sol situé en avant et en arrière de celle-ci, on a pu donner aux quais une longueur exceptionnelle qui permet l’arrivée et le départ de trains fort étendus.
- Au premier abord, on pourrait presque concevoir des regrets de voir une gare si luxueuse à l’intérieur et si merveilleusement décorée. La fumée des trains, la poussière, etc., ne compromettront-elles pas ces décorations si élégantes? On peut se rassurer, car la traction est tout entière électrique, il n’y aura donc pas de fumée et par suite plus de cause de détérioration, comme cela arrive malheureusement dans toutes les gares de Paris.
- Les visiteurs qui composaient la caravane technique du premier train, ont été très bien impressionnés de leur voyage à travers la tranchée percée sous les quais de la Seine. Sur tout le parcours de larges ouvertures ont été pratiquées dans les murs qui donnent sur le fleuve, de sorte que l’air et la lumière arrivent surabondamment dans le souterrain ; jamais un tunnel n’a été installé en d’aussi bonnes conditions.
- Comme on le sait, il existe une station d’arrêt pour les voyageurs sans bagages, au pont Saint-Michel ; ici encore on retrouve les bonnes impressions qu’on avait eues pendant tout le trajet : les revêtements de faïences qui recouvrent les murs et la voûte donnent un air de gaieté et de propreté qui sont du meilleur aspect.
- L’arrivée à la gare d’Austerlitz se fait à l’aide d’une rampe de 11 millimètres, qui permet de gagner le niveau de l’ancienne voie; le nouveau tronçon passe donc sous les bâtiments de la place Yalhubert avant de se raccorder à la ligne d’Orléans.
- Ainsi que nous le disions plus haut, la traction est exclusivement électrique ; les locomoteurs qui remorquent les trains recueillent l’énergie en route par l’intermédiaire d’un rail spécial.
- Les dispositions sont prises de façon que, le jour où on reliera la ligne de l’Ouest qui aboutit aux Invalides au nouveau tronçon d’Orléans, les prises de courants puissent se faire de la même façon ; les trains d’une compagnie pourront donc toujours passer sur le réseau de l’autre.
- La force motrice pour la mise en marche des trains est produite dans une usine spéciale construite sur des terrains de la Compagnie, près du pont de Tolbiac. Cette usine comporte deux groupes électrogènes composés chacun d’une machine motrice de 1750 chevaux et d’un induit fixe disposé en couronne. Ces machines sont superbes et font le plus grand honneur à leur constructeur M. Dujardin, de Nancy ; les volants à eux seuls pèsent plus de 50 tonnes.
- Le courant triphasé produit par ces groupes est de 5000 volts, mais il est changé en courant continu de 550 volts à l’aide de transformateurs. Cette force électromotrice reçoit trois usages: la traction, l’éclairage et la manœuvre des appareils de manutention qui est tout entière faite électriquement.
- Les locomoteurs ne pèsent que 45 tonnes ; mais, grâce à un lest calculé, ils possèdent assez d’adhérence pour entraîner des trains de 240 tonnes en 7 minutes entre les deux gares, c’est-à-dire sur une distance d’environ 4 kilomètres; la puissance des machines est également suffisante pour faire démarrer des trains de 550 tonnes sur une rampe de H millimètres.
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- On a construit, aux IdKflftk déTïîmvée de la ligne au quai d’Orsay, une amorce qui doit servir à la jonction ultérieure de la gare avec la ligne de Sceaux qui appartient également à la Compagnie et qui a été déjà prolongée jusqu’au carrefour Médicis. Quand tous les travaux seront terminés elle aboutira donc à l’emplacement de l’ancienne Lourdes Comptes.
- La ligne que nous venons de décrire est due aux ingénieurs de la Compagnie, MM. Delabrosse, Solacroup et Paul Dubois. Jules Adac.
- LES CONDUCTEURS ÉLECTRIQUES
- M. A. Campbell Swinton a fait connaître dans the Electrician un fait intéressant, concernant les conducteurs électriques et la poussière qui s’accumule dessus.
- En prenant possession d’un nouvel appartement, M. Swinton fit installer des lampes à incandescence avec alimentation sur le réseau à courants continus à 220 volts de la Société Westminster et C°. Dans une pièce, cinq lampes lurent disposées en deux groupes, l’un de o, l’autre de 2, commandés chacun par un interrupteur monopolaire.
- Les conducteurs lurent formés par cinq cordons souples passant dans des œillets isolants fixés au plafond et servant en même temps à la suspension des lampes.
- Deux de ces cordons se sont bientôt recouverts de poussière, et sont devenus tout noirs, malgré de fréquents époussetages ; les deux autres cordons n’ont pas changé de couleur. M. Swinton en étudiant le fait a bientôt remarqué que l’interrupteur du groupe de trois lampes est sur le conducteur positif et que l’interrupteur de l’autre groupe est
- Fis. 1
- sur le conducteur négatif. Lorsque l’interrupteur du circuit des deux groupes est ouvert, les deux cordons qui se sont recouverts de poussière restaient en communication avec le conducteur positif.
- Le conducteur négatif tend en général à avoir un potentiel qui se rapproche davantage du potentiel du sol et qui, par suite, tend à être nul.
- Il en résulte que. le conducteur positif, par suite de la communication établie la plus grande partie du temps, était soumis à une charge électrostatique assez importante qui attirait toutes les particules et poussières de l’atmosphère.
- Le fait est déjà bien connu depuis quelque temps. Nous avon^ eu l’occasion de le constater à plusieurs ' reprises. Le fil placé sur le pèle positif, lorsque l’interrupteur est sur le pôle négatif, se recouvre rapidement de poussière; on le reconnaît toujours très facilement.
- Le moyen le plus simple d’éviter cet inconvénient est de mettre des interrupteurs bipolaires. On peut encore disposer l’interrupteur unipolaire de façon à couper toute communication au moment de l’interruption. Les interrupteurs placés sur le conducteur positif causeraient d’autres inconvénients par des phénomènes d’électrolyse. J. L.
- FABRICATION DE L’AIR LIQUIDE
- PAR I.E PROCÉDÉ OSTERGRF.N ET BU R CE R
- 11 vient de se fonder à New-York une importante Société pour l’exploitation du nouveau procédé imaginé par MM. Ostergren et Thirger pour la fabrication de l’air liquide. D’après Y Engineering News, auquel nous empruntons la description qui va suivre, cette nouvelle installation serait capable de produire 6000 litres d’air liquide par jour.
- Elle comporte 2 compresseurs eompounds du type Sergeant, de New-York, actionnés par deux cylindres à vapeur de dimensions différentes, alimentés ' par trois chaudières tubulaires verticales. L’air puisé dans l’atmosphère traverse tout d’abord un filtre laveur, puis successivement les quatre cylindres compresseurs dont les diamètres sont de plus en plus faibles, de sorte qu’à la sortie du dernier cylindre il est à une pression de 84 kilogrammes. D’autre part, entre les différents compresseurs sont disposés des refroidis-seurs constitués par des serpentins à circulation d’eau, dans lesquels l’air, au fur et à mesure que sa pression augmente, abandonne la chaleur résultant de ces compressions successives.
- En quittant le dernier cylindre, l’air comprimé passe dans un nouveau refroidisseur et de là au séparateur. C’est une longue colonne verticale de 3m, 75 de haut portant à sa hase une plaque percée de trous ; au-dessus de cette plaque est une colonne d’eau que l’air, réduit en minces filets, traverse de bas en haut en se débarrassant, des matières grasses dont il a pu se charger dans les compresseurs, les relroidisseurs et les conduites. Enfin, au-dessus de cette colonne d’eau sont disposées de nombreuses chicanes où cet air abandonne son humidité. Ce séparateur joue un rôle très important, car la présence de glace ou d’impuretés dans les appareils de liquéfaction contrarierait leur action.
- Ainsi purifié et en grande partie desséché, l’air s’échappe par une soupape régulatrice et se rend, sous une pression constante, à un dernier refroidis-
- Schéina «lu procédé de fabrication. — A, A, A, chaudières; B, II, cylindres à vapeur; C, prise d’air; I), appareil lillreur et purificateur; E, F, G, II, 1", 2% 3' et i* cylindres compresseurs ; I, J, K, L, 1*', 2” 5” et 4* relroidisseurs ; M, séparateur ; N, dernier refroidisseur; 0, liquéfacteur.
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- Fig. 2. — Vue générale des appareils réfrigérateurs pour air liquide.
- seur formé de deux serpentins enroulés et entourés d’une circulation de liquide incongelable. 11 arrive au premier serpentin par un tube de faible diamètre où il prend une grande vitesse et qui est terminé par un cône renversé qui retient les dernières traces d’humidité.
- L’air passe alors au liquéfacteur proprement dit et pénètre, par la partie supérieure, dans un premier serpentin en cuivre, terminé, à sa base, par une soupape de détente produisant une chute de pression de 63 kilogrammes, et par suite une expansion considérable de l’air et un important abaissement de sa température. Ainsi détendu et refroidi, cet air passe dans le second serpentin du liquéfacteur, puis dans le second ser-
- côte à côte | au refroidisseur intercalé entre le 5e et le -Ie compresseur où il est repris par celui-ci pour parcourir à nouveau le cycle précédemment décrit. Mais les deux serpentins parcourus par l’air détendu et refroidi étant en contact permanent avec ceux parcourus en sens inverse par l’air comprimé qui est à une température /plus élevée, il en résulte une perte de ôalorique pour ce dernier qui arrive à la soupape d’expansion du liquéfacteur à des températures de plus en plus basses. En outre, un vide assez considérable est maintenu dans l’espace enveloppant les serpentins du liquéfacteur au moyen d’un tuyau communiquant avec le premier compresseur.
- Par suite des refroidissements suc-
- Fig. 3. — Produclion commerciale de l’air liquide.
- pentin du refroidisseur précédent et de là retourne | cessifs auxquels il est soumis, l’air atteint bientôt sa
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- température critique et se liquéfie. Du ouvre alors un pointeau placé à la base du liquéfacteur et l'air liquide tombe dans une capacité close au moyen d’un cône renversé en lônte chargé à 0^,400 et reposant sur un bord circulaire à section triangulaire. Un siphon [(longeant au lond de ce réservoir et le contournant eu Tonnant une série de serpentins de rayons croissants aboutit à l’extérieur de l’enveloppe de l’appareil. Lorsque le premier écoulement se produit, la température relativement élevée des parois du collecteur détermine la volatilisation d'une partie de l’air liquide. L’air ainsi volatilisé soulève le couvercle de Tonte et retourne, comme nous l’avons indiqué précédemment, au dernier compresseur, en même temps que la portion d’air restée liquide passe par le siphon du collecteur dans le petit serpentin qui l’entoure et qui, reTroidi sans cesse par la volatilisation, permet, au bout d’un certain temps, d’obtenir d’une manière continue l’air liquide et meme en partie solidifié dans le récipient extérieur où on le recueille définitivement. Georges Gave.
- LES PETITES PLWETES
- La recherche de ces petits astres continue et les découvertes authentiques se succèdent dans un ordre assez bizarre qui a du donner beaucoup de mal aux astronomes chargés du soin de les classer et de leur donner des numéros, comme nous l’avons déjà dit dans un article précédent.
- La série dont les désignations commencent par la lettre K est terminée, et La Nature a déjà annoncé les petits astres FA et FB. 11 Tant y joindre FL du 29 mars et Fl) qui est venue faire son image sur des plaques photographiques du 3 décembre, du 26 décembre 1899 et du 19 janvier 1900; cette petite planète est de la 17e grandeur d’étoiles, c’est-à-dire presque impossible à voir avec les plus forts télescopes. Ensuite FF et EF ont paru sur la même plaque le 6 mars.
- On va juger de la difficulté du classement par ce qui a été fait pour les dernières de la série E.
- EN a été reconnue comme étant la 85e, lo, trouvée eu 1865.
- EO n’a pas pu être suivie et reconnue comme petite planète.
- EP a déjà reçu le numéro 52 et a été appelée Pomone en 1854.
- EQ n’est autre chose que la 161e, nommée Athor et trouvée en 1876.
- E\V se trouve la même que la 110e, Lydia, trouvée en 1870.
- EZ, la même que la 415e, trouvée en 1896 et désignée alors par LO.
- Les autres ont été reconnues comme nouvelles, mais il a fallu mettre EX la première, et les autres sont numérotées successivement, de la façon suivante :
- 445, EX; 446, EH; 447, ES; 448, ET; 449, El; 450, EV; 451, EY.
- On voit bien ici l’utilité de cette première désignation des astres trouvés par les lettres de l’alphabet, puisque dans la série EA, EB, etc., treize seulement d’entre eux ont reçu des numéros. Joseph Yinot.
- Tl?
- Éruption du volcan Alayon. — D’après une lettre du consul de France aux Philippines, il s’est produit une éruption du volcan Ma y on, dans l’île de Luçon. Le volcan se trouve, par 15°14'40" de latitude Nord, au nord-ouest de la ville d’Albay, dans la partie sud-est de l’île de Luçon. Ses éruptions de 1766, 1814 et 1897 ont causé de grands dégâts, détruit plusieurs villages et fait périr un grand nombre d’habitants. Le 5 mars dernier, à 2 heures du matin, une nouvelle éruption se produisit et prit immédiatement des proportions qui effrayèrent les populations voisines. Le volcan lançait des pierres, une lave brûlante et des cendres qui enveloppaient d’un brouillard épais, à une grande distance, la zone environnante. Le Mayori resta en activité tout le jour suivant. L’éruption fut accompagnée d’une forte tourmente qui secouait les maisons comme l’aurait fait un tremblement de terre. A 6 heures du soir, l’éruption diminua légèrement. Le lendemain matin, le calme et la lumière revenaient, bien que le cratère fût encore couronné d’un immense panache de flammes rougeâtres et continuât à lancer de grosses pierres et de la lave. Lette éruption n’ayant été précédée d’aucun phénomène précurseur, on ignore encore si les habitants des villages qui longent les flancs du volcan ont eu le temps de s’enfuir.
- Cn canon anglais de ï pouces et demi. —
- La maison Yickers, Son et Maxim expose dans son pavillon, derrière le Palais des armées de terre et de mer, un nouveau canon pour le service de la marine. Lette pièce est toute récente, car deux seulement, jusqu’à ce jour, ont eu le temps d’être construites. Elle est du calibre de 7 pouces et demi, soit exactement de 19,:m,05. Son poids s’élève à 16 504 kilogrammes. La longueur d’âme est de 50 calibres, lue charge de cordite de 22ke,68 communique au projectile, pesant 90k',700, une vitesse initiale de 890 mètres. La pièce est à frettage, à fils d’acier. Le maniement, aux points de vue du chargement et du pointage, s’exécute avec une grande facilité. La rapidité du tir peut atteindre 4 coups par minute. L’amirauté anglaise a adopté ce nouvel engin qui sera mis en service à bord des bâtiments de la flotte aussitôt que la maison Yickers sera en mesure d’en fournir un certain nombre.
- Le mortier de montagne de Saint-Chamond.
- — L’usine de Saint-lhamond (Loire) nous offre au Palais des armées de terre et de mer une nouvelle bouche à feu, appelée à attirer l’attention des artilleurs. L’est un mortier destiné à l’armement des troupes de montagne ; et il arrive à point, au moment où l’on s’occupe en France de donner un successeur au canon de montagne actuel, quelque peu démodé. La caractéristique de la nouvelle pièce est son faible poids, 79 kilogrammes seulement ; cette légèreté n’a pas été obtenue aux dépens du calibre qui est de 80 millimètres, mais par une réduction de la longueur du canon qui n’est que de 69 centimètres. Le projectile pèse 7l*,500 et sort de l’âine avec une vitesse de 290 mètres. Sous l’angle de tir de 45°, il atteint une portée de 4500 mètres. La fermeture de culasse est du système Darmancier et à un temps. La hausse est à niveau. L’affût est à bêche, très résistant pour supporter le tir à 45°; il se démonte en deux morceaux lors des transports à dos de mulet. Le tir ne produit pas de recul sensible et sa rapidité peut être portée à une douzaine de coups à la minute.
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- LA NATURE.
- Dépression du sol de l’Asie eentrale. — On
- siit probablement que les frères Grum-Grzimailo ont découvert une dépression curieuse du sol de l’Asie Centrale, qui est appelée dépression de Lukehun : on ne connaissait pas jusqu’ici une évaluation un peu exacte de la profondeur de cette cuvette bizarre, dont le niveau se trouvait pourtant manifestement au-dessous de celui de la mer. Le général de Tillo, celui-là meme qui vient de mourir, a donné tout récemment, dans la publication de la Société de Géographie de Kussie dite « Izveztia », une notice spéciale sur cette localité; d’après des observations barométriques multipliées, il est arrivé à cette conclusion (pie l’altitude minima et négative du fond de cette cuvette doit être de 130 mètres au-dessous du niveau de la mer à Tash-Tura. Et d’ailleurs ajoutons que les amplitudes des variations barométriques sont plus considérables en ce point que sur aucune autre partie de la terre; enfin la température y est saharienne, et l’air extraordinairement sec.
- Un jçrès flexible. — A la même exposition, se trouve une sorte de minéral jouissant d’une propriété peu commune. Cette pierre, taillée sous forme de planche, peut être pliée comme le serait une pièce de bois de la plus grande flexibilité. Abandonnée à elle-même, elle reprend sa forme primitive.
- La météorite «1e Finlamle. — Le pavillon de Finlande, à l’Exposition de 1900, nous montre les nombreux éclats d’une météorite tombée le 12 mars de l’année dernière à Bjurbob. Sa chute fut accompagnée d’un grand bruit semblable à celui d’un coup de canon. Les éclats se répandirent sur la surface glacée d’un lac, ce qui permit de les retrouver sans probablement en laisser échapper un seul. Deux des morceaux surpassent de beaucoup les autres en grosseur; le plus important pèse 80 kilogrammes.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du ‘28 mai 1900. — Présidence de M. M. Lévy.
- Formation d'acide azotique dans la combustion. — M. Berthelot donne la suite de ses expériences relatives à la formation de l’acide azotique pendant la combustion de divers corps. Il examine aujourd’hui la combustion du soufre. D’une manière générale on peut dire que la quantité d’acide azotique formée augmente avec la pression des gaz; mais la loi de variation est différente de celle du carbone qui a fait l’objet d’une précédente communication de l’auteur. Les observations confirment encore cette particularité que la formation d’acide azotique n’est pas due à une élévation de température mais à une action électrique. En champ électrique apparaît autour des gaz en combustion. C’est à l’effluve électrique que l’on doit aussi attribuer, d’une façon certaine, la formation d’acide sulfurique anhydre et d’acide persulfurique pendant la combustion du soufre, car l’acide sulfureux et l’oxygène isolés chauffés ne peuvent se combiner, ni pareillement l’oxvgône se fixer sur l’acide sulfurique anhydre. Le fer et le zinc brûlés dans l’oxygène azoté ne donnent jamais d'aride azotique ni d’ammoniaque, car dans ces cas la combustion lance dans l’atmosphère ambiante des fumées qui déchargent les gaz. On n’a pas les phénomènes d’effluves.
- Préparation et propriété du fluorure de thionyle. — MM. Moissan et Lebeau déposent une Note sur le fluorure de thionyle. Ce corps se produit lorsque l’on fait réagir
- du fluor sur du soufre dans un récipient de verre. On peut également le préparer soit en mettant en présence le fluor et le chlorure de thionyle, soit en traitant le chlorure de thionyle par le fluorure d’arsenic. C’est un corps qui se liquéfie à — 32°. Au contact de l’eau, il se décompose en acide fluorhydrique et en acide sulfureux ; chauffé dans un tube de verre, il se décompose totalement, en donnant du fluorure de silicium et de l’acide sulfureux.
- Explorations arctiques. — M. le Prince de Monaco présente, au nom de la Commission chargée de publier les résultats de l’expédition de Nansen, le premier volume des Mémoires de cette expédition. Cet ouvrage contient une préface de Nansen traitant des conditions de flottabilité à remplir pour la navigation vers le pôle Nord. On y trouve divers mémoires sur la géologie, l’ornithologie et les pêches pélasgiques. Celles-ci ont révélé l’existence des espèces de l’Aflantique Nord et du Nord de la Sibérie. Cette coexistence fournit une preuve de l'hypothèse déjà avancée, de deux courants superposés vers la terre de François-Joseph.
- Rappel à la vie de personnes mortes par suite d’un trouble cardiaque. — M. Marey présente une Note de MM. Tuffier et Ilallion sur un cas de rappel à la vie obtenu par la compression rythmée du cœur. Des expériences de ce genre ont été faites par M. Batelli sur des chiens tués par suffocation ou chloroformisation. La vie a pu être ainsi ramenée pendant une période qui n’a jamais dépassé vingt-deux heures, mais qui paraît influencée par la mutilation nécessitée par le procédé opératoire employé. Mais l’expérience n’avait pas été tentée sur l’homme. Un homme de vingt-quatre ans, opéré depuis plusieui’s jours pour des accidents aigus d’appendicite, présentait des suites opératoires normales lorsqu’il fui, en présence des auteurs, pris d’une syncope. Ayant constaté la cessation absolue des battements du cœur, MM. Tuffier et Ilallion essayèrent d’abord la respiration artificielle combinée avec des tractions rythmées de la langue. En présence de l’insuccès de ces tentatives, le troisième espace intercostal fut fendu et le péricarde décollé. Puis saisissant la masse ventriculaire, M. Tuffier pratiqua sur elle 60 ou 80 compressions rythmées. Les pulsations artérielles devinrent alors perceptibles et le patient ouvrit les yeux, remua la tête, reconnut son médecin. Mais, au bout de deux ou trois minutes, le pouls faiblit, puis s’arrêta de nouveau et ne reprit que sous l’influence de nouvelles compressions rythmées. Ge résultat ne fut d’ailleurs que de courte durée et, malgré un troisième essai, il fut impossible de rappeler le défunt à la vie. L’autopsie montra qu’il y avait un caillot de sang dans la branche gauche de l’artère pulmonaire. Cette lésion a suffi sans doute pour empêcher que le rappel à la vie si* maintint, de telle sorte que le réveil passager obtenu dans cette circonstance reste encourageant.
- Découverte de grottes à ossements en Algérie. — M. A. Gaudry présente une Note de MM. Ficheur et Brives relative à la découverte de grottes à ossements aux Bains Romains, à quelques kilomètres d’Alger. Ces grottes contenaient des silex taillés du type moustérien et des ossements d’animaux divers. Les découvertes que les auteurs y ont faites permettent d’affirmer qu’à l’époque quaternaire la configuration du rivage algérien était différente . de celle que l’on observe aujourd’hui et que les hommes y vivaient à côté du rhinocéros, de l’hippopotame et de grands bovidés.
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- LA NATURE.
- Elections. — M. Fouqué est cia vice-président à l’unanimité des voix, abstraction faite d’un bulletin blanc. M. Boltzmann de Vienne est élu correspondant dans la section de mécanique.
- Varia. — M. Amagat dépose un Mémoire sur la chaleur spécifique des gaz à liante pression. — M. Demarçav adresse une Note sur une terre rare inconnue. — M. Viré signale la découverte de plusieurs espèces de sphéromes (cloportes marins) dans divers gouffres explorés par lui.
- Ch. de Villedecil.
- MACHINE A PELER LES POMMES DE TERRE
- Le pelage des pommes de terre est une opération très simple mais qui peut devenir fastidieuse et surtout prendre un temps considérable lorsqu’il s'agit de grandes quantités à éplucher. Un de nos abonnés, M. J.
- Blache, à Yalence-sur-llhônc, est arrivé à construire une petite machine, qu’il a dénommée La Parmentière et qui peut rendre de grands services dans cette opération.
- La machine, telle qu’elle est représentée par le dessin ci-joint, se compose d’un récipient tronconique reposant sur trois pieds en fonte et garni intérieurement sur son pourtour d’un revêtement en libres flexibles et résistantes.
- 11 y a un fond mobile également revêtu en libres flexibles et résistantes. Au centre se trouve un arbre vertical fixé sur le fond mobile. Cet arbre reçoit le mouvement par l’intermédiaire d’un arbre à manivelle horizontal et d’un engrenage à angle.
- Sur le devant de l’appareil est une porte pour l’extraction des produits. A l’intérieur, il y a un tuyau d’amenée d’eau avec rampe circulaire autour de l’arbre vertical ; cette rampe percée de petits trous divergents arrose les produits à travailler au moment de l’opération.
- L’eau lave les tubercules, facilite leur décortication et entraîne les résidus dans une gouttière appropriée, placée sous le fond mobile ; de là ils sont conduits au dehors.
- Le fonctionnement de la machine est très simple. Les produits à traiter sont placés dans le récipient tronconique et l’appareil est mis en mouvement. La
- rotation du fond mobile entraîne, dans son mouvement circulaire, les tubercules qui sous l’action de la force centrifuge viennent en contact avec les brosses des parois du récipient. La résistance qu’opposent les brosses des parois au mouvement de rotation des produits donne naissance à un frottement énergique des brosses du fond mobile contre les produits. Les fibres flexibles composant les brosses débarrassent en quelques minutes de leur enveloppe les pommes de terre ou autres tubercules. Afin d’activer et de rendre plus parfaite l’opération du déeorticage, les fibres des brosses sont disposées par rangées de différentes longueurs sur le fond et les parois du récipient tronconique.
- Les plus longues sont disposées suivant des hélices dont le pas est en sens inverse de celui du mouvement de rotation.
- La machine n° 5 du type le plus courant présente une surface de 1 mètre carré environ. Cette machine peut être mise en marche par deux personnes, elle exige en pleine charge une puissance de 1/4 de cheval.
- La quantité de produit traité par cette machine atteint facilement de 200 à 500 kilogrammes par heure : les déchets en résidus ou pelures s’élèvent de 4 à 10 pour 100 selon l’époque, c’est-à-dire si la pomme de terre est vieille ou nouvelle.
- L’emploi de cette machine permet de réaliser un bénéfice de 20 à 55 pour 100 de matière traitée, sur l’opération faite à la main ; et de 9/10 sur l’économie de la main-d’œuvre.
- En dehors des économies de matière et de main-d’œuvre, il faut considérer également l’économie de temps qui a bien sa valeur et qui est-toujours très importante. Une machine donnera en 1 heure 500 kilogrammes de pommes de terre pelées ; une ouvrière en donnera environ de 6 à 10 kilogrammes.
- En somme, cette nouvelle machine est intéressante à plus d’un titre, surtout pour la grosse alimentation ; elle permet de réaliser de grands bénéfices et d’effectuer rapidement une opération qui exige toujours beaucoup de temps et certaine dextérité de main. J. Leroy.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imiu'iniurie Lairue, rue de Fleuras, 9,
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- y un.
- it JUIN 1900.
- LÀ NATURE.
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- PLAQUES UE BLINDAGE
- Depuis 1855, époque à laquelle le cuirassement des navires fit son apparition sur les batteries flottantes la Tonnante, la Lave et la Dévastation employées en Crimée par la marine française, les plaques de blindage ont reçu bien des transformations.
- Tout d’abord, elles furent faites en fer laminé, trempé à l’eau.
- Puis apparurent, presque en même temps, vers 1880, le blindage mixte en fer et acier et celui homogène en acier. En 1890, fut mise au jour la plaque en acier spécial, dans lequel entrent du chrome et du nickel, destinés à doter le métal tout à la fois de dureté et d’élasticité.
- Enfin, l’ingénieur américain Harvey invente un procédé consistant à durcir superficiellement la plaque par la cémentation et une énergique trempe. Les plaques harveyées sont aujourd'hui les seules usitées pour le cuirassement des navires.
- Mais il est à remarquer que toutes les usines n’obtiennent pas des résultats identiques quoique employant les mêmes procédés de fabrication. Il semble qu’il en soit des plaques des usines comme des chevaux des écuries de course. Les plaques de certaine usine sont à un moment donné en forme et cette forme passe quelque temps après à une rivale. C’est ainsi
- Pour donner une idée de la résistance que les plaques de blindage sont susceptibles d’opposer
- actuellement aux projectiles de l’artillerie, nous donnerons un rapide compte rendu des récentes épreuves de recette des plaques fabriquées par Krupp pour le cuirassement du grand croiseur japonais Y a-koumo.
- Une plaque de 17 8 millimètres d’épaisseur, de 2m,l 4 de hauteur et de ,>,80 de largeur, poids total 11 500 kilogrammes, fut fixée sur un matelas de chêne de 60 centimètres d’épaisseur. Trois projectiles furent
- successivement tirés dans une même région de la plaque. C’étaient des obus de rupture en acier de 5 calibres 1/2 de longueur. Leur calibre était de 17 centimètres et leur poids de 77ke,25. Ils furent envoyés contre la plaque avec des vitesses au choc d’environ 476 mètres. L’angle d’incidence était de 87°. Ils se brisèrent tous les trois, ne fournissant (pie des empreintes d’une profondeur moyenne de 2cm,5. La plaque était sans fente et l’arrière ne présentait que des bosses de 8 à 12 millimètres.
- Une seconde épreuve eut lieu sur une plaque de 114 millimètres d’épaisseur ; longueur 5m,78 ; hauteur 2m,41 ; poids 8100 kilogrammes. Elle fut fixée sur
- Fig. 2. — A Fusiiie Krupp. Une grosse plaque passant sous la presse à forger de 5 000 000 kilogrammes.
- (&. B1BU0THEQI %
- que la supériorité de fabrication, possédée longtemps par Saint-Chamond, passa au Creusot, qui fabriquait un acier hors ligne; c’est aujourd’hui Krupp qui tient la corde. Peut-être demain sera-ce un autre.
- un matelas de chêne de même épaisseur (pie celui qui avait reçu la précédente.
- Quatre obus de rupture (longueur 5 calibres 1 ) en acier, du calibre de I0cm,5 et du poids de 16 kg,
- 28e aimée. — 2' semestre.
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- LA ISA T U KL.
- lurent tirés sur cette plaque normalement avec des vitesses au choc d’environ 554 mètres par seconde pour les trois premiers et de 662 mètres pour le quatrième. Tous les projectiles furent brisés ; les trois premiers donnèrent des empreintes d’une profondeur voisine de 2cm,8 ; l’ogive du dernier resta engagée dans la plaque. Celle-ci présenta, sur la face avant, quelques écailles superficielles qui s’étaient détachées ; sur la face arrière les bosses étaient de 15 millimètres, sans fente, pour les trois premières empreintes et de 48 pour la dernière. En somme, les épreuves avaient été des plus satisfaisantes et tout le lot fut reçu par la commission japonaise.
- Il est à remarquer que, la plaque de 117 a résisté à un projectile (le 4e) qui aurait été susceptible de traverser une plaque en acier ordinaire de 207 millimètres d’épaisseur. On peut donc estimer que cette plaque Krupp a offert une résistance égale environ à celle d’une plaque en acier ordinaire d’une épaisseur double. lé-colonel Kelaiîsky.
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- ÉDERXTION CHIM1QIE DES EUX
- Dès qu’il a été scientifiquement démontré que l’eau pouvait être le véhicule de germes pathogènes, l’étude de ses moyens d’épuration a pris une importance capitale.
- Ce problème est du reste très ancien. Depuis de longues années, en effet, les Chinois fixent un morceau d’alun à l’extrémité d’un bambou dont ils se servent ensuite pour agiter l’eau trouble des mares ou des rizières qu’ils arrivent ainsi à rendre limpide. À défaut d’alun, ils emploient, dans le même but, le suc d’une cheno-podiée qu’ils appellent Mang-Toï. Certaines peuplades du centre de l’Afrique se servent aussi pour clarifier l’eau de sucs de plantes peu ou point connues.
- C’est surtout depuis une quinzaine d’années, que l’on s’occupe en Europe d’enlever aux eaux leurs souillures organiques et microbiennes. Nous voyons alors les procédés d’épuration se succéder sans arrêt.
- On a successivement préconisé un grand nombre de filtres donnant des résultats plus ou moins sûrs; ils ont longtemps fixé l’attention des hygiénistes. L’expérience a montré que les meilleurs d’entre eux n’arrêtaient que peu de temps les germes et laissaient passer les poisons solubles sécrétés par eux. La filtration seule ne peut enlever d’une façon constante, à l’eau, toutes les souillures. En même temps que l’épuration par filtration, prenait naissance l’épuFation chimique. En grand nombre de procédés ont été préconisés. Les uns, et des meilleurs, snécessitent un outillage complique, souvent de véritable usines, et ne sont applicables qu’à l’épuration de grandes masses d’eau, tels sont : les procédés à base d’ozone et de bioxyde de chlore, pour ne citer que les plus récents ; les autres, tout en étant applicables en grand comme les premiers, n’en sont pas moins utiles aux petites collectivités à cause de leur facile mise en œuvre ; ce sont eux que nous avons étudiés. Ils ont pour bases, par litre d’eau :
- 1° Alun 0‘r,‘25; 2° alun 0,25, carbonate de soude 0,10; 5° perehlorure de fer fi gouttes ; eau de chaux 5 centimètres cubes ; 4° perehlorure de fer fi gouttes, solution saturée de bicarbonate de soude 5 centimètres cubes; chlore ou brome ou iode 0,01 centigramme. On sature l’excès de ces trois derniers corps, après" une demi-heure d’action, par une
- trace d’hyposulfite de soude. Les résultats obtenus sont les suivants :
- 1° Les procédés à hase d’alun et de perehlorure de fer demandent de 15 à 24 heures; ceux à hase de chlore, brome et iode, une demi-heure seulement.
- 2° Pour les matières organiques de l’eau : l’alun en sépare 25 pour 100; l’alun et le carbonate de soude 55 pour 100; les procédés au perehlorure de. fer fiO pour 100; ceux à hase de chlore, bruni • et iode, 25 pour 100.
- 5° Dans une eau renfermant 20 000 germes avant épuration, on ne trouve après traitement par l’alun que 500 germes ; par le perehlorure de fer 1720 ; par le chlore 550 ; par le brome 200 ; par l’iode 80.
- Avec l’alun, le perehlorure de fer et le chlore, on ne détruit pas certainement les pathogènes ; avec le brome et l’iode, ils sont sûrement tués.
- On peut conclure de ces résultats que les corps agissant mécaniquement séparent plus de matière organique; que les oxydants, mais assurent, à un degré moindre, la destruction des germes de toute nature. Nous avons pu constater que leur combinaison donne d’excellents résultats.
- Le procédé à l’iode parait le plus pratique, à cause de sa facile mise en œuvre, de sa rapidité, et des bons résultats qu’il donne. 11 est dû au pharmacien-major Allain.
- Mode opératoire. — Ajouter par litre d’eau 8 gouttes de teinture d’iode; laisser agir une demi-heure; enlever l’excès d’iode soit avec une cuillerée à soupe de vin ou d’infusion de thé, soit avec 1 on 2 centimètrescubes d’une solution d’hyupsulfite de soude au j-Jj. Par ce dernier moyen, il se forme 1 centigramme de tétrathionate de soude, sel purgatif à la dose de 50 grammes.
- L’eau ainsi traitée est d’une saveur agréable, le goût et l’odeur de l’iode disparaissent complètement.
- Si l’eau à épurer est manifestement trouble, on la traitera d’abord par l’alun, puis par l’iode. On obtient ainsi une diminution de 50 pour 100 de la matière organique, la destruction des germes pathogènes et de la majorité des saprophytes.
- A côté de ce procédé, il faut citer celui de M. le pharmacien principal de la marine Lapeyrère, basé sur l’action combinée de permanganate de potasse, de l’alun, du carbonate de soude et de la chaux. Il donnerait, d’après une récente communication à l’Académie de médecine, d’excellents résultats.
- 1 Nous avons aussi voulu nous rendre compte de la valeur du charbon comme épurateur des eaux. Il résulte des recherches entreprises à ce sujet que :
- 1° Le charbon brut en morceaux, agité avec de l’eau, à la dose de 20 grammes par litre, lui enlève: après 4 heures d’action 0 pour 100 de matière organique, après 24 heures 50 pour 100 et après 5 jours 50 pour 100. Au bout de ce temps son action cesse.
- 2° Le charbon lavé à l’eau distillée, à même dose, enlève, après 4 heures, 55 pour 100 environ des matières organiques.
- 5° La même dose de charbon préalablement portée au rouge en sépare, après 4 heures, 50 pour 100.
- 4° Si on double la dose de charbon, on ne double pas l’épuration.
- On pourra donc, à défaut d’autres matières, enlever à l’eau, en 4 heures, 50 pour 100 des matières organiques qu’elle renferme, en y ajoutant par litre 20 gr. de charbon préalablement porté au rouge. F. Macméjac,
- Pharmacien aide-major, à Tout.
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- LA NATURE.
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- L
- Il existe à la Guadeloupe, notamment dans la commune des Trois Rivières, sur les roches volcaniques, près du rivage de la mer, des dessins gravés avec toute la simplicité des âges primitifs et qui marquent la trace des anciens habitants de l’ile : les Caraïbes.
- Les Caraïbes sculptaient aussi des statuettes grossières dans le jade, le laspe, la lave, le porphyre.
- Nous devons à l’obligeance de M. Sainte-Croix de La
- Reproduction d’un dessin gravé sur la roche à la Guadeloupe.
- Aujourd’hui le commerce tire en grande partie cette substance de l’ipécacuanha annelé, espèce du genre Cephœlis, fort commune dans la province de Matto-Grosso (Brésil). L’arbrisseau atteint d’ordinaire 50 à 40 centimètres de hauteur. Ses feuilles ovales, de couleur vert foncé et pubescentes en dessous, présentent des nervures accusées. Ses fleurs sont blanches et ses fruits ovoïdes renferment des graines noires. Comme aspect il .ressemble à des cordons grêles, contournés et gris rougeâtre dont la surface est couverte d’épaississements transversaux formant d’ordinaire des anneaux plus ou moins parfaits séparés par des étranglements.
- Les forêts humides du Haut-Paraguay, les « Mattos de Poaya » comme les désignent les indigènes, constituent son habitat préféré qui s’étend sur une zone d’assez grande dimension au nord et au nord-ouest de San-Luiz-de Cacérès. La Bolivie, le Vénézuela, la Colombie et d’autres pays de l’Amérique méridionale donnent également des variétés d’ipéeacuanha, moins estimées.
- Au Brésil, l’arrachage se pratique au moment des pluies et ce sont généralement des femmes qui y procèdent. Elles enfoncent un bâton sous les racines, les soulèvent d'une main et les enlèvent de l’autre. Cette façon de procéder, comme l’a fait remarquer un colon français M.Cadiol, est déplorable, car après ces razzias les terrains deviennent rapidement improductifs. Aussi l'exportation décroit-elle d’année en année, grâce à l’imprévoyance des planteurs alors qu’en repiquant simplement un ou deux rhizomes par pied on assurerait aisément la récolte suivante. Naturellement les prix de l’ipécacuanha de Rio s’en sont ressentis (désignation commerciale de la meilleure qualité brésilienne). Ainsi, en 1897, le kilogramme rendu en Europe coûtait 16fr,50, à la fin de juin 1899 il valait 49",50.
- Les récoltes descendent le fleuve Paraguay jusqu’à Corumba, puis on les dirige sur Montevideo. De là, elles vont alimenter les trois grands marchés d’q>écacuanha du monde qui sont par ordre d’importance : Londres, New-York et Paris. Jacques Boyer.
- —<**><—
- Roncière, consul de Danemark à Pointe-à-Pitre, la reproduction de l’une de ces compositions. Mieux que toute description, ces dessins font ressortir la naïve habileté des artistes inconnus qui ont déposé sur ces roches les compositions qui attestent que leur âme, quoique à un degré inférieur, a été animée par le soufle divin de l’art. A. G.
- l,ïl’Ki;\i:t \WI\ DU BRÉSIL
- La racine de diverses Rubiacées répandues dans l’Amérique du Sud fournit le remède connu sous le nom d’ipéeacuanha. Son introduction en Europe paraît remonter au début du seizième siècle, mais c’est seulement vers 167*2 qu’un médecin français Legras révéla le pouvoir émétique du précieux arbuste. Un peu plus tard, le droguiste hollandais Jean Adrien Helvétius le mit à la mode en l’administrant avec succès au Dauphin ainsi qu’à plusieurs personnes de la liante aristocratie. La Ville et la Cour s’enthousiasmèrent très vite du nouveau médicament auquel le grand roi lui-même daigna s’intéresser. Moyennant mille livres d’or, Louis XIV acheta, en effet, le secret de sa composition à son pratique détenteur ( 1690). En 1817, Pelletier et Magendie découvrirent l’alcaloïde qu’il renferme et le dénommèrent (( émétine ».
- LES ROIS DE RATS
- Au commencement de cette année un naturaliste de mes amis, M. Henri Iticher, avoué à Châteaudun, m’a envoyé une belle photographie représentant sept Rats, rattachés les uns aux autres par leurs queues dont les extrémités sont entrelacées, ou plutôt nouées. Ces Rats, qui ont été trouvés dans cet état à Courtalain, au mois de novembre de 1899, ont été donnés par M. Henry Lecomte au musée de Chà-teaudun.
- La photographie, dont nous donnons ici une reproduction réduite, était accompagnée d’une lettre contenant le passage suivant : « Je ne sais quel âge ont ces animaux, mais ils mesurent dix centimètres de la naissance de la queue au bout du museau. La nichée ne comprenait que ces sept individus et habitait au fond d’un trou de mur. L’un d’eux, d’ailleurs, reconnaissable sur la photographie, a été assez maltraité, car c’est lui qui a supporté tout l’effort : saisi par des pincettes, il a amené ses six frères et sœurs au milieu de paille et de foin.
- <( Je ne connais de ce phénomène que ce qu’en
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- LA NATURE.
- dit Brchm, dans ses Mamniilères et ce phénomène paraîtrait plutôt rare. »
- Brchm, en effet, dans la partie de la Vie des animaux consacrée anx Mamniilères, a cité divers exemples de Rats ainsi réunis de manière à constituer ce que le vulgaire a nommé un roi de Rats, l'imagination populaire en Taisant autrefois un être Bien différent de ee qu'il est en réalité. « On croyait, dit Brelim, que le roi de Rats, orné d’une couronne d’or, trônait sur'un groupe de Rats entrelacés, et gouvernait de là tout l’empire souriquois. Ce qui est positif, c’est que parfois un grand nombre de Rats se soudent ensemble par la queue et que, ne pouvant se mouvoir, ils sont nourris par leurs semblables. La cause de ce l'a i t curieux nous est inconnue. On croit que c’est une exsudation particulière de la queue qui maintient ces organes collés ensemble. A Alten-bourg on conserve un roi de Rats, formé par vingt-sept individus. A Bonn, à Sehnep-fenthal, à Francfort, à Erfurth, à Lindenau,près de Leipzig, on a trouvé de pareils groupes. »
- Celui de Linde-nau fut découvert, le 12 janvier 1774, par un garçon meunier, sur une poutre, dans le moulin : il comprenait seize individus dont quinze étaient entrelacés par la queue, le seizième étant retenu par sa queue entortillée dans les poils du dos de l’un des premiers. Le garçon meunier les fit tomber d’un coup de hache, mais dans la chute aucun des Rats ne se détacha et plusieurs vécurent encore quelque temps dans le même état. La possession de oc phénomène souleva, entre le garçon meunier qui l’avait découvert et un peintre qui s’en était emparé et s’en faisait des rentes, un procès au cours duquel un médecin fut commis par le tribunal pour faire un rapport sur l’objet du litige. I)e ce rapport il résulte que les Rats étaient normalement constitués, mais de dimensions et de couleurs diverses, variant du gris cendré au noirâtre, et probablement d’àges et de sexes différents. Le médecin supposait (pie leur réunion avait pu s’opérer de la manière suivante : par les grands froids qui avaient
- sévi quelques jours avant la découverte de ce rassemblement, ces animaux s’étaient blottis dans un coin pour chercher à se réchauffer mutuellement et avaient naturellement tourné leurs têtes vers l’endroit le plus protégé ; dans cette position les extrémités de leurs queues avaient été souillées par les excréments et s’étaient trouvées exposées à la gelée ; il en était résulté des adhérences, si bien que lorsque les Rats voulurent chercher leur nourriture ils ne purent se débrouiller et par leurs efforts causèrent un entrelacement inextricable.
- A l’appui de cette hypothèse on peut faire remarquer (pie les découvertes de rois de Rats signalées jusqu’ici ont été toutes faites dans le courant de
- l’hiver. Ainsi c’est encore dans cette saison, au mois de décembre, qu’en 1822 on trouva à Dœll-stadt, près de Gotha, deux rois de Rats comprenant l’un 28 et l’autre 14 individus, disposés en cercle et sjisant
- C
- dans la cavité d’une ] (outre, habituellement recouverte de paille. Ces 42 Rats étaient bien portants, mais paraissaient souffrir de la faim et piaulaient continuellement . D’après le naturaliste Lcnz qui rapporte le fait, ils étaient tous de même grandeur et paraissaient être nés le printemps précédent.
- Évidemment les explications qui ont été données jusqu’ici sont insuffisantes, et, pour se faire une idée des véritables causes du phénomène, il serait nécessaire de se livrer à une étude anatomique et histologique des parties des sujets ainsi groupés accidentellement (car il ne s’agit que d’une véritable monstruosité). Il serait aussi intéressant de savoir si ces associations fortuites et involontaires se produisent dans plusieurs espèces de Muridés. D’après les dates il est probable que les premiers rois de Rats que l’on a observés en Allemagne étaient formés par des Rats ordinaires, ou Rats noirs, les Surmulots, originaires d’Asie, comme les autres, n’étant devenus communs dans le nord de l’Europe que vers la fin du dix-huitième siècle. E. Ocstalet.
- —-x$->—
- « Roi de Rais » découvert à Courtalain (Eure-et-Loir).
- ( D'après une photographie communiquée par M. Richcr. )
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- LE CHEMIN DE FER ÉLECTRIQUE À L EXPOSITION
- A côté de la platc-iormc électrique à l’Exposition j également par la O générale des transports de se trouve aussi le chemin de fer électrique, exploité j l'Exposition. Te chemin de fer a un tracé général
- identique à celui de la plate-torme, dont nous parlions récemment1, mais il marche en sens inverse; il forme également une houcle fermée.
- La voie est portée en général par des supports en bois, établie à côté de la plate-forme, quelquefois au-dessous. La voie est souterraine à l’entrée du pont de l’Alma; elle est en viaduc au pont des Invalides.
- Les constructions sont métalliques pour les via-ducs. La voie est quelquefois avec un profil en montagnes russes. Les courbes ont au minimum des rayons de 40 mètres ; les pentes ne dépassent pas 4 centimètres par mètre. Le dépôt du service se trouve avenue de La Bourdonnais; mais il n’y a pas théoriquement de point de départ, le chemin de 1er
- effectuant constamment le La voie proprement dite
- Fi". 2. — Détail des frotteurs sur le rail de contact.
- Voy. n° 1400, du 5 mai 1900, p.
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- retour du courant se l'ait qui sont bien reliés entre solidement rivés.
- L’énerguVélectrique est des feeders partant de
- môme parcours sans fin. est unique, avec des rails type Yignole du poids de 25 kilogrammes le mètre, à écartement de 1 mètre. L’éclissage est électrique avec des joints Columbia. Les rails ont en général 12 mètres de longueur.
- L’arrivée du courant au chemin de fer se fait par un troisième rail latéral, du meme type que les autres, mais il est posé sur isolateurs en porcelaine fixés à l’extrémité des traverses. Les joints des rails sont faits au moyen de lames en cuivre maintenues par des rivets. Le par les rails de roulement eux par des fils de cuivre
- amenée au rail latéral par la sous-station établie au
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- Champ-de-Mars qui dessert déjà la plate-forme électrique.
- Le courant est amené à la sous-station de l'usine d’Asnières sous forme de courants triphasés à 5000 volts; il est d’abord transformé à 220 volts et passe dans une eommutatrice de 450 kilowatts qui le; rend sous forme de courant continu à 520 volts. Otte eommutatrice n’est qu’un moteur synchrone à courants triphasés ; des artifices de couplage permettant de commuter le courant et d’obtenir du courant continu.
- Pour faciliter le démarrage, un petit moteur asynchrone à courants triphasés est monté sur l'arbre de la machine.
- Chaque train se compose d’une voiture motrice et dé deux voitures remorquées. Les voitures sont toutes ouvertes.
- • Les voitures motrices ont une longueur de 12 mètres ; elles sont actionnées par 2 moteurs de 55 chevaux Westinghouse et ont un poids de 8 tonnes. Elles permettent de recevoir 84 voyageurs dont 46 assis et 5fi debout.
- ; Los voitures remorquées sont à boggies. Elles ont 8*f,5ü de longueur et offrent aux voyageurs 52 places assises et 50 debout.
- Un train peut donc comprendre au total 206 voyageurs. La vitesse est de 18 kilomètres à l’heure. Au moment de la pleine charge, les trains pourront sè succéder à 1,5 minute d’intervalle. En comptant même 2 minutes, il peut y avoir 50 trains par heure,, transportant au total 6180 voyageurs.
- Dans chaque voiture le freinage est assuré par un frein à vis, par un frein Soulerin à air comprimé et par un frein électrique.
- Les signaux électriques automatiques Timmis-Lavezzari ont été employés. On sait que-dans ce système de signaux, suivant la description qu’en a donnée l’auteur lui-même à la Société des Ingénieurs civils, l’agent moteur est un électro-aimant. Le circuit qui alimente cet électro-aimant est ouvert ou fermé suivant la position d’appareils interrupteurs placés sur la voie et qui sont manœuvrés au passage des trains par une barre de choc fixée sur une des voitures. Quand le courant passe, le signal est à voie ouverte, et quand le courant est interrompu, à voie fermée. L’action de l’élcctro-aimant amène donc le signal à la position de voie libre, tandis que la pesanteur seule le fait retomber à la position de voie fermée.
- En résumé, le chemin de 1er électrique de l’Exposition constitue un mode de transport commode, puissant, rapide et d’une sécurité complète.
- J. Laffargue.
- LE MONDE SOUTERRAIN
- a l’exposition
- Sous le Palais du Trocadéro et sous le quartier qui s’étend au nord-est dans la direction de la Pompe à feu et de l’Arc de Triomphe de l’Étoile, les
- anciennes « carrières de Chai Ilot » — dites aussi « catacombes du Trocadéro » — développent leur complexe labyrinthe sur une superficie totale de 42 hectares. Elles représentent donc un peu plus du dixième de l’ensemble (près de 400 hectares) des catacombes de Paris et elles offrent le même aspect intérieur (galeries étroites et sinueuses, carrefours élargis en salles, piliers ménagés, éboulements et fonds, etc.) que le groupe principal de ces excavations, celui des faubourgs Saint-Jacques, Saint-Germain, Montrouge et Montsouris.
- Mais, à la différence de ces dernières, elles n’ont, point été transformées en ces curieux ossuaires, où, à partir de 1785, on commença de transporter les charniers des antiques cimetières parisiens.
- Aussi l’existence et la situation des carrières de Chaillot en face même de la tour Eiffel suggéra-t-elle, dès 1888, l’idée d’y créer, pour l’Exposition de 1889, un « musée géologique souterrain ».
- Ce projet, dû principalement à M. Stanislas Meunier, ne put être exécuté faute de temps. Pour 1900 il fut remis à l’étude, — placé en concurrence avec plusieurs autres analogues — et finalement réalisé par les soins du Comité des houillères de France qui a réussi à installer sous le Trocadéro une exhibition des plus instructives. Cette exhibition est divisée en deux parties.
- L’une, particulièrement minière et industrielle, située sous l’extrémité de l’aile orientale du Palais du Trocadéro, reproduit et représente tout ce qui est relatif à l’exploitation technique et matérielle des mines houillères et métallifères de toutes sortes ; elle fera ultérieurement l’objet d’un article spécial.
- L’autre, purement scientifique et pittoresque, constitue sous le nom de « Monde souterrain », en une série d’excellentes « leçons de choses », le tableau synthétique des « applications souterraines de la géologie, de la géographie physique et de l’archéologie ».
- C’est de celle-là que nous allons nous occuper dans les lignes qui suivent.
- Elle a été installée sous la grande salle des Fêtes du Trocadéro, par les soins et sur les plans de M. de Launay, professeur à l’École des Mines, assisté, pour la partie artistique, de M. Théodore Rivière, l’éminent sculpteur. ‘
- Le « Monde souterrain » en effet, avec son entrée et sa sortie admirablement placées au beau milieu du parc du Trocadéro, de part et d’autre de la grande cascade centrale, avec son mode de pénétration et d’issue si pratique, par des galeries en pente très douce qui ont permis de supprimer tout escalier, avec la commodité de son parcours intérieur, et avec la durée parfaitement combinée de sa visite (environ 25 minutes), est éminemment propre à charmer, à surprendre et instruire la foule des curieux.
- Ils y apprendront efficacement et en quelques instants ce que de longues heures de lecture en de gros volumes ne leur feraient connaître qu’à grand’-peine, c’est-à-dire les secrets aussi nombreux qu’ex-
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- traordinaires que l’investigation du sous-sol terrestre a révélés à des légions de savants et d’érudits chercheurs.
- Sous forme de reproductions intégrales, souvent de grandeur naturelle, ou de tableaux dioramiques combinés avec les accessoires appropriés, — le tout disposé dans les vides des carrières, parmi les alcôves ou les salles que séparent les piliers réservés pour le soutènement des voûtes, — une quinzaine de sujets différents montrent ce que les archéologues ont exhumé de leurs patientes fouilles à travers les âges, ce que les géologues ont su reconstituer des primitives époques de la terre par la scrupuleuse élude de ses couches successivement enfoncées l’une sous l’autre, et enfin ce que les spéléologues tout récents ont, depuis une douzaine d’années à peine, révélé sur la véritable origine des cavernes et sur la circulation des eaux dans l’intérieur des terrains calcaires.
- Six salles composent la partie archéologique du programme.
- « Un chantier de mine phénicien dans le sud de l’Espagne » nous fait assister aux timides débuts de l’art d’exploiter les gisements de minerais précieux ; c’est dix ou douze siècles avant J.-C. que, les premiers dans le monde antique, les Phéniciens firent œuvre de véritables mineurs. Dans un gisement de pyrite cuivreuse on les voit ici abattre la roche à coups d’instruments rudimentaires, sous la menace du fouet d’un surveillant. Pour ce tableau, comme pour tous les autres analogues, M. Rivière'ne s’est pas contenté de vulgaires mannequins, pour figurer, avec la vraie taille humaine, les personnages représentés; il a sculpté de vraies statues pleines de mouvement et de vie ; toutes ont été vêtues ou drapées d’après la vérité des textes les plus autorisés et des fructueuses observations que M. de Launay a rapportées de ses nombreux voyages au loin. L’heureuse union d’une érudition consommée et d’un merveilleux sens artistique donne ainsi une valeur exceptionnelle à toutes les scènes du « monde souterrain ». Les détails de la mine phénicienne sont empruntés à ceux qu’on a recueillis dans les antiques mines de l’Espagne (région du Ilio-Tinto).
- « Le mastaba de Ti » dans la nécropole de Sak-kara à Memphis évoque une adaptation, plus troublante encore, du sous-sol terrestre aux mœurs antiques ; ce n’est plus l’activité industrielle, mais bien le silence et l’ombre du sépulcre, qui s’offrent maintenant à nos yeux. Dans la vieille Égypte et dès trente siècles avant J.-C., on assurait le repos des morts en leur creusant de vrais appartements souterrains dont l’ensemble, si miraculeusement déterré par les égyptologues, a fait, à Memphis notamment, les plus vastes cimetières qui aient jamais existé. Ces mastabas ou maisons funéraires, creusées à même un calcaire tendre, étaient les tombes des riches particuliers ou des grands seigneurs — les pyramides demeurant réservées aux rois — qui les faisaient de leur vivant même, et pendant de longues années,
- préparer et orner avec un soin jaloux. Sur les murailles ils figuraient, en bas-reliefs peints, les scènes intimes de leur existence, représentant les travaux de leurs ouvriers, agriculteurs et domestiques; — dans la principale chambre trônait la statue du maître et de son épouse, leurs « doubles » selon la liturgie religieuse assez complexe de ces vieilles époques. Quant aux momies elles-mêmes, des puits profonds et dissimulés devaient les mettre à l’abri des profanations jusqu’à ce que les savants modernes les recueillissent pieusement pour nos musées. La tombe de Ti, retrouvée par Mariette, existe aujourd’hui sous le Trocadéro telle qu’elle a été creusée, sculptée et peinte il y a cinq ou six mille ans !
- Moins antique sans doute mais plus mystérieux encore, à cause de l’énigme qui pèse toujours sur sa vraie identification est le soi-disant « tombeau d’Aga-memnon à Mycènes ». Sous la coupole (réduite) du fameux trésor d’Atrée, on a allongé, sur leur lit de parade funéraire, deux corps de rois Atrides, couverts des pieds à la tête d’ornements d’or et d’armures précieuses, tels qu’ils apparurent à Schliemann dans ses romantiques fouilles de Mycènes. A ceux qui n’ont pu faire le voyage d’Athènes et l’inspection du musée Schliemann, cette vision du tombeau des héros homériques donnera une idée de ce que fut cette trouvaille éblouissante !
- Le « tombeau étrusque des Volumnies » près Pérouse (Italie), copie intégrale d’une photographie au magnésium, nous sert de transition vers des temps plus rapprochés : il n’est guère moins énigmatique que le précédent puisqu’on n’a pas pu déchiffrer encore la langue de ce peuple étrange, dont l’alphabet est d’origine grecque, mais dont l’écriture était renversée, de droite à gauche. On a su lire seulement les noms, ainsi tracés, du chef de la famille Arth Vélimnas Ailles et de ses enfants et épouse, sur les petits sarcophages de travertin ou de terre cuite qui, depuis plus de deux mille ans, reposent sous terre sur leurs socles très artistement sculptés.
- Un coin des « catacombes de Rome », ne pouvait figurer dans un cadre plus approprié et la chapelle de Saint-Corneille rappelle les martyrs du troisième siècle après J.-C.
- A une époque plus moderne les mineurs seuls et quelques anachorètes fréquentent les excavations de la terre : « Une mine de plomb du Harz, au début du seizième siècle », indique quels nouveaux engins hydrauliques et de ventilation commencèrent alors à être employés pour l’extraction des métaux.
- Pour la géologie la part devait être faite d’autant plus large dans les galeries du « Monde souterrain » que son but est d’étudier les feuillets de l’écorce terrestre successivement superposés les uns aux autres et actuellement presque tous enfouis loin de la lumière du jour. On a montré sommairement les principales phases dn développement du globe terrestre.
- D’abord le diorama de la « formation de la terre »,
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- où l’on voit notre monde à l’état de mer de lave incandescente, sous la lune encore toute rouge de l’éclat de ses volcans actifs et sous le pale soleil bien moins condensé qu’aujourd’lmi.
- Puis le « lac français de l'époque carbonifère » ou primitive, — « la plage à coraux de l’époque jurassique », — « le lac tertiaire parisien » où s’abreuve le « palæotberium »,— la « grotte quaternaire » où s’abrite le « grand cervus megaceros », où commence à gîter l'bomme paléolithique et où s’accumuleront les ossements « d’Ursus Spelæus », nous donnent la caractéristique des quatre grandes subdivisions des âges géologiques.
- L’époque actuelle est représentée par la « grotte
- d’Azur », la fameuse caverne marine de Capri, au golfe de Naples avec son merveilleux effet de lumière bleue; — et par la reproduction synthétique, exécutée d’après mes indications, d’une grotte à rivière souterraine, avec cascade intérieure débouchant par un abîme, — ébonlements et îlots de rochers, — gours ou barrages de concrétions calcaires, —stalactites et stalagmites, — et un vrai lac de 25 mètres de longueur, exactement copié sur l’un de ceux qui remplissent l’immense et aujourd’hui célèbre caverne do Padirac (Lot) que j’ai découverte en 1889 et 1890 avec MM. Gaupillat et de Launay. Dans ce « lac souterrain de Padirac » c’est surtout la géographie physique qui est mise en lumière pour expliquer les
- Fig. 1. — Installation extérieure d’une mine au seizième siècle. Machines d'épuisement et d’aérage.
- différents phénomènes des eaux souterraines et des cavernes contemporaines.
- Cette partie est encadrée de deux autres scènes de géographie ethnographique, expliquant comment les religions elles-mêmes ont mis à leur service les excavations naturelles du sol : d’une part c’est la « cellule rocheuse d’un ermite troglodytique de Mar-Saba, près de la mer Morte en Palestine, avec la vue fantastique du couvent à moitié souterrain qui, depuis le cinquième siècle après J.-C., s’est accroché aux falaises percées de petites grottes; — d’autre part ce sont les « pagodes souterraines de P An-nam » dans la montagne de marbre de Tourane, vastes cavernes naturelles aux anfractuosités remplies de vieux bouddhas dorés et de petites pagodes peintes ; Pierre Loti (Propos d'exil) [a dé-
- crit ces enchanteurs sanctuaires du lointain Orient.
- Au bout du « Monde souterrain » le dernier coup d’œil est pour le miroitement des lampes électriques sur la longue nappe d’eau du lac de Padirac, entrevue sous une voûte basse qui grandit dans l’éloignement.
- Ajoutons qu’au-dessus de l’entrée et de la sortie figurent, en dignes représentants des mille et une étrangetés contenues ou arrachées aux entrailles du sol, deux des plus grands animaux fossiles connus, « l’iguanodon » secondaire et le « mégathérium » quaternaire, reconstitués parmi la végétation de leurs époques (et comme tous les autres détails paléon-tologiques du « Monde souterrain »), d’après les savantes indications de MM. Albert Gaudry, Douvillé, Zeiller et Marcellin Boule.
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- Fig 3. — La tombe étrusque des Volumnies.
- Ainsi, on est parvenu à rassembler, pour la plus engageante et instructive des visites, dans les dessous du Trocadéro, les principaux types des curio-
- sités « souterraines », naturelles et artificielles de tous les genres et de tous les âges. E.-A. Martel.
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- LE TRANSSIBÉRIEN
- En 1891, le sol de la Sibérie n’était encore foulé ((ne par une seule, ligne, ferrée, celle de IVrm-leka-terinbourg-Tiumen, encore cette voie n’était-elle pas alors reliée par le rail aux chemins de fer de la Russie d’Europe.
- Le 17 mars 1891, date à jamais mémorable dans l’histoire de la Sibérie, le tsar rendait un ukase qui ordonnait la construction d’un chemin de fer qdi, partant de Samara, devait gagner Vladivostok, c’est-à-dire traverser l’Asie dans sa plus grande largeur. Travail gigantesque, hérissé de difficultés de toute sorte qui, laissait bien loin derrière lui le trans-caspien et le transaméricain ! Songez donc, une ligne de 7704 kilomètres ou de 7992, disait-on alors, suivant les variantes à adopter. Quant aux frais, on les estimait alors à un milliard de francs et la durée de l’exécution à une trentaine d’années. Evaluations sujettes à caution comme les événements se chargèrent de le prouver.
- Quant aux motifs qui déterminaient l’empereur de Russie à entreprendre une ligne aussi longue, aussi coûteuse et qui malgré les études sérieuses dont elle avait été l’objet, devait réserver plus d’une surprise, enfin qui, selon toute vraisemblance, devait rester pendant bien des années improductive, quels étaient-ils? D’ordre politique, tout d’abord, car il s’agissait de relier les importants établissements russes de la Sibérie orientale au centre de l’empire. Le port de Vladivostok est en effet bloqué par les glaces pendant l’hiver ; il est absolument isolé du reste de l’empire et pendant l’été on n’y pouvait transporter que par mer les troupes, les vivres, les munitions dont on avait besoin.
- La marine japonaise venait de se révéler pendant la guerre avec la Chine, elle pouvait intercepter tout transport. D’ailleurs l’Empire du Soleil levant prenait dès lors une importance considérable en Extrême-Orient et si l’on n’arrivait à temps, il pourrait être trop tard lors du partage éventuel de la Chine.
- Pour lointains qu’ils fussent, ces événements étaient à prévoir, mais il y avait à la construction de ce chemin de fer, d’autres mobiles plus prochains et non moins importants. La nouvelle ligne développerait les relations commerciales avec la Chine, en même temps qu’elle permettrait d’exploiter bien autrement qu’on ne l’avait fait jusqu’alors les ressources de la Sibérie proprement dite. Certes il y avait là d’immenses provinces fertiles et peuplées, des districts miniers les plus riches du monde et dans les régions désertes, grâce à la voie ferrée, on transporterait des milliers de cosaques qu’on installerait à demeure et qui sauraient bien vite mettre en valeur ces terres j nsqu’alors inoccupées1.
- 1 Grâce à l’ouverture de la ligne lekaterinbourg-Tiumen un fort courant d’immigration s’est porté en Sibérie ; s’il n’était que de 9678 individus en 1885, il montait à 56000 en 1890 pour atteindre 60 000 en 1891. Dans la seule province d’Akmolinsk, on compta 59705 immigrés en 1894,
- Le chemin de fer transsibérien ne fut pas conçu d’abord tel qu’il est aujourd’hui. On n’avait à l’origine voulu que réunir par la voie de fer, de l’ouest à l’est, les fleuves immenses qui traversent du sud au nord la Sibérie et (pii permettaient en été le transport économique jusqu’à l’océan Glacial des produits de l’intérieur. Ce n’était pas une ligne continue, une, mais bien des séries de tronçons entre des voies navigables. Avec ce projet primitif, on laissait hors du tracé du chemin de fer la plupart des grandes villes, car on cherchait à atteindre les fleuves au point où ils deviennent navigables, afin de les utiliser sur le plus long parcours possible ; mais le grand désavantage de cette combinaison c’est qu’elle n’était praticable que pendant les quatre mois d’été et c’est ce qui y fit renoncer1.
- D’ailleurs, petit à petit, à mesure que. les études furent plus poussées, qu’on se rendit mieux compte des facilités ou des obstacles présentés par telle ou telle région, des variantes, des tracés complètement différents, des améliorations, des augmentations furent apportés au plan primitif.
- il était d’ailleurs impossible de procéder autrement dans des pays aussi variés dont quelques-uns se défendaient énergiquement contre la violation qu’on voulait leur imposer, avec leurs montagnes inaccessibles, leurs interminables forêts, leurs cours d’eau si larges et si rapides.
- Dès la première heure, fut constitué un comité d’ingénieurs, de généraux et d’administrateurs pour diriger l’exécution des travaux. Le général Annen-koff, le créateur du transcaspien, en faisait non seulement partie, mais il fut l’un des plus ardents promoteurs de cette ligne et en traça les premiers plans. Je me le rappelle encore chez le prince Roland Bonaparte, et il y a de cela longtemps, nous exposant ces vastes projets avec un feu et une animation extraordinaires.
- En 1893, au retour de son voyage en Extrême-Orient par la Sibérie, le grand-duc héritier fut placé à la tête de ce comité, fonctions qu’il prit tout à fait au sérieux, qu’il a toujours conservées et qu’il exerce avec un absolu dévouement.
- 61809 en 1895, 99599 en 1896 et 115249 en 1897. La gradation fut la même dans la province voisine de Tomsk. Ces immigrés provenaient de toutes les provinces de l’empire, mais le plus grand nombre de ceux qui arrivèrent en 1897 appartenaient aux provinces de Yitebsk, Kberson. Tchernigov, Kalouga, Poltawa, Smolensk, Viatka, Koursk, Livfland, Mohilev, Orenbourg, Orell, Pensa, Toula.
- Ces détails sont extraits d’une lettre de M. Labbé publiée dans le Bulletin de la Société de géographie de Paris (août-décembre 1899, p. 541). Si la construction du chemin de fer a, dans des proportions fantastiques, amené, le peuplement de la Sibérie, les études auxquelles il a fallu se livrer pour l’établissement de la ligne ont été non moins fécondes au point de vue de la connaissance géographique et scientifique du pays. C’est ainsi qu’on a découvert de nombreuses mines de toute sorte et notamment de bouille dans la steppe des Kirghiz qui aideront singulièrement au développement économique de la Sibérie.
- 1 Des milliers de pouds de blé ont pourri en 1898 sur les bords de l’Ob, sans'pouvoir être emportés.
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- La première, ligne sur laquelle les travaux furent attaqués est celle de l’Oussouri, en 1891, en raison de son importance stratégique. Elle partait de Vladivostok et remontait au nord jusqu’à Khabarovsk sur l’Amour. Elle ne lut pas d’une construction facile, il s’en faut absolument. Traversant un pavs inhabité, marécageux, où l’infrastructure était pour ainsi dire impossible, car les rails s’enfoncaient dans un sol perméable, elle coûta la vie à un grand nombre d’ouvriers, Coréens pour la plupart, qui ne purent résister aux exhalaisons putrides et aux piqûres répétées des mouches et des moustiques venimeux. Et notez qu’il y avait là 715 verstes —la verste vaut 1067 mètres — à couvrir. Le premier rail lût posé par le prince héritier, aujourd’hui l’empereur Alexandre III, à son retour du Japon. En même temps on chargeait l'ingénieur Vladimir Be-lobodoroff de construire à Vladivostok des jetées et des docks importants, enfin le directeur des travaux de la ligne qui n’avançaient pas assez rapidement fut remplacé, l’année suivante, par l’ingénieur Yiasemski qui avait fait les études du Transsibérien central.
- Grâce à ces procédés autocratiques, une activité sans exemple fut donnée à la construction de cette voie qui fut ouverte au public dès le printemps de 1897. Elle se termine sur l’Amour à Khabarovsk où l’on a construit une grande gare maritime.
- Comme nous l’avons dit plus haut, à la sortie d’Europe, on hésitait sur la direction à suivre ; plusieurs projets se trouvèrent #n présence ; on adopta après de longues et sérieuses discussions celui du général A. de Gortoff qui parut le plus facile et le plus pratique. En effet, relier les bassins de la Volga et de la Kama, dont la terre noire (tchernozom) est si fertile, au district du versant oriental de l’Oural, c’était séduisant. Là s’étend, en effet, un district riche en mines de houille, de fer, de cuivre, d’or ; là se trouvaient les fabriques d’armes blanches de Zlataoust ; on y pourrait, à l’abri des atteintes de l’ennemi, fabriquer tout le matériel militaire et on l’enverrait alors bien facilement au cœur de la Russie. Le projet une fois adopté, trois ans suffirent à la construction de la ligne Samara, Ufa, Zlataoust, Tcheliabinsk qui fut inaugurée le 26 octobre 1892 bien que l’on eût rencontré certaines difficultés dans la traversée du Caucase que la voie coupe dans sa partie la plus pittoresque.
- Le 4 août 1892, les travaux de la section Tche-liabinsk-Omsk furent commencés et l’année suivante, le 22 juin, des chantiers étaient établis près de Kourgan, tandis qu’au printemps de 1894 on attaquait les travaux de l’embranchement Qmsk-Tomsk qui fut ouvert le 22 juillet 1896.
- Au pays montueux qu’on rencontre entre Miass et Tscheliabinsk succède jusqu’à l’Ob une immense plaine que traversent les rivières Tobol et Ichin, affluents de l’Irtych et enfin l’Ob qui passe à Tomsk. Kourgan, Petropaulovsk, Omsk, Kainsk, Krivast-ehekog, Taïga sont les principales stations de cette partie de la ligne. Toute cette section de la voie fut
- assez difficile à construire, les bois étaient éloignés de la ligne de 40 à 50 vers tes, les carrières de 150 à 600 et l’eau douce fit absolument défaut entre Petropaulovsk et Omsk, car le chemin de fer côtoie sur ce long parcours la steppe salée d’Akmolinsk.
- Entre Taïga et le Baïkal, ce qu’on appelle le Transsibérien central, se rencontre un des obstacles les plus formidables que les ingénieurs aient eu à surmonter, c’est la traversée de l’Ienissei. Pour l'effectuer, il fallut un pont d’un kilomètre de long porté sur des piles de maçonnerie. D’ailleurs toute cette section fut coûteuse à établir en raison des montagnes et des nombreux cours d’eau à franchir. La ligne se relève ainsi progressivement pour atteindre le lac Baïkal situé à 1600 pieds au-dessus de la mer. Attaquée de divers côtés en meme temps, cette sect ion ne vit pas tous ses chantiers progresser'aussi rapidement en raison des difficultés rencontrées, certaines parties furent entièrement achevées, infra et superstructures, construction et aménagement des stations, avant certaines autres. La partie entre Klioutchi et Irkoutsk fut ouverte dès la mi-septembre 1892 au trafic des voyageurs et des marchandises alors (pie tous deux ne pouvaient franchir l’Oka qu’au moyen d’un bac, le pont qui traversait cette rivière n’étant pas terminé.
- G’est cette dernière région qui est la plus riche. Les forets y sont interminables et les gisements de fer y sont nombreux. L’or, l’argent, le cuivre, le graphite, le charbon, le sel s’y rencontrent en quantité notable ; le chemin de fer va fournir à ces mines un débouché qui remplacera facilement les voies fluviales. Sans doute, les grains, marchandise encombrante et de peu de valeur, continueront à emprunter ces dernières, car le chemin de fer serait un moyen de transport trop coûteux, mais il y a là un avenir, et un avenir extrêmement prochain pour un commerce rémunérateur.
- Si les produits que nous venons d’enumérer constituent l’exportation, on peut dire que l’importation est dès maintenant illimitée en raison de l’afflux considérable de population immigrée. Ghezelle, tous les produits ouvrés et manufacturés trouveront preneurs jusqu’au jour où s’élèveront des fabriques. Mais ce ne sont pas seulement les Russes qui sont appelés à profiter des facilités que créera le chemin de fer et de l’abaissement du prix des marchandises qu’il amènera ; c’est la Chine septentrionale et centrale qui verra avec plaisir s’établir une concurrence aux négociants anglais qui, remontant les grands fleuves, ont établi des comptoirs dans l’intérieur de l’empire.
- On peut dire que l’établissement du Transsibérien est et sera pour la Sibérie une véritable révolution. N’avons-nous pas vu derrière les rails en marche le désert se peupler ? Sur une longueur de 800 verstes, spectacle inoubliable, c’était une alignée de fourgons, de chariots, de voitures de toute sorte où campaient à la fois 45000 travailleurs, venus avec leur femme et leurs enfants qui constituaient ainsi un interminable campement de bohémiens !
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- A Livenitschnaia où l’on construisait en août dernier, nous apprend M. Labbé, le laineux bateau brise-glaces dont on a tant parlé, la ligne est forcément interrompue par le Raïkal. Un le traverse aujourd'hui au moyen d’un bac, mais cette nappe d’eau est trop profonde, elle est sujette à des tempêtes trop subites et trop violentes, à des gels et à des débâcles trop puissantes pour qu’on puisse y construire un pont. C’est ce qui résulte des reconnaissances hydrographiques qu’on y pratique depuis quatre ans et de l’exploration de la partie méridionale de ce lac à laquelle on s’est particulièrement attaché ces deux dernières années.
- Un a songé à en contourner l’extrémité méridionale, mais il n’y a pas de rive et l’eau vient battre une paroi rocheuse, précipiteuse et presque verticale.
- Ce sont des éperons des monts Sayanski, sur le flanc desquels on songe à établir le chemin de fer car, le bac actuel n’est pas à la hauteur des besoins et la question des ferry boats entre Livenitschnaia et Mousso-vaya (60 kilomètres) n’est pas près d’être résolue.
- Quelle que soit la solution-à laquelle on s’arrêtera, elle sera aussi coûteuse que difficile à réaliser.
- Restait donc la dernière partie de la ligne à construire entre le Raïkal et Khabarovsk, en passant par Tchita et Rlagovethtchensk. Avant d’atteindre Tehita située à une intersection des monts Jablonovoï, la voie traverse les montagnes et suit le cours de la Chilka, affluent de l’Amour, jusqu’à Stretinsk où la Chilka devient navigable et jusqu’où le chemin de fer était terminé en août dernier. Depuis le voyage qu’a fait en 1899 le ministre des voies et communications,
- on pense que la voie sera continuée jusqu’à Pokroska située au confluent de la Chilka et de l’Argonne. Le reste de la ligne a été reconnu, tracé, mais on n’en pressait pas la construction en raison des difficultés et des obstacles naturels accumulés qu’il fallait franchir.
- Au delà du point que nous venons d’indiquer, la construction de la section amourienne a provisoirement été abandonnée depuis la conclusion, en 1898, d’un arrangement conclu entre les gouvernements russe et chinois, par lequel la banque russo-chinoise était autorisée à construire un chemin de fer à travers la Mandchourie vers Port-Arthur. 11 ne faut pas oublier, en effet, que la Russie a pris à bail ce port qui ne gèle jamais et qui est, par conséquent, pour elle d’une importance capitale.
- Par cette nouvelle combinaison, le tracé de la voie ferrée tel qu’il avait été antérieurement adopté, va se trouver réduit de 800 verstes, car, descendant
- parallèlement à l’Amour, elle remontait dans le nord et faisait avec sa direction générale un véritable angle droit à partir de Khabarovsk. D’après les dernières informations que nous avons pu nous procurer, la ligne de la Mandchourie traversera la frontière russe à Tsouroukhaïtou, passera par Khailar, Rodouné, Ghirin, Ningouta, rejoindra à Nikolskoé la ligne de l’Uussouri pour aboutir à Vladivostok; elle traversera ainsi les parties les plus fertiles de la Mandchourie.
- De Ghirin un embranchement se dirigera par Moukden jusqu’à Nioutchang où il se subdivisera pour gagner au sud-est Port Arthur et au sud-ouest Pékin et Tientsin. Un sait que depuis quelque temps déjà ces deuxflCb^^fes-^illeft, sont reliées par le chemin de fcrffDe T^ntSiinÉt de Port Arthur les lignes sont achevées et exploitées jusqu’à Moukden ; on aninjrçce enfin pour le mois d’octobre 1900 Tachèveiifctit du tronçon Moukden-Yladivostok.
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- Un voit avec quelle merveilleuse rapidité, malgré les mollifications si heureuses apportées au tracé primitif, cette immense ligne aura été construite et sur.la plus grande partie livrée à l’exploitation. 11 y a là un gigantesque effort qui en dit long sur les infinies ressources de la Russie. Ni les gelées qui sur plusieurs mètres de profondeur immobilisent les fleuves, ni les tempétueuses débâcles, ni les effrayantes inondations, ni l’éloignement des usines, ni l’absence des matériaux, rien n’a pu arrêter l’essor de cette entreprise qui est incontestablement l’une des plus belles et des plus fécondes de la fin du dix-neuvième siècle. Caiuuki, Makck.l.
- PRESSE A COTON CONTINUE SWENSON
- Le coton livré au commerce est comprimé le [tins souvent au moyen de presses hydrauliques munies de dispositifs spéciaux permettant de cercler ou de fretter les balles obtenues. Celles-ci ont l’inconvénient de renfermer une assez grande quantité d’air comprimé susceptible de déterminer des accidents ou de provoquer des incendies. Leur production discontinue entraîne en outre une perte de temps notable. Enfin, ces balles nécessitent une tare de 5 pour 100 du poids total.
- Les Américains, toujours très pratiques, ont ima-
- Presse à cotou continue Swenson.
- giné des machines ingénieuses qui permettent d'obtenir d’une façon continue des balles cylindriques, dans ^lesquelles la quantité d’air comprimé emmagasinée et la tare sont notablement réduites, et qui présentent, outre de moindres chances d’accidents, l’avantage d’un maniement plus aisé.
- L’une des plus intéressantes et des plus employées 'est la presse continue Swenson, construite à New-York par l’American Coton Company, et dont la figure ci-dessus représente le modèle le plus récent.
- Un courant d’air dirige les lloeons de coton sur un tambour creux recouvert de toiles métalliques. Une partie des poussières entraînées se déposent dans des poches disposées à la partie inférieure de la conduite d’amenéc. Les autres traversant les mailles du tambour sont aspirées par le courant
- d’air. Ce tambour, animé d’un mouvement de rotation rapide, projette le coton sur des courroies fortement inclinées et qui l’entraînent à leur tour vers la base de l'espèce d’entonnoir 1) qu'elles forment. Un clapet mobile Y permet de diriger alternativement le ruban de coton ainsi formé vers l'une des deux presses disposées symétriquement à la partie inférieure de la machine.
- Chaque presse comporte trois cylindres ; les deux premiers E et F, de diamètres inégaux, sont fixes et superposés ; c’est entre eux que le ruban de coton subit sa première compression, au moyen d’eau sous pression agissant sur les extrémités de l'axe du petit cylindre supérieur. Le troisième cylindre F' qui peut prendre un mouvement de translation, est d’un diamètre égal à celui du cylindre F à coté duquel il est
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- placé. Entre les deux, et un peu au-dessous, est disposé un bâton gras G <]ue des manettes permettent de dégager des paliers dans lesquels il repose et qui peuvent se déplacer horizontalement. On dispose sur ce bâton un cylindre de carton autour duquel s’enroule la balle de coton. Des plaques lixées aux paliers du bâton déterminent l’arasement dçs balles.
- Enfin une toile sans fin II, maintenue par un tendeur 1 et guidée par une glissière verticale G représentée à la partie inférieure de la figure, passe successivement sur les deux gros cylindres et sous la balle. Cette dernière se trouve comprimée au fur et à mesure de sa formation par les pistons K de deux presses hydrauliques J agissant sur les paliers du cylindre mobile. La pression, d’abord très faible et ne dépassant pas 0ks,7 lorsque la balle commence à se former, augmente peu à peu jusqu’à 14 kilogrammes par centimètre carré à la moitié de la formation de celle-ci, puis est maintenue constante jusqu’à la fin de l'opération au moyen d’un robinet autorégulateur.
- Les paliers du cylindre mobile sont guidés par des pignons dentés calés sur un arbre P» et pouvant se mouvoir le long.d’une crémaillère horizontale. Cette disposition permet de maintenir un parallélisme constant entre les deux gros cylindres, malgré les inégalités de pression aux différents points de la balle.
- Ces deux cylindres reçoivent le mouvement de l'arbre moteur au moyen de courroies et de mécanismes permettant de les embrayer ou de les débrayer séparément.
- Chaque presse comporte en outre un dévidoir P à frein serré par un contrepoids et placé au bout de la table horizontale de la machine. Sur ce dévidoir est enroulée une toile que l’on amène sous la balle lorsqu’elle est achevée. Celle-ci se trouve ainsi enveloppée mécaniquement. On coupe alors la toile; on arrête le gros cylindre fixe, on retire le bâton du cylindre de carton sur lequel est enroulé le coton, et la rotation du cylindre mobile tendant la toile sans fin, la balle se trouve projetée hors des cylindres. On débraye alors le cylindre mobile ; tout se remet en place et la machine est prête à fonctionner de nouveau.
- Chaque presse pouvant être utilisée alternativement grâce au clapet dont nous avons parlé, on voit que la production est continue. On peut ainsi obtenir une balle en cinq ou six minutes avec une force motrice de 10 chevaux environ. Georges Cave.
- Train électrique aérien à très grande vitesse entre Liverpool et Manehester. — La commission parlementaire anglaise des chemins de 1er vient d’émettre un avis favorable à la création d’une ligne électrique à très grande vitesse, uniquement réservée aux voyageurs entre Liverpool et Manchester. Quoique ces deux villes soient déjà reliées par quatre différentes compagnies, les ‘ moyens de transport sont devenus insuffisants par r.qt-
- port au développement de la population, (pii est de 508 000 âmes pour Manchester et de 520 000 âmes pour Li verpool, et, depuis longtemps, le projet de mettre en communication, par un chemin de fer électrique, les deux principaux centres industriels du Royaume-l ni. était soumis à l’approbation des pouvoirs publics. La ligne en question sera construite sur le principe monorail, où les voitures se trouvent suspendues en l’air par un rail unique, maintenu à six mètres du sol par des potences métalliques disposées de distance en distance. Chaque voiture sera munie de deux moteurs électriques qui serviront aussi à produire l’éclairage et le freinage du train aérien. La station centrale d’énergie sera édi fiée à Warrington ; ses générateurs auront une puissance de 1200 chevaux et débiteront un courant de 2000 volts. Grâce au système monorail, grâce surtout à l’emploi de l’électricité, la vitesse pourra atteindre 185 kilomètres à l’heure, sans danger pour les voyageurs, puisqu’il n’v aura jamais qu’un seul train sur la ligne, et la distance de Liverpool à Manchester, que les meilleurs rapides mettent 54 minutes à couvrir, sera franchie en un quart d’heure.
- Les essais du torpilleur anglais (( Tiper)). —
- Nos lecteurs doivent se rappeler que ce contre-torpilleur présente un intérêt tout particulier, qui consiste en ce que ses machines sont des turbines à vapeur du système Parsons. Or, ce bateau a fait récemment ses premiers essais, et ils ne peuvent être passés sous silence ; ils ont du reste été exécutés par une mer fort agitée. Si nous envisageons les six meilleurs parcours qui ont eu lieu sur mille mesuré, avec ou contre la marée, nous trouvons que la vitesse a été de 54,28 nœuds en moyenne; d’autre part, les deux meilleurs parcours ont donné 54,75, et enfin l’allure moyenne pendant l’essai de trois heures a pu atteindre 55,OC nœuds. 11 y avait du reste des pertes (te vapeur, et il paraît que les fonds du navire n’étaient pas propres. Dans des conditions normales, les constructeurs comptent sur 50 nœuds.
- L'utilité du rossignol en apiculture. — fit
- spécialiste, M. Morand, a communiqué au journal Y Apiculteur, une observation curieuse sur l’utilité qu’il peut y avoir, pour un agriculteur, à posséder des rossignols près de ses ruches. 11 a pu en effet surveiller des rossignols qui avaient coutume de se poster à l’entrée de ses ruches, et il a constaté qu’ils capturaient uniquement les mâles. Il fit une expérience probante ; il tua une douzaine de bourdons et six ouvrières, et les posa devant la ruche sur une planche ; quand la rentrée des abeilles mâles fut terminée, les rossignols se mirent à rôder, aperçurent la planche, enlevèrent tous les mâles, mais ne touchèrent à aucun des corps d’ouvrières.
- La valeur nutritive des aliments. — L’exposition de la section suisse au Palais de l’Économie sociale fournit des renseignements intéressants sur la valeur nutritive des divers aliments, par rapport au poids et par rapport au prix. Les deux tableaux ci-après concernent les aliments solides azotés. Le premier fournit, pour chaque espèce d’aliment, le nombre de grammes de matière nutritive qu’il renferme pour le poids d’un kilogramme. Morue séchée 011 grammes; fromage gras 400; fromage maigre 597; lentilles 519; haricots secs 505; poissées 299; bœuf maigre, sans os 220; macaroni 226; riz 218; morue salée 200; harengs 191; œufs (20 au kg) 180; pain blanc 155; figues 120; pommes de terre 40; fruits (pommes, poires) 25; asperges 25. Le second tableau indique le nombre de grammes de matière nutritive
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- fournit* pour le prix uniforme d’un franc. Les chiffres entre parenthèses sont ceux des prix du kilogramme. Haricots secs (0,45) 677 grammes; pois secs (0,50) 598; lentilles (0,65) 491 ; pommes de terre (0,10) 460; pain blanc (0,55) 457; riz (0,60) 565; morue séchée (1,80) 559; fromage maigre ( 1,20) 551 ; macaroni ( 1,001226 ; fromage gras(2,00) 205 ; figues (0,60) 200 ; morue salée ( 1,20) 156; harengs (1,50) 147; bœuf maigre, sans os (2,00) 115; œufs, 20 au kg. (2,00) 90; fruits (pommes, poires) (0,25) 85; asperges (1,80) 15. Cette énumération pourra être consultée avec avantage par les ménagères désireuses de nourrir leurs familles avec économie. Elles devront, évidemment, donner la préférence aux légumes secs et particulièrement aux haricots et n’avoir recours que rarement au bœuf, aux œufs et surtout aux asperges.
- Un crabe lumineux. — Les journaux de Calcutta annoncent la capture, dans l’océan Indien, par une drague appartenant à la Société zoologique de cette ville, d’un crabe gigantesque et phosphorescent tel qu’on n’en avait jamais vu de pareil. Cet extraordinaire crustacé, qui a été pêché à 1 mille à peine de la côte, par 45 brasses de profondeur, mesure 62 centimètres de diamètre à la carapace et ses plus longues pattes ont près d’un mètre. Armé de pinces terribles, il est d’une voracité incroyable, et ses yeux saillants, comme ceux des homards, lui donnent une apparence tout à fait féroce. Quand on l’a capturé, non sans peine, les hommes de l’équipage l’ont mis dans un vaste bassin l’empli d’eau de mer, où se trouvaient déjà une cinquantaine d’autres crustacés et poissons divers. Deux heures après, le crabe géant avait tout dévoré, et, le soir étant venu, quelle ne fut pas la surprise des zoologistes de découvrir que leur prisonnier émettait des rayons phosphorescents d’une blancheur intense très caractéristique, éclairant tout le bassin au fond duquel, entre deux gros galets, il s’était blotti. Actuellement, l’animal a été transporté à l’aquarium de Calcutta.
- I.u plus grande gare du Rwyaume-Uni. — On
- a inauguré il y a quelques semaines, à Edimbourg, la plus grande gare de tout le Royaume-Uni, principalement sous le double rapport du développement et de la superficie de ses quais. Ceux-ci, en effet, au nombre de dix-neuf et desservant trente-six paires de voies, ont une longueur de 4690 mètres, sans compter les quais de débord, dont l’étendue atteint 1800 mètres. La superficie des quais de Waverley Station, c’est le nom de la nouvelle gare écossaise, dépasse 52 000 mètres carrés, tandis qu’à Liverpool Street, la principale gare terminus de Londres, elle n’est guère que de 21 000 mètres. L’entrée de ces dix-neuf quais est commandée par quatre cabines d’aiguillage, ayant 50, 150, 180 et 260 leviers, pouvant donner jusqu’à huit cents (( directions » différentes aux 472 trains qui, toutes les vingt-quatre heures, arrivent à Waverley Station ou en partent. La surface totale de la gare est de 9 hectares et demi et le prix des constructions neuves s’est élevé à 1 million de livres sterling.
- La durée d’un clin d’œil. — Quelle est la durée exacte d’un clin d’œil? Question peu facile à résoudre. Un savant étranger, M. Garten, qui s’était fait une spécialité de l’étude des mouvements oculaires, a tenté de résoudre ce problème, et voici, d’après une communication récente, quel a été le résultat de ses investigations. Le nombre de clignements d’un œil normal, d’abord, peut varier dans d’assez larges limites suivant les occupations ou les divers étals d’âme du sujet observé. Quand l’atten-
- tion est très soutenue, pendant une lecture attachante, par exemple, les yeux restent fixement ouverts durant plusieurs minutes de suite. Cette période île' repos est suivie d’ailleurs, presque toujours, de battements précipités des paupières. Quant à la durée moyenne d’un clin d’œil, les observations de M. Garten lui ont permis de l’évaluer à quarante centièmes de seconde. La paupière remonte environ quatre fois [tins vite qu’elle ne descend, et, pendant le dignement, les yeux restent clos durant l’espace de dix-sept centièmes de seconde. Aussi nous est-il impossible de nous en apercevoir.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 5 juin 1900.
- Nous sommes obligés de remettre le compte rendu de celte séance à la semaine prochaine, en raison des congés de la Pentecôte, l’Imprimerie générale étant fermée pendant les trois premiers jours de la semaine.
- ——
- LA PRODUCTION
- ET LA
- CONSOMMATION DU CHARDON
- La France a consommé, en 1897, trente-sept millions trois cent mille tonnes, et, en 1898, quarante et un millions de tonnes de charbon.
- Les principaux centres de consommation sont les suivants :
- Nord..............
- Meurthe-et-Moselle
- Seine............
- Pas-de-Calais. . . Seine-Inférieure. Rhône Douches-du-Rhône Saône-et-Loire. . Loire............
- 6 552 900 tonnes 4041200 —
- 5 664 800 —
- 2 565 000 — *
- 1 588 000 1 502 000 1 257 000 1 554 000 1 185 000
- Cette consommation n’est pas, bien entendu, exclusi-
- vement de charbon français.
- Le charbon anglais pénètre en France par tous les ports maritimes, et, en remontant nos fleuves, nos rivières et nos canaux, il arrive jusqu’au cœur de notre pays où, seuls, les contreforts du plateau central semblent l’arrêter. Les départements côtiers sont alimentés en grande partie par du charbon anglais.
- Le charbon belge est consommé dans l’est et le nord de la France.
- Le principal centre d’importation des charbons allemands est le département de Meurthe-et-Moselle, qui en reçoit 1 720 000 tonnes, soit près delà moitié de sa propre consommation. l)’un autre côté, il n’est pas sans intérêt de signaler que le charbon allemand a déjà fait son apparition sur les côtes de la Manche.
- Quant à la production française, celle du Nord et du Pas-de-Calais (20 millions de tonnes) est absorbée par les départements français situés au nord de la ligne allant de la Charente-Inférieure au Jura, sauf 750 000 tonnes environ qui sont exportées, et 20 000 tonnes qui sont livrées dans le Var.
- Le bassin de la Loire, qui a produit 5 865 000 tonnes en 1898, a expédié 5 860 000 tonnes de combustibles qui ont été consommées en partie dans la Loire, le
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- LA NATURE.
- lUiône et l’Isère et dans tout l’est et le sud de la France, soit dans un périmètre limité à la frontière et par une ligne allant du Doubs au Cher et du Cher à l’Hérault.
- Le bassin de Saône-et-Loire a produit, en 1808,
- 2 090 OUI) tonnes de houille, dont 580 000 tonnes ont été consommées par les mines, 756 000 par le département de Saône-et-Loire, et le reste par le Rhône, la Côte-d’Or et le groupe de départements compris entre les Vosges, la Seine, la Sarthe et la Loire.
- Le bassin de l’Ailier alimente surtout la région qui l’environne. C’est également le cas pour les bassins d’Alais, du Tarn, etc.
- LES TRMWÀYS ÉLECTRIQUES
- ET l’.VKHOSAUE DES ltlES
- Nous avons eu occasion de montrer les services que les tramways électriques peuvent rendre’ à la campagne, pour transporter les pompes à incendie des centres un peu importants sur les points qui n’en possèdent pas; les tramways urbains pourraient de même être utilisés à des usages secondaires. 11 est certain que leur multiplication, un peu hors de propos dans les voies très fréquentées des grandes villes, n’est pas‘sans offrir les plus sérieux inconvénients ; mais on aurait d’autant plus de propension à leur pardonner cet encombrement si, en dehors du transport des voyageurs, ils rendaient des services à l’entretien et au nettoyage des rues.
- Des tentatives fort intéressantes ont déjà été faites dans cette voie. Nous avons signalé des réseaux de tramways où circulent des voitures comportant un réservoir d’eau, et qui peuvent par suite assurer, au moins partiellement, l’arrosage des rues. Dans certains cas on dispose, de chaque hord des véhicules, un tuyau qui s’étend horizontalement à une distance suffisante pour arroser toute la largeur de la chaussée entre les trottoirs. Dans certaines villes, on s’est mis de même à faire circuler sur les lignes de tramways des sortes de tombereaux électriques, qui servent à ramasser les ordures ménagères, à une heure où ne fonctionne aucun tramway pour voyageurs. 11 est évident que tout le monde bénéficie d’une telle combinaison, car les municipalités qui peuvent ainsi diminuer les frais de traction de leurs tonneaux d’arrosage et de leurs tombereaux d’ordures, sont toutes disposées à payer aux compagnies de tramways une redevance raisonnable; il en ré-
- sulte (pie le courant de ces compagnies est mieux utilisé, et cela diminue par suite les frais généraux.
- Mais ce qui arrête souvent , surtout en matière d’arrosage, c’est qu’il est assez coûteux de faire construire des wagons-réservoirs qui ne sont utilisés (pie durant une partie de l’année. Une compagnie de tramways américaine a trouvé une solution au problème, en imaginant un véritable tonneau d’arrosage électrique dont le coût a pu être réduit à un minimum accessible à tous les budgets.
- Il s’agit d’une tonie petite compagnie, qui porte le nom quelque peu ambitieux de « Colonial City Traction Company » ; elle a tout récemment construit une ligne de très faible développement à Kingston, dans l’État de New-York, ce qui n’a point empêché le « Street Railway Journal » de consacrer un article à ce réseau, qui est exploité au moyen de 14 voitures seulement, et qui a bien une longueur
- d’au moins 4 kilomètres ! Il comprend du reste une portion exploitée en tunnel, sous les voies de la grande ligne ferrée qui dessert la ville.
- Une entreprise aussi modeste avait particulièrement besoin de diminuer les frais généraux de son usine de production de courant, (pii possède deux machines de 150 chevaux. C’est pour cela, évidemment, qu elle a entrepris de se charger de l’arrosage des rues, l’ingénieur en chef de la compagnie, M. G. Gordon Reel, ayant disposé, dans les conditions les moins coûteuses, le tonneau auquel nous avons fait allusion tout à l’heure. Ce n’est point un réservoir, mais bel et bien un tonneau, qui a une contenance de quelque 7000 litres, et qui provient d’une brasserie ; comme il était dans un état peu satisfaisant pour son usage primitif, il a pu être acquis à bon compte, moyennant la modeste somme de 50 francs. On l’a monté et calé convenablement sur un wagon plate-forme, puis on l’a muni des dispositifs voulus, notamment de l’indispensable tuyau perforé de déversement de l’eau, qui fut fabriqué dans les usines de la compagnie.
- En somme, une fois terminé, cet appareil d'arrosage n’a coûté que 550 francs à peine ; et encore, en hiver,,peut-on l’armer à chaque extrémité d’une charrue à neige et l’utiliser à déblayer les voies. R. de M.
- he Gérant : P. Masson. Paris, -r- Imprimerie. l.Aiiunr, rue de Kleurus, ‘J
- Un tonneau d’arrosage primitif.
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- >*• 1412.
- 16 JUIN 1900.
- LA N ATI UK.
- GEORGES MASSON
- C'est avec un profond chagrin que je prends la plume. La mort s’est montrée cruelle pour notre maison quia vu disparaître déjà tant dés siens. Il n’y a pas un an elle emportait Gaston Tissandicr, le savant fondateur de La Nature. Elle vient de nous enlever l’éminent éditeur de ce journal : Georges Masson. C’est une perte qui sera lourde à supporter. Notre ami, encore dans la force de l’àge, s’est éteint dans l’épa-
- nouissement et à l’apogée d’une carrière qui laissera des souvenirs ineffaçables. Il y a à peine une vingtaine de jours, il n’apparaissait pas souffrant ; il était, comme toujours, aimable et souriant, et on le rencontrait partout à la fois, comme s’il avait le don d’ubiquité: au Bois, à cheval de grand matin; chez lui, au milieu des siens ; à la Chambre de Commerce, à l'Exposition, etc. Il s’alita cependant et il
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- GEORGES MASSON
- Président de la Chambre de Commerce. Éditeur de La Nature.
- ne se releva plus. Quand brusquement on apprit la triste nouvelle, on ne voulut pas y croire. On avait tellement l’habitude de le rencontrer de tous cotés qu’on ne pouvait se faire à l’idée de le perdre. Georges Masson faisait partie intégrante de Paris. C’était une haute personnalité, mais aussi une figure parisienne qui comptait et que l’on n’oubliera jamais.
- Nous connaissions Georges Masson depuis sa jeunesse; il était dès 1860 le collaborateur de son père dans la maison de la place de l’Ecole-de-Médecine qui disparut sous la pioche des démolisseurs. Déjà la librairie \irtor Masson
- avait un renom universel. Ce n'était qu’un commencement. Avec son activité débordante, presque incroyable, Georges Masson lui donna rapidement une extension considérable; avec son initiative, ses qualités d’organisation exceptionnelles, il sut attirer à lui les illustrations médicales de l’époque et préparer des éditions glorieuses pour la science française.
- Déjà la maison Victor Masson avait mené à bonne fin une des plus grandes entreprises de la librairie : le Règne animal de Cuvier, splendide collection de vingt volumes in-8° avec planches coloriées, Y Atlas d'anatomie descriptive de MM. Du play, Broca et Bonamy,
- 28“ aimée. — 2“ semestre.
- O
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- les Éléments de zoologie do Milne Edwards, les beaux livres classiques de Régnault, de Relaunay, de Pelouze et Frémy, de Jussieu, de Payer, pour ne citer que ceux-là. Puis elle publiait les Annales de chimie et de physique, les Annales des Sciences n a t u relies, le Jo urna l de ph arm acie eide ch iniie, etc. Depuis, Georges Masson a élevé au premier rang la vieille maison de 1804 et de 1858. Les grandes éditions médicales se sont singulièrement multipliées sous son impulsion éclairée et c’est par centaines qu’il faudrait citer les ouvrages d’enseignement supérieur, d’enseignement secondaire et les ouvrages de vulgarisation scientifique. C'est à lui, notamment, que l'on doit l’achèvement du Dictionnaire encyclopédique des Sciences médicales en 100 vol. in-8°, tous ces Traités de médecine, de chirurgie, de pathologie générale, de dermatologie, qui sont devenus classiques. (Test de lui encore la série des volumes sur les Expéditions du Travailleur et du Talisman, et les Archives du Muséum d'Histoire natu-Velle. Qui de nous n’a eu, sur les bancs de l’école, la « Chimie de Troost », la « Physique de Fernef » et la « Géométrie de Vacquant »? Il nous faudrait un volume pour faire une énumération complète. Pour les journaux ou les revues, même intensité de production. La librairie Masson édite plus de 412 journaux dont on peut trouver les spécimens à l’Exposition universelle : les (f Annales de l’Institut Pasteur », les « Annales des maladies de l’oreille et du larynx », les (( Annales médico-psychologiques », l’ « Anthropologie », la « Revue d’hygiène et de police sanitaire », les bulletins de la « Société de biologie », de la « Société de chirurgie » de la « Société médicale des hôpitaux », de la « Société de médecine publique », de la « Société d'anthropologie », la « Gazette hebdomadaire de médecine », les « Bulletins hebdomadaires de l’Académie de médecine »,les « Annales des Sciences naturelles », etc., etc., sans oublier « La Nature ».
- Un pressent l’énorme labeur qu’exigent ces innombrables publications. Mais ce que l’on soupçonne moins, c’est le rôle prépondérant de l’éditeur dans ce travail colossal.
- Un éditeur? Mais il prend le manuscrit de l'auteur; il imprime et vend. Voilà ce que Ton croit trop. Quelle erreur ! L’éditeur est le collaborateur indispensable de l’auteur. C’est lui qui met en œuvre. Beaucoup de livres sans succès auraient réussi entre les mains d'un bon éditeur. Il faut des qualités très spéciales pour fabriquer un livre. Et puis, comme on Ta dit avec raison, il est utile souvent de provoquer, d'inspirer et de diriger les efforts des savants et des écrivains; enfin que d’échecs aussi sans l'autorité morale, sans l’appui matériel de l’éditeur ! U faut avoir été auteur pour savoir ces choses du métier. Georges Masson a excellé dans son rôle d’éditeur et on peut avancer très justement que de ce chef il a exercé une influence capitale sur le mouvement scientifique contemporain. Sans conteste la science lui doit beaucoup.
- Lorsque La Nature fut fondée, on eut le bon esj>rit
- de chercher pour elle un éditeur. Elle eut la rare fortune d’ètre agréée par Georges Masson qui, d’un coup d’œil, devina la portée et l’avenir du journal. Ge jour-là. la réussite était certaine. La Nature acquit ainsi, du premier coup, et l'autorité et le prestige. En fait notre ami fut l’àme de la nouvelle publication. Il s'en occupa constamment, et, avec Gaston Tissandier, ilass ,ra sa prospérité. Les savants les pins éminents fréquentent la librairie. Le cabinet de Georges Masson a toujours été un salon de réception ouvert aux grands de la science, aux membres de l’Institut, aux membres de l’Académie de médecine, etc. Et quand l’un d’eux vient s’occuper du livre qu’il prépare, il fait souvent un petit détour et porte un article à La Nature. Le journal devint ainsi un peu comme le Journal des Débats, une antichambre qui ouvrait ses portes sur le Balais de l’Institut. Que de rédacteurs de La Nature occupent aujourd’hui un fauteuil à l’Académie des sciences ou à l’Académie de médecine, et beaucoup se plaisent à reconnaître que le journal leur a porté bonheur. Georges Masson a ainsi [dus d’une fois discrètement fait des Académiciens.
- Sa disparition laissera chez nous tous un vide immense. Mais la dynastie des Masson n'est pas éteinte. Après Victor Masson, Georges Masson; après Georges Masson, Pierre Masson. M. P. Masson a été élevé à l’école de son père; il a vécu près de lui, il s’est inspiré de son esprit; depuis des aimées déjà il dirige aussi la grande maison. Nous avons donc foi dans l’avenir; l’œuvre paternelle grandira.
- Georges Masson était si bien mêlé au mouvement scientifique, qu’il dut plus d’une fois siéger à coté des savants. Il fut membre du conseil de surveillance de l'Assistance publique, membre du Comité consultatif d'hygiène, etc. C’est ainsi encore qu'en 1872, après la guerre, il a contribué à la fondation et au développement de l’Association française pour l’avancement des sciences. Autour de son nom se groupèrent toutes les amitiés et tous les dévouements. Il ne put se dispenser, malgré les lourdes charges de ses travaux ordinaires, d’accepter de nombreuses fonctions publiques. Président du Cercle de la librairie, Union commerciale. Office national du commerce extérieur, délégué sénatorial, membre de la Chambre de Commerce depuis 1880, Président de cette Chambre depuis janvier 1898, membre du Comité consultatif des chemins de fer, membre de la Commission supérieure de la Caisse Nationale des retraites pour la vieillesse, de la Commission supérieure de la Société d’assurance de décès ou d’accidents, membre de la Commission consultative des Postes et Télégraphes, du Comité consultatif des consulats, du Comité de direction des services d’hygiène de France, du conseil de perfectionnement de l’Ecole des langues orientales, etc. 11 était aussi depuis trois ans membre du Conseil d’administration des chemins de fer du Nord. Jeu passe. J’ai voulu montrer simplement la puissance de travail de G. Masson qui conduisait de front ces travaux si multiples et si variés. Le soir
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- il trouvait encore le temps de présider des fêtes où il représentait si dignement la corporation dont il était le chef. Président de la Chambre de Commerce, il s'en honorait et se dévoua sans compter à sa haute fonction qu'il avait acceptée, comme un des couronnements de sa carrière. Ce travail surhumain sans repos ni trêve, hélas! peut-être l’a-t-il payé de sa vie.
- Ce sont là des faits présents à la mémoire de tous ceux qui ont eu des relations avec cet homme éminent. Peut-être connait-on moins l’homme, l’homme intime, l’ami que l’on rencontrait toujours lorsqu'on avait besoin de sa grande expérience et de sa bienveillance extrême. Il oubliait ses fatigues, ses souffrances même, quand il s’agissait de faire le bien. L'homme était franchement bon, et bon comme on ne saurait le dire, et comme il serait indiscret de le rappeler. Mais qu’aussi il était charmant ! Il réunissait toutes les qualités ; il était vraiment complet et il n’y a qu’une voix au 120 du faubourg Saint-Germain pour le répéter. Il était si simple, d’abord si facile, si encourageant ; il suffisait de l’approcher une lois pour qu’au sortir de son cabinet on restât sous le charme de son accueil, il était séduisant.
- U est resté jeune jusqu’à la lin. Nature très line, élégante ; vif et pétillant d’esprit, légèrement ironique, causeur inimitable, il avait tous les dons pour plaire et il a toujours plu; d’intelligence supérieure et très pondérée, il avait de l’autorité et savait se faire écouter. Il parlait facilement et simplement. La dernière fois que je l’entendis prononcer un discours, ce fut à l’inauguration du Pavillon de la Chambre de Commerce à l'Exposition. II s’y montra plein de grâce et de tact et provoqua, à plusieurs reprises, les applaudissements d’une assistance très choisie.
- Et chez lui, dans son intimité, quel incomparable maître de maison! Il se faisait adorer de tout le monde. Il oubliait les nombreuses préoccupations de la journée et se montrait gai, affectueux, tendre, d’une câlineric caressante pour les siens qui ne sortira pas de ma mémoire. Que de regrets et quelle douleur pour sa famille, pour tous ses amis ! Il a su aimer, mais il a été bien aimé.
- L’homme s’est peint jusqu’au bout. Lui qui avait droit à tous les honneurs, il les a refusés. Pas de discours, pas de salut militaire, [tas de couronnes, pas de fleurs. Sur le drap noir du cercueil brillait, seule et isolée, la croix de France, la cravate rouge de Commandeur de la Légion d’honneur.
- Tout le monde a tenu à lui rendre un dernier hommage de grande estime, de profond respect et de vive gratitude. L’affluence, à ses obsèques, était énorme. Plus de deux mille personnes se pressaient dans l’église Saint-Sulpice. Pas un bruit, pas une parole, le silence. On était saisi par 1 émotion et par la douleur. J’ai vu, je vois encore devant moi, je le verrai toujours, un grand chirurgien, pourtant habitué aux vicissitudes humaines, appuyé sur une colonne : son visage était contracté et sur ses joues glissaient lentement deux grosses larmes !
- Hekri de Parville.
- L’ASSAINISSEMENT UE LA SEINE
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- Jusqu’en 1807 la Seine recevait, pendant sa traversée de Paris, toutes les eaux pluviales et ménagères, tous les résidus de la capitale. Cette pratique présentait déjà de grands inconvénients autrefois, alors que la population n’avait pas pris le développement qu'elle a aujourd’hui, la majeure partie des habitants étant alimentée avec des eaux puisées au fleuve. Mais en présence de l’accroissement considérable pris par la ville, surtout pendant ce dernier siècle, cette façon de procéder devint une menace sérieuse pour la santé publique.
- Aussi dès 1855, Haussmann comprit-il ce danger et en même temps (pie secondé par Relgrand et Mille il s’occupait de pourvoir Paris d’eau potable, il décida la construction d’un réseau d’égout dont les eaux seraient recueillies par deux grands collecteurs débouchant en Seine, non plus à Paris même, mais à Clichy, en aval du pont d’Asnières. Un autre collecteur, dit collecteur du Nord, devait conduire au fleuve, à Saint-Denis, les eaux de Belleville et de Montmartre.
- L’exécution de ces projets, terminée seulement en 1867, assurait l’assainissement de Paris, mais non celui de la Seine. L’application du « Tout à l’égout » ne fit qu’augmenter la contamination des eaux du fleuve, contamination qui s’aggravant et s’étendant chaque jour davantage menaçait de compromettre gravement les conditions hygiéniques des localités riveraines.
- Il fallut donc s’occuper de faire disparaître ce danger permanent pour la santé publique et trouver un moyen assurant l’épuration des eaux d’égout de la capitale avant leur déversement en rivière. On alla même plus loin, et nous verrons bientôt comment ces mêmes eaux considérées naguère, sur leur passage, comme un foyer de maladie et de désolation, sont devenues aujourd'hui, pour les cultivateurs les utilisant pour irriguer leurs terres, une source de richesse et de prospérité.
- Dès 1864, Mille, prévoyant les conséquences déplorables du déversement en Seine des eaux souillées de la Ville de Paris, proposa d’adopter le système de l’épuration agricole qu’il avait tvu fonctionner à l’étranger et dont il avait pu constater les résultats heureux.
- A la suite de premiers essais tentés en 1866, à Clichy, la municipalité parisienne acquit, à l’entrée de la plaine de Gennevilliers, sur la rive gauche de la Seine, un champ de 6 hectares sur lequel furent envoyées une partie des eaux du collecteur d’Asnières. Les nouvelles expériences furent couronnées de succès et permirent de reconnaître que les eaux recueillies dans les drains étaient limpides et fraîches, et débarrassées des microbes et des matières organiques ; dès lors leur déversement en Seine ne présentait plus aucun danger. Depuis cette époque, les
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- cultures aux eaux d’égout ont pris, dans la plaine de Gennevilliers, un développement considérable. De 51 hectares en 1872, la su ri ace irriguée de la sorte s’est élevée aujourd’hui à 900 hectares et, en 1808, a épuré (dus de 58 millions de mètres cubes d’eau d'égout.
- En présence des résultats obtenus on décida d'appliquer sur une plus grande échelle le système préconisé par Mille et Durand-Clayo et de conduire sur les graviers d’Achères les eaux que ne pouvaient utiliser les cultivateurs de Gennevilliers. Mais, par suite de l'opposition inconcevable du département de Seine-et-Oise, la loi autorisant les travaux ne put être votée (pic le 4 août 1880 après une lutte ininterrompue qui dura quatorze années. Cette loi limitait à 40000 mètres cubes par hectare la quantité d’eau
- à déverser annuellement et à 800 hectares la concession domaniale accordée sur les terrains d’Achères. Cette superficie arrosable lut portée à 1000 hectares par suite de l’acquisition par la Ville de Caris d'un domaine voisin dit des Eoneeanx.
- Ce n’était là encore qu’un débouché insuffisant ne permettant d’épurer que la moitié environ des 150 millions de mètres cubes rejetés annuellement par la capitale. Aussi une nouvelle loi, votée à une imposante majorité et pronmlgée le 10 juillet 1894, autorisa-t-elle l’exécution de nouveaux projets comportant le prolongement de l’aqueduc d’Achères et l’adjonction aux champs d’épandage existants des champs d’irrigation deMéry-Pierrelaye (2150hectares) et deCarrières-Triel (950hectares). La superficie totale des champs d’épandage se trouvait ainsi portée à
- Fig. 1. — Aqueduc de la Frette.
- 5000 hectares, ce qui, à raison de 40 000 mètres cubes par an et par hectare, permettait d’assurer chaque année l’épuration de 200 millions de mètres cubes d’eau, c’est-à-dire plus que n’en rejettent les égouts parisiens.
- La loi de 1894 imposait, en outre, à la ville de Caris un délai de cinq années pour cesser tout déversement en Seine de ses eaux d’égout.
- Ceci posé voyons comment sont alimentés les différents champs d’épandage.
- Le point de départ de l’émissaire général est l'usine élévatoire de Glichy où débouchent 5 grands collecteurs: le collecteur de rive droite ou collecteur d'Asnières qui recueille, en outre, une partie des eaux de la rive gauche par le siphon de la Concorde1 ; le collecteur de rive gauche ou collecteur Marceau qui traverse la Seine en siphon au pont de l’Alma. Quant au collecteur du nord, ou collecteur départemental,
- 1 Voy. n" 1200, du 30 mai 1896, |>. 403.
- les eaux qu’il reçoit sont dérivées, à la porte de la Chapelle, par deux égouts traversant Saint-Ouen, et conduites dans la plaine de Gennevilliers, par la gravité seule, au moyen de 4 conduites qui franchissent la Seine sous le tablier du pont de Saint-Ouen.
- I)e l’usine de Clichy les eaux sont refoulées partie dans la plaine de Gennevilliers, où elles sont utilisées, partie vers l’usine de Colombes. Elles traversent la Seine au moyen d’un siphon souterrain de 5 mètres de diamètre intérieur et 468 mètres de longueur, prenant son origine au fond d’un puits de 24 mètres de profondeur creusé dans l’enceinte même de fusille de Clichy. D’abord presque horizontal sous le lit du fleuve il regagne le niveau du sol, dans la plaine d’Asnières, au moyen d’une longue rampe. Il convient de rappeler que ce grand siphon a été construit entièrement à l’air comprimé par la méthode du bouclier1.
- 1 Voy. n° 1122, du 1er décembre 1894, p. 7.
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- Arrivées à l’usine de Colombes, les eaux sont reprises par des pompes qui, après leur avoir lait traverser la Seine au moyen de I conduites en acier de 1 mètre de diamètre établies sous le tablier du pont-aqueduc d’Argenteuil, les refoulent à une altitude de 60 mètres au-dessus du niveau de la mer,
- ce qui leur permet, sans nouvelle élévation, d'atteindre le plateau de Pierrelaye, d'une part, et de pouvoir, d’autre part, être distribuées dans la vallée de la Seine jusqu’aux environs de Mantes s’il en était besoin.
- Dans la galerie d’Argenteuil il n’y a plus que 2 conduites forcées de lm,80 de diamètre; l’une en-
- Fig. 2. — Vue du parc d’Achèros.
- fièrement en acier, l’autre partie en acier, partie en ciment armé. A partir du point haut ces deux conduites se réunissent pour ne plus former qu’un
- aqueduc libre circulaire de 5 mètres de diamètre à peu près constamment en tranchée ou en souterrain et qui se développe sur la rive droite de la Seine en
- Conflans Nlaureeourt -fj Chanteloup Triel
- Clichv Asnières Colombes Jf .....--------------*---------*S’
- Cormeilles Frette
- Herblay
- Argenteuil
- C ?» |S* ?
- Pente üe o‘"*5o pari
- Z 9 J
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- Pente de o?5o par khom.
- CoJltluÙV' hîiPti <
- ' Condtatio libre d’P'oo
- ! \de,re/buZem,
- de dzcufit'ls*
- Fig. 5. — Coupe de la conduite générale.
- passant par Cormeilles, la Frette et Herblay. Cet aqueduc n’émerge du sol qu’en deux points. La première fois, sur une longueur de 560 mètres, il ne présente qu’un léger relief et a été établi en ciment armé sous enveloppe de terre gazonnée; la seconde fois, à la traversée du ravin de la Frette, il est supporté par des arcades en maçonnerie.
- A Herblay se détachent : sur la gauche, la branche d’A chères qui traverse la Seine en siphon, et aboutit
- au réseau de distribution ; sur la droite, la branche de Mérv aboutissant à l’usine de relais de Pierrelaye qui élève les eaux vers le champ d’épandage de Méry-sur-Oise.
- Enfin, continuant sa route, l’émissaire principal traverse en siphon, au moyen d'une conduite forcée de 2 mètres de diamètre, le vallon de Chennevières, puis la vallée de l’Oise, et gagne, par le souterrain de l’Hautie, long de 5km,200, la commune de Triel
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- où il se termine provisoirement. La branche de Carrières, qui part du souterrain à la hauteur de Ohan-teloup, conduit les eaux (l’égout au domaine municipal des Grésillons.
- Enfin il convient d’ajouter que, par mesure de sécurité, les conduites forcées ont été entourées de galeries maçonnées au voisinage des centres habités.
- L’émissaire général a 28 kilomètres de longueur depuis l’usine de Clichy ; il domine 8000 hectares de terres irrigables et peut débiter 9m3,75 à la seconde, soit environ le double de ce que fournissent actuellement les collecteurs parisiens.
- La dépense occasionnée par l’ensemble des travaux d’assainissement de la Seine s’est élevée à 58 millions. Il faut donc savoir gré à la Ville de Paris de s’étre imposée un pareil sacrifice et féliciter ses ingénieurs, MM. Rechmann et Launay, d’avoir su mener à bonne fin une entreprise aussi considérable qui soulevait de grandes difficultés d’exécution.
- Les travaux ont été terminés dans le délai fixé par la loi de 1894 et inaugurés le 8 juillet 1899, jour mémorable où le débouché d’Asnières fut fermé définitivement délivrant la Seine du tribut infect (pie lui apportaient les collecteurs parisiens.
- Georges Caye.
- LES MOLLUSQUES VOYAGEURS
- Par l’établissement de relations commerciales entre nations différentes et entre continents souvent éloignés, des changements appréciables se sont établis dans les faunes indigènes; des espèces étrangères ont été introduites, ce qui fait que l’internationalisme s’observe même dans le monde des animaux. Nous ne savons trop d’ailleurs si les espèces nationales voient de bon œil cette invasion qui se produit partout. Un exemple récent nous est fourni par M. R. E. U. Stearns d’après qui bon nombre de mollusques ont été depuis une époque récente importés aux environs de la baie de San Francisco, et sont certainement de provenance étrangère. La principale est Y Hélix as-persa, un escargot commun de l’Europe qui a été volontairement introduit il y a 40 ans par un habitant de San José. Celui-ci avait rapporté plusieurs escargots de France; il les mit en liberté dans ses vignobles. Les escargots se sont parfaitement acclimatés au point même que dans les jardins on se plaint des dégâts qu’ils occasionnent. L’espèce avait été introduite dans un but alimentaire, plusieurs familles françaises ayant leur domicile dans la région. A l’heure qu’il est les escargots se sont répandus sur un territoire assez étendu, on les trouve déjà à 80 kilomètres de distance du point où se fit la première introduction. La même espèce se trouve du reste sur la côte Atlantique, à Charleston dans la Caroline du Sud, à la Nouvelle-Orléans, à Bâton-rouge, plus au nord à Portland dans le Maine et jusque dans la Nouvelle-Écosse. Elle s’y rencontre depuis 50 ans, et, selon toute probabilité, son habitat s’accroîtra encore. Là aussi elle a été importée d’Europe.
- L ’ Hélix pomatia, qui vient du vieux monde aussi, n’existe encore que chez quelques marchands de comestibles de San Francisco; peut-être quelques individus, s’échappant, réussiront-ils à faire souche.
- Une limace, Y Amalia Hewstoni, a fait son apparition il y a plus de 15 ans aux environs de San Francisco, elle y est devenue très abondante et fort encombrante et son habitat maintenant comprend toute la côte orientale des Etats-Unis de San Diego à Seattle. Cette espèce ressemble beaucoup à sa congénère Européenne Amalia {/agates; mais si l’on en ignore la provenance, en tout cas l’animal n’est point indigène en Californie. Une espèce très répandue aux États-Unis est encore le Zonites cellaria qu’on trouve de Québec à Charleston, en Pensylvanie, dans le Michigan et en Californie. Le Bulimus ventro-sus existe aussi en Californie, et comme l’espèce précédente il a dù être importé d’Europe avec des plantes vivantes.
- Parmi les mollusques aquatiques de Californie il en est plusieurs d’origine lointaine. On peut citer d’abord l’huître de Virginie qui a été introduite de propos délibéré par les marchands d’huîtres : ils ont fait venir de l’Atlantique des wagons pleins, et les mollusques ont été « plantés » dans la baie de San Francisco pour y achever leur croissance. Ces mollusques avaient un an ou deux, et il leur fallait deux ans dans les eaux du Pacifique pour atteindre des dimensions commerciales. L’expérience donna de bons résultats, mais il ne paraît pas que l’espèce se reproduise en Californie, ou du moins elle ne se reproduit que de façon insuffisante, et les marchands continuent à importer les jeunes huîtres de Virginie.
- En même temps sans doute qu’ont été importées ces huîtres, un autre mollusque a été accidentellement introduit : c’est la Mya arenaria de l’Atlantique. Le plus souvent les acclimatations accidentelles ne donnent guère de satisfaction; dans ce cas il en a été tout autrement, car la mye en question est excellente à manger. C’est en 1874 que sa présence fut pour la première fois constatée, et depuis ce moment l’espèce s’est abondamment multipliée, elle semble même avoir chassé un mollusque voisin indigène, le Macorna nasuta. Ce Macoma a servi abondamment à l’alimentation de l’homme primitif en Californie comme on peut le voir en examinant les amas de détritus de ce dernier. La mye joue un rôle considérable dans l’alimentation actuelle, et malgré la consommation, les bancs restent très riches. La même espèce a été intentionnellement introduite en divers points au nord et au sud de San Francisco, jusque sur les côtes de l’Orégon et du territoire de Washington; elle s’est parfaitement bien acclimatée. Une autre espèce accidentellement introduite avec les huîtres est YUrosalpinx cinereus, découvert il y a 11 ans dans la baie de San Francisco. La Modiola pli-catula, qui vient également de l’Atlantique, a été découverte en 1894.
- Au total 12 espèces exotiques de mollusques se rencontrent jusqu’ici en Californie : 7 proviennent de l’Europe; ce sont : Hélix aspersa, Amalia hewstoni, Zonites cellaria, Zonites draparnaldi, bulimus ventrosus, Helicodi-scus lineatus, et cochlicopa lubrica; 5 espèces viennent de l’Atlantique ; ce sont : Ostrea virginica, Mt/a arenaria, Modiola plicatula, Urosalpinx cinereus, et Crepi-dula convexa. — 11 sera intéressant de suivre l’histoire dont M Stearns nous fournit le premier chapitre, et de voir si ces espèces continuent à se maintenir et à prendre de l’extension. Il est difficile de rien préjuger dès maintenant : car on a vu des espèces introduites prendre d’abord pied, et se développer de façon très satisfaisante, puis disparaître sans que l’on sache trop pourquoi. Certains des mollusques qui viennent d’être énumérés semblent toutefois devoir se naturaliser complètement. Henry de Varigny.
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- LA NAT UH K.
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- CONDITIONNEMENT ET ESSAIS
- DES SOIES ET MATIÈRES TEXTILES
- LABORATOIRE DE PARIS
- En dehors de son rôle consultatii sur les grandes questions industrielles et de transaction, la Chambre de Commerce de Paris a entrepris la gestion de diverses fondations dont elle a eu l’initiative et qui ont [tour objet soit de développer, soit de faciliter les questions qui touchent de plus près le commerce de la Métropole. Parmi ces dernières, une des plus intéressantes est celle qui se rapporte au conditionnement et à l’essai des matières textiles et pins spécialement de la soie qui, comme on le sait, représente une valeur considérable sous des poids relativement faibles et au sujet de laquelle il importait d’éviter, par des titrages officiels, toute possibilité d’erreur ou de fraude.
- En général on ignore ce que peut être la « condition de la soie » ; l’expression à elle seule ne suffit pas en effet pour la définir. « Conditionner » un objet quelconque c’est le remettre, soit à l’aide d’essais, soit à l’aide de calculs, dans les « conditions » qu’il devrait présenter s’il se trouvait dans son état normal.
- La soie est un corps fortement hygrométrique ; elle peut, suivant les phases par lesquelles elle a passé, retenir des quantités d’eau très variables : cette humidité provient soit du mode de préparation, soit des voyages que la soie a effectués, soit de l’état humide de l’air, soit enfin de la fraude. 11 serait fort injuste de faire payer à un acheteur un poids de soie trop lourd, alors que la différence entre son poids réel et son poids apparent n’est que de l’eau sans valeur.
- D’ailleurs les opérations auxquelles on soumet la soie pour lui donner une valeur officielle ne sont pas de fondation récente ; elles existent même depuis fort longtemps; les procédés et méthodes ont été perfectionnés, voilà tout !
- Ainsi on trouve une ordonnance datée de 1750 et signée du roi de Sardaigne qui mettait à la disposition des négociants de grandes salles munies de quatre cheminées et dans lesquelles on maintenait en hiver une température fixe à l’aide de poêles. On y suspendait des soies pendant quarante-huit heures et ce n’était que sur le poids de la soie sèche que se faisaient les transactions.
- En 1780, on installait à Lyon des claies ayant le même but ; on posait des scellés dans les chambres de dessiccation et après vingt-quatre heures de séchage, on supposait que la soie était arrivée « dans de bonnes conditions ». Ce mot est resté, à tel point que les laboratoires où se font ces opérations d’étuvage, s’appellent encore aujourd’hui des « conditions ».
- Ces procédés primitifs s’améliorèrent petit à petit ; d’abord, on chercha à ne pas traiter le lot de marchandise tout entier, ce qui obligeait à une manuten-
- tion considérable : pour y arriver on s’ingénia à prélever des échantillons sur lesquels on pouvait faire les essais. Ensuite on trouva des méthodes et des appareils qui permirent de réduire considérablement les opérations non seulement au point de vue du temps qu’elles prenaient, mais encore de l'espace qu’elles occupaient ; Talabot et d’Arcet étudièrent la question et furent, les précurseurs des procédés employés aujourd'hui.
- Dès 1855, la Condition de Paris était installée avec régularité, des étuves bien construites étaient mises à la disposition des commerçants de la capitale ; le service fonctionnait dans l’Hôtel des commissaires-priseurs de Paris qui avait été concédé à la Chambre de Commerce.
- M. Perso», le chimiste bien connu par ses nombreux travaux, perfectionna l’étuve de Talabot avec l’aide de M. Rogeat ; il exécuta le modèle qui existe encore aujourd’hui et qui porte le nom d’étuve Talabot-Persoz-Rogeat. Ces appareils qui fonctionnaient déjà à l’ancien hôtel des commissaires-priseurs furent décorés par le peintre Yollon, au commencement de sa carrière et qui faisait à cette époque de la peinture décorative.
- On sait que les locaux de la Chambre de Commerce furent détruits au mois de mai de l’année dernière par un incendie et que ses membres furent obligés de se réfugier un peu de tous les côtés ; cet incendie fut un véritable désastre, puisque la bibliothèque qui contenait plusieurs milliers de volumes fut absolument anéantie. Pour la Condition ce fut un malheur heureux ; car il provoqua son déménagement et son installation avec tout le luxe désirable dans les bâtiments de la Bourse du Commerce ; ils ont été faits par M. Persoz, le fils du chimiste et le directeur actuel de la Condition ; l’inauguration a eu lieu le 17 mai dernier par M. Milleraiid, Ministre du Commerce, en présence de M. Masson, président de la Chambre de Commerce de Paris et de ses membres.
- Au rez-de-chaussée, nous voyons des bureaux et dégagements où les ballots de marchandises sont débarqués; des balances, bascules, etc., ont pour objet de fournir des premières données sur les cargaisons. Nous voyons également la salle où sont installées les étuves, elles sont au nombre de dix ; à côté se trouve un laboratoire spécial destiné aux opérations du décreusage. Au premier étage, nous avons le bureau du directeur et des pièces nombreuses où sont installés les appareils les plus perfectionnés pour les essais divers que les soies ont à subir, ainsi que ceux nécessaires aux essais des papiers, essais sur lesquels nous reviendrons dans un article spécial.
- Comme nous le disions plus haut, la soie arrive par ballots ; on y prélève des échantillons sur lesquels on fera les expériences ; toutefois celles-ci ne détériorent en rien la soie qui peut dès lors être vendue dans la suite comme le reste de la livraison.
- Le premier essai est celui du conditionnement. A cet effet on place l’écheveau dans l’étuve ; celle-ci
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- LÀ NATURE.
- est chauffée au gaz 1 (lig. I). Des cloisons méthodiquement installées permettent un chauffage constant et régulier, à une température de 110°; un régulateur automatique de M. d’Arsonval augmente t‘l diminue l’arrivée du gaz, suivant que la température a tendance à diminuer ou à augmenter.
- Le crochet auquel la soie est suspendue est solidaire1 du fléau d’une balance de précision. Avant d’al-
- lumer le gaz de l'appareil on avait pesé l’écheveau : au fur et à mesure que la soie sèche, on constate (pie son poids diminue puisque l'humidité s’évapore. Quand on voit que le poids ne varie plus, on suppose (pie la soie est tout à fait sèche et on relève ce nouveau poids ; cette dernière pesée doit être faite avec beaucoup de soins. On obtient ainsi le poids de la soie sèche. La soie sèche est un état qui
- l'iiï- 1. Éluvo T a lsihnt-I Vrson-Rojrea t. — Fijur. 2. Appareil pour les essais dynamométriques de la soie.
- n’existe pas dans la pratique ; si on le prenait pour hase, les négociants se trouveraient déroutés devant des chiffres auxquels ils ne sont pas habitués; la soie à l'état normal contient environ 10 pour 100 d’eau; c’est pourquoi on ajoute à cette première observation un « taux de reprise », pour ramener la soie dans sa « condition » moyenne ; ce taux de reprise
- 1 Dans certaines régions, notamment à Lyon, où l'électricité est fournie à très bon marché, les étuves sont chauffées par l’intermédiaire de' résistances électriques.
- est un poids de onze grammes pour chaque cent grammes de marchandise, ce qui correspond sensiblement à la fraction d’humidité normale.
- Ces étuves sont très pratiques ; l’opération du séchage se fait en une demi-heure environ. Il est bon d’ajouter que les échantillons d’essais ont passé par une étuve préparatoire que l’on peut voir sur la droite de la gravure (fig. o) et qui a enlevé le plus gros de leur humidité.
- Pour donner à l’opération du conditionnement les
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- garanties nécessaires, on prélève sur la halle d’envoi trois lots d'nn kilogramme environ <jui servent anv essais : on tait l'expérience du séchage sur deux échantillons et si les résultats trouvés ne diffèrent pas de plus de 1 /2 pour 100, on admet qu'ils sont exacts; autrement, on traite également la troisième prise.
- En dehors du « conditionnement » proprement dit, le laboratoire de la Chambre de Commerce contient les appareils nécessaires aux autres essais que doivent subir les soies.
- Le plus important, après celui que nous venons de voir, est le « décreusage » qui consiste à enlever, à l'aide de bains dans une eau de savon bouillante, la eérisine et autres impuretés que la soie peut contenir.
- 11 est très intéressant de savoir quelle quantité
- de soie réelle, débarrassée des corps étrangers, peut contenir un lot de marchandises, car ces données varient beaucoup d’une provenance à une autre et il serait inique de payer des prix établis sur des memes bases, alors que la quantité do soie pure n’est pas la même ; ainsi certaines soies du Japon contiennent 14 à 17 pour 400 d’impuretés, alors que celles de Chine en présentent 20 à 22 ; dans certains échantillons on trouve une fraction encore plus élevée, -40 à 45 pour 100 et même plus.
- On prend un échantillon de 100 grammes que l’on jlèse dans les étuves du conditionnement, afin d’avoir le poids de la soie sèche ; on la fait ensuite passer dans deux bains successifs d'une demi-heure chacun, on rince la prise d'essai et on la reporte aux étuves alin d'avoir le poids de la soie dégraissée et
- Fifjf. ">. — Le laboratoire de conditionnement de Paris.
- Pour certaines industries, il est nécessaire de connaître. « l’apprêt de la soie », c’est-à-dire la valeur de la torsion des fils ; ainsi par exemple pour protéger les fils électriques, on emploie souvent de la soie qu’on enroule autour de la partie métallique ; il est certain que suivant le nombre de « tors*» que la soie fabriquée contient, les résultats varieront et pourront être en certains cas défavorables. On emploie un appareil dit « compteur d’apprèts » ; on prend un échantillon de soie de 50 centimètres ; une extrémité est retenue à une mâchoire fixe, alors que l’autre est prise dans une mâchoire qui peut tourner très rapidement à l’aide d’une manivelle et d’une série d’engrenages. On fait mouvoir l’appareil à la main, jusqu’à ce que les fils de la soie essayée soient libres et parallèles; un petit compteur indique le nombre de tours pour un demi-mètre.
- Un appareil spécial donne des indications dynamométriques de la soie (fig. 2) ; il indique à l'aide
- sèche. La différence entre les deux pesées donne la teneur en impuretés.
- Une autre opération du ressort de la Condition est le titrage de soie ; elle consiste à déterminer sa grosseur moyenne ; on obtient ainsi un chiffre qui prend le nom de « titre ». Légalement le titre de la soie est représenté en France par le poids moyen exprimé en grammes d’une échevette de 500 mètres, l’essai étant effectué sur 20 échevettes de même longueur. Mais les résultats ainsi trouvés sont toujours trop rapprochés les uns des autres, aussi le commerce préfère-t-il voir le titre converti en « grains ou deniers » qui donnent des écarts plus considérables et permettent de mieux juger de la grosseur. Car une vieille habitude les industriels portent ces opérations sur des échevettes 400 aunes, soit 470 mètres. 11 en résulte que les opérations effectuées, au bureau dont nous parlons, doivent être faites en double, les unes légales et les autres usuelles.
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- d’une seule expérience deux résultats qui, somme toute, se rapportent à deux qualités différentes : l’allongement pour un mètre provoqué par la rupture et la résistance à la rupture.
- Toutes ces opérations sur les qualités de la soie sont fort importantes et intéressent considérablement le commerce parisien ; la meilleure preuve en est (pie le bureau, malgré les nombreux Irais de personnel et d’appareils qu’il provoque, se suffit à lui-même, les droits payés par les intéressés fournissent des subsides assez élevés pour (pie le laboratoire de la Condition n’ait pas à recourir à la caisse de la Chambre de Commerce de Paris. A. da Clama.
- a l'exposition DE 1900
- L’horticulture a été vraiment privilégiée à l’Exposition de 1900 : les serres destinées à renfermer les concours temporaires, qui vont se succéder de quinze en quinze jours, depuis le 18 avril jusqu’à la fin du mois d’octobre prochain, sont de véritables palais. Aussi est-il dès maintenant question de les conserver et de les faire servir aux expositions futures de la Société nationale d’horticulture de France.
- La première serre, la plus rapprochée du pavillon de la Ville de Paris, en bordure de la Seine, est réservée aux exposants français. L’autre, destinée aux expositions étrangères, reçoit aussi le trop-plein des apports faits par nos nationaux.
- On a d’ailleurs tiré le meilleur parti, au point de vue de la disposition intérieure du jardin, de la partie centrale des serres placée en contre-bas, du pourtour et des Windows qui ont été garnis d’élégantes corbeilles de fleurs. Les massifs du tour, formés de grandes plantes vertes et d’arbustes, cachent des tables qui ont été disposées dans le pourtour et permettent ainsi à l’œil de n’ètre offensé par aucun détail choquant.
- 11 faut féliciter l’architecte des palais de l’horticulture, M. Gauthier, aussi bien que notre ami Martinet, l’architecte spécial de la classe 47, qui a su prendre toutes les mesures nécessaires pour l’aménagement et l’installation des concours.
- Les concours de quinzaine — dont le troisième vient de s’ouvrir — sont dignes des palais qui leur servent de cadres et qui, pour la troisième fois, viennent d’être transformés en parterres où le bon goût ne le cède ni à l’élégance des formes ni à l’éclat des floraisons.
- Au concours du 17 avril c’étaient les plantes à oignons qui dominaient; au 23 mai les Roses, les Azalées, les Lilas formaient la caractéristique. Les grands favoris étaient MM. Croux, Boucher, Itefresne, Lévèque, Moser. Le troisième concours est encore un triomphe pour les Roses et les Rhododendrons qu’il a fallu, devant l’abondance -des apports, transporter à la salle des Fêtes. C’était fâcheux au premier chef et c’est un enseignement à retenir pour la prochaine exposition universelle : il faudra de toute nécessité des annexes temporaires aux palais de l’horticulture.
- Il est vrai qu’avec la plate-forme mobile ou le chemin de fer électrique, on peut se transporter facilement du pont Alexandre III à la galerie des Machines; mais on est un tantinet de mauvaise humeur, pour avoir été dérangé
- et les appréciations peuvent s’en ressentir. Je connais des chroniqueurs qui ont parlé de chic des Roses et des Rhododendrons, reculant devant le voyage. Quoi qu’il en soit, hâtons-nous de dire que ce qu’on y voit est de tous points merveilleux, que M. Lévèque en est le triomphateur et que les Rododendrons de MM. Croux et Moser sont absolument dignes d’admiration.
- Où s’arrêtera l’obtention des roses nouvelles? En 1899 le nombre des variétés connues était de 10 584, et certaines années en ont vu baptiser jusqu’à 137. Dans le second concours MM. Nabonnand avaient eu l’heureuse idée d’exposer les roses obtenues dans leur établissement du golfe Juan. L’une d’entre elles, dédiée au chansonnier Gustave Nadaud, est accompagnée au catalogue d’une gracieuse piécette de vers.
- Revenons au Cours-Ja-Reine et choisissons dans la masse des lots qui se présentent à nous. Voulez-vous des fleurs annuelles : baissez-vous et admirez les corbeilles, aussi vastes que bien garnies, de la maison Vilmorin; les Galcéolaires à l’éclatant coloris des mêmes exposants; les Gapucines ne sont pas non plus à dédaigner. Leur agglomération, en variétés nombreuses, montre bien tout le parti qu’on peut tirer de ces jolies plantes, aussi différentes de nuances que gracieuses et ornementales.
- Aimez-vous les Bégonias? il vous sera facile de satisfaire votre goût et, bien difficile serez-vous, si vous ne donnez un bon point aux corbeilles de MM. Vallerand et Billard. Les Pélargoniums de M. Poirier vous feront arrêter un moment devant eux, et dans le voisinage vous jeterez plus qu’un coup d’œil sur les fulgurantes plates-bandes où la maison Dupanloup, la maison Billard et Barré ont disposé leurs Cannas à fleurs. Le Canna, encore une plante qui s’est transformée du tout au tout! Autrefois c’était son feuillage qu’on recherchait, aujourd’hui il brille au premier rang des végétaux cultivés pour leur fleur.
- Les Pivoines herbacées de M. Dessert; celles en arbre de M. L. Paillet , avec plus de cent variétés ; les Iris d’Allemagne de M. Millet, nous remémorent ces collections d’autrefois qui se font de plus en plus rares. Qui cultive actuellement les Iris? qui s’attache aux Pivoines? M. Deleuil, non loin de là, nous montre ses Amaryllis hybrides, ces superbes plantes bulbeuses moins communes encore que les précédentes. Le climat du Midi leur convient. Peut-être est-ce là qu’il faut chercher le secret des nombreuses collections, que met chaque année au commerce l’habile fleuriste provençal. Et l’Anémone de Caen ! comme elle fait bel effet vue en masse ! et les fleurs coupées des Tulipes, aussi variées que bizarres, comme elles flattent agréablement et savent récréer l’œil ébloui !
- 11 ne faut pas oublier les Clématites à grandes fleurs, beaucoup plus rustiques qu’on ne se l’imagine, et les Hoteia de M. Georges Boucher ; les arbustes d’ornement de M. Bruneau où l’on rencontre de jolies variétés de Weigela, les hampes d’Eremurus de M. Sallier, simulant de gigantesques plumets, des chasse-mouches d’un genre spécial. Nos pères, nos grands-pères plutôt, seraient dans la jubilation s’ils revenaient et se trouvaient à l’improviste placés devant le lot de M. Simon. Toutes les bizarreries du monde végétal, depuis la boule mamelonnée des Echi-nocactus et des Mamillaria, jusqu’aux longues tiges cannelées des Cierges (Cereus) et aux raquettes des Opuntia, s’y trouvent réunies, formant ce qu’on qualifie habituellement, à juste titre, du nom de plantes grasses. Il est des Cactus dont les fleurs sont si élégantes, d’un coloris si intense qu’on se prend presque d’affection pour eux et leur famille, malgré les aiguillons qui les défendent.
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- Los plantes de serre sont nombreuses : les Palmiers et les grandes plantes à feuillage de MM. Chantin, Delavier, Dallé; le lot idéalement beau envoyé de Monte-Carlo, lot de plantes marchandes mais à mil autre pareil. Citons au hasard des Anthurium, des Zamia, un Cochliostemma à fleurs violettes, des Drynaria et des Platycerium, etc. Les serres de Sa Majesté l’empereur et roi d’Àutriche-llon-grie, du comte Harrach, du prince J. Lichtenstein nous ont envoyé le dessus du panier de leurs richesses : plantes rares en superbes exemplaires. Le botaniste, peut-être plus encore que l'horticulteur, se trouve ici à son aise devant le Ceratozamia Denisoni, 1 ’Aralia spathulata, IMn-thurium eyreyium, des Macleania, des Banksia fleuris, des Dæmonorops, des Pultenæa et surtout les Sarracenia et le Cephalotus, ces curieux végétaux dont on a tant parlé à l’époque où l’on croyait encore à l’existence de plantes carnivores. C’est dans ce groupe hors ligne qu’on peut voir le bockea capensis : Asclépiadée africaine représentée par le seul spécimen, qui vraisemblablement doit exister de nos jours.
- La collection de Bruyères deM. Gentilhomme — environ cent variétés — est presque un « clou » à la fin du dix-neuvième siècle. Ces charmants petits arbrisseaux, si cultivés autrefois, deviennent chaque jour de plus en plus rares et bientôt ils auront vécu. La mode a changé à leur égard, il est vrai ; mais une autre cause à leur abandon doit être signalée, cause un peu mystérieuse mais cependant explicable, c’est la difficulté qu’on éprouve maintenant à les cultiver. Les Bruyères sont devenues capricieuses; là où elles se plaisaient jadis, elles se trouvent mal actuellement.
- Et les Orchidées? il y en a, rassurez-vous. Les expositions de MM. Cappe, Dallemagne, Régnier, Béranek, Page, Lesueur, Duval en font foi. Le choix est difficile : ce sont de si jolies plantes, peut-être un peu dédaigneuses, et pour le moment à l’ordre du jour.
- Le visiteur n’aura d’ailleurs que l’embarras entre les superbes Cypripedium, aux tiges altières et parfois un peu raides, présentant leur Libelle monstrueux et leur pavillon élégamment dressé, les Cattleya aux teintes variées qui se croisent entre eux, en proportions inouïes, pour le plus grand plaisir des yeux, les délicieux Phalœ-nopsis, qui sont presque rustiques, puisqu’ils ne perdent rien de leur éclat et de leur grâce à des températures relativement basses, etc. Et combien d’autres genres encore qu’il faudrait citer.
- A côté des Orchidées, il faut encore signaler les Anthris-cum de M. L. Duval. On se souvient encore de l’apparition de IM. Scherzenianum, qui fit sensation. La spathe fulgurante du type s’est modifiée : elle se tient mieux, elle est plus large, plus dressée ; son coloris a revêtu toutes les nuances du rouge, du sombre au pâle et est allé jusqu’au blanc.
- N’oublions pas les légumes. Le lot de la maison Vilmorin, à la galerie des Machines, réunit tout ce qu’on peut désirer. Argenteuil n’a pas laissé de coté ses asperges, et des spécimens, de dimensions respectables, en maintiennent intacte l’antique renommée. C’est encore avec les légumes — suivant l’usage consacré — qu’il faut citer les fraises. 11 y en a de remarquables, comme celle de dimensions monstrueuses des forceries de Taverny. Mais ce qui est surtout intéressant c’est la collection des fraisiers de M. Millet, contenant 120 variétés anciennes et 00 d’introduction récente ou de semis.
- Les fruits ne manquent pas non plus : les Raisins de Thomerv, et au-dessus de tout la vitrine de MM. Parent, où
- se coudoient, dans un harmonieux mélange, les Pommes, les Prunes, les Figues, les Brugnons, les Pèches, les Cerises, les Framboises et les Groseilles. Ces petits arbres avec leurs fruits sont mignons au jtossible, mais la vue seule en est permise. 1». Hamot.
- RACES DE VOLAILLES
- LA BKACKEL
- Les ({imlités miraculeuses que les éleveurs belges attribuent à la race de Rrackel ont frappé au plus haut point beaucoup de nos lecteurs. Depuis la publication de notre article sur le commerce de volailles1 nous avons reçu un grand nombre de lettres où l’on nous priait de fournir des renseignements sur l’histoire de cette fameuse race flamande et sur la façon de s’en procurer quelques-uns de ses représentants.
- A proprement parler la braekel ne se distingue que par sa taille de la race de Campine. Tout le monde connaît l’aspect et surtout les qualités de cette pondeuse par excellence. Cantonnée dans la région stérile du même nom, la race de Campine constitue, par sa fécondité, une ressource précieuse pour ces contrées solitaires, où les villages sont disséminés connue des oasis dans le désert et où le sol sablonneux ne se résout à produire qu’à force d’engrais. Pétulantes et grandes coureuses, ces poules flamandes ne craignent pas la fatigue; parfois, pour cueillir un brin d’herbe tout menu ou un insecte logé sous la bruyère, elles franchissent des espaces considérables.
- La mince pitance que ces oiseaux élégants trouvent dans le sol est à peine augmentée, à la ferme, de quelques poignées d’avoine ou de sarrasin : c’est que les cultivateurs de ces contrées ne sont pas riches; leurs bâtiments, aux murs de torchis et aux toits de chaume, dissimulent mal leur misère. Pour la basse-cour il n’y a pas de logis, et les poules perchent comme elles peuvent dans le foin, la paille ou à l’intérieur de l’étable.
- Les éleveurs anglais cependant sont allés tirer de ce berceau déshérité la race campinoise. A force de soins, et, grâce à la sélection, ils sont arrivés à en former leur Hambourg crayonnée « Pencilled Ham-burg ». Le choix judicieux des animaux reproducteurs a permis à cette race d’épanouir toutes ses qualités sur le sol britannique. Là, elle est devenue la variété de prédilection des amateurs soucieux de l’élégance des formes et de la beauté du plumage. Sa surprenante fécondité lui a valu le nom de Dritch evenj day layers (poule pond tous les jours). On en rencontre qui donnent jusqu’à 500 œufs par an.
- D'autre part dans un village de la Flandre orientale du nom de Braekel, cette même race de Campine a fourni une variété à crête simple dont le plumage reste encore quelque peu brouillé. Une nourriture plus abondante et plus substantielle a contribué à développer les dimensions des œufs et en général de la race. Tandis que la campine ne dépasse pas les 2 kilogrammes, la Braekel ne pèse pas moins do
- 1 Voy. n» 1394, du 10 février 1900, p. 179.
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- 5 kilogrammes; sa taille aussi dépasse de 5 centimètres environ celle de la Campine : elle est de 50 centimètres, en moyenne, pour le coq et de AO centimètres pour la poule, sa crête est simple et dentelée, régulièrement. Les oreilles manquent de fixité : elles sont tantôt blanches, tantôt blanches mêlées de rouge, tantôt tout à fait rouges. Les yeux sont, noirs, les pattes bleues à quatre doigts. Le plumage est noir et blanc. La queue et la poitrine, surtout chez la poule, sont souvent brouillés. Mais en sélectionnant les sujets d'une façon judicieuse, on arriverait facilement à mettre un peu plus d’ordre dans la distribution des couleurs.
- A la Brackel, il faut absolument un grand espace, un sol sec et une nourriture modérée. C’est surtout lorsque la poule vient d’un élevage spacieux ou de la campagne qu'il convient de ne pas la mettre en parquet ; un changement aussi radical aurait pour premier résultat une diminution considérable de la ponte. La variété en question est, en effet, une pondeuse extraordinaire .
- veurs belges (pii aiment plus encore que les autres h vanter leurs produits, prétendent que pour le nombre et la grosseur des œufs, la Brackel détient le record de toutes les races connues. C’est peut-être exagéré. Quoi qu’il en soit, les poulettes pondent dès l’automne et continuent l’hiver quand elles sont tenues au chaud.
- A ces qualités la Brackel joint le grand avantage de donner des poussins rustiques, d’une remarquable précocité. J’en ai goûté qui n’avaient pas plus de six semaines : ils m’ont paru très maigres et leur chair gélatineuse ne m’a point satisfait. Il faut croire cependant que tout le monde n’est pas de cet avis, puisque les éleveurs belges réussissent à vendre ces poulets de grain aux grands restaurateurs de Paris et surtout à Londres, à raison de 2 francs et même 2fr,50 pièce. D’après mes derniers renseignements, ces poulets sont vendus actuellement aux marchés belges à raison de 5fr,25 le couple. L’existence de ce débouché est donc certaine, et c’est ce qui importe à l’élevage.
- A quoi est-elle due celte précocité excessive? Les éleveurs belges qui aiment beaucoup les concours et sont passionnés pour les sports, l’attribuent aux tournois de chant de coqs qui, d’après eux, tout en perfectionnant les moyens musicaux de ces oiseaux, hâteraient la maturité de leurs organes sexuels. C’est un argument qui a son importance. Nous ferons cependant observer qu’en France, où ces concours sont médiocrement en honneur, nous possédons des races dont les produits possèdent une précocité analogue. Le poulet « en cocotte » si connu dans nos grands restaurants, n’est pas seulement une invention parisienne, mais c’est aussi un plat essentiellement français puisqu'il se prépare principalement à l’aide de
- petits poussins du pays. Il est vrai que ces poussins viennent pour la plupart du nord de la France et ((ne, pour les Belges, la majorité de ces races septent rionales descendent de la poule de Frise, aïeule de la Brackel.
- Nous ne voulons pas nous aventurer dans ces discussions de généalogie, où, faute de documents, on est souvent réduit à des conjectures. Nous indiquons seulement pour ceux qui voudraient essayer en France l’acclimatation de la Brackel que, depuis des siècles, les petites poulettes de cette race sont achetées sur les marchés du pays d’Aylort et.principalement à Neduhraekel et Andmorde.
- Pour réussir l’acclimatation de cette race d’élite, il faut prodiguer aux premières générations les soins qui sont indiqués en cette circonstance et appliquer les bonnes méthodes de reproduction pour écarter la dégénérescence. Avoir, par exemple, un coq et trois ou quatre belles poules, garder les descendants les mieux venus, accoupler les vieux coqs avec les jeunes poulettes et les vieilles poules avec les coquelets, etc. En suivant les règles-'d’une sélection rationnelle, on arriverait à mieux fixer la race et à lui donner des caractères immuables qu’elle ne parait pas posséder pour le moment. J. de Loverdo.
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- LE FUSIL UÏOMÀTIQUE MUSER
- Fig. 1. — l.c lusil Mauscr. Coupe» verticale et horizontale, la culasse fermée.
- Fig. 2. — Coupes verticale et horizontale, lu culasse ouverte.
- Le célèbre constructeur d'armes portatives, M. Mau- 1899, un fusil à répétition automatique qui rappelle,
- ser, a fait breveter, au commencement de l’année par son mécanisme et son fonctionnement, le pistolet
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- de même sorte qu'il avait précédemment, mis au jour et qui a remplacé dans l'armée allemande le revolver à l'usage des officiers. C’est évidemment, d’après les mêmes principes, que M. Mauscr aura modifié tout récemment le fusil allemand tel qu’il vient d’être définitivement adopté.
- Dans l’arme à répétition automatique Mauser, c'est le recul produit par le tir de chaque cartouche qui lournit l’énergie nécessaire au fonctionnement.
- Une cartouche venant à partir, la culasse mobile se porte en arrière en entraînant le canon qui lui est assujetti et qui arme le chien et bande un premier ressort reçupérateur.
- L'assujettissement du canon et de la culasse mobile vient alors à cesser ; le canon s’arrête dans sa course et la culasse continue à reculer en vertu de la vitesse acquise, en produisant l’extraction et F éjection de l’étui vide et en comprimant un second ressort récupérateur.
- A ces mouvements de recul succèdent les mouvements de rentrée.
- Le second ressort récupérateur se détend et repousse la culasse mobile qui entraîne dans la chambre la cartouche située à la partie supérieure du magasin. La culasse fermée, le second ressort récupérateur se détend «à son tour et ramène le canon à la position de tir.
- Il suffit alors de presser sur la détente pour faire partir le coup. Et le fonctionnement de l’arme peut se continuer de la même façon jusqu’à ce que le magasin soit épuisé.
- Le tireur n’a, en somme, d’autre rôle que de charger le magasin, d’épauler, de viser et de peser sur la détente.
- Les croquis ci-joints représentent l'arrière de l’arme en coupes verticales et horizontales dans les deux positions de la culasse fermée et de la culasse ouverte; ils ont été copiés sur ceux déposés à Londres par M. Mauser, lors de la prise de son brevet.
- Nous nous abstiendrons de donner une description des nombreux organes d’un mécanisme quelque peu compliqué, car cela nous entraînerait trop loin. Nous nous bornerons à appeler l’attention sur le magasin et son ressort élévateur des cartouches, sur les deux ressorts récupérateurs et sur les deux pièces symétriques qu’on voit en projection horizontale à l’avant de la culasse et qui servent à assujettir le canon à cette dernière pendant la première partie du recul.
- A l’arrière de l'arme se trouve une ailette qu’on peut disposer dans trois positions différentes : en haut à gauche, en haut à droite et horizontalement à gauche. A ces positions correspondent respectivement le tir à répétition, le tir coup par coup et l’arme à la position de sûreté.
- Le fusil automatique est l'arme de demain, et le présent fusil Mauser peut être considéré comme le précurseur des armes prochaines.
- Lieut.-Colonel Dklaixey.
- * • a A Q
- CHRONIQUE
- La consommation actuelle en boissons alcooliques. — D’un rapport publié tout dernièrement par la Commission parlementaire anglaise des boissons alcooliques, il ressort que ce sont les Bavarois qui absorbent actuellement le plus de bière — 255 litres par tète, — après avoir été longtemps dépassé par les Hollandais, dont la consommation par tète n’atteint plus que 207 litres. La consommation anglaise de la bière augmente chaque année, 1 Anglais absorbe, en effet, 148 litres et demi par an, au lieu de 120 il y a dix ans. En ce qui concerne les spiritueux, c’est l’Allemagne qui tient la tète avec un total d environ 454 millions de litres; la France vient ensuite avec 550 millions, et les États-Unis avec 284 millions de liti *es. Quant à la consommation du vin, elle est, d’après les chiffres du rapport en question, de 4107 millions de litres pour la France, de 551 millions pour l’Allemagne, de 99 millions pour les États-Unis et de 70 500 000 litres pour la Grande-Bretagne.
- I n nouveau gibier t le perdreau sibérien. —
- Sur les marchés de Londres, un nouveau gibier vient île (aire son apparition; on l’appelle le perdreau sibérien, bette perdrix habite les montagnes situées au sud d’Omsk, dans la Sibérie australe, quoique la Mandchourie semble être son vrai pays d’origine. La nourriture de la perdrix sibérienne consiste en petites noix sauvages qui donnent a la chair une saveur toute particulière. U,es oiseaux sont tués pendant l’hiver, époque où ils gèlent aussitôt morts. Dans cet état ils sont emballés et envoyés par chemin de fer a Liban sur la mer Baltique, d’où ils sont expédiés à Londres pour être vendus à des prix variant entre 2fl',25 et 5 francs. Des centaines de mille de ces perdrix sibériennes ont déjà été écoulées sur les marchés d’Angleterre.
- La plus grande fabrique d'allumettes du monde entier. — A propos de l’incendie d’Ottawa qui, comme l’on sait, a détruit une des principales manufactures d’allumettes de tout le continent américain (on y fabriquait près de 55 millions d’allumétles par jour), il n’est pas sans intérêt d’apprendre, qu’il existe en Suède une ville tout entière où .l’on ife;jaih. absolument que des allumettes. Cette ville, Tidabolm, dans le district forestier de la province Skaraborg, ne compte que 5500 habitants. L’a*plupart sont.l^Aiployés à l’usine Yul-can qui est, on peut bien le dire, la plus grande’fabrique d’allumettes du monde entier. Chaque année, elle dévore quelque six cent mille pieds cubes de bois résineux et les débite en milliards de petits bâtonnets enduits de pâte inflammable. Sa production moyenne est de 200 millions d’allumettes par jour, ce qui représente un total de 75 milliards au bout de l’année. Trois cents machines mues par l’électricité fabriquent, découpent et collent chaque jour plus de 900 000 boîtes. Le poids seul des étiquettes qui y sont apposées, s’élève à 124 000 kilogrammes par an, et celui de la colle employée pour les boîtes dépasse 18 000 kilogrammes.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 5 juin 1900. — Présidence de M. M. Lévy.
- Observations de l'éclipse du 28 mai 1900. — M. Loewy rend compte des résultats obtenus à l’Observatoire de
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- LA N A TU HE.
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- Paris, lors de la récente éclipse. Le ciel n’a pas été assez pur pour permettre de prendre des photographies intéressant la physique solaire; la fin de l’éclipse a pu être notée. L’heure observée s’accorde avec celle annoncée par la connaissance des temps. M. Lœwy analyse une Note de M. Hamy, chef d’une mission envoyée en Espagne, à llel-lin, par le Bureau des Longitudes. Les observations ont été favorisées par un beau temps; ils ont pu faire fonctionner trois spectroscopes photographiques et trois appareils photographiques; de plus les instants des quatre contacts ont été notés. Sept photographies de la couronne ont été prises et la montrent très étendue; elle présente la forme caractéristique des périodes d’activité solaire minima. La raie verte caractéristique de la couronne n’a pas été observée. M. Lœwy analyse également une Note relatant les résultats obtenus par la mission envoyée à Elehe (Espagne) par les universités de Montpellier et de Toulouse. Bette mission était composée de MM. Meslin, Bourget et Lebeuf. La mission a effectué une série de photographies de la couronne et du spectre de la couronne. M. Lœwv présente encore une Note de M. Trépied relative aux observations effectuées à l’observatoire de la Bouzarea (près Alger). Les instants des contacts ont été notés, vingt-huit photographies de l’éclipse partielle et six de la couronne ont été effectuées, line photographie du spectre de la couronne a été obtenue; enfin des observations actiuomé-triques ont été pratiquées. M. Lœwy termine par la présentation d’une Note de M. Grue y sur l’observation de l’éclipse à l’observatoire de Besançon. M. Janssen présente une Note sur les observations faites spus le patronage de l’observatoire de Meudon. L’étude de la couronne solaire était l’objet des recherches de M. de la Baume l’Iuvincl. Quelles sont l’étendue et la composition chimique de la couronne 7 La couronne est-elle en rapport avec les maximum ou les minimum d’activité solaire? Est-elle entraînée avec le globe du soleil ? Quels sont les phénomènes électriques dont e'.le est le siège? Les observations ont été dirigées en vue de fournir une contribution à l’étude de ces diverses questions. D’autre part M. Landerer s'est appliqué a déterminer la proportion de lumière polarisée émise par la couronne. M. Slephan rend compte des résultats obtenus à l’observatoire de Marseille où l’éclipse, sans être totale, était très accusée, les 8/10 du diamètre solaire ayant été couverts à un moment donné. MM. Esmiol, Borelly et Loggia ont observé les» instants des contacts ainsi que ceux des occultations de taches solaires par la lune. La température notée de 10 en 10 minutes a permis de constater un abaissement de 5°, 1 entre le commencement et le milieu de l’éclipse. M. Stephan a observé à Alger; ses investigations ont porté sur la couronne solaire et les protubérances. M. Ray et, directeur de l’observatoire de Bordeaux, adresse une Note sur les observations faites à l’observatoire de Bordeaux. Une dépêche du Directeur de l’observatoire de Madrid annonce que la raie verte de la couronne a pu être observée et repérée.
- Travaux du Congrès de géologie. — M. Albert Gau-drv, président du Comité d’organisation du Congrès géologique international, présente sous le titre de Livret-Guide un ouvrage qui renferme un exposé géologique des différentes régions de la France où les membres du Congrès feront des excursions. Ce volume est rempli de vues, de coupes de terrains et de cartes géologiques. 11 y aura vingt excursions ; plusieurs seront scindées en deux ou trois voyages. Quarante-trois géologues ont contribué à la publication du Livret-Guide. Ce livre donne en réalité un
- ensemble de la géologie de la Fi ance, car les excursions auront lieu sur tous les points du territoire, depuis le Nord jusqu’au Plateau Central, les Alpes, les Pyrénées, la basse Provence. Il est hors de doute que les nombreux savants étrangers déjà invités par le Congrès seront satisfaits non seulement des éludes géologiques qu’ils seront à même de faire, mais de la visite des sites pittoresques du sol français trop longtemps négligé.
- Séance du 11 juin ÎUÜÜ.— Présidence de M. M. Lévy.
- Le célèbre chimiste russe Mendeleiev assiste à la séance.
- Tension rnaxima de la vapeur de mercure. — M. Cail-letet expose la méthode suivie dans des recherches qu’il a effectuées avec MM. Collardeau et Rivière en vue d’obtenir la température critique et la pression correspondante de la vapeur de mercure. Ces expériences ont été pratiquées à l’Ecole normale supérieure. On ne sait encore aujourd’hui que peu de choses relativement aux forces élastiques des vapeurs métalliques saturées; Begnault cependant a appliqué à la vapeur de mercure son procédé de détermination de la force élastique rnaxima par l’ébullition sous pression variable. Mais il a rencontré de grandes difficultés pratiques qui l’ont arrêté dans la série de ses expériences. Il n’est arrivé qu’à la pression rnaxima de 8 atmosphères correspondant à la température de 500°. MM. Cailletet, Collardeau et Kivière ont également porté leurs efforts sur la vapeur de mercure. Us ont imaginé, dans ce but, un appareil nouveau extrêmement résistant dont la disposition savamment combinée est d’ailleurs assez compliquée. Le mercure est contenu dans un tube d’acier dressé verticalement dont l’épaisseur est île plusieurs centimètres. Malgré cette disposition, les auteurs n’ont pu atteindre le point critique, objet de leurs recherches. Vers 880°, la vapeur de mercure passe au travers de la puroi du tube. Ils ont en vain, d’ailleurs, essayé d’émailler le tube ; la vapeur passe malgré cette précaution. Quoi qu’il en soit, ils ont singulièrement étendu les connaissances que l’on possédait sur la vapeur du mercure, car ils ont pu dresser le tableau des forces élastiques rnaxima jusqu’à 880°. A 000°, cette pression est de 22*"",3; à 700, elle est de 50 atmosphères ; à 800°, elle est de 120 atmosphères et à 880°, elle atteint 100 atmosphères. Les auteurs ont complété leur travail par une comparaison de leurs résultats avec ceux trouvés par Régnault au-dessus de 500°.
- Le blé des tombeaux égyptiens. — M. Gaston Bonnier présente une Note de M. Gain relative à l’étude d'un échantillon de blé trouvé dans une sépulture égyptienne dont l’antiquité est évaluée à 4100 ans d’existence. Certains auteurs ont émis autrefois l’avis que rien n’empêchait le blé de l’ancienne Égypte de germer. M. Van Tieghein a combattu cette assertion. Il résulte des recherches de M. Gain que l’albumen du blé en question n’a subi aucune modification mais que l'embryon est altéré. La germination de la graine est donc impossible. La conservation intacte de l’alhuinen permet d’y faire germer un embryon que l'on y a logé. Ainsi se trouvent vérifiés les faits énoncés par M. Van Tieghein.
- Photographie de l’éclipse du 28 mai. — M. Lœwy a reçu de M. Trépied l’une des photographies obtenues par ce dernier lors de la récente éclipse, (jette photographie prise 10 secondes avant la totalité présente les phénomènes
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- habituels de la chromosphère, points de Uailv et protubérances. Sur la partie boréale de l’épreuve on voit le rayonnement do la ronronne solaire. Cette circonstance prouve qu’on pourrait observer la couronne bien avant la totalité, si l’on avait un dispositif convenable.
- Cil. DR VlM.EDEl'l!..
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- COlliTOL LE WËHICIDE
- D’après les articles que je lui ai déjà consacrés, nombre de journaux ont parlé do lui, mais sans comme La Nature donner son portrait. Des savants comme le D1' Calmette de l’Institut de Lille, le D1 Phisalix du Muséum, auteurs de si remarquables travaux sur le venin des serpents, se sont mis en rapport avec Courtol
- Un lui demandait des vipères vivantes, il n’a pas reculé devant le danger, mais il avait des difficultés pour faire accepter ces colis peu rassurants au chemin de fer, et puis pour ne pas tuer son gibier, il fallait user de ménagements dont abusait souvent celui-ci pour s’échapper, ou bien encore notre vi-péricide ne pouvait prendre qu’un seul reptile vivant à la fois, tandis qu’il lui est souvent arrivé d’en tuer d’un seul coup des demi-douzaines enlacés ensemble à l’époque du rut.
- De sorte que Courtol, tout en étant fier de sa collaboration avec des savants, préfère travailler pour la préfecture de la Haute-Loire qui lui donne 125 centimes par tète de vipère. 11 en tue en si grand nombre, qu’en principe il en vit.
- Lorsque cet ophidien hiberne, ou «pie la journée est trop ensoleillée — car contrairement à ce que l’on croit, la vipère n’aime pas à rôtir à une trop grande chaleur — Courtol cueille en hiver des haies de genièvre ou de prunellier, en été des simples pour les pharmaciens; mais sa véritable profession, qu’il a inventée du reste, et qui ne compte à part lui, que des amateurs encore plus hâbleurs que fantaisistes, c’est celle de « tueur de vipères ».
- H en capture en moyenne quinze cents par an, une année : deux mille cinq cent deux, tous chiffres inscrits sur les registres administratifs.
- L’an dernier, entre les stations de Fix et Lachaud, sur la ligne de Clermont au Puy, il eu a massacré
- « deux cent Irenle-deux » en deux matinées. Dans celte région, les fermières, crainte d'ètre piquées, n’osent aller dénicher les œufs que leurs couveuses pondent parfois dans les buissons ; et cependant les poules sont réputées vipérieides.
- Les chiffres ci-dessus sont effrayants, mais ni vous, ni moi, bien sûr n’en verrions pas le quart. 11 y faut avoir l’œil exercé et la pratique comme Courtol.
- Je l’ai accompagné dans une courte chasse, et où je passais souvent sans rien voir, lui d’un coup de bâton assommait une vipère et la cueillait avec une petite fourche.
- J’autopsiai séance tenante ; dans l’estomac d’une première je trouvai un fort mulot, dans une autre
- deux taupes dont Tune très grosse, et enfin dans une troisième, deux jeunes alouettes déjà emplumées.
- La vipère, lorsqu’elle ne se meut pas, n'est pas facile à voir, d’abord parce que par mimétisme, elle prend la couleur des terrains qu elle habite, noire bleuâtre sur les basaltiques, rougeâtre sur les scories volcaniques. De plus avant de se lover pour la sieste, la vipère, selon l’expression pittoresque de Courtol, se « mire » avec son gîte, c’est-à-dire y cherche les tons d’accord avec sa robe.
- Documenté par l’expérience sur les mœurs et habitudes de ces ophidiens, étant donné l’exposition, l’heure, le vent, la température, les lieux, il sait d’avance où et comment il faut quêter.
- Les jours orageux et chauds où le soleil est caché par les nuages sont les plus favorables, pour que l’on rencontre la vipère lovée à découvert.
- Ingénieux, adroit, notre vipéricide s’est fabriqué deux complets de peau de vipère: l'un, tel que vous le voyez sur la gravure : bonnet pointu, gilet, veston, pantalon ; l’autre, qu’il m’a montré, en façon Louis XV. Pour chacun de ces complets il a employé environ neuf cents peaux de venimeux reptiles.
- Enfin pour achever de faire galamment les choses, il a confectionné pour Mmc Courtol un vaste collet de même tissu. Pierre Boyer.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. —
- Courlol le vipéricide
- Imprimerie Laiiire, rue de Fleurus, 9.
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- N° mr». — t>r> .mis iuoo.
- LA NATURE.
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- LE TÉLÉGRVPHONE
- Le Télégraphone, exposé dans la section danoise, est considéré déjà par tous les spécialistes comme un des clous de l’Exposition de 1900.
- Rappelons, en quelques mots, le principe et le 1 o n c t i o nnement de ce joli appareil, dû à M.Poul-sen, ingénieur des télégraphes à Copenhague 1.
- Dans le circuit d'une pile sèche de deux ou trois éléments, on met un microphone et un électro-aimant minuscule.
- Dans le microphone , comme on sait, les vibrations de la voix parlée déterminent des accroissements et des diminutions de la résistance électrique. À ces accroissements et à ces diminutions correspondent des modifications de même sens dans l’intensité du courant de la pile, et, par suite, des varia-tionsconnexes dans le courant du petit électroaimant.
- Un morceau de 1er doux, placé dans le voisinage, serait tour à tour aimanté puis désaimanté , mais ces variations magnétiques seraient aussi fugitives que les vibrations sonores qui leur donneraient naissance.
- C’est ce qui a lieu, notamment, dans beaucoup d’appareils télégraphiques.
- Si le fer doux est remplacé par de 1 acier, ce métal s’aimante plus difficilement sous 1 influence des variations du courant ; mais, en revanche, le magnétisme obtenu persiste beaucoup plus longtemps par
- 1 Voy. n° 1409, du 26 mai lOüO, p. 4‘2'2.
- 28° année. — 2S semestre.
- l’effet d’une sorte de viscosité qui porte le nom de force coercitive.
- Jusqu’ici, dans les applications, cette propriété de l’acier était plutôt gênante. Le fer doux était employé presque exclusivement dans les appareils; on
- n’avait donc pas d’idée pratique et précise de ce que l’acier pou vait prendre de magnétisme sous l’influence d’un courant variable, ni de la durée exacte de ce magnétisme rémanent.
- M. Poulsen a eu l’idée, vraiment géniale, d’utiliser pour la phonographie ce qui, partout ailleurs, était considéré comme un inconvénient de l’acier,
- Il fait voyager le petit électro-aimant le long d'un cylindre sur lequel est enroulé en hélice un fil d’acier et à très petite distance. Les variations déterminées
- dans le courant par les vibrations sonores s’inscrivent magnétiquement sur le fil et (ce qui n’était pas prévu) se localisent dans la région très restreinte située immédiatement dans le voisinage de l’électro-aimant.
- Cette inscription magnétique persiste et se maintient presque intégralement sur le fil pendant un temps très long (des mois, une année). Dès lors, si l’on associe l'éleclro-aimant à un téléphone Dell et qu’on lui fasse refaire le chemin déjà parcouru, il rencontrera sur sa route les quantités inégales de magnétisme qu’il a semées lui-même. A chaque rencontre, l’intensité du courant sera modifiée, et ces variations électriques se traduiront dans le téléphone par des vibrations sonores. En un mot, le magnétisme inscrit d’abord sur le cylindre et ensuite
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- Fig.l. -1. Électro-aimant eu coupe; /', lit d'acier. -2. C, cylindre recouvert d'un lild'acier E, électro-aimant; c, chariot; W, vis filetée; T, taquet de rappel.
- Jfi„. • 2. _ A et B, poulies sur lesquelles est tendu le ruban d’acier se mouvant
- ” dans le sens des flèches;
- Ei électro-aimant inscripteur; Ee, électro-aimant effaceur; El, électro;aimant liseur.
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- le cylindre magnétisé agissent sur l'électro-aimant et, par suite, sur le téléphone; il y a reproduction de la voix. Mais il faut aussi pouvoir effacer l’inscription primitivement obtenue sur le lil, pour en écrire une autre. M. Poulsen arrive à ce résultat nécessaire en faisant [tasser par l’électro-aimant un courant constant en sens inverse, tpii rabote, pour ainsi dire, les inégalités du magnétisme rémanent.
- Arrivons maintenant à la description sommaire de l’appareil.
- La figure 1 représente le petit électro-aimant en vraie grandeur. On voit qu’il tiendrait dans une noisette un peu grosse. Les axes des deux bobines minuscules forment un angle aigu de façon à embrasser le fil /'perpendiculairement, à sa longueur.
- La figure 2 nous montre le cylindre G recouvert de son fil. Ge cylindre a 58 /‘jvtytimètres de longueur sur 12 de diamètre. Le fil avo millimèlres de diamètre et est enroulé suivant SSO^spires.
- L'électro-aimant E est porté sur un petit, chariot c qui, arreté au bout de sa course normale par un taquet T, enclenche à ce moment avec une vis w filetée qui le ramène à son point de départ. L’électroaimant et le cylindre sont mis en mouvement par un moteur électrique de la force de I /6e de cheval. La durée normale de la course du chariot est de 50 secondes.
- En dépit des conditions très désavantageuses où l'appareil se trouve placé à l'Exposition — dans la galerie des Machines, au milieu des bruits de toute nature — le Télégraphone fonctionne très bien comme phonographe, quand le moteur électrique marche régulièrement. Nous conseillerons aux visiteurs qui voudront s’en assurer, de prononcer à voix haute, très haute même, et dans « leur propre langue », les phrases qu’ils veulent faire répéter à l’instrument. Cette précaution est nécessaire, car une phrase allemande, par exemple, répétée par le phonographe le plus perfectionné, devant un Français sachant imparfaitement l’allemand, paraîtra presque forcément confuse sans que l’appareil y soit pour rien. Un air sifflé ou chanté, viendra au contraire très bien.
- On pourra même constater que les phrases ou les airs ne présentent pas, dans le Télégraphone, le caractère nasillard et désagréable des sons du phonographe ordinaire. Et cela s’explique très bien, car les vibrations accessoires correspondant au frottement sur la cire et au son propre du style sont supprimées.
- Mais, indépendamment de ce qu’on peut voir et entendre à l’Exposition, le Télégraphone comporte des applications très intéressantes comme Télépltono-(jraphe.
- Pour inscrire, par exemple, et transmettre à une distance quelconque un discours durant une demi-heure, une heure et plus, M. Poulsen a imaginé de remplacer le cylindre et le fil du Télégraphone par un ruban d’acier enroulé en spirale, et qui, se déroulant auomatiquement sous l’électro-aimant in-
- scripteur, reçoit l’inscription magnétique, qu'il peut transmettre ensuite à l’électro-aimant liseur ou auditeur associé à un téléphone Bell. Quand le discours est terminé, si l’on ne veut pas le conserver, on fait [tasser le ruban devant l’électro-aimant effaceur.
- Point à noter ; sur le ruban comme sur le lil, l’aimantation produite est localisée sur une très petite surface.
- Quant à la durée du magnétisme rémanent, elle peut, comme nous l’avons dit [tins haut, atteindre jusqu’à une année, après 500, 000, 1200 répétitions. Et il s’en est présenté une démonstration assez curieuse. En essayant, à l’Exposition, les appareils venus du Danemark, M. Schmidt, l’habile ingénieur chargé de monter le Télégraphone, retrouva sur l’un d’eux une phrase qu’il avait entendue à Gopenhague. Elle avait résisté à remballage, au voyage, au déballage1. Une autre application est la transmission simultanée, à un nombre quelconque d’abonnés du téléphone,— mille à ce que l’on dit, — si l’on veut, d’un discours, des nouvelles du jour, d’une exécution musicale et théâtrale. Un vrai journal téléphonique.
- En voici la description schématique :
- Soit A et B (fig. 2) deux poulies parallèles et horizontales sur lesquelles s’enroule un ruban d’acier B sans fin (comme une scie à ruban. Deux électroaimants sont placés symétriquement en Et et Ee. Le premier inscrit, le second efface. Entre les deux, se trouvent un nombre quelconque d’électro-*aimants VA qui écoutent ou lisent.
- Enfin, un des collaborateurs de M. Poulsen, M. Pedersen, a imaginé un système qui, par l’application d’un enroulement différentiel, analogue à celui de la télégraphie en diqdex, permet d’inscrire deux phrases à la fois.
- 11 serait bien à désirer que l’expérience de ces diverses applications pût être faite à Paris pendant le cours de l’Exposition.
- En tout cas, le principe posé par M. Poulsen et son application à la Téléphonographie nous semblenl du plus haut intérêt. M. Poulsen a eu le très grand mérite de songer à l’acier pour inscrire les vibrations, et le mérite, très grand encore, de ne pas se laisser arrêter par certaines objections a priori, comme la faiblesse probable de l’aimantation, la difficulté de la localisation du magnétisme, etc.
- Georges Guéroclt.
- NICARAGUA ET PANAMA
- LES VOLCANS DE i/aMÉRIQUE CENTRALEi
- L’isthme qui relie les deux Amériques est constitué en partie par un soulèvement des terrains tertiaires,
- 1 Le Télégraphone se trouve dans la galerie des .Machines (see-lion Danoise). M. Schmidt, on, quand il est absent, une aimable demoiselle danoise, très au courant de la question, donnent aux visiteurs, avec une complaisance inépuisable, des explications très claires et très complètes. Mais, nous le répétons, les conditions extérieures de l’audition sont déplorables.
- - Rapport de la Commission statutaire de l’isthme de Panama, annexe n° 2.
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- qui forment à Panama une voûte simple et peu accentuée, en partie par une chaîne volcanique qui horde ce soulèvement du coté du Pacifique. Si le canal projeté passe à Panama, il n’y a pas à s’inquiéter de la chaîne volcanique, qui s’arrête au sud de Costa-Rica; à Nicaragua, il faudra franchir à la fois la chaîne volcanique et la chaîne sédimentaire. L’inconvénient, peut sembler sans importance, si l’altitude des seuils n’en est pas augmentée, et en effet l'altitude de la ligne de partage est de 50 mètres moindre à Nicaragua qu’à Panama. Mais la question d’altitude n’est pas lu seule ; il peut être dangereux de passer au milieu de volcans actifs, surtout dans un pays où les tremblements de terre sont fréquents et toujours liés aux éruptions.
- L’étude géologique des volcans de l'Amérique centrale prend donc à ce point de vue un intérêt presque d'actualité1.
- Lette étude mene a des résultats assez imprévus et tout a tait nouveaux dans l’état de nos connaissances sur les forces volcaniques internes; d’une part, elle montre la localisation des effets de ces lorces suivant certaines lignes de faiblesse, qui coïncident avec des fractures transversales; d’autre part, elle permet de constater le déplacement de ces forces suivant une loi déterminée. Rien en général n’est plus obscur et plus mystérieux que les phénomènes volcaniques ; Hoffmann a dit : « Quelque soin qu’on apporte à ses études, on revient toujours d’une visite à un volcan moins satisfait qu’au départ ».
- La chaîne de l’Amérique centrale aurait démenti pour lui cette remarque décourageante : elle garde son mystère, mais elle laisse suivre et même prévoir la marche des phénomènes dont on ignore la cause.
- La ligne des volcans de l’Amérique centrale suit [tendant 1200 kilomètres la côte de l'Océan Pacifique; c’est en apparence une ligne droite, mais un examen plus attentif montre cette ligne brisée en quatre points, et divisée ainsi en quatre tronçons distincts.
- Quand on descend vers le sud-est, charpie tronçon est rejeté vers l’Océan par rapport à celui qui le précède, et entre deux tronçons successifs il y a une véritable trouée, comme une fente ouverte, qui laisse passage aux lignes de pénétration vers l'intérieur (chemin de fer du Guatemala, haie de Fonseea, canal de Nicaragua); c’est par suite de ce phénomène qu’on peut [tasser à Nicaragua, sans s’élever au-dessus de 48 mètres. Mais ce qui fait la facilité du [tassage en constitue aussi le danger. G’est l’activité volcanique qui a entr'ouvert la voie ; c’est un auxiliaire peu rassurant.
- Chacune en effet de ces lignes, où se produit l’interruption et le décrochement de la chaîne, chacune de ces fentes transversales correspond à une recrudescence de l’activité souterraine; ce sont des lignes
- 1 Une Commission américaine vient d'être chargée de l’étude comparée des deux tracés de Nicaragua et de Panama.
- de faiblesse maxima, et chacune d’elles, d’une manière bien remarquable, est signalée par la présence d’un lac ou d’une dépression équivalente : le lac de Paca va, entre le Guatemala et le San Salvador, la haie de Fonseea au sud de San Salvador, le lac de Nicaragua au sud du Nicaragua, les dépressions cratérifbrmes de San José et de Cartago, au sud de Costa Rica. Chacune de ces dépressions est d’origine volcanique, et chacune d’elles est le centre d’une activité exceptionnelle : le lac Pacaya est, aux pieds du Fuego, le volcan le [tins redoutable de la région ; la haie de Fonseea a été le théâtre en 1855 de l'éruption du Coseguina, la plus formidable peut-être du siècle après celle du Krakatoa; le lac de Nicaragua est, d’après Fuehs, le loyer principal des actions volcaniques dans cet état, et si la ligne correspondante s’est trouvée jusqu’ici moins souvent ébranlée que les deux précédentes, du moins elle a vu l’activité volcanique se réveiller en 1885 par l'éruption de l’Umotope; l’ilot tout entier a été couvert de laves et ressemblait à une masse incandescente.
- Enfin, les dépressions de Cartago et de San José sont aux pieds de l’irazu et du redoutable Turrialba. De plus les lignes du Guatemala et de Cartago ont toujours été ravagées par des tremblements de terre destructeurs.
- Ainsi des quatre lignes qui se présentent avec une homologie si remarquable, deux sont des lignes séismiques de première importance; une a été le siège de la plus violente éruption du siècle, et la quatrième seule, celle du Nicaragua, sans rester inactive, ne s’est pas montrée jusqu’ici aussi redoutable. Il n’en est pas moins vrai que ces quatre lignes se présentent comme des lignes de mobilité nui xi ma, comme des lignes spécialement menacées.
- Ce rôle attribué aux fentes transversales se trouve d’ailleurs vérifié dans la région par d’autres exemples ; chacun des trois premiers tronçons montre en son milieu une déviation peu accusée qui est, elle aussi, soulignée par la présence d’un lac volcanique : le lac d’Atitlan dans le Guatemala, le lac d’Ilopango dans San Salvador, le lac Managua à Nicaragua; et là encore ce sont des lignes de recrudescence, aussi bien pour les efforts volcaniques que séismiques.
- Enfin les principaux volcans, ou au moins les principales bouches d’un môme volcan, sont souvent alignées en rangées normales à la direction de la chaîne.
- On reconnaît ainsi toute une série de fractures transversales : fractures transversales de 5e ordre, qui, par leur rencontre avec la chaîne, déterminent l'emplacement des principaux volcans ; fractures transversales de 2e ordre, qui amènent dans la chaîne une déviation, soulignée par la présence d’un lac volcanique, et sont le siège de mouvements répétés et importants; enfin, fractures de 1er ordre, qui amènent, au lieu d’une déviation, une véritable interruption de la chaîne, qui sont
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- aussi signalées par la présence d’un lac volcanique, et qui témoignent d’une mobilité plus grande encore.
- Les grandes fractures ou lignes de décrochement se placent donc ainsi à la tète d’une série régulièrement ordonnée, et leur rède en ressort avec plus d'évidence.
- La hiérarchie de ces différentes lignes se précise encore si l’on consulte la statistique des éruptions et des tremblements de terre1. Un constate d’abord qu'en bloc, depuis la conquête espagnole, c’est le Guatemala qui en compte le plus grand nombre : 57 éruptions, 52 tremblements de terre destructeurs, 59 grands séismes; San Salvador vient en seconde
- ligne, avec 58 éruptions et 52 séismes, dont 25 destructeurs; puis vient le Nicaragua, avec 51 éruptions et 21 séismes, dont 10 destructeurs. Mais si l’on se borne au siècle actuel (jusqu’en 1885), l’ordre est changé : on compte 20 éruptions et 41 séismes, dont 10 destructeurs, pour San Salvador; les nombres correspondants étant respectivement 15,29 et 8 pour (iuatemala; 18, 10 et 0 pour le Nicaragua. Si cette comparaison ne paraissait pas assez probante, on peut compter par siècles les tremblements de terre du (iuatemala et du San Salvador; la proportion est de 20 à 7 jusqu’au dix-huitième siècle, pour devenir de 9 à 0 dans le dix-huitième, et, comme je viens de le dire, de 29 à 41 dans le
- dix-neuvième. Mais ce qui est plus significatif encore, c’est le nombre des volcans actifs. Dans le (iuatemala, sur 7 volcans actifs, le Cerroquemado a eu sa dernière éruption en 1785, le Pacaya en 1775 (le cratère en 1854 en était recouvert d’une riche végétation); le Suchitan est éteint depuis 1469; depuis 1852, le Fuego seul a eu des éruptions. A San Salvador, au contraire, sur 8 volcans actifs, on ne cite pas une seule extinction et deux volcans nouveaux se sont élevés, l’izalco, en 1770, et le volcan du lac llopango en 1885. De même au Nicaragua, aucun des huit volcans connus ne s'est éteint ; le nouveau volcan las Pilas date de 1850, et deux
- 1 Tremblements de terre et éruptions volcaniques au Centre-Amérique, par F. de Moutcssus de Ballore, capitaine d'artillerie. Dijon. 1888.
- nouveaux cratères se sont formés au nord en 1867.
- Ainsi, qu’il s'agisse du nombre des volcans actifs, de la liste de ceux qui s’éteignent ou qui ont récemment pris naissance, du nombre des éruptions ou du nombre des tremblements de terre, le résultat est le même ; en peu de siècles la prépondérance a passé du Guatemala au San Salvador, et pour le Nicaragua la différence avec les états précédents s’atténue. Si l’on ajoute qu’au Mexique l’activité volcanique s’est énormément affaiblie depuis la période quaternaire, qu’aux époques précédentes elle avait son maximum bien plus au nord, sur les côtes des États-Unis, la signification des statistiques récentes en prend une nouvelle force. Nous assistons à la marche visible d’un phénomène géologique, dont l’évolution se poursuit, peut-être avec intermittences
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- et oscillations, mais toujours dans le meme sens, quable de trouver la même progression, le même depuis des milliers de siècles1. 11 est encore remar- échelonnement dans le rêdc des quatre grandes frac-
- Fig. 2. — Guatemala. La Antigua. Vue prise de la plate-forme supérieure du couvent del Carmen.
- titres transversales. La ligne du Guatemala, au lieu des trois volcans, le Fuego, l’Agua et, le Pacaya, n a plus dans son voisinage qu'un volcan actif, le Fuego; au lieu des nombreux tremblements de terre, qui ont jusqu’à cinq lois détruit la ville de Guatemala, c’est une ligne séismique d’intensité décroissante ; son lac n’a presque plus 1! apparence volcanique; c’est un foyer en voie d’extinction. Fon-Seca, avec sa ceinture de volcans actifs, a eu sa grande catastrophe en 1855; que cette catastrophe doive ou non
- 1 On a constaté depuis longtemps, dans cette région, le déplacement de l’activité volcanique dans chacune des rangées normales à la chaîne ; le volcan avec le cratère actif le plus
- être la dernière, c’est un loyer en pleine activité. Le lac du Nicaragua est aussi un foyer actif; mais, i violente qu’elle ait ] été, l’éruption de 1885, comparée àcelleduCosegui-na, n’est qu’une éruption avortée. G’est un avertissement, la catastrophe est encore à venir. L’ordre est le même, et la même prévision semble s’im-poser. Avant notre siècle, le Guatemala était le grand centre éruptil, et la grande ligne de mobilité était celle qui limite au sud le tronçon correspondant. Au dix-neuvième siècle, le centre
- récent est toujours le plus rapproché de l'Océan. C’est là un
- déplacement local, qui coexiste avec le déplacement d’ensemble révélé par les statistiques.
- I
- Fig. 3. — Costa Rica. — Cratère de l’Irazu.
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- LA N A TU II E.
- principal était le San Salvador, et la ligne la pins ébranlée a été celle qui limite le tronçon au sud,
- la ligne de Fonseca. Combien de temps faudra-t-il attendre pour que l’activité ait son maximum dans
- Fig. i. — Carte des volcans de l'Amérique Centrale.
- le Nicaragua? Et alors la ligne la plus menacée sera celle qui limite ce dernier tronçon au sud, la ligne du canal projeté.
- Ce qui s’est passé sur la ligne homologue de Fonseca précise la nature du danger à redouter, et encore faut-il songer qu’une éruption comme celle du Coseguina, survenant au milieu du lac de Nicaragua, peut donner lieu à une onde séismique à laquelle rien ne résisterait. Les dégâts causés sur les rives par l'agitation des eaux qui suivit le séisme de mai 1844, sont déjà une indication; mais, entre tant d’exemples plus terribles, il faut se souvenir de la vague du tremblement de terre de Lisbonne en 1775, qui monta à 12 mètres au-dessus
- des plus fortes marées, et de celle du Krakatoa, qui atteignit 22 mètres à Java et 06 mètres sur la
- cote de Sumatra. La rupture des digues ou des barrages du canal une fois construit serait une catastrophe tellement effroyable qu’il y a là une considération qui devra l’emporter sur toutes les autres. En présence des indices concordants qui désignent la ligne du Nicaragua, ce serait une terrible responsabilité de choisir cette ligne faible et mobile, cette ligne menacée entre toutes, pour en faire une des voies les plus fréquentées du globe. M. Bertrand.
- Membre de l'Institut.
- Lignes desouLèoemmt (Anddùicnucj. , Ligner de dépression; (Sgndznauæ).
- . Lignes d& Volcans.
- . Arête de rebroussemervb . i /
- , Fente trajisv&imle/de ordre.
- . _ „______„______ de 2* ordre/.
- ___ _______„______ de 3? ordre/.
- ETATS
- GOLFE DU M EX
- •S.Salvador
- GUYANE
- COLOMBIE
- Fig. 5. — Ligne de soulèvement de l’Amérique Centrale et des îles environnantes.
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- LA NATURE.
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- LE TRAITEMENT DU MINERAI D’OR
- A I.'EXPOSITION T R A N S V A A LIE N N E DU TROCADÉIU)
- Une des exhibitions les pins intéressantes, au point de vue technique, de notre grande manifestation industrielle de cette année, est sans contredit l’exploitation du minerai d’or installée dans des bâtiments spéciaux sur le versant de droite du Troeadéro. Elle a été faite par le gouvernement de la République Sud-africaine, mais aux frais et sous la surveillance de la Chambre des mines du Transvaal qui doit d’ailleurs en assurer le bon fonctionnement pendant Ion te la durée de l’Exposition.
- On sait l’importance considérable de l’industrie aurifère en Afrique australe et les progrès qu’elle a faits ces derniers temps, progrès qui vont chaque année en augmentant. Le total de la valeur de l’or extrait des mines du Transvaal depuis 1884 jusqu’en 1899 atteint 2 141 709 418 francs. Comme on peut le voir par le tableau ci-dessous qui montre les dernières productions annuelles, la progression croît d’une façon fantastique.
- 1887 . 4 227 575 fr. 1894 . . 195 595588 fr.
- 1888 . 24 427 254 1895 . . 216 581 265
- 1889 . 57 656 842 1896 . . 217 246 460
- 1890 . 47 208 556 1897 . . 294256 556
- 1891 . 75 858 701 1898 . . 410 075 905
- 1892 . 114 662 042 1899 . plus de 500 mil-
- 1895 . 158 582 574 lions.
- Il était intéressant de montrer au grand public de l’Exposition les procédés employés pour retirer l’or de la terre et les différentes phases de l’exploitation du minerai.
- Nous voyons la première partie de ce travail dans l'exposition minière du Troeadéro ; la seconde a été, comme nous le disons plus haut, installée à la surface. Ces deux exhibitions ont été laites par les soins et aux frais de la Chambre des mines du Transvaal.
- Le représentant de cette Chambre à Paris est M. J.-G. Bousquet, inspecteur des mines du Transvaal; il a été chargé de faire l’installation minière du Troeadéro que nous allons décrire et qui est destinée à montrer aux visiteurs toutes les étapes de la fabrication de l’or, depuis son état de minerai jusqu’à celui d’or fin, moulé en lingots.
- Le minerai de quartz aurifère a été apporté du Transvaal et déposé dans les caves des deux bâtiments où sont placées les différentes machines.
- La première opération que subit le minerai brut qui sort de la terre est un triage ayant pour objet de séparer le quartz des gangues ; cette opération se fait à la main sur de grandes tables annulaires ; nous n’en voyons pas le fonctionnement au Troca-déro, car le minerai a été apporté à Paris tout trié, afin de diminuer les frais de transport. Mais une peinture fort bien exécutée nous en donne une impression réelle. Cette reproduction a été prise sur place et laisse voir tous les détails de l’opération, avec la plus scrupuleuse exactitude.
- - Les bâtiments de la Chambre des mines au Troeadéro se composent de deux corps séparés par une sorte de cour ; les opérations se font en partie dans les bâtiments eux-mêmes et en partie dans la cour intermédiaire (tig. 2).
- Comme nous le disions, le minerai a été placé dans les caves; il est pris par un monte-charge qui l’élève au sommet de l’édifice, afin de lui permettre 'de passer dans les différents appareils avec une gravitation suffisante pour en assurer le déversement. Ce monte-charge, qui n’a d’ailleurs rien de commun avec les appareils des mines, est muni d’organes qui en assurent automatiquement les arrêts. C’est une machine américaine très simple nommée Worm-gear elevator. Le câble du monte-charge s'enroule sur un large tambour, dont le mouvement de rotation entraîne une vis qui fait monter ou descendre un collier ; sur l’axe de cette vis se trouvent deux plateaux, un en haut et l’autre en bas, dont on peut en faire varier la position ; ils sont destinés à s’embrayer sur le collier de la vis au moment du contact ; une gorge de forme spéciale creusée sur la surface des deux plateaux donne le mouvement à un bras de levier qui fait passer la courroie de transmission soit sur la poulie folle, soit sur la poulie du mouvement en arrière. On conçoit dès lors qu'en réglant convenablement la position des deux plateaux, on puisse faire arrêter le tambour en des points qui correspondent exactement au commencement et à la fin de l’ascension de l’élévateur : cet appareil automatique est très commode, car il évite l’intervention d’un ouvrier pour l’arrêt de la plate-forme du monte-charge.
- Ce monte-charge, ainsi que tous les appareils de la petite usine, est actionné par le courant électromoteur de l’Exposition; mais, afin de ne souffrir d’aucun aléa, on a installé une machine à gaz de 52 chevaux largement assez puissante pour tous les besoins de l’exploitation.
- Notre minerai est recueilli dans des wagonnets que l’on place sur le plateau du monte-charge ; ces wagonnets sont élevés jusqu’au sommet de l’édifice et entraînés vers l’orifice d’une trémie dans laquelle le minerai est renversé. Il rencontre aussitôt un concasseur Black-Marsden qui a pour objet de réduire le quartz en morceaux de 10 à 12 centimètres dans la plus grande des dimensions. Cet appareil se compose de mâchoires qui avancent fortement l’une contre l’autre et écrasent le quartz. Un des avantages de ce concasseur est que les mâchoires sont facilement remplaçables en cas de rupture ou d’accident.
- Les morceaux de minerai passent par une seconde trémie d’où ils sont entraînés par un long couloir jusqu’à un distributeur alimentaire qui a pour mission d’assurer un débit continu et constant. Le quartz arrive ainsi dans le mortier ou bocard.
- Ce mortier est une sorte de longue cuve en fonte dans laquelle se trouve de l’eau; cinq pilons vien-
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- LA NATURE.
- nent réduire les morceaux de minerai en poussières qui se mélangent avec le liquide pour former une boue très fluide nommée pulpe.
- L’opération la plus importante pour recueillir l’or de la pulpe est l’amalgamation : elle commence dans le mortier lui-même, mais pour une très faible fraction de l’opération totale ; à cet effet on laisse tomber de temps en temps quelques gouttes de mercure dans la cuve. Elle se continue sur une grande table de 4 ou 5 mètres carrés recouverte d’une feuille de cuivre qu’on a soin d’amalgamer avec du mercure toutes les vingt-quatre heures ; la pulpe se répand sur cette table après être sortie du bocard par une paroi disposée en tamis. L’amalgame d’or formé à la surface des plaques de cuivre est recueilli et traité ultérieurement. Il contient environ 52 pour 100 de l'or du minerai.
- Mais continuons à suivre la marche de la pulpe et voyons ce qu’elle devient. Elle passe sur un appareil appelé le Frue vanner, c’est une sorte de tapis roulant en caoutchouc de lm,50 de largeur animé par deux tambours parallèles éloignés de 5 mètres l’un de l’autre; la surface supérieure du tapis en caoutchouc est inclinée en sens inverse de son mouvement. L’appareil subit des trépidations transversales, de sorte que la pulpe se divise en deux éléments : d’nne part, nous avons les pyrites riches en or qui sont entraînées par le mouvement du tapis et qui tombent dans un récipient spécial disposé dans ce but ; d’autre part, nous trouvons une pulpe appauvrie qui est très liquide et qui coule en sens inverse, à cause de la position inclinée de l’appareil ; elle est dirigée par une canalisation en bois vers d’autres opérations.
- Les pyrites se traitent par la chloruration on la cyanuration, mais ces opérations ne se font pas au Trocadéro faute de place ; les pyrites sont vendues à des usines spéciales qui en retirent l'or.
- Continuons toujours. Que devient la pulpe appauvrie? Comme nous le disions, elle est recueillie dans
- des conduites en bois et quitte le premier batiment de l’exploitation; elle va se déverser dans les augets d’un grand élévateur à roue qui la monte dans un large réservoir circulaire en tôle à fond plat ; la pulpe une fois dans ce récipient dépose et se sépare en deux parties, la première plus liquide appelée slime qui est rejetée à l’aide d’ouvertures latérales à niveau variable, et l’autre, plus épaisse, qui reste dans le fond de la cuve; ce dernier élément constitue les tailings ou sables aurifères.
- En général on traite les sûmes qui contiennent un peu d’or; mais, au Trocadéro, on les envoie, dans les
- égouts, parce qu’on n’y dispose pas d’assez d’espace.
- Les tailings tombent par une trappe dans une cuve semblable à la première, placée au - dessous et dans laquelle se fait la cyanuration.
- Le cyanure de potassium est gardé en dissolution dans des réservoirs en tôle placés dans le sol à proximité des cuves ; il est refoulé à l’aide de pompes jusqu’à la surface des tailings de la cuve circulaire. Ce liquide traverse les sables et dissout l’or au passage; en bas de la cuve se trouve un filtre qui retient les sables qui ont déjà subi l’action du cyanure de potassium et qui ne contiennent plus d’or ; le cyanure d’or et de potassium traverse le filtre, et est recueilli par des tuyaux qui l’entraînent dans le deuxième bâtiment de l’usine du Trocadéro.
- Le cyanure est ainsi envoyé dans des boîtes divisées en compartiments disposés en chicanes; l’or est retenu par des rognures de zinc qu’on a placées dans cette boîte; on obtient ainsi des zincs slimes qui ne sont autres qu’un cyanure double d'or et de zinc.
- Ces zincs slimes sont traités par l’acide sulfurique et l’eau bouillante, il se forme du sulfate de zinc soluble et l’or est laissé en liberté : on filtre, l’or est recueilli dans un filtre-presse, on l’affine et on le coule en lingots dans des lingotières.
- Au Trocadéro, on ne traite pas les zincs slimes, à cause des dégagements acides que provoquerait
- Fig. 1. — Le bâtiment des fours et le pylône d’or.
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- LA NATl RK
- .) i
- Fig. 2.
- Vue générale donnant l'ensemble de Inus les appareils du traitement.
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- LA N AT LUE.
- cette opération, on les vend aux usines spéciales.
- Nous voyons que de tous nos produits, il ne reste que l’or amalgamé obtenu au début des opérations, puisque ni les pyrites, ni les siimes ni les zincs slimes ne sont traités dans l’usine qui nous occupe.
- On se contente de prendre l’amalgame qu’on place dans une retorte, sorte de cornue enterre, et on distille le mercure à l’aide d’un long tube qui plonge dans l’eau froide. L’or reste dans la retorte, il est alïiné et coulé dans des lingotières.
- - Toutes ces opérations se font sous les yeux du public, qui peut facilement en comprendre la suite à l’aide de grands tableaux placés sur les murs et qui expliquent avec clarté les différentes phases du traitement.
- D’une façon générale on peut dire que le travail du minerai d’or se réduit à deux grandes opérations, l’amalgamation d’une part, la cyanuration des sables et des pyrites d’autre part.
- La quantité d’or recueillie par ces deux opérations peut se répartir grosso modo comme l’indique le
- tableau suivant.
- Amalgamation........................ 52
- Cyanuration des salîtes et des pyrites. 54 Pertes............................... 14
- Total...........TÔT)
- A coté de l'usine dont nous venons de parler, se trouvent deux autres petits bâtiments isolés; dans le premier, nous voyons des modèles d’usines minières avec tous les appareils employés, chevalements, etc. ; dans l’autre, on a installé une merveilleuse carte en relief de Johannesburg et de ses mines avoisinantes, la Robinson, la Robinson central deep, la Robinson deep, la Worcester, la Ferreira, la Ferreira deep et la Wemmer.
- Sur ce plan, on retrouve tous les bâtiments de la ville et des exploitations minières, ainsi que tous les appareils installés à la surface.
- Ajoutons enfin qu’un grand pylône en plâtre doré, installé dans les jardins (fig. 1), nous donne une impression palpable de la production aurifère de ce riche pays de l’Afrique du Sud. A lui seul, il est la synthèse de tout le travail et de la valeur de l’or extrait pendant ces dernières années au Transvaal. A. da Cunha.
- IA DISSOCIATION CORPUSCULAIRE
- M. J. J. Thomson expose dans Nature une théorie qui paraît très intéressante, hien qu’elle soit encore problématique. Le savant professeur rappelle qu’en 1897 il a constaté, dans les rayons cathodiques, la présence de corps de dimensions très petites par rapport à celles des molécules, et transportant avec eux des charges d’électricité négative. Il les a appelés corpuscules. Il avait été conduit, par des considérations théoriques, à supposer que ces corpuscules existaient à l’état libre dans la matière ordinaire. Des travaux ultérieurs sont venus confirmer cette hypothèse ; M. J. J. Thomson a constaté la présence de ces corpuscules dans le voisinage d’un fil échauffé et d’une plaque métallique éclairée par des rayons ultra-violets. Les découvertes toutes récentes de M. Gresel, M. et Mm“ Curie, M. Becque-
- rel, sur la réflexion magnétique et la charge électrique transportée par une portion des rayons du radium, peuvent être interprétées comme indiquant l’existence de corpuscules dans ce métal.
- Partant de là, M. J. J. Thomson imagine qu’il se produit dans les corps ce qu’il appelle la dissociation corpusculaire. De chaque molécule du corps, se détacherait un corpuscule beaucoup plus petit, en même temps qu’un autre corpuscule viendrait combler le vide produit parle départ du premier. Il y aurait donc, dans toute substance, à côté et entre les molécules fixes, ou relativement fixes, lesquelles seraient chargées d’électricité positive, toute une circulation de corpuscules beaucoup plus petits chargés négativement. De là toute une série de phénomènes que l’expérience devrait confirmer. Jusqu’à présent, M. J. J. Thomson s’est maintenu dans des régions purement théoriques. Par une réminiscence évidente de la théorie cinétique des gaz, grâce à laquelle Joule a pu établir des relations entre la vitesse des molécules, la pression et la densité du gaz, M. J. J. Thomson cherche à calculer aussi le nombre, la vitesse, les propriétés de ces singuliers corpuscules errants '.
- Du calcul il déduit, par exemple, que, s’ils sont soumis à la gravitation (ce qui n’est nullement prouvé, d’ailleurs), une barre métallique placée verticalement doit avoir plus de corpuscules dans le bas que vers le haut, ce qui impliquerait la présence de l’électricité négative à la partie inférieure, et de l’électricité positive à la partie supérieure de la barre. De même, pour une masse métallique en rotation autour d’un axe, la force centrifuge tendrait à pousser les corpuscules vers la surface extérieure où ils seraient en excès, tandis qu’ils seraient en déficit dans le voisinage de l’axe. Les parties extérieures du métal étant électrisées négativement et les parties intérieures positivement, il en résulterait un défaut d’équilibre qui déterminerait un champ magnétique. Une grande masse métallique, animée d’un mouvement de rotation, agirait comme un aimant. Un métal contenant des corpuscules tendrait à agir comme une substance diamagnétique.
- Nous ne reproduirons pas ici les calculs par lesquels M. J. J. Thomson essaye de déterminer les relations qui peuvent exister entre la vitesse des corpuscules, la conductibilité électrique, l’ionisation, etc. Bien qu’en chemin il rencontre des coïncidences curieuses, notamment en ce qui concerne les effets Ettinghausen et Nerwsl, l’effet Thomson, moins nettes en ce qui concerne l’effet Hall, la théorie de M. J. J. Ihomson ne nous paraît pas encore complètement sortie du domaine de l’imagination presque pure. Toutes ces inductions demandent à être vérifiées.
- Ce n’est pas là une critique, hien au contraire. En science comme en art, c’est l’imagination qui, avec l’analogie, est la grande créatrice, qui suscite les grandes découvertes. Faraday, Ampère, Maxwell, S. Carnot, Ilelm-holtz, Pasteur, et, sur un autre terrain, Edison, sont de grands « imaginateurs » guidés par des analogies parfois hien forcées et néanmoins fécondes. L’école française moderne de physique, si remarquable par la rigueur du raisonnement, la précision des mesures et des méthodes, dédaigne sans doute un peu trop l’imagination et, par suite, les ressources de l’analogie. G. G.
- 1 Ces vues nouvelles de transmigrations corpusculaires, émises par l’éminent physicien anglais, semblent avoir des analogies avec celles de M. G: Le Bon dans ses Études sur la s Lumière noire ». Vov. n° 1410 du 2 juin 1000, p. 1.
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- LA NATURE.
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- LE MOCINESCOPE
- En dépit do ses merveilleux perfectionnements, il est manifeste que le cinématographe présente de nombreux inconvénients, dont l’effet est de rendre inaccessible au plus grand nombre l’exercice de la | ihotograpbie animée.
- Comportant une installation compliquée et coûteuse, installation qui nécessite des précautions spéciales minutieuses, si l’on veut éviter les dangers d’incendie toujours à craindre dans un endroit où des substances aussi inflammables que le celluloïd doivent être maniées au voisinage de foyers électriques, les cinématographes, même les mieux établis, présentent tous encore un autre défaut, impossible du reste à corriger puisqu’il est la conséquence du principe même de cet appareil, à savoir que l’image projetée est soumise à un scintillement des plus désagréables résultant de la nécessité où l’on se trouve de masquer pendant le mouvement de la pellicule, entre chaque image successive, l’objectif de projection.
- Ne pouvait-on parer à ces ennuis divers, et, tout en améliorant la qualité des projections, simplifier considérablement l’outillage nécessaire à l’utilisation des bandes cinématographiques ?
- Un habile constructeur d’instruments d’optique, M. Clermont-Huet, estima que le problème n’était point irréalisable, mais à la condition de sortir résolument des voies communément suivies jusqu’à présent pour l’établissement des appareils cinématographiques, et c’est ainsi qu’il a été amené, après des études prolongées, à réaliser un nouvel instrument le « Diocinescopc », qui constitue sans discussion possible l’une des nouveautés les plus curieuses que l’on peut voir à l’Exposition, notamment dans les galeries de la classe 19 consacrée aux instruments de précision.
- Le diocinescopc, tel qu’il est présenté aux amateurs de photographie animée, n’est point un véritable cinématographe, mais bien un cinématoscope à vision directe, à mouvement continu, sans arrêt de la pellicule et sans éclipses.
- N’exigeant aucun accessoire et n’utilisant pour l’éclairage que la lumière du jour ou celle de la première lampe venue, voire même celle d’une simple bougie, il doit à son principe, qui supprime absolument l’obligation de masquer à certains instants les objectifs, de donner des images extrêmement lumineuses et tout à fait dépourvues de scintillement, quand l’instrument, est une fois réglé.
- Mais, voyons comment fonctionne le système.
- Le diocinescopc comporte en principe trois éléments essentiels :
- 1° Un tambour porte-lentilles sur lequel sont montées des lentilles juxtaposées les unes aux autres, l’écartement des centres de deux lentilles consécutives étant justement égal à l’entre-axe de deux clichés successifs de la bande pelliculaire ;
- 2° Un tambour porte-clichés animé de la même
- vitesse angulaire que le tambour porte-lentilles dont il est solidaire, et sur lequel passe la bande où sont inscrits les clichés correspondant aux différentes positions successives du sujet ;
- o° Un système réfléchissant interposé entre le tambour porte-clichés et le tambour porto-lentilies. et constitué de façon à renvoyer successivement l’image de chaque cliché dans la direction de l’axe optique de la lentille par laquelle elle doit être perçue.
- Enfin, complétant ces éléments constitutifs disposés et combinés de telle manière que les différentes lentilles fixées sur le tambour viennent former leurs images toujours en un même point, un mouvement d’horlogerie ou une manivelle actionne une poulie d’entraînement de la pellicule, de façon à amener successivement ses multiples clichés au-devant de l’oculaire de l’appareil.
- Examinons, à présent, comment sont réalisés et mis en œuvre ces divers organes du diocinescopc.
- Soit a (fig. 1) le tambour porte-lentilles sur le pourtour duquel sont montées des lentilles divergentes b juxtaposées les unes aux autres suivant des ’ bases de segments communs, afin qu’il ne puisse se produire aucune éclipse, et J) le tambour porte-clichés que la bande pelliculaire c, vient contourner sur une partie de sa circonférence.
- À l’intérieur de ces deux tambours qui ont un seul et même axe et sont solidaires l’un de l’autre, se trouve logé un système réfléchissant constitué soit par deux miroirs fixes parallèles e, e1, soit, ce qui est le cas dans la pratique, par un prisme à faces réfléchissantes parallèles, et dont l’objet est, après la double réflexion, de permettre d’apercevoir normalement en A dans la lentille b l’image du point opposé D de la pellicule c, le rayon émanant de ce point 1) ayant alors accompli le trajet I) C B A.
- Aux fins d’entraîner la pellicule et d’amener successivement les images des divers clichés qu’elle porte en face de l’oculaire de l’appareil, le tambour a (fig. 4) présente une portée a1 munie sur son pourtour de pointes destinées à s’engager successivement dans les perforations ménagées à cet effet à intervalles égaux sur les bords de la bande pelliculaire c dont l’autre bord s’appuie sur la partie lisse <ll que présente le disque d du tambour porte-clichés.
- Ce dispositif, — que complète un système de deux bobines (fig. 2), l’une la bobine magasin y sur laquelle est enroulée la pellicule et l’autre 91, la bobine réceptrice sur laquelle viendra s’enrouler ladite pellicule après avoir cheminé au-dessus du tambour porte-clichés, — est logé à l’intérieur d’un petit meuble en ébénisterie percé dans sa paroi postérieure d’une fenêtre m munie d’un miroir à l’aide duquel (fig. 2 et 5) on dirige les rayons lumineux extérieurs, de façon à l’éclairer convenablement, sur la bande pelliculaire c.
- On voit, dès lors, comment fonctionne le système.
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- LA NATURE.
- Tout cliché de la bande pelliculaire c (fig. 1) arrivant en I) envoie sur la face e1 du prisme un rayon réfléchi à nouveau en B suivant la direction B A, qui est justement celle de Taxe optique de la lentille b.
- Fig. I. — Marche dos rayons lumineux.
- 11 s’ensuit que tout œil situé en A voit l’image du cliché D suivant une direction A B parallèle à D C. Mais, en D, par suite du déroulement de la pellicule, déroulement qui a pour résultat d’amener la rota-
- Scliéma du mécanisme.
- tion à une même vitesse angulaire du tambour porte-lentilles, les diverses images successives de la scène photographiée se succèdent rapidement; il en résulte que l’œil de l’observateur placé en A voit au travers des lentilles se succéder pareillement les mêmes images qui, se formant toutes au même point suivant une direction A B, lui donnent l’impression d’une scène continue.
- Mais ce n’est point tout. Les lentilles du système
- étant, comme nous l’avons dit, des lentilles divergentes, les images qu’elles donnent des clichés passant en D sont diminuées. Pour remédier à cet inconvénient, M. Clermont-Huet place à l’intérieur du cylindre porte-lentilles et proche la couronne de lentilles divergentes une autre lentille fixe convergente i de même foyer que ces dernières et qui compense par suite leur effet en ce qui concerne le rapetissement des images, sans compter qu’elle compense encore, ce qui est de première importance, les phénomènes d’aberration sphérique résultant de
- Fi". 3. — Coupo horizontale du Diocinescopp.
- ce que l image d’un même point, par suite du mouvement de rotation des lentilles divergentes, est donnée tantôt par le centre de celles-ci et tantôt par une région plus ou moins voisine de leurs bords. Or, en raison de l’importance de l’ouverture des lentilles, ces phénomènes d’aberration sphérique, qui ont pour effet de modifier la valeur de la distance focale, laquelle devient, alors plus faible aux bords
- Fig. i. — Détail des tambours.
- qu’au centre, constitueraient un défaut grave, celui de donner des images animées d’un léger mouvement apparent au lieu d’images absolument fixes.
- Mais, l’aberration sphérique de la lentille fixe i étant justement de sens contraire à celle des lentilles divergentes mobiles, cet effet nuisible est corrigé absolument.
- Cependant, avec une telle disposition, l’observateur placé en A n’aperçoit les images qu’en leur
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- LA NA T IL K.
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- grandeur naturelle qui est, comme chacun sait, extrêmement réduite.
- Pour accroître leurs dimensions apparentes et permettre encore d’employer les deux yeux à l’examen des scènes animées, M. Clermont-Huet a disposé en avant du tambour porte-lentilles une loupe composée j, combinée à deux prismes oculaires n, n à double réflexion et dont les laces réfléchissantes sont parallèles (fig. 1, 21 et o).
- Tel est, en scs grandes lignes, le diocinescope qui se recommande, comme Ton voit, par sa grande simplicité. De construction extrêmement robuste et difficilement déréglable, l’appareil qui, ainsi (pie nous le notions tout à l’heure, est actionné soit au moyen d’un mouvement d’horlogerie logé dans le meuble servant à l’abriter, soit à l’aide d'une petite
- manivelle (pie Ton manœuvre à la main, est réversible, c’est-à-dire qu’il permet, en engrenant au moyen d’un simple poussoir la roue motrice h (fig. 2) placée sous la dépendance du mouvement d'horlogerie ou de la manivelle soit avec une roue/t1 calée sur l’arbre du tambour g\ soit avec une roue II - calée sur l’arbre du tambour g, de provoquer la translation de la pellicule dans un sens ou dans l’autre.
- Le maniement du diocinescope, qui présente cet avantage fort appréciable, tout en acceptant toutes les bandes dites à « perforation américaine » que Ton rencontre dans le commerce, de ne point fatiguer et déchirer celles-ci comme le font les appareils à traction intermittente, se fait le plus facilement du monde.
- Après avoir soulevé le ressort de la bobine noire
- l-’ig. o. — Le Diocinescope. — 1. L'appareil ouvert. 2. L'appareil fermé. 5. En cartouche, les tambours porte-lentilles et porte-pellicules.
- (lig. 5) et glissé en dessous l’extrémité de la pellicule, on appuie légèrement avec le pouce sur ce ressort; la pellicule étant alors fixée, on l’enroule, le coté brillant contre la bobine. Cette opération préliminaire achevée, on monte la bobine sur l’arbre destiné à la recevoir, puis on fait passer, le coté brillant en dessus, la pellicule sur le tambour porte-clichés o en prenant soin d’introduire, les images étant en parallèle des lentilles, les dents dans les perforations de la bande.
- Cela fait, on glisse sons le ressort de la bobine blanche g1 l’autre extrémité de la pellicule et, la porte de l’appareil étant fermée, on incline de façon convenable le réflecteur m destiné à éclairer 1 image à observer.
- Enfin, plaçant les yeux devant les oculaires, on assure la mise au point parfaite au moyen de la molette A.
- Les choses étant ainsi disposées et l'aiguille de la
- manette étant poussée sur l’indication avant, on déclenche le mouvement d’horlogerie qui actionne le système, ou Ton tourne à la main la manivelle, et, quand la bande s’est déroulée entièrement, en ramenant la manette sur l’indication arrière, on embraye à son tour la bobine noire, ce qui permet de voir se dérouler en sens inverse la scène déjà observée normalement.
- Ces dernières opérations, du reste, pour les appareils installés dans les salles d’exposition, peuvent se faire automatiquement, le double déclenchement pour la marche avant et pour la marche arrière étant provoqué, comme dans tons les appareils automatiques, par la chute d'une pièce de monnaie dans une fente disposée à cette intention.
- Combiné tel (pie nous venons de le décrire, le diocinescope se comporte uniquement comme un cinématoscope, permettant seulement la vue directe-des images.
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- LA N ATI) H K.
- «2
- Rie» ne serait plus f'aeile cependant que de transformer le même appareil en un cinématographe pour les projections ou en un chronophotograplie pour l’enregistrement des épreuves photographiques sur la haude pelliculaire.
- Dans le premier cas, en effet, il suffirait de remplacer la loupe servant «à l’examen direct des images par un objectif à projection, et dans le second par un objectif photographique auquel on ajouterait un obturateur réglant pour chaque vue le temps de pose nécessaire, étant donnée la vitesse de déroulement de la pellicule. Dans ce dernier cas, en particulier, l’appareil devrait être fermé hermétiquement, de façon à empêcher toute introduction de lumière capable de voiler la pellicule.
- Comme on voit, le diocinescope de M. Clermont-Huet, qui peut encore être constitué de manière à être stéréoscopique et à permettre à l’opérateur de voir simultanément deux images prises en même temps et d’avoir ainsi une sensation parfaite du relief, apporte Lien une contribution des plus intéressantes à l’étude de la photographie animée, ayant rendu celle-ci plus commodément accessible à de nombreux amateurs et ayant, ce qui est non moins important, perfectionné de la façon la plus heureuse des appareils jusqu’ici totalement défectueux, en dépit de toute l’ingéniosité de leurs habiles inven-
- teurs.
- Georges Yitolx.
- LE « TRIPHASÉ » A ASNIÈRES
- Le 14 juin, à Asnières, a eu lieu, au milieu d’une affluence de savants, d’ingénieurs de la Ville et d’électriciens, sous la présidence de M. le, préfet de la Seine, l’inauguration d’une nouvelle usine d’énergie électrique, établie par la Compagnie du a Triphasé ».
- La Compagnie du « Triphasé », en faisant construire ainsi aux portes de Paris une immense usine d’énergie électrique, dans laquelle elle se propose de réunir toutes les conditions d’économie, de bon fonctionnement et de sécurité, a eu pour but de fournir de grandes quantités d’énergie électrique, au prix le plus réduit possible, aux diverses sociétés électriques de la banlieue pour l’éclairage, la force motrice, la traction électrique, et autres applications. Elle a eu également pour but de s’avancer môme jusqu’au centre de Paris et d’ajouter une partie de sa production à la production insuffisante de l’usine du secteur de Clicliy.
- La Compagnie a choisi pour système de production les courants triphasés à 5000 volts et à la fréquence de 25 périodes par seconde. Ce sont ces courants qui semblent résoudre aujourd’hui de la façon la plus économique le problème de la transmission de l’énergie à une distance assez considérable et qui atteint dans le cas actuel 10 kilomètres environ. L’usine a été construite dans les meilleures conditions, le long du quai d’Asnières, sur les bords de la Seine. Toutes les difficultés provenant de la nature du terrain ont été vaincues par des fondations à l’air comprimé et par le procédé Dulac. Aussi avons-nous pu voir d’immenses bâtiments bien établis et présentant des assises solides pour les chaudières et les machines.
- Pour les besoins actuels, une usine de 20000 kilowatts
- a été prévue. Cette usine a été divisée en deux parties indépendantes l’une de l’autre. Tous les organes se trouvent donc en double : prises d’eau, canaux d’évacuation, conduites d’alimentation, chaudières, machines. Les groupes de production seront au nombre de 10 de 2000 kilowatts chacun. Actuellement deux groupes sont en service et d’autres en montage.
- Un bâtiment établi sur le bord de la Seine est réservé spécialement au service des eaux de l’usine. Deux conduites de lm,75 de diamètre conduisent les eaux de condensation à l’usine de production. L’eau destinée à l’alimentation des chaudières est prise dans les canaux des condenseurs. Des pompes rotatives commandées par des dynamos élèvent l’eau dans des réservoirs; de là l’eau passe dans de grands épurateurs et se rend dans les réservoirs des chaufferies.
- Les chaudières, construites par la Société alsacienne de constructions mécaniques, sont du type semi-tubulaire avec deux bouilleurs, d’une surface de grille de 4,0 mètres carrés, avec surchauffeurs.
- Les machines à vapeur sont horizontales à quatre cylindres, le petit et le moyen cylindre sont accouplés eu tandem chacun avec un des grands cylindres. Les deux tiges des pistons actionnent directement un alternateur de la Société alsacienne, donnant à la vitesse angulaire de 75 tours par minute 1000 kilowatts en courants triphasés à 5000 volts et 25 périodes par seconde. L’excitation est empruntée soit à des machines spéciales conduites par des machines verticales compound, soit à des com-inutatrices, installées à cet effet. Le tableau de distribution est établi dans toute la largeur de l’usine et toutes les précautions ont été prises pour en isoler toutes les parties.
- L’usine du Triphasé fonctionne depuis quelques mois déjà, et elle n’est pas restée inactive. Elle est réunie par un câble particulier de fabrication intéressante à l’usine du secteur électrique de la place Clicliy ; quelques réceptrices commutatrices sont en place, et dès que le besoin s’en fera sentir l’usine d’Asnières pourra envoyer du courant triphasé qui, transformé en courant continu, s’ajoutera au courant produit à l’usine de la place Clicliy.
- Le câble qui amène le courant est, nous l’avons dit, digne d’attention et mérite une mention spéciale.
- Ce câble, posé dans le sol à lm,50 de profondeur environ, est formé de 5 conducteurs de 120ram2 de section chacun, recouverts individuellement d’une couche de jute de 5 à (!mm d’épaisseur, accolés l’un à l’autre. L’ensemble est placé sous une couche de fin enduit de jute, puis sous plomb et armé avec une enveloppe extérieure.
- Ce câble part de l’usine d’Asnières, suit le boulevard national à Clicliy, l’avenue de Clicliy dans Paris, la rue Cardinet, la rue des Batignolles et se rend à l’usine de la place. C’est également un câble de l'usine d’Asnières qui s’en va à l’Exposition au Champ-de-Mars pour actionner les réceptrices et fournir l’énergie au chemin de fer électrique et à la 'plate-forme, comme nous le faisions remarquer récemment.
- Tels sont, en peu de mots, l’œuvre accomplie et le but des nouvelles installations de la Société du « Triphasé », dont M. balance a été le promoteur infatigable. M. le Préfet de la Seine, après le banquet d’inauguration, a fait ressortir à juste titre les travaux de M. Lalance, en suivant pas à pas toute sa carrière si bien remplie. Les applaudissements sympathiques de toute l’assistance ont
- accueilli cet éloge si mérité.
- J. Laffaruee.
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- LA A A Tl KL.
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- CHRONIQUE
- Caverne Mexicaine. — Le 19 décembre dernier, un tremblement de terre a ouvert une profonde crevasse à 2 milles au sud du ranclio de Cardona, à l’ouest de la capitale de l’État de Colima (Mexique). Cette crevasse ne fut découverte que récemment par un laboureur, et l’on s'est aperçu qu’elle donnait accès dans une galerie souterraine continuée par toute une série d’autres galeries plus longues et [dus larges. Le sol en est formé d’une sorte de pâte minérale solidifiée, les voûtes sont décorées de sculptures en relief. Dans un angle d’une galerie du fond on a trouvé un monceau d’ossements humains, des objets en terre cuite et beaucoup d’idoles en pierre.
- Action des éclipses «le soleil sur les végétaux. — L’éclipse du 28 mai dernier a donné lieu, au jardin botanique de Madrid, à de curieuses observations sur les plantes. Pendant toute la durée du phénomène, la Mimosa pudica, appelée vulgairement sensitive, et la Mimosa Denliartu se sont livrées à des mouvements spontanés de leurs feuilles et de leurs fleurs; il en a été de même pour les plantes du genre Acacia, provenant de la Nouvelle-Hollande, telle que Cavenia, Bapensis, Honida et Obtusi folia. Le genre Cresia n’a offert aucun mouvement. La Papaver orientale a fermé complètement sa corolle. La même chose s’est produite pour l’Eschscholtsia californica, le Glaucium luteum, le Glaucium rubrum, le Cistus Monspeliensis, YIbelianthemum montanum ainsi que pour les trois Nemophila spécifiées oculata, atomaria et peduenulala. Par contre, il y eut des plantes qui ouvrirent leurs fleurs pendant la durée de l’éclipse et les fermèrent lorsqu’elle fut terminée; telles furent entre autres : les Anagallis orvensis et phœnicen, les Galan-drinia discolor et compressa. Telles sont les observations les [dus importantes consignées par les botanistes madrilènes. 11 semble résulter de tout cela, comme on le savait du reste depuis longtemps, que la lumière a sur les plantes une action essentiellement mécanique.
- Le parfum des fleurs d’après leur couleur.
- — Les millions de visiteurs qui viennent, pendant l’Exposition, admirer les ravissantes corbeilles de fleurs du palais de l’Horticulture savent-ils que, parmi les 4500 espèces que l’on cultive en Europe, il n’v en a guère que 420 qui aient un parfum agréable ? Un botaniste allemand a fait ce calcul et, après de longues comparaisons et recherches, il est arrivé à déterminer, suivant la couleur, le nombre des fleurs avant un parfum agréable, désagréable ou nul. Pour nous en tenir à la première catégorie, la plus intéressante, apprenons que c’est parmi les fleurs aux pétales blancs ou crème qu’on trouve la plus forte proportion de fleurs odorantes: 187 sur 1124. Ensuite viennent les fleurs jaunes, 77 odorantes sur 951 ; les rouges, 64 sur 825; les bleues, 54 sur 594, et les violettes, 15 seulement sur 508. Des 5880 autres variétés, il faut en retrancher au moins 1500 dont l’odeur est franchement désagréable ; il reste donc plus de 2500 différentes sortes de fleurs qui ne sentent ni bon ni mauvais.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 18 juin 1900. — Présidence de M. M. Lévy.
- Le monument de Lavoisier. — M. Berthelot annonce que la souscription pour l’érection d’un monument à Lavoisier atteint aujourd’hui la somme de 99 572 francs, qui ne
- [tarait pas devoir être dépassée. Le monument qui se dressera dans l’axe de la rue Tronehet, à peu près sur l’emplacement occupé par la maison habitée par Lavoisier en 1792, se compose d’un piédestal élevé portant deux bas-reliefs de bronze et surmonté de la statue de Lavoisier. L’un des bas-reliefs représente Lavoisier et M"16 Lavoisier travaillant ensemble dans le laboratoire du célèbre chimiste ; le second bas-relief représente Lavoisier exposant ses découvertes à l’Académie des sciences. Les diverses sculptures sont dues au sculpteur Barrias. L’inauguration du monument aura lieu le 27 juillet, sous la présidence du Ministre de l’instruction publique.
- Bibliographie scientifique générale. — M. Darboux annonce qu’il a été délégué par le Ministre de l’instruction publique avec M. Poincaré et M. Deniker pour assister à la troisième conférence tenue à Londres, relativement à la bibliographie générale des sciences. Il semble nécessaire de publier une bibliographie scientifique générale! par ordre de matières. L’entreprise est immense et fort difficile. L’accord est aujourd’hui établi sur le plan à suivre; il ne reste [dus qu’à régler la question financière.
- Lumière zodiacale. —M. Perrotin, directeur de l’observatoire de Nice, adresse une Note sur l’éclipse de soleil du 28 mai dernier et les phénomènes de lumière zodiacale avec lesquels elle a coïncidé. Ce printemps, en mars et avril, la lumière zodiacale s’est montrée éclatante dans des points du ciel où elle est difficilement perceptible. Il importerait de savoir si cet éclat est dû au changement de forme et d’intensité de la couronne que l’on remarque pendant les éclipses.
- La radiation solaire pendant Véclipse. — M. Yiolle expose qu’il avait combiné deux séries parallèles d’observations touchant la mesure de la quantité de chaleur émise par le soleil, pendant l’éclipse. L’une des séries dîobserva lions a_ été pratiquée à l’observatoire du Pic du Midi, c’est-à-dire à 2877 mètres d’altitude; elle a été gênée par des cirrus; néanmoins elle a permis de constater l’abaissement au-dessous de la normale de la quantité de chaleur émise. L’autre série d’expériences a été réalisée au moyen d’un ballon sonde. Ce ballon, lancé à Trappes par M. Teissercnc de Bort, est tombé à Villeneuve-sur-Yonne; il était pourvu d’un appareil enregistreur qui a bien fonctionné et a été retrouvé intact. En 40 minutes, le ballon a atteint 10 500 mètres et a plané alors au-dessus des cirrus. Au moment de l’éclipse on note une température de — 55° à l’extérieur et — 57° dans l’actino-mètre. Or une observation antérieure faite dans des conditions générales identiques avait donné 55 et 10. Le rapprochement de ces deux observations permet de déterminer la fraction de la chaleur normale solaire disparue jiendanl l’éclipse et de la comparer à la fraction éclipsée du disque solaire ; il y a sensiblement accord.
- Pouvoir antiprésurant du sérum. —AI. Lannelongue présente une Note de MAI. Ch. Achard et A. Clerc sur le pouvoir antiprésurant du sérum sanguin. Ce sérum contient un ferment qui s’oppose à l’action coagulante de la présure sur le lait.
- Varia. — M. Bouchard présente une Note de Al. Cliar-rin, relative à l’action des injections hypodermiques d’urine de nouveau-nés. — Al. Janssen présente une Note de Al. Dcslandres sur l’observation de l’éclipse du soleil à Argamasilla (Espagne). L’auteur a notamment porté ses recherches sur la chaleur diffusée sur la couronne. Cu. de Yilledeuie.
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- LA NATURE.
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- ÉLEETROSCOPE
- POCR CORPS RADIO-ACTIFS
- Dans ces derniers temps, on s’est beaucoup occupé de l’étude des corps radio-actils. M. et Mme Curie ont particulièrement fait sur cette question de belles et intéressantes recherches. Ils ont employé à
- Une lige t" et une borne D permettent de mettre la lame de l’électroscope en relation avec un appareil électrique quelconque. En la mettant en relation avec un condensateur on diminue la sensibilité de l’instrument, ce qui est utile quand on veut faire des mesures sur des substances très fortement radioactives. Un étudie la conductance de l’air .entre les
- plateaux P et P'. Ces plateaux, soutenus par les tiges métalliques t et t', sont en relation électrique, le premier avec la cage mé-
- eet ellet un éleetroscope spécialement disposé pour l’étude de la « conductance » de l’air sous l'in-lluenee des corps radio-actifs.
- La ligure 1 ci-contre donne une vue d’ensemble de l’appareil et la figure 2 un schéma des dispositions intérieures.
- L’appareil se compose d’un éleetroscope à une seule lame mobile d’or ou d’aluminium battus L'fixée à une lame de cuivre fixe L soutenue elle-même par une pièce isolante i. L’électroscope proprement dit est enfermé dans une cage métallique A fermée par deux glaces. Les plateaux P et P' sont situés dans une autre boite métallique C constituée par une paroi de la première et un chapeau que l’on peut retirer pour introduire la
- Fig. 1.
- Vue d'ensemble de l’électroscope de M. Curie.
- tallique A de l’instrument, le deuxième avec les lames de l’électroscope.
- On charge par influence 1 elec-troscope en agissant sur le plateau P' avec un bâton d’ébonite électrisée. La lame 1/ est déviée de la verticale et, l’appareil étant bien isolé, cette lame garde sa déviation pendant un temps très considérable lorsque aucune substance radio-active n’agit. Pour étudier l’effet des substances radio-actives, celles-ci généralement réduites en poudre sont étalées en couche mince sur le plateau P. Les radiations émises rendent l’air conducteur entre les
- substance et charger l’électrc-scope et remettre ensuite pour faire la mesure. On peut facilement procéder au netloyagç de cette partie de l’appareil dans laquelle on doit éviter la présence de poussières radio-actives. La tige t' du plateau P' passe par un trou 0 au travers de la paroi métallique de la première cage sans toucher à cette paroi.
- Le plateau P' est ainsi bien isolé et cependant les poussières radio-actives ne peuvent que très difficilement pénétrer dans la première cage. 11 est préférable de ne pas placer les substances radio-actives directement sur le plateau P qui deviendrait actif lui-même au bout d’un certain temps. Il vaut mieux les placer sur un plateau supplémentaire de même diamètre que le plateau P (8 centimètres) que l’on glisse sur celui-ci avec la substance tout étalée d'avance. On étale la substance sur le plateau de l'appareil dans un endroit éloigné de l’électroscope : il convient, en effet, d’éviter autant que possible la dissémination des poussières radio-actives dans le voisinage de celui-ci. Dans le cas où la substance est trop active, on peut limiter son effet en recouvrant seulement une partie de la surface avec la substance.
- plateaux, et si on charge l’électroscope, il se décharge spontanément. La vitesse avec laquelle se déplace la lame L' pendant la décharge donne une mesure de l’intensité des radiations émises par les corps radio-actifs. Pour évaluer la vitesse de déplacement de la lame, on regarde la partie inférieure de celle-ci au moyen d’un microscope fixe (fig. 1) muni d’un micromètre oculaire. Au moyen d’un chronomètre ou d’une montre à secondes on note le temps nécessaire pour que l’image du bord antérieur de la lame se déplace sur le micromètre d’un nombre de divisions déterminé. Avec un éclairage convenable le bord antérieur mis au point apparaît comme une ligne assez fine dont la position, sur le micromètre, peut être notée avec précision. Ce nouvel appareil permet encore d’efleclucr d autres mesures intéressantes sur les courants de décharge des corps électrisés sous l’influence des rayons de Roentgen, sur la résistance électrique des corps mauvais conducteurs tels que le verre et la gut.ta-percha. J. L.
- Le Gérant : P. Massox.
- Paris. — Imprimerie La lient, rue de Fleuras, 9.
- JSytibilEpv,-ec
- Fi;;. 2. — Schéma des dispositions intérieures du spectroscope.
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- Fig. 2. — Les constructions algériennes consacrées aux attractions.
- En 1889, l’Algérie était mal logée à l’Exposition; on se souvient encore de ce pavillon de second ordre
- 28' année. — 2' semestre.
- construit sur l’Esplanade des Invalides dans lequel on avait réuni les produits de cette province extra-
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- (>G
- européenne de la France. 11 fallait que 1000 vînt racheter cette erreur par une exhibition brillante, afin de montrer la note exacte de ce pays d’Afrique, avec toute sa couleur et son mouvement.
- La représentation d’une contrée exotique à une exposition universelle doit prendre son intérêt moins de F entassement des objets recueillis sur ces terres souvent lointaines que par la traduction exacte des coutumes, des mœurs et des habitudes du pavs. En général nous sommes assez bien renseignés sur la valeur des produits fournis par les différentes contrées, nous trouvons donc peu d’attrait à retrouver, comme
- en un catalogue, toute la série des substances provenant des différentes zones : lorsqu’on nous aura montré des ballots de thé, de riz ou de cafés, lorsqu’on t nous aura exhibé des échantillons de bois d’essences si rares qu’elles soient, lorsqu’on aura déroulé devant nos yeux des collections de tapis, de peaux ou de céramiques diverses, nous serons peu renseignés sur ce que peut être la Chine, le Congo ou la Perse ; mais si l’on trouve le moyen de nous faire revivre en ces pays soit par des constructions bien exactes et bien choisies dans l’architecture locale, soit par l’exhibition ethnographique des naturels du pays dans leurs différentes occupations, soit enfin par des implantations de fleurs et d’arbres qu’on
- aura su faire voyager sans dommage, nous remporterons alors de notre visite des impressions réelles, nous nous serons en quelque sorte identifiés avec les habitants exotiques de ces différentes contrées et nous pourrons ainsi conserver un souvenir utile d’un enseignement agréable et intelligent.
- Tel est le programme qui semble avoir été suivi par les organisateurs des différentes expositions coloniales au Trocadéro pour 1900, et plus spécialement pour celles de l’Algérie qui par sa situation et son importance retient la première notre attention.
- On a choisi pour l’installer, les deux terre-pleins des jardins situés près de la Seine, à droite et à gauche de l’avenue qui monte jusqu’au bassin du Palais du Trocadéro. Cet emplacement est merveilleux, car sa disposition en pente a permis d’élever sur lui des constructions bien en vue du public débouchant par le pont d’iéna. D’antre part, ces palais sont placés en plein Midi, c’est-à-dire qu’ils reçoivent toute la journée les rayons du soleil, et de ce fait l’architecture se trouve accentuée, les grandes ombres portées doublent, en les faisant valoir, l’importance des motifs d’ornementation; le soleil est un l’acteur important de décoration, il permet ainsi de retrouver ces édifices sous leurs véritables lumières et sous les mêmes aspects que dans l’Algérie elle-même où le grand astre règne en maître illuminant toute l’année les façades des palais et des masures.
- La division en deux sections distinctes de l’exposition algérienne nous montre la contrée africaine sous deux aspects différents : d’une part, c’est l’exposition officielle, avec toute sa gravité et, disons-le aussi, sous son côté ennuyeux ; de l’autre, au contraire, c’est une reconstitution d’une rue d’Alger avec tout son brouhaha, son mouvement d’indigènes et ses belles couleurs bariolées ; c’est un morceau de l’Algérie elle-même apporté en plein Trocadéro.
- La partie officielle se compose d’un seul palais recouvrant tout l’emplacement disponible. Grâce à la disposition en pente du terrain, on a pu créer un joli mouvement dans l'architecture ; il s’ensuit une certaine difformité à l’intérieur, ainsi tel plancher est à la fois premier étage à une extrémité et rez-de-chaussée à l’autre ; mais pour l’extérieur, cette condition est des plus heureuses : elle a conduit l’architecte, M. Ballu, à dessiner différents corps de bâtiments qui semblent former des constructions diverses à cause des plans d’assises successifs sur lesquels chaque portion est construite.
- La façade principale est très mouvementée et donne une note vivante de l’architecture algérienne ; un escalier très large conduit à une sorte de galerie basse sans toit, mais simplement surmontée d’un bandeau décoratif ; à droite de ce motif nous avons
- Bassin
- Trocadéro
- / In les j Néerlandaises
- Totikin
- Palais officiel du Gouvernement Général.
- Palais
- des Attractions
- el Ain
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- elTunis
- i iétons.
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- inférieure
- instaurant Indien
- 5 Et NE
- ir, sa.
- Fig. 3. — Plan général <le l’exposition algérienne au Trocadéro.
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- LA NATURE.
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- un vaste pavillon prenant naissance au niveau du sol et flanqué d’un minaret de 28 mètres de hauteur : ce dernier rappelle celui de Tlemcen où l'on retrouve des éléments de construction absolument semblables (fig. 1).
- L’aspect extérieur du palais en indique la division intérieure; la salle principale est dominée par une coupole dont les lignes sont des souvenirs de la mosquée de Péchéri, et, le soir, lorsqu’on illumine le pavillon pour les fêtes de nuit, les voyageurs, pardon les visiteurs... retrouvent la décoration nocturne employée sur le monument original.
- Afin de donner plus de couleur locale à cet édifice exotique, on a eu soin de préparer toute une décoration de plantes indigènes et de palmiers rapportés à grands soins du sol algérien.
- Que verrons-nous dans ce palais? mais, tous les produits d’Algérie : des vins, du maïs, des laines, des cuirs, des peaux, des bouchons; on sait que le liège est une des grandes richesses de cette contrée et, lorsque, dans un certain nombre d’années, on aura terminé les opérations du démacelage qui consistent à enlever l’écorce de l’arbre pour laisser venir le liège femelle, le seul utilisable, cette industrie à elle seule rapportera plus de 20 millions par an à l’Algérie.
- On a consacré des salles aux reproductions des antiquités africaines, dans lesquelles nous pouvons admirer force surmoulages et photographies retraçant l’histoire de l’Algérie depuis les temps les plus reculés.
- Les expositions forestière, agricole et minière sont très importantes : nous voyons des minerais de fer et de zinc avec les procédés de traitement, ainsi qu’une reconstitution des installations d’eaux minérales de Hammam Meskoutine (bains des damnés) qui sortent de terre à une température de 95°.
- Ajoutons qu’on a dressé pour notre enseignement une vaste carte en relief de 24 mètres carrés, nous montrant toute la topographie du sol algérien ; enfin une grande maquette de 9 mètres carrés est une reconstitution exacte à 0,005 pour 1000 des ruines de Timgad; ce petit travail est l’œuvre de M. Ballu, dont les nombreuses études sur l’Algérie lui ont donné une compétence spéciale et en faisaient l’architecte désigné d’avance pour la construction du palais qui devait parler de cette province de la France.
- Si nous quittons le palais officiel pour nous rendre au milieu des constructions dites attractions de l’Algérie, nous serons peut-être moins savamment édifiés, mais nous serons sûrement beaucoup plus agréablement charmés (fig. 2). Nous nous trouvons ici an milieu d’une ancienne ville des Barbaresques, avec ses portes cintrées, ses rues sinueuses et montantes, que surplombent des moucharabies, des yaonleps, des muchers discrètement voilées, des petites boutiques étroites bourrées des produits de l’industrie locale, fabrication de bijoux, de dentelles, de meubles peints, d’incrustations, de tout cet art aux formes si typiques, aux couleurs criardes et d’une solidité très... passagère.
- Les murs intérieurs de cette cité algérienne débouchent extérieurement par des portes : le Bab-el-Oued (porte de la rivière), Bab-el-BaïUk (porte du gouvernement), etc. Ce sont des passages avec arceaux brisés, caractéristiques de l’art arabe qui a tant de rapport avec notre architecture du moyen âge.
- Les maisons sont les plus diverses, l’une représente la demeure de quelque riche bourgeois indigène d’autrefois; or, à cette époque, la richesse et l’honnêteté n’allaient guère ensemble, et l’on n’était riche qu’à la condition d’être pirate; aussi fallait-il prendre soin de ces biens iniquement acquis; la demeure était une sorte de citadelle qui devait résister à une attaque et à un siège. Au premier étage, il v avait des encorbellements ajourés par lesquels on pouvait jeter des objets et de l’eau bouillante sur les assiégeants; le toit est une terrasse commode pour surveiller au loin les mouvements de l’ennemi, et sur laquelle venaient s’étendre, en un tableau charmant, des femmes enrubannées de dentelles et de sequins, pour rêver... à rien, comme toutes les Orientales, sous la lumière de la lune d’une, blanche jnuit deté.
- Plus loin, nous voyons une reconstitution d’une gracieuse villa Dar-el-Ain (palais de la Fontaine), avec ses gracieuses arcades et tout son soubassement de plantes exotiques.
- Les différents édifices de cette cité servent de boutiques et de magasins variés, quelques-uns sont transformés en salles de spectacles pour des exhibitions diverses, comme les danses des aimées avec types spéciaux des Ouled Na'ils, des aïssaouas, sortes de derviches dont les sorcelleries nous ont déjà plongés dans la stupéfaction en 1889. • *
- Derrière la ville algérienne, nous avons un dio-rama du aux peintres coloniaux, MM. Noiri et Galand, offrant des vues d’Alger, du Sahara* etc.
- Enfin, le stéréorama dé MM. Francowich et Gadan est l’occasion d’un voyage nouveau pour les Parisiens ; ils voient défiler la cote algérienne avec arrêts aux principales villes ; ils quittent Bône le matin dans la lumière brumeuse des premières heures, pour arriver à Oran sous les feux rouges et or du soleil couchant. A. da Cunha.
- LES PANORAMAS A L’EXPOSITION1
- h
- LE MARÉORAMA
- Dans les panoramas dont nous avons parlé précédemment, la toile se déroule et le spectateur croit que c’est lui qui marche, mais il sent cependant que son corps ne participe pas au déplacement, et l’illusion n’est pas tout à fait parfaite. Le Maréoramo a été construit de façon à lui donner la sensation complète d’un voyage en mer, avec mouvement de roulis et de tangage : de chaque coté la mer fuit sous ses yeux, au lointain il aperçoit les côtes et passe sou-
- * Voy n° 1408, du 19 mai 1900, p. 599.
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- vent assez près pour en admirer les détails. C’est d’abord Yillefranehe et la côte d’Azur, puis Sousse, Naples, le cap du Pausilippe, Venise et cniin Constantinople, pour ne citer (pie les points principaux.
- On se trouvait ici avoir deux problèmes à résoudre: faire dérouler deux toiles avant chacune 750 mètres de long et 15 mètres de haut ; donner à la plateforme qui porte le public un double mouvement de balancement. Le mécanisme a été imaginé par M. Hugo d’Alesi, le peintre bien connu, qui s’est fait une spécialité dans la reproduction des sites les plus célèbres pour les affiches artistiques dos grandes compagnies de transport ; la toile est naturellement aussi son œuvre,(die est peinte d’après les maquettes
- qu’il a recueillies dans un voyage fait spécialement, et qui dura près d’un an ; de nombreux peintres-décorateurs ont travaillé pendant huit mois sous sa direction, pour reporter ces maquettes sur les 20000 mètres carrés qui se déroulent sous les yeux du spectateur.
- L'une des toiles se déroule à bâbord, l’autre à tribord; toutes deux sont enroulées sur des cylindres [dacés aux extrémités de la construction, et qui sont cachés à la vue du spectateur par des voiles et des motifs décoratifs, élevés sur le pont du navire à l’avant et à l’arrière. Sur notre gravure (fig. 2) nous avons supposé Lune des toiles complètement enlevée pour laisser voir le mécanisme de progression de
- Hg. 1. — Le Mareoramu. — Mécanisme donnant les mouvements de roulis et de tangage.
- l’autre, le système est du reste identique pour les deux toiles qui sont indépendantes l’une de l’autre.
- Il ne faut pas oublier (pie, pour la seule toile dont nous nous occupons, nous avons 10 000 mètres carrés à faire passer du cylindre où ils sont enroulés sur le cylindre situé à l’autre extrémité; ceux-ci étant verticaux, il était indispensable de soutenir, sur chacun d’eux, la toile par le haut, à mesure qu'elle arrive. Voici la solution très ingénieuse qui a été adoptée par M. d’Alesi : chaque cylindre se termine, à la partie supérieure, par un tronc de cône, dont la grande base est en haut et sur toute la surface duquel, suivant une courbe hélicoïdale, sont disposés des crochets ; tout le cylindre est supporté par un flotteur qui lui permet, dans le sens vertical, un déplacement égal à la hauteur du tronc de cône ;
- en outre, il est mis en rotation par un moteur hydraulique M situé au-dessus de lui. Le bord supérieur de la toile est garni d’un bout à l’autre d’une bande de tôle d’acier V (fig. 2, n° 3) percée de trous; dans ceux-ci entrent dos crochets constitués par de courtes tiges de fer horizontales, formant l’extrémité inférieure de petits chariots S, tous reliés ensemble. Ils roulerft sur un rail formant un circuit leur permettant de circuler indéfiniment, entre les deux cylindres de déroulement et d’enroulement. Au début la toile est déroulée de toute la longueur du bâtiment, et la bande de tôle qui est fixée à sa partie supérieure, est déjà engagée sur les premiers crochets de la petite base du cône du cylindre enrouleur; quand celui-ci se met en marche sous l’action du moteur M, il y a traction sur la bande ;
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- clic se détache du petit chariot le plus rapproché, et les trous dont elle est percée viennent se présenter en lace des crochets qui garnissent le cône. — Le chemin parcouru est indiqué par le schéma (lig. *2, n° 2) ci-dessous : H est le rail où circulent les chariots supports, G est un galet de renvoi qui maintient la hande dès qu’elle s’est décrochée pour aller prendre le tronc de cône AB. — Au fur et à mesure de l’enroulement, le poids de la toile lait enfoncer le llotteur qui porte le cylindre, et les crochets, situés à des hauteurs différentes,viennent se présenter successivement au niveau du point immuable où la hande se détache de l’un des chariots de support.
- L’emplacement de chacun des crochets sur le tronc de cône a nécessité un travail assez délicat, parce tpi’il était fonction du poids de la toile; or, celle-ci n’est pas absolument homogène, et par suite son poids n’est pas le même dans toutes ses parties; il varie aussi avec l’importance de la peinture. On a corrigé ces différences en chargeant plus ou moins le bord inférieur avec de petites plaques de plomb, qu’on mettait dans des poches disposées à cet effet; ce réglage est obtenu une fois pour toutes.
- Le spectateur pour lequel ce décor se déroule est placé sur une plate-forme qui représente, à s’y méprendre, le pont d’un transatlantique; tout a été copié sur nature, c’est une reconstitution complète de la réalité.
- Pour donner à ce pont les mouvements de roulis et de tangage, on l’a placé sur une suspension Cardan. Tout le monde connaît ce genre de suspension,
- qui consiste à employer deux cadres, l’un intérieur à l’autre : le plus grand repose sur un support lixe par deux tourillons, rivés au milieu de deux de ses côtés parallèles, et sur les deux autres côtés viennent reposer deux tourillons rivés au petit cadre. Si de cette façon on peut obtenir l’horizontalité constante du cadre intérieur, même quand le support prend des positions variables par rapport à la verticale, on peut par contre renverser le problème et, le support restant absolument vertical, obtenir le déplacement du petit cadre dans tous les plans.
- C'est ce qui a été fait ici (fig. 1) ; le grand cadre est une cuve en fer de 5 mètres de côté, dont les tourillons N reposent sur deux pylônes en maçonnerie ; le petit cadre est une autre cuve N entrant dans la première et supportant le pont du navire ; on met de l’eau dans la première cuve et l’autre forme flotteur, ce qui soulage ses tourillons ; en outre, à chacune des extrémités de la plate - forme se trouvent deux pistons hydrauliques : ces quatre pistons sont réunis entre eux par une conduite d’eau bouclée, et constituent par le fait des points d’appuis solides, bien (pie mobiles. La plate-forme repose donc, en réalité, sur l'eati ; on lui donne les mouvements de roulis et de, tangage, en tirant sur des chaînes placées aux extrémités; celles du roulis sont attachées sur les côtés, mais ramenées par une poulie de renvoi. Les chaînes aboutissent à des secteurs qui reçoivent un mouvement de va-et-vient au moyen d’un moteur électrique, et une coulisse genre Stephenson permet de faire varier l’amplitude du mouvement ; on peut aller pour le tangage jusqu’à un maximum de 0m,50
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- de chaque coté du plan horizontal, soit I mètre de déplacement total pour les extrémités; pour le roulis on peut avoir ()m,2(). Un moteur électrique principal actionne les pompes destinées aux moteurs hydrauliques et aux ascenseurs employés dans les annexes de la construction ; deux moteurs électriques plus petits actionnent les secteurs qui opèrent la traction sur les chaînes pour le déplacement de la plate-forme.
- Toute la partie mécanique de cette très intéressante installation a été étudiée par MM. les ingénieurs Yoirin et Desbrochers des Loges, qui sont arrivés à réaliser en tous points les données sur lesquelles M. Hugo d’Alesi avait basé son maréorama. Le public verra certainement là une nouveauté, il éprouvera la sensation complète d’un voyage en mer, trop complète peut-être pour son estomac; mais heureusement qu’à tout instant, même en pleine mer, au plus fort de la tempête, il lui sera permis de revenir sur la terre ferme. G. Marescuw,.
- LES CABLES ÉLECTRIQUES
- DANS I.F.S MINES
- Les câbles électriques sont difficiles à placer dans les mines et des précautions spéciales sont à prendre. Nous trouvons à ce sujet dans les comptes rendus des réunions de la Société de l’industrie minérale des renseignements précieux que nous reproduisons.
- M. Yalker, un ingénieur qui a spécialement étudié cette question de pose des câbles dans les mines, analyse longuement dans le Colliery Guardian les mauvaises conditions où sont placés les câbles électriques dans les mines et qui peuvent se rattacher à trois causes principales :
- 1° L’attaque des conducteurs de cuivre par l’eau acide des mines. Quelle que soit la substance isolante qui protège un câble, elle ne résiste jamais assez longtemps au passage de l’eau. Le caoutchouc pur ou galvanisé, qui est un isolant parfait lorsqu’il est sec, se décompose sous l’action de l’eau de mine, chargée de sels divers, et la laisse pénétrer jusqu’au fil de cuivre.
- 2° La grande facilité avec laquelle peuvent se produire des courants dérivés, provenant de ce même fait que la plupart des isolants sont rapidement attaqués par l’eau acide. Celte eau elle-même constitue un assez bon conducteur. Si deux câbles voisins sont, par exemple, couchés dans l’eau accidentellement, il ne tarde pas à se produire de l’un à l’autre un courant dérivé qui peut absorber une fraction notable de la puissance fournie par la machine motrice.
- 5° La difficulté de protéger les câbles contre les atteintes mécaniques. Si on les enferme dans des gaines de bois, celui-ci joue peu à peu le rôle d’une éponge et s’imprègne d’eau qu’il répand sur les conducteurs. Si on les enferme dans des tuyaux de plomb, ceux-ci sont exposés à se déchirer en certains points et laissent alors pénétrer l’eau d’une façon plus, dangereuse encore, car il est souvent difficile d’apercévmr les fissures. Enfin, la plupart des corps employés comme isolants ou comme gaines protectrices ont une résistance à l’étincelle insuffisante s’ils sont en couche mince, ce qui présente de graves inconvénients pour les câbles parallèles.
- Autrefois, lorsque les signaux électriques étaient les seuls appareils demandant dos fils conducteurs dans la
- mine, et durant les premières années de l’emploi de la lumière électrique et des transports de force à distance, lorsque les câbles employés étaient encore comparativement petits, la difficulté était surtout de protéger les fils contre les atteintes mécaniques; on évitait facilement les courts circuits, car on n’employait que de faibles tensions, tandis que la rupture d’un fil était souvent très difficile, à découvrir et on mettait assez peu d’empressement à employer les câbles entuyautés ou à enfermer les conducteurs dans des conduites en bois. Actuellement ou tend à employer de plus en plus l’électricité à liante tension; on cherche d’abord davantage à éviter les courts circuits et on n’hésite plus ensuite à protéger convenablement les conducteurs contre l’eau ou les atteintes mécaniques. En ce sens, deux ou trois méthodes semblent devoir être poursuivies.
- Le caoutchouc vulcanisé, bien qu’il soit à la longue perméable à l’eau, résiste quelque temps et en proportion de son épaisseur. Son altération est en somme une oxydation; la couche superficielle est attaquée la première, convertie en pâte molle sans élasticité, puis, au bout d’un certain temps seulement, l’altération parvient jusqu’au centre. L’auteur indique en conséquence comme favorable l’emploi d’une enveloppe épaisse de caoutchouc vulcanisé, de 110 à 1/8 de pouce.
- Les fils tressés et les rubans imprégnés de compositions imperméables ne garantissent pas les conducteurs indéfiniment, mais retardent la pénétration de l’eau tant que la composition imperméable n’est pas éliminée en tout ou par places, et en proportion de leur épaisseur. On obtiendra donc un câble résistant en l’enveloppant d’abord d’une épaisse couche de caoutchouc vulcanisé puis, pardessus, d’une gaine de chanvre imprégnée d’une substance imperméable et recouverte encore de bandelettes traitées de la même façon. Bien entendu, la matière imperméable ne doit pas attaquer le caoutchouc. Un tel câble placé dans des caisses en bois préalablement bien desséchées résistera pendant au moins dix ans. Evidemment, une telle disposition est coûteuse, mais ce sera un bon calcul que de l’adopter pour une installation de quelque importance. Quant au plomb, il est attaqué assez rapidement par l’eau de mine, il peut cependant remplacer les gaines de bois avec avantage. Ainsi un câble isolé avec du caoutchouc vulcanisé, sans en augmenter l’épaisseur, puis entouré de rubans et de tresses de filasses et enfin introduit ainsi dans un tuyau de plomb résistera aussi un grand nombre d’années, tant que le plomb ne sera pas déchiré, et le plomb serait-il même percé par endroits l’eau s’infiltrera assez lentement jusqu’au fil de cuivre. En plaçant un câble ainsi entuyauté dans une gaine en bois, on obtiendrait une durée indéfinie.
- Dans plusieurs mines on enferme les câbles isolés à la manière ordinaire dans des tuyaux de fonte en ménageant des boîtes spéciales aux points de jonction ou de bifurcation, mais ces boites sont justement difficiles à préserver contre la pénétration de l’eau.
- Eu somme, le système préférable est celui des câbles protégés par des tuyaux de plomb. Eu câble concentrique à isolement de papier perfectionné, avec une bonne épaisseur de papier entourant le conducteur extérieur, le tout couvert de plomb et protégé par une légère armure, formerait un câble presque idéal pour les mines, qui pourrait être placé hors de danger généralement dans le puits et suspendu dans les voies avec une grande facilité. Il est vrai que l’épissure de câbles à isolement de plomb, et surtout quand ils sont concentriques, est difficile au
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- LA NAT LUE.
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- commencement; mais cette difticuUé est bientôt surmontée avec un peu de soins et d’intelligence.
- D. Rumont.
- DESTRUCTION DES RATS
- DANS LES ÉGOITS
- Par ce temps où la peste menace un peu de divers cotés, il est de première importance de prendre des mesures pour assurer la destruction des rats et des souris, qui contribuent pour la plus grande part à répandre cette maladie. C’est pourquoi dernièrement l’Institut Pasteur a été chargé, par la Prélecture de police de Paris, de chercher à faire disparaître, au moyen de cultures microbiennes, les rats qui infestent les égouts parisiens. Des essais variés ont été exécutés dans ce sens par M. Danysz, chef de laboratoire, qui en a rendu compte récemment au Préfet.
- A l'hôpital Reaujon, des cultures de microbes virulents ont été répandues dans les salles et cours fréquentées par les rats, et aussi dans trois branches d’égouts desservant l’établissement et qu’on munit de grillages ; les rats, au bout de quinze jours, ont disparu de partout, sauf dans une salle et une branche d’égout, où l’on a renouvelé le traitement, mais qui sans doute communiquaient avec l’extérieur. A l’Imprimerie Nationale on a procédé de même, sur une surface d’au moins 10 000 mètres carrés, et surtout au 2e étage des bâtiments, particulièrement envahi. L’épidémie s’est déclarée au bout de 10 jours, et il semble que la destruction a .été complète.
- Toujours en employant la même culture, qui est celle d’un eocco-bacille présentant les caractères du bacille coli, et ressemblant en cela au bucillus t y phi-mu ri um de Lœtfeler, on a opéré dans un tronçon d’égout de la place de l’Alma, tronçon long de 150 mètres, large de 5, clôturé de tous côtés, et peuplé de 200 rats qu’on avait capturés et auxquels on fournit de. la nourriture. Au bout d’un mois tous les rats étaient morts, sauf 10, qui réussirent à s’échapper par un trou. Les cultures, étendues sur du pain et du grain, avaient toujours été absorbées volontiers par les rongeurs. En somme, il est prouvé que l’on a ainsi le moyen de répandre aisément une maladie contagieuse parmi les rats, et qu’il serait sans doute possible de vite détruire la plus grande partie de ceux qui infestent les égouts parisiens. Comme ces cultures virulentes sont sans danger pour les animaux domestiques, formons le souhait qu’on mette au plus tôt la méthode en pratique. D. B.
- LE QUADRILATÈRE DE L’AIN
- Il est peu de régions dans lesquelles la nature ait fait autant d’efforts [tour se rendre curieuse et pittoresque, qu’en celle dessinée sur le plateau jurassien par l’Ain et son affluent la Bicnne. Le système orogénique accidenté et tumultueux imposé par les soulèvements géologiques a déterminé dans ce « quadrilatère » un des plus capricieux régimes hydrographiques qui se puisse imaginer. Oscillant entre 500 et 1200 mètres d’altitude, le plateau sur le bord duquel l’Ain coule dans une cluse profonde, est parsemé de lacs et de cascades. Les plus minces filets d’eau y prennent des allures torrentueuses et
- lancent, par-dessus de hautes murailles rocheuses, leurs eaux claires et froides. Dans chaque conque, au pied de chaque escarpement, dorment des nappes poissonneuses dans lesquelles se mirent le roc gigantesque, le hêtre verdoyant ou le sapin mélancolique.
- Toute cette région est commandée par le village des Rousses, perché à plus de 1100 mètres sur la route de Genève. C’est au pied du fort des Rousses que naît l’Orbe, tributaire du Rhin, qui, après avoir porté pacifiquement les eaux du lac des Rousses dans celui de Joux, par 1009 mètres d’altitude, s’enfonce dans un couloir souterrain pour aller reparaître 222 mètres plus bas et à 2 kilomètres et demi plus au nord. Rendant que les eaux froides du lac des Rousses passent pour aller alimenter les sources de Divonne, celles du lac de Joux paraissent réellement être en communication avec la belle fontaine qui forme la Saine. Le sous-sol de l’énorme masse
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- Fig. 1. — Le quadrilatère de l’Ain.
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- LA NAT l'UE.
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- jurassique qui constitue le quadrilatère tout entier est d’ailleurs parcouru par un véritable réseau de rivières mystérieuses nourries par des lacs sans écoulement apparent.
- Voici, serrés les uns contre les autres à des hauteurs variant de 756 à 750 mètres, les charmants bassins des Maclus qui n’ont que 50 hectares pour les deux, celui de Narlay qui en a 40, ceux du Fio-get et du Yernois, tous joliment encadrés de montagnes boisées. Ce sont probablement eux qui alimentent à 7 kilomètres de là la magnifique nappe de Chalin, de 220 hectares, abritée par un escarpement en 1er à cheval que domine de 150 mètres la modeste église de Fontonu.
- Le plus, singulier de ces lacs perdus est incontestablement celui de l’Abbaye, long de 2 kilomètres
- et profond de 50* mètres, adossé par 879 mètres d’altitude au massif de la Joux-Devant. Le lac de l’Abbaye est un original. Dédaignant le plateau, il s’engouffre par deux chutes successives de 10 et de 7 mètres dans une caverne creusée au flanc de la montagne. C’est lui qui, dit-on, ressort à 20 kilomètres au sud, près de Molinges, sous le nom d’Enragé, en un torrent qui se précipite dans la Bienne après un cours de 400 mètres seulement et 550 mètres au-dessous du niveau du lac.
- Parmi les nappes d’eau dont l’écoulement est visible la principale est le lac de Chalin, qui mesure près de 2 kilomètres et demi de longueur. Très anciennement habitée, sa rive est longée par l’antique route romaine qui reliait Besançon et Poligny à la cité d’Antre aujourd’hui disparue et dont le
- pont des Arches, près de Yillars d’Héria, est le dernier vestige. Le nom d’Antre n’est plus porté aujourd’hui que par le triste lac dont les eaux, par un couloir souterrain, s’écoulent dans l’Héria. C’est aussi sur cette voie romaine que l’on rencontre les lacs de Clairvaux qui l’hiver ne font qu’une nappe de 2 kilomètres de long et qui protégèrent jadis une cité lacustre dont on a retrouvé de nombreux restes. Le trop-plein des lacs de Clairvaux est écoulé dans l'Ain par le Drouvenant dont la source, sur le flanc d’un roc à pic de 150 mètres, forme une belle cascade.
- C’est un peu plus haut que l'Ain reçoit l’ilérisson, une des plus curieuses rivières de France, avec ses 22 kilomètres de cours. Sorti du lac de Bonlieu, solitude mélancolique encaissée à 850 mètres au pied de pentes rapides et couvertes de majestueux sapins, l’ilérisson reçoit bientôt le ru qui lui apporte les eaux du lac d’Ilay ou de la Motte étalé sur
- 1800 mètres de long dans une cluse superbe dont les parois boisées le dominent de 200 mètres. Tournant alors à angle droit il ne tarde pas à se précipiter en cascades. C’est d’abord le Saut Girard, de 15 mètres, puis le Saut delà Montagne, de 40, et le Saut des Vaux de Chambly, de 60. La rivière vient enfin s’amortir dans les deux lacs de Chambly, longs de 1400 et de 1100 mètres, surplombés par d’épaisses strates que terminent des corniches verdoyantes.
- L’Hérisson, dans son cours, rachète une différence de niveau de 550 mètres. Sous ce rapport il est loin de tenir le premier rang. Voici par exemple l’Éva-lude qui amène à la Bienne les tristes eaux des lacs des Mortes et de Bcllefontaine et qui, sur 8 kilomètres et demi descend de 415 mètres. L’Héria, sur le môme parcours, se dénivelle de 558 mètres. Mais c’est au Flumen que revient la palme. Né par environ 1100 mètres il se jette dans le Tacon à 4 kilomètres de sa source et 450 mètres d’altitude seule-
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- Fig. 4. — Les Rousses près du Fort.
- ment. Le Flumcn n’est qu’une suite de cascades, i Nous sommes d'ailleurs au pays des cascades. Ce sont les plus belles que reproduit notre gravure. | Saint-Claude, outre celles du Flumen, montre encore
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- LA NATURE
- dans ses environs les chutes des Combes et de la Queue de eheval (70 mètres). Un en rencontre jusqu’à six dans le seul petit village des Planches dont, une de plus de 100 mètres formée par le Bief du Bouchon. C’est aux Planches que se trouve le sauvage défilé de la Langouette 'où la Saine s’abîme en écumant entre des parois de 50 mètres de hauteur qui se joignent presque en certains endroits. C’en est à quelques kilomètres que la Lemme forme la belle cascade de la Billaude.
- Il ne faut pas oublier que le bassin de l’Ain est « peut-être le [dus mouillé de France et qu’il y tombe annuellement de lm,20 à lm,25 d’eau » (0. Reclus). On s’étonnera moins d’y rencontrer des sources dont l’abondance est due à ce qu’elles drainent souterrainement de nombreux filets. Tel l’Abime ou ru de \ aueluse [très Saint-Claude qui débite en moyenne 2500 litres par seconde et 50 000 dans les crues. Telle la source de Conte qui jette dans l’Ain 5000 litres par seconde en eaux ordinaires. Tel encore l’Ain lui-même qui à 1200 mètres de sa source impose son nom à une rivière de 15 kilomètres.
- Il serait d’ailleurs superflu de faire l’éloge de l’Ain dont les géographes s'accordent à dire que « sa descente est une des merveilles de la France », non plus que de la Bienne qui ne le cède à l’Ain que par le volume de ses eaux. Ces deux magnifiques rivières qui se réunissent après avoir erré dans des gorges sauvages atteignant, comme celles de Chancia, jusqu’à 500 mètres de profondeur, valent à elles seules une visite des amateurs de la grande nature1.
- ________ L. Reverchon.
- L’ENFER DES ARBRES
- On a appelé Paris l’enfer des chevaux, mais on aurait pu aussi bien l’appeler — et même encore plus exactement — l’enfer des arbres. Ces malheureux végétaux qui font l’ornement de la capitale et auxquels les Parisiens tiennent tant, se trouvent en effet dans des conditions hygiéniques lamentables. Pour qui sait les difficultés qu’il y a à faire pousser le moindre pied de violette dans un pot de fleur, c’est un problème insoluble de savoir comment ces arbres arrivent à vivre, enfermés qu’ils sont dans une véritable gaine de bitume, d’asphalte, de pavés, de tuyaux, de constructions en maçonnerie, etc. Et, de fait, s’il en est qui croissent assez bien, il en est d’autres qui végètent misérablement et finissent par mourir. Ce sont même les plus nombreux et, au lieu de réjouir la vue, leur aspect de squelette portant de maigres feuilles est plutôt triste.
- Pourquoi ces arbres meurent-ils? C’est, ce que vient de faire connaître M. Louis Mangin, à la suite d’intéressantes expériences sur la question, recherches qu’il a résumées devant la Société des amis de Université de Paris. Tout d’abord, pour avoir une idée de l’importance de la forêt parisienne, il suffira de jeter un coup d’œil sur le tableau ci-contre représentant la statistique des arbres de Paris en 1895, sans compter ceux
- 1 Les photographies dont la reproduction accompagne cette note sont dues à M. le pasteur Gambey, de Morez, pour l’habile objectif duquel la montagne du Jura n’a plus de secrets. *
- des parcs, des cimetières et des maisons particulières :
- Platanes...........................26.287
- Marronniers....................... 17.167
- Ormes..............................15.596
- Érables............................ 6.050
- Vernis du Japon.................... 9.769
- Sycomores. . . ................. 5.125
- Robiniers (vulgo Acacias) . . . 4.027
- Tilleuls........................... 2.222
- Paulownias..................... 1.054
- Cela fait, en tout, 87 677, sans compter quelques arbres isolés, par exemple un chêne et un mûrier. Et depuis, le nombre en a certainement augmenté par suite du percement des grandes avenues.
- Tous ces arbres ont chacun leurs mérites et leurs inconvénients : les Platanes par exemple conservent leurs feuilles très longtemps; les Marronniers au contraire les perdent de bonne heure, mais fournissent une ombre si épaisse! les Vernis du Japon croissent admirablement — quoique exotiques, — mais dégagent une mauvaise odeur. Quant aux Tilleuls, ils seraient très agréables si les amateurs de tisanes ne les pillaient avec rage et s’ils vivaient plus longtemps. Tous diffèrent d’ailleurs beaucoup les uns des autres sous le rapport de la durée de la vie et de la résistance aux agents nocifs : le tableau ci-dessous nous renseigne à cet égard :
- Mortalité pour 100 Durée moyenne
- Marronniers . . 0.87 115 ans
- Sycomores. . . 1.44 69 —
- Platanes. . . . 1.62 61 — 1/2
- Vernis .... 1.84 54 —
- Ormes .... 2.06 48 — 1/2
- u râbles.... 2.26 44 —
- Robiniers . . . 2.55 42 — 1/2
- Tilleuls. . . . 4.06 24 — 1/2
- Paulownias. . . 7.27 14 —
- Les Paulownias qui donnent des feuilles si larges et si belles se conduisent donc fort mal et, après avoir donné lieu à de belles espérances, sont aujourd’hui non remplacés après leur mort, causée presque toujours par les froids tardifs. Les Sycomores, les Platanes et les Vernis du Japon sont beaucoup plus recommandables. Mais ceux auxquels reviennent la palme sont certainement les Marronniers, tant pour leur faible mortalité que [tour leur durée moyenne. S’ils ne meurent pas facilement, cela ne les empêche pas d’être frappés. Un peut même dire que leur végétation est complètement bouleversée; ils fleurissent plusieurs fois par an, même quelquefois en hiver. Ce ne serait pas là, il est vrai, un inconvénient si leurs feuilles n’avaient la désolante habitude de se laisser rôtir par le soleil réfléchi sur les murs et de faire venir ainsi l’automne à Paris plusieurs mois avant celui de la campagne. D’ailleurs, pour toutes les essences sans exception, la mortalité,est plus grande, et souvent de plus du double, dans l’intérieur de Paris que dans les quartiers extérieurs. Tous ces faits sont à considérer dans l’établissement des avenues, aussi bien pour l’hygiène publique (pie pour la bourse des contribuables : chaque arbre coûte, en effet en moyenne, de 150 à 175 francs; la forêt parisienne vaut donc plus de 15 millions de francs.
- Les causes qui influent sur la vitalité des arbres dans les villes sont multiples.
- Sans parler des poussières qui couvrent les feuilles et dont l’influence n’est pas aussi grande qu’on le croit généralement, il faut compter dans une large mesure la réverbération des maisons qui, comme je le disais plus haut, rôtit les feuilles et les font mourir avant l’âge.
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- LA NATURE.
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- Pour on avoir un exemple tangible, vous n’avez qu’à contempler l’avenue de l’Observatoire en juillet, c’est-à-dire même avant la canicule : les marronniers voisins des maisons sont tous grillés, tandis que ceux qui en sont à une certaine distance sont encore verts. Les arbres à feuilles coriaces, tels le platane, le sycomore, le Vernis, résistent heureusement assez bien à cette grillade.
- liais ce qui souffre le plus dans les arbres des villes, ce sont leurs organes souterrains, leurs racines. D’abord, parce qu’elles n’ont à leur disposition qu’une maigre nourriture, 10 à 15 mètres cubes au plus de terre, à laquelle, je ne sais vraiment pas pourquoi, on n’ajoute aucun engrais. Ensuite, parce qu’on hiver, pour faire fondre la neige, on répand du sel marin, matière très nuisible à la végétation, comme votre serviteur l’a montré, et que cette saumure va corroder les racines. En-lin, et surtout, par le défaut d’aération du sol.
- Pour étudier les gaz contenus dans le sol, >1. L. Mangin s’est servi d’une sonde résistante qui se compose d’un canon de fusil en acier, long d’un mètre environ, dont Paine, rigoureusement calibrée, reçoit à frottement doux une tige d’acier qui la remplit exactement. La partie inférieure est terminée en pointe, et la partie supérieure est coiffée d’un capuchon permettant d’enfoncer la sonde à coups de maillet, même dans les sols les plus résistants. Lorsque la sonde est enfoncée à la profondeur voulue, on enlève le capuchon et l’on visse à la partie supérieure de la tige d’acier une manette qui permet de la retirer lentement de l’àme qu’elle remplissait ; avant que cette tige n’ait abandonné la sonde, on ferme un robinet situé à la partie supérieure et l’on emprisonne dans la sonde, sans mélange avec l’air extérieur, l’atmosphère du sol. 11 ne reste plus qu’à fixer sur la partie supérieure de la sonde une pompe à vide qui permet l’extraction d’une certaine quantité de gaz et le transvasement dans les éprouvettes préparées d’avance.
- On constate ainsi que, tandis que l’atmosphère normale du sol contient seulement des 1 races d’acide carbonique, celle des avenues plantées d’arbres en contient des quantités notables : 0,55 pour 100 (place du Châtelet), 0,60 pour 100 (boulevard Saint-Martin et boulevard Saint-Michel), 0,88 pour 100 (boulevard de la Bastille), 5,01 pour 100 (Cours-la-Reine), 5,58 pour 100 (avenue d’Autin), 5,51 pour 100 (boulevard de Port-Royal), 5,55 pour 100 (avenue des Champs-Elysées), 2,05 pour 100 (boulevard Bourdon).
- Or, l’acide carbonique n’est pas meilleur pour les racines que pour nous, et chacun sait que ce n’est pas peu dire. Quand il est en trop grande abondance, il les tue purement et simplement. Quand il est en proportion moindre, il se contente d’en ralentir la croissance, ralentissement qui retentit bien entendu sur la croissance du tronc, sur la force des branches, sur la luxuriance des feuilles. Et voilà comment nous sommes aveuglés par le soleil parce que le sol contient trop de « gaz irrespirable )) comme on disait jadis. Tout se tient dans la nature.
- A ces causes principales il faut en ajouter d’autres, l’une notamment qui atteint cette année un paroxysme extraordinaire : c’est cette manie qu’ont les ingénieurs de bouleverser les avenues, — Dieu sait si elles le sont en ce moment! — pour le moindre des travaux à exécuter. Et je vous laisse à penser si ces messieurs respectent les racines que la bêche des ouvriers vient à rencontrer ! On a accusé les stupides serpentins du dépérissement des arbres : c’est plutôt à ceux qui sont chargés d’embellir (?) la capitale qu’il faut s’en prendre! Hexui Couplv.
- LA PLUIE A NICE
- Le beau temps ne règne pas constamment à Nice, et la pluie y vient quelquefois interrompre « l'éternel printemps sous un ciel toujours bleu » rêvé par les poètes. C’est d'ailleurs fort heureux, car le beau temps perpétuel tue la végétation, chasse l'homme, et crée le désert. 11 pleut donc à Nice, mais très rarement, comme du reste dans toute la Provence, dont le rivage mérite réellement le beau nom de cote d’Azur. Dans une aimée, la couche d’eau pluviale s’élève cependant à près de 800 millimètres; mais on ne compte que 67 jours de pluie à Nice, 72 à Marseille, tandis qu’il y en a 155 à Paris et 205 à bordeaux.
- Toutefois, ce n’est pas de celte rareté de la pluie que nous voulons parler, mais d’une autre particularité non moins intéressante, à savoir que presque toutes les pluies qui tombent à Nice y surviennent par le vent d’Est, c’est-à-dire par le vent qui accompagne ordinairement le beau temps dans les autres pays. C’est un fait que les observations publiées dans le Bulletin international du Service météorologique français ont vulgarisé depuis longtemps.
- Comme exemple nous prendrons l’année 1899, et nous choisirons les observations effectuées chaque jour à sept heures du matin, parce qu'elles sont accompagnées d’une carte qui fait connaître la situation atmosphérique générale au même moment. Sur les 565 observations de l’année, il n’v en a que 15 qui comportent de la pluie : une fois par temps calme, une seconde fois par vent de Sud-Est, une troisième fois par vent de Nord-Est, et 10 autres fois par le vent d’Est. On peut donc dire, en somme, que toutes les pluies signalées sont tombées par des vents de la région Est. — En considérant une plus longue période, les résultats sont analogues.
- C’est extraordinaire, et, au premier abord, il semblerait que cela constitue une grave anomalie, une exception tout à fait locale à la loi qui attribue aux vents d’Ouest la majeure partie des pluies de l'hémisphère boréal. Il n’en est rien cependant.
- D’abord, si le vent d’Est peut être considéré à Nice comme le vent de la pluie, on peut aussi bien admettre qu’il est le vent du beau temps, car les mêmes observations montrent qu’il y a deux fois plus de belles journées par le vent d’Est que par tous les autres vents réunis. Les deux conclusions, qui paraissent 'contradictoires, s’expliquent d’ailleurs aisément par la raison que les vents d’Est sont de beaucoup les vents prédominants, et qu’ils régnent pendant les deux tiers de l’année.
- Cette large prédominance des vents d’Est dans la région de Nice est due à plusieurs causes. D’abord à l’existence très fréquente de minima barométriques dans le bassin occidental de la Méditerranée ^ — ensuite à l’orientation Est-Ouest des montagnes avoisinantes : les Maures, l’Estércl, la Cabrière, et principalement les Alpes mêmes, qui ne tournent vers le Nord-Ouest qu’à partir du mont Mounier ; — enfin aux appels d’air créés de l’Est vers l’Ouest
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- LA NATURE.
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- par les Torts vents du Sud, et surtout par le Mistral quand il débouehe violemment sur la Méditerranée entre les Alpes et les Pyrénées, depuis Marseille jusqu'à Perpignan.
- Quant à la coïncidence habituelle de la pluie avec le vent d’Est dans la région de Nice, on doit reconnaître qu'elle est favorisée par la quasi permanence de ce vent, mais on en trouve la vraie cause dans les petites dépressions locales qui se forment très souvent dans le voisinage de la cote, un peu au sud de Nice. Les précipitations atmosphériques sont bien, ordinairement, confinées dans la moitié méridionale des grandes dépressions, mais elles se produisent dans toute l’étendue des dépressions restreintes, et alors le coefficient de pluviosité du vent d’Est devient presque aussi grand que celui du vent d’Ouest. C’est un principe général que nous croyons applicable à tous les pays, et dont nous venons récemment, pour le nôtre, de voir une fois de plus la vérification : du 15 au 14 mai dernier, sous l’influence d’une petite dépression très localisée, il est tombé 27 millimètres d’eau au Puy-de-Dôme et 10 millimètres à Clermont-Ferrand, par un vent d’Est bien établi qui a atteint une vitesse de 25 mètres par seconde au sommet de la montagne. Il n’y a donc pas qu’à Nice que la pluie tombe par le vent ordinaire du beau temps ; et il est même à noter (jue les longues pluies continues, qui durent 12 et 24 heures, se produisent dans la France centrale plus souvent par les vents d’Est que par les vents d’Ouest. Cela tient sans doute à la marche moins rapide des dépressions qui nous donnent des vents d’Est.
- Près des côtes de Provence, ces dépressions locales sont excessivement fréquentes, et les 10 cas de pluie que nous avons relevés pendant l’année 1890,
- pour Nice, et par vent d’Est à 7 heures du matin, ont coïncidé avec la présence de petites dépressions très caractérisées dont les centres se sont trouvés 4 lois au sud de Toulon, 5 fois au sud de Marseille,
- 2 fois au sud de Nice, et une fois en Corse. Parmi les cartes ci-jointes, celles des 11 et 24 janvier, 25 février et 19 avril représentent quatre de ces dépressions. Mais il n’y a pas qu’à Nice que l’on observe des pluies par le vent d’Est. Ainsi Marseille en a eu le 10 octobre, Cette le 19 décembre, et les cartes qui se rapportent à ces deux dates montrent que
- lesditcs pluies ont encore été produites par deux dépressions fo r t restreintes dont les centres se t r o u v aient, pour la première, au sud de Marseille, et pour la seconde au sud de Cette.
- Quand il fait beau à Nice par le vent d’Est, la situation barométrique est bien différente. La pression atmosphérique dépasse alors généralement sa valeur moyenne, et le vent d’Est est presque toujours déterminé par une grande dépression dont le centre est assez éloigné, comme on le voit sur les cartes du 16 février et du 21 décembre.
- En résumé, on peut dire que les pluies qui se produisent par le vent d’Est sur les côtes de la Méditerranée, et surtout à Nice, ne constituent pas, en réalité, une dérogation à la loi générale qui détermine la répartition des hydrométéores dans les dépressions de notre hémisphère boréal.
- L’anomalie n’est qu’apparente, car pluie et vent doivent être attribués à de petites dépressions locales qui se comportent là comme partout ailleurs, mais qui y sont très fréquentes, et dont la formation doit être attribuée au relief des Alpes et des Pyrénées. Nous avons déjà1 montré, à ce sujet, combien est grande l’influence des Alpes. J.-R. Plumandox.
- 1 Vov. n° 1027, du 4 février 1805. |>. 154.
- 2 4-Janvier Pluie à Nice.
- La pluie à Xice.
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- TÉLÉMICROSCOPE ET MICROSCOPE SOLAIRE SIMPLIFIÉ
- Fis. 1.
- Los instruments grossissants, loupes et microscopes, dont on se sert ordinairement pour les recherches d'histoire naturelle, présentent deux grands défauts : ils n'emhrassent qu'un champ très restreint, et de plus leur distance locale très courte oblige à une mise au point rigoureuse, rendant presque impossible l’étude des animaux vivants. Nous avons entendu plus d’une fois des naturalistes se plaindre de n’avoir pas à leur disposition une bonne loupe qui leur permît d’examiner à loisir, et assez loin pour ne pas les troubler, des insectes vaquant librement à leurs occupations.
- Un prêtre du Périgord, ancien professeur de physique, M. l’abbé Deschamps, curé de Reaumont, vient de donner satisfaction à ce désir,
- demeuré jusque-là lettre morte, en réalisant un dispositif qui amplifie le champ dans des proportions considérables, et augmente très no-tablement la distance focale sans nuire au grossissement, lequel, à 25 centimètres, est encore égal à 12 diamètres.
- La nouvelle loupe, dénommée télémicroscope, n’est, au fond, pas autre chose qu’une longue-vue d’un genre spécial. Son objectif est composé de. deux lentilles achromatiques séparées par une distance inférieure à la distance focale principale de la plus convergente, et qui, dès lors, se comportent comme une seule. Cette disposition augmente l’achromatisme, et permet d'obtenir des images très nettes.
- Le télémicroscope.
- Fig. 2. — Microscope solaire modifié.
- Un oculaire de Rollond, à quatre verres plans-con-vexes, complète le système optique ; le verre d’oeil a
- été choisi aussi convergent que possible, afin d’augmenter le grossissement et le champ sans diminuer la netteté.
- Grâce à cet instrument, on peut observer, à une distance assez grande pour qu’ils ne soient pas inquiets de cet examen, des insectes occupés à leurs travatix, des fourmis rendant aux pucerons une visite intéressée, des mouches absorbant le sirop d'un morceau de sucre humecté , et toutes les merveilles qu’offre la vie de ces petites bêtes. Le télémicroscope ne rendra pas moins de services au botaniste, qui trouvera intérêt à pouvoir observer une plante dans son ensemble à un grossissement de cinq ou six diamètres. Nous ajouterons que l’instrument, grâce à sa distance focale, embrasse
- avec la même netteté plusieurs plans inégalement éloignés, ce qui donne à l’œil une saisissante impression du relief, comparable certainement à celle que fournit un bon stéréoscope.
- Parallèlement à la réalisation du télémicroscope, M. Deschamps a imaginé diverses modifications du microscope solaire, qui rendent son maniement plus simple et son utilité plus grande. Une première simplification porte sur la manœuvre du miroir, mû, sans engrenages, à l’aide d'une manette et d’un fil métallique, celui-ci traversant à frottement un disque de
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- caoutchouc. La manette commande le mouvement dans le sens latéral, le fil dans le sens vertical. De plus, l'objectif peut être mis au point avec précision sans le secours d’une vis micrométrique; le diaphragme est fixé à l’objectif; enfin, toutes les pièces mobiles glissent sur une même règle, où on peut les immobiliser aux points utiles par des vis de pression.
- Mais le plus important perfectionnement de l’appareil réside dans l’élimination de la chaleur. On sait que, si l’on place sur le porte-objet du microscope solaire ordinaire des animaux vivants, ceux-ci sont rôtis en quelques secondes. Tout au plus a-t-on pu remédier dans une très faible mesure à cet inconvénient en interposant des cuves à eau ou à solution d’alun, destinées à absorber en partie la chaleur.
- Or, la disposition seule des lentilles, dans le nouveau système, permet d’obtenir ce résultat avec son maximum d’utilité. Le diamètre du condensateur est choisi de manière à donner une lumière suffisante sans excès de calorique. En outre, le focus est remplacé par un système de deux lentilles non achromatiques, de distance focale égale et séparées l’une de l’autre par un écartement égal à cette distance.
- Ce système est placé, relativement au condensateur, en un point tel qu’il se forme un foyer allongé sur le trajet duquel ne se trouve aucun point où converge en entier le rayon lumineux. De plus, l’ensemble des lentilles forme prisme, dévie les rayons de l’infra-rouge (rayons brûlants), les maintient à la périphérie, et reconstitue une lumière blanche au point où se trouve l’objet à étudier, la chaleur étant suffisamment éliminée pour ne causer aucun mal aux animaux vivants.
- M. Marey a fait connaître les deux appareils à l’Académie des sciences dans sa séance du 50 avril 1900. A. Acloque.
- CHRONIQUE
- Sources du Loing et du Lunain. — Depuis quelques jours, les sources du Loing et du Lunain dont l’adduction avait été décidée, il y a quelques années, sont servies aux Parisiens, au même titre- que les eaux de la Vanne, de la Dhuis et de l’Avre. L’aqueduc du Loing et du Lunain tout récemment achevé, constitue une partie de la branche Est de la dérivation bilatérale, projetée en 1884; il amène provisoirement au réservoir de Montsouris un volume quotidien de 50 000 mètres cubes emprunté aux sources basses acquises à cette époque dans la vallée du Loing, près de Nemours et antérieurement dans celle de son affluent de la rive droite, le Lunain, qu’une usine élévatoire unique refoule au niveau de l’aqueduc de la Vanne dans la foret de Fontainebleau ; il a reçu d’ailleurs une capacité très supérieure (180 000 mètres cubes) tant en vue de prolongements ultérieurs vers l’amont qu’afin de suppléer au besoin l’aqueduc de la Vanne, dont il suit la tracé, en cas d’accident ou réparation. On y a substitué aux arcades, dont la pratique a révélé les difficultés d’entretien à l’aqueduc de la Vanne, des siphons métalliques de grands diamètres (lm,25 et lm,50) en fonte frettée ou en tôle d’acier ; les parties à écoulement libre sont en maçonnerie avec section circulaire de 2m,50 de
- diamètre et pente de 10 centimètres par kilomètre. La dépense a été d’environ 24 millions de francs. Los quatre dérivations pour l’alimentation du service privé en eau de source de la Dhuys, de la Vanne, de l’Avre, du Loing et du Lunain fournissent normalement 280 000 mètres cubes par jour. Les eaux sont limpides et de belle couleur; leur température varie à peine de 9 à 11°, leur composition est très peu variable ; toutes sont un peu calcaires (18 a 25° à l’hydrotimètre). Elles ne renferment qu une faible quantité de matière organique et un nombre réduit des bactéries.
- Emploi du jus de tabac pour la destruction des parasites. — Le Ministère des finances a fait insérer la notice suivante au Journal officiel du 20 juin :
- — Jus de tabac. On sait que les horticulteurs et les maraîchers emploient depuis longtemps, avec succès, pour détruire divers parasites des plantes, les jus de tabac produits par les manufactures de l’État, jus qu’ils diluent avec une plus ou moins grande quantité d’eau. On sait aussi que la Régie vend depuis quelques années, dans les débits de tabac et dans les entrepôts, des bidons d’un jus nouveau, désigné sous le nom de jus riche, qui contient plus de nicotine que les jus anciens et qui a spécialement l’avantage de présenter un titre constant de cette substance (100 grammes par litre). Ce nouveau liquide était surtout destiné au traitement de la gale des montons, pour lequel il a donné les meilleurs résultats. Mais son application aux plantes est également très efficace, et la constance de son titre assure la réussite des opérations. Il existe un moyen, utile à faire connaître aux praticiens, pour donner à ce produit son maximum d’action, et qui consiste à ajouter au liquide une petite quantité d’ingrédients faciles à se procurer, dont la nature et la proportion d’emploi sont indiquées ci-après. Ces matières, qui ne peuvent pas nuire aux plantes, et dont le prix est minime, augmentent l’adhérence du liquide sur les feuilles et les fleurs et rendent libre la nicotine. Leur usage doit donc conduire forcément à une économie de jus, par conséquent à une dépense moindre pour obtenir le même résultat. La préparation à employer pour l’arrosage des plantes est la suivante : Eau, 1 litre; jus riche, 10 centimètres cubes; savon noir, 10 grammes; cristaux (carbonate de soude du commerce), 2 grammes; esprit de bois (alcool méthylique), 10 centimètres cubes. Le liquide ainsi constitué tue de nombreux ennemis des plantes (pucerons, chenilles, etc.). Le savon augmente son adhérence. L’esprit de bois n’est pas toujours nécessaire, mais il accroît notablement l’action de la préparation sur certains parasites.
- Les locomotives & chaudières de rechange.
- — Les réparations ont le grand tort d’immobiliser longuement et coûteusement les locomotives de chemins de fer ; c’est pour cela que les Américains ne réparent pas et mettent à la ferraille les machines qui ont besoin de réparations. En Allemagne où, comme dans le reste de l’Europe, on suit une tout autre méthode, on s’est dit qu’on pouvait diminuer considérablement le temps d’immobilisation pour le remplacement de la chaudière et de la boîte à feu, opération qui nécessite un séjour prolongé dans les ateliers. On a pour cela imaginé de tenir en réserve, dans les ateliers, des chaudières de rechange correspondant aux différentes séries de machines en service ; et cette pratique déjà suivie sur bien des points assure une précieuse économie de temps.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 25 juin 1900. — Présidence de M. M. Lkvv.
- Nouvelle mensuration de l’arc du Pérou. — M. Bor-Ihelot lit une lettre du ministre de l’instruction publique exposant le programme des observations à effectuer pour mesurer au Pérou un arc méridien. Conformément aux conclusions du rapport établi par MM. les capitaines Mau-rain et Lacombe du service géographique de l’Armée qui ont été envoyés au Pérou pour opérer une reconnaissance des lieux, l’arc pourra atteindre une amplitude de 6°. Le canevas de la triangulation à mesurer a été dressé par ces officiers qui ont déterminé non seulement le lieu des stations où des mesures d’angles seront pratiquées, mais l’emplacement de la mesure de deux bases longues de plusieurs kilomètres, les lignes de nivellement, les lieux où il sera avantageux de déterminer la longitude, la latitude et l’intensité de la pesanteur. L’ensemble des opérations durera quatre ans et paraît devoir entraîner une dépense de 500 000 francs. En raccourcissant l’arc par une de ses extrémités, de manière à éviter la traversée d’une région difficile, la dépense pourrait être réduite, mais l'amplitude de l’arc ne serait plus que de 4° 1/2. Le ministre, avant de s’arrêter à l’un ou l’autre projet, demande si le petit arc serait suffisant pour' les besoins de la Sscience. Une commission, composée des membres des trois sections de géométrie, d’astronomie, de géographie et navigation, est constituée pour présenter un rapport sur la question.
- Aérostat surpris par un orage. — M. L. Cailletet présente au nom de M. Genty, lieutenant de vaisseau, commandant le parc aérostatique de Toulon, une Note sur une ascension accomplie dans des circonstances exceptionnelles et particulièrement périlleuses. Le ballon le « Saint-Louis )), gonflé au gaz d’éclairage et cubant 2250 mètres cubes, est parti de Yincennes le 17 juin dernier à 4h 45“ de l’après-midi par un vent faible N. N. 0.; il était conduit par MM. Balsan et Godard. Vers 8 heures du soir l’horizon s’est chargé de nuages et à 10 heures des orages grondaient de tous côtés. Le ballon est alors entraîné par la'tempête dont il. semble le jouet. Vers lh15rt 1 il est saisi dans un tourbillon ascendant qui l’amène au-dessus des, nuages. Le spectacle est très impressionnant,* dit M. Genty. A 5 heures, après,une courte accalmie, le tonnerre reprend avec une intensité plus grande pour cesser brusquement à 4 heures, après trois coups terribles. Les aéronautes, oppressés déjà par la tension électrique, sentent leurs cheveux et les poils de leur barbe se hérisser en causant une sensation pénible. A partir de ce moment, le voyage reprend son caractère normal, et, vers 10h45ra du matin, le ballon atterrit sans accident à Boussac (Creuse). La plus grande altitude atteinte dans cette périlleuse ascension a été de 3900 mètres.
- Les courants de haute fréquence et la nutrition. — M. d’Arsonval analyse une Note de M. le Dr Tripet sur l’action des courants de haute fréquence sur l’activité de réduction de l’oxyhémoglobine. Il rappelle que l’action de ces courants sur les phénomènes de la nutrition a déjà été l’objet d’un travail de MM. Berlioz et Apostoli qui l’ont mise en évidence en montrant qu’elle influence très puissamment la quantité d’urée émise par le sujet. Ils ont prouvé que cette quantité d’urée pouvait être élevée à la proportion normale chez les malades. M. le Dr Tripet a pratiqué plus de 200 examens de sang au moyen de l’hé-
- matospectroscope d’Hénocque. Sur 16 cas de rhumatisme, il y a eu augmentation de l’activité réductrice de manière à remonter à la moyenne normale. Même succès dans 7 cas de fibrome. Dans 7 cas de diabète l’activité réductrice qui est alors exagérée a été abaissée et ramenée à la moyenne. Dans 4 cas de neurasthénie étudiés, l’effet est favorable ; dans 3 cas de sciatique, il y a une observation défavorable. En résumé, dans les maladies de la nutrition, le traitement par les courants de haute fréquence — la d’Arsonvalisation, suivant la terminologie nouvelle — est un régulateur de l’activité de réduction de l’oxyhémo-globine.
- Les cellules et les toxiques. — M. Armand Gautier présente une Note de M. Stassano sur le rôle du noyau dans la nutrition des cellules et l’absorption des toxiques. D’après les recherches de l’auteur, le poison se fixe dans le noyau et disparaît du sang. Il en est ainsi, au moins, du fer, de l’arsenic, de la strychnine, de la morphine. M. Stassano en donne la preuve expérimentale suivante. Quand on fait digérer ces cellules, la matière toxique se localise dans la matière qui n’est pas peptonisée, c’est-à-dire la matière des noyaux.
- Élections. — M. Giard est élu membre de la Section d’Anatomie et Zoologie, en remplacement de M. Milne Edwards, par 30 voix contre 12, données à M. Vaillant, et 16 à M. Delage. — M. Bazin est élu correspondant de la Section de Mécanique.
- Varia. — M. Poulsen a été admis, sur la demande de M. M aseart, à faire fonctionner devant l’Académie son appareil de reproduction de la parole à distance, dénommé par lui télégraphone, que l’on peut voir à l’Exposition. Gu. de Yimædeuil.
- SILHOUETTES
- C’est sous Louis XV que les silhouettes lurent en grande vogue. Chacun s’amusait à prendre le profil de son prochain et à la Cour 1’ « Art Noir » prit un certain développement. On faisait la silhouette comme aujourd’hui on multiplie le portrait photographique. Lavater de Zurich avait prétendu qu’il tirait de ces profils sombres ie caractère des gens. Et chacun s’en fut consulter Lavater. Celui-ci avait même imaginé un instrument pour dessiner avec précision la « silhouette scientifique » de ses contemporains1. Et les belles Dames s’en allaient en foule se faire raconter chez Lavater la bonne aventure. Intelligentes toutes, jolies toutes, adorables! Lavater n’avait pas grands frais d’imagination à faire. Cependant les gens sérieux affirmèrent que Lavater se trompait beaucoup trop souvent à leur gré. Il mêlait d’ailleurs ses silhouettes avec son système, et comme il entendait ainsi gouverner le monde, on finit par se passer et de la physiognomonie et de la silhouette. Les événements auxquels il assista de 1770 «à 1801 furent loin de lui donner raison. Il est juste de dire cependant qu’il eut pour ardent défenseur Necker et Mirabeau.
- 1 Voy. n° 405, du 5 mars 1881, p. 221.
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- On affirme que le mot « silhouette » aurait été prononcé pour la première fois à la Cour par Mme de Pompadour, qui voulait se moquer de M. Étienne de Silhouette. Celui-ci passait pour très avare et il se préoccupait de faire exécuter son portrait. « Qu’il le fasse économiquement, dit la marquise en riant, avec les contours seule-
- ment, ce sera déjà assez. » Et depuis lors les profils noirs s’appelèrent des « silhouettes ». Goethe aima beaucoup les silhouettes. On va jusqu'à prétendre que Piubens ne les dédaignait pas. Il est de fait qu'une bonne silhouette avec sa forme humoristique peint souvent très bien l’individu. Et il v a des collectionneurs ! Pans ces der-
- Sillioueües.
- nières années, la silhouette est revenue un peu à la mode à Paris et dans les différentes grandes capitales d’Europe.
- Certains grands Princes se sont laissé « silhouetter ». Orf rencontre quelquefois de véritables artistes dans le genre. Il y en a eu un aux Folies-Bergère, à Paris, qui faisait merveille. Il en existe un autre en ce moment au « Vieux Paris » à l’Exposition, qui « silhouette » du matin au soir avec un grand succès. « Votre portrait, Mesdames, votre portrait, Messieurs ! » M. Lampo qui s’intitule « silhouettiste » était dessinateur de machines et de plans en Italie.
- Il a abandonné le tire-ligne et en quelques coups de ciseaux, directement sans crayon, il vous livre votre silhouette toute collée sur carte en deux minutes.' C’est un petit tour de force! Et le mieux, c’est que la ressemblance est généralement parfaite. Nous reproduisons quelques silhouettes de M. Lampo, que nous avons vu découper, d’un ciseau mobile, vraies silhouettes à la minute.
- Flamel.
- Le Gérant : P. JIassox.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1 41 ;». — 7 JUILLET 1900.
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- LE BALEINOPTÈRE DU CROISIC AU MUSÉE DE NANTES
- C’est toujours un véritable événement, lorsqu’un grand cétaeé des mers arctiques vient échouer sur
- les cotes d’ordinaire si paisibles de la Bretagne, et cet événement prend des proportions absolument
- Fig. 1. — Le Baleiiioptère du Croisic avant le dépeçage.
- 1. Le pêcheur Perrayou. — 2. Son matelot. — 5. M. Sautot et M. Marchand, naturalistes.
- inusitées, lorsque le cétaeé est une espèce rare ou même inconnue en France. Ce cas s’est présenté dans les premiers jours du mois de janvier dernier, à quelques kilomètres de la pointe du Croisic.
- Depuis quelques jours déjà, les pécheurs voyaient ilotter, à peu de distance au large, un objet noir, assez volumineux, dont ils ne pouvaient déterminer la nature et qui, par cela même, les intriguait beaucoup. Le capitaine du chalutier à vapeur René-André, du Croisic, lut le premier à reconnaître que c’était « une sorte de baleine », mais il lui lut impossible de l’approcher.
- Plusieurs tentatives furent faites pour remorquer ce cadavre, mais sans succès. Un brave pêcheur du Croisic, nommé Perrayon, fut plus heureux, et, avec la seule assistance de son fils et de son matelot, il parvint à amarrer solidement la bête et à la transporter avec mille difficultés, à marée haute sur le quai, où la mer la déposa en se retirant.
- 2He aimée. — 2” semestre.
- Le lendemain, c’est-à-dire le 4 janvier, M. le directeur du Muséum d’histoire naturelle de Nantes, qui, entre temps, avait été informé de cette capture, se rendit au Croisic où il trouva un cétaeé long de 5 mètres environ qu’il reconnut être un Rorqual ou Ba-leinoptère : le Rorqual rostré ou Baleinoptère à museau pointu (Balæ-noptera rostrata) encore appelé, mais improprement baleine noire, espèce très rare en France. M. Bureau, directeur du Musée de Nantes, aidé de M. F. Marchand et de M. Sautot, assistants naturalistes, durent prendre les mesures que comportait la situation. Nous allons voir que, grâce à leurs efforts, le Musée d’histoire naturelle de Nantes se trouve aujourd'hui en possession d’une pièce nouvelle, parfaitement montée, très difficile à se procurer, unique en France, et partant, d’une très grande valeur. En effet, le Muséum d’histoire naturelle de Paris ne possède qu’un squelette, encore très imparfait de ce cétaeé, qui figure dans la
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- Fig. 2. — Le Baleinoptère monté.
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- LA N ATI HL.
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- galerie d'anatomie comparée; il eu existe également un, croyons-nous, mais de plus petite taille, au Musée du Havre. Le Baleinoptère à museau pointu, «pie les Baleiniers désignent encore sous le nom de baleine d été, atteint au maximum 10 mètres de longueur; l'animal est plus svelte et [dus élance «pie la vraie Baleine ou Baleine franche, dont il se distingue par son museau presque droit et surtout par les nombreux plis longitudinaux qu’il porte sous la gorge et le ventre. La nageoire dorsale est plâtre vers le tiers postérieur du corps, la caudale est petite, e! les pectorales, de taille moyenne, sont très minces et presque écailleuses. Les fanons sont faillies et d'un jaune pale. La coloration, assez constante, est d'un Brun noirâtre assez foncé sur les parties supérieures; la gorge, la poitrine, le ventre et les lianes sont d’un Blanc d’argent.
- Ce Baleinide est très agile, c’est le plus rapide de tous et, comme il nage toujours en ligne droite, sa capture est généralement très difficile*. Contrairement à la Baleine franche, il se nourrit exclusivement de poissons, qu’il chasse par Bandes droit devant lui. Le Rorqual remonte à la surface de l’eau pour respirer, environ toutes les 80 secondes, il fait entendre en soufflant un grondement eomparaBle à celui d'une forte colonne d’air poussée par un très gros soufflet de forge. C’est une note grave et très forte, soutenue |tendant six ou huit secondes tout au (dus.
- Chez cette espèce, les deux sexes paraissent vivre séparément en été ; ils ne se réunissent qu'en novembre, au moment de l’accouplement. La gestation dure environ douze mois, elle est donc plus longue que celle des mammifères terrestres, et la femelle met Bas un seul petit, très Bien développé et mesurant près de 5 mètres de longueur, qui grandit d’ailleurs très rapidement. La mère témoigne Beaucoup d’affection à son petit, tjui nage toujours à ses cotés. Pour téter, dit Brehm, il saisit le mamelon et se laisse emporter par sa mère; en cas de danger, celle-ci le défend avec courage. Elle plonge sous le canot des pécheurs, frappe de sa queue et de ses nageoires pectorales, méprisant toutes les blessures lorsqu’il s’agit de sauver ce qu’elle a de plus cher. Le vif attachement du mâle pour la femelle et l’amour des petits est un des traits caractéristiques de ces animaux. 11 est à remarquerT en outre, que chez eux, l’amour maternel dure plus longtemps que l’amour conjugal. La graisse du Baleinoptère passe pour être de Bonne qualité; les fanons courts et fragiles ne sont pas utilisables, aussi cet animal est-il peu recherché des Baleiniers, d’autant que sa capture n’est pas exempte de danger, car contrairement à la Baleine, «jui est très timide et qui cherche son salut dans la fuite, le Baleinoptère se défend avec courage et opiniâtreté. On rencontre la Baleine d'été dans la partie nord de l’océan Atlantique; elle arrive parfois par le détroit de Behring, jusque dans le grand Océan.
- Pour en revenir à l’individu du Croisic, qui est un mâle, encore jeune, puisqu’il mesure 5 mètres (trois ans tout au plus), ajoutons que le .Musée d’histoire naturelle de Nantes ayant obtenu l’autorisation de
- prendre possession de l’animal', il fallut de suite procéder au dépouillement. Le fut une opération difficile et pénible que celle du dépècement de ee cadavre, qui avait séjourné longtemps dans l'eau. Au demeurant, elle fut très Bien conduite par M. Sau-lot et M. Marchand. Le temps était affreux, le froid très vif et un vent violent soufflait par raHaies de tous les céités.; enfin, l'animal dégageait une odeur insupportable. Mais il n’y avait pas là de quoi rebuter les courageux naturalistes, qui sans plus tarder se mirent à la Besogne, aidés par de nomBreux pécheurs et matelots et entourés d’une foule de curieux venus de tous cotés à la ronde.
- Voici, à ce sujet, une partie du récit «pie nous a fait M. Sautot; nous demandons à notre ami la permission de reproduire textuellement ses paroles ;
- « L’odeur était tellement nauséabonde et d'une subtilité telle, «pie nos mains sentaient encore quinze jours après et cela [malgré les Bains journaliers et tous les désinfectants possibles et imaginables. Heureusement que nous étions en plein air, car il y avait de quoi nous asphyxier littéralement tous.
- <( Il y eut même une scèiK' comique, un sauve-qui-peut général, au moment de l'ouverture du ventre! Nous n’oublierons jamais les culbutes, les trépignements, les cris et les grimaces des femmes, des enfants et des pécheurs qui, au nombre de plus de trois cents, étaient venus assister à l’autopsie de la Baleine.... Nous nous tenions littéralement les cotes!
- « Dans la rue, lorsque nous passions, tout le monde se tenait le nez d'une main et nous désignait do l’index de l’autre en riant aux éclats. Arrivés à l’hotel, voyageurs et pensionnaires s'enfuyaient à notre approche, et je vous assure «pie nous n'étions pas dérangés pendant le repas, car personne ne se hasardait dans la salle à manger, où nous étions relégués comme des pestiférés. »
- Enfin, après plusieurs jours, le «lépe«;age étant terminé, le squelette et la peau furent envoyés à Nantes.
- Tout d’abord on dut procéder au séchage de la peau, ce qui nécessita un certain temps, car celle-ci jiesait près de 500 kilogrammes et était fortement imprégnée d'huile ; il en fut de même du montage de la Bête qui ne fut pas précisément facile. L’animal a été empaillé et reconstitué avec une habileté remarquable par M. Sautot ; près de 500 kilogrammes de foin Bien tassé, ont été nécessaires pour remplir la Bête; les plis de la gorge et du ventre, si caractéristiques de cette espèce, sont reproduits avec une fidélité digne d’éloge. Si ce n’était le support sur le«piel repose l’animal, on croirait le monstre en vie, la gueule rouge, toute grande ouverte, et prêta engloutir
- 1 Lus épaves de ee genre, en vertu d'une décision ministérielle, appartiennent de droit au Muséum d’histoire naturelle de Paris. Une entente est intervenue entre le directeur du Musée de Nantes et notre si regretté maître, M. Milne Edwards, dont la science déplore la perte récente; il fut convenu que la peau et le squelette seraient pour le Musée de Nantes, tandis que les viscères seraient envoyées au Laboratoire d’anatomie comparée du .Muséum de Paris, pour être l’objet d’une élude minutieuse et très approfondie. C’est ce qui a eu lieu.
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- sa pruic. Le mérite de M. Sautot est d’autant [dus grand qu’il n’avait pas la possibilité de profiter d’un précédent. L’animal achevé, ce qui’a demandé plus de trois semaines, il a fallu le hisser sur un camion et le transporter de l’atelier de M. Sautot au Musée, où une place d’honneur lui avaitété réservée. Plus de cinq cents spectateurs suivaient la voiture et les commentaires marchaient bon train au sujet de «-cet énormeqtoisson ».
- Actuellement, le Baleinoptère du Croisic, entièrement terminé1 est sans contredit la plus belle pièce du Musée d’histoire naturelle de Nantes, pourtant si riche déjà en choses remarquables de toutes sortes. C’est un spécimen unique en France, un véritable triomphe zoologique qui fait le plus grand honneur à MM. Marchand et Sautot, ainsi qu’à leurs dévoués collaborateurs, sans oublier le brave et courageux l’errayon, le modeste pécheur du Croisic.
- Albert Larbalétrier.
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- PROCÉDÉ DE REDUCTION EXACTE
- DES MÉDAILLES, BAS-RELIEFS, ETC.
- Il est assez difficile d’obtenir une réduction exacte, géométriquement semblable d’un médaillon et en général de tous les objets artistiques du même genre, groupement sur plaques de bronze, bas-reliefs, etc. Néanmoins, il est un procédé qui permet d’obtenir une netteté absolue, une ressemblance parfaite. Ce procédé, déjà connu, est basé sur le principe du retrait du plâtre sous l’influence des lavages répétés à l’alcool ; j’ai eu l’occasion de le voir appliquer récemment et de constater que le retrait s’opère bien, de quantités proportionnelles dans toutes les directions, pour une immersion de même durée et une épaisseur de plâtre égale en tous les points.
- Voici le manuel opératoire : On exécute un moulage en plâtre du médaillon qu’on veut réduire, on le fait sécher, puis on le trempe dans l’alcool à 95°, après deux ou trois heures d’immersion, la diminution des dimensions est fort sensible ; on retire alors ce moule et on en exécute un cliché très exact en métal fusible. Sur ce- cliché on prend un second moulage, auquel on fait subir le même traitement à-l’alcool et qu’on transforme après retrait en un nouveau cliché, etc. On peut obtenir, après trois ou quatre opérations, une image réduite d’environ 70 pour 100.
- Comme emploi curieux du gypse ou mieux du plâtre, on peut citer encore la fabrication des faux marbres colorés dont les effets dans la décoration architecturale sont ravissants et les prix de revient d’un extrême bon marché. Ce stuc, d’un nouveau genre, a été inventé, il y a fort longtemps déjà (au xvne siècle), par un nommé Mathieu Dennery, fils d’un marchand de Gènes ; il imite assez exactement le marbre, mais il est toutefois facile de l’en distinguer, car il ne donne pas comme ce dernier l’impression de froid au toucher et résiste moins bien au choc. Pour le préparer, on délaye le plâtre récemment cuit et très fin dans une dissolution chaude de colle de Flandre bien blanche jusqu’à l’obtention d’une masse de consistance molle. On y ajoute les substances colorantes en dissolution qui varient suivant la teinte qu’on
- 1 Le squelette est préparé à part à la station bactériologique de Nantes. Son montage demandera vraisemblablement encore beaucoup de temps. Ce sera également une pièce curieuse que nous ferons connaître à nos lecteurs.
- désire et lorsque le mélange est sec, on le polit d’abord avec de la pierre [Mince, puis avec du tripoli ; on lui donne enfin le dernier lustré en le frottant avec une peau do chamois légèrement huilée. Au lieu de préparer ce stuc avec du plâtre frais, il est préférable d’employer du plâtre* aluné qui permettra l’obtention d’un enduit très dur.
- Pour aluner le plâtre on le maintient dans une dissolution bouillante d’alun de potasse pendant six ou huit heures, puis on le fait sécher à haute température. La quantité d’alun absorbé est de 2 à 5 pour 100, la matière prend beaucoup de ténacité.
- Je ferai remarquer que l’alun de potasse donne seul de bons résultats, les autres variétés chimiques de la même classe n’exercent pas une action comparable.
- Je rappellerai enfin l’emploi du plâtre dans la fabrication du papier. Joseph Girard.
- Préparateur à la Faculté des sciences de Paris.
- LES ZÉRROIDES
- Nous avons déjà le mulet, une bonne hèle au pied sûr qui nous rend de grands services dans les pays montagneux. J’ai pratiqué le mulet comme bien d’autres en pays de montagne ; il possède un équilibre stupéfiant. Le précipice est à gauche béant et profond ; il donne le vertige; mon mulet pose, impassible, ses pieds à cinq centimètres du creux et il avance, l’ne légère déviation, et bête et cavalier dérouleraient dans l’abîme. Le mulet ne fait [tas de ces suppositions superflues. Le chemin a 0m,5U de large. L’est assez! et il passe. Brave bête.
- Voilà que l’on cherche à nous doter d’autres hybrides non moins parfaits, meilleurs encore, puisqu’on les qualifie un peu avant l’heure: mulets du vingtième siècle !
- U s’agit des Zébroïdes. Le ministre des États-Unis au Brésil a publié dans un rapport quelques détails sur le croisement du zèbre avec les juments. Les croisements les plus faciles et les meilleurs seraient ceux que l’on obtient avec l’espèce comme sous le nom d’Equus Burclielli. Quelques individus de ce type sont déjà employés avec succès au Transvaal comme bêtes de trait. On assure que ces hybrides, si on pouvait les avoir en grand nombre, rendraient des services considérables en Afrique, paire qu’ils semblent être à l’abri des piqûres de la mouche tsé tsé qui fait tant de victimes.
- Au Brésil, les expériences ont été poursuivies chez M. de Parana, dans son domaine de Lordella, commune de Sapucaia. On a obtenu cinq zébroïdes : Lordello, un mâle, né en 1896 du zèbre Ganon et de la jument Staël, couleur brun bai strié de noir ; Menelick, autre mâle noir, encore du zèbre Ganon et de la jument Ella, en 1898, couleur gris clair rayé de noir ; Salomon, un mâle noir, en 1898, de Ganon et de la jument Ingleza, couleur bai brillant rayé de noir; enfin, Erythrea, une femelle noire, encore de Ganon et de la jument Elia, en 1898, couleur bai rayé brun sombre.
- Ges cinq zébroïdes se sont laissé dresser avec facilite ; ils sont très vifs, mais très dociles; ils possèdent une puissance musculaire vrainrnt extraordinaire. Le type prédominant est celui de la mère. Ainsi, pour avoir des zébroïdes forts, à large croupe, il faut croiser le zèbre avec des juments de race percheronne Suflolk ou Glydes-dale ; au contraire, le croisement avec des juments arabes fournit des zébroïdes élégants, plus vifs, plus souples, plus rapides d’allure. M. de Parana estime que ces hybrides méritent toute l’attention et sont susceptibles de grand avenir dans les pays chauds. Flamel.
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- L’IPSILEESE
- Ipsilène, ipsileur, ipsileuse! Demandez au premier chirurgien venu ee qu’il faut entendre par ces mots. 11 répondra : « Connais pas ». J’espère que tout sera changé, ces jours prochains, et que les intéressés connaîtront l’ipsilène et l’ipsileur (du grec : suprême, sublime). 11 s’agit d’un désinfectant énergique des plaies et d’un nouveau mode opératoire de désinfection et d’antisepsie chirurgicale par propulsion d’agents divers : iodoforme, salol, etc. La méthode est ingénieuse et paraît donner d’excellents résultats.
- Ou appelle « ipsilos » le chlorure d’éthyle pur. Ce chlorure d’éthyle pur bout à 10° au-dessus de 0. Il suffit donc d’élever un peu sa température pour le transformer en gaz. En ajoutant au chlorure des antiseptiques ordinaires, on peut préparer un grand nombre d’ « ipsilènes » : ipsilène iodoformé, ipsilène au salol, au lysol, etc.; puis les projeter sous l'orme gazeuse sur les plaies. L’idée pre-
- dethyle pour produire du froid par pulvérisation, en vue des opérations dentaires, on chauffe de 50 à 55°. M. Coudray a trouvé que la pression du gaz, à cette température, provoquait quelquefois de la douleur et encore de la congélation passagère sur les bords du trajet. 11 conseille de ne pas dépasser 25° à 50°, la température de l’eau à peine tiède. Dans ces conditions, l’emploi de l’ipsileuse est excellent et bien plus efficace qu’un lavage liquide. Le gaz nettoie la plaie, balayant le moindre exsudât ; puis il dépose son antiseptique en couche uniforme qui se fixe sur les parois de la plaie et y pénètre même par le fait de la pression.
- La pulvérisation gazeuse dissout en même temps les matières grasses et rend libres des productions inaptes a 1 organisation et qui sont des ennemis de la plaie. 11 est clair, d’ailleurs, que le pouvoir antiseptique de 1 iodoforme est augmenté par l’état d’extrême ténuité sous lequel cet agent est projeté.
- H y a autre chose de très intéressant dans le nouveau procédé d antisepsie chirurgicale, c’est l’oblitération des cavités osseu-
- mière est de M. Guilmeth. C’est un jeune chirurgien, M. le Dr Paul Coudray, (pii a montré l’efficacité de ce nouveau mode opératoire, après deux ans d’expériences cliniques.
- Avec l’ipsilos et les ipsilènes, M. Guilmeth a réalisé l’ipsileuse. C’est un appareil simple : le projecteur du gaz antiseptique dans les plaies. Un petit cylindre pour enfermer le chlorure d’éthyle; autour, un compartiment étanche pour placer de l’eau. Au-dessous une tubulure avec robinet d’échappement. Si l’eau de l’enveloppe du cylindre est froide, à 14° ou 15° seulement, le chlorure bouillant à 10°, il va se transformer peu à peu en vapeur. Et, si on ouvre le robinet, on produira un jet gazeux que Ton pourra diriger à volonté sur une plaie. M. Coudray emploie jusqu’ici de préférence à tout autre antiseptique Tiodoforme qu’il désodorise un le mélangeant à Teucalyptol. Dans ces conditions l’odeur n’est plus gênante. L’ipsileuse, c’est le cvlindre de l’appareil entouré de sa boîte à eau; l’ipsileur, c’est le bout du tuyau d’amenée, c’est l’appareil de pulvérisation. Et voilà tout défini : ipsilène, ipsileuse, ipsileur.
- Avec l’eau fraîche comme réfrigérant, la projection est faible. Pour les plaies simples, le lavage est suffisant et aussi le dépôt de l’agent antiseptique. Pour les plaies profondes, il faut augmenter la pression. D’habitude, quand on se sert du chlorure
- ses, dont la pensée première est également due à M. Guilmeth.
- En remplaçant l’iodo-Ibrme, dans le chlorure d’éthyle, par une composition de phosphate et de carbonate de chaux, on fait de T « ipsilène osseux ». M. le Dr Coudray a traité avec cet ipsilène un malade qui avait une cavité très grande à l’extrémité inférieure du fémur. La composition calcaire, véhiculée par le gaz, s’est déposée à la surface de la plaie et la cavité a été assez rapidement comblée. M. Coudray fait remarquer qu’il ne cherche pas, en réalité, à obstruer l’os à la façon d’un dentiste qui remplit une dent, mais bien à stimuler la fonction régénératrice de Los resté sain.
- En résumé la désinfection des plaies profondes par l’ipsilène iodoformé dont M. Coudray a fait connaître le mode d’application à la Société de médecine de Paris le il février 1899, est un procédé qui a fait ses preuves. Cette pratique vient de recevoir une complète justification dans la publication d’une très importante étude de M. le professeur Cornil et de M. le P1 Coudray, dans laquelle ces auteurs donnent l’explication de la puissance de Tiodoforme et de son mode d’action à la fois comme désinfectant et comme modificateur des tissus L-L’efficacité de l’ipsilène osseux ne semble faire aucun doute, toutefois des expériences sur les animaux devront être poursuivies pour en déterminer d’une manière rigoureuse la véritable action.
- Hexri de Parvii.ee.
- Semaine médicale, 9 mai 1900.
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- UN INSECTE CHARCUTIER
- Fis. 1.
- Los Bousiers constituent parmi les Coléoptères un groupe homogène par la structure et les mœurs. Ces dernières consistent, on le sait, à vivre dans les bouses des mammifères pour en manger le contenu ou le mettre en réserve pour leurs petits. Mais comme il n'y a pas de règles sans exceptions, il est quelques bousiers — trois tout au plus — qui délaissent les bouses pour se vouer, comme les Nécrophores et les Silphes, à la disparition des cadavres. De ce nombre se trouve le Pbanée Mi Ion, magnifique insecte, plus gros qu’un hanneton, tout entier d’un noir bleuâtre, qui vit dans les Pampas; J.-H. Fabre1 vient de nous en faire connaître en partie l’histoire fort intéressante.
- Pour loger sa progéniture, ce Pbanée Milon fabrique de volumineuses calebasses, à col ouvert au sommet et à la surface gravée d’un élégant guillochis, provenant évidemment de l'empreinte des tarses de l’insecte : il en est dont le volume dépasse celui de la grosseur d’un œuf de poule. En ouvrant un de ces ouvrages, on voit qu’il est formé d’une paroi homogène, d’apparence terreuse, dont l’épaisseur peut atteindre deux centimètres et englobant un noyau central. Dans ce dernier on trouve de menus fragments d’os, des flocons de duvet (la boule en question avait été trouvée sous un hibou mort), des lanières de peau, des lambeaux
- * Souvenirs entomologiques. Ge série.
- cette
- UtUéwf
- Deux Plumées Milon pénétrant sous le cadavre d’un petit oiseau.
- Ouvrage du Plia liée Milon : 1, en entier ; 2, 5, ouvrage du Coprobie à deux épines.
- de chair, le tout noyé dans une pâte, terreuse, semblable à du chocolat. Mise sur un charbon ardent, tâte triée à la loupe et privée de ses parcelles cadavériques, noircit beaucoup et lance des jets de cette fumée à odeur de corue qui caractérise si bien les matières animales brûlées. Traitée de la même façon, l’enveloppe noircit également, mais moins bien; elle fume à peine et ne contient nulle part des lambeaux cadavériques. Dans l’un et l’autre cas, le résidu de la calcination est une fine argile rougeâtre. Cette sommaire analyse, dit Fabre, nous renseigne, sur la cuisine du Pbanée Milon. Le mets servi à la larve est une sorte de vol-au-vent. Le godiveau consiste en un hachis de tout ce que les deux scalpels du chaperon et les coutelas dentelés des pattes antérieures ont, pu détacher du cadavre : bourre et duvet, osselets concassés, bandelettes de chair et de peau. Dure maintenant comme brique, la liaison de ce salmis était au début une gelée de fine argile toute saturée du jus de la corruption. Enfin la caisse en pâte feuilletée de nos vol-au-vent est ici représentée par une enveloppe de la même argile, moins riche que l'autre en extrait de viande. Le pâtissier donne à sa pièce élégante tournure ; il l’embellit de rosaces, de torsades, de méridiens en côtes de melon. Le Phanëe n’est pas étranger à cette esthétique culinaire. De la caisse de son vol-au-vent, il fait une superbe gourde, ornementée d’un guillochis d’em-
- oonpô on long ;
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- LA N A TIRE.
- 8fi
- preintes digitales. L'enveloppe, croûte ingrate, trop peu imprégnée d’extrait sapide, n’est pas destinée, cela se devine, à la consommation. (jue, plus tard, quand est venue la rolmsticité stomacale, non relmtée par un mets grossier, la larve ratisse un peu la paroi de sa pâtisserie, c’est possible; mais dans son ensemble, jusqu’à la sortie de l’insecte adulte, la calebasse reste intacte, an début sauvegarde de la fraîcheur du godiveau, en tout temps coffre protecteur du reclus.
- Dans le col de la calebasse se trouve une loge assez spacieuse où le Dhanée Milon dépose soti oeuf. Eette nicbe est creusée exclusivement dans la croûte; une mince paroi la sépare de la chambre aux vivres. A la partie supérieure, la chambre d’éclosion communique avec le dehors par un canalicule où s’engagerait tout au plus la plus fine des pailles : c’est évidemment une cheminée d’aération destinée à faciliter l'accès de l'air à l'œuf, et plus tard à la larve.
- Fabre n’a pas vu le travail en voie de confection ; mais, par analogie1 avec ce qu’il a observé chez les autres bousiers, voici comment il conçoit la marche de l’édification de la calebasse :
- lin petit cadavre est rencontré, dont les suintements ont ramolli la glaise sous-jacente. L’insecte rassemble plus ou moins de cette glaise, suivant la richesse du fi Ion. Ici pas de limites précises. Si la matière plastique abonde, le collecteur la prodigue, le coffre aux vivres n’en sera que plus solide. Alors s'obtiennent des calebasses démesurées, dépassant l'œuf de poule en volume et formées d'une enceinte d'un pain de quelques centimètres d’épaisseur. Mais, excédant les forces du modeleur, pareille masse se manipule mal et garde, dans sa configuration, la gaucherie d’un travail trop difficultueux. Si la matière est rare, l’insecte borne sa récolte au strict nécessaire.
- La glaise est, probablement d’abord pétrie en boule, puis excavée en une ample coupe, très épaisse, par la pression des pattes antérieures et le labeur du chaperon. En cette première besogne, le Dhanée est simplement potier. Pourvu qu’elle soit plastique, toute argile lui suffit, si maigrement (pie l’imprègnent, les sucs écoulés du cadavre.
- Maintenant, il se fait charcutier. De ses coutelas à dentelures, il taille, il scie quelques menus lambeaux de la bète pourrie ; il arrache, il découpe ce qu’il juge convenir le mieux au festin de la larve. Il rassemble tous ces débris et les amalgame avec de la glaise choisie dans les points où la sanie abonde. Le tout, savamment malaxé, devient une boule obtenue sur place, sans roulement, ainsi que se prépare le globe des autres pilulaires.
- Voici le godiveau prêt. 11 est mis en place dans le bol d’argile, largement ouvert . Déposé sans compression, le mets restera libre, dépourvu de toute adhérence avec son enveloppe. Alors se reprend le travail de céramique. L’insecte presse les grosses lèvres de la coupe argileuse, les lamine et les applique sur la préparation de charcuterie, qui finit, par être enveloppée, au sommet, d’une mince paroi, partout ailleurs d’une épaisse couche.' Sur la paroi du som-
- met, proportionnée à la faiblesse du vermisseau qui doit [dus tard la trouer au moment d’atteindre les vivres, un fort bourrelet circulaire est laissé. Manipulé à son tour, ce bourrelet se convertit en un creux demi-sphérique, où l’œuf est aussitôt pondu.
- Le travail s’achève en laminant et rapprochant les bords du petit cratère, qui se ferme et devient la chambre d’éclosion. C’est, ici surtout qu’une délicate dextérité s'impose. En même temps que se façonne le mamelon de la gourde, il faut, tout en comprimant la matière, laisser suivant l’axe le canalicule qui sera la cheminée d’aération. La calebasse est confectionnée, il reste à l’embellir. C’est œuvre de patientes retouches qui perfectionnent les courbures et laissent sur la glaise molle un pointillage d’empreintes analogues à celles que le potier des temps préhistoriques distribuait sur ses jarres pansues avec le bout du pouce.
- A citer encore un autre insecte charcutier des memes régions : c’est le Coprobie à deux épines qui confectionne des gourdes de pèlerin à double panse (lig. 2, n° 3). L’étage supérieur est pour l’œuf; l’inférieur pour l’amas de vivres, un véritable hachis de viande faisandée. Henri Coipin.
- EXPOSITION DE 4900
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- UISTRIBl TION DE I,’ÉNERGIE ÉI.ECTRIQEE
- La distribution de l’énergie électrique à l’Exposition est assurée par des groupes de machines électro-gènes établis dans l'Exposition, par des dérivations empruntées aux canalisations des secteurs des Champs-Elysées et de la rive gauche. Le branchement de l’usine du Triphasé d’Asnières qui alimentait la [date-forme mobile et le chemin de fer électrique, comme nous l’avons dit récemment, n’existe plus, et ceux-ci reçoivent l’énergie électrique de l’usine des Moulineaux.
- Les secteurs des Champs-Elysées et, de la rive gauche fournissent au total 5000 kw aux exposants ou aux concessionnaires pour installations privées, éclairage, force motrice, etc. Nous ne nous occuperons aujourd’hui que des groupes électrogènes installés dans l’Exposition et de leur production d'énergie électrique. Nous examinerons les chaudières, machines à vapeur et dynamos ; nous verrons comment le courant est pris aux diverses dynamos réparties de tous côtés dans la salle des machines, et amené aux tableaux de distribution. C’est de là qu’il part, ensuite dans de, nouvelles canalisations pour alimenter l’éclairage, la force motrice chez les abonnés exposants, sur la voie publique, conjointement avec les dérivations des secteurs que nous avons mentionnées plus haut.
- En ce qui concerne les groupes électrogènes, notre collaborateur M. A. da Cunha a indiqué dans un article précédent1 les dispositions générales qui ont
- 1 Voy. n° 1400, du 24 mars 1000. p. 267.
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- LA NAITRE.
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- été adoptées. Ail fond du Champ-de-Mars, devant l’ancienne galerie des machines, se trouvent, dans deux cours recouvertes, deux salles de chaudières séparées, l’une du côté de l’avenue de La Bourdonnais, et l’autre du côté de l’avenue de Suffren. La première est réservée aux chaudières françaises, la deuxième aux chaudières étrangères. Des carneaux particuliers sont réunis à un carneau central qui reçoit les fumées et les évacue dans les cheminées que nous avons déjà décrites1.
- Les chaudières françaises au nombre de 50 produisent 120600 kg de vapeur par heure; nous trouvons dans ces chaudières les modèles bien connus de Nielausse, de Nœyer, Compagnie française Babcok et Wilcox, Solignac, Grille et Cie, Roser, Compagnie de Fives-Lille, Mathot et fils, Monfupet, llietrix Leflaive, Nicole! et Cie, Crépelle-Fontaine. Les chaudières fonctionnent à la pression de Fl kg par centimètre carré. Toutes les chaudières sont séparées en deux groupes par une large voie qui permet l'approvisionnement du combustible par des wagons. Le charbon est mis en sac; de même les mâchefers et cendres mis en sac sont enlevés le matin par les wagons qui amènent le combustible. On estime qu’avec une marche de sept heures et demie par jour, la consommation de combustible sera de 200 tonnes par jour.
- L’alimentation en eau des chaudières est faite par des tuyaux branchés sur le réseau général de la ville de Paris. La vapeur des petits chevaux alimentaires est condensée, à la section française, dans un condenseur à surface Belaunay-Belleville.Les dispositions des chaudières étrangères dans la cour côté Suffren sont exactement les mêmes. Les chaudières sont au nombre de 42 pouvant fournir au total 114100 kg de vapeur par heure. Les principaux constructeurs des chaudières installées sont MM. Galloways, Steinmül-ler, Fitzner et Gamper, Petzold, Simonis et Lanz, Pancksh, Ewald Berningham, Petry-Dereux.
- Le nombre total des chaudières est donc de 92 d'une surlace totale de chauffe de 150000 m*, pouvant fournir au total 254700 kg de vapeur par heure.
- La vapeur ainsi produite est amenée dans la salle des machines par des conduites spéciales aux différents groupes électrogènes répartis de tous côtés. Pour distribuer l’eau de Seine et la vapeur dans le palais de l’Électricité, on a construit un réseau de galeries souterraines, dans lesquelles on a placé les canalisations. Ces galeries sont les unes parallèles à l’axe longitudinal du Champ-de-Mars, les autres perpendiculaires. Aux points de rencontre de deux galeries ont été construites des chambres carrées, où se trouvent les vannes, purgeurs, etc., et où s’effectuent les croisements. Ces galeries se raccordent d’un côté avec quatre cheminées d’aérage dans les bâtiments des chaudières, et d’un autre côté avec les égouts de la ville, pour assurer Fécoulement des eaux en cas de rupture d’une conduite. Les eaux
- 1 Voy. n° 1401. ôn 51 mars 1900, p. 291.
- pour la condensation proviennent de l’usine éléva-toire Worthington installée sur les berges de la Seine ; elles sont d’abord utilisées pour le service de la grande cascade du Château-d’Eau, passent dans les condenseurs et retournent à la Seine.
- La vapeur arrive des deux usines à 58 groupes électrogènes répartis de tous côtés dans le hall des machines, réservé pour la partie gauche (côté La-bourdonnais) à la section française et pour la partie droite (côté Suffren) à la section étrangère. Nous allons passer successivement en revue tous les groupes électrogènes en les divisant suivant qu'ils produisent du courant continu, du courant alternatif simple, diphasé ou triphasé.
- Dans la section française, nous trouvons d’abord un groupe formé d’une machine à vapeur Deeau-ville de 1200 chevaux actionnant une dynamo Crépelle et Garand à courants continus de 675 kw à 150 volts. Vient ensuite un groupe de la Société Alsacienne de constructions mécaniques ; une machine à vapeur de 1200 chevaux, Corliss verticale com-pound, commande directement une dynamo multipolaire de 675 kw à 500 volts. Nous trouvons après un groupe de la maison Bréguet, formé de 2 turbines Laval de 500 chevaux, mettant en marche 2 dynamos de 200 kw à 250 volts. De l’autre côté de la salle, le long du hall des chaudières, sont installés un groupe Weyher et Richemond composé d’une machine à vapeur de 1000 chevaux monocylindrique horizontale à 4 distributeurs, et d’une dynamo Daydé et Pillé de 560 kw à 250 volts, deux groupes Garnier et Faure-Beaulieu comprenant l’un uni' machine à vapeur Corliss monocylindrique horizontale de 550 chevaux et une dynamo Postel-Yinay de 225 kw à 500 volts, et l’autre une machine à vapeur et une dynamo de 75 kw à 500 volts. MM. Biétrix, Nieolet et Cle ont installé une machine à vapeur de 550 chevaux, compound horizontale à distribution à soupapes Colmann, mettant en marche une dynamo de la Société « L’Éclairage Electrique » de 190 kw à 250 volts. Les Hauts fourneaux de Maubeuge ont installé un moteur à gaz monocylindrique horizontal de 500 chevaux et une dynamo de 280 kw à 250 volts. La Société des Industries économiques a un moteur Charon qui actionne une dynamo de la Cie générale électrique de Nancy de 65 kw à 250 volts.
- Il n’y a pas de groupe à courant alternatif simple dans la section française : les courants alternatifs diphasés sont représentés par un groupe de MM. P. et A. Farcot, formé d’une machine à vapeur Farcot de 1250 chevaux monocylindrique horizontale à 4 distributeurs, actionnant un alternateur Hutin et Leblanc à courants diphasés de 480 kw à 2200 volts à 42 périodes par seconde.
- Les groupes à courants alternatifs triphasés sont plus nombreux. C’est d’abord le groupe de la Cie de Fives-Lille avec une machine à vapeur de 1200 chevaux, Corliss compound horizontale jumelle à double régulation automatique et un alternateur de 675 kw
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- à 2200 volts à 50 périodes par seconde ; le groupe de la Société française de construction mécanique et la Cie Thomson-Houston, dans lequel une machine à
- vapeur Çorliss Reynolds compound verticale de 2500 chevaux actionne un alternateur à courants triphasés de 675 kw à 5500 volts et à la fréquence de 25 périodes par seconde ; le groupe de MM. Riguet et Cie et A. Grammont, dans lequel une machine à vapeur de 1000 chevaux monocylindrique horizontale «à tiroirs commande un alternateur à courants triphasés de 540 kw à 2200 volts et à 50 périodes par seconde. MM. Weyher et Riche-mond et la Société Électricité et Hydraulique ont établi un groupe avec une machine à vapeur de 1250 chevaux compound horizontale jumelle à 4 distributeurs dans les fonds de cylindres et un alternateur à courants triphasés de 560 kwà 2200 volts à 50 périodes par seconde. Nous trouvons ensuite un groupe de MM. Weyher
- et Richemond et la Cic générale de Nancy (machine à vapeur de 1250 chevaux compound horizontale et alternateur de 280 kw à 5000 volts à 50 périodes par seconde), un groupe de MM. Delaunay-Bellcville et Bréguet (machine à vapeur type pilon à triple expansion, grande vitesse et graissage forcé de 1250 chevaux et un alternateur à courants triphasés système Boncherot de 700 kw à 2200 volts et 50 périodes par seconde), un groupe de MM. Dujardin et Cie et de la Société « L’Éclairage Électrique « (machine à vapeur compound horizontale tandem, demi-triplex, à quatre distributeurs accouplés par paires de 1000 chevaux et un alternateur de 440 kw à 5000 volts et à 50 périodes par seconde), et un dernier groupe de MM. Dujardin et Cie et Schneider
- et Cie (machine à vapeur compound horizontale jumelle type triplex à 4 cylindres et un alternateur de 840 kw à 5000 volts et 50 périodes par seconde).
- Fig. 5. — Tableaux de distribution. — A droite courants continus ; à gauche courants alternatifs.
- L’ensemble des groupes électrogènes de la section française, au nombre de 17, produit une puissance totale de 7755 kw, dont 5145 en courants continus, 0 en courant alternatif simple, 480 en
- courants alternatifs diphasés, et 4110 en courants triphasés.
- Les groupes électrogènes étrangers sont au nombre de 21 fournissant également du courant continu,
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- Fig. i. — Salle des machines. (Usine Labourdonnais.)
- Fig. 5. — Salle des machines. Usine SufFren.)
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- alternatif simple et triphasé. Dix groupes fournissent du courant continu; ce sont les groupes Robey (280 k\v à 250 volts), William Robinson et Siemens frères (1540 kw à 500 volts), Galloway et, Mather et Platt (280 kw à 250 volts), Maschinenfabrik et Schuckert (800 kw à 500 volts), Maschinenfabrik et Lahmeyer (550 kw à 500 volts), Storek et Cip et Electrotechniehe Industrie (500 kw à 500 volts), Ringhofler et Siemens et llalske (900 kw à 500 volts), Emile Mertz et la Société Aliotb (200 kw à 500 volts), Tosi et Schuckert (675 kw à 500 volts), et Tosi et Racini (550 kw à 500 volts).
- Roux groupes fournissent du courant alternatif simple: le groupe Maschinenfabrik Augsbourg et llelios, formé de deux moteurs horizontaux actionnant un alternateur de 1020 kw à 2200 volts à 50 périodes par seconde, et le groupe* Sulzer frères et ateliers d’Oerlikon, dont l'alternateur fournit 250 kw à 2200 volts et 50 périodes par seconde.
- Parmi les groupes à courants triphasés, nous citons le groupe Rorsig et Siemens et llalske, d'une puissance de 4250 kw à 2200 volts et 50 périodes par seconde; la puissante machine à vapeur est tout à fait remarquable. Viennent ensuite le groupe Maschinenfabrik Augsbourg et Schuckert , d'une puissance de 850 kw à 2200 volts à 50 périodes par seconde, le groupe Maschinenfabrik Augsbourg et Lahmeyer, d’une puissance de 790 kw à 5000 volts, le groupe Carels-Kolhen, d’une puissance de 560 kw, à 5000 volts, le groupe Bollinckx et Dulait, d’une puissance de 620 kw à 2200 volts et à la fréquence de 42 périodes par seconde, et le groupe Van den Ker-chove et la Cie industrielle d’électricité Pieper, d'une puissance de 560 kw à 2200 volts et à 50 périodes par seconde. Nous trouvons ensuite le groupe Ganz (510 kw à 2200 volts et 42 périodes par seconde), le groupe Lang et Cie et Ganz et Cie (675 kw à 2200 volts et 50 périodes par seconde), et enfin b* groupe Escber Wyss et ateliers d’Oerlikon (500 kw à 2200 volts et à 50 période par seconde).
- Les groupes étrangers donnent une puissance électrique totale de 15 060 kw (5475 en courants continus, 1270 en courants alternatifs simples, 0 en courant, diphasés, et 6515 en cotirants triphasés).
- En additionnant la puissance produite par les groupes français et étrangers, nous trouvons une puissance totale de 20 795 kw que peuvent fournir les 58 groupes en marche normale aux bornes des machines dynamos.
- Il faut maintenant, recueillir tous ces courants, les amener en deux points centraux où se trouvent les tableaux de distribution, et les répartir ensuite suivant l’utilisation qui doit en être faite.
- A cet effet, deux grands tableaux de distribution ont été installés au rez-de-chaussée delà grande salle des machines, sous le Ghâteau-d’Eau. A droite se trouve le tableau des courants continus, construit et installé par la Cie. générale d’éclairage et de force. Tous les câbles de toutes les machines à courants continus du grand hall (section française et étran-
- gère) sont réunis sur trois barres de distribution, couplés pour former une distribution de 5 fils à 2 X 250 volts. Sur ce tableau sont disposés des appareils de mesure Chauvin et Arnoux. Des interrupteurs bipolaires à levier permettent de coupler sur les barres les extrémités des feeders qui se répartissent de tous cotés dans l’Exposition pour amener l’énergie électrique sous forme de courants continus aux divers points d’utilisation.
- Des précautions spéciales ont dù être prises pour le tableau à courants alternatifs. Tous les alternateurs étant différents les uns des autres en ce qui concerne la tension, les fréquences, on n’a pu songera les accoupler entre eux comme pour les courants continus. On a donc divisé les parties où se trouvent les points d’utilisation en réseaux séparés, chacun d’entre eux étant alimenté par un seul alternateur à la fois. On a également prévu pour chaque réseau un alternateur de réserve présentant sensiblement les mêmes conditions de marche. La canalisation a été également établie en double. Ce tableau pour les courants alternatifs a été construit par la Société industrielle des téléphones. Sur un grand panneau de marbre sont disposés des commutateurs manœuvrés par des volants, et qui permettent de brancher un alternateur ou un autre sur un circuit déterminé.
- Nous terminerons ici l’étude de la première partie de la distribution de l’énergie électrique à l’Exposition. Nous avons parlé de la production; il nous restera à examiner l’utilisation et les applications. Ce sera l'objet de plusieurs articles successifs qui nous montreront quel parti on a tiré de l’électricité à l’Exposition. Qu’il nous soit permis de faire remarquer (pie si les travaux ont été longs et même en retard, ils n’ont pas été sans présenter de grandes difficultés, et de sérieux embarras. Il a fallu, en effet, installer une station centrale tout à fait bizarre, avec des types très différents de machines dynamos et d’alternateurs, dans des conditions tout anormales, les machines éloignées des chaudières, et les dynamos à distance des tableaux de distribution. J. Laffarc.ce.
- LA RÉSISTANCE
- DES TRAVERSES DE CHEMINS DE FER
- EN ACIER
- 11 s’agit de traverses posées dans un climat tropical, où, par conséquent, les traverses en bois, même en teck, sont exposées à de multiples et violents agents de destruction, mais où certains de ces mêmes agents, notamment l’humidité continue, sont considérés souvent comme particulièrement pernicieux pour le métal des traverses. En l’espèce, il s’agit de traverses en acier qui supportent les voies des chemins de fer de Sumatra, traverses du système Post et à profil variable, qui pèsent, neuves, un peu plus de 59 kilogrammes. On peut déjà juger des résultats qu’elles assurent sur la ligne de Port-Emma à Pandang-Pandjang, où elles ont été mises en place en 1888; elles ont supporté d’abord le passage des trains amenant les matériaux de construction, et depuis lors il y est certainement passé plus de 400 000 trains, fl faut dire, comme
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- élément d'appréciation des efforts supportés, que les locomotives des chemins de fer de Sumatra pèsent seulement 54 tonnes 1/2, qu’elles sont à trois essieux couplés, et que la vitesse des convois n’y dépasse point 50 kilomètres. Une partie de la ligne considérée est à crémaillère, et c’est d’ailleurs là que les traverses ont été le plus fatiguées. D’une façon générale, alors que des traverses en djatti (sorte de teck) seraient aujourd’hui en plein renouvellement, la Revue universelle des Mines nous annonce qu’il n’y a eu à remplacer aucune des traverses métalliques, que l’usure même a été trouvée insignifiante. La diminution moyenne du poids aux endroits les plus fatigués n’a nulle part excédé 100 grammes par an, et, depuis la pose, on n’a pas eu à enlever les écrous, l'écartement s’étant maintenu pour ainsi dire immuable, sans varier de plus de 2 à 3 millimètres. Partout l’entretien de la voie même est extrêmement simplifié, et coûte bien moins qu’avec des traverses en bois.
- On peut en la matière comparer utilement les prix, en prenant des valeurs moyennes, et en songeant qu’à Sumatra on est au mieux pour payer le bois bon marché, alors que le métal coûte forcément cher. Une traverse en bois de djatti, arrivée à Port-Emma, coûte 5fr,08 avec ses crampons (nous négligeons les crampons spéciaux d’about, le transport à piod-d’œuvre et aussi la valeur des vieux matériaux) : cela ressort donc à 0fr,41 par traverse et par an, étant donné qu’une de ces traverses dure 9 ans et que nous ne tenons pas compte de la main-d’œuvre du remplacement. Pour les traverses en acier, elles coûtent, arrivées à Port-Emma, 9fr,42 pièce, avec leurs boulons, crapauds, etc., et par suite, si elles résistent 25 années, elles sont sensiblement plus avantageuses que les traverses en bois, car l’annuité pour le renouvellement demeurant la même, les frais d’entretien de la voie, bourrage, dressage, etc., sont bien inférieurs.
- L’état dans lequel se trouvent les traverses métalliques de Sumatra, après une dizaine d’années, autorise à penser (pie leur durée sera certainement d’au moins une vingtaine d’années dans des conditions pourtant essentiellement défavorables. P. i»e M.
- LA TRANSPIRATION DES PIANTES
- Homme les animaux, les plantes absorbent une quantité d’eau bien plus considérable que celle qui leur est nécessaire, et comme eux aussi, elles rejettent dans l’atmosphère, sous forme de vapeur, ce qui est en surabondance. La physiologie végétale désigne cette fonction sous le nom de « transpiration », mais l'analogie n’est pas assez complète pour que ce terme trouve sa justification ; peut-être « exhalaison aqueuse » serait ici mieux approprié. Quoi qu’il en soit, le fait n’est pas moins évident et peut être démontré par de nombreuses expériences de laboratoire, dont quelques-unes sont même très élégantes, telle la disposition de M. P.-P. Dehérain1 (fig. 1).
- La quantité d’eau que les plantes lancent ainsi dans l’atmosphère est vraiment prodigieuse. C’est ainsi que, d’après M. Lawes, le blé, pour élaborer « un gramme » de matière sèche, évapore 250 grammes
- 1 On introduit une feuille de Graminée, attenante à la plante, dans un tube d’essai muni d’un bouchon fendu dans sa longueur; on serre la feuille sans la froisser entre les deux parties du bouchon et on soutient ce petit appareil à l’aide d’un support.
- d’eau. A l’observatoire de Montsouris, M. Marié Pavv a trouvé que la quantité d’eau consommée pour produire 1 hectolitre de grains, du poids de 80 kilogrammes, est d’environ 145 700 kilogrammes. Ce poids correspond à une tranche d’eau de 14mm,57 d’épaisseur par hectare. D’après MM. Haberland et Risler, la quantité d’eau évaporée par un hectare d'avoine est d’environ 250 kilogrammes pour 1 kilogramme de matière sèche élaborée.
- L’exhalaison aqueuse s'effectue par les feuilles ainsi que par les fleurs (dont les pièces constitutives ne sont, en somme, que des feuilles transformées) ; les organes actifs de cette fonction sont les stomates aquifères, qui diffèrent des stomates aérifères en ce qu'ils occupent toujours, isolés ou par groupes, les extrémités des nervures.
- Le dégagement de la vapeur d’eau augmente avec la température, la sécheresse, le renouvellement de l’air et la lumière, etc.
- L’exhalaison aqueuse croît avec la température, jusque vers 40° ; active pendant le jour, elle cesse presque complètement pendant la nuit, car alors la chaleur diminue et l’air devient relativement plus humide. A chaleur et à humidité égales, la lumière favorise singulièrement le phénomène, car l’obscurité ferme les stomates tant aérifères qu’aquifères. M. Van Tieghem fait remarquer à ce sujet qu’une feuille étiolée de maïs, par exemple, qui exhale 106 parties d’eau à l’obscurité, en dégage 112 à la lumière diffuse et 290 au soleil. On est parvenu à démontrer que de toutes les régions du spectre lumineux, le bleu est le plus favorable ; les rayons rouges exercent une action moindre et les autres restent à peu près sans effet.
- Plus l’air est sec, plus aussi il est agité, et plus la fonction est active.
- Le dégagement d’eau varie aussi avec l’espèce et l’âge de la plante. Les feuilles très jeunes et très vieilles exhalent relativement moins ; le maximum a lieu pour l’époque où la feuille, ayant atteint toute sa croissance, fonctionne énergiquement; telle est, par exemple, sur la tige du topinambour, la onzième feuille à partir du sommet. La fonction est plus active chez les plantes herbacées, et notamment les espèces molles et les Graminées que dans les arbres à feuilles caduques. L’énorme quantité d’eau puisée dans le sol par les racines et rejetée par la transpiration, fait remarquer M. J. Chalon, est en rapport avec les importants phénomènes de la « thermo-diffusion », découverts, et si bien étudiés par M. Merget.
- Mais il est une autre cause qui influe sur l’intensité de l’évaporation des plantes et celle-ci a une importance pratique autrement considérable que les précédentes ; nous voulons parler de la richesse du sol en matières fertilisantes. C’est ainsi que M. Hellriegel a trouvé que la transpiration de l’orge variait de 292 à 724 grammes pour « un gramme » de matière sèche produite, selon que les quantités de nitrate de soude introduites dans le sol variaient de 14,80 à 0, et cette influence des engrais a été également constatée par M. Dehérain d’une part, et M. Pagnoul d’autre
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- part. Les expériences concordantes de MM. Lawes, rtellriegel et Dehérain établissent que si 250 à 500 kilogrammes d’eau suffisent pour produire 1 kilogramme de matière sèche dans une terre bien fumée, tandis qu’il en faut 450 à 000 kilogrammes pour produire le meme kilogramme de matière sèche dans une terre pauvre. On voit immédiatement, d’après ces chiffres, combien l'emploi des engrais est nécessaire en général, et principalement dans un pays où l’eau fait défaut.
- Dans la plupart des expériences qui ont été faites à ce sujet, l’humidité de la terre n’était entretenue que par les pluies ou par des arrosages successifs ; cette humidité ne restait donc pas constante et il devait y avoir discontinuité dans le phénomène d’absorption .
- M. Pagnoul, directeur de la station agronomique du Pas-de-Calais, a cherché, en reprenant ces essais, à maintenir la terre toujours à peu près saturée d’eau, sans avoir recours aux arrosages, et cela au moyen de deux vases en /inc munis d'un ajutage comme l’indique la figure 2, et portant «à fi centimètres du fond une toile métallique et un carton d’amiante traversés par deux fortes mèches de coton.
- De l’eau était introduite dans le vase jusqu’à la hauteur de 5 à A centimètres et les mèches do coton, préalablement humectées et plongeant dans cette eau, étaient étalées sur le carton d’amiante, puis recouvertes de terre line passée au crible.
- Dans le premier vase, on introduit une terre argileuse pauvre, sans engrais ; dans le second, une terre calcaire riche, avec engrais (sang desséché et nitrate de potasse que
- Dispositif adopté par M. Dehérain pour montrer l'exhalaison aqueuse.
- Kig. — Cases de végétation de M. Pagnoul. — AA, Plantes de fétuques ; B, Terre végétale ; C, Toile métallique ; I), Eau ; E, Mèches de coton ramifiées dans la terre.
- On y a semé de la fétu-puis les deux vases ont été placés dans les plateaux de l’évaporomètre enregistreur de Richard.
- L’appareil était placé dans une serre qui recevait les rayons du soleil pendant une grande partie du jour.
- Jusqu’à la levée complète des fétuques, qui a demandé cinq jours, l'évaporation a été très légèrement supérieure sur la terre argileuse. Puis pendant trois ou quatre jours elle est restée sensiblement pareille ;
- mais, à partir de ce moment, la perte par évaporation s’est accrue beaucoup plus vite sur la terre avec engrais que sur l’autre.
- M. Pagnoul a effectué la coupe de la récolte un mois après le semis ; peu après, l’exhalaison aqueuse s’est maintenue à peu près la meme dans les deux vases; mais six jours plus tard, la courbe reprenait sa direction de plus en plus rapidement descendante. 11 en
- fut de même après la seconde et la troisième coupe effectuées, respectivement vingt-cinq et vingt jours après la première.
- Finalement le total des trois récoltes, ramenées à l’état sec, a été de A,fiO sur la terre sans engrais et de \5,59 sur la terre riche additionnée d'engrais, tandis que la quantité d’eau évaporée, qui n’a été que de 4941 grammes sur la première, s'est élevée à 7fi8t pour la seconde. Enfin, l’évaporation correspondant à 1 gramme de matière sèche élaborée a été, au contraire, en moyenne de 1109 grammes sur la première terre et seulement de 575 sur la seconde.
- Ces résultats confirment bien les observations. Mais M. Pagnoul les a complétées en dosant l’azote
- dans les deux cas, et il a obtenu les résultats que nous donnons en note1.
- Si l’on rapproche ces quantités d’azote absorbé et les quantités d’eau évaporée, on trouve que 1 gramme d’azote fixé par la plante correspond à 4(i kilogrammes d’eau évaporée sur la terre pauvre et seulement 1 kilogramme sur la terre sèche. Il n’est pas besoin d’insister longuement sur les conséquences pratiques de ces intéressantes expériences ; elles montrent toutes, d’une manière évidente, qu’une bonne fumure peut tenir lieu d’arrosage et dans la plupart des cas, le coût de l’engrais est moindre que les frais nécessités par l’aménagement des eaux. Albert Larbalétrier.
- 1 Résultats dos expériences de M. Pagnoul :
- Fëtuque fpauvre . de la terre.(riche. .
- pour 100 2.590 5.075
- pour la recolle entière 0*r,(H7 0*',232
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- LE TRANSPORT DES WAGONS RUSSES A L’ANNEXE DE AINCENNES
- Kig. 1. — Arrivée à l’annexe de Viuceunes d’un wagon russe traîné par 36 chevaux.
- Parmi les nombreux visiteurs qui, chaque jour, admirent dans le grand hall des chemins de fer de Pannexe de Vincennes les magnifiques locomotives et les superbes wagons exposés par le gouvernement impérial russe, la plupart ignorent au prix de quelles difficultés ce beau matériel a été amené à la place qu’il occupe.
- C’est qu’en effet la largeur des voies ferrées russes est plus grande que celle des autres voies européennes. Aussi pour transporter les locomotives a-t-il fallu, à leur arrivée à la frontière allemande, les enlever de leurs essieux et les placer sur des trucks spéciaux ayant l’écartement de roues voulu. l)e plus, on a dù démonter les cylindres, les bielles d’accouplement, les coulisses et tout ce qui déliassait le bâti proprement dit des machines, alin que celles-ci pussent circuler sur les voies ferrées quelles devaient emprunter. A Viuceunes, une voie spéciale avait été établie pour recevoir le matériel russe, et une fois rendues
- à destination, les locomotives ont été replacées sur leurs bogies et remises en état. Quant aux wagons,
- non seulement ils étaient trop larges, mais encore leur hauteur dépassait de 20 centimètres le gabarit belge et de 18 centimètres le gabarit français. Un se vit donc obligé de renoncer à les transporter par voie ferrée.
- Les cinq wagons destinés à figurer à l’annexe de l’Exposition universelle de 1900 lurent dirigés vers Libau, port russe sur la Baltique, et là embarqués à bord de vapeurs qui les conduisirent jusqu’à Rouen où ils furent de nouveau transbordés sur des chalands qui les amenèrent à Paris.
- C’est alors que surgirent les plus grandes difficultés . Il fal lut, en elfe t,, chercher tout d’abord un quai de déchargement convenable. Or chaque wagon mesure 20 mètres de longueur et pèse environ 50 tonnes et ce n’est qu’aux abords du Champ-de-Mars qu’il existe des grues suffisamment puissantes pour soulever de pareilles
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- la s\ mu:.
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- charges. Mais le transport à travers Paris pour gagner le bois de Vincennes devenant impossible, on ne pouvait songer à utiliser les seules grues dont on pouvait disposer. Dès lors, il 11e restait plus qu’à débarquer aussi près que possible de l’annexe et l’on choisit le quai de Bercy, près du pont d’Austerlitz d’où les wagons pourraient être conduits à destination par des voies praticables.
- Dans ces conditions, le quai étant, en cet endroit, assez élevé au-dessus du niveau de la Seine, il 11’é-tait pas facile d’enlever les wagons pour les charger sur le chariot qui devait les emporter.
- Chaque voiture dut être soulevée au moyen de vérins et l’on glissa, au fur et à mesure de l’élévation obtenue, des poutres les unes sur les autres, comme l’indique la ligure 2, jusqu’au moment où le wagon étant suffisamment élevé il fut possible de le faire descendre sur le quai le long de pièces de bois très résistantes. La manœuvre, très dangereuse par elle-même, était encore rendue plus difficile par suite du voisinage de la station des bateaux-omnibus et des remous que ceux-ci occasionnaient lors de leurs fréquents passages. Aussi 11’est-ce guère que la nuit que l’on put travailler et il ne fallut pas moins de dix jours et dix nuits pour transporter les 5 wagons, des chalands qui les avaient amenés jusqu’à l’annexe de Vincennes. Le chariot employé à cet effet mesurait 19 mètres de longueur et était traîné par 36 chevaux vigoureux. Un tel équipage 11e pouvait circuler à travers Paris que pendant la nuit. Les principales difficultés de ce transport furent les tournants de rue, parfois très brusques, et surtout la montée dite de la Grande-Pinte dans la rue de Cha-renton. La ligure l montre l’un des wagons au moment où le camion tournait pour entrer à l’annexe de Vincennes. Bien que fort difficiles et très dangereuses, les opérations de déchargement et de transport se sont effectuées sans aucun accident grâce au sang-froid des Ingénieurs russes qui conduisaient la manœuvre et aux précautions qu’ils avaient prises.
- On conçoit sans peine que le transport de ces cinq wagons a dù coûter fort cher au Gouvernement impérial; M. d’Abramson, l’aimable délégué de l’administration des chemins de fer russes à l’Exposition de 1900, a bien voulu nous dire que la dépense s’était élevée à plus de 80 000 francs dont 50 000 francs pour le seul transport de Rouen à Vincennes. Georges Caye.
- La réunion de la Conférence Scientia, fondée en 1884 par notre regretté ami Gaston Tissandier et par nos confrères MM. de*Nansouty et Ch. Richet, pour recevoir et honorer les « grands de la science », eurent un succès que personne n’a oublié. Le dernier banquet remontait à 1896; il avait été offert à M. Lippmann, de l’Institut, qui venait de faire connaître son admirable méthode de photographie des couleurs. A l’occasion de l’Exposition il nous a paru, ainsi qu’aux fondateurs de Scientia, que le moment était propice pour reprendre ces réceptions. Un premier dîner a eu lieu le jeudi 28 juin au restaurant
- des Congrès à l’Exposition en l’honneur de M. G. Darboux, l’illustre géomètre, doyen de la Faculté des sciences, récemment élu secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences en remplacement de son maître et ami Joseph Bertrand. Vous ne pouvions mieux choisir pour commencer cette nouvelle série. Nous espérons bien, les mois prochains, que les membres de la Conférence se grouperont autour des hautes personnalités que les divers Congrès de l’Exposition vont amener à Paris.
- Tout le Paris savant avait tenu à fêter M. Darboux. M. Ch. Richet, en sa qualité de plus ancien fondateur de nos réunions et pour relier le passé au présent, voulut bien accepter la présidence effective. Et en cette qualité, au dessert, il a prononcé, à l’adresse de M. Darboux, un charmant discours. M. Darboux n’a pas été long à riposter et son discours très lin, très spirituel, a été à plusieurs reprises interrompu par les applaudissements. Le doyen de la Faculté de médecine, M. Brouardel, a porté un toast non plus seulement à M. Darboux le mathématicien, mais encore à l’homme, à l’homme que tout le monde aime et affectionne à la Faculté des sciences. « Je me le permets, a dit souriant M. Brouardel, car je suis votre doyen,-monsieur le doyen! Vous avez avoué onze ans d’exercice et j’entre dans ma quinzième année. » On a applaudi encore et l’on s’est promis de se retrouver le plus tôt possible. Le défaut de place nous oblige à grand regret à ne pouvoir reproduire les discours de MM. Darboux et Richet,
- Un certain nombre de membres de Scientia, prévenus tardivement, nous ont envoyé leurs excuses. Nous prions les anciens membres et les savants qui désireraient assister au prochain banquet de vouloir bien s’inscrire en écrivant d’avance à l’un des secrétaires administrateurs qui sont : M. Max de Nansouty, directeur de la Vie scientifique; M. Louis Olivier, directeur de la Revue (jénérate des sciences; M. Ch. Richet, directeur de la Revue scientifique; M. Henri de Parville, directeur de La Nature, 120, boulevard Saint-Germain.
- Voici, comme viennent au hasard de la plume, les noms des personnes qui ont assisté au dîner du 28 juin.
- M. Darboux, Président d’honneur. M. Maurice Lévy, Président de l’Académie des sciences; M. Janssen de l’Institut, directeur de l’observatoire de Meudon ; M. le. général Rassot de l’Institut; M. Marey, de l’Institut, M. Bouchard de l’Institut, M. Brouardel de l’Institut, M. Chauveau de l’Institut ; M. Emile Picard de l’Institut, M. Joannès Chatin de l’Institut, M. Giard de l’Institut, M. Violle de l’Institut, trésorier; M. Marcel Desprez de l’Institut, le Prince Roland Bonaparte, M. Lhôte, Paul Painlevé, Emile Trélat, Paul Topinard, Haller, Henncguy, Vallery-Radot, Charles de Lesseps, Villard, Appert père et fils, Lucien Poincaré, Destournelles, Bouchez, G. Mareschal, Evrard. Octave de Rochefort, H. Cordier, Ed. Landrin, Loir, Pesce, Bardot, Emile Borel, Mareuze, Dagincourt, Le-rover, Mojon, Albert Tissandier, Jacques Béehet, Teine, Bcrillon, H. de Varigny, Ch. Richet, Président; MM. de Nansoutv, Louis Olivier, Henri de Parville.
- CHRONIQUE
- Légion d’Honnenr, — Le secrétaire de la rédaction de La Nature, notre ami et collaborateur, M. J. Laf-fargue vient d’être nommé chevalier de la Légion d’honneur. C’est une nomination qui nous touche particulièrement et qui sera bien accueillie dans le monde savant et industriel. Dimanche, en Sorbonne, à U Assemblée
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- LA A A Tl HL.
- LA AA Il HL. Do
- générale annuelle de la Fédération professionnelle des chauffeurs, conducteurs, mécaniciens, électriciens, etc., .U. le Président de la République a attaché lui-mèine à la boutonnière de notre ami la croix de la Légion d'honneur et lui a donné l’accolade au milieu des applaudissements d’une nombreuse assistance. La fête de la Fédération est devenue ainsi une fête pour nous : cette récompense avait été bien gagnée, mais les circonstances dans lesquelles elle a été décernée en doublent la valeur. M. Laffargue compte parmi les laborieux et les modestes. Il a beaucoup travaillé et, depuis des années, nous avons pu apprécier ses mérites et nous féliciter de sa persévérante collaboration à La Nature. On sait ici les services qu’il rend autour de lui et on est particulièrement heureux de la haute distinction qui vient de lui être conférée. Rien que jeune, il a eu déjà une carrière très remplie. Dès 1880, il était préparateur à l’École de physique et de chimie; en 1888, il était Directeur de l’usine électrique des Halles, puis, en 1892, attaché au service de contrôle des Sociétés d'électricité de la Ville de Paris; depuis 1890, il est secrétaire général adjoint de la Fédération des chauffeurs-électrieiens et chargé îles cours d’électricité industrielle. 11 est secrétaire de La Nature depuis 1888. On lui doit des ouvrages qui sont devenus classiques et dont les éditions se succèdent. Le Manuel de l’ouvrier monteur électricien ; les Applications mécaniques de l’énerqie électrique, puis ce beau rapport qu’il a écrit avec M. Ch. Bos à la suite d’une mission en Allemagne sur la Distribution de l’énergie électrique, etc. Les amis du journal apprendront cette nomination avec plaisir : elle a déjà reçu l’approbation unanime des électriciens, des ingénieurs et des industriels. Fêtes de Mayence. — Au confluent du Rhin et du Mein, la Mayence est devenue, la semaine dernière, une fourmilière de gens venus de partout pour assister aux l'êtes du 5e centenaire de la naissance de Jean Gutenberg. Cinq siècles se sont écoulés depuis que naquit Johannes (iensfleisch, qui prit, par la suite, le nom de Gutenberg, dont une idée ingénieuse devait révolutionner le monde. Un ne sait pas la date de sa naissance, pas plus le jour que l’année. Kl c’est plutôt par une convention à sens symbolique qu’on s’est arrêté au millésime précis du quinzième siècle commençant, comme au jour de la Saint-Jean, fête patronale du grand homme. Au surplus, si dans cette date il y a une erreur, elle n’est pas importante, car les recherches historiques s’accordent à limiter aux proches environs de l’année 1400 la date certaine de l’événement. Gutenberg n’a pas inventé, l’imprimerie, comme on le croit communément, mais la typographie et la fonte des caractères. Les Chinois imprimaient depuis des siècles; les cartes à jouer et, à l’imitation de celles-ci, les images de piété avec une légende gravée étaient d’une fabrication, d’un usage constants. 11 y avait même des moines, notamment à Nuremberg, qui « composaient » des prières au moyen de caractères-blocs, véritables « clichés » ; ils assemblaient et pressaient ces blocs qui représentaient chacun un mot. C’était bien l’imprimerie, cela, et, pourtant, le système n’avait pas d’avenir et n’obtenait nul succès. L’idée géniale de Gutenberg consista simplement à découper ces blocs, à rendre chaque lettre indépendante, à créer l’alphabet typographique mobile. En même temps, il s’attachait à fabriquer, par la fonte en un métal approprié, la quantité nécessaire de caractères d’imprimerie. C’est tout ; et la trouvaille eut un succès inouï et immédiat. En quelques armées, des imprimeries furent créées dans tous les pays. ACADÉMIE DES SCIENCES Séance du'l juillet 1900. — Présidence de M. M. Lévy. M. Darboux, secrétaire perpétuel, rend compte de l’étal de la question concernant la création d’une association internationale des académies. La France a adhéré au projet de statuts élaborés par les délégués des neuf académies réunis à Wiesbaden. D’une manière générale, on peut dire que tous les grands corps savants des deux mondes ont répondu à l’appel, à l’exception de l’Académie d’histoire de Madrid. Il y aura dans l’association deux sections : l’une correspondant aux lettres, l’autre aux sciences. L’association sera dirigée par une assemblée générale triennale et, dans l’intervalle des sessions, par un comité permanent. Les académies enverront aux assemblées générales autant de délégués qu’elles le jugeront utile, en raison des matières à traiter, mais ces délégués n’exprimeront ensemble qu’un suffrage ; elles seront représentées au comité permanent par un seul délégué. La première session aura lieu à Paris le 31 juillet 1900; la présidence sera exercée par un membre de l’Académie des sciences. Pendant les autres sessions, la présidence sera dévolue au représentant de l’Académie de la ville qui sera choisie pour lieu de réunion. Le but de l’Association est de traiter les questions scientifiques d’un intérêt général; c’est ainsi que la Société royale de Londres a fait inscrire à l’ordre du jour la question de la mesure d’un arc de méridien en Afrique. Les qaz combustibles de l’air. — Dans une précédente communication, M. A. Gautier a exposé le résultat d’expériences extrêmement précises dont il résulte que l’air des rues de Paris contient en toute saison un carbure d’hydrogène qui paraît être du gaz des marais. Le rapport du poids du carbone au poids de l’hydrogène serait en apparence égal à 3, ainsi qu’il arriverait si l’hydrocarbure atmosphérique était du gaz des marais. Toutefois, des expériences d’un ordre différent ont conduit M. A. Gautier à adopter pour le rapport g le nombre 2,4 qui impliquerait l’existence d’un mélange d’hydrogène pur et d’hydrocarbures plus riches en carbone que le méthane. M. A. Gautier a poursuivi ses recherches en examinant cette fois l’air des bois et celui des montagnes. 11 a transporté ses appareils en pleine forêt, à 70 kilomètres de Paris, en un lieu situé à 187 mètres d’altitude, éloigné de tout village, de manière que la composition de l’air ne fût pas altérée par les fumées. 11 a trouvé ainsi que 100 litres d’air sec à la pression 760 contenaient lm®',54 d’hydrogène, en moyenne, pour 3n’*r, 4 de G carbone. Le rapport ^ tombe cette fois à 2,2. M. A. Gautier s’est ensuite installé au sommet du Canigou à 2787 mètres d’altitude, c’est-à-dire en un point où l’air est non seulement à l’abri des souillures que lui infligent l’industrie et la vie animale, mais même des effets des fermentations du sol, par suite de l’absence à peu près complète de terre végétale et de végétations sur une vaste étendue. Le poids de l’hydrogène est tombé à lm,r,97 pour 100 litres d’air et celui du carbone à 0nier,66. Le rapport ~ tombe donc cette fois à 0,53. Ainsi à mesure que l’on s’adresse à un air plus pur le carbone tend à disparaître. On peut donc sûrement conclure qu’il y a mélange d’hydrogène pur et d’hydrocarbure. Si tout le
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- LA NATURE.
- ‘.Mi
- carbone était combiné à l’état de méthane, il laisserait libre, dans ce dernier cas, un volume d’hydrogène qui serait les 2/10 000 du volume de l’air.
- Cil. I»K YlLLEDECIL.
- L’OR A L’EXPOSITION DU CANADA
- 4250 francs. Elle mesure 17 centimètres de hauteur sur 8 centimètres de largeur.
- Le chapelet, dont les éléments lurent fournis par les diverses alluvions des affluents de la rivière Jukon, est un présent que les mineurs catholiques du Klon-dike ont offert dans ces derniers temps à leur pasteur, le R. U. Gendreau. Sa valeur est estimée à 2500 francs.
- La quatrième vitrine renferme les produits de la Nouvelle-Lcossc. Là, pas d’or d’alluvion ; toute la production est fournie par les liions quartzeux.
- L’exploitation de la Nouvelle-Ecosse paraît appelée à un grand avenir. Elle a été étudiée avec grand soin par M. Farihault, un Canadien français, géologue des plus distingués, qui a mis en évidence les qualités aurifères de ses liions. U a démontré (pie c’était vers le faite des plis anticlinaux que l’or se trouvait en plus grande abondance et que c’était par conséquent en ces points qu’il convenait de pousser les recherches. Il en est, du reste, en Non-. velle-Écosse comme en Australie ; les liions aurifères jouissent partout des mêmes propriétés et cela n’a pas lieu de suprendre, la Nature obéissant partout aux mêmes lois.
- L’or exerce partout son attrait, et il y a foule à l’Exposition devant les vitrines du Klondike. C’est pourquoi avons-nous songé à reproduire la grande pépite de 1400 grammes. Le visiteur peut suivre à quelque distance, dans la section du Transvaal, les opérations d’extraction que nous avons récemment décrites.
- D’un autre côté, l’Australie, les États-Unis et la Guyane française exposent, comme le Canada, de nombreuses et magnifiques pépites ; Il parait que l’on en vend même près du pavillon de notre colonie de l'Amérique du Sud. IL
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. _ Imprimerie Lajhke, rue de Fleuras, 9.
- Le pavillon du Canada, au Trocadéro, offre des spécimens nombreux et choisis de l'or recueilli dans l’Amérique anglaise. Le ' peut y considérer quatre grandes vitrines, que garantissent de forts grillages en fer et sur lesquelles veille, jour et nuit, l’œil d’un gardien. C’est que ces vitrines représentent une somme respectable,
- ^ant en poudre qu’en paillettes et en pépites, plus de 150000 francs, nous a-t-il été affirmé.
- Deux d’entre elles contiennent des échantillons de l’or d’alluvion fourni par les rivières Columbia et Fraser de la Colombie anglaise ; on y remarque de nombreuses pépites dont quelques-unes atteignent de fortes dimensions. Les plus importants dépôts sont actuellement épuisés et on n’exploite plus guère dans la Colombie que les liions de quartz qui renferment de l’or natif soit seul, soit à l’état de mélange avec des sulfures.
- La troisième vitrine se rapporte aux importantes mines du Klondike. Un sait combien cette exploitation, en dépit des difficultés de toutes sortes dont elle est entourée, est aujourd'hui florissante. La production de l’or de cette contrée qui n’atteignait, en 1890, qu’une valeur d’environ 5 millions de francs, est passée à 25 millions, en 1897, et atteindra, en 1900, l’énorme chiffre de 170 millions.
- Dans cette vitrine, se trouvent deux curiosités, une énorme pépite, dont nous donnons la reproduction, et un chapelet de pépites.
- La pépite, découverte, en 18(30, dans la rivière Chaudière, pèse le poids respectable de -45 onces, soit 1400 grammes ; elle représente une valeur de
- Pépite du Klondike pesant 1100 grammes. Valeur 4250 francs.
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- N“ U10.
- 14 JUILLET 1000.
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- LA N A TU H K.
- L’ENREGISTREMENT MICROPHONIQUE
- DE LA MARCHE DES CHRONOMÈTRES
- On sait quelle est pour les astronomes, les géode-siens, les marins, l’utilité des chronomètres, qui, dans les mesures laites loin des observatoires, constituent la seule possibilité d’avoir l’heure précise du premier méridien. Aussi l’étude de ces instruments, appelés avec tant de justesse des « garde-temps », est-elle faite avec les plus grandes précautions et leur marche est-elle déterminée par des observations nombreuses aussi variées (pie possible, quant aux conditions de température.
- J’ai pensé qu’il serait utile de pouvoir enregistrer graphiquement la marche des chronomètres, de façon à éliminer l’erreur personnelle de l’observateur, et cela, sans les ouvrir ou sans les munir d’un organe quelconque susceptible de charger l’une de
- ET DES PENDULES ASTRONOMIQUES
- lwurs pièces. J'ai pensé pour cela à la transmission microphonique des battements de l'échappement.
- A cet effet, j’ai construit un microphone de Hughes, à charbon vertical et à support très léger : le crayon mobile ne présente qu’une inertie très faible. Ce microphone, représenté en M sur la figure, est simplement « posé » sur le chronomètre à étudier, C ; il est monté en série avec une pile P de huit éléments secs et un téléphone T sur la plaque vibrante duquel on peut apercevoir les charbons d’un microphone qui y est fixé. Ce téléphone T, devenu ainsi un relais transmetteur, est, lui-mème, monté en série avec une pile P' et un second récepteur téléphonique T' dont la membrane exécute, dans ces conditions, grâce au courant de la pile P',
- Enregistreur iiiicrophouique pour chronomètres et pendules astronomiques île M. A. Bergeret.
- des mouvements d’une amplitude suffisante pour rompre à chaque vibration un contact établi entre une pointe de charbon et un disque de platine fixé à la membrane.
- La rupture et le rétablissement de Ce contact sont utilisés pour produire sur un cylindre E noirci à la fumée et mis en mouvement par un régulateur d’Yvon-Villarceau, l’inscription de chaque battement produit par l’échappement du chronomètre. Les courbes ainsi tracées sont nettes, d’une lecture aisée et précise.
- Les avantages de cette méthode sont les suivants :
- 1° La suppression de l’erreur personnelle dans toutes les observations ;
- 2° La possibilité d’enregistrer la marche d’une pendule astronomique, sans surcharger son balancier d’aucun organe inscriptcur susceptible d’en troubler le mouvement, puisqu’il suffit de « poser » le microphone M sur la caisse de la pendule ;
- 5° Possibilité de suivre la marche d’un chronomètre pendant qu’il est placé à l’étuve ou à la gla-28e année. — 2” semestre.
- cière sans ouvrir les enceintes où l’on a placé l’instrument ;
- 4° Chaque chronomètre peut être rendu émetteur de signaux quelconques et régler plusieurs horloges, puisque le contact établi et rompu périodiquement peut être utilisé à commander un relais ordinaire ;
- 5° Possibilité d’employer, « avec inscription graphique », la méthode des coïncidences, avec une précision aussi grande que l'on voudra (puisqu’on est maître de la vitesse angulaire du cylindre enregistreur), à la comparaison soit de deux chronomètres, soit de deux horloges, soit d’une horloge et d’un chronomètre ;
- fi° Enfin, ce dispositif peut servir à distribuer, d’une façon précise, et sans troubler, par aucun organe additionnel perturbateur, la marche de l’appareil servant d’étalon de temps, l’heure d’une pendule, d’observatoire à plusieurs horloges réceptrices : il suffit de « poser » des microphones sur la caisse extérieure de la pendule astronomique servant d’étalon ; c’est une solution qu’il peut être utile d’étu-
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- LA NAIT K K.
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- (lier dans le problème de la transmission de l’heure.
- Cette méthode a été présentée par M. Lippmann à 1 Académie des sciences le 0 novembre 1899 et communiquée quelque temps plus tard par le meme savant au bureau des Longitudes A. Berget,
- Docteur ès sciences.
- ' SIR LES PLANÈTES TÉLESCOPIQUES
- L’hypolhèsc de Laplace, telle qu’elle est formulée daiis la Aote \ll de l’Exposition du système du monde (6* édition. 1855), n’a pas cessé d’occuper le inonde savant. M. de Freycinet, dans une communication à l’Académie des sciences du 50 avril, n’a pas eu l’intention de l’examiner dans son ensemble, mais bien d’en retenir un trait essentiel, celui qui touche à la formation des planètes. Selon le grand géomètre, la nébuleuse solaire, en se contractant, a abandonné dans la zone équatoriale une succession d’anneaux, relativement minces et étroits, qui ont continué à circuler autour du Soleil. Chacun de ces anneaux tournait tout d’une pièce, par suite du frottement réciproque des molécules qui avait égalisé leur vitesse angulaire, très faible d’ailleurs. I)’un anneau à l’autre, la vitesse variait, en conformité de la loi des aires. Enfin chacun de ces anneaux, en équilibre fort instable, s’étant rompu sous l’influence de causes quelconques, les débris se sont agglomérés soit en plusieurs masses distinctes, soit en une seule, assez puissante pour attirer à elle toutes les autres. « Ce dernier cas, dit Laplace, a été le plus commun : cependant le système solaire nous offre le premier cas dans les quatre petites planètes qui se meuvent entre Jupiter et Mars, à moins qu’on ne suppose, avec M. Olbers, qu’elles formaient primitivement une seule planète qu’une forte explosion a divisée en plusieurs parties animées de vitesses différentes. »
- Aujourd’hui l’hypothèse d’une explosion est abandonnée et les planètes télescopiques se comptent par centaines. M. de Freycinet s’est demandé si, précisément à raison de leur nombre, elles ne fourniraient pas un moyen, qui avait manqué à Laplace, de vérifier la justesse de son point de vue. En effet, ce groupe astronomique s’offre dans des conditions particulièrement favorables. Les perturbations, pour certains éléments similaires, doivent se compenser à très peu près, lorsqu’on base l’étude sur un aussi vaste ensemble d’orbites planétaires ; la moyenne des valeurs des grands axes, par exemple, ou des excentricités ne doit pas différer sensiblement d’une époque à une autre. En s’en tenant donc à des moyennes, on a chance de mettre en évidence des lois qui ne s’aperçoivent pas chez des astres isolés.
- L’auteur a choisi les 428 premières planètes cataloguées à Y Annuaire du Bureau des Longitudes de^ 1899. lia dù, dès l’abord, faire subir aux inclinaisons une double correction : 1° substituer le plan de l’équateur solaire à celui de l’écliptique ; 2° les ramener toutes à la même date: celle de l’équinoxe et l’écliptique moyens de 1900. Les inclinaisons ainsi rectifiées sont comprises entre 0° et 50°, sauf celle de Dallas, qui atteint 50° 14'. La moyenne générale est de 10° 28'. L’anneau s’accuse déjà, avec la faible largeur relative signalée par Laplace. Quant à son épaisseur, on se rappellera que les planètes sont échelonnées dans un espace qui s’étend depuis deux fois environ le rayon de l’orbite terrestre jusqu’à quatre fois et un quart ce même rayon. A la vérité, plus des 92 centièmes, 590 sur 428, sont entre les distances 2,2 et 5,2, et la presque totalité est entre les distances 2 et 5,5. L’épais-
- seur n’en reste pas moins très grande; trop grande même, semble-t-il, pour un seul anneau : aussi M. de Freycinet a-t-il été conduit à admettre plusieurs anneaux distincts, hypothèse qui, on le verra plus loin, acquiert un haut degré de probabilité. Les premières impressions se confirment à l’aspect de la distribution des astéroïdes; ils ne sont point répandus d’une manière uniforme, ni semés au hasard : ils forment comme des lits superjtosés, contrastant avec des bandes très pauvres. Ainsi, entre les distances 2,7 et 2,8, sur une épaisseur égale au dixième du rayon de l’orbite terrestre, on compte 85 astéroïdes, tandis que sur une épaisseur égale, entre les distances 2,45 et 2,55, on n’en rencontre que 12. De meme, entre les distances 5,1 et 5,2, il existe 57 planètes, et 9 seulement sur une épaisseur double, entre les distances 5,2 et 5,4.
- Enfin l’auteur cite le fait suivant :
- La distance moyenne au Soleil des 428 astéroïdes est de 2,700. Si on les répartit en trois groupes, d’après leur inclinaison croissant de 10° en 10° (Pallas étant à l’écart), on constate que la distance moyenne, dans chacun de ces groupes, s’écarte fort peu de la moyenne générale.
- Le premier groupe, de 0°à 10°, comprend 257 planètes et a pour distance moyenne 2,757 ;
- Le deuxième groupe, de 10° à 20°, comprend 102 planètes et a pour distance moyenne 2,771 ;
- Le troisième groupe, de 20° à 50°, comprend 28 planètes et a pour distance moyenne 2,815.
- La moyenne générale étant représentée par 1, les moyennes partielles sont représentées par 0,997, 1,002 et 1,017. Si les astres s’étaient formés indépendamment les uns des autres, on n’apercevrait par la raison d’une semblable régularité.
- Passant à d’autres considérations et en vue de faciliter l’application du calcul, l’auteur réduit l’hypothèse de Laplace à ses termes les [dus simples. Il suppose qu’il y a eu, à l’origine, solidarité entre les corpuscules ou embryons d’astéroïdes engagés dans un même anneau; ceux-ci, pendant la rotation, gardaient leurs positions relatives, comme s’ils avaient fait, partie d’un solide géométrique. La vitesse angulaire, très faible en tout cas, était telle que sur la face extérieure de l’anneau les molécules, ainsi que l’explique Laplace, satisfaisaient à la relation d’équilibre entre la force centrifuge et l’attraction solaire : le carré de leur vitesse tangcntiellc était égal au -rapport de l’attraction à leur distance au Soleil. Les molécules situées à l’intérieur de l’anneau possédaient nécessairement des vitesses linéaires moindres, puisqu’elles avaient la même vitesse angulaire et qu’elles étaient [dus voisines du Soleil. Après cette première phase, les phénomènes complexes qui ont marqué la dislocation de l’anneau et l’agrégation de sa matière en masses distinctes sont résumés par lui en un seul : il admet que dans le même instant le soi-disant solide géométrique s’est brisé de toutes parts et que chaque astéroïde, à un état de formation plus ou moins avancé, a cédé librement à l’attraction solaire. Il a dès lors décrit une courbe elliptique dont l’aphélie coïncide avec le point précis où il se trouvait quand la rupture s’est p-oduite. Les corpuscules voisins de la surface extérieure ont pu continuer à parcourir des cercles ou des orbites presque circulaires, s’ils ont été peu dérangés de la position d’équilibre.
- On trouve, d’après la formule générale des mouvements planétaires, que l’excentricité de l’ellipse décrite par cet astéroïde dépend à la fois de sa latitude ou de l’mclinaison de son orbite sur l’équateur solaire, de sa
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- distance au Soleil et de l’épaisseur de l’anneau. On en déduit aisément la valeur de l’excentricité moyenne de de tous les astéroïdes de l’anneau. Cette excentricité moyenne ne dépend plus que de l’inclinaison moyenne, de l’épaisseur de l’anneau et de la distance de sa face supérieure au Soleil. Si l’on divise l’anneau en 5 groupes, suivant l’inclinaison croissant de 10° en 10°, on obtiendra trois équations correspondantes, qui exprimeront chacune l’excentricité moyenne du groupe d’après l’inclinaison moyenne de ses astéroïdes. Mais puisqu’on raisonne sur des moyennes, l’auteur admet que l’anneau considéré représente l’état moyen des choses dans les divers anneaux, en sorte que les inclinaisons et les excentricités moyennes qui figurent dans ces relations sont précisément celles des groupes tracés dans la formation tout entière.
- M. de Freycinet recherche alors les inclinaisons et les excentricités réelles de ces mêmes groupes, telles qu’elles résultent des chiffres de YAnnuaire : 1° les 257 planètes du groupe compris entre 0° et 10° ont une inclinaison moyenne de 7° 1 V et une excentricité moyenne de 0,1552; 2° les 102 planètes du groupe de 10° à 20° ont une inclinaison moyenne de 14° 2' et une excentricité moyenne de 0,1574; 5° les 28 planètes du groupe de 20° à 50° ont une inclinaison moyenne de 25° 58' et une excentricité moyenne de 0,2042.
- L’excentricité moyenne croit nettement, on le voit, avec l’inclinaison, ce qui est d’accord avec les relations analytiques. Mais la progression réelle, qui atteint 52 pour 100 du premier au troisième groupe, est-elle conforme à la progression théorique? C’est ce qu’il faut examiner.
- L’épaisseur de l’anneau est inconnue. Mais M. de Freycinet l’élimine à la faveur des trois relations analytiques, et il obtient deux autres relations, qui expriment seulement l’excentricité au moyen de l’inclinaison.
- Ce sont, à proprement parler, les équations de condition auxquelles les nombres réels doivent satisfaire.
- En d’autres termes, la valeur du rapport qui existe entre l’excentricité et l’inclinaison étant connue pour l’un des groupes, les formules permettent de trouver la valeur des excentricités correspondant aux inclinaisons dans les deux autres groupes. En déterminant, par exemple, le premier rapport à l’aide de Y Annuaire, on déduira analytiquement les excentricités qui figurent dans les deux autres rapports, et ces chiffres devront, si la théorie est exacte, différer très peu de ceux qu’a procurés l’observation directe. Or, si l’on opère les calculs, on obtient pour les excentricités théoriques : 0,15, 0,19, tandis qne les excentricités réelles sont ; 0,1574, 0,2042. Les résultats analytiques concordent donc d’une manière surprenante avec ceux qui ont été tirés de YAnnuaire.
- L’épaisseur de l’anneau peut se déduire de la formule; elle est égale aux 29 centièmes environ du rayon de l’orbite terrestre. Ce chiffre représente, bien entendu, non la valeur d’un anneau déterminé, mais la valeur moyenne des anneaux qui ont constitué la formation. En négligeant 7 planètes tout à fait excentriques, les 421 autres sont situées entre les distances 2 et 5,5. Dans cette étendue, il y aurait place pour cinq anneaux, d’une épaisseur inégale sans doute, mais dont la moyenne serait 0,29 environ. Leur richesse en astéroïdes serait d’ailleurs très variable. L’anneau médian, même s’il ne dépasse pas l’épaisseur moyenne, comprendrait 100 planètes, c’est-à-dire beaucoup plus que le tiers du total.
- D’après la formule, l’excentricité moyenne d’un anneau varierait en sens inverse de sa distance au Soleil. Comme il n’est pas probable que l’épaisseur des anneaux,
- en deçà de la distance moyenne 2,760, soit très différente de l’épaisseur des anneaux au delà, il s’ensuit, si la théorie est exacte, qu’en prenant tous les astéroïdes en dedans d’une sphère de rayon L = 2,766 et les comparant aux astéroïdes en dehors, on doit trouver pour les premiers une excentricité moyenne supérieure à celle des seconds. C’est en effet ce que l’auteur a constaté d'après les chiffres de Y Annuaire. L’excentricité moyenne des 229 planètes intérieures à la sphère L est de 0,159, tandis que l’excentricité moyenne des 199 planètes extérieures n’est que de 0,155. L’écart est de 20 pour 100. L’inclinaison ne joue ici aucun rôle, car sa valeur moyenne est pareille dans les deux régions : 10° 24' à l’intérieur et 10° 55' à l’extérieur. Il reste à voir si l’écart réel est à peu près conforme à celui qu’indique la théorie.
- Le savant auteur imagine deux anneaux, de même épaisseur et de même latitude moyenne, et situés à la même distance de la sphère moyenne, l’un en deçà, l’autre au delà, cette distanceétanl comptée: à partir du milieu de l'épaisseur de l’anneau. Les relations précédentes font connaître la valeur de l’excentricité moyenne dans chacun de ces deux anneaux, et il est facile de passer de là à la connaissance des excentricités relatives aux deux portions considérées, car on ne s’éloigne sans doute pas beaucoup de la vérité si, pour obtenir l’excentricité moyenne de toute la portion soit intérieure, soit extérieure à la sphère, on remplace la distance de l’anneau par la distance moyenne de ladite portion à la sphère. L’Annuaire fournit 0,256 pour la distance de la portion intérieure et 0,254 pour la distance de la portion extérieure. On obtient dès lors les valeurs ci-après, à comparer aux valeurs réelles :
- Théorique. Réelle,
- Excentricité moyenne de la partie intérieure. 0,159 0,159
- — — extérieure. 0,158 0,153
- Ces chiffres confirment entièrement les prévisions.
- Réciproquement, on peut, dans les mêmes équations, considérer l’épaisseur moyenne des anneaux comme inconnue et se servir, pour la calculer, des valeurs de l’excentricité fournies par l’observation. On aboutit à deux chiffres très voisins, 0,29 et 0,278, dont le premier se confond avec celui qui a été déterminé plus haut.
- En résumé, dit M. de Freycinet : Conformément aux idées de Laplace, les planètes télescopiques paraissent s’être formées successivement dans plusieurs couches sphériques concentriques au Soleil. Dans chacun de ces anneaux, la matière cosmique a été animée, à l’origine d’un mouvement de rotation commun, variable d’un anneau à l’autre, et a donné naissance, après la rupture, à plusieurs masses distinctes. Des considérations théoriques basées sur ces prémisses conduisent aux conclusions analytiques suivantes, en accord avec les faits observés : 1° si l’on divise les planètes en trois groupes, d’après leur inclinaison croissant de 10° en 10°, la distance moyenne au Soleil des planètes de ces divers groupes est sensiblement constante ; 2° l’excentricité moyenne des orbites augmente d’un groupe à l’autre avec l’inclinaison; l’écart entre les deux groupes extrêmes n’est pas inférieur à 52 jvour 100; 5° si l’on forme deux zones à l’aide d’une sphère d’un rayon égal à la moyenne distance de toutes les planètes au Soleil, l’excentricité moyenne des planètes de la première zone, ou planètes intérieures, surpasse de 20 pour 100 l’excentricité moyenne des planètes extérieures.
- M. de Freycinet croit pouvoir fixer le nombre des anneaux à cinq (pour la région occupée par 421 astéroïdes) et leur épaisseur moyenne aux du rayon de l’orbite terrestre. J.-F. Gall.
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- L’EXPOSITION MINIÈRE SOUTERRAINE
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- 11 v a une vingtaine d’années, si je ne me trompe, nue société d’études s’était constituée pour examiner la possibilité de trouver du charbon dans le sous-sol de Paris, dans celui de ses environs et en Normandie. La question, on le conçoit, était intéressante; car il est évident (pie, si la Nature avait montré un peu de prévoyance et de perspicacité, elle ne pouvait choisir un meilleur endroit pour y placer un bassin houiller que celui où ses produits auraient trouvé un débouché aussi colossal et aussi immédiat. Les difficultés d'exploitation, on n’avait pas à s’en préoccuper, le mot impossible ayant été rayé du dic-
- tionnaire français. J’ajouterai que l’hypothèse, si invraisemblable qu’elle paraisse, n’avait rien d’absolument incompatible avec les données (toujours si incertaines d’ailleurs) de la science géologique. Bien ne prouve, jusqu’ici, (pie le terrain houiller n’existe pas à une grande profondeur sous Paris et, s’il y a terrain houiller, rien ne permet d’affirmer non [dus que celui-ci ne renferme pas de la houille. Un synclinal des terrains primaires, parallèle à celui du bassin houiller franco-belge, pourrait, à la grande rigueur, se présenter sous les terrains secondaires et tertiaires, qui reproduisent en petit les ondulations affaiblies de mouvements analogues. N’a-t-on pas vu d’ailleurs, hier meme, un ingénieur allemand soutenir que l’on s’était complètement mépris sur l’Age des terrains anciens qui recouvrent par renversement le
- Fig. I. — Le fronton de l'Exposition minière, par Th. lîivière.
- bord du bassin houiller du Nord, qu'au lieu d’être dévoniens, c’est-à-dire antérieurs au houiller et culbutés par-dessus lui, ils étaient permiens, c'est-à-dire très normalement déposés par-dessus et que, dès lors, ce houiller, au lieu de s’arrêter rapidement, comme on l’a toujours cru, au fond de ce pli où il s’est coincé, pouvait se continuer indéfiniment vers l’ouest et le sud-ouest dans la direction de Paris?.... Quoi qu’il en soit de ces théories fallacieuses, auxquelles il ne faut [tas, pour le moment, attacher plus d'importance qu'elles n’en méritent, l'Exposition Universelle de 1900 a semblé réaliser les pronostics les [dus hardis de la Société d’études en question et, quand celle-ci se reconstituera (ce qui ne manquera pas d’arriver un jour ou l’autre), elle n’aura qu’à acheter la superbe mine de charbon que le Comité central des houillères de France a organisée dans les sous-sols du Trocadéro [tour l’instruction et l’étonnement de ses visiteurs. Cette mine, en effet, est, dès à pré-
- sent, machinée avec une adresse incomparable sur le modèle de celles que l’on montre parfois aux experts miniers (mining experts) en pays anglo-saxons et dans lesquelles on trouve, tant qu’on en veut, [tour les meilleures raisons du monde, du minerai superbe le long de toutes les galeries ouvertes (mais [tas ailleurs). Si je ne connaissais aussi bien les membres de ce comité, qui comprend toutes les grandes mines de France, Lens, Bruay, Maries, Anzin, Comnicntry, Saint-Etienne, Bessèges, etc., je serais tenté d’imaginer qu’à la fin de l'Exposition, ils ont l’intention de mettre cette mine en actions et de l’offrir, comme un vaste champ d'exploitation, aux actionnaires bénévoles, qui accourraient certainement en foule. Toutes les apparences d’un véritable gisement y sont; <pie dis-je? les apparences : c’est du vrai charbon que l’on trouve le long de la plupart des chanliers et là où la vérité n’est pas à cet égard absolue, elle est du moins très approchée, comme dans ces montres
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- qu’olfrcnt pour doux sous lus charlatans des foires et tpii sont « presque en or ». Approcher ainsi de la vérité, c’est, dans l’état actuel de notre pauvre humanité, un résidtat, déjà bien satisfaisant et dont plus d'un métaphysicien serait jaloux.
- Si quelque lecteur a été ému par l’idée d’une vaste société d’exploitation à lancer émise plus haut, qu’il se rassure : on ne souscrit pas en sortant de l’Exposition Minière ; on est seulement invité à aller voir, près de là,le Monde Souterrain, dont mon ami M. Martel racontait l’autre jour les merveilles. Mais, avant de sortir de cette Exposition, il serait peut-être logique de commencer par y entrer et ce n’est pas, je crois, la partie la plus facile de l’excursion ; car l'entrée est quelque peu dissimulée à l’angle de l’avenue du Trocadéro et de la rue de Magdehourg, sur le coté droit du palais du Trocadéro (droit quand on le
- Fig. 2. — Galerie boisée dans la mine de bouille.
- poussé le réalisme jusqu’au bout, cette machine enverrait les visiteurs en une ou deux secondes du haut eu bas, mais où, en réalité, un énorme ascenseur ménage plus confortablement les transitions. Et l’on se trouve dans le réseau des noires galeries, muraillécs, boisées, blindées, avec leurs chantiers, où des mineurs appliquent les méthodes d’exploitation diverses, avec leurs voies de traction, où passent à grand bruit des convois de charbon traînés par une machine électrique qui lance autour d’elle des étincelles, avec leurs plans inclinés pour la remontée de la houille, avec leurs puits d’extraction intérieurs et leurs balances où l’on descend les bennes de combustibles, etc., etc. C’est une leçon de choses, où plus d’un élève de nos écoles professionnelles et techniques trouverait à apprendre ; c’est aussi une annexe amusante et vivante de la Classe des mines, où les exposants se nomment Cens, Maries, Bessèges, etc.
- Après le voyage au pays noir, au pays du charbon, la promenade souterraine montre aussi l’extraction des substances métalliques et minérales les [dus di-
- regarde de la Seine). Là se dresse un grand bâtiment industriel, où l’Art a tenté une incursion un peu imprévue et aussitôt vigoureusement repoussée par l’Industrie, sous la forme d’un beau fronton dû à M. Théodore Rivière, le sculpteur bien connu. Il est resté tout rouge de la bataille livrée, ce pauvre fronton, qui représente, avec un réalisme très édulcoré, des mineurs au travail dans leurs diverses attitudes; rouge de colère ou rouge de honte, je ne saurais dire au juste, mais à coup sûr d’un rouge à affliger douloureusement des yeux un peu coloristes.
- Dans ce bâtiment, une machine géante, peut-être la [dus grande machine d’extraction française, montre aux visiteurs ce que sont les outils modernes, à l’aide desquels on remonte des profondeurs souterraines wagons sur wagons de houille à toute vitesse. On descend par le puits de mine, où, si l’on avait
- Fig. 3. — Chantier de mine d'or au Transvaal.
- verses, qui, malheureusement, pour un œil profane, ne se distinguent pas toujours autant par leur couleur et leur éclat que des imaginations mal documentées le croiraient. Il faut être spécialiste, et souvent même il est nécessaire d’appeler à son aide les réactifs du chimiste, pour reconnaître la jdupart des minerais d’or et d’argent, même les plus riches. Mais il n’en est pas moins intéressant de voir ces minerais tels qu’ils sont, sans truquage et sans artifice. C’est la pyrite de fer précieuse, avec laquelle on fabrique l’acide sulfurique; c’est le minerai de zinc et de plomb des Bormettes, cette mine du Yar, qui a eu récemment une si curieuse et si remarquable fortune; c’est le sel gemme de Yarangeville, en Lorraine ; puis une de ces grandes excavations à ciel ouvert, où l’on extrait les ardoises d’Angers, représentée par un panorama, exact comme une photographie et c’est enfin la mine d’or du Transvaal, où l’on peut étudier toutes les phases de l’exploitation souterraine, avant d’aller voir au jour, dans la petite usine installée par la République Sud-Africaine, le
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- traitement complet (broyage, amalgamation, cyanuration, etc.) de ces memes minerais.
- Cette mine du Transvaal n’est pas assurément l’une des moindres curiosités de l’Exposition et plus d’un visiteur sera curieux d’aller examiner ce riche gâteau (en termes techniques, un nugget) qui a si furieusement attiré les convoitises de la toute-puissante Angleterre. Aussi heureuse que les mines réelles, dont elle offre l’image, elle n’a [tas souffert de la guerre, ou du moins bien peu; le vrai minerai, qui tapisse toutes ses galeries, avait été expédié de Johannesburg avant l’ouverture des hostilités; les machines sont là, elles aussi ; il manque seulement les vrais Cafres, qui devaient venir travailler sous les yeux du public et qui finiront peut-être par arriver, si l’Exposition dure plus longtemps que la guerre. En attendant, on les a remplacés par des mannequins.
- Pas bien remarquable d’aspect, ce minerai du Transvaal, où l’or se décèle seulement par la présence de la pyrite de fer brillante, dans laquelle il est renfermé. Plus d’un, sans doute, en le voyant, s’étonnera surtout que l’on ait eu l’idée d’aller chercher de l’or dans ces cailloux grisâtres, où les galets de quartz, solidement emprisonnés par le ciment siliceux et pyriteux, font des taches blanches. Quoi ! ce sont ces vilains bancs de rocher semblables à ceux que l’on peut voir partout dans les talus de nos routes, qui fournissent par an au monde 500 millions d’or ! Et la seconde réflexion de certains visiteurs sera probablement de se dire : « Mais alors, si l’on essayait nos rochers de France, on y trouverait peut-être de l’or aussi ! » Malheureusement une telle espérance n’est pas plus fondée que le premier dédain, en face de ces pierres un peu informes, n’était justifié. Mais, avant de se récrier devant la richesse certaine d’un minerai, où jamais on ne voit à l’œil nu la moindre trace d’or, il faut seulement réfléchir à l’in-finiment petite quantité du précieux métal qui suffît à lui donner sa valeur ; huit grammes par tonne, c’est-à-dire par million de grammes. Si l’on ne voit pas l’or lui-même dans la mine du Transvaal, on voit du moins comment sont disposées ses couches, ou reefs, de minerai, comment les nègres y forent des trous de mine, comment les hlancs y font maneuvrer des perforatrices, comment, en un mot, on extrait de terre ce qu’un peu de travail industriel convertira en belles pièces estampillées par les Monnaies, objet de la convoitise universelle.
- Et l’on sort de cette série de mines de tous genres, sans avoir été obligé de se courber, sans avoir souffert de la chaleur ni du mauvais air, sans avoir été surpris par un coup de grisou ni par un incendie, sans avoir reçu le moindre éboulement, en emportant, cette idée inattendue que les mineurs sont vraiment d’heureuses gens, s’ils travaillent tous —comme nos grands industriels cherchent de plus en plus à l’obtenir — dans des mines aussi confortables, aussi modernes et aussi perfectionnées que celles-là.
- L. De Launay.
- LES CONCOURS TEMPORAIRES
- DU PALAIS DE L’HORTICULTURE -A [/EXPOSITION universelle DE 1900
- Pendant le mois de juin les Roses ont brillé de tout leur éclat. Rosiers à haute tige, à basse lige; Roses présentées en fleurs coupées, en un mot la Reine des fleurs a brille du plus vif éclat au palais de l’Horticulture. Aux lots de variétés déjà connues de MM. Bouclier, Defresne, Levèque, Rothberg, il faut ajouter quelques intéressantes obtentions : le Soleil d’or de M. Pernet-Ducher, de Lyon, qui avait déjà fait sensation à sa première apparition l’an dernier, a été revu avec faveur. L’hybridation entre la vulgaire Rose jaune, ou plutôt sa variété à fleurs doubles connue sous le nom de Persion Yellow, et un Rosier de la section des Thés, semblait un fait des plus remarquables qui ne pouvait passer inaperçu. La rose qui est résultée de cette union, à première vue peu légitime, présente tous les caractères intermédiaires à ceux des parents; feuillage, port, coloris. L’odeur désagréable l’odeur de punaise — de la rose jaune a disparu et a été remplacée par le parfum léger des Roses Thés. Le même rosiériste, M. Pernet, nous présentait de jolis semis qui viendront encore ajouter quelque éclat à la section des hybrides de Thé : Prince de Bulgarie, aura, croyons-nous, quelque succès et sera un rosier d’avenir. ,
- Que dire de nouveau des Rhododendrons de M. Moser : toutes les couleurs se croisaient dans la superbe exhibition qu’il faisait de ses plantes nouvelles, depuis le blanc maculé et aigretté de violet foncé, jusqu’au violet, en passant par le rose clair et le carmin. Le Rhododendron fait toujours l’admiration des amateurs, mais il est de culture un peu délicate et sous le climat parisien il redoute les intempéries. Dans l’Ouest et le Sud-Ouest maritimes il est chez lui et là on peut le voir, présentant toutes ses qualités naturelles, comme s’il se trouvait dans son milieu originel.
- Les Clématites ont de sérieux admirateurs ; les producteurs de ces jolies plantes le savent bien. Les variétés à grandes fleurs, on pourrait dire à très grandes fleurs, dont Ville de Paris, Nelly Moser, etc., sont les types les plus achevés, ne doivent pas à elles seules fixer l’attention malgré leur beauté, l’élégance de leurs formes, l’éclatante splendeur de leurs coloris. 11 ne faut pas délaisser pour elles de plus humbles plantes, telles que celles qui ont été présentées par M. F. Morel, de Lyon. Cet horticulteur, des plus habiles, s’est depuis plusieurs années attaché à faire produire à la clématite bleue (Clematis Viticella) et à une autre espèce d’origine américaine, le Clematis coccinea, à fleurs en forme de grelot et toujours fermées, tout ce qu’elles étaient capables de donner. En les croisant entre elles, M. Morel est arrivé à des résultats tout à fait inattendus : Ville de Lyon n’a plus rien à première vue du Clematis coccinea ; ses fleurs sont larges et étalées, mais la plante a deux époques de floraison. Les horticulteurs disent qu’elle est remontante. Cette nouvelle qualité, qui est d’une haute importance culturale, a été prêtée à la nouvelle clématite par l’espèce américaine, le Clematis Viticella lui ayant communiqué ses caractères floraux et son port.
- Que deviendrait un bosquet sans ces jolis arbustes à feuilles panachées ? Le nombre en augmente chaque jour et personne d’ailleurs ne s’en plaint, depuis l’acheteur qui en orne son parc jusqu’au pépiniériste qui les vend : le Prunier de Reine-Claude, le Tulipier de Virginie, le
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- Frêne, le Platane, le Sureau à grappes, certains Érables, les Ormes, etc., se prêtent assez bien à ces débauches de couleurs, à ces panacbures qui apparaissent chez eux sous des influences que nous ne connaissons pas. Ici c’est une dorure qui envahit le feuillage comme dans le Sureau plumeux à feuilles dorées; là c’est une argenture qui communique sa pâleur au Frêne; d’autres fois c’est le Hêtre qui devient tricolore, etc. Ces modifications ne sont pas toujours persistantes, c’est là leur grand inconvénient. Souvent le soleil les atténue ou les fait même disparaître.
- Les plantes annuelles sont toujours le triomphe de nos grainiers parisiens. La maison Vilmorin est toujours hors de pair et au point de vue du choix des végétaux employés dans ses corbeilles et à celui du goût avec lequel ils sont disposés. Dans le vaste cadre des palais du Cours-la-Reine, on ne peut cependant juger de leur éclat avec autant de netteté que dans les expositions annuelles.de la Société nationale d’horticulture. C’est là véritablement qu’il faut les voir.
- Les Pélargoniums à grandes fleurs, les Géraniums, les Bégonias tuhéreux, les Œillets, les Pieds d’alouette vivaces, les Zinnias, les Pétunias, etc., forment de place en place des taches fulgurantes sur lesquelles l’œil a de la peine à se fixer: Il n’est pas jusqu’à l’automnal Dahlia cactus qui ne tente une timide apparition : il n’est pas encore ce que nous le verrons au déclin de la saison, mais déjà nous pouvons nous rendre compte de son mérite décoratif.
- Les plantes alpines depuis quelques années ont su s’attirer les faveurs du grand public. Aux environs de Paris, nous connaissons des amateurs « enragés » — c’est le seul mot qui convienne — qui ne le cèdent en rien, en connaissances pratiques à leur sujet, aux professionnels les plus habiles et les plus expérimentés. Mme Daigremont, à Soisy-sous-Montmorency; Mme Bassot, à Paris; M.Magne, à Boulogne-sur-Seine, etc., ne songent qu’à leurs plantes alpines et en ont fait l’objet d’un véritable culte. La maison Vilmorin, sous l’habile direction de M. Mottet, possède un véritable jardin alpin à Verrières-le-Buisson et chaque année de nombreuses récoltes viennent s’ajouter à celles qui s’y trouvaient déjà. Aux concours de juin, un petit lot, provenant de Verrières, faisait plaisir à voir, donnant en quelques mètres carrés une excellente leçon de choses, nous montrant la flore alpine européenne réunie à celle de l’Amérique du Nord ou de l’Afrique et de l’Asie : c’étaient une jolie petite fougère difficile à cultiver, le Notochlæna Marantæ, le Platyst-emon californi-cum, curieuse papavéracée américaine, le Pistorinia hispanicq„ le Wahlenbergia clematidea, remarquable campanulacée de l’Himalaya, YAnthyllis Üermanniæ du Midi de la France, le Parnassia palustris qui ne se déplaît pas dans les prairies tourbeuses des environs de Paris, etc.
- On s’étonnera peut-être de voir réunis à des plantes, qui habitent les hauts sommets neigeux, des végétaux du Midi de la France, de l’Espagne, etc., ne s’éloignant guère de la plaine. C’est que l’expression de plantes alpines est rien moins qu’exacte : juste au début, elle est actuellement de convention et veut désigner toute une série d’herbes de petites tailles qui ont besoin d’une culture spéciale, qui s’accommodent de ce que les Anglais appellent les « jardins de rocailles ».
- Des sommets glacés descendons aux tropiques et à l’équateur. Les plantes de serre nous y appellent. Ce sont des Orchidées, toujours étranges et extraordinaires, même les moins compliquées dans leur appareil floral ; des Aroïdées,
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- des plantes à feuillage. De beaux palmiers reposent la vue agréablement, cependant que le délicieux Allamanda s’enorgueillit de ses fleurs jaunes, que les Coccoloba étalent leurs larges feuilles, etc. Les plantes grasses ont toujours leur aspect farouche et rébarbatif ; elles sont guindées et raides. Ne les dirait-on pas artificielles et métalliques‘/Nous avons déjà eu l’occasion de les signaler. En raison même de leur mode de végétation, ce sont à peu près toujours les mêmes. Cependant nous avons à signaler un petit lot des {dus remarquables présenté par M. Baline, de Mexico. Le Mexique, on le sait, est la terre promise des Cactées ; ces dites plantes y pullulent et se multiplient sous des formes aussi étranges que variées. Dans cette exposition de M. Balme, de grands Pilocereus senilis, recouverts de leurs poils soyeux et blancs, attirent l’attention avec d’énormes boules des genres Echinocactus et Echinocereus, telles que nous ne sommes guère habitués à en voir en Europe. On ne peut pas dire que ce soit joli, mais c’est diablement original, d’un aspect pittoresque et ça tient une place....
- Réservons les fruits pour la lionne bouche, sans jeu de mot. Que dire des fruits de M. Cordonnier, de Bailleul, qui n’ait déjà été dit et redit cent fois. Il y avait cependant un petit arbre de Reine-Claude, venu en serre, qui pliait sous les 250 fruits qui le chargeaient. C’était le clou de la partie fruitière, étant donné que nous sommes habitués aux superbes raisins, aux pêches et aux brugnons appétissants, aux poires et aux pommes que les forceries du Nord nous font voir de temps à autre... sans qu’il soit permis de les goûter.
- Les amateurs de groseilles s’extasieront devant les groseilliers à grappe et à maquereau greffés à haute tige, ce qui rend la cueillette plus facile et moins fastidieuse.
- P. Hariot.
- EXPOSITION DE 1900
- LES PALAIS DE L’ITALIE ET DE LA TURQUIE
- Un palais d’exposition est une œuvre d’architecture particulière qui ne peut être comparée avec les monuments ordinaires que nos constructeurs ont l’habitude d’élever; il faut savoir impressionner le public par la forme et la couleur tout en restant dans le bon goût et tout en gardant un semblant de discrétion qui souvent n’est qu’un artifice pour produire encore plus d’effet. Il est possible que tel palais que nous admirons aujourd’hui sans réserve, lasserait vite s’il devait vivre longtemps ; mais comme sitôt la fête terminée on le démolira, il ne restera de lui que le souvenir de la première impression ; il suffit donc, pour que l’édifice ait rempli son rôle, que cette dernière ait été bonne.
- Pour un palais de pays étranger la question se spécialise davantage, car, en dehors de ces qualités transitoires qu’il doit présenter, le monument est appelé encore à répondre à une idée, il faut qu’il donne au public une impression bien définie, puisqu’il doit rappeler la nation a laquelle il appartient. II faut que par le dessin et la décoration, on puisse saisir immédiatement la destination du monument, de façon que les visiteurs sachent, rien que par l’inspection de 1 ouvrage, quel ést le pays représenté, sans avoir besoin de regarder le drapeau qui flotte au faîtage.
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- LA NATURE.
- Le palais de l’Italie remplit bien son programme ; un néophyte reconnaîtra tout do suite, dans cette architecture dentelée et ces coupoles vénitiennes, le style de la Renaissance italienne; de plus le grand air du monument, son cachet de noblesse et son aspect imposant, sans être monotone, répondent bien à l’idée qu'on se l'ait d’un palais spécialement exécuté pour une exposition universelle.
- Les auteurs de cette pièce d’architecture, MM. le comte Ueppi, Salvadori et Uilodi, ont senti tout le parti qu’ils pouvaient tirer de ces motifs si variés et si mouvementés de l’é-[>o<pie de la Renaissance ; ils savaient qu’à Paris on voit l’Italie à travers les souvenirs enchanteurs rapportés de l'Adriatique; aussi se sont-ils crus bien inspirés en prenant pour leur composition des reproductions textuelles des palais vénitiens : c’est un morceau de l’Italie elle-même qu’ils nous ont apporté sur les rives de notre fleuve de Paris; t o u t e s ces crénelures, ces rosaces, ces coupoles, ces flèches élancées forment une vision enchanteresse dont on se souviendra longtemps.
- Rien qu’il y ait beaucoup de fantaisie dans la décoration, certains motifs sont des reproductions exactes prises sur dés monuments italiens; ainsi, aux quatre angles du palais, nous voyons de grands encadrements de portes surmontés d’une fenêtre de larges dimensions, le tout est dominé par un fronton très travaillé ; cet ensemble est la copie parfaite, aux dimensions près-, de la Porta délia Carta du palais des Doges à Venise.
- Toutes ces statues que nous voyons sur les quatre façades, sont des surmoulages pris en Italie sur divers monuments. Il n’a pas fallu moins de douze wagons pour apporter jusqu’au quai d’Orsay les moules de
- ces différentes décorations dont les modèles ont été exécutés sur place.
- Afin de donner plus de mouvement à l’édifice on a créé sur le toit une disposition en redan de façon à former une double série de chénaux; cette façon d’agir a permis d’élever sur les parements antérieurs do hantes flèches qni se détachent en premier plan. Les coupoles en zinc doré qui dominent le palais
- donnent à l’édifice un cachet bien italien ; elles sont d’ailleurs les copies des coupoles qui surmontent l’église Saint-Marc, à Venise. Le dôme du milieu qui est de beaucoup plus important (pieles autres sert de support à un immense aigle aux ailes déployées de 4 mètres d’envergure, et fixé à 46 mètres au-dessus du sol ; il semble planer sur le monument.
- Une circonstance qui donne à ce palais un cachet bien vivant est sa couleur; celle-ci est fort brillante et de très bon goût. Rien que construit en staff, le monument semble avoir été exécuté en marbre; les peintres décorateurs les p1u s habiles de l’Italie1 ont été embauchés à cet effet ; les deux qualités de marbre qui paraissent avoir été employées sont le Rosso de Verona et le Marinos d'Ishia; ajoutons qu’une merveilleuse frise en mosaïque — ou plutôt peinte de façon à imiter la mosaïque — court tout autour du palais et forme un bandeau des plus heureux comme décoration.
- Une immense et unique nef occupe tout l’intérieur du palais; au milieu, elle s’évase et prend ensuite la forme de la coupole. La peinture de cette grande salle est d’une richesse inouïe ; l’effet produit est des plus somptueux et sûrement un des plus remar-
- * Tous les ouvriers qui ont travaillé à la construction du palais étaient des Italiens spécialement engagés et venus exprès de leur pays.
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- quables comme ensemble de Ions les palais étrangers de l’Exposition. Des vitraux en grand nombre ajoutent encore la valeur de leur dessin et de leurs couleurs à cette ornementation déjà si fournie.
- Ce palais, qui n'a pas coûté moins d’un demi-million, est fort admiré des visiteurs de l’Exposition. Sa position bien en évidence permet d’en admirer le merveilleux ensemble. Il fait le plus grand honneur à l’Italie qui est, représentée à l’Exposition par MM. Tom-maso Villa, commissaire général, et Montegazza, secrétaire de la mission.
- Passons maintenant au pavillon de la Turquie.
- Sur les bords de la Seine, à coté du palais que nous venons de quitter, se trouve la construction destinée à nous parler pendant l’Exposition de l’Empire Ottoman. Bien que commencée longtemps
- palais du quai d’Orsay, elle a été terminée sensiblement en même temps; il y a eu de ce coté un travail fort intensif pendant cinq à six mois.
- Nous retrouvons sur cet édifice le caractère des palais de l’Orient dans toute sa pureté; on peut reconnaître aussitôt, sans aller consulter le plan de l’Exposition, sa nationalité, à ses grandes baies, à sa gigantesque arcade construite du côté de la Seine, à ses coupoles aplaties, à sa grande tour carrée, et à ses enfilades de petites co-lonnettes qui découvrent des galeries.
- Le style de cette architecture est absolument turc ; on peut même dird que ce palais constitue une révélation pour les Parisiens qui étaient habitués à voir des constructions faussement appelées turques, alors qu’elles n’étaient inspirées que par des souvenirs
- | après 1rs autres
- Fig. 2. — Le palais de la Turquie.
- Fig. 3. — Les boutiques qui entourent le palais de la Turquie.
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- pris sur les édifiées algériens ou égyptiens. Le palais n’est point la reproduction d’un édifice existant en Turquie; mais, si l’ensemble constitue une fantaisie, les détails sont des copies de motifs pris sur place soit au Vieux Sérail, soit au Grand Bazar de Constantinople, soit à la Fontaine du Sultan Ahmed, soit encore sur les mosquées de Brousses, d’Iéni-Djami ou de Saleïmanieh (fig. 2).
- Tout autour du monument, on a installé des boutiques diverses ornées de motifs turcs, de tapisseries, de broderies, etc., dans lesquels des marchands orientaux vendent leurs produits exotiques, des étoffes, des tabacs, des cuivres.... Cette succession d’étalages en plein vent forme un soubassement animé des plus pittoresques auquel vient s’ajouter le charme des naturels de la Turquie, avec leur costume, leur idiome et leur indolence passive (fig. 5).
- L’intérieur du pavillon est divisé en plusieurs étages superposés et très élevés. Les bazars que nous avions vus à l’extérieur se trouvent répétés en dedans avec plus de mouvement encore; ce ne sont que marchands d’étoffes, de bibelots variés, de bijoux, etc. Ceté talage de vente accompagné d’offres bruyantes est sans doute fort gai, et s’il se trouvait bien à sa place en plein air, dans les salles au contraire, nous trouvons qu’il est plutôt déplaisant, il enlève au palais le caractère de grandeur qui devrait être attaché à un édifice destiné à rappeler une nation européenne. A. C.
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- LES PRESSIONS
- DES POUDRES DE CHUSSE SANS FUMÉE
- La Belgique a la spécialité de la fabrication des fusils de guerre et de chasse et c’est Liège qui est le centre de cette industrie. Eu cette ville fonctionne ce qu’on appelle le « Banc d’épreuves », sorte de commission officielle, chargée d’expérimenter les armes avant leur mise en service. Le Banc d’épreuves est dirigé avec une haute compétence par M. Jules Pofain. On se rendra compte de l’importance de cette institution en apprenant que, de 1855 à l’année dernière, il n’a pas été éprouvé moins de 57 millions de fusils.
- Le pavillon que les armuriers belges ont fait construire à l’Exposition, derrière le palais des Armées de terre et de mer, nous offre des tableaux statistiques fort instructifs sur les résultats obtenus par le Banc d’épreuves au sujet des pressions accusées dans le tir par les nouvelles poudres de chasse sans fumée ou pyroxylées.
- Les poudres expérimentées étaient au nombre de huit : deux belges (Mullerite et L 5 S de AVetteren), une anglaise (E. G n° 3), une suisse (Schultze) et quatre françaises (S n° l, S n° 2, J n° 1 et J n° 2).
- L’arme dont on s’est servi avait une longueur de canon de 750 millimètres et on y avait percé dix trous placés, par rapport à l’arrière, aux distances : 18, 04, 114, 164, 214, 264, 314, 364, 546 et 727.
- A chacun des trous correspondait un appareil crusher du système Polain. Les charges variaient d’une poudre à l’autre de 2*r,200 à 5‘r,600; les -plombs projetés étaient du n° 7 et variaient de 31er,500 à 36*r,200; les charges de poudre et de plomb avaient été calculées de façon à correspondre à des efforts intérieurs équivalents.
- Les pressions intérieures fournies par l’expérience sont consignées dans le tableau suivant :
- Numéro du Crusher. Mullerite. v: J5 IÔ s J U3 Schultze. s C/3 S =
- 1 252 330 572 500 120 312 120 186
- 2 216 300 360 506 330 500 158 261
- 5 “216 “288 “258 “288 “231 “222 231 222
- t 198 “231 “2-28 228 216 186 222 198
- 5 186 “201 186 186 198 186 “201 186
- 6 171 186 180 180 192 171 186 186
- 7 168 186 m 171 201 180 180 192
- 8 168 171 171 171 192 201 171 186
- 9 168 171 180 168 231 222 171 252
- 10 168 168 171 186 201 180 168 186
- L’examen de ces chiffres conduit aux constatations suivantes : Les deux poudres belges, Mullerite et L 5 S de Wctteren offrent seules une décroissance continue des pressions et paraissent par conséquent supérieures à toutes les autres ; la Mullerite est aussi remarquable par des pressions qui ne décroissent qu’avec lenteur et qui permettent de compter avec une grande sécurité sur la résistance des armes; la poudre française J n° 1 offre cette particularité de présenter la pression, maximum au crusher n° 2 ; la Schultze de meme. Toutes les poudres, sauf trois, qui sont les deux belges et la J n° 1, présentent un et quelquefois deux maximums de pression vers des crusher portant les plus hauts numéros, c’est-à-dire vers le milieu de l’arme ou vers la tranche de la bouche ; cette anomalie, peu connue,' constitue évidemment une grande infériorité pour ces poudres et doit les faire rejeter comme susceptibles de produire l’éclatement des armes. 1).
- UNE EXPÉRIENCE D’ACCLIMATATION
- ICHTYOLOGIQUE
- Les nombreux et admirables travaux de la (Commission fédérale des Pêcheries, aux États-Unis, n'ont pas été sans profiter à l’Europe. Prêchant l’exemple, les Américains ont donné un zèle nouveau aux acclimateurs européens: elle leur a par surcroît fourni des espèces intéressantes et avantageuses que ceux-ci ont cherché à introduire dans notre vieux monde. Au cours de ces tentatives, qui se poursuivent depuis vingt ou trente ans, il y a eu des échecs, il y a eu des succès aussi.
- La truite arc-en-ciel, notamment, a très bien réussi en Angleterre, et c’est ce qui fait qu’un Anglais, M. More ton Frewen, veut maintenant emprunter l’alose aux Américains pour l’introduire dans les rivières et sur les côtes d’Irlande.
- Du reste, M. Moreton Frewen a sous les yeux un exemple très encourageant: celui que fourriit le même poisson. Nul n’ignore, en effet, que l’alose il y a vingt ans n’existait que sur la côte atlantique des États-Unis: elle y était même l’objet d’une pêche très importante. Par suite de circonstances diverses, le poisson devint beaucoup moins abondant, et le moment vint où les États-Unis crurent devoir intervenir et tenter de rétablir la situation antérieure au moyen du repeuplement. La Commission fédérale s’adonna donc à la culture artificielle de l’alose : elle se procura des œufs et de la laitance, pratiqua la fécondation artificielle, produisit une quantité d’alevins qu’elle mettait en liberté dans les régions appauvries. Ce travail continua pendant des années ; des milliards d’alevins furent ainsi « plantés » au bon endroit, et le résultat fut satisfaisant. En même temps, on eut l’idée d’essayer d’acclimater l’alose sur la
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- côte occidentale, pacifique, où cette espèce n’existe point.
- L’expérience réussit au delà de toute espérance ; l’alose, maintenant, se trouve sur toute la côte et dans toutes les rivières, du côté pacifique, de San Francisco jusqu’à la Colombie : on croit même que bientôt elle gagnera la cote orientale du Japon. L’acclimatation de l’alose est chose faite ; le succès est indiscutable.
- Ceci donne à penser que l’acclimatation sur les côtes de l’Irlande pourra se faire aussi bien. En tout cas l’expérience est en cours et, avant peu, on saura si elle réussit.
- On peut dire assurément que l’alose n’est point un poisson de premier ordre. Il est même médiocre, au goût de la plupart ; mais enfin, il est nourrissant et sain, et, dès lors, il y a avantage à propager l’espèce, si du moins elle ne détruit pas les poissons de mérite supérieur. (Elle servirait de proie à ces derniers qu’il n’v aurait au reste aucun inconvénient, puisque ceux-ci auraient plus de chances de se multiplier et de grossir.) Il sera, en tout cas, intéressant de suivre l’expérience. Actuellement, aux États-Unis, la pêcherie de l’alose est de 90 pour 100 plus importante-qu’auparavant ; et 45 pour 100 des captures totales se font dans une région où, il y a 50 ans, pas une alose n’existait.
- En France des expériences analogues se poursuivent: mais elles se font sur des poissons d’eau douce, uniquement, et non sur des poissons à habitat alternativement salé et non salé comme l’alose. On essaye d’introduire dans nos rivières le « calico bass » et le « crappie », deux poissons très satisfaisants comme saveur, qui paraissent n’être pas exigeants en ce qui concerne la qualité des eaux. 11 faut espérer que l’essai réussira, bien qu’à tout prendre le poisson d’eau douce soit généralement moins savoureux que le j>oisson de mer. Hexry de Varigny.
- FABRICATION DU CARBURE DE CALCIUM
- PREMIÈRE USINE EN RUSSIE
- Nous trouvons dans les Comptes rendus mensuels des réunions de la Société de l’industrie minérale des renseignements intéressants sur l’établissement de la première usine pour la fabrication du carbure de calcium en Russie.
- Imatra est un lieu de villégiature et d’excursions situé à 200 kilomètres au nord de Saint-Pétersbourg, en passant par Viborg (Finlande). La cataracte d’Imatra proprement dite a une faible partie de sa chute utilisée dans une petite station hydro-électrique servant aux besoins de l’hôtel et à l’illumination de la chute elle-même.
- En remontant la Vouox, à 1 kilomètre d’Imatra, sur la chute et les rapides de Linen-Kosté, la Société anonyme finlandaise « Sitola Aktiengesellschaft » édifie une usine hydro-électrique de 5000 chevaux qui sera en plein fonctionnement en juillet prochain. Les membres du Congrès des électriciens de Saint-Pétersbourg ont visité dernièrement les chantiers, sous la conduite du directeur, M. Khelfding, et de M. l’ingénieur Yerne. ,
- Les bâtiments d’habitation, magasins, ateliers mécaniques et la fonderie sont construits. On achève l’établissement d’un barrage de 100 mètres en bois, sur le côté droit de la Youox et l’on travaille activement à l’installation des turbines. Pour diriger les masses d’eau vers le barrage, on a établi une digue à angle obtus en remontant. Ce premier barrage donnera une puissance de 5000 chevaux avec une chute de 5 mètres; du côté opposé, un second barrage en pierres est en construction ; il donnera 20 000 chevaux avec une chute de 5 mètres.
- On compte obtenir, dans l’avenir, lorsque toute la
- puissance de la Vouox sera utilisée, une puissance de 40 000 chevaux, que l’on transportera par courants triphasés à Saint-Pétersbourg et à Viborg. Actuellement une usine pour la fabrication du carbure de calcium est en construction; c’est la première en Russie, elle ne fonctionnera que pendant les grandes eaux de la Vouox, c’est-à-dire pendant sept à huit mois et travaillera au coke venant d’Angleterre et à la chaux du pays. Le coût de l’installation complète s’élèvera à 15 millions de francs.
- La Société a acquis de l’État finlandais 75 hectares de terrain et la chute sur une longueur d’un demi-kilomètre, au prix de 100 000 francs.
- A côté de la Plateforme mobile, à côté des chemins de 1er électriques de toutes sortes, l'Exposition de 1900 nous montre un autre mode de transport également électrique qui n’est pas sans intérêt.
- Justement préoccupé de forcer le public à parcourir les galeries du premier étage trop souvent désertées dans les Expositions, le Commissaire général a ouvert un concours en 1898 pour la création de rampes mobiles ou chemins élévateurs destinés, moyennant une faible rétribution, à suppléer les escaliers et il en a donné la construction et l’exploitation aux trois constructeurs primés.
- MM. A. Piat et ses fils dont le système Hallé fonctionne aux grands magasins du Louvre depuis plusieurs années, a construit 18 rampes, 7 aux Invalides, 10 au Champ-de-Mars côté La Bourdonnais, une à l’Exposition de Madagascar.
- La Société française de constructions mécaniques (anciens établissements Cail) a construit 5 rampes du système américain Reno en usage à New York et à Brooklyn : une dans l’angle extrême de l’ancienne galerie des machines, 4 dans le palais des Lettres, Sciences et Arts au Champ-de-Mars.
- M. Jules Le Blanc a créé de toutes pièces un système nouveau dont 5 spécimens sont exposés, l’un dans la section Suisse de l’ancienne galerie des machines, les autres dans le palais du Génie Civil et Transports.
- Ces 28 rampes franchissent une hauteur verticale de 7 et de 8 mètres selon les emplacements, leurs longueurs obliques sont respectivement de 21 et de 25 mètres. De plus dans la section Américaine du palais des Fils, Tissus, Vêtements, la Cie Otis expose un appareil nouveau qu'elle dénomme « Escalator » qui est basé sur un principe tout différent des autres systèmes.
- Signalons enfin que MM. Cance et Grandemange ont installé 2 chemins élévateurs, donnant accès à la Plateforme mobile au Champ-de-Mars, de sorte que le nombre des rampes mobiles est au total de 31.
- Voici le principe de ces appareils :
- Supposons une grande courroie de machine à vapeur de 0ra,60 de largeur tendue entre 2 poulies et marchant lentement, suivant une inclinaison convenable (0m,35 par mètre). Si nous posons le pied sur la courroie au-dessus de la poulie-tambour inférieure nous serons transportés au-dessus de la poulie-tambour supérieure sans avoir à faire aucun mouvement.
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- En fait il est nécessaire de disposer l'ensemble sur une poutre métallique inclinée qui supporte les axes et les parties fixes du système; il faut deux planchers, l’un en bas amenant les voyageurs et l'autre en haut les reprenant aux génératrices supérieures des deux tambours; il faut soutenir la courroie par des rouleaux afin d’éviter une tension exagérée. Il faut prévoir, pour la sécurité, deux mains courantes qui doivent se déplacer avec la même vitesse que le tapis sans fin ; enfin le brin de retour de celui-ci est renvoyé de façon qu’il tienne le moins de place possible et des tendeurs sont disposés pour le réglage de la courroie qui a 24 mm d'épaisseur.
- Tel est le principe très simple du système « Jlallé-I'iat »
- ([lie représente notre figure 1.
- Les mains courantes sont constituées par une bande de caoutchouc de forme spéciale recouverte d’étoffe, elles disparaissent à la partie supérieure dans les coffres munis de rebords qui forment garde-mains. Cette disposition se retrouve avec diverses variantes dans tous les systèmes.
- Une dynamo et une transmission actionnent le tambour supérieur et les mains courantes à la vitesse moyenne de 0,n,50 à la seconde.
- Le système «Reno» comprend, non plus une courroie mais un tapis sans fin formé de planchettes en bois munies de galets, en une matière caoutchoutée dite « hémacite », qui roulent sur des rails de support.
- Le brin de retour est suspendu à un rail logé dans la semelle inférieure de la poutre principale. Cette disposition de chaînes à maillons détachables permet de supprimer les tendeurs.
- Le ruban articulé est actionné par une chaîne genre Galle dont chaque maillon correspond à une planchette ; elle passe à la partie supérieure sur une roue à empreinte actionnée par le moteur électrique avec interposition d’un arbre à rochet pour
- prévenir tout retour intempestif en sens contraire.
- Les planchettes articulées portent des saillies caoutchoutées qui donnent aux pieds un point d’appui très solide. Ces saillies, disposées en handes longitudinales, sortent à la partie inférieure et disparaissent à la partie supérieure entre les dents de peignes métalliques destinée à prendre et déposer les voyageurs sans à-coup. Les mains courantes sont constituées également par des chaînes sans fin recouvertes d’une bande continue de caoutchouc qui porte elle-même un recouvrement d’étoffe; chaque maillon de la chaîne glisse dans une rainure spéciale (fîg. 2) empêchant tout déplacement accidentel.
- Le système « J. Le blanc » se compose également de planchettes formant un ruban articulé ; ces planchettes reposent sur deux chaînes Galle sans fin parallèles et entretoisées qui reçoivent leur mouvement de doux grandes roues dentées, placées à la partie supérieure. celles-ci sont actionnées par une dynamo avec une transmission par vis sans fin et roues à dents de bois donnant le minimum de bruit.
- Le tapis sans fin est supporté par de petits galets espacés d’environ 0m,55, il est, maintenu tendu à la partie inférieure par de puissants ressorts avec ' vis de réglage. Les mains courantes sont également formées de chaînes Galle coulissant dans des rainures,' elles sont recouvertes de tronçons de bois articulés profilés comme les mains courantes d’escaliers (fîg. o).
- Quant'à « l’Escalator » Otis, il diffère totalement des rampes mobiles par tapis roulants; il est constitué par un véritable escalier qui se déplace en bloc; les marches sont suffisamment larges pour 2 ou o personnes. Il .suffit de monter sur la première marche pour être entraîné à une vitesse d’environ lm,50 à la seconde et franchir la différence de niveau.
- Fig. 1. — Vue générale d'une rampe mobile.
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- L’ensemble de l’escalier est animé d’un mouvement ascensionnel oblique, chaque marche conservant son horizontalité. A la partie supérieure les marches
- s'effacent en formant un plancher horizontal mobile.
- On comprend qu’uu tel système demande une place bien plus importante «pie les systèmes précé-
- I'ig. 2. — [lampe Reno-Cail, partie inférieure.
- dents, ses transmissions sont également bien plus tout dernièrement; il est muni bien entendu de complexes. Ce système vient d'être mis en service mains courantes. En résumé, chacun des systèmes
- Fig. 3. — Hampe Le Blanc, partie supérieure.
- exposés qu’on peut voir fonctionner à l’Exposition a des avantages et des inconvénients, de sorte qu’il peut répondre mieux qu’un autre à tel ou tel cas particulier.
- Le système llallé-Piat très étudié dans ses détails a le mérite d’une très grande simplicité; le sys-
- tème Reno est d’un roulement agréable et solide; enfin le système Le blanc, de construction soignée, est le plus silencieux.
- Quant à l’escalator, il offre au pied de véritables marches horizontales.
- Nos lecteurs auront probablement l’occasion de
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- LA NAT LUE.
- juger par eux-mêmes des avantages des rampes mobiles de l’Exposition. Nous serons heureux si ces courtes notes techniques les aident à juger de la valeur respective des systèmes exposés.
- Lucien Périsse,
- Ingénieur des arts et manufactures.
- Les Lépreux en France. — Ou estime à 400 le nom lue des lépreux en France. Ils sont dispersés en Bretagne, flans les Pyrénées, sur les côtes de la Méditerranée et à Paris, où ils sont 150. Parmi les lépreux, il y a des missionnaires et des gardes-malades, victimes des soins dévoués donnés aux malades d’autres pavs, des officiers et des soldats qui ont pris le mal aux colonies. Un comité contre la lèpre, dit le British Medical Journal, a été formé récemment, sur l’initiative de llom Santon, membre de la congrégation des Bénédictins de Ligugé, qui est aussi docteur en médecine. Il s’agit de soigner les lépreux en France et de prévenir la contagion. l)om Santon, depuis plusieurs années, s’est voué à l’étude de la lèpre, et a voyagé à cet effet dans plusieurs pays. Après s’ètre entendu avec le Conseil d’hygiène, il a acquis une propriété dans les Vosges, où il compte établir un asile pour les lépreux, sous le vocable de Sanatorium Saint-Martin. Les plans ont été approuvés par le gouvernement Français.
- Circulation atmosphérique. — Dans la Meteoro-lo{/ische Zeitschrift, le professeur Bjerkness traite des principes dynamiques de la circulation de l’atmosphère. Partant d’un théorème d’hydrodynamique abstraite, suivant lequel la circulation est constante pour tout circuit composé des mêmes parcelles, et admettant que cette proposition n’est exacte que si la pression est fonction de la seule densité, M. Bjerkness établit que, dans l’atmosphère, cette condition n’est pas remplie, grâce aux diffé renees locales de température et d’humidité. De ces deux causes, c’est la température qui est la plus importante. 11 introduit ensuite la notion de solénoïdes, un solénoïde étant défini un tube élémentaire limité par deux surfaces consécutives de même étendue et fie même pression. Suivant M. Bjerkness, la proportion des changements de la circulation dans chaque circuit dépend du nombre de solénoïdes qui y sont contenus. La théorie de M. Bjerkness est appuyée de diagrammes et de graphiques. Comme cette théorie ne tient pas compte des complications provenant de la viscosité, de la rotation de la terre, elle ne peut guère encore servir pour la prédiction du temps. La nécessité de simplifier les calculs a conduit à mutiler les phénomènes naturels. Mais c’est seulement à l’aide de pareilles simplifications qu’on peut tenter d’établir un certain ordre, et de sortir du chaos des statistiques fournies par les expérimentateurs.
- Canon monstre américain,,( — Le New-York Herald rapporte que l’arsenal de Watervilet est en train de construire un canon peu ordinaire pour la défense de la côte, du côté de New-York. Cette bouche à feu, du calibre de 48 centimètres, aurait 17 mètres de longueur et pèserait 120 tonnes. Son projectile, haut de lm,92, aurait un poids de 480 kilogrammes. Les Américains proclament que cette pièce sera la plus puissante de toutes celles qui auront jamais existé. 11 y a, dans cette assertion, une exagération manifeste. Le nouveau canon tle 48, n’ayant qu'une longueur de 55 calibres, ne devra
- pas communiquer à son projectile une vitesse de plus de 700 mètres. Or, cette vitesse est relativement faible, les gros canons de la marine française, par exemple, réalisant actuellement des vitesses de 900 mètres. Le canon américain projeté n’aura de remarquable que sa masse ; ses propriétés balistiques ne pourront qu’être inférieures.
- LTn nouveau pavillon de phonographe. — Les
- phonographes sont aujourd’hui légion, on peut le dire sans exagération, et réellement les divers instruments combinés jusqu’à ce jour présentent des qualités tout à fait remarquables, qui en font des instruments scienti-
- fiques de haute valeur; mais les pavillons qu’ils emploient ont ce défaut majeur de donner un son nasillard et des répercussions, résultant de ce que la matière dont est fait le pavillon entre elle-même en vibration au contact du son initial émis par le diaphragme. Or, nous croyons avoir trouvé ces temps derniers, en suivant fies expériences auxquelles nous avait invité un ingénieur-inventeur, M. L’astan, un type de pavillon qui n’offre aucunement ce tlelaut, et qui nous a permis d’entendre tles airs d’opéras, chantés notamment par des voix fie femmes, avec une pureté, une netteté d’émission, même dans les notes élevées, qui nous ont tout à fait surpris. Autant qu’il nous a été possible de nous procurer des renseignements le pavillon, employé et imaginé par M. Castan, est fait de peau qui a subi diverses préparations chimiques, qu’il est naturellement impossible d'indiquer en détail. Nous avons à ajouter du reste que cette pureté d’émission de l’appareil en question doit tenir également au type de diaphragme reproducteur créé par le même inventeur: non seulement on a eu recours à une disposition fort ingénieuse des griffes et des points d’attache, mais encore le diaphragme castan possède une membrane, faite de bois des lies, ayant subi une préparation qui la met à l’abri des influences climatériques. Le fait est qu’elle reproduit les vibrations sans aucune des altérations si fréquentes avec les membranes de métal ou de cristal.
- Le magasin de fourrages d’une compagnie de chemins de f1er. — Nous n’avons pas besoin de noter que, si nous en parlons, c’est que ce magasin, cette usine, pourrait-on dire, présente des particularités tout exceptionnelles. Le but qu’on y poursuit est d’y préparer mécaniquement les rations alimentaires des 4000 chevaux employés au camionnage de la Compagnie « Créât Eastern Baihvay ». Dans une première section des magasins, le grain est accumulé au moyen d’élévateurs, de courroies porteuses; il est pesé au fur et à mesure, et l'emmagasinage se fait naturellement en vrac. Dans la seconde section, on nettoie et on brise le grain, on hache et vanne la paille, on les mesure, on les mélange en- proportions voulues, on les met en sacs pour la distribution sur les diverses écuries: le nettoyage du grain se fait de façon minutieuse, on le soumet même à des séparateurs magnétiques qui ont pour but d’enlever les parcelles métalliques qu’il pourrait contenir. Nous n’avons pas besoin de dire que les grains sont de nature variée, avoine, maïs, pois, etc., qui passent dans des concasseurs différents. Tous les transports jusqu’aux sacs d’emballage se font mécaniquement. Enfin une troisième section du magasin reçoit le foin.
- Le prix des pigeons rares. — Dans une exposition de colombidés qui a eu lieu dernièrement à Londres, M. C. Minopris a vendu 25 000 francs pièce à un amateur américain plusieurs pigeons fort rares. 11 s’agissait de cinq pigeons couronnés, appelés gouras par les connaisseurs, d une espèce rarissime que l’on ne rencontre guère
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- III
- qu’aux îles Moluques. Les ailes du goura sont bleu-ardoise, avec des taehes pourprées ; une aigrette formée de longues plumes aux couleurs éclatantes couronne sa lète, qui ressemble à celle d’un jeune coq. Est-il besoin de dire que c’est le plus haut prix qui ait jamais été payé }>our un oiseau de cette espèce. A la même exposition cependant, certains spécimens curieux ont été vendus fort cher. Ainsi >1. 1*. R. Harrower a trouvé acheteur à 35 000 francs pour une paire de pigeons « fantails » dont la queue en evanlail les eût fait prendre pour des paons de petite taille. M. J. Rafarel, qui exposai! toute une collection de superbes pigeons « jacobins » en a vendu près de vingt au prix de 10 000 francs pièce. L’année précédente, un éleveur anglais, M. Subright, avait fait l’acquisition de quelques beaux pigeons à cravate au prix 12 500 francs chacun.
- Un acier an nickel. — La maison Hollzer, d’Unieux, dont la spécialité, est la fabrication de projectiles de rupture en acier, expose au Palais des Mines et de la Métallurgie, un spécimen fort remarquable de son industrie. L’est un cylindre d’acier qui, sous l’énorme pression exercee a froid de 000 tonnes, s’est transformé en une sorte de solide ayant la forme d’une sphère sectionnée par deux plans parallèles à égale distance du centre. La hauteur primitive du cylindre était de 200 millimètres, et la presse hydraulique l’a réduite à 120. L’épaisseur de 19 millimètres n’a guère varié, mais il en est résulté un allongement qui a été de 42 pour 100 pour les fibres intérieures et de 46 pour 100 pour celles extérieures, cette modification s’était produite, du reste, sans amener la moindre fente. Cet acier était à 22 pour 100 de nickel.
- Une nouvelle méthode d-lmmunisatlon du bétail contre certaines maladies épidémiques.
- — Le professeur Winkler, de Giessen, dans la Hesse, affirme avoir trouvé une méthode simple et .efficace pour immuniser les bestiaux contre VEczema epizoolica, maladie de la bouche et du sabot qui est bien connue, et qui est particulièrement redoutable dans cette partie de l’Allemagne. Cette immunisation, on l’obtiendrait tout uniment en donnant an bétail encore sain le lait bien bouilli provenant des bestiaux atteints du mal. La dose à faire absorber serait de quatre à six litres environ chaque jour, et cela durant une huitaine. Nous ne croyons pas que des essais très prolongés aient été faits, mais le procédé est si simple qu’il est bien aisé de l’expérimenter.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 9 juillet 1900. — Présidence de M. M. Lévy.
- Nous remarquons, au banc des savants étrangers, Zambaco Pacha, qui a été élu correspondant dans la section de médecine à la dernière séance et sir Henry Gilbert de Rothamstead (Herefordshire), l’illustre agronome, correspondant de la section d’économie rurale.
- U hydrogène et le carbone atmosphérique. — M. A. Gautier a montré, dans la dernière séance, par la discussion des résultats que lui ont fournis des recherches expérimentales précises pratiquées en différents lieux, que les hydrocarbures atmosphériques tendent à disparaître, à mesure que 1 on s’éloigne des lieux dont l’atmosphère est souillée par la vie animale ou végétale. C’est ainsi qu’à Paris on note 22îm3, pour 100 litres d’air, d’hydrogène carburé, 1 U1”3 dans des bois éloignés de la capitale et 2U“3 au sommet du Canigou à 2785 mètres d’altitude. Or les montagnes sont, par place, revêtues d’une végétation
- rabougrie et le sol y est souvent encore le siège de fermentations. Pour avoir un air présentant la véritable composition normale de l’atmosphère, M. A. Gautier a répété ses expériences sur l’air de l’Océan. 11 a transporté ses appareils dans un phare, à l’époque de l’équinoxe, et, après une violente tempête, il a dosé l’hydrogène et le carbone, alors qu’un vent du large soufflait depuis plusieurs jours! 11 a ainsi obtenu, par trois séries de dosages, un poids moyen d’hydrogène de lmm%2 pour 100 litres d’air à la pression 760 et un poids de carbone de O"""*,02. Ce poids d’hydrogène correspond à 13c"\ En tenant compte d’une correction empirique M. A. Gautier fixe à 19e"’3,45 le volume de l’hydrogène libre existant dans l’atmosphère. A cet hydrogène pur s’ajoute l’hydrogène carboné.
- Trompe à mercure pour faire le vide. — M. A. Gautier dépose une Note de MM. Rerlemontet Jouard donnant la description d’une nouvelle trompe à mercure. Cet appareil très simple a l’avantage de ne contenir aucun robinet et par suite de ne comporter l’emploi d’aucune matière grasse. Il donne le moyen d’obtenir aisément le vide, ne permettant plus le passage de l’étincelle électrique.
- La grotte de Padirac. — M. A. Landry présente une Note de M. Martel, sur la formation de la grotte de Padirac (Lot) et les causes de sa disparition future. Cette grotte est sortie de la phase active de creusement et d’agrandissement pour entrer dans celle de l’oblitération par les dépôts stalagmitiques et les éboulements intérieurs. C’est ainsi que tout récemment une digue souterraine a relevé le niveau de la rivière intérieure sur une longueur de 450 mètres et submergé des stalagmites antérieurement formés. M. Martel ajoute qu’au cœur de l’hiver, le froid extérieur exerce son action sur l’air et l’eau de la caverne, sur une distance de 600 mètres. Cette action est plus marquée sur 1 air. Enfin les oscillations barométriques sont plus accentuées qu’à la surface du sol.
- Constitution chimique de l'acier. — MM. A. Carnot et Goûtai présentent une Note sur les états chimiques des éléments de l’acier trempé. D’après les travaux des auteurs, le soufre est toujours combiné au manganèse à l’état MnS et au fer. Le phosphore est combiné au fer à l’état Fe3 Pli ; l’arsenic est combiné en partie au fer à l’etat Fe2As. Une partie importante d’arsenic est à l’état libre. Dans les aciers au cuivre, ce métal se présente à l’état de filaments qui sont comme injectés. Le nickel n’est combiné ni au fer ni au carbone.
- Démonstration de la rotation de la terre. — M. Lipp-mann présente une Note de M. Berget relative à une nouvelle démonstration expérimentale de la rotation de la terre. L’auteur a repris l’expérience de Foucault au moyen d’un pendule de 1 mètre de longueur. Le pendule employé est une tige rigide portant à son extrémité inférieure un fil. Lorsque le pendule est au repos, ce fil se projette au centre d’un cercle gradué de 15 centimètres de diamètre. Une alidade portant un microscope se déplace sur le pourtour du cercle gradué. L’appareil est réglé au repos de manière que l’on aperçoive, dans le microscope, l’image du fil se projetant sur une croisée de fil. Le pendule est mis en mouvement dans le sens de 1 axe du microscope. Au bout de 4 secondes on constate déjà un déplacement de l’image sous l’influence de la rotation de la terre. Au bout de 6 minutes le déplacement mesuré sur l’alidade est de 1°. C’est le nombre donné parla théorie. Le sens du mouvement est également vérifié. (ju. ou ViruoruL.
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- DENSITÉ SPÉCIFIQUE DU CORPS HUMAIN
- Le Comité scientifique de la Société d’Éducation de Brookline, aux États-Unis, a poursuivi ces temps derniers des recherches intéressantes sur la densité du corps humain, en opérant sur des élèves qui fréquentaient rétablissement des bains de ladite Société.
- D’une façon générale, on est arrivé à cette conclusion (pie, pour maintenir une personne en équilibre dans l’eau avec la bouche et le nez seulement hors de l’eau, il suffit d’exercer un effort extrêmement réduit de 1800 grammes en moyenne ; le maximum en la matière ne dépasse jamais 4ks,50. D’autre part, si l’on veut, comme cela est le [tins souvent nécessaire avec une personne qui a peur et ne sait pas nager, maintenir au-dessus de l’eau la tète et les bras, il faut alors que l’ellort exercé atteigne jusqu’à 9ks,52, et ne descende pas en moyenne au-dessous de 8k^,75. Nous devons dire, sans pouvoir pourtant insister en détail sur ces expériences, qu’elles portaient sur des enfants de 16 ans et demi en moyenne, pesant 56 kilogrammes, et d’une taille de lm,67, toujours en moyenne. Le poids apparent sous l’eau du corps entièrement submergé, les poumons dégonflés, s’élevait à environ lks,4; le nez dépassant, la tête en arrière et les poumons gonflés, on trouvait 570 grammes, et parfois un équilibre absolu. Dans la même position, mais avec les poumons dégonflés, le poids devenait 2k*,670.
- Enfin ajoutons que, pour un corps dont le nez et les bras étaient hors de l’eau, les poids apparents correspondants étaient de 4k@,05 et de 6k«, 160, suivant que les poumons étaient gonflés ou non.
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- LE «JUBILEE»
- Une des classes de l’Exposition qui obtient le plus de succès près des visiteurs, et surtout près des visiteuses, est sans contredit celle de la joaillerie ; dans la section française, nous voyons une série de parures dont les pierres précieuses nous étonnent non seulement par leur grosseur et leur éclat, mais encore par leur nombre : jamais, à aucune époque, on n’a vu une profusion de richesses aussi considérables dont le prix serait représenté par un chiffre respec-
- table de millions. C’est un éblouissement pour les yeux, un problème pour l’esprit et, ajoutons-le, un grand succès pour l’industrie française qui tient toujours la tète dès qu’il s’agit de montrer des qualités de bon goût et d’élégance.
- Au milieu des vitrines nous voyons le plus gros diamant du monde que ses propriétaires, constitués en société, ont appelé le « Jubilee ». Cette pierre unique dépasse toutes ses devancières puisque, malgré son poids considérable de 259 carats, elle est d’une pureté d’eau absolue et sa taille ne présente aucune erreur. Elle est même si parfaite et si régulière que si on place ce diamant sur la pointe tronquée de sa base, elle tient en équilibre. Pas un nuage ne trouble la limpidité de ses feux, et pas une tache n’en diminue la valeur; l’impeccable harmonie de ses proportions, l’éclat presque surnaturel de son brillant qui semble engendrer la lumière surprennent et charment à la fois.
- Ce diamant phénomène provient des gisements diamantifères de Jagersfontein, près de la ville de Kimberley, dans l’Afrique du Sud ; cette mine est, on le sait, voisine des célèbres exploitations de la De Bcers.
- Pour donner une idée de sa valeur rappelons (pie les plus beaux diamants connus jusqu'ici étaient le « Régent », 1’ « Orloff », le « Grand Sancy », etc. Le « Régent » qui appartient à l’Etat ne pèse que 156 carats et porte sur un de scs fiords une légère lâche; P « Orloff », qui appartient au Czar, atteint 195 carats, mais sa couleur est presque jaune et sa taille est défectueuse; le « Grand Sancy » pèse 55 carats et demi.
- Nous avons aussi le « Koh-i-Nor », qui appartient à la couronne d’Angleterre et qui accuse 106 carats, sa couleur est un peu grisâtre.
- A qui reviendra la propriété du Jubilee? Quel prince d’un trône ou de la finance en deviendra le possesseur? Voilà une énigme difficile à débrouiller. On sait que la valeur des diamants croît avec le poids suivant la progression géométrique 1,4, 16, 64, etc., de sorte que s’il fallait appliquer cette règle au « Jubilee » aucune somme existante ne pourrait le payer. En ce cas, ce qui fait le prix de l’objet c’est beaucoup moins la somme qu’on demande que celle qu’on trouve. Jules Adac.
- Le Gérant : P. Masfox.
- Le « Jubilee» vu de face et de profil. (Grandeur naturelle.)
- Paris.
- Imprimerie Laiicre, rue de Fleurus, 9.
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- N« 1417. — 21 JUILLET 1000.
- LA N ATI* UK.
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- EXPOSITION UE 1900
- l.-V GKANDE SALEE DES FETES
- Il n'est pas douteux que les organisateurs de l'Exposition de 1000 aient été Tort embarrassés de la présence de l'ancienne galerie des Machines qui avait contribué pour une si grande part au succès de 1880.
- Il eût été Tort pénible d’abattre ce colosse de Ter qui avait coûté tant d'argent et de peines et qui Tut sûrement le prototype des grandes constructions métalliques qui eurent une si brillante période dans la suite. Un problème Tort complexe leur était donc imposé : Taire disparaître ce souvenir du passé tout en conservant le monument.
- Si diTlicile que paraisse à première vue la solu-
- tion de la question, nos architectes y sont pourtant, arrivés et ils se sont convenablement tirés d’alVaire. Extérieurement, la grande Taeade du palais de l’Électricité dissimule, pour ainsi dire complètement l’architecture et les lignes de l’ancienne galerie. Pour changer l’aspect intérieur, on a construit une immense salle qui occupe tout le milieu de l'ancienne neT, et dont le luxe et l’éclat impressionnent avec raison les nombreux visiteurs. Elle donne à la galerie des Machines un dessin nouveau dont les dispositions n’ont plus rien de commun avec les anciennes.
- Cette salle est assurément une des plus considérables (pii aient jamais été imaginées : on se souvient que, le jour de l’inauguration, 14 000 personnes invitées ont pu y prendre place et pourtant on n’avait pas utilisé toute la surTace disponible ; il n’est pas dou-
- Vue de Fiuléiieur de la grande Salle des Fêles.
- leux <pi'en s'emparant des galeries du premier étage qui ont vue directe sur la salle, on puisse profiter de 20 000 places : aucune enceinte au monde ne peut donner asile à un nombre de spectateurs aussi élevé.
- Au milieu, se trouve une grande piste circulaire à laquelle tout le pourtour sert de cadre magistral; les quatre triangles Tormés par l’espace compris entre le cercle central et le quadrilatère extérieur forment quatre séries de places distinctes destinées aux spectateurs pour les représentations données sur la piste. Ainsi qu'on lient le comprendre, l’aménagement général de celte salle Tait qu’elle ne ressemble en rien îi celles (pie nous sommes habitués à voir et l'on se demande même à quels genres de représentations elle pourrait bien servir. 11 est, certain qu'on ne peut y donner des concerts, les dimensions sont trop grandes, les sons n’arriveraient pas aux oreilles des auditeurs; quant aux spectacles proprement dits, il est diTlicile de dire de quel caractère ils peuvent, être. Les
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- seuls qui y trouveraient un cadre bien approprié seraient d’immenses défilés allégoriques ou autres comprenant un grand nombre de personnages.
- Le rôle de cette merveilleuse salle est de servir aux grandes cérémonies officielles dans lesquelles on réunit un nombre considérable de personnes, où l'on prononce des discours qu’on n’entend pas et qu’il est même souvent inutile d’entendre, le tout dans un décor brillant et d’une pompe fastueuse avec un grand mouvement d’uniformes, de militaires et d’invités.
- En réalité, on a construit cette salle au milieu de la galerie des Machines, afin d’en utiliser l’emplacement sans trop savoir à quoi elle servirait et aujourd’hui qu’elle est construite on n’est guère plus avancé. La cérémonie d’ouverture de l’Exposition a eu lieu en cet endroit ; la Tète de distribution des récompenses se liendra également entre ses murs et puis, c'est tout! Entre temps, on la morcellera pour
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- LA N ATI UE.
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- y l'aire des lournois d'épée, des expositions temporaires de fleurs, etc....
- L’ornementation de la grande salle des Fêtes est considérable; c'est le triomphe de la sculpture décorative en staff. On y voit aussi beaucoup de sujets de peintures parmi lesquels se détachent d’une façon tout à fait remarquable les quatre grands panneaux du pourtour; il^s sont dus à MM. Cormon, llochegrosse, Maignaii et François Flameng et représentent les industries se rapportant aux quatre principaux groupes de la classification générale de l’Exposition : lloche-grossc nous montre Y Economie sociale; Maignan a exécuté une allégorie charmante racontant les bienfaits et les plaisirs de Y Agriculture et de Y Horticulture-, Flameng laisse voir dans sa composition l'ensemble dos Industries diverses, celles qui se rapportent au Fil, aux Tissus, aux Produits chimiques, etc. ; Cormon rappelle les grands travaux de notre civilisation moderne, il nous parle de Y Électricité de la Locomotion, des Mines, de la Métallurgie. Chacune de ces quatre compositions mesure 2()m,25sur G'",50; elles n’ont pas coûté moins de 72 000 francs dans leur ensemble. Dans le fond des quatre estrades, on a décrit les quatre saisons sous forme de ligures de femmes; les auteurs sont MM. Maillart, Hirsch, Suraud et Thi-rion. Nous trouvons de tous les cotés des peintures diverses pour l’exécution desquelles il a fallu s’adresser à vingt-neuf artistes différents. La partie sculpturale est aussi extrêmement importante; il y a un grand nombre de frises, de groupes, de cartouches, etc., «pii dans leur ensemble ont fourni à 50 sculpteurs différents l’occasion de montrer leur talent.
- Le sujet décoratif qui impressionne le plus le visiteur, est une immense verrière qui domine l'enceinte; elle est assurément l’ouvrage de ce genre le jdus considérable qui ait jamais été exécuté, elle forme un cercle de 40 mètres de diamètre; les couleurs sont vives et les oppositions soutenues, le dessin est large, les grandes lignes accentuées sans détails inutiles dont on ne percevrait point la finesse d'en bas.
- Une illumination complète a été prévue pour les représentations du soir; à cet effet 4500 lampes a incandescence ont été installées de tous les cotes. On ne nous dit point quelles seront les représentations du soir; toutefois il en est (pie nous pouvons prévoir, ce sont des projections cinématographiques. A cet effet, on a ménagé dans le plancher et au milieu de la salle, une grande cuve de 20 mètres de longueur sur 1 mètre de large, elle peut être remplie d’eau pour mouiller une immense toile (pii se déroulera pour former écran ; ce dernier servira aux séances d’un cinématographe monstre1.
- 11 y avait une condition à laquelle il fallait penser pour une salle où une agglomération considérable de spectateurs peut se réunir,c’était la ventilation; aussi
- 1 Ce cinématographe n’est pas le plus grand tjue nous réserve l’Exposition. On a ménagé sous la Tour Eitlel une cuve analogue, mais de 50 mètres de longueur. Les _séances auront lieu en plein air, et pourront être suivies par des milliers de spectateurs.
- l’a-t-on ménagée avec le plus grand soin ; elle se fait par le parquet. Au milieu de la (liste, on a installé une partie de 100 mètres carrés environ en claire-voie ; l’air arrive par les interstices et se répand de tous les cotés; pour assurer un débit d’air nouveau suffisant, on a installé extérieurement quatre ventilateurs puissants mus par des dynamos.
- L'exécution de cette salle des Fêtes a été des plus difficiles à cause du peu de temps dont on disposai!, malgré les bonnes conditions dans lesquelles ou se trouvait qui permettaient de travailler le jour et la nuit : on sait en effet que les travaux ont été exécutés en deux phases différentes à cause des réunions du Concours hippique et du Salon qui ont eu lieu en 1889 dans la galerie des Machines.
- L’ouvrage a pourtant été terminé à l'heure voulue, puisque le jour de l’inauguration tout était prêt et présentable. Le tour de force accompli fait honneur à l’architecte de la salle, M. Haulin, et à ses collaborateurs. A. C.
- PANSEMENTS A LA TOILE D’ARAIGNÉE
- Nous vivons encore au milieu de vieux préjugés que l’on ne saurait trop combattre. Parmi ceux-là, il faut citer l’antique habitude, si vantée un peu partout, d’appliquer sur les blessures en guise tle pansement la toile d’araignée. Et encore quelle toile d’araignée choisit-on?
- Dans beaucoup de campagnes et même de petites villes, on entend dire : « Vous vous êtes coupé. Ce n’est rien; allez à l’étable ou à l’écurie, prenez un peu de toile d’araignée ; enveloppez bien la coupure... et ce sera fini demain. )>
- Gardez-vous bien de suivre ce conseil. Les toiles d’araignée sont des réceptacles de microbes qu’y transportent l’air ou les mouches. On ne saurait mieux choisir pour s’inoculer des maladies infectieuses. Et il y a de braves gens qui, sous l’empire de certaines superstitions, vont jusqu’à recommander surtout l’emploi des vieilles toiles qui pendent au sommet des écuries; il leur faut des toiles d’écurie. Or, celles-là peuvent surtout communiquer le tétanos, comme M. Nocard a eu l’occasion d’en enregistrer plusieurs exemples.
- Dernièrement, à la Société centrale vétérinaire de Paris, M. Pécus a cité le cas d’un cheval qui avait été blessé à l’avant-bras par des ronces artificielles et que l’on s’était bâté de panser avec des toiles d’araignée. Quelques jours après le pansement, les membres s’enflèrent et devinrent le siège d’une forte éruption de horse pox, ou variole du cheval, que lui communique la vache. Le vétérinaire constata que les toiles d’araignée avaient été ramassées dans une étable où il y avait des vaches atteintes de cow-pox, ou variole-vaccine. La toile avait recueilli du virus et le virus avait pénétré par les déchirures de l’avant-bras.
- La toile d’araignée peut être considérée comme un véritable propagateur des affections virulentes. Il est absolument dangereux de s’en servir. Et nous y insistons parce que, au contraire, on la considère trop comme un tissu excellent. Donc, il faut se garder d’aller chercher dans un coin une toile d’araignée sauf pour la détruire et il convient d’avoir recours à la charpie et autres pièces de pansement bien aseptisées. Défions-nous des vieux préjugés. H. de P.
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- LA GENTIANE ET SES PRODUITS
- Le plus souvent, les contrées montagneuses sont affectées au régime du pâturage et de l'herbage. Tous les ans, pendant la belle saison, elles sont peuplées d un grand nombre de bêtes à cornes qui sont exploitées soit pour la production de la viande, soit pour l’obtention de leur lait. La llore qui les compose, est sous la dépendance de nombreux Licteurs tels que : la situation, la nature, la fertilité des sols, etc.
- Un peut remarquer, comme dans toutes les cultures herbagères, des graminées, des légumineuses iourragères, puis des plantes appartenant à des houilles différentes, dont le rôle est purement accessoire et même quelquefois nuisible. Certes, leur port gracieux, leurs couleurs vives et chatoyantes peuvent attirer les regards des touristes, mais elles n en font pas moins le désespoir des cultivateurs, en tenant la place des bonnes espèces, et en venant diminuer dans une certaine mesure la valeur nutritive des fourrages. Elles seront d’autant plus à craindre qu’elles couvriront plus de surface et que quelques-unes d’entre elles sont complètement refusées des animaux. Ce sont de véritables parasites, qui influent toujours défavorablement sur Uabon-dance et la qualité des produits. On rangera dans cette catégorie un certain nombre de plantes de la famille des gentianacéos, et notamment les gentianes.
- Les gentianes sont en général des herbes annuelles ou vivaces, à dimensions variables; tantôt elles possèdent une tige courte, tantôt au contraire se font remarquer par une grande élévation de l’axe principal. Les feuilles sont opposées, dépourvues de sti pules. Les fleurs, rarement solitaires, sont disposées en cymes axillaires ou terminales; elles sont jaunes, purpurines ou bleues. Le fruit est une capsule s'ouvrant longitudinalement de haut en bas ; il renferme des graines elliptiques, comprimées et entourées souvent d’une aile membraneuse.
- L’espèce de beaucoup la plus intéressante pour ses propriétés particulières est la Grande Gentiane (Gen-tiana lutea), La figure 2 donnera une idée suffisante de ses principaux caractères botaniques. C’est une très jolie plante vivace, d'environ 1 mètre de hauteur. Sa racine, longue, branchue, brunâtre à l'extérieur, sensiblement jaune à l’intérieur, atteint à peu près la grosseur du pouce ; elle renferme un principe amer qui est fort recherché pour ses propriétés thérapeutiques. Sa fige est simple, robuste et possède des feuilles larges, ovales, elliptiques, pourvues de 5 à 7 nervures très saillantes ; elle supporte dans sa partie supérieure des fleurs jaunes disposées par verticilles axillaires, qui s’épanouissent en juillet et en août. La plante est surtout commune dans les montagnes de la région des sapins. On la rencontre couramment de la Côte-d’Or aux Alpes, ainsi que dans les pâturages élevés du Plateau Cen-
- tral et des Pyrénées. Dans certains cas, elle constitue la majeure partie de la végétation des prairies hautes. La figure 1, qui est une vue du village de Saint-Laurent-de-Muret, situé dans le massif montagneux de l’Aubrac, à une altitude moyenne de 1100 mètres, montre, combien dans un milieu propice, la plante devient commune et peut prendre de l’extension.
- On apercevra facilement au premier plan, une mauvaise pâture envahie par la grande gentiane dont les touffes offrent par rapport aux graminées une proéminence bien marquée.
- Au point de vue agricole proprement dit, les gentianes ont un très faible intérêt; leurs feuilles fortement amères sont rejetées des animaux ou tout au moins ne sont consommées qu’à la dernière extrémité par les chèvres. C’est pourquoi les cultivateurs les considèrent à juste raison comme des plantes nuisibles et cherchent bien souvent à les détruire. Mais, si on laisse de côté sa valeur nutritive pour considérer ses propriétés médicinales et industrielles, on voit ipie la grandi1 gentiane est loin d’être indifférente.
- La racine renferme un principe amer et cristalli-sable, le Gentiopicrin, glycosidc qui sous l’influence d’un acide peut se transformer en gyeloseet en une nouvelle matière, sorte de poudre jaune, neutre, peu soluble dans l’eau froide et soluble dans l’alcool, le Gentiogénin. On y trouve en outre une substance colorante jaune, à laquelle on a donné le nom de Gentisin.
- Pour quelques auteurs, ce serait un acide faible, d’où les dénominations d’acide gentianique ou gentisique, données au même produit.
- Tout le principe actif réside donc dans la racine. Celle-ci est stomachique, tonique et fébrifuge. On l’administre à l’intérieur sous forme de macération, de décoction, de sirop, de teinture alcoolique, de vin, de poudre, ou d’élixir. En chirurgie, elle est quelquefois employée comme dilatant, c’est-à-dire pour favoriser et entretenir l’ouverture de certaines plaies. Enfin, les vétérinaires s’en servent dans le traitement de la dyspepsie des chevaux.
- La présence du glucose dans la racine explique les curieux usages industriels de cette plante dans les pays ou elle croît à l’état spontané. On sait que sous P influence d’une fermentation, toute matière sucrée se transforme en alcool. Ce dernier produit résulte du dédoublement d’un principe sucré, le glucose, qui peut provenir lui-même du sucre, de la cellulose et des matières amylacées que l’on rencontre dans un grand nombre de végétaux. La gentiane exploitée pour ces propriétés, devient en quelque sorte une plante à alcool. A l’instar de la betterave de distillerie, elle sera soumise à une série de manipulations, dans le but d’en retirer un liquide alcoolique auquel les Yosgiens et les montagnards du Plateau Central attribuent une grande supériorité. Les racines, arrachées à la pioche, sont livrées à 1 usine où elles subissent un traitement sommaire.
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- LA NATURE.
- Tout d’abord, elles sont coupées en petits morceaux, légèrement écrasées, et jetées dans des cuves avec une certaine quantité d’eau chaude. La fermen-
- tation ne tarde pas à s’établir, et, lorsqu'on la juge à peu près terminée, on procède à la distillation. Les produits de premier jet, grossièrement rectifiés,
- Fig. 1, — Vue d’un champ de gentiane à Saint-I.aurent-de-Muret.
- constituent l’eau-de-vie de gentiane vraie, qui le plus souvent sert à obtenir, par un mélange en proportions convenables avec l’alcool ordinaire, l’eau-de-vie de gentiane ordinaire consommée dans les cafés. Quelque-lois encore, la rectification se fait en présence de l’absinthe, du thym ou du fenouil.
- La fabrication est tout à fait localisée ; dans la majorité des cas, ce sont des petits distillateurs qui l’entreprennent. Cependant on a signalé dans le Plateau Central des installations relativement importantes, montées en vue du traitement de la gentiane. 11 existait paraît-il autrefois, au Lioran, une distillerie de ce genre qui pendant bien longtemps fonctionna d’une façon régulière.
- L’eau-de-vie de gentiane, renommée pour ses propriétés apéritives et réconfortantes, est fort goûtée des montagnards du Centre, des \osgiens et des Jurassiens. Avec le temps elle devient sucrée ;
- c’est pourquoi les véritables amateurs n’apprécient pas les produits de fabrication ancienne. Malgré les propriétés attribuées à l’alcool de gentiane, la plupart des personnes étrangères ne peuvent se familiariser avec le goût de cette liqueur lorsqu’on la leur présente pour la première fois. J’avoue pour ma part que j’ai trouvé cordialement détestables les produits qui avaient été mis fort aimablement à ma disposition par un propriétaire du Cantal.
- Aujourd’hui encore, l’exploitation de la gentiane pour la distillation est une pratique assez courante. Un voit donc qu’en dehors des principes actifs fournis par la racine et renommés pour leurs propriétés thérapeutiques, ce repré-s Gentianacées peut être encore quelquefois qualifié à juste raison de plante à alcool. Albert Yilcoq.
- ---------r-
- Fis;. 2. — La goiitiaiie.
- sentant de la famille di
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- LA NATURE.
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- L\ LUNETTE ZÉNTTHO-NÀDIR\LE
- DE M. CORXU
- La détermination exacte des directions est nn des problèmes pratiques les pins importants pour le physicien et pour l’astronome, Bans l’astronomie, en particulier, l'habitude prise depuis longtemps de
- repérer les directions par rapport à la verticale du lieu d’observation donne une importance capitale à la connaissance précise du point où cette verticale va rencontrer, an-dessus de nos tètes, la sphère céleste, le zénith.
- Jusqu’ici la détermination du zénith était subordonnée à celle du nadir, qui est le point où la verticale, après avoir traversé le globe terrestre, va
- Fig. 1. — Lnneün zénitho-nadirale de M. Cornu.
- rencontrer au-dessous de nous la sphère céleste. Parmi les divers procédés employés par les astronomes pour la détermination du nadir, nous n’en rappellerons qu’un, celui qui est directement fondé sur cette proposition bien connue que la verticale est perpendiculaire à la surface d'un liquide en équilibre. Ou orientait assez aisément une lunette dans la direction du nadir, en la munissant d’un oculaire à réflexion, d’un réticule et visant avec elle la surface d’un bain de mercure parfaitement tranquille. On était assuré que l’axe optique de la lunette était bien pointé vers le nadir quand l’image des fils du réticule vu par réflexion dans le bain de mercure venait se superposer au réticule lui-même dans le champ de l’instrument. Cela lait, on faisait tourner la lunette de 180° sur le cercle gradué vertical qui la portait et l’on avait ainsi la direction du zénith. Mais cette dernière opération est soumise à plusieurs causes d’erreur, provenant du fléchissement et de la torsion des axes de rotation, et des défauts de graduation du cercle divisé.
- Tous les autres procédés utilisés pour la détermination indirecte du zénith étaient soumis à des causes d’erreur analogues aux précédentes. Aujourd’hui le problème de la détermination directe du
- zénith est résolu, et nous devons au savant physicien français, M. Cornu, un appareil permettant de relier directement, sans dispositif auxiliaire mobile, les observations du zénith à celles du nadir.
- L’appareil deM. Cornu comprend essentiellement une lunette horizontale orientée dans le méridien, et munie d’un micromètre à fil mobile et d’un oculaire à réflexion. Cette lunette vise au centre d’un système réflecteur disposé comme l’indique la figure ci-contre.
- Ce système se compose d’un bain de mercure A et de deux miroirs plans B et C placés l’un près de l’autre, mais empiétant partiellement l’un sur l’autre, grâce à une échancrure convenable. Ces deux miroirs sont inclinés à 45° de part et d’autre de la verticale et leur ensemble peut tourner autour d’un axe parallèle à l’arête de leur dièdre, qui a été placée perpendiculairement au méridien.
- Le miroir B est tourné vers le haut. C est tourné vers le bas et regarde le bain de mercure. Cela étant la partie droite et indépendante Bt du miroir B renvoie dans la lunette l’image de la région zénithale du ciel ; et la partie gauche également indépendante C, du miroir C envoie le faisceau lumineux sorti de la lunette sur le bain de mercure; ce faisceau, arrivant normalement sur le bain de mercure revient sur
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- L A N A TI H K.
- lui-même, rentre dans la lunette et vient y former Limage focale, réfléchie du micromètre; celui-ci, du reste, se compose de deux (ils, l’un vertical lixe, l’autre horizontal mobile. Les miroirs B et G agissent enfin par leurs portions Ba et C2 et les deux fils du micromètre se réfléchissent sur ce dièdre; mais tandis que le fil vertical, perpendiculaire à l’aréte du dièdre donne une image simple, le fil horizontal ne donne une image simple que si les deux miroirs sont rigoureusement perpendiculaires entre eux. Si cette condition n’est pas réalisée, on a deux images symétriques, situées de part et d’autre de l’image simple donnée par G4 du même fil horizontal. 11 est d’ailleurs facile de distinguer l’une de l’autre, les images du fil horizontal : il suffit pour cela de déplacer le fil horizontal lui-même dans le micromètre, on voit les images do ce fil se déplacer dans le champ de la lunette; mais l’image simple donnée par Gt se déplace en sens inverse du fil réel, car elle a suhi un nombre impair de réflexions, tan-
- Fifï. 3. — Disposition schématique do l'appareil.
- dis tpie l’image dédoublée donnée par l>2 C2 suit le mouvement du fil, car elle a suhi deux réflexions1.
- Gela étant, supposons les deux miroirs B et G rigoureusement perpendiculaires entre eux, l’arête de leur dièdre rigoureusement parallèle à l’axe de rotation du système des deux miroirs et perpendiculaire a l’axe optique de la lunette. Inclinons le système de telle façon que la croisée réelle des fils du réticule coïncide avec son image donnée par le bain de mercure. Les miroirs étant rectangulaires, l’image dédoublée du fil horizontal donnée par le dièdre coïncide avec le fil horizontal lui-même. Dans ces conditions; il ne reste plus dans le champ de la lunette que l’image de la région zénithale du ciel fournie par Bj et la croisée des fils qui détermine la direction du nadir ; et d’après une propriété bien connue des miroirs rectangulaires, elle définit en même temps le zénith ; en un mot dans le champ de la lunette le zénith coïncide avec le nadir ; de là le nom de lunette zénitho-nadirale proposé par M. Cornu pour l’élégant dispositif que nous venons de décrire.
- 1 On consultera avec fruit, pour bien comprendre cette curieuse propriété, notre article sur les Images dans les miroirs plans ; voy. n° 1255, du 5 juin 1897, p. 2.
- Mais, dans ce qui précède, nous avons supposé que les miroirs étaient rigoureusement perpendiculaires entre eux ; en réalité, dans la pratique, c’est là une condition qui se trouvera rarement réalisée. Mais, loin d’être un obstacle à la méthode, ce fait permet des pointés plus rigoureux, comme l’a montré M. Cornu. Nous ne suivrons pas le savant physicien dans cette dernière partie de son remarquable travail un peu plus délicate que la première. Il nous suffira d’avoir fait comprendre le principe de l’instrument; il exige naturellement toute une série d’opérations de réglage fort minutieuses. Un appareil a du reste déjà fonctionné dans une des coupoles de l’Observatoire et
- donné les meilleurs résultats. J. Derôme,
- Licencié és sciences.
- LES LOTERIES ALLEMANDES
- J’ai reçu ces jours-ci, et if est vraisemblable que je ne suis pas le seul, la lettre autographiée suivante (textuelle) d’un honnête courtier d’Allemagne :
- Cher monsieur,
- « Par la présente, je me permets d’attirer votre atten-tioi^pur la Grande loterie de capitaux du Grand duché de
- .... La nouvelle loterie est garantie par l’Etat et aussi
- beaucoup améliorée, elle contient 68 000 billets et 54 000 lots, ce qui fait qu’ (( un billet sur deux gagne ! » En outre de ces 34 000 lots, l’État donne aussi <( une prime extraordinaire de 300 000 marcs » à celui qui gagnera le dernier lot!
- « Le prix est aussi bon marché qu’avant, il est officiellement fixé à 14 francs seulement pour les deux numéros ci-inclus. J’espère pouvoir vous payer sur les billets ci-joints le plus gros lot de « 500 000 marcs ou à peu près 625000 francs (plus d’un demi-million), et viens vous prier de bien vouloir m’expédier la petite mise de 14 francs le plus tôt possible ou de me retourner les billets par retour du courrier.
- « En attendant le plaisir de vous lire au plus lot, recevez, monsieur, mes sincères salutations.
- Signature.
- Note! Deux quarts de billets Frs 14,00. »
- Cette lettre était accompagnée du plan détaillé des divers tirages, qui, au nombre de six, devront être composés comme suit :
- Premier tirage. — 1 lot à 25 000 marcs; — 1 à 10000; — 1 à 5000; — 1 à 3000; — 2 à 2000; — 5 à 1000; — 9 à 500; 300 à 500; — 2950 à 54. Totaux 3000 lots, 222 fcOO marcs distribués.
- Deuxieme tirage. — 1 lot à 30 000 marcs; — 1 à 10 000; — 1 à 5000; — 1 à 5000; — 2 à 2000; — 3 à 1000; — 9 à 500; — 50 à 500; — 2952 à 81. Totaux 3000 lots, 507 612 marcs distribués.
- Troisième tirage. — I lot à 40 000 marcs; — 1 à à 10 000; — 1 à'5000; — 1 à 3000; — 2 à 2000; — 3 à 1000; — 9 à 500; — 22 à 300; — 2960 à 108. Totaux 5000 lots, 395 780 marcs distribués.
- Quatrième tirage. — 1 lot à 50 000 marcs; — 1 à 10000; — 1 à 5000; — 1 à 3000; — 2 à 2000; — 5 à 1000; — 9 à 500; — 34 à 300 ; — 2948 à 135. Totaux 5000 lots, 487680 marcs distribués.
- Cinquième tirage. — 1 lot à 60 000 marcs; — 1 à 10000 ; — là 5000; — 1 à 3000 ; — 2 à 2000; — 5
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- à 1000; — 9 à 500; — 22 à 500; — 2900 à 162. Totaux 5000 lois, 575620 marcs distribués.
- Sixième et dernier tiraqe. — 1 lot à 500 000 marcs; — 1 à 100 000; — 1 à 50000; — 1 à 40 000; — 1 à 50000 ; — 1 à 20 000; — 5 à 10000; — 5 à 5000 ; — 100 à 5000; — 500 à 1000; — 550 à 500; — 18 254 à 162. Totaux 19 000 lots, 4 545 908 marcs distribués.
- D’après les tableaux précédents, le nombre des lots est bien de 54 000, soit la moitié de celui des billets (68 000).
- Quant aux sommes totales à distribuer aux gagnants, elles s’élèvent à 6 555 400 marcs (1 marc — lf,',25 environ).
- Le prix d’un billet entier est très élevé;-il est de 152 marcs, payables en six versements de 22 marcs effectués avant chacun des tirages. Les sommes encaissées par suite du placement des billets s’élèvent donc à 8 976 000 marcs. D’où il résulte pour le Grand-Duché, émetteur de la loterie, un bénéfice de 2 442 600 marcs, qui correspondent à plus de 27 pour 100. C’est un prélèvement peut-être un peu exagéré et qui dépasse de beaucoup ceux effectués dans les divers autres jeux en usage, bourse, courses de chevaux, roulette, baccarat, trente-eI-quarante, etc.
- La seule objection (pie nous nous permettrons de formuler, a trait à l’allégation de l’auteur de la lettre ci-dessus, affirmant qu’ « un billet sur deux gagne ». Nous ferons remarquer que le prix d’un billet est de 152 marcs et que, parmi les lots, il en est unjgrand nombre d’inférieurs à cette somme : 2950 du premier tirage d’une valeur de 54 marcs, 2952 du deuxième tirage n’en rapportant que 81, et 2960 du troisième tirage n’en valant que 108. Il y a donc 8862 lots qui ne remboursent même pas le prix du billet. Quand un tel lot vous échoit, on ne peut, évidemment, être considéré comme un favorisé du sort. La vérité est que votre billet a bien gagné un lot, mais que vous, vous perdez une cinquantaine de marcs. D....
- IA CELLULITHE
- C’est un produit destiné à rivaliser avec le celluloïd et tiré de Ma pâte à papier. Cette substance, est d’une plasticité remarquable. La pâte à papier, soumise a un battage de longue durée dans l’appareil nommé d pile », et qui est une sorte de moulin à lames pour le lavage et le défibrage des chiffons, se transforme peu à peu en une bouillie transparente et élastique qui, par dessiccation, durcit rapidement. On peut ainsi préparer des feuilles qui rappellent le parchemin, à part la souplesse. On se sert de cette propriété bien connue pour fabriquer la cellulithe. Au bout de quarante à cent cinquante heures de battage de la pâte, on a une bouillie homogène, amorphe, que l’on nomme du « lait de cellulose ». On peut colorer ce lait avec des couleurs solubles ou non. On chauffe pour enlever l’air, on cuit même et on filtre ; puis, on fait passer dans un récipient à fond perforé où la matière s’égoutte. Enfin, on fait évaporer dans une étuve à 40°. On recueille une pâte qui durcit jusqu’à la consistance de la corne avec un poids spécifique de 4 et 5, lourd comme certaines pierres très dures. Cette cellulithe se travaille bien, et à l’envers du celluloïde, elle n’est pas inflammable. Si, avant dessiccation, on l’additionne de sciure de bois et de noir de fumée, elle devient très analogue à l’ébonite. En somme c’est un produit obtenu à très bon compte et qui pourra
- avoir de nombreux usages.
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- LES PANORAMAS DE L’EXPOSITION
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- I.E CJNÉORAMA BALLON
- Nous avons passé en revue deux genres de panoramas animés1; dans l'un le spectateur est sur mer, dans l’autre il est en chemin de 1er : pour compléter la série des moyens de transport le voici maintenant en ballon. Ici nous trouvons aussi le mouvement, nous avons la couleur, mais aucun mécanisme n’actionne la toile de fond qui, du reste, n’existe pas : l’image circulaire qui nous entoure est fugitive, c’est une projection et, qui plus est, une projection cinématographique.
- Nous avons déjà eu l’occasion de parler ici à nos lecteurs de la projection panoramique*; un Américain, M. Chase, l’a réalisée à Chicago et M. le colonel Moëssart nous a montré qu’elle était possible, dans une conférence, avec expérience à l’appui, au Conservatoiret des Arts et métiers à Paris. Pour obtenir un panorama de ce genre on se sert de plusieurs clichés (G au minimum) projetés l’un à côté de l’autre sur un écran circulaire, ou mieux ploygonal, par autant de lanternes; toute la difficulté réside dans le raccord des images les unes avec les autres, il faut arriver à ce qu’il ne soit pas visible. Il faut d’abord que la transparence des clichés soit sensiblement la même et que l’éclairage de chaque lanterne ait la même intensité; on a soin d’avoir sur le bord de chaque cliché une partie de paysage commune qui, dans la projection, se superpose exactement; au moyen de fenêtres à dimensions variables, et réglables, on limite exactement le champ à éclairer sur chaque épreuve.
- On comprend qu’à l’endroit du raccord l’éclairage n’est pas tout à fait le même que dans le reste de l’image puisque deux lanternes çt deux clichés concourent à cette partie de la projection; on peut corriger cela en disposant, ainsi que l’a indiqué le colonel Moëssart, de petits écrans opaques entre la source de lumière et le condensateur; on obtient ainsi des pénombres en teinte dégradée qui se marient entre elles et rendent le raccord invisible.
- Le problème de la projection fixe était donc posé et même résolu, il présente déjà quelque difficulté de réglage comme on vient de le voir. Un ingénieur français, M. Grimoin-Sanson, n’a pas craint de s’attaquer à une difficulté beaucoup plus considérable en projetant au lieu de clichés fixes, les clichés mobiles du cinématographe. En principe il s’agissait de prendre au moyen de dix appareils disposés sur un plateau circulaire fixe, le panorama qui se déroide sous les yeux du voyageur au moment de l’ascension ; puis de projeter ensuite en même temps sur les murs d’une salle circulaire les dix vues cinématographiques ainsi obtenues. Pour commencer on s’est contenté' de prendre des vues de pied ferme en plaçant l’appa-
- 1 Voy. n° 1408, du 19 mai 1900, p. 599.
- * Voy. n° 1180, du 11 janvier 1896, p. 81.
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- reil au milieu d'une place publique, par exemple. Cet appareil se compose (fig. 1) d’un pied de 2m,50 de haut, formé d'une charpente solide supportant un plateau circulaire de lm,50 de diamètre, autour duquel sont placés dix cinématographes; nous ne décrirons pas aujourd'hui leur mécanisme particulier, il nous suffira de dire qu’ils emploient des bandes sensibles ayant 60 mètres de long et 7 centimètres de large; ces bandes sont perforées sur les cotés, les images ont 0m,G55 de large sur 0m,050 de hauteur. L’arbre de commande de chaque appareil est terminé par un pignon denté, situé sur la paroi opposée à celle qui porte l’objectif ; lorsque les dix appareils sont en place tous ces pignons viennent engrainer avec une roue,
- (huilée horizontale fixée au centre de la plateforme , et dont l’axe terminé par une manivelle vient déboucher dans l’intérieur du support à bonne hauteur pour être facilement maniée par trois hommes
- placés sur les cotés.
- Dans ces conditions on com- Fig. î.
- prend que les Appareil lie M. Grimoiu-Sanson pour la prise de panoramas cinématographiques, dix appareils
- marchent synchroniquement. Les objectifs sont calculés pour embrasser un angle un peu supérieur à 56° de façon qu’il y ait une partie commune sur le bord de chaque image ; les fenêtres qui limitent la largeur de celles-ci sont réglables au moyen de vis micrométriques et on arrive ainsi à déterminer très exactement l’importance des parties communes.
- Après avoir pris dans différents pays des panoramas animés intéressants avec cet appareil disposé
- à terre, on résolut de l’emporter en ballon : il pèse :>00 kilos et son volume occupait la plus grande partie de la nacelle où il était amarré. Le départ eut lieu aux Tuileries au commencement de mai par un temps un peu couvert; on a commencé à mettre l'appareil en marche aussitôt le « lâchez tout » et
- on a continué à tourner jusqu’à ce que le ballon soit à une hauteur de 400 mètres.
- Le cliché ei-nématopanorami-que ainsi obtenu a été très réussi et le spectateur devant lequel il est projeté voyant, le sol fuir sous lui aura la sensation de s’élever en l’air. Comme l'appareil est, réversible, il suffira de faire passer la jande a l’envers pour donner ensuite la sensation de l’atterrisse-ment. Celui-ci se fera plus doucement et avec moins de dangers que dans la réalité, car le vent s’étant élevé, les opérateurs ont, été un peu malmenés à la descente ; quant aux appareils ils en sont revenus en bon état.
- Pour la projection des bandes positives on a construit une salle polygonale de oO mètres de diamètre (fig. 2) dont le mur est
- formé de dix écrans ayant 9m,20 de haut et 9m,50 de large ; pour le spectateur cet ensemble paraît former un seul écran circulaire continu. Au centre se trouve une cuve circulaire en ciment armé, de 4m,50 de haut et 4 mètres de diamètre. C’est au-dessus de cette cuve qu’est placé le plancher qui reçoit les spectateurs, au-dessus de leur tête un immense vélum et un filet se raccordant en haut du mur de la salle représentent le ballon qui est
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- LA NAÎTRE
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- supposé les emporter dans l’espace. La cuve est percée de dix ouvertures par lesquelles passenl|Ys objectifs des dix appareils projecteurs; ils sont disposés à l'intérieur (fi". 5) sur une tablette circulaire et derrière chacun d’eux se trouve une lampe à arc de 50 ampères.
- Afin d’éviter la chaleur excessive qui aurait incommodé les opérateurs, chaque lampe est enfermée dans une boîte en tôle munie d’une cheminée qui conduit l’air chaud au centre {de y a chambre, d’où un tuyau central l’emmène à l’extérieur. Un ventilateur électrique amène du reste constamment de l'air froid du dehors. D’après ce que nous avons dit
- Fig. 3. — Détail de l'installation des dix appareils de projection et de leurs lampes à arc.
- plus haut,, les clichés ont environ 27 centimètre* carrés. Ils sont projetés sur un écran de 85 mètres
- c a r r é s ; c ' e s l peut-être un peu exagéré comme agrandissement et la lumière fait forcément un peu défaut.
- La commande de chacun des appareils se termine par un pignon d’angle qui vient s’engrainer sur le pignon qui termine une tige verticale traversant la tablette de support et dont l’extrémité inférieure porte une poulie à gorge. Les dix poulies sont réunies par une môme courroie sans fin qui reçoit son mouvement d’une
- transmission placée dans le sous-sol et actionnée par un moteur électrique; la vitesse est donc la môme
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- LA NATURE.
- pour tous les appareils. Afin de ne pas avoir à changer les bandes, ce qui aurait demandé trop de temps, on les a collées bout à bout; on a ainsi pour chaque appareil une bande de près de 400 mètres de long y compris les parties noires destinées à séparer chaque vue. Elle est enroulée sur une bobine placée au-dessus de l’appareil et, à mesure de son passage derrière l’objectif, elle est reçue sur une autre bobine placée en dessous. Il y avait ici une assez grande difficulté à vaincre, il fallait obtenir une traction faible et uniforme sur la bande, malgré la différence de diamètre, constamment variable, delà bobine; on y est arrivé au moyen d’engrenages et de contrepoids qui agissent sur les deux bobines de départ et d’arrivée à peu près à la façon d’un mouvement de tourne-broclie.
- Après le passage de la pellicule entière sur la bobine inférieure on profite de l’intervalle entre deux représentations pour la faire repasser sur la bobine supérieure.
- La projection cinématographique hantait depuis longtemps le cerveau des inventeurs, M. Grimoin-Sanson aura été le premier à la réaliser (tous nos dessins sont exécutés d’après nature) ; si les résultats ne répondent pas aux espérances il faudra surtout s'en prendre aux tâtonnements inséparables d’un premier essai.
- Dans une entreprise de ce genre, où tout est nouveau, on rencontre à chaque instant des difficultés imprévues que le temps seul permet de surmonter. G. Mareschal.
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- INAUGURATION
- lit' MÉTROPOLITAIN MUNICIPAL IIE PARIS
- Enfin Paris possède son Chemin de fer urbain ; cette ligne qui pendant tant d’années a occupé les ingénieurs et les administrateurs de notre capitale, au sujet de laquelle tant de projets avaient été présentés et successivement désapprouvés vient, après toutes les difficultés vaincues et les flots d’encre îersée, de livrer sa première ligne à l’exploitation. L’inauguration a eu lieu sans tapage ni fête aucune ; on a ouvert cette semaine les guichets au public sans autre cérémonie; la simplicité de cette première journée détonne un peu avec la publicité fantastique qui avait été faite au sujet de la préparation.
- Pendant les huit jours qui ont précédé la mise en service régulier, les trains ont marché à blanc, c’est-à-dire sans voyageurs; mais, à part ce facteur, tout s’est passé comme si le service se faisait normalement ; chaque employé était à son poste et en uniforme, les départs avaient lieu aux heures réglementaires, les minutes étaient comptées, les retards rattrapés, jamais une marche ne s’est faite avec autant de régularité.
- C’est à cette bonne préparation sans doute, que nous devons d’avoir eu dès les premiers jours une exploitation parfaite, les rôles étaient très bien étudiés et il n’v avait plus qu’à jouer la pièce.
- Ainsi qu’on le sait, la première ligne ouverte à la circulation des trains est la grande transversale Est-Ouest; elle part de l’avenue de Yincennes pour aboutir à la Porte-Maillot, en suivant l’Avenue de Vincennes, le Boulevard
- Diderot, la rue de Lyon, la rue Saint-Antoine, la rue de Rivoli, les Champs-Elysées et l’Avenue de la Grande-Armée ; deux embranchements sur la Porte Dauphine et la place du Trocadéro sont également construits, mais ils ne seront mis en service qu’au mois de septembre prochain ; pour le moment, nous n’aurons à notre disposition que la grande ligne elle-même et encore, pendant quelques semaines, le service sera-t-il restreint ; au lieu de desservir les 18 stations du tracé, les trains ne s’arrêteront qu’aux six stations suivantes, non compris les gares de tête de lignes : la place de la Nation, la gare de Lyon, la place de la Bastille, l’Hôtel de Ville, le Palais Royal et l’Avenue Nicolas IL
- Une grande surprise attend les Parisiens qui descendront dans ces gares souterraines ; on se rend difficilement compte comment un travail aussi considérable a pu être exécuté en aussi peu de temps et avec aussi peu d’embarras dans les rues; les stations souterraines dont les parois sont recouvertes de faïence blanche sont très seyantes, leur aspect propre et clair prédispose immédiatement en faveur de la nouvelle ligne. Mais gare aux fluxions de poitrine ! Par ces temps de chaleurs caniculaires que nous traversons, il y a 15 à 18 degrés de différence entre la température de la surface et celle du souterrain ; aussi nous ne saurions trop recommander à ceux qui liront ces lignes d’ une entrée trop brusque dans les stations ; il est qu’une personne pressée de prendre son train qui . en courant et qui se précipite en nage dans cette!' no-sphère refroidie s’expose aux plus grands dangers. En hiver ce sera le contraire, le métropolitain sera d’un séjour tempéré des plus agréables.
- Disons deux mots des trains :
- En temps normal, ils se suivront à deux minutes d’intervalle ; en d’autres termes, on peut dire que les arrêts aux stations seront des plus courts, dix à quinze secondes au plus, et que le voyageur sera toujours certain de trouver de la place. Chaque train se compose de trois, quatre ou même cinq voitures, chacune contenant 50 places et, afin d’accélérer le mouvement des vovageurs aux arrêts, une extrémité de la voiture est réservée à la sortie et l’autre à l’entrée.
- Quant à la traction, elle est électrique, la voiture de tête contient deux guérites, une à l’avant, et l’autre à l’arrière, dans lesquelles se trouvent les appareils de commandes; le mécanisme automoteur est des plus réduits puisque la production d’énergie est centralisée à l’extrémité de la ligne ; le courant est apporté par un rail latéral sur lequel viennent s’appuyer deux frotteurs, l’un en avant, l’autre en arrière de la voiture automotrice. Les freins sont continus et à air comprimé.
- La distance totale de la ligne est I0kra,300 et sera parcourue en 24 minutes, y compris les arrêts aux dix-huit stations.
- Le prix d’un voyage quelconque en première est de 0fr,25 et en seconde de 0fr, 15 ; on ne délivre que des billets simples, mais afin de favoriser les employés et ouvriers qui se rendent à leur travail, on a créé des billets d’aller et retour, en seconde seulement, au prix de 0 fr,20, à condition que l’aller se fasse avant 9 heures du matin et le retour dans la même journée.
- Dès que l’Exposition aura fermé ses portes, on attaquera la construction des autres lignes du Métropolitain, en commençant par la grande circulaire des boulevards extérieurs. — L’ensemble des travaux pour le réseau complet du premier projet ne sera terminé
- qu’en 1910. A. ra Cünha.
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- LA NATURE.
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- i:\SS\IMSSEMENT DE LA SEINE
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- LES ESIXES ÉLEVA TOI RES
- Nous avons vu, dans un précédent article1 que, sauf le collecteur du Nord qui, grâce à son altitude élevée, permet aux eaux usées qu’il recueille de gagner, par le seul effet de la gravitation, la plaine de Gennevilliers où elles sont utilisées, les grands collecteurs parisiens aboutissent tous à Cliehv, où des pompes dirigent les eaux d’égout, partie sur (îennevillicrs, partie vers l’usine de Colombes.
- [/usine de Clichy, construite lors des premiers essais faits par la Ville de Paris pour l’utilisation agricole des eaux de ses égouts, alimentait dès 1875 les terrains de Gennevilliers, mais elle a du être complètement transformée en 189 i, lors de la création du service, d’Achères.
- l/ancienne usine comportait quatre groupes de générateurs, moteurs et pompes installés par la mai-sonv Fareot de Saint-Ouen. Les générateurs, au ‘ù'^nbre de huit, étaient semi-tubulaires, à faisceau jsiblc et réchauffeur. Les moteurs, du type Corliss, nt horizontaux, à un seul cylindre et quatre distributeurs et à condensation. Les pompes centrifuges, à axe vertical, étaient mues par l’intermédiaire d’un volant denté et d’un pignon.
- (blette installation permettait d’élever, par journée de 10 heures, 100 000 mètres cubes d’eau à une hauteur d’environ 12 mètres. Cela suffisait pour l’irrigation de la plaine de Gennevilliers, mais devint insuffisant, lorsque la Ville de Paris décida de conduire à Achères une partie de ses eaux d’égout.
- Les eaux destinées aux nouveaux champs d’épuration devaient être élevées à une hauteur de 48m,50 au-dessus du niveau des collecteurs à leur arrivée à Clichy, ce qui aurait nécessité une pression considérable dans les conduites de refoulement. Ces conduites traversant les communes d’Asnières, Bois-Colombes et Colombes, où vit une nombreuse population, auraient été pour les habitants de ces localités une menace perpétuelle d’accidents. Pour éviter ces dangereux inconvénients, M. Bechmann, Ingénieur en chef du service de l’assainissement de Paris, décida l’installation à Colombes, sur le bord de la Seine, d’une usine de relais capable de donner aux eaux provenant de Clichy, la pression qui leur manquait pour atteindre Achères.
- Le nouveau service que devait fournir l’ancienne usine consistait donc à élever .à une hauteur de 5 mètres environ un volume d’eau supérieur à celui qu’elle refoulait déjà vers Gennevilliers. Par suite les pompes centrifuges restaient indiquées, car pour les élévations de grands volumes d’eau à de faibles hauteurs, surtout lorsque cette eau, comme l’eau d’égout, est chargée de corps en suspension, ces pompes donnent un rendement bien supérieur à celui des
- 1 Voy. n° 1412, du 16 juin 1900, p. 55.
- pompes à [liston. En revanche les progrès réalisés dans la construction des moteurs depuis la première installation permettaient de remplacer la commande par engrenages, bruyante et très fragile, par une commande directe en employant des machines à marche rapide et moins encombrantes.
- A Colombes, au contraire, la hauteur de refoulement dépassant 40 mètres nécessitait l’emploi de pompes à piston plongeur, lesquelles réclament une marche lente pour fournir un bon rendement. On pouvait donc utiliser pour les actionner les anciens moteurs de Clichy.
- Ceci posé, voyons comment fonctionnent les nouvelles usines.
- 1° Usine de Clichy. — Les collecteurs parisiens débouchent dans un bassin, dit de dégrossissage, ayant, 60 mètres de long, 10 mètres de large et 4 mètres de profondeur où se déposent les matières lourdes en suspension dans l’eau. Ces dépôts sont enlevés à mesure qu’ils se, produisent au moyen d’une grue électrique et de dragues à mâchoires articulées, et chargés sur des bateaux qui pénètrent dans l’usine par un petit canal de dérivation.
- Ce canal est séparé du bassin de dégrossissage par un déversoir sur lequel passent les eaux d’égout lorsque le débit des collecteurs dépasse les besoins des champs d’épandage. Mais ce n’est là qu’un cas exceptionnel ne se produisant qu’assez rarement, principalement à la suite des grandes pluies.
- Le bassin de dégrossissage comporte six galeries correspondant aux six pompes de l’usine. Les eaux d’égout avant de pénétrer dans les conduites d’aspiration sont débarrassées des corps flottants qu’elles contiennent (pailles, fumiers, débris végétaux, etc...), au moyen de grilles fixes nettoyées automatiquement, à l’aide d’une série de peignes. Ceux-ci déversent les corps qu’ils enlèvent sur un plancher mobile qui les conduit à un quai de déchargement.
- Après avoir traversé ces grilles les eaux pénètrent dans les conduites d’aspiration proprement dites et de là dans les pompes. Ces pompes sont des pompes centrifuges à axe vertical, du type Fareot appliqué en Égypte au Katatbeh pour les irrigations de Béhéra et en France pour le dessèchement des marais deFos et de la Crau (Bouches-du-Rhdne). Les quatre plus anciennes pompes ont un diamètre de 1 m,92 et peuvent débiter 2000 à 2500 litres par seconde à la vitesse de 110 à 115 tours par minute en refoulant sur Colombes. Les deux autres, plus petites, n’ont que im,60 de diamètre et sont capables d’élever 800 litres par seconde à une hauteur de 10m,50 sur Gennevilliers.
- Ces diverses pompes, placées en contre-bas de la salle des machines, ont leur organe mobile équilibré et supporté par des disques en acier et en bronze formant pivot à la partie supérieure de l’arcade du bâti, sans support inférieur. L’arbre de chaque pompe, qui porte en outre un volant horizontal, est actionné directement par la tige du piston de la machine motrice.
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- Les six conduites de refoulement sont munies de vannes permettant de diriger les eaux, selon les besoins, soit dans le puits au fond duquel prend naissance la conduite de Colombes, soit dans un réservoir situé à 10 mètres environ au-dessus du bassin de dégrossissage, d’où elles se rendent aux champs d’épandage de la plaine de Gennevilliers.
- 2° Uni ne de Colombes. — Les eaux provenant de Clichy débouchent, à l’usine de Colombes, dans de vastes bassins de dégrossissage où se déposent les matières qu’elles pouvaient encore contenir en suspension et celles provenant des égouts communaux de la région. Un pont roulant électrique permet le dévasement des bassins au moyen de dragues à mâchoires qui versent leur contenu dans des wagons ou des bateaux appropriés. Ces wagons sont remor-
- Fig. 1. — Vue extérieure de l’usine de Clicliy.
- La salle des moteurs renferme six machines. Celles qui actionnent les quatre grandes pompes sont des machines Fareot horizontales, à quatre tiroirs et à condensation, à distribution genre Corliss et à détente variable. La vapeur leur est fournie par cinq générateurs semi-lubulaires à houilleurs, timbrés
- à 0ke,500.
- Les deux autres machines, construites par les forges et chantiers de la Méditerranée, sont horizontales, à triple expansion, à détente fixe et, à condensation. Elles marchent à une allure de 118 h 155 tours par minute, et reçoivent la vapeur de trois générateurs analogues aux précédents, mais timbrés à 1 lk*,250. Les eaux de condensation arrivent aux chaudières après être passées dans un séeheur de vapeur qui porte leur température à près de 100°.
- qués au moyen d’une locomotive électrique. L’électricité nécessaire pour ces manœuvres et pour l’éclairage de l’usine est fournie par une petite usine spéciale dans laquelle les dynamos sont actionnées par des turbines à vapeur de Laval.
- Une fois dégrossies les eaux sont aspirées par les pompes élévatoires. Ces pompes devant, ainsi (pic nous l’avons indiqué plus haut, refouler l’eau à une hauteur manométrique de 42 mètres environ, sont des pompes horizontales doubles genre Girard à piston plongeur et à clapets multiples. Chaque corps de pompe comporte douze clapets à ressorts à boudins extérieurs. Le piston a un diamètre de 0ra,575 et une course de lm,80 égale à celle du piston de la machine motrice auquel il est lié directement. Sa vitesse moyenne peut varier de 2™, 10 à 5m,50 par seconde.
- La salle des machines qui mesure 59 mètres de longueur sur 54m,70 de largeur et a une hauteur de •16 mètres sous clef contient 12 groupes de pompes
- et machines motrices. Les 4 premiers ont été construits par la maison Fareot (les moteurs sont ceux qui étaient autrefois à l’usine de Clichy), la puissance de chacun d’eux est d’environ 500 chevaux. Les huit autres groupes ont été fournis par les ateliers de Fives-Lille mais sont analogues aux précédents. Les nouveaux moteurs sont toutefois plus perfectionnés que les anciens. Ils sont du type Corliss modifié et à condensation et chacun d’eux peut fournir une force de 580 chevaux effectifs à la vitesse de 55 tours par minute avec une admission de 1 /9 de la course du piston, sous la pression initiale de 7 kilogrammes sur le piston.
- Le débit des pompes est également un peu plus élevé. Alors que les 4 premiers groupes peuvent élever chacun 500 litres par seconde, soit ensemble, 172800 mètres cubes par 24 heures, les huit autres groupes peuvent débiter chacun 655 litres par seconde, soit ensemble 457 600 mètres cubes par
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- LA NATI UK.
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- 24 heures. Les chaudières sont au nombre de vingt, dont huit chaudières Farcot à foyer et faisceau tubulaire amovibles, couplées doux à deux, et 12 géné-
- rateurs Niclausse fournissant la vapeur aux groupes construits par la compagnie de Fives-Lille.
- On procède actuellement à d’importants travaux en
- l-'ig. 2. — Vu(! intérieure de l'usine de Clichy.
- vue de la construction d'une nouvelle salle de maclii- I ment l’installation déjà si importante de Colombes, lies et de chaudières destinée à compléter définitive- I 5° Usine de Pierrelaye. —- Enfin il existe à Pier-
- Fig. 3. — Vue intérieure de l’usine de Colombes.
- relave une troisième usine de relais destinée à élever les eaux dérivées de l’émissaire général pour l’irrigation des 1200 hectares situés dans la région de Méry. Cette usine comporte 5 groupes de machines et pompes destinés à élever 1200 litres d’eau par
- seconde, soit 100 000 mètres cubes par 24 heures, à des hauteurs variant de 25 à 55 mètres.
- Les moteurs sont horizontaux du type Corliss à 4 tiroirs, avec enveloppe de vapeur ; leur puissance unitaire est de 162 chevaux et leur vitesse normale
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- de 32 tours par minute. Les pompes, actionnées directement, sont à piston plongeur, à deux corps de pompe à simple effet et à clapets multiples (58 à l'aspiration et 40 au refoulement). Elles présentent cette particularité que le poids du piston plongeur est équilibré au moyen d’eau sous pression prise dans la chapelle de refoulement.
- Les chaudières timbrées à 7k?,30() sont du type tubulaire ordinaire à foyer intérieur avec retour de flamme et réehauffeur.
- L’eau de la nappe souterraine ayant un dosage hydrotimétrique fort élevé ne pouvait être utilisée pour l’alimentation des générateurs. Aussi se sert-on pour cet usage, ainsi que pour la condensation, d’eau d’égout à laquelle on fait subir au préalable un traitement épuratoire sommaire. (ükokuks O.vyk.
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- CHRONIQUE
- Légion d"llonneur. — Dans la liste des décorés à titre civil du Ministère de la Guerre à l’occasion du 14 juillet, nous relevons avec une satisfaction toute particulière le nom de M. Ch. de Yilledeuil. Notre collaborateur méritait depuis longtemps cette haute distinction. Il a pris notamment une part active aux grands travaux géodésiques qui resteront l’honneur du service géographique de l’armée.
- Trois nouveaux astéroïdes. — Le monde des petites planètes comprises entre Mars et Jupiter vient de nous montrer trois nouveaux individus : les deux premiers ont été découverts par M. Ilirayaina, astronome de l’Observatoire de Tokio ; le dernier, obtenu comme les précédents, à l’aide de la photographie, a été trouvé par MM. WollF et Schwassmann, astronomes à Heidelberg.
- Constantes élastiques des roches. — Le
- l)r H. Nagaoka a présenté, au Comité Japonais des recherches sur les tremblements de terre, un Mémoire intéressant sur les constantes élastiques des roches et la vitesse des ondes sismiques. Ses expériences ont porté sur environ quatre-vingts échantillons de différentes roches, taillées en prismes de 0m, I5 de long et environ un centimètre carré de section. Elles ont montré pour la première fois que la loi de llooke n’est pas applicable même pour de très petites flexions et torsions, l’écart étant considérable pour certains échantillons de grès et plus marqué pour la torsion que pour la flexion. Autant qu’on peut inférer de ces expériences, les constantes de l’élasticité croissent beaucoup plus rapidement que la densité, en sorte que la vitesse de l’onde doit être plus grande à l’intérieur qu’à la surface de la croûte terrestre.
- /automobilisme au Nicaragua. — 11 s’y présente du reste sous un aspect tout particulier, et sous le plus intéressant : il n’est pas question de véhicules d’amateurs de courses à toute vitesse, mais de « poids lourds » qui viendraient compléter le réseau encore assez imparfait des chemins de fer de ce pays. En effet une compagnie, dite « Compania de Transportes de Matagalpa », vient de se fonder avec l’appui du gouvernement, pour créer des services de transports sur routes au moyen de trains automobiles, entre les villes non desservies par les voies ferrées et les stations les plus voisines. D’ailleurs, et c’est
- là un détail intéressant pour les constructeurs français, la Compagnie n’a pas encore fait choix du matériel qu’elle emploierait.
- Nouveaux tubes à canon. — M. Claudinon, qui a pris place parmi nos meilleurs constructeurs de matériel militaire, est l’inventeur d’un nouveau système de fabrication de tubes à canon, dont il expose au Cbamp-de-Mars un exemplaire atteignant 7 mètres de longueur et du poids de 4000 kilogrammes. On sait combien il importe aux artilleurs d’avoir des tubes résistants pour leurs bouches à feu, puisque tout progrès réalisé dans cette voie a pour résultat de permettre un allègement correspondant. L’invention de M. Claudinon ne peut donc être que favorablement accueillie et utilisée. Son système consiste à obtenir des tubes forgés et étirés au mandrin par une série d’opérations qui ne paraissent offrir aucune difficulté. De la sorte le métal doit arriver à posséder un nerf autrement plus grand que par le procédé de fabrication ordinaire.
- La peste dans la Bible. — Les docteurs fidswell et Dick sont venus dernièrement affirmer devant la Société Royale de la Nouvelle Galles du Sud, que l’épidémie de 1141 av. J.-C., qui est décrite dans le Premier Livre de Samuel (Chap. IV et VI), était bien la vraie peste bubonique. On y parle des tumeurs caractéristiques de la peste, l’épidémie se produisit à la saison accoutumée de ces sortes d’épidémies, et on mentionne bien le rôle que semblaient y jouer les souris.
- Découverte de poids étalons de l’ancienm* Rome. — Les fouilles qu’on effectue depuis quelques mois sur remplacement de l’ancien Forum à Rome ont permis de faire une découverte assez curieuse. On a trouvé, sous une large dalle carrée, trois poids de vingt, trente et cent livres romaines, datant d’au moins deux siècles avant notre ère. Ces poids déformé elliptique irrégulière, sont en marbre vert foncé et comportent une poignée de bronze pour en faciliter le maniement. De l’avis de signor Giacomo Roni qui dirige les fouilles, ce sont les plus anciens spécimens de poids étalons romains, et comme ils sont parfaitement bien conservés, sans la plus petite cassure, ils vont permettre aux archéologues de reconstituer toute la métrologie, si peu connue, de la Rome primitive. On a déjà commencé à les comparer aux poids actuellement en usage et l’on a pu se rendre compte que l’ancienne livre latine était exactement de 325 grammes. Les poids sont, d’ailleurs, très bien proportionnés suivant les indications numériques qu’ils portent gravées sur la pierre et encore lisibles ; le poids de 20 livres représente bien les deux tiers de celui de 30 livres et le cinquième du plus gros, qui pèse 30 kilos 250 grammes.
- Les huitres empoisonnées de San Franciseo.
- — On sait que c’est aux Etats-Unis qu’a commencé le mouvement qui tend à affirmer que les huîtres sont dangereuses au point de vue de la contagion de la fièvre typhoïde. Le fait est qu’à San Francisco ces mollusques sont souvent cause d’empoisonnement par les ptomaïnes ; mais il faut dire que ces huîtres viennent de bancs de la Baie de San Francisco. Or, comme le fait remarquer le Pacific Medical Journal, les eaux de cette baie ne sont pour ainsi dire jamais renouvelées ; et pourtant les égouts de toutes les villes de la région s’y écoulent constamment.
- Chemin de fer ... en bois. — La qualité et le métal du rail sur lequel roulent nos trains est une question capitale chez nous pour un bon fonctionnement,
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- cependant on peut agir d’une façon plus simple comme le prouve une ligne établie tout dernièrement au Canada. Ces jours derniers, en effet, a eu lieu l’inauguration au Canada, du premier chemin de fer ... en bois qui ait été construit. 11 va servir surtout au transport des voyageurs et des marchandises légères, les lourdes charges devant détériorer rapidement des voies en somme assez fragiles. Celles-ci, en effet, sont en érable. Ces rails d’un nouveau genre mesurent ü'",10 de large sur (>"*, 17 de haut. Leur écartement est d’un mètre d’axe en axe. Il faut dire que le nouveau chemin de fer, dont le développement atteint 50 kilomètres, a été construit aux environs de Québec, en vue de l’exploitation d’une véritable forêt d’érable que ne desservait encore aucun railway local.
- Les wagons-chapelles aux États-Unis. — Plusieurs des directeurs ou propriétaires des grandes lignes ferrées américaines, viennent de faire présent de wagons à des sociétés et missions religieuses, afin qu’ils soient transformésen chapelles où l’on ira faire de la propagande religieuse. Ces voitures, longues de 25 mètres environ, sont aménagées de manière à offrir au public une chapelle où peuvent prendre place une centaine de personnes. Les ateliers des compagnies sur le réseau desquelles elles circulent ont ordre de les entretenir gratuitement en bon état de réparation, et, ce qui est encore plus important, elles ne payent aucune taxe. Bien entendu les wagons-chapelles s’arrêtent surtout dans les petites villes isolées, dans les centres dénués de ressources analogues; ils comportent un compartiment qui joue le rôle de cure pour cette église ambulante.
- Le pays le plus see du monde. — Quel est l’endroit le plus sec du globe? On sait bien qu’il existe en Amérique méridionale toute une contrée où il ne pleut presque jamais. Quelques bonnes ondées de loin en loin, et c’est fini. Et encore les bonnes ondées sont réduites quelquefois à de petites averses économiques. Si l’on s’en rapporte à un document récent, l’endroit le plus sec du monde se trouverait à 5° de latitude au sud de l’équateur, près de Payta, petite ville du Pérou. L’intervalle moyen entre deux averses y serait, en effet, de sept ans! Les graines attendent, quelquefois enfouies dans le sol*pendant de longues années, qu’une pluie bienfaisante leur permette de germer. On dirait que les arbres apprennent à se passer d’eau. Il existe, dans le pays, un arbre à coton dont les racines sont extrêmement longues et qui peut vivre sept ans dans le lit desséché des fleuves.
- L’électricité à Vladivomtock. — Avec la construction du chemin de fer transsibérien, qui est actuellement dans la période d’achèvement, les villes de l’extrême Sibérie subissent une transformation vraiment curieuse. Voici qu’on nous annonce que la Municipalité de Yladi-vostock a décidé de faire construire une trentaine de kilomètres de tramways électriques à trolley, en même temps que des ouvrages de distribution d’eau, et une usine pour l’éclairage électrique de cette ville. 11 semble que les Américains vont l’emporter sur leurs concurrents dans l’adjudication de ces importants travaux.
- ACADÉMIE MES SCIENCES
- Séance clu 16 juillet 1000. — Présidente de M. M. Lévy.
- Préparation de corps nouveaux. — M. Moissan présente, en son nom et au nom de M. Stooks, un travail sur les borures de silicium. Ces corps ont été préparés, pour
- la première fois, par les auteurs ; on ne connaissait en effet, jusqu’à ce jour, en fait de combinaisons des corps bore, carbone, silicium, que le silicium de carbone et le borure de carbone. Le premier de ces corps est employé dans l’industrie, comme corps dur, sous le nom de carborundum ; le second peut servir à tailler le diamant. Les nouveaux composés découverts aujourd’hui par MM. Moissan et Stooks sont deux borures de silicium répondant à la formule SiBo3 et SiBo6. Ces corps sont très bien cristallisés, possèdent l’éclat adamantin, résistent à la plupart des réactifs et rayent le rubis le plus dur avec une grande facilité. On les a préparés en fondant un mélange de bore et de silicium dans lequel le silicium est en excès. Par des traitements chimiques appropriés, on peut détruire l’excès de silicium et séparer les deux borures cristallisés.
- U entrainement du phosphate de chaux dans le sol. — M. Schlœsing fils adresse une Note sur la dissolution du phosphate de chaux tribasique employé en agriculture sous l’action des eaux chargées d’acide carbonique. Il résulte des recherches de l’auteur que l’eau absolument pure, comme l’eau chargée d’acide carbonique, dissout en faible quantité le phosphate tricalcique; mais que l'eau chargée d’acide carbonique et contenant en outre du carbonate de chaux, ainsi qu’il arrive dans le sol, ne dissout plus le phosphate tricalcique.
- Opérations de greffe nouvelles. — M. G. Bonnier présente une Note sur diverses opérations de greffe pratiquées par lui avec succès. On admet communément que deux plantes ne peuvent être greffées l’une sur l’autre que si elles appartiennent à la même famille. M. Daniel annonce qu’il a pu réussir à greffer l’un sur l’autre des végétaux fort différents, par exemple, l’érable sur le lilas, le haricot sur le ricin, le chou sur la tomate. Ces expériences renversent définitivement le principe rappelé ci-dessus.
- Modifications de plantes par la culture. — M. G. Bonnier présente une Note de 31. Eberliardt relativement à des cultures pratiquées soit dans l’air complètement desséché, soit dans l'air complètement saturé. Toutes les autres conditions d’expériences étant les mêmes dahs les deux cas, l’auteur a constaté que dans l’air sec les tiges sont moins longues mais plus épaisses que dans l’air saturé, les feuilles moins larges mais plus vertes.
- La pelade et le maïs avarié. — 31. Bauchard présente une Note de 3IM. Babes et Manicatide relative à l’influence du maïs avarié sur la pelade. Ils ont pris du maïs avarié et en ont fait un extrait aqueux qu’ils ont injecté à des animaux. Ceux-ci n’ont pas tardé à être frappés d’une maladie caractérisée par une faiblesse des membres inférieurs suivie de cachexie. Dans une deuxième expérience, ils ont soumis deux lots d’animaux aux mêmes injections. Les animaux de l’un des lots étaient destinés à servir de témoins. Les animaux de l’autre lot ont, en outre, reçu des injections de sérum de sang de pellagreux guéris. Ces derniers animaux ont survécu alors que les premiers ont péri.
- Élections. — M. Lipschitz, de Bonn, est élu correspondant de la section de Géométrie à l’unanimité.
- Varia. — 31. Becquerel présente une Note sur le rayonnement du radium. — M. Marey décrit des expériences dans lesquelles il a eu pour objet de rechercher quelle résistance l’air oppose aux corps en mouvement. Cil. DE VlLLEDElilL.
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- LA NATURE.
- LES RICHESSES MINÉRALES DU CLORE
- Un intéressant rapport vient d’ètre publié par le Home-Office de Londres sur les raines, houillères et carrières exploitées dans le monde entier.
- Nous en extrayons les curieux renseignements peu connus que l’on va lire : D’après les dernières statistiques officielles 4555204 ouvriers des deux sexes sont actuellement employés dans les entrailles de la terre, à en retirer le charbon, le pétrole, le diamant et tous les métaux précieux ou industriels. C’est l’Angleterre qui compte le plus grand nombre de mineurs, 875605 ; la population d’une capitale ! Puis viennent, par ordre décroissant : l’Allemagne avec 498 569 mineurs ; les Etats-Unis d’Amérique, 444 578 ; les Indes, 518 888; Ceylan, 510210; la France, 292 821 ; la Russie, 259 454; l’Autriche-Hongrie, 219 227; la Helgique, 160150; et le Japon, 118 517. Avant la guerre, les deux Républiques Sud-Africaines comptaient un peu plus de 100000 mineurs, mais leur nombre a dû considérablement diminuer. Quelle est la richesse minérale de chaque pays? Le rapport du Home-Office permet de répondre à cette question maintes fois controversée. La production minière des États-Unis a atteint l’année dernière le chiffre respectable de 5586 millions de francs. C’est le record. Le Royaume-Uni ne vient que bien après avec 1925 millions.
- L’Allemagne a produit 1225 millions; la Russie 750 millions; la France 650 millions; le Transvaal 425millions; la Belgique 500 millions et l’Autriche 285 millions de francs. Quant au Canada, quoiqu’un grand nombre de ses gisements soient encore inexploités, sa richesse minérale n’a pas été inférieure à 250 millions, ce qui fait bien présager de l’avenir. Enfin si l’on veut savoir quelles quantités ont été extraites de notre globe par les différents pays, nous trouvons qu’en ce qui concerne les principaux facteurs de l’industrie, le charbon et le fer, les États-Unis ont produit 199 557 797 tonnes de houille sur les 665 820172 tonnes qu’on a retirées des différentes mines et houillères et 12 millions de tonnes de fer sur les 54 millions du chiffre total. Les mines du monde ont fourni également 15 771 000 tonnes de pétrole ; 11 555000 tonnes de sel; 790000 tonnes de plomb; 442000 tonnes de cuivre ; 47 J 000 tonnes de zinc; 77525 tonnes d étain ; 5 695000 kilogrammes d’argent et 449000 kilogrammes d’or. La mortalité moyenne dans toutes
- les mines du globe, suivant la statistique du Home-Office, est de \ ,68 pour 1000. Étant données les conditions d’exploitation actuelle, ce taux doit être considéré comme assez satisfaisant, et avec les machines perfectionnées dont on se servira bientôt il tendra à s'abaisser encore.
- \Ll.nillll! ÉLECTROMAGNÉTIQUE
- Rien de commode comme les allumoirs, surtout dans un pays où l’on fabrique mal les allumettes ; c’est notre cas. On en a imaginé de nombreux types. Entre tous, l’allumoir électrique a été particulièrement le bienvenu. Mais il ne fonctionne pas toujours bien et la petite lampe à essence qui le complète laisse trop souvent s’évaporer le gaz combustible. Alors le système n’est plus pratique. En tout cas,
- son emploi exige une pile tpie l’on dissimule dans l’appareil, que l’on ramène aux dimensions les plus réduites. Bientôt la pile ne fonctionne plus, elle est usée ; il faut la remplacer. C’est toute une série de petits ennuis qui empêchent cet appareil utile de se répandre.
- L’appareil que nous présentons aujourd’hui à nos lecteurs n’a pas ces inconvénients. M. Cho-meau a placé dans une caisse une petite machine dynamo, et il suffit de tirer fortement sur une chaîne pour qu’aus-sitôt il jaillisse une étincelle entre la lampe à essence placée sur le devant et le levier que la traction sur la chaîne déplace brusquement. La figure ci-dessus nous donne la vue de face de l’appareil et en cartouche, la vue intérieure. La petite machine employée est des plus simples. Entre les branches d’un aimant vertical est placée une bobine à deux enroulements, mobile autour d’un axe central. Les deux fils extrêmes des bobines arrivent l’un directement à la masse de l’appareil, et l’autre à un anneau de cuivre sur lequel frotte un balais.
- La traction rapide opérée sur la chaîne de devant lait tourner la petite magnéto; il jaillit aussitôt une étincelle entre un balais que porte le levier mis en mouvement et la lampe à essence.
- Ce nouvel allumoir est très ingénieux ; la lampe garde son essence, il n’y a pas de ratés et il n’y a plus à redouter l’usure de la pile désormais absente. J. L.
- Le Gérait! : l’. AIvs-o:-:.
- Paris. — Imprimerie I.auit.h, rue de Fieu rus, 9.
- Xouvel allumoir électrique sans pile.
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- 28 J CILLE T 1000.
- LA NATURE.
- I ‘20
- COMMENT ON CARILLONNE
- Un carillonne beaucoup à l’Exposition. Jusqu’à présent les opinions sont un peu divergentes sur la valeur de ce divertissement musical. En attendant que l'accord se produise nous jetterons un coup d’œil sur le-système actuellement en usage pour faire chanter les cloches.
- Nous ne citerons que pour mémoire, le procédé qui consiste à frapper directement les cloches au moyen de marteaux tenus à la main. C’est celui des
- bateleurs, joueurs de bouteilles ou de xylophone. 11 n’est évidemment applicable qu’aux clochettes. L’invention des cloches tubulaires qui tiennent fort peu de place en comporte cependant l’emploi. Il est en tout cas très fatigant. Le « système suisse », dans lequel l’impulsion est donnée au battant de la cloche par la traction d’une chaîne horizontale reliée à ce battant, est le premier perfectionnement de ce procédé primitif (fîg. i)1.
- Le système « llamand » n’en est lui aussi qu’une modification, ayan1 pour but d’éviter au carillonncur
- Comment on carillonne. — 1. Système suisse. — i. Système flamand, ô. Système Collin. — L Système Maisonnave. — 5. Système Cliateau. — 6. Ancien carillon d'étude.
- de grands déplacements dans le sens vertical et dans le sens horizontal. Les battants des cloches sont reliés par des équerres à de fortes touches disposées les unes à côté des autres, aussi rapprochées que possible. Le carillonneur en frappant sur la touche (fig. 2) lance le battant contre la cloche correspondante. Les basses qui demandent un grand effort sont touchées au pied, les autres cloches à la main. C’est ce système qui fonctionne dans la plupart des grands carillons belges ou flamands. C’est celui qui demande à l’opérateur le maximum d’effort musculaire. Il a en effet à vaincre l’inertie des équerres et des transmissions qui n’existent pas dans la frappe directe.
- 28e année. — i“ semestre.
- Cet inconvénient est racheté par un avantage considérable. C’est de permettre au carillonneur habile de jouer avec expression et nuancer la force de ses coups. Le système flamand fait valoir son artiste.
- Il n’en est pas de même des systèmes mécaniques conçus principalement en vue d’éviter la fatigue musculaire de l’opérateur. Celui-ci ne fait en quelque sorte qu’indiquer à la machine les notes à frapper et la machine les touche toutes avec la même imperturbable raideur. Le carillonnage obtenu avec les
- 1 Dans ce système le carillonneur s’équipe d’une sorte de bricole qui lui permet de tenir à la fois les cordes de toutes,, ses cloches. . ~
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- LA NATURE.
- appareils à déclenchement a le même caractère que celui que fournissent les cylindres automatiques.
- Parmi les types de ce genre nous en citerons trois basés sur des principes différents. Le premier en date est celui appliqué par Collin à Saint-Germain-l’Auxerrois (lig. 5). L’artiste en appuyant le doigt sur une des touches du clavier déclenche un rouage d’horlogerie, à poids. Ce rouage tourne d’une certaine quantité, une de ses roues soulevant dans ce mouvement un marteau extérieur à la cloche, absolument comme dans une sonnerie d’horloge ordinaire. La complication du système est évidente puisqu’il faut autant de rouages que de cloches. Partant le prix de revient est très élevé. Ajoutez à cela que le son n'est produit que par la chute naturelle du marteau <( soulevé », d'où perte considérable de force. Le système Collin n’apparaît donc pas comme bien pratique.
- Il y a quelques années M. l’abbé Maisonnave a imaginé une « machine à carillonner » à ressort. Nous en donnons le fonctionnement sommaire en la ligure 4. Le doigt de l’opérateur a simplement pour but de dégager un solide levier (P) oscillant en (0) et pouvant se déplacer verticalement entre des guides. Dès que I) est libre il est entraîné de haut en bas dans sa partie antérieure, par le ressort (R). Il entraîne lui-même par une corde et des équerres le battant de la cloche correspondante à laquelle il est relié, et le lance contre le bord de celle-ci, absolument comme dans le type flamand. Une légère obliquité de ses guides ayant déplacé (D) pendant sa descente, l’extrémité postérieure de ce levier se trouve saisie, après le coup, par une des dents du cylindre K tourné soit à la main, soit par une pédale, et qui le ramène à sa position première, prêt à frapper un second coup. L’emploi des ressorts à boudins rend ce système économique et de plus on opère avec le « marteau lancé » dont la force est bien supérieure à celle du « marteau soulevé ». 11 ne semble pas impossible d’adapter ce système aux grosses cloches et aux basses puissantes des grands carillons. Le système Maisonnave est représenté à l’Exposition par un accord de 52 cloches que l’on voit au campanile du palais des Mines et de la Métallurgie. Il y a là 5509 kilogrammes de bronze, dont 864 pour la plus grosse cloche qui est un FA et 5ks,500 pour la plus petite qui est un DO. Ces cloches ont été fondues et installées par les frères Pacc-ard, d’Annecy, les fondeurs bien connus de la Savoyarde. La traction des battants des cloches les plus lourdes est facilitée par des ressorts à boudins qui en équilibrent presque le poids et rendent le jeu des touches très doux. Ce carillon ne fonctionne qu’au clavier à main.
- Le troisième type ou « système Chateau » (lig. 5) permet de frapper sur n’importe quelle cloche et emploie indifféremment comme force motrice le bras de l’homme ou l’électricité. La pression de la touche a pour but d’approcher le cliquet qui termine le levier (A) d’un rochet (R) mis en mouvement de rotation continue par la force motrice em-
- ployée. Saisi brusquement par une dent de ce rochet, le cliquet entraîne son levier. Et celui-ci lance vigoureusement contre la cloche un marteau extérieur. Nous avons ici, avec l’avantage du marteau lancé, une puissance illimitée. Ce système est donc applicable aux plus grosses cloches. 11 est aussi bon, au point de vue musical, que peut l’être un carillon mécanique. Le système de M. Chateau est représenté par 4 carillons: 2 de cloches, 2 de tubes. Les carillons de cloches figurent à la Classe d’horlogerie et au Vieux Châtelet. Le premier se compose de cloches fondues par la maison Drouot, de Douai, et pesant ensemble 1714 kilogrammes. La plus grosse, nu DO, pèse 260 kilogrammes ; la plus petite, un DO également, 7 kilogrammes. Ce carillon fonctionne à la main par un clavier, et automatiquement par un cylindre. Le carillon du Vieux Paris comprend 15 cloches sorties également de la fonderie Drouot et pesant 1100 kilogrammes. 11 donne la série chromatique des notes de RÉ à RÉ. L’un des carillons à tubes est installé à la Classe d’horlogerie où il joue automatiquement la « Marseillaise », « l’Hymne Russe » et quelques autres morceaux. Il se compose de 18 notes de SOL à DO. Le second est installé au pavillon de la Bourgogne, dans l’ancienne galerie des machines. Il comprend une octave chromatique de 15 notes.
- En résumé, musicalement, les appareils nous semblent devoir se classer de la sorte : au premier rang ceux qui emploient les marteaux ou battants lancés à la main ou au pied, puis ceux qui emploient les mêmes organes lancés mécaniquement à la suite d’un déclenchement du à la main de l’opérateur, enfin les appareils mécaniques qui ne font que soulever les marteaux pour les laisser retomber sur les cloches. Inutile de dire qu’au point de vue purement mécanique, ce serait le second type qui serait incontestablement le meilleur.
- Le grand défaut des carillons à main et à pédales, c’est d’exiger du carillonneur une virtuosité peu commune. Nos musiciens habitués à la douceur du piano ne consentiraient pas volontiers à faire l'apprentissage d’un clavier flamand et à s’escrimer une demi-heure chaque dimanche du poing et du pied pour réjouir les oreilles des badauds au risque de payer d’une bronchite leur dégingandage artistique. Ils préféreront un peu moins d’art et un clavier plus doux. C’est l’application, bien excusable, de la théorie du moindre effort.
- L’art du carillonneur, toujours en honneur chez nos voisins belges, exige une étude assez longue. L’artiste en exercice a souvent un élève ou suppléant. Autrefois même certaines municipalités possédaient des appareils d’étude sur lesquels l’apprenti carillonneur s’exerçait sans risquer de troubler les voisins par des accords inexpérimentés. Le musée instrumental du Conservatoire de Belgique possède deux de ces instruments ayant appartenu aux villes d’Ath et d’Audenarde. L’obligeance de M. Victor Mahillon, l’aimable conservateur de ce musée, nous
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- LA NATURE.
- a mis à même de donner un croquis d’un de ces curieux et rares « carillons d’étude », celui d’Au-denarde, le plus complet.
- C'est un meuble de l^lBo de hauteur sur I,n,20 de longueur et Om,47 de profondeur (fig. 0). Il y a un double clavier comprenant b octaves et 2 notes et un double pédalier de 17 notes. Nous en donnons une coupe par une des touches du clavier. Lorsqu'on frappe la touche A, celle-ci soulève une tige de bois R terminée par une petite boule qui vient heurter la lame d’acier C. lin contrepoids de plomb, placé à l’extrémité de la touche A, ramène [le tout en place, une fois le coup donné et la note produite. La pédale E correspondant à la touche A lui est reliée par l’intermédiaire de deux cordes et de deux leviers parallèles plantés dans un arbre horizontal J). Cette disposition répétée pour les 17 notes du pédalier est nécessitée parce que les pédales ne sont point placées directement en dessous des touches du clavier qui donnent les mêmes notes.
- Les lames notes mesurent de 85 à 140 millimètres de longueur.
- Nous avons déjà dit qu'en nous plaçant au point de vue musical nous classons les types de carillon-nage dans l’ordre suivant : Frappe directe par battant lancé, à la main ou au pied, frappe mécanique par battant ou marteau lancé, frappe mécanique par marteau déclenché. Pour se rendre compte de la supériorité du premier système il suflit d’aller écouter au Village Suisse les effets qu’obtient avec cinq ou six cloches seulement le vieux carillonneur de Champéry que ses soixante-dix-huit ans n’empêchent pas de se démener comme un beau diable dans sa bricole. L. Reverchon.
- INDUSTRIE DU GAZ
- EXPOSITION DE 1900
- Parmi les industries qui ont dû lutter, au cours de. ces dernières années, contre une concurrence incessante, il en est une qui mérite d'être signalée à l’attention de nos lecteurs pour les progrès qu'elle a réalisés : c’est l’Industrie du gaz dont nous allons résumer ci-après les applications importantes faites à l’Exposition universelle de 1900, en nous limitant à la Compagnie parisienne du gaz.
- Cette Compagnie ne possède pas, à proprement parler, d’exposition groupée, mais elle a effectué plusieurs installations dans l’enceinte de l’Exposition. Nous examinerons successivement l’éclairage, le chauffage, la cuisine et la force motrice.
- •1° Éclairage intensif ai gaz
- DES PARCS Dü CHAMP-DE-MARS ET DU TROCADÉRO
- La Compagnie parisienne du gaz, chargée par l'administration de l’Exposition d’assurer l’éclairage général des parcs du Champ-de-Mars et du Trocadéro, s’est proposé de mettre en évidence les progrès considérables réalisés, depuis la dernière Exposition
- de 1889, dans l’éclairage au gaz et de démontrer (pie cet éclairage peut être très brillant et soutenir avantageusement la comparaison avec les.autres systèmes, tant au point de vue de la puissance (pie du prix de revient.
- Rendant que T incandescence par le gaz se développait, la Compagnie parisienne du gaz recherchait dans ses laboratoires le moyen de créer des foyers donnant une intensité puissante. Dès 1893, elle avait dirigé ses expériences sur l'emploi de l’air comprimé qui permettait d’obtenir dans les brûleurs un mélange d'air et de gaz, en proportions convenables et augmentait d’une façon considérable l’éclat et le rendement des becs à incandescence. On reconnut par la suite que l’emploi du gaz comprimé (à une pression d’environ 200 millimètres d’eau) donnait des résultats aussi satisfaisants et permettait de simplifier l’installation; une consommation de 350 litres de gaz à l’heure pouvait donner, dans ces conditions, un éclairage de 35 à 38 carccls (soit de 350 à 380 bougies décimales).
- La Compagnie parisienne du gaz, en présence des résultats ainsi obtenus, a cru intéressant d’appliquer ce système à l’éclairage des allées centrales et des jardins situés sous la Tour de 300 mètres; dans les autres allées de largeur moins grande, il a suffi d’employer le gaz à la pression normale.
- La surpression du gaz est obtenue à l’aide de ventilateurs actionnés par des moteurs à gaz peu encombrants, présentant une grande régularité de marche; cette installation a été faite dans le pavillon que la Compagnie possède au Champ-de-Mars, sur le quai d’Orsay, en aval du pont d’Iéna.
- La Compagnie parisienne a employé, pour le Champ-de-Mars, des becs Auer, à brûleurs Bandsept, mis à sa disposition par la Société française d’incandescence (Société Auer) et, pour le Trocadéro, des becs Denayrouze, grand modèle, qui lui sont fournis par la Compagnie Denayrouze. Les lanternes renferment 1, 2, 5, 5 ou 10 manchons; quelques-unes, placées sous la Tour de 500 mètres, contiennent 12 et 15 manchons. L’intensité lumineuse obtenue par lanterne varie de 22 à 560 carcels.
- La chaleur dégagée par ces foyers puissants était telle que les verres des lanternes se brisaient sous l’action de la pluie, au cours des essais ; mais on est parvenu, par des dispositions spéciales, à surmonter cette difficulté dans les lanternes, type de la ville de Paris, renfermant des becs de 1,2, 5 ou 5 brûleurs. Pour les foyers plus puissants, la Compagnie parisienne du gaz a créé un modèle spécial de lanterne décorative en forme de vasque, dénommée « Lanterne Opéra » qui peut recevoir 10 et même 15 manchons et dont les verres résistent aux changements brusques de la température.
- L’allumage se fait par veilleuses permanentes, poulies lanternes type Opéra, et, pour les autres lanternes, la Compagnie parisienne a créé une perche munie d’un dispositif spécial qui rend inutile toute installation ou appareillage-aux becs et aux lanternes.
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- LA ATI HE.
- Les appareils en service pour ccl éclairage inteusit sont les suivants : le gaz à la pression normale alimente: 1° au Champ-de-Mars, 495 candélabres siq>-portant 800 lanternes qui renferment 1900 brûleurs; 2°au Trocadéro, 455 candélabres supportant 610 lanternes tpii renieraient 1400 brûleurs.
- L'intensité totale obtenue par l’éclairage effectué avec le gaz à la pression normale est de 60000 car-cels ou 600 000 bougies.
- Le gaz à la pression de 200 millimètres d’eau alimente : 1° au Champ-de-Mars, 140 candélabres supportant 240 lanternes qui contiennent 1200 brûleurs ; 2°au Trocadéro, 50 candélabres supportant 100 lanternes qui contiennent 500 brûleurs.
- L’intensité totale obtenue par l’éclairage effectué avec le gaz à la pression de 200 millimètres d'eau est
- Fig. 1. — -Nouvelles lanternes de la Compagnie
- au milieu des merveilles (pie lui présente l’Exposition, en trouvant installé pour les admirer un brillant éclairage, à la fois gai et puissant.
- 2° Chauffage au gaz
- La Compagnie parisienne a mis sous les yeux du public, dans le pavillon annexe du palais des Armées de Terre et de Mer, dépendant de la classe 74, et situé sur le quai d'Orsay, des modèles d’appareils de chauffage et de cuisine au gaz sortant de ses ateliers.
- Les nouveaux appareils de chauffage domestique qu’elle expose, comprenant des foyers et des calorifères de toutes dimensions, d’une décoration variée, permettent d’utiliser le pouvoir calorifique du gaz en réalisant à la fois le plus grand rendement économique et toutes les conditions d’une hygiène parfaite.
- L’emploi dii gaz pour le chauffage des appartements présente des avantages nombreux, qui l’ont
- de 40 000 eareels ou 400 000 bougies. Enlin, si l’on fait le total de l’intensité obtenue par les deux genres d'éclairage, on constate que l’intensité générale est de 100000 eareels, un million de bougies.
- La surface totale éclairée est de 200 000 mètres carrés (non compris les bâtiments) et la consommation horaire de gaz, de 1540 mètres cubes.
- Dans ces conditions, l’éclairage des parcs du Champ-de-Mars et du Trocadéro, assuré entièrement par la Compagnie parisienne du gaz, comme il vient d’étre indiqué, produit des effets d’intensité et de bonne répartition do lumière qui ont donné lieu à des appréciations très favorables, aussi bien de la part des personnes appelées à étudier spécialement la question d’éclairage, que du public, qui ne cherche qu'une, chose : être à même de circuler le soir,
- parisienne du gaz, à 10, 1 i ou lü mandions.
- fait adopter par plusieurs grandes administrations, par les Compagnies de chemins de fer, l’Académie et la Faculté de médecine, etc. D’autre part, le prix modique des appareils les met à la portée de toutes les bourses. (Il existe des petits appareils depuis 19 francs, pour le chauffage des locaux de dimensions restreintes.) On peut d’ailleurs se procurer des foyers plus importants ou plus riches. Des ornementations variées, faites notamment avec des émaux de toutes couleurs, permettent d’assortir les appareils à l'ameublement des pièces dans lesquelles on les installe.
- Afin que les visiteurs de la classe 74 puissent juger de l’effet décoratif produit, plusieurs modèles ont été mis en place dans des cheminées.
- Un autre genre de chauffage au gaz a pris, dans ces dernières années, un développement important ; il s’agit de l’emploi industriel du gaz dans les usines, ateliers, laboratoires, etc. La bijouterie, la verrerie,
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- la na t nu:.
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- la construction mécanique, la serrurerie, l'industrie vélocipédique, la blanchisserie, la chapellerie, la carrosserie, ainsi que plusieurs autres industries, emploient maintenant le gaz pour le chauffage de leurs
- Fig. 2. — Rôtissoire en service à l'École polytechnique depuis octobre 1898.
- appareils : ehalumeauv, fours, outils, forces, ete.
- û° Cuisine au gaz «ans ees restaurants Tout le monde connaît le fourneau à gaz petit
- modèle, si pratique et si commode, qu’on peut rencontrer dans tous les ménages, même les plus modestes (520 000 de ces appareils, mis gratuitement
- c’est que de grands restaurants font un usage exclusif du gaz et s’en trouvent si bien que le nombre des installations de ce genre augmente tous les jours. Les appareils ont été étudiés de manière à utiliser
- par la Compagnie parisienne du gaz à la disposition de ses abonnés, sont actuellement en service). Mais, ce que l’on ne sait peut-être pas autant.
- le mieux possible le pouvoir calorifique du gaz et à répondre aux exigences du service important de la cuisine dans les restaurants, hôtels, lycées, etc. Ils ne donnent aucune odeur; la chaleur qu’ils dégagent
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- LA N A Tl! K K.
- est peu considérable et les cuisiniers n'ont plus à supporter des températures comparables à celle des chambres de chauffe des navires, comme ils v sont soumis avec les fourneaux à charbon.
- Une installation complète de cuisine au gaz dans un restaurant important comprend les appareils suivants : fourneaux de grandes dimensions, avec réservoirs; rôtissoires à fours multiples; grillades-brai-sières, simples ou doubles ; fourneaux spéciaux : légumiers, entremettiers, cafetiers,etc. ; tables chaudes; étuves, chauffe-assiettes, chauffe-linge ; marmites basculantes; plonges à laverie, à argenterie, etc.
- Le chauffage au gaz a été appliqué à tous ces appareils. Parmi eux un certain nombre figurent dans l’exposition de la Compagnie parisienne. Us sont représentés par les modèles suivants :
- Rôtissoires. — Ces rôtissoires sont munies de tourne-broches automatiques et de grils, sur lesquels on peut cuire à la fois, en peu de temps, un nombre élevé de pièces : gigots, poulets, côtelettes, etc.
- On trouve dans la classe 74 les « modèles » et les « dessins » de la rôtissoire double, en service à l’École polytechnique depuis le mois d’octobre 1898. Cet appareil a été soumis à des essais méthodiques
- (pii ont donné les résultats suivants :
- Poids moyen de la viande, avant cuisson. 77^,75 — — après cuisson. 62ke,07
- Durée de la cuisson .................. 1h 2T»111
- Dépense de gaz............ 21m3810
- Dépense en argent à 0fr,50 le m3 de gaz. 0,v,54
- Comparé à l’ancien mode de chauffage au bois, le chauffage au gaz présente un avantage marqué. Les essais faits donnent les résultats suivants :
- Dépense de bois...................... Hfr,50
- Déperdition de la viande ( avec le bois. 50 p. 100 après cuisson. (avec le gaz . 20 p. 100
- Cet appareil peut cuire à la fois : 04 gigots, 100 poulets ou 250 côtelettes. Une rôtissoire à gaz plus importante encore, a été construite dans les Ateliers de la Compagnie et mise en service, en 1899, dans les cuisines des Grands Magasins du Bon Marché ; cette rôtissoire peut recevoir jusqu’à 650 côtelettes à la fois et elle assure un service de 5500 personnes.
- 11 existe aussi des rôtissoires à gaz, construites sur le même principe mais d’un aspect plus élégant, qui ont trouvé place dans plusieurs grands restaurants de Paris, où elles sont installées dans la salle du public ; leur fonctionnement intéresse les consommateurs sans qu’ils soient gênés par la température ou l’odeur des mets, grâce à une excellente ventilation.
- Parmi les derniers modèles d’appareils de cuisine au gaz, figure le grand fourneau appelé fourneau « entremettier-saucier » qui comporte: 4° des grands brûleurs pour l’ébullition des bouillons et des jus placés dans les plus grandes marmites; 2° des fours à rôtir de dimensions absolument identiques aux fours des appareils analogues chauffés au charbon. Les rampes qui servent à chauffer ces fours (et qui d’ailleurs leur donnent une température bien plus
- uniforme que celle qui est obtenue avec le charbon) chauffent en même temps par conductibilité la plaque placée immédiatement au-dessus et sur laquelle on obtient, dans des conditions fort économiques, l’ébullition des liquides contenus dans les récipients.
- La « grillade-braisière » au gaz reproduit la grillade ordinaire, à braise de boulanger, avec évacuation des produits de combustion par une cheminée à registre. La braise artificielle, constituée par des morceaux de briques d’amiante, est contenue dans un tiroir mobile, à fond percé de trous; des brûleurs à gaz, placés sous ce tiroir, portent en quelques minutes, la braise d'amiante à l’incandescence.
- Citons parmi les restaurants qui ont adopté ces appareils de cuisine au gaz, les établissements suivants : restaurant Viennois, à l’Esplanade des Invalides; restaurant du pavillon delà Norvège, berges de la Seine; 5 restaurants de la Tour de 500 mètres, au Champ-de-Mars ; restaurant du palais des Mines, au Champ-de-Mars ; pâtissier-glacier du palais du Costume, au Champ-de-Mars; 2 restaurants du panorama du Tour de Monde, au Champ-de-Mars ; restaurant du Congo, au Trocadéro; four à pâtisserie, à l’exposition spéciale de Boulangerie, au Champ-de-Mars-, restaurant Américain, au Champ-de-Mars; restaurant Roumain, quai d’Orsay; restaurant d’Iéna (voyages animés), au Trocadéro; Aillage Suisse, avenue de Suffren, etc., etc.
- 4° Motecks a gaz
- L’emploi du gaz pour la force motrice et la production du courant électrique se développe de plus en plus. Un nombre important de constructeurs français et étrangers ont exposé, dans la classe 20, des moteurs de toutes puissances, au nombre desquels figure un moteur à gaz de la puissance de 1000 chevaux, à un seul cylindre, construit par la maison Cockerill, de Seraing, Belgique.
- La Compagnie parisienne a installé, dans l’Exposition même ou dans son voisinage, plusieurs moteurs à gaz, sortant de ses Ateliers. Parmi les principales de ces installations, nous citerons :
- Le restaurant n° 17 (pavillon bleu) près de la Tour de 500 mètres, 1 moteur (25 chevaux). —Le manège d'animaux vivants, avenue de Suffren, 2 moteurs (50 chevaux). — Les chutes du Niagara, avenue de la Motte-Piquet, 1 moteur (8 chevaux). — Le Sté-réorama, au Trocadéro, 1 moteur (10 chevaux).
- — L’exposition Minière du Trocadéro, au Trocadéro, 1 moteur (50 chevaux). — L’établissement Loïe Fuller, Cours la Reine, 5 moteurs (150 chevaux). — Le Grand théâtre Columhia, route de la Révolte, 4 moteurs (160 chevaux). — Le Combat naval, route de la Révolte, 4 moteurs (175 chevaux).
- — Le grand palais des Beaux-Arts, aux Champs-Elysées, 4 moteurs (104 chevaux). — Les Voyages animés, quai de Debilly, 1 môteur (8 chevaux), etc.
- Telle est, résumée en quelques lignes, la situation actuelle de l’industrie du gaz et de ses principales applications à l’Exposition de 1900. J. Leroy.
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- CHEMIN DE FER DE U Yl \FR\l
- C’était certes une idée un peu audacieuse que de songer à transporter les touristes en chemin de 1er au sommet de la Yunfrau, la célèbre « Vierge de l'Oberland Bernois ». La cime éclatante de neige s'élève à 4166 mètres. On considéra le projet comme si hasardé que les objections s’accumulèrent de toutes parts. D’abord était-ce bien prudent d’élever les curieux à cette hauteur? — On va bien au Mont-Blanc, dont l'altitude est de 4810 mètres! — Certes, mais cela ne va pas toujours tout seul, et puis l’ascension est longue et l’organisme s’adapte peu à peu à l'altitude. Mais ici, en quelques heures seulement, on s’élèvera de plusieurs milliers de mètres. Une commission composée de M. Kronicker, professeur de physiologie à Berne, deM. Regnard, de Paris, et de M. Spelterini, aéronaute, rassura vite le promoteur de l’entreprise. Une autre commission de spécialistes considéra le projet comme réalisable. Le conseil fédéral accorda la concession. M. Guyer-Zeller, auquel sont dus la plupart des chemins de fer de montagne en Suisse, n’hésita pas, avec ses propres ressources d’ailleurs considérables, à faire commencer les travaux. Deux ans après le premier coup de pioche, c’est-à-dire en 1898, nous assistions à l’inauguration du petit tronçon à l’air libre, reliant la station de la Scheidegg au front de la montagne, et M. Guyer-Zeller, dans un discours très applaudi, disait après le banquet : « Messieurs, en 1905, notre œuvre sera terminée, et nous viderons nos coupes de champagne à la cime de la Yunfrau ».
- Hélas! M. Guyer-Zeller ne devait pas assister au couronnement de sa grandiose entreprise. Il mourut quelques mois plus tard au commencement de 1899. Le promoteur disparu, on pouvait craindre pour l’avenir du chemin de fer. Plus de 2 millions avaient déjà été dépensés. Ses héritiers décidèrent résolument que l’on irait jusqu’au bout. Et l’on travailla sans cesse et de plus en plus à la Yunfrau. On a livré à l’exploitation le second tronçon cette fois situé en pleine galerie souterraine.
- Tous les touristes savent que l’on franchit depuis des années déjà le massif de la Wingernalp de Lau-terbrunnen à Grindehvald par une voie ferrée à cré»-maillère. D’Interlaken à Lauterbrunnen : voie ordinaire. On prend là le chemin à crémaillère qui vous hisse assez vite sur la montagne et aux diverses stations de la ligne et notamment au sommet du col de la Petite Scheidegg (2069 m.). C’est de la station de la Petite Scheidegg que part le chemin de fer de la Yunfrau. Là la vue est superbe. Devant le spectateur se dressent trois massifs contigus, l’Eiger, le Münch et la Yunfrau. Au pied une fracture immense où tombent les avalanches avec un bruit de tonnerre. Le tracé adopté par M. Guyer-Zeller part de la station, s’en va par une vaste courbe rejoindre à 2 kilomètres la base de la première montagne à gauche, c’est-à-dire de l’Eiger, puis il entre dans le massif et le contourne intérieurement en
- longeant son autre face au Sud de façon que le touriste puisse admirer aux stations successives le paysage qui domine la vallée du Rhône. Après l’Eiger, on entre dans le massif du Münch et enfin dans celui de la Yunfrau. Ce long détour adoucit les pentes. En somme, de la Scheidegg au sommet, on franchira 12 kilomètres en trois heures environ en s’élevant do 2102 mètres.
- Il y aura quatre stations intermédiaires. La première section ouverte au public est comprise entre la petite Scheidegg et rEigergletscher, à 400 mètres de l’entrée en galerie. Longueur 2 kilomètres. Cote 2521 mètres. La seconde section est aussi de 2 kilomètres, et pénètre jusqu’à Grindelwaldblick en pleine galerie. Elle est exploitée depuis 1899. La cote est 2812 mètres, et la différence de niveau est rachetée par une rampe de 25 pour 100. La station est creusée dans le rocher. La troisième section, qui est déjà aujourd’hui très avancée, va jusqu’à la station de Kalifirn. Le tracé fait une courbe de 550 mètres dans l’Eiger, et va déboucher à la station sur le versant Sud où par une grande ouverture dans la roche, le voyageur jouira d’un panorama superbe sur les montagnes de la vallée du Rhône. Encore 2 kilomètres, différence de niveau à racheter 458 mètres par une rampe de 25 pour 100. La quatrième section est comprise entre Kalifirn et le col de la Yunfrau. La rampe à gravir ne sera plus que de 6 pour 100. Longueur 5500 mètres. Cote de la station de la Yunfrau 5595 mètres. Différence de niveau 125 mètres. A la station du col on trouvera deux galeries perpendiculaires, une galerie à droite, une galerie à gauche, pour conduire les touristes sur le versant nord et sur le versant sud. Enfin la cinquième et dernière section commence à la station du col et finit au débarcadère de la Yunfrau à la cote 4095 mètres, soit à 75 mètres au-dessous du sommet. Là, le touriste prendra place dans un ascenseur électrique vertical qui l’amènera au restaurant couvert de la cime. Cette dernière section est d’environ 5 kilomètres. La hauteur rachetée est de 700 mètres et la pente de 25 pour 100.
- Le souterrain aura au total environ 10km,5 de développement avec une largeur de 5m,60 et une hauteur sous clef de 4m,25. Au point de vue géologique il traverse, dans les premières sections, les terrains jurassiques très résistants, très homogènes, et plus haut, à 5600 mètres, les gneiss plus friables, ce qui rendra nécessaire de revêtir la galerie.
- Le mode de percement employé est l’attaque aux perforatrices et, l’éclatement de la roche à l’explosif. Les perforatrices rotatives avec fleuret d’acier percent un trou de 1 mètre de profondeur en 15 minutes dans le terrain jurassique. Comme il y a cinq perforatrices en marche, on perce 20 trous à l’heure avec un avancement horaire de 1 mètre ; mais il faut compter environ trois heures pour l’enlèvement des matériaux, en sorte que l’avancement efficace n’est que de 4 à 5 mètres par jour. La ventilation est assurée par un ventilateur Sulzer actionné par un
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- LA NATURE.
- Spécimen de cartes postales suisses : l’F.iger, le Münch, la Yunfrau.
- Fig. 1. — Avant le percement. Fig. 2. — Après le percement.
- moteur électrique de 9 chevaux. Chaque perforatrice triphasé de 5 chevaux recevant un courant de 7 am-est mise en mouvement par un moteur à courant pères sous 220 volts. On travaille maintenant l’hiver
- Scheidegg
- Fis. 5. — Tracé du chemin de fer à travers le massif montagneux.
- comme l’été. A l’entrée du tunnel on a installé des logements pour les ouvriers. Les maisons sont blindées à l’intérieur avec des cuirasses en bois emprisonnant des matelas en feutre. On chauffe l’hiver jour et nuit, car, à ces altitudes, le froid est intense et la température descend souvent à 25° au-dessous de zéro.
- Il existe une boulangerie qui fonctionne chaque jour. Enfin, les communications étant interrompues avec le bas de la montagne au moins pendant cinq mois, on accumule les provisions pendant la belle saison ; d’ailleurs une ligne téléphonique relie Lauter-brunnen à la Petite Scheidegg. La voie a été
- jours et qu’il faut des trains lourds. Dans le souterrain on a installé une crémaillère très robuste. La
- voie est munie de rails en acier reposant sur îles traverses également en acier. Les crémaillères de Riggenbach ou
- d’Abt ne présentent pas toute garantie de sécurité soit au point de vue du déraillement, soit au point de vue du soulèvement des voitures. On a adopté un type analogue à celui qui est employé depuis trois ans au chemin de fer du Stanserhorn de Stans à Engelberg. La forme conique donnée au champignon du rail crémaillère permet l’emploi de machines qui empêchent tout déraillement
- établie solidement sur le parcours déjà livré à l'exploi- ou tout soulèvement des roues dentées.
- tation parce que là foule est grande pendant les beaux Chaque train se compose d’une locomotive électri-
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- LA NATURE.
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- que et de deux voitures. La locomotive pèse 12 tonnes et le nombre des voyageurs est de 80. Le poids total en charge est de 26 tonnes. Sur les rampes de 25 pour
- 100 la vitesse est fixée à 8km,5. Le travail à produire est de 215 chevaux. La locomotive est à deux moteurs de chacun 125 chevaux; elle est alimentée par
- . Fig. R. — Panorama de I'Eiger et du Münch.
- des courants triphasés de 7000 volts, réduits à 500 courant se tait par trolleys. Un second transformateur volts à la station de la Petite Scheidegg. La prise de à l’entrée du souterrain réduit la voltage à 220 volts
- Fig. 6. — Panorama de la Yunfrau.
- pour les perforatrices et pour les lampes électriques.
- On a admis un rendement de 50 pour 100 entre la jante des roues motrices et l’axe de la turbine hydraulique qui engendre le courant primaire. Chaque train exige donc 425 chevaux et comme il faut
- tenir compte de la dépense en lumière, chauffage, on a adopté comme unité de machine génératrice 500 chevaux. Où a-t-on été chercher l’énergie nécessaire1?
- En bas de la Wengernalp, à Lauterbrunnen d’un côté, à Grindehvald de l’autre coulent la Lutschinc
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- LA NA IT UK.
- blanche et la Lutschine noire. On s’est assuré la propriété de deux prises d’eau. Jusqu’ici on a installé une seule usine génératrice à Lauterbrunnen. Tous les touristes la voient en allant d’Interlaken à Lauterbrunnen. Une conduite en fer d’environ I m,80 de diamètre descend la rivière sur un parcours de 600 mètres. L’eau tombe dans un réservoir où filtrée on peut en régulariser le débit. De ce réservoir part une nouvelle conduite de même diamètre et de 1650 mètres de longueur. Cette conduite apporte l'eau dans l’usine aux turbines. Elle débite 6 mètres cubes par seconde, sous une chute de 56 mètres. On recueille ainsi 2150 chevaux avec un rendement de 70 pour 100 des turbines. Momentanément on utilise 1200 chevaux environ : deux turbines actionnant deux alternateurs de 500 chevaux et deux petites turbines actionnant deux excitatrices de 25 chevaux. Ces machines vont être doublées. ,
- Chaque alternateur produit un courant de 7000 volts. Ce courant s’en va directement au sommet, à la Petite Scheidcgg à travers trois fils de cuivre supportés sur des poteaux de 10 mètres de haut. On voit de Lauterbrunnen monter à travers la montagne cette longue ligne de grands poteaux. La distance à franchir de l’usine génératrice du bas à la Petite Seheidegg est de 7 kilomètres. Et la différence de niveau de 1500 mètres.
- On estime que le coût des travaux sera d’environ 10 millions, ce qui nous paraît malgré tout un peu faible. On progresse de près de 1200 mètres par an ; on aurait donc tout percé dans cinq ans, selon les prévisions du promoteur de l’entreprise. Si tout va bien, on pense inaugurer en 1905 ou plus sûrement au printemps de 1906. Quant au rendement on compte sur un bénéfice important. Le prix de l’aller et retour serait de 50 francs et l’on espère que le trafic en touristes sera d’au moins 60000. La Yunfrau a grand renom dans le monde entier.
- Quoi qu’il en soit, si l’on songe aux dépenses qu’entraîne toute ascension individuelle à ces hautes altitudes, on ne trouvera pas ce chiffre trop coûteux pour une montée à 4166 mètres, sans fatigue et sans péril devant un panorama incomparable de grandeur et de beauté. Henri de Parville.
- LA CONSOMMATION DE L’AZOTE
- L’inféodation au régime fortement azoté n’est point chose nouvelle, et ceux-là qui constatent avec une surprise mêlée d’effroi l’accroissement en progression géométrique de la consommation de la viande de boucherie, paraissent oublier que l’homme est un carnivore complet, étant donné ses quatre canines et la constitution de ses viscères, et que le régime carnassier a fatalement précédé le régime végétarien. La loi de l’évolution comporte et implique même par retour d’analogie, le stade régressif. L’homme a été aux temps préhistoriques et même dans l’antiquité, un carnivore, un zoophage, sinon plus, parce que la chair des animaux s’offrait à ses coups, et parce que la surabondance des plantes sauvages raréfiait encore les légumes et les fruits: à ces époques, la consomma-
- tion de l’azote sous forme de viande était pour ainsi dire « objective », nécessitée par les formes ambiantes de l’alimentation, la terre étant en friche, avec les spécimens comestibles de l’animalité plus nombreux.
- L’homme quaternaire s’est nourri sporadiquement de coquillages; les Kj o k k en moi d i n g s sont là pour l’attester. Plus près de nous, les Huns et les Tartares contractèrent la plique par l’abus de sang corrompu et de la chair avariée.
- Les plantureux repas décrits par Homère en l’île des Phéaciens et en celle d’Ithaque où les prétendants voulurent épuiser les réserves de troupeaux confiées au fidèle Eumée, les légendaires festins de Charlemagne et de ses preux retracés dans les Chansons de gestes, témoignent de ce fait que nous n’avons pas inventé, nous les modernes, la consommation intensive de la chair musculaire, et que les sept éléments qu’elle contient — fibrine, albumine, hématine, inosite, gélatine, eréatine, créatinine — ont été digérés et assimilés en quantité considérable bien longtemps avant nous.
- Les Romains intensifièrent la culture des céréales ; mais le pain contient, lui aussi, de l’azote, en quantité moindre, il est vrai. La loi mosaïque restreignit le régime carnivore en proscrivant le sang et la chair des animaux immondes, copiée en cela par Mahomet, lequel ne fut pourtant pas un végétarien, attendu qu’il avait contracté la maladie qui l’emporta à Médine, en mangeant une tranche de mouton empoisonnée à Khaïbar.
- L’ascétisme, l’abstinence et les jeûnes amoindrirent par endroits et par intervalles la consommation de la viande, atteinte d’ores et déjà par l’institution du Carême. Puis les moines d’Occident, ainsi que l’indique M. de Monta-lembert, défrichèrent les landes incultes de l’Europe continentale, coupèrent ou brûlèrent les arbres épineux et les brandes, cultivèrent les légumes et les fruits, organisèrent une armée de* végétariens dans les cloîtres.
- A l’heure actuelle, l’alimentation azotée sous forme de viande de boucherie, de pain fortement glutiné par le mélange des farines russes, sous forme de lait, d’œufs, de poissons, de gibier, de volaille, de denrées d’épicerie, a repris le dessus, et en France il est tels districts où, en une période cinquantenaire, l’absorption unitaire et annuelle de viande a passé de 20 à 85 kilogrammes; soit que la vie enfiévrée et cérébrante exige des aliments plus réparateurs et hyperhémiants, imprimant une activité fonctionnelle plus grande aux centres nerveux, soit aussi par un effet réflexe de l’alcoolisme.
- Nous avons recherché la consommation annuelle et par tète d’habitant de l’azote en deux centres de grande consommation, comparée à celle de Paris qui fut en 1898 de 6k*,792. Il est admis que, dans ce chiffre, dont les 9/10 sont formés par l’azote de la viande de boucherie et par celui du pain glutiné, le lait, les œufs, le poisson, le gibier, la volaille, la denrée d’épicerie figurent pour 1/10 global d’azote.
- Les deux centres étudiés par nous ont été :
- 1° Saint-Chaptes (Gard), chef-lieu de canton et village de 821 habitants, situé dans l’axe de la belle et plantureuse vallée qui s’étend entre le relief des garrigues de la petite Grau du Languedoc et les premiers contreforts des basses Cévennes; 2° Avignon, chef-lieu du département de Vaucluse, ville de 45 107 habitants. A Saint-Chaptes, la consommation d’azote annuelle et par tête a été en 1898 de 6k*,170, inférieure à celle de Paris de 022 grammes.
- Nous rappelons que 100 kilogrammes de pain glutiné, ayant une teneur normale en gliaïdine et gluténine, contiennent lk*,55 d’azote, et que 100 kilogrammes de
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- LA NATURE.
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- viande de. boucherie en contiennent 5kf,25, qu’enfm la proportion en azote du lait, des œufs, du poisson, du gibier, de la volaille, de la denrée d’épicerie, envisagée en raison composée de la teneur réelle et de J a part de ces substances nutritives à l’alimentation globale, permet de leur attribuer 1/10 dans le nombre exprimant la consommation en azote par an et par unité.
- A Avignon il a été abattu en 1898, la quantité de viande vivante qui suit :
- Poids en
- Bœufs Nombre de têtes. ... 5920 .. . kilogrammes. . 2 504 797
- Veaux ... 2780 .. . 185 552
- Montons .... . . . 22 561 . . . 875 608
- Boues et chèvres . . . 999 . . . 41509
- Agneaux .... ... 18690 .. . 265 344
- Porcs . . . 5085 . . . 367 312
- 55855 4053902
- Soit 4055 902 kilogrammes de viande vivante abattue. Le qui donneaprès chevillage etdéfalcation faite des cornes, peaux, onglons, os, abats, déchets, etc., 2 619 456kï,50 de viande de boucherie consommée à Avignon dans le périmètre de l’octroi et dans la banlieue communale, soit une consommation unitaire très approximativement égale à 60 kilogrammes par an. Si nous joignons à cela la consommation de pain glutiné, nous trouvons, après algorithme, un chiffre d’azote consommé unitaire et annuel égal à 5 kilogrammes, représentant les 9/10 de la consommation totale, celle-ci équivalant — par l’addition de substances sus-relatées — à 5k*,555, inférieur à celle de Paris de 1257 grammes.
- Si l’on prend en France une moyenne minima de 5 kilogrammes pour la consommation annuelle et unitaire de l’azote, on trouve le chiffre de 200 millions de kilogrammes d’azote absorbé. Ce chiffre pourra servir de base à l’établissement de la quantité d’azote qu’il faudra donner aux sols arables supports de céréales et aux prairies sous forme de fumier de ferme, de nitrate de soude, de composts, de tourteaux d’engrais azotés, pour compléter la provision emmagasinée par les légumineuses, la nitrification, la décomposition des matières ligneuses et animales etc.
- L’intellectualité n’a donc pas ralenti la consommation de l’élément nutritif et endothermique. Au contraire, et l’erreur surannée que le travail manuel exige, sous forme d’aliment, plus de combustible réparateur que le travail mental est détruite à jamais.
- Par là on voit que les réserves d’azote accumulées dans les sols par le travail lent mais opiniâtre des ferments nitriques du micrococcus urea, des organes nitrocapteurs des légumineuses, de l’électricité naturelle, des désagrégations des matières animales et végétales soumises au grand acte de la putréfaction et de la décomposition organique, des déshydratations et des suroxydations ammoniacales génératrices de nitriles et de nitrates, des nitrifications artificielles, que toutes ces réserves tendent à remonter à la surface des terres arables pour s'exporter dans l’organisme des plantes et dans la chair des animaux servant de nourriture à l’homme quaternaire.
- Il va de soi qu’il y a lieu de se préoccuper activement de la réfection de ce facteur intensif de l’alimentation moderne en faisant appel, s’il le faut, aux énergies électriques naturelles fomentées par le génie humain et capables de nitrifier l’azote aérien, sans préjudice de la culture des ferments pour reconstituer les principes nitrogènes. Louis-Adrien Levât,
- Président de la Société ornithophile.
- INSTITUT PASTEUR
- INSTITUT DF, CHIMIE PHÏSIOI.OGIQUE - HOPITAL PASTEUR
- L’Institut Pasteur s’est enrichi tout récemment de deux annexes importantes dont nos lecteurs nous sauront gré d’indiquer le but et les dispositions générales. Ce sont : 1° un Institut de chimie physiologique; 2° un hôpital.
- L’Institut Pasteur, tel qu’on le connaissait depuis 1888, date de son inauguration, était incomplet en ce sens qu’il ne reflétait qu’une partie de l’œuvre du maître, la plus importante il est vrai, son œuvre pathologique. La chimie, qui avait servi de point de départ aux travaux de Pasteur, n’y était représentée que par la chaire de chimie biologique de la Sorbonne que le titulaire, M. Duclaux, avait transportée avec lui à l’Institut Pasteur. Depuis, le domaine de cette chimie biologique s’est largement étendu. 11 ne comprenait guère, il y a dix ans, que l’étude des fermentations; il comprend maintenant l’étude des virus, des toxines et des antitoxines contenues dans les sérums, bref de toutes les substances chimiques de l’organisme physiologique, ou pathologiques qui ont un rôle thérapeutique ou préventif.
- On comprend combien il serait utile de séparer ces matières actives du milieu complexe où on les trouve dans l’organisme, et de les étudier à part.
- Il y en a qui s’entr’aident , il y en a qui se contrarient ou se combattent. 11 y aurait avantage à pouvoir combiner leurs actions, et pour cela il faut les séparer et apprendre à les connaître. On manie bien mieux la morphine depuis qu’on sait l’isoler des autres alcaloïdes qui l’accompagnent dans le suc de pavot.
- Malheureusement les virus, les toxines se trouvent dans les sérums et dans les autres liquides organiques à un état de dilution infiniment plus grande .que les alcaloïdes vénéneux dans les sucs végétaux. On ne peut espérer les obtenir en quantités suffisantes pour l’étude qu’en opérant sur des masses considérables, sur des mètres cubes de matière première. Un Institut de chimie physiologique annexé à l’Institut Pasteur devait être conçu dans des proportions assez vastes pour satisfaire «à cette nécessité.
- Ce sont ces considérations, exposées à Mmela baronne M. de Hirsch, qui ont déterminé cette donatrice si généreuse et si large d’esprit à doter l’Institut Pasteur d’un nouvel Institut de chimie, comprenant en ce moment quatre services. Deux services de recherches sont placés sous la direction l’un de M. Etard, l’autre de M. G. Bertrand. La chaire de chimie biologique de la Sorbonne a été transportée dans le local nouveau avec le laboratoire des hautes-études dont M. Duclaux est aussi le directeur. M. Fernbach y a très largement installé le laboratoire des fermentations dont il est le chef. Enfin un cours pratique d’analyse des produits physiologiques et pathologiques,- et des matières alimentaires sera installé au mois de novembre sous la direction de M. Trillat.
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- On n’a pas voulu renouveler la faute eommise à la Sorbonne, qui a été occupée et même bondée dès qu’elle a été iinie ; on a réservé de la place pour quatre services nouveaux, par exemple pour un service de physiologie, indispensable, et que le manque de fonds empêche encore d’installer.
- Tous ces services présents ou futurs sont groupés autour d’un foyer d’où irradient la lumière, la chaleur et la force motrice. Un hall central contient trois générateurs de 150 chevaux de force, des dynamos, des accumulateurs et fournit la vapeur nécessaire au chauffage de tous les bâtiments de l’Institut, en même temps que, la force nécessaire pour la mise en mouvement des grands appareils de
- chimie réunis à l’étage supérieur dans une galerie vitrée, broyeurs, tamiseurs, macéra tours, évapora-teurs, appareils distillatoires, presses, etc. Tous ces appareils sont de, dimensions inusitées dans les laboratoires ordinaires, pour les raisons que nous avons données en débutant.
- Les laboratoires communiquent librement avec ce hall central qui est en quelque sorte le rouage moteur de l’ensemble. Il n’y a rien à dire en particulier sur aucun d’eux. Ils ont tous des dimensions considérables, et peuvent à eux tous, recevoir plus de 250 élèves. L’expérience du passé prouve que ces places seront rapidement occupées soit parles savants qui viendront faire à l’Institut des travaux originaux.
- soit par des étudiants qui viendront y compléter leur enseignement ou y apprendre les techniques industrielles qui y sont enseignées.
- Je signale pour terminer une salle de cours pouvant contenir 400 personnes. Il serait trop long d’entrer dans les détails. Les dessins ci-joints suppléeront dans une certaine mesure aux renseignements qui manquent. Pour le reste, il faut le voir sur place. Pendant toute la durée de l’Exposition, l’Institut Pasteur restera ouvert tous les jours, de 4 à 6 heures, et sera parcouru en caravanes dans toutes ses parties. Une petite plaquette, très élégamment éditée, donne du reste sur son organisation, des vues et des renseignements qui ne sauraient trouver place ici.
- " Hôpital Pastorien. On trouve aussi, dans cette pla-
- quette, des renseignements circonstanciés sur le fonctionnement de l’hôpital Pastorien dont nous avons parlé plus haut. Celui-ci est dû à la générosité d’une autre donatrice qui veut garder l’anonyme, et qui a pensé que l’hygiène et la thérapeutique nouvelle qui avaient leurs origines dans les découvertes de Pasteur sur les microbes devaient être représentées à l’Institut Pasteur. C'est donc grâce à elle qu’a été bâti un hôpital de 100 lits on l’on a essayé d'introduire tout ce que commande d’améliorations l’intervention des idées pastoriennes dans la pratique nosocomiale.
- On consacrera, pour commencer, cet hôpital au perfectionnement du traitement contre la diphtérie. Si abaissée qu’elle ait été par suite de l’emploi du sérum antidiphtérique, la mortalité est encore
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- Fig. 2. — Vue intérieure d'une des salles de l'hôpital. (D'après une photographie.
- généreux de Mmc de Maillefer,
- trop lorte. On peut espérer la réduire par une étude plus approfondie.
- Elle restera toujours plus grande dans un hôpital qu’en ville, parce que, trop souvent, les malades ne sont conduits à l’hôpital que lorsqu’ils sont déjà très gravement atteints. Mais les deux chiffres de mortalité s’abaisse -ront ensemble. Ce sera là jusqu’à nouvel ordre, l’étude à laquelle vont se consacrer le médecin résidant, M. le D1 Martin et ses collaborateurs. La présence continue du médecin dans l’hôpital est un des moyens sur lesquels nous comptons pour abaisser la mortalité.
- Pour les malades, qui ne pourront pas être reçus à l’hôpital, un service de
- Fig. 3. — Plan de l’hôpilal.
- consultations gratuites, aménagé grâce à un don | minée d’appel. Sur les deux
- permettra d’apporter à leur situation un soulagement momentané. Je ne signale qu’en passant les accessoires obligés de tout hôpital, cuisines, buanderie, salle des morts, chapelle mortuaire. Tout le service des pavillons, entrées et sorties, se fait par un large tunnel faisant le tour de l’édifice, et par lequel passent aussi toutes les canalisations, eau froide et chaude, gaz, électricité, lumière et chaleur. Le chauffage des chambres de malades se fait par l’une des parois de la chambre, celle qui est opposée au lit, et qui forme surface rayonnante. La ventilation se fait par en haut et est commandée par une che-pavillons de l’hôpital,
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- un seul est aménagé et reçoit les malades. Le second attend que l’expérience ait dévoilé les défectuosités du premier ou ait fait entrer dans la pratique un perfectionnement nouveau. Les deux architectes, M. Brébant pour l’Institut de chimie, M. F. Martin pour l’Hôpital, savent l’un et l’autre qu’en fait de laboratoire ou d’hygiène nosocomiale, le progrès est de chaque jour, et se réservent d’habiller à la dernière mode les parties de ces deux édifices non encore occupées, quand elles entreront en service.
- En résumé, on peut dire que Paris vient de s’enrichir de deux établissements de haute importance dus à l’initiative privée. L’Institut Pasteur occupera désormais une place qui n’a pas d’analogue parmi les institutions d’origine française. 1K N.
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- Une afllche «l’un kilomètre et demi. — A Baille lireek, aux Etats-Unis, on a organisé celte année une fête à laquelle on voulait amener le plus de monde possible, et, dans ce but, on voulut attirer l'attention du public par une réclame peu ordinaire, — au moins par ses dimensions. Celles-ci nous sont données par une publication spéciale américaine qui se nomme Inland Pi inler. La surface de l’affiche en. question atteignait à peu près 1460 mètres carrés : cela peut paraître fantastique et même tout à fait invraisemblable. Fantastique, cela l’est à coup sur, mais non invraisemblable, tout simplement parce que l’affiche se présentait sous la forme d’une bande longue de 1609 mètres (un mille anglais) et haute d’environ 90 centimètres. En réalité, c’était toujours la même impression, l’annonce de la fête, qui se répétait tous les 60 centimètres. La bande de papier s’enroulait sur un rouleau au fur et à mesure de son impression. Comme il n’aurait pu être question de trouver un mur assez long [tour la poser, cette affiche fut collée sur la chaussée et au milieu d’une des rues de la ville : les voitures avaient soin de passer à gauche et à droite pour ne la point maculer.
- Navires de guerre à turbine. — M. l’arsons, ingénieur des constructions navales anglaises, membre de la Société royale de Londres, l’inventeur des bateaux à turbine, remplaçant l’hélice et donnant des vitesses sensiblement supérieures avec une consommation moindre de charbon, étudie en ce moment, pour le compte de l’Amirauté, l’application de son système à la propulsion des navires de guerre et les résultats qu’il a déjà obtenus méritent de fixer l’attention des ingénieurs de notre marine. Un contre-torpilleur, actuellement à l’essai, muni de la turbine Parsons, a donné 52, 55 et 55 nœuds, même par gros temps. C’est à la suite de cette expérience que l’inventeur vient de recevoir la commande d’un destroyer qui, malgré son tonnage très supérieur, devra fournir la même vitesse, en tirage normal. C’est la première fois que M. Parsons essaie d’adopter son sy stème à un navire de guerre d’aussi fort déplacement, et si, selon ses espérances, les essais réussissent, il mettra prochainement en chantier, pour la marine anglaise, un croiseur d’escadre de 150 mètres, muni de machines développant 80 000 chevaux et deux turbines pouvant lui imprimer une vitesse de 44 nœuds, soit près de 82 kilomètres à l’heure.
- Prix des cerises. — Cette année les cerises ont été si abondantes dans la région parisienne que nombre de cultivateurs ne se donnaient même pas la peine de les faire cueillir. A voir les marchands ambulants les crier à 2 et 5 sous la livre dans les rues, on ne se doute généralement pas du prix fabuleux que ces fruits atteignent lorsqu’ils font leur apparition aux Halles Centrales. Aux enchères publiques de la vente en gros du pavillon n° 6,1e 24 mars, une petite branche portant la première cerise (Cerise Anglaise) était adjugée 10 francs; le 51 mars deux cerises font 22 francs. Quinze jours plus tard elles sont à environ 1 franc pièce, puis diminuent graduellement pour arriver aux prix ordinaires. Ces premières cerises sont cultivées en serre aux environs de Paris ou dans le Nord de la France.
- Le bruit des explosions. — A quelle distance peut-on percevoir les explosions? Cela dépend beaucoup du sol et de la configuration orographique d’un pays. On admet généralement que l’on entend le bruit du canon , jusqu’à 25 kilomètres quand le vent est favorable, les coups de tonnerre à plus de 25 kilomètres, les grandes explosions de dynamite à 50 kilomètres. Dans la campagne anversoise, l’explosion de la jKmdrière d’Arendeck provoqua, il y a plusieurs aimées déjà, une véritable secousse du tremblement de terre, qui fut ressentie jusqu’à la Campine 1 imbourgeoise, à Baverloo et aux environs, c’est-à-dire à plus de 50 kilomètres de distance. D’après M, Davison, l’explosion plus récente de Saint-llelens, entre Liverpool et Manchester, eut un retentissement considérable sur les contrées voisines. Cette explosion fut produite dans une fabrique de chlorate de potasse; plus de 80 tonnes de corps explosif détonèrent. L’usine fut détruite, bien entendu, et le sol secoué comme dans un séisme. La région affectée avait la forme d’une ellipse de 65 kilomètres de grand axe et de 45 kilomètres de petit axe ; la superficie ébranlée dépassa 2000 kilomètres carrés. Le bruit fut entendu à Alderlev-Edge, 59 kilomètres de Saint-Helens, et à Murple, 45 kilomètres de la même ville. Les fenêtres vibrèrent fortement. On peut donc conclure que, dans des conditions favorables, les grandes explosions peuvent être ressenties jusqu’à environ 50 kilomètres. Ce chiffre peut être important à connaître quand on a besoin de fixer l’heure de certaines explosions de poudrières.
- Faux filigranes. — On sait que certains papiers offrent dans leur épaisseur des filigranes obtenus en serrant le tissu de toile métallique sur laquelle se forme le papier, de telle sorte que l’absorption de la pâte soit diminuée précisément sur ces différents points. Le papier devient plus mince dans ces figures et laisse passer plus de lumière. Aussi aperçoit-on aisément par transparence les filigranes. On a cru longtemps que l’on ne pouvait imiter les filigranes ; mais la fraude est ingénieuse et on est parvenu à produire de faux filigranes en appuyant tout bonnement le papier sur des plaques gravées avec faible relief. La riposte ne s’est pas fait attendre. On s’est mis à plonger le papier douteux dans de l’eau et les filigranes imités furent trahis par le gonflement de leurs fibres. Celles-ci par imbibition tendent à reprendre leur position première. Le procédé de contrôle cependant n’est pas parfait et manque de netteté. M. Hersberg, directeur de la station d’essai des papiers de Berlin, a insisté récemment sur ses inégalités et sur les doutes qu’il laissait dans l’esprit des experts. Il lui substitue maintenant une autre méthode utile à indiquer. Il suffit de plonger le papier dbutëux à 50 pour 100. Au bout de quelques instants, les
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- filigranes faux disparaissent complètement, tandis que les filigranes naturels non seulement persistent, mais s’accentuent encore plus fortement en raison de l’action énergique de la soude sur la pâte du papier. Rien de plus net. Cette fois, on pourra donc reconnaître la fraude avec la plus grande facilité.
- L'allumage d’un jet d’hydrogène. — Dans le Journal of the American Chemical Society, etc., G.-C. Hopkins décrit un moyen qu’il pratique pour allumer sans danger et immédiatement un jet d’hydrogène au moment où il vient d’être engendré. Dès que la réaction commence, on recueille le gaz qui s’échappe dans un tube à essais, et quand celui-ci peut être considéré comme plein de gaz pur, on l’éloigne à environ un mètre du générateur, et on allume l’hydrogène qu’il contient. Si le gaz engendré est explosif, il fera explosion, et cela sans danger, dans le tube; si, au contraire, il ne l’est pas, il donnera une flamme qu’on pourra approcher du jet d’hydrogène sortant du générateur, le gaz qui provient alors de ce dernier ne pouvant pas être plus explosif que celui qu’on avait recueilli dans le tube à essais. Autrement dit, la précaution consiste à ne jamais allumer le jet d’hydrogène qu’avec la flamme résultant de l’inflammation d’une certaine quantité de ce même gaz dans le tube à essais.
- l’ne fournil préhistorique. — A l’Exposition des Indes anglaises, dans la partie affectée aux minéraux, se trouve un cylindre d’ambre le plus pur au milieu duquel on peut remarquer un insecte en parfait état de conservation ; il nous a semblé que cet insecte était une fourmi ailée ; avis à MM. les entomologistes.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 23 juillet 1900. — Présidence de M. M. Lévy.
- Le célèbre chimiste russe Mendeleef ; M. Christie, directeur de l’observatoire de Greenwich; M. Bakhuysen, directeur de l’observatoire deLeyde; M. Gill, directeur de l’observatoire du Cap ; M. Stephan, directeur de l’observatoire de Marseille; M. Rayet, directeur de l’observatoire de Rordeaux ; Perrotin, directeur de l’observatoire de Nice assistent à la séance.
- La nouvelle mesure de l’arc du Pérou. — M. Poincaré, sitôt après le dépouillement de la correspondance, donne lecture de son rapport présenté au nom de la Commission chargée par l’Académie d’examiner et de discuter le programme des opérations à entreprendre en vue de la mesure nouvelle de l’arc du Pérou. Dans un court exposé historique, l’auteur rappelle que la géodésie, au siècle dernier, fut essentiellement une science française. Les arcs du Pérou et de Laponie mesurés sous les auspices de l’Académie des sciences, puis l’arc français de Delambre, furent longtemps les premiers et les seuls documents exacts sur les dimensions de la terre. Puis au dix-neuvième siècle sont venus les travaux des étrangers. Les résultats n’ont pas toujours eu la concordance' désirable. L’Association géodésique internationale avait été frappée de la grande utilité de procéder à une nouvelle mesure des arcs polaire et équatorial. Une mission russo-suédoise a été chargée de mesurer un arc de 4° au Spitzberg. Enfin, il y a quelques années, M. Davidson, représentant des États-Unis, déclarait à l’Association que le Coast Survey était disposé à mesurer à nouveau l’arc du Pérou, si la France ne voulait se charger de ce soin. Les événe-
- ments politiques survenus dans la République de l’Équateur n’ayant pas permis de donner suite au projet, la question était posée de nouveau devant l’Association, à Stuttgard, en 1898, par M. Preston, délégué des États-Unis. Une mission était alors envoyée au Pérou pour examiner les conditions de l’entreprise. Le rapport des envoyés français a été examiné par la Commission de l’Académie. Tout d’abord celle-ci a décidé que l’Académie se bornerait à conserver le haut patronage de l’œuvre en gardant un droit de contrôle des diverses opérations, mais qu’aucun membre de l’Académie ne serait envoyé sur les lieux. Elle a reconnu également que toutes les qualités nécessaires chez les coopérants, pour assurer le succès de l’entreprise, se trouvaient réunies chez les officiers du service géographique. Suivant l’expression de M. Poincaré « on n’est pas sùr de trouver aussi bien et on est sûr de ne pas trouver mieux ». Donc la mesure sera confiée aux officiers de ce service, dirigés par M. le général Bassot qui, en sa qualité de membre de l’Académie, sera l’intermédiaire naturel entre eux et l’Académie, et qui au besoin se déplacera.
- 11 y aura trois bases de 8500 mètres chacune, dont une à chaque extrémité de l’arc et l’autre dans le milieu. Il v aura plusieurs stations situées à l’altitude de 4000 mètres ; les côtés des triangles auront environ 30 kilomètres. La base du milieu sera reliée à la mer près de Guayaquil par un nivellement géométrique de haute précision semblable à ceux institués en France par M. Lallemand; l’altitude des deux autres bases sera déduite d’un nivellement géodésique, qui bien que n’offrant pas la même exactitude, est d’une précision très suffisante pour ramener la longueur mesurée à sa longueur au niveau de la mer. Les déterminations de l’intensité de la pesanteur seront très nombreuses de manière à permettre d’étudier les anomalies qui proviendraient du voisinage du Chim-borazo et du Gotopaxi. Les éléments magnétiques seront également mesurés et des données géologiques seront recueillies en vue de fournir les éléments d’une correction à appliquer aux valeurs de y mesurées directement. Enfin la Commission se prononce formellement pour la mesure d’un arc de 6°, c’est-à-dire de l’arc le plus étendu en longueur.
- Étoile à satellite. — M. Christie rappelle d’abord que M. Newall, d’Oxford, a réussi par des mesures spectroscopiques, basées sur l’emploi de la méthode Doppler-Fizeau, à démontrer que l’étoile appelée la Chèvre s’approche et s’éloigne périodiquement de la terre et que la période de ces variations est de 104 jours. Cette particularité semblait indiquer que l’étoile Chèvre tournait autour d’un autre corps. M. Christie annonce qu’on a, en effet, réussi à dédoubler l’étoile et qu’on a ainsi constaté directement que l’un des corps composant tourne autour de l’autre dans le temps voulu.
- Varia. — M. Hédon adresse une Note sur l’agglutination des globules du sang sous l’effet de certains agents chimiques. Ch. de Villedkuil.
- INTELLIGENCE DES ANIMAUX
- M. P. Hachet-Souplet qui s’intéresse particulièrement à la psychologie des gros animaux vient de faire paraître sur ce sujet un travail au cours duquel nous relevons deux traits remarquables d’intelligence chez deux mammifères ; si même ils
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- n'étaient relatés par un observateur digne de loi, nous nous permettrions de douter certainement de leur authenticité.
- Le premier trait est relatif à un coati, dont l’espèce, on le sait, est très friande d'oeufs. M. llachet-Sou-plet plaça un œuf sur une haute cheminée de façon ipi’il put être vu, et, après avoir éloigné légèrement les sièges, quitta la pièce et vint s'embusquer dans une pièce voisine pour voir ce qui allait se passer. Le coati commença à sauter deux ou trois fois; mais, voyant que son élan ne le portait qu'à mi-hauteur, il sembla réfléchir un instant. 11 se dirigea ensuite vers une chaise en chêne ciré qu'il essaya d’attirer du coté de la cheminée, mais ses pattes glissaient sur le bois et il renonça à son entreprise ; il semblait découragé. Cependant il aperçut dans un coin un paquet de vieux chiffons et parut frappé d’une véritable idée. Ayant pris une des bandelettes, il en entoura le pied de la chaise et se mit à l’attirer à reculons. Quand le, siège fut contre la cheminée, en deux bonds, le coati monta sur celle-ci et s’empara de l’œuf.
- Le deuxième trait est relatif à un sapajou, animal d’intelligence cependant assez peu développée, et montre que, pour échapper à la douleur, la bête est susceptible de concevoir le rapport qu’il y a entre plusieurs objets et de les faire servir à son utilité. Ce sapajou était sujet à des maux de dents chaque fois qu’il mangeait des noix; de petits morceaux se logeaient entre ses dents et lui causaient de vives douleurs qu’il manifestait par de grands mouvements; il essayait de retirer avec ses doigts les morceaux de noix, mais n’y parvenait que très imparfaitement. L’idée vint alors à M. Hachet-Souplet de lui donner les moyens de se tirer d’affaire, tout en le mettant sur la voie des actes qu’il devait accomplir. Pour remplir ce programme, après l’avoir bourré de noix que sa gourmandise lui faisait absorber malgré les suites à craindre, l’observateur déposa dans la cage une petite tige de fer courte et assez grosse et une pierre à aiguiser, et, devant ses yeux, frotta un autre fer sur la pierre atîn de le rendre pointu. Le singe commença par s’emparer de la tige de fer qu’on lui avait abandonnée et essaya de l’utiliser comme un cure-dents ; mais bientôt il comprit que cette tige était trop grosse pour pouvoir déloger les morceaux de noix, et il conçut l’idée de l’aiguiser sur la pierre. Au bout d’une heure, il avait fait un cure-dents dont il se servit à sa grande satisfaction. Henri Coepin.
- UNE PENDULE CURIEUSE A L’EXPOSITION
- Une des classes de l’Exposition qui a fait le plus d’efforts pour figurer dignement et qui a réussi sans conteste e6t celle qui a trait aux bronzes d’ameublement et de l’horlogerie; on sait d’ailleurs que ces deux branches de l’industrie ont beaucoup de rapports et que les marchands de bronzes sont souvent aussi des marchands d’horloges. Nous avons remarqué sur l’Esplanade des Invalides une pendule fort curieuse et (pii, sans être une application d’un principe nouveau, n’en est pas moins intéressante et digne de retenir notre attention : elle a été exécutée par M. Passerai.
- Sur un socle quadrangulaire en bois recouvert de bronzes décoratifs se trouve placée une assiette en étain de dimensions ordinaires. Extérieurement, rien ne semble indiquer qu’il existe une relation quelconque entre le pied et l’assiette, celle-ci étant simplement posée sur son support. Le seul rapport entre ces deux objets est un point de repère presque invisible qui permet de placer l’assiette toujours à la même place sur son piédestal.
- L’assiette est munie sur son bord de divisions semblables à celles d’une pendule de façon à marquer les heures. Si nous versons de l'eau dans ce récipient et y plaçons un petit canard pouvant nager, nous verrons immédiatement celui-ci prendre une direction fixe et indiquer l’heure avec l’extrémité de son bec. En laissant l’appareil tranquille, nous apercevrons que le volatile se déplace doucement comme le ferait la petite aiguille d’une pendule, de façon à donner l’heure à chaque instant.
- Le mécanisme est facile à comprendre. A l’intérieur de la boîte, se trouve un mouvement d’horlogerie qui actionne un pivot vertical sur lequel est fixée une branche horizontale équilibrée; à une extrémité de cette dernière, on a placé un aimant puissant. Le système est réglé* de façon que la branche horizontale fasse un tour complet en douze heures. D’autre part, le bec du canard est un morceau de fer doux; l’attraction se fait à travers la caisse et l’assiette en étain. Comme l’étain n’est pas sensible à l’aimantation, il se comporte comme un corps neutre, de sorte que le nageur seul subit l’influence magnétique. Il accompagne l’aimant dans sa course et marque par conséquent les heures sur les divisions de l’assiette. Cet appareil est ingénieux, récréatif et suffisamment décoratif. Jures Adac.
- Le Gérant : P. Masson.
- Hue pendule curieuse.
- Paris. — Imprimerie Laiiche, rue de Fleuras, 9.
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- !S° 14 MK — 4 A01'T 1000. LA NATURE. 145
- IAYOISIER
- Un chimiste Américain en parcourant Paris, il y a quelques années, chercha vainement la statue de Lavoisier. Il en lit la remarque et plusieurs sociétés savantes avec lui. En effet, Paris ne possédait pas le plus petit monument en l’honneur de celui que l’on a appelé le « fondateur de la chimie ! » et on sait pourtant si les statues abondent dans la grande ville. L’Académie des sciences, sur l’initiative de M. Bcr-thelot, décida d’ouvrir une souscription internationale pour élever enfin une statue à l’une des plus grandes gloires de la France.
- Le comité Lavoisier réunit cent mille francs en quelques années et les souscripteurs ne furent pas que français ; à l’étranger on n’avait pas oublié la grande œuvre de Lavoisier et ses immenses conséquences ; on s’est montré reconnaissant. Allemands, Américains , Anglais,
- Italiens, Belges,
- Busses, Autrichiens ont répondu à l’appel.
- Le Tsar avait bien voulu prendre sous son haut patronage la souscription du Comité. Les Écoles de Russie ont participé largement à la souscription. Le monument est fait de l’or de tout le monde civilisé. On l’a inauguré en grande pompe le 27 juillet sous la présidence de M. Leygues et en présence des membres du 4e Congrès international de Chimie.
- La statue s’élève sur le terre-plein de l’église de la Madeleine en face la rue Tronchet, près de la maison qu’habita longtemps Lavoisier. L’emplacement a été bien choisi. La statue est en bronze sur un socle de granit. Des mains pieuses l’avaient ornée de couronnes de fleurs. Elle est de Barrias; le socle est de Gerhardt ; elle a été coulée par Gruet. Lavoi-28e aDDût’. — 2“ semestre.
- sier est représenté debout, le bras droit tendu vers l’espace, la main gauche reposant sur des cornues et des instruments. Le socle porte des bas-reliefs : sur l’un d’eux Lavoisier expose ses découvertes à ses collègues de l’Académie ; au premier plan se détache Monge assis et Lagrange, Condorcet, Berthollet, Yicq d’Azyr, Laplace, Lamarck et Guy ton de Mor-veau. Sur l’autre, Lavoisier est dans son laboratoire et dicte des notes à sa femme, pendant qu’au deuxième plan un de ses élèves apporte sur la table
- une cloche à mercure. On peut dire que le monument est dans son ensemble d’une heureuse inspiration.
- M. Berthelot quia étél'àme du Comité e t q u i devait présider la cérémonie, indisposé depuis quelques jours, n’a pu y assister. C’est son collègue, M. Dar-boux, qui a lu son discours, qu’il faudrait citer en son entier. Rappelons seulement ces lignes : « Les travaux de Lavoisier se rapportent à une découverte fondamentale dont ils dérivent tous, celle de la constitution chimique de la matière et de la distinction entre les corps pondérables et les agents impondérables : chaleur, lumière, électricité dont les corps pondérables subissent l'influence. La découverte de cette distinction a renversé les anciennes conceptions qui dataient de l’antiquité et qui s’étaient perpétuées jusqu’à la tin du siècle dernier. » 11 fallut seulement dix ans à Lavoisier d’une énergie indomptable pour faire sortir nos connaissances sur la matière de l’obscurité où elles étaient plongées. Est-il besoin de rappeler ses découvertes sur la composition de l’air, de l'eau, des matières organiques, sur le rôle de la chaleur eu chimie, sur la chaleur animale, sur la nature de la respiration en physiologie? Conceptions et découvertes, qui ont rendu son nom immortel. Pendant tout le dix-neuvième siècle, on peut
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- «IBIBUQTH
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- LA MAT U U K.
- avancer que tous les travaux des chimistes, des physiciens, des physiologistes ont été inspirés par les idées de Lavoisier.
- M. Henri Moissan, secrétaire du Comité, a remis le monument à la Ville de Paris, après avoir remercié, dans un excellent discours, les membres souscripteurs qui sont venus de tous les pays apporter leur tribut d’admiration à Lavoisier. M. de Selves a reçu le monument : « La piété du monde savant l'a élevé, a-t-il dit, la piété de Paris saura le conserver ». M. G. Leygues à son tour, au nom du Gouvernement, a salué le grand créateur, « dont le nom vivra tant qu’il y aura une science et des hommes pour l’honorer ». Lavoisier était né à Paris en 1745. Dès 1768, — il avait vingt-cinq ans, — il fut associé, en qualité d’adjoint-chimiste, aux travaux de l’Académie. En 1769, il était académicien et ses travaux renouvelèrent la science européenne. 11 fut aussi philosophe et philanthrope. Ses « réflexions sur l’instruction publique », présentées à la Convention, sont un chef-d’œuvre de clarté et de logique. Commissaire de la Trésorerie nationale, directeur des Poudres et Salpêtres, membre le plus actif de la grande Commission des poids et mesures, qui allait doter le monde du système métrique, il fut en quelque sorte le savant officiel de la Patrie. Mais il était fermier général au moment de la tourmente révolutionnaire, et fut impliqué dans le procès des fermiers généraux. On eut l’infamie de condamner à mort cet homme, l’honneur de son temps. Lavoisier fut décapité en 1794 comme ennemi du peuple.
- Ironie de la fortune, qui fut jamais plus grand ami du peuple que Lavoisier? Fermier général, il ne cessa de proclamer avec Turgot la nécessité des réformes. De sa propre initiative, il supprima les droits injustes, réclama la création des caisses de secours et fut l’adversaire des privilèges. « S’il est permis, dit-il, dans une société de faire des exceptions, en faveur de quelque ordre de citoyens, ce ne peut être qu’en faveur des pauvres. »
- Les accusateurs et les juges de Lavoisier trahirent l’humanité et la patrie. Sa condamnation fut un crime.
- M. le Ministre de l’Instruction publique- l’a rappelé, Lavoisier fut vaillant devant la mort. « J’ai obtenu, écrivait-il à Angez de Yillers, une carrière passablement longue, surtout fort heureuse, et je crois que ma mémoire sera accompagnée de quelques regrets, peut-être même de quelque gloire. Ou’aurais-jc pu désirer de plus? Les événements dans lesquels je me trouve enveloppé vont probablement m’éviter les inconvénients de la vieillesse. Je mourrai tout entier; c’est encore un avantage que je dois compter au nombre de ceux dont j’ai joui. »
- Non, Lavoisier n’est pas mort tout entier. Il vit et vivra éternellement dans le monde entier. Et lui, 1’ « ennemi du peuple », il a enrichi et ne cesse d’enrichir par ses admirables découvertes l’industrie des peuples modernes et il n’a cessé de con-
- courir à l’affranchissement intellectuel, moral et matériel des populations.
- Comme Galilée, comme Newton, comme Leibniz, il a été un des plus grands bienfaiteurs de l’humanité. Aussi dans un sentiment de vénération et de patriotisme, aurons-nous raison de nous découvrir devant la statue de Lavoisier. Hemü m Pauvillk.
- ---v-<y!"0-
- ÉTOILES FILWTKS
- 1. - DÉCOCVERTE DES GJRAEÈIDES.
- On avait remarqué depuis longtemps l’existence de radiants dans la flirafe. L’Annuaire du Bureau des Longitudes eu signale un seul par :
- Ascension droite: 105; déclinaison -)- (38.
- Je suis parvenu à démontrer que la constellation de la Girafe est le rentre d’un essaim périodique important.
- Les étoiles filantes de cet essaim sont très rapides et ne durent pas une seconde; leurs trajectoires sont très courtes et elles sont très brillantes.
- Ce fait explique la difficulté des observations. Il faut une grande connaissance des constellations pour arriver à déterminer le radiant.
- Vers le mois de juillet de chaque année si l’on se tourne vers le nord on voit quelques météores provenant de la Girafe, puis le nombre augmente et à l’époque des Perséides le maximum horaire est de 7 à 8. Le maximum d’intensité se produit entre le 5 et le 7 septembre et le nombre moyen des météores est de 25 par heure. La pluie reste belle pendant les mois de septembre et d’octobre, puis elle reprend un nouvel éclat en novembre pour s’éteindre vers le 17 décembre.
- On peut, d’après mes observations, classer les pluies périodiques par ordre d’importance ainsi qu’il suit :
- Persée, Girafe, Lion, Orion, Cygne, Gémeaux, Lyre.
- Mais, chose bien curieuse, le radiant se déplace dans la Girafe d’un degré par jour en ascension droite et de 45' en déclinaison; il s’élève d’abord vers le pôle pour redescendre vers l’équateur.
- Voici les principales positions :
- .\°* Époque île Position du .Nombre luira
- d'ordre. l'observation. radiant. de météore
- 1 10 août. . . , 51 -f- 57 12
- 2 6 septembre. . 80 + 77 1/2 25
- 5 14 novembre. . 69 + 74 11
- 4 10 septembre. , . 55 + 57 7
- J’ai découvert il y a deux ans un radiant dans Persée. Ce point est situé par 62 d’ascension droite, et -j- 49 de déclinaison.
- Je crois qu’on peut le rattacher aux Giraféides et je vais essayer de le prouver par mes observations futures.
- Votre découverte porte à 7 le nombre des pluies périodiques connues.
- Les voici par ordre de date.
- Avril . . . Lvre.
- Juillet • • Gj’gne.
- Août . . . Persée.
- Septembre . . . . . . Girafe.
- Octobre. .... . . . Orion.
- Novembre. . . . . . . Lion.
- Décembre. . . . . . . Gémeaux.
- Cette découverte confirme en outre le principe proclamé par l’astronome anglais Denning.
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- L A NA T UNE.
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- Les points radiants d’étoiles filantes sont doués d’un mouvement semblable à celui des comètes.
- H. --- RECHERCHES SLR LES ORIONIDES *
- A différentes reprises j'ai communiqué à la Société astronomique de France des observations d’étoiles filantes portant indication de radiants dans la constellation d’Orion.
- Voici ces radiants; j’ai joint deux radiants qui n’ont pas été déterminés par moi.
- Le n° 5 a été déterminé par mon excellent collègue M. Quenisset.
- Le n° 6 par M. Kginitis, le sympathique directeur de l’Observatoire d’Athènes :
- N"* d'ordre. Date de l’observai ion. Position du radiant. Observateur.
- 1 5 octobre 1897 . . . 80 + 6 Libert.
- 2 5 octobre 1897. . . 85 — 4 Libert.
- 5 29 octobre 1897 . . . 70 — 9 Libert.
- 4 15 novembre 1897 . . 89+15 Libert.
- 5 15 novembre 1897 . . 85 + 7 Quenisset.
- 0 12 décembre 1897 . . 82 + 5 Kginitis.
- 7 9-19 novembre 1898 . 81 +5 Libert.
- 8 9 décembre 1899 . . 91 + 11 1/2 Libert.
- Four reconnaître les essaims nous emploierons la méthode la plus rationnelle à mon avis. Nous tiendrons compte des caractères physico-chimiques des essaims.
- Les radiants 1, 2, 5, 4, 5 et 7 forment un premier essaim. La vitesse des météores est assez rapide ; les trajectoires sont généralement longues et les météores généralement brillants. J’en ai observé quelques-uns blancs, mais la majorité est de couleur jaune.
- La pluie commence vers le J "octobre et se poursuit jusqu’à la fin de novembre. 11 semble bien que plusieurs radiants existent en même temps. Ainsi le 5 octobre 1897 j’ai déterminé deux radiants et le radiant que j’ai enregistré le 15 novembre diffère sensiblement de celui de M. Quenisset.
- Dans le second essaim les trajectoires sont assez longues, mais, différence essentielle, les météores sont rouge sang et la vitesse est très rapide. Ces météores présentent au point de vue de la couleur et de la vitesse une très grande analogie avec les Giraféides; mais les Orionides sont en général très brillantes, facilement observables même pendant le clair de Lune et plusieurs atteignent ou dépassent la lre grandeur.
- Tels sont les caractères physico-chimiques des deux essaims brièvement résumés. La conclusion qui s’impose c’est que les deux pluies sont irréductibles à un même essaim.
- Les constellations voisines d’Orion sont aussi très riches en points radiants.
- ux que j’ai déterminés avec certitude sont :
- Baleine. . . , 9 août .... 52 — 4
- Taureau. . . . 9 août .... 07+ 10
- Petit Chien . . 5 octobre. . . 108 + 8
- Petit Chien 15 novembre. . 115 + 7
- Taureau. . 15 novembre. . 78 + 27
- Le travail qu’on vient de lire montre l’intérêt des recherches sur les étoiles filantes. L. Lucien Libert,
- Lauréat de la Société astronomique de France.
- LES CURIOSITÉS DE L’HORLOGERIE
- EXPOSITION DE 1900
- Pendules à mouvement perpétuel. — Eli pendules et en horloges, peu de choses sont absolument nouvelles à notre époque, tout au moins en tant qu'ingéniosités bizarres.
- Les deux pendules dont nous donnons la reproduction figures 1 et 2 et qui sont à l’Exposition Contemporaine Française semblent marcher n’ayant uniquement pour moteur (pie des billes. Cette idée de moteiir, soit par la chute de billes, soit par leur poids constant, remonte bien loin; car dans une certaine mesure on en trouve trace dans les anciennes clepsydres arabes et si celle qu’Aroun-al-Raschid offrit à Charlemagne avait l’eau pour moteur principal, les heures y étaient sonnées par des billes tombant sur un timbre. Mais sans remonter aussi loin, nous trouvons l’application de l’idée dans les dessins et descriptions (pie M. le baron Grollier de Servière nous a laissés des horloges qu’il construisit au dix-septième siècle.
- Dans son exposé il dit : « Ces machines sont très curieuses et quoique la plupart aient pour leur principe la vertu élastique des ressorts, elles produisent de si surprenants effets qu’on les regarde comme de petits prodiges de l’art, qui animant pour ainsi dire des corps inanimés, semblent en perpétuer les mouvements à l’infini ».
- Le côté amusant dans ses descriptions est sa tendance à vouloir faire passer ces pièces comme des horloges à mouvements perpétuels. S’il fallait s’en tenir à ses explications, certainement ses machines auraient eu vite oublié de continuer leur fameux mouvement perpétuel.
- Les inventions de M. le baron Grollier de Servière ainsi que celles de notre contemporain sont évidemment extrêmement ingénieuses. Mais une bonne part de l’ingéniosité dépensée est employée à dissimuler le mécanisme indispensable à réparer la déperdition d’énergie indubitable dans toute machine en marche.
- Il fallait de toute nécessité employer un subterfuge, car autrement l’invention perdait une grande partie de son intérêt.
- Dans la pendule représentée figure l, la force motrice est due à la pesanteur des billes engagées sur une demi-circonférence de la roue à augets qui actionne le rouage. Ce rouage tout ordinaire n’a de particulier que ce moteur dont la force est constante. Les billes tombent dans la roue par un orilice A, pratiqué dans la partie inférieure de la corniche. La roue en tournant vient présenter successivement devant l’orifice des augets vides. Les billes y tombent et entraînent la roue par leur poids. Une fois au-dessous du diamètre horizontal, les billes ont tendance à s’échapper des augets ; elles y sont maintenues par un guide formé d’une lame de cuivre courbée, suivant le pourtour de la roue jusque vers
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- l'extrémité du diamètre, à cet endroit les billes s’échappent et tombent dans un oriliee 1» pratiqué dans le socle où elles disparaissent dans un tiroir. C’est là (pie chaque semaine on les prend tout simplement avec la main pour les remettre en haut dans le caisson placé sous le lion et faisant aerotère. Ce caisson est disposé de telle sorte que les billes s’y rangent d’elles-mèmes en file dans un guidage en [dan incliné qui les mène à l’ouverture par laquelle elles doivent tomber comme nous venons de l’indiquer. Le nombre total des billes est de dix-huit, dont six sont toujours en {irise; on ne les remonte que tous les huit jours. La pendule a 0m,52 de haut sur ()m,29 de large.
- La figure 2 représente une pendule à fonctions
- Fig. 1. — Pendule à billes, force constante.
- leur destination. Alors elles tombent dans une glissière D qui serpente jusqu’à la chaîne à godets et celle-ci les reçoit en E. Cette chaîne à godets est actionnée par un rouage d’horlogerie à ressort-moteur marchant une semaine. Ce mouvement, soigneusement dissimulé dans le socle de la pendule, constitue le secret de ce mouvement perpétuel.
- Comme une corrélation est nécessaire entre la chute des billes en haut et la chute en bas, la chaîne n’avance que d’une façon intermittente, réglée par le mouvement de la pendule et cela à l’aide d'un système de leviers commandé par la roue dentée que l’on voit derrière les aiguilles au centre du cadran.
- Une fois montées, les billes viennent tomber dans la glissière qui les conduit à la roue comme nous l’avons indiqué au commencement de cette descriji-tion. Il y a toujours vingt billes engagées dans la roue.
- [dus multiples que la précédente, utilisant le même principe de force motrice : des billes plus nombreuses et plus petites chargent la demi-circonférence de là roue à auget qui entraîne le mouvement. L’aspect de cette partie de la pendule rappelle les roues hydrauliques de certains moulins ou usines utilisant des chutes d’eau de grande hauteur. Les billes arrivent par la glissade À qui se trouve au sommet de la roue, elles tombent dans la case vide qui se présente an-dessous par une ouverture 11 pratiquée au bout de la glissière.
- La roue dans sa course circulaire laisserait tomber les billes si on n’avait obvié à cet inconvénient comme on le fit dans la précédente, en plaçant en C une lame de métal qui les maintient en place jusqu’à
- Fig. i. — l'endule à billes de circulation, force constante.
- La totalité des billes est de quarante. Elles tombent soit de la glissière d’en haut dans la roue, soit en bas dans l’autre glissière toutes les minutes, mais pas en même temps. C’est-à-dire que, si par exemple la bille d’en haut tombe de la glissière au moment où l’aiguille marque une minute sur le cadran, la suivante tombera la minute d’après. La bille en bas ne quittera la case de la roue qu’au moment où l’aiguille marquera la demi-minute et ainsi de suite. Cela a pour but d’augmenter l’aspect d’activité très curieux qu'offre celte pièce, car toutes les trente secondes il y a une action. Il semble donc que la pendule soit constamment en mouvement.
- Le remontage du mouvement se fait tous les huit jours. La caisse a 0m,55 de haut et 0m,4b de large. Mathieu Llaxchon.
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- LA NAITRE.
- LE FOURRVÜE DES LXNDES DE BRETAGNE
- 'été, le touriste parcourt les | contrées pauvres et. déshéritées. 11 appartient à la
- Lorsque, pendant différentes répons de la R retapie, il peut s'apercevoir combien la majorité des terrains <pii les composent sont dépourvus de stérilité. S’il cherche à se renseigner sur la nature de ces sols, garnis en temps ordinaire d’une végétation chétive et rabougrie, on lui répond invariablement : « C’est la lande » Signification vague, par laquelle on désigne dans le pays les parties improductives et, les plus réfractaires aux améliorations culturales.
- Les landes, sont en général des terres acides reposant sur un sous-sol imperméable, et couvertes de plantes caractéristiques comme les bruyères, les genêts, les fougères et les ajoncs. On ne peut alors s’empêcher de penser à la situation souvent précaire du cultivateur armoricain, et l’on est même à se demander en vertu de quels artifices il pourra subvenir à la nourriture des animaux qui peuplent son exploitation. Heureusement «pie l’ajonc, ou plante de la lande connue encore sous les noms de vignon, jaunet ou landier, vient à propos pour le tirer d’embarras.
- L’ajonc, surnommé à juste raison la Luzerne de la Bretagne par Léonce de Lavergne, n’est certes pas comparable à nos lionnes légumineuses fourragères récoltées dans les pays à culture intensive, pas
- famille des légumineuses, et, comme toutes les plantes de ce groupe, possède sur ses racines des nodosités à bactéries capables de tixer l’azote atmosphérique. Ou en trouve trois espèces, savoir :
- 1° L’ajonc nain, qui se rencontre communément sur les coteaux arides des sols granitiques. Sa hauteur moyenne est d’environ 60 à 7 0 centimètres; 2° l’ajonc de Provence, dont les Heurs apparaissent en été. Contrairement aux autres, il se développe dans les terres calcaires ; 5° l’ajonc marin ( Ulex Europæus) qui a reçu des applications agricoles nombreuses. C’est le seul sur lequel nous nous arrêterons, en décrivant sommairement ses caractères, sa culture, ses usages.
- L’ajonc marin est un arbrisseau de I m, 50 à 2 mètres de hauteur, assez répandu en France. On le trouve à l’état spontané
- en Bretagne, dans le Plateau Central, le Limousin, ainsi que dans les sables tertiaires de la forêt de Fontainebleau et de ses ('mirons. Il est rustique, vivace, garni de nombreuses épines et de feuilles persistantes. Ses fleurs, remarquables par leur belle couleur jaune, s’épanouissent depuis le mois de janvier jusqu’à la seconde quinzaine d’avril. La figure 1, qui est une reproduction d’un rameau d’ajonc au moment
- mais il n’en reste pas moins précieux pour les | de sa floraison, donnera une idée de quelques-uns
- Fin
- — Ajonc marin à l'époque de sa floraison.
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- LA NATURE.
- des caractères de cet, arbuste. La présence des épines explique la nécessité de le soumettre à des préparations spéciales avant de pouvoir l’utiliser. A cause de son aspect rugueux et de son impénétrabilité, il est employé souvent pour combiner des clôtures défensives.
- L’analysé chimique décèle dans ses tissus la présence d’une assez grande proportion d’azote, environ 0,84 pour 100. Le cultivateur peut donc chercher à le multiplier et à l’exploiter pour ses propriétés alimentaires.
- Sa culture a beaucoup d’analogie avec celle des autres légumineuses fourragères, tout en exigeant beaucoup moins de soins. En Bretagne, la transformation d'une lande en ajonnière s’obtient sans de grandes difficultés. On procède tout d’abord au dé-frichago par écobuage, puis sur le terrain rapide-dement préparé on sème un seigle ou une avoine dans lesquels on répandra, en temps voulu, des graines d’ajonc, exactement comme s’il s’agissait de créer une luzerne, un trèfle ou un sainfoin, dans le nord de la France. Les graines devront présenter toutes les garanties voulues sous le rapport de leur pureté et de leur faculté germinative. Bien souvent elles sont falsifiées avec des graines de genêt à balais. L’incorporation de cette dernière légumineuse est d’autant plus à redouter que le genêt est un véritable parasite vis-à-vis de l’ajonc. Malgré leur grande similitude, un examen attentif permettra toujours de reconnaître la fraude, si elle existe. Coupée normalement à son axe, la graine d’ajonc présente une section triangulaire avec les angles légèrement arrondis tandis que celle du genêt a une forme à peu près régulièrement elliptique.
- Les semences d'ajonc répandues à raison de la à "20 kg par hectare sont aussitôt recouvertes par un hersage léger; elles lèvent une vingtaine de jours après, et les jeunes plantes accomplissent les premières phases de leur végétation à l’abri delà graminée protectrice. Quelques mois plus tard, la céréale est récoltée et l’ajonnière définitivement constituée. Les soins d’entretien se réduisent à des sarclages ; il faut limiter le plus possible l’extension des plantes parasites qui pourraient devenir préjudiciables à l’abondance et à la qualité des produits.
- Les tiges de l'ajonc sont récoltées tous les ans ou tous les deux ans au maximum ; on recueille seulement les jeunes [tousses qui renferment moins de ligneux et ont une valeur nutritive [tins grande. Fendant la période de production, c’est-à-dire depuis la fin de novembre jusque dans les premiers jours de février, la coupe s’exécute au fur et à mesure des besoins avec des faux très résistantes ou de grandes faucilles nommées volants. L’ajonc est surtout un fourrage d’hiver ; le prélèvement de ses rameaux herbacés ne pourra excéder l’apparition des fleurs. A partir de cette époque il change de nature et renferme un principe amer qui le fait refuser par les animaux. Au dire de certains auteurs, l’ajonnière créée dans un terrain approprié aurait une durée de quinze et vingt ans.
- Ce n’est pas l’avis de la totalité des cultivateurs ; beaucoup prétendent qu’au bout de six ans l’ajonc dégénère et demande a être renouvelé. Avant la rupture de l’ajonnière, on a soin de prélever les graines nécessaires pour les réensemencements futurs. Quant au défrichement, il a beaucoup d’analogie avec celui des prairies artificielles proprement dites.
- L’ajonc pour être transformé en fourrage alimentaire, devra subir une double préparation comprenant : 1° un tranchage; 2° un broyage. L’opération peut se réaliser soit à la main ou soit encore à raide* de machines spéciales, les broyeurs d’ajonc. Divers procédés du premier genre sont encore adoptés dans beaucoup de petites exploitations de la Bretagne. Le plus courant consiste à diviser les tiges en tronçons de 5 à f> centimètres au moyen d’une espèce* de hache, dans une auge en bois résistante. Un pilonne ensuite toutes les parties hachées avec un marteau de bois dont la surface percutante est garnie de forts clous à tète plate. La division est jugée suffisante lorsque la masse herbacée ne présente plus aucune trace d’épines.
- Grâce aux progrès de la machinerie agricole moderne, ces procédés primitifs ont été remplacés par des moyens mécaniques plus commodes et plus puissants. Il existe aujourd’hui des broyeurs d’ajonc avec lesquels on obtient instantanément la préparation du fourrage. La figure 2 en représente un modèle livré au commerce par un constructeur breton.
- L’appareil coupeur est formé de six lames hélicoïdales montées autour d’un arbre horizo?ital. Les tiges d’ajonc à traiter sont étalées dans la trémie T. soutenue à son extrémité par un pied mobile. Elles sont poussées dans la direction de la flèche F, jusque sur les deux cylindres d’alimentation a et b, qui.peuvent être réglés par la vis m. Ceux-ci tournent en sens inverse suivant //', et sont chargés de présente?* régulièrement le fourrage à l’appareil coupeur mis en mouvement par le volant V, et la manivelle M.
- . Un couvercle demi-cylindrique A, attaché au bâti, entoure le porte-lames, et oblige les tiges déjà divisées à tomber dans la trémie B, où elles doivent subir en dernier lieu l’action des deux cylindres broyeurs C et 1). Ces cylindres se déplacent suivant les flèches f'f' ; ils possèdent des vitesses tangentielles différentes afin de faciliter l’étirage de la matière traitée. Le fourrage ainsi préparé est recueilli dans une caisse située immédiatement au-dessous des cylindres broyeurs.
- Les ajoncs ne seront jamais préparés trop longtemps à l’avance, sans quoi la matière végétale s’oxyderait au contact de l’air et prendrait une teinte noire peu appétissante.
- Un des reproches sérieux à faire à la plante, est la profusion des épines qui garnissent les tiges. S’il était possible de les réduire, la légumineuse doublerait de valeur et deviendrait d’un emploi plus courant.
- M. Vilmorin a essayé de doter la culture d’une variété sans épines. Ses essais ne purent aboutir à
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- LA NATURE.
- des conclusions assez heureuses pour recevoir une sanction pratique.
- La question cependant mériterait d’être étudiée à nouveau; ce serait rendre un réel service aux contrées granitiques pauvres de la Bretagne pour lesquelles l’ajonc restera tou jours un fourrage si intéres-sa,,L Albert Yjlcoq.
- Professeur (l’iifrricullure.
- ——
- CASCADES ET FONTAINES
- SES
- Le palais de 1 Électricité est rempli des machines les plus perfectionnées, et, dans un précédent article, le lecteur a vu qu’avec les moyens employés pour la production de l’électricité à l’Exposition, on dispose d’une puissance considérable. Nous allons voir aujourd’hui comment on en a tiré parti au point de vue spécial des illuminations du Château d’Eau, qui doit être « le clou » des fêtes du soir et doit remplacer, surpasser même les fontaines lumineuses qui eurent tant de succès en 1889. A cette époque on avait seulement un bassin avec des jets relativement peu considérables; on a voulu cette fois avoir les grandes eaux avec cascades et gerbes importantes ; le spectacle est peut-être plus grandiose, mais est-ce parce qu’il n’est plus nouveau, est-ce parce qu’il présente moins d’harmonie, toujours est-il que, de l’avis général, il a moins de charme qu’il y a dix ans.
- L installation des appareils d’éclairage se divise en deux parties bien distinctes : l’une pour les bâtiments, l’autre pour les effets d’eau.
- La première, qui est faite par M. H. Beau, utilise principalement les courants de haute tension pour alimenter les nombreuses lampes à incandescence qui dessinent la construction ajourée formant la crête du palais; quelques lampes à arc sont en outre destinées à rendre étincelante la grande étoile qui forme le motif central au-dessus du porche d’où s’échappent les cascades; enfin des projecteurs doivent produire des effets de coloration sur l’ensemble.
- La crête seule est d’un bel effet ; il est regrettable qu’on n’ait pas accusé par des cordons lumineux l'architecture qui la supporte sur les côtés : elle semble être en équilibre comme un fléau de balance et les deux espaces noirs en dessous de ses extrémités nuisent beaucoup à l'ensemble; quant aux effets de coloration donnés par les projecteurs, ils sont à peine visibles. On nous assure que de puissants foyers à arc sont dissimulés à l’intérieur de l’étoile pour la rendre étincelante; on les a probablement trop bien dissimulés, car jusqu’à présent on la verrait à peine si le projecteur de la tour Eiffel ne lui envoyait pas son faisceau lumineux. On a parlé de faire éclater la foudre entre les mains de la statue en employant les courants de haute fréquence, jusqu’à présent le projet n’a pas été réalisé.
- En somme, en ce qui concerne cette première partie des illuminations, nous pensons qu’il est pré-
- ir»i
- férable de ne pas insister pour le moment et d’y revenir s’il y a lieu un peu plus tard.
- L’éclairage des cascades et des fontaines a été organisé par MM. \edovelli et Priestley, qui ont eu a vaincre des difficultés de toutes sortes en raison des conditions nouvelles dans lesquelles ils se trouvaient. L’importance donnée à la partie hydraulique ne leur permettait pas en effet d’employer les moyens utilisés jusqu’à présent et, il a fallu en créer de nouveaux de toutes pièces. En outre, par suite des retards apportés à la construction de l’édifice, par suite aussi de l’incendie survenu pendant la pose des fils, ils ont dù déployer une activité considérable pour être prêts à fonctionner dans les premiers jours de juin : ils avaient à placer 2400 circuits formant une longueur de 200 kilomètres de fil ; 12 000 lampes
- Fig. 1. — Détails d'un projecteur et de ses écrans automatiques. L, Lampe ; VV, Écran vert ; HH, Écran rouge; E, Iilectros.
- à incandescence et 100 lampes à arc à changement automatique de couleur.
- La partie hydraulique est de MM. Pérignon et Yinet; l’eau arrive par deux canalisations différentes : 1 une a basse pression provient de pompes Worthington installées sur les bords de la Seine, près de la gare du Champ-de-Mars, elle sert seulement aux jets de peu de hauteur; l’autre à haute pression arrive directement du réservoir de Villejuif qui est à 90 mètres d’altitude. C’est cette dernière qui alimente les grands jets ; elle déverse en outre 200 litres à la seconde dans la vasque supérieure des cascades, où on la voit arriver par bouillonnement.
- Pour augmenter encore cette quantité, on a installé dans le sous-sol du Château d’Eau une pompe mue par un moteur électrique, qui remonté dans cette même vasque 100 litres à la seconde, puisée dans les bassins inférieurs. Malgré cela, tout le monde a fait la même critique : cela manque d’eau ; la quantité fournie n’est pas en rapport avec le développement donné aux vasques d’où s'échappent les cascades qui, par suite, manquent d’épaisseur.
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- LA NAITRE.
- Fig. 2. — Les dessous des bassins des Fontaines lumineuses.
- Fig. 5. — Jeu d'orgue pour le changement automatique des couleurs.
- En cartouche, C, cylindre actionnant les leviers dont l'extrémité À vient tremper dans les godets à mercure B.
- M, L, Leviers de manœuvre pour un groupe de lampes.
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- Fig. i.
- — Vue d’ensemble du
- Château d’Eau et des Fontaines lumineuses
- à l'Exposition universelle de 1900.
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- On pourrait de Villejuif en amener davantage, mais le canal d’évacuation, construit, ainsi que les bassins, par l’administration de l'Exposition, n’a pas été prévu pour une quantité plus considérable, et, quand on s’est aperçu de cette faute, on ne pouvait plus remettre le Champ-de-Mars sens dessus dessous pour l’agrandir. Le seul remède consisterait à remonter l’eau de façon à toujours utiliser la meme sans évacuation. Comme nous l’avons dit tout à l’heure, on le fait déjà pour une partie, mais pour en remonter davantage il faudrait toute une installation nouvelle <pii nécessiterait une dépense trop considérable. (In est donc obligé de se contenter de ce qu’on a, bien qu’on reconnaisse que c’est insuffisant .
- L’eau descend du bouillonnement supérieur jusqu’à un bassin légèrement surélevé, puis s’écoule dans un second bassin au niveau du sol (fig. 4). Des jets et des gerbes symétriquement placés, et dont la hauteur varie de 4 à 12 mètres, s’échappent de ces bassins; leur fond est en ciment armé et constitue le plafond d’une immense salle en sous-sol (fig. 2) oh se trouve toute l’installation d’éclairage. En face des ajutages des jets d’eau, ce fond de ciment est remplacé par de grandes glaces transparentes : c’est sous celles-ci que sont les lampes à arc.
- Les changements de couleur sont obtenus par l’interposition d’un verre coloré entre le foyer lumineux et le jet d’eau ; c’est le système déjà employé à Londres en 1886, puis à Paris en 1889. L’application en est facile quand il s’agit de l’éclairage d’un jet ou d’une gerbe de section peu importante ; la lampe est disposée de façon à envoyer sous l’ajutage, soit directement, soit par l’intermédiaire d’un miroir, un faisceau de rayons parallèles qui est de peu d’épaisseur et peut être coupé en entier par un verre coloré de petite dimension. C’est ainsi qu’en 1889 on avait pu constituer toute la gamme des teintes en disposant, sous la nappe d’eau, des verres montés sur châssis et coulissant sur des tringles horizontales ; on les manœuvrait à la main au moyen de leviers qui actionnaient les séries symétriques. Aujourd’hui la largeur des gerhes est telle qu’on a dû employer des faisceaux divergents pour les éclairer en entier, et la dimension à donner aux châssis eût rendu la manœuvre impossible.
- La disposition adoptée consiste à employer (fig. 1 ) des lampes à arc L à réglage automatique et à charbons verticaux placés au foyer d’un réflecteur parabolique; la lumière est reçue sur un miroir courbe qui donne un faisceau divergent assez large pour embrasser tout l’espace à éclairer. Les jets paraboliques sont éclairés à leur point de départ et à leur point d’arrivée. Immédiatement devant la lampe, à l’endroit où le faisceau est de faible épaisseur, on a disposé trois écrans transparents colorés : bleu, blanc, jaune. Chacun d’eux est constitué non par un seul verre, que la chaleur ou les chocs auraient pu casser, mais par plusieurs petits morceaux montés sur plomb à la manière d’un vitrail; celui-ci s’ouvre en deux parties, montées chacune à l’extrémité d’un levier
- articulé, de façon qu’en agissant sur l’autre extrémité on puisse l’ouvrir ou le fermer, à peu près comme une paire de ciseaux. L’autre extrémité du levier est munie d’une armature placée en regard d’un électro-aimant E, de sorte que la manœuvre se fait automatiquement : si les deux parties de l’écran sont écartées, c’est la lumière blanche qui passe; si elles sont rapprochées de façon que leurs bords se touchent, le faisceau prend leur coloration en les traversant.
- Tous les fils qui commandent les électro-aimants de manœuvre viennent aboutir à un clavier muni de touches (fig. 5), et on a groupé celles-ci de façon <pie les trois écrans d’une même lampe aient leurs touches voisines, elles sont peintes de la couleur des écrans auxquels elles correspondent; au-dessus du groupe on a indiqué remplacement occupé dans le bassin par la lampe qn’il commande. Les jets étant symétriquement disposés, le clavier est divisé en deux parties, l’une correspondant à la partie gauche, l’autre à la partie droite; il y a en outre quelques groupes qui commandent les jets du centre.
- Dans la position normale, les touches étant au repos, le courant est coupé partout et c’est la lumière blanche qui éclaire les jets; toutes les lampes sont montées, bien entendu, sur un circuit spécial à courant continu et fonctionnent sans interruption. Quand on relève une touche, on fait plonger l’extrémité A de son levier dans un godet à mercure B qui établit le circuit de l’électro correspondant, l’écran se ferme et la couleur est changée. On voit que par ce dispositif un homme placé devant le clavier peut, pour ainsi dire, jouer une symphonie de couleurs. Pour simplifier encore on a rendu la manœuvre des touches automatiques : à cet, effet un cylindre horizontal G est placé immédiatement en dessous d’elles et des cames sont fixées en des points choisis sur les génératrices du cylindre ; c’est en somme la disposition des boîtes à musique. Quand le cylindre tourne, les cames soulèvent les touches et on obtient ainsi par un simple déplacement de quelques centimètres toutes les diverses colorations prévues pour les jets des bassins. On peut varier à l’infini, un seul cylindre porte une douzaine de combinaisons diverses et il peut être rapidement remplacé par un autre portant des combinaisons différentes.
- Pour l’éclairage des cascades on a procédé de toute autre façon : on a employé exclusivement des lampes à incandescence placées en cordon sous le bord des vasques sur quatre circuits différents ; l’un est garni de lampes blanches, les autres de lampes rouges, bleues, jaunes respectivement. La partie supérieure du porche et la vasque où se produit l’arrivée par bouillonnement sont éclairées de la même façon. Ici il n’y a donc pas à s’occuper de manœuvrer des écrans, mais simplement de faire passer le courant dans tel ou tel circuit ; pour cela on dispose d’un clavier pareil à celui déjà décrit et qui peut donner des groupements de lampes de couleurs variées, mais en général on l’utilise peu, et on donne une
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- couleur uniforme à toute la cascade. Afin de ne pas avoir de changement brusque de couleur, mais d’obtenir des teintes qui se fondent pour ainsi dire l'une dans l’autre, chacun des quatre circuits aboutit à un grand rhéostat (pii marche automatiquement au moyen d’un moteur électrique et fait passer constamment le courant, et par suite l'incandescence des lampes, de la plus grande intensité à la plus faible. Le, mécanisme est disposé de façon que h* changement de couleur se produise à cette dernière période, la fusion s'obtient ainsi sans brusquerie et produit un effet plus agréable à l’œil.
- L'administration de l’Exposition, d’accord avec les constructeurs, a autorisé la visite des sous-sols par le publie; c’est là une très heureuse idée. 11 est bon que chacun puisse se rendre compte dans les plus petits détails des efforts considérables qui ont été faits pour arriver à donner un éclat incomparable à la plus grande manifestation scientifique et industrielle des temps modernes. G. Mareschal.
- ORIGINE DES LAMBEAUX DE M0L\SSE
- DE LA GORGE DI RÉGALON
- flans un numéro précédent1, M. Martel a publié un article sur la gorge du Régalon. Dans cette note, l’auteur parle de la présence inattendue de blocs ou de lambeaux de molasse helvétienne que nous lui avions signalés et qui sont situés dans deux grottes au fond du canon.
- A la suite de cette publication, nous avons visité de nouveau les lieux. Cette visite a pleinement confirmé notre première manière de voir. Les grottes du Régalon présentent bien des restes de molasse marine helvétienne in situ. Dans la grotte ouest, la molasse forme le sol : on ne peut donc apprécier sa puissance. Mais dans celle «pii lui fait face, sur la rive droite, la molasse constitue une surface de 129 mètres carrés et présente une épaisseur de 3™,95 en couches bien litées formant escarpement en gradins. Quelques-unes de ces couches sont en grès tendres, tandis que d’autres sont composées de sables meubles qui s’éboulent au moindre contact.
- Les couches de base ont épousé un relief très accidenté constitué par des blocs éboulés. Les 10 assises de molasse que nous y avons observées contiennent des fragments (le coquilles d’huîtres roulés, des arêtes de poissons, quelques pecten et des coquilles de tous les âges, et en parfait état de conservation, d’une térébratule à déterminer.
- A 3m,10 de la base est une assise de 0ra,25 d’épaisseur qui est une vraie lumachelle, puisqu’elle n’est constituée que par les coquilles fragiles de cette même térébratule.
- 1 ne fouille de 0m,30 de profondeur nous a permis de retrouver dans la grotte d’en face une assise coquillère analogue à la précédente.
- La présence de cette formation marine, très probablement helvétienne, à l’altitude de 150 mètres et au fond de cet étroit et obscur canon creusé à 150 mètres environ de profondeur dans les calcaires urgoniens, est un fait nouveau qui éclaire la grave question de l’âge du creusement des vallées et des grottes. David Martin,
- Conservateur du musée à Gap (lltes-Alpes).
- 1 Yoy. n° 1409, du 26 mai 1900, p. 409.
- EXPOSITION I)E 1900
- LES PALAIS DE l’f.SRLANADE DES INVALIDES
- Notre manifestation industrielle de cette année est un grand succès pour les architectes qui ont trouvé l’occasion de montrer tout le talent et la fantaisie dont leurs crayons étaient capables. Sans parler des palais des Champs-Elysées qui sont des chefs-d'œuvre et qui sont destinés à être admirés par bien des générations après nous, il y a eu sur toute la surface de l’Exposition, beaucoup de monuments qui sont de merveilleuses pièces d’études pour nos architectes; ils ont trouvé en eux l’occasion de faire de grandes et belles choses, sans qu’il en coûtât bien cher, puisque le plâtre et le staff ont remplacé en eux la pierre et le marbre. Il est peu probable qu’une occasion aussi belle se présente de sitôt; aussi est-il utile de laisser des traces de tous ces monuments d'un jour qui vont bientôt disparaître sous le marteau des destructeurs.
- L’Esplanade des Invalides présente, comme on le sait, un plan d’ensemble qu’il fallait ménager, car elle est un élément de ce merveilleux tableau d’ensemble qui commence aux Champs-Elysées pour se continuer au Pont Alexandre et se terminer au dôme de Mansart.
- Le public qui assiste à un grand déploiement de palais comme ceux qui s’étalent cette année sur les bords de la Seine, se contente en général d’admirer sans se demander le pourquoi de leur disposition et de leur dessin.
- L’architecture mouvementée et brillante des édifices de l’Esplanade était imposée par le concours que ceux-ci devaient apporter au coup d’œil général ; il fallait de grands motifs, faisant de belles taches, des points élevés, des façades colorées. Cette partie du travail était relativement aisée, car à Paris nous avons grand nombre d’artistes dans tous les genres qui ne demandent que des occasions pour se faire valoir; il a suffi de s’adresser à eux pour être sûrs de réussir.
- Mais à coté de ce chapitre du programme, il y en avait un autre beaucoup plus important, c’était celui qui touchait à la disposition du plan général ; il fallait obéir à une série de conditions fort difficiles à concilier : l’aménagement extérieur des palais est tel que, devant les données du problème, il n’y avait probablement pas moyen d’agir autrement. En effet, les deux clauses qu’il fallait retenir et qui constituaient en quelque sorte le canevas sur lequel on devait dresser le plan, étaient d’une part de respecter tous les arbres existant et d’autre part de ne pas empiéter sur la couverture de la gare des Invalides qui, comme on le sait, embrasse toute la partie antérieure de l’Esplanade.
- Pour la première partie, il n’y avait pas moyen d’agir autrement qu’on ne l’a fait; puisqu’il fallait construire des palais pour recevoir les produits, entre les deux bandes d’arbres situées à droite et «à
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- gauche, il n’v avait qu’à dessiner une rue étroite en bordure de laquelle on élèverait les édiliees. Cette disposition présente son inconvénient, car elle provoque des façades extrêmement étendues et pour lesquelles le recul est impossible; il s’ensuit que l’elfet d’ensemble ne peut jamais être produit, car l'œil ne peut embrasser d'un seul coup le monument d’une extrémité à l’autre.
- Quant à la partie placée en avant, elle devait forcément présenter cette disposition évasée que l’on connaît sous peine d’exiger une construction importante et inutilement coûteuse pour la couverture de la gare du sous-sol.
- Lu effet, les poutres qui supportent la chaussée n’ont que 0m,80 de hauteur, ce qui est largement suffisant pour la surcharge due au mouvement des
- piétons et des voilures. Si l'on avait élevé des palais au milieu, il aurait fallu porter ces poutres à lm,8<) de hauteur. Et en ce cas il aurait été nécessaire de les remplacer dans la suite par des poutres moins élevées afin de ne pas gêner la perspective générale et de ne pas créer une surélévation gênante aux abords du pont pendant les années qui suivront l'Exposition. Cour les parties latérales, on a bien employé des poutres renforcées qu’il faudra changer dans la suite, mais ce travail étant limité à une surface restreinte, ne coûtera pas une somme exagérée.
- Les constructeurs, loin d’être gênés par l’obligation d’obéir aux nécessités locales, ont su, au contraire, s’en servir à leur profit, puisque la disposition d’ensemble une fois achevée, a formé un tableau des plus flatteurs; la portion évasée des palais situés
- près de la Seine présente une façade très silhouettée qui accompagne bien le décor général composé des palais des Champs-Elysées et des pylônes du Pont, elle prépare l’œil à la rue étroite qui sert, pour son compte, à conduire le regard vers le dème des Invalides qui forme le point saillant du décor.
- Le palais antérieur est divisé en deux parties symétriques et absolument pareilles ; il a porté, dans les commencements, le nom du Palais des Manufactures nationales, mais dans la suite on a changé sa destination, afin d’attribuer les galeries à l’ensemble des industries diverses.
- Les architectes de ce palais, MM. Tondoire et Pra-delle, avaient à élever un palais tout entier en façade, la profondeur, en effet, est fort réduite à cause de l’existense de la gare des Invalides qui occupe tout l’espace situé derrière; ils ont trouvé un dessin très heureux et qui leur fait le plus grand honneur. Ils ont eu une idée très intéressante et qui a le grand
- mérite d’être nouvelle; sur les deux façades, situées du coté des jardins, ils ont dressé de grands murs au-dessus des terrasses qui marquent le premier étage (fig. 2); contre ces surfaces, ils ont fait exécuter par des artistes de talent, d’immenses toiles décoratives rappelant les œuvres de beauté dans le travail du bois, du fer, de la céramique, du papier, etc. ; il y a six panneaux de 42 mètres carrés chacun qui sont de véritables tableaux et auxquels le plein air donne une intensité de couleur surprenante.
- La décoration générale de ce palais se rapporte d’un coté à la France et de l’autre aux pays étrangers qui exposent; à cet effet, sur la partie gauche, on a mis les écussons des grandes villes de France et le groupe qui domine le porche principal représente la France industrielle par Peynot; sur la façade de droite, au contraire, les écussons rappellent les diverses puissances et le groupe du porche représente la France accueillant les Nations, par Iloudain.
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- Les deux ailes qui servent de raccordement avec la rue centrale sont plus spécialement réservées aux Manufactures nationales ; aussi la décoration de ces
- pavillons interprète cette destination, d'un coté elle représente la Céramique et de l’autre la Tapisserie. Les deux palais construits sur la rue du milieu et
- Fig. 2. — Façade latérale du Palais des Manufactures nationales. (MM. Toudoire et Pradelle, architectes.)
- qui se lotit face, sont dus Lun à M. Esquié, l’autre au commencement de cette étude, il était impossible à MM. Larché et Aachon. Ainsi que nous le disions de ménager la vue d’ensemble de la façade, \ cause
- Fig. 3. — Façade du Palais des Industries diverses sur la rue de Grenelle. (M. Troppey-Bailly, architecte.)
- du manque de recul; aussi les architectes n’ont point cherché à donner à celle-ci une tenue générale que d’ailleurs, il aurait été impossible d’apprécier; ils se sont évertués à marquer sur leurs palais le plus de mouvement possible en établissant, des plans diffé-
- rents à l’aide de retraits, de balcons, de terrasses, de loggias, etc., enfin, ils ont créé toute une série de points hauts, de clochetons et de coupoles; de cette façon, la superposition des motifs les uns sur les autres donne une grande gaieté aux perspective
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- LA N A TU H K.
- prises aux extrémités, les seules qui soient visibles.
- Le palais du fond (fig. 5) est très intéressant par sa forme et sa disposition ; comme celui qui est situé près de la Seine, il se compose de deux parties indépendantes, mais symétriques, séparées par une cour circulaire sur laquelle s'élèvent deux façades concaves ; l'impression qu'on obtient est nouvelle et très heureuse : nous voyons pour chacune de ces deux façades trois portiques surmontés d’un chapiteau très décoré servant de supports à deux campaniles très élevés. La disposition du plan en arc de cercle permet aux visiteurs de fouiller derrière les portiques et de percevoir la décoration intérieure de la galerie couverte qui est construite derrière.
- Deux des campaniles servent de motifs à la décoration de la façade élevée sur la rue de Grenelle. Ici, nous avons deux parements fort décorés au milieu desquels on peut admirer deux magnifiques frises en terre cuite de MM. Frères et Damé. Files représentent Lune les œuvres de la céramique et l’autre celles du verre. A. in Cimia.
- ——
- CHRONIQUE
- Lu canicule aux environs «lu mont Blanc. —
- Dédié aux touristes. D’après les renseignements que nous transmet M. 0. Jullien, de l’observatoire de l’École normale île Bonneville, la température n’est pas ce que l’on pourrait penser dans les régions alpestres qui avoisinent le mont Blanc. Nous subissons en effet en France, après le refroidissement du début de juillet, une température très élevée; c’est aiusi qu’à l’observatoire du parc Montsouris on a enregistré le chiffre considérable de + 38°,0 ; à Meudon, l’on notait -f 38°, comme à la tour Saint-Jacques... « Et ainsi de suite, à l’avenant! » C’est d’ail-
- leurs une situation météorologique générale dans notre pays, ainsi qu’en Angleterre, « et l’on a eu à déplorer de nombreux cas d’insolation. » Il semblerait, a priori, que dans le voisinage des glaciers du géant des Alpes la température devrait être plus agréable, l’air plus frais, la chaleur moins fatigante!... Hélas! il n’en est rien, et si nous empruntons quelques nombres à l’observatoire de l’École normale de Bonneville, point central situé entre Cenève et Chamonix, à quelques kilomètres des glaciers éternels, nous sommes obligés de lire des maxima variant de -j- 30° à -+- 34° à l’ombre, des minima supérieurs à + 12° et des températures comprises entre -f- 20° et + 23° à 9 heures du soir. Déjà M. Jullien a signalé la sécheresse continue dans la vallée de l’Arve, fille du mont Blanc, ainsi que la diminution des glaciers. L’hiver passé ayant été très doux, la quantité de neige tombée insignifiante dans ces régions, la température actuellement très élevée, il en résulte une fonte accentuée des glaces alpestres'. Joignons à cela la rareté des pluies,
- quelques orages locaux promptement dissipés. et nous
- en conclurons que la fraîcheur est loin de régner autour du massif du mont Blanc. Par contre, la saison est excessivement favorable aux ascensions et aux promenades variées dans les contrées alpines françaises : routes excellentes, sentiers secs et très praticables, ciel clair et pur permettant la visibilité à de grandes distances;
- 1 L’Arve, d’ailleurs, roule en permanence des eaux bourbeuses et a subi plusieurs crues importantes.
- tout cela, joint à l’absence de pluie, de nuages et de brouillards, constitue le nec plus ultra des agréments pour les voyageurs. Depuis que ces renseignements nous sont parvenus, la situation atmosphérique s’est modifiée, mais il était bon de les enregistrer pour l’histoire de la période sèche que nous venons de traverser.
- Une mangeuse de collections géologiques. —
- Il ne s’agit point d’un rongeur, d’une souris, d’un rat, mais bel et bien d’un être humain, d’une négresse employée au nettoyage des galeries de collections d’un musée, dans le Sud des États-Unis. Le musée en question possédait cinq blocs d’argile, qu’on ne mettait pas sous clef, à cause de leur peu de valeur, mais auxquels on tenait pour leur pureté extraordinaire : or, il y a quelque temps, on s’aperçut qu’ils avaient disparu, et l’on reconnut que d’autres blocs voisins portaient des empreintes de dents. On mit des agents de police en surveillance, et l’on put prendre sur le fait une négresse chargée du nettoyage, qui agrémentait son menu ordinaire en dévorant des blocs d’argile. C’était une manie maladive, mais qui ne doit pas étonner outre mesure, car on rencontre un certain nombre de peuplades primitives qu’on peut appeler avec raison des mangeurs de ferre.
- La production de 1‘étain dans le monde. —
- L’étain est un des rares métaux qu’on ne trouve qu’en quantités relativement petites sur différents points du globe, tels que la Cornouaille, la Péninsule malaise et son archipel, l’Australie et la Bolivie. La production de l’étain du monde entier s’est élevée de 55 100 tonnes en 1890. à 87 580 tonnes en 1896, à 77 710 tonnes en 1897, et à 77 350 tonnes en 1898. La Péninsule malaise a fourni la part la plus considérable de cette production, car pendant les dernières années les établissements du détroit ont exporté 60,6 pour 100 de la production générale. La part des Indes Orientales Hollandaises est de 19 pour 100, l’Australie n’a fourni que 7,9 pour 100, le comté de Cornouaille 0,1 pour 100, et la Bolivie ! pour 100.
- Le danger de l’encre des machines à écrire.
- — Qu’on ne s’alarme point, et qu’on n’aille pas en conclure que la machine à écrire est un instrument dangereux à laisser à la portée des enfants ; mais H est certain que l’encre dont on imprègne les rouleaux ou les rubans encreurs, peut contenir des substances colorantes nocives, et à ce titre il fait bon reproduire la nouvelle qui nous arrive de Cincinnati. Une dactylographe de cette ville s’était, comme cela arrive souvent, maculé les doigts avec le ruban de sa machine, et, instinctivement, elle se toucha une petite crevasse qu’elle avait à la lèvre. Évidemment un peu de la substance colorante pénétra dans la petite plaie, car bientôt la dactylographe sentit une légère douleur dans la figure, et rapidement une enflure, encore minime, se manifesta. La douleur augmenta ensuite bien vite jusqu’à devenir intolérable, la lèvre enfla considérablement et devint noire. Et bientôt, en dépil de tous les efforts du médecin, la malade mourait dans une douloureuse agonie, la lèvre ayant pris d’ailleurs un volume démesuré.
- line conduite d’eau de plus de 500 kilomètres. — 11 s’agit d’une entreprise immense qui n’est point d’ailleurs achevée, mais qui a pour ainsi dire révolutionné le monde des métallurgistes, ambitieux d’obtenir pour leur maison la fourniture de cette canalisation formidable. C’est qu’en effet cette conduite est entièrement formée de tuyaux métalliques, pur partie en tôle
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- LA NATliHE.
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- •l’acier rivée <le 4mm,5 à 7"“™,5 d’épaisseur sur un diamètre de 0'“,787, et pour le reste en acier soudé à recouvrement avec un diamètre oscillant entre 0ra,66 et O1”, 754. Elle a pour but d’amener l’eau, si nécessaire aux exploitations, dans le district aurifère de Coolgardie ; cette eau est recueillie dans un réservoir pouvant contenir -o millions de mètres cubes, et formé par un barrage de 50-,50 de haut sur 21)0 de long. Bien entendu on a dû prévoir un grand nombre de joints de dilatation sur la longueur totale, qui sera de plus de 525 kilomètres.
- Contamination tuberculeuse par l'intermédiaire d'archives. — Un journal russe rapporte le lait très instructif suivant : On s'aperçut à Karkow qu’en un laps de temps très court la tuberculose faisait de nombreuses victimes parmi le personnel de la municipalité. Les premiers cas frappèrent ceux des employés qui avaient à faire de fréquentes recherches aux archives départementales. L’examen de ces papiers et documents par les médecins démontra qu’ils étaient littéralement couverts de bacilles tuberculeux. Or l’enquête permit d’établir le point de départ suivant de cette épidémie, locale. Parmi les employés, il y en avait autrefois un, atteint de tuberculose, cet employé était préposé au service des archives et il avait l’habitude de mouiller avec sa salive son doigt pour tourner les pages des archives, et c’est ainsi qu’il laissa sur chaque page des bactéries qui infectèrent plus tard tant de personnes.
- Les pertes dans le combat. — Voici à ce sujet quelques renseignements extraits d’une brochure que vient de faire paraître M. J. Habart, médecin-major, privât doeent de chirurgie d’armée à l’Université de Vienne. Les fusils de petit calibre, actuellement employés dans les armées européennes, peuvent mettre hors de combat jusqu’à une distance de 3500 mètres. La grandeur de la vitesse permet à une même balle de toucher plusieurs hommes successivement. On peut estimer qu’une troupe est désorganisée lorsqu’elle a perdu le tiers de son effectif. Sur 400 coups de fusils un seul est efficace. Sur 100 combattants atteints par le feu de l’infanterie, il v a 25 tués, 20 blessés grièvement et 55 touchés légèrement. La dispersion des balles tirées contre une troupe qui s’avance vers les positions de l’adversaire est, en moyenne, la suivante: 10 pour 100 entre 0 et 750 mètres-, 0 pour 100 cidre 750 et 900 mètres, 50 pour 100 entre 900 et 2100 mètres, 25 pour J 00 entre 2100 et 5000 mètres, et au delà.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 30 juillet 1900. — Présidence de M. M. Lévy.
- M. le Professeur Virchow et M. Zenger, directeur de l’observatoire de Prague, assistent à la séance.
- Sur l’invitation de M. A. Gaudry, président du Congrès géologique international, l’Académie désigne deux représentants audit Congrès; ce sont MM. Fouqué et de Lapparent.
- Les tramways électriques et les observations magnétiques. — M. Maseart présente une Note de M. Moureaux relative au moyen d’annihiler l’influence des courants dus. au passage des tramways électriques, sur certains instruments magnétiques placés à proximité. Ces courants irréguliers appelés courants vagabonds agissent fortement sur les instruments magnétiques. Cette action se traduit sur les courbes des enregistreurs de l’observatoire du parc Saint-Maur, par des successions de hachures verti-
- cales que la courbe prolongée coupe sensiblement en leur milieu. 11 y a donc un effet ondulatoire. Cet effet M. Moureaux a trouvé moyen de l’amortir par un dispo-positif convenable en ce qui concerne la composante horizontale. Comme au parc Saint-Maur on est à 5200 mètres du tramway, il a transporté l’appareil au fort de Nogenl qui, lui, n’est qu’à 1 kilomètre du tramway pour voir si les oscillations continueraient d’être amorties. Le résultat a été très satisfaisant.
- L’observatoire de l’Etna. — M. Janssen fait savoir qu’il a eu dans la matinée un entretien avec M. Rico, savant italien. La conversation s’est arrêtée sur l’observatoire de l’Etna qui, par sa situation isolée dans le bassin méditerranéen, pourrait être si précieux pour la météorologie s’il était pourvu des instruments nécessaires. Ayant appris que pendant plusieurs mois de l’hiver, cet observatoire était privé de communication avec Catane, parce que les flls télégraphiques se rompent sous le poids de la neige, M. Janssen a conseillé de décrocher les fils des poteaux télégraphiques, pendant l’hiver, et de les laisser reposer sur la neige, une expérience faite au mont Blanc ayant démontré que, dans ces conditions, la déperdition de courant est nulle. M. Janssen émet le vœu que le gouvernement italien dote cet observatoire de crédits pour permettre d en tirer tout le parti possible. M. le président fait observer que la question parait présenter un intérêt général et qu’à ce titre elle pourrait être soumise à l’Association internationale des Académies. M. Fouqué observe qu’il y a lieu de formuler des réserves sur un tel vœu, parce que l’observatoire de l’Etna, s’il est fort bien placé, au point de vue météorologique, est placé d'une manière médiocre au point de vue géologique. Il est en effet exposé aux fumées acides qui sortent du cône. On n’y peut séjourner; les instruments s’y corrodent rapidement et n’v ont pas la stabilité désirable. En outre il est exposé à des pluies de pierres qui récemment ont défoncé la toiture. U faudrait placer l’observatoire plus bas, comme au Aésuve. M. Janssen soutient que l’on peut lutter contre les inconvénients signalés ci-dessus et se déclare opposé à tout transfert de l’Observatoire.
- Un réactif nouveau très sensible. —• M. A. Gautier présente une Note de M. Cazeneuve sur l’emploi de la diphénylcarbaside comme réactif de certains sels minéraux. Ce réactif est extrêmement sensible et donne une coloration bleue à une solution qui contient seulement 1/200 000 de sels de cuivre. Il est encore très bon poulie mercure, mais c’est surtout pour les solutions d’acide chromique qu’il fournit les résultats les plus précis : il permet, en effet, de déceler une trace plus petite que 1/1000 000.
- La vaccination charbonneuse. — Pour combattre le charbon du bœuf on avait recours à des vaccins de virulence atténuée. Ce procédé est très utile; il a rendu de réels services, mais il a l’inconvénient de déterminer quelquefois la mort du sujet, quand il existe une différence trop grande entre la virulence du vaccin et la résistance de 1 animal. M. Arloing a utilisé les propriétés antitoxiques du sérum du sang des bœufs immunisés. Celui-ci peut être employé de deux manières différentes, ou bien administré en injections par petites doses ou bien associé au vaccin atténué dont il modère l’action. C’est ce dernier mode d’emploi qui est préférable. Il a en outre l’avantage de n’exiger que des quantités de sérum minimes : un dixième de centimètre cube suffit en effet, pour modérer l’action du virus atténué.
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- LA NATURE.
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- Election. — M. Duhoin do Bordeaux est élu correspondant de la Section de Mécanique par 50 voix contre 1 donnée à M. de Sparre et 1 à M. \Yitz.
- Cil. DE VlLLEDEClL.
- LE NAIN DE HAIPHONG
- TONKIX
- Un (le nos abonnés a bien voulu, dans le lointain pays qu’il habite, penser à La Nature et nous adresser une curieuse photographie. Nous l'en remercions avec empressement. Cette photographie représente un des très rares nains (pie compte la colonie à llaïphong (Tonkin).
- Nous avons parlé à plus d'une reprise de nains et
- naines célèbres, telle que la naine extraordinaire, la princesse Paulina qu'on a vue à Paris exhibée dans un cirque. Elle n’avait (pic 58 centimètres de hauteur, mais elle n’était âgée que de quatre ans, elle a donc pu grandir un peu'. Un nain chinois, natif de Pékin, nommé Che-Mah2 avait une taille de 76 centimètres. Un autre, le nain russe Ivan Wassillewitch de 1 mètre de hauteur, avait 51 ans en 18843. line s'était jamais marié; il n’était pas, parait-il, d'une intelligence bien développée.
- Le nain d’Haïphong est un tout autre personnage à cause de sa rare intelligence ; aussi nous a-t-il paru intéressant de le faire connaître. Voici sa biographie ; Nguyen Yan Rang, dit Joseph, (pie nous montre la photographie, a 45 ans; il est né à Dan-Oap-Xa, Nhuyen de Than Nien, province de Haïderong.
- Sa taille, de même que celle du nain russe Wassillewitch, est de 1 mètre, ce qui n’est pas à vrai dire une très petite taille pour un nain et son poids est de 24 kilogrammes. Nguyen Yan Rang demeura toujours avec ses parents jusqu’à l’âge de 20 ans, mais travailleur, industrieux et intelligent, il devint d’abord interprète de mandarin à Saigon de 1880 à 1887. Par la suite, de 1892 à 1899, il fut attaché au service des douanes comme surveillant aux Docks à llaïphong.
- Dans les années d’intervalle, c’est-à-dire de 1887 à 1892, il devint marchand de bois, puis blanchisseur. C’est celte dernière profession que le nain Joseph a préférée, car il a quitté toutes les autres pour l’exercer et il l’exerce encore actuellement.
- Nguyen Yan Rang s’est marié trois fois. Il eut 4 tilles de ces différents mariages et trois d’entre elles sont en parfaite santé à l’heure présente. Elles sont âgées, l’aînée de 14 ans, la cadette de 11 ans,
- enfin la dernière de 5 ans. Ce sont elles qu’on voit derrière leur père à droite de la gravure, reproduction fidèle de la photographie.
- M'"e Nguyen Yan Rang, la troisième femme du nain, est placée à la gauche de son mari et tient par la taille sa petite tille de 5 ans. Le père est monté sur un piédestal qui n’est autre qu’une boîte de la savonnerie de M. Faussemagne, l’abonné complaisant auquel nous devons ces détails.
- Enfin, à gauche de la gravure, nous reproduisons le portrait plus détaillé du nain. Il fume tranquillement sa pipe et semble fort satisfait de sa petite personne. Albert Tissxndier.
- 1 Yoy. n° 407, du 18 mars 1881, p. 255.
- 4 Yoy. u0 582, du 25 septembre 1880, p. 257.
- 5 Yoy. n° 5-48, du 1er décembre 1884, p. 15.
- Le Gérant : I’. Masson.
- Taris. — Imprimerie Lauure, rue de Fleurus, V.
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- K° 1420. — 11 AOUT 1000.
- LA NA T UK E.
- ICI
- MOTEUR Â GAZ DES HAUTS FOURNEAUX
- EXPOSITION DE 1900
- La Société Cockerill à Seraing a exposé un moteur à gaz qui mérite d’attirer l’attention du monde industriel, car il représente un progrès remarquable dans l’industrie de l’utilisation des gaz des hauts fourneaux. On a déjà utilisé depuis longtemps les gaz combustibles pour chauffer des chaudières qui elles-mêmes produisaient la vapeur nécessaire à la machine motrice actionnant le compresseur d’air. Mais ce mode de chauffage présente des inconvénients ; la puissance calorifique des gaz est de 900 à 1000
- calories kgdegré par mètre cube, il faut de grandes surfaces de chauffe, et des chaudières de rechange à cause de l'accumulation des poussières.
- La Société Cockerill à Seraing avait depuis longtemps observé qu’un haut fourneau, produisant 100 tonnes de fer par vingt-quatre heures, émettait 200 000 mètres cubes de gaz dégageant une quantité de chaleur égale environ à 500 000 000 calories kgdegré. Ce volume de gaz utilisé dans des moteurs à gaz pouvait fournir une puissance d’environ 2800 chevaux; la puissance absorbée par le haut fourneau ne dépassait pas 800 chevaux. Il en résultait donc des pertes considérables de puissance qu’il fallait arriver à utiliser. La Société Cockerill eut
- Machine soufflante à gaz îles Hauts Fourneaux, système E. Delamare-Deboutteville et Cockerill.
- l’idée de s’adresser à M. E. Delamare-Deboutteville et de lui poser le problème de l’utilisation directe des gaz de haut fourneau au moyen de moteurs à gaz. Ce problème présentait de grandes difficultés surtout pour l’allumage et pour la construction des moteurs.
- Nous avons précédemment1 rendu compte des premiers essais entrepris en 1895 avec un moteur de 8 chevaux et en 1898 avec un moteur de 200 chevaux.
- Les résultats satisfaisants obtenus engagèrent la Société Cockerill et M. E. Delamare-Deboutteville à entreprendre la construction d’un moteur monocylindrique de 5 à 600 chevaux, et c’est cej,ui-ci qui ligure à l’Exposition universelle.
- Le moteur fut construit et mis en marche le 20 novembre 1899.11 fut soumis à une série d’essais très complets les 20 et 21 mars 1900, sous la direc-1 Yoy. n“ 1524, du 15 octobre 1898, p. 505.
- 28e année. — 2e semestre.
- tion de M. Hubert, ingénieur en chef des mines.
- Les dimensions du moteur sont les suivantes : diamètre du cylindre lm,50, course du piston lm,40, diamètre du compresseur lm,70. Le compresseur d’air est actionné en tandem sur le prolongement à l’arrière de la tige du piston du moteur.
- Les premiers essais ont eu lieu le 20 mars au frein et à l’indicateur et ont eu pour but de déterminer les consommations de gaz et d’eau, ainsi que les rendements industriel et thermique. Cinq expériences ont d’abord été faites et ont donné les résultats suivants. La puissance indiquée a été de 786,16 chevaux, avec une vitesse angulaire de 94,57 tours par minute. La puissance utile en moyenne au frein a été de 575 chevaux, pour 41,9 admissions par minute ou 87,8 pour 100. j Le rendement industriel moyen a donc été de 75,14
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- LA NATURE.
- pour KHI. Les consommations de gaz et d'eau ont été les suivantes: gaz à 0° et à la pression de 760mm, 2,556 m3 par cheval-heure indiqué, 5,41)5 m3 par cheval-heure utile; eau, 56,S litres par cheval indiqué et 12,7 litres par cheval-heure utile. La température moyenne de l'eau était de 7°,86 à l’entrée du cylindre, et de 55°, 17 à la sortie ; la température des gaz était de 11° à l’entrée et de 508°,5 à la sortie.
- En ce qui concerne la puissance calorifique des gaz, dans les mêmes conditions de température et de pression, les chiffres déterminés par le calorimètre de Yuneker ont été trouvés de 915,22 calories kgdegré par mètre cube, et les chiffres déterminés par la bombe calorimétrique de Witz ont été trouvés de 984,4 calories kgdegré par mètre cube, présentant entre eux une différence de 9,5 pour 100. M. Hubert a expliqué cette différence en disant que l’essai l'ait au moyen de la bombe calorimétrique ne s’opérait pas dans les memes conditions d’explosion que dans le moteur à gaz; dans ce dernier, en effet, la combustion n’a pas lieu sous volume constant.
- M. Hubert a également distingué deux sortes de rendements thermiques. Le premier est le rendement thermique, ou rapport de la quantité de chaleur correspondant au travail utile à la quantité de chaleur dégagée par les gaz, taisant abstraction de toutes les pertes d’énergie par frottements et autres résistances passives. Le deuxième rendement est le rendement thermique total, ou rapport de la (juantité de chaleur correspondant au travail utile à la quantité de chaleur totale mise en jeu et comprenant la chaleur des gaz, et la chaleur dégagée dans le frein.
- Le rendement thermique, déterminé au moyen du calorimètre Yuneker, a été de 27,16 pour 100, et le rendement thermique total de 19,86 pour 100. Le rendement thermique total, déterminé par la bombe Witz, a été de 18,46 pour 100.
- Une sixième expérience a été faite encore à pleine charge et a donné les résultats suivants :
- Puissance indiquée en chevaux. . . . 825,880
- Puissance utile en chevaux............ 670,020
- Consommation de gaz par cheval-heure
- indiqué (à 0°ct à la pression de 700ram). 2,560 m3
- utile (à 0° et à la pression de 760"""). 5,156
- Vitesse angulaire en nombre de tours
- par minute........................ 95,2
- Nombre des admissions en pour 100 . 99
- Rendement industriel eu pour 100. . 81,120
- Rendement thermique ( calorimètre
- Yuneker) en pour 100................. 27,110
- Rendement thermique total (calorimètre Yuneker) en pour 100................ 22,050
- Rendement thermique total (Bombe Witz). 20,480
- Cette première série d’essais a donné, comme on peut le voir, des résultats très satisfaisants.
- Une deuxième série d’essais a encore eu lieu le 21 mars 1900, avec le compresseur d’air actionné par le moteur dans des conditions normales dé pratique industrielle. Cinq expériences ont été faites à charge moyenne et cinq autres à pleine charge. A charge moyenne, le nombre d’admissions par minute était de 56,506, soit 86,5 pour 100, la puissance
- indiquée en chevaux 746,815, la puissance utile en vent soufflé 562,570 chevaux. Les consommations de gaz ont atteint 2,545 m3 par cheval-heure indiqué, et 5,115 m3 par cheval-heure utile; les dépenses d'eau ont été respectivement de 51,850 litres au cylindrique et de 15,4 litres au piston. La puissance calorifique des gaz a été trouvée, au moyen du calorimètre Yuneker, de 876,25 calories kgdegré le matin et de 888 calories kgdegré l’après-midi, le rendement thermique du moteur a été de 50,92 et 50,66 pour 100. Le rendement thermique total a été de 25,29 et 25 pour 100. M. Witz a déterminé la puissance calorifique des gaz au moyen de sa bombe et a trouvé 991 calories kgdegré le matin et 1004,55 l’après-midi. Le rendement thermique était alors de 27,54 et 27,11 pour 100, et le rendement thermique total 10,60 et 22,17 pour 100.
- Dans ces divers essais, quelques faits ont été observés qu’il importe de mentionner. Dans les expériences du 20 mars, on a supprimé et rétabli à diverses reprises la charge totale ; lé moteur a fonctionné sans accuser de variations de vitesse supérieures à 5 pour 100. Le 21 mars, on a fait croître la pression d’air comprimé. Le moteur a fonctionné avec une vitesse angulaire qui est tombée de 94,2 à 62 tours par minute, et la pression moyenne du gaz dans le cylindre s’est élevée à 5,67 kg par cm2 au lieu de 4,79. La puissance indiquée était de 700,5 chevaux et la puissance utile de 577,5 chevaux ; le rendement industriel était de 82,4 pour 100.
- On peut conclure que 78 pour 100 de la chaleur totale dégagées ont transformés en travail dans le moteur, 52 pour 100 ont été cédés à l’eau d’alimentation et 20 pour 100 sont emportés par les gaz et en pertes.
- Le problème important de l’utilisation industrielle directe des gaz des hauts fourneaux dans lesmoteurs est définitivement résolu, et nous devons ce succès aux études et aux recherches deM. Delamare-Debout-teville et des ingénieurs des établissements de la Société J. Cockerill. M. Grenier, directeur général de ces établissements, n’a cessé de s’intéresser vivement à toutes les recherches ; il a fait sur les moteurs à gaz des hauts fourneaux deux remarquables conférences à l’Institut du fer et de l’acier, et c’est en grande partie à son habile direction que l’industrie doit aujourd’hui ce nouveau progrès. J. Laffargue.
- LA CULTURE DE LA FRAISE
- Le fraisier occupe, dans la culture potagère, une place prépondérante, tant par l’étendue de surface cultivée que par la valeur marchande élevée de ses produits; c’est cette importance qui a engagé M. Henri Coudon1 à faire quelques recherches sur sa culture dans les environs de Paris; nous allons résumer son intéressant travail.
- La culture du fraisier est relativement récente, puisqu’elle ne remonte qu’au seizième siècle. Après être restée longtemps limitée au potager et au jardin fruitier, elle a pris de plus en plus d’extension, et aujourd’hui
- 1 Annales de la Sc. agron. franç. et étrang. Bergcr-Levrault, édit.
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- LA NATURE.
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- elle occupe des surfaces importantes. Les principales variétés cultivées sont : la Marguerite Lebrelon, la Victoria et la Vicomtesse llericart de Thury.
- La presque totalité de ces fraises est expédiée à Paris et à Londres, puis à Lyon, Oenève, Montpellier et Lettc. En Bretagne, il existe également de grands centres de production. À Plougaslel, on cultive plus de 500 hectares de fraisiers, dont les produits sont expédiés surtout en Angleterre. Aux environs de Paris, on s’adonne beaucoup à celte culture depuis quelques années. Dans la vallée de l’Yvette, il existe environ 500 hectares de frai-seraies; on en compte de 800 à 1000 dans les communes que traverse la Bièvre, avant d’entrer dans Paris, et plus de 500 dans la vallée de l’Orge.
- A Paris, la fraise est, sans contredit, le fruit qui se vend le mieux et celui qui arrive en plus grande quantité sur le marché. Les forts arrivages aux Halles durent environ six semaines. Ils comprennent, en premier lieu, les fraises du Midi de la France, qui arrivent par chemin de fer, pendant 21 jours. Puis ces arrivages cessent et sont remplacés par les apports directs des cultivateurs qui amènent, au moyen de voitures, les fraises plus tardives des environs de Paris et dont la saison dure également 21 jours. La vente subit des fluctuations assez grandes, comme on le voit par les chiffres suivants : 1805, 550 285kg; 1890, 528 155kg; 1897,508 510kg; 1898, 181 010 kg; 1899, 200 520 kg.
- Mais le pavillon officiel de la Ville de Paris (pavillon n° 0) est concurrencé par environ 80 maisons de commission et 50 approvisionneurs qui, par suite d’une tolérance de la Préfecture de police, vendent également de la fraise dans le périmètre des Halles cl sur le carreau forain. Il en résulte que les transactions sur la fraise sont plus importantes au dehors que dans le marché officiel.
- On estime que les quantités vendues au pavillon n° 0 ne représentent que 1/40 des apports généraux faits par chemin de fer et on évalue à 12 810 000 kg la quantité de fraises arrivant annuellement par voie ferrée et vendue dans le périmètre des Halles. Au « carreau forain », on en vend environ 5 750 000 kg, cq qui fait en tout 18 500 000 kg. Il est facile d’évaluer le rendement en argent de la vente de ces fraises. Les prix pratiques au pavillon n° 0 ont été, en 1899, d’après les relevés officiels, de lfr,07 à 0fr,56 le kg, soit en moyenne de 0fr,81 le kg. Au carreau forain, le prix moyen a été de 0fr,70- La valeur totale des fraises vendues à Paris en 1899 a donc été de 14 401 100 francs.
- Après les deux grandes saisons dont il a été parlé plus haut, il arrive de Rouen, Bourg-la-Ileine, Saint-Cloud, etc., de petites quantités de fraises des quatre saisons. Ces arrivages durent de juin à octobre ; ils sont peu importants, environ 100 kg par jour. Les prix varient de 2 à 5 francs le kg et le chiffre de vente annuel dépasse rarement 55 000 francs.
- La culture de la fraise est très rémunératrice, mais elle exige beaucoup de soins et de main-d’œuvre. Les frais d’établissement d’une fraiseraie sont élevés et sa production n’est guère que de trois années. Même dans les meilleures terres à fraises, la fumure donnée au début agit surtout sur les deux premières récoltes, et après la troisième, le cultivateur se trouve dans la nécessité de retourner son champ pour procéder à une nouvelle plantation.
- Des constatations faites par M. Coudon, il résulte qu’après avoir été essayée dans presque toutes les communes des environs de Paris, la culture de la fraise s’est concentrée à peu près exclusivement sur les terres qui appartiennent à la formation dite des sables de Fontaine-
- bleau. Ces sables forment des sols légers, siliceux, profonds, drainés naturellement et dont les propriétés physiques conviennent parfaitement à la culture du fraisier.
- L’ennui des fraisiers, c’est que ce sont des plantes très exigeantes, surtout en azote et en potasse, et que, par suite, elles épuisent rapidement le sol. Les petites fraises des quatre saisons sont, à cet égard, les plus désagréables. Datis les grosses fraises, les exigences sont différentes, suivant les variétés. Les suivantes peuvent se classer, à ce point de vue, par ordre décroissant : Président Thiers, Jucunda, Eléonor, Sir Joseph Pa.ron, Héricart de Thury. Cette dernière est celle que les marchands fruitiers, peu respectueux de l’exactitude, appellent « la Ricar »; c’est d'ailleurs elle qui, à égalité de végétation, donne les plus forts rendements en fruits.
- M. Coudon a constaté que le fraisier est extrêmement sensible à l’action des engrais chimiques mis au printemps en couverture. Chacun des trois éléments fertilisants fondamentaux, azote, acide phosphorique, potasse, a une action très marquée sur la production des fraises. Avec une fumure au nitrate de soude, superphosphate et chlorure de potassium, représentant, comme prix d’achat, une dépense annuelle de 550 francs par hectare, on a vu augmenter la récolte de fraises de 47,8 pour 100 eu 1897 et de 85,7 pour 100 en 1898. Cette fumure complémentaire a procuré une augmentation de bénéfices nets, par hectare, de 5000 francs en 1897 et de 2940 en 1898. Si on compare la valeur argent des engrais chimiques ajoutée à celle de l’excédent de récolte résultant de leur addition, on voit qu’avec une faible dépense on peut, sans nuire à la qualité des fraises, obtenir une surproduction importante se traduisant, tout compte fait, par un bénéfice net très élevé. Enfin, résultat non moins intéressant, par l’addition d’engrais chimiques, il est en outre possible de prolonger la durée d’une fraiseraie au delà des limites adoptées par la pratique culturale. H. C.
- LES PAYS DU.NORD
- EXPOSITION UM VERSEI.LE
- L’Exposition universelle a réuni à Paris une quantité de matériaux intéressants tant pour l’ethnographe tpie pour le naturaliste. Mais ees matériaux sont éparpillés dans les diverses sections et beaucoup d’entre eux risquent de rester inaperçus. Aussi nous a-t-il paru intéressant de décrire dans quelques articles d’ensemble un certain nombre des objets les plus dignes d’attention. Nous commencerons par les expositions des peuples septentrionaux.
- La Sibérie (Trocadéro, palais de l’Asie russe) nous offre un tableau très complet de la vie dans les toundras glacées. Voici des rennes attelés à un traîneau, des renards blancs, des loups, des phoques, des morses, des ours blancs; toute une série de modèles d’habitations, des instruments en bois sculpté, des vêtements fourrés, des skys ou patins à neige. Mais ce qui nous retiendra davantage, c’est le type ethnique des habitants. Un sait que lorsqu’elle fut conquise par les Russes, la Sibérie n’était peuplée que par des tribus de race mongolique, Samoyèdes, Chiliaks, Toungouses, Kamtchadales, etc. On remarquera leurs yeux obliques, leur teint jaune et la saillie de leurs pommett.es (fig. 1). Ces indi-
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- gènes mènent une existence pacifique dans les solitudes de l’Extrême-Nord. Ils sont pour la partie septentrionale de l’Ancien Monde ce que sont les Esquimaux en Amérique, une race essentiellement adonnée à la chasse et à la pèche et n’ayant qu’une civilisation tout à lait rudimentaire.
- Leur religion est un fétichisme grossier. Ils croient à des esprits répandus partout et qui peuvent, à un moment donné, venir habiter un objet quelconque, (pii, dès lors, devient sacré. Voici un de leurs chamanes ou sorciers (lig. 12) : il porte un grand tambour de basque et danse en le frappant à tour de bras. A ce bruit, les esprits ne peuvent manquer d’accourir et d’exaucer les prières des lidèles accroupis autour du sorcier. Celui-ci est du reste couvert de elo-
- Fig. 1. — Sanioyèdc, d’après un mannequin de l'exposition russe.
- tion faite sur souscription privée ; elle n’en est que plus digne d’intérêt, ün sait, en effet, que la Lithuanie, tantôt indépendante, tantôt unie à la Pologne, a fini par être définitivement incorporée à l’empire russe. Mais ce qu’on ignore généralement, c’est que les Lithuaniens forment une race tout à fait originale, ayant ses mœurs propres et sa langue. Celle-ci présente même cette particularité d’être, de tous les idiomes indo-européens, celui qui se rapproche le plus de la langue mère.
- L’exposition lithuanienne comprend une scène de fiançailles dans une chambre de paysan, avec des mannequins de grandeur naturelle, portant les vêtements du pays; on remarquera, au fond, le berceau suspendu au plafond. 11 y a, en avant, des vitrines renfermant des broderies faites à la main, des bijoux de forme curieuse; des vêtements, des couvertures, des tapis sont pendus aux murs. Les Lithua-
- ehettes, de pièces de métal qui s’entre-choquent et de paquets de chiliens, qui sont eux-mêmes des fétiches. *
- Dans le pavillon, dit des « apanages impériaux », il faut remarquer le magnifique bison d’Europe empaillé qui se trouve auprès de l’entrée. On remarquera qu’il est plus haut sur pattes et plus élancé que son congénère d’Amérique (lig. o). Comme lui, cet animal, autrefois répandu sur de vastes étendues, a du céder devant l’intrusion de la civilisation. 11 n’est plus conservé que d’une façon tout artificielle, pour les chasses de l’empereur, dans une forêt de la Lithuanie.
- Ceci nous amène à parler de l’exposition de ce dernier pays, située dans le palais du Trocadéro, à l’entrée du Musée d’Ethnographie. C’est une exposi-
- Fig. 2. — Chaman, sorcier de Sibérie.
- niens sont persécutés par le gouvernement russe qui leur interdit même l’usage des caractères latins pour les livres qu’ils publient, et qui a forcé un grand nombre d’entre eux à émigrer. Toute notre sympathie doit aller à ce peuple malheureux.
- La Finlande, dont le coquet pavillon se trouve à la rue des Nations, est un autre exemple d’un peuple qui lutte pour conserver son originalité. Ce pays est intéressant à plus d’un titre. Au début de l’époque quaternaire il a été envahi par les grands glaciers descendus de Scandinavie à travers la Baltique. Ce sont eux qui y ont creusé les lacs dont il est comme criblé, et qui y ont laissé les nombreuses moraines qui lui donnent son caractère. Les cartes exposées rendent bien compte de ces particularités. Les habitants primitifs de la Finlande étaient les Finnois, peuple venu d’Asie, et parlant une langue qu’on a cru apparentée au basque. Longtemps sué-
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- doise, la Finlande a fini par échoir à la Russie qui lui a enlevé récemment les derniers restes de son autonomie.
- Le Nord Scandinave est représenté par les trois pavillons du Danemark, de la Suède et de la Nor-wège. Le premier est intéressant parce qu’il nous donne une reconstitution très exacte d’une maison bourgeoise danoise, avec ses fenêtres à petits carreaux, ses poutres sculptées, et son curieux mobilier. Le pavillon de la Suède renferme une riche collection d’ethnographie, des ateliers de brodeuses, de tisseuses et d’orfèvres et deux curieux panoramas représentant l’un une nuit d’été à Stockholm, l’autre une nuit d’hiver en Laponie. Dans le palais de la Norwège, il faut admirer surtout les instruments, désormais historiques, qui ont servi à Nanson à faire son étonnante expédition. 11 y a de plus une collection d ’ animaux empaillés tout à fait remarquable.
- Voici surtout un élan, espèce autrefois répandue sur toute l’Europe, décrite même par Jules César sous le nom d’Àlces, et aujourd’hui cantonnée dans l’Extrême-Nord.
- Au Danemark se rattache une exposition très intéressante, mais difficile à trouver : c’est celle du Groenland, de l’Islande et des îles Féroë. Elle est située dans l’aile Ouest du palais du Trocadéro (classe 113). Avec l’Islande et les Féroë, nous sommes toujours en plein pays Scandinave; les aquarelles pendues au mur nous montrent une race de haute taille, à cheveux blonds et aux yeux bleus. C’est cette race, dolichocéphale blonde, qui, après avoir contribué à faire tomber l’empire romain, a envoyé au moyen âge ses émissaires de tous cotés. Les uns, sous le nom de Normans, ont envahi la France et l’Angleterre, d’autres ont découvert l’Islande, le Groenland et même l'Amérique auxquels ils donnèrent le nom de Yinland. •
- Il y a dans cette galerie une curieuse reconstitution d’une salle de fête des anciens Scandinaves, et des vues des monuments qu’ils ont laissés dans ces divers pays. Depuis 1 epoque où ils avaient envahi ces terres de l’Extrême-Nord, la température paraît s’y être bien abaissée. L’Islande est à peine habitable, elle n’a pas d’arbres et ses plus beaux pâturages se trouvent sur le toit des maisons. Le Groenland, le pays
- vert, est devenu un désert de glaces où les Scandinaves ne se sont maintenus qu’en se croisant avec une race mongolique, les Esquimaux. On trouvera dans cette exposition, des mannequins d’Esquimaux, des kajaks, avec leurs instruments de pêche en ivoire de morse, des traîneaux attelés de chiens, des modèles d’habitations islandaises et groenlandaises, des vêtements couverts de broderies très artistiques. C’est par ces travaux, exécutés avec patience, que les habitants de ces régions désolées, trompent l’ennui de la longue nuit hyperboréenne. L. Laloy.
- À PROPOS DU TROTTOIR ROULANT
- Nous n’avons pas l’intention de revenir sur différents détails, qui ont été déjà donnés ici, de la construction et du fonctionnement delà plateforme mobile que quelques semaines ont suffi à consacrer comme l’un des clous de l’Exposition ; mais nous vou-* drions signaler à son sujet une curieuse expérience d’optique à laquelle elle se prête admirab lement et qui ne laisse pas que d’étonner les personnes qui la font pour la première fois.
- Le trottoir roulant étant en marche, si Ton vient à regarder la balustrade mobile se déplaçant devant la balustrade fixe, on aperçoit une sorte de chatoiement formé par des alternatives de plages sombres et claires que Ton suit instinctivement de l’œil et qui dès lors paraissent se poursuivre les unes les autres1.
- Ce phénomène se reproduit d’ailleurs toutes les fois que deux séries de barreaux se déplacent Tune par rapport à l’autre, devant un observateur; et comme il ne s’agit ici que de mouvement relatif, il revient au même de laisser immobiles les deux séries de barreaux, l’observateur au contraire se déplaçant devant elles.
- L’explication du phénomène est fort simple : pour la rendre particulièrement claire, supposons que les planchettes de bois qui constituent les balustrades ont la même largeur que les vides intercalaires ; la figure représente une coupe schématique des deux
- 1 Le phénomène est particulièrement net quand on l’examine du pont des Invalides (rive droite).
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- balustrades, à un instant donné du mouvement, par un plan horizontal passant par l'œil Ode l'observateur. Dans le cas de la ligure on voit que, dans la direction o x de la normale à A et R et dans les directions voisines, l’œil voit les planchettes de R sur celles de A ; il distingue donc les vides intermédiaires: apparence de clair. Au contraire, au même instant, dans des directions telles que o b a, il voit les planchettes de R se superposer aux vides de A : apparence sombre ; dans une direction encore plus inclinée sur la normale, on retrouvera une bande claire, puis une bande sombre, et ainsi de suite1.
- Remarquons d’ailleurs que ces apparences n’exigent nullement le mouvement, relatif des deux balustrades, puisque nous les avons par la pensée immobilisées à un instant donné.
- Qu’arrive-t-il alors si R, par exemple, se déplace devant A? Un peu après l’apparence que nous venons de représenter, on aura un phénomène tout opposé:
- Xi /
- Plage Plage PJage Plage Plage
- claire sorobre claire sombre claire
- A__________,----------!-------------------/-
- \ \ I /
- \
- Schéma.
- en particulier dans la direction de la normale, on aura une bande noire au lieu d’une bande claire, etc. Entre ces deux apparences opposées se présenteront des apparences intermédiaires, produisant, comme nous le disions au début, une sorte de chatoiement, et les bandes sombres paraîtront se poursuivre.
- Le phénomène (pie nous venons de décrire est d’ailleurs connu et expliqué depuis longtemps ; mais nous avons pensé à lui appliquer une méthode d’observation stroboscopique : il suffit pour cela de regarder les balustrades à travers la main placée parallèlement aux balustrades, les doigts écartés, et en agitant plus ou moins vivement la main de droite à gauche. Si le mouvement de la main est lent, rien n’est changé au phénomène ; s’il est suffisamment rapide, les bandes sombres et claires disparaissent
- 1 Nous avons supposé ici dos balustrades composées de barreaux sombres se détachant sur un fond clair; si c’est l’opposé qui a lieu, si les barreaux sont de, couleur claire et le fond sombre, l’aspect des bandes est interverti, mais naturellement le sens du phénomène reste le même.
- du champ de la vision et la balustrade mobile semble se déplacer lentement et tranquillement devant la balustrade fixe. Pour une vitesse plus grande encore, on revoit les bandes, etc.
- L’explication complète de cette vision stroboscopique nous entraînerait trop loin, nous ne nous y arrêterons donc pas ; nous nous contenterons de dire que c’est par un mode d’observation analogue à celui que nous venons de décrire qu’on fait cesser dans le cinématographe le scintillement bien connu (pii masque si désagréablement la beauté du phénomène. J. Rkiiome,
- Licencié es sciences.
- CUIRASSÉS ANGLAIS
- Les hommes d’Etat Anglais ont voulu posséder une marine capable de lutter contre les forces navales réunies des grandes puissances Européennes et depuis le naval defence art, voté à la suite du cri d'alarme poussé par Lord Reresford, l’accroissement rapide de la flotte de nos voisins a été vraiment formidable.
- Si nous nous contentons de remonter à 1890 et par conséquent de ne considérer (pie les navires modernes, c’est-à-dire protégés contre les explosifs, nous trouvons un ensemble de 55 grands cuirassés (Rattleships) constituant une flotte homogène, fortement armée et d’une vitesse comprise entre 17n,5 et 19 nœuds.
- Le premier groupe comporte sept navires du type Royal Sovereign; ce sont, outre celui-ci, le Ramilles, le Renown, le Repu lue, la Resolution, la Revenge et le Roal Oak. Tous ces bâtiments ont un déplacement de 14150 tonnes, une longueur de 1 H) mètres et une largeur de 22m,80.
- lia protection est assurée par une ceinture partielle de 450 millimètres d’épaisseur s'élevant jusqu’au premier pont et par une cuirasse verticale légère de 100 millimètres d’épaisseur montant jusqu’au pont des casemates ; les deux tourelles barbettes, placées dans l’axe, sont défendues par 420 millimètres d’acier; elles sont situées à l’avant, et à l’arrière du réduit constitué latéralement par la ceinture et la cuirasse légère et à l’avant et à l’arrière par deux traverses cuirassées. Enfin un pont blindé s’étend de l’avant à l’arrière du bâtiment.
- L’armement, comprend 4 pièces de 540 millimètres réparties par paire dans les 2 tourelles, 10 canons de 152 millimètres à tir rapide en casemates et 20 pièces de petit calibre.
- La puissance motrice est de 15 000 chevaux et la vitesse de 17,5 nœuds.
- Le second groupe, dont la construction a été décidée en 1895, est représenté par le type Magni firent; il comprend 9 navires : Magnificent, Illustrions, Majestic, Prince George, Cœsar, Hannibal, Victo-rious, Mars et Jupiter.
- Nous avons déjà donné, dans notre numéro du 15 janvier 1899, une description détaillée de ce type
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- de navires; nous n’y reviendrons pas; nous rappellerons seulement ipi’il possède une cuirasse verticale s’élevant jusqu'au pont des casemates.
- Viennent ensuite les 6 navires du type Canopus qui marquent le point de départ d’une construction nouvelle due à la nécessité de protéger davantage les batiments contre les projectiles à explosifs. Ces 6 cuirassés sont : le Canopm, Y Océan, le Goliath, Y Albion, le G tory et la Vengeance.
- Le Canopm, d’un déplacement de 12950 tonnes, a une largeur de 22m,50; les machines, au nombre de deux, ont une puissance totale de 15500 chevaux et impriment au navire une vitesse de 18,5 nœuds.
- La cuirasse des lianes, d’une épaisseur de 150 millimètres, s’étend au centre sur les 5/5 de la longueur du bâtiment et monte, au-dessus de la flottaison, jusqu’au pont supérieur; le réduit ainsi constitué, est complété, à l’avant et à l’arrière, par des traverses cuirassées de 500 millimètres d’épaisseur sur lesquelles viennent reposer les deux tourelles; celles-ciont elles-mêmes un blindage de 500 millimètres. Les 12 casemates, destinées à recevoir l'artillerie moyenne, sont défendues par 150 millimètres d’acier.
- Le Canopus est le premier navire Anglais muni de deux ponts cuirassés; l’un, le pont inférieur, d’une épaisseur variable de 50 à 75 millimètres (voy. tig. 2), en forme de dos de tortue, s’étend de l'avant à Carrière et vient en abord se raccorder, sous la flottaison, au can inférieur de la ceinture ; l’autre, le pont supérieur, d’une épaisseur de 25 millimètres, est horizontal; il court également de l'avant à Carrière et sert d’appui aux 8 casemates inférieures.
- L’éperon est, fortement relié aux deux ponts cuirassés.
- 11 est à remarquer que, contrairement à ce qui se fait sur les navires français, le pont le moins épais, connu dans notre marine sous le nom de pont pare éclats, se trouve au-dessus du pont le plus résistant.
- Armement. L’armement principal du Canopus consiste : 1° en 4 pièces de 505 millimètres se chargeant par la culasse et réparties par paires dans les deux tourelles barbettes axiales situées à l’avant et à Carrière du réduit; 2° en 12 pièces de 150 millimètres, à tir rapide, toutes en casemates, dont 8 placées au-dessus du réduit, sur le pont supérieur et 4 sur le pont des gaillards.
- L’artillerie légère se compose de 10 canons dé 12 livres, à tir rapide et 18 canons plus faibles; il y a, .en outre, 4 tubes lance-torpilles sous-marins.
- Le type Canopm peut donc tirer en chasse ou en retraite 2 canons de 505, 4 de 150 millimètres et 2 de 12 livres et, par le travers, 4 canons de 505, 0 de 150 et 5 de 12 livres.
- La ligure 2 permet de se rendre compte des dispositions adoptées pour le blindage et l’artillerie; la ligure 1 donne une vue d’ensemble du navire.
- Le Canopus porte deux mâts militaires munis
- chacun d’une hune où sont dispersées des petites pièces; deux vergues par mât servent à faire des signaux.— Deux appareils Temperlev, pour l’embarquement du charbon, ont élé installés au pied de chaque mât.
- L'équipage comprend 750 officiers et marins.
- Ln 1898, l’Amirauté mit en chantier un nouveau type de cuirasse, la classe Formidable qui renferme le Formidable, Y Irrésistible, Y Implacable, le Bul-wark, le Vénérable et le London ; ces navires, d’aspect général semblables au Canopm, sont cependant plus puissants;'leur tonnage atteint 15000 tonnes, leur longueur est de 151 mètres et leur largeur de 22,n,80; la vitesse n’est plus que de 18 nœuds.
- La protection est assurée dans les mêmes conditions que sur le Canopus, mais l’épaisseur de la cuirasse des flancs passe de 150 à 225 millimètres; de plus, toute la partie comprise de; chaque bord, entre 1 éperon, le réduit et les 2 ponts cuirassés, est recouverte d un blindage de 50 millimètres pour protéger l’avant dans le cas de combat de chasse.
- L artillerie principale est la même que sur le type précédent et disposée de la même façon; la petite artillerie est un peu plus forte et comprend 18 pièces de 12 livres et 20 moindres pièces. Les tubes sous-marins ne sont plus qu’au nombre de deux.
- Enfin, en 1899, les Anglais adoptèrent un nouveau type de navire, la classe Duncan : le Duncan, YAlbermarle, le Cornwallis, YFxmouth, la Montagne et le Russell.
- Le Duncan ressemble au Formidable, mais son déplacement a été réduit à 14000 tonnes et sa vitesse portée à 19 nœuds. Pour obtenir ces deux résultats, il a fallu diminuer certains poids et c’est le cuirassement qui a été sacrifié quelque peu ; la cuirasse latérale n’est plus (pie de 175 millimètres au lieu de 225, les tourelles et les traverses cuirassées n’ont plus que 275 millimètres; la légère cuirasse, qui va de la tourelle avant à l’étrave, est conservée.
- L’armement principal reste le même et alfecle la même disposition, l’armement léger est réduit et ne compte plus que 12 pièces de 12 livres.
- D’après ce rapide exposé, nous voyons «pie, depuis 1890, les Anglais ont construit successivement un ensemble de 55 cuirassés homogènes, quant à la vitesse et à l’armement, suffisamment protégés contre les explosiis par une cuirasse verticale variant de 100 a 22a millimètres et montant jusqu’au pont de la première batterie où se trouve l’artillerie moyenne.
- Là encore, nous nous sommes laissé dépasser par nos voisins et nous avons hésité à diminuer les épaisseurs du blindage de cuirasse, ce qui nous eut précisément permis d’élever, au-dessus de cette dernière, une cuirasse verticale légère allant jusqu’au pied des casemates. 11 en est résulté qu’il existe sur nos navires les plus modernes, comme le St-Louis, le Gaulois, le Charlemagne, etc., une large bande non défendue par laquelle les projectiles à explosifs peuvent pénétrer à l’intérieur et éclater sous les case-
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- mates, mettant ainsi l’artillerie moyenne hors de 1 qui ne sont pas encore en service, auront cette par-service. Seuls le Henri IV, le Ie'na et le Sufjren, | tie protégée par une cuirasse de 100 millimètres.
- Fig. 1. — Le cuirassé anglais Canopus.
- Autrement dit, nous ne possédons que 5 navires réellement, modernes à opposer aux 55 des Anglais!
- Ces chiffres se passent de commentaires et nous laissons au lecteur le soin de juger si, dans ces con-
- :Ti ru :.;.i ;.i
- Pont cuirassé infen c
- Fig. 2. — Coupe longitudinale et plan.
- , ditions, nous pouvons entreprendre, contre nos voisins d’outre-Manehe. la guerre d’escadre ou si ce ne sont pas d’autres moyens qu’il faudra employer con-
- tre eux, dans les luttes qu’un avenir peut-être prochain peut nous préparer. Commandant G.
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- avant l’agréable, n’a pas été admis à Paris; espérons qu’il en sera toujours ainsi pour le cas particulier qui nous occupe. Ce n était pas une raison cependant pour nous priver des douceurs de la traction électrique : il "suffisait simplement d’imposer le trolley souterrain.
- La compagnie Thomson-Houston, qui est concessionnaire d’une partie de nos grandes lignes, a accepté cette condition et elle vient de terminer un tronçon important qui a été mis en service tout récemment entre la place Pereire et la gare Montparnasse. En réalité, cette section qui relie un des quartiers les plus importants de Paris à l’Exposition, est composée de deux tronçons de ligne : le premier appartient à celle allant de la Porte d’Asnières à l’École militaire, le second de l’Étoile à la gare Montparnasse. On voit que sur une partie du par-
- LE TROLLEY SOUTERRAIN
- DE LA COMPAGNIE THOMSON-HOUSTON
- Il paraît bien démontré aujourd’hui que la traction électrique par trolley est celle qui s’impose pour les tramways; dans la plupart des grandes villes elle règne aujourd’hui en souveraine; mais, disons-le tout de suite, en souveraine peu soucieuse de l’esthétique.
- Le fil qui amène le courant est suspendu au-dessus de la voie, il est retenu le plus souvent à droite et à gauche par de solides cables qui se rattachent aux maisons, tout cela n’a rien de gracieux et coupe désagréablement la perspective, en gâtant l'aspect des monuments et des rues. Jusqu’à présent ce qui est toléré en province, où l’utile a dû passer
- Construction du trolley souterrain des tramways Thomson-Houston.
- cours, Sntre l’Etoile et l'École militaire, le nombre des tramways sera doublé. Dans quelque temps ces deux lignes seront complétées par une autre allant de la gare Montparnasse à la Bastille; il y aura en tout 1 2 kilomètres desservant les boulevards extérieurs et 80 voitures y seront employées. L’usine qui fournit le courant est située à Grenelle, rue Ëmeriau ; elle comprend 5 dynamos de 300 kilowatts chacune en courant continu à 500 volts. Le conducteur est placé le long de la^voie dans un caniveau pratiqué sous l’un des railsqui est double, afin de laisser passer la tige fixée sur le coté de la voiture et qui porte le trolley. La construction de ce caniveau est très intéressante : il est formé d’une ossature en fonte fixée de mètre en mètre dans la tranchée. Les anneaux en fonte qui la composent présentent une section elliptique dont le grand axe, placé dans le sens de la hauteur, est de 0m,45 et le petit axe 0,n,55. Il y a naturellement au sommet, sur la partie
- destinée à recevoir le double rail, un espace vide où passera le trolley. Lorsqu’un certain nombre d’anneaux sont en place dans la tranchée, on les garnit intérieurement de plaques de tôle qui les ferme complètement et on coule du béton extérieurement de manière à réunir tous les anneaux en comblant la tranchée. On obtient ainsi un caniveau continu très solide qui forme pour ainsi dire un seul bloc avec l’un des rails de la voie. On a ménagé tous les 4m,20, entre deux anneaux, un regard par où peut passer un gâmin; il entre par là, une première fois quand le béton a fait prise, pour aller démonter les armatures de tôle et faire les raccords nécessaires. Comme la section est très étroite (elle n’a, ainsi que nous l’avons dit plus haut, que 0m,45 xOm,55) il lui serait impossible à peu près de s’y mouvoir; aussi a-t-on employé un artifice très simple : on a d’abord introduit dans l’intérieur une plaque de fer supportée aux quatre coins par des cordes qui viennent se
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- relier à un petit chariot à deux roues placées l'une devant l’autre sur le double rail. Le gamin se couche sur cette plate-lbrme et les ouvriers placés à l’extérieur l’ainènent aux différents points où il doit travailler.
- Quand le caniveau est complètement terminé, on fixe les godets isolés en face de chaque regard et par celui-ci on fait passer le conducteur qui est ensuite fixé aux godets. Les regards sont fermés par une plaque métallique démontable de façon à pouvoir être toujours utilisés; le caniveau est relié, à peu près tous les 100 ou 150 mètres, selon les cas, aux égouts de la ville, afin d’assurer l’écoulement des eaux de pluie et ces saletés qui s’y accumulent en passant par la fente du double rail. Ce mode de construction permettra de concilier l'esthétique des grandes villes avec le trolley des tramwavs électriques. G. M.
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- L’AMBRE
- A l’étage du palais de la Métallurgie, à l’Exposition, les Mines royales de Kœnigsberg font une exhibition très intéressante de l'ambre qu’elles exploitent. Elles donnent asile, en même temps, aux produits de l’industrie d’une dizaine de fabricants allemands et l’exposition n’en est que plus complète.
- L’ambre est représenté par une infinité d’échantillons qui peuvent être partagés en trois divisions principales : les laiteux, les osseux et les limpides.
- L’ambre laiteux est le plus recherché pour les articles de fumeurs ; le limpide est plus spécialement affecté aux objets de parure; ce dernier est le plus souvent jaune, mais il en existe aussi des échantillons d’une couleur verte émeraude qui sont d’une grande rareté et d’une valeur inestimable.
- Nous avons vu aussi quelques spécimens d’un ambre particulier, appelé gédanil, d’une assez jolie apparence, qui provient d’une essence d’arbre autre que celle de l’ambre ordinaire.
- Le musée des Mines de Kœnigsberg, en dehors de ses échantillons, a envoyé les pièces les plus remarquables de sa collection de plantes et d’insectes incrustés dans l’ambre à l’époque tertiaire. On y remarque des conifères, des dicotvlédonées, des lichens ainsi que de nombreux diptères, orthoptères, névroptères, coléoptères, hyménoptères, myriapodes, lépidoptères, des larves, des scorpions, etc. Une pièce unique consiste en une goutte d’eau enfermée dans un espace où elle peut se déplacer.
- On peut aussi admirer quelques objets préhistoriques, de l’âge de la pierre : perles, amulettes, boutons, ainsi qu’une petite statuette humaine.
- Parmi les produits industriels, se trouvent des articles pour fumeurs et des objets de parure. Des meubles avec placages d’ambre sont aussi exhibés ainsi que des ambres artistiques montés en or et en argent.
- L’attention est également appelée sur les produits en ambre pressé pour lequel on utilise les*résidus de 1.1 fabrication. Ces derniers, réduits en poudre, ont été soumis à une haute pression en même temps qu’à une température de près de 400°. Mélangés avec des matières colorantes, ils fournissent des produits de l’aspect le plus varié et le plus agréable. Delauney.
- L'ÉLECTRICITÉ YÉCÉTALE
- Les végétaux, comme les animaux, sont susceptibles de produire de l’électricité, mais celle-ci a été encore peu étudiée. A ceux ([ui voudraient se livrera ce travail très intéressant, nous signalerons — en guise d’introduction — une Note que vient de publier M. Raphaël Dubois1 sur un point de la question, et dont nous allons dire quelques mots.
- Un premier phénomène constant est celui que l’on peut constater facilement en promenant des électrodes impolarisables reliées à un bon galvanomètre à la surface des végétaux intacts, c’est-à-dire n’ayant subi aucune lésion, à savoir que les parties supérieures du végétal ont toujours un potentiel plus élevé ipie les parties situées plus bas. La différence de potentiel s’accentue en général, d’autant plus que les deux électrodes sont plus éloignées, par exemple quand l’une est située près du sommet et l’autre vers l’extrémité de la racine. Le potentiel est surtout élevé dans les bourgeons et les jeunes pousses.
- Dans une même partie d’un végétal portant cependant des organes fort divers, M. Raphaël Dubois a pu vérifier la constance de cette loi. Une électrode étant appliquée à la base de l’inflorescence femelle d’un gouet (arum italieinn) et l’autre portée successivement sur l’inflorescence femelle et sur le sommet du spadice, on voit que le potentiel est plus élevé que celui de l’inflorescence mâle et le potentiel de celle-ci plus grand que celui de l’inflorescence femelle.
- Sur des carottes et des salsifis munis de leurs feuilles et de la plupart de leurs radicelles, on constate facilement que le collet a un potentiel supérieur à celui de l’extrémité radiculaire.
- Ces faits, connus depuis longtemps, ont été attribués aux phénomènes de capillarité qui se produisent dans les vaisseaux par suite de la montée de la sève. A vrai dire, cette hypothèse n’est pas démontrée ; l’objection grave qu’on puisse lui faire est que la distribution est la même dans une carotte à l’état de vie active que dans une carotte extraite de terre depuis longtemps, à l’état de vie ralentie et dont le courant des vaisseaux est par conséquent arrêté.
- Dans les investigations sur les carottes et les racines analogues, il est important de ménager les radicelles et de ne faire, d’une manière générale, aucune lésion grave à la surface des végétaux en observation. Voici une expérience qui prouve le bien fondé de cette recommandation. Si, après avoir constaté l’existence de la distribution normale du potentiel chez une carotte, on pratique une section perpendiculaire à son grand axe, on voit au bout d’un temps très court que la distribution du potentiel est bouleversée : le point qui avait le potentiel le plus élevé a maintenant le potentiel le plus faible :
- 1 Soc. Lin. de Lyon,
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- c’est celui où a été pratiquée la lésion et le courant a été renversé.
- Mais, chose remarquable, on peut faire reparaître la distribution normale du potentiel en pratiquant une autre section vers l’extrémité de la racine, alors même que la nouvelle section serait plus petite que la première. On peut dire, en d’autres termes, qu’une première lésion a renversé le courant primitif normal, mais qu’une seconde lésion, dans le point opposé, a rétabli le courant normal ; celui-ci avait été d’abord compensé par un courant de sens contraire né de la première lésion; ce dernier étant, à son tour, compensé par un courant de sens opposé, produit par une seconde lésion, le courant normal réapparaît. Ce courant normal semble bien dû à l’activité physiologique trophique. M. Raphaël Dubois propose de l'appeler courant trophique par rapport aux deux autres qu’il nomme courants traumatiques. La production de ces derniers est très générale ; on peut l’obtenir avec des fruits, des fleurs, des feuilles, des tubercules, etc.; toujours le courant se dirige de la partie saine vers la partie lésée. La lésion entraîne toujours une baisse de potentiel.
- Une carotte cuite, puis refroidie, présente la meme distribution de potentiel qu’une racine vivante. Pourtant elle en diffère, car si on pratique la même section que dans la précédente expérience, il n’y a plus renversement du courant. La cuisson n’a pas détruit la distribution normale du potentiel, mais a supprimé la possibilité du courant traumatique. C’est probablement à des courants traumatiques qu’il faut attribuer les résultats obtenus par d’autres observateurs qui ont noté que le bois était négatif par rapport à l’aubier et celui-ci également négatif, ainsi que le cambium, par rapport à l’écorce saine.
- À noter qu’avec de jeunes germinations la distribution normale du potentiel ne se retrouve pas. Dans iine jeune plantule de lupin, en effet, le collet a un potentiel moins élevé que la partie supérieure des cotylédons, mais le potentiel de la radicule est plus grand que celui du collet : on constate, en somme, l’existence de deux courants de sens inverse, marchant tous deux, à l’extérieur, des extrémités vers le collet. Ces faits s’expliquent si l’on songe que les matières nutritives partent des cotylédons pour aller dans deux sens, vers la racine et vers la gemmule.
- Que se passe-t-il, dans les végétaux excitables, au point de vue électrique? C’est ce que M. Raphaël Dubois a cherché sur une sensitive ligneuse robuste (JUirnosa Spegazini). Pour cela il plante deux épingles dans la tige et les met en relation avec-un galvanomètre.
- Puis il excite les feuilles pour les faire se fermer ou les laisse revenir à leur position normale. La conclusion de ces expériences est que la transmission de l’excitation vers d’autres feuilles est accompagnée d’une onde négative qui fait baisser le potentiel successivement dans les deux aiguilles, la plus
- haute et la plus basse étant d’abord rencontrées par cette onde suivant le sens de la transmission. Quant à la fermeture lente et normale des feuilles, elle ne paraît pas plus accompagnée de variation de potentiel que leur ouverture lente.
- Ces faits montrent bien nettement que l’excitation produit un effet de même sens que les traumatismes, c’est-à-dire une baisse de potentiel au point excité. Si l’excitation se transmet successivement de proche en proche, elle est accompagnée d’une onde négative, qui peut modifier en cheminant soit l’intensité, soit le sens du courant normal.
- Ceci nous amène a rappeler les éludes de M. Rur-don-Sanderson1 sur la feuille de la Dionée attrape-mouches. On peut montrer, même à un nombreux auditoire, que la contraction de cette feuille s’accompagne d’une variation électrique.
- Pour cela, on projette sur l’écran la colonne mercurielle de l’élcctromètre capillaire qui est d’une extrême sensibilité et traduit instantanément un changement électrique de très courte durée. On relie l’extrémité de cet électromètre aux deux lobes d’une feuille, de telle façon que, grâce au miroir, on peut observer le moment précis pendant lequel la feuille commence à se fermer et celui du premier déplacement de la colonne mercurielle, ces deux mouvements étant projetés l’un et l’autre sur le même écran : on voit le mercure se mouvoir bien avant la feuille. L’intervalle est approximativement d’une seconde.
- On prend ensuite une autre feuille enfermée, ainsi que la plante dont elle dépend dans une petite étuve chauffée à 32°C. Pour prévenir l’occlusion de la feuille, qui succéderait à l’action d’une série d’excitations auxquelles on se propose de la soumettre, on dispose une petite pièce de bois sec en travers de son limbe et on fixe à l’aide de plâtre ses extrémités aux aiguillons marginaux de chaque lobe. On insère de même des coins de plâtre dans l’entre-bâillement des deux lobes à chaque extrémité de la nervure médiane. La feuille ainsi préparée est projetée sur l’écran. Cela fait, on est à même d’exciter la feuille autant de fois qu’on le veut sans qu’elle se referme, et l’existence d’une modification spéciale dans ses tissus à la suite de chaque excitation est cependant révélée par un phénomène électrique semblable à celui qui caractérise la phase d’excitation latente et précède le mouvement.
- Autre expérience. Le diagramme (fig. 2, B) montre la position des électrodes par lesquelles les faces opposées de la feuille sont reliées aux extrémités de l’électromètre. On remarque qu’elles partent de deux points opposés situés sur la face supérieure et la face inférieure du lobe de droite tandis que le fil induit se rattache au lobe de gauche. A peine le courant vient-il exciter ce dernier que l’électromètre relié au lobe voisin révèle l’existence d’une variation électrique. L’intervalle de temps qui sépare ces deux phéno-
- 1 Burdon-Sandersor. L'excitabilité des plantes (La Belgique horticole).
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- mènes, représente la durée nécessaire pour la transmission de l’excitation d’une moitié de la feuille à l’autre. 11 est de 5 centièmes de seconde environ, comme on le démontre par une autre expérience dont on peut se faire une idée en imaginant un pendule en train d’osciller de gauche à droite et ouvrant successivement sur son trajet trois clefs : la première interposée dans le circuit primaire de l’appareil inducteur qui sert à exciter la feuille; la seconde servant à interrompre un fil de dérivation qui diminue la longueur des électrodes et livre passage au courant sans que celui-ci arrive au galvanomètre qui remplace l’élec-tromètre dans cette expérience; enlin la troisième interceptant le circuit gal-vanométrique. J)e cette façon, les faces opposées de la feuille ne sont rattachées au galvanomètre que pendant l’intervalle qui sépare l’ouverture des deux dernières clefs.
- Or, celles-ci étant disposées de telle sorte que le circuit galvano-métrique se ferme 1/100 de seconde après l’excitation et s’ouvre 3/100 de seconde plus tard, on n’ohserve aucun phénomène électrique : il en résulte donc que celui-ci, dans la partie de la feuille reliée au galvanomètre, ne débute que 5/100 de seconde au moins après l’excitation. Prolongeant la durée de fermeture du circuit galvanomé-trique jusqu’à 4/100 de seconde, on observe la variation électrique prévue et l’on est par conséquent certain qu’elle se manifeste
- entre 5 et A centièmes de seconde après l’excitation. On peut, grâce à l’emploi de cette méthode, constater : d’abord que la transmission de l’excitation d’un point à un autre, quelque restreinte que soit la durée qui les sépare, exige un intervalle de temps appréciable ; ensuite que la durée de cet intervalle varie suivant le trajet à effectuer, la vitesse de translation (en serre chaude) étant d’environ 200 millimètres par seconde, comparable par conséquent à celle de la variation électrique dans le cœur de la grenouille.
- On peut encore prouver le caractère régulier et constant de la modification électrique, dans des conditions semblables. En faisant usage du mode opératoire précédemment décrit, l'effet électrique se compose de deux phases, dont la première a pour caractère l’effet négatif de la face inférieure
- par rapport à la supérieure. On peut se rendre compte expérimentalement de ces faits en photographiant la colonne électrométrique sur une plaque sensible avec une vitesse uniforme et rapide : dans l’épreuve obtenue, le caractère diphasique est très apparent, et l’on peut voir que la phase première ou négative dure moins d’une seconde et que la positive, dont la durée est moindre de beaucoup, se prolonge cependant assez pour qu’une nouvelle excitation vienne l’interrompre avant que son elfet ait cessé de se faire sentir. Henri Coupin.
- 1. — 1. Répartition do l’éiortricité dans une inflorescence d'arum. 2. Une germination de lupin. — 3. Une branche de sensitive.
- •i. Une carotte entière. — 5, 6. Une carotte sectionnée.
- g. 2. — 1. Feuille de Dionœa lixée de manière à empêcher son occlusion. — 2. Diagramme d’une section schématique à travers le limbe de la feuille de Dionœa avec te dispositif
- pour montrer ses variations électriques. — 3. Copie d’une photographie reproduisant les variations successives de niveau de 1 electromèlre capillaire, projeté sur une plaque sensible mise en mouvement avec une vitesse de 1/2 cm par seconde.
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- UNE JUMELLE DISSYMÉTRIQUE
- Au cours de ces dernières années, des innovations intéressantes ont été apportées à la construction des instruments d’optique, en particulier à celle des jumelles et longues-vues.
- Dédaignant en effet les usages jusqu’alors communément suivis, certains spécialistes n’hésitèrent pas à recourir à des combinaisons toutes nouvelles dont le résultat des plus heureux fut, en diminuant le volume des instruments, d’accroître en des proportions notables leur puissance et leur luminosité.
- A cet égard, en particulier, les jumelles à prismes, dont la réalisation a permis d’augmenter très sensiblement les qualités stéréoscopiques de ces instruments, grâce à cette particularité qu’elles présentent d’avoir leurs objectifs disposés sur une base notablement plus étendue que les oculaires, méritent tout particulièrement d’attirer l’attention.
- Cependant si les jumelles à prismes, combinées suivant les façons habituelles, présentent cet avantage fort appréciable de permettre un raccourcissement notable de la longueur de l’instrument, en raison de cette circonstance qu’elles déplacent et replient sur eux-mêmes les rayons lumineux qui doivent dès lors cheminer à l’intérieur du corps de l’instrument, suivant une ligne brisée et non plus suivant une simple droite, en revanche, par suite justement de ce déplacement de leur axe optique, sont-elles forcément exagérément larges, et partant demeurent-elles toujours volumineuses.
- Pour remédier à ce dernier défaut, il n’était qu’un moyen. Abandonner résolument les errements traditionnels, et, de même que l’on avait par un artifice habile trouvé moyen de raccourcir la longueur de la jumelle, user d’un autre artifice inédit pour en diminuer la largeur. C’est ce qu’a entrepris de faire, avec succès, un habile spécialiste, M. Clermont-IIuet, constructeur d’instruments d’optique et fournisseur du Ministère de la guerre.
- Jusqu’à présent, dans tous les types de jumelles, les deux oculaires et les deux objectifs sont placés symétriquement par rapport à l’axe de l’instrument, si bien que celui-ci est toujours constitué par deux corps symétriques par rapport à cet axe.
- La conséquence obligatoire de cette disposition uniformément suivie est qu’entre les deux corps de la jumelle se trouve un espace vide correspondant justement à la distance séparant les deux oculaires.
- Dans son nouveau modèle de jumelle, M. Clermont-Huet s’est avisé que l’on pouvait mettre à profit cet espace inoccupé et, de ce chef, diminuer en de notables proportions la largeur de l'instrument.
- A cet effet, au lieu de construire sa jumelle suivant les modes habituellement en usage, avec deux corps symétriques, M. Clermont-IIuet utilise deux corps absolument identiques et dans lesquels les oculaires et les objectifs, disposés suivant des diagonales, occupent les mêmes positions relatives.
- Grâce à cette disposition extrêmement originale et en même temps d’une parfaite simplicité, tout en conservant l’écartement nécessaire des oculaires, les
- deux corps de la jumelle peuvent être accolés l’un à l'autre sans qu’aucun espace soit perdu, ce qui a pour résultat de réduire en de notables proportions la largeur du système.
- Par exemple, dans cet instrument dissymétrique, les deux droites joignant les oculaires et les objectifs de chaque corps de jumelle, au lieu d’être des droites concourantes et symétriques par rapport à l’axe, sont des droites parallèles.
- Le fonctionnement de ces nouvelles jumelles, qui bénéficient naturellement de tous les perfectionnements réalisés jusqu’ici, tant pour la mise au point, pour l’écartement des yeux, que pour la facilité du nettoyage, est particulièrement simple.
- En M se trouve sur la face supérieure de l’un des corps de l’instrument, entre ses deux oculaires S S, un bouton molleté sur l’arbre duquel sont calés, à ses deux extrémités, des pignons engrenant avec des crémaillères fixées sur les traverses de l’autre corps de la jumelle. Suivant donc que l’on tourne ce bouton M suivant un sens ou un autre, on écarte ou l’on rapproche l’un de l’autre les deux eorps de l’instrument.
- Rien n’est donc plus aisé que de les amener pour chaque observateur à la distance convenable d’écartement des yeux.
- Quant à la mise au point, elle se fait successivement pour chaque œil en agissant sur les deux bagues SS.
- Le nettoyage facile de l’instrument, enfin, se
- Jumelle dissymétrique.
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- LA NATURE.
- réalise en manœuvrant à l’aide d’une pièce de monnaie la vis V.
- En faisant effectuer à celle-ci un demi-tour, en effet, on délivre l’enveloppe coulissante du corps de jumelle et l’on a ainsi le plus large accès sur les prismes, dont on peut alors essuyer facilement les diverses faces sans avoir à redouter de les décentrer.
- Ce dernier perfectionnement est, du reste, de la plus haute importance, car il évite aux possesseurs de ces jumelles, alors ([lie leur appareil optique s’est terni, soit par suite de l’humidité ou d’un dépôt de fines poussières, d'ètre dans la nécessité de retourner leur instrument au constructeur.
- Comme on voit, la nouvellejnmelle dissymétrique de M. Clermont-Huet n’est pas seulement un instrument d’une construction originale, mais bien un appareil réellement perfectionné et digne à ce titre d’attirer l’attention. Georges Yitocx.
- Le deuxième banquet de Scientia a été offert à Lord Lister. L’affluence était considérable et surtout composée de la fine fleur des chirurgiens français. Notre confrère, Charles Richet, professeur de physiologie à la Faculté de médecine de Paris, présidait le banquet, ayant à sa droite M. Mare y et à sa gauche M. Landouzy. Lord Lister avait à sa droite M. le professeur Guyon, et à sa gauche M. le professeur Bouchard, tous deux de l’Institut. Avant le champagne, M. Richet a rappelé les titres de M. Lister à la reconnaissance publique. La méthode antiseptique, dérivée des découvertes de notre grand Pasteur, a renouvelé la chirurgie. On mourait très souvent par infection ; on ne meurt plus. Lord Lister a sauvé des centaines de mille de personnes. C’est bien un des grands bienfaiteurs de l’humanité! 11 a fait reculer la mort! Si tous ceux auxquels il a rendu la vie étaient présents, ils ne tiendraient pas même serrés dans l’immense enceinte de l’Exposition.
- M. Bouchard a salué à son tour le grand chirurgien, président actuel de la Société royale de Londres. 11 a rappelé certain voyage de Hollande; c’était au moment des premiers essais d’antisepsie chirurgicale. Autour de lui, on souriait avec scepticisme. 11 aura fallu des années et des années pour que l’on finisse par croire à la grande découverte de Lister.
- M. le professeur Guyon s’est levé et a dit qu’il venait, au nom de la Faculté de médecine, féliciter Lord Lister et lui exprimer toute l’admiration des chirurgiens. Après le professeur Guyon, M. Just Lucas-Championnière a raconté les débuts de l’antisepsie chirurgicale. 11 avait été à Londres en 1808 voir Lister; vite conquis par la nouvelle méthode, il était revenu à Paris convaincu et adepte enthousiaste. 11 a été le premier initiateur en France. Aussi est-ce avec un profond sentiment de reconnaissance qu’il élève son verre en l’honneur du grand Lister. Autre discours de M. Pinard qui montre avec éloquence l’influence de l’antisepsie en obstétrique. On n’osait plus opérer dans les Maternités tant la mortalité était grande. Grâce à Lister, des milliers d’existences aujourd’hui sont épargnées chaque jour dans le monde entier.
- Lord Lister, très ému des témoignages de vénération et d’admiration qui venaient de lui être donnés par des confrères éminents, a remercié dans un discours charmant de bonhomie et de simplicité : « Je n’ai eu qu’à suivre le
- chemin tracé par Pasteur, a-t-il dit en excellent français. J’ai fait ce que j’ai pu.... Et voilà tout. Vous êtes trop indulgents, mais je n’oublierai jamais cette réception. Merci, merci de tout cœur. »
- Lord Listera aujourd’hui 73 ans et il n’y parait guère.
- Il est docteur de toutes les Universités, membre de toutes les Académies ; il fut créé baronnet en 1883 et pair d’Angleterre en 1808.
- Voici les principales personnes qui avaient tenu à rendre hommage au rénovateur illustre de la chirurgie. MM. Virchow et Lannelongue, retenus ailleurs, s’étaient fait excuser.
- MM. Lippmann, Bouchard, Guyon, Marey, de l’Institut; Lucas-Championnière, Pinard, Pozzi, Richelot, Landouzy, Lejars, Poncet, de Lyon; Tripier, de Lyon ; Doyen, Marcel Baudoin, Bergonié, de Bordeaux; Revilloud, Gley, Coquerelle, Bazy, Ruault, Varnier, Wallich, Walter, Langlois, Lhote, Monod, llcrrgott, Smith, Lachapelle, Diakonoff, Maurenge, Landrin et ses fils, Nezer, Lepage, Robinson, Faure, Dupuy, Yvon, Queirel, Carvallo, Ch. Richet,
- L. Olivier, Henri de Parville, etc.
- CHRONIQUE
- !.«-* causes «le la peur cliez les enfants. — Sur
- ce sujet encore peu étudié un médecin étranger, qui s’est fait une spécialité des questions psycho-physiologiques, vient de publier un travail curieux, dont nous extrayons les observations suivantes, susceptibles d’intéresser ceux qui s’occupent de l’éducation des enfants. Ce médecin a interrogé plus de quinze cents petites fdles, petits garçons, jeunes fdles et jeunes gens, de quatre à vingt ans. Toutes leurs réponses ont été soigneusement consignées par écrit et classées suivant l’àge. Pour les petits enfants jusqu’à neuf ans, ce qui les effraie le plus semble être d’une façon générale le bruit du tonnerre. Puis viennent, par ordre, les serpents, les personnes étrangères, l’obscurité, le feu, la mort, les animaux domestiques, la maladie, les bêtes féroces, l’eau, les insectes et les fantômes. Les rats et les souris paraissent être la terreur presque unique des fillettes de huit à quatorze ans. Par contre, les garçons ont plutôt peur des chiens et des insectes. A partir de quinze ans, les jeunes gens n’osent plus avouer leurs craintes, tandis que les jeunes filles ont reconnu qu’elles n’avaient vaincu la peur qu’à partir de dix-huit ans.
- Les premiers résultats du Transsibérien. —
- La construction du chemin de fer transsibérien a été menée avec une grande rapidité et par les résultats déjà obtenus on peut prévoir son grand avenir. Après neuf ans de travaux, 5002 verstes ont été couvertes de rails, ce qui donne une moyenne de 502 verstes par an (la verste vaut lkm,00078). Cette année, les communications se trouveront assurées entre le continent européen et Wladiwostok, en partie par chemin de fer, en partie par bateau à vapeur. Le voyage aura une durée de deux semaines et demie environ ; les communications seront encore rendues plus faciles après l’achèvement du tronçon contournant le Baïkal de la ligne de l’Est chinois, cette dernière doit relier le Transsibérien, par la voie la plus directe, avec Wladiwostok et Dalny. L’étendue totale du grand Transsibérien, en y ajoutant le chemin de fer de Mandchourie, comprendra 8313 verstes. L’itinéraire le plus direct d’un océan à l’autre, par voie de terre, sera le Havre, Paris, Cologne, Berlin, Varsovie, Moscou, Samara, Irkoutsk, Wladiwostok. Sur les M 100 verstes à parcourir sur rails, 450 appartiennent à la France, 150 à la Bel-
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- LA NATURE.
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- gique, 1000 à l'Allemagne, 5400 à la Russie (l'Europe, 0110 à la Russie d’Asie et à la Mandchourie. Les résultats immédiats de l’exploitation du Transsibérien ont dépassé les prévisions. Depuis 1895 jusqu’en 1899, voici la progression :
- 1890 417 000 voyageurs 11 455 tonnes de marchandises.
- 1897 000 000 ‘27 485 —
- 1898 1 049 000 — 40 571 —
- 1899 1 075000 — 45 759 —
- Parmi les marchandises exportées de Sibérie, les céréales forment 42 pour 100 ; viennent ensuite la viande, la volaille, le beurre, les suifs, les peaux, la laine, les œufs. Comme chargement du transit, il faut citer le th . Après l’achèvement complet de la ligne, le prix du billet de première classe avec wagons-lits, de Moscou à "Wladiwostok, sera de 115 roubles’ (506 francs). Il faudra, pour se rendre de Paris ou de Londres (en première classe) à Shanghaï, seize jours et le prix sera de 850 francs, au lieu de trente-quatre ou trente-six jours de voyage en mer, coûtant actuellement 2200 francs.
- (/industrie du coton en France. — L’industrie du coton occupe en France trois régions principales : la Normandie, qui peut prétendre à la plus grande ancienneté, les Vosges et le Nord. Voici quelques chiffres à ce sujet : En 1897, les départements qui occupaient le plus d’ouvriers étaient : la Seine-Inférieure, 22 500 ; les Vosges, 19 000 ; le Nord, 15 800 ; le Rhône, 15 800. Ceux où il y avait le plus de broches étaient : le Nord, 1 700 400 ; la Seine-Inférieure, 1 400 000 ; les Vosges, 559 200 ; l’Eure, 540800. Les métiers mécaniques étaient répartis comme il suit : Vosges, 20 500 ; Seine-Inférieure, 15 500 ; Eure, 7000; Loire, 5400; Rhône, 4550. A la suite du vote des tarifs actuels, les industriels français, et même des industriels anglais, ont fondé de nouvelles filatures dans les Vosges, la Normandie et le Nord. On peut évaluer actuellement le nombre de broches dans les filatures à 5 500 000 et celui des métiers à tisser à 98 000. En ce moment encore beaucoup de nouveaux établissements sont en train de se monter.
- Le chameau employé comme Bète de somme en Allemagne. — En riche propriétaire foncier des environs dcPosen, en Allemagne, M. le comte Skorzewski, a eu l’idée dernièrement de faire labourer ses champs par des chameaux. C’est la première fois, croyons-nous, que pareille tentative est faite en Europe; aussi les agronomes d’outre-Rhin ont-ils suivi avec beaucoup d’intérêt l’expérience en question. D’après les résultats déjà obtenus, on a pu se rendre compte que le chameau, habitué aux privations et très résistant à la fatigue, donnait une somme de travail environ deux fois supérieure au cheval. Par rapport aux bœufs, la différence est presque aussi sensible. Enfin il y a une légère économie de nourriture et d’entretien. Le propriétaire dont nous parlons vient de faire venir d’Algérie trois autres paires de chameaux qu’il compte utiliser de la même manière. Son exemple a, d’ailleurs, été suivi par quelques fermiers posnaniens, notamment à Gratz, et bientôt peut-être l’emploi de chameaux au labourage se généralisera-t-il dans toute cette région Est de l’Allemagne, dont l’agriculture est à peu près la seule richesse.
- Fnc nouvelle substance tannante (( le Tara )) .
- — Des essais viennent d’êtres tentés avec une nouvelle substance tannante provenant des racines d’un arbuste appelé « tara » ou (( téri », qui croît en Birmanie et dans l’Assam. La nouvelle matière paraît être supérieure au dividivi et autres substances employées jusqu’à ce jour. Il
- résulte des expériences faites dans le laboratoire de tannerie de Bristol, que l’on pourrait retirer 55 pour lût) de matière tannante des racines du tara. De récents essais auraient même donné 50 à 00 pour 100. La substance obtenue forme avec la gélatine un dépôt neigeux. Par l’adjonction de certains produits chimiques, on peut obtenir différentes couleurs, de sorte que le tara fournit non seulement une substance tannante, mais encore une excellente matière colorante. 11 se distingue, en outre, du dividivi en ce que sa dissolution n’est sujette à aucune fermentation nuisible.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du G août 1900. — Présidence de M. M. Lévy.
- Composition de l’oxyde bleu de molybdène. — M. Moissan dépose une Note de M. Marcel Guichard sur l’oxyde bleu de molybdène. Cet oxyde est le moins bien connu de tous les composés oxygénés du molybdène; on a proposé, pour représenter sa composition, un grand nombre de formules. M. Marcel Guichard a isolé cet oxyde bleu hydraté à l’état de pureté et a indiqué les conditions nécessaires à réaliser pour l’obtenir en quantité notable. D’après ses dosages, le corps en question a pour formule Mo 0*, 4 Mo O3, fi H* 0.
- Élections. — M. Oustalet est désigné en première ligne par l’Académie et M. de Pousargues en deuxième ligne, au choix du Ministre de l’instruction publique, pour la chaire de zoologie du Muséum d’histoire naturelle.
- Varia. — M. A. Gautier lit un Mémoire sur le rôle de certaines fonctions organiques dans l’élimination de l’arsenic. — M. le Ministre de la guerre consulte l’Académie sur la question suivante qui a été renvoyée à la Commission des paratonnerres : Convient-il de rapprocher les arbres des magasins à poudre? — Mme Curie adresse une Note sur la croissance du poids atomique du baryum radifère. — M. Becquerel communique une Note de M. Daniel Berthelot sur les points d’ébullition du zinc et du cadmium. — M. Renou adresse une Note sur quelques températures observées au parc Saint-Maur. — M. Léaulé fait hommage à l’Académie, au nom des auteurs, MM. Gcrbardtet Grimaux, d’un ouvrage intitulé : « Charles Gerbardt, sa vie et son œuvre ». L’un des auteurs est le fils du savant chimiste; c’est lui qui a composé la partie du livre racontant la vie de Charles Gerbardt et qui a fourni sa correspondance. M. Grimaux a rédigé la partie du livre consacrée aux travaux et aux recherches de chimie. Cu. i»e Yieledecil.
- APPAREIL
- POUR MESURER L’INTENSITÉ DES SONS
- M. B. Sharp a décrit, dans Nature, un nouvel instrument destiné à mesurer directement l’intensité d’un son donné en un point quelconque de l’air. Cette mesure permet d’obtenir en unités ordinaires, en kilogrammètres par exemple, l’énergie développée dans les dilatations et les condensations qui se produisent pendant la propagation du son, avec une rapidité telle qu’il est presque impossible de les saisir.
- Cet instrument repose sur une théorie mathématique de Ilelmholtz donnant le rapport de l’énergie des vibrations qui se produisent au dehors et en
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- la iNatühk.
- 17 fl
- dedans d’un résonnateur sphérique, pour un son donné, et sur une formule de Lord llaleigh donnant une expression de l’énergie d’un son en fonction de la condensation.
- Le principe de l’appareil consiste dans l’adaptation à un résonnateur sphérique, du coté opposé à l’emhou-cliure, d’un petit miroir, qui, formant paroi, vibre sous l’iüfluence du son. Un rayon lumineux réfléchi par ce miroir se promène sur un écran et traduit ces vibrations sonores, sous forme de bandes. Le mouvement est observé d’une fente située dans le plan focal, c’est-à-dire perpendiculairement au mouvement des bandes. Cette disposition transforme la bande en une tache lumineuse qu’on observe avec une lunette, ou mieux encore qu’on photographie cinématographiquement. On a ainsi une mesure relative de l'amplitude maxima de la vibration d’où l’on peut déduire l’intensité en mesures relatives.
- Pour arriver à la mesure absolue, on remplace dans le résonnateur le petit miroir par une plaque plus épaisse, dont le son propre est plus haut de quatre octaves; on bouche le résonnateur et, au moyen d'une pompe à air, on obtient une série de pressions mesurées au manomètre dont il est possible de déduire avec une certaine approximation la pression correspondant à l’amplitude observée. La formule de llaleigh donne l’énergie cherchée.
- Ce procédé paraît comporter une précision trop faible par rapport à la complication des moyens employés. On a voulu ici simplement attirer l’attention des spécialistes.
- Il n’est peut-être pas inutile de rappeler que l’intensité dont il s’agit ici est purement objective, c’est-à-dire correspond à la force vive du mouvement vibratoire de l’air (proportionnelle au carré de l’amplitude maxima).
- Quant à l’intensité entendue, quant à ce «pii nous fait dire qu’un son résonne plus fort qu’un autre dans notre oreille, c’est un phénomène psycho-physiologique qui ne peut être mesuré en kilo-grammètres. Nous percevons, dans nos sensations, des différences d’intensité; nous pouvons constater que ces différences correspondent à des amplitudes différentes du mouvement extérieur de l’air, nos sensations étant plus fortes quand l’amplitude est plus grande, plus faibles quand elle est plus faible, mais notre savoir s’arrête là et malgré les travaux de Fechner et autres, il a été impossible de déterminer des relations numériques entre ces deux catégories différentes de phénomènes. G. G.
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- RÉCRÉATION SCIENTIFIQUE
- EXPÉRIENCE A EXPLIQUER
- 11 arrive quelquefois que l’on fait inconsciemment, sans pour ainsi dire s’en douter, de petites expériences dont les résultats, inaperçus de prime abord, mériteraient une explication. Par exemple, quand avec une tige mince, une allumette pointue, une plume on fait un trou dans une feuille de papier, a-t-on jamais remarqué la forme de ce trou? S’est-on aperçu que cette forme est toujours à peu près la même? Un fait un trou triangulaire. Pourquoi est-il toujours plus ou moins grossièrement triangulaire? Précisons.
- Prenez une feuille de papier qui ne soit ni trop épaisse ni trop line, — le papier de La Nature est très propice, —tendcz-la entre les doigts de la main gauche ainsi que l’indique la figure de façon à former une membrane rigide comme le serait la
- peau d’un tambour ; puis prenez une plume métallique emmanchée dans un porte-plume — il n’est même pas nécessaire qu’elle soit neuve, à condition toutefois qu’elle ne se trouve pas encrassée d’une couche trop épaisse d’encre séchée. — Prenez l’extrémité du porte-plume avec la main libre et imprimez-lui, en l’enfonçant dans le papier, un mouvement de rotation soit dans un sens seulement, soit alternativement dans les deux sens, si vous n’avez pas pris assez de marge en commençant, et vous constaterez que le trou produit affecte invariablement la forme d’un triangle ainsi qu’on peut le voir sur le cartouche qui accompagne notre dessin.
- 11 est important que la plume employée pour l’expérience ne soit pas trop arrondie, car alors le résultat de la perforation, bien qu’il existe encore dans ce cas, se trouverait masqué; les trois côtés du triangle auraient une forme courbe et les intersections ne se trouveraient pas suffisamment indiquées.
- Si l’on prend une plume tout à fait plate, comme un grattoir par exemple, le résultat sera encore le même ; le papier se trouvera arraché et plus ou moins déchiqueté, mais on constatera avec la même évidence la forme triangulaire du trou. Pourquoi ce trou triangulaire? Qui nous en donnera la vraie raison? Ge petit problème réclame une solution. Jules Adac.
- Le Gérant : I*. Masson.
- Uu trou dans une feuille de papier.
- Paris. — Imprimerie Lauuiie, rue de Fleurus, 9.
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- X° 1421.
- 18 AGIT 1900.
- LA NATURE.
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- LE MONUMENT PELLETIER ET CÂNENTOU
- Le 7 août a été inaugurée à Paris, au croisement du boulevard Saint-Michel avec les rues Denfert-Rochereau et l’Abbé-de-TÉpée, la statue élevée à Pelletier et à Caventou et due au ciseau du maître sculpteur Lormier et à l’architecte Lisch.
- La cérémonie a été présidée par M. Moissan, membre de l’Institut, qui a retracé, dans un discours applaudi, la vie et les travaux des deux savants.
- Joseph-Bienaimè Caventou est né en juin 1795, à
- Saint-Omer. Il commença l’étude de la pharmacie sous la direction de son père et vint la parfaire à Paris. Sa bourse était si légère qu’il résolut de faire à pied la route de Saint-Omer à Paris. Un de ces marayeurs qui transportaient à l’époque la marée de Dunkerque à Paris, avec un attelage de cinq chevaux lancés à toutes guides, le rencontra et lui permit de monter sur sa charrette. C’est ainsi que Caventou fit son entrée à Paris. Entré en apprentissage chez un
- Le monument Pelletier et Caventou, inauguré à Paris, le 7 août 1900.
- pharmacien, il suivit les cours de la Faculté des sciences et de l’École de Pharmacie. En 1815, il fut nommé le premier au concours de l’internat, mais donna sa démission et prit du service dans la pharmacie militaire. Après la défaite de Waterloo, Caventou rentra à Paris et après concours fut désigné comme interne en pharmacie à l’hôpital Saint-Antoine. Le laboratoire dont il put disposer alors lui permit de se livrer à des travaux de chimie organique, et ce furent ces travaux qui le mirent en rapport avec Pelletier, pharmacien de la rue Jacob, qui s’occupait 28e annw. — 2' semestre.
- de recherches du même ordre. Ils devinrent peu à peu d’inséparables collaborateurs dans les travaux qui devaient illustrer leurs noms.
- Leur collaboration lut féconde et après avoir isolé la brucine et la strychnine, ils purent annoncer, deux ans après ces premiers travaux, la découverte bien autrement importante de la quinine et, avec un rare désintéressement, ils s’empressèrent de donner à leur procédé la plus grande publicité en présentant leur travail à l’Académie des sciences, le 11 septembre 1820. Ce travail considérable démontra
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- LA NATURE.
- d’une manière irréfutable la présence de la cincho-nine et de la quinine dans l’écorce des quinquinas gris, jaunes et rouges. Les auteurs, se basant sur des considérations théoriques, indiquèrent a priori que les corps isolés par eux étaient le principe actif du quinquina et attirèrent l’attention sur l’étude des alcalis du quinquina, en vue de donner à leur travail une utilité médicale. La découverte de Pelletier et Caventou s’est élevée à la hauteur d’un bienfait dont devait profiter l’humanité tout entière. Aussi, en 1827, ces deux savants se virent-ils décerner le prix Montyon par l’Académie des sciences à titre de récompense nationale. Nommés membres de l’Académie de médecine lors de la constitution de cette Société savante, Caventou et Pelletier continuèrent la série de leurs recherches et de leurs découvertes (pii peuvent se résumer comme il suit : quatre alcaloïdes : la strychnine, la brucinc, la vératrine, la quinine. Six acides : les acides cévadique, iatro-phique, pyroquinique, igazuriquc, cholcstérique, kaïncique. Trois matières neutres : la carminé, le gentianin, l’amhréine. Caventou, qui occupa en outre, pendant trente ans, la chaire de toxicologie de l’École de Pharmacie, a donné aux générations qui l’ont suivi l’exemple du travail, de la dignité de la vie et du désintéressement ; et ce doit être pour son fils, Eugène Caventou, membre de l’Académie de médecine comme son père, une émotion bien douce de voir revivre dans le bronze celui que sa piété filiale a conservé vivant dans son cœur. Street.
- LA ROTATION DE LA PLANÈTE VÉNUS
- Avant 1890, on ne doutait pas que la planète Vénus ne tournât sur elle-même en vingt-quatre heures, environ, comme Mars, comme la Terre, etc. La journée de la planète était analogue à la nôtre. Cette année-là, l’éminent astronome de Milan, Schiaparelli, annonça que l’on faisait erreur et que Vénus se comportait vis-à-vis du Soleil comme la Lune par rapport à la Terre; elle tournait autour de son axe dans le même temps qu’elle effectuait sa translation autour du Soleil, soit en 225 jours. Les astronomes restèrent quelque peu perplexes, malgré l’autorité du nom de Schiaparelli. Il semble qu’ils aient eu raison. Un observateur russe éminent,M. Belopolsky,a été conduit en effet à l’ancien chiffre.
- M. Belopolsky appuie sa conclusion sur des expériences qui ne permettent guère l’illusion. L’œil nous trompe. Le spectroscope est bien supérieur dans son exploration du ciel. Si Vénus tourne en 225 jours, il est clair que tous les points de cet astre resteront sensiblement à la même distance de la terre, au moins pendant quelques heures. Si, au contraire, la rotation est rapide, il est évident qu’aux extrémités d’un même diamètre un point semblera se rapprocher de nous et l’autre s’éloigner. Or, le spectroscope permet, aujourd’hui, de très bien reconnaître les astres qui se rapprochent ou ceux qui s’éloignent. M. Belopolsky, à l’observatoire de Pulkowa, fit l’expérience avec un grand équatorial muni d’un spectroscope. Il reconnut ainsi, par le déplacement des raies spectrales, que, si vraiment le diamètre de Vénus est de 12700 kilomètres, la vitesse d’un point à l’équateur est
- d’environ 0km,5. Il a trouvé successivement, de mars en mai, les vitesses suivantes par seconde : 0km,7; 0km,5 ; 0km,462; 0km,-45; 0km,3. Ces vitesses conduisent respectivement, pour la rotation, à 15h9ra; à 22Mra; à 24h, à 24hf)m ; à 57 heures.
- Il est permis de s’en rapporter à la spectroscopie d’autant mieux que la méthode a reçu un contrôle remarquable dernièrement. M. Christie, astronome royal de Creenwich, a rappelé que M. Newal d’Oxford avait trouvé par le spectroscope que l’étoile de « La Chèvre » s’éloignait et s’approchait périodiquement de la terre en 104 jours, ce qui semblait impliquer que l’astre avait un compagnon. Or avec une puissante lunette, on vient effectivement de dédoubler La Chèvre. On peut donc conclure que M. Belopolsky a raison et que la rotation de Vénus est bien voisine de 25 heures. Flamkl.
- —«•<>-«—
- EXPOSITION DE 1900
- DISTRIBUTION DE L’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE
- II
- Dans notre précédent article1, nous nous sommes arrêté à l’arrivée des câbles des groupes électro-gènes aux tableaux de distribution à courants continus ou à courants alternatifs. Les circuits principaux à courant continu à 5 fils (2 X 220 volts) partant du tableau à courants continus sont au nombre de 10 pour effectuer la distribution uniquement dans le Champ-de-Mars. Cinq circuits alimentent le Château d’Eau, le palais du Champ-de-Mars (côté Suffren), le palais de l’Agriculture (côté des sections étrangères), les sous-sols du palais de l’Électricité, et les sections étrangères de la galerie des machines. Cinq autres câbles alimentent le côté de l’avenue de La Bourdonnais (sous-sol du palais de l’Électricité, palais du Champ-de-Mars, section française du palais de l’Agriculture, Salle des fêtes, section française de la galerie des machines). Tous ces câbles, avec ampèremètre, coupe-circuit bipolaire et interrupteur bipolaire à levier pour chaque circuit, sont fixés sur les trois barres générales du tableau de distribution. Les canalisations sont souterraines. La distribution par courants alternatifs est beaucoup plus étendue que la distribution par courants continus. Nous avons dit précédemment que chaque groupe électrogène alternatif était relié en un point distinct du tableau de distribution à courants alternatifs. En chacun dé ces points est placé un interrupteur à volant qui, par une simple manœuvre, permet de brancher un ou plusieurs groupes électrogènes alternatifs sur différents circuits. Les courants alternatifs employés sont monophasés bi ou triphasés à haute tension ; des postes de transformateurs sont répartis en diverses parties pour abaisser la tension, il y a aussi des convertisseurs qui transforment les courants alternatifs en courants continus.
- Les canalisations à courants alternatifs partant du tableau de distribution sont au nombre de 9; elles sont constituées par des câbles sous plomb et
- 1 Voy. n° 1415 du 7 juillet 1900, p. 80.
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- armés, fortement isolés, et placés en souterrain dans des caniveaux. (Iliaque ligne principale est double, des boîtes d'interruption ont été ménagées pour permettre toutes les manœuvres possibles. La canalisation n° 1 est à courants alternatifs simples à 2200 volts et alimente 6 lignes reliées à des postes de transformateurs. Les circuits secondaires desservent les annexes du Champ-de-Mars et alentours des palais. L’énergie électrique est fournie par les groupes électrogènes de la Soeyité Ilelios (1020 kilowatts) et ateliers d’Oerlikon (250 kilowatts), à 2200 volts et à la fréquence de 50 périodes par seconde.
- La canalisation n° 2 à courants triphasés à 2200 volts à la fréquence de 50 périodes par seconde alimente deux lignes souterraines en câbles armés à trois conducteurs reliées à un poste de transformateurs dont les circuits secondaires alimentent la partie aval du Trocadéro où se trouve l’exposition des colonies françaises. L’énergie électrique est fournie par les groupes électrogènes de la Société électricité et hydraulique (560 kilowatts), de la maison Bréguet (700 kilowatts) et de la Société Siemens et llalske (1250 kilowatts).
- La canalisation n° 5 à courants triphasés à 2200 volts et à la fréquence de 50 périodes par seconde desservent deux lignes qui alimentent les postes de transformateurs dont les circuits secondaires distribuent l’énergie électrique aux colonies étrangères et aux jardins du Trocadéro en amont du pont d’Iéna. Les groupes électrogènes producteurs d’énergie électrique sont les groupes de M. A. Grammont (340 kilowatts), de la maison Pieper (560 kilowatts) et des ateliers d’Oerlikon (500 kilowatts).
- La canalisation n° 4, également à courants triphasés à 2200 volts et à la fréquence de 42 périodes par seconde, alimente les postes de transformateurs pour desservir le quai d’Orsay et les berges de la Seine entre le pont de l’Alma et le pont d’Iéna. Les groupes électrogènes sont le groupe de la Société Electricité et hydraulique (620 kilowatts) et le groupe de Ganz (510 kilowatts).
- La canalisation n° 5 à courants triphasés à 5000 volts' et à la fréquence de 50 périodes par seconde alimente par deux lignes sept postes de transformateurs. La puissance, après transformation, est distribuée dans les palais de l’Horticulture sur le quai d’Orsay, dans le palais des Congrès et sur une partie du quai de Billy et des berges de la Seine. Les groupes électrogènes réservés à cette canalisation sont les groupes delà Société l’Eclairage électrique (440 kilowatts), de MM. Schneider et Cie (840 kilowatts) et de M. Kolben (560 këowatts).
- La canalisation n° 6 comprend deux lignes souterraines en câbles armés alimentées par des courants triphasés l’une à 5000 volts à la fréquence de 25 périodes par seconde, et l’autre à 3000 volts à la fréquence de 50. Ces deux lignes desservent dans l’Esplanade des Invalides un poste de convertisseurs
- dont le courant secondaire continu à 500 volts est destiné aux chemins élévateurs et à la force motrice dans les palais, et un poste de convertisseurs dans les Champs-Elysées. Le courant continu secondaire de ce dernier poste à 500 volts alimente l’éclairage dans les jardins des Champs-Elysées ainsi que dans la porte monumentale. Les groupes électrogènes qui desservent cette canalisation sont les groupes de la Compagnie générale de Nancy (280 kilowatts) et de la Compagnie française Thomson-Houston (675 kilowatts).
- La canalisation 7 «à courants triphasés à 5000 volts et à la fréquence de 50 périodes par seconde est formée de deux lignes qui alimentent 12 postes de transformateurs. Les canalisations secondaires se rendent dans les annexes de l’Esplanade des Invalides, à la Porte monumentale de la Concorde, au pont Alexandre I II ainsi que sur le quai d’Orsay et sur le Cours la Heine.
- La canalisation 8 est à courants biphasés à 2200 volts et à la fréquence de 42 périodes par seconde; elle est formée d’un câble armé à trois conducteurs qui alimente un poste de convertisseurs. Celui-ci fournit du courant continu à 500 volts à des chemins élévateurs et aux moteurs dans l’Esplanade des Invalides. L’énergie électrique est fournie par le groupe électrogène de la maison Farcol (180 kilowatts).
- La canalisation 9 est à courants triphasés à 2200 volts et à la fréquence de 50 périodes par seconde; elle dessert 10 postes de transformateurs dans l’Esplanade des Invalides. Les groupes électrogènes réservés à ces circuits sont les groupes de la Compagnie de Fives Lille (675 kilowatts) et de Ganz (670 kilowatts).
- Il nous faut ajouter que des canalisations à courants alternatifs monophasés ont également été installées par les secteurs des Champs-Elysées et de la rive gauche pour l’éclairage des jardins du Champ-de-Mars, du quai d’Orsay, du Trocadéro et du Cours la Heine.
- Toutes les canalisations principales dont nous venons de parler ont été établies par l’administration de l’Exposition. Les canalisations et branchements secondaires pour l’usage des exposants sont à leurs frais et ne peuvent être établis qu’en prenant, toutes les précautions énumérées dans de longs et minutieux règlements.
- En résumé, la distribution de l’énergie électrique est effectuée dans l’Exposition à courants continus (2 X 220 volts) pour le Champ-de-Mars et à courants alternatifs monophasés, bi et triphasés (à 2200, 3000, 5000 volts) pour toutes les autres parties de l’Exposition avec des transformateurs de réduction à 110-120 volts et des convertisseurs de courant alternatif en courant continu.
- Les applications de l’énergie électrique sont innombrables à l’Exposition; il serait difficile, presque impossible d’en faire une nomenclature exacte et complète.
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- L’éclairage électrique général des jardins des Champs-Elysées, du pont Alexandre III, de l’Espla-
- nade des Invalides, du quai d’Orsay et des berges de la Seine, des palais de l’Horticulture, du quai
- Fig. 1. — Tableau de distribution à courants continus. Départ des circuits.
- de Billy, du palais de l’Agriculture, du palais de l’Electricité, établi par les soins de l’Administration, comprend non moins de 1400 lampes à arc à courants continus, à air libre ou en vase clos, de tous modèles et de tous systèmes et près de 1600 lampes à arc à courants alternatifs de 10,
- 14 et 20 ampères; ainsi que 19 000 lampes à incandescence de tous modèles et de toutes puissances lumineuses.
- Les circuits de distribution, installés dans les palais, en alimentent peut-être autant, si ce n’est plus, pour le compte des exposants.
- L’éclairage obtenu dans les jardins des Champs-Elysées, sur le pont Alexandre III, sur les quais, sur l’Esplanade des Invalides, au Château d’Eau, dans la Salle des fêtes et, en général, dans toutes les diverses parties de l’Exposition, est très brillant et ne le cède en rien à l’éclairage intensif au gaz1 dont 1 Yoy. n° 1 ï 18, du 28 juillet 11)00, p. 131.
- parlait récemment notre collaborateur M. J. Leroy. Les applications mécaniques de l’énergie électrique ont rendu de grands services pour la transmission de force motrice à distance, pour actionner des transmissions, et pour permettre aux exposants de faire des démonstrations intéressantes en mettant en mouvement leurs divers appareils. Nous n’oublierons pas non plus le rôle de l’énergie électrique dans la mise en action des grues électriques, des ponts roulants, des rampes mobiles, des chemins élévateurs et ascenseurs électriques, de la plateforme et du chemin de fer électrique dont il a déjà été question.
- Nous aurions à mentionner encore beaucoup d’autres applications, notamment celles relatives à l’électrochimie qui ont fait de grands progrès depuis quelques années.
- Les applications calorifiques de l’énergie électrique ont obtenu un réel succès notamment pour la cuisine
- Fig. 2. — Vue d'un panneau du tableau de distribution à courants alternatifs.
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- électrique au restaurant espagnol, La Feria. Les nouveaux appareils de cuisine utilisent les résistances électriques Parvillée, formées, comme on le sait, de
- corps non conducteurs introduits dans une poudre métallique. On fabrique des plaques que l’on soumet à de grandes pressions et de hautes températures.
- Fig. 3. — Eclairage électrique dans l’Exposition. — En cartouche, transformateur placé dans le socle d'un candélabre.
- Ces résistances peuvent alors être utilisées très faci- ci-jointe nous montre une vue du restaurant élec-lement dans les appareils culinaires. La figure 4 trique de l’Exposition. Nous avons aperçu dans la
- Fig. 4. — Vue intérieure de la cuisine électrique du restaurant espagnol La Feria.
- cuisine deux grilloirs à feu vif, de 55 et de 25 ampères, deux fours de 20 et de 50 ampères où l’on peut cuire 55 kilogrammes de côte en 5h50 pour une dépense de 0fr,20 au prix de 0fr,50 le kilowattheure, un grand fourneau comprenant 4 foyers de
- 25 ampères et 4 foyers de 20 ampères, chaque foyer étant commandé par un interrupteur spécial, un réservoir à eau chaude, un légumier, et des appareils pour service du thé, café, etc. Les résistances Parvillée peuvent être portées à l’air libre au rouge
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- vif et donnent une température de 1200°. Les foyers de 25 ampères du grand fourneau dégagent environ 700 calories kilogramme-degré par décimètre carré de surface de chauffe.
- Tels sont, en résumé, les points les plus saillants de la distribution de l’énergie électrique à l’Exposition de 1900, comprenant les groupes générateurs d’énergie électrique, la division aux tableaux de distribution de l’énergie produite, la canalisation et la répartition après la transformation, et enfin quelques-unes des plus importantes applications.
- J. Laffargie.
- L ASSAINISSEMENT DE LV SEINE
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- UES CHAMPS D'ÉPURATION
- comparant les eaux traitées à Achères, d’une part aux eaux d’égout, d’autre part aux eaux de la Vanne et. de la Ohuis qui fournissent à la Ville de Paris la
- EAUX DÉGOÛT
- Collecteur d'Asnières. 57 170 126 19 50,2 y» H 12,50
- Chambre dos Vannes dlferblav .... il 187 165 84 36,8 2,» 19,07
- EAUX ÉPURÉES (Parc d’Aclières)
- Drain des Noyers. . 40 218 76 51 1.» 12,8 »
- Drain de Garenne. . 57 200 69 4-5 1,2 8,8 0,1
- Drain des Ponceaux. 51 165 57 55 0,9 5,5
- 5.350.000
- 15.650.000
- 500 3. (XK) 5. (XK)
- EAUX DE SOURCE
- Une grande partie des matières fertilisantes apportées chaque jour à Paris dans les denrées d’approvisionnement se retrouve dans les eaux d’égout qui sont, par suite, toujours chargées d’une importante quantité de matières organiques, et cela d’autant plus que le système éminemment hygiénique du « tout à l’égout » est appliqué sur une grande échelle.
- Le déversement direct en rivière des eaux usées, outre les inconvénients graves qu’il présente pour les populations d’aval, constitue donc une perte importante pour l'agriculture par suite de la non-utilisation de ces principes fertilisants. Les terrains cultivés ont besoin, en effet, pour donner de bonnes récoltes, de deux éléments : l’eau et l’engrais, éléments ({lie renferment précisément les eaux d’égout. Il était donc logique de prévoir ({lie des irrigations pratiquées avec ces eaux donneraient d’excellents résultats.
- En outre, après leur passage à travers le sol, les eaux d’égout sont épurées d’une façon remarquable : les matières organiques sont restées fixées dans le sol où elles constituent un puissant engrais ; d’autre part, Marié-Davy a établi que ces eaux ne contiennent plus que 0,265 pour 100 de l’azote ammoniacal qu’elles renfermaient précédemment. Enfin, au point de vue microbiologique, l’épuration est plus parfaite encore. C’est ainsi que les eaux provenant des champs d’épandage contiennent moins de bactéries que certaines des eaux de source qui servent à l’alimentation delà Ville de Paris, la Dhuis parexemple. Toutefois il convient de remarquer que si les eaux épurées contiennent fort peu de bactéries, si elles sont privées de matières organiques, elles renferment, en revanche, d'importantes quantités de substances minérales qui, leur communiquant des propriétés diurétiques, les rendent impropres à l’alimentation. Mais déversées dans une rivière où elles se diluent dans une forte proportion, elles ne sauraient en contaminer les eaux qui peuvent sans inconvénient être absorbées par l’organisme.
- Le tableau ci-après permet de se rendre un compte exact des résultats obtenus par l’épuration en
- Vanne (Réservoir) ÏUmis ( Réservoir).
- Milligrammes par litre.
- 1.120 -i. 050
- Ceci posé, nous avons indiqué précédemment1 comment les eaux étaient conduites aux champs d’épuration, il nous reste à voir comment elles y sont utilisées.
- A leur arrivée, les eaux sont réparties entre un certain nombre de conduites maitresses, en maçonnerie, en ciment armé on en fonte suivant les cas, et d’un diamètre variant de 1 mètre à lm,25. Sur ces conduites sont branchées d’autres conduites plus petites desservant les rigoles de distribution proprement dites qui conduisent l’eau d’égout aux terrains qui doivent les utiliser. Ces rigoles sont fermées au moyen de clapets ou de bouches ad hoc qui permettent d’interrompre à volonté l’irrigation. Les différents champs d’épandage sont divisés en un certain nombre de zones qui reçoivent l’eau à tour de rôle. On pratique donc l’irrigation par intermittence, ce qui d’ailleurs est le meilleur système d’arrosage.
- Les terrains à irriguer, à Gennevilliers et à Achères, sont disposés par raies et billons, comme l’indique la figure ci-contre, l’eau à épurer coule dans les raies et rigoles, imbibe la couche arable et baigne les racines des plantes sans couvrir le sol ni toucher les tiges et les feuilles. C’est le système d’irrigation dit « par infiltration ».
- Cette infiltration détermine, au bout d’un certain temps, la formation de dépôts solides sur le fond et les côtés des rigoles. La couche ainsi produite, tant qu’elle est mince, se fendille et ne s’oppose pas, par suite, à la pénétration de l’eau, mais à la longue, son épaisseur augmentant, sa perméabilité diminue. Il est alors nécessaire de procéder au curage des rigoles. Les dépôts qui s’étaient produits sont rejetés sur les planches intermédiaires et mélangées à la terre, ce qui constitue un engrais supplémentaire énergique.
- 1 Voy. n° 1412, du 16 juin 1000, p. 35 et n° 1417, du 21 juillet 1900, p. 123.
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- Une partie de l’eau qui coule dans les rigoles s’évapore ou est absorbée par les plantes. Le reste, traversant les canaux capillaires du sol, comme un libre naturel bien aéré, y subit une oxydation lente et une destruction complète des microbes, puis descend, ainsi épuré, jusqu’à la nappe souterraine. Par suite, celle-ci subit bientôt un relèvement de son niveau. Afin de conserver une épaisseur filtrante convenable, et pour ne pas inonder les points bas, il est donc indispensable d’établir un réseau de drains destinés à maintenir au-dessous d’une altitude déterminée le niveau de la nappe. C’est ainsi qu’il y a 12 kilomètres de drains à Gennevilliers et 20 kilomètres à Achères. L’eau ainsi recueillie et déversée en rivière est inodore et très claire ; les poissons y vivent aisément ainsi qu'on peut s’en rendre compte
- par le ruisseau qui traverse le jardin de ville d’Asnières et est alimenté par le drain des Grésillons provenant de la plaine de Gennevilliers. Les drains du parc agricole d’Achères sont également pourvus d’une eau très belle, ce qui a permis d’en faire de petites rivières qui égaient le parc et contribuent à lui donner l’apparence d’un coquet jardin anglais. C’est M. Poubelle, qui a eu l’idée d’aménager ainsi le champ d’épandage d’Achères et de lui donner l’aspect d’une promenade agréable contrastant nettement avec les idées injustes et préconçues répandues dans le public au sujet de l’épandage.
- Quant à la nature des cultures pratiquées sur les champs d’épuration, elle varie selon les endroits. À Gennevilliers, la culture maraîchère domine par suite de la proximité de Paris et du grand morcellement
- Fig. 1. — Carte générale des irrigations.
- de la propriété. Les autres terrains, plus éloignés de la capitale, reçoivent plutôt des cultures industrielles de betteraves et de pommes de terre ou sont convertis en prairies. Au domaine de Méry le fermier de la Ville pratiquera principalement les cultures fourragères, ce qui permettra de pousser à l’élevage des bestiaux et à la production laitière.
- Mais, quel que soit le genre de culture adopté, l’expérience a pleinement démontré l’excellence du système de l’utilisation agricole des eaux d’égout ; des terrains très médiocres sont devenus très fertiles, et, à Gennevilliers par exemple, le revenu annuel moyen a été de 2580 francs par hectare en 1898.
- Il nous reste à examiner quelques objections qui ont été faites au sujet des résultats obtenus par l’épandage.
- « Les légumes provenant des champs d’épuration, a-t-on dit souvent, sont très gros, il est vrai, mais ils ont un mauvais goût ou alors n’en ont aucun. »
- Tout d’abord, en quoi l’eau d’égout peut-elle, plutôt que les fumiers de ferme, ou la poudrette par exemple, communiquer une mauvaise odeur à des produits qu’elle ne baigne d’ailleurs pas, ainsi que nous l’avons indiqué; c’est là une idée préconçue contre laquelle il convient de réagir. Quant au second reproche relatif au manque, de goût des légumes, il convient de reconnaître qu’il pourrait s’appliquer aussi bien à toutes les cultures arrosées trop abondamment, fut-ce avec l’eau de source la plus pure. C’est au cultivateur qu’il faut s’en prendre, lui seul est coupable. Le service de l’épandage ne lui fournit de l’eau que lorsqu’il lui en demande, à lui de n’en pas abuser.
- Enfin récemment il a été fait beaucoup de bruit au sujet d’infiltrations qui se seraient produites à Méry. Or, là encore il y a eu exagération.
- Des infiltrations se sont produites, cela est incontestable ; il n’en pouvait être autrement ; c’était
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- prévu ; mais il n’était guère possible de connaître à l’avance les points où elles se produiraient. Le service de l’assainissement procède actuellement aux travaux nécessaires pour enrayer le mal ; la Ville de Paris payera les indemnités <pie les propriétaires lésés sont en droit de lui réclamer, et, sous peu,
- l’épandage se pratiquera à Méry et à Triel avec autant de succès qu’à Gennevilliers et à Àchères.
- Quant à l’empoisonnement de l’Oise par le déversement des drains, il suffit de prendre en amont un litre d’eau de la rivière et d'autre part un litre d’eau épurée et il sera facile de se rendre compte, ainsi
- Fig. 2. — Vue du parc d’Aclières.
- que nous l’avons fait nous-même plusieurs fois, du peu de fondement de cette allégation.
- En résumé, lorsque, dans un avenir très prochain,
- les 5000 hectares susceptibles d’être desservis le seront effectivement, chaque hectare pouvant, aux termes de la loi de 1889, recevoir 40 000 mètres
- Fig. 3. — Disposition des rigoles d'épandage par rapport aux cultures.
- cubes par an, la Ville de Paris pourra épurer chaque année 200 millions de mètres cubes d’eau d’égout.
- C’est dire que l’assainissement de la Seine sera complètement assuré. Les conditions hygiéniques de la capitale et des communes riveraines du fleuve se trouveront donc considérablement améliorées, au grand avantage des agriculteurs pratiquant l’épandage qui en retireront des récoltes abondantes et
- rémunératrices. En terminant cette rapide étude nous ne saurions trop engager nos lecteurs à visiter dans le pavillon de la Ville de Paris, au Cours la Reine, l’exposition du service de l’assainissement de la Seine qui est fort intéressante, et à se rendre au parc agricole d’Achères où ils pourront apprécier de visu les bons effets de l’épandage. Georges Cave,
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- LES CURIOSITES DE L’HORLOGERIE RETROSPECTIVE A L’EXPOSITION DE 4900
- Une pendule au po'uh d'or. — Presque tous ceux qui maintenant visitent les merveilles que ren-
- Fig. 1. — Pendule de Falconnet.
- terme le petit Palais des Champs-Elysées s’arrêtent devant la superbe pendule en marbre blanc due au
- ciseau de Falconnet, représentant les Trois Grâces. Cette pendule éclipse toutes les autres, il y a cepen-
- Fig. 3. — Pendule squelette sur glace.
- dant, dans une vitrine voisine de la sienne, la délicieuse petite pendule en bronze doré représentant le même sujet, sculptée par Saint-Germain et qui faisait jadis partie de la collection de la Dubarry, à
- Fig. 4. — Montre squelette.
- Louveciennes ; elle appartient maintenant à l’État. Mais tous les regards sont pour celle de Falconnet.
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- C’est que cette pièce, indépendamment d’une valeur artistique incontestable, vient d’en acquérir une accidentelle, incomparable. On raconte en effet (légende ou vérité?) que cette pendule qui appartient à M. le comte Isaac de Oamondo était destinée par lui au Musée du Louvre, lorsqu’un richissime amateur lui en offrit un million ou un million et demi qui fut refusé. Alors les offres augmentaient à tel point que le comte de Camondo aurait, dit-on, eu l’idée de laisser le Musée du Louvre libre d’opter pour l’objet ou la somme.
- Tout cela raconté a été singulièrement amplifié et ces temps derniers on entendait couramment dire, dans le salon où elle se trouve, que la somme offerte était de huit millions. Et sans doute depuis, le Ilot de millions montait toujours.
- Toutefois, ce qui est certain c’est que cette pièce qui est fort belle a néanmoins valu des prix divers. Elle fut payée non pas à l’origine, mais depuis la Révolution, 1500 francs par M. Rannheim, puis 7000 francs par M. le baron Double à la vente duquel en 1881 elle fut achetée par M. le comte Abraham de Camondo 101000 francs. Ce fut à la mort de ce dernier que son fils, M. le comte Isaac de Camondo, en hérita.
- Cette pendule entièrement en marbre blanc a, pour indiquer l’heure, deux cercles horizontaux tournants. Les cercles sont en émail. Sur l’un sont inscrites les heures et sur l’autre les minutes, cette disposition fut assez fréquente dans certaines belles pièces au siècle dernier. Favart dit, au sujet de cette disposition de cadrans dans sa pièce de vers intitulée L'Anglais à Bordeaux,
- Le Français entraîné par de légers désirs ?ie voit sur ce cadran qu'un cercle de plaisirs.
- Les pendules squelettes. — A la fin du dix-huitième siècle, et pendant les premières années du dix-neuvième, certains horlogers habiles tentèrent de construire des pendules dont le mouvement devait presque à lui seul constituer l’ensemble décoratif. L’idée était pour l'horloger de se priver du concours du bronzier qui était arrivé à se substituer à lui pour la fabrication des caisses et à ne considérer le mouvement que comme un accessoire.
- On a donné le nom de squelette à ces pendules parce que leur mouvement ne se compose que d’une ossature complètement ajourée.
- Au dix-huitième siècle, la face de ces pièces ainsi que leurs cadrans sans être gracieux d’ensemble offraient un certain intérêt de détail. Cette partie de la pendule était souvent ornée de bronzes ciselés et dorés et garnis d’émaux.
- La pendule que nous reproduisons (fig. 2) se trouve dans l’une des vitrines de l’exposition centen-nale du Bronze à l’Esplanade des Invalides. Elle a des émaux signés de Cotteau qui fut un des plus célèbres maîtres émailleurs pour pendules de l’époque. Ses cadrans n’ont jamais été surpassés en fraîcheur de coloris et en finesse de dessin. On fit de ces pen-
- dules pendant la période révolutionnaire. Elles avaient la division du cadran décimal et duodécimal. Les plus compliquées indiquaient les jours décimaux et les mois et avaient les noms que leur donna Fabre d’Églantine. Telle est la pendule qui se trouve dans la même vitrine que celle que nous reproduisons.
- Avec le dix-neuvième siècle, ces pendules perdirent leurs façades ornées pour ne plus conserver qu’un cadran formé d’un simple disque d’émail au centre évidé. C’est alors que les horlogers versant dans l’exagération firent des rouages extraordinaires, accumulant à plaisir les difficultés, avec la prétention de les vaincre, ce qu’ils étaient loin de réaliser le plus souvent. Pour augmenter l’aspect bizarre de ces mouvements on les montait sur un plateau de glace vertical mettant par conséquent le tout complètement à jour. Nous en donnons un exemple (fig. 5). Cette pendule est à l’exposition rétrospective de l’Horlogerie à l’Esplanade des Invalides, elle appartient à M. Borrel. La roue motrice d’une dimension exagérée est comme les suivantes extrêmement fine de découpage. C’est le squelette par excellence. La figure 4 représente une pièce appartenant a M. Paul Garnier, elle est aussi exposée à la rétrospective de la classe de l’Horlogerie dans une vitrine contenant des montres et des pendules très remarquables appartenant au même propriétaire. Cette montre, si on peut l’appeler ainsi, est une curiosité de premier ordre. Elle rentre dans la catégorie des pendules squelettes dont nous venons de parler. On y retrouve ce genre extravagant si caractéristique et dont l’exécution constitue de véritables tours de force de main-d’œuvre. L’objet a été fait pour être suspendu au cou par une chaîne, c était une sorte de pectoral. Formé de deux plaques en cristal de roche et certi dans un encadrement d or, le mouvement est placé entre ces deux plaques. L’ensemble a 0m,07 de haut sur 0m,065 de large et 0m,005 d’épaisseur. Le rouage des mouvements se trouve disposé dans la partie formant le haut d’une lyre. Il est complètement ajouré. Le ressort moteur est dissimulé derrière le cadran qui est comme on le voit placé dans le corps même de la lyre. 11 se compose d’un grand disque évidé en cuivre argenté sur lequel sont inscrites deux périodes de 12 heures dont 12 de jour et 12 de nuit, qui sont indiquées par un disque plein faisant fond à celui évidé sur lequel sont les heures. Ce disque plein est émaillé bleu de ciel constellé d’étoiles. Aux deux extrémités du diamètre se trouvent d’un côté un soleil et de 1 autre une étoile. Ce sont ces deux astres qui alternativement viennent marquer l’heure, car le disque qui les porte est entraîné par le mouvement. Ce qui détermine les heures de jour et celles de nuit c’est la disposition de l’un des astres derrière la partie excentrique du cadran sous laquelle circule le disque émaillé. Dans cette partie excentrique on remarque de petites ouvertures dans lesquelles apparaissent : dans l’une les jours de la semaine, dans
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- LA NAITRE.
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- l’autre le quantième, dans une troisième le mois et enfin dans la plus grande, sur une plaque immobile, est gravé le nom de la personne pour laquelle la montre a été faite.
- Le mouvement est daté « Paris 1806 » et il est signé « Bordier horloger », ce nom était assez connu à l’époque.
- Cette pièce est plus curieuse que jolie et très certainement elle n’a jamais dù donner un résultat de marche sensiblement meilleur que le résultat décoratif que nous constatons aujourd’hui.
- Mathieu Pianchox.
- —•><>«—
- \ Mil ES DE CHALEUR ET VAGUES DE FROID
- Le climat de l’Est et surtout celui du Centre de la France est, à certaines époques, sujet à de grandes vicissitudes sous le rapport de la température de l'air. Dans la région du Plateau Central, les mois d’été donnent, assez régulièrement chaque année, des séries remarquables de belles et chaudes journées ; l’automne y apporte aussi, fréquemment, d’assez longues périodes de beau temps ; mais l’hiver et le printemps n’offrent <[ue rarement une suite notable de jours à peu près analogues entre eux. Au printemps surtout, la chaleur et le froid alternent avec une fréquence assez grande pour rendre le climat franchement désagréable.
- Ces fluctuations thermiques qui exercent, par leur soudaineté, une action si fâcheuse sur la santé des hommes, des animaux et des plantes, sont en relation très intime avec les mouvements généraux qui agitent l’atmosphère et qui nous sont révélés par les observations barométriques simultanées. Les dépressions qui passent dans le nord-ouest de l’Europe, en particulier sur les lies Britanniques, occasionnent en France un réchauffement général de l'air; et ce réchauffement s’accentue d’une manière très énergique lorsqu’une dépression secondaire se manifeste en même temps dans les parages du golfe de Gascogne, entre la Bretagne et les Pyrénées ou les monts Cantahres. La plupart des refroidissements de l’air sont dus, au contraire, aux dépressions qui se forment si souvent au sud des Alpes, principalement entre l’Italie, la Corse et les côtes de France. Comme ces dernières succèdent presque invariablement aux premières, il en résulte d’abord une vague de chaleur qui coïncide avec des vents variables du sud-est au sud-ouest, et ensuite une vague de froid
- qui persiste pendant que le vent continue sa rotation et passe de l’ouest au nord.
- Le phénomène est plus ou moins accentué suivant l'importance des dépressions qui le produisent; mais il atteint quelquefois une intensité fort remarquable, comme le montrent les cartes ci-jointes.
- Le 14 avril 1900, un centre de dépression dont le minimum est assez élevé (764 mm.) existe au sud des Alpes de Ligurie. Toutefois la dépression est bien caractérisée puisque le baromètre atteint 771 millimètres dans le centre de la France (carte 1 ). Au sommet du Puy de Dôme le vent souffle de l’ouest-nord-ouest avec une vitesse de 15 mètres par seconde, et à Clermont-Ferrand le maximum de température de l’air ne dépasse pas 20°.
- Le lendemain 15 avril, jour de Pâques, la situation atmosphérique a complètement changé : le minimum de pression qui se trouvait au sud des Alpes a disparu, et il est même remplacé, après une hausse barométrique de 5 millimètres, par un maximum de 769 millimètres. Par contre, le baromètre
- a baissé de 2 à 5 millimètres vers nos côtes de la Manche, de 5 à 4 millimètres vers celles de l’Atlantique, avec dépression principale (745 mm.) dans les Iles Britanniques, et dépression secondaire (767 mm.) en Gascogne (carte 2). Ce sont les conditions que nous venons de signaler comme éminemment favorables au réchauffement de Pair dans la plus grande partie de notre pays. Le vent du sud-sud-est règne au Puy de Dôme avec une vitesse de 12 mètres par seconde, et les thermomètres placés à l’ombre à 2 mètres de hauteur au-dessus du sol dépassent 20° presque partout. Ils s’élèvent au delà de 25° daus le sud-ouest, dans tout le centre, et l’on constate même 29° à Clermont (carte 5). La hausse des maxima, faible sur les côtes de la Manche et sur celles de la Méditerranée, est généralement supérieure à 5°, et elle atteint 9 à 10° dans la France centrale (carte 6).
- Le 16 avril une nouvelle modification commence. La pression de l’air diminue de 5 à 6 millimètres dans les Provinces Rhénanes, de 5 millimètres en Suisse et de 2 millimètres dans la région des Vosges et du Jura. La perturbation traverse même toute la France, du nord-est au sud-ouest jusqu’aux Pyrénées, où elle atténue notablement la hausse barométrique qui aurait dû s’y produire (carte 3). Comme première conséquence le vent passe à l’ouest en prenant une vitesse de 22 mètres par seconde, et la température de l’air perd plus qu’elle n’avait gagné
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- Fig. i. — Vague de chaleur et vague de froid dans la région du Puy de Dôme.
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- la veille. Le refroidissement n’est inférieur à 5° que dans les régions maritimes de la Manche et de la Méditerranée ; — il est supérieur à 10° dans le sud-ouest, le centre et l’est; — il arrive même à 15° à Lyon (carte 7). Enfin le 17 avril la transformation est complète. Une dépression fort accentuée s ’ est formée au sud des Alpes, où le baromètre est descendu à 757 millimètres, tandis qu’il s’est élevé jusqu’à 773 millimètres, le long de nos côtes de l’Atlantique (carte 4). Le vent a tourné au nord-ouest en conservant une vitesse de 15 mètres par seconde, et les maxima diurnes de la température de l’air s’abaissent encore dans le centre et dans le sud-ouest . A Clermont-Ferrand on observe seulement 13°, ce qui fait un refroidissement de 16° par rapport au maxi mum du 15 (carte 8).
- En dehors de ces variations générales des maxima diurnes de la température de l’air en France, nous donnons, dans le diagramme qui constitue la figure 1, les courbes de température enregistrées dans trois stations d’altitudes fort différentes : Clermont-Ferrand (388 m.), Orcines (852 m.) et le sommet du Puy de Dôme (1467 m.), qui sont très voisines les unes des autres. On y voit que le réchauffement si brusque du 15, et le refroidissement qui lui succède, sont presque aussi accentués dans les deux dernières stations qu’à Clermont même.
- Au commencement de juillet, une double variation
- calorifique de nature analogue à la précédente, et non moins remarquable par son amplitude et par sa rapidité, s’est encore produite en France. A Clermont-Ferrand, la vague de chaleur est accusée, le 2 juillet, par un maximum de température de 56°,
- tandis que la vague de froid qui lui succède presque immédiatement, arrête le maximum du lendemain à 17°.
- Nous n’entrerons pas dans le détail des circon-stances atmosphériques qui favorisent ces grandes oscillations thermiques. Nous nous contenterons de répéter quelles sont intimement liées aux dépressions barométriques qui apparaissent dans le voisinage de la France. Les dépressions qui se montrent dans les Iles Britanniques ou vers nos côtes de l’Atlantique nous donnent de la chaleur ; celles qui se manifestent en Allemagne et surtout sur la Méditerranée occidentale nous amènent du froid. Les premières occasionnent en outre la plupart des orages de l’été ; les secondes produisent la majeure partie des gelées du prin? temps et de l’automne. C’est pour cela qu’en France certaines localités, telles que Brest, Biarritz, Besançon et Nice, devraient être, au point de vue des avertissements météorologiques agricoles, des stations barométriques de premier ordre, installées, contrôlées et consultées d’une façon toute spéciale. J.-R. Plumandon,
- Météorologiste à l’Observatoire du Puy de Dôme.
- Fig. 2. — Vague de chaleur et vague de froid en France,
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- UNE TROUPE D’ARAUCANS Â PARIS
- Nous croyons être utiles à nos lecteurs en leur signalant la présence en ce moment à Paris (146, boulevard de Grenelle) d’une troupe d’une trentaine d’Araucans, hommes, femmes et enfants. On n’a que d’une façon tout à fait exceptionnelle occasion de voir en Europe des indigènes de cette jiartie de l’Amérique du Sud; aussi fera-t-on bien de profiter de l’occasion qui se présente. Les Ârau-cans, qu’il ne faut pas confondre avec leurs voisins les Patagons, sont, au contraire de ceux-ci, de petite taille; ils ont les cheveux noirs et lisses, le teint clair, la face arrondie, les pommettes saillantes, les yeux souvent un peu bridés, à la façon des Mongols, fis occupent la partie occidentale de la
- Patagonie et s’y livrent à l’agriculture. C’est une population de mœurs paisibles et essentiellement sympathique.
- Us n’ont pas encore été déformés par la civilisation ; aussi pourra-t-on admirer dans toute son originalité l’art de ces indigènes. Parmi les pièces les plus curieuses qu’ils ont apportées, il faut signaler des poteries en forme d’oiseaux ou de quadrupèdes, des harnais en cuir tressé et surtout de bizarres instruments de musique. Il y a notamment une trompette longue de 5 mètres et donnant des sons rappelant le cor de chasse. Elle est formée d'un bambou qui a été fendu longitudinalement pour détruire plus facilement les nœuds. Les deux moitiés ont
- Indigènes Araucans. — A gauche, Llacapan, interprète; à droite, le Cacique Canulao.
- ensuite été rapprochées, recouvertes de boyaux de cheval et de fibres végétales tressées. Une corne de bœuf fixée à l’extrémité inférieure sert de pavillon.
- Un autre instrument est formé d’un rameau de bois percé suivant sa longueur et terminé en bas par un pavillon en fibres de roseau. On y joue en aspirant l’air; les sons en sont assez doux. Enfin, parmi les cérémonies que représentent ces Araucans se trouve une sorte d’incantation où une vieille sorcière joue le principal rôle. Elle est munie d’un tambour plat, dans l’intérieur duquel se trouvent des grelots et des pierres. Cet instrument rappelle beaucoup celui dont se servent les chamanes ou sorciers de la Sibérie. Avec le type physique nettement mongolique de ces indigènes, c’est encore là un des arguments qui prouvent leur origine asiatique.
- On voit donc que l’exhibition du boulevard de Grenelle n’a pas seulement un intérêt de curiosité,
- mais qu’elle soulève les problèmes les plus captivants touchant l’origine des populations de l’Amérique. Dr L. Laloy.
- LA PLUS FORTE CHALEUR DU SIÈCLE
- La température de 39°,8 obtenue le vendredi 27 juillet 1900, à Châteaudun, sous l’abri Renou, à double toit, et de 38°,7 lue au même moment, au thermomètre fronde, à l’air libre et à l’ombre, est sans contredit la plus haute qu’on ait jamais constatée authentiquement dans la région de Paris; cela constitue donc un fait météorologique extraordinaire, sans précédent.
- Dès dix heures du matin, une température d’un peu plus de 33° indiquait bien un maximum très élevé pour l’après-midi ; cette exceptionnelle hauteur du thermomètre a été observée directement un peu avant 2 heures, soit exactement à lh50m.
- Le vent du N.-E., modéré le matin, a passé au S.-E., dès 9 heures et est devenu assez fort du S. dans la jour-
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- née, il vous brûlait le visage et, comme on dit vulgairement, on l’aurait pu croire sortant de la gueule d’un four.
- Les nuages qui se voyaient isolément et au loin dans la matinée ont occupé la moitié du ciel dès 2 heures; c'étaient des cumulus venant les uns S., les autres S.-O. ; les cirrus, eux, venaient de l’O. A 2 heures et demie, le ciel était très orageux, surtout au N.-E., au N. et au S.-O., et le tonnerre ne tardait pas à gronder au lointain.
- A 5 heures, la foudre alluma un incendie à Genar-ville, commune deBouville (à 22 kilomètres à vol d’oiseau au N. de Châteaudun), lequel prit immédiatement des proportions effrayantes, car en moins d’une demi-heure, il dévora presque en entier cet important village qui se composait d’une trentaine de ménages ; on évalue les dégâts causés par cet épouvantable sinistre à un peu plus de 300000 francs approximativement.
- Vers 4 heures, alors que tous les nuages orageux étaient accumulés dans le N. et l’E., le vent passa à l’O.-N.-O., et la température commença à redescendre.
- Un peu avant 6 heures du soir, un nouvel orage apparut au S., il passa plus près de nous, et il disparut dans l’E. ; il a d’abord été accompagné de violents coups de vent, lequel avait passé brusquement de l’O.-A.-O. à l’E.-S.-E., et de véritables nuages dépoussière s’élevèrent, il tomba de très grosses gouttes de pluie; à 6 heures et demie, il v eut une légère averse qui vint à peine humecter la poussière.
- À cette même heure, la température était tombée à 24°,2 sous l’abri; elle c’était donc abaissée de près de 10° en quelques heures.
- Le soir, le ciel s’éclaircit; mais au loin, à l’horizon, depuis le S.-O. jusque vers le N., il était nuageux et il éclairait fortement vers 10 heures; on entendait même le tonnerre gronder dans le lointain, à l’O.
- Le baromètre a baissé de quelques millimètres au-dessous de sa hauteur moyenne ; à 9 heures du soir, il marquait 759mm.
- La température moyenne de cette mémorable journée a été de 30°, chiffre probablement inconnu jusqu’ici ; la plus forte moyenne journalière observée avait été, pour Châteaudun, celle de la journée du 5 août 1899 et avait atteint 29°,30.
- TABLEAU UES TEMPÉRATURES
- A l/OMBRE SOUS l’abri, RELEVÉES A CllATEALDlM
- du 10 au 28 juillet 1900.
- Dates. Températures Températures Températur
- — minium. maxima. moyennes
- Mardi 10. . . . . 10°,9 30°, 4 20®,65
- Mercredi 11 . . . 12°,9 52»,5 22®,70
- Jeudi 12. . . . . 14°,5 52°. 3 23®,40
- Vendredi 13. . . 15»,9 28», 3 22»,10
- Samedi 14. . . . 15°,4 29°, 7 22», 55
- Dimanche 15. . . 15°,8 34»,4 25®, 10
- Lundi 16 . . . . 19°,9 56»,8 * 28®,35
- Mardi 17. . . . . 19°,9 53».9 26® ,90
- Mercredi 18 . . . 16°,9 55», 4 26®, 15
- Jeudi 19. . . . . 18°,4 57»,7 28®,05
- Vendredi 20 . . . 19° ,8 55°,3 27 ®,55
- Samedi 21. . . . 18°,7 55°, 9 26»,50
- Dimanche 22. . . 17°,6 32»,7 25», 15
- Lundi 25 . . . . 15® ,6 51®,9 23°,75
- Mardi 24. . . . . 17°,5 35°, 7 25®. 60
- Mercredi 25 . . . 17°,8 36®,8 27»,30
- Jeudi 26. . . . . 19»,5 37»,0 28»,25
- Vendredi 27 . . . 20°,2 39®, 8 50°,00
- Samedi 28. . . . 19°,2 30®, 1 24® ,65
- Moyenne de 19 jours. . CCS . . 17°,17 35»,82 25»,50
- Il y a eu il jours consécutifs de îuuxinias au-dessus de 50° idu la au 28).
- En réalité, depuis cent ans, les plus grands maximas, authentiques de température, relevés dans la région pari-
- sienne, ont été les suivants : le 9 juillet 1874, à l’observatoire de Montsouris : 58°,4; le 19 juillet 1881, à l’observatoire du parc de Saint-Maur : 58°,4; le 20 juillet 1900, à l’observatoire de Montsouris : 38°,0.
- A Poitiers, le 24 juillet 1870, on a constaté avec le thermomètre fronde jusqu’à 41°,2. E. RocEts.
- Directeur de la station météorologique de Châteaudun.
- Conférence Scientia. — Le troisième dîner de Scientia a eu lieu le 8 juillet en l’honneur de lord Kelvin. Plus de 60 physiciens et chimistes s’étaient empressés de venir rendre hommage à l’illustre physicien anglais, parmi lesquels MM. Cornu, Mascarf, Becquerel, Caillctet, etc.
- La (( Deutscliland )). — Le pavillon de la marine marchande allemande au Champ-de-Mars, donne le modèle du nouveau paquebot, la « Deutscliland » récemment mis à l’eau et dont le premier voyage d’Hambourg à New-York a eu lieu le 4 juillet dernier. Ce superbe navire a pour caractéristiques principales : longueur, 209m,2; largeur, 21m, 1 ; tirant d’eau, 15n,,4; tonnage, 16000 tonneaux; machines, 55000 chevaux-vapeur; vitesse, 25 nœuds à l’heure. Tout le confort possible a été installé à bord de ce steamer, de façon à en rendre le séjour agréable aux passagers. Ses quatre hautes cheminées et ses deux mâts lui donnent l’aspect le plus imposant. Quelle différence avec l’ancienne « Deutscliland » lancée en 1847, et qui était un modeste ship de 717 tonneaux !
- Nouveau type des anneaux colorés de Newton. — M. Longden décrit dans VAmerican Journal of Science un nouveau type des anneaux de Newton. On les obtient en exposant une plaque de verre aux rayons cathodiques émis par un petit globule de sélénium. La pellicule ainsi formée a son maximum d’épaisseur au point directement opposé au globule et s’amincit sur les côtés. Elle a la forme d’une lentille très plate dont les surfaces supérieure et inférieure réfléchissent la lumière à peu près de la même manière que dans l’anneau de Newton avec cette différence que, dans la disposition deM. Longden la pellicule s’amincit vers le dehors et non vers le dedans. Il s’ensuit que les anneaux sont d’autant plus larges et brillants qu’ils s’éloignent davantage du centre et que l’ordre des couleurs est renversé. L’effet est décrit comme très beau.
- Un appareil de dessiccation automatique pour le fulnii-coton. — On sait que les torpilles exigent l’emploi de fulmi-colon sec. Or, on ne conserve dans les arsenaux de la marine une telle substance qu’à l’état humide afin d’éviter toute chance d’explosion fortuite. Lorsque l’on est dans la nécessité d’avoir du fulmi-colon sec pour la confection des amorces, on est donc obligé de procéder à une dessiccation que l’on exécute à l’aide d’une étuve. Cette opération présentait quelques difficultés provenant de la détermination précise du degré de dessiccation, et il en résultait des tâtonnements et des pertes de temps. Un capitaine du génie russe, M. Serbi-nowich, a inventé un appareil automatique qui permet de procéder avec sûreté et précision. On introduit le fulmi-coton dans l’étuve, et, au bout de quelque temps, une sonnerie se fait entendre; il suffit alors de retirer l’explosif qui a atteint le degré voulu de dessiccation. Le
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- principe de cet appareil est des plus simples ; le fui mi-coton est placé sur un plateau qui, reposant sur un ressort antagoniste, s’élève de plus en plus à mesure que le coton-poudre perd de son poids. Quand cette perte a atteint le degré voulu, le plateau établit un contact électrique qui produit la sonnerie d’avertissement. On peut voir cet appareil à la section russe du palais des Armées de terre et de mer.
- Torpilleur destroyer à turbines. — On a lancé dernièrement au Havre le torpilleur numéro 245; c’est le premier de nos navires de guerre qui soit doté d’un moteur à turbines. Presque au même moment, l’amirauté anglaise procédait aux essais de vitesse d’un destroyer du même système, Viper. Les résultats obtenus ont un intérêt capital. Les essais ont eu lieu au large de l’embouchure de la Tyne, par une mer assez grosse, en présence de M. Parsons, l’inventeur des steamers à turbines, des délégués de la marine britannique et du capitaine Thompson, représentant le War Office. Le Viper, qui a afïectué six fois de suite le trajet prescrit, a atteint la vitesse maxima de 37 nœuds 115. La vitesse moyenne mesurée au loch, pendant toute la durée de l’expérience, a été de 56 nœuds 849. En moins de 20 minutes, l’allure a passé de 14 à 56 nœuds et demi, et contre le courant la vitesse s’est maintenue constamment à 35 nœuds 585. Il convient d’ajouter que grâce au nouveau système les vibrations, si insupportables d’ordinaire au delà de seize ou dix-huit nœuds, sont presque supprimées. On a l’impression d’un glissement sur l’eau. Le nombre de tours moyen a été, pendant les 70 minutes qu’ont duré les essais, de 1180 révolutions à la minute. Enfin, la pression dans les turbines, même en tirage forcé, n’a jamais dépassé 90 kilos par pouce carré.
- Heurtoirs hydrauliques. — De récents accidents de chemin de fer ont démontré la nécessité qu’il y avait d’établir, dans les gares terminus et particulièrement à l’extrémité des voies de manœuvre, des heurtoirs suffisamment robustes pour résister au choc d’un train ou d’une série de wagons animés d’une vitesse relativement élevée. Dans le but d’essayer un nouveau système de heurtoirs hydrauliques, les ingénieurs des chemins de fer de l’État allemand ont procédé tout dernièrement, en gare d’Àltona, à des expériences fort intéressantes. L’appareil se compose de deux tiges formant piston, reliées par une traverse horizontale munie de tampons d’acier, et refoulant de l’eau dans deux cylindres de 2ra,45 de longueur et 0m,58 de diamètre, mis en communication avec une machine hydraulique du tvpe ordinaire. La résistance de ces cylindres est calculée de façon qu’ils puissent supporter le choc d’un train entier de 200 tonnes, marchant à la vitesse de 18 kilomètres à l’heure. Dans ce cas, la résistance du freinage n’est pas inférieure à 50 kilos et la pression, à l’intérieur des cylindres, atteint 42 atmosphères. Les essais faits sur les huit heurtoirs hydrauliques installés à Àltona ont été jugés satisfaisants pour les cas ordinaires.
- line ferme à papillons. — M. William Watkins, un entomologiste dont les travaux scientifiques sont estimés en Angleterre, est le premier qui ait eu l’idée de se livrer à l’élevage en grand de ces jolis insectes ailés. Depuis une dizaine d’années, son établissement d’Eastbournc fournit des milliers et des milliers de papillons non seulement à tous les collectionneurs privés, mais encore aux divers jardins zoologiques de l’ancien et du nouveau monde. C’est d’ailleurs M. Watkins lui-même qui a fondé, aux Zooloçfical Qardens de Londres, une très intéressante
- section entomologique où se trouvent peut-être les plus beaux papillons du monde entier. La « ferme à papillons )) d’Eastbourne — ainsi la nomme son créateur, — couvre, tout près de la côte sud de l’Angleterre et dans un endroit suffisamment abrité des vents du large, mie superficie de quatre mille mètres carrés. C’est en réalité comme un vaste jardin, rempli de fleurs et d’arbres rares, entouré d’un très haut grillage et où volettent en liberté près d’un million de papillons d’espèces variées. Certains de ces merveilleux insectes placés dans des cages de verre, ne valent pas moins d’une cinquantaine de mille francs.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 13 août 1900. — Présidence de M. M. Lévy.
- MM. Stéfanos et À. Héron assistent à la séance.
- Les inoculations de cellules. — M. Duclaux présente une Note de M. Delezenne relative à une propriété qui paraît générale, des inoculations de cellules d’un organe. Si l’on inocule à un animal le liquide donné par un organe broyé, cet animal fournit un sérum qui, inoculé à un nouvel animal, amène la destruction des cellules de l'organe correspondant au magma injecté au premier animal. C’est ainsi par exemple que l’on peut amener la destruction des glandes salivaires, du rein, etc. Une émulsion de foie inoculée à un animal détermine une modification de son sérum, telle que celui-ci inoculé à un autre animal provoque la destruction des cellules hépatiques. L’action est d’ailleurs bornée à ces seules cellules. De plus, M. Delezenne a découvert que le sérum en question inoculé à faible dose et d’une façon continue à un animal intact le vaccine contre l’action des sérums plus forts.
- Transformation de bacille. — M. Chauveau présente une Note deM. Phisalix sur une métamorphose du bacille charbonneux. Le changement d’aspect que présente dans certaines conditions expérimentales ce bacille est si considérable qu’on avait pu croire qu’il s’agissait de germes étrangers. L’auteur ayant observé que les cellules du chien se prêtent à la formation d’une substance qui facilite la métamorphose, a introduit dans le péritoine d’un chien deux sacs de collodion dont l’un renfermait une culture en bouillon et l’autre une culture en sérum de chien. La transformation se fait bien dans la première expérience ; elle est radicale dans la seconde.
- Régénération de l’air confiné. — M. Bouchard présente une Note de MM. Desgrez et Balthazard sur un procédé de régénération de l’air confiné. La méthode des auteurs consiste à absorber l’acide carbonique des gaz expirés et à le remplacer par de l’oxygène. Ils obtiennent ce résultat en mettant en présence de l’eau, du bioxyde de sodium. Celui-ci est décomposé en donnant de l’oxygène et de la soude. La soude absorbe l’acide carbonique et l’oxygène régénère l’air respirable. En outre, lors de la réaction ci-dessus indiquée, il y a destruction des alcaloïdes qui communiquent à l’air sa toxicité. Cet air est donc indéfiniment respirable. Sur ce principe les auteurs ont construit un appareil qui s’applique au dos d’un scaphandre. Cet appareil renferme un ventilateur qui aspire l’air du casque et le met en contact avec un bain dans lequel tombent à intervalles égaux des poids déterminés de bioxyde.
- Varia. —M. Lippmann présente une Note deM. Berget dans laquelle l’auteur propose d’employer comme support
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- de la règle géodésique, dans la mesure des bases, un bain de mercure, de manière à supprimer les effets des flexions de la règle. —M. le général Bassot présente une carte des environs de Pékin exécutée au service géographique. — M. de Schakalskv présente deux Notes, l’une sur la superficie des bassins de la Sibérie russe, l’autre sur une carte hypsoméfrique de la Russie d’Europe. Cette carte donne pour la première fois les courbes de niveau de la partie N.-K. de la Russie d’Europe.
- Ch. de Yilledeuil.
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- LE KINORA
- Dès que le cinématograpne eut l’ait son apparition, on chercha tous les moyens possibles de faire la synthèse du mouvement par des procédés plus simples et plus à la portée de tous que la lanterne à projection. Comme point de départ on avait le zootropc qui utilise les images sur papier; on pouvait faire mieux et plus complet comme continuité de mouvement étant donnée la grande quantité d’images du cliché cinématographique. Mais il fallait trouver le moyen de monter toutes ces images sous un petit volume et disposer un mécanisme simple pour les faire défiler rapidement sous les yeux. Nous avons déjà décrit ici le mutoscope, très répandu aujourd’hui, qui est la réalisation de cette idée : le kinora en est par le fait une réduction, il est basé sur le même principe. Les images, tirées sur papier, sont empilées les unes sur les autres et fixées par un de leur côté sur un axe horizontal monté dans une boîte. Sur la paroi supérieure de celle-ci on a pratiqué une ouverture où l’on applique les yeux ; sur l’un des côtés une autre ouverture qui éclaire l’intérieur de la boîte. Les images viennent se présenter successivement en face et parallèlement à la première ouverture, elles sont éclairées par la seconde.
- Quand toutes les images occupent dans la boîte la partie opposée à cette fenêtre, le cylindre, sollicité par un ressort qu’actionne un train d’engrenages, tend à les faire passer dans la position inverse ; mais elles sont retenues par un doigt fixé à la paroi supérieure. Cependant, sous l’action du ressort, qui fait lentement tourner le cylindre, une image s’échappe : son bord supérieur rencontre, au niveau de la fenê-
- tre, un arrêt qui l’immobilise un moment sous les yeux. Puis, le cylindrg continuant à tourner, elle s’échappe à son tour, mais est remplacée au même moment par l’image suivante qui arrive dans les mêmes conditions. On obtient ainsi les substitutions, avec éclipses rapides, qui donnent l’illusion du mouvement.
- Quand toutes les images du paquet sont passées, on peut par un bouton placé à l’intérieur les remettre dans la position du départ, ce qui en même temps bande le ressort qui actionne le cylindre. Celui-ci est disposé de façon à être facilement remplacé par un autre dont les images représentent un sujet différent.
- 11 y a quelques années, nous avions déjà signalé un petit appareil, simple jouet d’enfant, que M. Demeny avait imaginé pour répandre, diffuser, vulgariser la chro-nophotographie. C’était en somme le même principe, mais les images étaient moins nombreuses, de plus comme il fallait arriver à vendre l'appareil très bon marché, le constructeur les faisait clicher en similigravure et les reproduisait à un très grand nombre d’exemplaires; elles n’y gagnaient pas, mais en choisissant des sujets simples c’était très suffisant.
- Ce petit appareil nous paraît devoir être appelé dans l’avenir à remplacer l’album de famille. Il y a longtemps que pour la première fois nous avons préconisé le portrait vivant : on y viendra. Notre cerveau n’analyse pas, il synthétise une série d’impressions reçues par notre œil; la représentation d’une physionomie par une image unique dans une pose plus ou moins heureuse ne peut le satisfaire. Au lieu de ces traits immobiles et raidis par l’attente et l’anxiété, combien ne serait-il pas plus agréable d’avoir la physionomie animée; la seule qui puisse nous donner une idée exacte de la personne représentée! L’album de famille se composerait alors d’une série de cahiers disposés pour être placés successivement dans le kinora; on retrouverait réellement la ressemblance parfaite que seule peut donner une série d’impressions. C. M.
- Le Gérant : P. Masson.
- Le kinora. — Vue du mécanisme intérieur.
- Paris. — Imprimerie Laiicke, rue de Heurus, 9.
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- N0 1422. — 25 AOUT 1900.
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- LA RESTAU RATION DE KHARTOUM
- La bataille d’Omdurman venait à peine de finir, Lodenr de la poudre saturait encore l’air et la mort n’avait pas encore raidi les membres des nombreux Mahdisles à terre, que déjà le vainqueur, Kitchcner Pacha, sirdar de l'armée égyptienne, avait résolu de restaurer Khartoum, dont les vestiges s’apercevaient en lace sur la rive droite du Nil Rlane. 11 fallait (pic Khartoum réédifiée devînt le témoignage concret de la victoire remportée le 2 septembre 1808 sur les Malidistcs par les Anglo-Egyptiens. Un s’est mis à l’œuvre et peu à peu la vieille cité soudanaise renaît de
- ses ruines. L’ancienne Khartoum vécut environ soixante ans. Très peu de temps après la complète du Soudan par Ismaïl et Mohamed Bey le Defterdar, le premier, fils, le second, gendre de Mehemet-Ali, un camp égyptien fut installé près du confluent du Nil Blanc et du Nil Bleu, puis le camp devint permanent et se transforma en ville. Lorsqu’elle fut parvenue à sou complet développement, Khartoum eut une longueur de deux kilomètres et demi le long du fleuve et de quinze cents mètres de la berge à l’intérieur des terres. Son aspect différait peu de celui des grands villages d'Egypte. Les maisons, bâties en briques d’argile séchées au soleil, ne comportaient pour la plupart qu’un rez-de-chaussée sans étage. Junker
- Fig. 1. — Vue d'ensemble du Kliarloum.
- remarquait en 187(5 combien « Khartoum était pauvre en monuments capables de fixer l’attention d’un Européen ». Seules la résidence du gouverneur, à deux étages, bâtie de briques cuites, crépies à la chaux, et la « Moudirié », ou bureau des fonctionnaires, avaient une certaine apparence et faisaient quelque figure au milieu des masures qui les entouraient. Avec ses maisons grises, ses ruelles tortueuses et étroites, Khartoum aurait eu un aspect terne et morose, si elle n’avait été éclairée et égayée par ses jardins. La vue de ces bouquets de verdure composés d’arbres variés : figuiers, orangers, citronniers, bananiers, palmiers doum et palmiers dattiers, charmait les nouveaux arrivants. Bien qu’on n’y ait jamais fait de recensement, on peut estimer que la population s’y élevait vers 1880 à 50000 habitants 28e aimée. — ï“ semestre.
- environ, chiffre considérable pour une ville de l’Afrique tropicale. Khartoum correspondait régulièrement par des services postaux et plus tard par une ligne télégraphique avec l’Égypte et les différentes parties du Soudan. Les gouverneurs y résidaient ; les bureaux, peuplés de scribes coptes, y étaient installés ; c’était là qu’aboutissait toute affaire politique ou administrative.
- Quand donc le Mahdi Mohammed Ahmed eut été le maître du Kordofan, il fit preuve de clairvoyance politique en venant audacieusement s’établir sur les hauteurs d’Omdurman et mettre le siège devant Khartoum. Il se dit que celte ville prise, il serait le maître de tout le Soudan ; et l’événement lui donna raison.
- On sait que dans la matinée du 20 janvier 1885,
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- les Mahdistes surprirent Khartoum et massacrèrent (lordon. Us ne se hâtèrent pas de détruire la ville. Au contraire, les « Achraf », c'est-à-dire les nobles, les parents du Malnli, s’installèrent dans les demeures des habitants qui avaient été massacrés ou vendus comme esclaves et y firent bombance. Ces maisons de torchis parurent des palais à ces barbares accoutumés à la tente du désert.
- Mais le Maluli ne survécut pas longtemps à son triomphe, il mourut le 22 juin 188b. Son successeur, le calife Abdullah, ne voulut pas laisser subsister Khartoum, précisément parce que les « Achraf», ses adversaires, s'y étaient constitué une sorte de citadelle. En août 1886, il donna l’ordre de la détruire.
- Khartoum fut littéralement dépecée : ses maisons furent démolies, pièce à pièce ; balcons, fenêtres, portes, briques cuites furent transportés à Onidurman.
- De l’ancienne ville il ne subsista plus que des ruines.
- Comme nous l’avons dit, Kitchener Pacha, dès sa victoire, résolut de reconstruire Khartoum. 11 a quitté le 22 décembre 1899 le gouvernement général du Soudan pour aller dans l’Afrique australe seconder lord Roberts, en qualité de chef d'état-major général. Mais son successeur, et depuis tant d’années son collaborateur,
- Sir Reginald Wingale, reste lidèle à ses projets.
- Umdurman présentait certains avantages propres à lui faire conserver le rang de capitale du Soudan. Située sur la rive élevée du fleuve Rlanc, elle est plus sèche et plus saine «pic Khartoum, dont le sol est fiévreux.
- Mais deux considérations ont prévalu en faveur de Khartoum, l’une stratégique, l’autre morale. Placée dans l’angle dessiné par le Nil Rlanc et le Nil Rien, Khartoum n’est vulnérable qu’au sud. Or de ce coté, on va construire des ouvrages fortifiés qui rendront bien difficile le renouvellement d’un assaut victorieux comme celui de 1885.
- D’autre part, le gouvernement anglo-égyptien n’a pas voulu paraître reconnaître une autorité posthume
- au Mahdi, en acceptant sa ville comme capitale. II prétend effacer jusqu’au souvenir même du [tassé. Pour éviter qu’Omdurman ne devînt un lieu de pèlerinage et un foyer de fanatisme, Kitchener a ordonné de ruiner le tombeau du Mahdi et de disperser ses cendres ; la reconstruction de Khartoum est la suite logique de la même politique.
- Cette prétention de faire rentrer dans le néant tout ce qui a précédé, régnait aussi dans l’esprit du Mahdi. Quand il fut le maître, il fit, détruire tous les objets matériels qui avaient appartenu au gouvernement égvptien : papiers officiels, registres, sceaux,
- etc. Je me souviens qu'un jour me trouvant dans le cabinet de Sla tin Pacha, au Caire, un employé lui apporta une pièce à signer. 11 tira de sa poche un cachet de métal sur lequel sa signature était gravée en caractères arabes, et il l’apposa sur le papier.
- « Voyez-vous ce cachet, me dit-il, c’est celui dont je me servais quand j ’ étais « moudir amoum » (gouverneur) du Darfour. Lorsque j'arrivai prisonnier à Om-durman, comme le Mahdi faisait détruire s y s t é m a t i quenieu t tout ce qui avait appartenu aux fonctionnaires égyptiens, je l’enfouis ; mais la veille du jour où, après onze ans de captivité, je me suis sauvé, j’allai le déterrer, et le voilà ! » Khartoum va donc remplacer (Jmdurman, comme il y a quinze ans Onidurman a remplacé Khartoum. La ville aura une façade de près de cinq kilomètres sur la rive du Nil RI eu et une profondeur de deux kilomètres et demi à l’intérieur des terres. Tous les monuments publics seront situés sur le bord du Nil.
- A l’extrémité sud-est, le « GordoU Memorial College », une grande construction en briques rouges, avec galeries et portiques, commence déjà à s’élever. Les frais de ce collège ont été couverts par une souscription publique que Kitchener eut l’habileté d’ouvrir en Grande-Bretagne, au moment où la victoire d’Ümdurman y avait suscité un enthousiasme universel. On se propose d’y instruire deux classes
- Kilomètres
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- LA NATURE.
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- de jeunes gens : les futurs fonctionnaires du gouvernement et les futurs agriculteurs ou industriels. Ce collège sera donc une école d’administration et une école technique.
- En aval, toujours sur la rive du Nil, se dresse le palais du gouverneur, qui est édifié sur l’emplacement meme de l’ancienne maison de Cordon. C’est une construction en briques rouges avec des arcades et des ogives dessinées par des pierres blanches. Sur la face opposée, le monument se prolonge par deux ailes, et est séparé de la ville par un grand jardin. En continuant à descendre le long de la berge du fleuve on verra les batiments des fonctionnaires, puis les magasins du gouvernement, et enfin à l’extrémité nord-ouest de la ville un hôtel, où les touristes, qui certainement viendront passer l’hiver à Khartouin, retrouveront le confortable qu’ils auront quitté quelques jours auparavant au Caire ou à Eouqsor. Un quai sera naturellement construit en bordure du Nil Bleu.
- Plusieurs larges avenues qui courront parallèlement au fleuve sont déjà dessinées et baptisées : avenue du Sirdar, Sharia Cromer, avenue Victoria.
- Des rues larges de trente mètres coupent ces avenues, et les blocs ainsi délimités sont recoupés par des rues en diagonale ; ces grandes voies ont été ouvertes dans un but stratégique : quelques canons Maxim, placés à leurs extrémités, tiendront la ville en respect. Le bazar et les boutiques occupent le centre de la ville. On se propose aussi de construire une mosquée et une église anglicane.
- Des moyens de locomotion rapide mettent déjà Khartoum en rapport avec le Caire. Le chemin de 1er remonte la vallée du Nil, du Caire à Assouan ; en ce point on contourne la première cataracte grâce à l'ancienne petite ligne d’Assouan à Chellal. On remonte alors en bateau à vapeur le bief fluvial qui sépare la première de la seconde cataracte. De Ouady Il alfa part une voie ferrée qui traverse le désert, et rejoint le Nil à Àbou Hamed, puis remonte le long de la rive droite jusqu’à Ilalfaya, en face de Khartoum; on projette un pont sur le Nil Bleu, qui permettra aux trains d’arriver en gare de Khartoum. La gare de Khartoum 1 Quelle étonnante alliance de mots! 11 y a vingt ans, on pouvait compter les Européens qui étaient allés, comme on disait, « au centre de l’Afrique ». Déjà depuis quelques mois, des trains avec wagon-restaurant et wagons-lits amènent des touristes. Encore quelques années et le voyage de Khartoum sera devenu commun.
- La géographie bénéficiera de cette restauration. Dans cette ville civilisée, les explorateurs prendront physiquement et moralement des forces, avant de partir pour les régions encore mal connues de l’Afrique Équatoriale ; à leur retour ils y répareront leur santé. Khartoum va redevenir ce qu’elle a été pendant soixante ans : un centre d’exploration.
- Henri Dehérain,
- Docteur es lettres, sous-bibliothëcaire île l'Institut,
- LES CHAUDIÈRES A VAPEUR
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- Dans un récent article1, nous avons indiqué les dispositions générales prises par le service mécanique de l’Exposition pour assurer la force motrice aux groupes électrogènes. 11 convient maintenant d’examiner avec plus de détails les éléments de cette distribution et de passer en revue les chaudières à vapeur, les machines motrices et les machines dynamos. Nous commencerons aujourd’hui par les chaudières à vapeur.
- Les chaudières sont placées dans deux halls recouverts, situés au Champ-de-Mars entre la galerie des machines et les nouveaux palais d’électricité. Chacun de ces halls a une longueur de 107 mètres sur une largeur de 40 mètres. Le premier à gauche constitue l’usine de La Bourdonnais, et est réservé aux chaudières de la section française ; le deuxième à droite forme l'iisine Suffren et renferme les chaudières de la section étrangère.
- Les chaudières sont au nombre de 92 et fournissent au total 254 700 kg de vapeur par heure à la pression de 10 kg par centimètre carré. Elles sont presque toutes multitubulaires. Toutes les dispositions nécessaires ont été prises par le service des Mines pour assurer l’installation et le fonctionnement de ces divers appareils (alimentation en eau, dégagement des fumées dans les carneaux, fourniture de la vapeur dans les conduites générales). Nous nous contenterons d’examiner les différents modèles sans insister sur les détails, dont il a du reste déjà été question précédemment.
- Les figures 1 et 2 nous montrent les plans des deux halls renfermant les chaudières avec la désignation de chaque constructeur. Les chaudières sont placées sur deux rangées parallèles laissant entre elles l’espace nécessaire pour les manutentions. Leur façade est extérieure et à une distance d’environ 10 mètres des pourtours extérieurs de la salle.
- La figure 1 donne le plan d’installation des chaudières de la section française. Nous trouvons d’abord un groupe de 12 chaudières J. et A. Niclaussc réparties sur 4 massifs de maçonnerie et séparées par des chemins. Cette chaudière multi tubulaire comportant un certain nombre de tubes bouilleurs et de tubes de circulation fixés sur un collecteur est déjà trop connue pour que nous insistions sur les détails; elle a depuis longtemps fait ses preuves dans l’industrie et dans la marine. Nous mentionnerons seulement un point particulier : l’eau d’alimentation est introduite dans un dispositif spécial placé dans un réservoir supérieur. Cette eau est aussitôt pulvérisée et vient en contact avec la vapeur ; il en résulte une précipitation des sels calcaires contenus dans l’eau, et qui sont recueillis au fond du dispositif dont nous avons parlé, et d’où on peut les extraire facilement.
- 1 Voy. n° 1415, du 7 juillet 11)00, p. 86.
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- La combustion est complète, et la surface exposée au rayonnement est très grande. Ajoutons que par suite d’une large surface de dégagement la vapeur arrive dans le réservoir supérieur avec une faible vitesse; la séparation des courants d’eau et de vapeur permet d'obtenir une vapeur très sèche.
- A coté des chaudières Nielausse, se trouvent les chaudières de M. Crépelle Fontaine et de MM. Mathot et fils, et nous arrivons ensuite aux chaudières de la Compagnie française Babcock et Wilcox. Ces chau-
- dières, dont le modèle est déjà très répandu dans l’industrie, sont pourvues de grilles mobiles sans tin qui se déplacent continuellement. Cette disposition nous paraît intéressante pour le chargement automatique des grilles ; car il sulfit de placer le charbon dans une trémie à ouverture inférieure disposée pour que la grille en se déplaçant n’entraîne que la quantité de charbon utile pour la combustion. De cette manière, on peut avoir une bonne utilisation du combustible et on peut même employer des
- P Chaudières De Naeyer et C'f
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- Chaudières Mon tupet
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- Chaudières Chaudières
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- Fig. 1. — Section française des chaudières. Usine La Bourdonnais. Face à l’École militaire.
- combustibles de qualité inférieure. Si nous traversons la voie du milieu, nous arrivons à un groupe de 6 chaudières de la Société française de Nœyer et Cio. Ces chaudières, déjà très avantageusement connues, présentent un aspect monumental.
- Tout à côté, se trouve la chaudière de MM. Soli-gnae et Grille, que nous voyons en fonctionnement et qui nous saisit par ses dimensions très réduites. Cette chaudière, dont nous représentons une vue de face et une coupe longitudinale dans la ligure 5, est
- NORD
- Chaudières
- Chaudière
- Pauksch
- Chaudières Mathot et Fils
- J. et A. Nielausse
- Chaudières De Naeyer etC1.*
- . Chaudières 5 “Siemens et H a I s ke
- (Steinmuller)
- Chaudière
- Berninghaus
- Fig. 2. — Section étrangère des chaudières. Usine Suiïren. Face à l’École militaire.
- basée sur les nouveaux principes de vaporisation de M. Solignac, nouveaux principes que nous avons déjà1 fait connaître à nos lecteurs. Le générateur est formé de deux parties principales. En A se trouve un réservoir d’eau formant volant, dans lequel se fait l’alimentation par un robinet spécial et sur lequel sont branchés les appareils de sûreté et de prise de vapeur. Dans ce cylindre débouchent également des tubes verticaux qui amènent la vapeur produite. Le vaporisateur proprement dit est formé d’un faisceau tubulaire A, B, C, recourbés en U et couchés. La
- 1 Voy. n° 1186, ilu 22 février 1896, p. 191 et n° 1229, du 19 décembre 1896, p. 47.
- branche inférieure est légèrement inclinée et se relève en allant de la boîte vers l’autel. Les extrémités supérieure et inférieure de ces tubes d’un diamètre intérieur de 25 mm sont reliées à une boîte en avant N, d’où partent les tubes verticaux qui amènent la vapeur dans le cylindre À. Les extrémités supérieures des faisceaux tubulaires débouchent dans la vapeur; les extrémités inférieures se trouvent sous l’eau. Aux points d’immersion de chaque tube sont placés à frottement doux des douilles ou tuyères d’un diamètre de 0 mm. Ces tuyères ont pour but de créer une résistance au refoulement arrière de la vapeur qui se forme dans
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- les tubes ; la vapeur s’écoule alors par les branches supérieures. Il en résulte alors une circulation rapide. Le niveau d’eau dans la boite N est maintenu constant par l’action combinée du tuyau d’évacuation E, et du tuyau d’alimentation C. Tous ces faisceaux tubulaires disposés comme nous venons de l’expliquer sont exposés au feu. Des chicanes placées dans la chambre de chauffe forcent les gaz à s’échapper à l’avant et ensuite à l’arrière, de façon à parcourir toute la hauteur occupée par les tubes.
- Ce générateur à l’Exposition fonctionne depuis le mois d’avril dernier; avec une surface de 50 mètres carrés il produit 1200 kg de vapeur à l’heure à la pression de 10 kg par centimètre carré, soit 40 kg de
- vapeur par heure et par mètre carré. La vaporisation est de 8ks,5 par kg de combustible ordinaire.
- Les avantages spéciaux de ce nouveau générateur fort ingénieux sont le minimum d’encombrement et de poids, avec des conditions de fonctionnement très économiques. MM. Solignac, drille et Cie ont également exposé, au palais des Armées de terre et de mer un petit modèle de chaudière de 250 kg de vapeur par heure pour canot, de dimensions très réduites.
- En continuant notre visite, après la chaudière Solignac, Grille et Gie, nous trouvons une chaudière multitubulaire de MM. Biétrix, Leflaive, Nicolet et Cie, du type Buttner, 6 chaudières de M. Montupet, un
- Fii?. 3. — Chaudière Solignac. Vue de face et en coupe longitudinale.
- groupe de 5 chaudières de la Compagnie de Fives-Lille, et fl chaudières de M. Roser.
- Dans l’usine de l’Avenue de Suffren, sont installées un groupe de 6 chaudières Galloway à foyers intérieurs, 4 chaudières exposées par la Société étrangère de Nœyer et Ci0, 1 chaudière de MM. Fitz-ner et Gamber, 4 chaudières Bahcock et Wilcox à grille fixe, 9 chaudières J. et A. Niclausse, o chaudières Mathot et fils, 5 chaudières Steinmüller pour la Société Siemens et Halske, 1 chaudière de M. Petry Dereux, 5 chaudières Berninghans, dont 4 pour la Société Schuckert et Cie, 1 chaudière de M. Petzold, 1 chaudière de MM. Simonis et Lanz, et 1 chaudière de M. Paucksh. Ces chaudières sont des chaudières multitubulaires ordinaires et n’offrent aucune particularité saillante.
- Nous venons de passer en revue les divers modèles de générateurs de vapeur utilisés dans les usines de production. Nous signalerons aussi quelques autres modèles se trouvant en diverses parties de l’Exposition.
- Dans le hall des chaudières de la section française se trouvent des modèles de foyers fumivores Hinstin, Meldrum, et de chaudières Kudlicz et Poillon.
- La maison BeDeville, dont les générateurs sont universellement connus, expose dans diverses classes les modèles de chaudières munis de nouveaux perfectionnements, soit pour l’industrie, soit pour la marine. Nous avons surtout remarqué le modèle de générateur 1896 muni d’un économiseur-réchauffeur d’eau d’alimentation. Cet économiseur est placé directement au-dessus du faisceau des tubes vapori-
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- sateiirs ; il est formé d’éléments de tubes analogues à ceux des générateurs. Ces appareils réalisent un progrès important au point de vue économique.
- Ce sont là les principaux résultats d’une étude forcément limitée et restreinte sur les principaux générateurs de vapeur à l’Exposition de 1900. Us nous montrent que des perfectionnements et des améliorations de tous genres ont été apportés aux chaudières pour une meilleure utilisation du combustible et une plus grande production de vapeur dans les conditions industrielles les plus économiques. J. Laffargue.
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- FILTKE CHIMIQUE LM'EYRÈRE
- Dans l’instruction publiée par le Ministre de la marine aux troupes qui vont faire la campagne de Chine, il est recommande aux hommes de ne boire que de l’eau stérilisée au moyen du tiltre Lapeyrèrc. On nous demande un peu de tous cotés ce qu’est le filtre Lapeyrère.
- Ce filtre a été soumis à l’examen de l’Académie de médecine, et le rapporteur, M. Laveran, a été d’avis qu’il stérilise réellement l’eau en quelques minutes. 11 a été combiné par M. Lapeyrère, pharmacien principal de la marine, en vue de la purification de l’eau d'alimentation des troupes en campagne et des familles. L’appareil purifie, stérilise et filtre.
- La stérilisation se pratique rapidement à l’aide d’une « poudre composée » dite au permanganate alumino-calcaire « qui détruit la matière organique vivante ou morte, en même temps qu’elle diminue le degré livdroti-métrique des eaux calcaires. Voici sa composition :
- Permanganate de potasse...................... 3 gr.
- Alun de soude cristallisé sec et pulvérulent. . . 10 —
- Carbonate de soude cristallisé sec et pulvérulent. t) — Chaux de marbre foisonnée.................... 3 —
- 25 gr.
- Ces 25 grammes représentent la dose moyenne pour 100 litres d’eau, soit 0‘r,25 par litre.
- En présence de cette poudre, l’eau se débarrasse en partie du bicarbonate calcaire qui passe à l’état de carbonate insoluble, et l’alumine de l’alun, mise en liberté par le carbonate de soude, agit par astringence sur la cellule vivante; elle diminue sa vitalité; le permanganate l’oxyde aussitôt et la décompose. L’alumine agit en outre mécaniquement dans l’eau en englobant, sous sa forme gélatineuse comme dans un réseau à mailles serrées, les matières tenues en suspension et les précipite à l’état de dépôt. Quant à l’acide sulfurique provenant de la décomposition de l’alun, il se combine avec la soude et la chaux pour former des traces de sulfates qui restent en solution dans l’eau. Ce mélange de corps chimiques a une action sur les micro-organismes plus énergique que les permanganates employés seuls comme d’habitude. La preuve résulte des expériences nombreuses qui ont été faites à plusieurs reprises. M. le pharmacien en chef de la marine, Bavay, membre du conseil supérieur de santé au ministère, a constaté notamment que la poudre au permanganate alumino-calcaire, essayée sur l’eau de Seine à Passy à la dose de 0fI,50 à 0gr,35, selon les cas,*stérilisait complètement cette eau.
- Le mode opératoire est simple. La dose minima de
- poudre à employer est de 06r,25, la dose maxima de 0e',50 par litre. La moyenne 0gr,25. On verse la dose dans l’eau par litre et on agite pendant une à deux minutes. L’eau passe au rose violacé et se trouble. On laisse reposer. Au bout de cinq minutes, si la coloration rose persiste, la stérilisation est faite. Si la teinte tourne au brun ou disparaît, on ajoute environ 0gr,15 par litre, jusqu’à persistance de la couleur rosée.
- Pour utiliser cette eau et la rendre bonne à boire, il faut enlever par filtration réductrice l’excès de permanganate. L’opération se fait au moyen d’un filtre réducteur. Le plus petit de ces filtres individuels ou de poche est gros comme un étui à aiguilles et cependant il débite
- I litre et demi à l’heure. Le [dus volumineux est le filtre de Lycée par exemple dont le volume est de 2 litres et le débit de 200 litres par heure.
- Le filtre d’escouade ou de famille consiste en un cylindre en métal inoxydable de 17 centimètres de haut sur 7 centimètres de diamètre muni d’un couvercle à pas de vis à l’une de ses extrémités; à l’autre extrémité se trouve un orifice tubulaire de sortie dont le diamètre règle le débit. Le couvercle vissé porte une douille sur laquelle s’adapte un tuyau de caoutchouc pour l’arrivée de l’eau. Dans l’intérieur du cylindre se place la matière à filtrer (fibre de tourbe purifiée ou brins de laine à longs poils débarrassée de son suint et saturée d’oxyde brun de manganèse). M. Lapeyrère emploie de préférence la fibre de tourbe d’un maniement facile cl d’un grand pouvoir réducteur. L’ulmine de la tourbe fixe en effet rapidement l’oxygène à l’état naissant en formant de l’acide ulmique. Aussi lorsque du permanganate en solution arrive sur la tourbe et lui cède de l’oxvgène, il se forme de l’acide ulmique et de l’oxyde de manganèse qui, retenu dans la tourbe, augmente son pouvoir réducteur.
- La quantité d’acide ulmique qui reste dans l’eau filtrée, assure M. Lapeyrère, est trop faible pour exercer une action nuisible sur le consommateur de cette eau. Un filtre à la tourbe de cette dimension fournit 40 litres à l’heure ; il est léger, peu coûteux et facile à nettoyer.
- Pour stériliser et filtrer de l’eau en campagne, on prend un seau d > campement en toile que l’on suspend à une branche d’arbre ou à un fusil couché sur deux faisceaux. Le seau d’une capacité de 9 à 10 litres est empli d’eau. On stérilise en versant une mesure de poudre calculée pour 10 litres, soit 2 grammes environ et on attend la persistance de la teinte rose. Après quoi, on plonge le filtre cylindre dans le seau en le suspendant au crochet dont il est porteur; on aspire par l’extrémité du tube en caoutchouc pour l’amorcer. On rejette le premier verre, car il a lavé le filtre.
- Après le repas, le seau est lavé et le filtre plié tout humide daus un petit sac en toile, où l’on a enfermé une provision de poudre stérilisante. On ne procède au nettoyage du filtre que lorsque son débit diminue. On estime que 100 grammes de tourbe peuvent servir pendant deux ans, à raison de 50 litres d’eau par jour.
- 11 est évident que pour transformer le filtre d’escouade en filtre de famille, il suffit d’adapter le filtre au robinet d’une fontaine quelconque en tôle ou en faïence; il s’amorce de lui-même en ouvrant le robinet de la fontaine.
- II va de soi que l’eau de la fontaine a été traitée préalablement par la poudre stérilisatrice, et de préférence une bonne heure et même un jour avant que l’on fasse usage de l’eau, si surtout le volume à purifier est un peu grand.
- Dans ces conditions, M. Lapeyrère affirme que l’on peut
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- se procurer rapidement des quantités d’eau bien stérilisée pour l’usage domestique. Il est de fait que le permanganate alumino-ealcaire dépouille l’eau de ses organismes et même des matières solubles beaucoup plus vite que le permanganate de potasse ou de chaux. 11 restera à savoir si à la longue l’ingestion répétée de l’acide ulmiquc est bien sans inconvénient, si le filtre est bien constant dans ses effets, etc. Comme l’a sagement dit M. Lavedan, rapporteur de l’Académie : « Le filtre Lapevrère stérilise l’eau en quelques minutes, l’appareil est bien combiné, mais il faut laisser à la pratique le soin de dire 1e dernier mot sur le nouveau système. » Henri de Pahvili.h.
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- LES ÉTATS-USIS
- Un des plus agréables coups d’œil que peut donner l’Exposition qui excite chez nous une si grande curiosité, est celui que provoque l’alignement des palais étrangers à un visiteur qui remonterait la Seine sur un de ces bateaux-mouches qui font le service régulier. La vision dans cette promenade n’est gênée par aucun arrière-plan venant distraire l’attention; la succession des bâtiments, tous si différents les uns des autres et si captivants, pris isolément, constituera sans aucun doute un des plus merveilleux souvenirs de notre belle fête de 1900.
- Nous avons déjà décrit plusieurs palais appartenant aux puissances étrangères, et il nous aurait été impossible d’assigner un ordre quelconque établi sur un choix ou une préséance, car ils ont chacun leur cachet et leur beauté, nous avons préféré prendre celui qui se présentait naturellement, en commençant par un bout pour finir par l’autre1.
- Le palais des États-Unis qui est situé à côté de celui de la Turquie est une grande bâtisse carrée surmontée d’une coupole; l’ensemble du dessin de la construction a une grande ressemblance, aux dimensions près, avec la chapelle des Invalides, vue prise sur l’avenue de Breteuil. 11 n’y a, dans cette juxtaposition, qu’un simple fait de hasard ou de souvenir, car il est peu probable que les architectes américains soient venus prendre à Paris le modèle de leur palais.
- L’édifice des États-Unis est nn palais dans le sens officiel du mot, car il ne présente pas assez de grâce dans ses lignes et dans sa décoration pour que la note soit pittoresque, d’autre part, il n’est pas la copie de quelque monument de style pouvant nous remémorer une époque.
- Bien que construit en pans de bois recouverts de stalï et de plâtre, il a pourtant l’aspect d’avoir été élevé en pierres ; sa massive coupole elle-même paraît avoir été faite en maçonnerie. Tout y est majestueux et pompeux. On sent que ce peuple d’Américains a eu peur de montrer une fantaisie quelconque qui aurait pu laisser croire à de la légèreté dans leur caractère ; ils ont été aussi solennels et classiques que
- 1 Voy. n° 1416 du 14 juillet 1600, p. 103.
- possible. La partie antérieure du palais qui forme un porche avancé sert d’encadrement à une grande statue équestre de Washington saluant avec son épée; cet ouvrage d’une grande allure est dù au ciseau de M. Procter et est la reproduction exacte de la statue en bronze qui vient d’être élevée à Paris, place d’Iéna, offerte par les femmes d’Amérique. Au-dessus du porche, on voit un grand quadrige doré qui symbolise la Liberté montrant le chemin du Progrès; il est dù à la collaboration de MM. Daniel, G. Ereuch et G. Potter.
- Sous la voûte, on peut admirer une peinture de M. Mac Neil aux tons clairs, fort gracieuse et qui égaie ce monument si sévère dans ses lignes.
- Ge palais n'est pas destiné à recouvrir les produits américains qui d’ailleurs trouvent leur place dans les différentes classes de l’Exposition; extérieurement il est une manifestation nationale; intérieurement il est un home pour les Américains. La partie cintraie est élevée jusqu’au cintre et forme par conséquent un immense hall entouré de balcons aux différents étages. Sur chacun d’eux on a ménagé des pièces fort confortables avec des tables et des fauteuils où les visiteurs peuvent écrire, lire et se reposer.
- Des escaliers construits aux quatre angles de l’édifice desservent les différents étages et servent même à conduire les visiteurs sur la berge où sont installés des bars américains.
- l’autriche
- Le pavillon de l’Autriche est une construction de style : l’époque de Louis XIV se retrouve sur tous les motifs de décoration. L’ensemble a fort grand air et présente un cachet seigneurial des plus intéressants ; ce palais pourrait servir de maison d’habitation s’il n’était pas construit en matériaux provisoires, il n’y a rien d’excessif, ni dans la note pompeuse ni dans la note fantaisiste. Au rez-de-chaussée une large porte sert d’accès, et de l’extérieur, on peut apercevoir un escalier monumental qui semble être en marbre conduisant aux étages supérieurs. Une circonstance qui contribue à donner à ce palais un cachet tout à fait spécial, est la présence de superbes gardes autrichiens avec leur casque garni d’un plumet blanc. Aux deux extrémités de l’édifice, nous voyons deux sujets décoratifs représentant des amours entourant des dauphins qui servent de déversoirs à des jets d’eau qui se répandent sur des vasques en coquilles.
- À l'intérieur du palais se trouvent des salles d’honneur, de réception et de repos. Le commissariat autrichien a placé, dans les pièces de cet édifice, diverses expositions se rapportant à la classification générale; c’est ainsi que nous trouvons une salle réservée aux Beaux-Arts, une autre aux travaux publics, une troisième à l’ethnographie, etc.
- LA BOSNIE
- Une des plus gracieuses constructions de la rue
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- des Nations est cette fantaisie construite pour la Bosnie-Herzégovine ; le dessin de ce pavillon est des
- plus séduisants et mouvementés; il y a une succession de toits, de murs, de fenêtres, de tourelles
- Fig. 1. — Les Pavillons de l'Autriche et de la Iîosnie-llerzégoviiie.
- disposés delà façon la plus charmante, sans qu'aucun d’eux ne forme motif criard : il y a une harmonie parfaite dans les différents éléments qui constituent ce joli édifice.
- Les motifs sont* des souvenirs : ainsi nous retrouvons dans la loggia d’angle les mêmes dessins que sur la mosquée de Serajewo, la grande terrasse qui supporte la tour est une kouba, ce qui veut dire un ancien donjon de la Bosnie ; aux époques passées dans ce pays, chaque maison d'habitation était une petite forteresse et chaque famille une sorte de nation indépendante qui, avec l’aide de ses serviteurs et de ses gens, devait souvent défendre ses biens contre les voisins.
- L’intérieur de ce palais présente l’aspect d’un grand bazar dans leque, on voit l’étalage de tous ces mille objets que l’Orient seul sait fournir; mais ce qui frappe principalement le visi-
- teur, c'est une immense toile décorative montrant en panorama un marché de Serajewo, la capitale de la
- Bosnie. Un des attraits de ce palais est la série des peintures exécutées par un artiste bosniaque parisien, M. Mucha, qui, malgré sa nationalité, est fort connu dans notre capitale ; il a exécuté entre autres une composition charmante : les Fruits de la civilisation et des arts.
- Nous voyons aussi avec beaucoup d'intérêt des artisans dans l’exercice de leur métier, des damasquineurs, des tisseurs de tapis, etc.
- La Bosnie qui, comme on le sait, est une des plus florissantes provinces de l’Àutriche-Hon-grie nous présente une exposition des plus attrayantes : elle constitue ainsi une révélation, car à Paris on ignorait l'importance de cette contrée et la valeur incontestable de son industrie et de ses artistes. A. da Ciniia.
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- LES B\L \LAÏKISTES
- Une Exposition Universelle, comme celle dont nous sommes dotés cette année se compose de deux élé-
- ments distincts, d’nne part se trouvent les palais, les installations, les mille objets tons si variés de formes et de destinations; de l’autre on peut ranger le public lui-mème de l'Exposition et cette dernière partie n’est pas moins intéressante. Si on
- Fig. i. — La Balalaïka type. Fig. 2. — Dérivés de la Balalaïka.
- voulait cataloguer toute la série des groupes et associations divers venus des quatre coins du globe à Paris pour 1900, on aurait fort affaire tant leur
- nombre est élevé ; toutes ces personnes ayant chacune des mœurs, une physionomie et meme des costumes particuliers possèdent un charme spécial ; elles
- Fig. 3. — L’orchestre russe des Balalaïkistes.
- nouveautés d’art ont été celles qui nous ont été plus p ar ticulièren ion t a gré ah les.
- Pourrait-on croire que dans notre grande \ille-Lumière, il y ent encore quelque chose d’ignoré, qui put faire vibrer nos sens et toucher nos âmes ; c’était pourtant vrai.
- Il existe en Russie des musiciens d’élite qui se
- transforment notre capitale en un colossal musée ou nous pouvons étudier sur le vif tous ces caractères qui nous surprennent par leur originalité et nous amusent par leur diversité.
- Quelques-unes de ces sociétés étrangères venues chez nous pour l’Exposition ont apporté des nouveautés que nous ignorions et, parmi elles, les
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- sont réunis en orchestre et qui interprètent sur les instruments populaires des morceaux dont le rythme et la manière déjouer sont si nouveaux qu'ils troublent toutes les idées que nous avions sur la musique; ils jouissent dans leur pays d’une énorme réputation et pourtant ils étaient inconnus chez nous. L’Empereur qui les tient en haute estime se plaît grandement à les écouter et c’est lui qui a voulu qu’ils vinssent chez nous, il leur a payé le voyage sur sa cassette personnelle, afin qu'à Paris on sût toutes les merveilleuses ressources d’art qu’on peut trouver dans ces peuples slaves qui pourtant nous semblaient rétifs à toute production musicale.
- C’est dans les campagnes qu'on est allé chercher les instruments et les mélodies qui nous font apprécier l’orchestre des Balalaïkistes, les uns et les autres sont des plus féconds; mais, comme les forces vives de la nature, ils ont besoin d’être repris pour produire tous les effets dont ils sont susceptibles, aussi cette musique, qui nous vient du Nord comme la lumière, a été épurée et mise en symphonie, les instruments ont été perfectionnés, les mélodies nous arrivent alors charmeuses et sans faute, car elles sont maniées par des artistes d’une incomparable valeur, l’orchestre des Balalaïkistes que nous avons entendu.
- Pour recueillir tous ces chants populaires jusque dans les contrées les plus reculées, la Société Géographique Impériale de Russie organise des expéditions au cours desquelles on enregistre les airs qu’on trouve, on les collectionne et on choisit ceux qui sont susceptibles de donner des morceaux intéressants ; c’est ainsi que plus de 500 chansons ont été prises sur places ; mais toutes n’ont pas été conservées, les autres ont été confiées à des musiciens compétents qui les ont harmonisées et orchestrées spécialement pour nos Balalaïkistes.
- Il est clair que le meilleur instrument pour traduire cette musique était celui sur lequel on la joue dans les campagnes mêmes, c’est-à-dire, la domra, la balalaïka, le gousli, etc, etc.; mais ces instruments étaient primitifs, il fallait les retoucher eux aussi pour leur donner toute la sonorité et le timbre voulus.
- Et si ces musiciens d’élite dont nous faisons ici l’apologie nous charment et nous étonnent , c’est qu’ils nous présentent des airs nouveaux avec des instruments nouveaux.
- ' La symphonie des airs russes n’est pas la même ipie la nôtre ; ainsi la gamme, au lieu de présenter la suite des notes que nous connaissons, se compose des sept notes suivantes :
- do ré mi fa sol la'\) stj?
- Il en résulte des consonances auxquelles nous ne sommes pas habitués; tout en étant harmonieuses et captivantes, elles nous surprennent et semblent bizarres.
- Les instruments de l’orchestre sont le domra, la balalaïka, les gouslis, la blelcka, les svirelis, les nacris, le boubenne.
- Le domra, qui se présente sous quatre grandeurs
- différentes et qui donne, par suite, quatre consonances, est un descendant de l’ancien tambour égyptien, prototype de la mandoline chez les Italiens, de la tambouritza chez les llovas, du saase chez les Perses, etc... Cet instrument n’a que trois cordes, dont deux donnent le mi et la troisième le la; on les fait vibrer à l’aide d’un petit os de forme spéciale; la disposition de son résonnateur et de son manche en lait un type tout particulier qui ne ressemble en rien aux similaires.
- Son origine est orientale et il n’a paru en Russie qu’au seizième siècle; mais il ne s’est pas conservé tel et il a été transformé en un autre instrument, la balalaïka proprement dite, qui, elle, est l’instrument réellement populaire de la Russie. Sa forme est triangulaire, mais, comme le domra, elle possède trois cordes. On joue en frappant de la main sur toutes les cordes (fig. I).
- On en a construit de diverses grandeurs; il en est qui possèdent une forme très volumineuse et qui remplacent la contrebasse de nos orchestres (fig. 2).
- Cet instrument est en fort grand honneur en Russie, il a mis pourtant du temps à se développer et à se perfectionner à cause des sévères règlements byzantins et des persécutions religieuses de la musique mondaine entre les onzième et dix-huitième siècles; mais aujourd’hui, on marche avec le progrès : la balalaïka reformée tend, au contraire, à se propager de plus en plus, et l’Empereur de Russie cherche lui-même à en divulguer l’usage autant que possible ; il a fait organiser des enseignements dans l'armée; les soldats trouvent un singulier plaisir à retrouver des sons et mélodies de leurs villages ; ils apprennent vite, car l’instrument est facile, puis, retournés dans leurs foyers, ils en jouent et en répandent à leur tour le goût autour d’eux.
- Le gouslis est le plus ancien instrument musical du peuple russe ; il a été inventé par les Slaves et est connu depuis le neuvième siècle. Les gouslis primitifs n’avaient que neuf cordes ; la manière d’en jouer est de former des accords de façon que l’instrument ne peut servir que pour les accompagnements, comme la guitare ; on en joue en frappant à la fois de la main sur toutes les cordes qui composent l’accord. Aujourd’hui, on l’a perfectionné; les gouslis présentent la forme d’une harpe horizontale et le nombre des cordes est de 64, accordées chromatiquement.
- La brelka ressemble beaucoup à la clarinette de nos bergers; elle sert de complément aux sverelis, qui se composent de deux tuyaux cylindriques qu’on introduit à la fois entre les lèvres et dont on joue en soufflant dans les deux éléments à la fois. Les sverelis sont connus en Russie depuis le onzième siècle.
- Nous avons enfin les nacris, qui sont des sortes de pots en terre cuite ; ils viennent d’Orient et sont connus depuis le seizième siècle. Le boubenne possède à très peu près la forme de notre tambourin.
- L’orchestre de ces musiciens se compose de personnes ayant en temps ordinaire des professions
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- libérales, mais qui se réunissent pour former un ensemble; aussi leur était-il difficile de jouera Paris devant un public payant et quelconque; ils ne se sont fait entendre que dans des assemblées de choix où ils étaient certains d’être compris et appréciés.
- Une grande part du mérite de ce corps d’artistes revient à son chef, M. Ândréeff, qui a été le véritable rénovateur de cette musique populaire russe ; c’est lui qui a perlectionné les instruments pour leur donner la forme actuelle et, par sa chaleur communicative et son talent tout à fait supérieur, il a su donner à ses collaborateurs ce feu sacré et cette perfection d’exécution qui les ont transformés en un orchestre unique au monde. Les émotions d'art qu’ils provoquent sont inoubliables.
- Jules Adac.
- ET GALLO-ROMAINS
- Au moment où le broyeur à cylindres remplace presque partout la meule de pierre, il n’était pas sans intérêt de fixer les origines de cet outil primordial de l’alimentation humaine. C’est ce que vient de faire M. L. Lindet en utilisant, pour partie, les notes amassées pendant de longues années par M. Aimé Girard et, pour le reste, certains documents originaux recueillis par lui-même1.
- Nous empruntons à ce travail, remarquable par l'abondance et la sûreté des renseignements, la partie et les dessins qui concernent les moulins romains et gallo-romains.
- Le peuple-roi fit tout d’abord usage de pierres jdates creusées vers le centre, et d’autres pierres ou molettes ayant la même forme et la même dimension que la partie creuse des précédentes, et servant au broyage des grains. Ce procédé est, du reste, le plus anciennement mis en œuvre, et des pierres de ce genre ont été trouvées dans un grand nombre de stations, cavernes et cités lacustres de l’époque néolithique, dans les fouilles de Mycènes, de Troie, etc. La figure 1 représente un groupe très curieux découvert en Grèce et appartenant au musée du Louvre. Il comprend quatre personnages, hommes ou femmes, occupés à manœuvrer un objet qui peut être évidemment un fragment de pâte à pain ou de pâte céramique, mais qui peut être également une pierre destinée à écraser le grain. Un joueur de flûte placé à côté d’eux les distrait et les entraîne à leur dur labeur.
- On a également exhumé des tombeaux égyptiens des statuettes représentant des femmes accroupies devant des pierres plates munies de leur molette ; et dans un bas-relief du palais de Khorsabad, on voit des femmes qui semblent occupées aux mêmes soins.
- 1 Les Origines du Moulin à grains, par L. Lindet, professeur de technologie agricole à l’Institut national agronomique. Hevue archéologique. Paris, E. Leroux.
- Le mortier était concurremment employé par les Romains, comme par les Grecs, qui ont fréquemment figuré, sur les vases qui nous restent, des femmes pilant au mortier. Le pilon était actionné par un grand levier en bois : on obtenait ainsi le concassage du grain qui devait ensuite passer à la [lierre à écraser.
- Mais ces procédés primitifs ne pouvaient guère rendre de services que dans l’industrie familiale, comme le font encore les peuplades de l’Afrique centrale, de la Chine, des Indes, etc. Dès que les agglomérations plus denses déterminèrent la création des métiers proprement dits, il fallut se pourvoir d’engins à production plus considérable.
- Le moulin à meule tournante supérieure répondit à ces besoins. Imaginé probablement par les Grecs1, mais sans qu’il paraisse s’être répandu d’une manière générale, Caton en fait, pour la première fois, mention deux siècles avant J.-C. II ne s’agissait que d’appareils mus par des esclaves ou des ânes. Un siècle plus tard, Strabon, Lucrèce et Vitruve parlent de moulins mus par l’eau, auxquels nous reviendrons plus loin, et qui ne pouvaient évidemment utiliser que des meules tournantes.
- « Le meilleur des documents, ajoute l’auteur, est l’existence, au milieu des ruines de Pompéi, de meules romaines, en place, dont quelques-unes pourraient encore fonctionner aujourd’hui. Ces meules ont été trouvées soit dans des maisons particulières (casa dei Labirinti), soit dans des boulangeries industrielles (casa di Marte e Venere, casa di Sal-lustio). » Elles sont représentées dans la figure 2. La meule tournante (catillus) est constituée par un double entonnoir conique, dont le supérieur recevait le grain, tandis que l’inférieur coiffait la meule fixe (meta). Cette dernière pouvait être creusée de rayons obliques, destinés à diriger les produits moulus. Ils sont en effet tracés de gauche à droite, dans le sens où tourne le catillus.
- De nombreux bas-reliefs viennent d’ailleurs confirmer l’existence de cet engin. Les figures 3 et fi reproduisent des bas-reliefs du musée Chiaramonti où l’on voit des moulins actionnés l’un par un cheval, l’autre par un âne. La première accuse nettement sur la meule fixe les rainures obliques dont nous avons parlé, et toutes deux présentent au-dessous d’elle des auges destinées à recueillir la farine.
- Dans la partie étranglée du catillus, et extérieurement, sont ménagés deux boîtards de section rectangulaire pour recevoir des leviers en bois fixés par des chevilles de même nature. Ces pierres, dont les exemplaires recueillis varient comme diamètre entre 1 mètre et 0m,50, étaient d’un poids considérable, (H il était nécessaire, aussi bien au point de vue de la
- 1 M. L. Lindet fait observer que si la Bible semble indiquer que les Hébreux ont connu la double meule, aucun texte ne porte d’une manière précise que la meule supérieure n’ait pas été une simple molette. Enfin, nous ne savons pas si Samson « tournait » réellement la meule chez les Philistins, car le texte dit simplement : « Samson fut occupé à moudre dans la maison des prisonniers ».
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- mise en mouvement qu’à celui de la modification de l’écartement des meules suivant la finesse des produits à obtenir, de suspendre la meule supérieure. Le procédé le plus pratique consistait à fixer au
- sommet de la meta (fig. 2, cartouche) une tige verticale en 1er, II, qui s’engageait à son extrémité supérieure dans une pièce, de bois transversale, A. Elle v était maintenue soit par une goupille (fig. o),
- Fig. 1. — Groupe de personnages grecs occupés à écraser le grain. (Musée du Louvre, département grec.)
- soit par une béquille cordée (fig. 4). L’écartement se réglait probablement à l’aide de trous percés dans la tige B, ou de coins interposés entre la béquille et la pièce transversale. Cette dernière se reliait aux leviers horizontaux de manœuvre par deux pièces obliques, C, G, chevillées avec eux dans les boîtards latéraux.
- Le bas-relief de la figure T) porte une trémie analogue à nos engraineurs, et l’on peut penser que la corde qui la dépasse est celle d’une soupape qu’on manœuvrait au moment où la vitesse de rotation convenable était atteinte.
- Quant à celui de la
- figure 6, il nous montre, déjà en usage, la d’avertissement de nos moulins actuels.
- Aucun d’eux ne fournit malheureusement la disposition complète de l’attelage : le cheval de droite de la ligure o porte bien, il est vrai, un collier réuni par une chaîne à la traverse supérieure et non au levier central, quoique celui du manège de
- gauche soit pourvu d’une sorte de crochet ; il est d'ailleurs douteux qu'il ait pu en être ainsi, car le
- cercle décrit par ces animaux aurait été d’un très faible rayon, et la force exigée peu en rapport avec les poids des grands catilli.
- M. Lindet pense que ce genre de moulin était le plus largement em--ployé mais qu’il y avait également en Étrurie une sorte de moulin à noix.
- En Gaule, il n’est pas prouvé qu’au moment de l’invasion romaine on connût les meules tournantes, et il semble naturel d’admettre qu’elles y ont été importées à cette occasion. Toutefois les dimensions de l’engin sont sensiblement diminuées, et il devient portatif. De plus, l’entonnoir supérieur du sablier est supprimé et les boî tards latéraux du modèle de Pompéi se réduisent ici à deux oreilles qui nécessitaient le mortaisage des leviers de manœuvre. La figure 4 représente deux catilli de meules romaines qui servent ainsi de transition.
- Fig. 2. — Moulins trouvés à Pompéi.
- Eu cartouche, coupe d’un moulin romain.
- sonnette
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- Quant aux meules gallo-romaines, la figure 5 en donne divers types peu différents entre eux, et dont la caractéristique consiste dans le relèvement assez faible de la meule inférieure au centre, forme beaucoup plus rationnelle que dans l'appareil romain puisqu’elle permet au grain de séjourner plus longtemps entre les surfaces broyantes. Quelquefois les meules étaient creusées à la surface de lignes dirigées suivant les rayons, et la figure 5 reproduit une meule du musée de Saint - Germain, oii le rayonnage peut être comparé au tracé rationnel adopté aujourd'hui. On i ntroduisait le grain par une ouverture pratiquée dans la meule supérieure : la suspension s’obtenait à l’aide d'une traverse et d’une tige verticale, analogues à celles de l’appareil de la figure 5. four la rotation, on employait un bâton fixé généralement sur le côté, soit dans la position horizontale, soit dans la position verticale.
- Ce procédé est du reste celui qu’on trouve aujourd’hui chez les peuples à civilisation arriérée.
- Les Grecs et les Romains n’ont pas utilisé la puissance motrice du vent, ou du moins Yitruve n’en parle pas. l'ar contre, il décrit le moulin à eau tel, pour ainsi dire, que nous le connaissons aujourd’hui :
- « Sur l’axe horizontal de la roue à aubes, dit-il, se trouve une roue dentée qui tourne en même temps qu’elle. Cette roue verticale engrène sur une autre disposée horizontalement, plus grande (juc la première et qui donne aux meules le mouvement circulaire. » Stra-bou en cite un que l’on voyait à Cabires près du palais de Mithri-date, et ces divers textes rapprochés de l’époque oii écrivaient leurs auteurs, montrent que les anciens connaissaient les moulins à eau dès le premier siècle avant J.-C.
- Ils prirent rapidement une extension considérable,
- Fig. 3. — Meule actionnée par un cheval.
- Fig. i. Fig. 3.
- Fig. 1.— Catillus de meules romaines.— 1. Musée de Chambéry.— 2, Musée Borély, à Marseille. Fig. 5. — Meules gallo-romaines. — 1 et 2. Collection Fabre et lioyat. — 3. Musée Saint-Germain.
- notamment en Italie, aux quatrième et cinquième siècles. On les établissait non sur les fleuves et les grandes rivières, sans doute à cause de la difficulté de construire des* roues suffisamment résistantes, mais sur les ruisseaux et les aqueducs. Néanmoins, au siège de Rome en 557, Yitigès, roi des Ostro-goths, ayant coupé les eaux des aqueducs qui alimentaient les moulins, Bélisaire « fit attacher deux câbles aux deux bords du Tibre, au-dessous du pont, et il retint avec les câbles deux grands bateaux, à
- deux pieds de distance l’un de l'autre, à l’endroit où l’eau sort avec le plus de violence de dessous la grande arche; puis il posa les meules sur les bords des deux bateaux, et mit la machine cjui les fait tourner1. »
- On voit ainsi qu’il s'agissait de roues à aubes que l’eau mettait en mouvement soit en dessus (cas des aqueducs), soit en-dessous (cas des cours d’eau naturels).
- 1 Procope. De Bello Gothico.
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- Ici s’arrête, à proprement parler, la partie que nous avons cru devoir emprunter à l’intéressant travail de M. L. Lindet. 11 montre qu’avec l’invention de la meule tournante et de la roue a aubes comme appareil moteur, les éléments constitutifs des moulins autres que ceux à vent étaient déjà d’un usage courant dès les débuts de l’Empire romain. 11 leur restait néanmoins une longue étape à parcourir pour arriver à leur état actuel. L’auteur fait voir, dans la dernière partie de son mémoire, comment l'application des procédés mécaniques à la rotation du moulin a augmenté sa vitesse et déterminé l'aplanissement de la surface des deux meules. La force
- Fij. 6. — Meute actionnée par un âne.
- centrifuge était, en effet, devenue suflisante pour chasser le grain qui glissait autrefois sur la meta conique presque uniquement sous l’action de son propre poids. Le rayonnage adopté ou plutôt retrouvé au début du siècle, conduisait aussi au même résultat puisqu’il tendait à imprimer au grain la direction nécessaire. Enfin le rayonnage donnant aux meules du « mordant », l’industrie meulière a pu utiliser des pierres plus dures, et comme il était difficile d’en trouver d’homogènes sur toute leur surface, elle était arrivée à les construire par morceaux ou « carreaux », ce qui favorisait en même temps l’augmentation des diamètres et l’importance de la production.
- Telle est l’odyssée de ces précieux engins, dont l’histoire touche à sa fin, car ils ont aujourd’hui dans toutes les installations importantes cédé la place aux broyeurs à cylindres qui caractérisent l’outillage de la meunerie moderne, et ne figureront bientôt plus qu’à l’état de souvenir comme les machines à pression atmosphérique de Newcommen dont nous avons nous-même fait connaître à nos lecteurs quelques types oubliés. G. Ricnou.
- ARSENIC ET PHOSPHORE
- On a toujours considéré l’arsenic comme un corps simple. Un chimiste bien connu, M. F. Fittica, professeur à l’Université de Marbourg, affirme qu’il y a erreur et que l’arsenic n’est qu’un composé de phosphore et de protoxyde d’azote. En traitant convenablement le phosphore, on peut toujours en retirer de l’arsenic en petites quantités d’ailleurs. A cela, on a répondu à M. Fittica que s’il retirait de l’arsenic du phosphore, c’est tout bonnement parce que le phosphore renfermait de l’arsenic.
- Il y a longtemps, dès 1892, M. Fluckiger montrait que la matière noire qui se forme sur le phosphore blanc exposé à l’air et soumis à l’influence des vapeurs ammoniacales est de l’arsenic. L’arsenic serait donc simplement une impureté du phosphore. M. Fittica réplique que ce n’est pas une impureté. La question en est là et reste bien indécise.
- En tout cas, voici un des modes opératoires employés par M. Fittica pour transformer le phosphore en arsenic, d’après le Chemiker Zeitung. 11 chauffe 2 grammes de phosphore amorphe, exempt d’arsenic, avec 20 grammes de nitrate d’ammoniaque finement pulvérisé; après mélange, les matières sont placées dans un tube chauffé au bain d’huile jusqu’à 180° centigrades. A ce moment, la réaction commence et il faut refroidir un peu pour éviter une explosion; après quoi, on élève de nouveau la température jusqu’à 200° ! On laisse refroidir, on traite par l’eau et par l’acide sulfhydrique ; on obtient un précipité jaune que l’on dissout dans du carbonate d’ammoniaque; il se précipite du sulfure d’arsenic.
- Il y aurait donc production d’un composé du phosphore avec le protoxyde d’azote qui se dégage dans la décomposition du nitrate d’ammoniaque et ce composé ne serait autre que l’arsenic. Il est de fait que le poids moléculaire de la combinaison est 74,94 qui coïncide bien avec le poids atomique de l’arsenic 74. On peut toujours objecter avec M. Clément Winckler que rien ne démontre encore bien nettement que l’arsenic ne préexistait pas dans le phosphore employé, car enfin le degré de finesse du procédé analytique actuel pour reconnaître l’arsenic est peut-être encore insuffisant pour mettre en relief la présence de l’arsenic. Le problème est posé; nous nous contentons de le signaler, espérant qu’il sera bientôt résolu. Fi,ami:i.
- ---^<>-0--
- CONCOURS D’AÉROSTATION
- EXPOSITION DE 1900 (ANNEXE DE VINCENNES)
- Le gouvernement de Tours en novembre 1870, avait essayé de faire parvenir jusqu’à Paris des ballons montés. C’est ainsi que MM. G. et A. Tissandier essayèrent vainement du reste d’atterrir dans la capitale assiégée. Il y a donc intérêt à chercher à atteindre un but déterminé en profitant des differents vents régnants. On a organisé des concours dans ce but à l’annexe de Vincennes. C’est le 15 juillet dernier qu’a eu lieu, au parc d’aérostation de Vincennes, le premier concours de distance minimum, par rapport à un point fixé à l’avance, pour ballons libres montés et handicapés. Le point désigné pour l’atterrissage était Auvers, près Pontoise, et le trajet devait être effectué sans escale. A 5h50 le signal du départ était donné et 12 ballons s’élevaient au-dessus de Paris. M. Guffroy est descendu à 400 mètres du but ;
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- M. le comte de la Yaulx à 800 mètres, et M. de Castillon de Saint-Victor un peu plus loin, dans la direction de Pontoise. Ces aéronautes gagnaient ainsi les trois prix proposés. Les autres ballons s’étaient dispersés de part et d’autre de la route et du point fixé.
- Le succès des lauréats n’était point dù au hasard, mais à leur habileté à se servir des divers courants d’air.
- Plus concluant encore a été le concours du même genre, du 22 juillet suivant. Cette fois les ballons n’étaient point handicapés. Le point fixé pour l’atterrissage était l’église de Mormant (Seinc-ct-Marne). Comme dans le précédent concours, un rapporteur du jury et deux membres étaient partis avec deux automobiles pour faire les constatations à la descente. Ces messieurs ont pu, de la route, jouir d’un spectacle peu commun. Tout d’abord, ce sont les douze ballons qui, vers 5h50, et dans un court espace de temps, se sont élevés du même point, pour s’éparpiller en éventail. Ces ballons se sont ensuite partagés en deux camps inégaux : ceux qui faisaient fausse route et ceux qui suivaient la bonne voie. Ceux-là étaient les moins nombreux. Quant aux autres, on les voyait s’efforcer de rester dans la vraie direction. Ils allaient à droite, à gauche, s’élevaient ou s’abaissaient pour s’v maintenir. Deux des membres du jury, MM. Surcouf et Hervé, laissant à leur troisième collègue le soin de suivre les aérostats, se hâtèrent d’aller prévenir les habitants de Mormant qu’une nuée de ballons allait s’abattre sur leur pays. Des sourires d’incrédulité accueillirent d’abord ces paroles; mais une demi-heure après, il n’y avait qu’à lever les yeux pour s’apercevoir que la prédiction allait s’accomplir. Pour rendre justice aux braves gens de cette localité, il faut dire qu’ils ne s'effrayèrent point. Au contraire, ce fut un enthousiasme indescriptible. Des flots d’hommes, de femmes, d’enfants, se précipitèrent dans toutes les directions. Tous poussaient des cris de joie et acclamaient les voyageurs aériens qui flottaient encore au-dessus de leurs tètes. Et cet enthousiasme avait bien sa raison d’être, car « sept » ballons descendaient presque en même temps, vers six heures, sur le territoire de la commune de Mormant. Là, comme à Àuvers, le succès était le résultat de l’habileté des aéronautes.
- Les trois vainqueurs de cette épreuve mémorable sont M. le comte de la Vaulx qui a atterri à 1100 mètres du point désigné; M. Carton, à 1140 mètres, et M. Guffroy à 1205 mètres. 11 faut ajouter aussi que les distances qui viennent d’être données auraient pu être bien moindres si les aéronautes n’eussent pas voulu éviter de tomber sur l’église ou sur les toits de Mormant.
- Ces divers résultats sont encourageants, et ces concours qui continuent tous les dimanches présentent une utilité incontestable pour la pratique éclairée de l’aérosta-tion. X...
- CHRONIQUE
- La seconde comète de fl 900. — On a reçu à l’Observatoire de Paris plusieurs télégrammes relatifs à la découverte de ce nouvel astre, qui appartient à M. Boully, de l’observatoire de Marseille. Cette trouvaille intéressante a eu lieu le 25 juillet, dans la constellation du Délier. Quelques heures après, cette comète était signalée en Amérique par M. Brooks, de l’observatoire Yerkes et, le lendemain 24, par M. Kobbold, à l’observatoire de Strasbourg. Ces observations ont permis de calculer une orbite approximative.
- Conductibilité variable des gaz dans un courant continu. — M. Stark montre (Annalen (1er Physik) que la résistance d’un gaz au passage d’un courant électrique est maxima près des électrodes, à cause de l’accumulation des ions de même signe dans le voisinage. Il y a un autre maximum de résistance vers le milieu, mais plutôt du côté de l’anode. La résistance est influencée par la chaleur développée aux électrodes, par les rayons cathodiques et par la vitesse inégale à laquelle les deux sortes d’ions traversent le gaz.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 20 août 1900. — Présidence de M. M. Lcvv.
- L’extraction (le l’oxygène contenu dans l’air. — M. d’Arsonval présente une Note de M. Géorges Claude relative à la possibilité d’extraire de l’atmosphère l’oxygène qui y est contenu. L’auteur, guidé par des vues théoriques, estime que les éléments de l’air peuvent être séparés sans qu’il soit nécessaire de faire intervenir aucune énergie. Il annonce qu’il a, dans ce but, essayé d’utiliser la différence de solubilité de l’oxygène et de l’azote, mais qu’il n’a pas obtenu un résultat satisfaisant par cette voie. M. Berthelot fait observer que sans recourir aux actions chimiques le problème a déjà été résolu. Il suffit en effet de prendre l’air liquide. L’azote et l’oxygène liquéfiés ayant des températures d’ébullition différentes, on arrive, grâce à l’évaporation, à obtenir des mélanges fort riches en oxygène. Bien qu’on soit arrivé à produire l’air liquide à un prix relativement peu élevé, cette méthode serait encore peu pratique. M. Darboux observe que l’auteur la connaissait et qu’il a certainement considéré qu’elle ne satisfaisait pas à l’objet de ses recherches.
- Les perturbations atmosphériques. — M. Jenkins adresse une Note sur la loi des phénomènes météorologiques. L’auteur pose en principe que ces phénomènes subissent des perturbations violentes, quand la lune passe à son périgée ou à son apogée et quand le soleil passe à son périhélie ou à son aphélie. Malheureusement, selon la remarque de M. Mascart, celte théorie manque de fondement, car les distances de la lune, à la terre ou de la terre au soleil, aux instants ci-dessus indiqués, varient très lentement.
- Apparition d’un parasite des fruits. — M. Giard annonce qu’il vient de constater la présence, sur des fruits cueillis à Courbevoie, de larves provenant d’une mouche qui, jusqu’à ce jour, était inconnue dans nos climats. Cette mouche a été décrite sous le nom de Ceratitis Capitata (variété hispanica) ; sa présence était signalée aux Indes, en 1826, où elle déposait ses larves dans les oranges et les citrons. Elle fut ensuite rencontrée aux îles Bermudes dans des pêches, et elle y rendit cette culture presque impossible pendant quelque temps. On la signalait plus tard au cap de Bonne-Espérance sur des pêches et des abricots, des pommes et des coings. C’est dans des abricots que M. Giard vient de découvrir les larves de cette mouche dévastatrice. Il est assez vraisemblable que sa présence dans la région parisienne est accidentelle et qu’elle a été apportée dans des oranges ou des mandarines. 11 est probable d’ailleurs qu’elle ne résistera pas à l’eflet des froids de l’hiver. L’insecte a, en effet, l’habitude d’hiverner à l’état parfait; il y a donc toute chance qu’il ne résistera pas. 11 est cependant à craindre que dans nos climats il ne modifie ses mœurs et n’hiverne à l’état de chrysalide, ce qui rendrait problématique sa destruction
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- par le froid. On le combat en jetant dans un lit de chaux vive les fruits verts ou mûrs piqués par les mouches. En ce qui concerne les arbres de prix, on peut d’ailleurs, à très bon compte, les protéger avec une moustiquaire de mousseline. Ces précautions sont utiles à observer en présence du danger que court, en ce moment, la culture si importante des pèches de Montreuil. Cii. de Yilledeüil.
- LA. CYK0PL4NE
- TÈTE DE PIED POUR APPAREILS PHOTOGRAPHIQUES
- ET TOPOGRAPHIQUES
- Les trépieds destinés aux appareils de photographie et de topographie sont généralement terminés par une petite plateforme circulaire munie d'une vis qui s’engage dans l’écrou solidaire de l’appareil. Cette disposition *est suffisante quand celui-ci doit rester horizontal, mais ne permet d’obtenir son inclinaison que par l’écartement de l’un des pieds, disposition le plus souvent défectueuse.
- Depuis longtemps déjà on a imaginé des rotules qui, interposées entre le pied et l’appareil, permettent de donner à celui-ci toutes les inclinaisons ; l’emploi de cette disposition serait excellent si les rotules en question, une fois dans la position choisie, pouvaient y être fixées solidement ; mais cela n’a pas toujours lieu par suite du mode de serrage adopté qui est défectueux et, si l’appareil à supporter est un peu lourd et son inclinaison sur l’horizontale un peu accentuée, on risque de le voir s’incliner brusquement plus que de raison. En outre, quand la position par rapport à la ligne d’horizon a été obtenue, il faut, [tour faire décrire à l’appareil une circonférence dans le plan choisi, desserrer la rotule, ce qui ne permet de retrouver la position primitive qu’après de longs tâtonnements. M. Simonnet a réalisé avec la cyro-plane, qu’il a fait construire par M. Balbrek, un dispositif qui nous [tarait résoudre très complètement la question. Il se visse directement sur la tète du pied à laquelle il se substitue complètement, et à cet effet le plateau circulaire qui en forme la base est muni d’un écrou dans lequel s'engage la vis du pied ordinaire. Sur ce plateau se trouvent montées trois colonnes qui supportent un anneau fixe f d'un
- diamètre un peu plus petit que celui d’une sphère C qui vient reposer sur lui. Un autre anneau e, de même diamètre que le premier, est placé sur la sphère et il est réuni par des tirants à une plateforme inférieure sur laquelle agit un écrou moletéA. En vissant celui-ci on abaissé l’anneau eeton obtient un serrage énergique de la sphère. Elle est percée, suivant un de ses diamètres, d’un trou conique dans lequel vient s’engager une clavette a de même forme; c’est cette clavette qui porte le plateau b muni de la vis destinée à réunir l’appareil photographique ou topographique au pied. A la partie inferieure elle est munie d’un écrou de serrage d\ si l’inclinaison ne doit pas être considérable ce dernier est même inutile. Un voit que par ces dispositions on peut, si cela est nécessaire, obtenir l’inclinaison de tout appareil fixé en b en agissant sur l’écrou inférieur k ; on peut ensuite orienter l’appareil dans un même plan, incliné ou non, sans avoir à s’occuper de la rotule qui est immobilisée complètement.
- Cette disposition est très commode pour les levers de plans à la planchette et rendra surtout service aux photographes, car, malgré son petit volume, la cyroplane peut facilement supporter un appareil 18x24; son emploi est tout indiqué dans la prise des vues panoramiques. M. Val-lot, qui a présenté cet appareil à la Société française de photographie, a insisté précisément sur ce point, et il est bien placé pour s’en rendre compte ; il a fait en effet par la photographie un levé panoramique de la partie du Mont-Blanc qui figure à l’exposition du Club Alpin. 11 a dû faire ce levé d’un point élevé en inclinant assez fortement l’appareil; la série des petits clichés qu’il a pris figure du reste dans la salle même du panorama et on peut voir que les raccords sont très exacts, la peinture n’est que la reproduction agrandie. Pour ses opérations, M. Vallot a employé des procédés qui lui sont particuliers, mais dans des travaux de ce genre un support spécial facile à manier dans tous les plans sera toujours une garantie de bonne et rapide exécution. G. M.
- Le Gérant : P. Masson.
- La Cyroplane. Tèle à inclinaison variable pour pied d’appareil photographique ou topographique. 1. Vue d'ensemble. — 2. Détails de construction.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- — 1" SEPTEMBRE 1000. LA NATURE.
- LA SALLE DES ILLUSIONS
- EXPOSITION IIE 1(100
- La Salle des Illusions est en quelque sorte le clou officiel de l’Exposition; et, de lait, elle a promptement gagné la laveur du public. Cette faveur est, à tous égards, méritée, tant par la richesse des décorations de la salle elle-même que par la série savamment graduée des impressions qu’on y éprouve.
- C’est d’abord une noire obscurité qui commande comme une sorte de recueillement et impose involontairement le silence à la foule des quatre cents personnes qui assistent à chaque séance. Nulle im-
- patience, et les yeux cherchent dans le noir à deviner déjà les motifs de décoration, quand un petit appel de sonnerie troue le silence : et des étoiles d’un bleu tendre illuminent soudain la salle d’une lueur discrète; alors se voient mieux les colonnes, les cintres, les guirlandes et les lustres : on est comme au centre d’une salle infinie où les galeries se répètent de tous côtés, semées d’étoiles bleues. Mais la couleur des étoiles a changé ; elles sont rouges maintenant, puis d’un blanc éclatant ; et les cintres s’allument à leur tour, puis les colonnes qui paraissent tantôt du marbre blanc le plus pur, tantôt d'un marbre blanc teinté de vert ou de rose. C’est un véritable enchantement, on vit là comme dans une salle de rêve,
- Fig. 1. — Vue ultérieure de la Salle des Illusions.
- dans une sorte de temple prodigieusement vaste et mystérieux. Aux impressions douces y succèdent des impressions vives; tout brille à la fois, étoiles, cintres, guirlandes, lustres, colonnes, du blanc le plus éclatant. Puis, tout à coup, des papillons aux ailes teintées des plus vives couleurs paraissent descendre du plafond — nous allions dire des nues — jusque près des spectateurs.
- Et la séance — qu’il faut voir, car les descriptions ne peuvent en donner l’idée — se termine ainsi au milieu des applaudissements frénétiques de la foule.
- Mais il n’est pas rare d’entendre demander par quelque esprit plus curieux que les autres : « mais comment tout cela fonctionne-t-il, comment tout cela est-il installé? »
- Ce n’est pas là, en effet, le côté le moins intéressant de la question : nous allons essayer d’en donner une idée, en indiquant d’abord le principe de l’œuvre, puis les modes de réalisation de ses différentes parties.
- La salle a la forme d’un hexagone régulier inscrit dans un cercle de U mètres de rayon, et le principe des illusions réside tout entier dans la symétrie parfaite, et, on peut le dire, merveilleuse, de l’hexagone régulier, et sur les phénomènes de réflexions multiples de la lumière sur deux miroirs parallèles ou angulaires.
- Prenons, par exemple, la face numérotée '1 dans la figure ci-contre : elle est parallèle à la face A, de là résulte pour un objet lumineux placé entre I et T, au centre U de la salle, par exemple, une « double infinité » d’images, se répétant régulière-
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- ment dans les glaces 1 et 4. La meme face 1 fait avec r> un angle de 00°, de là une double série d'images distribuées circulai renient sur une circonférence
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- Fig. i. — Disposition schématique des glaces.
- de centre P ; répétition du même phénomène pour 1 et 5 qui font le même angle de 60°. Phénomènes analogues pour 1 et 2, 1 et 0 qui font entre elles des angles de 120°. Et ce que nous avons dit pour la lace n° 1 peut se répéter pour toutes les autres. De là résulte une répétition circulaire à l’infini des images, et, comme on le voit, le principe de la féerie est en somme le principe du « kaléidoscope ». Les elfets obtenus sont merveilleux ; nous croyons qu’ils auraient été plus bizarres encore, si l’on avait pensé à donner aux objets lumineux, distribués dans la salle, des couleurs diverses sur leurs différentes faces ; en effet, pour ne prendre que le cas de deux miroirs parallèles, on sait qu’une boule bleue et rouge, par exemple, donne dans chacun des miroirs une série d’images « alternativement » bleues et rouges.
- Quoi qu’il en soit, l’honneur d’avoir songé au principe que nous venons de rappeler revient tout entier à M. Hénard, l’architecte du palais de l’Électricité. C’est sous sa direction que furent faites toutes les études, tant celles relatives à la décoration architecturale proprement dite que celles relatives à l’installation.
- Dans cette installation, nous distinguerons deux parties : la fabrication et le montage des glaces, et la production des objets lumineux.
- Les glaces ont été libéralement offertes par la manufacture de Saint-Gobain : il en fallait douze pour chaque face dè l’hexagone, et chaque glace a
- Fig. 3. — Système de suspension des glaces. — T, porte ménagée dans le contrefort pour la circulation.
- une surface d’environ « 12 mètres carrés ». Si l’on considère de quelle délicatesse est le travail des miroirs qui doivent donner des répétitions d’images,
- s
- Fig. 4. — Détails du système de suspension. — L. Système permettant de déplacer le bas d'une glace d'avant en arrière et inversement. — 11, I, J. Système permettant de déplacer le haut d’une glace d’avant en arrière et inversement. — K. Système permettant de rapprocher une glace de celle qui la surmonte.
- on ne sera pas surpris d’apprendre qu’il fallait exécuter en moyenne quatre ou cinq glaces pour en obtenir une bonne. Les caisses arrivant de la manufacture étaient amenées directement par wagons sous une trappe ménagée dans le plancher même de la salle; de là, élevées obliquement puis verticalement par des grues convenablement installées, chaque glace, placée dans son châssis de réglage, était amenée à la place qu’elle devait occuper dans lepan-
- Bande ftl
- Glace
- Détails du châssis.
- Fig. 5.
- neau. Tous les appareils de réglage sont d’ailleurs fixés à des contreforts en maçonnerie, dont l’usage évite les dilatations irrégulières qui n’auraient pas manqué de se produire avec une ossature purement métallique.
- Les figures ci-dessus montrent le détail des appareils
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- de suspension et de réglage. Ce réglage constitue la partie la plus délicate de l’installation ; il est en effet indispensable que chaque panneau, formé de glaces raccordées, forme une surface plane aussi rigoureuse <{ue possible ; de plus on obtient la régularité de l’hexagone en s’assurant du parallélisme des faces opposées. Ce double réglage s’obtient par tâtonnements précisément en examinant les images formées par les glaces et touchant aux appareils à vis qui permettent d’incliner les miroirs dans deux sens rectangulaires jusqu’à obtenir la régularité complète.
- Si d’ailleurs une des glaces venait à se briser, le système de suspension adopté permet de l’avancer à 50 centimètres du plan du panneau, pour la remplacer sans altérer en rien le réglage du reste du panneau. Dans le châssis qui la porte, chaque glace n’est, pas prise directement dans des pinces de métal, elle est au contraire isolée et comme noyée dans une substance molle, afin d’éviter les ruptures qui se produiraient inévitablement par suite de l’inégale dilatation du verre et du métal.
- Enfin, on a reconnu dès le début de l’installation, (pie la différence de température des deux parois de la glace produisait des buées sur la glace : c’était un inconvénient grave, qu’on a du reste facilement éliminé, en installant des rampes de chauffage modéré à vapeur directement sous le plan de chaque panneau.
- Tandis que, sous la direction de M. Hénard, ' M. Alméras exécutait les staffs et MM. River et Del-loye étudiaient le système de suspension, MM. Martine, Brunswick et Guénée, sous la haute surveillance de M. Picou, ingénieur en chef du service électrique, s’occupaient des détails techniques de l’éclairage électrique.
- Les variations de cet éclairage sont entièrement commandées à distance, par l’intermédiaire d’interrupteurs à rupture liquide imaginés spécialement dans ce but, et qu’il serait trop long de décrire ici. Ces interrupteurs sont commandés à distance, et la commande se fait à l’aide d’une sorte de petit clavier dont la surface totale n’est pas d’un mètre carré. On peut ainsi allumer des guirlandes de lampes de diverses couleurs, ou à l’intérieur des colonnes creuses également des lampes de diverses couleurs, etc. Enfin de ce côté encore une innovation a été apportée aux projecteurs. L’ancien système des verres colorés, encore employé dans les théâtres, ne donne jamais à grande distance de couleurs très pures ; de plus ces verres sont rapidement mis hors d’usage par les radiations chaudes de l’arc électrique ; on a imaginé de remplacer ces verres par un « courant de liquide coloré » qui circule dans une petite cuve de verre plate, devant la lanterne : on peut régler à volonté la quantité de matière colorante dans le liquide, et indépendamment des variations de teinte, obtenir ainsi des variations d’intensité du plus curieux effet.
- Tels sont, brièvement résumés, les points principaux de l’installation de la Salle des Illusions ; on voit que tout y est scientifiquement raisonné; c’est là une considération qui en double en quelque sorte
- l’intérêt, et qui justifie pleinement l’enthousiasme de la foule qui ne cesse de se presser aux portes de la salle mystérieuse. J. Derôme,
- Licencié es sciences.
- LE PROBLÈME DU COUCOU
- Chacun sait qu’il y a beaucoup de lacunes dans la biologie du coucou. Cet oiseau a des mœurs très différentes de celles de la plupart de ses congénères, et sur bien des points les ornithologistes sont dans l’incertitude. Il est bien certain que le coucou dépose ses œufs dans le nid de différents autres oiseaux, et laisse à ces derniers le soin de les faire éclore. Mais comment les introduit-il dans les nids? 11 est naturel de supposer que le coucou va simplement pondre dans tel ou tel nid, et que, une fois la besogne faite, il se retire. Ce n’esl peut-être pas de cette manière, toutefois, que les choses se passent;et M. A. 11. Meiklejohn vient de rapporter dans The Zooloyist une observation intéressante à cet egard. L’observateur était assis sur le bas-côté d’une roule à regarder un oiseau avec des jumelles, quand tout à coup un coucou passant par-dessus sa tète, alla se poser sur une haie, à douze mètres de distance environ. De là, le coucou traversa la route et entra dans la baie de l’autre coté, d’où il sortit un instant après, poursuivi par un petit oiseau auquel se joignirent bientôt deux ou trois étourneaux qui avaient évidemment leur nid et leur progéniture dans le voisinage. Mais le coucoun’avail nulle envie de quitter les environs, et, pour savoir ce qui pouvait bien l’attirer, M. Meiklejohn descendit la route et s’assit dans le gazon, en face de l’endroit où le coucou était entré dans la baie, et à
- 10 mètres de ce point. Moins de deux minutes plus tard, le coucou revenait, se glissant le long de la haie. 11 présentait une apparence anormale : son cou était gonflé et distendu, et, au niveau du milieu de la longueur, il semblait contenir quelque objet sphérique qui faisait saillir les plumes, et les redressait. Dès que le coucou fut revenu
- 11 fut attaqué furieusement par une paire de rouges-gorges sur le nid desquels il avait évidemment des vues. A plusieurs reprises les courageux petits oiseaux attaquèrent et houspillèrent le coucou ; par deux fois l’un d’eux saisit même le coucou par la nuque et y resta suspendu pendant quelques secondes avec la ténacité féroce du bouledogue. A chaque attaque des rouges-gorges, le coucou rejetait sa tète en arrière, ouvrait son bec tout grand, et faisait entendre son cri, La lutte dura quelque temps; mais enfin le coucou, malgré les attaques dont il était l’objet, fit un plongeon soudain dans l’herbe, et disparut presque entièrement dans celle-ci, sauf le bout de la queue qui apparaissait au dehors et ne fut caché à aucun moment. Après deux ou trois secondes, le coucou ressortit et s’envola rapidement, si rapidement même que M. Meiklejohn ne put voir si la grosseur du cou de l’oiseau avait ou non disparu. L’observateur se leva aussitôt, traversa la route, et mit la main dans le nid. Celui-ci contenait trois œufs : l’un d’eux était humide et un peu gluant, et c’était un œuf de coucou.
- La conclusion de M. Meiklejohn, c’est, on le devine, que le coucou avait son œuf dans le gosier, et que c’est en introduisant son œuf dans la partie supérieure du tube digestif que cette espèce le transporte pour le déposer dans le nid dont elle a fait choix.
- Le coucou ne portait pas son œuf à la bouche, ou plutôt dans son bec, puisqu’il a pu ouvrir celui-ci tout grand, et faire entendre ses protestations. 11 paraît bien certain
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- encore que le coucou dont il s’agit n’a pas introduit son œuf dans le nid des rouges-gorges en le pondant : sa queue est restée en effet, tout le temps visible, et il n’a évidemment pas pu prendre l’attitude de l’oiseau qui pond. En troisième lieu, l’œuf était humide et un peu collant, comme on pourrait s’attendre à ce qu’il le fût après un certain contact avec de la salive. Enlin, la distension anormale du cou de l’oiseau confirme l’opinion de M. Meiklejohn.
- Il serait intéressant que l’observation dont il vient d’ètrc parlé pût être corroborée ; et si quelque lecteur a des faits à nous communiquer à cet égard, nous les enregistrerons avec plaisir. IIenky de Vakigxy.
- LE PHORONIS ET L’ACTINOTROQUE
- Une des plus belles conquêtes de la biologie moderne est la connaissance, sans cesse plus complète et plus sûre, des êtres les moins élevés. Certes, leur dimension est minime, leur organisation rudimentaire. Mais ils montrent en leur petitesse, comme leurs congénères p 1 u s grands et plus forts, les effets des lois qui régissent la nature entière. Ils les offrent souvent avec une évidence plus nette. Et c’est par cela surtout qu’ils sont remarquables. Nature mérite surtout notre admiration en ses menus faits: Na-lara maxime mi-randa in minimis.
- L’histoire du l'horonis en donne un exemple. Cet animal est un petit ver marin, humble et timide. Son corps, étroit et long, s’abrite dans un tube de débris sableux, agglutinés avec du mucus. À la moindre alerte, il s’y blottit et disparaît aux regards. Si rien ne l’effraie, il soulève hors de sa cachette nu panache de lins tentacules, et le laisse s’étaler dans l’eau. 11 ne peut se mouvoir, car son tube adhère à un support. Il vit ainsi, attaché à des coquilles, à des cailloux, à d’autres animaux plus grands; il ne quitte jamais la maison qu’il s’est faite. D’ordinaire il n'est point seul;des compagnons nombreux sont placés près de lui. Tous habitent côte à côte, voisins les uns des autres, fixés et immobiles. Ainsi l’étang de Thau, près de Cette, contient dans ses anses abritées, à de faibles profondeurs, sur quelques kilomètres d’étendue, des milliers de Phoronis, cramponnés à de vieilles
- coquilles mortes, souvent serrés en paquets assez volumineux. Chacun mesure, en moyenne, deux ou trois centimètres de long, sur un ou deux millimètres de diamètre. C’est un curieux spectacle que celui de ces petits êtres groupés, enlaçant leurs tubes, les emmêlant de toutes les manières, sortant leurs fins panaches, les épanouissant avec lenteur, et les rentrant en hâte au moindre attouchement.
- Leur organisation ne le cède pas en intérêt à leur forme. Ils ont un tube digestif, un petit cerveau, et un sang véritable. La plupart des invertébrés, même les plus complexes, les mollusques, les crustacés, ne possèdent pour liquide nourricier qu’un équivalent de la lymphe des vertébrés. Les Phoronis donnent à cette règle une exception des plus rares. Leur sang est rouge; ses globules sont colorés par un élément semblable à l’hémoglobine des vertébrés. Il circule dans le corps entier; il
- pénètre surtout dans les tentacules du panache. Il s’épure en les traversant. Ce bouquet tentaculaire sert à ces animaux d’appareil respiratoire.
- Si le Phoronis attire l’attention par sa structure, il la mérite plus encore par son développement embryonnaire. Il conserve ses œufs autour du tube qu’il habite. Les embryons commen -cent à s’y façonner. Au moment où ils éclosent, ils n’ont en rien l’allure, ni les habitudes, ni la conformation de leurs parents. Au lieu de produire une enveloppe, et de s’y abriter, ils nagent dans la mer; ils vivent à la surface de l’eau. Microscopiques, ils comptent à peine un millimètre de long sur un demi-millimètre de large. Ils se soutiennent par une couronne de filaments ténus, semblables à des balanciers minuscules qui cerclent le corps vers son milieu. Cette disposition leur a valu leur nom : Aclinotroque (je tournoie grâce à mes tentacules). Ils cachent leur extrémité supérieure sous un capuchon qu’ils rabattent ou étalent à volonté.
- Ainsi faites, couvertes de leur capuche, munies de leurs balanciers, les Actinotroques nagent et tournoient. Au printemps, époque de la reproduction des Phoronis, elles se répandent par myriades dans les eaux superficielles des régions où ils sont fixés. Beaucoup d’entre elles terminent là leur existence ;
- Fig. 1. — Phoronis. — Le dessin principal représente une coquille, à laquelle sont attachés plusieurs phoronis entourés de leurs tubes ; les individus sortent le haut de leur corps et leur panache de tentacules. Les deux petits dessins, placés dans la partie supérieure et sur le côté gauche de la figure, représentent des phoronis grossis et entiers, dépouillés de leurs tubes. — Les dimensions habituelles de ces êtres sont de 2 ou 3 centimètres pour la longueur, et 1 ou 2 millimètres pour la largeur.
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- saisies par les êtres marins de surface, plus gros et plus forts, elles servent «Y leur nourriture. Les autres, en petit nombre, se métamorphosent et deviennent des Phoronis.
- Le contraste entre l’Actinotroque et son générateur est plus grand que celui de Ja chenille et du papillon, du têtard et de la grenouille. L’un est un
- être fixé, de nature assez complexe. L’autre est un embryon libre, errant, une larve d'organisation élémentaire. Cependant celle-ci, après un temps de vie vagabonde, doit se modifier et se rendre, semblable à celui-là. 11 lui faut subir une métamorphose, préparée à l’avance, bizarre dans scs procédés. Tout en nageant et se maintenant à la surface de l’eau, l’Actinotroijue jiroduit, sur sa face ventrale, une poche sjiacieusc, qui s'en-lonce dans son corps et se replie sur elle-même pour y tenir. Puis la poche terminée, et parvenue à ses dimensions, se retrousse au dehors. Elle ressemble à uni* hernie gigantesque, presque aussi grossi1 que l’embryon, placée sous son \entre. L’intestin, déjà formé au préalable, pénètre dans la cavité de la poche distendue comme une énorme boursouflure. Le corjis se rabougrit alors. Finalement, il ne reste plus à l’embryon, pour constituer son organisme, que la poche retroussée et l’intestin qui y est entré. Les autres parties ont disparu. Souvent, pour ne rien perdre, le petit animal happe ce qui se sépare de lui, l’avale et s’en nourrit.
- Cette métamorphose s’accomplit en quelques minutes. L’individu détruit son corps, et s’en procure un autre, grâce
- Fig. 2. — Jeunes actinolroques, grossies. Leur longueur habituelle, dans la nature et à ce moment de leur vie, est de 1/2 millimètre.
- Fig. 3. — Actinotroques achevées, et prêtes à subir leur métamorphose. A cette époque de leur développement, ces êtres mesurent 1 millimètre à 1 millimètre et demi de longueur. Les deux figures principales sont dessinées à un grossissement de 40 fois en dimensions linéaires.
- à une sorte de hernie, où intestin s'enfonce. Le changement achevé, son aspect est tout différent. 11 ne nage plus.
- Il se laisse couler au fond de l’eau, sur un objet quelconque, et s’y attache. Il s’allonge, se fabrique un tube. Il garnit son extrémité antérieure de tentacules assemblés en panache. Sa première vie touche à sa fin ; il commence la seconde et devient un Phoronis.
- L’opposition entre l’adulte et l’embryon, entre le Phoronis et l’Actinotro-que est telle, que les naturalistes ont pendant longtemps ignoré les relations de l’un et de l’autre. Ces deux formes d’un même être étaient décrites séparément. On ne soupçonnait pas que la seconde fut l’état jeune de la première. Actuellement, leur transformation est connue. On a pu la suivre phase par phase et la reconstruire. L’une des méta-morphoses les plus extraordinaires que la nature soit capable d’offrir est ainsi élucidée en son entier. Louis Roule,
- Professeur à l’Université de Toulouse.
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- LA NOMOGRAPHIE
- CALCUL PAR LES YEUX
- En 1800, l’illustre Monge était arrivé à ce haut résultat : constituer une « science », la Géométrie
- Descriptive, là où l'on n’avait qu’un amas de « recettes commodes », dans l’art des constructions de bois ou de pierre. Le plan, la coupe, l’élévation d’une voûte, par exemple, ou d’un escalier, devenaient pour Monge et sont pour nous un cas particulier de ce problème général : donner sur une feuille de papier, sur un plan, une représentation vraiment exacte des surfaces courbes, de leurs intersections, etc. Monge a fait d’autres travaux;
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- LA NATURE.
- celui-là suffirait à rendre son nom inoubliable!
- Dans le courant du siècle qui finit, l’art de l’ingénieur a fait apparaître, dans le même ordre d’idées, une science qui permet, dans un problème donné de résistance des matériaux — la construction d’un pont métallique, par exemple—de substituer à de longs calculs un dessin géométrique, une épure : c’est la Statique graphique fondée par Culmann, et bien connue en France grâce aux quatre beaux volumes de M. Maurice Lévy et à son enseignement fécond à l’Ecole centrale.
- Une nouvelle science est constituée aujourd'hui, qui ne se propose pas de représenter sur un plan des surfaces courbes, ou des forces, mais des relations données entre des nombres variables. Comme ces nombres pourront être les mesures de suri aces, de volumes, de forces, etc..., on voit (pie cette science, la « No-mographie1 », do n t
- M. Maurice d’Ocagnc
- Fis. 1
- est le fondateur au même titre (pic Monge est fondateur de la « Géométrie Descriptive », sera utile au savant, à l’ingénieur, au financier, etc....
- Lorsqu’un ingénieur, par exemple, doit établir une ligne de chemin de fer, il a, sur un parcours de quelques kilomètres seulement, de nombreux déblais et remblais à étudier au point de vue du mouvement des terres et de la surface occupée. Il doit faire de nombreux essais avant l’établissement du projet définitif, par là calculer un nombre considérable de superficies et de volumes. Mais tous ces calculs de déblais, par exemple, sont l’application de données numériques dif-
- * Traité de Homographie, par Maurice d’Ocagne, profes seur à l’École des Ponts et Chaussées, répétiteur Polytechnique. Paris, Gaulhier-Yillars, 1899.
- férentes .à une même formule mathématique.
- Quelle écrasante besogne que de recommencer quarante, cinquante fois un calcul qui est toujours le même par sa « structure » !
- La Nomographie supprime ces inutiles labeurs et pertes de temps : elle donne, par un seul tableau graphique, construit une fois pour toutes, tous les résultats différents qui proviennent de données numériques différentes introduites successivement <lans une seule et même formule abstraite. Ce tableau s’appelle un abaque et « l’abaque, dit M. d’Ocagne, synthétise en quelque sorte les constructions géométriques correspondant à une infinité d’états différents des données ».
- Il nous semble utile de présenter, d’une manière simple, à ceux qui ne connaîtraient pas cette science, deux des types d’abaques les plus répandus. Notre exemple se rapporte à la cor-barométriques. Ces hauteurs
- - Correction de la hauteur barométrique d’après l'Annuaire pour l’an 19Ü0 publié par le Bureau des longitudes.
- Fig. 2. — Correction barométrique. Annuaire pour 1900.
- l’École
- reclion des hauteurs ne sont comparables entre elles que si elles sont
- toutes évaluées dans les mêmes conditions : la chaleur, en dilatant le mercure, nous donnerait à penser que les pressions atmosphériques sont plus fortes qu’elles ne sont en réalité, il faut ramener toute lecture à ce qu’elle serait à la température zéro. Il existe, pour cela, une formule bien connue des physiciens.
- La figure 1 en constitue une première traduction en abaque : soit à 16° la hauteur lue égale à. 756mro,l. On cherche dans la colonne verticale la division 16, on suit la ligne horizontale de cote 16 jusqu’à la ligne verticale passant par la division 756,1 (placée à vue entre 750 et 740). Par l’intersection on mène par la pensée une courbe voi-
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- sine de la courbe la plus proche et on lit sur la ligne verticale de droite la correction : ici approximativement lmm,9. La hauteur à zéro serait 754,2.
- Sur la ligure 2 qui correspond à un autre genre d'abaque on trouve autrement la correction : si l’on joint par un fil tendu le point de cote 756,1, pris sur h, au point de cote 16, pris sur T', ce lil coupe l’échelle G au point 1,9 qui est la correction cherchée.
- On peut donc construire de plusieurs manières l’abaque d’une formule mathématique. Notre figure 1 montre un (abaque du type inauguré par Pouchet (1795). La construction d’un tel abaque comportant le tracé de plusieurs courbes exige des soins assez considérables. Aussi, dès 1846, Lalanne proposa-t-il de nouveaux abaques où ne seraient tracées que des droites, aucune courbe.
- Il parvenait à ce résultat intéressant par une transformation mathématique dite « anamorphose » que l’on peut se représenter matériellement comme une déformation par traction d’une feuille de caoutchouc.
- Avec le principe de l’anamorphose — grandement généralisé par M. Massau en 1884 —les abaques sont d’une construction plus facile et plus rapide.
- M. d’Ocagne a obtenu des abaques dont la construction est encore plus simple, dont la lecture, en même temps, est plus précise, et cela en substituant à un ensemble de 5 lignes concourantes — 2 droites et, 1 courbe (voy. fig. 1) ou 5 droites après l’anamorphose — un ensemble de 5 points en ligne droite comme dans la figure 2.
- Cette « méthode des points alignés » est une application ingénieuse du grand principe que les mathématiciens nomment le « Principe de dualité ».
- Le rôle deM. d’Ocagne ne se borne pas à cette très heureuse amélioration : le savant ingénieur a réussi à construire des abaques qui représentent des relations mathématiques entre un nombre quelconque de grandeurs variables. C’est un magnifique résultat! M. d’Ocagne a fait plus que ces deux belles inventions; il a fait, de quelques méthodes sans lien entre elles, une science, un corps de doctrine organisé. Il a, par des considérations théoriques, classé parfaitement et d’avance tous les types possibles d’abaques : il n’en sera pas créé un seul qui ne rentre dans l’une 3es catégories savamment distinguées par M. d’Ocagne. Son traité est donc au premier chef « œuvre de science », en même temps qu’ « œuvre utile » !
- La Nomographie est déjà l’objet d’un cours spécial à l’Université de Louvain et elle pénètre dans tout l’enseignement technique supérieur.
- Elle pourrait être, en France, la matière de fort jolies questions de concours, intéressantes applications de la géométrie analytique enseignée dans nos classes de mathématiques spéciales.
- Toutes les Revues techniques de la France et de l’Étranger ont rendu hommage à l’œuvre de M. Maurice d’Ocagne et nous désirons nous associer à ces éloges unanimes. R. d’Adhémar,
- lugén’des Arts et Manufactures, Licencié ès sciences mathématiques.
- EXPOSITION DE 1900
- LES PALAIS DU CHAMP-DE-MARS
- Maintenant que l’Exposition de 1900 est dans son plein, il est possible de recevoir des impressions exactes sur ce qui a été fait et de juger, avec pièces à l’appui, l’ouvrage d’architecture qui constitue le cadre royal que la France offre aux diverses nations pour recevoir leurs produits.
- Par ses dimensions considérables et par sa merveilleuse situation, le Champ-de-Mars qui a été le terrain de toutes les expositions précédentes, continue encore cette fois à remplir son rôle ordinaire. Toutefois, pour cette circonstance de 1900, il y avait un écueil à éviter. Jusqu’ici, en effet, ces parages constituaient la partie la plus importante de l’Exposition, souvent même ils absorbaient l’intérêt tout entier; cette année, on a reculé les limites ordinaires des expositions précédentes, les Champs-Elysées et l’esplanade des Invalides ont été englobés : il n’est pas douteux que la concurrence qu’apporte l’attrait indéniable du Grand Palais, du Petit Palais et du pont Alexandre ne fasse ombrage au succès des palais du Champ-de-Mars. Il fallait trouver un moyen pour établir lequilibre de l’intérêt; c’est pourquoi on a jeté l’argent à pleines mains pour élever de ce côté des palais superbes et pour leur donner une décoration remarquable. L’ensemble des édifices élevés au Champ-de-Mars, rien que pour la partie officielle, dépasse la somme de 15 millions, c’est-à-dire qu’ils coûtent presque autant que le Grand Palais des Champs-Elysées qui est construit en matériaux durables et qui est luxueusement décoré d’un nombre considérable de statues importantes.
- En 1889, quand on s’engagea dans l’étude des constructions à élever au Champ-de-Mars pour l’Exposition précédente, on avait devant soi des principes nouveaux qui procédaient de données rationnelles; à cette époque les ingénieurs étaient un peu maîtres du terrain et ils ont introduit leurs façons de faire dans la construction. Il fallait, suivant eux, que l’édifice répondît à la pensée du constructeur, que les matériaux fussent non seulement apparents, mais encore que leur utilisation fût accusée : vous employez du fer pour lancer une poutre ! fort bien ! montrez-le, soulignez-le : la décoration viendra toute seule et sera d autant plus heureuse qu’elle découlera naturellement des procédés de construction employés, de cette façon ce ne sont pas seulement les yeux qui seront satisfaits mais aussi l’esprit.
- Cette tendance, qui semblait ouvrir une ère nouvelle à la construction et qui donna des résultats fort intéressants ne fit pas école. Les architectes ont repris le dessus et aujourd'hui ils sont les seuls auteurs des palais de l’Exposition. Us ont eu beau jeu ! Car pour un architecte, la grave difficulté, la pierre d’achoppement, devant laquelle leur génie est obligé de se replier, c’est le manque d’argent.
- 11 est rare en effet que de grosses sommes soient
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- engagées pour la construction, à tel point qu'à notre époque le grand talent d’un architecte est moins de l'aire une belle et grande œuvre que de savoir profiter utilement des sommes mises à sa disposition. L’architecte est avant tout un artiste «pii conçoit tin monument, comme un peintre entrevoit un tableau, il le façonne tout entier dans son cerveau avant de le livrer au dessin, puis à force de retouches et de reprises, il Jinit par produire le projet final. Il ne s'inquiète guère des procédés de construction, ceci ne viendra qu’après, ce qu'il cherche avant tout c’est la forme.
- Au Champ-de-Mars on a distribué la tâche à une demi-douzaine d’architectes de grand talent et il n’est pas douteux qu'ils se soient tirés avec grand honneur de la mission qui leur avait été confiée.
- Ils avaient d'ailleurs des facilités qu’ils ne retrouveront sans doute pas de si tôt, puisqu'on leur permettait d’exécuter leur palais en staff et en matériaux de vil prix, si bien qu’ils ont pu produire de grands édifices, alors que les sommes mises à leur disposition n'auraient pas donné grand'chose si ces derniers avaient dù être élevés en pierre ou en marbre. Aussi les constructions du Champ-de-Mars ne doivent-elles pas être considérées comme des monuments véritables, mais comme des maquettes, des maquettes superbes et grandioses, grandeur d’exécution, de palais qui ne seront jamais élevés.
- L’ensemble de ces palais du Champ-de-Mars procède d’un plan général; à droite et à gauche nous avons des monuments qui sont placés face à face, mais qui ne sont pas symétriques, ils ont chacun
- Fig. 1. — Le palaic (]e l'Education /M. Sortais, architecte).
- leur architecture et leur cachet; toutefois, il y a une ordonnance générale, ainsi les porches sont placés vis-à-vis, les dômes se font pendants, les pavillons d’angles sont dessinés suivant les mêmes axes et les mêmes dimensions, les galeries intérieures constituent une continuité qui n’est pas arrêtée par le passage d’un palais à l’autre.
- Au premier plan, nous voyons deux palais très intéressants et dont la hardiesse est une marque du gand talent de ses auteurs. Le palais des Mines et de la Métallurgie, par M. Yarcollier et le palais de l’Education, par M. Sortais. •
- L’un et l’autre de ces deux monuments sont très mouvementés et ce qui les caractérise tous deux, c’est le couronnement du porche central situé à l’intersection de deux façades qui se coupent en angles droits. Il y avait une certaine difficulté à dessiner ces porches, d’abord à cause de la disposition adoptée, ensuite en raison de la proximité de
- la tour Eiffeljqui empêche tout recul dans le sens normal au motif. La perspective d’ensemble du porche n’est obtenue que par une vue latérale ou par une vue de trois quarts; il fallait donc donner la majeure part de l’intérêt à cette façade biaise ; on y est arrivé en flanquant le porche de tourelles ajourées dominées par des coupoles secondaires; ces motifs sont importants par leurs dimensions et ne fôrment'pourtant pas de lourdeur, à cause de la découpure des parements extérieurs (fîg. 2).
- La coupole du palais de la Métallurgie a la forme d’une tiare qui est un emblème constituant un couronnement indiqué pour un édifice et qui, d’autre part, représente la plus noble utilisation du métal dont les œuvres sont exposées dans ce palais (fig. 2).
- Le porche du palais de l’Éducation possède une autre forme, nous voyons une sorte d’auréole à section circulaire; c’est un véritable tore que l’on a surmonté en son milieu d’un campanile élevé (fig. \ ).
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- Pour ces deux édifices la décoration a été très soignée; de tous les cotés, nous voyons des ornements à foison dont la couleur n’est pas exclue.
- A la hase du porche du palais de M. Yarcollier, nous admirons deux groupes superhes en simili hronze symbolisant l’un le travail de la Métallurgie
- Fig. 2. — Le palais des Mines et de la Métallurgie (M. Yarcollier, architecte).
- et l’autre le travail des Mines. Le palais d’en face est également très fouillé de sculptures, les princi-
- pales représentent trois allégories se rapportant aux Sciences, aux Lettres et aux Arts. Les sciences sont
- Fig. 5. — Le palais du Génie civil (M. Herniant, architecte).
- placées au-dessus du cintre du porche ; le groupe est du à M. Desvergues, prix de Rome en 1889; c’est également lui qui a fourni l’allégorie des Arts située au pied du monument. Les Lettres ont été interprétées par M. Houssin.
- Les deux palais dont nous venons de parler sont séparés de leurs voisins par des pavillons circulaires couronnés de coupoles, ils forment des motifs d’architecture à part, donnant des lignes verticales élevées et qui'ont'pour mission de rompre la mono-
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- tonie des diverses façades un peu trop étendues.
- Le palais du Génie civil est un des plus réussis du Ghamp-de-Mars (fîg. 5), sa merveilleuse frise due à M. Allar semble être le sujet principal de l’ouvrage auquel le porche central et les arcades des parties latérales servent de cadre1.
- Le palais des Tissus et des Industries du fil fait face au palais du Génie civil. Son grand porche qui forme l’ornementation principale est une sorte de quart de sphère entouré d’une décoration riche et fouillée. Celle-ci se rapporte naturellement aux objets pour lesquels le palais a été construit. Ainsi, nous voyons sur la façade élevée du côté des jardins deux grandes femmes assises, de M. Houssin, représentant l’une les Tissus, l’autre le Fil. Au milieu, un grand groupe est l’œuvre de M. Leyssale.
- En général, les façades de tous les palais sont claires, presque blanches; on a d’autre part cherché à donner des tons riches et soutenus aux parties de deuxième plan, celles qui sont situées derrière les galeries, de façon à faire ressortir le dessin des parements antérieurs. Le palais de l'Electricité et le Château d’Eau forment le fond du décor général de cet ensemble du Champ-de-Mars. On en a déjà donné une description sommaire2.
- Une circonstance qui fait valoir encore davantage tous ces merveilleux palais, est la disposition charmante des jardins ; cette ornementation de verdure est un soubassement des plus heureux : elle donne de la vie et de la gaieté. D’ailleurs les Parisiens aiment passionnément les fleurs et les plantes, ils ne comprennent guère une architecture quelconque, si belle qu’elle soit, sans cette décoration naturelle.
- A. DA Cunha.
- LES CONCOURS TEMPORAIRES
- DE L’HORTICULTURE A i/exPOSITION DE 1900
- Les amateurs d’horticulture auront été quelque peu déçus pendant le mois de juillet. Un seul concours a eu lieu, celui du 18 juillet ; il a été, par contre, le triomphe de la plante annuelle.
- La maison Vilmorin y a fait, selon son habitude, excellente ligure avec ses grands massifs décoratifs, ses collections de Verveines, de Gaillardes, de Phlox nains et de Drummond, de Célosias, de Coléus, de Pétunias doubles, etc. Un beau lot de Cannas appelait l’attention, formé en grande partie de nouveautés obtenues dans les cultures de la maison à Empel, en Provence. Ces cultures, instituées depuis quelques années seulement, ont donné d’excellents résultats, comme on pouvait le voir au palais de l’Horticulture. Actuellement, en fait de Cannas, la France tient certainement la tête avec les Crozy, Billard et Barré, Vilmorin. Nous avouons préférer les jolies plantes, si florifères et de si belle tenue, de nos horticulteurs, aux grandes variétés à fleurs d’Orchidées des cultivateurs italiens.
- Les Œillets étaient abondamment représentés et quelques
- 1 Nous avons décrit le palais du Génie civil dans le n° 1381, du 11 novembre 1899, p. 370.
- * Voy. n° 1419, du 4 août 1900, p. 151.
- lots sont bien près de la perfection : signalons ceux de MM. Marguerin, de Caen; Hamel, d’Avranches; Régnier, de Fontenav-sous-Bois et surtout de M. Nonin, de Chà-tillon-sous-Bagneux. Ce dernier exposant n’est pas seulement un distingué producteur d’Œill ts et de Chrysanthèmes, mais encore il cultive de façon parfaite les Pélar-goniums et les Fuchsias. Pourquoi a-t-on délaissé le Fuchsia? 11 est pourtant bien peu de plantes aussi méritantes, aussi gracieuses, aussi dures et résistantes.
- Les Phlox étaient en avance quelque peu. Les nouveautés de semis abondaient. Comme d’habitude celles de MM. Lemoine, de Nancy, étaient agréables à voir; elles ajoutaient quelques bons numéros à une liste déjà considérable d’obtentions. C’est encore M. Lemoine qui nous montrait des Glaïeuls nouveaux, appartenant à ces deux races de Glaïeuls rustiques à grandes macules et de Glaïeuls de Nancy, qu’il a créées de toute pièce. L’obtention de ces Glaïeuls a fait époque dans les fastes de l’horticulture, montrant tout ce qu’on pouvait obtenir de croisements raisonnés, faits avec méthode. Il faut ajouter que l’habileté de l’opérateur n’a pas peu contribué au succès final.
- Dans le lot exposé, formé d’un petit nombre de variétés obtenues depuis 1891 ou encore inédites, on voyait quels progrès considérables ont été accomplis dans l’obtention de ces plantes à oignons. Les teintes bleues tout particulièrement méritaient de fixer l’attention. Depuis l’apparition de Nuée bleue, il y a eu dans les obtentions nouvelles, des améliorations qui se sont exercées sur le coloris lui-même, sur la forme de la fleur, etc.
- Les Dahlias semblaient aussi avoir devancé leur époque habituelle de floraison. Les variétés à fleur de Cactus, sans être déjà ce qu’elles seront à l’automne, font bonne figure et on ne pouvait que bien augurer des collections que nous allons admirer bientôt.
- Passons aux Rosiers encore superbement représentés, malgré la sécheresse de la saison et la température de feu qui nous accablait. C’étaient des fleurs coupées, les plantes vivantes n’étant figurées que par le seul lot de M. Honoré Defresne. Les divers concours étaient remplis par MM. Boucher, Croux, Defresne, Lévêque, Rothherg, etc., pour la France; par MM. Gemen et Borg, Soupert et Notting, Ketten et fils, tous Luxembourgeois. L’un des concours proposés était particulièrement intéressant, consacré aux variétés les plus remarquables par l’ampleur des fleurs et leur tenue. Nous donnons la liste des variétés choisies par M. H. Defresne : Paul Neyron, Éclair, Gloire de Dijon, Baronne de Rothschild, Merveille de Lyon, Madame Bérard, Madame Caroline Testout, Kaiserin Augusta Victoria, Souvenir de la Malmaison, Captain Chrisly. Le choix me paraît aussi judicieux que possible.
- H faut encore, au rang des arbustes d’orn ment, signaler : les Clématites hybrides de M. G. Morel, de Lyon, dont nous avons eu l’occasion de parler avec quelques détails; les llydrangéas, à fleurs bleues ou roses, de MM. Boucher, Billard et Barré, plus connus sous le nom d’Hortensias, et les représentants d’une autre espèce, merveilleusement ornementale, VHydrangea paniculata, dont M. Paillet avait disposé un massif.
- Tout à côté voici le massif d’arbustes d’ornement de M. Désiré Bruneau, de Bourg-la-Reine, très bien composé et des plus intéressants : Calycanthus macrophyllus, avec ses grandes et larges fleurs qu’on dirait découpées dans du drap ; Paliurus aculeatus, de la région méditerranéenne, très épineux, dont les épines, d’après certaine légende, auraient servi à la confection de la couronne du
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- Christ ; des Céanothus ; des Spirées ; le Bignonia præcox ; une curieuse symphorine, le Symphoricarpos Heyeri, assez peu répandu et en parfait état de floraison, etc.
- doublions pas la culture maraîchère composée des lots très bien assortis, de la maison Vilmorin-Andrieux et Cie, de la Société de secours mutuels des jardiniers de la Seine et du Syndicat des horticulteurs et maraîchers d’Amiens. Les légumes de la Société picarde étaient exposés en partie dans une barque, qui est bien le véritable emblème de la corporation. On sait que les cultures maraîchères, dans le département de la Somme, se pratiquent dans des marais et sont entourées d’eau. Les maraîchers, appelés hortillons, se servent de barques pour la récolte et pour le transport des produits de leurs hortillonnages.
- Quant aux fruits, ils étaient de plus en plus beaux. Les grands producteurs ont fait merveille. P. Hariot.
- DE LA PLANÈTE MARS
- Si les conditions atmosphériques étaient les mêmes sur Mars que sur la Terre, les phénomènes qu’on observerait sur la première de ces planètes devraient être analogues à ceux de la seconde. Comme il est loin d’en être ainsi et que la surface martienne est le théâtre de phénomènes complètement inconnus pour nous, il est naturel d’en chercher l’explication dans la différence des conditions atmosphériques. Il nous a paru qu’il suffisait, pour parvenir à un résultat satisfaisant, d’émettre une seule hypothèse : celle d’une atmosphère ayant pour Mars une densité considérablement plus faible que celle de l’air qui baigne la surface de notre globe.
- Tous les observateurs sont, du reste, d’accord pour admettre la légèreté relative de l’atmosphère martienne, légèreté due évidemment au moindre volume de cette planète et à la moindre intensité de la pesanteur.
- Que se passerait-il sur notre globe si notre atmosphère venait à offrir beaucoup moins de densité ? C’est en cherchant à se rendre compte des phénomènes qui en seraient la conséquence qu’on pourra mieux s’expliquer ce qui a lieu sur Mars.
- Si nous avions une atmosphère beaucoup plus légère, les phénomènes météorologiques auraient une importance bien plus petite ; il y aurait moins de nuages ; les pluies seraient plus rares. Par contre, l’év aporation de nos mers et de nos cours d’eau serait considérable ; les unes et les autres seraient recouverts d’une épaisse couche de brume. Cette brume tendrait à se dissiper dans la légère atmosphère environnante en même temps qu’elle se renouvellerait par l’évaporation ; un état d’équilibre se produirait, donnant une brume persistante au-dessus des mers et des rivières, les débordant de toutes parts et s’élevant à une grande hauteur.
- Eh bien ! c’est cet état de choses que nous devons observer sur la planète Mars. Les divers accidents de la surface, qui se montrent à nos yeux, ont bien le caractère instable et changeant que doivent offrir des masses brumeuses, sensibles aux influences extérieures. Nous ne verrions ni les mers, ni les canaux réels de la planète, mais seulement les humides écrans qui les recouvrent en exagérant leurs dimensions.
- On a ainsi facilement l’explication de ce fait que les accidents de la surface martienne sont d’autant plus for-
- tement accusés que l'action solaire s’y fait plus sentir. La chaleur, résultant des rayons du soleil, doit avoir, en effet, pour résultat d’augmenter l’évaporation et par suite de renforcer la brume des mers et des canaux.
- Quant à la gémination, elle reçoit une explication des plus naturelles. Si le soleil vient à frapper la brume d’un canal, il l’échauffera et l’obligera à un mouvement ascensionnel. Mais, dans ce déplacement, les divers éléments n’auront pas les vitesses de rotation nécessaires pour que la brume puisse tourner toute d’une pièce en même temps que la surface planétaire ; les couches les plus élevées ne tourneront pas suffisamment vite et il adviendra que la brume, tout en s’étendant verticalement, s’étendra aussi horizontalement dans le sens contraire à la rotation de la planète. Et il pourra arriver que le large rideau, qui se formera de la sorîe, se rompe, la partie supérieure se détachant sur toute son étendue. On aurait ainsi deux lignes de brume parallèles.
- Si la ligne ainsi détachée a une faible épaisseur, elle ne tardera pas à se dissiper dans l’atmosphère environnante et la gémination disparaîtra pour réapparaître peut-être plus tard. Que la ligne ait, au contraire, une forte épaisseur et la gémination pourra durer longtemps.
- Si cette explication est la vraie, il doit en résulter cette conséquence que si le canal, qui donne lieu à une gémination, s’étend suivant un méridien, les deux lignes produites ne devront pas être tout à fait parallèles et se montreront d’autant plus écartées qu’elles seront plus rapprochées de l’équateur. M. Schiaparelli a trouvé qu’il en était bien ainsi pour le grand canal Euphrate-Arnon-Kison, observé en 1888 (Bulletin de là Société astronomique de France de juin 1900, page 244).
- D’autre part, on a observé que des canaux, tel Titan, se montrent moins larges en passant au méridien central qu’à 50° de là. L’explication de ce phénomène est naturelle si on admet que les brumes de ces canaux ont plus de hauteur que de largeur. Les plus curieuses particularités de la surface de Mars trouvent ainsi une explication facile.
- En résumé, pour dévoiler l’énigme des canaux de Mars, il suffit d’admettre que la planète est douée d’une atmosphère très légère, qui, facilitant l’évaporation des eaux, donne lieu à des brumes persistantes. Ce sont Cès brumes qui, quoique sujettes à des variations et à des sectionnements, donnent toujours d’une façon approchée la forme des mers et des canaux qui les ont engendrées.
- Quant aux accidents réels de la surface de Mars, nous ne les voyons pas et ils doivent vraisemblablement offrir la même fixité que ceux de notre globe. Delaunev.
- On est assez mal placé pour faire l’apologie du chien, dans un pays et à une époque où cet animal est tenu en si grande faveur. Il n’est pas douteux que, si nous avions été élevés dans le mysticisme, comme les habitants de certains pays d’Orient ou comme nos aïeux, cette bête ne fût convertie en animal sacré tant notre culte pour elle est grand.
- Ue qu’il y a de très curieux chez le chien c’est que l’intelligence et la fidélité, qui semblent faire partie de sa constitution morale, se spécialisent avec les différentes races et avec les origines. Ainsi le chien
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- LA N ATI’RE.
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- 1. — Champion-Raquette, chienne de berger de Bric Prix d’honneur, Paris 1898, 1899, 1900.
- do chasse qui est une espèce bien déterminée porte toutes ses qualités sur son métier; qu’il soit chien d’arrêt, pointer ou terrier, tous ses dons seront bien définis à tel point qu’une bête née et élevée pour une destination quelconque ne pourra jouer aucun rôle autre que le sien.
- I)e toutes les races de chiens, celles qui servent à conduire les troupeaux semblent être les plus primitives ; leur destination et les qualités qu’elles possèdent sont le plus en rapport avec leurs centres de naissance et leur constitution.
- Il était fort important de soigner ces races si utiles et de chercher même à les développer tout en les améliorant ; c’est dans ce but que s’est fondé le Club Français du Chien de Berger dont les présidents d’honneur sont MM. Eug. Tisserand et le prince de Wagram. L’àme de cette association est M. Emmanuel Boulet qui a été le premier à patronner ces espèces de chiens et qui est vraiment l’homme de France qui a rendu le plus de services à la race canine; c’est à son inspiration entre autres que le griffon fort discrédité à un moment nous a été rendu.
- Le but de ce club est de faire des sélections de sujets par des expositions et des concours, d’attribuer des prix aux meilleurs chiens de berger soit pour leur beauté, soit pour leurs qualités, de façon à en augmenter la valeur1 et à les indiquer comme types de choix capables de perpétuer digne-
- 1 Certains chiens de bergers ont atteint 1500 francs ; on arrive à les vendre facilement au prix de 150 et 200 francs alors
- qu’auparavant celui de 20 francs n’était Fig. o.
- jamais dépassé. • _
- ment la race ; on cherche aussi à [empêcher les croisements malheureux si néfastes et que les bergers font trop facilement dans le but de se procurer immédiatement un chien quelconque pour leurs besoins.
- On sait qu’il existe en France deux races bien distinctes de chiens de berger, la race de Brie et la race de Beauce.
- La race de Brie (fig. 1 ) présente des sujets à long poil légèrement frisé comme celui des chèvres ; la tête de ces bêtes est pleine de douceur et de bonté, et pourtant, ces chiens de Brie sont terribles, sous leur apparence de bonté ; ils sont implacables, la moindre incartade des moutons est vite réprimée et souvent très cruellement.
- Les chiens de Beauce (fig. 2) sont tout différents, ils sont plus développés, plus élancés, le poil est court, la tête bien découverte est expressive, ses oreilles toujours très tendues ; le chien de Beauce est plus docile, sa fidélité est très grande. Ce qui caractérise le chien de Brie est surtout l’intelligence.
- Chaque année la Société organise une journée de concours ; le matin on fait une exposition dans laquelle on marque les plus beaux produits; l’après-midi on soumet les chiens au travail. Celui-ci se fait à l’aide d’essais.
- On établit une piste de forme spéciale (fig. A) et dont les deux extrémités sont rapprochées ; elle présente plusieurs obstacles : barrière, fossé, passage rétréci ; cette piste qui n’a que 5 mètres de largeur n’est marquée que par un petit talus de sable d’une dizaine de centimètres de hauteur ; tous les dix
- Chariot, chien loup, île Betfuce. Premier prix.
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- L A NA TU K K.
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- métros se trouve planté un piquet surmonté d’un drapeau de façon à bien marquer le parcours.
- Chaque berger reçoit, au sortir d’un parc, un troupeau de 25 moutons ; il doit lui faire suivre le chemin indiqué, passer par les obstacles sans qu’aucun mouton ne sorte des limites de la piste. Il est certain
- que le rôle du berger est considérable dans cette épreuve, et que son talent personnel a une importance très grande pour la réussite de l’épreuve; il faut que par sa douceur et sa fermeté il sache attirer son troupeau, ne pas l'effrayer. Pour nous autres Parisiens, ce sport est fort amusant : cet homme
- Fig. o. — Le concours des chiens de berger.
- invite ses bêtes à le suivre en étendant la main et marchant à reculons (fig. 5), il pousse un cri spécial vèné, v'ené qui semble un bêlement ; les moutons le suivent plus ou moins suivant leurs dispositions, car au fond la prétendue douceur du mouton n’existe guère, il est au contraire très sauvage ; le moindre bruit l’effraye, met le troupeau en désarroi, et une fois disloqué rien ne l’arrête ; il retourne en bloc au bercail malgré les bergers et les chiens.
- Le bon chien de berger doit suivre son troupeau à une petite distance, ne jamais aboyer et bien fixer l’œil de son maître pour savoir ce qu’il doit faire. Pour peu qu’un mouton cherche à s'égarer, il doit courir derrière et le mordre au jarret; les morsuées à la cuisse sont considérées comme des fautes, aboyer en est une autre.
- Le prix est attribué à celui qui a commis le moins de fautes et à nombre égal, on compte le temps effectué pour exécuter le parcours ; le berger qui a
- mené ses moutons le plus rapidement gagne le, prix.
- Cette année le concours traditionnel a eu lieu le 1er juillet sur l’hippodrome de Neuilly-Levallois ; il y
- avait trente et un chiens d’inscrits et partant trente et une courses ; en général les chiens se sont bien comportés et d’après les spécialistes, on se trouve dans un état de progrès sur les années précédentes.
- Nous avons admiré tout particulièrement un chien de Brie superbe, Camarade, à M. Henri Sauret; d’une ' obéissance admirable, il a conduit son troupeau sans commettre une seule faute, se tenant muet à la distance voulue ; il faut dire aussi que le berger connaissait parfaitement son métier et qu’une grande part du mérite de la bête revient à l’homme. Camarade d’ailleurs est habitué aux triomphes, il a déjà obtenu 10 prix et récompenses.
- Les prix consistent en médailles et en sommes d’argent qui varient de 100 à 20 francs. Plusieurs récompenses sont offertes par le Président de la
- ajant concouru.
- deréception,.
- Longueur de Ul piste = 3ooMètS
- & paix conten < laprovis" démontons
- Emplacem1 des bergers devant concourir.
- IjJfo^rszr, Scr.
- Fig. i. — Plan de la piste pour le concours
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- LA NATURE.
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- République, par le ministre de l’Agriculture, par la Société des Agriculteurs de France, etc.
- Un ne saurait en effet trop encourager ces exhibitions et concours, ils sont des plus heureux au point de vue des résultats ; ils forment des réunions fort agréables auxquelles les profanes les plus endurcis trouvent aussi de l’intérêt. Jules Adac.
- UN TROU DANS UNE FEUILLE DE PAPIER1
- Nous avons reçu de nos abonnés un grand nombre de réponses indiquant des solutions au problème posé; voici deux des principales :
- M. H. Godron, ingénieur ordinaire des ponts et chaussées, à Rouen, nous écrit :
- 11 y a longtemps que je connais la récréation scientifique indiquée par M. J. Adac, dans le n° 1420, de La Nature, savoir : que la pointe plate d’une plume produit, par rotation, un trou triangulaire dans une feuille de papier.
- Je crois pouvoir en donner l’explication facile. La lame pointue et plate, pénétrant dans le papier sous la pression longitudinale de la main qui la tient et la fait tourner, pivote, non autour de son'centre, mais autour de l'an de ses bords et déchire ou use le papier par l’autre en élargissant le trou jusqu’à ce que la largeur de l’élargissement angulaire produit permette à la deuxième arête de s’échapper et à la rotation de se produire autour de l’arétc primitivement mobile, jusqu’à ce que celle-ci, échappant de nouveau, le phénomène se reproduise conformément à divers schémas. De là la forme triangulaire du trou et ses côtés courbes, dont le centre est précisément au sommet opposé du triangle. C’est la forme spéciale de cette courbure qui m’a suggéré l’explication ci-dessus dont on peut suivre les phases en tournant doucement dans un trou déjà bien commencé, et je le vérifie en généralisant le problème comme il suit.
- La plume est pointe à 2 faces, elle donne un trou à 3 côtés.
- l’renons une pointe à 3, 4 faces, n faces ; nous aurons des trous à 4, 5... n-f-1 faces. Ces faces curvilignes ayant toujours leur centre au sommet opposé et pour rayon le côté du polygone employé, qui roule dans celui, obtenu.
- L’expérience est facile avec des limes finement effilées dans du carton mince. D’abord les limes plates pointues dites limes à fendre ou feuille de sauge, les limes triangulaires ou tiers-point, les quadrangulaires carrées..., elle réussit même avec les alésoirs à 5 pans des serruriers, mais il est clair que plus n croît, plus le trou devient rond, et le phénomène s’affaiblit et s’efface.
- 11 se produit parfois dans l’alésage du cuivre, surtout quand l’outil tourne vite (tour revolver), et on observe alors des facettes courbes dans l’intérieur du trou. Cela se voit sur les objets communs décolletés avec cet outil.
- M. Thoré, capitaine du génie, nous adresse de son côté les remarques suivantes ;
- Dans sa récréation scientifique, M. Jules Adac fait remarquer que le trou fait avec une allumètte, une lame ou une plume dans une feuille de papier tendue est tou-
- 1 Yoy. n° 1420, du 11 août 1000, p. 170.
- jours un trou triangulaire et il demande une explication de ce petit problème.
- A mon avis, cette explication pourrait être la suivante : Remarquons tout d’abord, en renouvelant l’expérience, que le trou obtenu n’est pas précisément triangulaire dans le sens géométrique élémentaire du mot, mais qu’il représente la surface commune à la fois à trois cercles de même rayon dont les centres seraient les trois sommets angulaires A, B, C, du trou (voy. fig.). crois même pouvoir ajouter que le rayon de ces cercles et, par conséquent, la hauteur du trou dans tous les sens, est égal à la largeur de la lame employée ou de la partie de la plume enfoncée dans le papier.
- Le pourquoi de cette forme? le voici, je crois :
- Dès le début de l’expérience, le papier résiste, la main pousse, prend le dessus et la lame pénètre brusquement, faisant une entaille rectiligne A B. A ce moment, l’instrument étant animé d’un mouvement de rotation, il est nécessaire que le papier cède; comment cédera-t-il?
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- Schéma explicatif.
- Il est évident a priori, que le papier n’étant pas absolument homogène, ou l’instrument employé étant plus tranchant sur l’une de ses arêtes que sur l’autre, l’une des extrémités de l’entaille ainsi faite, A, par exemple, présentera une résistance plus grande que l’autre extrémité B. La lame prendra donc appui au point A ; B cédera et le papier se déchirera par bavures successives jusqu’en C, suivant un arc de cercle de rayon A B, largeur de la lame, et cette partie de l’expérience prendra fin lorsque C B sera égal à A B.
- Poursuivons : la lame, tournant toujours et trouvant moins de résistance en A, où ne se présente qu’un petit segment de papier pris en angle, qu’en L, où se trouve un secteur pris de face, prend appui sur ce dernier point et passe de A en B en déchiquetant le papier suivant l’arc de cercle A B de même rayon que le précédent.
- Enfin, C ne présentant plus qu’une résistance relativement faible vers A, car, cette fois, le secteur est pris en angle, la lame, prenant appui sur B, chasse le papier suivant l’arc C A et le trou triangulaire est dessiné, et la lame, continuant à tourner, prend appui successivement sur chacun des sommets et perfectionne son ouvrage.
- Si l’instrument employé a une forme triangulaire comme une plume, un grattoir, etc., en continuant l’expérience, il est à remarquer que le trou s’agrandit, en conservant sa forme triangulaire, mais que les sommets ne se déplacent que fort peu, ou même pas, autour
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- LA NATUBE.
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- du centre de figure dont ils ne font que s’éloigner en suivant, à peu de chose près, les lignes À II X, Il G Y,
- C À Z. L’agrandissement se fait suivant une sorte de spirale, formée d’arcs de cercle successifs et dont le pas serait déterminé par l’enfoncement progressif de la lame à chaque tiers de tour.
- MM. H. Cauderay, à Montmorency; Wilh. Schultz, à Berlin; Lesix, à Bailleul; Marcel P., à Paris; À. Lesnc, à Lille, nous ont aussi envoyé des solutions très intéressantes, toutes analogues d’ailleurs. Nous ne les reproduisons pas, à regret, faute de place.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du ‘27 août 1900. — Présidence de M. f ave.
- L'âge des objets d’or pur de l'Égypte ancienne. — M. Berthelot dépose une Note relative à l’époque de la fabrication des objets d’or pur dans l’Egypte ancienne. Il observe que dans les temps reculés l’or était retiré des alluvions, et que l’or de cette provenance renferme une certaine quantité d’argent. En Lydie, la découverte du moyen de séparer l’argent de l’or parait remonter au sixième siècle avant J.-G., à l’époque du roi Crésus. Les créséides sont les premières monnaies d’or pur. Le procédé de séparation est rapporté dans Pline. C’est la cémentation par voie sèche du métal réduit en feuilles placées entre des couches d’un mélange de chlorure de sodium et de sulfate de fer. Ce procédé a été remplacé au quatorzième siècle dans les hôtels des Monnaies par le mode de séparation par voie humide encore usité. Il résulte de ces considérations qu’on peut tirer une induction sur l’àge des objets anciens en or provenant d’un pays, selon qu’ils contiennent ou non de l’argent, si l’on connaît la date de la découverte de l’or pur dans ce pays. M. Berthelot a entrepris la recherche de cette date en Egypte, en analysant des échantillons tirés des lames d’or entourant des momies d’une époque connue. Ses expériences ont porté sur trois échantillons remontant aux sixième et douzième dynasties et à l’époque, persane que lui a fournis M. Maspero. Les deux premières analyses ont indiqué une proportion de 4 pour 100 d’argent, la troisième n’a révélé que de faibles traces d’argent. La découverte de l’or pur en Égypte doit donc être placée entre la douzième dynastie et l’époque de la conquête de l’Egypte par Cambyse. L’intervalle est de douze siècles environ. 11 sera donc utile, conclut M. Berthelot, d’opérer de nouvelles épreuves sur des échantillons d’une date intermédiaire.
- L’expédition polaire belge. — M. de Lapparent présente une Note de M. Arctowskv, naturaliste attaché à l’expédition polaire belge sur la géologie des bords du détroit de Belgique, découvert et exploré par cette expédition. Plusieurs débarquements ont été opérés sur les bords de ce détroit. Au-dessous de la neige qui les recouvre, on a trouvé des terrains moutonnés et des moraines qui attestent indubitablement une action glaciaire ancienne plus intense que celle de l’époque actuelle. De plus, les éléments des moraines, grès, gneiss, porphyre... sont différents de ceux des terrains voisins, granit, diorite.... Ces moraines proviennent donc d’un massif montagneux; la présence du grès, roche sédimen-taire, donne lieu de penser que des sédiments proprement dits ont dû exister dans ce massif.
- Action protectrice des ébranlements atmosphériques contre la grêle. — M. le I)r Vidai lit un Mémoire su
- l’action protectrice des ébranlements atmosphériques provoqués par des explosions de poudre contre la grêle. La méthode consiste à disséminer des postes munis de bombes et de fusées-pétards, à raison de un poste pour 25 hectares. Dès qu’un orage apparaît imminent, dans l’un des postes, il fait éclater une bombe. Ce signal est répété de proche en proche par les autres postes. Alors commence un véritable bombardement des nuées, à l’aide des fusées-péturds. Celles-ci s’élèvent à 400 mètres et éclatent. Il faut tirer trois fusées par minute. Le prix de revient des fusées est de 14 francs la douzaine. Selon l’opinion du Dr Vidal, il ne s’agit pas d’éloigner les nuages qui peuvent donner une pluie bienfaisante, mais de les dissocier et de combattre leur état particulier de tension électrique qui est toujours la cause de la foudre et aboutit à la formation des grêlons. Ch. de Vii.leoeuu..
- —*<£>«—
- LA FENÊTRE DE SAUVETAGE SCHERRER
- Les incendies sont malheureusement trop fréquents et leurs conséquences toujours terribles. Outre les dégâts matériels qu’ils occasionnent, ils font dans la plupart des cas de nombreuses victimes, surtout lorsqu’ils se déclarent dans des immeubles renfermant un grand nombre d’individus. Les sinistres de l’Opéra-Comique, de l’hôtel Windsor et de la Comédie-Française sont encore trop présents dans toutes les mémoires pour qu’il soit nécessaire d’insister sur ce sujet. 11 importe au plus haut point de prendre toutes les précautions nécessaires sinon pour éviter les incendies, ce qui sera bien difficile tant que la négligence et la malveillance seront de ce monde, tout au moins pour en atténuer les conséquences et surtout éviter les accidents de personnes. Or, si de nombreux engins de sauvetage ont été proposés, il faut reconnaître que fort peu ont donné de bons résultats. Pour éviter ces accidents, il conviendrait de voir les maisons munies d’un engin de sauvetage qui permît aux victimes de l’incendie de pouvoir quitter leurs demeures sans avoir besoin d’attendre les pompiers. Jusqu’alors le seul dispositif, proposé à cet effet, consistait à établir une échelle métallique fixe à l’extérieur des immeubles, mais l’aspect de ceux-ci se trouvait notablement affecté. Aussi ce système, bien qu’excellent en soi, n’a-t-il rencontré que fort peu d’applications, et là seulement où des ordres formels l’ont rendu obligatoire.
- Dans ces conditions, il est fort intéressant d’indiquer les avantages que présente un nouvel engin, « la fenêtre de sauvetage Scherrer », que l’Exposition a fait connaître en France et qui paraît appelé à rendre les plus grands services, ainsi qu’on peut s’en rendre compte en le voyant fonctionner à l’Annexe de Vincennes où il est appliqué à une élégante tour de six étages située sur le bord du lac Daumesnil.
- Les fenêtres des différents étages sont fixées à une barre verticale parcourant l’édifice dans toute sa hauteur, reposant sur un lit de billes, et susceptible de prendre un mouvement de rotation autour d’un axe vertical. Chacune de ces fenêtres porte, à l’intérieur, une échelle métallique double dont une partie
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- LA A A Tl HE.
- peut glisser dans l’autre, mais est retenue, au repos, au moyen d'un verrou disposé à la partie supérieure de la fenêtre. Lorsque les fenêtres sont fermées, leur aspect extérieur n’offre rien de particulier et, par
- suite, l’harmonie de l’édifice n’est nullement détruite.
- Le feu vient-il à se déclarer à un étage quelconque, il suffit de manœuvrer une manivelle laquelle agissant au moyen d’une crémaillère sur l’arbre vertical commun détermine la rotation de cet arbre et, par suite l'ouverture simultanée de toutes les fenê-t res. Lorsque celles-ci ont décrit un arc de cercle de 90°, tous les verrous supérieurs venant buter contre la maçonnerie s’ouvrent d’eux-mêmes-et laissent tomber les échelles intérieures, chacune d’elles venant se fixer à la partie supérieure de l’échelle fix-e de la
- Fig. 1. — La tour de sauvetage Selierrer. à l'annexe de Viuccnnes.
- fenêtre de l’étage inférieur. De la sorte on peut, en moins de o secondes, avoir une échelle fixe parcourant l’édifice dans toute sa hauteur. L’appareil peut être mis en mouvement de n’importe quel étage et l’ouverture de toutes les fenêtres se produit instantanément.
- De plus la manivelle au moyen de laquelle on actionne la barre supportant les fenêtres est, en temps ordinaire, suspendue à une place très apparente et de telle façon qu’elle presse sur un petit commutateur et intercepte le courant électrique dans un circuit reliant entre eux les différents étages. Vient-on à prendre la manivelle pour manœuvrer l’appareil, immédiatement le courant s’établit et actionne à chaque étage des timbres électriques et des tableaux indiquant à quel étage le l’eu s’est déclaré. De la sorte tout le monde est prévenu immédiatement.
- La figure ci-contre représente un intéressant essai de sauvetage qui a eu lieu dans la caserne du U« régiment de la garde à pied, tà Berlin. Le nombre d’bonnnes qu’elle supporte permet de se rendre compte de la solidité de l’échelle. La descente fut très facile et en 72 secondes 16 personnes purent se sauver des quatre étages de la caserne. D’autres essais effectués dans des écoles ou des ateliers ont
- Fig. 2. — Fenêtre de sauvetage installée à la caserne du 2* régiment de la garde, à Berlin.
- permis de constater que des entants ou des femmes pouvaient sans aucun danger se servir de cet engin de sauvetage très répandu en Allemagne.
- Georges Cave.
- Le Gérant : P. Masson. * Paris. — Imprimerie I.Ainr.E, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1 A21. — H SEPTEMBRE 1900.
- LA NATURE.
- RÉGÉNÉRATION
- L’année dernière, MM. Desgrez et Balthazard appelèrent l'attention sur une substance chimique employée en teinture, qui avait la propriété au contact de l’eau et à froid de se décomposer en formant de l’oxygène et de la soude. Cette substance est le bioxyde de sodium. Au laboratoire du professeur Bouchard à la Faculté de médecine, ils parvinrent à faire vivre en vase clos des animaux pendant des heures en régénérant par l’entremise du bioxyde de sodium l’air épuisé. Ils démontrèrent ainsi que dans un milieu hermétiquement clos, du bioxyde de sodium projeté en petite quantité dans l’eau dégage de l’oxygène en quantité suffisante pour la respiration,
- DE L’AIR ATCIÉ
- tandis que la soude formée simultanément lixe l’acide carbonique de l’air expiré; en même temps, il y a destruction par oxydation des toxines contenues dans le gaz sortant des poumons.
- Cette méthode de régénération de l’air était évidemment applicable à l’homme respirant dans un espace clos. MM. Desgrez et Balthazard sont parvenus à réaliser un appareil pratique qui permettra désormais de vivre dans un milieu irrespirable, dans des gaz méphitiques aussi bien que dans l’eau. Il va de soi ([ue ce problème avait été résolu depuis longtemps. Les scaphandriers descendent sous l’eau; un sac à air, porté sur l’épaule avec tubes souples venant
- Appareil Desgrez et Balthazard.
- 1. — Vue intérieure. Boite distributrice. Moteur électrique.
- Ventilateur. Cuve à eau.
- à portée des voies respiratoires, permet de pénétrer dans des puits dégageant de l’acide carbonique ou dans des milieux envahis par la fumée. Mais dans tous les systèmes connus, quand on veut rester au moins une heure dans une atmosphère viciée, il faut employer une pompe et envoyer dans l’appareil de l’air sous pression pour renouveler la provision indispensable à la vie. Dans le dispositif de MM. Desgrez et Balthazard l’appareil se suffit à lui-même; il fabrique de l’air nouveau au fur et à mesure des besoins, sans aucun instrument auxiliaire.
- Le nouvel appareil se compose de trois parties distinctes bien que n’en formant qu’une en réalité : une boîte prismatique en acier destinée à contenir le bioxyde de sodium et à le distribuer selon le besoin. Pour cela, elle est divisée en compartiments par dix tablettes horizontales superposées; chaque tablette porte une provision de bioxyde. Un monve-28e année. — 2“ semestre.
- 2. — Vue d'ensemble. Le sujet avec la veste scaphandre et l’appareil régénérateur de l’air vicié.
- ment d’horlogerie^ fait basculer successivement à intervalles de temps égaux chaque tablette. La charge 'tombe dans une seconde boite cubique, également en acier, contenant de l’eau et placée sous la boîte précédente. Enfin un petit ventilateur mis en mouvement par un moteur électrique actionné par des accumulateurs, provoque une circulation continuelle de l’air vicié et de l’air régénéré dans l’appareil et dans l’espace clos où se trouve le sujet. L’air se trouvant légèrement échauffé dans sa régénération même, on l’oblige à passer, à sa sortie du milieu réagissant, dans un réfrigérant qui le ramène à sa température initiale. Les pièces dont nous venons de parler sont groupées et enfermées dans une boîte en aluminium de forme circulaire hermétiquement close.
- Enfin le sujet s’isole la partie supérieure du corps dans une veste scaphandre hermétique avec l’appareil de régénération. L’air pénètre sans cesse à portée
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- LA NATURE.
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- des voies respiratoires. Tout le système ne pèse pas plus de 12 kilogrammes et le volume d’air qui eir-eule 11e dépasse pas 5 litres. Ce sont ees 5 litres qui sont revivifiés constamment pendant une heure au moins avec 200 grammes de bioxyde. En augmentant la dose, naturellement on vivrait pendant deux heures, trois heures, etc. En ce moment le bioxyde de sodium coûte environ 4 francs le kilog. La dépense par heure s’élève à peine à 80 centimes. Le nouvel appareil nous semble donc réaliser un progrès et il sera utilisé avantageusement partout oïl l'homme sera obligé de pénétrer dans une atmosphère irrespirable . Henni de Omwili.e.
- L’ALPINISME
- L’Alpinisme est à la fois une science et un sport. L’est une science, parce qu’il exige pour être pratiqué avec fruit une méthode rigoureuse, des études précises, une connaissance exacte et spéciale de la montagne. C’est un sport, un des plus attrayants, un des plus utiles ; il développe chez l’homme des facultés précieuses ; l’énergie, l’endurance, le sang-froid. Le moment est venu où il peut être pratiqué sur les névés immaculés et sur les pentes vertes des alpages; il est de saison de parler de lui, d’en faire un peu l’histoire, d’indiquer les règles principales que doivent observer ceux qui veulent s’v livrer avec quelque agrément.
- Nous aimons beaucoup les montagnes ; nos ancêtres en avaient une peur affreuse, ils les évitaient avec soin et au lieu d’en escalader les cimes les plus élevées, ils se contentaient de franchir les cols les plus accessibles, lorsqu’un voyage dans les Alpes les obligeait à cette cruelle nécessité. Le premier géographe moderne qui nous ait indiqué son sentiment sur ce sujet c’est le Suisse Josias Simmler. Il a écrit un livre aujourd’hui peu connu avec ce titre : Vallesiæ et Alpimn descriptio, 1635. I n chapitre est consacré aux difficultés des passages dans les Alpes, et aux moyens d’en triompher. Simmler signale comme des fléaux terribles, les glaciers, les précipices, les sentiers en corniche, les rochers croulants, bref tout ce qui constitue pour nous l’incomparable poésie de la montagne. En ce temps on prend pour franchir un col, plus de précautions que nous en observons pour aller au Mont-Blanc. Pour se protéger du froid 011 se recouvre de vêtements de laine ; sur la poitrine on s’applique des feuilles de papier ou de parchemin. « Les yeux sont protégés par des lunettes noires, des visières, des voiles de couleurs sombres. O11 adapte aux chaussures des crampons mobiles. Pour traverser sans danger les neiges molles, on se munit de menues baguettes ou de cercles de bois pareils à ceux des tonneaux et de la mesure du pied ; on y entrelace d’un bout à l’autre des cordes en forme de treillis et on les fixe sous les chaussures. La trace des pas en est élargie et la neige porte ou peu s’en faut. » L’est la raquette employée de nos jours par nos chasseurs alpins. L’équipement est complété par un bâton armé d’une pointe de fer, par un sac à provisions d’autant mieux garni, que les hospices des cols ne peuvent fournir qu’une maigre pitance. Ils ont même parfois si peu de combustible que les voyageurs avisés font en route de petits fagots de bois mort et de rhododendrons desséchés. Le sentier est étroit, on marche avec des précautions infinies. Des éclaireurs
- explorent la route pour arrêter au bon endroit les caravanes arrivant en sens contraire.
- Tel était l’alpinisme à l’époque de Simmler. Leux qui le pratiquaient n’étaient ni des dilettanti ni des savants : on n’aimait, pas la montagne pour elle-même : le Mont-Blanc s’appelait le Mont Maudit, nul ne s’aventurait sur les vagues perfides de ses glaciers. Des dieux mystérieux et terribles y avaient établi leur demeure et en gardaient jalousement les entrées. 11 fallut l’obstination de Saussure' pour vaincre le monstre. L’illustre géologue genevois, auquel nous devons la première description scientifique de nos Alpes, désirait ardemment monter au Mont-Blanc. Mais ou ne connaissait aucune route d’ascension. Jacques Bahnat réussit à en découvrir une et il eut l’honneur de conduire l’illustre Genevois sur le Dôme immaculé, que personne 11’avait dompté avant lui.
- Le matériel d’expédition était alors fort encombrant, il était très lourd, assez mal adapté au travail à effectuer. De Saussure avait dix-sept guides : le plus grand nombre d’entre eux portait ses instruments de physique. Chacun était pourvu de voile de crêpe noir, pour préserver le visage contre les brûlures de la neige, de souliers armés d’énormes crampons de fer pour éviter les glissades sur le névé. L’équipement était complété par un solide bâton ferré : comme le piolet n’était pas inventé; la caravane de Saussure s’était munie de plusieurs haches très tranchantes pour tailler les degrés sur la glace. Enfin, pour franchir les crevasses, on se servait d’une échelle à barreaux plats, très encombrante et qui de nos jours n’est plus employée. Ai-je besoin d’ajouter que, vu l’absence de refuge et d’hôtel, on était obligé de se munir d’une tente-abri et de couvertures. On avait soin de 11e point parler dans les passages difficiles pour ne pas provoquer la formation des avalanches, pour ne pas ébranler les séracs verts et étincelants, dont la silhouette se dressait menaçante sur le Grand Plateau.
- Peu à peu les procédés d’ascension se perfectionnèrent : il serait plus juste de dire : se simplifièrent. Gela tient surtout à la création des chemins et à la construction des refuges : on n’a plus besoin d’emporter les objets de campements, les plaids, les couvertures. Dans les régions fréquentées par les touristes se dressent d’humbles maisons où le grimpeur fatigué trouve asile. Les maisons ont des murailles épaisses, un toit surbaissé pour échapper aux tourbillons de la tempête, des portes et fenêtres exiguës. A l’intérieur se trouvent un fourneau, quelques ustensiles, une provision de bois : le long de la paroi la plus sèche une construction en bois où il est possible de dormir. A une haute altitude on n’est point difficile sur les choses usuelles et on 11e songe guère à critiquer les aménagements élémentaires.
- L’équipement du grimpeur de rocher diffère beaucoup, suivant qu’il est de bonne foi ou proche parent de Tar-tarin. Vous pourrez voir tous les jours entre Lhamonix et Montanvert des ascensionnistes très graves qui, pour gravir une montagne civilisée, et se promener sur la Mer de Glace, ont avec eux deux guides et un harnachement fantastique. On dirait qu’ils ont à affronter d’horribles périls et à fournir des marches prolongées. Ils arrivent jusqu’aux dernières limites du grotesque, lorsqu’ils racontent ensuite les dangers auxquels ils ont échappé en franchissant une crevasse, ou en évitant une avalanche de pierre ou de neige venue de l’Aiguille verte. Leux-là, soyez-en sùr, ne songent guère aux somptuosités neigeuses des hautes vallées, aux horizons harmonieux des sommets élancés. Ils
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- LA NATURE.
- 'i'11
- vont dans certains endroits parce que cela donnera du prestige à leur conversation terre à terre. Mais on doit les exclure du nombre des alpinistes. Les voyageurs sérieux ne comptent que sur leur énergie, leur endurance, leur présence d’esprit.
- Il faut choisir un bon guide : ce n’est pas toujours très commode. Pour les ascensions difficiles, il est nécessaire d’être avec le même compagnon et de bien être sûr de sa résistance. Le célèbre grimpeur de rochers Wymper avait sans cesse les mêmes aides, Christian Aimer ou Michel Croz. M. Boileau de Castelnau, qui le premier dompta la terrible Medje, avait à ses côtés Gaspard père et fils dont le sang-froid, l’agilité, l’audace étaient proverbiales dans l’Oisans : (( Nous nous connaissions, diUil, assez pour savoir ce dont chacun de nous était capable, et nous avions, ce qui est une des meilleures conditions de succès, une confiance réciproque en nous. »
- La mode est venue chez les grands alpinistes de se passer des guides : il existe des clubs spéciaux de ces pionniers intrépides. Leurs membres ne reculent devant aucun sommet. Les plus redoutables même ont pour eux des attraits spéciaux, en raison des difficultés vaincues, et de la gloire que leur donne le succès. Mais ce sont là plaisirs réservés à ceux qui connaissent admirablement la montagne et sont familiarisés avec ses périls, toujours présents. Et même pour ceux-là, l’expérience ne suffit pas. On a encore présent à l’esprit la mort de Thorant et l'ayerne de Grenoble : ils étaient partis joyeux pour la cime terrible, et on les retrouva meurtris, brisés et méconnaissables au bas d’un glacier.
- Vaincre seul la difficulté est donc, en matière d’alpinisme, un plaisir dangereux ; mieux vaut suivre les errements anciens et utiliser les services des guides. Je parle ici pour les touristes de force moyenne. Prenez ensuite un piolet : on en fait d’excellents. 11 faut des crampons aux souliers. Ne partez jamais sans corde solide. Un voyageur tombe dans une crevasse dont la voûte de neige s’est brisée : il sera vite sauvé si la corde ne faiblit pas et si à l’arrière de chaîne on a eu soin de placer les plus forts et les plus habiles. Pour dormir, on trouve des refuges : le temps est loin où, dans les Pyrénées, le comte Henry Hussell couchait à la belle étoile, dans un abri sous roche. Il se cachait dans un sac en peau de mouton ; au-dessus de sa tête se déroulait le grand ciel bleu sombre du Midi. Ajoutez à tout ce que nous venons de dire de la gaîté, du courage et de la bonne humeur.
- Il est inutile d’indiquer longuement les bienfaits de l’alpinisme. Un de ses fervents adeptes, peu poète de sa nature, les résume ainsi : « Nous sommes fiers de la régénération que produisent sur nous ces exercices virils. Nous nous extasions sur les scènes grandioses qui se déroulent à nos yeux; mais ce que nous évaluons à un prix bien supérieur, c’est notre progrès comme homme, et grâce à notre lutte incessante avec les difficultés, c’est le développement des plus nobles qualités de notrejiature, le courage, la patience, la force d’âme. » Je n’ai pas la prétention d’avoir tout dit sur le sujet de cet article ; je suis sûr aussi de n’être pas d’accord avec tous mes confrères en alpinisme, sur les précautions à prendre et sur les modes d’ascension les plus recommandables. Mais où ils m’approuveront tous, c’est quand je dirai, que l’alpinisme est un des meilleurs moyens pour développer les forces physiques et élever l’esprit de l’homme. D’un carnet de touriste arrivé sur une des Aiguilles d’Arves, je détache cette note, qui fait vivre ce que nous venons de dire : (( Il y a une heure que nous baignons nos yeux dans cette
- lumière divine, que nous noyons nos âmes dans cette poésie étincelante, que nous exaltons notre orgueil dans cette pleine ^possession de la terre. » En route pour les hauts sommets. J. Coiicelle,
- __? ^ a Agrégé de l'Université.
- L\ CHH DIÈHE ÜLÉOTHEHMIQUE
- DE MM. MAHU ET DE NITTIS
- Le problème si intéressant de la production de la vapeur à haute tension vient d’être résolu d’une façon élégante et originale par MM. Miihl et de Nittis. Jusqu’ici les tentatives dans ce sens n’avaient donné que des résultats peu favorables et l’obligation d’attribuer au métal des bouilleurs des épaisseurs considérables entraînait à des appareils de dimensions impraticables. Malgré ces surépaisseurs l’état de solidité des tubes se maintenait très peu de temps sous l’action du feu. Et cependant il est d’un intérêt capital d’obtenir de la vapeur à très haute pression dans des conditions de parfaite sécurité, car le rendement en travail de la puissance mécanique de la chaleur obtenue réaliserait une économie très considérable.
- Le générateur oléothermique que les inventeurs MM. Màhl et de Nittis ont présenté au Congrès international de mécanique appliquée, dans la séance du 20 juillet, nous paraît réunir les conditions désirées, c’est-à-dire qu’il offre tous les gages de sécurité et de commodité qu’on est en droit d’exiger d’un générateur de vapeur. Les insuccès, qui ont suivi les essais de production de vapeur à très haute tension en employant exclusivement l’eau, ont engagé MM. Mâhl et de Nittis à essayer d’un liquide susceptible de s’échauffer sans bouillir jusqu’à une très haute température. C’est le cas de l’huile minérale qui est le liquide employé, et, grâce à une tension légère et invariable de vapeur d’eau établie à la surface de l’huile, il est possible de dépasser une température de 300° sans production de vapeur d'huile. *
- En novembre 1898, M. Lockroy, ministre de la Marine, désigna une commission technique ayant pour rapporteur M. Guyot, ingénieur des constructions navales, pour prendre connaissance des essais en cours, et les expériences permirent alors de constater :
- 1° Le parfait fonctionnement de l’appareil exposé aux feux les plus intenses qu’on ait pu produire ; 2° Production très régulière de vapeur absolument anhydre ; 3° Maximum de chaleur intégrée dans cette vapeur grâce à la très faible température des gaz à la cheminée; 4° Température du bain d’huile invariablement de 100° plus élevée que celle delà vapeur d’eau formée, quelle que soit l’activité des feux. (Un thermomètre pour hautes températures placé à la portée du chauffeur permet de suivre avec la plus parfaite quiétude les effets calorifiques); 5° Faculté d’obtenir les hautes pressions de 100 à 200 kilogrammes par centimètre carré en retardant le point d’ébullition du bain d’huile par une légère tension de vapeur à sa surface. Possibilité de le porter ainsi à une température voisine de 500° sans inquiétude pour la solidité du métal contenant l’huile sous près-
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- sion qui peut ainsi produire par eiï’et calorifique de la vapeur d’eau à une température voisine de 400° et, par conséquent, donnant une pression de 200 kg par cm3 sans qu’on ait à se préoccuper des phénomènes de caléfaction qui favorisent les explosions et la détérioration rapide des chaudières ordinaires.
- Tels sont les points principaux que l'enquête faite par ordre du Ministère de la Marine a fait pleinement ressortir au cours de la période d’essais.
- Aujourd’hui le générateur pratique est entièrement constitué et ces résultats si remarquables se sont affirmés définitivement.
- Un coup d’œil sur la figure ci-dessous, qui repré-
- sente le générateur en coupes d’élévation et dans son ensemble en fera comprendre aisément le fonctionnement d’une très grande simplicité.
- L’huile qui vient se chauffer au voisinage du foyer, dans des tubes Eield, monte se refroidir au contact des tubes existant dans le réservoir supérieur d’expansion, tubes parcourus intérieurement par l’eau du réservoir du générateur, puis l’huile redescend se chauffer à nouveau, effectuant ainsi toujours le même cycle pour véhiculer la chaleur. La vapeur formée au contact du bain d’huile accomplit jusqu’au collecteur de vapeur un trajet qui lui permet d’acquérir le degré de surchauffe la rendant anhydre.
- Générateur oléolliermique lliilil fl de Nittis. 1. Coupe intérieure. A, bouteille d'injection de l'eau. 11, bouteille de sort te de vapeur. 0, Serpentins vaporisateurs. 1), chauffeurs d'huile en tubes Field. E, soupape de la chambre à huile. F, Soupape de la chambre à vapeur. G, Robinet pour tension de vapeur de 1 kg sur l’huile. II, Thermomètre. J, Manomètre. K, Events et gaine de fumée. !.. Brûleur pour le chauffage au pétrole préalablement injecté et vaporisé dans le bain d'huile à 500° de la chaudière. En cartouche, en liant, coupe verticale du serpentin vaporisateur; en bas, bouteille d’injection de l'eau. — 2. Vue d'ensemble du générateur.
- Los tubes à eau sont plats en sinusoïde, et comme aucun agent extérieur ne vient en altérer le métal, ils peuvent n’avoir que l’épaisseur utile à leur résistance. Quant aux tubes à huile ils sont aussi minces que possible. Le tube vaporisateur est à double enroulement se rejoignant au centre : Lune des extrémités donne accès à l’eau d’une bouteille d’injection et l’autre un dégagement à la vapeur dans un collecteur.
- La solution ainsi obtenue du problème des très hautes pressions réalisées en toute sécurité est évidemment pleine d’avenir.
- La transformation des systèmes actuels des moteurs à vapeur s’ensuivra sans doute dans un délai plus ou moins rapproché pour l’utilisation des forces puis-
- santes sous un faible volume ainsi réalisée par l’invention de MM. Mâhl et de Nittis.
- Il est permis dès maintenant d’envisager la solution des problèmes jusqu’alors obscurs de l’aviation pour ne citer qu’une des plus remarquables parmi les recherches scientifiques facilitées par la découverte de MM. Mahl et de Nittis.
- Nous aurons à suivre avec intérêt la transformation du moteur à vapeur augmenté dans sa puissance et réduit dans son poids et ses dimensions. 11 va sans dire que nous serons des premiers à faire connaître les nouvelles applications industrielles auxquelles donnera lieu la chaudière oléothermique. A. Rogcexant.
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- L'AFRIQUE \ L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- On peut, en parcourant les diverses sections installées dans le jardin du Trocadéro, se faire une idée assez nette des nombreuses populations qui
- occupent l'Afrique ou qui s’y sont succédé au cours des âges. C’est surtout le nord du continent, c'est-à-dire sa bordure méditerranéenne qui y est fort
- bien représentée. La race la plus ancienne dont on ait connaissance dans cette région est la race dite berbère ;?elle correspond aux Numides des historiens
- Fig. 3. — Tunisien marchand de poteries.
- de l’Afrique du Nord ne sont que des Berbères parlant arabe et d’autant plus arabisés comme mœurs qu’iis sont plus rapprochés de l’Asie.
- Nous avons à l’Exposition d’excellents types de Berbères, au nez droit ou même retroussé, dans les musiciens qui se tiennent à la porte du théâtre Égyptien, et dans certains artisans des rues de Tunis et d’Alger. Les Sémites, Phéniciens, Juifs,
- romains, et porte actuellement, suivant les régions, les noms de Fellahs, de Berbères, de Kabyles, de Maures, de Touaregs. Les trois quarts des « Arabes »
- Fig. 4. — Cabane de pécheur dahoméen.
- Arabes, sont venus se superposera l'élément indigène et lui imposer leurs mœurs. Cette race est représentée à l’Exposition par de nombreux commerçants (fig. 1 et 5); il y a notamment de vieux patriarches au type tout à fait biblique.
- Si nous abandonnons les bords de la Méditerranée pour descendre vers le sud, nous trouvons la race éthiopienne, hamitique ou nubienne, qui occupe le
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- nord-est de l’Afrique du 25e degré latitude N. au 4e degré latitude S. Elle a [iris une grande part à la constitution de la population de Y Égypte ancienne ; ses représentants actuels les [dus purs sont les Gallas et les Abyssins (fig. 2) qui sont caractérisés par la linesse de leurs traits et le ton cuivré de leur peau. On retrouve ces mêmes particularités chez les Fou-lahs ou Foulbé du Sénégal qui semblent provenir d’immigrations hamitiques ayant franchi de l’est à l’ouest toute l’épaisseur du continent africain. C’est au pavillon des Dioramas qu’on se rendra le mieux compte des caractères physiques et des particularités ethnographiques de cette race remarquable.
- Quant au grand groupe des nègres proprement dits, on pourra en étudier des représentants vivants au palais du Sénégal. Il y a là des musiciens jouant d’une sorte de harpe à double rangée de cordes, dont la caisse de résonance est formée d’une calebasse, des artisans fabriquant des bijoux et divers autres objets; enfin, des marchands de produits du pays. On remarquera la très haute taille et les traits relativement tins de cette race sénégalaise. C’est elle qui fournit les meilleures troupes qui aident la France dans son expansion coloniale.
- En descendant la côte occidentale d’Afrique'vers le sud, on trouve au contraire des peuples de plus petite taille et de traits beaucoup plus grossiers. Tels sont, par exemple, les Dahoméens et les Yo-roubas dont il existe quelques individus [très de la curieuse cabane de pêcheur (fig. 4), qui rappelle les anciennes palaffites. Si, avec les Sénégalais, nous étions encore en pays musulman, nous voici maintenant en pleine sphère fétichiste. Tout objet peut devenir le séjour d’un esprit et comme tel être digne d’adoration.
- Il faut remarquer que ces croyances ont été compatibles avec l’éclosion d’un art assez avancé. C’est ce dont témoignent les curieux fétiches en argent et en cuivre repoussé exposés dans le pavillon du Dahomé et du Grand-Bassam. On remarquera aussi les grands sabres curieusement ouvragés, qui servaient aux sacrifices humains, et les trônes en bois sculpté, dont quelques-uns reposent sur des crânes.
- On sait que les nègres paraissent avoir refoulé devant eux une autre race plus ancienne, à peau de couleur vieux cuir, à traits extrêmement grossiers et à petite taille. Ce sont les Bochimans, qui n’occupent plus, actuellement, qu’une faible partie de l’Afrique australe. L’Exposition ne nous apporte aucun document sur cette race, ni sur les Hottentots qui sont un produit de métissage des Bochimans avec les nègres de race cafre.
- Ceux-ci sont de haute taille et possèdent une civilisation assez développée. On pourra s’en rendre compte en visitant le pavillon du Transvaal, où se trouve (au 1er étage) une intéressante collection ethnographique, comprenant des vêtements, des parures, des armes, des outils pour travailler la terre, et des instruments de musique. On remarquera surtout un curieux xylophone formé de lamelles de bois pour-
- vues chacune d’un fort résonnateur. Il y a là aussi des oreillers en bois rappelant ceux de l’Extrême-Orient.
- Par la même occasion, on trouvera d’intéressants documents sur la rude existence que mènent en Afrique Australe les descendants des colons hollandais et français. La ferme boër surtout, avec ses chambres à peine meublées et son sol en terre battue, mérite de fixer l'attention. Resserrée entre la tapageuse exhibition des chercheurs d’or et les luxueux pavillons des Colonies anglaises, l’exposition trans-vaalienne fait très noble figure : cette antithèse même est une forte leçon de morale. Le pavillon renferme le buste du président Krüger et le portrait du général Joubert ; dans la ferme se trouve celui d’un autre héros, Villebois-Mareuil. Ces portraits sont toujours garnis de Heurs fraîches par les soins des visiteurs.
- Si les Boërs nous ont montré comment les Européens se transforment par un séjour prolongé en Afrique, nous trouvons au pavillon de Madagascar un autre exemple d’adaptation non moins curieux. On sait, en effet, que si le fond de la population de la grande île est composé de nègres venus probablement d’Afrique, les Hovas ou Houves qui se sont superposés à eux sont d’origine malaise, comme l’indiquent leur teint clair et leurs cheveux raides et longs. Les musiciens malgaches qui se tiennent près de l’entrée du pavillon paraissent être des Hovas métissés de sang nègre. C’est par eux que nous terminerons cette revue des races de l'Afrique.
- B1' L. Lai.oy.
- exposition de utoo
- I
- Le matériel roulant des chemins de fer est présenté à l’annexe de Yincennes dans des conditions très satisfaisantes d’installation. Abritées sous de vastes halls bien clairs, les locomotives sont offertes à l’examen du public sous toutes leurs faces et il est facile de se rendre compte du mécanisme moteur et des pièces constituant la chaudière et les châssis, grâce aux dessins qui sont joints aux machines exposées ou dans la classe correspondante au Champ-de-Mars.
- L’exposition des grandes Compagnies françaises, qui seule fera l’objet de cette étude, forcément réduite aux grandes lignes vu l’ampleur du sujet, voisine très heureusement avec celle des compagnies de transports d’importance moindre et ce voisinage permet des comparaisons et des rapprochements très instructifs. Telle Compagnie secondaire, comme Bône à Guelma par exemple, montre ses voitures à voyageurs aux côtés des voitures de l’Est, et il ressort avec évidence que ce matériel algérien est admirablement approprié aux exigences du climat et très logiquement conforme à sa destination.
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- Nous rappelons en passant qu’au Champ-de-Mars, la Compagnie Bùne à Guelma expose des cartes de son réseau et des dessins d’une admirable exécution. C’est d’ailleurs la caractéristique de cette Exposition de 1900, que la présentation graphique très élégante appliquée à tous les objets, et il y a un grand pas vers le progrès dans cette voie si l’on se reporte aux dessins parfois trop rudimentaires de 1889.
- Chemins de fer de l'État. — Les chemins de fer de l’État ont exposé : 1° une locomotive à haute pression et à simple expansion pour express et rapides; 2° une machine-tender-fourgon pour trains légers; 5° une locomotive à grande vitesse, à double expansion et distribution système Vauclain ; 4° une locomotive avec tiroirs cylindriques, svstème Ricour.
- La locomotive à haute pression (de 14 kg par cm2 aux cylindres), présente des formes étudiées pour diminuer le plus possible la résistance de l’air à la marche. Les locomotives de ce type, affectées plus spécialement au service des rapides, remorquent en service courant sur un palier indéfini un train de 220 tonnes (poids brut), à la vitesse de 102 km par heure. Cette vitesse tombe à 70 km en rampe de 10mni.
- Comportant un approvisionnement de 20 m3 d’eau cette machine a parcouru la distance de 526 km qui sépare Paris de Thouars, sans prise d’eau intermédiaire, avec une vitesse de pleine marche de 85 km entre Paris et Royan. Cette locomotive, dont le type a été établi en 1896, est montée sur deux essieux accouplés et sur un truck articulé à déplacement latéral portant la partie avant. Le foyer de la chaudière est entre les essieux.
- Les roues motrices ont un diamètre de 2m,02. Le générateur à foyer genre Belpaire, de 2 m2 de surlace de grille, comporte un corps cylindrique de lm,58ü de diamètre garni de 111 tubes à ailettes. Les deux cylindres à simple expansion de 0m,440 de diamètre sont extérieurs et placés à l’avant de la machine entre les roues du bogie. La distribution se fait au moyen de tiroirs cylindriques système Ricour. D’une manière générale ce type de distribution créé en 1880 par M. Ricour, aujourd’hui inspecteur général et directeur de l’École nationale des Ponts et chaussées, est appliqué aux machines du réseau de l’Etat. Le poids de cette machine est ainsi reparti ; sur les roues motrices et accouplées, 50 tonnes; poids sur les roues du bogie, 21 tonnes. Poids total en ordre de marche, 51 tonnes.
- Machine-tender-fourgon pour trains légers. — Cette machine, combinée avec le fourgon pour permettre de réduire à un seul agent le personnel de la machine, est caractérisée par le montage sur le châssis même de la machine du fourgon de longueur réduite. Grâce à cette disposition qui met de plain-pied la plate-forme du mécanicien et le fourgon, le conducteur de tête est en relation immédiate avec le mécanicien. Cette machine robuste permet de varier les allures suivant les profils de route et
- remorque sur les profils accidentés des trains de charge modérée aux vitesses ordinaires du service des voyageurs tout en se prêtant facilement à des vitesses de 75 km par heure en remorquant 70 tonnes en palier.
- La distribution par tiroirs cylindriques est commandée par une coulisse du genre Walschaërts. Le poids total de marche est de 53 tonnes et les roues motrices ont l,n,320 de diamètre.
- Les chemins de fer de l’État exposent aussi une locomotive d’un type nouveau construite à Philadelphie en 1900. Celte machine à double expansion est à bogie et 4 roues couplées. Destinée à la remorque des trains express, elle comporte des roues couplées d’un diamètre de 2,n, 140, les roues du bogie ayant un diamètre de 0m,914.
- La chaudière, timbrée à 15 kg., a un diamètre moyen de lm,514 avec 282 tubes eu fer de 5m,642 de longueur, et la surface de chauffe totale est de 158 m2 pour une surface de grille de 2 m* 58.
- Les cylindres à haute pression ont un diamètre de 0m,55 et ceux à basse pression 0ln,558 pour une course de piston de 0m,6Ô.
- Cette machine fait partie d’une série de 5 locomotives semblables, et le poids en ordre de marche en est de 545800. Le tender à bogie est muni de l’écope Ramsbottom.
- Locomotive pour voie de 1 mètre. — Créée poulie réseau des tramways de la Vendée, cette machine, qui sort des ateliers des établissements Decauville aîné, offre cette particularité d’une marche normale, cheminée en arrière, pour faciliter au mécanicien la surveillance de la voie. Son poids en ordre de marche n'est que de 175300 ainsi réparti : sur l’essieu couplé d’avant 45600; sur l’essieu couplé intermédiaire 65500; et enfin, sur l’essieu moteur-arrière 6l,400. Timbrée à 15 kg., la chaudière, d’un diamètre moyen de 0m,85i, comporte 64 tubes d’acier d’un diamètre de 0,n,045 et de lm,66 de long. Sa surface de chauffe totale est de 28 m2 pour une surface de grille de 0 m2 65. Le diamètre des roues est de 0m,84, la course des pistons de 0m,56, et le diamètre des cylindres 0m,25. La longueur totale de la machine n’est que de 2m,200.
- Compagnie P.-L.-M. — La Compagnie Paris-Lyon-Méditerranée a exposé au Champ-de-Mars et à l’annexe de Yincennes, classes 52 et 35.
- A Vincennes se trouve une locomotive électrique et au Champ-de-Mars sont les dessins des plus récents types de locomotives à vapeur. Nous décrirons .seulement les locomotives à vapeur laissant à de plus autorisés la tâche de rendre compte de la locomotive électrique qui est surtout une locomotive d’étude n’ayant guère que la moitié de la puissance d’une machine ordinaire d’express.
- Les deux locomotives à vapeur de la Compagnie P.-L.-M. sont du système Compound à quatre cylindres. En 1889, la Compagnie possédait déjà trois types de ce système et ces locomotives étaient alors les premières présentant les traits suivants : ehau-
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- dière en tôle d’acier timbrée à 15 kg. ; quatre cylindres agissant deux par deux sur deux essieux différents; accouplement des deux essieux moteurs.
- Ces dispositions caractéristiques se retrouvent aujourd'hui dans un grand nombre de locomotives de plusieurs grands réseaux français.
- Fig. 1. — Vue d ensemble île la locomotive à vapeur à grande vitesse de la Compagnie P.-L.-M.
- Depuis 1889, la Compagnie U.-L.-M. a amélioré ses types par l’emploi des tubes à ailettes Serve.
- Locomotive à grande vitesse série C, 61 (fig. 1, 2, a). — Cette machine a deux essieux couplés dont
- un droit et l’autre coudé. Les cylindres à haute pression sont à l’extérieur des longerons ainsi que les mouvements de distribution, ils actionnent le quatrième essieu. Les cylindres à basse pression qui
- Fig. 2. — Vue en plan de la locomotive à vapeur de la Compagnie P.-L.-M.
- actionnent le troisième essieu sont à l’intérieur des longerons ainsi que leurs mouvements de distribution. Le châssis est à l’intérieur des roues.
- Foyer. — Le foyer, de forme cubique, est en cuivre. Il se compose d’une enveloppe de foyer en une seule pièce, d’une plaque d’avant recevant les tubes à fumée, d’une plaque d'arrière ou de porte. La
- plaque tubulaire est reliée au corps cylindrique de la chaudière par 6 tirants en fer et les faces verticales de la boîte à feu et du foyer sont réunies entre elles par des entretoises creuses en cuivre. Les cadres du bas foyer et de la porte de foyer sont en fer.
- Corps cylindrique. — Le corps cylindrique,
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- à formo droilo, est formé de deux viroles en tôle d’acier. Sa longueur est r>m,290, pour un diamètre intérieur de lm,ÜO. Le corps cylindrique
- repose sur une des traverses intermédiaires du châssis au moyen d’équerres rivées sur la chaudière. Boite à l'eu. — La boîte à feu, en tôle d’acier, de
- Fis. 3. Coupe intérieure de lu locomotive de la Compagnie P.-L.-M.
- forme cubique, se compose des éléments suivants : D’une enveloppe de boîte à feu formée de trois
- morceaux assemblés par deux clouures à un rang de rivets; d’une plaque d’avant percée d'un trou dont
- Fig. i. — Vue d'ensemble d’une locomotive de la Compagnie des Chemins de fer de l’Est.
- les bords intérieurs sont relevés pour recevoir intérieurement la petite virole d’arrière du corps cylindrique ; d’une plaque d’arrière ou de porte.
- Les bords extérieurs des plaques d’avant et d’arrière sont rabattus pour épouser la forme de l’enveloppe déboîté à feu, à laquelle elles sont réunies par
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- des coutures à double rangée de rivets. Les deux faces planes latérales opposées de l’enveloppe sont entretoisées au-dessus du foyer par le moyen de tirants transversaux creux, en acier.
- La partie plane d’arrière est réunie au corps cylindrique par quatre tirants longitudinaux en acier fixés à ce corps par des agrafes en fer et à l’armature d’arrière par des chapes.
- La chaudière est garnie de 150 tubes à fumée à ailettes de 65 millimètres de diamètre extérieur et de orn,400 de longueur. La capacité totale est de 6 m3,560, alors que le volume d’eau est de 5 m3,640 et celui de vapeur 2ra,720. La surface de chauffe totale est de 189 m2,51 et celle de la grille de 2 m2,48 pour une longueur réelle de grille de 2m,45, sur une largeur de lm,022. La chaudière est enveloppée de feuilles de laiton reposant sur un réseau de supports et maintenue en place par des cercles pour le corps cylindrique et des vis sur la boîte à feu. L’appendice de la porte de la boîte à fumée, l’avant et l’arrière de la cheminée, l’avant et l’arrière du dôme et l’avant de la hoîte à feu sont garnis de feuilles de laiton ou de fer formant surface en coup de vent.
- Mouvement. — Le diamètre au roulement des roues motrices est de 2 mètres. Les deux cylindres à haute pression ont Ûm,540 de diamètre ; ils sont situés à l’extérieur des longerons, comme nous l’avons dit, et actionnent le 4e essieu. Les deux cylindres à basse pression ont 0m,540 de diamètre et attaquent le 5e essieu. Les mouvements de distribution des cylindres à haute pression sont du système Wal-schaert et ceux des cylindres à basse pression du système Gooch.
- Frein. — Le frein est du système Westinghouse-Henry, automatique et modérable. La machine est munie d’un chronotachymètre, système P.-L.-M. et d’un indicateur de vitesse dont les indications sont à la vue du mécanicien. De plus, elle est munie des appareils permettant le chauffage des trains par la vapeur.
- Compagnie de l’Est. — La locomotive exposée à l’annexe de Vincennes par la Compagnie des Chemins de fer de l’Est a été étudiée en vue de remorqûer sur la ligne de Paris à Belfort des trains d’un poids mort de 250 tonnes à une vitesse moyenne de marche de 90 kilomètres.
- Le profil de cette ligne comporte de longues rampes de 6mra par mètre et une différence d’altitude de 31 lm,48 entre Paris et Belfort. Cette locomotive est h chaudière du type Belpaire ; ses tubes sont à ailerons du système Serve ; son foyer est muni d’une voûte en briques et de deux brûleurs pour le goudron (lîg. 4).
- Elle est supportée à l’avant par un bogie à deux paires de roues, à l’arrière par deux paires de roues motrices de 2m,050 de diamètre, placées la première sous le corps cylindrique de la chaudière à l’avant de la boîte à feu, la seconde, sous la partie arrière du foyer.
- Le châssis de la locomotive est à longerons intérieurs aux roues, celui du bogie est à longerons extérieurs. Son mécanisme moteur est composé de quatre cylindres compound ; les deux cylindres à haute pression, placés à l’extérieur des longerons entre la première paire de roues motrices et le bogie, commandent la paire de roues d’arrière ; les deux cylindres il basse pression, placés au-dessus du bogie intérieurement aux longerons, commandent la paire de roues placée à l’avant de la boite à feu. Le mouvement de distribution est du type Walschaert. Le frein est à air comprimé du système Westinghouse automatique; la sablière à vapeur du système Gres-ham et Craven avec mouvement supplémentaire de manœuvre à la main. Un indicateur enregistreur de vitesse est placé du coté gauche, à l’intérieur de l’abri.
- Chaudière. — La chaudière est en acier et son foyer en cuivre rouge. Les tirants qui réunissent le ciel plan du foyer à son enveloppe, également de forme plane, ainsi que ceux qui entretoisent les deux parois latérales de la boîte à feu dans la partie placée au-dessus du ciel du foyer sont en acier.
- La boîte à feu a été élargie dans la partie placée au-dessus des roues de manière à recevoir un foyer de 1111,219 de largeur intérieure permettant de placer 140 tubes à ailerons Serve de 70mm de diamètre extérieur.
- La surface de chauffe totale est de 207 m2,51, et la capacité intérieure de la chaudière de 6 m7’, 722 dont 4m3,612 d’eau et 2m3,110 de vapeur.
- La surface de grille est de 2 m2,520.
- Brûleurs à goudron. — Cette locomotive est munie de deux brûleurs à goudron. Cette addition a pour but, non de remplacer le charbon mais d’augmenter par la combustion supplémentaire d’une certaine quantité de goudron, la chaleur développée et par suite la production de vapeur. La puissance de la locomotive se trouve ainsi augmentée dans les parties difficiles du parcours, lorsqu’il s’agit par exemple de gravir les longues rampes de 6mm que l’on rencontre dans le trajet de Paris à Belfort. Ces Brûleurs sont du système de MM. Vétillard et Scher-ding. Le goudron contenu dans un réservoir placé sur le tender est amené par une conduite à la base de l’éjecteur où un robinet règle son écoulement; un courant de vapeur le lance alors en le divisant par l’orifice d’une tuyère où le mélange de vapeur et de goudron produit l’appel de l’air nécessaire à sa combustion. La vapeur peut, en cas de besoin, être dirigée dans un serpentin placé dans le réservoir à goudron pouf le chauffer et lui donner un degré de fluidité convenable.
- Chacun des 2 éjecteurs permet de brûler, dans de bonnes conditions, environ 100 kg de goudron à l’heure.
- Bogie. — Le hogie qui supporte la locomotive à l’avant est, à 2 paires de roues de lm,060 de diamètre, écartées d’axe en axe de 2m,100. Ses longe-
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- rons extérieurs aux roues, ses deux traverses extrêmes et son caisson central sont en acier.
- Cylindres. — Le diamètre des deux cylindres .à haute pression est de 0m,550 et la course du piston de 0m,640. Les pistons sont du type suédois avec corps en acier coulé, segments en fonte, tige et contre-tige en acier. Les tiroirs de distribution sont plans, du type ordinaire; ils sont en bronze, les parties frottantes garnies de métal anti-friction. Un manomètre placé sur la face arrière de la chaudière indique au mécanicien la pression dans la boîte à vapeur.
- Les deux cylindres à basse pression ont 0m,550 de diamètre et la course du piston est de 0m,660.
- Le rapport du volume d’un grand cylindre à un petit est de 2,546.
- Appareil de démarrage. — Lorsque la locomotive marche en compound, c’est-à-dire lorsque la vapeur, après avoir travaillé dans les petits cylindres, doit finir de se détendre dans les grands cylindres, elle est dirigée directement des petits cylindres vers le réservoir intermédiaire qui forme la boîte à vapeur commune des grands cylindres. Dans ce trajet, elle traverse une boîte fixée sur la face arrière de ce réservoir, qui sert dans le cas de démarrage difficile ou pour obtenir une mise en vitesse plus rapide, à intercepter l'accès de la vapeur d’échappement au réservoir, et évacuer directement dans l’atmosphère.
- Cette boîte communique d’une part, par un orifice, avec le réservoir intermédiaire et d’autre part, par un second orifice avec la base de la colonne d’échappement des grands cylindres. Ces deux orifices sont munis chacun d’un clapet et ces deux clapets sont commandés simultanément : l’un par une came, l’autre par un levier, calés sur un même arbre que le mécanicien peut actionner au moyen d'une barre reliée à un levier placé à proximité de l’appareil de changement de marche. La disposition de la came et du levier est telle que l’un des clapets soit fermé lorsque l’autre est ouvert et réciproquement.
- L’appareil de démarrage sert aussi pour la marche à régulateur fermé, pour la marche à contre-vapeur, enfin dans le cas d’avarie aux grands cylindres nécessitant la marche momentanée avec les cylindres à haute pression seulement.
- Distribution. — Le mécanisme de distribution est du système Walschaert ; les cylindres à haute pression et les cylindres à basse pression ont des distributions indépendantes. ,
- Frein. — Le frein est à air comprimé du système Westinghouse automatique.
- Le poids de la locomotive en charge est de 58*,205 ainsi reparties. ,
- Sur le bogie, 24*,255 ; sur la paire de roues motrices B. P., 16*,980; sur la paire de roues motrices H. P., 16*,970.
- Outre cette locomotive la Compagnie de l’Est expose un tender de 20 m3 de contenance en eau et 6000 kg en combustible. A. R.
- UNE GOUTTE D’FAU DE MER
- Malgré les nombreuses « attractions » qui pullulent à l’Exposition, la plupart de nos lecteurs se sont enfuis ce mois-ci de la capitale pour aller respirer un peu d’air frais au bord de la mer. Certes, la contemplation de la mer en furie, des petites miss flirtant sur la plage ou des enfants joufflus jouant dans le sable n’est pas à dédaigner. Mais, tout de même, peut-être ne serait-on pas fâché de retrouver dans la station où on a élu domicile quelques-unes des splendeurs laissées à Paris ou du moins quelque chose d’analogue. A ceux qu’un pareil désir taquinerait, je conseillerais d’acheter tout simplement un microscope et de placer une ou deux gouttes d’eau de mer sur la platine de leur instrument. Jeux de lumière dignes des fontaines lumineuses, délicatesse de dessin pouvant rivaliser avec les bijoux finement ciselés qui abondent dans les pavillons exotiques, dentelles admirables, couleurs chatoyantes, mouvements excentriques à rendre des points aux danses espagnoles, costumes extraordinaires, tout y abonde et avec une luxuriance sans pareille.
- On assure même que l’auteur de la porte monumentale de l’Exposition s’est inspiré, pour son ornementation ajourée d’un si joli effet, des squelettes treillissés des petits organismes que nous allons étudier. c’est-à-dire les Radiolaires et les Foraminifères. Il est venu « potasser » à la bibliothèque du Muséum ou sa présence intrigua longtemps le personnel : son exemple sera certainement suivi, car je suis persuadé que l’art décoratif trouvera des motifs admirables, et en nombre en quelque sorte indéfini, dans le monde « invisible » que révèle le microscope.
- Tous ces petits êtres ont été, dans ces derniers temps, très bien observés par les naturalistes et, grâce à leurs travaux, je vais pouvoir vous présenter les plus curieux ou les plus communs.
- A tout seigneur, tout honneur. Voici, d’abord la Noctiluque miliaire (fig. 5) dont le nom ne vous dit peut-être rien, mais que vous regarderez certainement avec respect lorsque vous saurez que c’est à elle que l’on doit la phosphorescence de la mer, en compagnie de microbes et d’autres personnages de moindre importance. C’est une boule gélatineuse, transparente comme le cristal et n’ayant pas plus de 500 millièmes de millimètre de diamètre. En un point, on remarque un orifice, servant aussi bien pour l’absorption que pour le rejet des aliments, et surmonté d’une sorte de queue striée en travers et à laquelle on a donné le nom de flagellum. La Noctiluque se laisse déplacer passivement par le flot, peu lui important l’endroit où il la conduit. Son flagellum est animé de mouvements lents et est incapable de la diriger d’une manière efficace; tout au plus lui est-il utile en ramenant en quelque sorte vers la bouche les petites particules alimentaires dont l’animal se nourrit. Pour en avoir fini avec la description de celui-ci, il nous suffira de signaler à l’intérieur du
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- LA NATURE.
- corps, tout pros de la bouche, une masse granuleuse (pii émet à la périphérie des prolongements divisés, anastomés, venant se fixer à la coque extérieure par l’intermédiaire d’une couche semi-fluide.
- Les Noctilu-ques ne sont pas toujours lumineuses. Pour déterminer leur phosphorescence, il faut différentes conditions encore mal connues, les uns dépendants des conditions du milieu,les autres de « l’état d’àme » des petits organismes. En attendant que ce dernier point ait été élucidé par nos psychologues modernes qui, on le sait, ne reculent devant aucune difficulté, on peut dire que le meilleur moyen de les faire briller consiste à les... secouer. En agitant légèrement un vase d’eau de mer contenant beaucoup de Noctilu-ques, on voit la surface du liquide, — c’est-à-dire l’endroit où ces petits êtres aiment particulièrement vivre,
- — présenter une légère phosphorescence bleuâtre. En remuant un peu plus, la lumière en question se propage de proche en pro-che jusqu’au fond. Si enfin l’agitation est
- extrême, la lumière- devient à la fois plus intense
- Fig. 1. — En haut : lli-liosphœra elegan.it et Heltosphœm inennis. Au milieu: Acti-nomma asteracanthion. En bus : Acanthometva peUuchia el Thatassicola pelagica.
- celles des vagues un soir de belle phosphorescence. En examinant une Noctiluque au microscope, on
- se rend compte que la lumière ne prend pas naissance uniformément à l’intérieur de son corps, mais apparaît en un certain nombre de points lumineux semblables à des étoiles brillant dans la nuit. Chaque point envoie un éclair, mais s’éteint bien-têt après.
- M a i n t e n a n t que vous avez fait connaissance avec l’animal adulte, peut-être ne serez - vous pas fâché de savoir comment il se reproduit. En deux mots, voici la chose. Dans la plupart des cas, la N o c t i 1 u q u e perd son flagel-îum et passe par une phase de repos . Bientôt la masse s’étrangle en son milieu et ressemble à deux Noctiluques accolées : chaque partie s’isole lentement et arrive à se séparer, donnant ainsi naissance à deux organismes là où il n'yen avaitqu’un.
- D’autres fois, après une phase de repos analogue à la précédente, la surface se met à bourgeonner. Chaque bourgeon se garnit d’un cil, s’isole et va tournoyer dans la
- Fig. 2. — Foraminilrres. En liant : Hotalia veneta. En las: à droite, Mihola lenera ; à gauche, Globigerina mnrrayi. En outre, on \oit trois petites coquilles de Forami-niiercs (Cornuspira, Gamlrtjana, Quinqueloculina).
- mer. Ce sont des
- strtes de spores qui, en peu de temps, se transforment en noctiluques adultes, multipliant ainsi l’in-
- et plus blanche, plus laiteuse, semblable dès lors à
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- dividu dans des proportions énormes. Les Noetiluqucs habitent surtout la surface de la mer. C’est là aussi que vivent les Ceratium (fig. 5), animaux très communs qui, au lieu d être nus comme les précédents.
- sont revêtus d’une coquille de forme triangulaire dont les angles se prolongent en cornes démesurément longues et plus ou moins recourbées. Des cils vibratiles dont un très long, leur permettent de
- Fig. 3.
- (’æralium lougicurne et deux exemplaires de Perulinium.
- nager. Si l'on veut trouver ces Cératium presque à coup sur, il faut examiner au microscope le contenu de l’estomac des Poissons. Ceux-ci en font en effet une grande consommation et la coque des petits organismes, qui n’est pas plus digestive que les coquilles d’huître pour nous, reste pendant quelque temps dans leur estomac. —
- A côté d’eux, citons le Péridinium tabulé (fig. 5), ainsi nommé à cause de sa membrane d’enveloppe composée de petites pièces régulières comme celles d’une cuirasse; sa couleur varie du brun foncé au vert jaunâtre.
- La surface de la mer, si transparente qu’elle soit, est d’ailleurs le lieu d’élection d’une multitude d’espèces des plus élégantes que l’on peut, comme les précédentes, recueillir en promenant un filet en fine mousseline au niveau libre de l’eau. Si vous voulez vous livrer à ce genre de pêche, je vous assure que vous ne regretterez pas votre temps. Voici par exemple l’IIé-liosphère inerme (fig. 1) qui se compose d’une simple cellule arrondie, émettant par toute sa sur-
- Eii haut ; Ululhrulina elegans. En bas : Codoniga umbidlala.
- face des filaments très déliés qui s'étalent autour de lui comme les rayons du soleil. A une assez grande distance de lui, se trouve un squelette d’une délicatesse infinie formé d’une série d’hexagones ajourés par où passent les filaments pêcheurs. Une autre espèce voisine, l’Héliosphère élégante (fig. 1), rehausse cet ornement par des piquants qui rayonnent de son squelette, et d’autre petites pointes dont est garni le milieu des côtes de chacun de ses hexagones.
- Chez les marchands de bibelots, vous avez certainement remarqué ces boules ajourées et emboîtées les unes dans les autres que des ouvriers patients, — les Chinois excellent dans cet art, — s’amusent à sculpter dans de l’ivoire. C’est tout à fait l’ouvrage auquel arrive l’Actinomme (fig. 1) avec cette différence que les trois boules sont transpercées de part en part par trois grands spiculés, des sortes de clous pointus aux deux bouts, et perpendiculaires les uns aux autres. Quand on songe que tout cela ne se voit qu’au microscope, on ne peut être qu’émerveillé.
- Fig. b. — En haut : Noctiluca miliaris, entière et émettant des zoospores. En bas : Noctiluque se divisant en deux.
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- Citons aussi à coté d’eux les Acanthomètres (fig. I) traversés de part en part par de longs spiculés pointus et les Thalassicoles (tig. 1) formés d'une grande quantité de bulles dont le rôle n’est pas bien connu.
- Les espècesprécédentes, avons-nous dit, se trouvent à la surface des eaux marines. A tous les étages de la mer correspondent d’ailleurs des formes bien spéciales. C’est ainsi que dans les régions plutôt, profondes abondent les Foraminifères dont il faudrait plusieurs volumes pour décrire toutes les formes. Notre gravure (fig. 2) en représente quelques formes dont certaines réduites à leur squelette. L’une d’elles, la Rotalia, montre l’animal intact; on voit que la coquille est perforée d’une grande quantité de trous par lesquels passent ce qu’on appelle des pseudopodes, sorte de toile d’araignée vivante qui au passage bappe les particules dont le foraminifère fait sa nourriture. Chez les Milioles, les filaments pécheurs restent en un seul point du corps, et, chez les Clobigérines, ils sont aidés par de longues cordes destinées sans doute à capturer les proies volumineuses.
- Certaines autres espèces microscopiques vivent fixées sur les algues et différents corps flottants. De ce nombre sont les Clathrulines (fig. 4), bien dénommées « élégantes », dont le corps est enveloppé à distance d’une sphère ajourée et se prolonge à la base en un prédonculc assez solide, et les Codosiga (fig. 4), espèce ramifiée qui, comme la précédente, se trouve aussi dans l’eau saumâtre, et dont chaque cellule possède un cil tou jours en mouvement et une collerette transparente qui, peut-être, n’est pour elle qu'un vain ornement. Qui sait si la coquetterie n’existe pas aussi au sein des mers? Henri Coi pin .
- CHRONIQUE
- phosphorescence. — Si l’on part de cette idée que la phosphorescence est due à des mouvements de l’éther déterminés par les vibrations de particules matérielles, il s’attache un grand intérêt à la question de savoir si l’intensité de la phosphorescence est modifiée par le voisinage d’un champ magnétique. Quelques expériences décrites par M. Alexandre de llemptinne dans le Bulletin de la classe des sciences (Bruxelles) paraissent trancher négativement la question. Dans une d’elles, la substance phosphorescente était contenue dans un tube d’environ 30 cm de long, placé entre les pôles d’un électro-aimant. La'partie moyenne du tube était ainsi soumise à un champ d’une intensité d’environ 30 000 unités C. G. S. ou 50 000 gauss, suivant l’unité adoptée par le Congrès des Électriciens, tandis qu’aux extrémités l’intensité magnétique était plus faible. Le tube contenait du sulfure de calcium ou de zinc, préparé suivant les méthodes de Becquerel, et on l’avait excité en l’exposant au soleil. En observant le tube dans l’obscurité, on le voyait uniformément phosphorescent dans toute sa longueur ; il restait phosphorescent pendant un temps considérable et, graduellement, l’intensité du phénomène diminuait ; mais, à aucune période de l’expérience, il n’y avait de différence d’intensité sensible d’un bout à l’autre du tube. Pour obtenir une exactitude plus grande, M. de llemptinne a construit un phosphoroscope assez grand pour contenir un
- électro-aimant. Bien que cette méthode fut beaucoup plus sensible que l’autre, il n’a pas été possible de constater la plus petite différence dans la façon dont se comportent le sulfure de calcium, le sulfure de zinc, le sulfate d’uranium, le diamant et d’autres substances plus ou moins phosphorescentes quand ils sont soumis à un champ magnétique d’environ 32 000 gauss.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 5 septembre 1900.— Présidence de} 1. M. Lévy.
- M. Mosso, correspondant, MM. Kronecker, Waller et Milaxvski assistent à la séance.
- Répercussion sur les muscles inertes du travail des autres muscles. — M. Kronecker présente une note relative à un accroissement de puissance constaté sur les muscles restés inertes, consécutivement au travail d’autres muscles. Il cite d’abord l’accroissement d’accommodation d’un œil hypermétrope à la suite d’ascensions en pays de montagne. Cette action est générale. En homme jeune et vigoureux s’est prêté à des expériences. Cet homme a pratiqué une série d’ascensions, l’une, facile, d’une durée de quelques heures, les autres pénibles, de plus de douze heures, dans lesquelles la hauteur franchie était de 5 000 mètres. Après chaque ascension on mesurait à l’aide de l’ergographe la force de son biceps. Or le sujet avait marché sans canne, de telle sorte que son bras était demeuré inerte. Après les courtes ascensions, on a toujours constaté un accroissement de puissance du biceps, mais après les exercices violents, entraînant une fatigue générale on notait une dépression passagère, car après un repos de deux jours, on observait un relèvement de fa puissance normale. Ainsi l’exercice musculaire fortifie non seulement les muscles qui travaillent mais encore ceux qui restent inactifs.
- Traitement de T intoxication par l'oxyde de carbone. M. Mosso décrit des expériences qu’il a réalisées sur divers animaux, chiens, lapins, etc., placés dans une cloche renfermant de l’air comprimé à la pression de 10 atmosphères ou de l’oxygène comprimé à 2 atmosphères, avec une quantité d’oxyde de carbone fixée à 0 pour 100. Dans une atmosphère à la pression normale contenant cette proportion d’oxyde de carbone, les animaux meurent rapidement. Sous la cloche ainsi remplie, ces animaux pouvaient vivre, au moins pendant un temps assez long. Mais au sortir de la cloche ils ne tardaient pas à succomber. Si on les plaçait sous une cloche renfermant de l’oxvgène pur à la pression de 2 atmosphères, ils guérissaient bientôt. M. Mosso pense que l’on pourrait appliquer cette méthode aux intoxications par l’oxyde de carbone et notamment dans le travail de certains puits.
- Reconnaissance des tissus vivants. — M. Waller présente une Note contenant la description d’un procédé expérimental au moyen duquel on peut distinguer sûrement si les tissus animaux ou végétaux sont vivants ou morts. Ces tissus sont soumis à l’action d’iin courant. S’ils sont vivants, il se produit un courant dans le sens de l’excitation que l’on observe sur un galvanomètre. La méthode est non seulement qualitative, mais quantitative, et l’on mesure ce que l’auteur appelle la quantité de survie du tissu. 11 a expérimenté sur des embryons de poulet à diverses phases d’incubation et sur des embryons de blé ayant une ancienneté différente mais connue. Les expériences sur le blé lui ont permis de représenter les accroissements de force électromotrice par une courbe.
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- LA N A TU HE.
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- Varia. — M. Marev prie l’Académie de désigner MM. Chauveau et Cornu pour la représenter au sein de la commission en ce moment réunie pour la recherche des moyens de contrôle des instruments de physiologie. — M. le général Bassot, directeur du service géographique de l’armée, fait hommage d’un plan de Pékin au 1/15 000. — M. Bouquet de la Grye présente, au nom de l’abbé Salvator Franco, une Note décrivant un appareil servant de calendrier perpétuel pendant 10 000 années.
- Ch. hk Vii.i.iiiki'ii..
- LES M\ K ION NETTES A L’EXPOSITION
- BONSHOMMES Gl'lM-AOlE
- Parmi les attractions qui ont été rassemblées dans cette Rue de Paris qui suffirait à elle seule pour justifier le nom de « grande foire » qu’on a donné à l’Exposition Universelle, il en est peu qui méritent d’attirer l’attention au point de vue spécial auquel nous nous plaçons dans ce journal. Il faut cependant faire une exception pour le petit théâtre où MM. Guillaume présentent leurs marionnettes ; ici les ressources de la mécanique, alliées à l’art du décorateur, leur ont permis de composer un spectacle pas banal, dans un genre qui paraissait un peu abandonné, et n’avoir plus d’autre représentant que le guignol, joie des enfants. Même dans l’antiquité il y avait des théâtres de marionnettes pour les grandes personnes et au moyen âge dans les mystères de la Passion on a employé des pantins dont la tête et les yeux étaient mobiles. Sous Louis XIV, les marionnettes eurent pour imprésario Brioché qui touchait 1565 livres pour 5 mois de représentation à Saint-Germain en présence du Dauphin. Au milieu du siècle dernier elles firent fureur et il était de bon ton d’en avoir chez soi ; les plus grands artistes ne dédaignaient pas de s’y intéresser, il y en eut qui furent peintes par Boucher, et certaines pièces furent composées à leur intention par Malézieux de l’Académie française. Plus près de nous on voyait il y a une trentaine d’années, Mme George Sand s’en occuper avec intérêt et donner dans sa propriété de Nohant des représentations très goûtées de ses invités. MM. A. et H. Guillaume, deux artistes que tout le monde connaît, renouent donc une tradition en en perfectionnant le genre. Leurs Bonshommes sont non seulement sculptés peints et habillés par de véritables artistes, mais aussi machinés de façon à donner, par le naturel du mouvement, l’impression de petits personnages vivants.
- La tige métallique A qui les supporte (fig. 5) est montée à la cardan sur un trépied E, et un contrepoids placé à son extrémité inférieure la maintient dans la position verticale ; ils sont posés en scène et peuvent être ainsi abandonnés à eux-mêmes tout en conservant une souplesse et une mobilité dans tous les sens, que n’ont pas les pantins suspendus par des fils. La tige est creuse et dans l'intérieur passent les leviers F qui font manœuvrer les membres, les yeux, la bouche, etc. ; au bas, et près du contrepoids, de petites manettes N permettent d’actionner
- ces leviers avec les doigts, à peu près comme on actionne les clés d’une clarinette.
- Les pièces représentées comprennent surtout le genre satirique et humoristique, tout en ménageant une large place aux grands défilés militaires ou féeriques : dans certaines scènes telles que le « régiment (pii passe » ou le « cortège des quat-z-arts », il n’y a pas moins de 200 personnages mobiles et autant de figurants. Au total le matériel comprend, plus de 4000 marionnettes dont environ 60, complètement articulées, sont (dus spécialement réservées aux pièces dialoguées ; chacune d’elles est alors ma-nœuvrée par un acteur dissimulé sous le rebord de la scène : il a la main sur les clés du pantin et le mouvement de ses doigts accompagne son récit. Il faut un certain apprentissage, une étude de doigté : on joue du bonhomme comme on joue d’un instrument de musique. Les bonshommes étant montés sur un trépied, le même acteur peut être chargé de plusieurs d’entre eux et passer de l’un à l’autre très facilement ; certains d’entre eux sont de petites merveilles de mécanique et on arrive à leur donner des mouvements d’un naturel charmant ; même ceux qui ne servent qu’à la figuration ont été étudiés avec le plus grand soin et nous citerons notamment des cavaliers chez lesquels les mouvements de l’homme et du cheval sont d’une vérité étonnante.
- La scène est aussi machinée que celle d’un grand théâtre, mais pas dans le même genre, car on a voulu éviter le temps perdu par les changements de décor et on s’est arrangé pour qu’ils soient toujours en place. Il y en a quatre qui sont installés à demeure sur un grand tambour (fig. 1) pouvant pivoter autour de son axe, il suffit donc de le faire tourner pour amener rapidement le décor dont on a besoin. Tout autour sont rangés sur des étagères les bonshommes isolés ou montés par groupes pour les défilés, les apothéoses, etc. ; certaines de ces pièces sont assez lourdes et risqueraient en outre detre abîmées si on les transportait à la main, aussi a-t-on disposé pour celles qui sont logées à la partie inférieure, un monte-charge qui les amène rapidement sur le plancher circulaire placé au niveau de la scène; aussitôt ([u'elles ont passé devant le public on les redescend de l’autre côté par le même procédé, il n’y a ainsi jamais d’encombrement. Pour le défilé du régiment la scène représente un village avec un fort au lointain; sur le devant (fig. 2) on a disposé une sorte de chemin roulant, formé de deux chaînes sans fin parallèles C, qui portent des crochets N de distance en distance ; chaque rang de soldats est monté sur une planchette qui porte des anneaux qu’on enlile dans ces crochets et tous se trouvent entraînés à la même vitesse en conservant bien leur distance. Les officiers à cheval sont placés de la même façon et une came leur donne le mouvement de balancement qui les rend vivants. La queue du régiment qui descend du fort, pendant que la tête traverse la scène, est formée par des silhouettes montées sur une chaîne sans fin disposée verticalement le long du châssis formant le
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- décor : tout cela lorme un ensemble très complet et I rès vécu. L’un des décors comporte deux changements à vue qui sont complétés par toute une installation élec-
- trique permettant de très heureux effets d’illumination.
- C’est la première fois que nous voyons un théâtre de marionnettes aussi complet et aussi artistique ; il
- Fig. 1. —La scène tournante des Bonshommes Guillaume.
- Fig. ± — Le défilé automatique. Détail du mécanisme.
- était bon de faire revivre ce genre qui s'éteignait. C’est un complément de l’art théâtral qui n’est pas à dédaigner, car on permet aux pantins bien des licences qu’on n’autoriserait [tas chez les acteurs en chair et en os; aussi nous paraît-il certain qu'après
- Fig. 5. — Mode de suspension et clés de manœuvre d'une marionnette.
- l’Exposition les « bonshommes Guillaume » vivront encore de longs jours. G. Mareschal,
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris.
- Imprimerie l.'untE, rue de Fleurus, 9.
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- N° I 425.
- 1 T» SEPTEMBRE 11*00.
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- LA ROTATION DE IA TERRE
- NOUVEL APPAREIL DE DÉMONSTRATION
- Tout le monde a entendu parler de la célèbre expérience que Léon Foucault lit au Panthéon en 4851, et qui, pour la première fois, donnait une démonstration expérimentaledirecte de la rotation de la Terre.
- Foucault partait de ce principe que, lorsqu’un pendule oscille et qu’il est librement suspendu autour d'un point, le plan dans lequel il oscille est invariable ; si l’on fait tourner le support qui le soutient, le plan d’oscillation reste fixe dans l'espace.
- Or, tout pendule lixé à un support stable reposant sur le sol a, par cela même, un support qui participe au mouvement de rotation de la Terre. Si donc cette dernière tourne, comme le plan dans lequel oscille le pendule est invariable, il se déplacera par rapport à la Terre et c’est lui qui semblera tourner en sens inverse du mouvement rotatoire de la planète, par une illusion d’optique que l’on observe en chemin de fer chaque fois que l’on est dans un train immobile à coté d’un train en mouvement.
- L’expérience fut faite par Foucault à l’aide d’un pendule formé d’un fil de métal de 65 mètres de long, suspendu à la coupole du Panthéon, et portant à sa partie inférieure une masse de plomb très lourde. A chaque oscillation, un couteau, fixé sous la sphère pesante venait entamer deux petits tas de sable, et l’on voyait les brèches faites ainsi périodiquement dans ces tas se déplacer de l’est à l’ouest avec une vitesse constante, telle qu’on en déduisait un tour entier en 56 heures.
- L'expérience de Foucault, si simple en apparence, est difficile sinon impossible à réaliser quand on ne dispose pas d’une salle ayant au moins 10 ou 12 mètres de hauteur; aussi était-ce jusqu’à ces temps derniers une de ces expériences célèbres dont tout le monde parle et que personne n’a jamais vue.
- M. Alphonse Berget, docteur ès sciences, est arrivé à répéter d’une manière simple et sûre cette expérience fondamentale, et cela, non plus avec le Panthéon comme support, mais avefc un simple pendule ayant un mètre de longueur seulement : il a, à cet effet, non pas employé un pendule à fil, mais un pendule formé d'une tige rigide de bronze, soutenant un cylindre de laiton pesant 2 kilogrammes.
- L’appareil est supporté par une suspension de Cardan formée de deux couteaux d’acier portés par deux anneaux, et placés à angle droit : dans ces conditions, si les arêtes des deux couteaux ont leurs prolongements qui se rencontrent sur l’axe de la tige de bronze, le pendule oscille vraiment autour d’un point géométrique et se prête à la réalisation précise de l’expérience de Foucault.
- Au repos, la tige verticale se projette au centre d’un cercle divisé, muni d’une alidade sur laquelle est un microscope dont l’axe optique est un rayon du cercle ; cette alidade porte un vernier à vis de rappel qui permet de mesurer avec précision de petits angles.
- On écarte le pendule de sa position d’équilibre à l’aide d’un fil qui le relie à une tige fixée sur l’axe du microscope; on vise alors un style très fin qui termine la tige de bronze, [mis on brûle le fil : le pendule oscille et à chaque position extrême de son oscillation, son image est au point dans le champ du microscope.
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- Pendule de M. A. Bergcl.— T, tige du pendule. P, pouls cylindrique de bronze. S, support an bois soutenant l’appareil. C, cercle divisé. M, microscope micro-métrique dont l’oculaire est enlevé pour la projection. L, appareil de projection. 11, prisme à réflexion totale renvoyant la lumière de la lanterne L dans l’axe du microscope. En haut et à droite est dessinée la suspension à la cardan.
- 28° année. — 2e semestre.
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- LA NAT LUE.
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- Ce champ est traversé par un réticule, et, si au début, on a amené l’image du style oscillant h coïncider avec le fil vertical, dès la seconde oscillation on voit que la coïncidence cesse dans le sens indiqué par la théorie. Si, au bout de six minutes on ramène la coïncidence, on constate qu’il a fallu déplacer d'un degré le microscope sur le cercle : c’est exactement l’angle qu’indique l’astronomie. L’expérience, présentée par M. Lippmam à l’Académie des sciences, a été répétée par M. Berget à l'Observatoire de Paris, avec un grand succès, devant les membres du congrès de la Carte du Ciel. Elle a été refaite quelques jours après dans le grand amphithéâtre de Physique de la Sorbonne, devant les membres du Congrès de Physique, qui ont salué par d’unanimes et enthousiastes applaudissements cette remarquable démonstration qui devient désormais une expérience de cours. La figure ci-jointe représente l’appareil tel qu’il était disposé à l’Observatoire : l'expérience était projetée à la lumière électrique.
- Ajoutons enfin que la construction de l’appareil, délicate s’il en fut, fait honneur à nos constructeurs français. Ce sont MM. Château qui ont fait la partie mécanique, et la partie optique, extrêmement soignée, sort des ateliers de M. Pellin. M. Otto,
- Docteur ès sciences.
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- LES PROGRÈS
- DE LA TÉLÉGliAl'lUE SAXS FILS
- I
- La télégraphie sans fils est demeurée à peu près jusqu’ici une curiosité scientifique : l’avenir n’est peut-être pas éloigné où l’étonnante découverte de la fin du dix-neuvième siècle entrera dans la pratique.
- Et c’était fatal : la science marche à pas de géant; ou plutôt, elle marchait autrefois, aujourd’hui elle court; et nous ressemblons aux voyageurs des trains rapides, qui ont à peine le temps de voir le paysage qui fuit derrière eux; le décor change à chaque instant.
- Les premières conceptions du télégraphe électrique (Sœmmering, 1811; Ampère, 1820) exigeaient autant de voltamètres ou d’aiguilles aimantées qu’il y a de lettres, on les a bien oubliées. Bientôt, lui aussi, le télégraphe électrique actuel ne sera plus qu’un souvenir. Que ne verra pas le vingtième siècle?
- Le point de départ de la télégraphie sans fils réside tout entier dans la découverte des ondes électriques, par llertz : la production de décharges électriques oscillantes à très courte période donne naissance à un système d’ondes électriques absolument comparables aux ondes sonores et aux ondes lumineuses. Ces ondes se propagent à travers l’espace avec une vitesse de 500 000 kilomètres par seconde, et elles sont capables d’éveiller dans des appareils convenablement disposés des phénomènes électriques tels que courants oscillatoires, étincelles, etc.1
- Le dispositif de Hertz ou tout autre dispositif capable de produire des ondes électriques a reçu le nom d'excita-
- 1 Cette vitesse est précisément égale à la vitesse de la lumière : nous aurons à revenir prochainement sur ce point et nous montrerons qu’il y a là sans doute autre chose qu’un caprice du hasard.
- leur; les appareils qui peuvent servira déceler à distance, l’existence de ces ondes ont reçu le nom général de résonateurs.
- Mais les résonateurs ordinaires ne peuvent que recevoir un signal donné, un avertissement. Tant que la découverte en est restée là, pas de combinaisons de signaux, pas de correspondance possible au véritable sens du mot. Il manquait un récepteur convenable au manipulateur hertzien; c’est à un savant français, M. Branly, que revient l’honneur d’en avoir trouvé le principe : une limaille métallique lassée dans un tube de verre, seule ou mêlée d’une poudre isolante, ne présente qu’une très faillie conductibilité électrique. Or, si l’on fait passer une étincelle à travers ce tube, ou si l’on fait éclater une étincelle en dehors du tube, même à une assez grande distance, la poudre devient conductrice, et elle perd sa conductibilité quand on donne un léger choc sur le tube. Dès lors, de tels tubes peuvent être utilisés à révéler les oscillations hertziennes, comme l’a montré M. Lodge qui leur a donné le nom de cohéreurs; enfin M. Marconi les a employés à la télégraphie sans fils : dans l’appareil expéditeur, un manipulateur quelconque commande l’émission des ondes hertziennes, qu’un fil conducteur
- Schéma du dispositif de M. Tonimasi pour assurer le secret des communications.
- guide d’abord jusqu’à une certaine hauteur au-dessus du sol. Ce fil s’appelle une antenne.
- De là à travers l’espace, les ondes viennent rencontrer un fil analogue appartenant au poste récepteur : celui-ci (antenne réceptrice) les concentre et les transmet à un tube à limaille. Ce tube se trouve tout simplement intercalé dans le circuit d’une pile locale qui contient en même temps un récepteur télégraphique ordinaire. Lue onde arrive, rend le tube à limaille conducteur : la pile fonctionne et transmet un signal à l’appareil télégraphique; aussitôt un petit électro-aimant, éveillé par la pile locale elle-même, fait mouvoir un petit marteau qui vient frapper le tube à limaille et lui fait perdre sa conductibilité.Nouvelle onde, nouveau signal, et ainsi de sui te1.
- Dans ce rapide résumé, nous allons trouver les inconvénients qu’il est de toute nécessité d’éviter dans un pareil mode de transmission.
- Un premier écueil est celui-ci : tout appareil récepteur placé dans la zone d’action des ondes électriques émises par le transmetteur peut être influencé, et par suite il devient aisé d’intercepter les messages. M. Tommasi vient de proposer un système de transmission qui paraît capable d’assurer le secret des communications.
- 1 On dit souvent que la télégraphie sans fils est due à M. Marconi; mais on voit que le principe est de M. Branly : cela n’est pas tout à fait indifférent pour la gloire de la science française.
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- Le dispositif de M. Toimnasi est basé sur ce fait que la distance à laquelle les ondes électriques peuvent parvenir varie suivant l’écart des deux sphères métalliques entre lesquelles se produisent les décharges oscillantes du transmetteur. Supposons alors qu’on puisse régler cet écart explosif pour la distance voulue, celle qui sépare le transmetteur A du récepteur B, représentés schématiquement par la ligure ci-contre. Les ondes émises par l’antenne a atteindront alors l’antenne b, mais ne dépasseront pas, ou ne dépasseront guère le poste B. (Nous avons représenté ces ondes par des cercles en traits pleins sur la ligure). 11 suffit donc de protéger la dépêche contre tout récepteur tel que G intercalé entre A et B. Pour cela on adjoint au manipulateur A un deuxième manipulateur A', dans lequel l’écart explosif est réglé pour une distance de transmission un peu inférieure à A B; et pendant que A envoie la dépêche, on transmet par A' des signaux absolument quelconques. Alors au premier système d’ondes émané de a se superpose dans l’espace un deuxième syslèine d’ondes représenté sur notre ligure en pointillé. 11 résulte de là que G reçoit à la fois les deux systèmes, c’est-à-dire un ensemble de signaux confus. Au contraire, en B ne parvient que la dépêche transmise par A, puisque les ondes émises par A' se sont éteintes avant de parvenir à B. On conçoit qu’en rétrécissant suffisamment la zone non commune aux deux systèmes d’ondes, on puisse assurer d’une façon complète le secret de la communication.
- Nous ne savons pas si le dispositif proposé par M. Tom-masi a déjà fonctionné ; quoi qu’il en soit, des essais ne peuvent tarder à être effectués, et nous voulons espérer qu’ils seront couronnés de succès.
- Presque en même temps, d’ailleurs, que M. Toimnasi, M. Blondel a proposé un moyen de séparer les signaux de différents postes. Nous reviendrons sur ce point spécial dans un prochain article, et nous nous occuperons en même temps des autres eonditions à réaliser dans la télégraphie sans fils, ainsi que de certains phénomènes secondaires fort curieux que présente ce mode de communication. J. Dekùîie,
- Licencié ès sciences.
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- LE NICKEL DANS LE MÉTAL DES RAILS
- On parle beaucoup depuis quelque temps déjà, des avantages considérables qu’assure le nickel, en quantité assez faible du reste, dans la fabrication de l’acier, et de la résistance du métal ainsi constitué.
- Nous n’avons pas sans doute besoin de rappeler à ce propos les beaux travaux de notre collaborateur M. Guillaume, pas plus que les résultats que donne l’acier au nickel dans les plaques de blindage et de cuirassement; précisément, dans un volume récent, un de nos collaborateurs, M. L. Bâclé, vient de faire l’histoire de l’introduction de Y acier-nickel, comme on dit souvent, dans la métallurgie des cuirassements.
- Ge métal particulier présente aussi peu de fragilité que possible, et les blindages qu’il sert à constituer n’ont que fort peu de tendances à se fendre. Il était donc assez naturel de songer à laminer des rails en acier au nickel, les fractures de rails étant en elles-mêmes un danger des plus redoutables dans l’exploitation d’une voie ferrée. Or, si les expériences en la matière ne sont pas encore nombreuses, nous en pouvons au moins citer une, qui est extrêmement intéressante par cela même.
- Elle a été tentée, déjà depuis le mois de novembre J 897, par la Compagnie américaine dite « Cleveland and Pitts-
- burg Railroad G° » : celle-ci a placé 51) tonnes de ces rails sur une ligne en courbe près de Salisburv, section à voie unique, où par conséquent le trafic est intense. L’analyse du métal employé en la circonstance nous est fournie par la Railroad Gazette : en pourcentage, elle accuse 0,55 de carbone, 0,014 de phosphore, 0,80 de manganèse, 0,048 de silicium, 0,021 de soufre et 5,52 de nickel. Bien qu’en service depuis peu de temps, on peut affirmer dès maintenant (pie ces rails se comportent beaucoup mieux (pie les rails ordinaires. I). B.
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- LA FLORE ALPINE
- KT SES AFFINITÉS CHIMIQUES
- Dans une précédente note sur les plantes alpines1 nous avons cherché à décrire cette flore si brillante et si particulière qui hante les pâturages des montagnes et des rochers les [dus abinpts, égayant de ses lumineux émaux le paysage le [dus désolé. Cette végétation des montagnes est séparée en deux catégories par des affinités chimiques très prononcées, ce qui la caractérise encore davantage de celle des plaines.
- A la liante montagne, suivant que la roche qui supporte le sol est granitique ou calcaire, on rencontre deux végétations différentes. D'un coté ce sont les [liantes de la silice qui appartiennent aux seuls terrains granitiques ou argileux, et d’autre part nous avons celles du calcaire qui croissent sur les sols contenant de la chaux. Dans un petit volume, publié en 1884®, nous avons signalé ce fait caractéristique de champs d’Anémones alpines qui changent de couleur et d’aspect suivant que le sol est calcaire ou granitique. Les deux Anemone alpina et mlfnrea sont très voisines, si même elles n’appartiennent pas à la même espèce (ce qui est douteux cependant parce que leur mode de germination est différent). Dans les Alpes VA. alpina, qui est à fleurs blanches et à feuillage plus laineux-velu, ne se rencontre que sur le calcaire, tandis que la forme à fleurs jaunes ( Anemone sulfurea) ne croît que dans les sols siliceux. L’aire de ces deux formes est tellement, tranchée que, dans les stations où les deux terrains se rencontrent et empiètent l’un sur l’autre, ces deux formes suivent exactement tous les contours de la limite. Dans le vallon de Fully, au pied de la Dent de Mordes, ce phénomène est très remarquable et parfaitement déterminé. Tandis que la gauche du vallon, qui est calcaire, est recouverte de champs d’Anémones blanches, la droite est jaune d’Anémones soufrées. Et dans aucun cas le mélange ne se produit, hormis qu’il y ait des taches de sol d’autre nature.
- Il existe donc dans les Alpes, suivant que le sol est calcaire ou granitique, deux végétations distinctes dans leur aspect et dans leur composition. Non point que ces flores soient entièrement différentes et n’aient pas d’espèces communes, mais elles offrent tout au
- 1 Voy. n° 1401, du 31 mars 1900, p. 283.
- 2 Les Plantes des Alpes, Genève 1884,
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- moins chacune des espèces spéciales qui ne se trouvent pas dans les deux terrains.
- Le docteur Kerner, d’Innsbrïick, a publié autrefois1 une longue énumération des plantes silicicoles (ou ca Ici fit </es) et des calcicoles (silicifnges). Mais cette liste est passablement arbitraire et ne saurait être tenue pour définitive. 11 est d'ailleurs beaucoup d’espèces qu’on a données comme calcifuges ou calcicoles et qui, de fait, sont ubiquistes, tandis qu’il en est d’autres qui n'appartiennent pas à la catégorie dans laquelle elles ont été classées. Les plantes de la montagne, comme celles des plaines, ne sauraient, d’ailleurs, être cataloguées trop exclusivement quant
- à leurs affinités chimiques, car il est, dans ce domaine, des exceptions et des anomalies non encore expliquées. Le Rhododendron ferniginenm, par exemple, qui est la forme silicicole de la Rose des Alpes, se rencontre sur le Jura — à l’état rare et sporadique, il est vrai — qui est la plus calcaire d’entre nos chaînes de montagnes. Il est vrai qu’ici nous avons affaire à des îlots de sol dépourvu de chaux comme il s’en trouve souvent dans les montagnes calcaires. Contejean a soumis les données relatives à la flore française à une révision raisonnée au point de vue chimique. Il a démontré que, dans des formations géologiques notoirement calcaires, il peut
- Fig. 2. — l'iante:. du calcaire.
- 1. Genlmnn luiea. — 2. Dniuius a/pntus. — 3. Gampanuta thyrsotdœa. — l. Aduilea airain. — 5. And rosace laden.
- y avoir des îlots de terrains privés de chaux et ca pailles de donner asile à des colonies de plantes calcifuges. Le Jura est constellé de semblables stations d’espèces silicicoles, bien connues des botanistes.
- Les espèces essentiellement silicicoles que l'on ne rencontre pas dans le calcaire sont, en général, des Ericacées, des Yaceiniées, des Fougères, quelques Gentianes, Primevères, Campanules, Silènes, Œillets, etc. Celles du calcaire qui fuient la silice sont moins nombreuses que les calcifuges. D’ailleurs, il est des espèces très voisines entre elles et qui paraissent avoir puisé dans le sol qu'elles habitent, les caractères qui les distinguent. H est probable qu'à l’origine ces plantes appartenaient à une seule et même espèce qui s’est modifiée sous l’influence de la composition chimique du sol. Voici quelques-
- 1 Die Knltur der Alpenpflanfen, Inusbrück 1804.
- unes de ces espèces classées d’après leur habitat
- soi. cu.eum: :
- Achille;» airain, !..
- Alyssum monlnnum, (..
- Amlrosacr laden. I..
- Androsace llelvelicn. Garni. Anémone alpin». I..
- Arlemi-da glacialis, F. lielula allia, I.. llianlhus alpinus, I..
- Ilrnba lomenlosa. Wahl.
- Genliana Clnsii, l’rrr.
- Genliana luira. !.. l'hyleuma orliienlai'e. I.. l'olypodium Itoherlianum. llofTin. l’riimda nttrictiln. I.. lîaininculus nl|ieslris. !.. Ilanunrulus parnassifolius. I.. lihododeiuh'on hirsiilmn. I.. Saussurea diseolor, 11.
- Saxilraga muscoides, Wulf. Saxilraga longildlia, l.ap,
- Sileiie aliiestris. .tarif.
- Thlaspi nilundifolia, Garni. Yeroiiica saxalilis, ,lacq.
- Viola reuisia, !..
- sor. ciumtii.m i; :
- Aeliillea înoseliata. Wulf.
- Alyssum Wulfeniaimm, Jienili. Androsaee enrnea, L.
- Androsace glacial», Huppe. Anémone sulfurea, L.
- Arlemisia mutellina, Vill. lîetula pubescens, Elirl. llianlhus glacialis, llaenU.
- Ilraba i'rigida, Saut.
- Genliamt Kocliiana, l’err. Gentiana purpurea, !.. l'hyleuma liemisphærieum, L. l'olypodium Driojiteris, L. i'rimula viscosa, Ail.
- Itauuuculus glacialis, L. llanunculus crenatus, W. el K. Rhododendron ferrugineum, L. Saussurea alpina, D. G.
- Saxilraga moschata, Wulf. Saxilraga cotylédon, L.
- Silene rupeslris, L.
- Tlilaspi cepæfolia, Koch. Veronica l'ruticulosa, L.
- Viola Coiuoilia, Mass.
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- LA NATURE.
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- Il n’est aucun de nos lecteurs, connaissant les plantes, <pii ne soit frappé par la grande similitude des espèces placées en regard Fune de l’autre dans cette liste. Les caractères qui les divisent sont souvent peu apparents.
- Les espèces les plus caractéristiques de la llore calcaire, dans les Alpes, sont : Anémone alpina, Gen-tiana lutea, cmciala, Clusii, anyusti folia, Moeh-rinyia mmcom, Grjpsophila repens, Gampanula thyrsoidœa, Orobus lutem, Primula anricnla, Ranunculus alpestris et Thora,Cystopleris alpina, Erinus alpinus. Quand vous rencontrez ces espèces-là vous pouvez être certains que vous êtes sur le
- calcaire. Au contraire, si ces espèces manquent et sont remplacées par Gentiann Kochiana et braehy-phylla, Silene rupestris, Gampanula spicata, Primula viscosa, Ranunculus ylaeialis, Anemone sul-furea, etc., vous pouvez être surs de la composition siliceuse du sol.
- La végétation serait-elle un critérium d’après lequel on |»ùt infailliblement déterminer la composition chimique du sol et la nature des roches du territoire? On ne saurait l'affirmer trop catégoriquement ; et cependant tous ceux qui ont quelque peu l’habitude des herborisations dans les montagnes savent combien cette influence se fait sentir sur le tapis végétal.
- Fig. 2. — Plantes de la silice.
- 1. Artemisia glacialis. — 2. Silene rupestris. — 3. And rosace carnea. — 4. Primula viscosa. — 3. Rhododendron ferrutjnieum.
- Mais c’est surtout pour ceux qui cultivent les plantes de la haute montagne que cette question offre de l’intérêt, car c’est précisément pour n’avoir pas observé les conditions exigées par ces bijoux de la llore de notre pays, que beaucoup d’essais d’acclimatation ont été couronnés d’insuccès.
- Henry Correvox.
- MACHINES À VAPEUR
- EXPOSITION universelle
- La grande galerie des machines à vapeur, où se trouvent installés les groupes électrogènes dont nous avons déjà parlé, offre un spectacle d’un très haut intérêt. On y trouve les modèles les plus divers de machines à vapeur, de tous pays et de toutes pro-
- venances. Nous allons passer successivement en revue les machines les plus importantes, en commençant à l’extrémité du hall en bordure de l’avenue de La Bourdonnais.
- MM. Crépelle et Garand, de Lille, ont installé une machine à vapeur compound de 1200 chevaux, qui actionne une dynamo Decauville. La Compagnie de Fives-Lille fait fonctionner une machine à vapeur Corliss compound de 1200 chevaux à 80 tours par minute. La Société alsacienne de constructions mécaniques vient ensuite et expose une machine à vapeur verticale de 1200 chevaux, du modèle adopté pour l’usine électrique du quai Jemmapes, à Paris.
- La Société française de constructions mécaniques (anciens établissements Cad) expose une machine à vapeur verticale compound à distribution Reynolds-Corliss, type Allis, à condensation de 1250 chevaux
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- LA NAT LUE.
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- à 75 tours ]»ar minute. Le cylindre à haute pression a un diamètre de 0“,815, et le cylindre à basse pression un diamètre de lm,220. Cette machine actionne directement un alternateur de 1000 kw à courants triphasés exposé par la Compagnie Thomson-Houston. Elle se compose de deux socles indépendants dont chacun porte, venu de fonte, l'un des deux paliers principaux de l'arbre de couche. Sur ces socles, et servant de support à chacun des cylindres, deux pièces de fonte, au profil parabolique de solide d’égale résistance, servent de bâti et de glissière à chacune des machines. L’arbre de couche, qui est supporté par deux paliers, porte un plateau-manivelle à chacune de ses extrémités. Entre les deux paliers, l’arbre maintient le volant dont le poids est de 70 tonnes et l’inducteur tournant de l’alternateur dont le poids est de 25 tonnes environ. Les cylindres à double enveloppe sont munis d’obturateurs rotatifs placés dans les fonds. Les paliers sont munis de coussinets sphériques à circulation d'eau. Les obturateurs d’admission des deux cylindres sont pourvus du système de déclic Reynolds-Corliss. Deux régulateurs se trouvent dans la machine, l’un qui agit directement sur la détente des deux cylindres simultanément et qui a pour luit de répartir aussi complètement que possible la puissance sur les deux cvlindres pour tous les degrés de la détente, et l’autre qui n’est qu’un appareil de sûreté et qui ferme l’arrivée de vapeur lorsque la vitesse angulaire dépasse une valeur déterminée. La condensation est effectuée par une pompe à air verticale et un condensateur indépendants.
- La turbine de Laval est installée dans le voisinage; elle actionne en plusieurs endroits directement des machines dynamos. Cette turbine est déjà bien connue et a rendu de nombreux services dans l’industrie, où l'on hésitait cependant à employer des moteurs à vitesse angulaire aussi élevée; notons que la consommation de vapeur ne dépasse pas 10 à 12 kilogrammes de vapeur par cheval-heure utile.
- Viennent ensuite les machines à vapeur horizontales de la maison Piguet et Cie de Lyon, et de la maison P. et A. Earcot. 11 est bon de remarquer que M. Earcot est un des rares constructeurs qui expose à la fois un groupe électrogène complet, moteur à vapeur et alternateur construits dans les ateliers de Saint Ouen. Le moteur à vapeur est monocylindrique ; le diamètre du piston est de 1 mètre et la course de lm,55; la vitesse angulaire est de 78,5 tours par minute. A la pression de 7 kg par cm2, à condensation, et à 0,1 d’introduction, la puissance est de 900 chevaux indiqués, à 0,2 et 0,5 d’introduction, elle peut atteindre 1500 et 1000 chevaux indiqués. Le régulateur porte un écrou vissé sur une tige filetée ; cette disposition permet d’obtenir un réglage continu de la vitesse angulaire pour le couplage en parallèle avec les alternateurs en service et pour le réglage de la charge de l’alternateur.
- MM. Dujardin et Cie, constructeurs à Lille, ont exposéplusieurs modèles de machines à vapeur de leur
- fabrication, dont un de 1500 chevaux pour actionner un alternateur de 1000 kw de MM. Schneider et O, et un autre de 800 chevaux qui commande un alternateur de 000 kw à courants triphasés do la Société « L’Eclairage Électrique ». Le moteur de 1500 chevaux est à triple expansion, à 4 cylindres, à condensation, horizontal, à 2 manivelles calées à 90n; il v a un cylindre à haute pression, un cylindre à moyenne pression, et deux cylindres à basse pression. Les deux derniers cylindres sont fixés aux bâtis; à celui de droite est attelé en tandem le cylindre à haute pression, et à celui de gauche le cylindre à moyenne, pression. Les cylindres reposent sur des bâtis qui leur servent de glissières. Dans le cylindre admettent’ à haute pression, le système de distribution de vapeur est le système Dujardin à 4 obturateurs genre Corliss placés à la partie inférieure du cylindre et à déclic commandé par le régulateur pour l’admission. 11 en est de même pour le cylindre à moyenne pression, où le déclic est variable à la main pour l’admission, et pour les cylindres à basse pression où il n’v a pas de déclic. Chaque cylindre est muni d’une enveloppe de vapeur. Chaque coté du moteur est pourvu d’un condenseur par mélange, cylindrique avec un groupe de deux pompes à air, verticales, à simple effet. Le diamètre du cylindre à haute pression est de 0m,610, le diamètre du cylindre à moyenne pression est de lra,05, et le diamètre des cylindres à basse pression est de lm,05; la course des pistons est de lm.650, la puissance normale est de 1500 chevaux à 72 tours par minute. Pour la puissance de 1700 chevaux indiqués, la détente totale est de 19, et l’admission correspondante au cvlindre à haute pression est de 51 pour 100: la vapeur est à la pression de 11 kg par cm2.
- Le moteur Dujardin qui commande un alternateur de 000 kw de la Société Y « Éclairage électrique » est un moteur compound à 2 cylindres en tandem, à condensation et du type horizontal à une seule manivelle. Le cylindre à basse pression est fixé au bâti ; le cvlindre à haute pression est attelé en tandem. La vitesse angulaire est égale à 80 tours par minute.
- Nous aurions encore à citer divers autres moteurs de la maison Dujardin et Cie qui depuis quelques années a fait de nombreuses et intéressantes installations mécaniques; nous sommes obligés de nous limiter aux principaux modèles.
- La maison Biétrix, Leflaive, Nicolet et Cie, de Saint-Étienne, a installé une machine à vapeur compound tandem à soupapes système Collmann qui actionne une génératrice shunt multipolaire Labour de 200 kw à 110 tours par minute».
- MM. E. Garnier et Faure-Beaulieu, successeurs de MM. II. Lecouteux et Garnier, connus depuis 1875 pour leur construction de machines Corliss, exposent des modèles de machines Corliss horizontales, à condensation et à détente variable par le régulateur. Les principaux avantages de ces machines sont une grande simplification du mécanisme de détente, la
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- LA NATUBK.
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- suppression presque complète des espaces nuisibles, la variation de la détente de 0 à 0,8 environ de la course du piston, l’arrêt automatique en cas de non-lonctionnement du régulateur, une grande économie de vapeur.
- La maison Delaunay-Belle ville construit depuis quelques années des machines pilon à double, triple et quadruple expansion, à tiroirs cylindriques et à grande vitesse angulaire pour des puissances de 10 à 2000 chevaux. La puissance est variable par un régulateur à houles placé à l’extrémité de l’arbre opposée au volant et commandé par pignons. Ce régulateur agit sur une lanterne qui fait varier la pression d’admission au petit cylindre. Dans ces machines toutes les pièces mobiles sont graissées au moyen d’une pompe oscillante, sans clapets, actionnée par le moteur, et qui refoule la matière lubrifiante dans une canalisation formant un circuit continu reliant entre elles toutes les diverses articulations. Ces machines sont même aisément visitables et démontables. Elles fonctionnent avec échappement à air libre ou au condenseur. Des nombreux essais entrepris par la maison Delaunay-Belleville, il résulterait que la consommation en vapeur par cheval-heure utile ne dépasserait pas 9 kg et que les rendements mécaniques seraient notablement améliorés. On peut voir à l’Exposition une machine de 1250 chevaux à triple expansion à 4 cylindres entraînant un alternateur Boucherot à la vitesse angulaire de 250 tours par minute.
- La Société des établissements AVeyher et Bichemond a installé 2 moteurs à vapeur de 1000 chevaux et 1 de 500 chevaux, horizontaux à quatre distributeurs avec déclenchement instantané, commandé directement par le régulateur au moyen d’organes à grandes courses. La variation des introductions de 0 à 0,75 de la course du piston se fait automatiquement. La vitesse angulaire est maintenue constante par un compensateur spécial. Ces machines fonctionnent avec des condenseurs verticaux à double pompe à air. La même société expose également des chaudières multitubulaires à tubes curvilignes, des machines fixes horizontales à détente Weyher, des machines fixes horizontales à deux cylindres compound, la machine fixe verticale à triple expansion dont le modèle est bien connu, une machine verticale à deux cylindres compound, et plusieurs modèles de loco-mobiles.
- Nous nous dirigeons ensuite vers la salle des machines de l’usine de l’avenue de Sufïren réservée aux machines étrangères. Nous trouvons successivement une machine à vapeur compound, à condensation, de 550 chevaux, de MM. Bobey et Cie, une machine à vapeur de 500 chevaux de MM. Galloway et Cic, et nous arrivons à la machine verticale à triple expansion de MM. Willians et Bobinson, d’une puissance de 2400 chevaux à 200 tours par minute. Ce modèle, d’un poids total de 120 tonnes, est remarquable par ses dimensions extraordinaires; le type est déjà connu^et a été utilisé dans de nombreuses installa-
- tions industrielles. La maison F. Binghoffer, de Smichow, près de Prague, expose une machine à vapeur horizontale de 1000 chevaux.
- Les fabriques de machines réunies d’Augsbourg et de Nuremberg nous présentent plusieurs machines réellement remarquables. 11 y a d’abord une machine horizontale, à triple expansion et à condensation, de 1800 chevaux, à 72 tours par minute. Cette machine est formée par deux groupes de cylindres entre lesquels se place un alternateur llélios qui sert de volant. Chaque groupe de cylindres est formé l’un du cylindre à haute pression et d’un cvlindre à basse pression placé en tandem, l’autre du cylindre à moyenne pression et du deuxième cylindre à basse pression en tandem. Un a pu ainsi augmenter la vitesse des pistons, sans augmenter la longueur; il en est résulté une économie de vapeur. A chacun des cylindres à basse pression sont adaptés une pompe à air et un condenseur. La distribution de vapeur dans les cylindres de cette machine est obtenue à l’aide de soupapes d’admission et d’échappement à double siège actionnées par des leviers et des déclics mus eux-mêmes par des arbres secondaires. Cette distribution par soupapes à double siège équilibrées est intéressante. Ajoutons encore que des dispositions ont été prises pour permettre des variations d’admission.
- La deuxième machine à vapeur exposée par les Sociétés d’Augsbourg et de Nuremberg est une machine à vapeur verticale, à triple expansion, de 2000 chevaux, accouplée directement avec une dynamo à courants continus et avec un alternateur à courants triphasés de la « Electricitàts-Aktiengesell-schaft, vormals Schuckert and C° )). Cette machine est une machine pilon à triple expansion à 5 manivelles, à condensation par mélange, tournant à la vitesse angulaire de 85 tours par minute. Les diamètres des cylindres sont respectivement de Om,775, 1m,240 et lm,80 avec une course commune pour les pistons de lm,l0. Le poids total de la machine est de 240 tonnes.
- Mentionnons encore de la même Société une machine à vapeur compound verticale, de 1500 chevaux, à 94 tours par minute et à la pression de 10 kilogrammes par centimètre carré. Il s’agit d'une machine pilon compound à 2 manivelles. Les diamètres des cylindres à vapeur sont de 0m,865 et de lm,530, et la course commune des pistons est de lm,100. Cette machine actionne directement un alternateur à courants triphasés et une dynamo à courants continus de la Elektrizitâts-Aktien-Gesellschaft, vormals W. Lahmeyer et C°, de Francfort.
- La Société Siemens et Ilalske de Berlin a installé un groupe électrogène remarquable avec une machine à vapeur Borsig, verticale, de 2500 chevaux, à 83 tours par minute. Cette machine, d’une hauteur de 12m,5 et d'un poids de 550 tonnes, est à triple expansion et à 4 cylindres dont 2 pour la basse pression. Chaque cylindre à basse pression est placé au-dessous des autres cylindres à haute ou à moyenne
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- SECTION DES MACHINES FRANÇAISES
- Fig. 1. Machine à vapeur monocylindrique Farcot. — Fig. 2. Machine à vapeur verticale compound de la Société des anciens établissements Cail. — Fig. 3. Machine à vapeur de la Société alsacienne de constructions mécaniques. — Fig. i. Machine à vapeur Corliss compound de la Compagnie de Fives-Lille. — Fig. 3. Machine à vapeur Dujardin à triple expansion. — Fig. 6. Machine à vapeur Garnier et Faure-Beaulieu type Corliss. — Fig. 7. Machine Delaunay-llelleville, type pilon. — Fig. 8. Machine à vapeur horizontale Weyher et liieheinond.
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- SECTION DES MACHINES ÉTRANGÈRES
- Fig. 1. Machine à vapeur Bôrsig verticale. — Fig. 2. Machine à vapeur verticale de MM. Willians et Robinson. — Fig. 5. Machine à vapei r horizontale Iiollinckx compound. — Fig. 4. Machine à vapeur compound tandem Sulzer. — Fig. 5. Machine à vapeur verticale des fabriques d’Angsbourg. — Fig. 6. Machine à vapeur horizontale des fabriques d’Augshourg. — Fig. 7. Machine à vapeur compound Carels. — Fig. 8. Machine à vapeur horizontale de la Société Eschcr, Wyss et C,1*.
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- LÀ NATURE.
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- pression, et monté en tandem avec lui. Les pistons des deux cylindres en tandem sont fixés sur une même tige. Les diamètres des cylindres sont de O"1,760 pour la haute pression, de U", 180 pour la moyenne pression et de 1111,540 pour la basse pression; la course des pistons est de lm,200. L’arbre moteur est en deux parties réunies par des manchons à brides, et repose dans quatre paliers venus de fonte avec la plaque de fondation. Sans insister sur tous les détails, nous ajouterons toutefois que la distribution dans tous les cylindres est faite par des soupapes équilibrées à deux sièges, disposées par paire dans une boîte spéciale. Les soupapes sont soulevées par des leviers à déclic et rappelées par des ressorts. L’huile est alors distribuée en abondance par le système Collmann, ce qui a pour but de ralentir la chute de la soupape, ainsi que tout choc et tout bruit. Les deux pompes à air du condenseur sont établies en sous-sol ; elles fonctionnent à simple effet.
- L’eau d'injection est prise sur la canalisation du Château d’eau. Au-dessous de chacune des manivelles, sur le sol, se trouvent des réservoirs qui reçoivent l’huile de graissage. Deux pompes centrifuges reprennent cette huile, l’envoient à un épura-rateur et de là à une série de distributeurs qui la conduisent aux différents points à lubrifier.
- Nous rencontrons ensuite une machine à vapeur Rollinekx, horizontale, compound, à 4 valves, de 1100 chevaux ; ces machines sont caractérisées par de faibles espaces nuisibles, par l’efficacité de l'enveloppe et par un graissage abondant dans les différents organes.
- Une machine à vapeur de 1000 chevaux, sortie des anciens ateliers de construction Van den Ker-chove, commande un alternateur de la Compagnie internationale d’Électricité de Liège. Cette machine compound tandem fonctionne à une pression de 0 atmosphères et à une détente totale d’environ 15 fois le volume introduit. Le petit cylindre a un diamètre de 0m,630; le grand cylindre, un diamètre de 1m,090 ; la course des pistons est de lm,200. Ce moteur comporte un nouveau système de distribution qui consiste dans l’emploi de 4 obturateurs affectant la forme de pistons et manœuvrant verticalement dans les fonds des cylindres. Les pistons-valves sont composés par des bagues munies de segments; elles sont reliées par des nervures aux tiges qui commandent leur mouvement. Les chemises dans lesquelles travaillent les pistons-valves sont munies de lumières qui établissent une communication avec le cylindre. Lorsque l’obturateur placé au-dessus se soulève, il découvre les lumières et la vapeur au fond du cylindre peut s’introduire dans celui-ci ; la descente du piston assure la fermeture de l’introduction. Ces différentes dispositions ont permis de réduire au minimum la quantité d’eau entraînée par la vapeur, ainsi que les espaces nuisibles, et les parois en contact avec la vapeur lors de son introduction dans le cylindre.
- MM. Carels, frères, de Gand (Belgique) ont exposé une machine compound tandem de 1000 chevaux, qui actionne un alternateur Kolben à la vitesse angulaire de 94 tours par minute. Les deux cylindres sont montés en tandem ; le diamètre du cylindre à haute pression est de 0m,660, le diamètre du cylindre à basse pression est de lm,050 et la course des pistons est de lm,150. Dans chaque cylindre, la vapeur est distribuée par quatre soupapes équilibrées genre Sulzer. Dans le cylindre à haute pression la détente est variable de 0 à 75 pour 100 de la course du piston à l’aide d’un régulateur particulier. La commande des mécanismes de distribution est faite par un arbre longitudinal de transmission.
- Dans la section Suisse, nous trouvons un groupe intéressant de machines à vapeur et dynamos de 1000 chevaux, exposé en commun parla Société anonyme des ateliers de constructions mécaniques Escher, Wyss et Cie, à Zurich, et les ateliers de construction d’Oerlikon. La machine à vapeur est horizontale, com-pound à cylindres en tandem. Les cylindres ont des diamètres de 0U1,650 et im,100, la course des pistons est de lm,20. A une pression d’admission de 9-10 atmosphères, la machine donne sa puissance normale de 1000 chevaux à 105 tours par minute, en entraînant un alternateur Oerlikon de 1300 kw. La distribution de vapeur se fait à chaque cylindre par 4 tiroirs cylindriques Corliss ; chaque distribution est actionnée par un excentrique indépendant. La maison Escher, Wyss et C‘e a encore exposé une machine à vapeur verticale à triple détente avec distribution par tiroirs, d’une puissance de 500 chevaux, à 175 tours par minute, ainsi qu’une série de turbines doubles Francis de 2500, 1500, 1000, 600, 220 et MO chevaux. MM. Sulzer frères, de Winterthur, ont installé une remarquable machine à vapeur horizontale compound tandem à soupapes, de 700 chevaux, pour actionner à 100 tours par minute un alternateur à courants triphasés Brown-Boveri ; une deuxième machine est à triple détente à soupapes, de 1700 chevaux, à 85 tours par minute. Les machines Sulzer sont caractérisées par des soupapes de distribution disposées dans chacun des cylindres à vapeur, et par le mécanisme extérieur de dégagement des soupapes. Ces dernières sont équilibrées et présentent une grande section au passage de la vapeur ; elles sont actionnées par le système de distribution à déclic Sulzer. Les soupapes conviennent particulièrement à des machines puissantes à grande vitesse angulaire et à haute pression.
- Nous mentionnerons encore tout particulièrement la machine à vapeur compound Corliss à soupapes, exposée par la Maschinenbau Actien-Gesellschaft, de Prague, et une turbine à vapeur Parsons actionnant un alternateur de 500 kw.
- Telles sont, brièvement résumées, les particularités saillantes des machines à vapeur installées à l'Exposition de 1900. Elles nous montrent que la machine à vapeur a été sans cesse l’objet de nouveaux perfectionnements et de notables améliorations et
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- LA NATURE.
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- qu’elle est devenue aujourd’hui un outil de grande perfection ; on peut même se demander à juste titre si la limite de tous ces perfectionnements n’est pas Lien près d’être atteinte. J. Laffargfe.
- L’INDUSTRIE CHIMIQUE
- EXPOSITION DE 1900
- I
- Les industries chimiques ont acquis dans ces dernières années une telle importance et ont contribué à accroître dans une telle proportion les richesses des nations, qu’on a cru devoir leur attribuer, avec juste raison, une large place dans la magnifique manifestation de l’activité humaine à l’Exposition universelle de 1900.
- Aussi sans entrer dans de trop grands détails qui n’intéresseraient que les spécialistes, nous essaierons d’exposer d’une façon générale les progrès réalisés dans la préparation des produits chimiques et les particularités que présentent les expositions des divers pays à ce point de vue.
- Nous consacrerons nos premiers articles à étudier l’évolution suivie par la grande industrie chimique 1 et la voie que tendent à suivre diverses autres industries de moindre importance, mais cependant d’un grand intérêt.
- La grande industrie chimique comprend la fabrication des substances nécessaires à opérer l’extraction et la purification des autres produits ; elle englobe une série de corps dont la préparation des uns est une dépendance de la fabrication des autres. Le carbonate de soude, le chlore et les chlorures décolorants sont les termes ultimes de toutes ces transformations.
- A l’origine, c’est-à-dire à la fin du siècle dernier, quand les guerres de la Révolution nous eurent privés de la soude naturelle qui nous venait de la Hongrie, de l’Espagne ou de l’Égypte, la grande industrie chimique fut basée sur la production de l’acide sulfurique, puis du carbonate de soude, par le procédé Leblanc.
- Le procédé, qui est encore mis en pratique dans un certain nombre d’usines en France, en Angleterre et en Allemagne, comprend les opérations suivantes : 1° Préparation de l’acide sulfurique par oxydation, au moyen de l’acide azotique, de l’acide sulfureux. Ce dernier corps est obtenu par combustion du soufre de Sicile ou mieux des pyrites ou sulfures de fer plus ou moins cuivreux qui sont d’un emploi bien plus économique, d’autant plus que les résidus de pyrite peuvent fournir le fer et le cuivre qu’ils contiennent par les procédés métallurgiques. Les réactions qui donnent naissance à l’acide sulfurique, oxydation de l’acide sulfureux par les vapeurs nitreuses en présence de vapeur d’eau, se passent, comme on le sait, dans de grandes chambres de plomb. Cet acide sulfurique sert à obtenir tous ses sels : sulfates de fer, de cuivre, d’alumine, aluns, etc. — 2° Préparation du sulfate de soude et de l’acide chlorhydrique. Le sel marin des marais salants ou le sel gemme extrait des mines, et qui ne sont autres que du chlorure de sodium, attaqués par l’acide sulfurique, donnent naissance à du sulfate de soude et à de l’acide chlorhydrique gazeux qui est condensé dans des jeux de touries renfermant de l’eau. Cet acide est rarement utilisé directement et sert presque toujours à faire le chlore. — 3° Préparation du carbonate de soude par action du charbon et de la craie, ou carbonate de chaux,
- 1 Voy. Réforme économique, du 10 juin 1900, par E. Fleurent, professeur au Conservatoire des arts et métiers.
- sur le sulfate de soude obtenu dans l’opération précédente. Ce carbonate de soude, soit sec, soit à l’état de cristaux, est d’une utilité primordiale dans une foule d’industries : fabrication des savons, du verre, blanchiment, décreusage des fibres textiles destinées aux étoffes ou à la papeterie, etc.
- Le résidu de la préparation de ce corps, appelé « charrée » et composé principalement d’un mélange de sulfate et de sulfure de calcium, longtemps inutilisé, laisse aujourd’hui extraire, d’une façon presque complète, le soufre qu’il contient et qui peut rentrer en fabrication, concurremment avec la pyrite, pour la production de l’acide sulfurique. - 4° Préparation du chlore et des chlorures décolorants par l’intermédiaire de l’acide chlorhydrique obtenu précédemment et réagissant sur le bioxyde de manganèse • il se produit ainsi du chlorure de manganèse et du chlore qui, se rendant dans la chaux, la soude ou la potasse, donne le chlorure de chaux, l’hypochlorite de soude ou eau de Javel et l’hypochlorite de potasse ou eau de Labarraque. Le résidu de l’opération, formé de chlorure de manganèse, peut, quand il est traité par la chaux en présence de l’air suivant la méthode de Weldon, régénérer le bioxyde de manganèse, lequel rentre en travail indéfini ment.
- Le chlore peut encore être obtenu de F > eide chlorhv-drique par le procédé Deacon, consistant à transformer le chlorure cuivrique en oxychlorure par action de la chaleur au contact de l’air. Un des deux atomes de chlore du chlorure cuivrique se dégage quand il passe à l’état d’oxychlorure et celui-ci, en présence de l’acide chlorhydrique repasse à l’état de chlorure cuivrique qui continue à fournir du chlore et ainsi de suite, indéfiniment, pour une même quantité de chlorure cuivrique.
- La préparation des divers corps cités permet naturellement l'établissement d’industries annexes: engrais chimi ques (sulfate d’ammoniaque et superphosphates), acide nitrique et nitrates, etc.
- Nous allons maintenant exposer succinctement un autre procédé, dû à Solvay, employé depuis une trentaine d’années et qui fait actuellement une concurrence acharnée à l’ancienne méthode, laquelle ne peut se soutenir que par les perfectionnements incessants qu’on y a réalisés dans ces derniers temps et dont un examen sérieux de l’exposition chimique nous montre les résultats.
- Le procédé Solvay mis en œuvre actuellement en France, en Angleterre, en Allemagne, en Belgique, en Russie, produit le carbonate de soude dit soude à l'ammoniaque, par la série d’opérations suivantes :
- Une solution de sel marin est saturée de gaz ammoniac, puis soumise à l’action d’un courant de gaz carbonique à deux atmosphères ; il se forme alors du bicarbonate d’ammoniaque qui, réagissant sur le chlorure de sodium, donne du bicarbonate de soude et du chlorhydrate d’ammoniaque. Le bicarbonate de soude, chauffé, dégage la moitié de son acide carbonique qui rentre en travail et donne du carbonate de soude sec qu’on peut vendre directement ou après l’avoir fait cristalliser, pour en faire des « cristaux ». Le chlorhydrate d’ammoniaque résiduel, traité par une base alcalino-terreuse, régénère l’ammoniaque qu’il contient et qui est de nouveau employée dans la fabrication. Comme base alcalino-terreuse, on avait d’abord employé la chaux, mais dans ce cas le résidu de l’opération était constitué par du chlorure de calcium, corps sans valeur, et dont nous ne savons pas encore extraire le chlore. Si l’on remplace au contraire la chaux par la magnésie, on a comme résidu du chlorure de magnésium qui, par calcination en présence de l’air, dégage le
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- chlore qu’il contient et qui peut dès lors être employé à préparer les chlorures décolorants1.
- Les deux procédés, Leblanc et Solvay, qui, comme nous le disions, se disputaient la prééminence du marché- industriel, se trouvent aujourd’hui simultanément menacés par une troisième méthode, qui se présente sous les auspices de l’électricité, et dont les applications sont Lien plus étendues que celles des précédents procédés. A. Hébert,
- Chef adjoint des travaux chimiques à l'Ecole centrale.
- i:\QU\HIUM R’EVU DE MER
- EXPOSITION l'NIVERSEI.I.E
- L’aquarium d’eau douce qui fut construit en même temps que les jardins du Trocadéro, en 1878, est devenu depuis 1884 un établissement de pisciculture où l’on élève divers salmonidés destinés à repeupler le bassin de la Seine. C’est encore à l’heure qu’il est un charmant but de promenade, où pendant les grandes chaleurs on jouit d’une fraîcheur délicieuse, tout en suivant le développement du saumon de Californie et de la truite arc-en-ciel, depuis l’alevin presque microscopique jusqu’au sujet adulte de forte taille.
- On y voit aussi quelques carpes très vieilles à en juger par leur grosseur et l’aspect usé de leur robe d’écailles. Dans l’un des bassins on a logé un silure, retrouvé dans les étangs de Versailles où quelques-uns de ses semblables avaient été mis il y a cinquante ans ; c’est un poisson très carnassier qui a une tète aussi grosse que celle d’un enfant et une bouche énorme. Celui que nous avons sous les yeux est long de lm,55 et pèse 55 kg; les visiteurs ne manquent pas de le prendre pour un poisson de mer, mais c’est un habitant des lacs de Suisse.
- 11 n’y a pas d’eau de mer au Trocadéro et c’est sur les quais de la Seine, le long du cours la Reine, qu’a été édifié, par MM. A. et H. Guillaume, le nouvel aquarium entièrement alimenté à l'eau de mer. La direction technique en a été confiée à M. Bou-ehereaux qui connaît à fond toutes les questions de pisciculture et d’ichtyologie. On se demande comment on peut arriver à renouveler cette eau assez fréquemment pour pouvoir y entretenir en bonne santé la nombreuse population marine qui l’habite;
- 1 Yoy. n° 89Ü. du 12 juillet 1800. p. 00.
- Fig. 1.
- ce qui étonnera au premier abord c’est d’apprendre qu’on ne la renouvelle jamais. On a fait venir, par bateau, les 500 mètres cubes d’eau de mer nécessaires pour emplir les bassins et c’est toujours la même qui s'y trouve ; il parait que plus elle est ancienne, plus le poisson s’y plaît ; comme le vin, l’eau de mer s'améliore en vieillissant, mais il ne laudrail pas la laisser immobile sans s’en occuper ; il faut au contraire la travailler constamment.
- On comprend, en effet, qu’il est nécessaire de nourrir les habitants, que ceux-ci digèrent et que-par conséquent, il y a souillure permanente ; il faut aussi que l’oxygène dissous soit en quantité suffisante pour leur permettre de respirer.
- La provision d’eau remplit toutes les conditions requises pour la rendre constamment habitable, grâce au mécanisme qui la fait circuler dans les bassins en passant par le filtrage et l’aération. Un
- système de siphonage en poterie permet de prendre l’eau au fond des bacs et de l’évacuer par une conduite générale dans un vaste bassin garni de couches de sable alternant avec des couches de galets ; c’est le filtre. De là l’eau se rend dans une citerne d’où elle arrive aux appareils d’aération ; ce sont des cloches où l’air est comprimé à 5 atmosphères au moyen de pompes mues par un moteur électrique.
- Cette pression est nécessaire pour assurer la dissolution d’une quantité suffisante d'oxygène. Ainsi régénérée, l’eau remonte dans une canalisation par où elle s’écoule de nouveau dans les bacs, et les nombreuses bulles dont on constate la présence témoignent de sa richesse en oxygène.
- La salle où se trouve le public représente un fond sous-marin où repose un navire naufragé, reconstitution d’une épave authentique dont le reste se continue dans l’eau des grands bacs situés à l’extrémité et où l’on voit à certains moment travailler des plongeurs et des scaphandriers. À l’autre extrémité de la salle, dans un second grand bassin, on aperçoit de gracieuses sirènes qui, en réalité, ne sont pas dans l'eau ; elles font leurs évolutions sur un tapis fortement éclairé, placé en dessous et derrière le bassin. Le spectateur voit leur image redressée dans une glace inclinée à 45°, ce qui lui donne l’illusion d’un corps flottant dans l’eau. C’est en somme le truc employé dans les fêtes foraines sous différents noms1.
- 1 Yov. n° 814, du 5 janvier 1880, p. 90.
- Détails du montage des glaces de l'Aquarium.
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- LA N ATI UK.
- Ou a cependant ajouté ici un perfectionnement qui consiste à donner au tapis un mouvement de translation ; il est monté comme une courroie sans (in et un moteur électrique l’entraîne constamment : les sirènes n’ont qu’à se poser dessus pour traverser toute la largeur de l’aquarium. Un second tapis, placé à coté du premier et marchant en sens inverse, les ramène à leur point de départ.
- Tous les bacs sont remplis de poissons, plantes, crustacés, zoophytes les plus divers : soles, limandes, congres, roussettes,maquereaux, coraux, langoustes, il y a jusqu’à de petits requins ; toute la l’aune et toute la llore marines sont représentées. Afin de donner plus de profondeur, ou plutôt plus de perspec-
- II y av;iit une assez grande difficulté pour rendre bien étanches les joints des glaces transparentes qui ne s'appuient que par leurs bords contre les 1ers à T formant l’encadrement des bacs ; après avoir essayé divers mastics, on en est arrivé à mettre simplement entre verre et fer une lame de bois de pitchpin ; on obtient ainsi un joint très étanche et présentant en même temps une élasticité suffisante pour permettre la dilatation.
- Presque toutes ces glaces ont 5m,6t) de haut et supportent une pression de 3600 kg. par mètre carré ; mais elles sont suffisamment épaisses pour résister même aux coups de cannes que les spectateurs ne manquent pas de leur envoyer de temps en temps en voulant indiquer à leurs voisins tel ou tel point intéressant. Si cependant elles cassent sous le choc,
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- tive, sans cependant employer une trop grande quantité d’eau, on a divisé les bacs en deux parties par une glace transparente parallèle à celle qui fait face au public. La première partie est pleine d’eau, mais celle qui est derrière est vide et ne renferme qu’un décor de roches, coquillages, etc... ; en outre, toujours face au public, la paroi du fond est garnie d’une glace étamée. Sur les côtés se trouvent également des glaces qui font croire que T aquarium se compose d’une seule cuve ; en réalité il y en a douze.
- L’éclairage est fait par le haut au moyen de lampes électriques et l’effet ainsi obtenu est très heureux : les bacs paraissent beaucoup plus vastes et plus peuplés qu’ils ne .le sont en réalité.
- ce qui est déjà arrivé, il n'y a qu'un seul des bacs qui se vide parce qu’ils sont tous indépendants, et l'accident est vite réparé.
- Il serait à désirer qu’après l’Exposition cette intéressante installation ne disparût pas complètement, mais devînt la dépendance d'un de nos établissements de pisciculture marine, comme celui que dirige M. Kd. Perier à l’îlc de Tatihou, près Saint-\raast-la-IJougue ; on mettrait ainsi au centre de Paris, à la disposition des savants et des travailleurs, un laboratoire qui leur permettrait de continuer les études qu’ils ne peuvent faire actuellement qu’en allant séjourner dans des contrées où ils manquent des principales ressources formant le complément indispensable des recherches scientifiques. G. Maheschal.
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- L A N A T U K K.
- 2oi
- CHRONIQUE
- L'huile de blé. — L’huile de blé a fait son apparition il y a déjà quelques années, mais son usage était réduit et sa production limitée. Désormais il semble qu’on devra compter avec ce nouveau produit comme succédané des huiles usuelles industrielles et même comestibles. Le Manufacturer de Philadelphie publie les lignes suivantes sur les débouchés futurs pour l’huile de blé aux États-Unis. L’huile de blé se révèle comme pouvant remplacer l’huile de coton en tant que succédané de l’huile d’olive, dette huile est un sous-produit du blé. Chaque grain de blé porte une petite moucheture jaune désignée par les gens du métier sous le nom de « germe ». Ce germe-doit être enlevé avant que le blé destiné à l’exportation ne soit chargé sur le navire, sinon, la rancissure se por-duirait presque certainement et le chargement risquerait d’être perdu. La dégerminisation est le procédé employé pour arracher ce germe et de cette opération résulte la production d’une substance oléagineuse. Le seul emploi qui lui était jusqu’à présent dévolu était le remplacement de l’huile de lin dans la préparation de la peinture. On l’employait aussi comme lubrifiant. Des essais furent faits de temps à autre pour l’employer dans l’alimentation, mais l’impossibilité d’ùter à ce produit son goût désagréable les rendit sans résultats. On annonce maintenant que dans l’ouest des États-Unis on a trouvé un procédé qui permet de clarifier, désodoriser et rendre supportable au goût cette huile de blé, sans perte de matière et en abaissant son coût au prix de 50 centimes par gallon. Les moulins américains produisent actuellement par an 5000000 de gallons d’huile de blé vierge, et ils n’ont encore eu à traiter que du blé destiné à l’exportation et qui avait été dégermé. La quantité de leur production peut donc être augmentée indéfiniment. Des journaux de Chicago citent l’opinion de chimistes qui se sont livrés à des expériences sur ce produit et qui prétendent que l’huile de blé est plus digestive que les huiles actuellement employées pour la cuisine. K lie ne servira cependant, suivant toutes probabilités, qu’à contrefaire l’huile d’olive.
- Météorologie au Japon. — L’Observatoire de Tokio, à l’occasion de l’Exposition de 1900, a publié une brochure sur le service météorologique au Japon. Ce service, très complet, est constitué par 80 postes du premier et du second ordre, et environ 900 stations où l’on n’observe que la température et la pluie. Les stations régionales sont établies à des endroits choisis par le Ministère de l’instruction publique et toute personne qui veut en établir une nouvelle doit demander l’autorisation ministérielle. Les phénomènes électriques, les tremblements de terre, etc., sont régulièrement observés en addition des phénomènes météorologiques proprement dits. Tous les vaisseaux de guerre ou de commerce de plus de 100 tonneaux sont obligés de faire des observations à des intervalles réguliers, six fois par jour, et les carnets sont envoyés à l’Observatoire central. Il y a aussi un service régulier pour le service télégraphique de la prévision de la pluie et des tempêtes. Les observations, faites trois fois par jour, sont publiées par le Weather Reports avec les prévisions pour le lendemain. Le directeur du service est le professeur Nakamura, gradué de l’Université de Tokio. 11 est assisté à l’Observatoire central d’environ 55 personnes.
- Ceinture obturatrice pour les) projectiles de l'artillerie. — La cordite, que les Anglais emploient
- comme poudre à canon, jouit d’excellentes propriétés balistique, mais offre l’inconvénient capital de produire dans l’àme des bouches à feu des érosions qui ne tardent pas à mettre ces dernières hors de service. Ces dégradations se produisent surtout un peu en avant de l’arrière des projectiles à la position de chargement; elles proviennent des courants gazeux qui s’échappent, dans les premiers moments qui suivent l’inflammation de la charge, entre l’àme et l’obus, alors que ce dernier n’a pas eu le temps, en ce déplaçant, de produire l’incrustation de sa ceinture dans les rayures. La compagnie anglaise Yickers, Sons et Maxim expose dans son pavillon, situé derrière le palais des Armées de terre et denier, une ceinture de projectile destinée à olivier à ce grave inconvénient, en produisant l’obturation de l’àme dès le chargement. Cette ceinture est analogue à celles universellement adoptées, du moins extérieurement ; mais, à l’intérieur, elle présente un certain nombre d’anneaux en matière plastique analogue à celle qui compose l’obturateur inventé par le colonel de Ilange. La compagnie Yickers espère ainsi empêcher les courants gazeux destructeurs et prolonger l’existence des bouches à feu. Si ce calcul est fondé, elle aura réalisé un grand progrès, car la vie des canons est faite vraiment d’un bien petit nombre de coups avec l’emploi de la cor-dite. C’est tout au plus si les pièces anglaises de 505 millimètres peuvent être assurées de tirer de 90 à 100 coups, et ce n’est vraiment pas grand’chose. C’est pour elles une grande infériorité au regard des bouches à feu de même calibre de la marine française, ces dernières pouvant fournir avec la poudre B réglementaire une carrière d’au moins 500 coups.
- Ancres articulées. — MM. Marrel frères nous offrent au palais des Mines les ancres articulées dont ils sont les inventeurs, de concert avec M. Risbee, directeur des ateliers des Messageries maritimes à la Ciotat. On sait que ces ancres ont été, il y a peu de temps, adoptées par la marine nationale à la suite d’essais prolongés qui en ont montré la supériorité. Plusieurs navires de l’État en sont déjà munis, tels les cuirassés Brennus, Charles-Martel, Tréhouart, Bouvet, Charlemagne et Gaulois et les croiseurs Friant, Chasseloup-Laubat, Bugeaud et Léger. Ce système consiste à supprimer le jas et à substituer aux pattes fixes des ancres ordinaires, des pattes mobiles articulées sur un tourillon perpendiculaire à la tige. L’ancre ainsi composée, une fois jetée à la mer, se pose toujours à plat et les deux pattes entrent en prise simultanément, alors que les anciennes ancres ne mordaient jamais que par une seule patte. La nouvelle disposition a, en outre, l’avantage de faciliter l’amarrage, puisqu’on peut rentrer la tige de l’ancre dans l’écubier en laissant les deux pattes s’appliquer contre les flancs du navire. Avec les anciennes ancres, on était dans l’obligation de les laisser suspendues et ballottantes à l’extrémité de la chaîne de la grue de manœuvre. Les ancres articulées permettent de se passer des grues de manœuvre et évitent les manutentions difficiles et quelquefois dangereuses qui résultaient du mouillage ou de la levée des ancres ordinaires.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 10 septembre 1900.— Présidence de M. M. Lévy.
- Altérations des cables télégraphiques. — M. Rheins, ingénieur des télégraphes, présente une Note relative à la destruction des câbles électriques sous l’influence des courants électriques. D’après ses expériences, un câble
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- LA NATURE.
- soumis à l’action d’un courant constamment de même sens perd ses propriétés électriques et organiques. Cette perle offre diverses phases portant successivement sur la self-induction, la capacité électrique, l’isolement et la résistance. Ce mode d’altération produit cette conséquence que le câble semble passer par quatre états d'une maladie caractérisés non seulement par l’atteinte d’une propriété, mais par la variation des propriétés conservées. Ces faits sont démontrés par l’auteur à l’aide des résultats de plusieurs milliers d’essais réalisés depuis six ans sur les 5855 kilomètres de ligne de la circonscription de Dijon. L’entretien de ces ligues a donné lieu à des travaux de réparations nombreux qui ont été l’occasion des éludes de l’auteur. 11 signale d’ailleurs le remède, en même temps que le mal. Si, en effet, un câble est soumis à l’action d’un courant alternatif, il conserve intactes toutes ses propriétés. Ce fait est prouvé par cette remarque que dans une ligne souterraine à 9 fds, un des fds actionnant un appareil Baudot a seul conservé ses propriétés alors que les 8 autres fils rattachés à des appareils Hughes ou Morse sont plus ou moins avariés. Or le Baudot utilise les deux courants positif et négatif, alors que les deux autres appareils n’utilisent que le courant positif. Si l’on examine le câble avarié on voit que le cuivre de l’àme passe dans le diélectrique ; l’auteur croit qu’il y est à l’état combiné et non à l’état pulvérulent.
- Le mécanisme de la fossilisation. — M. le professeur C. Bonnier présente une Noie, de M. Géneau de Lamar-1 ière qui a examiné des échantillons de bois de conifères fossiles fraîchement extraits des marais de Saint-Gourd, dans la vallée du Petit Morin (Marne). Les fragments sont assez mous et compressibles sous les doigts ; ils se coupent facilement au rasoir et montrent encore nettement la structure caractéristique des conifères. On y peut suivre le mécanisme de la fossilisation des tissus. Ceux-ci ont été attaqués par les bactéries, dans un ordre déterminé. C’est d’abord la cellulose pure, puis la matière imprégnant les fibres du bois. La lamelle moyenne composée de la substance appelée callose a résisté fort bien.
- Action de la vapeur d'eau sur le développement des plantes. — M. le professeur G. Bonnier présente ensuite une Note de M. Eberhardt qui a fait pousser comparativement un grand nombre de plantes similaires ou même de parties différentes d’une même plante dans des cloches traversées par un courant d’air humide ou par un courant d’air sec. 11 a observé que les tiges et les feuilles qui ont pfiussé dans l’air sec ont toujours une structure plus complexe, un bois plus développé, des feuilles différenciées.
- Varia. — M. Léo \ignon adresse une Note sur le pouvoir réducteur des dérivés nitrés de la cellulose. — M. d’Arsonval présente une Note de M. Georges Claude relative à un procédé de liquéfaction de l’air par détente du gaz avec production de travail extérieur.
- Cu. DE VlLLEDEUIL.
- --
- CORRESPONDANCE
- Nous recevons la lettre suivante :
- Monsieur,
- J’ai eu l’occasion de photographier un phénomène qui intéressera certainement vos lecteurs. C’est un chou vert, c’est-à-dire cette espèce particulière de chou qui sert dans l’arrondissement de Cholet à engraisser les vaches. On le cultive aussi pour faire de la soupe aux choux.
- Celui-ci est complètement privé de ses feuilles et il est en graines. Il mesure 5m,.">0 de hauteur. Ce sont deux
- r
- jeunes filles de 17 à 18 ans qui ont été placées sous ce chou gigantesque, ressemblant à un arbre.
- Le chou se trouvait dans un jardin, à Angers.
- A. lil.ELNAiUt, Docteur ès sciences.
- JEUX IC ARIENS A CHEVAL
- LES FREDIANIS AU NOUVEAU CIRQUE
- Tout modestement, sans trop grand bruit, une famille d’écuyers acrobates vient simplement de révolutionner le monde des cirques. Et les anciens de la piste, ceux qui sont nés dans le métier, qui ont eux-mêmes essayé tousdes perfectionnements aux exercices habituels, n’en pouvaient croire leurs yeux quand ils ont vu, au Nouveau Cirque de Paris, trois hommes — que je dise leur nom : les Fredianis — exécuter à cheval des jeux icariens. C’était le rêve : faire sur le dos d’un cheval les sauts périlleux à deux, les doubles et triples colonnes humaines !
- On avait déjà vu deux hommes sur deux chevaux : les Briator ; mais personne n’avait encore fait les exercices qu’exécutent les Fredianis.
- Les Fredianis sont trois frères : Guillaume, qui a 29 ans, Aristodème et René qui ont 17 et 18 ans. Ce sont de vrais enfants de la halle : le père — qui deux fois par jour fait répéter ses fils — fut un acrobate célèbre, que les Parisiens applaudirent à l’ancien Hippodrome et qui travailla dans tous les grands cirques de l’Europe. À son tour, il voulut être directeur ; il monta un cirque, le cirque
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- LA NATURE.
- Toscan, avec lequel il fit le tour de la France et de toutes les capitales d'Europe. C’est sous sa direction que ses tils ont appris à travailler et sont devenus les émérites écuyers acrobates que tout Paris a pu applaudir. Guillaume a débuté... il y a vingt-cinq ans; depuis l'àge de 4 ans il a fait un peu tous les numéros d’un cirque, tour à tour clown, écuyer de panneau ou jockey, acrobate de tapis, pantominiiste, il était tout à lait préparé donc pour le travail que rêvait le père Frediani : les jeux icariens à cheval.
- J e n’apprendrais à personne ce (pie sont les jeux icariens, qui commencent à passer du tapis des cirques aux pistes de nos gymnases, et qui l'ont partie des programmes des concours de’gym-nastique: ce sont les sauts périlleux, les pyramides, les voltiges sur les épaules, les équilibres ; cela tient de l'acrobatie et de la g y m n a s t i q u e.
- Nous avons vu des acrobates cyclistes faire à grande allure de leur machine des pyramides humaines, mais la machine est fixe et sa marche est régulière ; sur un cheval c'est tout autre; si habitué que soit le cheval à la piste et au panneau, sa marche est forcément irrégulière surtout lorsqu’il a un fort poids sur le dos,et comme les Fredianis [lèsent respectivement 80 kg, 08 kg, 38 kg et le panneau 40 kg, cela fait plus de 200 kg ([lie le cheval doit porter; ajoutez à cela (pie le panneau n’est pas d’une complète tixité, que les chaussures des acrobates, les maillots n’offrent pas une résistance parfaite, et vous aurez une idée de la dif-liculté du travail.
- Lorsque Guillaume Frediani a ses deux frères sur les épaules, que celui du centre de la pyramide
- santé à bas tandis que celui du sommet retombe en saut périlleux sur les épaules de l’aîné, on se demande comment celui-ci peut se maintenir en équilibre, quelle souplesse et en même temps quelle force il lui faut dans les reins!
- Le calcul du poids qu'il a à supporter serait assez curieux à établir ; et au premier abord il paraît énorme, si l’on songe au poids de l'homme, à la force
- de chute et au mouvement du cheval au galop.
- Tous ces exercices, les Fredianis les font avec une grâce et une élégance (jui ferait croire qu'avant de mettre leurs pieds sur le panneau, ils ont été danseurs. C’est du reste par la danse qu’on forme les écuyères de panneau ; elles font toutes leurs classes de danseuses comme un sujet d’opéra. C’est en effet la danse qui pose les pieds et les genoux en dehors, ([ni met en place la tête et les bras, qui donne l'équilibre et la grâce. Il y a même des exemples de danseuses rompues à l’exercice de leur art qui ont appris en une seule année à monter à cheval debout.
- Mais que de chemin parcouru depuis seulement trente ans ! Les vieux du cirque — qui ne sont pas pour la plupart comme ceux du théâtre et qui admirent les jeunes — vous disent très franchement : « De mon temps, l'écuyer de panneau se tenait à une longe ou à une barre d’appui en fer posée sur le devant du [(anneau. Aujourd’hui, nos élèves font les acrobates à cheval ! Tout progresse, même les jeux icariens ! »
- Paul Mégnix.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Inqirimerie I.aüiue, rue de Klcurus, t>.
- l.es Lrediauis au Nouveau Ciruuc.
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- N° 14 2 Ü.
- 22 SEl'TRMHHL lyOO.
- LA NATCUK.
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- LES THEORIES DE L’EVOLUTION ET LÀ METAMORPHOSE DU PHORONIS1
- Parmi les questions posées au sentiment des naturalistes, peu attirent autant que celles de l’origine des êtres vivants.
- Pourquoi les jeunes ressemblent-ils à leurs parents, et pourquoi diffèrent-ils souvent d’eux au début pour leur devenir semblables sur le tard ? Comment cette hérédité, tantôt simple et tantôt à double jeu, se l’ait-elle et se maintient-elle?
- D’où partent de pareils contrastes et de telles concordances ? Chaque être est, en cela, un résumé de la nature entière. Ce qui existe en lui existe aussi chez les autres. Chacun donne sa réponse,1’dont les termes principaux s’appliquent à tous. Dans le cas particulier du Phoro-nis, la différence entre l’adulte et son embryon s’explique par celle de leurs adaptations.
- L’un habite à demeure un tube fixé ; son corps se dispose en conséquence. Son extrémité supérieure porte seule des appendices : les tentacules destinés à la respiration.
- L’autre nage et vagabonde ; aussi est-il plus court, privé de tube ; il possède des appareils destinés à le soutenir dans l’eau. Sa métamorphose est brusque, rapide.
- La perte de plusieurs parties importantes de l’organisme entraînerait en lui, si elle ne se répa-
- 1 Yoy. l’article intitule : Le Phoronis et Y Aclinolroque, dans le n° 1423, du 1er septembre 1000, p. 212.
- 28e année. — î" semestre.
- rait au plus tôt, une dépression vitale trop intense. Une question se présente. Par quelle raison l’embryon [a-t-il une adaptation différente de celle de l’adulte? Pourquoi sa manière de vivre est-elle autre? On peut en pressentir la cause. Les Phoronis s’associent et s'amassent en grand nombre. Si leurs embryons agissaient de même dès l’éclosion, les individus s’amoncelleraient en quantité telle, qu’ils se gêneraient mutuellement. Us s’empêcheraient de s’alimenter et de respirer. Le tassement trop grand en un lieu trop petit est nuisible à tous les êtres. Les Phoronis ont un sérieux avantage à produire des embryons libres, capables de nager, de se maintenir à la surface des mers, et de se laisser transporter parles courants. Les jeunes abandonnent les localités que leurs parents habitent ; ils ne restent point à leur charge. Ils s’en vont au loin, à l’aventure. Beaucoup se perdent en ce voyage. Mais les autres, plus résistants ou plus heureux, trouvent des endroits favorables à leur établissement. Ils s’y installent, et font souche. Malgré les pertes inévitables, la dissémination des embryons est utile à la sauvegarde de tous.
- Les questions se suivent et s’enchaînent. Chaque réponse en fait surgir de nouvelles. Une autre se
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- Fig. 1. — Acüiiolroques prises au débul de leur métamorphose. Dans la figure, de gauche, la poche commence à sortir. Dans celle de droite, la hernie faite par la poche est encore plus volumineuse, et le corps se désorganise. Le grossissement de ces figures est d’une trentaine de fois, en dimensions linéaires.
- lùg. -2. — Aclmolroques prises à la fin de leur métamorphose. Dans la figure île gauche, la poche, est presque entièrement expulsée ; le corps est ratatiné, ses tentacules tombent. Dans celle de droite, la métamorphose se termine; la poche, complètement étalée, devient le corps définitif de l’individu; quant au corps primitif, il achève de se désorganiser. L animal se laisse couler au fond de la mer, et agglutine autour de lui les grains de sable sur lesquels il tombe. Ces deux figures sont dessinées à un grossissement d’une trentaine de fois en dimensions linéaires.
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- LA NATLT.E.
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- pose désormais. Comment une telle adaptation, destinée à faciliter l’essaimage embryonnaire et l'éparpillement, s’est-elle manifestée chez les Pho-ronis, entraînant à sa suite des modifications aussi considérables et une métamorphose aussi compliquée? Les animaux voisins n’ont rien de pareil. De quelle manière les Phoronis, dans la suite des temps et depuis leurs ancêtres, ont-ils procédé pour se montrer tels qu’ils sont aujourd’hui? La sélection, notamment, à qui beaucoup de naturalistes prêtent tant de vertus, est-elle capable d’expliquer pareils phénomènes? Est-elle vraiment la cause de ces faits si curieux ?
- La première réponse serait plutôt affirmative. Le raisonnement est simple. Du reste, il ne repose sur rien de réel ; il se base sur des notions, probables sans doute, mais créées par l’imagination en généralisant et en étendant au possible la portée de quelques phénomènes actuels, accessibles à nos sens. Certains ancêtres des Phoronis eurent, par une circonstance quelconque, des embryons doués d’une certaine mobilité, alors que leurs congénères n'en possédaient point. Par là, ils furent avantagés dans la lutte pour l’existence. Se répandant sur déplus vastes espaces, et ne se gênant point, ils trouvèrent à souhait de meilleures conditions de vie. 11 dominèrent les autres, et prirent progressivement une prépondérance capitale. Or, leur conformation spéciale étant la meilleure s’est conservée en se perfectionnant sans cesse. Chaque progrès capable de faciliter la dissémination constitue, en effet, un avantage nouveau qui s’ajoutait aux autres. Aussi, dans la suite des temps, l’adaptation des embryons à une vie errante s’est-elle améliorée avec constance, pour en arriver à ce qu’elle est aujourd’hui.
- Ainsi raisonneraient les partisans de la sélection. Mais leur spéculation n’explique rien; elle cède et s’écroule, si l’on approfondit. Même en faisant comme eux, et prenant pour juste leur évocation des temps disparus, on ne peut accepter leur avis. Dans leur esprit, chaque progrès était minime. Leur accumulation seule a conduit au résultat final, à cette dissemblance si grande entre le jeune et son parent. Les premiers des ancêtres, qui ont possédé cette amélioration débutante, l’avaient des plus faibles. Les organes de soutien, la poche destinée à donner le corps définitif, se trouvaient réduits à l’état le plus restreint. Or, en se reportant à l’allure d’un embryon ainsi fait, on s’aperçoit que cet état rudimentaire ne confère aucun avantage. La disposition de l’Actinotroque ne lui offre de l’utilité qu’à la condition d’être telle qu’on la voit maintenant. Plus atténuée, moins complète, elle ne servirait pas. L’individu serait trop lourd encore, et trop difficile à déplacer. Ainsi, l’influence que certains attribuent à la sélection, qu’ils grandissent au point de la donner pour cause à l’évolution entière, n’existe point. L’organisation de l’Actinotroque a été créée d’autre manière, et par un autre pouvoir.
- Une seconde école cherche ailleurs la raison. L’être,
- dit-elle, dépose en ses œufs des particules infinitésimales, qui représentent toutes les parties de l’organisme. Ces éléments n’ont qu’à se développer et à grandir soit par leurs seules forces, soit guidés par leurs réactions mutuelles : ils donnent le corps en son intégrité. L’hérédité reviendrait à la condensation dans le germe, sous une forme élémentaire, des pièces qui constitueront l’individu. Cette théorie s’accorde peu avec l’histoire du Phoronis et de son Actinotroque. Celui-là pond des œufs, et ceux-ci engendrent des êlres tellement différents de lui, qu’ils sont obligés, pour lui ressembler, de perdre la majeure part de leur corps et d’en reformer un autre. Il faudrait que le Phoronis déposât dans ses œufs deux sortes de particules dissemblables : celles de l’embryon libre, et celles de l’adulte fixé. Non seulement ces particules s’établiraient cote à cê)te, mais leurs dispositions se régleraient avec une rigueur suffisante pour que les premières se développent avant les secondes, et non l’inverse. La théorie soulève des difficultés telles qu’elle en devient inacceptable.
- Ainsi, deux des opinions principales qui se partagent, la science au sujet de l'adaptation, de l’hérédité, et de leur mécanisme, sont incapables d'expliquer avec justesse les phénomènes de la vie d’un seul animal. Ne pouvant s'appliquer à tout, elles perdent l’importance qu’on leur accorde. Elles ne méritent pas qu’on s'y arrête trop. Et pourtant des savants nombreux, éminents parfois, consacrent leur temps, les ressources de leur esprit, à discuter sur elles, à les critiquer ou à les vanter. Butés à leur seule pensée, ils ne voient dans la nature que les circonstances favorables à leurs théories. Ils voudraient créer en leur esprit une image fidèle et complète du monde vivant. Certes, la tentative est courageuse ; mais elle avorte forcément. Comment en serait-il d’autre sorte?
- Le Phoronis, en sa petitesse, donne une leçon. Il montre combien sont vaines les tentatives d’explication qui dépassent les faits connus. Nous devrions être plus modestes, et nous contenter de voir auprès de nous, sans chercher plus loin, sans prétendre à plus que nos forces.
- Une telle abnégation est-elle mitre? Nous sommes impatients de connaître. Nous restons enfants par bien des points ; nous voulons, comme eux, tout saisir et tout tenir. Trop souvent l’imagination nous entraîne loin des chemins sûrs, où l’on va lentement sans doute, mais où l’on avance avec certitude. Pourtant les gens de science, plus que les autres, devraient pratiquer la sage philosophie de Candide. Cultivons notre jardin, si petit soit-il. Sachons nous borner ; à force de travail et de patience, les fleurs et les fruits naîtront sur la terre encore nue. Nous ne les verrons pas sans doute, nous n’y goûterons point ; mais nos successeurs auront ce plaisir, lis jouiront d’eux, comme nous bénéficions du labeur de nos devanciers. Les efforts continus des générations porteront la science à son plus haut point. Et n'est-
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- LÀ N AT L UE.
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- co pas déjà, pour chacun de nous, une grande joie de semer sa petite part? Louis Roule,
- Professeur à l’Université de Toulouse.
- L’INDUSTRIE CHIMIQUE
- EXPOSITION DE 1900
- II1
- depuis dix ou quinze ans, remploi du courant électrique a fait des progrès considérables, et on en a trouvé l’emploi au double point de vue calorifique et chimique.
- La température de l’arc électrique, jaillissant entre deux charbons, est de 5500 degrés environ et a été utilisée d’une façon brillante par divers chimistes, au premier rang desquels on doit citer M. Moissan, qui a pu préparer par cette méthode, outre un grand nombre de métaux purs, un certain nombre de carbures métalliques dont le plus répandu est le carbure de calcium, générateur de l’acétylène, dont la préparation et les propriétés ont déjà fait l’objet de nombreux articles.
- L’énergie chimique du courant électrique trouve aussi son application dans de nombreuses industries : production de l’hydrogène et de l’oxvgènc par décomposition de l’eau, préparations des persulfates de potassium et d’ammonium, du chlorate de potasse par éleetrolyse à chaud du chlorure de potassium, du permanganate de potasse par éleetrolyse d’une solution de manganate, des bichromates, de diverses couleurs minérales (céruse, vermillon), de produits organiques (iodoforme, bromoforme) ; enfin par électrolvse des solutions de chlorure de sodium, on obtient d’une part de la soude, d’autre part du chlore libre et, par suite, des chlorures décolorants, c’est-à-dire les termes ultimes des produits de la grande industrie chimique.
- Jusqu’ici, un inconvénient capital a empêché ces préparations, basées sur les propriétés du courant électrique, de prendre l’essort qu’elles acquerront certainement; c’est le prix de revient actuel de l’électricité. Trop élevé dans les grands centres, il n’est accessible industriellement que dans les endroits où l’on dispose d’une force motrice à bon marché, c’est-à-dire dans les pays de montagnes où les chutes d’eau sont nombreuses et abondantes. Aussi toutes les usines électro-chimiques sont-elles cantonnées dans les Alpes, en Suisse et en France et dans les Pyrénées. *
- En dehors de ces gros produits, dout la production est si importante qu'on a pu dire qu’elle servait à mesurer la prospérité des États, ces dernières années ont vu également se développer un certain nombre d’industries de second ordre qui donnent aussi lieu à un examen intéressant.
- La préparation des matières colorantes dérivées du goudron de houille continue à préoccuper un certain nombre de savants et de directeurs d’usines. Sans qu’on puisse dire quelle ait subi aucune révolution, cette fabrication a été néanmoins l’objet de divers perfectionnements et l’on sait maintenant, à coup sur, modifier telle ou telle couleur en provoquant dans sa molécule le remplacement ou l’introduction de tel ou tel nouveau groupe chimique. Ces procédés ont permis d’obtenir d’une façon totale les différentes tonalités de la gamme des couleurs par passage insensible d’une couleur à une autre. L’indigo synthétique est également en progrès et le dispute
- 1 Yoy. n° 1425, du 15 septembre 1000, p. 251.
- maintenant sur le marché d’une manière sérieuse à l’indigo naturel.
- L’industrie des parfums qui, jusqu'à ces derniers temps, n’employait guère comme matières premières que les fleurs dont on extrayait les essences, a reçu récemment une vigoureuse impulsion par suite des magnifiques travaux des laboratoires allemands et français.
- La production des gaz liquéfiés a pris aussi, surtout en Allemagne, un essor considérable; le transport et l’emploi du chlore, de l’ammoniaque, de l’acide sulfurique, de l’acide carbonique en siphons métalliques sont devenus aujourd’hui complètement courants. La préparation en grand de l’air liquide permet aussi d’espérer et de prévoir diverses applications. A. IIkkeiit,
- Chef adjoint des travaux chimiques à l’École cenliale
- LES
- PAVILLONS 1)ES PUISSANCES ÉTRANGÈRES
- EXPOSITION UNIVERSELLE1
- C’est avec un serrement de cœur fort pénible que nous assistons à la succession des semaines qui passent, rapprochant le moment fatal où toutes les magnificences étalées depuis cinq mois à Paris devront disparaître; nous avons vu toutes ces constructions s’élever les unes à côté des autres, l’imagination la plus fertile et la plus originale a présidé à leur mise en œuvre, et à peine a-t-on eu le temps de les regarder et de les admirer que la pioche du destructeur va réduire à néant toute la féerie. 11 est pourtant une chose qu’aucun démolisseur ne pourra jamais faire disparaître et c’est à celle-là que les organisateurs ont tenu surtout, le souvenir de toutes ces belles choses entrevues restera toujours et rappellera l’année 1900 comme une grande date non seulement dans l’histoire du travail, mais encore dans l’histoire de l’art.
- Une des parties de l’Exposition à laquelle on se reportera avec le plus de plaisir sera sûrement cette inoubliable série de palais et pavillons étrangers qui bordent la Seine; ils retracent chacun avec son caractère, ses formes et ses couleurs, l’architecture du pays dont ils doivent parler, aussi l’intérêt qui s’en dégage est-il des plus captivants.
- Nous avons déjà esquissé quelques-unes de ces constructions originales, nous terminerons aujourd’hui par la description des autres.
- HONGRIE
- Le pavillon de la Hongrie est une des plus curieuses constructions exotiques du quai d’Orsay; il a ceci de particulier qu’il est composé d’éléments les plus disparates les uns des autres; ce n’est pas un palais formant un ensemble au point de vue architectural, mais une réunion de reproductions fidèles rappelant des monuments nationaux de la Hongrie. On pourrait croire, au premier abord, qu’un assemblage pareil, exécuté sans souci des styles et des
- 1 Voy. n° 1425, du 1er septembre, p. ‘215.
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- LA NATURE.
- époques, produirait un mauvais effet; il n’en est rien, car chacun des éléments se trouve bien nettement séparé de son voisin soit par une arête importante, soit par un angle rentré de la construction, de sorte que l’édifice total paraît être surtout une succession de monuments raccordés entre eux. Dans certaines villes de France nous voyons souvent des édifices d’époques différentes accolés les uns aux autres, sans que l’aspect ne soit mauvais; à plus forte raison, peut-on arriver à un résultat heureux lorsqu'on est en présencé*.d’un ouvrage à faire où l’on peut disposer harmonieusement des lignes en vue d’uiraccord parfait.
- La tour importante située à l’avant et dont la hase forme portique pour la circulation des visiteurs du quai, est la reproduction de la tour de Komorn dont la citadelle a subi des assauts nombreux et dont le nom est souvent répété dans l’histoire de la Hongrie; à la suite de ce motif, nous trouvons un fragment de la façade du château de Yajd-llunyad, en Transylvanie ; sur la partie antérieure, on peut admirer l’abside gothique fort curieuse de la chapelle de Saàkh sur laquelle vient s’appuyer la tour de l’église
- eu revue des reproductions fidèles et fort admirables de la façade du château de klobusiczky, de l’entrée de l’église de Synlafehcrvar et de différents motifs de la maison de Rokoczy, à Epcrjes. L’escalier est la copie de celui de l’hotel de ville de Bartfa.
- BELGIQUE
- La situation du palais belge est une des [dus favo-
- rables; placé sur le terre-plein de la rue des Nations, il est bien isolé et partant bien en vue, toutes ses parties se détachent admirablement sans souffrir de la proximité toujours fâcheuse d'une construction contiguë. II est heureux, d’ailleurs, que cet édifice
- profite d'une bonne exposition, car sou architecture est admirable. Bans son ensemble, ce palais est la reproduction fidèle de l’hotel de ville d’Audenarde construit en 1550 par le célèbre architecte Van Uede et qui est un des plus beaux types des anciens édifices communaux des Flandres.
- Le style gothique de ce palais, avec ses nombreuses baies très fouillées, et son toit élevé est fort impressionnant; il est d’autant plus agréable à regarder qu’il forme une note spéciale au milieu de tous ces palais dont aucun ne rappelle cette époque avec autant d’ensemble et d’harmonie.
- NORVÈGE
- Le pavillon de la Norvège attire le regard par la couleur locale qu’on retrouve dans son architecture. La reconstitution d’une maison d’un fjord de la mer du Nord est d’une fidélité complète; l’exécution en a d’ailleurs été faite en Norvège même et les morceaux apportés par la Seine jusqu’à l'aris ont été montés sur place par des ouvriers norvégiens venus exprès; tous ces toits qui sont jdacés les uns par-dessus les autres et ces nombreux balcons qui avancent forment une construction des plus originales et des plus typiques.
- ALLEMAGNE
- On connaît peu, en France, l’architecture allemande du seizième siècle, et cette pièce qui s'étale sur les rives de la Seine entre les pavillons de la
- serbe de Budapest. Nous pouvons passer également
- Hg- I. — Pavillons du P Allemagne et de l'Espagne.
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- LA NATURE.
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- Norvège et de l'Espagne est une révélation pour nous, malgré son caractère archaïque.
- Ces grandes façades, dont la décoration est empruntée en grande partie à la peinture, possèdent un
- cachet tout à fait spécial; ceux qui ont vu en Allemagne les maisons anciennes de Nuremberg retrouveront bien des souvenirs sur l’édifice qui nous occupe.
- Les toits dentelés en escaliers avec leur couleur vert cuivre produisent beaucoup d’effet, malgré leur originalité; la grande tour qui constitue un des angles de la construction s’élève à 45 mètres au-dessus de sa base. C’est le point le plus élevé de toutes les constructions des bords de la Seine.
- ESPAGNE
- Le palais espagnol est un édifice de composition moderne et qui n’est la copie d'aucun monument local; toutefois, ses éléments sont des souvenirs, c’est ainsi que nous retrouvons la façade de l’Uni-
- Fig. 5. — Pavillon de la Belgique.
- versité d’Aleala, de l’Alcazar de Tolède, de l’Université de Salamanque et du palais des comtes de Motercy, à Salamanque; tous ces motifs sont de la même époque, celle de la Renaissance espagnole.
- Le Palais est construit en staff sur charpentes en bois, comme la plupart des constructions environnantes; mais l’ornementation est faite de façon à donner l'impression de la pierre. Aussi, malgré la richesse de la décoration et la pureté du style, l’édifice possède-t-il un aspect de lourdeur que viennent augmenter les flèches élevées et l’ornementation brillante des palais voisins.
- MONACO
- On est généralement surpris de voir la principauté minuscule de Monaco occuper dans le concours des Nations une place aussi considérable et un palais aussi important que les grands pays, l’Allemagne, l’Espagne, etc., qui sont installés à ses côtés; cette anomalie qui n’est pas expliquée ne cesse d’intriguer
- Fig, 6. — Pavillon do la Hongrie.
- Fig. 4. — Pavillons de la Principauté de Monaco et de la Suède.
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- les visiteurs. A part cette critique d’ordre général, on ne peut faire que des éloges à cette construction puissante et bien campée de la Principauté. Fille possède comme presque tous les palais du bord de la Seine, une tour élevée qui est un souvenir national; celle-ci avec ses créneaux découpés et sa terrasse horizontale est une interprétation de celle du palais des premiers Grinialdi.
- Sur la terrasse du premier étage, nous voyons une reproduction des fresques si curieuses de la galerie d’Hercule du palais de Monaco; quant aux loggias et balcons qui entourent l'édifice, ils sont conçus dans le style que l’on retrouve constamment sur les habitations du Midi de la France et de la Provence.
- SUÈDE
- Le pavillon de la Suède est assurément un des plus curieux et des plus réussis de la série; les formes bizarres et nouvelles de tous ces balcons, de ces tours, de ces dômes attirent invariablement le regard et l’arrêtent. C’est de Yart nouveau sous une forme des plus heureuses, auquel la fantaisie la plus personnelle vient apporter une note de gaieté et de lumière.
- Les parements extérieurs sont revêtus de tuiles plates en Lois de sapin qui forment une espèce de revêtement ayant l'apparence des écailles de poissons ; ce palais, fort réussi d’ailleurs, est un chef-d’œuvre de patience, de bon goût et d’originalité.
- GRÈCE
- Le petit pavillon de la Grèce, situé à coté du précédent, constitue une opposition avec lui à tous les égards; de dimensions réduites et d’une sagesse absolue d’architecture, il répond merveilleusement à l’idée de son auteur et produit d’autant plus d’effet qu’il est placé à coté du palais suédois qui, lui, constitue une orgie de décoration fantaisiste.
- On ne nous a pas dit si cet édifice était la reproduction de quelque temple grec; mais s’il ne l’est pas, il pourrait l’être, tant les lignes sont pures et l’impression qui s'en dégage conforme à ce que nous sommes habitués à considérer comme un édifice de ce genre.
- Un jardin bien soigné forme à ce bijou d’arehi-tecture un cadre charmant qui en relève l’harmonie et l’heureuse inspiration.
- SERRIF,
- Le palais de la Serbie qui termine l’enfilade se trouve situé à proximité du pont de l’Alma ; sa situation est merveilleuse puisqu’elle lui permet d’être isolé et bien en vue. Il ressemble à une église dn style byzantin, la plus grande simplicité et la correction du dessin ayant été les principales préoccupations de ses architectes.
- Ce petit temple a été construit comme s’il devait vivre longtemps, la pierre et la brique sont les matériaux qui y ont été employés.
- D’un dessin très sûr et d’une parfaite harmonie
- dans ses formes, il obtient un succès tout particulier auprès des connaisseurs.
- Les architectures de ces différents pavillons et édifices qui bordent la Seine entre les ponts des Invalides et de l’Alma forment des souvenirs qui se rapportent aux différentes nations et à ce point de vue, ils présentent un intérêt considérable; mais ce n’est pas seulement sur ce point qu’il faut s’arrêter, les installations intérieures sont dignes des façades ; par des décors brillants et bien conçus, par le luxe de l'ornementation, par la variété et le choix des objets exposés, par les indigènes enfin des diverses nations avec leurs costumes, leurs mœurs et leur physionomie, on peut dire que chacun de ces petits palais est un morceau de pays étranger apporté au milieu de notre Paris, qui, une fois de plus, a voulu montrer combien il était cosmopolite et accueillant pour tous. A. da Guniia.
- PRODUCTIONS VÉGÉTALES
- DES COLONIES FRANÇAISES A L’EXPOSITION DE 1900
- Les productions végétales, exposées par les colonies françaises au Trocadéro, sont nombreuses et variées, mais disposées de telle façon qu’il est à peu près impossible de se rendre compte de leur valeur et de leur importance. Voulez-vous, par exemple, vous faire une idée de ce que peuvent fournir le Café, le Cotonnier, les arbres à caoutchouc, etc., il vous faudra, monter, descendre, remonter et redescendre, entrer dans chaque pavillon; après quoi vous aurez à peu près oublié ce que vous avez vu. Pourquoi ne pas avoir fait des expositions générales de tel ou tel produit, ce qui vous permettrait en sus de vous rendre compte de la richesse et de l’activité relative de chacune de nos possessions d’outre-mer? Peut-être y pensera-t-on pour la prochaine Exposition. Le coté sérieux et scientifique des exhibitions n’aurait nui en rien au côté pittoresque, et l’Exposition coloniale eût un peu moins ressemblé à un vaste bazar.
- Jetons un coup d’œil sur l’Algérie. Les plantations de l’Oued-Rir sont intéressantes au possible ; nous pouvons y suivre le Dattier dans toutes les phases de son développement, depuis la pépinière des jeunes palmiers jusqu’à la récolte de ses fruits. A Boufarik, ce sont les plantes à parfums qui dominent et nous fournissent les essences de Géranium, de Portugal, de Rue, d’Eucalyptus, de Néroli. de Petit-Grain, de Kaïna, cette dernière servant surtout à aromatiser le savon.
- L’Alfa, la Ramie constituent d’importantes exploitations. Le Chêne-liège est l’objet d’une industrie considérable dont les résultats se trouvent exposés au Trocadéro dans toutes leurs phases. Les bois sont brillamment représentés : le Cèdre de l’Atlas, avec des troncs de 5m,20 de tour à 5 mètres de hauteur, âgés de 310 ans, provenant de la forêt de Téniet-el-Haad, y coudoie le Sapin de Numidie, le Pistachier de l’Atlas (Be'toum), le Thuya articulata (le bois de Citron des anciens Romains), le Chêne zeen (Quercus Mirbeckii), le Laurier d’Apollon, le Grenadier, etc.
- La Tunisie nous offre principalement ses lièges.
- Mais c’est à la Côte occidentale d’Afrique que se porte surtout l’intérêt. Le Pavillon du Sénégal et du Soudan est intéressant au plus haut degré. On a eu P excellente
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- idée d’indiquer d’une façon saisissante, et que l’on peut apprécier, la caractéristique de la région au point de vue des produits que l’Europe peut en tirer. Quatre grands arbres, imités assez adroitement, représentent : le Palmier à huile (Elæis guineensis), le Baobab (Adansonin Baobab), le Gommier (Acacia Verek), le Ficus Vogeli, producteur d’un caoutchouc qui, il faut l’avouer, n’est pas d’excellente qualité.
- Une Apocynéc, le Landolphia Heudelolii, eût mieux fait l’affaire au point de vue de l’exactitude. Mais est-il bien facile de représenter une liane ? C’est cette plante qui fournit l’excellent caoutchouc que l’on peut tirer du Soudan, du Sénégal et de la Guinée française. La qualité en est remarquable, mais il existe un petit inconvénient, la culture en est peu rémunératrice, ces lianes ne se développant qu’avec lenteur et ne commençant à donner un produit utile qu’à partir de la dixième année. 11 n’est pas rare de trouver des spécimens cinquantenaires, ou même centenaires, qui n’ont que d’assez médiocres dimensions.
- C’est encore le procédé primitif d’extraction, l’incision, qui devra être adopté, si l’on ne veut pas supprimer la poule aux œufs d’or. On a bien recommandé, tout récemment, le traitement de l’écorce par des procédés mécaniques ou chimiques. Mais alors on détruit les lianes d’une façon irréparable et la lenteur même de leurs croissances rend ce procédé presque criminel.
- D’après les observations faites par mon ami Chevalier, au cours d’un remarquable voyage d’exploration entrepris dans l’Afrique occidentale, la liane à caoutchouc se rencontre au Soudan dans la province littorale, comprise entre le fleuve Sénégal et la Gambie, et en Guinée à peu près sur tous les terrains.
- Parmi les produits alimentaires de la région il faut citer le beurre de Karité fourni par le Bassin Parlai,
- Y Oussounifi, tubercules dus à une Labiée, le Plectranthus Coppini, le Gingembre cultivé par les Mandingues comme condiment; le Demi a dont les tubercules aériens soumis à une cuisson prolongée sont consommés par les Bambaras ; le Baobab, dont on utilise la pulpe du fruit, à saveur aigrelette, sous le nom de Pain de Singe; le Tamarinier; les Mils dont la farine est d’un usage courant, qu’ils appartiennent aux Sorghum ou au Penicillaria spicata (mil à chandelle); le Fanio qui est une graminée du genre Paspalum (P. longiflorum), etc.
- Les industries indigènes qui réclament le Tanin l’empruntent aux fruits de Lenke (Afzelia africana). Les racines de Fuyar (Cochlospermum tinctorium), les diverses parties du Karaba *Lonchoearpus cyanescens), donnent un indigo de bonne qualité, tandis que la couleur rouge, nécessaire pour la teinture des étoffes et des cuirs, est retirée d’une variété du Sorghum sacchara-tmn, le Sorgho à sucre.
- Les fruits de YOncoba spinosa sont convertis par les Bambaras, en raison même de leur forme, en tabatière, d’où le nom d’arbre à tabatière qui est donné à cette Bixacée. Les gommes et les résines se trouvent dans
- Y Acacia Verek, le vrai gommier du Sénégal, dans le Campa guineensis, le Dialium, le Nété (Parkia biglo-bosa), etc.
- Les Corchorus, les Urcna, les Hibiscus fournissent des fibres textiles, ainsi que le Raphia de la Casamance:
- Y Elæis guineensis, l’Arachide, sont d’importants producteurs d’huiles.
- 11 ne faut pas oublier les poisons : le fameux Tali (Erytrophlœum guineense), légumineuse qui joue, à la
- Côte occidentale, le rôle du Tanguin à Madagascar; c’est le poison d’épreuve; les Strophantus qui servent à empoisonner les lances de chasse des Bambaras; le Dita mauvais (Detarium venenosum) ainsi nommé par opposition avec le Dita ordinaire, dont l’usage est inoffensif. A signaler aussi une stryclmée, le Strychnos innocua, dont la pulpe des fruits est comestible.
- Au Dahomey et à la Côte d’ivoire rien de particulièrement remarquable.
- Dans une autre partie de l’Afrique, la Réunion se présente avec une collection assez complète de sa flore utile. C’est ici le café qui domine; puis viennent les feuilles d’Aya-pana (Eupatorium Aya-pana) à peu près délaissées de nos jours, après avoir été employées jadis comme succédanées du thé ; les rhizomes chevelus du Vétiver que la parfumerie n’a pas encore abandonnés; les racines de Citronnelle (Andropogon Schœnanthus), dont le nom rappelle l’odeur agréable; de très belles gousses de A'a-nille remarquablement givrées, etc. Les échantillons de bois, nombreux, sont bien nommés.
- Restons encore dans l’Ancien continent et arrêtons-nous quelques instants en Indo-Chine. Malgré la richesse végétale et l’immense étendue de notre empire colonial d’Extrême-Orient, nous trouvons peu à glaner. Le Coprah, destiné à donner le beurre de Coco, la Gomme-laque, la Gomme-gutte, les Cardainones du Cambodge, l’Huile de bois fournie par des arbres du genre Dipterocarpus, et c’est à peu près tout ce qui peut nous intéresser.
- Une autre fois nous visiterons les colonies d’Amérique et d’Océanie, en nous arrêtant aussi aux expositions coloniales des autres puissances. Signalons, pour finir, l’exposition de l'Institut colonial de Marseille, dont M. le professeur Ileckel est le fondateur et la cheville ouvrière, et celle du Jardin colonial de Nogent-sur-Marne, placé sous la direction deM. Dybouski. Dans deux petites serres — où il faisait joliment chaud le jour où nous y sommes allés — se trouvent des représentants en jeunes plants de la plupart des végétaux originaires de nos colonies ou qu’il importe d’y cultiver. C’est ainsi que le Landolphia Heudelotii de la Côte occidentale s’y trouve voisiner avec le Cacao, avec des arbres à quinquina, avec le Semecar-pus Amercardium de l’Asie et de l’Australie tropicale, avec le Litchi d’Extrême-Orient, avec la Coca du Pérou, avec le Cocotier, avec le Castilloa elastica qui fournit le Caoutchouc du Mexique, avec les divers Caféiers d’Arabie, de Libéria, du Congo, avec le curieux Bananier pourpre de l’Afrique centrale, avec le Palétuvier, etc. Une visite à la serre du Jardin colonial constituera une excellente leçon de choses, combinée avec celles des autres pavillons coloniaux. P. H.vriot.
- MACHINES ÉLECTRIQUES
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- L’électricité joue à l’Exposition de 1900 un rôle important dont nous avons déjà parlé à plusieurs reprises. Il convient aujourd’hui de jeter un rapide coup d’œil sur les générateurs d’énergie électrique, et d’apprécier dans quelles conditions est utilisée actuellement, pour la production de cette énergie, la force motrice des diverses machines à vapeur que nous décrivions dans le numéro précédent.
- D’une manière générale, nous pouvons dire que l’exposition électrique proprement dite s’est fait ro-
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- MACHINES ÉLECTRIQUES
- Fig. 1. Alternateur de l'Allgemeine Elecktricitâts Gesellschaft. — Fig. 2. Alternateur Hélios. — Fig. 3. Alternateur Kolben. — Pig. 1. Alternateur d'Oerlikon. — Fig. 5. Alternateur Siemens et Halske. — Fig. 6. Alternateur Schuekert. — Fig. 7. Alternateur Laiimeyer, — Fig. 8. Alternateur dé la Compagnie industrielle de Liège.
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- MACHINES ÉLECTRIQUES
- Fig. 9. Allernaleur de la Société ^Électricité et^Hydraulique. — Fig. 10. Alternateur Farcot. — Fig. 11. Alternateur Boucherot, de la Maison Bréguet. — Fig. 12. Alternateur^ Labour. — Fig. 13. Alternateur de la Compagnie Fives-Lille. — Fig. 14. Dynamo à courant continu de la Compagnie générale d’électricité de Creil. — Fig. 15. Alternateur Schneider et C'\ — Fig. 16. Alternateur Grammont,
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- LÀ NATURE.
- marquer par un grand nombre de machines de toutes puissances, depuis 1 jusqu’à 5000 kilowatts à courants continus, alternatils, polyphasés; beaucoup de perfectionnements de tous genres ont été apportés à la construction de ces appareils qui, il y a onze ans, en 1889, venaient à peine d'acquérir officiellement droit de cité à Paris. Nous ne rencontrerons pas de grandes nouveautés, si ce n’est cependant les alternateurs compound de M. Leblanc et de M. Boucherot.
- Nous examinerons successivement les principales machines en suivant le même ordre que dans notre précédent article sur les machines à vapeur, en ce qui concerne les groupes électrogènes, en ajoutant, au fur et à mesure que nous rencontrerons un constructeur, la description de ses diverses machines.
- La maison Decauville aîné, qui depuis quelques années s’est adonnée à la construction électrique, nous présente une série de machines de diverses puissances et principalement deux dynamos multipolaires de 400 kilowatts chacune, à 250 volts et à 75 tours par minute. L’induit a son enroulement en tambour multipolaire, et l’inducteur est à pôles conséquents.
- La Compagnie de Fives-Lille est, en France, concessionnaire des brevets de Y « Allgemeine Elektrici-tiits Gesellschaft » ; elle expose donc tous les modèles de machines de cette puissante Société. Elle a cependant construit elle-même un alternateur à courants triphasés de 800 kilovolts-ampères, à 2200 volts et à la fréquence de 50 périodes par seconde. L’induit enveloppe entièrement l'inducteur; des segments en fonte au nombre de 4, reliés entre eux, forment un anneau dans l’intérieur duquel sont montées les tôles de l’induit. Celles-ci sont composées de feuilles de tôle de 0,5 millimètre d’épaisseur, isolées entre elles par du papier de soie, et serrées entre elles. Des trous sont disposés pour passer les tubes en micanite destinés à recevoir l’enroulement. Les noyaux inducteurs, au nombre de 76, sont montés sur la jante du volant de la machine à vapeur.
- La Société alsacienne des constructions mécaniques de Belfort a monté à l’Exposition divers modèles de la machine à courants continus, dite à collecteur extérieur, que nous connaissons déjà pour en avoir rencontré divers exemplaires, notamment à la station centrale du quai Jemmapes, à Paris.
- La Compagnie française Thomson-Houston, et la Maison Postel-Yinay, présentent un alternateur à courants triphasés à 5500 volts, 25 périodes par seconde et divers autres modèles de machines à courants continus et polyphasés de toutes puissances.
- La maison Bréguet, qui construit des machines dvnamos depuis 1875, expose une série de modèles à deux pôles pour les faibles puissances, et à plusieurs pôles pour les puissances supérieures. De notables améliorations ont été apportées à toutes ces dynamos de façon à protéger l’induit, à obtenir le calage fixe des balais et l’absence d’étincelles sur le collecteur. N’oublions pas de signaler le nouveau
- matériel à courants alternatifs simples et polvphasés que vient de créer la maison Bréguet. Mentionnons particulièrement l’alternateur compoundé de 756 kilowatts, système Boucherot, que nous regrettons de ne pouvoir décrire ici complètement, et qui a pour but de maintenir la tension constante aux bornes et sensiblement indépendante du débit de l’alternateur, à l’aide d’une dynamo excitatrice spéciale à enroulements sinusoïdaux et d’un transformateur de com-poundage. La maison Bréguet a également monté plusieurs machines dynamos et alternateurs de diverses puissances directement sur des turbines à vapeur de Laval.
- Dans l’exposition des établissements industriels A. Grammont, nous trouvons un alternateur à courants triphasés de 600 kilowatts à 2400 volts, à la fréquence de 50 périodes par seconde et à la vitesse angulaire de 94 tours par minute. Le courant d’excitation de cet alternateur est produit par une dynamo excitatrice compoundeuse système Hulin et Leblanc commandée par engrenage, et qui a pour but de maintenir la tension constante aux bornes de l’alternateur, quel que soit son débit.
- La maison Farcot expose un alternateur à courants biphasés de 750 kilowatts à 2200 volts par phase, à la fréquence de 42 périodes par seconde. Cet alternateur est pourvu des amortisseurs Hutin et Leblanc, qui ont permis d’assurer facilement le couplage en parallèle.
- MM. Schneider et Cie ont construit un alternateur de 840 kilowatts à courants triphasés, à 5000 volts et à la fréquence Je 50 périodes par seconde. Ils sont de plus concessionnaires de la construction de toutes les machines de la Compagnie de l’Industrie électrique de Genève, système Thury. Dans tout ce matériel, nous remarquons des dynamos bipolaires et multipolaires à courants continus, ainsi que des alternateurs à courants bi et triphasés, des alternateurs à fer tournant, et en particulier des machines multipolaires allant jusqu’à 5000 volts à courants continus pour la distribution à intensité constante et à haute tension.
- La Société « L’Éclairage électrique », qui depuis 1877 n’a cessé de s’occuper avec activité des applications de l’énergie électrique, nous présente un matériel complet d’appareils de production d'énergie électrique. Ce sont d’abord des dynamos à courants continus type Labour, bi ou multipolaires, de toutes puissances, pour distributions, des dynamos pour distributions à 5 ou 5 fils, des dynamos pour traction, pour électrolyse et métallurgie. Nous trouvons ensuite des alternateurs Labour, à courants alternatifs simples ou polyphasés à induit mobile ou à induit fixe, des dynamos dimorphes, donnant à la fois des courants continus et des courants alternatifs, simples, bi ou triphasés. Nous remarquons en particulier l’alternateur Labour de 1200 kilovolts-ampères à 5000 volts et à la fréquence de 50 périodes par seconde, et un autre alternateur Labour de 200 kilovolts-ampères à 30000 volts.
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- LA NATURE.
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- Dans l’exposition de la Compagnie générale d’élec-trieité de Creil, établissements Raydé et Pillé, se trouvent également des modèles de machines bi et multipolaires de toutes puissances, sans oublier la belle machine à courants continus de 1000 chevaux du groupe électrogène que nous avons déjà cité.
- Nous ne voulons pas oublier de mentionner plusieurs autres constructeurs bien connus : MM. Ilillai-ret, Sautter llarlé et Cie et la Compagnie générale de Nancy.
- La maison Sautter llarlé et Cio, en dehors de son matériel à courants continus, déjà bien apprécié dans l’industrie électrique, en dehors de ses spécialités relatives à l’éclairage des phares et des navires, a établi, sur les conseils de M. Blondel, tout un matériel à courants triphasés très remarquable. Nous citerons des alternateurs à courants triphasés de 5000 à 8000 volts, à fer tournant ou à inducteur tournant.
- La Compagnie générale de Nancy possède aussi un matériel très complet de dynamos à courants continus et à courants alternatifs et polyphasés; mentionnons l’alternateur à courants triphasés de 280 kilowatts à 5000 volts et à la fréquence de 50 périodes par seconde, qui est actionné par une machine Wev-her et Richemond dans un groupe électrogène.
- La maison Jacquet frères nous a montré toute une série de machines électriques à courants continus à 110, 220 et 440 volts, dont la construction ne laisse rien à désirer.
- La Compagnie électromécanique est le dépositaire en France de la Société Brown et Boveri de Suisse; elle expose plusieurs modèles intéressants de dynamos et d’alternateurs.
- Dans les sections étrangères, le matériel est aussi très complet, et nous trouvons partout des machines à courants continus, alternatifs et polyphasés de tous modèles et de toutes puissances. Nous nous bornerons à mentionner les machines les plus saillantes.
- C’est d’abord l’alternateur à courants triphasés de la Société Allgemeine Elektricitats Gesellschaft de Berlin, qui est exposée dans l’annexe de l’Allemagne. Cet, alternateur donne 5000 kilowatts à 6000 volts à 85 tours par minute, à la fréquence de 50 périodes par seconde ; il est muni des amortisseurs Hutin et Leblanc pour assurer sa marche en parallèle. L’inducteur a 72 pôles et a un diamètre de 7,4 mètres.; le diamètre total de l’alternateur est de 8,6 mètres.
- Vient ensuite l’alternateur Helios qui, par une disposition spéciale des enroulements, produit à la fois du courant alternatif simple (1200 kilovolts-am-pères), et des courants triphasés (1500 kilovolts-ampères). La vitesse angulaire est de 72 tours par minute et la différence de potentiel efficace de 2000 volts.
- La maison Siemens et Halske, de Berlin, dont la réputation n’est plus à faire dans toutes les branches de l’industrie électrique, a exposé un alternateur à courants triphasés qui a particulièrement excité l’attention des électriciens. Commandé directement par une machine à vapeur Bôrsig, cet alternateur
- donne une puissance de 2000 kilovolts-ampères à 2200 volts par phase.
- L'Elektricitâts Aktien Gesellschaft, autrefois Schuc-kert et Cie, est une des plus grandes maisons de construction électrique en Allemagne. Son exposition est considérable, surtout en ce qui concerne les divers générateurs d’énergie électrique. Nous avons un exemple frappant de la construction de cette maison dans l’alternateur à courants triphasés de 850 kilowatts à 5000 volts et à 50 périodes par seconde qui se trouve dans un groupe électrogène.
- La Société anonyme d’électricité, autrefois Lah-meyer et Ci0, nous montre dans un groupe électro-gène un alternateur à courants triphasés de 1000 kilowatts et une dynamo à courants continus de 550 kilowatts. Cette Société construit également tous modèles de dynamos à courants continus à 5 paliers ou à deux supports pour toutes puissances à 2 ou plusieurs pôles. Les génératrices à courants triphasés sont des machines multipolaires avec inducteurs tournants et induit fixe à l’extérieur; elles sont à faible réaction d’induit.
- La Société anonyme Électricité et Hydraulique de Charleroi, et qui a actuellement des ateliers en France, à Jeumont (Nord), construit des machines dynamos depuis 1879; à cette époque, M. Dulait occupait deux ouvriers. Les usines se sont rapidement développées et dans l’Exposition nous trouvons 2 alternateurs de 1000 kilowatts à courants triphasés à 2200 volts à 50 périodes par seconde, des dynamos à courants continus à commande directe et de toutes puissances.
- La Compagnie industrielle de Liège a exposé deux alternateurs à courants triphasés; l’une est de 1000 kilowatts à 2200 volts et tourne à 85,5 tours par minute, elle a 72 pôles, marche à la fréquence de 50 périodes par seconde; son rendement industriel, d’après le constructeur, atteint 94 pour 100 à pleine marche. Le deuxième alternateur à courants triphasés a une puissance de 80 kilowatts à 550 volts, tourne à 600 tours par minute et la fréquence est
- de 50 périodes par seconde. ----
- Nous remarquons encore l’alternateur à courants triphasés Kolben, d’une puissance de 825 kilowatts à 5000 volts; le nombre des pôles inducteurs est de 6 4, la vitesse angulaire de 94 tours par minute, et la fréquence de 50 périodes par seconde.
- La maison Ganz et Cie de Budapest, dont le nom est déjà bien connu dans l’histoire du développement des courants alternatifs, a toujours poursuivi la construction des alternateurs et des dynamos à courants continus. Dans un groupe séparé, elle expose une génératrice à courants triphasés de 1200 kilovolts-ampères à 2200 volts. Le volant de la machine à vapeur* porte les inducteurs, au nombre de 48, et l’induit fixe est à noyau lamellé. La vitesse angulaire est de 125 tours par minute et la fréquence de 50 périodes par seconde. La tension maxima du courant excitateur est de 90 volts et l’intensité maxima de 200 ampères. Nous n’insistons
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- LA NA TU K K.
- pas sur les autres modèles d’alternateurs à courants triphasés et de dynamos à courants continus que nous trouvons dans le stand de cette maison.
- L’éloge des ateliers de construction Oerlikon n’est plus à l'aire, et il suffit de nommer le nom du constructeur d’une machine sortant de ces ateliers pour en faire apprécier la valeur. Nous signalerons toutefois l’alternateur à courants triphasés de loOl) kilovolts-ampères à L500 volts. Ce générateur fonctionne comme alternateur à courants alternatifs simples à 12200 volts, les enroulements de l’induit étant couplés en parallèle.
- La Société Brown et Boveri expose également des
- alternateurs à courants triphasés et un matériel complet de dynamos d’une construction soignée. Nous mentionnerons aussi la maison Alioth, dont les machines sont utilisées dans un grand nombre d’applications industrielles.
- Dans cet article, nous n’avons pu que mentionner très brièvement les principaux constructeurs de générateurs d’énergie électrique, sans donner de grands renseignements sur la construction. Nous pouvons cependant assurer qu’aujourd’hui la construction des machines électriques est arrivée à un grand degré de perfection; on en trouve de toutes puissances, de toutes différences de potentiel, à courants continus,
- Fig. 17. Dynamo Dec:,mille. — Fig. 18. Dynamo l’ostel-Yiuay. —
- Fig. 20. Allermiteur do la Ci
- Fig. 19. Alternateur do la Compagnie électrique Tlmmson-llouslon. nnpagnie générale do .Nancy.
- à courants alternatifs simples et polyphasés, à vitesses angulaires réduites permettant souvent la commande directe par machine à vapeur, et toutes ces machines offrent des rendements industriels des plus satisfaisants. J. Laffarc.uf.
- LES PROGRÈS
- DF IA TFI.FC.RAPHIF SANS Fil,S1
- II
- Le système proposé par M. Blondel, pour assurer le secret des communications dans la télégraphie sans fils, est tout à fait différent de celui de M. Tom-1 Yov. n° 1425. du ta septembre 1900, p. 242.
- masi. Il repose sur une sorte d'accord que l’on produit entre le manipulateur et le récepteur. Cet accord avait déjà été cherché par les divers expérimentateurs, tels (pie Lodge et Marconi ; mais tous les essais avaient échoué, car les oscillations du manipulateur s’amortissent très vite, agissent à la manière d’un choc sur le récepteur, et dans ces conditions tout récepteur peut répondre aux signaux avec sa période particulière, contrairement à ce qui se passe pour les résonnateurs acoustiques. M. Blondel, tournant la difficulté, propose d’accorder non plus les fréquences des oscillations électriques du manipulateur et du récepteur, mais deux fréquences artificielles Beaucoup plus faibles, indépendantes des antennes, et qui sont la fréquence des charges
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- de l’antenne et celle des vibrations d’un téléphone sélectif. L’organe sensible de réception n’est plus ici un tube à limaille de M. Branly, mais un tube à vide : on a reconnu en effet qu'un tel tube, très résistant lorsqu’il est placé dans le circuit d’une batterie de piles ordinaires, acquiert une conductibilité notable lorsqu’il est impressionné par des ondes hertziennes. Dans le relais qui contient ce tube à vide, il suffit alors de placer un téléphone; celui-ci, parcouru par un courant oscillatoire au moment de chaque décharge, rend un son, et un son dont la hauteur est déterminée par le nombre de charges par seconde de l’antenne génératrice. On conçoit alors qu’en réglant convenablement les conditions d’établissement du circuit téléphonique (capacité, sell'-induc-tion), ou puisse arriver à le mettre en pseudo-résonance avec le poste d’émission, et parvenir ainsi à la sélection des signaux; on différencie deux stations par la hauteur du son, qui varie avec la fréquence des diverses émissions d’ondes à la station génératrice1.
- Tel est le procédé de M. Blondel : parallèlement à celui de M. Tommasi, il parait capable de conduire à la solution du problème : secret des dépêches. Mais la distance?
- Le record de la distance dans la télégraphie sans fils appartient sans conteste à M. le lieutenant de vaisseau Tissot, qui depuis longtemps s’est proposé d’utiliser la découverte aux communications entre navires et littoral. M. Tissot a considérablement augmenté la distance à laquelle on peut ainsi transmettre des dépêches en employant, pour déceler les ondes, des tubes particulièrement sensibles contenant des limailles de nickel oxydé, ou d’acier au chrome ou au tungstène, en un mot des limailles magnétiques. De plus les radioconduc-teurs sont placés dans un champ magnétique dont les lignes de force sont parallèles à l’axe du tube. La sensibilité du tube à limaille se règle d’ailleurs par la distance à laquelle on le place de l’électro-aimant producteur du champ magnétique auxiliaire; enfin, un choc extrêmement léger sur le
- Kiy. — Effluves modifiés p;u des
- tube suffit à lui rendre sa résistance primitive quand on supprime le champ de sensibilité ; et en se plaçant dans des conditions spéciales, on peut même supprimer complètement le frappeur.
- En l’absence de champ magnétique, les radiocon-ducleurs de M. Tissot possèdent des résistances variant entre 500000 et 500 000 ohms; avec un champ convenable, cette résistance tombe à 1000 ou 2000 ohms; le transmetteur se rapprochant, elle tombe encore et peut atteindre 5 ohms. Les résultats obtenus par M. Tissot sont déjà excellents : en em-
- 1 L’emploi d’un téléphone pour déceler les ondes avait été proposé depuis quelque temps déjà par M. Colson; on sait d’ailleurs que le téléphone est un des appareils les plus sensibles aux courants alternatifs.
- vibrations sonores dans un (il tendu.
- ployant des antennes de 50 mètres seulement de hauteur, on a pu établir une communication parfaitement nette entre un cuirassé de l’escadre du Nord et le phare de Bortzic ; distance, Gl kilomètres.
- On a pu remarquer que les expériences de M. Tissot ne réalisent pas seulement un progrès considérable relativement aux distances de transmission ; l’emploi des limailles magnétiques permet l’auto-décohération du tube récepteur.
- Cette autodécohération a été obtenue du reste aussi par M. Tommasi, en employant des cohé-reurs à charbon (poudre de charbon des microphones) : l’autodécohération s’obtient sans l’intervention d’aucune action, même électrique, ce qui permet de
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- LA NATURE.
- simplifier considérablement le mécanisme de la réception.
- Nous terminerons ce rapide exposé des progrès de la télégraphie sans fils en disant quelques mots de phénomènes accessoires observés par M. Tom-masi le long du fil radiateur des ondes hertziennes : M. Tommasi, ayant entendu des crépitements rythmés le long du fil, pensa naturellement que ce crépitement devait être accompagné, dans l’obscurité, d’une série de lueurs se propageant le long du lil. L’expérience confirma cette prévision et montra que les aigrettes paraissaient vibrer synchroniquement non pas avec les étincelles de l’oscillateur, mais avec les mouvements du trembleur de la bobine d’induction. M. Tommasi a pu photographier ces effluves par action directe sur des plaques au gélatino-bromure. Les deux figures ci-jointesmontrent les résultats ainsi obtenus dans des conditions bien déterminées. Il est à peine besoin de dire (pie ces phénomènes secondaires, et tous autres du même genre qu'on pourra découvrir, sont sans doute appelés à jouer un rôle important dans la théorie de la propagation des ondes hertziennes.
- C’est là un côté de la question que nous ne pouvons aborder encore, mais l’esprit humain s’y est déjà attaqué; car l’homme est ainsi fait que l’usage et la pratique d’une découverte ne lui suffisent pas : il veut conqirendrc ; et )>our cela il ne recule devant aucune hypothèse, devant aucune conception. A peine s’arrête-t-il un instant surpris par une découverte qui est une véritable révolution ; la curiosité le reprend aussitôt, il repart explorer des horizons nouveaux, et il trouve tout simple que la nature lui révèle une à une ses admirables et mystérieuses lois. J- Derôme,
- Licencié es sciences.
- CHRONIQUE
- L'éclairage électrique public à Paris. — Dix
- ans à peine se sont écoulés depuis le jour où l’éclairage électrique pouvait enfin prendre place à Paris. I ne des applications principales, auxquelles le Conseil municipal de Paris pensa de suite fut l’éclairage public. On adopta aussitôt un modèle de candélabre spécial tout orné, d’une hauteur de 4 ou (3 mètres suivant le cas, et terminé à la partie supérieure par une lyre dans laquelle était placée une lampe à arc muni d’un globe sphérique. A la veille de l’Exposition de 1885, 110 foyers électriques furent installés sur les grands boulevards où ils n’ont cessé de fonctionner. Le nombre des foyers a été ensuite augmenté graduellement d’année en année; en 1893, on en comptait 298 sur la voie publique et 84 dans les promenades, soit au total 582. En 1896, le nombre était porté à 536 sur la voie publique et à 114 dans les promenades, soit au total 650. En 1899, il y avait 1249 lampes à arc sur la voie publique et 142 dans les promenades, soit 1591. Au commencement de l’année présente, le plan de cam-pagne comprenait l’installation de 450 foyers nouveaux environ, sans compter l’éclairage de 1 Exposition ; c’est cette installation qui se poursuit actuellement, de sorte qu’à la fin de l’année 1900, nous aurons à Paris près de 1850 fovers électriques pour l’éclairage électrique public.
- Prix d'une barre de fer ouvragée. — Un métallurgiste vient d’avoir une idée curieuse. Il a recherché la valeur que peut prendre une barre de fer suivant l’usage qu’on en fait.
- Une barre de fer valant 25 francs, vaudra :
- e en fers à cheval. . . . 60 francs.
- en couteaux de table. . 800 —
- en aiguilles 1 776 -
- tm lames de canifs . . 15 928 -
- (m boucles de boutons . 22 425 -
- en ressorts de montres . 125 000
- ou plus travaillés sont les morceaux et plus
- Plus petits
- gros est le produit, telle est la conclusion à tirer de ce petit calcul, qui doit évidemment trouver d’autres applications.
- Les matelas d’air pour les ascenseurs. —
- Nous avons déjà parlé ici de l’emploi de matelas d’air que des ingénieurs américains recommandent pour former des tampons amortisseurs de sécurité au bas des ascenseurs : la cage de l’ascenseur, à la fin de sa course, glisse dans un puits à parois étanches où il produit l’effet d’un piston, et par suite son mouvement de descente doit forcément s’amortir peu à peu et sans violence si aucune ouverture n’existe dans le bas du puits. Nous pouvons aujourd’hui citer un exemple d’une installation de cette sorte, et sur une très grande échelle : nous le trouvons dans une construction toute neuve de New-York, l'Empire Building. 11 faut dire que le bâtiment en question est un des monstres à 24 étages si nombreux maintenant aux Etats-Unis, et qu’il ne possède pas moins de 10 ascenseurs disposes en cinq groupes, ascenseurs tous hydrauliques, dont neuf sont spécialement destinés au transport des voyageurs, tandis qu’un seul est chargé de remplir les fonctions de monte-charge et peut élever des poids d’au moins 5600 kg. Chacun des puits de ces divers ascenseurs est absolument indépendant depuis le plancher du troisième étage jusqu’au niveau du sol, et se trouve enfermé, dans cette portion de son développement, entre des murs pleins qui ne présentent comme ouvertures que les seules portes d’accès aux cabines. C’est sur cette hauteur de trois étages, qui correspond à peu près à une quinzaine de mètres, que se trouve disposé naturellement le coussin d’air amortisseur de chute. Les portes d’accès dont nous venons de parler sont en deux parties qui glissent et s’effacent en rentrant dans la muraille : d’ailleurs elles sont faites de bronze et offrent une résistance suffisante pour supporter sans fléchir la pression d’air qui s’exercerait sur elles, au cas où la cage de l’ascenseur tomberait et viendrait former piston de compression dans la partie du puits à murailles pleines. Bien entendu le plancher de chaque cabine a été lui-même renforcé de manière à résister à la pression équivalente qui se ferait sentir sur lui de bas en haut en pareil cas. A partir d’un peu au-dessous du plancher du troisième étage, les murs de la cage présentent un certain fruit, et cette inclinaison se continue jusqu’au-dessous également du plancher du deuxième : on comprend que cette disposition aurait pour but de laisser partiellement échapper l’air qui se trouverait com|trimé par la chute d’une cabine. Alors que, à fa hauteur du troisième, il v a un jeu de 25 centimètres environ tout autour de la cabine, celle-ci touche presque les murailles devenues verticales dans la portion tout à fait inférieure de la cage. Les ingénieurs américains estiment que la longueur sur laquelle s’applique le matelas d’air doit être du 16
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- de la course totale de l'ascenseur : dans l’installation à laquelle nous faisons allusion, le matelas, c’est-à-dire la longueur totale de la partie hermétiquement fermée de la cage, est de 15 mètres, comme nous l’avons dit, alors que le parcours total des ascenseurs est de 87 mètres environ. Dans le fond de chaque puits est une soupape d’aspiration qui s’ouvre à l’intérieur de la cage au fur et a mesure que monte la cabine, afin d’éviter la formation du vide qui se produirait autrement. Il y a aussi une soupape d’échappement, qui elle peut s’ouvrir extérieurement, et elle est réglée de telle sorte qu’elle ne fonctionne pas sous la pression normale qui résulte de la descente régulière de la cabine ; mais sous la pression beaucoup [dus forte résultant d’une chute libre, elle s’ouvrirait et diminuerait un peu l’énorme compression qui se manifesterait autrement. On a expérimenté le dispositif en question en laissant tomber une cabine de la hauteur du vingtième étage, et des œufs qu’on avait posés sur le plancher de ladite cabine n’ont pas souffert la moindre fêlure.
- I,a télégraphie sans (ils et les phares. — On
- se propose d’ériger, au sommet du phare américain Nan-tucket South Shoal, un màt de grande hauteur pour donner la possibilité aux navires d’envoyer à cette station des messages de télégraphie sans fil. Ce feu est à 560 kilomètres environ de Fire Island, à l’entrée de New-York, et de la sorte, les navires venant du large pourraient avertir de leur arrivée une quinzaine d’heures avant de se trouver devant leurs appontcments.
- Cuirassés américains. — Les Américains s’apprêtent à mettre sur chantier une série de cuirassés du type Georgia, ayant entre perpendiculaires une longueur de 152™,50, une largeur de 25m,15, un déplacement de 14fi,)0 tonneaux même aux essais, et une puissance de 19 000 chevaux-vapeur.
- L‘élcctro*métailurgie en Suisse. — On va, paraît-il, créer une importante installation électro-métallurgique près de Meiringen, dans l’Oberland bernois. Une concession a été accordée par l’État pour l’exploitation d’un gisement d’hématite, en un point où l’on a trouvé une veine de plus de 2 mètres d’épaisseur, qui est visible sur le flanc de la montagne pendant plus de 5 kilomètres. Le minerai sera transporté par câbles aériens jusqu au niveau inférieur du village d’Innerkirchen ; la force motrice sera fournie par une chute d’eau dont on a obtenu également la concession, et qui représente une puissance d’au moins 60000 chevaux. C’est naturellement cette même chute qui engendrera le courant nécessaire aux fours électriques de fusion. La question est d’autant plus intéressante que la métallurgie a toujours été gênée en Suisse par le manque de combustible.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 17 sept. 1900. — Présidence de M. M. Lévy.
- M. Hirsch, directeur de l'observatoire de Neufchûtel, MM. les professeurs Blaserma, de Rome, et Viktor von Lang, de Vienne, assistent à la séance.
- Nomographie. — M. Maurice d’Ocagne, ingénieur des ponts et chaussées, qui a presque créé, sous le nom de Homographie, une branche nouvelle des mathématiquesy ayant pour objet la résolution numérique des formules algébriques les plus diverses, à l’aide de courbes ou
- abaques, tant il a transformé et étendu les procédés de résolution graphiques, adresse une Note relative à la résolution de l’équation du 7° degré au moyen d’abaques. Cette communication a été provoquée par une assertion d'un savant qui, dans le Congrès des sciences mathématiques, avait avancé que l’équation du 7° degré ne pouvait être résolue à l'aide des abaques.
- Varia. — M. Berthelot adresse une Note sur la décomposition des éthers nitriques par rammoniaque. — M. Léo Vignon communique un travail sur la décomposition des nitrocelluloses. Ch. de Yilledecil.
- LE CHR0N0 DE POCHE
- Do même que les appareils ordinaires ont été d’abord lourds et encombrants pour devenir ensuite de plus en plus réduits jusqu’à constituer l’appareil de poche, le cinématographe tend de plus en plus à réduire son volume et son poids... ainsi que son prix. C’est dans l’exécution du cliché plus encore que dans l’achat de l’appareil que la question de prix peut intervenir, car pour les modèles courants une bande négative coûtant toujours environ oO francs on y regarde à deux fois avant de choisir un sujet ; d’autant plus qu’il faudra ensuite faire un positif qui coûtera à peu près le même prix. Il n’est pas indispensable de pouvoir faire chez soi, dans une pièce de dimensions souvent assez faibles, des projections de 5 ou 4 mètres carrés ; beaucoup d’amateurs s’ac-comoderaient d’une image plus réduite pourvu qu’ils obtinssent une série suffisante pour reconstituer l’animation d’une scène qui les intéresse. C’est dans cet ordre d'idée que M. Gaumont a créé un modèle très réduit du chronophotographe Dernenv, déjà bien connu de nos lecteurs, qui permet d’obtenir des résultats dont le prix est environ le dixième de celui dont nous parlions plus haut. Le mécanisme de l’appareil est identiquement le même que celui des modèles de dimension plus grande : nous y retrouvons les bobines A et H servant de magasin à la pellicule, l’une au départ, l’autre à l’arrivée ; la came C qui constitue le brevet Demeny et permet l’arrêt de la pellicule pendant un instant derrière l’objectif H; la roue dentée D agissant toujours sans traction sur une partie lâche amenée par cette came ; la fenêtre F qui se rabat sur la bande pour la maintenir en place et permet de l’éclairer par derrière lorsqu’on lait de la projection ; enfin tous les détails de mécanisme (pii font du chronophotographe l’excellent appareil que l’on connaît. Mais tous ces organes ont été réduits et l’ensemble n’a plus que 0m,20 de haut sur 0m,07 d’épaisseur et 0m,09 de longueur;la pellicule n’a plus que 5 mètres de long, cependant comme les images n’ont qu’un centimètre de haut il y en a encore 500 par bande, ce qui est suffisant pour reconstituer une scène animée.
- L appareil est muni d’un viseur et il se met en mouvement au moyen d’une manivelle ; mais on a voulu éviter même la peine de tourner celle-ci et on peut la remplacer par un mouvement d’horlo-
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- g<;rie qui met en action le mécanisme. Cela a l’avantage de conserver à l’appareil une immobilité plus grande et de permettre de le tenir à la main pendant la prise du négatif; ensuite cela permet, si on veut le poser sur un pied ou un support quelconque, de venir se placer soi-mème dans la scène représentée. Pour obtenir une puissance suffisante il a fallu avoir recours à un ressort d’assez grande dimension et l’ensemble du mouvement d’horlogerie a nécessité une boîte presque aussi volumineuse que l’appareil lui-même; mais elle en est complètement indépendante et se monte ou se démonte instantanément au moyen d’une seule vis. On peut donc au dernier moment se servir indifféremment de la manivelle ou du moteur.
- La baiyle impressionnée se développe aussi facile-
- ment qu’un cliché grâce à une disposition très simple qui consiste à la placer, au sortir de la bobine où elle est enroulée, sur un cadre qu’on manie aussi facilement qu’une plaque ordinaire dans le bain de développement et de fixage. Le tirage des positifs se fait en employant l’appareil qui a servi à faire le négatif; pour cela on installe la bobine contenant le négatif à la partie supérieure de l’appareil, sur un petit chevalet S disposé à cet effet, puis on engage l'extrémité de la bande dans une fente E qui sert d’entrée à un couloir se prolongeant à l’intérieur de l’appareil. La bobine A contient une bande vierge dont on prend l’extrémité pour la poser en même temps que celle du négatif sur le mécanisme entraîneur CI); on les sépare l’une de l’autre en amorçant la bande sensible sur la bobine B,
- Le chrono (le poche de M. Gaumont.
- tandis que la négative ressort de l'appareil par le couloir L. fies dispositions prises, dans le laboratoire bien entendu, on enlève l'objectif et on n’a plus qu’à tourner la manivelle devant une lumière artificielle ou une fenêtre pour obtenir l’impression ; on développe ensuite en se servant du cadre spécial comme pour le négatif.
- Pour regarder le résultat, on peut procéder de deux façons. Si l’on ne veut pas faire de projection on n’a qu’à replacer la bande positive dans l’appareil comme s’il s’agissait de prendre un cliché, puis laisser la porte ouverte en dirigeant la fenêtre F vers la lumière et mettre l’œil à l’objectif. On aura soin auparavant d’enlever le diaphragme de celui-ci et de remplacer l’obturateur ordinaire par un autre à ouverture plus échancrée; cette opération se fait très facilement, les obturateurs étant constitués par de petits disques de carton qui se montent à bayonnette sur l’extrémité de l'axe qui les met en mouvement.
- Pour la projection sur un écran, ce qui sera le cas le plus général, on procède de la même manière ; mais on dispose le condensateur d’une lanterne à projection, de façon à concentrer toute la lumière sur la fenêtre F rabattue sur la bande. On emploie comme source de lumière un bec Auer ou si c’est possible une lampe oxyéthérique et on obtient une image de 60 centimètres de coté qui est très suffisante pour une séance d’amateur. Si on dispose de la lumière électrique, on peut en obtenir de 1 m2 et même davantage.
- Ce petit appareil aura une grande influence sur la vulgarisation complète de la photographie du mouvement en permettant aux amateurs de faire eux-mêmes et avec un outillage peu coûteux et peu compliqué toutes les opérations quelle nécessite. G. M.
- Le Gérant : I*.
- Paris. Imprimerie I.aiiihe, rue de Fleuras, 9.
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- N° 1427.
- 211 SEPTEMBRE 1900.
- LA NATURE.
- m
- LE CINÉMATOGRAPHE
- ♦
- A i/kxPOSITIOA I)K i/eNSEIGNKMENT I)K LA VILLK DK PARIS
- La foule délaisse on général à l'Exposition les sections d’enseignement, eela ne l’intéresse pas. Et cependant, ce serait une excellente occasion de se rendre compte de Belfort lait chez nous depuis vingt ans pour le développement de l’instruction publique, de comparer les méthodes employées dans les diffé-rents pays, de voir que si des peuples voisins avaient compris avant nous l’importance du maître d’école, nous sommes aujourd’hui à leur niveau [tour les résultats obtenus. Mais les salles où tout cela peut
- se lire presque d'un coup d’œil restent désertes, leur aspect est peu séduisant et le public ne prête aucune attention aux tableaux accrochés aux murs; tous ne sont pas cependant relatifs à la statistique; quelques-uns représentent les phases intéressantes de la vie scolaire qui mériteraient de lixer un pou plus l'attention. On passe indifférent parce que ces tableaux, si exacts qu’ils soient, ne donnent qu’un instant de cette vie scolaire, toute faite cependant d’agitation; ils ne sont pas vivants et se contentent do représenter froidement une phase d'actes qui ne sont intéressants qu’autant qu’ils se déroulent complètement dans une continuité parfaite : tels par exemple l’entrée et la sortie des classes avec ordre
- et méthode, le mouvement de gymnastique élémentaire, les travaux manuels, etc.
- Dans le pavillon de la Ville de Paris, M. Rédorez, directeur de l’enseignement primaire à la Préfecture de la Seine, a voulu réagir et rendre la section intéressante, y attirer le public ; — il y a parfaitement réussi en faisant installer des tableaux en projections animées.
- 11 s’est adressé pour étudier la question à M. G. Remény, dont les travaux sur la chrono-photographie sont populaires depuis longtemps et qui est en même temps d’une compétence reconnue dans tout ce qui touche à l’éducation physique. Le problème n’était pas des plus faciles «à résoudre parce qu’il fallait se contenter de peu de place, de peu de lumière, et fonctionner automatiquement d’une fa-28“ année. — 2“ semestre.
- çon conliuue; M. Remény, aidé de M. Gaumont, le constructeur de ses appareils, a parfaitement su résoudre la question.
- Nous avons déjà décrit ici le chronophotographe Remény, nous n’y reviendrons pas ; mais nous rappellerons cependant que pour une projection continue il présente le grand avantage de n'avoir aucun mouvement à intermittence brusque dans l’entraînement de la bande; celle-ci fermée en boucle peut passer indéfiniment pendant des heures sans aucune détérioration. La disposition adoptée est la même que celle du premier kinétoscopc d’Edison : la bande, pelliculaire qui a une longueur totale de 2U mètres est développée sur une série de poulies placées les unes a côté des autres en bas et en haut d’un cadre vertical, elle arrive en dessus de l’appareil et passe
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- ,A\
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- LA NATURE.
- outre l'objectif et la source de lumière; celle-ci est constituée par une lampe à incandescence de 100 bougies. La lampe à arc à feu nu deVait être en effet exclue comme pouvant présenter un certain danger d'incendie, surtout pour un appareil destiné à fonctionner sans surveillance. La projection est reçue sur un verre dépoli de 0n,,5U sur 0in,40; elle dure 45 secondes et recommence aussitôt.
- L’entraînement de la bande est obtenu comme dans les appareils ordinaires, mais la manivelle est remplacée, par un petit moteur électrique (M. Gaumont avait du reste déjà réalisé depuis quelque temps un type d’appareil à moteur électrique pour les grandes projections; il permet de faire passer sans arrêt uiu* série de H à 10 bandes collées bout à bout et enroulées sur un tambour unique). 11 v a six appareils placés l’un à côté de l’autre sur la galerie du 1er étage du pavillon de la Ville de Paris; ils sont renfermés dans un cabinet en tôle de fer, et un couloir, ménagé entre lui et le mur, permet au public de passer dans l'obscurité devant la série de verres dépolis où il voit se dérouler les scènes de la vie dans les écoles municipales de Paris. G. M.
- ——
- L’AEROSCOPE
- On voit en ce moment à l’Exposition nn appareil appelé « Aéroscope », qui présente un certain intérêt.
- Qu’on imagine une palette en bois, de deux mètres de longueur et d’une largeur uniforme de huit centimètres, tournant autour de son milieu avec une vitesse d’environ quinze cents tours à la minute ; voilà tout l’aéroscope. La palette a été blanchie à la chaux et donne à la lumière, quand elle est en mouvement, l’impression d’un léger écran circulaire à travers lequel la vue peut s’étendre. En arrière, et à lm,20, est disposé nn écran noir parallèle au plan de rotation de la palette. Palette et écrans sont disposés à 3 mètres de hauteur.
- La pièce dans laquelle se trouve l’aéroscope ayant été plongée dans l’obscurité et l’appareil ayant été mis en mouvement, on projette sur le cercle engendré par la palette l’image photographique très vivement éclairée d’un objet. Cette image est alors donnée et sur le cercle de la palette et sur l’écran disposé en arrière, et, pour les spectateurs placés en dessous et par côté, l’image portée prend de la profondeur, a du corps et donne l’illusion de la réalité.
- Les images projetées sont, généralement, des photographies de diverses sortes de nuages et l’effet produit est réellement saisissant d’exactitude.
- L’aéroscope pourra sans doute recevoir quelques perfectionnements. Son principe n’est pas absolument neuf; mais il ne paraît pas avoir reçu encore les applications dont il est susceptible. 11 est vraisemblable que l’illusion pourrait être encore augmentée et étendue par l’emploi simultané de plusieurs palettes en mouvement placées les unes derrière les autres. Peut-être pourrait-on aussi en faire l’application aux panoramas, et, dans ce cas, au lieu d’offrir aux regards des spectateurs des vues lointaines dont l’art du peintre a seul pris soin de former les perspectives, on leur montrerait la nature elle-même avec tous ses reliefs. D.
- L’INDUSTRIE CHIMIQUE
- A f’fXPOSITIOX DF, 1900
- III *
- Si nous nous dirigeons vers le palais des Industries chimiques et vers la classe des produits chimiques et pharmaceutiques, nous trouverons en dehors du Salon de l’Exposition centennale, tant au rez-de-chaussée qu’au premier étage, les produits présentés par la France et diverses contrées étrangères. Nous étudierons successivement les installations de ces différents pays et les tendances principales de leurs industries.
- France. — Mettant en action le proverbe qui dit que (( Charité bien ordonnée commence par soi-même », nous débuterons par la France, amphitryon de ce banquet auquel sont venues s’asseoir les nations du monde entier.
- Bien que les vitrines présentées par les diverses maisons françaises ne soient pas intimement groupées et soient assez difficiles à embrasser d’un coup d’œil général, un examen plus approfondi permet de remarquer les expositions les plus intéressantes et les industries les plus « en progrès ».
- Parmi les gros produits chimiques, nous retrouvons là les résultats des diverses méthodes concurrentes que nous signalions dans nos derniers articles : l’ancien procédé Leblanc est représenté par les grandes usines de Saint-Gobain, Chauny etCirev; de la Société Malêtra, de Rouen; de Kuhlmann, de Lille; on v suit les diverses transformations du soufre et des pyrites en acide sulfurique ; du chlorure de sodium en sulfate de soude, puis en carbonate ; de l’acide chlorhydrique en chlorures décolorants et chlorates ; du nitrate de soude en acide nitrique, etc.
- Le procédé Sol va y est représenté par l’exposition de l’usine de Dombasle, près de Nancy ; on y voit, outre les produits obtenus par cette méthode, un plan de cet établissement. Celui-ci occupe près de 2000 ouvriers et possède des chaudières de 5000 chevaux actionnant 65 machines à vapeur. Ce procédé est complété par l’emploi de l’appareil Mallet situé au rez-de-chaussée et montant presque au sommet de la galerie et formé de plateaux superposés en fonte ; cet appareil est destiné à dégager l’ammoniaque des divers résidus, eaux vannes, eaux ammoniacales du gaz, etc. Ces produits, traités par un lait de chaux et chauffés à la vapeur, laissent distiller leur ammoniaque que l’on n’a plus qu’à condenser dans l’acide sulfurique ou chlorhydrique pour en faire les sels ammoniacaux correspondants.
- Enfin l’électrochimie a son exposition et ses appareils dans la classe 24 et dans son annexe, le long de l’avenue de La Bourdonnais. L’exposition comprend les magnifiques produits obtenus par cette méthode : chlorates, per-sulfates, permanganate de potasse, etc., les différents métaux préparés au four électrique, les carbures métalliques, notamment le carbure de calcium qui a donné un tel développement à la consommation de l’acétylène. De plus, on verra fonctionner dans l’annexe les différents fours industriels qui permettent d’obtenir ces produits dont on pourra suivre la fabrication d’une façon détaillée.
- Dans la vitrine des usines de Saint-Gobain, Chauny et Cirey, on verra également la reproduction d’une « cellule pour le pi'océdé Ilargreaves ». Ce procédé consiste à élec-trolyser le sel marin ou chlorure de sodium pour en extraire d’une part la soude que l’on carbonate de suite
- 1 Yoy. n° 1426, du 22 septembre 1900, p. 259.
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- LA NATURE.
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- par un courant de gaz carbonique, d’autre part le chlore que l’on convertit en chlorures décolorants.
- En dehors de ces gros produits, on pourra examiner les engrais, et les stéarines, savons et glycérines des régions de Lyon et de Marseille ; les couleurs d’aniline fort bien présentées par la Société des produits chimiques et matières colorantes de Saint-Denis; les indigos synthétiques ; l’exposition collective des fabricants d’iode présentant le brome et l’iode extraits des cendres de varechs; les soufres raffinés de Marseille, le phosphore et les produits annexes : noir animal, phosphures, colles et gélatines des environs de Lyon ; les divers dérivés de la distillation du bois des usines de la Nièvre ; le tartre et les acides tartrique et citrique de la région méditerranéenne ; les résines et les vernis ; les couleurs minérales, les outremers de Lyon et dé Lille; les magnifiques sucres et alcaloïdes obtenus par M. Tanret; les parfums naturels ou synthétiques notamment l’ionone, base de l’essence de violette, et le musc artificiel sont également à mentionner tant dans la section chimique que dans la classe de la parfumerie ; on trouvera, dans la vitrine de MM. Chenal, Douilhet et C‘% une superbe collection de terres rares et de leurs composés, qui représente un travail considérable ; enfin les grosses industries un peu- spéciales du papier, du gaz, et des pétroles, quoique n’avant pas subi d’évolution bien marquée, possèdent également des expositions intéressantes.
- A signaler encore, comme complément à cette classe de produits chimiques, les fabricants d’appareils de métal et de verrerie qui nous présentent leurs derniers modèles.
- Allemagne. — L’exposition chimique allemande présente, de même que les autres sections de la même nation, un agencement et une cohésion remarquable. Bien réunies dans un espace relativement restreint, les diverses vitrines sont dans un ordre tel qu’un simple coup d’œil permet pour ainsi dire d’embrasser toute la section et de se rendre compte de sa valeur. On a, en y pénétrant, la sensation d’un peuple fort, très soucieux de sa renommée et jaloux de la justifier et de la conserver. C’est dire que les produits chimiques allemands tiennent une belle place parmi leurs congénères.
- Los vitrines de cette nation nous présentent un grand nombre de matières colorantes dérivées du goudron de houille; des indigos synthétiques; un groupement méthodique des produits retirés de la distillation du bois; divers parfums synthétiques ; des échantillons des différentes substances employées en photographie, en analyse chimique, en pharmacie, en parfumerie et en confiserie; des bonbonnes des divers gaz liquéfiés dont nous avions signalé la nouvelle industrie dans notre dernier article : chlore, ammoniaque, acide sulfureux et acide carbonique. La grande industrie est également représentée d’une façon remarquable et les mines de Stassfurt, réservoir de ses matières premières, ont élevé là un intéressant monument dont le piédestal est fait de sel extrait de la mine; les produits qu’on en extrait, outre le chlorure de sodium et divers sels de magnésie, comprennent la majorité des engrais potassiques employés sur notre continent. Enfin une machine Linde à air liquide fonctionne régulièrement dans cette section.
- Les appareils chimiques, en verre ou en métal, sont d’une exécution remarquable ; la poterie, genre Doulton, résistant aux acides, est aussi façonnée supérieurement et se présente sous forme de pompes, colonnes à distiller, etc.
- Angleterre. — Nos voisins d’outre-Manche sont représentés principalement par les gros produits chimiques,
- fabriqués dans les principaux centres industriels, par les savons et la parfumerie, par la stéarine et les bougies, par les matières colorantes et par les produits pharmaceutiques. Leurs poteries Doulton font concurrence aux produits allemands.
- Autriche. — L’exposition autrichienne est surtout à citer pour les diverses substances provenant de la grande industrie chimique et qui occupent la majorité de ses vitrines. A signaler aussi les papiers et les celluloses, dont la fabrication est justifiée par les nombreuses forêts qui occupent certaines régions du pays.
- Belgique. — L’Union commerciale des fabricants belges de produits chimiques nous donne là les principaux spécimens des substances qu’elle prépare. L’usine belge Solvay occupe à côté une place importante qu’elle emploie à nous présenter ses matières premières, ses produits fabriqués et les diverses applications dont ils sont susceptibles ; on y trouvera aussi la marche de la production de la soude et de l’abaissement successif de son prix ; enfin les huiles animales, le soufre, les gélatines, le papier, la verrerie, terminent dignement l’exposition de cet industrieux pays.
- Sans ennuyer nos lecteurs, pour l’examen des sections des autres pays moins importants, d’une énumération qui serait forcément un peu fastidieuse, nous citerons seulement les principales expositions :
- Les Etats-Unis, qui semblent manifester une certaine infériorité dans la section chimique, nous montrent leurs différentes exploitations de pétroles et les divers corps qu’on peut en extraire.
- La Hongrie, outre ses pétroles, présente sa stéarine et ses bougies, ses cuirs et ses produits retirés du bois : cellulose et papier d’une part, produitsde distillation d’autre part; la fabrication de la dynamite Nobel est aussi représentée.
- L’Italie se fait remarquer par sa papeterie, sa parfumerie, ses colles et gélatines, enfin par sa fabrication d’acide carbonique comprimé. Le Japon, qui commence à prendre son essor, nous donne de beaux échantillons de camphre de Formose ; les Pays-Bas font surtout porter leur industrie vers la production des bougies et des savons et de la parfumerie ; on remarquera dans la section russe, outre des vitrines intéressantes de gros produits chimiques et d’engrais, l’exposition des stéarineries et fabriques de bougies qui se sont distinguées par la confection d’un arc de triomphe en stéarine, dont on ne peut niella bonne qualité, puisqu’elle n’a pas souffert le moindre dégât malgré la température torride qu’il a fait dernièrement dans les galeries du Champ-de-Mars. La Suède et la Norvège, mettant à profit leurs forêts immenses et leurs nombreuses chutes d’eau, nous présentent une exposition de celluloses et de papier, ainsi que du carbure de calcium ; enfin ce dernier produit est également à mentionner dans la section delaSuisse dontles torrents des montagnes permettent aussi d’avoir la force motrice et électrique à bon marché.
- Somme toute, le visiteur consciencieux emporte de sa visite à la section des Industries chimiques, l’impression générale d’un réel progrès, tant au point de vue de la beauté des produits que de leur fabrication et de leurs prix de revient ; les transformations industrielles s’y effectuent sans grandes secousses, mais d’une façon incessante. A ce point de vue, notre pays est en bon rang parmi les grandes nations; mais des efforts considérables et intelligents sont nécessaires pour l’y maintenir; c’est là la tâche de nos savants et de nos industriels français ; ils n’y failliront pas. A. Hébekt,
- Chef-adjoinl des Travaux Chimiques à l’Ecole Centrale.
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- LA NA TU HE.
- IA S0LÉN0BIE DU PIN
- Au inuis de mai dernier, nous recevions de M. A. Tissandier de petits insectes qu’il avait recueillis en grand nombre à Jurançon, près de Pau, sur un cèdre récemment abattu et dont l’aspect l’avait vivement frappé. 11 les comparait avec leurs carapaces à de petits Hernard-l’Ermile.
- C’était simplement de petites chenilles munies de fourreaux formés de débris de lichens et de grains de sable, qu’elles portaient partout avec elles redressés, ne laissant sortir au dehors que la tète et les premiers anneaux du corps portant les pattes, et rien n’était plus curieux que de les voir courir ainsi en tous sens.
- Grâce à l’obligeance de M. l’abbé de Joannis, l’un de nos plus distingués lé-pidoptéristes, nous avons pu déterminer exactement à quelle espèce appartiennent ces jeunes chenilles et iigurer leur papillon mâle et femelle d’après des spécimens de la collection Raugoot appartenant actuellement au Muséum.
- Les mœurs si curieuses de cet intéressant insecte ne manqueront certainement pas d’intéresser beaucoup de nos lecteurs.
- Il a reçu de Zeller le nom de Solenobia Pineti, de la famille des Tinéides.
- Le nom de Solenobia a été donné à ce genre parc»; que toutes les chenilles qui le composent, vivent abritées dans un tube ou sac qu’elles se construisent et qu’elles ne quittent jamais.
- Elles l’agrandissent au fur et à mesure se développent et son extrémité postérieure, la pointe, fermée en une sorte de valve, est formée de trois parties ou lèvres qui s’écartent pour donner passage aux excréments de la chenille et plus tard pour la sortie de l'insecte parfait.
- Comme on peut le voir par l’examen de la ligure 1, le male est un petit papillon d’environ un centimètre et demi d’envergure; il est gris brun, soyeux, avec de petites taches plus claires que le fond, visibles à la loupe et ressemblant beaucoup à certains papillons mâles du genre Psyché, ressemblance qui se retrouve d’ailleurs aussi chez les femelles et chez les chenilles avec leur fourreau.
- La femelle, en effet, est toujours aptère, larvi-forme. Les figures 5 et \ la montrent grossie ; sa
- longueur atteint à peine un demi-centimètre, sa couleur est roussàtre, elle ne vit guère que pour la ponte, qui s’opère souvent sans fécondation et donne néanmoins naissance à de jeunes chenilles; mais, dans ce cas, les papillons qui en naîtront seront invariablement des femelles qui pourront se reproduire elles-mêmes par parthénogenèse, pendant plusieurs générations, comme on l’observe ailleurs pour les pucerons et contrairement à ce qui se [tasse chez l’abeille domestique où la parthénogenèse s’observe fréquemment, mais dont les œufs non fécondés donnent invariablement naissance à des mâles.
- Le 1)‘ Ottmar Hoffmann, qui a fait sur ce sujet des études spéciales, considère qu’il existe
- deux formes différentes de femelles chez la soléno-bie du pin, dont l'une par-tbénogénétique, méconnue par les auteurs, avait reçu le nom de lichenella et dont le mâle était resté inconnu, ce qui s'explique naturellement.
- Quoi qu’il en soit, à certains moments, les chenilles produisent également des mâles. Il y a alors génération sexuée. Comme on le voit, le dernier mot sur ce sujet n’est peut-être pas encore dit.
- Les chenilles de solé-nobies se nourrissent de lichens, elles se construisent des fourreaux ou sacs (fig. fi) revêtus extérieurement de grains de sable, et de débris de lichens qu’elles promènent partout avec elles ; arrivées à toute leur taille, elles fixent ce sac la [jointe en bas, contre un mur, une palissade, une pierre, se retournent à l'intérieur et s’v transforment en chrysalide. L'adulte, à son éclosion, sortira par la pointe, dont il forcera facilement les clapets, laissant voir à l’extérieur la dépouille de la chrysalide (fig. 7).
- La solénobie du pin habite le midi de l’Europe, mais une espèce voisine, la Solenobia conspicuella,esl commune partout . On trouve abondamment ses petits fourreaux sur les murs, les palissades, les arbres, là où croissent les lichens qui nourrissent sa chenille.
- Leur petite taille fait qu’ils échappent à l’observation de bien des gens, mais quel intérêt leur étude n'offre-t-elle pas à ceux qui savent les chercher et se donnent la peine de les étudier. A.-L. Clément,
- Vice-président de l;i Soc. cenlr. (l’Apiculture et de Zoologie agricole.
- 1. Mâle grandeur naturelle. — 2. Mâle grandi. — 3. Femelle grandie de prolil. — 4. Femelle grandie de dos. —o. Grandeur naturelle de la femelle. — 6. Fourreau ou sac grandi, montrant la chenille en partie sortie. — 7. Fourreau grandeur naturelle. — 8. Fourreau après 1 éclosion d’un mâle. (La dépouille de la chrysalide restant au dehors.)
- qu'elles
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- LE MICROSCOPE APPLIQUE A L’INDUSTRIE DE LA CELLULOSE ET DU PAPIER
- Fig. 1. — Papier de chiffon, Alfa el bois chimique. (Échaulillons.)
- Le Microscope, autrefois réservé aux recherches scientifiques, terni (le plus en plus à entrer dans le domaine de l'industrie, (pii, poussée par la concurrence jusque dans ses derniers retranchements, est obligée pour soutenir la lutte d'user de toutes les armes que la science met à sa disposition.
- La Microphotographie, en fixant avec une précision indiscutable les observations, est appelée à rendre de sérieux services pour les analyses industrielles, ainsi que nous l’avons déjà démontré il y a quelques années.
- Nous sommes heureux de signaler à nos lecteurs l’application qui vient d'en être faite- à l’étude de la cellulose et du papier.
- La Papeterie, par la transformation de son outillage et l'apparition des Succédanés du chiffon, a vu, par suite de l’augmentation de la production, s’abaisser graduellement la qualité et le prix de ses produits. A l’époque déjà ancienne où les chiffons étaient préparés dans des pourrissoirs, triturés au
- maillet et façonnés par le for maire en papiers de belle qualité, a succédé la période des traitements chimiques et mécaniques. Puis enfin est arrivée, avec la découverte des nouvelles sources de cellulose, la période de surproduction que nous traversons qui, en présence de la rareté croissante des chiffons et le peu de développement pris par l’industrie de la cellulose, surtout en France, crée à la papeterie française une situation particulièrement inquiétante.
- MM. Rostaing et du Sert dans l’étude1 descriptive analytique et microphotographique des végétaux propres à la fabrication de la cellulose et du papier qu’ils viennent de publier caractérisent parfaitement chacune de ces trois époques. Une série de reproductions très intéressantes permettent en effet de suivre nettement les progrès réalisés par l’emploi de procédés nouveaux, et l’essai des matières premières
- 1 Précis historique, descriptif, analytique et microphotographique des végétaux, propres à la fabrication de la cellulose
- Fig. 2. — Papier de chiffon, Alfa et bois chimique. (Autre échantillon.)
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- variées. Enfin les auteurs, en étudiant la composition des divers papiers que l’on trouve dans le commerce, indiquent les végétaux auxquels ils conseillent de recourir pour assurer l'approvisionnement des matières premières. Ils donnent pour chaque sujet étudié, en même temps que la reproduction de la fibre, l’analyse détaillée de ses caractères micro-graphiques, ainsi que la description de la plante, son mode de culture et son rendement en cellulose.
- 1 Pour bien comprendre l’intérêt de ce travail et apprendre à connaître la valeur de ces fibres, dont notre œil ne peut apprécier toutes les qualités, on doit se familiariser un peu avec le Microscope, qui montre la composition et la formation de la cellulose dans la plante et sa transformation en papier.
- Le papier est constitué par la réunion et l'enchevêtrement des fibres ou cellules, dont la paroi est formée de cellulose. Chimiquement pure, cette matière, représentée par la formule C48Hi0010, est blanche, transparente et amorphe. Dans les tissus des végétaux elle entre en combinaison avec d’autres éléments. Sa composition se modifie suivant l’àge, la nature et l’origine de la plante. Elle adopte alors ijnc forme déterminée et sa blancheur, ainsi que ses qualités, se trouvent singulièrement atténuées.
- ; Une préparation de pâte ou de papier désagrégée, ajirès une courte ébullition avec un peu de soude caustique, colorée avec le chlorure de zinc iodé ou tr lâ solution sulfurique d’iode ioduré, examinée avec un grossissement de 550 en diamètre, permet, de pénétrer la structure intime de ces cellules si différentes entre elles. Suivant le tissu qui leur a donné naissance et dont elles portent le nom, ces cellules d’après la fonction qu’elles remplissent dans la plante affectent des formes et dimensions qui bien que très variées sont cependant parfaitement caractérisées.
- Certaines, de forme ovoïde à paroi lisse et transparente que l’on trouve très développées chez les Arundos et fortement arrondies aux extrémités et spiralées comme dans la paille, appartiennent au tissu cellulaire ou parenchymateux. Le tissu fibreux, appelé aussi prosenchyme, est au contraire formé de cellules fusiformes, allongées, de section à peu près circulaire à paroi lisse comme dans l’Alfa, ou striée longitudinalement et transversalement comme dans la ramie, ou marquée de distance en distance par des anneaux d’épaississement comme dans le lin. Les fibres des bois résineux et non résineux, plates, portent des lentilles transparentes, caractéristiques pour les essences résineuses. D’autres enfin semblables à des tubes à paroi mince et transparente constituent le tissu vasculaire, très apparent par exemple dans la paille.
- En examinant la reproduction donnée (p. 277), il est facile, d’après ces caractères généraux, de distinguer le coton, l’alfa et le bois, d’apprécier le
- et du papier, par MM. Léon et Marcel Rostaing et Fl. du Sert. Un vol. grand in-8° jésus, avec 50 planches. Everling, éditeur, Paris, 1000.
- nombre et la valeur de chacun de ces éléments d’abord au point de vue de la constitution physique de la fibre, et de déduire ensuite la qualité du papier produit par ee mélange.
- Par le Microscope, et l’emploi des réactifs déjà cités, on peut se rendre compte do la lignification de la cellule, état qui modifie la composition chimique de sa paroi et diminue la durée de la fibre.
- La Lignine, appelée aussi matière ligneuse, résino-gommeuse, agglutinante on incrustante, est composée-de vasculose, cutose et pectose; c’est elle qui relie entre elles les fibres des tissus de la plante. A mesure «pie le végétal avance en âge, celte matière, en durcissant pour former le bois, pénètre davantage la paroi de la cellule, et forme l’injection cellulaire. Par le lessivage, sous pression, avec les bisulfites ou la soude caustique, la cutose et la vasculose se dissolvent et la pectose se transforme comme dans le rouissage en acide pectique soluble. Mais cette action chimique, suffisante pour dissoudre ce ciment (pii unit les fibres, ne saurait sans attaquer la cellulose détruire complètement cette lignine avec laquelle elle reste, en partie, combinée. Semblable à la rouille qui ronge le fer, cette matière, au contact de l’air, s’oxyde en transformant la cellulose et amène la désagrégation moléculaire de la fibre. Cette réaction, bien (pie lente, est très sensible dans les papiers fabriqués avec les pâtes de bois chimiques et encore [dus caractéristique pour les papiers composés de pâtes de bois mécaniques. Ces essences, qu’elles soient résineuses ou non résineuses, exploitées entre 40 à 00 ans, renferment une forte proportion de lignine. Elle est nulle dans les papiers de chiffons et très faible si les succédanés sont issus de plantes annuelles ou des écorces.
- Les fabricants anglais, malgré la facilité de leurs relations avec la Suède, la Norvège, l’Allemagne et l’Amérique, dont les bois sont si justement réputés, ont su parfaitement faire une distinction dans le choix de leurs matières premières. En dehors du monopole de l’Alfa qu’ils se sont assuré, ces dernières années de vastes établissements ont été créés aux Indes pour le traitement des bambous. Marion.
- LES LOCOMOTIVES FRANÇAISES
- EXPOSITION DE 19001
- II
- Compagnie du Nord. — La locomotive com-pound, exposée à Vincennes par la Compagnie du Nord, est la dernière expression des modifications et perfectionnements apportés au premier type de com-poilnd mis en service en 1886. Ce modèle très remarquable est l’aboutissant d’une série de progrès obtenus par étapes dans la recherche continue de l’accroissement de la vitesse pour les trains les plus chargés. Avant la mise en service des machines compound la traction des trains de grande vitesse 1 Voy. n° 1424, du 8 septembre 1900, p. 230.
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- LA NATURE.
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- était effectuée sur le réseau du Nord jusqu’en 1888 par des locomotives à deux cylindres et à simple expansion dites « Outrance », mais à cette époque il fallut bien reconnaître que la puissance commençait à faire défaut aux machines « Outrance » pour les trains rapides que leur lourde charge remorquée à une vitesse très élevée classait dans une catégorie à part. Un coup d’œil sur l’accroissement de vitesse obtenu depuis 1889 précisera le progrès obtenu.
- En 1889, le trajet de Lille à Paris s’effectuait en 5h45m, actuellement 3 heures suffisent pour franchir cette distance de 251 km.
- En 1889, il fallait 4hJ5"' pour aller de Paris à Calais (298 km). Aujourd’hui il ne faut plus que 5h15m, de même que le temps de 2h15m du trajet de Paris à Saint-Quentin (154 km), a été réduit à I '* 40*".
- L’examen de l’accroissement des charges n’est pas moins caractéristique, car il met en lumière les qualités maîtresses des locomotives compound.
- Depuis l’apparition de ces machines les charges des divers trains rapides n’ont cessé de croître.
- On peut se rendre compte des progrès accomplis sous ce rapport, en comparant les charges actuelles avec celles que l’on pouvait remorquer à l’époque où le service des express était fait par les machines « Outrance ». A cette époque un train composé de 26 essieux, soit une charge de 150 tonnes environ, était considéré comme lourd, et, avec cette charge, on montait les longues rampes de 5mi", à la vitesse de 66 km à l’heure au maximum. Même avec les « Outrance » renforcées par l’élévation du timbre de la chaudière, porté de 10 à 1 1 kg, et par le remplacement des cylindres dont le diamètre avait passé de 0m,452 à 0U1,460, on devait s’interdire, sous peine de s’exposer à des retards, une composition de trains plus forte que 52 essieux. Aujourd’hui dans la pratique journalière, ce maximum de poids ancien est souvent dépassé de beaucoup, malgré l’accroissement des vitesses et dans le service courant, avec une charge de 180 à 225 tonnes, on monte les rampes de 5mm à la vitesse de 85 km à l'heure, vitesse qui peut au besoin être portée à 90 et même 92 km avec des trains de 200 tonnes.
- Ces vitesses ont été en tout temps dépassées à la descente de la pente de 5mm par mètre qui relie Sur-villiers à Saint-Denis et des vitesses de 110 et même 120 km à l’heure y étaient effectuées lorsque la charge remorquée était en rapport avec la puissance de la machine.
- Cette remarque montrait qu’on pouvait sans crainte marcher à cette vitesse. Aussi tous les efforts de M. du Bousquet, ingénieur en chef du matériel et de la Traction, ont tendu à réduire progressivement ces écarts de vitesse à la montée et à la descente, en augmentant constamment la puissance des machines de manière à leur permettre de monter les rampes avec des trains de 200 tonnes, à des vitesses de plus en plus grandes se rapprochant toujours davantage de la vitesse actuelle, sur les pentes de 5mm par mètre,
- vitesse qui est à peu près le maximum autorisé par les règlements (120km).
- En faisant construire les locomotives du type 2.642, exposé à Yincennes, la Compagnie du Nord a eu pour but de créer des machines assez puissantes pour monter, à la vitesse de 100 km à l’heure, la rampe de 5mm de Saint-Denis à Survilliers dans les conditions de charge de 200 tonnes.
- L’accroissement de la puissance, par rapport aux types actuels de locomotives compound à grande vitesse, exigeait tout d’abord une plus grande surface de grille, une chaudière plus grande et la longueur de la machine se trouvant aussi augmentée, on devait admettre inévitablement une augmentation de son poids. On fut donc conduit à ajouter un essieu porteur à l’arrière (fig. 1 ).
- Chaudières et accessoires. — La chaudière, à boîte à feu carrée, est timbrée à 16 kg, elle est établie en vue d’une abondante production de vapeur.
- Sa capacité totale est de près de 8 m3 dont 5240 litres occupés par l’eau.
- La surface de grille est de 2 m2,74 et la surface de chauffe 208 m2,52.
- Le corps cylindrique est de forme dite, « télescopique » à 3 viroles de diamètres décroissants, de la boîte à fumée vers la boîte à feu.
- Les divers éléments de la chaudière, à l’exception du foyer qui est en cuivre rouge, sont en tôle d’acier. Les tubes sont du type Serve en acier doux et ont 70mm de diamètre extérieur.
- Le foyer comporte une voûte en briques. La grille est légèrement inclinée vers l’avant où elle se termine par un jette-feu mobile. Elle se compose de 4 séries de barreaux multiples, disposés bout à bout, dans le sens longitudinal et reposant dans le sens transversal sur des sommiers en fer. Le cendrier est entièrement clos pour protéger les boîtes à l’huile de l’essieu d’arrière des projections d’escarbilles pendant la marche; il est muni à ses extrémités de portes à rabattement. Deux gros injecteurs Friedmann à débit variable assurent l’alimentation, l’un fonctionnant d’une manière continue et l’autre destiné à servir de secours ou de suppléant.
- La prise de vapeur est faite dans le dôme à l’aide de tiroirs superposés, disposition qui facilite la manœuvre du régulateur.
- Les soupapes de sûreté sont à charge directe, l’une du type ordinaire et l’autre du système Adams à grand débit et fermeture rapide. Tube indicateur de niveau avec clapets obturateurs, robinets de jauge, manomètre Bourdon. ,
- Cylindres et mécanismes. — Les deux cylindres à haute pression sont disposés à l’extérieur des longerons et ceux à basse pression à l’intérieur sous la boîte à fumée.
- Les volumes engendrés par les pistons dans les cylindres sont entre eux dans le rapport 2,71.
- Les corps de pistons sont évidés, en acier moulé avec toile droite pour la haute pression et toile côni-
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- LA NATURE.
- que pour la basse pression. Les tètes de pistons sont en fer cémenté et trempé avec glissoirs en fonte garnis de métal blanc.
- Les mécanismes de distribution sont du système Walschaert.
- Appareils de changememt de marche. — Les mécanismes de distribution peuvent être liés ou rendus indépendants à la volonté du mécanicien. L’indépendance du fonctionnement des petits et des grands cylindres est obtenue par une disposition nouvelle imaginée par M. de Glehn permettant de réaliser quatre fonctionnements différents de la machine :
- 1° Fonctionnement habituel en eompound.
- 2° Fonctionnement en machines indépendantes, à simple expansion pour le démarrage.
- 3° Fonctionnement avec les petits cylindres seuls
- en cas d’avaries aux cylindres ou aux mécanismes de basse pression.
- 4° Fonctionnement des grands cylindres seuls en cas d’avaries aux cylindres ou aux mécanismes de haute pression.
- Le servo-moteur a été placé perpendiculairement à la direction des obturateurs sous la tôle d’avant du tablier de la machine.
- Dans ces conditions le mouvement de va-et-vient du piston est transmis aux leviers commandant la rotation des obturateurs par un mécanisme très simple.
- Châssis et roues. — Les longerons sont en tôle d’acier. Les glissières de boîtes à graisse sont en acier moulé. L’avant-train articulé est à déplacement latéral de 40mm de chaque coté. Les roues en
- Fig. 1. — Locomotive de la Compagnie du Nord.
- 1er forgé, à rayons, ont un diamètre de 2m,04. Les essieux sont en acier Martin.
- La sablière est du système Gresham.
- La plate-forme du mécanicien est entièrement dégagée par suite de la position à l’avant du foyer du train de roues moteur de haute pression.
- Tender. — Le tender, porté par 2 bogies, est d’une contenance de 20 m3.
- Compagnie d'Orléans.—Lalocomotivecompound, exposée à Yincennes par la Compagnie d’Orléans et représentée figure 2, est à quatre roues couplées. Elle est du type des locomotives à grande vitesse du chemin de fer du Midi. Les locomotives de ce type mises en service ont transformé comme il suit le régime de marche pour les express de Paris à bordeaux, et de Paris à Nantes. Pour le trajet de Paris à P>ordeaux, au lieu de 8h 14m, 7l‘5m et pour Paris à Nantes o1'23,n au lieu de 7h25m. Soit pour le premier cas, une vitesse moyenne commerciale de 82 km, 5 mi-
- nutes à l’heure, et pour le second, 79 km, 3 minutes.
- Voici rapidement résumées les principales données du mécanisme et de la chaudière.
- Diamètre des cylindres de haute pres-
- sion......................... O1",35
- Diamètre des cylindres de basse
- pression..................... 0m,55
- Course des pistons ................ 0m,64
- Puissance en chevaux............ 10 48
- Timbre de la chaudière..........15 kg.
- Diamètre moyen du corps cylindrique. lm,578
- Longueur du corps cylindrique . . 3in,785
- Epaisseur de la tôle d’acier du foyer. 0m,017
- — -— du corps cylindr.. 0m,0J 7
- Volume d’eau dans la chaudière avec 10 centimètres d’ean an-dessus
- du ciel du foyer............4ni3,500
- Volume de vapeur................2m3,412
- Volume total de la chaudière . . . 6m3,712
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- LA NATURE
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- Los tubes à ailettes du système Serve sont au nombre de 111, leur diamètre extérieur est de 0m,07 et leur longueur 3in,900. La surface de
- chauffe totale, de 192 m4,9r), correspond à une surface de grille de 2 m*,46.
- Le diamètre au roulement des roues accouplées
- Fig. 2. — Locomotive_dc la Compagnie d’Orléans.
- est de 2m,130 et le diamètre des roues du bogie les rails se fait comme suit : Bogie 21500 kg. est de I"\040. La répartition de la charge sur Essieu moteur R. V. 10750. Essieu moteur H. P.
- Fig. 3 - Locomotive de la Compagnie du Midi.
- 16 750. Au total, 55 tonnes, poids de la machine en service.
- Le volume d’eau du tender est de 17 ms, et son poids en service, 38 400 kg.
- Compagnie du Midi. — L’exposition de Yincen-
- nes renferme 5 locomotives envoyées par la Compagnie du Midi dont une à 4 cylindres et à 2 essieux couplés est un type remarquable de machine pour le service des express à charge lourde (fig. 3).
- De 1896 à 1898 la Compagnie du Midi a construit
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- LA NATURE
- 24 machines de ce modèle affectées au service des trains rapides circulant sur les lignes de Bordeaux à Cette et de Bordeaux à Bayonne. La puissance de ces locomotives permet de remorquer des charges de 1 75 tonnes non compris le poids de la machine et du tender à la vitesse moyenne de 100 km à l’heure sur ces lignes dont le profil présente des déclivités de 5mm par mètre. Cette vitesse se trouve réduite à 80 km à l’heure pour des charges de 500 tonnes, machine et tender non compris dans ce poids.
- Ces machines sont du type compound à 4 cylindres, les cylindres de haute pression extérieurs aux longerons et ceux de basse pression intérieurs aux longerons et placés au-dessous de la boîte à fumée. Les cylindres de haute pression actionnent le 2r essieu accouplé placé sous le foyer.
- Les cylindres à basse pression actionnent le 1er essieu accouplé placé en avant du foyer.
- Chaudières. — La chaudière est timbrée à 14 kg. Elle est munie de tubes à ailettes et sa surface de chauffe intérieure est de 175 mL
- La grille a une surface de chauffe de 2 m*,46.
- Le foyer est en cuivre avec voûte en briques.
- La boîte à feu du type Belpaire est en acier.
- Le corps cylindrique également en acier est de forme télescopique, la plus petite virole étant à l’arrière. L’alimentation est assurée par deux injecteurs à réamorçage automatique Friedmann. Leur débit est de 150 litres par minute.
- Les soupapes de sûreté sont à charge directe. Le tube à niveau d’eau est du système Chalou. Le régulateur à double tiroir est situé dans l’intérieur du dôme. L’échappement est variable, type à 2 valves. La cheminée a été reportée le plus possible vers l’arrière de la boite à fumée.
- Mécanisme moteur. — Les 4 pistons ont une course commune de 0m,640. Le diamètre de ceux à haute pression est de 0m,550, et celui de ceux de basse pression de 0m,550, soit 2,47 comme rapport des volumes. Les manivelles commandées par les deux cylindres de haute pression sont calées à angle droit l’une sur l’autre. Même disposition pour les manivelles commandées par les cylindres de basse pression mais considérées d'un même côté de la machine, les deux manivelles sont orientées de manière que la manivelle de basse pression précède celle de haute pression de 162° dans le sens de la rotation normale. Le volume du réservoir intermédiaire, y compris les tuyaux d’échappement des petits cylindres et les boîtes à vapeur des grands cylindres, est de deux fois le volume des petits cylindres. 11 est pourvu d’une soupape de surêté réglée à une pression de fi kg. Afin de faciliter le démarrage, une prise de vapeur spéciale permet d’envoyer de la vapeur vive au réservoir, et un mécanisme commandé par un servo-moteur permet en même temps d’envoyer directement dans la tuyère d’échappement la vapeur issue des petits cylindres.
- Mécanisme de distribution. — Système Wals-chaert. Fer cémenté et trempé. Tiroirs en bronze du
- type ordinaire à coquille. Admission variable au gré du mécanicien, pour les deux groupes de cvlindres, soit simultanément, soit successivement.
- Châssis. — Le châssis est constitué par deux longerons simples en acier. La chaudière est fixée au châssis par l’avant et coulisse sur ses autres supports.
- L’essieu coudé se rattache au type Worsdell. Le bogie est monté sur roues de 11,1,040 de diamètre avec 2m,0() d’écartement des essieux.
- La sablière est du système Gresham et le frein est du système Wenger.
- Tender. — Le tender est d’une capacité de 15 800 litres. La soute à charbon contient 4000 kg.
- Quelques modifications seront apportées à ce type dans les 10 machines que la Compagnie mettra en service prochainement. Les variantes principales porteront sur le timbre de la chaudière qui sera porté à 15 kg, et la boîte à fumée dont la longueur sera de 2"‘,00. Le frein sera du système Westinghouse et la machine portera son cylindre à frein.
- On appliquera aussi à ces 10 machines l’enregistreur de vitesse, système Hausshaeltcr.
- Locomotive compound à 4 cylindres, à 5 essieux accouplés. — Cette machine est faite pour la section de Toulouse à Pau dans laquelle se trouvent des déclivités de 15 à 16uun par mètre et même une pente de 0m,052 d’un développement de 11 km. Elle remorque à la vitesse de 50 km à l’heure sur cette rampe de 52mm une charge de 125 tonnes. Sur les parties faciles du parcours cette locomotive atteint fréquemment la vitesse de 100 km à l’heure. Outre cette facilité à s’adapter aux nécessités de la vitesse, cette même machine remorque des trains de marchandises de 600 à 700 tonnes à 40 km à l’heure.
- Ce type est donc apte à remorquer non seulement des trains express lourds ou circulant sur des profils accidentés, mais en cas de besoin des trains de marchandises accélérés de fort tonnage.
- La disposition générale de cette locomotive diffère peu du type précédent. Chaudières semblables. Cylindres de mêmes dimensions. Organes de distribution presque identiques.
- Les différences à noter sont : 1° 6 roues couplées; 2° essieu d’arrière simplement accouplé, placé sous le foyer. A. R.
- L\ PROPRETÉ CORPORELLE
- CHEZ LES OISEAUX
- L’intérêt que nos lecteurs ont manifesté à nos deux précédents articles relatifs à la propreté corporelle chez les Insectes1 et chez les Mammifèresa, nous engage à continuer cette étude par celle du même phénomène chez les Oiseaux, en prenant toujours pour guide te travail du Dr Paul Ballion sur ce sujet.
- Les oiseaux, chacun le sait, sont fort propres, aussi bien les petites espèces qui vivent sur les arbres que ceux
- 1 Voy. n“ 1387, du 23 décembre 1800, p. 66.
- * Voy. n° 1406, du 5 mai 1900, p. 270.
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- LA NATURE.
- 283
- se promenant au milieu des substances les plus sales, comme, par exemple, les oiseaux de marais. Four entretenir cette propreté, ils ont plusieurs moyens à leur disposition. Tout d’abord, les plumes sont imbriquées les unes sur les autres, à la manière des tuiles des toits, et cette disposition est bien comprise pour permettre aux poussières qui tombent sur elles de glisser et de retomber sur le sol. En outre, beaucoup d’espèces, les espèces marines et de marécages notamment, possèdent à la partie postérieure du corps, sous le croupion, une glande à contenu onctueux, que l’on ne saurait mieux comparer qu’à un pot de pommade. L’oiseau va en chercher de temps à autre une petite quantité avec son bec et l’étend sur son plumage; le fait est facile à vérilier chez ! canard. Le plumage est ainsi garni à l’extérieur d’une sorte de vernis qui ne permet pas à l’eau boueuse ou à d’autres souillures de s’v attacher.
- Malgré ces dispositifs ingénieux, les plumes arrivent parfois à se salir et, en tout cas, le dessous, milieu chaud et humide, sert souvent de repaire à de nombreux parasites : ceux qui épluchent les poulets en savent quelque chose. Pour nettoyer leur toison, les oiseaux font alors appel à leur bec, que, grâce à la grande mobilité de leur cou, ils peuvent promener aussi bien sur le dos que sous le ventre et jusqu’au bout de la queue. Le bec, véritable pince cornée, est bien disposé pour accomplir cette besogne de voirie, travail auquel il est souvent aidé — chez les perroquets — par la langue. Lui-même est nettoyé par les pattes dont les ongles servent en somme de c.ure-dent, si l’on peut employer cette expression. La fine dentelure en forme de peigne qui occupe le bord interne du doigt intermédiaire dans beaucoup d’Echassiers et de Palmipèdes est aussi très utile comme objet de toilette.
- La plupart des oiseaux apprécient beaucoup l’eau, autant pour se rafraîchir que pour se débarbouiller. J’ai précisément en face de ma fenêtre nn arbre couvert de pierrots. Quelques gouttes de pluies viennent de tomber et il faut entendre leurs cris de joie ! Les voilà qui font la boule, qui écartent leurs plumes pour permettre à l’eau d’y pénétrer. Des enfants aux bains de mer ne sont pas plus joyeux. Ils font « gicler » l’eau de toute part et en quelques minutes sont mouillés comme des barbets. Les voici maintenant tout trempés et il faut avouer qu’ainsi ils ne payent pas de mine. Mais la pluie continue à tomber et ils vont se réfugier dans leur nid pour se sécher.
- Il est d'autres oiseaux qui n’attendent pas la pluie pour se baigner. Les serins que l’on élève en cage ont, on le sait, besoin d’une baignoire pour faire leurs ablutions. Fit au bord des étangs, on voit très souvent de petits passereaux venir « s’ébrouer » dans les petites lagunes. Jamais on ne les voit faire «une pleine eau », baignade que pratiquent seuls les espèces purement aquatiques.
- C’est aussi pour se baigner que les hirondelles rasent la surface des étangs. On les voit y plonger soit leur bec largement ouvert, soit les rectrices largement étalées de leur queue qu’elles ramènent ensuite sous le ventre par un mouvement brusque, pour s’asperger le corps. Après quoi, elles se secouent, toujours en volant.
- Ce qui montre bien que le bain est considéré par les oiseaux comme un besoin hygiénique, c’est qu’ils l’accompagnent presque toujours par des soins de nettoyage. « La toilette des palmipèdes, dit M. Ballion, se fait en grande partie pendant le bain. Ils s’y livrent à mille évolutions, se battant les flancs de leurs ailes, pour faire jaillir le liquide sur tout leur corps, et prennent dans leur bec, pour s’en asperger, de l’eau qui retombe en
- perles sur eux. Les jeunes, dès le jour de leur naissance, nagent et plongent; sitôt éclos ils sont conduits à l’eau par leur mère. Les oiseaux qui vivent en famille ou en société vaquent de compagnie à ces importantes occupations. Dans nos basses-cours, quand un canard a commencé, toute la bande suit. J’ai souvent observé, à Paris, les mouettes qui peuplent la grande mare du Jardin des Plantes. Par instant, et comme à un signal donné, toute la volée se mettait en mouvement. Les unes après les autres, en poussant des cris aigus, les mouettes se jetaient à l’eau, y faisant quelques plongeons, et en sortaient aussi vite qu’elles y étaient entrées. Elles couraient çà et là, se dressaient sur leurs pieds, battant des ailes et se secouant. Après quoi elles se mettaient à s’éplucher. »
- Audubon a noté un fait analogue : « Sur un banc de sable de l’Ohio, une centaine de pélicans sont rangés, à la tombée du jour. Rassasiés de poissons, ces magnifiques oiseaux se mettent à nettoyer leur plumage. Ils lissent leurs plumes en les étirant tout du long entre leurs mandibules, jusqu’à ce qu’enfin tout soit bien en ordre, comme s’ils se préparaient à figurer dans quelque grande cérémonie. » Dans les jardins zoologiques on peut voir que les pélicans passent pour ainsi dire toute leur existence à se nettoyer; leur bec volumineux leur fait prendre les postures les plus cocasses.
- En définitive, remarque M. Ballion, quel que soit le procédé de balnéation mis en usage, l’eflet produit est toujours identique. 11 en est de même des soins de toilette consécutifs. Au sortir du bain, l’oiseau se secoue violemment. 11 étale sa queue, il étire ses ailes. Puis il fouille avec son bec toutes les régions accessibles de son corps. II lisse ensuite une à une et rajuste toutes ses plumes, sans oublier les pennes des ailes, qui sont l’objet de soins spéciaux, au temps de la mue surtout, et les rectrices dont les barbes, principalement dans les espèces à longues queues, s’enchevêtrent parfois au point qu’il est difficile à ces animaux de les nettoyer sans les endommager. Pour la tête et le cou, seules régions inaccessibles aux mandibules, l’oiseau se sert de ses pieds, avec lesquels il se gratte. En outre, les espèces pourvues d’un col long et flexible procèdent au nettoyage des yeux et du bec, ainsi qu’au lissage des plumes de la tête, en frottant ces organes dans tous les sens sur leur dos, sur leur poitrine, et particulièrement sur les couvertures des ailes. Les palmipèdes surtout se font remarquer par l’étonnante souplesse de leur cou, et par la grâce inimitable qu’ils déploient dans cette circonstance.
- Souvent, après leur repas, les oiseaux se nettoient spécialement les becs et les pattes : on les voit se laver la tête (canard) ou prendre des bains de pieds (échassiers). Tous d’ailleurs mangent très proprement : beaucoup même lavent leur nourriture avant de l’ingérer; je l’ai vu souvent faire aux mouettes du Jardin des Plantes.
- Henri Covpin.
- L’INDE ET L’ASIE CENTRALE
- a l’exposition
- La région qui s’étend du Caucase au golfe de Bengale et de l’Himalaya à Ceylan a la plus grande importance ethnographique.
- Pendant longtemps on a pensé que c’est de là que sont partis les ancêtres des races blanches ou ariennes qui ont peuplé l’Europe. Si cette hypothèse est
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- maintenant à peu près abandonnée pour celle de l’origine Scandinave des Ariens, il n’en est pas moins vrai que cette région renferme une variété de races bien faite pour attirer l’attention de l’ethnologue.
- Dans le Caucase même, on trouve des peuples de
- Fiff. 1. — Marchand Parsi de l'Inde.
- haute taille, à la face allongée, ans cheveux et aux yeux de couleur généralement foncée. Ce sont les Tcherkesses, les Géorgiens, les Üssèthes, etc. Cette belle race a été longtemps regardée comme le prototype des peuples ariens, qu’on qualifiait également de Caucasiques. Elle est représentée au pavillon de l’Asie russe par son industrie et par des mannequins de grandeur naturelle. 11 faut remarquer surtout celui qui figure un Khevsoure couvert d’une armure complète encore en usage de nos jours.
- Dans la cour du même palais se tiennent des marchands tartares. Avec leurs yeux bridés, leur tête courte, leur teint mat et leurs cheveux noirs, ils peuvent nous servir de type pour le rameau turc de la race mongole, qui parti des plaines situées au nord-ouest de la Chine est venu envahir par ondes successives l’Europe orientale. Toute l’histoire de l’Asie centrale se résume dans la lutte du Touran tureo-mongol et de l’Iran ou plateau persan. Celui-ci, centre d’une civilisation très ancienne et qui a joué un grand rôle dans l’antiquité, est représenté magnifiquement au pavillon de la Perse. Il faut noter également la beauté du type physique, la haute taille et la finesse des traits des soldats qui gardent ce palais.
- On sait qu’au moment de l’introduction de l’islamisme en Perse, une partie des habitants resta fidèle au culte du feu, fondé par Zoroastre. Ils durent émigrer dans l’Inde et ils y constituent, surtout dans la province de Bombay, une colonie très prospère. Ce sont ces anciens Perses, adorateurs du feu et des astres, qui sont connus sous le nom de Parsis. Ils se
- livrent avec succès au commerce et quelques marchands parsis se trouvent au pavillon de l'Inde anglaise (fig. 1).
- Ce ne sont d’ailleurs pas les seules populations blanches de cette immense presqu’île. Les deux castes supérieures de l’Inde, les Brahmanes et les Reliatrvas, sont également de race arienne. Venues du Nord-Ouest, d’un point encore à déterminer, elles ont trouvé le pays occupé par des peuples de race noire qui ont été refoulés vers le sud et dont les derniers débris se rencontrent dans les montagnes les [tins inaccessibles. D’autre part, ces autochtones n’ont pas été sans se mêler plus ou moins avec les envahisseurs. Aussi observe-t-on chez beaucoup de populations de l’Inde un mélange de caractères tout à fait remarquable : des trails assez fins, une haute taille, des cheveux bouclés, avec une peau de couleur très foncée. Tels sont les Singhalais (fig. 2) dont un certain nombre se trouvent réunis au pavillon des possessions anglaises du Trocadéro. Le mélange des races devient encore plus remarquable chez certains peuples du Nord-Est de l’Inde où un élément mongol est venu se surajouter au fond négroïde et à l’envahisseur arien. Les mannequins de soldats hindous exposés au pavillon de l’Inde anglaise nous offrent quelques exemples curieux de ces métissages.
- On voit quelle complexité présente l'ethnographie de cette région du globe et combien on fera bien de profiter des éléments réunis par l’Exposition universelle pour fixer un peu ses idées sur ce sujet. Si la zone en question n’est plus considérée comme le berceau de l’humanité européenne, le nombre des
- Fifr. 2. — Sin«halais du pavillon de Cevlan.
- civilisations qui s’y sont succédé, et les problèmes linguistiques, économiques et ethnologiques qui s’y rattachent sont bien faits pour solliciter l’attention du penseur. Dr L. Laioy.
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- MISÉE CENTENNÂL D’ÉLECTRICITÉ
- EXPOSITION DE 1900
- Après l’étude ijue nous avons laite récemment des générateurs actuels d’énergie électrique, il est intéressant de se reporter par la pensée au siècle précédent, et même à vingt ans seulement en arrière pour juger des progrès accomplis en un temps très restreint.
- M. E. Sartiaux, président du syndicat professionnel, des Industries Electriques, a eu l’heureuse idée d’iu-staller à l’Exposition un musée centennal d’électricité pour la France, et il a mené à bien son entreprise avec la collaboration de M. Aliamet. Dans le palais
- de l'Electricité, au premier étage, M. Sartiaux a pu réunir 249 appareils anciens de toutes sortes qu’il a recherchés de tous cotés, ainsi que 210 livres, manuscrits ou autographes du (dus grand intérêt pour l’histoire de l’Electricité.
- Les appareils et le matériel sont répartis en 8 classes différentes. Dans l'électrostatique, nous trouvons tout d’abord la machine électrique de Van Ma-rum, donnant à volonté des décharges positives et négatives; elle date de 1797 et appartient au laboratoire d’enseignement de la Sorbonne. Viennent ensuite la machine électrique de Nairne, de Péclet, la balance de Coulomb qui a servi à démontrer en 1785 les lois des attractions et des répulsions électriques,
- Dusée centeimal d'électricité. — 1. Table (l'Ampère pour la démonstration des lois de 1 elcctrodvuamique. — 2. Unité de résistance au mercure de Pouillet. — 5. Premier rhéostat de champ placé dans le circuit d’excitation des dynamos excitatrices des alternateurs Gramme alimentant les bougies JablockofF eu 1879. — i. Métallisation d’une carafe découpée et gravée par Ch. Christofle (18Ü), — o. Balance de Coulomb pour attractions et répulsions. — 6. Machine électrostatique de Van Marum. — 7. Grande machine magnéto de Pixii (1832). — 8. Lampe à arc d’Archereau. — 9. Pile à double colonne de Voila. — 10. Appareil ayant servi pour la détermination de l’ohm légal.
- l’électroscope à pile sèche de Zamboni à papier d’étain et de bioxyde de manganèse (1812).
- Dans la télégraphie, au milieu d’autres appareils bien intéressants aussi, nous citerons en particulier, le télégraphe écrivant de Pouillet, construit en 1845 par Froment, le manipulateur à cadran très ancien de llréguet de 1848, un récepteur français à deux indicateurs llréguet (1890), et le télégraphe Hughes multiple, datant de 1885.
- Dans la téléphonie, nous trouvons le microphone Bourseul qui a servi à des premiers essais en 1874, deux récepteurs Dell ayant servi aux premières expé-rienees de téléphonie à grande distance de Paris à
- J ours en 1879, des renseignements sur la première étude de Jack-Kniffe pour le simple et double fil des bureaux centraux en 1881, le transmetteur forme récepteur de P. Hert et d’Arsonval, microphone et charbons armés avec aimant en 1881, l’appareil Berthon-Ader en 1885, etc.
- Dans l’électrochimie, sont classées les piles primaires, les piles secondaires et appareils de galvanoplastie; nous voyons des appareils fort curieux. C’est d’abord la pile à double colonne de Volta (1814), puis les trois modèles des premières piles à deux liquides de A. Becquerel (1829), la pile thermo-électrique au bismuth de Pouillet (1857), la pile thermoélec-
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- trique de Clamond (1878), trois modèles d'éléments Leelanché à vase poreux de 1876, le couple secondaire à lames de plomb de G. Planté (1860), l’accumulateur original de Faure (1880). Les essais de galvanoplastie faits en 1844 et 1845 sont intéressants ; nous voyons une carafe qui a été métallisée complètement, puis découpée et gravée ensuite par M. Ch. Christoile, ainsi qu'un feuillage naturel métallisé par M. Ch. Christoile.
- Dans la classe des appareils de mesure nous rencontrons les modèles les plus divers : par exemple, la balance électromagnétique de A. Recquerel (1857), la première boussole des tangentes de Douillet ( 1850), l'imité de résistance au mercure établie par Douillet (1846), l’appareil ayant servi pour la détermination de l’ohm légal en 1885, le grand galvanomètre Deprez-d’Arsonval à déviation proportionnelle ayant servi aux expériences de transport de force motrice Marcel Deprez entre Creil et Paris en 1885, la série des premiers compteurs d’énergie électrique construits et utilisés en France de 1882 à 1897.
- Une classe spéciale est réservée au Magnétisme et à l’Electro-Magnétisme. Dans cette classe figurent un grand aimant naturel portant 50 kilogrammes et ayant appartenu à l’abbé Nollet en 1745, la grande machine magnéto de Dixii, construite sous la direction d’Ampère en 1852, le premier anneau Gramme (1868), la première machine à 1 pôles construite par M. Gramme en 1871, le transformateur de M. Clerc (1885), le transformateur de M. Gaulard (1885), etc.
- La liste de tous ces appareils si curieux et si originaux est trop longue, et nous ne pouvons à regret, faute de place, insister sur un grand nombre d’autres appareils d’un grand intérêt. N’omettons pas cependant de mentionner, dans la classe de l’électro-dynamique, la table d’Ampère ayant servi à Ampère en 1820 pour démontrer les lois de l’électrodyna-mique, le premier appareil à champ tournant du professeur Galileo Ferraris en 1888, le premier rhéostat placé dans le circuit d’excitation des excitatrices des alternateurs Gramme alimentant en 1879 les bougies Jablochkoff. Les premiers modèles de lampes à arc sont aussi très nombreux ; le premier régulateur à solénoïde est la lampe d’Archereau (1849), puis les lampes de Foucault (1849), de Duboscq (1858), de Serrin (1859), de Mersanne (1878 et 1879), les bougies Jablochkoff (1876-1879), la lampe Soleil (1880, 1889), la lampe à verre de Solignac. Darmi les lampes à incandescence, citons la lampe E. Reynier et Werdermann (1879), les lampes Reynier, la première lampe à incandescence fabriquée en France en 1882 par la Société industrielle Edison.
- Les livres, manuscrits et autographes forment une collection des plus intéressantes et des plus complètes, comprenant des ouvrages de 1562 jusqu’à 1892, qui relatent pas à pas tous les progrès successifs accomplis par la science électrique. On est réellement saisi à la vue de ces manuscrits de l’époque, où se trouvent des ratures, des pages entières effacées, avec des annotations de tous genres. On devine
- l’observateur, qui a exécuté des expériences, qui a trouvé des résultats, et qui a voulu les traduire sous une forme compréhensible ; mais il a été souvent embarrassé dans les expressions à choisir, et dans les mots à employer.
- En résumé le musée centennal d’électricité à l’Exposition offre un intérêt considérable au point de vue historique ; les électriciens doivent être reconnaissants à M. E. Sartiaux d’avoir entrepris cette tâche ingrate et aussi d'avoir établi un catalogue qui résume si complètement les renseignements connus sur les premiers appareils de la science électrique. J. Laffargue.
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- CHRONIQUE
- Application directe d’un récepteur téléphonique A la télégraphie sans fil. — M. A. Popoff a indiqué récemment l’application intéressante d’un récepteur téléphonique à la télégraphie sans fil. Lorsque l’on se sert pour la télégraphie sans fil des radiations électriques d’une faible puissance, on peut arriver avec des radioconducteurs de tout genre (métaux divers, grains de charbon dur, grains de charbon et métal, etc.j à obtenir la diminution de résistance pendant l’action des radiations successives; ces variations de résistance sont de courte durée, elles peuvent être observées directement au téléphone. Deux blocs de charbon et de simples tiges métalliques, aiguilles, etc., permettent de reproduire ce phénomène intéressant. En juillet 1899, M. Popoff a indiqué l’utilisation pratique de ce phénomène pour remplacer, dans la télégraphie sans fil, les récepteurs avec relais (appareils Popoff'-Ducretet) par des téléphones. Le récepteur comprend alors : une pile mise en circuit avec un radioconducteur et un téléphone. Pour les grandes distances le radioconducteur employé est celui à grains d’acier possédant plusieurs états d’oxydation à leur surface. Cette nouvelle application des radio-conducteurs Branlv, du type Popoff, est intéressante par la simplicité du système. Les influences atmosphériques peuvent être atténuées et même supprimées par les moyens employés en télégraphie et en téléphonie. Le poste transmetteur (et son oscillateur) est celui du matériel Ducretct avec bobine de Ruhmkorff du type transportable à étincelle puissante ; elle donne toute satisfaction. Les postes établis dans le golfe de Finlande entre des îles distantes de 47 kilomètres (Kotka et Ilohland) ont prouvé, par le succès des transmissions réalisées en hiver (au commencement de 1900), que cette transmission sans fil pouvait être pratiquement adoptée entre ces îles jusqu’alors privées entre elles de tout moyen de communications télégraphiques. Pendant une durée de quatre-vingt-quatre jours, 440 télégrammes officiels ont été échangés entre ces postes, à des heures déterminées ; la plus longue dépêche a été de 108 mots : le service régulier était assuré par des télégraphistes du Génie militaire russe. Cette installation de télégraphie sans fil avait été réalisée en vue du sauvetage du cuirassé russe le Général-Amiral d’Apraxine échoué sur les côtes de l’ile de Ilohland, l’hiver dernier, par 20° au-dessous de zéro. Les transmissions établies, il fut permis de signaler, par le télégraphe sans fil, qu’un bloc de glace s’étant détaché près de Zovensary, un groupe de pêcheurs qui s’y trouvait était entraîné vers la pleine mer. Le télégramme d’alarme envoyé, signé de l’amiral
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- Avelan, fut reçu « au vol » par le navire brise-glaces Ennack et les 27 pécheurs, échoués sur le bloc de glace, furent sauvés d’une mort certaine. Les débuts pratiques de la télégraphie sans fil, en Russie, furent donc au prolit de l’humanité, et c’est avec une réelle émotion qu’ils furent annoncés par la presse russe en même temps que Je succès du sauvetage du cuirassé, mis ainsi en communication, sans lil, avec des îles distantes de 47 kilomètres.
- Los mâts employés pour recevoir les antennes « radia-trice et collectrice » ont 48 mètres de hauteur. Un de ces mâts est à 5 kilomètres de la côte au milieu d’un bois, une portion d’ile est interposée entre les postes. Pour les essais rapides les cerfs-volants sont d’un bon emploi. Ces appareils radio-téléphoniques complètent ceux avec relais, ils sont construits par M. E. Dueretet, l’habile constructeur parisien bien connu.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 24 septembre 1900. — Présidence de M. M. Lévy.
- MM. Backlund et Langlev assistent à la séance.
- Les éléments infinitésimaux de l’atmosphère. — M. A. Gautier a récemment exposé une méthode qu’il a employée pour le dosage des gaz qui n’existent dans l’atmosphère qu’à l’état de traces; il a démontré, grâce à cette méthode, que l’atmosphère des océans contient de l’hydrogène pur et que dans l’atmosphère des lieux habités cet hydrogène libre était associé à d’autres carbures d’hvdrogène. Il communique une Note sur la nature des gaz qui, dans l’atmosphère de Paris, sont associés à l’hydrogène. Il note 20 cm3 d’hydrogène, 12 cm3 de formène et 0 cm3,2 d’oxyde de carbone pour 1 m3 d’air.
- Le spectre calorifique. — M. Janssen lit une Note de M. Langlev résumant les travaux que ce savant a poursuivis depuis six ans sur le spectre calorifique de la lumière solaire. Ces travaux, qui forment la matière d’un gros volume en cours d’impression, sont le complément d’une première communication faite en juillet 1895. Ils ont été poursuivis à l’aide d’un instrument imaginé par l’auteur qui permet d’apprécier le millionième du degré de température. Essentiellement cet instrument si sensible, se compose d’une lame de platine de 1/50" de millimètre d’épaisseur que l’on promène dans les différentes régions du spectre et qui influence par sa variété de conductibilité électrique un galvanomètre. En combinant les indications du galvanomètre avec un miroir, il a pu photographier les intensités marquées par l’appareil. Ces indications sont représentées graphiquement par une courbe dont les ordonnées s’appuient sur un spectre. Dans les régions lumineuses la courbe s’élève. M. Langley, grâce à cet appareil, a découvert une portion du spectre infra-rouge. Ces recherches, d’une si haute précision, ont permis à l’auteur de constater des variations du spectre tellurique suivant les saisons.
- Apparition d’espèces végétales nouvelles. — M. G. Bonnier communique le résultat d’importantes expériences de M. le professeur Hugo de Vries, d’Amsterdam, sur l’apparition d’espèces végétales nouvelles. L’auteur, en se mettant à l’abri de toute différence, cultive indéfiniment sur un même sol, une même espèce de plantes. Les variations dans les sujets qui se produisent dans ces conditions sont, en général, sans importance, et les graines issues des nouveaux pieds redonnent les caractères primitifs. Mais, exceptionnellement, tout à coup, il peut
- apparaître une forme très différente. Une véritable espèce se produit ainsi subitement. Mais le cas se produit quelquefois une fois sur 15 000 et les graines de ce pied exceptionnel, semées à part, donnent des descendants exactement semblables à la plante prototype sans aucun retour à la forme primitive. Ce fait semble venir à l’appui d’une hypothèse de Darwin, d’après laquelle des modifications dans le développement des individus peuvent apparaître indépendantes des influences extérieures. M. Bonnier met sous les veux de l’Académie un certain nombre de ces espèces appartenant au genre œnothera qui ont pris naissance dans les cultures de M. de Vries.
- Préparation de corps nouveau. — M. II. Moissan présente une Note de M. E. Dufau sur un aluminate calcique obtenu en fondant au four électrique de l’alumine et de la chaux, puis en traitant le produit par l’acide azotique. Dans ces conditions, quelles que soient les proportions d’alumine et de chaux mises en présence, le produit isolé est un aluminate monocalcique cristallisé en prismes obliques à base rectangle. Cet aluminate ne peut être rangé parmi les spinellcs.
- Varia. — M. Janssen fait hommage, au nom de l’Institut aéronautique de Berlin, d’un ouvrage donnant l’exposé des ascensions en ballon libre et des ascensions de ballons-sondes pratiquées sous les auspices de cet établissement. Cet ouvrage est dù à MM. Assmann et Berson. M. Berson, dans une ascension, a atteint la hauteur de 9100 mètres, grâce à l’emploi de l’oxygène. — M. Balland adresse une Note sur les farines améliorantes riches en gluten, que l’on tente d’introduire dans le commerce et se montre défavorable à l’adoption de ces farines.
- Cm. de Yiij.kdkih..
- LE PLUS GRAND FOUDRE DU MONDE
- Le plus grand foudre connu était jusqu’à ce jour celui de la ville d’Eidelberg ; sa contenance atteignait 2200 hectolitres. À l’occasion de l'Exposition de 1000, M. Adolphe Fruhinsholz, constructeur à Nancy, a fait mieux; il nous en présente un de contenance presque double de celui d’Eidelberg, soit exactement de 4555 hectolitres. C’est donc à juste titre que le nouveau foudre, qui bat ainsi considérablement le record de la capacité, a pu être intitulé ; Le plus grand foudre du monde.
- Sa construction a présenté, comme on le pense bien, des difficultés considérables. Il était tout d’abord indispensable d’avoir des bois de chêne provenant d’arbres sortant tout à fait de l’ordinaire. Ceux-ci devaient présenter des troncs d’au moins 14 mètres de longueur avant le premier nœud. On ne put les trouver que dans les vieilles forêts du Texas; et ce sont ainsi les États-Unis qui ont fourni le bois nécessaire à la construction des douves du colossal récipient. Les cercles sont en acier d’une seule pièce et sortent des usines de Longwy ; ils sont au nombre de vingt-six. Le foudre repose sur un immense chantier en bois de pitchpin d’Amérique.
- Le poids total du système est de 158 000 kilogrammes, dont 78 000 pour le foudre et le reste pour le chantier; les cercles pèsent ensemble 12 000 kilogrammes. Les dimensions du foudre sont,
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- pour la longueur, U"',55 et, pour le plus gros diamètre, 8m,90. Les douves ont une épaisseur de 22 centimètres à leurs extrémités et de 15 seulement en leur milieu. Les fonds ont 20 centimètres d’épaisseur.
- L’une des plus grandes difficultés que le constructeur ait eues à surmonter a consisté à faire prendre aux douves, qui étaient en chêne fendu, la courbure nécessaire. Il a fallu, pour parvenir au résultat voulu, créer un outillage complètement neuf afin de
- pouvoir traiter les bois par la vapeur et de les faire sécher dans les moules où ils devaient prendre leur forme définitive.
- Les douves, les fonds et les cercles furent fabriqués avec une telle précision que, lorsqu’ils furent tous terminés, leur assemblage se fit sans la moindre difficulté.
- La construction prit beaucoup de temps; on peut dire qu’on y travailla près de dix années, depuis
- Oiump-de-Mars. Section de l'Alimentation. — Le plus grand foudre du monde.
- l’Exposition de 1889 jusqu’à celle de cette année; il est vrai que le travail ne fut pas continu et ne fut exécuté que par intermittence, lorsque les ateliers n’avaient pas de travaux urgents. Le prix de revient du foudre est considérable et ne saurait être déterminé avec une grande exactitude, justement en raison de la grande longueur de temps sur laquelle s’est étendue la construction. En le fixant cependant à 250000 francs, on ne doit pas s’éloigner beaucoup de la réalité.
- L’un des fonds est sculpté et représente l’allégorie du nouveau siècle faisant son entrée dans le monde.
- Lorsque M. Adolphe Fruhinsholz eut terminé sa grande œuvre, il y donna un banquet en faisant établir un plancher suivant l’axe. L’un des fonds avait été enlevé et on accédait dans l’intérieur à l’aide d’un escalier de dix-neuf marches. Cent convives purent trouver place le long de trois grandes tables. Inutile de dire que le repas fut des plus animés et qu'on y but au succès éclatant remporté par la tonnellerie française. I).
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laîiciie, rue de Fleuras, 9.
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- N° 1 it2X.
- li OCTOBRE 1*00.
- LÀ NATURE.
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- NOUVELLE MACHINE A TIMBRER
- L’Administration des Postes vient d’adopter une nouvelle machine pour l’oblitération des timbres des lettres qui permet un travail rapide et satisfait
- au besoin de vitesse si nécessaire pour la transmission de nos courriers.
- Jusqu’ici nos lettres portaient un cachet postal
- Machine a timbrer système Pickerdike. — 1. Série de machines à timbrer actionnées par un même petit moteur électrique. 2. Ensemble de la machine à timbrer et de son mécanisme.
- 3. Détail du mécanisme pour le timbrage et le rejet d’une lettre. — 1. Passage d’une lettre sur le rouleau encreur.
- rond annulant le timbre au point de départ, ce même cachet était répété sur l’enveloppe, et un autre poinçonnage, au lieu de destination, indiquait la distribution. Ces cachets frappés à la main, ou, dans les grands centres, obtenus par des machines
- 28e année. — 2" semestre.
- manuelles à percussion, avaient l’inconvénient d’être souvent mal timbrés et illisibles et de plus ce moyen était long et exigeait à certain moment un nombreux personnel. Désormais ces inconvénients ne se produiront plus grâce à l’adoption de machines
- 19
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- LA NATURE.
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- spéciales, sorte de petites imprimeuses rotatives exécutant l’oblitération avec une grande netteté et une grande rapidité.
- Nos lecteurs ont pu déjà recevoir des lettres oblitérées par ces machines et juger l’innovation : le nouveau cachet postal se compose d’un drapeau bottant aux trois couleurs, indiquées par des hachures d'obliquité diflérente, portant 11. F. sur le blanc, et à gauche de ce drapeau, annulant le timbre, un cachet rond à date, donnant le nom du bureau de départ; l'impression en est correcte, le timbrage à date étant placé en haut de l’enveloppe sur la partie qui reste généralement sans écriture est bien lisible, choses précieuses surtout pour les lettres de commerce.
- La machine « Bickerdike » qui opère ce travail est d’origine américaine, elle est usitée depuis plusieurs années aux Étas-Unis; on l’emploie aussi en Angleterre, en Allemagne, enlin la France vient de l’adopter pour les grands bureaux de poste de Paris.
- La nouvelle machine à timbrer a l’aspect d’une petite table de travail supportée par un pied en fonte. Les lettres à timbrer étant empilées sur un pupitre derrière la machine on les prend et on les pose une à une dans une conduite d’où elles sont entraînées vers un rouleau encreur, puis rejetées à gauche après leur oblitération.
- Un facteur exercé peut arriver à oblitérer de 1 80 à 200 correspondances par minute, c’est-à-dire plus du double que par les autres systèmes.
- Les lettres placées verticalement à la suite l’une de l’autre, dans la conduite à droite, sont charroyées par deux courroies sans fin mobiles à angle droit, l’une verticale, l’autre horizontale, qui les transportent et les font passer entre deux rouleaux à axes verticaux dont l’un à clichés encastrés et encrés laisse son empreinte au moment où l’angle droit supérieur de la lettre prend contact avec lui, l’axe de l’autre rouleau est mobile et bandé par un ressort pour s’écarter suivant l’épaisseur de la lettre qui passe ; à leur échappement d’entre les rouleaux, les lettres sont rejetées par une came sur le plan à gauche de la table. Un ingénieux mécanisme de déclenchement règle le poinçonnage régulier et à point des lettres.
- Tous les organes sont commandés par un arbre sur lequel est calé un pignon moteur s’engrenant avec les pièces distribuant le mouvement à tout le mécanisme ; sur cet axe est montée aussi une poulie Folle et une autre fixe permettant l’arrêt ou le départ rapide. L’arbre de commande est mu par un petit moteur électrique pouvant actionner au besoin une série de 6 à 12 machines à timbrer.
- Nous avons vu que cette machine timbre l’angle droit supérieur d’une lettre, il serait donc bon que chacun prit l’habitude de coller les timbres-poste à cet angle de l’enveloppe : en agissant ainsi on faciliterait soi-même la distribution rapide de Bon courrier. T. Obàrski.
- LA PETITE PLANÈTE EROS
- Un se rappellera sans doute que, le 25 août 1898, M. Wi11 découvrait à Berlin une petite planète que l’on baptisa Eros. Cotte découverte fit certain bruit dans le monde astronomique parce que les premières observations démontrèrent qu’il ne s’agissait nullement d’un nouvel astéroïde comme ceux qui existent entre Mars et Jupiter, mais bien d’une planète circulant entre la Terre et Mars. Sa moyenne distance au soleil est de 1458, c’est-à-dire plus petite que celle de Mars qui atteint 1520. De plus on reconnut ultérieurement que l’inclinaison sur l’écliptique et l’excentricité de l’orbite sont considérables. Enfin on s’aperçut à l’observatoire de « Harvard College » que la planète Eros avait été déjà photographiée en 1895 et en 1896 par M",e Fleming du service photographique de l’observatoire de M. Pickering. M. Chandler, à l’aide des positions relevées, calcula l’orbite 1895-1898. Eros est plus rapproché de moitié de la Terre que Vénus dans les passages de celle-ci devant le Soleil. Conséquence importante : Eros peut servir beaucoup mieux que toute autre planète à déterminer le parallaxe solaire dont la véritable valeur reste contestée. On observera l’astre de différents lieux de la Terre ; on en déduira la distance à la Terre et la troisième loi de Kepler permettra d’en conclure la distance au Soleil.
- La conférence astro-photographique internationale, qui s’est réunie à Paris, a discuté les conditions d’observation et il a été entendu que les grands observatoires d’Europe et d’Amérique coopéreraient à la détermination précise de la marche à’Eros. Ce travail considérable que nous signalons à l’attention constituera une des œuvres astronomiques les plus considérables de notre temps. H. de P.
- LA GUERRE ET LA PAIX ARMÉE
- EX EUROPE
- A l’occasion de la tenue à Paris du IVe Congrès de la Ligue de la Paix, M. G. Moch a publié une intéressante brochure au sujet de la statistique de l’état de guerre et de paix armée en Europe.
- Les résultats numériques y sont présentés sous forme de graphiques disposés d’une façon des plus intelligentes et des plus heureuses; de telle sorte que, par de simples coups d’œil, on se rend compte immédiatement des relations que présentent entre elles, au point de vue considéré, les diverses puissances européennes.
- Nous reproduisons trois de ces graphiques qui nous ont paru présenter un grand intérêt et nous accompagnons chacun d’eux de quelques notes et éclaircissements.
- I. Les armées en 1900. — Les blancs représentent les forces de guerre sur le pied de paix et les noirs les forces en temps de guerre, après les mobilisations (fig. 1 ).
- Dans le premier cas, la primauté appartient à la Russie avec près de 900 000 hommes; viennent ensuite l’Allemagne et la France, à égalité, avec 600 000; puis l’Autriche (575 000), l’Italie (500 000), la Grande-Bretagne (275 000), etc. L’ensemble des forces entretenues en temps de paix par l’Europe atteint un total approchant de 5 800 000 hommes.
- Fin temps de guerre, la France, l’Allemagne et la Russie mobiliseraient chacune environ 4 millions de soldats; puis viendraient par ordre décroissant : l’Autriche (2 425 000), l’Italie (2 225 000), la Turquie (775 000 .
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- LA NATURE.
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- la Grande-Bretagne (750 000), etc. Au total, toute l’Europe, sur le pied de guerre, serait susceptible d’armer 21 millions d’hommes.
- II. Dépenses budgétaires des Années et des Marines. — C’est l’Angleterre qui, chaque année, consacre les plus fortes sommes à l’Année et à la Marine; les deux budgets réunis dépassent 1 milliard 100 millions de francs. Vient ensuite la Russie avec un peu moins d’un milliard ; puis la France (950 millions), l’Allemagne (915 millions), l’Autriche-Hongrie (400 millions), l’Italie (580 millions), etc. L’ensemble des dépenses militaires et maritimes atteint pour l’Europe la somme de 5 milliards 800 millions (fig. 2).
- Si cette dernière se mobilisait, la dépense d’entretien de tous les combattants appelés sous les armes devrait s’élever à 32 milliards par an, soit à près de 100 millions par jour.
- Les dettes des différents Etats européens n’ont, du reste, fait que s’accroître depuis ces dernières an-
- Hommes.
- 3.500.000
- 3.000.000
- 2.000.000
- 1.500.000
- 1.000.000
- 500.000
- Fig. 1. — Les années en 1900.
- nées et paraissent devoir continuer leur mouvement ascendant.
- La France a la plus forte dette, plus de 51 milliards de francs. La Russie occupe la seconde place avec 20 milliards. Puis se succèdent la Grande-Bretagne (15 milliards 870 millions), l’Autriche-IIongrie (14 milliards 552 millions), l’Italie (12 milliards 908 millions), l’Espagne (9 milliards 242 millions), la Turquie (4 milliards 76 millions), le Portugal (5 milliards 938 millions), l’Allemagne (2 milliards 826 millions), etc. Le total des dettes européennes s’élève à 125 milliards.
- Si la République française tient la tète avec 51 milliards, en revanche la République helvétique tient la (jueue avec seulement 85 millions.
- Il est à remarquer que les jeunes Ktats, nouvellement éclos dans les Balkans, ont déjà des dettes relativement importantes; la manie d’emprunter est décidément une maladie des nations contemporaines.
- III. Accroissement des dépenses militaires de 1869 à 1900. — Les blancs représentent les dépenses en 1869 et les noirs celles en 1900 (fig. 5).
- Le rapport des hauteurs des noirs à celles des blancs marque le degré d’accroissement.
- On voit, par la comparaison de ces divers rapports de hauteur, que c’est l’Allemagne qui a relativement le plus
- En Millions de Francs.
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- Fi”, i. — Dépenses budgétaires dos Années et des Marines.
- augmenté ses dépenses, puisque celles-ci sont passées de 500 millions à plus de 900; de 1869 à 1900, l’Allemagne a donc triplé ses dépenses militaires. La Grande-Bretagne,
- En Millions de Francs, i.roo------------------
- 1.000
- Fig. 5. — Accroissement des dépenses militaires de 1869 à 1900.
- l’Autriche-IIongrie et l’Italie ont sensiblement doublé les leurs. Quant à celles de la France et de la Russie, elles n’ont augmenté que de 1 à 1 et demi. Ce sont, en somme, ces deux dernières puissances qui ont montré relativement le plus de modération dans l’accroissement de leurs dépenses militaires. Rklalsey.
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- LA N ATI UE.
- APPAREILS DE TRANSFORMATION
- TABLEAUX DE DISTRIBUTION ET CANALISATIONS ÉLECTRIQUES EXPOSITION UNIVERSELLE
- Après les appareils de production d’énergie électrique que nous avons examinés récemment *, il est intéressant de faire une étude sommaire des divers autres appareils qui servent pour recueillir l’énergie électrique aux bornes des machines électriques, la transmettre à un tableau de distribution d’où elle sera répartie en diverses directions, et enfin l’amener aux points où elle sera utilisée.
- Dans cet article, nous nous contenterons de parler des appareils de transformation, du tableau de distribution et des appareils qui lui sont néces-
- saires, et de dire deux mots seulement des canalisations.
- Les appareils de transformation instantanée pour courants alternatifs, courants continus ou courants triphasés étaient exposés en très grand nombre, et il nous faudrait de nouveau citer ici tous les constructeurs et fabricants de machines électriques si nous voulions être complet et mentionner tous les transformateurs. Nous reproduisons dans la figure 1 quelques modèles d’une forme nouvelle.
- A côté de ces premiers transformateurs, nous citerons également les transformateurs polymorphiques, les transformateurs tournants, les commutatrices et les convertisseurs de tous modèles et de toutes puissances.
- Viennent ensuite les accumulateurs qui, eux aussi,
- Fig. 1. — .Modèles divers de transformateurs d'énergie électrique. — 1. Transformateur Bréguet pour distribution à différence de potentiel constante. — 2. Transformateur à courants alternatifs simples de la Compagnie générale d'électricité de Creil (établissements Daydé et l'illé). — 3. Transformateur à courants triphasés de la Compagnie internationale d’électricité de Liège. — 1. Transformateur à courants triphasés de la Société l’Éclairage électrique.
- sont des transformateurs, mais des transformateurs différés. Le nombre des accumulateurs à l’Exposition a été très grand également, de tous pays ; mais nous avons retrouvé les types déjà répandus depuis plusieurs années, basés sur les principes bien connus, sans grande nouveauté.
- Quoi qu’il en soit, cette simple énumération nous montre que l’électricien possède tous les appareils pour changer et modifier à volonté la forme de l’énergie électrique, produire des courants continus, des alternatifs simples et polyphasés et transformer ceux-ci à leur tour en chacune des deux autres formes soit séparément, soit simultanément. Et ces appareils ne sont pas des appareils de laboratoire ou d’études, mais des appareils utilisés déjà dans de nombreuses
- 1 Yoy. n" 1420. du 22 septembre 1000, p. 203.
- applications et qui ont des rendements industriels très élevés.
- Quand à l’usine nous avons transformé l’énergie électrique suivant les besoins de l’installation que nous avons en vue, il faut pouvoir régler à volonté la transmission de cette énergie, la répartir dans différents circuits, l’envoyer ou l’arrêter à volonté, la mesurer, régler la tension suivant le débit nécessaire, etc., etc. C’est là le but du tableau de distribution ; sur celui-ci seront établis tons les appareils nécessaires aux diverses opérations que nous énumérions tout à l’heure. Nos lecteurs connaissent déjà la composition d’nn tableau de distribution et nous n’avons pas besoin d’en faire une nouvelle description. A l’Exposition, en effet, nous en avons trouvé des modèles intéressants dans plusieurs stands, sans compter les deux grands tableaux qui servaient à la
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- LA NATURE.
- distribution totale, et dont nous avons déjà parlé1.
- Les qualités d’un tableau de distribution peuvent du reste se résumer en quelques mots : appareillage soigné, disposition claire et nette de tous les appareils de manœuvre, fonctionnement irréprochable de tous les appareils.
- Nous serions amené naturellement à examiner maintenant en détail tous les appareils d’un tableau. Nous ne pouvons le faire, faute de place; mais nous pouvons dire avec grande satisfaction (pie l'Exposition nous a montré des appareils de tous pays, mais surtout de France, d’Allemagne et de Suisse (interrupteurs, coupe-circuits, prises de courants, etc. ), solides,
- robustes et présentant toutes les qualités nécessaires pour un bon fonctionnement. En dehors des grandes sociétés et compagnies qui ont entrepris la construction de tout le matériel électrique, et que nous avons déjà citées à propos des dynamos, nous mentionnerons encore la Société Industrielle des Téléphones, MM. Vedovelli et Priestley, la Compagnie Française d’appareillage électrique, la Compagnie Générale des travaux d’éclairage et de force, la Société d’applications industrielles, MM. Risacher et Hébert, M. Ellison, etc., etc. Nous reproduisons dans la ligure 2 quelques-uns des appareils principaux; mais c’est par milliers qu’il nous aurait fallu les décrire, si
- Kig. 2. — ModMes divers d'appareils électriques. — 1. Interrupteur à 3 fils de MM. Vedovelli et Priestley. — 2. Coupe-circuit de M. Genteur pour liante tension, à 5000 volts, avec barrette mobile à réservoir d’huile. — 3. Réducteur de charge et de décharge double de la Société Allgemcine Elektricitats Gesellschalt. — i. Interrupteur automatique de la Société Elektricitats Aktiengesellschal't, autrefois Sclmckert et O. — o. Régulateur automatique de la Société Lahmeyer avec voltmètre à contacts e lampes-signaux.
- nous avions compté tous les appareils remarquables.
- N’oublions pas de mentionner les appareils de mesure indispensables sur le tableau de distribution et de citer les noms des constructeurs J. Carpentier, Chauvin et Arnoux, Ducretet, Aron, Hartmann et Braun, Siemens et Halske, Elektricitats Aktienge-sellschaft, etc. Dans la classe des compteurs, nous relevons les noms des plus grands constructeurs en France et à l’Étranger.
- Nous arrivons eniin à la canalisation proprement dite. Pour ce qui concerne le matériel de ligne nous avons surtout remarqué pour les lignes aériennes les
- 1 Yoy. n° 1415, du 7 juillet 1900, p. 8(5.
- poteaux métalliques du système André, et les isolateurs en porcelaine de la Société anonyme des anciens établissements Parvillée frères et Cie. En ce qui concerne particulièrement les cables isolés, on est saisi des progrès accomplis dans cette fabrication, qui s’étend chaque jour et chaque jour nous produit de nouveaux câbles réellement supérieurs et d’une grande utilité dans l’industrie électrique.
- Ce sont d’abord les câbles Berthoud-Borel et Cie de la Société française, câbles pour des tensions de 30000 volts, les câbles de la Société Industrielle des Téléphones, de la Société Alsacienne de constructions mécaniques, de la Compagnie Générale des constructions électriques (Houry et Cie et Vedovelli et
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- LA NATURE.
- Priestley), de MM. Geoffroy et Relore, de l’India-Rubber, Gutta Percha and Telegraph Works de Persan-Beaumont, de l’Allgemeine Elektricitats-Gesell-schal't,de MM. Siemens et Halske, etc.
- Il nous faudrait encore passer en revue les petits appareils et les cables pour canalisations intérieures. Nous ne dirons que deux mots à ce sujet; dans plusieurs stands et chez de nombreux fabricants, nous avons trouvé de nouveaux modèles d’appareils, ou tout au moins des modèles plus soignés pour des tensions de 110 ou 220 volts à volonté. Les câbles également semblent avoir été bien étudiés pour leur destination.
- 'Pelle est esquissée à très grands traits cette partie si importante du grand problème de la distribution de l’énergie électrique. J. Laffargee.
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- LE LR\P\ri)
- SES MŒCHS — l.ÉGEXDES ET PRÉJUGÉS — SON ETILITÉ LE MARCHÉ AUX CRAPAUDS
- « Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose. ))
- Rien de plus vrai! La Société Protectrice des animaux a beau proclamer que le crapaud est utile; les instituteurs peuvent enseigner la même chose dans les écoles; enfin, les naturalistes les plus éminents peuvent le dire et le. redire dans leurs écrits ; le malheureux crapaud, dans nos campagnes, n’en reste pas moins un être honni, chassé, persécuté, martyrisé et tué sans pitié chaque fois qu’on le rencontre. Cependant, beaucoup parmi ses bourreaux même, savent fort bien qu’il rend des services; mais, que voulez-vous? Il a le grand tort d’être laid, affreux, hideux même. Hélas! A quoi serait réduit le monde, s’il fallait tuer tout ce qui est laid?...
- Il n’en est pas moins vrai que les crapauds ont été, dans tous les temps et dans tous les lieux, au nombre des animaux que l’opinion repousse ; partout ils sont un objet de dégoût, on peut même dire d’horreur.
- Souvent, les personnes peu initiées confondent les crapauds avec les grenouilles, souvent aussi à Paris même, des marchands peu scrupuleux vous vendent des crapauds écorchés à la place de ces dernières.
- Il est pourtant bien facile de distinguer ces deux batraciens.
- En effet, le crapaud a les formes lourdes; ses pattes postérieures sont de la même longueur que le corps, des glandes (parotides) forment deux amas de chaque côté du cou; enfin, la bouche, largement fendue, « est dépourvue de dents ».
- La grenouille, au contraire, a les formes sveltes et élancées (elle saute, tandis que le crapaud rampe en quelque sorte), ses pattes postérieures sont bien plus longues que le corps et sa bouche « est garnie de dents ».
- Le crapaud vulgaire (Bufo vulgaris) le plus répandu en France, mesure de 15 à 20 et même, mais exceptionnellement, 30 centimètres de longueur; il a la tête large et courte, les yeux très saillants ; le dos est brun verdâtre, quelquefois rougeâtre, couvert de tubercules arrondis ou verrues, qui sécrètent une humeur lactescente âcre. Joint à son aspect disgracieux, c’est ce mucus qui fait le malheur du crapaud; on dit qu’il est venimeux et qu’il lance son venin. Or, rien n’est plus faux. Le mucus lactes-
- cent que sécrète le crapaud, est, il est vrai, très irritant lorsqu’il est appliqué sur les muqueuses de l’homme ou introduit directement dans la circulation ; mais sur la peau il n’a aucune action toxique. Cette mucosité sert au crapaud à se défendre contre la sécheresse de l’air et l’ardeur du soleil. M. Schneider a constaté que le soleil faisait beaucoup de mal aux crapauds et Adanson rapporte que l’évaporation qui se fait par la peau de ces animaux est si grande, que les nègres qui traversent les sables brûlants du Sénégal s’en appliquent souvent un, tout vivant, sur le front, pour se rafraîchir.
- Ceci explique pourquoi ce batracien, contrairement à la grenouille, se tient caché tout le jour, dans des trous, sous les pierres ou dans des souches, en tout cas, dans des endroits humides.
- Le crapaud est essentiellement terrestre, mais les petits naissent dans l’eau. Quand l’accouplement se fait sur la terre, la femelle se traîne à l’eau en portant le mâle ; la ponte a lieu au printemps, ou plutôt à la fin de l’hiver, les œufs, petits et noirs, sont réunis par une gelée transparente en deux cordons souvent longs de 3 ou 4 mètres ; ils sont enroulés autour des plantes aquatiques.
- Notons que- le crapaud ne se reproduit qu’à la quatrième année.
- Le crapaud est un animal essentiellement utile, il ne se nourrit que d’insectes, de larves et de vers. C’est bien à tort qu’on l’accuse de dévorer les fraises et les salades ! Si on le trouve souvent autour de ces plantes, c’est qu’il y cherche les limaces qui les dévorent. 11 ne mange que des proies animales, et encore faut-il qu’elles soient vivantes. Ayant pris un jour un crapaud, que nous avions fait jeûner pendant huit jours, nous l’avons mis dans une boîte avec douze vers de farine (ténébrions) préalablement tués ; deux jours après nous retrouvâmes les douze larves intactes;’le lendemain, le crapaud avait dévoré huit vers de farine vivants que nous avions mis à sa disposition dans les mêmes circonstances. Ce n’est que la nuit que le crapaud chasse la vermine qui constitue sa nourriture1; le jour il reste caché dans quelque trou.
- « C’est pendant la nuit, dit à ce sujet le Dr IL Cloquet, que les crapauds sortent de leurs sombres retraites; ils les abandonnent aussi à la suite des pluies chaudes de l’été et souvent alors, ils couvrent, pour ainsi dire, la surface de la terre dans des endroits où l’on n’en apercevait point auparavant. C’est ce phénomène qui a donné lieu à une erreur généralement répandue chez le peuple des campagnes. L’existence des pluies de crapauds! Il semble en effet, parfois, qu’ils soient tombés du ciel avec la pluie2. »
- Pareilles « pluies de crapauds » ont été signalées notamment à Cahors, en 1818 et 1847.
- Le crapaud peut vivre très longtemps sans manger, on prétend même qu’il peut vivre des mois entiers sans air, et on en cite qui ont vécu des années et même des siècles, scellés dans des pierres, du plâtre, etc. Or, c’est encore là une légende, car s’il est vrai que la vitalité du crapaud est très peu active, il est vrai aussi qu’il est très résistant; mais, ainsi que l’ont prouvé les expériences très minutieuses de Buckland, le crapaud, lorsqu’il est privé d’air pendant un temps prolongé, succombe comme tout autre animal.
- Le crapaud n’est pas absolument dépourvu d’intelli-
- 1 II est donc éminemment utile, car il détruit pendant la nuit ce que les oiseaux insectivores ne peuvent prendre que pendant le jour.
- 2 Dictionnaire des sciences naturelles, par plusieurs professeur* du Jardin du Roi. 1818. Tome XI.
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- genre. Le naturaliste Primant1 * 3 * rneonh' qu’un do oos animaux qui vivait sons un escalier, venait près do lui tous les soirs dans sa salle à manger et se mettait sous la table; il vécut ainsi pendant trente-six ans et comme il mourut accidentellement, il est à présumer que la longévité de ce batracien doit être considérable.
- M. Duchemin mentionne un autre cas (l’intelligence dans un rapport à l’Académie des sciences de Paris, où il décrit la manière dont les crapauds tuent les carpes en s’établissant sur la tète du poisson et lui enfonçant leurs pattes de devant dans les yeux. C’est probablement sous le coup d’une excitation sexuelle que les crapauds agissent ainsi*.
- Le crapaud rend bien des services en dévorant les vers, les cloportes, les araignées, les limaces et les larves. Lorsqu’il voit une proie à sa portée, dit Brebm8, il fait rapidement quelques pas on avant, ouvre largement la bourbe et, avec une rapidité vraiment merveilleuse, lance sa langue sur sa victime qui est ainsi engloutie. On peut épier un crapaud et lui voir facilement prendre sa nourriture; qu’on jette un ver de farine, une petite chenille ou tout autre insecte, immédiatement le crapaud sort de son état de somnolence et se dirige sur sa proie avec une vivacité qu’on ne lui supposerait pas ; lorsqu’il s’est approché à distance convenable, il s’arrête, fixe sa proie comme un chien devant le gibier, renverse sa langue et engloutit sa victime; lorsque le morceau est trop long, ce qui arrive lorsqu’il s’agit, par exemple, d’un ver de terre, il fait entrer l’animal dans sa gueule d’un rapide coup de patte, ainsi que Sterke l’a observé. Aussitôt la proie avalée, le crapaud reste immobile comme auparavant et se met de nouveau aux aguets.
- Donc, loin de nuire et d’attaquer, les crapauds ne savent même pas se défendre et deviennent assez fréquemment la proie des serpents, des brochets, des cigognes, des vautours, etc., etc.
- Quant à dire que le crapaud tette les vaches et les chèvres, c’est encore une fable ; car la conformation de sa bouche s’y oppose absolument.
- Le crapaud a la vie très dure, il supporte sans mourir les blessures et les mutilations les plus graves; par contre, il suffit, dit-on, de le saupoudrer de tabac ou de sel marin pour qu’il périsse très rapidement.
- Lu résumé, le crapaud est un animal utile au premier chef. S’il est vrai qu’il avale, par-ci par-là, une abeille tombée, il n’est pas pour cela nuisible à l’apiculture, car il lui est impossible de pénétrer dans les ruches. Il inange bien de temps à autre un peu de frai de poisson, mais il va si rarement à l’eau qu’on ne saurait lui en tenir rigueur.
- 11 rend donc, dix fois, cent fois même, plus de services qu’il ne fait de dégâts. L’est ce que les Anglais, gens pratiques en toutes choses, ont parfaitement compris; car depuis longtemps déjà, ils viennent tous les ans acheter des milliers de crapauds en France, notamment en Normandie, et tandis que par d’absurdes préjugés nous continuons à détruire ces précieux auxiliaires, eux, en peuplent leurs serres et leurs jardins protégeant ainsi leurs (leurs, leurs fraises et leurs salades.
- Or, ce qu’on ignore généralement, c’est qu’il existe, à Paris même (ou tout au moins, il existait encore en 1883), un marché aux crapauds, qui est sans contredit le marché le plus curieux et le plus ignoré de la capitale ; il lient ses assises près du Jardin des Plantes, dans le vieux
- 1 Bingley, Biographie animale, vol. II, p. 406.
- a G.-J. Romanes. L’intelligence des animaux, t. XI, p. 15.
- 3 A.-E. Brehm. Les Reptiles et les Batraciens, édit, fran-
- çaise par E. Sauvage, p. 607.
- quartier Saint-Marcel, le mercredi de très bonne heure dans un terrain vague que sépare une clôture en planches de la rue (îeoffroy-Saint-llilaire. C’est au printemps et en automne, qu’on apporte1 là, ou qu’on y apportait, dos tonneaux défoncés où grouillent ces batraciens que marchandent des commissionnaires britanniques et quelques rares maraîchers des environs de Paris, «pii eux savent apprécier, à leur juste valeur, les services que ces utiles, mais si peu gracieux animaux, sont susceptibles de leur rendre. Ai.bkkt Larrai.ktrier.
- LA PÊCHE A LA B\CHINE
- EX NORVÈGE
- Voilà déjà pas mal de temps que l’on répète que la pèche, à la haleine est devenue tout à fait improductive, pour l’excellente raison que ce cétacé aurait pour ainsi dire totalement disparu. Le fait est que si notre législation comporte encore des primes pour la pèche en question, depuis des années les services compétents n’ont aucun encouragement de ce genre à payer, nos marins ne capturant plus de baleine, et les pécheurs du Vieux Boucau mêmes manquant complètement à leur ancienne réputation. Cependant cette disparition de la baleine est sensiblement exagérée et répétée sans vérification par une foule de gens : sans dresser un relevé des captures de baleines qui se font dans le cours d’une année, ce qui nous amènerait à parler spécialement de la flotte baleinière de San Francisco, nous pouvons du moins faire quelques emprunts concluants aux Comptes rendus des pêches de la Norvège.
- On sait que dans ce pays les pèches maritimes jouent un rôle des plus importants: or, pendant l’année 1898, la chasse (car on peut employer ce mot étant donnés les procédés que l’on met en usage) de la baleine rostrée a occupé 53 navires, dont 5 seulement à vapeur, jaugeant ensemble près de 5005 tonneaux et comptant 820 hommes d’équipage, dont 101 tireurs. Cette flottille, qui dépend surtout des ports de Tœnsberg et de Sandefjord, a tué 1716 baleines, ce qui est un assez joli chiffre : la valeur en a atteint 560 000 couronnes, le produit en huile s’élevant à 15 500 fûts. Contre la baleine de Laponie, on a armé 25 steamers avec 504 hommes d’équipage et 25 tireurs; le résultat a été la capture de 1223 cétacés, qui ont donné près de 38 000 fûts «l’huile. En Islande, les Norvégiens ont envoyé 21 steamers avec 473 hommes, qui ont tué 796 baleines et ont recueilli 50 450 fûts d’huile rectifiée; enfin, aux îles Fœroe, trois vapeurs seulement et 43 hommes ont réussi à mettre à mort et à dépecer 118 baleines, «pii leur ont fourni bien près de 5000 fûts «l’huile.
- Si l’on totalise tous ces chiffres, on verra qu’il est quelque peu exagéré de dire que la pêche à la haleine n’est plus possible, et nos marins, s’ils le voulaient bien, pourraient y trouver encore des bénéfices tout comme les Norvégiens. 1). B.
- LES NOUVEAUX
- ASCENSEURS DE LA TOUR EIFFEL
- On se souvient encore de l’énorme succès de la tour Eiffel à l’Exposition de 1889 : toute la journée une queue interminable de visiteurs se pressait aux guichets et il n’était pas toujours possible de les
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- LA NATURE.
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- faire monter tous; cependant certains jours il y eut jusqu’à 25000 ascensions. On disposait entre le sol et les divers étages de quatre ascenseurs dont deux du système Otis pouvaient monter environ 9000 personnes par journée de dix heures, à raison d’une moyenne de 10 à 12 voyages à l’heure et de 42 places par chaque voiture. D’autre part, deux ascenseurs du système Roux et Combahizier, qui faisaient seulement le service entre le sol et le premier étage, pouvaient élever 18000 voyageurs pour le meme temps.
- Enfin, un ascenseur Édoux montait 4500 personnes au troisième étage, à raison de 7 voyages à l'heure et de 65 personnes par voyage. L’administration de la tour a pensé que le nombre des visiteurs prévus pour l’Exposition de 1900 étant de beaucoup supérieur à celui de l’Exposition précédente, il y avait lieu, afin de pouvoir donner satisfaction à un plus grand nombre de personnes, de modifier complètement les systèmes d’ascenseurs desservant les premier et deuxième étages.
- Un seul des deux ascenseurs Otis, celui du pilier Nord, est conservé; il est réservé au service du sol au premier étage, maison l’a transformé de façon qu’il puisse effectuer 14 voyages à l’heure à raison de 80 voyageurs , soit 11 200 personnes par journée de dix heures. Au pilier Sud, il n’y a plus d’ascenseur, on a installé un large escalier allant jusqu’au deuxième étage.
- Aux piliers Est et Ouest fonctionnent deux ascenseurs entièrement nouveaux construits par la Compagnie de Fives-Lille, ils font le service du premier et du deuxième étage à raison de 10 voyages à l’heure et 100 personnes par chaque voyage; soit pour chacun 10000 visiteurs montés au deuxième étage par journée de 10 heures. On estime, en effet,
- que c’est la plate-forme du deuxième étage qui est la plus fréquentée ; aussi a-t-elle été débarrassée des différentes constructions qui l’encombraient, afin d’accroître notablement la surface mise à la disposition des promeneurs.
- L’installation des nouveaux ascenseurs a nécessité la construction de nouvelles machines qui durent être logées dans la salle ménagée au pilier Sud et,
- comme on ne pouvait agrandir celle-ci, il a fallu tirer du peu de place dont on disposait le meilleur parti possible; ce qui rendait cette installation encore plus difficile c’est qu’il fallait mettre en place le nouveau matériel tout en laissant, au moins pendant un certain temps, une partie de l’ancien en service.
- Malgré cela, l’habileté des ingénieurs est venue à bout de toutes les difficultés et on voit aujourd’hui une salle des machines des mieux remplie (fig. 2) par tout le matériel de moteurs à vapeur, chaudières, pompes, dynamos, que nécessite le service de la tour.
- Chacun des nouveaux ascenseurs se compose de deux cabines superposées construites en partie en aluminium, pouvant contenir chacune 50 voyageurs; elles sont reliées, par des câbles mou-flés, à un long piston horizontal ayant environ 18 mètres de course et pour lequel on a dù creuser une galerie s’étendant sous les jardins du Champ-de-Mars (fig. 5).
- Les câbles sont en fils d’acier au nombre de 216 pour chacun d’eux; ils sont au nombre de six, partagés en deux groupes de trois, qui passent sur des poulies de renvoi, dont les principales situées au deuxième étage ont 4 mètres de diamètre.
- Chacun d’eux présente une résistance considérable
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- Fig. 2.
- Salle des machines de la Tour Eiffel.
- Fig. ô.
- Accumulateurs hydrauliques et pistons actionnant les ascenseurs.
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- à la rupture et pourrait à lui seul supporter tout le poids des cabines. Le mouvement est communiqué au piston horizontal par trois accumulateurs hydrauliques (fig. ô) qui développent une puissance de 500 chevaux; bien que sa course ne soit que de 18 mètres, on arrive, grâce au système de mou-flage, à faire accomplir à la cabine le trajet de 150 mètres qui sépare le deuxième étage du sol. L’un des accumulateurs est à basse pression et sert à récupérer en partie, à la descente, le travail dépensé à la montée ; de sorte qu’une machine à vapeur de 150 chevaux est suffisante pour actionner les pompes qui ont pour effet de faire remonter les accumulateurs à haute pression.
- Afin d’avoir une sécurité absolue en cas de rupture des câbles de suspension, chose qui parait cependant impossible, on a disposé sous la cabine des freins hydrauliques analogues à ceux des pièces d’artillerie ; ces freins se composent de quatre pistons jumelés deux à deux ayant 2m,50 de course. En cas de rupture ils actionnent instantanément des griffés qui viennent s’accrocher à deux crémaillères à dents allongées, situées de chaque côté de la voie (fig. 1) et le choc est amorti par le jeu des pistons dans leurs cylindres. On a de plus disposé tout le long du parcours une canalisation spéciale, dite conduite de sauvetage, qui, par des tubes souples, peut être reliée à ces pistons et les actionner ; de sorte que par une série de raccords et un jeu de robinets on peut arriver, par ce seul moyen, à faire accomplir tout le trajet à la cabine; il serait donc toujours possible de regagner lentement mais sûrement la station la plus proche. En dehors du cas de rupture on a prévu celui où le conducteur donnerait au véhicule une vitesse exagérée et pour cela un régulateur à boules est disposé de façon à déclencher automatiquement le frein. Avec de telles précautions on peut être assuré qu’un accident est impossible sur ces nouveaux ascenseurs.
- La voie est formée de rails qui sont fixés à l’ossature de la tour, et elle n’est pas verticale, par conséquent, entre le sol et la deuxième plate-forme ; il en résultait qu’avec les anciens ascenseurs on subissait pendant le trajet des inclinaisons diverses. On a voulu éviter cette sensation désagréable aux voyageurs, et, par une disposition ingénieuse, on obtient l’horizontalité constante du plancher. A cet effet, une crémaillère M a été placée sur tout le parcours et un pignon P monté sur la cabine inférieure roule sur cette crémaillère ; il actionne un train d’engrenages d’angle C (fig. 1) qui porte une vis sans fin agissant d’une façon continue sur un petit volant denté A qui tourne ainsi très lentement. Celui-ci porte un bouton de manivelle D auquel est attachée une bielle B dont l’autre bout E est fixé à l’extrémité du plancher de la cabine; comme celle-ci est montée sur deux tourillons, elle bascule insensiblement sous la pression de la bielle ; la cabine supérieure est reliée à la première par une tige articulée FC qui lui communique le même mouvement.
- L’ascenseur vertical Edoux qui va de la deuxième
- à la troisième plate-forme n’a reçu qu'une faible modification qui permet, au moyen d’une impériale découverte, de loger les 80 voyageurs qu’elle peut transporter sans les entasser comme cela se faisait auparavant.
- Avec ce nouveau matériel qui a coûté un peu plus d’un million, mais qui permet un service accéléré, les recettes peuvent être de 00 pour 100 supérieures à ce qu’elles étaient auparavant. G. Markschai,.
- L’INDUSTRIE DES PARFUMS ARTIFICIELS
- i
- Parmi les découvertes sorties du laboratoire des chimistes pour entrer dans le domaine de l’application, quelques-unes des plus fécondes sont celles qui ont conduit à la reproduction artificielle des parfums. Il ne saurait, bien entendu, être question de comparer l’importance de cette industrie, dont les débouchés sont naturellement restreints, au colossal développement pris1 par celle des matières colorantes artificielles dont la production se chiffre annuellement par des centaines de millions de francs. Cependant, tant à cause des heureux résultats pratiques obtenus que de l’ingéniosité des recherches qu’elle a suscitées, l’industrie des matières odorantes artificielles mérite que quelques lignes lui soient consacrées ici.
- Le savant professeur à l’École de Pharmacie, M. Jung-fleisch, rapporteur du jury de la classe des produits chimiques à l’Exposition de 1889, la caractérisait ainsi :
- « Parmi les industries qui se sont créées en France depuis douze ans, il n’en est guère de plus originale que celle dont M. de Laire a été l’initiateur. Il n’en est pas, certainement, qui exige des connaissances théoriques plus étendues, qui impose plus fréquemment, et sous des formes plus variées, la tâche toujours difficile de transformer une expérience de laboratoire toujours délicate en une fabrication convenablement réglée. »
- Jusqu’en 1876, époque où M. G. de Laire, déjà connu par de beaux travaux dans la série des matières colorantes dérivées du goudron de houille, installa à Grenelle la première usine pour la fabrication de la vanilline, les produits chimiques employés par la parfumerie et la confiserie se bornaient au nitro-benzène (essence de mirbane), à l’aldéhyde benzoïque (essence d’amandes amères), à quelques éthers à odeurs de fruits. On peut donc faire partir de cette date l’histoire de l’industrie qui nous occupe, et qui constitue, à elle seule, un des chapitres les plus intéressants de la chimie organique.
- La reproduction artificielle d’un parfum peut être obtenue de deux façons bien différentes. Dans certains cas, ayant isolé à l’état de pureté le constituant odorant de la matière naturelle, on est arrivé à préparer artificiellement, identiquement le même composé avec toutes ses propriétés chimiques, physiques et organoleptiques : c’est ce qu’on a fait pour la « vanilline », principe odorant de la gousse de vanille, pour la « coumarine », principe de la fève Tonka, pour 1’ « aldéhyde cinna-mique », principe de l’essence de cannelle, etc. D’autres fois, on a obtenu des composés possédant des odeurs intenses et caractéristiques, se rapprochant d’une manière frappante de celle des produits naturels, bien qu’on n’ait constaté aucune analogie chimique entre eux. 11 en est ainsi pour le « musc artificiel », l’« ionone », pour F « iso-eugénol » (odeur d’œillet), l’« aldéhyde phényl-
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- acétique » (odeur de jacinthe), le « terpinéol » (muguet), l’« aldéhyde pipéronylique » (héliotropine), etc.
- Contrairement à ce qui s’est passé pour plusieurs branches de l’industrie chimique, l’industrie des parfums artificiels, créée en France par M. de Laire, en meme temps qu’en Allemagne par MM. Tiemann et Haar-mann, n’a pas périclité chez nous, et l’exposition de MM. de Laire et Cio fait bonne figure à côté de l’exposition collective allemande. Nous allons présenter brièvement quelques-uns de ces produits, choisis parmi les plus importants au point de vue de leurs applications.
- Van il line. — Comme nous venons de le dire, c’est de la reproduction synthétique de la vanilline que date réellement l’industrie des parfums artificiels. C’est Tiemann et Haarmann qui l'effectuèrent les premiers en 1874. Ils s’adressèrent pour cela à la coniférine, gluco-side existant dans la sève de pin.
- Cette coniférine se dédouble, sous l’influence des agents d’hydratation, en glucose et alcool coniférvlique, alcool dont la vanilline est l’aldéhyde. Il suffit d’oxyder ensuite l’alcool coniférvlique pour obtenir la vanilline.
- La première vanilline offerte au commerce, en petites quantités, était préparée par ce procédé. Vu la rareté de la coniférine et la faiblesse du rendement, le prix de revient était élevé, et le prix de vente d’environ 8 à 9000 francs le kilogramme. C’est dire qu’un pareil mode de préparation ne pouvait mener à la vulgarisation du produit. Aussi fut-il rapidement abandonné, ainsi que celui fondé sur le dédoublement de glucosides tels que l’« avénéine » du péricarpe de l’avoine (Sérullas, 1879) et T « olivile » de Schneider (1885). C’est de la tentative de Sérullas que naquit sans doute la légende fantastique qui courut dernièrement certains journaux quotidiens, d’après laquelle la vanilline serait fabriquée avec les résidus d’avoine existant dans le crottin de cheval!!!.
- Au cours de leurs recherches, Tiemann et M. Haarmann, puis M. de Laire furent amenés à constater les relations étroites de constitution chimique existant entre la vanilline et le phénol de l’essence de clous de girofle, l’eu-génol. C’est de là que découle la véritable fabrication industrielle de la vanilline. On la prépare en oxydant convenablement soit l’eugénol, soit son isomère, l’iso-eugénol, soit des dérivés particuliers de ceux-ci, choisis comme fournissant de meilleurs rendements. Tous ces composés ont fait l’objet de nombreux brevets de MM. Haarmann et Tiemann en Allemagne et de Laire en France.
- Grâce à ces découvertes, la vanilline artificielle entrait rapidement dans la pratique. Le parfumeur, le confiseur trouvaient, en effet, avantage à se servir d’un composé défini, aisément dosable, a’vant toujours la même force odorante et coûtant, à intensité égale, bien moins cher que le produit naturel. Grâce à l’abaissement progressif du prix, il se produisait une véritable vulgarisation du parfum de vanille. On pouvait le faire entrer dans des produits tels que les chocolats, les dragées, les biscuits, où il était réservé auparavant seulement aux articles de luxe.
- Cet abaissement du prix de la vanilline est très caractéristique : il est la preuve de l’activité industrielle de notre époque. Devant le succès du produit, de nombreux chercheurs se mirent à l’étude de procédés capables d’ètre substitués aux méthodes brevetées. C’est alors que furent pris un nombre considérable de brevets, parmi lesquels il faut citer ceux de MM. Bœhringer, Meister Lucius et Brüning, Heinhôrn, Majert, Schering, Société des
- usines du Rhône, etc. Devant cette concurrence effrénée, le prix du kilogramme de vanilline, qui était en 1880 de 2000 francs, en 1890 de 850 francs, est tombé cette année à 100 francs. C’est dire quels perfectionnements continuels on a dû apporter à la fabrication pour abaisser le prix de revient au voisinage de ce chiffre.
- Héliotropine. — Un autre produit important est l’aldéhyde pipéronylique ou héliotropine. On l’obtient en oxydant le safrol, ou mieux son isomère l'iso-safrol. Le safrol est un composé particulier qui forme la majeure partie de l’essence de sassafras. L’héliotropine a un emploi considérable eu parfumerie : combinée à la vanilline, elle forme la base des extraits à l’héliotrope. Sa préparation, au moyen du safrol, n’a jamais été protégée par aucun brevet, aussi son prix a-t-il fléchi beaucoup plus rapidement que celui de la vanilline. Offerte au commerce en 1879 au prix de 5800 francs environ, elle ne valait plus en 1890 que 575 francs et se vend aujourd’hui environ 55 francs!
- Coumarine. — A proprement parler, la coumarine ne devrait pas trouver sa place ici, car l’industrie ne la fabrique pas artificiellement, mais l’extrait de produits naturels. On sait depuis 1825 qu’elle est le constituant odorant de la fève tonka ; elle existe encore dans un grand nombre de végétaux : dans la fleur de mélilot, l’aspérule odorante, dans une herbe fort abondante en Floride, le Liatrix odoratissima, appelée dans le pays « dear tongue ».
- L’étude chimique de la coumarine a été faite complètement; elle a eu comme conclusion la reproduction synthétique au moyen de l’aldéhyde salicylique. On l’a préparée par ce procédé jusqu’à la découverte du Liatrix odoratissima. Il est possible qu’on y revienne un jour, soit que cette matière première vienne à manquer, soit qu’on arrive à préparer l’aldéhyde salicylique à un prix suffisamment bas pour que la chimie reprenne l’avantage sur la nature.
- La coumarine est un excellent produit, d’une grande stabilité vis-à-vis des alcalis, ce qui la rend précieuse pour le savonnier. Les parfumeurs l’emploient notamment pour composer les extraits au foin coupé (new mown hay).
- Terpinéol. — Le terpinéol peut être donné comme le type des parfums artificiels. Il se forme par la déshydratation de l’hydrate de terpine, dérivé immédiat de l’essence de térébenthine. Étudié d’abord par List, Tanret et Bouchardat, il a été préparé industriellement et introduit dans la parfumerie en 1889 par MM. de Laire et Cie. En solutions convenablement diluées, le terpinéol possède l’odeur fraîche du lilas ou du muguet. Il a d’ailleurs été rencontré à l’état naturel dans plusieurs essences de fleurs. Son prix est extrêmement bas (12 francs le kg actuellement), ce qui permet de l’employer dans les préparations dont le prix est le plus modique. Il est complètement inaltérable sous l’action des alcalis, aussi le savonnier l’utilise-t-il abondamment.
- A côté de ces composés, qui sont les plus importants des parfums artificiels, avec le musc et l’ionone dont nous parlerons dans un prochain article, se rangent des produits qui ont trouvé tous d’heureux emplois en parfumerie : ce sont 1’ « aldéhyde anisique » ou « aubépine », produit d’oxydation de l’essence d’anis; 1’ « aldéhyde phénylacétique », qui sent la jacinthe; F « acé-tophénone » et la « benzophénone » ; les « benzoates », <( cinnamates », « salicylates de méthyle » et « d’éthyle»., les « éthers méthylique » et « éthylique » du « {i-na-phtol », etc. Justin Dupont.
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- EFFETS DES SULFATES
- SUR LA GERMINATION ET LA VÉGÉTATION
- J’ai exposé récemment, dans ce journal, les effets du sulfate de fer sur la germination et la végétation d’un certain nombre de graines potagères.
- Pour mes expériences précédentes, je n’avais fait usage (pie de la dissolution du sulfate de fer à 1 pour 100. Les résultats obtenus étaient bons certainement ; mais n’y avait-il pas lieu d’étendre le champ de mes investigations’?
- Pourquoi m’en tenir à cette dose de 1 pour 100?
- Pourquoi ne pas expérimenter aussi sur d’autres composés que celui du fer? Pourquoi ne pas tenter d’appliquer aux céréales ce qui avait si bien réussi avec les graines potagères ?
- Posé de cette façon, le problème ne paraissait pas devoir manquer d'intérêt. Voici comment j’en poursuivis la solution.
- Ma première pensée fut d'abord de comparer entre eux, par les e ffe t s obtenus, les différents sulfates. Il n’y avait que l’embarras du choix. Je m’arrêtai aux plus solubles, aux plus communs et aux moins coûteux, c’est-à-dire aux sulfates d’ammoniaque , de potasse, de soude, de cuivre et de fer. J’en préparai des dissolutions à 1 pour 100. Je préparai de même, pour le dosage, des dissolutions de sullate de fer à 2, 5, 4, etc..., jusqu’à 10 pour 100.
- Comme graines, je choisis les suivantes : blé Chiddam de mars, orge, avoine blanche de printemps, pois Prince Albert, chicorée frisée de Meaux, carotte de Saint-Valéry, lentille verte du Puv, haricot de Liancourt.
- Mon champ d’expérience, quoique très petit, fut divisé en quinze bandes égales, dont une pour té-
- moin, chaque partie devant recevoir trois rayons de blé, trois d’orge, trois d’avoine, trois de pois, un de chicorée, un de carotte, un de lentille et deux touffes de sept haricots.
- Les graines de céréales étant plus dures que les graines potagères, je portai le temps de trempe à une heure environ, au lieu d’un quart d’heure, et je semai aussi régulièrement que possible, tant au point de vue de la quantité des graines qu’à celui de la
- profondeur. Le blé, mis en terre le 27 mars, leva les 14, 15 et 16 avril. Malheureusement, les pigeons du voisinage vinrent dévaster mon semis. Le 27 avril, ce qui avait été épargné atteignait'40 à 12 centimètres dans les parties traitées au sulfate de fer, alors que le témoin n’offrait que des tiges de 7 à 8 centimètres de hauteur. Un rayon réensemencé le 20 avril leva très régulièrement. Le 29 avril les grains traités au sulfate de fer de 5 à 10 pour 100, et ceux qui avaient été
- trempés dans le sulfate de cuivre avaient donné des pousses de plus de 1 centimètre de haut.
- L’orge, semée le 28 mars, levait le 12, le 15 et le 14 avril, offrant une avance marquée pour les grains trempés dans le sulfate de fer et le sulfite de soude. Le 27 avril, la hauteur des tiges était de 12 centimètres pour le témoin, le sulfate d’ammoniaque et le sulfate de potasse donnant le même résultat; elle était de 15 centimètres là où avait agi le sulfate de cuivre; et de 15 centimètres pour tout le reste. Aujourd’hui, les tiges atteignent là 25 à 50 centimètres; et ici, 40 centimètres (fig. 1 et 2).
- L’avoine, semée le 50 mars, levait le 14 et le 45 avril. Les touffes (t, t, fig. 5 et 4) épargnées par les pigeons avaient, le 27 avril, 12 centimètres de haut pour les grains trempés dans le sulfate de fer
- Fi»:. I. — Reproduction, d'après photographie, do touffes d’orge prélevées en mai et donnant les hauteurs moyennes.
- Voici comment j en
- Fig. 2. — Reproduction, d’après photographie, de touffes d’orge prélevées en mai et donnant les hauteurs moyennes.
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- à 10 pour 100 et 8 à 10 centimètres seulement pour le témoin et les parties traitées au sulfate d'ammoniaque ou de potasse. Quant aux graines potagères
- sulfatées au fer, elles se sont comportées comme il fallait s’y attendre : elles ont levé deux, trois et môme quatre jours plus tut que les autres, la levée se
- Fig. 3. — Reproduction d’uue photographie d'ensemble du champ d’expérience affecté aux céréales. 1" plan : 1.1.1. 11, avoine. — 2* plan : A" A'”, orge. — 5’ plan : B" B'" B”', blé (peu distinct).
- faisant d’autant plus vite et d’autant plus régulière- De toutes les graines essayées, l’orge est encore ment que la proportion de sulfate était plus grande. celle qui a donné les résultats les plus probants.
- Fig. 4. — Reproduction d’une photographie d’ensemble du champ d’expérience affecté aux céréales. 1" plan : 1.1.1. 11, avoine. — 2’ plan : A A’, orge. — 3” plan : B B', blé (peu distinct).
- (A. A'. A" A'", bg. 5 et 4.) Les photographies reproduites en offrent la preuve.
- Les iîgures 5 et 4 montrent une vue d’ensemble destinée à contrôler les deux autres, qui font ressortir, à l’aide de prélèvements dans les différentes
- parties du champ d’expérience, combien il est avantageux de traiter les graines de céréales par le sulfate de fer. Elles démontrent que la meilleure dissolution doit contenir de 5 à 10 pour 100 de sulfate.
- Puisqu’on pratique déjà le trempage dans l’eau
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- pour la sélection des grains d’avoine, pourquoi ne ferait-on pas cette sélection dans le sulfate de fer à 10 pour 100. Je suis persuadé que nos cultivateurs y trouveraient leur compte. Pour l’agriculteur, plus •pie pour tout autre, le temps, c’est de l’argent.
- Si le sulfate de fer ne détruit [tas les organismes ennemis de la plante, comme le fait le sulfate de cuivre, il est certain qu’il active la végétation. Pourquoi ne pratiquerait-on [tas deux immersions successives, si l’on doit produire [dus vite et récolter davantage? Poser la question, c’est y répondre.
- E. Hemuot.
- CHRONIQUE
- Ascensions <l*altitu<ic. — Au concours d’altitude des ballons du 23 septembre à l’Annexe de Vincennes, les concurrents se sont élevés à des hauteurs considérables. Le Jury a fait le classement suivant, après contrôle des instruments au Bureau international des poids et mesures. M. Balsan avec M. L. Godard sont montés à 8357 mètres. M. Juchmès est monté à (1817 m; M. delà Vaulx à 6769 m. L’altitude atteinte par M. Balsan n’a été dépassée que par MM. Glaisher, Crocé Spinelli, Sivel et G. Tissandier, et il y a quelques années par M. Berson qui a atteint 9000 m. dans un ballon de l’Institut aéronautique de Berlin.
- Les pigeons-voyageurs du prince de Galles.
- — Depuis que le roi des Belges lui a donné une collection des meilleurs pigeons de Belgique, pigeons dont la renommée est dès longtemps faite, le prince de Galles est devenu un enthousiaste de ce sport spécial que l’on appelle la Colombophilie. L’intérieur de son pigeonnier royal est divisé en deux étages, destinés respectivement aux vieux oiseaux et aux jeunes : les boîtes formant les nids sont disposées suivant un type tout particulier, et elles peuvent s’enlever facilement. Les oiseaux sont nourris au moyen de trémies, et quand la saison de l’élevage des jeunes pigeons est terminée, les boîtes-nids sont fermées, et vieux et jeunes peuvent vivre dans les deux étages indifféremment. Pendant les mois de janvier et de février on laisse sortir alternativement les deux sexes; mais en dehors de ce moment, l’entrée et la sortie du pigeonnier leur sont libres, et ils vont voler à leur volonté dans les campagnes environnantes. Durant les mois d’hiver, les mâles sont gardés dans l’étage inférieur, tandis que les femelles demeurent dans celui qui est ultérieurement réservé aux jeunes. Les boîtes-nids sont ouvertes une semaine ou dix jours environ avant le moment de l’accouplement, de la sorte les adultes peuvent choisir leurs boîtes. On met ensuite les femelles dans les nids des mâles avec lesquels on veut les apparier, et on les y confine jusqu’à ce que l’accouplage soit tout à fait chose faite; on laisse alors les pigeons ensemble.
- La grande digue du üiil. — On sait que les Anglais sont en train de mettre à exécution le projet depuis longtemps caressé d’une digue barrant le Nil à Assouan, pour donner un [dus grand volume d’eau aux irrigations fertilisantes de l’Égypte. Les travaux ont dès maintenant pris une activité assez grande, puisque, rien que sur un point, on n’y compte pas moins de 1833 ouvriers (dont 1752 indigènes), et de 5983 sur les autres portions du futur ouvrage. Tandis que l’on creuse le chenal navigable, soit en draguant des matériaux meubles, soit en faisant
- sauter des rochers, on a déjà mis en place un massif de plus de 14 000 mètres cubes de maçonnerie pour former un des côtés de la digue, et l’on a fait cuire 466 000 briques qui seront employées dans l’ouvrage ; ou en va faire cuire encore quelque 300 000, et en même temps on prépare quantité de pierres de taille. Ajoutons à cela que 12 000 hommes sont à la besogne pour mener à bien le barrage d’Assouan.
- Les écoles ménagères de Liège. — La ville de Liège possède dix écoles ménagères dont la fondation ne remonte pour aucune plus haut que 1890 : neuf d’entre elles sont des écoles du soir qui comprennent chaque semaine quatre cours de deux heures. Les élèves qui les suivent sont des fillettes de douze à treize ans qui ont fini leur éducation élémentaire normale. L’enseignement dans ces écoles porte sur la cuisine, le raccommodage, le lavage du linge, l’hygiène, l’économie domestique, enfin tous les devoirs de la femme de maison et même les soins à donner aux enfants.
- Le phylloxéra dans la colonie du Cap. —
- Nous avons eu occasion de montrer le développement pris par les vignobles dans la colonie ang’aise du Cap; malheureusement, le phylloxéra a envahi ces beaux vignobles, tant et si bien que dès maintenant le gouvernement a dépensé certainement plus de 2 millions de francs pour lutter contre ce fléau, soit en détruisant les vignes infestées, soit en introduisant des plants américains, etc. Le traitement au sulfate de cuivre semble ne donner aucun résultat.
- L’oxyde de carbone dans le sang. — Rappelant que le sang des animaux empoisonnés avec de l’oxyde de carbone perd sa propriété d’absorber de l’oxygène, notre confrère anglais Nature signale des expériences curieuses exécutées par le docteur italien Adolfo Montuori. lia cherché à expliquer ce fait que des chiens sont capables de survivre à l’injection, dans leurs veines, d’une quantité d’acide carbonique bien plus grande que celle qui suffirait à les tuer par inhalation. Le sang empoisonné réac-quérerait sa faculté primitive d’absorber l’oxygène quand il vient en contact avec les tissus pulmonaires, mais seulement à cette condition.
- Une mine sons la mer. — 11 y a quelques aimées déjà, on avait construit à Barrow, en Angleterre, une digue qui devait empêcher la mer d’envahir les travaux d’exploitation d’une mine; comme l’entrepi'ise a parfaitement réussi, et que les travaux de la mine en question se poursuivent toujours dans la même direction, on se propose maintenant d’établir un nouvel endiguement de plus de 6 kilomètres de long, et qui aurait pour but d’enclore et d’assécher une surface de quelque 70 hectares, sous laquelle on a reconnu l’existence du minerai. Comme de juste, cela entraînera des dépenses considérables, qu’on évalue à environ 15 millions de francs; mais cela sera bien compensé par les produits miniers d’excellente qualité que l’on trouve dans ces terrains.
- La fabrication des pip«*s en Hollande. — Un
- connaît de réputation les pipes hollandaises : or, entre toutes les provenances hollandaises, la pipe dite (( de Couda )), et qui vient effectivement de la petite ville de ce nom, a une réputation universelle. Ces pipes, qui se distinguent surtout par leur blancheur et la longueur de leur tuyau, étaient fameuses au dix-septième siècle, et à ce moment l’on comptait dans la ville en question 500 pipiers, qui employaient 3000 ouvriers. Depuis lors,
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- cette- industrie quelque peu spéciale, est bien tombée : en 1705, il n’y avait plus que 500 maisons de pipiers, puis 200 en 1808, et enfin actuellement elles sont réduites à 00 seulement.
- Le commerce des baies comestibles en Allemagne. — Si vous avez parfois vécu en pays allemand, ou même dans certaines parties de la Suisse allemande, on vous a certainement servi au dessert des compotes de myrtilles ou d’airelles: les habitants du pays apprécient fort ce mets, qui semble au contraire assez peu agréable aux palais français. A ce sujet, nous trouvons, dans le Rapport de la Chambre de commerce du Hanovre, un chiffre curieux qui renseigne bien sur l’importance de cette consommation de baies comestibles. Ces baies, si recherchées dans l’Empire, proviennent en grande partie des forêts du Hanovre: or, durant l’année 181)7, la gare de Cœlle, près de Hanovre, n’en a pas expédié moins de 570 005 kilos, dont 87 000 de myrtilles et le reste d’airelles.
- Une espèce d’oiseau détruite par un cyclone.
- — M. Digby Pigott a signalé ce cas bien curieux dans le Times, Avant le cyclone de septembre 1898 qui a ravagé les Antilles, il n’y avait pas d’oiseau plus commun dans l’ile de Saint-Vincent que le petit oiseau-mouche vert-bronze; depuis, il a entièrement disparu, personne n’a vu un seul représentant de cette gracieuse espèce. El pourtant d’autres oiseaux-mouches, bien moins communs, ont diminué sensiblement de nombre, mais se montrent encore dans l’île. 11 faut dire que l’espèce disparue était la plus petite et la plus frêle de toutes.
- lignes de Syrie et du Japon. — Les vignes de Syrie et du Japon possèdent des proportions tout à fait remarquables, si nous en croyons les spécimens que cultive actuellement M. Degron, à Crespières, dans le département de Seine-et-Oise. Son jardin contient, en effet, des vignes de Syrie qui portent des grappes dont la circonférence atteint 41 centimètres et une longueur de 85. D’autre part, un cep de vigne du Japon, planté au nord, présente une longueur de 52m,80 et une hauteur de 2™,80; les feuilles ont 25 centimètres en tous sens, et, enfin, les pousses de l’année ont de 5,n,50 à 4 mètres.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 1er octobre 1900. — Présidence de M. M. Lévy.
- MM. Forster, Helmert, Hirsch, Mohn, Darwin, général Zacchariæ, délégués à l’Assemblée générale de l’Association géodésique internationale assistent à la séance, ainsi que le météorologiste américain Rotch.
- Absorption de l’oxygène par l’urine. — M. Bertbelol adresse une Note relative à l’absorption de l’oxygène par l’urine. Normalement, l’urine ne contient pas d’oxygène ; exposée à l’air elle en absorbe plus qu’aucun autre liquide. Néanmoins, cet oxygène absorbé n'accroît pas l’acidité de l’urine.
- Le radical ammonium. — M. Moissan fait connaître le résultat des recherches qu’il vient d'entreprendre pour isoler le radical ammonium. Il rappelle que le gaz ammoniac liquéfié donne avec le sodium et le potassium des composés connus sous le nom de sodammonium et potass-ammonium, mais que ces composés ne sont pas stables. Ils ne peuvent être conservés que dans le gaz ammoniac sous pression. M. Moissan a obtenu le calcium-ammonium
- AzIl34Ca qui présente l’avantage de ne pas se dissocier à la température et à la pression ordinaires. On obtient encore un composé stable en faisant agir le gaz ammoniac liquéfié sur le lithium. M. Moissan a recherché les réactions qui pourraient isoler l’ammonium. Une condition s’impose, c’est l’emploi d’une méthode par voie sèche, car l’eau détruit instantanément ces corps. Dans ces conditions l’électrolyse paraissait devoir être essayée. Mais on est obligé de dissoudre les composés ammonium dans du gaz ammoniac liquéfié et, dans ces conditions, l’électrolyse se fait mal. L’hydrogène sulfuré paraissait convenir, car il décompose les métaux ammonium. Mais, en faisant agir l’hydrogène sulfuré liquide, on n’obtient, même à la température de — 80°, qu’un dégagement d’azote et d’hydrogène. Donc, à cette température, l’ammonium serait déjà dissocié.
- Varia. — M. Stanislas Meunier adresse une Note sur la géologie du ravin des Chevalleyres (près Vcvcy) et la régression des torrents. — M. J. Mascart adresse une Note relative à un bolide apparu dans le ciel de Paris, le 24 septembre dernier, à 10h6m. — M. Darboux analyse un ouvrage dù à M. Stockel contenant divers essais de Gauss non insérés dans le recueil complet de ses œuvres, publié par l’Université de Gottingue. M. Darboux fait ressortir le grand intérêt de cette publication. — M. de Lapparent présente une Note de M. Pervinquière sur la limite du crétacé et du tertiaire en Tunisie.
- Ch. de Yilledeuil.
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- PETITES INDUSTRIES JAPONAISES
- A l’Exposition, dans la grande salle des produits alimentaires, section du Japon, un artiste japonais jouit d’un grand succès parmi le public qui fait* chaque jour cercle autour de lui. Cet artiste modeste, M. Mourakami, est modeleur. 11 ne parait pas avoir de grandes prétentions et ne croit pas sans doute être un artiste de génie, mais il exerce son industrie avec une dextérité et une grâce toutes caractéristiques.
- Mourakami est assis auprès d’une table chargée de pâtes de farines de riz de différentes couleurs préparées par un procédé dont il ne veut pas donner le secret. Il en prend dans ses doigts des morceaux qu’il pétrit rapidement en leur donnant en peu d’instants la forme choisie.
- Quelques secondes suffisent, les spectateurs charmés voient déjà l’ohjet que l’artiste va exécuter. Avec de la pâte de riz couleur de chair, il a créé le corps d’un bébé japonais. On voit la tête se former, puis les bras et les jambes qui sont bientôt retouchés et perfectionnés à l’aide d’un éhauchoir. La ligure est faite instantanément en piquant deux-petits points noirs pour les yeux, un filet de pâte de riz rouge pour la bouche et des petites plaques bleues et noires pour simuler sur la tête de l’enfant les cheveux rasés ou tondus près des tempes. Aient ensuite la pose du petit tablier rouge que Mourakami noue gracieusement dans le dos du bébé par un filament de pâte de riz de couleur jaune. Le chien qui fait le beau devant lui est exécuté ensuite, trois mi nu tes à peine ont suffi pour terminer le petit chef -
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- d’œuvre que nous voyons représenté sur le haut de la gravure auprès du groupe gracieux du coq et de la poule que l’artiste japonais a exécuté sous nos yeux peut-être en moins de temps encore. Moura-kami sait composer toute une série d’objets aussi charmants d’aspect les uns que les autres. Une mandarine ouverte, un lapin mangeant des herbes, un poisson rouge, un serpent enroulé, un rat grignotant un radis, un chien jouant avec un papillon, une tortue mangeuse de salade, etc., chacune de ces petites œuvres est vendue cinquante centimes et le public se presse pour les enlever aussitôt qu’elles sont faites.
- En voyant Mourakami travailler si habilement, je pensais à un artiste chinois que j’ai admiré lors de mon dernier voyage en Chine fait il y a quelques années. Son succès était grand parmi les enfants de la ville d’Àmoy qui tous sortaient leurs sapèques pour acquérir les œuvres de leur artiste préféré.
- Les objets exécutés par cet ouvrier étaient encore plus délicats et plus jolis que ceux de Mourakami. 11 les modelait dans ses doigts de la même façon, mais il se servait de cire de diverses couleurs au lieu de pâte de farine de riz et il faut bien convenir, en voyant les spécimens reproduits
- Figurines et objets exécutés par des artistes japonais et chinois.
- d’après ceux que j’ai dans ma collection, qu’ils sont autrement perfectionnés que ceux de l’ouvrier japonais.
- Les figurines ont une expression étonnante, les mains, les détails des costumes sont curieusement traités. Il y a aussi du mouvement, de la vie dans ces minuscules personnages qui ont à peu près de 5 à 6 centimètres de hauteur.
- Nous remarquons sur la gravure un vieux porteur chinois à la barbe très grisonnante qui a pris sur son dos une jeune dame coiffée de fleurs et armée d’un bel éventail. Avec ses petits pieds qu’elle relève gracieusement, elle ne saurait sans être aidée traverser le ruisseau imaginaire (pie l’artiste chinois n'a pas
- pu représenter. Ensuite, nous voyons un jeune mandarin pensif, puis un autre qui semble fort occupé et très galant auprès d’une jeune danseuse bizarrement coiffée et tenant de légers hâtons dans chacune de ses mains.
- Ces petites figurines d’Amoy montrent que les ouvriers chinois ont encore le sentiment de l’art même dans les plus petites choses. Il est bien facile de voir, lorsqu’on voyage dans l’admirable pays des Célestes, qu’ils ont été les maîtres, les premiers professeurs de l’art japonais. Albert Tissakdier.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. - Imprimerie I.aüihe; rue de Fleuras, ‘J.
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- X" 142 B. — 15 0CTO Bit K 1900.
- L A N A T U H K.
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- LES BOIS PÉTRIFIÉS DE L’ARIZONA ‘
- (ktats-iïms)
- On trouve des bois pétrifiés en beaucoup d'endroits, mais nulle part en aussi grande abondance que dans le comté d’Apache, du territoire de l’Ari-zona (Etats-Unis). Là existe un dépôt merveilleux, désigné sous le nom de « Chalcedong Park », qui offre des sections d’arbres et même des arbres entiers gigantesques composés par l’agathe, le jaspe, l’améthyste et les diverses pierres nobles qui dérivent de la silice. Ces arbres se trouvent sur le sol et sous terre jusqu’à des profondeurs de 10 mètres, au milieu de cendres et de laves volcaniques, que recouvrent généralement des dépôts sablonneux.
- Les géologues sont loin d’ètre d’accord sur l'origine de ces arbres siliciés et ont émis des théories souvent très différentes les unes des autres ; celle qui paraît la plus vraisemblable consiste à attribuer la pétrification à l’immersion des arbres dans des geysers à haute température et renfermant de la silice en dissolution. Au contact, la silice se serait substituée aux tissus du bois et aurait fini par se solidifier lorsque le refroidissement se serait produit.
- A l’aide d’observations faites au microscope, on a pu déterminer la nature des bois pétrifiés, qui se rapporteraient à Y « Araucania », sorte de sapin que l’on trouve encore dans file de Norfolk, au sud de l’océan Pacifique. Les mêmes examens microscopiques ont indiqué que la substitution sili-
- Bois jiélrifiés, coinlé il'Apaeho, Arizona (Ëtals-I'iiis).
- ceuse avait dû s’accomplir alors que les bois étaient en voie de décomposition.
- C’est la Drake Company de Saint-Paul, Minn, qui a entrepris le sciage et le polissage des échantillons de bois pétrifiés de l’Arizona. Il lui a fallu, pour mener à bien cette entreprise, établir des machines très coûteuses dans ses usines de Sioux Falls, South Dakota.
- Le traitement des arbres est d’autant plus difficile que les diverses agathes qui les composent sont d’une dureté exceptionnelle. C’est à l’aide de la poussière de diamant seule qu’on en vient à bout. Un obtient ainsi des surfaces du plus beau poli où se jouent les couleurs les plus variées, depuis le blanc le plus éclatant jusqu’au noir le plus foncé, en passant généralement par le violet, le rouge, le jaune et le vert.
- La Drake Company a présenté les spécimens de son industrie dans plusieurs classes de l’Exposition
- 1 Yoy. n° 842, du 20 juillet 1880, 110.
- 28e amwe. — 2" semestre.
- universelle et a obtenu des divers jurys de nombreuses récompenses, dont trois médailles d’or.
- Les objets exposés consistent en manches d’outils, porte-plumes, porte-allumettes, broches, pommes de cannes, presse-papiers, etc. Les gros échantillons ont servi à faire des sièges de jardin,#des dessus de table, des cadrans d’horloge. Bien d’autres applications sont encore en projet et verront successivement le jour au fur et à mesure que la jeune Compagnie prendra un plus grand essor.
- Le prix des objets ainsi manufacturés est malheureusement encore assez élevé, par suite du long travail nécessité par la grande dureté de la matière qu’il faut traiter ; mais il est à espérer que, grâce aux perfectionnements qu’il sera possible, à l’avenir, d’apporter à l’outillage, le travail se trouvera par cela même simplifié et permettra en fin de compte une diminution notable des prix de revient actuels. D.
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- r,or»
- L'ÉCLIPSE DU 28 MAI
- Mous avons tardé à parler de cette éclipse espérant toujours qu’un fait nouveau serait mis en évidence. Malheureusement les observations recueillies ne nous ont appris rien de neuf. Les observations de 1900 auront simplement confirmé les connaissances déjà
- Fig. 1. — Ondulations lumineuses avant et après la totalité.
- acquises. Mous n’entrerons pas dans les détails qui présenteraient peu d’intérêt; il nous suffira de signaler les faits principaux mis en relief par les observateurs. i En gros, pendant une éclipse, on voit autour du disque
- Fig. ï. — lîaude et ombre en grandeur naturelle apparente.
- noir la chromosphère ou contour lumineux de l’astre, [tuis autour de ce filet brillant une atmosphère immense qui nous échappe en temps ordinaire, « l’atmosphère coronale » égale en hauteur environ le tiers du demi-diamètre solaire. On considère cette enveloppe lumineuse comme l'atmosphère du soleil. Au delà s’étend une auréole, une gloire encore bien plus vaste, mais beaucoup moins lumineuse, qui projette au loin dans l’espace de longues aigrettes, surtout dans la direction de la zone équatoriale du soleil et par suite de' la zone d’activité des taches et des protubérances. On a très bien observé la couronne, l’auréole et ses gloires. Le 28 mai, les aigrettes étaient nettement visibles aux extrémités d’un même diamètre; elles étaient même d’un côté nettement doubles et fusaient à grande distance. La lumière coronale apparaît d’un blanc d’argent, l’auréole qui la surmonte est plus grise. La distinction est telle que quelques astronomes émettent l’hypathèse que l’enveloppe extrême de l’auréole pourrait être constituée par des par-tentes indépendantes de l’atmosphère solaire, peut-être
- sous l’influence de forces électriques. La forme des gloires est très variable. On savait déjà qu’elle dépend de l’état de l’activité solaire. Au moment du maximum de taches, elle est étendue ; au minimum elle est réduite considérablement. Pendant l’éclipse de 1889 correspondant à un minimum, elle avait été à très peu près ce qu’elle s’est montrée en 1900. Le 50 août 1905, l’éclipse aura lieu pendant un maximum, elle aura vraisemblablement un tout autre aspect. Voici donc un premier point acquis : l’aspect de la couche coronale, le développement des aigrettes correspondent aux périodes d’activité solaire, aux taches et aux protubérances.
- On s’accorde à trouver que le temps de la totalité déjà si réduit par les observateurs a été plus court de quelques secondes que ne l’indiquait le calcul. On admet, en général, que celte durée a été inférieure, de 5 secondes environ au temps indiqué. Quelques observateurs avancent encore que l’éclipse n’aurait pas été absolument totale et qu’il serait resté un mince filet lumineux à la partie supérieure du disque solaire.
- On a vu nettement, et on les a retrouvées sur les clichés
- /T/ifcJ=JKlr Sc
- Fig. 7t. — Aspecl du soliàl éclipsé.
- photographiques, les étoiles voisines du soleil, puis naturellement : Mercure et Vénus, à 40° de distance, puis Sirius, l’rocyou, Capella, Bcteljeu.se, Higel. On a retrouvé aussi, dans un grand nombre de stations, les « bandes onduleuses », projections généralement sinueuses et mouvantes de bandes sombres et lumineuses sur les murs et sur les routes (fîg. I et 2). Ces ombres dont la cause certaine échappe encore marcheraient dans deux sens opposés avant et après la totalité ; mais le fait aurait besoin d’être contrôlé, car l’illusion est ici facile.
- Les recherches spectroscopiques n’ont rien donné de bien saillant, sauf un point très important qui a été découvert par M. Deslandres, astronome de l’observatoire de Meudon, dans la station qu’il avait choisie à Argama-silla, en Espagne. A vrai dire, si la découverte de M. Deslandres se vérifie bien, ce sera le gros résultat des tentatives faites de tous côtés pour étudier l’éclipse de 1900. Déjà M. Deslandres avait appelé l’attention sur l’importance particulière des rayons calorifiques par l’étude de la couronne solaire; la lumière bleue diffuse du ciel qui nous cache les étoiles et la couronne est riche en rayons très réfrangibles, mais pauvre en rayons de faible réfrangibilité. I ri ciel sensible aux rayons infra-rouges extrêmes seuls verrait les étoiles en plein jour. Si la photographie pouvait donner des images avec les rayons
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- calorifiques, il est évident que l’on pourrait saisir ainsi au jour le jour les variations de la couronne qui n’est visible que pendant les éclipses. On aurait un moyen d’investigation permanent. Mais la couronne émet-elle des rayons calorifiques en quantité suffisante?
- Le jour de l’éclipse, avant, pendant et après la totalité, on a mesuré la chaleur rayonnée par le centre de la lune et par des points voisins du bord solaire. La chaleur du centre lunaire a diminué progressivement jusqu’à être nulle à la totalité, et, à ce moment, les points de la couronne situés à 5' et fi' du bord du soleil ont donné à l’appareil enregistreur des déviations de 3 et de 5 sur l’échelle.
- Ces mesures prises en dehors de l’éclipse et pour une même hauteur du soleil ont fourni parfois des déviations de 11 et 7. La chaleur de la couronne était plus de moitié de la chaleur rayonnée totale. Par conséquent, M. Deslandres en a conclu qu’il serait possible d’obtenir la couronne en dehors des éclipses avec les rayons calorifiques.
- On va essayer, et, si l’on réussit, on ne pourra plus dire que l’observation de l’éclipse totale de 11)00 n’a rien rapporté à la science.
- 11 nous faut faire remarquer cependant qu’en Amérique MM. Abbott et Mendenliall ont de leur côté mesuré la chaleur de la couronne et l’ont trouvée trop faible pour être subdivisée par la dispersion d’un prisme ordinaire.
- On a d’ailleurs noté cette fois les phénomènes physiologiques bien connus déjà sur les animaux et les abaissements de thermomètre.
- La température a généralement baissé en Algérie, en Egypte, au Portugal de 3° à G° au moment de la totalité, de 50° à ‘24° en Espagne, de 23° à 17° en Algérie. Les oiseaux se sont réfugiés dans leurs nids, des coqs ont chanté, des poules effrayées se sont groupées comme rassemblées par la peur, d’autres oiseaux se sont sauvés sur leurs perchoirs comme pour aller se coucher ; des moineaux, des hirondelles ont fui par lundes, comme affolés, etc. Ce sont là des faits trop connus pour mériter l’attention.
- En résumé, deux conclusions principales sont à retenir. Éclipse un peu plus courte que le calcul ne l'indiquait et, sans doute, possibilité d’observer .photographiquement la couronne au moyen des radiations calorifiques à toute époque de l’année, J.-F. Gall.
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- L’EXTKÈME-OKIENT
- a l'exposition l niverskli.e
- L'KxIrème-Orient est à l'ordre du jour en ce moment; comme d'autre part ses diverses parties sont lbrt bien représentées à l’Exposition universelle, il ne sera pas sans intérêt de jeter un coup d’œil sur l'ethnographie de ces vastes régions. Voici d’abord la Chine qui, avec ses 400 millions d’habitants, n’est qu'un magma de races diverses et difficiles à classer. Si, dans tout l’empire, on rencontre les traits essentiels du type mongolique, pommettes saillantes, veux bridés, cheveux longs et raides, ces caractères varient cependant beaucoup suivant les individus et sont en tous les cas bien moins accentués que chez les habitants de la Mongolie proprement dite et chez
- certains Samoyèdes. D’autre part, la taille assez élevée dans le Nord est beaucoup plus basse dans la Chine méridionale. Quant à la couleur de la peau elle varie, en général, du jaune à l’olivàtre et au blanc presque pur.
- En somme si, au point de vue politique, la Chine d’aujourd’hui forme à peifie une nation, les Chinois au point de vue anthropologique ne constituent pas une race. Les individualités qui grouillent sur ce vaste territoire ne sont liées entre elles que par un ensemble de traditions, une antique civilisation et une haine — assez justifiée d’ailleurs — de l’étranger. Il y a de plus, au cœur même de l’empire chinois, des restes de populations aborigènes, les Mans, les Lolos, les Miao-Tsé, etc., qui ont été peu à peu refoulées vers le Sud et que leurs caractères physiques paraissent rapprocher des races blanches.
- 11 y a dans la péninsule indo-chinoise des peuples analogues, qui portent le nom général de Mois. Quant aux Annamites qui forment la masse de la population des parties orientales de la péninsule, il faut les considérer comme un mélange d’éléments autochtones, Khmers, Malais et Chinois. Malgré cette complexité, leur type physique est très uniforme : il se distingue par une petite taille, un teint olivâtre, des pommettes saillantes, des yeux bridés et un front bombé (fig. 1). D’esprit plus vif «pie les Chinois, ils paraissent plus susceptibles de s’assimiler notre civilisation.
- Le Sud-Est de la péninsule a reçu, en 545 avant notre ère, une invasion venue de l’Inde : ce sont les Khmers, qui ont apporté la religion bouddhique et qui ont semé sur toute cette région des temples dont les restes gigantesques excitent encore l’étonnement. Certains d’entre eux étaient souterrains, et l’Exposition nous offre une fort belle reconstitution d’une de ces pagodes, avec son escalier taillé dans le roc, ses figures gigantesques faisant saillie sur la pierre et les curieuses colonnes qui soutiennent la salle du bas. Cette architecture symbolise le panthéisme bouddhique : les figures d'animaux, de plantes et d’hommes sont entrelacées et à peine détachées de la roche qui leur a donné le jour.
- Près du sommet de la pagode, on voit de petites maisons en parois de nattes (fig. 2); elles nous font bien pénétrer dans la vie de l’indigène, qui se passe en grande partie en plein air, à cultiver les rizières. La maison, élevée sur pilotis et sommairement meublée, ne sert que d’abri temporaire. Nous figurons également (fig. 5) trois chariots : celui à roues pleines sert pour le transport des marchandises. Il est attelé de buffles, comme le grand chariot couvert, qui est employé pour les voyages de longue durée. La petite voilure légère sert pour se transporter rapidement d’un point à un autre. Le timon très long a la prétention de remplacer par son élasticité les ressorts absents.
- L’exposition du Japon est très intéressante surtout au point de vue artistique. Les soieries, les bronzes et les poteries prêtent à des comparaisons
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- térisés par le développement de leur système pileux qui les fait ressembler à des moujiks moscovites. On 11e sait rien de précis sur les affinités de ce peuple, dont les derniers débris se rencontrent à Yezo et à Sakbalin. On trouvera de très bons documents ethnographiques sur les Aïnos dans l’exposition de la mission Labbé en Asie russe (Champ-de-Mars, Instruction publique).
- La Corée est restée fermée et à peu près inconnue jusqu’à une époque tout à lait récente. Son pavillon, qui se trouve au Champ-de-Mars, près de
- Fis. 1.
- Troupe île soldats tonkinois.
- avec les objets analogues que nous offrent les pavillons chinois. Il est très regrettable que les Japonais modernes aient cru devoir copier servilement les mœurs et le costume européen. Au point de vue anthropologique on remarquera la petitesse de leur taille, leur crâne très court, leurs cheveux raides et leur teint très variable. Les femmes ont souvent le type plus mongoloïde que les hommes. Remarquons, pour éviter les erreurs d’interprétation, que, sauf deux exceptions, toutes les soi-disant Japonaises des boutiques et des maisons de thé de l’Exposition sont européennes et même parisiennes.
- O11 sait que les Japonais en s’établissant dans leur pays avaient trouvé une race autochtone, les Aïnos, carac-
- 1 avenue Suffren, nous montre une civilisation très originale, malgré ses affinités avec les œuvres chinoises et japonaises. Au point de vue physique,
- t*S- - — Maisons indo-chinoises.
- les Coréens ont un type très variable. Si les uns présentent des traits mon-goliques très accentués, d'autres ont une physionomie très fine et même européenne.
- Il semble avéré qu’avant l’établissement des Mongols, toute l’Asie orientale était occupée par une race blanche identique aux populations néolithiques qui habitaient alors l’Europe. Cette race s’est en partie mêlée avec les envahisseurs jaunes et a donné à certains d’entre eux, notamment aux Coréens et aux Japonais, leurs caractères distinctifs. Elle est restée inaltérée dans les parties les plus difficiles d’accès du pays et y a constitué les peuples connus sous les noms de Mois, de Lolos, de Miao-Tsé et d’Aïnos. Dr L. Laloy.
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- LA NAITRE.
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- Lorsque l'on voyage au Soudan, il n’est pas rare de rencontrer dans les endroits dépourvus de végétation des groupements de buttes de terre bizarres ressemblant beaucoup à des champignons. Ce sont de vieilles termitières abandonnées. La photographie ci-dessous qui a été prise près de Farana, sur le Haut-Niger, représente un de ces groupements.
- Les termites, insectes de la taille de nos fourmis, se construisent des habitations qui sont assez analogues à certaines- fourmilières que l’on voit en Europe. Elles ont la forme d’un dôme plus haut que large et leur hauteur atteint près de deux mètres quelquefois. Les termites recouvrent le sommet de
- leur habitation d’une sorte de verni imperméable qui met cette partie à l’abri des atteintes de la pluie. Il en résulte que les vieilles termitières, dont la base est rongée par les eaux tandis que le sommet reste indemne, finissent par ressembler à des champignons. Les indigènes se servent assez souvent de l’espèce de dôme ainsi formé comme de tuile faîtière pour recouvrir leurs murs de clôture.
- Certainement c’est bien là la seule utilité des termites qu’on ait encore pu découvrir, car de tous les insectes qui peuplent l’Afrique tropicale, ils peuvent sûrement compter parmi les plus nombreux et les plus nuisibles.
- Les termites, en effet, bien qu’à peine de la taille de nos grosses fourmis d’Europe, sont munis d’une paire de mandibules très robustes et d’un appétit
- Au Soudan. Vieilles termitières.
- insatiable. Ils dévorent indistinctement tout ce qui est d’origine végétale ou animale. Le grain, la paille, le papier, le cuir aussi bien que les bois les plus durs sont incapables de leur résister. Ils sont une des causes les plus fréquentes de la rupture des communications télégraphiques partout où les lignes ont des poteaux en bois, car en deux ou trois ans au plus, ils les rongent au point de les mettre hors d’usage. C’est à cause de leurs ravages également que les cases habitées par les indigènes ouïes blancs doivent être reconstruites au bout de ce même laps de temps : l’intérieur des pièces de charpentes est dévoré ou réduit en poudre impalpable, le sol et les murs en terre crue sont minés par d’innombrables petits tunnels.
- Il est même très curieux d’observer dans les vieilles cases, pendant le silence de la nuit surtout, le bruit souvent assez fort causé par des milliers de mandibules occupées à dévorer la charpente.
- Le voyageur imprudent qui, en se couchant le soir, laisse ses chaussures à terre risque fort de les trouver le lendemain à moitié rongées surtout s’il habite une case un peu vieille. S’il n’a pas pris la précaution de faire placer sur de grosses pierres ses caisses ou ses malles en bois, il ne doit pas s’étonner si, le lendemain, il trouve leur fond percé de larges ouvertures, leur contenu dans un état lamentable.
- Heureusement, le termite est incapable de grimper le long d’objets en pierre ou en fer quand il ne reste pas un peu de terre collée contre. Des bagages placés sur des supports de cette nature sont donc à l’abri des ravages, de ces insectes à la condition toutefois d’être surveillés de temps en temps. Aussi les indigènes ont-ils l’habitude déplacer leurs magasins à vivres sur de grosses pierres qui les isolent de la terre. L‘ A. Hacot.
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- LA NATURE.
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- LÀ MORT DES CHAMOIS
- Depuis plusieurs années on se plaint très vivement de la disparition des chamois dans nos Alpes françaises. Ils étaient autrefois fort nombreux dans les hautes vallées. Les touristes qui les parcouraient avaient souvent l’heureuse fortune de voir se profiler sur les bords des précipices la gracieuse silhouette de la seule antilope habitant l’Kurope occidentale. Vous n’avez qu’à feuilleter les premiers volumes de 1’ « Annuaire du Club alpin français » pour vérifier ce fait.
- On trouvait leurs remises à des altitudes très abordables, à partir de 800 mètres jusqu’à 5000 mètres et 5500 mètres. M. Trédécini de Saint-Severin, auquel nous devons une récente et remarquable monographie sur cet animal, nous dit que ces remises sont admirablement choisies pour éviter les surprises du chasseur. Elles sont tantôt au pied d’un pic, sur quelque pâturage bien vert, que les neiges viennent à peine de rendre à la lumière du soleil, sur une étroite assise qui écharpe une paroi abrupte et où le gazon pousse en apparence inutile, soit encore dans les forêts de hêtres ou de sapins parsemées de rochers, sillonnées de couloirs à pic. Ils vivent là toujours en alerte, attentifs au moindre bruit insolite.
- Les chamois se bardent, c’est-à-dire se mettent en troupe, à part quelques vieux solitaires qui préfèrent vivre dans le silence. En quête d’une provende meilleure que celles des régions rocheuses, ils viennent dans les pâturages où l’herbe est savoureuse et abondante; au premier danger, il est vrai, on voit la barde fuir à bonds précipités, franchissant avec aisance, crevasses et rochers, laissant derrière elle sur les pentes rocailleuses, dans les couloirs étroits, un ruissellement de pierres. C’est précisément cette habitude qui leur a été funeste.
- La chute des pierres signale leur présence au chasseur à fallût, et ils reçoivent, malgré la prestesse de leurs mouvements, des volées de balles.
- Les animaux blessés échappent souvent à leurs ennemis : on retrouve plus tard leurs cadavres dans un coin obscur. Ces cadavres, retrouvés par les bergers, ont des origines diverses. On a prétendu — ce sont, dit l’auteur que nous avons cité, d’anciens chasseurs qui rapportent ce fait — que la fièvre aphteuse avait atteint quelques chamois qui seraient morts de faim. C’est très douteux pour ne pas dire plus. La moitié des morts proviennent d’animaux tués par la chute des rochers, au printemps, au gel et au dégel; un quart proviennent d’anciennes blessures produites par les armes à feu. Le dernier quart peut être attribué à la maladie et à la vieillesse. J’ajoute que le chamois doit le plus souvent mourir sur le champ de bataille et rarement dans... son lit.
- Les chamois étaient déjà singulièrement rares sur notre versant des Alpes. Sont-ils menacés de disparition complète comme le bouquetin? Ce serait vraiment dommage : ils sont un ornement gracieux d’un paysage souvent terrifiant. Ils sont aussi inoffensifs que les marmottes, dont le sifflement se faisait entendre à la lisière des glaciers et qui sont traquées avec une cruauté extraordinaire. Elles disparaîtront, elles aussi, et bientôt on ne pourra plus voir leurs paisibles figures que dans nos musées.
- Heureusement pour le chamois, qu’en 1860, lors de l’annexion de la Savoie à la France, l’empereur, pour faire plaisir à Victor-Emmanuel, consentit à traeer très mal la frontière. Le roi d’Italie était un grand chasseur de montagne, et il eut l’habileté de se faire céder des
- cantons très giboyeux. Si vous allez jusqu’au fond de la Tarentaise, vous arrivez au village de Val d’Isère, pour aller dans la vallée de la Maurienne; vous voyez s’ouvrir devant vous, à *2700 mètres d’altitude, le long et tortueux col de flseran. De là on peut apercevoir la section de la frontière où se trouvent les chasses royales italiennes, autour de l’énorme massif du Grand-Daradis. Lne garde sévère est faite autour d’elles. Cela assure la conservation de grands troupeaux de chamois. On v trouve aussi quelques bouquetins, derniers survivants d’une espèce en voie d’extinction. Il nous semble qu’il serait possible en France d’imiter ce salutaire exemple. On créerait une ou deux réserves dans les Alpes où le chamois pourrait vivre à l’abri des balles des carabines Martini. C’est un animal élégant et inoffensif, deux qualités qui devraient lui valoir la piiié des hommes. J. Corcki.i.e,
- Agréée do l'Université.
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- L’INDUSTRIE DES PARFUMS ARTIFICIELS
- n1
- Musc artificiel. — Les matières odorantes d’origine animale, muse, ambre, civette, etc., possèdent des propriétés spécifiques telles que sans elles le parfumeur serait privé de quelques-unes de ses plus indispensables ressources. Ces qualités précieuses sont connues et appliquées depuis longtemps. Si l’on additionne de musc ou d’ambre un bouquet d’essences de fleurs, non seulement on lui communique un montant spécial, on « l’arrondit », mais encore on lui fait acquérir une ténacité telle qu’un mouchoir parfumé avec ce produit conserve pendant très longtemps le parfum du musc ou de l’ambre, alors que celui des essences végétales s’est évaporé rapidement. Malheureusement ces matières sont extrêmement rares et leur emploi se trouve forcément limité par leur prix élevé. Les recherches analytiques sur des corps tels que le musc ou l’ambre nécessitent le sacrifice de sommes importantes, sans aucune certitude de réussite. Le problème ne semble d’ailleurs pas avoir été sérieusement abordé jusqu’ici : on n’a jamais extrait à l’état de composé défini la matière odorante du musc, non plus que celle de l’ambre. On ne sait même pas si leur odeur est due à des composés définis; on est donc encore bien loin de la reproduction synthétique.
- Heureusement, la chimie est venue au secours du parfumeur par une autre voie. Depuis longtemps, on avait signalé, d’une manière tout à fait vague, ce fait que l’action de l’acide nitrique sur les huiles résultant de certaines distillations sèches engendrait des produits à odeur musquée. Cependant cette remarque n’avait donné lieu à aucune application industrielle jusqu’en 1889, où M. A. Baur prit un brevet pour la fabrication d’un composé nouveau propre à remplacer le musc animal dans son emploi en parfumeri". Ce corps était le trinitrobutylto-luène, composé défini doué d’une odeur musquée intense, possédant une ténacité analogue, supérieure même, à celle du musc naturel. C’était une véritable révolution dans la technique de la parfumerie. De même que la reproduction de la vanilline avait vulgarisé le parfum de la vanille, la découverte de Baur permit au parfumeur d’employer dans ses préparations une matière douée des vertus spécifiques du musc.
- Le trinitrobutyltoluène, fabriqué en France par MM. de Laire et C“, fut présenté à l’Exposition universelle de 1889 et eut tout de suite un succès foudroyant. Depuis
- 1 Voy. n° 1428. du 6 octobre 1900, p. "§98.
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- celte époque, M. Baur, continuant ses recherches, obtint un homologue de son premier musc artificiel, le trinitro-bntylxylène. C’est celui-ci qui est le plus généralement employé par les parfumeurs, son odeur étant moins violente, plus douce. La vitrine de MM. de Laire et 0° renferme une collection remarquable non seulement de ces produits industriels, mais également des nombreux composés qui viennent naturellement se grouper autour de ceux-ci, et dont la découverte résulte, tant de l’étude scientifique de M. Baur que des nombreuses recherches qu’on a dû faire pour défendre les brevets contre les attaques des contrefacteurs.
- louone. — L’ionone, l’essence de violette artificielle, n’est pas moins importante que le musc artificiel. Sa découverte, qui remonte à 1895, est le fruit de longues et patientes recherches qui peuvent être données comme exemple d’un magistral travail de chimie.
- L’extraction de l’aroine de la violette, si suave et si délicat, a toujours été pour le fabricant un problème des plus ardus. Aussi les extraits à la violette des parfumeurs étaient-ils composés, pour la plus grande part, avec l’essence concrète ou la teinture alcoolique de racine d’iris, dont l’odeur se rapproche de celle de la violette.
- C’est d’ailleurs à cette matière que Tiemann, enlevé prématurément à la science, et M. G. de Laire s’adressèrent lorsqu’ils entreprirent leurs premiers travaux sur le parfum de violette. Ces travaux durèrent plus de dix ans; nous ne saurions ici entrer dans leur détail. Ils aboutirent en 1895 à la découverte de l’ionone par Tiemann et M. Krüger. Ces savants ayant extrait à l’état de pureté 1’ « irone », principe odorant de la racine d’iris, précisèrent exactement sa composition et sa nature chimique, l’our la reproduire artificiellement, ils s’adressèrent à une aldéhyde naturelle, le citral, constituant principal des essences de citron et de verveine des Indes (lemon grass). En condensant le citral avec l’acétone en présence d’un agent alcalin tel que l’eau de baryte, puis soumettant le produit intermédiaire obtenu à l’action de l’acide sulfurique étendu, qui produit une isomérisation spéciale, Tiemann et Krüger obtinrent non pas l’irone elle-même, mais un isomère, l’ionone. Ce corps possède, à l’état de dilution extrême, d’une manière tout à fait frappante, l’odeur caractéristique de la violette. Les études chimiques qui ont été faites depuis sur ce composé et d’autres dérivés voisins du citral forment un chapitre important de cette branche de la chimie. Au point de vue pratique, l'introduction de l’ionone dans les préparations de la parfumerie a été d’une utilité considérable pour cette industrie. Son usage est aujourd’hui général.
- Tels sont, très brièvement exposées, les étapes de cette industrie, vieille à peine de vingt-cinq ans. Un grand nombre de questions restent à résoudre. On peut espérer les voir bientôt recevoir une solution, étant donnés le nombre et l’habileté des chercheurs qui en font actuellement l’objet unique de leurs études. Justin Dupont.
- LES LOCOMOTIVES FRANÇAISES
- IMPOSITION DE 19001
- III
- Compagnie de l’Ouest. — Les locomotives exposées à l’annexe de Yincennes par la Compagnie des
- 1 Voy. n° (427, du 29 septembre 1900, p. 278.
- Chemins de fer de l’Ouest sont au nombre de trois ;
- 1° une locomotive express eompound, à 4 roues accouplées et à bogie, série 500, type 1899-1900 ; 2° une locomotive express à 2 cylindres égaux, à 4 roues accouplées et à bogie, série 900, type 1889, construite, comme la précédente, dans les ateliers de la Compagnie ; 5° une locomolive-tenderàO roues accouplées et à bogie, série 5700, construite au Creusot. Ces machines ont été étudiées sous la direction de M. Clérault, Ingénieur en chef du matériel et de la traction des Chemins de fer de l'Ouest.
- Locomotive eompound à grande vitesse, série 500, type 1899-1900. — Cette locomotive flig. 1) a été construite en vue de remorquer, sur les lignes principales du réseau, des trains de 250 tonnes et plus, à une vitesse de 95 à 100 kilomètres ; elle est supportée, «à l’avant, par un bogie à déplacement latéral de 40nim et, à l'arrière, par deux paires de roues accouplées de 2m,OIO de diamètre, placées : la première, sous le corps cylindrique à l’avant de la boîte à feu, la seconde, sous la partie arrière du foyer.
- Les longerons en acier, intérieurs aux roues, sont entretoisés, d’une part, par la traverse d’attelage et par les cylindres R U et, d’autre part, par des entretoises ou par des caissonnements en acier moulé, placés au droit des cylindres IIP ainsi qu’à l’avant et à l’arrière de la boîte à feu.
- La machine est suspendue sur trois points; un système de balanciers et de ressorts à lames, oscillant sur des couteaux en acier dur, assure l’invariabilité de la répartition du poids suspendu.
- Bogie. Le bogie à longerons inférieurs, à deux paires de roues de 0m,960 de diamètre, du modèle spécial bien connu de la Compagnie de l’Ouest (type 1889), est caractérisé par sa grande longueur (écartement des essieux 2 mètres), par une disposition spéciale du pivot, placé un peu en arrière du centre de figure du bogie, et par un dispositif particulier permettant un mouvement transversal (par glissière) avec re'glage par des ressorts de rappel jumelés, dispositif qui n’existait pas sur la machine express, type 900, exposée en 1889.
- Le pivot, la crapaudine et la glissière du bogie sont en acier moulé.
- Le mécanisme moteur est du type eompound à quatre cylindres avec tiroirs plans en bronze, du type ordinaire; les deux cylindres à haute pression, de 340mm de diamètre, placés à l’extérieur des longerons, entre la première paire de roues motrices et le bogie, commandent l’essieu AR ; les deux cylindres à basse pression, de 550mûl de diamètre, placés au-dessus du bogie sous la boîte à fumée, commandent l’essieu placé à l’avant de la boîte à feu. La course des pistons est de 640mm.
- Les distributions des deux mécanismes, du type Walschaert, sont commandées par un même volant de changement de marche qui permet de les manœuvrer ensemble ou séparément. Sur les conduites réunissant les cylindres HP aux cylindres BP sont intercalés des robinets qui permettent d’isoler les
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- deux groupes de cylindres et de marcher au besoin en mécanismes séparés (ensemble ou isolément). Ces robinets d’isolement sont commandés à distance par le mécanicien au moyen d'un cylindre à air.
- Chaudière. La chaudière en acier, timbrée à 14 kg, avec boîte à fumée prolongée et trémie pour l'évacuation des escarbilles, contient 96 tubes Serve à ailerons, de 70mm de diamètre extérieur. Un robinet spécial, placé à l’avant de la chaudière, permet le ramonage des tubes à la vapeur. La chaudière est supportée à l’avant par un berceau venu de fonte avec les cylindres à basse pression, et, au droit de la boîte à feu, par des cornières de glissement reposant directement sur les longerons; elle est maintenue transversalement par un guide en acier, rivé sur la face AU de la boîte à feu. Le foyer en cuivre
- rouge, type Relpaire, semi-profond, est muni d’une voûte en briques.
- La surface de chauffe totale est de 155 m2,90 dont 11 m*,10 pour le foyer; la surface de grille est de 2 m*,40.
- Comme appareils accessoires, nous citerons deux injecteurs Friedmann type vertical, deux soupapes Lethuillier-Pinel placées sur la boîte à feu, des graisseurs télescopompes Bourdon pour les cylindres et les tiroirs, une sablière à vapeur système Gresham, etc.
- La machine est munie du frein Westinghouse; son poids en état de service à l’état moyen d’usure est de 50 tonnes dont 15*, 8 sur chacun des essieux accouplés, et 18*, 4 sur le bogie.
- Locomotive à grande vitesse, série 900, type. 1889. — La machine 951 est la première machine
- express à voyageurs avec bogie à mouvement latéral et transversal qui ait circulé en France.
- Depuis l’Exposition de 1889 où elle a figuré, elle a parcouru, en 10 ans de service, plus de 500 000 km, sans autre réparation importante que le remplacement du faisceau primitif à tubes lisses par une garniture de tubes Serve. Au cours des essais officiels qui ont eu lieu en 1889 sur le réseau de Lyon, cette machine a marché à la vitesse de 158 km à l’heure, avec une stabilité parfaite sur une bonne voie.
- La Compagni e possède 60 machines de ce type à cylindres égaux de 460"™ de diamètre (course des pistons 660,nm), qui comporte quatre roues accouplées de 2“,0I0 avec balanciers de répartition et un bogie ouest à l’avant. La chaudière en acier, timbrée a 12 kg, renferme 95 tubes Serve à ailettes; la surlace de grille est de 2 m* et la surface de chauffe de 125 m2,40 dont 10 m2 pour le foyer. Le poids adhérent est de 28 tonnes et la charge sur le bogie de 16*,5.
- Machine-tender à six roues accouplées et à bogie. — Les machines-tenders à 6 roues accouplées et à bogie de la série 5701-5745 sont des machines à deux cylindres égaux de 460m,n de diamètre (course des pistons 600mm), spécialement destinées à l’exploitation des lignes à profil accidenté et à la remorque des trains lourds de grande banlieue (fig. 2) ; construites pour remorquer des trains à la vitesse de 90 km en service, elles sont cependant susceptibles de marcher, dans de bonnes conditions de stabilité, à des vitesses qui ont atteint, aux essais, 115 km à riieure. La machine, à châssis intérieur, est supportée, à l’avant, par un bogie ouest et, à l’arrière, par trois paires de roues accouplées de 1 m,540, dont deux placées à l’avant sous le corps cylindrique, et la troisième à l’arrière du foyer.
- La construction de la chaudière (timbre 12 kg) est identique à celle de la machine série 500 décrite plus
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- haut; il en est de même pour l’entretoisement des longerons en acier, pour la suspension, pour le foyer, pour le faisceau tubulaire et pour tous les
- appareils accessoires : soupapes, injecteùrs, sablières, graisseurs, freins, etc,...
- La surface de chauffe totale est de 151 m! 66 dont
- Fig. 2. — Mnclime-teiuJer à <> roues accouplées et à bogie pour ligues accidentées, série 5700.
- 0 ms pour le foyer ; la surface de grille est de 1 m* 80. Les caisses à eau (7 m3), placées au-dessus des
- roues accouplées, reposent sur le châssis par l’intermédiaire des supports de glissières en acier
- moulé, et de quatre consoles en acier moulé, à raison de deux pty caisse.
- Le poids de la locomotive en service, à l’état moyen d’usure, est de 58l,9, dont 45*, 9 sur les essieux accouplés et 15 tonnes sur le bogie.
- En dehors des machines exposées à Vincennes la Compagnie de l’Ouest a présenté, au Champ-de-Mars, les dessins d’une machine compound (série 2501-2540), à quatre cylindres, à 6 roues accouplées de lm,720 de diamètre et àbogie(lîg. 5), des*
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- tinée à remorquer les trains lourds de voyageurs et de marchandises et pouvant aussi être employée dans de très bonnes conditions pour la traction des trains rapides. Ce modèle, dont le type primitif a été étudié par M. de Glehn, administrateur de la Société alsacienne de constructions mécaniques, s’est rapidement répandu dans plusieurs compagnies avec des adaptations relatives aux besoins de chaque réseau.
- Enfin, la Compagnie de l’Ouest fait construire en ce moment, dans ses ateliers, 10 machines se rapportant à ce type, mais avec des roues plus grandes, de manière à pouvoir fournir, sur les parties faciles des lignes accidentées, une vitesse supérieure.
- A. 11.
- RENAISSANCE DE CUIR D’ART FRANÇAIS
- Il est intéressant de signaler, au moment même où l’Exposition vient d’en apporter une preuve éclatante, la renaissance d’un art qui avait été complètement délaissé chez nous, alors (pie l’Allemagne faisait tous ses efforts pour le. rendre sien. Les œuvres qui sont exposées prouvent que. le cuir d’art français, quoique de rénovation récente, ne se tient pas moins à la tète de ce mouvement de renaissance.
- L’art du cuir est un art préhistorique.
- Sans remonter aux bandelettes, finement ciselées, que l’on a retrouvées dans quelques rares tombeaux égyptiens, sans citer les jolies sandales ouvragées des statues d’Athènes, les lanières et les fourreaux que comprenait l’armement des légions romaines, nous voyons que les gaines en cuir bouilli jouaient un grand rôle au moven
- La reliure des manuscrits utilisait également un grand nombre de peaux.
- Charlemagne avait accordé aux moines de Saint-Omer un droit de. chasse illimité pour qu’ils pussent se procurer les cuirs nécessaires à la reliure de leurs livres. On employait aussi à cet usage les peaux de phoques et celles de serpents, la peau de mouton, le veau, le maroquin, la peau de daim-et de truie; enfin les ouvrages cabalistiques devaient être reliés avec de la peau humaine — cette dernière, soit dit en passant, a la couleur du veau fauve et les fdets d’or s’y adaptent à merveille.
- Le travail du cuir pour la reliure étant un art tout spécial, le cuir bouilli et la gainerie, pour curieux qu’ils soient, ne peuvent revendiquer dans l’historique du cuir d’art la place, qu’v tiennent les cuirs d’art décoratifs ou d’ameublement.
- C’est à n’en pas douter l'Espagne qui introduisit en Europe les cuirs gaufrés, martelés, repoussés, incisés, dorés ou peints ; ce. furent les Maures, du moins, qui apportèrent en cette contrée cet art avec tant d’autres qu’ils exerçaient d’après les traditions que leur voisinage avec l’Égypte et les Kalifats de lfagdad leur transmettait.
- C’est au quatorzième siècle que ces cuirs, connus sous le nom de cuir de Cordoue, quoiqu’ils fussent fabriqués à Barcelone, Montpellier, aussi bien qu’à Cordoue, se répandirent dans le Nord de l’Europe où ils ornaient les palais et les châteaux, mais ce n’est que vers le milieu du seizième siècle que cette industrie fut réellement introduite en France.
- L’engouement était tel que l’on préférait aux plus
- belles tapisseries de laine le cuir doré. Il est rare que dans les inventaires après décès d’un haut personnage, aussi bien noble que bourgeois, mort à cette époque, ou ne rencontre la mention d’une chambre ou de sièges en cuir de Cordoue. Les Allemands réservaient dans leurs châteaux une chambre particulière, appelée Frauensitz, entièrement réservée à la maîtresse de la maison. Les murs en étaient régulièrement ornés de panneaux de cuir où s’étalaient en hauts reliefs dorés les armes de la famille.
- La place d’honneur de ce petit salon était réservée à un fauteuil élevé garni également de cuir repoussé. Assise sur cette sorte de trône, la châtelaine recevait les visites qu’on lui rendait et les invités s’asseyaient sur des coffres garnis également de panneaux de cuir.
- L’importance que prirent en France en 17û() les toiles de l’Inde, le goût du genre Pompadour, les peintures en laque blanche et un peu plus tard les toiles de Jouv détrônèrent les riches et belles tentures en cuir qui allèrent rejoindre dans la poussière les tapisseries de laine qu’elles y avaient reléguées depuis quelques siècles.
- Les autres objets où le cuir trouvait un emploi décoratif subirent le même sort et si l’on en excepte les petits bibelots gentils, mais sans esthétique que nous envoyait Vienne, on peut dire que le cuir d’art avait presque complètement disparu.
- Seule la reliure française avec les de Borne, les Thouvenin, les Trautz-Bauzonnet et les artistes modernes gardait son ancienne renommée, mais les plats des livres ornés des merveilleuses dentelles aux petits fers s’écartaient de plus en plus du cuir travaillé.
- 11 y a une vingtaine d’années, un renouveau du cuir d’art se montra à Hambourg, puis à Berlin, hautement patronné par l’empereur Guillaume L’Allemagne entière, l’Autriche, l’Angleterre, le Danemark, l’Espagne suivirent ce mouvement et il ne nous appartient pas de rechercher les raisons pour lesquelles la France resta en retard.
- Constatons seulement qu’elle resta complètement en dehors de ce renouveau.
- Sur les instances d’un artiste de valeur, M. Saint-Andié de Lignereux, qui voyait avec tristesse notre pays si artistique s'abstenir de suivre ce mouvement, le gouvernement lui confia, en 1890, une mission d’étude sur le cuir d’art dans l’Allemagne du Nord. M. de Lignereux revint convaincu de l’importance de cette industrie d’art qui s’applique à toutes les ressources de la décoration, panneaux de portes et de murailles, paravents, écrans, fauteuils, chaises, pliants, coffres, bahuts, étagères, revêtements de cheminées, caissons de plafonds, supports, corbeilles à papier, buvards, boîtes à ouvrage, porte-monnaie. La nomenclature, complète serait fastidieuse. Les maisons allemandes se préparaient à l’Exposition ; elles avouaient qu’elles se partageaient d’avance nos médailles. M. de Lignereux, par ses cours, par ses leçons techniques, a su créer chez nous des artistes capables de lutter avec les étrangers.
- Le cuir est une matière flexible et ferme à la fois, apte à se dilater sous une pression lorsqu’il est humide et apte à garder, une fois sec, la forme qu’on lui a imprimée ; c’est de cette souplesse que l’on tire les effets décoratifs.
- Ge travail peut se résumer en quelques mots. Après avoir reproduit le dessin sur le cuir lui-même, on incise nettement la peau soit par devant, soit par derrière, sui-
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- vant les cas, à l’aide d’un canif à angle droit, de manière ({lie le cuir puisse céder et s’allonger quand il y a (les reliefs et des creux. Les incisions terminées et la peau toujours humide, on entame le travail du repoussé qui consiste à abaisser le fond et à repousser par derrière à l’aide d’ébauehoirs les parties formant relief. Pour maintenir ces reliefs on les bourre de sciure de bois mêlée de colle de pâte; ou modèle ensuite le sujet par devant comme on modèlerait la cire. Quant au fond, on le granité souvent à l’aide de mattoirs que l’on imprime à coups de marteau. Durant le travail, si le cuir sèche, on le mouille avec une éponge. Il ne reste plus qu’à colorier le cuir à l’aide de teintures ou à le bronzer, ou encore à le dorer. Eu somme, c’est une sorte de bas-relief que l’on exécute, art sévère et sombre, car on n’a plus l’aide de l’ombre, de la demi-teinte, de la lumière <pii aide à la forme comme la sculpture dont il dérive ; mais, si pour arrivera la perfection, une certaine pratique est nécessaire, on peut obtenir rapidement des résultats satisfaisants.
- Si nous ajoutons que cet art attire volontiers les femmes qui trouvent là le moyen de faire valoir leurs qualités, l’adresse, le soin et la grâce, nous ne pouvons (pie féliciter M. Saint-André Lignereux et l’Union Centrale (les Arts décoratifs d’avoir ramené ce goût en France et créé en quelque sorte le cuir (l’art français dont, à l’Exposition, nous pouvons admirer les plus belles productions. II.-L.-Alph. Blanchon.
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- LA RÉSISTANCE A L’OXYDATION
- DBS ANCIENS OCVRACES DE FERRONNERIE
- Nous avons eu la bonne fortune que l’article que nous avons dernièrement consacré à l’usure des constructions métalliques, c’est-à-dire à l’action malheureusement si rapide et si destructive des agents atmosphériques sur les ouvrages modernes en métal, a intéressé un certain nombre de nos lecteurs. Quelques-uns d’entre eux ont même bien voulu nous faire part de leurs observations sur la matière : c’est ainsi queM. Deschamps, architecte à Beaune, nous a communiqué le résultat de ses réflexions fort intéressantes. Nous tenons à y faire des emprunts pour attirer l’attention sur un côté du problème que nous avons laissé volontairement dans l’ombre jusqu’ici.
- Notre correspondant a remarqué, comme tous ceux du reste qui s’attachent à l’examen des œuvres des siècles passés, que tous les ouvrages de ferronnerie remontant à une époque antérieure au siècle qui s’achève, sont admirablement conservés; on peut dire qu’ils sont demeurés intacts, en dépit de leur longue exposition à tous les agents atmosphériques, et, le plus souvent, sans aucune protection, sans même une couche de peinture : les exemples abondent, notamment des grilles, des montures de puits en fer forgé, etc. Les gens qui ont visité Anvers connaissent cette admirable dentelle de fer qui se trouve précisément au-dessus d’un puits, sur la place Verte, et qui est due au peintre forgeron Quentin Metsys.
- Dans un climat qui est excessivement humide et quelque peu marin, elle s’est conservée tout à fait intacte, et, malgré l'intérêt artistique et historique qui s’y attache, il n’est venu à l’idée de personne de recouvrir ces ferrures d’un auvent protecteur, parce qu’elles semblent indestructibles. Nous avons tout jdo suite songé à cet exemple
- célèbre de par son auteur, mais d’autres se pourraient présenter en foule, à Dijon, à Rouen, à Paris au Musée de Uluny, etc.; pour son compte M. Deschamps nous a rappelé celui du remarquable Hôtel-Dieu de Beaune, qui possède dans sa cour un merveilleux puits, dont la charpente en fer forgé date de 1472! Dans tous ces ouvrages on a multiplié les rinceaux délicats, les ornementations frêles, et cependant rien ne s’est brisé sous l’action do la rouille. Il n’en est pas autrement de grilles nombreuses dont les parties inférieures touchent le sol.
- Il nous semble bien évident que si un travail, fait avec nos fers marchands, était exposé delà sorte à l’air et à la pluie sans une couche de peinture renouvelée très fréquemment, il s'effondrerait en peu d’années. Reste à expliquer cette différence peu avantageuse, et notre correspondant le fait d’une façon qui nous semble satisfaisante. Les fers et les tôles que l’on emploie maintenant dans l’industrie et dans tous les ouvrages de ferronnerie, sont obtenus par le laminage, «pii fournit des profilés divers dont la mise en œuvre est bien facile, mais qui allonge, aplatit, disjoint les libres du métal, en leur enlevant certaines de leurs qualités les plus précieuses. Tout au contraire, jadis, le forgeron ne recevait que des petites barres de fer informes, qu’il devait corroyer patiemment sur son enclume; le martelage et les chaudes successives donnaient au fer une très grande dureté et l’assouplissaient : sur les ouvrages fabriqués de la sorte on aperçoit encore non seulement les coups de marteau, mais, ce qui est plus intéressant, les fibres ininterrompues du fer. De plus, le forgeron même du dix-huitième siècle n’employait jamais la lime, qui coupe en biais lesdites fibres en les échauffant.
- Enfin on ne doit pas oublier que, à notre époque où l’on cherche le bon marché en même temps que la production rapide, la plupart des fers dont on se sert, sauf pour le matériel militaire, sont fabriqués au charbon et au coke ; souvent ils proviennent de minerais inférieurs, alors qu’autrefois le fer était fabriqué au bois, et avait par lui-même une résistance presque à toute épreuve.
- Évidemment, ici comme en bien d’autres matières, le bon marché et la production faciles sont inconciliables avec la durée, et nous en arrivons à la conclusion un peu pessimiste par laquelle nous terminions notre précédent article. D. B.
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- LE CHIEN COMME GARDIEN DE VOLAILLES
- Quand on possède un grand nombre, de volailles, canards, poules, etc., et qu’on est obligé, nous ne dirons pas de les mener paître aux champs, ce qui serait un peu hardi, mais de les laisser battre la campagne jiour trouver une nourriture peu coûteuse, on a malheureusement mainte occasion de constater les ravages des éperviers. Les rapaces s’introduisent du reste fort audacieusement dans les cours des fermes, et il serait important de trouver un moyen de les écarter. Un spécialiste des États-Unis, M. Heath, affirme que le meilleur gardien en la matière serait le chien écossais bien connu sous le nom de « collie »: on lui apprend facilement, affirme-t-il, ce métier spécial, et cela tout simplement en lui montrant les éperviers et en le faisant aboyer contre eux une ou deux fois; il prendrait un véritable intérêt à cet exercice, et il suffirait de prononcer devant lui le mot d’épervier pour le faire accourir, et quitter même son dîner. Nous rappellerons en passant que le collie est considéré comme un excellent chien de berger.
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- LA NATURE.
- Le fait est que M. Heath donne un exemple assez pro-liant, à l’appui de son affirmation : comme il l’a raconté dans la publication Reliable Poultry Journal, il possède personnellement un chien collie qui garde admirablement ses volailles. Alors que, depuis quatre années, ses voisins ont perdu nombre de poulets et de canetons du fait des éperviers, jamais ces oiseaux n’ont pu lui en dérober un seul. Dès qu’apparaît un rapace, le chien se met à aboyer et l’oiseau prend rapidement la fuite. 11 faut bien dire que le collie en question est fort intelligent, puisqu’il se charge de chasser les poules des voisins qui se permettraient d’envahir le poulailler de son maître. Mais il semble que l’exemple de M. Heath devrait être suivi, et (pie l'expérience donnerait de bons résultats.
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- LE KODAK PANORAMIQUE
- On peut faire des vues panoramiques avec tous les appareils photographiques : il suffit pour cela de prendre une série de clichés, voisins les uns des autres, en déplaçant chaque fois l’appareil de la quantité équivalente à l’angle embrassé par l’objectif. Cette méthode, qui est employée souvent par les amateurs, présente l’inconvénient de nécessiter des raccords entre chaque épreuve positive pour obtenir une vue d’ensemble, et il est en général assez diffi -cile de dissimuler ceux-ci ; les appareils panoramiques ont été imaginés pour simplifier les opérations aussi bien de la pose des clichés que du tirage. On n’a plus à s'occuper de déplacer l’appareil d’une quantité déterminée, un cliché unique donne tout le panorama et le tirage se fait comme pour un cliché ordinaire. Il y a très longtemps, on peut dire presque à l’origine de la photographie, qu'on a eu l’idée d’employer pour cela un objectif tournant sur un axe devant une surface sensible semi-cylindrique; on trouve, dans le « Répertoire photographique » de la Blanchère, la description d’un tel appareil imaginé par Martens en 1846. 11 indique qu’il est nécessaire de faire tourner l’objectif dans une position telle que l’image reste fixe et qu’on doit employer une surface sensible flexible telle que le papier; mais à cette époque, et pendant de longues années encore, les substances employées pour obtenir la sensibilité ne permettaient pas d’utiliser un tel appareil. L’idée a été reprise en 1883 par M. Moës-
- sard, qui établissait d’abord sur quel principe il faut s’appuyer pour avoir sur une surface fixe une image immobile avec un objectif en mouvement. Il est indispensable pour cela que l’axe autour duquel tourne l’objectif passe par le point nodal d’émergence ; ce point se détermine par des considérations découlant des lois de l’optique et il peut être indiqué par le constructeur de l’objectif. L’appareil de M. Moëssard a été décrit ici (n° 635 du 18 juillet 1885) et se construit couramment; il utilise comme surface sensible des plaques souples placées dans des châssis séparés ; son emploi n’est pas plus compliqué que celui des appareils 13x18 ou 18x24 servant habituellement pour la photographie sur plaques de verre. Mais c’est un instrument d’un prix relativement élevé et, c’est dans le but de mettre à la portée de tous l’obtention des images panoramiques, que la Compagnie Eastmann vient de
- construire un ko-dak, très portatif, basé sur le même principe. Il se présente sous la forme d’une boîte carrée (fig. 1 ) ayant 0m,09 de haut sur Om,ll de large et 0m,19 de long; l’objectif A, placé au centre de la paroi ayant la plus grande dimension, est monté sur un pivot passant par le point nodal d’émergence ; une peau souple ferme complètement l’ouverture pratiquée dans cette paroi pour son logement et lui laisse toute liberté pour décrire une demi-circonférence. 11 est terminé à l’intérieur de la chambre (fig. 2) par une sorte de pavillon aplati A de façon à empêcher les rayons obliques d’aller frapper la surface sensible. Celle-ci est constituée par une pellicule P enroulée sur une bobine placée sur l’un des côtés de l’appareil à l’intérieur de la chambre ; une seconde bobine B, placée symétriquement de l’autre côté, reçoit l’extrémité libre de la pellicule et sert à l’enrouler après la prise du cliché. Dans son parcours pour se rendre d’une bobine à l’autre, elle passe sur deux guides cintrés qui la mâintiennent, en haut et en bas, de façon quelle présente, une fois en place, une surface semi-cylindrique ayant pour centre le pivot autour duquel tourne l’objectif. Il n’y a pas d’obturateur, c’est l'objectif lui-même qui en fait fonction. En effet, lorsqu’il est disposé (fig. I) de façon que son axe soit dans le plan de la planchette qui lui sert de support,
- Fig. 1. — Le Kodak panoramique. Vue extérieure de l'appareil.
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- LA N ATI HL.
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- aucun rayon 11e peut pénétrer dans l’appareil; mais il est monté sur uu ressort qui le sollicite à accomplir autour du pivot une révolution de 180°; il suffit donc d’appuyer sur le bouton qui le maintient en position pour le libérer. Dans sa course, il parcourt tout l’horizon et l’image, ou plutôt la série ininterrompue des images vient se peindre au foyer, c’est-à-dire sur la surface sensible. Pour obtenir un autre cliché, on enroule la pellicule et la quantité voulue sur le rouleau magasin; cette quantité est indiquée au moyen d’un chiffre qu’on voit de l’extérieur en regardant au travers d'un verre rouge. C’est du reste le moyen employé pour le kodak cartouche du modèle ordinaire; c’est également la même
- Fig. 2. — Le Kodak panoramique. Disposition intérieure de la pellicule et de l'objectif.
- pellicule qui sert, seulement on en utilise deux longueurs au lieu d’une par cliché ; les bobines garnies de papier noir peuvent se charger en plein jour comme d’habitude pour les appareils qui emploient
- les rouleaux Eastmann. Après chaque opération on tend de nouveau le ressort qui actionne l’objectif; on agit pour cela sur une manette C disposée sur l’appareil et qu’on peut immobiliser dans deux positions : l’une pour la petite vitesse, l’autre pour une plus grande rapidité; on ne peut obtenir évidemment que des vues instantanées, mais 011 remarquera que l’on se trouve ici dans le cas d’un obturateur de plaque dont le rendement est très grand. Le maniement est très simple et à la portée de tous les amateurs ; la seule difficulté consiste à savoir choisir convenable m e 111 le sujet. Un viseur ordinaire V placé à la partie supérieure de la boîte ne renseigne l’opérateur qu’im-parfaitement, il ne reproduit
- qu’une partie de l’image et donne principalement une indication en ce qui concerne le terrain et le ciel de la partie qu’011 a en face de soi ; mais au bout de peu de temps on se rend facilement compte de l’image
- Fig. 5. — Panorama pris du pont de la Concorde. L’image est légèrement réduite, elle a été réalisée 6x 18.
- qu’011 obtiendra. 11 sera indispensable, surtout lorsque le soleil est bas sur l’horizon, de s’assurer qu’il ne se trouvera pas en face de l’objectif en un point de sa course, cela occasionnerait un voile général.
- La photographie panoramique présente beaucoup d’intérêt, on s’en rend compte lorsque, arec une-chambre ordinaire, on cherche les points les plus intéressants du tableau; ici on est certain de les avoir tous. Cela ne veut pas dire qu’une vue de ce genre peut se prendre d’une façon quelconque, il y a, comme toujours, un certain art à savoir bien se
- placer, et on ne devra surtout pas oublier que les premiers plans jouent un rôle important; aussi devra-t-on chercher à en avoir plusieurs qui occupent presque toute la hauteur de l’image. G. M.
- LES ANIMAUX QUI PLEURENT
- Si le rire est le propre de l’homme, il n’en est pas de même du pleurer, manifestation émotive qui se rencontre chez divers animaux.
- Parmi les bêtes qui pleurent le plus facilement, il
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- LA NATURE.
- convient de citer tout d’abord les ruminants où le fait est si connu qu’il a donné naissance à une expression triviale, mais exacte (pleurer comme un veau) : chez eux, d’ailleurs, la facilité de verser des larmes s’explique par la présence d’un appareil lacrymal supplémentaire, le larmier, constitué par une fossette sous-orbitaire.
- Tous les chasseurs savent que le cerf aux abois pleure à chaudes larmes.
- Le chevreuil fait de même. Lamartine a même fait plus attention à ses larmes qu’à celles de la pauvre petite Graziella. « 11 me regardait, raconte-il au sujet d’un chevreuil qu’il avait blessé, la tête couchée sur l’herbe, avec des yeux où nageaient des larmes. Je ne l’oublierai jamais, ce regard, auquel l’étonnement, la douleur, la mort inattendue semblaient donner des profondeurs humaines de sentiment, aussi intelligibles que des paroles. »
- On assure aussi que l’ours pleure quand il voit sa dernière heure venue.
- La girafe n’est pas moins sensible, ce qui ne saurait nous étonner chez un animal aussi doux, et regarde lo chasseur qùi l’a blessé avec des yeux remplis de larmes.
- Si l’on en croit Gordon Cunming, l’élan agirait de la même façon. Voici ce qu’il dit, en effet, d’un élan qu’il poursuivait depuis longtemps et qu’il finit par atteindre :
- « Des Ilots d’écume découlaient de sa bouche ; une abondante sueur avait donné à sa peau grise ordinairement lisse une teinte bleu cendré. Les larmes tombaient de ses grands yeux noirs et il était évident que l’élan sentait sa dernière heure venir. »
- Les chiens pleurent assez facilement. Si le maître s’en va en les laissant à l’attache, par exemple, ils aboient avec des larmes dans les yeux et dans la voix.
- De même chez certains singes. Le Ceints A zane pleure quand on le contrarie ou qu’on l’effraie et les yeux du Callitlirix sciure-us se remplissent instantanément de larmes quand il est saisi de crainte (Ilumboldt).
- 11 n'est pas jusqu’aux mammifères aquatiques qui ne soient susceptibles de pleurer. Ainsi, tous les auteurs s’accordent à dire que les dauphins, au moment de leur mort, poussent de profonds soupirs et versent d’abondantes larmes. On a vu aussi une jeune femelle de phoque à trompe pleurer parce qu’un matelot la tourmentait. Geoffroy Saint-Ililaire et F. Cuvier assurent, qu’au dire des Malais, lorsqu’on vient à s’emparer d’un jeune Dugong, on est toujours sur de prendre la mère ; les petits jettent alors un cri aigu et versent des larmes. Ces larmes sont recueillies avec soin et précieusement conservées comme un charme propre à rendre durable l’affection de ceux qu’on aime.
- Quant à l’éléphant les témoignages abondent sur la facilité avec laquelle il pleure. Aussi Sparrman assure qu’il verse des larmes lorsqu’il est blessé ou quand il voit qu’il ne peut échapper ; ses pleurs roulent sur ses yeux comme sur celles de l’homme dans l’affliction. E. Tennent, parlant d’éléphants prisonniers, assure que « quelques-uns restaient immobiles, accroupis sur le sol sans manifester leur souffrance autrement que par les larmes qui bai-
- "naient leurs veux et coulaient incessamment. »
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- Tels sont les principaux animaux chez lesquels les pleurs ont été signalés; nul doute qu’ils ne deviennent plus nombreux quand on se donnera la peine d’observer le même phénomène chez les autres espèces. A ceux qui voudraient se livrer à ce petit travail, je conseillerais de noter avec soin les circonstances dans lesquelles les pleurs se sont manifestés. Par les exemples que nous avons donnés on a pu voir que les larmes avaient à peu
- près la même signification émotionnelle chez les animaux que chez l’homme ; mais, pour avoir une certitude, il faut que les exemples soient beaucoup multipliés.
- H ému CorriN.
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- Ascensions de dislance. — Le concours de distance des ballons à l’Annexe de Vincennes, qui a eu lieu le dimanche 50 septembre, a fourni quelques résultats intéressants. Voici les plus saillants. M. de Castillon de Saint-Victor, montant « l’Orient », est descendu lundi matin à 7 heures, à Gosdorf (duché de Schleswig-Holstein). M. Juchmès, pilotant le « Touring Club », a opéré sa descente en Westphalie, à Warburg, dans la matinée de lundi. M. Blanchet, montant le « Zénith », a atterri lundi à 4 heures du matin à Walbur, près de Nimègue (Hollande). M. de La Valette et son ballon « le Rêve » ont atterri en Hollande, à Bois-le-Duc, lundi, à 2 heures du matin. M. Balsan, dans le « Saint-Louis », est descendu à Dantzig (Prusse), à l’embouchure de la Vistule. M. Jacques Faure, avec F & Aéro-Club », a effectué sa descente à Mamlitz, près de Posen, dans la Pologne allemande. M. le comte de La Vaulx a atterri, avec le « Centaure », près de Wlo-clawek (Pologne russe), ville située sur la Vistule, après vingt et une heures de voyage. De ce fait, M. de La Vaulx bat tous ses concurrents et le temps du train express, qui met 24 heures pour effectuer le parcours direct.
- I/industric du gaz. — L’industrie du gaz cherche toujours à se développer et à améliorer les divers procédés d’éclairage par incandescence. Jusqu’ici, les ingénieurs des divers pays n’avaient tenu que des réunions séparées dans lesquelles s’échangeaient surtout les desiderata des diverses nations. A l’occasion de l’Exposition de 1000, ils se sont réunis, pour la première fois, en congrès international à Paris. L’initiative de ce congrès revient à la Société technique de l’industrie du gaz en France; son organisation a été réalisée d’une façon remarquable par le distingué président de cette Société, M. Th. Vautier; 1100 adhérents ont répondu à son appel de tous les pays du monde et 450 congressistes ont assidûment suivi les travaux du congrès. Parmi les personnalités présentes, nous pouvons citer : pour l’Allemagne, MM. E. Beer, le Dr Bunte et de (Echelhæuser ; pour l’Angleterre, MM. Ilelps, T. O., Paterson, F. Marshall, \V. Fonlis; pour l'Autriche-Hongrie, M. Hubert Nachts-heim; pour les États-Unis, MM. W. Mac Donald, G. Ramsdell, A. Glascow; pour la Belgique et la Hollande, MM. Th. Verstraeten et D.-J. Cramer; pour l’Italie, M. Kraft; pour la Suisse, M. Rothenbach. L’industrie du gaz y a été étudiée au point de vue de la lumière, de la chaleur et de la force motrice, de l’installation des usines et de leur exploitation. Il en restera, dans les comptes rendus du congrès, une sorte de résume très utile des progrès réalisés dans les différents pays par l’expérience acquise et une note de ce qu’il est possible de réaliser encore. Parmi les mémoires présentés, plusieurs doivent être signalés en raison de leur mérite scientifique et de leur valeur industrielle. Citons, entre autres, les théories du Dr Bunte sur l’incandescence par le gaz, les études de M. Tuchène sur la distillation de la houille, de M. Aimé Witz sur le moteur à gaz et son avenir. M. Louvel a apporté des documents nouveaux sur la manutention des cokes, en même temps que M. Weiss fournissait d’intéressantes statistiques et des plans d’usines.
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- LA NATEDE
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- MM. Sospizio et Dicke ont traite de la fabrication du gaz à l’eau; M. Lévy, de la Compagnie parisienne, a fait une étude d’ensemble des applications nouvelles du gaz à l’éclairage intensif, au chauffage et à la cuisine. MM. iledde et Forstall ont étudié les moyens d’améliorer la situation ou de compléter l’instruction du personnel des usines à gaz.
- La possibilité «!e la \ie et des entreprises industrielles dans les régions polaires. —
- M. Frederick A. Cokk, qui a été le chirurgien de la dernière expédition antarctique belge, affirme que non seulement il est parfaitement possible de vivre dans les régions polaires, mais qu’on y pourrait tenter des établissements et des entreprises appropriés « qui payeraient parfaitement », comme on dit en anglais. 11 commence par citer l’exemple des régions de l’Alaska, de la Colombie britannique, du cap A orne, où des gisements aurifères sont maintenant couramment exploités; il insiste sur ce que l’abondance des phoques, des pingouins, des pétrels et de plusieurs autres variétés d’oiseaux pourraient parfaitement suffire à alimenter les habitants, à condition bien entendu qu’on ne dépeuplât pas complètement ces parages de leur faune. Non seulement on y trouverait (nous parlons toujours des régions antarctiques) des gisements énormes de guano, mais encore sans doute des métaux précieux et des gemmes, et l’on aurait toute facilité pour se livrera l’élevage méthodique des animaux à fourrure, etc. L’idée est originale, et elle mérite d’èlre signalée, étant donné qu’elle émane d’un savant qui connaît à fond le pays.
- La fabrication «les poupves en Thuringe. — La
- fabrication des jouets est une industrie thuringienne qui remonte certainement au moyen âge, mais voici une cinquantaine d’années que s’est implantée dans le pays l’industrie spéciale des poupées. L’espèce de poupée la plus ordinaire qui sort des fabriques du pays est celle que l’on nomme un peu inexactement poupée de cire : le corps en est fait d’étoffe commune bourrée de sciure de bois, les bras, les jambes et la tète sont ordinairement en papier mâché recouvert d’une petite couche de cire : une grossière chemise, et la poupée est prête pour la vente; mais cela n’empèche point qu’elle a dû passer par toute une série de mains. Des spécialistes font les jambes, d'autres les mettent sécher au four ou au soleil, ceux-ci ont pour mission de passer les membres dans la teinture, il en faut d’autres encore pour coudre les poupées, les bourrer, peindre les sourcils, les lèvres, les cheveux, ou même coller la laine qui forme la chevelure dans les catégories un peu plus chères. Des ouvriers spéciaux fabriquent les yeux de verre, et d’autres les mettent en place. Nous avons parlé de fabriques : en réalité, toutes les parties de poupées sont faites dans des ateliers familiaux, et elles sont apportées au petit manufacturier qui, lui, vit en ville et procède à l’assemblage. Bien entendu, on fabrique aussi des poupées plus chères qui ont des tètes entièrement en cire, et enfin des poupées (jui ont le bonheur d’ètre munies de tètes en biscuit. La consommation de ces tètes est si considérable (d’autant qu’il faut fournir des remplaçantes aux têtes cassées), que la Thuringe en compte certainement plus d’une douzaine de manufactures : elles emploient pour obtenir ces jolies petites têtes poupines un mélange d’argile à porcelaine, de kaolin, de sable quartzeux et de feldspath. On enferme toutes ces substances dans des tonneaux de fer et on les y soumet à un broyage humide par contact avec
- des cailloux durs. On coule ensuite la matière liquide dans des moules de gypse en deux parties, où on laisse se déposer une certaine couche sur la surface interne des deux demi-moules : quand l’épaisseur du dépôt est suffisante, on fait écouler l’excès et on retire les deux moitiés de chaque tète. Avant qu’elles soient sèches, on y enlève les bavures et on y découpe les ouvertures pour les yeux et pour la bouche. On peut alors mettre les tètes au four et les laisser trois jours à une chaleur intense : on les peint et on les met de nouveau au four, mais seulement quelques heures pour sécher la peinture. Nous ajouterons enfin que la confection des vêtements de poupée occupe au moins trois cents personnes dans ce centre industriel si curieux.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES .
- Séance du 8 octobre 1900. — Présidence de M. M. Lévy.
- Les travaux de la 15e Conférence de l'Association géodésique internationale. — M. Bouquet de la Grye rend compte des travaux de la 13e Conférence de l’Association géodésique internationale tenue à Paris le 25 septembre dernier. La conférence aujourd’hui dissoute s’est occupée : 1° de la détermination exacte du mouvement de rotation de l’axe terrestre nouvellement découvert qui a pour conséquence de faire varier la latitude des divers points de la surface terrestre. Les procédés qui ont été combinés pour la mesure de la latitude permettent d’atteindre à une précision très supérieure à celle que fournissaient les méthodes anciennes. L’Association a réparti le travail à opérer entre différents observatoires convenablement choisis de manière à réunir, à bref délai, les données nécessaires à la solution du problème ; 2° des variations de l’intensité de la pesanteur à la surface de la terre. Il a été constaté que le nombre des déterminations de l’intensilé de la pesanteur s’était beaucoup accru et qu’un nombre considérable de marégraphes nouveaux avaient été installés, notamment au Japon; 3° de la mesure d’un arc polaire de méridien au Spitzberg. Les délégués russes et suédois ont donné des renseignements sur l’état actuel des opérations et annoncé qu’elle serait prochainement terminée; 4° de la mesure d’un arc équatorial de méridien au Pérou, sous les auspices de l’Académie des sciences de Paris. M. le général Bassot a communiqué les renseignements techniques déjà résumés dans ce Journal; 5° d’un projet de mesure d’une chaîne de triangles s’étendant de la Méditerranée au cap de Bonne-Espérance, par la vallée du Nil. Ce projet émane de M. Gill, directeur de l’observatoire du Cap.
- La connaissance des temps pour i905. — M. le capitaine de vaisseau Cuvou présente, au nom du Bureau des longitudes, le volume de la connaissance des temps spécial à l’année 1903. Il rappelle que ce volume fait partie d’une série rqpiontant à l’année 1079 et qui, selon les vues de l’auteur, était surtout destinée aux navigateurs auxquels il présentait le tableau des positions du soleil. Les transformations et les nouveaux éléments ajoutés à la connaissance des temps, surtout depuis 1875, destinent aujourd’hui cet ouvrage aux observatoires.
- Varia. — M. Meunier adresse une Note sur les meilleures proportions à adopter dans les mélanges explosifs d’hydrocarbure et d’air. Ch. de Yii.lkdklii..
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- I. A NA Tl l\K.
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- LES DRAISIENNES EN ESCUY0N1E
- EXPOSITION DE 1900
- Dans la section de la Hongrie, côté des Invalides, les visiteurs ont bien souvent remarqué dans leurs visites, les poteries rustiques, les cnirs travaillés et les menus ustensiles si pittoresques de ce pays.
- Ils ont dù voir avec plaisir aussi,les jouets charmants destinés aux enfants.
- Parmi ces jouets, l’un d’eux nous a paru typique puisqu’il représente un moyen de transport connu mais oublié depuis longtemps en France. C’est une jolie charrette toute chargée d'une coquette vaisselle de bois traîné par un jeune villageois vêtu du curieux costume de son pays. La voiture n’est autre qu’une draisienne. Elle sert, m’a-t-on dit, j ournellement dans les campagnes de la province d’Esclavo-nie. Les routes y sont bien entretenues sans doute, puisqu’elles permettent son usage et tous les marchands forains de Hongrie savent s’en servir avec profit.
- La draisienne que le jouet nous représente d’une façon primitive et que j’ai dessinée d’après l’objet lui-même (fig. I) doit singulièrement aider le paysan dans le transport de sa marchandise et aussi dans la rapidité de ses pérégrinations. On peut donc regretter que nos campagnards de France, qui jouissent aussi partout de routes bien entretenues, ne pensent pas de même que les Hongrois, à utiliser l’ancienne draisienne si peu coûteuse à établir et qui eut une si grande vogue dans les années 1819 et 1820 aussi bien en notre pa\s qu’en Angleterre.
- C'est comme on sait M. le baron de lirais de Sauer-bron, ingénieur badois, qui inventa ce système. Le
- nom de draisienne fut naturellement adopté tà cause du nom de son inventeur, mais en Angleterre la draisienne prit celui de Hobby-homes.
- Et la voiture fut perfectionnée peu après par M. Knight.
- Le succès fut tel au moment de l’invention que partout les caricatures et les critiques eurent beau jeu1.
- La figure 2 donne la réduction fidèle d'une caricature anglaise datée de l’année 1819. Elle provient de la collection de mon frère, M. Gaston Tissandier, et représente une. voiture de course traînée par plusieurs vélocipé-
- distes montés sur les nouvelles drai-siennes. Ils rem- . placent les chevaux devenus inutiles. Des laquais nègres montés sur des Hobby-horses suivent cette voiture qui représente ainsi la dernière mode de 1819.
- Nous avons déjà eu l’occasion de donner du reste ici même2 des spécimens de ces curieuses estampes ; nous avons aussi reproduit plusieurs caricatures du
- temps représentant les draisiennes ou les Hobby-
- horses, notamment b* fac-similé d’une caricature de Cruikshank. Alueiit Tissandier.
- 1 Vov. n" 1218, du 5 octobre 1890. p. 279.
- 2 Yoy. n° 707, du 18 décembre 1880. p. 44.
- Le Gerant : P. Masson.
- Fig. 2. — Départ pour les courses. (Réduction d’une estampe anglaise coloriée, de 1819.)
- Paris.
- Imprimerie I.auciie, rue de Fleuras, 9.
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- Nu 1450. — 20 OCTOBRE 1000.
- LA NATURE.
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- LES ARAIGNÉES-LOUPS
- Fig. 1. — La lycose à sac. A gauche, femelle traînant son sac d’œufs; à droite, femelle portant ses petits sur son dos; en haut, jeune individu au vol.
- Los lycoscs, ou araignées-loups, sont ainsi nommées parce qu’elles poursuivent leur gibier et le forcent à la course, comme fait le sanguinaire carnassier avec lequel elles ne présentent d’ailleurs aucun autre point de contact qu’une égale férocité. On les trouve un peu partout, durant la belle saison, le long des chemins, sur les talus herbeux qui bordent les fossés, dans les marécages; elles pullulent surtout aux endroits que le soleil favorise de ses plus ardents rayons.
- Peut-être, d’ailleurs, ne manifesteraient-elles pas cette prédilection, si ce
- n’était là précisément le lieu de rendez-vous fréquenté par les insectes dont elles aiment à se nourrir.
- Au commencement de l’été, le promeneur qui égare ses pas parmi les sentiers ombragés où l’hiver a accumulé les feuilles mortes, met en fuite des troupes de ly-coses qui se hâtent en sautillant vers quelque retraite. Ces araignées se reconnaissent toujours aisément, à première vue, à leur allure saccadée, à leurs mouvements brusques, tellement précipités parfois que l’animal semble se déplacer par une série de culbutes. De taille médiocre, elles sont vêtues d’une livrée sombre, sur laquelle tranchent souvent des anneaux clairs aux pattes.
- Essentiellement vagabondes, les lycoses ne savent pas, comme leurs congénères, tisser de vastes hamacs soyeux ou des réseaux géométriques, pièges 28e année. — 2e semestre.
- Fig. 2. — Jeune lycose venant d’éclore, très grossie.
- tendus aux mouches imprudentes; ce sont des nomades sans feu ni lieu, n’ayant aucunement l’instinct
- du logis, campant chaque soir dans un gîte d’emprunt, au hasard de leurs pérégrinations. Elles ne possèdent rien ici-bas qu’une solide paire de pinces, et des pattes agiles ; ce sont les prolétaires de l’oe-topode tribu, où il faut être bien pauvre pour n’avoir pas une maison sur sa tête.
- Elles ne tendent pas d’embuscades, et ne peuvent espérer l’aubaine d’un gibier tombant sous leurs griffes par sa propre imprudence . Lorsque l’appétit, aiguisé par leurs
- courses, se lait sentir, il leur faut se mettre en chasse, et elles ont plus recours à la force qu’à la
- ruse pour se procurer la proie vivante qu'elles souhaitent. Leur tactique se réduit à quelques principes élémentaires, relevant uniquement de la plus simple prudence. Elles savent, comme le chat, endormir la vigilance de leur victime par la lenteur calculée de leurs mouvements, et ne bondir qu’à bon escient, franchissant en trois sauts rapides la dernière étape du chemin, après avoir hypocritement temporisé.
- Très courageuses dans leurs attaques, elles se mesurent sans hésitation avec des insectes plus gros quelles. Elles sont, il est vrai, bien outillées pour en venir à bout, et elles peuvent compler sur leurs pinces venimeuses comme sur une ressource infaillible. Mais il n’en faut pas moins
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- LA AA TL \\ L.
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- leur accorder quelque énergie en les voyant s'attaquer à de grosses mouches qui, à la première hostilité, s’envolent dans un impétueux tourbillonnement, emportant la petite lyeose qui ne démord pas.
- Si elles ne savent pas en fabriquer des toiles et des pièges, les lycoses peuvent cependant émettre de la soie par leurs filières. Ce sont elles qui tendent, à l'automne, sur les champs dépouillés, les vastes réseaux de ces filaments que le langage populaire, souvent si imagé, appelle « les fils de la Vierge ».
- Par les belles journées oîi l’air est agité d’une molle brise, les fils argentés s'élèvent doucement, flottant au-dessus des campagnes; et parfois on trouve, cramponnée à la pelote soyeuse, une jeune lyeose que transporte au loin, sans fatigue, ce ballon d’un type primitif.
- Ordinairement, les araignées enferment leurs œufs au sein d’un cocon qu’elles surveillent et protègent jusqu'au moment où les petits sont éclos et capables de se suffire. Pareille besogne ne saurait convenir à la lyeose, sans cesse errante. Aussi a-t-elle tourné la difficulté. Lorsqu'elle a pondu ses œufs, elle les place dans un sac arrondi, globuleux, qu’elle fixe à ses filières, et qu’elle emporte partout avec elle, dans ses courses et dans ses chasses. Puis, les petits sortis de leur coque, elle les reçoit sur son abdomen, troupe grouillante et précieuse, à laquelle l’excellente mère fait faire avec sollicitude l’apprentissage de la vie. A. Acloquk.
- L’ÉCLÂIRAGE ET LÀ FORCE MOTRICE
- PAR LES ALCOOLS DÉNATURÉS
- Le Ministre de l’Agriculture avait institué une Commission d’études des emplois divers que l’on pourrait faire de l’alcool dénaturé1. Cette Commission vient de déposer son Rapport. 11 nous paraît utile d’en faire connaître les principales conclusions telles quelles ressortent des expériences de MM. Sorel et Hanicotte2.
- 1° En ce qui concerne l’éclairage, il est possible d’utiliser l’alcool carburé qui donne une belle lumière fixe et constante, les lampes restant sèches, sans odeur, sans suintement;
- 2° Par l’emploi des becs à incandescence pour lesquels le pétrole lampant parait jusqu’ici inapplicable, l’alcool carburé donne d’excellents résultats;
- 5° Au point de vue du développement de chaleur un volume d’alcool carburé est sensiblement équivalent à un volume d’essences légères de pétrole.
- En se basant sur les résultats obtenus et à la suite des délibérations motivées, la Commission, dans le but de
- 1 Cette Commission était composée de MM. Yassilliére, directeur de l’agriculture, président; Egrot, président du syndicat des constructeurs de machines et instruments d’agriculture; Hanicotte, président de la Chambre syndicale des distillateurs agricoles de la région du Nord ; Lindet, professeur de l’Institut national agronomique; Petit, agriculteur, vice-président du syndicat de la distillerie agricole ; Richard, ingénieur des arts et manufactures; Sorel, ingénieur; Lesage, ingénieur agronome secrétaire.
- 2 Le Rapport a été publié in extenso dans le Journal officiel du 8 octobre.
- rendre pratique l’emploi industriel de l’alcool au point de vue de l’éclairage, a décidé d’émettre les vœux suivants :
- 1° L’autorisation provisoire accordée par la régie d’employer, pour la dénaturation, des alcools au maximum de concentration deviendra définitive ;
- 2° Suppression comme dénaturant du vert malachite ou de toute autre substance non volatile;
- 5° Diminution du taux d’alcool métliybque actuellement employé à la dénaturation ;
- 4° Fixation du taux d'alcool méthylique à S)U° à I volume de ce corps pour 100 volumes d’alcool ii dénaturer et autorisation d’employer l’alcool méthylique plus concentré en quantité équivalente;
- 5° Fixation du taux de benzine lourde à 1 volume pour 100 volumes d’alcool à dénaturer, cette benzine devant passer intégralement à la distillation à une température de 100 à 180° au maximum;
- 0° En Ciis d’adoption possible de l’huile de suint comme dénaturant, rectification préalable de ce corps qui devrait passer intégralement au-dessous 100° et fixation du taux maximum à 1 volume pour 100 volumes d’alcool à dénaturer ;
- 7° Addition possible à l’alcool dénaturé de quantités d’hydrocarbures variables au gré du consommateur, à la condition toutefois que ces quantités soient égales ou supérieures à un minimum fixé par la régie; cette addition pouvant être faite en dehors de l’usine de dénaturation par l’emploi de tout hydrocarbure ou mélanges d’hydrocarbures.
- On remarquera que, conformément à des demandes répétées, la Commission supprime le vert malachite comme dénaturant. En ce qui concerne l’application de l’alcool aux appareils mécaniques, elle n’a pas cru devoir se livrer à des études précises. De telles expériences, dit le i apporteur, eussent exigé des délais et des frais considérables sans résultats très appréciables. Cependant, la Commission doit constater que des essais pratiques montrent déjà qu’en s’écartant, il est vrai, des règlements actuels, on peut appliquer l’alcool carburé à l’automobilisme. Il ressoit, en effet, de ces essais, qu’en modifiant les sections et les résistances des soupapes, les avances à l’allumage, les longueurs de cylindre, etc..., l’alcool carburé avec des produits volatils tirés de la houille et bien choisis est parfaitement, convenable pour cet objet.
- M. Sorel a montré que les températures d’inflammation de l’alcool carburé par la benzine ou par un mélange benzine-toluène, sont assez basses pour permettre l’inflammation du mélange dans un moteur.
- D’autre part, on peut constater que les températures dégagées par la combustion non d’un poids donné, mais d’un volume donné d’alcool convenablement carburé (et l’alcool ainsi que les benzines du pétrole sont vendus an volume) sont presque identiques. On peut donc dire, à priori, que'l’alcool est applicable aux moteurs. Il faut d’ailleurs constater que si l’alcool industriel n’est pas, dans les conditions actuelles, à même de suffire à tous les besoins, les benzines légères du pétrole ne le sont pas davantage.
- Le pétrole de Bakou en fournit à peine. Le pétrole américain en pourrait fournir peut-être 8 à 10 pour 100 s’il était importé à l’état brut. Mais ce n’est un secret pour personne qu’il n’en est pas ainsi. Une grande partie des pétroles importés sont des pétroles presque raffinés, qu’on a additionnés de ‘2 pour 100 d’essences légères pour éviter les majorations des droits de douane.
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- Or, si les besoins de l'automobilisme se développent, nous ne pouvons espérer voir augmenter nos ressources en essences légères, seules utilisables jusqu’ici. La production de l’alcool et des hydrocarbures peut croître, au contraire, au grand profit de l’agriculture et de l’industrie françaises.
- Ces extraits du Rapport sont donc favorables à l’emploi des alcools dénaturés pour l’éclairage et pour la force motrice. L’importance de ces études est considérable. Il est clair qu’elles nous font pressentir des applications nombreuses dans un avenir prochain.
- L’agriculture nationale puisera, dans l’usage généralisé de l’alcool, de nouvelles et précieuses ressources. Au lieu d’aller chercher au loin le pétrole, on pourra obtenir sur place les matières premières nécessaires à notre éclairage et à la production de l’énergie mécanique. J.-F. Gau..
- L’INCOMBUSTIBILITÉ
- EXPÉRIENCES I)U LABORATOIRE MUNICIPAL
- Le 11 octobre dernier, dans la cour de la caserne de la Cité, ont eu lieu d’intéressantes expériences comparatives d’incombustibilité faites par M. Girard, directeur du Laboratoire municipal, en présence des membres de la Commission des théâtres, du préfet de police; MM. Tounv, directeur de la police municipale; May, chef de bureau du cabinet; le colonel des sapeurs-pompiers; le capitaine ingénieur Cordier ; MM. Claretic, Carré, Rochard, Debruvère, Marx, Hartmann et autres directeurs de théâtre, etc., etc.
- Sur une grande table, on avait placé des accessoires de théâtre, gaze, andrinople, papiers, étoilés, toiles, vélums, velours, pluches, tapisseries, pilou, toile de jute, feuillages artificiels, ignifugés et non ignifugés. On mit le feu successivement à toutes ces pièces, et l’on put constater aussitôt que, tandis que les étoffes et accessoires non ignifugés brûlent instantanément en produisant une haute flamme, tous les objets qui ont subi la préparation chimique se noircissent sans feu apparent et ne brûlent même qu’en partie.
- Rien curieuse fut l’expérience faite sur une petite ombrelle en papier de soie ignifugé : malgré l’insistance de M. Sanglé-Ferrière pour y mettre le feu, la flamme vive d’une lampe à alcool ne lit que noircir le papier.
- D’autres essais furent exécutés ensuite sur des boîtes cubiques en sapin de 22 centimètres de coté, munies d’un couvercle percé de quatre trous faisant fonction de cheminées ayant 5 centimètres de diamètre et remplies de copeaux de bois.
- Ces boîtes ont été — à part une boîte témoin non ignifugée — préparées au phosphate d’ammoniaque, acide borique, silicate de soude, amiante, alumine, borax, sels ammoniacaux, produits employés par différentes maisons de fabrication d’ignifuges. C’est la boîte numéro 4, préparée suivant la formule du Laboratoire, de deux couches de silicate de soude et d’une couche d’enduit à l’amiante, qui donna le meilleur résultat. Les autres procédés sont généralement très bons, mais le bois, sans brûler, est plus ou moins attaqué.
- Une autre boîte, préparée avec des sels ammoniacaux et borax fixés dans le bois par électrolyse, — préparation dont on s’est servi pour tous les bois dans la reconstruction du Théâtre-Français. — donne également d’excellents résultats.
- M. Girard passa ensuite à l’inintlammabilité des décors. Après avoir vu flamber en dix secondes un décor non ignifugé, on assista à la combustion partielle d’un décor ignifugé en partie. Malgré un foyer ardent, activé par des copeaux, la partie ignifugée seulement à l’envers de ce vieux décor, ne se consuma pas ; la flamme en vint lécher les bords; mais ni la peinture ni les montants ne prirent feu ; ils ne noircirent même pas.
- On exposa ensuite à la flamme une toile d’artiste peintre préalablement préparée à l’ignifuge et il fut impossible d’v mettre le feu.
- Cette série d’expériences se termina par la démonstration de l’utilité de l’emploi de bois injectés par l’électro-lyse pour les baguettes recouvrant les fils électriques ; il est démontré que, malgré l’intensité du courant, les courts circuits ne peuvent communiquer le feu à ces boiseries.
- Ces expériences d’un haut intérêt ont été faites par M. Girard, à propos d’un incendie qui s’est déclaré à l’Exposition flans l’une des galeries fie l’Esplanade des Invalides. Si les tentures n’avaient pas été préalablement ignifugées par le service du Laboratoire municipal, le feu se serait propagé immédiatement à toutes les sections. Le feu a seulement détruit une rampe mobile non ignifugée et dont la mise en service n’avait pas encore été autorisée par le service du Laboratoire.
- Il ressort de ces essais qu’il est désormais démontré que l’on peut obtenir l’incombustibilité absolue des matériaux de construction, étoffes, tentures, papiers, etc. Il serait donc bien désirable que dans leur propre intérêt, comme dans l’intérêt général, les directeurs de théâtre appliquassent les procédés du Laboratoire.. Et, d’autant mieux que les formules d’ignifugation sont mises gratuitement à la disposition des intéressés. Qu’on le veuille donc, et ce sera fini fies grands incendies de théâtre. Flamel.
- LES « CUIRAIS »
- nu MASSIF DU PILAT
- Parmi les curiosités qui attirent au plus haut point l’attention des voyageurs qui parcourent les devenues, une des plus intéressantes est, sans contredit, constituée par d’immenses amoncellements de blocs de gneiss ou de granit qui occupent tous les sommets du massif et en même temps certaines pentes.
- Dans le massif du Pilât, entre Saint-Étienne et le Rhône, dernière ramification de cette partie des Cévennes que l’on nomme les Bouttières, ce phénomène est désigné sous le nom de « Chirats ». — Plus au sud on le désigne sous Je nom de « graveyras ».
- Et ce fait est d’autant plus curieux quand on rencontre les chirats sur les sommets, que ces monceaux de roches paraissent provenir d’un éboulemenl. alors (pie rien ne les domine.
- Evidemment, ce phénomène résulte simplement des actions dénudatrices combinées du vent, de la pluie, des eaux d’infiltration, des eaux de ruissellement. Mais il ne suit pas la marche générale de la dénudation des terrains granitiques et gneisseux, et il se réalise dans des conditions un peu spéciales sur lesquelles je voudrais insister.
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- LA' N A TIRE.
- Fig. 1. — Sommet du pic des Trois Dents (1209 mètres).
- Très généralement, le terrain granitique ou gneis-
- seux se recouvre, par suite de la décomposition des couches superficielles de la roche, d’un sable quart-zeux et micacé — l’élément feldspathique ayant disparu, entraîné et décomposé par les eaux.— Cette dénudation provoque la formation d’arènes qui constituent des landes immenses et peu fertiles, à végétation riche en genêts, bruyères, fougères, ajoncs, etc. Mais si l’on considère des influences particulières comme celles qui ont une action marquée sur les sommets des Cévennes et surtout sur le Pilât, on remarque que les choses se passent autrement. 11 faut tenir compte ici de la forme générale de la roche, de sa composition, de la situation particulière du chirat, puis du régime des pluies et des vents dans la localité considérée. La lande provient d’une dénudation régulière, constante et lente de la roche de gneiss et de granit qui présente une grande surface à faction des agents dénudateurs. En général, — et c’est ici le cas des contreforts du massif du Pilât qui constituent d’immenses landes, — le granit et le gneiss ont été recouverts, à une époque donnée dés temps géologiques, de sédiments plus récents qu’eux, mais qui ont disparu par suite d’une dénudation plusieurs fois millénaire. Si la surface mise à jour est large et assez régulière, la dénudation de la roche se fera surtout en largeur et seulement sur une faible profondeur. 11 se formera là des arènes.
- Mais si la roche, par suite des actions combinées du vent, de la pluie, des eaux de ruissellement, se présente en un bloc relativement volu-
- mineux, saillant, toute autre sera l’action des agents extérieurs, et il se formera là un chirat. On s’en convainc facilement en parcourant les parties hautes du massif du Pilât où l’on trouve des chirats de tous les âges et à tous les degrés de formation.
- Comment se constitue un chirat? Pour s’en rendre compte il faut observer ce qui se passe au Pic des Trois Dents qui est le plus oriental du massif.
- Là d’immenses blocs de gneiss couronnent le sommet, ils sont parcourus par des fentes qui les traversent de haut en bas. Au pied de ces roches sont des blocs de moins en moins gros, dont la disposition générale affecte la iorme d’une coulée, dont les éléments se sont déposés selon leurs dimensions, les plus gros dans les parties les plus hautes et les plus petits dans le bas du chirat (fig. 1 et, 2).
- C’est principalement la dénudation pluviaire qui agit sur la marche du phénomène. Son action est lente, mais efficace. Sur ces rochers énormes, la pluie chargée d’agents chimiques énergiques, parmi lesquels l’acide carbonique entre en première ligne, se creuse de petites cavités, dans lesquelles l’eau séjourne, par où elle attaque vigoureusement la pierre. Parmi les éléments composant le gneiss, le quartz et le mica sont difficilement attaquables par l’eau de pluie, tandis que le feldspath est décompo-sable par l’acide carbonique. Aussi il se produit dans toute l’étendue du bloc des fentes qui affectent une disposition parallèle, ce qui est dù à la répartition en strates des minéraux constitutifs du gneiss. —
- Fig. 2. — Un des sommets du pic des Trois Dents montrant la formation d’un chirat.
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- C’est dans les vides ainsi formés qu’il se produit des mousses, des lichens, qui rongent la pierre, la perforent grâce aux acides qu'ils sécrètent. Puis les grains de quartz, arrachés tout entier à la roche, tournoient dans ces cavités, et usent considérablement le mica et le feldspath moins durs que lui. L’eau remplit tous ces insterstices et, pendant l'hiver, s’il survient une gelée vigoureuse, le rocher éclate en fragments sur lesquels se répètent les actions précédentes.
- Gela porte à croire que la surface des sommets du massif est toujours accidentée, formée par un chaos de pierres, ce qui est la vérité (fig. 5). Cette couche superficielle de la roche étant éminemment perméable, les eaux de pluie et de ruissellement la traverseront facilement et continueront leur travail énergique à l’intérieur. Le nombre prodigieux des sources du massif et l'irrégularité de leur débit le prouvent suffisamment.
- Mais la marche du phénomène ne s’arrête pas là. Le chirat n’est qu’un des états transitoires par lesquels passe la roche avant d’être transformée en terre végétale.
- Tandis qu’à l’intérieur se poursuit l’œuvre de dénudation souterraine des eaux et qu’à la surface du massif se creusent des vallées de pins en plus profondes sous l’influence du ruissellement torrentiel, la partie superficielle du chirat change peu à peu d’aspect.
- Dans les interstices des blocs de gneiss, le vent apporte des poussières arrachées aux roches voisines. Elles comblent plus ou moins rapidement les intervalles que laissent entre elles les pierres. Il se forme ainsi une terre végétale essentiellement siliceuse et riche en peroxyde de fer, puisqu’elle n’est composée que de quartz et de mica, le feldspath étant décomposé par les eaux de pluie. Dès que ce dépôt est suffisamment épais, on y voit apparaître des
- Fig. 5. — Un chirat en dessous du Crest de l’Aillon, montrant les progrès de la végétation sur le chirat.
- Fig. i. — La vallée supérieure du Gior. Le saut du Gier.
- mousses, puis une herbe fine composée presque exclusivement de graminées; la roche est tapissée d’une jolie rosacée : l’alcliémille des Alpes, l’eu à peu, la végétation s’accroît, il y vient des plantes à racines longues et tortueuses qui descendent très bas chercher leur nourriture : c’est l’airelle commune, le genêt, la bruyère, la fougère; puis s’établit une végétation buissonnante, de ronces diverses, de groseiller sauvage ; enfin la végétation arborescente s’empare insensiblement du terrain, il se crée des forêts de charmes, de hêtres, de pins, d’épicéas, de mélèzes. Mais la terre végétale n’est jamais bien épaisse et toujours on retrouve le chirat dans les parties profondes. Non seulement il existe, mais il évolue, grâce à l’action de la dénudation souterraine. Lorsqu’on traverse les parties hautes du massif, on peut, pendant des heures entières, parcourir Hontes les cimes, passer d’un versant à l’autre, toujours on marche sur des chirats dans un état de transformation plus ou moins avancée, et comme on retrouve à des hauteurs supérieures à 1300 mètres des sources importantes — celles du Dorlay, du Gier, — il faut en conclure que la quantité d’eau qui parcourt les parties profondes du chirat est considérable.
- On a donc ainsi l’action superficielle de la pluie et du vent, puis l’action souterraine des eaux d’infiltration. A cela il faut ajouter, comme dernier facteur, l’action torrentielle des eaux de ruissellement, grâce à laquelle les chirats qui régnent sur les pentes sont plus ou moins rapidement entraînés dans le fond des vallées, où les éléments arrachés à la montagne se déposent par ordre de grosseur : le terrain caillouteux demeurant au cœur du massif et le terrain sableux
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- dans les bassins inférieurs des vallées. Grâce à cette inilnence dn chirat sur les torrents, les vallées prennent des faciès spéciaux, il se. crense des lits parfois très profonds entre des pentes éboulées. Parfois même le ruisseau disparait complètement sous les roches comme cela arrive dans le cours supérieur du Gier, au pied du saut du Gier (fig. 4).
- Tout cela crée un paysage particulier, caractéristique des massifs granitiques ou gneisseux et qui leur donne un pittoresque tout spécial; et surtout il est intéressant de suivre sur les lieux memes les phases différentes de cette vie incessante qui transforme ainsi la roche de gneiss ou de granit en terre végétale.
- Louis Garapon.
- LE MUSÉE CENTENNAL
- DE LA CHIMIE FRANÇAISE EXPOSITION DE 1900
- Lavoisier a enfin sa statue, il est une telle gloire, il rayonne tant qu’il pouvait attendre le témoignage statuaire, et les quelques kilos de bronze qui font revivre ses traits et ses découvertes ne l’augmenteront pas.
- Gomme l’a écrit Wurlz, par Lavoisier la chimie est une science française. U appartenait à cette Exposition, qui clôture le dix-neuvième siècle, de rappeler cette chimie française depuis le grand précurseur dont les idées ont enfanté tant de découvertes en ces cent dernières années.
- On l’a essayé en organisant au Champ-de-Mars, au palais des Arts chimiques, un Musée rétrospectif des chimistes français. C’est là un Musée de relique et d’évocation de l’œuvre des Maîtres; ce n’est pas sans une certaine religion que les adeptes de la cornue et du creuset viennent contempler ces vieux flacons et leurs étiquettes jaunies renfermant les produits découverts par les illustres. préparés d’abord difficilement au laboratoire et aujourd’hui fabriqués industriellement en grande quantité pour améliorer le bien-être humain ou pour combattre la maladie.
- L’histoire d’un siècle de chimie en France peut être ainsi embrassée d’un seul coup.
- Le Musée commence avec Lavoisier et les instruments de son laboratoire pieusement conservés par son parent, M. le comte de Chazelles, et se termine par le tout moderne et si prestigieux four électrique de M. Moissan.
- Avec Nicolas Leblanc, Chaptal, on rappelle l’industrie chimique naissante, la soude artificielle, la savonnerie, etc.
- On peut voir l’eau synthétique fabriquée par Fourcroy, Yauquelin et Seguin avec le grand appareil de Lavoisier.
- La grande époque des découvertes et des principes revit avec les souvenirs de Gay-Lussac, Thénard, Dulong, Régnault, comme les appareils à analyse organique, les eudiomèlres, la préparation des métaux alcalins, le cyanogène, les manuscrits, etc.
- Ge sont encore les produits de Chevreul sur la constitution des matières grasses, ceux de Becquerel, ce précurseur de l’électrochimie qui est en train de bouleverser les procédés de l’industrie chimique.
- Proust et la mannite, Pelletier et Caventou et les alcaloïdes, Robiquet et Ualizarine, Braconnot et le glvco-
- colle, etc., rappellent l’époque glorieuse, de l’analyse immédiate.
- La chimie des liantes températures et la synthèse des minéraux sont représentées par Berthier et Ebelmen. Dans ces dernières années Frémy et Verneuil sont arrivés à la reproduction du rubis, et on peut voir, à coté de leurs produits, des pierres fines artificielles taillées provenant de l’agglomération des rubis et aujourd’hui dans le commerce de la joaillerie, comme pourront être bientôt les émeraudes de M. llautefeuille.
- J.-B. Dumas, dont la place a été si grande, a laissé les nombreux produits qui lui ont servi à déterminer les poids atomiques et ceux qu’il a découverts comme le chloral, les arnides, etc. Avec Dumas, son école, Balard et le brome, Péligot et l’uranium, Cahours et les alcools aromatiques, Malaguti et les arables, Lamy et le thallium, etc., et d’autres comme Millon.
- Pasteur, auquel une exposition particulière a été faite au palais de l’Hygiène, se retrouve au Musée centennal avec ses cristaux de l’étude de la dissymétrie moléculaire, ses premiers ballons à fermentation et la collection de ses célèbres tartrates signés de lui et donnés par lui à Dumas.
- Laurent et Gerhardt, qui ont été les créateurs de la chimie organique moderne, revivent avec une collection de produits et des autographes curieux.
- En cette fin de siècle, on consacre enfin leur génie, et M. Edouard Griinaux sur ses derniers jours a écrit pour leur gloire une histoire de leurs idées et de la chimie à leur époque, où il montre, l’influence féconde de ces idées sur les progrès de la science.
- Gerhardt n’avait pas vu triompher ses idées ; Wurtz, un apôtre de celles-ci, a démontré par ses découvertes que les théories et les notations pouvaient faire surgir de nouveaux corps et on peut voir des échantillons de ceux-ci comme le glycol, le phénol de synthèse, l’aldol, les urées, etc.
- Friedel, Silva, Grimaux, ses élèves, sont représentés par les alcools secondaires, l’acide citrique synthétique, etc.
- La synthèse chimique, la tbermochimie, en un mot l’œuvre de M. Berthelot est rappelée par les produits et les appareils du grand maître de la chimie française.
- Deville et ses élèves, Debray, MM. Troost, llautefeuille, Dit te, etc., occupent une curieuse vitrine évoquant le célèbre laboratoire de l’Ecole Normale supérieure qui a vu naître la dissociation, le métal de l’argile, la chimie des métaux du platine et tant de belles recherches qui ont conduit à la chimie physique si en honneur aujourd’hui.
- La chimie des couleurs du goudron de houille a débuté en France avec Yerguin en 1859. MM. Lauth, Girard, Rosenstiehl, Roussin, etc., ont pu montrer avec leurs produits et leurs appareils industriels la grande part prise par la France dans la création de l’industrie des couleurs qui a émigré, hélas! en Allemagne.
- La chimie agricole est rappelée par Boussingault, G. Yille, M. Schlœsing, de même que la chimie biologique des diastases qui a permis à M. Bertrand d’éclairer une foule de phénomènes et ouvre des horizons sur bien des mécanismes de la vie; de même aussi les recherches de M. A. Gautier, sur l’iode et l’arsenic dans les organes, qui ébauchent de nouveaux chapitres pour la science.
- La chimie organique moderne avec son attirail de formules de constitution a donné de nombreux produits à M. Jungfleisch dont l’exposition est vraiment remarquable, à MM. Hanriot, Gautier, Haller, Maquenne, Etard, etc.
- Au Centennal figurent encore les appareils de crvoscopie
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- LA NAT U K K.
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- et de tonoinétrie si précieux pour la détermination des poids moléculaires, créés par les travaux si remarquables de M. Raoul t.
- La chimie du spectroscope est présente avec M. Lecoq de Boisbaudran, d’abord par un massif échantillon de gallium extrait de 8000 kilogrammes de blende, puis par les sels de samarium et de gadolinium que l’industrie prépare aujourd’hui avec le résidu des minéraux des terres rares du bec Auer; avec M. Demarçay qui a séparé un nouveau métal le sigma (S).
- La chimie radioscopique toute nouvelle, créée par M. et Mme Curie et M. Becquerel, a permis la découverte d’au moins deux nouveaux éléments, le polonium et le radium. Les combinaisons du radium émettent de curieuses radiations analogues à celles du tube de Rœntgen, colorant le verre et agissant sur la plaque sensible. Les produits obtenus par le nouveau professeur que Genève vient d’enlever à Paris et par sa savante femme figurent dans la dernière vitrine qui est celle de l’avenir, puisqu’elle se termine par l’exposition de la chimie électrique de M. Moissan, d’abord avec le fluor dont la préparation, aujourd’hui pratiquement industrielle, semble appelée à résoudre la production pratique de l’ozone, ensuite avec le four électrique à réverbère qui a rendu possible la préparation de nombreux métaux, l’obtention de corps nouveaux comme les carbures, siliciures, borures, la synthèse du diamant et qui a en outre permis la nouvelle industrie de l’acétylène.
- La chimie industrielle est représentée au Musée par la métallurgie chimique de l’aluminium, la fabrication de l’acide sulfurique avec Gav-Lussac, Kuhlmann, Michel Perret, de la soude Leblanc avec les fours Pelouze, de la soude Solvav avec les carbonateurs, du chlore à l’aide du chlorure de magnésium (Péchiney), des couleurs .d’outremer (M. Guimct), du phosphore (Coignet), du chlorate de potasse par électrolyse (MM. Gall et de Montlaur), de la teinture (Prudhomme et Musée lyonnais), du pétrole et des matières grasses.
- Telle est cette page d’histoire vivante de la chimie française, qu’il faut lire pour comprendre combien grands ont été les résultats acquis par un siècle de recherches.
- T. Obat.ski.
- CHEMIN DE FER SUSPENDU
- DF CARMEN A ELBE RF E LD-VO H AV IN K E I.
- U v a deux ans à peine1, nous mentionnions ici même le projet de chemin de fer aérien adopté par les municipalités et dont les travaux venaient de commencer pour relier les villes de Barmen et d’El-herfeld en Allemagne et aller jusqu’à la commune voisine Yohwinkel. La construction était entreprise par la Continentale Gesellschaft fiir elektrische Unternehmungen de Nuremberg. Les travaux sont aujourd’hui terminés, le chemin de fer est en fonctionnement, et l’empereur d’Allemagne va en faire ces jours-ci l'inauguration. Nous croyons donc utile de revenir sur ce nouveau mode de locomotion et de donner quelques détails à ce sujet.
- Le système adopté est le système de chemin de fer suspendu de M. Eugène Langen à rail unique ; il en existe un tronçon de démonstration à
- 1 Voy. n° 1334 du 17 décembre 1898, p. 48.
- l'Exposition do 1900, à l'Annexe de Yincennes.
- Dans ce système une voie aérienne est maintenue sur les côtés par des supports rigides en 1er d’une construction solide et robuste. Ces supports affectent toutes les formes : inclinés si la voie est suspendue, comme nous le verrons plus loin, au-dessus d’une rivière; horizontaux sur une largeur plus ou moins grande s’il s’agit d’établir des voies dans l’intérieur des villes. Les rails sont placés dans le sens longitudinal, un pour chaque voie. Les véhicules sont suspendus à des châssis pivotants de telle sorte que la voiture peut osciller librement, les rebords des roues s’emboîtent dans le rail à la partie supérieure.
- Cette disposition générale nous permet déjà d’apprécier plusieurs avantages de ce nouveau mode de locomotion. J1 laisse libre la surface du sol, déjà bien encombrée dans l’intérieur des villes par les rails de tramways et les voitures. 11 peut parcourir à vitesse relativement élevée toutes les sinuosités d’une voie parfois longue, les voitures se maintenant toujours en équilibre par leur propre poids. Cette propriété est surtout importante pour le passage des courbes souvent d’un faible rayon descendant au-dessous de 8 mètres. Dans tous ces passages, même à la vitesse la plus rapide et sans ralentissement, les voitures se déplacent avec la plus grande sécurité. Comme nous venons de le dire, elles sont d’abord suspendues et leur propre poids les maintient en équilibre; d’un autre côté elles sont fixées sur les rails par les. roues motrices à la partie supérieure et par des contre-roues à la partie inférieure disposées pour empêcher tout déboîtement en dehors des rails. Ces dispositions permettent justement d’atteindre des vitesses très élevées sans crainte d'aucun accident.
- D’après des renseignements qu’a bien voulu nous communiquer M. A. Mog à l’Exposition de Yincennes, les voitures, dans le passage des courbes, prennent automatiquement leur position d’équilibre, résultantes de leur poids et de l’effet de la force centrifuge, et peuvent atteindre respectivement des vitesses de 50, 100 et 150 kilomètres par heure pour des courbes de 40, 160 et 560 mètres de diamètre, alors ([ue dans les chemins de fer ordinaires à deux rails, il faudrait des courbes de 250, 1000 et 2250 mètres de diamètre.
- Nous pouvons du reste résumer en deux mots l’objet du chemin de fer suspendu de M. E. Langen en citant le texte du brevet allemand, qui fait connaître le point important et capital du système : « Le chemin de fer aérien, avec voitures à voyageurs suspendues librement, a pour but, par une disposition convenable des supports et des véhicules, de rendre de longues voitures à voyageurs, suspendues à des supports de construction légère, aptes à traverser facilement, sûrement et tranquillement les courbes de voie les plus petites, sans qu’il y ait une tendance apparente à fausser les supports dans le service ordinaire. »
- Nous n’insisterons pas sur tous les essais qui ont
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- LA NAITRE
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- été déjà effectués sur ce système de chemin de fer suspendu à rail unique. Nous mentionnerons toute-
- fois les constructions déjà faites : voie légère de campagne et de montagne, ligne de chemins de 1er
- suspendus à fortes rampes, chemins de fer suspendus à crémaillère, chemins de fer funiculaires, chemins de fer suspendus pour régions des tropiques, etc. Nous nous attacherons principalement à la descrip-
- tion du chemin de fer suspendu de Barmen-Elber-feld-Yohwinkel.
- Le chemin de fer suspendu à rail unique, à deux voies, système E. Langen, est le premier che-
- Vac en plan des construclions élevées au-dessus de la rivière Wupper.
- min de fer construit pour le service des voyageurs.
- La construction de la voie a été commencée en 1897. La longueur totale est de 13,3 km dont 10 km se trouvent au-dessus de la rivière la Wupper et 5,3 km au-dessus des rues.
- Le point de départ est à la gare de Barmen; la
- voie suit le cours de la Wupper à travers Barmen et arrive à Elberfeld et de là à Yohwinkel. Les courbes de passage ont en général un rayon de 90 mètres ; à Yohwinkel cependant devant la gare il y a une courbe d’un rayon de 50 mètres, et dans les voies de manœuvre les courbes ont des rayons de 8 mètres. La
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- LA N AT U 1\E.
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- rampe maxima est de 4,5 pour 100. La vitesse Le viaduc métallique qui porte les voies est d’une moyenne adoptée est en viron de 40 Km par heure. construction très légère. Comme le montre la ligure 5,
- Fig. 5. — Vue d’ensemble d’une partie de la voie établie à Elberield au-dessus de la rivière la Wupper; en cartouche, mode de suspension et disposition des châssis.
- ce sont des poutres à caissons à treillis combinées aux poussées et s’opposer aux efforts de torsion, d’après certaines formes élémentaires pour résister Nous voyons en 1 la vue de côté et la coupe transver-
- Fig. i. — Modes de suspension et disposition dans la rue et sur la rivière.
- 1. Vue de côté dans la rue. —2. Coupe transversale. — 5. Construction au-dessus de la rivière; vue de côté. — i. Coupe transversale.
- sale de la construction adoptée dans les rues ; en 2 se trouvent les détails de la construction placée au-dessus de la rivière. Les piliers sont distants entre eux de 50 mètres selon les emplacements.
- La figure 2 nous représente une vue d’ensemble d’une partie de la ligne établie à Elberfeld au-dessus de la rivière. On distingue les supports, la voie et la voiture; celle-ci a 50 places, dont 50 assises. Elle
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- est suspendue au moyen de deux châssis pivotants, séparés l’un de l’autre de 8 mètres. On peut voir en cartouche dans notre figure la disposition des châssis et le mode de suspension. Le cadre du châssis pivotant embrasse le support du rail et le rail lui-même laissant tin jeu très minime. Chaque châssis a deux axes entre lesquels est monté un moteur électrique de 50 chevaux, fonctionnant à la tension de 600 volts. Le courant est pris sur une conduite spéciale à l’aide d’un contact glissant. La marche des voitures peut être enrayée à volonté soit à l’aide d’un frein à air comprimé système Westinghouse qui agit sur la partie supérieure des roues, soit à l’aide d’un frein qui agit sur les tiges du frein à air comprimé. Deux freins électriques ont été également disposés, l’un permettant de mettre hors circuit les moteurs et de les faire agir, en vertu de leur vitesse acquise, comme dynamos sur des résistances, et l’autre que l’on fait agir pour changer le sens de rotation des moteurs en inversant le courant.
- Entre les deux voies et entre les deux rails, mentionnons également qu'il existe un espace recouvert de planches pour permettre l’inspection des voies et faciliter l’entretien.
- Les stations sont au nombre de 20, y compris les stations terminus, et la distance qui les sépare est environ de 700 mètres. Les quais sont extérieurs aux voies. Les plates-formes des stations sont situées en moyenne à 4,5 mètres au-dessus de la rue. La partie inférieure de la voiture en gare se trouve juste à cette hauteur. La figure I donne la vue intérieure de la station près de la gare de Doppersberg sur la ligne de Barmen-Elberfeld. Une voiture est en station ; une autre sort de la station. On remarque la disposition des quais et les arrangements pris pour que les voitures viennent affleurer le sol, et permettre facilement sur les côtés la montée ou la descente de voyageurs.
- Un hlock-système automatique assure la circulation des trains, qui se succèdent de 2 en 2 minutes. A une vitesse de 50 km à l’heure, et au moyen de trains de 4 voitures, il sera facile de transporter par heure 6000 personnes dans chaque direction.
- Les trains ont circulé déjà depuis le mois de janvier 1899 ; mais ils viennent seulement d’être mis en exploitation régulière.
- À l’extrémité de la ligne à Yohxvinkel ont été installées une remise de voitures et une gare de manœuvre.
- Les frais d’établissement de cette ligne s’élèveront au total environ à 10 ou 12 millions de marks. La dépense, compris les stations et les fondations, est donc environ de 500 000 marks par kilomètre.
- Il sera intéressant de connaître, après un certain temps d’exploitation, les résultats obtenus en pratique tant au point de vue du fonctionnement qu’au point de vue financier. En tout cas, ces nouveaux chemins de fer électriques suspendus nous semblent appelés à rendre de grands et utiles services. Jr L.
- APPAREIL AUTOMATIQUE
- DE MISE EN CIRCUIT TÉLÉPHONIQUE
- ('/est bien sous ce titre que peut être désigné l’intéressant appareil que nous avons récemment expérimenté nous-mème au Bureau central des Postes de l’Exposition, à la Porte Rapp, et que l’inventeur, M. R. de Lampreclit, a bien voulu nous montrer en détail. Cet appareil a pour but de permettre la mise en circuit d’un appareil téléphonique pour une période de temps déterminée, à la condition d’avoir, au préalable, versé dans une fente une ou plusieurs pièces de monnaie déterminées également. Il consiste en principe en un levier qui bascule sous le poids des pièces de monnaie et s’enclenche avec un autre levier, et ce dernier établit le circuit entre un appareil téléphonique extérieur et les lignes venant du Bureau central et correspondant avec un autre abonné. Au moment de la mise en communication, un mouvement d’horlogerie fonctionne et marque le temps qui s’écoule. Une aiguille se déplace à cet effet devant un cadran divisé en secondes et en minutes. L’ensemble de l’appareil est renfermé dans une boîte, à la devanture de laquelle est ménagée une fente. Les pièces de monnaie en tombant viennent frapper un timbre et celui-ci émet un son qui est entendu par le Bureau central. La personne qui désire une communication a payé, on lui donne aussitôt la communication demandée.
- L’utilisation et le mode d’emploi de l’appareil sont des plus simples. Sur une table se trouvent la boîte dont nous venons de parler et un appareil téléphonique. Nous désirons une communication téléphonique ; nous pressons le bouton d’appel. Le Bureau central nous répond et nous lui demandons le numéro que nous désirons. Aussitôt nous versons dans la fente la somme demandée pour cinq minutes de communication. Le timbre retentit; la téléphoniste est prévenue que la taxe a été payée. Elle établit la communication. Dès que celle-ci nous est donnée, le mouvement d’horlogerie se met en marche et nous indique à chaque instant le temps qui s’est écoulé depuis l’origine. Après cinq minutes de. conversation, la communication est coupée automatiquement.
- On a remarqué qu’en général, les communications ne durent pas les cinq minutes accordées aujourd’hui ; 90 pour 100 ne durent que trois minutes. La taxe pourrait donc être réduite à 0fr,15 au lieu de 0tr,25.
- Ces appareils, que l’on pourrait appeler « appareils téléphoniques à paiement préalable », sont destinés à rendre de grands services. Ils permettent d’abord d’établir des centres de communication téléphonique en de nombreux endroits où il serait impossible d’installer des bureaux, dans des villages, gares de chemins de fer, endroits peu fréquentés et où il y a intérêt à avoir le téléphone à sa disposition. Ils seront encore très utiles dans une ville pourvue de communications téléphoniques. Les abonnés pourront obtenir avec des provisions moins élevées des communications avec la province, moyennant la taxe réglementaire à verser dans la boîte à chaque communication.
- Enfin, à un autre point de vue, cet appareil semble de nature à améliorer la situation actuelle des communications téléphoniques dans les villes. Un grand hôtel aujourd’hui demande un nombre considérable de communications par jour, mettons 30 à 40 par appareil. Ces communications occupent journellement les lignes, et les autres abonnés peuvent à grand’peine obtenir rapidement
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- 5 ou 4 communications par jour, et pourtant tout le monde paie le même prix pour l’abonnement. Avec l’appareil de M. de Lamprecht, une taxe fixe serait réclamée à chaque abonné; pour obtenir les communications, il faudrait, en outre, payer chaque fois le prix de la communication. Le paiement serait en quelque sorte proportionnel à l’utilisation. Ce système répond à un projet qui préoccupe depuis longtemps l’Administration.
- Quoi qu’il en soit, il est certain que l’appareil de M. de Lamprecht, dont nous avons pu apprécier le fonctionnement, paraît susceptible de provoquer d’importantes et utiles modifications dans le service téléphonique. R. M.
- APPLICATIONS DIVERSES
- DE L’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE
- EXPOSITION UNIVERSEl.I.E
- Les applications de l’énergie électrique sont aujourd'hui des plus multiples, on pourrait même dire universelles. Nous en avons la preuve frappante dans tous les appareils, toutes les machines, les transmissions de tous genres, les questions d’éclairage, de force motrice, de chauffage, etc., dont l’Exposition nous offre des exemples. Il est bien rare de trouver aujourd’hui une seule application mécanique, chimique, calorifique, à laquelle l’énergie électrique n’ait fourni une solution satisfaisante. 11 nous suffira de passer en revue les principales applications réalisées et de mentionner les appareils déjà construits que nous avons pu rencontrer à l’Exposition.
- Les applications de l’énergie électrique à l’éclairage sont déjà anciennes. Tout le monde connaît les lampes à arc et à incandescence.
- En ce qui concerne les lampes à arc, il n’y a pas grande nouveauté à signaler ; les modèles sont nombreux, et leur fonctionnement est régulier. M. A. Rlondel a présenté au Congrès des électriciens plusieurs mémoires dans lesquels il a fait une étude complète des lampes à arc. Mme Bertha Ayrton a également fait connaître au Congrès des travaux intéressants sur l’intensité lumineuse de l’arc à courants continus.
- Elle a prouvé qu’en écartant les deux charbons d’un arc traversé par un courant d’intensité constante et d’une valeur suffisante il y avait d’abord un premier maximum d’intensité lumineuse ; on trouvait ensuite, avec un écart un peu plus grand, un minimum, et après, avec un écart beaucoup plus grand, un second maximum d’intensité lumineuse. On a beaucoup discouru également à propos de l’influence de la qualité des charbons sur la régularité de fonctionnement de l’arc et sur le rendement lumineux. Des faits nouveaux et intéressants ont été apportés qui précisent les données actuelles sur le fonctionnement de l’arc.
- En ce qui concerne la lampe à incandescence, si l’Exposition ne nous a pas montré de grande nouveauté, nous avons pu cependant remarquer des lampes soignées, de bonne fabrication, pour des différences de potentiel de HO et même de 220 volts.
- On reproche à ces lampes d’avoir des filaments en charbon fin, de grande longueur, et surtout d’avoir une dépense spécifique de puissance trop élevée et atteignant 5 et 5,5 watts et au delà par bougie. De plus, ajoute-t-on, le filament fin ne peut supporter aussi bien que les filaments gros les hautes températures nécessaires à l’incandescence, et l’on arrive à préférer les lampes à faible différence de potentiel et à intensité plus élevée. 11 est prouvé que le rendement lumineux croît très rapidement avec la température. M. le professeur Weber a montré que la température atteint de 1565° à 1588° dans les lampes à incandescence à fil fin, et 40° de plus dans les lampes à gros filament. Ces gros filaments demandent des intensités élevées et de faibles différences de potentiel atteignant 20 volts. Mais une distribution ne peut se faire à une différence de potentiel aussi basse, et l’on ne peut coupler en tension plusieurs lampes. 11 en résulte qu’on a imaginé plusieurs autres procédés d’alimentation et de distribution qui nous semblent inapplicables.
- Nous pensons au contraire que la lampe à incandescence a fait de grands progrès aujourd’hui, et que les lampes à 220 volts vont encore améliorer les conditions pratiques d’emploi. La meilleure solution consiste à pousser les lampes, c’est-à-dire à les faire fonctionner sur une différence de potentiel plus élevée que la différence de potentiel normale. On abaisse la durée de la lampe à cent cinquante heures environ, mais on obtient des dépenses de 2 et 2,5 watts par bougie, réalisant de notables économies. On a ainsi une lumière plus blanche. Le prix de la lampe, environ 0F|,50, est aujourd’hui négligeable.
- À coté de la lampe à incandescence proprement dite, nous avons vu à l’Exposition au 1er étage, palais de l’Électricité, dans le pavillon de l’Allgemeine Elek-tricitàts Gesellschaft, une nouvelle lampe, connue sous le nom de lampe Nernst (fig. 1), et dont il a été depuis longtemps question. Dans cette lampe un petit filament formé de magnésie et de porcelaine devient conducteur lorsqu’il est porté à une haute température. Le courant le traverse et le porte à l’incandescence ; ce filament donne alors une lumière blanche très intense. La lampe est donc constituée par un culot ordinaire avec deux filaments de platine reliés aux extrémités du filament dont nous venons de parler. En travers se trouve un support blanc horizontal. Pour allumer cette lampe, il suffit de faire passer le courant, de chauffer légèrement le filament avec une allumette, et après quelques secondes il devient incandescent, la lampe fonctionne. Le mélange d’oxydes employés n’est pas attaqué par l’oxygène de l’air ; le filament peut donc rester à l’air libre. Pour éviter l’allumage avec une allumette, la Société A. E. G. fait également une lampe automatique. Autour du filament incandescent est placé en dérivation un solénoïde en fil de platine qui est chauffé à blanc par le courant électrique. Le filament est bientôt porté à l’incandescence. En circuit avec le corps incandescent est placé
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- un électro-aimant qui fonctionne dès que le courant passe, et coupe aussitôt le circuit en dérivation. L’électro-aimant est placé dans le culot de la lampe.
- Cette lampe Nernst, dont la fabrication entre à peine dans la voie d’exploitation en Allemagne, et dont les essais viennent d’ètrc entrepris en France, dépense 1,5 watt par bougie, a une durée de deux cents à trois cents heures, fonctionne sous une tension de 110 ou 220 volts et a une intensité lumineuse de 25 et 50 bougies. On lui reproche cependant d’exiger une tension absolument constante. On a même disposé à cet effet au-dessous du blâment une résistance additionnelle qui permet à la lampe de supporter plus facilement les augmentations de différence de potentiel que l’on recommande de préférence.
- Quoi qu’il en soit, cette lampe constitue, au point de vue électrique, un grand progrès. 11 est certain qu'elle n’est pas appelée à remplacer la lampe à incandescence ordinaire, qu’on allume et qu’on éteint à volonté par la manœuvre d’un simple interrupteur. Mais elle peut rendre les plus grands services pour des éclairages brillants, intensifs. On peut dire qu’elle est à la lampe à incandescence ce que le bec Auer est au bec de gaz ordinaire, dans des conditions de prix de revient et de fonctionnement absolument comparables dès aujourd’hui. La lampe Nernst pourra très bien être employée aussi pour les éclairages publics dans les rues. Elle a l’inconvénient d’exiger un allumeur spécial ; personne n’ignore que l’allumage du bec Auer n’est pas non
- Fig. 1. — La lampe Nernst. — 1. Lampe ordinaire : A* filament d’oxyde de magnésie; B, support transversal; C, ampoule où se trouve une résistance additionnelle. — 2. Tulipe et globe de la lampe ordinaire ; allumage avec une allumette. — 3. Lampe automatique avec ampoule fermée. — 4. Dispositif du solénoïde en platine autour du filamenfde magnésie horizontal dans une lampe automatique.
- plus toujours facile. Enfin elle présente la même lumière blanche que le bec Auer sans en avoir la fragilité du manchon. Quand le filament est usé, il se rompt de lui-même; il suffit de le remplacer. Toutes les autres parties de la lampe restent intactes. Faisons-lui crédit pendant quelques mois encore, et attendons que les essais entrepris aient donné des résultats certains ; les électriciens disposeront alors pour les éclairages publics et particuliers de la lampe à arc, de la lampe Nernst et de la lampe à incandescence ordinaire. On peut dire dès lors qu’il n’y aura que fort peu de problèmes d’éclairage et même aucun qui ne trouveront dans l’éclairage électrique une solution satisfaisante.
- A côté des applications à l’éclairage se trouvent les applications de force motrice qui sont peut-être encore plus importantes et plus variées.
- Les moteurs électriques sont nombreux ; il en
- existe de tous modèles, de toutes formes, depuis les puissances les plus faibles (1/8 cheval environ) jusqu’aux plus élevées, à courants continus, à courants alternatifs simples, à courants triphasés, à vitesses angulaires réduites ou élevées. Pour les mentionner tous, il nous faudrait reprendre toutes les Sociétés de construction dont nous avons déjà parlé, et consacrer à chacune une notice complète afin d’examiner les modèles de moteurs pour les diverses applications. Nous nous sommes contenté de reproduire quelques modèles seulement pour fixer les idées (fig. 2).
- Les applications mécaniques de l’énergie électrique sont considérables et des plus différentes. Ce sont d’abord les transmissions de force motrice à distribuer, dont nous avons trouvé de nombreux exemples dans les catalogues des grandes sociétés. Pour les cas les plus divers, la transmission élec-
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- trique de l’énergie a été employée : transmettre la force motrice d’une montagne à une ville à 150, 200 kilomètres, utiliser cette énergie pour la distribution dans la ville, pour la traction, ce sont là aujourd'hui des problèmes courants dont un grand nombre ont déjà été résolus.
- En Allemagne, on pourrait compter le nombre d’ateliers qui ne possèdent pas la transmission électrique et la commande électrique de toutes les machines.
- Il n’est plus de machine-outil qui n’ait été étudiée pour recevoir une commande électrique directe ou par engrenage. Et c’est ainsi que nous avons pu
- examiner à l’Exposition des machines-outils électriques de toutes sortes : machines à percer, à polir, à cintrer, monte-charges, ascenseurs, treuils, ponts-roulants, grues, raboteuses, machines à tailler des engrenages coniques, machines à fraiser, à mor-taiser, pompes, ventilateurs, etc., etc. Parmi les autres applications mécaniques, il faut citer au premier rang la traction électrique qui est si développée aux Etats-Unis et en Allemagne, et qui commence à s’installer à Paris. Nous ne pouvons insister ici sur ce point, parce qu’il est trop important et demandera de notre part une étude spéciale ultérieure.
- Mentionnons à part toutefois les locomotives élec-
- Fig. — 2. Moteurs électriques. — 1. Moteur Legros. — 2. Moteur à courant triphasé de la Société Allgenieine Electriciliits Gesellsehaft.
- 5. Moteur de la maison Sautler llarlé et C". — i. Moteur à courant triphasé de la Compagnie générale d’électricité de Creil. 5. Moteur à courants triphasés de la Société « L’Éclairage électrique ».
- triques de nos grandes lignes de chemins de fer et la série de locomotives industrielles de l’Allgemeine Elektricitàts Gesellsehaft pour traîner des fardeaux de 5 à 500 tonnes à la vitesse de déplacement de 5,5 mètres par seconde, et pour remorquer 200 tonnes à la vitesse de 50 km à l’heure sur une voie normale de chemin de fer.
- Les applications calorifiques sont aussi très répandues ; nous en avons cité déjà des exemples. L’Exposition nous a montré encore de nouveaux modèles d’appareils : cheminées, fours et étuves, pots à lait, bouilloires, théières, bains-marie, casseroles, poêles à omelettes et côtelettes, marmites à pommes de terre, réchauds de table, stérilisateurs, chauffe-pieds, fers à repasser, chauffe-fers à friser,
- chauffe-linge, allume-cigares, poêles radiateurs, éventails lumineux, etc., etc. Tous les appareils d’un usage courant peuvent être électriques.
- L’électrochimie est une des plus récentes applications de l’énergie électrique; et cependant elle a déjà donné des résultats importants, comme l’a exposé récemment notre collaborateur, M. A. Hébert. Cette branche comprend d’abord le matériel et les procédés généraux de la galvanoplastie. MM. Christofle et Cie ont exposé les diverses applications des dépôts électrochimiques de métaux sur métaux : dorure, argenture, cuivrage, nickelage, etc. Citons encore la production et l’affinage électriques des métaux ou alliages, le blanchiment, le traitement des jus sucrés, la fabrication électrique de la
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- soude, du chlore, du chlorate de potasse, de carbure de calcium. Dans une annexe, le long de l’avenue' La bourdonnais, fonctionnent des fours à aluminium, alliages et carbures métalliques, des cuves électrolytiques à chlorate de potasse. Nous trouvons là aussi les applications des procédés du 1)' Ilans (ioldschmidt à l’obtention des métaux réfractaires et à la soudure des métaux usuels; les applications des procédés de la Compagnie électro-métallurgique Cin et Leleux, les applications des procédés Marinier et Abraham pour la stérilisation des eaux par l’ozone.
- Mentionnons encore les applications à la médecine, l’électrothérapie, que MM. Gaiffeet Cie, MM. Chardin, MM. lleller et Cie ont mises en relief à l’Exposition par leurs multiples appareils d’un usage courant on médecine. Nous ne voulons pas terminer sans indiquer sommairement le principe d’une nouvelle application, l’électrogravure en relief, employée par M. J. Rieder. Ce nouveau procédé est basé sur l’érosion électroehimique. On met deux plaques d’acier dans une solution de chlorhydrate d’ammoniaque ; on relie l’une des plaques au pôle positif, l’autre au pôle négatif d’une source électrique. Du fer se détache de la plaque positive et se dissout pour former du chlorure de fer. Celui-ci est à son tour décomposé et le fer se dépose ensuite sur la plaque négative. La plaque à graver n’est pas couverte, on oppose à cette plaque une surface en relief baignée de liquide corrosif, et on s’arrange de façon que les points qui doivent être corrodés seuls viennent à chaque instant au contact du liquide. Des difficultés sans nombre se sont présentées quand il s’est agi d’appliquer ces principes, et M. J. Rieder a dù les vaincre les unes après les autres. Il a même construit une machine automatique pour enlever, nettoyer et remettre en place la plaque d’acier. Ces essais ont été nombreux et ils ont enfin réussi à établir une nouvelle application électrique, l’électrogravure; nous avons pu voir fonctionner une machine à l’Exposition ainsi que divers modèles de gravures.
- Dans les quelques lignes précédentes, nous avons essayé de donner une vue d’ensemble des applications actuelles de l’énergie électrique non seulement réalisées dans les laboratoires, mais en fonctionnement dans nombre d’usines et d’installations industrielles de toutes sortes. Cette simple énumération, souvent trop rapide, suffira pour nous donner une idée du domaine où a déjà pénétré eiMOOO l’énergie électrique sous ses formes multiples et nous montrer les services importants qu’elle a rendus jusqu’ici dans toute l’industrie. J. Laffargue.
- CHRONIQUE
- Final du concours d’acrostation. — Le second et dernier concours d’ascension à distance, à l’Annexe de Mncennes, a été encore.plus remarquable que le pre-
- mier. Voici les résultats les plus intéressants. M. .1. Faure est descendu sur les bords de l’Oder à Schiinitz, province de Bresluu. M. Masson, malgré la petitesse de son ballon (1200 mètres cubes), où il avait pris place avec sa femme, est resté 20 heures en l’air et a été descendre en forêt dans le voisinage de Weimar. MM. Balsan et Louis Godard ont atteint Oportchka, près de la ligne du chemin de fer de Paris à Saint-Pétersbourg. Enfin, MM. de la Vaulx et Castillon de Saint-Victor ont atterri à Korostychef, petite ville du gouvernement de Kew, après 55 heures de traversée. MM. de la Vaulx et de Castillon semblent donc bien détenteurs du record en distance sans escale. La distance franchie paraît supérieure à 2000 kilomètres, et jusque-là on n’avait pas dépassé 1400 kilomètres. Ces brillants résultats font honneur à l’habileté des aéronautes français.
- Les écoles d'ingénieurs aux États-Unis. —
- Elles sont très nombreuses et donnent de bons résultats comme le prouvent les travaux accomplis par les ingénieurs américains. La plus importante peut-être est l’mstitut de technologie de Boston, qui compte plus de 1170 élèves sortant de collèges secondaires ou ayant passé quatre ans dans les écoles publiques supérieures. Nous trouvons ensuite plus de 800 élèves au Worcester Engineering Polvtechnic, un millier dans le Iligh Engineering College, à peu près 600 dans la Sheffield Scientific School du Connecticut. Le Sibley College of Engineering, qui fait partie de la fameuse Université Corneil, en compte près de 500. Le nombre total de ces établissements est actuellement de 89 et le chiffre des élèves y est de plus de 9600 ; il a augmenté de 516 pour 100 depuis 1878. Et encore y a-t-il des cours et classes du soir dont nous ne tenons pas compte!
- L'influence de la grosseur du plant de pomme de terre. — Voici déjà longtemps que l’on se préoccupe de la question de savoir s’il faut recourir à de gros tubercules, ou au contraire à des petits, pour préparer les semis de pommes de terre, et aussi que l’on se demande s’il est avantageux de suivre la pratique de bien des pays, où l’on coupe en deux les gros tubercules. Or, des expériences viennent d’être faites à ce double point de vue en Bavière, à Thungen; on a étudié l'influence des errements suivis sur le rendement net en pommes de terre. On a d’abord semé 225 grammes de tout petits tubercules, et on a eu les rendements de 8006e' et de 7745gr, suivant qu’on envisage le poids brut ou le poids net, les semences étant du reste à déduire même dans le second cas. D’autre part, 520 grammes de petits tubercules ont donné 9250er et 8750e'’ de rendement ; avec 1080gr de tubercules moyens, les rendements correspondants ont été de 10 000sr et de 8920e'’. Si nous considérons ensuite de très gros tubercules employés entiers, il ne faut pas moins de 5075er de semences pour ne donner que 1 1 500er de rendement brut, et seulement 7795er de rendement net. Enfin, et c’est là le poiid le plus important, il a suffi de 1670er de semences, faites de très gros tubercules coupés par moitié, pour fournir 12 050e' de rendement brut et 11 500er de rendement net. Bien entendu, il y a des questions secondaires à considérer ici, notamment la proportion des tubercules malades, suivant qu’on emploie l’une ou l’autre des catégories ; il ne doit pas non plus être perdu de vue que la réserve de fécule des plus gros tubercules n’est pas toujours utilisée complètement. Mais tout cela n’empêche point que les chiffres donnés plus haut n’aient leur valeur absolue.
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- LA NAT LUE.
- Empoisonnement par la vanille. — Notre confrère de la presse spéciale anglaise, British Medical Journal, signale un cas récent d’empoisonnement par la vanille qui est d’autant plus intéressant qu’il s’agit là d’une substance d’un usage particulièrement courant dans l’alimentation. Cet accident, d’après Wassermann, porta sur 19 personnes, et l’une d’entre elles en mourut même. Le mets quia entraîné ce résultat fatal était une crème à la vanille, parfumée suivant la coutume avec de la vanille du commerce, et faite avec des œufs, du lait et du sucre; cette crème avait été cuite le soir et elle était demeurée découverte dans la salle à manger jusqu’au lendemain matin. Des recherches séparées montrèrent que les œufs étaient excellents en eux-mêmes, qu’il n’en était autrement ni du lait ni du sucre, pas plus que de la vanille. Comme le cuisinier et la maîtresse de la maison n’avaient fait que goûter la crème, et que pourtant ils avaient été, eux aussi, sérieusement malades, on arriva à cette conclusion que le poison avait dû se développer dans l’organisme de chacun après avoir été avalé, c’est-à-dire qu’il devait être d’origine bactérienne. Wassermann soumit donc à l’ébullition trois flacons contenant respectivement du lait pur, du lait parfumé à la vanille, et enfin une solution de vanille dans de l’eau : après un repos de 18 heures à une température de 37° C, le contenu de chaque flacon fut injecté à des souris, et seul le lait parfumé à la vanille montra de la toxicité. Il y a évidemment là une question du plus haut intérêt qui mérite d’etre serrée de plus près.
- L’usure «les rails dans les tunnels. — M. Th.
- Andrews a récemment, devant l’Institution of civil Engi-neers de Grande-Bretagne, attiré l'attention sur la détérioration assez rapide que subissent les rails dans les tunnels. Les vapeurs humides attaquent la surface du rail, pendant que le ballast exerce une action chimique marquée sur son pied, d’autant que ce ballast a constamment tendance à absorber la vapeur d’eau. L’auteur a vu des rails pesant 58 kilogrammes perdre, au bout de sept ans, une moyenne de 1207 grammes par an, et l’analyse révélait un excès de soufre. Il a, du reste, constaté que ^>our les rails placés dans la direction nord-sud, l’influence du magnétisme augmentait la corrosion.
- L'adoption de la traction éleetrique sur les tramways de Broaoway. — Tout le monde doit connaître de nom Broadway, la voie la plus fréquentée de New-York, où, bien souvent, les tramways se suivent à un intervalle de 10 secondes, ce qui ne les empêche pas, du reste, d’être toujours pleins. La Compagnie qui possède ces tramways a accompli un véritable tour de force, tout dernièrement, sur ces lignes pourtant si « congestionnées » ; du moins, elle vient de terminer le travail, entamé il y a près de deux ans. On a commencé par remplacer les rails un peu légers par des rails très lourds, plus lourds même que ceux qu’on emploie sur les voies ferrées, pesant quelque chose comme 5Y ou 55 kg au mètre. Ensuite, il a fallu se livrer au travail considérable de la pose des isolateurs dans la conduite souterraine, qui avait nécessité elle-même un labeur énorme. Et, il ne fallait pas, naturellement, songer à interrompre le trafic en aucun point; c’est à peine même si Ton a ralenti un peu la circulation des voitures sur les passages les plus difficiles.
- La couleur des coquilles. — M. R. J. Hughes vient de consacrer un article intéressant, dans Science Gossip, à l’étude de la coloration des coquilles et coquil-
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- lages : il démontre que le pigment que Ton rencontre le plus couramment dans les coquilles de l’Europe septentrionale, c’est le sesquioxyde de fer.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du la octobre 1900. — Présidence de M. JI. Lévv.
- Préparation de nouveaux corps. — M. Henri Mois-san présente une Note sur la préparation et les propriétés des carbures de néodyme et de praséodyme. On sait que le néodyme et le praséo lyme sont des métaux rares qui appartiennent au groupe métallique du cérium. M. Demar-çav a obtenu les oxydes de ces métaux dans des conditions de pureté exceptionnelle et en quantité considérable. C’est sur des échantillons importants fournis par M. Demarçay que M. Moissan a opéré. L’oxyde de néodyme ou de praséodyme mélangé avec du charbon de sucre et traité au four électrique est réduit avec dissolution du carbone. Si la matière n’adhère pas au creuset les carbures formés sont jaunes et bien cristallisés. Ces carbures décomposent l’eau froide en donnant un oxyde hydraté, avec production de carbures d’hydrogène. Les carbures gazeux sont constitués par un mélange d’acétylène et de méthane. Ces nouveaux composés, comme ceux des métaux de la cérite et de Tyttria, se rapprochent donc bien du carbure de calcium que M. Moissan a obtenu, il y a déjà quelques années, au moyen de son four électrique.
- Du rôle des tubercules dans les végétaux. — M. G. Bonnier présente une Note de M. Noël Bernard sur le rôle des tubercules dans les végétaux. On sait que la formation des tubercules est due à des micro-organismes. Il y a chez les orchidées et les lycopodinés symbiose avec un champignon. Sur les pommes de terre, la formation des tubercules est, de même que chez les légumineuses, caractérisée par la présence d’un champignon. Si ce dernier n’existe pas, il n’y a pas développement de tubercules.
- Le crétacé d’Egypte. — M. A. Gaudry présente une Note de M. Fourtau sur le terrain crétacé des environs de Giseh. Le terrain à nummulites des environs des pyramides est connu, mais les autres terrains avaient été peu étudiés. M. Fourtau a examiné le crétacé et y a distingué une vingtaine de couches appartenant au Turo-nien et au Santonien caractérisées par de nombreux fossiles.
- Propriétés de la couronne solaire. — M. Janssen présente une Note de M. Deslandres relative aux propriétés calorifiques de la couronne solaire. L’auteur a reconnu qu’un point de la couronne sis dans la région équatoriale émet plus dç chaleur qu’un point de la région des pèles. Cette particularité s’explique tout naturellement par le développement de la couronne dans la région de l’équateur.
- Le ver des pois. — M. Terrier présente une Note de M. Serat relative au ver des pois et des lentilles. Cet insecte bien connu donne naissance à un coléoptère appelé bruche des pois. Celle-ci avait été rapprochée des charançons par divers auteurs. Il existe néanmoins entre la bruche et le charançon des différences ; l’auteur signale une différence très importante de l’appareil respiratoire qui est de nature à faire cesser le rapprochement.
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- Varia. — M. Guignard fait hommage à l’Académie d’un portrait de M. Bornet. Ce portrait a été gravé à la suite d’une souscription Ch. de Yilledeuil.
- LES TÈTES MOMIFIÉES DES INCAS
- Les très Belliqueux guerriers Incas avaient pour coutume de suspendre à leurs selles les tètes de leurs ennemis vaincus; mais avant de procéder à cette suspension, ils avaient soin de faire subir à de tels trophées des préparations destinées à les rendre moins encombrants, tout en permettant de les conserver indéfiniment. Les tètes étaient donc soumises, aussitôt après la décollation, à une série d’opérations par lesquelles les os du crâne étaient tout d’abord enlevés ; le reste était ensuite trempé dans certains liquides, soumis à l'action de la chaleur ; bref, il en résultait une tète réduite à de toutes petites dimensions, quoique ayant conservé les traits généraux du visage primitif, et dont la matière dure et racornie pouvait se conserver sans aucune altération nouvelle.
- L’élégant palais de l’Équateur à l’Exposition nous offre des spécimens de quelques-uns de ces trophées de guerre et nos lecteurs trouveront ci-jointe la reproduction du plus remarquable d’entre eux. Les données principales de cette tète sont : hauteur, du sommet du crâne à la naissance du cou, 12 centimètres; tour de la tète, 27 centimètres; longueur des cheveux, 90 centimètres. Elle provient des provinces orientales de l’Équateur, et remonte à une date qu’on ne saurait préciser avec quelque certitude.
- Ces tètes momifiées des Incas sont d’une grande rareté, et il est peu de musées qui en possèdent. Elles atteignent un prix élevé, même à l’Équateur
- et quand on en découvre quelqu’une dans le pays elle est aussitôt vendue aux collectionneurs qui se l’arrachent à prix d’or. Il en est qui ont ainsi atteint jusqu’à trois et quatre mille francs.
- Il y a quelques années, l’hôtel Drouot, à Paris, en vendit une pour 500 francs et l’acquéreur fut considéré comme ayant fait une excellente affaire.
- Il paraîtrait que certaines gens peu scrupuleux de l’Équateur s’étaient, dans ces derniers temps,
- lancés dans la faliri-^ caj.jon (jgg têtes momifiées, achetant des cadavres aux Indiens pour se livrer à cette industrie ; ils étaient même parvenus à des résultats assez satisfaisants ; mais le gouvernement s’émut et coupa court à un truquage aussi déplorable par un édit prohibitif. On ne saurait vraiment que l’en féliciter.
- On trouve encore au palais de l'Équateur un grand nombre d’objets divers relevant de la curiosité scientifique.
- C’est ainsi qu’on y voit une série de joyaux en or, tels que couronne, amulettes, colliers et autres pièces ayant dû appartenir aux anciens souverains du pays. Cet or est à l’état pur et a été travaillé au marteau, puis découpé . Ces divers objets appartiennent tous au gouvernement de l’Équateur.
- Près d’eux, on remarque une riche collection de pièces d’orfèvrerie et d’objets en argent liligrané d’une fort jolie facture, mais se rapportant à une époque beaucoup plus récente.
- Dans une autre vitrine, est exposée une belle collection d’anciennes poteries et de haches en pierre polie et en bronze provenant de la province de Pichincha. 11 y a là des cruches d’un art vraiment digne d’attention. Il s’y trouve également de curieuses petites idoles. I).
- Le Gérant : P. Masson.
- Vue de trois-quarts. Vue de profil.
- La tête momifiée d’uu Inca.
- Paris. — Imprimerie Lauure, rue de Fleurus, 9.
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- N“ 1451. — 2 7 OCTOBKL 1000.
- LA NATURE.
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- FABRICATION DE L'AIR LIQUIDE
- l'KOCKlIÉ I.1NIIK
- EXPOSITION UNIVERSELLE
- La liquéfaction de l’air est un des problèmes les plus intéressants qui aient longtemps captivé l’attention des physiciens et qui ait enfin reçu une solution pratique et industrielle. Au lendemain des premiers essais qui donnèrent des résultats, nous avons aussitôt décrit le principe de l’appareil de M. le l)1' Cari Linde1 ; quelques mois plus tard, M. le J)r d’Arsonval faisait installer dans son laboratoire du Collège de France une petite machine de 3 che-
- vaux, destinée à fournir un litre d’air liquide par heure, et M. Linde était venu lui-même à Paris pour assister au montage de cette installation1. A l’Exposition, nous avons eu l’occasion d’examiner à de nombreuses reprises un appareil de production d’air liquide en plein fonctionnement ; nous croyons donc utile de revenir sur cette question, en décrivant le dispositif que tout le monde a pu voir fonctionner à la section allemande de chimie.
- Sans entrer dans les détails indiqués antérieurement, nous rappellerons seulement que la liquéfaction de l’air d’après le système de M. Linde est basée sur le refroidissement que subit l’air lorsqu’il est soumis à une détente et qu’il passe d’une
- Fabrication de l’air liquide. Procédé Linde. Machine installée à l’Exposition dans la section allemande de chimie.
- pression donnée à une pression inférieure, par suite de la production d’un travail interne. Ce refroidissement, par l’air, à la température ordinaire, n’est que de 0°,25 pour 1 atmosphère de pression. Pour obtenir la liquéfaction de l’air à la pression atmosphérique, il serait donc nécessaire de le refroidir à — 191°, c’est-à-dire qu’il faudrait comprimer l’air à 800 atmosphères avant de le faire détendre. M. Linde a su éviter ce travail énorme de compression en accumulant les effets de détente continue et en ne laissant pas détendre l’air jusqu’à la pression atmosphérique. La chute de température produite par la détente est proportionnelle à la différence de pression avant et après la détente de l’air. D’autre part, le travail
- 1 Yoy. n“ 1502. du 14 mai 1808, |>. 5G0.
- 28e anui'o. — 2“ semestre.
- de compression nécessaire pour porter la pression d’une valeur à une autre plus élevée est proportionnel au rapport des deux pressions. La meilleure solution était donc d’adopter une grande différence de pression. Aussi dans ses diverses machines M. Linde part d’une pression initiale de 200 atmosphères avant la détente, et la pression n’atteint que 50 atmosphères après la détente. La différence de pression est de 150 atmosphères, et le rapport des deux pressions n’est que de 4. Dans plusieurs modèles de machines divers, la différence de pression peut varier jusqu’à 180 atmosphères et le rapport des pressions atteindre 10.
- La figure qui accompagne cet article représente 1 Yoy. ir 1500, du 2 juillet 1808, |i. 71.
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- les dispositions principales de la machine installée à l'Exposition. En A se trouve un moteur électrique actionnant une pompe qui aspire l’air dans l’atmosphère et le comprime à 7 atmosphères ; de là cet air est aspiré par le cylindre B à basse pression d’un compresseur compound, qui travaille avec injection d’eau. Ce cylindre comprime l'air à 50 atmosphères et sous cette pression l’air est aspiré de nouveau par le cylindre à haute pression C du même compresseur qui à son tour comprime à 200 atmosphères cet air ainsi que l’air provenant du contre-cou rat ît que nous allons retrouver plus loin.
- L’air comprimé passe ensuite dans un sécheur B, où il se dessèche sur du chlorure de calcium. Il se rend après dans un relroidisseur E où le refroidissement est obtenu au moyen d’une machine à froid à ammoniaque liquide ; cette machine est placée en G sur la figure à gauche du refroidisseur E. On a remarqué, en effet, que la production des appareils à liquéfier augmente notablement si Pair comprimé est refroidi avant son entrée dans l’appareil à contre-courant, dont il va être question. Enfin à gauche de la figure se trouve un appareil cylindrique placé sur une caisse K. Dans l’appareil sont trois tuyaux concentriques, en cuivre, enroulés en spirale. L’air comprimé à 200 atmosphères, à sa sortie du réfrigérateur E, traverse de haut en bas le tuyau intérieur, se détend à 50 atmosphères, et à la partie inférieure dans la caisse K traverse une soupape d, pour revenir par l’espace annulaire compris entre le tuyau intérieur et le tuyau du milieu jusqu’à un autre tuyau placé à la partie supérieure qui le ramène dans le tuyau T où il est aspiré avec l’air venant de l’extérieur et comprimé déjà à 50 atmosphères, pour être de nouveau comprimé à 200 atmosphères et suivre encore le chemin que nous venons de parcourir. On peut voir en a, b, c, les cylindres des compresseurs dont il a été question, ainsi que le raccordement du tuyau ramenant au compresseur l’air après sa détente de 200 à 50 atmosphères. C’est là le contre-courant d’air comprimé que nous avons signalé, et qui revient de nouveau au compresseur, pour subir encore les mêmes opérations.
- Dans la caisse K, au-dessous de la soupape d, se trouve une deuxième soupape e, par laquelle s’écoule une certaine quantité d’air liquide qui se rassemble dans le récipient H ; on recueille cet air par un robinet I placé sur le coté, et une autre partie d’air non liquéfié s’échappe dans l’atmosphère.
- Les machines à liquéfier l’air sont établies pour plusieurs modèles, permettant d’obtenir des productions d’air liquide de 0,75 à 100 litres par heure, avec des dépenses respectives de puissance motrice de 5,5 à 190 chevaux. Dans les petites installations, ne produisant que 0,75 à 5 litres par heure, le premier compresseur à basse pression est supprimé, et l’air est aspiré directement dans l’atmosphère pour être comprimé à 20 atmosphères. De même pour ces faibles productions, on a recours pour refroidir j
- l’air comprimé à un mélange réfrigérant formé de glace avec du sel ou du chlorure de calcium; on atteint ainsi une température de 10° à — 15°. L’air comprimé est suffisamment desséché à la sortie de cet appareil refroidisseur.
- Quant aux applications de l’air liquide, on les a déjà examinées ici. Il convient, du reste, de bien distinguer les applications possibles et de mettre le lecteur en garde contre des applications très problématiques, et, parmi celles-là, l'emploi de l’air liquide pour la force motrice; puis la production artificielle de la glace. La glace est aujourd’hui obtenue par des procédés très simples qui permettent d’abaisser considérablement le prix de revient. Un a parlé des explosifs à l’air liquide. Jusqu’ici, et, d’après M. Lindé*lui-même, les résultats ne sont pas encore très probants. L’air liquide pourra servir aussi à la production de l’oxygène.
- Il est vrai que nous commençons seulement à disposer d’un système de production réellement industriel et pratique, et que des recherches ultérieures peuvent conduire à d’autres conclusions. Après avoir bien attendu, nous sommes en tout cas, aujourd’hui, bien armés à Paris pour faire de nombreuses expériences ; car des machines à liquéfier l’air sont installées dans le laboratoire de M. le D1 d’Arsonval, au Collège de France, de M. Moissan, à l’École supérieure de Pharmacie, de M. Pommer à l’École de Physique et de Chimie, de M. Troost à la Faculté des sciences, et dans le laboratoire de M. Jung-lleisch, au Conservatoire des arts et métiers.
- J. Laffargue.
- SUR L’ANALYSE RE L’EAU
- Tout le monde connaît aujourd’hui les dangers que fait courir aux consommateurs l’usage d’une eau malsaine ou non potable ; mais ce que l’on ignore, c’est qu’une analyse d’eau isolée ne prouve rien ou presque rien, qu’elle n’a le plus souvent de valeur que pour l’échantillon analysé.
- 11 est, en effet, démontré par tous les auteurs qui se sont occupés de l’eau, que sa composition peut varier dans de grandes limites même durant une seule journée, qu’elle est fonction de la souillure du sol et de l’état atmosphérique, et, par suite, sujette à changer à chaque instant. Cette vérité, si évidente pour celui qui s’adonne à l’étude de l’eau, est très difficile à faire accepter.
- Il semble, au premier abord, qu’une eau doit toujours avoir la même composition, mais il n’en est rien. Cela serait vrai si cette eau était parfaitement protégée sur tout son parcours, si sa captation était irréprochable, mais ce sont là des conditions que l’on rencontre bien rarement, presque jamais. Pour arriver à un résultat à peu près satisfaisant, il faudrait assurer avec rigueur le périmètre autour du point de captation; il serait désirable que la loi intervînt plus largement dans ces choses qui touchent de si près à la santé publique.
- Malgré ce qui a été publié sur ce sujet, on rencontre des personnes étonnées de voir deux analyses de la même eau, faites à des époques très différentes, donner des résultats différents; elles ne peuvent concevoir qu’une eau bonne en été soit mauvaise en hiver, et vice versa.
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- LA AATUHE
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- Supposons qu’un expert soit appelé à analyser l’eau d’une nappe située à une profondeur déterminée sous des alluvions recouverts de terre arable. 11 fait un premier prélèvement à la fin de l’automne, après les récoltes, et trouve à l’analyse l’eau bonne. Cette conclusion signifie qu’au moment où l’échantillon a été prélevé l’eau était bonne; mais si les conditions extérieures changent, la composition de l’eau varie aussi avec plus ou moins de rapidité suivant qu’elle est plus ou moins bien protégée.
- Après le fumage de la terre arable et des pluies du printemps, au milieu de l’été, si l’expert prélève, au même puits que précédemment, un nouvel échantillon de la même eau, il la déclarera probablement mauvaise.
- Que s’est-il donc passé? Au moment du premier prélèvement, longtemps après le fumage du sol, les matières organiques entraînées avaient été peu à peu transformées dans le sol, et dans l’eau même, elles avaient entièrement disparu; l’eau, chimiquement parlant, était bonne.
- Au moment de la prise du second échantillon, les conditions étaient bien changées : le fumage venait d’avoir lieu, les chutes de pluies avaient entraîné à la nappe de grandes quantités de matières organiques empruntées au fumier et l’eau était mauvaise.
- On comprend maintenant que l’eau étudiée soit bonne en hiver et mauvaise en été, elle peut même être toujours mauvaise si la nitrification n’y est pas intense.
- Il est aussi un autre fait qui étonne tous ceux qui ne s’adonnent pas spécialement à l’ctude de l’eau : c’est, pour une même eau, de voir les analyses chimique et bactériologique donner parfois des résultats différents.
- Tandis que l’analyse chimique fait connaître la composition minérale et organique d’une eau, l’examen bactériologique en dénombre les germes; il n’est donc pas étonnant de les voir différer parfois par leur conclusion.
- Une eau peut être pure de germes et malgré cela être rendue non potable par une minéralisation excessive ou la présence de beaucoup de matières organiques ; de même une eau excellente à l’analyse chimique peut renfermer un nombre de germes.
- Nous n’entrerons pas ici dans la discussion technique de ces faits, mais nous dirons que celte contradiction n’est le plus souvent qu’apparente. En effet, lorsque l’on commet deux experts pour une analyse d’eau, l’un chimiste, l’autre bactériologiste, ils ne peuvent conclure chacun que sur une analyse incomplète, car ce n’est pas sur un chiffre que se prononce la valeur d’une eau, mais bien sur une série de recherches aussi importantes les unes que les autres et dont l’ensemble seul justifie une conclusion.
- Une partie des résultats nécessaires à cette conclusion sont acquis au chimiste, une autre partie au bactériologiste; ils sont donc l’un et l’autre dans l’impossibilité matérielle de fournir un avis définitif, ne possédant pas les éléments nécessaires pour l’édifier; ils sont ainsi amenés à conclure sur une partie d’analyse et non sur une analyse entière, de là les contradictions apparentes.
- U n’y a donc pas lieu de s’étonner lorsque les deux analyses chimique et bactériologique donnent des résultats différents, puisqu’elles ne sont que les parties différentes d’une même analyse, celle de l’eau soumise à l’expertise. Chaque fois que les résultats de ces analyses sont apposés l’eau doit être rejetée.
- Il ne faut jamais oublier qu’on ne peut juger de la valeur d’une eau que par l’interprétation raisonnée de tous les résultats fournis non seulement par la chimie et la bactériologie, mais encore par la géologie et l’hydrologie. Dr F. MalmÉ4ac.
- Pharmacien aide-major de 1" classe.
- PASCAL ET LES OMNIBUS
- M. Adolphe Hatzfeld, l’éminent professeur de rhétorique à l’Université de Paris, qui vient de mourir, avait écrit récemment, dans les Annales, un article sur « Biaise Pascal, inventeur des omnibus ». Nous en détachons l’extrait suivant :
- Chacun sait la place qu’occupe Pascal parmi les savants illustres, soit qu’il compose, à seize ans, un traité des sections coniques, soit qu’il donne la théorie de la cv-cloïde, soit qu’il complète les expériences de Torricelli sur la pesanteur de l’air. Ce qui est moins connu, peut-être, c’est que ce génie extraordinaire ne fut pas moins original dans la pratique que dans la théorie, dans les applications de la science que dans la science elle-même.
- En 1642, à Page de dix-neuf ans, afin de faciliter les calculs dans lesquels il aidait son père, intendant poulies tailles, en Normandie, il invente la machine à calculer, dont Binet disait en 1849, dans un rapport à l’Académie des sciences :
- « Biaise Pascal fit construire, de 1642 à 1645, une véritable machine à calculer qui devint un sujet d’admiration pour les contemporains. »
- On lui doit l’idée de la presse hydraulique qui, en vertu de l’égalité de pression de liquides avec une petite quantité d’eau refoulée sur une surface vingt fois, cent fois plus étendue, rend cette surface capable d’opérer des pressions vingt fois, cent fois plus grandes.
- 11 invente la brouette, petit tombereau à brancards qu’on pousse sans effort parce qu’il est muni, à l’avant d’une roue mobile sur les deux pivots, d’un essieu tournant. Il invente le baquet, charrette étroite et longue, sans ridelles, qui sert au transport des pièces de vin et qui bascule pour en faciliter le chargement et le déchargement.
- Enfin, en 1661, l’année qui précéda sa mort, il conçoit l’idée de voitures publiques à cinq sols, circulant dans Paris dans diverses directions, suivant un itinéraire déterminé, s’associe quelques amis, parmi lesquels le duc de Boannes, et obtint du roi, au mois de janvier 1662, des lettres patentes (en faveur du duc de Boannes, du marquis de Sourches, grand-prévôt, et du marquis de Crenan, grand-échanson de France) qui lui permettent de mettre son entreprise à exécution.
- « Ces voitures sont établies, disent les lettres patentes, pour la commodité d’un grand nombre de personnes, peu accommodées, comme plaideurs, gens infirmes et autres, n’avant pas le moyen d’aller en chaise ou en carrosse, à cause qu’il en coûte une pistole ou deux par jour. »
- Mais ces premiers omnibus ne sont pas encore accessibles à tous : nous sommes au siècle des privilèges. Le Parlement, en enregistrant les lettres patentes, stipule que « les soldats, pages, laquais et autres gens de livrée, même les manœuvres et gens de bras ne pourront entrer dans lesdits carrosses ».
- Pascal prit grand intérêt à l’entreprise des carrosses et il y attribua par legs une certaine somme quand il mourut le 19 août 1662 à Page de trente-neuf ans.
- Après Pascal, l’entreprise, pour des raisons diverses, périclita et elle prit fin vers 1678. Une tentative analogue eut aussi lieu à Bordeaux, beaucoup plus tard, en 1817, à Nantes en 1826, et enfin à Paris en 1827. Et cette fois les carrosses furent ouverts définitivement à tous, d’où leur nom d’omnibus.
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- LA NAT U K K.
- LE « CAMPYLOGRAPHE »
- DU PÈRE MARC DECHEVRENS S. J.
- Les mathématiques, a dit un de nos maîtres en cette branche des sciences, sont le plus magnifique
- Fig. 1. — Le Campylographe du P. Marc Deehevreus, directeur de l’Observatoire de Jersey.
- monument élevé par la raison humaine. C'est en tout cas un monument fort peu visité du commun des mortels. Et pour l’immense majorité des humains, les mathématiciens sont les prêtres d’une religion inconnaissable. La façade du temple est trop austère, son architecture trop fruste, sa décoration trop terne pour retenir longtemps le visiteur profane. Dans le monde, algèbre, hébreu et chinois sont passés synonymes.
- Et cependant, entre les mains d’un présentateur habile, la science mathématique est susceptible de donner de fort jolies choses, et toutes gracieuses comme ces charmantes courbes que le P. Marc Dechevrens fait sortir de son Campylographe, en tournant une simple manivelle, avec la même facilité que des cartes de visite sortent d’une imprimerie.
- Le P. Dechevrens est bien connu du monde scientifique. 11 dirigea de longues années l’observatoire fondé par les Jésuites à Zi-Ka-Wei, en Chine. Il est à la tête aujourd’hui de celui que les mêmes religieux ont fondé à Saint-Hélier, dans l’île de Jersey. 11 a d’ailleurs déjà attaché à son nom l’invention de plusieurs intéressants appareils de météorologie.
- Je ne crois pas qu’on ait jamais vu compas plus ingénieux et plus universel que le Campylographe. 11 est à la fois la plume qui fait le point, la règle qui trace la ligne droite, le compas ordinaire qui décrit le cercle, l’ellipsographe qui enregistre les ellipses de toutes les ouvertures, le parabolographe qui jette les branches de la parabole, le cyclographe générateur de toute la famille des cycloïdes. C’est une ma-
- chine à dessiner toutes les figures imaginables de la géométrie, figures de tous les degrés, courbes algébriques et transcendantes, simples et compliquées, tellement compliquées qu’elles finissent par se répandre dans celui des arts décoratifs.
- Nous donnons ici quelques spécimens inédits des courbes dessinées par l’inventeur, avec une machine arrangée pour donner 1017 types de figures résultant de la composition de trois mouvements, chacun de ces types pouvant lui-même être varié presque indéfiniment. Cette même machine pourra également tracer les courbes résultant de la composition de 2, de 4 et de 5 mouvements. Le nombre des figures croît naturellement dans des proportions énormes avec celui des mouvements composants.
- Le Campylographe crée lui-même son dessin. 11 promène la pointe de son crayon, sans crainte de s’égarer, à travers le dédale des circonvolutions qu’il se plaît à multiplier à l’infini. 11 saura bien, sans se préoccuper de son équation, fermer la courbe qu’il a commencée en retrouvant son point de départ pour achever une de ses artistiques rosaces, dont la formule, fabuleusement complexe, ferait pâlir les plus savants de nos géomètres. ^
- Voici le principe général de la construction et du fonctionnement du Campylographe (-/.apntu^oç, courbe).
- Deux bielles A et B rectangulaires sont actionnées chacune par deux roues couplées (lig. 2). Dans chaque couple, rayon et vitesse de rotation sont les mêmes.
- D’un couple à l’autre, rayon et vitesse peuvent différer. Le crayon traceur des courbes est porté par l’intersection M de A et de B. Le papier enregistreur est fixé sur le plateau P.
- Si P est immobile la résultante des deux mouve-
- Fig. 2. — Schéma du Campylographe.
- ments oscillatoires de A et de B est une figure de Lissajous. On sait que dans les cours de physique les figures de Lissajous sont obtenues par la réflexion d’un rayon lumineux sur deux diapasons croisés ou par la combinaison de deux pendules oscillants dans deux plans rectangulaires, l’un d’eux présentant un plan horizontal sur lequel un style fixé à l’autre trace
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- la résultante des deux mouvements d’oscillation.
- L’avantage du Campylographe sur ces deux procédés classiques est de donner des courbes rigoureusement fermées, ce que ne peuvent réaliser ni le diapason ni le pendule dont l’amplitude d’oscillation va toujours en diminant. On peut d’ailleurs faire les changements de vitesse avec une extrême facilité.
- Mais l’appareil permet d’obtenir bien autre chose que les figures de Lissajous. Il peut tracer, comme nous l’avons dit, la résultante non seulement de deux mouvements, mais de trois, de quatre et même de cinq. La composition de trois mouvements s’obtient en réalisant la rotation du plateau P qui porte le papier enregistreur pendant que A et B conservent
- Courbes obtenues avec le Campylographe.
- leurs mouvements rectangulaires oscillatoires. Le papier, en se dérobant sous le style qui trace la résultante du mouvement des bielles, transforme ces traces élémentaires et fait apparaître des figures
- nouvelles qui n’ont plus rien de commun avec les précédentes. Autant celles-ci étaient simples et uniformes, autant celles-là sont variées et séduisantes. Les deux figures que nous reproduisons sont obte-
- Fig. 4. — Courbes obtenues avec le Campylographe.
- nues dans ces conditions. Les courbes de la figure 4 sont extrêmement compliquées et enchevêtrées tout en restant, fermées. Mais cette complication n’est peint pour déplaire à l’œil qu’elle charme au contraire.
- On voit que le Campylographe, outre son intérêt d’appareil de laboratoire et d’étude, est susceptible de fournir des motifs incomparables de décoration artistique. L’élégance et la grâce harmonieuse de ses courbés dont les retours surprennent l’œil par l’imprévu de leur allure le rendent aussi attrayant
- pour l’artiste qu’intéressant pour le savant. Au premier s’adressera le grand modèle susceptible d’applications industrielles, au second le modèle-plus réduit destiné aux cabinets de physique.
- Le R. P. Dechevrens prépare un album renfermant déjà 30 planches et plus de 500 courbes créées par le charmant géomètre automatique qu’est le Campylographe. Cet album sera apprécié de ceux qui dans les tissus, l’ameublement, la broderie, les industries décoratives en général sont
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- à Fallut de dessins neufs et de motifs originaux.
- En attendant, M. Lippmann, l’éminent physicien, a présenté le Campylographe à l’Académie des sciences, dans la séance du 11 juin et l’accueil qu'il a reçu de la savante assemblée fait bien augurer de celui que lui réservent les laboratoires et les industriels appelés à l’utiliser. L Reverchon.
- LAMPE AIVANTE
- On a déjà mis les microbes à toutes les sauces. Voilà maintenant que l’on veut en faire des lampions. C’est du moins ce qu'espère M. Raphaël Dubois, professeur à l’Université de Lyon, qui étudie depuis longtemps les bactéries phosphorescentes se trouvant à la surface du globe. 11 est de fait que la meilleure lumière pour l’éclairage serait celle qui contiendrait la quantité maxima de radiations de longueur d’onde moyenne unie à la quantité minima de radiations calorifiques et chimiques. Or, ce qui se rapproche le plus, à l’heure actuelle, de cet éclairage idéal, c’est bien certainement celui que donne la lumière froide physiologique, dite lumière vivante.
- On sait que les microbes lumineux ou photobactéries produisent, dans certains cas, une belle luminescence, d’un éclat particulier : la lumière qu’ils émettent contient si peu de rayons chimiques qu’il faut un très long temps de pose pour obtenir un cliché, même avec une plaque instantanée : les rayons calorifiques sont en quantité infinitésimale. En outre, la force de pénétration de cette lumière est assez grande pour lui permettre de traverser certains corps opaques comme le bois et le carton.
- Dans les cultures ordinaires, sur bouillons solides, leur pouvoir éclairant est faible et très limité, mais il peut être accru considérablement, ainsi qu’on peut le voir, par les cultures exposées à l’Exposition. Pour cela, il suffit de cultiver les bactéries en milieux liquides. On obtient ainsi rapidement et facilement une eau lumineuse qui, renfermée dans des récipients, de préférence à faces planes, disposés convenablement, permet d’éclairer une salle de telle façon que l’on peut v reconnaître aisément les traits d’une personne à uhe distance de plusieurs mètres, lire des caractères d’imprimerie ou bien l’heure à une montre. Ces résultats sont particulièrement nets le soir, quand l’œil n’est pas ébloui par l’éclat du jour, ou bien après un séjour de quelques minutes dans une chambre obscure ou faiblement éclairée.
- Les bouillons dont M. Raphaël Dubois s’est servi doivent contenir de l’eau, du sel marin, un aliment ternaire, un aliment azoté, un aliment phosphaté et des traces de composés minéraux. Les corps qui donnent les meilleurs résultats sont, parmi les aliments ternaires : la glycérine et la mannite ; parmi les aliments quaternaires : les pep-tones et surtout l’asparagine; parmi les aliments phosphores : ta nucléine, la lécithine et le phosphate neutre de potasse.
- En résumé, grâce à ses bouillons liquides convenablement préparés et ensemencés avec de bonnes cultures de photobactéries, M. Dubois est parvenu à éclairer une salle avec une lumière fort douce et agréable à l’œil, dont l’éclat avait l’intensité d’un beau clair de lune. 11 a pu également, en enfermant dans de petits matras en verre des bouillons liquides lumineux avec une certaine proportion d’air, obtenir des veilleuses d’un genre tout nouveau pouvant éclairer plusieurs nuits de suite quand
- l’air n’est pas renouvelé, et plusieurs semaines, voire même plusieurs mois, lorsqu’ils sont simplement fermés avec du coton permettant la respiration des photobactéries, à la condition toutefois de n’ètre pas trop souvent agités ou d’être conservés à l’abri de la lumière.
- On peut même construire une lampe, de faible clarté il est vrai, en introduisant le liquide lumineux dans une carafe à fond plat suspendue par son goulot. La partie supérieure de la lampe est garnie d’une feuille d’étain servant de réflecteur.
- On peut espérer que la puissance de cet éclairage pourra être notablement augmentée et que la possibilité de son utilisation pratique ne tardera à être reconnue.
- A quand maintenant, le chauffage par les microbes?
- Henri Coupin.
- LES AGGLOMÉRÉS ARGILO-CALCAIRES
- Une nouvelle industrie française vient de se créer et déjà commence à prendre certain développement, car il s’agit d’un produit industriel dont la consommation est très considérable. Nous voulons parler de la pierre artificielle qui est appelée à remplacer entièrement la brique dans un délai assez court. Cette pierre artificielle présente, en effet, sur la brique, même de haute qualité, une incontestable supériorité comme résistance au choc, à la pression et aux agents atmosphériques; elle peut recevoir les formes les plus variées, toujours régulières, sans déformations ni déchet, enfin son prix n’est pas plus élevé.
- L’idée en elle-même d’obtenir des blocs propres à la maçonnerie et à la construction en agglomérant ensemble des matières convenables n’est pas absolument neuve, car on peut trouver trace des premières recherches sur ce sujet dès le milieu du dix-neuvième siècle. Mais c’est seulement d’hier que date la découverte capitale qui a permis d’arriver à fabriquer des produits irréprochables et d’une manière à la fois rationnelle et économique.
- En principe, tandis que la brique est composée simplement d’argile de qualité plus ou moins supérieure, malaxée et moulée à la main ou à la machine, puis séchée et admise à la cuisson, le nouveau produit français dont nous nous occupons ici, est un véritable aggloméré d’argile, de chaux et de sable, moulé à la presse hydraulique et cuit, ou mieux « durci », non au four mais dans une étuve et sous l’effet de la vapeur d’eau sous pression. La réaction de la chaux sur le sable et l’argile forme un hydrosilicate de chaux qui donne au produit la dureté de la pierre.
- C’est en Allemagne qu’on a le plus cherché à réaliser cet aggloméré, et l’on peut citer les travaux et les brevets du Dr Zernikow (1877), Cressy (1882), Neffgenr Pfeiffer (1894), Michaelis, Olschewski, et enfin Ch. Meurer.(1898), sur la matière. Mais aucun, on peut le dire, n’a pu résoudre toutes les conditions du problème et obtenir un résultat absolument complet. Tous d’ailleurs se sont bornés à chercher les meilleurs* procédés de préparation d’un mélange de chaux vive ou éteinte avec du sable, et bien que M. Chr. Meurer soit parvenu à opérer ce mélange d’une manière parfaite en observant certaines conditions, il faut reconnaître que le complément qui manquait encore à cette invention et l’a rendue absolument pratique, n’a été découvert .que l’année dernière en France par un éminent chimiste, M. Ch. Girard, directeur du Laboratoire municipal.
- Ce complément consiste dans l’adjonction, en sable et à la chaux, de terre glaise ou argile, qui subit comme ceux-ci', l’action de la vapeur d’eau sous pression, et
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- ajoute sa plasticité au mélange. La chaux se combine à l’argile à un tel point qu’à l’analyse on ne trouve plus que des liydrQsilicates de chaux, d’alumine et de fer entièrement solubles dans l’acide chlorhydrique.
- L’industrie se trouve donc maintenant en possession d’un produit de haute qualité, résultant en dernier lieu des recherches et des découvertes de Glu. Meurer et de Girard. Aujourd’hui l’ère des tâtonnement s est close et la fabrication du nouvel aggloméré est scientifiquement organisée de façon à fournir aux architectes des matériaux de construction très supérieurs à tous ceux actuellement en usage. Le progrès ne détruit pas, il transforme et, après la période de luttes inévitables avec l’habitude, la routine, les errements du passé, il s’affirmera, et l’évolution s’accomplira peu à peu. L’aggloméré argilo-calcaire est sans doute la pierre de demain II. or, G.
- LA COULEUR DES PIÈCES D’OR
- circulation et frai
- Tout le monde a remarqué que nos pièces de *20 francs et de 10 francs ne possèdent plus la belle couleur des vieilles pièces d’or du premier Empire et de la Restauration. Quand on range côte à côte les pièces de 20 fr. datant du commencement, du milieu et de la fin du siècle, on voit le ton de l’or changer d’époque en époque. Pour les premiers millésimes, le jaune est pâle et mat ; il devient de plus en plus foncé après la Révolution de Juillet et tend ensuite vers le rouge. A quoi tiennent ces différences?
- La mate pâleur des Napoléon Ier et des Louis XATIl vient surtout de ce que le dixième d’alliage entrant dans leur composition contenait autant d’argent que de cuivre et même davantage. C’est que l’argent renferme souvent de l’or et les procédés de séparation étaient incomplets. Aussi les lingots d’or du commerce restaient forcément argentifères. 900 grammes d’or s’alliaient avec 50 grammes de cuivre et 50 grammes d’argent environ. Un napoléon ou un louis valaient à peu près 20 francs plus 7 centimes.
- Les ors jaunes des pièces de 20 francs frappés à l’effigie de Napoléon III ne doivent pas'leur couleur à l’argent que l’on avait appris à séparer de l’or, mais à un affinage particulier de la surface au moment de la fabrication. Les flancs, avant d’aller à la presse, étaient recuits dans des récipients ouverts et, sous l’action de l’air chaud, le cuivre de l’alliage noircissait le métal; pour le nettoyer, on trempait les flancs dans un bain acidulé. Le résultat était de débarrasser les flancs du cuivre oxydé; mais, en même temps, la surface se trouvait composée d’un or plus riche et, par suite, plus jaune.
- Aujourd’hui, la Monnaie de Paris, comme celle de Londres, du reste, recuit l’or dans des boîtes hermétiquement closes, ce qui évite l’attaque du cuivre. Il conserve donc le ton chaud que donne à l’or l’addition d’un dixième de cuivre pur. C’est pourquoi nos pièces actuelles ont toutes perdu le ton d’or pâle qui plaisait à beaucoup d’amateurs. Au point de vue monétaire, on a réalisé, cependant, un véritable progrès.
- Le nouveau système est plus économique, puisqu’il supprime l’opération double de l’oxydation du cuivre et du nettoyage à l’acide ; il permet aussi de réchauffer à la houille au lieu d’employer le bois plus coûteux. L’élimination du cuivre à la surface rendait les pièces plus vulnérables; l’or pur est peu résistant. Il est facile de
- remarquer que, sur beaucoup de pièces de 20 francs de Napoléon III, la joue et les cheveux sont très usés et ces régions altérées offrent un reflet rougeâtre, parce que l’or à 900 millièmes reparaît sous l’épiderme d’or fin qui le recouvrait primitivement. Il convient, au lieu d’affaiblir la surface, en l’affinant, de la durcir autant que possible, car l’usure du métal, malgré sa lenteur, ne laisse pas de coûter cher.
- La perte due à la circulation des monnaies est beaucoup plus grande qu’on ne le pense généralement. En ce moment où l’or et l’argent circulent dans Paris avec une intensité exceptionnelle, il ne sera pas inutile d’indiquer quelques chiffres. Chaque espèce de monnaie s’use. Voici à peu près les pertes annuelles en ce qui* concerne les monnaies d’or :
- île 100 francs Pertes proportionnelles en 10000” du poids droit l/f Perte absolue par an sur 1 million 25 fr.
- Pièces de 50 francs 7/5 M) fr.
- Pièce* de il) francs 67 fr.
- Pièces de 20 francs i 100 fr.
- Pièces de 10 francs 5 500 fr.
- Pièces de 5 francs o 500 fr.
- Il résulte de ces chiffres que le frai est notablement plus grand pour les petites pièces que pour les grandes. Ce n’est pas seulement parce qu’elles courent davantage, c’est aussi parce que, relativement à leur poids, elles offrent plus de surface aux contacts. Quoi qu’il en soit, en prenant par exemple les pièces de 20 francs, qui sont les plus nombreuses, on constate qu’un milliard d’or coûte cher à nourrir, à peu près 100 000 francs par an. Pour les pièces de 10 francs, c’est le triple.
- C’est là un maximum évidemment *, parce que les pièces actuelles résisteront mieux désormais, leur surface étant
- plus dure, et parce que l’or circule moins, les billets de banque circulant aujourd’hui bien plus que du temps de l’empire. En tout cas, on voit encore ici apparaître le rôle du progrès industriel. On sait nous faire de l’or à épiderme dur, et de ce chef, le frai diminuera et ce sera autant de garantie pour l’avenir. Flambe.
- LE PAVILLON DU CREUS0T
- EXPOSITION DE 1900
- Il est peu probable que jamais, en aucun pays, l’imagination des artistes et des architectes ait été autant mise à contribution que pendant les mois qui ont précédé notre Exposition. Le goût le plus classique, le charme le plus pittoresque, la fantaisie la plus extravagante, n’ont guère été ménagés sur ces centaines de monuments qui encadrent la Seine sur son parcours à travers la grande foire.
- Une règle qui semble avoir été suivie par tous les constructeurs sans exception et qui d’ailleurs est celle qui guide l’élaboration de tous les projets d’édifices à notre époque, a été de chercher à rappeler la destination du monument par la forme extérieure; c’est ainsi que le Grand Palais, destiné aux Beaux-Arts, est d’une correction académique que les plus grands architectes de l’antiquité n’auraient pas désavouée ; le palais de l’Électricité est un vaste décor destiné à faire valoir une illumination sans précédents; les divers palais étrangers rappellent
- 1 Remarques de M. II. Gournay : « Les Nouvelles Monnaies françaises. » Le Correspondant, janvier 1899.
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- chacun par leur architecture le pays qu’ils doivent représenter; nous pourrions retrouver ainsi des exemples nombreux de cette façon d'agir.
- Le pavillon de MM. Schneider et C'° ne devait pas échapper à cette règle. M. Bonnier, l’habile architecte qui en a dessiné les lignes, a cherché à donner au monument l’aspect d’une vaste coupole blindée défendue vers la Seine par des tourelles armées de grosse artillerie. Comme on le sait, cette immense carapace qui se détache des édifices voisins par sa forme bizarre et par la couleur rouge qui la couvre, est située, sur la rive gauche de la Seine, entre les palais de la Cnerre et de la Navigation, à l’extrémité de l’avenue de la Bourdonnais, sensiblement au meme endroit qu’occupait en 1889 le pa-
- norama de la Compagnie des Transatlantiques. Cette situation bien en vue était admirable et se prêtait d’une façon fort propice à l’effet important qui était cherché.
- La construction de ce grand dôme qui ne couvre pas moins de 2000 mètres carrés offrait certaines difficultés en raison de ses dimensions importantes, du sol sur lequel il devait reposer et de la rapidité avec laquelle il fallait mener les travaux.
- L’espace recouvert par la calotte métallique est un cercle de 41 mètres de diamètre; trois pans coupés dans la coupole sphérique viennent former des surfaces planes sur lesquelles on a pratiqué des ouvertures et des portes d’entrée ; la hauteur du faîtage des fermes est de 32™,24 et celle du campanile qui domine le monument de 39m,50. Le poids total de la partie métallique est de 400 tonnes auxquelles il
- faut ajouter celui du chevronnage qui a servi à supporter la couche de plâtre qui forme la croûte extérieure.
- Les difficultés provenant de l’emplacement sur lequel on devait asseoir la coupole étaient considérables; en effet on se trouvait en présence de la tranchée du chemin de fer des Moulineaux qui est formée par deux murs en [lierre parallèles et recouverte d'un plancher en ciment armé. On conçoit qu’un système de ce genre ne pouvait servir de hase à une construction aussi lourde, surtout si l’on considère que les objets qui devaient être placés sur ce plancher sont de grosses pièces d’artillerie représentant des poids considérables. D’autre part, la présence du quai situé à côté de cette tranchée formait une dénivellation importante de 5m,60 et l’on ne pouvait pas songer à rehausser le sol jusqu’à la cote du plancher de façon à former un sol uniforme.
- Voici comment on procéda (fig. 2) : on commença par construire deux nouveaux murs contre les anciens qui limitaient la tranchée et l’on jeta entre eux de grosses poutres de 17m,20 de portée destinées à former le plancher proprement dit. Quant au sol du (juai on ne s’en inquiéta pas, on le laissa à la cote 5m,(>0 au-dessous du plancher supérieur dont nous venons de parler; on se contenta seulement de consolider le sol par un hourdage méthodique et par établir un massif de maçonnerie suffisant à l’endroit de la retombée des fermes, de façon à former une couronne horizontale capable de supporter tout le système.
- Avant de parler du mode de montage de la partie métallique, disons deux mots sur la façon dont celle-ci est constituée. La coupole est formée par la juxtaposition de 12 fermes ou plutôt de 24 demi-fermes qui convergent toutes vers un point commun et qui sont espacées à la base par des secteurs de 5m,50. Ces demi-fermes sont de deux espèces, dix-huit ont une forme ogivale et sont complètes, les six autres reposent à leur naissance sur des arcs verticaux formant les trois pans coupés dont nous parlions plus haut.
- Afin de ne pas faire intervenir dans les calculs de résistances les déformations élastiques donnant la valeur des poussées, on a choisi comme système de fermes, celui des trois rotules qui permet de faire passer les résultantes de toutes ces poussées par les articulations des naissances et de clé. Ceci était très important pour le cas qui nous occupe, car on ne pouvait avoir qu’une confiance relative sur la solidarité de la base d’appui; celle-ci, étant placée partie sur un plancher métallique, partie sur un massif
- Fig. 1. — I.o montage de la charpente du pavillon de MM. Schneider et
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- de maçonnerie, était très susceptible de subir des déformations. Les articulations des naissances sont des tambours ordinaires, mais les articulations de clé se réduisent à une seule qui est commune pour
- toutes les demi-fermes, c'est une sphère en acier de 400 millimètres de diamètre; de cette façon le système entier est solidaire et forme un tout homogène au point do vue de la répartition des poussées ;
- Fig, 2, — Coupe de la coupole du pavillon de MM. Schneider et C’" à l’Exposition de 1900.
- c'est la première fois que la solution du problème a été appliquée de cette façon à un ouvrage métallique ayant la forme d’une coupole.
- Disons enfin que les fermes mesurent 1 mètre de hauteur aux reins, 750 millimètres aux retombées et 600 millimètres au faîtage.
- La question du montage de l’ouvrage métallique
- était fort intéressante; aujourd’hui nos constructeurs mettent une certaine coquetterie à exécuter des appareils importants permettant une mise en place rapide des éléments qui concourent à l’exécution des fermes, une sûreté tant pour le personnel que pour l’ouvrage lui-même et enfin une rapidité d’exécution très grande. Nous avons vu ces appareils
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- puissants que MM. Moisant, Laurent et Savey et ([ue MM. Daydé et Pillé ont employés pour la construction de la couverture du Grand Palais des Champs-Elysées1. Il importait à MM. Schneider et Cie de ne pas se laisser distancer; aussi le montage de leur pavillon constitue-t-il à lui seul une partie des plus intéressantes de l’ouvrage lui-même.
- L’échafaudage de construction était constitué de trois parties distinctes (fig. I) :
- 1° Un grand pylône vertical situé dans l’axe de la coupole et destiné à servir de tuteur à l’ensemhle du travail ; c’est au sommet de cette pièce qu’on a placé la sphère d'articulation qui forme le joint de clé;
- 2° De deux échafaudages roulants ayant extérieurement la forme de l’intrados des fermes et munis de différents planchers de travail ; cet échafaudage a servi à la construction simultanée de deux demi-fermes formant une ferme complète; une fois toutes les pièces métalliques en place, la ferme fut abandonnée à elle-même et l’on passa à la construction de la suivante. L’échafaudage tournait sur des rails circulaires à l’aide de ripages, de façon à trouver la position nécessaire pour servir à la mise en place de cette nouvelle ferme;
- 5° De deux ponts roulants munis de chariots destinés à ramasser sur le sol les pièces de fer et à les mettre à la place exacte qu’elles devaient occuper. Ges ponts roulants reposaient d’une part sur le pylône fixe du centre, d’autre part sur des chevalets pouvant eux-mêmes glisser sur un système de rails circulaires.
- Get appareil très ingénieux a permis de parfaire la construction du gros œuvre de la coupole en trente-cinq jours, ce qui constitue un tour de force à cause des 400 tonnes que représente l’ouvrage et de la délicatesse du réglage des différents éléments.
- Une fois terminé, l’ouvrage produisit une grande impression, et ce fut une véritable révélation, le soir de l’inauguration, que l’aspect intérieur de cette curieuse coupole dont on juge mal des dimensions lorsqu’on n’en regarde que l’extérieur.
- Les objets exposés répondent aux promesses du cadre; au point de vue industriel, ils sont du plus haut intérêt; nous voyons le matériel d’artillerie Schneider-Canet construit aux ateliers du Havre et du Greusot ; on peut admirer spécialement un canon de 24 centimètres en tourelle barbette, un canon de 24 centimètres de 45 calibres, un canon de 20 centimètres de 45 calibres à tir rapide, un canon double de 15 centimètres de 45 calibres, à tir rapide, sur affût double; nous trouvons aussi des obusiers de bord de 15 et 24 centimètres, des canons à tir rapide de 10, 12 et 15 centimètres; un canon de 75 millimètres sur atiùt de campagne à frein hydro-pneumatique, et de nombreux modèles de notre artillerie moderne. Dans la partie basse, celle qui est à la cote du bas quai, on a installé une
- 1 Voy. n° 1390, du 13 janvier 1900, p. 114.
- des trois machines de l’appareil moteur du Kléber, d’une puissance totale de 17 100 chevaux, et une de ces merveilleuses locomotives à vapeur à grande vitesse, système Thuile, qui arrivent à réaliser une vitesse, de 120 kilomètres à l’heure, tout en remorquant des trains de 200 tonnes ; nous trouvons également une des nouvelles locomotives électriques de la Gompagnie d’Orléans pouvant tirer sur une rampe de I I millimètres un train de 500 tonnes à la vitesse do 50 kilomètres à l’heure.
- On peut enfin voir par des dessins, des photographies, des statiques, la puissance de production de cette importante maison de construction qui, par son matériel formidable et par l’appui de ses capitaux énormes, est à même de montrer quelles ressources considérables les Etats peuvent trouver dans l’industrie privée ; il est en effet fort peu probable qu’une usine nationale puisse jamais atteindre un développement aussi grand et avoir une portée aussi productive au point de vue de la fabrication du matériel de guerre. A. da Ccaha.
- Ingénieur des arts et manufactures.
- UN DISTRICT MINIER FAMEUX
- REAL DEL MOATE AU MEXIQUE
- Les mines d’argent du Mexique ont été d’une richesse proverbiale pendant deux siècles après la conquête espagnole ; puis est venue une longue décadence, amenée par des causes diverses : épuisement des minerais riches, instabilité politique, etc. Mais, depuis vingt, ou trente ans, l’industrie minière mexicaine a pris de nouveau un essor considérable; la production argentifère a maintenant dépassé celle des États-Unis, la plus importante du monde jusqu’ici (1769 tonnes au Mexique eohtre 1695 aux États-Unis en 1898); la production aurifère s’accroît chaque année(16 525 kilogrammes, soit 57 millions en 1898) et tous les ingénieurs qui ont visité le Nouveau Monde sont unanimes à déclarer que le Mexique est actuellement un des pays dont les mines offrent encore le plus d’avenir. Dans ces conditions, il peut, y avoir intérêt à connaître leur passé ; c’est, ce que nous allons faire pour le district argentifère fameux de Real del Monte, l’un de ceux sur lesquels la reprise actuelle s’est fait le moins sentir jusqu’ici, en utilisant, une publication récente du service géologique mexicain1. Cette petite histoire montrera par combien de vicissitudes peut passer l’exploitation d’un gisement, qui paraît exceptionnellement riche aux yeux des seuls géologues.
- Le district, de Real del Monte est situé au nord-est de Mexico, sur le prolongement de celui, non moins célèbre, de Pachuca, à une altitude de 2765 mètres; il est, immédiatement dominé par des crêtes qui atteignent 5057 mètres au sommet du Zumate. L’exploi-
- 1 El Real del Monte, par Ezcquiel Ordonez et Manuel Ranjel (Boletin del instituto geologico de Mexico. 1899). Le district de Pachuca a été décrit dans le même recueil en 1897.
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- tation y a porté surtout sur trois grands filons, que représente- un croquis ci-joint (lig. I ) et dont nous donnerons bientôt la description : Yizcaina, Santa Inès et Santa Brigida. Les difficultés d’épuisement énormes qu’on a eu à vaincre ont, là comme dans beaucoup d’autres mines du Mexique, contribué à l'interruption du travail pondant une grande partie de ce siècle. An cours du siècle dernier, suivant que l’on arrivait à triompher des eaux ou qu’il fallait reculer devant elles, la fortune de ces mines a passé par des aventures nombreuses, dont le récit n’est pas sans quelque intérêt romanesque.
- Historiquement, Real del Monte a commencé à jouer un rôle dans l’industrie minière mexicaine aussitôt après la complète espagnole. Le filon Yizcaina attira d’abord l’attention en raison de sa grande puissance et de sa longueur. Un voyageur italien, <pii visita Real del Monte en 1607, raconte «pie la mine de la Trinidad, située sur ce filon, occupait alors 1000 hommes, 16 machines d’épuisement et produisait, en 10 ans, 214 millions (?) ; on y dépensait 100 000 francs par an en boisage. Au début du dix-huitième siècle, les eaux ayant commencé à envahir les travaux qui s’étaient approfondis, un nommé Isidoro de Lamadrid perdit toute sa fortune à vouloir exploiter quand même en luttant contre elles ; on abandonna alors complètement les mines jusqu’en 1758, époque où I). Bustamante et I). Bedro Rornero de Terreros, depuis comte de Régla, entreprirent pour les reprendre une grande galerie d’épuisement, qu’ils durent abandonner, au bout de neuf ans d’effort, après avoir percé pins de 1000 mètres. Bustamante, fatigué, voulut, à ce moment, renoncer à la lutte; son compagnon insista pour tenter une autre galerie, celle de Moran, qui fut commencée (Mi 1749 et devait avoir 2414 mètres de long. Bientôt Bustamante mourut ; Terreros continua seul le travail avec une grande activité et, en 1762, vingt-trois ans après s’ètre engagé dans cette entreprise hardie, atteignit enfin le filon, qui devait payer largement son audace. En effet, dans les vingt ans qui lui restaient à vivre jusqu’en 1781, il retira des mines 56 millions environ de bénéfice net. Mais, pendant les dernières années de son existence, les difficultés d’épuisement avaient recommencé et, quand il fut mort, on dut suspendre momentanément l’exploitation des mines. On porta alors le nombre des machines de 16 à 19, ce qui permit d’exploiter jusqu’à 514 mètres de profondeur; puis on alla jusqu’à 28 machines d’épuisement, exigeant pour leur service 400 hommes et 1200 chevaux, avec une dépense annuelle de 1 500 000 francs ; mais c’était tout ce que l’on pouvait faire avant l’invention de la vapeur et, en 1801, il fallut encore une fois arrêter les mines du filon Yizcaina, sans avoir pu descendre à plus de 90 mètres au-dessous de la galerie d’épuisement.
- De 4801 à 1809, le second comte de Régla, puis de 1809 à 1819, son héritier, firent, sur d’autres filons du même district, quelques travaux, qui produisirent en tout 2 à 5 millions ; pendant les troubles
- de la guerre de l'Indépendance, il y eut un nouvel arrêt jusqu'en 1824, époque où une Compagnie anglaise, profitant de ce que la loi nouvelle autorisait les entreprises étrangères, acheta les mines, qui étaient complètement inondées et en ruines et y installa non sans peine des machines à vapeur.
- Cette Compagnie, comme il arrive trop souvent (même à des Sociétés anglaises), n’avait pas suffisamment compté sur les difficultés du pays; les capitaux, employés à l'achat de machines trop perfectionnées ou dépensés en frais généraux, manquaient pour l’exploitation proprement dite (on se heurtait toujours à la question de l’épuisement) et, pendant plusieurs années, faute de pouvoir organiser les chantiers d’une façon rationnelle, on travailla à perte, d'autant plus que les frais de traitement étaient, en même temps, démesurés. Le capital primitif de 10 millions dut être porté progressivement à 70 millions et le résultat net, jusqu’en 1844, se traduisit par une perte de 24 millions. Bans les quatre années suivantes on perdit encore 1 million et finalement la Société dut liquider en 1848, bien qu’elle eut fait sortir de terre pour 58 millions d’argent.
- Il était difficile alors de trouver un gisement plus discrédité et, ce semble, [dus justement que celui-là. Des Mexicains entreprenants reprirent pourtant, une fois de [dus, l'entreprise en 1849; afin d’éviter les frais d’épuisement, qui devenaient ruineux en profondeur, on résolut de se borner à une zone relativement superficielle; on poussa activement une grande galerie d’épuisement de 4 kilomètres, dite de l’Aviadero, qui devait assécher les filons jusqu’à 274 mètres de profondeur et, en attendant son achèvement, on fit ce qui a été le salut de bien des mines mexicaines à notre époque : au lieu de s’obstiner à la poursuite de lentilles riches de plus en plus rares, on se résigna à extraire surtout les minerais relativement pauvres, qui formaient, des masses énormes, négligées jusque-là. La même Compagnie possédait des mines dans le district de Pachuca, notamment celle de Rosario, qui était très riche.
- De 1849 à 1858, on obtint, dans les mines de Real del Monte, 88 millions d’argent, extraits de près de 2 millions de tonnes de minerai et l’on fit de beaux bénéfices, bien que la teneur moyenne eût baissé d’un bon tiers. Il est vrai que cette teneur était encore de celles dont on se contenterait aisément dans la plupart des mines : lk®,895 d’argent à la tonne, soit, au cours de l’époque, plus de 600 francs.
- Depuis lors, les travaux ont continué avec des résultats variables, sur lesquels nous n’avons malheureusement que des résultats incomplets. La galerie de l’Aviadero atteignit le filon de la Yizcaina en 1868 seulement; avec les branchements latéraux qu’on y a ajoutés peu à peu, ce travail d’assèchement représente actuellement une longueur de 15 kilomètres, qui ont coûté de 5 à 6 millions. Il existe, en outre, aujourd’hui, de grandes machines d'épuisement, qui luttent malaisément contre l’abondance toujours extraordinaire des eaux dans ces gisements.
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- L’épuisement de la mine Rolores a été arreté depuis 1890; celui delà mine Moran a été repris en 1885 par la Compagnie actuelle de Real del Monte et Uachuea, au moyen d’une machine à colonne d’eau, puis abandonné aussi; la mine Diticuldad possède une machine de 900 chevaux et fait, depuis 1898, tout l’épuisement du district au moyen de machines élee-I riques placées à 419 mètres de profondeur.
- Les difficultés d’épuisement ont forcé à abandonner successivement les divers quartiers de la mine, à mesure qu’on atteignait une profondeur un peu notable et à se rejeter sur des affleurements nouveaux.
- Les exploitations actuelles possèdent une quinzaine de puits
- d’une profondeur comprise entre 200 et 500 mètres. La production d’argent qui était, en 1880, de 5100 kilogrammes, s'est élevée peu à peu à 25510 en 1888 et même 20 054 en 1895.
- Néanmoins ce district est arrêté dans son développemen t par divers défauts : situation topographique, manque de voies ferrées, complications produites par tous les vieux travaux plus ou moins détruits et surtout abondance des eaux, contre lesquelles les mines ont peine à lutter pour descendre au-dessous des niveaux déjà dépilés et atteindre les parties restées vierges.
- Avant de décrire les conditions géologiques du gisement,
- j’ajouterai encore quelques mots sur les usines de traitement.
- Le traitement métallurgique jles minerais pauvres
- Fig. 2. — Brèches aiulésitiijucs du Zumale.
- de Real del Monte et d’une partie de ceux de Pachuca se fait : dans les usines de Sanchez et Santa Maria de
- Régla, où on suit l’antique méthode d’amalgamation à froid du patio et où il existe également des fours de fusion ; dans celles de San Miguel et de San Antonio, où l’on emploie le système des tonneaux de Frcibcrg, (amalgamation à froid après chloruration). Ces usines, saut celles de San-Miguel, datent de la grande époque de prospérité, qui, de 1702 à 1780, suivit, comme nous l’avons vu, le percement de la galerie de Moran.
- Pendant que l’affaire fut entre les mains de la Compagnie anglaise de 1824 à 1848, les Irais de traitement furent énormes en raison notamment des fortes pertes en mercure. En 1840, par exemple, pour extraire au
- patio 9840 kilogrammes d’argent, on traita 0015 tonnes de minerai (lkg,050 à la tonne), avec une perte de 2kg,09 de mercure par kilogramme d’argent. La même année, on obtint, par la fusion au plomb appliquée seulement aux minerais très riches, 0745 kilogrammes d’argent avec 715 tonnes de métal (soit 9ke,508 à la tonne) : ce qui portait la teneur moyenne pour cette année à 2kg,404. De 1858 à 1848, la teneur moyenne a été de près de 5 kilogrammes d’argent par tonne.
- En 1855, on construisit l’usine de San Miguel pour y appliquer la méthode de Freiberg, l’amalgamation mexicaine ne convenant pas à tous les minerais des filons nord-sud récemment mis en exploitation, tandis
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- qu’elle était bonne pour les minerais des anciens liions est-ouest.
- De 1849 à 1858, on obtint :
- par fusion plombeuse KILOGRAMMES d'argent 55164 de TONNES DE MINERAI 4 291
- par dissolution (procédé Augustin), 1 922 de 1 822
- par l'amalgamation aux tonneaux. , 324 753 de 1411131
- par l'amalgamation au patio. < . , «9 208 île 300 746
- 430 027 de 1 717 990
- soit une valeur totale d’environ 88 millions.
- La teneur moyenne fut, pendant ces dix ans, bien inférieure à ce qu’elle était en 1840, et cependant on réalisa, à ce moment, des bénéfices constants, alors qu’on était en perte auparavant.
- Actuellement, aux usines de Santa Maria et San-
- chez, on traite des minerais tenant en moyenne 0k&,850; la perte au traitement est d’environ 20 pour 100.
- Géologiquement, la région de Real del Monte est formée presque uniquement d’andésites pyroxéni-ques vertes d’àge miocène, qui occupent également de grands espaces à Pachuca. Ces andésites sont souvent très altérées et d’un type propylitique, rarement vitreuses; elles sont accompagnées de masses de brèches andésitiquesàfragments de toutes dimensions, dont la description rappelle celles que nous-même avons étudiées à Lenmos1 et dont nos ligures 2 et 5 permettent d'apprécier l’aspect pittoresque. Des lianes de tufs leur sont associés.
- Au milieu de ces andésites se trouvent des liions de dacite "et de^ryolite, avec lesquels les liions mé-
- tallifères paraissent en relation et qui ont profondément silicifié les andésites au contact. Enfin des éruptions basaltiques se sont produites postérieurement.
- Ainsi que le montre un croquis ci-joint (lig. 1), les liions métallifères de Real del Monte présentent nettement deux directions orthogonales, l’une à peu près nord-sud, l’autre à peu près est-ouest. Le remplissage des deux systèmes ne paraît pas identique : les liions est-ouest, d’abord exploités, donnant des minerais qui se prêtent mieux au procédé d’amalgamation mexicaine que les liions nord-sud.
- Le lilon est-ouest de Yizcaina, le premier découvert, est reconnu sur 4 kilomètres de longueur. Celui de Santa Brigida a été travaillé sur 1500 mètres de longueur; à la rencontre du lilon Gran Compaîia', il se bifurque en plusieurs bras (Escobar, Manzano, Resquirio), et paraît reprendre, après le lilon de Moran, sous le nom de lilon Cabrera : c’est ce dernier filon Cabrera qui, dans ces dernières années, a
- donné presque toute l’extraction de Real del Monte.
- Le filon de Moran, situé au contact d’un dyke de ryolite dit de San Esteban, a 800 mètres de longueur, celui de Santa Inès en a 2000.
- Les épaisseurs de ces filons sont souvent' fortes; de 2 à 15 mètres à la Yizcaina, jusqu’à 40 mètres au filon Santa Inès, 10 mètres au filon Santa Brigida, 7 mètres au filon Moran. Leur inclinaison moyenne est de 80°. On est descendu jusqu’à 400 mètres de profondeur sur le filon Yizcaina.
- Géologiquement, ces gisements d’argent sont remarquables par une association qui n’a pas été signalée assez jusqu’ici et qui est pourtant bien caractéristique en nombre de points de l'Ouest Américain, par exemple au Montana : celle du manganèse
- 1 Géologie de la Mer Égée. (Annales des Mines, lel avril 1808.) \’oy. également, sur ce problème bien curieux des brèches andésitiques dans le Cantal et au Mont-Dore : Boclk (Bul. Soc. Géol., 19 mars 1900).
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- avec l’argent, ce manganèse se présentant sons la l'orme d'un silicate de manganèse; la gangue est toujours ipiartzeuse et bréchiforme.
- Au voisinage de la surface, dans cette zone d’altération et d’oxydation qui est toujours si importante pour les gîtes argentifères du Nouveau Monde, ce silicate s’est altéré en donnant d’abord des produits jaunâtres, puis des oxydes noirs ou bruns (pvro-lusite, \vad,etc.), qui sont particulièrement abondants au filon Santa Jîrigida. Divers sulfures métallifères accompagnent, en outre, l'argent; dans la zone oxydée, ceux de fer et de cuivre ont disparu en laissant des vides dans le quartz et produisant des taches bleues ou vertes.
- Voici, par exemple, la composition des divers filons. Sur le filon Vizeaina, dans les derniers travaux faits à 400 mètres de profondeur, on a de la blende noire, de la galène argentifère à grain fin, de la pyrite, de lachalcopyrite, delà rhodonite et du quartz. Au filon de Moran, le manganèse est plus rare, et l’on a surtout pyrite, blende, et galène avec quartz.
- Sur le filon Santa Inès, on a trouvé, à 100 mètres de la surface, deux lentilles riches, qu’on a pu suivre jusqu’à 400 mètres. Le remplissage, assez irrégulier, bréchiforme et coupé de fissures, est formé de quartz blanc laiteux contenant des veinules ou des mouches de sulfure d’argent noir avec rhodonite rose et rarement calcite, galène et blende, pyrite et chal-eopyrite.
- Sur le filon Kscobar, on peut, dans une partie altérée, sur une épaisseur de 4 mètres, noter, de gauche à droite, les zones suivantes : 1, quartz carié et oxydes de manganèse avec argile ferrugineuse; 2, quartz massif avec sulfure d’argent et pvrite ; b, rhodonite massive avec sulfure noir. Ailleurs, on retrouve, en outre, de la galène et de la blende.
- Enfin, dans le filon Cabrera, on a eu symétriquement, en partant des deux épontes : 1° quartz avec sulfure d’argent noir et pyrite; 2° quartz carié, sulfure noir, pyrite et chalcopyrite ; b° galène ; 4° quartz à mouches de sulfure noir, silicate de manganèse, pyrite et chalcopyrite.
- On voit qu’en résumé ce sont des filons sulfureux à remplissage complexe, dont la caractéristique est donnée par la gangue de quartz et silicate de manganèse. J'ai indiqué précédemment les teneurs moyennes en argent. Les parties riches forment des lentilles extrêmement irrégulières. L. un L.u.xay.
- Résultats du Concours de liai 1 uns. - Les
- concours de l’Annexe de Vincennes sont terminés. Les résultats des ascensions du 50 septembre sont les suivants : Le comité de la section X n’a pas encore homologué les résultats des concours du 50 septembre. Les distances couvertes par M. de La Vaulx et par M. Balsan sont si sensiblement les mêmes qu’un arbitre, M. le commandant Bourgoin, chef du service géographique, a été chargé de déterminer exactement ces distances. En
- attendant, le comité a voté une médaille d’or à M. de La Vaulx pour commémorer la première entrée en Russie, par la voie aérienne, d’un aéronaute français. Une mention honorable sera demandée pour MM. Castillon de Saint-Victor, Coutom et Juchmès. Pour le concours du 7 octobre (distance et durée), le comité a classé les concurrents dans l’ordre suivant :
- MM. de La Vaulx 4.925km en 55h45m
- Balsan . . . 1.550 — 27h15m
- Faure . . . 050 — 10“24"
- Maison. . . 650 — 16h 50'"
- llervieu . . 585 — 18h 58m
- Juchmès . . 550 — 16h55m
- La distance couverte par M. de La Vaulx [constitue le record du monde.
- La plasticité des corps solides. — M. \Y. Spring poursuit depuis longtemps les recherches sur ce qu’il appelle la « plasticité des corps solides ». Tout le monde sait aujourd’hui que deux fragments de glace pressés l’un contre l’autre, se soudent d’autant plus facilement que leur température est plus voisine du point de congélation. C’est ce que, depuis Faraday qui l’a découvert en 1850, on appelle le phénomène du regel. M. Spring a eu la curiosité de voir si des corps, autres que la glace, présentent la même propriété et, pour y arriver, il a reproduit aussi fidèlement que possible les conditions de pression, de température, qui se rencontrent dans la glace ou la neige. Au moyen d’appareils spéciaux, il a pu exercer à froid des pressions de plus de 10 000 atmosphères sans que la substance put s’échapper, d’autres pressions aussi fortes mais jusqu’à 400° de chaleur. Voici les conclusions auxquelles est arrivé M. Spring. Tous les corps doués de la faculté de se déformer sous pression sans se briser, s’agglutinent aussi solidement que s’ils avaient été liquéfiés; les autres demeurent à l’étal pulvérulent. Les métaux s’agglutinent d’autant mieux qu’ils sont plus malléables. Sous la pression ils se soudent en masse comme s’il y avait eu fusion, et cependant des expériences précises et concluantes écartent l’hypothèse d’une fusion. M. W. Spring attribue la soudure qui s’opère dans les conditions indiquées à ce qu’il appelle une interdiffusion des molécules au contact, une inter-dissolution à la surface des solides. A l’appui de cette hypothèse hardie, M. \V. Spring produit les expériences suivantes : En comprimant un mélange d’étain et de cuivre en poudre on obtient un alliage défini, du bronze, comme si l’on avait fondu ensemble les deux métaux; le zinc et le cuivre donnent le laiton, etc. 11 faudrait donc admettre, suivant l’auteur, que deux fragments de corps solides de même espèce ou d’espèces différentes diffusent l’un dans l’autre, comme diffuse dans son dissolvant un corps soluble quelconque. On devrait donc regarder les corps solides comme étant doués, jusqu’à un certain point, de la mobilité moléculaire caractéristique de l’état fluide.
- Triangulation acoustique. — L’Atlantic Monthlg contient la description d’une méthode inventée par M. J. Muny pour guider un navire à l’entrée d’un port quand la tempête empêche d’utiliser les signaux ordinaires. L’est ce qu’on appelle la Triangulation acoustique. Cette méthode est fondée sur la propriété du son de voyager sous l’eau avec une vitesse qui n’est pas altérée par les circonstances, comme les vents, par exemple, qui ont une influence si grande sur la propagation des ondes sonores dans l’air. La mise en pratique de ce principe repose sur l’invention d’un appareil permettant
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- de faire sonner une cloche sons l’eau, au moyen de connexions électriques. Trois cloches placées aux trois sommets d’un triangle, équilatéral de préférence, sont mises en mouvement à des intervalles de, temps déterminés. En notant les intervalles entre les instants où l’on entend la première et la seconde cloche, le lieu géométrique du navire est, comme on sait, une des branches d’une certaine hyperbole dont les deux cloches sont les foyers. Le navire est aussi sur une autre hyperbole ayant pour foyers la seconde et la troisième cloche; il se trouve donc à l’intersection des deux courbes. La seule objection c’est que deux hyperboles se coupant en quatre points, il peut y avoir indétermination sur la situation exacte du navire. On peut remédier à cet inconvénient au moyen d’une quatrième cloche.
- Les plates-formes roulantes et les stations de chemins de fer. — Notre confrère anglais Nature vient de publier deux lettres assez intéressantes sur l’application que l’on pourrait faire des plates-formes roulantes à l’embarquement des voyageurs dans les gares de chemins de fer. L’idée se comprend aisément dans son essence : les trains n’auraient seulement qu’à ralentir aux stations, les voyageurs qui voudraient s’embarquer se tiendraient sur la plate-fonne, animée de la même vitesse que le convoi, et ils pourraient monter tout aussi bien que descendraient ceux qui seraient arrivés au terme de leur voyage. On gagnerait évidemment beaucoup à cette pratique, car les arrêts complets entraînent une perte de temps énorme, et la mise en vitesse du train nécessite ensuite une grosse dépense de combustible.
- La pisciculture aux États-Unis. — Les lois restrictives de la pêche sont fort peu nombreuses aux Etats-Unis, mais on se livre activement au repeuplement des cours d’eau. C'est dans ce but spécial qu’a été créée, en 1871, la Commission des pêcheries, qui poursuit sur la matière les recherches et les expériences les plus intéressantes. En 1898, notamment, elle a entretenu 38 stations piscicoles et elle n'a pas distribué moins de 857 millions et demi d’œufs ou de poissons soit adultes, soit jeunes.
- L’intcliigrncc des fourmis. — Ce sujet sur lequel les observations se sont si étrangement multipliées, en fournit constamment de nouvelles fort intéressantes, comme celle que rapporte M. Suverkrop. 11 avait tué une guêpe et en avait laissé le corps sur le passage de fourmis qu’il surveillait souvent. Une première fourmi s’approcha qui vint en reconnaissance prendre note de l’importance de la carcasse, et repartit rapidement pour revenir en amenant toute une troupe de ses pareilles. Quelques-unes se mirent à dévorer les parties molles du corps de la guêpe, qui ne se seraient pas conservées, tandis que les autres séparaient en hâte les portions résistantes qu’il s’agissait de mettre en réserve pour l’hiver. L’une des fourmis s’était attelée dans ce but à une des ailes, mais elle l’avait à peine traînée à quelques centimètres, qu’un coup de vent survint qui l’emporta très en arrière, elle et son fardeau. Après avoir fait des efforts désespérés pendant un instant, elle empila sur l’aile les plus gros grains de sable qu’elle put soulever, cela à seule fin d’empècher le vent de l’enlever, et elle alla chercher trois autres camarades auxquelles elle expliqua évidemment la difficulté en face de laquelle elle se trouvait. Elles se mirent toutes sur le côté de l’aile où se trouvait la plus grosse nervure, et elles commencèrent de la rouler comme un drapeau autour de sa hampe, alors elles cou-
- pèrent le rouleau en trois morceaux qu’elles emportèrent aisément à la fourmilière.
- Conservation «les aliments. — Notre confrère anglais A attire public dans un de ses derniers numéros des observations intéressantes consignées dans le rapport du I)r Tliorpe, directeur du Laboratoire officiel. Un grand nombre de boîtes en fer-blanc contenant de la viande ont été examinées par l’Amirauté, au point de vue de la conservation de l’aliment. (In n’y a pas trouvé d’antiseptique autre que le sel marin commun. De nombreux beurres contenaient de l’acide borique et étaient colorés artificiellement. Comme à l’ordinaire, l’acide borique domine beaucoup dans les beurres de France, de Belgique, d’Australie, il est aussi très commun en Hollande. Pour la coloration, l’emploi d’une sorte de goudron jaune semble se généraliser et prévaut surtout en Hollande, aux États-Unis et en Australie. Dans le cours de l’année, il a été décidé par le « Board of Trade » que tout passager à bord d’un navire devait être tenu d’emporter un filtre capable de fournir de l’eau exempte de micro-organismes. Avec l’assistance du l)r Tliorpe, il a été construit un filtre remplissant ces conditions.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du ‘2‘2 octobre 1900. — Présidence de IL M. Lévy.
- Origine de l’hydrogène atmosphérique. — M. A. Gautier présente une Note sur l’origine de l’hydrogène atmosphérique. Diverses considérations lui donnent à penser que cet hydrogène se produit d’une façon continue. Il sort des entrailles du sol soit pur, soit mélangé de formène et s’échappe par les volcans ou par les eaux dites minérales. Des réactions se produisent dans les profondeurs du sol, avec ou sans intervention de l’eau. En effet, en détachant des fragments de granit à l’intérieur d’un bloc de granit, en les pulvérisant au moyen d’une meule de granit, puis en tamisant dans l’acide carbonique sec, on obtient une poudre porphyrisée qui traitée par l’eau acidulée dégage des gaz. 1 kilogramme de granit de Vire, traité par une solution d’acide phosphorique étendue, donne des traces d’acide chlorhydrique, 165 cm3,7 d’hydrogène sulfuré, 261 cm3, 4 d’acide carbonique, 5,8 d’hydrocarbures, 5,24 d’azote libre et 75 d’hydrogène. II reste à savoir d’où proviennent ces gaz. Ce sont les produits de décomposition des matières contenues dans les eaux mères au sein desquelles le granit s’est déposé (sulfosili-cates, azotures de fer). L’action d’une solution acide n’est pas indispensable pour tirer des gaz du granit. Chauffé à 500°, en présence de la vapeur d’eau, le granit donne 43 cm3 d’hydrogène sulfuré, 7,2 d'acide carbonique, 46 d’hydrogène et 8,3 d’azote.
- Les fleurs qui ne s'ouvrent pas. — M. G. Bonnier présente une Note de M. Leclerc des Sablons, de la Faculté des sciences de Toulouse, relative aux fleurs qui ne s’ouvrent jamais. L’auteur remarque qu’une même plante peut porter des fleurs ordinaires et des fleurs toujours fermées ou cléislogames. 11 a observé que les premières sont généralement stériles alors que les secondes sont presque toutes fécondées. Il a étudié le rôle réciproque du pollen et de l’ovule, dans des espèces cléisto-garnes bien caractérisées. H a constaté que le pollen germe à l’intérieur de l’anthère qui ne s’ouvre pas et dont une partie des parois est constituée par un tissu au travers duquel le tube pollinique se dirige vers l’ovule.
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- LA NATURE.
- Varia. — M. Berthelot adresse une Note sur les sur-saturations gazeuses physiques et chimiques.
- Ch. de Yilledeuil.
- MOYENS DE SAUVETAGE
- ET DE RENFLOUEMENT
- Les moyens de sauvetage 11e tout pas défaut; mais comme on en invente tous les jours de nouveaux, on pourrait en inférer que l’on n’a pas encore mis la main sur un procédé parfait. Le suivant sera-t-il meilleur? Un peut toujours le souhaiter.
- L’acétylène, qui n’a été employé jusqu’ici que pour l’éclairage apporte précisément une nouvelle solution du problème tout à la fois pour le sauvetage des personnes et le renflouement des navires. Les auteurs de cette solution originale sont MM. L. Matignon et Cie. Les procédés employés consistent à produire sous l’eau de l’acétylène dont la force ascensionnelle est utilisée dans des appareils dont nous allons parler.
- Les générateurs à acétylène sont de deux modèles différents. Le premier est formé d’une petite chambre métallique où l’on place le carbure de calcium ; à la partie supérieure se trouve un bouchon à vis fermant hermétiquement et sur le côté est placé un robinet de dégagement du gaz produit. À la partie inférieure, sous le carbure, est une valve que l’on peut ouvrir facilement.
- Ce premier appareil ne peut fonctionner que si l’on ouvre la valve dont nous parlons pour laisser pénétrer l’eau. Dans le deuxième modèle, deux chambres sont placées l’une au-dessus de l’autre, l’une pour le carbure, l’autre pour l’eau. Sur la cloison qui les sépare se trouve un robinet que l’on peut ouvrir à volonté. On peut ainsi mettre l'appareil en marche quand il s’agit de s’en servir.
- Ces générateurs sont réunis à des ceintures de sauvetage, à des gilets en tissu souple et imperméable, à des vêtements de toute nature avec poches à gaz. Le gaz acétylène qui se dégage remplit les poches et celles-ci se maintiennent sur l’eau, retenant à la surface les personnes qui en sont munies. On peut également établir sur le même principe des canots pliants à double enveloppe, des radeaux, des bouées, etc.
- Dans les navires, il serait possible de disposer
- également des cloisons étanches artificielles avec poches et générateurs d’acétylène. L’entrée de l’eau dans le récipient à carbure se produirait par un contact électrique, en cas d’accident.
- Des expériences intéressantes ont été également faites par MM. Matignon et O' sur le renflouement des navires par l’acétylène.
- Le moyen le plus simple de renflouement des vaisseaux utilisé jusqu’ici consistait à utiliser la force ascensionnelle de barriques pleines d’air et hermétiquement fermées que l’on immergeait sous le pont. On comptait pour une pièce ordinaire une force ascensionnelle d’environ 200 kilogrammes. MM. Matignon et O ont remplacé les futailles par des poches en toile forte caoutchoutée bien étanches;
- celles-ci sont garnies d’un filet portant une barre rigide sur laquelle sont amarrées les chaînes du bateau. Les poches portent un tube relié- au producteur d’acétylène. L’appareil employé ici est un appareil spécial, dont le fonctionnement est obtenu au moyen d’un pistolet électrique. Des poches sont descendues au fond de l’eau toutes fermées et placées autour du navire à renflouer. Lorsque les différentes poches sont placées, il suffit de les faire fonctionner en faisant dégager le gaz ; aussitôt le navire est renfloué. On peut également établir, d’après le même principe, des radeaux et des ponts de flotteurs. Les poches remplies de gaz servent de support et l’on dispose simplement sur ces flotteurs des poutrelles et un plancher. L’établissement des ponts est rapide. Des essais ont également été entrepris par M. Durasse, conseil technique de la Société, pour le sauvetage des ballons. A cet effet la nacelle de l’aérostat est entourée à sa base de quatre poches avec générateurs à acétylène, un sur chaque face. U11 autre générateur à acétylène fournit aussi du gaz pour empêcher le ballon de tomber sur les aéronautes. O11 obtient ainsi enfin de compte un radeau qui soutient le ballon sur l’eau et l’empêche de s’élever.
- Ces diverses expériences 11e manquent pas d’intérêt et l'on peut espérer que le sauvetage à l’acétylène entrera dans la pratique. J. Leroy.
- Le Gérant : P. Masso*.
- Sauvetage à l’acétylène.
- Paris. — Imprimerie Lauliie, rue de Fleurus, 9.
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- iV 147)2. — 7) NOVEMBRE 1900
- LA NATURE.
- 5f)â
- LE PALAIS DES FORETS
- Fig. 1. — llall principal du palais des Forêts et Pêcheries.
- En 1889, nos lecteurs se le rappellent sans doute,
- le pavillon des Forets constituait un tout bien homogène. C'était un bâtiment rustique — qui existe toujours à Vin-cei mes, du reste — où seule la forêt était représentée.
- Cette fois, il n’en va
- même. La construction est beaucoup plus grande — elle s’élève sur le bord de la Seine, rive gauche, au coin du pont d’iéna — et on y a logé la forêt, les pêcheries, et la chasse.
- Comme ailleurs, on les a logées un peu pêle-mêle : au visiteur sagace à se débrouiller.
- L’effet général est plus varié; mais l’étude est plus difficile. 11 y a donc a la fois avantage et inconvénient. Au point de vue pittoresque, je ne puis dire que ce Palais soit
- particulièrement réussi : et c’est dommage. Mais il renferme beaucoup de choses intéressantes, et pour
- celui qui visite l’Exposition pour s’instruire, il y a ample compensation. Pourtant, on aurait pu refuser une bonne moitié des trophées — des massacres — tpii ornent avec excès les murs. Par endroits, c’est une véritable mer de cornes qui surgit . Si encore c’étaient des têtes de gibier rare : mais non ; ce sont des cervidés que chacun connaît. Vraiment, il y a un peu abus, et les collections de têtes des victimes de tel ou tel Nem-rod manquent complôtcmen t d’intérêt. 11 eût mieux valu pouvoir réunir dans ce Palais tout ce qui concerne les forêts, au lieu d’obliger le visiteur à des excursions variées.
- Fig. 2. — Autour dos panoramas du palais des Forêts, Quelques habitants des bois et des montagnes.
- 28e année. — 2“ semestre.
- Ti>
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- LA NATURE.
- oui
- Car il en va ici, comme en bien d’autres endroits : l’exposition est partielle. 11 ne faut pas croire que quand on aura parcouru le palais des Forêts, on aura vu tout ce qui se rapporte à celles-ci. Ce serait une grave erreur. On aura vu la section française et une partie de quelques sections étrangères : pour voir le complément de celles-ci et la partie la plus importante, certainement, il faut se transporter ailleurs, au Trocadéro notamment. Car, c’est au palais Tunisien que se trouve l’exposition forestière de la Tunisie; et, pour avoir une idée des ressources forestières de nos colonies, il faut visiter l’exposition spéciale de chacune de celles-ci : il en est de très bien comprises et de très instructives. Et il faut aller voir les bois des colonies anglaises dans les pavillons indien, canadien, singhalais, et surtout dans le batiment de l’Australie, où il y a des produits du plus haut intérêt : le jarrah et le karri notamment, deux eucalyptus précieux, qui sont également utiles au charpentier, au menuisier et à l’ébéniste, et dont les qualités sont aussi variées que remarquables. Car ils servent aussi bien à faire le pavé de bois — à Paris même — qu’à établir les meubles les plus élégants, et les charpentes ou les pilotis les plus résistants.
- : Le palais des Forêts fait donc connaître l’art forestier français, et donne quelques renseignements aussi sur les ressources de quelques autres pays; mais il ne justifie qu’en partie son nom, puisque l'exposition forestière de pays importants se trouve tout ailleurs. Ceci dit en passant, voyons ce que nous offre le Palais, au point de vue spécial dont il s’agit.
- Beaucoup de bois, cela va de soi : de très beaux bois aussi, presque tous étrangers ou coloniaux, cela va de soi encore. Car les beaux bois, en dehors du chêne et du noyer, ne sont pas de nos climats tempérés. Ils viennent des pays chauds. Déjà, en Algérie (voir le palais Algérien), il y a de fort intéressantes essences : il y en a plus encore dans l’Afrique centrale, dans l’Amérique centrale ou méridionale, aux Indes. Au pavillon de Ceylan, il en est deux à remarquer spécialement : le calamander (bois de la cote de Coromandel) et le cocotier. Le premier a de très beaux dessins noirs sur fond noyer; le second présente un joli piquetage, et c’est un bois excellent qui, comme le reste de la plante, rend des services variés. Bans les autres pavillons coloniaux ou étrangers, il y a beaucoup de produits à examiner de très près aussi ; nos artisans en bois n’ont sans doute pas manqué de s’instruire à cet égard et de nouer des affaires pour l’importation des bois les plus beaux.
- Voyez la Guyane, par exemple. C’est une admirable colonie au point de vue du bois, c’est presque une forêt d’un bout à l’autre. 11 y a des bois combustibles excellents, comme le palétuvier, et si on ne peut songer à les importer en France, ils peuvent sur place, en raison de leur pouvoir calorifique élevé, servir à chauffer les moteurs à vapeur, les
- locomotives, comme cela se lait dans tout le nord de la Russie.
- Et les bois d’œuvre sont merveilleux de variété dans le coloris; il en est de blancs, de noirs, de rouges, de jaunes, de bleus, de verts, tachetés, mouchetés, veinés, marbrés; de quoi faire les mosaïques les plus variées, en même temps que les charpentes les plus robustes. Le balata, le waeapou, le cœur-de-lion, le gaïae, le wapa gris, l’angélique, le courbaril, et dix autres essences sont des bois d’œuvre incomparables : le bois de lettres, le bois de féroles, leboco, le patawa, et le reste mériteraient d’être largement employés chez nous. En tout cas, il y aurait, semble-t-il, matière à un trafic de plus de 20 kilogramme s par an.... Car, ‘en 1897, l’exportation forestière de la Guyane sur la France a été exactement de 20 kilogrammes de bois d’ébé-nisteric et de... 5 kilogrammes de bois de construction. On croit rêver.
- Voyez encore l’Indo-Chine « la perle des colonies françaises )), me disait un haut fonctionnaire colonial anglais, qui a pratiqué les Indes et Ceylan, et qui connaît l’Indo-Chine aussi — quelle richesse forestière ne contient-elle pas? Mais j’oublie le palais des Forêts. Et pourtant il s’y trouve beaucoup de choses très intéressantes. Il faut signaler de façon toute spéciale les expositions autrichienne, hongroise et russe. Celles-ci sont très intéressantes. Elles témoignent d’une activité sérieuse et bien dirigée ; celle de la Hongrie en particulier qui, pour la première fois, expose séparément.
- Pour la Russie, la chose s’impose. Car la production forestière est énorme. En Russie d’Europe, les quatre dixièmes du sol sont couverts de bois; en Russie d’Asie, pour la partie qui a été explorée, la proportion est à peu près la même. Un ne peut pas dire que la variété soit bien grande : l’essence la plus répandue est l’épicéa, puis viennent le pin sylvestre, le cèdre, le bouleau, le tremble, le chêne, le mélèze, le hêtre, le tilleul — ce dernier formant des forêts entières à lui seul, et donnant une libre très employée, la tille-, mais toutes ces essences fournissent des produits utiles et s’emploient de manières variées ; elles sont une source de richesse nationale qu'il convient d’entretenir soigneusement. Car il n’y a pas à se dissimuler que la production forestière va diminuant : les forêts ne donneront pas, dans cinquante ou cent ans, ce qu’elles donnent maintenant ; on ne repeuple pas, et le jour est proche où le bois manquera. Nos forêts continueront à produire, dans les pays civilisés ; mais dans les régions qui, actuellement, donnent le plus on ne trouvera plus rien, le dépeuplement n’étant pas suivi de repeuplement. »
- L’exposition hongroise lait preuve d’études forestières très bien conduites et, du reste, on peut dire que l’exposition de la Hongrie, dans la plupart des domaines, est particulièrement intéressante et a surpris beaucoup de personnes. Elle témoigne d’une grande activité et d’un réveil industriel sérieux.
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- LA NATURE.
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- Eu ce qui concerne les forêts, il y a beaucoup à regarder, surtout dans l'exposition des services officiels. Des recherches se poursuivent activement sur les maladies des arbres, sur la mise en valeur des sols sablonneux, sur l’art de la plantation, sur les insectes nuisibles.
- Du côté de l’Autriche, beaucoup de bonnes choses aussi, beaucoup de recherches scientifiques — sur la croissance des arbres, sur les dégâts du gibier, sur la valeur du hêtre, tpii est particulièrement abondant dans les forêts nationales.
- Pour ce qui est de la France, il y aurait beaucoup de choses à signaler. Dans le domaine de l’Histoire naturelle, une collection de nids et d’œufs des oiseaux forestiers principaux ; une très belle collection de graines forestières, une collection de modèles de champignons exposée par l’École de Pharmacie. Dans le domaine forestier pur, on remarquera les bibliothèques d’échantillons des bois de France : je dis bibliothèque parce que chaque échantillon a, autant que faire se peut, l’aspect d’un livre, et que tous les échantillons se juxtaposent sur les rayons du meuble comme des livres. On regardera aussi les nombreuses photographies représentant les travaux de reboisement ou de défense; et encore la collection des publications qui donnent une excellente idée des travaux exécutés par les forestiers pour le repeuplement, la protection des montagnes, la mise en valeur des terrains jusque-là incultes. Un panorama encore attire beaucoup le public qui considère aussi avec satisfaction les groupes — naturalisés — d’animaux de nos forêts.
- 11 y aurait des heures à passer dans ce palais pour bien voir tout ce qu’il renferme — et encore n’ai-je rien dit des expositions particulières où se trouvent beaucoup de choses curieuses et intéressantes — mais il faut se borner à ces indications générales.
- . Henry de Varigny.
- LES NOMBRES PRÉFÉRÉS
- i'AR LES DIVERS PEUPLES
- D’après les valeurs des monnaies, des timbres-poste, et autres mesures, il est aisé de tirer des conclusions pour les différents pays en ce qui concerne leurs préférences pour les nombres. C’est ce que nous avons essayé défaire, et, quoique notre travail ait présenté quelques lacunes, nous croyons néanmoins devoir en donner les résultats généraux.
- Tous les peuples montrent une préférence marquée pour les nombres 2,5 et 5 ainsi que pour leurs multiples.
- 11 est cependant une exception pour les pays mahoiné-lans qui ne font pas usage du nombre 5. .Ni en Turquie, ni en Perse, on ne trouve trace de ce nombre et c’est à peine si on l’aperçoit en Egypte.
- Les goûts des différents peuples ne sont pas également partagés entre les nombres 2, 5 et 5 et leurs dérivés. C’est ainsi que, pour les Français et les autres peuples latins, les nombres 2 et 5 sont l’objet de plus de préférence, tandis que le nombre 5 est plus délaissé. Les Anglais, eux, préfèrent 2 et 5 et les Allemands 3 et 5.
- Eii ce qui concerne les races asiatiques, on trouve que les Indiens affectionnent beaucoup le nombre 2 et ses
- diverses puissances, tandis que les Chinois, semblables aux Latins, sont des partisans de 2 et de 5.
- Le nombre 7 se rencontre un peu partout, en France, en Allemagne, aux États-Unis, en Suède et Norvège, aux Indes et dans l’Amérique du Sud; mais c’est en Russie cl dans les autres pays slaves qu’il paraît le plus usité.
- De même que la caractéristique des Turcs est l’horreur du 5, celle des Slaves est l’amour du 7.
- Quant aux nombres plus élevés, ils sont rarement employés. On ne les trouve guère usités que dans certains pays espagnols : 11 au Salvador, 17 au Mexique, 19 en Espagne et 51 aux Philippines. Il semble que l’esprit espagnol se complaise dans ces singulières fantaisies.
- A notre grand étonnement, nous avons trouvé que les habitants d’Hawaï aimaient assez 15, ce qui montrerait que les naturels de ces îles n’ont point le préjugé qui règne parmi les chrétiens à l’égard de ce nombre considéré comme néfaste. Delauxey.
- DU CREUSOT
- L’Exposition du Creusot offre entre autres « pièces » de premier ordre une locomotive construite dans ses usines sur les plans de M. Henri Thuile, ingénieur principal du port d’Alexandrie et président de la Société des trains internationaux. Cette locomotive fut construite dans le but d’atteindre des vitesses de 120 kilomètres et des vitesses commerciales voisines de 100 kilomètres pour un remorquage de 200 tonnes. Les roues motrices de 2m,50 de diamètre et son poids en charge (machine et tender) de 110 tonnes, marquent bien la puissance de 2100 chevaux réalisable.
- Cette locomotive est à deux essieux couplés au milieu avec un bogie à deux essieux à l’avant et un à trois essieux à l’arrière. Le bogie d’avant a son châssis extérieur, ainsi que celui d’arrière, mais tandis que le bogie d’avant peut se déplacer grâce à deux ressorts à lames de chaque côté de l’axe le bogie arrière n’a pas de déplacement.
- Le foyer est du système Belpaire avec un bouilleur Ten-Brinck. La grille possède une partie mobile et jette-feu. Les tubes Serve sont au nombre de 185 et leur diamètre extérieur est de0m,070.
- La surface de grille est de 4m2,68 et la surface de chauffe totale, 297m2,70. La pression dans la chaudière (effective), est de 15 kg par cm2.
- Les cylindres de 0m,510 de diamètre, pour une course des pistons de 0m,700, sont à tiroirs cylindriques à double orifice d’admission, tiroirs équilibrés par communication de l’intérieur du segment avec le cylindre. La distribution est du système Wals-chaert avec changement de marche à vis.
- Le frein est le Westinghouse qui actionne les quatre roues motrices et couplées. . a
- La machine comporte à l’avant un abri pour le mécanicien et un abri pour le chauffeur à l’arrière. Les chauffeurs surveillent l’alimentation, le niveau d’eau et le souffleur, et le mécanicien dispose du régulateur du changement de marche des purgeurs, de la sablière Gresham, du sifflet et de la turbine
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- LA NATURE.
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- Les bielles, manivelles, tiges de pistons, tôles de chaudière et rivets sont en acier au nickel.
- On se rappelle en voyant cette puissante machine le terrible accident dont fut victime l’ingénieur qui en avait combiné tous les organes et surveillé l’exécution. En juin 1000, M. Thuilc montait sa locomotive sur le réseau de l’Etat. Au passage d’un pont le malheureux ingénieur se pencha en dehors de la plate-forme de telle façon qu’il sortit du « gabarit » de la voie et heurta de la tête les maçonneries du pont. 11 tomba la tête broyée.
- Cet épouvantable accident où trouva la mort un ingénieur de grand talent, au champ d’honneur de l’industrie, retient le souvenir lorsqu’on contemple cette locomotive perfectionnée qui, par les progrès réalisés dans sa construction, permet d’apercevoir à
- dynamo Laval pour 1 éclairage. Les deux plates-formes sont reliées par un tuyau acoustique et un timbre avertisseur et en outre les chaulfeurs peuvent manœuvrer un robinet du frein en cas d’accident au mécanicien.
- La capacité du temler est de 27"i:;,5 d’eau et 7 tonnes de combustible.
- 11 est à deux bogies, celui d'avant à deux essieux et celui d’arrière à trois essieux. Les dix roues sont actionnées par le frein Westinghouse et en outre il existe un frein à main. Le diamètre des roues est de l"',060. L’empâtement total est considérable; on l’a porté à 7m,800 pour mieux assurer la stabilité aux grandes vitesses. Presque toutes les parties de cette machine sont en acier. Les roues motrices sont en acier moulé ainsi que les entretoises du châssis.
- La locomotive Tliuile à grande vilesse.
- bref délai un accroissement remarquable dans les vitesses des grands express. Les essais faits par M. Worms deRomilly, inspecteur général des mines, ont démontré la justesse des calculs de M. Thuile et permettent d’espérer que dans un temps relativement court les trajets sur nos grands réseaux seront accomplis dans des laps de temps réduits. Il est juste de rendre hommage aussi à l’excellence du travail fait dans les usines du Creusot qui se maintient au premier rang parmi les grandes usines du inonde entier.
- La grande expérience acquise notamment dans la construction des locomotives résultant d’une pratique datant de l’origine des chemins de fer, permet à cet établissement d’apporter dans la construction du matériel roulant un fini qu’on ne trouve pas toujours dans les productions des grandes usines similaires de l’étranger. On retrouve ici ce souci du fini dans le détail qui fut toujours la supériorité des
- ouvriers français dans le travail du fer. Un examen attentif des organes de distribution de la locomotive Thuile, révélera bientôt à tout homme du métier la parfaite exécution des moindres pièces. C’est une remarque qu’il est intéressant de faire à l’heure où la concurrence étrangère paraît redoutable dans le domaine de la mécanique. L’ouvrier ajusteur ou monteur français a toujours les qualités d’œil et de main qui si longtemps l’ont fait rechercher à l’étranger quand se fondaient les industries qui maintenant viennent lutter avec les nôtres. A cet égard une visite aux machines-outils françaises est extrêmement édifiante et si les étrangers, notamment les Américains, ont ingénieusement simplifié les formes et combiné les mouvements, les constructeurs français (qui ne devront cependant pas négliger l’étude attentive des modèles étrangers) présentent des machines d’une perfection absolue d’exécution. A. R.
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- L A NATURE.
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- U MACHINE V COMPOSER CALENDOLI
- Rapidité et économie, telle est la devise de l’industrie moderne. Tel est le Lut que permettent d’atteindre les innombrables machines que nous voyons fonctionner de tous cotés, les unes minuscules, comme celles qui produisent ces vis horlogôros à peine visibles, les autres gigantesques, comme celles qui fabriquent le papier en bandes indéfinies.
- La main de l’homme n'aura bientôt plus d’autre fonction que de régler par des robinets et des manettes la marche de ces engins d’où sortent automatiquement et sans arrêt, les objets les plus divers et quelquefois les plus invraisemblables.
- 11 était naturel que la presse quotidienne, cherchant à satisfaire le besoin d’informations rapides et de renseignements de la dernière heure éprouvé par tous les lecteurs de journaux, cherchât à profiter, elle aussi, de l’intense développement du machinisme contemporain. C’est pour elle que de nombreux inventeurs ont tenté de révolutionner la typographie par l’introduction, dans les imprimeries, de machines à composer.
- L’Exposition de 1889 nous avait déjà fait voir plusieurs types de ces machines, en particulier la Linotype d’Ottomar Mergenthaler. Depuis cette époque, construite sur une vaste échelle, cette machine s’est rapidement répandue dans tous les pays de langue anglaise. Et en ces dernières années, elle a été adoptée par plusieurs journaux français. C’est la seule en effet qui, jusqu’à ce jour, ait donné les résultats que l’on est en droit d’attendre d’une machine à composer.
- Elle n’est cependant pas extrêmement rapide, car elle ne permet pas de composer pratiquement plus
- de 5000 caractères à l’heure. Il est vrai qu’elle justifie automatiquement et supprime la distribution. Mais il est évident que la composition étant la partie du travail typographique la plus importante de beaucoup, on aurait intérêt à posséder une machine multipliant la vitesse de la composition mécanique, sans s’inquiéter des autres parties. C’est précisément ce <pie réalise la machine Calendoli, dont la rapidité de composition n’est limitée que par celle du dactylographe qui en presse les touches. Comme en dactylographie, une production de 20000 à l’heure n’est pas exagérée, on voit de suite qu’une composition aussi accélérée laisse une jolie marge pour la justification et la distribution manuelles.
- Nous donnons ici une représentation de l’ensemble de cette machine, telle que la construisent MM. Chateau et Savarèse. L’organe essentiel en est un cylindre incliné, composé de 100 lames d’acier de 1 mètre de longueur disposées à des intervalles égaux et normalement à la surface, bien droites et bien polies. Une de ces lames se trouve constamment au-dessous de la rangée verticale des 90 magasins porte-lettres.
- Les magasins sont constitués (fig. 2) par des rails à chant-: pignon sur lesquels sont enfilés les lettres, tenues par une échancrure de forme spéciale. Ces lettres sont beaucoup plus courtes que les caractères ordinaires, et la figure permet d’en faire la comparaison.
- Les magasins étant remplis, un homme se tient derrière les machines pour recharger au fur et à • mesure ceux qui se vident, en les remplissant au moyen de magasins mobiles qui sont préparés automatiquement par la machine à fondre. Un seul homme suffit pour approvisionner cinq machines. Voici comment se fait la composition :
- Machine à composer Calendoli. — 1. Vue générale de la machine.
- 2. Grandeur naturelle d’uii caractère ordinaire d’imprimerie et d’un caractère Calendoli;
- enlilage des caractères sur les rails ; en bas, le délivreur de caractères.
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- LA NA
- Le cylindre à lames est incliné de droite à gauche. Les magasins, eux, s’inclinent de gauche à droite, de sorte que le caractère quittant le magasin, tombe naturellement sur une des lames dans une position voisine de la verticale. Arrivé en bas, à gauche, il rencontre un rail fixe faisant exactement suite à la lame. 11 s’y engage et va se placer à la suite, sur une large galée qu’on voit en lias et à gauche de la ligure 1. A chaque coup frappé sur une touche il tombe un caractère sur une lame du cylindre et celui-ci avance d’une dent au moyen d’un échappement semblable à celui des machines à écrire, mais agissant sur une crémaillère circulaire au lieu d'employer une crémaillère droite.
- Quant à la lettre voulue, elle est sortie du magasin correspondant par pression d’une sorte de coin qui la détache de la colonne. Afin de permettre cette sortie par pression, la dernière lettre de chaque magasin se trouve simplement serrée, par la colonne des caractères suivants, contre la pièce de cuivre le long de laquelle se meut le coin distributeur ou délivreur. Le rail du magasin ne vient en effet pas tout à fait jusqu’à cette pièce, il laisse entre eux deux un espace un peu plus large qu’une lettre. On voit que la délivrance des lettres se fait en somme dans chaque magasin d’après le principe qui permet, avec un couteau tenu bien horizontalement, de faire filer successivement, par le bas, toutes les pièces d’une colonne verticale de sous.
- fie fonctionnement général étant le même que celui de la machine à écrire, la composition peut évidemment être faite avec toute la rapidité que peut déployer le dactylographe qui n’a besoin d’avoir aucune connaissance typographique spéciale.
- La machine Calendoli ne justifie pas.
- Elle nous a fourni une grosse galée de caractères enfilés sur des rails à champignon, comme ceux constituant les magasins. On tire à la brosse une épreuve qui, corrigée, est remise au justificateur en même temps que la galée. Celle-ci placée à sa droite sur un plan incliné et pouvant avancer ligne par ligne, au moyen d’un échappement de machine à écrire, le justificateur en laisse glisser les lettres jusque sur des rails de longueur déterminée, qui constitueront la page définitive. Ce glissement se fait par l’intermédiaire d’un rail fixe dont une partie est dépourvue de champignon. Au passage sur cette jiartie, lejustificateur peut exécuter facilement ses corrections, d’après l’épreuve corrigée qui lui a été remise. La page une fois justifiée, le tirage en peut avoir lieu.
- Cette opération terminée, la page est desserrée. On en laisse glisser tous les caractères et on les rejette au creuset de la machine à fondre, ce qui supprime radicalement la distribution.
- Au point de vue pratique, on peut se rendre compte des avantages de la machine Calendoli.
- Supposons une composition de 150 000 caractères à exécuter en six heures. Nous choisissons ce chiffre de fi parce qu’on ne peut guère admettre un travail intense de typographie durant davantage. En com-
- TURÇ.
- posant et distribuant 1500 caractères à l’heure il faudra compter 16 typographes ordinaires.
- En employant la machine Linotype qui, pratiquement, ne peut dépasser 5000 à l’heure, il faudra 5 machines pour effectuer la composition et au moins une machine complémentaire pour exécuter les corrections. Il faudra compter 6 typographes-dactylographes, auxquels il convient d’ajouter un mécanicien connaissant le détail de la machine. Au total 7 personnes très expertes, partant payées cher.
- Avec la Calendoli, qui n’est au fond qu’une machine à écrire, un dactylographe peut fournir très facilement 1 fi 000 à l’heure, de sorte que 2 machines sont largement suffisantes pour la composition qui nous occupe. En réalité, ces deux machines mettront moins de cinq heures pour faire le travail demandé, ce qui se traduira par une économie de 20 pour 100 sur la main-d’œuvre. Pendant ce temps, nous aurons employé 4 justificateurs à la main, et 2 fondeurs de caractères travaillant pendant huit heures environ. Au total 8 personnes qui recevront un salaire sensiblement égal à celui des 7 de la Linotype.
- Mais si les deux systèmes peuvent être considérés comme équivalents au point de vue de la main-d’œuvre, il én va différemment au point de vue du matériel et de la dépense de force motrice et de gaz.
- Avec le système Calendoli, nous n’avons que 4 machines en tout, faisant plus de travail que 7 Linotypes, dont le prix de revient est plus élevé et l’entretien plus coûteux parce que plus compliquées. De ce coté, c’est une économie de moitié.
- D’autre part, la force motrice exigée par les machines Linotypes, deux fois plus nombreuses, doit être au moins deux fois plus considérable que celle demandée par les Calendoli. Quant à la dépense de gaz elle est incomparablement moindre avec celles-ci qu’avec les autres, puisqu’elles n’en consomment que pour les deux machines à fondre. Ajoutez à cela que la Linotype doit toujours avoir en son foyer la chaleur nécessaire à la fusion simultanée des 45 à 50 caractères d’une ligne entière, tandis que les machines à fondre qui alimentent les Calendoli ne fondent (pie deux caractères à la fois. Il est vrai quelles travaillent un peu plus longtemps, mais tout compte fait, il n’est pas exagéré de dire quelles brûlent trois fois moins de gaz pour la même composition. Il ne faut pas oublier que le gaz coûte fort cher.
- L’économie réalisée par la machine Calendoli sera plus grande encore si l’on tient compte des machines de rechange qu’il faut prévoir pour la Linotype.
- A une époque où le journalisme est devenu une des grandes forces sociales, où un organe a d’autant plus de chances de se faire lire qu’il se peut composer plus tard, il est évident que, même indépendamment de toute question d’économie, une machine pouvant travailler quatre fois plus vite que les autres est appelée à rendre d’importants services.
- C’est surtout dans la presse que l’on peut dire avec raison que le temps est de l’argent. L. Reverchon. ——
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- ÉTOILES FIL\NTES1
- III. - RECHERCHES SUR LES LÉON IDES
- Dans la séance de rentrée de la Société Astronomique de France, M. Alexandre Herschel, petit-fils du célèbre astronome qui a découvert Uranus, a montré que l’on pouvait espérer pour 1900 le retour de la grande pluie des Léonides si impatiemment attendue pendant les années passées. Cette conférence attire à nouveau l’attention sur la pluie des Léonides. C’est un essaim de corpuscules météoriques qui circule autour du soleil et met trente-trois ans à parcourir son orbite.
- 11 y a déjà longtemps que le phénomène est connu. La première observation intéressante qui nous soit parvenue est celle de Ilumboldt dans la nuit du 11 au 12 novembre 1799. Dans la nuit du 12 au 15 novembre 1853, le même phénomène se reproduisit et fut bien observé principalement en Amérique. Le point de radiation était situé non loin du Lion. En 1866, dans la nuit du 15 au 14 novembre, le phénomène s’est reproduit avec la même intensité. Le ciel, à Paris, n’était pas très pur, il ne s’est guère découvert que pendant une demi-heure; mais, malgré les nuages, on pouvait distinguer les brillants météores qui illuminaient le ciel.
- En Angleterre, le ciel a été plus pur et le phénomène visible dans toute sa beauté. L’essaim nous arrive avec une vitesse de 72 000 mètres par seconde. La vitesse de la Terre est en effet de 50 000 mètres par seconde, celle de l’essaim de corpuscules est égale à cette vitesse multipliée par \/2, c’est-à-dire à 42 500 mètres.
- On a retrouvé traces des Léonides dans des observations plus anciennes en 845, 902, 934, 1002, 1101, 1202, 1366, 1553, 1602, 1698.
- M. G.-V. Schiaparelli, l’illustre directeur de l’Observatoire de Milan, bien connu par ses travaux sur les Étoiles filantes et sur Mars, a montré que l’essaim des Léonides coïncidait avec la comète Tempel. Il avait pour déterminer l’orbite de l’essaim : 1° Le foyer de la parabole qui est au centre du soleil; 2° le point d’intersection des deux orbites (celles de la Terre et de l’Essaim), c’est-à-dire la position de la Terre à la date de l’observation ; 5° la direction de la tangente en ce point, direction fournie par le radiant. Voici quels sont les éléments :
- Léonides.
- Durée de la révolution............ 33 ans 25
- Demi-grand axe.................... 10,34
- Excentricité...................... 0,904
- Distance périhélie................ 0,989
- Inclinaison....................... 14° 4'
- Longitude du nœud ascendant . . 51,18
- Sens du mouvement................. rétrograde
- Comète Tempel-33 ans 18 10,32 0,905 0,977 17° 18'
- 51,26
- rétrograde
- Pour ces éléments, le rayon de la Terre est supposé égal à 1. Les légères différences sont dues à la difficulté que l’on éprouve à fixer exactement la position du radiant. L’essaim auparavant était compact ; mais, peu à peu, il se dissémine et s’étend le long de l’orbite. La largeur de l’essaim est de 60000 kilomètres; sa longueur est telle qu’il emploie deux ans à passer au point d’intersection des deux orbites à raison de 42 kilomètres à l’heure. L’essaim a été jeté dans notre système par l’action d’une planète. Le Verrier a calculé que l’essaim venant de l’in-lini s’est approché d’Uranus au commencement de Mars, en l’an 126. Uranus a incorporé l’essaim dans notre système solaire. La dissémination s’accroît de jour en jour et, dans quelques siècles, rien ne distinguera plus les années de maximum de celles de minimum.
- En 1898 et 1899, les observateurs n’ont vu qu’un très
- 1 Voy. n“ 1419, du 4 août 1900, p. 146.
- petit nombre de météores. J’ai recherché, d’après mes observations, si le radiant du Lion était le seul point d’émanation d’étoiles filantes dans la nuit du 13 au 14 novembre. Je présente aujourd’hui les résultats de mon examen. U y a tout d’abord trois radiants importants dans la constellation du Lion. L’un près de a, l’autre près de Ç, le troisième près de e.
- Æ. D.
- Le 1er a pour position : 149 + 23.
- Le 2e — 157 + 28.
- Le 5e — 155 j- 25.
- Un autre radiant situé dans la constellation du petit Lion a pour position.
- Æ. D.
- 215 + 54.
- La Girafe fournit deux radiants. Ils ont pour posilion ;
- M. D.
- 69 + 74
- a l -f- a /.
- On remarquera que :
- r) 1 + O /
- est la position du radiant des Giraféides en août; mais la détermination de ce radiant est assez douteuse et ne change en rien mon opinion exposée précédemment dans ces colonnes et qui est que le radiant des Giraféides se déplace.
- Dans Orion nous avons les radiants que nous avons également signalés déjà par :
- 81 + 5' et 89+15.
- Si nous passons aux constellations circumpolaires nous trouvons un radiant près de a Grande Ourse par :
- Æ. D.
- 155 + 47
- puis un autre, près de a Dragon, par :
- 215 + 64.
- Enfin, un troisième radiant près d’o, Persée, qui a surtout de l’importance dans la nuit du 22 décembre. Sa position est :
- Æ. D.
- 89 + 52.
- Dans les Gémeaux, le centre d’émanation fournit d’assez nombreux météores; mais le radiant me semble assez mal défini et paraît varier selon les années entre :
- 116 + 51 et 125 + 30.
- Je signalerai encore un radiant important : c’est celui voisin de a, Cocher, situé par :
- JR. I).
- 75 + 46.
- Les autres radiants déterminés n’ont que peu d’importance et je dois les citer simplement à titre documentaire :
- Æ. D.
- H Bouvier 252 + 37 qui fournit des météores le 9 septembre :
- Procyon 115 + 7
- ç Taureau 78 + 23 y Vierge 190— 1.
- Je ne saurais trop engager les lecteurs à étudier pendant les nuits de novembre cette pluie des Léonides. Ils pourront assister, je l’espère, à une brillante averse de météores ; mais, en tout cas, ils trouveront une confirmation du travail que je présente aujourd’hui. Ils pourront voir que la constellation du Lion contient les centres d’émanation les plus importants, mais ne les contient pas exclusivement, et, si le malheur voulait que la pluie des Léonides fût irrémédiablement perdue, de nombreuses pluies secondaires attireraient cependant encore l’attention des observateurs, L. Lucien Libert.
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- LA NATURE.
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- LES PHORORHACUS
- Il R AND S ÉCHASSIERS FOSSILES 1K I.A RÉPUBLIQUE AIKîEJiTINE
- En 1887, M. Florenlino Ameghino, l'auleur bien connu de remarquables travaux sur la faune fossile de la République Argentine, lit connaître la partie antérieure de la mandibule inférieure d’un animal de grande taille enfoui dans les couches miocènes de la Patagonie. Il considéra d’abord cet animal, auquel il donna le nom de Phororhacos longissimus, comme un Mammifère de l'ordre des Édentés; mais, quelques années plus tard, ayant réussi à obtenir une quantité considérable d’ossements appartenant soit à la même espèce, soit à des espèces du même genre, il reconnut (pie ces restes devaient être attribués à des Oiseaux gigantesques. Enfin, en 1895, dans un Mé-
- moire consacré aux Oiseaux fossiles de la Patagonie1, M. Ameghino rectifia la description qu’il avait donnée primitivement du Phororhacos (ou mieux Phororhacus) longissimus et publia des descriptions accompagnées de figures de cet Oiseau et des Phororhacus inflatus, delicatulus, platggnathus, etc.
- De ces espèces éteintes, la mieux connue actuellement est le Phororhacus inflatus, dont on possède la tête, le bassin et la plus grande partie des os des pattes et des ailes et qui a été étudié à nouveau, dans ces derniers temps, par M. C. W. Andrews, assistant au british Muséum2. La tête osseuse du Phororhacus inflatus offre un aspect vraiment extraordinaire, avec sa portion cérébrale déprimée et sa portion rostrale fortement comprimée dans le sens latéral, comme chez certains Pétrels. Le bec se termine, comme chez les Rapaces, par un crochet qui devait être encore beaucoup plus accusé quand l’os était
- Fig. 1. — Crâne du Phororhacus inflatus, réduit de jdus de moitié. (D’après Andrews.)
- recouvert d’un étui corné, et en arrière de ce crochet, dans une échancrure, on remarque une ou deux petites denticulations analogues à celles qui existent sur le bec des Faucons; mais il n’y a point, sur le bord des mandibules, de véritables dents, comme on l’avait supposé d’abord. Tandis que le bec, dans sa portion supérieure, rappelle le bec des Falconidés, le crâne offre, dans sa région postérieure, quelques ressemblances avec le crâne des Cormorans. Les fosses temporales sont très amples et très rapprochées l’une de l’autre et les orbites, également très développées, sont abritées sous une sorte de voûte formée en majeure partie par des expansions des os lacrymaux. Dans toute cette partie, le crâne du Phororhacus n’est pas sans analogie avec le crâne des Agamis et des Cariamas. La mandibule supérieure est épaisse et massive, mais percée latéralement en arrière d’une fenêtre ovale. En avant elle se termine par une gouttière légèrement relevée que M. Andrews compare à la portion
- antérieure, d’ailleurs beaucoup plus élargie, de la mandibule du fameux Balæniceps rex. Elle s’articule par deux facettes distinctes sur l’os carré, qui chez les Oiseaux, comme chez les Reptiles, s’interpose entre le crâne et la mandibule inférieure.
- L’os hyoïde et ses dépendances sont, chose curieuse, très bien conservés et dénotent plus d’affinités avec les Cariamas qu’avec d’autres types ornithologiques.
- Le bassin est très long et très étroit et ressemble, à certains égards, au bassin des Plongeons et à celui des Hesperornis, Oiseaux dont on a trouvé les restes dans les terrains crétacés de l’Amérique du Nord et qui avaient les mandibules garnies de dents. Le fémur et surtout le tibia et le tarso-métatarsien sont allongés et assez grêles, tandis que l’humérus et le cubitus sont courts et épais. Le métacarpe ne
- 1 Bol. Inst. Geogr. Argent., t. XV, cahiers 11 et 12, Buenos-Ayres, 1890.
- 2 Ibis, 18%, p. 1 et Transact. Zonl. Soc. London. 1899, t. XV, part. o.
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- LA NATURE.
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- présente rien de bien particulier, mais le coracoïde, qui s’interpose comme un arc-boutant entre le sternum et l’omoplate, se l'ait remarquer par son allongement et sa faible épaisseur et rappelle l’os correspondant des Gallinacés. Les pieds sont assez courts, robustes et munis d’ongles recourbés.
- En résumé, quoique les naturalistes n’aient pas eu jusqu’à présent entre les mains toutes les pièces de la charpente osseuse du Phororhacus in fl alun, ils ont constaté chez cet Oiseau des caractères qui semblent empruntés les uns aux Rapaces, d’autres aux Gallinacés, d’autres aux Échassiers et aux Palmipèdes: aussi ont-ils beaucoup hésité sur la place qu’ils devaient assigner au genre Phororhacus dans la série des Oiseaux vivants et éteints.
- MM. Moreno et .Mercerat, dans leur Catalogue des restes d’Oi-seaux conservés au Musée de La Plata, ont rangé les Phororhacus dans un ordre distinct, celui des St er cor ni thés qui comprend plusieurs autres genres d’Oiseaux fossiles de la Patagonie cl dans lequel on a voulu parfois faire rentrer aussi les Ga-stornis des terrains éocènes de la France ; mais cet ordre des Ste-reornithes, que R. R. Sharpe a maintenu dans son List of Généra and Species of Birds paraît être composé d’éléments disparates. Pour M. Andrews les Phororhacus doivent être rapprochés des Grues, des Agamis, des Chaunas et surtout des Cariamas. Ces derniers Oiseaux, dont on peut voir de temps en temps des représentants dans nos ménageries, sont originaires de l’Amérique du Sud et l’un d’eux même, le Cariama de Pmrmeister, type du genre Ghunga, vit encore dans le pays qu’habitaient les Phororhacus, c’est-à-dire dans la République Argentine.
- Pour leur squelette et leur organisation interne
- les Cariamas se rapprochent des Grues. Ils sont hauts sur pattes, le Cariama de Rurmeister étant cependant un peu moins grand que le Cariama huppé, mais leurs doigts courts et terminés par des ongles recourbés ressemblent un peu à des serres d’Oiseaux de proie. De même si leur corps assez massif et recouvert d’un plumage épais, de couleur grise, est un corps d’Echassier, leur tête, avec le tour des yeux dénudés et le bec crochu à la pointe et fendu jusqu’aux yeux, est un hec de Rapace. Par
- leur physionomie générale ces Oiseaux rappellent beaucoup le Serpentaire ou Secrétaire de l’Afrique méridionale ou tropicale; aussi quelques auteurs les ont-ils rangés parfois dans l’ordre des Rapaces ; mais en réalité ce sont des Echassiers qui constituent, dans la grande famille des Grues, un groupe aberrant. Les Phororhacus offraient un type encore plus étrange, plus spécialisé, adapté à un genre de vie particulier. D’après la forme de leur bec, bien fait pour couper la chair, ces Oiseaux bizarres devraient avoir des appétits encore plus carnassiers que les Cariamas qui dévorent non seulement des baies et des Insectes, mais des Rongeurs et des petits Oiseaux.
- Comme on peut en juger par la figure dans laquelle on a représenté un homme debout à côté du squelette incomplet du Phororhacus inflatus, cet Échassier anormal était un véritable géant par rapport aux Cariamas actuels, sa tête s’élevait à près de 5 pieds au-dessus du sol. Les autres espèces offraient également des dimensions considérables. Les restes de ces Oiseaux ont été exhumés principalement des couches tertiaires de Monte Ohservacion, dans la province de Santa-Cruz, couches dont l’àge correspond à celui de nos dépôts miocènes. E. Olstai.et.
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- LA NATURE.
- UNE NOUVELLE CRÉMAILLÈRE
- POUR CHEMINS DE FER DE MONTAGNES
- Les chemins de fer à crémaillère ont rendu et rendent les plus grands services sur les lignes inclinées et sur tou-
- tes les voies en pays de montagnes, et il serait injuste de ne pas reconnaître les grandes qualités des types de crémaillères mis jusqu’ici en service, Riggenbach, Abt, etc. Mais, le plus souvent, ces dispositifs sont d’un montage assez compliqué, en même temps que l’on ne peut que difficilement munir la locomotive de pinces ou d’ancres
- Nouvelle crémaillère pour chemin de fer de montagne. . I. Vue en coupe longitudinale. — Fig. 2. Aiguill
- prenant appui sur la crémaillère, en cas d’accident, et empêchant toujours la moindre déviation dans le sens latéral.
- Or, dans la section suisse du palais du Génie civil et des Movens de transport, au Champ-de-Mars, près de ces deux grands projets en cours d’exécution qui sont le percement du Simplon et la construction du chemin de fer de la Jungfrau, nous avons trouvé un nouveau type de crémaillère fort intéressant,dont nous donnons divers dessins, et qui est dù à un spécialiste,
- M. E. Strub, ancien ingénieur fédéral du contrôle des chemins de fer de montagnes, et ancien inspecteur des chemins de fer de l’Oberland, qui a tout naturellement été amené à étudier de très près les questions relatives aux voies ferrées de montagnes.
- 11 est certain que cette crémaillère est très simple de fabrication et de pose : et d’abord elle est tout d’une pièce, ce qui lui permet de se prêter facilement aux courbes. C’est en somme un rail plus ou moins renforcé comme profil, ainsi que nous l’indiquerons tout à l’heure, dont l’âme et le patin sont absolument identiques à l’âme et au patin d’un rail Vignole, ou Goliath plutôt; mais la
- surface de roulement est remplacée par une série de dentures dont on verra très nettement le profil dans la figure 1. Le fond des dents est chanfreiné à partir
- du milieu, tandis que la partie supérieure des dents mêmes est de forme conique.-Dans des conditions normales, on emploie une crémaillère qui pèse 34 kg par mètre courant, le métal en est de l’acier, dont l’allongement est de 20 pour 100 et la résistance moyenne à la rupture atteint 45 kg par millimètre carré. Naturellement il faut, pour la fabriquer, un outillage un peu spécial qui fonctionne aux usines de Roll, à Gerlafin-gen en Suisse. La première opération principale consiste à percer deux à deux des trous au fond de ce qui sera le creux des dents; puis on découpe ce creux, ce qui forme les flancs de ces dents, les incisions se faisant suivant l’inclinaison de ces flancs; enfin le morceau d’acier restant ayant été enlevé, on obtient par fraisage le fond définitif des creux en forme de coin. Bien entendu, il reste ensuite à percer les trous pour les boulons d’éclisse. ainsi qu’à tronçonner les crémaillères à la longueur voulue, à débarrasser les flancs des dents des bavures, et
- Fig. 5. _ VUe eu coupe. — Fig. -i. Pinces. — Fig. 5. Éclisses e» roue dentée.
- Fig. 6. — Éclisses intermédiaires. ,
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- LÀ NATURE.
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- enfin à tremper ce mêlai dans un bain de goudron.
- Par suite même de la disposition de cette crémaillère, on peut la fixer sur les traverses métalliques comme les rails ordinaires, à part pourtant les éclisses; la forme de ccs dernières (fig. 5 et 6), empêche qu’il ne se produise la moindre inégalité dans la hauteur des dents au point de réunion de deux sections successives de crémaillère. Il est quelquefois nécessaire de recourir à des éclisses intermédiaires, qui présentent comme les autres un évidement rectangulaire dans leur pied, pour donner place au boulon de fixation sur la traverse.
- Nous n’avons pas encore insisté sur un détail qui a bien son importance, et que fait du reste comprendre la figure 4. La forme même de cette sorte de rail-crémaillère permet de monter, sur la locomotive venant prendre appui sur la crémaillère, une pince à deux branches qui glisse des deux côtés de cette crémaillère et peut la saisir facilement, en cas de danger, en donnant un moyen d’arrêt instantané. Les branches de la pince empêchent du reste la roue à dents de la machine motrice de dévier : elles forment guides latéraux en même temps que freins de sûreté. La figure 4 montre les pinces en place ; la figure 5 fait constater la manière dont les dents de la roue entrent dans les évidements de la crémaillère.
- La forme spéciale de cette crémaillère permet de simplifier et de rendre plus sûrs les aiguillages en pleine voie : la figure 2 d’un de ces aiguillages nous dispensera d’insister sur le dispositif. Le levier des aiguilles proprement dites, en même temps qu’il commande les déplacements ordinaires, agit sur un premier bout de crémaillère articulé qu’il peut retirer de la voie principale en l’insérant en face de l’entrée de la voie bifurquée; de plus, il agit sur deux autres bouts de crémaillère qui se déplacent en sens inverse par leur bout mobile, et dont les extrémités se mettent en prolongement l’une de l’autre pour former la crémaillère continue de la ligne bifurquée, tandis qu’enfm les leviers rappellent un autre bout de crémaillère faisant partie de la ligne principale. Cette dernière action a pour résultat de laisser le libre passage des roues du convoi prenant la voie déviée, sur les rails de celle-ci. Le jeu de cet aiguillage se comprendra si l’on veut bien examiner les divers leviers de renvoi.
- Nous devons ajouter que cette crémaillère a déjà été soumise à l’épreuve de la pratique : non seulement elle a été installée sur le chemin de fer incliné de la Schy-nige-Platle, bien connu de tous les visiteurs d’Inter-laken, mais encore elle assure la traction des trains de voyageurs ou de marchandises sur la portion déjà exploitée du chemin de fer de la Jungfrau. Daniel Bellet.
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- LE MUSÉE CENTENNAL
- DE LA CHIMIE FRANÇAISE1
- Sous ce titre notre collaborateur, M. T. Obalski, a publié un article dans lequel il a rappelé les noms des Chimistes Français du siècle. Les noms de M. Schiitzenberger et de M. Le Chàtelier ont élé oubliés; nous nous empressons de réparer cet oubli. M. 0. Boudouard, président de l’Association amicale des anciens élèves de l’Ecole de Physique et de Chimie industrielles de la Ville de Paris, ancien préparateur de M. Schiitzenberger et préparateur de M. Le Chàtelier, a bien voulu nous adresser à ce sujet les renseignements suivants :
- Schiitzenberger a cultivé la chimie pure et appliquée.
- 1 Voy. n° 1430, £ du 20 octobre 1900, pé 326.
- Ses premières recherches ont traiU*à^’« Industrie des matières colorantes ». Dans le domaine de la chimie organique pure, et particulièrement de la chimie théorique, Schiitzenberger débuta par^un travail de maître en publiant les « Essais sup-Ja substitution des éléments et radiaux électronégatifs aux métaux des sels » ; il publia une méthode ingénieuse, et alors nouvelle, pour fixer le degré de basicité (atomicité) des sucres et autres hydrates de carbone; et, parmi de nombreux mémoires, il convient de signaler celui relatif « aux carbures d’hydrogène des pétroles du Caucase ». Enfin, dominant cet ensemble de travaux, vient se placer le remarquable travail sur la « constitution des matières albuminoïdes » qui sert actuellement de fondement solide à nos idées sur les transformations chimiques successives qui se produisent dans le protoplasma de toute cellule vivante.
- En chimie minérale, nous citerons les mémoires relatifs aux « composés platinocarboniques phosphoplatini-ques », sur les « composés binaires du platine et du silicium, etc. », mais nous retiendrons particulièrement la découverte de l’« acide hydrosulfureux », qui devait être si fertile en applications (teinture, analyses des gaz).
- En chimie biologique, Schiitzenberger avait particulièrement étudié la « respiration des cellules de la levure de bière ».
- Enfin, en 1882, la Ville de Paris créait son École de Physique et de Chimie industrielles, imitée de celle de Mulhouse, et nul ne songea pour la diriger à d’autre qu’à Schutzenberger. Durant les quinze dernières années de sa vie, il a rempli cette fonction avec la compétence, la conscience et la paternelle bonté pour ses élèves dont lui seul avait le secret.
- Henri le Chàtelier a effectué de son côté des travaux très importants d’ordre purement scientifique se rapportant à la mécanique chimique, à la dissociation, aux transformations allotropiques et à la dissolution.
- Au point de vue des applications industrielles, il a fait des études sur les mortiers et ciments, la mesure des températures élevées (couple thermo-électrique, pyromètre optique, etc.). Il a étudié la céramique, les métaux et alliages au point de vue de leurs propriétés physiques et chimiques, la combustion des mélanges gazeux, l’utilisation des combustibles, les explosifs, le grisou. J. L.
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- A PROPOS D’EX LIBRES
- « U ne faut jamais prêter ses livres, dit un personnage d’une amusante caricature de Baric, en montrant sa bibliothèque. Ainsi tous les livres que vous voyez là sont des livres qu’on m’a prêtés. »
- Impossible de faire ressortir mieux que par cette cynique réponse la déplorable facilité avec laquelle les livres empruntés ne sont pas rendus.
- Les écoliers connaissent bien cette fâcheuse tendance et ils ornent leurs livres de classe d’inscriptions, souvent pittoresques, destinées à affirmer leurs droits de propriété. Sur combien de livres, tout maculés d’encre, aux coins cassés, aux pages toutes recroquevillées, n’a-t-on pas pu lire ccs vers qui valent plus par l’intention que par la composition :
- Si, tenté du démon,
- Tu dérobes ce livre,
- Apprends que tout fripon Est indigne de vivre.
- Dans les lycées, pour flétrir les « chipeurs de li-
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- LA NATURE.
- vres )) on avait inventé, vers 18 48, le quatrain suivant :
- As pic e Pierrot pendu Quia librum n’a nas rendu Si librum rcdditl issct Pierrot pendu non fuissct.
- On représentait comme on pouvait, au-dessus do ees vers, nue potence à laquelle était piteusement pendu le « eliipeur ».
- Ce « Pierrot pendu » n’est pas une invention moderne, et >1. Emile Rouveyre signale un manuscrit
- mfofftfjoi Mftkciomt) bxfiidpi).
- mmm Wm*
- mU mm pmim wt$ toc*
- lin des j)lus anciens ex libns.
- précieux conservé à la Bibliothèque Sainte-Geneviève — le livre du célérier de cette ancienne abbaye — qui porte, sur le premier leu il lot, des vers datant du commencement du xvie siècle, alternativement français et latins, portant que celui qui dérobera ce livre
- Au gibet pendu sera.
- 11 {tarait que cet avertissement, présenté sous forme plaisante, aurait pu être suivi d’effets très sérieux.
- Au xe et au xi° siècle, époques auxquelles les livres appartenaient surtout à des églises, les peines spirituelles les plus graves, telles que l’excommunication, l’anathème,'étaientinvoquées de préférence aux châ-
- timents corporels par ces formules comminatoires1.
- Ces épigraphes ne sont pas toujours aussi effrayantes et celle que M. Rouveyre a lue sur un Ovide, imprimé en 1501, est assez réjouissante :
- Ce présent livre est a Jetian Theblereau Qui le trouvera sv lui rende :
- Il lui poyra bien le vin Le jour et teste Saint-Martin Et une mésange à la Saine! Jean S y la peut prendre.
- Nous devons à M. Rujarric Descombes, vice-président de la Société historique et archéologique du Périgord, communication d’un ex libris du même genre, mais avec gravure, qui est le premier des ex libris périgourdins de ce genre que l’on connaisse et probablement aussi le {dus ancien des ex libris français2.
- Cet ex libris, représenté ci-contre, a été découvert par M. Cailliac, bibliothécaire de la ville de Périgueux, sous une bande de papier qui recouvrait le revers de la reliure d’un ouvrage de Perotti, imprimé à Paris en 15!29.
- C’est ïex libris de Jean Bertaud de Latour-blanche, auteur d’un des premiers ouvrages de défense contre les luthériens. Il représente saint Jean l’Évangéliste, patron de cet écrivain, avec l’aigle et la bête symbolique de l’Apoealypse aux sept tètes avec des cornes surmontées de diadèmes. L'ex libris a été un peu abîmé quand on a voulu le débarrasser du papier qui le cachait. Après avoir fait connaître son nom et le lieu de sa naissance : Johannes Bertaudus Petragorici Turris albe alumnus dueatus Engolismensis, Bertaud se déclare propriétaire du livre -— lmjusce operis possessor, et adresse ensuite un distique au lecteur :
- Ad lectorem distichon Bacchia gyninate persolvam muuera vitis Ad me si redeat perdit us iste liber.
- Bien qu’il soit difficile de traduire gyninate, on voit que le propriétaire du livre promettait à celui qui le lui rendrait, en cas de perte, quelque
- ‘ bouteille de bon vin, cadeau point banal pour ceux qui connaissent la renommée des anciens vignobles de Latourblanehe. Bertaud fait suivre ce distique de sa devise : « Bon vouloir ».
- Ces ex libris avec gravure ont fait leur chemin : s’ils ne promettent plus maintenant de bouteille de bon vin, ils ne sont pas moins très intéressants pour l’histoire des livres, et des amateurs passionnés en ont réuni des collections très appréciées.
- Cet usage des ex libris, dégénéranf^pielquefois en manie, a excité la verve des critiques.
- La plus amusante de ces satires est celle qui représente un financier, homme d’ordre, recommandant à son chapelier de mettre au fond de ses chapeaux : Ex libris Vaudoré! V. Brandicourt.
- 1 Émile Rouveyre. Connaissances nécessaires à un bibliophile. Tome Vf.
- 2 Bull, de la Soc. historique et archéol. du Périgord, janvier-février 1000.
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- LA NATURE.
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- ENREGISTREMENT
- l’enregistrement
- YITESSE DES AUTOMOBILES
- PROCÉDÉ GAUMONT
- On a beaucoup discuté à propos de l’ordonnance du Prêtât de police qui interdit aux voitures automobiles de dépasser certaines vitesses dans les rues, promenades et endroits fréquentés des piétons. En principe, il laut bien admettre que, dans l’intérêt général, une mesure semblable doit être prise, surtout en présence du sans-gêne de certains « chauffeurs », qui, considérant un peu trop la chaussée comme leur propriété, s’imaginent volontiers qu’après avoir donné un coup de trompe, ils ont le droit de tout écraser. En pratique, la chose est plus difficile, parce que la contravention est basée sur une simple appréciation de l’agent qui la fait, et que, même en prenant des témoins, il est fort difficile de se mettre d’accord non seulement pour savoir si la voiture marchait à 15 ou à 25 kilomètres à l’heure, mais simplement si elle avait une allure trop rapide
- 11 n’y a que
- automatique qui puisse donner satisfaction à tout le monde ; aussi a-t-on proposé différents moyens. Les journaux quotidiens ont même, il y a peu de temps, publié à ce sujet des projets aussi peu pratiques que peu scientifiques, et auxquels il n’y a pas lieu de s’arrêter. M. Gaumont, le constructeur bien connu d’appareils photographiques et cinématographiques, a donné, croyons-nous, la seule méthode réellement utilisable : elle consiste à faire deux photographies à un intervalle de temps connu et à mesurer le déplacement sur l’épreuve.
- Pour faire mieux comprendre le principe, nous supposerons d’abord qu’on a installé l’un à coté de l’autre deux appareils photographiques qui permettent de faire deux clichés de la voiture à un vingtième de seconde d’intervalle. Ces deux clichés étant développés, nous mesurons sur le premier la distance qui sépare le centre de la roue d’avant du centre de la roue d’arrière; nous trouvons 5 centimètres. Nous prenons la même mesure sur la voiture elle-même et nous trouvons lm,50 : le rapport entre les deux mesures est 50; c’est-à-dire que nous avons une image de l’objet à l’échelle du cinquantième. Sur cette image et sur tout»', autre faite avec un appareil identique, toutes les mesures, relatives aux objets situés à peu près sur le même plan que la voiture, seront au cinquantième. Choisissons maintenant sur l’image dans le voisinage de la voiture un point fixe, un arbre, par exemple, et mesurons la distance qui
- les sépare. Sur le premier cliché, nous trouvons qu’entre cet arbre et l’arrière du véhicule il y a 2 centimètres ; sur le second cliché, il y a 5 centimètres : nous pouvons en conclure qu’en un vingtième de seconde le déplacement d’un point sur l’image a été de 1 centimètre, et, comme l’échelle est de 1/50, il en résulte que sur le terrain ce déplacement est de 50 centimètres pendant le même temps, ce qui fait 10 mètres à la seconde ou 56 kilomètres à l’heure.
- 11, serait peu' pratique évidemment de prendre deux appareils à poste fixe, et en outre la position du point fixe choisi par rapport à la voiture pourrait donner lieu à des erreurs; aussi n’est-ce pas ainsi qu’opère M. Gaumont. Il a imaginé un appareil unique qui répond à tout : c’est tout simplement une chambre à main 9x12 munie d’un obturateur de plaque, dans lequel il a pratiqué deux fentes au
- Vue
- de deux images successives obtenues pour l'enregistrement de la vitesse des automobiles.
- lieu d’une seule; ces deux fentes étant séparées de quelques centimètres. 11 est clair qu’avec un appareil de ce genre chaque fente, pratiquée dans le rideau qui se déplace contre la plaque, donnera une image de la voiture en mouvement (voy. fig.) et qu’il suffira de mesurer la distance entre deux points identiques de chaque image pour connaître le déplacement pendant le temps que le rideau a mis à se déplacer. Par construction ce temps, qui est en somme la vitesse de l’obturateur, peut être telle qu'on voudra, et on pourra toujours la choisir suffisante pour que la distance entre les deux images soit facile à mesurer, parce qu’on sait qu’il s’agit seulement de mobiles dont la vitesse variera entre 20 et 40 kilomètres.
- Il ne faut pas oublier, en effet, le but qu’on se propose : il ne s’agit pas de mesurer à 100 mètres près le chemin parcouru ; il s’agit seulement de savoir si le « chauffeur » est dans les limites du règlement. Or, ces limites sont assez élastiques pour qu’on puisse accepter une erreur possible de 2 ou 3 kilomètres,
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- ofif.
- et l’approximation est certainement suflisante pour qu'on n’ait pas cette erreur, il n’y a «pie dans le cas où la photographie est prise absolument de face ({lie la mesure peut être considérée comme rigoureuse; dans tous les autres cas il y a évidemment sur l’image un raccourcissement des lignes dù à la perspective; mais il en résulte que l’erreur profite au « chauffeur » qui semble avoir marché moins vite qu’il ne le faisait en réalité.
- On pourra objecter ({lie la vitesse de l’obturateur, qui joue un grand rôle dans le calcul, peut varier et fausser le résultat;mais il serait très simple de contrôler cette vitesse aussi souvent qu’on le désire en faisant un cliché d’un mobile ayant une vitesse invariable, comme par exemple une aiguille à laquelle un mouvement d’horlogerie bien réglé ferait accomplir un tour par seconde; un cadran, placé derrière et gradué en centièmes, donnerait ainsi une vérification facile. On remarquera que la photographie offre l’avantage de faciliter la découverte ultérieure de la voiture qui a cherché à échapper, par la fuite, aune contravention; et ceci répond précisément à un reproche qu’on a fait à cette méthode de nécessiter une mesure sur la voiture elle-même. [1 est clair que si cette mesure est rendue impossible, par suite de la disparition du véhicule, toute constatation devient inutile puisqu’on ne sait pas contre qui il y a lieu de dresser procès-verbal.
- Au point de vue pratique rien ne s’oppose à ce qu’un tel appareil soit adopté par la Préfecture de police qui en munirait ceux de ses agents qui sont chargés de la surveillance des automobiles ; la dépense serait peu considérable. Les a chauffeurs » seraient les premiers à applaudir une mesure qui permettrait d’éviter à l’avenir toute discussion.
- G. Mai iESCMAL.
- NÉCROLOGIE
- M. C.-A. (liiiyenet. —M. Constant-Auguste Guyenet, vice-président de la Chambre syndicale des mécaniciens de Paris, ingénieur principal de la manutention et des appareils de levage à l’Exposition universelle de 1900, officier de la Légion d’honneur, est décédé le 22 octobre, à l’àge de soixante-neuf ans. Ingénieur-mécanicien distingué, il jouissait d’une juste réputation.
- J.-ÜH. Sarcla. — M. J.-M. Sarcia, ingénieur-électricien, chevalier de la Légion d’honneur, est mort le 21 octobre à Montmorency. M. Sarcia, après avoir dirigé la Société pour le travail électrique des métaux, s’occupait spécialement de l’installation des tramways électriques dont il avait étudié le fonctionnement dans les principales villes d’Europe et d’Amérique. Il avait, en 1899, fondé avec M. Moreau, secrétaire général du syndicat des employés d’omnibus, une société coopérative ayant pour but l’exploitation de lignes de tramways dont il avait demandé la concession. M. Sarcia était âgé de cinquante et un ans. J. L.
- CHRONIQUE
- L’Lniversité impériale de Toltio. — Bien que n’ayant guère qu’un quart de siècle d’existence, puisque
- auparavant ce n’était qu’une sorte d’école secondaire sans importance, l’Lniversité de Tokio a pris aujourd’hui un développement vraiment extraordinaire, et les étudiants japonais peuvent y trouver, pour ainsi dire, tous les enseignements supérieurs. Elle comprend ce qu’on appelle six « Collèges » et ce que nous nommerions six Facultés : le Droit, la Médecine, le Génie civil, les Lettres, les Sciences et l’Agriculture y sont enseignés. Un peut même constater immédiatement que les programmes généraux sont plus complets que ceux de nos Universités. Quant au nombre des chaires, il est tout à fait extraordinaire. En effet, et à titre de simple exemple, nous dirons qu’il y en a 4 pour le Génie civil proprement dit, 5 pour la mécanique, autant pour l’architecture navale,
- I pour le génie maritime, 1 pour la technologie des armes, 5 pour les constructions électriques, et le reste à l’avenant. Aussi le Japon n’a-t-il plus besoin de la vieille Europe pour former d’excellents ingénieurs ou de très bons médecins.
- Le chauffage des locomotives à la tourbe. —
- En présence de la réelle pénurie de combustible dont on souflre dans toute l’Europe, le moment est particulièrement bien choisi pour essayer de tirer parti de combustibles pauvres que l’on négligeait à peu près complètement jusqu’ici, au moins dans les usages industriels. C’est ainsi que le bois et le naphte subissant, eux aussi, une très forte hausse de prix, on vient d’essayer de chauffer à la tourbe les locomotives de la ligne dite chemin de fer Nicolas. Bien entendu, on emploie des briquettes de tourbe qu’on a convenablement séchées pour en chasser la plus grande partie de l’humidité.
- Nouvel isolant pour râbles électriques. — C’est M. Heyl-Dia qui en donne la formule : il conseille tout simplement de prendre comme base de l’isolant delà pâte à papier ordinaire à laquelle on ajoute une substance non hygrométrique, huile, poix, dissolution de résine. Le mélange demande à être brassé énergiquement, et la proportion de ces substances doit varier suivant (a pâte à papier qu’on emploie, dans des limites comprises entre 5 et 40 pour 100.
- L’élcetrisation dans l’air liquide. — MM. Ébert et Hoffmann viennent de faire une intéressante expérience avec de l’air liquide : ils y suspendent une masse de métal à un fil de cocon de ver à soie, puis ils la reli-rent, et ils constatent que ce métal est électrisé négativement. D’ailleurs, le môme résultat est obtenu avec du bois, de la cire, du verre, etc. Mais il ne se produit aucune électrisation de cette sorte si l’air est préalablement filtré et, par conséquent, débarrassé de toutes particules de glace. Si, par contre, on frotte légèrement le métal sur la mince couche de glace qui se forme rapidement à la surface de l’air liquide, quand on le garde dans un verre ou une coupe, et cela simplement en la faisant monter et descendre, on constate alors que l’électrisation devient très forte. Cette partie de l’expérience tendrait à prouver que l’électrisation provient du frottement qui se produit entre la glace et le corps suspendu, la glace prenant une charge positive. On pourrait fonder une machine électrique sur cette observation.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 29 octobre 1900. — Présidence de M. M. Lévy.
- Modifications des propriétés des corps simples. — M. A. Gautier présente une Note de M. G. Lebon, rela-
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- tive à la transformation dos propriétés chimiques de quelques corps simples par l’addition de très faibles quantités de corps étrangers. Partant de cette remarque que des traces d’humidité suffisent pour modifier profondément les propriétés phosphorescentes de certains corps, il a essayé de rechercher si l’addition de substances étrangères pouvait modifier les propriétés d’un corps. 11 a découvert ainsi que le magnésium, additionné de 1/14 01)0 de son poids de mercure, décompose l’eau à la température ordinaire et s’oxyde instantanément à l’air, comme le sodium. Le magnésium ne possède pas du tout ces propriétés. I)e même l’aluminium qui a (( touché » le mercure acquiert la propriété de s’oxyder à l’air avec une rapidité extrême et de décomposer l’eau. Une lame d’aluminium qui a plongé dans le mercure par sa pointe, est attaquée par l’eau et disparaît. M. Berthelot objecte que la propriété de l’aluminium amalgamé de décomposer l’eau et de s’oxyder à l’air est déjà connue et que de même l’amalgame de fer décapé foisonne dans l’eau.
- Découverte d’un poison. — M. Guignard présente une Note de MM. Schlagenhauffen et Reeb sur un glucoside nouveau contenu dans la graine de certains crucifères Erysimum. On sait que ces graines contiennent une substance piquante et sulfureuse du genre de la moutarde. Les auteurs y ont découvert un glucoside qui est un poison violent du cœur et qui est accompagné d’un alcaloïde déterminant la paralysie.
- La vitesse de la lumière. — M. Perrotin communique les résultats de patientes et laborieuses expériences qu’il vient d’effectuer à l’Observatoire de Nice, dans le but d’obtenir une valeur de la vitesse de propagation de la lumière dans l’air. Le procédé employé est celui qui a été usité, en 1874, par M. Cornu pour déterminer cet élément fondamental. Les appareils qui ont servi à M. Perrotin sont ceux de M. Cornu, conservés à l’Observatoire de Paris. Les expériences ont duré une année ; elles comportent 1500 déterminations faites dans des conditions atmosphériques toujours bonnes, avec une installation permanente et un personnel parfaitement dressé, condition qui introduit une garantie d’exactitude considérable. La distance franchie était de 12 kilomètres. M. Perrotin a trouvé : v = 299 900m ; ce nombre se rapproche de celui obtenu par Michelson à l’aide du procédé du miroir tournant imaginé par Foucault. Michelson a trouvé, en effet, 299 910“ ; M. Cornu avait obtenu 300 UOO"1 par seconde.
- Varia. — M. Moissan présente une Note par laquelle M. Jaubert signale que dans un pli cacheté, déposé en avril 1898, il a signalé le premier la possibilité d’appliquer la propriété du bioxyde de sodium de dégager de l’oxvgène en présence de l’eau, pour régénérer l’air vicié. M. Jaubert ajoute que de nouvelles recherches, faites sous les auspices du Ministère de la marine et de la Société d’électrochimie, l’ont conduit à la découverte de corps oxygénés nouveaux. Ces corps permettent de préparer l’oxygène à un firix de revient très bas. — M. Cornu communique une Note de MM. Jérot et Fahrv sur une méthode interférentielle pour la détermination des longueurs d’onde dans le spectre solaire. — M. Giard présente une Note de M. le J)r Garnauld sur l’acoustique, la phonation et la fonction de l’oreille telles que les concevaient les anciens Egyptiens. — M. Moissan présente une Note de M. Fons Diacon dans laquelle l’auteur décrit les propriétés de trois séléniures de cobalt découverts par lui.
- Cil. DE VlLLEDEUlL.
- LE (,I!\M) SERPENT DE MER
- DU JARDIN D’ACCLIMATATION
- Le serpent de mer, le grand serpent de mer à Paris ! Le serpent de mer a toujours appartenu à la légende, bien que quelques voyageurs aient aflirmé l’avoir vu. Ces monstres gigantesques ont été signalés dès 1555, et Olaus Magnus en a donné une description plus que fantaisiste. En 1821, le voyageur russe Krinkoff prétendit en avoir vu un en traversant les parages du détroit de Behring. La bète était rouge, d’une longueur démesurée, et sa tète ressemblait à celle d’un lion de mer. D’autres encore ont aperçu le grand serpent de mer.
- En réalité, on parait s’être illusionné sur l’existence d’un semblable animal. 11 existe une famille de serpents (hydrophiles) dont les représentants vivent en ce moment encore dans la mer et parviennent aux embouchures des fleuves et surtout dans l’océan Indien; mais ils ne sont pas très grands et n’offrent rien de commun avec les monstres gigantesques dont quelques voyageurs d’imagination ont annoncé l’existence. 11 est vraisemblable que les monstres qui ont tant fait parler d’eux ne sont que des simples 'mammifères pinnipèdes dans le genre du lion marin, mais peut-être plus grands. On n’a jamais capturé aucun de ces animaux problématiques.
- Le serpent de mer du Jardin d’Aeclimatation a été facile à acclimater, car on l’a fabriqué de toutes pièces à Paris et M. Porte, le directeur de l’établissement du Bois de Boulogne, lui a tout bonnement accordé l’hospitalité. U n’est, malgré l’apparence, ni en chair ni en os, mais bien en métal et en bois. Il a été créé par M. Walter Stenning qui l’a même fait breveter en France et à l’étranger. Breveter le serpent de mer reconstitué est un comble ! L’inventeur a baptisé son œuvre du nom euphonique d’« Ophion ». C’est, comme on pourra en juger d’après nos dessins, un monstre dans toute la force du terme, une bête apocalyptique, tel que les explorateurs d’imagination ont pu le rêver.
- Les visiteurs du Jardin d’Aeclimatation s’arrêtent stupéfaits quand ils aperçoivent circulant doucement dans les allées, à travers le feuillage, ce monstre roulant. Les animaux du Jardin ont fait d’abord comme les visiteurs; ils ne quittaient pas des yeux l’énorme serpent. L’éléphant n’en revenait pas de se trouver face à face avec un animal cent fois plus gros que lui. L’Ophion mesure plus de 50 mètres de longueur et 2 mètres de diamètre. Les anneaux qui constituent son corps sont mobiles pour permettre à la bête de se déplacer dans les courbes des allées. La tête est gigantesque, les yeux effrayants. Tout le long de son corps on a installé des banquettes, de sorte que les visiteurs, après s’être familiarisés avec la bête, peuvent grimper dessus, s’asseoir et faire avec lui le tour du Jardin.
- Au fond, pour tout dire, c’est un véritable train à boggies dont les anneaux de l’animal constituent les voitures, un train bien déguisé! Tout cela avance
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- LA NA TURF,
- électriquement. Dans les anneaux ou segments, on a disposé des accumulateurs électriques. Ceux-ci don-
- nent le courant qui fait marcher une petite dynamo, laquelle entraîne les roues cachées sous la carapace
- Fig. 1. — Lu grand serpent de mer du Jardin d'Aeclimatalion, à Paris.
- Fig. 2. — Vue intérieure du mécanisme moteur du serpent de mer.
- de l’animal. Dans la tête est assis un mécanicien qui tranquillement dirige le monstre roulant au milieu des allées bondées de curieux. En somme c'est tout simple, ingénieux, original et cela amuse beaucoup les petits et les grands enfants. Ophion est la nou-
- veauté d'aulomnc du Jardin d’Acclimata lion. Nous en aurons eu la primeur à Paris. Flamee.
- Le Gérant : P. Massov.
- Paris. — Imprimerie Laucue, rue de Fleurus, 9,
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- V 1 -453. — 10 NOVEMBRE 1900.
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- LES PALAIS DE L’HORTICULTURE
- L’ensemble des palais de l’Horticulture, au Cours-la-Heine, est formé de trois parties : deux palais proprement dits et un jardin à la française situé entre les deux.
- Chacun de ces palais, •— car c’est bien le nom qu’il convient de leur donner, plutôt que celui de serres, — est composé essentiellement d’une nef, avec une partie terminale en rotonde, formant annexe, reliée à la nef proprement dite par un couloir. Les faces latérales, comprises entre la Seine et la rue de Paris, sont ornées de bow-
- windows, au nombre de 14 (7 sur chaque face).
- Les nefs sont de forme rectangulaire, les bow-windows de forme ogivale. La rotonde est elliptique. A chaque extrémité de la nef sont disposés des pylônes (4 pour chaque palais) en fer.
- A l’intérieur, à la hauteur des chenaux qui reçoivent les combles des bow-windows, ont été établies des jardinières en encorbellement (7 également de chaque côté).
- Les dimensions sont les suivantes : longueur totale de chaque palais, 82 mètres, divisés en 59 mètres de nef et 25 mètres de rotonde, y compris le couloir qui les relie à la nef; largeur, 55 mètres environ, soit 16m,66 pour la grande nef, 8m,55 pour les
- Vue d'ensemble du plais de rdm-lietillure.
- bas-côtés formés par les bow-windows. Quant à la rotonde annexe, la longueur du grand axe est de 24 mètres, celle du petit axe de 18 mètres, non compris le couloir.
- La hauteur du dôme de la nef est de 18m,40; celle des bow-windows de 9m,10 et celle de la rotonde de 17 mètres. L’élévation des pylônes peut être évaluée à 19 mètres.
- Les portes sont larges de 5m,20, permettant une entrée facile, et hautes de5m,25, y comprisl’archivolte.
- La décoration a joué un rôle important dans la construction du palais de l’Horticulture. La charpente entièrement métallique est agrémentée de treillages artistiques qui produisent le plus heureux effet. Les grands pignons des façades principales, les faces latérales, les pylônes, les bow-windows, 28e aimée. — 2e semestre.
- sont décorés de treillages. En un mot, c’est le triomphe du treillage. Il faut signaler tout particulièrement les motifs de décoration en éncorbellement qui accotent les pylônes, et, à l’intérieur, ceux qui garnissent les jardinières. Des motifs spéciaux d’ornementation — toujours en treillage — ont été disposés, pour former pilastres, entre chaque bow-window, ainsi qu’au-.dessus des portes de chaque grande façade, dans une des fermes formant tête.
- Pour en finir avec ces palais, disons que, pour supporter leur avancée, des encorbellements en ciment armé ont dù être établis sur la Seine. Le vitrage ne doit pas non plus être passé sous silence ; il est en grande partie fait en verre cathédrale, sauf les faces latérales, qui sont en verre blanc, avec verres spéciaux décoratifs dans les frises.
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- LÀ NATUR'E.
- Entre les deux palais a été dessiné un jardin à la française, large de 70 mètres sur 50 de profondeur.
- Lui formant fond, a été construit un pavillon long de 100 mètres sur 15 de largeur et haut de 12 mètres. C’est une sorte d’annexe réservée aux arts horticoles (classe 43), bâtie en sapin, avec pilastres, parties vitrées et motifs de décoration également en treillage.
- Le soir, des illuminations électriques sont venues pendant toute la durée de l’Exposition rehausser l’élégance des palais, dessinant en motifs lumineux les grandes façades, les faces latérales avec leurs bow-windows et le pavillon de fond.
- C’est dans ce milieu féerique que les horticulteurs ont exposé les produits de leurs cultures. Quant à la forme, à la disposition des massifs, ils ont changé à chacun des concours temporaires. Rappelons d’une façon générale que les fleurs coupées, les légumes et les fruits ont été habituellement placés le long des bas-côtés en galerie, surélevés au-dessus du sol de la grande nef. Après-demain, 12 novembre, toute cette féerie aura disparu. Les palais, à vrai dire, ne sont pas des serres, n’étant pas destinés à recevoir de chauffage. Leur construction fait le plus grand honneur à l'habile architecte M. Gautier, qui en a été chargé et qui s'est montré doublé d’un véritable constructeur de serre. Que n’en a-t-il été de même au Muséum, lors de l’établissement de la grande serre? P. Hariot.
- LA MORT CHEZ LES ANIMAUX
- La mort chez les animaux ne revêt pas les mêmes caractères moraux que chez l’homme. Comme le remarque le I)r Paul Ballion, à qui nous empruntons les éléments de cet article, si les bêtes ont l’idée de la mort, elles n’en ont pas du moins la cruelle appréhension, plus heureuses en cela que l’homme, à qui la pensée de la vie future inspire une juste crainte. Elles n’ont ni les regrets du passé, ni les inquiétudes de l’avenir. En outre, le dernier passage est le plus souvent adouci pour elles par deux circonstances favorables : l’insensibilité relative qui caractérise un grand nombre de ces bêtes, et la promptitude avec laquelle la plupart d’entre elles succombent à la dent de leurs ennemis.
- Quand la mort arrive, l’animal la subit sans murmure. Jusqu’aux convulsions de l’agonie, il conserve le calme obstiné, qui, avec son attitude, dénote chez lui la conscience obscure de la déchéance finale et le pressentiment de sa fin prochaine. Quelques exemples suffiront pour faire ressortir le caractère de gravité sereine — presque de majesté — que la mort revêt chez les animaux.
- Les littérateurs eux-mêmes ont noté cet état d’âme. Ainsi Pierre Loti raconte quelque part qu’il avait blessé à mort un jeune singe. « Quand je le ramassai, il vivait encore, mais d’une vie trop faible pour tenter aucune résistance. Comme chose morte, il se laissa prendre; ses petites lèvres pincées tremblaient et ses yeux d’enfant regardaient les miens avec une inoubliable expression d’agonie, de terreur et de reproche.... Le front appuyé sur ma poitrine, il mourut, le singe, dans une attitude de presque confiance, dans une pose de petit enfant. ))
- L’orang-outang, cependant si farouche, renonce,
- lorsqu’il est à bout de forces, à une défense devenue inutile, et prend l’expression de la douleur suppliante. L’un d’eux, qui fut tué par l’équipage d’un navire anglais, à Sumatra, regardait ses blessures et y portail la main d’une manière si piteuse que les homin s en furent singulièrement émus, et qu’ils se reprochèrent la mort de cet animal comme un véritable assassinat.
- Un cercopithèque, blessé par Brehm, tomba sur le sol, resta tranquillement assis et essuya, sans pousser le moindre cri, le sang qui coulait de ses nombreuses plaies. « Il y avait, en ce moment, ajoute le savant naturaliste, quelque chose de si humain, de si noble et de si calme-dans son regard, que j’en fus ému au point que je me précipitai sur le pauvre animal pour lui passer mon couteau de chasse à travers le corps, et mettre ainsi fin à ses souffrances. »
- D’après Jules Gérard, lorsqu’un lion est tombé dans la fosse creusée par les Kabyles, il fait des bonds prodigieux pour en sortir ; puis il se résigne. Il entend les cris de joie de tous les habitants du douar ; « il a compris qu’il est perdu, qu’il mourra là d’une mort honteuse et sans défense ; mais il recevra les injures et les balles sans se plaindre et sans sourciller.... C’est ordinairement après qu’il a reçu une dizaine de balles sans bouger, sans se plaindre, que le lion lève majestueusement sa belle tète pour jeter un regard de mépris sur les Arabes qui lui ont envoyé leurs dernières balles, et qu’il se couche pour mourir. » Ce récit paraît un peu fait « de chic », mais cependant pas autant qu’on pourrait le croire. En effet, si l’on en croit de Molins, en pareille occurrence, (( après quelques bonds furieux, rendus impuissants par le manque d’espace, le tigre se résigne et se couche, la tête posée sur ses pattes de devant, et les yeux levés vers le haut de la fosse. On peut alors le fusiller sans qu’il fasse un seul mouvement ».
- Des faits analogues ont été cités chez le chien, le cheval, le buffle, le taureau, le bison, l’éléphant, etc. Au sujet de ce dernier animal, sir E. Tennent raconte que l’un deux, qu’on venait de capturer, put enfin être maîtrisé. Il se coucha alors tranquillement, et après s’être occupé pendant douze heures à se couvrir de poussière avec sa trompe, (( il s’étendit tout épuisé, et mourut si doucement que le seul signe que l’on eût de son décès, fut la nuée de mouches noires qui, invisibles jusque-là, vinrent s’abattre sur son corps ».
- Il n’y a pas jusqu’aux Oiseaux où l’on ne puisse, bien que plus rarement, noter une pareille tranquillité. Audubon raconte, par exemple, la fin d’un aigle doré, auquel, pour en orner sa collection, il résolut d’ùter la vie. 11 essaya d’abord de l’asphyxier par la fumée de charbon. Après quelques heures l’oiseau, droit sur son bâton, regardait son bourreau avec « des yeux remplis d’un superbe dédain ». Le lendemain on essaya des vapeurs sulfureuses. Après des heures, l’aigle était toujours debout, « lançant des regards de défi ». De guerre lasse, Audubon lui plongea une pointe d’acier dans le cœur. « Il tomba mon orgueilleux prisonnier, mort sur le coup, sans un mouvement, sans même qu’il se fût dérangé une seule de ses plumes. »
- D’après ce que nous venons de dire, la résignation est le trait moral qui caractérise ordinairement la mort chez les animaux. Toutefois, remarque avec juste raison M. Ballion, il est des bêtes qui paraissent ne pas se résigner volontiers, et qui, au contraire, parvenues au terme de leur vie, tombent dans un noir chagrin. 11 s’agit des espèces qu’une étroite intimité attache à l’homme. On voit
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- parfois la physionomie de ces êtres s’empreindre, à l’approche de la mort, d’une angoisse croissante, comme si, au moment de quitter les êtres qui leur sont chers, ils ressentaient l’amertume des séparations dernières. En voici deux observations communiquées à M. Baliion par les Dr* Féré et Salivas.
- « J'ai eu l’occasion, dit M. Féré, d’assister à la mort d’un chien des plus civilisés. C’était une chienne griffon écossais très line, âgée de douze ans, ayant été opérée d’un cancer à la mamelle deux ans auparavant, et victime d’une récidive envahissant les viscères abdominaux, et amenant une rétention des matières. Elle était fortement météori-sée et mourait d’asphyxie. Depuis qu’il avait quitté, âgé de quelques mois, le marchand de chiens, cet animal avait vécu dans la plus grande intimité avec sa maîtresse. On peut dire qu’il en avait pris le caractère et les allures; il la suivait constamment du regard et semblait prendre part à toutes ses émotions. Dans les dernières heures de sa vie, le moindre mouvement était douloureux; elle gardait une immobilité à peu près absolue ; son regard suivait sa maîtresse avec une expression de douleur très saisissante, surtout lorsque celle-ci s’éloignait ; c’était une véritable angoisse. Son retour était marqué par une accalmie non moins évidente. La respiration se ralentit tout à coup et l’expression d’anxiété devint terrifiante. « Elle se sent mourir »,' dit sa maîtresse. Le fait est que le regard s’obscurcit brusquement en même temps que la respiration s’arrêtait. Certainement trois assistants sur quatre ont interprété l’expression d’angoisse par l’idée de la mort. L’autre se demande si elle ne peut pas s’expliquer par la suspension de la respiration ou par les émotions qui accompagnent la syncope ou la perte du sentiment en général. La vue se trouble, les objets paraissent s’éloigner rapidement, au point que leurs contours ne sont plus distingués. Le danger de Féloignement de la maîtresse s’impose au moins autant que celui de la mort dont le chien ne connaît pas la signification. »
- L’observation du Dr Salivas est relative à une chatte qui eut une notion de sa propre mort.
- (( La chatte dont il s’agit était une jolie petite Angora, dont on avait fait cadeau à mes enfants, trois.ou quatre semaines après sa naissance. Nous l’avons appelée d’abord Mademoiselle Théophile, en souvenir de la chatte du même nom de l’illustre écrivain Théophile Gautier ; mais elle devint définitivement Madame Théophile, quand elle eut mis bas une première fois. Madame Théophile était fort douce, fort gentille; elle ne miaulait que tijès rarement et très discrètement; elle ne griffait jamais. Elle se montrait caressante au possible envers mes enfants, envers le dernier surtout, jeune garçon de huit à neuf ans, qui avait fini par se faire reconnaître par ses deux sœurs aînées comme seul propriétaire du charmant animal. Une fois maître absolu de Madame Théophile, mon bambin l’avait dressée comme il eût fait d’un eaniclie. Avec lui, elle jouait à cache-cache, franchissait les obstacles devant elle et sautait à travers des cerceaux aussi bien qu’une intrépide écuyère du cirque. Lorsque le bonhomme sortait pour aller au lycée, elle l’accompagnait jusqu’à l’étage inférieur; lorsqu’il revenait du lycée, à peine se trouvait-il au bas de l’escalier, qu’elle reconnaissait son pas mieux qu’aucun de nous, et qu’elle bondissait vers la portée d’entrée, pour, aussitôt la porte ouverte, venir frôler ses jambes et se faire câliner. Bien mieux, si, pour s’amuser, il la mettait dehors, elle essayait, à la grande joie de son partenaire, de tirer avec sa patte sur le cordon de la sonnette bien sûrement parce
- qu’elle s’était aperçue que c’était ainsi qu’il se faisait ouvrir la porte lorsqu’il voulait rentrer. En un mot, elle réalisait pour mon fils le type du fidèle camarade de tous les instants et de tous les jeux. Par malheur, il y a plus de deux ans de cela, toute ma famille quitta Paris, pour aller passer ses vacances dans les Pyrénées. La petite bête resta donc seule avec moi. L’ennui ne tarda pas à s’emparer d’elle. Elle 11e mangea bientôt presque plus, pour en arriver peu à peu à ne plus manger du tout. A ce régime elle dépérit à vue d’œil et finalement je dus constater, à mon grand regret, qu’elle n’en avait pas pour longtemps. Un soir que je rentrai vers onze heures, je 11e la vis pas dans l’antichambre où d’habitude elle attendait tristement, comptant toujours sans doute finir par revoir son ami. Mais, dès, que le bruit que je fis en ouvrant et en refermant la porte lui eut, au fond de sa retraite, annoncé ma présence, elle miaula plaintivement comme pour m’appeler. J’allai à la cuisine d’où le miaulement semblait venir, et j’aperçus la petite bête couchée dans une caisse remplie d’ouate de tourbe. Elle essaya de sortir de la caisse pour vertir à ma rencontre; elle était trop faible, elle ne put pas. Je m’approchai d’elle et je la caressai ; elle me répondit en léchant doucement ma main et en posant sur mon bras ses deux pattes de devant, pendant que ses yeux plongeaient avec persistance dans les miens. A un moment donné, je pris sur un rayon une boîte d’outils d’enfants appartenant à mon fils et qu’elle connaissait bien. Cette boîte lui rappelait certainement l’ami disparu et les joyeux ébats en commun de jadis, finis pour toujours. Ayant remis la boîte d’outils à sa place, je m’éloignai pour regagner ma chambre. Deux ou trois miaulements, doux et déchirants tout à la fois, de vrais miaulements de détresse, me firent rebrousser chemin. On aurait dit que la pauvre bête mourante voulait m’avoir auprès d’elle au moment suprême, et qu’elle me reprochait, dans son langage, l’abandon où je la laissais. Ému, je revins sur mes pas. Un peu plus tard, je répétai à trois ou quatre reprises la même tentative, et, à trois ou quatre reprises les mêmes miaulements m’adressèrent le même reproche. Je me décidai donc à rester jusqu’au bout. Je m’assis à côté de la petite chatte et j’attendis. Le joli animal ne me quitta plus un seul instant des yeux, et il ne cessa d’appuyer sur mon bras ses pattes de devant. Cela dura une bonne heure. Au bout de ce temps, la malheureuse bête eut son corps agité tout d’un coup de mouvements convulsifs, elle se renyersa sur le côté; sa tète s’affaissa, et un imperceptible et dernier miaulement vint m’avertir qu’elle avait vécu, pendant que ses yeax grandement ouverts continuaient à rester fixés sur les miens. »
- Dans ce cas, le sentiment de l’approche delà mort parait manifeste. IIexiu Coupes.
- ÉCLAIRAGE INTENSIF AU PÉTROLE
- SYSTÈME KITSON
- Depuis quelques années, le système Kitson d’éclairage intensif au pétrole a pris naissance en Amérique et a obtenu de grands succès dans de nombreuses villes, en raison de la quantité de lumière très vive qu’il, répand dans une large zone autour des différents becs distributeurs, et aussi par l’économie qu’il permet de réaliser dans l’éclairage.
- Ce nouveau système, qui a figuré à l’Exposition
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- de 1900, est soumis actuellement à des essais par la Ville de Paris sur le quai des Tuileries.
- Le principe sur lequel est basé ce nouveau système d'éclairage consiste dans l'emploi d’un mélange déterminé d’air et de pétrole vaporisé qui s’enflamme et porte à l’incandescence un manchon Auer.
- La figure 1 nous donne une vue d’ensemble du modèle de candélabre adopté pour les essais dont nous venons de parler et installé sur le quai des Tuileries. A la partie inférieure du candélabre formant socle se trouve un cylindre qui renferme le pétrole ; ce cylindre est en communication avec les lampes proprement dites qui sont placées à la partie supérieure. La figure 5 donne une vue extérieure de ces lampes, et la figure 4 une coupe intérieure qui en montre tous les détails.
- Le pétrole employé est du pétrole ordinaire ; il est placé dans le cylindre A, qui porte sur le côté un tube de niveau J permettant de connaître atout instant la quantité de pétrole renfermée dans le réservoir (fig. 2). -
- En B on voit une pompe à l’aide de laquelle on insuffle à la partie supérieure du cylindre, au-dessus du pétrole, une certaine quantité d’air, jusqu’à atteindre une pression déterminée d'environ 3 à 4 almsophères. Un manomètre, placé au-dessus du cylindre, donne les indications nécessaires.Un tuyau C, de quelques millimètres de diamètre, est réuni à un robinet extérieur en communication avec un tube central plongeant dans le pétrole à l’intérieur du cylindre; ce tuyau C est le tuyau qui amène le pétrole à la lampe et dont il sera question plus loin.
- Sur le côté, à gauche du cylindre A, est placé un petit récipient E rempli de gazoline ; à ce récipient aboutissent deux tuyaux, l’un en arrière F relié à la lampe pour permettre l’arrivée de la gazoline, et l'autre 1) en avant qui vient aboutir en II à un ro-
- binet placé sur le grand cylindre. Le robinet permet d’envoyer de l’air sous pression dans le récipient de gazoline E. L’air traverse la gazoline, se carbure en quelque sorte et ressort par le conduit F pour se rendre à la lampe où nous allons le retrouver.
- On remarquera encore en G deux piles sèches montées en circuit avec un interrupteur K ; de la partie supérieure partent deux fils.
- Le cylindre que nous venons de décrire est placé dans le pied du candélabre ; nous allons passer à la lampe en trouvant le long du candélabre les tuyaux C et F ainsi que les deux fils électriques dont il a été question.
- La figure 4 nous donne la coupe intérieure de la lampe, et nous permet d’en expliquer tout le fonctionnement. Le pétrole envoyé sous pression dans le tuyau C (fig. 2) arrive, à la lampe en A (fig. 4), passe en B dans un tube de filtrage qui le débarrasse de toutes les poussières et autres particules
- Fig. 2. — Fiéservoir cylindrique à pétrole.
- qu’il peut renfermer. 11 se rend ensuite à un tube C qui, chauflé par le bec incandescent, le vaporise; de là, réduit à l’état de vapeur, il arrive en D, à l’entrée d’un bec Bunsen, où il se mélange à l’air extérieur dans des proportions limitées par une ouverture spéciale. Le mélange d’air et de pétrole vaporisé passe
- Fig. 1. — Vue d'ensemble du candélabre avec lampes système Kitson, pour les essais d’éclairage du quai des Tuileries, à Paris.
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- Fig. 5. — Vue d’ensemble extérieure de la lampe Kitson.
- ensuite sous le manchon où il brûle et maintient celui-ci à l’état incandescent.
- Dans ce qui précède, nous avons supposé la lampe allumée; la chaleur dégagée par le manchon incandescent vaporisait le pétrole.
- Pour l’allumage, quelques dispositions particulières ont été prises afin d’enflammer le mélange à son arrivée dans le brûleur. Deux fils électriques F (fig. 4) en regard l’un de l’autre sont reliés aux fils que nous avons indiqués dans la figure 2 et permettent d’obtenir une simple étincelle par la manoeuvre de l’interrupteur K. Cette étincelle jaillit devant le tube E (fig. 4) (fui amène l’air carburé sous pression après avoir traversé le récipient de gazoline (fig. 2). La chaleur dégagée par l’inflammation au contact de l’étincelle électrique de cet air carburé suffit, après quelques secondes, à enflammer le brûleur qui fonctionne alors dans les conditions que nous avons énoncées plus haut.
- Le fonctionnement pratique de cette lampe ne laisse rien à désirer, paraît-il, d’après les expériences déjà exécutées, et n’offre aucun danger d’explosion.
- La lumière très brillante, diffusée de tous côtés par la lampe, donne un éclairage intensif très remarquable qui permet de distinguer aisément les couleurs, et qui convient parfaitement pour les opérations photographiques.
- Des essais de laboratoire ont été faits au service municipal de la Ville de Paris. Une lampe, avec un manchon Auer de grandes dimensions, a donné une intensité lumineuse horizontale de 96,3 carcels, avec une consommation de 400 grammes de pétrole par
- heure, soit 4,15 grammes par carcel-beure. Le manchon Auer ordinaire neuf, qui avec le gaz donne une intensité lumineuse horizontale de 50 bougies décimales, donne avec le système Kitson une intensité lumineuse horizontale de 500 bougies environ, soit 10 fois plus. On sait que la consommation du bec Auer dans les conditions déterminées ci-dessus est de 2 litres de gaz par bougie-heure.
- Le bec Denayrouse sans moteur produit une intensité lumineuse horizontale de 200 bougies décimales, avec une dépense de 260 litres de gaz par heure ; il a donc une consommation spécifique d’environ 13 litres de gaz par carcel-heure. Pour les lampes à arc, malgré les difficultés que présentent les mesures photométriques et les variations de l’intensité lumineuse suivant un grand nombre d’éléments divers, on peut compter une dépense de 0,8 à 1 watt par bougie pour l’intensité lumineuse horizontale. Les lampes à incandescence ont en général une dépense spécifique moyenne de 3 à 3,5 watts par bougie, bien qu’il soit facile, par certains artifices, de diminuer encore cette valeur. Ces chiffres permettent d’établir les prix de revient comparatifs d’éclairage en tenant compte des prix de vente du pétrole, du gaz et de l’énergie électrique. Il va de soi que ce prix de vente influe considérablement sur les prix d’éclairage avec les divers systèmes. On peut admettre cependant que, dans les conditions de prix de vente actuels du pétrole, même en France, le système Kitson reste certainement un des plus économiques.
- La nouvelle lampe avec son candélabre est appelée à être très utile dans un grand nombre de circon-
- Fig. 4. — Coupe intérieure tic la lampe Kitson.
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- LÀ NATURE.
- stances. Elle sera avantageusement appliquée dans les propriétés privées, dans les maisons de campagne, les villages, etc. Mais il est certain qu’elle aura surtout un emploi pour les éclairages exceptionnels, fêtes de nuit, travaux dans les rues d’une ville qui possède déjà des appareillages de gaz et d’électricité. Cependant, on hésitera à placer ainsi des réservoirs de pétrole à profusion dans une ville.
- Les dispositions adoptées peuvent n’offrir aucun danger; il n’en est pas moins vrai que c’est toujours du pétrole qui entre en jeu. Ces diverses considérations nous amènent à penser que les lampes Kitson ne trouveront pas généralement leur place dans les usines et magasins divers, où Ton doit prendre sans cesse les plus grandes précautions contre l’incendie et contre la malveillance.
- Nous concluons toutefois que le nouveau système d’éclairage Kitson est un système pratique, économique, fournissant une grande intensité lumineuse et appelé à rendre de grands et d’importants services dans des conditions bien déterminées.
- En dehors du modèle pour éclairage des rues dont nous venons de donner une esquisse sommaire, on prépare en ce moment un autremodèle pour l’éclairage des appartements ; ce dernier pourra à son tour présenter de sérieux avantages. ,1. Laffargie.
- APPAREIL
- À RELEVER LE PROFIL DES BANDAGES
- DES ROUES
- En matière de chemins de fer, maintenant surtout que les trains se déplacent à de si grandes vitesses, non seulement l’usure des bandages des roues des véhicules se fait relativement très vite, mais encore et surtout les déformations qui en résultent peuvent avoir une influence considérable sur le roulement des trains. Aussi avons-nous examiné avec intérêt, dans le palais du Génie civil au Champ-de-Mars, un appareil à relever le profil des bandages des roues, qui est exposé par l’Administration des chemins de fer de l’Etat français, et qui est dû à un contremaître des ateliers de cette Administration.
- Nous en donnons une vue générale qui va permettre d’en saisir assez aisément le fonctionnement. C’est essentiellement une sorte de pantographe inverseur à petites branches égales rayonnantes, qui sont chacune égales à la moitié des branches transversales auxquelles elles aboutissent : on comprend que le point central demeurant fixe, si Ton oblige la pointe inférieure à décrire une figure, la pointe supérieure décrira une figure homothétique inverse égale à la première. On saisit immédiatement le parti qu’on peut tirer de cette disposition pour tracer sur une feuille de papier le profil d’un bandage placé entre les pieds de l’instrument. On a disposé les deux grandes bielles au-dessus des deux petites, si bien
- que les branches de l’instrument peuvent passer sans difficulté d' une première position à une position symétrique par rapport à l’axe vertical de l’appareil, position nouvelle qui n’a pas besoin d'être indiquée pour être comprise. On a du remarquer que -la bielle inférieure est en deux parties, Tune portant, enfilée sur elle, une douille qui se termine par une branche coudée : cette dernière est munie d’une petite pointe filetée dont le sommet doit se trouver exactement dans le prolongement de Taxe de la douille. D’autre part, la bielle supérieure porte en haut un porte-mine sollicité par un petit ressort, porte-mine qui peut tracer un relevé sur la feuille de papier maintenue par des pinces sur une planchette fixée en haut du bâti ; la rotation d’un écrou permet de dégager le rayon si besoin est.
- Nous ne dirons pas grand’chose du bâti-support
- Appareil à relever le profil des bandages.
- en bronze, présentant deux rainures qui forment glissières pour assurer la rigidité du système articulé ; on voit aussi immédiatement les deux griffes qui donnent le moyen de mettre l’appareil en place sur un bandage ; plus en arrière, est une vis de réglage qu’on amène au contact de la table de roulement de ce dernier : comme il faut tracer une section normale à Taxe de cette table, et pour cela faire mouvoir la pointe dans un plan passant par Taxe de l’essieu, il est nécessaire d’effectuer un réglage soigneux en donnant à l’appareil un certain mouvement d’oscillation autour de Taxe des griffes à pompe.
- 11 ne reste plus ensuite qu’à suivre le profil en conduisant la pointe inférieure à la main. Pour tracer la partie comprise entre les points faciles à atteindre, les branches gardent la position indiquée par le dessin ; toutefois, quand on arrive en *tm certain point, on fait tourner la douille de 180° autour de son axe, de façon que la pointe se présente
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- LA NATURE.
- par rapport à cet axe dans une position symétrique de celle qu’elle occupait auparavant. Pour relever ensuite la partie gauche du bandage, on dégage ce crayon, afin de ne pas tracer de trait parasite, puis on met les branches mobiles dans la position nouvelle symétrique, en même temps qu’on fait opérer un demi-tour à la vis de la pointe : celle-ci se présente alors normalement à la face externe du bandage et on peut la conduire comme tout à l’heure pour terminer le relevé.
- L’appareil nous semble aussi ingénieux que simple. D. P>-
- LES LOCOMOTIVES ÉTRANGÈRES
- EXPOSITION DE 1900
- Parmi les nations qui ont envoyé des locomotives à l’annexe de Vincennes, l’Allemagne vient en première ligne pour le nombre et l’importance des machines exposées.
- Nous examinerons celles de ces locomotives qui nous ont plus particulièrement frappé par leurs dispositions pour les présenter à nos lecteurs en donnant rapidement au passage quelques indications sur les usines qui les ont construites, ce qui permettra de se taire une idée du développement considérable pris par l’industrie métallurgique et la construction mécanique en Allemagne depuis 1870.
- Saxe. — Anciens établissements Rich. Hartmann, Société anonyme, à Chemnitz. — La Société de Chemnitz expose trois locomotives : 1° une locomotive compound express, couplée 2/5 à 4 cylindres, avec tender à 4 essieux : cette machine est destinée aux chemins de fer de l’État saxon ; 2° une locomotive compound à voyageurs à 2 cylindres, avec tender à 4 essieux, construite pour les chemins de fer de l’État norvégien ; 5° une locomotive-tender, couplée 2/3 à 2 cylindres, avec chauffage au pétrole pour la Compagnie du chemin de fer néerlandais-indien, Java. Avant d’entrer dans le détail de ces trois intéressantes machines, il est instructif d’envisager l’accroissement des usines où elles ont été étudiées et construites.
- En 1837, un Alsacien, Rich. Hartmann, de Bar (Haut-Rhin), venait s’établir à Chemnitz (Saxe) avec trois ouvriers. Trente-trois ans plus tard, en 1870, l’atelier rudimentaire était devenu une usine occupant 3000 ouvriers. A cette date les ateliers passèrent aux mains de la Société anonyme actuelle. Aujourd’hui les usines occupent 5200 ouvriers, couvrent près de 26 hectares de terrain à Chemnitz et 73 hectares dans un des. faubourgs de Chemnitz. Les établissements occupent 2400 machines-outils, 21 marteaux-pilons, 2 installations centrales de force et de lumière électrique, 116 bâtiments, 22 cheminées hautes, etc.... Le capital-actions pour 1900 est de 12 millions de marcs (15 millions de francs). A cette date* les usines avaient construit 2600 locomotives, 829itenders, 1875 machines à vapeur de tous
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- systèmes, 3300 chaudières, 293 pilons, etc..., pour un total d’environ 281 millions de marcs (351 250000 francs). Mais revenons aux locomotives exposées.
- 10 Locomotive-express compound. de l'État saxon (fig. 1 ). — Cette machine est destinée à remorquer le train impérial dans" sa composition la plus lourde, c’est-à-dire 385 tonnes, locomotive et tender non compris et cela sans arrêt de Dresde à Leipzig, à une vitesse moyenne de 100 kilomètres à l’heure. Le profil de la ligne comporte des rampes de 1 /200 et de 1/180, et des courbes d’un rayon minimum de 275 mètres.
- La distance de Dresde à Leipzig est de 115 kilomètres. La machine est établie pour pouvoir atteindre les plus grandes vitesses quand la charge serait inférieure à celle citée ci-dessus. Étant donnés le poids élevé de la machine et de la chaudière et le maximum admis de 16 tonnes par essieu, on résolut le problème en machine couplée 2/5 avec train mobile d’avant à 2 essieux, 4 cylindres et 2 essieux couplés, ainsi qu’un essieu porteur radial d’arrière. Le tender par contre a 4 essieux en 2 trains mobiles. La force est de 1300 chevaux environ, la chaudière produisant 85 kg de vapeur par mètre carré de surface de chauffe.
- Chaudière. — La chaudière, boîte à feu extérieure, dôme, boîte à fumée, est faite en tôles Siemens-Martin de l’usine Krupp-Essen. Épaisseur des tôles de la boîte à feu 15 et 18 millimètres, la plaque tubulaire a 28 millimètres d’épaisseur. Suivant les prescriptions des chemins de fer de l’État saxon, la virole d’avant du corps cylindrique de la chaudière porte une courte bague soudée en tôle qui, en cas de corrosions de la plaque tubulaire, pourra être facilement remplacée sans avoir à enlever aucune des ' viroles longues qui composent la chaudière télescopique. Le corps de la chaudière contient 228 tubes en acier doux sans soudure de 45mml/2 de diamètre et de 4m,70 de longueur libre. La chaudière a 6 grandes et 8 petites portes de nettoyage. Toute la chaudière est garantie contre la radiation extérieure par des plaques en feutre et une enveloppe en tôle. La grille est à jette-feu à l’avant.
- Châssis. — Le châssis formé de 2 longerons principaux en acier doux de 11m,35 de longueur repose sur un train mobile d’avant à frein et à 2 essieux, 2 essieux moteurs accouplés et 1 essieu porteur radial d’arrière. Le tourillon pour le train mobile est en acier avec hémisphère en cuivre rouge, il repose dans un support en acier fondu. Le train mobile d’avant permet un jeu de 40 millimètres de chaque côté et l’essieu radial d’arrière un jeu de 20 millimètres.
- Machine. — Compound, 4 cylindres avec appareil de démarrage système Lindner. Les cylindres à haute pression ont 350 millimètres de diamètre, 660 millimètres de course et sont placés à l’extérieur, les deux cylindres à basse pression • ont 555 millimètres de diamètre, 660 millimètres de
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- LA Ai ATI HL.
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- Fig. 1.—Locomotive express compouud à i cylindres pour les chemins de fer de l’État saxon.
- est de 60 oOO kg et en service de 07 750kg. Pour le tender ces poids sont : 1° à vide 19 920 kg; 2° en service 42 920 kg. La locomotive et son tender ont une longueur entre tempons de 19"\485.
- 2° Locomotive compound à voyageurs, couplée 3/5 à 2 cylindres avec tender à 4 essieux pour les chemins de fer de l'État norvégien (ftg. 2). — Construite pour faire non seulement les trains de voyageurs, mais aussi les trains de marchandises et les trains mixtes sur un réseau particulièrement accidenté,
- course et sont à l’intérieur des longerons. La distribution des cylindres à haute pression est du système Heusinger et pour ceux à basse pression du système Joy. — Tous les tiroirs sont équilibrés et en fer fondu au creuset, ainsi que les compensateurs. Les pièces de la distribution sont en acier doux Siemens-Martin, les tourillons se meuvent dans des boîtes en acier trempé. Les coulisseaux de la distribution Heusinger sont en fer trempé et cémenté et ceux de la distribution Joy en bronze phosphoreux. Les cylindres sont entourés de liège et de bois. — Pistons en acier coulé Krupp-Ânnen, les tiges en acier fondu. Les manivelles des cylindres intérieurs sont calées à 90° (la manivelle droite avance), l’angle desmanivelles extérieures estde 180°.
- Frein. — Le frein est du système Westinghouse freinant non seulement les roues accouplées, mais aussi les roues du bogie d'avant. L'effort maximum du frein est pour le bogie de 62 pour 100 de la charge des essieux et pour les roues accouplées de 50 pour 100 de la charge. Enfin le poids vide de la machine
- Fig. 2. — Locomotive compound à voyageurs pour les chemins de fer de l’État norwégien.
- Fig. 5. — Locomotive-tender compound à chauffage au pétrole pour le chemin de fer Néerlandais-Indien (Java).
- Fig. i. — Locomotive de Hanovre.
- présentant des rampes et pentes de 17 à 20 pour 1000 avec pour une longueur totale de 125 kilomètres plus de 80 kilomètres en courbes dont 16 pour 100 d’un rayon de 250 mètres, cette locomotive devait présenter une grande puissance de traction et une stabilité parfaite. Les données principales ont été les suivantes : 6 roues couplées. — Charge maximum des essieux 12 000 kg, bogie à 4 roues à l’avant. — Diamètre des roues accouplées 2m,285. — Diamètre des roues du bogie 0m,988. — Timbre de la chaudière 15 almo-
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- .LÀ N ATM K.
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- Fig. 5. — Locomotive Russe.
- sphères. Toutes les roues freinées.
- Chaudière. — La chaudière ainsi que la hoîte à fumée, le dôme et la boite à feu sont en tôle d’acier doux Siemens-Martin de « Krupp-Essen ».
- Le corps télescopique de la chaudière a une épaisseur de tôle de 1 5n"". La tôle de la hoîte à feu est de I ()mm d’épaisseur. Le foyer est en cuivre rouge de 15mm, sauf la partie de la plaque tubulaire qui a 25mm.
- La chaudière contient 210 tubes en
- fer au charbon de bois de 25.... et de
- 5"‘,900 de longueur libre. La grille dont les barreaux sont en fer forgé comporte au-dessus une voûte en briques réfractaires.
- Châssis. — Le châssis se compose de 2 longe-
- Fig. 0. — Locomotive Russe.
- rons d’acier doux renforcés par de longues traverses horizontales et verticales. 11 repose en avant sur un bogie à 2 essieux au moyen d’un pivot cylindrique et d’un rappel par menottes. En arrière le châssis repose sur 5 essieux accouplés dont celui du milieu est l’essieu-moteur. Les essieux sont en acier au creuset ainsi que les bandages. Les centres des roues, les boîtes à graisse, les glissières et les plaques de garde sont en fonte de fer homogène (58-45 kg de résistance à la rupture, 20 pour 100 d’allongement au minimum).
- Tout ce matériel a été livré par l’usine Krupp d’Essen.
- Mécanisme. — Compound à 2 cylindres, le diamètre du cylindre à haute pression est de 0m,450, celui du cylindre à basse pression: 0m,670.
- La course du piston pour les 2 cylindres est de 0'",650. Distribution du
- système lleusmger. Les tiroirs sont en fonte de fer au creuset. Les couvercles des cylindres ont des soupapes de sûreté. Les pistons, crosses de pistons, supports de glissières sont en acier coulé Krupp-Ànnen. Le frein à vide automatique Hardy frères de Vienne est doublé par le frein à main. Sablière à vapeur Gresham.
- Tender. — Le tender tient 11 mètres cubes d’eau et 5 tonnes 1 /2 de charbon. Toutes les roues peuvent être freinées d’un côté à la main par le frein à vis ou par un frein à vide. Le tender est muni derrière d’une caisse à outils de grande dimension et devant de deux petites en outre d’une paroi amovible protectrice contre les tempêtes de neige. La locomotive pèse à vide 46 000 kg et en service 15 120 kg. Le tender pèse à vide 14 450 kg et en ordre de marche, 29 000 kg. La locomotive et son tender de tampons à tampons donnent une longueur de 15m,625.
- 5° Locomotive-tender avec chauffage au pc-
- Fig. 7. — Locomotive à grande vitesse du système tandem-compound du chemin de fer Saint-Pétersbourg-Varsovie.
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- LA NATURE.
- truie pour la Compagnie du chemin de fer Néerlandais-Indien, Java. — Le programme imposé pour la construction de cette machine par le chemin de fer Néerlandais-Indien comportait des données toutes spéciales. Tout d’ahord la voie à desservir est de lm,067 d’écartement avec des rampes de 1/200 et des courbes d’un rayon minimum de 150 mètres. Il fallait, d’autre part, protéger l’organisme moteur et la distribution contre la poussière sans rendre difficile l’accès de ces diverses parties. Et enfin la locomotive devait remorquer 140 tonnes de poids utile à la vitesse de 25 kilomètres par heure, vitesse pouvant atteindre 40 kilomètres en voie de palier. La plus grande charge admissible par essieu était de 8400 kg.
- Chaudière. — Le corps de la chaudière composé de deux viroles en télescope a une épaisseur de tôle (fer Martin-Siemens) de U,i,m. La boîte à feu intérieure est en cuivre. Dans le corps de la chaudière sont disposés 120 tubes bouilleurs sans soudure de 5fimm de diamètre intérieur et de 2m,55 de longueur libre. Dans la boîte à fumée est la grille horizontale à flammèches ainsi qu’un tuyau pour la décharge des mèches. Le chauffage est au pétrole du système Holden. Le réservoir à pétrole de 520 kg de contenance est réchauffé par 2 serpentins et se trouve au-dessus du corps cylindrique de la chaudière. Les résidus de pétrole sont maintenus ainsi le plus liquides possible. Pour que le pétrole ne prenne pas feu pendant les journées chaudes il a été disposé deux tiroirs à grille donnant accès à l’air pour refroidir le pétrole. Le jet du pétrole est lancé sous une voûte contre une paroi ad hoc.
- Mécanisme. — Compound à 2 cylindres intérieurs, fondus d’une pièce. Ils ont respectivement 0m,28 et 0m,415 de diamètre pour 0m,400 de course des pistons. La distribution est du système Ileusinger. Les tiroirs sont en bronze phosphoreux.
- Le changement de marche a lieu par un levier de mise en train. La valve de démarrage est du système Lindner avec un robinet à 4 voies et des orifices de décharge au tiroir de haute pression.
- Le poids de la machine à vide est de 10480 kg et de 25160 kg en ordre démarché.
- Hanovre. — Locomotive pour trains rapides, à double détente, 4 cylindres, 4 essieux, dont 2 couplés. Cette locomotive (fig. 4) a été construite dans les ateliers de la Société hanovrienne de constructions mécaniques (ancienne maison Georges Egestorlf), à Linden-lès-Hanovre. Elle offre comme particularités intéressantes que les 2 cylindres à haute pression et les 2 cylindres à basse pression agissent sur le même essieu "moteur de la manière suivante : les cylindres à haute pression, à l’intérieur des longerons sur les coudes de l’essieu et les cylindres à basse pression à l’extérieur sur les boutons de manivelle des roues motrices. Il faut signaler aussi l’existence de deux appareils distributeurs desservant les 4 cylindres. Cette particularité simplifie et facilite singulièrement la surveillance du mécanicien et l’entretien
- eu égard aux autres locomotives à 4 distributions.
- De chaque côté de la machine se trouvent un cylindre à haute pression et un cylindre à basse pression ne formant avec la boîte à tiroir commune qu’une seule pièce; les deux couples de cylindres sont assemblés dans l’axe de la machine. Les diamètres des cylindres sont respectivement de 0m,350 et 0m,520, pour une course de pistons de 0m,600. Le diamètre des roues motrices est de Im,980 et celui des roues porteuses, 1 mètre. La pression est de 14 atmosphères. La surface de grille 2 ms 27 et la surface de chauffe totale de 118 ni2 7. Le poids de la locomotive avide est de 48‘,6 et en charge de 52l,75. Avec le tender en service 86 tonnes. Le frein est du système Westinghouse. Gette locomotive a remorqué une charge de 500 tonnes sur voie de niveau et en alignement droit à une vitesse de 90 kilomètres à l’heure, vitesse qui peut être portée en toute régularité de marche et sécurité à 110 kilomètres.
- Bavière. — La « Société Krauss et Cie de Munich » a envoyé à Yincennes 4 locomotives dont une est exposée dans la section autrichienne.
- 1° Une locomotive-express à 6 essieux dont 2 couplés avec essieu moteur auxiliaire, système Krauss, bogie à l’avant, bissel à l’arrière; 2° une locomo-tive-tenderà voyageurs à 5 essieux, dont 2 couplés, type de l’État bavarois; 5° une locomotive-tender pour voie étroite à 2 essieux couplés; 4° dans la section autrichienne une locomotive-tender à 4 essieux dont 5 couplés pour voie de 0"\76.
- Avant de clore ce trop succinct résumé de l’exposition allemande, il convient d’appeler l’attention des lecteurs de La Nature sur quelques chiffres singulièrement suggestifs. La première ligne de chemin de fer construite en Allemagne est celle de Nuremberg à Furth qui a été inaugurée en 1857.
- La longueur totale des voies ferrées en exploitation en Allemagne était ;
- En 1870 de 19 694 kilomètres
- — 1880 — 55 855 —
- — 1890 — 45124 —
- — 1900 — 50 685 —
- Ces 50 685 kilomètres se décomposent ainsi : 48 482 à voie normale et 2001 kilomètres à voie étroite.
- D’autre part, en 1870, l’exploitation comportait 4414 locomotives et, en 1900, ce nombre s’est élevé à 18 752. 11 n’a été importé de l’étranger que 419 locomotives en total et ce, à l’époque où il n’y avait pas encore d’ateliers de construction de locomotives en Allemagne. On sait assez qu’il en est tout autrement à l’heure présente et ces chiffres parlent assez éloquemment pour qu’il soit inutile de les commenter.
- Russie. — Société des usines de Kolomna (Gouvernement de Moscou). — Ces usines, fondées en 1862 par le capitaine du génie Amand de Strouvé, occupent actuellement quinze mille ouvriers. Leur
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- exposition à Yincennes comporte deux locomotives, une pour trains de voyageurs et l'autre pour trains de marchandises.
- Locomotive pour trains de voyageurs (fig. 5). — Du système compound avec les 5 essieux accouplés, est adaptée au chauffage par le naphte. La distribution de la vapeur est du système Heisinger von Waldegg. Sa marche peut atteindre 80 kilomètres à l'heure. Le frein est le Westinghouse. Les dimensions principales sont les suivantes :
- Diamètre des roues motrices...............lm,850
- — des roues porteuses..............lm,030
- Diamètre du cylindre à haute pression. 0m,500
- — — à basse pression. 0ra,730
- Course du piston..........................0m,650
- Nombre de tubes............................. 192
- Surface de chauffe totale................... 152 m2
- Poids de la locomotive à vide................ 57 tonnes
- — — — en charge. . . 03 tonnes
- Pression de la vapeur.................. l l*,ra 1/2
- Locomotive à marchandises (fig. 6). — Cette machine, étudiée pour la voie étroite de 0m,750, est chauffée à la houille. La distribution de la vapeur est celle de Heisinger von Waldegg. Le diamètre des roues est de 0m,750, la pression de la vapeur est de 12 atmosphères. Le diamètre du cylindre 0m,555 et la course du piston 0m,500. La surface de chauffe totale est de 55 mètres carrés et toute chargée la machine pèse 21 tonnes.
- Compagnie du chemin de fer Moscou-Kazan. — Locomotive à marchandises à 6 essieux. — Construite en 1899 dans les ateliers de Briansk cette locomotive doit faire le service des trains de marchandises à long parcours sur la section de Rou-saiewka-Riasan (400 kilomètres). Elle devra remorquer un poids de 1140 tonnes, sur un profil à rampes maximum de 8mm par mètre, avec une vitesse de 45 km à l’heure (maximum). Elle est chauffée au naphte.
- Cette locomotive « duplex-compouad » à 4 cylindres, 2 à haute pression d’un diamètre de 0m,475 et 2 à basse pression d’un diamètre de 0m,710, comporte les dimensions principales suivantes :
- Course des pistons............... 0nl,650
- Diamètre des roues............... 1m ,220
- Diamètre intérieur du corps cylindrique de la chaudière .... 1 ra ,588
- Nombre des tubes . . . .... . 234
- Surface de chauffe totale .... 200m2,90
- Surface de grille................ 2m2,45
- Longueur de la locomotive avec le
- tender........................ 22 m, 48
- Poids de la locomotive vide ... 75 750k*
- — — en état de
- service....................... 81 500ke
- Poids du tender vide........... 23 450kg
- — — plein ..... 46 540kf
- Le frein est du système Westinghouse agissant sur 4 essieux.
- Une particularité à signaler, c’est l’application au
- tender d’un attelage complémentaire à câble métallique. Le but de cet attelage est de tramer les premiers 10-15 wagons du train par deux câbles métalliques laissant le reste du train aux organes d’accouplement ordinaire dont la résistance serait insuffisante pour remorquer les 60 wagons à charge pleine dont se compose le train.
- Chemin de fer Saint-Pétersbourg-Varsovie. — Locomotive à grande vitesse (fig. 7). — Cette locomotive, système tandem-compound a été construite par l’usine Poutiloff de Saint-Pétersbourg. Destinée à desservir les trains rapides de Saint-Pétersbourg à Varsovie elle doit réaliser une vitesse moyenne de. 60 km à l’heure pour une charge de 250 tonnes. La vitesse atteindra 100 km sur certaines portions du profil. La première machine de ce type a été construite en 1898, et cette même année est entrée en service sur la ligne de Saint-Pétersbourg-Varsovie. Lors de la première épreuve cette locomotive remorquait un train de 250 tonnes sur le parcours de 273 km de Saint-Pétersbourg à Pskow, avec une vitesse moyenne de 77km,68 à l’heure ; dans ce trajet sur longue rampe de 0,006, elle a même atteint la vitesse de 71km,47 à l’heure et sur une pente de 0,006 sa vitesse a été de I09kn,,7 à l’heure.
- Actuellement la ligne de Saint-Pétersbourg à Varsovie a en service 49 de ces locomotives.
- Chaudière. — Timbrée à 15 atmosphères, elle a une surface de chauffe totale de 146 m2. Le nombre des tubes est de 216 en fer. La surface de grille est de 2 m2 615. Le rapport de la surface de chauffe à la surface de grille est de 55,8.
- Mécanisme. — 2 cylindres à haute pression et 2 à basse pression, de diamètres respectifs 0m,365 et 0m,547.La course des pistons est 0m,610. La distribution est du système Heisinger von Waldegg.
- Le diamètre des roues accouplées est de 2m,00 et celui des roues du bogie lm,00.
- La machine et le tender ont le frein Westinghouse. Le poids à vide de la locomotive est de 51 tonnes 1/2 et en charge 56 tonnes 1/2. Celui du tender vide 16 tonnes et en ordre de marche : 35 tonnes.
- Les appareils d’alimentation sont des injecteurs du système Friedmann. A. R.
- LE BUREAU D’ESSAI DES PAPIERS
- A LA CHAMBRE DE COMMERCE DE PARIS
- Les étapes de la civilisation humaine ont été dénommées avec une certaine fantaisie souvent, mais quelquefois avec beaucoup d’à-propos, d’après les instruments employés ou résultats obtenus aux différentes époques ; nous avons eu ainsi l’âge de pierre et l’âge de fer ; la Renaissance a été appelée le siècle de l’art ; le règne de Louis XIV, Père de gloire, etc. Ne serait-il pas juste de donner aussi un titre à la période qu« nous traversons; si on le
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- LA NATURE.
- cherchait, on n’en trouverait probablement pas de plus juste que celui du siècle du papier. Aujourd’hui tout se fait par le papier : la fortune publique est du papier, l’instruction se propage grâce au papier, la presse dont les effets sont si considérables n’existe que par le papier ; il n’est pas un métier ou une industrie où le papier ne joue toujours un rôle prédominant.
- Par lui-mème, il n’est rien certes, mais par ce qu’il représente il est tout ; or, pour sauvegarder l’idée dont il est le témoignage, il est indispensable de s’occuper du support lui-mème.
- Aussi la fabrication du papier a-t-elle pris ces derniers temps une importance considérable : les usines occupent un personnel de plus en plus nombreux, les moyens mis en action pour sa fabrication sont chaque jour plus perfectionnés et plus productifs.
- Il était donc important que la Chambre de commerce de Paris, qui prend toutes les initiatives devant défendre les intérêts des collectivités au point de vue des transactions, s’occupât de la question. Aussi a-t-elle installé dans son service du conditionnement des soies un bureau annexe chargé de vérifier toutes les qualités des papiers présentés. Ce bureau, qui est placé dans les locaux de la Bourse du commerce, est dirigé par M. Perso/., le chimiste distingué; il fournit des résultats qui offrent toute garantie et si les bulletins délivrés n’ont pas encore la valeur d’un document légal, du moins ont-ils une valeur consultative à laquelle on peut se rapporter avec confiance dans la plupart des cas.
- Nous allons énumérer les différents essais auxquels on soumet les échantillons de papier présentés. Ceux-ci peuvent se ranger en deux catégories : essais mécaniques et essais chimiques.
- Le plus important est assurément celui qui fournit des données sùr la résistance du papier. Il
- est obtenu â l’aide d’un appareil dynamométrique qui donne â la fois le poids de rupture et l’allongement â la rupture (fig. 5). L’instrument employé, que nous ne décrirons d’ailleurs pas en détail, se compose en principe de deux mâchoires dont on
- peut obtenir un écartement régulier à l’aide d’une manivelle actionnant une vis et d’une transmission rigide ; un embrayage spécial permet â une grande aiguille de se déplacer devant un quadrant divisé, à mesure que l’écartement des mâchoires se produit; il donne, au moment de l’arrêt, une indication qu’on peut lire et qui n’est autre que le poids de rupture cherché. On conçoit que si l’on fixe une bande de papier entre les deux mâchoires et si on fait manœuvrer l’appareil, l’aiguille se mettra à osciller et, au moment de la rupture, s’arrêtera devant une division qui indiquera la force nécessaire pour obtenir la rupture de l’échantillon considéré. Une annexe de cet appareil fort ingénieux permettra de lire en même temps l’allongement obtenu par ce même échantillon depuis le moment où il a été placé entre les deux mâchoires jusqu’à celui où il s’est déchiré.
- Disons tout de suite que ces échantillons mis à l’épreuve sont des bandes de papier de 15 millimètres de largeur. Les essais sont doubles et doivent porter sur des bandes prises dans le sens des fibres de fabrication et dans le sens transversal. Le papier offre, en effet, des résistances très différentes suivant qu’on opère dans un sens ou dans l’autre; ainsi telle qualité de papier soumise à l’appareil s’est rompue sous un poids de 6*2,600 prise dans le sens des fibres et sous un poids de 5*2,510 prise dans le sens transversal.
- Il est quelquefois très difficile et souvent même impossible de reconnaître, à une simple inspection, le sens de fabrication du papier; voici un procédé
- Fig. 1. — Expérience pour connaître le sens (le fabrication du papier.
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- LA NATURE.
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- extrêmement simple et que tout le monde peut répéter; il est dù à un jeune Suédois, M. Nickel. Prenez dans une feuille de papier deux bandes de 15 millimètres de large, une dans le sens longitudinal, l’autre dans le sens transversal et tenez-les ensemble appuyées l’une contre l’autre par leur extrémité ; si vous les faites retomber d’un côté, vous verrez que les deux feuilles restent unies; mais si vous les faites retomber de l’autre côté vous constaterez que l’une s’inclinera complètement alors que l’autre se maintiendra en l’air avec une certaine raideur : c’est cette dernière qui vous donnera l’échantillon du papier pris dans le sens des libres, tandis que l’autre sera celui qui est pris dans le sens transversal. Cette expérience est aussi simple qu’ingénieuse (lig. 1).
- On soumet aux expériences 5 échantillons du papier considéré, pris dans chaque sens, et l’on prend les moyennes, tant pour les résultats donnant les poids de rupture que pour ceux qui donnent l’allongement à la rupture.
- On conçoit fort bien que les résultats obtenus, bien que très exacts en eux-mêmes, puisque l’appareil employé a été vérifié et contrôlé, ne parlent pas à l’esprit, car une même qualité de papier donnera des indications différentes suivant l’épaisseur de l’échantillon considéré; aussi a-t-on l’habitude d’indiquer le résultat en un chiffre qui représente la longueur de la bande de papier qui serait nécessaire pour que la rupture ait lieu par son propre poids. Ainsi tel échantillon qui se rompt sous un poids de 6k»,760 devrait avoir une longueur de 5684 mètres pour se déchirer sous la seule action de son poids, quelle que soit l’épaisseur du morceau mis «à l'épreuve.
- Une feuille du papier employé pour la confection des titres de la’ Ville de Paris se romprait d’elle-même sous une longueur de 5515 mètres.
- En changeant les mâchoires de l’appareil dont nous avons parlé plus haut, par un dispositif spécial, on peut avoir des renseignements sur la résistance à la perforation du papier (fig. 5, en cartouche). A cet effet on emploie un cercle en cuivre
- sur lequel on peut tendre l’échantillon comme la peau d’un tambour; le second organe est un piston arrondi qui vient appuyer sur cette membrane. Les ré-sultats donnent le poids nécessaire à la perforation et la ^ Hi b l! OTH C{ hauteur de la flèche \ -y au moment exact où
- cette perforation a __%
- lieu. On a remarqué qu’il n’y avait aucune relation entre la résistance à la traction des papiers et la résistance à la perforation. Ainsi deux qualités de papiers essayés ont donné des poids de rupture très voisins,
- 6k&,760 et 6k«,650, et des poids de perforation très différents de 2ke,620 et 4k«,250.
- Les essais mécaniques du papier portent aussi sur son épaisseur. On emploie, pour avoir des résultats, un appareil très connu, le palmer, qui donne le centième de millimètre. On fait différentes expériences avec des paquets de feuilles variant comme nombre et on prend la moyenne des essais opérés.
- On détermine aussi le poids du papier au mètre carré; cette expérience a son utilité pour savoir combien on obtiendra de feuilles aux 100 kg ou bien pour connaître quel poids de papier il faudrait employer pour couvrir une surface déterminée. Cet essai est facile à faire, il suffit de mesurer exactement une feuille et de la peser ensuite.
- L’expérience suivante à laquelle on soumet le papier sert à déterminer sa résistance au pliage, au
- Fig. 5. Appareil dynamométrique pour connaître la résistance de rupture du papier. En cartouche, dispositif pour avoir la résistance à la perforation.
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- la natu;re.
- froissement et au chiffonnage. Ceci est très important, car certains papiers comme ceux qui servent à la fabrication des billets de banque ou des titres au porteur passent par beaucoup de mains ; il est donc nécessaire, avant de procéder à l'impression, d’ètre bien exactement renseigné sur la résistance que le support présentera à l’usage. On a imaginé différents appareils pour cet essai, mais ils ne sont pas encore entrés dans le domaine de la pratique, le moyen le plus usuel est d’opérer à la main. On plie la feuille considérée d’abord dans un sens, puis dans le sens normal, puis en diagonal et enfin dans un sens perpendiculaire à ce dernier. Le papier qui présente un trou au premier pliage est considéré très mauvais, celui qui résiste à ces quatre pliages lient être bon ; pour en éprouver la résistance réelle il faut alors le soumettre à de nouvelles épreuves : on fait une boule avec l’échantillon et on la serre; on en fait une seconde, puis une troisième. Si le papier a résisté aux trois boules, on le prend avec les deux mains et on opère des frictions, à la façon des blanchisseuses qui lavent du linge. La plupart des papiers ne résistent pas à ces épreuves. On donne une note à l’échantillon suivant l’expérience qui a déterminé son déchirement.
- On a constaté qu’il existait une corrélation très sensible entre la résistance à la traction du papier et sa résistance au frottement.
- Les autres essais auxquels on se livre ont trait à la composition et aux qualités chimiques du papier. On commence par rechercher la nature des fibres entrant dans la composition de la pâte qui a servi à la fabrication du papier. Pour y arriver on emploie le microscope. On commence par couper le papier en bandelettes qu’on fait bouillir avec une solution caustique à 1 pour 100 qui enlève l’encollage ; on recueille cette sorte de bouillie sur une toile métallique, on la lave soigneusement et on prélève des parcelles qu’on soumet à une solution d’iodure de potassium iodée. On peut constater au microscope que les fibres se colorent, en brun, en jaune ou même ne présentent aucune coloration spéciale. La couleur brune indiquera le coton, le chanvre, le lin, la ramie ; la coloration jaune marquera l’existence du jute, du bois mécanique, et l’absence de coloration celles de l’alfa, de la cellulose de bois ou bois chimique et de la paille. La forme des fibres donne aussi des indications; ainsi la paille fournira des cellules oblongues ressemblant vaguement à des semelles de souliers, quelquefois elles présenteront aussi des formes en lames de scie. L’alfa se révèle par des fibres très fines, des dents de scie, des virgules qui ressemblent à la virgule du choléra; le coton se montrera sous forme de ruban avec bourrelets et spires ; le bois chimique aura des cellules plates et larges très transparentes.
- 11 est très intéressant en certain cas d’ètre renseigné sur la présence du bois mécanique et sur la quantité qui en a été utilisée dans la pâte; on se sert alors comme réactif d’un mélange d’acide chlor-
- hydrique avec de la phloroglucine en dissolution dans l’alcool. L’existence du bois mécanique est immédiatement révélée par une coloration rose ; suivant l’intensité de cette teinte et en la comparant avec celle d'essais établis antérieurement, on pourra déterminer la quantité du bois mécanique qui entre dans la composition du papier.
- On dose les cendres dues à la combustion du papier pour connaître la quantité de matières minérales ajoutées, sulfate de baryte, kaolin, talc, etc., qui donnent du corps au papier, en augmentent le poids et en enlèvent la transparence.
- Dans quelques papiers mal préparés, il reste parfois une certaine quantité d’acides libres, ce qui est très néfaste à leur conservation. On en constate la présence en faisant avec de l’eau distillée une bouillie très liquide sur laquelle on fait agir comme réactif du rouge Congo qui bleuit sous l’action des acides libres; ce fait se présente rarement.
- Pour des industries qui emploient des papiers encollés, il faut connaître la composition des matières qui ont servi à cet encollage (gélatine, fécule ourésine).
- La présence de la fécule est révélée à l’aide d’une solution iodée très faible qui donne une coloration bleue ; pour voir si on a de la résine dans l’échantillon, on n’a qu’à faire tomber sur lui une goutte d’éther, il se forme aussitôt une auréole limitée par un cercle mat. Pour trouver la gélatine, on fait bouillir le papier avec de l’eau, on filtre la bouillie obtenue et on traite la partie liquide par du tanin. 11 se forme un précipité cailleboté qui n’est que du cuir.
- Afin de connaître le degré d’encollage d’un papier on se sert d’un moyen très ingénieux : on dispose la feuille sur un plan incliné et, à l’aide d’un compte-gouttes, on verse des petites quantités de chlorure de fer à la partie supérieure de l’échantillon, la solution, en coulant, fait une série de traînées sur le papier qu’on laisse ensuite sécher. On retourne alors la feuille et on répète la même expérience avec du tanin en provoquant des traînées perpendiculaires aux premières ; si le papier est mal encollé il se forme des taches d’encre dues au mélange des deux liquides aux points d’intersection des deux traînées ; si au contraire l’encollage est bon, il n’y a pas mélange et pas formation de taches noires. Suivant que celles-ci sont plus ou moins foncées, l’encollage laisse moins ou plus à désirer.
- Afin de connaître le pouvoir absorbant du papier buvard, on emploie un petit appareil composé d’une cuve remplie d’eau (fig. 2); une traverse soutient une série d’échelles graduées contre lesquelles on peut fixer des échantillons de papier. Avant de commencer l’expérience on marque l’heure; on fait ensuite affleurer l’ensemble des bandes et on attend dix minutes; après ce temps, on relève la hauteur d’absorption de l’eau par le papier. Les papiers buvards diffèrent beaucoup les uns des autres; ainsi pendant le même temps, l’eau est montée à 52mm,5 pour un échantillon et à 89mm,5 pour un autre.
- Pour les fabricants de papier, il est très impor-
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- LÀ NATURE.
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- tant de connaître le conditionnement de la pâle qu’ils emploient, c’est-à-dire de savoir la quantité d’eau que contiennent les matières qui servent à sa composition. Un prélève des échantillons sur les ballots (pie reçoivent les industriels et on les soumet aux appareils de dessiccation que nous avons déjà étudiés dans un article sur le conditionnement des soies1. Ces essais se font aux bureaux que la Chambre de commerce de Paris possède à la bourse du commerce, rue de Viarmes; ils sont accessibles au public. Moyennant une redevance minime, il peut être renseigné avec exactitude sur les qualités respectives des échantillons. A. d.v (amia.
- ——
- CHRONIQUE
- L‘al<*ool carburé. — L’alcool dénaturé actuel coûte environ 50tr,80 les 100 litres. S’il était pur, il fournirait environ 5870 calories. Son prix et son pouvoir calorifique, le rendent inférieur à l’essence de pétrole pour la production de la force motrice. L’essence de pétrole se vend à Paris 0tr,70 et en province 0rr,00. Le rendement avec l’alcool pur est plus faible d’un tiers environ qu’avec l’essence. En sorte qu’un moteur de 12 chevaux alimenté à l’essence de pétrole n’en produit plus que 8 avec l’alcool. Mais tout change si l’on mélange l’alcool à l’essence. L’essence donne environ 82(50 calories. Si l’on mélange par parties égales l’alcool dénaturé et la benzine, on obtient un liquide qui fournit à peu près 6890 calories, un peu moins que la benzine pure naturellement. Mais l’équilibre se rétablit du coté des prix. Car si à un hectolitre de benzine coûtant 30. francs on ajoute un hectolitre d’alcool dénaturé coûtant 50tr,80, on obtient deux hectolitres de liquide revenant à 0'r,4l le litre, soit 0rr,50. En sorte que, finalement, dès maintenant, l’alcool carburé semble pouvoir entrer en lutte avec la benzine.
- Et si l’État, comme on l’espère, diminue le prix de l’alcool dénaturé, celui-ci prendra l’avantage. Et ce serait une grande et importante réforme pour notre agriculture.
- Nous importons le pétrole et nous pouvons fabriquer surplace l’alcool. Des expériences récentes sur lesquelles il y aura à revenir ont prouvé que l’alcool carburé se comportait bien dans les moteurs des voitures mécaniques.
- Le Moto-Club avait organisé ces jours derniers une course Paris-Rouen avec voitures et voiturettes à alcool. Les résultats ont été probants. Plus de 30 voitures ont accompli le parcours. La première arrivée, celle de M. Giraud, a fait Paris-Rouen en 2h 15m avec l’alcool. Le record Saint-Germain-Rouen avait été antérieurement, avec l’essence, de 2h5in. L’alcool a donc fait mieux que la benzine. La voiture pesait 1152 kilogrammes. On a dépensé 25 litres d’alcool carburé de M. Leprètre. Avec la benzine achetée à Paris, le voyage aurait coûté 17fr,90. On a dépensé seulement 14fr,80 d’alcool carburé. Ainsi 15 francs pour remorquer en 2 heures un quart environ 1200 kg Paris-Rouen ! C’est encourageant!
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 5 novembre 1900. — Présidence de M. M. Lévy.
- Constitution du spectre solaire. — M. A. Cros adresse une Note intitulée « La lumière incolore et les couleurs ». D’après l’auteur, le spectre solaire est formé par trois
- 1 Voy. n° 1412, du 16 juin 1900, p. 39.
- couleurs, violet, vert, écarlate. Le cramoisi ne se rencontre pas dans le spectre, le blanc et le jaune sont des couleurs composées, le bleu de violet et vert, le jaune de vert et d’écarlate. Tels sont les résultats d’expériences dans lesquelles la lumière du soleil tombe, sans aucun dispositif, sur un prisme et est, après son passage au travers du prisme, reçue sur un écran placé à quelques mètres. M. Cros obtient ainsi une petite ellipse violette touchant à peine une ellipse verte sur laquelle chevauche une ellipse écarlate. Le bleu apparaît dans le chevauchement de l’ellipse violette sur la verte, et le jaune dans le chevauchement de l’ellipse verte sur l’ellrpse rouge.
- Le tir au canon et la (frêle. — M. Mascart présente une Note de MM. Yermorel et Gastine, au sujet de l’efficacité du tir au canon contre la grêle. 11 s’agit en réalité d’une méthode ancienne reprise au Tyrol et en Italie. Les auteurs ont entrepris en 1900, dans le Beaujolais, des recherches expérimentales pour préciser sa valeur. Ils ont opéré avec un canon contenant une forte charge de poudre de mine. Il se forme, au moment de l’explosion, une couronne gazeuse qui atteint la hauteur de 200 mètres. Cette couronne, quoique très solide, est déviée par les moindres obstacles. On constate, au moyen de cibles en papier, que le disque qu’elle enserre n’exerce aucune action. 11 est donc illusoire d’attribuer aucune efficacité au tir contre les nuages. M. Berthelot observe qu’il s’agit en l’espèce d’un préjugé dont on trouve la trace dans Plutarque. Des pluies et orages qui suivirent la bataille livrée aux Cimbres par Marius sont attribués par cet auteur au bruit de la bataille. Enfin, il fait observer qu’aux États-Unis, au lieu de rechercher la protection contre la grêle, par la méthode en question, on avait cherché dans son application un moyen de provoquer la pluie.
- Invasions préhistoriques. — M. A. Gaudry présente une Note de M. Girod, professeur à la Faculté des sciences de Clermont, relative à des invasions paléolithiques de l’Europe occidentale. 11 admet en premier lieu une invasion australoïde des hommes du midi, de race dolichocéphale, puis une invasion esquimaude des hommes du Nord, de race brachycéphale.
- Présentation. — L’Académie désigne au choix du Ministre de l’instruction publique pour la chaire de physique générale et mathématique du Collège de France : en première ligne, M. Brillouin; en deuxième ligne, M. Marcel Deprez.
- Varia. — M. Giard présente une Note de M. Cuenot sur la ponte des pigeons-voyageurs, puis une Note de M. Yaney sur une larve parasite de l’estomac du cheval appelée gastrophilus equi. — M. G. Bonnier présente une Note de M. Ileckel relative à une plante parasite du Congo, le Ximenia. Ch. de Yilledeuil.
- L'HOMME-ORCHESTRE DE L’EXPOSITION
- On fait beaucoup de musique à l’Exposition de 1900, dans la grande salle du Trocadéro, dans celle plus coquette du palais des Sciences et des Arts, dans les nombreuses salles de spectacle et dans les innombrables cafés et brasseries. Mais la musique la plus originale est, sans contredit, celle que nous fait entendre M. Malboech, aux environs de la galerie des Machines. Cet homme extraordinaire peut mettre en action jusqu’à treize instruments, dont voici l’énumération : piano, cornet à piston, clarinette, violon, carillon de quarante cloches, grosse
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- LA NATURE.
- caisse, cymbales, triangles, deu\ tambours, tambour de basque, castagnettes et enfin un canon!
- À l’aide de ses mains il joue soit du violon, soit à la lois de la clarinette et du piano, soit plus généralement du cornet à piston et du piano. La main gauche, destinée à ce dernier instrument, se charge aussi d’actionner le carillon. Les pieds, prenant appui sur des pédales, font marcher les instruments secondaires.
- Ces multiples occupations n’empêchent pas l’artiste, en même temps qu’il joue du cornet à piston, de fumer sa pipe» comme on peut le voir dans la photographie ci-jointe; de telle sorte qu’il trouve le moyen de souffler dans le cornet tout en v
- aspirant dans la pipe. C’est là un tour ^_____
- de force qu’on ne voit pas accomplir v
- tous les jours. Ce musicien exécute d'une façon très convenable des morceaux souvent difficiles et on jurerait, quand on vient à fermer les yeux, qu’on assiste à un concert donné par une douzaine de personnes, tellement le bruit produit est considérable. L’exécution est quelquefois fantaisiste, tel le coup de canon qui termine certaines partitions à la Berlioz ou à la Wagner.
- Malboeek, lui-même, a présidé à 'installation de son orchestre et en a arrêté les différentes dispositions. C’est en Hollande, son pays natal, qu’il a procédé à cettecréation.
- Quoique âgé seulement d’une quarantaine d’an-
- L’Homme-Orchestrc de l’Exposition.
- nées, il a déjà parcouru presque le monde entier. Avant de se faire entendre à Paris, il a fait une tournée dans le Transvaal où il récoltait les applaudissements enthousiastes des mineurs de Johannesburg.
- Il annonce dans son prospectus qu’il offre 10000 francs à quiconque réussira à l’imiter et, manquant peut-être d’un peu de modestie, il s’inti-
- tule le ])lux grand artiste du monde. Quoi qu’il en soit, on ne peut refuser de le reconnaître comme un exécutant sortant tout à fait de l’ordinaire.
- Delauney.
- Le Gérant : P. Massow
- Paris. — Imprimerie I.auuie, rue de hleurus, 9.
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- N° ll5i.
- 17 NOVEMBRE 1900.
- LA NATURE.
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- LES MITRAILLEUSES RE CAVALERIE
- L’armée suisse est la première <pii ait introduit des mitrailleuses automatiques dans son armement, et son exemple a été suivi par toutes les autres armées. Dans ces derniers temps, les Suisses viennent également de procéder à une innovation en faisant porter les nouveaux engins sur des chevaux de bât accompagnant la cavalerie.
- 11 est vraisemblable que, l’expérience ayant donné de bons résultats, les autres nations feront de même. Ce qui manque en effet, surtout à la cavalerie, c’est de pouvoir disposer
- d’un leu de quelque eflieaeilé, les cavaliers ayant l'habitude de tirer très mal : il est clair par consé-
- Fi". 1. — Mitrailleuse au tir.
- quent que les mitrailleuses qu’on leur adjoindra combleront un vide non dépourvu d’importance. D’après le règlement suisse qui vient de paraître, les mitrailleuses affectées à une brigade
- de cavalerie forment une compagnie de huit machines qui# peut être sectionnée en diverses parties, sans cependant tpi’on puisse détacher une unité isolée ; le fractionnement ne pourra donc lias aller au delà de deux mitrailleuses, de façon que si l’une vient à se détraquer ou puisse utiliser l’autre sans
- risquer de se trouver pris au dépourvu.
- Les mitrailleuses doivent suivre la cavalerie
- partout et prendre, s’il y a lieu, les allures les plus vives.
- Leur emploi sera tout naturellement indiqué pour l’occupation d’une position avancée ou d’un défdé qu’elles devront enfiler sous la protection d’un détachement de cavalerie. Elles pourront également,
- par un emploi judicieux, préparer l’action de la cavalerie soit contre l’infanterie, soit contre une autre cavalerie. Enfin elles pourront servir pour faciliter et favoriser la poursuite de l’ennemi, de concert avec la cavalerie à qui cette tache incombe généralement : de même aussi, elles pourront couvrir
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- jïdtl A T/)
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- LA XA Tl II L.
- r»s(»
- une retraite en dirigeant leurs feux sur les flancs de l’ennemi.
- La mitrailleuse adoptée par l’armée suisse, est du système Maxim. C’est, en somme, un canon de fusil ordinaire auquel est adapté un système permettant le tir automatique. Un cylindre, rempli d’eau, enveloppe le canon et s’oppose à un trop rapide échauf-lement de l’arme. L’engin est placé sur un trépied muni d’une petite selle ou sellette sur laquelle s’assoit le servant qui exécute le tir. Des bandes, renfermant 250 cartouches, servent pour le eharge-menL L’arme est munie d’une hausse et d’un guidon ; une vis de pointage fournit l’inclinaison nécessaire; deux poignées, fixées à l’arrière, permettent de donner la déviation latérale.
- Le nombre des coups, qu’on peut tirer à la minute, est susceptible d’atteindre (KM).
- De récentes expériences ont montré que l’efficacité du tir des mitrailleuses peut s’étendre jusqu’à une distance de 2000 mètres sur des buts d’une certaine étendue. Ce tir est surtout précieux quand il a à s’exercer sur un but mobile, par suite de la facilité qu’on a d’arroser le terrain de projectiles en faisant mouvoir l’arme à la fois dans le sens vertical et dans le sens horizontal.
- La compagnie suisse de mitrailleurs se compose de deux pelotons de quatre pièces ayant chacun la composition suivante : J lieutenant," 2 sergents, 4 brigadiers, 1 caporal armurier, 12 servants et 8 conducteurs ; total I officier et 27 hommes ; chaque peloton comporte, en outre, 2 chariots de munitions et 59 chevaux.
- Les hommes sont armés du sabre et du mousqueton, mais ce dernier est destiné à être remplacé par un pistolet automatique.
- Les chevaux de pièce portent, sur bàls, d'un coté le trépied avec sellette, de l'autre la pièce avec-son cylindre à eau, ainsi qu’un bidon et divers outils et pièces de rechange. Les chevaux de munitions portent également sur bâts, de chaque côté, quatre caissettes renfermant chacune une bande de 250 cartouches, ce qui fournit un total de 2000 coups par cheval. Les chevaux ainsi chargés sont menés en sous-verge par des conducteurs.
- Les feux qu’on exécute avec les mitrailleuses sont de deux sortes. Il y a le feu de séries, qui est aux mitrailleuses ce que le feu de salve est à l’infanterie ; c’est le chef du peloton qui commande le feu à une pièce déterminée. La hausse est rectifiée après chaque série de cinq coups.
- La hausse étant déterminée, on peut alors faire le feu de vitesse. Dans ce’ tir, une pièce stir deux tire des salves de 50 coups pendant que l’autre est visitée et graissée, puis cette dernière tire à son tour pendant que la première est soumise à la visite et au graissage et ainsi de stiite.
- Quand on tire sur des buts larges et peu profonds, le chef de section commande ; Dispersez le? feu* en largeur. Si le but est, au conafeire, peu large mais profond; il sera fait le commandement : Dis-
- perses le feu en hauteur. Les deux mouvements s’exécutent, l’un en agissant sur la vis de pointage, l’autre sur les poignées de l'arrière.
- L‘-Colonel Di:i.ac.m;v.
- TimsLvnox m système soluke
- DANS I.’ksPACK
- Le soit-il et les planètes se déplacent dans l'espace. Xons traversons sans cesse des régions inconnues dans les profondeurs de l'immensité céleste. Aujourd'hui, nous passons ici et, demain ailleurs et très loin de la position de la veille. Le globe tourne sur lui-même et, en même temps, se déplace autour du soleil. II est clair qu’il pourrait pirouetter sur place, et accomplir toujours la même révolution autour de l’astre central en suivant, chaque année, le sillon précédent ou à peu près. Mais on oublie que nous sommes liés au soleil par un câble idéal et que nous le suivons bon gré, mal gré. Or, le soleil n’est pas immobile dans l’espace. Lui aussi marche. Et avec lui nous marchons. Le cheval attelé à un manège tourne certes sur place; mais, si le manège est installé sur un bateau, tout le système suit le courant de l’eau. Ainsi nous faisons, et, par conséquent, nous traversons chaque jour de nouveaux pays dans l’infini des cieuv.
- Où va le soleil, nous allons. Et le soleil va vite chaque jour. Comme tous les astres qui peuplent l'univers céleste, le soleil possède un mouvement de translation dans l’espace. Longtemps on ne s’en aperçut pas ; mais les astronomes, après avoir constaté que toutes les étoiles, autres soleils, se déplacent sur la grande voûte bleue, reconnurent que le soleil ne faisait pas exception à la règle commune. Le changement de position se manifeste par un agrandissement apparent des constellations de la région vers laquelle le soleil se. dirige et une diminution analogue des étoiles de la partie du ciel diamétralement opposée. Tout grandit d’un côté, puisqu’on s'approche; tout diminue de l’autre, puisqu’on s’éloigne. C’est de toute évidence.
- On nomme « Apex » h- point de la sphère céleste vers lequel s’avance le soleil avec tout son cortège de planètes, d’astéroïdes, de comètes et de météores. Nous en sommes, du cortège officiel, et nous faisons avec lui un voyage inimaginable dans l’espace. Nous ne nous en apercevons pas, parce que nous avons trop de choses qui nous préoccupent sur terre ; mais le fait est indéniable et hors de toute contestation.
- Quelle est exactement la direction de notre voyage interstellaire? C’est ce que nous ne saurions dire avec exactitude. Il faudrait savoir rigoureusement la situation de l’Apex ; et la détermination de ce point céleste présente de nombreuses difficultés. Nous allons vers la constellation d Hercule. L'incertitude où nous sommes provient en grande partie de ce fait que l’on ne peut pas bien discerner l’effet du mouvement propre au soleil de celui qui est propre aux étoiles. Depuis la fin du siècle dernier, depuis les premières recherches de W. Hers-ehel sur le déplacement solaire, fa détermination ‘des coordonnées de l’Apex a donné lieu à un grand nombre de travaux. En 1888, M. L. Slruve, notamment, a publié sur ce sujet un très important Mémoire fondé sur l’étude des mouvements d’un grand nombre d’étoiles. En combinant ses résultats avec ceux que l’on connaissait déjà, il fixe comme coordonnées de l’Apex : Ascension droite, 2fifi°7 et comme déclinaison, 51°. Depuis, en 1889,
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- LA SATURE.
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- M. L. Boss reprit la question el, selon lui, il vaudrait mieux adopter les valeurs suivantes : Ascension droite, l280<> et déclinaison, 40". Le désaccord n’est pas petit.
- Mais, pour le moment, il nous importe peu, à nous autres habitants de la terre, d’aller dans le ciel un peu plus à droite ou un peu plus à gauche. Il nous suffit de savoir que nous filons dans le vide de l'espace avec une vitesse considérable, mais <pi’il serait prématuré de fixer encore par un chiffre. Fi.amel.
- LE TÉLÉMÈTRE (iRltl SILL1ER-ZE1SS
- Dans une lecture faite à une réunion de la British Association, M. le professeur Stroud a décrit plusieurs appareils destinés à mesurer rapidement et avec une précision relative les grandes distances sur le terrain, entre autres le télémètre (irousillier-Zeiss.
- Ce télémètre est une application du léléstéréoscope imaginé par Jlelmholtz (Optique physiologique) dont nous allons brièvement rappeler les propriétés.
- Tout le monde sait que, dans le stéréoscope, celte admirable invention de Wheatstone, la perception du relief est obtenue en combinant deux perspectives (imagesou photographies) prises respectivement de chaque œil comme point de vue.
- Pour les objets rapprochés l’effet est saisissant. Pour les objets éloignés, il n’en est pas de même parce que la hase d’opérations, l’écartement des yeux (environ 0m,064) est trop petite et les différences entre les deux perspectives trop faibles. Afin d’obvier à cet inconvénient, llelmholtz eut l’idée de modifier le stéréoscope en v ajoutant quatre miroirs inclinés qui permettent à l’observateur de voir comme si ses veux présentaient un écartement quelconque déterminé, (fa peut décupler, par exemple, la distance des yeux, la [forter à 0m,(>4 sans que l’instrument cesse d être portatif. Pour que les images conservent leur netteté, il faut, concurremment, obtenir un grossissement correspondait. Dans ces conditions la perception du relief prend des proportions tout à fait inaccoutumées1. Pour permettre la détermination numérique des distances dans la direction des lignes de visée, MM. Grou-sillier et Zeiss ont eu recours à l’artifice suivant. Le grossissement dont il a été question plus haut est obtenu en prenant un objectif à long foyer. Les objets très éloignés forment une image qu’on peut recueillir sur un écran situé au foyer de l’objectif.. Sur une lame de verre transparente occupant cette position, imaginons qu’on ait tracé, par la gravure ou la photographie, pour chaque œil, la perspective d’une allée d’arbres ou de poteaux télégraphiques par exemple, qui, parlant de l’observateur et parallèlement à l’instrument, se prolongerait jusqu’à la distance de plusieurs kilomètres; supposons, toujours sur chacune des perspectives, les arbres ou poteaux surmontés de numéros d’ordre correspondants. Je regarde au télestereoscope une certaine maison, c’est-à-dire que je fais, pour chaque perspective, converger chacun de mes yeux sur l’image de cette maison. Les deux images fusionnent, le relief apparaît; mais, en même temps, l’allée tracée sur le verre traverse la maison et les arbres
- 1 M. Java! a démontré (Manuel du strabisme) que la cause principale, sinon unique, de la perception du relief, dans le stéréoscope comme dans la réalité, devait être attribuée aux mouvements des yeux convergeant sur mi même point. L’amplitude de ces mouvements pouvant être décuplée, centuplée dans le téléstéréoscope, la perception du relief s'accentuera dans la même proportion.
- ou poteaux n° 2 de chaque perspective par exemple, fusionnent également. La maison est donc à 2 kilomètres ou au moins dans un plan parallèle à l’observateur et situé à 2 kilomètres (M. Stroud appelle ces instruments ramje-finders, trouveurs du rang, et non télémètres proprement dits). La distance cherchée n’est donc obtenue que d’une manière approximative, mais il ne serait peut-élre pas impossible d’obtenir une précision presque rigoureuse.
- En tout cas, pour émettre une opinion sur la valeur de ce nouveau dispositif, il faut attendre encore l’épreuve de la pratique. Georges Guékoult.
- L\ LËÏHUtlilE CHEZ LES WIIIUA
- La léthargie est un phénomène biologique n’offrant rien d’exceptionnel que l’on peut observer non seulement chez l’homme, mais encore chez les animaux. Il est sous la dépendance du manque de nourriture, de la température et de la vaso-constriction périphérique. Il est très vraisemblable que les fakirs enterrés vivants ne sont que des léthargiques que l’on réveille après leur séjour dans une tombe temporaire. Les animaux présentent aussi de nombreux exemples de sommeil léthargique. Tout le monde connaît l’histoire des crapauds rencontrés enfermés dans les pierres ; une cavité en relation avec l’air leur a permis de vivre. Dernièrement, à la Société d’hypnologie et de psychologie, M. Farez signalait des poissons qui sont restés huit mois dans la vase desséchée de rivières complètement à sec et qui se sont réveillés quand l’eau a commencé à couler. Ces poissons sont des « protopterus », connus pour entrer en léthargie tout comme les hibernants. Le protopterus sécrète une sorte de cocon au travers duquel il ménage un canal d’air et il continue à vivre endormi sans eau. Ainsi font les hérissons, les Échidiens, les fourmis, les insectes ; quand ils ne mangent plus, ils sommeillent. Ce sommeil par défaut de nourriture, on l’a observé chez l’homme lui-même dans plusieurs districts russes en temps de disette^ M. Boirac a rappelé que d’après des témoignages authentiques un troupeau de moutons, surpris un jour en montagne par une avalanche, fut bloqué dans une cavité naturelle et resta en léthargie pendant un mois. Les léthargiques persistent dans leur immobilité à moin§ qu’on ne les alimente. La fameuse dormeuse de Thenelles, en léthargie depuis des années, ne donne aucun signe d’existence excepté au moment où on la nourrit. De mêm.e les loirs.
- Nous connaissons mal les phénomènes léthargiques. 11 serait intéressant de les étudier de plus près chaque fois que l’occasion s’en présente. Si les cas diffèrent dans les détails, la cause première doit être la même aussi bien chez l’homme et chez les animaux. 11. Caiuuce.
- LA SÉCURITÉ
- SLR LES CHEMINS HE FER
- ET LE PYROGHAPHE MA G MX FRÈRES
- Peu de problèmes de l’ordre mécanique ont suscité autant de recherches et fait éclore un nombre plus grand d’inventions que le souci d’assurer la sécurité dans les transports par voie ferrée. Il n’est que juste d’ajouter immédiatement que sur aucun terrain de
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- recherches 011 11e vit plus abondante floraison de solutions folles, baroques ou simplement insensées. Il y aurait à faire un gros volume à ravir l’humoriste Alphonse Allais en réunissant seulement les plus originales imaginations dans cet ordre particulier de spéculations intellectuelles et, à cet égard, le problème de la direction des ballons qui fit travailler tant de cervelles non préparées par de sérieuses études mathématiques ne vient très probablement qu’en seconde ligne. C’est que, de prime abord, le problème apparaît d’une enfantine simplicité aux profanes, et par profanes, nous entendons les chercheurs ignorants des conditions techniques d’une si déconcertante multiplicité que présente toujours la plus modeste modification apportée à la locomotive,
- à la voie, au régime des signaux, etc. Cette complication est telle qu’on peut affirmer qu’une invention vraiment pratique, bien conçue et immédiatement utilisable, ne peut émaner que d’hommes ayant fait des chemins de fer leur spécialité, le champ unique et constant de leurs études et recherches. Quelques exceptions ne feraient que confirmer cette règle.
- Si nous cherchons à nous rendre compte du travail intellectuel qui aboutit à un si grand nombre de créations ridicules ou sans valeur, nous trouverons ceci :
- La locomotive, masse énorme emportée à d’invraisemblables vitesses sur un chemin invariable, compose une force en mouvement, créatrice d’un travail considérable et, dès lors, le problème — ô très simple*! — se réduit à l’énoncé suivant : Soustraire au passage d’un signal commandant l’arrêt un peu
- de cette puissance en marche pour actionner un mécanisme avertisseur (combiné de mille manières par les inventeurs) placé à portée du regard ou de l’ouïe du mécanicien.
- A problème si simple, solution rudimentaire. Et ce sont des pédales accrochant au passage des bielles pendantes, des ressorts fléchis, que sais-je encore?
- üp, en réalité, il n’est pas de problème plus délicat et les innombrables insuccès ou ratés des appareils paraissant les mieux combinés ont surabondamment démontré combien ce desideratum si simple comporte de difficultés pour sa réalisation technique.
- Tout d’abord, par sa vitesse et sa masse, un train en marche est le plus détestable des transmetteurs de mouvement, attendu qu’il agit par percussion, choc foudroyant brisant toute résistance. Et nous invitons les inventeurs découragés à méditer la leçon que donnent, au passage d’un rapide ou d’un express,’ les folles avoines semées au hasard entre les rails.
- Courbées lors du passage de l’ouragan de métal, frôlées par tous les essieux, le train passé, doucement elles redressent leurs tètes flexibles et continuent à vivre, intactes. C’est que ces herbes grêles n’ont opposé « aucune résistance » à l’énorme masse en mouvement. A la place des graminées, supposez un bâton, une tige de fer, solidement fichés dans le sol et comparez les résultats.
- Autre chose. Quand une locomotive traînant des wagons se meut sur une voie ferrée, le « profane » ne voit ([ue des masses matérielles de formes précises, reliées et glissant sur des rails et cet ensemble représente pour lui toutes les pièces intéressées.
- Il en va tout autrement aux yeux de l’initié, homme du métier, ingénieur des chemins de fer. La locomotive, les wagons, sont inscrits dans une figure géométrique déterminée où prennent place toutes les pièces appelées à composer un train, cette figure invariable et géométrique se nomme le « gabarit ». La voie, elle aussi, a son « gabarit » où s’inscrivent également les nombreuses pièces fixes qu’un train peut rencontrer sur sa route et l’on comprendra aisément qu’il est de toute nécessité que ces deux « gabarits » ne se pénètrent pas.
- Or, toutes ou presque toutes les inventions d’avertisseurs pour le mécanicien se résument à un organe mettant en communication « infailliblement » les deux gabarits. Et cela, au dire des inventeurs, sans un « raté » et sans « bris » d’aucune sorte. Et, ce n’est pas chose facile, si l’on considère qu’un train lancé ne se meut pas comme une paire de rideaux sur une tringle et qu’il faut compter avec les mou-
- Fiy. 1. — Le pyrographe Magimi frères. Coupe intérieure.
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- vements do galop, do lacot, los inclinaisons de la voie, les trépidations qui modifient à chaque instant les relations des deux gabarits.
- De ce qui précède il ne faudrait cependant pas conclure qu’aucune innovation intéressante n’a été réalisée. On s’est approché de la solution et les systèmes les mieux étudiés sont ceux qui se sont inspirés des « folles avoines » en ne demandant à la masse de la locomotive que le minimum d’effort, pédale à peine frôlée, contact électrique. On est arrivé à restreindre ainsi le nombre des « ratés » ; mais, malgré tout, on ne peut actuellement sans présomption affirmer l’infaillibilité d’aucun de ces systèmes, et la vigilance soutenue du mécanicien reste encore un des facteurs les plus sérieux de la sécurité sur la voie ferrée.
- Sous la réserve de ces observations il est intéressant d’examiner certaines des solutions proposées et c’est dans cet esprit que nous présentons à nos lecteurs l’invention de MM. Eugène et Léopold Magnin.
- MM. Magnin ont eu l’idée d’utiliser l’explosion du pétard qui déplace violemment l’air dans son entourage immédiat pour produire sous les yeux du mécanicien l’enregistrement durable de la détonation.
- Pour obtenir ce résultat, un tube T (fig. 1) est placé de manière que son extrémité formant pavillon vienne déboucher près de la roue qui écrase.le pétard.
- L’autre extrémité du tube se continue par une chambre cylindrique a dont surface intérieure est soigneusement polie, de façon à permettre le glissement facile d’un curseur cylindrique d.
- La partie avant du curseur présente une cuvette c dont la couronne est taillée en dents de scie très affdées et très minces, tranchantes par leurs deux arêtes. Ces dents, dans la position normale de l’appareil, se trouvent par leur extrémité à quelques millimètres d’une feuille de papier blanc p, tendue sur un châssis rectangulaire mm' maintenu lui-même en place par des vis vv' sur un châssis faisant corps avec la chambre a.
- En des points déterminés n et n' la chambre a est percée de trous réunis par un tube t.
- Le curseur d est également percé d’un canal f analogue aux trous n et n'. Enfin, la chambre a comporte à sa partie inférieure une rainure dans laquelle se loge et peut se déplacer une nervure-guide g du curseur d. Voyons maintenant le fonctionnement de l’appareil tel qu’il est décrit par les inventeurs : A l’instant où la roue d’avant de la
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- machine fait détoner un pétard placé sur le rail, celui-ci, le patin de la roue et le boudin s’opposent à l’expansion des gaz de l’exjdosion dont la plus grosse part, dirigée en avant et sur le côté extérieur de la voie, est recueillie par le pavillon du tube T. La pression reçue par l’ouverture du tube est transmise par l’air y contenu sur la surface postérieure e du curseur d, qui est poussé en avant jusqu’à ce que la culasse e vienne buter au bout de son logement dans la chambre a.
- Mais cet avancement du curseur fait passer les dents de sa couronne au travers de la feuille de
- papier tendue p, et comme 1 avancement est d’une valeur supérieure à la longueur même des dents, la partie centrale du papier est découpée complètement suivant la couronne dentée, c’est-à-dire en un disque de même diamètre. Ce petit disque constitue un signal visible, mais de plus sa chute naturelle découvre la cuvette c dont le fond est peint en rouge et que l’oeil du mécanicien aperçoit alors.
- La chute naturelle du disque de papier découpé pouvant ne pas avoir lieu invariablement pour des raisons diverses accidentelles, une disposition permet de le faire chasser artificiellement de devant le rouge de la cuvette c.
- Quand le curseur a franchi l’espace nécessaire au
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- découpage du papier la compression de l’air du tube T passe par les trous n, n' du tube t et f du curseur venu en face f' de la chambre a et passe dans la cuvette c d’où il en chasse la rondelle de papier blanc laissant ainsi le disque rouge apparaître.
- Outre cet appareil, les inventeurs ont adapté à la locomotive un système de leviers dont une branche en touchant le pétard produit l’ouverture du robinet à air du frein et, de plus, actionne un sifflet d’alarme. Cette addition rentre dans la catégorie des appareils fonctionnant pat* choc-où contact- plus ou Inoihs bien‘assuré et ne présenté-pSs dungéniosité 4u-}xyrogriiphe. baJigure .2 montre en T .l’enregistreur et en S le sifflet d’alarme. A. R.
- RÔLE DES SULFATES
- , DANS LA VÉGÉTATION
- • Dans un article récemment paru1, M. E. Ifenriot nous faisait constater expérimentalement les bons effets des sulfates sur la végétation. Je suis heureux de me trouver ten concordance d’idées avec votre estimable collaborateur. 'Je vais résumer très succinctement ici l’état de la question et publier quelques faits d'expérience pratique à l’avantage du sulfate de fer.
- f En 18-41 Boussingault montrait que le trèfle plâtré contenait plus de potasse et de magnésie que le trèfle non plâtré. Cette observation fut depuis confirmée par celles de Pineus, Liebig, AVolff, Knop, Dehérain. Ce dernier admet que le plâtre agit par dédoublement et échange sur le carbonate de potasse et met en œuvre la potasse sous forme de sulfate de potasse. D’autres auteurs (J. Sachs et Pichard) admettent une sorte d’action excitante sur la végétation. Quant au sulfate de fer, M. Griffiths en Angleterre a conclu, après de nombreuses expériences, que son emploi était avantageux sur les cultures et les prairies. Des essais exécutés par MM. Gran-’deau et Dehérain, il ressort que les sols qui contiennent 1 pour 100 de sulfate de fer sont stériles. Mais la dose de 1 pour 100 est énorme comparativement à la proportion normale des autres engrais contenus dans les sols fertiles. Ce qui est certain, c’est que le plâtre agit souvent d’une façon merveilleuse sur les tréflières, les luzernières et aussi sur les vignes (expériences de MM. Oberlin et Rassiguier relatives aux vignes). Et, fait curieux, les cendres pyriteuses, que l’on trouve en assez grande quantité dans la Somme, l’Aisne, les Ardennes, sont communément employées aussi sur les prairies artificielles, et en Champagne sur les vignes; elles agissent — il ne faut pas l’oublier — à la façon du sulfate de fer.
- Depuis quatre ans, en Meurthe-et-Moselle et dans les Ardennes, je préconise l’emploi des solutions de sulfate de fer à 10 et 15 pour 100 pour la destruction des moutardes dans les céréales d’automne et de printemps, et je dois ajouter que le procédé est infaillible lorsqu’il est judicieusement appliqué. J’ai toujours constaté, même en Lorraine où le fer ne fait pas défaut, qu’après le traitement au sulfate de fer il y avait une sorte de suractivation végétale, que l’avoine, le blé ou l’orge prenaient une teinte vert foncé, caractéristique d une bonne santé.
- 1 Voy. n° 1428_du 6 octobre 1900, p. 500.
- M. Wagner a fait les mêmes remarques en Allemagne et il écrivait à ce sujet dans le Journal de l'Agriculture du 22 avril 1899 : « Le sulfate de fer a été d’un effet favorable sur la croissance de l’avoine. L’avoine aspergée se distinguait dans ce cas par une croissance particulièrement luxuriante, comme celle ayant reçu une forte dose de nitrate de soude. » Il y a sûrement là un effet utile qu’il fallait étudier de près, et le 20 mai 1899, dans une communication faite à la Société centrale d'agriculture de Nancy, je demandai que des essais comparatifs fussent entrepris avec des solutions cuivriques et ferriques, et cela dans le but surtout de noter l’augmentation probable qu’accuseraient les parties traitées au sulfate de fer. Ges essais n’ayant pas été entrepris, je les exécutai au printemps dernier à Rubécourt (Ardennes), sur un champ d'avoine appartenant à mes parents.
- Voici les résultats obtenus respectivement sur trois parcelles de chacune dix ares :
- Rendement Rendement en grain. en paille.
- 1" parcelle (moutardes arrachées à la —• —
- main)................................ 180 kg. 287 kg.
- 2' parcelle (traitée au sulfate de cuivre). 195 512
- 5" parcelle (traitée au sulfate de 1er) . 238 122
- Les essais portèrent sur un sol silico-argileux, pauvre en acide sulfurique, et, on le voit, les résultats sont très concluants.
- Je ne voudrais certes pas conclure du 'particulier au général; je demande instamment que de nouveaux essais soient entrepris; je demande surtout que dans les pulvérisations pour la destruction des moutardes, les solutions ferriques remplacent les solutions cuivriques. Cette substitution serait particulièrement avantageuse dans les terrains calcaires, on fournirait à la plante un agent stimulant et fertilisant. Le sulfate de protoxyde de fer, par la rouille qu’il donne, favorise la fixation de l’oxygène et de l’ammoniaque. De plus il opère « une décalcarisation lente et indéfinie du sol », pour rappeler une expression heureuse de M. Bernard.
- En résumé nous concluons à l’efficacité des sels de fer et nous demandons que d’autres essais soient entrepris.
- K. Dumont,
- profcs«eup d’agriculture à Cambrai.
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- ÉCRANS LIQUIDES POUR TÉLESCOPES
- Suivant une méthode, qui nous semble du reste avoir déjà été employée, deux astronomes américains, MM. See et Peters, de l’Observatoire naval des États-Unis, ont imaginé de recourir à des écrans colorés, autrement dit à un petit récipient contenant un mélange coloré qu’on fixe à l’oculaire, pour supprimer certaines colorations parasites qui gênent souvent les observations. C’est ainsi que, pour supprimer le halo bleuâtre qui entoure habituellement les étoiles, tout en laissant passer le halo extérieur de lumière rouge, ils remplissent le récipient en question de bichromate dissous dans de l’eau. Pour supprimer les rayons bleus ou rouges, mais en laissant passer les verts et les jaunes, ils recourent à de l’acide picrique et à du chlorure de cuivre, toujours dans de l’eau, ce qui donne une solution vert intense; la couleur obtenue sera rouge intense avec de l’acide chromique en dissolution et les rayons violets ou bleus et la plupart des rayons verts seront arrêtés. M. C.
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- LES PÊCHERIES A L’EXPOSITION
- La place occupée par la Pèche et les Pêcheries à l’Exposition de 1889 était peu considérable : elle était importante à l’Exposition de 1900. Et en 19..., — je laisse la date en blanc, n’ayant point le don de prophétie — en 19..., la Pêche occupera sans doute son Palais, à elle toute seule, et saura le remplir de façon abondante et intéressante.
- Cette année même, elle l’eût rempli, si on le lui avait offert, et si, au lieu de tolérer la méthode hybride, celle qui permet a certains pays d’exposer dans la section, et à d’autres de garder dans leur pavillon ce qui se rattache à la section, on eût décidé que tout ce qui se rapporte à la pèche ne pouvait figurer qu'au Palais consacré à celle-ci — et aux forêts par surcroît. Il faut considérer, en effet, que l’exposition admirable du prince Albert de Monaco se trouvait non au Palais de la Pêche, mais à la rue des Nations, et que c’était dans cette rue encore qu’il fallait chercher les Pèches de Norvège — un morceau capital et fort bien présenté — du Portugal, de la Finlande, et que c’était au Trocadéro qu’on devait porter ses pas pour étudier les Pèches d’une partie de la Russie, de toutes les colonies françaises, et du Canada. Avec tout cela, il y avait de quoi garnir un éditice de belle venue.
- Mais prenons les choses — et les Palais — tels qu’ils sont : la matière est déjà bien assez abondante.
- Et dès l’abord, un mot sur les sujets dont je ne parlerai point, mais qu’il n’est pas permis de passer absolument sous silence.
- La carpe forcée est un de ces sujets, -- la carpe telle qu’elle est cultivée dans les étangs d’Autriche et de Bohême, et en particulier dans le domaine du prince Schwartzenberg, par une méthode — la méthode Dubisch, sur laquelle, dans un excellent petit livre La Carpe1, M. Le Play donne les renseignements les plus précis— qui touche à l’agriculture et à l’aquiculture à la fois, et qui donne les meilleurs résultats, comme on a pu le voir en comparant les carpes élevées par les procédés ordinaires et les carpes élevées par les procédés autrichiens.
- Un autre, ce sont les cerfs de M. Shiras.... Ces cerfs, on les voyait tout au fond du bâtiment, dans la section américaine. Ils sont extraordinaires, et c’est, pourquoi je les signale, bien qu’ils n’aient rien à voir avec la pèche. M. Shiras est un riche américain, très amateur de photographie. Et sa passion c’est, de photographier les bêtes en liberté, à l’état de nature. Et comme celles-ci ne se laissent pas toujours approcher, il a imaginé de les photographier automatiquement, aux points où elles ont coutume de venir boire, en disposant tout autour des appareils qui fonctionnent quand un pied touche un fil qui, en même temps, allume une lampe au magnésium. Sans doute on ne réussit pas à tout coup, mais il arrive
- 1 Masson eLCie, Paris.
- qu’on réussisse admirablement. Plusieurs photographies sur verre sont là pour en témoigner.
- Maintenant, il faut s’arrêter un peu à l’exposition du Japon, et compléter la visite au Palais des Pêcheries par une visite à la section japonaise de l’Alimentation. Car les pèches japonaises sont fort prospères ; elles occupent une population nombreuse, et donnaient lieu à une industrie importante. Les Japonais apprennent l’art des conserves, et on pouvait voir des échantillons de leur savoir sous forme de conserves de sardines, de saumon, de mulet, de crevettes, de homard, etc. Même il y a un produit qui sort grandement du commun : ce sont des conserves d’oursin. Les produits sexuels, les œufs et la laitance, sont les seules parties de l’oursin que l’on mange : ce sont les seules que les Japonais conservent. Et le produit est fort bon; cela fait un hors-d’œuvre excellent à manger avec du pain et du beurre, par exemple.
- Les Pêcheries japonaises étaient encore intéressantes au point de vue des perles, et on sait que le trépang — dont quelques échantillons étaient là — joue un rôle de quelque importance comme objet de pêche et de commerce.
- Nous ne pouvons parler bien longuement non plus des pêcheries russes, mais comment ne pas signaler à l’admiration l’exposition de la maison Sapojni-koff, qui représentait si bien la grande pêche de la Volga et de la Caspienne, telle qu’elle est pratiquée par les compagnies puissantes dont Astrakhan est le centre naturel.
- On y voyait les espèces les plus importantes de la région dont il s’agit, depuis le gigantesque esturgeon jusqu’à ces petits poissons blancs minuscules et brillants, dont il faut des millions pour remplir un tonneau. Les esturgeons ne sont déjà plus aussi nombreux ni aussi énormes qu’il y a cent ans; mais l’abondance reste suffisante, comme les dimensions, comme on le peut juger au contenu d’un ou deux tonneaux. Sans exagération, le « tour de taille » des segments des poissons ne diffère guère du tour de taille d’un adulte de moyenne force.
- On sale beaucoup à Astrakhan ; mais la salaison n’est pas la seule méthode usitée. Certains poissons sont plutôt fumés — et ceci se fait dans des pièces spécialement aménagées à cet effet,— d’autres sont simplement séchés et durcis. Le dessèchement, est opéré par le soleil et l’air. Les séchoirs ne sont que des espaces découverts, tendus de cordes portées par des piquets ; les poissons ficelés par paire en général sont suspendus aux cordes jusqu’à parachèvement de l’œuvre. Elle est rapide, grâce à la chaleur et à la sécheresse de l’atmosphère, et quand on vient décrocher les poissons, ils sont durs comme du bois, et, quand on les heurte l’un contre l’autre, sonnent comme des bûches. C’est aussi par séchage qu’on prépare le petit poisson qui est fort apprécié par toute la basse classe et qui, chargé à même dans les chalands, est par eux promené à travers toute la Russie.
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- Dans la section russe, il y avait autre chose de fort intéressant ; c’est l’exposition du laboratoire de Yil-lefranche. Celle-ci fait voir en effet à quel degré de perfection on en est maintenant en ce qui concerne
- l’art de conserver les animaux de collection. Il n’y a pas si longtemps, il était impossible de conserver dans un musée les animaux tant soif peu délicats de texture et de coloris : impossible de conserver tant de vers marins, si élégants, tant de mollusques, tant de spongiaires et de zoophytes. Maintenant, voyez les bocaux du laboratoire de Yil-lefranche : ils contiennent des méduses qui ont gardé leur forme, leur couleur et leur fraîcheur; ils contiennent des ascidies aussi parfaitement conservées que si elles étaient en pleine vie ; et bien d’autres organismes parmi les plus délicats que la mer puisse fournir, qui n’ont rien perdu de leur transparence, des contours fragiles de leur forme, des nuances si fines de leur coloris. C’est véritablement merveilleux. Du reste, on voyait des préparations tout aussi belles à la section des Pays-Bas, et aussi au pavillon de la Norvège : dans ce dernier, toutefois, il est évident que certains poissons étaient quelque peu fardés ; on a avivé leurs couleurs, leurs dessins. Le liquide conservateur est à base d’acide formique; chacun sait que c’est là, pour le présent du moins, la substance la plus efficace dont les naturalistes puissent se servir pour conserver à leurs victimes les apparences de la vie qu’il leur ont enlevée.
- De l’exposition ostréicole, rien à dire : elle était infiniment médiocre. Ceci soit dit non pour ceux qui y participaient et ont fait preuve de bonne volonté, pour
- la plupart, mais pour de grosses exploitations qui n’ont pas daigné donner signe de vie et qui d’ailleurs le regretteront peut-être.
- Mais, en face de l’exposition du laboratoire de Yil-lefranche, il fallait considérer de près celle des Pays-Bas, fort bien organisée sous la direction d’un collègue des plus distingués, M. Hoek. Car la Hollande est un pays très adonné aux besognes de mer; avec cela, il est entrecoupé de rivières et de canaux qui donnent le goût de l’eau et de ses occupations à ceux qui ne le reçoivent pas du voisinage de la mer.
- Et la pêche de Hollande est variée; elle porte sur le saumon (une soixantaine de mille pièces par an pour le Rhin seulement), l’anchois, surtout pendant qu’il est entré dans le Zui-derzée pour y frayer, le hareng, la morue, l’églefin, la lingue, mais le hareng par-dessus tout. Car c’est le hareng seul qui fait les frais d’une flotte de plus de 600 bateaux.
- Et vraiment ces Hollandais sont bien difficiles en venant faire la grimace à la raie, qu’ils ne trouvent guère à vendre qu’en Belgique. La raie est un excellent poisson, et les Belges sont des gens de goût. Tout à coté, existait
- une belle exposition particulière, celle de M. Georges Weill, un des principaux importateurs d’éponges. C’est l’historique de l’éponge et de tout ce qui s’y rattache, principalement dans la Méditerranée d’où
- Fig. 2. — La vitrine de la Chambre syndicale des perles à l’Exposition.
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- nous viennent, nul ne l’ignore, la plupart de* éponges employées en France. Très intéressante industrie au reste, et qui mérite d’ètre étudiée dans ses détails, aussi bien en ce (pii concerne les variétés que les méthodes de pèche et les méthodes de j(réparation. Mais il faut passer; l'exposition du ministère de la Marine réclame, elle aussi, une visite attentive.
- On y trouvait de tout : des mannequins représentant les pêcheurs — et pêcheuses — des principaux ports de France en costume de travail, et, s’il faut les en croire, les Sablaises — les pêcheuses des Sables-d’Olonnnc — doivent appartenir à une fort jolie race, des photographies très nombreuses confirmant d’ailleurs l’impression que donnaient les
- manequins ; des modèles de bateaux de pêche et de filets, des graphiques et des statistiques, des cartes et des plans, tout un ensemble varié et intéressant.
- Parmi ces nombreux objets, il faut réserver une mention spéciale à l’exposition de M. Paul Gourret, qui montrait les méthodes employées dans la Méditerranée, et à celle de M. Tlmillier-Buridard, qui faisait voir une série de modèles des filets employés dans l’Atlantique : des modèles de filets posés dans l’eau et en plein fonctionnement.
- Cette série est très instructive, et, grâce aux petites notices qui accompagnent chaque modèle, le visiteur comprenait sans peine de quelle manière se l’ont nos grandes pêches : comment on pêche le ha-
- Fig. 3. — Les modèles des filets de la grande
- reng, le maquereau, la sardine et le reste, et comment s’emploient le chalut à bâton et le chalut à planches, Yotter-irawl, emprunté aux Anglais.
- Ce dernier chalut prend chaque jour une importance plus grande ; Boulogne, qui est notre principal port de pêche, n’a pas hésité à l’employer, et grâce à l’exemple donné par un armateur intelligent, et hardi, M. L. Bouclet, comme Yotler-trawl demande le bateau à vapeur, Boulogne a créé et continue de développer une, flottille de vapeurs de pêche qui contribuent notablement à sa prospérité. A propos de Boulogne, l’attention était attirée sur son exposition collective, au rez-de-chaussée non loin de la machine à faire les filets, de M. Bonamy, lequel a obtenu un grand prix très mérité, et de la superbe exposition de perles et d’huîtres perlières organisée par la
- pêche (Exposition du Ministère de la Marine).
- Chambre syndicale. Et, dans le voisinage aussi, il fallait noter les élèves de M. de Marcillac, le propriétaire de l’Établissement de pisciculture de Besse-mont, un des rares établissements qui aient soutenu le drapeau de la pisciculture en eau douce de France. Ces élèves, ce sont des truites fort belles bien à l’étroit dans les aquariums réservés.
- Mais il fallait encore courir à l’autre extrémité du Palais pour voir la section américaine. La Commission fédérale des pêches des Etats-Unis a voulu donner quelque idée de la besogne qu’elle accomplit.
- Elle montrait les principales espèces de mer et d’eau douce dont elle s’est occupée au point de vue du repeuplement, sous forme de pièces « naturalisées » ou de figures souvent admirables d’ailleurs; elle montrait aussi quelques modèles de l’attirail de la
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- pisciculture telle qu’elle se pratique de l’autre côté de l'Atlantique.
- Et je n’apprendrai rien à nos lecteurs sans doute, en leur disant qu’elle a lait merveille; en leur rappelant (pie, grâce aux opérations de la Commission fédérale, l’alose, ij^ui avait presque disparu sur une grande partie de la côte orientale, y est redevenue abondante, ipie la morue, devenue rare aussi, commence, grâce au repeuplement, à se faire fréquente, et que l’alose encore, transférée par chemin de fer de Washington à San Francisco, s’est à tel point acclimatée dans le Pacifique quelle abonde jusque dans la Colombie britannique, et que le rock-bass, une sorte de rouget, a été de la même manière implanté dans le Pacifique, et avec autant de succès.
- Henry de Yarigny.
- LE JARDINIER AMATEUR EN CHINE
- Le jardinier amateur, qui forme en France une classe nombreuse et respectable, n’est pas spécial à l’Europe. En Chine il existe depuis de longs siècles, fidèle à des traditions curieuses et intéressantes, consignées en un guide pratique. Le Miroir des fleurs ou Hua-king, qui régit la matière, a été publié en 1688 par un certain Ch’en llao-tsz’, et ce n’est que tout récemment, qu’il a été possible en Europe de se rendre un compte exact des préceptes et des recommandations qu’il renferme, grâce à la traduction qu’en a donnée M. Halphen.
- Dans ce guide on trouve de tout, depuis un calendrier du jardinage relatant les opérations culturales qui doivent être accomplies pendant les douze lunes, depuis l’organisation d’une maison de campagne et les occupations d’un bourgeois, jusqu’aux phrases à faire apprendre aux perroquets. Mais à côté de puérilités qui nous font sourire, on rencontre des détails qui ne manquent ni de charme, ni d’intérêt. Ainsi quand on se lève de bonne heure en été, on doit « aller voir les perles sur les feuilles de la châtaigne d’eau et du Lotus ». En automne on se lève moins tôt (( et pourtant la nature est jolie, la rosée semble du vermillon sur les feuilles rayées ». Quant à l’hiver, « un bon verre de vin chaud, au réveil, pour se donner du cœur » est indjspensable, et (( on inspecte la paille qui protège les arbres », « on se dit des légendes, on énumère les fables de l’antiquité et on regrette de ne pas être magicien ». Est-ce assez joli! Et ce détail qui n’est pas à dédaigner et dont plus d’un Européen pourrait faire son profit : « dans une maison de campagne, il ne sied pas d’avoir des objets d’or et d’argent, il faut que tout soit beau et élégant, qu’il n’y ait pas nn objet qui puisse choquer l’œil d’un homme de goût ».
- Les plantes, pour le crédule Chinois, ont leur tempérament; il faut savoir les soigner. C’est ainsi que le Saule se laisse enlever avec un couteau de fortes tranches de bois, sans en souffrir; que le Kaki laisse graver sur son écorce des dessins sans en pâtir; que le Cymbidium — une Orchidée — aime à ce qu’on lui arrache ses feuilles, tandis que le Narcisse dans les mêmes circonstances jaunit et dépérit. L’Oranger se plaît dans le voisinage des cadavres et une fougère (Pteris aquilina) pousse plus vigoureuse si elle entend le cri des singes. Le Gleditschia dépérit s’il y a dans son voisinage des cerceaux de tonneaux, tandis que le Bananier aime à sentir autour de lui des clous rougis au feu.
- C’est encore, en vertu de leur tempérament, que les
- plantes grimpantes tournent toutes de droite à gauche, suivant le mouvement du ciel, et que toutes les fleurs ont cinq pétales, qui correspondent aux cinq éléments qui constituent l’univers.
- L’amateur doit savoir aménager les emplacements dont il dispose : telle plante a besoin de chaleur, telle autre de froid. La nature qui leur a donné la vie n’admet pas qu’on les contrarie. A l’intérieur du jardin on disposera « un parc discret où l’on invitera des amis de choix à venir goûter le vin généreux ou le thé embaumé, au milieu des rouges grenadiers ou des gais pieds de mauve ». Malheur à celui (pii n’a pas un beau jardin ou qui ne sait pas l’entretenir : « avoir un jardin qui n’en soit un que de nom, c’est-à-dire qui ne soit pas rempli de belles fleurs et de superbes plantes, c’est avoir dans sa maison un gynécée somptueux, mais sans jolie femme ».
- Dans l’entretien- de ce jardin la greffe joue un grand rôle, elle donne, quand on sait s’y prendre, des résultats merveilleux, qui nous laissent incrédules : ainsi le Prunier à prunes blanches, greffé sur le Troène, donnera des prunes noires; le Pécher sur le Kaki fournit des pèches d’or; le Poirier élégant (Pyrus spectabilis) se combine à merveille au Saule et au Tamarin. Si l’imagination des Chinois est active et éveillée, leur physiologie est encore un peu dans l’enfance.
- Le bouturage a aussi son utilité. On doit s’y livrer un jour où le temps est couvert et où tombe une pluie fine et continue; un ciel clair amène infailliblement un échec. Les plantes grimpantes doivent être bouturées ainsi que la plupart des plantes à fleurs**»près le 5 mars ; pour les arbres fruitiers on pique la branche choisie dans un tubercule de Colocas, dans un Navet ou dans une Carotte, au moment où ces végétaux sont poussés également au-dessus et au-dessous du sol.
- Les semis, par contre, doivent être faits par un beau jour bien ensoleillé. Si la pluie survient, elle peut tout compromettre. Quand les graines commencent à germer, il faut observer la façon dont elles sortent de terre ; si le matin les pointes des germes sont couvertes d’un peu d,e terre grasse, c’est mauvais signe, la plante se développera mal et avec difficulté.
- Les arrosages sont aussi soignés. Le jour des sacrifices d’hiver, on arrosera les racines des arbres fruitiers avec ce qui reste de l’eau-de-vie des libations; les fleurs des Pivoines seront plus belles et plus abondantes, si on les arrose, au solstice d’hiver, avec de l’eau mélangée de drè-ches d’alcool de grain. Le Gleditschia s'acharne-t-il à ne pas donner de fruits? on creusera, au pied de l’arbre récalcitrant, un trou dans lequel on déposera un morceau de fer brut de cinq livres recouvert de boue. Qui dit arrosage dit engrais, et le plus naturel de ces derniers est le fumier, « la vie vient de la terre, la force du fumier qui est la nourriture ». Toutes les fleurs veulent du fumier auquel on peut donner comme succédanés des morceaux de tourteaux de Soja, des déchets de vers à soie ou bien encore des fragments de peau de vieux tambours, etc.
- Mais un engrais tout spécial, que nous n’avions encore vu signalé nulle part et qui est excellent pour les fleurs, est constitué par la graisse et les cheveux qui restent sur les peignes. Le brave amateur chinois, qui donne cette recette, a soin d’ajouter « on n’en a, évidemment, jamais beaucoup, mais on utilisera avantageusement le peu qu'on en récoltera ». „
- Il eût été bien étonnant qu’on ne cherchât pas à changer la couleur des fleurs ; c’est en effet ce qui est arrivé. En mettant sur les boutons des Chrysanthèmes blancs, des
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- coques do fruits de Letohi ot on instillant tous los matins, par un polit trou pratiqué dans colto coquo, do l’oau d’indigo ou do Basella rubra, on obtient dos fleurs bleues ou rougo brun. Ce n’ost j)as plus difficile que ça! En arrosant une plante avec do l’oau mêlée de fleur do soufre, on hâte l’épanouissement do ses boutons; au contraire, on enduisant oos derniers do fumier de paille pur, on pourra le retarder pondant au moins six jours.
- Et la conservation dos parfums? elle existe, ot los formules qui permettent de la réaliser ne font pas défaut, (l’est ainsi que les boutons tardifs de Mauves, enduits de cire et conservés dans un vase, s’ouvriraient et seraient odorants encore l’année suivante, si ou les met à temps dans l’eau bouillante. Les fleurs de (lassie garderont leur parfum, et nservées dans du sel; celles de Roses, dans du sucre blanc. Si l’on fait tremper les queues des fruits de Citronnier dans de l’ail pilé, le parfum ne disparaîtra pas, et même augmentera d’intensité.
- Le jardin fournira des produits accessoires : les fleurs rituelles qu’on doit entretenir sur l’autel domestique; des planches pour la menuiserie; des lianes qu’on tressera pour en faire des rideaux; des bambous entrelacés pour fabriquer des treillages; des meubles faits avec le bois des Pins, etc. Les noyaux de pèche seront transformés en petits verres; les vieilles lianes en cannes; les Palmiers en cordages et en éventails; les noix de Coco en coupes; les baies de YAucuba imiteront les grains de corail rouge; les graines de Thuya seront usitées en guise d’encens et les Saules donneront des liens.
- Les bruits qu’on entend au jardin n’ont-ils pas aussi leur poésie? Le murmure des Pins rappelle celui des vagues; celui des Bambous, le rire d’une foule lointaine; la voix de la grenouille (Rana Reinhardii) annonce le jour et ressemble au roulement du tambour, etc.
- Quant à ceux qui n’ont pas de jardins (( confinés dans les vues étroites d’une grande ville », ils aiment aussi les fleurs et sont obligés de se Contenter d’un paysage en miniature et d’un jardinet de plantes en pots. Ce seront des jardiniers au petit pied pour qui les pots, la terre et l’arrosoir remplacent les arbres et les bouquets. Qu pourra même se donner l’illusion d’un parc ou d’un jardin fruitier, en cultivant des Pins, des Ormes, des Erables, des Orangers, des Pêchers, des Mauves, des Théiers, des Grenadiers, des Hibiscus, des Azalées, des Rosiers, des Buis, des Jasmins, des Lilas, des Bananiers, des Pivoines, etc.
- La fantaisie peut ici se donner libre cours, et Ch’en Hao-tsz’ assure avoir vu des cultures d’appartement « donnant l’illusion de forêts poussant au milieu des nuages sur les hautes montagnes ». En guise de pots, on avait employé des pierres blanches et du grès rouge, et comme plantes, on avait pris des spécimens minuscules d’une dizaine d’espèces d’arbres.
- Mais tout le monde ne peut pas avoir des plantes en pots, il en est qui sont obligés de se contenter de fleurs coupées. C’est encore une grande distraction pour la vue et on « économise toutes les peines que d’autres prennent à travailler et à arroser par tous les temps ». Les fleurs ne doivent pas être cueillies au hasard : il faut choisir, d’après la forme générale dont on a besoin pour son vase ; couper de préférence dans une place bien garnie de façon à ne pas occasionner un vide trop visible; faire attention que la branche coupée ne soit pas trop avancée, etc. L’eau qui remplira les vases ne doit pas être prise au hasard : Y Hibiscus, le Bambou, etc., exigent de l’eau bouillie ; l’eau salée est bonne pour les Pêchers et les Narcisses. Quant aux fleurs de Pruniers, elles se trouvent bien du
- bouillon de petit salé bien dégraissé; celles de Camellia et de Chimonanthus ne répugnent pas de voisiner avec de la gelée-'de viande. Quant à l’arrangement « c’est une affaire de goût, je dirai même une affaire personnelle ».
- Comme, on le voit par ces extraits pris au hasard, le Miroir des fleurs, guide pratique de l’amateur chinois à la fin du dix-septième siècle, est une sorte de maison rustique à l’usage de l’Extrême-Orient. P. IIariot.
- LA CONSOMMATION D’EAU
- PAH LES ARBRES
- En naturaliste allemand, M. Ilohnel, a recherché quelle était la consommation d’eau comparée des arbres selon les diverses essences. Voici les résultats de ces recherches originales : Pour 100 grammes de feuilles, la consommation d’eau serait de 85 grammes pour le frêne, de 75 grammes pour le hêtre, de 00 grammes pour l’érable, alors qu’elle ne serait que de 14 grammes pour le pin et de 10 grammes pour le sapin. Cette consommation est d’ailleurs d’autant plus élevée que la quantité d’eau mise à la disposition des arbres est plus grande. Durant les années pluvieuses les arbres prennent plus d’eau que durant les années sèches. L’action régulatrice des forêts pourrait se chiffrer comme suit : I hectare de forêt de hêtre de cent ans absorberait environ chaque jour de 25 000 à 50 000 kilogrammes d'eau, ce qui correspond à une hauteur de pluie de 2,5 à 5 millimètres par jour, et d’une dizaine de centimètres par mois.
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- LES INJECTEURS D’ALIMENT ATM
- SUR LES LOCOMOTIVES
- M. Resgeans a donné récemment une étude fort intéressante sur les divers types d’injeeteurs qui fonctionnent sur les locomotives des chemins de fer de l’Est. 11 y a d’abord l’injecteur Giffard, le plus ancien, naturellement, dont l’aiguille est mobile et règle l’écoulement de la vapeur; l’admission de vapeur y est aussi réglée et le trop-plein n’a pas de clapet. Un second type est l’injecteur Schaw, où l’aiguille est supprimée et l’écoulement de vapeur libre, l’admission de vapeur et d’eau étant réglées par des robinets et sans clapet de trop-plein ; dans le type Sellers l’admission de vapeur et d’eau est réglée par des clapets, il n’y a pas d’aiguille, mais il y a un clapet de trop-plein. L’injecteur Gresham et Craden contient la prise de vapeur et la chapelle de refoulement, il n’y a point d’aiguille ; la vapeur, qui arrive par un clapet, passe par plusieurs cônes concentriques, un robinet à boisseau commande l’arrivée de l’eau. Enfin on emploie également trois types d’injeeteurs Friedmann; l’un est non-aspirant, sans aiguille, à écoulement libre, avec clapet de trop-plein, arrivée d’eau en charge et admission de vapeur réglée par robinet. Le deuxième type est aspirant, analogue au dispositif Sellers, à cela près que l’arrivée d’eau est commandée par un robinet à boisseau. Enfin le troisième type, qui est aspirant et perfectionné, diffère du précédent par l’adjonction
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- dans la chambre du trop-plein d’un clapet de rentrée d’eau qui amène par aspiration une légère augmentation du débit. Voici quelques-uns des résultats que l'on a obtenus. Pour un même diamètre du rétrécissement du cône divergent, les différents débits maxima, avec une pression de marche de 10 ou de 15 kg par cm2, sont comme suit :
- Gresham . m 107 litres.
- Sellers . . 145 124 —
- Friedmann non aspirant. 157 140 —
- — aspirant. . . 155 127 —
- — perfectionne. 161 164 -
- Les débits minima étaient respectivement (à 10 kg de pression de marche) de 75, 67, 74, 67 et 85 litres. Nous devons ajouter, pour compléter ce tableau, que—voici déjà longtemps—on avait pu constater qu’un Giffard de 7mm,5avait un débit de 55 litres par minute à une pression de 6 à 7 atmosphères.
- Les essais récents montrent que le maximum de débit des injecteurs semble correspondre à des pressions comprises entre 7 et 11 kg par cm2, ce qui laisserait supposer qu’ils sont mal appropriés aux pressions élevées employées couramment sur les locomotives. IL R.
- —«“O-6-
- CINQUANTE ANS DF. PROGRÈS
- DANS LA
- CONSTRUCTION DES POMPES
- Une des idées dirigeantes dans l'installation et la classification générale de l’Exposition universelle qui vient de finir, a été de fournir aux visiteurs, au moyen de ce qn’on appelait le musée centennal, une revue aussi complète que possible des progrès qui ont été accomplis depuis cent années dans les divers domaines de la science et de l’industrie. Il y a là certainement un enseignement d’une haute valeur et d’une grande portée, surtout à la fin d’un siècle
- qui a vu se produire de telles transformations.
- C’est dans ce même esprit que nous voudrions mettre aujourd’hui sous les yeux de nos lecteurs une comparaison curieuse autant qu'instructive, dont nous empruntons les éléments à notre excellent confrère Scienlific American, l/arsenal de Brooklyn possède un certain nombre de docks de carénage, auxquels il faut naturellement des pompes d’épuisement, et l’on est précisément sur le point de remplacer par une installation plus perfectionnée et plus moderne la pompe (pii dessert le dock numéro 1, pompe qui ne remonte pourtant qu’à un demi-siècle, puisqu’elle a été mise en service en 1851. La gravure <pie nous reproduisons de cette pompe, et (pii est empruntée à une publication officielle sur les « Docks de carénage des Etats-Unis », due à M. l’Ingénieur en chef Stuart, est réduite, disons-le tout de suite, à la meme échelle que celle que nous donnons d’autre part, et qui figure la pompe nouvelle (pie l’on se propose de mettre à la place de l’ancienne. On voit du premier coup d’œil combien celle-ci est compliquée: c’est une machine à balancier, à condensation et à double action, et elle occupe une place considérable. Elle a cependant rendu de grands services pendant toute son existence, et d’ailleurs elle avait été soigneusement étudiée par une commission spéciale afin qu’elle offrit tous les perfectionnements connus en 1851 et qu’elle présentât une puissance considérable.
- Cette pompe est montée dans une chambre de vastes dimensions, ainsi qu’on peut s’en rendre compte par la gravure, et sa charpente est faite d’une sorte de table supportée par une série de colonnes de style gothique, en fonte comme le cadre principal. On sait peut-être que vers 1850, et surtout dans le monde industriel anglais et américain, on aimait particulièrement à donner aux constructions ce style qui s’accorde si peu et si mal avec les qualités du métal: ou n’avait pas encore trouvé l’architecture métallique, dans laquelle on a supprimé cette surcharge de détails qui ne donnait en somme qu’une apparence compliquée et peu intéressante, pour adopter une simplicité de lignes qui a bien son élégance propre et toute spéciale. Gela n’empêche point que les ingénieurs, (fui avaient construit la vieille pompe du dock numéro 1, tenaient à signaler « la beauté du style de l’ornementation » de leur mécanisme. Au point de vue des détails de cette construction, nous dirons que le cylindre avait lm,720 de diamètre, pour une course de 5m,66; le balancier est en fonte et mesure 9m,45 entre ses axes extrêmes; il pèse un peu plus de 15 tonnes. Comme le montre clairement le dessin, le piston est fixé à l’extrémité du balancier au moyen du système
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- classique dit parallélogramme articulé de Watt. De même nous lêrons remarquer rapidement (pie les tiges de la pompe principale et de la pompe à air sont réunies au balancier par l’intermédiaire de tiges doubles, la tête de bielle de la pompe à air glissant entre des glissières disposées sur les colonnes de la charpente générale. Le volant est, lui aussi, en fonte; il a un diamètre de 7m,52, son arbre et sa manivelle sont en 1èr forgé. La machine est munie d’un dispositif ajustable qui permet, au fur et à mesure que la charge augmente ( quand l’eau s’abaisse dans le dock) d’accroître la quantité} de vapeur admise au cylindre. Ce résultat est obtenu à l’aide d’une came clavetée sur l’arbre principal.
- On voit que l’engin en question avait été soigneusement étudié et construit, et nous pouvons ajouter encore que l’on avait pris des précautions spéciales en reliant la charpente de la machine par des tirants à la grande cheminée de granit, afin d’empêcher dans la mesure du possible cette charpente de subir des vibrations longitudinales, et pour soulager d’autant les murs de l’édifice où se trouve la pompe. Du reste, partout et dans ce même but, on avait intercalé des épaisseurs de caoutchouc entre les têtes des tirants et des boulons et les maçonneries sur lesquelles ils prenaient appui. La vapeur était fournie à cette machine par trois chaudières de 7"',92 de long sur 2m, 15 de diamètre, du type à simple retour de flamme. Dans le puits en dessous de la plaque de fondation de la machine, se trouvent les deux pompes éléva-loires, ayant chacune 0m,914 de diamètre avec une course de 2m,44 ; les tuyaux d’aspiration se réunissent dans nne chambre à air disposée entre les deux pompes, également sous la plaque de fondation. Disons enfin, pour donner une idée plus nette de cette instal-
- lation, que le poids de métal que l’on y a employé s’est élevé à plus de 267 tonnes, et que l’on y avait consacré une somme de plus de 451 000 francs. Le débit de la machine est de 22000 gallons à la minute, ce qui fait à peu près 88 000 litres.
- Le nouveau projet que l’on veut mettre à exécution, et qui est du au capitaine P.-G. Asserson, ingénieur de l’Arsenal de Brooklyn, est naturellement basé sur
- l’emploi de l’électricité: celte dernière* parmi tant d’autres avantages, a celui de réduire au minimum l’encombrement des machines qu’elle commande. La nouvelle machine d’épuisement dont il s’agit aura une capacité de 60000 gallons à la minute, ce qui ne l’empêche pourtant point d’occuper considérablement moins de place que la vieille pompe que nous venons de décrire : elle sera du reste logée dans une chambre circulaire noyée complètement dans le sol. L’installation mécanique en elle-même comprendra deux pompes centrifuges de 762 millimètres, commandées directement par des moteurs électriques, et une sorte de pompe auxiliaire du même système commandée, elle aussi, électriquement : cette dernière, qui sera seulement de 505 millimètres, servira à assurer le drainage du dock une fois mis à sec, ce qui permet une réelle économie, puisqu'on n’a pas à faire fonctionner une pompe puissante pour enlever le peu d’eau qui s'infiltre dans le dock.
- L’examen des deux figures ci-jointes aura sans doute suffi, avec les explications forcément écourtées que nous leur avons données, pour convaincre complètement nos lecteurs de la simplification considérable qu’amènera la mise en service de ce système si perfectionné de pompes, et pour leur faire saisir le progrès énorme qui a été réalisé en la matière depuis
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- un demi-siècle; ils jugeront également de l’espace nécessaire en 1850 et de celui qui suffit en 1900 à 1 installation de pompes oflrant une même puissance d’épuisement. Un conviendra que la comparaison est édifiante! Daniel Bkliæt.
- ÉRUPTIONS PAR LE SALOL
- La plupart des antiseptiques ont l’inconvénient de provoquer à la longue ou quand la dose est un peu élevée, des irritations très vives des téguments. Plusieurs chirurgiens ont dù renoncer à l’emploi de l’acide phéni-que en solutions concentrées comme désinfectant à cause des eczémas rebelles qu’il déterminait sur les mains. Le sublimé détermine des érythèmes aigus douloureux et parfois fort tenaces.
- De tous ces agents, le plus incommode à ce point de vue est le salol et c’est d’autant plus regrettable que c’est presque le seul de tous les antiseptiques connus à ce jour qui ait une odeur agréable.
- Le salol est un salicylate de phényl; c’est une poudre blanche, cristalline, à odeur de géranium-rosat qui a été et est encore très répandue comme antiseptique de la bouche dans les poudres et opiats dentifrices.
- J’ai signalé, il y a déjà longtemps, des accidents d’érythèmes et de pseudo-érysipèles survenus à la face par l’emploi de pommade au salol. Le malade mettait dans son nez une pommade très agréable; mais il avait l’inconvénient le lendemain d’avoir une éruption dont l’intensité et l’étendue effrayaient parfois l’entourage. Il est juste de dire que ce sont seulement là des susceptibilités individuelles et que bien des gens ont usé de ce produit sans en ressentir d’inconvénient.
- Tout récemment un médecin de Nancy a cité des exemples d’eczéma ç| s lèvres dus à l’emploi de teintures ou de poudres dentifrices à base de salol. fn jeune homme très soigneux de sa personne et de sa bouche se servait depuis quelques jours d’une poudre où le salol entrait dans la proportion du cinquième. Quatre fois par jour il se brossait consciencieusement les dents. Au bout de peu de temps il éprouva sur les lèvres des démangeaisons, puis on vit apparaître de petites vésicules, suivies de petites bulles qui crevaient en laissant des croûtes. Bref il se déclarait un eczéma aigu, qui subissait des poussées plus ou moins fortes, suivant l’assiduité à user du dentifrice. Les lésions persistèrent longtemps et déjouaient tous les traitements lorsqu’on eut l’idée d’examiner la poudre. On la mit de coté et les accidents de prurit, d’irritation cutanée disparurent aussitôt.
- La preuve découlait de cette coïncidence, mais elle devenait d’autant plus manjfesle que le même sujet voulant corriger la mauvaise odeur de bottines neuves avait eu l’idée assez originale de saupoudrer l’intérieur avec du salol. Deux jours après il avait un érythème des pieds et du bas de la jambe qui cessa lorsqu’il laissa de côté les chaussures salolées.
- Ces faits ne sont pas absolument rares et il est bon d’appeler l’attention sur les inconvénients des poudres ou opiats contenant du salol. Ces inconvénients se font sentir de préférence chez les sujets ayant de la tendance aux irritations des téguments et chez les arthritiques. On ne peut le deviner à l’avance, mais dans la crainte de méfaits désagréables, sinon dangereux, les médecins ont renoncé dans bien des cas à l’emploi du salol. Vous n’avez qu’à faire comme eux. I)r A. Caktaz.
- CHRONIQUE
- La frappe des monnaies. — Des chiffres publiés récemment dans le rapport annuel sur la frappe des monnaies et des médailles en 1900, il résulte que la frappe aura produit 140 500 000 francs. Ce chiffre est inférieur à celui des années précédentes, car la production de la Monnaie fut de 209 200 000 francs en 1898 et de 544 500 000 francs en 1897; mais ces deux années furent exceptionnelles. L’année 1900, dont on peut évaluer la production pour le 1er semestre, qui a donné 70 400 000 francs, et par les commandes en cours d’exécution, sera dans la moyenne. On fabrique actuellement a la Monnaie, pour le compte de l’étranger : des monnaies d’argent pour l’Indo-Chine, le Maroc et le Venezuela, des monnaies de nickel pour la Crète. Il a été frappé, dans le R' semestre de 1900, pour 10 000 francs en pièces d’or de 100 francs et pour 20 000 francs en pièces d’or de 50 francs, soit 200 pièces de chacune des valeurs, d après 1 ancien type, et il a été frappé, d’après le nouveau type, dont h\ frappe continue seule, pour 12 119 040 francs en pièces de 20 francs et 15 525 220 francs en pièces de 10 francs. Le rapporteur, M. Muzet, a signalé les services que rendent les monnaies de nickel en un certain nombre de pays d’Europe. Il croit que l’émission de pièces de nickel de 20 centimes serait désirable en France. Les études préliminaires ont été faites par la Monnaie; la commission monétaire et une commission de graveurs en médailles ont émis des avis favorables pour une pièce non trouée. Le rapport constate le perfectionnement apporté aux appareils de fabrication, ainsi que les intéressants et heureux efforts des collaborateurs de l’administration des monnaies, des graveurs en médailles, notamment, qui donnent à cet art un développement toujours croissant et ont fait l’école française sans rivale par la renaissance merveilleuse de la glyptique. ,
- La production du nickel. — La question prend une réelle importance, aujourd’hui que ce métal sert à composer avec l’acier un alliage très apprécié. En fait, cette production est assez faible, puisque durant l’année dernière elle n’a pas dépassé 7550 tonnes : sur cet ensemble, Te Canada en a donné 5650, la Nouvelle-Calédonie 2500, et l’Allemagne 1200. 11 faut bien dire que le progrès de cette extraction est considérable, puisque le chitire total n’en avait été que de 2484 tonnes en 1890, et de 4588 en 1895. Mais tout cela est insuffisant pour satisfaire à la demande, qui devient de plus en plus importante. En Nouvelle-Calédonie on pourrait certaine- , ment en extraire beaucoup plus, mais les procédés de travail employés sont tout à fait primitifs, et on dilapide plutôt les richesses minières dont il s’agit qu’on ne les exploite (ainsi que, malheureusement, on en agit pour bien des choses dans nos colonies). A ce propos, il est même curieux de faire remarquer que tout le minerai de nickel produit par notre possession est vendu à des Anglais de Glasgow, qui le fondent, et c’est seulement alors qu’il rentre en France pour subir le raffinage au Havre. Quant aux gisements canadiens qui se trouvent sur le district de Sudbury, dans l’Ontario, il est heureusement probable qu’ils couvrent une grande surface, dont une faible partie seule a été attaquée. On devra également trouver le prolongement de ces couches entre les provinces d’Ontario et de Québec. En même temps, on perfectionne les méthodes suivies pour l’extraction et pour
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- le traitement. Mais il est regrettable de constater que nous ne savons pas profiter de cette aubaine pour notre colonie d’Océanie en tirant complètement parti de ses ressources minérales, et en essayant de les traiter sur notre sol.
- Accumulateurs fonctionnant sous l'eau. —
- Ce cas curieux s’est produit récemment dans la station électrique municipale de Munich. Cette station est située dans une île formée par l’Isar, et elle a été partiellement submergée pendant les dernières inondations; les batteries d’accumulaleurs furent les premières atteintes et bientôt entièrement submergées : l’une de ces deux batteries était employée dans le circuit d’éclairage, tandis que l'autre était en parallèle avec les dynamos pour les besoins de la traction. Comme le service des tramways dut être arrêté, on enleva la seconde batterie du circuit, et l’on pensait qu’on ferait bien également de couper la première, puisque les volants des machines, à l’exception de deux, étaient à demi dans l’eau. Comme pourtant il fallait bien éclairer au moins les principales rues de la ville, on décida d’essayer de faire fonctionner les accumulateurs submergés. La tentative fut couronnée de succès, et la batterie, qui avait été construite pour donner 6000 ampères-heure sous une décharge de 600 ampères, put fournir 4000 ampères-heure durant la nuit; il y avait naturellement des pertes par l’eau. Encouragés par ce succès, les ingénieurs rechargèrent la batterie qui se déchargea de même la nuit suivante. En deux jours l’eau avait suffisamment baissé pour donner accès aux chambres des batteries, et l’on put constater que la densité de l’acide avait baissé seulement de 22 à 20° B. L’inondation n’avait pour ainsi dire laissé aucune trace appréciable, à part une couche de vase de 5 à 6 millimètres sur le sommet des plaques et des tiges de connexion. Il ne fut donc pas nécessaire de remplacer l’eau acidulée des accumulateurs (ce qui eût entraîné une dépense de plus de 120 000 litres), on se contenta de la renforcer un peu.
- Nouvelle poudre de mine. — On vient de composer, en Angleterre, une nouvelle poudre de mine destinée à être employée dans les houillères, particulièrement dans celles où il y a des dangers de grisou. Elle est formée de 85 pour 100 de salpêtre, puis de 1 pour 100 de soufre, le reste étant fait de charbon. H produit dans l’explosion un excès d’acide carbonique et d’azote qui préviennent le dégagement des flammes. De plus, cette poudre qu’on nomme Bulldog, aurait, affirme-t-on, une action aussi puissante, mais plus égale que les meilleurs explosifs, et elle donnerait moins de débris, ce qui a bien son importance dans une exploitation houillère.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 12 novembre 1900. — Présidence de M. M. Lévy.
- L’activité chimique des champs électriques. — M. Ber-thelot présente une Note sur les conditions de mise en activité chimique de l’électricité. 11 a étudié trois sortes de phénomènes parallèles. Ses recherches ont porté, en premier lieu, sur l’action de l’effluve, sur des couches gazeuses comprises entre des surfaces diélectriques et, en second lieu, sur l’action chimique de l’électricité atmosphérique considérée dans son état normal. Celte dernière action est tout à fait comparable à celle étudiée en premier lieu. En effet, au contact des pointes s’élevant
- dans l’atmosphère, telles que les extrémités des arbres, se trouvent des couches d'air possédant un potentiel élevé. A 50 mètres d’altitude ce potentiel est de 800 à 000 volts; à 0“,25 au-dessus du sol, il est déjà de 5 à 6 volts. Ce dernier potentiel suffit pour déterminer la production de l’ozone. De même la fixation de l’azote sur la cellulose ne demande que 5 à 6 volts. Les plantes sont donc, en général, dans les conditions voulues pour donner de l’ozone et s’enrichir en azote pendant la végétation. Lors des pluies d’orage, le potentiel atteint, à une certaine altitude, 12 001) à 15 000 volts et détermine la combinaison de l’azote et ,de l’oxygène atmosphérique sous forme d’acide azotique. Enfin, M. Berthelot a étudié les phénomènes qui se produisent dans un milieu gazeux dans lequel la température est très inégalement distribuée. Il fait passer un courant d’eau froide dans un tube placé en un milieu dont la température est très élevée. Dans ces conditions, un champ électrique apparaît, et il se forme de l’ozone au contact du tube. M. Berthelot montre ensuite comment ses expériences et ses inductions permettent d’expliquer pourquoi l’hydrogène ne s’accumule pas dans l’atmosphère en quantité sans cesse croissante. Sous l’action de l’effluve à tension considérable, 12 000 à 15 000 volts, l’hydrogène se fixe sur l’oxvgène. Or, cette tension existe dans la nature d’une façon constante ; elle se révèle sur les montagnes élevées par les phénomènes du feu Saint-Ehne. Il y «i donc une cause permanente d’élimination de l’hydrogène atmosphérique.
- Anatomie des organes végétatifs. —M. G. Bonnier expose les résultats obtenus dans la première partie de ses recherches sur l’anatomie et la physiologie comparées des organes végétatifs de la plante. En étudiant l’ordre dans lequel s’établissent successivement tous les éléments de la structure de la racine, M. Bonnier fait voir que, dans la racine, cette marche de la différenciation des tissus est, sauf le trajet suivi, exactement la même que dans la tige. Dans la racine comme dans la tige, les cellules se forment successivement à partir des premiers vaisseaux du bois vers le liber et inversement à partir des premiers éléments du liber vers le bois. Il se révèle ainsi, dans les tissus essentiels de ces deux membres de la plante, une double polarité. Mais dans la racine les pôles ligneux sont comme rejetés vers la périphérie et cette disposition est en rapport avec le rôle de la racine qui absorbe la sève brute pour la transporter dans la partie supérieure de la plante. Le résultat général de ces premières recherches de M. Bonnier, c’est que la structure de la racine et celle de la tige sont en corrélation avec les fonctions différentes de ces deux organes.
- Observations des étoiles filantes de novembre. — M. Janssen rappelle que l’observation du passage de l’essaim des léonides à proximité de la terre en novembre 1899 a été caractérisé par le nombre restreint de météores observés, alors cependant que l’on attendait, en 1899, un maximum correspondant à l’accomplissement de la période de 55 ans. Le passage de 1900 présente donc un grand intérêt dans le but de constater s’il s’agit simplement d’un retard ou si l’essaim a été dispersé. Pour éliminer la cause d’insuccès des observations due aux nuages qui chargent fréquemment l’atmosphère en cette saison, M. Janssen s’est entendu avec l’Aéro-Club, qui fera partir du jardin des Tuileries un ballon pendant chacune des nuits des 15, 14 et 15 novembre. Les aéro-nautes qui prêtent leur concours sont MM. de La Vaulx
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- Castillon de Saint-Victor et Jacques Faure; ils seront accompagnés chacun d’un observateur.
- Varia. — M. Wolf présente une Note de M. Molinié, vétérinaire à Lavaur, relative à un procédé de transformation des vrilles de la vigne en grappes donnant des raisins. — MM. Desgrez et Balthazar présentent une Note relative à la question de priorité d’application du bioxyde de sodium à la régénération de l’air vicié.
- Cil. I>E VlLLEDKl'lL.
- PHOTOGRAPHIE
- LE MARSOUIN, APPAREIL STÉRÉOSCOPIQUE UE POCHE
- Depuis qu’on fait des appareils à magasin on a modifié de plusieurs façons le moyen employé pour faire passer la plaque qui a été impressionnée sous le paquet des autres plaques, et il semble que toutes les combinaisons qui permettent d’arriver à un tel résultat ont été épuisées. .
- Le système qui a eu le plus grand succès est le châssis Hanau, qui a été appliqué aux modèles de jumelles les plus répandus ; on peut dire qu’il est universellement connu. Avec ce genre de magasin la plaque à changer reste en place quand on tire le tiroir qui contient toutes les autres, puis elle tombe au fond de l’espace vide laissé par celui-ci et, quand on le repousse, elle se trouve dessous. Comme c’est toujours la plaque du dessus qui est destinée la hauteur du magasin
- Le marsouin : appareil dans lequel le magasin sert de chambre noiri
- à recevoir l’impression, s’ajoute à celle de la chambre noire qui est en raison du foyer de l’objectif; les magasins étant pour 12 ou 18 plaques ont toujours environ 6 centimètres d’épaisseur, et comme les objectifs ont en général de0n,,08 à 0“‘,10 de foyer, il en résulte que la dimension minimum qu’on puisse donner en hauteur à une jumelle est d’environ 01", 14.
- M. Hanau, tout en modifiant très peu son châssis, vient de trouver le moyen de réduire cette hauteur dans des proportions notables, et l’idée est fort simple, il fallait seulement y penser ; il utilise comme chambre noire l’espace vide que laisse le tiroir quand il est tiré ; la plaque du dessus tombe au fond de cet espace vide, s’y trouve maintenue par deux ressorts et on l’impressionne pendant que le tiroir est ouvert. Cette
- manière d’opérer offre d'abord, comme nous venons de le dire, l’avantage de permettre de réduire la hauteur de l’appareil d’une quantité égale à l’épaisseur du magasin et, en outre, on a bien des chances de ne jamais faire deux poses sur la même plaque, car on ne peut manquer de voir que le tiroir est sorti et on pensera toujours à le repousser aussitôt après avoir déclenché l’obturateur.
- Ce principe s’applique évidemment à des appareils de toutes les dimensions ; mais, pour commencer, l’inventeur a d’abord voulu, pour montrer ses avantages, construire un modèle stéréoscopique, pour plaques O"1"', 45 X 0m,n, 107, qu’il appelle « le Marsouin » et dans lequel la chambre noire est complètement supprimée, le magasin qui est pour
- 18 plaques la remplace complètement.
- Les objectifs sont montés sur un avant-corps qui a 1 cent. 1/2 d’épaisseur et qui renferme l’obturateur, le changement de vitesse et tous les organes relatifs à la pose ou à l’instantané ; cet avant-corps peut varier avec les objectifs employés : quand il est enlevé, ce qui peut se faire très facilement, car il est monté dans une coulisse comme une planchette d’objectif ordinaire, on a une boîte qui aOm,l i de long et 0m,05 sur tous les autres côtés ; la partie supérieure, celle qui correspond à la plaque sensible du dessus, est masquée par un volet qui s’ouvre quand on manœuvre le tiroir, une séparation métallique tombe automatiquement pour limiter les deux images.
- Tout l’appareil est en aluminium et ne pèse que 500 grammes. A chaque mouvement du tiroir un compteur inscrit automatiquement le nombre de plaques posées.
- Comme appareil, c’est, croyons-nous, ce qu’il
- y a de plus léger et de moins volumineux pour ce
- format stéréoscopique, aujourd’hui très répandu. Le constructeur appliquera évidemment sous peu le même principe à des appareils de formats un peu plus grands, et toujours il arrivera à diminuer le volume d’une quantité égale à l’épaisseur
- du magasin.
- G. M.
- . Le Gérant : P. Massoî.
- Paris. — Imprimerie Laiicre, rue de Fleurus, 9.
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- A0 liôo. — ai NOVEMBRE J!)0l).
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- LE NUAGE EN SAC OU MAMMATUS
- Au sujet de ce nuage singulier, que Lamarck signala pour la première fois, au commencement de ce siècle, sous le nom de nuage boursouflé, la
- figure 1 remplacera de longues explications. Si on veut bien la retourner sens dessus dessous, on verra que dans cette position, les nuages qui y sont dessi-
- Fig. 1. — .Nuages en sac. Angers, le 1" juillet 1895, de 7“45 à 9 heures soir.
- Fig. 2. — Nuages en sac. Le Croisic, 26 août 1896, de 5k 45 à 6k 15 soir.
- nés ressemblent exactement ët des cumulus que l’on verrait d’en haut, de la nacelle d’un ballon, par exemple, ou du sommet d’une haute montagne.
- Ce genre de nuages est fréquent, paraît-il, aux îles Orcades. Les Anglais, qui l’ont beaucoup décrit et étudié, sans arriver pourtant à connaître sa vraie 28e année. — 2" semeslre.
- nature, l’appellent pochj-cloud, c’est-à-dire nuage en poche, en sac. Nous conserverons provisoirement cette appellation, qui a l’avantage de n'être pas compromettante, puisqu’elle correspond assez bien à l’aspect du nuage, sans rien préjuger de sa nature ni des causes de sa formation.
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- LA NA TL HE.
- La Commission internationale des nuages a adopté le nom de mammato-cumulvs, qui suppose que ce nuage est un cumulus,, c’est-à-dire un nuage formé de gouttelettes d’eau. Nous allons voir que cette définition ne s’applique pas à tous les cas, loin de là, et que le nuage en sac est très souvent formé de petites aiguilles de glace. C’est ce que nous avons cherché à établir lors du récent congrès international de météorologie.
- Voici dans quelles circonstances j’ai été amené à m’occuper de ce petit problème.
- Le 1er juillet 1895, dans les environs d’Angers, j’ai observé, pendant plus d’une heure sans interruption, des nuages en sac d’aspects divers, qui se succédaient rapidement en allant du sud au nord. Les premiers furent aperçus un peu avant 7 heures du soir, heure de Paris. Vers 7h50,n, toute la région du ciel comprise entre 10° et 70° de hauteur angulaire, à partir de l’horizon sud, était couverte d’un nuage aux bords irréguliers, sorte de nimbus, semblait-il, au nord et au sud duquel on voyait le ciel bleu. Les rayons du soleil couchant mettaient en relief, sur sa face inférieure, de très nombreuses formes arrondies dont la convexité était tournée vers le sol. Dans certaines régions de son bord septentrional, on voyait des stries ou filaments de direction verticale, qui indiquaient que sur ces points, au moins, le nuage était de la nature des cirrus ou nuages de cristaux de glace. Cette remarque a son importance.
- Le nimbus à convexités inférieures fut rapidement emporté vers le nord sans changer d’aspect, et remplacé par des nuages en sac beaucoup plus petits, disposés en files Ouest-Est, entre lesquels on voyait largement le ciel bleu quand ils passaient au zénith. A mesure que ces nuages s’éloignaient vers le nord, l’effet de la perspective leur faisait prendre l’aspect que j’ai reproduit à 7h 45ni, avec toute la fidélité dont j’étais capable, dans la ligure 1. Les hachures horizontales représentent à peu près, par leurs épaisseurs, les diverses intensités du bleu du ciel.
- A 8 heures, tout le bas du ciel vers l’est, jusqu’à 20° ou 25° de hauteur, était rempli par un grand nuage que le soleil à peine couché éclairait encore en rose vif et qui formait par ses longues stries une sorte de bouquet de feu d’artifice ou de grande flamme sortant des brumes grises que le soleil n’éclairait plus.
- Cette observation, très intéressante par la grande durée, la variété d’aspect et l’intensité du phénomène, manquait pourtant de quelque chose de décisif pour l’interprétation des faits. Y avait-il, par exemple, une relation quelconque entre les nuages en sac du haut du ciel et les nuages en forme de flammes de l’horizon?
- Je fus renseigné l’année suivante par le « hasard », qui « favorise ceux qu’une idée poursuit ». C’était le 26 août 1896, au Croisic. A partir de 5 heures de l’après-midi, je vis défiler de l’ouest à l’est, au-dessus de la Bretagne, tout un banc de lointains
- cumulus. Plusieurs d’entre eux étaient surmontés de ces nuages singuliers (fig. 2) qu’on appelle « enclumes » à cause de leur aspect quand ils sont vus de loin, et « champignons » quand on se rend mieux compte de leur forme réelle.
- On sait que le cumulus a pour origine une colonne ou, pour mieux dire, un assemblage de colonnes d’air fortement chauffé par le contact des parties du sol qui absorbent et renvoient le plus de chaleur. Si l'air est très humide, il se condense en gouttelettes d’eau quand il dépasse une certaine altitude qui varie de 1400 à 1600 mètres. Les colonnes centrales, protégées contre le refroidissement par celles qui les entourent, s’élèvent plus haut que les autres et forment le sommet du cumulus.
- Mais, quand le courant central est particulièrement fort, il atteint une région où la température est si basse que la vapeur s’y convertit en petits cristaux de glace. Pourtant, comme l’ascension ne peut pas durer toujours, il arrive un moment oùles masses d’air se répandent en nappe, avec leurs aiguilles de glace, autour et au-dessus de la colonne centrale, et voilà le champignon formé, ou l’enclume, comme on voudra l’appeler.
- Jusque-là, rien que je n’eusse vu bien souvent, quoique jamais avec cette richesse, car je vis défiler en trois heures plus de 20 enclumes de ce genre. Mais cette journée devait être féconde en surprises et en enseignements. Vers 5h 45m, je vis apparaître trois enclumes libres, c’est-à-dire trois enclumes qui ne sortaient pas d’un cumulus et qui flottaient librement dans l’air. Leurs fibres inférieures leur donnaient un peu l’aspect des méduses quand elles flottent à la surface d’une eau calme en laissant pendre leurs tentacules.
- 11 était assez facile d’expliquer ces formations curieuses : les courants ascendants d’air chaud et humide étaient passés sans transition d’une couche atmosphérique chaude à une couche très froide, qui avait instantanément congelé la vapeur de cet air.
- Mais ce n’était pas tout ; avec une obligeance inépuisable, le hasard m’offrit encore quelque chose de plus nouveau et déplus intéressant pour le sujet qui nous occupe aujourd’hui. En moins d’une demi-heure, les trois enclumes libres avaient successivement et progressivement pris l’aspect représenté par les figures 3, 4 et 5.
- Ici, il n’y avait pas de doute possible : alimentées avec persistance par des courants ascendants, les masses d’air répandues en nappes avaient fini par se déverser à peu près verticalement de haut en bas, pour former des nuages en sac sur les parois latérales des enclumes.
- Cette observation jetait une vive lumière sur celle de l’année précédente. Pour le montrer, disons d’abord que les nuages enclumes ou champignons atteignent souvent un diamètre énorme, qui peut aller jusqu’à 50 et même 100 kilomètres. Si l’on est au-dessous d’un de ces champignons, il faut une certaine habitude pour s’en apercevoir. Un observa-
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- LA NATURE.
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- teur exercé y discerne les stries — peu visibles par en dessous, parce qu'elles sont dans l'ombre — qui caractérisent les nuages de glace. Il remarque aussi que les nervures très irrégulières de ce nuage convergent vers une région lointaine située près de l’horizon, parl'ois derrière. Enfin, s'il regarde pendant assez longtemps pour que le vent pousse toute cette masse vers l’horizon, elle y prend sa l'orme d'enclume, qui n'est qu’un effet de la perspective.
- Eh bien, l'ensemble de ce que nous avions vu l'année précédente près d’Angers était tout simplement une vaste enclume dont la région de déversement avait passé sur nous, et dont le pied, très large, avec ses longues stries ou flammes verticales, se trouvait à 50 kilomètres plus à l’est. A partir de ce moment, toutes les fois (pie j’observai un nuage en sac, et cela m’arriva en moyenne une fois par mois (même en hiver, à Menton), j’essayai de voir s’il ne remplissait pas les conditions qui le feraient ranger parmi les enclumes ; structure fibreuse en certains points, nervures irrégulières divergentes, pied lointain souvent, il est vrai, entouré de brumes. Et j'en arrivai à conclure que, dans la grande majorité des eas, le nuage en sac était la région de déversement d’une vaste enclume.
- Des observateurs très précis m’ont affirmé avoir vu des nuages en sac au bord inférieur de cumulus indéniables. Mais il y a des cas douteux. 11 faudrait donc, semble-t-il, réserver l’appellation de mnm-mato-cumulus aux cas où leur nature de nuages de gouttelettes d’eau est certaine ;
- Employer le nom de mamrnato-cirrus (Poëy dit (jlobo-cirrus) pour les cas où l’on est absolument certain d’avoir affaire à un nuage de cristaux de glace ;
- Enfin, créer le nom de mammatus, à la fois comme terme générique et pour les cas douteux, avec la signification plus générale et moins compromettante de nuage de déversement, quelle que soit la nature, liquide ou solide, des particules qui peuvent, selon le cas, constituer ce nuage.
- E. Duratsd-Gréyille.
- LA CLOTURE DE L’EXPOSITION DE 1900
- Le coup de canon tiré sur la plate-forme de la Tour Eiffel, le lundi 11 novembre, a marque le dernier moment de cette grande fête qui pendant près de sept mois a retenu tous les suffrages et toutes les admirations. Les regrets que la fermeture des portes a provoqués font partie du succès inoubliable qu’a emporté l’Exposition, car dans une manifestation universelle comme celle que nous avons eue cette année, le décor de ces merveilleux palais et toute la féerie de ces nombreuse^ constructions ne sont qu’un cadre à l’idée que représente l’Exposition elle-même ; celle-ci marque une date, pour laquelle tous les efforts sont tentés ; elle est donc en quelque sorte la synthèse de la production industrielle, artistique et économique pendant Tannée qui l’a vue vivre. On conçoit fort bien que pour une fête de ce genre, qu’on pourrait appeler la « fête de la pensée », on ne pouvait songer à un caractère de permanence qui lui aurait enlevé cet imprévu,
- cette vision passagère qui dans les années suivantes doit devenir un souvenir auquel on se reportera ; il fallait que ce souvenir fût brillant, il fallait qu’il laissât une empreinte dans les mémoires ; voilà pourquoi les regrets des milliers d’admirateurs font eux aussi partie du programme de l'Exposition elle-même.
- Quels sont les résultats de l’Exposition ?
- On peut dire qu’ils sont de deux espèces. D’abord les résultats d’ordre général, ceux qui ont pour objet d’augmenter le prestige national à l’étranger et de montrer au monde tout ce que peut produire une volonté de faire de grandes choses, surtout quand elle est appuyée par un esprit de concorde et de paix et par le soutien de capitaux considérables. On peut parler aussi des résultats que retirera l’industrie privée de T effort tenté, des perfectionnements adoptés, des progrès constatés chez les voisins qui stimuleront le zèle de nos fabricants, de celle grande poussée donnée dans les ateliers et dont ne peuvent que profiter les différentes usines ; mais la constatation de ces résultats ne peut se faire sur le moment, il faut attendre et ce n’est que dans la suite qu’on pourra se rendre compte des bons effets obtenus pour chacun.
- A côté de ces conséquences à longues échéances, il en existe d’autres dont on peut parler immédiatement. Paris gagne un quartier nouveau d’une merveilleuse beauté qui n’aurait jamais été édifié sans la circonstance de l’Exposition de 1900. Le pont Alexandre III, le grand et le petit palais sont des monuments admirables dont la capitale peut s’enorgueillir. .
- Nous trouvons ensuite comme résultats heureux le mouvement considérable d’argent qui s’est fait en France par suite de la présence inusitée d’un grand nombre d’étrangers et du mouvement des provinciaux. Enfin, il faut y ajouter le plaisir que chacun a eu de parcourir ces belles galeries et ces boulevards si bien encadrés. !
- Le succès dû à la foule a d’ailleurs été complet puisqu’on a constaté plus de 50 millions d’entrées pendant les 210 jours qu’a duré l’Exposition.
- 11 v a eu des mécontents comme partout et ceux-ci ont un peu crié parce qu’ils avaient perdu de l’argent dans des entreprises particulières qui n’ont pas réussi ; mais ces malheurs individuels, assurément fort regrettables, ne sauraient retomber sur l’Exposition qui n’en est pas cause, mais sur certains concessionnaires eux-mêmes qui éblouis d’avance par le vertige dés recettes fantastiques se sont aventurés dans des dépenses exagérées pour leurs installations et pour les droits d’occupation de leurs attractions, droits dont ils avaient fixé souvent eux-mêmes le montant dansles opérations d’adjudications.
- Une autre remarque qui a son importance. Ainsi qu’on le sait, il avait été émis 65 millions de tickets attachés à des bons donnant droit à divers avantages matériels; 46 millions seulement ont été utilisés; il en est donç resté 19 millions qui ont perdu toute valeur par suite de la fermeture. Sans examiner quels ont été les moyens financiers qui ont accompagné l’émission de ces bons, il est clair que l’excès de billets en circulation a été la cause de la baisse considérable de leur prix, puisqu’aux derniers jours ces derniers étaient tombés à 0tr,10 et même 0rr,05; cette circonstance a été sûrement un des éléments de-succès en permettant l’entrée presque gratuite sur le territoire de l’Exposition à toutes les classes de la société sans exception; en ouvrant ainsi ses portes largement à tout venant, on faisait donc une œuvre philanthropique puisque tous purent profiter de ses enseignements et jouir deà émotions d’art qu’elle provoqua. A. i>a Cu.nha.
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- LA N A T liDE.
- L’HORLOGERIE A L’EXPOSITION
- On a toujours fait des montres, des pendules ou des objets d’horlogerie amusants, avec automates ou personnages mouvants. Mais c’est surtout au dix-huitième siècle que la chose a pris un caractère de mièvrerie qui n’avait jamais été atteint et qui certes n’a pas été dépassé depuis. Dans les délicieuses petites pièces de cette époque tout est réuni : le goût, la richesse des matériaux, l’habileté déployée dans l’exécution et une fraîcheur de coloris en tout point remarquable.
- Jadis on se servait de tous ces objets charmants qu’aujourd’hui l’on met sous vitrine.
- Les pièces que nous allons décrire ont un intérêt aussi grand au point de vue mécanique qu’artistique, et le talent dépensé par les horlogers équivaut à celui des autres artistes"qui ont concouru à leur exécu-
- tion. La figure 1 représente une lorgnette qui se trouvait à la centennalc de l’Orfèvrerie, classe 94. Elle appartient à l’incomparable collection de M. Frank Dernard. Cette charmante pièce de 7 à 8 centimètres de haut environ est entièrement recouverte de peintures en émail ; elle est cerclée de pierres fines. Le tout est extrêmement soigne'. Dans la partie cylindrique du corps de l’objet est pratiquée une ouverture représentant le tiers de la circonférence. Cette partie cylindrique forme un manchon à l’intérieur duquel tourne un second cylindre contenant tout le mécanisme. Si l’on actionne le cylindre intérieur par la partie supérieure de la lorgnette qui lui est solidaire, apparaît le cadran marquant les heures. Cela constitue ainsi une petite pendule. Si l’on considère le mouvement giratoire, un paysage tout en peinture sur émail se présente en second plan, devant l’ouverture, tandis qu’au premier plan passe rapidement un équipage
- Fig. 1. Lorgnette. — Fig. i. Souris en or constellée (le pierres Unes. — Fig. 3. Pistolet garni d'émail, de brillants et de pierres Unes.
- complet de chasse à courre. On voit les chiens, les piqueurs, les cavaliers poursuivant un cerf. Ces sujets sont en demi-relief. Pendant ce défilé une musique, placée à l’intérieur de la pièce, joue un air de chasse. Si enfin on fait encore tourner le cylindre, un panneau plein vient fermer en l’affleurant l’ouverture du manchon et en continue le décor d’émail.
- La figure 2 appartient à la même collection que la lorgnette. Elle représente une mignonne souris moins grosse que nature. Elle est toute en or et constellée de perles fines. En lui tirant la queue, on remonte le ressort du rouage qui est dissimulé dans son petit corps. Alors la gentille bête se met à courir en remuant les quatre pattes et la tète de la façon la plus naturelle.
- L’exactitude de ses mouvements sont au point de vue mécanique très remarquables.
- Nous reproduisons (fig. 3), toujours de la même collection, un pistolet d’une très grande richesse. Il est garni d’émail, de perles fines, de brillants. La couronne de joaillerie qui s’y trouve avec le croissant indique que. l’objet a dû appartenir à un
- sultan. Lorsque l’on fait partir le chien portant la pierre à fusil, un petit oiseau sort du canon et vient se placer dessus, puis il se met à chanter en battant des ailes et en remuant la tête. L’air fini, il rentre dans le canon d’où il est sorti.
- C’est une bonbonnière en or que représente la figure 4. Sur son couvercle est peint sur cuivre un atelier de charpentier. Les personnages isolés du fond se meuvent et agissent dans le sens qu’indique le travail qu’ils accomplissent. Le mécanisme assez compliqué, vu les nombreuses fonctions des figurines, tient néanmoins dans l’épaisseur du couvercle. La figure 5 représente une autre bonbonnière, toujours au même collectionneur. Cette pièce, entièrement couverte de peinture sur émail des plus remarquables, est en or. Son couvercle se compose de trois panneaux que l’on peut ouvrir séparément. Sous celui du milieu est la bonbonnière proprement dite. Sous l’un des autres le cadran des heures et celui des minutes ; enfin sous le troisième se trouve un ravissant sujet mécanique représentant au milieu d’un paysage un amour forgeant une flèche, tandis
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- qu'un autre tire le soufflet et qu’au fond tourne un moulin à vent. Les personnages sont en or, de diff’é-rentes couleurs, ciselé, et le paysage est en peinture
- sur émail. Tout cet ensemble est d’une fraîcheur de coloris remarquable.
- Toujours même collection, la figure 6 donne la
- Fig. 4. Bonbonnière en or. — Fig. 5. Autre bonbonnière. — Fig. 6. Petite harpe. — Fig. 7. Couteau à «leur cadrans.
- reproduction d’une petite harpe haute de 7 centimètres environ. Elle est en or, enrichie d’émaux et de pierres précieuses. Le cadran est placé dans le corps même de l’instrument. En déclenchant un mécanisme intérieur on peut faire jouer une musique qui a la propriété curieuse de rendre des sons parfaitement comparables à ceux d’une harpe véritable.
- Cette pièce est fort belle de composition et d’exécution. Nous voyons, figure 9, une montre en or dont le fond représente un intérieur de cuisine.
- Les personnages et certains accessoires sont en or de différentes couleurs, et le reste est en peinture. On voit le chien tourner dans sa roue, et, par une transmission mécanique, entraîner le rôti qui est à la broche devant la cheminée.
- D’un côté une servante file au rouet et de l’autre un jet d’eau semble couler d’une fontaine. Tout cela
- remue, s’agite, on sent la vie.
- Enfin, toujours même collection, nous voyons figure 8 un couteau en argent avec ornements d’or et pierres fines ayant un mouvement d’horlogerie dans le manche dont le cadran et le balancier sont visibles. Le mécanisme d’horlogerie est un petit chef-d’œuvre ; il tient toute la longueur du couteau, ce qui nécessite une dis-position toute particulière ; de plus, comme une pendule, il sonne les heures au passage. L’idée de placer une montre dans le manche d’un couteau remonte au moins au dix-septième siècle. On trouvait dans la collection de M. Marmuse, à la ccntennale de la cou-
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- LA NATURE.
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- tellerie, classeÜS (fig. 7), un couteau qui d’un côté du manche a deux cadrans et un seul de l’autre. Chacun de ces cadrans a_ une aiguille qui semble indiquer l’heure. Il n’en est rien cependant, car ces aiguilles constituent le secret qu’il faut connaître pour ouvrir ou fermer le couteau. La fonction consiste à placer chaque aiguille sur une heure déterminée, car autrement le couteau reste immuablement ouvert ou fermé. Evidemment les couteaux du dix-huitième siècle que nous trouvons avec des montres dans le manche procèdent de ces primitifs couteaux à secret.
- Dans la si importante collection de M. Chappay, à la centennale de l’orfèvrerie, ,5e trouvait une petite lanterne en or de la taille de la gravure que nous donnons figure 10. C’est >iin ravissant bijou comme forme, comme décor et surtout comme mouvement d’horlogerie. Elle possède trois cadrans d’émail avec aiguilles d’or marquant l’heure et entraînées par un seul mouvement placé à l’intérieur de la lanterne. Le haut de la pièce s’ouvre à charnière pour permettre de remonter le mouvement.
- Les vitrines des centennales de l’orfèvrerie et de la bijouterie renfermaient encore maints objets d’horlogerie intéressants, mais moins caractéristiques que ceux que nous venous.de signaler_ouJes^répétant.
- Le groupement de toutes les précieuses collections qui composaient les centennales a permis des études qui ne seront plus possibles lorsque tous: ces trésors rentreront chez leurs possesseurs. L’Exposition aura donc fourni une occasion unique dont on ne saurait trop profiter. Mathieu Planciiow
- L’ÉCLAIRAGE DES WAGONS
- GAZ MIXTE — ACÉTYLÈNE
- Les Compagnies de chemins de fer poursuivent partout leurs essais d’éclairage des wagons. Le voyageur est devenu exigeant depuis qu’il est habitué aux lumières intensives de l’électricité, de l’acétylène et des becs par incandescence. 11 y a trente ans, nous nous contentions, en lre classe, des lampes à huile. En 1870, on imagina l’éclairage au gaz d’huile que l’on peut obtenir par la gazéification de l’huile lourde de goudron; en Allemagne, on le fabrique au moyen des produits secondaires de la distillation pyrogénée du lignite. On peut comprimer le gaz jusqu’à 10 atmosphères sans influencer son pouvoir éclairant; par suite, il est facile de l’emmagasiner dans des réservoirs de petits volumes. C’est pourquoi les installations sur les wagons ont été réalisées facilement. Un petit réservoir, une canalisation, un régulateur de pression permettent de réduire dans les tuyaux la pression de 0 atmosphères à celle de 40 centimètres d’eau dans les lampes, munies de brûleurs à deux trous (becs Manchester) et spécialement construits pour ce genre d’application. Ces becs consomment environ 27 litres 1/2 par heure. C’était un progrès très sensible sur l’ancien système à l’huile. Et c’est si certain que l’inventeur, M. Julius Pintsch, a installé l’éclairage au gaz d’huile sur 6000 wagons d’abord, puis sur 32 000 en 1880 et, enfin, sur 89 000 en 1898.
- Ce système, bien que très supérieur à l’ancien, fut reconnu insuffisant dans ces dernières années. Puis, à vrai dire, le gaz d’huile fournissait bien, au début de
- l’éclairage, par lampe 7 à 8 bougies normales, pour 28 litres de dépense; mais, après quelques heures, la lumière baissait et tombait à 5 bougies.
- On était arrivé à l’époque où l’acétylène commençait à être connu et où chacun admirait sa belle lumière blanche et d’une extrême fixité. Naturellement, on essaya l’acétylène. Mais il y eut des accidents, parce que, pour le transport, il fallait bien comprimer le gaz dans des réservoirs de petites dimensions, et il se produisit, par défaut d’attention ou de surveillance, ou pour d’autres causes variées, des accidents, dans les gazogènes des usines de charge. On y renonça momentanément. Des essais du même genre avaient été entrepris dans la fabrique d’huile de M. Pintsch. On redouta, là encore, le danger des explosions de l’acétylène. Mais on eut l’idée de rechercher si des mélanges d’huile et d’acétylène ne conduiraient pas à un résultat satisfaisant. On constata que des mélanges, dans une proportion de 50 pour 100 d’acétylène avec l’huile, ne conduiraient pas à plus de chance d’explosion que celles que donnait l’emploi déjà adopté de l’huile de goudron. En revanche, l’emploi de l’acétylène augmentait considérablement l’éclat de la lumière. Ainsi, un mélange de 75 parties en volume de gaz d’huile et 25 parties d’acétylène fournissait une lumière triple de celle du gaz d’huile seul. Et le coût de l’éclairage restait identique à celui du gaz d’huile. Enfin, il était possible, dans ce cas, de conserver les mêmes brûleurs, ce qui était impossible avec l’acétylène pur, en raison des particules charbonneuses de la flamme. Aussi se mit-on résolument, à l’usine dé Grünewald, à installer le nouvel éclairage.
- Il fut appliqué dès le mois de mars 1898, d’abord aux trains circulaires Nord de Berlin, puis successivement étendu aux chemins de fer de la ville et à des trains de banlieue. Ce système se généralise, en ce moment, sur les chemins de fer de l’Etat prussien1. Dans la zone administrative de Berlin, on vient d’installer cinq usines de gaz mixte et, comme il en existait déjà, le nombre exact est de neuf. Au surplus, le développement du nouvel éclairage est tel que, pour l’exercice 1898-99, on a consommé pour le réseau des chemins de fer de l’Etat prussien 960 000 kilogrammes de carbure de calcium. Or, cette année, on estime que la consommation s’élèvera à 3 000 000 de kilogrammes, et, en 1900, à 4 500 000 kilogrammes. On peut dire, du reste, d’une manière générale, que l’emploi de l’acétjlène, et par suite du carbure de calcium, se généralise singulièrement en Allemagne. En 1898, on a vendu 6450 générateurs du nouveau gaz dont la puissance oscille entre 1 à 300 becs et représentant, dans leur ensemble, une puissance de 112 355 becs. Le pouvoir éclairant des becs a varié entre 10 et 60 bougies. La puissance totale de tous ces brûleurs était de 3182400 bougies.
- On s’occupe en ce moment d’installer l’éclairage au gaz mixte sur une partie des réseaux allemands et l’on prévoit une consommation de carbure de plus de 8 millions de kilogrammes, représentant plus de 2 500 000 francs. Le carbure de calcium a donc de l’avenir.
- Quant au prix, d’après M. Bork, on peut les évaluer ainsi, comparativement aux anciens modes d’éclairage : pour l’ancien gaz à l’huile, 0,525 pf. ; 0,158 pour l’acétylène seul et 0,152 pour le gaz mixte. Aux prix actuels du carbure, l’unité d’intensité lumineuse est de moitié plus économique avec l’éclairage au gaz mixte
- 1 Nous empruntons ces renseignements à une intéressante étude de M. Bork, directeur des chemins prussiens à Berlin, publiée dans la Revue générale de chimie pure et appliquée.
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- LA NATURE.
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- qu’avec l’éclairage au gaz d’huile. Il est donc évident que l’application sur les voitures de l’éclairage au gaz à l’huile et au gaz acétylène doit être considéré comme offrant un avantage important. J.-F. Gai.j..
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- L’illusion vocale Lien connue sous le nom de ventriloquie n’est pas seulement exploitée dans les salles de spectacle par des artistes qui y ajoutent leur talent mimique. M. Paul Garnault, qui vient de faire sur ce sujet une conférence à l’Institut psycho-physiologique, affirme en effet que la ventriloquie a été exercée avec une rare perfection et sur la plus grande échelle par toute l’antiquité : chez les peuples anciens, les peuples conservateurs, tels que les Chinois, par exemple, et chez les peuples sauvages vivant actuellement, dans toutes les religions de l’antiquité, dans toutes les religions primitives qui ont persisté jusqu’à nos jours, elle a joué et joue encore un rôle immense, connue génératrice de la divination et de l’inspiration.
- Chez les Zoulous, les Maoris, les Tougans, la ventriloquie est extrêmement répandue et toujours associée à l’évocation des esprits, plus spécialement à l’évocation des esprits des morts. Des observateurs dignes de foi ont pu entendre la voix des esprits, sifflante et étouffée, sur le sol, sur le toit de la hutte, dans le lointain. Pendant ce temps, la bouche et le visage des prêtres et des sorciers restaient absolument immobiles, comme le font les ventriloques de profession.
- Chez les Chinois, l’illusion sert à faire parler les morts et ce sont les veuves qui constituent la clientèle la plus ordinaire des nécromanciens. On se sert pour la consultation, dit M. Garnault, auquel nous empruntons d’ailleurs les éléments de cet article, d’une petite statuette en bois de hêtre, qui est exposée quarante-neuf jours à la rosée et s’imprègne pendant ce temps de l’esprit du mort. Le médecin applique la statue sur son estomac; on entend aussitôt sortir de sa bouche des mots prononcés avec cette voix caverneuse, sifflante et étouffée qui constitue en même temps la voix des ventriloques et la voix des morts, et la conversation s’engage entre l’esprit et le consultant. D’autres fois le nécromant prend la statue, la place au voisinage de l’oreille du consultant, et la conversation se produit de la même façon, sur le même ton. Dans les deux cas, la voix employée est certainement la voix de ventriloque, les descriptions des auteurs ne laissent aucun doute à ce sujet. L’illusion des fidèles est aussi complète que la nôtre en présence d’une scène de ventriloquie artistique moderne, mais elle est produite par des moyens entièrement différents : chez nous elle repose sur une fausse interprétation du témoignage de nos sens ; chez les Chinois, sur cette croyance religieuse que les esprits des morts peuvent être évoqués.
- C’est aussi certainement par la ventriloquie que les anciens faisaient parler les statues : chez les vieux Égyptiens, on en employait même dont la tête et les bras étaient mobiles. Au musée du Louvre, on peut même voir une tête d’Anubis, le dieu à tête de chacal, paraissant avoir été confectionnée et décorée vers la XXe dynastie, dont la mâchoire en est articulée suivant les procédés qu’employaient encore nos ventriloques il y a quelques années. Mais M. Garnault, d’accord en cela d’ailleurs avec M. Maspéro, croit que les prêtres eux-mêmes, en pratiquant ces fraudes pieuses, pensaient seulement exprimer, d’une façon plus sensible et plus édifiante, les sentiments de la divinité. Hum! Henri Coura.
- STATISTIQUE DE L’EXPOSITION
- I/Exposition vient de fermer ses portes. A-t-elle réussi ? Les chiffres suivants vont donner la réponse :
- En 1855, il y a eu 5100000 entrées, au Palais de l’Industrie et à ses annexes. En 1867, le Champ-de-Mars a reçu 9 millions de visiteurs.
- En 1878, Champ-de-Mars et Trocadéro ont eu 16 millions et demi de visiteurs. En 1889, Champ-de-Mars, Trocadéro, quai d’Orsay, Invalides, ont vu accourir 28 millions de visiteurs.
- En 1900, d’après les derniers chiffres relevés par l'administration, le Champ-de-Mars, les quais, les deux Palais des Champs-Elysées, leurs annexes, l’Exposition spéciale de l'agriculture de Vincennes ont reçu plus de 51 millions de personnes. Ainsi, presque deux fois plus qu’en 1889, trois fois plus qu’en 1878, cinq fois et demi plus qu’en 1867, et dix fois plus qu’en 1855, telle a été l’affluence de l’Exposition de 1900.
- Examinons maintenant comment se décomposent les 51 millions de visiteurs ; bien entendu, il y a là un nombre incalculable de doubles emplois : telle personne — il en est beaucoup à Paris — n’a été qu’une seule fois à l’Exposition, alors que telle autre y est allée, soit par plaisir, soit pour ses affaires, deux ou trois cents fois. Il est difficile, même impossible de faire le décompte des personnes qui ont contribué, par leur assiduité de visiteurs, ou par leur présence permanente, à grossir le chiffre des entrées. Il ne serait pas plus aisé de supputer le nombre de ceux, même habitant Paris, qui ont dédaigné de visiter l’Exposition, ou qui se sont trouvés dans l’impossibilité de s’y rendre. Car, on compte à Paris un nombre de non-visiteurs, comme il existe des Parisiens qui n’ont jamais traversé la Seine.
- Revenons à l’Exposition : sont entrées 5 millions de fois (nous ne dirons plus 3 millions de personnes), des personnes chargées d’un service public ou particulier, d’exposants, de gens de service munis de jetons. Restent pour les entrées proprement dites 48 millions ; un grand nombre de celles-ci sont dues à des mêmes personnes, visiteurs assidus, et, d’autre part, nombreuses ont été les entrées qui ont exigé plus d’un ticket ; de 8 à 10 heures du matin, 3 pour 100 des entrées de la journée, c’est-à-dire environ 6 pour 100 des tickets, étaient déjà enregistrés. De 6 à 10 heures du soir, 8 1/2 pour 100, c’est-à-dire 17 pour 100 du total des tickets, étaient reçus aux guichets. La moyenne générale des entrées a été de 242 000 par jour, en y comprenant les dimanches. Mais le nombre des entrées a été loin d’être le même chaque jour de la semaine. Il est curieux de constater que, à part certaines fêtes particulières, chacun des jours de la semaine a conservé sa physionomie spéciale. C’est ainsi que le dimanche a toujours enregistré deux, trois et quelquefois quatre fois plus d’entrées que les autres jours de la semaine, que l’Exposition a été très visitée le lundi, et que le nombre des tickets reçus aux guichets allait en diminuant jus-
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- L A NA T IJ II K.
- plus considérable.
- C’est en avril et mai, alors que les exposants étaient pour la plupart, il faut le reconnaître, non encore complètement installés, que l’on a reçu le moins de tickets ; mais la pénurie de visiteurs était compensée par l’affluence des ouvriers.
- La plus maigre journée a été celle du 8 mai, qui a compté 75 565 visiteurs seulement ; en juin la plus faible journée a été de 94 627 entrées, le
- qu’au samedi; si l'on en excepte toutefois le jeudi, jour pendant lequel les collégiens et leurs parents avaient plus de facilités pour visiter les merveilles de 1900, on comptait moitié plus d’entrées que les autres jours. Le vendredi et le samedi les visiteurs étaient plus clairsemés.
- D’une manière gé-
- de plus en plus, et chaque semaine enregistrait une affluence
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- 1"' juin. En juillet, le nombre des visiteurs a presque doublé, et le 14 juillet, il en est entré 555 807, le lendemain 540 117 ; mais la chaleur tropicale de la fin de ce mois a fait fuir une grande partie des visiteurs, parisiens ou touristes; le 27 juillet, il n’est entré que 152282 personnes.
- Lesplus faibles journées avaient été, pour les Expositions précédentes, de 14274 entrées le 16 avril 1867, de 55402 le 5 mai 1878, de 58496 le 11 mai 1889.
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- LA NA T I DE.
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- Quant aux plus fortes journées, elles ont été :
- pn 1867 : 1p 10 juin 115580 outrons.
- — los “27-28-29-50 et 31 octobre do 145 000 :i 181000 entrées, on 1878 : le 27 octobre 28 966 outrées.
- — le 5 novembre (veille de la fermeture) 176522 entrées.
- en 1889 : le premier jour.................... 446 178 entrées.
- le 10 juin.......................... 569676 —
- le 15 juillet........................ 509 650
- le 8 septembre...................... 322 657
- — le 15 octobre........................ 402 065 —
- — le 6 novembre (fermeture)........... 595 033 —
- Cette année, en 1900, les chiffres des plus fortes journées sont plus formidables encore, et, par trois fois, le nombre des entrées a presque atteint le chiffre de 600000 :
- le 28 octobre............... 562 583 entrées.
- le 4 novembre.............. 581 120 —
- le 11 novembre.............. 589 448 —
- On aurait été en droit d’espérer que le dernier jour de l’Exposition eût attiré un nombre encore * plus considérable de visiteurs, surtout étant donné
- que les tickets étaient offerts à 10 centimes le 12 novembre au matin, à 5 centimes à cinq heures du soir, et à 2 pour un sou dans la soirée, mais la pluie s’étant mise à tomber, la plupart des Parisiens ont renoncé à admirer pour la dernière fois les illuminations et à prendre part aux attractions de la fête de nuit.
- En définitive, le nombre des visiteurs de la dernière journée, le 12 novembre, a été de près de 400000, comme en 1889.
- Les tickets ont été émis au nombre de 65 millions, il en a été utilisé 51 millions : le reste sera conservé par les particuliers, en souvenir de l’Exposition de 1900, ou détruit comme papier sans valeur.
- Nous avons établi, à l'aide d’un diagramme, la « courbe » des entrées jour par jour, pendant cha-l cune des Expositions de 1867, de 1878, de 1889, et
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- de 1900; nous avons eu soin de faire coïncider les dimanches correspondant aux mêmes dates, de façon à établir des comparaisons .utiles : un simple coup d'œil, jeté sur cette figure, montrera mieux qu’un grand tableau de chiffres l’allure de nos Expositions et la supériorité de chacune d’elles sur les précédentes.
- Nous avons fait figurer, pour la période pendant laquelle elle a été la plus brillante, les chiffres d’entrées obtenus par l’Exposition de Chicago de 1893 : il est curieux de voir qu’à Paris, comme cela est bien naturel, les jours de plus grande affluence ont toujours été le dimanche, alors qu’à Chicago les dimanches ont vu entrer à la « World Fair » un nombre inférieur de visiteurs. En effet, et nous l'avons constaté « de visu », ayant été à l’Exposition de Chicago précisément à l’époque représentée dans le diagramme ci-contre, le dimanche est dans les pays anglo-saxons, et principalement a été dans cette Exposition, un jour d’une tristesse mortelle. Le jeudi
- et le samedi étaient à Chicago les jours de plus grande affluence, et le nombre des visiteurs y a quelquefois dépassé 250 000 et 300 000 ; les dimanches de 15C0D à 30000 visiteurs seulement.
- Il n’est pas inutile de rappeler que les entrées étaient impitoyablement de un demi-dollar, soit 2fr,50 à la « World Fair », c’est-à-dire cinq à dix fois plus chères qu’aux Expositions de Paris. De sorte qu’une journée de 500 000 tickets à Paris représentait une recette d’environ 250 000 francs, vers le mois de septembre ou d’octobre, alors qu’à Chicago une journée de 200 000 entrées ne représentait pas moins de 500000 francs, soit un demi-million. Ce qui n’a pas empêché l’Exposition de Chicago de ne pas faire ses frais. Celle de 1900 aura-t-elle fait les siens, bien qu’étant, sans conteste, la plus belle, la plus grandiose, la plus réussie des exhibitions faites jusqu’à ce jour? Pourra-t-on faire mieux? l’avenir nous l’apprendra. T. A.
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- LA NATURE.
- DES PRÉFÉRENCES VISUELLES
- CHEZ LES DIVERS PEUPLES
- La forme des vignettes créées par les différents peuples nous éclaire au sujet de leurs préférences visuelles. Ainsi, s’il s’agit de vignettes rectangulaires, certains pourront les préférer plus hautes que larges, d’autres, au contraire, plus larges que hautes; enfin, il y en aura qui pourront faire montre d’une prédilection marquée pour les carrées. 11 est possible encore de rechercher si les vignettes rondes, en losange ou triangulaires sont plus ou moins en honneur.
- Nous nous sommes livré à cette enquête par la considération d’un très grand nombre, plusieurs milliers, de vignettes de réclame ou de commerce, émanant de l’initiative privée et appartenant aux peuples les plus divers. Voici les conclusions auxquelles nous sommes parvenu.
- En ce qui concerne les vignettes rectangulaires, les Japonais sont les seuls qui préfèrent celles qui offrent plus de largeur que de hauteur.
- Les Anglais et les Américains ne paraissent pas avoir de préférence bien marquée en cette affaire.
- Tous les autres peuples sont pour les vignettes plus hautes que larges; mais leur goût, à cet égard, est plus ou moins prononcé, c’est ainsi que le rapport du nombre des vignettes en hauteur à celui des vignettes en largeur est égal à 2 chez les Allemands et les Français, alors qu’il atteint 5 en Turquie, 5 en Italie, 10 en Espagne et 15 en Russie. En résumé, ce sont les Slaves dont l’œil se complait le plus dans la considération de la hauteur.
- Pour «e qui est de la forme carrée, les Japonais montrent le plus de goût ; puis viennent par ordre décroissant : les Allemands, les Anglais, les Russes et enfin les races latines. Le losange a les sympathies des Allemands et des Italiens. La forme triangulaire, fort peu usitée, se montre quelquefois en Autriche et en Belgique. Quant aux vignettes de forme ronde, on ne les trouve en nombre marqué qu’en Allemagne, en Autriche et en Russie. 11 y a lieu de signaler deux particularités assez intéressantes. L’une réside dans la disposition que marquent les Russes à faire disparaître les angles droits des vignettes rectangulaires, soit en les sectionnant à l’aide d’arcs de cercle, soit en leur ajoutant, au contraire, une partie de circonférence. La seconde particularité nous est fournie par les Turcs, qui aiment à faire subir des modifications au côté inférieur des vignettes rectangulaires, en opérant généralement un retrait. Telles sont les préférences de l’œil chez les divers peuples, d’après les indications fournies par les vignettes. Delausey.
- U BOSSE DES MATHÉMATIQUES
- On emploie bien souvent cette expression, qui relève du reste étymologiquement de la fameuse doctrine phrénolo-gique, et si jusqu’à présent on n’a pas pu constater qu’à la faculté développée de comprendre les mathématiques il correspond effectivement une bosse, du moins il est certain que les gens se partagent assez nettement en deux catégories, ceux qui ont, comme on dit, des dispositions pour les sciences exactes, et ceux qui n’en ont point.
- Pour éclaircir ce problème, un professeur de Leipzig, M. Môbius, s’est proposé de trouver le siège de la faculté mathématique; d’ailleurs, et suivant un crrement qui semblait une erreur de hase dans les travaux de Gall, le savant allemand s’attache dans ses observations non à la constitution du cerveau même, mais à la forme du
- crâne : c’est-à-dire que toute personne possédant ce que nous avons appelé des dispositions pour les mathéma-iques, présenterait aussi une disposition particulière du squelette même de la tête. Cette disposition consisterait en un développement extraordinairement fort de l’angle supérieur et extérieur de l’orbite, suivant les expressions mêmes de M. Môbius; il en résulterait que les parties cérébrales voisines auraient un espace plus grand pour se développer, et ces portions du cerveau seraient précisément celles où se localiserait la faculté mathématique. D’ailleurs, ces particularités étant plus accusées du côté gauche de la tête, le savant neurologiste estime que cette faculté se localiserait sans doute dans un centre voisin de celui qui correspond à la coordination du langage articulé.
- Nous ajouterons que les affirmations en question ont été immédiatement fort attaquées, et que notamment certains des contradicteurs de M. Môbius estiment que celui-ci a pris une base même d’observations fort inexacte * en considérant la bosse du calcul comme la caractéristique principale du mathématicien. En tout cas, même à ce simple point de vue, les observations dont il s’agit sont assez intéressantes à signaler, et elles mériteraient d’être continuées. —1). B.
- LES TRAMWAYS POSTAUX DE FRANCFORT
- Il y a déjà un certain temps que les Américains, qui cherchent toujours à tirer parti de tout au point de vue pratique, ont commencé d’utiliser les tramways, dans certaines villes de l’Union, pour les transports postaux entre les bureaux de quartier et les bureaux centraux, et aussi dans les relations avec les gares de chemins de fer; mais nous ne croyons pas que, sauf la timide tentative faite à Paris avec les cartes-télégrammes à destination de la banlieue, rien d’analogue ait été tenté en Europe. Aussi est-ce une raison de signaler l’essai qui va être fait sur une grande échelle à Francfort-sur-le-Mein.
- Il faut dire que la municipalité de cette ville, suivant des errements qui tendent de plus en plus et à tort à se vulgariser, vient de reprendre les réseaux de tramways pour les exploiter elle-même et qu’elle a remplacé partout la traction par chevaux par la traction électrique, après avoir établi une station centrale génératrice; ayant les lignes à son entière disposition, elle a résolu de les employer pour les transports postaux entre le bureau central des postes et la gare, centrale également, des chemins de fer. Et comme les services postaux sont assurés par le département impérial des postes, un contrat a été passé entre la municipalité et le département en question. Disons tout de suite que la distance à franchir est de 3 kilomètres, ce qui rend cette tentative d’autant plus légitime et utile. On a établi, dans la cour de l’Hôtel des postes et devant la gare, des embranchements qui se relient aux lignes principales, et sur lesquels on fera garer, en attendant les courriers, les voitures réservées spécialement aux transports dont il s’agit.
- Ces voitures, qui ont été soigneusement étudiées, présentent une longueur entre tampons de 7m,62, avec une largeur de 1m,80; la hauteur du niveau des rails au sommet de la verrière qui les aère et les éclaire est de 3m,40. Ces véhicules sont munis d’essieux à déplacement avial pour mieux s’inscrire dans les courbes. La caisse en elle-même, qui a 4m,80 de long, est partagée en deux compartiments, un petit de lm,20 pour les lettres, la réception des finances, des paquets de valeur déclarée, et un second qui est consacré aux paquets ordi-
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- LA'NATURE. 4M
- naires. Le premier compartiment comporté de chaque, côté une porte glissante de O1”,60 de large, il contient un bureau et des placards divers, et le bureau est éclairé par une lampe à incandescence; près des portes sont pendues des boites aux lettres analogues à celles des wagons de chemin de fer, et où le public peut déposer ses correspondances. Les portes d'entrée du compartiment des paquets ordinaires ont 0m,96 de large afin de donner plus de facilité pour le maniement des paquets encombrants ; deux lampes électriques sont disposées pour répandre une lumière suffisante et permettre un classement rapide. À chaque bout de la voiture sont prévues des plates-formes où peuvent prendre place même des employés étrangers au service; les voitures sont sous la conduite d’un wattman spécial. On attend les meilleurs résultats de cette combinaison, d’abord parce que les voitures dont il s’agit sont bien plus vastes que celles qu’on employait autrefois pour les transports postaux, ce qui assurera plus de célérité dans les distributions ; de plus, on estime que de la sorte il suffira dans l’année de 20 000 voyages au lieu des 50 000 qui étaient autrefois nécessaires, et les rues seront par conséquent beaucoup moins encombrées par ces transports particuliers. _______ I*. de M.
- UN NOUVEL ISOLANT « L’URALITE »
- Comme son nom suffirait seul à l’indiquer, cette nouvelle matière est d’origine russe, du moins son inventeur est russe : c’est M. À. M. Imschenetzky, qui, d’après VElectricien, a fondé à Saint-Pétersbourg une société pour exploiter commercialement sa création.
- Le nouveau produit se composerait, pour un poids de 166k8,8, de 33ke, 33 d’amiante, de 50 de craie, de66kf, 56 de silicate, de 6ks,66 d’acide sulfurique à 50° Beaumé, puis de 4ks,66 d’argile pyrithe, enfin de la même quantité de minium et de 0ks,93 de noir de fumée. II est bien évident que le minium et le noir de fumée ne doivent avoir qu’un rôle de colorants ; d’autre part, le silicate sert de liant. Le composé qu’on obtient ainsi, et auquel on a donné le nom peu motivé sans doute, mais très national, d’uralite, est non seulement mauvais conducteur de l’électricité, autrement dit isolant, mais encore mauvais conducteur de la chaleur et du son, tout en étant susceptible de résister parfaitement à un grand abaissement ou à une grande élévation de température ; il [n’est du reste pas attaqué par les acides. 11 se laisse parfaitement travailler, scier, tourner, et on annonce même qu’on en fait déjà en Russie les objets les plus divers, aussi bien des casques de pompiers que des cloisons, des toits, des revêtements pour planchers, des tuyaux pour la distribution de la vapeur, des garnitures de panneaux de navires de guerre. On va jusqu’à prétendre qu’il oppose une grande résistance à la pénétration des projectiles, mais jusqu’à plus ample informé, nous nous permettrons d’en douter. D. B.
- DE LA LUMINOSITÉ
- APPAREILS D’ENREGISTREMENT
- On comprend sous le nom de luminosité l’intensité de la lumière diffuse. Il ne s’agit plus de lumière directe des radiations solaires proprement dites, mais bien de lumière complètement diffusée. C’est cette luminosité que nous avons cherché à enre-
- gistrer. Pour avoir une idée du degré de luminosité, il faut évidemment un instrument qui puisse l’enregistrer et il a été proposé divers photomètres.
- Le photomètre au sélénium de M. Vidal serait un appareil d’enregistrement direct, car les mouvements de l’aiguille du galvanomètre pourraient s’inscrire sur un cylindre tournant et on obtiendrait ainsi le tracé de la marche de la luminosité, absolument comme le thermomètre enregistreur ou le baromètre enregistreur donnent les variations de la température ou de la pression atmosphérique. Malheureusement cet appareil ne peut donner des résultats bien exacts, car le sélénium olfre des irrégularités dans ses impressions lumineuses.
- Les procédés les plus pratiques sont incontestablement ceux qu’emploient les photographes. Leurs recherches et leur expérience doivent être utilisées en science météorologique, et c’est sur ce principe que nous nous sommes fondé pour faire construire un appareil quia pour principe le photomètre de Vogel, c’est-à-dire l'emploi de papiers sensibles sur lesquels l’image des chiffres vient s’inscrire d’elle-même.
- Cet appareil consiste dans la disposition représentée par les figures ci-jointes (fig; 1 et 2). Une boîte longue de 50 centimètres et large de 6 à 7 centimètres environ, est fermée par un couvercle (fig. 2) où se trouve une série de petits ronds fermés par une lamelle de verre, recouverte de pellicules allant de 1 à.22 (fig. 2). Ces chiffres s’inscrivent d’eux-mêmes sur une bande de papier au ferro-prus-siate. Ce sont ces pellicules qui sont la partie importante de l’appareil, car leur superposition correspond au chiffre inscrit sur le papier et selon le degré de luminosité. Pour le chiffre 1, il n’y a qu’une pellicule, pour le chiffre 2, il y a 2 pellicules et ainsi de suite.
- Avec cet appareil, qui est fixe, on n’obtient évidemment que la luminosité pendant une journée, ou pendant le temps que l’on désire. Si l’on veut comparer la luminosité des différentes heures de la journée, nous avons fait construire par M. Richard l’appareil (fig. 5), qui se compose de deux cylindres concentriques. Le cylindre extérieur fixe est pourvu d’une rainure latérale fermée par un verre analogue à celui du couvercle du photomètre fixe. Le cylindre intérieur mobile renferme un mouvement d’horlogerie moteur qui lui imprime un mouvement intermittent à raison d’un seul par heure. Il porte une feuille de papier sensibilisé. Ce papier, qui reçoit l’action de la lumière par les ouvertures du cylindre fixe, conserve des traces d’autant plus accusées que la lumière a été plus vive pendant l’heure d’exposition.
- Cette fente, au lieu d’être disposée latéralement, peut être placée sur le dessus du cylindre. Cette disposition est même préférable.
- Comme pour le photomètre-boîte, les verres portent les chiffres 1, 2, 5 qui indiquent l’intensité de la teinte et servent d’échelle actinométrique. Seulement comme l’impression ne dure qu’une heure, au
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- LA NATURE.
- lieu de 22 divisions, on ne dépasse pas 9 ou 12 pellicules.
- Sur le papier photographique ces chilires se détachent en blanc sur fond bleu et de plus tout chiffre lisible sur l’une des échelles sert de mesure aetinométrique, pendant l’heure correspondante.
- Cet appareil non seulement peut servir à enregistrer la luminosité, mais il peut donner, ce qui serait si important dans les recherches de climatologie, Yunité de luminosité.
- Il y a une utilité incontestable à s’entendre sur une afin d’apporter quelque précision dans les recherches pratiques, aussi bien que dans les termes usuels. Les physiciens ont adopté comme unité de lumière, la source lumineuse produite par une surface mesurant i millimètre carré de platine incandescent au moment de sa solidification.
- Cette unité proposée par M. A’iolle est incontestablement la plus exacte et la meilleure, mais uniquement comme unité de lumière et non de luminosité.
- Il est nécessaire pour les recherches météorologiques et aussi pour les usages photographiques, d’avoir une autre unité, celle de luminosité qui,
- nous le répétons, n’est pas la même chose que la lumière proprement dite.
- Cette unité doit pouvoir s’obtenir rapidement, partout et par n’importe qui.
- Pourquoi ne pas adopter précisément comme unité de luminosité, comme étalon, la première pellicule de la série, c’est-à-dire la pellicule unique. Selon le chiffre inscrit, c’est-à-dire selon le nombre de pellicules on aurait aussitôt, et sans effort, la valeur de la luminosité.
- On nous a présenté plusieurs objections qui ont rapport les unes à la pellicule, les autres au papier et à la fixation de l’impression. Nous allons examiner successivement ces objections.
- La composition de la pellicule peut être toujours
- identique. Il suffit de bien fixer cette composition, et nous donnons ici celle qui a servi à M. G. Braun-Clément, photographe, 18, rue Louis-le-Grand, que nous ne pouvons assez remercier de son obligeance : 100 parties. Collodion normal à 1 pour 100. Àurine
- pure, 1 gramme. La quantité de collodion coloré qui est nécessaire pour que la pellicule soit toujours égale est de : 100 cm3 pour un verre de 20x20, ou bien : 25 centigrammes pour couvrir un verre d’un décimètre carré.
- Toutes ces préparations se font facilement et il est donc aisé d’obtenir des contre-types mathématiquement exacts et absolument identiques. C’est une simple question de pratique photographique.
- Quant au papier il est également facile de l’avoir toujours identique. 11 suffit de s’entendre sur la marque et le n° d’impressionnabilité. Celui que nous avons employé, et que nous conseillons est le papier au ferro-prussiate de la maison Marion. Il a le grand avantage de ne demander qu’un lavage à l’eau, et d’être d’une manipulation très peu délicate, ce qui permet son usage, même aux personnes qui n’ont pas l’habitude de la photographie.
- M. Àngot nous a fait l’objection la plus sérieuse au point de vue pratique, c’est celle que les teintes sont toujours plus prononcées avant la fixation qu’après. Cela est absolument vrai, et la différence est quelquefois même de deux chiffres.
- Mais il suffit de noter le chiffre avant la fixation, si l’on veut conserver la bande et la marquer d’un signe quelconque qui persiste après le lavage à l’eau. Dans ces conditions, les objections mêmes de la composition de l’eau, delà manipulation, etc., tombent d’elles-mêmes.
- Nous ne voyons pas quelle autre objection on peut faire à cet appareil qui permettrait de donner une idée du degré de luminosité dans les différentes régions.
- Nous ne pouvons assez insister sur ce point, c’est que notre appareil n’est pas un appareil de laboratoire, ni de physique, mais bien de météorologie. Il permet d’avoir un point de comparaison, au point de vue de l’état lumineux de l’atmosphère.
- unité de luminosité,
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- LA N ATI KL.
- T 1,1
- Il ne peut être employé pour donner Vunité de lumière, mais bien celle de luminosité, cc qui est bien quelque chose. On pourrait, sur les bulletins météorologiques, y ajouter ce simple renseignement numérique, et comme le disait M. Mascart à
- Fig. 3. — Appareil enregistreur
- Lune des séances du Congrès météorologique international de l’Kxposition 1900, il faut savoir utiliser ce qu’on a et ne pas se montrer trop exigeant.
- __>a,*__ l)1' Onimus.
- PHOTOGRAPHIE
- CHAMBRE OBSCURE PORTATIVE
- Nous avons déjà fait connaître à nos lecteurs plusieurs appareils imaginés dans le but de remplacer le laboratoire et de permettre de s’installer n’importe où pour charger un appareil, développer un cliché... faire en un mot toutes les opérations qui ne peuvent avoir lieu que dans l’obscurité. M. le commandant Hardy a étudié un appareil du même genre, mais qui diffère des précédents par quelques modifications qui otîrent un certain intérêt, et il a fait construire celui que représente notre gravure. C’est une boîte D de forme rectangulaire, ayant comme dimensions 0m,26 X 0m,28 X 0m,38 ; elle est munie de deux portes garnies de manches A et B en étoffe qui permettent de passer les bras; on a disposé ces portes dans les parois placées à angle droit, parce que dans ces conditions la position des mains est plus naturelle et les manipulations sont plus faciles à l’intérieur de la caisse. Les manches sont munies de fausses manches, de façon à former une double fermeture qui rend impossible tout accès de lumière blanche.
- Dans deux des parois parallèles de la boîte on a placé deux verres rouges, l’un d’eux, E, est doublé d’un verre dépoli, tandis que l’autre, F, a derrière lui un verre jaune qui peut glisser dans une coulisse et être manœuvré depuis l’intérieur.
- L’une des manches est assez large pour permettre le passage des appareils usuels, c’est par là qu’on les introduit dans la boîte, ainsi que les boîtes de plaques, soit pour le chargement, soit pour le développement.
- Dans le bas de la boîte se trouve un fond mobile qui recouvre deux cuvettes : l’une, H, destinée au
- développement, l’autre, C, destinée à l’eau de lavage; ces deux cuvettes reposent sur une plaque métallique formant tiroir et pouvant facilement amener les cuvettes au dehors quand la porte de la boîte est ouverte. A la partie supérieure se trouve une troisième cuvette, V, qui est destinée au bain de fixage. On peut y mettre le cliché de l’intérieur et le retirer de l’extérieur sans que le jour pénètre dans l’appareil. Cette disposition permet le développement de toute une série de plaques sans sortir les mains des manches; il suffit pour cela qu’un aide prenne dans la cuvette, V, les clichés qui viennent d’être fixés afin de laisser la place à ceux qui viennent d’être développés. Une place est en outre réservée pour pouvoir placer deux flacons destinés à accélérer ou à renforcer le bain de développement suivant les besoins. L’opérateur étant assis devant une table placée en plein air, ou devant une fenêtre, peut suivre facilement la venue de l’image en retirant le cliché de la cuvette et le tenant parallèlement entre les deux verres rouges; il a eu soin de placer de son côté celui qui est doublé d’un verre jaune mobile, et vers la fin de l’opération il peut, en ôtant celui-ci, voir si tous les détails sont bien venus dans les ombres et s’il est temps d’arrêter
- le développement. L’appareil peut servir aussi au transport des accessoires qu’on emporte en voyage quand on a l’intention de faire du développement et du tirage ; cette sorte de malle photographique se loge dans deux cuves en métal qui en recouvrent chacune la moitié et forment ainsi un étui protecteur pour le voyage; ensuite elles serviront à faire le lavage des clichés ou des papiers pour terminer l’élimination de l’hyposulfite. À cet effet, M. le commandant Hardy recommande une disposition très simple : on place l’une des cuves sur une table et on met le panier de lavage dans l’autre cuve, placée sur une chaise ; puis avec un tube de caoutchouc on siphonne l’eau d’une cuve dans l’autre; un deuxième tube sert à conduire l’eau de la cuve inférieure dans un
- Laboratoire portatif pour développer en plein air.
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- LA NATURE.
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- récipient quelconque. On réalise ainsi, n’importe où, le lavage à l’eau courante toujours préférable et qui peut être moins prolongé que celui en eau dormante.
- Il est certain que des laboratoires de ce genre peuvent rendre service aux voyageurs, aussi bien touristes qu’explorateurs ; car, à notre avis, il est toujours préférable, quoi qu’en pensent quelques auteurs, de pouvoir développer avant de rentrer chez soi. On est ainsi assuré qu’on a bien son cliché et si l’on reconnaît qu’il est défectueux on peut le recommencer. En dehors du voyage, ces laboratoires peuvent être également très utiles pour tous ceux qui ne disposent pas d’une place suffisante dans leur appartement pour installer à demeure une chambre noire, et sont souvent obligés d’attendre la nuit pour développer leurs clichés; le dispositif de M. le commandant Hardy est fait pour ceux qui veulent pouvoir opérer partout en se passant de la chambre noire ordinaire. (i. M.
- —><[><—
- LES PETITES PLANÈTES
- Le 51 octobre dernier, à Heidelberg, une plaque photographique braquée sur un coin du ciel s’est trouvée marquée par les traces de sept petites planètes qui ont été désignées par les lettres FM, FA, FO, FI\ FQ, FR et FS.
- Nous engageons nos lecteurs, pour se rendre compte des positions dans lesquelles se trouvaient ces petits astres, à prendre une feuille de papier quadrillé comme il s’en trouve chez tous les papetiers, comme papiers à lettre, à 5 millimètres environ d’écartement des lignes. Au bas de la ligne verticale du milieu de la page, on écrira lh40 et on prendra chaque intervalle pour 4 minutes en moins en allant vers la droite, en plus en allant vers la gauche; on aura ainsi à droite lh3fi, lh32, 1h28, etc., et à gauche, 1h 44, lh48, l1'52, etc. A droite et à gauche de la ligne horizontale située environ au tiers de la page, on écrira 80 degrés et on prendra chaque intervalle de deux lignes horizontales pour 1 degré, en écrivant successivement au-dessus de la ligne de80 degrés, 79, 78, 77, etc., et au-dessous, 81, 82, 83, etc.
- Alors on pourra placer les planètes en question à la rencontre des lignes suivantes, où elles ont été trouvées :
- FM, lh49, 78°58
- FA, lh56, 80» 10
- FO, lh30, 80°24
- FP, lb30 , 81034
- FU, lh50, 83037
- FR, lh46, 77°7
- FS, lh47, 8O036
- et en se rappelant que l’intervalle entre deux lignes, intervalle de 4 minutes ou de 1 degré, représente dans le ciel deux fois le diamètre de la Lune, on aura une idée très nette de ce qui est venu sur la plaque photographique.
- Toutes ces planètes sont de faible éclat, sauf l’avant-dernière FR ; aussi l’astronome qui a fait le travail prévient que celle-ci pourrait bien être celle qui a été nommée Irma et a été trouvée par M. Paul Henry le 5 novembre 1877 et inscrite sous le n° 177.
- Si l’on veut bien ajouter, sur la petite carte que l’on
- aura faite, l’étoile des Poissons désignée par la lettre grecque rh dans la position 4h 20, 75° 10, et l’étoile du Rélier désignée par la lettre [3, dans la position lh49, 09°41, on pourra facilement retrouver, sur une carte céleste, la place occupée par les sept planètes nouvelles. Il existe en librairie des cartes du ciel visible pour chaque mois de l’année à 10 centimes l’exemplaire.
- JOSEI’II VlNOT.
- CHRONIQUE
- Les Léonicles. — On avait fait partout des préparatifs pour observer le flux météorique des 12, 13 et 14 novembre. A cause de la suppression de la bissextile séculaire, toutes les dates ont été avancées d’un jour en 1900 à partir du 1er mars. En sorte que le 12 n’était que le 11, le 15 le 12, le 14 le 13, etc. Le temps est resté franchement pluvieux jusqu’au 17. On n’a rien vu. Le 12, le ballon l'Orient est parti quand même vers minuit et demi de la terrasse des Tuileries dirigé par M. J. Faure emportant M. Hansky. On a dépassé 3000 mètres de hauteur sans pouvoir franchir la limite des nuages. On a aperçu aussi deux étoiles filantes venant du Lion. La veille, M. de Castillon de Saint-Victor s’était élevé du même endroit avec M. Tikhof. A 2500 mètres les nuages existaient toujours. On avait aperçu aussi deux étoiles. Pendant la nuit suivante, le ballon de M. de La Vaulx devait partir avec Mlle Klumpke, mais le temps était si défavorable, que l’on a renoncé à l’ascension. Il semble, d’après ces piètres résultats, que l’anneau d’astéroïdes qui donna lieu à tant de pluies éclatantes se soit égaré dans l’espace. 11 nous faudra 35 ans maintenant pour atteindre un nouveau maximum et contrôler la dispersion définitive des Léonides.
- Les ballons-sondes.— Conformément à un arrangement international, plusieurs ballons-sondes et des ballons montés sont partis le 8 novembre. M. Hergesell de Berlin, président de la commission aérostatique, vient de faire connaître les pnneipaux résultats des ascensions. Outre les cinq ascensions exécutées dans les environs de Paris, il y en a eu treize autres, à Strasbourg, à Munich, à Berlin, à Bath, près de Bristol, à Vienne et à Saint-Pétersbourg. Une des deux ascensions montées de Vienne a été dirigée par l’archiduc Léopold Salvator. Le ballon de l’archiduc s’est élevé à 2800 mètres etT'est descendu en Styrie, à 150 kilomètres du point de départ, après un voyage de cinq heures dans lequel il .atparcouru une trajectoire très zigzaguée et par conséquent beaucoup plus longue. Des neuf ascensions montées exécutées tant en France qu’à l’étranger, la plus grande altitude, 4800 mètres, a été obtenue par le comte de la Vaulx. La température la plus basse, de 21° au-dessous de zéro, a été constatée par M. Berson, dans son ascension de Berlin. Des neuf ballons-sondes, l’altitude maxima a été obtenue par le second ballon-sonde de Trappes, 14 200 mètres, mais la température la plus basse constatée a été —- 54° # l’altitude beajucoup moindre de 12 000 mètres en par-tantale Strasbourg. Tous les ballons-sondes ont atterri à l’ouest du poiitt de départ comme les ballons montés. Tous les ballons-sondes ont été renvoyés à destination, sauf le ballon russe <JÊ a été se perdre sans doute dans les immenses forêts qui couvrent le pays.
- Locomotive Mallet. — La locomotive à 6 essieux du chemin de fer Moscou-Kazan, que nous avons désignée dans notre récent article sur les locomotives étran-
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- gères 1 comme étant du type duplex-compound, n’est autre que la locomotive système Mallet. Ce système, inauguré sur les petites locomotives du chemin de fer Deeauville à l’Exposition de 1889, était représenté à Yincennes par trois très grosses locomotives, une allemande, une hongroise et une russe. Aous sommes heureux de constater l’accueil qui a été fait à l’étranger à une invention française et nous l’enregistrons avec plaisir.
- L*élevage des canards en Australie. — L’élevage des canards est une industrie relativement nouvelle en Australie, mais qui a pris depuis quelque temps une extension si considérable que nous croyons intéressant de donner quelques détails sur la principale duck-farm du continent australien, laquelle ne renferme pas moins de 12 000 canards d’espèces variées. L’établissement en question couvre, aux environs de Sydney, une superficie de 5 hectares, divisés en 15 différents enclos contenant chacun une race spéciale de palmipèdes. Les femelles sont l’objet de soins tout particuliers. Leurs œufs, au fur et à mesure de la ponte, sont placés dans des couveuses mécaniques au nombre de 50, pouvant recevoir de 2500 à 5000 œufs à la fois. La proportion des bonnes couvées est d’environ 65 pour 100. En ce qui concerne les mâles, généralement impropres à l’exportation, ils sont engraissés et vendus à Sydney ou sur les marchés voisins. Au contraire, les canes, surtout celles de la race Aylesbury, qui deviennent grosses comme des oies, sont tuées, préparées et envoyées en Angleterre dans des bateaux spéciaux munis d’appareils réfrigérants. Certains de ces navires^ importent à Londres pendant la saison, des cargaisons de 14 à 16 000 canards. Dans le gouvernement du New-Soutli-Wales, on compte i déjà plusieurs centainetFtfe duck-farms élevant ensemble quelque 50 000 bêtes.
- lu cactus poussant en vase clos. — On a souvent donné des exemples de graines et même de plantes se développant un certain temps en vase clos; mais on n’en avait pas encore cité d’aussi caractéristique que celui d’un cactus que possède le Jardin botanique de Berlin, et qui lui a été donné par Un pharmacien du nom de Ludwig Ruts. Depuis sept ans cette plante continue de végéter dans une bouteille scellée à la lampe. Le donateur affirme que le phénomène peut se produire parce qu’il y a, dans la terre où est planté le cactus, une certaine quantité de spores de fungus qui germent de temps à autre et recouvrent d’>une couche verte les parois du récipient : en mourant ils fournissent ensuite l’acide carbonique nécessaire à Ja vie du cactus. Mais alors, il reste à expliquer d’où vient l’acide carbonique dont les fungus ont eux-mêmes besoin et, de plus, les phénomènes de nutrition qui se produisent dans la plante exigent un excès d’acide.
- Les postes en Angleterre. — En 1899, les employés ont manipulé 2247 millions de lettres. Puis ensuite 400 560 000 cartes postales; 705 millions de circulaires et livres et 165 400 000 journaux ; les colis postaux s’élèvent à 75 458 000. Total: 5 milliards 589 millions. Le chifïre des lettres mises au rebut a été de 8954 000. Ces lettres sont, après un certain délai, ouvertes par les autorités « ad hoc », et l’argent contenu dans cette correspondance délaissée monte à la somme de 19125 000 francs. Tout près de 250 000 francs ont été aussi envoyés par des gens qui n’avaient oublié qu’une chose : écrire l’adresse sur l’enveloppe.
- 1 Voy. n° 1455 du 10 novembre 1900, p. 570.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 19 novembre 1900. —Présidence de M. M. Lévy.
- Le passage des Léonides en 1900. — M. Janssen rend compte de l’insuccès des deux ascensions en ballon qui ont été effectuées pendant les nuits des 15 au 14 et 14 au 15 novembre dans le but d’observer le passage présumé de l’essaim des Léonides. Un observateur a pu cependant noter quelques étoiles, mais elles ne paraissent pas appartenir au groupe des Léonides. La troisième ascension préparée n’a pu avoir lieu à cause du mauvais temps. Les deux premières tentatives montrent que, pour tirer parti des ascensions, au point de vue de l’observation des étoiles filantes, il faut atteindre, à cause de la hauteur des nuages, une altitude de 6000 mètres et, pour cela, employer des ballons de grande capacité gonflés d’hydrogène. Il faut, en outre, que les ballons soient construits de manière à éliminer l’action de l’eau sur l’enveloppe et les cordages. Des enduits pourraient être employés dans ce but. En outre, il faudrait que la nacelle fût éloignée du ballon de manière à découvrir le zénith. M. ‘Janssen annonce qu’il a reçu des télégrammes des observatoires de Toulouse, de Bordeaux et de Nice. Dans les trois établissements, le ciel a été couvert; cependant, à Nice, on a pu, le 15, apercevoir quelques météores. Même insuccès à Berlin, à Strasbourg. A Tienne, on a noté quelques Léonides, le 14 novembre; à San-José de Californie, 1. De l’ensemble de ces faibles résultats on “peuiijeférer que- l’essaim des Léonides n’a point traversé les haïtes figions de l’atmosphère ; son orbite a donc été modifiée!
- La distribution des petites planètes dans l’espace. — M. de Freycinet dépose un travail qui est le complément de recherches précédentes sur les planètes télescopiques inspiré par la comparaison des résultats de la théorie avec les faits observés. Ces astéroïdes paraissent avoir été formés aux dépens d’une série d’anneaux successivement détachés de la nébuleuse solaire qui se seraient disloqués après avoir tourné avec Jjg^.vitesse angulaire uniforme. M. de Freycinet a etfTÿede déterminer le nombre de ces anneaux et leur épaisseur. A cet effet il est parti de cette remarque que les astéroïdes provenant d’anneaux différents doivent être séparés par des vides plus grands que ceux d’un même anneau. Par l’examen du tableau des éléments des orbites publié dans l’Annuaire du bureau des longitudes pour 1899, il a reconnu ainsi qu’il existait sept bandes vides dans la région occupée par l’ensemble desdites planètes. Sept vides supposent 8 anneaux. Il a trouvé précédemment que l’épaisseur moyenne d’un anneau, exprimée en rayons de l’orbite terrestre, devait être de 0r,29. Ce nombre coïncide en effet avec le nombre obteffù en divisant par 8 l’épaisseur totale de la bande sphérique des astéroïdes, à une faible erreur près. De plus, si chaque anneau a tourné avec une vitesse angulaire constante, la théorie indique que les astéroïdes à moindre distance doivent avoir des orbites plus excentriques que les astéroïdes à plus forte distance. Les éléments publiés dans l’Annuaire du bureau des longitudes montrent que cette loi est satisfaite très suffisamment pour donner lieu de croire que les anneaux ont réellement existé.
- Élections. — M. llooker de Kew est élu associé étranger par 49 voix, en remplacement de M. Bunsen décédé. — MM. Schiaparelli, de Milan, et Langley, de Washington, obtiennent une voix.
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- LA N A TU UE.
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- Varia. — M. Stanislas Meunier adresse une Note sur l’origine de l’argile ocreuse caractéristique du diluvium rouge. — M. Cornu présente, au nom de la Société de physique, trois volumes contenant les rapports présentés au récent Congrès international de physique. Le succès de ce Congrès a dépassé toute espérance. 11 y a eu 1060 adhésions. Le Comité d’organisation avait demandé des rapports succincts à chacun des savants sur les résultats obtenus par eux, de telle sorte que le Congrès a eu à sa disposition une série complète de monographies écrites par les hommes les plus illustres. Ce brillant résultat est dù à l’activité et au zèle des secrétaires du Comité d’organisation, MM. L. Poincaré et Charles-Édouard Guillaume. Ch. de Villeueuil.
- IA TORTUE DE BEYROUTH
- Dans un numéro antérieur1 a paru un article de M. Y. de Clèves sur les animaux qui ont la vie dure, dans lequel j’ai trouvé la confirmation d’un fait qui m’avait fort surpris.
- Il s’agit de la vitalité si grande de la tortue.
- J’avais chargé un pêcheur de m’apporter, dès qu’il le pourrait, une des Tortues de mer (Cheloti iadæ) si nombreuses le long de la côte entre Jaffa et Beyrouth, line s’agissait pas d’études scientifiques, mais simplement de potage. Le 26 décembre 1899, il m'en apporta une assez grosse. Elle pesait 40 kilogrammes, et mesurait près d’un mètre de long. La carapace dorsale que j’ai conservée a 66 centimètres de long et 59 de large; la tête a 25 centimètres de long. Malgré une fracture, légère il est vrai du crâne, et qui le stupéfiait un peu, l’animal était très vigoureux. Il cassait avec son bec un bâton de 2 centimètres de diamètre comme si ç’eùt été un simple fétu de paille. Le cuisinier n’ayant pas le temps ce jour-là, l’exécution fut remise au lendemain.
- Cette exécution ne fut pas facile, et il fallut deux hommes pour maintenir la bête; elle donnait, en effet, de violents coups de pattes, et cherchait à mordre. Profitant d’un moment de tranquillité, je la fis dresser et la photographiai. C’est une épreuve de ce cliché que je vous envoie.
- A onze heures du matin environ, le cuisinier
- 1 Yoy, ii° 1 iOli, «lu 5 mai 1000, |>. 502.
- essaya de tuer la tortue en lui enfonçant un couteau dans le cou et sectionnant les artères. Le sang s’écoula avec abondance, mais la tortue ne mourut pas. Je la fis alors décapiter, pensant que la mort arriverait plus rapidement par suite de la section de la moelle.
- Dans l’après-midi, on vint me prévenir que la tortue n’était pas encore morte. J’allai voir : elle agitait encore les pattes; et lorsqu’on en touchait une, celle-ci se retirait. La tête, mise dans un baquet d’eau remuait aussi, et cette agitation de la tête dura encore deux ou trois heures. Croyant faire cesser le supplice de la malheureuse bête, je détachai rapidement le plastron cartilagineux et enlevai le cœur et tous les autres organes internes. Les pattes continuèrent à s'agiter. Le cuisinier se mit alors à la dépecer et enleva les uns après les autres les quatre membres. Mais, à 9 heures du soir, une des pattes
- de derrière, seule partie qui restât encore à dépouiller, se repliait (juand on la pin-En somme, la vie, ou du moins une apparence de vie, se manifesta jusqu’au moment où chaque partie fut dépouillée et désossée.
- L’animal rendit beaucoup de sang ; autant que je puis l’estimer, il en contenait une dizaine de litres.
- Ce sang me fut demandé par un voisin qui, suivant la croyance populaire, y tint ses mains plongées, pour guérir les douleurs dont ces membres étaient le siège. La chair, rosée, ressemblait à celle du veau et était très appétissante. Cuite sous forme d’escalopes, il fallait être prévenu pour la distinguer à la vue de la viande de veau. Elle avait pourtant une saveur de thon assez prononcée, mais non désagréable.
- Ces tortues sont très abondantes sur la côte. On ne les pêche pas, à Beyrouth du moins, et lorsqu’une se fait prendre dans un filet, on la rejette à la mer.
- Je ne connais pas la valeur de l’écaille, qui, dans celle (pie je possède, n’est pas laide du tout ; mais il me semble qu’il pourrait y avoir là les éléments d’une industrie. P. Guigues.
- Le Gérant : P. Masson.
- çait
- Tortue de Beyrouth.
- Paris.
- Imprimerie Lahche, rue de Fleurus, 9.
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- NATURE
- LA
- VINGT-HUITIÈME ANNÉE
- PEI'XIEME SEMESTRE
- INDEX ALPHABET roi
- A
- Académie des sciences (Séances hebdomadaires de 1’), 15, 31, AU, 63, 79, 95, 111, 127, 143, 159, 175, 191, 207, 223, 238, 251, 271, 287, 303, 319, 335, 351, 366, 383, 399, 415.
- Acclimatai ion ichtyologique (Une expérience d’), 106.
- Accumulateurs fonctionnant sous l’eau, 399.
- Acide azotique dans la combustion (Formation de F), 15.
- Acier (Constitution chimique de 1), 111.
- Acier au nickel (Un), 111.
- Aéroscope (L’), 274.
- Aérostat surpris par un orage, 79.
- Aérostation (Fin du concours d’), 334.
- Aérostation à l’Exposition de Yincennes (Concours d’), 206.
- Affiche d’un kilomètre et demi (Unei, 142.
- Afrique à l’Exposition Universelle L’), 229.
- Age des objets d’or pur de l’Égypte ancienne (L’), 223.
- Agglomérés argilo-calcaires (Les), 342.
- Ain (Le quadrilatère de U), 71.
- Air liquide par le procédé Ostergren et Burger (Fabrication de U), 12.
- Air liquide, procédé Linde, Exposition universelle (Fabrication de F), 337.
- Air confiné (Régénération de F), 191.
- Air vicié (Régénération de F), 225.
- Alcool carburé (L’), 383.
- Aliments (Conservation des), 351.
- Aliments (Valeur nutritive des), 30.
- AllumetLes du monde entier (La plus grande fabrique d’), 46.
- Allumoir électromagnétique, 128.
- Alpinisme (L’), 226.
- Ambre (I/), 170.
- Ammonium (Le radical), 303.
- Ancres articulées, 251.
- Animaux (Intelligence des), 143.
- Animaux qui pleurent (Les), 317.
- Anneaux colorés de Newton (Nouveau type des), 190.
- Appareil automatique de mise en circuit téléphonique, 330.
- Aquarium d’eau de mer. Exposition universelle (I/), 252.
- Araignées-loups (Les), 321.
- Araucans à Paris (Troupe d’), 189.
- Arbres (Consommation d’eau par les', 395.
- Arbres (L’enfer des), 74.
- Arc du Pérou (Nouvelle mensuration de U), 79, 143.
- Arsenic et phosphore, 206.
- Ascenseurs 'Les matelas d’air pour les), 270.
- Ascenseurs de la tour Eiffel (Les nouveaux), 295.
- Ascensions d’altitude, 302.
- Ascensions de distance, 318.
- Assainissement de la Seine (L’), 35, 123, 182.
- Association géodésique internationale (Les travaux de la 13e conférence de U),
- 319.
- Astéroïdes (Trois nouveaux), 126.
- Atmosphériques (Les perturbations), 207.
- Automobilisme au Niaeara (L’), 126.
- Azote (Consommation de F), 138.
- B
- Bacille (Transformation de), 191.
- Baies comestibles en Allemagne (Le commerce des), 303.
- Balalaïkistes (Les), 201.
- Baleiuoptère du Croisic au Musée de Nantes (La), 81.
- Ballons-sondes (Les), 414.
- Bandages des roues (Appareil à relever le profd des), 374.
- Barre de fer ouvragée (Prix d’une), 270.
- — 19 00
- Bibliographie scientifique générale, 63.
- Blé îles tombeaux égygticns (Le), 47.
- Blindage (Plaques de), 17.
- Bois pétrifiés de l’Arizona (Les), 305.
- Boissons alcooliques (La consommation acfnolle en). 46.
- c
- Câbles électriques dans les mines (Les), 70.
- Câbles télégraphiques (Altération des). 254.
- Cactus poussant en vase clos (Un', 415.
- Campylographe (Le), 310.
- Canards en Australie (L’élevage des!, 415.
- Canaux de la planète Mars Une explication des), 219.
- Canicule aux environs du Mont-Blanc (La), 158.
- Canon monstre américain, 110.
- Canon anglais de 7 pouces et demi (Un), 14.
- Carbure de calcium Fabrication du), 107,
- Carillonne (Comment on), 129.
- Cascades et fontaines lumineuses, 151.
- Caverne mexicaine, 63.
- Ceinture obturatrice pour les projectiles de l’artillerie, 254.
- Cellules (Les inoculations de), 191.
- Cellules et les toxiques (Les), 79.
- Cellulitlie (La), 119.
- Cellulose et du papier (Le microscope appliqué à l’industrie de la), 277.
- Cerises (Prix des), 142.
- Chaleur du siècle (La plus forte), 189.
- Chambre obscure portative, 413.
- Chameau employé comme bête de somme en Allemagne (Le), 175.
- Chamois (La mort des), 310.
- Champs électriques (L’activité chimique des), 399. •
- 'r • ‘
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-
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- 418
- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- Charbon (Production et consommation du), 51.
- Chaudières à vapeur à l’Exposition (Les), 195.
- Chaudière olcothermiquc (La), 227. Chemin de fer de la Yunfrau, 155. Chemin de fer d’Orléans dans Paris (La nouvelle ligne du), 11.
- Chemin de fer électrique à l'Exposition (Le), 21.
- Chemin de fer en bois, 126.
- Chemin de fer suspendu, 527.
- Chemins de fer ; La sécurité sur les' , 587.
- Chien comme gardien de volailles (Le , 515.
- Chiens de berger (Les), 219.
- Chirats (Les), 525.
- Chrono de poche, 271.
- Cinématographe à l'Exposition de l’enseignement de la Ville de Paris, 275. Cinéorama-ballon (Le), 119.
- Circulation atmosphérique, 110.
- Clin d’œil (La durée d’un), 51.
- Comète de 1900 (La seconde), 207. Concours temporaires d’horticulture (Les), 102, 218.
- Concours de ballons (Résultats du), 550.
- Conducteurs électriques (Les), 12. Conduite d’eau de 500 kilomètres (Une), 158.
- Conférence Scientia, 94, 174, 190. Congrès de géologie Travaux du), 47. Connaissance des temps pour 1905 (La), 519.
- Constantes élastiques des roches, 126. Contamination tuberculeuse par l’intermédiaire d’archives, 159.
- Coquilles (La couleur des), 555.
- Corps nouveaux (Préparation de), 127, 287, 555.
- Corps simples (Modifications des propriétés des), 566.
- Corps solides (La plasticité des), 550. Correspondance, 255.
- Coton en France (L’industrie du), 175.
- Coucou (Le problème du), 211.
- Courants de haute fréquence et la nutrition (Les), 79.
- Couronne solaire (Propriétés de la), 555. Courtol le vipérieide, 48.
- Crabe lumineux (Un), 51.
- Crapaud (Le), 294.
- Crémaillère (Une nouvelle), 562.
- Crétacé d’Égypte (Le), 555.
- Cuir d’art français (Renaissance du), 514. Cuirassés anglais, 166.
- Cuirassés américains, 271.
- Cvroplane (La), 208.
- J)
- Densité spécifique du corps humain, 112. Deutschland (La), 190.
- Dieux lares, 19.
- Digue du Nil (La grande), 502. Diocinescope (Le), 59.
- Dissociation corpusculaire (La), 58. Distribution de l’énergie électrique à l’Exposition, 86, 178.
- District minier fameux (Un), 346. Draisienncs en Esclavonie (Les), 520.
- i:
- Eau (Sur l’analyse de 1'). 558.
- Eclairage des wagons (L’), 407.
- Éclairage électrique public à Paris, 270.
- Éclairage et force motrice par les alcools dénaturés (L ), 522.
- Éclairage intensif au pétrole, 571.
- Éclipse du 28 mai 1900 (Observation de 1’), 46, 506.
- Éclipses de soleil sur les végétaux (Action des), 03.
- Écoles d’ingénieurs aux États-Unis (Les), 334.
- Écoles ménagères de Liège (Les), 302.
- Ecrans liquides pour télescopes, 590.
- Électricité végétale (L’), 170.
- Électricité à Yladivostock (L’), 127.
- Électrisation dans l’air liquide (L’), 366.
- Électro-métallurgie en Suisse, 271.
- Électroscope pour corps radio-actifs, 64.
- Éléments infinitésimaux de l’atmosphère (Les), 287.
- Empoisonnement par la vanille, 335.
- Encre des machines à écrire (Le danger de 1’), 158.
- Énergie électrique à l’Exposition de 1900 (Distribution de 1), 86, 178.
- Énergie électrique, Exposition 1900 (Applications diverses de 1), 331.
- Enregistrement microphonique de la marche des chronomètres et des pendules astronomiques (L ), 97.
- Épuration chimique des eaux, 18.
- Espèces végétales nouvelles (Apparition d’), 287.
- Étain (La production de U), 158.
- Étoile à satellite, 143.
- Étoiles filantes, 146, 359, 399.
- Ex-libris (A propos d ), 363.
- Expédition polaire belge (L‘), 223.
- Explorations arctiques, 15.
- Explosions (Le bruit des), 142.
- Exposition (Statistique de 1’), 407.
- Exposition minière souterraine au Tro-cadéro (L’), 100.
- Exposition de 1900 (Clôture de 1’), 403.
- Exposition de 1900, les palais du Champ-de-Mars, 215.
- Extrême-Orient à l'Exposition universelle (L’), 507.
- F
- Fenêtre de sauvetage Scherrer (La), 223.
- Fêtes de Mayence, 95.
- Fibroléum (Le), 10.
- Filigranes (Faux), 142.
- Filtre chimique Lapeyrère, 198.
- Fleurs qui ne s’ouvrent pas (Les), 551.
- Flore alpine (La), 243.
- Fossilisation (Le mécanisme de la), 255.
- Foudre du monde (Le plus grand), 287.
- Fourmi préhistorique (Une), 145.
- Fourmis (L’intelligence des), 351.
- Fourrages d’une compagnie de chemins de fer (Le magasin de), 110.
- Fraise (Culture de la), 162.
- Fulmi-coton (Appareil de dessiccation pour le), 190.
- Fusil automatique Mauser (Le), 45,
- G
- Caro du l’iovaume-l’ni (La plus grande' . 51.
- Gaz combustibles de l’air (Les), 95.
- Gaz (Industrie du), 151, 518.
- Gaz dans un courant continu (Conductibilité variable des), 207.
- Gentiane et ses produits (La), 115.
- Géologiques (Une mangeuse de collections), 158.
- Gibier nouveau; le perdreau sibérien (Un), 46.
- Goutte d’eau de mer (Une). 235.
- Greffe nouvelle (Opération de), 127.
- Grêle (Action protectrice des ébranlements atmosphériques contre la), 223.
- Grès flexible (Un), 15.
- Grotte de Padirac (La), 111.
- Guerre et la paix armée en Europe (La), 290.
- Guyenel (M. C.-A.), 566.
- H
- Heurtoirs hydrauliques, 191.
- llomme-orehestrc de l’Exposition (L’), i>83.
- Horlogerie à l’Exposilion (Les curiosités de F), 147, 404.
- Horlogerie rétrospective à l'Exposition de 1900 (Les curiosités de F), 185.
- Horticulture (Les concours d’); 42.
- Huile de blé (L’), 254.
- Huîtres empoisonnées de San-Francisco (Les), 126.
- Hydrogène et le carbone atmosphérique
- (1/), 111.
- Hydrogène (L’allumage d’un jet d'), 143.
- Hydrogène atmosphérique (Origine de F), 551.
- I
- Immunisation du bétail contre certaines maladies épidémiques (Nouvelle méthode d’), 111.
- Incombustibilité (L’), 323.
- Inde et l’Asie centrale à l’Exposition (L’), 283.
- Industrie chimique, Exposition de 1900 (L’), 251, 259, 274.
- Industries japonaises (Petites), 305.
- Injecteurs d’alimentation sur les locomotives (Les), 395.
- Insecte charcutier (Un), 85.
- Institut Pasteur, 159.
- Intensité des sons (Appareil pour mesurer F), 175.
- Intoxication par l’oxyde de carbone (Traitement de F), 258.
- Invasions préhistoriques, 385.
- Ipécacuanha du Brésil (L’), 19.
- Ipsileuse (L’), 84.
- Isolant a l’Uralite » (Un nouvel), 411.
- Isolant pour cables électriques (Nouvel), 560.
- .T
- Jardinier amateur en Chine, 594.
- Jeux icariens à cheval, 255;
- Jubilce (Le), 112,
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-
-
-
- Jumelle dissymétrique (Une), 175.
- Jus de tabac pour la destruction des parasites (Emploi du). 78.
- K*
- Karthoum (La restauration de). 105. Kinora (Le), 192.
- L
- Lampe vivante, 542.
- Landes de Bretagne (Le fourrage des). 149.
- Lavoisier (Le monument de), 65, 145. Légion d’honneur, 94, 120.
- Léonides (Los), 414, 415.
- Lépreux en France (Les), 110.
- Léthargie chez les animaux (La), 587. Locomotive à grande vitesse du Crcusol. 555.
- Locomotive Mallet, 414.
- Locomotives à la tourbe (Le chauffage des), 366.
- Locomotives à chaudières de rechange (Les), 78.
- Locomotives françaises (Les), 230, 278, 311.
- Locomotives étrangères (Les), 375. Loteries allemandes (Les), 118.
- Lumière (La vitesse de la), 367. ,
- Lumière zodiacale, 63.
- Lumière noire et les formes ultimes de la matière (La), 1.
- Luminosité J)e la), 411.
- Lunette Zénitho-Nadirale (La), 117.
- M
- Machine à composer Calendoli (La), 557. Machine à peler les pommes de terre. 16. Machine à timbrer (Nouvelle), 289. Machines à vapeur, Exposition universelle, 245.
- Machines électriques, Exposition universelle, 263.
- Mammatus, 401.
- Marionnettes à l’Exposition (Les), 239. Marsouin (Le), 400.
- Masson (Georges), 33.
- Mathématiques (La bosse des), 410. Météorite de Finlande (La), 15. Météorologie au Japon, 254.
- Métropolitain municipal de Paris (Inauguration du), 122.
- Minerai d’or à l’exposition transvaalienne du Trocadéro (Le traitement du), 55. Mine sous la mer (Une), 302. Mitrailleuses de cavalerie, 385.
- Molasse (Origine des lambeaux de), 155. Mollusques voyageurs (Les), 38.
- Monde souterrain à l’Exposition (Le), 22. Monnaies (La frappe des), 398. Monument Pelletier et Caventou (Le), 177.
- Morbidité militaire, 3.
- Mort chez les animaux (La), 570.
- Mortier de montagne de Saint-Chamond • (Le), 14.
- Moteur à gaz des hauts fourneaux, 161. Moulins gallo-romains (Les), 203.
- Musée centennal de la chimie française (Le), 526, 565.
- IINDEX ALPHABÉTIQUE.
- Musée centennal d’électricité, 285. Muscles inertes du travail des autres muscles (Répercussion sur les), 258.
- N
- Nain de llaïphong (Le), 160.
- Navires de guerre à turbine, 142. Nicaragua et Panama (Les volcans de l'Amérique centrale), 50.
- Nickel (La production du), 598.
- Nickel dans le métal des rails (Le), 245. Nombres préférés des divers peuples (Les), 355.
- Nomographie, calcul par les veux (La).
- 213, 271.
- Nuage on sac. 401.
- O
- Observatoire de l’Etna (L’), 159.
- Oiseau détruite par un cyclone (Une espèce d’), 505.
- Oiseaux (La propreté corporelle chez les), 282.
- Or à l’exposition du Canada (L’), 96.
- Organes végétatifs (Anatomie des), 599.
- Ossements en Algérie (Découverte de grottes à), 15.
- Oxydation des anciens ouvrages de ferronnerie (La résistance à F), 515.
- Oxyde de carbone dans le sang (L’), 502.
- Oxyde bleu de molybdène (Composition de F), 175.
- Oxygène contenu dans l’air (Extraction de), 207.
- Oxygène par l’urine (Absorption de F), 503.
- P
- Palais de l’horticulture (Ixîs), 569.
- Palais de l’Esplanade des Invalides à l’Exposition (Les), 155.
- Palais de l’Italie et de la Turquie à l’Exposition (Les), 105.
- Palais du Champ-de-Mars, Exposition de 1900 (Les), 215.
- Palais des forêts (Le), 553.
- Panoramas de l’Exposition (Les), 67,119.
- Panoramique (Le kodak), 316.
- Pansements à la toile d’araignée, 114.
- Papiers à la Chambre de commerce de Paris (Le bureau d’essai des), 379.
- Papillons (Une ferme à), 191.
- Parasite des fruits (Apparition d’un), 207.
- Parfum des Heurs d’après leur couleur (Le), 65.
- Parfums artificiels (L’industrie des), 298, 510.
- Pascal et les omnibus, 359.
- Pavillons étrangers à l’Exposition (Les), 199.
- Pavillons de l’Angleterre (Les), 7.
- Pavillon du Creusot (Le), 345.
- Pays du Nord à l'Exposition de 1900 (Les), 165.
- Pays le plus sec du monde (Le), 127.
- Pêche à la baleine en Norvège (La), 295.
- Pêcheries à l’Exposition (Les), 391.
- Pelade et le maïs avarié (La), 127.
- Pendule curieuse à l’Exposition (Une), 144.
- il»
- Pertes dans le combat (Les), 159.
- Peste dans la Bible (La), 126.
- Peur chez les enfants (Les eausesde la),
- 174.
- Phonographe (Un nouveau pavillon de),
- 110.
- Phoronis (Les théories de l’évolution cl la métamorphose du), 257.
- Phoronis et 1’actinotroque (Le), 212.
- Phororhacus (Les), 360.
- Phosphate de chaux dans le sol (L’entraînement de), 127.
- Phosphorescence, 258.
- Photographie de l’éclipse du 28 mai 1900, 47.
- Phylloxéra dans la colonie du Cap (Le), 302.
- Pièces d'or (La couleur des), 543.
- Pigeons rares (Le prix des), 110.
- Pigeons-voyageurs du prince de Galles (Les), 302.
- Pipes en Hollande (La fabrication des), 302.
- Pisciculture aux Etats-Unis (La), 551.
- Planète Eros (La petite), 290.
- Planète Vénus (La rotation de la), 178.
- Planètes (Les petites), 14, 414, 415.
- Planètes télescopiques (Les), 98.
- Plant de pomme de terre (L’influence de la grosseur du), 534.
- Plantes (La transpiration des), 91.
- Plantes par la culture (Modificationsde). 127.
- Plates-formes roulantes et les stations de chemins de fer (Les), 551.
- Pluie à Nice (La), 75.
- Poids étalons de l’Ancienne Rome (Découverte de), 126.
- Poison (Découverte d’un), 367.
- Pompes (Progrès dans la construction des), 396.
- Possessions françaises à l’Exposition (Les), 65.
- Postes en Angleterre (Les), 415.
- Postes, télégraphes et téléphones en France, 5.
- Poudres de chasse sans fumée (Les pressions des), 106.
- Poupées en Thuringe (La fabrication des), 319.
- Presse à coton continue Swenson, 29.
- Puissances étrangères, Exposition universelle (Les pavillons des), 259.
- Pyrographe Magnin (Le), 587.
- R
- Radiation solaire pendant l’éclipse (La), 63.
- Rails dans les tunnels (I/usurc des), 535.
- Rampes mobiles à l’Exposition, 107.
- Rats dans les'égouts (Destruction des), 71.
- Réactif nouveau très sensible (Un), 159.
- Récréation scientifique, 176.
- Réduction exacte des médailles, bas-reliefs (Procédé de), 83.
- Richesses minérales du globe (Les), 128.
- Rois de rats (Les), 19. *
- Rossignol en apiculture (L’utilité du), 30.
- Rotation de la Terre (Démonstration de la), 111, 241.
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-
- 420
- S
- Salle des Fêtes de l’Exposition (La grande),
- 115.
- Salle des Illusions, Exposition de 1900 (La), 209.
- Salol (Eruptions par le), 398.
- Sarcia (J.-M.), 300.
- Sauvetage (Moyens de), 352.
- Sel marin (Toxicité du), G.
- Serpent de mer (Le grand), 367.
- Sérum (Pouvoir antiprésurant du), 03. Silhouettes, 79.
- Soies et matières textiles, laboratoire de Paris (Conditionnement, essais des), 59. Sol de l’Asie centrale (Dépressiondu), 15. Solénobie du pin (La), 270.
- Sources du Loing et du Lunain, 78. Spectre calorifique (Le), 287.
- Spectre solaire (Constitution du), 385. Stéréoscopique de poche (Appareil), 400. Substance tannante, le Tara (Une nouvelle), 175.
- Sulfates sur la végétation (Effets des), 300, 390.
- Système solaire dans l’espace (Translation du), 586.
- T
- Télégraphie sans fils (Les progrès de la), 242, 268.
- Télégraphie sans fils et les phares (La),
- 271.
- Télégraphone (Le), 49.
- Télémètre Grousillier-Zeiss (Le), 587. Télémicroscope et microscope simplifié, 77.
- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- Téléphonique à la télégraphie sans fil (Application directe d’un récepteur), 280.
- Tension maxima de la vapeur de mercure, 47.
- Termites (Les), 509.
- Terre (La rotation de la), 241.
- Têtes momifiées des Incas (Les), 530.
- Thionyle (Préparation et propriété du lluorure de), 15.
- Tir au canon et la grêle (Le), 385.
- Tissus vivants (Reconnaissance des), 238.
- Torpilleur anglais Viper (Essais du), 50.
- Tortue de Beyrouth La), 416.
- Torpilleur destroyer à turbines, 191.
- Traction électrique sur les tramways de Broadway (L’adoption de la), 555.
- Train électrique aérien à très grande vitesse entre Liverpoolel Manchester,5t)
- Tramways électriques et l’arrosage des rues (Les), 32.
- Tramways électriques et les observations magnétiques (Les), 159.
- Tramwavs postaux de Francfort 'Les), 410. '
- Transformation (Appareils de), 292.
- Transsibérien (Le), 26.
- Transsibérien (Les premiers résultats du), 174.
- Traverses de chemin de fer en acier (Résistance des), 90.
- Triangulation acoustique, 550.
- Triphasé à Asnières (Le), 02.
- Trolley souterrain de la Compagnie Thomson-Houston (Le), 169.
- Trompe à mercure pour faire le vide,
- 111.
- Trouble cardiaque (Rappel à la vie de personnes mortes par suite d’un), 15.
- Trottoir roulant (A propos du), 105.
- Trou dans une feuille de papier (Un), 176, 222.
- Tubercules dans les végétaux (Du rêle des), 335.
- Tubes à canon 'Nouveaux), 126.
- !j
- Université impériale de Tokio (L’)< 560.
- y
- Vaccination charbonneuse (La), 159.
- Vagues de chaleur et vagues de froid, 187.
- Vanille (Culture en serre de la), 3.
- Vapeur d’eau sur le développement des plantes (Action de la), 255.
- Végétales des colonies françaises à l’Exposition de 1900 (Productions), 202.
- Ventriloquie, 407.
- Ver des pois (Le), 335.
- Vie et des entreprises industrielles dans les régions polaires (La possibilité de la). 319.
- Vignes de Syrie et du Japon, 503.
- Visuelles chez les divers peuples (Des préférences), 410.
- Vitesse des automobiles (Enregistrement de la), 505.
- Volailles, le brackcl (Races de), 45.
- Volcan Mayon (Eruption du), 14.
- Z
- Zéhroïdes (Les), 83.
- w
- Wagons russes à l’annexe de Vineennes (Transport de). 95.
- Wagons-chapelles aux Etats-Unis 'Les), 127.
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-
- LISTE DES AUTEURS
- I» A R ORDRE ALPHA R É I IQI E
- Aci.uque (Ar — Télèimcroscope et microscope solaire simplifié, 77.— Les araignées-loups, 321.
- Ame (Jules). — La nouvelle ligne du chemin de fer d'Orléans dans Paris, Tl. —LeJubilec, 112. —Une pendule curieuse à l’Exposition, 144. —Les Balalaïkistes, 201. — Récréation scientifique, 176.— Les chiens de berger 210.
- Adiikmak (R. d’). — La nomographie, calcul par lesveux, 213.
- B. (D.). — Postes, télégraphes et téléphones-'en Erance, 5. — Destruction des rats dans les égouts parisiens, 71. — Le nickel dans le métal des rails, 243. — La pêche à la baleine en Norvège, 205. — La résistance à l’oxydation des anciens ouvrages de ferronnerie, 315. — Appareil à relever le profd des bandages des roues, 374. — Les injecteurs d’alimentation sur les locomotives, 395. — lin nouvel isolant « l’Uralitc », 411.
- Bacot (L* A.). — Les termites, 309.
- Bellet (Damel). — Une nouvelle crémaillère pour chemins de fer de montagnes, 362. — Progrès dans la construction des pompes, 306.
- Bekget (A.). — L’enregistrement microphonique de la marche des chronomètres et pendules astronomiques, 07.
- Bertrand (M.). — Nicaragua et Panama, les volcans de l’Amérique centrale, 50.
- Blaxcuox (H.-L.-Ai.ph.). — Renaissance du cuir d’art français, 314.
- Bi.ednard (A.) Correspondance, 255.
- Boyer (Jacques). — L’ipécaeuanlia du Brésil, 19.
- Boyer (Pierre). — Courtol le vipéricide, 48.
- Brandicourt (V.). — A propos d'ex-libris, 363.
- G. (A.). — La grande salle des fêtes, Exposition de 1000,113.
- C. (H.).— La culture de la fraise, 162.
- Carles (Dr). — Morbidité militaire, 5.
- Carrice (IL). — La léthargie chez les animaux, 387.
- Cartaz (l)r A.). — Eruptions par le salol, 398.
- Paye (Georges). — Fabrication de l’air liquide par le procédé Ostcrgen et Burger, 12. — Presse à coton continue Swenson, 29. — L’assainissement de la Seine, 35, 123, 182. — Le transport des wagons russes à l’annexe de Yin-cennes, 98. — Les palais de l’Italie et de la Turquie à à l’Exposition, 103. — La fenêtre de sauvetage Scherrer, 225.
- Clément (à. L.). — La solénobie du pin, 276.
- Corcelle (J.). — L’alpinisme, 226. — La mort des chamois, 510
- Correvon (Henry). — La ilore alpine, 245.
- Courra (Henri). — L’enfer des arbres, 74. — Un insecte charcutier, 85. — Intelligence des animaux, 145. — La culture de la fraise, 162. — L’électricité végétale, 170. —-Une goutte d’eau de mer, 235. — La propreté corporelle chez les oiseaux, 282. — Les animaux qui pleurent, 517. Lampe vriante, 342. — La mort chez les animaux, 570. — Ventriloquie, 407.
- Cuxjia (A. da). — Les pavillons de l’Angleterre à l’Exposition universelle, 7. — Conditionnement et essais des soies et matières textiles, laboratoire de Paris, 59. — Les possessions françaises à l’Exposition, Algérie, 05. — Le traitement du minerai d'or à l’exposition transvaalienne du Trocadéro, 55. — Inauguration du métropolitain municipal de Paris, 122. — Les palais de l’esplanade des Invalides à l’Exposition, 155. — Les pavillons étrangers à l’Exposition, 199. — Exposition de 1900, les palais du Champ-de-Mars, 215. — Les pavillons dès puissances étrangères, Exposition universelle, 259. — Le pavillon du Creusot, Exposition 1900,343. — Le bureau d'essai des papiers à la Chambre de com-
- merce de Paris, 370. — La clôture de l’Exposition de 1900, 403.
- 0. — L'or à l’exposition du Canada, 06. — Les pressions des poudres de chasse sans fumée, 106. — Les loteries allemandes, 118. — L’aéroscope, 274.— Le plus grand foudre du monde, 287 — Les bois pétrifiés de l’Arizona, 505. — Les têtes momifiées des Incas, 536.
- Deiikraix (Henri). — La restauration de Ilarthoum, 103.
- Oei.auney (L'-coloxil). — Plaques de blindage, 17. — Le fusil automatique Mauser, 45. — L’Ambre, 170. — Une explication des canaux de la planète Mars, 219. — La guerre et la paix armée en Europe, 290. — Les nombres préférés par les divers peuples, 555. — L’hommc-orchestre de l’Exposition, 583. — Les mitrailleuses de cavalerie, 585. Des préférences visuelles chez les divers peuples, 410.
- Dkrôme (J.). La lunette zénito-nadirale, 117. — A propos du trottoir roulant, 165. — La salle des Illusions, Exposition de 1000, 209. — Les progrès de la télégraphie sans fils, 212, 268.
- Dumont (H.). — Rôle des sulfates dans la végétation, 300.
- Dupont (Justin). — L’industrie des parfums artificiels, 208,310.
- Durand-Gréville (E.). — Le nuage en sac ou mammatus, 401.
- Elameu.— Silhouettes, 70.— Les zébroïdes, 85. — La rotation de la planète Vénus, 178. — Arsenic et phosphore, 206. — L’incombustibilité, 525. — La couleur des pièces d’or, 545. — Le grand serpent de mer au Jardin d’acclimatation, 367. — Translation du système solaire dans l’espace, 586.
- C. (A.). — Dieux lares, 19.
- G. (Commandant). — Cuirassés anglais, 166.
- G. (G.). — La dissociation corpusculaire, 58. — Appareil pour mesurer l’intensité des sons, 175.
- G. (II. de). — Les agglomérés argilo-calcaires, 312.
- Gaul (J.-F.). —- Toxicité du sel marin, 6. — Les planètes télescopiques, 98. — L’éclipse du 28 mai, 506. — L’éclairage et la force motrice par les alcools dénatures, 322. — L’éclairage des wagons, 406.
- Garafon (Louis). — Les chirats du massif du Pilât, 323.
- Girard (Josepr). — Procédé de réduction exacte des médailles, bas-reliefs, etc., 83.
- Guéuoult Georges). — Le Télégraphone, 49. — Le Télémètre Grousillier-Zeiss, 387.
- Guigues (P.). — La tortue de Beyrouth, 416.
- Hariot (P.). — Les Concours d’horticulture à l’Exposition de 1900, 42. — Les concours temporaires d’horticulture à l’Exposition de 1900, 102, 218. — Productions végétales des colonies françaises à l’Exposition de 1900, 262. — Les palais de l’Horticulture, 369. — Le Jardinier amateur en Chine, 394.
- Hébert (A.). — L’industrie chimique, Exposition universelle, 251, 259, 274.
- Henriot (E.). — Effets des sulfates sur la végétation, 300.
- L. (J.). — Le Musée centennal de la chimie française, 363. — Nécrologie, 566.
- Laffargue (J.). — Les conducteurs électriques, 12.— Le chemin de fer électrique à l’Exposition, 21. — Le triphasé à Asnières, 62. — L’électroscope pour corps radio-aciifs, 64. — Distribution de l’énergie électrique, Exposition de 1900, 86, 178. — Allumoir électro-magnélique, 128. — Moteur à gaz des hauts fourneaux à 1 Exposition, 161. — Les chaudières à vapeur à l’Exposition, 195. — Machines à vapeur, Exposition universelle, 245. — Machines électriques, Exposition universelle, 263. — Musée centennal d’électricité, Exposition 1900, 285. — Appareil de transformation,
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- LISTE DES AUTEURS PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE.
- 292. — Chemin de fer suspendu, 527. — Applications diverses de l'énergie électrique, Exposition 1900, 331. — Fabrication de l’air liquide, procédé Linde, 337. — Éclairage intensif au pétrole, 371.
- Laloy (])r L.). — Les pays du Nord à l’Exposition, 163. — Fne troupe d’Araucans à Paris, 189. — L’Afrique à l’Exposition universelle, 229. — L'Inde et l’Asie centrale à l’Éx-position, 283. — L Extrême-Orient à l’Exposition, 307.
- Larbai.étrier (Albert). — Le baleinoplérc du Croisic au Musée de Nantes, 81. — La transpiration des plantes, 91.
- — Le crapaud, 291.
- Launay (L. de). — L’Exposition minière au Trocadéro, 100. — Un district minier fameux, 346.
- Leroy (J.). — Machine à peler les pommes de terre, 16. — Industrie du gaz, Exposition 1900, 131. — Moyens de sauvetage, 352.
- Levât Louis-Adrien). — La consommation de l’azote, 138.
- Libert (L. Lucien). — Les étoiles filantes, 146, 359.
- Loverdo (J. de). — Itaces de volailles, le brackcl, 45.
- M. G.). — Le trolley souterrain de la compagnie Thomson-Houston, 169. — Le Kinora, 192. — La cyroplane, 208.
- — Le ehrono de poche, 271. — Le cinématographe à l’Exposition de l’enseignement de la Ville de Pans, 273. — Le Kodak panoramique, 516. — Appareil stéréoscopique de poche. Le Marsouin, 400. — Chambre obscure portative, 415.
- M. (P. de). — Les tramways électriques et l’arrosage des rues, 32. — La résistance des traverses de chemin de fer en acier, 90.
- M. (H.). — Appareil automatique de mise en circuit téléphonique, 530.
- Malméjac (F.). — Épuration chimique des eaux, 18. — Sur l’analyse de l’eau, 338.
- Marcel (G.). — Le transsibérien, 26.
- Mareschal (G.). — Les panoramas à l’Exposition, 67, 119.
- — Cascades et fontaines lumineuses, 151. — Les marionnettes à l’Exposition, 239. — L’aquarium d’eau de mer à l’Exposition, 252. — Les nouveaux ascenseurs de la tour Eitfel, 295. — Enregistrement de la vitesse des automobiles, 365.
- Marion. — Le microscope appliqué à l'industrie de la cellulose et du papier, 277.
- Mars y (A. de). — La lumière noire et les formes ultimes de la matière, 1.
- Martel ( E. - A. ). — Le monde souterrain à l'Exposition, 22.
- Martin (David). — Origine des lambeaux de molasse, 155.
- Malmené (Albert). — Culture de la vanille en serre pour la production des gousses, 3.
- Mégnin (Paul). — Jeux icariens à cheval, 255.
- N. (IP). — Institut Pasteur, 139.
- Obalski (T.). — Nouvelle machine à timbrer, 289. — Le Musée centennal de la chimie française, Exposition 1901), 526.
- Onimus (D'j. — De la luminosité, 411.
- Otto (M.). — La rotation de la terre, 241.
- Olstalet (E.). — Les Dois de rats, 19. — Les Phororhaeus, 560.
- P. (H. de). — La petite planète Eros, 299.
- Parvili.e (Henri de). — Le (ibroléum, 10. — Georges Masson, 53. — L’ipsileuse, 84. — Pansements à la toile d'araignée, 114. — Le chemin de fer de la Yunfrau, 155. — Lavoisier, 145. — Filtre chimique Lapcyrère, 198. — Dégénéra tion de l’air vicié, 225.
- Périssé (Lucien). — Les rampes mobiles à l’Exposition, 107.
- Planchon (Mathieu). — Les curiosités de l’horlogerie rétrospective à l’Exposition, 147, 185.
- Plumandon 'J.-II.). — La pluie à Nice, 75. — Vagues de chaleur et vagues de froid, 187.
- R. (A.). — Les locomotives françaises, Exposition de 1900, 250, 278, 511. — Locomotive à grande vitesse du Creusot, 555. — Les locomotives étrangères, Exposition 1900, 375.
- — La sécurité sur les chemins de fer et le pyrographe Ma-gnin frères, 387.
- Reverchon (L.). — Le quadrilatère de l’Ain, 71. — Comment on carillonne, 129. — Le campylographe, 540. — La machine à composer Calendoli, 357.
- Richou (G.). — Les moulins gallo-romains, 205.
- Roger (E.). — La plus forte chaleur du siècle, 189.
- Roguenant (A.). — La chaudière oléothermique, 227.
- Roule (Louis). — Le phoronis et l’actinotroque, 212, 257.
- Rumont (D.). — Les câbles électriques dans les mines, 70.
- Street. — Le monument Pelletier et Caventou, 177.
- Tissandier (Albert). — Le nain de Haïphong, 160. — Petites industries japonaises, 303. — Les draisiennes en Esclavo-nie, 520.
- Vaiiigny (Henry de). — Les mollusques voyageurs, 58. — Une expérience d’acclimatation ichtyologique, 106. — Le problème du coucou, 211. — Le palais des forêts, 555.
- — Les pêcheries à l’Exposition, 591.
- Vilcoq (Albert). — La gentiane et ses produits, 115. — Le fourrage des Landes, 149.
- \ illedelti, (Ch. de). — Séances hebdomadaires de l’Académie des Sciences, 15, 51, 46, 63, 79, 95, 111, 127, 143, 159, 175, 191, 207, 225, 238, 254, 271, 287, 303, 319, 335, 351, 336, 383, 599, 415.
- Vinut (Joseph). — Les petites planètes, 414.
- Yitoux (Georges). — Le diocineseope, 59. — Une jumelle dissymétrique, 175.
- N... — Concours d'aérostation à l’Exposition de Vincenues, 206.
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- TABLE DES MATIÈRES
- N. B. Les articles de la Chronique, imprimés dans ce volume en petits caractères, sont indiqués
- dans cette table en lettres italiques.
- Astronomie.
- Les petites planètes (Joseph Vi.xot)..............14, 414
- Sur les planètes télescopiques (J.-F. Gale)............ 98
- La lunette Zénitho-Nadirale de JI. Cornu (J. Derôme) . 117
- Étoiles filantes, découverte des Giraféides (L. Lucien Li-
- bert)..........................................'146, 559
- La rotation de la planète Vénus (Flajiel)..............178
- La Homographie, calcul par les yeux (R. d’Aduémar). . 215
- 1 ne explication des canaux de la planète Mars (De-
- lau.ney)..............................................219
- La rotation de la terre, nouvel appareil de démonstration (M. Otto)..........................................241
- La petite planète Éros (11. de P.)................. 290
- L'éclipse du 28 mai (J.-F. Gale).........................506
- Translation du système solaire dans l’espace (Ei.amel). 586
- Observation de l'éclipse du 28 mai 1900 ............... 46
- Photographie de l’éclipse du 28 mai..................... 47
- Lumière zodiacale....................................... 65
- La radiation solaire pendant l'éclipse.................. 65
- Nouvelle mensuration de l’arc du Pérou .... 79, 145
- Trois nouveaux astéroïdes...............................126
- Étoile à satellite.....................................145
- l.a seconde comète de 1900 ............................. 207
- Nomographie . ...........................................271
- Propriétés de la couronne solaire........................355
- Etoiles filantes de novembre............................ 599
- Les Léonidcs......................................414. 415
- la distribution des petites planètes dans l'espace. . 415
- Physique générale
- La lumière noire (A. de Marsy)............................. 1
- Fabrication de l’air liquide par le procédé üstergren et
- Bruger (G. Caye)....................................... 12
- La dissociation corpusculaire (G.-G.)..................... 58
- Télémiscroscope et Microscope solaire simplifié (A. Aclo-
- que)................................................... 77
- L'enregistrement microphonique (A. Berget)................ 97
- Densité spécifique du corps humain...................... 112
- A propos du trottoir roulant (J. Derôme). ...... 165
- Une jumelle dissymétrique (Georges Vitoux)............... 173
- Appareil pour mesurer l'intensité des sons (G.-G.). . . 175
- Les progrès de la télégraphie sans fils (J. Derôme). 242, 268
- L’aéroscope (D.). ........................................274
- Fabrication de l’air liquide, procédé Linde (J. Lai largue) 557 Le campylographe (L. Reverchon)...........................3MJ
- Eclairage intensif au pétrole (J. Laffargue)..........571
- Le télémètre Grousillier-Zeiss (G. Guéroult) . ... . . 587
- Écrans liquides pour télescopes (M.-C.)...............390
- De la luminosité. Appareils d’enregistrement (IFOmmus). 411
- Les formes ultimes de la matière....................... 1
- Les émissions métalliques.............................. 1
- La luminescence invisible.............................. 1
- Tension maxima de la vapeur de mercure .... 47
- Un nouveau pavillon de Phonographe................. lit)
- Trompe à mercure pour faire le vide...................111
- Démonstration de la rotation de la terre..............111
- Vallumage cl'un jet d’hydrogène.......................145
- Les tramways électriques et les observations magnétiques................................................159
- Nouveau type des anneaux colorés de Newton . . . 190
- Régénération de l’air confiné.........................191
- Conductibilité variable des gaz dans un courant
- continu............................................207
- Phosphorescence.......................................258
- La télégraphie sans fils et les phares................271
- Le spectre calorifique................................287
- La couleur des coquilles..............................555
- La plasticité des corps solides. ................... . 550
- Triangulation acoustique..............................350
- La vitesse de la lumière..............................367
- Constitution du spectre solaire.......................385
- Électricité théorique et appliquée.
- Postes, Télégraphes et Téléphones en France (D. B.) . 5
- Les conducteurs électriques (J. L.)........................ 12
- Le chemin de fer électrique à l’Exposition (.1. Laffargue). 21
- Les tramways électriques et l’arrosage des rues (I*. deM.). 52
- Le Télégraphonc (G. Guéroult).............................. 49
- Le Triphasé à Asnières (J. Laffargue)...................... 62
- Électroscope pour corps radioactifs (J. Laffargue). . . 04
- Les câbles électriques dans les mines (D. Rumont). . . 70
- Distribution de l’énergie électrique, Exposition de 1900
- (J. Laffargue)...................................86, 178
- Allumoir électromagnétique (J. L.).........................128
- Le trolley souterrain de là compagnie Thomson-Houston
- (G. M.).................................................169
- L’électricité végétale (Henri Coupin)......................170
- Machines électriques, Exposition universelle (J. Laffargue)...................................................263
- Musée eenlenual d'électricité, Exposition de 1900 (J. Laffargue)............................................285
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- TABLE DES MATIÈRES.
- Appareils de transformation, Exposition de 1900 .). Laf-
- farcue)...............................................292
- Appareil automatique de mise en circuit téléphonique
- (H. MA.................................................330
- Applications diverses de l’énergie électrique, Exposition
- de 1900 (.1. Laffaugue)................................531
- Train électrique aérien à très grande vitesse entre
- l.i ver pool et Manchester............................ 50
- L'électricité à Vtadirostoch............................ 127
- Alteration des câbles télégraphiques..................... 234
- l/cclairagc électrique public à Paris.....................270
- L'électro-métallurgie en Suisse...........................271
- Application directe d’un récepteur téléphonique à la
- télégraphie sans fil...................................280
- IA adoption de la traction électrique sur les tram-
- ivays de Ilroadtvay................................... 555
- Nouvel isolant pour câbLs électriques.....................500
- L’électrisation dans L'air liquide........................300
- Accumulateurs fonctionnant sous l’eau.....................399
- I n nouvel isolant « l’Uralitc »..........................411
- Photographie.
- Le Diocinescope (Georges Yitoux).......................... 59
- Le kinora (G. M.)..................................... • 192
- La Gyroplane (G. M.)......................................208
- Le clirono de poche (G. 31.)..............................271
- Le cinématographe à l’Exposition de 1 enseignement de
- la Ville de Paris (G. M.)..............................273
- Le kodak panoramique (G. M.)..............................316
- Enregistrement de la vitesse des automobiles (G. Marks-
- chal)..................................................305
- Le marsouin. Appareil stéréoscopique de poche (G.-31.). 400
- Chambre obscure portative (G.-M.).........................415
- Chimie générale.
- Toxicité du sel marin (J.-F. Gall)..................... 6
- Le Fibroléum (II. de P.).................................. 10
- Épuration chimique des eaux ^ÎF Malméjac)............... 18
- L’Ipécacuanha du Brésil (Jacques Boyer)................. 19
- Procédé de réduction exacte des médailles bas-reliefs, etc. (Joseph Girard).............................. 85
- Les pressions des poudres de chasse sans fumée (D.) . 106
- Fabrication du carbure de calcium. Première usine en
- Russie.................................................107
- La cellulilhe.............................................119
- La consommation de l’azote (Louis-Adrien Llvat) . . . 138
- L’ambre (Delauxey)........................................170
- Filtre chimique Lapeyrére (Henri de Parville) .... 198
- Arsenic et phosphore (Flamel).............................206
- Le nickel dans le métal des rails (D. B.)................245
- L’industrie chimique, Exposition de 1900 (A. Hébert)
- 251, 259, 274
- Le microscope appliqué à l’industrie de la cellulose et
- du papier (Marion)......................................277
- L’industrie des parfums artificiels (Justin Dupont) . 298. 310
- L’incombustibilité, expériences du laboratoire municipal
- (Flamel)..............................................525
- Le musée centennal de la chimie française, Exposition
- de 1900 (T. Obalski)................................. 526
- Sur l’analyse de l’eau (Dr F’. Malméjac)..............339
- Les agglomérés argilo-calcaires (H. de G.)............542
- Le musée centennal de la chimie française (J. L.). . . 363 Le bureau d’essai des papiers à la Chambre de commerce de Paris (A. nv Cfniia). ..........................579
- Un grès flexible......................................... 15
- Formation d’acide azotique dans la combustion . . 15
- Préparation et propriété du fluorure de thionyle. . 15
- Le parfum des fleurs d’après leur couleur............. 65
- Le monument de Lavoisier................................. 63
- Les gaz combustibles de l'air............................ 95
- L’hydrogène et le carbone atmosphérique..................111
- | Constitution chimique de l'acier.....................111
- Préparation de corps nouveaux........... 127, 287, 355
- Un réactif nouveau très sensible....................159
- Une nouvelle substance tannante.....................175
- Composition de l’oxyde bleu de molybdène............175
- Un appareil de dessiccation automatique pour le fttl-
- mi-coton .........................................190
- L’extraction de l oxygène contenu dans l'air. . . . 207 Les éléments infinitésimaux de l’atmosphère. . . . 287
- Le radical ammonium.................................503
- L’industrie du gaz..................................518
- Empoisonnement pur la vanille.......................555
- Origine de l’hydrogène atmosphérique................351
- Modifications des propriétés des corps simples. . . 566
- Nouvelle poudre de mine.............................599
- Activité chimique des champs électriques............399
- Météorologie — Physique «lu g lotie.
- Géologie. — Minéralogie.
- Le monde souterrain à l’Exposition de 1900 (E.-A. Martel) ............................................. 22
- Nicaragua et Panama, les volcans de l'Amérique centrale
- (M. Bertrand)..................................... 50
- La pluie à Nice (J.-R. Plumandj.n).................. 75
- L’exposition minière souterraine au Trocadéro (L. de
- Launay)..............................................100
- Les richesses minérales du globe.......................128
- Origine des Lambeaux de molasse de la Gorge de Régalon (I)avid Martin).............................155
- Vagues de chaleur et vagues de froid (J.-R. Plumandon) 187
- La plus forte chaleur du siècle (E. Roger)..........189
- Les bois pétrifiés de l’Arizona (D.)...................305
- Les ehirats du massif du Pilât (Louis Garafon)......525
- Un district minier fameux (L. de Launay)............346
- Le nuage en sac ou mammatus (E. Durand Gréville). . 404
- Eruption du volcan Mayon............................... 14
- La météorite de Finlande............................... 15
- Découverte de grottes à ossements en Algérie ... 15
- Travaux du congrès de Géologie......................... 47
- Circulation atmosphérique..............................110
- La grotte de Padirac...................................111
- Constantes élastiques des roches..................... . 126
- Le pays le plus sec du monde...........................127
- La Canicule aux environs du Mont-blanc.................158
- Les tramways électriques et les observations magnétiques...................................... • . . . 159
- L’observatoire de l'Etna.. . 159
- Les perturbations atmosphériques.......................207
- Action protectrice des ébranlements atmosphériques
- contre la grêle......................................223
- Météorologie au Japon..................................254
- Le mécanisme de la fossilisation.......................255
- Une mine sous la mer...................................502
- La connaissance des temps pour 1905................... 519
- Le crétacé d’Égypte....................................535
- Le tir au canon et la grêle............................385
- Les ballons-sondes.....................................414
- Physiologie. — Médecine. — Hygiène.
- Morbidité militaire (IF Carles)......................... 5
- Destruction des rats dans les égouts (D. B.)........ 71
- L’ipsileuse (Henri de Parville)........................ 84
- Pansements à la toile d’Araignée (II. de P.)...........114
- L’assainissement de la Seine, les Usines élévatoires
- (G. Haye)................................. 55, 123, 182
- Institut Pasteur (Dr N’.,..............................139
- Régénération de l’air vicié (Henri de Parville) .... 225
- Sur l’analyse de l’eau (Dr F. Malméjac)................338
- Éruptions par le salol (Dr A. Cartaz)..................398
- Rappel à la vie de personnes mortes par suite d’un trouble cardiaque................................. 15
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- TABLE DES MATIÈRES.
- m
- La valeur nutritive des aliments...................... 50
- Pouvoir aniiprésurant du sérum.............................. 65
- Les courants de haute fréquence et la nutrition. . 79
- Les cellules et les toxiques.......................... 79
- Les lépreux en France.......................................110
- Une nouvelle méthode d'immunisation du bétail
- contre certaines maladies épidémiques.................111
- La peste dans la Bible...................................126
- Les huîtres empoisonnées de San-Francisco .... 126
- Contamination tuberculeuse par l’intermédiaire
- d'archives.........................................159
- La vaccination charbonneuse . ........................ 159
- Les causes de la peur chez les enfants................174
- Les inondations de cellules........................... 191
- Transformation de bacille.............................191
- Bépercussion sur les muscles inertes du travail des
- autres muscles.....................................258
- Traitement de l’intoxication par l’oxyde de carbone. 258
- Jleconnaissance des tissus vivants....................258
- U oxyde de carbone dans le sang.......................502
- Absorption de l’oxygène par T urine...................505
- Mécanique. — Art de l’ingénieur.
- Construction.
- La nouvelle ligne du chemin de fer d’Orléans dans Paris
- (Jci.es A bac) . . ...................................... H
- Le Transsibérien (Gabriei. Marcel)....................... 26
- Presse â coton continue Swenson (Georges Cave) .... 29
- Le traitement du minerai d’or à l’exposition transvaa-
- liennc du Trocadéro (A. i>a Cunha)...................... 55
- La résistance des traverses de chemins de 1er en acier
- 'P. de M.).............................................. 90
- Hampes mobiles à l’Exposition (Lucien Périsse) .... 107
- Inauguration du Métropolitain municipal de Paris (A.n.v
- Cunha)........................................... 122
- Chemin de fer de la Yunfrau (Henri de Parvii.le). . . 155
- Moteur à gaz des hauts fourneaux. Exposition de 1900
- J. Laffargue)....................................161
- Les chaudières à vapeur, Exposition universelle ((J. Laf-
- f argue)..........................................195
- La chaudière oléothermiquc de MM. Miihl et de Nittis
- (A. Rogüenaxt)....................................227
- Los locomotives françaises. Exposition de 1900 (A. IL).
- 250, 279, 511
- Machines à vapeur à l’Exposition (,). Laff argue). . . . 245
- Nouvelle machine à timbrer (T. Odalski)............289
- Les nouveaux ascenseurs de la tour Eiffel (G. Marescjial) 295 La résistance à l’oxydation des anciens ouvrages de ferronnerie (D. B.).........................................515
- L’éclairage et la force motrice par les alcools dénaturés
- (J.-F. Gall)......................................522
- Chemin de fer suspendu de Bannen à Elberfcld-Woh-
- winkcl (J. L.)....................................527
- Pascal et les omnibus....................................559
- Le pavillon du Creusot, Exposition 1900 (A. da Cunha). 545 Locomotive à grande vitesse du Creusot (A. IL). . . . 355
- Machine à composer Calendoli (L. Reverchon)..............557
- Une nouvelle crémaillère pour chemins de fer de montagne (Daniel Bellet)..............................562
- Appareil à relever le profil des bandages des roues
- (D. B.).............................................. 374
- Les locomotives étrangères, Exposition 1900 (A. IL) . . 575
- Le bureau d’essai des papiers à la Chambre de commerce de Paris (A. da Cunha).......................579
- L’éclairage des wagons...................................406
- La sécurité sur les chemins de fer et le pyrographe
- Magnin frères (A. IL)................................ 587
- Les injecteurs d’alimentation sur les locomotives. . . . 395
- Progrès dans la construction des pompes (D. Bei.i.et) , . 596
- Les locomotives à chaudières de rechange........... 78
- Un acier au nickel..................................... 111
- Les premiers résultats du Transsibérien................. 174
- Heurtoirs hydrauliques.............................. . 191
- Les matelas d'air pour les ascenseurs....................270
- U usure des rails dans les tunnels.................355
- Les plates-formes roulantes et les stations de chemin de fer...........................................351
- Le chauffage des locomotives à la tourbe...........566
- U alcool carburé...........................) . . . 585
- Locomotive Mallet...................................414
- Sciences naturelles. — Zoologie. Botanique. — - Paléontologie.
- Culture de la vanille en serre pour la production des
- gousses (Albert Maumené).............................. 5
- Les Rois de rats (E. Oustalet)........................ 19
- Les mollusques voyageurs (Henry de Yarigny.................. 58
- Les concours d’horticulture, Exposition 1900 (P. Huiior) 42
- L’enfer des arbres Henri Coupin)............................ 74
- Le baleinoptère du Croisic au musée de Nantes (Albert
- Larbalétrier............................................. 81
- Les zébroïdes (Flamel....................................... 85
- Un insecte charcutier Henri Codpix)......................... 85
- La transpiration des plantes (Albert Larbalétrier). . . 91
- Les concours temporaires du palais de l’Horticnllure,
- Exposition 1900 P. Hariot).....................102, 218
- Une expérience d’acclimatation ichtyologique (Henry de Yarigny;.......................•.........................106
- La gentiane et ses produits (Albert Yilcoq)...........
- Intelligence des animaux (Henri Coiipin)..............
- Le fourrage des landes de Bretagne (Albert Yilcoo . .
- Le problème du coucou 'Henry de Yarigny...............
- Le phoronis et l’actinotroquc (Loüis Roule)...........
- Les chiens de berger (Jules Adac......................
- Une goutte d’eau de mer (Henri Coupin)................
- La flore alpine et ses affinités chimiques Henry Corre-
- yon ..............................................
- Les théories de l’évolution et la métamorphose du phoronis. (Louis Roule)..................................
- La solénobie du pin A.-L. Clément ;...................
- La propreté corporelle chez les oiseaux (Henri Coupin).
- Le crapaud (Albert Larbalétrier ).....................
- Les termites (L* A. Bacot;............................
- La mort des chamois (.1. Cqrcellk]....................
- Les animaux qui pleurent (Henri Coupin................
- Les araignées-loups À. Acloque........................
- Lampe vivante (Henri Coupin)..........................
- Le palais des Forêts (Henry de Yarigny)...............
- Les Phororhacus (E. Oustalet).........................
- La mort chez les animaux (Henri Coupin,...............
- La léthargie chez les animaux (H. Cariuce)............
- Les pêcheries à l’Exposition (11. de Yarigny).........
- La tortue de Beyrouth (P. G digues)...................
- Un crabe lumineux..................................
- Une mangeuse de collections géologiques............
- Le chameau employé comme bête de somme en Allemagne ................................................
- Une ferme à papillons. ............................
- Apparition d'un parasite des fruits...................
- Action de la vapeur d’eau sur le développement des
- plantes...........................................
- Apparition d'espèces végétales nouvelles..............
- Les pigeons-voyageurs du prince de Galles. .... Une espèce d’oiseau détruite par un cyclone ....
- Du rôle des tubercules dans les végétaux...........
- Le ver des pois....................................
- L’intelligence des fourmis.........................
- Les fleurs qui ne s’ouvrent pas....................
- Découverte d’un poison.............................
- Anatomie des organes végétatifs....................
- Un cactus poussant en vase clos....................
- 115
- 145
- 149
- 211
- 212
- 219
- 255
- 245
- 257 276 282 2!) 4
- 509
- 510 517 521 542 555 560 570 587 591 416
- 51
- 158
- 175
- 191
- 207
- 2.).»
- 287
- 302
- 505
- 535
- 335
- 351
- 351
- 367
- 599
- 415
- Géographie. — Voyages d’exploration.
- Le quadrilatère de l’Ain (L. Reverchon)................. 71
- Les pays du Nord à l’Exposition universelle (l)r Laloy). 165 L’alpinisme (J. Corcei.le)..............................226
- p.425 - vue 429/536
-
-
-
- TAIUÆ DES MATIÈMES.
- 42(»
- I.a pèche à la baleine en Norwège (H- B............
- Dépression du sol de l'Asie Centrale. .............
- Explorations arctiques.............................
- La nomelle mesure de l’arc du Pérou................
- L’expédition polaire belge.........................
- La possibilité de la vie et des entreprises industrielles dans les régions polaires...........................
- Anthropologie. — Ethnographie. Sciences préhistoriques.
- Dieux Lares (A. G..................................
- Fne troupe d’Araucans à Paris (D1 L. Lai.oy).......
- La restauration de karthoum (Henri Dehérain) .... L’Afrique à l’Exposition universelle ,I)r L. Laloy) . , . L'Inde et l’Asie centrale à l’Exposition (Dr L. Lai.oy . . L’Extrême-Orient à l’Exposition universelle D'L. I.ai.ov)
- Les tètes moiniliées des Incas (D.)................
- Le blé des tombeaux égyptiens..................
- Caverne mexicaine..................................
- Découverte de poids étalons dans l’ancienne Home .
- Une fourmi préhistorique...........................
- L'âge des objets d’or pur de l’Egypte ancienne. . . Invasions préhistoriques...........................
- Art militaire. — Marine. — Guerre.
- Plaques de blindage (lieut.-colonel Delauney)......
- Le fusil automatique Hauser (lieut.-colonel Delauney' .
- Cuirassés anglais (Commandant G.)..................
- La guerre et la paix armée en Europe (Delauney,. . . Les mitrailleuses de cavalerie (lieut.-colonel Deeauney) .
- Un canon anglais de 7 pouces et demi...............
- Le mortier de montagne de Saint-Chamond ....
- Les essais du torpilleur anglais « Viper ».........
- Canon monstre américain............................
- Nouveaux tubes à canon ............................
- Navires de guerre à turbine........................
- Les pertes dans le combat...........................
- La Deutschland.....................................
- Torpilleur destroyer à turbines....................
- Ceinture obturatrice pour les projectiles de l’artillerie
- Ancres articulées...................................
- Cuirassés américains...............................
- Aéronautique.
- Concours d’aérostation, Exposition de 1900. Annexe de
- Vincennes (X.)....................................
- Aérostat surpris par un orage......................
- Ascensions d’altitude..............................
- Ascensions de distance..............................
- Final du concours d’aérostation....................
- Résultats du concours de ballons ..................
- Notices nécrologiques. — Histoire de la science.
- 295
- 15
- 15
- 143
- 225
- 519
- 19
- 189
- 195
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- 126
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- 191 254 254 271
- 206
- 79
- 502
- 518
- 534
- 350
- Les possessions françaises à l’Exposition. Algéric(A. da
- Cdnha).................................................. 65
- Les panoramas à l’Exposition. Le Maréorama (G. Makes-
- ciial)..................................................... 67
- La Conférence Scientia...............„..............94, 174
- Les palais de l’Italie et de la Turquie à PExposition de
- 1900 (A. C.)...............................................105
- La grande salle des Fêtes de l’Exposition de 1900 (A, C. 115 Les panoramas de l'Exposition. Le Cinéorama-Ballon
- (G. Mareschai..............................................119
- Les curiosités de l’horlogerie à l’Exposition de 1900
- ^Mathieu Planciion) .......................................147
- Cascades et fontaines lumineuses (G. Mareschai.) ... 151
- Les palais de l’Esplanade des Invalides à l’Exposition
- ^A. da Ciimia)............................................155
- Les curiosités de l’horlogerie rétrospective à l’Exposition
- de 1900 Mathieu Planciion)................................185
- Les pavillons étrangers à l’Exposition universelle (A. da
- Ce.mi a . . . .............................................199
- La salle des Illusions, Exposition de 1900 (.1. Deiiôme) . 209
- Exposition de 1900; les palais du Champ-de-Mars (A da
- Cunha).....................................................215
- Les pavillons des puissances étrangères. Exposition universelle (A. da Cdnha)....................................259
- Les palais de l’Horticulture (P. Hariot).....................569
- La clôture de l’Exposition de 1900 (A. Da Cdnha). . . . 405
- L’horlogerie à l’Exposition (Mathied Plancmon'............. 404
- Statistique de l’Exposition..................................407
- Conférence Scientia..........................................190
- Les travaux de la 13e Conférence de /’Association géodésique internationale.................................319
- Agriculture. — Acclimatation. — Pisciculture.
- Races de volailles, le Braekcl (J. de Loverd >'..... 43
- La culture de la fraise (H. C.).....................162
- Productions végétales des colonies françaises à l’Exposition de 1900 (P. Hariot..............................262
- Effets des sulfates sur la germination et la végétation
- (E. Henriot..........................................500
- Rôle des sulfates dans la végétation (R. Dumont). . . . 590
- Le jardinier amateur en Chine (P. Hariot)...........595
- La consommation d’eau par les arbres................595
- L’utilité du rossignol en apiculture................... 50
- Le nouveau gibier, le perdreau sibérien.............46
- Action des éclipses de soleil sur les végétaux. ... 75
- L’entrainement du phosphate de chaux dans le sol . 127
- Opérations de greffe nouvelles..........................127
- Modifications de plantes par la culture.............127
- La pelade et le maïs avarié.............................127
- L'huile de blé.................;....................254
- Le phylloxéra dans la colonie du Cap....................302
- Vignes de Syrie et du Japon............................305
- L’influence de la grosseur du plant de pomme de
- terre................................................334
- La pisciculture aux Etats-Unis.........................351
- L’Élevage des canards en Australie.....................415
- Georges Masson, président de la Chambre de commerce
- de Paris (Henri de Parville).......................... 53
- Lavoisier (Henri de Parville)...........................145
- Le monument Pelletier et Caventou (Street)..............177
- M. C.-A. Guyenet. — J.-M. Sarcia (J. L.)................366
- Sociétés savantes. — Congrès et associations scientifiques. — Expositions.
- Les pavillons de l’Angleterre à l’Exposition universelle
- (A. da Cunha)...................................... ^
- Académie des Sciences (Séances hebdomadaires de F),
- 15, 31, 46, 65, 79, 95, 111, 127, 145, 159, 175,
- 191, 207, 223, 238, 254, 271, 287, 305, 319, 335,
- 551, 566, 385.
- Récréations scientifiques.
- Silhouettes (Flamel)................................... 79
- Le nain de Haïphong, au Tonkin ((Albert Tissandier) . 160
- Récréation scientifique, expérience à expliquer. En trou dans une feuille de papier (Jules Adac) .... 176, 222 Le grand serpent de mer au Jardin d’Acclimatation
- (Flamel)............................................367
- L’hommc-orchcstrc de l’Exposition (Delauney)..........585
- Variétés. — Statistiques. — Généralités.
- Machine à peler les pommes de terre (J. Leroy) . . . 16
- La production et la consommation du charbon .... 51
- p.426 - vue 430/536
-
-
-
- TABLE DES MATIÈRES.
- 427
- Conditionnement et essais des soies et matières textiles.
- laboratoire de Paris (A. da Cuxiia..................
- C.ourtol le vipéricide Pierre Boyer)...................
- Le transport des wagons russes à l’annexe de Yincennes
- (Georges Caye.......................................
- l.’or à l’Exposition du Canada (1). ...................
- Le Jubilee Jules Aral.................. ...............
- Les loteries allemandes (IL)t..........................
- Comment on carillonne (L. Reverliiox)..................
- Industrie du gaz, Exposition de 1900 .1. Leroy) . . . Enc pendule curieuse à l’Exposition (Jules Arm ) . . .
- Les Balalaïkistes Jules Aral)..........................
- Les moulins gallo-romains G. Riltiou ..................
- La fenêtre de sauvetage Seherrer (Georges Cave; . . . Les marionnettes à l’Exposition ; bonshommes Guillaume
- G. Maresciial).....................................
- L’aquarium d’eau de mer à l’Exposition G. Maresciial)
- Jeux icariens à cheval (Paul Mégnix:...................
- Le plus grand foudre du monde (D.).....................
- Petites industries japonaises (Albert TissaxdierI .... Renaissance du cuir d’art français (H.-L.-Alph. Blaxciion'
- Le chien comme gardien de volailles,...................
- Les draisicnnes en Esclavonie (Albert Ti3sakdier) . . .
- La couleur des pièces d’or (Flamel)....................
- Moyens de sauvetage et de renflouement (J. Leroy). . Les nombres préférés par les divers peuples (Delaüxkv).
- A propos d’ex-libris (V. Braxdjcoürt'..................
- Statistique de l’Exposition (T. A.)....................
- Des préférences visuelles chez lcsdivers peuples ( Belauney ) .
- La bosse des mathématiques (D. B.).....................
- Les tramways postaux de Francfort (P. de M.............
- La plus grande gare du Royaume-Uni.....................
- La durée d’un clin d'œil...............................
- La production et la consommation du charbon. . . La consommation actuelle en boissons alcooliques .
- La plus grande fabrique d’allumettes du monde
- entier. . . . .*................................. 4(5
- Bibliographie scientifique générale................ 05
- Sources du Loing et du Lunain...................... 78
- Emploi du jus de tabac pour la destruction des parasites ............................................... 78
- Aérostat surpris par un orage...................... 79
- Légion d’honneur.............................94, 120
- Les fêtes de Mayence............................... 95
- Le magasin de fourrages d'une Compagnie de chemin
- de fer.............................................410
- Le prix des pigeons rares............................110
- L’automobilisme au Niagara...........................120
- Chemin de fer en bois................................126
- Les wagons-chapelles aux États-Unis..................127
- Une affiche d'un kilomètre et demi...................142
- Prix des cerises.....................................142
- Le bruit des explosions..............................142
- Faux filigranes......................................142
- La production de l’étain dans le monde...............158
- Le danger de l’encre des machines à écrire .... 158
- Une conduite d’eau de plus de 500 kilomètres . . . 158
- L’industrie du coton en France.......................175
- Prix d’une barre de fer ouvragée.....................270
- La grande digue du Nil...............................502
- Les écoles ménagères de Liège........................302
- La fabrication des pipes en Hollande.................502
- Le commerce des baies comestibles en Allemagne. . 505
- La fabrication des poupées en Thuringe...............519
- Les écoles d'ingénieurs aux États-Unis...............554
- Conservation des aliments............................551
- L’université impériale de Tokio......................500
- La frappe des monnaies...............................598
- La production du nickel..............................598
- Les postes en Angle!erre.............................415
- 59
- 48
- 95
- 90
- 112
- 118
- 129
- 151
- 144
- 201
- 205
- 225
- 239
- 252
- 255
- 287
- 505
- 514
- 315
- 320
- 543
- 352
- 555
- 563
- 407
- 410
- 410
- 410
- 31
- 31
- 51
- 46
- FIN
- DES
- TABLES
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-
-
-
- ERR \T.\
- Page 50, col. 1, ligne 18. Au heu de : cinq mm de diamètre.
- Il faut: un mm de diamètre.
- Page 87, col. 2. ligne 42. Au lieu de : moteur à gaz.
- Il faut : moteur à vapeur à dé-
- tente automatique.
- Page 142, col. 2, ligne 66. Au lieu de : papier douteux à 50 pour 100. Il faut : papier douteux dans une lessive de soude à 30 pour 100.
- Page 214, fig. 2 : La distance qui sépare les deux lignes P, Q, et P-Qi est calculée mathématiquement et doit être exactement de 36 mm entre P( et P5et de 90mm,5 entre <), et (J3. Page 322, col. 1, ligne 30. Au lieu de : MM. Sorel et llani-
- eotte
- Il faut : MM. Sorel, llanicolle
- et Lindel.
- Dans les Nouvelles scientifiques : Page 11, ligne 20. Au lieu de : un demi-litre
- Il faut : 3 litres.
- Paris. — Imprimerie Laihiiîe, rue de Fleurns, 0
- p.428 - vue 432/536
-
-
-
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— Lundi dernier, quand commençait l’éclipse à Paris commençait aussi à 3 heures, selon l’habitude, la séance de l’Académie des sciences. Les Académiciens étaient seuls condamnés à ne pas voir le phénomène. Mais vers 4 heures, les physiciens eurent l’idée d'observer l’éclipse en pleine salle. M. Lippmann, M. Cornu firent •ouvrir une des grandes fenêtres par lesquelles les rayons du soleil pénétraient dans la salle. M. Lippmann prit sur la table une feuille de papier blanc dont il se servit comme d’un écran ; devant il plaça «ne seconde feuille percée d’un trou, et sur le trou il appliqua un des verres de son lorgnon de presbyte. L’image ’du soleil vint se
- }teindre sur l’écran blanc et l’on vit très nettement le disque bril-ant envahi par l’ombre, image d’un demi-centimètre tout au plus. M. Cornu projetait directement l’image produite par son lorgnon -sur la feuille. On distinguait très bien l’ombre et même les nuages •qui passaient sur le disque. C’est peut-être la première fois que J’on se sert d’un lorgnon pour observer entre quatre murs une •éclipse partielle de soleil. On a donc très bien examiné l’éclipse A l’Académie des sciences pendant que se faisaient les communications habituelles. Pendant ce temps, les académiciens astronomes étaient à leurs postes, à l’Observatoire de Pans : MM. Lœwy et Pui-•seux, au grand équatorial ; Henry, équatorial photographique ; Gué-anaire, sidérostat de Foucault; Callandreau, équatorial de la tour Est ; Renan, équatorial de Gambey; Fayet, équatorial de la tour Ouest; Boquet, lunette de Canche. Mlle Klumpke était montée en ballon pour faire des observations dans l’espoir de parvenir au-dessus des nuages. Le temps s’était assombri à Paris à partir de midi et le •ciel fut couvert complètement à 3 heures ; il se dégagea vers la totalité, soit à 4 heures, et l’on a pu faire quelques observations. D’après les dépêches de l’étranger, il a fait généralement beau en Algérie, «n Espagne et dans les autres stations. On peut donc espérer que les astronomes des diverses missions européennes auront pu faire des observations fructueuses. Nous saurons bientôt à quoi nous en tenir, mais il ne faut pas oublier que la durée du phénomène a dépassé à peine une minute et quelques secondes dans certaines stations.
- ®— Au Conservatoire des Arts et Métiers. Le ministre du commerce vient de procéder à une réorganisation complète du Conservatoire des Arts et Métiers. Huit décrets et arrêtés les consacrent. 11 est notamment créé, pour cet établissement, un conseil d’administration composé de nombreux membres, et un laboratoire d’essais mécaniques, physiques, chimiques et de machines. M. Georges Renard, publiciste, est nommé titulaire d’une chaire d’histoire du travail (fondation de la Ville de Paris), et M. Mabilleau, directeur du Musée social, est nommé professeur du cours d’assurance et de prévoyance sociale (chaire subventionnée par èla Chambre de commerce de Paris).
- —®— La sous-commission des monuments mégalithiques (direction des Beaux-Arts) vient de procéder au remplacement de son président, récemment décédé, M. Philippe Salmon. M. d’Ault du Mesnil, vice-président, a été élu président, et M. le Dr Capitan, vice-président.
- —®— M. le lieutenant de vaisseau Tissot a eu l’occasion de faire récemment de très intéressantes expériences de télégraphie sans fd. En appliquant la méthode qui lui a déjà servi, M. Tissot a pu rece--voir au Porzic des dépêches du Masséna naviguant à une distance -de 65 kilomètres au large. Ces dépêches étaient d’une netteté irréprochable. Souvent on avait objecté à l’emploi des ondes hertziennes •srn télégraphie la crainte que, lorsqu’on enraye de deux postes à la fois sur un m?me récepteur les deux communications ne s'embrouillent. L’expérience dernière a montré qu’il n’en est pas ainsi,
- du moins d’une façon générale. En effet, pendant que le Masséna communiquait avec la terre, le Friant est entré en rade et a envoyé aussi des dépêches; les communications n’ont été que peu troublées. On peut conclure de ces expériences que la marine française est à même aujourd’hui d’utiliser la télégraphie sans fil.
- —®— Le 24 mai, à Belfort, le 35e régiment d’infanterie, parti à 2 heures du matin, est arrivé à 8 heures au pied du Ballon d’Alsace, dont il a fait l'ascension par plusieurs sentiers. Après un arrêt d’une heure et demie au sommet, il est revenu à Belfort vers 7 heures, sans avoir laissé aucun traînard.
- —®— La fièvre aphteuse vient de faire son apparition. M. Jean Dupuy, ministre de l’agriculture, a aussitôt adressé aux préfets une circulaire pour prendre dès à présent les précautions nécessaires pour empêcher une recrudescence de la maladie.
- —®— L’arbre centenaire qui s’élevait dans la cour de l’Institution nationale des sourds-muets, à Paris, l’arbre de Jessé va disparaître. Il y a quelques jours, dans un coup de vent, l’une des plus hautes et des plus grosses branches de l’arbre s’abattit et tomba sur le mur qui sépare la cour de l’institution de la rue. Les passants el les élèves furent gênés et l’architecte des bâtiments civils dut, à regret, décider que la tête de l’arbre serait abattue. On a procédé à cette opération. Les branchages ont été réunis ensuite en fagots. Reste le tronc de l’arbre. On va le veiller, le soigner, et on espère que les pousses reviendront, que des rameaux grandiront. L’orme des sourds-muets élevait son tronc robuste, dont le tour ne mesure pas moins, au ras du sol, de 6 mètres, bien au-dessus des maisons voisines, à une hauteur de 45 mètres.
- —®— Le journal Electrician de Londres vient de décrire un appareil portatif, récemment inventé par lord Kelvin, et qui permet de mesurer très aisément la résistance des rails des tramways. Cet appareil peut, dit-on, rendre de grands services pour maintenir en bon état les rails des tramways électriques.
- . —®— D’apres un rapport fait au gouvernement français par un géologue, M. Neuburgher, il y aurait dans la province d’Oran, en Algérie, un gisement d’au moins 120 milles de long extrêmement riche en pétrole, rivalisant avec les riches districts de Baku et de Galicia.
- —®— Nous avons mentionné dernièrement la station centrale électrique que fait construire à New-York la New-York gas and Electric Light, Heat and Power Company. Une autre société, dans la même ville, le Third avenue Bailroad, fait établir une usine de dimensions analogues. Elle comprendra 60 chaudières de 520 chevaux chacune, 16 machines à vapeur de 4500 chevaux chacune. La puissance maxima sera de 112000 chevaux. On estime que la consommation de charbon atteindra 70 tonnes par heure.
- —®— L’Association des amateurs photographes du Touring-Club de France organise un concours de photographie auquel peuvent prendre part tous les membres du Club. Ce concours qui comprend deux sections : épreuves sur papiers, et positifs pour projections, a pour objet « une vue de l’Exposition ». De nombreuses médailles de vermeil, d’argent et de bronze seront décernées par le jury. À cette occasion rappelons que cette Association met depuis le l6r mai dernier son atelier de Paris gratuitement à la disposition de ses membres. Pour tous renseignements, s’adresser au siège social, 47, rue Vivienne, à Paris.
- —®— D’après les rapports officiels qui ont été publiés, au 31 mars 1899, il y avait à Berlin 17898 lampes à arc, 410616 lampes à incandescence, 561 appareils divers et 3525 moteurs.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La machine à peler les pommes de terre est construite par M. J. Blache, à Valence (Drôme).
- Communications. — M. le commissaire de la Guadeloupe, à l’Exposition universelle de 1900, nous écrit la lettre suivante : <( Je lis dans La Nature du 19 mai un article de M. le marquis «le Nadaillac, sur les Caraïbes, où il est question de ma collec-lion de reliques provenant de ces premiers habitants de la chaîne des Antilles. M. de Nadaillac dit que ma collection appartient aujourd’hui au musée de Washington. C’est une erreur que je vous prie de vouloir bien demander à M. de Nadaillac de rectifier. Ma collection est aujourd’hui au Trocadéro, au pavillon de la Guadeloupe, où les visiteurs de notre Exposition peuvent la voir. Elle reste toujours ma propriété, je ne m’en suis pas dessaisi. »
- M. Tad. Estreicher, à Cracovie, nous adresse une note du Bulletin international de l’Académie des sciences de Cracovie, relative à un globe terrestre du commencement du seizième siècle de la Bibliothèque de Jagellonisch.
- M. le professeur Dv A. Forel, à Morges, nous fait connaître une intéressante aventure publiée par la Gazette de Lausanne. Il nous fait remarquer l’acte d’intelligence réfléchie qui a guidé deux pauvres chiens à la recherche de secours pour leur maître, et nous signale comme particulièrement digne d’admiration le concert de ces deux animaux qui ont dû- délibérer et se mettre d’accord sur la conduite à tenir dans la grave conjecture qui les tourmentait : « Il y a quelques jours, le gardien de l’hôtel de Z’meiden, au-dessus de Tourtemagne, dans le district valaisan de Loèche, était sorti de la maison pour couper du bois. Il avait passé là tout l’hiver, seul, avec deux chiens, ses deux braves et fidèles compagnons de solitude, un chien-loup et un griffon, [dus petit de taille, mais adroit et intelligent. Comme le maître coupait son bois, au pied d’un petit mur et non loin du grand toit qui couvre l’hôtel, la couche de neige amoncelée sur le toit glissa inopinément, atteignit l’homme, le colla au mur et l’emprisonna jusque par-dessus les épaules, la tète seule sortant de l’avalanche. La neige était humide, lourde, glacée. Impossible au malheureux de remuer ni bras ni jambe. Les chiens virent leur maître dans ce cas. Ils s’approchent et «'ssayent de gratter la neige pour le délivrer. Vaine tentative ! Alors ils se concertent. Et tout à coup, rapides comme la flèche, ils s’élancent vers le bas de la vallée. Là-bas, à Ems, habite le frère de leur maître. Ils lui diront le malheur qui «*st arrivé et le supplieront de monter au secours de leur ami qui va périr. Ventre à terre, en carrière, ils courent sur la neige. Le trajet est de quatre heures pour un bon marcheur. En moins d’une heure ils l’ont parcouru. C’est vers midi que l’avalanche est tombée. Avant I heure, ils jappaient, aboyaient, pleuraient, hurlaient, devant la maison dont le salut devait sortir. On ouvre la porte du chalet. On veut faire entrer les deux chiens, trempés de sueur, fumants. Ils refusent. Ils redoublent leurs aboiements. On leur offre à manger, lis refusent.... Alors, on s’inquiète. Qu’ont-elles les braves bêtes à pleurer ainsi ? Serait-il arrivé un malheur là-haut, à l’hôtel, au frère ? Vite le paysan met sa veste et ses guêtres et se munit «l’une pelle et d’une corde. 11 va quérir des camarades, former une colonne de secours. Les chiens le précèdent ; leurs aboiements, sinistres tout à l’heure quand ils annonçaient la fatale nouvelle, ont changé de nature. Ce sont des cris d’appel maintenant et d’encouragement. Ils courent devant, montrant la route et agitant leur queue. Il fallut sept heures à la colonne «le secours pour atteindre l’hôtel. Quand ils arrivèrent, il était 9 heures du soir. Les chiens les avaient devancés. Le gardien, toujours pris dans la neige jusqu’au cou, avait perdu connaissance. Les deux chiens, accroupis près delà tête du moribond, lui léchaient la figure pour le réchauffer et le ramener à la
- vie. On le déterra. Le malheureux était à moitié gelé. Sans ses deux intelligents amis à quatre pattes, il était perdu. )> Ems est à 1330 mètres d’altitude, Z’meiden à 1841 mètres. La distance à vol d’oiseau entre les deux stations est «le 9 kilomètres.
- M. J. P. Castanheira das Neves, ingénieur civil à Lisbonne, nous envoie une notice sur les études de résistance et essais des matériaux de construction en Portugal.
- M. Ch. Durand, pharmacien principal de la marine en retraite, à Paris, nous écrit que le 15 mai il a pu examiner, chez M. Madebène, à Paris, une rareté zoologique, un cétacé monstre : l’Hyperoodon Butykopf.
- « La longueur de cet animal de la tête à la queue est de 7“,40, sa plus grande circonférence, vers le tiers antérieur, est de 4ra,20. Sa tête est volumineuse, sa bouche, véritable bec, est petite proportionnellement à la dimension de la tète, les yeux, latéraux, sont petits. Ce cétacé est porteur de quatre nageoires : deux antéro-abdominales, une dorsale et une caudale horizontale, fortement étalée et de grande dimension. L’aspect extérieur du corps est brun noirâtre. Le trou d’évent a environ 4 centimètres de diamètre. Les organes génitaux se trouvent-situés à la partie abdominale, vers le tiers inférieur et un peie avant les mamelles. L’animal que nous avons vu est une femelle-Cet énorme cétacé a été pêché en rade du Havre le 15 décembre dernier, par une barque de Trouville. Lors de sa capture, cet animal pesait 5000 kilogrammes et il avait le bec inférieur brisé sans doute par l’hélice d’un bateau à vapeur. Au point de vue zoologique, les Hyperoodons forment le passage des dauphins aux cachalots. Ils ont une certaine ressemblance avec les dauphins, dont ils diffèrent par leur plus grande taille et surtout par leurs dents peu nombreuses qui s’atrophient avec l’âge. Les Hyperoodons étaient peu connus avant 1882, époque à laquelle le capitaine David Gray, de retour du Groenland, en a donné une description complète. Ajoutons, pour terminer, qinv ces cétacés contiennent dans leur tête, comme leurs congénères les baleines, une grande quantité de spermacéti, et on extrait de leur corps une grande quantité d’huile. Aucun musée Dépossédé un hyperoodon de cette taille ; ce dernier a été naturalisé par MM. Deyrolle frères, de la rue du Bac. Nous croyons-toutefois nous rappeler avoir vu, au Muséum d’histoire naturell«v de Paris, un squelette assez volumineux d’hyperoodon, »
- Renseignements. — M. H. B., à Paris. — On ne peut pas encore se procurer cette lampe à Paris : mais une maison très sérieuse s’occupe activement d’installer cette fabrication. Dès que des résultats auront été obtenus, nous les ferons connaître.
- M. C. P. L., au P. — Les avis sont très partagés à ce sujet ; et nous ne pouvons vous renseigner.
- M. L. Schœffer, à Anvers. — Nous ne connaissons pas en France d’exploitation semblable.
- M. A. François, à Paris. — Vous trouverez ces petites boîtes et étuis chez les emballeurs.
- M. E. Nicolas, à Bazourges. — Ces accidents sont possibles pour une cause mal déterminée; mais ce n’est pas très vraisemblablement le tanin qui est le coupable.
- M. Dubosky, à Paris. — Vous avez parfaitement raison. Les Gorilles, Chimpanzés et Orangs, de même que les autres Singes enfermés dans les ménageries, meurent plutôt de bronchite chronique et de pneumonie que de phtisie. Néanmoins, on admet généralement qu’ils peuvent devenir tuberculeux, sans qu’on ait recherché précisément comment ils peuvent contracter la phtisie. L’état morbide de leurs organes respiratoires les rend particulièrement aptes à recevoir les germes de la maladie, »
- M. L. Kauffeisen, à Dijon. — Nous n’avons pas trouvé d’adresse de sjiécialistes ; mais vous pourriez peut-être vous adresser à M. G. Dumas, à Tavers par Montereau (Seine-et-Marne), ou à la Société du «'erre étiré, 10, rue Thimonnier, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. L., à Nevcrs» Il faut faire faire l’analyse du produit avant et après l'opération*
- — M. Dumont, à Paris. Vous trouverez ces produits chez tous les marchands d’articles photographiques. — M. G. R., à Lille; .1/. P. Ruant, à Paris; M. G. Cacheux, à Paris. Vovez le petit livre des Recettes et jtrocédés utiles, lre série, à la librairie M assort et Cie.
- — M. Relart, à Paris. La formule que vous demandez est donnée dans le même petit livre que ci-dessus, 3* série, à la même librairie. — M. G. L., à X. ; M. F. D., à Bordeaux. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- PETITES MENTIONS1
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Allumage automatique du ga*. — Le principe fondamental de cette petite invention est déjà connu de nos lecteurs. Il repose sur l’emploi d’une petite boule de mousse de platine reliée à une spire de fil de même métal qui placé sur un verre à gaz est porté à l’incandescence lorsque le robinet est ouvert; ce système a déjà été employé avec un certain succès; mais malheureusement cette petite boule de mousse de platine portée à l’incandescence constamment, pendant que le I gaz brûlait, perdait rapidement sa propriété.
- L’appareil que nous présentons aujourd’hui n’aura plus cet inconvénient, car, ainsi que le démontre notre figure ci-contre, un système de pinces S permet d’ajuster notre système sur le
- Allumeur automatique de gaz.
- verre à gaz L; dès qu’on ouvre le robinet et que le gaz s’échappe, notre boule de mousse de platine P allume immédiatement le bec de gaz, puis la chaleur du bec fait allonger la tige E et relever automatiquement notre plaque M qui est en mica, de sorte que de sa position horizontale primitive elle devient verticale et que notre allumeur se trouve complètement isolé de la flamme et conserve sa propriété très longtemps. 11 est très important de bien régler l’appareil une fois posé sur le verre à gaz afin que le contrepoids C formé d’une vis mobile qui voyage sur une tige soit bien ajusté. Lorsque le gaz est éteint, l’appareil doit être bien horizontal et il doit rester vertical lorsque le bec de gaz est allumé. — L’allumeur automatique se trouve chezE. Mathieu, 152, galerie de Valois, Palais-Royal, à Paris.
- E,c perce-cigares. — Le perce-cigares que nous décrivons a pour but de supprimer l’inconvénient du cigare qui a été coupé et qui se déroule peu à peu. Cet appareil a la forme d’un porte-mine {n° 1); il suffit d’appliquer la partie creuse
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- Le perce-cigares.
- sur la pointe du cigare (n° 2) et d’appuver vigoureusement sur la partie extrême. Une petite tige coupante vient faire un trou dans le cigare et par un système de ressort elle remonte d’elle-même en chassant la partie du cigare enlevée. — Le perce-cigares est en vente à la même adresse que l’objet précédent.
- 1 La dcsarigtion des Appareils est grattçte,.La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Moyen de fabriquer des pavés mixtes en pierre et en béton. — Le journal Baumaterialskunde nous apprend que M. Otto Pœtzeh a imaginé récemment un nouveau système de confection de pavés. H utilise comme tète du pavé des pierres naturelles auxquelles on donne une forme à peu près rectangulaire. On réalise les faces latérales et inférieures du pavé au moyen de béton. Les pierres naturelles employées sont striées suivant leur largeur, de centimètre en centimètre; celles de même échantillon sont placées, la tête vers le bas, dans des formes semblables en planche ou en tôle ayant les dimensions du pavé à confectionner; ces formes sont alors bourrées d’un béton composé de ciment Portland à prise lente et de gravier pur de 5 à 10 millimètres de grain. Les frais de confection s’élèvent à 2fr,50 environ par mètre carré; on peut utiliser des pierres de peu de valeur, ces pavés coûtent la moitié ou le tiers moins cher que les pavés de premier choix en pierre naturelle.
- Moulage du plâtre. •— On propose de frotter les moules en plâtre avec de l’eau de savon, comme l'on a fait jusqu’ici, pour faciliter la séparation du moule et de l’épreuve, et ensuite de passer encore sur la couche de savon une couche de glycérine.
- Alliages fusibles. — Plusieurs abonnés nous ont demandé; des formules d’alliages fusibles. Vous pouvons leur indiquer les suivantes : Alliage de Newton. Il se compose de 8 parties de bismuth, 5 de plomb et 5 d’étain ; d’après Pelouze, il fond à 94°,5 et d’après Thénard, à 90°. — Alliage de d’Arcet. Il est formé de deux parties de bismuth, 1 de plomb, 1 d’étain; il fond à 95°. — Alliage de Pelouze. Il comprend 5 parties dej! bismuth, 3 de plomb et 2 d’étain; il fond à 91°,6. — Alliage de Wood. On le fait avec 7 ou 8 parties de bismuth, 4 de plomb, 2 d’étain auxquelles on ajoute 1 à 2 parties de cadmium. 11 fond entre 66° et 71°.
- Ciment et autres matériaux inattaquables aux acides. — Le bain pour rendre le ciment et autres matériaux inattaquables aux acides est. obtenu, nous dit le Moniteur de l'Industrie et de la Construction, en mélangeant intimement de l’amiante pur en poudre impalpable avec une solution épaisse de silicate de soude industriel, le moins alcalin possible. On triture l’amiante avec une petite quantité de silicate, de manière à obtenir une pâte, laquelle est ensuite diluée dans une nouvelle quantité de silicate dissous. On obtient un produit qui, appliqué au pinceau en deux ou trois' couches, protège les surfaces du ciment contre tout liquide ou vapeur acide. Avec ce bain on peut aussi obtenir un (mortier qui sert à joindre les briques en grès vernis; les murs et cloisons ainsi revêtus sont inattaquables aux acides les plus concentrés.
- Moyen de rendre le pétrole inodore. -— On mélange 100 grammes de chlorure de zinc à 4 litres de pétrole en ayant soin d’agiter activement, puis on verse ce mélange dans un récipient contenant de la chaux vive et on agite vivement le tout afin d’obtenir un bon mélange. On laisse déposer, on décante et on a un produit absolument inodore.
- Vernis d'or pour les métaux. — Le Cosmos indiquait dernièrement le vernis d’or suivant pour les métaux : Oh prend : Laque en grain 190 grammes, Succin 60, Extrait de santal rouge 2, 8ang-dragon 40, Safran 2, Alcool 1250, Gomme-gutte 5, Verre pulvérisé 100 grammes. On mélange le tout et on laisse macérer quelques jours et on filtre. Le verre pulvérisé ne sert qu’à aider la dissolution en s'interposant entre les particules. On augmente l’adhérence de ce vernis en ajoutant 1/2 pour 100 d’acide borique.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Traitement de la dysenterie.
- Maladie des plus fréquentes et des plus graves dans les pays chauds, la grosse cause, avec l’hépatite, et les accidents palu-diques, de la terrible mortalité qui frappe nos contingents de troupes transpoi’tées aux colonies, la dysenterie s’observe encore assez souvent dans nos climats. Les traitements les mieux dirigés ont souvent du mal à arrêter ces diarrhées continues avec flux hémorragique. Un médecin de la marine, appelé à soigner de nombreux cas de cette affection, M. Gastinel, conseille' d’avoir recours aux lavements de permanganate de potasse, (à; serait, d’après lui, presque un spécifique de cette maladie.
- II se sert d’une solution au 2000% un gramme pour deux litres
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.'
- d’eau; la solution, tiédie à 40° ou 45°, est administrée à la dose d’un demi-litre, après évacuation préliminaire de l’intestin par un lavement simple, à l’eau chaude bouillie. Ce lavement de permanganate de potasse doit être gardé une à deux minutes; il agit comme désinfectant et modificateur de la muqueuse. On sait que le permanganate est un agent de désinfection des plus énergiques et dont l’emploi serait sans doute plus répandu si ce n’était l’altération profonde des linges de pansement qui sont tachés d’une façon à peu près indélébile.
- Ces lavements s’administrent deux ou trois jours de suite et il est rare que, dès le premier, les signes de la dysenterie ne s’atténuent pas dans une large mesure pour guérir ensuite rapidement. De toutes les médications connues, c’est celle qui semble donner les résultats les plus nets et les plus immédiats.
- ir x.
- La douche froide.
- Pour que l’hydrothérapie donne de bons résultats, pour qu’une douche froide ait d’heureux effets, il faut, suivant la locution vulgaire, faire la réaction. Sans réaction, le sujet se
- refroidit, éprouve des malaises, en tout cas ne tire pas bénéfice de cette méthode thérapeutique et y renonce à la deuxième ou troisième tentative. Il suffit en général de frictions, de légers massages, aussitôt la douche prise, pour amener cette réaction salutaire. Bien entendu, on ne doit pas, comme beaucoup le. font, s’éterniser sous le jet d’eau froide ou d’eau tempérée. Il suffit de quinze, vingt, trente secondes, suivant le degré de refroidissement de l’eau pour obtenir l’effet voulu, le coup de fouet destiné à relever les forces, à stimuler l’appétit et à abattre l’excitation nerveuse.
- En dépit de ces frictions, de ces massages, de l’enveloppement dans la laine, certaines personnes ont des vaso-moteurs lents à réagir. Pour faciliter la réaction, un médecin de Ragatz où l’hydrothérapie est pratiquée sur une vaste échelle pendant la saison estivale, conseille de frictionner le malade, avant la douche, avec une solution salée concentrée. On prend du sel de cuisine, on en dissout presque à, saturation et on procède à des frictions méthodiques sur tout le corps en commençant par les membres inférieurs avec cette eau salée. Aussitôt la friction terminée, le malade passe sous la douche et la réaction se produit aussitôt dans les meilleures conditions. D‘ X.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN' MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 21 Mai. . . . 10°,1 E. S. E. 1. Beau. 0,0 Peu nuageux de 8 à 11 h. ; beau avant et après ; gel. bl. ; halo.
- Mardi 22 13°,9 S. S. W. 5. Peu nuageux. 0,0 Peu nuag. jusqu’à 9 h. ; puis très nuag. ; couv. ap. 19 h.; halo; gouttes à 25 h.
- Mercredi 23 15°,9 S. S. W. 2. Nuageux. 1,0 Très nuag. jusqu’à 21 h. ; beau ensuite ; quelques averses.
- Jeudi 24 10°,3 S. 3. Couvert. 0,3 Beau à 1 h. ; puis couvert. Eclaircie le soir; pluie presque le tiers du temps.
- Vendredi 23 9°,8 W. N. W. 1. Couvert. 10,2 Couv. jusqu’à 10 h., puis très nuag. ; beau après 18 h.; quelques averses le matin.
- Samedi 26. .... . 7°,1 N. N. E. 2. Couvert. 0,1 Couvert de 6 à 10 h. ; puis très nuag. jusqu’à 18 h. ; beau le reste du temps.
- Dimanche 27 19°, 7 N. E. 1. Beau. 0,0 Beau; halo; atmosph. brumeuse le matin.
- MAI 1900. -- SEMAINE DU LUNDI 21 Al DIMANCHE 27 MAI
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 a 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Pluies. Température. — Les pluies ont été générales au milieu du mois, la température s'est relevée, mais elle est encore restée inférieure à la normale à Paris.
- Le 20 mai, des pluies sont tombées dans le nord du continent ; en France, on a recueilli 4 mm. d'eau à Briançon. A Paris, la température a été de 9°,9, inférieure de 4°,4 à la uormale.
- Le 21 mai, des pluies sont tombées dans le nord-ouest de l’Europe ; en France, on a recueilli dans le nord-ouest 5 mm. d'eau à Brest, 1 à Cherbourg. La hausse de température a continué généralement.
- Le thermomètre marquait 2° à Haparanda, 12° à Stockholm, 14° à Paris,
- 21° à Alger. On notait -+- 8° aupuy de Dôme et à 1 Aigoual, 1° au mont Mou* nier.
- Le 22 mai, le vent est resté fort du sud-ouest sur nos côtes de la Manche; il était modéré de l’ouest en Bretagne, faible du sud-est en Provence. Des pluies sont tombées dans le nord-ouest de l’Europe ; en France, on a recueilli 8 mm. d'eau au Havre, 7 à Brest, 1 à Biarritz, Paris. La température a monté, dans le nord et le centre du continent ; elle était, le matin, de 2° à Haparanda, 14° à Paris, 23° à Alger. On notait h- 7° au puy de Dôme, 6° au mont Ven-toux, 0° aü mont Mounier. A Paris, la moyenne a été de 17°,1, supérieure de 2®,6 à la normale. Le 23 et le 24 mai, les pluies ont été générales en France. On a signalé des orages à Perpignan, à Lyon, à Brest, à Paris, au mont Aigoual. A partir du 23 jusqu’à la tin du mois, temps superbe à Paris.
- PHASES DE LA LIRE \ D. Q. le 21, à 8 h. 49 m. <a soir.
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- N° 1411 (9 juin 1900), du journal « LA NATURE»
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS'
- —(§— Par décret en date du 27 mai rendu sur la proposition du ministre de l’instruction publique, M. Edmond Perrier, membre de l’Académie des sciences, professeur de zoologie (annélides, mollusques et zoophytes) au Muséum d’histoire naturelle, est nommé directeur de cet [établissement pour une période de cinq ans, en remplacement de M. Milne Edwards, décédé.
- Le congrès des Sociétés savantes s’est réuni mardi dernier à la Sorbonne ; il durera jusqu'à samedi. D’habitude, il a lieu pendant la semaine de Pâques. On l’a retardé cette année en raison *de l’Exposition.
- —%— L’Académie des sciences et belles-lettres de Lyon a fêté te 50 mai son deuxième centenaire. L’Académie Lyonnaise a été fondée en 1700. Elle a été et est restée célèbre dans notre pays. Voltaire tint à honneur d’y être reçu. Elle a compté parmi ses membres Jean-Baptiste Say, Ampère, Ozanam, Francisque Bouillier. Aujourd’hui, dans l’ordre des sciences, elle compte M. Camille Jordan, MM. Bouchard et Chauveau de l’Académie des sciences, professeur Ollier, etc.
- —On annonce de Denver que le professeur Hawe, de l’université de cette ville, a retrouvé la planète Eros près de la première étoile de la constellation du Bélier,
- —|i,— L’U. S. National Academy of Sciences a décerné la médaille Barnard au professeur Rôntgen pour sa découverte des rayons X. Cette médaille est décernée à la fin de chaque période quinquennale pour une découverte en physique ou en astronomie, ou bien pour une nouvelle application de la science pouvant bénéficier à l’espèce humaine. La première a été accordée à lord Raleigh et au professeur Ramsay pour avoir, en commun, découvert l’argon.
- —'S— Le conseil municipal de Bordeaux a voté un crédit de DDOO francs pour assurer pendant l’année 1900 le fonctionnement d'un institut antirabique à adjoindre au service antidiphtérique déjà existant.
- —Lue délégation de Collioure a demandé au préfet des Pyrénées-Orientales d’intervenir auprès du ministère de la marine |MÎur obtenir que des mesures soient prises en vue de la destruction des marsouins qui pullulent sur nos côtes. Les marsouins, en nombre considérable depuis quelques années, suivent les bans de sardines et d’anchois et détruisent les filets des pêcheurs, leur faisant subir des pertes énormes. Il devient impossible aux marins tle Collioure de se livrer à la pêche des sardines et des anchois qui leur procurait jusqu’ici d’importants revenus. Depuis l’invasion des marsouins, la plupart des bateaux de pêche ont dù désarmer. En moins de cinq ans, la population de Collioure a diminué de six cents habitants, et en ce moment la misère est extrême parmi les pêcheurs qui réclament instamment l’envoi de Toulon d’un garde-pêche à vapeur qui donnerait la chasse aux marsouins.
- -®- A l’inauguration de la section irlandaise de Y Institution of Electrical Enaineers, le professeur Fitz-Gerald a prononcé, sur les applications de la science électrique, un discours dont nous détachons le passage suivant : « Il est remarquable que l’application des découvertes scientifiques des dernières années du siècle a été faite par d’autres que par des Anglais, ou par des maisons dirigées par des étrangers, comme les frères Siemens. Cela tient à ce que les autres peuples ont, plus que les Anglais, foi dans la fécondité industrielle des découvertes scientifiques. Cette foi s’est développée partout, en Amérique et en Europe, mais en Anglereri’e moins qn ailleurs. Il en est résulté que tandis que les germes de nom-
- breuses découvertes avaient pris naissance chez nous, nous sommes restés en retard pour les applications de l’électricité depuis le télégraphe sous-marin. Il est possible aussi que ce soit le résultat de l’obstination avec laquelle nous nous cramponnons'à notre abominable système de poids et mesures, si l’on peut appeler système un pareil gâchis. Je vois avec grand plaisir l’opinion publique se prononcer graduellement en faveur du système métrique.
- —®— La ménagerie du Muséum a reçu dernièrement divers animaux. M. le comte Lèontief, retour d’Abyssinie, a olïert un « guépard », mammifère carnassier de la taille des léopards et des panthères, un « caracal », autre carnassier de la taille d’un chat ou d’un lynx, et un singe cynocéphale, ainsi nommé parce que sa tête est allongée comme celle d'un chien. M. Binger a fait don d’une antilope (cephalophus dorsalis] rapportée de Grand-Bassani. M. Bastard a envoyé de Madagascar une genette de Schlegel vivante. La genette est, on le sait, un carnassier dont l’espèce est voisine de celle de l’odorante civette. Enfin M. Baron, agent du service maritime postal, a otfert deux singes cercopithèques et un cercocèbe rapportés par lui du Congo.
- —®— Station navale de désinfection. Le service des hôpitaux maritimes des Etats-Unis vient de créer une station navale de désinfection pour le port de la Havane. Elle porte le nom caractéristique de « Sanator », et possède des appareils au formaldéhyde, au bichlorure de mercure, un fourneau pour fumigations au soufre, etc.
- . —®)— Il paraîtrait que les locomotives américaines ne sont pas appréciées dans l’Inde. La Compagnie « Bombay, Baroda and Central India Railwav » a acheté récemment une dizaine de locomotives aux ateliers Baldwin, et il semble qu elles coûtent plus cher que les locomotives anglaises comme fonctionnement, et aussi comme entretien. On se plaint également qu’elles soient trop longues pour les plaques tournantes, mais cela signifie simplement qu’il faut mettre à leur disposition des plaques de dimensions suffisantes.
- —(g)— Le record de la maternité était jusqu’ici détenu par une femme de Géorgie, Etats-Unis, qui s’appelait Sally Shiver et avait eu vingt-sept enfants. Il appartiendra désormais à une femme de Sicile, signura Granata, qui n'a pas moins de quarante-deux enfants. Signora Granata s'est mariée à vingt-six ans ; elle eut, au bout d’un an de mariage, une petite fille. Dix mois plus tard, elle accomplit un coup d'éclat et eut d’un seul coup cinq garçons, tous viables et très bien constitués ; ensuite, vint un petit trio, puis un petit quatuor; chaque année, deux, trois ou quatre rejetons vinrent s’ajouter à sa famille; enfin, il y a quelques jours, signora Granata eut la joie de faire présent à son mari de cinq petites filles qui forment un total de quarante-deux enfants. L’Instoire est-elle vraie? Nous la reproduisons sans en garantir l’authenticité.]
- —®— Viandes blanches et viandes noires. Dans un récent article, les docteurs allemands Offer et Rosenquist s'élèvent contre l’opinion courante que les viandes blanches sont de digestion plus facile que les viandes noires, et meilleures pour l’alimentation des malades. Pour eux, il faut considérer que la quantité d’acide urique et de substances azotées n’est pas sensiblement différente dans le poulet, le veau, le porc, le bœuf, le mouton, etc. ; le seul moyen, à leur avis, de diminuer chez un malade l’ingestion de ces matières extractives délétères, c'est tout simplement de diminuer la ration de viande.
- —®— Un autographe du général Joubert. Un sauf-conduit signé par le général Joubert s’est vendu à Londres 5 livres sterling 10 shillings, soit 157 francs. Les autographes de Gladstone coûtent 12 francs, ceux du prince de Galles 5 francs, et ceux de Cornélius Herz 0fr,25. Le prix attribué par le public aux autographes de ces différents personnages semble proportionnel à l’importance du rôle qu’ils auront joué, à la place que leur réservera l’histoire.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Communications. — M. le général Cosseron de Villenoisy, à Paris, nous écrit : « L’éclipse du 28 mai a eu, entre autres résultats, celui d’attirer l’attention sur le soleil et les rayons qu’il émet. Le moment paraît donc propice pour signaler cette «piestion : Que deviennent les rayons du soleil, à quoi servent-ils? et je me permets de la présenter aux lecteurs de La Nature. A quoi ils servent, me diriez-vous, mais ils nous chauffent et nous éclairent. Je' ne l’ignore pas et sais, en outre, qu’ils entretiennent la vie de tout ce qui existe sur la terre, qu’ils sont la cause des vents et des pluies, l’origine de toute force visible ; aussi ne suis-je pas surpris de l’adoration dont le soleil a été l’objet chez des peuples anciens. Mais je sais aussi que la Nature procède toujours avec une sage économie, ne fait rien sans avoir un but et emploie pour cela la plus petite quantité de moyens. C’est ce qu’on appelle le principe de la moindre action. Or la quantité de rayons solaires reçus par la terre, par la totalité des planètes et de leurs satellites, n’est qu’environ la millionième partie de ceux que l’astre émet en tous sens. On est donc autorisé à se demander à quoi servent les autres, que deviennent-ils? puisqu’ils ne sauraient être dispersés pour rien dans l’espace. Et même, ceux reçus par la terre, qui sont éteints dans l’atmosphère, absorbés par les nuages, par les déserts, les terres incultes ou par les glaces du pôle, que deviennent-ils, quelles sont les transformations de cette force qui ne saurait être perdue? »
- M. Jacques, directeur de l’usine hydro-électrique du Saillant (Corrèze), nous adresse la Note suivante : « La Société des forces motrices de la Vézère installe en ce moment un transport de force motrice entre le Saillant, commune de Youtezac (Corrèze), et Limoges; la distance est de 75 kilomètres; la tension primaire atteindra 20 000 volts. L’usine installée sur la Yézère pourra contenir sept turbines verticales Francis de 000 chevaux et deux de 100 chevaux; actuellement on en installe trois grandes et deux petites. Les grandes actionneront directement à 500 tours des alternateurs à courants triphasés au potentiel de 8000 volts, transformé à 20 000 pour la ligne et réduit à 5000 à l’entrée à Limoges ; les petites turbines actionneront les excitatrices. En amont de l’usine où se trouve un barrage, part le canal d’adduction d’eau, qui, après un parcours de 1 kilomètre, aboutit à une chambre d’eau d’où aescendent les conduites ; la chute utile est de 45 mètres. Les isolateurs d’un modèle spécial sont montés en triangle sur une monture métallique fixée au-dessus des poteaux, ils ont été easayés à 45 000 volts avant leur mise en place. Chaque poteau a un fil à la terre et de plus il y a des parafoudres à antennes tous les 4 kilomètres. »
- M. Ch. Besnard, à Chateaubriant, nous a fait parvenir une épreuve d’un cliché qu’il a obtenu le 28 mai dernier à 4 heures du soir pendant que l’éclipse était à peu près à son maximum. 11 nous donne les renseignements suivants: « Ayant pris une photographie du soleij, l’idée me vint de faire ce cliché pour voir quel résultat allait donner la lumière toute spéciale que le soleil répandait à ce moment. Ma surprise fut grande lorsque je m’aperçus que des objets placés derrière le sujet étaient nettement visibles. Yous remarquez en effet que le guidage du gazomètre situe à environ 25 mètres derrière et un tas de la poussière coke qui en était à 10 mètres se distinguent clairement, une partie de la ceinture est invisible et laisse voir l'étoffe de la chemise. De plus je me demande si la partie blanche de la jambe droite n’est pas sa jambe. À gauche du sujet il y a comme une reproduction du buste assez flou comme s’il y avait eu effet de mirage. Afin d’essayer de me faire une opinion sur cette cause je me suis reporté à l’article de La Nature du 16 obtobre 1897 (La photographie à travers les obstacles), et j’y ai trouvé que l’auteur attribue ces illusions à un déplacement du sujet. Or je certifie que le sujet n’a pas bougé. La jiose a été de 5 seconde^ au plus avant le soleil derrière légèrement à ma gauche. Je reste persuadé que cette transparence est
- spécialement due à la condition toute spéciale de la lumière émise à ce moment par le soleil et j’espère qu’il s’en trouvera parmi vos lecteurs de plus autorisés pour éluder cette question.»
- M. Mercier, à Mamers, nous écrit : — « En parcourant la très intéressante collection du journal La Nature, je trouve n° 1578 du 21 octobre 1899 un article intitulé Une voie de chemin de fer à deux usages et présentant comme nouveau et original le doublement de la ligne de Luc à Courseulles, exécutée, d’après l’article, en août 1899. Nous possédons ici une voie établie d’après le même procédé. La compagnie de « Mamers à Saint-Calais exploite depuis vingt-cinq ans environ une voie à l’écartement normal. Depuis le mois de juin 1898, la Compagnie des Tramways à vapeur de la Sarthe a établi une ligne au Mans à Mamers et emprunte la voie de la Compagnie précitée sur un parcours de 4 kilomètres, entre Saint-Remy-des-Monts et Mamers. Comme la voie du tramway est à l’écartement de 1 mètre, on a placé un rail intérieur. Ainsi donc identité pour les deux lignes et légère antériorité de celle de Mamers sur celle qui fait l’objet de votre article. Il convient de remarquer que, lorsque, il y a une vingtaine d’années, on a construit la ligne de Mamers à Mortagne par Bellême, pour le compte de la Compagnie de l’Ouest, on s’est déjà servi du tracé commun de Mamers à Saint-Remy. Mais, à cette époque, l’autre solution a prévalu et les deux lignes de l’Ouest et de Mamers à Saint-Calais, toutes'deux d’ailleurs à écartement normal, se longent sans se confondre. En résumé, trois systèmes distincts de véhicules circulent sur cinq rails. »
- Renseignements. — M. F. Henry, à Paris. — 11 n’y a 5 craindre aucune explosion dans ces conditions.
- M. L. N., à X. — Nous n’avons pu retrouver cette formule ; tous nos regrets.
- M. A. IF., à Gand. — Comme nous l’avons dit précédemment, il faut compléter la phrase de la façon suirante; on ajoute une cuillerée à café d’une solution d’extrait aqueux.
- M. Hochart, à Calais. —- 1° L’adresse demandée est 41, quai desGrands-Augustins, à Paris. — 2° Yous trouverez divers traités à ce sujet à la librairie Gauthier-Villars, 55, quai des tirands-Augustins, à Paris.
- M. Chrétien, à Toulon. — Nous avons indiqué les formules de sensibilisateurs pour cartes postales dans les Nouvelles scientifiques des nos 1558 et 1540 des 21 et 28 janvier 1899.
- M. le Dr D., à Bône. — Adressez-vous à la librairie Bernard, et Cie, 25, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. A. D., à Tournai. — Yous pourriez consulter avec profit l’ouvrage Dorure, publié dans la collection des manuels Rond à la librairie-Mulo, 12, rue Haute feuille, à Paris.
- A/. F. Lame, à Saint-Nazaire. — Des essais ont déjà été jfaits ; on obtient de meilleurs résultats avec la solution de [ôtasse •caustique.
- M. Bernardt, à Paris. — La peau n’absorbe ]>as,-excepté,, comme vous le dites très bien, quand on prend pour véhicule d’un médicament, la lanoline, ou l’agnoline. M. Jamin, autrefois, a fait de nombreuses expériences sur l’absorption des médicaments (iodures, bromures), dans les bains à Néris. Mais la question est restée en suspens. Tout récemment M. le Dr Gaillard (dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences), a mis hors de conteste que la peau absorbait les bromures et d’une façon très nette.
- M. E. R., à Nancy. — Nous avons parlé du nouveau train rapide du Nord dans le n° 1596 du 24 février 1900. Nouspen-sons faire bientôt une étude des locomotives des diverses compagnies de chemins de fer.
- Un abonné, à Montevideo. — Le liquide employé dans les thermomètres est de l’alcool teint avec de l’orseillc. Il y a toujours décoloration à la lumière. Aucune teinture ne résiste à la longue.
- M. P. S., à Toulon. — Vous trouverez ces piles chez M. Ra-diguet, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, ou à M. Ducretet, 75, rue Claude-Bernard, à Paris.
- M. G. Delamotte, à Paris. — Nous ne saurions vous renseigner convenablement ; il faudrait vous adresser à M. de Launay, professeur à l’École des Mines, à Paris.
- M. Janin, à Marseille. — Nous ne connaissons pas de procédé spécial. • -
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Dubois-, à Marseille. L’analyse chimique complète seule pourra vous donner ces renseignements. — M. D. Ii., à Paris. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre sériera la librairie Masson et Cie. — M. L. Dumont, à Paris. Voyez le même livre, 5e série, à la même librairie. — M. G. Verant, à Blois. Remerciements pour votre communication.
- Dans ta « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- RECETTES PHOTOGRAPHIQUES
- Pinces à pellicules de M. Grosjean.
- Los appareils (pii emploient dos surfaces sensibles sur pellicules sont assez nombreux pour qu’on cherche à rendre facile le développement et le maniement de ces dernières dans les divers bains. Il y a toujours une certaine difficulté à les tenir planes et à ne pas érailler la couche sensible quand on les laisse flotter librement tandis que si on les attache à une plaque de verre on les manie comme un cliché ordinaire. Pour cela M. Grosjean a imaginé de minuscules pinces en celluloïd qu'on place aux quatre coins pour les pellicules
- de petite dimension et dont on augmente le nombre pour les 11x12 ou les 13 x18. Ces pinces ont un ressort suffisant jiour assurer l’adhérence sans abîmer la couche sensible qu’elles ne touchent que par un point, la matière dont elles sont composées n’est attaquée et ne peut nuire à aucun bain. C’est un petit accessoire très utile pour tous ceux qui utilisent de la pellicule, — Se trouve chez tous , les fournisseurs de produits photographiques. G. M.
- La photographie à Y Exposition
- On a voulu favoriser la photographie d’amateur à l’Exposition universelle en laissant libre de toute redevance l’appareil tenu à la main, quel que soit du reste son volume. On ne peut faire que des instantanés; mais avec les plaques actuelles et les objectifs à grande ouverture c’est facile la plupart du temps. On peut donc faire des clichés de tout ce qui se présente dans le champ de l’objectif quand on est sur la voie publique. Il n’est pas besoin d’autorisation pour photographier la façade des palais, même particuliers ; mais il n'en est pas de même pour l’intérieur; il faut ici demander à l’exposant une autorisation spéciale. Plusieurs attractions situées soit dans l’enceinte de l’Exposition, soit au dehors offrent un intérêt particulier pour l’amateur et nous nous sommes informés des facilités qui lui étaient accordées par les directeurs de ces établissements. Le « Village suisse » est l’un des endroits où l’on aura le plus à récolter : le décor, les costumes, tout se prête à former une fort jolie collection de vues stéréoscopiques, ou de projections. On fait payer un droit de cinq francs pour l’entrée d’un appareil à main, l’autorisation est datée et sert pour la journée entière ; on peut donc y aller le matin et y retourner l’après-midi pour certains clichés mieux éclairés à ce moment. Dans d’autres établissements tels que le « Vieux Paris », la « Grande roue », la « Cour des miracles », on ne semble pas bien fixé sur ce qu’on veut faire à ce sujet, néanmoins on peut toujours emporter son appareil : jusqu’à présent on a laissé opérer. A « Venise » et à 1’ « Andalousie » les directeurs n’ont pas l’intention de faire payer, ils laissent l’amateur absolument libre ; il y a dans ces deux établissements de jolis décors et des modèles costumés qui se prêtent volontiers à faire « premiers plans », ce qui est fort utile pour le stéréoscope surtout.
- Si des renseignements nouveaux nous parviennent à ce sujet, nous les ferons connaître à nos lecteurs.
- Une bonne formule pour l'amidol.
- On a. .dqnné des formules si variables pour l’emploi du diamidophénol, ou amidol, que les'avis sont très partagés sur ce révélateur; certains amateurs sont satisfaits de son emploi, d’autres n’obtiennent rien de bon. Voici une formule qui,
- pensons-nous, donnera satisfaction à tous
- Eau.........................................1011
- Sulfate de soude anhydre chimiquement neutre
- (Lumière)................................. 15
- , Diamidophénol...................... 1.50
- Bromure à 10 pour 100........................ 1 cc.
- Nous insistons sur le mot chimiquement neutre, car nous
- pensons que les insuccès proviennent très souvent de ce que le sulfite anhydre n’est pas neutre.
- Si l’on veut préparer soi-même du sulfite neutre on fait dissoudre (dans le moins d’eau possible) à environ 80° du sulfite ordinaire du commerce et on y ajoute quelques gouttes d’acide sulfurique dilué, ou du bisulfite de soude, jusqu'à ce qu’un papier coloré avec la phtaléine du phénol, trempé dans la solution, ne tourne plus au violet. On laisse alors refroidir et par cristallisation on retrouve du sulfite neutre.
- G. M.
- BIBLIOGRAPHIE
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- Le fluor et ses composés, par M. Henri Moissan, de l’Institut. I vol. in-8°. G. Steinheil, éditeur, Paris. 1900. Prix : 15 francs.
- C’est une bonne fortune qu'un ouvrage sur le fluor et ses composés par celui-là même qui est parvenu à isoler ce corps. Les premiers chapitres sont consacrés à l’isolement du fluor, aux nouveaux appareils producteurs de fluor, aux propriétés physiques du fluor. Viennent ensuite les éludes des combinaisorfs dû fluor aVee les métalloïdes et avec les métaux. L’ouvrage est rempli de documents chimiques du plus haut intérêt.
- Traité de Homographie. Théorie des abaques, applications pratiques, par Maurice d’Ocagxe, ingénieur des ponts et chaussées, professeur à l’Ecole des ponts et chausséi s, répétiteur à l’Ecole polytechnique. 1 vol. grand ih-8°. Librairie Gauthier-Villars. Paris, 1899. Prix : 17 francs.
- La nomographie est l'objet d’un nouveau chapitre de la science qui a pour but de remplacer les calculs numériques qu’exigenlj les applications de la science dans leur multiple variété, par- des tableaux graphiques qui en fournissent les résultats à simple vue ' toutes les fois que les représentations graphiques sont susceptible^ 'd’une approximation sriffisante. Tel est l’objet des études que M. Maurice d’Oeagne a poursuivies, avec grand succès, et qu i! nous expose dans son traité.
- La spéléologie ou science des cavernes, par E.-A. Martel,
- . 1 vol. in-16 de la Collection Scientia. G. Carré et A a ml, éditeurs. 1900.
- En quelques pages, notre collaborateur, M. E.-A. Martel, a su très nettement, et d'une façon très intéressante, expliquer la spér léologie ou science des cavernes, dont il a planté les premieis jalons. 1
- Le corset. Élude physiologique et pratique, par Mme Gâches Sarraute, docteur en médecine. 1 vol. in-8°. Paris, Masson et Cie.
- Ce livre est utile à consulter et il ramènera à la santé beaucoup de jeunes filles et de mères de famille atteintes dans leurs fonctions les plus essentielles, maladies de l’estomae, affections respiialoires, cardiaques, etc.
- La mécanique à l’Exposition de 1900, publiée sous le patronage et la direction technique d’un comité de rédaction. Secrétaire : M. G. Richard, ingénieur civil des mines. 1ro livraison : Les installations mécaniques de l’Exposition, par Gabriel Eude, ingénieur du service des installations mécaniques. 1 brochure ih-4°. Ve Ch. Dunod, éditeur. Paris;. 1900. -
- L’électricité à l’Exposition de 1900, publiée avec le concours et sous la direction technique de MM. E. Hospitalier et J.-A. Montpellier. 1er fascicule : Organisation et services généraux de l’Exposition. 1 brochure in-4°; Y,e Ch. Dunod, éditeur. Paris. 1900.
- Comment on défend sa bouche. La lutte pour la conservation des dents, par le Dr Hexry Labonne. 1 brochure in-lfi. Société d’éditions scientifiques. Paris. 1900. Prix : 1 franc-.
- Traité élémentaire d’électricité avec les principales applications, par R. Colson, commandant du génie. 1 vol. in-18. 3e édition. 1900. Librairie Gauthier-Villars. Paris. Prix ; 3fr,75.'
- Les parfums comestibles, par G.-F. Jaubert, docteur ôs sciences, directeur de la « Revue générale de chimie pure et appliquée ». 1 vol. petit in-8° de l’Encyclopédie scientifique des aide-mémoire. Librairie Gauthier-Villars. Prix ; broché, t2fr,50 ; cartonné, 3 francs. Paris. 1900.
- Droits et devoirs de l’exposant et du concessionnaire a l’Exposition internationale universelle de 1900 et à toutes autres Expositions, par Xavier de Borssat, avocat à la cour d’appel, et Maurice Cabs, avocat. 1 vol. in-18. Paris, Giard et Biière, éditeurs. 1900. Prix : 3 francs.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Jj's moteurs modernes à eau, à gaz, à pétrole ou électriques, par Félicien Michdttk, ingénieur des arts et manufactures. 1 vol. in-18. Jletzel, éditeur. Paris, 1900. Prix : 4fr,50.
- L’électricité et ses applications, par le I)' Foveau de Cour-meu.es. 1 vol. in-18 de la « Petite Encyclopédie populaire illustrée ». Paris. Schleicher frères, éditeurs. Prix : 1 franc.
- Les îles Blanches des mers du Sud, par le R. P. Fernand Hartzer, missionnaire du Sacré-Coeur. I vol. in-8". Librairie Vie et Amat, Paris. 1900. Prix : 5 francs.
- Comment on se défend contre les maladies du sang. La lutte contre l’anémie et les pâles couleurs, par le I)r Henry Labonne. 1 Produire in-8°, à la Société d’éditions. Paris. Prix : 1 franc.
- La traction mécanique et les voitures automobiles, par G. Leroux, ingénieur chef du service de la traction mécanique C. G. O. et À. Revel, ingénieur à la Compagnie générale des omnibus. 1 vol. in-18. J.-R. Baillière et tils, éditeurs. Paris. Prix : 5 francs.
- Manuel du répertoire bibliographique des sciences agricoles établi d’après la classification décimale, par V. Yermorel. 1 vol. in-8®. Cli. Béranger, éditeur. Paris. 1900.
- Comment on a faif l’Exposition, par Michel Corday. 1 vol. in-16. E. Flammarion, éditeur. Paris. Prix : 5fr,50.
- Matériaux pour la climatologie du sud-ouest de la Russie, par A. Klossovsky. Texte et cartes. — Annales de l’Observatoire magnétique et météorologique de l’Université impériale à Odessa, par A. Klossovsky, 1498 et 1899. Brochures in-4°. Imprimerie de la Société des éditions typographiques de la Russie méridionale. Odessa. 1900.
- Trente mois au continent mystérieux. Gabon-Cotigo et côte occidentale d’Afrique, par Payeur-Didelot, ancien membre des missions de M. le I)' J. Crevaux et de M. de Brazzaf dans l’ouest africain. 1 vol. in-8°. Berger-Levrault et Cie, éditeurs. 1900. Prix : 5 francs.
- Le son dans la nature, par Edmond Bailly. 1 brochure in-8®. Paris. Librairie de l’art indépendant. 1900.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSEBVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 28 Mai. . . . 14”, 0 » 0. Beau. 0,0 Très nuageux de 11 à 20 b. ; beau avant et après ; colonne lumineuse verticale au lever du soleil ; halo.
- Mardi 29 11”,9 N. E. 2. Beau. 0,0 Nuag. de 11 à 20 b. ; beau avant et après ; brouillard sur Marne à 7 h.
- Mercredi 30 9”,9 N. 5. Couvert. 0,0 Beau à 1 b. ; couvert ensuite ; bruine à 7 h.
- Jeudi 31. 10”,5 n. 5.; Couvert. 0,0 Couvert; petite pluie de 17 b. 1/2 à 19 b. 1/2.
- Vendredi 1" juin . . 11”,3 N. 2. Couvert. 1,0 Cou\. ; pluie les deux tiers du temps.
- Samedi 2 14”,5 E. 1. Peu nuageux. 4,5 Nuag. : quelq. coups de tonn. au S. W. de 17 b. 10 à 30; éclairs de ce côte de 21 à 23 h. ; pl. mouille pavé à 16li. 30.
- Dimanche 3 16”,1 N. E. 2. Nuageux. 0,0 Nuageux; brumeux.
- MAI-JUIN 1900. --- SEMAINE LU LUNDI 28 MAI AU DIMANCHE 5 JUIN
- La courbe supérieure indique la nébulosité de O à 10 J les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- I n ouragan en Bosnie. — Un ouragan s’e>t abattu, le 50 mai, sur la Bosnie; à Serajevo, dix maisons ont élé détruites, tous les bestiaux ont été tués. Le pont de Jeuica a été emporté par les eaux.
- I.e temps en France. — Le temps s'est maintenu au beau dans les premiers jours de la semaine, surtout dans le sud ; mais il a été nuageux dans le nord. De faibles pluies ont été signalées vers le littoral de la mer
- Baltique et de la mer du Nord. A l’aris, le 28 mai, le temps était couvert l'après-midi ; la température moyenne a élé de la0,3 sensiblement égale à la normale.
- A partir du 30 mai, la température s’abaisse, et le ciel devient nuageux. I.e thermomètre marque 4° à l'Aigoual, 1° au pu y de Dôme, 0° au pic du Midi, 14°,7 à Paris.
- Pluie à Paris le 31 et dans tout le nord-ouest de la F rance. Le 1" et le 2 juiu, pluies générales.
- Orage à Paris dans la journée et ders la soirée du 2 juin.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 28, à 2 h. 59 m. du soir.
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- || N° 1412 (16 juin 1900), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFF ARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— L'Académie des sciences de Vienne, vient] de décider la création d’archives phonographiques qui pourront redire aux générations futures comment leurs ancêtres se sont exprimés, comment ils ont parlé à la tribune ou dans la chaire, comment ils ont déclamé •ou chanté au théâtre. Désormais, les orateurs, les acteurs et les chanteurs célèbres, qui jusqu’ici n’avaient joui que d’une gloire relativement éphémère, passeront à la postérité au même titre que les sculpteurs et les peintres les plus illustres. Les archives plionogra-
- eues se divisent en trois parties : la première comprendra les .ues et dialectes européens à la fin du dix-neuvième siècle, puis successivement les langues des différents peuples de la terre; la deuxième sera réservée à la musique ; enfin, la troisième renfermera les discours et les paroles des grands hommes, de telle sorte que le caractère et l’accent de leur langage soient conservés. Une commission de savants s’occupe actuellement de la manière de mettre ce projet à exécution. Elle propose de remplacer les plaques résineuses réceptrices des sons du graphophone, employées jusqu’ici, en plaques en métal qui résistent mieux à la durée du temps. On s’occupe également en France de créer des archives phonographiques. *
- —<®— Le tir contre la grêle avec des canons spéciaux prendjjde ljextension. Près de 2000 stations de tir contre la grêle on été créées en Italie et d’autres ailleurs à l’étranger ; 50 stations vont être établies cette année dans le Beaujolais, dans la commune de Denicé. Le prix du canon et de son abri est de 160 francs environ; la charge est de 100 grammes de poudre. Chaque station doit tirer environ .50 coups de canon pour obtenir la préservation du vignoble pendant la formation d’un orage à grêle. Un canon protège environ 25 hectares. La question est d’intérêt général. Nous y reviendrons tout spécialement,
- -ST. A l’occasion du Congrès à la Sorbonne des Sociétés savantes, l’Association de la Presse de l’Institut et des Sociétés savantes s’est «éunie à l’Exposition sous la présidence de M. Henri de Parville. ‘.Déjeuner fort gai suivi d’une causerie-promenade de M. Max de Nansouty au Champ-de-Mars. M. E. Rivière a montré au Trocadéro aies moulages des dessins gravés par les premiers hommes qu’il a alécouverts dans des grottes du midi de la France.
- —®— Notre collaborateur, M. L. Bâclé, vient d’être nommé membre du Conseil d’administration de la Société d’encouragement pour la métallurgie, en remplacement de M. Jordan, décédé.
- Or®- M. Léopold Delisle, administrateur de la Bibliothèque nationale, vient d’acquérir pour le cabinet des manuscrits une pièce unique trouvée en Asie Mineure par un officier d’artillerie qui traversait en mission cette contrée. C’est un fragment d'évangile de «aint Mathieu, en grec, sur parchemin pourpré. Les lettres d’or sont accompagnées de cinq peintures qui seront, à raison de leur grande valeur tant archéologique qu’artistique, reproduites spécialement pour l’Académie des inscriptions et belles-lettres, et feront l'objet <l'une étude que publiera M. Aumont, membre de l’Institut, conservateur des manuscrits de la Bibliothèque nationale. A la demande <lc M. Delisle et des autres administrateurs de Chantilly, l’Institut vient d’acquérir pour la bibliothèque du château le livre d’heures, exécuté en 1549 pour le connétable de Montmorency par les mêmes artistes qui firent celui de Henri II, déposé jadis au musée des souverains et conservé actuellement au nombre des plus belles pièces vie la réserve de la Bibliothèque nationale.
- ! —M— Le 1er juin, on a pu voir fabriquer à l’Exposition, section des arts chimiques (Allemagne), de l’air liquide en grand, par les I Focédés du Dr I.inde. L’air liquéfié tombe dans un récipient de
- verre. Les opérateurs le versent ensuite dans une éprouvette, et font geler à son contact du mercure, de l’alcool, instantanément.
- —(g)— Le second volume des Annales de l’Observatoire national d’Athènes contient un catalogue des tremblements de terre survenus en Grèce de 1893 à 1898. Ce catalogue ne renferme pas moins de 150 pages in-4° et mentionne 3187 secousses. En tenant compte de la surface, il en ressort que les tremblements de terre sont environ deux fois plus fréquents en Grèce qu’au Japon. C’est surtout en avril e t|en mai que se produisent les secousses.
- —'§)— Des secousses de tremblement de terre ont été ressenties dans la nuit du 3 au 4 juin sur différents points de l’Alsace. A Strasbourg, entre minuit et une heure du matin, on a constaté deux secousses assez fortes pour ébranler les meubles dans les maisons. Le phénomène a été observé à Benfeld, Sand, Ribeauvillé, Rothau. Dans plusieurs de ces localités, il y a eu jusqu’à quatre secousses av.ee accompagnement de bruits souterrains. •
- Dans la nuit du 4 au 5 juin, à Fraize (Vosges), on a ressenti deux légères secousses de tremblement de terre : l’une à 9 heures du soir, l’autre à lh45 du matin. La première, la plus faible, n’a été qu’une espèce de vibration et n’a duré qu’une seconde à une seconde et demie, la seconde, plus forte, était formée de deux oscillations assez amples, du sud-est au nord-ouest, et a duré environ deux secondes,
- —(g— Un ouragan d’une extrême violence s’est déchaîné, le 3 juin, sur la ville de Tolède. On a constaté 25 centimètres de grêle dans les rues. Les récoltes sont entièrement perdues dans la campagne. Des tempêtes très violentes ont causé des dommages considérables en Andalousie. A Séville, plusieurs rues ont été inondées. La foudre a causé des dégâts à des bureaux télégraphiques et téléphoniques ainsi qu’à plusieurs églises.
- Les orages ont été fort nombreux également en France. Le 5 juin, des inondations se sont produites dans l’arrondissement de Narbonne. L’Aude est sortie de son lit. La plaine de Coursan est restée sous l’eau et l’ancien étang de Capeslang a été entièrement submergé. À Tours, la foudre est tombée sur le clocher de l’église de Saint-Symphorien, y causant de sérieuses dégradations.
- Un orage d’une violence extraordinaire a sévi pendant toute la nuit du 5 au 6 juin sur Tliiers et les environs. Les dégâts matériels ont été considérables. Le quartier du Moutier a été inondé. Le 6 juin des orages ont sévi avec fureur sur Saint-Etienne. La foudre est tombée en plusieurs endroits, notamment sur l’école professionnelle libre, située sur la colline de Sainte-Barbe. Dans la campagne voisine de Saint-Etienne, les terrains ont été profondément rqvinés. A Saint-Chamond et à Izieux-, les dégâts occasionnés par l’inondation du Gier ont été très sérieux.
- A Bordeaux, depuis le 4 juin, des averses sont tombées dans toute la région. II en est résulté une crue inquiétante de la Garonne qui a atteint, le 6 juin, à Agen, 6 mètres au-dessus de l’étiage. à Tonneins 7 mètres, à Marmande 7m,70, à la Réole 6m,60. Dans la traversée des villes, l’eau affleurait les quais ; aux environs, les plaines riveraines étaient inondées. Les affluents de la Garonne supérieure, Sarlat, Ariège, Gers*, etc., étaient également en crue.
- Les eaux du Tarn, arrêtées par la crue de la Garonne, ont monté de 4m,10- La Garonne marquait, le matin, 7m,27 à la Réole.
- A Bordeaux, le 7 juin, elle a atteint 8ro,80 dans l’après-midi. A Marmande, l’eau a atteint 7“,99.
- On fi également signalé des orages à Lyon, à Vienne où la grêle a causé de grands ravages, à la Tour-du-Pin, Bourgoin. Dans le canton de Coudrieu, un cyclone a ravagé toutes les propriétés.
- —®— Le premier tronçon du chemin de fer métropolitain de Paris, de la porte de Vincennes à la place de la Bastille, a ôté inauguré le 7 jum 1900.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Communications. — M. Alexandre Menschikoff, professeur de chimie à Karkoff (Russie) nous transmet les renseignements suivants: « Vous donnez dans votre estimable Revue scientifique n" 1410 du 2 juin sous la rubique « Recettes et procédés utiles » la composition d’un ciment inattaquable aux acides: Théoriquement cette recette serait excellente, mais dans la pratique ce ciment, comme du reste tout ciment au silicate soluble, est inutilisable à cause du retrait qu’il subit quand il sèche, car les fentes qui se produisent laissent passer les acides et attaquent l’intérieur des parois: Nous avons fait en Russie depuis de longues années des essais de toute sorte sans avoir pu arriver à une solution satisfaisante. »
- M. E. Berteau, architecte, sous-inspecteur des travaux de 1900 à Paris, nous envoie une Note intéressante sur l'Automaticité des appareils de sécurité installés contre l’incendie d’un théâtre : « La catastrophe du Théâtre-Français,-écrit-il, vient encore de montrer que, malgré toutes les mesures de sécurité imposées, tout le monde avait été pris au dépourvu. Le rideau de fer n’a pas été abaissé. Le service du grand secours n’a pas fonctionné. Les pompiers ont été prévenus tardivement. Aucun signal n’a pu avertir les artistes dont les loges sont sous les combles. Aucun agent connaissant les manœuvres du grand secours n’était présent. Ainsi qu’en témoignent les sinistres récents, de toutes ces choses qui devraient se produire instantanément, pas une n’est exécutée, tout au moins en temps utile, par un personnel absent ou pris de l’affolement général. Tout ceci prouve une fois de plus qu’on ne peut compter sur la présence d’agents qui seront, quoi qu’on fasse, toujours absents pendant les quelques minutes fatales, d’autant plus que les sinistres ne se répètent dans un même théâtre qu’à des intervalles quelquefois très éloignés, bien faits pour engourdir les surveillances. Les appareils sont de ce fait rendus insuffisants par cela même que leur action au moment opportun n’est pas assurée. Il y a donc lieu à une nouvelle mesure assurant l’exécution de celles déjà prévues. Celle de rendre automatique le fonctionnement des appareils, de façon que le théâtre puisse se protéger lui-même, et que quels que soient l’endroit et le moment où se déclare un foyer d’incendie, il soit dénoncé par un témoin incorporé au théâtre et commandant directement les appareils. Automatiquement, le rideau de fer doit se baisser, le grand secours inonder la scène, des sonnettes d’alarme avertir les artistes à tous les étages en même temps que les postes de pompiers les plus proches, les canalisations de gaz et d’électricité doivent se fermer et enfin si ce n’était trop demander les portes même établies sans aucune feuillure devraient s’ouvrir. (A l’Opéra-Comique n’a-t-on pas vu en effet que les cadavres s’amoncelaient contre des portes parfaitement verrouillées ou appuvées contre leurs feuillures? Le problème à résoudre peut sembler tout d’abord d’une complication impraticable, il n’en est rien fort heureusement et il est même susceptible d’une telle simplicité d’exécution qu’il n’est pas douteux que son application ne rende les plus grands services. Il consisterait dans l’adaptation d’un principe qui a fait ses preuves pour la protection des trains de chemins de fer, je veux parler du frein à air ou continu qui agit automatiquement en cas de rupture d’attelage. On sait qu’il est composé d’une conduite d’air comprimé qui longe le train et peut établir sa pression sur les pistons destinés à serrer les freins, cet effet ne se produisant que si volontairement ou accidentellement la pression baisse dans la conduite d’air. Dans la nouvelle application de ce principe au théâtre, les pistons, au lieu d’agir sur des freins, actionneraient telles valves qu’on leur ferait commander. Et la canalisation d’air devrait, principalement sur la scène, longer tous les matériaux combustibles. Il est évident que sa destruction ou rupture aurait pour effet immédiat de faire fonctionner les différentes valves ou robinets. 11 est certainement très possible
- d’installer ce réseau sans aucune gêne pour la manœuvre dep décors à la condition que les tuyaux employés soient légers, souples et mobiles dans certaines parties. Sur la scène l’efficacité en sera d’autant plus grande que le contact en sera plus intime avec les décors dont la combustion est si rapide. La canalisation peut se réduire à un simple tube de faible diamètre et être d’un encombrement nul. Elle peut être en matériaux fusibles tels que le plomb ou en tout autre alliage plus fusible encore, ou en matière combustible telle que le caoutchouc qui semble réunir les qualités suffisantes pour cet usage,, à la condition de lui donner plus de résistance à l’éclatement par un entoilage approprié. Le caoutchouc se carbonise ou fond en effet sans offrir le danger de propager sa combustion et est d’une installation essentiellement mobile. Toutes lés valves peuvent être solidaires d’un même circuit ou indépendantes sur des circuits fractionnés. Le réseau pousserait ses ramifications dans tout le théâtre et jusque dans la loge dti concierge. Il serait facilement reconnaissable à sa couleur voyante, et joindrait à l’automaticité l’avantage d’une facile destruction à la main en cas de danger, ce qui dispenserait ainsi dç la recherche d!un robinet introuvable, ce robinet étant, si je puis m’exprimer ainsi, partout où se trouve ladite canalisation. L’existence du frein à air dont le principe est bien connu me dispense d’entrer dans des détails d’exécution qui sont toujours infiniment variables et dont l’application au théâtre ne peut donner lieu à aucune sérieuse difficulté. 11 est évident, que dans un semblable réseau au lieu de comprimer de l’air, on pourrait au contraire faire le vide, on pourrait aussi s’adresser à l’électricité en imaginant un circuit susceptible d’établir des contacts en cas de destruction. Mais, en cette application, l’emploi de l’air comprimé semble incomparablement simple et commode.
- M. Guigné, à Bordeaux, à propos de notre article sur La culture du manioc, paru dans le n° 1407 du 12 mai 1900; p. 386, nous écrit : — « Permettez à un vieux colon de rectifier une erreur qui s’est glissée dans l’article sur la culture du manioc. 11 y est dit que : « les racines du manioc contiennent une fécule qui reçoit deux noms et deux usages différents» L’une est l’arrow-root qui se consomme surtout en Angleterre, etc. ». 11 y a là une confusion qu’il est bon de relever. Le manioc donne une fécule qui se vend à l’état naturel ou avec laquelle se fait le tapioca. On fabrique aussi avec le manioc un produit connu sous le nom de cassave. Quant à l’arrow-root, c’est la fécule retirée des rhizomes d’une cannacée, le « maranta arundinacea », cultivée aux Antilles, à la Réunion et aux Indes. Cette fécule .très fine est d’une digestion beaucoup plus facile que celle du manioc et on l’emploie en médecine. »
- M. A. Boudard, à Marseille, à propos de notre récent article sur le vaccin de chèvre (n° 1408 du 19 mai 1900, p. 598), nous écrit : — « Il y a trente années que la vaccine caprine est préconisée en France, qui possède quinze cent mille chèvres. Nous en possédons dix fois plus en Corse et cent fois plus en Algérie. Sélectionnées comme en Angleterre, elles pourraient facilement empêcher nos enfants de mourir faute de lait. Nos vaccinateurs ne savent pas encore distinguer un lait mort d’un lait vivant, puisqu’on le conseille stérilisé; a fortiori ne distinguent-ils pas le goat-pox du cow-pox, qui nous empoisonne depuis Jenner. En France, nous sommes un peu réfractaires à tout progrès scientifique. Au point de vue de la vaccine, la vache du pauvre est bien préférable à la vache du riche.
- M.. .4. Souldadié, à Boudou, par Moissac, nous adresse deux types d’anomalies qui lui paraissent devoir être relevés: trois fleurs qui ont été cueillies sur le même arbre, un cytise et deux noix. Il nous donne à ce sujet les explications suivantes : « La fleur n° I prédomine. L’an dernier une fleur jaune apparut pour la première fois. Cette année-ci la même branche a porté des fleurs jaunes, et une autre branche la fleur n° 2. Le cytise n’a qu’une seule greffe à la bifurcation. La fleur jaune est venue au milieu d’une tige, portant des fleurs n° 1. Le n° 2 sur une tige particulière.
- Deux noix dont la coquille est composée de trois morceaux. Elles ont été prises sur un noyer déjà vieux. Je n’avais jamais remarqué cette anomalie. Elle m’a frappé cette année, à cause du nombre assez grand de noix présentant ce caractère. »
- Renseignements. — M. L. Jasseron, àBeaufort-du-Jura,’— Nous pouvons vous indiquer les filtres suivants: filtre Maignen, 5, avenue de l’Opéra, filtre Grandjean, 50, faubourg Poison-nière, à Paris.
- (Voir la suite üe la Boite"aux lettres page 3* des Nouvelles scientifiques.)
- Qans ta « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- BOITE AUX LETTRES (Suite)
- AI. H. Leloir, à Paris. — 1° Mouvements d’horlogerie: M. Chateau, 118, rue Montmartre; M. Paul Garnier, 10, rue Taithout, à Paris. .— 2° Vous trouverez probablement ce traité chez M. Desforges, 41, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. Luis Marguëda, à Barcelone. — Il n’est pas facile de remplacer cette source de lumière; il faut s’adresser au fabricant.
- M. A. Storie-Von den Abeile, à Bruges. — 1° Nous avons publié un article sur la production industrielle de l’ozone dans le n° 1377 du 14 octobre 1899, p. 311. — 2° Consultez le Manuel de l'ouvrier monteur électricien à la libraire B. Tignol, 35 bis, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. E. Hervé, à Saint-Clair-sur-Epte. — L’adresse que vous demandez est la suivante : 29, rue de l’Abbé-Grégoire, à Paris.
- M. A. Fiori, à Padoue, — Nous ne connaissons pas d’école de ce genre en France.
- M. H. L., à Conin. — Dans la collection des Manuels Roret, il existe un manuel qui à pour titre « Plombier, Zingueur etc. » ; il pourrait vous convenir. Voyez à la librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. L. Letourzelle, à Paris. — Nous avons déjà indiqué la rectification à faire. A la troisième ligne, il faut lire ; on ajoute une cuillerée à café d’une solution d’extrait aqueux.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. S. Clouzot, à Niort. Il nous est impossible de nous occuper de ces questions. — M. D. L., à Paris; M. J. M., à Nice. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, -lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. G. Dumont, à Paris. Remerciements pour votre communication.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- L’entretien des tissus filtrants. — Les tissus à filtrer, qui sont employés dans une foule d’industries extractives, sous forme de sacs ou autrement, sont assez sujets à se détériorer s’ils ne sont pas soigneusement entretenus. Il est essentiellement recommandé de les laver dès qu’on vient d’en faire usage, et. surtout de les conserver dans un récipient plein d’eau propre. Us sont à un certain point de vue comme le bois, ce qui n’est pas en somme fort étonnant : s’ils sont constamment exposés à passer de l’état humide à l’état sec, ils deviennent bien vite cassants et inutilisables. Quand, au contraire, ils demeurent constamment humides, ils se conservent pendant fort longtemps intacts.
- Les poudres dentifrices. —Dawson a donné récemment une série de conseils bons à «signaler et à suivre, sur les poudres dentifrices. Pour lui il faut d’abord qu’elles contiennent peu d’ingrédients, et leur base ne pourra pas être meilleure que la craie pulvérisée ; bien entendu il est important de se défier des matières à polir qui sont susceptibles d’attaquer profondément l’émail des dents (c’est le cas notamment pour la pierre ponce). Le savon n’est pas mauvais, il a le tort d’avoir un goût prononcé et peu agréable, et c’est simplement pour le masquer qu’on recourt parfois à la poudre d’iris dans les poudres dentifrices. En se basant sur ces principes, M. Dawson recommande un dentifrice ainsi composé : 450 grammes de craie précipitée et aussi fine que possible, 30 grammes de savon de Marseille également bien sec et pulvérisé (tout comme .les deux ingrédients suivants); puis tu) grammes d’irisale Florence .et 30 de sucre. Six à sept grammes d’huile de winter green compléteront la préparation. M. Dawson dit qu’on peut remplacer le sucre par de la saccharine, mais nous avouerons n’êlre qu’assez peu favorable à cette substitution, étant donné qu’on connaît en somme fort peu l’effet de la saccharine.
- - Liquide à enlever la peinture. — La plupart des liquides employés pour enlever les peintures au vernis ou à l’huile doivent leur efficacité à la présence d'alcalis caustiques; et ceux-ci exercent une action assez funeste sur les substances d’origine organique. Or on s’est aperçu qu’on peut porter remède à cette action sans détruire l’efficacité spéciale de ces liquidés, et cela en émulsionnant une huile minérale dans la solution d’alcali caustique; pour maintenir l’émulsion, il faut du reste la présence d’une substance inerte en poudre comme de la brique, de la pierre ponce, etc., dont l’action contribue à'faciliter l’enlèvement de la peinture. La meilleure formule à suivre consiste donc à faire dissoudre 20 kilogrammes de soude caustique à 98 pour 100 dans 100 litres d’eau; on mélange la solution avec 20 kilogrammes d’huile minérale, et on brasse dans un récipient qu’u est bon de munir d’un agitateur mécanique, Je brasage devant se faire jusqu’à émulsion complète.
- Tout en continuant le brassage, on projette dans le liquide 20 kilogrammes de sciure de bois, et on jrasse le tout dans un moulin à peinture, pour que le mélange soit homogène.
- Enduit pour récipients à alcool. — Nous extrayons cette recette de la Revue vinicole.; elle est du reste faite pour des alcools à 95°, et, pour des degrés inférieurs, il serait bon d’essayer le résultat sur une petite échelle. Dans 100 litres d’eau, on fait dissoudre au bain-marie 15 kilogrammes de gomme arabique, 5 kilogrammes de colle forte de Givet (dont la marque est bien connue) et enfin autant de gélatine Cognet. Il faut bien agiter pour faciliter la dissolution, et on applique au pinceau et à chaud.
- Succédané du pegamdide. — La publication allemande Papier Zeitung donne la recette d’une mixture pour enduire les cartonnages, et à laquelle elle attribue à peu près les mêmes avantages qu’au fameux pegamoïd. On prend 100 parties de camphre, autant de mastic, 50 seulement de shellac blanchie, 200 de coton-poudre, 200 d’acétone, enfin 100 parties d’éther acétique et 50 d’élher éthylique.
- Vernis pour cuir. — Dans un demi-litre environ d’eau, on fait dissoudre un peu plus de 4 kilogrammes de gomme arabique en poudre, et on ajoute à cette solution 9 kilogrammes d’encre noire à copier, plus 2 kilogrammes de sucre en poudre, et enfin une certaine quantité d’alcool dénaturé autant que possible à 95°. On voit donc que c’est une sorte de vernis partie à l’alcool et partie à l’eau, que l’on étend avec une éponge à la surface du cuir.
- Ciment chinois. — Les Chinois, qui sont fort ingénieux, ont imaginé, il y a sans doute bien longtemps, un ciment appelé « Shio Lao », qui remplace avantageusement la glu pour recoller le marbre, le verre, etc. Pour le fabriquer, on prend 54 parties en poids de chaux éteinte pulvérisée, 6 parties d’alun en poudre^ puis 40 de sang frais bien filtré. 11 faut ensuite battre et mélanger ces ingrédients jusqu’à obtenir une masse pâteuse et homogène. Du reste cette colle bizarre employée à l'état liquide a la propriété de rendre imperméables les surfaces sur lesquelles en l’applique, tout en les durcissant et en les rendant pour ainsi dire inusables.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- La levure de bière et le diabète.
- J’ai indiqué il y a quelque temps les heureux effets de la levure de bière et des levures en général dans la furonculose. Deux à trois doses par jour amenaient en peu de temps la disparition des furoncles, mettait obstacle à ces récidives pénibles et à leur transformation en un accident plus grave, l’anthrax.
- Or qui dit furonculose, anthrax, dit souvent diabète, la lésion cutanée se montrant beaucoup plus facilement chez les sujets atteints de cette lare organique. Aussi a-t-on appliqué cette même médication des levures au diabète lui-même.
- Il y a deux ans, deux médecins de Bordeaux, MM. Cassaet et Beylot, avaient indiqué que la levure de bière, au contact du suc gastrique, activait la transformation du sucre en alcool, favorisait la fermentation et diminuait dès lors la glycosurie iFo-rigine alimentaire. •
- C’est en effet surtout sur le sucre apporté par l’alimentation qu’agissent les levures; elles ont peu d’action sur le sucre élaboré dans l’économie, fabriqué en excès aux dépens des tissus. Mais c’est déjà un gros point que de restreindre la superproduction du sucre dans l’alimentation. J1 est bien difficile de maintenir, avec une rigueur absolue, l’abstinence des féculents, des farineux, des fruits, en un mot de tous les aliments contenant d’assez notables proportions de sucre. Comme toujours, il suffit qu’une chose soit nocive pour que le malade en ait passionnément envie. La levure peut donc, dans ce cas, restreindre l’hyperglycémie. Mais il faut s’adresser, pour obtenir ces résultats, à des levures fraîchement préparées. Ce n’est pas une panacée du diabète, certes non ; mais c’est un adjuvant à un _ traitement hygiénique toujours difficile à suivre et peu docilement suivi. Dr X.
- Traitement des sueurs nocturnes.
- Certaines maladies s’accompagnent de sudations profuses qui fatiguent le patient, l’épuisent et aggravent son état. Une entre autres, la phtisie, se signale par des sueurs surtout nocturnes. Un médecin de Berlin a pensé à utiliser contre ces sueurs les
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- propriétés remarquables du formol. On a préconisé, et j’ai indiqué à son heure cette méthode, les badigeonnages d’une solution d’aldéhyde formique plus ou moins concentrée contre les sueurs des pieds; ces badigeonnages arrêtent l’hyperhy-‘drose et partant l’horrible odeur qui en est la conséquence, tannent la peau de la surface plantaire et remédient d’une façon efficace à cette pénible et fréquente infirmité.
- Le I)r Ilirschfeld pensa que ces badigeonnages conviendraient aussi bien contre les sueurs nocturnes ; la peau des régions qui sont le siège de la sudation exagérée est plus fine que la plante -du pied. Le formol devait probablement agir avec plus de rapidité, mais aussi avec plus d’intensité. C’est ce qu’on a pu constater chez trente malades soumis à cette médication.
- 11 faut employer, pour faciliter la pénétration dans les couches profondes du tégument, une solution alcoolique d’aldé-
- hyde formique à parties égales. Pour éviter une action trop irritante il faut se contenter de badigeonner une surface limitée avec cinq ou dix centimètres cubes de la solution et ne pas revenir sur le même point avant plusieurs jours.
- La sensation provoquée par cette application de formol est celle d’une légère cuisson ; mais il faut faire grande attention à ne pas toucher des parties excoriées ou des parties dont la peau est trop fine ou déjà un peu ramollie. La transpiration exagérée cesse dès la première séance sur les parties imprégnées de formol et après que le médicament a été étendu sur une certaine surface, elle cesse tout à fait. Malheureusement la maladie ne s’arrêtant pas, l’effet n’a pas une durée illimitée : au bout de quelques jours, dans quelques cas heureux, de deux à trois semaines il faut reprendre les badigeonnages. En usant de précaution on n’a pas à redouter d’intoxication. Dr X.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS" HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 4 Juin.... 18”,0 N. N.yVV. 3. Quelques nuages. 0,0 • Peu nuageux.
- Mardi 5 15°,1 N. 4. Peu nuageux. 0,0 Peu nuageux; éclairs dans l’E. à 22 h.
- Mercredi 6 13*,5 N. W. 2. Couvert. 0,0 Nuageux à 1 h. ; puis couv. ; nuageux à 10 h. ; quelques nuages ensuite.
- Jeudi 7 14°,0 \V. S. W. 2. Couvert. 0,0 Beau à 1 h. et nuag. de 16 à 20 h.; couv. le reste du temps.
- \endredi 8 14°,0 S. S. W. 2. Très nuageux. 0,0 Très nuag. jusqu’à 18 h. ; peu nuag. ensuite; gouttes à 12 h. 55 et après 15 h., averse de 13 h. 30 à 45.
- Samedi 9 14°,0 S. E. 1. Beau. 0,5 Peu nuageux jusqu’à 15 h. ; beau ensuite ; halo.
- Dimanche 10 18°,8 E. 2. Beau. O O Beau.
- JUIN 1900. -- SEMAINE DU LUNDI 4 AU DIMANCHE 10 JUIN
- Lundi I Mardi I Mercredi I Jeudi I Vendredi I Samedi I Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boute sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- __Kesuwé des observât!.uns météorologiques faites au Pare Saint Hanr en mai 1900
- par M. E. Renou.
- Moyenne barométrique à midi 756'*"\94. Minimum 745”",22 le 6 à 5 heures du soir. Maximum 765““,50 le 28 à 11 heures et minuit.
- Maronnas the-rinométriques : des minima 6°,93, des maxima 18°,78 ; du mois. 12®,85;vraie des 21 heures : 12°.57. Minimum 1°,2 le 20 à 4 11. 1/2 du malin. Maximum 28°,8 le 6 à 2 h. 10 du soir. Ras du sol : minimum — 2°,0 le 20. Moyenne des minima 3°,7?. Il y a eu 3 jours de gelée-blanche, ffcTension moyenne de la vapeur O"”,82. Minimum 2m“,9 le 15 à 2 heures du soir. Maximum 12““,4 le 6 à 8 heures du soir.
- Humidité relative moyenne 65. Minimum 20 le 5 à 4-5 heures du soir. Maximum 100 en 2 jours.
- I -Pluie 37“”,5 en 28 heures réparties en 8 jours; plus 5 jours de gouttes.
- jours de grêle sans importance les 7 et 8.
- Nébulosité moyenne 46. Vents dominants à midi du N.-W aQ N.-E., puis du S.-S.-W. au S.
- Deux jours d’orage : le 6, tonnerre de 5 h. 40 jusque vers 7 h. 1/2 du soir, direction de l'W.-S.-AV. à l’E.-N.-E. ; peu de pluie. Lé 7, tonnerre de 2 h. 40 ;'r4 heures du soir; Forage passe au Nord, direction de l'VV..à l’E.-; grosse pluie avec un peu de grue immédiatement auparavant.
- 8MT rois jours de brouillards partiels le matin à 4 heures localisés sur la Marne. Deux jours de transparence atmosphérique de 3 km.
- 9 jours de halos. Le 2i belle colonne lumineuse verticale au lover du fcsdeil. On n’avait pas vu ce phénomène depuis le 29 février 1888.
- Marne : température moyenne le matin : 15®,50; l’après-midi 16°,07; en moyenne 15°,78. Elle a varié de 13®,84 le 17 à 17®,43 le 29. Transparence et hauteur peu variables.
- Relativement aux moyennes normales, le mois de mai 1900 présente les résultats, suivants. Baromètre à midi plus faible de 0““,27. Thermomètre plus bas de 0°,36. Tension de la vapeur plus faible de 0”“,86. Humidité relative plus faible de 5. Nébulosité plus faible de 7. Pluie plus faible de 8““,4.
- Relativement aux moyennes normales le printemps ae 1900 (mars-avril-mai) présente lès résultats suivants :
- Moyennes. Écarts. Baromètre. . . 7o7““,54 -+- 0,98 Thermomètre . 8°,80 — 0,81
- Tens, de la vap. 5““,63 — 0,75
- Moyennes. Écarts. Humidité relat . . . 67,5 — 3,7
- Nébulosité......... 54 — 1
- Pluie............... 71,5 —57,6
- Floraisons en mai 1900 : le 1*', noyer ; le 5, pivoine de la Chine ; le 6, iris germanique, rhubarbe ; le 8, veyelia ; le 9, épine rouge double, sauge de prés; le 10, leucanthemum des prés; le 11, alisier, julienne simple; le 19, seringa; le 22, sauge officinale, pivoine rouge; le 24, tradescautia virginica; le 25, acacia commun, gilia capitata; le 28, rose de tous les mois; le 29, sureau hémerocalle fauve, œillet mignardise, valériane; le 31, violette marine.
- Oiseaux : le 4. tourterelle, martinets, ceux-ci sont plus nombreux que les hirondelles ; le 23, coucou, Cette année nous u’avous vu que 2 ou 3 hannetons dans le cQUçantjd'avril. ___________
- PHASES DE L’A LÉNE ; P. Q. le 5, J7Ji. 8 m. du malin.
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- 1413 (23 juin 1900), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la. publication du journal.
- INFORMATIONS
- —S— Le 11 juin, les membres de la 6e Commission du Conseil municipal, le préfet de la Seine et les ingénieurs de la Ville , assistaient, au réservoir de Montsouris, à la mise en distribution des 50 000 mètres cubes d’eau qu’un nouvel aqueduc amène quotidien' nement à Paris des sources du Loing et du Lunain. Trois ans auront suffi pour la construction de cet aqueduc; les travaux s’étendaient sur près de 100 kilomètres de longueur et ont offert des difficultés nombreuses, surtout dans la traversée de la forêt de Fontainebleau. On les a toutefois menés à bien et assez vite pour permettre à la
- * Ville de faire face aux besoins nouveaux par suite de l’affluence des visiteurs pendant l’Exposition universelle. La dépense totale s'est
- sélevée à 24 millions de francs. Les sources1 nouvellement Captées dans la craie ont été l’objet de précautions minutieuses, en vue de ' réaliser les garanties de pureté les plus grandes. Elles sont- d’une limpidité et d’une transparence remarquables. Leur belle couleur vert d’eau, leur délicieuse fraîcheur seront vivement appréciées.
- —g)— On annonce de Ilio de Janeiro qu’un médecin brésilien vient d’effectuer avec un succès complet la section des appendices - membraneux qui unissaient par le coté les corps des deux sœurs Itosalina-Maria. âgées de 11 ans dont nous avons parlé en- septembre 1899, n° 1572.
- —®— Vous avons le regret d’apprendre la mort de îl. Dagron, •aéronaute du siège de Paris et inventeur de la photographie microscopique. A l’aide de ce procédé réellement merveilleux, la poste aérienne a été organisée d’une façon extraordinairement efficace pendant toute la durée de l’investissement de la capitale. Les pellicules sur lesquelles les correspondances étaient photographiées étaient si prodigieusement légères qu’un oiseau emportait ordinairement plus de cinquante mille dépêches, qui étaient déchiffrées à l’hotel des postes à Laide d’un appareil de projection, et qui ne pesaient pas plus d’un gramme. Toute la série des dépêches faites pendant l’investissement de Paris, au nombre de cent quinze mille, •auraient pu être, portées à la fois par un seul pigeon. Né à Beauvoir, dans la Sarthe, M. Ilagron est mort à l’âge de quatre-vingt-un ans. Son nom mérite de ne pas être oublié.
- —®— Quelles sont, sur toute la surface du globe, les rues les plus larges? Les boulevards de Paris ont 55 mètres de large; la ltingstrasse, à Vienne. 57 métro*, ; l’I nter den Linten, à Berlin, 05 mètres; la rue Andrassy, à Pesth, 45 mètres; les rues principales et les avenues de New-York, 25 à 45 mètres; celles de Washington, plus de 50 mètres. Une des avenues les plus larges — peut-être la plus large — du monde, est l’avenue de Paris, à Versailles; elle mesure 400 mètres de large. Londres, malgré ses 4 ou 5 millions d’habitants, est restée affreusement en retard sur toutes les grandes villes d’Europe et d’Amérique. Le Strand ne mesure que 12 à 15 mètres de largeur; Piccadilly, 10 à 17 mètres; Charing Cross Tîoad, 18 mètres; Northumberland avenue, 24 mètres. Seul White Hall, tqui conduit de Trafalgar Square au Parlement, se vante d’avoir <>8 mètres de large, largeur dépassée par l’avenue de l’Opéra et jnaintes de nos nouvelles voies.
- • — g>~ La Coupe Gordon-Bennett. Le 14 a eu lieu la première épreuve internationale de la Course annuelle d’automobiles, instituée par M- Gordon-Bennett ;,il s’agit d’une « coupe » dont est détenteur le club du vainqueur, analogue à la fameuse coupe America pour le yachting. Le départ de la course a été donné à a heures 1/4 du matin à Saint-Cloud sur la route de Versailles. La France était représentée par trois voitures Panhard-Levassor pilotées par R. de Knyff, Charron et Girardot; les Etats-Unis par la voiture Winton, conduite par son constructeur ; la Belgique par une voiture Lefèvre que con-
- duisait Jenatzy. La voiture Benz allemande et les deux autres voitures belges ont déclaré forfait en protestant contre le peu de temps accordé aux concurrents pour se préparer, l’autorisation ministérielle n’ayant été obtenue qu’à la dernière heure; ces abstentions ont enlevé une partie de l’intérêt de l’épreuve. L’itinéraire de 566 kilomètres passait par Versailles, Chàteaudun, Orléans, Moulins, Roanne et Lyon. Charron arrivait premier à midi 25, soit en 9h 9m à une vitesse moyenne (arrêts compris) de 61km,8 à l’heure; il a marché depuis Orléans avec son essieu d’arrière tordu et a fait les 12 derniers kilomètres avec sa pompe de circulation détériorée. On peut rapprocher de ces chiffres le temps que met l’Express de P.-L.-M. pour aller à Lyon, soit 512 kilomètres: il est de 9 heures moins quelques minutes. Le second, Girardot, a mis 10h 36m à faire le trajet ayant eu un accident à sa direction qui a nécessité une réparation "de 2 heures chez un forgeron d’Orléans. Nous reviendrons sur la description des voitures belges et américaines.
- —g)— On a, dit-on, l’intention de renouveler cette année, au Panthéon, à l’occasion des congrès des sociétés savantes de l’Expo-sition, la célèbre expérience du pendule de Foucault. C’est par cette expérience, relatée, on le sait, dans tous les manuels de physique, que fut démontrée, en 1851, par M. Foucault, le mouvement de rotation du globe. ,
- —g)— Sur la terrasse de la Colonnade de Perrault, au Louvre, un sculpteur s’était amusé à planter des arbres. Il poussa là-haut une véritable forêt de bouleaux. Par ordre supérieur, il fallut raser la forêt. Voilà aujourd’hui qu’un plombier du Louvre, après avoir créé un vrai jardin sur la même terrasse, s’ést mis à planter dès arbres fruitiers. Il récolte des pommes, des poires, des prunes èt même de superbes raisins; à côté des fruits, les légumes, pommes de terre, carottes, asperges. Et tout cela sur le Louvre! Des maisons de la rue de Rivoli, on peut apercevoir ce curieux jardin suspendu, miniature des jardins de Babvlone.
- —g)— On sait que, dans l’origine des chemins de fer, on s’imaginait naïvement qu’il serait possible d’admettre la circulation sur les voies ferrées de véhicules appartenant à diverses gens, qui auraient payé une taxe de péage à celui qui aurait fait les frais de construction de la voie. Un Américain de Minnesota a repris cette idée pour son compte, s'est construit un tricycle comme ceux qu’on emploie pour la surveillance des voies, et a émis la prétention de l’employer à se transporter sur les lignes ferrées de l’Etat. La question est venue devant les tribunaux, qui ont décidé que la prétention était inadmissible, car cela serait une gêne à la circulation des trains.
- —g.— A l’occasion du congrès international de photographie professionnelle présidé par M. Paul Nadar, M. Lippmann, le savant membre de l’Institut et du Bureau des longitudes, a exposé, le 5 juin, à la Sorbonne,, dans le grand amphithéâtre de physique, et devant un auditoire très compétent, sa belle découverte de la photographie des couleurs. Il en a expliqué la théorie et fait connaître que, grâce à de nouvelles découvertes, la photographie des couleurs était sur le point de pouvoir être exécutée par les amateurs avec la même facilité que la photographie ordinaire.
- —g— Il paraît, d’après Le chenil, que les Boers ont été dernièrement sauvés d’une surprise des Anglais, grâce à la vigilance de leurs chiens. Les Anglais ôtaient arrivés, à l'aurore, près des retranchements boers sans avoir été vus, lorsque les chiens des Boers les sentirent et donnèrent l’alarme aussitôt : l’attaque fut manquée. Une particularité des chiens cafres, qu’emploient les Boers, c’est qu’ils dorment profondément pendant la nuit et ne reprennent leurs merveilleuses qualités de vigilance qu’à l’aube. De sorte que si l’attaque des Anglais s était produite une heure plus tôt, elle aurait pleinement réussi.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le dioci-nescope se trouve chez M. Clermont-Huet, 114, rue du Temple et chez le dépositaire M. Hurel, 29, rue du Quatre-Septembre, à Paris. — L’électroscope de M. Curie pour l’étude des corps radio-actifs se trouve à la Société centrale de produits chimiques, 44, rue des Écoles, à Paris.
- Communications. — M. de Nadaillac, à Paris, à propos d’une précédente communication, nous écrit : « M. Guesde relève une erreur dans mon article sur les caraïbes. Je ne puis que m’incliner devant son assertion; mais je le prie de remarquer que l’erreur vient de M. Otis T. Mason, directeur du Musée national des Etats-Unis dans son travail « The guesde collection of antiqnities in Pointe à Pitre, Guadeloupe from ' The Smithsonian Report for 1884 ». Le volume que M. Mason m’a envoyé est à la reliure mais M. Guesde doit le connaître. »
- M. L. Marchetti, à Paris, nous adresse quelques notes sur . les canonnades contre la grêle. Nous avons déjà parlé de ce sujet à de nombreuses reprises et nous en repailerons encore. Nous mentionnons toutefois la notice de notre correspondant : « La grêle en Italie est souvent si violente, qu’en l’espace de quelques minutes elle sème la ruine là où une végétation luxuriante donnait les plus grands espoirs d’une abondante récolte. J’ai vu il y a deux ans des rizières immenses réduites en un champ de manœuvres, où les chevaux auraient piétiné une entière journée. Des arbres complètement décortiqués à l’endroit d’où la grêle venait, chassée par le vent, des vignes où il ne restait pas une feuille, pas un grain de raisin, tout était déchiré, détruit. Voici ce que mon frère m’écrit au sujet de ces canonnades grandinifughe, que je traduis (si l’expression est exacte) par grêlifuges : « Je te dirai avec enthousiasme, que nous sommes sauvés de la grêle. Nous avons eu des vrais et complets succès avec nos coups de canons. En dehors de la zone de protection la destruction est complète. Nous avons commandé des canons, mais nous avons encore beaucoup à faire pour obtenir une organisation complète, pour le choix technique des emplacements, pour les cabanes des dépôts, pour les artilleurs, etc. Il nous faut obtenir la poudre dans de bonnes conditions, ne pas en manquer pour ne pas être pris au dépourvu. En attendant et avec les canons, que nous avons adoptés provisoirement, je le répète, nous avons obtenu des pleins succès. Avant-hier nous étions menacés d’une grêle désastreuse, mais après notre canonnade nous n’avons eu que de la neige. Il est vraiment curieux de voir tomber de. la neige en plein été! Nous nous servons de canons qui ne sont pas élégants, mais qui donnent de bons résultats, et c’est le principal. Je te répète, que quand tout sera bien installé n’aura la grêle que celui qui voudra bien l’avoir. »
- M. Guillaume Lambert, ingénieur des mines à Bruxelles, nous adresse plusieurs brochures intéressantes sur diverses questions qu’il a eu l’occasion de traiter. Nous les mentionnons ci-après: Note sur la fontaine ferrugineuse de Bru, commune de Chevron ; Captage des eaux de la Craie par larges puits de mine; dangers que présentent les eaux de la surface, moyens de les remplacer par des eaux souterraines de premier choix captées dans la craie à grande profondeur; La question des eaux à Bruxelles, solution facile et peu coûteuse.
- Un abonné, à Namur, nous écrit et nous fait connaître un fait curieux rapporté par le journal de la localité : « Le 6 juin, vers 10 heures du matin, un escadron de lanciers, sous les ordres du commandant Van Zuylen, chevauchait dans les environs de Marchovelette, lorsque soudain éclata un violent orage. Subitement les cavaliers furent enveloppés d’un nuage d’une opacité telle qu’il était impossible pour les soldats d’apercevoir leurs officiers et pour ceux-ci de voir leurs soldats. Pendant ce temps, le tonnerre tonnait d’une façon terrible et la grêle tombait drue. Nos vaillants troupiers soutinrent sans sourciller, mais non sans émotion, cette charge des éléments déchaînés.
- Aujiout de quelques minutes, le nuage disparut et les soldats se retrouvèrent en pleine lumière, sous un beau ciel bleu. Mais ce n’était pas pour longtemps. Cinq minutes plus tard, le même phénomène se reproduisit. De nouveau, les soldats furent environnés d’un nuage épais qui les empêchait de voir plus loin que leurs montures. Puis un coup de tonnerre d’une violence extrême éclate. La foudre a sillonné l’obscurité d’un zigzag effrayant, et quelques instants après, quand le nuage se dissipe, les lanciers aperçoivent sur la route, à quelques mètres de distance, un chariot attelé de deux chevaux, et dont une des bêtes est renversée. Ils courent au secours, et aperçoivent avec émotion que la foudre a tué du même coup le voiturier. M. Nivaille, de Lustin, et un des chevaux. On comprend l’émoi qu’a produit ce terrible orage à Marchovelette et dans les environs. Les témoins en garderont longtemps le souvenir.
- « Nivaille, Joseph, est âgé de 63 ans. Il se trouvait assis sur le devant du chariot, et son fils Émile conduisait les chevaux. Ils allaient chercher des écorces dans le bois de Franc-YVarel. Lorsque le coup de foudre tomba, les deux chevaux et les deux hommes furent renversés, mais le fils et le cheval de devant purent.se relever immédiatement. Le cheval qui était dans les timons et le père Nivaille, qui se trouvait sur le chariot, étaient foudroyés. M. Nivaille avait une main brûlée par le fluide électrique, et un de ses souliers avait été enlevé. Quant à son chapeau, il a été réduit en poussière. Les lanciers firent prévenir immédiatement la famille à Lustin et à Namur; M. Nivaille, boulanger, rue du Pont, est le fils de la victime. » Notre correspondant ajoute que les lanciers portent une lance terminée par une pointe en acier. Il nous demande, si la réunion de toutes ces pointes en l’air n’aurait pas pour effet d’attirer la foudre. Au contraire, les lances sont des paratonnerres si la communication avec le sol est bonne, et c’est sans doute pour cette raison que les lanciers ont échappé au coup de foudre.
- Renseignements. — M. F. Caetani, à Rome. — Consultez Y Automobile théorique et pratique de M. L. Baudrv de Saunier, chez l’auteur, 22, boulevard de Yilliers, à Levallois, près Paris.
- M. H. Bonnard, à X. — Cette opération n’amène aucun résultat.
- M. A. Gentil, à Paris. —Nous ne pouvons vous renseigner; il faudrait consulter le catalogue général de l’Exposition.
- M. Gayard, à Paris. — 1° Enregistreurs Richard, rue Mé-lingue, à Paris. — 2° Non, ces observations sont superflues; il faudrait les envoyer au Bureau central météorologique qui a déjà ses observateurs. — 3° Non, le prix de revient est trop élevé. — 4° Adressez-vous à la Société, de produits chimiques 44, rue des Ecoles, à Paris.
- M. E. Louche-Pélissier, à Yizille. — 1° Les renseignements donnés sont reproduits exclusivement d’après M. Livache.
- — 2° Nous avons reçu votre échantillon.
- Raffineries de la Méditerranée, à Marseille; M. Enrico Sospisio, à Trieste; M. A. de Reynoso, à Barcelone. — Pour tout ce qui concerne ce produit, il faut vous adresser à la Société d’encouragement, 44, rue de Rennes, à Paris.
- M. de W., à Lyon. — Nous n’avons aucune adresse particulière à vous faire connaître; mais ce produit doit se trouver chez les marchands de produits chimiques.
- M. S. M., à Montevideo; M. J. Dufeau, à Barranquilla.
- — Votre lettre a été envoyée à destination.
- M. A. K., à Nancy. — 1° Il n’existe pas de pile pouvant remplir ces conditions. — 2° Nous ne connaissons pas cette substance. — 5° Nous n’avons pas d’autres renseignements que ceux donnés dans notre article.
- M. L. Marche, à Nancy. — Nous ne savons de quelle cage mystérieuse vous voulez parlez; veuillez nous donner quelques explications.
- M. C. Stilrchler, à Paris. —• L’adresse que vous demandez est la suivante : lieutenant-colonel Delauney, 15, rue Corlam-berl, à Paris.
- M. R. M. Romand, à Monéteau. — Glacières : M. E. Lévyv 61 bis, boulevard Saint-Germain; M. Douane, 21, avenue Parmentier; Société française de constructions mécaniques, 21, rue de Londres, à Paris. '
- M. Salvador Claramunt, à Capellades. Nous n’avons pas cette adresse et nous ne pouvons la retrouver. Tous nos regrets.
- M. G. Dambruom, à Hallue. — Vous trouverez une petite fontaine lumineuse de table chez M. G. Trouvé, 14, rue Yivienne, à Paris.
- (Voir la suite de la Boite aux lettres page 5* des Nouvelles scientifiques.)
- Bans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insét'er toutes les communications. — Il n’èst répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- BOITE AUX LETTRES (Suite)
- L. Bauer, à Mulhouse. — Demandez ce renseignement au Comptoir de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. C. G., à Montpellier. — Pièces détachées pour machines à vapeur : M. Chavanne-Brun, à Saint-Chamond (Loire); M. Anthoine, 59, rue Faidherbe; M. Bourdon, 74, rue du Faubourg-du-Temple.
- M. Dulac, à Paris. — Le profit ne serait pas suffisant; il vaut mieux l’employer comme engrais.
- M. D. Leroy, à Paris. — Vous trouverez cet appareil au Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Dulong, à Blois. Nous vous conseillons de consulter un chimiste et de faire faire plusieurs analyses comparatives. — M. Leront, à Paris. Adressez-vous à une agence de brevets. — M. D. G-, à Paris; M. V. D., à Lille. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 4rc série, à la librairie Masson et O. — M. Derand, à Paris. Cette formule est donnée complètement dans le même petit livre que ci-dessus, 4e série, à la même librairie. — .}/. Laffont, à Paris. La question a été traitée dans le même petit livre que ci-dessus, 5e série, à la même librairie.
- PETITES INVENTIONS'
- Nouvel infuseur gradué. — L’infuseur gradué que nous présentons est composé de deux boîtes cylindriques s’emboîtant l’une dans l’autre; elles sont toutes deux garnies de etits trous sur chaque face et pourvues d’un système de ayonnette qui permet d’agrandir ou de diminuer la capacité de la boite. Chaque cran représente la quantité dont on a besoin. Ainsi, par exemple, pour le thé on verse dans la boîte inférieure pour une tasse jusqu’au premier cran du bas. On
- Nouvel infuseur gradué.
- replace ensuite les deux boîtes les unes dans les autres en ayant soin de faire jouer la bayonnette à l’endroit voulu. On peut donc faire une infusion dans cette même boîte pour une ou six personnes. On remarque que plus l’infusion est destinée à un plus grand nombre de personnes, plus la boîte s’agrandit.
- L’appareil que nous présentons est tout en métal blanc et par conséquent exempt d’oxydation, il est en outre muni d’une chaînette pour pouvoir le suspendre dans n’importe quel récipient. — L’infuseur gradué est en vente chez M. E. Mathieu, 432, galerie de Valois, Palais-Royal, à Paris.
- Le carnet de pondre de ri*. — Le carnet de poudre de riz n’est pas plus volumineux qu’un cahier de papier à
- Le carnet de poudre de riz.
- cigarettes. Nous avons déjà fait connaître le carnet de savon *11 feuilles qui est très utile en voyage. Aujourd’hui c’est le
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- même genre d’article que nous signalons à nos lecteurs et lectrices, mais au lieu de feuilles de savon ce sont des feuilles de poudre de riz. En voyage, à bieyclette, en automobile, etc., ce petit carnet peut aussi rendre des services. Il suffit de détacher une feuille de ce carnet et de se la passer sur le visage ou sur les mains pour effacer les effets produits par le voyage. Ce petit carnet est beaucoup plus pratique que les boites à poudre dont on se sert généralement, car il supprime non seulement la boîte et la houppe indispensable, mais il a l’avantage de déposer uniformément sur la peau la poudre sans faire de traces à un endroit plus qu’à un autre. — Le carnet de poudre de riz se trouve à la même adresse que ci-dessus.
- RECETTES PHOTOGRAPHIÛIES
- Reliefs photographiques.
- On sait que, dès 1854, Poitevin a indiqué les modifications éprouvées par les substances gélatineuses, gommeuses ou muci-lagineuses quand, après les avoir additionnées de bichromate de potasse, on les insole sous un cliché photographique. Toutes les parties qui subissent l’action de la lumière deviennent insolubles dans l’eau chaude. Les autres restent solubles; dans l’eau froide, les premières restent immuables tandis que les autres subissent un gonflement proportionnel à l’intensité de la lumière reçue. C’est sur ce principe que sont basés plusieurs procédés tels que la photocollographie, la photographie au charbon, la photoglvptie ou wodburgtypie, etc. On a aussi essavé bien souvent d’obtenir par ce moyen une sorte de photosculpture, se bornant, il est vrai, à un relief relativement faible, mais pouvant donner cependant le bas-relief ou la médaille; ces tentatives n’ont pas eu beaucoup de succès jusqu’à présent et d’après une Note présentée dernièrement par M. Marion à la Société d’encouragement pour l’avancement des sciences, cela tient à ce que l’emploi du cliché photographique d’après nature ne peut donner que des résultats inacceptables au point de vue du modelé, à moins de lui faire subir un travail de retouche tel qu’il ne reste plus rien du cliché. La conclusion de M. Marion est qu’en effet on ne peut obtenir uh résultat exact, où chaque point soit bien à son plan, et dont par conséquent le modelé soit juste ; il faut qu’en chaque point du cliché, la valeur soit proportionnelle à la saillie que, sur le bas-relief, ce point devra avoir au-dessus du fond. Un cliché photographique d’après nature varie avec la façon d’éclairer le sujet, tandis qu’un dessin pourra être convenablement traité en vue du but spécial à remplir. C’est ce dessin qu’on photographiera ensuite et avec le cliché obtenu on pourra impressionner la gélatine. L’auteur indique le mode opératoire suivant :
- « Sur une glace dépolie, on coule dans un cadre de la gélatine fondue dans quatre fois environ son poids d’eau et additionnée, en proportion variable suivant le relief à obtenir, de glycérine et de sucre. La gélatine, pour les plus hauts reliefs que j’aie cherché à obtenir, a été coulée dans une épaisseur de 4 millimètres qui se réduit par la dessiccation à environ 9 dixièmes de millimètres.
- La dessiccation doit se faire très rapidement, à une température aussi haute que le permet la facile fusibilité de la gélatine, et en la hâtant au moyen du chlorure de calcium, Si la dessiccation marchait trop lentement, la gélatine se moisirait et serait perdue. Une fois sèche, on la sensibilise dans un bain de bichromate de potasse à 5 pour 100 au plus, où elle doit lromper un temps suffisant pour être imprégnée de bichromate jusquau verre qui lui sert de support; avec une plaque ou la gélatine sèche a une épaisseur de 0mm,9, il faut environ une heure) et demie d’immersion. Elle est ensuite séchée de nouveau dan^ l’obscurité.
- Une fois sèche, elle est exposée à la lumière diffuse, sous le cliché, pendant une durée variable suivant l’état du ciel et la saison, mais qui n’est guère inférieure à deux jours. 11 faut veiller à l’orientation du châssis, de manière que la lumière arrive dans le même sens. On peut même exposer le châssis au soleil, mais en ayant soin que la glace soit toujours perpendiculaire aux rayons solaires, ce qui est fort assujettissant, à moins de posséder un héliostat. Cette manière de procéder peut, du reste, avoir l’inconvénient d’amener la fusion de la gélatine, si elle n’a pas été desséchée à fond. Le dessin se forme peu à peu en positif brun sur le fond de la gélatine, protégée contre la lumière qui reste jaune clair.
- L’insolation terminée, la gélatine est plongée dans l’eau froide, que l’on renouvelle plusieurs fois, et qui la débarrasse de bichromate. Elle s’y développe peu à peu, c’est-a-dire que
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- ile relief monte insensiblement; au bout d’un jour et demi ou 'deux, lorsque toute trace de bichromate a disparu,.—* et le .développement terminé, — on passe alors la gélatine au -formol ou à l’alun de chrome, afin de la tanner et de lui permettre de supporter les opérations subséquentes consistant en moulage pour reproduire le relief en une matière plus durable que la gélatine.
- Le procédé que je viens d’expliquer se prête à de nombreuses applications, notamment à la bijouterie et à l’orfèvrerie, où il permet de réduire dans une proportion considérable les frais de certains modèles. 11 présente le très grand avantage de faciliter Ja reproduction d’un même modèle à des échelles diffé-
- rentes. 11 suffit pour cela de faire un cliché à la dimension voulue, en lui donnant une densité appropriée à cette dimension. Il évite, par conséquent, l’emploi du pantographe, qui est toujours long et coûteux. 11 permet d’afnver à des résultats excellents, à condition de ne pis lui demander plus qu'il né peut donner. ‘
- Avec ùn peu de pratique, l’exécution du dessin qui sert'de base à l’emploi du procédé ne présente aucune difficulté ; tout au moins pour tout ce qui est ornement, lettres, fond d’architecture, etc. Elle est beaucoup plus délicate lorsqu’il s’agit d’aborder la figure, et surtout le portrait, qui exige une précision absolue dans le modelé. »
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 11 Juin . . . 20",2 S. S. E. 2. Beau. 0,0 Beau.
- Mardi 12 ... . . . 21",4 S. S. E. 2. Beau. 0,0 Nuageux; orage de 16 h. 50 à 19 h., avec un peu de pluie.
- Mercredi 13 14», 9 S. S. W. 2. Couvert. 4,4 Couvert le matin; nuag. le soir ; pluie le tiers du temps ; orage au S.-E. de 15 h. 15 à 15 h. 30.
- Jeudi 14 13", 0 S. W. 1. Nuageux. 3,2 Beau jusqu’à 6 h. ; puis nuag. ; couv. 1,'après-midi; petite pluie dans la soirée.
- Vendredi 13 13",2 S. S. E. 2. Couvert. 1,0 Couvert jusqu’à 15 h. ; très nuag. ensuite : phiie de 4 h. 27 à 6 h. 27.
- Samedi 16 16",9 W. N. W. 2. Couvert. 0,4 Très nuageux le matin ; puis nuageux; beau après 18 h. ; averse vers 2 h. 30 ; halo.
- Dimanche 17 19°,1 s. 0.1 Peu nuageux. 0,0 Nuag. ; quelques gouttes vers 13 h. 20-30 ; halo.
- JUIN 1900. -- SEMAINE DU LUNDI 11 AU DIMANCHE 17 JUIN
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Tremblement de terre. — Dans la nuit du 13 au 14 juin, à Constantin!*, trois fortes secousses de tremblement de terre se sont fait sentir à3k 30, 4 heures et 4k 10. La direction du courant était de l'Est à l’Ouest. On n’a signalé aucun accident.
- Orages. *— Un orage violent a passé le 12 juin vers 5 heures sur Paris. Pendant quelques minutes la pluie et la grêle sont tombées en abondance. Elles ont été accompagnées de plusieurs coups de tonnerre.
- On a signalé également des orages à Beauvais, à Nancy, à Bar-le-Duc, etc. A Beauvais la foudre est tombée sur une meule de paille et a tué un jeune cultivateur âgé de 19 ans.
- Un orage s’est abattu à la même date sur Bar-le-Duc, Naives, Rosières, Dumont, Vavincourt et la région. Les dégâts sont d’autant plus considérables que cette trombe d’eau était accompagnée de grêle.
- Le N ave ton et l’Ornain ont débordé, inondant la vallée à plusieurs en-
- droits, et charriant une grande quantité de pierres et de terres végétales, ainsi que plusieurs moutons qui ont été suqiris par l’orage.
- Trois ouvriers terrassiers, travaillant sur la ligne de 1 Est entre Longe-ville et Bar-le-Duc, ont été frappés par la foudre. L'un a été tué sur le coup. Les deux autres ont été transportés à l’hôpital dans l’état le plus grave.
- La foudre est tombée également à deux reprises le 12 juin, dans la soirée, à Belfort, sans causer de grands dégâts. Au nord dans la direction de Giro-magny, la grêle a saccagé la récolte. Les pertes ont été très grandes.
- A Pau, la grêle a ravagé les vignobles sur divers points du département. Dans plusieurs communes, la récolte est absolument perdue.
- Le 12 juin, à Iloquemaure, près de Nîmes, pendant l'orage, la foudre est tombée sur une petite grange située à 1 kilomètre de la gare de Saint-Geniès-de-Montfaucon. .
- Trois poseurs du chemin de fer qui s’y étaient réfugiés ont été foudroyés. L’un d'eux, nommé Samuel Meunier, âgé de 52 ans, a été tué sur le coup. Un autre, nommé Adrien Machard, âgé de 41 ans. a été frappé de paralysië des deux jambes et d'un.bras. Le troisième, Eugène Azega, âgé de 34 ans, a des brûlures au bras et aù côté gauche.
- PHASES DE LA LUNE l P. L. le 13, à 3 h. 43 m. du malin.
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- N° 1414 (30 juin 1900), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— Les journaux allemands annoncent que le thermomètre ltéaumur sera remplacé en Allemagne par le thermomètre centigrade à partir du 1" janvier 1901. C’est une nouvelle victoire du système métrique.
- —®— Depuis l’ouverture de l’Exposition (15 avril], jusqu’au 15 juin, il est arrivé à Paris, par la gare du Nord, 1 468 419 voyageurs ; en 1889 il en était arrivé 1 258 956 pendant la période correspondante. C’est une augmentation de 18,50 pour 100. Aux gares De l’Est (boulevard de Strasbourg et Bastille), on a compté pendant le mois de mai 1 571 840 voyageurs. C’est 118492 de plus qu’en mai 1899; il y a donc une augmentation de près de 10 pour 100. Enfin, à l’Ouest, du 1er au 15 juin, on a reçu, par la gare Saint-’ Lazare et par la gare du Montparnasse, 1 009272 voyageurs; en 1889, il en était arrivé 764 560. Augmentation: 51 pour 100.
- —S— La première course de ballons a eu lieu le 17 juin, à \ineennes. Les résultats sont les suivants : Le vainqueur est le Saint-Louis, monté par M. Balsan, son propriétaire, aidé de l’aéronaute Louis Godard. Il a séjourné dix-huit heures et demie dans les airs. Le second est le ballon de M. Jacques Faure, resté dix-sept heures. Le troisième est le ballon de M. du Pont de Goult-Saussine, resté ijuatorze heures. Ensuite sont arrivés dans l’ordre: MM. Juchmès; <pii avait à bord M. et Mme Lemaire; Blanchet, Nicolleau, de Castil-lon de Saint-Victor, Henry de La Vaux, Bevertegat et Corot. Le record de la durée dans l’espace, qui est de vingt-neuf heures, appartient donc toujours à M. Castillon de Saint-Victor.
- —<§>— Le transport sur route par « Tracteur Scotte » d'un canon de 24, a eu lieu le 21 juin, de la Gare des Matelots à Versailles au Camp de Satory. L'Itinéraire a été le suivant : Gare des Matelots, route de Saint-Cyr, rue de l'Orangerie, rue de Satory, Camp de Satory. Le poids total transporté était de 24000 kilogrammes et les rampes à gravir atteignaient 9 pour 100.
- -<§)- I /otarie, depuis quelques mois pensionnaire du Muséum, vient de donner le jour à un petit parfaitement constitué.
- —®— Nous avions annoncé dans notre chronique du n° 1411 {9 juin), que la Commission parlementaire anglaise des chemins de fer avait émis un avis favorable sur l’établissement d’un monorail électrique entre Liverpool et Manchester, qui permettrait de franchir la distance qui sépare ces deux villes avec une vitesse de 180 kilomètres à l’heure en 15 minutes. Le Parlement s’est montré moins hardi et n’a pas accordé l’autorisation de construire. L’expérience eût été bien intéressante.
- —S>— L’Association des Industriels de France contre les accidents du travail ouvre un concours public international pour la création de gants isolants protecteurs pour les ouvriers électriciens. Pour tous renseignements, s’adresser au siège de l’Association, 5, rue de_Lutèce à Paris.
- —®— Le 21 juin Ajaccio une invasion considérable de criquets s est répandue dans l’arrondissement de Corte, ravageant les campagnes. Le professeur d’agriculture a fait une conférence pour indiquer tes moyens de les détruire. De son côté, le maire a engagé la population à se joindre aux propriétaires. Plus de mille personnes sont en train de combattre ce fléau, creusant des fossés où viennent s'abàttrè les criquets. Toutes les récoltes sont gravement compromises.
- —1fi>— Signaloi s dans Nature une longue conférence de sir An Irew Noble sur les explosifs modernes, où il est démontré par
- beaucoup de courbes et de chiffres que les explosifs anglais, dus principalement aux travaux de sir Abel et du professeur Dewar, ne le cèdent en rien à ceux des autres pays. Renvoyé aux artilleurs.
- —(g)— M. Arous a étudié l’arc qui se produit entre deux électrodes métalliques dans l’hydrogène et dans l’azote. La force électromotrice dépend de la nature du gaz ambiant. Dans l’air des électrodes d’argent donnent un bel arc; dans l’azote ils ne-donnent rien. Des électrodes de fer qui demandent un haut xoltage dans l’air, en ont un très faible dans l’azote (Annalen der Physik).
- —®— On annonce la mort de Miss Mary Kingsley, auteur des West-African studies (études sur les colonies de l’Afrique occidentale), bien connue des géographes, des ethnologistcs et des explorateurs.
- —(g)— Dans une communication récente à la Société électro-technique de Hanovre, rapporte le Zeitschrift des Vereines Deutscher Ingenieure, le professeur Krone a établi une comparaison entre le coût du travail produit par la vapeur et par lè gaz. Il a calculé la dépense du moteur à vapeur, soit avec, soit sans condensation, en y comprenant l’intérêt, l’amortissement et le service. Il a ajouté le prix de l’installation d’un matériel d’électricité pour Ï00 chevaux. D'après lui, le coût d’un cheval-heure électrique au réseau de distribution est de 0fr,15 avec une machine sans condensation et de 0fr,12 avec une machine à condensation. Si l’on emploie un moteur à gaz, le coût ressort à 0,r,10 pour la même unité dans les mêmes conditions, l’économie serait donc de 16 pour 100 par rapport au moteur à vapeur le plus avantageux. L’auteur décrit une petite station installée à Clausthal; elle comporte deux gazogènes de 100 chevaux chacun, et deux moteurs de 70 chevaux chacun, tournant à 140 tours par minute; cette vitesse peut être accrue de 15 pour 100, lorsqu’on veut charger la batterie d’accumulateurs. Le réglage du moteur se fait par la variation de la quantité du mélangé détonant introduit, la composition du mélange étant la.même. lia suppression de la moitié de la charge sur le moteur n’augmente pas la vitesse de plus de 5 pour 100. Les moteurs sont accouplés directement à deux dynamos à courant continu de 46 kilowatts chacun. Pendant l’année qui s’est terminée avec le mois de mars] 1899, on a produit en moyenne 707 watts-heure par kilogramme de combustible, anthracite et coke mélangés, ce qui correspond à 1,05 kg de combustible par cheval-électrique-hcure utile.
- —Le Bulletin de la Société des ingénieurs civils nous apprend que la Société Fischer, de Chicago, qui construit des voitures électriques pour l’Amérique Centrale, vient de procéder à des essais de chariots du système Putton, basé sur le principe suivant. Un moteur à essence actionne une dynamo qui charge une batterie d’accumulateurs, laquelle permet d’actionner par l'intermédiaire d’une dynamo les roues d’arrière. Les essais ont été faits dans les conditions suivantes : Poids du chariot à vide, 4500 kg ; charge utile. 5000 kg; poids de la dynamo 500 kg; poids de la batterie 600 kg.
- —Le 25 juin, une secousse de tremblement de terre a été ressentie rue de Drocourt, à Hénin-Liétard, près d’Arras. On pense qu’elle, serait due à des affaissements souterrains causés par les mines, plutôt qu’à un phénomène sismique.
- —L’interdiction du carbure de calcium en Serbie. L importation du carbure de calcium vient d’être interdite en Serbie : on pourrait croire que c’est par suite des dangers qu’il entraîne, ce qui ne serait pas à son éloge. Mais ce n’est nullement cela : le gouvernement craint que l’acétvlène ne vienne créer une concurrence dangereuse au pétrole, qui fait l’objet d’uu monopole d’Etat.
- —®— Nous avons rencontré à l’Ex|»osition le Viennois, qui a fait en trente jours le voyage de Vienne à Paris dans une petite x'oiture d’osier à trois roues, avec sa femme et son bébé.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- Erratum. — Dans l’article sur le Télégraphone (n° 1415, du 23 juin 1900), p. 50, col. 1, ligne 18, lire : un millimètre de diamètre au lieu de : 5 millimètre de diamètre.
- Communications. — M. A. de Soutag, à Aubervilliers, a fait quelques expériences sur les ciments que nous signalions dans les Nouvelles scientifiques du n° 1410, du 2 juin 1900, et il nous écrit : « Yu la très grande importance que pourrait avoir un ciment inattaquable aux acides, j’ai essayé immédiatement la recette donnée dans votre journal. Yoilà les observations que j’ai faites : après le séchage, j’ai remarqué le fendillement dont parle le savant professeur Alexandre Menschikoff. Mais en outre ce mastic se dissout aussitôt, en contact avec un liquide acide ou non. J’ai donc eu l’idée de chauffer ce ciment et j’ai observé qu’après avoir subi une température de 300°, il devient insoluble et absolument inattaquable aux acides; mais alors les fentes sont si considérables qu’elles laissent facilement passer un liquide d’une densité de 20° Baumé. Je sais que M. Ramson préconise de chauffer le verre soluble avec l’amiante à la température de 300° et dans le vide", mais alors l’application devient impraticable pour l’usage dont il s’agit. »
- M. Léon Dumas, à Hug, à propos d'une communication parue dans le n° 1411, du 9 juin 1900, nous adresse les observations suivantes : (( L’intéressante question soulevée par M. le général -Cosseron de Villenoisy se rattache à l’évolution de l’énergie dont le point de départ est le mouvement propre à la matière : le soleil n’en est qu’une manifestation due à la concentration des atomes cosmiques. Ce sujet pourrait être très longuement développé. Il convient de se borner à répondre d’une façon très concise aux points particulièrement signalés : 1° l’énergie solaire se répartit dans toute l’atmosphère, elle en active l’énergie et retarde les déperditions de la terre dans l’espace, c’est-à-dire son extinction; 2° elle produit l’évaporation de la surface des nuages ; le refroidissement qui en résulte devient une cause de concentration et d’augmentation de volume des sphérules aqueuses constitutives ; elle modifie l’équilibre du nuage et lui fait changer d’altitude selon que l’emportent l’évaporation ou l’accroissement de la densité; 3° l’action solaire sur les terres nues est chimique (plus grande assimilabilité pour la végétation) et physique (divisibilité, mobilité); le sol échauffé donne naissance à des courants ascendants, entretenu par des courants latéraux; 4° sur les glaces polaires l’énergie solaire donne lieu à un travail moléculaire accusé (évaporation, fusion, dislocation, etc.); 5° dans l’espace, l’énergie solaire influence la matière cosmique dans le sens de la décomposition des débris de planètes, et prépare lentement la poussière cosmique qui en provient, lui donne l’énergie nécessaire à sa concentration sous forme de nébuleuse. La vie naît de la mort dans l’infiniment grand comme dans l’infiniment petit. »
- M. C. Requigne, membre de la Société astronomique de France, à Orléans, nous adresse la Notice suivante sur l’unification du calcul : « Tant au point de vue pratique qu’au point de vue pédagogique, la solution des problèmes de géométrie (surfaces et volumes) n’est pas sans présenter de notables difficultés. La quantité de formules nécessaires en est la principale cause. J’ai pensé que si l’on parvenait à n’en employer qu’une seule (à la condition qu’elle soit très simple) la connaissance des propriétés géométriques serait plus facile à acquérir et à conserver. A l’aide de la formule suivante on peut obtenir la solution de toutes les surfaces et de tous les volumes les plus usuels. En considérant la face ou le corps de l’objet proposé, et si l’on appelle : b, la base supérieure; B, la base inférieure; S, la section équidistante des deux bases, et H, la hauteur, la solution X s’exprimera ainsi :
- X=Ijx(& + B + 4S).
- Pour toutes les surfaces, les bases et sections sont des lignes ;
- pour tous les volumes, les bases et les sections sont des surfaces. Ce qui revient à dire que : toute surface ou tout volume égale le produit du sixième de sa hauteur par la somme de ses hases et de quatre sections équidistantes. L’application de cette unique formule permet d’obtenir la solution des figures et volumes suivants : triangle, carré, rectangle, trapèze, losange,, parallélogramme, polygones, cercle secteur, couronne, ellipse,, cube, parallélépipède, cône, pyramide, pyramoïde, tronc de cône, tronc de pyramide, tas de cailloux, tombereaux, sphère,, ellipsoïde, segments sphériques, segments d’ellipsoïde, d’hyper-boloïde, de paraboloïde, etc. Son usage donne une approximation plus rapprochée pour l’obtention du volume des tonneaux,, dispense dans certains cas — pour le tronc de pyramide, par exemple, — de l’emploi de là racine carrée, et ne nécessite que la connaissance des quatre règles fondamentales de l’arithmétique# »
- Renseignements, — M. J. Z)., à Paris. — Traitement très délicat exigeant l’intervention d’un spécialiste. Consulter un médecin de Saint-Louis. Le cas s’est souvent présenté et la guérison est survenue après plusieurs semaines.
- M. P. de Montarby, à Lyon. — 1“ Pour se débarrasser de ces plantes, s’il y a des poissons dans la pièce d’eau, il n’y a pas-de moyen ; s’il n’y a pas de poissons, on peut essayer des doses, très faibles de permanganate de potasse ou de formol. — 2° Nous avons déjà traité ce sujet.
- M. D. M., à Châteauroux. — 1° Nous ne connaissons pas de maisons de ce genre. — 2° Voici quelques adresses de fabricants de moteurs à pétrole : MM. Brouhot et C!*, 147, rue La-fayette; Le Gnome, 44, même rue; moteur Grob, 56, même rue ; moteur Japv, 7, rue du Château-d'Eau, à Paris.
- M. F. A., à \fille-Savary. — 1° Nous ne-connaissons aucune adresse spéciale; il faut demander ce produit aux marchands-de produits chimiques. — 2° Nous n’avons pas d’autres renseignements que ceux que nous avons publiés. — 3° Voyez à la librairie Andriveau Goujon, 4, rue du Bac, à Paris.
- M. V. Jonanbon, à Bagnères. — Vous pourriez peut-être essayer les diverses colles dont nous avons donné les formules-dans le Petit livre des Recettes et procédés utiles, lrc série, à la librairie Masson et C‘\
- M. Ch. Gacon, à Paris. — Il faut essayer quelques gouttes d’aldéhyde formique dans de l’eau et augmenter ou diminuer la dose avec prudence.
- M. G. Lenoir, à Paris. — 1° Rien ne prouve que ces insectes absorbent toujours le sang. — 2° L’opération de désinfection a peut-être été incomplète. — 5° Nous croyons que vous pourriez employer de la poudre de pyrèthre de bonne qualité.
- M. G. Du clou, à Paris. — Nous n’avons pas reçu la note' dont vous parlez.
- M. Luis y Gonzales, à Valparaiso. — 1° Pour le chronopho-tographe, veuillez vous adresser à M. Gaumont, 57, rue Saint-Roch, à Paris. — 2° Cet appareil ne se trouve pas dans le commerce.
- L’abonné 8294, à Bilbao. — Essayez une solution composée de quelques gouttes d’aldéhyde formique dans l’eau. Opérez avec prudence; commencez par 2 ou 3 gouttes dans un verre d’eau et suspendre le traitement après trois ou quatre applications.
- M. J. Tabourin, à Neufchâteau. — Pour toutes ces brochures, il faut vous adresser à l’auteur, 42, boulevard Bischoffs-heim, à Bruxelles. . _
- M. Regard, à Paris. — La période joue un grand rôle dans le courant alternatif. Pour les distributions industrielles, ou adopte des fréquences de 50 périodes par seconde.
- M. Bureau, à Blois. — Cet appareil est bon et peut vous rendre de grands services.
- M. Ballard, à Nantes. — Nous avons parlé du développement des clichés en plein air dans le n° 1325 du 22 octobre 1898, p. 325. ‘
- M. Girard, à Paris. — Les produits que vous employez ne doivent pas être de bonne qualité.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. Lelong, à Paris. Nous avons reçu vos renseignements; nous vous en remercions; mais nous ne pouvons les utiliser. — M. R. Dubois, à Brest. L’expérience seule peut répondre à votre question ; essayez et faites bien les observations. — M. D. B., à X. ; M. Léon M., à Nantes. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cle. — M. Legard, à Nice. Voyez le même petit livre que ci-dessus, 3e série, à la même librairie. — M. G. R.% à Paris. — Remerciements pour votre communication.
- Jlans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres repues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INTENTIONS1
- Appareil ù. souder et à braser. — Les appareils à souder et à braser sont d’une très grande utilité dans l’industrie. Malheureusement ils réclament toujours le secours d’un appareil de soufflerie important. Pour les appareils portatifs, c’est le chalumeau à bouche qui est ordinairement employé ; l’usage de ce chalumeau est incommode, l’insufflation est peu facile, pas régulière. Le nouvel appareil à souder et à braser, système Palazzi, que viennent de construire en France MM. ftenaut et Cie, supprime tous ces divers inconvénients et donne des résultats très intéressants. Dans cet appareil, le gaz arrive dans un tuyau ordinaire muni d’une poignée G, vient en F et en D. En E se trouve un bouton de réglage et en D est fixé un brù-
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- Appareil à souder et à braser.
- leur à gaz. Ce dernier est placé au-dessous d’un petit réservoir B, rempli d’eau ; la chaleur dégagée par le bec de gaz sert à vaporiser l’eau, et la vapeur se dégage en À, le gaz arrive en même temps par un tuyau latéral. Il en résulte à la sortie une flamme très énergique, soufflée constamment par la vapeur sous pression qui arrive à chaque moment, et l’on peut projeter avec force cette flamme sur tout objet à souder, à braser ou à fondre. En quelques instants, des résultats surprenants sont obtenus. En C est un bouchon qui permet de renouveler l’eau à volonté dans le réservoir B. Cet appareil est appelé à rendre de grands services dans l’industrie. — L’appareil à souder et à braser se trouve chez MM. Renaut et CiB, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- la boite à cigarettes. — Dans cette boîte en ébénisterie est placé un système qui permet de distribuer une à une les cigarettes qui se trouvent à l’intérieur. La figure 1 donne une vue d’ensemble du coffret, et la figure 2 nous donne une coupe intérieure. Nous soulevons d’abord le couvercle, toutes les
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- La boîte à cigarettes.
- cigarettes se rassemblent comme le montre la figure 2. Si nous .laissons ensuite retomber le couvercle, il sort une seule cigarette par l’ouverture ménagée à la partie supérieure. Pour charger la boîte, il suffit d’élever le couvercle et de glisser dans la fente les cigarettes une à une. — La boîte à cigarettes se trouve à la même adresse que l’objet précédent.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Eau de Portugal. — Ce n’est plus une nouveauté, mais cela n’empêche pas cette eau de toilette, tout comme l’eau de Cologne, d’être toujours fort appréciée : aussi on nous saura gré sans doute d’en donner la formule. Cela se compose tout simplement de 400 grammes d’essence de Portugal, de 120 grammes d’essence de citron, de 60 de bergamotte et de 20 d’essence de géranium d’Afrique, dans 5 kilogrammes d’alcool à 90°. On voit que, comme l’eau de Cologne aussi, cette prétendue eau ne contient pas une goutte de ce liquide.
- Pour faire passer l’odeur de l’iodo forme. — Il est peu d'odeurs aussi intenses, et qui soient d’ailleurs aussi désagréables
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction dés Nom-velles scientifiques est étrangère aux annonces.
- à un grand nombre de gens, tout en étant d’une ténacité désolante. Dans la publication Munchener Medicinische Wochenschrift, on recommande de laver les vêtements, les mains, toutes les choses qui ont pris de l’odeur par leur contact avec de l’iodoforme, d’abord simplement au moyen de savon (ce savonnage devant être fait à fond), puis en les frottant avec du vinaigre de vin.
- Empois noir. — On peut avoir besoin parfois, au moins dans les usages industriels, d’un empois de cette nature, il suffit, pour le fabriquer, d’ajouter une certaine quantité de bois de campêche à de l’empois ordinaire avant de le faire bouillir, la quantité de campêche variant suivant la teinte désirée. On peut également recourir à l’emploi de bichromate de potasse dissous dans de l’eau chaude.
- Pour laquer l’étain. — Nous n’avons pas besoin de dire que la première chose à faire est de dégraisser soigneusement et complètement, au moyen de térébenthine, la surface métallique à vernir ; si, par hasard, il s’y trouvait de l’huile de lin, on chaufferait au four jusqu’à durcir complètement cette huile. On étend alors une couche de la teinte désirée, obtenue au moven de couleur brovée dans de l’huile de lin (les terres d’ombre réussissent parfaitement). On durcit ensuite cette couche par passage au four et on polit au moyen de pierre ponce pulvérisée, appliquée à l’aide d’un morceau de feutre mouillé. On enduit avec un vernis composé de 240 grammes environ d’essence de térébenthine où l’on a fait dissoudre 180 grammes d’essence de lavande, 4 grammes de camphre et enfin 60 grammes de copal écrasé. 11 faut enfin passer à l’étuve ou au four, en élevant la température autant que cela sera possible, sans faire couler le vernis. Ce traitement doit être renouvelé quand la première couche est bien sèche et oii peut même la répéter encore, suivant l’appréciation de l'opérateur.
- Ardoise artificielle. — Il s’agit de peinture ardoisée (dont . nous avons donné déjà maintes recettes), mais la formule que nous publions cette fois semble destinée à offrir \ ne résistance particulière et à former une sorte de croûte dont la solidité dépasse celle des enduits analogues. Pour la préparer, on fait une mixture de déchets d’ardoise finement pulvérisés auxquels on ajoute du noir de fumée et aussi du verre soluble : celui-ci s’obtient en mélangeant par parties égales en poids du verre soluble à la potasse et du verre soluble à la soude cl’une densité spécifique de 1,95. Pour préparer cette solution de verre soluble, on pulvérise soigneusement des poids égaux de ces deux verres solubles dans un mortier où l’on verse ensuite de six à huit fois la même quantité d’eau de rivière, ou mieux, d’eau distillée. Le tout est mis ensuite à bouillir durant uni* demi-heure, ce qui assure une dissolution complète. On prend sept parties en poids de l’ardoise pulvérisée, on la brasse et op la met en pâte avec de l’eau; on y ajoute ensuite et v incorpore le noir de fumée, et c’est seulement alors qu’on mélange aùsip intimement que possible avec le verre soluble. La pâte p demi liquide peut être aisément étendue au pinceau; ellè prends admirablernent#sur des feuilles de_ fer-blanc frottées aù grès. * !
- Utilisation des os comme engrais. — La poudre d’os est vendue assez cher comme engrais aux cultivateurs, et il faut bien dire que, quand elle est pure, elle rend d’excellents services. Mais les cultivateurs peuvent, et à bien peu de frais! comme l’indique la Gazette des campagnes, fabriquer èuxj-mêmes de la poudre d’os, en utilisant les os qui constituer^ un résidu constant dans les cuisines. On met les os au four, op on ne les fait griller que très légèrement, pour ne pas détruire l’azote qu’ils contiennent; puis on les pilonne dans une auge en pierre, ce qui ne demande pas du reste un bien grand) efiort. Cette poudre grossière est ensuite enterrée par lest labours. j
- HYGIÈNE ET SANTÉ :
- La colique des électriciens.
- Ne vous effrayez pas : il ne s’agit pas d’une maladie nouvelle, à laquelle doivent être sujets tous ceux, et ils sont légion, qui s’occupent d’électricité. C’est tout simplement une manifestation sous une forme nouvelle du saturnisme de l'empoisonnement par le plomb : c’est la vulgaire et si redoutable colique des peintres que le Dr Talamon baptise de ce nom ; rare chez les peintres qui commencent à abandonner la céruse et les autres sels de plomb pour leurs mélanges de peinture,, elle a fait d’assez nombreuses victimes chez certains ouvriers électriciens. Ce sont ceux qui fabriquent et chargent les ac-
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- cumulateurs, pour la categorie dite des « malaxeurs ». Pour former les surfaces nécessaires à la réserve du courant électrique on se sert de lames de plomb dont on double l’épaisseur et la résistance au moyen d’un enduit de litharge ou de minium.
- Cette opération se fait couramment avec la main qui étale la pâte, sans prendre la précaution de se garnir de gants de caoutchouc. Malgré un lavage fréquent des mains la friction répétée fait pénétrer dans les tissus l’agent délétère et l’ouvrier, au bout d’un certain temps, a absorbé des doses de plomb suffisantes pour provoquer les accidents du saturnisme.
- Ce qui caractérise l’intoxication sous cette forme et dans cette classe industrielle, c’est, dit Talamon, sa précocité, son intensité et la fréquence des crises. Alors que chez les peintres, à moins de prédisposition tout à fait particulière, les accidents n’apparaissent guère qu’après des années, chez les électriciens ils éclatent dès les premières semaines du travail. Ces accidents sont ceux du saturnisme aigu, crises de coliques violentes avec
- constipation opiniâtre, vomissements, troubles de la sécrétion urinaire, liseré plombique, etc.
- Dans la seconde catégorie d’électriciens, les « chargeurs », l’intoxication ne se produit pas avec cette brusquerie et cette précocité. Les ouvriers manient le plomb d’une façon plus intermittente ; les mains ne sont pas imprégnées de pâtes métalliques. Ils arrivent à l’intoxication graduelle, quand ils n’emploient pas quelques moyens prophylactiques comme les typographes, les plombiers, les étameurs chez lesquels l’imprégnation se fait lentement par intervalles.
- Les mesures prophylactiques à employer chez ces ouvriers, pour cette nouvelle forme de saturnisme, sont les mêmes que celles qui ont été édictées jadis pour les établissements qui fabriquent les poudres, les sels de plomb ou qui les emploient sous diverses formes dans l'industrie : manipulation avec des gants, lavages fréquents et grands soins de propreté, bains sulfureux, occlusion de la face par des masques (quand il s’agit de poussières) pour prévenir la pénétration par les voies respiratoires, etc. Dr A. Cartaz.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de Oà 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN-MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 18 Juin . . . 16* ,0 £. 0. Beau. 0,0 Nuag. jusqu'à 19 h. ; couvert ensuite ; halo.
- Mardi 19 ..... . 19°,1 S. E. 1. Peu nuageux. 0,0 Nuag. le matin; très nuag. le soir; halo.
- Mercredi 20 18°,9 W. S. W. 2. Peu nuageux. 0,0 Éclaircies entre 6 et 15 h. ; couv. avant et après ; averses à partir de 16 h. ; un peu de grêle au début.
- Jeudi 21 15°,0 S. E. 2. Couvert. 3,8 Eclaircies de 9 à 11 h. ; couvert avant et après; quelques averses.
- Vendredi 22 14°,9 S. W. 3. Couvert. 0,5 Très nuageux ; halo et arc circumzénithal. Très nuag. ; orage de 10 h. 45 à 11 h. 15, commence à l'W., huit à l'E. passant par le N. ; averses.
- Samedi 25. ...» . 14°,9 S. W. 4. Très nuageux. 0,0
- Dimanche 24 14°,0 W. 1. Nuageux. 1,6 Très nuageux.
- JUIN 1900. — SEMAINE DU LUNDI 18 AU DIMANCHE 24 JUIN
- ’ La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les (lèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques {baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- .a température et la pluie. — Dans la semaine du 17 au 24 juin, nous ayons eu successivement une température très élevée, puis très faible. La pluie est tombée à de nombreuses reprises.
- Le 17 juin, la température moyenne à Paris a été de 20°,6 avec un maximum de 27®,7. Des pluies sont tombées dans le centre de l'Europe.
- En France, on a signalé des pluies orageuses dans le sud-ouest; on a recueilli 17 mm. d'eau à Toulouse, 8 à Clermont, 4 à Biarritz.
- Des orages ont eu lieu à Nice, au Puy-de-Dôme et au mont Mounier, le 18 juin. Le temps est resté chaud en France; à Paris, la température moyenne a été de 18°,9.
- Le 19 juin, des pluies sont tombées sur les Iles-llritanniques. En France, on a recueilli dans le nord-ouest 14 mm. d'eau à Boulogne, 5 à Cherbourg,
- 2 à Brest. La température.a baissé dans le sud-ouest de l'Europe; elle était ce matin de 12° à Moscou, 19° à Paris, 25° à Trieste.
- Les 20 et 21 juin, de fortes averses sont tombées à Paris. Des pluies sont tombées dans 1 ouest et le sud de l'Europe. En France, on a recueilli 11 mm. d'eau à Lorient, 5 à Belfort, 4 à Paris. On a signalé des orages à Lyon et au ballon de Servance; les 22 et 23, ondées à Paris.
- La température a baissé en Allemagne et en Italie; elle était de 11° à Moscou, 15° à Paris, 27° à Brindisi. On notait 14° au mont Aigoual, 9“ au puy de Dôme, 8° au mont Mounier.
- Pluies dans les Indes anglaises. — Des pluies abondautes sont tombées, à la date- du 15 juin, dans certains districts des Indes anglaises, mais sur le littoral occidental la mousson est faible et lie s’est pas fait sentir au nord de Goa, ui dans l'intérieur, dans les régions les plus affectées.
- PHASES DE LA LUNE ; D. Q. le 2), à 1 b. 6 m. «la malin.
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- M. J. LAFF ARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —(g)— L’Agence Desroches, bien connue de nos lecteurs, puisque •c’est elle qui s’est toujours occupée de l’organisation matérielle de nos excursions scientifiques, prend l’initiative d’une partie en mer sur un ! transatlantique spécialement affrété par elle pour assister à la revue j navale du 19 juillet. L’administration de La Nature s’est réservé, I pour ses abonnés, la jouissance de 50 places qui seront gardées jus-j qu’au 10 juillet à midi.
- | Conditions : Embarquement au Havre mercredi 18 à midi; retour ; au Havre, vendredi matin. — Prix, en lre classe: 175 fr.; en 2e classe : 117 fr. — Ce prix comprend le billet de chemin de fer ; <le Paris au Havre et retour.
- ^ Pour s’inscrire, s’adresser directement à l’Agence Desroches, 21, rue l du Faubourg-Montmartre, en envoyant une bande de La Nature.
- \ — !§)— L’Université de Barcelone, voulant témoigner de son \ admiration pour les services rendus par M. de Lacaze-Duthiers aux '• sciences zoologiques et de sa reconnaissance pour l’hospitalité que I trouvent les savants étrangers dans les stations maritimes qu’il a j fondées, a fait exécuter son buste en bronze par un des sculpteurs
- * les plus célèbres de l’Espagne, M. Benlliure, membre de l’Académie des Beaux-Arts de Madrid et de l’Académie de Rome. Ce buste a
- ; «Hé remis à M. de Lacaze-Duthiers dimanche dans le salon de la | Sorbonne par une délégation de l’Université de Barcelone composée I «le M. Luanea, recteur, et de MM. les professeurs Lozano, Mundi,
- I Zarazono, Lopez Sancbo et de Buen. Plusieurs autres universités | étrangères avaient envoyé des délégués : celle de Vienne, M. Studer ; j celle de Liège, M. Frédéricq, etc. Cette cérémonie a été présidée I par- M. le Ministre de l’instruction publique qui a prononcé une I allocution dans laquelle il a rappelé les beaux travaux de M. de ! Lacaze-Duthiers. Cette manifestation universitaire resserrera encore j les liens qui nous unissent à l’Espagne depuis de si longs siècles.
- j —®— Le testament de M. Milne Edwards vient d’être ouvert f <'ii présence de la famille. Il comporte, en dehors des legs particu-i liers, trois clauses relatives à des établissements publics auxquels ! s’intéressait particulièrement le directeur du Muséum. Au Jardin des ! Plantes, M. Milne Edwards lègue sa bibliothèque scientifique, une des plus riches qui soient. Cette bibliothèque devra être vendue et , le produit affecté à la chaire de zoologie dont le donateur était titu-; laire. A la Société de géographie, dont il fut président. M. Milne ï Edwards lègue une somme de 20000 francs, pour la fondation d’un prix à attribuer périodiquement aux voyageurs ou explorateurs.
- ; Enfin, l’ancien directeur du Muséum donne 10000 francs à la Société ï des amis des sciences.
- f —®— Samedi 30 a eu lieu le premier essai du Métropolitain
- «lu cours de Vincennes à la porte Maillot. Il a pleinement réussi. La Compagnie du Métropolitain de Paris dont le nouveau directeur j -est M. H. Màreschal, le distingué ingénieur qui a créé le secteur \ «les Halles centrales, possède actuellement 11 automotrices élec- triques et une vingtaine de voitures de remorque. Elle compte inaugurer son service le 13 juillet. Les travaux des embranche-
- • ments de l’avenue du Bois et du Trocadéro sont poussés activement ; afin d’être prêts à la fin du mois*'
- [ —S— Le ballon du comte de Zeppelin qui avait été en partie démoli
- ; par une tempête cet hiver, sur le lac de Constance, a été réparé. Nous rappelons que le ballon dirigeable du comte de Zeppelin a 126 mètres hledong et 11 mètres de diamètre; il est divisé en dix-sept compartiments et soutenu par une carcasse d’aluminium. Il doit porter deux sdiélices et deux moteurs; la propulsion doit être opérée par des t hélices placées par paires sur les tlancs du ballon et reliées par des kourroies à l’arbre moteur au moyen d’axes en diagonale. Dans les Expériences préparatoires pour vérifier la puissance des moteurs, une
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- chaloupe a été lancée sur le lac et, sous l’influence de ces moteurs aériens, a pris une vitesse de 6,8 à 9,2 milles à l’heure. Le combustible est le benzène, et on a calculé que l’appareil pourrait en emporter une provision suffisante pour faire un voyage de plus de 179 milles. Ce ballon est prêt à faire ses essais au premier jour favorable.
- Les travaux faits sur le Nil supérieur, et l’abondance des eaux stagnantes qui en est résultée ont, d’après le Times., exercé une influence réelle sur les conditions du fleuve. D’après des rapports reçus par sir B. Baker, il paraîtrait que le défaut d’oxygène libre dans l’eau a causé la destruction presque complète du poisson. Dans un rayon de 100 mètres autour du bureau des ingénieurs, on a trouvé au moins un million de poissons morts. Ce résultat, dit Nature, concorde avec l’expérience qui a été faite à Londres pour déverser les égouts dans le fleuve. L’eau filtrée, bien que claire et sans odeur, était bue impunément ; mais, comme elle ne contenait pas d’oxygène à l’état libre, les anguilles s’agitaient violemment et, finalement, périssaient suffoquées.
- —(§)— Le Bulletin de la Société des ingénieurs civils nous signale, d’après un journal italien, qu’une maison de Hambourg vient de mettre -dans le commerce des clous en caoutchouc durci qui ont une solidité et une résistance tout à fait comparable aux clous en métal et présentent sur ceux-ci l’avantage de pouvoir être employés dans tous les cas où ces derniers présentent des inconvénients graves. Us ne sont pas attaqués par les agents chimiques, sont mauvais conducteurs de l'électricité et ne sont pas soumis à l’influence magnétique. Leur emploi est indiqué dans les industries électriques, on n’a pas à craindre avec eux la dérivation du courant toujours à redouter avec les clous en métal. On peut aussi employer des crochets en caoutchouc durci pour la suspension des fils métalliques ; l’enveloppe isolante de ces derniers est moins sujette à être détériorée et, même en cas de détérioration, il n’y a pas à craindre de courts circuits. La propriété de ne pas conduire l’électricité et celle d’être insensible aux influences magnétiques rendent l’emploi de ces .clous précieux pour la construction des appareils délicats de laboratoires. Comme il ne peut pas se produire d’étincelles par leur choc avec les marteaux et autres instruments en fer, leur usage est recommandable pour les fabriques d’explosifs et endroits où l’on a à manipuler ces substances.
- —@— Pendant les récentes manœuvres militaires allemandes, on a employé des automobiles au transport des officiers d’état-major, et quelques-unes marchaient à des allures extrêmement rapides. Les services rendus ont été tels que l’on songe au moment où les équipages régimentaires et les trains d’approvisionnement pourront être remplacés par des voitures à pétrole.
- —La prohibition des réclames électriques à Londres. Nos lecteurs savent quel usage on fait maintenant, pour les annonces de publicité, des projecteurs et aussi des lampes électriques s’illuminant et s’éteignant brusquement, en changeant le plus souvent de nuance. Voici que le Country Council, quelque chose comme, le. Conseil municipal de Londres, vient d’en interdire l’emploi, et cela sous peine u’amende, parce que ces éclats brusques de lumière effrayeraient les chevaux.
- —g)— Le n° du Journal officiel du 30 juin restera légendaire : 319 page»,- un volume.... Ces 319 pages mises bout à bout formeraient une bande de 105m,60 «le long. Trois numéros ainsi développés dépasseraient près de 17 mètres la hauteur de la tour Eiffel. Poids du numéro, 693 grammes. Trois numéros pèsent 2k*,079. Trois pour 15 centimes. C’est un record. Le papier imprimé se vendant 20 centimes le kilogramme, tout acheteur de trois numéros du 30 juin pourrait faire, en les revendant après lecture, un bénéfice du 25 centimes. Spéculer sur l'Officiel, c’est un comble.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Communications. — M. Ed. Franger, à Guebwiller, nous adresse une réponse à la question que M. le général Cosseron de Villenoisy a posée dans les Communications du n° 1411, du 9 juin 1900 sur l’utilisation de la chaleur solaire non absorbée par les planètes : « Vous demandez, dit M. Franger, à quoi peut servir la chaleur émise par le soleil, dont quelques milliardièmes seulement, c’est-à-dire une quantité négligeable, est utilisée par notre système planétaire. Je me suis posé cette question depuis fort longtemps et voici la solution à laquelle je suis arrivé, solution qui, si elle ne vous satisfait pas, vous intéressera peut-être. Les atomes cosmiques qui, d’après l’hypothèse Kant-Laplace, ont été le point de départ de tous les systèmes solaires de l’univers doivent, au moment où ils se concentrent dans l’espace pour former une nébuleuse qui, par ses transformations successives, constituera un système solaire nouveau, renfermer déjà en eux la quantité de chaleur nécessaire à ces transformations et à la vie entière du système solaire futur. Ces atomes ont dù avoir par conséquent de la chaleur à leur disposition, outre la faculté de l’absorber; or cette chaleur ne peut être et n’est que celle qu’émettent les soleils en activité qui sont en train de dépenser le calorique qu’ils ont reçu eux-mêmes de soleils antérieurs, et de rendre à l’univers ce qu’ils n’avaient fait que lui emprunter pour la durée de leur existence. Notre système solaire est dans cette période de son évolution ; il ira se refroidissant jusqu’à ce que, ayant perdu toute sa chaleur, il ait une température à laquelle la matière, telle que nous la connaissons, ne saurait plus exister et redeviendra atome cosmique. Ces atomes se répandront le long de la trajectoire qui a été imposée à notre système solaire dans l’espace et puis ils se réchaufferont aux rayons des soleils futurs pour reproduire, en passant par la nébuleuse, un système solaire nouveau semblable au système actuel. En procédant ainsi, la nature ne fait que suivre la loi fondamentale qui veut que pas un gramme de matière, pas une calorie ne se perdent, mais qui veut aussi que, dans l’infi-niment petit, comme dans l’infiniment grand, cette matière et cette chaleur se modifient sans cesse pour créer, sans répit aussi, des doses nouvelles ; elle n’admet pas plus les soleils éternels que les microbes éternels, peu lui importe que la durée de leur évolution soit de quelques minutes ou de quelques millions de siècles. »
- M. Saint-Denis, à Bonnières (Seine-et-Oise) nous envoie la description d’un nouveau carburateur pour automobiles et motocycles. Ce carburateur est un nouvel appareil à pulvérisation sans niveau constant. Il se règle comme la plupart des carburateurs, au moyen de deux manettes dont une pour l’essence et l’autre pour l’air; il ne possède ni soupape, ni ressort, ni mouvement intérieur. Aucune secousse ne peut le dérégler quel que soit le genre de route sur laquelle il manœuvre et le départ est immédiat. Son volume absolument réduit et sont poids minime en font le plus petit et le plus léger des carburateurs. Essayé tout récemment sur un motocycle de Dion-Bouton de 2 clhevaux 1/4 et sur un parcours de 100 kilomètres moitié côte, moitié palier, sa consommation n’a été que de 3 litres d’essence. Ce résultat montre tout le parti <{ue l’on pourra tirer en pratique du nouveau carburateur.
- M. Raymond Lambert, à Lisieux, nous signale un halo solaire qui s’est produit le 22 juin, vers 7 heures du soir.
- M. G. Braun, à Gand, nous envoie la photographie d’une chèvre qui, au moment du déclenchement de l’appareil, s’est approchée rapidement de l’objectif. Cette photographie présente son intérêt.
- Renseignements. — M. G. F., à Rennes. — Nous ne pouvons annoncer tous les concours ; regrets.
- M. le Dr S., à Th. — 1° Les plaques des accumulateurs doivent se toucher intérieurement; il faudrait démonter les
- éléments et les vérifier; 2° Il ne faut pas songer aux piles poiir cet usage.
- M. A. G. S., à Moscou. — 1° Automobiles Gardner Sur- \ juillet, 11, rue Stendhal, à Paris; 2° Voyez le traité L'auto- S mobile théorique et pratique, par Baudry de Saunier, chez l’auteur, 22, boulevard de Villiers, à Neuillv (Seine). j
- M. Souel, à Lyon. — Le transformateur électrique que nous avons décrit se trouve chez M. Chomeau, 33, passage du Havre, à Paris.
- M. G. T., à La Haye. — Nous ne savons où l’on peut se procurer cette substance ; nous allons faire des recherches. j
- M. G. S., à Monastir. — II n’y a pas de catalogue; il faut, I vous adresser à un numismate, par exemple à M. Bourgev, 19r [ï rue Drouot, à Paris.
- M. Bellot. — 1° La puissance sera de 8 kilogrammètres par-seconde. 2° Nous croyons qu’il serait préférable de prendre- ; une turbine. 5° Il existe plusieurs formules, chaque fabricant i en a une. Vous pouvez essayer un mastic formé de silicate de ( potasse à 30° B. et de pierre ponce en poudre. '
- Un abonné, à Paris. — Il faudrait vous adresser à un fabricant de produits chimiques, à la Société des produits chimiques,. 44, rue des Ecoles, ou à là maison Poulenc, 122, boulevard Saint-Germain. Mais nous ne croyons pas que l’on trouve encore ce produit dans le commerce.
- M. Dtipont, à Paris. — Le télégraphone que nous venons de décrire se trouve à l’Exposition dans la galerie des machines ; (section Danoise). L’appareil n’est pas dans le commerce. j
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. G. D., à Ber- ! lin. Nous avons reçu votre demande ; nous faisons les recherches. — < M. G. Perart, à Nîmes. Il faut calculer ou mesurer la résistance du circuit. — M. G. X., à Blois; M. E. R., à Versailles. Voyez le i petit livre des Recettes et procédés utiles, 1re série, à la librairie ; Masson et Cie. — M. Parant, à Chartres. Ces formules sont données ,j dans le même petit livre que ci-dessus, 3e série, à la même librairie. — M. M. N., à Paris. Remerciements pour votre communication, j
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- La tuberculose et les timbres-poste.
- On a maintes fois signalé le danger qu’il y avait à coller avec les lèvres des timbres-poste, des timbres de quittance qui ont traîné dans un tiroir, passé entre nombre de mains plus ou moins ] propres, plus ou moins aseptiques. Les timbres neufs sont encore J relativement peu dangereux; mais la manie qui s’étend de la ; philathélie met entre toutes les mains des timbres-poste qui ont voyagé Dieu sait où, traîné sur quelles tables, dans quels réduits, bref qui peuvent être chargés de mille et une souillures plus ou moins suspectes. Qu’un enfant —et je pourrai dire tout aussi bien un adulte, car la contagion n’a pas d’égards pour les âges — vienne à porter à sa bouche pour le coller, ou mieux le recoller, un timbre ainsi panaché d’agents microbiens, il pourra : s’inoculer une maladie plus ou moins grave.
- En voulez-vous la preuve? Le Dr Busquet avait dans son ser-, vice un phtisique avancé, grand philathéliste passant son temps à tousser, à cracher et à coller des timbres-poste sur des albums.
- Ce malade découpait de petits carrés de papier gommé, les attachait, avec un peu de salive aux timbres pour les fixer à la place voulue. Naturellement il se trouvait parmi les autres malades des collectionneurs aussi enragés qui faisaient échange de timbres avec lui.
- Le Dr Busquet, effrayé des conséquences que pouvait avoir pour les autres malades ce contact de timbres gommés et mouii- ; lés par la salive d’un tuberculeux, voulut vérifier d’une façon | précise s’il y avait réellement danger de contamination. Il prit; 300 timbres préparés par ce malade, les mit tremper dans de; l’eau stérilisée à l’abri de l’air et après 24 heures l’eau fut inoculée à des cobayes. Huit animaux reçurent des injections de ce liquide timbro-postal, les huit moururent nettement tuberculeux.
- Philathélistes, mes amis, gardez votre amour des collections recueillez les timbres les plus rares, les plus précieux, c’est h grâce que je vous souhaite: mais gardez-vous de les coller avec les lèvres, gardez-vous aussi de les coller avec les doigts portés à la bouche pour les humecter de salive ; des deux façons vous risquez d’absorber des microbes et l’un des plus dangereux, le bacille tuberculeux. Prenez comme dans les administrations, une éponge mouillée, prenez un pinceau, un objet quelconque, vous collerez vos timbres plus proprement et sans danger.
- Dr A. Cartaz.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les r<r
- seiqnemenls qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon a repondre a toW les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précédé la date de la livrais
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Dressé A l’Observatoire de Paris, d’après les publications du Bureau des longitudes
- JUILLET-AOUT-SEPTEMBRE 1900. — POSITION DES PRINCIPALES PLANÈTES.
- WWTS
- Mouche /v
- Bélier
- Uuffl..
- Lion
- VENUS
- Petit Chien
- Baleine
- Lièvre
- Grand/Chien
- n lAoûi, méTÎcLien /a
- Cygne i
- Herculs
- Dauphin !
- Poissons
- lOct
- SOLEIL
- Verseau
- Serpent
- URANÜS
- Capricorne
- <U P TER
- orpion
- Sagi ttaire
- Fo ssan Aust 'al
- TXT1T
- PRINCIPAUX PHÉNOMÈNES ASTRONOMIQUES
- Occultations des Planètes et des Étoiles par la Lune, visibles à Paris.
- 1900. Nom de l’astre. Grandeur. Immersion. Émersion.
- Juillet. 2 p* Lion. 6,5 Temps moyen. 10 h. 9 m, 8 Temps moyen. 10 h. 37 m, 8
- — 3 4006 B.A.C. 6,1 8 h. 15 m, 0 9 h. 26 m, 7
- — 8 ô Scorpion. 2,6 11 h. 50 m, 2 11 h. 57 m, 3
- — 9 24 Ophiucus. 5,9 11 h. 3 m, 4 12 h. 16 m, 6
- — 10 6088 B.A.C. 6,3 14 h. 36 m, 8 15 h. 5 m, 3
- — il 33 Sagittaire. 6,0 10 h. 32 m, 6 11 h. 18 m, 8
- — 11 Sagittaire. Sagittaire. 3,5 12 h. 34 m, 6 13 h. 27 m, 6
- — 11 5.7 13 h. 7 m, 0 Appuis» t Q'î do bord.
- — 13 8 Verseau. 6,8 15 h. 43 m, 0 16 h. 47 m, 9
- — 14 c* Capricorne. 5,4 9 h. 47 ni, 2 10 h, 26 m, 7
- — 14 c2 Capricorne. 6,4 10 h. 2 m, 0 11 h. 3 m, 5
- — 15 x Verseau. 5,2 6,4 8 h. 34 m, 7 9 h. 26 m, 0
- — 15 44337 Lalande. 10 h. 27 m, 6 10 h. 54 m, 8
- — 16 16 Poissons. 6,0 11 h. 6 m, 8 11 h. 51 m, 0
- — 21 53 Taureau. 6,2 13 h. 6 m, 2 13 h. 57 m, 8
- — 21 8195 Lalande. 6,2 15 h. 7 ni, 8 ippolse b i'i do bord.
- Août» 9 39357 Lalande. 6,8 11 h. 47 m, 8 12 h. 49 m, 8
- — 9 7063 B.A.C. 6,4 6,4 13 h. 46 m, 7 14 li. 12 m, 1
- — 12 8152 B.A.C. 14 h. 21 m, 7 Appnlse i S'î di bord.
- — 12 x Poissons. 5,0 16 h. 19 m, 7 17 h. 23 m, 1
- — 12 9 Poissons. 6,4 16 h. 21 ni, 1 17 b. 23 m, 2
- — 15 19 Bélier. 5,9 14 b. 26 in, 4 ippolseb 3’î do bord.
- — 16 54 Bélier. 6,3 13 h. 3 ni, 8 13 h. 58 m, 6
- — 17 1242 B.A.C. 7,0 10 h. 58 ni, 6 11 h. 22 m, 0
- .— 18 t Taureau. 4,8 12 h. 44 m, 6 13 h. 31 m, 8
- — 18 105 Taureau. 6,3 14 h. 50 ni, 6 15 h. 50 m, 0
- Sept. 3 Saturne. 7 b. 52 ni, 2 8 h. 20 ni, 5
- 1900. Nom de l’astre. Grandeur. Immersion. Emersion.
- Sept. 4 i-1 Sagittaire 5,7 Temps moyen. 7 h. 46 m, 6 Temps moyen. 9 h. 3 ni, 4
- — 6 8 Verseau. 6,8 11 b. 49 m, 8 12 h. 54 m, 1
- — 7 'c* Capricorne. 6.4 5 b. 48 m, 2 6 h. 48 m, 7
- — 8 44904 Lalande. 6,5 15 h. 9 m, 3 ippolsot 3'4 do bord.
- — 12 it Bélier. 5,6 12 h. 44 m, 1 13 h. 50 m, 6
- — . 12 p3 Bélier. 5.9 16 li. 40 m, 4 17 h. 52 m, 7
- — 13 13 Taureau. 6,0 9 h. 47 m, 2 10 h. 40 m, 8
- — 13 14 Taureau. 6,4 10 h. 20 m, 0 11 h. 15 m, 1
- — 18 29 Ecrevisse. 6,2 14 h. 51 m, 7 15 li. 50 m, 6
- Satellites de Jupiter.
- OCCULTATIONS. ÉCLIPSES.
- 1900. Satellites. Immersion. Émersion. Commencement. Fin.
- Juillet. 1 II 11 h. 48 m.
- — 3 I 11 h. 11 m.
- — 5 I 8 h. 39 m. 54 s.
- — 6 III 11 h. 52 m.
- - 12 I 10 h. 34 m. 27 s.
- — 19 I 9h. 14m.
- — 19 II 10 h. 24 m. 34 s.
- — 26 II 8 b. 14 m.
- — 28 I 8 h. 52 m. 26 s.
- Août. 4 III 8 h. 58 m. 6 s.
- — 11 III 7 h. 56 m.
- — 11 I 9 h. 15 m.
- — 13 II 7 h. 36 m. 43 s.
- — 20 11 7 h. 57 m. 7 h.' 45 m. 53 s.
- — 27 I 7 h. 51 m.
- — 27 11 7 h. 44 m.
- Sept. 5 I 7 h. 23 m. 19 s.
- — 14 II 7 h. 28 m. 9 s.
- — 16 III 6 h. 55 m. 8 s.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Pour nettoyer les vitres et glaces des cadres. — M. F. W. llooper recommande de se servir pour cela, et une fois que la vitre a été lavée et qu’elle a séché, d’un morceau de peau de chamois ou même de velours de coton qu’on a étendu et fixé sur une planche, mais en interposant une épaisseur d’étoffe entre le chamois et la planche. Il est évident que, de la sorte, il est impossible de se couper les mains quand on arrive aux bords de la vitre, de plus on frotte toujours d’aplomb, et il n’est guère possible de causer une fracture.
- Polissage de la toile à calquer. — Bien souvent on est obligé de se servir de la gomme pour effacer des traits de cravon, notamment, sur de la toile à calquer : celle-ci perd dès lors son brillant et sa glaçure, qu’il est absolument nécessaire de lui rendre pour qu’elle ne se laisse pas transpercer par l’eau. Or, on peut obtenir aisément ce résultat en frottant la
- surface qui est devenue rugueuse au moyen d’un morceau de cette cire dure qui constitue les rouleaux des phonographes. On peut même en frotter les dessins ordinaires au crayon, cela forme un vernis à leur surface qui les protège des taches et les empêche de s’effacer plus ou moins partiellement. Du reste, il est bien facile de se procurer de vieux cylindres de phonographes.
- Eau de lavande. — Pour fabriquer l’eau de lavande ordinaire, il suffit de faire dissoudre, dans 3 kilogrammes d’alcool à 90°, 130 grammes d’essence de lavande et 200 d’eau de rose. Mais, si l’on veut fabriquer ce qu’on a nommé l’eau de lavande double ambrée, M. Gips indique la formule suivante : dans 5 kilogrammes d’alcool à 90°, 83 grammes d’essence de lavande, 10 de citron, 5 d’essence de géranium d’Afrique, 52 de baume du Pérou, 30 de teinture de musc, 25 de teinture de civette, et enfin 50 de styrax liquide.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49-,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 25 Juin . . . 15",0 S. 3. Couvert. 0,0 Très nuageux. ; pluie fine à 7 et 17 h.
- Mardi 26 13",5 W. 3. Couvert. 0,0 Presque couvert jusqu’à 19 h. ; beau ensuite; gouttes à 6 h. 50.
- Mercredi 27 13",9 S. W. 0. Beau. 0,0 Très nuag. de 9 h. à 16 li.; quelques nuages av. et après.
- Jeudi 28 14",0 N. 1. Peu nuageux. 0,0 Nuag. de 7à 18 h. ; quelques nuages avant; beau après.
- Vendredi 29 15",8 E. N. E. 1. Beau. 0,0 Beau jusqu’à 10 h. ; très nuageux ensuite.
- Samedi 30 17»,0 S. W. 2. Quelques éclaircies. 0,0 Très nuageux jusqu’à 7 h. ; couvert ensuite ; quelques averses ; pluie dans la soirée.
- Dimanche 1" juillet 15»,2 S. S. W. 3. Couvert. 7,1 Couvert ; pluie fine le quart du temps.
- JUIN-JUILLET 1900. -- SEMAINE DU LUNDI 25 JUIN AU DIMANCHE 1er JUILLET
- La courbe supérieure indique la. nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tempête dans la Manche. — Une violente tempête a sévi le 5 juin dans la Manche. Le bateau d Oslende, qui devait arriver à Douvres
- 8 heures 1/2 du soir, a subi un long relard.
- f Pluies et température. — Les pluies ont été nombreuses cette semaine et la température a généralement baissé. Le 25 juin, le vent a soufflé très fort en Bretagne; il était du nord-ouest sur le Pas de Calais et la Provence, modéré en Bretagne et en Gascogne. Des pluies sont tombées clans le nord de l'Allemagne, sur les Pays-Bas et sur l’est de l’Angleterre.
- Eu France,'on a recueilli 7 mm. d’eau à Boulogne,4 à Biarritz, 1 à Nancy.
- La température s'est abaissée sur nos réglons ; le matin, le thermomètre marquait 11° à Belfort, 14° à Paris, 29° à Alger. On notait 5° au pic du Midi, 5° au puy de Dôme et au mont Aigoual.
- Le 20 juin, des pluies ont été signalées dans le centre et l'est de l'Europe; en France, elles sont tombées seulement dans l'est et on a recueilli 8 mm. d’eau à Belfort, 3 à Nancy, 1 à Lyon, et à Charleville.
- La température s’est abaissée dans l'ouest du continent. Le thermomètre marquait 10° à Arkhangel, 14° à Paris, 23? à Alger, 29'’ à Patras. Ou notait 0° au puy de Dôme, 5° au mont Aigoual et au pic du Midi.
- Eu France, il y a eu un temps frais avec ciel nuageux.
- A partir du 27 juin, la température a sensiblement remonté. — Grand veut et pluie le 30 juin et les l“.et 2"juillet sur.les côtes de lu Manche.
- lies inondations en Espagne. — Les inondations survenues à la date du 27 juin, ont causé'beaucoup de dégâts. Près de Totana, la rivière du Guadalentin a fortement endommagé le canal. A Albôx, dans la province d'Almeria, les eaux ont détruit l'église et quelques maisons. La ligue du chemin de fer a été coupée. Plusieurs habitants ont péri, emportés par les eaux.
- PHASES DE LA LUNE ; N. L. le 27, al b. 37 m. du malin.
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- N° 1416 (14 juillet 1900), du Journal « LA MATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —M. Bcrtlielot, récemment élu de l'Académie française, a reçu les félicitations du Président de l’Académie des Sciences qui s’est fait l’interprète de ses confrères. M. Berthelot a modestement observé que l’Académie française avait suivi la tradition en le désignant pour remplacer M. Joseph Bertrand. Il a toujours été de règle que l’Académie des Sciences fût représentée à l’Académie française par l’un de ses secrétaires perpétuels. Il en a été toujours ainsi depuis BufFon. On doit citer d’Alembert, Condorcet, ï’ourens, Dumas, Pasteur et Bertrand. Ajoutons à la liste Claude Bernard qui fit partie de l’Académie française, sans avoir été secré-3aire perpétuel.
- —®— On annonce pour le 27 de ce mois l’inauguration du <monument de Lavoisier érigé sur la place de la Madeleine en face la rue Tronchet. Ce monument est dû à une souscription internationale. Plusieurs capitales avaient déjà rendu hommage au fondateur de la chimie moderne. Ironie du sort, il n’y avait qu’à Paris où une statue ne consacrait pas la mémoire du grand chimiste. C’est M. Berthelot qui prononcera l’éloge de Lavoisier.
- —®— C’est François de Nèufchàteau, qui, le premier, conçut l'idée d’exposer publiquement les produits au travail et de l’intelligence, en conviant le peuple à se rendre compte du résultat de son labeur. C’est lui qui, par une circulaire du 9 fructidor, an VI, annonça officiellement l’ouverture de la première exposition industrielle et qui, le 1er vendémiaire, en présida l’inauguration sur le Champ-de-Mars. Avocat, poète, auteur dramatique, président de la Société d’agriculture,, président de l’Assemblée législative, membre du Directoire, ministre de l’intérieur, président du Sénat et, enfin, membre de l’Académie française, il a laissé son nom à des œuvres et à des réformes importantes. II y a dix-huit mois environ, M. Paul Yillemin prit l’initiative de la constitution d’un comité en vue de -l’érection d’un monument à François de Neufehâteau, créateur de la première exposition qui eut lieu en 1798. Tout est prêt. L’emplacement tout trouvé. Il est question d’inaugurer le monument pendant l’Exposition de 1900.
- —L’aéronef du comte Zeppelin dont nous avons annoncé le prochain départ s’est élevé le 2 juillet de Friedrichshafen sur le lac de Constance. Pendant l’hivernage, des tempêtes se sont déchaînées sur le lac, le hangar Bottant a rompu ses amarres et a été fortement endommagé. Le comte Zeppelin ou ses actionnaires, parmi lesquels figure le roi de Wurtemberg, qui avaient dépensé un capital de 1 250 000 francs, ne se sont pas découragés. Ils ont créé des obligations et continué les préparatifs. Parti des environs de Mansfeld, le ballon a atterri doucement à Immenstaad. Le comte Zeppelin était accompagné du baron Conrad Bossus, de M. Eugène WollF et de deux ingénieurs. Le voyage a été exécuté à une vitesse de 8 mètres à la seconde. La distance parcourue à une hauteur de 400 mètres a été de 6 kilomètres en 17 minutes 1/2. La manœuvre opérée pour monter ou pour évoluer a donné d’excellents résultats. La corde qui retient le poids mobile s’étant prise dans le gouvernail qui imprime un mouvement latéral, le gouvernail n'a plus marché, après avoir fonctionné avec succès pendant assez longtemps. Comme le soir tombait, on a mis fin à l’expérience. L'atterrissage d'Immenstaad a eu lieu à 10 kilomètres de distance de Friedrichshafen sans le moindre accident, et le ballon qui a exécuté des évolutions en cours de route reste flottant comme un navire à son ancrage. De loin, il offre à peu près l’aspect d’un immense vaisseau -cuirassé. Ce premier essai passe pour être satisfaisant. Ce n’est pas notre avis. La vitesse propre du ballon a été inférieure à .8 mètres, vitesse déjà atteinte par le ballon La France et d'ail-
- leurs insuffisante. L'étoffe aussi ne retient pas le gaz. La première ascension est donc loin d’être un succès.
- —(§)— Voici quelques chiffres sur les trois plus grandes fabriques de couleurs d’andine allemandes :
- Ouvriers...... Ludwigshafen. . . 6 207 Hœchst. 5 670 ElberfeM. 5900
- Personnel dirigeant. . . - » 128 886
- Chimistes 146 150 150
- Ingénieurs 75 57 29
- Ils montrent bien l’importance de ces fabriques et jusqu’à quel point on n’hésite pas de l’autre côté du Rhin à faire la part large aux représentants de la Science. 446 chimistes dans un seul établissement presque tous docteurs ès sciences et 75 ingénieurs !
- —(§)— M. Manson a démontré que la filiaire du sang se trouve dans le corps des moustiques. Sur des coupes colorées de moustiques emprisonnées dans la celloïdine, il a réussi à voir la filaire in situ dans l’estomac de l’insecte, dans ses muscles thoraciques, dans les tissus de l’abdomen. Un de ses élèves, M. Low, vient de réussir une coupe encore plus démonstrative. Sur cette coupe on peut voir le parasite s’allongeant dans toute la longueur de la trompe du moustique. Cette préparation semble donc bien établir d’une façon indiscutable que c’est par cette voie que la filaire sort du corps de l’insecte et que dès lors c’est par la piqûre du moustique que la maladie se transmet à l’homme. Il faut décidément se défier des insectes qui semblent jouer un grand rôle dans la propagation des maladies contagieuses.
- —g)— M. Yauglian Cornish, de Londres, a examiné les essais faits au canal de Suez pour retenir les masses de sable qui glissent sans cesse dans le canal. Toutes les plantations essayées avaient échoué dans ce pays sans pluie, quand on eut l’idée de recourir au casuarina, plante de l’hémisphère austral qui n’a pas besoin de pluie et dont les racines s’enfoncent si profondément dans le sable qu’elles finissent par atteindre la nappe souterraine. Ces arbres, qui résistent remarquablement à la sécheresse, ne résistent pas moins bien aux excès d’humidité, ce qui constitue un facteur important pour les plantations dans l’ouest du delta, sujettes à subir des mandations. Les casuarina plantés comme premier essai il y a vingt-cinq ans, à Ismaïlia, se sont développés rapidement et atteignent maintenant une hauteur de près de 18 mètres. On espère avec des plantations de ce genre arriver à enrayer le mouvement des sables.
- —®— D'après Electrical Review de New-York, le Lloyd de l’Allemagne du Nord aurait décidé de pourvoir ses navires rapides d’appareils nécessaires pour la télégraphie sans fil, afin île leur permettre d’annoncer leur arrivée dès qu’ils se rapprocheraient des côtes allemandes, en correspondant avec des stations installées à cet effet dans une île près (te l’embouchure de l’Ems dans la mer du Nord. Il est question de faire une installation analogue sur le navire-phare des Nantuckets Slioals, au large de la côte du Massachusetts, ce qui permettrait de signaler l’arrivée des navires plusieurs heures avant qu’ils ne puissent être vus à Fire-Island.
- —(§)— D’après le Carrière délia Sera, on a utilisé récemment en Italie avec succès contre la grêle des décharges d’artillerie. Le 25 mai, vers 5 heures du soir, on vit se former dans les environs de Rogeno (Como) trois orages successifs dont les nuages étaient évidemment chargés de grêle. A un signal donné quatorze canons ouvrirent le feu sur ces nuages ; il ne tomba qu’un peu de grésil, par-ci par-là. Le même jour, la grêle fit de grands ravages dans les environs d’Alexandrie, dans les districts de Roeehetta, Tanaro, Feliz-zano et Quattordio vers 4 heures de l'après-midi; en certaines
- flaces, les grêlons formaient une couche de ü'n,50. Les districts où on avait tiré le canon contre les nuages furent indemnes, dans les autres, la récolte des vins fut complètement détruite.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Communications. — MM. Hans Dubs et Léon Laffite, à Marseille, nous adressent une brochure qui a pour titre : La Poste électrique. Note sur un transporteur électro-automatique. Cette notice est extraite du Bulletin de la Société scientifique industrielle de Marseille.
- M. J. de Rey-Pailhade, à Toulouse, nous fait parvenir une brochure qui traite du projet d’achèvement du système métrique décimal et de l’unification des mesures du temps et des angles par la décimalisation du jour et du cercle entiers. La brochure renferme le catalogue complet des objets exposés par l’auteur à l’Exposition de 1900.
- Renseignements. — M. Lerand, à Paris. — Nous avons donné la formule du Dr Legrand de la solution anesthésique hémostatique pour pratiquer l’anesthésie dentaire dans nos recettes d’hygiène et santé, dans les Nouvelles scientifiques dun° 1564 du 15 juillet 1899.
- M. Sabatier, à Saint-Julien. -— Consultez le catalogue de la collection des manuels Roret, à la Librairie Mulo, 12, rue Hau-tefeuille, à Paris.
- M. Thore, à Lille. — Vous faites erreur. Pour avoir la puissance électrique, il faut multiplier les volts par les ampères ; cè produit donne des watts. En multipliant la puissance en watts par le nombre d’heures de-fonctionnement, vous avez l’énergie roduite pendant ce temps, et l’énergie est exprimée en watts-eure. ,
- M. Courtois, à X... — Le tan donne de bons résultats pour empêcher l’herbe de pousser dans une cour.
- Un photographe, à Rouen. —Pour insolubiliser la gélatine, il faut plonger les clichés pendant cinq minutes dans une solution de formol du commerce à 10 pour 100; on rince ensuite à l’eau froide et on laisse sécher.
- M. Duprès, à Oran. — On obtient sur l’aluminium une couleur noire en faisant agir une solution ammoniacale ou même en présence seulement de sels ammoniacaux.
- M. Girardin, à X... — Le virus pour la destruction des rongeurs se trouve à l’Institut Pasteur, service des virus, 55, rue Dutot, à Paris.
- M. Leroy, à Vire. •— Nous avons donné la recette d’une encre blanche dans les Nouvelles scientifiques du n° 1575, du 16 septembre 1899.
- M. Serrier, à Lyon. — Ou compte qu’un coulomb met en liberté, en décomposant l’eau, 0,1158 centimètre cube d’hydrogène, et 0,0579 centimètre cube d’oxygène. La différence de potentiel nécessaire pour électrolyser l’eau est de 1,5 volt. Un ampère-heure vaut 5600 coulombs.
- M. Leclerc, à Albi. — Nous avons décrit un petit bouclier spécial pour buriner dans les Petites Inventions du n° 1584, du 2 décembre 1899.
- M. Brenant, à Neuilly-sur-Seine. — Pour ces ouvrages, adressez-vous à la librairie agricole de la maison Rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- M. Husson, à Gand. — Nous ne traitons pas ces diverses questions, qui sont trop spéciales.
- M. Dubard, à Orbec. — Nous croyons que ces appareils ne se fabriquent plus.
- 1/. P. C., à Chàteauroux. — Vous trouverez des photographies de l’Exposition chez M. Giraudon, 15, rue Bonaparte; chez M. Bulloz, 21, même rue, ou chez M. Ilautecœur, 172, rue de Rivoli, à Paris.
- M. J. L., a Paris. — Nous avons décrit le tramway électrique Claret-Vuilleumier, installé à Paris, avenue de la République, dans le n° 1206 du 11 juillet 1896, p. 81.
- M. Lebart, à Pamiers. — Le piège à bascule convient bien pour la souris; mais nous ne savons s’il pourra s’appliquer à l'insecte que vous désignez.
- M. L. G., h Caen. — Vous pouvez faire cet essai; mais nous
- vous conseillons de mettre un shunt aux bornes de votre résistance pour diminuer l’intensité du couranCs’il est nécessaire#
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Gerant, à Melun. Nous ne croyons pas que cet appareil existe. — M. D. M., à Paris. Il nous est impossible de traiter cette question dans le journal. — M. Durand, à Nancy. Vous trouverez ces formules élémentaires dans tous les traités d’électricité. — M. D. R., à L. ; M. P. D., à Blois; M. G. M., à Paris. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie, à Paris. — M. Lebon, à Marseille; M. Girard, h Paris. Consultez le même petit livre que ci-dessus, 5e série, à la même librairie. — M. Gimard, à Blois; M. D. G., h Paris. Remerciements pour vos communications.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Traitement des verrues.
- Les méthodes de traitement des verrues sont innombrables,. En voici une nouvelle basée sur la propriété qu’a le formol de durcir l’épiderme, de tarir les sécrétions sudorales. 11 est dû au Dr Daniel. 11 se sert d’une solution de formol assez caustique à 4 sur 10 et à l’aide d’un fragment d’allumette, d’une petite baguette de verre, badigeonne la verrue sur toute sa surface, en prenant la précaution de ne pas l’excorier, sous peine d’une cuisson fort douloureuse. En répétant ce badigeonnage deux à trois jours de suite, on voit la verrue se durcir, se rétracter, prendre une teinte jaunâtre, feuille-morte, et tomber après quelques jours sans laisser de cicatrice-apparente. Le moyen est simple et sans danger.
- Traitement du muguet.
- Le muguet est une affection qui est fréquente chez les tout jeunes enfants. Quelquefois symptôme grave d’une affection grave elle-même, le muguet est le plus souvent une affection purement locale, causée par la malpropreté, le mauvais état des biberons, l’impureté et l’acidité du lait ou des troubles digestifs.
- On croyait autrefois que le muguet était produit par un champignon du genre oïdium; les recherches récentes rattachent son origine à une levure, au saccharoromyces albicans.
- Quelle qu’en soit la nature exacte, le muguet doit être combattu dès son apparition.
- Les lotions, les collutoires ne sont pas toujours facilement applicables chez les bébés. Aussi le Dr Escherich conseille-t-il un traitement qui lui a très bien réussi dans sa clinique. On fabrique avec de l’ouate hydrophile stérilisée un petit tampon qu’on saupoudre de vingt à trente centigrammes d’acide borique en poudre additionné d’une dose infinitésimale de saccharine. Ce tampon est donné aux enfants comme le suçon des vieux temps, si cher aux nourrices ; dans l’intervalle des repas, l’enfant suce ce tampon. La salive dissout progressivement l’acide borique, devenant dans une certaine mesure assez antisep--tique pour empêcher l’évolution de la levure.
- Le tampon est changé tous les matins. Pour prévenir que l’enfant en avale des fragments, le tampon est attaché, ficelé comme un saucisson, avec une petite bande de tarlatane stérilisée.
- En très peu de temps, vingt-quatre à quarante-huit heures s’il est de date récente, le muguet disparaît sans autre médication. Dans les cas anciens ou avec une grande extension des plaques blanches, la guérison est un peu plus lente et il faut avoir le soin de nettoyer chaque jour, avant de donner le tampon, les surfaces malades.3
- Côntre'çla coqueluche.
- Au cours de ses recherches sur le microbe de la coqueluche, le professeur Moncorvo de Rio de Janeiro avait constaté que l’acide citrique avait une action destructive sur cet agent pathogène. 11 tenta alors une médication de la coqueluche par des badigeonnages avec une solution à 10 pour 100 de cet acide el eut la satisfaction de constater une diminution dans la fréquence et l’intensité des accès et une marche plus rapide vers la guérison.
- Ges badigeonnages se font dans l’arrière-gorge, et à la base de la langue à l’aide d’un pinceau recourbé ; elles sont sans danger. Tout au plus provoquent-elles, les premières fois, un peu de toux par l’irritation. L’acide citrique est d’un prix fort peu élevé et peut, comme il est l’élément essentiel du jus de citron, être remplacé par lui au cas où l’on ne pourrait se le procurer; mais l’action n’est pas tout à fait identique. Dr X.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction aocueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à repoudre A toutes lès questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- LE CHIEN CYCLISTE. — Texte et dessins par Henriot.
- 1. J’ai dressé mon chien; le chien u'est pas seulement l’ami de l'homme, ce doit être le compagnon inséparable du cycliste.
- 2. En palier, mou chien me précède, galope à côté, en avant ou en arrière, m'amuse et me distrait.
- ô. H flaire les clous, les obstacles et m'indique la bonne route.
- 5. Buffalo (c’est le nom de mon chien) remplace le grelot par des cris prolongés.
- 6. Au besoin, il joint le geste à la parole.
- 7. Buffalo surveille mes derrières, de façon à ne pas être surpris par quelque chauffeur emballé.
- 8. Inutile d’ajouter que ma bécane est 9. Avant-hier j’ai ramassé une formidable pelle 10. 11 n y a que pour regonfler les pneus que Buflal© pliante et qu’au besoin du côté de Suresne. n’est pas très habile. Mais j arriverai a le dresser
- Buffalo Ja porte sur les reins. Buffalo est allé chercher du secours. avec un peu de patience et beaucoup de sucre.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Mixture de chaux pour les murs. — Le passage fréquent «les murs à la chaux est une des meilleures mesures que l’on puisse prendre, à la fois pour l’entretien proprement dit de ces murailles, et aussi pour la destruction tout hygiénique des germes qui s’y peuvent déposer. C’est pour cela que nous revenons sur un sujet, à propos duquel nous avons déjà publié des recettes; d’ailleurs celle que nous donnons aujourd'hui a l’avantage de fournir une coloration d’un blanc intense, puisque c’est à elle que le service des Phares des États-luis a recours pour bien rendre visibles les amers. On éteint environ deux décalitres de chaux dans une quantité suffisante d’eau bouillante pour la couvrir complètement, puis on y ajoute un décalitre de gros sel qu’on a fait au préalable dissoudre dans de l’eau chaude. On soumet à l’ébullition 125 grammes de farine de riz mélangée d'eau ; on laisse tremper 450 grammes de
- colle forte blanche et bien propre et on la fait fondre au bain-marie. On mélange la farine de riz, la colle, puis 225 grammes de blanc d’Espagne, à une vingtaine de litres d’eau chaude; on brasse le tout en le versant sur les premiers ingrédients, et on laisse reposer quelques jours à couvert, mais en appliquant ensuite à chaud.
- Couleurs à reflets. — La publication Sprechsaal a donné récemment un moyen de produire des couleurs brillantes à reflets variés au moyen d’une glaçure d’or; pour cela il suffit de mélanger à cette glaçure des quantités variables d’un fondant au bismuth, ce fondant étant obtenu lui-même par broyage de 12 parties en poids de nitrate de bismuth et d’une partie de cristaux de borax pulvérisés. Pour obtenir des reflets dorés, la proportion sera de 10 parties en poids de glaçure à l’or pour 2 de ce fondant au bismuth ; les chiffres relatifs de 4 et 2 donneront des reflets rosés; avec 2 parties du premier et 4 de l’autre, on aura des reflets d’un bleu violacé ; avec 2 et 8 parties, ce seront des reflets bleu pâle, etc. .
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Paro Saint-Maur, altitude 49,3D). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET EOBCE DE 0 A 9. ÉTAT DU CIEL PLUIE EX MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 2 juillet. . . . 19”,4 S. W. 3. Couvert. 4,5 Très nuag. de 9 à 22 h. Couv. avant et après. Eclairs au S.-S. S. E. de 20 à 24 h. ; quelques petites averses.
- Mardi 3. » 14%2 W. 2. Couvert. 0,5 Presque couvert le matin ; très nuageux le soir. Un peu de pluie à 4 h.
- Mercredi 4 14»,8 N. N. W. 2. Beau. 0,0 Nuageux de 9 à 19 h. ; beau avant et après; halo.
- Jeudi 5 la»,2 N. N. W. 2. Beau. 0,0 Beau jusqu'à 8 h. ; très nuag. ensuite ; gouttes à 19 h. 40.
- Vendredi 6 15°,8 S. W. 2. Couvert. 0,2 Beau à 1 b. ; puis couv. ; nuag. de 10 à 20 h. ; beau ensuite; pluie line de 5 h. 50 à 7 b.
- Samedi 7 14»,8 N. W. 4. Presque couvert. 0,0 Très nuageux; gouttes de temps en temps entre 11 h. 30 et 17 b. ; averse à 14 h.
- Dimanche 8 . . • . . 12°,8 N. N. W. 3. Peu nuageux. 0,4 Nuageux; halo.
- JUILLET 1900. --- SEMAINE Dü LUNDI 2 AU DIMANCHE 8 JUILLET.
- Lundi
- Mardi
- Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites au Pare Saint-Maur en juin 1900
- par M. E. Resoc.
- Moyenne barométrique à midi 757""“,51. Minimum 750'““,22 le 4 à 5 heures du soir. Maximum 764“*,05 le 14 à 10 heures du matin.
- Moyennes thermométriques : des minima 12°,4t, des maxima 23°,66; du mois 18°,03; vraie des 24heures : 17°,71. Minimum 7°,8 le 27 à 4 h. 1/2 du matin. Maximum 30®,8 le 11 à 2 h. 23 du soir (30®,7 le 12 à 2 h. 25 du SQir). lias du sol : moyenne des minima 9®,07. Minimum 3®,6 le 27.
- Tension de la vapeur : moyenne 9““,98. La moindre 6““,0 le 25 à 1 heure du soir. La plus grande 14"“,8 le 12 à 8 heures du soir.
- ÏÜ Humidité relative : moyenne 68. La moindre 21 le 11 à 1 heure et 2 heures d*t soir. La plus grande 100 eu 1 jour (le 2 à 4 h. du matin).
- Pluie 22“,1 en 36 heures 1/2 réparties en 12 jours; plus 4 jours de gouttes et 1 jour de grêle.
- Nébulosité moyenne 55. Vents de S.-W dominants.
- Quatre jours d'orage : le 2, quelques coups de tonnerre vers le S.-W. de 5 h. 30 à 5 h. 10 du soir. Eclairs dans cette région, de 9 heures à 11 heures
- du soir. Le 12, orage de l’W. à l’W.-N.-W. de 4 h. 50 à 7 heures du soir. Le 15, tonnerre au S.-E. de 5 h. 15 à 3 h. 50 du soir, avec un peu de pluie. Le 25, orage de 10 h. 45 à 11 h. 15 du matin, de l’W. à l’E., passant au N. Un jour d éclairs, le 5 à 10 heures du soir, dans l’E.
- Température moyenne de la Marne : le malin 19®,47; l'après-midi 20®,32; du mois 19°,90. Elle a varié de 15®,58 le 2 à 22®,82 le 19. Elle est assez claire. Sa hauteur a varié de 1“,75 le 50 à 3”,55 le 7. Sa température s’est élevée pendant 17 jours au-dessus de 20'.
- . Relativement aux moyennes normales, le mois de juin 1900 présente les résultats suivants : Baromètre plus bas de 0““,87. Thermomètre plus haut de 1®,14. Tension de la vapeur moindre de 0"“,07. Humidité relative moindre de 6. Nébulosité plus forte de 1. Pluie plus faible de 35““,5.
- Floraisons : le 1", nigelle de Damas; le 2, delphinum vivace; le 3, cornouiller; le 5, tilipendule ; le 8, digitale, pjrethrum parthenium ; le 12, escholtzia, grand seringat d’Amérique ; le la, jasmin ; le 16, tilleul ; le 18, hémérocalle fauve ; le 19, croix de Jérusalem ; le 21, pavot, lis ; le 22, stevia; le 25, tagetes signata; le 24, sumac, yucca gloriosa.
- PHASES DE LA LUNE ; P. Q. le 5 à 0 h. 23 du matin.
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- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- L AFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- " —®— Les jours caniculaires des anciens commenceront le 22 juillet et prendront lin le 26 août. Ils correspondent sensiblement au maximum de chaleur annuel.
- —®— On a lancé à Brest, le 14 juillet, le croiseur cuirassé La Marseillaise. Ce navire fut mis sur cale le 10 janvier 1900. La durée du séjour sur cale aura donc été seulement de six mois et quatre jours. Elle avait été de sept mois et demi pour Yléna, de six mois et vingt jours pour le Suff'ren. La rapidité de construction réalisée par le port de Brest pour les derniers bâtiments mis en •chantier a donc été dépassée pour La Marseillaise. Le progrès est plus sensible encore si, au lieu du temps de séjour sur cale, on •considère le temps qui s’est écoulé entre l’ordre de mise en chantier. 15 juin 1899, et la date du lancement, 14 juillet 1900. Cette période n’a été que de treize mois pour La Marseillaise, alors qu’elle avait été de dix-sept mois pour Yléna, de quinze mois pour le Suff ren. La Marseillaise, cuirassé de 10000 tonnes, a été construite d’après les plans de M. Bertin, directeur du génie maritime. Son artillerie se composera de 2 canons de 194 en tourelles-barbettes, situées dans l’axe en chasse et en retraite ;~-û canons à tir rapide de 164,7 dont 4 en tourelles-barbettes, et 5 en réduits cuirassés; 6 canons de 100 à tir rapide; 18 canons de 47: 4 canons de 37. Les tourelles de 194 sont cuirassées à 200 mm. ; celles de 164,7, à 120 mm.
- —#— M. Perrotin, de l’Observatoire de Nice, a fait une observation qui mérite d’être enregistrée. Cette année la lumière zodiacale s’est montrée à Nice en mars et en avril dans les parties du ciel où elle est généralement diflicilement perceptible, avec un gelât que l’on peut sans exagération qualitier d’extraordinaire. Il sera intéressant de poursuivre chaque année des recherches dans cette direction. Nous savons si mal ce qu’est la lumière zodiacale.
- —®— Le service astronomique de l’Inde anglaise vient de publier, dans les « lndian .Meteorological Memoirs », les observation^ recueillies dans 154 stations, pendant l’éclipse de soleil du 22 janvier 1898, toutes observations barométriques, thermométriques ou autres, qui ont été réduites au temps de Madras. Pour tous les postes où l’obscuration était la plus complète, on a pu remarquer que le vent s'apaisait complètement ; d’autre part, sur bien des jwiuts, la chute de température atteignait 5° (de l’échelle Farenheit naturellement).
- —S— IFaprès le Rapport récent du Bureau météorologique anglais, il parait que les avertissements et prévisions transmis par cet établissement ont été particulièrement heureux, durant le dernier exercice auquel se rapporte ledit rapport : dans 83 pour 100 des cas. la prédiction s’est effectivement réalisée, alors que, pendant la décade précédente, les succès ne s’étaient comptés que par 81,4 pour 100. Des avis spéciaux sont envoyés au moment de la fau-chaison et de la récolte des foins : ici les succès se sont affirmés bien davantage, la proportion étant de 89 pour 100 et même de 96 dans la région méridionale de l’Angleterre.
- —<S>— La Conférence internationale tenue à Londres pour déterminer les bases d’un catalogue rationnel et international des ouvrages scientifiques a pleinement réussi. Indépendamment de l’Angleterre, la France, l’Autriche, l’Allemagne, la Grèce, la Hongrie. l’Italie, le Japon, le Mexique, la Norwège, la Suisse, les Etats-Unis, la colonie du Cap, l’Inde, le Natal, la Nouvelle-Zélande et le Queensland étaient représentés. Les délégués pour la France étaient MM. Dar-boux, Deniker et H. Poincaré. Les frais de l’entreprise (publications de catalogues), évalués à 2771 livres, ont été l’objet de garanties fermes de la part de l’Allemagne, l’Angleterre, la France,
- l’Italie, la Suisse et la Norwège. et probablement de la part des autres puissances. Dans la séance du 13 juin, la conférence a pris les décisions suivantes ; le côté financier de l’entreprise est suffisamment élucidé pour justifier les arrangements ultérieurs nécessaires, les représentants des différents pays ayant déclaré que les gouvernements où les corps savants sont prêts à souscrire au nombre de séries complètes du catalogue et aux prix indiqués. Jusqu’à la constitution définitive du Conseil international un comité international provisoire sera nommé. Ce comité sera chargé de se mettre en rapport par l’intermédiaire de la Société royale avec les personnes autorisées des différents pays pour obtenir dê ces pays l’adhésion ou l’appui financier à l’œuvre du catalogue. Ce comité, sans responsabilité financière, est autorisé à entamer les négociations préparatoires. Le comité provisoire est composé de MM. ie professeur Armstrong, Dr Bumchorst, Dr Gruf, Dc Mikau, professeur Nasini, professeur Poincaré, professeur Weiss.
- —g— Pendant l’année 1899 et dans les 26 séances qu’il a tenues à la préfecture de police, le Conseil d’hygiène publique et de salubrité du département de la Seine a eu à examiner 727 affaires dont 485 ont fait l’objet de rapports écrits. Parmi les plus intéressantes affaires figurent les projets de création ou d'agrandissement de cimetières dans la banlieue de Paris, des études sur les émanations dégagées par les accumulateurs d’électricité, l'éclairage à l’acé-tvlène des tramways, l’assainissement de la Bièvre, la distillation de l'éther. La statistique des maladies contagieuses signalées à la préfecture de police donne pour cette même année 1899 : fièvre typhoïde, Paris 4329 cas, banlieue 1182: variole, Paris 256 cas, banlieue 62; scarlatine, Paris 5066 cas, banlieue 1451; diphtérie, Paris 2996 cas, banlieue 894; maladies cholériformes. Paris 61 cas, banlieue 21 ; dysenterie, Paris 7 cas, banlieue 3 ; infections puerpérales, Paris 170 cas, banlieue 67 ; ophtalmie des nouveau-nés,' Paris 25 cas, banlieue 9.
- —La population dc New-York (Greater New-York) se décompte ainsi qu’il suit d’après Engineering : Manhattan 2007 241; Bronx 174 370; Brooklyn 1 267158; Oueens 136559; Richmond 69 266. Ensemble : 5 654504.
- — 8— Le professeur A. E, ÔVright donne, dans le journal anglais Lancet, les résultats des inoculations antityphoïdiques faites par lui sur les troupes britanniques dans une série de postes militaires de Flndc ; un ensemble de 11295 hommes étaient en observation, dont 2835 ont été inoculés, le reste non. Le pourcentage des cas de typhoïde parmi les non inoculés a été de 2,5, et, parmi les inoculés,-de 0,95 seulement, ce qui fait une différence assez marquée pour qu’on se décide à poursuivre d'autres essais. Au point de vue de la mortalité, les résultats n’ont pas malheureusement été si concluants, puisque le pourcentage des morts a été respectivement de 0,54 et 0,2. Le professeur Wright ajoute que, d’une façon générale, les inoculations avaient été faites sur des hommes jeunes et non acclimatés, plus susceptibles de contracter le mal.
- —Dans une étude publiée par le département de l'agriculture des Etats-Unis, le Dr A. D. Hopkins insiste sur une relation étroite (et jusqu’à un certain degré une dépendance mutuelle) entre les incendies de forêts et les ravages des insectes nuisibles sur les arbres, et aussi la multiplication des insectes et celtes des maladies cryptogamiques. Les arbres qui sont atteints dans leur vitalité par les incendies qui n’ont pu pourtant les abattre, offrent des conditions particulièrement favorables à la multiplication des insectes, et quand ensuite ils sont tués et qu’ils deviennent du bois mort, ils fournissent un excellent aliment aux incendies. Au point de vue des maladies crytpogamiques, M. Hopkins cite un exemple curieux, celui du pin blanc, où la pourriture se met à la suite des blessures causées à son écorce par un insecte de 1 espèce scalytns.
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- Adresses relatives aux appareils décrits. — L’allumoir électromagnétique se trouve chez M. E. Chomeau, 33, passage du Havre, à Paris.
- Communications. — M. Pierre Rebattu, ingénieur au Caire, nous adresse la note suivante : « Depuis quelque temps déjà, j’avais fait un projet tendant à régulariser le débit des eaux du Nil. Ce projet consistait à se servir du lac Victoria Nvanza comme réservoir en construisant un barrage dans la vallée par où les eaux s’en écoulent. Le lac Victoria ayant une superficie immense, constituerait pour l’Égypte le plus beau réservoir que l’on puisse rêver; on aurait laissé s’y accumuler les eaux qu’il reçoit pendant l’automne et l’hiver, et pendant ce temps, on aurait laissé couler le Nil bleu et les autres affluents du fleuve, puis, au printemps, quand les affluents commenceraient à baisser, et alors qu’on a besoin de beaucoup d’eau pour l’agriculture, on ouvrirait les écluses de Nyanza et le fleuve coulerait de nouveau à pleins bords, parce que la provision accumulée suffirait largement à alimenter le fleuve pendant le reste de l’année. J’hésitais à présenter mon projet parce que, après la conquête, les Anglais ont fermé le Soudan aux Européens et particulièrement aux Français, mais cette année, le Nil étant particulièrement bas, au point qu’il n’y a pas même de l’eau pour les cultures de coton et qu’on a été obligé d’interdire les cultures de riz et de maïs, que, de plus, les Anglais sont en train de construire des réservoirs qui, je le crains, ne serviront pas à grand’chose, je me décidais à présenter mon projet à sir W. Garstin, sous-secrétaire d’Etat au ministère des travaux publics, lequel nie répondit que mon idée était bonne, mais qu’elle n’était pas nouvelle et que le ministère lui-même étudiait ce travail et songeait à le réaliser. Par conséquent il faut s’attendre à apprendre dans peu de temps que le régime des eaux en Égypte va être complètement modifié par le fait d’un travail important exécuté au lac Victoria Nyanza. Une seule chose m’étonne, c’est que les Anglais, s’ils avaient idée de faire ce travail, n’aient pas commencé par là au lieu de faire les réservoirs d’Assouan et autres, qui, déjà, de leur propre aveu, leur donnent des déboires, en leur coûtant plus cher que la dépense prévue et en n’emmagasinant pas la quantité d’eau sur laquelle ils comptaient. »
- M. Tito Martini, à Venezia, nous fait hommage d’une brochure qu’il vient de publier et qui a pour titre : « Nuove ricerche intorno al fenomeno del Pouillet ».
- Renseignements. — M. Dubart, à Paris. — Ustensiles en nickel, Compagnie française du nickel, 64, rue de Turenne; Société « Le Nickel », 23, rue de la Chaussée-d’Antin, à Paris.
- M. Durand, à Paris. — Nous avons décrit un bouchon automesure qui pourra vous être utile ; voyez les nouvelles scientifiques du n° 1360, du 17 juin 1899.
- J/. Blais, à Bruxelles. — Il est nécessaire de connaître la perméabilité du fer que vous voulez emplover.
- M. H. Bonnet, à Nantes. — Cet appareil et les divers accessoires sont en vente au Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. G. B., à Tours. — Nous pensons qu’une simple désinfection à l’eau phéniquée suffira.
- M. Dumont, à Nancy. — La Société de la turbine à vapeur de Laval a son siège, 48, rue de la Victoire, à Paris.
- M. Levens, à Nîmes. — Le cheval-vapeur vaut 75 kilogram-mètres par seconde ou 736 watts.
- il/. Bertrand, à Brest. — Vous pouvez vous procurer des glacières chez M. Schaller, 532, rue Saint-Honoré, chez M. Ch. Lambert, 73, rue Turbigo, etc. Chaque système présente ses avantages propres et ses inconvénients.
- M. Penart, à Laon. — Il est nécessaire de faire faire, par un chimiste, l’analyse complète de ce liquide, pour connaître sa composition exacte.
- M. Chavart, à Paris. — L’adresse où se trouve cet appareil a été donnée en tète du numéro qui en contient la description.
- J il/. Miran, à Orléans. — H est préférable, dans le cas que-vous nous signalez, d'employer le courant continu.
- M. Gonzalo Silva Gartisteban, à Lima. — Nous ne pouvons nous occuper du côté financier d’une exploitation ; veuillez vous adresser à M. J. Garnier, ingénieur des mines, 47, rue de Clichy, à Paris.
- M. de G., à Bruxelles. — Vous pourrez avoir quelques ouvrages sur ce sujet à la librairie Carré et Naud, 2, rue Racine, ou à la librairie Desforges, 41, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. S. L., à Paris. — Nous ne connaissons pas de vernis spécial.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. Boy, à
- Paris. Il faut vous adresser à une agence de brevets. — M. Girard, à Lille. Remerciements pour les renseignements que vous nous avez envoyés ; nous les utiliserons à l’occasion. — M. Gillot, à Paris. Cette formule n’est pas exacte. — M. Leroy, à Paris; M. Dieon, à Caen; M. B. G., à X. Consultez le petit livre des Becettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. Raymond, à Paris. Cette recette a été donnée dans le même petit livre que ci-dessus, 4e série, à la même librairie. — M. D. M., à Paris; M. L. B., à X. Remerciements.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Encre indélébile. — Il est certain qu’on tend de plus en plus à employer des encres qui -s’effacent avec une rapidité déplorable : voici une formule qu’on recommande comme fournissant au contraire une encre indélébile, ce qui s’explique bien par un des constituants qu’on y trouve. On fait dissoudre 5 parties de nitrate d’argent en cristaux dans 10 parties d’ammoniaque liquide, puis d’autre part, et dans un récipient spécial, 7 parties de carbonate de soude dans 5 d’eau bouillante. On mélange ensuite les deux solutions, et l’on y ajoute 15 parties d’un mucilage de gomme arabique ; on brasse bien et l’on expose au soleil jusqu’à ce que la mixture tourne au brun. Le» caractères tracés avec cette encre et passés ensuite au fer chaud sont absolument indélébiles; on peut du reste les fixer tout simplement en appuyant le papier ou le linge où ils sont écrit» sur le verre d’une lampe à pétrole, qui est toujours à une température assez élevée.
- Ciment pour celluloïd. — Nous n’avons pas besoin de rappeler qu’il ne faut pas songer à coller au moyen de la chaleur deux parties d’un objet en celluloïd brisé, car cette substance est essentiellement inflammable. Mais voici des ciments qui peuvent permettre de réparer une fracture de ce genre. On fait par exemple une mixture composée de 3 parties d’alcool et de 4 d’éther, mixture que l’on conserve naturellement dans un flacon bien bouché ; pour recoller les morceaux, on enduit leurs faces de la mixture, en répétant l’opération jusqu’à ramollir ces surfaces, et on les presse l’une contre l’autre en les maintenant ainsi au moins 24 heures. On jieut aussi faire dissoudre 1 partie de camphre dans 4 d’alcool, puis ajouter une partie également (en poids) de shellac (ou gomme laque en écailles). On applique ce ciment chaud.
- Les bois morts comme engrais. — Re bois mort ne donnant qu’un assez mauvais combustible, dont le transport est du reste malaisé, nous recommanderons, avec notre confrère le Praticien. de l’employer comme engrais. Il est vrai que, pour rendre dos services sous cette forme, il doit être suffisamment pulvérisé pour s’incorporer aisément à la terre. Or, il existe un moyen bien simple d’obtenir ce résultat ; c’est tout simplement d’étendre ce bois en couche mince sur les chemins aux abords de la ferme. Le passage des troupeaux et des charrons a bientôt fait de triturer le bois, dont les particules ligneuses s’imprègnent de pluie et aussi des déjections des animaux qui passent. Après une saison d’hiver, on peut employer ce bois ou plutôt cette poudre de bois, qu’on peut même améliorer en la laissant un certain temps dans les bergeries.
- Pour nettoyer les dessins-calques. — D’après ce que dit le journal American Machinist, il est facile de nettoyer rapidement les toiles à calque et les dessins qu’elles portent, d’enlever les traces de crayon qui peuvent s’v trouver, tout simplement au moyen de la benzine. On applique cette benzine à l’aide d’un linge de coton, et on peut frotter sans crainte sur les dessins, cela ne détériorera pas plus les applications de couleurs ue les tracés à l’encre. D’ailleurs, nous n’avons guère besoin e le faire remarquer, la benzine s’évapore très rapidement; mais il faut avoir bien soin ensuite de remettre la surface de la toile en état de recevoir d’autres traits en la frottant avec de la poudre de talc.
- Dans la • Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES MENTIONS1
- Appareil de protection pour fers & repasser. —
- Ce nouvel appareil a pour but de rendre facile et sans danger l’emploi du fer à repasser. Tout le monde connaît les inconvénients du fera repasser. Cet appareil consiste en une poignée ou boîte métallique qui entoure entièrement la poignée du fer et dont le dessus en bois c forme un parfait isolateur. Au moyen d’une crémaillère b et d’une attache a, ce fourreau s’adapte instantanément à tous les fers et permet à tout le monde de
- Appareil de protection pour fer à repasser, modèle et mode d'emploi.
- tenir droit le fer ; ce qui évite les brûlures qui jusqu’ici étaient presque inévitables.
- Cette nouvelle poignée mobile présente un second avantage qui sera très apprécié. Le dessus étant plat, il suffit de renverser le fer pour pouvoir exécuter tous les travaux de repassage de tissus, dentelles, velours, crêpes, rubans, etc., qui ne peuvent être repassés qu’à l’envers et qui ne doivent être écrasés par le poids du fer. Cette opération nécessitait jusqu'à présent deux personnes, l’une pour tenir le fer en l’air, l’autre pour repasser dessus et bien souvent l’effort faisait basculer le fer ce qui occasionnait des brûlures. —• L’appareil décrit ci-dessus se trouve chez M. Kratz-Boussac, 3, rue Saint-Laurent, à Paris.
- Le mnltikaloscope. «— Tout le monde connaît le kaléidoscope qui depuis de longues années est employé par les dessinateurs pour trouver des dessins nouveaux et inédits tout
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- Le multikaloscope.
- 1. L’appareil. — 2. Vue donnée par un morceau de'diap.
- en fournissant aux enfants un jouet des plus amusants. Bien que le « kaléidoscope » connu multiplie à l’infini les combinaisons de la sériel des morceaux de verre et autres, les dessins
- 1 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- se trouvent limités au genre et à la nature de divers objets qui, enserrés entre deux verres dépolis, ne [(cuvent se remplacer. M. Kratz-Boussac a imaginé une autre disposition. Ce nouvel appareil que nous appelons multikaloscope (n° 1) se compose d’un objectif 0 couvrant un disque muni de verres de différentes couleurs. L’objectif domine deux lames en miroir placées verticalement et serties dans un manteau métallique de telle sorte qu’elles forment un angle déterminé. Le tout remise sur un pied sur lequel est installé un plateau tournant AB. II suffit alors de placer sur ce plateau des accessoires de cuivre, de verroteries, de pièces de monnaie, bagues ou des diamants, épingles, des plumes métalliques, des fétus de paille, bouts d’allumette, etc., pour voir se former en tournant la plaque et en regardant par l’objectif, des dessins symétriques variés à l’infini. Des bouts de papier coloriés, des rognures d’étoile, des soies de couleur comme de simples bouts de feuilles de salade, dés fleurs, produisent des dessins très beaux. Le multikaloscope formera une source inépuisable de créations nouvelles aux dessinateurs et à la fois un jouet intéressant. — Le multikaloscope est en vente à la même adresse que l’appareil précédent.
- BIBLIOGRAPHIE
- Les travaux de l’Exposition de 1900, par A. da Ccrha. Préface de M. Hf.mu de Parvii.ee. i vol. in-8°. Paris. Masson et O.
- Ce livre présente un intérêt particulier. M. da Cunlia à on effet assisté au jour le jour à l’enfantement de l'œuvre grandiose de l’Exposition et seul il a pu en synthétiser toutes les périodes dans un exposé d’ensemble qui sera bien précieux à avoir sous la main. C’est l’histoire complète de l’Exposition avant son ouverture. Ce livre est appelé à un succès durable.
- Les plaques 'de blindages, par M. L. Bacrk, ingénieur civil des mines. 1 vol. in-4°. Extrait du Bulletin de la Société d’encouragement. Y” Ch. Dunod, éditeur. 1900.
- L’ouvrage de notre collaborateur, M. Bâclé, est un traité complet de la fabrication des plaques de blindages. On y trouve d’abord l’historique de l’apparition des cuirassements pour navires de guerre, puis les applications successives des divers types de métaux à la préparation des blindages : fer, métal mixte, acier ordinaire, aciers doux, acier au nickel, acier au chrome-nickel et au métal cémenté, l’n chapitre spécial est consacré à l'examen des formules pour déterminer la résistance à la perforation. Vient ensuite un exposé fort documenté des essais comparatifs effectués jusqu’à ce jour sur les différents types de blindages.
- Manuel pratique de jardinage et d’horticulture, par Alrkrt Maoexé, professeur d’horticulture, avec la collaboration do M. Claude Trébignaud. 1 vol. in-18. L. Mulo, éditeur. Paris, Prix : C francs. ,é
- Notre collaborateur,''dans son ouvrage, s’est attaché à fhiiter es procédés de culture les plus simples, les plus rationnelsict les plus perfectionnés. Il s’adresse aux amateurs qui cultivmf eux-mêmes leurs jardins, à l’apprenti jardinier et au_jardffïior. La première partie est réservée aux notions m'mératîü et à la multiplication des végétaux, la deuxièm^.-paftle aux cultures potagères et fruitières, et la troisième partie aux cultures potagères.
- L’Exploitation de notre empire colonial, par Loris Yigxox, lauréat de l’Institut (in-ltî). Paris. Librairie Hachette el Lie.
- M. Louis Vignon connaît bien toutes les questions coloniales et il a su les présenter dans son livre, au public, d’une façon très intéressante. La mise en valeur de nos colonies, les conditions d’établissement des colons, notre régime douanier, etc., sont décrits d’une façon claire et précise, bien faite pour renseigner ceux de nos compatriotes qui commencent à comprendre l’intérêt qu’il y a pour eux à aller travailler et vivre dans ces lointaines contrées devenues françaises.
- Traité de la culture fruitière commerciale et bourgeoise, par Ch. Baltet. 1 vol. in-10. Paris, Masson et Cie, éditeurs.
- Pratique des ascensions aérostatiques, par le C,e Georges Espitallier. 1 vol. in-10, de la petite Bibliothèque aéronautique. Paris. Masson et C“, éditeurs.
- Exploitation commerciale des forêts, par Yaxutbergiie, ingénieur agronome, garde général des forêts. Petit in-8° de l’Encvclopédie scientifique des aide-mémoire. Librairie fiau-thier-Yillars. Paris 1900. Prix : 2fr,59 broché; 3 francs cartonné.
- Éclairage électrique domestique, par G. Geiger. 1 vol. in-18. Desforges, éditeur. Prix : lfr,50.
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- , Ver res et émaux, par L. Coffignal, ingénieur ries arts et manufactures, 1 vol. in-18. Librairie J.-B. Baillière et fils, Paris. Prix : 5 francs.
- La photographie des commençants, par G. Niewenglowski et L.-P. Clerc. 3 e édition. 1 vol. in-18. Desforges, éditeur. Prix : 0fr,50.
- L’inconnu et tes problèmes psychiques, par Camille Flammarion. 1 vol. in-18. Paris. E. Flammarion, éditeur. Prix : 3fr,50.
- Genèse de la matière et de l’énergie. Formation et fin d’un monde, par A. Despafx, ingénieur des arts et manufactures. 1 vol. in-8°. Félix Alcan, éditeur. Prix : 4 francs.
- Tables à quatre décimales des logarithmes de toutes les lignes trigonométriques dans la division décimale du cercle
- entier, par J. de Rey-Pailhade, ingénieur civil des mines. 1 brochurein-8. Librairie A. Hermann. 1900.
- Caries géologiques de Portugal teintées au 1/500 000, par J. F. N. Delgado et Paul Choffat. 1899. Direction des services géologiques de Portugal.
- La tonométrie, par M. F. Raoult, doyen de la Faculté des sciences de Grenoble. 1 vol. in-8® de la collection scientia. G. Carré et Naud, éditeurs. Paris. Prix : 2 francs.
- Notes zoologiques, par Galien Mingaud. 1 brochure in-8®. Nîmes. Imprimerie coopérative La Laborieuse, 1900.
- Carnet du chauffeur. Aide-mémoire de l’automobile, par le comte H. de La Valette, et Lucien Périsse, 1900. 1 vol. in-16, 370, rue Saint-Honoré, Paris.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS HEURES MI MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 9 juillet . . . 12%1 S. S. W. 2. Couvert. 0,0 Couvert jusqu'à 15 h. ; nuag. ensuite; beau après 21 h. ; gouttes à 4 h.
- Mardi 10 15”,7 S. S. W. 1. Quelques nuages. 0,0 Peu nuageux de 1 à 7 h. ; beau le reste du temps.
- Mercredi 11 20%8 S. E. 2. Beau. 0,0 Peu nuag. de 15 à 17 h.; beau avant et après.
- Jeudi 12 18’,7 E. S. E. 2. Beau. 0,0 Beau jusqu’à 12 h. ; très nuag. de 18 à 22 h.; peu nuag. le reste du temps; éclairs au N.-W. à 20 h. 10.
- Vendredi 15 2I’,1 S. S. W. 1. Beau. 0,0 Beau le malin ; très nuageux le soir ; orage très fort au N. N. E. de 16 à 18 h.
- Samedi 14 20’,6 N. N. W. 0. Beau. 0,0 Nuageux à 1 h. et de 8 à 21 h. ; beau le reste du temps.
- Dimanche 15 ... . 20»,4 N. N. E. 2. Beau. 0,0 Beau.
- JUILLET 1900. -- SEMAINE DU LUNDI 9 AU DIMANCHE 15 JUILLET
- Dimanche |
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 a 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : ourbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule secke; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- I.a température iIcn Océans. — Sir John Murray a fait remarquer récemment que les relevés de température dans l'Océan indiquent qu'à une protondeur de 180 mètres la température des eaux reste invariable eu toutes saisons.
- La presque totalité des eaux profondes de l’océan Indien est à une température intérieure à 1Q,7 ; il en est de même pour une grande partie de l’océan Atlantique du Sud et pour certaines parties de 1 océan Pacifique ; mais dans 1 Atlantique du Nord, et sur une très large partie du Pacitique, la température est plus élevée. Pour les profondeurs au delà de 5000 mètres, la température moyenne des eaux de 1 Atlantique est d environ un degré supérieure à celle de la température moyenne au fond de l'océan Indien et de la partie, méridionale de l’océan Al antique; la température moyenne dans le Pacitique a une valeur intermédiaire.
- tti’Oiiâilard sec adorant. — D'après M. A. Lancaster, dans Ciel et Terre, on a observé, le 14 juin, à Uccle. de 9“ 20 du soir jusqu’assez avant dans la nuit, un brouillard a odeur lorte. Le 15, l’odeur a été remarquée dès fp 40 du soir ; un léger voile bleuâtre entourait les objets.placés à quelque1
- distance. A Boitsfort, piès de Bruxelles, le phénomène a été particulièrement intense, ainsi que l'a fait savoir M. le baron 0. van Ertborn : « Ce soir (15 mai), écrivait ce savant observateur, le brouillard sec odorant (fumée de tourbe) est tellement intense, que dans le N.-E., à 4 kilomètres, la forêt est absolument invisible, et que dans l’E., à 1 kilomètre, elle est’ à peine visible. L’odeur est très forte ; rarement le fait, que j’ai souvent observé au printemps à Aertselaer (province d’Anvers), a été aussi accentué. » Le 17, m phénomène s’est encore produit, à 10 heures du matin et à 1 heure du soir, mais l’odeur était l’aibie.
- Orages, grêle et neige. — Un orage a éclaté le 2 juillet sur Nevers. Pendant plus d’un quart d’heure, sont tombés des grêlons gros comme des noix et comme des noisettes. Toutes les toitures vitrées et toutes les vitres non protégées par des persiennes ont été brisées, ta même perturbation a traversé tout le Midi. Vers le 8, il s’est produit un refroidissement considérable dans le centre de l'Europe. Eu Suisse on a dû allumer'du feu, et sur les montagnes d’Alsace et de l’Oberland, la neige est tombée avec certaine abondance. Depuis le 15, au contraire, température torride, avec de» maximums de 55°.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 12, à 1 h. 51 m. du soir.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —8— Conférence Scientia. Le deuxième diner de la Scientia aura lieu le mercredi 1er août, sous la présidence de M. Ch. Richet, en l’honneur de lord Lister, à 7hl/2, à l’Exposition, restaurant des Congrès. Un troisième dîner suivra sous la présidence de M. L. Olivier, pour recevoir lord Kelvin, le mercredi 8 août. Un quatrième aura lieu prochainement, sous la présidence de M. Henri de Parville. Les personnes qui désireraient assister à ces banquets ou à l’un d’entre eux sont priées d’envoyer leur adhésion le plus vite possible à la direction de La Rature, 120, boulevard Saint-Germain.
- —®— Il n’y a pas qu’en France que la chaleur a été torride la semaine dernière. En Angleterre, on n’avait pas noté depuis longtemps des températures aussi élevées. A Londres, plus de 350 chevaux sont tombés frappés d’insolation. Aux Etats-Unis, même chaleur intense. A New-York, le jeudi 19 juillet, 28 personnes sont mortes d’insolation et 70 ont été portées dans les hôpitaux
- —8— Le volcan Azuma, près de Bindai, dont une éruption causa e désastre en 1888, est de nouveau entré en éruption le 17 juillet. Il y a eu 200 morts et blessés.
- —8— On a reçu d’Orrebak (Islande) par Leith, la dépêche suivante : « Une bouée en liège, non endommagée, portant cette inscription : « Expédition Andrée, 1896, n“ 3 », a été trouvée en mer sans couvercle et vide, le 7 juillet, près de Lopstoedm, à 63° 42' de latitude nord et 20° 43' de longitude ouest. Le bateau à vapeur danois la Botnia transporte cette bouée à Copenhague, où elle sera remise à l’Institut météorologique. »
- —®— MM. Landouzy et Georges Brouardel ont fait à l’Académie de médecine, une communication dont le grand public |K>urra tirer profit et enseignement. Il s’agit de cas d’empoisonnements des plus bizarres, déterminés par des teintures employées pour noircir des souliers jaunes. MM. Landouzy et G. Brouardel ont observé une dizaine <l'accidents de ce genre chez des enfants qui, en pleine santé, furent pris soudain de symptômes graves : torpeur, refroidissement, teinte asphyxique, quelques heures après avoir été chaussés de bottines jaunes récemment teintes en noir. C’est naturellement par des journées assez chaudes que ces intoxications ont été constatées. L’analyse chimique montra que la teinture se composait de 92 pour 100 d’aniline et de 8 pour 100 de couleurs dérivées de la houille. La méthode expérimentale confirma que l’aniline était l’agent nocif. En effet, des animaux auxquels on fit une application cutanée prolongée de la teinture incriminée accusèrent tous les phénomènes d’empoisonnement • observés antérieurement chez les ouvriers manipulant l’aniline. Déjà du reste, il y a plus de quinze ans, on avait observé des cas analogues chez des personnes ayant employé des bas teints avec de la fuchsine.
- —#— Les États-Unis ont envoyé à l’Exposition une immense carte de New-York, qui n’a pas moins de 8m,50 sur 7m,30. Cette carte énorme qui est à l’échelle d’un pouce (2,5 centimètres) pour 600 pieds (183 mètres), montre les moindres détails, et même les constructions privées remarquables.
- —8— A Chicago, les chauffeurs doivent subir un examen portant sur un ensemble de questions, notamment à propos du type spécial de voiture qu’ils conduisent, puis sur la responsabilité du conducteur d’automobile circulant dans les rues ; ils doivent faire preuve d’une bonne vue, d’une bonne ouïe, et enfin, ce qui est plus malaisé, d’un système nerveux en pleine possession de lui-même.
- —8— Nos lecteurs se rappellent peut-être que les tribunaux allemands ont décidé que le vol de courant ou d’énergie électrique, n’était point punissable par la loi : naturellement ils devaient s’en
- rapporter aux textes existants, et ils se basaient pour décider ainsi sur ce que ce courant ne peut être considéré comme un objet matériel. Mais tout le monde estimait que, si le jugement était bien fondé en droit, on ne pouvait s’en tenir à une pareille législation, qui donnait beau jeu aux voleurs aux dépens des compagnies d’électricité. Aussi ne s’étonnera-t-on pas d'apprendre que l’on vient de préparer un projet de loi pour combler une semblable lacune, et pour donner la possibilité aux juges de condamner bel et bien les voleurs de courant électrique.
- —®— Peut-on faire payer un droit de douane au courant électrique? C’est la question que l’on se pose actuellement aux États-Unis (où l’on soumet tous les produits importés à des droits exorbitants) ; et la question est toute d’actualité, car une des compagnies qui produisent du courant électrique sur la rive canadienne du Niagara, et dont nous avons parlé déjà, a l’intention de prolonger ses conduites de distribution jusque sur le territoire américain. La solution ne nous est pas encore connue ; mais il y a un précédent qui est généralement ignoré, en dépit de son intérêt : c’est celui du gaz naturel que l'on a amené du territoire canadien pardessus la rivière Niagara. On l'avait d'abord soumis à un droit d’importation, mais la cour suprême des Etats-Unis a décidé que c’était tout à fait illégal, et il entre en franchise. La chose est du reste bien étrange, puisque ce gaz, mis dans des récipients, aurait certainement à payer un droit.
- —8>— Les commissaires du puisée Indien de Caleutia viennent de publier un ouvrage monumental : c’est le Catalogue des poissons de mer des eaux profondes qui se trouvent dans les collections du musée en question, et qui appartiennent à la faune de l’Inde. On y compte 169 espèces, et ce travail renferme de précieux renseignements à tous égards.
- —-8)— On sait que le Jutland est séparé de ( île de Fionie par un bras de mer, le Petit Belt, qui n’a qu'une largeur assez réduite, et qu’il y aurait grand avantage à franchir par un ouvrage, fixe donnant une communication continue entre les deux rives. On vient de dresser un projet intéressant qui aurait pour but de répondre à ce besoin. La longueur de l’ouvrage entier serait d’un peu plus de 1000 mètres, mais le pont proprement dit en aurait seulement 639 dont uiie travée centrale de 300 mètres. Le tablier aurait sa partie inférieure à 50 mètres au-dessus du niveau de la mer, et les tours de soutien des câbles domineraient de 37n,,50 ce tablier. La construction coûterait 21 millions de francs. Quand on songe au pont immense que l'on est en train de jeter sur l’East River à New-York, ce projet semble aisément réalisable.
- —g)— Cargaison de rails formidable. On doit savoir que c’est l’industrie américaine qui fournit la plus grande partie des rails nécessaires au chemin de fer transsibérien. Dernièrement est parti du port de Sparrow's Point un steamer britannique portant un chargement formidable de ces rails : il représentait un poids de plus de 8 700 000 kilogrammes.
- —8— Les employés du télégraphe de la ligne du Missouri, Kansas et Texas constataient récemment que le circuit était interrompu entre Vinita et Adair. On envoya un ouvrier pour examiner les fils. Il découvrit, près de Vinita, un obstacle étrange qui interceptait le courant électrique. Un énorme serpent, de quatre pieds de long, avait rampé jusqu’au sommet du poteau télégraphique, et enroulant sa queue autour du dernier fil, avait entortillé l’autre partie du corps autour du fil le plus bas attaché au poteau. Le serpent avait été foudroyé, mais le courant du dernier fil avait continué à passer le premier, à travers le corps du reptile, de sorte que le circuit était interrompu. La réparation a été facile à faire : il a suffi d’enlever le corps du serpent.
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- Erratum. — Dans notre précédent article sur la distribution de l’énergie électrique (n° 1415, du 7 juillet 1900, p. 87, col. 2, ligne 41), nous avons dit que les Hauts fourneaux de Maubeuge ont installé un moteur à gaz monocylindre de 500 chevaux. Il s’agit d’un moteur à vapeur à détente automatique.
- Avis. — Plusieurs collaborateurs ou correspondants nous envoient souvent des articles avec dessins et photographies et nous réclament ensuite ces documents. Nous prévenons que, suivant l’usage, nous ne saurions prendre l’engagement de rendre les documents.
- Communications. — M. Tournier, à Perpignan, nous a envoyé une photographie (grandeur nature) d’une coquille de moule extraordinairement curieuse et nous donne les renseignements suivants : « Un de mes amis, M. N'° Bringuier, artiste-peintre à Castelnaudary, a eu l’heureuse chance, mangeant des moules il y a 4 mois environ, de tomber sur cette coquille contenant des excroissances dont l’ensemble est une vraie merveille. On croirait, à la voir, qu’un artiste s’est amusé à traiter, dans l’épaisseur de la nacre, un sujet qu’on pourrait intituler : « Vénus sortant de l’onde ». Vous pourrez, sans trop de difficulté, distinguer la Vénus, à gauche de laquelle se trouvent deux petits amours : l’un, au-dessus de sa tête, paraissant lui jeter des fleurs et l’autre, au-dessous d’elle, paraissant lui essuyer les pieds au milieu des fleurs déjà tombées. Je dois ajouter que la photographie ne donne qu’une bien faible idée de l’impression saisissante, j’allais dire stupéfiante, que procure la vue de l’objet lui-même ; les tons nacrés de l’excroissance et les ombres produites par le relief donnent à l’ensemble une vie telle qu’il est difficile, à première vue et sans preuve, à celui qui ne connaît pas son propriétaire, absolument incapable de semblable supercherie et de l’honnêteté duquel je me porte garant, d’admettre qu’un burin n’a pas contribué à lui donner un peu de vigueur et à en faire, plus qu’une ébauche, un tableau à moitié achevé.
- On peut dire d’ailleurs que le hasard a bien fait les choses en faisant tomber semblable merveille entre les mains d’un véritable artiste, qui l’a précieusement recueillie et fait encadrer dans un superbe écrin.
- M. J. J. Kirby, à La Rive, nous a fait parvenir une feuille de Clématite dont une partie est verte et dont l’autre est colorée comme la fleur elle-même. Nous avons soumis cet échantillon à M. Poisson, du Muséum, et il nous a donné l’explication du fait particulier que présente cette fleur de clématite. Les clématites, pour la plupart des espèces, sont privées de corolle. La portion ornementale est fournie par les sépales du calice, souvent prodigieusement développés, suivant les espèces. Or, dans le cas dont il s’agit, pendant l’élongation du pédoncule, au moment de la formation de la fleur, un sépale est resté en chemin, se séparant de ses voisins et prenant presque la place d’une feuille. Dans ces conditions le sépale, par une- sorte d’atavisme (car les sépales sont des feuilles transformées) a partagé son rôle en deux parties : l’une qui est retournée à l’état de feuille et l’autre est restée à l’état de sépale1.
- M. Jacquot, à X., nous adresse la communication suivante : « Il existe à Misserghin, dans la banlieue d’Oran, un pied de vigne monstrueux qui appartient à M. Mermet, ancien pharmacien. Ce cep que nous avons mesuré nous-mème mesure 0m,92 de circonférence à la base ; il est âgé de 55 ans et possède un développement total de 25 mètres en longueur et de 8 mètres en largeur. Il couvre en effet toute une tonnelle de jardin. Dans les bonnes années, ce pied phénoménal a produit jusqu’à G quintaux de raisin rouge, avec des grappes dont les plus grosses varient de 0m,50 à0m,60 de long. Il existe bien en Ka-bylie et aussi à Mila (arrondissement de Conslantine) des pieds de vigne de toute beauté ; mais nous n’en connaissons pas d’autres qui puisse se comparer ait cep de M. Mermet. »
- M. M. Esmonet, à Tborenc, nous fait connaître le fait sui-
- vant : « A Thorenc (1250 mètres d’altitude), près Grasse, le 14 juillet, à 8 heures du soir, a eu lieu le lever de la lune dans une partie du ciel absolument dégagé de tous nuages. En opposition à l’ouest, le ciel était très couvert, absolument noir. À 8h 50 a eu lieu un superbe arc-en-ciel lunaire. L’arc était dirigé du sud-ouest au nord-ouest et mesurait environ 90°. La couleur spectrale était bleu électrique tirant vers le vert, avec, en bordure, un filet rosé. L’éclat de l’arc-en-ciel égalait presque celui de la lune. Le phénomène a duré trois quarts d’heure et a vivement intéressé les personnes présentes. »
- Renseignements. — M. H. D., à Paris. — Vous pouvez vous adresser à la librairie Flammarion, sous les galeries de l’Odéon, à Paris.
- M. F.-L. Perrot, à Chambéry. — Demandez le renseignement à la Société des produits chimiques, 44, rue des Écoles, à Paris.
- M. A. Marouby, à Bordeaux. — Nous ne pouvons encore vous donner aucune adresse pour vous procurer cet échantillon.
- L'abonné 8500, à Porto. — L’adresse que vous demandez est la suivante : M. Crookes, à la Société royale de Londres, à Londres.
- M. V., à X. — Nous croyons également qu’il est préférable de s’arrêter.
- M. Ed. Denis, à Saint-Quentin. — En admettant votre hypothèse, votre raisonnement nous paraît juste.
- M. Rossignol, à Caylux. — Pétrins mécaniques : MM. Be-lirv, à Soissons (Aisne), M. Rolland, 2, rue Cairier-Belleuse, à Paris.
- M. Russe, à Paris. — Nous avons donné les movens de combattre les vers des meubles dans le petit livre des Itecetles et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et C‘\
- M. A. R., à Evron. — 1° Nous ne connaissons pas d’autre procédé que le plâtre ou le ciment. — 2° Désinfecter avec de l’eau phéniquée.
- M. X. Y., à Rhodes; M. Geraert, à Gand; M. J. Larabane, au Puy-Blanc; M. Cohn, à Berlin ; M. J. R., à Marseille. Pour tout ce qui concerne le fibroleum, il faut s’adresser à la Société d’Encouragement, 44, rue de Rennes, à Paris.
- M. E. M., à Odessa. — 1° Nous n’avons pas les prix que vous demandez. — 2° Nous allons étudier cette question.
- M. Rerticat, à Lyon. — Vous pourrez vous procurer du carborundum en vous adressant à la Compagnie internationale du carborundum à La Bathe (Savoie).
- M. Dujardin, à Paris. — Nous ne connaissons pas d’autres formules d’encres que celles données dans nos petits livres des Recettes et Procédés utiles, à la librairie Masson et Cie.
- M. J. Kirby, à La Rive. — 1° Nous n’avons pu trouver l’adresse d’un dessinateur pour le travail que vous demandez. — 2° Nous avons bien reçu votre fleur et nous avons consulté un éminent botaniste du Muséum qui nous a donné les renseignements indiqués plus haut. Avant de répondre, nous avons l’habitude de prendre tous les renseignements qui nous sont nécessaires.
- M. J. G. L., à Vic-Bigorre. — Adressez-vous à MM. Giard et Brière, éditeurs, 16, rue Soufflot, ou à M. Larose, 12, rue Souf-flot, à Paris,
- M. T. M. E., à Épinal. — 1° Renseignez-vous à la librairie Desforges, 41, quai des Grands-Augustins, à Paris. — 2° Nous ne pouvons vous répondre.
- M. Ronami, à X. —Notre opinion est très réservée; c’est un médicament n’ayant jias fait ses preuves.
- M. L. Bertrand, à Rilly. — Renseignez-vous auprès de M. Pellin, 21, rue de l’Odéon, à Paris.
- M. de G., à Bruxelles. — Nous avons fait plusieurs recherches et nous n’avons pas trouvé d’ouvrage sur le sujet qui vous intéresse.
- M. A. P., à Goluborec. — Compagnie internationale des transports automobiles, 56, rue de la Victoire, Société des voitures à vapeur Scotte, à la même adresse, à Paris.
- J/, le Dr L. G., à Milan. — Cette pince se trouvait chez M. Mathieu; mais s*a maison n’existe plus.
- M. R. Lemoine, à Paris. — A notre grand regret, nous ne pouvons insérer de demande semblable.
- M. F. Durand, à La Calle. — 1° Il nous est impossible de répondre à toutes vos demandes. — 2° Pour les bateaux à vapeur, adressez-vous à MM. Bertin, frères, ou à MM. Claparède, frères, à Argenteuil (Seine-et-Oise).
- (Voir la suite de la Boite aux lettres page o* des Nouvelles scientifiques.)
- Dans la « Boite aux lettres » la Bédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- BOITE AUX LETTRES [Suite)
- M. Ch. Rolland, à Béziers. — Le nombre des appareils à acétylène est si grand que nous ne pouvons vous donner une réponse formelle; il faudrait consulter la collection des brevets, au ministère du Commerce, à Paris.
- M. H. Vallanet, à Paris. — Adressez-vous à l’auteur de l’article 55, rue Jacob, à Paris.
- M. Darde!, à Aix-les-Bains. — 1° Le graphite, dont il est question, est une sorte de charbon très pur, d’une nature spéciale ; vous en trouverez chez MM. Garnard et Laflèche, 24, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, à Paris. — 2° Nous ne connaissons pas encore de dépôt en France.
- M. A. F., à Paris. — il suffit démettre quelques gouttes de formol dans une assiette remplie d’eau ou mieux dans une bouteille à mouches.
- )I. P. M. B., à Marseille. —Adressez-vous à la maison Radi-guet-Massiot, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, à Paris.
- M. E. M. R., à Paris. — Vous n'avons pu retrouver la communication dont vous parlez.
- M. Léon, à Poitiers. — 11 faut s’adresser à la Société du tir à l’arbalète, au Village suisse, à l’Exposition.
- M. H. B., à Saint-Gauthier. — .Nous pensons qu’il sera préférable de prendre la pompe à volant ou adopter les pompes à air.
- M. A. Deshayes, à Saint-Nicolas. — (et accident est rare; il provient le plus souvent d’un mauvais bouchon, d’une bouteille mal bouchée, etc.
- M. O.de Bash, à Liège. — La benzine doit suffire.
- M. J. B., à Paris. — La préparation de ces produits est très difficile; il faudrait consulter un chimiste. Voyez à l’Association des anciens élèves de l’École de Physique et de Chimie, 42, rue Lhomond, à Paris.
- M. E. Quilleroide, à Périgueux. — Adressez-vous à la librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. P. M., à B. Il est nécessaire de prendre l’avis d’un médecin ; ces produits peuvent être dangereux.
- Société des Raffineries de la Méditerranée, à Marseille. — Veuillez vous adresser à l’auteur de l’article 69, avenue de Sé-gur, à Paris.
- M. Cyr Wattier, à Roubaix. — Pour tous renseignements sur le Congrès d’électricité, adressez-vous à M. P. Janet, 14, rue de Staël, à Paris.
- M. H. de Fontenailles, à Ablon. — 11 est nécessaire de faire faire une analyse complète de cette eau, analyse chimique et micrographique ; adressez-vous à M. Bonjean, au comité d’hygiène de France, 20, boulevard Montparnasse, à Paris.
- Un abonné, à X. — Votre tableau est intéressant; nous essaierons de l’utiliser.
- M. J. F. P., à Paris. — Le rôle d’une résistance en électricité est de diminuer l’intensité du courant pour une différence de potentiel donnée. On peut comparer son rôle à celui d’un robinet qu’on ouvre plus ou moins sur une conduite d’eau en pression.
- M. H. Collin, à Z. — Nous ne connaissons pas de moyens bien pratiques; et l’opération faite soi-même reviendrait plus cher.
- M. E. Léo, à Bône. — 1° Nous ne connaissons pas de modèle particulier. — 2° Machines à cigarettes : MM. Braunstein, 81, boulevard Exelmans; M. Bruandet, 9, rue Bosio, à Paris.
- L'abonné 8514, à P. — Adressez-vous au Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris. — 2° Nous n’avons pas d’autres renseignements.
- M. J. Aimer, à Bruxelles. — Nous essaierons de vous donner satisfaction dans la mesure du possible.
- M. L. Ic/ier, à Broller. — 11 n’existe pas de dépôt de ce produit en France.
- M. Dieville, à Celles-lez-Tournai. — Nous avons donné une recette dans le petit livre des Recettes et Procédés utiles, 5e édition.
- M. P. Tournié, à Paris. — Ce gaz est produit par une vaporisation d’essence de pétrole.
- M. L. A., à Mandirac. — Il n’existe pas de procédé plus économique.
- M. F. Davril, à Mendoza. — Nous n’avons pas sur cet appareil d’autres renseignements que ceux que nous avons déjà publiés.
- Accusés de réception. — Avis divers — M. Dario Franco, à Livourne. Nous ne connaissons pas la composition de cet enduit. M. Boathéon J., à la Grange-Neuve. Nous ne pouvons nous occuper de ces questions. — M. Ch. Vogt, à Mulhouse. Nous n’avons pas d’autres renseignements que ceux que nous avons déjà publiés. — M. J. C. Ferreira de Castro, à Porto; M. A. Filippoff, à X. Nous ne pouvons vous renseigner. Tous nos regrets. — M. D. L., à Lille. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 5e série, à la librairie Masson et Oic. — M. Guebhard, à Neuchâtel. Remerciements pour votre communication. — M. M. P., à Cbarleville. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- PETITES INTENTIONS1
- Seau A rafraîchir les boissons. — Par ces températures élevées que nous traversons on est porté à boire frais. Le plus souvent, on se contente de mettre un morceau de glace dans le verre. Ce procédé peut avoir des inconvénients ; la glace peut toujours ne pas être de bonne qualité. La maison Kirbv, Beard et Cie a imaginé un dispositif pour remédier à ces incon-
- Seau à rafraîchir les boissons. — 1. Verre eome-naut la boisson. — 2. Vase métallique contenant le verre.— 3. Seau renfermant la glace.
- vénients. Le verre qui contient la boisson (n° 1 ) est placé dans un verre métallique (n° 2) qui est maintenu par des crochets fixés sur les bords au milieu d’un petit seau extérieur (n° o) qui renferme la glace. Ce petit seau peut se mettre à table à la place du verre; il permet d’avoir une boisson fraîche et est très hvgiénique. Le seau à glacer se trouve chez |MM. Kirbv, Beard et Cie, 5, rue Auber, à Paris.
- Protecteurs pour couvertures de registres — La
- fréquente manipulation (les livres et registres de commerce provoque rapidement l’usure des couvertures. Le petit appareil (jue nous décrivons et auquel Fauteur a donné le nom de protecteur exeelsior est destiné à éviter cet inconvénient. 11 est constitué par une sorte de petite pince en acier nickelé, dont la figure 1 nous donne la vue d’ensemble et la coupe. H se place sur les couvertures sur les côtés, comme le montre la
- Protecteur exeelsior.
- i. Vue-d'ensemble et en coupe. — 2. Mode d'emploi.
- figure de gauche dans notre dessin. Pour le placer, on omre le livre et on fait entrer le protecteur dans l’épaisseur de la couverture, la face portant la marque se trouvant en dehors. Les protecteurs font corps avec les couvertures et sont maintenus par l’effet du ressort ; ils ne peuvent blesser les mains lorsque le livre glisse. L’épaisseur des protecteurs est indiquée en millimètres par un numéro sur la face interne. — Les protecteurs exeelsior se trouvent chez M. E. Parmentelot, 24, Grande-Rue, à Remiremont (Vosges).
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Traitement du mal de mer.
- Le Dr Poussié, attaché pendant de longues années comme médecin à une Compagnie de navigation maritime, préconise comme un des moyens les plus efficaces pour combattre le mal demer l’élixir parégorique. Cet élixir est simplement une préparation à base d’opium et de camphre, dont voici la formule d’après la pharmacopée française :
- Extrait d’opium sec Acide benzoïque . Camphre .... Essence d’anis . . Alcool à 60° . . .
- 5 grammes 5 —
- 2 —
- 5 —
- fioO grammes
- C/est une préparation d’un goût aromatique qui n’est pas
- trop désagréable, l’anis corrigeant l’amertume du camphre. On l’emploie avec beaucoup de succès dans les diarrhées, les gastro-entérites suite d’indigestions. Comme la teneur en opium n’est pas très élevée, on peut facilement chez un adulte le donner à la dose de une à deux cuillerées à café par vingt-quatre heures, je l’ai prescrit dans bien des cas avec grand succès.
- Contre le mal de mer, le Dr Poussié donne une demi-cuillerée à café dans un peu d’eau ; le médicament agit assez vite, calme les crampes de l'estomac, arrête les vomissements et diminue, s’il ne les supprime pas complètement, les angoisses de cet affreux mal. L’élixir parégorique ne laisse pas subsister, après son ingestion, l’état nauséeux qui suit l’administration des autres préparations narcotiques. C’est en tout cas un moyen à essayer. I)r X.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 16 juillet . . 25’,6 E. N. E. 1. Beau. 0,0 Beau le matin ; nuageux le soir ptonnerre à 16 h. ; éclairs dans la soirée.
- Mardi 17 23’,3 N. W. 2. Quelques nuages. 0,0 Nuag. jusqu a 18 h. ; beau ensuite; gouttes avant! h.
- Mercredi 18 20’,4 N. JY. E. 2. Beau. 0,0 Beau.
- Jeudi 19 .22’, 8 E. 0. Beau. 0,0 Beau. '
- Vendredi 20 26’,1 S. E. 1. Beau. 0,0 Beau jusqu’à 13 h. et après 22 h. ; nuageux le reste du temps ; tonnerre de la à 18 h. ; éclairs à 22 h.
- Samedi 21 23’,2 N. N. W. 0. Beau. 0,0 Beau jusq. 6 h. ; puis nuag.; très nuag. après 11 h. ; tonn. de 19 h. 40 à 21 h.; écl. à 22h.; pluie de 23 h. à 23 h. 30.
- Dimanche 22 ... . 19’,0 N. N. W. 1. Nuageux. 1,7 Nuageux.
- JUILLET 1900. -- SEMAINE DU LUNDI 16 AU DIMANCHE 22 JUILLET
- Lundi
- Mardi
- Mercredi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
- l.ii ('(///'< .-.nj,, . , ,, , iiniKfiit' m nébulosité de Ou 10: les fléchés inferieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe enaisse. les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule seche : courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- l.n chaleur. — Dans la semaine du 15 au 22 juillet, il a fait à Paris une température sénégalienne. Le 16 juillet, on a constaté à l’observatoire de la tour Saint-Jacques 35°,6 et à l’observatoire de Montsouris 36°,6. C'est la température la plus élevée qu’on ait notée cette année, et, affirme-t-on à l’observatoire de Montsouris, l’une des plus élevées qu’on ait notées dans le courant de ce siècle. Le maximum de 36°,6, noté à Montsouris, n’a, en effet, été dépassé que quatre fois depuis cent ans ; le 51 juillet 1803, où le thermomètre a atteint36°,8;le 18 août 1842, où il a atteint 36°,7; le 9 juillet 1874, où il a atteint 38°,4 (au parc Montsouris), et, enfin, le 31 juillet 1881 : 38°,4 (au parc Saint-Maur).
- A Paris, le 16 juillet, il y a eu quelques coups de tonnerre et des éclairs dans la soirée. De larges gouttes de nluie sont tombées, mais l’orage ne s’est pas arrêté sur Paris. La journée au 16 a été extrêmement chaude ; les maxima ont atteint 37° à Pans, Dunkerque, Lyon, 36° au Mans, 35° à Limoges,
- Nancy et dans les stations élevées. 24° à Servance, 22° au puy de Dôme, 16° à l’Aigoual, 14° au pic du Midi. A Londres, on a compté 500 cas d’insolation.
- Le 17 juillet, la température moyenne à Paris a été de 25° avec un maximum de 50°,5 et un minimum de 16°,8. Des pluies sont tombées en Scandinavie; on n’en a pas signalé en France. La température s’est élevée à New-York à 40 et même à 41° centigrades. Les cas d’insolation ont été très nombreux. Trois personnes sont devenues folles. Une vingtaine de chevaux de tramways, frappés d’apoplexie, sont tombés morts sur la voie publique.
- Le 1S juillet, la température moyenne à Paris a été de 24°,3, avec un maximum de 27°,8 et un minimum de 23°,6. Des pluies sont tombées sur la Scandinavie; en France, on a recueilli 7 mm. d’eau à Gap; un orage a été signalé à Lorient. Les principaux maxima ont été de 37° à l’île d’Aix, à Limoges et à Cette, 36° à Toulouse. Le 21) juillet, à Saint-Maur, la température était de 57°,7, et de 52°,7 le 21 juillet. Le 25, nombreux orages au sud-est. A Montigny, la foudre a tué une fermière; à Charlieri, renversé une maison, etc.
- PHASES DE LA LUNE ; D. Q. le 13, à 5 11. 41 m. du matin
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- M. J. L ATF ARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- 1 INFORMATIONS
- La période de grande sécheresse que nous venons de traverser a pris fin le 28 juillet. Un premier orage a éclaté sur Paris de 27 à 4 heures et le tonnerre n’a pas cessé de gronder pendant doute la nuit. Le 28 au soir, second orage qui a persisté toute la nuit; enfin, le 29, la pluie est tombée abondamment par ciel très couvert. La température n'était plus que de 19° à 11 heures •du matin. D’après l’observatoire de Saint-Maur, le maxima de température est survenu le 20 juillet ; il a atteint 37°,7. Le 19 juillet 1880, on avait observé 38°,7. Le thermomètre sur le sol a marqué 4e 20 la température énorme de 74°. La température de la Seine s’est élevée à 27°, 1. Cette période de grandes chaleurs a donc été «exceptionnelle.
- —®— Le 51 juillet a eu lieu la première Réunion de l'Association internationale des Académies à l’Institut. L’Académie des sciences •de Paris avait été chargée de constituer le bureau de cette Réunion. Voici la liste des Académies qui ont été représentées à cette assemblée : Académie royale d’Amsterdam, Académie royale des Sciences, Lettres et Beaux-Arts de Bruxelles, Académie des Sciences de Budapest, Académie royale des Sciences de Gœttingue, Académie royale des Sciences de Copenhague, Académie royale des Sciences* "de Leipzig, Société royale de Londres, Académie royale des Sciences de Munich, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres de Paris, Académie des Sciences de Paris; Académie des Sciences morales et politiques de Paris, Académie impériale de Saint-Pétersbourg, Académie rovale des Lineei de Rome, Académie royale des Sciences de Stockholm, Académie nationale des Sciences de Washington, Académie impériale des Sciences de Vienne. Académie royale des Sciences de Christiania, Académie royale des Sciences de* Berlin. Douze de ces Académies ont été représentées par deux délégués; six par un seul. Cette assemblée internationale a compris en tout trente membres. Nous avons déjà expliqué dans nos Comptes rendus de l'Académie que cçtte fondation nouvelle avait pour but l’étude
- Iioursuivie en commun des intérêts scientifiques internationaux et a discussion des travaux qui exigent une entente entre nations.
- —®— A l’occasion de l'Exposition, le nombre des Congrès est considérable. Pendant la semaine dernière, il y en a eu simultanément plus de six tenant leurs assises à la fois. Et ce n’est pas fini. Jamais on n’avait vu tant de banquets, et la série n’en est pas épuisée. Nous avons eu, la semaine passée, le banquet très élégant de la Société chimique offert aux illustrations internationales de la chimie. En l’absence de M. Bertlielot souffrant, c’est M. Engel qui a présidé. Puis nous avons eu samedi le banquet du Congrès de la chimie appliquée, présidé par le ministre de l'instruction publique; ce Congrès avait eu pour président M. H. Moissan. de l’Institut. Simultanément, Congrès de la médecine professionnelle et de déontologie présidé par M. Comil. Congrès de la presse médicale, 15e Congrès international de médecine, lequel après Moscou en 1.899, avait choisi Paris en 1900. Dix mille médecins ont pris part à ce Congrès, sous la présidence de M. Lannelongue, de l’Académie des sciences. Réunion de la Carte du ciel à l’Observatoire; Congrès de la chronométrie; Congrès de l’enseignement supérieur; bientôt Congrès de la géologie, etc. Il faut encore mentionner le Congrès de la Presse ni devait être présidé par M. le Président de la République. Le éplorable drame de Monza a fait décommander toutes les fêtes, soirées de gala, etc.
- —®— Nous sommes envahis par les insectes. Dans la nuit du 33 au 24 juillet, vers 3 heures du matin, il est tombé, sur Nancy et les environs, une véritable pluie de fourmis énormes, aux ailes transparentes. Le 26 juillet, une véritable invasion de sauterelles désolait les environs de Sorges, près de Périgueux. Des nuées de
- criquets dévastaient les champs, s’attaquaient même au tabac et à la vigne, détruisant tout. Jamais semblable fléau ne s’était abattu sur le pays. On attribue l’éclosion de ces malfaisants insectes aux chaleurs exceptionnelles que l’on subit. La sécheresse qui en résulte est également très préjudiciable aux truffières. Si elle persiste, la récolte de truffes serait irrémédiablement compromise.
- —®— La peste règne maintenant à Sydney depuis plusieurs mois et le Dr Frank Tidswell de Sydney a fait, à ce sujet, une communication intéressante à la « Brïtish Medical Association ». Se rapportant à ses remarques sur les rats, la Lancet cite plusieurs cas où les rats ont servi de véhicule à la contagion. Dans une manufacture de coton à Bombay, par exemple, un certain nombre de rats trouvés morts furent enlevés par vingt coolies. Dans les trois jours la moitié de ceux-ci tombèrent malades de la peste, tandis que ceux qui n’avaient pas touché aux rats demeuraient indemnes. De même le cocher d’une famille anglaise à Bombay trouva dans l'écurie un rat mort qu’il jeta dehors. Trois jours après, il mourait en quelques heures de la peste, sans que personne fût pris dans la maison. Néanmoins, il s’est trouvé plusieurs exemples de personnes ayant pris la peste sans toucher de rats, et d'autres ayant touché des rats sans être tombés malades. Pour expliquer le fait, le Dr Simon suppose que l’infection est propagée par les puces dont les rats sont habités. Les rats bien portant hébergent peu de puces et savent très bien les chasser, mais elles pullulent sur les rats malades et abandonnent leurs cadavres aussitôt qu’ils deviennent froids. Si ces puces se réfugient alors sur un autre rat, ou sur un être humain elles lui inoculent le bacille qu’elles ont pris dans le sang de leur ancien hôte. M. Simon a fait à ce sujet quelques expériences démonstratives.
- —®— Nous avons récemment rapporté, d’après Nature, des expériences sur les effets physiologiques des grands froids; MM. A. Macfadym et Rowland avaient maintenu différents bacilles pendant huit jours dans des tubes fermés contenant de l’air liquide, sans altérer en apparence les conditions d’existence de cés bactéries! L’air était à une température absolue de 80° (193° au-dessous de zéro}. Les mêmes expérimentateurs ont refait la même expérience avec de. l’hydrogène liquide à 21° (252° au-dessous de zéro). Les résultats ont été absolument les mêmes.
- —|i— Un esturgeon phénoménal a été pêché récemment dans la rivière Napa en Californie. Si nous en croyons l’information du journal américain qui assure le fait, l'animal dont il s'agit mesurerait plus de 10 mètres de longueur. Au moment de la vente, quel; ques heures après, il pesait près de 1000 kilogrammes. Ce poisson semble détenir le record de l’esturgeon. D'ailleurs, il faut ajouter que ce pavs a toujours semblé prédestiné aux pêches miraculeuses. Ainsi, en *1898, à plus de bOl) milles du littoral dans la rivière Golumbia. on a pris deux esturgeons énormes du poids chacun dp près 500 kilogrammes. A certaines époques même, il y a tant dé saumons dans ce cours d’eau, qu’on a du disposer un nouveau système des nasses actionnées par la vapeur, qui prennent les poissons par 2 ou 300 à la fois. Pendant la saison, il n’est pas rare de pêcher, grâce à ce moven. près de l’embouchure de la rivière Columbia, jusqu’à 50 000 kilogrammes de saumons par jour.
- —®— Dans sou ardeur pour suivre les habitudes des peuples les plus civilisés, voici que le Japon se met à employer, et dans les bureaux des administrations et dans ses compagnies industrielles, des employées du sexe féminin en nombre de plus en plus considérable. Cela est si vrai qu’une des grandes compagnies de chemins de fer du Nippon, à l'instar de certaines compagnies américaines, se prépare-à instituer des cours commerciaux spéciaux pour former son. personnel féminin.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Communications, — M. G. Grandidier, à Paris, nous envoie une brochure qui a pour titre : Voyage dans le sud-ouest de Madagascar, mars 1900. Cette brochure contient, outre le texte de la conférence faite par M. Guillaume Grandidier à la Société de Géographie, le 5 janvier 1900, quatre planches hors texte sur lesquelles sont reproduites en phototypie des photographies prises par l’auteur en cours de route et un itinéraire au 1/500.000° de toute la région comprise entre Tuléar et Fianarantsoa, itinéraire qui traverse un pays alors peu connu et même dans certaines parties absolument inconnues.
- M. G. Grandidier nous adresse également divers extraits du Bulletin du Muséum d’histoire naturelle (1899, n°“6 et 7, 1900, n° 5) et une note publiée dans les Comptes Rendus de rAcadémie des sciences (mai 1900) contenant la description de deux petits mammifères nouveaux de Madagascar, le Mus auratus et le Microgale brevicaudata et les diagnoses de nombreux genres de lémuriens disparus de grande taille dont les ossements ont été découverts par l’auteur dans les marais de la cote ouest. Ceux-ci sont intéressants non seulement à un point de vue purement zoologique, mais encore au point de vue plus général de la distribution des êtres à la surface de la terre. En elfet ces animaux qui ont été contemporains de l’homme à Madagascar, se rapprochent beaucoup de ceux qu’on retrouve à l’état fossile dans les terrains tertiaires de France. Enfin l’un de ces lémuriens, le Peloriadapis Edwardsi est à signaler tout particulièrement à cause de sa grande taille ; il paraît être le plus grand mammifère quadrumane connu actuellement; il dépasserait de beaucoup le gorille.
- M. G. de Rocquigny Adanson, à Moulins, nous adresse les brochures suivantes qu’il vient de publier : Mœurs et habitudes des Lépidoptères; Les orages en janvier et février dans le centre de la France; Géonémie de saturnia Pyri Schiff, limite septentrionale de son extension en Suisse.
- Renseignements. — M. M. S., à Dreux. — 1° Il faut ventiler les appartements. — 2° Pour détruire les mouches, nous avons indiqué plusieurs procédés dans les petits livres des Recettes et Procédés utiles, lre et 5e «érie à la librairie Masson et Cie.
- M. G. B., à Alger. — 1° Feux d’artifice : maison Ruggieri, Dida, Aubin et C'% 94, rue d’Amsterdam, à Paris. — 2° Vous trouverez ce renseignement dans divers ouvrages de photographie à la librairie Gauthier-Villars.
- M. J. G., à Paris. — Ce produit n’est autre qu’une sorte de pétrole.
- M. L. Dumont, à Paris. — Ces deux appareils donnent de bons résultats.
- M. J. Josselin, à Moulins. — Nous ne connaissons aucun procédé à vous indiquer.
- M. .4. Houyet, à Liège. — Renseignez-vous à la librairie Fischbacher, 33, rue de Seine, à Paris.
- M. R. Curchad, à Chêne. — Ces appareils se trouvent à la Société des produits chimiques, 44, rue des Écoles, à Paris.
- M. H. P., à Lons-le-Saulnier. — 1° Nous avons donné plusieurs moyens de détruire les fourmis dans les petits livres des Recettes et Procédés utiles, l'", 4e et 2’ série. — 2° Il faut employer un ventilateur.
- M. P. Girin à Decazeville. — Allumoir électro-magnétique : M. Chomeau, 33, passage du Havre, Paris.
- M. M. Couturier, à Paris. — Nous n’avons plus entendu parler de cette pompe ; nous pensons qu’elle n’a pas été construite.
- M. Ronat, à Anhura. — Diapasons : MM. Stransky frères, 26, rue du Paradis; M. L. Pinet, 66, cours de Yincennes, M. Jaulin, 74, rue de Bondÿ, à Paris.
- M. E. Hennequet, à Paris. — La formule d’eau de Portugal que nous avons donnée est faite pour 3 kilogrammes d’alcool, ce qui est bien différent de 5 litres. Cette recette est
- due à la publication Seifensieder Zeitung,à laquelle nous ne pouvons qu’en laisser la responsabilité.
- F. Flamman, à Bédarieux. — Pâques peut arriver le 26 avril, mais très rarement. La règle de Gauss est quelquefois inapplicable.
- M. F. Guignon, à Pond d’Avignon. — Nous avons déjà décrit des systèmes analogues. Remerciements.
- M. L. Rousseau, à Paris. — Il n’existe pas de machine pour effectuer cette séparation, il faut avoir recours à des opérations chimiques; consultez des traités de métallurgie.
- M. G. S., à X. — Nous avons déjà indiqué des appareils de ce genre à plusieurs reprises.
- M. V. Callebant, |à Termonde. — On ne connaît pas encore es résultats définitifs, mais il en sera prochainement question.
- T A/, de Vaquières, à Lyon. — 11 n’y a aucunement opposition entre votre expérience personnelle au sujet de l’équilibre du corps humain dans l’eau et les expériences que nous avons du reste simplement rapportées en en laissant forcément la responsabilité à leur auteur. Les essais portaient sur des jeunes gens-qui ne savaient pas nager, et qui par conséquent ne se tenaient pas dans la position réellement favorable à l’équilibre que connaît tout nageur, et pourtant parfois ils demeuraient en équilibre : ils avaient les poumons gonflés d’air, mais il faut bien que vous soyez convaincu que, quand vous nagez et que vous respirez normalement, instinctivement vous conservez ce qu’on peut appeler une charge d’air dans vos poumons. Bien entendu le poids apparent augmente fort sensiblement quand les poumons sont en grande partie vides d’air.
- M. Manuel de Gruret-Goyeux, à la Vigne Mohimont. — Effectivement il est impossible de faire dissoudre une telle masse de gomme dans si peu d’eau. 11 y a une simple erreur typographique qui a fait imprimer un demi-litre d’eau (0,5 litre} au lieu de 5 litres.
- M. X. F. Z., à J. — Vous pourriez vous adresser à la maison A.'Oagry, 20, quai du Louvre, à Paris.
- M. F. A., à la Ville-Savary. — Voyez le guide publié par la librairie Hachette, 79, boulevard Saint-Germain, Paris.
- M. Terele Volney, à Paris. — Adressez-vous à l’Institut Pasteur, service des virus, 49, rue Dutot.
- M. R. Lüders, à Gôrlitz. — Nous ne connaissons pas le siège de cette société.
- M. R. M. Romand, à Moneteau. — Nous pensons que les adresses suivantes de constructeurs de glacières vous donneront satisfaction : M. Lautmann, 5, passage de l’Industrie, MM. Dernuih frères, 15, rue de Lyon, M. F. Fouché, 38, rue des Ecluses-Saint-Martin, Société anonyme de travaux Dyleet Bacalan, 15, avenue de Matignon, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. B. Fraysse, à Villars. Nous n’avons pu nous procurer aucun renseignement à ce sujet. — M. L. R., à D. Consultez une agence de brevets. — M. R. G., à Paris; M. D. V., à Brest. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. Durand, à Paris; M. Occhiale Silvio, à Torino; M. Ely-siario Casai, à Ccia. Remerciements pour vos communications.
- RECETTES PHOTOGRAPHIQUES
- Révélateur de voyage.
- « Crystallised american développer. »
- Sous ce nom M. Geo Richard dont on connaît déjà l’excellent développement dit « auto-régénérateur » vient de préparer un révélateur en poudre qui se recommande pour sa facilité d’emploi en voyage. Il est présenté sous forme de deux flacons contenant chacun une poudre absolument blanche, nous n’en connaissons pas la composition ; mais nous l’avons essayé et il nous a donné de bons résultats. Le mode d’emploi est des plus simples : on dissout d’abord dans 50 centimètres cubes d’eau une mesure (livrée avec l’appareil) du flacon n° 1, puis dans la même eau une mesure du flacon n° 2 quand la première est bien fondue. Ifaut environ 6 minutes pour obtenir le développement complet si la pose a été suffisante; pour les clichés posés on met un peu plus d’eau. Le bain qui a servi ne se conserve pas, on prépare la quantité nécessaire au moment de développer. Quand il n’a pas servi, il peut se conserver en solution dans des flacons pleins et bien bouchés. — Se trouve chez l’inventeur, 39, rue des Vignes, à Paris, et chez tous les principaux fournisseurs.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES MENTIONS*
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Appareil à eau de Selts rapide. — Le nouvel appareil que nous décrivons permet de fabriquer très rapidement de l’eau de Seltz et autres produits mousseux. Il se compose d’une bouteille en verre fort clissée en rotin et d’un bouchon parisien fermant hermétiquement. On remplit la bouteille d’eau, de limonade ou de vin, on place sur la bouteille un petit entonnoir, et l’on introduit deux petits paquets de poudre préparés à l’avance, le premier d’acide tar-
- Appareil dit le « llousseletz »_ à fabriquer rapidement l’eau de-Seltz.
- trique pur, le deuxième de bicarbonate de soude. On terme vivement avec le bouchon en serrant légèrement; l’eau de Seltz est faite. Il suffit d’enlever le bouchon pour s’en servir et de le remettre ensuite. En fermant ou en ouvrant, il faut toujours appuyer fort avec la main gauche sur le corps du bouchon, pour éviter que celui-ci monte sous la pression de la vis. Avant de fermer la bouteille, il faut s’assurer que le bouchon est sec. — Cet appareil se trouve à la Compagnie française du « Mousseletz », 12, boulevard Poissonnière, à Paris.
- Séparateur du blanc et du jaune d’œuf. — La
- séparation du blanc d’un œuf cause un travail délicat. Il faut en effet une certaine dextérité pour bien réussir cette opération surtout lorsqu’il faut ainsi traiter un certain nombre d’œufs. Avec le nouvel appareil que montre notre dessin, l’opération
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- Séparateur du blanc et du jaune d’oeuf.
- s’exécute instantanément et automatiquement. Le bol porte sur le côté une fente étroite, par laquelle tout le blanc de l’œuf s’écoule dès que le bol est tenu légèrement incliné, tandis que le jaune, contenu, comme oij le sait, dans une véritable poche, preste dans le bol et se trouve ainsi séparé du blanc de la façon la plus parfaite. — Cet appareil se trouve chez MM. G. Renaud et Cie, 45, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Empoisonnement par les chaussures.
- Le titre est bien exact, oui, cher lecteur; il s’agit bien d’empoisonnement, et qui plus est, d’asphyxie par les chaussures. .Ne riez pas, il n’est pas question de bottes de gendarmes; la chose est sérieuse, vous al!ez en juger et vous verrez qu’il est utile, dans votre famille ou dans votre entourage, d’avoir l’attention éveillée sur ces faits.
- On porte depuis longtemps des chaussures dites en cuir jaune ; la mode s’en est répandue beaucoup. La chaussure est élégante, plus légère au pied, prend moins la poussière que le cuir ciré. Bref, à partir de juillet, on ne peut avoir pour la campagne et les voyages d’autre chaussure. Pour les enfants, l’usage en est encore plus répandu; mais chez eux, le pied grandit et la bottine jaune qui n’a pas été usée pendant la belle saison ne peut être mise de côté pour l’été suivant. 11 faut l’utiliser sans arrêt' et quand le soleil ne brille plus, on transforme le cuir jaune en cuir noir. Si la chaussure est un peu défraîchie, c’est encore un moyen de la rendre présentable pour quelque temps. Dans d’autres circonstances, c’est un deuil qui force à prendre le vêtement complètement noir. Le magasin de cordonnerie qui vous a vendu la bottine vous la rend en deux jours absolument noire : une couche de cirage et un coup de brosse et voilà votre chaussure méconnaissable. Cette transformation du cuir jaune en cuir noir se fait en général avec des teintures très pénétrantes de noir d’aniline et c’est là la cause des accidents qu’ont signalés à l’Académie, les docteurs Landouzv et Georges Brouardel. Lisez plutôt le récit dramatique qu’ils donnent de cette sorte d’empoisonnement.
- « Au commencement d’une chaude après-midi de printemps, l’un de nous était en hâte mandé auprès d’un bébé de dix-sept mois, rapporté delà promenade, sans connaissance, axphyxiant. Après une matinée passée comme de coutume, l’enfant avait été porté au parc Monceau : mais le bébé n’est ni remuant, ni gai, il a une physionomie qui semble étrange, un teint qui semble bleuir; il est comme engourdi et cela sans plaintes, sans cris.
- « La nourrice prend peur et ramène à la maison, au lieu du bébé frais, rose, enjoué du matin, un enfant inanimé, la figure plombée, les lèvres complètement bleues, les mains d’une pâleur cadavérique, les phalangettes bleutées, bref, tous les signes d’une agonie par asphyxie ».
- Lne médication énergique pare aux premiers accidents : injections d’étlier, lavements de café; l’enfant se remet un peu, mais pendant quarante-huit heures il présente un état d’engourdissement profond, de cyanose bleue, comme dans les troubles cardiaques les plus accentués.
- La soudaineté des accidents, leur évolution ‘éveillaient bien l’idée d’un empoisonnement, mais c’est en vain qu’on cherchait une cause d’intoxication, quand l’attention des médecins fut appelée sur l’odeur forte, pénétrante des bottines. Ces bottines, jadis jaunes, venaient d’ètre noircies par le teinturier. Un accident survenu quelques jours plus tard à un autre enfant de la famille venait, avec la précision d’une expérience de laboratoire, confirmer l’hypothèse.
- Le frère de ce bébé chausse un beau jour, jour comme à l’autre sortie, chaud et ensoleillé, une paire de bottines teintes au même moment. Trois heures après l’enfant rentrait tout refroidi, frissonnant, le visage bleu, terrifiant la mère qui se souvenait des troubles asphyxiques graves survenus chez le premier.
- La démonstration était des plus nettes. C’était bien par les chaussures, ou pour être plus exact par la teinture noire que s’étaient produits les accidents d’intoxication.
- Ces faits ne sont pas isolés : MM. Landouzv et Brouardel en ont recueilli une dizaine de tous points analogues, survenus chez des enfants ou adolescents ; tous heureusement suivis de guérison. Chez les uns l’empoisonnement a débuté par des vertiges, chez d’autres par une sorte d’attaque d’asphyxie comme s’il s’agissait d’une insolation.
- La teinture qui avait servi à noircir les bottines est une teinture à base d’aniline. L’analyse qui en a été faite n’a révélé aucun principe toxique, arsenic ou autre, mais de l’aniline produit volatil, en proportion de 90 pour 100 et des couleurs d’aniline fixe.
- 1 On n'avait pas encore signalé d’intoxication de ce genre, par la voie cutanée. Il y a une vingtaine d’années, pour la première fois on avait appelé l’attention sur le danger des bas et chaussettes, teints avec des produits dérivés de l’aniline, pouleur rouge, rose ou bleue. Mais ces accidents', dont j’ai moi-mème rapporté des exemples, se bornaient à des irritations du tégument, à des poussées d’eczéma plus ou moins intenses, ne
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- incitant aucunement la vie en danger. Ici, au contraire, l’in-loxication ressemble, à s’y méprendre, à celle qu’on observe par l’absorption des vapeurs d’aniline par les voies respiratoires (comme chez les ouvriers de ces fabriques) ou par les voies digestives (comme dans les cas d’empoisonnement par inadvertance ou par suicides).
- l'our vérifier la marche et le degré de cette intoxication, MM. Landouzv et Brouardel ont procédé à une série d’expériences sur des animaux; injection de quelques grammes de la teinture noire, badigeonnages du tégument avant ou après ablation des poils. Ils ont comparé les résultats avec ceux donnés par une solution d’aniline concentrée préparée par eux et ils ont pu constater que l’absorption de ce produit, par le tégument, amenait des accidents, graves d’asphyxie par altération des globules du sang. Cette absorption était d’autant plus rapide et plus complète que l’animal se trouvait dans une atmosphère fermée, humide et chaude. L’aniline émet à 50° des vapeurs; or la température du pied dans la chaussure lacée, close atteint facilement 33° à 35°. Les conditions de chaleur, d’humidité de la peau sont donc des plus favorables à la pro-
- duction de ces accidents. Il sera bon désormais de s’abstenir de teindre les chaussures de cuir jaune ou il faudra procéder à cette opération par un cirage commun* à'base de noir d’os animal et sans addition d’aniline. La teinture sera moins parfaite, mais la santé n’en souffrira plus. Dr A. Cartaz.
- Antisepsie des voies respiratoires.
- Dans la dernière séance de l’Académie de médecine, M. le Dr Laborde a donné lecture d’un rapport sur un procédé d’antisepsie des voies respiratoires soumis à l’Académie par le Dr Lacroix. En faisant passer un courant d’air à travers un mélange, chauffé à vase clos, de 0‘r,50 de menthol, de 2 à 10 gouttes de bromoforme et de 5 gouttes à 20 grammes d’aldéhyde formique, on obtient un gaz médicamenteux inha-lable qui est parfaitement toléré par l’organisme et qui agit d’une façon très favorable sur le larynx et le poumon ; pourvu de propriétés antiseptiques réelles, il atténue la virulence du bacille de Koch et stérilise les parties malades.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49*,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 23 juillet . . 18",1 N. 2. Très nuageux. 0,0 Très nuageux jusqtî’à 18 b. ; beau ensuite.
- Mardi 24 20“ ,2 N. N. E. 2. Beau. 0,0 Beau.
- Mercredi 25 23”,4 E. 1. Beau. 0,0 Beau ; pas trace de nuage.
- Jeudi 26 23\7 N. W. 2. Beau. 0,0 Beau jusqu’à 14 h. ; peu nuag. ensuite.
- Vendredi 27 21 % 0 N. E. 2. Peu nuageux. 0,0 Nuageux le matin; très nuag. le soir; tonnerre à partir de 14 h. 36; averses.
- Samedi 28 22“,1 S. W. 2. Peu nuageux. 4,4 Nuag.; tonn. cesse après 1 h. ; fort oragè à partir de 23 h.
- Dimanche 29 ... . 19*,2 N. W. 1. Couvert. 6,7 Très nuag.; orage jusqu’à 2 h. ; un coup de tonnerre à midi 17; pluie à diverses reprises.
- JUILLET 1900. -- SEMAINE DU LUNDI 23 AU DIMANCHE 29 JUILLET
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; tes fléchés inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblement de terre en Angleterre. — A Torguuy, dans le Devonshirc, en Angleterre, dans la nuit du 18 au 19 juillet, on a senti deux secousses distinctes de tremblement de terre. Beaucoup de maisons ont été ébranlées, comme si une formidable tempête eût soufflé ; les habitants se sont réfugiés dans les jardins pour éviter d'être blessés. La première secousse a duré trois minutes entières et fut suivie, au bout de quinze minutes, d’une autre secousse d’une durée moins longue.]
- La chaleur. — A Paris, le 23 juillet, d’après le Bureau central météorologique, on observait une moyenne de 22°,1 avec un maximum de 28°,6. Le 24 juillet, la moyenne était de 23°,8, et le maximum 30°,6. Les maxima observés en province étaient de 56° à Bordeaux, 54° à Limoges, Toulouse, Perpignan, 33° à Nantes et à Lorient, et 32° ay Mans. Le 23 juillet, à Paris, la moyenne était de 26°,2, et le maximum de 34°,6. Orage le 27. Orage le 28 qui persiste toute la nuit. Enfin, pluie tout le dimanche 29. Refroidissement, lin de la période sèche.
- PHASES DE LA LINE : N. L. le 26, à 1 h. 52 m. du soir.
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- fl IJ N° /420 (7/ août 1900), du journal « LA NATURE »
- ,"'-*rrr M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— La série des Congrès continue. Le Congrès de médecine, sous la présidence de M. le professeur Lannelorigue, a groupé plus de 8000 adhérents. Le Congrès de physique vient de s'ouvrir; puis ces jours-ci Congrès d’hygiène, Congrès de géologie, etc. En voilà jusqu’en septembre.
- —®— Le 1er août, à l’Académie des sciences de Stockholm, en présence des explorateurs Nordenskjold, Nathorst et de plusieurs savants, on a ouvert la bouée provenant de l’expédition Andrée et découverte récemment dans les eaux de l’Islande. Cette bouée
- Sjortait l’inscription : « Expédition polaire Andrée, n° 5, 1896 ». La muée était en parfait état, sauf que la couleur avait complètement disparu. On a remarqué que la partie supérieure pouvait être très facilement dévissée soit par le choc, soit par la pression des vagues. La pointe inférieure de cuivre de la bouée n’était pas émoussée, il est donc certain qu’elle n’est tombée ni sur le sol, ni sur la glace.
- —®— A la suite d’un lâcher qui a eu lieu, le 29 juillet, à bord de la Touraine, ayant quitté le Havre la veille à 10 heures du matin, huit pigeons sont rentrés à leur colombier de Hernies, après avoir parcouru, avec un vent contraire, 524 milles, soit environ 585 kilomètres en mer! Ce trajet considérable, les pigeons postiers l'ont accompli en neuf heures seulement, établissant ainsi un double record de maximum de distance et de minimum de temps.
- —Les chemins de fer du Nord donnent une intéressante statistique sur le nombre des voyageurs arrivés à Paris depuis l’ouverture de l’Ëxpositron, comparés aux chiffrés correspondants de 1899. Du 15 avril au 14 juillet 1900, il est arrivé : par les lignes de banlieue 1 491 215 voyageurs; par les grandes lignes 585569 voyageurs ; d’Angleterre 57 902 voyageurs ; de Belgique, Hollande, Allemagne, Russie 95109 voyageurs. Soit au total 2 207 595 voyageurs. Le chiffre correspondant de 1899 était de 1 806 555 : c’est d»nc une augmeirtatioh pour 1900 de 22,2 pour 100. Du 15 au 28 juillet, le nombre des voyageurs arrivés par les lignes du Nord était de 555 587 contre 51 ï 551 en 1899; l’augmentation est de 14,2 pour 100. Sur les lignes xPOrléans. on constate la même augmentation. En juin 1899, il est arrivé 511551 voyageurs; en juin 1900, on en compte 409 954, soit 51 pour 100 d’augmentation.
- Le 2 août, a eu lieu, entre l’Annexe de Yincennes et le pavillon du Génie militaire de la classe 117, au quai d’Orsay, l’inau-uration d’un intéressant service? de pigeons voyageurs, sous la irection de M. Barbier et avec le concours de la Fédération colombophile de la Seine. Un colombier militaire a été installé dans toutes les règles de l’art, sur l’emplacement occupé par le groupe des ^armées de terre et de mer à Yincennes; puis, pendant environ deux mois, des pigeons choisis et soumis à la conscription v ont été élevés avec toutes sortes de soins. En même temps, la classe 117 établissait un kiosque de dépêches au quai d’Orsay pour la réception Aies pigeons. Les pigeons en expérience viennent et viendront tous les jours, par paniers, au quai d’Orsay, dans des automobiles mises gracieusement à la disposition des organisateurs de ce service. Des lâchers journaliers se feront, entre 5 et 4 heures, de la passerelle ni, franchissant la Seine, réunit le palais des Armées de terre et e mer à la rue de la Manutention, sur le auai opnosé.
- - —@— On annonce la mort de M. Lenoir qui réalisa, en 1862. 4e premier-moteur à gaz.- — -
- —®— M. Emile Merwart, secrétaire général de la Guyane, vient de faire don au Muséum d’une vingtaine d’animaux vivants appartenant aux espèces les plus intéressantes. M. Merwart a convoyé •cette collection de Cayenne à Paris et l’a remise entre les mains de
- M. Edmond Perrier. Le don de M. Merwart comprend des mammifères et des oiseaux dont la presque totalité n'était pas représentée au Jardin des Plantes. Parmi les mammifères, à côté de l’agouti et du pécari ou sanglier d’Amérique (dicotyles torquatus L.), relativement communs, citons trois spécimens tout à fait curieux : le pac ou rat d’eau géant (cœlogemys submger de Cuvier), le parsou-mouton ou grand paresseux (cholœpus didactylm L.) et le singe-mérinos dit maman-guinant (pithecia nionachus de Geoffroy Saint-Hilaire). Les oiseaux ne sont pas moins intéressants, notamment le hoko [crax alector L.), l’agami ou oiseau-trompette (psophia crepitans), tè rapapa ou savakou (canerones pochlearius), le grand-blanc (ardea alla L.), la maraye (penelopeLa collection s'est accrue de quelques animaux des mêmes espèces, envoyés par M. Picard, sous-directeur de l’administration pénitentiaire à la Guyane, ainsi que de deux intéressants oiseaux, le dcndrocygne (dendrocygnp autumatus L.) et le râle de Cayenne (aramides cayenensis), dons du même fonctionnaire. M. Merwart a amené, de plus, un serpent vivant, de grande taille, de l’espèce dite spilethes puliû-tus, ainsi qu’un certain nombre de dépouilles d’animaux-, tant mammifères et oiseaux que reptiles ou invertébrés, naturalisées :à sec ou conservées dans l’alcool, entre autres une carapace de caouane ou grande tortue de mer, de proportions gigantesques.
- —M. Brochet vient de faire connaître les résultats de ses études sur l’électrolyse des solutions concentrées d’hypoehlorites. Les premières phases-de l’électrolyse des chlorures alcalins paraissent à l’heure actuelle bien connues. 11 n’en est pas de même de la partie relative à la transformation de l’hypoehlorite en chlorate au sujet de laquelle un certain nombre de théories ont été mises en avant. D’après les expériences de M. Brochet l’électrolyse d'un hypo-chlorite se comporte comme celle d'on chlorure et tend vers les mêmes limites. Il y a donc peu d’espoir de faire par éleetrolysê directe des solutions concentrées d’hypochlorite même par l’addition de chromate.
- —®— Un accident a eu lieu récemment au mont Blanc; des alpinistes ont été frappés par la foudre. M. Joseph Simond, de Cha-inounix, marié et père d’une petite fille, avait fait l'ascension de l’Aiguille du Géant avec un alpiniste et un autre guide. Au moment où ils arrivaient au pied de l'Aiguille, la foudre éclata sur la caravane, coupa la corde, et Joseph Simond fut enlevé et projeté dans un précipice. — Accident aussi à la Maloja (Haute Engadine). Deux Anglais, MM. Pierre \Yay et son fils, âgé de 15 ans, faisant sans guides l’ascension de la'Cima dei Rossi, dans le massif de Forno, sont tombés dans une crevasse du glacier. Une colonne, envoyée à leur secours, a retrouvé M. Pierre Way mort. Son fils respirait encore, mais il n’a pas tardé à succomber.
- —(g)— Le niveau des eaux du Rhin a tellement baissé par suite des grandes chaleurs que les communications avec la France, par le canal du Rhône au Rhin, ont été interrompues entre Mulhouse et la frontière française, près de Belfort. Toute navigation a été suspendue, depuis le 51 juillet, au très grand préjudice des usiniers, qui ont besoin de houille pour assurer leurs services.
- —g— En voyageur allemand, le Dr Cari Peters, estime que les anciens champs d’or connus jadis sous le nom d’Ophir, et qui ont donné lieu à tant de discussions de savants qui ne pouvaient s'entendre sur l’endroit qu’ils occupaient, doivent se trouver sur les rives du Zambèze.
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- —g)— M. John.Chamberlin signale avec insistance les .gavage? redoutables que'commence d’exercer sur les bouleaux des parcs èt des jardins de Buffalo, un nouvel insecte qu on appelle 1 Agrilus an.rutx. On ne connaît pas encore de moyen pratique de le détruire, et il continue ses ravages. ^
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Erratum. — A propos de noire récent article sur Une pendule curieuse à l’Exposition (n° 1418 du 28 juillet 1900, p. 144), M. M. Planchon nous fait remarquer qu’ii nous a déjà donné dans le n° 1135, du 6 juillet 1895, p. 92, la description de ce modèle qu’il aurait créé. Dans le modèle installé à j l’Exposition, M. Passerat se sert, comme indicateur des heures, d’un canard et M. Planchon avait eu recours à une tortue.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La
- jumelle dissymétrique se trouve chez M. Clermont-Huet, constructeur, 114, rue du Temple, à Paris.
- Communications. — M. F. Verdier, à Saint-Gervais près Blois, à propos de notre récente chronique Le bruit des explosions (n° 1418 du 28 juillet 1900, p. 142), nous écrit : « Je lisais l’article devant plusieurs membres de ma famille. On admet qu’on entend le bruit du canon jusqu’à 25 kilomètres, quand le vent est favorable. Mais, me dit-on aussitôt, le bruit du canon s’entend de beaucoup plus loin, car en 1870 pendant le siège de Paris, toutes les fois que le temps était calme, nous entendions parfaitement les coups de canon pendant le bombardement. Or notre propriété est située à environ 160 kilomètres de Paris. (Distance à vol d’oiseau mesurée sur carte à —*—). Je ne suis pas témoin auriculaire, car à cette époque j’étais au régiment, mais cela m’a été répété bien des fois par ma famille et nombre d’habitants du voisinage qui vivant encore peuvent en témoigner. ))
- M. E. Chomeau, à Paris, à propos de l’allumoir électromagnétique, que nous avons décrit dans le n° 1417 du 21 juillet 1900, p. 128, nous écrit qu’il n’est pas l’inventeur de l’appareil, mais le dépositaire.
- M. J. Crestin, à Saint-Pétersbourg, nous adresse les intéressantes observations suivantes : « Grand amateur d’aquariums, dit-il, j’en ai toujours eu depuis trente ans plusieurs à ma disposition, parmi lesquels ceux que j’installais temporairement à la campagne, pendant les étés si courts de notre contrée du Nord, n’étaient pas les moins intéressants à observer par suite de la variété de leurs habitants. Donc, cette année, comme à l’ordinaire, malgré un printemps très froid et un été très tardif, mes premiers soins, en prenant pied au milieu des bois et des champs, furent pour mon aquarium, grand récipient cylindrique en verre, d’une capacité de 35 litres, dont la flore fut représentée par quelques pieds de valisnérie, de sagittaire et d’élodée du Canada, et la faune, par deux jeunes chevesnes, mes élèves de deux ans depuis leur naissance, deux petits poissons rouges du même âge et d’une quantité variable de toute sorte de larves. La rivière voisine dont l’eau, quoique un peu ferrugineuse, m’avait toujours donné les années précédentes de bons résultats, fut mise à contribution pour rem-lir cet aquarium, dont le sol consistait uniquement en sable e rivière parfaitement lavé. Installé en plein air sur un balcon et garanti des coups de soleil par un paravent mobile je m’attendais, la semaine suivante, à mon retour de la ville, à tout trouver dans le meilleur état, mais quel ne fut pas mon désappointement en arrivant, de trouver au lieu d’un aquarium à l’eau limpide un réservoir d’eau trouble et verdâtre et toutes les plantes envahies par une végétation microscopique intense. Ne m’expliquant pas trop bien d’où pouvait provenir cet échec, je me mis immédiatement à réparer le mal et, après avoir soigneusement lavé le sable et les plantes, je remplis de nouveau mon aquarium de l’eau de la même rivière, convaincu que, la semaine suivante, je trouverais à mon arrivée tout en ordre. Il n’en fut pas ainsi et le même désolant spectacle m’attendait. N’y comprenant rien, j’attribuai ce résultat à la rivière dont la floraison des eaux, comme on dit ici, avait été retardée par les grands froids du printemps et qui se produisait maintenant dans mon aquarium sous l’influence des rayons solaires. Je me décidai alors à remplacer cette eau, qui du reste ne semblait avoir aucune action pernicieuse sur
- I les habitants de l’aquarium, par de l’eau de pluie récemment recueillie, à la suite d’une violente averse d’orage. Il va sans dire que le nettoyage préalable fut des plus minutieux, si bien qu’à la fin de l’opération, on aurait pu se croire en présence d’un récipient plein d’eau de source. Eh bien, cette apparence-était trompeuse, car à quelques jours d’intervalle, mon aquarium endiablé prenait absolument le même aspect que précédemment et il fallut une circonstance fortuite pour avoir raison de cette végétation intempestive, que je ne puis m’expliquer jusqu’à présent que par l’exposition au midi de mon aquarium et par l’excès de lumière qu’il recevait, malgré l’écran vert qui le protégeait des rayons directs du soleil. J’en étais là de mes réflexions, lorsqu’un de mes enfants, aussi grand amateur d’aquariums, accourt du jardin et me crie : « Papa ! nous avons des Daphnées dans la mare ; il y en a une « masse et hier encore on n’en voyait aucune ». A cette nouvelle, car nous les attendions depuis longtemps pour nourrir les petits poissons dont s’était augmentée la population de mon aquarium, chacun s’arme de son filet et bientôt une abondante moisson de ces petits crustacés passe de la mare dans l’aquarium à la grande joie des poissons, qui commencent immédiatement à en faire un carnage épouvantable. La curée continua longtemps, mais quel ne fut pas mon étonnement, au bout d’une heure à peine, de voir l’eau de mon aquarium s’éclaircir et, au bout de deux heures, de la trouver aussi limpide que l’eau des aquariums les mieux entretenus et dans lesquels le* conditions de la vie, animale et végétale, sont le mieux équilibrées. Il était évident, que la présence des Daphnées était l’unique cause de cette métamorphose; mais comment expliquer leur action? c’est là que je me trouve embarrassé et sans aucun argument. En effet, je ne puis surtout m’expliquer l’action si rapide de ces petits crustacés sur la végétation microscopique de mon aquarium, action que j’ai depuis contrôlée et qui m’a chaque fois donné le même résultat. En général, les Daphnées et les Cyclopes m’intéressent depuis longtemps et cependant je n’ai jamais pu parvenir non seulement à obtenir leur reproduction dans un aquarium spécial, mais encore à conserver ceux que j’y introduisais. Peut-être quelqu’un de vos lecteurs a-t-il été plus heureux que moi et ses observations l’ont-elles conduit à trouver la clef du mystère. Je serais bien heureux de l’apprendre. »
- Renseignements. — M. E. Wegfahrt, à Metz. — Vous trouverez plusieurs traités sur la zincogravure, à la librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. J. Villard, à Evilard. — Adressez-vous à MM. Bruckner et Cie, 26 rue Buffault, ou à MM. Grimault et Cie, 66, quai de Jemmapes, à Paris,
- M. Maurice H., à Paris. — 1° Consultez le Naturaliste-préparateur, dans la collection des manuels Roret, à la librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille. — 2° MM. Deyrolle, 46, rue du Bac.
- M. A. Leteur, à Rio-de-Janeiro. — 1° Remerciements pour vos photographies. — 2° Nous pouvons nous occuper de ces questions.
- M. L. Maubec, à Nantes. — Nous ne saurions insister sur votre pile ; remerciements.
- M. C. Olivier, à Paris. — Aucun appareil mécanique n’existe ; on ne peut séparer le zinc du plomb que par un traitement chimique.
- M. T., à Saumur. — 1° Nous ne pensons pas qu’on ait encore employé cette disposition. — 2° Remerciements.
- M. José Ayroza Galvâo, à Sào Paulo. — Remerciements pour les communications que vous avez bien voulu nous envoyer.
- M. Febvrel, à Saut-du-Broc. — Il faut vous adresser directement à l’auteur de l’article, 21, boulevard de Port-Royal, à Paris.
- M. le comte de Neufbourg, à Boen-sur-Lignon. — Vous pouvez adopter une pompe à air comprimé dite Le Molaro. H faut vous adresser à M. Robert, architecte à La Salvetat Pey-roalès (Aveyron).
- Accusés de réception. — Avis divers. — MM. Braun et Ci0, à Gand. Nous ne connaissons pas l’adresse du fabricant. — M. D. B., à Lille. Nous ne pouvons nous charger de ces études; il faut consulter un ingénieur. — M. Dumont, à Paris. Il est nécessaire de vous adresser à une agence de brevets. — M. P. Magot, à Angers; M. Dubois, à Orléans. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lro série, à la librairie Masson et Cie. — M. L. V., à' Nice. Cette recette est donnée dans le\même petit livre que ci-dessus, 5* série, à la même librairie. —- M. R. G., à Paris. Remercie? ments pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres * la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- , seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- PETITES INVENTIONS1
- Écailleur pour poissons. — Certaines espèces de poissons de mer et d’eau douce sont très difficiles à écailler.
- Avec le nouvel écailleur, le poisson le plus récalcitrant est
- Écailleur pour poissons.
- écaillé très rapidement sans que la peau soit entamée.-Ce nouvel appareil est une sorte d’étriL'e, dont les dents sont arrondies, afin de ne pas risquer d’abîmer la chair du poisson. L’é-cailleur pour poissons se trouve chez MM. G. Renaut et Cie, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- Entre-bàilleur de fenêtres. — 11 est indispensable de ventiler les diverses pièces d’un appartement; mais il faut aussi savoir établir le courant d’air qui est nécessaire sans pousser à l’extrême en laissant la fenêtre grande ouverte. L’entre-bàilleur de fenêtres de M. E. Lévy sera utile dans ces circonstances. lise compose d’une barre métallique horizontale (n° 1)
- o.
- Entre-bâilleur de fenêtres.
- 1. Coulisse avec trous. — 2. Pose de l'appareil.
- percée d’une série de trous en coulisse. Cette barre se place sur la partie fixe de la fenêtre à entre-bâiller. Une tige recourbée à une de ses extrémités se pose à l’aide d’un crochet spécial sur la partie mobile de la lenêtre. Il suffit de déplacer le crochet de la tige et de le placer dans un des trous de la coulisse (n# 2) pour obtenir l’entre-bâillement désiré. — L’entre-bâilleur de fenêtres est en vente chez M. E..Lévy, 28, rue de la Chapelle, à Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Traité des altérations et falsifications des substances alimentaires par A. Villlers, professeur de chimie analytique à l’Ecole supérieure de pharmacie et Eug. Collin, pharmacien, lauréat de l’Académie des sciences et de l’Académie de médecine. Octave Coin, éditeur, in-8°. Prix : 20 francs.
- Le traité de MM. Milliers et Collin peut être considéré comme * la sauvegarde de la santé publique, car il peimetlra de reeon-
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- naître la fraude et de la réprimer. On y trouve, en effet, réunies toutes les méthodes chimiques et micrographiques qui peuvent mettre en évidence les procédés des fraudeurs, ou les altérations sub'ies par les substances; plus de 600 ligures permettent devoir clairement les caractères principaux des éléments les plus employés ainsi que ceux de substances qui servent à les falsifier;. C’est un livre qui a sa place marquée entre les mains des maires, des magistrats, des experts, et de tous ceux qui à un titie quelconque ont à s’occuper de l’alimentation publique.)
- Les Thermes d’Enyhien, par Lecomte-Denis, ingénieur civil des mines, et les docteurs E. Halle et L. Héi.ary. 1 brochure in-8°. Société d’Exploitation des eaux et thermes d’Enghien (Seine-et-Oise). Prix : 5 francs.
- La librairie, l’édition musicale, la presse, la reliure, l'affiché à l’Exposition universelle de 1900. Recueil précédé d’une notice historique, par Lucien Laus. 1 vol. in-8°. Paris! Cercle de la librairie. Publié par les soins du comité de la classe 13. 1900. ; '
- Charles Gerhardt. Sa* vie, son œuvre, sa correspondance 1816-1856. Document d'histoire de la chimie, par M. Edouard Grlviaux et M. Charles Gerhardt. 1 vol. in-8°. Masson et C!o, éditeurs, 1900.
- Le carnet du chauffeur, par le comte II. de La Valette, ingénieur des mines, et Lucien Périsse, ingénieurs des Arts et Manufactures (4e année), in-16 raisin. La vie au grand air, 370, rue Saint-IIonoré. Paris. 1900.
- L’année photographique, 1899, par Albert Rlyner. 1 brochure in-16. Ch. Mendel, éditeur. Paris. 1900.
- La photographie artistique. Comment l’amateur devient un artiste. Texte et illustrations de H. Emery. 1 vol. in-4°. Ch. Mendel, éditeur. Paris.
- Collection de minéralogie du Muséum d’histoire naturelle, Guide du visiteur. 2e édition. 1 brochure in-80. Paris. Laboratoire de minéralogie, 61, rue de Buffon. 1900.
- La traction mécanique sur rails et sur routes pour les transports en commun, par L. Périsse et R. Godafernaux. 1 vol. in-8°. VTe Dunod, éditeur. Prix : 5 francs.
- Comment on défend son rucher. La lutte contre les maladies et les ennemis des abeilles, par Alr. (.arbalétrier, professeur à l’École d’Agriculture du Grand-Jouan. 1 vol. in-16, Paris. Société d’éditions scientifiques, 4, rue Antoine-Dubois.
- Exploitation technique des forêts, par H. Vanutberghe, garde général des forêts. 1 vol. in-8° de l’Encyclopédie scientifique des aide-mémoire. Librairie Gauthier-Yillars. Paris. Prix : 2fr,50 broché, 3 francs cartonné.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Pour recoller les objets en caoutchouc durci. — Sans pouvoir espérer obtenir un succès complet, on peut du moins recourir à un ciment composé comme suit. On fait fondre ensemble des quantités égales de gutta-percha et d’asphalte; on applique à chaud, en maintenant solidement en contact les surfaces à coller jusqu’à complet refroidissement.
- Enduit blanc pour les murs. — Dans un récipient de quelque 40 litres de capacité, on fait éteindre, avec de l’eau chaude, à peu près sept litres de chaux propre et bien brûlée, en laissant le récipient couvert; on passe ensuite au tamis pour retenir les grosses particules. On prend 1 litre et demi de farine de riz, on en compose une pâte épaisse qu’on met à bouillir, et on fait dissoudre au bain-marie 500 grammes environ de colle forte de bonne qualité dans de l’eau (disons que, pour toute la préparation, il ne faut pas employer plus de 20 litres d’eau bouillante). On verse les différentes préparations dans un même récipient et on y ajoute 120 grammes de blanc d’Espagne ou d’alun grillé et pulvérisé, puis enfin 500 grammes de sucre, après qu’on a jeté dans le vase ce qui restait d’eau disponible sur les 20 litres. La mixture est prèle : on l’applique froide dans l’intérieur des bâtiments, mais à chaud sur les parois extérieures.
- Comment on se débarrasse des fourmis. — Rien n’est aussi ennuyeux, je dirais terrible pour une ménagère, que ces invasions" de fourmis ailées ou non qui précèdent d’habitude les grandes pluies d’été, les fourmis montent sur tous les objets', détruisent ou détériorent les matières alimentaires, pénètrent dans les interstices des bois, etc. Rien n’est aussi facile que de détruire ou chasser ces détestables locataires, mais s’il est vrai qu’il existe une foule de moyens permettant d’arriver au résul-
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- (al, nous reconnaîtrons bien vite qu’il en est de bons ou de mauvais.
- En versant du pétrole sur les colonies de fourmis on peut aisément les détruire, mais l’odeur forte et désagréable du pétrole imprégnera pendant longtemps les objets environnants, ce moyen est donc inapplicable dans un office ou dans une cave. Même observation pour l’usage de l’essence de térébenthine. Inconvénients plus graves encore interdisant l’emploi des acides volatils... etc.
- J’ai vu expérimenter et j’ai expérimenté moi-même bien des fois un truc singulier et, je le crois, tout au moins, inédit. Il suffit pour chasser d’un endroit clos des milliers de fourmis de mettre en leur présence quelques feuilles fraîches de tomates ; les petits animaux si travailleurs, mais si désagréables, fuient ces lieux empestés avec toute la vitesse dont ils sont capables.
- Ne me demandez pas le pourquoi de cette répugnance. Je vous répondrai que je ne connais guère les habitudes des four-
- mis et leur psychologie ; il est des petits faits qu’on trouve longtemps incompréhensibles, on les croit inventés par l’imagination en délire d’une vieille bonne femme, puis un beau jour on en donne une explication scientifique.
- Formules de mélanges réfrigérants. — Voici quelques formules de mélanges réfrigérants à la glace pilée: 1° 2 parties de glace pilée, 1 partie de sel de cuisine donnent 20 degrés centigrades au-dessous de zéro ; 2° 24 parties de glace pilée, 10 parties de sel de cuisine, 5 parties de chlorure d’ammonium, 5 parties d’azotate de potassium donnent 28 degrés au-dessous de zéro ; 5° 12 parties de glace pilée, 5 parties de sel de cuisine, 5 parties d’azotate d’ammonium donnent 31 degrés au-dessous de zéro; 4° 2 parties de glace pilée, 1 partie d’acide sulfurique mélangé, avec précaution, de moitié d’eau provenant de glace fondue, donnent 33 degrés au-dessous de zéro.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49-,30). — Bureau central météorologique de France
- 'observations HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 30 juillet . . 18*,4 AV. S. AV. 3. Peu nuageux. 7,7 Très nuageux jusqu'à 17 h. ; beau ensuite; averse à 13 h.
- Mardi 31 17»,9 AV. 2. Peu nuageux. 1,1 Très nuageux de 9 à 18 h. ; quelques nuages av. et après. .
- Mercredi l"août. . 17»,3 S. S. E. .2. Beau. . 0,0 Beau le matin ; puis nuageux ; couvert après 21 h. ; halo.
- Jeudi 2 17»,5 AV. S. AV. 3. Nuageux. 0,0 Nuageux; un peu de pluie fine après 0 h.
- Vendredi 3 15»,5 S. S. AV. 2. Couvert. 0,0 Couv. j. 13 h. ; puis tr. nuag. ; beau après 19 h. ; orage au loin de 13 à 14h. du S.-AV. au N.-AV.; quelques averses.
- Samedi 4 14»,9 AV. S. AV. 3. Presque couvert. 4,7 Beau à 1 h.; puis très nuag. jusqu’à 15 h.; nuag. ensuite; beau après 19 h. ; gouttes à 10 h. 8 et 11 h. 10.
- Dimanche 5. . . . . 11»,0 S. S. AV. 2. Couvert. 0,0 Couv. ; petite pluie à diverses reprises ; quelques coups de tonnerre au N.-N.-E. à 22 h. 30.
- JUILLET-AOUT 1900. -- SEMAINE DU LUNDI 30 JUILLET AU DIMANCHE 5 AOUT
- 1 Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à Cabri à boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Orages et coups de foudre. — Le changement de température qui s’est opéré dans les derniers jours du mois de juillet n'a pas été sans amener de gros orages et des coups de foudre. Oii nous en a signalé de toutes parts ; nous en enregistrons quelques-uus.
- ) A Rambouillet, l’orage a occasionné des dégâts considérables ; une véritable tempête a détruit les récoltes; la grêle a broyé des fruits et a changé l’aspect de la campagne. Aux environs de Dijon, également, l’orage et la grêle ont tout dévasté.
- A Pierres, prés de Maintenon, la foudre a détruit en partie la ferme de la Terreuse; un homme a été grièvement atteint par la commotion électrique, et, un incendie s’étant aussitôt après déclaré, deux pompiers ont été brûlés assez sérieusement.
- A Ëvrcux et aux environs, des grêlons très gros ont détruit les récoltes. Les p.ertes ont été estimées à près de deux millions pour 14 communes.
- En divers endroits, des ouvriers"ont été tués ou blessés par la foudre.
- A Tourcoing, la foudre est tombée sur le c'ocher de- l'église, le détruisant en partie: il y a eu plusieurs blessés • une ferme des environs de la ville, appartenant à l’hospice de Lille, a été brûlée et rien n’a été sauvé des récoltes, du bétail et des instruments aratoires.
- Le 32* régiment d’artiilérie, qui se trouvait le 29 juillet au camp d’Auvours, a été éprouvé par la foudre dans la nuit. Une décharge a blessé quatre hommes dont un grièvement. Sept chevaux ont été tués et cinq blessés. A la même date, un orage violent a ravagé la Belgique. Les régions de Biivh'e, Naniur et la basse Sambre ont é.e particulièrement éprouvées. La foudre est tombée en plusieurs endroits et a incendié des meules et des habitations. Les récoltes ont été comme fauchées. Partout, dans les villages, les toitures des maisons ont été enlevées par le vent, fcomme des fétus de paille. A Namur, la ville a été inondée. La foudre est tombée en plein champ de foire et le vent a emporté plusieurs baraques. Tempête du 3 au 4 août : elle a été d’une extrême violence dans la Manche et notamment-sur lé littoral belge.
- PHASES DE L'A LUNE : P. Q. le 5, à 4 li. 35 m. du soir.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— Le 15e Congrès de médecine qui avait réuni plus de 51000 adhérents a pris fin la semaine dernière. M. le professeur Lannelongue, président du Congrès, a prononcé, à la séance de clôture, un très beau discours, dont le commencement nous touche particulièrement. M. Lannelongue n’a oublié ni les présents ni les absents. Voici, en effet, les premières phrases qu'il a prononcées : « Lorsque je fus désigné à Moscou, dit-il, pour la présidence du Congrès de Paris, je ne me dissimulais pas que si je recevais un grand honneur j’endossais une lourde responsabilité. Grâce à mes collaborateurs et à la volonté de chercher à bien faire, nous avons mené à bonne fin l’entreprise. Je devais avant tout les remercier nominalement : MM. Chauffard, secrétaire général, Dufloc, trésorier, et MM. Weber et de Massary. Qu’il me soit permis d’y ajouter le nom d’un disparu, de notre éditeur, M. Georges Masson, qui nous avait apporté un concours absolu, et qui laisse parmi nous les plus grands regrets. Il avait considéré la publication du Congrès comme nu honneur pour sa maison, c’est tout dire; son fils lui a succédé et sera le digne continuateur du père. » Ces paroles ont été très applaudies.
- —®— Au moment de la réunion à Moscou du 12e Congrès, en 1897, la Ville offrit pour le Congrès de Paris un prix de 500Ü francs à attribuer à l'auteur qui, par ses travaux, aurait le plus contribué au progrès de la science médicale. M. Lannelongue a annoncé que le choix du Congrès s’était porté à l’unanimité sur le savant professeur d’histologie et d’anatomie pathologique de Madrid, M. Itamon y Cajal. C’est à Madrid qu’aura lieu le 14e Congrès de médecine, sous la présidence de M. Julien Calléja, au printemps de 1903.
- —9— ' Le Congrès de Physique a pris fin samedi dernier, sous la présidence de M. A. Cornu. Les Congressistes ont été porter, avant de se séparer, des couronnes et des fleurs sur le tombeau de Fresnel.
- —9— Le Congrès de Géologie s’est ouvert le 16, sous la présidence de M. Albert Gaudry, de l’Institut, au palais des Congrès. Le précédent avait ,eu lieu à Moscou avec un éclat incomparable. Un millier de géologues sont réunis en ce moment à Pans. Sous l’impulsion de M. Gaudry, qui s'est consacré à sa tâche avec un grand dévouement depuis plusieurs mois, on peut espérer que le Congrès de Paris sera aussi très brillant. On a organisé vingt-cinq excursions en France. Une partie des congressistes parcourent déjà Ja Bretagne, les Ardennes, le Bordelais, la Touraine, les Pyrénées, ou visitent les gîtes minéraux du centre de la France. On a publié, à l’occasion de ce Congrès, un livret guide magnifique dû à la collaboration de 43 géologues français les plus autorisés; il a plus rie 1000 pages avec 372 figures et 25 planches. C’est la description de tous les terrains du sol français, avec des itinéraires d’excursions de l’Ardcnne ou de la Picardie aux Pyrénées, de la Bretagne ou de la Mayenne aux Alpes ou à la Provence, de la Normandie à la Montagne Noire, en Auvergne et aux environs de Paris.
- —9— L’Association française pour l'avancement des Sciences a tenu aussi sa réunion annuelle à Paris la semaine dernière. Il a cté décidé que le prochain Congrès aurait lieu à Ajaccio en 1901.
- —9— L’État vient d’acquérir la collection du savant docteur Prunières de Marvejols, qui avait passé une grande partie de sa vie et consacré sa fortune en recherches dans les grottes, les tombeaux et autres monuments romains ou gaulois, assez nombreux en Lozère. Il était ainsi parvenu à former une collection des plus curieuses, et aussi des plus instructives, en fait d’ossements humains et d’instruments préhistoriques et de l’époque gallo-romaine. Cette collection ira prendre place au Muséum d’histoire naturelle.
- —9— Suivant un correspondant du Times, plusieurs mouvements de tremblements de terre ont été ressentis à Bognor, le 18 juillet, entre 10 et 11 heures. Un autre correspondant suggère l’idée que ces mouvements sont dus simplement au salut naval exécuté à Cherbourg à ce moment-là pour le départ du Président de la République. D'après la description qui en est faite, le caractère de ces ébranlements se prête à cette explication. Des mouvements semblables et des grondements ont été observés à la même heure à Torquay. Bognor est à 89 milles, et Torquay à 101 milles de Cherbourg.
- —(g)— La fièvre jaune fait malheureusement des ravages en ee moment au Sénégal. Il meurt tous les jours 1 pour 100 de la population.
- —®— Une touchante cérémonie a réuni ces jours derniers autour de M. Alfred Riche, l'éminent chimiste, ses collègues de l’Académie de médecine et les membres du Congrès de Pharmacie. A l’occasion de la retraite qu’il prend cette année, les élèves, les amis et les admirateurs de Alfred Riche lui ont offert une superbe plaquette gravée par Roty, portant à l’avers son portrait en buste avec la robe professorale et l’inscription suivante : « Alfred Riche, membre de l’Académie de médecine, professeur de chimie à l’Ecole de pharmacie de Paris.». Au revers une figure de femme représentant la Science qui vient déposer une couronne de laurier sur la table du laboratoire du maître et cette devise : in Scientia probitas qui est bien la synthèse du modeste et éminent chimiste.
- —9— M. Alfred Giard, membre de l’Institut, vient d’être nommé chevalier de l’Ordre de Léopold de Belgique. Cette distinction est motivée par les services que le savant professeur a rendus depuis vingt ans aux naturalistes belges comme directeur de la station de Biologie maritime de Wimereux. Le gouvernement belge a compris l’importance des recherches entreprises par M. Giard pour l’industrie des pêches dans la mer du Nord. Il a tenu à en faire profiter ses nationaux et à récompenser la libéralité avec laquelle notre concitoyen initiait à ses brillantes découvertes les étudiants des Universités de Liège, de Gand et de Bruxelles.
- —9— L’Académie de médecine est autorisée à accepter le legs à elle fait, par M. Jean-Baptiste Raynal, de la propriété d’une somme de 66007 francs, à la charge d'employer les deux tiers de la somme léguée à la construction de la salle des séances de l’Académie et un tiers à fonder un prix biennal pour le meilleur travail sur une question d’hygiéne publique ou de police sanitaire vétérinaire.
- —®— La Société de géographie de Paris est autorisée à accepter le legs de 10000 francs fait par ,M. de Bizemont.
- —®— La chaleur depuis le 9 aofit est sans précédents dans la région située à l’est du Mississipi. A Chicago notamment, deux mille chevaux sont morts dans les rues dans le cours d'une seule semaine.
- —®— Le Br G. Guldberg de Christiania publie quelques observations sur la température normale des cétacés vivants, température très mal connue parce qu’elle est évidemment d’une constatation très difficile. On est obligé d'avoir recours à l’observation post mortem de ces animaux. La couche de graisse qui les enveloppe empêche, en effet, le sang de se refroidir aussi vite après la mort que chez les autres mammifères. D'après diverses observations faites dans les deux ou trois jours du décès, le Dr Guldberg aurait trouvé une moyenne qui correspondrait, pour les vivants, à environ 40®. Les cétacés seraient donc, à cc point de vue, intermédiaires entre l'homme dont la température normale est de 37° et les oiseaux où elle est de 42°. Chez les mammifères, autres que l’homme, elle atteint 39°. Il semble qu’il serait possible d’arriver à des données plus précises avec les phoques vivants et savants auxquels on enseigne tant de choses.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour tout ce qui concerne le Kinora, s’adresser au Comptoir de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- Communications. — M. E. Barthez, à Toulouse, nous adresse la lettre suivante : « Je lis un peu tardivement dans le n° 1413 (du 23 juin) de votre journal un article sur le Dioci-nescope de M. Clermont Huet, qui est cité comme une des nouveautés les plus curieuses de l’Exposition. Sans contester l’ingénieuse disposition de cet appareil, permettez-moi de rappeler qu’il n’est en somme qu’un perfectionnement du zoolrope à verres concaves de Clerk-Maxwell déjà fort ancien. Votre journal a décrit aussi à diverses époques les appareils à miroirs de M. Reynaud, appelés praxinoscopes, que ce dernier a appliqués à la vision directe, au stéréoscope, et même aux projections avec des bandes pelliculaires animées aussi d’un mouvement continu. Enfin, notre compatriote, M. Abadie-Dutemps, a fait fonctionner, il y a au moins quatre ans, devant l’Académie des sciences de Toulouse, des appareils analogues à mouvement continu, employant des lentilles convergentes et appelés Phakinescopes. Il a de plus donné dans un Mémoire imprimé, à la même époque, les formules générales établissant les relations qui doivent exister entre les vitesses des lentilles et des photographies dans tous les appareils fournissant des images animées qui emploient des lentilles convergentes ou divergentes en mouvement. »
- M. H. Leroy, à Douvres, nous envoie la note suivante : « J’habite une maison qui est à 39 kilomètres et demi de la jetée Nord du Havre et à 40 kilomètres des phares de la Hève. Ces jours derniers il a dù y avoir dans les parages du Havre des exercices de tir au canon (avec quelles pièces?) car nous avons entendu le canon plusieurs jours et sans être prévenus. Plusieurs voisins, à un peu plus de 100 kilomètres de la rade de Cherbourg, ont entendu tirer le canon lors des fêtes qui ont eu lieu dernièrement dans cet endroit. Je dois ajouter qu’ils étaient aux écoutes. Tout cela, à propos de votre article sur la distance à laquelle on entend le canon. Pendant le premier Empire, il paraît que quand les Anglais bombardaient Granville on entendait le bombardement de deux lieues de Fiers dans l’Orne du côté de Paris, et qu’à cette même époque, lors des bombardements fré-uents du Havre par les mêmes, ils étaient entendus de Falaise ans le Calvados. »
- M. A. Alturaun, à Goërlitz, au sujet de notre article sur les Loteries allemandes (n3 1417 du 21 juillet, p. 118) nous écrit : « Vous avez publié un article de M. D... sur les loteries allemandes, dans lequel je vois quelques inexactitudes. II y est dit que les sommes encaissées s’élèvent à 8 976 000 marcs; ce n’est cependant pas juste, comme vous verrez ci-après. On ne paye naturellement pas les dernières cinq classes pour les 3000 billets tirés dans la première, ni les quatre suivantes ]»our ceux tirés dans la deuxième, etc. ; c’est-à-dire 3000 billets première classe ne rapportent que 22 marcs chacun, 3000 deuxième 44, 3000 troisième 66, 5000 quatrième 88, et 3000 cinquième, 110 marcs chacun ; les derniers 53 000 de la sixième classe seuls se payent à 132 marcs, en somme donc, au lieu de 8976 000 marcs, comme M. D... le dit, 7 986000 marcs, par suite non plus de 27 pour 100, mais 18,07 pour 100. En supposant que vos chiffres relatifs soient exacts, on peut gagner au premier tirage 54 marcs pour 22, au deuxième 81 pour 44, etc.
- M. J. Valentin, adjoint au maire, à Montélimar, nous écrit : « Je lis dans le n° 1417 l’article désigné (Pansements à la oile d’araiqnée). Vous citez le cas d’un cheval qui blessé fut pansé avec des toiles d’araignées. Quelques jours après le pansement, les membres s’enflèrent et devinrent le siège d’une forte éruption de variole du cheval, mais on ne dit pas si le cheval est mort des suites de l’éruption causée par le pansement à la toile d’araignée. 11 y a quatre ans environ qu’une de mes connaissances se blessa avec une hache en coupant du bois, la
- blessure assez forte eut lieu au pouce de la main gauche et aussitôt on traita la blessure avec de la toile d’araignée imprégnée d’huile. Le blessé qui accordait toute confiance à ce remède se trouva bien dans la journée, mai* le lendemain il fallut appeler le médecin et le mal empira de jour en jour, l’appétit disparut, les lèvres se contractèrent et ce fut du tétanos qui, après huit jours de souffrances, l’emporta dans un autre monde. L’exemple a donc été frappant, on ne saurait trop publier et écrire contre le faux préjugé de la toile d’araignée. Je vais me faire un devoir d’engager nos journaux locaux à publier votre article. ))
- Renseignements. — M. J. Rigaux, à Bruxelles. —Dans notre chronique sur les faux filigranes (n° 1418, du 28 juillet 1900, p. 142, 2e colonne, dernière ligne), il faut lire en effet : dans une lessive de soude à 30 pour 100.
- M. A. Aimé, à Niort. — Remerciements pour votre article que nous insérerons plus tard.
- M. F. Davril, à Mendoza. — Nous n’avons pas de renseignements nouveaux sur cette question.
- M. J. J. Graff, à Guebwiller. — H y a à Paris de bonnes, écoles de dessin; mais nous ne pouvons traiter ce sujet, qui n’est pas de notre compétence.
- M. Guillemot, h Nancy. — 1° Relais télégraphiques: Société* industrielle des téléphones, 25, rue du Quatre-Septembre ; M.Postel Vinay, 41, rue des Volontaires, à Paris. — 2° Adressez-vous à la librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, et à la librairie Tignol, 55 bis, même quai, à Paris,
- M. H. Ribaucour, à Versailles. — Maison Bréguet, 19, rue Didot; Société l’Eclairage électrique, 27, rue de Rome, à Paris.
- M. P. M., à Br. — 1° Trente accumulateurs peuvent suffire, — 2° Les modèles sont très nombreux ; essayez les accumulateurs Tudor, 48, rue de la Victoire, à Paris. — 5° Suivant le débit et la différence de potentiel, il faudra faire varier le nombre d’accumulateurs en service. — 4° 11 faut prendre des accumulateurs d’une capacité suffisante. — 5° Vous pouvez utiliser votre dynamo de 70 volts en mettant des réducteurs dis charge et en chargeant partiellement. — 6° Vous pourriez lire avec profit le « Manuel de l’ouvrier monteur électricien » à la librairie Tignol, indiquée plus haut.
- M. Poloz, à Nantes. —Nous ne pouvons vous renseigner en ce moment; mais nous faisons des recherches.
- M. H. P., à Montélimar. — Vous pourriez essayer la benzine; pas de recettes spéciales.
- M. A. D., à Mende. — l3 Machines à tricoter : MM. Beylard et C'% 14, rue Labouret, à Colombes (Seine); MM. Dubied et Gie, 4 bis, rue Saint-Martin, à Paris. — 2° Remerciements pour votre communication.
- MM. Garcia Bramtot et Cie, à Madrid. — Cireur automatique : M. P. Martin, 24, rue Cambon, à Paris.
- M. Felice Triaca, à Milan. — Cet appareil est excellent ; nous en donnerons prochainement une description.
- M. A. Bonfils, à Montpellier. — La formule est bonne; essavez-la. 11 faut lire en effet sulfite au Heu de sulfate.
- M. F. A., à Oran. — Nous n’avons aucune recette spéciale à vous indiquer.
- M. M. G., à Nîmes. — 1° II n’est guère possible d’utiliser ces clichés. — 2° Pas de moyens préventifs.
- M. G. Geiger, à Lille. — Nous ne connaissons aucun ouvrage sur ce sujet et nous n’avons pas d’adresse spéciale de-fabrique à vous indiquer.
- M. F. Meunier, à Bruxelles. — Nous avons vu l’inclusion d’insecte dans le département des Indes anglaises, à l’Exposition,
- M. le I)T A. Levi, à Venise. — Adressez-vous à M. le Rr Laborde, à la Faculté de médecine de Paris.
- M. le marquis de Camarasa, à San-Sebastien. — Cette illusion d’optique est en effet très saisissante ; mais elle est déjà connue.
- Un lecteur, à Saint-Claude. — 1° Les compteurs électriques fonctionnent bien; on peut se fier à leurs indications. — 2° Le prix de 0fr,25 le kilowatt-heure n’est pas élevé ; à Paris, ce prix est de lfr,50. — 5° Adressez-vous à la librairie Tignol, mentionnée plus haut.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. A. Marouby, à Bordeaux. Tous nos regrets de ne pouvoir vous fournir ces documents. — M. Ed. Hannise, à Saint-Gilles-Bruxelles. Nous n’avons pas de renseignements plus complets. — M. D. R., à Blois; M. Dumont, à Paris. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lr* série, à la librairie Masson et C‘3. — M. P. L., à N. ; M. G. R-, à Lille. Voyez le même petit livre que ci-dessus, 5° série, à la même librairie. — M. G. D., à Paris; M. L. M., à Orléans. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- LE DÉMONTABLE. — Texte et dessins p.ir henriot.
- 2. Voici... j’ai construit un chalet léger, avec automobile par devant et automobile par derrieie
- î. Je suis arrivé trop tard pour 1 Exposition, sans cela, j’avais le prix haut la main.
- 3. Quand on a une maison, 1 même devant le panorama le plus beau du monde, à la longue on se fatigue.
- i On veut changer de point de vue.... Le chalet roulant est tout indiqué, 5. Les deux locomotives automobiles coin pi ciment deux cuisines
- Salon, salle à manger, salle de bain, etc. parfaitement installées.
- 8. Mais le clou, cï», .. .Laie, se paei,6, en ta. e^enca. ‘ ***
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Poudre dentifrice rose et parfumée. — Pour faire suite à ce que nous avons déjà pu dire des poudres dentifrices, donnons une nouvelle formule, qui est du reste quelque peu compliquée. On prend 450 de craie précipitée, mais, pour la colorer en rose, on se livre à une petite opération secondaire. On fait dissoudre une centaine de grammes de carmin n° 40 dans une trentaine de grammes d’ammoniaque liquide, et on triture avec une partie de la craie, jusqu’à ce que celle-ci ait
- bien pris le colorant ; on étend alors en couche mince sur une feuille de papier, et on laisse évaporer complètement l’ammoniaque et son odeur. On peut alors mélanger avec le reste de la craie et passer plusieurs fois au tamis, pour obtenir une poudre très fine. On ajoute ensuite 56 grammes d’iris de Florence, puis 675 grammes de sucre, 450 grammes de savon blanc de Marseille, enfin 12 gouttes d’essence de rose et autant d’essence de girofle, ces essences devant du reste être ajoutées séparément à la poudre d’iris.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 6 août .... 14“,1 S. W. 2. Couvert. 0,8 Presque couvert ; pluie le soir.
- Mardi 7 14“,9 . S. S. W. 5. Presque couvert. 3,2 Nuag. de 10 à 17 h. ; couvert avant et après; arc circum-zémthal et parhélie ; pluie le soir.
- Mercredi 8 13”,8 S. W. 3. Beau. 7,4 Beau de 5 à 7 h. et de 20 à 23 h. ; nuageux le reste de la journée ; petite pluie le soir.
- Jeudi 9 15”,0 S. E. 2. Nuageux. 0,8 Nuageux-jusqu a 10 h. ; presque couvert de 11 h. à 22 h.; beau ensuite ; pluie le soir.
- Vendredi 10 14”,1 S. W. 5. Très nuageux. 0,5 Nuag. jusqu’à 21 h. ; couvert ensuite ; petite jiluie.
- Samedi 11 15”,5 Calme. Beau. 0,4 Beau avant 8 h. et après 20 h. ; nuageux dans l’intervalle.
- Dimanche 12 ... . 12”,4 N. N. E. 0. Beau. » Beau ; quelques nuages de 9 à 10 h.
- AOUT (900. --- SEMAINE TUT LUNDI 6 AU DIMANCHE 12 AOUT
- Lundi
- Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi I Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer): courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites au Parc Saint-Maur en juillet 1900
- par M. E. Re.noc.
- Moyenne barométrique midi 758“",62. Minimum 749"”,75 le 12à 5 heures du soir. Maximum 765“'“,68 le 9 à 7 heures du matin.
- Températures moyennes : des minima 15°,48; des maxima 28°,08; du mois 21°,78; vraie des 24 heures 21°,57. Minimum 8°,6 le 8. Maximum 57»,7 le 20.
- Tension moyenne de la vapeur ; 11"“,88; la moindre 4"",67 le 8 à 2 heures du soir ; la plus grande 19””,1 le 20 à 5 heures du soir.
- Humidité reliOve moyenne ; 64 ; la moindre 20le 16 à 5 heures du soir; la plus grande 99 les 10 et 29 à 4 heures du matin.
- Sept jours de tonnerre les 13, 16, 20, 21, 27, 28, 29. Deux jours d'éclairs les 2 et 12. Le 15, orage considérable, mais assez loin du parc Saint-Maur au N.-N.-E. de 4 à 5 h. 1/2 du soir. Le 16, quelques coups de tonnerre au N. à 4i heures du soir. Le 20, tonnerre au N.-W. de 3 heures à 6 heures du soir; il éclaire à 10 heures du soir. Le 21, tonnerre loin au S.-S.-E. S.-E., a 8 heures du soir; éclairs ensuite. Le 27, orage considérable d'une durée de douze heures, commençant à 2 h. 1/2 clu soir avec un peu de pluie. Le 28, éclairs le soir, puis orage considérable avec pluie assez abondante dans la nuit, on entend encore le tonnerre le 29 à midi 1/2.
- Le 2, éclairs fréquents au S. de 10 heures à minuit ; le 12, éclairs à l'entrée de la nuit au X.-VY.
- Pluie 55””,5 en 10 jours dont 2 seuls notables : les 1”' et 29; en 17 h. 1 /4, plus 4 jours de gouttes. ‘
- Les vents nont pas présenté de prédominance bien marquée. Nébulosité moyenne 36.
- Température moyenne de la Marne : lç matin 22°,99; l’après-midi 24®,21; du mois 23°,60 Minimum 18°,99 le 8; maximum 28°,38 le 25. Elle a été basse et claire tout le mois.
- Relativement aux moyennes normales, le mois de juillet 1909 présente les résultats suivants : baromètre plus bas de 0"“,53. Thermomètre plus haut de 3°,58. Tension de la vapeur moindre de 0”*,94. Humidité relative moindre de 9. Pluie moindre de 21"*,1. Nébulosité moindre de 17.
- Floraisons : le 3. œnothère odorante, le 4, yucca filamenteux, spiroea callosa, clématite de Jackmaun, saponaire ; le 5, canna ; le 8, pyrèthre de. l'Inde; le 10, exfoliation des platanes ; le 19, échinops sphoerocephalus; le 22, agapanthe, silphium perfoliatum ; le 23, abricots bien mûrs et très bons; le 28, glaïeul; le 29, hibiscus syriacus.
- Ce mois est remarquable par sa haute température, la plus élevée à Paris depuis 1859; on en trouve bien peu qui en approchent depuis 150 ans, le maximum 37°;7, presque celui du 2 juillet 1874 qui n’a été moindre que de 0°,1, le 19 juillet 1881, le nnxiinum a' atteint 38°,4, ce qui est la plus haute de toute la série de Paris depuis très longtemps. La moyenne 28’,3 du 16 est la plus haute connue.
- Ce que ce mois a offert de plus remarquable c'est l’intensité des rayons solaires, nous avons observé à 2 heures du sair avec un thermomètre à mercure à boule verdie posé sur des gazons desséchés : 70°,0, 69',0 et 75°,2 les 16, 19 et 27. Je ne croyais pas que de tels chiffres puissent être . observés en dehors du Sahara, où ils doivent être d'ailleurs bien rares.
- La grande intensité de la radiation solaire a produit des températures tout à fait insolites d ms la Seine et la M ir.ie ; cette dernière a atteint 28°,38 le 25 dans l’après-m’di : d'après les observations de M. Jaubert à la tour Saint-Jacques, la Seine a atteint 27» le milia ; elle a du par conséquent offrir dans la journée la mune température que la Marne. Je n’avais jamais vu jusqu’ici la température de la Saine s’élever aussi haut : je l'ai vue à 27°,l en juin 1858.
- M. Teisserenc de Bort a eu à l’observatoire de Trappes un maximum de 57° et M. Raymond d’Achères un miximnm d,; 39®,2 le m line jour qu’au Parc. Ces différences correspondent bien aux différences d’altitude.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 10, à 9 h. 39 m. du soir.
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- N° 1422 (25 août /900), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFF ARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— La distribution des récompenses à l’Exposition a eu lieu samedi 18 août dans la salle des Fêtes avec grand éclat. Le Journal officiel a publié le même jour, la liste des lauréats dans un numéro de 350 pages, un vrai volume. Il a été attribué, en dehors des croix, “2827 grands prix, 8166 médailles d’or, 12 244 médailles d’argent, U 615 médailles de bronze, 7938 mentions honorables. Le nombre •des nouveaux décorés ou promus dépasse "500. C’est dire que nous n’essayerons pas d’en reproduire ici môme une liste très abrégée. Il nous suffira de mentionner quelques-unes des croix données aux iliommes de sciences. Citons MM. Lacaze-Duthiers, colonel Laussedat, E. Mascart, de l’Institut, promus grands officiers ; MM. Henri Moissan, Troost, de l’Institut, Gariel, Gnolot, Henry Menier, Collin, Bari-•quand, promus commandeurs; MM. Hirsch, J. Henrivaux, Krebs, A. J. Martin, Picou, Sciama, Vogt, Haller, Salomon, de Nervo, Peugeot, Pierre Giffard, Max de Nansouty, Bicliat, Baumgarten, Barrois, Baudry, Lion, Muller, etc., promus officiers; enfin nommés chevaliers MM. Saint-Loup, Puiseux, Moureaux, Branly, Emile Rivière, Aboilard, Bergonié, Blondel, Bucquet, Chabaud, Châpuis, de Cbasse-loup-Loubat, Chauffard, Compère, Deutsch, Dupont, Durassier, Etard, Fleurent, Hermagis, Frébault, G. Friedel, H. Gall, A. de G r amont. Jamin, Jovaux, Legrain, A. Lévy, Lombard Gérin, 11. Maréchal, Mathieu Déroché, Millon, Mustel, Ogier, Périer Lefranc, l'iet, Springer, Ch. Street, Thiebicrge, Nadar, L. Vidal, Violet, Weiss, etc. A ces noms, il convient d’ajouter ceux de Mme Clémence Royer, dont les beaux et persévérants travaux sont bien connus, et de Mme Jeanne Loiseau, dite Daniel Lesueur, femme de lettres. Dans cette énumération abrégée, nous regrettons de ne pas rencontrer un certain nombre de constructeurs et d’hommes de grande valeur qui méritaient certes aussi le ruban rouge.
- —Les Congrès poursuivent leur carrière. Le Congrès de Géologie présidé par M. Albert Gaudry, un des plus importants de l’Exposition, ouvert par M. Leygues, s’est terminé mercredi. Simultanément Congrès de l’hypnotisme; Congrès de Psychologie; Congrès des Electriciens inauguré par M. Mougeot sous la présidence honoraire de Lord Kelvin empêché de revenir à Paris et sous la présidence effective de M. Mascart. Premier Congrès international du Pétrole très intéressant ; Congrès international des œuvres d’assistance en tein]>s de guerre; Congrès international d’Anthropologie et d’Archéologie préhistoriques sous la présidence de M. Alexandre Bertrand, de l’Institut, etc. Et ce n’est pas encore fini. Les premiers Congrès datent de l’Exposition de 1878 ; il s'en tint 20 cette année-là. En 1889, il y en eut 69. Enfin en 1900, on en a organisé 126.
- —®— Nous relevons avec satisfaction dans la liste des récompenses le nom de notre très habile dessinateur M. Povet. On lui a attribué la seule médaille d’or accordée à la gravure sur bois scientifique et industrielle. M. Povet a conquis une place à part à notre époque; il a élevé son art comme on ne l'a jamais su faire. ;Ses dessins de machines sont appréciés du monde entier. Il a le don incomparable de rendre d’un dessin sur tous les détails, de les faire ressortir dans un relief saisissant;, il radiographié en quelque sorte les appareils de façon à faire saisir d'un coup d’œil l’ensemble et les organes constitutifs. Depuis vingt ans à La Nature, avec le crayon et le burin. M. Poyet a facilité notre tâche et a fait .ainsi œuvre de véritable vulgarisateur.
- —®— A l’occasion de l’accident de nuit qui vient de se produire ît Castel-Guibileo sur le chemin de fer de Florence à Rome, M. Edouard Cros, ingénieur civil des mines, a rappelé dans une Note à divers journaux le procédé qu’il a soumis au Comité technique des chemins de fer et qui a donné lieu à un rapport favorable de M. l'ingénieur en chef Vicaire. Il s’agit en principe d’installer un fanal .puissant à la partie supérieure de tout train de nuit pour le couvrir automatiquement et surtout aisément par un faisceau lumineux d’une
- portée d’environ 6 kilomètres. La lumière de ce fanal, à feu blanc, aurait, en outre, une double particularité caractéristique : 1° une partie seulement du faisceau lumineux serait renvoyée parallèlement à la voie, et le reste serait rejeté vers le ciel, en formant un faisceau conique qui permettrait d’apercevoir le train en détresse de fort loin, même quand il serait engagé dans une tranchée ou masqué par une courbe, un rideau d’arbres, un pont ou d’autres obstacles; 2° un dispositif électrique, placé dans le fanal et mû par le courant électrique servant à faire brûler la lampe, produirait, toutes les deux secondes, une occultation, de telle sorte que le feu présenterait le caractère suivant : apparition d'un feu blanc pendant I seconde; disparition du feu blanc pendant 1 seconde, ce qui constituerait une lumière de détresse.
- —®— Le Congrès chronométrique qui vient de se tenir à Paris, a eu à traiter une question intéressante, concernant le mot « chronomètre », employé généralement au hasard dans la montre civile. Il a été décidé qu a l’avenir toute montre civile ne sera livrée au public sous la dénomination de chronomètre que si cette pièce est accompagnée de son certificat d’observatoire officiel. Deux catégories sont reconnues. La première classe d’épreuves, et la seconde : c’est-à-dire les deux classes comportant les épreuves obligatoires de températures. Le fait par le fabricant ou le marchand d’annoncer et de vendre au public, sous le nom de chronomètre de poche, une montre non munie de son certificat d’observatoire de l’Etat, sera considéré comme un acte de mauvaise foi et de concurrence déloyale. Il est reconnu cependant que la construction de la .pièce au point de vue de l’échappement et du spiralage reste livrée à l’initiative du constructeur. Néanmoins, pour la montre de poche,' l’échappement à ancre est certainement le plus solide et le plus pratique, ce qui du reste est confirmé par le règlement officiel de la marine de chaque Etat, qui impose ce genre d’échappement pour toutes les-pièces de concours pour la fourniture des chronomètres de poche appelés « torpilleürs ». L’Exposition de 1900 a donné l’occasion de constater que la France, la Suisse, l’Angleterre et l’Allemagne produisent des pièces chronomètres sensiblement de même valeur au point de vue des résultats et que de très grands progrès ont été réalisés depuis dix ans dans l’borlogerie scientifique.
- —Deux accidents de montagne ont eu lieu récemment dans la région de Briançon : Une caravane, partie de Vallouise dans la nuit et qui était composée de M. Arnaud, professeur au lycée de Marseille; de M. Thore, instituteur; de M. Mestrallet; de M. Lambert, commis de perception, et de deux guides, les frères Pierre et Eugène Estienne, a été assaillie par une- tourmente de neige à la barre des Ecrins, point culminant du massif du Pelvoux. La caravane, partie pour coucher au refuge Tuckel, avait fait l’ascension des Ecrins. au sommet de laquelle elle a fait collation. Au retour, vers trois heures, les touristes furent surpris en pleine montagne par la tourmente. M. Mestrallet glissa sur la glace et entraîna avec lui M. Pierre Estienne, qui eut trois eûtes et le sternum brisés. La nuit jes surprit et ils durent se réfugier dans l’abri creusé sous la neige. La nuit fut terrible. Au matin, MM. Eugène Estienne et Lambert descendirent pour chercher des vivres mis en réserve la veille et appeler du secours. La descente fut périlleuse. M. Lambert fit une chute dans une crevasse et fut sauvé par M. Eugène Estienne, qui remonta aussitôt après avoir pris des vivres. Arrivé à l'abri sous la neige, M. Eugène Estienne trouva son frère, M. Thore et M. Mestrallet morts II redescendit et rejoignit M. Lambert. Tous deux étaient exténués. M. Lambert a pu regagner Vallouise à neuf heures du soir. Des secours furent organisés aussitôt. Il a fallu un jour et demi pour descendre les cadavres.
- —1>— Quatre Autrichiens partis sans guide de Lagrave, pour l'ascension de la Meije dans le Dauphiné ont été surpris par la tourmente et n’ont pu rentrer qu’après une nuit passée au milieu de la tempête en descendant la Meije occidentale.
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- l;n trou dans une feuille de papier. — A propos du problème que nous avons posé dans le n° 1420, du 11 août 1900, p. 174, nous avons reçu un certain nombre de réponses; nous publierons prochainement les principales.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le filtre Lapeyrère se trouve chez MM. Delsol et A. Fillard, à Coulom-Tniers (Seine-et-Marne). — La cyroplane se trouve chez M. Bal-breck, 137, rue de Vaugirard, à Paris.
- Communications.— M. le sous-secrétaire (l’État des Postes et des Télégraphes à Paris nous adresse deux exemplaires d’une nomenclature des rues de Paris par arrondissements, établie parles soins de l’Administration. Cette nomenclature permettra aux expéditeurs de compléter par la mention du numéro de l’arrondissement, la suscription des correspondances à destination de la Capitale. Elle sera tenue à la disposition du public à tous les guichets des bureaux de poste et dans les bureaux de tabac. Les habitants des communes rurales pourront aussi obtenir tous les renseignements nécessaires en s’adressant aux facteurs qui les desservent.
- M. Aurelio Almazan, à Mexico, nous envoie l’intéressante communication suivante : « J’ai rencontré plusieurs fois marquées des limites pour la végétation, publiées en Europe, lesquelles dans certaines latitudes ont besoin de rectifications importantes. J’ai trouvé tout dernièrement dans le petit Memorial Technique Mazzochi les limites suivantes : Maïs 850 mètres, Vigne 700 mètres, Chêne 1050 mètres, Noyer, Sapin et Pin, 1100 mètres, 1900 mètres et 2050 mètres. Dans le plateau central où est située la ville de Mexico, dont l’altitude est 2240 mètres justement dans la partie la plus basse de la vallée, nous n’aurions pour ainsi dire (avec les hauteurs fixées pour la limite de végétation) rien pour vivre, tandis qu’on y cultive le blé, le maïs et toute espèce de plantes potagères et les mêmes arbres fruitiers qu’en Europe. Dans nos latitudes de la zone chaude et tempérée toutes les données sur la végétation, bonnes pour l’Eurojie, changent beaucoup, et depuis le parallèle 17 jusqu’au 2o, j’ai vu croître et se développer parfaitement en donnant des produits magnifiques :
- 1. Acajou, vanille, etc., à....................... 500 mètres.
- Etals de Vera Cruz, Oaxaca, Guerrero.
- 2. Colon (près d'Iguala et d'Izucar)............... 800 —
- Etats de Puebla et Guerrero.
- 3. Tabac (seulement du côté du Golfe)............. 000 —
- Etats de Vera Cruz et Oaxaca.
- 4. Cocotier, palmiers à dattes, melons, sésame . . . 1000 —
- Etats de Puebla, Morelos, Vera Cruz, etc.
- 5. lliz, citronnier, oranger, bananier, ricin..... 1500 —
- Etats de Puebla, Morelos, Vera Cruz, Michoat an, etc.
- 6. Canne à sucre, lin, manguier, grenadier, arrow-
- root (Huacamote) (Cacahuate), etc............. 1400 —
- Etats de Morelos, Puebla, Vera Cruz, Guerrero, Mielioacau.
- 7. Café, vigne, goyavier, papayer................. 1600 mètres.
- Etats de Mexico, Morelos, Puebla, Vera Cruz, etc.
- 8. Mûrier, pommier, poirier, olivier, châtaignier, etc. 2240 —
- Etats de Mexico, Morelos, Puebla, Queretaro, etc.
- 9 Noyer, iiguier, calebasse, betterave............. 2550 —
- Etats de Mexico, Morelos, Puebla, Queretaro.
- 10. Pommes de terre (cultivées et sauvages), haricots,
- orge, pois, fève, pois chiche................... 2500 —
- Etats de Puebla, Mexico, Morelos, Tlaxeala, etc.
- 11. Blé............................................. 2600 —
- Etals de Puebla, Mexico, Morelos, Tlaxeala, Hidalgo.
- 12. Chêne.......................................... 2700 —
- Etats de Puebla, Mexico, Morelos, Tlaxeala, Hidalgo.
- 13. Maïs (tout autour du Nevado de Toluca et des autres volcans et des
- grandes hauteurs)............................... 2700 mètres.
- Etats de Puebla, Mexico, Morelos, Tlaxeala, Hidalgo, etc.
- 14. Sapin (oyamitt) dont ce papier est fait....... 3000 mètres.
- Etats de Puebla. Mexico, Morelos, Tlaxeala, Hidalgo.
- 15. Pin résineux (ocoie) pitchpine.................. 5200 —
- Etats de Puebla, Mexico, Morelos, Tlaxeala, Hidalgo.
- 16. Pin résineux (exemplaires déjà très chétifs). . . 4000 —
- Etats de Puebla, Mexico, Morelos, Tlaxeala, Hidalgo.
- « Le tabac est cultivé préférablement du côté du Golfe parce que l’humidité lui convient très bien : du côté du Pacifique,
- il est seulement cultivé près de la mer comme à Tepic, parce que les versants du sud et sud-ouest sont très secs, quoique non au même degré que la Pérou. Le blé n’est pas cultivé au-dessous de 1500 mètres parce que l’on a d’autres cultures plus rémunératrices comme le riz, la canne à sucre, etc., quand il y a de l’eau pour irrigation. Le bétail trouve pâturages toute l’année autour des grands Volcans, Popocatepelt, Ixtaccifcuatt, Orizava, etc., à des hauteurs de 2700 à oOOO mètres, car s’il tombe de la neige quelquefois dans l’hiver, c’est seulement pendant quelques jours. Au-dessous de 1800 mètres il y a rarement des gelées : à la ville de Mexico la température varie de — 5° centigrades dans les matinées plus froides de l’hiver, jusqu’à 29° dans les jours les plus chauds de mai et juin, après les pluies adoucissent la chaleur. Les altitudes que je vous donne ont été prises par moi-même, soit pour des nivellements pour les chemins de fer dont je me suis occupé du tracé, soit pour des travaux d’irrigation. »
- M. Thiot, à Marissel (Oise), nous écrit qu’il possède dans son jardin un géranium zonale à fleurs blanches simples, garni de nombreuses ombelles parmi lesquelles se détache une ombelle de fleur rouge vermillon.
- M. Georges Duclou, à Bordeaux, nous fait parvenir un graphique très intéressant. Ce travail résume l’ensemble de ses-recherches sur les vinifications qui datent de 1888 à 1900. Elles ont pour but l’appréciation anticipée de la qualité des vins dès le moment des vendanges par des formules qui lui fournissent des données qui permettent de modifier cette qualité sur l’ensemble de la récolte.
- M. J. K. Laflamme, professeur à l’Université Laval, à Québec (Canada), nous écrit à propos de notre récente chronique sur un chemin de fer en bois à Québec (N° 1417, du 21 juillet 1900, p. 126) : « J’habite Québec depuis près de trente ans, je suis d’assez près le développement de notre ville, et je dois vous aTouer que l’inauguration que vous mentionnez m’a complètement échappé. Cependant, en consultant mes souvenirs, je trouve, qu’il y a une vingtaine d’années, on a réellement exploité, à Québec, un chemin de fer... en bois, dans le but de transporter économiquement à la ville le bois de chauffage qui se trouve en abondance dans les montagnes voisines. L’exploitation s’est faite pendant une couple d’années. Elle a été ensuite abandonnée par le fait qu’une nouvelle ligne de chemin de fer... en acier, cette fois, s’est trouvée à traverser les mêmes forêts. Ça été la fin du seul chemin de fer en bois que nous ayons jamais eu à Québec. »
- Renseignements. —M. A. Leterre. à Rio-de-Janeiro. — Nous avons reçu vos photographies; remerciements.
- M. E. Marmiesse, à Bordeaux. — Nous donnons la description de cet appareil.
- M. Adrien, à Paris. — Nous ne connaissons pas cette pompe, et nous ne l’avons pas vue à l’Exposition.
- M. Franck Joly, à Duperré. — 1° Ces objectifs sont très bons; il ne nous est pas possible d’examiner ainsi toutes les questions. — 2° Ces appareils donnent des résultats très satisfaisants.
- M. L. Delaloye, à Lausanne. — Adressez-vous directement au secrétaire du Congrès au Palais des Congrès, à l’Exposition.
- M. J. E., À Montbéliard. — Nous ne croyons pas qu’il existe d’ouvrage sur cette question.
- M. J. Debled, à Paris. — 1° Adressez-vous à la librairie agricole de la maison Rustique, 26, rue Jacob, à Paris. — 2° Remerciements.
- M. .4. L. P., à Douai. — 11 faudrait consulter la collection des Manuels Roret, à la librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. Ch. Navonne, à Genève. — Nous n’avons pu retrouver l’article dont vous parlez.
- M. A. Bliec, à Bruxelles; M. B. Bailly, à Yvoir (Namur); M. J. N. Hector, à Metz. — Les pavillons Castan pour phonographes se trouvent chez M. Castan, 4, rue Favart, à Paris.
- M. H. Godron, à Rouen. — 1° Le rendement industriel moyen de 73,14 p. 100 est donné par le rapport de la puissance utile moyenne 575 chevaux à la puissance moyenne indiquée 786 chevaux. — 2° Les chiffres de consommation que nous avons donnés sont ceux trouvés expérimentalement.
- M. F. de Saint-Léger, à Alençon. — 1° Vous pouvez essayer ce moyen ; il est très pratique. — 2° Le caoutchouc doit se dissouâre dans la benzine. — 3° Pas d’ouvrages à ce sujet.
- (Voir la suite de la Boite aux lettres page 3* des Nouvelles scientifiques.)
- Bans la • Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- BOITE AUX LETTRES [Suite]
- M. E. B., à Iféricourt. — Le fait que vous nous citez est très intéressant. Vous avez raison. Il faut détruire les hannetons pour éviter les vers blancs.
- M. H. B. Z., à Paris. — 11 faudrait désinfecter à l’aide de quelques gouttes d’acide phénique dans de l’eau.
- M. C. Barbier, à Buenos-Aires. — 1° Avec les objectifs très ouverts on a, il est vrai, plus de rapidité, mais c’est au détriment de la profondeur du foyer; un seul plan est net; .comme bonne moyenne, vous pouvez prendre F : 0,5. — 2° Par le cinématographe, la rapidité s’explique parce qu’on a un obturateur passant très près de la plaque, ce qui donne un bon rendement.
- .V. NHoc, à X. Votre lettre a été envoyée à l’adresse de l’Aéroclub, 48, rue du Colisée, à Paris.
- M. E. Marmiesse, à Bordeaux. — Vous décrivons ce filtre dans ce numéro.
- Accusés de réception. —Avis divers. — M. <1. Boulenger, à Albert. Il n'y a pas de procédé pour faire disparaître ccs taches.
- — M. D. L., à Brest. La pile doit être usée; il faut la remplacer.
- — M. Ed. Justin Muetter, à Lyon. Votre observation est très juste ; mais nous ne pouvons la mentionner. — M. Dit bar, à Paris ; M. L. /{., à Nîmes. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et C'e. — M. Lalande, à Courbevoie. Cette, recette est donnée dans le même petit livre que ci-dessus, 4e série, à la même librairie.
- PETITES INTENTIONS1
- Serrure pour bouteilles. — On désire parfois garder du vin ou même des liquides pour apprécier l’action du temps.
- Serrure pour bouteille-'.
- Mais il est difficile, même en prenant de grandes précautions, d’être certain qu’un jour ou l’autre, la bouteille n’a pas été ouverte, n’a pas été soumise à l’action de l’air. Le nouvel appareil que nous signalons évite ces inconvénients; il s’agit d’une sorte de bouchon creux, que l’on place sur le bouchon de la bouteille. On le pousse légèrement, en fermant la petite porte d’avant, et il
- se ferme automatiquement. Pour ouvrir cette nouvelle serrure, il faut une clef spéciale. — La serrure ]>our bouteilles est en vente chez MM. Kirbv, Beard et O, 5, rue Auber, à Paris.
- Le Axe-cravates. — Rien n’est plus insupportable que
- 1. L’appareil.
- Le lise-cravale. 2. Pose sur un faux col. -
- L’appareil sur la cravate.
- de voir à chaque instant la cravate se relever et monter sur le faux col. Des moyens ont déjà été inventés pour éviter cet
- 1 La. description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- inconvénient, et notamment les pinces-cravates qui rendent des services; mais il est encore possible que la cravate remonte par derrière le faux col. Le fixe-cravates dont nous voulons parler évite tous ces ennuis, il est formé d’une petite pince (n° 1) verticale munie d’un bras recourbé sur lui-mème et d’une tige verticale parallèle portant à son sommet une boule ou une perle. On place le fixe-cravates, le bras recourbé à l’intérieur du faux-col (n° 2), et la tige verticale à l’extérieur (n° 5). La petite boule se trouve au-dessus de la cravate et l’empêche de remonter. — Le nouveau fixe-cravates se trouve à la même adresse que l’objet précédent.
- BIBLIOGRAPHIE
- La Lozère, Causses et gorges du Tarn, par MM. Ernest Coud, ingénieur agronome, Gustave Coud, docteur en droit, et Armand Viré, docteur ès sciences. 1 vol. in-16, de la collection des Guides Boule, avec 87 dessins ou photographies, 4 cartes en couleurs, 87 dessins ou photographies, 4 cartes en couleurs, cartonné toile. Masson et Cis, éditeurs. Prix : 4fr,50.
- Cent ans aux Pyrénées, par M. IIexri Beraldi, in-8. Paris, 1900.
- Le troisième volume, publié récemment par M. II. Beraldi, continue la très intéressante série de son ouvrage-, Cent ans aux Pyrénées, que nous avons annnoncé dans la Bibliographie du n° 15(33 du B juillet 1899. M. H. Beraldi décrit dans son nouveau volume la grande époque de 18(50 à 1888; il rappelle les travaux du comte IL Russe), le célèbre explorateur des Pyrénées; aujourd'hui propriétaire des cimes de Yignemale,de M. Packc, le botaniste anglais, du général de Xansouty et M. de Vaussenat, créateurs de l’Observatoire météorologiste du Pic de Bigorre. Ce troisième volume nous fait espérer l’apparition du quatrième qui bientôt sans doute complétera l’œuvre si originale de M. Henri Beraldi.
- Le problème solaire, par l’abbé Tu. Moreux. Préface de Camille Flammarion. I vol. in-8. Paris, Bertaux, éditeur. Bourges, Tardy-Pigelet, imprimeur éditeur, 1900. Prix : fi francs.
- Les huiles essentielles, par E. Gildemeister et Fr. Hoffmann. Traduction par A. Gault, pharmacien de U8 classe, avec préface et annotations de A. Haller, professeur à riJniver- site de Paris. 1 vol. in-8. 1900. Paris. Bernard-Tignol, éditeur.
- Une vue sur la navigation de Vavenir, par Emmanuel Saura. 1 brochure in-8. Tarbes. Imprimerie E. Croharé. 1900.
- Le concours de moteurs de la locomotion automobile, par Gaston Sjencjeh, ingénieur des arts et manufactures. 1 broch. in-8. Paris, V’6 Ch. Dunod, éditeur. 1900.
- Les dépôts à Iguanodons de Bernissart et leur transfert dans l'étage Purbeckien ou aquilonien du Jurassique supérieur, par Ernest Van den Broeck, conservateur au Musée royal d’histoire naturelle de Belgique. Fascicule I. 1 brochure in-8. Bruxelles, Rayez. 1900.
- La photographie panoramique, par Acii. Delamarre. I vol. in-16. Ch. Mendel, éditeur. Paris. 1900.
- La chimie du photographe, par L. P. Clerc, fascicule V. Traitement des résidus, détermination d’un produit photographique non étiqueté, Index alphabétique des cinq volumes.
- 1 brochure in-16. Paris. H. Desforges, éditeur.
- Comment on se défend des maladies du rein. La lutte contre le sucre et contre T albumine, par le Dr Henry Labonnk,
- I brochure in-16. Société d’éditions scientifiques. Paris, 1900. Prix : 1 franc.
- Comment on défend ses cheveux, par le Dr IL Labonnf.. 1 brochure in-16. Paris. Société d’éditions scientifiques. Prix.:
- I franc.
- Comment on se défend contre les maladies du sang. La lutte contre l’anémie et les pâles couleurs, par le Dr H. Labonne. 1 brochure in-16. Paris. Société d’éditions scientifiques. Prix : 1 franc.
- Les nappes d’eau souterraines de la vallée de la Meuse à Liège, par A. Waleffe. 1 brochure in-8. Imprimerie Faust-Truyen, à Liège.
- Études critiques sur les connaissances et sur la psychologie, par W. Temciieff. 1 brochure in-8. Giara et Brière, éditeurs. Paris. 1900.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- T.2
- L'industrie chimique en Allemagne, par A. Trillai. 1 vol. in-IG. Librairie J.-B. Baillière et fils. 1900.
- \
- Annuaire de statistique démographique et médicale de la ville de Liège, par T. Hovex. 2' année 1899. 1 brochure in-8. A. Miotj imprimeur, 1900.
- Une langue universelle est-elle possible? par L. Lkau. 1 brochure in-16. Paris. Gauthier-Villars, éditeur, 1*900.
- U aérodation et ses applications militaires, par J. Gourty. 1 vol. in-8. Brunei et Cie, éditeurs. Prix : lfr,k25.
- Guide pratique des débutants en photographie, par Georges Lanqcest. 1 brochure in-lG. Aux bureaux du journal Le Home, 7, rue llégésippe Moreau. Paris, 1900.
- Livre guide du photographe a l'Exposition universelle de 1900. 1 vol. in-10. Ch. Mendel éditeur. Paris. Prix : lfr,25.
- L'eau dans l’industrie, par II. i>e la Gaux. 1 vol. in-8. VT0 llunod, éditeur. Paris 1900. Prix : 15 francs.
- Les bateaux sous-marins, par MM. Forest, ingénieur constructeur, et H. Noalhat, ingénieur civil. 1 vol. grand in-8. \,e Ch. Bunod, éditeur. Prix : 12tr,50.
- La goutte et le rhumatisme, par Armand Dklpkit.h, médecin de l’hôpital Cocbin. 1 vol. in-8 avec une planche en chro-motvpographie. G. Carré et Naud, éditeurs. Paris. 1900. Prix : 20 francs.
- Les agrandissements sans lanterne et leur mise en couleur au pastel, par Ris-Paqlot. 1 vol. in-10. Paris. Ch. Mendel, éditeur. Prix : 1 fr. 25.
- Le manuel pratique du motocycliste, par II. de Graffigxy.
- 1 vol. in-16. J. Hetzelet Cie, éditeurs. Prix : 4 francs broché.
- Minéralogie agricole, par F. Hofdaille, docteur ès sciences. I vol. în-12. Félix Alcan, éditeur. Paris. Prix : 5fr,50.
- Paris Pratique en 1900. Nouveau plan indicateur. 1 brochure in-18. M. Assier, 52, rue Uallé, Paris. Prix : lfr,50.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49*,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 15 août. . . . 16”,0 Calme. Quelques nuages. 0,0 Très nuageux de 8 b. à 21 h. ; beau avant et après.
- Mardi 14 16”,7 N. N. E. 1. Beau. 0,0 Quelques nuages.
- Mercredi 15 15”,8 N. E. 2. Beau. 0,0 Très peu nuageux.
- Jeudi 16 15",3 N. N. E. 2. Couvert 0,0 Nuageux.
- Vendredi 17 19”,7 E. S. E. 0. Beau. 0,0 Nuageux jusqu’à 15 b.; beau ensuite; halo; éclairs au N. N. W. à 20 h.
- Samedi 18 18”,0 S. S. E. 0. Beau. 0,0 Nuageux de 14 à 20 h. ; beau avant et après.
- Dimanche 19 ... . 19”,0 N. N. E. 0. Quelques nuages. 0,0 Peu nuag. le matin; nuag. le soir; éclairs au N. à partir de 21 b.
- AOUT 1900. --- SEMAINE Dû LUNDI 15 AIT DIMANCHE 19 AOUT
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à cabri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- lie temps. — Le temps est resté beau et chaud en France. Le 15 août, la moyenne était de 17°,4 à Paris, et le maximum ne dépassait pas 25°. A la tour Eiffel, on constatait un maximum de 19°,9. Le 14 août, la température restait la même avec un maximum de 25°,9. Le 15 août, la température moyenne était de 19°. On signalait de la pluie à Nice où un orage a fourni 3 nnn d’eau. Les 19 et 20 août, orages à Paris.
- Lu violent orage s’est abattu le 18 août sur le département des Pyrénées-Orientales. Une pluie toirentielle est tombée, faisant grand bien à la récolte du vin qui commençait à souffrir de la sécheresse. A Sainle-Maric-la-Mer, près Perpignan, la foudre a incendié un grenier. Les dégâts ont été importants. Près d'Arles-sur-Tech, arrondissement de Céret, les pluies ont occasionné, dans la nuit, uu éboulement sur la route nationale.
- Orage à New-York. — A la suite des chaleurs extrêmes qui ont eu lieu du 10 au 14 août, un ouragan d’une très grande violence, atteignant presque les proportions d’un cyclone, s’est déchaîné sur New-York. Le volume de pluie qui est tombée a été tel que les habitants des immeubles mal construits des quartiers pauvres ont dû évacuer leuis logements inondés ; cependant, dans leur joie de voir cesser la température insupportable qui les accablait, ces braves gens dansaient comme des fous dans les rues sous la pluie diluvienne. Le thermomètre avait marqué jusqu’à 42° à l’ombre ; le même jour, il y a eu 78 morts causées tant par la chaleur que par les accidents résultant de l'ouragan; la veille, on avait compté 117 cas d’insolation, dont 31 suivis de mort.
- PHASES DE LA LUNE ; D. Q. le 17, à 11 h. 55 m. du matin.
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- N° 1423 (Ier septembre 1900), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- • INFORMATIONS
- —#— M. Fave, l’illustre astronome français de l’Institut et du Ikiroau des longitudes* vient d’être élu membre étranger de l’Aca-démie « dei Lincei », pour la géographie, les mathématiques et la (physique.
- —®— Notre savant collaborateur, M. Oustalet, docteur ès sciences maturelles, assistant au Muséum d’histoire naturelle, est nommé professeur de zoologie (mammifères et oiseaux) audit établissement, en remplacement du regretté M. Alphonse Milne-Edwards.
- —®— Au Congrès de psychologie qui vient de prendre fin, on a exhibé un enfant de 3 ans qui peut passer pour un vrai phénomène. Sa mère est très musicienne; il y a six mois, elle venait d’exécuter un morceau classique assez difficile sur le piano. Or, à peine avait-elle le dos tourné qu’elle entendait le piano répéter à peu près bien ce qu'elle venait de jouer. C’était l’enfant qui, du premier coup, jouait le morceau entendu. Depuis, sans aucun professeur, le petit prodige est parvenu avec une persistance passionnée à faire des progrès étonnants. Ce bébé de 3 ans s’appelle Pepito Rodrigues Ariola. C’est un nom qui promet.
- —®— L’encaisse de la Banque de France atteint en ce montent le chiffre rond de deux milliards deux cent cinquante-cinq millions de francs. C’est le plus grand de l’Europe. Il correspond en pièces de 20 francs à 112 750 000 pièces. Pour les compter, à raison de deux pièces par seconde, un homme travaillant dix heures par jour mettrait 4 ans, 3 mois et 16 jours. Une pièce neuve en or de 20 francs a 0m,0015 d’épaisseur. En les superposant pour représenter l’encaisse de la Banque, on élèverait une colonne de 146575 mètres, soit plus de 30 fois la hauteur du mont Blanc, et plus de 16 fois celle du Gaurisankar, la plus haute montagne de l’Himalava et même du monde entier, puisque sa cime atteint l’altitude de 8840 mètres. Les deux milliards de l’encaisse ne pèsent pas moins de -727 500 kg, soit l’équivalent de deux douzaines de locomotives pesant plus de 30000 Kg chacune. Enfin en rangeant à plat les 2255 millions en pièces d’or côte à côte, on couvrirait une étendue d’environ 2370 km et une automobile faisant du 60 km à l’heure mettrait 59 h. 1/2 pour parcourir entièrement cette piste dorée.
- —®— Qui l’aurait jamais pensé? L’Angleterre se fournissant de charbon en Amérique? La semaine dernière, est venu se ranger au quai près des docks Victoria à Londres le steamer américain le Queenswood, apportant une cargaison de 4000 tonnes de charbon de Philadelphie. La tonne de charbon anglais se vend actuellement 20fr,60 à Newcastle, alors qu’il ne coûtait que 8tr,10 il y a deux ans. La tonne de charbon américain coûte aux Etats-Unis, prise à bord du navire, 15 francs. Le fret pour Londres est d’environ 5 francs. L’économie n’est pas grande. Mais le charbon américain est destiné aux Compagnies de gaz. Or, le charbon de Philadelphie produit 15000 pieds cubiques de gaz par tonne, tandis que le charbon de Newcastle ne donne que 10000 pieds cubes. Voilà donc Newcastle détrôné par Philadelphie!
- —®— D’après le Cosmos, des observations de haute altitude, arec les cerfs-volants, ont été faites au mois de juillet dernier, à l’observatoire de Blue Hill. On a réussi d’abord à faire porter par un cerf-volant les appareils enregistreurs des observations météorologiques jusqu’à une altitude de 4270 mètres. Dans d’autres expériences, on a obtenu un résultat encore plus brillant. Un attelage de six cerfs-volants a permis de porter le matériel d’observation à 4850 mètres; la corde à piano servant d’attache au système avait 7650 mètres. A l’altitude obtenue, la température était au-dessous de 0°; le vent soufilait du nord-ouest avec une vitesse de 58 kilomètres à l’heure; l’air était excessivement sec.
- —®— Les quantités d’alcool produites en 1899 par les distillateurs et bouilleurs de profession se sont élevées, d’après le relevé des contributions indirectes, à 2 508 583 hectolitres, soit, par comparaison avec la production de 1898, une différence en plus de 172 543 hectolitres. L’augmentation est plus considérable encore (358 176 hectolitres), comparativement à la moyenne décennale. Ce sont les alcools provenant de la distillation des jus de betteraves qui offrent dans cet accroissement de la production le plus fort appoint (149031 hectolitres). La cause en est dans l’abondance des betteraves résultant d’ensemencements plus étendus et d’un rendement cultural supérieur à la moyenne. L’extension des ensemencements est due elle-même au relèvement des prix de l’alcool en 1898 (46 francs l’hectolitre, contre 42 francs en 1897 et 56 francs en 1896). C’est également à l’amélioration des cours qu’il convient d’attribuer l’excédent de 31 434 hectolitres sur la production des alcools de grains. Quant aux augmentations constatées également dans la production des alcools provenant de la distillation des vins, cidres, marcs, lies, elles s’expliquent aisément par l’abondance de la dernière récolte. Sur les 5864 distillateurs et bouilleurs de profession qui ont travaillé en 1899 (1764 déplus qu’en 1898), 182 ont mis en œuvre des substances farineuses; 8, des pommes de terre ; 328, des mélasses et des betteraves; 595, des vins; 2078, des cidres et poirés ; 2399, des marcs et lies; 191, des fruits; 83, des substances diverses. En fait, la fabrication proprement dite se trouve concentrée dans 250 distilleries, dont 56 seulement ont eu, pendant la campagne 1898-1899, une production supérieure à 10 000 hectolitres. A côté de la fabrication des bouilleurs et distillateurs de profession dont l’administration suit toutes les phases et est en mesure de donner le chiffre exact, il faut tenir compte de la production des bouilleurs de cru qui n’est connue qu’approximativement. Cette production, à laquelle auraient participé 338 257 bouilleurs décru, serait de 90 975 hectolitres, supérieure de 14 555 hectolitres à celle de 1898.
- —®— L’Université d’Illinois vient d’hériter de la collection d’insectes de M. Boiter. Elle comprend à peu près 50000 espèces représentées par 70 000 échantillons sans compter une trentaine de mille .qui ne sont pas dans la collection systématique. Cette collection, formée pendant les cinquante dernières années par feu André Boiter, est remarquable par l’excellence des matériaux et le soin minutieux avec lequel elle a été préparée et arrangée. Elle renferme tous les ordres d’insectes de l’Amérique du Nord, sans parler d’un grand nombre d’exotiques. Le don en a été fait par les exécuteurs testamentaires, d’après la volonté du défunt, sous la condition qfTclle prenne le nom de collection Boiter, qu’elle conserve son unité et soit placée dans un meuble à l’épreuve du feu.
- —®— Dans les Petcrmann’s Geograj>hische Mitteilungen, le Dr Hcrgesell continue à étudier la question de la température de l’air libre et à résumer et à discuter les résultats d’observations faites au moyen de ballons montés ou non. Dans le mémoire récent dont nous parions, le Dr Hergesell s’occupe spécialement de la variation diurne et de la décroissance de la température dans les régions élevées de l’atmosphère. Les observations montrent qu’à une hauteur même de quelques centaines de mètres, la variation diurne est très petite. Pendant la nuit, la variation s’élève de quelques dixièmes de degrés et, dans le jour, à environ 800 mètres, de 3 ou 4° centigrades quand la radiation solaire n’est pas arrêtée. Par les temps couverts, elle est beaucoup plus faible. En ce qui concerne le décroissement de la température suivant la verticale, le résultat de 30 groupes d’observations montre qu’au-dessus de 10 000 mètres la température est extraordinairement variable suivant la saison et les conditions particulières de l’année. La décroissance à chaque hauteur peut atteindre ou dépasser 40° dans tous les cas, mais le phénomène ne présente aucune régularité.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Communications. — M. G. Bonleger, à Albert (Somme), nous écrit : « A propos de la distance à laquelle on entend le canon, j’ai entendu dire, dans ma jeunesse, par des parents âgés et aujourd’hui disparus, que le 18 juin 1815, on a entendu à Albert le canon de Waterloo (152 kilomètres) faiblement, mais distinctement ».
- M. V. Brandicourt, à Amiens, nous adresse une notice sur Les Jardins publics d’Amiens qu’il a lue à l’Assemblée générale de la Société d’horticulture de Picardie. •
- M. Rittener, à X..., nous envoie une brochure sur les phénomènes atmosphériques observés du Chasseron.
- M. Lucien Jacquot, à Thonon, nous écrit à propos de l’article de M. Coupin sur l’intelligence des animaux (n° 1418 du 28 juillet 1900, p. 145) : « Un Boer d’origine savoisienne, M. Desuzinge (de Thonon), nous a assuré que les singes du Transvaal ne peuvent compter que jusqu?à 4 et qu’au delà de ce chiffre ils n’apprécient plus les nombres. Voici, d’après M. Desuzinges, la façon dont les colons sont arrivés à démontrer cette bizarrerie et à tromper les singes. Ces animaux sont, comme on le sait, d’une gourmandise proverbiale ; et le voisinage d’une de leurs bandes est bien vite une cause de gros soucis pour les fermes isolées. Mais comme ils ne se laissent pas approcher et que le pays est trop découvert pour que des chasseurs puissent se glisser sans être vus jusqu’auprès des singes, les fermiers se présentent ouvertement et font semblant de vaquer à leurs occupations ordinaires. Une fois les quadrumanes dispersés, un des paysans se glisse au milieu d’un fourré, avec son fusil, et les autres se retirent d’une façon bien ostensible. Or, les Boers auraient remarqué que, quand ils arrivaient en nombre inférieur à quatre et qu’ils laissaient un des leurs, les singes ne revenaient plus et se contentaient de crier et de gesticuler à distance. Au contraire, si les colons se présentaient en groupe de plus de quatre personnes ils pouvaient laisser impunément un ou plusieurs chasseurs cachés dans les buissons : les ravageurs revenaient aussitôt sans manifester la moindre méfiance et devenaient une cible facile pour les fusils des adroits tireurs ».
- M. L. Jacquot, à Thonon, nous donne les renseignements suivants : « M. J. Crestin, à Saint-Pétersbourg (Boîte aux lettres du n° 1420 du 11 août 1900), demande des renseignements sur les végétations des aquariums et la conservation des Daphnées destinées à la nourriture des poissons en captivité. Nous avons à Thonon un bel établissement de pisciculture géré par le service des Eaux et Forêts : c’est, je crois, le seul de ce genre qui existe en France depuis que l’annexion de l’Alsace nous a privé de celui d’Huningue. 11 a été récemment aménagé par mon beau-frère, M. Schoeffer, inspecteur des forêts. On y élève des alevins qu’on nourrit précisément avec des daphnées nées dans l’établissement même.
- M. G. Gondinet, à Lorient, nous écrit : « Dans le n° 1420 du 11 août, vous mentionnez (p. 175) la tentative du comte Skorzewski, à Posen, comme le premier essai en Europe de l’emploi des chameaux aux usages de l’agriculture. 11 existe à Pise, où je l’ai visitée il y a dix ans, une ferme où les chameaux sont également utilisés. »
- M. H. Beaufet, au chalet de Neuville, près Saint-Mathieu (Haute-Vienne), nous fait part des faits suivants qu’il a observés : « Un chêne d’assez belle venue (soixante ans environ) avait été frappé par la foudre, il y a deux ans ; l’écorce portait, du haut jusqu’au pied, la trace du coup de foudre ; le propriétaire l’a fait abattre aujourd’hui pensant qu’il ne pouvait que dépérir. La nuit venue j’aperçus autour du tronc des lueurs phosphorescentes et je reconnus que ces lueurs provenaient des copeaux d’écorce laissés par l’ouvrier qui avait abattu l’arbre partie à la scie, partie à la hache. J’allai observer l’arbre que les scieurs de long avaient mis en chantier et remarquai que les mêmes lueurs phosphorescentes partaient de certains endroits de l’arbre dépouillé de son écorce. Le bois qui produit ces lueurs.a
- perdu toutes ses qualités, il s’émiette et ressemble à du bois travaillé par des vers, mais le reste du bois est sain. »
- M. Jel, à Sedan, nous transmet la Note suivante : « Il me semble intéressant, peut-être même utile, de vous signaler la disparition complète des hirondelles depuis plus de quinze jours à Sedan. En est-il de même dans d’autres localités de la région? Le fait est tout à fait anormal, car d’ordinaire le départ de ces intéressants volatiles ne se fait que vers la seconde quinzaine de septembre. »
- Renseignements. — M. H. Bally, à Paris. — Les chiffres que nous avons cités sont exacts; il faut tenir compte des circonstances locales.
- M. Leclerc, à Vire. — Nous n’avons encore trouvé aucune nouveauté intéressante à ce sujet.
- M. R. Frilla, à Dole. — 1° Aucun ouvrage n’a été publié sur cette question ; vous pourriez vous adresser à notre collaborateur M. Ch. de Villedeuil, attaché au Ministère de la Guerre,. 125, rue de Grenelle, à Paris. — 2° MM. Japv frères, 7, rue du Château-d’Eau, à Paris. — 5° Société industrielle des Téléphones, 25, rue du Quatre-Septembre, à Paris.
- M. H. Michel, à Paris. — 1° Pour la charge des accumulateurs, il faut environ 2,5 volts par élément, soit dans votre cas 155 volts. Quand cette différence de potentiel n’est pas atteinte, avec 125 volts, vous ne pouvez mettre en charge que 50 éléments. Le réducteur de charge est fait pour permettre de ne mettre en circuit que le nombre d’accumulateurs-nécessaires. — 2° A l’arrêt du moteur, ce sont les accumulateurs qui se sont déchargés dans la dynamo et qui ont produit les étincelles aux balais. — 5° Le disjoncteur doit être circuit et doit couper le courant dès que la différence de potentiel de la machine est inférieure à celle des accumulateurs.
- M. Hachet-Souplet, à Paris. — L’expérience nous parait intéressante; mais il est difficile de tirer des conclusions à l’avance.
- M. le Dr H. Armaignac, à Bordeaux. — Nous préparons un article et nous le publierons dès qu’il nous sera possible.
- M. E. Z. Vasselin, à Paris. — 11 faudrait connaître les dispositions exactes de votre installation pour pouvoir vous renseigner; mais il nous semble possible d’éviter l’effet que vous mentionnez.
- M. F. de Saint-Léger, à Alençon. — Nous ne pouvons vous indiquer si la substance que vous nous envoyez est soluble ; il faut vous adresser à un chimiste.
- M. Gallerun, à Paris. — L’adresse que vous demandez & été donnée en tête de la Boite-aux-Lettres du numéro même qui contient la description de l’appareil.
- M. E. Debongnie, à Tourcoing. — 1° Le diaphragme que nous avons décrit se trouve à la Société dés produits chimiques, 44, rue des Écoles, à Paris.
- M. P. Meyer, à Paris. — Remerciements pour votre intéressante communication.
- L'Abonné 8556-7507, à Porto. — 11 n’existe pas de fabricants spéciaux de ces moules; vous pourriez toutefois vous adresser à M. Gagnière, 147, rue Oberkampf, à Paris.
- M. L. Delafons, à Paris. — Vous aurez cette distance exactement en vous adressant à la Compagnie transatlantique; voyez aussi des cartes à l’échelle.
- Un abonné, à Toulon. — Nous regrettons de ne pouvoir vous donner le nom de ces vers.
- M. F. L., à Lyon. — Adressez-vous à la Société industrielle de l’ozone, 11, rue de Rome, à Paris.
- M. H. Vitalis, à Livorno. — Le système a déjà été réalisé; il n’a aucun avenir.
- M. E. Devillard, à Saint-Étienne. — La question est en effet intéressante; nous essayerons de vous donner satisfaction plus tard.
- M. J. Immer, à Metzeral. — Les appareils de chauffage électrique se trouvent à la maison Parvillée frères, 29, rue Gauthey,, à Paris.
- M. Gros., à Saint-Etienne. — Veuillez vous adresser à l’auteur de l’article, M. A. Vilcoq, professeur d’agriculture, à Mon-targis.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. L. R., à
- Nîmes. Nous avons reçu votre demande ; nous cherchons les renseignements à vous donner. —M.Dumont, à Paris. — Cette question est trop spéciale pour nos lecteurs. — M. L. G., à X. ; M. D. R., à Blois. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 5e série, à la librairie Masson et Cie. — M. Delbot, à Paris ; M. Durand, à Clermont-Ferrand. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- PETITES INTENTIONS1
- La table magique. — Cette petite table magique repose sur un principe que nous avons indiqué précédemment. Mais dans celle-ci le mécanisme est entièrement dissimulé dans le pied de la table. Au centre, se trouve un axe mobile, que
- La fable magique.
- l’on met en mouvement en tirant et en repoussant vivement la tirette placée à la partie inférieure. Sur le plateau, on dispose les figurines munies de leur patin ; on les approche de l’axe mobile et les figurines exécutent une série de mouvements curieux. On a soin d’aimanter l’axe mobile et il en résulte des mouvements plus amusants encore. — La table magique se trouve chez M. Renaut, 45, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- Appareil de sauvetage. — Ce nouvel appareil de sauvetage est dû à M. Delahaye ; il est renfermé dans un porte-carte en cuir dé dimensions ordinaires et tient très peu de place. Il se compose d'une planchette de bois très léger qui doit servir de flotteur, et d’une corde spéciale de 15 mètres d’une grande solidité pouvant supporter un poids de 200 kilogrammes. La corde est enroulée autour de la planchette ; à
- Appareil de sauvetage.
- l’extrémité de la corde est fixé un grappin de petites dimensions qui une fois lancé s’attache à un corps submergé sans faire de blessure ; il ne pénètre en effet qu’à une profondeur de près d'un centimètre.
- Si une personne tombe à l’eau, on déroule la corde, on ouvre le grappin et on le lance sur le naufragé. On tire ensuite doucement jusqu’à ce que le grappin se soit attaché sur le submergé. On continue à tirer doucement, et le corps est ramené au rivage. — Le fabricant de l’appareil de sauvetage est M. Bouvier-Perrody* 3, rue Chaponnière à Genève.
- * La description des appareils est gratuite. La r„d. ction des Nouvelles scientipQues est étrangère aux annonces.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Le bois ininflammable. — La « British non-flammable wood Company » expose, au palais des Armées de terre et de mer, son bois ignifugé sous forme d’une cabine d’officier à bord d’un navire de guerre. On sait que le grand péril que courent les cuirassés et croiseurs dans les batailles navales, réside dans les chances d’incendie allumé par les projectiles explosibles; c’est pour obvier à ce danger qu’il est devenu réglementaire pour toutes les flottes de ne se servir dans la construction des navires de guerre que des bois ininflammables. Les produits de la « British non-flammable wood Company » sont employés par les flottes des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne; ils viennent également de faire leur entrée en France pour la tour Eiffel et la reconstruction du Théâtre-Français. Le procédé d’ignifugation employé consiste à extraire des pores du bois tous les principes volatils et résineux et à y injecter, au moyen d’une forte pression hydraulique, une solution chimique particulière. La pression exercée est de 25 kilogrammes par centimètre carré, et la solution un mélange de phosphate d’ammoniaque et d’autres produits qui sont un secret de fabrication. Le bois ainsi préparé est incapable de donner des flammes et ne peut que se carboniser avec lenteur quand il est en contact direct avec le feu. Il conserve indéfiniment ses qualités d’ininflammabilité, comme l’ont montré des essais exécutés sur des bois fabriqués depuis plus de six années. On le travaille et on le peint avec la même facilité que le bois ordinaire; il est cependant un peu plus résistant et les outils qui l’attaquent doivent être bien trempés et repassés plus souvent. L’ignifugation augmente le poids de 2 1/2 à 5 pour 100, suivant le bois employé qui peut être du pin, du sapin, de l’acajou, du frêne, du hêtre, du cèdre, etc. Le prix du bois ignifugé dépasse celui du bois ordinaire d’environ 25 pour 100.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Les infusions aromatiques.
- A qui d’entre nous n’est-il pas arrivé d’avoir un soir soit mauvaise disposition, soit par suite d’un péché de gourmandise et d’un excès de table, la digestion laborieuse, pénible, l’estomac lourd, comme on dit vulgairement. Combien de fois une bonne dame, votre hôtesse ou quelque vieille nourrice n’a-t-elle pas remédié à ce petit trouble passager en vous faisant ingurgiter une tasse d’infusion de fleurs de camomille ou d’anis étoilé. On remplace aujourd’hui, malheureusement avec tendance à l’excès, l’infusion ancienne par un petit verre d'anisette, de chartreuse qui ne sont à tout prendre que des infusions aromatiques mais des infusions à base d’alcool, de véritables teintures, qui n’agissent pas à beaucoup près de là même façon.
- Les infusions de plantes aromatiques, très en honneur chez nos aïeux, sont aujourd’hui frappées de déscrédit ; on les considère volontiers comme remèdes de bonne femme c’est une erreur. Mais il faut distinguer entre les diverses espèces aromatiques et ne pas les donner à tort et à travers. Le Dr Liégeois, dans une étude de thérapeutique pratique très intéressante, cherche à classer les diverses variétés et à établir les conditions dans lesquelles chacune doit être administrée avec chance de succès. En donnant l’une pour l’autre vous ne risquez, je le veux bien, pas grand’chose; mais encore n’est-il pas mauvais de suivre des règles qui ne sont pas bien compliquées.
- La flatulence, qualifiée de réplétion de l’estomac, résulte tantôt de l’atonie de l’estomac, du défaut de sécrétion, tantôt d’un simple état spasmodique. Dans le premier cas où le défaut de réaction chimique, l’hypopepsie, donne naissance à des gaz, on peut provoquer la sécrétion de l’estomac et la suppression de cet état tympanique par une infusion aromatique. Vous pourrez choisir à cet effet entre les semences de carvi; d’anis vert, les fruits d’anis étoilé, le fenouil, le coriandre, toutes substances qui entrent dans la composition des élixirs dits digestifs dont le prototype, remontant à la plus haute antiquité, est l’élixir de Garus. Vous en trouverez la formule dans les pharmacopées de la plupart des pays.
- Ces plantes ombellifères contiennent des essences, à odeur forte, pénétrante et c’est évidemment par l’action stimulante de cette huile essentielle que l’estomac voit sa sécrétion activée et que la digestion devient moins laborieuse. Parmi ces* substances celle qui contient le plus d’essences est le carvi 4 à 5 pour 100; viennent ensuite l’anis vert, l’anis étoilé, lé fenouil, le coriandre. En faisant infuser une de ces plantes*
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- [NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- choisie d’après le degré de réaction désirable (1 à 2 grammes dans 100 grammes d’eau) pendant dix minutes, vous avez une véritable boisson stomachique. Je crois que la chaleur de la boisson entre pour une bonne part dans l’action stimulante ; mais à coup sûr l’essence des plantes est le facteur principal. Aussi doit-on se garder de donner ces infusions aux estomacs irritables, aux dyspeptiques avec crampes, gastralgies, éructations acides; on accroîtrait la violence des crises douloureuses. A ceux-là il faut tout simplement les alcalins à haute dose et les narcotiques.
- Dans la seconde forme de flatulence, due aux spasmes de l’estomac, du pylore, il faut une autre variété de plantes aromatiques, celles que l’on a désignées en pharmacologie sous le nom d'antispasmodiques. Les deux principales sont la camomille romaine et la menthe poivrée. Pour la camomille A à fi tètes de fleur donnent avec une tasse à café d’eau une bonne infusion. Une pincée de feuilles de menthe suffit pour la même dose d’eau. C’est également par leur huile essentielle
- qu’agissent ces deux plantes, mais leur action diffère des précédentes.
- Il est un cas cependant où Ton pourra, sans courir grands risques, employer indifféremment les unes ou les autres de ces plantes aromatiques, c’est dans les cas d’indigestion par excès, chez les gros mangeurs, les gloutons, ou d’indigestion par mauvaise qualité des aliments. Si les accidents sont peu prononcés et qu’on puisse espérer les enrayer sans recourir au procédé radical, mais un peu violent, du vomitif, on n’aura qu’à administrer une de ces infusions. Les bonnes gens qui vous les conseillent ne cherchent pas malice à deviner s’il s’agit de spasmes, d’hypopepsie ; ils font de la médecine à la bonne franquette, vous font avaler une bonne infusion chaude et vous soulagent bien souvent. J’aime à croire que ce n’est pas parce qu'il s’agit d’indigestion par excès. Je crois plutôt que guidée par une intuition thérapeutique, votre infirmière tombe à point sur la plante qui convient le mieux à votre estomac tourmenté. l)r A. Caktaz.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 20 août. . . . 14”,9 N. N. E. 4. Couvert, orage. 28,7 Très nuageux; orage une grande partie de la journée.
- Mardi 21 15% 1 S. S. W. 2. N uageux. 13,1 Très nuag.; éclairs au N. dans la soirée.
- Mercredi 22 17°,0 S. S. W. 5. Très nuageux. 1,1 Très nuag. ; quelques averses.
- Jeudi 25 15°,1 S. E. 2. Quelques nuages. 0,0 Peu nuageux jusqu’à 8 h. ; très nuageux ensuite ; gouttes vers 16 h. 30.
- Vendredi 24 15°,0 S. E. 2. Couvert 0,0 Couvert le matin ; très nuag. le soir; quelques coups de tonn. dans l’E. à 17 h. 30; éclairs de ce côté à 20 li. 50.
- Samedi 25 15°,1 S. S. W. 2. Beau. 0,9 Nuag. ; gouttes à 4 h.
- Dimanche 26 ... . 14°,3 N. E. 4. Nuageux. 0,0 Nuag. le matin ; couv. le soir; petite pluie dans la soirée.
- AOUT 1900. — SEMAINE DU LUNDI 20 AU DIMANCHE 20 AOUT
- Lundi | Mardi I Mercredi I Jeudi I Vendredi I Samedi I Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- Orages. — Deux orages ont éclaté le 20 août sur Paris, le premier à fi heures du matin et le second à 5 heures de l’après-midi. La pluie est tombée avec une telle abondance que les ruisseaux ont été transformés en netils torrents. A l'Exposition, certaines voies sont devenues impraticables. On n’a signalé aucun accident.
- Le même jour, à lh 30 de l'après-midi, un violent orage s'est abattu sur Dreux et les environs. Des grêlons, gros comme des noisettes, sont tombas pendant cinq minutes, causant aux arbres fruitiers de grands dégâts. Eïiquelques instants les rues conduisant aux coteaux environnant la ville ont été transformées en torrents. La rue des Ecoles a été dépavée sur une longueur do 50 mètres, et, dans lé centre de la ville, de nombreuses maisons ont été inondées.
- Le tramway de Brezolles à Dreux, qui arrive à 2 heures, a du laisser ses voyageurs à 2 kilomètres de Dreux, la voie étant obstruée.
- Une trombe de grêle s’es* abattue, le 21 août, à 6 heures du soir, sur la commune de Vicq (Haute-Marne) et a causé des dégâts énormes dans le vignoble de cette contrée. La récolte de 430 hectares de vignes est perdue. Les pertes sont évaluées à un demi-million. Aucun des propriétaires atteints n’est assuré.
- Un orage a éclaté le 22 août sur le département de l'Ain. Pendant l’orage, la foudre a tué, à Manziat, un jeune homme de 20 ans, M. Bouchoux, qui s était réfugié sous un peuplier. Le père de la victime qui se trouvait auprès d’elle, n'a ressenti aucunes ecousse. Le 24 août, pluies abondantes à Roanne, Privas, Perpignan, lîive-de-Gier et Saint-Etienne.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 25, à 4 h. 2 m. du matin.
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- 1424 (8 septembre 1900), du Journal « LA MATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chel
- M. J. LAFF ARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— Les Congrès ne sont pas encore terminés. Le Congrès de limbrologie vient de tenir ses assises. La séance d’ouverture a eu lieu sous la présidence de M. Mougeot, sous-secrétaire d’Etat des rpostes et télégraphes. Mentionnons aussi le Congrès d’électrologie et •de radiologie médicales, le Congrès d’ethnographie, le Congrès international de l’enseignement du dessin, le Congrès des bibliothécaires, et le Congrès international de photographie sous la présidence de M. Janssen.
- . —®— Le 28 août a eu lièu le cinquantenaire des câbles sous-marins. Le 28 août 1850 était, en effet, transmise la première dépêche sous-marine entre la France et l’Angleterre par le petit tronçon de câble entre Douvres et le cap Gris-Nez. Le promoteur du premier câble sous-marin fut Jacob Brett, qui en avait obtenu là concession, en 1846, du roi Louis-Philippe. Celle-ci fut confirmée en 1850 par le prince-président et reçut son exécution en trois mois. Le constructeur en fut l’ingénieur Charlton Wollaston. Cette première exploitation fut de courte durée, car, l’année suivante, un pêcheur de Boulogne remontait dans ses filets une partie de câble et le coupait, croyant avoir affaire au serpent de mer. Une nouvelle concession fut accordée par le gouvernement français, et cette fois la télégraphie sous-marine ayant fait ses preuves contre la foule des sceptiques que rencontre toute innovation, il se forma une société qui, dès la fin de 1851, avait achevé la pose du nouveau câble, lequel fut plus tard acheté par le gouverment anglais. Le premier câble anglo-français avait une longueur de 25 milles marins. Le fil, de la grosseur du petit doigt, pesait 200 kg par mille; des poids en plomb attachés à tous les seizièmes de mille le tenaient en suspension à une profondeur maxima de 60 mètres au-dessous du niveau de la mer. La maison de Birmingham qui fournit le câble ne put livrer le fil que par section de 200 mètres au plus, tandis qu’aujourd’hui on peut en fabriquer, s’il le faut, 200 milles d’une seule longueur. Plus tard, vint le câble transatlantique.
- —®— Nous venons d’avoir à Paris, rue de Grenelle, une exposition de timbres-poste, qui a renfermé les grandes collections. Cent cinquante exposants du monde entier, particulièrement d’Alle-ijiagne, des Pavs-Bas, de Suisse, des Etats-Unis et de France, ont fait aux organisateurs des envois dont la valeur dépassait deux millions.
- —(§)— Un diplôme d’honneur vient d’être décerné à l’empereur Méuélik par la Société contre l’abus du tabac, parce qu’il a interdit l'usage du tabac dans scs Etats.
- —(§'— On a dit que pendant les derniers orages qui se sont produits dans les Alpes, la foudre était tombée sur l’observatoire du sommet du mont Blanc, l’avait brûlé en partie et avait blessé deux alpinistes qui s’y trouvaient. M. Janssen, directeur de l’observatoire du sommet du mont Blanc, a télégraphié à M. Vallet, juge de paix à Chamonix, pour lui demander ce qu’il y avait d’exact dans cette assertion, et il en résulte que l’accident produit par la foudre est arrivé au refuge des Bosses ; deux voyageurs ont été blessés légèrement. L’observatoire du mont Blanc est resté intact. Une caravane suisse a été prise, par un orage et a passé un jour et deux nuits au sommet sans suites fâcheuses.
- —®— La neige au mois d’août ! Ce fait extraordinaire a eu lieu au Havre. Vers 5 heures du soir, à la fin d’août, sont tombés, mêlés à la pluie, de petits flocons de neige qui fondaient aussitôt après avoir touché le sol.
- . —®— Une intéressante Note a été lue, il y a peu de temps, à l'Institution of Mining Engineers, sur l’air liquide et son emploi comme explosif. Nous en empruntons un extrait au Bulletin de la Société de l’industrie minérale de Saint-Etienne. On a découvert qu’en mélange avec des substances carbonées l’air liquide forme
- un composé explosif ; des expériences ont été faites dans plusieurs pays en vue d’appliquer cette composition au sautage des mines. Les premiers essais vraiment pratiques ont été faits en Allemagne, il y a environ 3 ans ; ils n’ont sans doute pas eu beaucoup de succès, car ils furent bientôt abandonnés. Depuis, de nouvelles expériences ont été faites en grand nombre un peu partout, mais les plus importantes, qu’on poursuit encore actuellement, ont été conduites uans une des plus grandes fabriques d’explosifs du continent, la manufacture de Schlebush. On a étudié là les différents composés tant au point de vue de la force explosive que de la sécurité de manipulation, et en même temps le professeur Linde essayait de mettre en pratique les résultats obtenus au tunnel du Simplon. Le problème était surtout de trouver une substance carbonée convenable. Un grand nombre avaient été essayées, mais la plupart présentaient de graves dangers : ces substances, une fois imbibées d’air liquide, devenaient très inflammables et souvent détonaient spontanément avec une grande violence. Pourtant on a obtenu des résultats satisfaisants avec un mélange à parties égales de paraffine et de charbon de bois. On pouvait préparer les cartouches de plusieurs manières : ou bien on remplissait d’abord une enveloppe de matière carbonée et on plongeait le tout dans l’air liquide jusqu’à complète saturation, ou bien on versait l’air liquide dans la cartouche pleine d’absorbant. L’air liquide pourrait ainsi être descendu dans la mine dans de grands récipients qu’on ferait circuler jusqu’aux chantiers dans les berlines vides. Les cartouches et les mèches seraient descendues séparément ; on plongerait les cartouches dans l’air liquide à l’arrivée et elles y resteraient jusqu’au moment de les employer. Une cartouche de 8 pouces de long et de 2 pouces 3/4 de diamètre, remplie d’un mélange de kieselguhr, de goudron et d’huile de goudron pèse environ 355 gr. Elle peut absorber 701 gr. d’air liquide, arrivant ainsi à un poids total de 1034 gr. Le temps nécessaire pour imbiber complètement une telle cartouche est d’environ 10 minutes, mais la durée d’une cartouche à l’air liquide est malheureusement éphémère; une cartouche ayant les dimensions indiquées plus haut doit être employée avant 15 minutes, sans quoi on risque d’avoir un raté. Une cartouche plus grosse durerait, sans doute plus longtemps, mais une plus petite durerait moins. Les cartouches d’air liquide détonent à l’aide d’une petite amorce au coton azotique et d’une capsule. Les amorces de dynamite sont inutilisables, car elles seraient gelées immédiatement. La force explosive de ces mélanges dépend : de la « fraîcheur » du liquide, du choix de la substance carbonée, du temps écoulé entre la préparation et l’emploi. Ce dernier facteur est certainement très important à considérer et le plus gênant dans la pratique. Les cartouches de petits diamètres demandent des conditions vraiment exceptionnelles pour être employées avec avantage. Même les cartouches de 3 à 4 pouces de diamètre demandent une manipulation très rapide. L’évaporation très vive à la surface crée bien vite autour de la cartouche un revêtement de mafiére inerte qui produit, comme un espace vide, un abaissement de la pression développée ultérieurement. De plus, la puissance absorbante de la substance carbonée et sa teneur en carbone sont aussi très importantes; la production de l’oxyde de carbone résultant de la combustion peut devenir dans certains cas dangereuse. Cependant on peut dire d’une façon générale qu’avec certains mélanges, en particulier avec des pétroles, et en emplovant de l’air suroxygéYié, il est possible d’obtenir un composé explosif d’une aussi grande force que la nitroglycérine; mais, ces mélanges sont très inllammables et dangereux, et pour avoir des mélanges surs il faut renoncer à obtenir une grande puissance.
- —|i— Une bouée a été trouvée près de l’Islande, portant l’inscription « Expédition polaire d'Andrée 1896, n° 8 ». Elle a touché terre à Grindavik. Ouverte, le 27 août, à Stockholm, en présence du prince royal de Suède, du prince Charles, de plusieurs ministres, de membres de l’Académie des sciences, la bouée d’Andrée ne contenait aucune information.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour la chaudière oléothermique, s’adressera M. Mâhl, 15, rue Charlet, à Paris.
- Communications. — M. Vanvincq-Reniez, à Bayenghem-les-Eperlecques (place) par La Recousse (Pas-de-Calais), nous fait parvenir l’intéressante communication suivante qu’il extrait du journal l'Indépendant, de Saint-Omer : « ün de nos concitoyens, M. Desmidt, tenancier de l’établissement de bains froids du Lavoir Sainte-Marie, possède en ce moment chez lui un chat des plus curieux à observer. Cet animal, qui est âgé de quatorze mois, a la tête, le pelage, et la queue d’un chat; toutefois la queue a, surtout à l’extrémité, une rigidité qu’on ne rencontre pas ordinairement chez la race féline. Les pattes de derrière sont très longues comme celles d’un kan-guroo ou d’un écureuil, et l’animal est toujours assis sur ces deux pattes. Celles de devant sont, au contraire, très courtes et recroquevillées : elles sont pliées en dehors et non pas en dedans, comme il arrive d’ordinaire chez les chats. L’animal qui, au début, était très sauvage, a vu le jour à Martinpuich, près Bapaume, à proximité d’un bois. 11 y a là, il nous semble, un curieux cas d’observation pour les savants. »
- M. Iwan Imbert, à Ramonchamp (Vosges), nous envoie quelques photographies d’un groupement d’hirondelles qui se produit, depuis environ quinze jours, chaque matin, de 7 à 8 heures (jamais avant, jamais après), sur les fils qui amènent la lumière électrique à sa maison d’habitation. On aperçoit, en effet, sur les fils aériens une série d’hirondelles serrées les unes contre les autres sur une grande longueur. Notre correspondant ne peut s’expliquer ce rassemblement, car les hirondelles ne quittent généralement le pays que vers le 15 septembre.
- Renseignements. --- M. J. Chevallier, à Coulommiers. — 1° Il n’y a pas d’autre moyen. — 2° Demandez une brochure explicative à l’Ecole de physique et de chimie, 42, rue Lho-mond, à Paris.
- M. V. Guillot, à Bohain. — Nous ne savons pas quels sont les constructeurs de ces turbines.
- M. A. Y. P., à Paris. — Les comptes rendus de ces congrès seront publiés ultérieurement par la librairie Masson et Cie.
- M. €., à Minar. — Nous ne connaissons pas exactement la composition de cette cire.
- M. P. Negris, à La Bocca. — Nous ne pouvons vous renseigner ; il faudrait vous adresser à un botaniste.
- M. Octave Saltor, à Barcelone. — Vous trouverez des ouvrages de ce genre à la librairie Bérenger, 15, rue des Saints-Pères, ou à la librairie Desforges, 41, quai des Grands-Augus-tins, à Paris.
- M. F. Boutonnet, à Nantes. — Il n’existe pas de pile de ce genre, réunissant les conditions que vous mentionnez.
- M. L. Hayot, à Lérouville. — 11 est difficile d’indiquer les diverses causes qui ont poussé les constructeurs à construire toujours des chaudières à eau. Il aurait fallu faire de grands essais qui pouvaient entraîner à des dépenses considérables. Nous publions, dans le numéro, la description d’une nouvelle chaudière oléothermique.
- M. Dubois, à Lille. — Nous avons vérifié vos calculs ; il y a une erreur dans la valeur de la résistance. La longueur doit être exprimée en mètres au lieu de centimètres.
- M. Dumont, à Brest. — Cette machine nous paraît présenter de sérieux avantages ; mais il est nécessaire de faire des essais complets sur ses conditions de fonctionnement.
- J». Leroy, à Nantes. — La pile ne peut vous donner aucun des résultats que vous attendez.
- M. Geront, à Arras. — Nous ne comprenons pas votre question ; il manque quelques détails.
- M. Lebon, à Paris. — Cette préparation chimique est donnée dans tous les traités de chimie élémentaire. I
- M. P. J., à Nîmes. —Nous ne connaissons pas la substance que vous indiquez ; donnez-nous de plus amples détails.
- M. G.D., à Paris. — Pour faire fonctionner dans de bonnes conditions une machine électrique compound, il faut que la vitesse angulaire soit constante.
- M. J. J., à Moulins. — l°Le vernis ordinairement employé pour coller la baudruche est un vernis à la gomme laque. — 2° Nous ne connaissons pas cette composition.
- M. R. Pavon, à Cordoue. — Plusieurs petits livres viennent d’être publiés sur les moteurs; adressez-vous à la librairie' Desforges, 41, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. F. P., à Paris. — Nous croyons qu’il n’v a là que de-simples coïncidences ; nous n’oserions toutefois l'affirmer.
- M. Moreau, à Toulon. — Nous ne savons s’il existe des. ouvrages sur ce sujet ; mais vous pourriez vous adresser à la librairie Bérenger, 15, rue des Saints-Pères, ou à la librairie Dunod, 49, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. L. Colson, à Bruxelles. — Nous n’avons pas la description de ce moteur.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Durand, à Paris. Nous ne pouvons vous donner tous ces prix; adressez-vous directement à l’établissement en question. — M. Leblois, à Nîmes. Vovez une agence de brevets; il est nécessaire d’examiner le sujet à fond. — M. Parbay, à Marseille. Nous avons reçu votre Note; mais nous ne pouvons l’utiliser. Remerciements. — M. D. L., à Paris; M. G. Louvet, à Paris; A. Jolly, à Enghien. Voyez lu petil livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie-Masson et Cie. — M. Delaurier, à Pontoise; M. Durait, à Paris. Cette recette est donnée dans le même petit livre que ci-dessus,. 2e série, à la même librairie. — M. D. G., à X. ; M. It. J., à Paris. Remerciements pour vos communications.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- L’acide cacodylique.
- L’arsenic et ses dérivés ont figuré de tous temps dans l’arsenal des pharmacopées ; doué de propriétés toniques, stimulantes,, cet agent relève merveilleusement les forces chez les anémiques, les chlorotiques, les anciens paludiques. Malheureusement ses inconvénients compensent presque ses avantages. C’est un agent toxique à un très haut degré et qui, lorsqu’il n’empoisonne pas, irrite parfois violemment le tube intestinal.
- Le professeur A. Gautier a proposé de lui substituer un dérivé qui contient 50 0/0 d’arsemc métallique, n’est pas caustique et surtout a une toxicité fort mitigée, comparée à celle de l’arsenic ou des sels d’acide arsénieux. C’est l’acide cacodylique qu’on peut employer tel quel ou à,l’état de sel de sodium, le cacodylate de soude, soit en potions, pilules, par la voie stomacale, soit en lavements ou même en injections sous-cutanées. Je n’indique pas de foripule : c’est un médicament qui ne doit être pris que Sur le conseil formel d’un médecin.
- Disons toutefois que les premiers essais faits par le Dr Danlosài l’hôpital Saint-Louis lui ont donné des résultats très heureux. A la dose de 20, 30 centigrammes par jour, des dermatoses, rebelles, psoriasis, acné, lichen, ont été modifiées sans aucun traitement externe. Un petil inconvénient à signaler, c’est l’odeur alliacée que l’absorption un peu prolongée communique à l’haleine.
- M. A. Gautier a administré l’acide cacodylique dans descas d’anémie, de paludisme graves, dans la tuberculose pulmonaire, et les résultats ont été de tous points surprenants. Les effets ne seraient pas seulement dus à une toxicité moindre de cet agent. D’après M. Gautier, il y a entre l’arsenic minéral et l’arsenic organique représenté par l’acide cacodylique une différence considérable qui explique la tolérance remarquable de l’estomac pour ce médicament. 11 est vraisemblable que l’arse-nic tend à se substituer dans l’économie au phosphore dans les lécithines et les nueléines et a besoin pour produire son action bienfaisante d’être transformé en composé organique. En le donnant sous la forme d’acide cacodylique on le donne converti en un arsenic organique, tout prêt à agir et n’étant
- idus, à beaucoup près, doué de propriétés vénéneuses comme e composé minéral.
- Les D" Renaut, Letulle ont employé cette médication nouvelle, par le procédé des injections sous-cutanées, chez un très grand nombre de malades et ils ont obtenu les plus heureux résultats. Chez leg phtisiques, même à une période avancée, on voit, grâce à cette médication, la fièvre tomber, les crachats diminuer, les forces revenir et le malade reprendre vie.
- Dr A. Cartaz.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres repues avant le lundi qui précède la daté de la livraison.
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- TRAVAUX SCIENTIFIQUES DE LA PLAGE. — Texte et dessins par A. Robida.
- 1, Histoire naturelle. Études sur la vie et les moeurs du Crabe et de la Crevette entre savants depuis six ans. Études que l’on compte poursuivre, le plus loin, possible, jusqu’à la cuisson des sujets. — 2. Recherches des coquillages et fossiles. Les fossiles des genres les plus intéressants abondent dans les. falaises. Au pied de ces mêmes falaises se trouvent d’autres coquillages plus intéressants encore, quoique moins avancés, avec leurs habitants comestibles. — 3. Cours de fortification. Construction de forts et fortins. Préparation à Saint-Cyr et Polytechnique. — 4. Balistique. Les projectiles s’écartent parfois-singulièrement du but. — 5. Météorologie. Grande marée et coup de vent. Étude des plus mouvementées, surtout sur les plages qui possèdent une jetée. Accompagnement de douches et bains plus ou moins complets. — 6. Météorologie et aérostation. Études sur les courants de l’atmosphère avec cerfs-volants de tous modèles, depuis la carcasse classique, jusqu’aux appareils perfectionnés d’Amérique ou du Japon.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Conservation du bois par la chaux. — On affirme que ce jirocédé, qui est particulièrement simple, assure pendant plus de 40 années la conservation parfaite du sapin notamment. On se contente de creuser une fosse qu’on enduit de terre glaise, pour lui assurer une imperméabilité suffisante, on y entasse le bois à traiter en le chargeant pour le tenir immergé, puis on remplit d’eau, et on jette dans cette eau une certaine quantité de chaux vive que l’on remue pour la mélanger avec le liquide. Il ne reste plus qu’à laisser baigner le bois au moins deux ou trois mois, quelquefois davantage s’il s’agit de parties
- épaisses ; et la chaux déposée dans les pores du bois les durcit assez pour empêcher la pénétration des vers et des insectes.
- Noir de cordonnier. — Qui peut être employé du reste à bien d’autres usages qu’à noircir des souliers. On fait bouillir 2 kg. 5 d’extrait de bois de campêche dans 30 kilogrammes d’eau, et on ajoute 200 grammes de potasse, cette cuisine se fabriquant dans un récipient de fer; on fait durer l’ébullition jusqu’à dissolution, puis on ajoute en remuant 500 grammes de vitriol vert en poudre et 400 grammes de chromate de potasse rouge également pulvérisé. Après refroidissement, il n’y a plus qu’à décanter et à mettre en bouteille.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES OU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FOBCE DE 0 A 9. ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 27 août .... 15»,0 N. E. 2. i Nuageux. U9 Presque couv. jusqu’à 20 b;; puis beau jusq. 25 b. ; couv. à 24 b.; écl. sur div. points; pi. de 2 h. à 2 h. 50: halo.
- Mardi 28 14», 8 N. N. E. 2. Couvert. 0,0 Peu nuageux à 1 b. ; puis couv. ; très nuag. après 17 h. ; bruine à 7 h. avec brouillard.
- Mercredi 29 15», 9 N. W. 1. Couvert. 0,0 Couv. jusqu’à 10 h. ; puis peu nuag. jusqu’à 20 h. ; beau ensuite ; bruine de 5 à 7 h.
- Jeudi 30 14»,8 N. N. E. 1. Quelques nuages. 0,0 Nuageux le matin; puis peu nuageux; beau après 16 h.
- Vendredi 51 12”,4 N. 2. Couvert. 0,0 Couv. de 6 à 11 li. ; beau avant et après; brouillard de 6 à 8 b.
- Samedi 1" septembre 11»,9 S. W. 2. Peu nuageux. 0,0 Peu nuag. jusqu’à 14 b. ; couv. ensuite ; pavé mouillé à 22 b. et 24 h.
- Dimanche 2 17»,9 W. N. W. 1. Très nuageux. 0,0 Couvert ; bruine, puis pluie de 19 à 22 b.
- AOUT-SEPTEMBRE 1900. — SEMAINE DU LUNDI 27 AOUT AU DIMANCHE 2 SEPTEMBRE.
- Lundi
- Mardi
- Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
- La courbe supérieure indique ta nébulosité de 0 à 10; les {lèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la merj; courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Orage* et inondation*. — Dans les derniers jours du mois d'août de nombreux orages et inondations ont eu lieu dans le midi de la France, causant partout des •dégâts considérables. A Lyon, la quantité d'eau recueillie a été exceptionnelle ; l’observatoire de Saint-Genis a relevé 104 mm pour vingt-quatre heures. Le Rhône a subi une crue très forte, qui a dépassé 2 mètres; tous les bas ports ont été recouverts. La Saône a augmenté aussi dans de grandes proportions. Les trombes d’eau ont occasionné de graves dégâls dans le Rhône et les départements voisins. Tous les ruisseaux débordés ont emporté les ponts, coupé les routes, raviné les prés et les champs. La grêle a détruit une bonne partie des récoltes dans plusieurs Communes du Beaujolais, Saint-Julien, Cogny, Lacenas. La rivière Morgoii, à Villefranche, a inondé les parties basses de la ville. Les communications Ont été interrompues dans plusieurs rues ; l’église Notre-Dame des Marais était complètement inondée. On a estimé les pertes matérielles à 600000 fr. La vallée de Lazergues a été aussi très éprouvée. Les voies ferrées ont été endommagées entre Villefranche et Anse. Les trains ont dû ralentir pour éviter tout accident, car à certains endroits la voie était submergée, tandis que dans d’autres des couches de gravier s’étaient amoncelées sur les rails, qui en étaient recouverts. Sur la ligne de Saint-Etienne, les eaux s’étaient engouffrées dans le tunnel de Saint-Chamond, entraînant avec elles le ballast de la voie. Des trains ont même dû s’arrêter. La ligne qui a le plus, fâuiIfort est ‘certainement celle de Lvon-Saint-Paul à Montbrison. Cette
- ligne a été interrompue entre l'Arbresle et Saint-Bel. Un torrent giwssi par les eaux a emporté ta voie sur une longueur de 20 mètres ; les rails ainsi que les traverses sont restés suspendus dans le vide au-dessus d'un gouffre qui aurait une profondeur de plus de 100 mètres.
- A Nîmes, on a signalé plusieurs victimes de la foudre.
- De grandes inondations ont eu lieu dans l’Ardèche. A Yernoux, où il est tombé 40 centimètres^e pluie, les rivières ont grossi démesurément, emportant les ponts. Deux usines ont été détruites. A Viviers, la rivière l’Escoutay, ayant rompu ses digues, a inondé la campagne et a détruit les récoltes.’A Annonay, les eaux avaient envahi la rue Saint-Denis, où plusieurs murs ont été renversés. Au Tell, la violence de la pluie a démoli une maison en construction. A Aubenas, l'Ardèche a crû d’une façon considérable. L’usine électrique de Lautaret a été dévastée par la foudre. A La-mastre, la rivière Sumène ayant débordé, la route départementale a été coupée en plusieurs endroits. La crue du Doux a été de 3 mètres.
- Sur la ligne de La Voulte au Cheylard, un éboule meut considérable s’est produit entre la gare de Larochs et celle de Chalencon, au moment du passage d’un train de voyageurs. A Beauchastel, l'Èyrieux a crû de -5 mètres, inondant les plaines. Les fermiers ont dû fuir en toute hâte,, abandonnant leurs bestiaux. A Privas, la foudre est tombée sur l’Ecole norli male et sur la maison île M. Collin, causant des dégâts importants.
- Ou signale encore des orages importants de grêle à Gaz et à Grenoble.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 2, à S b. ’i m. du matin.
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- N° L425 (15 septembre 1900), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs' au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— Toujours des Congrès. Le Congrès international de l’éducation physique a ouvert ses séances sous la présidence de M. le professeur Bouchard. L’assemblée a ensuite procédé à l’élection du bureau. Comme membres d'honneur, elle a nommé le roi Os.ar de Suède et le prince George de Grèce; comme président, M. Léon Bourgeois; comme secrétaire général, M. Ilemeny. Les vice-présidents étaient nombreux; parmi eux signalons le professeur Bouchard, M. Buisson, le général Donnai, et côté des étrangers, le distingué physiologiste Mosso, de Turin, et M. Tœrngren, de Stockholm. Deux femmes, en outre, ont été élues vice-présidentes : Mm” Bergmann Osterberg et •Caroline Kaulfmann. Le Congrès s’est mis ensuite au travail d'après le programme des séances établi par M. le professeur Mosso. D’autre part, le Congrès international d'agriculture et de pêche vient de s’ouvrir sous la présidence de M. Edmond Perrier, membre de l’Institut, directeur du Muséum d’histoire naturelle. Mentionnons également le Congrès national Vétérinaire qui vient d’avoir lieu.
- —g)— Deux lieutenants du 19e bataillon de chasseurs, en garnison à Verdun-sur-Meuse, viennent_d’effectuer récemment une belle marche à pied. Partis de Verdun à 2 heures après-midi, ils arrivaient à Lèrouville à 111120 du soir, et étaient de retour à Verdun le lendemain matin, à 10h50, ayant ainsi parcouru 105 kilomètres en vingt heures et demie, dont quatre heures de repos.
- —g)— M. Jacques Faure, .trésorier de l’Aéro-Club, a exécuté avec succès l’expérience de la traversée en ballon du Pas de Calais.
- 11 a quitté le palais de Cristal de Londres, le 1er septembre, à 8 heures du soir avec son ballon l'Orient, d’un volume de 1000 mètres cubes. Il a atterri le lendemain à 5 heures du matip, à Alette, dans le Pas-de-Calais. La traversée du détroit a duré quatre heures,
- endant lesquelles l’aéronaute français s’est tenu à la hauteur de 00 mètres.
- —g— (Quelques chiffres sur les entrées aux Expositions universelles antérieures. L’Exposition de 1889 donna, du 0 mai au G novembre, 25 598 609 entrées payantes et 2 725 466 entrées gratuites: au total, 28 122075 entrées et une moyenne d’environ 152 000 entrées, payantes ou non, par jour. Sur les 50 millions de tickets émis, 1 755274 restèrent inutilisés, soit environ 17,6 pour 100. A l’Exposition de 1878 (Paris), il y eut un total d’entrées de
- 12 millions et demi et une moyenne de 70000 par jour. A Philadelphie, 10 millions d’entrées et une moyenne journalière de 61000. A l'Exposition de 1867 (Paris), 9 millions d’entrées et une moyenne par jour de 42000. A Vienne en 1875 et Londres en 1851, 7 millions et 6 millions d’entrées, et moyenne quotidienne de 40000 visiteurs. A Londres, en 1862, 6 millions de visiteurs et moyenne de 54000 par jour. A Paris, en 1855, à l’Exposition, le total fut de 4 millions et demi de visiteurs, avec une moyenne de 24000 par jour.
- —g— Le général Vanson, qui fut l’organisateur et le précieux conservateur du musée de l’Armée, possédait une collection remarquable de 50 000 à 40 000 estampes, dont l’ensemble constitue de précieux documents sur l’histoire des uniformes militaires français, depuis l’origine jusqu’à notre époque. Par testament, le général Vanson a légué au musée de l'Armée cette magnifique collection.
- —g— Nous recueillons quelques renseignements intéressants sur les dispositions prises pour la décoration lumineuse, par la ville de Versailles lors des grandes fêtes de nuit données à l’occasion de l’Exposition universelle, et dont la série n’est pas encore terminée. L’installation électrique a été faite sous la direction de M. Marcel Lambert, architecte du Palais, par MM. Jean et Bouchon, les entrepreneurs d’éclairage bien connus, avec la collaboration et le concours de la Société des tramways de Versailles. Les trois premières fêtes ont eu lieu au
- Bassin de Neptune qui constitue un cadre unique au monde. Les eaux, dont les jeux si abondants et variés sont une des principales attractions de Versailles étatent éclairées à la fois par des groupes de projecteurs, et par des lampes à incandescence à changement automatique de couleurs. La décoration lumineuse proprement dite composée de bandeaux, portiques, arceaux, etc., s'étendant jusqu’à l'extrémité de l’allée des Marmousets, comportait 8000 lampes de 10 bougies munies de réflecteurs métàlliques système Jean et Bouchon. L’énergie électrique a été fournie par l’usine de la Société des tramways de Versailles. Les 8000 lampes ci-dessus étaient alimentées par 6 postes de transformateurs montés sur chariots mobiles dissimulés dans les bosquets et de 45 kilowatts chacun, soit au total 270 kilowatts. L’éclairage des eaux a nécessité une rampe de 700 lampes de 10 bougies et les jets lumineux employaient 500 lampes de 52 bougies; il convient en outre d’ajouter, pour les lampes à arc, 52 arcs de 10 à 15 ampères; l’éclairage total représente donc un débit de 5000 ampères en chiffres rouas, soit près de 600 chevaux.
- —g— La nouvelle fabrication du borax présente un certain intérêt. La plus grande partie du borax qui se trouve dans le commerce est extraite du borocalcite, substance formée principalement de borate de chaux, et qui se trouve en vastes dépôts dans certaines parties de l’Asie Mineure: On pulvérise d’abord en poudre line le borocalcite, en le triturant dans un moulin à boulets, on prend 1500 kg de cette poudre, que l’on additionne de quatre fois son poids d’eau, et que l’on met à chauffer dans un récipient chauffé directement à la vapeur. On ajoute ensuite 800 kg de bicarbonate et 200 kg de carbonate de soude et on laisse bouillir pendant trois heures. On fait alors passer la masse résultant de ce traitement à travers de grands filtres-presses, qui sont munis de dispositifs de lixiviation; on envoie la lessive chaude dans des bassins de cristallisation, et le borax peut y être recueilli en cristaux au bout de quelques jours : ces cristaux sont mis à sécher dans une étuve à vapeur, on les brise en plus petits morceaux, après qu’ils ont été débarrassés de toutes les poussières adhérentes. On assortit les petits cristaux ainsi obtenus et on les met dans des barils dont le poids varie entre 50 et 400 kg. Le carbonate de chaux qui est resté dans le filtre-presse est lavé à l’eau jusqu a ce que le borax en soit complètement extrait, puis on le vend aux fabricants de verre, de papier ou de ciment. Il paraît que 100 kg de borocalcite peuvent donner de 100 à 110 kg de borax cristallisé.
- —g)— Le jute qui est aujourd’hui très employé dans l’industrie, soit pour la confection des emballages, soit comme isolant électrique, est, paraît-il, connu depuis 1795, dans les Indes. A l’heure actuelle, les deux districts qui se livrent à la culture de cette plante, sont ceux de Nymonting et de Rungpore. Ces deux régions ont été fort heureuses de trouver cette plante à substituer à la production de l’indigo, qui a dû pour ainsi dire disparaître devant l’indigo artificiel. La fibre textile dont il est question, est obtenue de deux espèces différentes, appartenant toutes deux au même ordre, les Tiliacæ; cet ordre renferme toute une série de genres dont l’écorce présente des fibres plus ou moins utilisables, mais le genre le plus important est celui que l’on désigne sous le nom de Chorchorus, et qui possède notamment les deux espèces dont les fibres sont employées sous le nom de jute. D’une manière générale, le jute est une plante annuelle, qui atteint une hauteur variant entre Im,50 et 5 mètres, parfois un peu plus; elle est formée d’une tige cylindrique d'un diamètre de 1 centimètre, qui ne se ramifie que rarement, sauf vers le haut. Les feuilles en sont d’un vert clair, d’une dizaine de centimètres de long, larges de 4 centimètres environ à la base, mais formant une pointe aiguë au sommet. Les bords en sont découpés en dents, et les deux dentelures de la base se prolongent en formant un fil.
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- Erratum. — Dans l’article La nomographie, Calcul par les yeux (n° 1423 du 1er septembre 1900, p. 213), une erreur de mise en pages a fait rapprocher les deux lignes P4 Qi et P502. La distance qui sépare ces deux lignes est calculée mathématiquement et doit être exactement de 5(!“ entre Dj etP3 et de 90,5mm entre Qj et Qa.
- Renseignements. — M. Delacroix, à Paris. — Vous nous demandez un onguent antiseptique contre les piqûres des insectes nuisibles ou dangereux. Nous pouvons vous faire connaître celui dont nous nous servons depuis quelques jours et qui nous a été très utile. Il porte le nom de Fonrnol et se trouve chez MM. Renaut et O, -43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- M. A. de Bonne fond, à Paris. — Toutes ces théories sont très discutables ; nous ne pouvons traiter cette question dans le journal.
- M. L. V anvincq, à Bayenghem. — Nous avons déjà cité plusieurs exemples analogues; remerciements.
- M. L. B., à Dreux. — Vous pourriez essayer de frotter la pierre avec une solution très faible pour commencer, d’acide chlorhydrique.
- .1/. V. Morin, à Lorgues. 1° Nous n’avons pas eu le temps d’examiner tous ces appareils ; mais nous croyons que le chauffage au pétrole est préférable. — 2° Vous trouverez divers modèles de fourneaux, chez M. Ferrary, 31, boulevard Ilauss-mann, à Paris.
- M. L. Vanvincq-Reniez, à Bayenghem par la Rescousse. — Vous pouvez vous adresser à la maison Clermont-IIuet, 114, rue du Temple, à Paris.
- M. E. Gillet, à Paris. — 1° Pour faire disparaître ces taches, on se sert ordinairement d’acide citrique, ou du jus de citron. — 2° Adressez-vous au Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. Dumont, à Blois. — Nous avons donné la description de l’appareil de M. Dussaud, dans le n° 1580 du 4 novembre 1899, p. 555.
- M. Charles, à Bellev. — On n’a trouvé jusqu’ici aucun réactif de l’oxyde de carbone assez sensible pour révéler sa présence dans un appartement; quelques traces de ce gaz rendent l’atmosphère dangereuse.
- M. P. J., à Paris. — L’auteur de l’article dont vous parlez, M. .1. Villon, est décédé depuis plusieurs années.
- M. Sclunitt, à Clermont-Ferrand. — Le fabricant n’a pas de représentant en France.
- M. Le rat, à Nice. — Il n’est pas possible dans une installation semblable de calculer la dépense de charbon par kilowatt-heure utile; il faut dans une durée de 10 ou 12 heures observer l’énergie électrique produite aux bornes et peser pendant ce même temps la quantité de charbon consommée dans la chaudière.
- M. V. de R., à Paris. — Vous pourriez vous adresser à la maison Desmoulis, Lemaire et Cie, 50, rue Montmartre, à Paris.
- M. Portât, à Rouen. — Adressez-vous à une agence de brevets : M. Annengaud jeune, 23, boulevard de Strasbourg, M. H. Josse, 58 bis, rue de la Chaussée d’Antin, M. Blouin, 21, boulevard Voltaire, à Paris.
- M. Dupont, à Orbais-1’Abbaye. — Pour ces réparations renseignez-vous auprès de M. Querey, 19, rue de Montreuil, à Paris.
- M. Pinateau, à Paris. — Nous ne croyons pas que cet ouvrage soit encore paru.
- M. Flœurant, au Mans. — Ces expériences n’ont encore donné aucun résultat.
- M. le D' S., à L. — Cette société n’existe plus.
- M. F. Bérenger, à Marseille. — Nous n’avons pas d’adresse spéciale à vous indiquer; vous trouverez ce produit chez les marchands de produits chimiques.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. L. M., à Bruxelles. Nous ne retrouvons pas l’article dont vous parlez ; veuillez nous donner quelques renseignements complémentaires. — M. E. A., à Nancy. On ne peut préparer soi-même ce produit; il faut l’acheter chez les marchands de produits chimiques. — M. Dupuis, à Brest. Nous publierons prochainement un article à ce sujet. — M. L. G., à Cherbourg; M. P. D., à Orléans. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lro série, à la librairie Masson et Cie. — -V- Regard, à Nîmes. Consultez le meme petit livre que ci-dessus, 5' série, à la même librairie. — M. D. A., à Paris. Regrets de ne pouvoir vous-renseigner.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Cornaient on blanchit la litharge. rouge. — Dans le commerce on ne livre la litharge qu’à l’état de poudre très fortement colorée en rouge-orange; si vous demandez de la litharge blanche on vous répond que ce produit n’existe pas et on déclare gravement que vous ignorez complètement la chimie. La litharge blanche existe pourtant bel et bien; il est facile d’en produire de petites quantités par la précipitation des sel* de plomb, par les hydrates alcalins et l’évaporation lente du diquide qui baigne le précipité.
- Examinons rapidement quelques-uns des emplois de la litharge, nous verrons de suite qu’elle présenterait un grand intérêt industriel si elle n’était point colorée. Ce composé du plomb jouit de propriétés siccatives très énergiques, et peut être employé pour obtenir un séchage rapide aussi bien dans le cas des peintures à l’huile (pie dans celui des produits à base de résine et de gomme; il s’unit en effet aux résines pour donner des résinâtes connus sous le nom générique de savons de plomb et amène le durcissement de la matière, indépendamment de l'évaporation du dissolvant volatil, essence de térébenthine, éther de pétrole... etc. Or, la qualité primordiale, essentielle, d’un bon siccatif, réside dans la non-altérabilité de la teinte de la peinture; il est bien ('“vident qu’on ne peut provoquer le séchage d’une teinte blanche en y mêlant une substance rouge. La litharge réalisera donc un excellent siccatif, mais sous la condition expresse qu’elle sera blanche. On se sert dans un très grand nombre de cas de mastic à base de litharge, particulièrement pour faire les joints, raccommoder des vases de porcelaine... etc. ; il est nécessaire que le joint ou la cassure s’aperçoive aussi peu que possible, résultat qu’on ne pourra obtenir que si l’on se sert d’un produit peu ou pas coloré.
- Ceci étant dit, comment blanchit-on la litharge rouge achetée chez un marchand de produits chimiques? Le manuel opératoire est très simple. Dans une dissolution concentrée et chaude d’acétate de plomb (à 10/100 par exemple), on projettera pou à peu la substance qui restera quelques secondes en-dissolution, [tuis se reprécipitera à l’état de poudre blanche, d’un blanc très pur. L’opération [tout se recommencer un très grand nombre de fois et pratiquement on blanchit une quantités importante de litharge avec un faible volume de la dissolution d’acétate de plomb; une seule prescription est à observer, c’est de jeter peu à peu le solide dans le liquide amené à une température voisine de celle de l’ébullition.
- La théorie chimique du phénomène est assez complexe; quelques faits sont néanmoins faciles à constater'1; 1° La solubilité de la litharge ou oxyde de plomb dans l’acétate neutre de plomb; solubilité d’autant plus grande que la solution d’acétate est plus concentrée et la température plus élevée ; 2° la formation d’acétate basique de plomb ; 5° la solubilité de la litharge dans l’acétate basique de plomb, le coefficient de solubilité étant toutefois beaucoup plus faible que dans le cas de l’acétate neutre; 4° le peu de stabilité chimique des solutions dans l’acétate neutre ou basique qui permet la reprécipitation presque instantanée de la litharge à un état moléculaire différent.
- J’ajouterai que les propriétés chimiques de la litharge blanche semblent être absolument identiques à celles de la litharge rouge. 11 faut remarquer néanmoins que les oxydes de plomb fixant aisément l’oxygène de l’air, le protoxyde de •plomb tend à se transformer en oxyde salin ou minium, après passage par des étals intermédiaires dont une des plus connues est la mine orange, dont la formule de constitution chimique est encore mal établie. La litharge qui contient des produits d’oxydation perd de ses qualités industrielles.
- Joseph Gikard.
- préparateur à la Faculté des sciences de Paris.
- Pans la * Boite aux lettres • La Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison
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- PETITES INTENTIONS1
- Pendulette-réveil. — L’Exposition ne peut que laisser après elle d’inoubliables souvenirs. Les visiteurs cependant,
- Porte monumentale de l'Exposition avec peuduleUe-réveil.
- pour faire revivre dans leur mémoire les grandes beautés qu’ils ont vues, aiment à avoir sous leurs yeux quelque objet matériel. Plusieurs de nos abonnés nous ont demandé de leur indiquer des souvenirs. La pendulette-réveil dont nous donnons une vue d’ensemble dans la figure ci-jointe est à la fois un souvenir utile et agréable. La porte monumentale restera ainsi toujours présente aux yeux, et la pendule ne sera pas déplacée dans un ameublement. — La pendulette-réveil Porte-monumentale se trouve chez Ai AI. Stransky frères, 20, rue de Paradis, à Paris.
- .B
- Porte-crayon. — Ce nouveau portemine représente un clou dans la tète duquel se trouve dissimulé un disque portant 5 vues stéréoscopiques des principales merveilles de l’Exposition. 11 suffit de regarder dans l’ouverture A, et de faire tourner la partie molletée du disque B, pour apercevoir un panorama charmant. En I) se trouve la mine du cravon que l’on fait mouvoir en déplaçant le bouton C. — Le porte-crayon se trouve chez AI. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- Montre pliotoscopc. — Cette petite montre d’une fabrication soignée et en
- Porte-crayon. Montre piholGsccpe. — Nue extérieure
- métal nickelé, peut être appréciée comme un souvenir des plus agréables de l’Exposition de 1900. Elle est formée d’un boitier ordinaire de montre portant une sorte de lunette que
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiaues est étrangère aux annonces.
- l’on peut mettre au point en avançant ou en écartant un oculaire.
- En regardant par l’ouverture et en appuyant sur le bouton-remontoir, placé dans la bélière, on voit se succéder une séiie de vues stéréoscopiques représentant les sujets les plus divers et les plus intéressants. — La montre photoscope se trouve à la même adresse que le porte-crayon.
- BIBLIOGRAPHIE
- Comment on se. défend des maladies nerveuses, par le l)r Henry L.vcoxxê, 1 brochure in-8°, 2e édition. Caris. Société d’éditions scientifiques. Prix : 1 franc.
- Comment on se défend de l'influenza. La lutte contre ta grippe et le rhume de cerveau, par le ür Henry Labonxk.
- I vol. in-i6. Paris. Société d’éditions scientifiques. Prix : 1 franc.
- Comment on se défend de la migraine et du mal de tète, par le Dr P. Dueir. 1 vol. in-lfi, Paris. Société d’éditions scientifiques. Prix : 1 franc. Paris.
- Etudes sur l'hygiène scolaire et d'intérêt général, 1900, par A. Féret. I vol. in-8, chez l’auteur, 16, rue Etienne-Marcel, Paris.
- HYGIENE ET SANTÉ ;
- L’alimentation des typhiques.
- Doit-on nourrir les malades atteints dé fièvre" typhoïde et d’une façon générale, doit-on nourrir les fiévreux ? Si pareille question eût été posée il y a soixante ans, elle eût à coup sûr soulevé des tempêtes. .On était alors ep"pleine "doctrine de Broussais et de son école, et la diète rigoureuse, "accompagnée souvent d’émissions sanguines, sangsues du saignée, était une loi impérieuse dans tous les cas de fièvre, La réaction se fit lente et les premiers médecins qui Aentèrent de s’affranchir de cette doctrine tyrannique ne manquèrent pas d’un certain courage. A en croire leurs adversaires, ils ne risquaient rien moins que de tuer net "leurs malades.
- Déjà cependant, vers 1857, la Société médicale des hôpitaux admettait qu’on devait nourrir les typhiques, mais le lait, le bouillon étaient le maximum des concessions admises. C’était déjà beaucoup vis-à-vis des tisanes plus ou moins allà-dissanfes et des saignées de l’ancien régime.
- Aujourd’hui, la question se pose d’une façon encore plus précise et un jeune médecin des hôpitaux publie les résul.a’s d’une thérapeutique, en quelque sorte nouvelle, de la fièvre typhoïde, dans laquelle l’alimentation est donnée d’une façon svsiémaliqne, régulière et à doses progressivement croissantes. C’est l’application du régime chirurgical où le blessées! nourri dès le premier jour ; il est vrai que les opérations ne sont maintenant, grâce à l’asepsie et à l’antisepsie, suivies d’aucune fièvre et dès lors on peut alimenter sans trop de crainte.
- M. Vaquez part de ce principe que la fièvre détermine chez un malade des déperditions importantes des principaux éléments constitutifs de l’organisme, albumine, graisse, etc.
- L’inanition produite par la diète vient ajouter encore a celte dénutrition et la faim, on le sait, détermine à elle seule de véritables accidents comparables à ceux des fièvres les plus graves. Cette dénutrition est considérable et il est certain (pue les aliments qu’on donne actuellement et toujours avec une certaine réserve, ne constituent puis un apipioint suffisant piour amener l’équilibre. Deux litres de lait, quelques tasses de bouillon sont impuissants à réparer des portos d’azote, qui sont doubles ou triples de la déperdition physiologique normale. Aussi voit-on les typhiques maigrir d’une façon considérable : je me demande ce que devaient être les convalescents de dothiénentérie sortis du service de Broussais ou de ses: adeptes.
- Celle conception d’une alimentation [dus nutritive, piles complète est fort juste, fort raisonnable ; niais n’y a-t-il pas danger à introduire dans les voies digestives lort avarices, ulcérées quelquefois, comme dans l’intestin, des piroduits dont la digestion et l’assimilation peuvent entraîner des accidents? C’était là la raison mise en avant jadis piour imploser la diète ; ne troubler en rien la vitalité compromise de l’appareil digestif. Ce danger n’existe pias, à condition, bien entendu, que 1 alimentation soit, comme je le disais, progressive et régulière.
- Comment alors doit-on entendre celte alimentation? Voici les données de notre confrère. 11 ne croit pas que ce soif par l’ingestion d’une plus forte quantité de lait, 1 aliment par excellence des malades, que l’on piuisse arriver à augmenter la proportion d’aliments. Au-dessus de deux à trois litres, la plupart des malades épirouvent une répiugnance invincible et beau-
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- [NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- coup no peuvent digérer cotte dose, à plus forte raison un excédent. Le lait doit former la base du régime et c’est dans certains' adjuvants qu’on peut trouver 1’apport d’éléments nutritifs. Le malin or donne du thé, du café au lait ou une tasse de farine légère, racahout, par exemple, riz ou avoine, suivant que le malade est coté riz ou coté pruneau. A dix heures, une tasse de lait. A midi, un potage au lait avec un jaune d’œuf, une cuillerée de somatose, un verre à bordeaux de gelée de viande ou du jus de viande frais. A six heures, un autre repas à peu près identique, bouillon à la place du lait. Dans la nuit une petite dose de somatose ou de peptone.
- Tel est le régime de la période fébrile, des malades traités par les bains froids (le repas est donné au sortir du bain) et par conséquent dans des états adynamiques et pyrétiques marqués. Dès que la fièvre diminue, vers le deuxième septénaire, la gelée
- est remplacée par de la viande de mouton crue et râpée ou du jambon également râpé. Une fois la fièvre disparue, l’alimentation est progressivement augmentée en la composant de crèmes légères, de farines de froment, de cacao, de riz au lait, puis successivement d’œufs, de compotes, etc.
- En suivant ce régime qui, cela va sans dire, doit être jour-* nellement prescrit et surveillé par le médecin, la durée de la maladie n’a pas été diminuée beaucoup, mais la marche a été plus régulière et la convalescence beaucoup plus rapide. La perle en poids est minime et très vite récupérée. Il semble bien qu’il n’v ait qu’avantage à donner aux typhiques une alimentation plus complète, en ayant soin de la donner régulière, progressive et de ne pas abandonner au premier venu de l’entourage du malade la surveillance de ce régime.
- Dr A. Cakïaï.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES ' OBSERVATIONS GÉNÉRALES •
- Lundi 5 septembre. 11°,8 N. N. E. 2. Beau. 5,8 Nuag. de 8 à 17 h. ; beau avant et après.
- Mardi 4 9°,5 N. E. 2. Beau. 0,0 Nuag. de 10 à 20 h.; beau avant et après ; halo.
- Mercredi 5 9°, 5 N. N. E. 2. Beau. 0,0 Beau; brumeux.
- Jeudi 6 8°,0 N. 0. Couvert 0,0 Couv. de 6 à 8 h. ; beau avant et après ; brouillard de 5 à 8 li. de 80 mètres.
- Vendredi 7 9°,1 N. E. 0.| Quelques nuages. 0,0 Peu nuag. de 5 à 6 h. et très nuag. après 15 h. ; beau le reste du temps. Nuageux jusqu’à 14 11.; quelques nuages ensuite; très brumeux.
- Samedi 8 11°,2 N. E. 0. Nuageux. 0,0
- Dimanche 9 11°,5 N. 1. Quelques nuages. O O Peu nuag.; petit brouillard jusqu’à 7 h.
- SEPTEMBRE 1900. — SEMAINE Dü LUNDI ô AU DIMANCHE 9 SEPTEMBRE
- iVienretii J Jeudi | Vendredi I Samedi I Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 u 10: les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques {baromètre ramené à 0. au niveau de la mer y courbe plus mince. thermomètre à l'abri à, boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- T
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- Résumé des observations météorologiques faites au Parc Saint-Maur en août 1900
- par M. E. Re.nou.
- Moyenne barométrique à midi 757"“,78. Minimum 717”“,88 le 3 à 4 heures du soir. Maximum 768““,00 le 11 à minuit.
- Moyennes thermométriques : des minitna 12°,81; des maxima 23°,40; du mois 18°,10; vraie des 24 heures 17°,63. Minimum 8°,4 le 12 vers5 heures du matin. Maximum 32°,5 le 19 (30’,2 le 18). Sur le gazon, minimum 4°,7 le 12; plus haute température observée 6o°,0 le 1" à 1 heure du soir; moyenne des minima sur le gazon 9°,83 inférieure de près de 3° à celle des minima de la température de l’air.
- Tension moyenne de la vapeur : 10““,72; la moindre 5”“,6 le 4 à 5 heures du soir; la plus grande 14““,9 le 20 à S heures du matin.
- Humidité relative moyenne : 73,S ; la moindre 30 le 1" à 3 heures du soir, le 15 à 3 heures et 4 heures du soir et le 19 à 1 heure du soir. La plus grande 100 les 21 et 51 au matin.
- Nébulosité moyenne 50. 2 jours de brouillard, les 28 et 31, et 1 jour de brouillard partiel le 21.
- Pluie 65““,6 en 18 heures 1/2 réparties eu 12 jours; la plus grande partie de celte eau est tombée le 20 en 7 heures, par un grand orage. Il y a eu 8 jours de gouttes et de bruine.
- Orage : 7 jours. Eclairs 3 jours. Le 3, tonnerre au loin, à l’W. de 1 heure à 2 heures du soir. Le 5, quelques coups de tonnerre loin au N. N. E. à 10 heures du soir. Le 7, de 6 heures à 7 heures du soir, orage zénithal et
- pluie. Le 8, à 5 heures du soir, tonnerre au loin au N.-W. Le 10, de 1 heure a 2 heures du soir, quelques coups de tonnerre au S. Le 20, violent orage avec grande pluie donnant 41”“,8 d’eau ; c’est la plus forte quantité recueillie à l’observatoire^ du Parc en 24 heures, depuis les 45”“,5 tombés du 15 au 16 octobre 1896 en 20 heures. Le 24, tonnerre au loin dans l’E. de 5 heures à 6 heures du soir. Eclairs les 17, 21 et 27 dans la soirée.
- Vents doininauts du S. à l’W. ; puis du N. au N.-E.
- Température moyenne de la Marne : le matin 20°,92; l’après-midi 20°,55; du mois 21°,25. Elle a varié de 19°,58 le 11 à 25°,02 le 1". Toujours basse et claire.
- Relativement aux moyennes normales, le mois d’août 1900 présente les résultats suivants : Baromètre plus bas de 0“,04. Thermomètre plus bas de 0°,02. Nébulosité égale. Pluie plus forte de 10”“,2. Tension de la vapeur moindre de 0“',32. Humidité relative plus faible de 1,5.
- Relativement aux moyennes normales, l’été de 1900 (juin, juillet, août), présente les résultats suivants ;
- Moyennes. Écarts. Baromètre . . . 757“”,90 — 0,13 Thermomètre . 18°,97 -t- 1,51 Teus. de la vap. 10“”,86 -+- 0,15
- Moyennes. ,Écarts. Humidité relat . . . 68,6 — 5,3
- Nébulosité........ 47 — 5
- Pluie................121,0 — 46,4
- Floraisons : le 2, polygonum d’orient; le 5, plumbago larpeuta; le 25, petite clématite ; le 31, funkia subcordata (hémerocalle du Japon), héliau-thus rigidus (harpalium).
- PHASES DE LA LUNE : I*. L. le 9, à 5 h. 15 m. du malin.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Toujours des Congrès. Viennent de se terminer le Congrès international des tramways, le Congrès international apicole, le «Congrès des associations d’inventeurs, le Congrès international des -sociétés laïques d’enseignement populaire, le Congrès international <les traditions populaires. Nous avons maintenant le Congrès de .météorologie et le Congrès des chemins de fer.
- ' -®- Le Congrès international pour l’unification du numérotage des fils a émis une série de résolutions en vue de l’adoption uni-iforme du numérotage métrique et décimal des fils de toute nature. Il eil résulterait beaucoup de clarté et de simplicité dans les transactions. Parmi les résolutions principales, il convient de citer celle
- Ïirescrivant que, dans tous les pays, les bulletins de titrage seront aits sur un même modèle et que la base du titrage et du numérotage sera le « eonditiônnemept ». Le conditionnement restera facultatif, plais il deviendra obligatoire sur la demande de l’une des
- Îiarties. Le Congrès a émis finalement une série de vœux et décidé a nomination d’un comité permanent, chargé de poursuivre devant les gouvernements étrangers et le gouvernement français la réalisation des résolutions et des vœux.
- • — ®— La peste bubonique a fait son apparition à Glasgow dans les derniers jours du mois d’août. Toutes les précautions ont été prises aussitôt pour, arrêter le lléau dans sa propagation. Du sérum a été envoyé de l’Institut Pasteur. Le nombre de personnes atteintes, au début de 13, est resté stationnaire quelques jours; à la date du 18 septembre, il était de 22.
- —#— Un comité s’est formé dernièrement dans le but d’élever tin monument à la mémoire de François de Neufchàteau, créateur de la première Exposition (1798), et qui fut président de l’Assemblée législative et membre du Directoire.
- . —®— Les visiteurs de l’Exposition trouvent le trajet généralement long entre leurs hôtels et l’Enceinte. Voici quelques chiffres qui expriment les distances entre certains points de Paris et l’Exposition. Iîive droite : du pont d’Iéna à la plaee de la Concorde, 2000 mètres; à l’Opéra, 3250 mètres; au théâtre des Variétés. 3900 mètres; à la Porte-Saint-Martin, 4780 mètres; à la place de la République, 5400 mètres; à la Bastille, 7100 mètres; à la gare $aint-Lazare, 3400 mètres; à la gare du Nord, 5300 mètres; à la place de la Bourse, 3000 mètres; à l’Hôtel de Ville, 4400 mètres. Rive gauche : du pont d’Iéna au pont Royal, 2000 mètres : au pont Saint-Michel, 3700 mètres; à la gare d’Orléans, 5600 mètres; à la lace d’Italie, 4300 mètres; à l’Observatoire 3000 mètres; à Saint-ulpice, 2700 mètres; à la gare Montparnasse, 1800 mètres. Les hygiénistes, heureusement, préconisent l’exercice.
- • —Un centenaire. M. Pierre Lasserre, grand-père de M. Lasserre, député de Castelsarrasin, a atteint le 16 septembre sa centième année. II est né, en effet, le 3 vendémiaire an IX.
- —®— Voici, sur le nouveau câble allemand relié à l’Amérique, des renseignements fournis par la Société des télégraphes germano-âtlantiquê. Le 4 mai 1900 fut posé, à Borkum, le câble d’atterrissement (côté allemand) ; le 26 était terminée la pose de la première section, longue de plus de 4800 milles marins, jusqu’à Fayal (lies des Açores). Le 26 juillet, 1 ’Angha, ayant à bord 2427 milles de câble, partait pour New-York, où le vaisseau arrivait le 11 août; qn posait le câble d’atterrissement (côté américain), puis on complétait la pose de la seconde section jusqu’à Fayal ; l’œuvre était terminée le 28 août. L’Allemagne possède aujourd’hui 17 000 kilomètres de câble sous-marin.
- —®—‘ L’expédition suédoise au pôle Nord'qu’avait organisée Tcxplorateur Koltkof, est arrivée à Trondhjem en Suède, après un
- intéressant voyage à travers les glaces polaires, du Spitzberg au Grœnland oriental. Les collections ornithologiques et zoologiques en général que l’expédition rapporte sont regardées comme les plus complètes qui avaient été rapportées en Suède des régions polaires.
- —#— La crise du charbon dont nous parlions récemment pour l’Angleterre sévit aussi en Allemagne. L’association des industriels de la Thuringe a adressé dernièrement une pétition au gouvernement de l’empire pour obtenir des mesures en faveur de l’importation de la houille. La rareté du charbon devient une véritable calamité et cause de grandes appréhensions dans le monde industriel. A une grande réunion à Danzig, à laquelle plus de 200 associations économiques étaient représentées, l’assemblée a voté une résolution demandant au ministère de lever l’interdiction qui pèse sur l’importation de la houille. Elle demande que l’introduction de la houille anglaise bénéficie d’un tarif de faveur, et que défense soit faite aux mines de l’Etat de livrer le charbon à des commissionnaires, en leur enjoignant de réserver leurs livraisons aux grandes associations économiques seulement.
- —®— On a commencé, le 17 août, des fouilles intéressantes sous le chœur de la cathédrale de Spire. On a trouvé, près du monument de Rodolphe de Habsbourg, à 80 centimètres de profondeur, un tombeau contenant un cercueil de plomb, tout simple. Le mort avait le visage tourné vers l’Est. Les os étaient abîmés par l’action du plomb, mais la tète était à peu près intacte. Le corps était enveloppé dans un suaire de soie brodé d’or. Il était vêtu d’une tunique, de braies et de bottines. Il portait un diadème et des éperons. On pense avoir affaire aux cendres de l’empereur Conrad II. Dans un second tombeau, qui, d’après des documents, devait être celui d’Adolphe de Nassau, on a trouvé seulement quelques débris. On a ouvert encore quelques tombes. La plus importante se trouve près de celle de Conrad II. On y a trouv’é les restes fort abîmés d’un corps qui portait une couronne de cuivre. Les mains étaient gantées. La main droite tenait le globe impérial, qui est en bois, recouvert de cuivre et surmonté d’une croix. Aucune inscription, aucun ornement ne caractérisent ce tombeau. On ne doute pas, cependant, qu’il ne soit celui de l’empereur Henri III. On a enfin ouvert la tombe de l’impératrice Berthe, femme de Henri IV ; mais on n’y a trouvé ni couronne, ni ornements impériaux. Le corps ne consiste plus qu’en quelques débris d’ossements.
- —®)— L’empereur d’Allemagne va inaugurer lui-même très prochainement le curieux chemin de fer suspendu de Barmen-Elberfeld en Westphalie. Les voitures.suspendues roulent sur un rail installé au-dessus d’un lleuvc. Nous reviendrons sur cette ligne de 13 km de longueur.
- —M. Max Toepler étudie, dans les Annalen der Physik, l’éclair en boule. D’après ses théories, la foudre laisse derrière elle un sillon d’air échauffé et probablement ionisé, et le long de ce sillon se produit une décharge continue, lente. Quand celte décharge continue est assez forte, toute partie du sillon ayant une résistance élevée se trouve portée à l’incandescence, et celle-ci peut se prolonger durant plusieurs secondes, même une demi-minute. Le vent ou des forces éléctrostatiques peuvent donner lieu à des déplacements du sillon expliquant les changements de direction souvent constatés dans la marche de l’éclair en boule. Cela finit souvent par une autre étincelle électrique produisant l’explosion de la boule. M. Toepler estime que l’intensité du courant ne dépasse pas 20 ampères dans le cas des éclairs en boule, alors que dans la foudre ordinaire elle atteint souvent 10000 ampères.
- —Jk)— La consommation à Paris en 1900. Pendant les six premiers mois de cette année, Paris a consommé 257 500 kg de fruits et légumes. En ce moment la consommation la plus considérable est celle des prunes, qu’on peut évaluer à 250 000 kg.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le chrono de poche de M. Gaumont se trouve au Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- Communications. — U Association lyonnaise des propriétaires d'appareils à vapeur nous envoie le compte rendu annuel de l’exercice 1899. Le nombre d’appareils à vapeur inscrits à l’Association était de 3653 à la fin ae 1899.
- M. Ménétrier, à Frenda, Oran (Algérie), nous envoie la note suivante : « Je viens de lire dans un journal d’Algérie, « l’Écho d’Oran » du 31 août, l’entrefilet suivant : « On a expérimenté la semaine dernière, sur le lac de Zurich, un appareil de sauvetage qui permettrait de se maintenir indéfiniment sur l’eau. C’est une sorte de manteau en moelle de sureau. Deux soldats de l’infanterie helvétique complètement équipés, fusil à part, s’en sont revêtus et ont piqué une tête dans le lac. A l’étonnement des spectateurs, ces fantassins se maintenaient et se mouvaient à la surface sans aucun effort. » Il existe en Algérie des quantités considérables d’une plante appelée par les Arabes kilaka. Ces bâtons sont d’une légèreté considérable. La tige dont ils proviennent atteint une hauteur de 2m,50 environ. Avec la moelle de cette plante on pourrait également faire des manteaux comme ceux que l’on a fait en Suisse. Il v aurait mieux ; en rangeant les bâtons les uns à côté des autres, les ficelant et les fixant à une forte toile imperméable, on pourrait faire des tapis de sauvetage qui seraient enroulés sur le pont des navires et que l’on jetterait à la mer en cas de sinistre ; les naufragés se cramponneraient sur ces tapis insubmersibles et attendraient du secours. L’n tapis de 1 mètre de large sur 2 mètres de longueur suffirait pour soutenir deux hommes. Une fois plié il représente un cylindre de 1 mètre de haut sur 70 centimètres de largeur. On en mettrait ainsi une centaine près des bastingages tenus par de légères ficelles faciles à rompre en cas de sinistre. » Notre correspondant ajoute qu’il y a à Oran des quantités considérables de cette plante. Il dit qu’on pourrait en faire des feutres, l’utiliser dans le fibroleum, en faire des semelles isolantes et chaudes comme les semelles de liège pour mettre dans les bottines l’hiver. 11 nous demande quels sont les autres partis que l’on pourrait en tirer.
- Renseignements. — M. Didon, à Chartres. — Vous trouverez les détails sur l’artillerie agricole contre les orages, la grêle et les sauterelles dans le Journal d’agriculture, Masson et Cie et la Revue scientifique du 8 septembre 1900, rue des Saints-Pères, 15, à Paris.
- M G. Adler, à Bordj-Toum. —L’adresse du filtre Lapevrère a été donnée en tête de la Boite aux lettres du numéro où il a été décrit ; il faut s’adresser à MM. Delsol et Fillard, à Cou-lommiers (Seine-et-Marne).
- MM. J. Vallès et H. Jatvoiski, à Lima. — Nous ne pouvons nous occuper de questions d’antériorité; il faut vous entendre directement avec la Société qui exploite le procédé.
- M. J. S., à Paris. — Nous avons indiqué un moyen pour écrire sur les épreuves photographiques dans le petit livre des Recettes et Procédés utiles, 5e série, à la maison Masson et Cie.
- M. J. R. II., à Th iais. — Cette question a été traitée dans le même petit livre que ci-dessus, lre série, à la même librairie.
- M. R. T., à Barcelone. — 1° huiliez nous désigner plus explicitement l’article dont vous voulez parler. — 2“ Adressez-vous à la Librairie Agricole, 26, rue Jacob, à Paris.
- M. René Gaillard, à I rbillac. — 1° Tous ces canons de fusils nous semblent avoir sensiblement les mêmes qualités; nous avons entendu parler des avantages et des inconvénients des uns et des autres. Toutefois nous croirions volontiers à la supériorité des canons en acier mandriné de Ronchard. — 2° Les canons anglais Greener pourraient vous convenir. — 3° Vovez à la maison Clermont-Huet, H4, rue du Temple, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. /?., à Lille, Il faut vous adresser directement au fabricant; nous ne pouvons traiter ces questions. — M. G. L., à Paris. Nous ne comprenons-pas votre demande. — M. D. Gérand, à Blois; M. Gu rot, à Nice. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 5® série, à la. librairie Masson et Cie. — M. Dumont, à Paris; M. Grand, à Versailles. Remerciements pour vos communications.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Traitement de l’obésité.
- La confrérie des cent kilogrs ne se compose pas uniquement de gens heureux de voir bedonner leur ventre, épaissir leur taille et d’effondrer les bascules sous le poids de leur masse graisseuse. 11 en est qui gémissent de cet excès d’embonpoint ; il en est qui en souffrent, qui en deviennent de vrais malades et qui risquent, suivant Je dicton populaire, de mourir étouffés-dans leur graisse. Bien des traitements ont été conseillés et mis en œuvre, contre cette maladie. C’est que l’obésité ne ! tient pas seulement à un excès d’alimentation ou à une ali- ; mentation trop riche en graisses. Les Esquimaux qui se nourrissent presque exclusivement de graisse ne sont pas plus. ; atteints d’obésité que les habitants de régions où la nourriture est des plus variées. Il y a chez l’obèse, en général, une prédisposition qui se traduit par un défaut de desassimilation.
- Ce sont souvent des sujets entachés de goutte, d’arthritisme présentant à un haut degré les troubles par ralentissement de la nutrition, qui sont enclins à devenir obèses. Aussi les mé- r thodes thérapeutiques doivent-elles pour être efficaces viser ces conditions pathologiques.
- Ces méthodes peuvent se résumer à trois principales : insuffisance d’alimentation par diminution progressive, de façon à obliger le sujet à vivre sur ses réserves, à brûler la graisse | accumulée dans ses tissus ; accroissement de la dépense, exagé- j ration des fonctions nutritives par l’exercice; enfin, troisième : méthode,’ médicaments destinés à combattre les surcharges |
- graisseuses, tels que la médication thyroïdienne, dont j’ai pu- 1
- blié jadis des résultats fort remarquables. ' 1
- Les deux premières dont Banting a tracé un programme dé- i taillé et d’une extrême rigueur, que Schwoninger a modifié ’ sur certains points sont les plus efficaces, car lu médication thyroïdienne est parfois dangereuse et mal tolérée.
- Le professeur Debove s’est trouvé récemment en présence d’un cas difficile où un traitement quelconque ne pouvait être entrepris à la légère et où les résultats ont été cependant des plus satisfaisants. 11 s’agissait d’un homme de cinquante ans, charcutier, qui entrait à l’hôpital pour remédier à des acci- 1 dents graves de goutte avec albuminurie et une obésité considérable. Cet homme pesait 147 kilogrammes, il n’avait cependant que lm,70 de taille. Son affaissement était tel qu’il gisait sur son lit sans pouvoir se remuer; incapable de lire, de se mouvoir, indifférent à tout, il était dans des conditions de santé précaires. Mais quel, traitement prescrire? La médication thyroïdienne eût été dangereuse dans cet état de torpeur et de I mauvais fonctionnement de l’appareil rénal. L’exercice, il était impossible d’y songer; le malade était immobilisé comme une masse dans son ht; restait le procédé du jeûne relatif. Par l’abstinence on arrive à maigrir, mais il faut jtour (pie cet amaigrissement ne se produise pas dans des conditions nuisibles, maintenir la composition normale des humeurs. M. Debove y est arrivé en ne donnant que des aliments purs, c’est-à-dire non altérés par la coction ou par des procédés de conservation; tels Je lait cru, les œufs, la viande crue, les salades, les fruits. Pendant un mois le patient (c’en était un, car ce régime est des plus pénibles) prit en tout deux litres et demi de lait par jour; il maigrit de ISkilogs. Le mois suivant, il maigrit encore de 10 ki'ogs. Peu à peu, et par des dosages gradués de cette alimentation, le poids descendit à 94 kilgos. De 147 à 94; différence 53 kilogs de perdus en sept mois. C’est un joli résultat. L’invalide obèse était transformé : il pouvait aller, venir, monter les escaliers, travailler; il revenait à la vie.
- Par exemple, ce qu’il avait gagné en santé, il l’avait perdu au point de vue plastique ; la peau du ventre démesurément distendue par la graisse était devenue flasque formant une sorte de tablier fort peu gracieux. Mais on n’a rien pour rien et cette petite difformité ne doit pas compter pour beaucoup pour le malade auprès des menaces pour la vie qu’engendrait son obésité, de l'impotence à laquelle il était condamné.
- C’est une démonstration des plus intéressantes de l’efficacité d’un régime approprié régularisant le fonctionnement vicié de la nutrition et réparant dans une large mesure les accidents de cette anomalie, Dr A. Cartaz.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, tu a insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INTENTIONS1
- Appareil à découper le bois. — L’appareil représenté ci-dessous permet à un amateur de découper dans des planches de cèdre ou d’acajou les objets les plus divers de fantaisie et d’utilité. L’appareil facilement démontable est fixé en 0 sur le bord d’une table. Une poignée permet de mettre en mouvement une roue dentée N qui actionne par engrenage un poinçon M pour forer des trous à volonté. En A est un support
- Appareil à découper le bois.
- qui porte une scie S et qui se déplace également entraîné par la roue dentée. Une tige L sur le coté permet de régler à volonté le déplacement du bois découpé. Enfin, sur le plateau P qui sert à placer le morceau de bois se trouve une vis V pour changer à volonté la place du plateau. Ce petit outillage très simple est très amusant ; il comprend une série d’accessoires placés dans une caisse. — L’appareil à découper se trouve chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- l'n procédé ingénieux pour l'ouverture des enveloppes. — On sait combien d’appareils et de dispositifs divers ont été imaginés pour rendre immédiate et facile l’ouverture des enveloppes les mieux fermées, saps que l’on risque,
- Décactietage d’une leüre.
- en introduisant une lame, de couper tout ou partie du contenu de ladite enveloppe. Une solution vient de nous arriver des Etats-Unis, où l’on aime beaucoup ces petites inventions originales, et sans qu’elle ne nous soit du reste nullement annoncée : nous l’avons tout simplement découverte et mise aussitôt en pratique en recevant une correspondance des édi-
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- teurs bien connus, MM. Munn and C°, ceux-là mêmes qui publient le journal si apprécié le Scientific American.
- L’enveloppe en question portait tout simplement, et imprimée en petits caractères, tout au bas et au-dessous de l’adresse, la mention suivante : « Pull either wire » comprise entre deux mains indicatrices minuscules. Cela peut se traduire : « Tirèz un des deux fils » et les deux mains ajoutent : « De ce côté ou de celui-ci ». Nous avons donc suivi l’indication et nous devons avouer que nous avons cherché un court instant, mais bientôt nous apercevions, en retournant légèrement l’enveloppe et en examinant le bas, deux petits bouts de fils métalliques qui se repliaient de part et d’autre, du coin inférieur et postérieur de ladite enveloppe, tout à fait à la façon des fils métalliques que l’on emploie maintenant couramment pour brocher les revues anglaises, et même un grand nombre de revues françaises. Nous n’avions plus qu’à saisir le bout replié du fil et à tirer à nous : cela forçait le fil tout entier à sortir de l’enveloppe jusqu’à son autre extrémité repliée, en coupant nettement le pli de papier derrière lequel il se trouvait étendu, c’est-à-dire en fendant l’enveloppe tout du long, et en l’ouvrant avec une netteté remarquable.
- Evidemment, la préparation du fil qui se trouve logé de la sorte, au moment même de la fabrication de l’enveloppe, doit majorer sensiblement le prix de vente de celle-ci. A ce point de vue nous n’avons aucun renseignement, pas plus que sur le fabricant de cette petite invention si curieuse. Mais il serait facile d’en obtenir des détails auprès de MM. Munn et, en tout cas, la solution, comme nous le disions, nous semble absolument parfaite ; le bout replié du fil métallique est très facile à saisir. Quand, du reste, on l’a tiré à soi, il se présente tout enroulé et est inutilisable à nouveau. D. B.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Nouveau procédé pour appliquer la décalcomanie sur les produits céramiques sous couverte. —Ce procédé industriel est signalé par la publication Neueste Erfindungen. La pièce,: qui a reçu la cuisson de biscuit, est d’abord enduite d’une mixture d’alcool, de shellac, de vernis et de glu liquide, où trempée dans cette mixture, puis on y transporte la décalcomanie à la façon habituelle ; mais on recouvre ensuite le tout d’une couche de dextrine afin que, quand elle sera sèche, la couverte puisse adhérer à la surface ainsi préparée. Les proportions dans la composition des solutions doivent légèrement varier suivant l’état de la porcelaine, sa porosité, etc. D’une façon générale, la solution de dextrine sera à 10 pour 100; pour l’autre solution, on peut mettre 5 parties de shellac dans 25 d’alcool, 20 dé vernis et 8 de glu liquide.
- Dorure sur verre. — 11 faut d’abord se procurer un sel d’or absolument libre d’acide, puis on prépare les trois solutions suivantes. L’une est faite de 20 centimètres cubes de chlorure d’or dans 150 d’eau distillée; la deuxième est préparée au moyen de 5 centimètres cubes d’hydrate de sodium sec dans 80 (l’eau distillée; enfin pour la troisième on prend 2cm,50 de sucre d’amidon qu’on dissout dans 30 d’eau distillée, en y ajoutant 20 d’esprit-de-vin et autant d’aldéhyde pur du commerce (à 40 pour 100). On mélange ces 3 liquides.dans la proportion, de 200, 50 et 5, et on verse la mixture sur le verre nettoyé an préalable avec une solution de soude. La dorure se fait rapidement et peut durer intacte des années.
- • Clarification du vinaigre. — La poudre en question, dont la recette nous est donnée par le Era Eormulary, peut, parait-il, s’appliquer tout aussi bien au vin, aux liqueurs, etc. On prend 13o<) grammes d’albumine, 130 à 140 grammes de lartrate neutre de potasse, puis 225 grammes d’alun, et enfin un peu plus de 3 kilogrammes de muriate d’ammoniaque. On mélange le tout, et, quand on veut utiliser cette poudre, on ne la jette pas directement dans le liquide à clarifier, mais on la mélange avec de l’eau; il suffit de 120 grammes de poudre pour 4 ou 5 litres du liquide à traiter.
- Nouveau procédé de fabrication du cyanure de potassium. — il est dù à M. Eduard Rieps, de Brunswick. On mélange du charbon pulvérisé avec un carbonate alcalin et un hydrate de chaux, des hydrocarbures lourds, des mélasses ou des aggluti-; liants analogues; puis on en forme des briquettes creuses à parois minces qu’on calcine pour en enlever les impuretés. Les sulfates sont convertis en composés calciques insolubles oii rendus solubles, et l’acide carbonique est chassé. On fait passer, à intervalles réguliers, un courant d'ammoniaque à travers les briquettes, mais en assurant aussi une alimentation
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- •d’air continue. Cela permet également d’envoyer le carbonate de potasse sous la forme pulvérulente, carbonate nécessaire pour la formation du cyanure, ou encore un mélange.de sels ammoniacaux et de nitrates et de carbonates de métaux alcalins employés dans le même but.
- Eaux de Cologne. — Les recettes en question sont données parE. Gips dans la publication Seifcnsieder Zeitung :
- Eau de Cologne.— Dans 5 kilogrammes d’alcool à 90°, on fait dissoudre 220 grammes d’essençe de Bergamote, puis 75 d’essence de citron, 20 d’essence de néroli, 5 d’essence de romarin et autant d’essence française de lavande. On laisse enfermé pendant quelques jours, mais en ayant soin dé secouer fréquemment. Il ne reste plus ensuite qu’à additionner de 40 grammes d’acide acétique, et à filtrer au bout d’un certain temps. — Une autre formule consiste à prendre, toujours avec le même poids d’alcool, 55 grammes d’essence de lavande, 30 d’essence de citron, autant de Portugal, 15 de néroli et
- autant de Bergamote, puis 4 d’essence de petit grain, et la même quantité dé romarin, enfin 700 grammes d’eau de fleur d’oranger. — Une troisième recette beaucoup plus simple consiste tout simplement à mélanger, à 5 kilogrammes d’alcool toujours à 90°, 100 grammes d’essence de Bergamote, 15 d’essence de mélisse et autant de citron, puis 8 grammes d’essence d’orange et autant de lavande.
- Contre les projections de carbure de calcium. — Quand on casse le carbure de calcium en petits morceaux, il peut en sauter en l’air, et cela est fort dangereux quand il en pénètre dans les yeux, car l’humidité qu’ils y rencontrent suffit à décomposer le carbure avec formation de chaux. En pareil cas on a conseillé de nettoyer l’œil immédiatement avec de l’huile ou une solution de sucre. Mais le Scientifîc American estime qu’il vaut mieux se plonger la figure dans l’eau tiède en y ouvrant l’œil largement.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9. ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 10 septembre. 15*,0 S. W. 1. Couvert. 0,0 Couv. de 5 à 17 h. ; nuag. le reste du temps ; gouttes de 12 h. 45 à 15 h. 50; pavé mouillé.
- Mardi 11 11*,2 N. 1. Couvert. ' 0,0 Couv. de 6 à 11 h. ; nuag. à 4-5 h. et de 12 à 19 h. ; beau le reste du temps.
- Mercredi 12 ... . 12»,1 N. N. E. 2. Beau. 0,0 Peu nuag. de 8 à 17 h. : beau avant et après. ,
- Jeudi 15 10*,1 N. N. E. 2. Beau. 0,0 Beau ; un peu brumeux.
- Vendredi 11 ... • 12*,1 N. E. 2. Beau.] 0,0 Pas trace de nuages.
- Samedi 15 12*, 8 Calme. Beau. 0,0 Peu nuageux de 15 à 17 h. et à 25-24 h. ; beau le reste du temps. Quelques nuages le matin ; nuageux le soir.
- Dimanche 16 ... . 15°, 7 S. E. 1. Beau. 0,0
- SEPTEMBRE 1900. --- SEMAINE Dü LUNDI 10 AU DIMANCHE 16 SEPTEMBRE*
- La courbe supérieure indique l'a nébulosité de 0 à ftj ; les flèches inférieures, la direction au vent. Les courbes du milieu indiquant : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tempête au, Texas..---Une violente tempête, a sévi le 8 septembre, sur les côtes de la Louisiane, et du Texas et jusqua une' distance de 100 milles à l’intérieur des terres. Les villes de Galvestou et de Houston ont beaucoup souffert. Tous les ponts de ces villes otit été emportés et les communications télégraphiques, et téléphoniques interrompues. Les dégâts sont énormes, il y a eu plusieurs victimes.
- A Houston, le cyclone a causé'des "ravages effrayants. Des milliers de personnes ont péri. Quatre mille maisons ont été détruites. L’ouragan s’est abattu sur Galveston, à 5 heures, et a continué sans interruption jusqu a minuit.
- A ce moment, il s’est un fieu apaisé. Une maison de trois étages a été rasée, ensevelissant neuf personnes sous ses ruines. Un asile et un hôpital auraient été détrpits. , , , , ,
- A certains endroits l’eau atteignait une hauteur de 2 mètres. Un grand nombre de toiture» ont été enlevées.
- L’île sur laquelle est bâtie Galveston a été recouverte de 1 mètre d’eau. Les quais ont également beaucoup souffert.
- La plupart des petits voiliers ont sombré. Un bateau anglais a échoué à trois milles au nord de l’île du Pélican, et un autre grand navire près du cap Virginia.
- Les communications avec la côte ont toutes été interrompues.
- La ville de Sabinepass est complètement détruite.
- La ville d’Ahvm, située à 20 milles au nord de Galveston, est presque complètement détruite. Un grand nombre de personnes y ont péri.
- Un télégramme de la Nouvelle-Orléans a estimé le chiffre des victimes à Galveston à 2600. Les dommages sont évalués à plus de 50 millions.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 15, à 9 h. 6 m. du soir.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Le Congrès d’aéronautique a été ouvert à l’observatoire de Meudon sous la présidence de M. Janssen. Le savant astronome, dans un discours applaudi, a résumé les progrès accomplis en aéronautique depuis 1889. A la fin de leurs travaux, les congressistes ont visité l’établissement aérostatique de Chalais-Meudon, sous la conduite du colonel Renard.
- —(g)— Au Congrès des pétroles, on a beaucoup discuté sur l’origine du pétrole. Plusieurs communications ont été faites sur les pétroles russes, américains, transcaspiens, sur l’emploi du moteur à pétrole «(ans la navigation par M. Henry Deulseh, sur la mission en Algérie de M. Neuburger, sur les pétroles de Bornéo, du Japon et du •Canada, enfin sur la classification et l’utilisation des pétroles. En ce qui concerne la chimie des pétroles, MM. Zaloziecki et Edeleano ont présenté des travaux intéressants. Ces deux chimistes, travaillant indépendamment l’un de l’autre, sont arrivés à des résultats analogues et ont obtenu des corps nouveaux. Ils pensent avoir montré la possibilité de tirer du pétrole des substances de la série aromatique, ce qui conduirait aux matières colorantes telles qu’on les extrait de la houille. Les congressistes ont pu voir des échantillons de ces substances et des écheveaux de soie ayant reçu leur teinture.
- —(§)— Les diagrammes exposés par la direction des chemins de fer du ministère des travaux publiés sont intéressants à consulter. Les chemins de fer apparaissent en 1828, sur une longueur de 23 km. En 1858, leur longueur est de 183 km; en 1848, 2200 km sont livrés à l’exploitation. Dès lors, de dix ans en dix ans, la progression augmente toujours : 8021 km en 1858; 16 625 en 1868; 22 139 en 1878, et 2069 km de lignes d’intérêt local. En 1899, le chiffre de 45 000 km de voies ferrées est atteint. Les recettes et les dépenses par km de ligne d’intérêt général exploité s’élèvent respectivement à 25 997 francs et à 16 650 francs en 1841 et à 37 138 et 10 988 en 1898. A la fin de 1898, les dépenses totales d’établissement s’élevaient à 16 098 000000 francs pour les lignes d’intérêt général et à 509 millions pour les lignes d’intérêt local. Le personnel employé sur l’ensemble des voies ferrées françaises s’élevait, en 1898, à 269608, dont 259 241 pour les lignes d’intérêt général, et 10 367 pour les chemins de fer d’intérêt local. L’effectif du matériel roulant est le suivant : en 1898, le nombre des machines mises à la disposition des voies ferrées s’élevait à 10 964, soit 10180 pour les chemins de fer d’intérêt général et 784 pour ceux d’intérêt local. Le nombre des véhicules de toute nature en service s’élevait à la même époque à 512 216, se décomposant en 28 665 wagons à voyageurs, 14 320 fourgons et 269 251 wagons de marchandises.
- —g)— Combien de temps pour aller à Pékin? Actuellement, on compte trente-huit jours pour aller de Paris à Pékin, et les frais du voyage s’élèvent à 2480 francs. En 1905, quand le réseau du Transsibérien sera entièrement terminé (il y a aujourd’hui 5400 kilomètres de rails posés), le prix du billetne sera plus que de 1280 francs, repas compris.
- —Le produit de la taxe des vélocipèdes a été en 1899 de 4 538 520 francs. Le nombre des vélocipèdes imposés s’est élevé à 858 856. Ce nombre a suivi une progression rapide et constante depuis l’origine de la taxe. Le nombre des vélocipèdes imposés a été de 203 026 en 1894; 256 084 en 1895; 529816 en 1896; 408869 en 1897; 483414 en 1898; 838 856 en 1899. C’est le département de la Seine où l’on constate le plus grand nombre de vélocipèdes; il s’y 'élève à 185 781, soit près du quart du nombre total pour toute la France. Les départements venant ensuite sont : le Nord, 55 850 vélocipèdes; Seine-et-Oise, 35 483; la Gironde,-20 279; Seine-Inférieure, 19 727; Rhône, 19477; Seine-et-Marne, 19072. et Oise, 16 522.
- —®— Nouvel emploi du téléphone, d'après le Chasseur français. Quelques abonnés en province ont pris leurs dispositions d’accord avec l’administration pour se servir de la sonnerie de leur téléphone comme sonnerie d’alarme. Ils ont laissé des ordres en conséquence au bureau de poste, et chaque matin le directeur a une liste spéciale d’appels depuis 4 heures et demie jusqu’à 7 heures et demie. Les personnes qui doivent prendre le train de hon matin en avertissent le directeur, et elles sont certaines de ne pas le manquer. Il arrive souvont qu’un abonné laisse un mot pour un service de toute la nuit, afin de se faire réveiller toutes les heures ou toutes les deux heures pour prendre une potion.
- —®— M. Bezold vient de publier des statistiques curieuses en ce qui concertie les coups de foudre en Bavière. Le nombre de bâtiments frappés par la foudre s’élevait en moyenne à 110,8 par million pendant les années de 1864 à 1876; de 1876 à 1889, ce chiffre s’est élevé à 225.1. Pour l’Allemagne en général, la proportion était de 164,2 pour les années de 1876 à 1885, et de 258,4 pour les années de 1884 à 1891. Pour ce qui concerne la Bavière, la proportion a continué pour la période de 1853 à 1897. De 1853 à 1842, la proportion était de 51 par million de bâtiments assurés; et elle était de 198 pour la période de 1888 à 1897. L’auteur dit qu’il semble qu’on se trouve en présence d’une période de longue durée qui dépend de causes météorologiques ou cosmiques. Les statistiques de M. Bezold montrent aussi que les orages ont gagné en intensité, car les coups de foudre à action brisante ont augmenté, tandis que ceux qui provoquent des incendies ont diminué. La moyenne des coups de foudre ayant causé des incendies a été en effet de 42,7 pour 100 de 1885 à 1887, de 55,9 pour 100 de 1888 à 1892, et de 51,5 pour 100 de 1885 à 1897.
- —(g)— M. Fricdlander. dans le dernier volume des « Transactions and Proceedings de l’Institut », décrit l’éruption du volcan Mari (Nouvelle-Zélande). Cette éruption commença par une explosion; des quantités considérables de fumées et de vapeurs chargées de cendres s’élancèrent du cratère. On a remarqué quatre phénomènes lumineux distincts : la réflexion de la matière incandescente sur les nuages sombres; de nombreuses roches en feu lancées à des hauteurs considérables et retombant suivant des trajectoires paraboliques; l’éclairement dù à l’électricité produite par le frottement, et qui se manifestait par les vapeurs et les fumées chargées de cendres incandescentes. On voyait enfin des llammcs hleues et d’autres rougeâtres. Les flammes bleues provenaient probablement de la combustion du soufre qui s’échappait à 1 état de vapeur et rencontrait dans l'atmosphère l’oxygène nécessaire à sa combustion.
- —!§)— Dernièrement, a eu lieu, à Orléans, la conférence faite par M. et Mme O'Malley, les deux voyagçurs qui ont, il y a trois ans, entrepris de faire à pied le tour du monde comme voyage de noces. M. et Mrac O’Malley continuent leur voyage en se dirigeant vers Lyon par La Ferté et Vicrzon. De Lyon, ils comptent se rendre en Suisse, en Italie, en Espagne, où ils s’embarqueront pour l’Afrique. Ces intrépides marcheurs ont une avance de trois mois. Ils pensent mener à bien leur voyage de 52000 kilomètres.
- —g)— Vers le 12 septembre, le Vésuve a été en éruption pendant quelques jours, lançant d’énormes pierres.
- —L’équipe de pigeons voyageurs du paquebot transatlantique la Lorraine vient de couvrir le record établi dans les précédents voyages. Le plus long itinéraire parcouru avait été jusqu’ici de 324 milles. Or, les pigeons de la Lorraine ont parcouru 350 milles, soit environ 650 kilomètres.
- —®— La traction électrique le long des canaux semble se vulgariser : voici notamment qu’on annonce que ce système vient d’être installé sur le canal de Charlcroi, sur une distance d’une huitaine de kilomètres.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Communications. — M. .4. Dujarric-Descoinbes, vice-président de la Société historique et archéologique du Périgord, à Périgueux, nous adresse deux petits articles qu’il vient de publier dans les journaux de cette ville. Le premier est relatif à la germination des grains antiques, d’après les expériences de M. Gain que M. Gaston Bonnier a communiquées à l’Académie des sciences. Le deuxième se rapporte au premier aérostat; nous le reproduisons : « On sait que la Chronique latine de notre compatriote Geoffroy du Breuil, prieur de Vigeois, a été publiée, en 4657, par le Père Labbe, dans^sa Bibliotheca nova manuscriptorum librorum, tome 11, p. 279-342. Cette Chronique renferme la mention de divers événements relatifs surtout à l’histoire du Limousin, du Périgord et des provinces voisines, depuis le règne du roi Robert, fin du xe siècle (996) jusqu’à l’année 1185. Geoffroy ne se borne point à l’histoire de sa contrée; il effleure aussi l’histoire générale, et, à coté des grands faits historiques, on trouve, dans sa Chronique, de petits détails de moindre importance, que les chercheurs s’empressent de recueillir. 11 en est un, qui n’a encore été signalé que par l’abbé Àrbellot, président de la Société archéologique et historique du Limousin. C’est un curieux passage, qui montre que la navigation aérienne n’était pas inconnue au xne siècle. Le voici : « En Angleterre, on vit dans les airs un vaisseau qui voguait comme un nauton-nier sur la mer. Ayant jeté l’ancre au milieu de la ville de Londres, il fut empêché d’aller plus loin par les habitants de la cité. Les matelots détachent l’un des leurs pour lever l’ancre; mais, retenu par plusieurs personnes, il fut plongé dans les eaux, où il expira. Alors les matelots poussent des cris, et ayant coupé la corde de l’ancre, ils sillonnent de nouveau l’espace aérien. » Par ce fait Irès peu connu, qui se rapporte à l’année 1123, on voit que la navigation aérienne ne remonte pas seulement au xvnf' siècle. En 4670, le Père Lana avait indiqué la possibilité de l’ascension des aérostats; Mont-golfier et Charles les inventèrent de nouveau et les exécutèrent d’une façon remarquable. La montgolfière se composait d’un globe de papier ou de taffetas verni, ouvert à sa partie inférieure et portant un réchaud léger en fils métalliques, où brûlait soit de la paille hachée, soit du papier. L’air chaud étant beaucoup plus léger que l’air froid, à volume égal, lorsque le globe atteint des dimensions suffisantes, la différence de pression détermine l’ascension de la montgolfière et des poids qui y sont attachés. C’est Charles qui a eu l’idée de remplacer l’air chaud par de l’hydrogène, gaz quatorze fois plus léger que l’air. Un globe de 1000 m3 rempli d’hvdrogène peut enlever un poids de 1209ke,699. Le prieur de Vigeois ne donne aucune espèce de détails sur la manière dont était composé l’aérostat, dont il a mentionné l’apparition à Londres. Toujours est-il que la navigation aérienne était pratiquée dès le moyen âge, et que l’Angleterre, au xue siècle, aurait eu l’honneur d'en faire les premiers essais. C’est ainsi qu’un examen attentif île nos vieux chroniqueurs de province peut révéler des parti-culari'és intéressantes pour l’histoire de la civilisation.
- M. P. Loriot, à Villeneuve-Saint-Georges, à propos de l’article de notre collaborateur, M. Henry de Varigny, sur le problème du Coucou (n° 1425 du 1er septembre 1900, p. 211, nous écrit la lettre suivante : « Je lis dans votre journal un article sur la biologie du Coucou relatant une observation faite par M. Meiklejohn sur la façon dont cet oiseau dépose ses œufs (ou plutôt son œuf), dans le nid d’autrui. Les deux faits suivants que j’ai personnellement observés sont, je crois, de nature à donner raison, dans une certaine mesure, à l’opinion de M. Meiklejohn : Une première fois mon attention fut attirée par le va-et-vient continuel de deux malheureux petits rouges-gorges qui semblaient, par la becquée qu’ils rapportaient à chaque lois, avoir affaire à une progéniture d’un appétit peu ordinaire. La curiosité me poussant, je cherchai à découvrir le nid, ce qui ne fut pas long, et quel ne fut pas mon étonne-
- ment d’y voir, au lieu des trois ou quatre petits habituels, un énorme coucou arrivé à son plein développement, mais retenu prisonnier par suite de la disposition du nid qui se trouvait derrière deux racines laissant, pour y pénétrer, un espace juste suffisant au rouge-gorge. La première question que je me lis à la suite de cette découverte fut, évidemment, celle de savoir comment l’auteur de ce pensionnaire avait pu arriver à déposer son œuf dans cette cavité; il est bien certain qu’il n’avait pu recourir, pour cette opération, à la méthode classique de ses congénères et qu’il dut employer le moyen signalé par M. Meiklejohn. Cette habitude n’est, du reste, pas spéciale au Coucou, l’engoulevent qui dépose ses œufs à terre, sans faire de nid, les change très souvent de place, s’il s’aperçoit surtout qu’ils ont été découverts. Le second cas corrobore l’opinion qui se dégage de cette première observation. 11 s’agit cette fois d’un nid de bergeronnette que je découvris par hasard, sous une motte, dans un terrain en friches. Ce nid présentait la même particularité que le précédent à savoir que l’entrée en était trop étroite pour permettre à un coucou d’y pénétrer; il était, en outre, trop avant sous terre pour que l’œuf y put être pondu du dehors. Je crois bon d’ajouter qu’au moment où je découvris ce nid, la bergeronnette n’avait pas terminé sa ponte et lous les œufs qu’elle déposa ensuite à côté de celui de l’intrus furent chaque jour régulièrement supprimés par celui-ci. En résumé, il semble que ces faits éla-Idissent d’une façon certaine que le coucou pond son œuf d’abord, le transporte ensuite dans le nid choisi et en surveille très étroitement l’incubation, contrairement à l’opinion jusqu’ici admise. Le choix du nid, dans tous les cas que j’ai observés, s’était porté sur celui d’un rouge-gorge ou d’une bergeronnette. Je ne trouve l’explication de cette préférence que dans la sécurité que ces nids, toujours très soigneusement cachés en terre et abrités, offrent à sa couvée. 11 faut remarquer, en effet, que le coucou ne pondant qu’un œuf, il doit, instinctivement, ne le confier qu’aux oiseaux qui lui donnent le plus de garanties pour sa reproduction. »
- M. F. C. de Nascius, à Nantes, nous adresse le livre deuxième (2e fascicule) de son ouvrage : A la conquête du ciel. Ce deuxième fascicule a pour sujet : Découverte de la loi des distances des planètes au soleil ; essai d’une formule populaire.
- Renseignements. — M. Mauny, à Cerisy. — Ces renseignements se trouvent dans le petit livre, des Recettes et procédés utiles. l,e série, à la librairie Masson et C‘°.
- Un abonné, à Louvain. — 11 n’existe pas d’ouvrage sur ce sujet.
- M. A. F. Reynaud, à Rio de Janeiro, nous adresse une notice sur le projet d’un chemin de fer interocéanique, présenté par M. A. Leyret, ingénieur.
- M. le Dr Gaulty, à Mecheria. — Pour tous les renseigne ments sur le bateau-malle que nous avons décrit dans le n° 1381 du 11 novembre 4899, p. 384, il faut vous adresser à M. John Osmond 221 West, 12 the Street, Chicago, Illinois.
- Un abonné, à Montréal. — Il faudrait vous adresser directement au constructeur que vous mentionnez ; il vous donnerait aussitôt ces divers renseignements.
- M. le Dr II. Lécuyer, à B. — 1° Bec Denayrouze, 2, rue Ilippolyte Lebas, à Paris. — 2° Les appareils sont très nombreux; ils ont chacun leurs avantages et leurs inconvénients.
- M. G. Prévost, à Troyes. — 1° Nous pensons qu’il en est ainsi. — 2° Nous ne connaissons pas de formule.
- M. Duroy, à Bordeaux. — Il est inutile de faire la jonction dont vous parlez ; il suffit de mettre les deux câbles aux bornes de la machine.
- Un Assiynort, à Lisbonne. — 1° Graveurs héraldisles : M. Stern, 47, passage des Panoramas, M. A. David, 5, rue Castiglione, M. S. Guillot, 99, rue, des Petits-Champs, à Paris. — 2° Librairie héraldiste : M. Le Chevalier, 59, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Gerand, à Evreux. Cette question n’est pas de notre compétence. — M. D. U., à Buxy. Nous ne pouvons insérer cette question; nous ne posons à nos lecteurs que des questions d’intérêt général. — M. J. Pradon, à Limoges. Nous mentionnerons volontiers dans notre bibliographie votre ouvrage, si vous voulez bien nous l’envoyer. — M. Dubois, à Brest. Nous n’avons pas d’autres renseignements à vous donner. — M. D. P., à X.; M. M. G., à Cherbourg; M. U. .Y., à Lyon. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lr' série, à la librairie Masson et Cie. — M. Giraut, à Nimes. Consultez le même ouvrage que ci-dessus, 2e et 5e série, à la même librairie.
- Pans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INTENTIONS’
- Le décapité récalcitrant. — Il n’est pas amusant de se laisser couper la tête; on comprend dès lors facilement que les
- Le décapité récalcitrant.
- personnes qui y sont exposées opposent une vive résistance. C’est ce que fait le nègre figuré ci-dessus, dont la tète sert de pomme à une canne. Dans une rainure pratiquée à cet effet, on fait passer la lame d’un couteau, on appuie et la lame du couteau, passe de l’autre côté, mais la tète reste debout. On comprend facilement que la lame glisse sur une roue découpée sur les bords, et dont les dents se raccrochent à la partie supérieure ; mais la tête reste toujours maintenue. Pour redonner «le la rigidité à la canne, il faut serrer la bague en la tournant de gauche à droite. — Le décapité récalcitrant se trouve chez MM. G. Itenaiit et Ci0, 43, boulevard'de Strasbourg, à Paris.
- Xouvean balai tue-mouches. — Les mouches, les guêpes, les moustiques sont insupportables en cette époque de fruits, et l’on cherche souvent des moyens simples pour s’en débarrasser. 11 existe déjà bien des moyens, bouteilles, papiers, etc. Le nouveau balai se compose d’une série «le fils
- Nouveau balai tue-mouches
- d’acier trempé. Il suffît d’approcher le balai au-dessus des bestioles, et de frapper franchement, mais pas fort. Les résultats obtenus sout surprenants. Nous avons essayé le balai et en quelques minutes, nous avons pu faire disparaître un grand nombre de mouches et de guêpes. — Le balai lue-mouches est en vente à la même adresse que l’objet précédent.
- La timbale des chasseurs et des touristes. —
- Tout en caoutchouc pure gomme extra, cette nouvelle timbale ne tient pas plus de place dans la ’poche qu’une pièce de cinq
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifioues est étrangère aux annonces.
- francs. Elle ne coimiiuni«pie aucune odeur aux liquides qu’elle: renferme et ne se déforme jamais. Nous pensons «ju’elle peut être très utile spécialement aux officiers, soldats en manœuvres,
- La timbale des chasseurs et des touristes.
- aux chasseurs, touristes, etc. — La timbale se trouve à la même adresse que les objets précédents.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- L'encre an tannate contre les dermatoses.
- L’encre est une panacée vulgaire et d’origine certainement bien ancienne contre les brûlures peu étendues. Les écoliers connaissent tous ce traitement simple, pratique ; ils se brûlent le bout du doigt contre le poêle de la classe. Aussitôt les autres de vous conseiller à l’envi : trempe ton doigt dans l’encre. La remède agit en effet très bien : il calme assez rapidement la douleur et forme sur la partie brûlée une sorte de couche protectrice de tannate de fer. L’encre n’est en effet qu’une solution plus ou moins concentrée de ce sel ou d’un sel analogue, légèrement additionnée de gomme.
- Les dennatologistes, forts de cette expérience qui remonte peut-être à des siècles, eurent l’idée d'employer l’encre pour combattre certaines affections de la peau. I.nna, entre autres, le savant praticien de Hambourg, l’a conseillée et employée souvent, dans.le pemphigus, l’eczéma et quelques autres dermatoses exfoliatriees.
- En autre médecin, Leistikow, a eu l’idée de l’utiliser contre' une lésion fort rebelle, l’ulcère de jambe dû aux varices. Ces ulcères sont parfois très étendus, très profonds, et résistent aux traitements les mieux suivis. Leistikow emploie de l’encre fraîchement préparée ; il prend d’une part une solution de tanin de 10 pour 100 et une de sulfate de fer de 5 pour 100. 11 les mélange juste au moment de faire le pansement ; le tannate de fer s’obtient instantanément formant une encre d’un beau noir. On imbibe des compresses de ce liquide, dont le degré de saturation peut varier en modifiant le titre des solutions premières, et les compresses sont appliquées directement telles quelles sur l’ulcère ; le tout est recouvert de taffetas ciré.
- Le pansement doit être fait tous les jours; il calme très vite les douleurs, active le bourgeonnement de la plaie et favorise la cicatrisation rapide. Il n’a que l’inconvénient pour le malade et pour l’infirmier, s’il n’y prend garde, de tacher les doigts; petit inconvénient et facile à faire disparaître.
- Ce succès engagea le Dr Leistikow à essayer, comme Lima l’avait fait, l’application de l’encre dans d’autres affections de la peau et les résultats ont été très satisfaisants dans le prurigo, l’herpès et l’érythème. L’encre est, en effet, une solution astringente, très astringente et siccative qui convient très bien à ces dermatoses localisées. Dr X.
- L’iodoformoi'ène.
- De tous les antiseptiques, l’iodoforme est un des plus puissants, mais il a, dans la pratique, un inconvénient majeur, c’est son odeur pénétrante. Maniez de la gaze iodoformée, un peu de poudre d’iodoforme et vos doigts seront imprégnés «le ce parfum subtil, pour la journée ; que dis-je, vos doigts, vos
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- habits, tout votre être en sera pénétré. La pièce «l'appartement dans laquelle vous aurez ouvert un flacon pendant quelques instants en garde l’odeur plusieurs jours. C’est un peu comme le musc ; il n’en faut qu’un atome pour qu’un nez à odorat ordinaire reconnaisse pendant longtemps cet agent. En dehors des opérations de chirurgie, où son emploi a été conservé, il a fallu renoncer à s’en servir. Ce n’est pas que l’odeur soit nauséabonde ou désagréable, mais elle est trop persistante.
- Comme cette substance a des propriétés antiseptiques de premier ordre, on a cherché à atténuer cet inconvénient en dissimulant les émanations odorantes par un parfum plus pénétrant qui arrive à les neutraliser ; tels sont les mélanges avec l’essence de cannelle, la fève Tonka, la poudre d’encens, etc. Les résultats de ces mélanges ne sont pas merveilleux; l’iotlo-forme prime toujours.
- Les chimistes ont trouvé mieux; c’est une combinaison
- d’iodoforme avec un corps albuminoïde, formant une poudre fine, granuleuse, dépourvue ou à peu près de toute odeur. Ce nouveau corps a reçu le nom d’iodoformogène. Il jouit des mêmes propriétés que l’iodoforme, c’est-à-dire qu’il est désinfectant, antiseptique, mais à un degré moindre que l’iodoforme puisque cette substance n’entre que pour un dixième dans celte combinaison.
- Appliqué en poudre sur les plaies, sur les ulcérations, dans la plupart des suppurations, l’iodoformogène amène la cicatrisation mi laissant se dégager lentement l’iodoforme, dont on perçoit alors vaguement l’odeur, quand on renouvelle les pansements.
- Ne contenant qu’une petite quantité d’iodoforme ce produit est moins énergique comme désinfectant, mais il a par contre l’avantage d’être moins toxique et l’un compense l’autre. C’est un agent de pansement à essayer. I)r N.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT OIRECTIÔN ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 17 septembre 16*,8 N. W. 1. Quelques éclaircies. 0,0 Très nuag. jusqu’à 13 h. ; puis peu nuag. * beau après 17 b. ; écl. à 4 h. et à 21 h. ; gouttes à 4 h. et 12 h. 40.
- Mardi 18 15",1 S. S. E. 1. Très nuageux. 0,0 Nuag. jusqu a 20 h.; couv. ensuite; éclairs de 19 h. 50 à 21 h. ; pluie de 20 h. 20 à 24 h. Couv. de 8 à 18 h.; nuag. avant; beau après; pluie de 10 à 12 h.
- Mercredi 19 15°, 5 N. N. \V. 2. Nuageux. 4,7
- Jeudi 20 9*,8 N. N. W. 3. Beau. 1,2 Beau.
- Vendredi 21 9°,1 N. 1. Beau. 0,0 Peu nuageux de 12 à 18 h. ; beau avant et après ; halo-
- Samedi 22 8*,4 N. N. E. 2. Beau. 0,0 Beau le matin ; quelques nuages le soir.
- Dimanche 23 ... . 9”, 7 Calme. Nuageux.. 0,0 Peu nuageux de 6 à 8 h. ; beau avant et après; éclairs dans la soirée, de l’W.-S.-W. au S.-S.-E.
- SEPTEMBRE 1900. - SEMAINE Dü LUNDI 17 AU DIMANCHE 25 SEPTEMBRE
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent . courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre tamené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abtt à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- Orages. — De violents orages ont éclaté en diverses régions dans la semaine du 17 au 23 septembre.
- Le 18 septembre, dans la soirée, à 7 heures et demie, un orage a sévi sur Paris et a causé, aux abords de l’Exposition, un véritable mouvement d’affolement. D'innombrables visiteurs, surpris sans parapluies, se répandaient en bâte, à la recherche de places dans les omnibus et les tramways bondés, à la recherche de fiacres introuvables. Cet orage a été la cause indirecte d’un accident des plus rares, survenu sur la Seine au bateau n° 47, de la ligne des bateaux-omnibus affectée spécialement au service de nuit de l'Exposition. On n’a eu à déplorer aucun accident de personne.
- A Perpignan, le 19 septembre, la pluie est tombée presque continuellement. Les vendanges ont dû être interrompues par suite de l’impossibilité de pénétrer dans les vignes détrempées par les pluies. La récolte pourrit sur pied dans les bae et dans les plaines avoisinant la mer.
- Le même jour, dans l’après-midi, vers 5 heures, un violent orage, accompagné d'une forte pluie, s’est abattu sur Bordeaux. La température qui était très élevée a été ensuite sensiblement plus basse.
- Le 19 septembre également, un grand orage a éclaté sur le village de \illanueva (Espagne). Trois personnes ont été tuées par la foudre, cinq ont été grièvement blessées et dix légèrement.
- PHASES DE LA LUNE ; .N L. le 23, à 8 h. 6 m. du soir.
- Équinoxe le 25 à midi 29 m.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
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- INFORMATIONS
- —®— Le Congrès des chemins de fer, qui vient de prendre fin, a été suivi par un grand nombre de congressistes accourus à Paris, le Congrès a été ouvert sous la présidence de M. P. Baudin, mi-nistre des.travaux publics. Le ministre a prononcé un discours dans lequel, après avoir remercié au nom du gouvernement de la République, les souverains et chefs d’Etat qui ont envoyé des délégués au Congrès, et souhaité la bienvenue aux congressistes, il a résumé les principaux progrès réalisés depuis 1889 dans l’industrie des -chemins de fer. Il a montré aussi les efforts faits en vue de l’amélioration du sort du personnel et du perfectionnement de son instruction professionnelle, efforts qui ont donné déjà de bons résultats. Le Congrès a procédé ensuite à la nomination de son bureau définitif : MM. Pierre Baudin, ministre des travaux publics, et Alphonse de Rothschild, président du conseil d’administration du chemin de fer du Nord, ont été désignés comme présidents d’hon-jieur par acclamation. M. Alfred Picard, commissaire général de l’Exposition de 1900. et qui fut déjà président du même Congrès international en 1889, a été nommé président avec tous les premiers délégués des gouvernements étrangers comme vice-présidents, et M. Weisscnbrueh, ingénieur principal aux chemins de fer de l’Etat belge, comme secrétaire général. M. Alfred Picard, en prenant possession du fauteuil de la présidence, a rappelé les progrès accomplis. A la fin de 1898. la longueur des chemins de fer en exploitation était de 750 000 kilomètres environ, chiffre correspondant à dix-neuf fois le développement d’un méridien terrestre. La quote-part de l’Europe dans ce total ne dépassait pas 56 pour 100 ; celle de l’Amérique atteignait 51; l'Asie, l’Afrique et l’Australie avaient respectivement 7, 2, et 5, et l’on évaluait à 186 milliards les capitaux engagés. La section des chemins de fer à l’Exposition est la plus complète qu’on ait vue jusqu’ici dans les expositions. Vingt-trois pays y ont envoyé soit des spécimens de matériel, soit des modèles, "des" dessins, des documents imprimés ou graphiques. Elle est, (jour la majeure partie, groupée dans l’annexe du bois de Yincennes, sous des abris parfaitement appropriés à leur destination, couvrant 4 kilomètres de voies et disposes de manière à rendre les comparaisons faciles et promptes. Le nombre des locomotives exposées est de 75; celui des voitures à voyageurs de 91 ; celui des wagons à marchandises, de 40 ; celui des voitures de tramways, de 51. M. Alfred Picard a fait ressortir les caractéristiques des progrès réalisés dans l'industrie des chemins de fer, augmentation du poids des rails, qui va en Belgique jusqu a 52 kilogrammes par mètre, et de leur longueur qui va jusqu’à 18 mètres et atteindra bientôt 24 mètres;-perfectionnement des signaux de sécurité; généralisation des enclenchements et de l’emploi de l’électricité. Depuis 1885, la France s’honore d’avoir un code de signaux attribuant à chaque signal une seule et même signification pour une apparence ou un ton déterminé. La puissance et la vitesse des locomotives à vapeur se sont accrues, en même temps que la traction électrique s’est étendue des tramways aux chemins de fer. Les procédés d’éclairage des wagons, les freins ont reçu de nombreux perfectionnements. Toutes ces questions ont ensuite été soumises au Congrès qui a adopté de nombreux vœux tendant à l’amélioration possible de l’état actïîél. Diverses sections ont examiné les voies et travaux* (joints des rails, aiguilles, croisements, ballasts, etc.), la traction et le matériel (échappement et tirage dans les locomotives, trains à très grande vitesse, emploi de l’acier et du fer, freins), l’exploitation, l’ordre général, les chemins de fer économiques.
- —8— Parmi les divers Congrès qui se sont réunis récemment à Paris, nous mentionnerons encore tout particulièrement le Congrès de géodésie, dont la séance d’inauguration a eu lieu le 25 septembre à la Sorbonne sous la présidence de M. Leygues, ministre
- de l’instruction publique. Le ministre était assisté des délégués français : MM. Ilervé-Faye, du Bureau des longitudes, président effectif du Congrès; Bouquet de la Grye; général Bassot, directeur du service géographique de l’armée; colonel Defforges; Lallemand, directeur du nivellement général de la France ; commandant Bourgeois, chef de la section de géodésie du service géographique de l’armée.
- —®— Le général Galliéni est arrivé vers le 20 septembre à Suberbieville, en automobile. Il a accompli dans de bonnes conditions, et en vingt heures, le trajet de 560 kilomètres entre Tanati;:-rive et Suberbieville. Malgré l’absence d’empierrement, la route est bonne pendant la saison sèche, à l’exception du tronçon de 20 kilomètres à refaire au delà d’Andriba.
- —8— Dans l'après-midi du 25 septembre est parti du parc des Sports de Berlin, en présence d'une multitude immense, un ballon monstre dit le Géant. Les voyageurs étaient au nombre de quatre : MM. Berson et Susing. météorologistes de l’Institut royal, M. Pickwick Alexander, de Londres, et l'émule de Nadar, qui a organisé l’expédition, l’aéronaute Zekely. Le ballon a été lancé par les aéronautes militaires de Tempelhoff, commandés par le major Klausman, chef du corps. La veille, on avait lancé un ballon militaire pour s’assurer de la direction des vents, procédé un peu naïf. Le ballon militaire s'était envolé vers la Russie, mais le Géant a filé, paraît-il, vers la Baltique. L’aérostat était pourvu de provisions pour plusieurs mois, de sorte que les aéronautes pouvaient profiter d’un bon vent pour aller le plus loin possible dans la direction de la Chine. Le Géant a terminé son voyage par un uaufrage. L’accident s’est passé dans le voisinage de Bernait. Il paraît avoir été produit par le guide-rope géant, long de 500 mètres, que les aéronautes avaient imprudemment laissé à la traîne. Il n'y a pas eu de mort ni, paraît-il, de blessure grave.
- — 8— Fn grave accident, d'une nature tout à fait imprévue, vient d’arriver au ballon Zeppelin. Au moment où l’on allait commencer le gontlement, l'énorme carcasse, qui ne pèse pas moins de 4000 kg, s'est détachée du plafond du hangar. Une des chaînes qui retenaient le ballon suspendu s'étant rompue, toute la masse est tombée sur le plancher. La carcasse en aluminium s’est fortement cabossée. On n’a eu qu'un seul accident de personne à déplorer; un des aéronautes du premier voyage, le comte de Bassas, s’est brisé le genou dans sa précipitation pour travailler à réparer ce ballon. La seconde ascension si attendue est donc forcément remise à l’année prochaine.
- —8— Le Commissariat vient de faire établir le relevé des entrées à l’Exposition à la date du 16 septembre inclusivement. Le nombre total d'entrées s’est élevé à 55 598 555. Le nombre total de tickets oblitérés a été de 29 056 769. En 1889, le total des entrées payantes pour toute la durée de l’Exposition fut de 25 598 609. le total des tickets oblitérés fut de 28149152; enfin, le total général des entrées, pavantes ou non, fut de 52 550 297. Le chiffre total des entrées à ï’Exposition de 1900 était déjà, au 16 septembre, supérieur à celui que réalisa, dans toute sa durée, l’Exposition universelle de 1889. En septembre et octobre 1889, le nombre des entrées fut d’environ cinq millions par mois. Le plus gros chiffre d’entrées a été jusqu’ici de 600 578 le dimanche 9 septembre.
- —8— Do nouveaux essais de télégraphie sans fil ont été tentés entre Cuxhaven et lleligoland. Les résultats ont été concluants. On a pu obtenir une communication parfaite entre le port de Cuxhaven et l’île de lleligoland, distants l'un de l’autre d’environ 62 kilomètres.
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- NOUVELLES SCIENT IFIQUES.
- Communications. — M. E. N., à G., à propos d’une de nos réponses au sujet de l’oxyde de carbone, nous communique un procédé indiqué il y a déjà quelque temps dans la Revue Encyclopédique. 11 est moins compliqué qu’il ne paraît au premier abord.
- « Une solution faible de permanganate de potassium acidulée par l’acide azotique se décolore sous l’influence de l’oxyde de carbone. Quand on ajoute un peu d’azotate d’argent la décoloration est accélérée. De rose, la liqueur vire au blanc en plusieurs heures. Voici la formule :
- A. Liqueur de permanganate de potassium. — On fait bouillir un litre d’eau distillée avec quelques gouttes d’acide azotique pur. On ajoute goutte à goutte le permanganate dissous, jusqu’à coloration rose persistante. Après refroidissement on dissout 1 gramme de permanganate cristallisé, et on ajoute 50 cm3 d’acide azotique. Conserver à l’abri de l’humidité.
- B. Liqueur d’argent. — Dissoudre 2 ou 5 grammes d’azotate d’argent cristallisé dans un litre d’eau distillée.
- Liqueur réactif de l’oxyde de carbone, à préparer au moment de l’expérience :
- Liqueur A................................ I cm3
- Liqueur B................................20 cm3
- Acide azotique pur...................... 1 cm3
- Eau distillée, sans matières organiques. 50 cm3
- Pour opérer on prend deux flacons à l’émeri pleins d’eau pure. On vide le premier dans la pièce dont on veut examiner l’air suspect. On vide le second à l’air libre, pour le remplir d’air normal : celui-là sert de témoin. On place les deux flacons sur une feuille de papier blanc et l’on verse dans chacun d’eux 23 cm3 du réactif, puis on les abandonne à eux-mêmes après les avoir bouchés. Au bout d’un certain nombre d’heures qui peut atteindre 24, le flacon qui renfermera l’oxvde de carbone sera décoloré; l’autre, le témoin, sera encore rosé. »
- 31. de Coudeu, à Ronce-les-Bains, nous a adressé l’intéressante communication suivante : « Je me trouvais le
- 16 septembre, sur la plage de Bonees, où j’ai assisté dans la soirée à un phénomène météorologique assez étrange et en ma qualité de lecteur de votre journal, j’ai pensé que peut-être, il serait intéressant pour vous d’en avoir connaissance.
- « Avant de vous décrire ce que j’ai vu, je crois utile de vous donner un aperçu de la topographie delà localité. La maison ue j’habite accidentellement a en face les forêts de Saint-ravan, à gauche l’ouverture de Maumusson et les bois de Pins qui la limitent de ce côté. A droite le Chapus et la rive droite de la Seudre. Dans le ciel la Grande-Ourse et par conséquent l’Étoile Polaire. J’étais donc, le soir, vers 9 h. 30, sur la terrasse qui s’étend de la maison à la mer, par une soirée superbe après une journée chaude et un peu orageuse. Légère brise de sud, Obscurité profonde. (La lune avait été pleine le 9). J’allais rentrer chez moi, quand une lumière intense se produisit au-dessus de moi, éclairant comme en plein jour le terrain et les maisons voisines. J’aperçus alors en levant la tète un volumineux globe lumineux, à quelque distance dans l’< st del’Étoi.’e Polaire et se dirigeant du nord-est au sud-ouest, laissant apiès lui une 1res large trace lumineuse qui conserva toute son intensité pendant au moins 2 secondes. L’arc parcouru lut de 40° environ et se termina par un éclatement produisant 4 ou 5 petites sphères lumineuses, qui disparurent sans indiquer de traces verticales, puis tout rentra dans la nuit. La trace du bolide paraissait influencée par une légère trépidation, rappelant celle du cinématographe. Ce qui pourrait faire croire que le bolide était animé d’un double mouvement de rotation et de translation.
- « J’étais encore sous le coup de la légère émotion produite par le phénomène, quand j’entendis très distinctement un
- roulement assez vif, que j’attribuai tout d’abord à un orage lointain. Ce n’est qu’un peu plus tard, qu’il me vint à la pensée que ce bruit, qui ne s’était pas renouvelé, pourrait bien avoir été occasionné par la chute du bolide dans la mer, au delà du Galon-d’Or. Entre l’éclat lumineux et le moment de la chute, il s’est écoulé de deux à trois minutes, ce qui rend celte dernière supposition très possible. Le bruit auquel je viens de faire allusion, m’a rappelé, après réflexion, celui produit par un obus de gros calibre, au moment de son contact avec la mer. M. l’ingénieur en chef au service de la carte de France, M. Anthoine, en villégiature à Ronces, a également observé le phénomène ; nous en avons longuement parlé' ensemble et sommes à peu près d’accord sur tous les points, sauf cependant sur la distance à la terre du bolide pendant la période lumineuse de sa course ; il l’estime à 5 ou 400 mètres. Je la crois beaucoup plus considérable ».
- M. M. Ardenne, à Libourne, nous adresse la communication, suivante : « Ayant lu quelque part que l’ortie atteignait ordinairement une hauteur de 6 à 12 décimètres, j’ai pensé qu’il! pourrait être de quelque intérêt de faire savoir que cette plante peut aller exceptionnellement jusqu’à 2m,50 et plus de' hauteur. Je viens d’en cueillir deux tiges, mesurant 2"’,00 et 2m,68, dans une propriété de famille, sur un soi formé de-gravats et autres décombres. ))
- Renseignements.— M. Neveu, à .Mayenne. —l°Yous trouverez un traité sur la télégraphie sans fils à la librairie Gau-thier-Yillars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris. Les expériences les plus récentes sont publiées dans les journaux g nous venons de donner deux articles à ce sujet. — 2° Yoyez. à la librairie Desforges, 41, quai des Grands-Augustins, à Paris. — 3° Cette machine serait difficile à réaliser en pratique-et les résultats n’en seraient peut-être pas aussi satisfaisants que vous paraissez le croire.
- M. N. T., à Lyon.— l°Le moteur est en effet constitué par les contrepoids articulés. — 2° Nous avons déjà signalé plusieurs applications semblables; il nous est impossible d’y revenir encore.
- 31. A., à Moissac. — 1° Nous ne pensons pas q,ue' le sucrate' de chaux soit dangereux. — 2° La dose à employer dépend de la qualité du vin ; il faudrait consulter un chimiste. — 3° Remerciements pour vos communications.
- 31. Trial, à Saint-Etienne. — Yous aurez ces renseignements en vous adressant à la Société géologique de France, 7, rue des Grands-Augustins, à Paris.
- 31. T. Fernal, à Granville. — La librairie Dunod, 49, quai des Grands-Augustins, à Paris, publie par fascicules un ouvrage comp'et sur la Mécanique à l’Exposition de 1900.
- 31. de Pinieux, à Yillers. — Nous ne pouvons vous confirmer ce renseignement.
- 31. E. N., à G. — Yous trouverez un beau portrait de Pasteur, chez M. Sachet, smeesseur de la maison Gravade, 59, boulevard Saint-Michel, à Paris.
- M. EmVio I). Arranguiz, à Jaca. — Pour tout ce qui concerne le fibroleum, il faut vous adresser à la Société d’encouragement, 44, rue de bennes, à Paris.
- 31. Louis Colombier, à Armentières. — Adressez-vous à M. Solignac, 67, rue de la Yictoire, à Paris.
- 31. L. Yanvincq-Rnnez, à (iavengbem-les-Eperlecques. — Nous vous remercions j our votre communication ; nous ne? pouvons entreprendre une discussion sur ce point. Si vous le désirez, nous soumettrons votre idée à l’auteur de l’article.
- 31. Desrousseaux, à Youziers. — Pour détruire les cafards nous avons indiqué une pâte phosphorée dans le petit livre des Recel;es et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie.
- 31. Dumont, à Nice. — Il y a lieu de poursuivre vos observations et d’en prendre soigneusement note. Nous ne pouvons vous dire encore quels résultats vous obtiendrez.
- 31. F. B., à Pamiers. — 1° Nous ne connaissons pas de briquet spécial. — 2° Renseignez-vous au Comptoir général de, photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. P. JL, à,
- Lyon. Ifous ne pouvons nous étendre longuement sur ces questions,, et entrer dans tous les détails que vous demandez. — il. Gerond,, à Lille. Aucune décision n’a encore été prise à cet égard. — M. Dupont, à Nérac. Il est nécessaire de suivre des cours spéciaux. — SI. D. L., à Y ; M. Di rond, à Paris. Consultez les Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson. — M. D. Lerand, à Paris ; M. Dubois, à Argenteuil. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, Pi à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- 7 N
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Dressé à l’Observatoire de Paris, d’après les publications du Bureau des longitudes
- OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1900. — POSITION DES PRINCIPALES PLANÈTES.
- Passage an méridien
- NEPTUNE
- Bélieif
- Lion
- Poissons
- Petit Chien
- Baleine
- PRINCIPAUX PHÉNOMÈNES ASTRONOMIQUES lJCO, Rom de l’astre. Gra deur LtninerMi n. Tomps inojen Émersion. Temps moyen.
- Ncv, 7 1212 B.A.C. 7,0 14 h. 42 m, 9 15 h. 52 m, 0
- Occultations des Planètes et des Étoiles Dar la Lune. — 9 x* Oriou. 5,0 9 h. 59 m, 0 ippulseb 3 i do bord.
- visibles à Paris. — 9 x* Oriou. 5.1 15 li. 5 m, 8 ippul.-e b 0'8 du bord.
- 11 1 Ecrevisse. 5,9 11 h. 50 m, 7 16 h. 9 m, 5
- 1900. Nom de I astre. Grandeur Immersion. Emersion. 12 A1 Ecrevisse. 5,9 12 h. 0 m, 8 13 h. 7 m, 0
- Temps moyen Temps moyen. — 12 A* Ecrevisse. 6,1 15 h. 4 m, 0 ippu se b C8 du bord.
- Octobre. 1 34 336 Lalande. 6,8 7 h. 34 m, 9 ippulse 1 5'* du bord. _ 13 m Lion. 5,6 10 h. 37 m, 6 11 h. 50 m, 8
- — i 6336 B.A C. 6,2 8 h. 36 m, 4 ippulse J 5 4 du bord. — 15 p* Lion. 6,1 13 b. 7 ni, 1 14 h. 8 m, 3
- — 1 6347 B.A.C. 6,0 8 11. 46 m, 1 9 h. 52 ni, 5 — 29 44 337 Lalande. 6,4 10 h. 21 m, 8 Ippulse à 21 du berd.
- — 2 6710 B.A.C. 5.8 10 h. 17 m, 3 11 b. 13 m, 0 — 50 x Poissons. 5,0 6 li. 17 m, t 7 b. 21 ni, 5
- — 3 7063 B.A.C. 6,4 9 h. 6 ni, 6 10 h. 17 m, 0 — 50 9 Poissons. 6.4 6 b. 12 m, 8 7 b. 26 ni, 7
- — 6 x Poissons. 5.0 13 1,. il m, 6 1 4 li. 45 ni, 0 — 30 16 Poissons. 6,0 11 h. 37 m, 5 12 li. 23 ni, 1
- — 6 9 Poissons. 6,4 13 h. 46 m, 0 11 h. 44 m, 9 Déc. 2 2435 Lalande. 7,0 8 li. 30 ni, 5 9 li. 38 m, 1
- — 8 523 B.A.C. 6,9 5 h. 59 m, 0 6 h. 27 ni, 0 — 3 19 Bélier. 5,9 5 h. 10 m, 3 6 h. i m, 1
- — 8 2435 Lalande. 7,0 12 h. 20 m, 4 13 h. 29 ni, 0 — 5 w* Taureau. 5,7 6 b. 12 m, 8 6 b. 56 m, 7
- — 9 19 Bélier. 5.9 8 h. 11 m, 8 8 h. 54 m, 8 — 5 1342 B.A.C. 6,5 8 li. 52 m, 8 9 h. 21 m, 1 ,
- — il w* Taureau. 5,7 8 h. 49 m, 5 9 h. 33 m. 5 — 5 8195 Lalande. 6,2 9 11. 33 m, 8 Iprulse b Î'I du berd. •
- — lt 1342 B.A.C. 6,5 11 h. 0 m, 8 11 h. 51 m, 1 , 5 8705 Lalande. 6,0 16 h. 19 m, 3 17 b. 12 m, 9 ,
- — 11 8195 Lalande. 6,2 12 h. 1 m, 5 ippulse 1 0’5 du bord. — 6 Ç Taureau. 3,1 5,7 15 h. il m, 5 ippulse i 4'3 du bord.,
- — 12 Ç Taureau. 3,1 18 h. 47 m, 6 19 ii. 40 m, 4 — 8 C85 Weisse (7‘) 2872 B.A.C. 13 h. 49 m, 2 14 b. 49 m, 7 ’
- — 13 v Gémeaux. A3 15 h. 4 m, 2 16 h. 1 m, 7 — 9 6,4 18 li. 50 m, 5 19. li. 42 m, 4 '
- — 16 a Ecrevisse. 4,4 12 h. 22 m, 5 Ippulse 1 0 2 du bord. — 10 x Eeresisse 5,1 9 b. 5 ni, 1 9 11. 58 m, 8 .
- — 16 x Ecrevisse. 5.1 17 h. 41 m, 9 18 h. 42 m, 5 — il 14 Sexlant. 6,4 15 h. 49 ni, 6 16 b. 39 ni, 8 1
- — 29 d Sagittaire. 5,6 8 h. 30 m, 8 9 h. 8 m, 2 , 12 3726 B.A.C. 6,7 15 h. 53 ni, 2 16 h. 54 nir 7 ,
- — 31 8 Verseau. 6,8 4 h. 27 m, 9 5 II, 10 m, 7 — 12 55 Lion. 6.1 18 11. 17 in, 5 19 b. 5 m,1 7‘ !‘
- Nov. 2 44904 Lalande. 6,5 11 h. 14 m, 4 12 h. 8 m. 1 ’ 18 B.D. 21 .*4285, 6,4 18 h. 56 ni, 3 19 h. 3 ni, 6
- — 5 ir Poisson?. 5,9 4 h. 54 m, 6 Ippulse i 3'1 du bord. — 24 7063 B.A.C. 6,1 5 li. 53 tn, 8 4 h. 44 ni, 9 ,
- — 6 te Bélier. 5,6 10 h. 1 m, 1 11 h 10 m, 5 — 26 51 Verse: u. 5,8 7 b. 51 ni, 5 8 b. 47 ni, 3
- — 6 p3 Bélier. 5.9 13 h. 55 m, 0 14 h. 49 m, 2 — 30 19 Bélier. 5,9 14 b. 14 ni, 4 15 b. i ni, 9
- — 7 13 Taureau. 6,0 6 h. 26 m, 0 Ippulse à 3'l du bord. — 51 p3 Bélier. 5,9 7 b. 31 ni, 6 ippulse à i'î du Lord.
- — 7 14 Taureau. 6,4 6 h. 41 m, 1 7 h. 14 m, 8 — 51 53 Bélier. 6,5 13 h. 4 m. 0 ippulse b O'S du bord.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- 7(>
- Éclipse annulaire de Soleil, le 21 novembre 1900, invisible à Paris.
- Commencement de l’éclipse générale.....................16 h. 29 m. 0-
- Commencement de l'éclipse annulaire....................17 h. 33 m. 5-
- Commencement de l'éclipse centrale.....................17 h. 56 m. ()
- Eclipse centrale à midi vrai...........................19 h. 32 in. 2-
- Fin de l'éclipse centrale..............................21 h. 22 m. 3-
- Fin de l'éclipse annulaire.............................21 h. 21 ni. 8-
- Fin de l’éclipse générale..............................22 h. 21 m. 2-
- Satellites de Jupiter.
- OCCULTATIONS. ÉCLIPSES.
- 1900. Satellites Immersion. Émersion. Commencement. Fin.
- Oet. 5 1 6 h. 17 m.
- — 11 l 5h- 53 m. 17 s.
- BIBLIOGRAPHIE
- L'électricité à l'Exposition de 1900, publiée avec le concours et sous la direction technique de MM. E. Hospitalier et J.-A. Montpellier. 2e fascicule. Production de l’énergie électrique. Paris. Y’e Ch. Dunod, éditeur.
- Contribution à l'étude chimique des matières organiques de l'eau, par le Dr F. M.vlmeiac, pharmacien aide-major. 1 brochure in-8°. IVancy, imprimerie A. Crépin-Leblond, 1900.
- Roseraie de l'Hay (Seine). Catalogue de 1900, par Jules Gra-verbaux. 1 brochure in-10, Paris.
- L'orientation, par le l)r Pierre Bonnier. 1 vol. in-16 de la col-lection Scientia. G. Carré et C. Naud, éditeurs, 1900.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 MEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9. ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 21 septembre. 16*,5 S. S. W. 2. Beau. 0,0 Nuag. de 8 à 20 h. ; beau avant et après; éclairs à 1 h. et • dans la soirée ; gouttes
- Mardi 23 15”,1 N. W. 2. Couvert. 0,0 Couv. de 4 à 15 b. ; puis peu nuag. jusqu’à 19 h. ; beau le reste du t. ; écl. au N.-E. jusqu’ap. 1 b.; forte bruine.
- Mercredi 26 ... . 5°,1 S. W. 1. Nuageux. 0,0 Nuag. de 6 à li h. ; beau av. et apr. ; gelée bl. ; brouill.
- Jeudi 27 7°,t S. S. E. 2. Beau. 0,0 Quelques nuages; lumière zodiacale; gelée bl.
- Vendredi 28 ... . 15»,2 S. 2. Couvert. 0,0 Couv. de 7 à 10 h. ; peu nuag. av. et ap. jusqu’à 20 h. ; beau ensuite ; petite pluie entre 9 et 10 h.
- Samedi 20 6*,2 S. E. 0. Beau. 0,4 Beau jusqu’à 5 h. ; puis nuag. jusqu’à 15 h. ; couv. eus. ; pluie irrégulière de 21 h. à 23 h. 30; 1 éclair au N.-E. Couv. jusqu a 7 h.; nuag. ensuite; pl. de Oh. à 1 h. 15.
- Dimanche 30 ... . 13»,9 S. 2. Couvert. 9,2 •
- SEPTEMBRE 1900. — SEMAINE Dü LUNDI 2i AU DIMANCHE 30 SEPTEMBRE.
- l.n courbe supérieure indique la nébulosité de O à 10: les flèches inferieures, lu direction du vent. Les courue., un milieu iiulit/ueul : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à Cabri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- fyclnne» et orag.»*. — Un cyclone a délruit, le 26 septembre, la petite ville de Morristown (Minnesota). Il y a eu une centaine de morts.
- L’ouragan a balayé ensuite le lac Supérieur causant plusieurs sinistres. Les lloches-Peintes, chaîne de falaises de 300 à 500 pieds de haut, le long de la côte du Michigan, se sont éboulées sous l’action des vagues. C’était une des merveilles naturelles de l’Amérique; l’eau y avait, depuis des siècles, gravé dans le grès les images fantastiques les plus variées affectant la forme de palais, d’animaux, de silhouettes humaines.
- Dans le Colorado et le Texas des centaines de kilomètres ont été inondées par la crue des rivières à la suite des pluies torrentielles. Une cinquantaine de personnes ont été noyées : ce sont principalement des Italiens qui fonl l’élevage du bétail. De grandes quantités de bœufs et de brebis ont péri. Les voies ferrées out été submergées et les ponts emportés.
- A la même date, la ville de San Saba (Texas) a été en partie détruite à la suite d’une crue du fleuve San Saba. La ville contenait un millier d'habitants. Un grand nombre de personnes ont péri. Les communications télégraphiques ont été interrompues.
- En Corse, un orage d’une grande violence s’est abattu sur les cantons de Cervione, Alesani et Pietra-ai-Verde. La récolte des raisins, des cédrats et des châtaignes est presque totalement perdue. La foudre est tombée en plusieurs endroits. A San Giuliano, une jeune fille de 20 ans a été tuée pendant son sommeil par une décharge électrique. Celle-ci passa ensuite dans la chambre voisine eu pratiquant un large trou dans la muraille, blessa grièvement, en la jetant par terre avec violence, la mère de la victime. Eu quittant la maison, la charge fit explosion, ne laissant debout que quelques pans de murs.
- Les rivières ont débordé et inondé la plaine. Les ponts en pierre ont été emportés. ____________
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —!§)— M. Brunhes, professeur de physique à l’Université de Dijon, vient d’être appelé à la direction de l’observatoire du Puy-de-Dôme, à Clermont-Ferrand.
- —g)— M. le Dr Emile Javal, membre de l’Àcadémië de médecine, directeur du laboratoire d’ophtalmologie à la Sorbonne, vient d’être promu officier de' la Légion d'honneur. C’est une nouvelle distinction que méritait depuis longtemps M. Javal dont les beaux travaux sont connus de. toute l’Europe; elle sera accueillie avec grande satisfaction dans le monde savant.
- —®— On procède en ce moment à des essais d'éclairage avec becs intensifs au pétrole sur le quai des Tuileries. Ces expériences sont faites par la Kitson Incandescence Company. En principe ces appareils fonctionnent à l’aide d’un mélange de pétrole pulvérisé et d’air qui s’enflamme et porte à l’incandescence un manchon du genre Auer. La pulvérisation du pétrole se fait automatiquement; l’allumage est obtenu à l’aide d'un gaz spécial que l’on enflamme électriquement au moyen de piles sèches. Ce gaz est produit par le passage d'air comprimé dans de la gazoline. L’éclairage est très intense; on a trouvé une intensité lumineuse horizontale de 80 carcels.
- —M)— Il v a des centenaires à Paris. On annonce ,1a mort à 105 ans de Mm' Bruno Lefebvre, veuve de l’ancien chef du personnel de la Préfecture de la Seine, sous le baron Haussmann.
- —®— L’Association géodésique internationale, dans sa séance tenue à la Sorbonne, sous la présidence du général de Stubendorf, délégué russe, a examiné plusieurs questions importantes. M. Albrecht, chef de section à l'Institut royal géodésique de Prusse, a lu un rapport sur les mesures de longitude, latitude et azimuts. L’Association a discuté la différence de longitude Pariâ-Greenwich, déterminée en 1888 et en 189"2, simultanément par des observateurs anglais et français, lesquels ont obtenu des résultats discordants. Le général Bassot. membre de l’Institut, directeur du service géographique de l’armée, a attribué cette discordance à ce que la constance des communications électriques n'a pas été suffisamment réalisée. La différence de [longitude Paris-Greenwich sera mesurée à nouveau en 1901, après accord entre les observatoires de Paris et de Greenwich. Ensuite le général Bassot a donné lecture d’un rapport snr les mesures de base; M. Cornu a présenté un appareil qu’il a combiné pour la mesure des latitudes. Les délégués du Japon, du Mexique et de la Suisse ont lu des rapports sur les travaux accomplis dans leurs pays respectifs depuis 1898.
- —W>~ Le Congrès international de botanique a tenu sa session au palais des Congrès, sous la présidence de M. de Seynes, avec le concours de M. Perrot, secrétaire général. La première séance a été consacrée aux champignons sur lesquels MM. Boudier, Bourquelot, Chodat, Matruchot, Patouillard, ont communiqué des mémoires importants. Une séance a été principalement consacrée aux Heurs exotiques de Madagascar, Congo, Tombouctou, Amazone, Maroc. Une visite a été faite à l’herbier de M. Drake del Caslillo. Le Congrès s’est rendu aux Barres pour examiner les cultures de M. de Vilmorin et a visité aussi l’herbier de M. Rouy. Les dernières séances ont été principalement consacrées à l’étude de la variabilité des anomalies, des variétés et races, de la sélection, de l’bybridité, de la naturalisation, etc.
- —®— Dans un récent voyage transatlantique effectué par les deux navires allemands Kaiser Wilhelm et le Deutsckland, ce dernier paquebot a battu tous les records précédents. Il a fait la traversée de New-York à Plymouth en 5 jours 10 heures et 20 minutes. Le Deutschland avait déjà traversé l’Océan en 5 jours 11 heures 40 minutes.
- —Un aérolithe est tombé récemment, à 11 heures du soir, :3ur le territoire de la commune de Speloncato (Corse), dans la
- propriété de M. Ange-Marie Yerdeni. C'était une masse ferrugineuse de 12 kilogrammes, de nature spéciale, qui n’a pas éclaté. La chute a été accompagnée de météores lumineux. L’aérolithe a fait dans la terre une cavité de lm,20.
- —Record des entrées à l’Exposition : dimanche, 7 octjbre, on a relevé le plus gros chiffre : 052182 entrées.
- —La statistique a parfois d'étranges passe-temps : qu’on en juge par le calcul suivant, lait par un de nos patients confrères. On estime à 10 millions le nombre des cyclistes qui roulent à travers le monde; une bonne moitié sort chaque dimanche, et chacun fait en moyenne 20 kilomètres, ce qui représente, pour les 5 millions, 100000 000 de kilomètres, soit 2500 fois le tour de la terre ch agile dimanche! Si l'on estime enfin à 5 mètres le développement moyen d’une bicyclette, on voit que ce chiffre correspond à 20 milliards de tours de l’axe des pédales.
- —®— Des crues de rivière ont amené à la. fin du mois de septembre de grandes inondations dans la région méridionale. A Roanne, la Loire a subi une importante crue. Les eaux qui ont inondé la plaine ont atteint 4m,50 à 11 heures du soir le 50 septembre. La crue du 24 août dernier avait atteint 4'",ti0; celle du 27 août 4m,40- A Avignon, durant vingt-quatre heures, la crue du Rhône s-’est maintenue à 12 centimètres par heure. Toute la campagnes autour d’Avignon a été couverte d’eau; toutes les communications par routes ont été coupées, le service des tramways électriques a été arrêté. Des soldats du génie ont visité en bateaux, pour les secourir, les habitants de la Barlhelasse et de Courtine. Les quais et la gare maritime disparaissaient sous l’eau; les boulevards extérieurs longeant le Rhône étaient inondés et les eaux battaient les remparts. Dans le Haut-Yaucluse, à la Motte et à Lapalud, la digue de défense a été emportée sur une longueur de 100 mètres. Plusieurs habitations abandonnées ont été emportées. A Bédarrides, l’Ouvèze est également sortie de son lit. A Villeneuve, le Rhône couvrait les routes. Tous les jardins ont été ravagés; enfin, la récolte de toutes les vignes non vendangées a été détruite. Les pertes ont été immenses. Aux environs de Marseille, par suite des orages successifs qui ont régné sur la région, les trains ont eu de longs retards. Les récoltes ont été très éprouvées. A Châteaurenard, c’est un désastre. Les mêmes crues ont lieu partout dans la contrée. A Arles, le Rhône était à 5m,80 au-dessus de l’étiage. Il charriait de nombreuses épaves. A Taraseon, il marquait 5m,70 et 4m,80 à Beaucaire. Les pluies torrentielles ont amené une crue considérable de tous les cours d’eau dans le département de l’Aveyron. Le Tarn, le Lot et l’Aveyron ont débordé; ils ont causé de sérieux préjudices. Le pont du Itozier sur le Tarn a été emporté et par suite les communications ont été interrompues entre Meyrueis et Millau. Beaucoup de villages, notamment Rivière, Pailhas, Agussac, Paulhe, ont été en partie submergés. Dans la vallée du Doux, les désastres ont été importants. La crue a été de 4 mètres. De nombreux chemins ont été coupés dans la vallée de l’Ouvèze. Le pont de Ternis a été emporté. Au quartier de Charalon, commune de Privas, des maisons ont été envahies par les eaux pendant la nuit. A Annonay, une trombe s’est abattue au quartier de Châtinais et a recouvert la route de ltoannc de matériaux de 1 mètre de hauteur. La crue de l’Ardèche, a également causé d'importants dégâts. L’usine électrique d’Aubenas a été ensablée. Le service des tramways a été interrompu entre Aubenas et Vais, et plusieurs usines sont restées sous les eaux. A Saint-Martin-de-l’Ardèche, la ville a été entièrement inondée; le pont a été détruit. Une nouvelle trombe d’eau tombée le 50 septembre, avec éclairs et tonnerre, a fait déborder complètement l’Ardèche et a emporté trois maisons du village de Boissin. Les dégâts ont été considérables. Les rues de Vals-les-Bâins et les places ont été inondées par la crue de la Volane. Les dégâts ont été très nombreux dans les récoltes des Hautes-Cévcnnes.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Communications. — M. le Directeur de la Compagnie générale de traction à Paris, nous adresse un exemplaire d’une notice publiée sous les auspices de la Compagnie générale de traction, résumant les travaux qu’elle a exécutés dans le domaine de la traction électrique et de la transmission de l’énergie, et indiquant la part qu’elle a pi’ise dans diverses créations.
- M. J., à Paris, nous informe qu’à la dernière fête nautique à Vincennes, on a surtout remarqué le canot Abeille, appartenant à MM. Dalifol et Cic et conduit par M. Blondeau. Ce bateau, un véritable petit torpilleur, fin comme un skiff, rapide comme une mouette, a donné dans un tirant d’eau insuffisant une vitesse de 22 km à l’heure. 11 doit pouvoir donner en Seine ou en Marne 25 km à l’heure et plus. C’est un joli résultat.
- M. L. Vanvincq Reniez-, à fiavenghein les Eperlecques par la Rescousse (Pas-de-Calais), nous écrit qu’il a eu l’occasion d’observer le phénomène suivant. Il s’agit d’un veau, âgé aujourd’hui d’environ cinq semaines. L’animal, absolument étrange, a la tète d’un véritable bouledogue avec des dents de veau ; il a les oreilles coupées. Son corps est celui d’un veau, les pattes sont très courtes, elles ressemblent à celles d’un veau sans en avoir la hauteur. L’animal n’a pas de queue et offre encore d’autres particularités que nous ne pouvons dire. Cet animal se nourrit de lait, qu’il boit comme un veau et non à la façon d’un chien.
- M. le ü' S. Leduc, professeur à l’École de médecine de Nantes, nous envoie diverses notices extraites des comptes rendus de l’Association pour l’avancement des sciences et qui ont pour titres : Phosphorescence du verre. Sur un moyen de faire résonner les cavités sonores, Etincelle globulaire ambulante, Rayon émis par une pointe électrisée, Traitement électrique des névralgies.
- A/, le professeur D* Klebs, à Kœnigsberg, nous fait parvenir le guide qu’il a écrit sur Y Exposition d'ensemble de l'industrie de l'Ambre, à l'Exposition universelle de Paris (groupe XI, classe 65).
- MM. II. Grange et Hgvert, à Genève, nous écrivent qu’ils ont dernièrement exécuté des expériences pour montrer qu’avec un appareil à acétylène bien conditionné, il n’v a aucun danger d’inflammation. A cet effet, ils ont mis un appareil en marche et en pleine charge ils l’ont entouré d’un grand feu de copeaux et de bois. Ils ont ensuite provoqué des fuites et ont cherché à allumer le gaz. Les essais ont été très satisfaisants.
- M. P. Decourcelle, à Nice, comme complément de ce que nous avons dit des enveloppes américaines à ouverture par un fil métallique, nous communique une enveloppe de fabrication française répondant au même objet, grâce à une couture au point de chaînette faite dans le pli supérieur.
- Renseignements. — M.M. Chevalier, à Nancy. — Vous trouverez peut-être cet ouvrage à la librairie Gauthler-Villars, 55 bis, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. L. R. G., à P oitiers. 11 suifît de vous adresser à une agence de brevets : M. Armengaud, 25, boulevard de Strasbourg, M. 11. Blouin, 45, boulevard Voltaire, à Paris.
- m: a. C. E., à Garni. — Veuillez vous adresser directement aux fabricants suivants : Columbia Phonograph G", 54, boulevard des Italiens ; MM. Patbé frères, 98, rue de Richelieu; M. Lioret, 18, rue Thibaud, à Paris.
- H. Enrico Giandotti, à Florence. — Nous n’avons pas de renseignements exacts.
- M. H. Castély, à Marseille. — 1° Nous ne saurions expliquer le fait que par un défaut dans la préparation du liquide.
- — 2° Des formules concernant les pâtes et encres autographiques sont données dans le petit livre des Recettes et procèdes utiles, l‘c série, à la librairie Masson et Cie. — 5° Encre polygraphique noire : MM. Antoine fils et Cie, 62, rue des Marais-Saint-Martin; MM. Fortin et G10, 59, rue des Petits-
- Champs, à Paris. — 4° Adressez-vous à la librairie Bérenger, 15, rue des Saints-Pères, à Paris. — 5° Voyez le Manuel du monteur-électricien, à la librairie Bernard Tignol, 55, quai des Grands-Augustins. — 6° Oui. — 7° M. Chomeau, 55, passage du Havre. — 8° MM. Garnier et Faure-Beaulieu, 54, avenue de la République. — 9° Il parait une revue, L'Électricité à l'Exposition, à la librairie lfunod, 45, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. Andrea Veroggio, à Gènes. — Lampes à pétrole à bec Auer : M. Denayrouze, 2, rue Hippolyte Lebas, à Paris.
- M. R. Yilalis, à Livovno. — Nous ne pouvons nous occuper de ces questions.
- M. A. de Garilhe, à Saint-Maurice-l’Exil. — Nous ne saurions vous recommander de meilleur traité de l’automobilisme i que celui de M. Baudrv de Saulnier.
- M. A. Coret, à Neuilly-sur-Seine. Nous vous remercions de votre communication; mais nous ne pouvons poser ces ques- | tions à nos lecteurs. j
- M. le Dr Rouvein, à Saint-Germain. — Pour ce qui con- j cerne cet appareil, il faut vous adresser au laboratoire de i M. Bouchard, à la Faculté de médecine à Paris. (
- M. J. J. Graf, à Cuebvviller. — Nous ne comprenons pas j exactement ce que vous voulez dire ; envoyez-nous une épreuve, j M. A. B., à Vic-sur Cère. — Le fait ne repose sur aucun ( principe scientifique, • j
- M. Richard Liiders, à Gorlitz. — Adressez-vous à la Com- : pagnie française du celluloïd, 11, rue Bailly, à Paris. '
- M. Samalan, à Toulouse. — Le nombre des appareils est si [ considérable que nous ne pouvons vous en indiquer quelques / modèles en particulier ; chacun a ses avantages et ses ineon- I vénients. ' j
- M. X., aux Crozes. — Nous avons indiqué plusieurs recettes ; pour combattre l’humidité des murs et la formation de sal- ( pètre dans les petits livres des Recettes et procédés utiles, 1ro [ et 4e série, à la librairie Masson et Cie. /
- M. A. de Le Vietleuze, à Bordeaux. — Nous ne pouvons vous indiquer le fabricant des machines pour tubes en étain, J mais seulement les fabricants de ces tubes : M. Richard, -, 11, rue Saint-Gilles; M. Clierrier, 12, boulevard de la Vil- [ lette ; M. Boutillier, 6, rue des Colonnes-du-Trône. Peut-être pourrez-vous obtenir d’eux les renseignements que vous ' désir ez, |
- Mlle Gautier, à Montbonot-sur Martin. — Pour obtenir dçs i dépôts de fer par électrolyse, on fait, dissoudre 600 grammes I de sulfate ferreux dans 5 litres d’eau, on ajoute 2400 grammes [ de carbonate de soude dissous également élans 5 litres d’eau; ( on laisse reposer, on décante et on dissout le précipité de [ carbonate de fer dans une quantité d’acide sulfurique juste ( suffisante pour redissoudre le précipité; on étend ensuite à ' 20 litres avec de l’eau distillée. La dissolution doit être très ( légèrement acide ; il faut employer une anode en fer pur. i M. P. //. S., à Bruxelles. — On a déjà parlé depuis longtemps ! des heurtoirs hydrauliques ou à air comprimé. On en a fait j quelques applications à l'étranger. (
- M. Ch. l’nsquicr, à Paris. — Tout moteur, quel que soit son [ système, doit effectuer une dépense quelconque d’énergie, pour j produire du travail.
- M. A. Le Portier, à Pontoise. — Cette adresse nous est inconnue; mais vous pourriez vous adresser à l’Aéro-Club, à Paris.
- M. J. T., à Z. — Il s’agit probablement de la conférence faite au Congrès d’Aéronautique.
- M. D. Ch., à Agosto (Uruguay). — Nous prenons bonne note de votre désir et nous essaierons de vous donner satisfaction.
- M. F. Adrias, à Ignv. — Chaque machine à écrire a ses avantages et ses inconvénients; il est difficile de vous désigner un modèle plutôt qu’un autre.
- M. A. Laroppe, à Lunéville. — Nous avons indiqué plusieurs mastics qui vous conviendront dans le petit livre dès Recelles et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie.
- M. S. J. M., à Jérusalem. — 11 faut consulter les comptes rendus de l’Académie des sciences, séance du 28 août 1900, à la librairie Gauthier-Yillars, 55 bis, quai des Crands-Augus-tins, à Paris.
- M. J. Manuel, à Lodève. — Le fait que vous avez observé provient peut-être d’un mirage, mais plus probablement d’un petit trou qui se trouvait dans la planchette d’avant de votre chambre.
- (Lire la suite de la Boite aux lettres dans le prochain numéro.)
- Bans ta « Boite aux lettres » la Bédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets .scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- CROQUIS D’EXPOSITION. — Texte et dessins de A. Roiida.
- 1. ! « Çui n'a'jrs sis tickets?... Len.at dez le jlan général el détaillé u\ee les attractions !... Cartes postales!... — 2. La poésie du désert, la tente arabe. 11 louchait le désert autour. Le Tiocadéro donne cela difficilement. — 3. Entrée des artistes, auteur ou acteur du théàtie Tonkinois, l’air très moderne en tout cas. — 4. Une odalisque, artiste du théâtre Égyptien. 55 kg de bijouterie et autant de cheveux. — 5. Marchandes Japonaises ayant l'air, elles aussi, de délicates figurines de porcelaine. — 6. Une partie de campagne au cceur de l’Afrique ou les déjeuneurs du dimanche. Ces Ions endroits sont très recherchés, il ÿ a des coins délicieux pour un déjeuner sur l'herbe. — 7. Garçon du restaurant de Ceylan. Sapeur ou Itrnme à barbe? le vieux refiains vous reviennent en'le regardant. — 8. Le géant du Vieux Paris, 2”,29 sans les chaussures et le panache. 21 ms. Et nous ne sommes qu'au quinzième siècle, il a le temps de grandir encore.—9. Au village Dahoméen. Les habitants paraissent s'amuser beaucoup des ligures des visiteuis. Si lui pouvait ccnipiendie lents rtllcxions! — 10. Soldats Tonkinois. — 11. La jeune Amétique arbore ses couleurs pour la conquête du continent.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Pétrole solidifié. — Le pétrole, en dehors du chauffage, est susceptible de rendre tant de services, qu’il est utile *de posséder quelques formules pour le solidifier, son emploi étant quelquefois plus facile sous cette forme, belle que nous donnons aujourd’hui nous est fournie par la Wiener Drogesten Zeilung. Elle consiste tout simplement à faire dissoudre du savon de ménage dans de l’eau chaude, puis à laisser refroidir; on dissout ensuite du sulfure d’aluminium du commerce dans de l’eau, et, tout en brassant constamment, on mélange la seconde solution à la 'première, ce qui entraîne la production d’uîi précipité extrêmement lin d’oléate d’aluminium. On lave et on sèche ce précipité, et on recueille ainsi une poudre, presque blanche qui ressemble étrangement à du talc. H n’v a plus ensuite qu’à ajouter de 10 à 50 pour 100 de pétrole, en chauffant modérément, ce qui donne une masse solide qui a l’apparence de vaseline, bette substance est du reste susceptible de s’incorporer aisément une assez grande quantité d’eau.
- Noircissagc et vernissage des cuirs. — 11 s’agit d’un' procédé qui s’applique plus spécialement aux cuirs destinés aux harnais, et qui est indiqué par notre confrère Goerber Courier de Vienne. 11 faut d’abord faire bouillir une heure ou deux 170 kg de copeaux de campêche dans 5, 4 litres d’eau, puis on ajoute 280 grammes de potasse en enlevant les copeaux. On emploie entin un mordant noir et préparé longtemps à l’avance avec des vieilles ferrailles et des lies de bière. Les peaux tendues sur une table sont brossées, et à autant de reprises qu’il est nécessaire, avec la décoction ; quand elles sont sèches, il faut les humecter avec un peu d’eau ou de jus de tan, et bien les étirer, puis les battre en laissant finalement sécher lentement. Quant au vernis, il comprend cinq parties de sang de bœuf passé dans un tricot de laine, puis quatre parties de décoction de campêche et une de mordant; on ajoute un peu de lait et d’huile de lin, ce qui évite les fendillements et les bulles. On n’a plus qu’à étendre et à faire sécher très vite.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49,33). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION- ET FORCE DE 0 A 9. ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 1" octobre. . 14°,9 S. 2. Quelques éclaircies. 0,0 Presque couvert; quelques averses; halo.
- Mardi 2 12% 7 N. N. W. 1. Couvert. 1,4 Couv. ; quelques averses ; tr. atm. 3 km. à 7 h. ; atm. cl. l'après-midi. i
- Mercredi 3 10”,2 S. S. W. 2. • Quelques nuages. 1,5 Nuag. jusqu’à 16 h. ; beau ensuite; quelques averses.
- Jeudi 4 ..... . 10°,3 S. E. 1. Peu nuageux. 1,8 Très nuag. jusqu’à 20 h. ; beau ensuite ; halo ; averse à 18 h. 50.
- Vendredi 5 13°,0 S. W. 3. Très nuageux. 0,2 Nuag. jusqu’à 16 h. ; beau ensuite; halo.
- Samedi 6 12%1 S. 2. Nuageux. 0,0 Nuag. de 7 à 15 h. ; beau avant et après ; lumière zodiac.; halo.
- Dimanche 7 8%1 S. E. 0. Beau. 0,0 Beau.
- CCTOBRE 1900. — SEMAINE DU LUNDI Ie1' AU DIMANCHE 7 OCTOBRE.
- I
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- Luik.j
- -Viercredi | Jeudi j \endredi | Samedi } Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 a 10; les fléchés inférieures, la direction du veut. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- (T.
- %
- X
- tr
- X
- *
- C
- X
- n.
- Résumé des observations météorologiques faites au Parc Saint-tMaur en septembre 1900
- par M. E. Resoc.
- Moyenne barométrique à midi 761”",94. Minimum 751"”,51 le 28 à 4 heures du matin. Maximum 769““,00 le 12 à 10 heures du matin.
- Moyennes thermométriques : des minima 10°,00; des maxima 22°,42; du mois 16®,2.1; moyenne vraie des 24 heures 13°,61. Minimum 3°,9 le 26 à 6 heures du matin. Maximum 28°,8 le 16 à 1 h. 43 du soir. Minimum sur le sol — 1°,5 le 27 ; le minimum à l’air étant ce jour-là 5°,1- Moyenne des minima sur le sol pour tout le mois 5°,67.
- Il y a eu 2 jours de gelée blanche les 26 et 27.
- Tension moyenne de la vapeur 9““,67. La moindre 5“”,42 le 7 à 2 heures du soir. La plus grande 15"",6 le 1*' à 11 heures du soir.
- Humidité relative moyenne : 73 ; la moindre 21 le 8 à 3 heures du soir ; par une température de 24°,2, uu temps clair et un vent d’W. modéré. La plus grande 100 en 7 jours.
- Nébulosité moyenne 29 ; pas trace de nuage le 14 ; pas un seul jour entièrement couvert.
- Vents dominants du N. au N.-E., puis du S. au S.-W.
- Pluie 19"“,5 en 11 h. 1/2, réparties eu 6 jours. Il y a eu 5 jours de gouttes, 3 jours de brouillard et 6 jours où la transparence de l’air a été de 2 à 3 kilomètres.
- Orages : un seul jour de tonnerre et 4 jours d’éclairs. Le 18, quelques coups de tonnerre au S.-W. entre 8 et 9 heures du soir. Eclairs à l’W. te 17 à 4 h. du matin et à l’E. le soir. Le 23 au soir au S.-S.-E. Le 24 au soir, en différents points, surtout au N. Le 29, un éclair au N. à 9 h. 20 du soir.
- Température moyenne de la Marne: le matin 18°,64; faprès-midi 19°,29; le mois 18°,97. Elle a varié de 16°,60 le 29 à 21®,05 le 1". Basse et claire tout le mois. Elle a offert des températures égales ou supérieures à 20° eu 80 jours, du 6 juin au 18 septembre.
- Belativement aux moyennes normales, te mois de septembre 1900 présente les résultats suivants : baromètre plus haut de 3““,23. Thermomètre plus haut de 0°,87. Tension de la vapeur plus faible de ü”“,38. Humidité relative moindre de 6. Pluie moindre de 31““,1. Nébulosité moindre de 21.
- Nous avons remarqué les floraisons suivantes ; le 12, héliauthus orgyalis; le 17, gynérium argenteum.
- Nota : A ajouter au résumé d’août : les martinets ont disparu vers le 11 août.
- PHASES DE LA LUNE : P. U., le 1", à 9 h. 20 m. du soir,
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- 4° 1430 (20 octobre 1900), du Journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— M. Chandèze, directeur au ministère du Commerce, est nommé directeur du Conservatoire des arts et métiers, en remplacement de M. le colonel Laussedat, membre de l’Institut, démissionnaire. M. Laussedat avait lui-même remplacé M. Hervé-Mangon, membre de l’Institut, qui avait remplacé le général Morin, membre dé l’Institut. M. Masson, sous-directeur du Conservatoire, est nommé directeur des Essais mécaniques, etc.
- —g— Le lieutenant d’artillerie, Charles Lecointe, commandant •en second de l’expédition antarctique belge, est nommé directeur scientifique du service astronomique de l’observatoire de Bruxelles, en remplacement de M. Lagrange, démissionnaire. Le lieutenant -Lecoint qui passe au cadre de réserve, avait été attaché à l’observatoire de Montsouris, de Paris.
- —g.— M. Pierre Curie, docteur ès'sciences, est chargé du cours de physique à l’enseignement préparatoire de sciences physiques, chimiques et naturelles de la Faculté de médecine de Paris, en remplacement de M. Lucien Poincaré, précédemment nommé trecteur à Chambéry.
- —g— Le préfet de la Seine va saisir le ministre de la guerre du vœu émis par le Conseil de révision de la Seine, tendant à •abaisser la taille réglementaire des soldats au-dessous du minimum de lm,54, fixé par la loi du 15 juillet 1889. Le minimum de la taille des soldats a varié à de nombreuses reprises. En 1801, il était fixé à lm,598; en 1804, on l’abaissait à lm,54. Ce minimum fut maintenu jusqu’en 1818, où l’on exigea lm.57. En 1830, on revint à la taille des armées impériales; mais en 1830, un nouveau changement l’éleva à 1m,56. Ce minimum fut conservé pendant trente-deux ans; la loi de 1868 créant la garde mobile l’abaissa à '4m,55. Enfin, en 1872, on revint encore une fois au chiffre de 'lm,54. adopté par la loi du 15 juillet 1889 qui régit actuellement le recrutement.
- —g— Pendant la deuxième quinzaine du mois de septembre à la gare .Saint-Lazare (grandes lignes et banlieue), il est passé 879 495 voyageurs contre 629 770 pendant la période correspondante de 1899. L’augmentation est de 59 pour 100. A la gare Montparnasse (grandes lignes et banlieue), on à compté 184932 voyageurs contre 111 518 en 1899. Augmentation : 65 pour 100.
- —g— Le concours pour la direction des ballons est toujours ouvert. M. Santos Dumont, à Saint-Cloud, a terminé le montage de sa nouvelle machine. M. F. Busson, à liosny-sous-Bois, a également disposé un appareil d’aviation allégé à l’aide d’un ballon. Enfin, II. Roze, à Colombes, a construit aussi un autre aviateur.
- —g— Le Comité scientifique de l’Aéro-Club a tenu dernièrement sa séance mensuelle à l’hôtel de la Société d’encouragement, sous la présidence de M. Cailletet, de l’Institut. Sur sa proposition, le Comité s’est adjoint MM. d’Arsonval et Marey, de l’Institut, et le docteur Henocque, pouf l’étude des questions physiologiques relatives aux ascensions de grande hauteur. M. Emmanuel Aimé, secrétaire général, a déclaré que la coupe des aéronautes fondée il y a dix-huit mois par M. Blum et destinée au voyageur aérien qui aura détenu pendant plus d’une année consécutive le record de la distance, appartient au comte Castillon de Saint-Victor. Elle lui est acquise par le voyage de 1390 kilomètres de Paris à Wéstcwick exécuté avec M. Mallet le 30 septembre 1899. Les premiers détenteurs temporaires de cette coupe ont été le comte Henry de la Vaulx et M. Mallet, du 12 juin au 16 septembre 1890, pour 390 kilomètres, et MM. Farman et Hermite pour 626, du 16 au 30 septembre 1899.
- —g— Le centième réseau téléphonique belge vient d’être inauguré à Virginal, non loin de Bruxelles. C’est un chiffre remarquable, si l’on songe que la reprise des téléphones par l’Etat ne
- date que de 1893. On ne comptait alors que 55 réseaux avec 7500 abonnés, dont 2019 à: Bruxelles et 1589 à Anvers. Aujourd’hui fonctionnent en Belgique ICO réseaux répartis en 17 exploitations locales, 105 bureaux téléphoniques, 14 535 abonnés, dont 4520 pour le groupe bruxellois et 2149 pour le groupe d’Anvers. Et le progrès serait certainement plus marqué si l'on avait pu réduire le prix d’abonnement, comme la demande en a été faite partout le monde des affaires.
- —g)— Une violente explosion d’acétylène vient d’avoir lieu, au café du Commerce, tenu par M. Ducher, place de la Mairie, à l’Arbresle. L'immeuble, au rez-de-chaussée duquel est situé l’établissement, est élevé de quatre étages. De la base au sommet il a été lézardé, la voûte des caves s’est effondrée ; la montée d’escalier du premier étage a été en partie détruite ; la rampe en fer a été projetée contre la muraille. Le trottoir de la rue Centrale est en partie détruit devant le café du Commerce ; les vitres ont volé à une distance de 20 mètres. Des passants, à 50 mètres de distance, ont été soulevés. Au moment de la catastrophe, M. Ducher se trouvait dans sa cave où il était descendu avec une bougie. On suppose qu’il était allé charger de carbure son générateur d’acétylène, et qu’une fissure s’étant produite dans l'appareil, le gaz a détoné au contact de la flamme.
- —g— Le raisin de la Treille du Roi, au château de Fontaine* blcau, a fourni cette année 147 lots. Les grappes étaient au nombre de 5653, d’un poids total de 5600 kg; elles ont été vendues 3605 francs. Un lot de 70 kg a été adjugé à 160 francs.
- —g— Le ministère de l’agriculture a donné récemmcn des détails sur la campagne agricole de 1899-1900. Les tableaux publiés nous fournissent l’état approximatif de la récolte du froment, du méteil et du seigle en 1900, d'après les rapports transmis par les préfets dans les six semaines après la moisson. La récolte totale du froment est de 109025 960 hectolitres, soit 84 550160 quintaux métriques. Les surfaces ensemencées en froment représentent 6 757 980 hectares. La récolte totale du métgil est de 3 752 790 hectolitres, soit 2 751 680 quintaux métriques. Les surfaces ensemencées étaient de 229980 hectares. La récolte totale du seigle est de 22 593 320 hectolitres, soit 16 252360 quintaux métriques. Les surfaces ensemencées étaient de 1 476 720 hectares. Par rapport à l’année 1899, on constate que la présente campagne a donné des résultats moins satisfaisants. En effet, en 1899, la récolte de froment avait été de 128 418 920 hectolitres pour 6940 210 hectares ensemencés; celle du méteil avait été de 5 951 500 hectolitres pour 224030 hectares ensemencés, et celle du seigle de 23577 000 hectolitres pour 1 488 900 hectares. La récolte de cette année peut être considérée comme médiocre par rapport aux récoltes des cinq dernières années.
- —g— Il paraîtrait, d’après des renseignements donnés par la Calcutta Electric supplv C° que les éclairs auraient une certaine influence sur les lampes à incandescence. A Calcutta, au cours de violents orages, à chaque éclair, l’intensité lumineuse des lampes augmente rapidement pour reprendre ensuite sa valeur normale. Les canalisations sont aériennes et les ingénieurs ont constaté qu’elles étaient en bon état. Notre confrère Nature de Londres trouve difficile d’admettre l’explication suivante qui a été proposée. Le charbon employé comme cohéreur dans les appareils de télégraphie sans fit perd subitement sa résistance ordinaire quand il est soumis aux radiations électriques. On suppose que le filament des lampes à incandescence présente ce même changement dans sa résistance quand il est exposé aux radiations provenant des décharges électriques des orages tropicaux, plus ou moins voisins. Cette subite décroissance de la résistance doit déterminer non moins rapidement un accroissement de la puissance lumineuse de la lampe, après lequel, peu à peu, le charbon revenant de lui-mème à son état normal, la lumière revient aussi à son éclat régulier.
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- ' NOUVELLES SCIENTIFIQUES,
- Communications. — M. E. Boistel, à Sceaux, nous écrit la lettre suivante : (( Arrivé tardivement cette année, vers la mi-juin, à la campagne aux environs de Paris, à Sceaux, pour préciser, je jardinais des massifs d’arbustes quand ma vue fut tout d’un coup attirée par des couleurs plus voyantes que celles qu’on rencontre généralement dans ce genre d’opérations. Je m’approchais et fus tout surpris de trouver un nid d’oiseau abandonné, intérieurement tapissé de... confetti.
- v A quels ébats carnavalesques correspondait cette étrangeté? Nul ne le sait. — A quel oiseau appartenait le nid? Je n’ai malheureusement pas pu le reconnaître. — Mais c’est, en tout cas, bien l’occasion de se demander : « Où cela va-t-il se nicher? »
- M. G. Rheins, ingénieur des télégraphes, à Dijon, nous envoie une brochure qui a pour titre : Utilisation des fils de retour commun pour l'extension économique des réseaux téléphoniques existants.
- M. F. Gouin, aux postes et télégraphes, à Haïphong (Tonkin), nous adresse les notes téléphoniques suivantes : « Tous les appareils téléphoniques actuellement en service, quel que soit le modèle employé, ne donnent qu’un rendement imparfait; cela tient à plusieurs causes dont les deux principales sont :
- 1° Affaiblissement des aimants à la longue et production d’une résistance magnétique occasionnée par l’humidité et qui se manifeste au point de réunion de l’aimant et des pièces polaires.
- 2° Malgré la présence de l’anneau de fer doux logé dans le couvercle de beaucoup de récepteurs, la plaque vibrante est pour ainsi dire paralysée par suite de l’attraction puissante exercée sur elle par l’aimant. La plaque, dans cette position, peut être comparée à un arc constamment bandé et qui se détend plus ou moins pendant le passage du courant téléphonique; elle ne peut donc, dans ces conditions, parcourir le cycle complet de ses vibrations comme cela se produit dans une lyre lorsqu’on pince une corde, l’amplitude de sa course Se trouve donc forcément réduite de moitié ainsi que le nombre des vibrations.
- Pour combattre les inconvénients signalés au premier alinéa, il suffit de supprimer les pièces polaires rapportées et de constituer l’aimant d’un seul morceau.
- En ce qui concerne les inconvénients du deuxième alinéa, la modification suivante apportée par nous présente une très grande amélioration, c’est ainsi que pour combattre la convexité du côté de l’aimant et rendre la membrane assimilable ' à la corde d’une lyre, c’est-à-dire à lui faire prendre une position rigoureusement rectiligne, nous avons remplacé l’anneau en fer doux logé dans le couvercle du système Ader par un aimant circulaire aussi puissant que l’aimant principal et dont les pôles viennent se superposer exactement au-dessus de ceux de l’aimant principal. De la sorte, la membrane se trouve placée entre les deux aimants à égale distance des pôles. N’étant plus sollicitée ni d’un côté ni de l’autre, sa convexité disparait çt la position rectiligne est ainsi obtenue. Avec cette nouvelle modification on obtient les résultats suivants. :
- 1° Liberté complète de la plaque ou membrane vibrante, augmentation du nombre des vibrations et de leur amplitude, renforcement du son à l’arrivée et augmentation du courant induit lorsque l’on se sert de l’appareil comme transmetteur magnétique; on évite enfin la désaimantation à la longue par suite du double champ magnétique ainsi constitué où les aimants se nourrissent l’un l’autre en raison de leur position respective.
- Avec des appareils ainsi modifiés, nous avons pu facilement correspondre de Paris à Brest sans l’aide du microphone ni de la bobine d’induction, soit un circuit aller et retour de plus de 1200 km environ et de 500 ohms de résistance en y comprenant celles des appareils.
- Si Pon remplace maintenant les récepteurs ordinaires des
- postes micro-téléphoniques par ceux-ci, il est évident que l’on obtiendra un rendement Bien supérieur surtout sur les grands réseaux, étant donnée la portée considérable de ces appareils, Cette combinaison d’aimants et la constitution spéciale de ce champ magnétique m’ont conduit à imaginer un appareil mixte servant indifféremment à la téléphonie sans pile ou à la téléphonie micro-téléphonique. Le microphone, dans cet appareil, consiste en un jet de fine limaille métallique projeté entre les pôles de l’aimant principal et le dessous de la plaque-vibrante, cette dernière est isolée électriquement de l’appareil et reliée à un pôle de la pile, l’autre pôle est relié à la masse-et le courant traverse successivement l’aimant, la limaille servant de microphone, et le circuit primaire de la bobine d’induction. On utilise le courant secondaire de la bobine comme à l’ordinaire. Ce microphone, a ceci de particulier, il peut être réglé pour une distance quelconque et constituer relais à l’arrivée comme cela se passe sur certains câbles sous-marins, oit le courant reçu est beaucoup trop faible pour actionner directement les récepteurs. En procédant ainsi, on pourra facilement à longue distance, un millier de kilomètres par exemple,, faire fonctionner des téléphones haut-parleurs auxquels une grande intensité est nécessaire. Actuellement, dans les microphones à granules ou à baguettes de charbon, l’intensité du courant primaire qui les traverse est assez faible; si l’on augmente cette intensité les charbons brûlent, la conversation devient difficile sinon impossible et l’appareil se trouve rapidement mis hors de service; la force électro-motrice du courant induit se trouvant de ce fait forcément limitée on est obligé de recourir à des conducteurs à gros diamètre, si l’on veut communiquer sur de grands réseaux à distance égale; on pourrait avec ce microphone téléphoner de Paris à Marseille au moyen de fils de bronze de 2 millimètres de diamètre, l’économie serait déjà considérable et l’effet obtenu resterait le même. Un relais téléphonique basé sur ce principe est actuellement à l’étude, cette question déjà si intéressante peut être envisagée à un point de vue beaucoup plus élevé. Personne n’ignore, en effet, que la téléphonie sous-marine est encore a naître et qu’il est absolument impossible de téléphoner, par exemple, de Marseille à Alger, la distance cependant n’est pas supérieure à celle de beaucoup de réseaux téléphoniques terrestres. Nous nous trouvons ici devant un problème difficile à résoudre et devant des difficultés énormes dont une des principales est la charge du câble, inhérente à sa nature; le téléphone parle, dit-on, mais c’est l’oreille qui ne perçoit pas. A première vue, il semblerait qu’il n’y aurait qu’à appliquer à la téléphonie sous-marine les principes du relais local d’arrivée, utilisé sur certains câbles; l’idée en elle-même est logique, mais la nature des courants téléphoniques et télégraphiques différant entièrement, il est indispensable dans ce but de recourir à des moyens nouveaux. L'idée nous est venue de chercher à nous servir de cette charge du câble puisque l’on ne peut la détruire, cette prétention est peut-être exagérée ; mais en électricité, comme le dit si bien l’abbé Le Dantec dans sa <( Physique de l’électricité », les faits ne marchent pas toujours d’accord avec les formules, exemple la loi d’Ohm appliquée au montage des piles. La question téléphonie marine et téléphonie terrestre à longue distance est actuellement étudiée un peu partout, même celle de la téléphonie sans fil. Tout cela n’est pas irréalisable, plusieurs Français éminents s’en sont occupés et s’en occupent encore. Nous sommes fermement convaincus qu’avant un an ou deux, le problème sera résolu, souhaitons aussi que ce soit un Français qui arrive bon premier dans cette véritable course au clocher qui intéresse l’univers entier. »
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- Renseignements. — M. R. Rouquet, à Asnières. — Nous ne connaissons pas les proportions à adopter.
- M. le Dr J. Clairac, à Madrid. — Ces formules de savons antiseptiques nous sont inconnues; mais nous allons les rechercher et nous vous les ferons connaître. *
- M. A. Saurel, à Grasse. — Vous pourriez vous 'adresser à M. Mazza, 23, boulevard Sébastopol, ou à MM. Megret fils etCie, 141, rue de Javel, à Paris. Ces messieurs sont fabricants dq machines à découper les festons et pourront vous procurer la machine que vous désirez. >
- M. J. C. Ferreira de Castro, à Porto. — Nous n’avons pas l’adresse de ce constructeur. ’
- M. Joson, à Aix-les-Bains. — Il faut vous adresser à l’Ilôtel de la Monnaie, quai Conti, à Paris. _ ;
- (Voir la suite de la Boite aux lettres page 3* des Nouvelles scientifiques.)
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-.
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répandre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- BOITE AUX LETTRES {Suite)
- M. Claude Bruckle, à Belfast. — Pour ce qui concerne le télémicroscope, il faut vous renseigner auprès de M. Acloque, 69, avenue de Ségur, à Paris.
- M. Andrieu, à Àlbi. — 1° Vous pourriez vous adresser à la maison Chomeau, 55, passage du Havre et à M. R. Relier, 18, cité frévise, à Paris. — 2° et 5° Pas d’ouvrages spéciaux sur ces sujets.
- ' AL Rarnon de Bérenguer, à Gerona. — Votre confrère La Revue industrielle (17, boulevard de la Madeleine, à Paris), publie dans son numéro du 6 octobre un article sur des séparateurs pour minerais faiblement magnétiques.
- M. Viger, à’X. — Vous trouverez certainement dans la Géographie qui n’est autre que le (( Bulletin de la Société de géographie » les articles qui vous intéressent.
- M. M. Z., à Marseille. — Lire l’ouvrage si complet de notre collaborateur, M. da Cunha, sur les Travaux de l’Exposition.
- M. N,, à Clermont-Ferrand. — Vous auriez certainement trouvé ces renseignements dans le Guide de la Lozère, publié à la librairie Masson et Cie, par MM. Boule et Cord.
- M. Louis, à Lyon. — Nous avons entendu parler d’un enduit chimique NNallmison son’s, qui supprime le brûlage des vieilles peintures; il faut s’adresser à M. Duport, 85, rue de Maubeuge, à Paris.
- M. S. Granger, à Valence. — 1° Il s’agit en effet d’un simple dépôt. — 2° Vous trouverez un ouvrage de ce genre dans la collection des Manuels Roret, à la librairie Mulo, 8, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. N. A. R., à X. — Il est difficile de vous indiquer les meilleures automobiles; nous ne pouvons que vous faire connaître plusieurs maisons : MM. Panhard et Levassor, 19, avenue d’Ivry ; M. G. Richard, 25, avenue de la Gr *:de Armée; Société Decauville, 15, boulevard Malesherbes; M. A. Quérev, 119, rue de Montreuil, à Paris; Société Peugeot, à Audincourt (Doubs) ; M. 1). Augé, 92, rue des Arts, àLevaliois-Perret (Seine).
- M. Collin, à Auxon. — L’essai des lampes à pétrole de 4000 bougies sur le quai des Tuileries est fait par la Société Kitson, 56, avenu*; de l’Opéra, à Paris.
- M. C. Maurer, à Nantes. — 1" Les détails de construction intérieurs nous sont inconnus. — 2° 11 faut du fil isolé; adressez-vous à la maison Houry et Vedovelli, 60, rue de Provence, à Paris. — 5° Remerciements ; ces appareils sont trop nombreux.
- M. E. de Haupick, à Paris. — Nous allons faire la correction ; remerciements.
- M. Lambert-Mouchaque, à X. — Nous préparons un article à ce sujet.
- M. J. M. L., à Paris. — Nous ne pouvons vous donner aucun rensei
- L’abonné
- pas dans le commerce, elles nous ont été données par les diverses Compagnies.
- M. E. D. B., à Tourcoing. — Il n’a pas été publié d’autres détails sur le phonographe que M. Marey a présenté autrefois à l’Académie des sciences.
- M. Le Roux, à Mexico. — 1° Pour régénérer 5 litres d’air, il faut 200 grammes de bioxyde de sodium. — 2° Il serait nécessaire d’emmagasiner le gaz dans un sac spécial. — 5° Ce produit se trouve chez les marchands de produits chimiques.
- M.Verdy V., à Michelet (Algérie). — Moulins à grains à commande par chevaux : MM. Amelin et Renaud, 59, rue J.-J.-Rousseau ; M. A. Bazac, 58, rue du Louvre; MM. Rose frères, 46, rue de Viarmes, à Paris.
- M. Mctor Selle, à Bruxelles. — 1° La lampe à arc est préférable; on a employé des lampes à incandescence à l’Exposition parce que les lampes à feu nu étaient défendues. — 2“ Vous trouverez des lampes spéciales à incandescence de 400 bougies chez M. Gaumont, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. A. D., à X. — Moteurs à gaz : Otto, 45, avenue de l’Opéra; Charon, 40, rue Lalfitte; Niel, 22, rue Lafayette, à Paris.
- M. H. Didont, à Paris. — Nous ne connaissons pas de vernis spécial ; mais vous pourriez vous adresser à la maison Àrsandaux, 29, rue Brochant, à Paris; tous les vernis sont étudiés sur demande.
- M. Noir-Garnier, à Pierre. — Nous n’avons aucune adresse spéciale à vous indiquer.
- __ M. R. Ledoux, à Garengo (Suisse). — Nous pensons que le cinématographe dont vous parlez est le cinématographe Lumière.
- M. Gervario Leite, à Porto. — Les solutions dont il est question sont des solutions saturées.
- gnement.
- 701, à Paris. — Ces photographies ne se trouvent
- PETITES INVENTIONS1
- IjC Lopa. — Ce petit appareil photographique est destiné à être mis en poche et il a été combiné île façon à tenir le moins de place possible bien qu’il donne des images ayant 6 1/2x9. 11 est entièrement en métal; lorsqu’il est replié, son épaisseur n’est que de 2 centimètres. Le soufflet est en peau souple et se replie automatiquement pour rentrer dans l’épaisseur de la chambre. Pour .ouvrir l’appareil il suffit d’appuyer sur un ressort et de faire basculer la partie qui porte l’objectif. 11 a 12 centimètres de foyer et se trouve logé dans la partie qui forme le petit côté de la boîte; au moment de l’ouverture de celle-ci il vient se placer de lui-même en
- Le Lojm, appareil photographique de poche.
- face de la partie destinée à recevoir le châssis. L’obturateur se manœuvre par un bouton placé sur le côté; il permet de faire la pose et l’instantané ; un viseur focimétrique qui se rabat dans l’intérieur de la boite quand elle est fermée se relève au contraire à sa partie supérieure au moment de son ouverture. Les châssis dont la carcasse est en métal sont fermés par de petits volets en éhonite très mince; ils sont doubles, c’est-à-dire qu’ils reçoivent une plaque de chaque côté, et n’occupent malgré cela que très peu de place, ce qui permet d’en emporter un assez grand nombre dans les poches. C’est, comme dimension, pour un format relativement grand, l’appareil qui tient le moins de place une fois replié. — L’appareil le Lopa se trouve chez G. Renaut et Cie, 45, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Les décharges électriques dans les gaz, par J.-J. Thomson. Ouvrage traduit de l’anglais, par Louis Barbillion. Préface par Cii.-Ed. Guillaume. 4 vol. in-8°. Paris. Librairie Gau-thier-Villars. Prix : 5 fr.
- La géographie physique et la géologie à l'Exposition universelle de 1900, par M. G. Ramond, assistant de géologie au Muséum d’histoire naturelle. I. France, colonies et pays de protectorat. IL Pays étrangers. 4 brochure in-8. Extrait de la Feuille des jeunes naturalistes, 1900. Imprimerie Oberthur, Rennes-Paris.
- Les bateaux sous-marins, Technologie, par MM. Forest et Noalhat. 1 vol. grand in-8°. Librairie Yve Ch. Dunod, éditeur. Paris, 1900. Prix ; 45 fr.
- Annuaire des distributions d'eau de France, de Belgique et de Suisse, par MM. Dr Ed. Imbeaux, ingénieur des ponts et chaussées, directeur du service municipal de Nancy ; H. Peter, ingénieur de la distribution d’eau de Zurich; Y. Van Lint, ingénieur civil, inspecteur de la distribution d’eau de Bruxelles.
- La publication de cct ouvrage est appelée à combler une regrettable lacune dans la série des nombreux annuaires que nous possédons déjà et le succès d’une pareille entreprise conduite par des ingénieurs compétents n’est pas douteux. On souscrit chez les auteurs.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
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- L’Electricité à l’Exposition de 1900. Ouvrage publié avec le concours et sous la direction technique de MM. E. Hospitalier et J. A. Movtpeu.if.h. 5e fascicule. Production de l’énergie électrique. 2e section : groupes électrogènes à courants alternatifs, par MM. Montpellier, Aliamet et F. Loppé. 1 brochure in-4°. Paris. Vve Ch. Dunod, éditeur. 1900.
- L'Adduction des eaux françaises du lac Léman à Paris et dans la banlieue. Résumé des études. Projet définitif, par P. Dcvillaiü) et E. Raqois, ingénieurs civils. 1 vol. in-8°. Paris. Librairie Béranger. 1900.
- La canonnade contre la qréle, par G. Ctktel, docteur ès sciences; agrégé de l’Université. 1 brochure in-8°. Extrait de VOEnophile. En vente à la librairie Félix Iley, 26, rue de la Liberté, à Dijon.
- Comment on défend ses oreilles, par le Dr Henri Mevdel.
- 1 brochure in-8°. L’Edition médicale Française, 29, rue de Seine, Paris. Prix : 1 franc.
- Les forêts. Truité pratique de sylviculture, par L. Boppe et A. Jolyet. 1 vol. in-8°. Librairie J.-B. Baillière et fils. Paris.
- a Prix : 8 francs.
- Recueil de problèmes de géométrie analytiques à l'usage de$ classes de mathématiques spéciales, par F. Michel, ancien élève de FÉc.ole polytechnique. 1 vol. ,in-8°. 1900. Librairie Gauthier-Villars. Paris. Prix : 6 fr.
- A la conquête du Ciel! Contributions astronomiques de F.-C. de Nascius. Livre deuxième, 4’ fascicule, 16 brochures in-8°. Nantes, imprimerie R. Guist’hau.
- Tænias et tænifuges, par le T)r E. Duiiofhcav. 1 brochure in-16. Octave Doin, éditeur, 1900.
- Annales de. l'Observatoire national d’Athènes, publiées par Démétiîils Egivitis, directeur de l’Observatoire, tome II. Athènes. Imprimerie royale Inglessi-Papageorgion. 1900.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49,33). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9. ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES.
- Lundi 8 octobre . . 11°,g S. E. 1. Beau. 0,0 Beau.
- Mardi 9 10°,2 N. N. W. 1. Beau. -*cv 0,0 Beau. '
- Mercredi 10 ... . 13°,5 S. 2. Beau. ; 0,0 Couv, de 10 à 21 h. ; quelques nuages avant et après ; halo; quelquefois des gouttes.
- Jeudi 11 4°,3 Calme. Beau. 0,0 Peu nuag. de 11 à 16 h. ; beau avant et après ; gel. bl. ; brouillard le matin.
- Vendredi 12 ... . 5°,0 N. E. 1. Beau. 0,0 Beau jusqu’à 15 h. ; peu nuag. ensuite ; parhélie de gauche seul.
- Samedi 13 2°,0 N. N. W. 1. Beau. 0,0 Beau jusqu’à 13 h. ; puis nuageux; couv. après 16 h.; gelée bl. ; brouill. ae 500 m. à 7 h.
- Dimanche 14 ... . 10°,G S. W. 2. Couvert. 0,0 Couv. ou nuag. jusqu'à 18 h. ; beau ensuite ; quelques averses entre 12 et 15 h.
- CCTOBRE 1900. --- SEMAINE Dü LUNDI 8 AU DIMANCHE 14 OCTOBRE.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent ! courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri â boule sèche; courbe en-pointillé, thermomètre à l’abri à boute mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- ’ Orages et pluies. — Pendant tes premières semaines d’octobre, de nombreuses pluies ont été signalées sur presque tout le continent. En France, le 2 octobre, on a recueilli 8 mm. d'eau à Limoges,.6 à Nancy, 1 à Paris. Des orages ont éclaté à Perpignan, Biarritz, Clermont. La température s'est abaissée excepté sur la Bretagne et l'Angleterre. Le 2 au malin, le thermomètre marquait 6° à Stornowav, 13° à Paris, 24° à Alger.
- Les jours suivants, de nombreuses et désastreuses inondations ont eu lieu dans l’Ardèche et dans le Midi, à Montpellier, à Valléraugue, h Tarascon.
- Le 4 octobre, des pluies sont tombées dans le nord et l'ouest de l’Europe. En France, on a eu 23 mm. d'eau à Dunkerque, 20 à Gap, 5 à Besançon, „£à Pajis. A cette date, la température moyenne était-à Paris de 12°,3.
- Le 7 octobrè, le vent a été très fort de l’ouest sur la Baltique, du sud en
- Irlande ; il était modéré du sud-ouest sur la Manche, faible et variable sur nos autres cotes. Des pluies sont tombées dans le nord du continent ainsi ue sur les Iles-Britanniques; en France, on a recueilli seulement 2 mm. 'eau à Lorient. La température s’est élevée sur les Iles-Britanniques et les Pays-Bas. Le matin, le thermomètre marquait 3' à Haparanda, 8° à Paris, 16° à Valentia, 22° à Alger. On notait 11® au puv de Dôme, 6“ au pic du Midi. En France, le temps 'a été généralement doux et beau'. A Paris, le temps a été beau. La température du 6 octobre a été à Paris de 13°, supé^ rieure de 2°,8 à la normale.
- Le temps a été beau également les jours suivants ; le 8 octobre, la température moyenne a été de 16°,6, et le 9 octobre de 23°. Jamais en octobre, on a eu deux journées aussi chaudes.
- A Paris, le temps s'est rafraîchi ; la température a été de 4° le 10 octobre au malin, de 3° le 11 et le 12, pluie et vent le 14 octobre.
- PHASES DE LA LUNE : P, L., le 8, à 1 h. 27 m. du soir#
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- 4f Na 1431 (21 octobre 1900), du Journal « LA MATURE»
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- —g— 51. le contre-amiral Nabona est nommé, jusqu’à la fin de la période triennale 1900-1905, membre du Conseil de l’Observatoire de Paris, en remplacement du contre-amiral Aubry de la >Toë, appelé à servir à la mer.
- —g— Le ballon de M. de Zeppelin a pu être réparé plus vite qu’on ne le pensait. On nous a écrit en effet de Fricarichshafen, lac de Constance, qu'il s’est élevé le 10 octobre à 4* 45 de l’après-midi. Il a exécuté des virages et il a paru marcher contre le vent. Le roi et la reine de Wurtemberg assistaient aux expériences, du pont du vapeur Schanspiel. Le ballon a pris la direction d’Immenstadt. Il est resté trois quarts d’heure dans les airs, à une hauteur de 000 mètres, dans le voisinage de Seemoos, en accomplissant différents changements de direction. L’aéroscaphe est descendu sans accident, un peu avant 6 heures, à 1 kilomètre de Mauzell, aux bords du lac.
- —g— Toujours les projets de ballons dirigeables ! 51. Roze vient de construire à Colombes, près d’Argsnteuil. un ballon allongé dont la carcasse est en aluminium; il cube 1500 mètres d’hydrogène et pourra enlever 8 personnes. Le moteur est à pétrole d’une puissance de 20 chevaux. Le ballon de 51. de Santos Dumont muni d’un moteur de 16 chevaux n’attend plus qu’un temps favorable pour faix’e ses essais.
- — (g)— 51. G. Hinriehs, avant calculé la composition de l’air dans la verticale, à diverses altitudes, trouve que l’acide carbonique disparaîtrait à la hauteur de 5 myriamètres et l’argon à 6 myria-mètres, A cette hauteur, l’atmosphère ne contiendrait que 0,Az,H. L’oxygène diminuerait constamment jusqu’à 10 myriamètres ; l’azote, après être passé par un maximum, diminuerait; l’hydrogène s’accroîtrait jusqu'au double du volume de l’oxygène. Serait-ce de Ces couches de l’atmosphère que les météorites nous apporteraient l’hydrogène occlus dans leur fer?
- • —g)— 51. Vimeux a montré récemment que le marc de pommes
- ensilé et salé peut entrer dans la ration des vaches, des moutons et des porcs, que le marc peut servir comme engrais en guise de fumier après addition de carbonate ou mieux dé phosphate de çliaux, enfin qu’on peut en faire de l’alcool.
- —g— Les premières vendanges, un peu trop hâtives, ont donné assez souvent des vins légers. On espère que les raisins qui sont mis en cuve à présent produiront couramment des vins de 7 à 9°, selon cépage et terrain. Les excédents commencent à paraître dans le Midi et trouvent quelques preneurs à 5 et 6 francs l’hectolitre. Dans le Roussillon, on offre les raisins de 10 à 21 francs les 100 kg nus sur gare départ, suivant qu’ils pourront donner des vins de 9 à 14°. La maturation, dans le Bordelais, se poursuit par un temps à souhait. La cueillette a commencé vers le 20 septembre dans les vignobles précoces du 5Ièdoc. La cueillette, précoce en Touraine, a commencé sur quelques points le 15 et le 20 septembre. Le raisin, favorisé par la pluie et les brouillards, grossit et promet quantité et qualité. Dans le 5Iàconnais, les vendanges ont commencé le 17 septembre.
- —g— L’Allemagne vient de se faire construire, sur un chantier inglais du reste, son premier steamer pour la pose de câbles sous-marins, le Von Podbielski : cela est caractéristique et montre que l’Allemagne compte bien, elle aussi, se créer un réseau télégra-
- Filiique sous-mann; on parle même déjà d'un câble direct entre 'Allemagne et les Etats-Unis. Du reste, depuis 1898, une modeste maison de Cologne vient de se transformer en une puissante compagnie pour la fabrication des câbles; une seconde-compagnie s’est même formée ensuite qui a-fusionné avec l'autre. Enfin, une troisième s’est créée pour profiter du mouvement qui se produit en ce moment.
- —gî— On va poser un nouveau câble télégraphique entre l’Allemagne et l’Angleterre. C’est le cinquième pour cette direction. En 1896, au moment où l’on immergea le quatrième, le nombre des câblogrammes ne dépassait pas 1 867 000 par an; actuellement le total correspondant est de 2 465 000 !
- —g— Dernièrement il est survenu un tel orage dans le comté de Derby, en Angleterre, que des torrents d’eau, des masses do terre et de rochers furent précipités sur la voie du Great Central Raihvav of England, en la détruisant sur une longueur de près de 3 kilomètres. Pour remettre les choses en état, il a fallu réquisitionner 5000 hommes qui ont dû travailler deux jours.
- —g— On vient.de démolir un yacht qui a eu son heure de célébrité, la Genesta, et qui avait failli, en 1885, battre le non moins célèbre yacht américain Puritan, dans la course de la « Coupe de l’Ameriea ». C’était un magnifique bateau en bois et acier qui mesurait une trentaine de mètres de longueur pour une largeur de 4ra,50. Il représentait une construction qu’on a bien abandonnée depuis, dans ce concours si passionnant pour les Anglais et les Américains.
- —g— On va transformer en tramwavs électriques les trarmvavs à chevaux qui ont été dernièrement racfietés par la 5Iunicipalité (le Londres, et qui viennent de la banlieue (sans jamais du reste pénétrer dans les voies à grande circulation). On adoptera le système à conducteur souterrain ; il s’agit là d’un réseau qui a un développement de plus de 184 kilomètres.
- - g— Le Jardin zoologique de Londres vient de recevoir quelques spécimens des poissons aveugles de la fameuse caverne américaine du 5Iammouth (5Iannnolh cave), dans le Kentucky; il semble qu’on n’en avait jamais eu de spécimens vivants en Europe, sauf en 1870, on le jardin zoologique de Dublin en avait possédé cinq. Ils étaient rapidement morts d’une maladie cryptogamique,
- —g— Le Monthly Weather Review rapporte d’intéressantes expériences culinaires faites à Albuquerque (Nouveau 5Iexique). Il paraît que des recettes et des pratiques culinaires qui réussissent à des. hauteurs peu considérables au-dessus du niveau de la mer doivent, être abandonnées, ou modifiées, dans cette localité dont l’altitude est de 4933 pieds. L’eau bout à 94°,44 centigrades au lieu de 100°. Il s’ensuit que, pour faire bouillir les aliments, il faut plus de temps que ne le prescrivent les livres de cuisine ordinaires. En raison de l’extrême sécheresse de l’atmosphère, les farineux, comme les haricots, le grain, ete., perdent tellement de leur humidité qu’il faut les mettre longtemps dans l’eau avant de les faire cuire. Mais ce qu’il y a de plus difficile, c’est de faire les gâteaux. Les ménagères sont obligées de changer le nombre d’œufs réglementaires, la uantité de farine, etc. Comme c’est la pression barométrique qui éterminc dans quelle proportion l’acide carbonique dégagé se répand et vient aérer la pâte, ceci peut expliquer les différences observées.
- —g— Le service des phares d’Angleterre, l'administration qu’on appelle « les Frères de Trinity House », vient d’autoriser l’installation d’un poste de télégraphie sans lil du système 5Iarconi, entre le phare bien connu des 5Iumbles et Ilfracombe, sur la terre ferme. Le mât qui est installé en ce point pour supporter le fil métallique n’a pas moins de 35 mètres de haut, avec un diamètre de plus de 43 centimètres à la base.
- —g— La Compagnie de chemin de fer dite « Great Western Railway », en Angleterre, se met, elle aussi, à éclairer ses trains, du moins ceux qui sont formés de wagons à couloir, au moyen de dynamos commandées par un essieu de la voiture. Bien entendu, on a disposé des accumulateurs pour les arrêts.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Campvlo-' graphe : Le R. P. Marc Dechevrens, S. J., directeur de l’Observatoire Saint-Louis, à Saint-llélier, Jersey.
- Communications. — M. Georges Pou, à Verneuil-sur-Avre (Eure), nous écrit à propos de l'article sur le Crapaud (n° 1428, du 6 octobre 1900, p. 294) : « A propos de la longévité de cet animal, permettez-moi de vous signaler le curieux phénomène suivant : il y a une cinquantaine d’années, des ouvriers, creusant à Blois un puits, rencontrèrent un banc d’argile, contenant de gros rognons de silex; un de ces silex, brisé par un choc accidentel, laissa échapper un crapaud vivant qui, repris par les ouvriers, put être replacé dans la cavité du silex, absolument comme dans un moule. Il existe au Musée de la ville de Blois la photographie de ce silex, qui fut l’objet d’un rapport à l’Académie des sciences. Des extraits de ce rapport accompagnent la photographie. »
- M. Kémal, à.C., nous fait connaître un nouveau cas qui montre l’intelligence chez les animaux : « Voici, nous dit-il, un fait dont j’ai été le témoin oculaire et qui servirait peut-être à convaincre encore bon nombre d’incrédules. Un soir, en rentrant chez moi, je traversais une rue tout à fait déserte, lorsque le son d’un coup de marteau donné contre le battant d’une porte se fit entendre. Ceci n’est pas un événement à attirer l’attention ; cependant surpris je m’arrêtai, car j’étais le seul et unique passant en ce moment-là ; j’ai voulu donc connaître quel était l’auteur de ce bruit, quand, devant une maison, à une quinzaine de pas, je vis un chat sauter sur le marteau de la porte, le soulever avec une de ses pattes de devant et le laisser retomber : nouveau choc produisant le même son qui m’avait frappé; nul doute, par conséquent, que la première fois aussi la même manœuvre du chat en avait été la cause. Je m’arrêtai et dans un intervalle de dix minutes je vis trois fois le chat sauter sur le marteau, le soulever, le laisser retomber et attendre avec patience, les yeux fixés sur la porte. Un être humain ne s’v prendrait pas autrement. Je ne saurais vous dire si l’on a ouvert la porte et si le chat trouva bon accueil, car lorsque je me suis éloigné le chat était encore là à attendre. »
- M. F. Coronel Luis C. Garanti, à Buenos-Aires, nous adresse une photographie représentant une plaine avec une roche : « Voilà, nous dit-il, une roche volcanique à tête de lion. On appelle cet endroit Piedra del Aguila, parce qu’on y observe toujours un aigle. Sa situation géographique est : 59° 50' lat. sud, 70° 10'long. O. Greenwich. — Gobernacion du Neu-quen (Patagonie), territoire occupé par la division des Andes de notre armée. »
- AI. A. Corel, à Neuilly-sur-Seine, nous envoie une étude sur un clivimètre hydrograve, destiné à mesurer les inclinaisons d’un navire, produites par le roulis.
- Un abonné croate, à propos de notre récent article sur les Draisiennes en Esclavonie (n° 1429 du 13 octobre 1900, p. 320), nous écrit que l’on ne dit presque plus aujourd’hui Esclavonie, mais bien Slavonie. La Slavonie n’est pas une province, mais Lien un royaume.
- M. Paul Bei ’ner, à La Chaux-de-Fonds, au sujet de notre article sur le problème du coucou, nous écrit : « Vous avez publié (1er et 29 septembre 1900) les observations intéressantes de MM. Meiklejohn et Loriot, qui viennent confirmer l’opinion émise sur le même objet par d’autres naturalistes tels que F. de Fochudi (le Monde des Alpes, p. 112) et de Brevans (les Migrations des oiseaux, p. 131). Dans sa Note, M. Loriot fait la remarque que le coucou, contrairement à l’opinion jusqu’ici admise, surveille très étroitement l’incubation de son œuf. Ce point a été bien établi par un savant naturaliste, M. Xavier Raspail, dont les patientes recherches ont éclairé la plupart des questions que soulève la biologie du coucou. Les observations de M. Raspail [ont été publiées dans le tome XIV
- du Bulletin, et dans les tomes VII et VIII des Mémoires de là Société zoologique de France. En voici le résumé qui mérite, je crois, d’être reproduit. 1° La durée de l’incubation de l’œuf du coucou est de -11 jours et demi et ne présente, par conséquent, rien d’anormal. 2° La durée de l’éducation du jeune sur place, le nid étant très rapidement déformé et aplati par lè développement et le poids de l’oiseau, est de 19 jours. o° La présence de l’œuf du coucou dans le nid des passereaux, dont les œufs sont plus petits, amène un retard dans l’éclosion de ceux-ci, et, à durée égale d’incubation, l’œuf du coucou éclot toujours le premier. Ce retard est dù à la différence de volume des œufs des deux espèces. 4° Contrairement à ce qui était admis-jusqu’ici, ce n’est pas le jeune coucou qui est le meurtrier de ses frères de couvée, car, pendant plus de vingt-quatre heures après sa naissance, il est si faible qu’il fait à peine quelques mouvements dans le fond du nid, sans pouvoir se tenir en équilibre. C’est le coucou femelle qui, loin de se montrejr indifférent après l’abandon de son œuf, en surveille attentive*-ment l’incubation et vient enlever les œufs légitimes aussitôt que le sien est éclos. 5° Le coucou mère ne laisse pas éclore les œufs légitimes, et c’est pour cette raison qu’il dépose indifféremment son œuf à côté d’œufs frais ou couvés. Dès qu’il s’aperçoit que les petits commencent les premiers efforts qui doivent amener leur délivrance, il frappe les œufs d’un coup-de bec meurtrier, mais il ne les enlève que lorsque son jeune est né. Si quelques auteurs ont pu citer des nids où le jeune coucou se trouvait avec les jeunes de ses parents adoptifs, c’est que le coucou mère avait été accidentellement^ détruit avant l’éclosion de son œuf. »J
- Renseignements. — M. A. de La Vielleuze, à Bordeaux, — Dans notre n° 1428, du fi octobre 1900, nous avons répondti à l’abonné M. D. L., à V., et à M. Dirand, à Paris, de consulter le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie. Nous ne comprenons pas ce qui a pu vous faire croire que nous vous disions de consulter M. Dirand.
- L’abonné 8356, à Porto. — Pour le perspecteur mécanique que nous avons décrit précédemment, il faut vous adresser à M. Von Ziégler, professeur de dessin à Genève.
- M. G. N. Aspiotis, à Corfou. L’adresse de M. Ducos du-Ilauron est la suivante : 27, rue des Batignolles, à Paris.
- M. Gille Bernard, à Paris. — 1° Nous ne pouvons vous indiquer l’origine des insectes ni vous donner leur nom ; il faudrait vous adresser à un entomologiste. — 2° Essayez de la poudre de pyrèlhre de bonne qualité.
- M. R. Léger, à Paris. — Nous avons déjà décrit les systèmes de plots employés pour la traction électrique ; voyez le tramway électrique Claret Vuilleumier dans le n“ 1206 du 11 juillet 1896, et la traction à Tours, système Diatto, n° 1372, du 9 septembre 1899.
- M. Candido Claudio da Silva, à Rio-de-Janeiro. — Nous ne connaissons pas de vernis spécial.
- M. G. Larmeyer, à Charleroi. — L’adresse de MM. Vigreux. et Brillié, fabricants de lampes à arc est la suivante : 50, boulevard de Villiers, à Levallois-Perret (Seine).
- M. G. D., à T. — Pour ces diverses questions et appareils, veuillez vous adresser à M. Ducretet, 75, rue Claude-Bernard, à Paris. >
- M. H. P., à Lons. — Pour désinfecter les vieux livres et ouvrages d’occasion, vous pourriez utiliser le formolateur Ilelios, 32, rue de Bondy, à Paris.
- M. Véfik Bey, à Constantinople. — Vous trouverez ces ouvrages à la librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Au-gustins, à Paris.
- M. P. Dumanois, à Verdun. — 1° Pour l’arbalète, il faut s’adresser au Village Suisse ; nous n’avons pas d’autre adresse. — 2° Nous ne pouvons donner les prix des objets que nous décrivons; nous indiquons les adresses des fabricants quand nous les connaissons, il faut vous adresser directement à eux.
- M. L. Dufan, aux trois Rivières (Guadeloupe). — 1° Voyez à la librairie Dunod 49, quai des Grands-Augustins, à Paris. — 2° Appareils d’arpentage ; M. Sanguet, 29, rue Monge; MM. Guyard, Canary et C‘% 13, rue de la Cerisaie, à Paris. 1
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. P. Durand, à Lille. Nous avons déjà donné cette recette à plusieurs reprises; consultez nos dernières Boîtes aux lettres. — M. Lelong, à Paris. Vos calculs ne sont pas exacts. — M. M. G., à Nice. Il n’existe pas d’école semblable. — M. D. R., à P. ; M. G. AI., à Blois. Voyçz le petit livre des Recettes et procédés utiles, 2° série, à la librairie Masson et Cio. — M. D. L., h X; M. Ugo Testi, à Anghiari. Regrets de ne pouvoir vous renseigner. ,
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes* les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- 1. Les joueurs de biniou. Une bolée de cidre de temps en temps et ils se croient à un immense pardon, me exposition qui se tiendrait là-bas dans les landes. — 2. Les crêpes de blé noir.... Oui-da, bonnes gens, il faut se dépêcher plus vite ici qu’à Rcsporden! — 3. Musique d’Orient un peu partout. Si Paris n’est pas converti à la musique orientale, c’est que décidément Paris n’a pas l’oreille bien faite. — 4. Autres orchestres. Musiciens héroïques et moustachus prêts à s’élancer sur leurs violoncelles pour une Tsardas ou une charge de cavalerie. — S. Asie russe. Orient calme et digne. De graves marchands qui ont l’air de venir des mille et une nuits. — 6. Une mère de famille du Congo. — 7. Artésienne. Délégation du pays de Mireille. — 8. Bosnie. Les tisseuses, les orfèvres, les petits métiers divers et leur gardien majestueux. — 9. Échantillons asiatiques! Garçon du restaurant chinois et gardien des galeries de Ceylan. — 10. Aimée du Maroc ou d’ailleurs. — 11. Tirailleur Sénégalais ou Congolais.
- 12.‘Indes néerlandaises. Dégustation de cacao ou liqueur d’Extrême-Orient. — 13. Princesse orientale venue incognito. —14. La rue d’Alger.' Musique_marchande non moins bruyante que l’autre.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Pour rendre les corps incombustibles. — Nous avons signalé dans le n° 1430, du 20 octobre 1900, page 323, les expériences du Laboratoire municipal pour rendre les matières incombustibles. Nous donnons aujourd’hui les principales formules recommandées par MM. Girard et Bordas.
- Pour l’immersion ou l’imbibition des bois : phosphate d’ammoniaque, 100 gr. ; acide borique, 10 gr. ; eau, 1000 gr.
- Pour l’application d’enduits ignifuges par couches successives, formule A : silicate de soude liquide, 100 gr. ; blanc de Meudon, 50 gr. ; colle de peau, 100 gr. (enduire à chaud). — Formule B : 1re application : sulfate d’alumine, 20 gr. ; eau, 100 gr. ; 2e application : silicate de soude liquide, 50 gr. ; eau, 100 gr. (les deux enduits doivent être appliqués successivement et à chaud). — Formule G : silicate de soude liquide (D = 1,280), 50 gr. ; eau, 100 gr. Recouvrir ensuite de l’enduit à l’amiante préparé comme suit : blanc gélatineux, 200 gr. ; eau bouillante pour dissoudre le produit, 75 gr. ; et malaxer
- avec amiante, 50 gr ; acide borique, 10 gr. ; borax, 30 gr.
- Cette dernière préparation peut, en outre, s’appliquer à l’envers des décors déjà peints.
- Encre lumineuse. — Un conducteur typographe, M. I)u-temple, a donné à Y Imprimerie une recette pour la fabrication des encres lumineuses. On obtient, dit M. Butemple, des compositions phosphorescentes, par la calcination du carbonate de chaux en présence du soufre. MM. Péligot et Becquerel, qui ont étudié la question depuis longtemps, citent la phosphorescence jaune, obtenue par le mélange de 1 à 2 pour 100 de peroxyde de manganèse aux matières ci-dessus; la phosphorescence verte, en y mélangeant une petite quantité de carbonate de soude; la phosphorescence bleue, par l’adjonction de 1 à 2 pour 100 d’un composé du bismuth. Si l’on porphyrise ces matières phosphorescentes et qu’on les incorpore ensuite à du vernis d’huile de lin, on peut se servir du mélange suffisamment broyé comme encre d’impression typographique, et imprimer des planches dont les épreuves, influencées pendant le jour par la lumière, paraîtront lumineuses dans l’obscurité.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9. ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 15 octobre. . 5*,3 S. W. 2. Couvert. .0,4 Très nuag. ; quelquefois de la pluie line entre 5 et 8 h. ; gelée bl. Très nuag. ; gelée bl. ; halo.
- Mardi 16 . ' 5”,9 S. S. W. 2. Très nuageux. 0,2
- Mercredi 17 .... 7»,8 S. E. 2. Très nuageux. 0,0 Couv. de 11 à 19 li.; très nuag. avant et après; pl. à div. repr. : écl. sur div. points du S.-S.-W. au N.-W. à 19 h.
- Jeudi 18 6*,5 S. S. W. 2. Très nuageux. 4,1 Beau jusqu'à 5 h. ; presque couvert ensuite ; quelques averses ; halo.
- Vendredi 19 ... . 10”,9 N. N. W. 2. Couvert. 0,5 Couvert le matin ; puis nuag. ; beau après 20 h. ; petite pluie jusqu’à 1 h. 1/2.
- Samedi 29 .... . 0°,2 N. 1. Beau. 0,0 Beau jusqu à 7 h. ; puis peu nuag. ; couv. après 14 h. ; gouttes vers 15 h. 20.
- Dimanche 21 ... . — M - — 4°,9 W. 1. Peu nuageux. 0,0 Très nuag. ; gelée bl. ; petite averse à 14 h. 30; éclairs au N.-N.-W. à 19 h.
- OCTOBRE 1900. — SEMAINE Dü LUNDI 15 AD DIMANCHE 21 OCTOBRE.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 a 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tempête sur le littoral canadien. — A la date du 11 octobre, un vent violent, accompagné de pluies torrentielles, a souf'tlé durant plusieurs jours, sur les provinces maritimes du Canada et notamment à Halifax. En plusieurs endroits, la voie ferrée a été emportée, et la circulation interrompue. Les campagnes ont été inondées. Un grand nombre de navires ont été jetés à la côte.
- I,e temps. — A partir du lundi 15 octobre, des mauvais temps n’ont cessé de régner sur les Iles Britanniques et sur nos côtes de la Manche. Le vent a soufflé avec force.
- Les pluies ont été générales en Europe; en France on a recueilli 4 mm. d’eau au Havre. 5 à Biarritz, 2 à Belfort. La température a baissé rapide-
- ment sur l'Europe occidentale. Le 15 octobre, on notait — 2° au puy de Dôme, — 5° au mont Mounier, — 5° au mont Ventoux et au pic du Midi. Eu France, le temps est resté frais avec quelques averses dans le Nord 'et l'Est, et ciel nuageux. .
- A Paris, plusieurs averses de pluie et grêle sont tombées vers 2 heures du soir.
- Le 16 octobre, la température s’est relevée. Le matin le thermomètre marquait — 5° A Clermont, -t- 6° à Paris, 21® à Alger, 5° au mont Aigoual.
- A Paris, le ciel est resté très nuageux. La température moyenne a été de 1 1®,4, inférieure de 1®,2 à la normale. Le baromètre à 7 heures du matin, était à 762"”, 1, et restait stationnaire toute la journée ; le 17 octobre, à 7 heures du matin, il était à 759”"\8 et remontait à midi ; le 18 octobre, abaissement de température et ondées; le 20, ciel nuageux et temps frais.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q.. le 15, à 10 h. 0 m. da matin.
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- N° 1432 (3 nooemJbre 1900), du Journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chel
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- : —®— Nous touchons à la fin de la série des Congrès de 1900.
- La séance de clôture du Congrès national des travaux publics fran-I çais s’est tenue le 26 octobre, sous la présidence de M. Hersent.
- L’Assemblée, après discussion, a adopté des vœux favorables aux ! projets suivants : Utilisation des forces motrices du haut Rhône ; | aménagement des eaux du Rhône; utilisation industrielle et agri-
- cole des eaux, alimentation des villes, travaux d’assainissement et | d’hygiène publique. Puis jonction de l’océan Atlantique et de la
- Méditerranée par voie ferrée; Loire navigable et canal latéral à la | Loire; canaux du Centre; canaux de Marseille au Rhône, de la i Loire au Rhône, de Cette au Rhône, de la Loire au Rhône par
- Saint-Etienne. Dans une séance antérieure, le Congrès avait émis i le vœu de l'agrandissement du port du Havre et de l’endiguement ' de la Seine entre Rouen et le Havre. En ce qui concerne le projet i de Paris port de mer, le Congrès y a été en majorité peu favorable.
- —®— La Compagnie des chemins de fer du Nord a mis en marche cette semaine, à 8 heures, un train rapide spécial, remorqué par une nouvelle locomotive. Ce train, composé de sept wagons à boggies de 250 tonnes, va de Paris à Calais. Ce train a pour objet d’expérimenter un nouveau frein capable, parait-il, d’arrêter net et sans secousse, un convoi marchant à raison de 100 kilomètres à l’heure. Les trains rapides mettent ordinairement trois heures et demie de Paris à Calais. Ce nouveau train, si les expériences réussissent, ne mettra plus que trois heures avec un arrêt de deux minutes seulement à Abbeville pour renouveler la provision d’eau.
- —®>— Notre collaborateur, M. Ch. Baltet, horticulteur pépiniériste de Troyes, bien connu, détenteur de 50 prix d’honneur, vient d’être nommé commandeur du Mérite agricole.
- —g)— M. le comte Zeppelin a effectué le 24 octobre une troisième sortie avec son ballon de 4h 55 à 5h 25. Le ballon est revenu aux environs du hangar de départ; il n’y avait pas de vent. M. Zeppelin a supprimé les deux gouvernails de l’arrière ; il n’est plus resté que les deux gouvernails de l’avant, qui ont permis d’exécuter les évolutions nécessaires.
- —W>— Un des géologues du gouvernement du Queensland vient de faire une découverte importante sur le territoire de la colonie :
- 11 a reconnu l’existence d’un vaste gisement de charbon dans le voisinage des rivières Dawson et Mackenzie. Ce serait du reste de l’anthi'acite plutôt que de la houille, et la surface sur laquelle il s’étendrait serait au moins de 12000 kilomètres carrés.
- —®— Une des raisons principales pour lesquelles le prix du charbon est relativement si bas sur le carreau des mines américaines, c’est l’emploi des machines dans l’exploitation de la houille : cet emploi se généralise encore de jour en jour et nous avons sous les yeux de. statistiques relatives à l’usage des machines en question dans les mines de charbon bitumineux. En 1898, le total de l’extraction suivant ce procédé n’avait été que de 11 550 000 tonnes, alors qu’en 1899 elle a pu atteindre le chiffre formidable de 43963000. Pendant les deux années 1896 et 1897 la progression n’avait guère été que de 6 à 7 millions de tonnes.
- —S)— Les gisements de pétrole sont très étendus au Japon. D’après le journal Japan Times, dans le district d’Echigo, il y a dès maintenant plus de trente compagnies, dont quelques-unes possèdent un capital de plus d’un million de yen, et l’ensemble des capitaux engagés dans ces exploitations dépasse certainement
- 12 millions de yen, ce qui correspond à peu près à une trentaine de millions de francs. L’activité est telle dans toute cette région pétrolifère, que deux des principales banques du Japon s’apprêtent à créer des succursales dans les villes du district. D’autre part, et
- à l’imitation de ce qui a été fait pour les exploitations russes du Caucase, on se propose prochainement d’établir une conduite métallique pour le transport facile, rapide et peu coûteux du pétrole du district d’Echigo jusqu’à Tokio : on est en train de faire un levé iréliminaire du tracé que l’on pense devoir suivre, et l’on a confié a direction des travaux à un ingénieur japonais.
- —!§)— Les chaussées parisiennes représentent une superficie totale de 8 923 500 mètres carrés se répartissant ainsi, quant au mode de revêtement : pavage en pierre, 6 047 500 mètres carrés ; empierrement, 1 528 400; asphalte, 582 600 mètres carrés; pavage en bois, 1 165000 mètres carrés. Le prix moyen d’entretien de ces chaussées est très variable : 0fr,775 par mètre carré de pavage en pierre, 2tr,551 pour empierrement, lfr,59 pour l'asphalte, 5,r,60 pour le pavage en bois. Le pavage en pierre est effectué surtout avec du grès de l’Yvette et similaires qui fournit le revêtement de 5851 650 mètres carrés de chaussées; on emploie aussi l’arkose, le quartzite de l’Ouest, le granit des Vosges et le porphyre belge. On emploie en moyenne 6 450 000 pavés neufs à Paris par an ; la carrière des Maréchaux (près Rambouillet), exploitée par la Ville de Paris, fournit en moyenne 740 000 pavés par an. Depuis 1886, la Ville de Paris établit et entretient par elle-même les pavages en bois; les bois sont achetés soit sur les lieux d’abatage, soit dans les ports d'arrivée, et débités à l’usine municipale de fabrication de pavés en bois qui, en 1899, a fourni plus de 11 millions de pavés dont 2 369114 de bois exotiques. Les bois employés sont surtout le pin des Landes, le petit pin, le téak et le karri; les pavés, une fois débités, sont créosotés. Quant à la surface des trottoirs, elle était en 1899 de 6474 529 mètres carrés ainsi répartis : bitume, 4 915 123; granit, 631 461; contre-allées sablées, 1634 284 mètres carrés; voies pavées, 105375 mètres carrés; divers (seuils, passages de portes cochères), 88086 mètres carrés. Les prix d’entretien par mètre carré et par an sont de 0fr,271 pour les trottoirs bitumés, 0Fr,529 pour le granit et les revers pavés, 0fr,021 pour les contre-allées sablées. La valeur de l’ensemble des revêtements des rues de Paris ressort à 188 millions de francs, dont 159 millions pour les chaussées.
- —S)— Le ministre des postes d’Allemagne a pris en location à la municipalité de Francfort, qui possède les tramways électriques de cette ville, sept voitures automotrices et un même nombre de voitures de remorque. Tous ces véhicules ont été convertis en fourgons postaux. On a réalisé par ce moven de grandes économies de temps et d’argent pour le transport des lettres; le service qui, pour la ville de Francfort, exigeait annuellement 50000 courses de fourgons à chevaux, est aujourd’hui réduit à 20000 courses de voitures électriques, tout en étant beaucoup plus développé.
- —®— Le Dr W. Brooks, directeur de l’observatoire Smith de Geneva, dans l’Etat de New-York, vient de réussir à photographier des objets à la lumière de la seule planète Vénus. Les expériences étaient faites sous le dôme de l’Observatoire, où précisément on s’était arrangé de façon à ne laisser passer que la lumière émanant de la planète. On avait choisi le moment le plus obscur de la nuit, quand la planète était à son élévation maxima, et quand l’aube n’approchait pas encore. Il a été constaté que les propriétés acti-niques de cette lumière sont bien plus intenses qu’on ne s’y attendait, les photographies étant tout à fait claires.
- —®— Il existe actuellement une vraie flotte de navires pour la pose des câbles sous-marins : on compte 42 de ces navires spéciaux, dont quelqUes-uns ont 5000 et même 6500 tonneaux de jauge brute. Le plus grand (celui de 6500 tonneaux) est YAnglia, qui appartient à la Compagnie anglaise Telegraph Construction and Maintenance Co. La France en possède pour son compte cinq, dont trois appartiennent à l’Etat.
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- Erratum. — Dans notre récent article sur Y Eclairage et la force motrice par les alcools dénaturés (n° 1430, du 20 octobre 1900, p. 522), il faut ajouter le nom de M. Lindet, de l’Institut agronomique, à ceux des membres de la Commission qui ont été chargés des expériences.
- Communications. — M. le F,e Bégouen, Saint-Girons (Ariège), à propos de l’article de notre collaborateur M. 11. de Varigny sur le problème du coucou (n° 1425, du 1er septembre 1900, p. 211), lui a adressé la lettre suivante : « Je viens vous raconter un fait dont je fus témoin il y a quelques années et qui vous intéressera peut-être. J’étais avec un de mes amis occupé à détruire des pies autour de l’habitation, lorsque voyant passer un oiseau de taille moyenne à sa portée il l’abattit d’un coup de fusil. C’était un coucou. L’oiseau tomba aussitôt, mais après quelques mètres à peine de chute, nous vîmes se détacher de lui un petit corps rond qui toucha le sol plus rapidement que l’oiseau et quelques mètres en arrière. Voulant nous rendre compte de ce que c’était, nous vîmes sur la terre un petit œuf écrabouillé. Ce coucou avait été surpris pendant qu’il transportait son œuf dans le nid d’un autre oiseau, et comme j’avais remarqué que le coucou n’allait pas pondre dans les nids des autres, mais bien pondait à terre un peu au hasard (il m’est arrivé d’en rencontrer), et portait ensuite son œuf chez un voisin, la chose me parut naturelle. Maintenant l’œuf était-il seulement dans le bec ou engagé à mi-gosier? C’est ce que je ne pourrais dire. L’oiseau ne fut pas. tué sur le coup et, tombé sur le sol, il battait encore des ailes et ouvrait le bec. Puisque nous en sommes aux mœurs curieuses du coucou, je relèverai ce fait que jamais, à ma connaissance du moins, il ne va déposer des œufs dans les nids d’oiseaux de sa taille ou plus grands que lui. Il s’adresse toujours à des espèces plus petites, fauvettes, traquets, mésanges, etc. Est-ce par crainte des luttes à soutenir en introduisant l’intrus dans le nid, ou bien est-ce pour que les petits puissent se débarrasser plus facilement des autres oisillons et rester seuls à recevoir la nourriture des parents d’adoption? J’avais souvent entendu dire que jamais on ne trouvait deux œufs de coucou dans le même nid. Une fois cependant dans le bas d’un buisson on me signala un nid contenant deux œufs de coucou à côté de trois petits œufs tachés de brun, de quelque pouillot, je pense. Je m’étais bien promis de suivre l’éclosion avec soin, mais un jour quelque drame s’étant probablement produit, du fait d’un chat ou d’une belette, je trouvai le nid dévasté et les œufs brisés. D’après l’état des embryons que j’ai examinés, ils étaient sur le point d’éclore. » M. H.-L.-Alph. Blanchon, à propos de notre article sur Le problème du coucou dont il vient d’être question plus haut, nous adresse également la Notice suivante : « M. de varigny a, dans un précédent numéro, signalé une intéressante observation sur les mœurs du coucou, la femelle qui, comme on sait, utilise des oiseaux d’autre espèce, pour couver et élever sa progéniture, n’irait point pondre directement dans le nid d’autrui, mais y transporterait son œuf pondu ailleurs, en le portant soit dans son bec, soit dans sa gorge. Nous nous rangeons entièrement à cette opinion ; car, personnellement, nous avons trouvé de jeunes coucous dans des nids bâtis dans des cavités dont l’exiguïté interdisait l’entrée à des oiseaux de ia taille de leurs parents; l’introduction de l’œuf, à l’aide du bec, explique la présence des jeunes intrus. Du reste, voici d’autres observations qui confirment ce fait. Un M. Boydell, employé aux signaux sur une ligne de chemin de fer, put surveiller de la fenêtre de sa cabine un couple de coucous qui voltigeaient aux alentours ; ils découvirent un nid de mésanges qui contenait cinq œufs, mais un seul visita le nid de près. Après celle constatation ils se réfugièrent sous une haie; quelques instants après, l’un des oiseaux se percha pour attendre l’autre, ce dernier se dirigea droit vers le nid, l’observateur put constater une grosseur à sa gorge. Il s’arrêta peu et revint rejoindre son
- compagnon, poursuivi par les mésanges, puis ils disparurent tous les deux, l’employé de chemin de fer constata chez le coucou, à son retour, une grosseur analogue à celle remarquée à l’aller; mais dans son vol, poursuivi par les mésanges, l’oiseau essaya à trois reprises d’avaler. Le nid immédiatement visité ne contenait plus que deux œufs de mésange, un œuf de coucou encore chaud y avait été introduit. Ce nid était parfaitement visible de la cabine et l’observateur ne le perdit pas de vue un seul instant; le coucou ne s’arrêta que fort peu, sans s’y installer, ce qui du reste aurait été impossible par suite de l’étroitesse de la cavité dans laquelle était construit le nid ; il faut donc conclure que l’œuf pondu, peu auparavant dans la haie, avait été transporté dans sa gorge par la pondeuse; quant aux trois œufs de mésange, dont aucun débris ne fut trouvé aux alentours, on peut croire qu’ils furent emportés d’une manière analogue par le coucou. Qu’en fit-il ? les avala-t-il, ou les jeta-t-il plus loin lorsqu’il en eut toute liberté, les mésanges ayant cessé leur poursuite. Il y a là un nouveau problème, il serait intéressant de savoir si le coucou détruit, emporte ou mange un certain nombre des œufs qu’il trouve dans les nids où il dépose les siens? Des débris de coquille trouvés à l’alen-tour pourraient faire supposer qu’il se contente parfois de les. rejeter au dehors sans les emporter ; mais est-on bien sûr qu’il en détruit toujours un certain nombre? Pour revenir au transport des œufs dans la bouche, laissant de côté d'autres observations aussi probantes, nous nous bornerons à citer un dernier fait. Un chasseur de Saint-Alban, Herts, ayant tué un coucou, trouva dans sa gorge un œuf qui fut reconnu comme étant bien un œuf de cette espèce. D’autres points fort intéressants ont également attiré l’attention des naturalistes qui ont émis des opinions contraires. L’œuf pondu et transporté dans un nid quelconque par la mère qui disparaît presque aussitôt, est couvé par les parents adoptifs, le jeune coucou une fois éclos, est nourri au même titre que les autres oisillons qui reposent à côté de lui; mais, afin d’accaparer à lui seul la totalité de la nourriture apportée par le père et la mère, il s’efforce à faire tomber, hors du nid, les autres jeunes; il veut à lui seul composer toute la famille. Certaines personnes affirmaient avoir assisté à cette exécution, à ce meurtre ; mais d’autres esprits moins crédules se demandaient comment un oiseau encore aveugle, se remuant à peine, avait l’intelligence nécessaire pour accomplir cet acte d’affreux [égoïsme ainsi que la force nécessaire pour jeter par-dessus bord les cohabitants du nid. En outre, plusieurs expériences faites avec des jeunes coucous, élevés en cage, par des canaris en compagnie de leurs petits, avaient donné des résultats négatifs, toute la nichée vivant en parfaite harmonie. Nous croyons que la question a été tranchée par M. Craig,' qui a fait à ce sujet des expériences concluantes, appuyées par des photographies qui enlèvent tout doute sur leur véracité. Ayant trouvé un nid de Pipis des prés qui, sur cinq œufs, en contenait deux de coucous (ces œufs, par suite de différence de forme et de coloris, paraissaient provenir de femelles différentes), le surveilla d’une manière assidue et constante. Le 8 juin, premier jour après l’éclosion, qui eut lieu presque simultanément pour tous les œufs, les coucous jetèrent par-dessus bord les jeunes pipis, ils ne vécurent en paix qu’un seul jour, et commencèrent à lutter entre eux, chacun voulant soulever l’autre sur son dos et le faire passer par-dessus les parois du nid. Le lendemain, M. Craig n’en trouva qu’un seul dans le nid, l’autre gisait en dehors (le nid étant à terre, il n’avait aucun mal, mais s’il était resté dans cette position, il aurait été abandonné par ses parents adoptifs), il réintégra de suite l’oisillon dans son domicile, la lutte recommença; le 10 juin, le jeune, le plus faible, fut encore retrouvé hors du nid ; on le remit encore en place, mais il fut sans doute encore chassé presque sur-le-champ, car le lendemain il fut trouvé mort. Il faut remarquer que les jeunes coucous cherchent non seulement à se dél ar-rasser des jeunes d’autres espèces, mais qu’ils en veulent tout autant à des compagnons de leur race. M. Craig observa un autre nid de pipis des prés dans lequel se trouvait un œuf de coucou, cet oiseau vit le jour avant l’éclosion des œufs de pipis; il atteint à peine l’âge de 24 heures qu’il se mit en devoir de hisser ces œufs sur son dos et de les faire rouler hors du nid. Plus tard on mit à côté de cet oiseau de jeunes bruants, de jeunes moineaux; il les fit tous basculer en dehors en les soulevant sur son dos. Nous passons rapidement sur ces diverses expériences dont la plupart ont donné lieu à des photographies, montrant comment les jeunes coucous fratricides commettent leur crime. Le dos de ces oiseaux, lorsqu’ils sont Voir la suite de la Boite aux lettres page 3* des Nouvelles scientifiques.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- en bas âge, est fort large et creusé en forme de cuvette; ils se glissent alors sous l’œuf ou l’oisillon dont ils veulent opérer l’éviction ; celui-ci tombe dans cette sorte d’entonnoir. Aussitôt qu’il sent ses épaules chargées, le coucou, s’arc-boutant sur les ailes, imprime à son corps une secousse brusque qui lance le fardeau hors du nid. Les photographies de >1. Craig montrent
- [mrfaitement ces divers mouvements et résolvent sur ce point e problème du coucou. »
- AI. Almada Negreiros, à Paris, nous adresse un exemplaire du mémoire sur La main-d'œuvre en Afrique, qu’il a présenté au Congrès colonial international de 1900.
- Renseignements. — AI, Taillade, à la Plaine. — Pour faire adhérèr des plaques de plomb sur des parois de fer, on est obligé de faire à l’aide d’un burin quelques pointes sur le fer; on encastre ensuite la plaque de plomb. Mais nous ne pensons pas qu’il existe de produit chimique permettant d’obtenir ce résultat.
- Al. Léon Bertout, à Abbeville. — Il n’y a pas d’ouvrage spécial complet sur cette question; il faudrait consulter la collection du Journal La locomotion automobile, h, rue Chauveau-Lagarde, à Paris.
- M. C. R. R., h Paris. — Dans les tramways électriques, le retour du courant se fait par les rails.
- M. Louis Dumont, à Paris.— Accumulateurs Tudor 48, rue de la Victoire, accumulateurs Blot, 59, rue de Chàteaudun.
- M. Ch. Rivière, à Lille-Fives. — 1° Nous n’avons pas d’autres renseignements sui cette substance. — 2° Nous ne croyons pas qu’il existe d’appareil de ce genre.
- M. L. d'Anthonay, à Paris. — A notre grand regret, il ne nous a pas été possible de publier les indications que vous demandiez.
- M. A. 4 urière, à Saint-Sylvestre. — 1° Nous n’avons pas vu cet appareil. — 2° Nous ne pensons pas que cette huile ait les propriétés qu’on lui attribue.
- M. N. Piatnitsky, à Saint-Pétersbourg. — Veuillez adresser directement une demande à la Compagnie générale de traction, 24, boulevard des Capucines, à Pans.
- M. Juan José de la Morena, à Burgos. — Ces formules ont été [données dans les Recettes et procédés utiles, du n° 1451, du 27 octobre 1900.
- A1. L. Thiry, à Tomblaine. — Nous allons faire des recherches.
- M le Dr Lécuyer, à Beaurieux — Ce charbon se trouve chez tous les marchands de charbon:MM. Breton et Cie,58,quai de la Râpée, MM. Bernot frères, 458, rue Lafayette, à Paris, etc.
- M. Ramon de Berenguer, à Gerona. — Vous trouverez des renseignements intéressants sur les trieurs magnétiques dans Le Praticien industriel du 15 octobre 1900.
- M. José Minquell, à Huesca. — Nous ne pouvons vous donner une adresse en particulier ; chacune de ces machines a ses avantages et ses inconvénients.
- M. Pablo Diez, à Paris. — Vous pourriez vous adresser à notre collaborateur M. Henriot à l’École normale d’instituteurs à Arras, ou à notre collaborateur M. Larbalétrier, professeur à l’Ecole d’agriculture de Grandjouan, à Nozay (Loire-Inférieure).
- M. J. C. Ferreira de Castro, à Porto. — 1° et 2° Nous n’avons pas à ce sujet d’autres renseignements que ceux que nous avons déjà publiés. — 3° Nous ne connaissons pas le nom de ce constructeur.
- M. P. F., à Paris. — A notre grand regret nous ne pouvons vous indiquer ces diverses classes.
- M. Delormo, à Soissons. — 11 semble qu’il n’y ait ici qu:un malentendu de mots. Tomber en arrière ou projeter en arrière, c’est la même chose. Il y a projection ou retour en arrière tout bonnement parce que, au moment de l’arrêt et du freinage, les ressorts des tampons impriment aux voitures une vitesse en sens inverse de celle de la marche du train, et par suite le corps obéit à cette impulsion contraire.
- M. L. de P., à Brest. — Vous trouverez à ce sujet un bon ouvrage à la librairie Ch. Béranger, 45, rue des Saints-Pères, à Paris. Il a pour titre : Éléments du calcul et de la mesure des courants alternatifs, par Orner de Bast, ingénieur.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M.Dupont, à Paris. Nous ne pouvons vous répondre ; il faudrait que l’appareil fût construit. — M. Leroi, à Marseille. Nous avons reçu votre lettre ; nous faisons les recherches nécessaires. — M. D. G., à Paris. Ces piles ne donnent pas de bons résultats. — M. L. il/., à Agen; M. Pétris, à Rennes. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lr® et 5e séries, à la librairie Masson et Cie. — Un jeune abonné, à X. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- PETITES INTENTIONS1
- Nouveau réchaud A gax d’alcool. — Ce nouveau réchaud fonctionne directement en brûlant du gaz d’alcool, et son fonctionnement est très satisfaisant. On commence par tirer le bouton A, on garnit d’alcool le récipient inférieur. En poussant ce même bouton A à sa position primitive, on actionne une pompe qui met juste la quantité d’alcool nécessaire dans
- Nouveau réchaud à gaz d’alcool.
- la cuvette placée au-dessus du récipient. Si on enflamme cet alcool avec une allumette, la flamme vient chauffer la couronné placée au-dessus et, au bout d’un instant, le gaz jaillit par les trous. On règle la flamme par le bouton B que l’on tourne à gauche ou à droite. On obtient une grande quantité de chaleur avec une dépense minime d’alcool. — Le nouveau réchaud à gaz d’alcool se trouve chez MM. G. Renaut et Cie, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- Porte-plume excentrique. — Ce nouveau porte-plume est constitué par une tige de bois allant en diminuant de grosseur d’une extrémité à l’autre. Il permet de placer la plume de quatre façons différentes. A cet effet, le trou pour placer la plume est constitué par une circonférence excentrique. Tout autour sont inscrits des numéros pour indiquer la position.
- Porte-plume excentrique.
- En mettant la plume en face au n° 1, la plume est penchée en avant pour écriture rapide et n’accroche pas le papier. En mettant la plume au n° 2, la plume est inclinée vers la gauche. En mettant la plume au n° 3, la plume est dirigée en bas pour écriture fine. En mettant la plume au n° 4, elle est inclinée à droite. — Ce nouveau porte-plume se trouve à la même adresse que l’objet précédent.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Recherche de Vacide picrique dans la bière. — Préparer ce réactif : sulfate ferreux 5, acide tartrique 5, eau distillée 200. Mélanger cette solution à un volume égal d’une solution de chlorure de sodium, afin d’en augmenter la densité, de manière que le liquide à essayer reste facilement à la surface.
- Pour rechercher l’acide picrique dans un liquide quelconque, on prend dans un tube à essai 4 à 2 centimètres cubes dé réactif ; on verse à la surface, avec une pipette, 4/2 centimètre cube
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
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- de liquide, on ajoute 2 gouttes d’ammoniaque ; on agite légèrement de façon à mettre sur une épaisseur de 1 centimètre environ les trois liquides en contact.
- Si le liquide est exempt d’acide picrique, celte couche a la couleur verdâtre de sel ferreux; s’il contient de l’acide picrique, la teinte est briquetée et rougeâtre. (L’Union pharmaceutique. )
- Traitement de l’acné.
- J’ai déjà donné plusieurs formules de traitement de cette éruption fort désagréable qui survient fréquemment chez les adolescents et se montre particulièrement à la face, sur la poitrine et dans le dos. Petits clous, petits furoncles en miniature, l’acné peut dépasser le volume d’un pois et laisser après guérison une cicatrice très désagréable qui représente absolument une cicatrice de bouton de variole.
- Unna, le grand dermatologiste, conseille depuis quelque temps contre l’acné pustuleuse ou rosacée le trait'ment par la pommade au bioxyde de sodium. Ne pas confondre le bioxyde avec l’oxyde hydraté, qui n’est autre que la soude caustique.
- Mais le bioxyde de sodium ne peut se mettre en pommade, il saponifie les graisses et il faut chercher un excipient formant cependant un corps onctueux et susceptible de s’étendre sur la peau. Unna se sert d’un mélange de trois parties de paraffine liquide et de sept parties de savon amygdabn ou de savon médicinal; on y incorpore de 2 à. 10 pour 100 de bioxyde suivant les besoins.
- Cette pâte savonneuse est étendue matin et soir sur les parties où s’est faite l’éruption, et on la fait pénétrer en frictionnant doucement avec un tampon d’ouate hydrophile imbibé d’eau bouillie tiède. A ce contact, le bioxyde se décompose un peu, laisse s’échapper de l’oxygène qui forme une écume savonneuse. La friction doit être prolongée jusqu’à ce que le malade ressente une sensation de cuisson, de chaleur. On enlève alors l’écume, on lave avec l’eau bouillie et on peut alors appliquer un excipient, pommade ou pâte à base d’oxyde de zinc, comme on les emploie dans l’acné.
- Ce traitement donne des résultats rapides et la peau reprend en peu de temps son aspect normal. I)r X.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9. ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 22 octobre. . 4», 3 N. E. 3. Couvert. 0,1 Nuag. jusqu’à 6 h. ; beau ensuite ; gelée bl.
- Mardi 23 — 0°,6 N. 1. Nuageux. 0,0 Nuag. de 3 à 9 h. et à 23-24 h. ; beau le reste du temps ; brouillard le matin.
- Mercredi 24 ... . — 0*,2 S. S. E. 0. Très nuageux. 0,0 Peu nuag. le matin ; très nuageux le soir.
- Jeudi 23 6°,1 S. £. 0. Très nuageux. 0,0 Très nuag. ; brouillard peu épais le matin. ’
- Vendredi 26 ... . S»,4 S. S. W. 3. Couvert. 0,0 Nuag. jusq. 6 h. ; puiscouv. ; beau ap. 20 h.; pl. de 11 h. à 15h. 20et de 17 à 19 li. 30; un peu de gr. à 18 h.; écl.
- Samedi 27 4”,9 S. S. W. 3. Beau. 13,9 Nuag. de 11 à 17 h. ; beau le reste' du temps ; gouttes à 15b. 10; gelée bl.
- Dimanche 28 ... . 3”,o j S. S. W. 2. Beau. 0,0 Peu nuag. le matin; couv. le soir; gelée bl. ; halo; pluie dans la soirée.
- OCTOBRE (900. — SEMAINE Dü LUNDI 22 AU DIMANCHE 28 OCTOBRE.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boute sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boute mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- l.e temps. — Le 22 octobre, le baromètre a été très élevé dans l’ouest de l’Europe, ainsi qu’en Russie (Valentia, 780 mm., Mosi ou, 776 mm.) ; il était relativement bas en Algérie, et des dépressions ont passé dans l’extrême sud du continent. Le vent a été fort du nord à la pointe du Cotentin; ii était assez fort en Bretagne, en Gascogne, et soufflait du nord-ouest en Provence.
- . Des pluies sont tombées sur presque tout le continent. En France, on a recueilli 19 mm. d’eau à Dunkerque, lia Biarritz, 10 au Havre, 2 à Clermont.
- La température s’est abaissée excepté sur le centre et le nord-ouest de l’Europe. Le 22 octobre, à 7 heures du matin. Le thermomètre marquait -e 2° à Munster, 5° à Paris, 24° à Malte. On notait — 3° au puy de Dôme et à l’Aigoual, —13° au pic du Midi.
- Le 23 octobre, les fortes pressions de l’Europe occidentale et de la Russie se sont étendues à travers le centre du continent. Une dépression assez importante, venue par le nord-ouest de la Norvège est descendue vers la Baltique. En France, le temps est resté pluvieux. A Paris, le temps a été beau et froid ; la température moyenne a été de 3°,7 ; le baromètre marquait, à 7 heures dn matin, 771“",8. Dans la matinée, un brouillard intense s’est abattu sur la Seine, et le service des bateaux a dû être interrompu jusqu’à 10 heures du matin.
- Le 24 octobre, à Paris, le temps a été nuageux et la température moyenne a atteint 7°,2.
- Dans la journée du 23 octobre, un vent modéré entre sud et ouest a régné sur la Manche ; en France le temps a été beau. Dans la matinée le thermomètre a marqué 6° à Paris. Le 26, coup de vent violent du noi d-ouest sûr la Manche et pluies à Paris. Les 28 et 29, nouveaux coups de vent.
- PHASES DE LA LUNE : N. L., le 23, à 1 h. 57 m. du soir
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
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- INFORMATIONS
- —#— Le jury des concours aérostatiques organisés à l’annexe de l’Exposition, à Yincennes, s’est réuni sous la présidence de 31. Cailletet, membre de l’Institut. Le dernier concours de distance <lu 9 octobre a donné les résultats définitifs suivants : 1° M. le comte Henri de La Yaulx, descendu, après 35h45m de voyage, à lvorostichew, en Russie, à 1925 km du point de départ. Altitude maxima 5700 mètres. 2° M. Jacques Balsan, descendu à Opotscho, gouvernement de Iladoum, en Russie, après 27h 05m de voyage, ayant parcouru 1545 km et atteint l’altitude maxima de 6540 mètres. 3° M. Jacques Faure, descendu à Schidlo, Brandebourg (Allemagne), après 19h 24m, ayant parcouru 950 km. Viennent ensuite : MM. Her-vieu, qui a fait 535 km en 18h55m; Maison, 650 km en 16h38m; Juchmès, 550 km en 16h 35m. Si l’on tient compte du concours du 50 septembre et des concours précédents, et si l’on additionne tous les points, le grand prix de l'aéronautique revient à M. le comte Henri de la Yaulx.
- —®— M. Millerand, ministre du commerce, et M. Mougeot, sous-secrétaire d’Etat des postes, viennent de faire installer dans leurs bureaux un nouvel appareil téléphonique, avec un auto-commutateur, qui permet d’obtenir les communications désirées par la simple manipulation d’un cadran mobile et sans avoir recours à l’intervention des demoiselles du téléphone. Depuis les derniers jours d’octobre, tous les services du ministère du commerce et du sous-secrétariat des postes, soit 100 postes ditférents, communiquent entre eux seulement par l’auto-commutateur; cette première expérience officielle a donné de bons résultats. L’essai public sera fait dans une petite ville de province, qui n’est pas encore désignée ; on choisira entre celles qui n’ayant point encore de réseau téléphonique en feront la demande pour une centaine environ d’abonnés, et on lui installera un réseau semblable à celui qui fonctionne déjà au ministère du commerce. On désire savoir si le public usera avec habileté, sagesse et profit du nouvel organisme téléphonique qui a le défaut d’être très délicat.
- —®— La commission internationale d’aérostation scientifique s’est réunie sous la présidence de M. Ilergesell. Le 8 novembre a eu lieu le premier lancer mensuel des ballons-sondes. Cinq ballons portant des enregistreurs identiques, construits d’après le système Teisserenç de Bort, sont partis simultanément l’un de frappes (Seine-et-Oise), le second de Berlin, le troisième de Vienne, le uatrième dé Saint-Pétersbourg, enfin le cinquième des environs e Londres. Il en sera de même chaque mois, à une date fixée par le président du comité. Les observatoires de Kristiania, d’Upsal et de Bucarest ont promis leur coopération prochaine.
- —®— On sait que les anciens wagons consacrés au. service des postes ont décidément cessé de plaire. On les trouve incommodes, disgracieux, peu pratiques. Aussi s’oecupe-t-on de trouver un nouveau véhicule postal. La Compagnie du Nord croit y être parvenue, et, récemment, elle conviait M. Millerand à une promenade dans ün de ses nouveaux wagons-poste. Le ministre du commerce et le sous-secrétaire d’Etat aux postes, accompagnés de M. Sartiaux. ingénieur en chef de l'exploitation de la Compagnie du Nord, et escortés de nombreux fonctionnaires de la Compagnie et dé l’administration des postes, ont pris place, dans un nouveau wagon-poste, qui a été accroché au rapide de Lille. Ce wagon a sur ses devanciers de grands avantages, tant au point de vue de l’hygiène que de la commodité du service. Il possède même une cuisine et une petite salle à manger.
- —®- Bicyclettes et automobiles ont rendu la vie et l’animation à nos belles routes de France, dont peu de personnes connaissent l’étendue. 38965 km de routes nationales, pour ne citer que les
- grandes artères, sillonnent nos départements. Quel capital énorme représente l’établissement du vaste réseau de nos voies de communication! Il s’élève à 1 milliard 500 millions pour les routes nationales, 1 milliard 200 millions pour 49 000 km de routes départementales, 2 milliards 700 millions pour 135 000 km de chemins de grande communication, 900 millions pour 71000 km de chemins d’intérêt commun et 2 milliards nour 250 000 km de chemins vicinaux ; soit un total de 8 milliards 300 millions pour 543 000 km de routes diverses. Les dépenses annuelles d’entretien s’élèvent à 200 millions environ, le prix d’entretien au km variant de 200 à 900 francs. 11 convient d’ajouter que nul pays au monde ne possède d’aussi belles routes que la France.
- —®— On va installer une turbine monstre dans l’usine de la Compagnie de distribution d’électricité de New-York connue sous le nom de « United Electric Light and Power Co ». Sa puissance normale sera de 2500 chevaux, mais elle pourra donner jusqu’à 3000 chevaux ; elle sera couplée directement avec un générateur à courant alternatif de 1500 kilowatts, qui sera susceptible d’alimenter 50 000 lampes à incandescence de 16 bougies.
- —(§>— On a signalé de grandes inondations sur plusieurs points du nord de l’Angleterre à la fin du mois d’octobre. La circulation des trains a été complètement interrompue pendant plusieurs jours. Les dégâts à Darlington, à Jarrow ont été considérables.
- —9— Il y a plusieurs mois un soldat anglais avait reçu, pendant la campagne boer, une balle dans la tête, balle qu’on n’avait pu retrouver, ni même localiser au moyen des rayons X. Après être passé par l’hôpital un certain temps, il fut renvoyé au régiment et il ne se ressentait plus de sa blessure, sinon en ce sens qu’il avait la parole un peu embarrassée. Le 11 juillet dernier, il fut pris d’une violente attaque d’éternuement, et finalement il chassa sa balle, qui s’était logée dans la partie inférieure de sa mâchoire.
- —®— M. Ilempel vient d’imaginer une application ingénieuse de l’air liquide pour brûler des combustibles de valeur très faible dans lin fourneau de son invention. Il y brûle de la tourbe ou du lignite, et il excite puissamment la combustion en envoyant sur le combustible de l’air liquide vaporisé, qui apporte un contingent considérable d’oxvgène ; la question est de savoir si cette combinaison pourrait être exploitée financièrement.
- —9— Une statistique établit que la Suisse comporte un ensemble de 716 stations avec 1716 hôtels et 98 275 lits, répartis sur un espace de 300 kilomètres de largeur sur 200 kilomètres de longueur. Quand donc la Savoie, le Dauphiné ou l’Auvergne en compteront-ils la dixième partie?
- —9— Une première secousse de tremblement de terre a eu lieu dans le Venezuela, le 29 octobre, à 8 heures du matin. Une seconde secousse a été ressentie le même jour dans la soirée, et une troisième secousse a eu lieu le 30 octobre dans la matinée. A Caracas, il y a eu deux secousses très fortes, l’une à 7h50 du soir, la seconde à 2h 50 du matin. Beaucoup de maisons, ébranlées par la première secousse, sont tombées en ruine dans la seconde. L’hôtel de ville, l’hôtel de Venezuela, le restaurant de France ont été très ciulommagés. Le clocher de la. Sainte-Chapelle s’est effondré. On a retiré un certain nombre de cadavres des décombres. Trois membres de la colonie française ont été tués. -Lps blessés ont été nombreux. La population affolée s’est enfuie dapsjla campagne., La ville de Guarenas a été entièrement détruite. Il y a'eu 25 morts. A Macuto, les quatre cinquièmes de la maison sont en ruines ; 4 personnes ont été tuées. A Carenero, on compte 5 morts; à Higucrote, plusieurs tués et blessés. Le tremblement de terre s’est fait également sentir à Puerto-Cabcllo, dans l’ile de Curaçao et dans la Guyane, mais les secousses ont été à peine ressenties à. Maracaïbo et à Coro, dans l’ouest du Venezuela.
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- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour l’appareil à relever les profils des bandages des roues, s’adresser à M. Souchon, contremaître des ateliers des chemins de fer de l’Etat. — Pour tout ce qui concerne l'éclairage intensif au pétrole, s’adresser à la Compagnie Light Kitson, 56, avenue de l’Opéia, à Paris.
- Communications. — M. J. Lorthioir, à Bruxelles, à propos de notre article sur les tètes momifiées des Incas (n° 1-450, du 20 octobre 1900, p. 556), nous a envoyé un extrait du Bulletin de la Société d’anthropologie de Bruxelles, contenant une communication sur une tète momifiée, Chancha, de l’Amérique du Sud, communication qu’il a faite le 27 février 1888.
- M. Duhamel, à Paris, nous adresse la communication suivante : « Permettez-moi de vous signaler une illusion d’optique assez curieuse qu’il m'a été donné de remarquer dans diverses stations du métropolitain — celles qui sont construites sous voûte : Châtelet, Étoile, etc. Les stations sont éclairées par deux lignes de lampes placées chacune suivant une des génératrices de la voûte. En se plaçant à l’extrémité d’un quai, et en regardant (( en enfilade » la ligne des lampes éclairant le quai opposé, on distingue très nettement la partie de voûte examinée comme composée de deux parties de voûte de courbures différentes qui viendraient se raccorder par une arête saillante coïncidant précisément avec la génératrice sur laquelle se trouvent placées les lampes. Cet effet est surtout très net dans les stations où la rangée de lampes est bien uniforme comme intensité d’éclairage. 11 paraît encore, bien qu’amoindri, dans certaines autres où la rangée de lampes comporte de place en place des groupes plus puissants rompant l’uniformité de l’éclairage. »
- M. P. Germain, ingénieur des Arts et Manufactures à Rouen, nous écrit: « A propos du très intéressant article sur le chemin de fer suspendu de Barmen (n°1450 du 20 octobre 1900, page 527) je me permets de rappeler qu’un système analogue a été expérimenté à Lyon en 1872. Ce petit "chemin de fer établi sur le bas port partait du pont Morand et aboutissait à l’exposition; il a fonctionné pendant plusieurs mois en faisant le service des voyageurs. La traction électrique n’était pas connue à cette époque, elle était remplacée par une traction mécanique par câble. Ce souvenir peut intéresser quelqites-uns de vos lecteurs qui trouveront certainement à Lyon des renseignements plus précis; je regrette de n’avoir pas conservé des photographies ou des données techniques sur ce premier essai datant de vingt-huit ans. »
- M. Oelanio Pusso, à S. Paulo, nous fait parvenir la communication suivante : « Au village d’Anhumas, état de S. Paul (Brésil), un mulàlre vient de mourir en des conditions assez tragiques. Cet homme, chasseur d’une des plus renommées plantations de café du pays (Fazenda S. Quirino), un jour dans l’exercice de sa profession, fut mordu au petit doigt par un grand serpent surucucu (Lachesis rhombeata). A l’instant même, le doigt fut coupé et laissé sur un tronc pourri, demeure habituelle de fourmis. Après trois jours, passés sans rien d’anormal, l’homme revint au lieu de l’accident, afin de faire l’inhumation du doigt coupé, qu’il trouva mangé jusqu’à l’os et plein de sarü-saréi, une grande fourmi noire, très féroce, et dont la piqûre est extrêmement douloureuse. Il fut alors attaqué et mordu par les fourmis au cou, à la paupière gauche et aux bras. Au milieu de la nuit, je fus appelé chez lui. 11 présentait les symptômes les plus caractéristiques de l’action du poison des serpents : prostration profonde, hémorragie très abondante, accélération inusitée du pouls et enflure terrible de la partie supérieure du corps. Malheureusement, les secours de la science étaient déjà impuissants : le malade expira au milieu d’affreuses souffrances. »
- Renseignements. — M. A. Gonthier, à Genève. — Il n’existe pas d’ouvrage spécial sur cette question.
- M. le C’° de Moisville, à LigneroIIes. — Nous avons publié
- un grand nombre d’articles sur la télégraphie sans fil et sur les phonographes ; il faudrait consulter la collection.
- M. le Mu M. d’Une, à Constantinople. — Pour adapter la traction électrique à votre bateau, il faut acheter un moteur électrique et des accumulateurs; vous ne pouvez vous-même entreprendre la fabrication de ces appareils. Vous pourriez vous adressér à la maison Bréguet, 19, rue Didot, à Paris.
- M. Chartin, à Paris. — L’article que vous demandez a été publié dans le n° 1452, du 5 novembre 1900, p. 555.
- Vanvincq Reniez, à Bayenghem. — Nous avons transmis votre lettre à notre collaborateur, et voici sa réponse. La métamorphose des Phoronidiens ne comporte aucun phénomène de bourgeonnement, ni d’alternance de générations. I/Actino-troque est au Phoronis ce que le’Pluteus est à l’Oursin, ou la chenille à l’Insecte parfait : une forme embryonnaire, et pas autre chose. S’il s’agissait d’un bourgeonnement, le bourgeon destiné à devenir un Phoronis devrait produire tous les organes de ce dernier. Or, tel n’est pas le cas, puisque plusieurs organes de l’Actinotroque, le tube digestif par exemple, sont conservés, ne se détruisent point, et passent dans le corps du Phoronis pour lui appartenir désormais.
- M. A. Rousset, à Bordeaux. — Les piles ne permettent pas d’obtenir un éclairage électrique à bon marché; celles qui conviendraient seraient les piles à écoulement au bichromate.
- L’abonné X., à Salonique. — Nous n’avons aucune adresse à vous indiquer pour cette levure.
- M. Stefano Serrera, à Tunis. — Nous n’avons pu lire ce journal italien, et nous ne savons pas de quel moteur à gaz vous voulez parler.
- M. J.-E. Domergue, à Paris ; M. Ch. Simonet, au Havre.
- — Veuillez vous adresser à notre collaborateur, M. IL de Graf-figny, 45, rue de Maubeuge, à Paris.
- M. L. Guette, à Bordeaux. — 1° Nous n’avons pu retrouver cette recette. — 2J Nous ne pouvons fixer aucune date pour l’apparition de èet ouvrage.
- M. L. Vergniol, à Gensac. — 1° Consultez les traités de physique météorologique. — 2° Ce procédé est indiqué dans le petit livre des Recettes et Procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie. — 5° Nous ne pouvons vous renseigner.
- — 4° Prendre un alcoomètre.
- M. A. Aurière, à Saint-Sylvestre. — Il n’existe pas d’ouvrage sur ces questions.
- M. G. Morel, à Paris. — Nous ne connaissons pas les adresses de ces maisons; mais vous pouvez demander ces produits au Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. L. F.-5, à Vincelles. — Les descriptions des voltmètres et ampèremètres ordinaires sont données dans tous les traités; mais il n’y a pas d’ouvrage spécial indiquant les détails de construction.
- M. P. M. F., à Paris. — Adressez-vous à la Compagnie industrielle de l’ozone, dont l’ingénieur conseil est M. N. Gosselin, 12, rue Saint-Quentin, et à M. Otto, 101, boulevard Murat.
- M. le Dr de B., à Bruxelles. — Là maison Bertrand n’existe plus ; nous n’avons aucune adresse à vous indiquer.
- M. Louis, à Lyon. — Nous ne connaissons pas de moyen spécial qui ne désagrège la pierre en faisant disparaître les taches.
- M. P. M., à Br. — 1° Pour désulfater les accumulateurs, le meilleur moyen est de les soumettre à l’action de l’hydrogène, en les plongeant dans un bain peu acide et de les laisser quelques jours. — 2° Ces petites installations peuvent en effet être utilisées; mais elles doivent être bien entretenues. — 5° Nous avons vu cette installation ; elle nous paraît de nature à rendre des services. — 4° Cet accumulateur est intéressant; mais il y en a plusieurs autres qui présentent des propriétés analogues.
- M. 0. L., à Versailles. — Ce système de voiture est pratique; mais nous ne pouvons vous répondre au point de vue durée ; nous préparons des articles à ce sujet.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. M., à Paris. Il nous est impossible de faire ce travail ; c’est tout un devis qu’il faudrait établir. — M. Dubreuif, à Nice. Cette solution n’est pas pratique. — M. Lerang, à Versailles. Il ne faut rien brancher sur ces deux fils; vous ressentiriez des secousses très fortes, et la Compagnie pourrait vous attaquer. — M. C. A. D., à Paris; M. G. Lunard, à Bordeaux. Vovez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. L. M., à N. Consultez le même petit livre que ci-dessus, 4e et 5e série, à la même librairie. — il/. Gibard, à Lille. Remerciements pour votre communication.
- Dans la « Botte aitx lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes es questions, ni a mserer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INTENTIONS1
- Nouveau porte-biberons. — Les médecins recommandent aujourd’hui de ne plus employer de biberons, avec lesquels l’enfant est obligé de sucer pour aspirer le lait. Ils trou-
- Nouvcau porte-biberons.
- vent préférable d’élever le biberon au-dessus de la bouche de l’enfant et de laisser couler le lait naturellement. La solution est simple; il suffit de maintenir le biberon incliné. Mais on peut être pris ainsi très longtemps. Le nouvel appareil que montre la figure ci-jointe s’accroche facilement au berceau, et maintient le biberon dans les conditions indiquées. De plus, le biberon reste toujours suspendu et peut être approché très rapidement des lèvres de l’enfant. — Le nouveau porte-biberons se trouve chez MM. Renaut et Gie, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- Montre solaire avec boussole. — La figure ci-dessous représente la montre solaire avec boussole en cuivre nickelé, que l’on peut recommander aux chasseurs, pécheurs, cyclistes, en un mot à tous ceux qui pratiquent la vie en plein air. Cette montre porte une petite boussole à la partie supérieure delà circonférence, une graduation en heures à la partie inférieure et, au centre, une petite tige que l’on peut abaisser à volonté.
- Monüe solaire avec boussole.
- Pour se servir de cet utile appareil, on place la montre en plein soleil, à plat. On la tourne sur elle-même de façon à amener l’aiguille bleue de la boussole entre le Nord et le Nord-Ouest. On relève ensuite le style ou aiguille dorée qui se trouve abaissé dans la fente du milieu, jusqu’à son arrêt, et l’ombre que projette ce style donne l’heure exacte. —- La montre solaire se trouve chez MM. G. Renaut et Cie, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- Vitre hygiénique. — Les médecins et les hygiénistes ne cessent de demander aujourd’hui l’aération de toutes les pièces
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- habitées par le renouvellement continuel et insensible d’air frais sans « courant d’air ». M. le Dr Legrand a imaginé un système répondant à ces diverses conditions et constituant la vitre hygiénique. Cette vitre, comme le montre notre dessin, est perforée et munie d’opercules renversés ; l’ouverture du conduit intérieur est tournée vers le bas, l’ouverture du conduit intérieur est tournée en haut vers le plafond du local à aérer (n° 1). L’air frais arrive suivant le sens de la flèche,
- Vitre hygiénique. — 1. Coupe. — 2. Face intérieure.
- pénètre à l’intérieur du local et remplace l’air surchauffé qui s’échappe au dehors en suivant le chemin inverse. Ce verre se pose comme une vitre ordinaire à la partie supérieure des fenêtres et ne gène en rien l’accès de la lumière. La vitre se fait en toutes dimensions et avec toutes sortes de verres ou glaces. — Pour tout ce qui concerne là vitre hygiénique, il faut s’adresser à M. C. Chavegrand, 108, rue Saint-Maur, à Paris.
- RECETTES PHOTOGRAPHIQUES
- Bain de Fixage permanent. — R y a des amateurs de photographie qui laissent en permanence le bain d’hyposultite dans une cuvette dans leur laboratoire; d’autres le remettent précieusement dans une bouteille après chaque séance de développement; d’autres enfin le jettent et le préparent au moment de s’en servir.
- Les premiers sont dans le vrai, s’ils font souvent du développement, que leur laboratoire ne soit pas chaud, et s’ils mettent du bisulfite dans l’hvpo pour empêcher sa coloration.
- Les seconds, qui sont ceux dont les séances de développement sont plutôt rares, feraient mieux,croyons-nous, défaire comme ceux dont nous parlons en dernier lieu ; mais à ceux-ci nous conseillerons de ne pas attendre au dernier moment pour préparer le bain de fixage. On se procure un bocal comme ceux où l’on fait les conserves et on y met de l’eau aux trois quarts ; au bouchon on attache un crochet qui permet de suspendre intérieurement un sac en toile d’emballage dans lequel on met des cristaux d’hyposultite. On a ainsi une solution toujours saturée et toujours prête à servir ; il suffit d’en prendre de quoi emplir le fond de la cuvette, de l’étendre à vue de nez d’environ son volume d’eau et le bain de fixage est prêt; il n’a aucune valeur et on le jette après l’opération terminée. Quant ar bocal, après chaque prélèvement, on y remet la même quantité d’eau et on ajoute des cristaux d’hyposultite dans le sac.
- Phofocollographie simplifiée. — On peut prendre des plaques photographiques ordinaires, ou des plaques souples ; on les impressionne et on les développe avec la solution suivante :
- Eau.......................... 200 cc
- Carbonate de soude................ 10 gr.
- Au moment de développer on ajoute 10 grammes d’acide pyrogallique ; comme il n’y a pas de sulfite dans ce bain il est important de ne faire l’addition de pyrogallique qu’au dernier moment et on ne s’inquiète pas de la coloration brune qui survient. '
- On fixe la plaque et on la lave, mais au lieu de la mettre sécher on la passe au contraire dans une solution à 50 pour 100 d’azotate de calcium qui aura pour but de l’entretenir humide. La gélatine gonfle pour les endroits correspondants aux noirs du sujet ; au sortir du bain on enlève l’excès d’humidité et on encre avec un rouleau d’imprimerie ; puis on place une feuille de papier et on exerce une pression régulière avec un rouleau, une raclette, ou une presse à copier. L<* résultat dépend surtout de la façon dont on aura dù encrer la plaque.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- BIBLIOGRAPHIE
- A travers l'histoire naturelle. Bêtes curieuses et plantes étranges, par Henri Coitin, docteur ès sciences. 1 vol. in-4°. Tours, maison Alfred Marne et fils.
- La mécanique à l'Exposition de 1900. Les moteurs à gaz, à pétrole et à air comprimé, 4° fascicule par J. Deschamps, ancien élève de l'Ecole Polytechnique. 1 brochure in-4°. Yri Ch. Dunod, éditeur. Paris. Prix delà collection entière : 50 francs.
- Traité d’analyse théorique et pratique des substances minérales par les méthodes volumétriques et colormétriques, îiar M. K. Pozzi-Escot, chimiste, 1 vol. in-16. Librairie Vve Ch. Dunod. Paris. 1900. Prix : 4 fr. 50.
- Recherches rétrospectives sur l’art de la distillation. Historique de l'alcool, de l'alambic et de l’alcoométrie, par J. Dujardin. 1 vol. in-8°. Paris. Chez l’auteur, en l’Hostel du
- Président de Lamoignon, ci-devant Hostel d’Àngoulême, Ü4, rue Pavée, quartier de Saint-Antoine, 1900.
- Éléments du calcul et de la mesure des courants alternatifs, par Omer de Bast, ingénieur, 1 vol. in-8°. Paris, Ch. Béranger, éditeur, 1900. Prix : 7fr,50.
- Publications de l’observatoire astronomique et physique de Tachkent, n° 1. Amas stellaire de l’Em de Sobieski, d’après des mesures photographiques, par W\ Stratonoff, astrophysicien de l’Observatoire. — 5’° 2. Etudes sur la structure de l’univers par W. Stratonoff, première partie. — 2 brochures in-4 avec atlas. Tachkent, imprimerie V. M. Iline, 1900.
- Chemie der Eiweisskôrper, von Dr Otto Coiiniieim, privatdocent der physiologie an der universitât Heidelberg. Braunschweig, librairie Friedrich Yieweg und sohn. 1900.
- Lehrbuch der Optik, von IF Paul Drude, professeur de physique à Giessen. 1 vol. in-8°. Leipzig. Verlag von S. Hirzel. 1900. Prix : 12",50.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Salnt-Maur, altitude 49,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9. ÉTAT DU CIEL PLUIE EN’ MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 23 octobre. . 12°,0 S. S. W. 3. Couvert. 2,7 Presque eouv. ; pl. de 9 à 10 h. 1/2; halo.
- Mardi 30 12”, 2 S. S. W. 4. Couvert. 0,3 Presque couv.
- Mercredi 31 .... 10”,0 S. E. 1. Quelques nuages. 0,0 Beau de 8 à 18 h. ; nuag. avant et après.
- Jeudi l”f novembre. 12”,9 S. S. W. 3. Éclaircies. 0,0 Très nuag. ; gouttes à 6 h. 25 et à 17 h. ; halo.
- Vendredi 2 . . . . . 10”,6 S. 3. Couvert. 5,4 Couv. le matin; très nuag. le soir; pluie de 5 à 8 h. et averses entre 12 et 13 h.
- Samedi 3 11”,1 N. 2. Couvert. 1,2 Couv. ; très brumeux.
- Dimanche 4 5”,6 N. 2. Quelques nuages. 0,0 Presque couvert ; un peu de pluie à 21 h. 45 et à 23 h. ; tris brumeux.
- OCTOBRE-NOVEMBRE 1900. -- SEMAINE Dü LUNDI 29 OCTOBRE AU DIMANCHE 4 NOVEMBRE.
- La coui'J/e.. supérieure indique ta nébulosité de Ou JU; les /lèches inférieures. In direction du veut. Les courbes du milieu uuuquent : courbe épaisse,.les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mei'j: courue plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre à l'hbri à boute mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites au Parc Saint-Slaur en octobre 1900
- par M. E. Re.noc.
- Moyenne barométrique à midi 759"",48. Minimum 743”“,40 le 26 à a heures du soir. Maximum 770”“,18 le 22 à 10 heures du soir.
- Moyennes thermométriques : des minima 6°,55; des maxima 16°,69; du mois 11°,62 ; vraie des 24 heures 10°,87. Minimum — 1°,1 le 25 vers 2 h. 1/2 du matin ; sur de gazon — 6°,0. Maximum 26°,4 le 8 à 1 h. 1/2 du soir. C’est le maximum le plus haut connu pour le mois d’octobre. 11 y a eu 3 jours de petite gelée et 9 jours de gelée blanche.
- Ten-ion moyenne de la vapeur 7“”,94. La moindre 4“”,2 le 24 à 6 et 7 heures du matin. La plus forte 14”“,1 le 9 à 4 heures du soir.
- Humidité relative moyenne : 81; la moindre 36 le 8 à 2 heures du soir ; la plus grande 100 en 10 jours.
- Pluie 27””,l en 28 heures, réparties en 13 jours; un seul jour de pluie notable, 13””,9 le 26 en 7 h. 1/2. 11 y a eu de plus 5 jours dégouttes et un peu de grêle le 26.
- Vents dominants de S.-S.-W. à S.-W.
- Nébulosité moyenne 48 ; 4 jours de brouillard et 2 jours de transparence atmosphérique de 2 à 5 km.
- Tonnerre le 21 à l'W.-N.-W. vers 2 h. 1/4 du soir. Éclairs le 17 et le 26 au soir.
- Température moyenne de la Marne : le matin 13°,66; l’après-midi 13°,98: du mois 13°,83. Elle a varié de 10°,25 le 28 à 17°,62 le 2. Basse et claire.
- Relativement aux moyennes normales, le mois d’octobre 1900 présente les résultats suivants :
- Baromètre plus haut de 2"”,54. Thermomètre plus haut de 1°,18. Tension de la vapeur plus forte de 0“”,15. Humidité relative moindre de 5. Pluie moindre de 56”“,3. Nébulosité moindre de 12.
- Floraisons : le 4, -topinambour; le 8, aster multifore; les chrysanthèmes de pleine terre vers le 26.
- Les dernières hirondelles-ont été vues le 17. s
- PHASES DE LA LUNE : 1‘. Q., le 31, à 8 h. 27 m. du matin.
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- N° 1434 (77 nouemJjre 1900), du Journal «LA MATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chei
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- AVIS DE lAADBHWISTIlATlOM. — L’échéance du 30 novembre étant la plus chargée de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés dont l’abonnement se termine avec le numéro du 24 novembre (n° 1435) de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans ies départements, présentée dès les premiers jours de décembre aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas avant le 5 décembre renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales. (2 volumes, 1873 à 1882 — 1883 à 1892), au prix de 12 francs au lieu de 20 irancs.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction et â la < Boîte aux lettres » doivent être adressées à la Direction de « LA NATURE », 120, Boulevard Saint-Germain, à Paris.
- INFORMATIONS
- —8— Lo commissaire général de l’Exposition qui vient de clore ses portes le 12 novembre, a pris les dispositions suivantes pour la distribution des récompenses. Il distribuera gratuitement à tous les exposants récompensés, grands prix, médailles d’or, médailles d’argent et médailles de bronze, en môme temps que le diplôme, un exemplaire nominatif et uniformément en bronze, de la médaille gravée par M. Chaplain, de l’Institut. Les exposants qui ont obtenu une mention honorable ne recevront que le diplôme. Les exposants auxquels il a été décerné un grand prix ou une médaille d’or pourront, en fournissant une autorisation du commissariat général, faire frapper à la Monnaie et à leurs frais, un exemplaire en or; ceux qui ont obtenu une médaille d’argent, un exemplaire en argent. Du module uniforme de 63 millimètres, ces médailles seront frappées par la Monnaie de Paris et porteront sur la tranche le poinçon de cet établissement (une corne d’abondance et le nom du métal). Les prix sont les suivants : médaille d'argent de 950 millièmes au poids approximatif de 130 grammes, environ 22 francs; médaille d’or, au titre de 910 millièmes, du poids approximatif de 200 grammes, environ 710 francs.
- —8.— Le 22 novembre, éclipse annulaire de soleil invisible à
- Paris. La partie annulaire traverse l’Afrique, et passe après avoir
- traversé l’Atlantique au sud de Madagascar.
- —8— Dans une réunion, M. Lautli. directeur de l'Ecole de
- physique et de chimie de la Ville de Paris a fêté récemment les
- succès de l’Ecole et des anciens élèves, à l’Exposition, succès qui consistent en cr’oix de chevalier, 2 grands prix, 11 médailles d'or, 17 médailles d’argent, 0 médailles de bronze et 3 mentions honorables. M. Desplast, conseiller municipal, président du conseil de surveillance de l’Ecole, a vivement félicité les anciens élèves des premières promotions et leurs maîtres dévoués, M. Boudouard, président de l’Association, a remercié et a rappelé le souvenir du regretté Scbützeiiberger, premier directeur de l’Ecole.
- —8— Le Midi possède déjà, depuis 1895, plusieurs institutions destinées aux recherches techniques sur les vins ; aucune n’existait pour l’est de la France. Cette lacune vient d’être comblée
- Kjr le ministère de l’Agriculture, avec les concours de la ville de eaune et du département de la Côte-d’Or ; un établissement scien-tilique doté des derniers perfectionnements et de l’outillage le plus complet vient d’être installé à Beaune (Côte-d'Or), au centre des riches vignobles des grands crus de la région. Dès aujourd'hui les intéressés, vignerons et négociants, peuvent obtenir gratuitement tous les renseignements touchant les questions techniques sur les viiis en s’adressant directement à la Station ou en écrivant à M. Mathieu, agrégé de l’Université, directeur de cet important établissement vinicole.
- —Nouvelle sensationnelle qui nécessite certaine réserve. En ce moment où la crise du charbon bat son plein, une découverte toute d’actualité aurait été faite dans les sous-sols du bois de Yin-eennes, à l’annexe de l’Exposition universelle. La Compagnie américaine Oil Well-Supply et Cio, de Pitlsburg, a foré sur l’emplace-
- ment qui lui était concédé un puits artésien qu’elle cède gracieusement à la Ville de Paris. Or, au cours des travaux, les ingénieurs ont constaté la présence, à 35 mètres de profondeur au-dessous du niveau de la mer, d’un important filon de charbon de 2 mètres d’épaisseur. Le banc est très compact et les fragments de houille ramenés au sol par les cuillères des appareils seraient de toute beauté. Un bassin houiller sous Paris! Les sondes ont aussi travené des bancs de grès verts dans lesquels on a trouvé de nombreux fossiles.
- —8— Le Bulletin du ministère de l'Agriculture vient de publier la nomenclature des loups tués en 1899, et des primes payées en vertu de la loi sur la destruction des animaux. Le nombre des loups tués au cours de l’année dernière a été de 201 dans 19 départements au heu de 197 dans 21 départements en 1898. Les départements dans lesquels on a détruit le 'plus grand nombre de loups en 1899, sont les suivants : Charente, 42 ; Dordogne, 27 ; Meuse, 24; Haute-Vienne, 24; Haute-Saône, 16; Vosges, 16; Meurthe-et-Moselle, 12; Marne, 10. Le montant des primes payées pour leur destruction s’est élevé à 13040 francs.J
- —8— On vient d’établir en Allemagne la première communication au moyen de la télégraphie sans fil entre un phare et la côte : il s’agit de la communication qui a été installée par le Norddeutscher Lloyd avec le feu flottant de l’ile de Borkum : cette île se trouve dans la baie où se jette l’Ems, et le feu flottant dont il est question est à 21 milles plus loin en mer. On a dressé à terre, près du phare de l’ile, un mât de 38 mètres, tandis qu’on a prolongé d’une dizaine de mètres le mât du bateau. Le service se continue depuis plusieurs mois et à la satisfaction générale.
- —8— Bibliothèque en plein air. Une innovation fort intelligente a été tentée l’été dernier par la municipalité de Brooklyn, Pendant la belle saison de cette année, les édiles de Brooklyn oi.t fait installer, dans les principaux parcs de la ville, une vingtaine de bibliothèques populaires, gratuites, où chacun avait le droit, en donnant son nom et son adresse, d'emprunter des romans, des livres d’histoire ou de géographie, des traités de vulgarisation scientifique et même des œuvres illustres des plus grands poètes américains. Cinq pares et deux jardins publics ont ainsi été dotés d’une ou même de plusieurs bibliothèques en plein air, qui ont eu tout de suite le plus grand succès. Ainsi, à Central-Park, on n’a pas prêté moins de 36 152 volumes, lus pour la plupart sous les ombrages ou au bord du lac dont s’enorgueillit ce magnifique jardin de ville. Ces bibliothèques vont être multipliées l’année prochaine de façon à pouvoir satisfaire aux désirs de tous les promeneurs, et bientôt New-York ot Philadelphie vont installer à leur tour des « open-air-libraries ».
- — 8— Les locomotives des chemins de fer de Boumanie emploient couramment, pour le chauffage de leurs foyers, un mélange de lignite et do pétrole, au moyen d'un appareil spécial qui a été imaginé dans ce but. En 1899, on a consommé de la sorte quelque 15 200 tonnes de combustible liquide, pendant que la consommation du lignite atteignait 67 000 tonnes.
- - (§)— On vient de décider la construction, pour le chemin de fer Transcaspien, d'un pont permanent sur l’Amou-Daria, à la place de celui que l’on établissait chaque année après la débâcle des glaces. Ce sera un ouvragé important, puisqu’il aura quelque chose comme 1300 mètres de long et que l’établissement n’en coûtera pas moins de 5 millions de roubles.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Erratum. — Notre collaborateur G. Mareschal nous communique la rectification suivante : Dans l’article sur la vitesse des automobiles, paru dans le n° 1432 du 3 novembre dernier, nous avons dit, à propos de l’appareil Gaumont, que le résultat n’était pas exact si la photographie était prise obliquement. Il est exact dans tous les Cas : si on a un raccourcissement des lignes sur une-épreuve prise obliquement, on trouve évidemment une dimension trop petite quand on mesure l’écartement des deux images; mais on a aussi trouvé une ligne trop petite qnand on a pris, sur la même épieuve, la mesure qui sert à déterminer l’échelle, celle-ci est par conséquent trop grande. Il y a compensation et le résultat de la multiplication est le même que si l’épreuve avait été faite normalement.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — L’appareil stéréoscopique de poche, le Marsouin, se trouve chez M.E. llanau, 27, boulevard de Strasbourg, à Paris,
- Communications. — .1/. J. D., à Anglet, nous écrit : « J’ai lu avec grand intérêt l’article sur « La lampe vivante », paru récemment dans le journal. J’ai écrit pour avoir des renseignements et des produits de ces microbes lumineux. N’ayant pas eu de réponse, j’ai été obligé de faire des recherches. J’avais prévenu de me garder les écailles et les résidus dos poissons qu’on achèterait. J’ai pu ainsi avoir un morceau de l’arête de merlu, dans une assiette qui fut portée dans mon atelier. Dans ltrjfïürnée, un jeune chien prit un morceau de cette arête qu’il porta dans le jardin. Sur les 8 heures du soir, me promenant dans mon jardin, je fus assez surpris de laisser sur mon passage des traces lumineuses, comme si mon talon avait porté sur du phosphore; sans doute on avait pris dans mon atelier un flacon dans lequel j’avais du phosphore. Voulant vérifier le fait, je fus dans mon atelier que je trouvais éclairé par une lumière phosphorescente. C’étaient les arêtes du poisson placées dans une assiette qui produisaient ce phénomène, et lorsque j’avais vu ces phosphorescences dans mon jardin, mon talon avait écrasé le morceau d’arête que mon chien avait pris. J’ai conservé cette arête qui donne une très belle phosphorescence. Un des côtés représente la partie lumineuse, le côté opposé présente aussi la même lumière un peu bleuâtre. Sur un autre côté se trouve aussi une partie lumineuse mais moins forte, sans doute parce qu’elle est un peu immergée par de l’eau salée. Des quatre premiers jours, cette phosphorescence a été assez forte, le huitième jour elle a diminué beaucoup. Un des morceaux même ne donnait plus de lumière. » — Notre correspondant se propose de recommencer ces expériences. Ces faits d’ailleurs sont conformes à des observations assez connues.
- M. le Dr J. Êraud, à Lyon, nous adresse une notice sur la Station climatérique du Mont Pilât (Loire). Elle est extraite du numéro du 31 juillet 1898 du Lyon médical.
- M. A. Patin, à Saint-Julien-le-Metz, à propos du quatrain publié dans notre article Ex-Libris (n° 1452 du 3 novembre 1900, p. 364) nous écrit : « Voici un deuxième quatrain du même genre :
- Hune librum si par aventure Reperias en ton chemin llf’dde mi/ii la couverture Quæ est en beau parchemin.
- Je l’ai trouvé lorsque je faisais mes études ».
- M. le Dr Constantin Danilevski, à Kharkoff (Russie), nous fait parvenir une brochure sur un appareil volant dirigeable.
- M. L. Jacquot, à Ihonon-les-Bains, à propos de l’article sur « La mort des chamois », paru dans le n° 1429, du 13 octobre 1900, p. 310, nous écrit : « Je viens de lire l’article dans lequel M. Corcelle semble douter que la fièvre aphteuse ait pu tuer tous ces chamois dont on retrouve parfois les cadavres dans quelque coin des Alpes. Pour votre correspondant les animaux rencontrés ont tous péri de mort violente : chute ou coup de feu. Cette réflexion de M. Corcelle, en attirant l’atten-
- tion du public sur un fait bien connu de nos chasseurs des Deux Savoies, me permet de rappeler que ces décès mystérieux avaient déjà été signalés parM. Guillermet, imprimeur à Saint-Jean-de-Maurienne et grand chasseur de chamois. M, Guillermet n’a jamais constaté aucune trace de blessure, soit accidentelle, soit par arme à feu, sur les cadavres rencontrés par lui et qu’il a toujours soigneusement examinés. 11 a souvent trouvé plusieurs bêtes à la fois, ou tombées à peu de distance les unes des autres, et sa conviction était que ces chamois-avaient été victimes de la clavelée, maladie contractée en paissant dans des pâturages contaminés par des troupeaux de moutons. »
- Renseignements. — M. E. Chibout, à Paris. — Plusieurs dispositifs analogues ont déjà été imaginés; remerciements.
- M. L. Cattet, à Paris. — 1° Il faut vous adresser au labo- I ratoire de l’Ecole des Mines, boulevard Saint-Michel, à Paris, j
- — 2° Voyez à la librairie Dunod, 49, quai des Grands-Augus- , tins, à Paris.
- M. l’abonné 036, à Paris. — Il nous serait difficile de vous I répondre; voyez de préférence un spécialiste dans ce genre do j constructions. |
- M. C. Scantelli, à Monastir. — Il faudrait consulter le pal- ! marès complet qui a paru le 18 août au Journal officiel, quai | Voltaire, 31, à Paris. i
- M. E. A.,, à Ville-Savary. — Nous n’insérons que des questions d’ordre général; votre demande est trop sjtéciale. Tous | nos regrets. j
- M. Camus, à Menton. — 1° Nous ne savons pas de quelle lampe vous voulez parler; nous n’avons rien retrouvé à ce | sujet. — 2° Votre lettre a été transmise à la librairie Masson.
- M. Roullier, à Milan. — Adressez-vous à la Société fran- . çaise de physique, 44, rue de Rennes, à Paris. |
- M. A. Bestet, à Barcelone. — 1° Il n’existe pas d’ouvrage j sur cette question. — 2° Compagnie française du celluloïd'
- 11, rue Bailly, à Paris. (
- L’abonné X., à Salonique. — Moulins avec bluteries ; i
- MM. Amelin et Renaud, 59, rue Jean-Jacques Rousseau;
- M. 11. Cornette, 34 ter, rue de Dunkerque; M. R. Ducrocq, |
- 12, rue de l’Echiquier; MM. Sloan et C‘% 17, rue du Louvre, j
- à Paris. !
- M. M. des Chaumes, à Villain (Cher). — Nous ne pouvons j vous fournir ces explications; adressez-vous à des spécialistes ; ,
- M. Deiss, 15, rue Yolta, à Paris; M. A. Gélis, à Villeneuve-la- I Garenne (Seine). I
- M. E. Barin, à Nancy. — 1° Vous pourrez vous procurer ces ballons chez M. Lachambre, 24, passage des Favorites, à j Paris. — 2° Adressez-vous à la librairie Dunod, 49, quai des ' Grands-Augustins, à Paris. :
- M. A. Niderlinder, à Toulon. —• 1° Voyez le petit livre des Recettes et Procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et C'\ j
- — 2° Consultez des ouvrages sur les sonneries électriques à la I
- librairie Bernard Tignol, à Paris. I
- M. Z. N., à Mulhouse. — Ces deux appareils présentent également des avantages et des inconvénients; adressez-vous à | M. Gaumont, 57, rue Saint-Roch, à Paris. j
- M. F. Ducode, à Besançon. — Nous avons vu l’installation j électrique dont vous parlez. La canalisation d’arrivée en j dessous la table est parfaitement apparente. Sur les murs, sur j les tables se trouvent des canalisations formées sans doute de j bandes de cuivre nu parallèles, sur lesquelles on peut piquer j les lampes comme vous l’indiquez. Cette disposition est très dangereuse, surtout pour des tensions de 110 volts, et peut causer à chaque instant des courts-circuits qui peuvent mettre le feu.
- M. le D' J. Belot, à X. — Adressez-vous à la Société d’Édi-tions scientifiques, 4, rue Antoine-Dubois, à Paris. j
- M. A. Nippa, en Russie. — A notre grand regret nous ne pouvons vous renseigner.
- L’abonné 8791-7122, à Paris. — Voyez à la librairie Dunod,
- 49, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- Accusés de réception. —Avis divers. —M. G. R., à Lyon.
- Il n’est pas possible d’adopter en pratique la solution que vous préconisez. — J/. Dubois, à Paris. Il n’y a pas d’ouvrage à ce sujet ; des articles ont seulement été publiés dans quelques journaux. —
- M. Paris, à Nantes. Vous avez dù laisser le circuit fermé. —
- M. G. D., à Paris; M. Dumont, à Blois; M. Gerond, à Nice. Voyez le petit livre des Recettes et procédéjs utiles, lre série, à la librairie Masson et Cio. — M. Girard, à Paris. Cette recette est donnée dans le même petit livre que ci-dessus, 5e série, à la même librairie.
- — M. D. L., à Arras; M. J. Q., à Paris. Remerciements pour vos communications. — M. Lcrang, à Asnières. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- Dans ta « Boite aux lettres » la Rédaction accueille tes faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES MENTIONS1
- Brosse sandale. — Tout le monde sait bien qu’aujour-d’hui il est préférable d’avoir des parquets cirés et de ne recourir que le moins possible aux tapis cloués, qui sont des nids à poussière et à microbes. Mais les parquets cirés doivent être bien entretenus, et le moyen le plus simple est d’employer une brosse de bonne qualité. Pour obtenir de bons résultats, il faut encore que la brosse soit lixée solidement au pied, et que les muscles du pied ne soient pas comprimés. Cet avantage
- La brosse- sandale. Nouveau mode d'aüache au pied.
- est obtenu avec la nouvelle brosse sandale dont nous voulons parler. Le système consiste surtout dans le nouveau procédé d’attache de la brosse, procédé qui n’est autre que le laçage de la brosse aii pied. Une sangle mobile passe dans deux rainures qui sont prises dans l’épaisseur du bois de la brosse, comme le montre notre dessin. Le pied se trouve comme chaussé par la brosse, et le mouvement des articulations reste souple et libre. On effectue alors sans fatigue le travail sur de grandes surfaces. — La brosse sandale se trouve chez M. Pan-netier, 10, rue Gaillon, à Paris.
- 1,e porte-mine automatique. — Ce porte-mine a l’avantage de pouvoir faire sortir la mine d’une seule main en
- Le porte-mine automati pie.
- tenant la pointe en bas et de la faire rentrer lorsqu’on le retourne dans l’autre sens. Ce résultat paraît tout d’abord très simple; il y a cependant un mécanisme pour permettre de
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelle? scientifiques est étrangère aux annonces.
- fixer la pointe d’une façon absolue, afin qu’elle ne rentre pas lorsqu’on écrit en appuyant sur le papier. Le porte-mine proprement dit A est armé d’un petit bouton B qui glisse librement dans une rainure C. Celle-ci porte une échancrure I), dans laquelle vient se loger le bouton B et qui est amené par le poids d’une autre bague mobile en cuivre E portant une ouverture taillée en came. Lorsque le porte-mine est placé la tète en bas, le poids de la bague amène le bouton jusqu’à l’échancrure et la came vient le fixer dans la rainure : dans la position opposée, l’opération a lieu en sens contraire. — Ce porte-mine se trouve chez M. Mathieu,
- 132, galerie de Valois, Palais-Royal,
- Paris.
- Le plumier ù. table de multiplication. — In étui en métal émaillé pouvant contenir tous les accessoires d’écolier, plumes, porte-plumes, crayons, règles, gommes, grattoirs, etc., est pounu d’une double enveloppe mobile, percée de trous correspondant aux chiffres; à la partie médiane sont imprimés les chiffres multiplicateurs, et sur le tube fixe au-dessus sont les chiffres multiplicande, les totaux des opérations apparaissent au-dessous dans les trous «de la partie mobile. Ainsi en plaçant le 2 sous le 2, on obtient 4, et ainsi de suite.
- Ce plumier se trouve à la même adresse que le porte-mine automatique.
- l.c plumier
- taille rie multiplication.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Le traitement du hoquet.
- J’ai indiqué bien des procédés pour combattre le hoquet; les uns et les autres réussissent bien, suivant les cas. D’une façon générale le hoquet, qui n’est autre chose qu’une convulsion spasmodique du diaphragme avec expiration brusque et bruyante, n’a pas de conséquences sérieuses, {tasse vite et n’est qu’un incident désagréable. Mais parfois il s’accompagne de troubles de l’estomac, de gastralgies tenaces et douloureuses; d’autres fois enfin, dans les formes d’origine toxique ou nerveuse, il devient par sa persistance, sa continuité une complication dangereuse.
- On l’a vu durer des heures, des journées. On comprend aisément l’épuisement qui peut résulter comme fatigue de cette répétition de spasmes et des accidents auxquels elle peut donner naissance.
- Le Dr Laborde a conseillé dans Je temps d’appliquer son procédé de tractions rythmées de la langue pour arrêter le hoquet. Nothnagel avait conseillé quelque chose d’analogue, mais moins efficace, de soulever le larynx et l’os hyoïde avec les doigts. Le procédé de Laborde préconisé pour combattre l’asphyxie, réussit bien contre le hoquet rebelle. C’est un pur hasard qui l’avait conduit à l’essayer. Un jour une femme atteinte de hoquet rebelle est atteinte d’une lésion de la bouche ; on lui fait tirer la langue quelques minutes pour examiner avec soin l’arrière-gorge ; surprise, le hoquet a cessé. Au premier cas de hoquet, Laborde essaye ses tractions et elles réussissent.
- Un de nos confrères, le Dr Noir, vient de publier deux cas où le résultat heureux a été aussi prompt, aussi décisif. Dans l’un de et s cas, il s’agissait d’une fillette, sujette aux convulsions et qui avait été prise, effrayée par un orage, d’un hoquet de plus en plus violent. Les contractions spasmodiques duraient depuis six heures quand le médecin lut appelé ; tout avait été essayé en vain. La malade était dans un tel état qu’on pouvait craindre une issue fatale. Le Dr Noir pratique, suivant les données désormais classiques, des tractions rythmées de la langue et en moins de deux minutes, le hoquet cesse, le calme survient et l’enfant est guérie.
- C’est un procédé extrêmement simple, facile à mettre en pratique par la première personne venue et qui donnera, comme on le voit, des résultats décisifs quand les petits moyens habituels auront échoué et qu’on aura affaire à un hoquet rebelle et persistant. Dr X.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Les citernes poui le vin. — En cette année où la vendange s’annonce si abondante que l’on ne sait comment on pourra loger ses produits, il est de quelque intérêt de rappeler comment on peut établir de bonnes citernes pour y conserver le vin. Nous puisons ces renseignements dans le Journal (l'agriculture pratique : Si la cuve est ancienne et a déjà servi, il faut préalablement la nettoyer et enlever le tartre, puis affranchir les parois par un lavage avec de l’eau acidulée de 10 pour 100 d’acide sulfurique (on compte qu’il faut de 10 à 15 grammes d’acide sulfurique par mètre carré de paroi); on rince et on laisse la cuve pleine d’eau pendant une dizaine de jours, au bout desquels on passe trois couches de silicate de potasse. Le silicate de potasse est étendu d’eau; pour la première couche, on emploie une solution de 5 litres de silicate pour 7 litres d’eau; pour la seconde, A litres de silicate pour 6 litres d’eau; pour la dernière, 5 litres de silicate et
- 5 litres d’eau. Le; silicate s’applique au pinceau ou au tampon de chiffon sur la paroi préalablement bien sèche. — Pour les vins d’un certain prix, on préfère souyent revêtir intérieurement les citernes avec des plaques de verre, que fournit la Compagnie de Saint-Gobain au prix d’environ 2 francs le mètre carré, mais leur pose doit être soigneusement faite, et les joints au ciment doivent être affranchis et silicates.
- Traitement du kirsch qui a perdu sa limpidité. — Le soutirer dans une bonbonne ou dans un fût en frêne ; y introduire, par hectolitre, 200 grammes de la plus belle farine fleur de froment délayée dans un peu d’eau et diluée avec 2 litres de kirsch. Incorporer cette dissolution dans la masse en agitant bien. Coller avec 1 litre de lait. Agiter et fouetter comme pour un collage ordinaire. Après quelques jours de repos, les parties solides du lait se sont précipitées avec la farine sous forme de lie, et le kirsch a récupéré toute sa blancheur, sans avoir perdu de son parfum ni de sa finesse.
- (Agriculture pratique.) A. L.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, attitude 49,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9. ÉTAT DU CIEL • PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi o novembre . 10%0 S. S. W. 2. Couvert. 0,2 Couv. jusqu’à 16 h. ; très nuag. ensuite; bruine à 6-7 h.; halo.
- Mardi 6 8%8 S. 2. Couvert. 0,0 Très nuag.; quelquefois des gouttes; pluie de 4 h. 1/2 à 5 h. soii , halo.
- Mercredi 7 S°,3 S. S. W. 5. Peu nuageux. 0,4 Couvert jusqu’à 6 h. ; puis peu nuag. ; beau après 16 h.
- Jeudi 8 5°,2 S. S. E. 2. Couvert. 0,0 Couvert de 4 à 7 h. ; peu nuag. avant et après jusqu’à 9 h. ; beau ensuite; gelée bl.
- Vendredi 9 7°,ü S. 4. Couvert. 0,0 Beau à 1 b. ; couv. ensuite ; pluie de 9 h. à 10 h. 45 et de 11 h. 43 à 22 h. ; gelée bl.
- Samedi 10 6”,9 S. S. W. 2. Nuageux. 8,0 Très nuag. le matin ; peu nuag. le soir.
- Dimanche 11 . . . .• 5*,5 N. 0. Couvert. 0,0 Couvert jusqu’à 16 h.; beau ensuite; halo; gelée bl. ; brouitt. léger presque toute la journée.
- NOVEMBRE 1900. — SEMAINE DU LUNDI 5 AU DIMANCHE 11 NOVEMBRE.
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- r.nann
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 a 10; les flèches inferieures, ta direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- 1.» pesanteur et la température. — Le journal Ciel et Terre rapporte que l’Académie des sciences de Vienne avait engagé le colonel von Sterneek à faire certaines recherches, dont le résultat a été qu'il existe un rapport entre l'attraction et la température de la terre au-dessous de la ’ surlace.’ Il a été constaté que lorsque la température monte, de 1° C..
- 1 attraction augmente jusqu'à 4,3 l'ois la cinquième décimale de l'intensité : de la pesanteur. Les huit expériences qui ont été laites ne suffisent pâs pour établir des conclusions absolues. Les expériences ont consisté à déter- ! miner {es différences d attraction entre la surface et les fonds de quatre puits de mines; profonds respectivement de 413, 10117, 500 et ±11 mètres, '
- il a été très diflicile do reconnaître exactement de si petites quantités et d'éliminer les troubles locaux de la température. La densité moyenne de la terre s’est trouvée d’accord avec la moyenne de'É valeurs calculées en der-; nier lieu, soit ,5,52.
- I.a température. — Le temps a été doux et pluvieux. Eu France, le o novembre, on a recueilli 5 min. d’eau à Belfort, 3 à Cherbourg et 2 au Havre ; à Paris,' une jietile pluie est tombée dans la soirée. • ;
- Toute lu semaine, b; temps est resté pluvieux. On a signalé des pluies à Lorient, à Brest, à Limoge? les 6, 7 et 8 novembre. Pluie le 9 à Paris.
- ' La’ moyenne il est- pas.’descendufe aunlcskous de 8°.6 el s'est, élevée à 10°.a jusqu'au 10: brusquement le 11, le thermomètre.est descendu à 2° .à 7,b. du îpatin par temps brumeux.
- PHASES DE LA LUNE. : P. L., le 6, à 11 h. 9 jn. du soir.
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- N° 1435 (24 noue mûre 1900), du Journal «LA MATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- AWIS DE I/ADMUSISTRATIOÜ. — L’échéance du 30 novembre étant la plus chargée de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés dont l’abonnement se termine avec le numéro du 24 novembre (n' 1435) de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le monta ît de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée dès les premiers jours de décembre aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas avant le 5 décembre renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales. .2 volutnes, 1873 à 1882 — 1883 à 1892), au prix de 12 francs au lieu de 20 trancs.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction et à la a Boîte aux lettres » doivent être adressées à la Direction de « LA NATURE », 120, Boulevard Saint-Germain, à Paris.
- INFORMATIONS
- \ —9— L’Académie des sciences de Munich a nommé M. Poincaré,
- j de l'Institut, son correspondant.
- | —9— Nous apprenons avec plaisir que notre collaborateur, l M. A. Clément, vient d’être promu au grade d’officier du Mérite | agricole.
- j —9— La Société royale de Londres vient de décerner une de ses I plus hautes récompenses, la médaille Coplet, à M. M. Bcrthelot de j l’Académie française, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences.
- - M. Poincaré, membre de l’Académie des sciences et du { Bureau des longitudes, est nommé jusqu’à la lin de la période triennale 1900-1903, membre du conseil de l’Observatoire de Paris,
- ( en remplacement de M. Joseph Bertrand, décédé. M. Brillouin, docteur és sciences, maître de conférences à l’Ecole normale supérieure, est nommé professeur de physique générale et mathématique au Collège de France, en remplacement de M. Joseph Bertrand, décédé. MM. Edmond Perrier, membre de l’Institut, Vidal de la Blaehe, professeur de géographie à la Faculté des lettres, et Foureau, explorateur, sont nommés membres de la commission des voyages et missions scientifiques et littéraires.
- —9— Statistique publiée par l’Office du travail survies chevaux-vapeur en France. On en comptait l’année dernière 1 436000; environ la moitié du nombre des chevaux « naturels ». Ces 1 456000 chevaux étaient répartis dans 47 680 établissements de toutes sortes; mais 101 537 -chevaux-vapeur seulement employés par l’agriculture, le reste par l’industrie. Bans les mines : 168"141 chevaux-vapeur pour 156302 personnes; — dans les industries textiles : ol2 742 chevaux pour 901690 personnes; —dans les industries chimiques : 64193 chevaux pour 84255 personnes; — dans la métallurgie : 88 885 chevaux pour 53 010 personnes, etc. L’emploi des forces n’est pas moins inégalement réparti. Ainsi 52 136 établissements n'emploient que 173055 chevaux en machines de 10 chevaux au plus : — 11811 établissements emploient 261 705 chevaux en machines de 11 à 50 chevaux ; — 2560 établissements ^emploient 265272 chevaux en machines de 51 à 200 chevaux; — 836 établissements emploient 350 064 chevaux en machines de 201 à 1000 chevaux; — enfin 145 établissements emploient 587 818 chevaux en machines de plus de 1000 chevaux, absorbant ainsi à eux seuls pLus du quart de la force totale. Naturellement, à ces 1 436 000 chevaux-vapeur de l’agriculture et de l’industrie il faut ajouter les 4 271 799 chevaux des chemins de fer, les 850 100 chevaux des bateaux de toutes sortes et les 1 025 793 chevaux de la marine militaire : c’est un total général de 7 583 602 chevaux-vapeur.
- —9>— Une réunion, organisée par l’Aéro-Club, a eu lieu le jeudi 15 novembre, à 9 heures du soir, en l’Hôtel de l’Automobile-Club, à Paris. Cette réunion était donnée en l’honneur des vainqueurs des courses de ballons de Vincennes. M. Henry de La Vaulx, lauréat du Grand prix de l’Aéronautique, a fait le récit de sa traversée aérienne «le France en Russie en compagnie du comte de Castillon de Saint. Victor.
- —®— Les lauriers qu’a valus à la Compagnie Ilamburg-Àmcrican Line le récent match entre le « Deutsehland » et le « Kaiser-Wilhelm » ne laissent plus dormir les directeurs du Nord-Deutscher Lloyd, auquel appartient le second de ces navires géants. Aussi le Lloyd vient-il de commander, à Stettin, deux nouveaux bâtiments, dont l’un aura exactement les mêmes dimensions et la même force motrice que le « Deutsehland » (15000 tonnes et 33 000 chevaux), et dont l’autre le dépassera de toutes les façons. Les machines de ce dernier auront une puissance de 38 000 chevaux et sa vitesse ordinaire sera de 25 nœuds, soit 2 nœuds de plus que celle du « Deutsehland ». On compte que les deux nouveaux navires pourront être lancés en 1902. Le premier s’appellera le « Kronprinz-Wilhclm » et le second le « Kaiser-Wilhelm II » ; ils coûteront chacun de 15 à 20 millions de marks. Le « Kaiser-Wilhelm II », s’il répond aux espérances que le Lloyd fonde sur lui, abaissera de neuf heures le record du « Deutsehland » ; c’est-à-dire qu’il fera le voyage d’Amérique en moins de cinq jours.
- —Une expédition scientifique avait été envoyée par soi>-scription pour explorer le lac de Tauganyika et les autres lacs voisins au point de vue de l’iiistoire naturelle, en même temps que de la géographie pure, de la cartographie, etc. L’expédition est demeurée 15 mois absente et elle a recueilli une foule de matériaux des plus intéressants sur la biologie, la géologie de ces régions; elle a pu notamment constater que la profondeur maximi de la nappe d’eau est de 450 brasses. De même, au moyen d’observations astronomiques absolument exactes, elle a constaté que la position de la moitié septentrionale du lac est à 32 kilomètres plus à l’ouest qu’on ne la plaçait jusqu’à présent sur les cartes. Enfin, sans insister sur les autres résultats, nous dirons qu’il a pu être rapporté îles collections du plus haut intérêt et notamment près d’un millier de poissons dont la détermination ajoutera certainement, beaucoup aux connaissances que nous pouvons avoir de la faune de cette partie de l’Afrique.
- —9— M. Caillaux. ministre des finances, vient de prendre deux mesures importantes. La première concerne les mélasses destinées à l’alimentation du bétail. Depuis quelques années, de nombreux chimistes et cultivateurs préconisent l’emploi de ces mélasses ; mais leur dénaturation — qui devait être préalablement faite dans les fabriques — et leurs livraisons étaient entourées de formalités multiples qui décourageaient ceux qui voulaient les employer. Désormais, il suffira que les cultivateurs fassent une demande visée par l’autorité locale; les mélasses leur arriveront sous acquit-à-caution, et ils pourront en opérer la dénaturation à leur guise, au fur et à mesure de leurs besoins, sous la seule condition d’inscrire les quantités utilisées sur un carnet soumis à la vérification de la régie. La seconde réforme adoptée par le ministre des finances est relative à l’alcool industriel. Parmi les substances employées pour sa dénaturation, l’une d’elles, le vert-malachite, soulevait «les plaintes nombreuses.; on lui reprochait notamment de gêner la combustion. M. Caillaux vient d’en décider la suppression.
- —®— Nous rappelons que l’Association des industriels de France contre les accidents du travail a ouvert un concours public pour la création de gants isolants protecteurs pour les ouvriers électriciens. Ce concours doit être clos le 31 décembre 1900. Pour tous renseignements, s’adresser au siège de l’Association, 3, rue de Lutèce, à Paris.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La chambre obscure portative est fabriquée par M. Lapierre, 58, quai Jemmapes, à Paris.
- Communications. — M. E. Anadyse, à Paris, nous écrit : « Les ouvriers fumistes sont obligés de se tenir sur les souches de cheminées pour exécuter le ramonage. Ils n’ont pas d’espace suffisant pour travailler avec sécurité. C’est pourquoi je propose d’établir au même niveau que les souches un petit plancher en fer, afin de doubler la place en cet endroit, de manière à garantir les ouvriers contre ces chutes. Donc : 1° garde-corps d’un mètre de hauteur; 2° plancher en fer à jour; 5° échelle en fer pour y avoir accès.
- M. E. Dubois, à Paris, nous adresse la lettre suivante : <( À la suite de la lecture de votre récent article sur une machine à composer, machine notamment compliquée, j’avais une pensée qui a peut-être sa valeur; dans ce cas, une simple machine à écrire pourrait suffire, il serait seulement nécessaire que son caractère s’imprimât légèrement en creux dans une pâte supportant la chaleur d’un moulage. La correction pourrait s’etfectuer sur copie dactylographique préalable; la machine nouvelle ayant à suivre un imprimé net et rectifié ne ferait plus de fautes, les coquilles venant surtout de ce que les manuscrits sont illisibles. »
- M. R. E., à X., nous écrit : « Votre intéressant article sur . le tramway aérien d’Elberfeld le donne comme une nouveauté ; mais à Lyon, en 1872, pendant l’Exposition, on en avait établi un sur le bas port du Rhône, quai d’Albret, entre le pont Morand et l’entrée du parc ; il était en fer et bois et à vapeur, il secouait un peu et n’a pas dù faire de bien bonnes affaires ! » Ce qui est neuf à Elberfeld, c’est le dispositif employé.
- M. G. Forcldiammer, directeur de l’institut royal de sourds-muets à Nyborg (Danemark), nous adresse une brochure ayant pour titre : Exposé des principes de Varticulation, écrite pour le Congrès international des sourds-muets à Paris en 1900.
- M. Paul Martin, à Tou!, nous a fait parvenir une Notice sur les empoisonnements par les champignons des bois, et sur les moyens préventifs et curatifs.
- M. Tie Coronel Luis C. Garanti, à Buenos-Aires nous envoie un modèle d’enveloppe avec un fil placé intérieurement et qui permet de l’ouvrir très facilement. Il nous dit que ce système est en usage dans le service de campagne de l’armée ; il est analogue à ceux que nous avons déjà signalés.
- Renseignements. — M. P. F., à St-Q. — Vous trouverez la communication à l’Académie de médecine et le rapport de M. le Dr Laborde dans le Bulletin de l'Académie de médecine publié à la librairie Masson et Cie.
- Un abonné, à Cenev. — Pour ces renseignements, il faudrait vous adresser au Comptoir général de Photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. Pippo de Rusconi Maggi, à Florence. — 1° Nous avons indiqué le moyen de combattre l’humidité d’un mur dans le petit livre des Recettes et Procédés utiles, !r* série, à fa librairie Masson et Cie. — 2° L’adresse de la maison Vilmorin-Andrieux est la suivante : 4, quai de la Mégisserie, à Paris.
- M. C. de Gaucby, à Ostende. — 11 s’agit vraisemblablement, dans ces formes de nez rouges et violets, d’acné rosacée. Avant tout, il faut s’assurer s’il n’v a pas de lésion interne, hypertrophie de la muqueuse, rhinite, etc. Suivre le traitement de l’acné rosacée, lavages à l’eau bouillie chaude, additionnée d’un peu de borax, lotions soufrées, pommades à l’oxyde de zinc. Veiller aux troubles digestifs et suivre un régime sévère, abstinence d’alcools, de vin, café, mets épicés, etc.
- M. J. J., à Moulins. — Nous avons décrit le générateur à vaporisation inslanlanée de M. Serpollet dans le n° 845, du 40 août 1889, p. 175.
- M. A. Q. L., à Paris. — Pour enlever ces « ex-libris » sur les livres, vous pourriez essayer de laisser tremper les feuilles
- dans de l’eau de Javel pendant quelques minutes et de laver ensuite à l’eau claire. Ce procédé donne de bons résultats., M. L. Leplat, à Liège. — Adressez-vous à MM. Château, 118, rue Montmartre, à Paris.
- M. F. Gilon, à Paris. — Nous indiquons un petit livre sur ce sujet dans notre bibliographie.
- M. A. Lys, à Londres. — Il n’est guère possible de rendre plus foncée la teinture que nous avons donnée; on pourrait essayer d’augmenter légèrement la proportion de chlorure de cuivre.
- M. R. B., à Paris. — 1° La dépense spécifique d’une lampe à incandescence est environ de 5 watts par bougie; une lampe de 10 bougies dépensera 50 watts-heure par heure. — 2° Le prix de vente de l’énergie électrique sur le secteur de Clichy est de 0tr,12 à 0fr,15 l’hectow7att-lieure. — 5° Une lampe de 5 bougies serait insuffisante. — 4° La pile utilisée est une pile Leclanché. — 5° Les lampes portatives à acétylène présentent de nombreux inconvénients.
- M. Mengin, à Pau. — Nous pensons que vous trouverez des ouvrages de ce genre à là librairie Dunod, 49, quai des Grands-Augustins, ou à la librairie Bérenger, 15, rue des Saints-Pères, à Paris. '
- M. A. C., à Paris. — Nous ne pouvons vous donner des renseignements sur les fabrications industrielles de tous ces produits; il faudrait vous adresser à un chimiste expérimenté.
- M. F. Lamy, à Clermont-Ferrand. — 1° Machines électriques statique : MM. Caille et Cie, 40, rue Saint-André-des Arts; M. Ducretet, 75, rue Claude-Bernard; M. Richard Relier, 18, cité Trévise, à Paris.
- . M. Matydell Legras, à Saint-Denis (lies de la Réunion). — Votre lettre a été transmise à M. Castan, constructeur du nouveau pavillon pour phonographe, 4, rue Favart, à Paris.
- M. F. A., à Paris. — La différence de potentiel à la cuisine doit être plus élevée que dans les autres parties de l’appartement, par suite d’un câble de plus grosse section ou moins' chargé. 11 suffit de mettre à la cuisine une lampe d’une différence de potentiel un peu plus élevée. Si les lampes de l’appartement sont de 110 volts, prenez une lampe de 112 à 115 volts.
- M. L. O., à Versailles. — Nous n’avons pas de renseignements sérieux sur cette question.
- M. E. Moussard, à Bonnières. — Lampes à alcool : M. De-nayrouze, 2, rue Rippolyte-Lebas, M. Ditmar, 52, rue de la Chaussée d’Antin, M. Ferrary, 51, boulevard Raussmann, à Paris.
- M. A. Lemoyne, au Crotoy. — Vous pourriez essayer les mastics dont nous avons donné les compositions dans les petits livres des Recettes et Procédés utiles lre, 5e et 5e série, à la librairie Masson et Cie.
- M. J. Goffart, à Tanger (Maroc). — Nous n’avons pas toutes ces adresses; il faudrait vous renseigner auprès de notre collaborateur, M. Justin Dupont, 1, rue Gambetta, à Boulogne-sur-Seine (Seine).
- Accusés de réception. —Avis divers. — M. D. Léon, à X. Ce produit ne se trouve pas dans le commerce. — M. L Leloug, à Paris. Il faut consulter un médecin. — M. Garand, à Lille. Nous ne pouvons faire nous-mêmes ces analyses; adressez-vous à un chimiste. — M- Giron, à Paris. Il serait préférable de remplacer les piles. — M. L. 1\, à Paris; M. D. M., à Blois; M. G. lt., à Paris. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, Ire série, à la librairie Masson et Cu. — M. Lerand, à Nîmes; M. L. Vanrincq-Renicz; à Bergenghem; un abonné, à Binch. — Remerciements pour vos communications.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Les érythèmes infantiles.
- Les érythèmes, avec inflammation plus ou moins profonde et étendue du tégument, ne sont pas rares chez les enfants en bas âge. Résultat de la malpropreté, des conditions mauvaises de la nutrition, une petite écorchure devient en peu de temps le point de départ d’une dermite avec suppuration qui peut être, très rebelle. Le Dr Marfan a eu l’idée d’employer un agent antiseptique des plus efficaces, l’eau oxygénée à douze volumes pure ou étendue d’une ou deux parties d’eau suivant les cas. Dans les éruptions superficielles, quand il n’est pas encore survenu de suppuration, la guérison est en général très rapide. On emploie celte eau oxygénée en lotion deux ou trois fois par jour et ën applications locales, en compresses. Jamais on n’a constaté d’action caustique par l’emploi de cet agent. Dr X....
- Pans ta « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux tes ren-
- seignements gui lui so?it demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre a toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- ior»
- PETITES INTENTIONS1
- I.e petit dateur universel. — Le dateur est d’une grande utilité pour les commerçants, hommes d’affaires, représentants. Le nouveau modèle que nous décrivons est remarquable par sa simplicité. Comme l’indique notre dessin, il est composé de quatre bandes de caoutchouc vulcanisé enroulées
- Le peut dateur universel.
- §ur deux tambours qui sont actionnés par quatre petites molettes en métal. La première bande à gauche porte les chiffres 1, 2, 3, 4, etc., ainsi que la deuxième, pour former les nombres des jours du mois, 1 à 51, la troisième bande porte les noms des douze mois de l’année, janvier, février, etc., et la quatrième lés nombres 1900, 1901, 1902, etc., etc., ainsi que les mots : Payé. Répondu. Entré. Accepté. Reçu. — Ce petit appareil se trouve chez 31. 3Jaihieu, 131, galerie de Valois, au Palais-Royal, à Paris.
- Récupérateur de lumière et fnmivore. — Ce nouvel appareil a pour but de permettre d’utiliser les becs incandescents et les lampes pétrole dans des conditions plus éco-
- Récupérateur de lumière et fumivore. — B. Bobéchon. — A. Fnmivore.
- nomiques. Pour un même éclairage, et avec une intensité lumineuse aussi grande, il assure une économie de 40 pour lüO sur les combustibles gazeux ou liquides employés pour la
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- production de la lumière. Il consiste uniquement en un petit bobéchon B métallique qui se place sur un verre de gaz ou de lampe, et d’une partie cylindrique A posée au-dessus et se ter-minant par des bords recourbés. Le petit bobéchon B établit un courant d’air plus actif; l’air entre à la partie inférieure, traverse la flamme, et s’échappe à la partie supérieure. Ce courant d’air augmente la flamme en assurant une combustion plus complète de tous les gaz et vapeurs. En sortant, l’air chaud vient rencontrer les bords recourbés de la cheminée et laisse tomber les poussières et autres particules qui pouvaient être entraînés; le tube supérieur joue donc le rôle de fumivore. Ajoutons que les dispositions prises protègent les manchons incandescents et évitent la casse des cheminées en verre ou en cristal, en régularisant le travail de la dilatation et de la contraction, résultant de réchauffement et du refroidissement. — Ce récupérateur se trouve au Syndicat universel, 23, rue de Maubeuge, à Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Bulletin de la Société de l'Industrie minérale, publié sous la direction du Conseil d’administration. 5e série. Tome XIV. IIIe livraison. 1900. Congrès international des mines et de la métallurgie. 1 vol. in-8. Saint-Etienne.
- De Paris aux mines d'or de l'Australie occidentale, par O. Ciiesiix, chargé de mission par 31. le Ministre de l’instruction publique. 1 vol. petit in-8°. Librairie Gauthier-Villars. Paris. 1900. Prix : 9 francs.
- Album de statistique graphique de 1897-1899. Ministère des travaux publics. 1 album. Taris. Imprimerie nationale. 1900.
- Annuaire général et international de la photographie. Directeur : 31 arc Le Doux. 9e année 19Q0. 1 vol. in-8°. Paris. Librairie Plon, Nourrit et Cie. Prix : 4 francs, franco : 5 francs.
- Traitement de la tuberculose et des .affections respiratoires chroniques par les injections trachéales, par le Dr Henri Me.ndel, ancien interne des hôpitaux. 1 brochure in-8°. Paris. Société d’études scientifiques. 1900.
- Nouveau système astronomique, par Jules 3Iiffre, ingénieur des arts et manufactures. 1 brochure in-8°. Paris. E. Bernard et Cie, éditeurs. 1900.
- Essais de philosophie et d’histoire de la Biologie, par E. Gi.ev, pi'ofesseur agrégé à la Faculté de médecine de Paris, assistant près de la chaire de physiologie générale au Muséum d’histoire naturelle. 1 vol. in-18 jésus. Masson et Cie, éditeurs. Prix : 3fr,50.
- Théorie de la grêle. Conférence faite à l’hôtel de ville de Clermont-Ferrand, dans une séance de la Société d’IIorticul-ture et de 3riticulture, par J.-B. Plujiandon, météorologiste du Puy-de-Dôme. 1 brochure in-8°. Clermont-Ferrand, 1900.
- Le tabac. Culture et industrie, par E. Boitant, agrégé des sciences physiques. 1 vol. in-16. Librairie J.-B. Baillière et fils. Paris, î900.
- Géologie et minéralogie appliquées. Les minéraux utiles et Durs gisements, par Henri Charpentier, ingénieur civil des mines. 1 vol. in-16. Librairie Ve Ch. Dunod. Paris. Prix : 12 francs.
- Manière de fabriquer soi-même les manchons à incandescence par le gaz, par J. Ierrolx, licencié ès sciences, 5e édition, revue et augmentée. Une brochure in-16 illustrée. Prix : 1 franc. Charles 31endel, éditeur, 118 et 118 bis, rue d’Assas, Paris.
- La natalité en France, par G. 31. 1 vol. in-16. Paris. E. Bernard et Cie, éditeurs, 1900. Prix : lfr,50.
- Annals of the astronomical observalory of Harvard College. Edward C. Pickering, director. Vol. XLIL Part. IL Observations made at the Blue Hill meteorological observatorv, Massachusetts. U. S. A. in the years 1897 and 1899, under the Direction of A. Lawrence Rotch, A. 31. 1 brochure in-4°. Cambridge, John Wilson and son. 1900.
- Annuaire du musée zoologique de l'Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg, 1900, tome V, nu* 1, 2.
- Eyferth's einfachsie Lebensformen des Tier und pflanzen-reiches. Naturgeschichle lier miUroskopischen Süsswasser-bewohner, von ï)r Waltiier Schônichen und Dr Alfred Kalber-laii. 1 vol. in-8°. Braunschweig 1900. Imprimerie de. Benno Goeritz.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Moyen de conserver le caoutchouc. — Voici, d’après le Chasseur français, un moyen de conserver le caoutchouc. Le caoutchouc, par sa composition chimique et la vulcanisation nécessaire à ses propriétés physiques, est une matière qui craint essentiellement le contact de corps gras, des acides violents et de la chaleur; les rayons de soleil et la lumière trop vive exercent aussi à sa surface une action nuisible. Ün se trouvera donc Lien de le conserver dans un local frais, plutôt humide, un cuvage, un arrière-magasin, un placard; cette précaution est d’autant plus nécessaire que l’objet est plus mince, exemple : une chape, un protecteur, une chambre à air. Tel objet qui, exposé directement au soleil, sera détérioré en quelques jours, conservera toutes ses propriétés si on le soustrait à la chaleur et à la lumière. Les pièces
- placées en vitrine seront donc rapidement craquelées, fendillées et même durcies. Un cercle creux ou plein ne doit rester ni plié, ni ficelé, mais suspendu tout ouvert sur un gros bâton, ou couché à plat, sans charge par-dessus; comme corollaire, on ne doit pas laisser un creux des mois entiers sous le poids de la machine immobile, car il s’aplatirait infailliblement. Une machine garnie de pneus doit être logée dans une remise, les pneus à demi gonflés pour 11e pas fatiguer les toiles et couverts, si possible, avec de vieux sacs, ou une bâche si le local est un peu chaud ou trop clair. Si on peut monter des enveloppes sur jantes, ce qui est toujours préférable, on les laissera dans leur position naturelle, soit suspendues sur un bâton rond de 4 à 0 centimètres, soit de préférence couchées à plat les unes sur les autres sans liens ni ficelles. Eviter les courants d’air, le soleil et la lumière, également l’humidité profonde qui pourrirait les toiles.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9. ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 12 novembre. —1%6 S. E. 1. Nuageux. O O Nuag. jusqu’à 15 li. ; couv. ensuite; brouill. avec le jour; petite pluie de 19 à 20 h. 30.
- Mardi 13 5*, 3 S. 3. Couvert. 0,8 Couvert. Eclairs au S.-W. et à l’W. à 19 b. ; pl. la moitié du temps.
- Mercredi 14 ... . 5",9 S. W. 2. Peu nuageux. 5,o Très nuag. ; quelques averses ; gelée bl.
- Jeudi 15 6",0 S. 2. Couvert. 0,2 Presque couv. ; pluie le quart du temps ; gel. bl. ; éclairs au N.-AV. à 19 b.
- Vendredi 16 ... . 7",7 S. S. W. 5. Peu nuageux. 2,3 Très nuageux ; éclairs de divers côtés entre 18 et 22 b. ; quelques averses.
- Samedi 17 7%0 N. E. 1. Couvert. 1,7 Couv. jusqu'à 15 h. ; très nuag. ensuite ; quelques averses; brumeux.
- Dimanche 18 ... . 5°, 7 N. 3. Couvert. 0,6 Couvert ; éclairs de 18 à 20 b. du N. au S. par l’E. ; brumeux,
- NOVEMBRE 1900. — SEMAINE DU LUNDI 12 AU DIMANCHE 18 NOVEMBRE.
- | Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer): courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre à l’abri A boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Orage en Tunisie. — Un violent orage d'une longue durée, accompagné de grêle et de pluie, a éclaté le 12 novembre, sur la région nord de a Tunisie. Le chemin de fer de Tunis eu Algérie a été coupé sur une longueur de 800 mètres entre Medjez-el-Bab et EIHéri. Par suite de l’orage, un train venant de Kairouan a dû rétrograder.
- Les rembl ais ont été complètement emportés du kilomètre 18t5 au 190. La plaine a été inondée.
- nnntlaitions en Algérie. — Des pluies générales ont causé des dépôts importants à (Iran et à Conslnailine.
- baus'la région du Sig, la pluie est tombée pendant dix-neuf heures consé-
- cutives. Des ponts ont été emportés, de nombreux barrages ont été débordés et les eaux oait inondé les plaines.
- Dans le département d'Oran, les trains ne circulent plus, la voie étant emportée sur une graude distance.
- Dans la région de Mascara, des femmes et des enfants indigènes ont été emportés par le»-eaux.
- Les remparts-de Mascara ont été démolis sur la mètres de longueur.
- I.e brouillard à I*aris. — Un brouillard intense est survenu le 12 novembre dans la matinée sur Paris et la banlieue. Vers 9 heures, la brume était devenue subitement si épaisse sur la Seine que les bateaux parisiens ont été obligés de suspendre leur trajet jusqu’à 10 heures. Aucun accident ne s’est produit.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q., le 14, à 2 h. 47 m. du matin.
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