La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS ALX ARTS ET A L’INDUSTRIE
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET RE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A U’INRUSTR ÏE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- ABONNEMENTS
- Paris. Un an................................... 20 fr. »
- — Six mois.................................. 10 fr. »
- Union postale. Un an. — Six mois
- Départements. Un an........................ 23 fr. »
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- Prix du numéro : 50 centimes
- UES CINQUANTE-CINQ VOLUMES PRÉCÉDENTS SONT EN VENTE
- AVF.C LES TABLES DES DIX PREMIERES ANNÉES ET DE LA 2° SÉRIE DES ANNÉES SUIVANTES
- Paris. — Imprimerie Larché, rue Je FJeurus, 9.
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- lil'Ylji: DES SCIENCES
- IÎT DI! LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- DIRECTEUR
- HENRI DE PARVILLE
- VINGT-NEUVIÈME ANNÉE
- 1901
- PREMIER SEMESTRE
- PARIS
- MASSON ET C", ÉDITEURS
- iIbraires de l’académie de médecine
- 120, P.OT’LEVAKIT SUST'IIFIIMAIN, 120
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- 29° AN NÉ K.
- N° 115 fi.
- 1" DÉCEMBRE 1900
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
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- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- LE REFROIDISSEMENT
- DES PETITS MOTEURS A PÉTROLE
- Le moteur Kainz a été souvent décrit, et on ne jtout pas le citer comme une nouveauté : c’est un appareil qui donne 1800 révolutions par minute,
- où l’inflammation est assurée électriquement, et dont le cylindre a 86 millimètres de diamètre pour une course de 90 millimètres. Il fonctionne parfaitement tant que l’air lui arrive suffisamment pour assurer son refroidissement, mais l’accès de Pair est précisément une chose assez difficile à obtenir
- Moteur à pétrole Kainz.
- dans les conditions ordinaires, et c’est pour cela que M. Kainz a imaginé une disposition tout à fait originale que représentent les deux ligures que nous en reproduisons.
- Comme on peut le comprendre immédiatement en examinant ces photographies, le cylindre est entouré de deux bandes d’aluminium disposées concentriquement, une bande inférieure et une bande supérieure, munies intérieurement de lames qui forment comme des ailettes diagonales : les ailes de Panneau inférieur sont dirigées vers la droite, tandis que celles de Panneau supérieur se dirigent vers la gauche. Tout le système forme un ensemble avec la poulie à gorge que l’on aperçoit placée extérieure-ÿj! aunïï. — l“v semestre.
- ment et parallèlement à la chambre des manivelles. Le système tourne du reste sur des frottements à billes, et il est mis en mouvement par la poulie que l’on voit montée sur l’arbre du moteur, et par l’intermédiaire de la courroie qui passe sur deux petites poulies de renvoi, fixées sur des consoles solidaires de la chambre des manivelles. En somme, on obtient de la sorte des ventilateurs qui sont mis en rotation à une allure très rapide : Pair est attiré par l’action des ailettes inclinées et projeté sur le cylindre, puis il monte et atteint le couvercle de ce cylindre. Cet air est alors saisi par les ailettes de la partie supérieure de l’appareil et entraîné bientôt tout autour de la chambre de combustion. On peut dire que
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- de cette manière le cylindre est constamment baigné dans un courant aérien qui se renouvelle sans cesse. La mise en mouvement de ce minuscule ventilateur consomme une puissance très réduite.
- En décrivant ce système de refroidissement, nous n’avons point, bien entendu, l’intention de recommander spécialement le moteur Kainz, dont nous ne connaissons pas la valeur réelle : mais le dispositif est particulièrement intéressant en lui-même. Le refroidissement des moteurs à pétrole, et surtout quand il s’agit de moteurs de voitures automobiles, est une assez grosse question; sans doute on a toujours la ressource de l’enveloppe à circulation d’eau, mais cette circulation nécessite un certain approvisionnement de liquide, qui représente du poids, et surtout la mise en marche de la pompe absorbe inutilement une puissance élevée.
- La combinaison que nous venons de décrire semble susceptible de résoudre le problème dans de bonnes conditions de simplicité, et elle ne recourt pour abaisser la température qu’à l’air seul, fluide que l’on trouve constamment et gratuitement sur sa route. I). P.
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- HYDROGÈNE ET NOIR DE FUMÉE
- l'as de ballons sans hydrogène et plus l’hydrogène est pur et plus la force ascensionnelle est grande. Aussi, s’est-on efforcé, depuis que le ballon fait partie de l’armement militaire, d’apprendre à fabriquer l’hydrogène facilement et économiquement. On a essayé et on a réussi à le produire à bas prix par l’électrolyse de l’eau. En Allemagne, on est parvenu à le fabriquer ainsi, très économiquement, en décomposant l’eau par l’électricité ; de même en France, en Belgique, en Suisse, à Hanau, le prix de revient de 100 mètres cubes d’oxygène et de 200 mètres cubes d’hydrogène ressort à 162 fr. 50, ce qui met le mètre cube d’hydrogène à moins de 0 fr. 54. 11 faut au point de vue des antériorités faire observer que c’est le commandant Renard, de Chalais-Meudon qui parvint le premier, il y a plusieurs années, à obtenir l’hydrogène économiquement en électrolysant l’eau avec une addition de lessive alcaline. Nous rappelons ces détails pour signaler un autre mode de production de l’hydrogène essayé récemment par M. Hubou, ingénieur des mines. La méthode est originale, et elle mérite d’être indiquée puisqu’elle engendre l’hydrogène comme sous-produit et, comme produit principal, le noir de fumée qui a des applications multiples. M. Hubou fabrique l’hydrogène et le noir de fumée à l’aide de l’acétylène, lequel est lui-même facilement produit au moyen du carbure de calcium.
- En s’inspirant des recherches dues à MM. Berthelot et Vieille, M. Hubou a constaté, en 1896, que, lorsqu’on décompose l’acétylène comprimé à 2 ou 5 atmosphères de pression en l’enflammant sous l’action d’un fil incandescent, on n’a pas à redouter de pressions supérieures à 25 atmosphères. Par suite, l’explosion résultant de l’inflammation peut être rendue inoffensive, si l’on se sert d’un récipient suffisamment solide. Le résultat de l’explosion est, d’une part, de l’hydrogène et de l’autre du noir de fumée.
- L’appareil de M. Hubou a été réalisé par M. Ducretet. C’est un réservoir destiné à emmagasiner l’hydrogène. Une pompe aspirante, et foulante condense l’acétylène jusqu’à une pression de 5 atmosphères dans un bloc en
- acier du type Cailletet et où se produit l’inflammation au moyen d’un fil porté électriquement à l’incandescence. On fait rougir ; l’acétylène se décompose brusquement et l’hydrogène résultant est porté à la pression de 25 atmosphères ; en même temps tombe au fond du bloc et sur ses parois le noir de fumée. En ouvrant un robinet, l’hydrogène formé va s’emmagasiner dans le réservoir. L’opération n’est pas dangereuse, comme on pourrait le craindre et d’autant plus que l’on peut, par mesure de précaution, procéder à l’inflammation à la distance que l’on désire. Dans ces conditions, l’hydrogène obtenu a un prix de revient pour ainsi dire nul. On peut estimer effectivement, dit-on, à 1 franc le kilogramme d’acétylène pris au$ usines de carbure ; or le kilogramme d’acétylène se décompose en donnant environ 75 grammes d’hydrogène, qui représentent plus de 1 mètre cube de gaz, et 925 grammes de noir de fumée. Ces 925 grammes de noir d’acétylène ont à eux seuls une valeur marchande supérieure au prix de l’acétylène employé comme matièré première.
- Le procédé Hubou apparaît, au moins à la suite des premières expériences, comme celui qui permettrait la production au meilleur compte de l’hydrogène. Il est assez curieux d’avoir à constater que l’acétylène, qui est un gaz lourd, puisque sa densité est voisine de celle de l’air, peut servir à préparer le plus léger des gaz connus, l’hydrogène nécessaire jusqu’ici aux besoins de la navigation aérienne. Flajiel.
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- LE MAL UES BASSINES DES MAGNANERIES
- Chantez, chantez, magnanarelles, et comme dans Mireille, les belles Provençales et Cévenoles ne se font guère prier pour chanter et danser, suivre les tourbillons de la farandole au son du tambourin. Mais passé le jour de fête, les magnanarelles vont reprendre le travail et plus d’une alors ne chante pas. Les dévideuses de cocons ont souvent à se plaindre d’une maladie désagréable qu’elles attribuent au lou vérin di magnan, .au venin du ver à soie et qui fait quelquefois pleurer leurs jolis yeux.
- 11 y a quelque cinquante ans qu’un médecin de Lyon, Potton, décrivit la maladie des bassines ; mais il a fallu attendre jusqu’à ce jour pour en avoir l’interprétation vraie et la pathogénie bien démontrée. Pour dévider les cocons de vers à soie on les plonge dans des bassines d’eau bouillante, ce qui permet de dégager les fils de l’enduit gluant qui les colle les uns aux autres. Les magnanarelles doivent aller dérouler, reprendre les fils qui se cassent, séparer la bourre de la paroi interne du cocon. Or, au bout de deux ou trois jours de ce travail, on voit survenir sur les mains, sur les avant-bras, des érythèmes sensibles, des gerçures, puis des excoriations amenant une véritable inflammation de tout le bras; parfois on a vu ces accidents se terminer par des abcès. Assez souvent ils s’accompagnent de démangeaisons à la face, de gonflement des paupières, d’irritation des yeux. Cette dermatite douloureuse s’observe également chez les femmes qui surveillent l’éducation du ver à soie et nettoient les châssis où s’ébattent ces animaux. Même irritation de la peau, mêmes vésications, mêmes gerçures et ulcères. Cette affection fut attribuée, par la plupart des observateurs, au ramollissement de l’épiderme par le séjour des mains dans l’eau chaude, comme chez les plongeurs et laveuses de vaisselle, et à l’irritation provoquée par les matières en décomposition provenant de cet ébouillantage des cocons et des matières en putréfaction. Il se dégage, en effet, dans toutes les magnaneries des odeurs
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- tellement infectes qu'on a classé les lilalures dans la catégorie des établissements insalubres.
- Un savant modeste, qui a déjà publié sur les insectes des travaux où l’ingéniosité des expériences le dispute à la sagacité et à la rigueur des observations, M. Fabre d’Avignon, a mis au jour, dans ses Derniers souvenirs ento-mologiques, la véritable origine de ces lésions. (( La cause de vos petites misères, écrit-il, je la connais, vaillantes magnanarelles. )) Et voici comment il l’a trouvée.
- Les chenilles dites processionnaires, celles du chêne, par exemple, passent à bon droit pour être fort désagréables, voire même dangereuses. Leurs poils, croit-on, ont le privilège de déterminer sur les téguments une véritable urticaire et les jardiniers qui ont charge de recueillir ces énormes boules collées aux branches des arbres, ces nids contenant des paquets de chenilles, savent ce qu’il en cuit. Si la poussière de ces poils tombe dans les yeux, elle détermine une conjonctivite fort intense. Le moyen de s’en garantir est de se couvrir les bras, le cou, les parties découvertes avec un corps gras phéniqué et de se préserver soigneusement la face. Sont-ce les poils qui jouissent de cette propriété urticante? M. Fabre prouve que non ; il lessive les poils dans l'éther et le poil est désormais inoffensif; mais l’éther a enlevé un produit vésicant, car en imbibant un morceau d’amadou, de papier, et collant cet emplâtre sur la peau on obtient l’urtication à un degré plus ou moins intense.
- D’où vient cet élément virulent? pas des glandes. Il n’existe aucune glande spéciale à cet effet. M. Fabre le trouve dans les déjections et il a pu démontrer d’une façon plus précise qu’il provenait du sang et qu’il était rejeté par les voies urinaires. Les déjections renferment à la fois les sédiments de l’urine et les excreta intestinaux; aussi les amas de crottins dans lesquels grouillent les chenilles pendant la journée sont des foyers de matière virulente. En se frottant au milieu de ces ordures les chenilles enduisent leurs poils de particules de ce venin d’où l’irritation produite par le poil lui-même. Pour bien prouver que ce sont ces ordures qui contiennent ce virus, M. Fabre les traite par l’éther qui emporte, comme dans la première expérience, les principes actifs vésicants et donne de la même façon une dermatite aiguë. La preuve est nette, péremptoire; mais il y a plus : le crottin de toutes les chenilles est virulent. Cette virulence ne s’observe pas cependant chez quelques espèces, la hérissonne, par exemple ; cela tient simplement à ce que cette chenille vit solitaire et ne se renferme pas dans un nid commun comme la processionnaire ; elle ne transporte pas de matière virulente avec elle, sur ses poils ou ses pattes.
- Ces expériences, si ingénieuses et si décisives, ont été répétées sur le ver à soie et les résultats n’ont pas été différents. Lou vérin di magnan est, lui aussi, un produit de déjection urinaire. Les crottins du bombyx, traités par l’éther, laissent se dissoudre un principe vésicant; quelques gouttes du liquide lixiviateur provoquent, en effet, un ulcère aussi cuisant que la macération de crottin des processionnaires. « Ce n’est pas le ver, écrit M. Fabre, qui, par son contact, vous endolorit; son maniement n’est en rien à craindre. C’est de la litière seule qu’il faut se méfier. 11 y a là, pêle-mêle, avec les débris du feuillage, de copieux amas de crottins, imprégnés de la matière qui si douloureusement vous rougit la peau ; il y a là, et seulement là lou vérin, comme vous l’appelez. »
- En rappelant à l’Académie de médecine ce remarquable travail du zoologiste avignonnais, M. Vallin a conclu que la maladie des bassines trouvait là son explication la
- plus logique. Le séjour des mains dans l’eau chaude favorise, par le ramollissement du tégument, l’éclosion des accidents; la véritable cause, c’est la présence dans les bassines des excreta. Dissous dans l’eau, ces produits déterminent l’urtication et la vésication avec d’autant plus d’intensité que les bouillies sont plus concentrées, plus chargées de cocons et que la peau des ouvrières est plus délicate.
- M. Vallin se demande s’il ne serait pas possible de neutraliser l’effet virulent de ces eaux en l’additionnant d’un produit antiseptique ou autre. Le chlorure de chaux, en solution étendue, diminue l’activité du venin de serpents. Quelque sel de ce genre pourrait peut-être, sans altérer en rien les fils de soie, sans nuire à l’opération industrielle, atténuer les effets nocifs de ces déjections. C’est un problème qui ne doit pas rester insoluble longtemps; l’inventeur aura droit à la reconnaissance des gentilles magnanarelles. Dr A. Cartaz.
- ESSAIS MILIT AIRES D’AUTOMOlilLÉS EN 1900
- Si l’année 1900 n’a pas fait surgir, comme le public s’y attendait en général, la petite voiture idéale, à bas prix, du moins l’année de l’Exposition marquera dans les annales de l’automobile à cause des premières applications pratiques qui ont été faites de la nouvelle locomotion. Il n’en est pas de plus intéressantes que l’application des véhicules mécaniques aux services des armées, et l’expérienee des grandes manœuvres de cette année a classé définitivement l’automobile parmi les instruments de guerre indispensables. Les véhicules mécaniques utilisés ont été de diverses catégories.
- I. — Le « commandement en chef » des grandes manœuvres disposait de 6 voitures extra-rapides des systèmes Mors et Panhard-Levassor, 3 voiturettes,
- 11 motocycles qui se répartissaient ainsi qu’il suit : 1° au général commandant en chef, 3 voitures de
- 12 chevaux, 3 motocycles, 3 voiturettes, parmi lesquelles il convient de citer la petite voiture-fanal du système Renault munie d’un débrayage spécial permettant au moteur d’actionner soit les roues motrices, soit une petite dynamo d’éclairage placée à l’arrière du véhicule; 2° au général, chef d’état-major, 1 voiture de 16 chevaux, 2 motocycles; 5° au général commandant l’armée du Nord, 1 voiture de 12 chevaux, 5 motocycles ; 4° au général commandant l’armée du Sud, 1 voiture Mors de 22 chevaux, pilotée par Anthony, 3 motocycles.
- II. — Les « services de l’arrière » étaient assurés dans chaque armée par 1 train Scotte à vapeur, dont l’un était celui du génie de Versailles; l camion de Dion-Bouton à vapeur, 1 camion Panhard-Levassor de 8 chevaux et 1 camion de Diétrich de 9 chevaux. Ces deux derniers véhicules, à essence, étaient aux services de la cavalerie.
- III. — Les « attachés militaires » étrangers ont été également transportés sur les champs de bataille au moyen de plusieurs automobiles parmi lesquels il convient de citer le breack à vapeur de Dion-Bouton de 20 chevaux monté sur pneumatiques, I omnibus Panhard et Levassor de 12 chevaux,
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- 1 grand breac-k de Diétrich, à 6 places, etc.
- Le nouveau mode de locomotion a été hautement apprécié par les représentants des puissances étrangères.
- Les essais de transports automobiles des manœuvres ont du reste eu un autre résultat, celui de permettre de relever des indications précises sur le fonctionnement et le prix de revient des automobiles de guerre; heureusement pour nos constructeurs, le temps a été particulièrement favorable en septembre dernier, ce qui a permis de relever des chiffres tout à fait remarquables. Enfin on a profité des mêmes manœuvres pour expérimenter divers systèmes d’attelage des fourgons derrière les tracteurs ; l’un d'eux, dû au colonel Renard, per-
- mettrait aux voitures de suivre dans les tournants la direction du tracteur, en empêchant tout déplacement latéral, de plus le système permet de substituer en un instant la traction animale à la traction mécanique.
- Pour terminer cette rapide revue des automobiles militaires, signalons qu’à l’Exposition des Armées de terre et de mer, l’industrie automobile a été brillamment représentée par différents types de véhicules dont les carrosseries du plus grand nombre ont été très heureusement étudiées par MM. Kellner et fils.
- Ces véhicules sont les suivants :
- 1° Motocycle de I)ion-Bouton, pour service d'état-major ; 2° voiturette Decauville, modèle 1900 avec cantine
- Fig. 1. — Coupe automobile pour général.
- Fig. 3. — Voiture automobile de chirurgie (fermée).
- à l’arrière; 5° tonneau Mors de 16 chevaux pour généraux; 4° omnibus Panhard et Levassor, de 12 chevaux pour transport des états-majors; 5° voiture d’état-major d’armée du système Peugeot, comprenant un coupé central destiné au général et un petit omnibus à l’arrière à 2 places pour ses officiers ou secrétaires (tig. 1 ) ; 6° voiture de chirurgie, ambulance de corps d’armée, transportant 12 paniers à pansements avec tout le matériel opératoire nécessaire, 1 stérilisateur d’eau et 4 places pour les médecins auxiliaires ou infirmiers (fig. 2 et 3); cette voiture est montée sur un châssis de Diétrich ; 7° voiture poste télégraphique montée sur châssis de la maison Mors ; 8° grand fourgon pour
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- matériel télégraphique de campagne du système Koch, à pétrole lourd; ce même système a également été appliqué aux transports des pigeons-voyageurs pour le service des colombiers militaires ; 9° petit fourgon pour le service des postes et trésorerie aux armées, monté sur châssis G. Richard, de 7 chevaux.
- Enfin les poids lourds étaient représentés au Ghamp-de-Mars et à Yincennes par les divers types bien connus de tracteurs Scotte et de camion de Dion et Bouton. Lucien Périsse.
- CONCOURS D’AUTOMOBILES
- EX 1900
- Pendant l’Exposition à l’annexe de Yincennes, l’« Automobile-Club » de France avait organisé différents concours qui ont fourni des renseignements très intéressants parce qu’ils ont porté sur toutes les catégories de véhicules automobiles. Les prix ont été attribués en se basant sur les consommations, la ré-
- Fig. 1. —Yoiturette de livraison de Dion-Bouton.
- gularité du fonctionnement,la facilité de direction, et le confortable.
- Les principales récompenses décernées ont été les suivantes :
- Concours (le Tourisme. — (Voitures pesant plus de 400 kg), 4 catégories : 2 places, 4 places, 6 places et plus. Épreuves de cinq jours à 150 km par jour.
- Plaquettes d’Or : Voitures Peugeot, Delahaye, de Diétrich, Panhard-Levassor (à essence).
- Concours de Motocycles. — Durée cinq jours. Parcours total 800 km.
- Médailles d’Or : Motocyclette Werner, vitesse moyenne : 40km,5; consommation 01,03 d’essence par kilomètre. Tricycles et Quadricycles Rochet-Petit. Vitesse moyenne : 58 km à l’heure ; consommation : 01,05 d’essence à l’heure en moyenne.
- Concours de fiacres et voitures de livraisons. — Ces dernières portaient une charge utile de 500 à 1200 kg.
- Médailles d’Or : Pour les voitures de place : Victoria Peugeot à essence. Victorias électriques Krié-
- Fig. 2. — Omnibus Panhard-Levassor.
- gcr. — Pour les voitures de livraisons à essence ; Voiture Brouhot.
- Concours de voiturettes. — Parcours 800 km'; 2 catégories : Voitures pesant moins de 250 kg à vide et voitures pesant de 250 à 400 kg à vide.
- Médailles d’Or et de Vermeil. Pour la lre catégorie : Gladiator (moteur Aster). — Vitesse moyenne, 25,1 km ; consommation par km, 01,05 d’essence. — Georges Richard. Vitesse moyenne, 21,3 km; consommation par km, 01,085 d’essence.
- Pour la 2e catégorie : Renault frères (moteur de Dion), vitesse moyenne 25,8 km à l’heure; consommation par km, 01,085 d’essence. — Outhenin-Chalandre, système de Dion. Vitesse moyenne, 24 km à l’heure; consommation d’essence01,09.
- Concours des poids légers. Voiturettes de livrai-sons. —Epreuve de 6 jours. Parcours total, 507 km, avec essais de consommation, charge utile de 100 à 500 kg.
- Médailles d’Or ; Voiturettes de Dion et Bouton (fig. 1), 258 kg de charge utile en moyenne, consommation d’essence par tonne kilométrique de charge utile, 01,842. —Voiturettes Peugeot, 270 kg, consommation, 01,906.
- Concours des poids lourds. — 1° Omnibus, parcours journalier environ 70 km. Médailles d’Or : de Dion et Bouton à vapeur—-Panhard-Levassor (fig. 2), essence. 2° Camions, parcours journalier 50 km.
- Fig. 3. — Camion Peugeot.
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- Médailles d’Or : de Dion et Bouton, à vapeur. — l’cugeot, à essence (fig. 5). 5° Voitures de livraisons. Parcours 50 km par jour. Médaille de Vermeil :
- Voiture électrique Ricker.
- Nos lecteurs excuseront l’aridité de l’énumération ci-dessus, elle nous a semblé toutefois utile à faire connaître parce qu’elle pourra à l’occasion servir de guide utile à tous ceux que l’automobile inte'resse à un titre quelconque. L. P.
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- UN PARADOXE
- Les explorateurs et les agriculteurs sont, d’accord pour constater la dessiccation grandissante de la surface terrestre. Les lacs, les oasis se réduisent en superficie; les cours d’eau perdent en débit et tarissent plus fréquemment; les puits s’assèchent plus souvent. Les grandes zones désertiques gagnent en étendue dans l’ancien continent, aussi bien qu’en Amérique, l’Europe même est atteinte; les îles de l'Atlantique tropicale, plus anciennement connues que celles du Pacifique, sont aussi plus menacées dans leur approvisionnement en eau potable.
- 11 ne semble pas que l’on s’émeuve beaucoup de ces prodromes extrêmement graves. L’attention est distraite par trop de menues choses, de progrès illusoires, l’emballement pour le nouveau quel qu’il soit ; on n’a plus le temps d’observer la nature avec patience et conscience, et les conséquences, néfastes pour l’humanité, de la méconnaissance des lois naturelles n’appartiennent plus qu’aux « vieilles écoles ».
- Nous ne voulons relever qu’un point, en apparence paradoxal. 11 s’agit des terres qui se dessèchent. Les lois de l’évaporation restant constantes, faut-il en conclure que l’évaporation à la surface des terres est plus intense que celle qui s’effectue à la surface des océans? Le cycle des phénomènes météorologiques ne pourrait en être troublé, et à la plus grande évaporation des surfaces terrestres devrait correspondre plus de condensation de vapeur d’eau dans les hautes altitudes, plus de nébulosité (ou l’extension des glaciers, c’est l’inverse qui s’observe) et, finalement, plus de condensations aqueuses en des points divers du globe.
- Ces milieux de condensation seraient évidemment ceux qui se rapprocheraient le plus du point de saturation, c’est-à-dire les océans, puisque les terres se dessèchent de plus en plus.
- Aucune observation — que nous sachions — n’a démontré que les pluies océaniques se soient montrées plus fréquentes ou plus intenses depuis que les continents se dessèchent. En effet, les continents dénudés, sous l’influence solaire, s’échauffent, produisent des courants ascendants, qui amènent des vents marins de remplissage ; l’atmosphère saturée des mers se dessèche au contact des terres et s’écarte de plus en plus de son point de condensation. Layiessiccation des terres entraînerait donc la diminution des pluies océaniques.
- Nous croyons que l’évaporation, loin d’être supérieure à ce qu’elle était autrefois, est moindre; qu’à cette moindre évaporation correspond un état hygrométrique peu favorable aux condensations ; la terre se dessèche parce qu’elle n’est plus suffisamment alimentée par les météores aqueux, notamment par les pluies.
- Un certain équilibre s’établit donc entre l’évaporation et les condensations, régularisé par l’action des océans; sans les océans la stérilisation des terres serait corfiplète.
- Si l’homme veut prévenir les famines des siècles futurs et conserver les avantages que lui procurent les réseaux fluviaux, il doit se préoccuper de ce grave problème. La seule solution qui s’offre à lui est de favoriser l’évaporation pour augmenter les condensations.
- L’évaporation se produisant par la surface exposée à l’air, quelle est la forme à donner à un volume de liquide pour qu’il offre le maximum de surface à l’évaporation ? S’inspirera-t-on dans ce but des légendes qui concernent la planète Mars, et songera-t-on à augmenter la surface d'évaporation des eaux par, la création de multiples canaux gigantesques?
- Mieux vaut observer les phénomènes terrestres. La nature nous apprend : que le corps organique animal comprend en moyenne 75 pour 100 d’eau, éliminée progressivement par les grandes surfaces cutanées et pulmonaires, et les émoncloires naturels, avec une intensité qui varie selon les adaptations physiologiques aux conditions actuelles du milieu ; que le végétal vert renferme de 70 à 00 pour 100 d’eau éliminée par l’immense superficie de ses feuilles, élimination plus de 400 fois supérieure à celle de l’animal.
- D’autres données nous permettent d’établir les rapports suivants :
- 1 déc. car. d’eau évapore en été 4mm p. jour; rapport 1.
- 1 )) )) organisme humain » 12mm » » 3.
- 1 » » feuilles d’avoine »250mm » )) 02,5.
- Nous retombons en plein dans la solution, déjà ancienne et toujours d’actualité, du reboisement. Pour réussir le reboisement, il faut avant tout arrêter net le déboisement, car pour peu que la dessiccation s’accentue, le reboisement deviendra impossible.
- C’est un argument de plus, et non celui de moindre importance, à ajouter à tous ceux qui légitiment la conservation et l’extension des forêts, surtout en pays de montagnes.
- Une autre déduction qui se dégage de ces considérations est que la suppression des végétaux et des animaux, au point de vue physique, équivaut à la suppression d’énormes réservoirs d’eau qui, par leurs échanges avec l’atmosphère, assure un état hygrométrique favorable aux condensations. Léon Dumas.
- Professeur à l’École normale à Huy (Belgique).
- OBTENTION DES GRANDES CRÊTES
- CHEZ LES COQS
- En visitant le concours général ou les expositions spéciales d’aviculture, les personnes qui possèdent une basse-cour sont toutes surprises de la taille peu ordinaire des coqs et s’extasient sur l’ampleur de leurs crêtes; elles désirent elles-mêmes posséder des oiseaux de pareille taille, et, malgré les prix élevés auxquels ils sont vendus, elles n’hésitent pas à acheter des œufs provenant des superbes reproducteurs exposés. Elles sont surprises plus tard de n’obtenir que des sujets, méritants à la vérité, mais ne pouvant rivaliser avec leurs parents qui avaient obtenu les premiers prix au concours. Certaines personnes se laissent aller jusqu’à accuser l’aviculteur d’avoir réservé pour lui les œufs des types extra et de n’avoir vendu que ceux provenant d’oiseaux de moindre valeur. Il n’en est rien, mais pour arriver à élever, à produire, pourrions-nous dire, une volaille d’exposition, il y a une foule de petits soins, de petits trucs qui sont inconnus de la plu-
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- part des éleveurs amateurs. L’installation, la propreté, la nourriture, tous les soins, en un mot, doivent tendre à ce que le poussin croisse et grossisse depuis sa sortie de l’œuf sans aucun arrêt. Toute cause, quelque insignifiante qu’elle paraisse, qui arrête, d’une manière quelque faible qu’elle soit, le développement du corps et des plumes, de l’ossature ou des muscles, diminue les chances de l’oiseau dans les expositions futures. Éviter ces écueils, maintenir les élèves en croissance bien équilibrée et constante, à l’aide d’une nourriture et des soins appropriés, tel est certainement le plus grand facteur de réussite.
- Un point très important est l’époque de la mise en incubation. Les volailles de grosse espèce croissent, d’une manière générale, lentement et longuement; il y a donc tout avantage à mettre de très bonne heure les œufs sous la poule ou dans l’incubateur afin que les jeunes aient devant eux de longs mois pour se développer avant les premiers froids qui arrêteront leur croissance.
- Comme alimentation, on devra donner une nourriture dont la digestion s’opère rapidement et l’on doit tâcher d’amener le développement des muscles plutôt que d’v accumuler de la graisse. Les aliments qui contiennent une forte proportion de matières azotées et peu de matières grasses sont les fèves, les pois, le blé, l’avoine, le fleurage, la recoupe, le son doivent être préférés. Les repas devront être nombreux et le premier, donné le plus matin possible, se composera d’une pâtée. Voici, par exemple, un menu composé sans doute par un Vatel de la race galline, car il plaît énormément aux jeunes poulets et leur est très profitable. D’abord, le matin, vers 5 à 6 heures, ample distribution de pâtée chaude composée de parties égales de farine d’orge, d’avoine moulue et de recoupe; à midi des gruaux d’avoine et le soir, une ou deux heures avant le coucher du soleil, de l’avoine mélangée avec du blé. Entre les repas, on distribuera quelques morceaux de viande saignante (par saignante nous entendons modérément cuite) ; 30 grammes de foie de bœuf bouilli suffiront pour une dizaine de poulets et ce n’est pas là un extra fort coûteux. A la pâtée du matin, on ajoutera une certaine quantité de phosphate de chaux, c’est un élément des plus utiles pour la formation des os et l’obtention de la taille. Les cages, parquets devront être de la plus excessive propreté afin d’éviter l’envahissement des jeunes par les parasites.
- On ne se rend pas assez compte du mal que font aux poussins les insectes connus vulgairement sous le nom de poux. Ces ricins, acares, dermastes amènent chez les sujets qu’ils attaquent un affaiblissement, un arrêt de croissance des plus préjudiciables; ils causent parfois la mort de nombreux poussins. On peut débarrasser les poulets atteints à l’aide des poudres ou préparations insecticides.
- Les jeunes volailles ainsi nourries et traitées prospèrent rapidement et prendront très vite une grande vigueur. Les coqs ne tarderont pas à se montrer galants, d’où des causes d’affaiblissement qui arrêteraient la croissance à laquelle le futur exposant tient tant.
- Il y a donc tout intérêt à séparer les sexes, dès que les poulets atteignent l’âge de deux mois, on évitera ainsi ces petits coquelets qui, tout jeunes, ont déjà l’apparence d’adultes tout en ayant des jambes de moins de dix centimètres de haut. Ceux-ci resteront toujours de petite taille. La séparation des sexes retardera aussi la ponte chez les poules, car il faut noter que la croissance d’une poule en pleine ponte est forcément arrêtée.
- Les visiteurs des expositions admirent aussi les immenses crêtes bien rigides qu’offrent certains sujets des races Espagnole, Andalouse, de Barbczieux, de Leghorn, et les jurys s’accordent à récompenser ces qualités. Pour arriver a ce résultat, l’éleveur a recoins à un traitement particulier. La chaleur a une grande influence sur le développement de la crête et si l’on peut placer les jeunes coqs pendant quelque temps dans un endroit où la température se maintienne à 20° au-dessus de 0 on verra pousser la crête avec une rapidité exceptionnelle. Il faut soumettre les jeunes à cette température dès que la crête commence à changer de couleur.
- lel est le traitement bien simple à suivre, mais si les succès couronnent souvent les efforts de l’éleveur, à combien d’accidents ne sont-ils point soumis, les appendices forcés artificiellement ?
- H faut éviter que le local où sont enfermés les jeunes coqs ne soit trop sombre et surtout qu’il ne soit éclairé que d’un côté, car la crête pencherait du côté du jour comme une plante placée près d’une fenêtre et n’arriverait jamais à reprendre sa position primitive.
- On augmente l’eflèt de la chaleur en travaillant la crête; cette opération consiste, après s’être enduit les doigts de vaseline, à presser légèrement l’appendice entre les doigts et le pouce en montant de la base au sommet. Cette opération doit sé faire tous les deux ou trois jours régulièrement. Si la crête pousse d’une manière défectueuse, on peut la corriger. S’élève-t-elle d’une manière trop droite au-dessus du cou? Avec les doigts on la retire, on la repousse en arrière; a-t-elle une tendance à retomber de côté, on y remédie en la pressant fréquemment tout en la repoussant du côté opposé.
- Crêtes tombantes de côté, tel est surtout le principal écueil de ce traitement, car avec cette croissance rapide et forcée la force manque pour les maintenir droites et c’est là un grave défaut. On y remédie en plaçant la crête entre deux morceaux de carton. On prend, par exemple, deux cartes à jouer et, après les avoir découpées à la forme voulue, oit les place de chaque côté de la tête et avec un fil on coud ensemble les bords ; la crête maintenue et légèrement comprimée entre les deux cartons reprendra, au bout de quelques jours, une position régulière.
- D’ingénieux inventeurs ont imaginé des cages en fil de fer qui remplacent l’appareil ci-dessus décrit.
- Enfin, pour éviter tout accident à une crête qui a nécessité tant de soins, on la maintient dans une sorte de bonnet en étoffe.
- Par ce rapide exposé, on voit qu’un coq de concours ne s’obtient pas sans peine. Mais ce n’est pas tout : il faut, au moment même de l’exposition, savoii présenter le sujet, lui faire subir une préparation finale, une toilette particulière ; nous pouvons bien dire toilette, puisqu’il s’agit d’un lavage complet. Laver une poule n’est une opération ni commune, ni facile, qui exigera bien un article spécial. H.-L.-Alph. Blanchon.
- On sait qu’il est de règle, en botanique, d’appeler « hybrides » les produits obtenus par le semis de graines issues elles-mêmes d’un croisement, c’est-à-dire provenant de fleurs fécondées par le pollen d’une autre espèce.
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- Il était admis jusqu'alors que ces produits intermédiaires ne pouvaient être obtenus par une autre voie. La découverte assez récente de certains cas de
- Fig. 1. — Feuilles et Fig. 2. — Fleurs et
- fruits du Cratægiis o.rijac/uühn fruits du Mespilus germanica (sujet). (greffe).
- végétation anormale vient infirmer ces opinions. Ces constatations ont fait quelque bruit dans le monde horticole, et nous croyons intéressant de les signaler aux lecteurs de ce journal, en les appuyant de quelques photographies que nous avans prises à cette intention.
- A Bronvaux, en Lorraine, M. Simon-Louis et ses laborieux collaborateurs, MM. Jouin, ont trouvé un Néflier (Mespilus germanica) (fig. 2) greffé sur Aubépine, ou Épine blanche (Cratægus oxga-cantha) (fig. 1), comme le sont la plupart des néfliers ; cet arbre paraît âgé d’un siècle.
- Depuis plusieurs années, la tige d'Aubépine a
- émis quelques rameaux de son espèce; jusqu’ici, rien que de très naturel ; mais voici où commencent les anomalies : un beau jour, en un point très voisin de la greffe, une branche se développe et, fail cxlrè-mement curieux, se trouve constituée d’éléments qui participent à la fois de l'Kpine blanche et du Néflier, mais plutôt voisins de ce dernier.
- L’analogie avec le Néflier se manifeste par le dessin de la feuille, la villosité des pousses, l’aspect des fruits, velus et bruns.
- L’Aubépine a fourni comme caractères : des épines (le Néflier est inerme), la disposition de l’inflorescence en corymbe (la fleur du Néflier est solitaire).
- Cette forme anormale a reçu le nom de Crntsego-Mespilus Dardari Simon-Louis (fig. 5).
- Ajoutons que, tout près de cette branche, au même point d’insertion, est né un rameau d’aspect un peu différent (fig. 4), mais tenant aussi de l’Épine blanche et du Néflier ; les feuilles, tant qu’elles sont jeunes, sont lobées, duveteuses, de la forme de celles de l’Aubépine, les feuilles adultes sont allongées, peu ou point lobées et ressemblent assez à celles du Néflier ; cette seconde forme a reçu le nom de Cratægo-Mespilus (M. Jules d’Asnières).
- Enfin, une troisième forme (fig. 5) s’est montrée à l’extrémité d’une branche d’Aubépine issue du tronc qui porte la greffe ; les feuilles et les rameaux se rapprochent des précédents, sans leur être absolument identiques.
- Voici donc trois formes présentant les apparences d’hybrides de Néflier et d’Aubépine. En vertu de la définition que les botanistes donnent du mot « hybride », et que nous avons rappelée au début de ces lignes, [nous ne pouvons [donner à ces bâtards
- ............
- Fig. 3. Fig. 4. — Cratægo-Mespilus Fig. 5.
- Cratægo-Mespilus Dardari. (M. Jules d’Asnières), forme n“ 2. Cratægo-Mespilus, forme n° 5.
- l’appellation d’hybride puisqu’ils ont été non pas obtenus par semis, mais « engendrés par la greffe» ; c’est ce qui a motivé la création, au moins
- provisoire, du néologisme : « emphytogène ».
- Le jour où la définition du mot « hybride » sera modifiée, on pourra donner à ce genre de
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- phénomène un nom plus facilement compris de tout le monde, par exemple « hybride de greffe ». Il existe, d’ailleurs, un certain Cratægus gran-
- diflova K. Koch [Mespilus Smithii Seringe, ou Cratægus lobata Bosc) (fig. 6), connu aussi sous le nom d’Allouchier de Smith, ayant quelque analogie
- Fig. 6. — AUouctuer (le Siuuii (cralæyus yruiiüiflura K. Koch).
- 1. Jeunes feuilles à l’extrémité 2. Feuilles d’un rameau 3. Feuilles adultes et fruits
- d'un rameau en végétation. dont la végétation est arrêtée. (en août).
- avec les formes précédentes. Il en diffère cependant sur quelques points; et, d’une façon générale, il se rapproche un peu moins du Néflier que le Cralægo-Mespilus Dardari.
- Ce Cratægus grandiflora est considéré par plusieurs botanistes comme un véritable hybride, au sens rigoureux du mot, parce qu’ils le supposent issu d’un semis succédant à une fécondation croisée.
- il n’est pas sans intérêt de le citer ici, où il se trouve vraiment en famille; ajoutons que M. S.-E. Lassimone a eu la pensée de l’assimiler au Cratægo-Mespilns Dardari, mais ces deux plantes sont réellement différentes.
- Ces faits apportent également un nouveau démenti à l’opinion très répandue que, malgré de légères influences remarquées parfois de la « greffe » sur le « sujet1 » qui la supporte, ces deux parties d’un végétal greffé vivent chacune d’une existence propre, n’ayant entre elles d’autres rapports qu’un échange de substances alimentaires à travers cette barrière séparative qu’on nomme le bourrelet de la greffe.
- Et nous sommes au contraire en présence, ici, d’un sujet tellement influencé par la greffe, qu’il se livre à des métamorphoses multiples ; il est même présumable qu’il n’a pas dit son dernier mot; la stabilité de ses caractères est ébranlée, il variera encore.
- Nous avons pensé pouvoir rapprocher de ces variations dues à la greffe un cas de physiologie végétale que nous avons remarqué dans nos pépinières.
- 1 On appelle « sujet » le végétal, enraciné généralement, qui subit l’inoculation d’un autre végétal, — fragment appelé « greffon » ou « greffe », lequel vivra et se développera, par la suite, avec ses caractères propres, grâce à la nourriture que les racines du sujet puiseront pour lui dans le sol.
- Un Prunier myrobolan (Prunus cerasifera) (Ü, fig. 7) a reçu une greffe en écusson, près du soi, de l’Amandier ou Prunier de Chine à fleur double blanche (fig. 7, 1). Le sujet (Prunier myrobolan) a été coupé à dix centimètres au-dessus de la greffe.
- Au printemps suivant, l’œil écussonné s’est développé normalement, et au-dessas de la greffe, sur l’onglet de dix centimètres laissé au sujet, un rameau a pris naissance, présentant un feuillage particulier.
- Fig. 7.
- 1. Prunier ou amandier 2. Prunier
- de Chine,à fleur double blanche myrobolan
- (greffe). (sujet).
- La plupart de ses feuilles sont étroites, finement allongées, souvent un peu ondulées et bordées d’un liseré blanc. Dans quelques-unes, le limbe s’élargit.
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- brusquement sur une fraction plus ou moins étendue de l’un des bords de la feuille et prend, sur cette partie, l’aspect exact des organes foliacés du Prunier myrobolan.
- Chez d’autres, le retour à la foliaison du Prunier myrobolan se manifeste seulement par une petite saillie latérale du limbe ; de plus, un certain nombre de feuilles sont complètement et franchement analogues à celles du Prunier myrobolan.
- D’ailleurs, ces caractères se sont maintenus dans la végétation des exemplaires que nous avons reproduits par le greffage et qui constituent des arbustes gracieux au feuillage léger et décoratif; cette variété a reçu le nom de Prunier myrobolan Asse-lin (fig. 8). Sommes-nous ici vraiment en présence d’une variation due à l’inlluence de la greffe?
- Est-ce plutôt un cas de dimorphisme ainsi qu’il s’en est déjà produit de semblables sur le Prunier myrobolan? Nous ne pouvons rien affirmer; cependant, étant donnée la façon dont cette forme anormale s’est manifestée, — à la suite d’un greffage
- et à côté d’une greffe, — il est possible qu’elle rentre dans la série des emphytogènes.
- Nous ne l’avons pas encore vu fleurir ; sa floraison et sa fructification nous éclaireront probablement.
- Les deux phénomènes que nous relatons ne sont pas les seuls de ce genre qui aient été observés ; à plusieurs reprises dans ce siècle, quelques-uns ont été signalés comme paraissant dus à l’influence de la greffe sur le sujet.
- Mais ces anomalies ne se présentaient pas toujours avec la netteté de celles que nous venons de décrire, et chacun de ces faits isolés fut discuté et souvent mis en doute. Cependant leur répétition, qui finit par constituer un ensemble d’éléments de preuve, et aujourd’hui l’évidence indiscutable de l’origine du Cralægo Mespilus obligent d’admettre comme conséquence que les formes intermédiaires peuvent s’obtenir autrement que les hybrides ne l’ont été jusqu’ici.
- .. ’ Le greffage, — considéré jusqu’à
- ce jour’ seulement comme un moyen \J-Jt mécanique de tirer à de multiples
- Fig. 8. — Prunier myrobolan Asselin (Balte!).
- exemplaires une variété donnée, — sort de ce rôle passivement enregistreur et apparaît désormais comme un facteur nouveau de perturbation pouvant contribuer à produire ces variations, si recherchées par les horticulteurs.
- Ce mode de multiplication, qu’on a appelé avec raison « le triomphe de l’art sur la nature », nous réserve encore bien des surprises.
- Lucien-Ch. Baltet.
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- DE LA DURÉE MOYENNE DES CAUSES
- 11 nous est apparu que l’allure des résultats statistiques des phénomènes était intimement liée au rapport qui existait entre la durée moyenne des causes productrices et la valeur de l’unité de temps à l’aide de laquelle la statistique était établie. Et nous avons estimé qu’on devait pouvoir déduire d«s chiffras statistiques d’un phénomène
- la valeur de la durée moyenne des causes qui l’avaient produit.
- Afin de nous exprimer avec plus de clarté et de facilité, nous ferons choix d’un exemple.
- Soit une localité où l’on constate, en moyenne, un joui pluvieux pour deux jours secs. Supposons que les causes, qui font pleuvoir, soient tellement compliquées qu’on puisse admettre qu’elles se produisent au hasard. Faisons, en outre, les hypothèses qu’elles n’agissent jamais que pendant un jour et toujours de minuit à minuit. Il est évident que les jours pluvieux et les jours secs se succéderont suivant les lois du calcul des probabilités; il en sera de cette succession comme de celle qu’on obtiendrait en tirant d’une urne, une à une et au hasard, des boules blanches ou noires, qui se trouveraient dans ce récipient dans la proportion de 1 à 2.
- Cela posé, soit, d’une manière générale, p la probabilité pour qu’il pleuve un jour quelconque; on sait que la probabilité d’avoir un jour pluvieux encadré de deux jours secs est (1 —p)*p ; deux jours pluvieux consécutifs :
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- (J — P)‘Pi> trois: (1—p)*p'; quatre: (1—p)*p‘, etc. I)e telle sorte que si N est un nombre suftisamment grand, on devra relever dans la succession de N jours :
- N(1 —pYp jours pluvieux isolés,
- N(1 —p)*p* cas de 2 jours pluvieux consécutifs, isolés, N(1—p)*ps — ô —
- N(1 —p)*p* — 4 — etc.
- Ces quantités se succèdent comme les termes d'une progression géométrique décroissante. Représentons-les graphiquement en construisant un diagramme avec des abscisses égales à 1, 2, 5, 4... et des ordonnées proportionnelles à ces quantités. Nous obtiendrons de la sorte la ligne ABCD....
- La ligne ABCD... résulte de trois hypothèses; la durée des causes est de vingt-quatre heures; cette durée est constante ; les causes agissent toujours de minuit à minuit. Abandonnons successivement ces hypothèses de façon à arriver à nous trouver dans les conditions de la réalité.
- Voyons, d’abord, ce qui va résulter de la supposition que les causes de pluie, tout en conservant la durée constante de vingt-quatre heures, commencent à agir non
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- plus à minuit, mais à une heure quelconque. Il est évident qu’on ne devra plus observer un seul jour pluvieux isolé et que chacun de ces jours se transformera en deux jours pluvieux; de même, deux jours pluvieux isolés feront place à trois, trois à quatre, etc.
- La nouvelle ligne A'B'G'lV... ne sera autre que ABCD... ayant avancé vers la droite d’une longueur d’abscisse égale à l’unité.
- Admettons maintenant que les causes de pluie, tout en conservant la valeur moyenne de vingt-quatre heures, puissent prendre toutes sortes de valeurs, depuis les plus petites jusqu’aux plus élevées. Tous les résultats seront alors bouleversés, et les jours pluvieux isolés réapparaîtront. La nouvelle ligne affectera la forme A"B"C"D".... Et, peut-être, en raison de l’égalité de la durée des causes, pourra-t-il y avoir équivalence entre les surfaces comprises entre l’axe des X et la ligne ABCD... d’une part, et la ligne A"B"C"I)"... d’autre part.
- Enfin, venons à supposer que la durée moyenne des causes, au lieu d’être égale à vingt-quatre heures, soit supérieure ou inférieure à cette durée. La ligne A"B"C"D"... se modifiera encore et donnera naissance à abc d...
- qui fournira avec l’axe des X une surface plus grande ou plus petite que celle de ABCD....
- C’est évidemment du rapport de ces deux surfaces que l’on pourra déduire la valeur cherchée de la durée moyenne des causes. Suivant quelle loi? Je l’ignore, et je livre la question aux mathématiciens.
- La loi la plus simple serait celle qui consisterait à dire que la durée moyenne des causes est justement égale au rapport des deux surfaces.
- Rien ne serait plus facile alors que de déterminer cette durée. En effet, la ligne ABCD... est connue puisqu’elle se déduit de la probabilité d’avoir un jour pluvieux, la ligne a b c d... est également connue comme résultant de la statistique des jours pluvieux consécutifs. Et le calcul de deux surfaces et de leur rapport serait des plus simples.
- La connaissance de la durée moyenne des causes paraît être d’une importance capitale, notamment pour les phénomènes météorologiques. Que l’on détermine les valeurs moyennes des causes d’un phénomène en divers points du globe, et, suivant que les valeurs trouvées seront égales ou inégales, le phénomène pourra être attribué à des causes générales ou particulières. Que l’on exécute les mêmes déterminations en un même lieu pour divers phénomènes, on pourra conclure, suivant l’égalité ou l’inégalité des résultats, que ces phénomènes sont dus aux mêmes causes ou sont indépendants les uns des autres. Ll-colonel Df.lauxey.
- FORMATION DES VOYELLES
- MÉTHODES SYNTHÉTIQUES
- Aujourd’hui que nous avons à notre disposition ces instruments merveilleux, le téléphone et surtout le phonographe, les procédés mécaniques de reproduction de la voie humaine ont perdu une grande partie de leur importance. Il fut un temps où cette question passionnait le public ; toutes les personnes de notre époque qui étaient déjà à l’âge de comprendre, il y a une vingtaine d’années, se souviennent encore de ces appareils extrêmement compliqués que l’on montrait en séances publiques et qui se nommaient^machines parlantes; aujourd’hui elles font partie de la rétrospective des sciences.
- Elles avaient leur intérêt pourtant, quelques-unes étaient fort bien construites et répondaient très suffisamment à leur destination. Quand le phonographe fit son apparition, il y a une quinzaine d’années, il arrêta brutalement la fougue des inventeurs qui ne cherchèrent plus dès lors à reproduire la voix de l’homme avec des mécaniques.
- C’était un tort, car rien de ce qui intéresse notre organisme ne doit être négligé,; si plusieurs savants comme Donders, Auerbach, Helmholtz, Kœnig, Bourseul et Hermann ont continué leurs études, les résultats ne sont pas en général sortis de leur laboratoire; il nous paraît donc intéressant de dire deux mots des idées du Dr Marage, idées qui l’ont conduit à la construction d’un appareil très bien raisonné et qui pourrait être le point de départ d’applications très importantes. Cet appareil, qui se limite à la production des voyelles, fonctionne admi-
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- rablement et il a ceci de particulier, c’est qu’il a été construit en reprenant à l’envers toute la série des expériences faites pour l’analyse des sons, c’est donc un appareil sinon pratiquement parfait, du moins
- F
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- 1, 2, 3, i, o, 6. — Flammes analytiques de la formation ] des voyelles /, U, OU, E, O, A.
- établi sur des règles mathématiques absolues. Il a d’ailleurs obtenu beaucoup de succès aux derniers Congrès internationaux de médecine et de physique.
- En principe, l’appareil nécessaire pour analyser des sons, quelle que soit la méthode employée, se com-
- Fig. 7.' — Acoumètre donnant un son-étalon.
- pose d’une membrane bien tendue, placée à l’extrémité d’une embouchure; sur une des faces de cette membrane, on fait vibrer l’air à l’aide de sons et de l’autre on applique un système enregistreur quelconque; en général cet élément d’enregistre-
- ment est une aiguille très longue qui est réunie à la membrane et qui oscille avec elle ; en faisant dérouler devant elle une feuille de papier on peut inscrire' la courbe des mouvements et suivre la forme et la disposition des vibrations produites.
- M. Marage a construit un appareil très simple, c’est meme dans cette simplicité que réside une grande partie de son invention ; il avait constaté que les expériences de ses devanciers différaient souvent entre elles et qu’elles étaient meme aussi confuses. La raison provenait naturellement des causes d’erreurs des appareils employés, lesquelles causes étaient provoquées par les différents éléments de ces appareils ; en supprimant ces éléments on supprimait donc les causes d’erreur et l’on se rapprochait de la perfection.
- Fig. 8, 9, 10, 11, 12.
- Plateaux mobiles donnant les différentes voyelles.
- Dans l’appareil nouveau on a fait disparaître tous les organes annexes qui n’étaient pas absolument indispensables : du coup les embouchures et les tubes conduisant les sons furent supprimés ; il s’ensuivait que les vibrations se produisaient contre la membrane même. Quant à cette membrane, on la fit faire en caoutchouc bien tendu, matière qui a été reconnue comme ne modifiant en aucune façon la voix. Enfin, dernière et importante modification, l’auteur changea complètement le système enregistreur; au lieu de se servir d’une aiguille comme ses devanciers, le Dr Marage fait arriver sur la deuxième face de la membrane du gaz acétylène à une pression constante; ce gaz peut s’échapper par un tuyau à l’extrémité duquel on le transforme en flamme; lorsqu’on fera vibrer la membrane, sous l’influence d’un son quelconque,t la pression du gaz acétylène
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- variera sous l’influence des différentes vibrations et la flamme changera d’intensité. Si donc on reçoit les images successives de cette flamme sur une bande de papier sensible, on aura une suite de photographies qui donneront graphiquement des renseignements sur la formation des différents sons émis.
- En appliquant cette méthode à l’émission des voyelles, voici ce que l’on constate :
- Certaines voyelles 17, VU, YOU sont formées par une série de vibrations d’intensités et d’écartement différents mais régulièrement espacées, en d’autres termes il existe pour ces sons une suite de vibrations continues et toutes semblables (flg. 1, 2, 3). Pour 17? et l’O, ces vibrations sont également régulières, mais chacune d’elles est formée de deux oscillations (fig. 4 et 5) disposées d’une façon spéciale pour cha-
- cune des deux lettres ; nous avons donc là des groupes de vibrations composés chacun de deux oscillations. Pourl’A enfin, ces goupes sont représentés par trois oscillations (fig. 6).
- Ces observations faites à la flamme d’acétvlène ne constituent d’ailleurs pas une révélation, car les expériences exécutées précédemment par les procédés de connexions rigides avaient déjà fourni des indications analogues; celles-ci venaient donc les confirmer. Elles avaient cependant un avantage important, elles rendaient les graphiques plus nets, il était donc plus facile de suivre les tracés ; les expériences antérieures fournissaient des indications compliquées au milieu desquelles il était difficile de relever les lignes spéciales au son. Grâce à ses expériences nouvelles, M. Marage a démontré que l’on obtenait toujours
- Fig. 13. — Appareils de synthèse des voyelles.
- des résultats comparables à ceux de ses prédécesseurs, si l’on avait bien soin d’éliminer de ces derniers les nombreuses causes d’erreur. C’est ce qui a permis de construire l’appareil de synthèse sur les indications fournies par cette nouvelle méthode.
- Ces vibrations et oscillations de la membrane de l’appareil correspondent aux mouvements très rapides du larynx pour prononcer les voyelles ; il suffisait donc pour reproduire ces mêmes voyelles de construire un appareil qui permît de répéter les mêmes vibrations et dans le même ordre. C’est ce que fit M. Marage : il établit une sirène composée d’un plateau fixe muni d’un orifice triangulaire, et d’un plateau mobile possédant un nombre de fentes disposées suivant les indications fournies par les expériences d’analyse (fig. 8, 9, 10, 11 et 12). Si on met l’appareil en mouvement, en insufflant d’une part de l’air dans les sirènes et en faisant d’autre part tourner des plateaux mobiles par un système de
- transmission quelconque, on constate que les sons produits par les différents plateaux mobiles correspondent bien à ceux qu’on avait prévus.
- L’expérience est donc très concluante.
- M. Marage ne s’est pas contenté de la sirène pour la reproduction des voyelles. En effet si le larynx joue un rôle important dans la production des sons, les joues ont également une action ; par leur conformation et leurs dimensions elles ajoutent au son, produit par le larynx, des harmoniques qui forment la caractéristique de la voix.
- D’autres éléments contribuent également à cette spécialisation de la voix qui fait qu’on reconnaît immédiatement celle d’une personne quelconque, mais nous ne les envisagerons pas ici.
- Pour donner à son appareil le complément qu’il croyait nécessaire, M. Marage a pu arriver, grâce à l’habileté du Dr Roussel, à mouler l’intérieur de la bouche d’un sujet pendant qu’il prononçait les diffé-
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- rentes voyelles1. Il applique alors ces bouches en plâtre sur les sirènes qui correspondent aux mêmes sons et il fait marcher l’appareil. Le son est alors plus enflé et peut-être plus net, mais il ne semble pas que la différence soit très marquée; cela tient probablement à ce que les sons passant sous des joues vivantes, les font vibrer d’une certaine façon ; les vibrations ne peuvent naturellement pas se faire sur des bouches eu plâtre. Comme on le voit, ce procédé de synthèse est intéressant et s’il n’a aucun avenir, au point de vue de la reproduction de la voix humaine, du moins peut-il avoir de l’utilité en plusieurs applications.
- L’auteur se propose de modifier les sirènes de navires de façon à leur faire émettre des sons de voyelles; on pourrait obtenir ainsi des signaux phonétiques différents qui permettraient de constituer un alphabet international. Sur le procédé de la synthèse, on pourrait créer une application importante en faisant des cornets acoustiques qui ne fatigueraient pas les demi-sourds, parce qu’ils ne modifieraient pas les groupements des oscillations pour lesquelles l’oreille a été construite.
- Enfin on a construit un acoumètre qui donne un son type, le son A, par exemple, lequel pourrait être un son-étalon auquel on se reporterait pour mesurer certaines unités (fig. 7). Il y aurait encore un grand nombre d’applications médicales intéressantes pouvant se'greffer sur ces procédés nouveaux, mais pour les décrire il nous faudrait sortir du cadre très restreint de cet article. A. da Cunha.
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- LES ENTRÉES A L’EXPOSITION
- PRÉDITES PAR LE CALCUL
- Sous le titre : Combien y aura-il d'entrées à l’Exposition de 1900? j’ai publié ici même2 une prévision basée sur la statistique des Expositions précédentes.
- J’avais trouvé que les nombres des entrées aux Expositions qui s’étaient succédé à Paris depuis 1855 se montraient croissants comme les termes d’une progression géométrique dont la raison eût été 1,78. On avait en effet le tableau suivant :
- NOMBRE d’entrées OBSERVEES NOMBRE CALCULÉ
- En 1855. . . 5 millions. . 5
- En 1867. . . 8,8 — 5 x 1,78 = 8,9
- En 1878. . . 16 — 5 x 1.782 = 15,8
- En 1889. . . 28 — 5x1,78» = 28,2
- Après avoir fait voir cette concordance, je m’exprimais textuellement de la sorte :
- « Il est donc permis de conclure que le nombre des entrées à l’Exposition ne s’écartera vraisemblablement pas beaucoup de 5 x 1,784 ou de 50,2.
- « Le chiffre probable des entrées de l’Exposition de 1900 paraît donc devoir être d’environ 50 millions. »
- L’Exposition terminée, j’ai demandé à l’administration
- 1 Pour réussir cette opération, on emploie du siens, mixture très en usage chez les dentistes, elle est très plastique à 55° et au-dessus et se solidifie instantanément au contact de l’eau froide.
- 2 Voy. n” 1102, du 7 avril 1900, p. 209.
- de M. Picard de bien vouloir me donner le chiffre total des entrées ; j’avais, en effet, la curiosité bien naturelle de voir si ma prévision s’était réalisée.
- Les chiffres officiels fournis sont les suivants :
- SITUATION DES ENTREES DU 15 AVRIL AU 12 NOVEMBRE
- Paris....................... 48 300 928
- Vincennes.................... 2 499 905
- Total....................... 50 800 893
- J’avais annoncé 50 millions 2 et le résultat a été de 50 millions 8. La vérification est, on l’avouera, aussi satisfaisante que possible. Qu’on vienne mettre en doute la puissance des nombres ! Delacney.
- Docteur Ollier. — Nous avons le regret d’annoncer la mort de M. le professeur Ollier de la Faculté de Médecine de Lyon. M. Ollier a été l’un des plus brillants représentants de la Chirurgie française; il avait acquis à l’étranger une renommée considérable. Ses travaux sur la régénération périostique des os feront époque. Il était Correspondant de l’Académie des sciences, membre associé du Collège des Chirurgiens de Londres, Commandeur de la Légion d’honneur. 11 avait soixante-dix ans. M. Ollier laissera derrière lui de grands regrets.
- CHRONIQUE
- Trains continus à embarcadères rotatifs. —
- Nous avons dit récemment que, frappé des pertes énormes d’énergie occasionnées par le démarrage et l’arrêt des trains à chaque station du nouveau chemin de fer souterrain de Londres (Central London Railway), M. John Perry avait proposé de supprimer les stations en construisant des trottoirs roulants ou des plaques tournantes. Or, dès 1895 — il y a plus de cinq ans — M. J. Thevenet Le Boul, ingénieur en chef des ponts et chaussées, avait déjà publié un projet « d’embarcadères rotatifs », avec dessins à l’appui1. M. Thevenet Le Boul a conçu un train continu, une chaîne sans fin de wagons, dans lesquels le public serait mis à même de monter sans aucun arrêt dans un certain nombre de stations. Chaque station posséderait une plate-forme ou embarcadère rotatif. La plate-forme serait animée d’un mouvement de rotation tel que sa vitesse à la circonférence extérieure fut égale à celle du train continue qui la contournerait. C’est une variante du trottoir roulant. Le trottoir roulant a du bon, mais ce n’est qu’un trottoir d’abord, puis, à cause de sa masse mouvante, il engendre des vibrations énormes, qui se propagent aux maisons voisines sur tout le parcours; à moins de modifications importantes, il serait peut-être difficile de s’en servir, comme- on l’a dit, en souterrain, dans une grande ville comme Paris. Un train continu serait plus confortable et autrement pratique, du moment où l’on pourrait s’y installer sans aucun arrêt. M. J. Thevenet Le Boul avait étudié son projet au point de vue d’un chemin de fer urbain à voie étroite, permettant de transporter dans chaque sens 30 000 voyageurs par jour. Par exemple, pour une ligne hypothétique souterraine de la gare Saint-Lazare au Palais-Royal, par la rue Auber, distance 1800 mètres, avec trois stations à embarcadère rotatif, la dépense ne s’élè-
- 1 « Train continu à embarcadères rotatifs, 1890 ». lievù'e technique.
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- verait pas au-dessus de 6 millions, et les frais d’exploitation et d’intérêt au capital à moins de 1 million. Pour assurer 5 pour 100 au capital, il suffit donc d’une recette annuelle de moins d’un million. A 15 centimes par personne, cette recette représente un mouvement total de 6 millions de voyageurs, soit 17 000 francs par jour, ou 1000 personnes à l’heure, pour un service de 17 heures par jour. Le chemin de fer continu est la solution de l’avenir pour les grands centres de population.
- L'i» appareil fumivore pour les cheminées d’usines. — Ce dispositif intéressant, en service depuis quelques années, permet de brûler sans inconvénient du lignite assez impur, il a été imaginé pour l’usine de production de vapeur de l’Institut clinique de Ilall. On a construit, au centre d’une cheminée en briques de 5 mètres de diamètre intérieur, deux cheminées de tirage en fonte, et de lm,50 de diamètre. A leur partie supérieure, et à 4 mètres environ du haut de la cheminée de briques, elles se recourbent par un coude, les gaz chauds viennent se briser sur la paroi de brique, les particules solides sont arrêtées dans leur mouvement ascensionnel, et elles tombent par leur propre poids dans une trémie, puis dans une conduite qui les évacuent à l’extérieur et au pied du fût de brique. Les gaz chauds reprennent leur mouvement ascensionnel, mais en se heurtant encore à un plancher qui achève la séparation des particules solides même les plus légères. Quant à la cheminée enveloppante, elle est suffisamment chauffée par rayonnement pour assurer la ventilation de l’usine.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 26 novembre 1900. — Présidence de M. M. Lévy.
- La température de l’atmosphère. — M. Mascart présente une Note de M. Teisserenc de Bort, relative aux températures des hautes régions de l’atmosphère. L’auteur a utilisé les données recueillies sur la question au moyen de 240 ascensions de ballon-sonde effectuées de 1898 à 1900. On avait cru, jusqu'ici, qu’à 8000 ou 10 000 mètres d’altitude, la température de l’atmosphère restait constante en toute saison. Or, il résulte des observations, que même à 12 000 mètres on note des variations de température en rapport avec les saisons. Les maxima correspondent aux mois de juillet et août, et semblent un peu en retard sur les maxima observés à la surface du sol. Le minimum tombe au mois de mars et présente donc un retard bien net par rapport à la date du minimum terrestre. La distribution de la température dans les couches de l’atmosphère offre des variations très importantes. A la hauteur de 10 000 mètres la température est de —50 degrés; à 8000 mètres elle est de 40 degrés; à 5800 mètres elle atteint 50 degrés. La température de 0 degré se rencontre à l’altitude de 2000 mètres. L’auteur remarque que cette altitude est précisément celle des neiges perpétuelles sur les Alpes.
- L’âge des basaltes d’Auvergne. — M. A. Gaudry présente une Note de M. I*. Guiraud sur les'basaltes miocènes des environs de Clermont-Ferrand. Pendant longtemps on avait cru que ces sortes de basaltes étaient de formation assez récente. On pensait que celle-ci avait eu lieu au temps quaternaire et pliocène, aussi lorsque des géologues reconnurent dans le Cantal et dans 1 Ardèche des basaltes appartenant au miocène inférieur, on •éprouva quelque étonnement. M. P. Guiraud, avec l’aide de M. Boule, a étudié le rapport des couches lacustres
- avec les basaltes et il vient de reconnaître que les basaltes au nord de Clermont se sont épanchés au début du miocène, peut-être même à la fin de l’oligocène.
- Le magnétisme des chronomètres. — M. Cornu présente un" travail sur la question du magnétisme des chronomètres. Les chronomètres renferment des pièces d’acier ; ces pièces sont plus ou moins aimantées. M. Cornu s’est efforcé de déterminer l’effet du couple terrestre sur un chronomètre de précision dont le balancier est aimanté. 11 a été amené à ces recherches par les faits suivants. Un jour qu’il était porteur d’un demi-chronomètre, il s’approcha d’un fort électro-aimant. Le chronomètre s’arrêta, puis ne marcha plus qu’avec des intermittences. Quelle pouvait être la cause des arrêts? Ce ne pouvait être le collage des pièces d’acier, car les pièces d’acier ne sont jamais en contact qu’avec une pierre. M. Cornu pensa que ce pouvait être l’effet des poussières magnétiques de la boîte. Il fit nettoyer le chronomètre et celui-ci marcha régulièrement pendant un an et demi. Après un nouveau nettoyage, l’instrument repartit encore. En plaçant le chronomètre sur un support horizontal et en l’orientant suivant différentes directions, il a constaté que l’on pouvait faire varier sa marche journalière. Ces variations sont considérables et sont dues manifestement à l’action du couple terrestre. 11 y a là un fait important dont on n’a pas tenu compte dans les études de marche des chronomètres. M. Cornu résume en conseils pratiques, adressés aux marins, les résultats de ses études : 1° s’assurer que le balancier du chronomètre n’est pas aimanté et, pour cela, placer au-dessus du balancier une petite aiguille aimantée suspendue par un fil de cocon; 2° faire des observations comparatives dans quatre azimuts, les variations de marche pouvant atteindre plusieurs dixièmes par jour. Enfin, on pourrait essayer d’enfermer le chronomètre dans une boîte en fonte très épaisse qui arrêterait les lignes de force magnétique. M. Mascart ne croit pas que pour mettre un chronomètre aimanté en état de marcher, il soit à propos de l’envoyer chez un horloger, car il est impossible de désaimanter des pièces d’acier. 11 lui parait préférable de soumettre le chronomètre à l’effet d’un champ magnétique alternatif. Ce procédé a été employé avec succès pour une montre de précision lui appartenant qui avait subi l’aimantation.
- Dosage des métaux dilués des eaux minérales. — M. A. Gautier présente une Note de M. Garrigou, professeur à la Faculté des sciences de Toulouse, relative au traitement à appliquer, à la source même, aux eaux minérales, en vue de l’extraction des métaux qui y sont en dilution infinitésimale. La présence de ceux-ci est habituellement décelée par le spectroscope en examinant dans la flamme le résidu d’évaporation de plus de 20 litres d’eau. Pour une étude chimique de laboratoire il faut transporter 20 ou 50 mètres cubes d’eau. M. Garrigou, à la source même, ajoute à l’eau un excès d’hydrate de baryte qui précipite tous les métaux. On obtient ainsi un résidu qui pèse environ 1 kg que l’on peut transporter aisément.
- Élections. — 11 a été procédé à l’élection d’un membre dans la section de chimie, en remplacement de M. Gri-maux, décédé. Au 1er tour de scrutin, M. Étard obtient 18 voix; M. Haller, 17 voix; M. Lechatelier, 16 voix; M. Lebel, 4 voix; au 2e tour, M. Étard obtient 20 voix; M. Haller, 18; M. Lechatelier, 17 ; au 5e tour, M. Haller, 29 ; M. Étard, 24; M. Haller est proclamé élu.
- Cil. DE Villedeuii..
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- LA NATURE.
- UNE PETITE MERVEILLE D’HORLOGERIE
- EXPOSITION DE 1900
- C’était tout en haut du Maréorama, dans un petit coin si bien caché qu’il restait trop ignoré du public : sur une table, une sorte de petite maison en cuivre et bronze. On s’approchait : c’était une horloge, l’horloge russe « La gare », œuvre de l’horloger mécanicien I.-M. Goldfadolf, une vraie merveille. La façade (lm,50 de largeur, sur 1m, 10 de hauteur) représente une gare russe, avec services au complet : télégraphe, chef de gare, guichet, caisse et même buffet.
- EnJ'ace de la gare, un petit jardin, avec jets d’ean, arbres et Heurs; et, entourant le jardin, la ligne de chemin de fer, elle aussi avec tous ses services : barrières, disques, réservoir d’eau, guérite de graisseur, etc.
- Dans la coupole qui surmonte
- la gare, se trouve logé le mécanisme d'horlogerie : celui-ci commande d’abord plusieurs cadrans indiquant l’heure en divers points du globe, la saison, le mois, le jour, la phase de la lune.
- Il actionne en outre tout un ensemble de rouages et de petites poulies qui font vivre la gare une fois par jour. Midi sonne, un levier joue; et voici les petits télégraphistes qui s’agitent dans leur bureau, ils reçoivent l'annonce de 1 arrivée du train ; un gardien sonne une cloche, on entend un petit coup de sifflet, et le train, qui arrive de dessous la gare, entre en gare. Il s’arrête près du réservoir pour faire de l’eau; et les disques dont le feu rouge est devenu vert, paraissent le protéger. Le chel de gare est sorti de
- L'horloge russe « La Gare ».
- son bureau sur la plate-forme, le graisseur vérifie les essieux des wagons; les voyageurs, sortis des salles d’attente, passent devant les guichets de distribution des billets, et j’oublie d’autres petits détails amusants.
- Mais le gardien a sonné trois fois la cloche, le train va repartir, annoncé à la station suivante par les télégraphistes; le chef de train siffle, la locomotive lui répond, et le train quitte la gare. 11 y a même des voyageurs dans les wagons, et ils paraissent faire par les portières leurs adieux.
- Et tandis que le graisseur rejoint sa guérite, les barrières se referment, et un gendarme de service sur le quai fait le salut militaire au portrait du tsar que démasque un cadran, en même temps qu’un
- petit orchestre invisible exécute l’hymne russe. Enfin le chef de gare rentre dans son bureau, et tout ce petit monde redevient calme.
- Le mécanisme de cette horloge-bijou est, du commencement à la fin, l’œuvre de M. Goldladolf ; on s’imagine facilement quel travail accumulé pour mettre debout et faire fonctionner rigoureusement toutes ces pièces et quelle persévérance pour atteindre le but. « La gare » a fait le tour de la Russie, où elle est justement célèbre. Je dois au simple hasard de l’avoir découverte au Champ-de-Mars et d’avoir pu la présenter à nos lecteurs. J. Derôîie.
- Le Lcr uni : P. Masson.
- Palis. — Iiuiuiinene Laiiuue, me de Fleums, 9.
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- N# 1 457. — 8 DECEMBRE 11)00.
- LA NATURE.
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- TRANSFORMATIONS DES PROPRIÉTÉS CHIMIQUES DE QUELQUES CORPS SIMPLES
- EXPÉRIENCES RU Dr GUSTAVE LE BON
- En étudiant les formes diverses de la phosphores-rence le Dr Gustave Le Bon avait constaté qu’en ajoutant à certains corps des proportions très petites de matières étrangères, ils se formait des combinaisons particulières qui modifiaient profondément les propriétés physiques de ces corps.
- C’est ainsi que des traces de vapeur d’eau rendent les sulfates de quinine et de cin-chonine phosphorescents et leur donnent en outre la propriété d’émettre des effluves qui rendent l’air conducteur de l’électricité et traversent les obstacles matériels ainsi que le font les émanations des divers corps radio-actifs.
- Ces changements considérables dans les propriétés physiques de divers composés l’ont conduit à rechercher si les propriétés chimiques fondamentales de quelques corps simples, c’est-à-dire les propriétés sur lesquelles on s’appuie pour classer ces corps, ne pourraient être également transformées par des traces de substances étrangères. Il a ainsi réussi à faire de véritables corps nouveaux dont il faudrait changer la place dans les classifications. C'est là, en réalité, une solution, au moins partielle, du vieux problème de la transmutation qui a tant occupé les alchimistes. La science avait fini par l’abandonner entièrement. Ce sont aujourd’hui les chimistes les plus éminents tels que M. Moissan, année. — Ier semestre.
- qui conseillent dans leurs livres d’en reprendre l’étude. Les recherches de M. G. Le Bon ont porté principalement sur trois métaux : le mercure, l’aluminium et le magnésium.
- Voici le tableau des propriétés de ces métaux avant et après leurs transformations :
- (Mercure ordinaire). Nes'oxyde pas à froid et ne décompose pas l’eau. — (Mercure modifié). S’oxyde énergiquement à l’état sec; introduit dans l’eau, la décompose immédiatement. (Magnésium ordinaire). Ne s’oxyde pas à l’air sec et ne décompose pas l’eau à froid. — (Magnésium modifié).
- Décompose vive-ment l’eau à froid et s’oxyde.
- (Aluminium ordinaire). Ne décompose pas l’eau à froid, ne s’oxyde pas à l’air et n’est pas attaqué par les acides sulfurique, nitrique et acétique. — (Aluminium modifié). S’oxyde presque instantanément à l’air en se couvrant de houppes épaisses d’alumine. Décompose l’eau jusqu’à destruction du métal. Est énergiquement attaqué par les acides sulfurique, nitrique et acétique.
- Voici comment il faut opérer pour obtenir ces résultats.
- Transformation des propriétés dn mercure. — Une lame de magnésium peut être indéfiniment laissée sur un bain de mercure ou agitée avec lui sans être attaquée. Mais si l’on fait intervenir
- Fig. 1. — Germination d’une plaque d’alummiuin.
- Fig. 2. — Décomposition de l’eau par l’aluminium moddié et germination de lames d’aluminium. (D’après des photographies.)
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- LA N ATI UE.
- une légère pression en introduisant dans un tube plein de mercure une lame de magnésium nettoyée soigneusement avec, du papier à l’émeri et dont l'extrémité est fixée dans un bouchon avec lequel on i'erme ce tube, la lame est attaquée par le mercure au bout de quelques heures. Le mercure jouit alors de la propriété de décomposer l’eau et de s’oxyder à froid. Son oxydation à l’air, sans intervention d’aucun liquide, est très abondante et instantanée. Si on relire de la surface du métal la couche épaisse d’oxyde qui la recouvre, elle se reforme immédiatement. Cette oxydation peut se continuer ainsi pendant plus d’une heure. Il suffit pour l’obtenir que le mercure contienne 1/14000 de son poids de magnésium.
- On obtiendrait les mêmes résultats si, au lieu de faire agir le mercure sur le magnésium sous pression pendant quelques heures, on secouait fortement pendant dix secondes dans un flacon contenant de l’eau aiguisée de 1/100e d’acide chlorhydrique, du mercure et du magnésium.
- Transf )rmalion des propriétés du magnésium.— Du magnésium soumis à l’action du mercure sous pression, ou agité pendant dix secondes avec du mercure et de l’acide chlorhydrique au 1 /100e, acquiert la propriété de décomposer vivement l’eau en s’oxydant.
- Transformation des propriétés de Valuminium. — On sait que le mercure, sans action sur l’aluminium lorsqu’on ne fait intervenir aucun réactif, se combine avec lui en présence des bases et forme un amalgame brillant, line quantité très notable de mercure se trouve alors combinée avec l’aluminium. Dans les opérations que nous allons indiquer, la proportion du mercure qui se combine à l’aluminium est si faible que la surface de ce dernier n’est pas altérée.
- On peut, comme pour le magnésium, faire agir le mercure sous pression ; maïs l’action du choc est bien plus rapide. Il suffit d’introduire dans un llacon contenant quelques centimètres cubes de mercure des lames d’aluminium préalablement nettoyées à l’émeri et de secouer fortement le flacon pendant deux minutes. Si l’on retire ensuite une des lames du flacon, qu’on l’essuie soigneusement et qu’on la pose verticalement sur un support, on la voit se couvrir presque instantanément de gerbes blanches d’alumine qui finissent par atteindre un centimètre de hauteur. Au début, la température de la lame s’élève jusqu’à 1020.
- Si au lieu de poser l’aluminium sur un support on le jette dans un flacon plein d’eau, quand on le retire du mercure, il décompose l’eau énergiquement et se transforme en alumine. L’opération ne s’arrête que quand l’aluminium est entièrement détruit, destruction complète qui ne s’observe jamais avec le magnésium. Une lame d’aluminium de 1 millimètre d’épaisseur, de 1 centimètre de largeur et de 10 centimètres de longueur est entièrement détruite en moins de quarante-huit heures.
- On peut se rendre compte de la faible quantité de mercure nécessaire pour transformer aussi profon-
- dément les propriétés de l’aluminium en introduisant, dans une éprouvette pleine d’eau distillée et contenant une petite quantité de mercure, une longue lame d’aluminium maintenue verticalement par un bouchon, de façon qu’elle ne puisse toucher le mercure que par son extrémité inférieure (lig. tî ). Au bout de quelques heures, l’eau commence à être décomposée et la décomposition se continue jusqu’à disparition de la lame d'aluminium.
- Les acides sulfurique, nitrique et acétique, sans action apparente sur l’aluminium ordinaire, attaquent vivement l’aluminium modifié. L’acide sulfurique ne l’attaque que s’il est étendu de deux parties d’eau. L’acide acétique cristallisable pur l’attaque vivement. L’acide azotique pur à 40°, même si on l’additionne de quelques traces d’acide chlorhydrique, est sans action ; mais l’acide impur du commerce l’attaque avec une extrême violence et dégagement d’épaisses vapeurs. La différence d’action de ces deux variétés d’acide constitue un nouvel exemple des modifications des propriétés chimiques que peuvent subir les corps par l’influence de l’addition d’une petite proportion de substances étrangères.
- On peut invoquer évidemment plusieurs hypothèses pour expliquer les faits très curieux qui précèdent. M. Bèrthelot a objecté que les métaux en présence pouvaient former des couples et que dans ce cas, ce ne seraient pas en réalité les propriétés des métaux qui ! seraient modifiées. M. Armand Gau lier qui a présenté les expériences du I)r Gustave Le Don à l’Académie des sciences, après les avoir fait répéter à son laboratoire de la Faculté de médecine, n’admet pas cette théorie qui ne saurait d’ailleurs rendre compte de la plupart des phénomènes observés. M. Gustave Le Bon, qui a constaté dans ses recherches antérieures que lorsqu’on mélangeait à certains corps une proportion infiniment petite d’un autre corps, il se formait souvent de véritables combinaisons accompagnées de modifications considérables des propriétés des corps en présence, pense que les transformations des métaux qu’il a mises en évidence sont dues à de telles combinaisons. 11 lui paraît probable que les propriétés que nous constatons dans beaucoup de métaux sont le résultat de combinaisons semblables et qu’en réalité plusieurs des métaux que nous sommes habitués à manier, ne sont pas du tout des métaux purs, mais bien des combinaisons dans lesquelles un des éléments en présence est dfl proportion considérable vis-à-vis d’un autre, ce qui fait que l’élément secondaire échappe parfois aux investigations chimiques. Ces substances étrangères étaient considérées jusqu’ici comme de simples impuretés, mais l’influence considérable qu’elles exercent était bien connue pour quelques-unes. On sait, par exemple, que l’acier qui diffère tant du fer par sa densité, sa dureté et son aspect, n’en diffère chimiquement que par la présence de quelques millièmes de carbone. On sait aussi que les propriétés
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- LA NATURE.
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- chimiques du 1er pur ne sont pas du tout celles du 1er ordinaire. Ce dernier, en etl'et, ne s’oxyde pas à l’air sec, alors que le fer pur, obtenu en réduisant par l’hydrogène à une certaine température du sesquioxyde de fer, est tellement avide d’oxvgène qu’il s’oxyde instantanément et prend feu à l’air libre, d’où le nom de fer pyrophorique qu’on lui a donné.
- M. le B1 Le Bon fait remarquer que les transformations obtenues dans les expériences que nous avons relatées ne l’ont été généralement qu’en faisant intervenir certains changements physiques tels que la pression. En faisant varier les conditions physiques où ils se trouvent habituellement, des corps sans action l’un sur l’autre à l’état normal entrent en combinaison. Si l’on supprime les conditions artificielles qui sont intervenues, les combinaisons obtenues se défont rapidement et les corps retournent dans la plupart des cas à leur état normal. Ce sont des phénomènes tout à fait analogues à ceux que M. Le Bon a constatés dans la phosphorescence et dont nous aurons à parler dans un article ultérieur. A. De JMarsy.
- LA RÉFRIGÉRATION INDUSTRIELLE
- ET LA CONSERVATION DES PRODUITS ALIMENTAIRES
- 11 règne dans le public, à propos de l’action conservatrice du froid, certains préjugés. On dit un peu partout que les substances ainsi conservées se gâtent rapidement aussitôt qu’elles sont sorties de la glacière et qu’elles ont perdu la plupart de leurs qualités alimentaires. 11 y a confusion entre le passé et le présent. Dans les procédés employés autrefois, on mettait en contact directement la glace avec les viandes à conserver. Celles-ci se modifiaient sensiblement dans ce milieu humide et ne résistaient pas aux altérations quand on les plaçait à la température ordinaire. Même dispersée entre les doubles parois d’un wagon, la glace a le défaut de rendre humide l’atmosphère et le froid humide ne vaut rien [tour les conserves. C’est pour cette raison que l’opinion ne s’est [tas montrée favorable à la conservation par réfrigération. Il y a froid et froid. Tout change quand on a recours à un froid sec et à des températures s’arrêtant à quelques degrés seulement au-dessous du zéro thermométrique. Le froid sec est facile à produire industriellement avec les machines frigorifiques modernes fondées sur la volatilisation continue d’ammoniaque, d’acide sulfureux, d’acide carbonique liquide, de chlorure de méthyle, etc. Il existe en ce moment dans le monde [dus de 50 000 installations frigorifiques.
- Notre collaborateur M. de Loverdo, dans une communication à la Société nationale d’Agriculture, a montré récemment tout le parti que l’on commençait à tirer de tous côtés de la conservation par le froid sec. Les applications grandissent tous les jours. Le commerce de la laiterie et celui du beurre ont profité largement des nouvelles méthodes. 11 y a longtemps qu’on nous avait vanté le lait congelé. On en a même vendu à Paris; mais, pour une raison ou une autre, les premières tentatives n’eurent pas de lendemain. C’est différent aujourd’hui.
- Les Danois expédient leur lait à Londres sous forme de blocs de lait. Toute la masse se prend d’une façon homogène et ne se sépare pas en couches distinctes
- comme dans le lait stérilisé. M. de Loverdo a montré à la Société un bloc énorme de lait congelé conservé pendant près d’un mois. On eût dit à la dégustation de lait venant d’être trait. Ce n’est pas là un fait nouveau; c’est une confirmation de ce que nous savions. On pouvait goûter au mois d’août dernier à l’exposition de Vin-cennes, du beurre frais envoyé des États-Unis et conservant tout son arôme.
- Les résultats sont aussi probants en ce qui concerne le beurre. On transporte à grande distance le beurre aux États-Unis, au Canada, en Australie, au Danemark, en Suède. M. de Loverdo attribue en grande partie l’avance, que les Danois ont prise sur nous pour l’expédition de leur beurre aux marchés anglais, à la généralisation de la méthode frigorifique. En France, on commence à comprendre les avantages du procédé et l’on installe des appareils. Les « Coopératives des Charentes » possèdent un dépôt et onze vagons frigorifiques. Une beurrerie des Deux-Sèvres a obtenu ainsi, cet été, une plus-value de 30 à 60 centimes par kilogramme de beurre sur les marques similaires se vendant au même prix pendant l’hiver. Or, c’est à peine si la fabrication du beurre a été grevée de 1 à 2 centimes par kilogramme.
- L’application du froid réussit tout aussi bien pour la conservation des volailles, du poisson, des œufs, des fruits. M. de Loverdo a présenté à la Société deux poulets qu’il avait conservés depuis deux mois et demi à une température sèche de — 5“ et qui, décongelés graduellement, n’ont rien perdu de leurs qualités. Il en est de même pour les dindons, les canards, les oies, les pigeons, etc.
- L’année dernière, un éleveur connu de Laval a livré, à la Compagnie des Chargeurs Réunis, 5000 tètes de volailles — poulets, oies, canards, dindons — congelées. La livraison a eu lieu par petites quantités; elle n’a cessé qu’à la suite de l’épuisement du stock.
- La conservation peut avoir deux grands avantages : l’exportation, pendant toutes les saisons, des volailles fines en Russie, et surtout aux États-Unis, ensuite la régularisation du marché proportionnant sans cesse l’offre à la demande. Le poisson se conserve de même. D’après M. de Loverdo, tout le saumon frais que nous consommons à Paris, du 1er octobre au 15 mai, nous arrive congelé de l’océan Pacifique. Et les fruits? Voici des pèches, voici des abricots, des fraises, tout a été congelé et, deux mois après la-cueillette, on aurait dit qu’on venait de les prendre sur l’arbre. Du reste, au Canada, aux Etats-Unis, on maintient frais les fruits pendant plus d’un an parle froid. On a pu voir à l’Exposition de nombreux fruits en très bon état et ils nous arrivaient directement d’Amérique. On nous vendra des fraises des Etats-Unis, cet hiver.
- Il est bon que l’on sache tout cela; car il est clair que, les nouveaux procédés se généralisant, nous aurons à nous défendre de plus en plus contre la concurrence étrangère. C’est à nous de nous servir des mêmes armes et d’accepter la lutte. Il n’est que temps. Henri de Parville.
- LES INDES ANGLAISES A L’EXPOSITION
- L’Exposition a fermé ses portes, il est vrai — ce n’est que trop vrai pour tous ceux qui ont trop peu trouvé le temps de se promener dans la ville gigantesque qui a surgi dans Paris, et qui a frappé les moins imaginatifs par l’opulence de ses trésors, et la prodigieuse quantité de faits et d’idées qui s’en dégageait — l’Exposition a fermé ses portes': mais
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- LA NATURE.
- elle n’est pas, pour si peu, sortie de la mémoire. Et il est permis d'en parler encore, et d’y revenir, pour signaler différentes parties dont nous n’avons pu parler plus tôt.
- Le pavillon des Indes anglaises — fort bien aménagé par le commissaire-délégué, M. Rose — était une de ces parties. Situé au Trocadéro, à côté du pavillon de Ceylan, en dessous du bâtiment consacré au Canada, il tenait du reste dignement sa place. Il ne correspondait point, par son étendue, aux dimensions de l'empire qu’il représentait, et à la population de près de 300 millions d’âmes que renferment les Indes Anglaises : mais, à la vérité, ceci ne peut surprendre. Car les 300 millions d’indigènes ne comptent guère dans la civilisation et les œuvres de celle-ci : ce qui compte, surtout, ce sont les hommes qui la mènent, et ils ne sont qu’une poignée, tant fonctionnaires que soldats ou colons. Mais cette poi-
- gnée sait son métier : grâce à elle l’industrie prend naissance et se développe. Il reste beaucoup à faire toutefois pour'prévenir les fléaux cruels dont l’Inde est accablée : le choléra, la peste, la famine, trois maux qu’entretiennent principalement l’ignorance et l’incurie propres aux grandes masses encore dépourvues des connaissances que donne la science moderne.
- Les industries de l’Inde sont variées : et chacune d’elles était représentée de façon intéressante.
- L’Inde est avant tout un pays agricole : mais c’est un pays agricole arriéré, pauvre en eau et pauvre en voies de communication.
- Si l’on y joint le fait que la population est pauvre de ressources et imprévoyante, on ne peut être surpris que la situation reste précaire. Les indigènes y sont à la merci des éléments. Les pluies sont-elles suffisantes? la récolte est suffisante aussi,et permet de vivre jusqu’à la moisson suivante. Font-elles défaut? La récolte est perdue : et c’est la famine im-
- médiate. Car la population est très éparse : elle est éloignée des voies ferrées : elle ne peut échapper et on ne peut lui porter secours à temps. En outre, la sécheresse qui tue les plantes dont l’homme se nourrit, tue aussi les herbes dont vit le bétail : bêtes sauvages et bêtes domestiques meurent de faim aussi, et c’est une misère profonde, puis la famine et la mort. Et il en sera ainsi longtemps encore, tant que les travaux d’irrigation ne se seront pas multipliés, tant que le réseau ferré ne sera pas plus étendu, tant que l’indigène usera des méthodes de culture primitives auxquelles il reste attaché. Le gouvernement travaille à les changer : il a établi dans toutes les provinces des écoles spéciales d’agriculture, pour enseigner les méthodes nouvelles. Il améliore aussi les races d’animaux domestiques; il stimule la culture du coton, du tabac, du thé, et des céréales. Une industrie indigène, très remarquable, — mais qui ne peut s’étendre indéfiniment et former malheureusement une ressource stable, — est certainement celle de la sculpture du bois.
- On a pu voir au pavillon des Indes un très remarquable échantillon de cette industrie et de cet art : on en a même vu plusieurs. Chacun se rappelle les boiseries sculptées qui entouraient et ornaient le « Thé indien » — un lieu de repos et de rafraîchissement fort apprécié, — chacun se rappelle les élégantes balustrades de l’escalier qui menait au premier étage; chacun se rappelle aussi la porte monumentale en bois découpé et ajouré qui se présentait à l’entrée du pavillon. C’était une sorte d’arc de triomphe dont les parties latérales formaient vitrine, et dont le travail était — et est encore — véritablement extraordinaire.
- Toutes ces œuvres en bois sculpté et fouillé étaient dues à des indigènes, et exécutées en bois des Indes. Ailleurs, des panneaux de bois, des frises, des pièces variées, témoignaient du savoir-faire de ces artistes : et si le dessin et les ornements pouvaient n’être pas toujours de notre goût européen, il n’était pas permis, du moins, de contester la patience et l’habileté manuelle de ceux qui les avaient conçus et réalisés.
- Elle se révèle au reste, dans d’autres travaux : dans la sculpture de l’ivoire notamment — de l’ivoire que fournissent les éléphants dont tant de photographies montraient les modes de capture et de dressage — et dans le travail des métaux. De ce dernier, les échantillons étaient nombreux et se sont fort bien vendus au reste : bracelets, vases, coupes, chandeliers de forme inspirée par ie cobra — tout n’est pas rose aux Indes, c’est la terre bénie des serpents venimeux, et le sérum antivenimeux de M. Calmette a là un champ d’action fort étendu, —
- Fig. 1. — Grès flexible des Indes.
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- plats en argent, ornements variés et de toute sorte.
- Sur cette question des métaux il est permis de s’arrêter un instant. Elle était d’ailleurs fort bien présentée : un minéralogiste distingué, M. T. R. Rlyth, avait organisé la section géologique de manière très intéressante, même si intéressante que le British Muséum s’en est emparé pour la classer dans ses collections. Peut-être y a-t-on remarqué un échantillon singulier, qui méritait d'être figuré : c’est le grès flexible de Kaliab, dans le Punjab. Deux dalles de 1 mètre de longueur environ étaient placées dans une caisse et ces dalles, au lieu d’être rectilignes, étaient courbes. La pierre dont il s’agit est flexible, elle plie sous son propre poids avec un cri qui rappelle celui de l’étain. cê)té, toute une série de vitrines faisaient connaître les richesses géologiques de l’Inde.
- Elles sont nombreuses. Les unes sont connues depuis longtemps : les indigènes savent travailler le minerai de fer depuis une époque très reculée. Mais les procédés restent primitifs, comme on l’a pu constater par les photographies exposées par le service géologique. Ils savent aussi extraire l’or et l’argent : et nombreux étaient les objets divers en métal précieux. Plus importante toutefois au point de vue industriel est la houille que les conquérants ont su découvrir en abondance et exploiter. En 1897-1898, l’Inde importait encore 248 000 tonnes de charbon — pour la plus grande partie de la Métropole, — bientôt elle l’exportera. Déjà elle produit les 97 centièmes de sa consommation intérieure : et 60000 individus sont occupés aux mines de houille. Le sol de l’Inde produit encore du mica de très belle qualité, et renferme des matériaux de construction abondants.
- En fait de ressources végétales, elle est bien pourvue également : l’opium, le coton, le tabac, le thé, le café, y forment l’objet d’un commerce important : le coton surtout, qui entre pour plus du
- cinquième de la valeur totale des échanges; le riz, le millet, le blé, le jute, etc.
- Ce qui frappe toutefois, c’est l’importance future des industries : l’avenir en est très grand. Il faut considérer en effet, que, pour le présent, le réseau de voies ferrées de l’Inde l’emporte à peine sur celui de l’Anglaterre. Il est absolument insuffisant : et il doit se développer. Et à mesure qu’il se développera, les industries se feront plus actives et plus prospères, naturellement.
- Pour le présent, donc, l’Inde est loin du but
- auquel elle parviendra : mais il est certain qu’elle avance dans la bonne direction.
- Il ne faut pas s’étonner si un organisme aussi immense en étendue et en population, ne se transforme que lentement : surtout si Ton considère combien la naturelle stérilité d’une partie du territoire constitue un obstacle à des progrès rapides, et Gombien, dans d’autres parties, le climat convient peu à la race européenne.
- A vrai dire, de graves problèmes se posent dans l’Inde anglaise : et l’un d’eux est fondamental : c’est le problème des subsistances. Il n’est pas de pays qui connaisse plus souvent et plus cruellement la famine : et d’autre part la population va sans cesse s’accroissant.
- La situation est évidemment sérieuse : et il ne faut pas être surpris si les choses de l’Inde se présentent sous des auspices moins favorables que celles de Ceylan sa voisine.
- Mais avec de la science et de la méthode on peut beaucoup améliorer la situation, et c’est à quoi l’on travaille. Il faudra beaucoup de temps et de savoir-faire, toutefois, pour arriver au but, et pour écarter de ce pays si intéressant pour le philosophe, l’anthropologiste et l’archéologue, les fléaux cruels qui le ravagent avec une désespérante continuité. Henry de Varigny.
- Fig. 2. — Porte monumentale en bois sculpté. Pavillon des Indes anglaises.
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- LES MOUSTIQUES ET LE PALUDISME
- Une terrible engeance que celle des ‘'moustiques et dont l’utilité dans la nature ne semblera nullement démontrée à ceux qui en sont les victimes. Terribles par les plaies, les éruptions et les démangeaisons atroces, parfois même les douleurs que provoquent leurs piqûres, mais terribles aussi par la contagion qu’ils sèment à l’envi, à chacune de leurs cruelles morsures.
- J’ai signalé jadis1 les premières recherches de Patrick Manson, de Ross et de quelques autres expérimentateurs sur la genèse de la malaria, du paludisme. Par une série de faits bien nets et d’expériences fort bien conduites, ils avaient démontré ,que.lc parasite du paludisme découvert par un médecin français, le 1)' Laveran, était introduit dans le corps humain par les moustiques. Depuis l’année dernière, ces études intéressantes ont été poursuivies de tous cotés, dans les Indes hollandaises par le l)r Koch, et surtout en Italie par Celli, Grassi, Bignami et d’autres savants distingués. Les résultats sont des plus nets et des plus décisifs et l’on peut dire qu’en l'absence de moustique il ne doit pas y avoir de malaria.
- La malaria est endémique dans certaines régions parce que ces pays constituent des foyers propices à l’éclosion des larves de moustiques, à la culture de l’insecte propagateur du parasite. Qu’on recueille, en effet, l’eau des étangs, des mares dans la campagne romaine, dans tous les endroits réputés pour leur insalubrité au point de vue de la fièvre intermittente, on y rencontrera l’espèce qui paraît spéciale à la culture du parasite, le moustique dit ànopheles. Les différentes variétés d'anophèles, le claviger, le piclus, pseudopictus et super-pictus, le hifurcatus,sont aussi dangereuses les unes que les autres; par contre le moustique de nos régions, le culex pipiens peut être fort incommode, fort désagréable; il peut nous labourer la figure et les mains de ses piqûres cuisantes, mais il n’inocu'.e pas en même temps, comme son congénère, le germe de la malaria.
- Dans les pays où règne cette fièvre décimante, les anophèles trouvent les abris les plus propices pour déposer leurs œufs, dans les eaux stagnantes, les fossés, les petites mares. Ces mares se rencontrent en abondance autour des habitations campagnardes : les anophèles en sont les hôtes constants et à ce titre on a pu dire, avec une ironie amère, que ce sont véritablement de petits animaux domestiques.
- Déposés à la surface de ces eaux les œufs se transforment, les larves éclosent, grandissent et en un été on peut voir se développer trois à quatre générations d’insectes. A 500 ou 400 œufs par ponte vous voyez si la progression suit une marche grandissante. Les fortes gelées, l’agitation des eaux (c’est pour cela qu’on en voit peu au bord des rivières à cours rapide), la qualité des eaux (les eaux salines, sulfureuses), etc., et d’autres conditions peuvent nuire au développement des larves, mais il suffit qu’un certain nombre survive pour qu’au printemps on voie éclater les accidents du paludisme.
- Comment se fait l’infection? On n’a pu jusqu’à présent démontrer que le parasite se transmette de moustique à moustique. L’évolution qu’on a pu suivre est celle de la transmission à l’homme. L’homme est l’hôte temporaire et le moustique l’hôte définitif du parasite. La transformation se prépare dans notre sang ou du moins dans le sang des sujets infectés et se complète dans l’intestin des moustiques. C’est un cycle continu, l’inocula-
- 1 Yoy. n° 1552. du 5 décembre 1808. p. 10.
- tion se faisant sans trêve ni merci. La piqûre d’un moustique anophèle introduit le parasite dans le sang et le même insecte peut porter la maladie chez plusieurs sujets successivement ; qu’ils soient rassemblés dans la même pièce et tous les dormeurs mordus par l’anophèle contracteront la maladie.
- La preuve de cette dissémination par cette piqûre de moustique a été donnée d’une façon des plus nettes par les docteurs Bignami et Grassi. Des sujets absolument indemnes de paludisme se soumettaient volontairement à la piqûre d’insectes notoirement infestés; le bras était glissé dans une cage de mousseline contenant les insectes venimeux. Quelques jours plus tard, ces hommes absolument bien portants étaient pris des frissons, des accès caractéristiques de la fièvre intermittente.
- Ces expériences, très probantes, avaient le tort d’avoir été faites près de Rome, c’est-à-dire dans une région où le paludisme est endémique. Or, certains auteurs admettent que l'air peut être un véhicule des miasmes ou des agents de contagion. Ce pouvait être, objectait-on, l’air et non la piqûre du moustique qui avait provoqué la fièvre.
- Les expérimentateurs ne se découragèrent pas pour si peu. Cette fois ce fut M. Patrick Manson, un des premiers qui avaient signalé cette pathogénie, qui se chargea de réaliser l’expérience dans des conditions décisives. 11 fait recueillir en Italie par Bastianelli des larves d’anophèles, les fait cultiver là-bas, puis les rend infectieuses en les gavant du sang d’un paludique. Une fois les animaux rendus dangereux, il se les fait expédier de Rome à Londres et prend pour sujet d’expérimentation son propre fils, étudiant, n’ayant jamais eu d’accès de fièvre. Lejeune homme se fait piquer par l’essaim d’anophèles romain ; un mois après il a l’accès typique et son sang contient le parasite.
- La transmission de la malaria par le moustique ne peut donc faire de doute. Comme contre-partie à cette expérience de M. Manson, deux professeurs de l’école de médecine tropicale de Turin, MM. Sambon et Loxv, ont voulu montrer qu’en se mettant à l’abri des piqûres de moustiques, on devait être à l’abri de tout accident fébrile, de toute contagion malariale. Ils ont vécu du mois de mai au mois d’octobre dans la campagne, près d’Ostia, région réputée comme malsaine, vivant dehors, allant et venant, mais avec les précautions suivantes : ils se garantissaient des piqûres au moyen de voiles, de moustiquaires, d’une façon hermétique, une heure avant le coucher du soleil et n’enlevaient leurs voiles protecteurs qu’une heure après le lever du jour. A la fin de l’été, Grassi n’avait pu trouver ni chez l’un ni chez l’autre aucune trace de parasite dans le sang.
- Depuis, l’expérience a été reprise en grand, par les soins de la Société italienne pour l’étude de la malaria. Dans une région désolée par les fièvres, la plaine de Capanio, on a choisi 104 employés de la ligne de chemin de fer, séjournant dans ce lieu, maisons, de garde-barrières ou stations. Onze de ces employés étaient indemnes; les autres avaient eu jadis des accidents palustres, beaucoup en avaient ressenti l’été précédent; on mit ces derniers en traitement, vers le milieu de mars, par la quinine, jusqu’au milieu de juin. A partir de ce jour on ne donna aucun médicament, mais tous restèrent enfermés, depuis le coucher jusqu’au lever du soleil, dans leurs demeures dont les ouvertures avaient été fermées par des treillages métalliques extrêmement fins. Ceux qui étaient de service la nuit ne sortaient qu’avec des
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- voiles épais : les uns et les autres claient, pour ainsi dire, enveloppés complètement dans des moustiquaires, et mis à l’abri des morsures.
- Ce traitement spécifique d’un nouveau genre dura tout l’été ; au bout de trois mois, on n’avait constaté aucun cas de fièvre chez ces 104 employés, tandis que les habitants voisins, les paysans des environs avaient tous, à l’exception de 1 ou 2 pour 100, payé le tribut habituel à la maladie.
- Autre exemple aussi probant : l’île d’Asinara, au nord de la Sardaigne, est infestée de paludisme. Les forçats du bagne sont presque tous atteints d’accès de fièvre. Les l)r' Tcrmi et Tondini ont trouvé des larves d’anophèles dans les puits d’alimentation. Ils font alors désinfecter les puits avec du pétrole de juin à novembre, les font vider tous les quinze jours; puis on fait aux moustiques une guerre acharnée au moyen de poudres et de vapeurs insecticides dans les dortoirs des galériens. Chaque soir les croisées sont fermées avec soin après celte désinfection. 11 n’y eut plus de fièvre intermittente.
- Ces faits sont démonstratifs; quelles conclusions en tirer? C’est que, puisque ce sont les moustiques qui nous apportent la malaria il faut se débarrasser de ces insectes. Ce n’est pas chose commode : les agents qui amènent à peu près sûrement la destruction des larves comme le pétrole, certaines couleurs d’aniline, ne peuvent pas être employés partout. Qu’on sache cependant qu’en versant, dans les petites mares, les petites pièces d’eau autour des habitations, quelques gouttes de pétrole, on détruira cette vermine.
- Dans les régions insalubres, le drainage méthodique, en faisant disparaître les eaux stagnantes, amène la diminution graduelle et l’extinction >de la maladie. La preuve en a été faite chez nous dans les Dombes.
- Enfin, à défaut de prophylaxie directe par la destruction d’une engeance si féconde, il faut se préserver des piqûres et faire comme les expérimentateurs italiens. L’anophèle est plutôt un insecte nocturne aimant les régions marécageuses; ne sortez pas, quand vous serez dans ce pays, après le coucher du soleil, ou ne sortez que le visage et les mains protégés contre les piqûres, fermez avec soin vos croisées, et n’oubliez pas les moustiquaires. Les anophèles n’aiment pas l’odeur des cinéraires et des chrysanthèmes; vous pourrez, le parfum étant peu pénétrant, ne pas vous gêner pour en laisser quelques pieds dans votre chambre à coucher. Mais de tous ces moyens, les poudres à brûler comprises, celui qui m’inspire le plus de confiance, est une bonne moustiquaire, à mailles fines et bien impénétrable. I)r A. Cartaz.
- LES MINÉRAUX DU CHILI
- Le Chili possède une zone minière assez importante s’étendant du 18e au 27e degré dans un pays dénudé et stérile que les géographes appellent, pour cette raison, le désert d’Atacama. Au premier rang, vient le salpêtre dont les ports d’exportation sont Arica et Iquique. Les gisements les plus importants se trouvent près de Toco et produisent annuellement 100 000 tonnes environ. Ceux du département de Taltal ne leur cèdent guère puisqu’ils fournissent près de 90 000 tonnes. Dans la province d’Àutofogasta, il en existe également d’énormes quantités qu’on exploite depuis 1870; mais quelques-uns, comme celui de Salar, tendent à s’épuiser. Toutefois on en a découvert d’autres à Aguas Blancas qui occupent 1000 ouvriers et donnent un rendement de 30 à 55 000 tonnes.
- Ils se développeront même considérablement le jour où un chemin de fer facilitera leur transport à la côte.
- Des dépôts de. borate de chaux qu’on rencontre à Ascotan et Carcote sont en pleine exploitation actuellement et le manque de voies de communication empêche seul les dépôts de gypse situés en différents endroits, près de Caracoles, d’être mis en valeur.
- Les districts cuprifères les plus riches sont ceux de Chuquicamata, Sierra Corda, Lomas Bayas, El Desespe-rado, Naguayan,ElCobre, Blanco Cucalada et de quelques autres localités des départements de Tocopilla et de Taltal. Comme minerais abondants on voit des carbonates verts, des oxychlorures et des silicates. Les sulfures et le « co-rocoro », — cuivre natif, contenant 60 à 65 pour 100 de métal pur mélangé avec de l’oxyde et du sable, — n’existent qu’en faible proportion. L’extraction globale du minerai de cuivre, au Chili, n’atteint encore que 20000 tonnes, mais elle doublerait aisément si son acheminement vers les ports d’embarquement était plus commode.
- On trouve de l’or à San Cristobal, à Santa Maria et à l’embouchure de la rivière Loa (département d’Autofo-gasta). Durant les années 1898 et 1899, la première a produit, d’après le Journal of the Society of Arts, 200 kilogrammes du précieux métal. Le rendement de la célèbre mine de Guanaco (département de Taltal) paraît rétrograder d’une façon fort appréciable : elle n’a donné l’an dernier qu’une demi-tonne d’or fin.
- La production d'argent décroît également, passant de 250000 kilogrammes, en 1875, à 25000 kilogrammes aujourd’hui. D’ailleurs, on n’exploite plus guère que les gisements de Caracoles, de Sierra Corda , d’El Inca, de Cachinol, d’Arturo Prat et de Sierra Esmeralda. On a abandonné les districts de Paine, Lankir et Angolla, autrefois si prospères.
- Plusieurs mines de plomb argentifère ont été découvertes à Sierra del Plombo, Cerro del Arbol et à Sierra Corda, mais l’absence de voie ferrée n’a pas permis jusqu’ici d’en tirer parti. 11 en est de même des dépôts de sulfate de fer qui existent près de celte dernière ville. Enfin la Bolivie exporte par le port d’Autofogasta du soufre, de l’argent, du cuivre, de l’étain, de l’antimoine, du bismuth et du mercure. Jacques Boyer.
- LA RÉGIE DE L’ALCOOL RUSSE
- Le régime des boissons alcooliques a subi en Russie de profondes modifications dans le courant de ce siècle et l’empereur Alexandre III s’est tout spécialement attaché à rechercher les moyens de combattre l’ivrognerie qui, dans les campagnes-surtout, atteignait des proportions désastreuses. Déjà, vers la fin de son règne, il avait substitué aux régimes précédents celui du monopole, ou vente directe par l’État, dans une trentaine de provinces; son fils, l’empereur Nicolas II, a tenu à étendre rapidement cette mesure qu’il considère comme une œuvre hautement moralisatrice.
- Ce n’est pas, en effet, dans un but fiscal que cette réforme a été entreprise, le point de vue financier a été mis au second plan, l’Etat s’est principalement préoccupé d’exercer une bienfaisante influence sur la situation matérielle et morale des populations. Le monopole tel qu’il est compris en Russie consiste à
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- supprimer tous les cabarets et à les remplacer par des débits analogues à nos bureaux de tabac, mais avec cette différence, qu'au lieu d’avoir une remise sur les produits de la vente, le débitant a des appointements fixes ; il n’est pas ainsi incité à pousser à la consommation. Les bouteilles vendues ()fr,18 contiennent 6 centilitres; elles ne doivent pas être débouchées sur place, mais emportées pour-être consommées à domicile; en outre, il n’y a aucune vente à crédit. Les bouteilles sont reprises pour un prix déterminé; il y a actuellement dans les provinces soumises au monopole plus de 90 millions de ces bouteilles en circulation. En supprimant le cabaret, qui était le lieu principal de débauches et de violences, on supprimait la vente d’alcool de qualité inférieure, souvent nuisible; mais on s’est rendu compte cependant de l’utilité'du cabaret dans
- une certaine mesure, comme lieu de réunion où les populations pouvaient échanger leurs idées et discuter leurs intérêts. Aussi pour le remplacer a-t-on créé le plus possible des patronages de tempérance où sont organisés des spectacles, des salles de lecture et de réunion et dans lesquelles les boissons alcooliques sont interdites.
- D’après les rapports adressés à l’Empereur par les gouverneurs des provinces où fonctionne le monopole, on constate d’une façon presque unanime les salutaires effets de la réforme. L’ivrognerie a sensiblement diminué, les crimes et délits sont plus rares ; par contre-coup les dépôts aux caisses d’épargne augmentent.
- D’un autre côté, par suite de la meilleure qualité des produits vendus, par l’établissement de prix uniformes et toujours proportionnels à la quantité, on a obtenu un rendement supérieur au produit des anciennes taxes.
- L’État n’a pas monopolisé la distillation, mais l’a
- limitée et réglementée. Il se procure par adjudication le tiers des quantités nécessaires, les deux autres tiers sont achetés aux producteurs de la région ; il acquiert ainsi toute la production et il se réserve le droit exclusif de servir d’intermédiaire entre le producteur et le consommateur. L’alcool est conservé dans les magasins du gouvernement, il est rectifié par scs soins dans des usines à lui ou sous sa surveillance immédiate, et ne sort, pour être livré au public, que dans des récipients portant le cachet de l’Etat et sur lesquels sont indiqués la contenance et le degré.
- Un pavillon spécial installé à la dernière Exposition universelle par l’initiative de M. Yitté, ministre des finances, et de M. Markolf, directeur de la régie, a donné une idée de l’organisation et du fonctionnement du monopole. Chez tous les distillateurs, on a installé un appareil de contrôle (fig. 1 ) qui mesure le volume du liquide et son degré; toutes les tuyauteries, tous les joints, sont plombés au sceau de l’État et les dispositions sont prises pour que rien n’échappe à ce compteur. Après sa rectification, soit dans les usines de l’Etat, soit dans celles placées sous sa surveillance, l’alcool est analysé avec soin et on surveille particulièrement l’élimination de l’alcool amyli-que, des aldéhydes et autres produits, dits « alcools de queue », qui constituent précisément le danger des fabrications non surveillées et font de l’alcool un véritable poison. Quand ces épreuves ont donné un résultat satisfaisant, le liquide est jaugé et pesé avec le plus grand soin et envoyé par des pompes dans le bac à dilution où il est mélangé à la quantité d’eau nécessaire pour obtenir 42 degrés environ. Cette eau est préalablement soumise à l’analyse chimique et filtrée; le mélange dans le bac à dilution se fait au moyen d’un appareil mû par un moteur électrique. On a alors de l’eau-de-vie qui est refoulée dans un bac, d’où elle s’écoule pour passer sur des filtres à charbon et finalement sur un filtre à sable (fig. 2) ; enfin elle se rend dans le réservoir qui la contiendra jusqu’à la mise en bouteilles. Mais auparavant, comme dans les différentes opérations de filtrage le degré a un peu baissé, on le ramène à 40, qui est le degré officiel de livraison au public. Le lavage, le rinçage des bouteilles et -leur remplissage ainsi que le bouchage et leur étiquetage sont faits par des appareils automatiques (fig. 5) très ingénieux, dans le détail desquels il serait trop long d'entrer et que nous ne pouvons indiquer que sommairement. Des brosses rotatives combinées avec des jets d’eau, dont l’un est mélangé à un jet de sable, constituent la partie principale de I l’appareil de nettoyage. Au sortir d’un dernier filtre
- Fig. 1. — Appareil de contrôle placé chez les distillateurs.
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- Fig. 2. — Appareils de mélange à l’eau pour obtenir l’eau-de-vie. Filtres à charbon et à sable.
- Fig. 5.
- La,mise en bouteilles
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- au papier, l’eau-de-vie est amenée dans les jauges qui la déversent dans les bouteilles ; celles-ci passent alors à l’appareil de bouchage où chaque bouchon est entouré d’un parchemin végétal, puis plongé dans la cire fondue.
- L’importante réforme entreprise par le gouvernement Russe, depuis 1894, s’étend aujourd’hui sur presque tout l’empire ; il ne reste guère que Moscou qui ne sera soumise au nouveau régime que l’an prochain, et la Sibérie dans deux ans; les autorités ne se dissimulent pas la difficulté de la tâche et estiment quelle est perfectible dans bien des détails; mais devant les bons effets produits sur l’état matériel et moral des populations, et le résultat satisfaisant au point de vue fiscal, on ne peut qu’applaudir à cette entreprise qui sera, pour le bien-être du peuple russe, l’une des plus grandes œuvres du règne de Nicolas IL G. Mareschai,.
- LES ANIMAUX SE CACHENT-ILS
- POUR MOURIR?
- Telle est la question abordée par M. le Dr Paul Ballion dans un travail d’ensemble sur la mort des animaux et que nos lecteurs nous sauront certainement d’autant plus gré de résumer ici que le mémoire en question n’a pas été mis dans le commerce. Il est de fait que, dans la campagne, on ne rencontre pour ainsi dire jamais de cadavres d’animaux, pas plus des mammifères ou des oiseaux que des grenouilles ou des insectes. Et cet état de choses frappe d’autant plus qu’on le rapproche de la quantité extrêmement nombreuse des animaux qui peuplent la surface du globe. On peut expliquer le phénomène de deux façons : ou bien les cadavres disparaissent très rapidement, ou bien les animaux ont l’habitude, au moment de mourir, de se réfugier dans des trous et, par suite, d’échapper à la vue. La question n’est pas résolue, mais les faits déjà connus que nous allons exposer mettront sur la voie ceux qui voudront faire des recherches sur les nombreux points encore obscurs.
- C’est une habitude chez les chats et les chiens, au moment de mourir, d’aller agoniser dans quelque coin et souvent assez loin de leur domicile habituel, reste sans doute de ce qu’ils faisaient à l’état sauvage.
- Quant aux lapins, ils semblent faire l’inverse et sortir de leur terrier pour mourir, non repoussés par leurs cohabitants, comme on l’a dit, mais de leur propre volonté; les lemmings et les campagnols agissent de même. Mais ce n’est pas un fait général chez les rongeurs : les souris notamment semblent en effet quitter leurs retraites, mais seulement pour aller mourir dans d’autres endroits abrités, par exemple les tuiles creuses qui recouvrent les toits.
- Le chamois qui a reçu une blessure grave, au dire de Tschudi, se sépare du troupeau, se retire dans un endroit désert, se couche entre des pierres et lèche sa blessure. 11 ne tarde pas à guérir ou à périr.
- Les éléphants se retirent à l’écart pour cacher leur mort. Quand ils se sentent malades, ils vont mourir dans les lieux cachés, dans des retraites qu’ils sont seuls à connaître.
- Les lamas ne meurent pas au premier endroit venu. Ils ont des lieux fixes, qui deviennent à la longue de vastes ossuaires. « On a remarqué, dit M. Ilouzeau, que ces animaux, aussi bien domestiques que sauvages, choisissent une place particulière où tous se retirent pour mou-
- rir. On trouve, sur les bords des rivières, de grands espaces qui sont tout blanchis par leurs os. » C’est peut-être de la même façon que l’on peut expliquer l’abondance des débris osseux fossiles d’ours, d’hyènes, etc., que l’on trouve dans les grottes.
- Les oiseaux moribonds fuient la lumière du jour et recherchent les retraites les plus sombres. C’est, du moins, ce qu’affirme M. Ballion et qui expliquerait pourquoi on ne voit jamais d’oiseaux morts (ainsi que me l’ont affirmé les balayeurs du Jardin du Luxembourg et du Jardin des Plantes) dans les allées des jardins publics. A moins que ce ne soit tout simplement les chats ou les rats qui se soient transformés en croque-morts pour la circonstance. Les faits concernant les invertébrés sont trop peu importants pour être cités.
- D’après ce qui précède, dit M. Ballion, on pourrait supposer que la plupart des animaux sauvages, à l’approche de la mort, se sont cachés, dérobant ainsi leurs restes à nos yeux. Il en est ainsi certainement dans beaucoup de cas. Mais il convient d’ajouter que le plus souvent les cadavres ont disparu parce qu’ils sont devenus la proie de tout ce qui vit çle la mort. On se fera une idée de la rapidité avec laquelle cette disparition s’effectue, en voyant ce que deviennent, par exemple, les bêtes à laine, dont les cadavres jonchent trop souvent les landes. Sitôt que l’essaim des mouches carnivores a sonné la curée, les chiens, les buses, les corbeaux arrivent pour se repaître des viscères et des parties molles. La nuit venue, les bêtes puantes, les rongeurs, arrivent à leur tour, pour le festin. Entre temps, surviennent une multitude d’insectes, qui achèvent l’œuvre de destruction. Après quelques jours, il ne reste plus d’une brebis que quelques os longs dispersés et des flocons de laine éparpillés. « Toutefois, ajoute le même auteur, je n’aurais pas supposé qu’il en put être ainsi des restes d’éléphants, ces ossements gigantesques n’étant pas de ceux qui doivent facilement disparaître. On a remarqué, en effet, qu’on ne rencontre pour ainsi dire jamais de squelettes d’éléphants décédés. La rareté de ces restes s’expliquerait-elle par l’habitude qu’aurait cet animal de s’en aller mourir, comme nous l’avons dit plus haut, dans des refuges reculés? S’il faut en croire M. A.-G. Gameron, il faut invoquer ici l’action, non des intempéries, mais des ruminants. Les animaux auraient un goût prononcé pour les os, qu’ils useraient peu à peu, en les rongeant, de sorte que, en deux ans, un squelette, si gigantesque fùt-il, pourrait avoir totalement disparu. Un fait que j’ai souvent observé serait de nature à donner quelque crédit à cette opinion, assez étrange au premier abord. Nos ruminants domestiques appètent et avalent avec avidité des substances minérales, telles que les mortiers, les platras, la terre même, qui renferment des sels calcaires, utiles sans doute à leur nutrition. Comment l’oiseau échapperait-il à toutes ces causes de destruction ? Sa chair délicate n’est-elle pas la proie préférée de tous les animaux prédateurs, comme elle est le plus grand régal des gourmets? Les oiseaux qui, de leur vivant, ont échappé à la voracité de ces ennemis naturels, leur appartiennent après la mort; ^et, s’ils n’ont pas été avalés tout d’une pièce, on ne trouve en fait de restes que des plumes éparses, rejetées au loin par les rapaces diurnes. Puis, ces plumes disparaissent à leur tour, rongées, pulvérisées par des myriades d’insectes et par le monde vorace des êtres inférieurs auquel rien ne résiste de ce qui a eu vie. »
- S’il n’y avait pas de microbes, la terre serait un affreux
- charnier! Henri Gofrix.
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- LA NATURE.
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- LA MALADIE DU PEUPLIER
- Dans un article sur le peuplier dans le marais poitevin1, je signalais le dépérissement des peupliers dits « de Virginie », causé par diverses maladies et entre autres par l’envahissement des insectes. J’ajoutais que les propriétaires, pour ne pas être privés d’un important revenu, continuaient malgré cela à planter en employant de nouvelles espèces, quelques-unes indiquées même comme indemnes des vers. M. Sarcé de Pontvallain a répondu à cet article2, en donnant tous renseignements sur la plantation d’une nouvelle variété sélectionnée par lui et qu’il a appelée à cause de sa croissance extraordinaire « peuplier Suisse dit Eucalyptus ». Sans doute cette espèce, ainsi que plusieurs autres, telle que le Certinnesis Nova nouvellement importée du Turkestan, poussent vigoureusement; malheureusement, elles ne sont peut-être pas à l’abri de maladies de toutes sortes et surtout des larves. Depuis quelque temps, j’ai constaté que des peupliers fort vigoureux, après trois années, dépérissaient au point de perdre leur écorce.
- La première année les feuilles des branches les plus élevées jaunissent, puis tombent dans le mois d’août, souvent même en juillet et la végétation se ralentit. La deuxième année les symptômes s’accentuent encore; au printemps les feuilles poussent mal et l’arbre sonne creux sur certains points. Enfin la troisième année l’arbre meurt, se dessèche et l’écorce tombe par plaques, laissant voir de nombreuses galeries de larves et de coléoptères.
- Plusieurs savants, qui ont étudié la maladie du peuplier, l’attribuent à un parasite appartenant au genre chytridinée, dont l’extension se fait par les zoospores qui, circulant dans l’eau des ruisseaux et des rivières, pénètrent çà et là dans les racines des peupliers plantés sur les rives.
- Je ne voudrais pas mettre trop en doute une semblable théorie ; cependant comment se fait-il que des peupliers, plantés sur un sol relativement sec et éloignés de tous cours d’eau, périssent exactement de la même manière?
- La remarque que j’ai faite, aussi bien sur,les peupliers des marais que sur ceux des prairies élevées, est qu’ils sont surtout atteints par des larves.
- Celles des petits coléoptères, telles que saper des et rhynchites, en ne s’attaquant qu’aux bourgeons, feuilles et rameaux, causent évidemment quelques perturbations dans la vie des peupliers, mais ce n’est rien en comparaison du mal produit par le Cossus et surtout par la Sésie Apiforme.
- Le Cossus, transformé vers le mois de juin en un papillon au vol lourd, restant appliqué le jour contre un tronc d’arbre et disparaissant pour ainsi dire en se confondant avec l’écorce, fait sa ponte et quelque temps après, les jeunes larves, pénétrant dans l’aubier, creusent en plein tronc des galeries en s’élevant vers les branches.
- 1 Yoy. n» 1357, du 27 mai 1899, p. 415.
- 4 Yoy. n» 1567, dû 5 août 1899, p. 154.
- 11 est à remarquer qu’après une nouvelle transformation, au bout de trois années, si l’arbre n’est pas envahi de nouveau, il peut se reprendre, ce qui arrive fréquemment et la preuve, c’est qu’en débitant leurs madriers et planches, les marchands de bois s’aperçoivent souvent d’empruntes de galeries, presque disparues, sauf dans les parties encombrées de sciure.
- A l’inverse du Cossus, la Sésie, également transformée en papillon vers le mois de juin, mais en papillon avec ailes transparentes, ressemblant plutôt à un gros frêlon, fait sa ponte à la même époque. Sa larve, attaquant la base du peuplier et pénétrant dans les racines, les creuse et amène promptement le dépérissement du sujet.
- L’une et l’autre de ces larves, au fur et à mesure de leur travail, rejettent au dehors les débris qui les encombrent, produisant au pied de l’arbre un petit tas de sciure, qui décéle leur présence.
- Cependant si l’ouverture <le la larve du Cossus placée à environ 0n\50 du sol est apparente, celle de la Sésie est pour ainsi dire invisible, de sorte que pendant 5 ans, cette dernière creuse et ronge les racines des peupliers et, lorsqu’elle fait son apparition pour se transformer en chrysalide, il est trop tard pour y apporter le moindre remède. N ’y aurait-il pas là un rapprochement à faire et constater simplement que la maladie indiquée plus haut est uniquement causée par la larve de la Sésie Apiforme?
- Depuis un an, ayant eu dans une plantation plusieurs arbres atteints par le Cossus, j’ai essayé de le combattre en employant de la naphtaline en bougie, introduite simplement dans le trou agrandi et recouverte de mastic ; ce procédé des plus simples m’a réussi et de jeunes arbres atteints ont été sauvés et poussent aujourd’hui vigoureusement.
- Il ne peut en être de même pour la larve de la Sésie, plus difficile à reconnaître; il faudrait donc s’en rapporter à divers moyens indiqués, et qui, en dehors de la chasse aux papillons, consistent à badigeonner au moment de la ponte, avec des huiles lourdes plus ou moins mélangées, le tronc des arbres à la hauteur de 1 mètre à lm,50, étant reconnu que ces papillons ne s’élèvent jamais plus haut. A. Aimé.
- Membre de la Société des Agriculteurs de France.
- LES
- ÉTRANGÈRES
- EXPOSITION DF, 1900
- Ces notes forcément sobres de détails sur les locomotives qui étaient exposées à Yincennes ne peuvent donner que des indications sur la fabrication et l’agencement des machines des réseaux étrangers. Non seulement les types exposés ne présentent pas toutes les ingénieuses combinaisons réalisées par les ingénieurs, pour des cas particuliers de traction, mais il est des nations qui se sont abstenues ou qui n’ont marqué leur place que par une seule machine. Tel est le cas pour les États-Unis dont une seule locomotive figurait à Yincennes, locomotive construite
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- LA NATURE.
- pour les chemins de fer de l’État français et dont nous avons donné la description dans un article précédent. 11 eût été intéressant cependant de voir figurer à côté des modèles européens les locomotives qui font le service sur les 500 000 km de voies ou peu s’en faut qui composent le réseau des chemins de fer des États-Unis.
- Angleterre. — La Compagnie du chemin de fer du « London and Northwestern » avait envoyé une locomotive à 4 cylindres et 4 roues couplées qui, gentille attention de nos voisins d’outre-Manche, est dénommée « La France » (fig. 1).
- Comme on le sait le réseau de la London and North Western établit des relations directes entre Londres et le pays de Galles, le pays de Shakespeare, les lacs anglais, l’Ecosse et l’Irlande. Il s’étend principalement dans le centre et le nord-ouest de l’Angleterre et dessert les villes industrielles de ces régions, son développement est de près de 4700 kilomètres.
- Outre son réseau terrestre, la Compagnie possède 16 bateaux à vapeur faisant le service de Ilolyhead à Dublin et Greenore.
- La locomotive « la France » a été construite dans les ateliers de Crewe suivant les données de M. F. W. Webb, ingénieur-mécanicien en chef du chemin de fer du London and North Western.
- Contrairement aux autres locomotives compound construites antérieurement par M. Webb « la France » possède 4 cylindres, deux .à haute pression et deux à basse pression. Ces 4 cylindres attaquent le même essieu qui • est accouplé à l’essieu porteur placé à l’arrière de la boîte à feu. Le diamètre des cylindres à haute pression est de 0m,58l et celui des cylindres à basse pression 0m,520. La course des pistons
- est de 0m,609. Tous les cylindres sont sur la même ligne, la haute pression à l’extérieur des longerons et la basse pression à l’intérieur. L’équilibre du
- mouvement a été obtenu en disposant la manivelle motrice correspondant à chacun des cylindres extérieurs à 180° de la manivelle motrice correspondant
- au cylindre intérieur du même côté de la machine. Les deux manivelles motrices des cylindres à basse pression, manivelles formées par les coudes de l’essieu moteur sont d’ailleurs calées, suivant un angle de 90° entre elles. Cependant, comme les pièces en mouvement de la distribution correspondant aux cylindres intérieurs sont d’un poids plus considérable que les pièces analogues correspondant aux cylindres extérieurs, on a dû recourir à l’emploi des contrepoids. Pour éviter le martelage sur les rails qui se produit lorsque les contrepoids sont placés sur la jante on a fait venir un rendement aux centres des roues. Cette disposition assure une allure très régulière même aux plus grandes vitesses.
- Les 4 tiroirs sont actionnés par deux mouvements de distribution, système Joy, la tige du tiroir de basse pression actionnant celle du tiroir de haute pression. Les roues motrices, accouplées, ont 2m,159 de diamètre et les roues du truc radial 1“,145.
- La chaudière comporte 225 tubes, et a une surface de chauffe totale de 128mVl64. Le timbre est de 14k,03.
- La surface de la grille est de lm2,904.
- Le poids en ordre de marche de la locomotive seule est de 55(,570. Celui du tender dans les mêmes conditions est de 27*,025. Il comporte une provision d’eau de 9 nU et possède un appareil de prise d’eau en marche.
- Une locomotive de ce type le « Iron Duke » a, le 8 juin 1899, remorqué un train spécial transportant de Londres à Crewe ejt retour les membres de l'Association des Ingénieurs civils allant visiter les ateliers de Crewe.
- Fiff. 1. — Chemin de fer London et North Western (Angleterre). Locomotive compound à quatre cylindres et à quatre roues couplées La France.
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- LA NATURE.
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- Le poids du train, non compris la machine et le tender, était de 545 tonnes.
- Le maximum de vitesse obtenu fut 114kn,,2.
- Fig. 3.
- Locomotive autrichienne.
- La plus forte rampe était de 14mm,2 par mètre.
- Chemin <le fer du Midland. — La Compagnie du chemin de fer du Midland exposait une locomotive pour trains rapides, construite aux ateliers de la Compagnie à Derby (fig. 2).
- Cette machine a réalisé 83km,76 à l’heure (vitesse moyenne de 5 jours d’expérience, arrêts compris sur un parcours total de 1.994km,8), avec une charge moyenne de 257 679 kg.
- Le train était éclairé à l'électricité, les essieux des voitures faisant fonctionner les dynamos.
- Voici les données principales de cette machine :
- Diamètre des roues motrices . . 2m,575
- — des roues porteuses. . lm,350
- — des roues du bogie. . lm,168
- Le diamètre des cylindres est de 0m,495 et la course des pistons 0m,660.
- La chaudière (228 tubes) a une surface de chauffe totale dô 115m2,058. La surface de grille est de 2mS,276.
- Autriche. — La Société de construction de Florisdorf, avait exposé une locomotive compoïind à grande vitesse pour les chemins de fer de l’État autrichien (fig. 5).
- Cette locomotive est du type mis en service en 1894 dont les dimensions principales ont été conservées si quelques modifications ont été apportées à divers organes.
- Le cylindre à haute pression a O"1,500 de diamètre et celui à basse pression 0m,760. La course des pistons est de 0m,680. Les roues motrices ont un diamètre de 2m,140 et les roues porteuses lm,035.
- L’écartement des essieux est de 7m,500. L’empattement total de la locomotive et du tender de 12m,994.
- La surface de chauffe totale est de 1411"2,8 et la surface de grille 5nl,00. La pression de la vapeur est de 15 atmosphères. Le poids de la machine en service est de 55l,7 et celui du tender de 38 tonnes.
- Cette locomotive peut remorquer des trains de 160 tonnes à la vitesse de 90 km à l’heure. Elle est munie du frein à vide automatique à simple effet, et d’un démarrage système Goldsdorf.
- Société a utricli ienne - hongroise privilégiée des chemins de fer de l'État. — Cette Société de construction avait exposé deux locomotives : une locomotive-express pour fortes rampes des chemins de fer de l’Etat autrichien et une locomotive-tender du chemin de fer métropolitain de Vienne.
- La locomotive-express n’offre au- , cune particularité, aussi donnerons-nous seulement les dimensions des principaux organes.
- Diamètre des roues motrices. . . lm,820
- — des roues porteuses. . . 1m, 034
- Empattement................. 8m,4(j0
- Diamètre des cylindres à haute
- pression.................... 0ra, 530
- — — à basse
- pression.................... 0m, 810
- Course des pistons........... 0m,720
- Diamètre de la chaudière . . . . lm,560.
- Epaisseur des tôles........... 0ra, 017
- Timbre.............................. 14 atmosph.
- Nombre des tubes....................275
- Diamètre extérieur des tubes. . . 0™ , 051
- Longueur des tubes............ 4m, 400
- Surface de chauffe totale .... 211m2,7
- Surface de grille............. 3m, 1
- Poids en service.................... 69 ‘, 8
- La locomotive tender, construite pour le chemin de
- Fig. 4.
- Locomotive ilatieime.
- fer métropolitain de Vienne, est du genre compound système Goldsdorf.
- Italie. — L’Italie était représentée à Vincennes par
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- LA NATURE.
- Une locomotive de la Société des chemins de 1er méridionaux, réseau Adriatique. Cette machine a été construite dans les ateliers de la Société italienne Ernesto Rreda. Ces usines occupent un vaste emplacement près de la gare centrale de Milan à laquelle elles sont reliées.
- La locomotive qui était exposée (lig. 4) est destinée à la traction des trains express et construite pour une vitesse de 100 km à l'heure. Elle est à deux essieux accouplés et bogie à 4 roues. Les cylindres sont à l’extérieur et le mécanisme de distribution à l’intérieur. La chaudière est timbrée à 14 kg. Elle est en tôle d’acier, le loyer est entièrement en cuivre. Les tubes sont du système Serve. La locomotive est munie du frein Westinghouse qui agit sur les roues motrices et accouplées et sur le tender. Le tender à trois essieux consiste en un char dont le .châssis est entièrement composé de fers profilés, sur lequel sont assurées deux soutes à eau de la capacité d’environ 1!2 mètres cubes. A. H.
- CHRONIQUE
- La houille à Tinccnnes. — On a annoncé un peu de tous cotés, que dans un sondage effectué à l’Annexe de Vincennes, pendant l’Exposition, une compagnie Américaine avait mis au jour, à une trentaine de mètres de profondeur, un gisement important de houille. La couche de combustible aurait 2 mètres d’épaisseur. De la houille sous Paris! Inutile de dire que la nouvelle lit du bruit. Est-il besoin d’ajouter qu’elle est controuvée? On a rencontré, pendant un sondage dont nous parlerons prochainement, une couche de lignite dans l’argile bleue. L’argile bleue s’appelle précisément « argile à lignite parce que souvent elle renferme des amas de ce combustible. On en a déjà rencontré à plusieurs reprises aux environs de Paris. Le lignite est plus pauvre en carbone que la bouille. Et l’exploitation très limitée ne serait pas rémunératrice. Voilà à quoi se réduit la découverte autour de laquelle certains journaux ont fait beaucoup de bruit. Pas plus qu’hier, nous ne possédons de dépôts houiüers sous Paris !
- Principe de Pascal. — Il existe beaucoup de manières d’énoncer le Principe de Pascal. Chaque auteur a la sienne plus ou moins claire et générale. Nous reproduisons un énoncé qui est courant dans les petits ou grands traités de physique. « Si l’on exerce une pression quelconque à la surface d’un liquide en équilibre, celte pression se transmet intégralement dans tous les sens à toute portion plane de-paroi égale à la surface pressée. » En voici encore une autre forme : « En liquide étant enfermé dans une enveloppe, toute pression que l’on exerce de l’extérieur sur un élément plan de sa surface se transmet intégralement à tout autre élément plan égal. »
- Nous trouvons dans un petit livre d’instruction élémen-1aire destiné aux jeunes tilles de treize à quatorze ans l’énoncé suivant du Principe de Pascal : « Quand on exerce une pression sur une masse liquide limitée, cette pression sc transmet, dans tous les sens avec une égale intensité sur des surfaces égales et avec une intensité proportionnelle aux surfaces, sur des surfaces inégales. )) Est-ce que tout cela vraiment est clair? Est-ce une ga-
- geure destinée à faire prendre la physique en grippe? Et on exige que tout cela soit appris par cœur! Hélas! Et aucun appareil pour aider l’enfant à comprendre ce langage compliqué. En Allemagne, en Suisse et ailleurs, les écoles primaires possèdent toutes un petit matériel rudimentaire de démonstration. On n’apprend pas par cœur là. Ne serait-il pas plus simple de dire tout simplement : « Si l’on exerce une pression sur un liquide enfermé dans un récipient, celle pression se transmet intégralement dans toute la masse et elle est proportionnelle à l’étendue de la surface pressée ». Et des exemples à l’appui aboutissant à la presse hydraulique.
- Rappelons à ce propos la définition qu’a donnée Biaise Pascal lui-même, et qui n’a que le tort de manquer de généralité : « Si un vaisseau plein d’eau, clos de toutes parts, a deux ouvertures dont l’une soit centuple de l’autre, en mettant à chacune un piston qui lui soit juste, un homme poussant le petit piston égalera la force de cent hommes qui pousseront celui qui est cent fois plus large et en surmontera quatre-vingt-dix-neuf. »
- Expériences de balistique. — Une série d’expériences intéressantes, dit Nature, sur les effets explosifs de la halle moderne de l’infanterie, ont été faites en Allemagne par Cranz et Koch. Ils se servaient d’un nouveau Mauser de 6 millimètres de calibre, ayant une vitesse de 100 mètres plus grande que celle du Modèle 88. Pour imiter l’effet sur les grands vaisseaux sanguins, tout en obtenant des conditions physiques simples, les expérimentateurs ont construit de petits cylindres d’étain remplis d’eau, fermés à l’un des bouts avec un ruban de caoutchouc et à l’autre avec un ruban de parchemin. Des électrodes étaient montées en avant ou en arrière des cylindres ou à l’intérieur, et l’étincelle de décharge produite par la balle était utilisée pour obtenir une photographie de sa silhouette aux dillérenls points de son parcours. Parmi les faits importants ainsi recueillis, il paraît que le corps frappé n’est pas déplacé par l’entrée de la balle. En quittant le corps, la balle emporte avec elle une petite partie de la surface postérieure, présentant une perforation ronde à travers laquelle passe la balle, a L’explosion » n’a lieu que quand la balle a quitté le corps. Après avoir discuté l’influence de l’évaporation, la rotation, les théories ondulatoires de l’explosion et les avoir écartées, les auteurs concluent que l’explosion apparente est due au transfert de l’énergie cinétique aux portions frappées en dernier lieu, qui sont ainsi séparées de celles rencontrées d’abord.
- Les courbes et les grandes vitesses sur les chemins de fer. — Un collaborateur de la publication Organ fiir die Fortsehritte des Eiscnbahnvesens vient de se livrer à une étude fort consciencieuse sur la circulation des trains dans les courbes, notamment pour ce qui est des convois à grande vitesse, et il arrive à des conclusions qui rompent fort sensiblement avec la pratique généralement suivie. Pour lui, si l’on veut atteindre sans danger des vitesses de 150 à 200 kilomètres à l’heure, il importe que le rayon soit respectivement de 2250 ou de 4000 mètres (ce qui est énorme et gênerait considérablement l’établissement des voies). Comme, d’autre pari, il faut recourir au dévers pour combattre la force centrifuge, il estime que, sous peine de nuire à la stabilité des véhicules forcés de s’arrêter dans une section en dévers, on ne doit pas exagérer celui-ci dans les voies existantes ni dans les voies de montagne, où les courbes de grand rayon sont impossibles, et il ne faut pas songer, par conséquent, à dépasser une allure de
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- LA NATURE'
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- ‘20 pour 100 supérieure aux vitesses actuellement pratiquées.
- Chargeur mécanique et foyer fuiiiivorc. —
- L'Engineering a donné récemment la description d’un appareil qui est d’abord chargeur et qui permet de réaliser un loyer fumivore. Le foyer comporte simplement une brasière, dont la partie supérieure est recouverte par des tuiles en fonte à section transversale en gradins. La construction présente donc une série de lignes étagées de fentes horizontales qui permettent l’admission de l’air injecté par les tuyères. A la partie inférieure de la brasière, dans l’axe longitudinal, se trouve un convoyeur à vis, mis en mouvement par un petit moteur à vapeur ou électrique placé extérieurement devant le foyer. A cette même place est fixée une trémie dans laquelle on verse le charbon, et celui-ci se trouve entraîné par le convoyeur. Les couches supérieures du combustible seules peuvent brûler, parce qu’elles sont en contact avec l’air. Les couches inférieures sont déplacées vers l’extrémité du foyer et se transforment peu à peu en coke, abandonnant leurs gaz, avant de brûler. Le cendrier est clos et alimenté par une soufflerie à air pour la combustion. Cet appareil, qui demande peu d’entretien, permet de brûler toutes sortes de charbons.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 5 décembre 1900. — Présidence de M. M. Lévy.
- M. le Président fait connaître que la nouvelle de la mort de M. le professeur Ollier, de Lyon, est parvenue lundi dernier, après la clôture de la séance publique. Il retrace les principaux toits de l’œuvre et de la carrière de M. Ollier, une des gloires de la Chirurgie française, et il se fait l’interprète des regrets que cette mort cause à l’Académie.
- Les produits rejetés par le Vésuve en 1900. — M. de Lapparent présente une Note de M. Matteucci relative à la dernière période d’activité explosive du Vésuve du printemps de 1900. Depuis 1895, le Vésuve était en activité constante mais tranquille. En septembre 1899, la lave s’arrêta et en avril suivant commençait une période d’activité explosive intense. Des blocs de lave étaient rejetés à 500 mètres. Le cube des matériaux rejetés sur les flancs du volcan peut être évalué à 1 /2 million de mètres cubes, et l’altitude du point extrême s’est accrue de 10 mètres, atteignant ainsi 1505 mètres. Au mois de mai, pendant un moment de calme relatif, M. Matteucci a pu photographier trois explosions; il a pu constater, en même temps qu’un dégagement de chlorhydrate d’ammoniaque, le rejet de scories revêtues d’azoture de fer, mais il faillit payer de sa vie son dévouement à la science. M. A. Gautier expose que, d’après des expériences qu’il est en train de poursuivre, les granits chauffés au rouge donnent de l’ammoniaque due à la décomposition des azotures par la vapeur d’eau provenant d’hydrates qui résistent au rouge sombre (mica et certaines roches siliceuses). De là la concomitance de l’ammoniaque et des azotures. M. A. Gautier ajoute que certaines roches contiennent de l’hydrogène en quantité très considérable. 11 a examiné un fragment d’ophite ramenée d’une profondeur de 50 mètres dans le sol à Villefranche, près de Bayonne, qui renferme onze fois son volume d’hydrogène libre. M. Berthelot objecte que peut-être cet hydrogène provient de la décomposition d’hydrure ferreux. La véri-
- fication sera faite. M. Eouqué ajoute à ce sujet qu’il y a des basaltes contenant du fer, mais que l’examen microscopique des préparations qu’on en peut faire ne permet pas de reconnaître si ce fer y est à l’état d’azoture. II y a également trouvé de l’hySrogène, mais en quantité si grande que surpris il ne s’est pas résolu à publier ses expériences. Cette quantité d’ailleurs, très inférieure à celle trouvée par M. A. Gautier dans le granit, n’est que de 1 volume au maximum.
- Une maladie des œillets. — M. Prilleux présente une Note de M. Delacroix sur un champignon parasite qui est la cause d’une maladie des œillets observée à Antibes. Ce champignon émet des spores à parois rondes et durables. Ces spores ne germent qu’après un repos de 50 jours et perdent le pouvoir de germer au bout d’un an. Ce sont ces spores durables qui infectent les plantes; une solution du formol du commerce au 1/500, à la dose de 12 litres par mètre carré, débarrasse le sol des spores. En suspendant au besoin les cultures d’œillet pendant une année, on peut espérer éteindre le foyer d’infection.
- Les sauterelles d'Amérique. —M. Kunckel d’Herculais, de l’etour d’une mission de deux ans dans la République Argentine où il est allé créer un laboratoire d’entomologie appliquée à l’Agriculture, décrit les sauterelles qui envahissent l’Amérique du Sud. Celles-ci sont congénères de celles qu’on rencontre en Algérie. Les unes et les autres appartiennent, en effet, au même genre. Les constatations faites au cours de voyages dans les provinces nord de la République Argentine et au Paraguay, ainsi que les recherches faites dans son laboratoire, lui permettent de démontrée que l’espèce américaine comme celles de l’ancien monde, parvenues à l’état adulte, subissent des changements de coloration suivant les saisons. La coloration rouge apparaît en hiver, la coloration jaunâtre en été, époque de la ponte. La coloration rose est celle qui caractérise les phénomènes d’hystolyse et d’hystogenèse de la métamorphose. La coloration grise survient en automne et précède la période de la deuxième ponte, période pendant laquelle elle revêtira la teinte jaunâtre. Ces observations ont permis de réduire le nombre de variétés fixées, la couleur étant un élément de différenciation.
- L'éclairage à l'aide des becs Auer et du pétrole. — M. Gréhant, professeur au Muséum, présente un Mémoire résumant diverses recherches comparatives sur certains appareils d’éclairage, au point de vue de l’oxyde de carbone émis. Les produits de la combustion ont à cet effet été analysés : 1° par le procédé physiologique, avec emploi du grisoumètre de Gréhant; ‘2U par le procédé chimique (emploi de l’acide iodique avec le perfectionnement de M. Nicloux). Trois becs Auer, alimentés de gaz d’éclairage, ont donné dans les produits de combustion mélangés à l’air entraîné 1/17 700 d’oxyde de carbone; trois lampes à pétrole 1/29 500 et sept bougies 1/57 500.
- Varia. — M. Stanislas Meunier adresse une Note intitulée Examen chimique d’une météorite tombée le 20 juin 1897. — M. Edmond Poirier présente une Note de M. l’hisalix sur le Iule terrestre. L’auteur a découvert que cet insecte élaborait un poison volatil énergique.
- Ch. de Villudeuil.
- P. S. — Dans le dernier compte rendu, paragraphe consacré aux basaltes d’Auvergne, au lieu de P. Guiraud lire J. Giraud.
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- LA NATURE.
- TÉLÉPHONE HAUT-PARLEUR
- SYSTÈME R. GAILLARD
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- On recherche depuis longtemps déjà un système de téléphone haut-parleur assez pratique pour pouvoir être utilisé dans l’industrie, et permettant de transmettre la parole sans que la personne appelée soit obligée d’appliquer un récepteur à ses oreilles.
- L’année dernière1, nous avons eu l’occasion de signaler les travaux de M. Germain à ce sujet. Il venait de construire un modèle spécial de téléphone qui était à l'essai au Ministère des postes et télégraphes, et nous avions pu rencontrer M. Germain dans son laboratoire de Fontenay-aux-Roses, où il nous avait donné toutes les explications utiles et où il nous avait été possible de faire quelques expériences avec l’appareil, notamment sur une ligne artificielle représentant la ligne de Paris à Londres. Plusieurs autres essais des plus intéressants étaient également entrepris, et M. Germain avait obtenu des résultats surprenants en remplaçant les microphones qu’il employait tout d’abord par des micro-té léphones.
- Depuis cette époque, nous n’avons plus eu de nouvelles de l’appareil Germain.
- Gette question d’un téléphone haut-parleur a cependant une grande importance au point de vue industriel. Nous devons reconnaître en effet que le téléphone ordinaire, qui a pourtant de nombreux avantages, présente néanmoins des inconvénients quand il s’agit d’une exploitation particulière. Prenons, par exemple, le cas d’une distribution téléphonique dans une usine, distribution que nous supposerons établie dans les conditions les meilleures. L’ingénieur, chef de service, désire parler avec un contremaître, un chef monteur, etc. 11 demande d’abord au bureau central téléphonique de l’usine de le mettre en communication av^c ce contremaître, avec ce chef monteur. En quelques secondes, la communication est établie, si ces derniers sont présents à leur poste. L’ingénieur réclame les renseignements qui lui sont nécessaires; souvent, au milieu du bruit, il ne peut entendre distinctement. Le contremaître distingue à
- 1 Voy. n° 1349, du 1er avril 1899, p. 273.
- peine ce qu’on lui demande, se trouvant dans l’atelier, où le marteau tape sur le fer, etc. Bref, après quelques minutes, on n’a {tu se comprendre suffisamment, et l’ingénieur est finalement obligé de dire au contremaître de monter à son bureau pour avoir des explications plus claires. Dans ces conditions, on conviendra que le téléphone d’usine ne remplit pas entièrement le but auquel il est destiné. Et ce fait se renouvelle tous les jours dans nombre d’installations.
- M. E. Ducretet a construit un téléphone haut-parleur, diî à M. Gaillard, et cet appareil permet d’éviter les inconvénients que nous signalions plus haut. 11 se compose de deux microphones, l’un destiné à la personne qui donne les ordres et que l’on décroche pour parler devant, et l’autre à grand pavillon transmettant à haute voix les ordres dans une salle. Ce premier appareil est destiné aux lignes de peu de longueur. 11 n’exige pas la présence de la personne au téléphone, ne nécessite aucune sonnerie. L’appel se fait directement à haute voix, et ajoutons que cet appel est très net. Toutes les paroles arrivent distinctement même au milieu du bruit. Pour parler, il est seulement nécessaire de s’approcher du téléphone. Chaque poste comprend un transmetteur devant lequel on parle et un récepteur qui répond à haute voix. On pressent combien dans ces conditions l’emploi du nouvel appareil évitera de pertes de temps. Les communications arriveront, de plus, directement à la personne visée, et l’on évitera les mises en communication souvent multiples, et parfois difficiles à obtenir.
- M. Gaillard, en créant ce haut-parleur, a eu aussi tn vue les applications diverses dans la marine, où bien souvent les ordres doivent être transmis directement, avec la plus grande rapidité, et où il serait impossible au marin interpellé d’abandonner son poste d’observation pour courir au téléphone.
- Le haut-parleur de M. Gaillard nous paraît donc susceptible de rendre des services multiples et de se substituer avec avantage au téléphone ordinaire dans un grand nombre de circonstances. J. L.
- Le Gérant : I*. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiuke, rue de Flcurus, 9.
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- N° 1458. — 15 DÉCEMBRE 1900.
- LA NATURE.
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- LE NOUVEAU MUSÉE NATIONAL SUISSE
- Le 25 juin 1898 a été solennellement ouvert à Zurich le nouveau « Musée national Suisse » fondé,^ sur la proposition de leu le professeur S. Vôgelin, pour la conservation et l’acijuisition des antiquités historiques, industrielles, scientifiques et artistiques de la Suisse, à l’instar de ce (pie l’Angleterre et l’Allemagne ont fait au South Kensington Muséum de Londres, au Johannæum de Dresde, an musée germanique de Nüremberg, au musée national de Munich, et de ce que Cluny et les collections ethno-
- graphiques du Trocadéro ne réalisent encore que partiellement pour la France.
- Parmi les salles et galeries, vastes, bien aménagées, pleinement éclairées, d’un immense bâtiment neuf spécialement construit pour cet objet, à. côté de la gare centrale de Zurich, dans le style d’un château du moyen âge (commencé le 29 avril 1895, voy.la lig. ci-dessous), MM. Angst (iull et Zemp ont installé sur un excellent plan d’ensemble, et avec tous les avantages d’un classement prévu de longue main, pour la grande joie des amateurs et l’utile instruction du public, des collections de toutes sortes qui peuvent rivaliser avec les plus intéressantes de l’Europe.
- Chronologiquement rangées depuis les temps les
- Le nouveau Musée national suisse à Zurich. (D'après une photographie tic l’auteur.)
- plus reculés jusqu’à nos jours, elles comprennent des richesses, des raretés et des curiosités dont une courte énumération fera comprendre l’intérêt considérable.
- Lé période paléolithique ouvre la série avec les trouvailles du Dr Nuesch au Schvveizersbild près Schaffhouse, les ossements de renne avec dessins gravés de Thayngen, etc.; le néolithique est représenté par les reconstitutions des célèbres « pala-littes )) des habitations lacustres de Zurich, Auver-nier, etc., et par les objets et ustensiles recueillis entre les débris de leurs pilotis.
- Les fibules et les épées en fer de l’âge de la Tène, les sépultures des nécropoles du Tessin (analogues à celles de Rologne) servent de transition avec l’époque romaine, qui a fourni entre autres 2!)" année. — 1er semestre.
- les bijoux d’or de Lunnern et la villa de Dlàl'likon.
- Allemands, Rurgondes et Lombards ont laissé d’importants objets de l’art barbare. Mais c’est dans le moyen âge et la Renaissance, avec leurs plafonds peints sur bois, leurs vitraux du treizième au seizième siècle, leurs boiseries sculptées, leurs magnifiques poêles en faïence, leurs fragments parfois considérables de monastères, castels et maisons particulières, et leurs restitutions authentiques d'appartements entiers (privés ou publics), que nous trouvons les plus caractéristiques et précieuses manifestations de l’art et des mœurs suisses de jadis. Ainsi la chambre de la maison « Zum Loch » à Zurich remonte à l’an 1506, celle des Dominicains d’Œtenbach date de 1521, la salle de la maison Destalozzi à Chiavenna est de 1585, etc., etc.
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- LA NATURE.
- toutes ces reconstitutions établies à l’aide des objets d’ameublement ou portions de décorations patiemment recueillis et retrouvés, nous font pénétrer, ainsi qu’aux trois grands musées d’Allemagne, ou à la maison Plan tin d’Anvers, au plus intime de souvenirs historiques vieux de plusieurs siècles. On conçoit qu’ils parlent bien mieux à l’esprit et impressionnent plus vivement la mémoire, que la simple juxtaposition, même la plus rationnelle, de meubles ou bibelots réunis sans autre connexité (pie la communauté d’àge ou la similitude d’usage : dans la chambre à coucher du château de Wig-gen (1582), dans la salle du Seidenhof de Zurich ( 1020), etc., on s’attend à voir les anciens hâtes ou propriétaires surgir de quelqu'une des portes pour vaquer à leurs journalières occupations. A coté des lavabos en faïence sont suspendus les essuie-mains brodés du temps! Sur les dressoirs, vaisselle et couverts attendent l’heure des repas auxquels ils servaient il y a trois cents ans ! Et tous les détails sont à l’avenant.
- Et que dire des sculptures en pierre ou bois, bas-reliefs, statues et retables, chefs-d’œuvre d'art, témoins de naïfs usages populaires, tel ce Christ monté sur un fine « à roulettes » pour figurer, dans quelque procession, l’entrée à Jérusalem le jour des Rameaux.
- Puis ce sont les traîneaux de course du dix-septième siècle, les pompes à incendie du dix-huitième siècle, les cercueils spéciaux aux pestiférés, les sanglants instruments de torture, honte de la conscience humaine, etc.
- Dans le Trésor, spécialement clos de solides portes en fer, l’orfèvrerie civile et religieuse offre des merveilles de ciselure, la coupe du réformateur Zwin-gle, etc.
- Comme à Nüremberg, une pharmacie du dix-huitième siècle montre sa collection bizarre de fioles et bocaux avec inventaire du dix-septième au dix-neuvième siècle. 11 faut aller jusqu’à liaguse, en Ral-matie, pour retrouver, encore en usage actuel, quelque chose d’aussi original.
- Les dames surtout se plairont dans la salle d’Ar-bon avec ses tapis et broderies de laine et autres des quinzième et seizième siècles.
- Notant seulement les séries de la céramique nous finissons l’énumération par les admirables « costumes », citadins et montagnards, dont on ne voit plus en Suisse que de trop rares échantillons (bijoux de Berne, d’Appenzell, etc.) et par la « salle des armes » : ici depuis les drapeaux bourguignons pris à Morat en 1476 jusqu’aux uniformes portés par les « Suisses » de Louis XVI, de Naples et du Pape, tout rappelle les qualités guerrières du vaillant petit peuple, dont les autres parties du musée mettent si bien en valeur les éminents mérites et les incontestables talents. Le musée national de Zurich est, pour les étrangers en Suisse, une nouvelle et grande attraction. E.-A. Martel.
- LA OISTIUBUTIUN
- DE L'ÉNERGIE ÉLECTRIQUE À PARIS
- LE SECTEUR DE LA PLACE CLICHY
- Il est intéressant de suivre la marche des secteurs de distribution d’énergie électrique à Paris. On sait, en effet, que ces secteurs ont une concession de dix-huit années seulement et qu’ils sont soumis à des charges de toutes sortes. On doit se demander à quels résultats on peut arriver dans des conditions aussi défavorables. Vous venons précisément de recevoir le compte rendu de P Assemblée annuelle du secteur de la place Clichy. Les chiffres que nous lui empruntons pourront fixer les idées à cet égard.
- Au 50 juin 1900, la puissance totale installée était environ de 8500 kilowatts, représentée au total par 276 051 lampes à incandescence de 10 bougies consommant 3 watts par bougie en moyenne. Lors de la fin de la première année d’exploitation, le 50 juin 1891, la puissance totale était de 285 kilowatts, représentée par 9517 lampes à incandescence de 10 bougies.
- En 1900 la puissance de 8500 kw se répartit de la façon suivante: Eclairage commercial 250,1 kw(78 700 1. de 10 bougies), éclairage domestique 4799,58 kw (159 986 1. de 10 bougies), force motrice 895,8 kw, chauffage 699,9 kw, éclairage public 117,270 kw (5909 1. de 10 bougies), automobiles 55,890 kw.
- Le capital, de 5 millions à l’origine, a été successivement porté à 15 millions. Ce capital est représenté exactement par les dépenses de l’usine, du réseau, des appareils d’éclairage public, des branchements, des compteurs, etc. ; il en résulte une immobilisation de 58 francs par lampe.
- Dès l’année 1891-1892, le personnel participe aux bénéfices, et le taux de participation s’est élevé de 8 à 15 pour 100 sur les salaires touchés en 1898-1899.
- Au 50 juin 1900, le réseau s’étendait sur une longueur totale de 94,949 km et comportait une longueur de câbles de 559,044 km.
- Le nombre des branchements extérieurs était de 2582, le nombre des colonnes montantes de 1295, le nombre des branchements intérieurs simples de 1222 et le nombre des branchements intérieurs sur colonnes montantes de 4851.
- Les compteurs étaient au nombre de 5710. Mentionnons en passant que le compteur Aron watts-heure-mètre employé par la Société du secteur de Clichy est un compteur que nous avons eu l’occasion d’examiner à plusieurs reprises et qui fonctionne en donnant toute satisfaction.
- Le nombre des ascenseurs a été de 594, dont 191 électriques, 66 mixtes hydroélectriques et 157 mixtes par compensateurs. Le chauffage électrique s’est également beaucoup développé; la charge des automobiles va devenir bientôt aussi une utilisation de jour importante pour les stations centrales.
- Le nombre des abonnés en service était de 5630 au 50 juin. Sans insister sur les renseignements financiers, nous ferons remarquer toutefois que les dépenses totales d’exploitation ordinaires et extraordinaires se sont élevées à la somme de 1 422 742fr,85; les recettes de l’exploitation ont été de 5 852 875fr,80 soit une moyenne de 11 fr,92 par lampe installée. N’oublions pas de dire que la Société du secteur de Clichy a pris une part importante dans l’établissement de l’usine Le Triphasé et est devenue un client de celle-ci pour la transmission de l’énergie électrique d’Asnières à la rue des Dames à Paris.
- La Société, à la suite de la oi des accidents du 9 avril 1898 entrée en vigueur le 1er juillet 1899, a contracté des assurances et a eu une dépense de
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- LA NATURE.
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- 19 500 francs environ dont 18 000 francs payés aux compagnies d’assurances et 1500 francs versés aux blessés.
- Le produit net de l’exploitation a donc été de - ioO 130fr,05 qui a été employé à payer à la Ville de Paris une participation de 102 <>29fr,8() et à faire face aux intérêts, amortissements, dividendes, etc.
- Les résultats ne laissent pas que d’être satisfaisants, ils sont dus sans conteste à la prudence et à l’habileté de la direction de cette grande entreprise.
- L’usine est toujours entretenue dans d’excellentes conditions, le fonctionnement ne laisse rien à désirer. La canalisation extérieure en câbles sous plomb et armés est toujours dans un état d’isolement qu’il est difficile d’apprécier, tant il est élevé. Les canalisations intérieures sont visitées minutieusement, mesurées, et inspectées dans toutes leurs parties.
- Tels sont les résultats d’une exploitation bien menée. Aussi permettent-ils de prévoir ceux que l’on pourrait obtenir si le cahier des charges était tout autre. Les applications grandiraient considérablement. On est obligé do vendre l’hectowatts-heure 0fr,15, prix trop élevé. C’est que la durée de concession de dix-huit ans ne permet pas aujourd’hui de livrer l’énergie électrique à un prix inférieur. L’importance de l’amortissement est, en effet, liée à la durée de la concession.
- Cette importante question de la prolongation des concessions des sociétés électriques de Paris doit bientôt être -_étudiée à nouveau par le Conseil municipal. Sa décision exercera la plus grande influence sur le développement de l’industrie électrique. Nous espérons bien qu’elle sera favorable. Si, en effet, les concessions sont suffisamment prolongées, si on les porte comme ailleurs à tivnte ou quarante ans, tout le monde y gagnera, les tarifs s’abaisseront et l’industrie électrique pourra prendre comme à l’étranger un nouvel essor. N’est-ce pas partout la même loi écônomique : baisse des prix, accroissement des applications. J. L.
- CONQUÊTE DANS LA PHYSIQUE SOLAIRE
- Pendant bien des siècles et longtemps même après P invention du télescope, les astronomes avaient pensé que le Soleil était un globe sphérique nettement limité par une couche brillante. Cette enveloppe appelée « photosphère », qu’on croyait solide ou liquide, était-elle entourée comme les planètes d’une atmosphère de densité appréciable ? C’est ce que l’on ignorait entièrement; d’autant que les observations solaires sont fort difficiles : il faut toujours avoir soin de se servir d’un verre à teinte neutre. Avec un pareil écran, allez donc deviner la présence d’une enveloppe atmosphérique ! Il faudrait arriver à cacher le disque solaire tout simplement et empêcher en même temps l’illumination de l’air qui nous entoure.
- Ces deux conditions, irréalisables à notre gré, se trouvent cependant réunies pendant les éclipses totales. Ce sont précisément ces phénomènes qui conduisirent à la découverte de l’atmosphère du Soleil et à celle des laits dont elle est le théâtre.
- Il serait passionnant de retracer les phases de la Physique solaire se développant lentement à mesure que s’accumulent les observations d’éclipses. Nous ne pouvons qu’en marquer ici les étapes principales.
- L’observation la plus ancienne sur les phénomènes accompagnant une éclipse de soleil remonte à 1259. U y est fait mention en termes vagues de ce que nous appelons couronne et protubérances. La science en resta là jusqu’en 1755. A cette époque, Wasse-nius observa nettement des protubérances roses aux formes changeantes. Leur étude se continua dans les éclipses suivantes. Mais, en raison de l’impossibilité d’observer ces phénomènes en dehors d’une éclipse totale, il aurait fallu bien des siècles pour arriver à connaître la structure de la chromosphère, où ont lieu ces gigantesques éruptions gazeuses. Et, cependant, de la solution de ce problème dépendait la réponse à une foule de questions solaires.
- Les choses en étaient là, lorsque M. Janssen, pendant l’éclipse totale de 1868, apprit au monde savant comment on pouvait observer les protubérances et la chromosphère, à chaque heure du jour, au moyen du spectroscope. Dès ce moment les éclipses perdirent un peu de leur importance et les progrès dans la science du Soleil s’accentuèrent chaque année.
- Mais la chromosphère n’est pas la seule enveloppe entourant l’astre du jour. Une atmosphère plus raréfiée encore surmonte cette couche rose et s'étend fort loin : c’est la couronne. Dans la dernière éclipse, visible en Espagne, un des points dii programme était de préciser la limite de cette fameuse couronne. L’œil nu, en ce cas particulier, est plus sensible que la plaque photographique. Nos dessins ont montré qu’elle s’étendait,, ce jour-là, au moins jusqu’à la position apparente de Mercure, c’est-à-dire à trois fois et demie le diamètre du Soleil. Voilà un milieu qui, par sa grandeur, n’est pas négligeable. On sait en effet aujourd’hui que les aigrettes coro-nales, attribuées tout d’abord à une illumination de notre atmosphère, font décidément partie intégrante du Soleil. La couronne change suivant les époques d’activité solaire et les observations d’éclipses ont même permis de formuler quelques lois à cet égard. Nous avons pu expliquer tout au long, il y‘a quelques mois, dans notre ouvrage, « le Problème solaire », l’importance de la couronne au point de vue de la condensation de la matière à la surface du Soleil, et le sujet n’est qu’effleuré, faute de renseignements. Il faudrait pouvoir en tout temps étudier la couronne comme on le fait pour les protubérances. Un se passerait des éclipses et la science avancerait.
- On a bien fait des essais photographiques en se transportant à de grandes altitudes, après avoir eu soin de cacher le disque solaire par un écran ; mais on échoua piteusement. 11 fallait donc recourir.ià d’autres moyens. „
- Or, les rayons lumineux ne sont pas les seuls que nous envoient le Soleil et la couronne. L’échelle du spectre s’étend bien au delà des limites de notre vision et les rayons infra-rouges purement calorifiques ne pourraient-ils rien nous révéler? Évidemment si, pourvu qu’on trouvât le moyen de les enregistrer.
- Telle était la conclusion à laquelle M. Deslandres était arrivé dès 1894. A cette date, la recherche des
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- raies spectrales dans la région infra-ronge n’offrait déjà pins de difficultés depuis qu’on pouvait étudier les rayons calorifiques, — invisibles par conséquent, — au moyen du liolomètre, pile thermo-électrique d’une extrême sensibilité.
- Dès 1894 on pouvait donc espérer arriver par cette méthode à un résultat satisfaisant. 11 s’agissait d’explorer les différentes parties du ciel voisines du Soleil, à l’aide d’une Innette munie d’un bolomètre, et de noter les déviations correspondantes. Réunissant ensuite les points d’égale déviation par une même courbe, on devait obtenir la topographie, pour ainsi parler, de la plage calorifique entourant le Soleil. Théoriquement, le moyen paraissait d’une grande simplicité ; pratiquement les difficultés parurent insurmontables.
- En 1895, M. Haie essaya sans succès. De son coté, M. Deslandres multiplia les expériences. L’éclipse de 1900, tout en confirmant les vues de certains astronomes, ainsi que les nôtres sur les formes coro-nales, vint orienter les recherches'bolométriques et leur donner un sérieux point d’appui. Dès son retour en France,
- M. Deslandres se remettait à l’œuvre. Le succès vient de couronner ses efforts, et des observations récentes nous prouvent que la méthode imaginée par cejeune et brillant astronome dès 1894, aura bientôt une application pratique.
- Qu’on nous permette de citer une seule observation, celle du 5 octobre, par exemple :
- Déviation au l’oie. Déviation à l'Equateur.
- Nord . . 22,2 Est. . . 28,0
- Sud. . . 25,8 Ouest. . 28,8
- Les mesures ont été effectuées, à quelques minutes du bord, premièrement dans la direction des pôles du Soleil, deuxièmement à droite et à gauche de l'astre sur le plan équatorial. « Or, constamment à
- toutes les heures de la journée, la somme des déviations mesurées sur l’équateur solaire a été trouvée supérieure à la somme correspondante de la ligne des pôles. Cette différence a été rapportée à la couronne qui a actuellement la forme spéciale au minimum des taches et est plus intense à l’équateur qu’aux pôles1 ».
- 11 est intéressant de mettre en parallèle avec ces paroles de M. Deslandres, celles qui terminaient un
- article de M. llic-co, directeur de l’observatoire de Catane, écrit en décembre 1897.
- « Le problème si important de l’étude des variations de l’activité solaire par l’observation continue des changements de la couronne, qui jusqu’à ce jour n’ont pu être constatés qu’au moment des éclipses totales et d’une manière sommaire, est encore loin d’être résolu; nous n’entrevoyons même pas la consolante perspective d’une solution prochaine2 ». En science, il ne faut douter de rien. Cette consolante perspective, nous l’entrevoyons déjà; et les résultats obtenus nous font bien
- augurer des expériences entreprises à l’aide d’instruments moins grossiers et plus précis.
- Disons en terminant qu’il nous a plu de rapprocher dans un même article ces deux découvertes qui permettent d’observer à loisir et les protubérances solaires et les formes coronales ; d’autant que les auteurs de ces méthodes nouvelles, MM. Janssen et Deslandres, sont réunis en ce moment à l’Observatoire d’astronomie physique de Meudon. C’est une double gloire pour la science et pour notre amour-propre national. L’abbé Th. Moreux.
- Membre du Conseil de la Sociélé Astronomique de France.
- 1 Comptes rendus de VAcadémie des sciences, 17 octobre 1900, |». 000. IN'ote de M. Deslandres.
- 2 Bulletin de la Société belge d’astronomie, février 1898,
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- LE PUIS ARTÉSIEN DU BOIS DE YINCENNES
- A environ 600 mètres au-dessous de la ville de Paris se trouve une nappe d’eau très abondante dont l’équilibre statique s’établit à plusieurs mètres au-dessus du sol.
- C’est la source des deux puits artésiens de Grenelle et de Passy qui contribuent à l’alimentation de notre capitale.
- Ces deux puits faisaient partie d’un programme qui fut arrêté vers 1850 et qui en prévoyait deux autres, l’un à la Chapelle, l’autre à la Butte aux Cailles; mais jusqu’à ces dernières années les procédés de forage employés étaient très défectueux, coûtaient fort cher et les travaux étaient excessivement longs. C’est ainsi qu’il fallut neuf années de persévérants efforts pour forer le puits de Grenelle et plus de six ans pour celui de Passy.
- Quant à celui de La Chapelle, les résultats obtenus étaient si déplorables qu’on a dû renoncer à son achèvement.
- Enfin le puits artésien de la Butte aux Cailles repris en 1892 sous la direction de M. Arrault, après une interruption de vingt ans, n’est pas encore terminé bien que les travaux coûtent chaque année à la ville de Paris une cinquantaine de mille francs. On voit donc que malgré l’expérience acquise et la connaissance du sol l’exécution des puits artésiens présente de telles difficultés et entraîne de si grosses dépenses que la plupart des villes ont dû jusqu’à présent renoncer à ce moyen d’alimentation. Aussi est-il du plus haut intérêt de signaler le travail remarquable qui vient
- d’être exécuté à l’annexe de l’Exposition, dans le bois de Yincennes, par une société américaine qui a
- voulu mettre en évidence les procédés de forage employés aux États-Unis pour la recherche du pétrole à des pro-fondeurs que l’outillage ordinaire ne permettait pas d’atteindre. L’application de ces procédés et de l’outillage qui les caractérise au creusement des puits artésiens est bien de nature à fixer l’attention des plus prévenus et des plus réfractaires à l’usage des puits forés en supprimant les principales causes de leur opposition, c’est-à-dire le
- temps d’exécution et le prix des travaux de forage.
- La compagnie dont il s’agit, ayant une connaissance pratique approfondie des sondages, a obtenu de l’Administration de l’Exposition, l’autorisation de montrer la valeur de ses procédés et de son outillage par la rapidité et la sécurité avec laquelle il lui était possible d’atteindre la nappe alimentant les puits artésiens de Paris. À cet effet,
- ' elle entreprit dans sa concession, située à côté de la galerie des machines-outils américaines et non loin du nouveau vélodrome municipal, l’éxécution d’un puits artésien dont la profondeur actuelle atteint 590 mètres.
- L’installation tout à fait rustique ne laissa pas que d’intriguer bon nombre de visiteurs qui croyaient trouver là la reproduction d’une machine antique et ne se doutaient guère du tour de force qui s’exécu-
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- LA NATURE.
- tait sous leurs yeux. Il est vrai que le procédé de l'orage employé date d’une époque fort éloignée. Pour creuser les puits dont ils avaient besoin, les Egyptiens se servaient, parait-il, d'une corde à laquelle était attaché un outil de forage. Or c’est précisément ce moyen amélioré et complété par un outillage perfectionné que les Américains utilisent pour rechercher, à des profondeurs dépassant souvent 2000 mètres, les terrains pétrolifères.
- La simplicité rustique de l’installation contribue pour une large part à la réussite de l’entreprise. L’appareil dont la majeure partie est en bois brut, convient particulièrement pour l’exécution d’un travail qui doit être de courte durée et s’exécuter dans un lieu éloigné des villes, c’est-à-dire isolé par la distance d’un centre industriel. En effet, un accident vient-il à se produire à une pièce de la machine le bois voisin fournira l’arbre devant servir à la fabrication sur le chantier même de la nouvelle pièce.
- Voyons comment fonctionnait l’appareil exposé à Yincennes et dont la figure 1 représente une vue d’ensemble. A l’extrémité d’une corde qui s’enroule sur le tambour d’un treuil actionné par un moteur à pétrole est suspendu un outil dit « Trépan » qu’on laisse choir d’une certaine hauteur sur le sol à forer. L’action de cette masse se manifeste par la pulvérisation plus ou moins rapide du sol sur lequel elle tombe, suivant la dureté de celui-ci. Cette chute répétée plusieurs fois par minute permet grâce à la puissance exceptionnelle des outils employés, de percer les roches les plus dures à quelque profondeur qu’elles soient placées dans le sol. C’est ainsi qu’après une période de travail de moins de deux mois, l’outil de forage travaillait à Yincennes à 590 mètres de profondeur dans les sables verts de la première nappe jaillissante à deux ou trois mètres de la nappe d'eau elle-même. On a même dû suspendre les travaux pour éviter les accidents qu’auraient pu causer les premiers jets. Néanmoins on peut considérer l’œuvre comme terminée ; et il est absolument merveilleux que l’on ait pu obtenir un tel résultat en si peu de temps étant donné que les puits artésiens de Paris ne dépassent guère cette profondeur et qu’il a fallu des années pour les creuser. A l’époque de leur exécution on ne connaissait que les moyens compliqués qui faisaient des travaux de forage plus qu’une industrie, presque une science appliquée par un nombre restreint d’audacieux. Espérons donc que la leçon pratique que nous olfre gratuitement le Nouveau Monde ne sera pas stérile, car nous pourrons par l’application des procédés employés poursuivre désormais avec plus de rapidité nos recherches minières et nous pourvoir en eau potable dans les réservoirs souterrains que la nature a mis à notre disposition.
- Maintenant que l’Exposition a fermé ses portes, la Compagnie Américaine offre de faire l’abandon à la Ville de Paris du travail qu’elle a exécuté. Le puits creusé pourra, paraît-il, fournir environ 5 à 6000
- mètres cubes d’eau par jour. C’est donc une occasion d’augmenter sensiblement et dans des conditions fort avantageuses la dotation en eau de la Ville et ce serait faire injure à nos édiles que de les croire capables de ne pas profiter d’une pareille aubaine alors que plusieurs centaines de mille francs ont été employés au forage du puits de la Butte aux Cailles (pii n’est pas encore terminé depuis huit ans que les travaux ont été repris. Geoiiges Cave.
- LES EAUX A PARIS
- On parle un peu trop à tort et à travers du Service des Eaux. Il n’est donc pas superflu de préciser à cet égard l’état des choses. Voici quelques renseignements officiels sur la distribution des eaux dans la capitale.
- La distribution d’eau a pour base la division absolue en deux services distincts, l’un pour la voie publique, l’industrie, les cours, les écuries, les jardins; l’autre pour les habitations ; à ce dernier, dénommé service privé, ont été attribuées les eaux de source captées au loin, amenées par des aqueducs fermés dans des réservoirs couverts et conduites, sans voir le jour, jusqu’au robinet du consommateur. Le service public est alimenté par la Seine et la Marne, le canal de l’Ourcq et les anciennes dérivations (Arcueil, Pré-Saint-Gervais), et par les puits artésiens.
- Les eaux de source affectées au service privé sont amenées à Paris par les quatre aqueducs de la Dhuis, de la Vanne, de l’Avre, du Loing et du Lunain. Les deux premiers remontent à 1866 et 1874; celui de l’Avre est en service depuis mars 1893; quant au quatrième, il ne fonctionne que depuis mai 1900.
- La Dhuis est une source tributaire du Surmelin, près de Château-Thierry ; elle émerge à l’altitude de 128 mètres et arrive, au N.-E. de Paris, au réservoir de Ménilmon-tant, après un parcours dé 151 kilomètres; elle fournit normalement 20 000 mètres cubes et sa dérivation a coûté 18 millions de francs. Les sources de la Vanne, disséminées entre Sens et Troyes, fournissent 120 000 mètres cubes, par jour, elles sont amenées par un aqueduc de 173 kilomètres au réservoir de Montseuris; la dépense a été de 43 millions.
- L’aqueduc de l’Avre amène chaque jour, sur les hauteurs de Saint-Cloud, 100 000 mètres cubes d’eau empruntés tant à la source du Breuil dans la vallée de l’Avre, qu’aux sources de la Vigne, petit affluent de ce cours d’eau; l’aqueduc mesure 105 kilomètres, il a coûté 55 millions. L’aqueduc du Loing et du Lunain amène, provisoirement au réservoir de Montsouris, un volume quotidien de 50 000 mètres cubes empruntés à des sources basses de la vallée du Loing, près de Nemours, et du Lunain dont les eaux sont relevées par une usine. 11 a coûté 24 millions environ.
- Lorsque, au moment des grandes chaleurs, la consommation s’élève brusquement — par suite du gaspillage qu’on fait alors de l’eau fraîche, — il arrive que l’approvisionnement d’eau de source se trouve momentanément en déficit; depuis 1897, on pare à ces défaillances au moyen d’eau de rivière épurée par filtration lente sur un lit de sable fin. Une première série de bassins filtrants a été établie à l’usine de Saint-Maur, pour traiter 25 à 30 000 mètres cubes d’eau de Marne par jour; en 1899, une autre série de bassins filtrants, avec filtres dégrossis-seurs Puech, a été installée à Ivry pour traiter par jour 3500 mètres cubes d’eau de Seine. Une usine spéciale
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- est en construction sur ce point et ries conduites vierges, absolument réservées à l’eau filtrée, ne tarderont pas à relier les établissements de Saint-Maur et d’Ivry à la canalisation du service privé dans Paris.
- Le service public, est assuré dans tout le centre de Paris par les 150 000 mètres cubes d’eau qu’amène chaque jour du bassin de la Yillette le canal de 107 kilomètres de longueur dérivé de la rivière d’Ourcq. Dans les quartiers situés à une altitude moyenne, le service est fait par l’eau de Seine que fournissent trois groupes de réservoirs disposés au Sud et reliés entre eux par un réseau unique de conduites; ces trois groupes sont alimentés par une série d’usines dont la plus importante, celle d’Ivry, peut élever 130 000 mètres cubes d’eau par jour, et dont l’ensemble peut fournir 330 000 mètres cubes d’eau par vingt-quatre heures. Dans les quartiers liants, c’est l’eau puisée en Marne par la grande usine de Saint-Maur qui alimente le service public. Cette usine peut élever 100 000 mètres cubes par jour qui sont recueillis dans les bassins inférieurs de Ménilmontant établis au-dessous du grand réservoir de la Dhuis. Enfin l’eau de Marne ne pouvant atteindre les hauteurs de Montmartre, des Buttes-Chaumont et de Belleville, des usines de relais assurent ce service.
- Les puits artésiens ne fournissent à la distribution qu’un appoint peu important, sauf celui de I’assy dont le débit total (4 à 5000 mètres cubes) constitue l’alimentation des lacs du Bois de Boulogne.
- Le développement énorme du service public donne lieu, à certaines heures, à un abaissement brusque et général de la pression dans les conduites du service public, ce qui a obligé à desservir en eau du service privé les usages qui réclament une permanence absolue de la pression, comme les ascenseurs hydrauliques et les 0000 bouches d’incendie pour pompes à vapeur.
- La vente de Peau est confiée par un traité, qui remonte à 1860 et doit durer jusqu’en 1910, à la Compagnie générale des Eaux, chargée de la régie intéressée. L’eau de source est tarifée 35 centimes le mètre cube, sauf le cas où elle est employée pour la production de force motrice, où ce prix est porté à 60 centimes. Poiir les emplois industriels desservis en eau de rivière à la pression variable de la canalisation du service public, le tarif est progressivement décroissant; le prix s’abaisse à mesure que le volume augmente, partant de 60 francs par an pour 1000 litres par jour, soit 16 centimes environ le mètre cube, pour descendre par échelon jusqu’à 7 centimes environ.
- A la suite d’une recrudescence des cas de fièvre typhoïde, dans ces derniers temps, une commission avait été chargée de s’assurer de la composition et de la pureté de chacune des eaux de sources distribuées à Paris ; d’étudier la façon dont elles sont captées et amenées à Paris; d’examiner enfin quelles mesures il convenait de prendre pour éviter leur contamination.
- C’est le résultat de ces études que M. Duclaux, directeur de l’Institut Pasteur, a condensé dans le rapport très documenté qu’il a fait connaître à ses collègues, MM. Adolphe Carnot, de l’École des mines; Cornil, de l’Académie de médecine ; Riche, de l’École de pharmacie ; le Dr Roux, Schlœsing et Jamet, les directeurs de la préfecture, les chimistes de l’observatoire de Montsouris.
- M. Duclaux a déclaré d’abord que, si l’on ne voulait donner à la population que des eaux entièrement, chimiquement pures, ce serait une tâche impossible. L’absolu n’existe pas. Ceci admis, on doit reconnaître que les eaux captées pour l’alimentation de Paris, la Vanne, l’Avre, la
- Dhuis, le Loing, sont aussi pures et aussi bonnes qu’on peut le désirer.
- Mais il va de soi qu’après ce choix excellent des différentes sources des précautions minutieuses doivent être prises pour écarter de leurs eaux toutes les causes possibles de contamination, soit à la source mémo, soit sur le parcours des aqueducs. Diverses mesures ont été, dans ce but, proposées à la commission, qui en a retenu et adopté un certain nombre. Nous citons les principales : 1° Révision des forages des sources, — sauf en ce qui concerne le Loing, où le captage a été fait suivant les méthodes les plus récentes, et avec toutes les précautions désirables ; 2° Etablissement d’une zone de protection des sources (la surface protégée sera, dans certains cas, de plus de 100 km2), sur laquelle ‘une surveillance médicale rigoureuse sera exercée par les médecins de service des épidémies. Dès qu’un cas de fièvre typhoïde sera signalé dans cette zone (la fièvre typhoïde est, dit M. Duclaux, la seule maladie qu’on puisse craindre du fait de l’adductipn des eaux de source), des mesures spéciales de désinfection seront prises à l’égard de chaque malade; 3° Mesures de précautions générales : désinfection des eaux de lavoirs, pavage des ruisseaux communaux situés sur la zone de protection, etc., afin que les eaiîx contaminées ne puissent, en s’infiltrant à travers les terres, venir se mêler aux eaux captées.
- Toutes ces mesures, qu’on va appliquer pour les sources déjà captées, devraient être prises, dès le début, en cas d’adductions nouvelles.
- La commission, après s’être ainsi prononcée en ce qui concerne les eaux de source, a décidé ensuite de mettre a son ordre du jour l’étude du mélange des eaux de sources entre elles, ou de leur mélange avec les eaux de rivière filtrées. Diverses critiques ont été formulées récemment à propos de cesmélanges qu’on a prétendu dangereux. Mais comme jusqu’à présent aucune étude sérieuse, officielle, n’a établi que ces mélanges étaient à craindre, et qu’on a constaté, au contraire, que dans les seuls quartiers où un mélange (d’eau de Dhuis et d’eau filtrée) a été distribué, la fièvre typhoïde a été moins fréquente que dans les autres, la commission a été d’avis qu’il n’v avait pas lieu, pour le moment du moins, de suspendre ces mélanges.
- La commission s’est occupée également de l’adduction des eaux du Val d’Orléans. Mais ce projet a été provisoirement écarté à cause de la qualité des eaux du Val d’Orléans et la commission a inscrit en première ligne l’étude du captage des eaux de nombreuses nappes souterraines situées dans ce qu’on appelle les sables verts du Soissonnais. P. M.
- Dans un fort intéressant article1, M. J. de Loverdo décrivait les ravages exercés sur les chevaux, bœufs et chiens du Sud-Africain par la piqûre de la mouche tsétsé. La maladie delà tsétsé, presque toujours mortelle, décime à tel point les espèces animales précitées, que, faute d’attelages, les voyages d’exploration et les transports deviennent parfois impossibles dans certaines régions (Zoulouland, bassin du fleuve Zambèze).
- La piqûre de la tsétsé n’est dangereuse que parce que l’insecte inocule aux animaux un parasite spé-
- 1 Voy. n° 1372, du 9 septembre 1899, p. 235.
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- Fig. 1. — Cheval dourine,
- mi'alysé de l'arrière-train.
- cial 'du genre « Trypanosoma » qui pullule rapidement dans leur sang et en altère profondément la constitution. La tsétsé prélève le germe en aspirant le sang d’un animal déjà malade et le transporte sur un animal sain, jouant ainsi le rôle d’un intermédiaire animé.
- Le genre « Trypanosoma » (Infusoires Euflagellés) comprend plusieurs espèces, toutes vivant dans les humeurs ou le sang de divers animaux. Mais tandis que les unes ne produisent chez les poules (Égypte) ou lés rats (Calcutta, Londres) aucun trouble, trois autres fournissent les agents d’affections redoutables : la maladie de la tsétsé ou nangana du Zoulouland, le surra qui sévit sur les chevaux des Indes, la dourine en Algérie et dans l’Afrique du Nord.
- Les deux premières espèces sont connues depuis quelques années. Celle qui cause la dourine n’a été identifiée qu’en 1899, à la suite de nos travaux que confirmait récemment l’Académie de Médecine (Rapport de M. le Pr Nocard, 51 juillet 1900).
- La dourine atteint en Algérie les chevaux et les
- Fig. 4. — Chien dourine.
- Anes, mais elle peut être inoculée aux chiens, lapins et souris qui, dans les conditions ordinaires de leur vie, en sont indemnes. O’issue ordinairement fatale, la dourine se traduit par une faiblesse et un amaigrissement progressifs, l’apparition sous la peau de tumeurs passagères dites « plaques » et des paralysies. Sa durée est de deux à six mois. Le symptôme le plus remarquable, tout à fait spécial à la dourine, est constitué par les « plaques », saillantes sous le poil et dont on ne saurait mieux se faire une idée qu’en supposant qu’à leur niveau on ait glissé des pièces de cinq francs sous la peau : la tuméfaction ainsi produite donnerait l’aspect de la plaque.
- Le Trypanosome de la dourine, comme ses congénères du nangana et du surra, a la forme d’une an-guillule aplatie, transparente, à extrémité antérieure terminée par une sorte de bec, à extrémité postérieure effilée en une queue extrêmement fine. Sur l’un des côtés du corps règne une membrane mobile, offrant de nombreuses plicatures. L’animalcule est doué de mouvements très vifs auxquels participent à la fois son corps, sa membrane et sa queue. Sa
- longueur est de 25 à 50 millièmes de millimètre sur 2 à 5 millièmes de millimètre de largeur. A un fort grossissement, on distingue une sphérule brillante à sa partie antérieure et, au milieu du corps, une masse' ovale, réfringente, mais moins nette que la sphérule.
- Ce parasite attaque de son bec les globules sanguins et les détruit. Il pullule avec une rapidité effrayante, un Trypanosome adulte pouvant, en quelques heures, donner naissance à vingt individus jeunes par une simple division de son corps transformé en une masse globuleuse.
- Par contre, les Trypanosomes sont des êtres fragiles, vivant au maximum pendant vingt-quatre heures en dehors du sang. On ne peut les cultiver comme les microbes. Une fois adaptés à la vie parasitaire sur une espèce animale, ils sont très particularistes et se développent difficilement chez une autre. Enfin, fait très important en l’espèce, ils sont inoffensifs pour l’homme. l)r G. Schneider, M. Rüffard,
- Médecin aide-major de 1" classe, Vétérinaire en second
- Chef du laboratoire de bactériologie de l'Armée.
- Hôpital militaire d’Oran.
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- CHAMPIGNONS CURIEUX
- I/automne va finir; nous touchons à l’hiver. Les botanistes et les simples amateurs de Heurs sont dans le marasme. Plus de petits brins de plantes à mettre
- en collection, plus la moindre fleurette pour orner sa boutonnière. Heureusement, la nature, fatiguée de son grand travail estival, a encore la force de pro-
- I. Langue-de-bœuf. — 2. Clavaire dorée. — 3. Clavaire pilon. — 4. Lycoperdon à pierreries. — o. Hydnr, eoralloïde. — 6. Craterelle corne d’abondance. — 7. Cyathe soyeux. — 8. Tulostorne. — 9. Sclérodenne vulgaire. — 10. llydne hérisson. — 11. C.éastre hygrométrique. — 12. Clathre grillagé. — 13. Phallc impudique. — 14. Tremelle mésentérique. — 15. Pezize orangée. — 16. Pezize vésiculeuse.
- duire quelques végétaux aux formes bizarres et qui nous sembleraient encore bien plus étranges si nous n’avions pas l’habitude de les voir si souvent : ce sont les champignons, à la fois si intéressants et si difficiles à étudier, et dont un très grand nombre
- constituent un mets délicat. Mon intention, dans cet article, n’est pas de donner uu aperçu même sommaire des espèces que l'on peut récolter en automne, une centaine de pages n’y suffirait pas. Je voudrais» simplement montrer — chose que le grand
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- public ignore généralement — que nombre de champignons s’éloignent beaucoup de la forme classique qu’on leur connaît, c’est-à-dire un pied cylindrique surmonté d’un chapeau, forme qui se trouve notamment dans les Agarics et les Bolets.
- Parmi ces champignons « curieux », je vous présenterai d’abord la Fistuline hépatique, plus connue sous les noms de Langue-de-bœuf ou encore de Foie-de-bœuf. Sur les troncs vermoulus des chênes déjà âgés, notamment dans les crevasses qu’ils présentent à la base, vous rencontrerez très souvent des masses rougeâtres ressemblant assez bien à des galettes de foie de veau. Si ces masses sont jeunes, elles sont plus arrondies et leur surface est ornée d'une fine peluche tout à fait analogue à celle de la surface de la langue. Si vous coupez cette masse en long, vous v verrez des sortes de fibres musculaires qui viennent s’étaler en pinceau jusqu’à la surface et l'ensemble simule à s’y méprendre la coupe d’une langue, telle qu’on la voit dans les traités d’anatomie. Sectionné en travers, la même masse montre des marbrures rouge clair et rouge foncé : mais c’est une langue de bœuf fourrée ! ne manque-t-on pas de s’écrier. I)e fait, parmi les « analogies » que présente la nature, je n’en connais pas de plus réussie. Plus âgé, le champignon ressemble d’avantage à un morceau de foie, dont il a la mollesse, d’ailleurs, la couleur et un peu le « gluant ». Jeune ou vieille, la langue-de-bœuf est comestible; à ce point de vue, je ne saurais trop la recommander, car elle présente l’avantage considérable de ne pouvoir être confondue avec aucun autre champignon vénéneux. On la coupe en tranche et on enlève la partie externe, notamment les petits tubes où se produisent les spores. On peut la manger crue, et elle a alors une saveur aigrelette, mais il vaut mieux faire cuire les morceaux dans de la graisse ou les ajouter à un plat de lapin ou de poulet, auquel il donne presque aussi bon goût que le champignon de couche. A Florence, on vendait la langue-de-bœuf au siècle dernier; en France, on ne la trouve pas sur les marchés et c’est un tort, suivant moi.
- Une autre production qui ne ressemble guère aux champignons, — groupe auquel cependant ils appartiennent, — ce sont de petits arbuscules charnus, dont la base est renflée et dont les branches bi ou trifusquées s’élèvent verticalement. 11 y en a de violacées et de jaunes. Presque toutes sont comestibles et constituent même un mets apprécié que l’on vend sur nombre de marchés. A Fontainebleau, à Rourbonne-les-Rains, à Bourges, à Fpinal, on vend la Clavaire jaune, connue sous les noms vulgaires de Balai, Barbe de chèvre, Bouchibarbo, Buisson, Erpetta de terra, Fspignette, Galinol, Gallinetta, Gasparina, Gauteline, Mainotte, Manetos grogas, Manetos fîouridos, Menotte, Pied-de-coq, Poule, Richetta, Richetta roussa, Sponga d’erpetta, Tripette. La Clavaire à pointes pourpres — ce nom donne bien sa caractéristique — est très appréciée sur les marchés de Nice, de Montpellier,
- de Bourbonne-les-Bains, de Fontainebleau, d’Fpinal et de Bourges; les sujets jeunes sont particulièrement à recommander.
- D’autres Clavaires sont pou ramifiées, ou ne le sont même pas du tout. Ainsi la Clavaire pilon a la forme d’une massue de 4 centimètres de hauteur et la Clavaire fusiforme est un long cylindre aminci à ses deux extrémités.
- Cette forme en massue se retrouve chez la Crate-relle en massue qui, jeune, a la forme d’une toupie, et, plus tard, se creuse et se découpe sur les bords; on la trouve dans les sapinières des montagnes et elle peut atteindre jusqu’à 20 centimètres de diamètre. Une autre espèce du même genre, la Craterelle corne d’abondance, comestible comme elle, a un aspect encore plus étrange et que son nom explique suffisamment; ceffe forme singulière a toujours frappé l’esprit des paysans qui l’appellent la « trompette des morts ».
- Dans la famille des Lycoperdacés, on trouve une série de formes plus étranges les unes que les autres. Ce sont les Cyathes qui ressemblent à de petits creusets contenant de minuscules masses ovoïdes figurant des bonbons dans une bonbonnière, les Tulostomes qui ont un pied et une petite tête arrondie percée d'un orifice au sommet, les Géastres, boules ayant deux enveloppes, dont l’externe se fend à la maturité et s’étale en étoile à la surface du sol, enfin les Scléro-dermes et les Lycoperdons. Ces deux genres affectent la forme d’une sphère ou d’une massue et ne diffèrent qu’en ce que les premiers ont la peau épaisse et des racines nombreuses, tandis que les secondes ont une peau fine et un système radiculaire insignifiant. Les Lycoperdons ou vesses-de-loup sont très connus partout ; jeunes :ls sont formés à l’intérieur d’une masse blanche comestible. A sa maturité, cette masse spongieuse se change en une poussière de spores, analogue, comme aspect, à la poudre à punaises.
- Mais le plus singulier des champignons est certainement le Clathre grillagé qui a la forme d’une boule ajourée, d’un réseau du rouge le plus vif séparé par des espaces vaguement losangiques. A la base du champignon, il y a un étui qui est le reste d’une enveloppe entourant l’individu quand il est jeune. « C’est, dit Bâillon, un poison narcotique, et l’on croit encore, dans les campagnes des Landes, que son contact donne des cancers. Son odeur de charo-.gne attire les mouches en foule. On pense qu’il est dangereux de demeurer quelque temps dans une chambre où séjourne ce champignon. Ayman rapporte qu’une femme qui en avait mangé un fragment, éprouva une tension hypogastrique douloureuse et fut prise de violentes convulsions, puis qu’elle perdit la parole et demeura assoupie pendant-plus de cinquante-deux heures. Elle ne guérit qu’au bout de quelques mois. Les paysans cachent ce champignon sous des tas de feuilles mortes, afin que personne ne le touche et ne s’expose ainsi à contracter la « gale ». Il y a sans doute beaucoup
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- d’exagération dans tous ces récits et l’odeur repoussante de cette espèce fait (pie personne n’est tenté de l'essayer comme aliment. » Ce Clathre est cependant fort joli et donne vaguement l'impression de la délicatesse d’un polypier. On le trouve dans le Midi, notamment dans les bois secs et les lieux stériles. Citons encore comme champignons curieux — mais sans nous y arrêter — le Phalle vulgaire, qui ressemble à une grosse asperge ; les Tremelles dont les circonvolutions rappellent celles du cerveau ; les Auriculaires (pie l’on prend au premier abord pour une masse de gelée; l’IIydne coralloïde, que l’on ne saurait mieux comparer qu'à un chou-fleur, très rameux, blanc, et aux rameaux garnis de longs aiguillons pendants; l’IIydne hérisson, sorte de grosse masse tuberculeuse, jaune ocracé, portant des aiguillons blancs, puis jaunâtres, longs et pendant comme des cheveux, et les Pezizes, excellents comestibles, formant de vastes coupes aux brillantes couleurs jaunes ou rouges. Vous voyez qu’on peut encore bien herboriser en automne et en hiver!
- IIf.xiu CouriiX.
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- SUCRE ÉLECTROLYTIQUE
- M. Dupont a fait connaître aa Congrès de chimie, réuni à l’occasion de l’Exposition, les résultats de ses recherches sur l’extraction par électrolyse des différents sucres. L’électrolyseur consiste en une cuve en bois divisée en trois compartiments par des cloisons poreuses faites en papier parchemin, porcelaine d’amiante, etc. Les électrodes sont constituées par des plaques métalliques variables selon le but à atteindre (platine, argent platiné, aluminium, plomb, zinc). On emploie un courant de 15 volts et d’une densité de 25 à 50 ampères par mètre carré d’anode.
- Pour recueillir le sucre de betteraves ou de cannes, on met le jus sucré dans le compartiment du milieu et de l’eau dans les compartiments extrêmes. Sous l’influence du courant les matières albuminoïdes du juâ se coagulent et se précipitent ; les sels sont décomposés. Le jus devient clair, limpide, incolore; il ne renferme plus que du sucre et quelques traces de matières organiques, plus de la chaux, de la magnésie; par sucre il faut entendre tous les sucres. Il n’v a pas osmose à travers les cloisons. Dans les compartiments extrêmes s’acccumulent la potasse, la soude, l’ammoniaque.
- Il est possible que le procédé étudié par M. Dupont puisse être applicable à l’industrie. L’avenir nous renseignera à cet égard. Mais en tout cas, il est déjà très avantageux comme moyen d’analyse. Il permet en effet de rechercher rapidement, d’isoler et de doser les différents sucres qui peuvent exister dans un grand nombre de végétaux. Flambe.
- LE MIROGRÀPHE •
- Il faudrait un volume pour exposer toutes les solutions qui ont été proposées pour obtenir l’entraînement, avec arrêts périodiques, d’une bande de cinématographe. Nous avons eu déjà ici l’occasion de décrire quelques-uns des dispositifs les plus
- ingénieux, mais aucun, croyons-nous, n’est plus simple que celui du « mirographe » de MM. Reulos et Goudeau. Le mécanisme entraîneur se compose d’un disque B (fig. 1) portant à sa circonférence un rebord G qui lui est perpendiculaire, l’aspect est en somme celui d’un couvercle de boîte ; ce disque est traversé en son centre par un axe horizontal, qui permet de lui donner au moyen d’une manivelle M un mouvement de rotation. Le rebord G présente une particularité importante, c’est qu'il n’est pas complètement circulaire : tous ses points sont à égale distance de l’axe sur les trois quarts de la circonférence, mais ensuite ils s’en rapprochent de plus en plus. Il résulte de cette disposition que les deux bouts ne se rejoignent pas mais se trouvent, sur le même diamètre, à 0m,01 l’un de l’autre (fig. 2). C’est là ce qui constitue le principe de l’entraînement et de l’arrêt de la pellicule ; celle-ci n’est pas perforée, mais elle porte des crans de 0m,001 de côté situés sur chaque bord à la hauteur de la ligne de séparation des images. C’est dans ces crans (ceux de l’un ou l’autre côté de la bande) que vient s’engager le rebord C du disque entraîneur; d’après ce que nous avons dit plus haut à son sujet il est évident que la pellicule restera immobile tant que le cran sera en prise avec la partie circulaire; mais quand arrivera la partie excentrée il y aura entraînement d’une quantité égale au dé-centrement, c’est-à-dire 0m,01; c’est la largeur de l’image. Cette quantité une fois entraînée, le cran échappe à l’extrémité excentrée, mais l’autre extrémité s’engage aussitôt dans le cran suivant et, comme le disque continue à tourner, les choses se renouvellent ainsi indéfiniment, jusqu’à ce que toute la bande ait été entraînée.
- Le mouvement de rotation n’est pas donné directement au disque B, la manivelle agit sur une roue dentée de grand diamètre (fig. 2) qui commande deux pignons : l’un, inférieur, est calé sur l’axe du disque B; l’autre, supérieur, porte l’obturateur. Celui-ci A (fig. 2) est formé simplement d’un tube cylindrique dont on a enlevé îfne partie suivant deux génératrices situées en face l’une de l’autre ; il est placé horizontalement (fig. 1) contre la fenêtre F derrière laquelle passe la pellicule. Dans sa révolution il présente alternativement la partie pleine et la partie vide ; c’est une sorte de robinet par lequel la lumière passe par intermittence ; il est clair qu’on a donné aux pignons des dimensions telles que la partie vide de l’obturateur se présente en face de la fenêtre pendant la position d’arrêt de la pellicule.
- Ce mécanisme, qui n’a pas plus de 0m,14 de haut sur 0m,10 de long et 0m,06 de large, est monté sur une platine métallique qui se glisse dans différents appareils suivant qu’il s’agit de prendre un cliché, de regarder l’image directement, ou de la projeter très agrandie.
- Le dispositif qui sert à prendre les clichés se compose d’une boîte pouvant fermer hermétiquement (fig. 2); sur l’une des parois est fixé l’objectif
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- à hauteur et distance convenables pour que l’image nette se forme sur la fenêtre F oîi passe la bande; l’obturateur se trouve naturellement entre l'objectif et la bande. La pellicule sensible qui a G mètres de long et 0m,02 de large se place dans une boîte E qui se fixe à la partie supérieure; deux fentes en
- Fig. 1. —-Le Mirogrnphe. Mécanisme d'entraînement et d’obturation.
- regard laissent passer l’extrémité de la pellicule qu’on engage dans le mécanisme entraîneur, et ensuite sur l’axe d’une bobine portée par une seconde boite R, qu’on fixe au bas de l'appareil. Une petite transmission souple réunit cette dernière bobine au mécanisme entraîneur et facilite l’enroulement de la partie impressionnée.
- Pour le tirage des positifs on se sert de la même disposition avec cette différence qu’on fait passer en même temps, l’un contre l’autre, le cliché et une bande vierge.
- Si on veut examiner une bande positive sans être obligé de faire une projection on retire le mécanisme de l’appareil photographique et on le place dans le miroscope : c’est une boîte en bois sur laquelle est montée une disposition optique qui ramène le rayon visuel en face de la fenêtre F. La bande enroulée à la partie supérieure se déroule en faisant passer les images légèrement grossies sous les yeux de l’observateur.
- Pour la projection, on dispose le mécanisme devant le condensateur d’une lanterne ordinaire et, de l’autre coté, sur une monture disposée à cet effet, on place un objectif à grande ouverture. On a eu soin aussi d’enlever l’obturateur qui a servi à la prise des images pour le remplacer par un autre
- beaucoup plus ouvert. Cette opération se fait très facilement, l’obturateur étant monté à baïonnette sur la platine qui le supporte.
- Par suite de la grande ouverture de cet obturateur, l'image se trouve éclairée pendant un temps relativement très long et, dans ces conditions, on obtient une image de 1 mètre de coté, très suffisamment lumineuse, avec une lampe à pétrole à quatre mèches, du modèle ordinaire des lanternes à projection. Si on prend la lumière oxydrique, ou même la lumière électrique, on peut arriver à des dimensions beaucoup plus grandes. Dans tous les cas, l’image obtenue est très fixe et ne danse pas sur l’écran comme cela arrive avec certains appareils mal construits ou dont le mécanisme entraîneur est mal compris.
- Le mirographe est essentiellement un appareil pour amateur, on a cherché partout à éviter les complications; en général, la dimension de 1 mètre de côté est très suffisante pour des spectateurs placés dans une pièce de 6 ou 7 mètres de long. On pourra donc le plus souvent employer la lampe à pétrole ; il faudra seulement avoir soin de projeter par transparence soit sur un verre dépoli, soit, ce qui est mieux et moins coûteux du reste, sur du papier à calquer : on trouve facilement dans le commerce du
- Fig. 2. — Le Mirographe. Disposé pour prendre une photographie.
- papier de cette sorte en lm,20 et même lm,50 de large et en longueur indéfinie. Cette ressource de pouvoir faire des projections animées avec la lumière du pétrole, est un des principaux éléments de succès de cet appareil. G. Mareschal.
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- LE FEU QUI CII VTIE ET LE FEU QUI GUÉRIT
- Dans la séance du 10 avril de l’Académie de médecine, M. le 1)' de Lapersonne, de Lille, a lait connaître un procédé de traitement radical des in-llammations généralisées du globe oculaire.
- La description tient en quelques lignes. Mais, en vérité, celles-ci suffiraient à donner le frisson, si l’on ne savait qu’elles sont écrites par un ophtalmologiste des mieux avisés et que les résultats obtenus par ce dernier ont mérité la haute approbation de l’Académie de médecine :
- Qu’on en juge :
- «... M. de Lapersonne lend la cornée en quatre...
- il introduit dans la cavité le large couteau du thermocautère, chauffé au rouge, qu’il promène circulai-rement de façon à carboniser, après extraction du cristallin, tout le vitré devenu purulent, ainsi que la rétine et la choroïde. Cela fait, il porte une dernière fois la pointe du couteau contre le disque optique; après quoi, il injecte à plusieurs reprises dans la coque sclérale vide une solution aqueuse de sublimé et de cyanure de mercure. Le pansement consiste à y insuffler de la poudre d’iodolbrme... etc. »
- N’est-ce pas tout simplement terrifiant1/ Et ne semble-t-il qu’on relise un récit des pires tortures
- Peinture Jan Hess, d’après fresque Holbein le Jeune, à l'hètel de ville J de Baie.
- inventées par le plus féroce paganisme ou les sauvages les plus barbares? Aux criminels, jadis, on crevait les yeux avec des fers rougis au feu, pour y verser ensuite du plomb fondu ou de la poix bouillante. Aujourd’hui, on fend un œil en quatre, on y plonge le fer rouge d’un thermocautère, on y injecte de redoutables poisons, du sublimé, du cyanure de mercure, le tout saupoudré d’iodoforme!...
- Ne dirait-on pas qu’en se modernisant, le supplice n’a fait que gagner en raffinement d’horreur?
- Empressons-nous d’ajouter que maintenant celte apparente torture est subie en quelques minutes sous le sommeil chloroformique, que le patient n’en éprouve ni appréhension ni douleur, et qu’ainsi on arrive à sauver de la contagion sympathique le second œil, toujours dangereusement menacé.
- Car, « à partir du moment de l’opération, tout accident douloureux ou fébrile cesse, ainsi que le gonflement panophtalmique, sans qu’on ait à enregistrer la moindre complication ultérieure.... » Rien plus, dans neuf opérations ainsi pratiquées, jamais l’autre œil n’a été menacé, et jamais la cicatrisation ne s’est montrée plus parfaite.
- L’Académie a donc eu raison en félicitant M. de Lapersonne d’avoir accommodé au goût du jour, un supplice tombé en désuétude et de l’avoir rendu non seulement indolore, mais bienfaisant.
- Cette récente communication m'a rappelé le souvenir d’une peinture conservée au musée de Râle et qui tendrait à démontrer que les procédés de carbonisation de l’œil remontent déjà à un âge assez reculé.
- La peinture en question est une copie par Jérome
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- LA NATURE.
- Hess, d’une fresque qui décorait autrefois la salle du Grand Conseil dans l’hôtel de ville de Râle. L'original fut point dans les premières années du seizième siècle, vers 15*20, par llans Holbein le Jeune.
- Le sujet, emprunté à l’histoire grecque, rappelle un Irait mémorable de la vie de Zaleucus, législateur des Locriens, qui vécut vers l’an 700 avant notre ère.
- Zaleucus avait ordonné que les époux convaincus d'infidélité fussent privés de la vue. Or, il advint que son propre (ils fut; déclaré coupable, de ce crime. L’austère vieillard n'hésita pas à lui appliquer sa terrible loi. Mais les magistrats, d’accord avec le peuple, vinrent le supplier de faire grâce : Zaleucus se montra d’abord inflexible. Cependant, devant leur insistance, il consentit un sacrifice à son amour paternel : il s’offrit à partager le supplice du criminel et permit que son fils fut privé d’un seul œil, à la condition que lui-même perdrait un de ses yeux.
- Tel est le dramatique épisode dont s'inspira Holbein le Jeune pour symboliser le respect des lois, et il n’hésita pas à représenter l’exécution de cette farouche sentence.
- Mais, soit pour atténuer l’horreur de ce double supplice, soit pour se conformer à une tradition, Holbein a armé les bourreaux d’instruments qu’on ne s’attendait guère à voir utiliser en pareille occurrence : ce sont des lentilles de verre, de véritables loupes, enchâssées et emmanchées. Ainsi, un œil de chacun des malheureux condamnés est brûlé par les rayons solaires concentrés au foyer de l’instrument.
- Je ne sais si cette application justicière des lois de l’optique était de pratique fréquente. Du moins avait-elle sur les autres modes de supplices oculaires des avantages que la communication de M. deLaper-sonne vient de bien mettre en évidence : la cautérisation solaire pouvait éviter de graves complications. Par malheur, le chloroforme n’étant pas connu, elle ne devait pas s’effectuer sans douleur....
- On peut se demander si l’emploi de lentilles de verre au temps de Zaleucus ne constitue pas un fâcheux anachronisme. Ceci n’eut d’ailleurs pas arrêté Holbein qui ne s’attachait guère à l’exactitude historique des costumes et des accessoires. Cependant la haute antiquité de la loupe semble très vraisemblable. Elle aurait été connue des Egyptiens, et on affirme avoir trouvé dans les ruines de Ninive des lentilles en cristal de roche. Les Vestales se servaient, dit-on, de verres convexes pour ranimer le feu sacré. Aristophane, 500 ans avant Jésus-Christ,, parle de l’effet comburant produit par les rayons du soleil recueillis sur un globe de verre. On prétend même que certains médecins cautérisaient les plaies avec des lentilles taillées dans du cristal de roche1.
- De là, sans doute, l’idée du peintre Holbein, qui voulut en outre rehausser la grandeur du supplice en donnant [tour armes aux exécuteurs le feu même du soleil.
- Un physicien ne manquerait pas de faire encore
- 1 D'après la très intéressante étude du D1 i’.-E. l.aunois sur les origines du microscope.
- une critique à la peinture du musée de Râle à propos de la position des deux lentilles par rapport aux rayons lumineux. Mais ce serait chicaner à plaisir une œuvre d’art qui ne vise pas à la précision scientifique.
- Il faut savoir gré à Holbein d’avoir choisi ce mode d’exécution, de préférence à l’horrible supplice que devait nous montrer, un siècle plus tard, Jan de Rray, sur un tableau conservé à l’hôtel de ville de Haarlem, et inspiré par le même sujet. Là, l’horrible besogne des bourreaux armés de couteaux est vraiment trop répugnante à voir. La scène y perd toute noblesse et toute grandeur.
- Enfin, grâce au peintre de Râle, nous savons que cinq siècles avant nous, la thermocautérisatam de l’œil n’était pas inconnue ; — soit dit sans vouloir diminuer le moins du monde les mérites delà récente application que vient d’en faire M. de Lapersonne.
- Nul ne peut regretter que la loupe des bourreaux Locriens soit tombée dans l’oubli, surtout si son emploi était réservé à la destruction des yeux sains. Mais il n’est pas sans intérêt de relever l’ancienneté de la cautérisation ignée du globe oculaire.
- IL Henry Mima:.
- CHRONIQUE
- Les pompes toupies de Vl'aalwjk. — (jet appareil, de création toute récente, et dont le nom allemand est effectivement Kreiselpumpe, a été imaginé par M. Fr. Neukirch, de Brème; et il est remarquable autant par le faible emplacement qu’il occupe que par les résultats qu’il assure. L’installation en question se trouve à Waalwyk, en Hollande, sur l’embouchure de la Meuse; comme celles de même nature qui existent déjà en Allemagne, elle est destinée à l’épuisement de terrains endigués, et la pompe, qui est installée sous le bâtiment des machines, avec un axe vertical prolongeant celui du moteur, est capable d’élever à la seconde plus de 4 mètres cubes d’eau à une hauteur de 1"’, 12. La consommation de vapeur par heure et par cheval en eau ressort à 19 kilogrammes.
- L’application du compoundage aux locomotives à marchandises. — D’une façon générale, la plupart des compagnies de chemins de fer ne sont favorables aux locomotives compound pour la traction des trains de marchandises que sur les voies à profil facile. Mais voici que les compagnies américaines « Northern Pacific Railwav » et « Great Northern Raihvav » viennent de faire des expériences, qu’on semble considérer comme concluantes, et d’où il résulterait que les machines compound peuvent, à égalité de poids, développer sans patinage dans les lignes de montagne, un effort de traction plus considérable que les machines à simple expansion, ou si l’on veut, elles donnent la possibilité de réduire la dépense totale de combustible pour un effort de traction déterminé.
- La hauteur tics nuages. — G’est une question qui n’est pas encore tranchée et qui ne peut être définitivement élucidée qu’à la suite de nombreuses observations permettant un calcul suffisamment exact de moyennes. Notre confrère Nature, de Londres, vient de donner une série de chiffres déduits de photographies prises dans deux
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- LA N AT U HE.
- stations voisines d’Kxeter. ün a trouvé ainsi comme hauteur moyenne des cirrus 10‘200 mètres; pour les cirro-cumulus 8001 mètres, pour les cumulus de 5000 à 1001 mètres, suivant qu’on examine leur sommet ou, au contraire, leur hase; pour les cumulo-stratus 2200 mètres. De plus, on a constaté, ce qui est non moins intéressant, que les nuages s’élèvent depuis midi pour atteindre leur maximum vers trois heures et s’abaisser ensuite; ce sont les orages qui amènent les nuages à leur plus grande hauteur, tandis que les cyclones les abaissent.
- La nouvelle station électrique du City and South London Itnîhvay. — Nous avons signalé en son temps l’extension du chemin de fer électrique souterrain de Londres dit (( City and South London Itailvvay ». Pour répondre à ce développement, il a fallu naturellement construire une nouvelle usine productrice de courant qui a même complètement remplacé l’ancienne. KIle mesure il) mètres de long sur un peu plus de 27, et on a réservé un espace disponible pour en doubler la puissance; les machines, situées tout à côté des chaudières, sont d’une part trois machines Willaus à grande vitesse, commandant respectivement par accouplement direct une génératrice de 125 kilowatts et deux de 500; puis deux machines Corliss eompound à condensation, actionnant deux autres génératrices de 800 kilowatts. Les chaudières sont au nombre de neuf, du type Davev-Paxman, évaporant 5600 mètres cubes par heure et timbrées à 11,2 kilogrammes.
- Un Institut Pasteur à Kasanli. — On écrit de Simla que depuis qu'un Institut Pasteur a été ouvert à kasanli, sous la direction du major Semple, 62 malades ont été admis. Le traitement a réussi dans tous les cas bien que plusieurs malades eussent été mordus à la figure par des chiens et des chacals. Sept officiers anglais, vingt-cinq soldats et douze Européens, civilians, ont suivi le traitement. Les autres malades étaient indigènes.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 10 décembre 1000. — Présidence de M. M. I.i:w.
- La distribution de la faune terrestre. — M. Giard présente une Note de M. Koehler relative à la distribution des espèces animales à la surface de la terre. On avait admis un système de bipolarité animale en vertu duquel les mêmes espèces coexistaient aux pôles géographiques. De l’examen des animaux marins recueillis par l’expédition polaire australe belge, l’auteur conclut que la bipolarité n’existe pas. Mais il y a, avant d’atteindre la région polaire antarctique, une région qu’il appelle subantarctique, semblable au point de vue de la faune, à la zone correspondante arctique.
- Le champignon du cancer. — M. A. Gautier analyse une Note de M. le I)1 lira sur la forme endogène du champignon isolé des tumeurs cancéreuses. La question de l’origine des tumeurs cancéreuses est aujourd’hui l’objet d’études nombreuses. On admet que le champignon qui caractérise ces tumeurs se reproduit par bourgeonnement. Or, il résulte des nouvelles recherches de l’auteur que le champignon du cancer se reproduit par sporulation.
- Le venin des scolopendres. — M. Edmond Perrier présenté une Note de M. Jourdain sur le venin des scolopendres. Il rappelle que M. Phisalix, dans la précédente séance, a dirigé l’attention sur les iules, animaux qui
- fuient l’homme, se roulent en boule lorsqu’on les touche et qui, cependant, sécrètent un venin qui rend leur piqûre redoutable. M. Phisalix, au contraire, avait laissé de côté les scolopendres qui, en raison de leurs mœurs carnassières, peuvent paraître dangereux. Ces animaux, qui appartiennent également au groupe des Myriapodes, portent des crochets venimeux attachés à la première paire de leurs pattes retroussée vers la bouche. On est rarement piqué par les scolopendres en France; mais dans les pays chauds où ils atteignent la longueur de 1 décimètre et plus, ils mordent quand on les saisit. Ils y ont un aspect etfravant et l’on aperçoit leurs glandes venimeuses. La morsure produit de l’enflure et de la fièvre. 11 existe une variété de scolopendre dans le midi de la France, aux environs de Montpellier, qui est à craindre. M. Jourdain a fait mordre par ces scolopendres des oiseaux et des souris et il a constaté la mort des sujets par paralysie. Sur l’homme, l’effet est analogue à celui de la piqûre des scorpions du sud de la France.
- Élection. — Il est procédé à l’élection d’un membre de l’Académie, dans la section de géométrie, en remplacement de M. Darboux élevé récemment au poste de secrétaire perpétuel. M. Painlevé est élu par 46 voix contre 6 données à M. Goursat et 4 à M. Humbert.
- Cil. DE VlLLEDEUlL.
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- L’HORLOGE MONUMENTALE
- DE LA NOUVELLE GARE DE LYON
- Il lut un temps où la question de l’installation d’une horloge sur un monument était un événement. Nous voyons encore sur d’anciens édifices de vastes cadrans donnant les heures. En Allemagne, en Suisse surtout, il n’existe pas une construction civile d’autrefois qui ne possède cet attribut invariable, dont les proportions, le mécanisme et l’ornementation sont souvent des plus importants. L'architecture moderne s’est un peu désintéressée de l’horlogerie sur les façades des monuments; aujourd’hui, la présence d’une horloge sur un édifice est devenue une chose banale; on trouve d’ailleurs l’heure partout dans les villes, on ne fait pas dix pas sans rencontrer une pendule quelconque qui nous fixe exactement sur le moment de la journée.
- Il v a pourtant une catégorie de constructions pour laquelle l’horloge joue un rôle prédominant, et pour laquelle son étude mérite une attention particulière, c’est celle des gares et stations de chemin de fer ; on ne trouve pas une gare en France, si petite que soit la localité dont il s’agisse, qui n’ait son horloge apparente. On ne conçoit pas, en ell'et, qu’un bâtiment où les minutes sont comptées de près, où le moindre retard peut occasionner des ennuis considérables, puisse exister sans que chacun soit à même d’y trouver le renseignement immédiat sur l'heure qu’il est. Quand il s'agit d’une grande gare, l’importance de la question augmente encore plus, à cause du nombre plus considérable de trains et de la foule qui pour une seconde d’écart peut manquer le départ. Aussi, les architectes qui ont élevé dans Daris ces belles gares modernes que nous admirons, ont toujours donné
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- LA NATURE.
- à l'horloge la place principale et la plus en évidence, c’est le cas de la gare Saint-Lazare et de la nouvelle
- L’Horloge de la nouvelle gare de Lyon.
- gare d'Orléans du quai d’Orsay pour lesquelles les deux horloges sont les motifs principaux de la façade, tout le reste semblant servir de cadre et de complément.
- M. Toudoire, à qui on a confié le soin de reconstruire
- la gare de Lyon, s’est attaché également à cette idée de donner à l’horloge une place primordiale ; il a même fait mieux que ses prédécesseurs, car pour lui l’horloge fait presque partie d’un corps de bâtiment à part. Il a construit une vaste tour carrée de 63 mètres de hauteur, visible de loin; ses quatre parements reçoivent chacun un cadran gigantesque tel qu’on n’en a rarement vu aucun en France. De cette façon l’heure est donnée à une distance considérable d’abord à cause de l’élévation de l’horloge au-dessus de tous les édifices environnants, ensuite à cause de ses dimensions. Le cercle de vide de l’architecture, c’est-à-dire de l’horloge elle-même, ne mesure pas moins de 6™,40 de diamètre. Veut-on savoir ce que ce chiffre représente? La circonférence sur laquelle les'heures sont marquées a plus de 20 mètres de tour; chaque minute est donnée par un espace de 0m,?5 de largeur. On conçoit que pour des dimensions pareilles, la vitesse de course de la grande aiguille soit telle qu’il soit très facile d’en percevoir le mouvement.
- La mise en marche de cette horloge est obtenue à l’aide d’un mécanisme mu électriquement. En Amérique, nous avions déjà vu une horloge monstre qui était actionnée par la vapeur ; le moyen employé ici est assurément plus moderne et plus régulier ; il est certainement plus facile, en effet, de disposer d’une force motrice constante au moyen de l’électricité qu’au moyen de la vapeur.
- Au point de vue architectural, cette horloge est merveilleusement encadrée par toute une ornementation sobre et de très bon goût; il ne faut pas oublier que nous avons affaire à une gare et que pour ce genre de monuments, nos architectes français ont toujours eu la bonne inspiration de mettre dans leurs dessins beaucoup de majesté et de grandeur, mais surtout de sobriété dans la décoration.
- En général, le centre d’une horloge importante sur un monument quelconque est placé au-dessus du sol à une hauteur égale à six fois son diamètre ; c’est une règle constante qui repose sur l’esthétique conventionnelle de nos habitudes ; mais pour la gare de Lyon, en raison des dimensions inusitées qui ont été adoptées et à cause de la présence de cette tour qui domine le monument de la gare elle-même, la hauteur a été réduite; elle ne dépasse guère cinq fois le diamètre du cadran.
- Cette pendule monumentale va devenir une amie de toute la population environnante, et il n’est pas douteux qu’elle ne rende de fort grands services en contribuant à empêcher les voyageurs de manquer leur train; mais aussi réciproquement peut-être aura-t-elle une action réllexe sur la marche des trains. Souhaitons en effet que la Compagnie qui possède une si belle pendule, s’efforce d’avoir recours à tous les moyens possibles pour que ses trains n’arrivent plus jamais en retard. A. C.
- Le Gérant : P. Massoi.
- Paris. — Imprimerie Lauire, rue de Fleuras, 9.
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- 3° 143'J. — 22 DÉCEMBRE l'JOU.
- LA NATURE.
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- LE TUBE LANCE-FUSÉES
- I)E LAUMÉE CHINOISE
- Le siège des légations de Pékin par les réguliers chinois a été fécond en surprises et en émotions, grâce à l’armement des Célestes. Tout le monde les croyait encore armés, à Pékin du moins, de vieilles escopettes à mèche et des bombardes qui avaient vu Gengis-khan, « se chargeant par la gueule et partant par la culasse ». Aussi fut-on désagréablement rappelé à la réalité en voyant les projectiles des Krupps défoncer les murs et les toits, et les balles blindées « humanitaires » de Mausers et des Manlicher pleuvoir dru comme la grêle.
- Pourtant, les Chinois auraient failli à leurs éter-
- nels et quasi immuables principes de routine et de conservatisme, s’ils avaient brusquement abandonné l’armement cher aux ancêtres pour se nantir de celui des « Barbares d’Occident », même pour battre ces derniers avec leurs propres armes. Aussi firent-ils un agréable mélange de shrapnells et de boulets ronds, de projectiles de petit calibre et de balles de 50 grammes tirées par d’énormes fusils de rempart, que trois hommes font difficilement fonctionner.
- Le projectile qui nous intrigua surtout fut une volumineuse fusée qui, la nuit, décrivait dans l’air une superbe traînée lumineuse, véritable serpent de feu, et faisait un vacarme infernal. Cette fusée était destinée à incendier les maisons dont l’artillerie avait défoncé les toitures et éventré les murs; le projectile manque de précision et atteint rarement
- Tube lance-fusées de l'armée chinoise.
- son but. Mais l’idée n’en est pas moins ingénieuse et le tube lance-fusées vaut d’être décrit.
- L'instrument, au premier abord, fait plutôt penser à un télescope qu’à un appareil guerrier. Il se compose essentiellement d’un tube en tôle de lm,I0 de long et de 8 centimètres de diamètre, ajouré d’élégantes rosaces, sans doute pour en diminuer le poids. Monté sur un trépied, il peut subir un double mouvement dans un plan vertical et dans un plan horizontal, suivant les besoins du pointage, et l’angle choisi est maintenu par des vis de pression Y. Deux mires M et M', placées chacune aune extrémité, ont pour but d’assurer la précision du pointage; c’est, sans doute, pour arriver au maximum d’exactitude que le mire M porte en son milieu une fente sténo-péique; malgré cela, le projectile va un peu où il peut.
- Celui-ci n’est, au fond, qu’une puissante fusée, qui pourrait fort bien tuer son homme et qui se 2!l° anuée. — l'1' semestre.
- compose de deux parties : le corps et la queue. Le corps, en tôle de fer, est un cylindre de 45 centimètres de long, de 5 centimètres de diamètre, muni en avant d’une partie acérée, qui lui permet de se fixer dans le bois. Son poids est de 2 1/2 à 5 kg. La queue est formée par une tige de bois, enduite de poix ou de matières inflammables, longue de 2 mètres environ. Elle se fixe au corps au moyen d’un pas de vis dont l’orifice d’entrée sert au chargement de la fusée. Tout autour se trouvent 8 à 10 évents par lesquels s’échappent les gaz qui prennent point d’appui sur l’air et assurent la projection en avant de la fusée. Celle-ci peut aller à 3 ou 400 mètres, mais sa vitesse n’est pas très considérable.
- Le projectile, bien que d’un diamètre très inférieur à celui du tube, pénètre pourtant, tout d’abord, à frottement dur dans l’appareil, car il doit pour gagner sa place, refouler les ressorts de deux bu-
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- LA NATURE.
- fées R, sur lesquelles sa partie postérieure vient s’appuyer, pendant que sa partie antérieure se loge dans une demi-gorge en 1er, ayant le même diamètre que le projectile et située à hauteur de la grenadière G. Le projectile est ainsi maintenu : par les butées qui l’empêchent de glisser en arrière, dans les inclinaisons du tube, par la gorge, qui s’oppose aux ballottements.
- Le lance-fusées chinois ne nous a fait aucun mal. Il nous a donné souvent le spectacle d’un beau feu d’artifice qui venait nous distraire un peu après les pénibles journées de bombardement de notre légation. 11 y a peut-être dans cet instrument le germe d’un appareil de guerre moderne, que pourront faire fructifier ceux qui s’occupent de balistique et
- pyrotechnie. J. Matulnon.
- Mt’ilocin-niiijoi1,
- Attaché à la Libation tic K rance à Pékin.
- L’USAGE DE L’EAU BOUILLIE
- CHEZ LES ANCIENS
- La crainte des microbes est le commencement de la santé et, comine les captages de sources exécutés par les ingénieurs ne réussissent pas toujours à satisfaire les hygiénistes, nous sommes tous plus ou moins au régime de l’eau bouillie ou pasteurisée, quand nous ne croyons pas devoir subventionner quelque source minérale. Aussi m’a-t-il semblé curieux, en relisant dernièrement divers auteurs anciens pour y chercher des indications sur les exploitations de mines antiques, de rencontrer incidemment plusieurs passages, qui prouvent d’une façon manifeste combien cet usage de l’eau préalablement bouillie, utilisée comme plus saine, comme moins contaminée, remontait à une haute antiquité et avait, selon l’usage, précédé de plusieurs siècles toutes les explications récentes sur la •destruction des germes par l'ébullition.
- On sait, d’ailleurs, à quel point les Romains étaient friands d’eau, pour leur table aussi bien que pour leurs thermes, et je n’ai pas besoin de rappeler les aqueducs colossaux qui alimentaient leurs villes. Ils avaient aisément remarqué que les eaux courantes sont préférables aux eaux stagnantes et qu’on doit faire passer avant les premières les eaux des puits, « quand l’eau ne s’y repose pas et s’épure en arrivant'constamment à travers la terre, qui la filtre ». Mais leur raffinement avait été porté beaucoup plus loin. (( C’est, dit Pline 1 Ancien, dans le même chapitre (livre XXXI, 25) auquel je viens d’emprunter la citation précédente, — l’empereur Xéron qui a inventé de faire bouillir l’eau, de la mettre dans des flacons de verre et de la faire rafraîchir dans la neige; de cette façon, on a l’agrément de boire frais, sans les inconvénients attachés à l’eau de neige. Au reste, il est certain que toute eau qui a bouilli est meilleure et, ce qui est une invention très subtile, que 1 eau qui a été échauffée se refroidit davantage (?) Le moyen de corriger de Veau malsaine est de la faire bouillir jusqu’à réduction de moitié. »
- En lisant cette phrase de Pline sur Néron, on s’explique le cri que prête Suétone (Néron, XLV11I) au pauvre empereur, lorsque, traqué,à bout de forces, sur le point d’être saisi par les cavaliers lancés à sa poursuite, il en était réduit à boire l’eau des mares, avant de se cachei en rampant dans quelque trou. (( Xoilà donc 1 eau bouillie
- de Néron ; liæc est Neronis decocta ! » ; cri bien caractéristique de ce dilettante et que Paul de Saint-Victor, dans un beau morceau de style sur Néron, n’avait pas manqué d’utiliser.
- Mais, si Néron avait inventé, selon Pline, de rafraîchir l’eau dans la neige après l’avoir fait bouillir, le principe de l’élmllition comme moyen d’assainir était bien antérieur à lui, ainsi que le montre la phrase suivante d’Hérodote (Clio, ISS); « Le grand roi (Cyrus) se met en campagne, bien pourvu de vivres et de troupeaux de son pays; il emporte en outre de l’eau du Choaspe, qui coule à S use. L’eau de cette rivière seule, et non d’une autre, est servie à la table royale; on la fait bouillir et, partout où va le roi, on la transporte en des valses d’argent, sur un convoi de chars à quatre roues, attelés de mulets. »
- Pline l’Ancien, qu’il faut toujours consulter quand on s’occupe d’histoire naturelle antique, connaissait du reste cet usage : « Les rois des Parthes, dit-il,ne boivent pas d’autre eau que celle du Choaspe et de l’Eulæus et on en transporte pour eux dans leurs voyages (livre \ I et livre XXXI) ».
- J’ajoute, pour terminer, que les anciens avaient imaginé des moyens ingénieux pour obtenir de l’eau douce avec l’eau de mer et en fournir aux navigateurs : « On étend, dit Pline, autour du navire, des toisons qui s’humectent en recevant les exhalaisons de la mer et on en exprime l’eau qui est. douce ; on plonge encore dans la mer, avec des filets, des boules de cire creuses, ou des vases vides et bouchés : il se rassemble de l’eau douce à
- l’intérieur. » L. Dtf Launay.
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- UN VOLCAN DANS LA LUNE
- D’après une communication à la Société astronomique de France1, M. Albert Charbonncaux, astronome assistant à l’observatoire de Meudon, pourrait bien avoir découvert un volcan en feu sur la Lune. C’est encore problématique, mais c’est tout de même en apparence un volcan jusqu’à preuve du contraire. En observant 1 astre avec la grande lunette de Meudon, de 0ra,8Ü d’ouverture et de lfi mètres de distance focale, M. Millochon vit que le petit cratère Posidonius de la région des Alpes disparaissait tout a coup dans une sorte de nuage blanchâtre. Déjà M. Millochon avait observé une fois le-même phénomène à l’Observatoire de Paris en 1807. Continuant l’observation, M. Charbonncaux, qui travaillait à Meudon à côté de M. Millochon, fut frappé de voir à moitié disparu un petit cratère qui se trouve tout près de Théctete. Il acquit bientôt la certitude que le contour de ce petit cratère du Marais des Brouillards est visible pendant quelques instants, puis qu’au bout d’un temps relativement court, il disparaît dans une nuée blanchâtre, puis réapparaît, et ainsi de suite, les alternances étant très irrégulières. M. Charbon-neaux recommença avec une lunette plus faible de Ora,22 d’ouverture et de 3“,20 de distance focale ; en grossissant l’image quatre fois au foyer, le phénomène est encore très apparent.
- M. d’Azambuja, assistant à l’Observatoire, répéta la scrie d’observations et elles furent trouvées concordantes avec celles de M. Charbonncaux. Il ne s’agit pas de nuages passant devant la Lune, car le petit cratère Théetête tiès voisin du cratère dont il est question reste très net pendant les observations. On se trouve donc en présence d’un phénomène encore inexpliqué. Est-ce un cratère en éruption? L’apparence est en faveur de l’hypothèse.
- 1 Bulletin de la Société astronomique, décembre HRH).
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- L’éruption serait petite) car à l’aide des mesures déjà faites, on trouve que le cratère a environ 1 kilomètre de diamètre et que l’étendue de la nuée blanche a environ 7 kilomètres dans sa plus grande dimension et 4 kilomètres dans sa plus petite; la forme générale est elliptique, mais très irrégulière.
- 11 va de soi que si celte découverte bien singulière se vérifiait, c’est qu’évidemment la Lune posséderait encore une atmosphère, car il serait malaisé d’expliquer des nuées en suspension au-dessus d’un cratère sans admettre la présence d’une atmosphère. Quoi qu’il en soit, le fait est nouveau; il sera très intéressant de le contrôler un peu de tous côtés, car l’illusion est toujours facile. Mais si les investigations ultérieures conduisaient à la même conclusion, il est évident que la découverte aurait une grande importance pour l’Astronomie physique. J.-F. Gall.
- Parmi les anesthésiques locaux la cocaïne est certainement un des plus efficaces : on peut, avec une injection sous-cutanée de quelques centigrammes, faire sans douleur une série de petites opérations. En multipliant les injections on peut même arriver au terme d’opérations assez compliquées et de longue durée telles que par exemple, l’ablation de tumeurs. Mais la cocaïne présente quelques dangers ; chez les cardiaques, chez des sujets très nerveux, on a observé des phénomènes de dépression, des troubles circulatoires. L’eucaïne qu’on avait donnée comme le médicament destiné à remplacer la cocaïne n’a pas, à beaucoup près, son efficacité et le degré d’anesthésie est moins marqué.
- Une autre substance, le gaiacol, a été préconisée par un des maîtres de la chirurgie, lelFJust Championnière. Les propriétés anesthésiques de ce corps sont des plus nettes et les injections sont absolument inofïensives. Malheureusement il est fort peu soluble dans l’eau, et il faut se servir d’huile comme véhicule pour les injections.
- Frappé de ces divers inconvénients le I)r O’Followell a eu l’idée de chercher une combinaison de gaiacol soluble dans l’eau : c’est celle qu’il présente sous le nom de Caiacijl. Le gaiacyl est un sel calcique du dérivé sulfo-conjugué du gaiacol ou acide gaiacyl sulfureux. Sa préparation est assez simple. On mélange des poids égaux de gaiacol fondu et d’acide sulfurique monohydraté, on fait fondre doucement au bain-marie, puis on additionne le produit de cinq à six fois son poids d’eau. On précipite alors au moyen de carbonate de chaux l’excédent d’acide sulfurique et l’évaporation à siccité, après décantation, laisse legaiacyl.
- C’est une poudre d'un gris mauve qui se dissout bien dans l’eau et qu’on peut dès lors introduire facilement dans l’économie par injections sous-cutanées. Après l’aveir expérimenté sur les animaux, M. O’Followell l’employa pour l’extraction des dents. Le résultat fut parfait; les molaires étaient extirpées sans douleur après une légère injection de gaiacyl sous la muqueuse gingivale ; la dose ne dépassant pas cinq à dix centigrammes. Pour de petites opérations de loupes, d’abcès, de panaris, d’anthrax, une injection semblable atténuait suffisamment la sensibilité pour rendre l’intervention indolore.
- C’est donc un nouvel anesthésique précieux en raison de l’absence de toxicité, d’irritation locale. Dans l’art dentaire il devra prendre la place de la cocaïne dont l’emploi offre souvent des dangers. D' A. Cahtaz.
- LES AUTOMOBILES DE GUERRE
- L’une des curiosités les plus remarquées pendant les grandes manœuvres de la Beauce qui viennent d’avoir lieu a été certainement l’emploi des automobiles militaires.
- Les deux armées qui ont été mises en présence étaient organisées sur le pied d’une mobilisation réelle. Chacune d’elles était composée des divers services chargés de les approvisionner et de pourvoir à tous leurs besoins. Cette innovation a été très intéressante en ce sens, qu’elle a permis de se rendre compte de l'emploi des tracteurs automobiles pour les services de l’arrière, de leur évolution au milieu des roules et des villages encombrés de troupes de chevaux dans des conditions analogues à celles du temps de guerre.
- Les résultats obtenus ont été ceux que l’on était en droit d’espérer à la suite des expériences si intéressantes entreprises depuis 1807 sur des tracteurs Scotte et que nous avons relatées dans un précédent article *.
- Les conditions d’emploi des tracteurs sont déterminées par des motifs particuliers ; nous possédons en France un nombre considérable de voitures des équipages militaires qui sont affectées à tous les trains régimentaires et forment le gros des convois administratifs. On ne peut songer à mettre au rebut ces voitures qui représentent un capital considérable et que l’on peut employer au contraire très commodément pour la formation des trains automobiles.
- Il suffit pour cela d’enlever le timon que l’on accroche sur le fourgon et de le remplacer par un faux timon et une ferrure pouvant s’adapter en quelques minutes sur l’arrière de n’importe quelle voiture militaire et sans aucune préparation spéciale. On conçoit dès lors l’avantage énorme qu’il y a à employer des automobiles tracteurs au lieu de porteurs.
- A l’arrivée d’un convoi automobile sur la ligne d’opération, il suffira de décrocher toutes les voitures, de replacer le timon et elles seront prêtes à être conduites aux différentes fractions auxquelles elles sont destinées.
- Le tracteur qui les a amenées peut repartir aussitôt et au voyage suivant reprendre toutes les voitures, vides. 11 y a là une économie de temps, une facilité dans la répartition des approvisionnements qui a un intérêt considérable. Un convoi composé d’un tracteur automobile et de 6 voitures occupe sur route une longueur développée de 45 mètres.
- Chaque fourgon peut porter un poids réglementaire de 800 kg qui peut être élevé à 1000 ainsi qu’on l’a fait pendant les grandes manœuvres.
- Pour donner une idée de ce que représente la charge de six fourgons, il nous suffira de dire qu’ils peuvent contenir 7000 rations de pain soit la quantité nécessaire à l’approvisionnement d’une brigade.
- Le tracteur peut emporter du combustible pour 100 kilomètres et de l’eau pour 50 kilomètres.
- Le personnel employé à la conduite d’un train est j 1 Voy. n° 1389, du (> janvier 1900, ji. 95.
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- la n \ ru ni:.
- le suivant : un mécanicien et un chauffeur pour le cule) et un gradé pour commander l'ensemble. Aux tracteur, six hommes serre-freins (un à chaque véhi- manœuvres on a mis deux hommes sur chaque lour-
- Fig. 1. — Le train Scotte à son armée à Vendôme à la caserne de llocliambeau.
- gon, ces hommes ont alors opéré plus rapidement le chargement en gare et le déchargement des fourgons.
- Les deux photographies que nous reproduisons donnent une idée exacte de la physionomie d’un convoi automobile dans son application au transport des subsistances. En premier lieu chargement dans une gare dite station - magasin reliée à la tête d’étape de guerre au moyen du train automobile. Les autres représentent les différentes évolutions du convoi sur route, dans la traversée des villages, etc.
- La résolution de ce problème du ravitaillement exclusif par l’arrière était, il y a encore peu do temps, une des plus grandes préoccupations
- des officiers généraux chargés de la préparation des opérations futures. Les tracteurs automobiles sont
- venus- simplifier considérablement ce problème et les résultats acquis au cours des der-nières grandes manœuvres ont démontré la nécessité absolue des tracteurs automobiles pour les gros transports de l’armée. Après des essais d’aussi longue durée puisqu’ils remontent à 1897 et des résultats aussi satisfaisants, on est en droit d’attendre l’application immédiate de ce facteur nouveau qui est appelé à jouer un rôle important dans la guerre moderne.
- Commandant X.
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- LA NATURE.
- PENDULES EN CARTON, EN BUIS, EN IVOIRE
- Pendule en carton. —Il semble que les pendules et les horloges n’auraient jamais du être construites
- autrement qu’en fer ou fer et cuivre. La résistance de ces métaux les indiquait d’une façon exclusive. Mais ce serait compter sans les éternelles fantaisies des horlogers. Et Dieu ou le diable seuls savent jusqu’où ils en ont poussé les limites. Puis il y avait en horlogerie, comme dans tous les métiers, les fameux chefs-d’œuvre soit pour la maîtrise, soit pour le compagnonnage. Il y avait aussi l’application des théories plus ou moins exactes de certains horlogers sur la notion des frottements, les résistances, etc. Nous avons trouvé, dans les centennales de l’Exposition universelle, de très curieux types d’horloges construites grâce à toutes ces raisons avec les matériaux les plus étranges.
- La pendule que nous reproduisons (fig. 1) se trouvait à la centennale de la papeterie, classe 91 (classe peu indiquée cependant pour renfermer des pendules). Elle appartient à la riche collection de M. d’Allemagne. Cette pièce a les roues, le cadran, le balancier en carton blanc. Les cinq colonnes qui soutiennent le mouvement sont en bois peint blanc ainsi qu’une sorte de cage dans laquelle sont montés le rouage et le cadran. Cette cage est composée de petits hâtons de bois cylindriques clavetés ou collés ensemble. Le mouvement
- se compose de quatre roues en carton fort bien découpées fixées entre deux viroles métalliques chassées sur la tige d’acier des pignons qui sont à lanterne. Les pivots des roues joulentdans des trous pratiqués dans de petites lamelles de corne montées et collées sur les bâtons de la cage.
- Evidemment ces combinaisons de frottement de dents en carton sur pignons en fer et de pivots de fer sur de la corne étaient heureuses, mais ces matières sont bien fragiles.
- Enfilée sur le pivot entre la portée et le morceau de corne dans lequel roule le pivot, une perle en verre de couleur atténue le frottement et sert à régler le jeu, mais cela pour les deux gros mobiles seulement et d’un seul côté. L’échappement très rationnel et d’une disposition des plus ingénieuses est de grande dimension. Il se compose d’une roue en carton actionnant une ancre de même matière mais ayant des levées formées de palettes en corne.
- Fig. 3 et 4. — Pendules en carton et en fer.
- Le balancier à curseur fait corps avec fanere, sa suspension est des plus rudimentaires : elle se compose d’un petit cadre en bâtons de bois comme la cage, re-
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- LA NATURE.
- prsant par deux pointes de fer sur un support de bois posé horizontalement, garni de deux petits godets en métal (pii reçoivent les pointes. Le cadre est composé de façon (pièces pointes tiennent l’ensemble du balancier et de l’ancre en équilibre évitant tout frottement. Cela est incontestablement très intelligemment combiné. Le moteur de cette pendule est des plus bizarres. La première roue du mouvement comporte, comme dans les horloges .à poids se remontant avec une clé, un tambour sur lequel s’enroule une corde. Mais ici le poids est remplacé par un ressort à boudin en acier (pii une fois tendu fait traction sur le rouage qu’il actionne comme le ferait un poids ou un ressort spirale. Ce ressort à boudin est monté verticalement, il est fixé par l’une de ses extrémités au socle de la pendule et par l’autre à la corde qui s’enroule sur le tambour de la première roue du mouvement. Le remontage de ce ressort ou pour mieux dire sa tension est aussi fort curieuse. Dans le socle, je trouve un tambour de bois placé horizontalement et roulant avec deux pivots d’acier dont l’un se prolonge jusqu’à l’extérieur du socle. Là, une petite clé de cuivre y est fixée. De ce tambour inférieur, part la corde qui doit servir, par transmission, à armer le ressort. Elle passe par un trou pratiqué dans le socle et monte droit au tambour supérieur. Au milieu de ce tambour, les deux parties de corde sont attachées par une petite bride. L’une va au ressort à boudin et l’autre au tambour du socle. Lorsque le ressort est détendu, la corde qui doit le tirer est entièrement déroulée du tambour, tandis que la partie qui descend au socle est, au contraire, complètement enroulée dessus. De sorte qu’en tournant la petite clé fixée au tambour inférieur, la corde s’y enroulant fait traction sur le tambour supérieur, le force à tourner et par conséquent fait enrouler la corde attachée au ressort et l’arme ainsi dans toute sa hauteur. Cette combinaison un peu compliquée a été nécessitée par le manque de solidité de la cage portant le mouvement dans laquelle on ne pouvait monter que de petites lamelles de corne devant recevoir de fins pivots. Pour remonter directement le tambour supérieur avec une clé, il eût fallu un axe avec un carré de grande dimension qu’il était impossible d’y installer.
- Ces pendules marchaient, dit-on, assez bien et ont fourni quelque durée de marche. Elles furent inventées à Paris vers 1820 par M. Duclos qui les avaient nommées « cartorologes invariables ». Puis elles tombèrent dans l’oubli pour devenir très rares aujourd’hui. Du reste, il faut reconnaître qu’indé-pendamment de leur peu de solidité, ce n’est pas par leur grâce décorative et leur aspect blafard qu’elles se recommandent pour l’ornement des cheminées. Elles se plaçaient sous globe.
- Horloge en buis. — L’horloge que nous reproduisons (fig. 2) était à la Centennale de l’horlogerie, classe 96. Elle appartient à notre collection particulière. Elle est entièrement en buis moins le cadran qui est en émail et les pignons qui sont en fer. Elle est signée
- Lefelmrc, Horloger du Roy à Fontainebleau : c’est un petit tour de force d’exécution, elle est d’un grand fini. Par sa signature, on voit qu’elle fut faite par un maître, car le titre d’horloger du Roi, surtout dans une résidence royale, avait une valeur réelle. Elle date du dix-huitième siècle.
- Evidemment on a dû soutenir, pour justifier cette fantaisie, que les roues faites en buis devaient donner moins de frottement que le métal. On oubliait volontiers la fragilité et la difficulté d’exécution. Avec le temps, le buis a pris un coloris de vieil or. Elle est à sonnerie, malheureusement le timbre manque, il n’était vraisemblablement pas en bois comme la cloche du Vendredi saint ou comme celles que sonnent certains locataires en déménageant.
- Horloges en ébène et en ivoire. — La figure 5 représente un mouvement d’horloge qui se trouvait dans lamèmeCentennalequela précédente, elle appartient maintenant à la collection de la Chambre syndicale de l'horlogerie de Paris à laquelle nous l’avons otferte il y a quelques années. Le rouage est en ivoire et la cage en ébène et ivoire. Cette pièce qui date du commencement du dix-septième siècle est en assez mauvais état.
- La fragilité de la matière explique les restaurations et réparations multiples qu’elle a dû subir et qui finalement l’ont mise à mal. L’ouvrier qui l’a exécutée, assez grossièrement du reste, a dû néanmoins y mettre beaucoup de temps et d’adresse, fille est à sonnerie. L’ivoire était en faveur près de certains horlogers d’alors comme matière résistante et néanmoins évitant les frottements. A la section allemande se trouvait une horloge de même époque que la précédente ; elle est en bois et en fer, mais les dentures des roues sont en ivoire. Chaque dent est enchâssée dans le bois de la roue.
- Horloge en fer. — A coté de ces horloges bizarres, la Centennale de la métallurgie, classe 62, possédait une pièce du quinzième siècle faisant partie de la somptueuse collection de M. Le Secq des Tournelles.
- Nous trouvons là le type parfait de la primitive horloge entièrement en fer. Solidement construite et sur laquelle près de cinq cents ans ont passé sans arriver à l’entamer gravement, elle porte fièrement son âge, et son rouage pourrait encore fournir un service que ceux dont nous venons de parler, bien que sensiblement plus jeunes, seraient maintenant incapables de faire.
- Elle offre, en outre, un intérêt considérable en ce sens qu’elle nous montre un spécimen incontestable de l’horloge à balancier vertical marchant extérieurement, balancier auquel Huyghens appliqua les lois du pendule de Galilée. Et qualité non moins appréciable elle est, au point de vue décoratif, supérieurement belle par son dessin des détails et par son ensemble. Nous trouvons en elle l’horloge du moyen âge dans toute sa splendeur et la logique de sa structure. Mathieu Pj.anchon.
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- LA NATURE.
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- LES FORÊTS EN RUSSIE
- CONSERVATION ET EXPLOITATION
- M. le Directeur général de l’Administration des forêts d’Etat à Saint-Pétersbourg nous fait l’honneur de nous adresser l’intéressant document suivant :
- Dans un numéro précédent1 do votre journal, M. Henry de Yarignv, dans une étude sur la section forestière à l’Exposition universelle de 1900, parlant entre autres de la Russie, fait la supposition que les forêts de ce pays, dans cinquante ou cent ans, ne donneront plus ce quelles donnent maintenant et que « le jour est proche où le bois manquera ».
- L’auteur attribue ce danger qui, croit-il, menace les richesses forestières de la Russie, à une exploitation imprudente et trop considérable pratiquée dans ces forêts, ainsi qu’au manque absolu de mesures tendant à restaurer les forêts exploitées.
- 11 est aisé, cependant, de démontrer combien est peu fondée cette opinion exagérée sur les conditions actuelles de la richesse et de la production forestière de la Russie, les faits mêmes la réfutent avec évidence.
- Le débit annuel des forêts domaniales» qui occupent, dans la Russie d’Europe seulement, une surface totale de 117 millions d’hectares, est fixé en moyenne au volume maximum de 0 m3 9 de matières ligneuses par hectare; en réalité, cette proportion n’est jamais atteinte, et le débit effectif ne s’élève qu’à 40 pour 100 des prévisions. Or, il est évident que l'exploitation des forêts de l’Etat, auquel appartiennent plus des 2/5 de toutes les terres boisées, élant pratiquée, comme nous venons de le voir, d’une façon rigoureusement économique, il n’y a pas lieu de croire à la possibilité d’une proche dévastation de nos forêts.
- On peut dire qu’il est certain que les forêts de la Russie ne pourraient être appauvries même dans le cas où le gouvernement ne prendrait aucune mesure pour conserver et augmenter son domaine forestier.
- Cependant, l’administration des forêts en Russie a toujours pris un intérêt particulier à maintenir intacte la surface do, ses terres boisées par le repeuplement par semis et plantation, et, à partir de la première moitié du siècle expirant, la restauration d’un bon nombre de riches forêts de l’Empire est due précisément à une série de mesures spéciales prises par le gouvernement en vue de pourvoir au reboisement des surfaces exploitées.
- En outre, le gouvernement s’impose les plus grands sacrifices pour créer des peuplements artificiels dans les steppes du midi, c’est-à-dire là où elles n’avaient jamais existé, mais où, par contre, l’augmentation de la surface des terrains boisés a une importance toute particulière vu l’influence considérable que doit exercer la présence des forêts sur les conditions climatériques et économiques des steppes.
- Mais c’est surtout dans le courant de ces dernières années que la question du repeuplement dans les do-' maines forestiers de la Russie a été soumise a une étude plus détaillée qui a eu pour suite un arrêté ministériel signifiant l’obligation de restaurer tous les massifs exploités parla pratique du repeuplement en y employant les principales essences forestières propres à la région donnée.
- 1 Yoy. n° 1452, du 5 novembre 1900, p. 555.
- Il n’est fait exception à cette règle générale que pour les forêts dont le débit de matières ligneuses n’atteint qui' des proportions minimes. C’est ainsi que la production ligneuse des forêts domaniales en Russie se, voit parfaitement garantie et cela grâce à une exploitation prudente de ces richesses ainsi qu’à l’organisation rationnelle de la pratique du repeuplement ; par conséquent, la Russie ne présente sous ce rapport aucune exception vis-à-vis des autres pays civilisés de l’Europe.
- Si, à tout ce qui a été dit, nous ajoutons encore que les forêts appartenant aux apanages impériaux cl couvrant à elles seules une superficie de 5 millions et demi d’hectares, ainsi que bon nombre de celles des grands propriétaires du pays, sont toutes soumises à un régime d’exploitation normal, non seulement propre à les garantir de toute dévastation, mais tendant aussi à leur conservation par le reboisement, il serait inutile d’insister plus longuement pour démontrer que la Russie sera longtemps à même de maintenir sa production forestière.
- Elle la maintiendra dans des proportions aussi larges que jusqu’à présent, sans avoir à craindre la dévastation prochaine de ses richesses forestières, et ces dernières resteront toujours certainement l’une des ressources les plus considérables du pays.
- Tu. de ATkitine.
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- AUTO-COMMUTATEUR TÉLÉPHONIQUE
- BUREAU CENTRAL AUTOMATIQUE
- 11 suffit d’avoir été obligé de se servir quelquefois du téléphone pour se rendre compte de la lenteur avec laquelle les communications sont données dans les bureaux centraux.
- S’il est vrai que les employés n’ont pas toujours pour les abonnés toutes les prévenances auxquelles ils ont droit, il n’est pas juste d’attribuer à leur négligence, à leur inattention, ou à leur étourderie tous les retards et toutes les confusions qui se produisent trop souvent dans les communications. Cela tient à des causes multiples qu’il serait trop long d’examiner ici.
- Depuis longtemps on a pensé qu’avec les immenses ressources qu’offre le courant électrique, judicieusement employé avec les aimants et les électro-aimants, il ne serait pas impossible d’établir un mécanisme tel que les abonnés pussent s’appeler entre eux sans le secours d’aucun employé.
- Cette idée semble au premier abord une utopie, car on se demande comment un appareil pourra à tout instant choisir, entre dix mille, ceux des deux abonnés qui désirent être momentanément reliés.
- Il est de fait que depuis vingt ans que les réseaux téléphoniques ont été organisés, on n’avait pas encore pu atteindre ce but, bien que plusieurs appareils eussent été proposés et essayés.
- La Direction générale des postes et des télégraphes qui, en France, exploite depuis 1891 le réseau téléphonique, a installé dans ses bureaux depuis environ trois mois, à titre d’essai, un appareil d’invention américaine, dit « auto-commutateur », qui paraît réunir toutes les qualités requises pour
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- LÀ NATURE.
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- remplir le Lut proposé. Essayé à l’étranger, il commence à entrer dans le domaine de la pratique, notamment à Berlin, en Angleterre et aux Etats-Unis. L’auto-commutateur, ainsi que nous avons pu nous en rendre compte, donne la communication directe immédiatement sans mélange de ligne et en assurant le secret de la conversation. Si l’abonné appelé est. déjà en conversation ailleurs, l’abonné
- Fig. 1. — Délai! d’un Commutateur d'abonné au poste, central.
- appelant en est aussitôt averti par un bourdonnement particulier qui se produit à son poste.
- Nous n’entreprendrons pas de décrire d’une façon complète le mécanisme qui permet d’arriver à ces différents résultats; il faudrait un volume, avec de nombreuses figures schématiques, et une telle étude serait des plus arides. Nous allons essayer seulement de faire comprendre le principe du système.
- Tous les abonnés sont reliés à un poste central (fig. 5) où chacun d’eux est représenté par un appa-
- reil commutateur (fig. 1) auquel aboutissent les fils de ligne de tous les autres abonnés.
- Chaque abonné a chez lui un poste (fig. 2) qui comporte une pile, les appareils habituels de la conversation (microphone P et téléphone E), une sonnerie et enfin un mécanisme spécial qui est signalé à l’extérieur par un cadran T portant les chiffres de la numération décimale. Ce cadran est mobile autour d’un axe fixé à son centre; il porte sur son pourtour, en face de chaque chiffre, un trou dans lequel on peut placer le doigt. Pour former un nombre quelconque on amène successivement chacun des chiffres qui composent ce nombre en face d’une butée fixée en dessous du cadran ; après chaque chiffre ainsi indiqué on enlève le doigt du trou qui lui correspond et le cadran revient automatiquement à sa position initiale. Dans ses mouvements, le cadran entraîne avec lui une roue dentée reliée à la pile et qui détermine des fermetures de circuit en nombre égal au chiffre indiqué par chaque mouvement : par exemple, quand on place le doigt dans le trou 5 et (ju’on l’amène jusqu’à la butée, il se produit, sur la ligne, 5 émissions du courant. C’est le commutateur placé au poste central qui est actionné par ce courant; un électro-aimant E (fig. 1) fait monter d’un cran, à chaque émission, une tige verticale ABC portant trois paillettes horizontales 1, 2, 3, qui peuvent prendre contact avec l’extrémité de tous les fils qui arrivent se ranger circulairement l’un à côté de l’autre, par rangs superposés, au fond D de l’appareil.
- On peut donc du poste appelant, d’après ce que nous venons de dire, déterminer, dans le sens vertical la position des paillettes 1, 2, 3 en face de tel rang qu’on aura choisi ; de plus on peut, par la rotation de la tige ABC, déterminer la position des mêmes paillettes dans le sens horizontal pour qu’elles aillent chercher sur le fond semi-cylindrique D les contacts nécessaires. Afin d’avoir plus de ressource dans les combinaisons on a utilisé les deux fils de ligne séparément et on a employé, avec retour à la terre, tantôt l’un, tantôt l’autre, suivant les cas. C’est ce qui permet, après avoir utilisé l’un d’eux pour les émissions de courant qui donnent le mouvement vertical avec l’électro E, d’employer ensuite le second pour déterminer le mouvement horizontal avec l’électro II. Ce changement de fil se fait du reste automatiquement à la dernière rotation du cadran ; aussi doit-on toujours faire effectuer à celui-ci la même quantité de mouvements, quel que soit le nombre à inscrire; c’est-à-dire que, pour l’appareil en expérience à la rue de Grenelle en ce moment, qui est prévu pour 9999 abonnés, il faut toujours indiquer un nombre de quatre chiffres, sauf à le commencer par des zéros.
- Quand l’abonné a ainsi marqué le numéro du correspondant qu’il demande, il n’a qu’à appuyer sur le bouton de la sonnette. Celle-ci est du même type que celles qu’on installe aujourd’hui dans tous les postes fixes et qui obéissent non pas au courant
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- LA NATURE
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- Fig. 2. — Poste placé chez l’abonné. — Vue extérieure et intérieure.
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- Fig. 3. — Poste central réunissant tous les commutateurs des abonnés.
- d’une pile, mais à un courant alternatif de haute tourne la manivelle. Ici il suffit d’appuyer sur un tension produit par une petite magnéto dont l’abonné bouton parce que le courant alternatif qui actionne la
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- LA NATURE.
- sonnerie est produit d'une façon continue au poste central. Quand on a sonné on décroche son téléphone pour écouter et, si la ligne est déjà occupée, on entend un ronflement qui l'indique; il n’y a alors qu'à raccrocher le récepteur et à attendre quelques minutes pour appeler de nouveau.
- 11 résulte de ce que nous avons dit plus haut qu’on peut amener les paillettes de la tige du commutateur en contact avec toutes les lignes dont les extrémités aboutissent sur le fond 1), et cette seule condition suffirait pour un nombre d’abonnés ne dépassant pas une centaine. Mais quand il y en a plusieurs milliers, afin d’éviter l’emploi d’une trop grande quantité de ces appareils, on a adopté une disposition qui permet de les combiner entre eux par groupes ; celui qui est actionné le premier va chercher dans le groupe suivant le « mille » demandé et celui-ci cherche dans un autre groupe la centaine et les unités qui correspondent au numéro appelé. Cette combinaison des appareils entre eux, qui s’obtient au moyen de la troisième paillette de contact, est analogue à celle qu’on fait actuellement entre les différents bureaux de quartier ou entre les groupes d’un même bureau ; elle permet de desservir un nombre d’abonnés pour ainsi dire illimité. Cependant si, en somme, chaque piècedu mécanisme n’est pas bien compliquée, il résulte de leur grand nombre, et de la multiplicité des contacts automatiques qui doivent se faire, une certaine complication qui croît avec le nombre des abonnés ; aussi pour commencer l’application pratique de ce système qui a donné de bons résultats jusqu’à présent dans les essais qu’on vient d’en faire, M. Mougeot, sous-secrétaire d’Etat délégué aux Postes et Télégraphes, a-t-il décidé que l’installation serait faite d’abord dans une ville n’ayant qu’une centaine d’abonnés.
- Les appareils sont d’un prix assez élevé, car ils demandent à être construits avec beaucoup de soin ; mais leur prix d’achat est peu de chose en comparaison du capital que représentent les appointements du personnel qu’ils remplacent.
- Ce n’est du reste qu’après une expérience de longue durée, faite dans des applications de l’appareil en service courant, qu’on pourra se rendre compte de l’opportunité de son emploi. Dans tous les cas, pour l’abonné, la manœuvre est des plus simples, les communications sont obtenues avec une très grande rapidité, et il est dispensé de ces observations, plutôt aigres, qui s’échangent si fréquemment entre lui et la « demoiselle du téléphone ».
- G. Maiîesciial.
- LA DISPARITION D’UNE RIVIÈRE
- VArmançon est une jolie petite rivière, dont les gracieuses sinuosités agrémentent de fraîcheur et de verdure un des coins les plus pittoresques de France. Elle parcourt, en effet, tout au long, le charmant pays d’Auxois, haigne Scmur, Nuits-sous-Ravière, Tonnerre, et va se
- mêler à l’Yonne, après un parcours de 175 kilomètres.
- Elle naît dans une prairie, sur le territoire d’Essev, dans la Côte-d’Or. Elle sort de suhstructions gallo-romaines, restes probables d’un temple élevai à sa divinité. Le coteau voisin est encore couvert, sur une étendue de 2 kilomètres, de débris parfaitement reconnaissables, temples, bains, villas, édifices de toute sorte, qui paraissent avoir péri ensemble dans un immense incendie. Les murs calcinés, les pierres éclatées par le feu, les amas de cendre apparaissent à fleur de terre, sous le soc de la charrue. Quel drame d’invasion s’est joué là? Quelle catastrophe accidentelle ou tragiquement barbare s’est produite en ce lieu, dans un passé que rien ne détermine? On ne le saura jamais, car, malgré d’actives recherches, aucun document n’est venu donner un indice quelconque sur ce qu’était la ville disparue, et sur les conditions dans lesquelles est survenue sa perte. Le vert manteau des prés, des haies et des bois couvre d’un riant linceul ces ruines mystérieuses qui gardent leur secret!
- Dès son origine, l’Armançon forme un ruisseau que grossissent promptement d’autres ruisseaux issus des collines prochaines, en sorte qu’à 5 ou \ kilomètres de sa source, elle mérite le nom de rivière. Il est plus exact de dire elle méritait, car, par un étrange phénomène, depuis une vingtaine d’années, son cours supérieur s’amoindrit tellement, sur deux ou trois lieues, et d’une façon si continue, qu’on peut craindre de le voir disparaître à brève échéance, au moins en cette partie.
- Jadis, on ne franchissait la rivière que sur des ponts et des passerelles, où à certains gués éloignés les uns des autres. Les pêcheurs y jetaient leur épervier et y tendaient de longues araignées. Aujourd’hui, un enfant peut sauter d’un bord à l’autre en cent endroits différents; le moindre engin ne saurait s’y placer, et le pêcheur à la ligne lui-même ne trouverait pas dix creux où lancer un simple fil à goujons.
- D’où peut provenir cette singulière retraite des eaux?
- La perte des rivières n’est pas chose bien rare, ni bien extraordinaire. On observe un peu partout sur le globe des cours d’eau d’un volume parfois considérable, qui sont sujets à de très grandes variations et même à de soudaines disparitions. Certains n’ont un débit suivi que durant la saison pluvieuse; il y en a qui coulent toute l’année sur un parcours déterminé, et qui, pendant l’été, ne dépassent plus un point fixe, toujours le même; il semble qu’avec leur volume normal ils ne puissent pas aller au delà. Après ce terme, leur lit est à sec; mais viennent l’hiver ou des orages d’été, et la rivière achève à nouveau tout son parcours. Mais il en est ainsi depuis toujours, et les rivières à perte le sont depuis qu’on les connaît. Leur disparition n’admet qu’une cause, et cette cause est permanente : elle provient de l’état du sous-sol. H est imperméable sur une certaine partie du cours d’eau le long de laquelle celui-ci est pérenne; puis la nature du terrain change; après des couches compactes, il se rencontre un trou, une fente, ou d’énormes profondeurs de sables, et l’eau de la rivière s’y engloutit. Elle ne franchit l’obstacle que si elle a considérablement grossi.
- Mais, dans le cas qui nous occupe, rien de pareil. L’Armançon coule sur différents étages du lias, terrains de tout repos, résistants et honnêtes qui ne lui tendent aucun guet-apens. Et puis, s’il y avait eu des trous, des fentes ou des sables, elle s’y serait perdue depuis long-
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- LA NAT UHF.
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- temps, tandis que son amoindrissement n’a guère commencé qn’il y a une vingtaine d’années. Kntin, elle ne disparait pas brusquement pour reparaître plus loin, comme les vraies rivières à perte, elle diminue, elle s’anémie graduellement, d’année en année, rivière, ruisseau, ruisselet, filet !
- 11 faut donc chercher en dehors des conditions géologiques une cause nouvelle et continue du phénomène. Si la climatologie de la contrée avait changé, si la moyenne des pluies avait diminué depuis trente ans, il y aurait là une raison indiscutable de l'affaiblissement du cours d’eau. Mais il ne s’est rien passé de pareil : le volume annuel des eaux pluviales, très exactement relevé par le service du canal de Bourgogne, est sensiblement constant depuis qu’on l’inscrit. Notons de plus qu’aucun emprunt n’est fait à la rivière sur cette partie de son cours; aucun canal industriel, aucune saignée pour les irrigations ne vient soutirer l’eau. L’Armançon, en un mot, est laissée à elle-même, et son anémie est une maladie constitutionnelle.
- Fort intrigué par cette défaillance constante et progressive, j’en ai recherché les raisons depuis qu’elle m’a paru nettement constatée. Je crois les avoir enfin découvertes et je soumets mon hypothèse aux hydrauliciens qui diront si elle est bien fondée.
- L’anéantissement de la rivière est un méfait de l’agriculture. L’Auxois, notamment le canton de Ponillv sur lequel se trouvent la source, et le cours supérieur de l’Armançon, était, il y a vingt-cinq ans encore, un pays de céréales. Quelques prairies naturelles s’étendaient un peu partout le long des ruisseaux, on bandes longues et étroites ; mais tout le reste, plaines et coteaux, était cultivé à la charrue. L’eau pluviale qui tombait sur les grosses terres de la surface, diluvium jaune, argileux et compact, glissait rapidement avant d’imbiber le sol, épousait les pentes, et arrivait promptement en abondance à la rivière.
- Aujourd’hui, il n’en est plus de même; l’agriculture a subi, dans la vallée du haut Armançon, une évolution radicale. La culture des céréales, de moins en moins rémunératrice, est réduite au strict nécessaire pour les besoins en grains des fermiers, et tous les terrains qui ne sont pas absolument rebelles par leur nature à la croissance des herbes de pâturage ont été convertis en prairies naturelles. Le labour a fait place à l’élevage, qui est beaucoup plus productif. 11 en est résulté d’abord que la physionomie du pays s’est métamorphosée; aux tons fauves et dorés des guérets a succédé un océan d’émeraude ; ensuite, le régime des eaux a été profondément modifié. La pluie, retenue maintenant par la che-velure des prairies ne ruisselle plus aux dépressions qui la jetaient à la rivière; elles pénètrent doucement dans le sol, s’y infiltre, gagne les couches profondes et va grossir les nappes souterraines au détriment des cours d’ean superficiels. La prairie assèche la rivière.
- Et voilà comment un phénomène d’ordre purement économique peut avoir une répercussion directe considérable sur le régime fluvial d’un pays.
- Cunisset-Caknot.
- LE CIDRE ALLEMAND
- Quand on parle de cidre, on songe immédiatement à celui de Normandie, et on ne s’imagine guère que le jus de la pomme (légèrement transformé du reste par la fer-
- menlation) puisse être apprécié dans les pavs que l’on considère comme adonnés presque exclusivement à la consommation de la bière : tel est le cas pour l’Allemagne, et ces deux mots de cidre et allemand semblent jurer à se rapprocher.
- En fait, il est vrai, nous avions déjà, il y a quelques années, attiré l’attention sur le développement que semblait prendre la boisson normande dans une grande partie de l’Empire allemand, et nous avions même pu montrer les fabricants des bords du Mein et de la vallée du Ncckar commençant d’exporter leur cidre sur les pays étrangers.
- On peut dire que depuis lors le phénomène s’est considérablement accentué, et que dans les campagnes de Souabe en particulier le cidre est la boisson de prédilection, de préférence au vin et aussi à la bière. Tant et si bien que les fabricants du Wurtemberg recourent couramment aux pommes de France et des autres pays, qu’ils font venir par chargements énormes, surtout naturellement quand la récolte locale des pommes n’est pas satisfaisante.
- Le fait est que, du 1er septembre 1899 au 50 novembre 1899, dans ce court espace de temps, et rien qu’à la gare du Nord à Stuttgard, il est arrivé 4100 wagons de pommes à cidre (sans doute, dans ce total, un certain nombre proviennent d’Allemagne, principalement du duché de Bade et de la Province du Rhin, mais ce n’est là que l'exception). L’Autriche-Hongrie a envoyé pour son compte quelque 540 wagons, la Belgique et la Hollande 1115, la France 1208, et encore on estime que beaucoup des envois enregistrés comme provenant de Belgique viennent en réalité de France, mais se sont dénaturalisés pour ainsi dire par leur circulation sur le territoire belge. De son côté l’Italie a expédié 670 wagons, et, ce qui peut paraître le plus étrange, surtout par suite de la distance, c’est qu’il en est venu une quarantaine d’Espagne. Nous ferons remarquer que ce mouvement de fruits à cidre représente une valeur vraiment considérable, puisque le prix d’un wagon moyen est de 1250 francs environ. Enfin nous ajouterons que les arrivages que nous citons sont uniquement ceux de Stuttgard, et nous relèverions des totaux autrement imposants s’il nous était possible de nous procurer les arrivages dans tout le Wurtemberg. P. de M.
- LES MOTEURS A AENT A L’EXPOSITION
- lies forces naturelles telles que le vent et les chutes d’eau qui avaient été quelque peu abandonnées à la suite de l’invention de la machine à vapeur, semblent, depuis quelques années, attirer de nouveau l’attention. Le développement invraisemblable de l’industrie pendant le dix-neuvième siècle, le nombre sans cesse croissant des moteurs à vapeur employés, entraînent une augmentation considérable dans la consommation de la houille et font envisager avec crainte le moment où ce précieux combustible viendrait à manquer. D’autre part les forces naturelles sont de puissants réservoirs d’énergie et, étant donné le faible prix de revient de la force captée soit au moyen de moteurs hydrauliques, soit à l’aide de moulins à vent, on conçoit que ces moteurs aient fait l’objet de nombreuses études et d’ingé-
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- LA NATURE.
- nieux perfectionnements. Laissant de côté aujourd’hui les roues et turbines hydrauliques nous allons étudier sommairement les nouveaux moteurs à vent dont l’Exposition nous a présenté de nombreux et très intéressants modèles, tant au Champ-de-Mars qu’à l'annexe de Vinccnncs.
- Les moulins à vent de jadis étaient lourds et massifs, difficiles à diriger et ne pouvaient fonctionner qu’avec des vents puissants, c’est-à-dire assez rarement : pour les mettre face au vent il fallait manœuvrer à la main tout le système, ce qui obligeait, étant donnée la variabilité de direction du vent, à une surveillance ininterrompue. Les moulins actuels sont, au contraire, très légers et très résistants, leurs dimensions sont fort restreintes, leur fonctionne-
- l'ig. 1. — Moulin à vont français, système Heaume.
- ment automatique; ils peuvent d’eux-mèmes se placer de façon à utiliser la force du vent, quelles que soient sa vitesse et sa direction, et fournissent une marche très régulière.
- Les anciens moulins comportaient quatre ailes en bois de très grandes dimensions, variant, suivant le cas, de 9 à 15 mètres de longueur. Les nouveaux moteurs sont formés d’un très grand nombre de palettes en bois ou en métal disposées autour de l’arbre moteur et se recouvrent les unes les autres comme les planchettes d’une persienne. Ces palettes sont plus larges à leur extrémité qu’au voisinage de l’axe. De plus, dans certains cas,elles sont mobiles, et leur inclinaison peut varier automatiquement, et par suite aussi la surface résistante opposée au vent, selon les changements de vitesse de celui-ci. Le diamètre de la roue formée par ces palettes varie de
- 2m,5 à 5 mètres. Enfin une palette spéciale de plus grande surface et formant gouvernail permet à l’axe moteur de se placer constamment dans la direction convenable, et un régulateur s’oppose à ce que la roue soit disposée face au vent lorsque la vitesse de celui-ci dépasse certaines limites.
- Dans ces conditions les nouveaux moteurs à vent sont devenus réellement pratiques et susceptibles de rendre de grands services étant données la régularité de leur marche et la facilité de leur fonctionnement. Aussi sont-ils de plus en plus utilisés principalement pour la mise en mouvement des pompes destinées soit à l’irrigation de terrains secs, soit au dessèchement de marais ou de polders, soit pour l’élévation des eaux domestiques. On s’en est même déjà servi pour charger des accumulateurs.
- Parmi les nombreux moulins à vent figurant à l’Exposition, nous décrirons comme type le moulin Beaume. Ce moulin comporte une roue motrice disposée verticalement et formée d’une armature en bois de frêne dont les bras sont boulonnés au centre sur un moyeu en fonte calé à l’extrémité d’un arbre horizontal en acier noyé dans un palier graisseur. Sur toute la surface de l'armature, et suivant les rayons de la roue, sont fixées des lames en bois allant du centre à la circonférence extérieure ; ces lames sont placées obliquement dans le sens de la largeur, de façon à obtenir un recouvrement complet tout en laissant subsister un vide entre elles.
- L’arbre horizontal portant la roue reçoit à son extrémité une manivelle qui actionne une bielle dont la tète, guidée verticalement au moyen d’une glissière, communique, par l’intermédiaire d’une tringle en bois, un mouvement vertical alternatif à la tige du piston de la pompe que l’on veut actionner. Le moteur et son appareil de transmission sont supportés par un bâti en fonte tournant à sa partie inférieure, sur un tube en fer creux formant axe et fixé au centre d’un manchon également en fonte. Des galets en acier, intercalés entre le manchon et la base du bâti, permettent à ce dernier de se mouvoir librement autour de l’axe en fer creux.
- L’orientation et la désorientation se font au moyen d’une girouette ou gouvernail à grande surface, tournant librement autour du même axe que le bâti. Deux secteurs dentés, dont l’un est fixé sur le support du gouvernail et l’autre, articulé sur le bâti, porte un levier à contrepoids, rendent le moteur solidaire de son gouvernail. Le contrepoids est calé sur la tige du levier de façon que, en temps normal, le gouvernail étant placé suivant la direction du vent, le plan de la roue perpendiculaire à cette direction, offre au vent son maximum de surface.
- Dans un plan parallèle à celui de la roue, mais complètement indépendante et s’offrant au vent en dehors de celle-ci, est placée une palette ou vanne régulatrice formée de lames en bois posées à plat et reliées au bâti au moyen d’une tige rigide en fer.
- Le moteur tourne avec des vents très faibles et
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- LA NATUttE.
- par suite, sans action sur la ]>alette ; mais, si la vitesse du vent augmente et devient considérable, la vanne régulatrice oblige la roue à s'obliquer et même, dans certains cas, à prendre une position parallèle à celle du gouvernail; à ce moment, la roue n’a plus rien à redouter du vent puisqu’elle ne le reçoit que sur sa face la plus restreinte.
- En opérant cette rotation, le bâti a entraîné son secteur articulé, lequel trouvant un point d’appui sur le secteur denté lixe du gouvernail avec lequel il engrène, entraîne à son tour le levier qui se rapproche de la position horizontale en élevant son contrepoids. La vitesse du vent vient-elle à diminuer, le contrepoids ramène, par un effort inverse, la roue à sa position primitive. Enfin, lorsqu’on veut arrêter ou immobiliser l’appareil, une chaînette, lixée au levier à contrepoids et descendant jusqu’au sol en passant sur une poulie de renvoi fixée à la partie supérieure du bâti, permet, par l’intermédiaire des secteurs dentés, de changer l’orientation de la roue, de manière à la faire passer de la position du travail à celle du repos et réciproquement.
- Parmi les moulins figurant à Vincennes, les plus nombreux provenaient des États-Unis où ces moteurs sont beaucoup plus répandus qu’en France.
- Dans certains types, comme par exemple le moulin Halladay, les palettes sont étroites et montées, au milieu de leur longueur environ, sur une couronne circulaire calée sur l’arbre; ces palettes peuvent se déplacer autour de la couronne et devenir parallèles à l’arbre moteur de façon à ne plus olïrir aucune prise au vent. Cette action est obtenue
- au moyen de masses métalliques sur lesquelles agit la force centrifuge développée par la rotation de la roue. Plus la vitesse du vent est grande, plus la roue tourne vite et, par suite, plus les palettes s’inclinent.
- Dans d’autres moteurs, comme le moulin « Idéal» par exemple, les palettes sont en acier; elles sont plus larges, moins nombreuses et fixes, chaque moulin étant construit pour une allure de régime déterminée.
- La régularité de marche s’obtient au moyen d’un ressort disposé de telle sorte que lorsque la vitesse
- du vent dépasse certaines limites, la roue s’incline sur la direction du vent de façon à offrir une surface directe moins grande à l’action de celui-ci.
- Enfin, il convient de signaler en terminant les « Eoliennes » Aug. Bollée, perfectionnées par M. Lebert, du Mans, qui sont de véritables turbines aériennes à couronnes parallèles et à axe horizontal. Le courant d’air est concentré par un entonnoir et dirigé sur les ailes de la roue motrice par un distributeur fixe. L’orientation et la désorientation de la turbine sont obtenues progressivement à l’aide d’une petite roue spéciale sur laquelle agit un contrepoids placé sur une tige commandée par un câble qui passe sur un secteur de parabole cubique. Ces moteurs d’un genre tout particulier donnent d’excellents rendements et fonctionnent fort bien. La figure 5 représente deux Eoliennes installées à Cruzy-le-Chàtel (Yonne) pour
- une élévation d’eau. Georges Cave.
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- Fig. 2. — Moulin à vent américain monté sur pylône en 1er supportant un réservoir.
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- LA NATURE.
- CHRONIQUE
- Légion d'honneur. — La Nature a été favorisée celte année. C’est qu’on y travaille beaucoup. Au mois de juin, en pleine Sorbonne, M. le Président de la République attachait le ruban rouge à la boutonnière de M. .1. Laflargue, secrétaire de la rédaction; au mois de juillet, c’était le tour de M. Ch. de Yilledeuil, décoré par M. le ministre de la guerre. Aujourd’hui une nouvelle croix nous touche encore de plus près s’il est possible. M. Pierre Masson vient d'être nommé chevalier de la Légion d’honneur. Notre éminent et si regretté ami, M. Georges Masson, est mort trop tôt; il eût été heureux de voir son fils, son collaborateur de tous les instants, récompensé selon ses mérites. M. Pierre Masson a rendu des services très appréciés dans les Expositions universelles à Chicago dès 1895, depuis à Bruxelles, enfin en 1900 où nous le retrouvons membre des comités et des jurys. Il dirige en fait depuis longtemps la grande maison d’édition que tout le monde connaît, et dont le nom est indissoluble de celui de ce journal. Nous nous félicitons de cette haute distinction, et pour l’ami et pour l’éditeur de La Nature.
- Parmi ses collaborateurs assidus, La Nature compte encore un autre chevalier de la Légion d’honneur, M. A. Robida, dont nous publions les fantaisies si amusantes en supplément. Crayon très spirituel, humoristique et original, M. À. Robida est, comme on sait, l’auteur du « Vieux Paris », une des grandes curiosités de l’Exposition. Autre collaborateur de La Nature : M. Ch. Baltet, qui récemment nomme commandeur du Mérite agricole, vient d’être promu officier de la Légion d’honneur. Il est superflu de rappeler les grands services rendus par M. Baltet à l’Horticulture.
- C’est aussi avec grande satisfaction que nous relevons dans la dernière liste des décorations les noms si aimés de MM. Albert G-audrv, Lippmann, Raoult, promus commandeurs, Picard, Bornet et Bitte, promus officiers.
- M. Albert Gaudry est l’honneur de la paléontologie française; ses travaux se sont répandus dans le monde entier. Ses opinions font autorité en Europe. Il avait été désigné au dernier Congrès de Russie pour présider le Congrès international de géologie de Paris. M. G. Lippmann est un des physiciens dont puisse s’enorgueillir notre pays, le physicien fin, profond, ingénieux par excellence. M. Raoult, doyen de la Faculté des sciences de Grenoble, correspondant de l’Institut, a fait des travaux de haute valeur. On lui doit un nouveau procédé d’investigation : la Crvoscopie. M. Bornet est un des premiers botanistes de notre temps. M. Bitte, l’éminent professeur de chimie de la Sorbonne, a aussi une renommée européenne. On ne pouvait faire de meilleurs choix. II. de I*.
- Constantes capillaires des gaz liquéfiés. —
- La formule bien connue, pour obtenir la vitesse de propagation des ondes capillaires ou « rides », montre que la surface de tension d’un liquide peut être déterminée expérimentalement en observant la longueur d’onde et la vitesse, ou la longueur d’onde et la fréquence de ces ondes. Le Br Léo Grumnach, de Berlin, a appliqué avec succès cette méthode aux liquides, et il vient de communiquer aux Silzun(jberichle de l’Académie de Berlin le détail des mesures, par le même système, des constantes capillaires des gaz liquéfiés. Les ondes sont déterminées par un diapason avec des pointes d’aiguille plongeant dans le liquide, et les courbes d’interférence permettent
- de mesurer avec une grande précision les longueurs d’onde. La méthode a été appliquée à l’acide sulfureux, à l’ammoniaque, au chlore tous liquéfiés, et les valeurs des constantes capillaires déterminées conduiront à des résultats intéressants dans les recherches sur les points critiques.
- —>•<><—
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance an «nielle publique du i? déc. 1 tlOO
- coxconis de i.'année îyoo Présidence de M. Mauiuce Lévy.
- M. le Président, à qui incombe la tâche de présenter le bilan scientifique de l’année expirée, s’exprime en ces ternies :
- (( Nous sommes les premiers hommes que la science, par une sorte de miracle, aura fait assister à deux existences terrestres : celle d’il y a soixante ans et celle d’aujourd’hui, infiniment plus dissemblables, à bien des égards, que si, en d’autres temps, elles avaient été séparées par des centaines, des milliers d’années, si bien que nous aurons vraiment vécu comme si nous étions nés deux fois à de longs siècles d’intervalle.
- « Pourquoi cette rénovation de la vie s’est-elle produite juste à notre époque et pas avant? Est-ce un accident ou un commencement? Vivons-nous en un siècle fortuit ou est-il bien le premier d’une ère nouvelle et durable qui serait l’ère du messianisme de la science sur cette terre ?
- « C’est sur ces questions que je voudrais vous présenter quelques courtes réflexions. Il en ressortira ceci : que notre siècle est fait de toute la poussière de pensée scientifique éparse dans le passé, et que c’est bien sous nos yeux que cette nébuleuse devait recevoir ses premières clartés. »
- On relève, au cours de ce remarquable exposé, des constatations inattendues.
- (( Le canon d’aujourd’hui est un des laboratoires les plus-instructifs que possède la science. Et n’allez pas croire que, dans le laboratoire dont j’entends vous parler, ce soit la chair humaine qui serve de réactif.
- (( D’abord, c’est du canon moderne (pie sont sortis ces autres canons très pacifiques, eux, qui s'appellent des machines à explosion ou machines à pétrole ou à gaz tonnant, qui rendent tant de services, notamment à l’automobilisme.
- « Ce sont ensuite les grandes [tressions obtenues dans ces machines qui ont aussi déterminé la machine à vapeur à passer à des pressions de 20 à 25 kg, qu’il y a quelques années, on eût regardées comme impossibles. C’est de là que sont venues à la fois la puissance et l’économie dans ces machines de 20 000 à 50 000 chevaux, qui promènent des navires aussi populeux que de petites cités, sur les vagues de la mer, avec autant d’aisance et de sécurité que sur un lac tranquille... »
- On relève également des vues tout à fait personnelles et originales.
- « 11 est certain que l’oiseau est une machine dont le rendement est encore incomparablement supérieur à celui des machines les plus légères que nous sachions contruire. H reste donc beaucoup à faire et on n’arrivera peut-être à l’aviation que quand les physiologistes auront, comme ils y tendent, donné [dus complètement la main aux mécaniciens en ce qui louche la machine animale.
- « Quant au ballon, il ne semble pas devoir constituer
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- LA NATURE.
- «5
- une solution définitive. La nature aurait pu faire des oiseaux-ballons, c’est-à-dire des oiseaux se gonflant et se dégonflant à volonté en produisant un gaz plus léger que l’aii. Elle l’eùt sans doute fait si ce n’cùt été moins simple que l’aviation. »
- Après un lumineux tableau des progrès do la mécanique depuis Newton et des problèmes soulevés par la machine à vapeur, M. le président termine son discours par un adieu adressé à chacun des savants ayant appartenu à l’Académie, disparus dans l’année. Il rappelle les oeuvres par lesquelles chacun d’eux s’est distingué. Ces savants sont : M. Joseph Bertrand, secrétaire perpétuel; M. Alphonse Milne-Edwards, vice-président; MM. Blanchard et (Irimaux, membres; MM. Marion, Ollier, général de Tille et Bellrami, correspondants.
- Lecture est ensuite donnée de la liste des prix ci-des-s ms indiqués.
- Sciences mathématiques. — Grand prix : M. Mathias Lerch. — Prix Francœur : M. Edmond Maillet. — Prix Poncelet : M. Léon Lecornu. — Prix extraordinaire de six mille francs : Un prix de trois mille francs est décerné à M. Maxime Laubeuf; un prix de mille francs à M. le capitaine Charbonnier; un prix de mille francs à M. Au-busson de Cavarlay; un prix de mille francs à M. A. Grasset.
- Mécanique. — Prix Montyon : M. le colonel Leroscy.
- — Prix Plumev : M'ne veuve Moissenet. — Prix Lalande : M. Giacobini. — Prix Damoiseau : M. J. von lleppergcr.
- — Prix Yalz : M. l’abbé Verschaffel. — Prix Janssen : M. Barnard.
- Statistique. — Ibix Montyon : M. du Maroussem. Une mention honorable à MM. Barras, Paillais et à l’auteur anonyme du Mémoire portant pour devise : Primo non nocere. — Prix Jecker : M. A. Belial. — Prix Dcsma-zières : M. Bruchmann. Une mention très honorable à M. Gyula Istvanffi. — Prix Montagne : Un prix de mille francs est attribué à M. Delacroix; un prix de cinq cents francs à M. A. Boistcl. — Prix Thorc : M. Seurat. — Prix da Gama Machado : Prix partagé entre Mme la comtesse de Linden, M. Siedlecki, M. P. Carnot etM. Bordas.
- Médecine et chirurgie. — Prix Montyon : Un prix à MM. Hallopeau et Leredde; un prix à M. Guilleminot; un prix à M. Jules Soury. Des mentions à MM. Sabrazès, Gallois, Nobécourl. Des citations à M. Cunéo et à M. Toulouse. — Prix Barbier : Prix partagé entre MM. Marage et Guinard. Une mention à MM. Brœmcr et Suis. — Prix Bréant : Les arrérages sont partagés entre M. Auclair et M. Bemlinger. — Prix Godard : M. Léon Bernard. — Prix Parkin : M. Cou pin. — Prix Bellion : MM. J. Brault et Samuel Gâche. Des mentions honorables à MM. Knopf et Jacquet. Prix Dusgate : M. Icard. — Prix Lallemand : MM. Maurice de Fleury et de Na Lias. — Prix du baron Larrey : MM. Nimier et Laval. Une mention à M. Finck.
- Physiologie expérimentale. — Prix Montyon : Prix partagé entre M. Pachon et M“° Joteyko. — Prix Pourat : MM. Bergonié et Sigalas. — Prix Martin-Damourettc : M. Long. — Prix Philipeaux : MM. Delezcnnc et Nicloux.
- — Prix Gay : M. Lugeon.
- Arts insalubres. — Prix Montyon : MM. Trillat, Sévène et Galien. — Prix Cuvier : M. Frilsch. — Prix AVililc : M. Delépine. — Prix Vaillant : MM. Henri Gautier et Osmond — Prix Trémont : M. Frémont. — Prix Gegner : M'ne Curie. — Prix Delalande-Guérineau : MM. Maurain et Lacombe. — Prix Jérôme Ponti : MM. Girod et Massénat. — Prix Tchiliatchef : M. de Loezy.
- — Prix lloullevigue : M. Wallerant. — Prix Boileau :
- MM. Sautereaux, Delemer et Nau. — Prix Cahours : MM. Mouneyra, Metzner et Defaeqz. — Prix Saintour : M. Deburaux. — Prix Laplace : M. Macaux. — Prix Rivot : MM. Macaux, de Schlumbergcr, Martinet et llardel.
- Les prix Bordin, Savigny et Mège ne sont pas décernés.
- M. Bertbelot donne ensuite lecture d’une Notice historique sur la vie et les travaux de M. Naudin, décédé en 1899. « Naudin a consacré soixante ans à l’étude des problèmes les plus élevés relatifs à l’origine de la vie et à celle des espèces entre lesquelles se partagent les êtres organisés. Parti d’une condition obscure et parvenu par des efforts continus jusqu’à la culture intellectuelle la plus haute, sa carrière fut soudainement brisée par la maladie, et sa vie fut remplie d’amerlume, de misères physiques et morales de tout genre, qui le poursuivirent jusqu’à son dernier jour. »
- M. Bcrthelot retrace cette carrière si traversée. Naudin débuta en .effet comme maître d’études à 18 ans à Limoux. Il vient à Paris en 1859 où, pour subsister, il est obligé d’entrer au Muséum comme jardinier.
- En 1841, il subit avec succès les épreuves de la licence ès sciences naturelles ; en 1842, celles du doctorat. Naudin ne réussit pas à entrer dans l’enseignement supérieur. Nommé professeur suppléant de zoologie au collège Chaptal, à Paris, il devait bientôt après renoncer à ce modeste emploi à la suite d’une atteinte de névralgie qui l’avait privé de l’ouïe. En 1854, il entrait au Muséum comme aide naturaliste et, en 1865, était élu membre de l’Académie des sciences. En 1878, il était nommé à la direction du jardin Thuret à Antibes. M. Bertbelot passe ensuite en revue l’œuvre de ce savant modeste. Citons notamment un mémoire célèbre sur les hybrides du règne végétal, un autre sur les espèces affines et la théorie de l’évolution, un autre sur le développement des organes appendiculaires des végétaux.
- Cil. I)E VlELEDECIL.
- UN PHÉNOMÈNE DANS L’ESPÈCE CANINE
- On vient de me présenter un petit chien extrêmement curieux. Né avec les pattes de derrière atrophiées, mais doué, à part cette grave infirmité, d’une excellente santé, il a adopté naturellement, sans que personne la lui ait indiquée par un procédé de dressage, la marche sur les pattes de devant. Il enlève son train de derrière, creuse l’échine, s'équilibre sur les membres antérieurs, et, à volonté, marche, court très rapidement, vire, s’arrête, mange et fait ses besoins dans cette position. Il ne pose le train de derrière par terre (ou plutôt, quand il le peut, sur une petite élévation) qu’environ tous les quarts d’heure.
- Quand on le regarde courir depuis quelques minutes, on éprouve une véritable fatigue parce qu’on suppose que la pauvre bête fait de grands efforts ; c’est l’effet qui se produit sur nous quand un acrobate prolonge un exercice dans lequel il semble dépenser une grande somme d’énergie; mais en y regardant de plus près, on comprend vite que notre petit [irodige ne peine nullement. Il n’est pas plus essoufflé, après une course d’un quart d’heure, qu’un chien ordinaire qui a joué, avec un peu d’ani-
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- LA N AT U RL.
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- mation, pendant le même laps de temps. Les pattes de devant de ce petit monstre se sont complètement adaptées à leur nouvelle fonction, qui consiste à supporter tout le poids du corps; et les muscles des reins ont acquis la force nécessaire au maintien du train de derrière au-dessus de la tète.
- iNotre phénomène est âgé de 18 mois; j'ai dit qu’il se porte à merveille; il est du caractère le plus enjoué; et, s'il ne tenait qu'à sa bonne volonté, il aurait déjà répandu dans le monde une nombreuse progéniture. Voilà donc un petit animal qui, en fort peu de temps, a profondément modifié, pour son compte, le mode de progression de l’espèce, et qui semble se trouver très bien de son innovation.
- A vrai dire, nous connaissons plusieurs cas ayant
- avec celui-ci un certain rapport, mais ils sont, sans contredit, moins intéressants. L’est ainsi que plusieurs de nos chiens, nés avec une seule patte de derrière, ont pris l'habitude de marcher pendant quelques pas en se servant seulement des membres antérieurs; toutefois, cela durait si peu qu’il fallait prêter toute son attention pour le remarquer.
- Le petit phénomène qui nous occupe est, au contraire, un virtuose dans son genre ; par son assurance il laisse loin derrière lui tous les « chiens savants » des cirques et de la foire. De plus, il n’existe guère de chiens de cirque sachant comme lui s’enlever sur les membres antérieurs et se tenir un moment en équilibre sans les déplacer, c’est-à-dire en cambrant plus ou moins le corps au-dessus des
- Le chien en promenade. Le chien eu équilibre Le chien au repos.
- sur le dossier d’une chaise.
- points de suspension. Presque tous cherchent leur équilibre en marchant1 ; tandis que mon petit sujet sait fort bien à l’occasion stationner, tenir, en un mot, son équilibre absolument comme un homme ; les pattes de devant s’immobilisent et le corps se cambre ou se redresse, de manière à se ramener toujours au-dessus des points de suspension.
- Je viens de dire que notre prodige se tient d’après les mêmes principes qu’un gymnasiarque de profession ; mais il le fait avec beaucoup plus de facilité que les clowns ordinaires. Je ne connais même qu’un seul homme, qui, pour la résistance et la vivacité dans les exercices d’équilibriste, puisse lui être comparé. J’ignore si cet « artiste » s’est exhibé à Paris;
- 1 En général, quand un montreur d'animaux présente un chien en équilibre, tes pattes de devant posées sur sa main, ou sur une baguette, ou encore sur le dossier d’une chaise, que l'on peut balancer, c’est lui, montreur, qui fait les mouvements (d'ailleurs peu visibles) nécessaires au maintien de l’équilibre. Le chien n’a qu’à se tenir raide. Il peut exister des exceptions à cette règle, mais nous n’en connaissons pas.
- mais je l’ai rencontré en Angleterre, — c’est Jules Keller, qui se fait appeler, à juste raison, « le roi des équilibrâtes sur les mains ». S’il peut rivaliser avec mon sujet, c’est tout simplement parce qu’il a la même infirmité que lui. Jules Keller entre en scène sur les mains, court, valse, saute d’une table par terre, monte et descend le long d’une perche placée obliquement en ne se soutenant que sur les mains. Le public ne sait pas que ses larges pantalons renferment des membres atrophiés et de fausses jambes. Toute l'énergie de Keller semble s’être ramassée dans les muscles des bras. En ville, il se traîne sur des béquilles, mais il préférerait courir sur les mains, s’il ne craignait d’ameuter les passants. 11 y a donc beaucoup d'analogie entre cet équilibriste et le petit chien qui fait l’objet de notre article.
- Pierre Hachet-Soeplet.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiuue, rue de Fleurus, 9.
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- *V 1440. — 29 DÉCEMBRE 1900.
- LA NATURE.
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- LE THÉ DE CEYLAN
- Si ce n’était peut-être un peu exagérer les choses, on pourrait dire que le thé de Ceylan a eu un des principaux succès de l’Exposition universelle de 1900 : tout le monde a aperçu et la plupart des gens ont fréquenté cet élégant pavillon que la possession anglaise avait installé dans les jardins du Trocadéro, tout à côté des bâtiments de l’Exposition proprement dite des colonies britanniques. Du matin au soir on y débitait les tasses de thé avec les classiques
- tartines beurrées, et il en est résulté pour le thé de Ceylan une réclame formidable qui lui vaudra certainement des acheteurs innombrables un peu dans tous les pays.
- Empressons-nous de faire remarquer que ce (pii a valu au thé de Ceylan la réputation dont il jouit un peu partout, et la clientèle considérable qu’il possède en Angleterre, ce n’est certes pas seulement et exclusivement sa qualité : sans doute est-il bon et on a pu le vérifier cette année, mais il ne vaut assurément pas, pour les vrais amateurs, les thés les plus fins de Chine. En fait, il a été lancé de la manière la plus
- Pic d’Adam et plantations de thé à Ceylan.
- habile, et son histoire vaut la peine d’être contée, parce qu’elle montre comment on doit s’y prendre pour faire réussir une tentative agricole au point de vue commercial, et aussi parce qu’elle prouve bien qu’avec de la volonté un pays peut parfaitement sortir d’une crise résultant de la ruine de son industrie principale.
- En effet, si la production du thé constitue la plus importante ressource de U île de Ceylan à l’heure actuelle, l’introduction de cette culture n’est que de date toute récente : il y a encore vingt ans les plantations de thé étaient à peine connues dans file, et la plupart des terres étaient consacrées au café. Celui-ci avait été introduit en 1740 par les Hollandais, et sa production s’était étrangement développée 29e année. — 1er semestre.
- dans le courant de ce siècle: En 1845, le chiffre des exportations atteignait 200000 quintaux, et, vers 1870, le total correspondant était d’un million de quintaux. Malheureusement à ce moment apparaissait un fléau qui a fait trop parler de lui, YHemilea Vastatrix, et finalement la culture du café dut être abandonnée. Les planteurs se mirent courageusement à l’œuvre pour sortir de la misère où les plongeait cette catastrophe véritable, et ils entreprirent la culture du quinquina : celle-ci réussit en somme, puisque les exportations d’écorces atteignaient près de 16 millions de livres en 1887; mais les prix avaient peu à peu tellement baissé que l’on dut songer à autre chose encore. En quelques années, les planteurs ont pour ainsi dire abandonné la cul-
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- LA NATIIIVK.
- ture du quinquina, et ils s’adonnent aujourd’hui en grand à celle de l'arbre à thé.
- 11 faut dire, du reste, que le climat cynghalais est fait pour cette plante : en effet, il ne se passe pas un mois sans pluie, du moins dans les régions où se trouvent les plantations en question, et la cueillette peut se poursuivre durant six et même neuf mois de l’année; si une poussée de feuilles ne réussit point, on a le droit de compter sur la suivante au bout de quelques semaines seulement. Donnons quelques chiffres qui vont édifier le lecteur sur l’importance de la production de Tile : de 250 acres seulement en 1875 (l’acre vaut à peu près les 4/10 d’un hectare), la superficie des plantations a atteint 35 000 acres en 1885, et 500000 acres en 1897. La plante prospère d’ailleurs jusqu’à une altitude de 2100 mètres au-dessus de la mer. Quant aux exportations, de 25 livres en cette même année 1873, elles ont pu s’élever à 110 millions de livres en 1897, et le mouvement d’extension continue, de nouvelles compagnies se formant pour ainsi dire chaque année.
- Et maintenant comment les planteurs, favorisés par le climat, ont-ils pu faire connaître et apprécier leur thé sur des marchés où, même comme en Angleterre, on ne jurait que par le thé chinois. C’est là qu’ils ont fait preuve d’ingéniosité et de persévérance. Ils ont formé, sous le nom de Ceylon’s Planter Association, un'corps constitué presque aussi puissant que le conseil législatii même de l’ile, puis naturellement ils ont constitué à frais communs un budget important pour cette association : ce budget était destiné à être dépensé en réclame et en publicité variées pour mettre en valeur le thé de l’île, et payer notamment des agents spéciaux sur les marchés étrangers, agents qui avaient et qui ont encore pour seule mission d’implanter le thé cynghalais dans les pays les plus réfractaires à ce changement. L’association a fait distribuer gratuitement des quantités importantes de thé de Ceylan dans les localités où ce produit n’était pas connu, et la création de la fameuse maison de thé de l’Exposition de I960 faisait précisément partie du programme étudié par les planteurs de Ceylan pour lancer définitivement leur produit sur les marchés d’Europe. Autant que nous en pouvons juger déjà, il nous semble qu’ils ont parfaitement réussi, et on ne peut que se réjouir de voir une pareille volonté récompensée par le succès. Pierre de Mériel.
- LE GRAND CANAL DE DRAINAGE
- DE CHICAGO
- Le matériel des travaux publics et l’art de l’ingénieur ont fait de tels progrès depuis quelques années, qu’on ne s’étonne pour ainsi dire plus devant des travaux qui eussent semblé formidables il y a un quart de siècle. Tel est le cas pour un prodigieux ouvrage qui a été terminé dans le courant de l’année 1899, et dont nous avons dû repousser la description par suite de l’abondance extraor-
- dinaire de matières que nous valait l’Exposition universelle. 11 s’agit du canal de drainage de Chicago, qui constitue à la fois une œuvre d’assainissement pour l’oreo-polis, et une voie nouvelle de navigation intérieure entre le golfe du Mexique et les grands Lacs.
- Ce qui a permis la réalisation de cette voie d’eau réunissant les grands Lacs américains au bassin du Mississippi, c’est que les trois lacs les moins élevés au-dessus du niveau de la mer ne sont empêchés de se déverser dans la vallée du Mississippi que par une dénivellation île quelques mètres seulement. Il y a eu certainement autrefois en ce point un émissaire glaciaire, dont il a été parlé ici même. Le plan général qu’il s’agissait de mettre à exécution et qui avait pour but principal, empressons-nous de le dire, d’évacuer les eaux usées de la grande ville autre part que dans le lac Michigan, consistait à réunir la branche sud de la rivière de Chicago, avec la rivière Desplaines à Lockport (dans l’Illinois), d’où les eaux s’écouleraient naturellement dans le Mississippi. Cela représentait une longueur de 55 kilomètres environ ; le canal ne devait point être muni d’écluses pour modérer le cours de l’eau, et sa section serait considérable. Disons tout de suite que, dans le rocher, sa largeur est de près de 49 mètres, avec des berges verticales; dans les terres, la largeur au plafond varie de 30 à 61 mètres, pour 60 à 90 mètres au plan d’eau. On compte que son débit sera d’au moins 141 mètres cubes par seconde, même au moment des plus basses eaux du Lac, afin de diluer suffisamment les eaux usées de l’agglomération; on pourra du reste doubler ce débit quand la population se sera considérablement accrue.
- En fait, le canal proprement dit ne commence que dans les quartiers sud de la ville ; mais, pour lui apporter le volume d’eau dont il a besoin et qu’on emprunte à une des branches de la rivière de Chicago, on a dû approfondir celle-ci jusqu’à 6 mètres au-dessous de la ligne d’étiage, établir de puissantes conduites sous les terrains de certaines compagnies de chemins de fer, et enfin construire un assez grand nombre de ponts à bascule. Les travaux ont été longs, puisqu’ils ont débuté à la fin de 1892, mais ils étaient considérables; dans la vallée de la rivière Desplaines notamment, on se trouvait dans des terrains glaciaires fort difficiles. On dériva du reste la rivière de Chicago sur une grande partie de son cours supérieur, l’ancien lit étant ensuite grandement approfondi pour donner passage au canal : la dérivation, qui subsiste toujours, sert au moyen d’une digue submersible à évacuer le trop-plein des eaux qui peut se produire dans le canal. L’extrémité inférieure du canal à Lockport présente un élargissement considérable, un bassin de virage, où les plus grands bateaux peuvent tourner. En ce point aussi on a prévu des écluses qui permettraient l’évacuation d’une partie des eaux dans le cours inférieur de la rivière Desplaines. En dessous du bassin de Lockport, comme on devait utiliser la rivière même, il fallut la redresser, l’approfondir, l’élargir, et accomplir une série de travaux importants dans la ville de Joliet.
- Le canal a croisé une série de routes et 7 voies de fer, ce qui a nécessité l’établissement d’un nombre respectable de ponts-tournants; quant au total du cube des terres extraites pour le canal proprement dit et la dérivation de la rivière, il a été de 114 000 mètres cubes environ, ce qui est un chiffre imposant, on en conviendra. Pour l’exécution de ces terrassements, on a du reste eu recours aux méthodes les plus perfectionnées, ponts-roulants pour soulever les wagonnets pleins de déblais,
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- transporteurs aériens, ' voies inclinées permettant aux trains de wagons de descendre dans la tranchée, perforatrices à air comprimé, etc. Enfin les dépenses, autant (pie les chiffres en ont pu encore être-arrêtés, .s'élèvent a plus de 120 millions de francs pour la construction proprement dite, et à 170 millions si l’on lient compte de tous les frais divers. P. ou M.
- UNE CURIEUSE PERLE FINE
- L’exposition de l’Australie occidentale était certainement des plus curieuses par la beauté de ses produits parmi lesquels il y avait lieu de signaler les bois et l’or. Les échantillons de bois de Kari étaient aussi remarquables que les pépites offertes au regard du public étaient volumineuses. Ou y voyait encore une collection des plus nombreuses de
- ce projectile particulier, en forme d’arc de cercle, appelé boomerang, si terrible entre les mains habiles des indigènes et de superbes pointes de flèche, taillées dans des tessons de bouteille par les Australiens. Mais l’objet qui piquait,peut-être, le plus vivement la curiosité était une perle fine de la forme la plus inattendue. Au lieu de s’ètre formée progressivement de façon à conserver la forme sphérique,on aurait dit que la loi de formation avait été de procéder par bonds successifs. Par suite, c’était une série de perles, toutes soudées les unes aux autres, qui en étaient résultées. Ces perles étaient au nombre de neuf, dont sept en ligne droite et deux autres symétriquement placées dans un sens perpendiculaire, de façon à former un carré avec les deux premières de la rangée précédente. 11 en résultait que l’aspect général de la perle était celui d’une croix.
- La notice jointe à cette exhibition nous apprenait que la perle-croix fut trouvée, en 1884, sur la cote nord-ouest de l’Australie occidentale, dans une des nombreuses pêcheries perlières de la colonie. Elle ajoutait que la beauté de la perle et sa forme extraordinaire étaient un rare phénomène de la nature et un trésor inestimable.
- D’après les renseignements que nous avons réclamés du commissaire général de l’Australie, nous pouvons dire que le possesseur de cette curiosité est M. bhall, qui est bien décidé à ne jamais s’en défaire, la considérant comme un précieux fétiche. Il y a quelques années, il en refusa 50 000 francs et aurait opposé le même refus à une offre du double. 1).
- LE GLACIER DE TÊÏE-R0USSE
- On se souvient encore de la terrible catastrophe du 12 juillet 1892, où une partie dés villages de Rionnay, du Fayot, ainsi que rétablissement des bains de Saint-Gervais, furent détruifs par une puissante lave de boue. Cet accident a été causé par l'écoulement
- subit d’une poche d’eau qui se trouvait à l’intérieur du petit glacier de Tète-Rousse (5270 m. d’altitude). La masse liquide, d’un volume évalué à 100 000 m3, animée d’une vitesse de 14 mètres à la seconde, soit 50 kilomètres à l’heure, a transporté dans la plaine de l’Arve et dans la Gorge des Gains plus de 1 000 000 m3 de matériaux de toute sorte arrachés au versant sud de la montagne des Rognes, aux moraines latérale et frontale du glacier du Rion-nasset, ainsi qu’au thalweg du petit ruisseau de Rionnasset.
- Des reconnaissances annuelles furent laites par le service forestier au glacier de Tête-Rousse. Un constata, en 1895, une obstruction presque complète de la voûte de glace du canal, par où s’était vidée la poche. En 1891, l’orifice était complètement clos et au fond de la cavité on pouvait voir un lac où flottaient quelques glaçons.
- Depuis 1895, la poche a été comblée peu à peu par les neiges tombées directement ou chassées par le vent, et par les avalanches descendues des escarpements de l’aiguille du Goûter (5885 m.) qui dominent Tète-Rousse. En 1897, le glacier avait repris son aspect normal.
- Un pouvait donc redouter la reconstitution d’un lac sous-glaciaire dissimulé aux yeux par une simple couche gelée, et la formation d'une nouvelle lave, en cas de rupture soudaine de la paroi frontale du glacier. Cette crainte n’avait d’ailleurs rien de chimérique : dans le massif même du Mont-Rlane, des poches d’eau existent dans le glacier des Rossons, dont la rupture a été plusieurs fois observée.
- Pour prévenir le retour d’une catastrophe analogue à celle de 1892, l’Administration des Eaux et Forêts a pensé qu’il y avait lieu de s’opposer à la brusque irruption des eaux de Tète-Rousse et d’empêcher leur amoncellement en leur ménageant une issue permanente. Un résolut alors d’ouvrir une galerie souterraine de 4 m2 de section dans l’arête rocheuse qui supporte le glacier de Tète-Rousse et le sépare de celui de Rionnasset, situé à 150 mètres environ en contre-has. De cette façon, les eaux, quelque fût leur volume, devaient demeurer inolfensives et se perdre sans pouvoir a Rouiller dans les crevasses du glacier de Rionnasset.
- Pour exécuter ce programme, il fallut ouvrir un chemin muletier de 2 mètres de largeur, de 7550 mètres de long, depuis le pavillon de Relie vue (1781 m.) jusqu’au plateau de Pierre-Ronde (2832 m.) franchissant la crête de la montagne des Rognes, et ensuite un sentier de 1 mètre de largeur et de 2590 mètres de long, sur l’arête désagrégée de partage des eaux du val de Montjoic et du val de Chamonix. Ce passage est des plus fréquentés parles touristes qui veulent tenter l’ascension du Mont-Rlanc et il mérite, en effet, toute leur faveur puisqu'il leur permet de gagner beaucoup de temps, d’éviter une fatigue considérable et d’arriver, par la terre ferme et le roc, jusqu’à plus de 3800 mètres d’altitude.
- Une baraque abri destinée aux agents forestiers et
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- LA NATURE
- au conducteur des travaux fut construite sur le pla- Une fois ces travaux accessoires terminés, on put teau de Pierre-Ronde derrière la crête des Rogues. commencer l’ouverture de la galerie souterraine dont
- Fig. 1. — Le trou d’échappemeut, 7 septembre 1892.
- Fig. 2. — Ensemble du trou supérieur et de la galerie latérale, 8 août 1894.
- l’inclinaison a été fixée à 10 pour 100. Après avoir déblayé 11 mètres de moraine où furent exécutés des murs de soutènement, les ouvriers rencontraient le roc en place. Loin de se présenter en
- masse compacte, le rocher apparut, même aux plus grandes profondeurs, sous forme de blocs soudés par des inclusions de glace. Par suite de la chaleur dégagée par les mines, par les lampes et par les
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- travailleurs eux-mêmes, ce ciment glacé se fondait et des fragments de pierre plus ou moins volumineux
- Fig. 5. — Le trou inférieur, 25 août 1895.
- très, on rencontra la glace, mais la glace ancienne, dure, sonore et sèche, rendant Lien à la dynamite, j
- à laquelle succéda, /
- à 115 mètres de l’ouverture, une glace tendre, blanche, remplie de bulles d’air, inerte sous les explosifs, en un mot le névé se transformant en glace. Bientôt, le 50 juin 1900, des parois de la galerie l’eau suinta de plus en plus abondante: des sondages latéraux faits plus loin laissèrent échapper des jets puissants qui obligèrent les ouvriers à suspendre leurs travaux, de petites crevasses se vidaient par le plafond. Des sondages verticaux, exécutés dans le plancher, l’eau sourdait en bouillonnant. Le débit à l’orifice de la galerie atteignit jusqu’à 900 m3 par jour. Pour rechercher
- se détachaient du plafond de la galerie que l'on dut boiser pour prévenir tout accident. Au bout de 65 mè-
- Fig. 4. — Entrée de la galerie, vue de l’intérieur, 3 août 1898.
- | toutes les cavités du glacier, une nouvelle série de
- galeries à l’inclinaison de 2 pour 100 fut greffée sur la galerie principale à l’endroit même où elle passe du rocher dans la glace : une des branches conduisit exactement sur une ouverture observée en 1892, 1895 et 1894 et montra que presque tout le vide était rempli de névé grenu, gelé à la surface. Une autre branche la plus longue fut dirigée sur l’emplacement du lac aperçu en 1894. Une série de sondages verticaux a permis de conclure qu’il n’existait aucune accumulation d’eau en même temps qu’elle donnait le relief exact du fond de la poche vidée en 1892 et qu’on n’avait pas pu reconnaître à l’aide de levés. Tous ces ouvrages ont été exécutés à grand’peine
- Plan.
- . Gâteriez supérieures --Galeries inferieures . a,,b, c,-..g. fiyuits de sondage.
- Échelle*? j longueurs : V1600.
- \t//cuUeurs : J/ ooo
- 5. — Sondage du glacier de Tête-Rousse.
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- I A NATfîRB
- à une altitude considérable où le froid, la raréfaction de l’air, la sécheresse de l’atmosphère éprouvaient gravement les ouvriers en les anémiant, en leur enlevant tout appétit, où la période de travail se trouve être de a mois au plus. Us ont permis au service Forestier de conclure qu’il n’existe plus dans le glacier de Têtc-liousse de poches d’eau, et que par suite les craintes formulées dans la note communiquée à l’Académie des sciences le 14 août 1895, au sujet du renouvellement « dans un avenir peut-être prochain, peut-être éloigné, d’une catastrophe semblable à celle du 12 juillet 1892 », peuvent être entièrement écartées.
- Grâce à l’exécution de ces ouvrages on va pouvoir apporter des documents importants pour l’étude des glaciers. Les recherches futures du service Forestier vont, en effet, avoir pour objet :
- 1° De mesurer la vitesse du glacier à sa surface et à diverses profondeurs ; 2° de noter l’alimentation du glacier ; 5° de déterminer, à l’aide de nouveaux soudages, le relief du fond de la cuvette du glacier.
- Une fois acquises, ces données permettront sans doute d’établir les rapports qui existent dans le glacier entre sa vitesse, sa pente et son alimentation.
- Ainsi, après avoir rendu la sécurité aux habitants de toute une vallée, après avoir ouvert une voie commode pour accéder au Mont-Blanc, les agents du reboisement essayeront d’apporter une nouvelle contribution à cette partie de la science qui a pour but la détermination des lois qui régissent les glaciers. F. Mougix.
- Inspecteur dos Faux H Forêts.
- LE CALENDRIER
- Nous venons de passer une année 1!)0() dont le mois de février n’a eu que 28 jours; bien des gens ont été étonnés de ne pas voir le 29 février 1900, quatre ans après 1890 qui en a eu un, et de rester jusqu’en 1904 avant de voir le 29 février revenir. On aura eu ainsi un intervalle de huit ans sans année bissextile. Ce fait n’aura pas lieu en l'an 2000, mais reprendra en 2100, 2200 et 2500, puis en 2500, etc.
- On a eu pour but, en ayant recours à ces modifications périodiques, de faire concorder l’année civile, nécessairement composée d’un nombre entier de jours, 565 ou 566, avec l’année astronomique dite année tropique qui dure depuis l’instant de l’équinoxe de printemps jusqu’à l’équinoxe de printemps suivant.
- L’année astronomique dont il vient d’ètre question a une durée qui s’exprime par le nombre fractionnaire :
- 565 jours, 2421996
- et nous allons voir assez rapidement comment, avec des années dites communes de 565 jours, et des années bissextiles de 566 jours intercalées convenablement, on peut réaliser l’accord complet entre l’année civile et l’année tropique.
- En faisant l’année ordinaire de 565 jours, nous avons, sur l’année tropique, un retard de 0 jour, 2421996, soit au bout de quatre ans, un retard 4 fois plus grand, dé : 0 jour, 9687984. L’introduction d’une année bissextile
- de 566 jours nous met alors en avance de 0 jour, 0512016 qui manquaient - à la précédente fraction pour faire un jour.
- Au bout de 100 ans ou 25 fois 4 ans, l’avance est 25 fois plus grande, ou : 0 jour, 78004. Alors la suppression de l’année bissextile de siècle, comme cela vient d’arriver en 1900, nous conduit à un retard de la différence entre la fraction précédente et 1 jour, c’est-à-dire de : 0 jour, 21996.
- Après 400 ans ou 4 fois 100 ans, le retard, 4 fois plus grand, ou : 0 jour, 87984, nous amène à reprendre l’année bissextile, comme cela aura lieu en l’an 2000, et nous remettra en avance de : 0 jour, 12016.
- En 5200 ans, c’est-à-dire 8 fois plus tard, l’avance sera devenue : 0 jour, 96128, et la suppression de l’année bissextile, au bout de 5200 ans, nous redonnera un retard de : 0 jour, 05872. Au bout de 25 fois plus de temps, ou 80 000 ans, le retard deviendrait 25 fois 0 jour, 05872, ou 0 jour, 968, que le rétablissement de l’année bissextile, au bout de 80 000 ans, changerait en une avance de 0 jour, 052. l’ne période de 50 fois 80 000 ans ou de 2 400 000 ans conduirait celte avance à 0 jour, 96, que la suppression de l’année bissextile de cette nouvelle époque changerait en un retard de : 0 jour, 04.
- Enfin, après 25 périodes de 2 400 000 ans, le retard serait 25 fois 0 jour, 04 ou 1 jour, et en faisant bissextile l’année 60 000 000, on aurait l’accord complet.
- Les Orientaux qui persistent à ne faire que la première de ces réformes, et dont le calendrier est aujourd’hui en retard de 15 jours sur le notre, vont voir ce retard augmenter : devenir de 14 jours en 2100; 15 jours en 2200; 16 jours en 2500; 19 jours en 2700, etc.; de façon à avoir leur 21 mars qui est déjà dans notre mois d’avril, successivement en mai, juin, c’est-à-dire aux plus longs jours de l’année, etc. JosEi'ii Yrsor.
- PHOTOGRAPHIE
- LE Tl P, AGE RAPIDE DES POSITIFS -- I,E PAPIER PAN
- LE RADIOS
- Les amateurs photographes sont souvent fort en retard pour le tirage de leurs clichés; on rentre des vacances, en octobre, avec une assez grande quantité de plaques impressionnées; on a hâte de les développer et on consacre à celte opération le temps dont on peut encore disposer après avoir repris ses occupations habituelles ; de sorte que les jours sombres et courts arrivent sans que le tirage sur papier soit terminé ou même commencé. On a, il est vrai, à sa disposition le papier au gélatino-bromure qui s’impressionne instantanément, même à la lumière artificielle, et donne l’image par développement; mais la plupart des amateurs préfèrent les papiers dits « aristotypiques » au gélatino-chlorure et au citrate d’argent, qui donnent l’image par noircissement direct, image dont on peut suivre la venue dans le châssis-presse.
- Nous pensons qu’une des principales raisons de cette préférence tient à la variété des tons que permet d’ohtenir, par virage, ce genre de papiers; tandis que le gélatinobromure donne le plus souvent des tons gris. Pour satisfaire tout le monde il faudrait que le papier au gélatino-bromure donnât tous les tons et que le papier aristotypique se développât; or, c’est précisément ee qu’on peut obtenir actuellement.
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- LA NATURE.
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- M. E. Liesegang, qui est, croyons-nous, l’inventeur des papiers arislotypiques, vient de créer un nouveau papier au gélatino-bromure, « le papier Pan )>, qui s’impressionne rapidement et donne par simple développement une image dont le ton varie suivant qu’on a plus ou moins longtemps prolongé l’exposition et la durée du développement.
- La sensibilité, bien qu’étant considérablement plus grande que celle des papiers par noircissement direct, n’est cependant pas telle qu’on soit obligé de s’enfermer dans un laboratoire pour charger les châssis ou pour faire le développement; il faut seulement éviter la lumière du jour et opérer à la lumière d’une bougie, ou même d’une lampe à pétrole. On fait l’exposition à la lumière diffuse du jour, c’est-à-dire à l’ombre et, suivant la densité du cliché, suivant aussi l’époque de l’année et l’heure de la journée, on posera de deux ou trois secondes à une minute. Nous pensons, pour notre part, que l’exposition à la lumière du magnésium est préférable parce qu’on peut la doser plus régulièrement et qu’on arrive plus facilement ainsi à obtenir, à très peu de chose près, le temps de pose qu’on désire, en mesurant une certaine quantité de ruban qui variera de 0à 0ra,10, suivant la distance à laquelle on veut se placer : c’est une première expérience que chacun fera une fois pour toutes.
- Le ton obtenu est d’autant plus rouge qu’on pose plus longtemps, les poses courtes (deux secondes au jour, par exemple) donnent un noir vert, puis on a ensuite le ton brun-sépia et le ton photographique avec environ dix secondes, pour arriver au sépia rouge si on double ce temps ; enfin trente ou quarante secondes permettent d’obtenir les tons sanguine. On développe avec les bains ordinaires à base d’hydroquinone ; des formules sont du reste indiquées par le fabricant dans les pochettes qui renferment le papier. On peut, par la durée du développement, faire varier le ton obtenu et on peut également obtenir ce résultat avec des bains de virage-fixage. C’est, en somme, un papier très intéressant, avec lequel l’amateur pourra obtenir des effets très variés et qui lui permettra de tirer ses clichés en tout temps et à loisir.
- Il faut respecter toutes les opinions et tous les goûts; il v a des amateurs de photographie pour lesquels les épreuves sur papier aristotypique, dont la finesse et le brillant sont incontestables, représentent l’idéal de l’épreuve positive. Pour ceux-là nous allons indiquer un moyen de tirer les clichés avec peu de lumière. Il y a sept ou huit ans que nous nous sommes occupé de cette question pour la première fois et nous avons publié de nombreuses notices sur ce sujet, notamment dans la Photo-Gazette; elle n’est donc pas nouvelle et on sait depuis longtemps qu’on peut développer l’image à peine indiquée d’un papier au gélatino-chlorure. Plusieurs formules sont indiquées et nous avons retenu principalement la suivante :
- Eau......................... 1000 grammes.
- Acide acétique................... 10 —
- Acétate de soude................. 10 —
- Acide gallique.................... 5 —
- Acétate de plomb à 10 0/0. 10 cc.
- Ce bain se conserve très bien et ne coûte presque rien, pour l'usage on y ajoute quatre fois son volume d’eau. Cependant, peu d’amateurs l’emploient, probablement parce qu’il faudrait le préparer, peut-être aussi parce que l’ayant préparé ils n’ont pas réussi, ce qui peut tenir soit à des produits impurs, soit à une préparation faite sans
- soin. Aussi, nous sommés heureux de pouvoir leur signa'er aujourd’hui « le Radios » imaginé par M. Froville et qui, sous forme d’une poudre blanche, qu’on dissout en très petite quantité dans l’eau au moment de l’usage, donne avec tous les papiers de ce genre de très beaux résultats. On fait l’impression au châssis-presse, et on l’arrête quand l’image commence à être à peine indiquée. On peut obtenir ce résultat le soir en brûlant 0m,20 à 0m,50 de fil de magnésium à environ 0m,10 du châssis; si l’on a plusieurs clichés à tirçr on place les châssis debout l’un en face de l’autre, de manière à former un polygone, et on brûle le magnésium au milieu; avec la même disposition on peut se servir d’un bec Auer, mais il faut alors environ vingt minutes ou une demi-heure de pose.
- Une fois l’image obtenue dans ces conditions on la développe en prenant une solution de radios à 1 pour 100. On fait ce développement sans prendre de précaution spéciale au sujet de l’éclairage, on peut même le faire en plein jour en ne se plaçant pas près de la fenêtre. L’image apparaît peu à peu et elle est complète en quatre ou cinq minutes ; on arrête son développement en la trempant dans un bain d’eau salée, puis on lave et on fixe. Ici encore les tons peuvent être très variés suivant que l’image aura été plus ou moins longtemps développée et ensuite par l’emploi du fixage à l’hyposulfite seul ou allié à un virage.
- Nous ne nous étendons pas, pour l’un ou l’autre des procédés de tirage rapide que nous avons indiqués, sur les manipulations; elles sont très simples et analogues à celles que tout amateur est habitué à faire ; du reste, chaque produit est toujours accompagné d’une notice explicative indiquant le mode d’emploi. Les photographes amateurs aiment assez à faire des essais personnels et il y a dans l’un et l’autre de ces procédés de quoi leur donner satisfaction sur ce point, car les résultats obtenus sont très différents suivant la manière d’opérer; ils pourront donc varier leurs essais et faire un choix pour arriver au but qu’ils se proposent. G. Mareschal.
- DE MORBIER A M0REZ
- NOUVELLE LIGNE
- On inaugurait il y a quelque temps, dans les montagnes du Jura, une des plus intéressantes voies ferrées du réseau français. C’est la section qui réunit la nouvelle gare de Morez à celle, déjà un peu plus ancienne, de Morbier. À vol d’oiseau la distance des deux gares est d’une quinzaine de cents mètres. Morbier pourrait d’ailleurs passer pour un faubourg de Morez. Mais l’altitude du premier est de 825 mètres et celle du second de 700 mètres seulement. Les gares sont respectivement aux cotes 859 et 735 mètres. Entre deux, une profonde coupure de terrain creusée par un torrent, l’Évalude,impétueux dans la saison pluvieuse, à sec dans les chaleurs.
- La différence considérable des niveaux a obligé les ingénieurs de la Compagnie P.-L.M. à faire un long circuit pour amener les trains par une pente ininterrompue de 25 à 30 pour 1000, d’une station à l’autre.
- En sortant de Morbier, la voie fait un demi-cercle de 180 mètres de rayon et prend la direction de
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- l’est, tournant le dos à la fois à cette gare et à celle de Morez. Après avoir traversé l’Evalude, elle fait en souterrain un cercle complet de 220 mètres de rayon pour revenir vers l’ouest presque parallèlement à son trajet précédent.
- En certain point, l’écart horizontal des deux directions ne dépasse pas 80 mètres, mais l’une des voies surplombe l’autre de 46 mètres. C’est cette partie du tracé qui se trouve au premier plan de notre gravure, reproduction d’une fort belle photographie de M. le pasteur Gambey, de Morez. On y voit un train arrivant de Morbier et qui vient de franchir la courbe de 180 mètres dont nous avons parlé plus haut. En bas, à gauche, le grand viaduc de l’Evalude avec ses dix-sept arches dont une centrale de 25 mètres et seize de 12 mètres. Au fond, les maisons de Morez-le-Bas.
- Je ne crois pas qu’il existe une ligne sur laquelle on rencontre plus d’importants ouvrages d’art accumulés sur une aussi faible distance.
- 608 mètres de viaduc, 1171 mètres de souterrain,
- le restant du parcours déblayé ou remblayé, maçonné ou accroché contre le rocher, tel est le bilan de cette section perdue dans la montagne et mettant en communication avec Paris les deux industrieuses petites cités qui nous fournissent de lunettes et d’horloges.
- Les viaducs sont au nombre de cinq. Les deux premiers appartiennent à la courbe de 180 mètres qui fait suite à la gare de Morbier. L’un a dix arches de 12 mètres et 17 mètres de hauteur, l’autre onze arches de même ouverture et 26 mètres de hauteur. C’est ce dernier dont on voit, dans notre gravure, la courbe se profiler à droite. Ce n’est pas sans un frisson que le voyageur débouchant du petit souterrain des Crottes, voit sa voiture s’engager sur cette voie circulaire aérienne qui a l’air de vouloir le jeter au fond de la gorge qu’elle domine.
- Voici maintenant un viaduc de six arches de 15 mètres de hauteur et de 12 d’ouverture avec une intermédiaire de 6 mètres. C’est celui sur lequel s’engage le train dans la gravure. Puis nous traver-
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- Fig. 1. — Carte de Morbier à Morez.
- sons l’Evalude sur un pont de 8 mètres et la ligne s’enfouit dans le souterrain circulaire des Frasses, long de 1044 mètres, et dont le rayon est de 220 mètres. La sortie de ce souterrain est de 26 mètres plus bas que son entrée. Nous traversons de nouveau l’Evalude et nous voici sous le petit souterrain du Pâturage (70 mètres de longueur) dont l’ouverture se voit en bas de la gravure.
- De nouveau, le torrent présente sa gorge par-dessus laquelle il nous faut sauter. Les ingénieurs ont jeté là, pour rejoindre les versants, un bel ouvrage en S, avec courbure de 250 mètres de rayon. Il se compose de seize arches de 12 mètres et d’une centrale de 25. La h^teur maxima du tablier est de 24 mètres.
- En quittant ce viaduc, nous ne sommes plus qu’à 1 kilomètre de la gare de Morez, mais nous longeons déjà la ville dont on voit les premières maisons allongées le long du lit de la Bienne.
- A l’entrée même de la gare, nous trouvons encore huit arches de 10 mètres franchissant un ruisseau à 17 mètres de hauteiir.
- Il faut avoir parcouru ce petit tronçon de voie
- ferrée par une journée ensoleillée de juillet ou d’août pour jouir pleinement de l’impression qu’inspire, dans ce superbe paysage de montagne, cette main-mise de l’homme sur la puissance de la nature. Les deux rubans d’acier sur lesquels courent les petites roues massives, sont comme les entraves légères, mais puissantes, imposées par le génie humain à la force brutale de la terre qu’il vient d’asservir.
- D’ici quelques années, Morez cessera d’être terminus pour devenir une simple station intermédiaire de la ligne d’Andelot à Saint-Claude.
- Cette région d’ailleurs, si longtemps oubliée, semble appelée maintenant à de hautes destinées.
- On parle beaucoup de percer de part en part le massif du Jura pour y faire passer une ligne nouvelle destinée à relier Calais à Brindisi par le Sim-plon. Cette ligne qui passerait par Lons-le-Saunier, Saint-Claude et Genève n’aurait pas moins de quarante-deux kilomètres de tunnels !
- Un courant d’opinion très favorable à ce grandiose travail se dessine, en ce moment, dans tout le centre et le nord de la France.
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- Fig. 2. — Chemin de fer de Morbier à Morez. (Jura français.)
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- Ce sera la revanche du Simplon sur le Gothard dont le percement a porté un coup si rude aux inté-'rèts français.
- Après le mont Cenis, le Gothard, le Brenner, l’Aarlherg, le Jura clora la liste des grandes batailles économiques internationales.
- La perforatrice est décidément le grand instrument du progrès moderne. L. Rf.verciion.
- LES VITESSES DES TRAINS
- Il R CHEMINS I)E FER
- Nous avons donné bien souvent des renseignements à ce sujet; mais comme le temps marche, et avec eux les trains de chemin de fer, que par conséquent on met en circulation des convois de plus en plus accélérés pour répondre aux besoins de la vie moderne; comme, d’autre part, il vient de se produire tout récemment un terrible accident que quelques-uns veulent attribuer à une allure trop rapide, il peut être intéressant d’indiquer, en peu de mots seulement, pour certains des principaux pays du monde, les résultats auxquels on arrive aujourd’hui.
- Parmi les trains rapides, le plus accéléré peut-être du monde, et à coup sûr le plus rapide de [ceux qui circulent en Europe, est le train français-espagnol qu’on nomme le Sud-Express (celui-là même auquel est survenu l’accident dont nous parlions tout à l’heure). Sur son énorme parcours de bien près de 800 kilomètres, il arrive à donner une vitesse moyenne de 87 kilomètres à l’heure, sans déduction des arrêts : cela suppose naturellement des allures de plus de 100 kilomètres sur bien des parties du parcours.
- 11 est vrai que c’est un convoi tout exceptionnel au point de vue et de la charge et du prix. Comme autres trains français, nous pouvons citer par exemple le train de luxe de Paris à Bordeaux, qui effectue le parcours de 585 kilomètres en 6 heures 25, mais cela déduction étant faite des 17 minutes d’arrêt : toujours sous cette réserve, cela correspond encore à une bien belle moyenne de 01 kilomètres et plus à l’heure. Nous n’insistons pas, quoique nous ayons encore bien des chiffres intéressants à citer, mais nous avons, il n’v a pas longtemps, parlé des hauts faits de la Compagnie du Nord.
- Si nous passons en Allemagne (où, détail intéressant* les trains rapides et express sont fort nombreux pour une même ligne donnée) nous trouvons, sur la ligne Berlin-Hambourg, un train dont la vitesse moyenne, arrêts déduits, est de 81 kilomètres, et plusieurs autres sur cette même ligne approchent de ce chiffre. D’après des renseignements qui nous sont fournis, comme une partie des précédents, par la Zeitung des Vereins, sur la ligne Berlin-Cologne, on peut noter comme particulièrement intéressant le Nord-Express, puis un train de lra et de 2e classe, dont la vitesse moyenne, déduction faite des arrêts, est de 69km,8. Il faut remarquer que cette ligne de Cologne voit circuler un nombre réellement considérable d’express, dont l’un même possède les trois classes, et où on peut monter sans aucune restriction de parcours, ce qui ne l’empêche point de marcher en moyenne à 64km,5 (arrêts toujours déduits).
- En arrivant à l’Angleterre, nous devons faire une observation préliminaire, c’est que. les compagnies anglaises qui assurent les relations de Londres avec
- l’Ecosse, ne font pas circuler chaque jour moins de 17 à 19 express. Nous signalerons d’abord le train qui part de la gare métropolitaine de King’s-Gross pour se rendre à Edimbourg et qui, pour ce parcours de G55 kilomètres, ne demande que 7 heures 3/4 (d’après les horaires, bien entendu, car on sait que les trains, même les plus rapides, n’ont que trop souvent des retards). Le Créât Northern, car c’est de lui qu’il s’agit, donne en pareil cas (arrêts déduits) une belle vitesse moyenne de bien près de 85 kilomètres à l’heure. Sur le North Western, l’allure maxima ressort à 85 kilomètres en moyenne ; nous trouvons d’autre part 79 environ pour les compagnies dites Midland et Créât Western.
- Nous donnerons encore quelques chiffres à propos des trains américains, que l’on cite toujours comme exemples de vitesse. Nous pourrions mentionner l’express de la ligne Philadelphie and Reading Railroad, qui, entre Camden et Atlantic City, donne une allure moyenne de 107 kilomètres à l’heure; c’est énorme, évidemment, mais il ne faut pas perdre de vue ce fait, qu’il ne s’agit pas là d’un parcours de longue durée, puisque le trajet total s’effectue en 50 minutes. Comme train réellement comparable aux trains de distance que nous avons cités dans les divers pays, nous ne pouvons signaler que celui qu’on nomme l'Empire State Express, et qui accomplit le trajet de New-York à Buffalo en 8 heures 7 minutes, arrêts déduits, ce qui correspond en fait à 87km,5 à l’heure, cette moyenne étant tenue sur une belle distance.
- Toutefois il faut faire remarquer, pour qu’on puisse avoir une impression assez juste de ce que sont les chemins de fer américains, que les cinq autres express circulant sur cette même ligne ont des horaires bien plus lents, et que l'Empire State Express ne reçoit point de bagages proprement dits.
- La question serait maintenant de savoir si les vitesses que doivent donner ces trains sur certains points des parcours, pour obtenir de pareilles moyennes, ne sont pas périlleuses en elles-mêmes, au moins avec les machines à mouvements alternatifs dont on se sert
- encore aujourd’hui. 1). B.
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- (MMPKÏNON ROSE VÉNÉNEUX
- Le ministère de l’Agriculture vient d’attirer l’attention sur un champignon vénéneux que l’on pourrait confondre avec un champignon de couche.
- Il s’agit du stropharia coronilla, sur la comestibilité duquel la plupart des flores sont muettes. Ce cryptogame doit être classé parmi les champignons dangereux. Bien que sa toxicité soit loin d’égaler celle des amanites vénéneuses, elle est cependant suffisante pour le faire rejeter des espèces comestibles.
- Le stropharia coronilla ne peut être confondu qu’avec le champignon rose ou psalliota campestris, dont il se distingue assez facilement par la teinte vineuse des lames ou feuillets, par l'adhérence assez tenace du pied au chapeau qui empêche la séparation de celui-ci sans déchirure des lames, contrairement à ce qui se passe dans le « vrai rose » ; enfin, par la teinte ocracée du chapeau. De plus, quand on coupe le stropharia, sa chair jaunit légèrement, tandis que la chair du vrai champignon rose tend à prendre le rose même des feuillets.
- Voici, d’ailleurs, en regard, les divers caractères qui permettent de différencier le « vrai rose », ou psalliota campestris, du « faux rose »“, ou stropharia coronilla :
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- U A NATURE.
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- ‘.Tuoriunn oonoNiu.v
- Chapeau jaune ou l'auvc, ou jaune Citriu pâle, quelquefois peu accentué nu contre avec périphérie blanche-glabre, légèrement visqueux par les temps humides. Son diamètre varie de 5 à 5 cm.
- Pied pourvu d'un anneau blanc généralement à stries violacées lines.
- Pied court, ne dépassant pas le diamètre du chapeau.
- Pie l blanc, légèrement et brusquement rétréci au-dessus de l'anneau plutôt grêle.
- I.ames blanches, puis d'un rose vineux ou roses violacées, puis brunes violacées, jamais franchement roses, devenant en vieillissant brunes violacées.
- Lames adhérentes au pied qui est difficilement séparable du chapeau.
- Lames. — Sont ordinairement disposées en rayons incurvés dans le même sens, du pied à la périphérie.
- Chair blanche, tendant à jaunir.
- PSAl.l.lOTA CAMPESTIUS blanc, ou blanc grisâtre, blanc orracé, finement poilu, non visqueux; diamètre variable, pouvant atteindre d'assez grandes dimensions.
- pourvu d’un anneau blanc sans stries violettes.
- court, ne dépassant pas généralement le diamètre du chapeau.
- blanc, uniforme dans son diamètre, ou du moins ne présentant pas de rétrécissement brusque marqué, plutôt épais, franchement roses (le rose peut être plus ou moins accentué), devenant en vieillissant brun pourpre.
- libres, c’est-à-dire non adhérentes au pied qui est facilement séparable du chapeau, sont rectilignes, ou à peu près, du pied à la périphérie.
- blanche, tendant à se colorer en rose.
- Avec ces indications très précises, i! sera facile de ne plus confondre le champignon vénéneux avec le vrai champignon rose. Ce qu’il importe, c’est que ces renseignements soient répandus le plus possible pour éviter les accidents. .l.-F. G.
- LA \ALLÉE DE L’ARYE
- EN DÉCEMBRE 1000
- Ici même nous avons signalé à plusieurs reprises divers phénomènes successifs curieux au point de vue climatologique : l’apparition de la neige en novembre 1899, l’inondation de l’Arve au mois de janvier de la même année, la canicule estivale aux environs du Mont-Blanc, et, enfin, la fonte extraordinaire des glaciers qui entourent le Géant des Alpes. Il en est résulté toute une série d’hivers doux, durant lesquels la quantité de neige tombée dans ces parages fut absolument insignifiante.... Voilà qui surprendra, car c’est chose peu commune!
- L’absence de la neige sur beaucoup de sommets élevés, notamment sur le Môle (1869 mètres), sur le Buet (3109 mètres), etc., célèbres dans les annales de l’alpinisme, la diminution des glaciers du Mont-Blanc ont eu pour conséquence un abaissement considérable du niveau de l’Arve, le plus important des affluents du Rhône surtout au point de vue de la navigation lyonnaise. C’est ainsi qu’à Bonneville, le lit du torrent, large d’environ 150 mètres, ne possédait guère jusqu’ici qu’un faible courant d’eau au milieu d’un amas de cailloux roulés. Dès le 23 novembre dernier, pendant que la pluie tombait dans les vallées avoisinantes, une certaine .quantité de neige s’accumulait — pour la première fois de la saison — sur les hauteurs qui encadrent nos régions. Le blanc manteau de l’hiver descendit alors jusqu’à l’altitude de 1000 mètres environ1. En même temps, nous observions un léger abaissement de température : pour la première fois de l’automne la température minima descendit jusqu’à —3°.
- 1 En outre, la neige faisait son apparition dans la vallée de Chamonix (ait. 1040 mètres), tombant du 25 au 50 novembre en couches de 2 à 5 centimètres d’épaisseur, sous l’influence d« coups de vents 8. et S.-YV.
- Ajoutons bien vite que c’est là une observation intéressante, car d’ordinaire, il fait bien plus froid en novembre que cette année-ci dans le voisinage du Mont-Blanc, entre Chamonix et Genève. C’est ainsi, pour ne signaler qu’un exemple récent, qu’en novembre 1899, le minimum absolu fut de — 7°,5, et nous notions 16 minima inférieurs à zéro tandis que nous en avons observé 4 seulement en novembre dernier. Brusquement, la température s’est relevée au début des ce mois-ci, et jusqu’au 7 décembre aucun minimum n’a été inférieur à zéro.... Voici d’ailleurs quelques chiffres à l’appui ; les maxima, tous supérieurs à +4°, se sont élevés jusqu’à -f- 12° le 6 (températures.remarquables de cette journée : + 9°,2 à 6 heures du matin ; + 11°,6 à midi et -f 8°,2 à 9 heures du soir). La température minima a oscillé entre 0° et + 3°.... Par suite de ce réchauffement curieux, accompagné de coups de vent d’entre S. et W., l’Arve a subi, le 5 courant, de minuit à 8 heures du matin, une crue rapide, considérable et inattendue, remplissant tout son large lit presque à sec, et recouvrant les chapiteaux des trois piles du pont de Bonneville. Toute la journée le torrent se maintint à un niveau élevé, tandis que soufflaient de violentes rafales du Sud accompagnées d’une pluie torrentielle et de la fonte des neiges en montagnes. Phénomènes identiques autour de Chambéry.
- 11 est intéressant de constater la coïncidence de ces phénomènes avec les tempêtes qui se sont abattues sur le N.-W. de la France et observées à Brest, à Saint-Brieuc, et avec une crue légère de la Seine à Paris. L’Arve a un peu baissé le 6, néanmoins la température est restée assez élevée pour la saison. Comme accompagnement, une forte tempête d’ouest s’est déchaînée le 7 sur les régions alpestres, entre minuit et 2 heures du matin : éclairs, tonnerre, vent violent et averses faisaient rage; puis, au lever du soleil, la neige est descendue à 1500 mètres d’altitude. La pression barométrique (ait. 450 m.) a oscillé, durant cette période, entre 705 millimètres et 724 millimètres à Bonneville. Depuis lors, le temps a été brumeux, comme dans toute la France.
- Tous les phénomènes qui précèdent sont assez rares pour être signalés, d’autant qu’ils ont des conséquences importantes. 11 est probable que l’hiver qui s’approche sera comme les trois précédents, doux et sans neige dans nos contrées, et que l’été sera très chaud, favorisé par le beau temps, à la grande satisfaction des nombreux touristes qui viendront profiter de l’inauguration de la fameuse ligne électrique du Fayet à Chamonix.
- Nous dirons en terminant que, sur dix années consécutives d’observations météorologiques faites à Bonneville, nous ne trouvons que le début du mois de décembre 1896 qui puisse être comparé à celui de 1900 au point de vue calorifique et pluvieux. A partir de cette époque, aucun hiver n’a été rigoureux dans la vallée de l’Arve. O. Juuien,
- „ a Licencié ès sciences.
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- HAVEUSE MÉCANIQUE A FAUX DENTÉE '
- On s’est beaucoup occupé depuis quelque temps de l’apparition sur les marchés européens des charbons américains qui, malgré le transport fort long qu’ils doivent supporter, peuvent rivaliser comme prix avec les produits de nos bassins houillers. En ce moment où la crise charbonnière sévit d’une façon particulièrement intense, et où les charbons européens ont atteint des prix exceptionnellement élevés, les charbons d’Amérique coûtent moins cher que les nôtres
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- et d’importants marchés ont pu être passés par certaines compagnies françaises avec des sociétés minières des Etats-Unis.
- Ce bas prix des charbons américains étonne au premier abord étant donné les Irais importants de fret qu’ils supportent, mais les frais d’extraction sont très réduits et le prix du charbon h la mine est beaucoup plus faible qu’en Europe. Cela résulte d’une part de ce que les couches houillères exploitées sont à de très faibles profondeurs, d’autre part et surtout de la eontexture même de ces couches qui a permis d’employer avantageusement des machines-outils spéciales pour l’extraction du charbon.
- En Europe, et notamment en France, si les charbons sont en général supérieurs comme qualité et comme puissance calorifique aux charbons américains, la main-d’œuvre est beaucoup plus coûteuse. 11 était donclogique que l’on songeât à essayer l’emploi des outils mécaniques dans nos mines, ce qui, outre les économies que procurerait ce nouveau mode d’exploitation, permettrait de se mettre à l’abri des inconvénients résultant du manque de main-d’œuvre. On emploie déjà avec succès, dans les veines sans grisou, des perforatrices mécaniques pour creuser dans les galeries les trous dans lesquels on place des cartouches de dynamite qui en explosant ébranlent la masse environnante et facilitent l’abatage.
- On avait aussi essayé d’appliquer les haveuses mécaniques américaines, mais celles-ci, construites pour travailler dans une masse de charbon homogène n’avaient pas donné de résultats satisfaisants en France par suite de la présence, dans les couches de nos bassins houillers, de barres de schistes et de rognons ou nodules extrêmement durs qui font dévier l’outil et même souvent l’empêchent de fonctionner.
- On pouvait voir, à l’Exposition minière souterraine du Trocadéro, une haveuse mécanique construite d’après les plans de M. Paul Fayol, directeur des mines de Brassac (Puy-de-Dôme), et qui paraît devoir surmonter ces difficultés. Cette haveuse, à faux dentée, présentée par la compagnie de Commentry-Fourchambault et Decazeville, a l’avantage d’avoir des dimensions assez réduites pour ne pas compliquer le boisage des chantiers.
- D’autre part, si l’outil rencontre des nodules de
- petit volume, il les traverse aisément; s’ils sont gros il les tourne. Cet outil est constitué, comme le représente la figure, par une lame arquée portant sur l’un de ses côtés externes un grand'nombre de dents en acier. Cette lame est animée d’un mouvement analogue à celui d’une faux au moyen du dispositif suivant :
- Un arbre vertical portant un pignon denté est actionné par un moteur à air comprimé. Ce pignon engrène avec deux roues dentées montées également sur des arbres verticaux et munies chacune d’une manivelle'. Ces manivelles sont reliées à une bielle d’accouplement sur laquelle est fixé l’outil. Par suite ce dernier se trouve mis en mouvement et les dents travaillant successivement décrivent chacune une circonférence de même rayon que les manivelles. La lame peut avoir des formes diverses, avec une ou plusieurs courbures ; l’outil représenté par la figure ci-dessous est à 2 courbures et permet de faire un havage
- de lm,50 de profondeur sur une largeur de 6 centimètres à l’entrée et de 4 centimètres au fond. La rainure horizontale obtenue se fait à la hauteur deOm,55 au-dessus du sol.
- La haveuse est montée sur un chariot pouvant se déplacer automatiquement sur les voies de la mine au moyen d’une traction effectuée sur une chaîne fixée à l’extrémité du chantier. L’outil peut être disposé, suivant les cas, soit à gauche, soit à droite, soit dans le prolongement du chariot.
- L’appareil qui a lm,60 de longueur, 0m,80 de largeur et une hauteur de lm,15, pèse 1800 kilos. Il est actionné par un moteur de 10 chevaux et l’outil peut faire 60 révolutions par minute. La rainure avance de 1 à 3 millimètres par révolution suivant la dureté du massif, ce qui permet d’obtenir dans le charbon dur un havage de 6 mètres à l’heure pour une profondeur de 1“,30.
- Enfin la solidité de l’outil est telle qu’il peut traverser sans se détériorer une épaisseur de 40 à 50 centimètres de schiste et 4 à 5 centimètres de minerai de fer extra-dur.
- Dans l’appareil que nous avons décrit, nous avons supposé la force motrice produite par l’air comprimé, mais on pourrait construire des machines analogues fonctionnant par l’électricité. Georges Cave.
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- LA NATURE.
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- LE TRVYÂIL-BASCULE YINSOT
- Le cheval a ses appareils de chirurgie comme l'homme.
- Les Daviau, les de Saint-Maurice, les Lang, les Trapp et bien d’autres sont les inventeurs d’appareils de ce genre; mais la palme revient à M. Yinsot, vétérinaire, qui exerce à Chartres au sein de la belle race percheronne. Ce distingué chirurgien, après dix-sept années d’essais successifs, est arrivé à combiner une machine, appelée « travail-bascule », qui immobilise l’animal, permet de le placer dans telle position qu’on voudra et par conséquent de l’opérer en toute facilité.
- C’est un bâtis
- en fer à T, de quatre poteaux égaux et verticaux, convergents deux à deux, par en haut sur un faîte unique, par en bas sur une barre ronde.
- Deux barres parallèles, à un mètre du sol, main-
- tiennent horizontalement et par côté l’animal qui se trouve emprisonné dans cette sorte de cage.
- Les deux montants antérieurs maintiennent la tète, les deux postérieurs reçoivent les deux treuils qui soutiennent l’animal et lui immobilisent les
- pieds.
- Le treuil de soutien est doublé dans sa force par l’assemblage de deux poulies articulées. La chaîne du second treuil porte six anneaux pour donner aux membres l’écartement nécessaire.
- La cage est montée sur deux solides pivots situés dans l’axe de son centre de gravité, de façon à pouvoir tourner dans tous les sens avec facilité, à l’aide d’un levier de lm,50 de longueur.
- Un large coussin, s’adaptant indistinctement sur chaque barre parallèle ainsi que sur le milieu du faîte avec une chaîne, munie d’une sauterelle indécro-
- Fig. I.
- La mise au travail.
- chable, maintient commodément l’animal en position couchée. Ajoutons à cela des taquets d’arrêt, un levier spécial s’adaptant à l’une des barres horizontales pour l’emprisonnement, une chaîne passant pardessus l’encolure pour éviter que le cheval né se cabre, des attache-longes, des coussins capitonnés pour la tête, des planches à l’avant et à l’arrière pour garantir les pivots.
- La bourrellerie, qui accompagne le travail-bascule, comprend une capote d’abatage, un licol de force
- avec ses deux longes latérales, un tablier de soutien avec son poitrail et ses dessous de cuisse, quatre solides entravons, une sangle entravon pour le bout des pieds postérieurs, deux coussins de tête pour le capitonnage des poteaux, enfin le coussin de couche sur lequel repose l’animal.
- Le travail-bascule couche tous les chevaux sans exception. Tous les animaux de gros trait ou de trait léger entrent dans l’appareil et y demeurent sans la moindre difficulté. On y place les chevaux de selle
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- LA NATL14K.
- avec une couverture et on se hâte dépasser la chaîne d’encolure. Mais, avec les chevaux de pur sang, il est souvent indispensable de leur administrer, une demi-heure auparavant, 20 à 40 grammes de sul-lbnal qu’ils prennent très volontiers dans du sou mouillé. Grâce à ce puissant analgésique, on peut coucher sans difficulté les chevaux les plus difficiles.
- Avant de mettre l’animal dans l’appareil, il faut préparer la machine.
- Gette préparation consiste à mettre le licol de force, la chaîne des pieds et le levier à bascule à leurs places respectives, à placer les poulies de soutien à haut-tour du garrot de l’animal, à baisser les coulisses des chamhières pour avoir une bascule moins brusque, à écarter d’avance la barre parallèle munie du levier qui va emprisonner l’animal, à avoir enfin un lord-nez à sa disposition du côté de la tète.
- Le travail ainsi préparé, on habille l’animal tenu en bridon avec la sangle de soutien placée exactement sous le milieu du ventre, on fixe le poitrail tiré fortement en bas pour éviter la compression de la partie inférieure de la tranchée. On met la capote et l’aide recule l’animal le plus en arrière possible pour sortir sous la barre opposée, pendant que le praticien ferme avec précaution la barre parallèle. L’aide jette aussitôt la chaîne par-dessus l’encolure. Le praticien la fixe sur la barre de son côté. L’animal est ainsi complètement maîtrisé, sinon on use du tord-nez.
- On met ensuite les chaînes de la sangle dans les crochets des poulies de soutien, on passe le licol de force par-dessus la capote, en serrant fortement la têtière et la muserolle. Les longes sont placées dans les montants à la hauteur du pont naturel de la tète. On place les entravons antérieurs au-dessus du boulet pour toutes les opérations du pied ou du paturon, au-dessous du boulet pour toutes les opérations, à l’anneau que l’on jugera le plus commode pour l’opération qu’on se propose.
- On met les dessous de cuisse en les croisant sous la queue, puis on fixe les deux pied-s postérieurs dans les entravons.
- L’animal, ainsi ligoté, ne peut plus bouger. On fixe à fond les longes du licol, on enlève la chaîne du cou qui gênerait l’adaptation du coussin. On place ce dernier, puis par le treuil de soutien, on soulève l’animal de terre de façon que le corps arrive bien au niveau du coussin. On tend très énergiquement la chaîne des pieds et l’aide bascule les clefs de fermeture au commandement du praticien qui, placé à l’extrémité du levier de bascule, renverse lentement et sans secousse l’ensemble formé par l’animal et la machine.
- L’animal peut ainsi subir toutes les opérations, le praticien pouvant pénétrer sans crainte au milieu des membres.
- On opère le relever de l’animal en suivant la marche inverse des opérations précédentes. On ‘replace l’appareil verticalement et on le fixe par les clefs de fermeture. On détend alors, le plus rapide-
- ment possible, la chaîne des pieds tout entière pour que l’animal puisse prendre contact avec le sol, puis le travail de soutien pour faciliter cet appui. On retire ensuite le coussin de coucher, on remet la chaîne du cou et on enlève les entravons, le tablier et le licol. L’animal sort alors de l’appareil avec la capote dont on le débarrasse aussitôt.
- Le travail-bascule Vinsol, dont un modèle existait à l’Exposition de 1900, a remporté une médaille d’or et a reçu l'approbation de tous les hommes compétents. Nombre de gouvernements en ont fait l’acquisition et c’est la meilleure preuve de sa haute valeur. 1).
- Consommation de Paleool, du vin et du eidre en Fennre. — G’est dans les régions de l’Ouest et du Nord-, surtout dans les ports de la Manche et de l’Océan, que l’on boit le plus d’alcool. Au Havre, la consommation de l’alcool par habitant atteint le chiffre énorme de 17',45; à Cherbourg, elle est de 10',59; à Rouen, de 11*1,22; à Caen, 14', 18; à Boulogne-sur-Mer, 15',45; à Amiens, U1,89; à Brest, 111,47 ; au Mans, 111,50; à Lorient, 10',05; à Calais, 10',24; à Saint-Quentin, 10',07. Dans les autres villes, la consommation de l’alcool est inférieure à 10 litres par habitant. A Paris, elle est de 5', 15. Pour la consommation du vin, les grandes villes de France se classent ainsi : Nice, 270 litres par habitant; Saint-Etienne, 200; Boulogne-sur-Scine, 244; Saint-Ouen, 252; Levallois-Perret, 229; Clichy, 227; Roanne, 224; Neuilly et Saint-Denis, 225; Toulouse, 220; Angou-lème, 212; Paris, 210; Grenoble et Clermont-Ferrand, 209; Bordeaux, 208; Dijon, 195; Montpellier, 195; Versailles, 192; Limoges et Besançon, 185; Troves, 180; Tours, 179; Lyon, 178. Entin, le classement pour la consommation du cidre donne les résultats suivants : Rennes, 444 litres par habitant; Cherbourg, 509; Caen, 245; le Mans, 210; Rouen, 127.
- La circulation du carbonate de cliaux et l*àgc de la terre. — M. le professeur Eugène Dubois, d’Amsterdam, admet que l’Océan qui tire tout son carbonate de chaux des rivières ou de la destruction des falaises, en contient autant qu’il peut en absorber, et que les fleuves lui apportent incessamment un excédent. Une quantité considérable de ce carbonate se trouve souvent dans les matières tenues en suspension dans les grands fleuves, et il est évident que, dans ces eaux, la solution doit être saturée. La quantité de carbonate dans les fleuves est déterminée par les roches drainées. L’auteur donne les raisons qui lui font croire qu’il n’v a pas [dus d’un trentième du carbonate que les rivières déchargent dans l’Océan qui soit formé par des silicates. Ses calculs, fondés sur la quantité annuellement apportée dans l’Océan, montrent que le minimum de carbonate existant sur la terre demanderait environ 45 000 000 ans pour être déposé et qu’en réalité il faudrait encore beaucoup plus de temps. 11 estime que la circulation actuelle du carbonate de chaux sur la terre représente annuellement 1/2 770 000 du total. Le résultat final de son enquête est que le temps écoulé depuis la formation de la croûte solide et l’apparition de la vie sur le globe peut dépasser un milliard d’années.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 24 décembre 1900. — Présidence de M. 31. Lévy.
- L'oxydation de l'argent. — 31. Berthelot fait connaître des expériences nouvelles sur les coiiditionS dans lesquelles la combinaison de l’argent avec l’oxvgène se produit. On avait longtemps supposé, dit-il, que pour réaliser cette combinaison une température de 2000° était nécessaire. 31. Le Chatelier a montré que l’argent s’oxyde dans l’oxygène à la température de 500°, sous une pression de lü à 15 atmosphères. 31. Berthelot a étudié l’action de l’oxygène à la pression normale. 11 a aussi constaté que vers 400° l’argent s’oxyde, mais que le produit de la combinaison se réduit d’une façon continue, de telle sorte qu’il y a, pour cette température, un véritable équilibre mobile. Il ne subsiste que quelques millièmes d’oxygène fixés sur l’argent.
- Les glaces du pôle antarctique. — 31. de Lapparent présente une Note de 31. Àrctowski, géologue attaché à l’expédition polaire de la Belgica, relative aux différences de distribution des glaces aux deux pôles terrestres. Celles du pôle Nord dérivent de glaciers proprement dits, généralement encaissés dans des vallées et par lesquels se déverse le trop-plein des calottes glaciaires qui nulle part n’arrivent en contact direct avec l’Océan. Au contraire, autour du pôle Sud, les neiges perpétuelles se rencontrent dès le 65e degré. 11 est donc probable que les glaces de ce pôle proviennent d’une couche de névé recouvrant la calotte polaire.
- Géographie des temps secondaires. — 31. Albert Gaudry présente une Note de 31. Chollat sur le crétacé supérieur à 31ozambique. Le Gouverneur de ce pays vient d’envoyer, au service géologique du Portugal, de nombreux fossiles, notamment des ammonites, des bélemnites. 31. Choffat en a opéré l’étude et a reconnu qu’ils présentaient les caractères du crétacé supérieur turonien ou sénonien. Comparés à ceux découverts dans le Natal et à 31adagascar indiqués par 31. Boule, ils révèlent l’existence d’une vaste mer s’étendant de l’Afrique à l’Inde vers la fin des temps secondaires. Si donc un continent a existé sur cet emplacement, ce n’est pas à cette époque géologique.
- Applications de la lumière électrique. —31. Lippinann présente une Note de 3131. Foveau de Courrnelles et G. Trouvé relative à une lampe électrique à réflecteur parabolique, combinée tant au point de vue des recherches de laboratoire qu’au point de vue des applications thérapeutiques et donnant à volonté la lumière rouge, la lumière chimique. Ch. ns Yilledeuil.
- NOUVEAUTÉS UTILES
- Jl ne faut pas dédaigner les petites inventions. Chaque année en voit naître de nouvelles, beaucoup d’insigniliantes, plusieurs dans le nombre qui offrent certain intérêt. Nous en avons choisi quelques-unes qui peuvent être utiles à connaître et que nous avons groupées dans la page suivante.
- Dans le n° 1 de la figure est représenté un tiroir ordinaire de caisse placé sous une table ; le tiroir est ouvert. On aperçoit dans le fond un petit mécanisme que l’on peut manœuvrer à volonté et qui consiste uniquement en des tiges à abaisser ou à
- élever. D'autre part, comme le montre la figure voisine, sous le tiroir sont placés des leviers que l’on peut manœuvrer en appuyant sur des doigtés. Fermons notre tiroir, nous ne pourrons l’ouvrir (pie lorsque nous appuierons sur les doigtés des leviers correspondant aux tiges mises en place. Nous avons ainsi le tiroir qui ne pourra s’ouvrir que pour une combinaison déterminée. Si une personne ne connaissant pas le secret veut essayer d’ouvrir, le tiroir s’avance légèrement et en même temps une sonnerie fonctionne. Ce nouveau tiroir s’adapte facilement à tout meuble, il se ferme automatiquement sans clé.
- Sur la figure 2 on a représenté un encrier que l’on remplit d’encre ; au centre est un petit godet de verre percé de trous tout autour, et rempli de petites boules de cristal. L’encre pénètre peu à peu dans ce godet; la plume en plongeant dans les boules est nettoyée automatiquement et ne peut en même temps se charger de trop d’encre; on évite ainsi toute tache et la plume est toujours propre.
- La bibliothèque à séparations métalliques mobiles (fig. 5) rendra des services. On peut avoir à disposer sur tout bureau, à portée de la main, des livres ou documents qui occupent plus ou moins de place. Les cadres mobiles s’écartent ou se rapprochent en raison des circonstances.
- La figure 4 représente une petite machine à imprimer d’un mécanisme simple et d’un bon fonctionnement, il suffit de déplacer le composteur garni des caractères et de le porter successivement sur le tampon encreur et sur le papier. A cette machine sont joints tous les accessoires, earactèrts en caoutchouc, ainsi que diverses cartes pour menus, invitations, etc.
- Le nouveau pèse-lettres à système bilatéral (fig. 5), mérite de fixer l’attention. Formé par deux leviers à contrepoids, il répartit et équilibre normalement le poids de l’instrument et celui de l’objet à peser; d'où plus de précision dans les pesées. La lecture est facile et peut être faite avec netteté.
- La figure 6 nous montre une petite breloque originale qui, en dehors de son propre attrait, présente l’avantage appréciable de pouvoir quelquefois être d'une certaine utilité. Ce Pistolet bijou est en réduction infime un grand pistolet; mécanisme, bascule du canon, gâchette, etc., tout s’y trouve; il fonctionne admirablement et se charge au moyen de cartouches minuscules qui produisent, lorsqu’on tire, une très forte détonation. On peut parfaitement avec cette breloque effrayer un cambrioleur qui certainement ne saurait croire, tant l’explc-sion est violente, que l’arme soit inoffensive. Beaucoup de bruit! Cela peut suffire.
- En 7 et en 8 sont représentées une vue d’ensemble et une vue de détail de la carabine à acide carbonique liquéfié, due à Paul Giffard et dont nous avons autrefois1 fait connaître le principe. La cartouche récipient contenant le gaz liquéfié est en
- 1 Yoy. n“ 894, du 19 juillet 1890, p. 110.
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- LA NATURE
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- acier, et se trouve fermée à une de ses extrémités par un bouchon vissé qui vient s’adapter à l’arme proprement dite. Ce bouchon vissé est percé d’une ouverture sur laquelle est appuyée une soupape obturatrice constamment en contact avec le percu-
- teur, et qui s’ouvre sous le choc du chien pour laisser passer la quantité de gaz nécessaire, afin de chasser le projectile. En A se trouve un bouton métallique à molette pour le réglage du tir et qui s’enlève facilement pour visiter l’intérieur. L’ouver-
- 1. Tiroir à secret. — 2. Nouvel encrier. — 3. Bibliothèque démontable. — 4. Machine à imprimer. — 3. Nouveau pèse-lettres. 6. Pistolet bijou. — 7, S. Carabine à aciile carbonique liquéfié.
- ture B est faite pour recevoir le projectile, halle ronde ou cartouche à petits plombs, suivant le modèle. Dans ce système, l'énergie nécessaire au lancement du projectile est empruntée à la détente du gaz acide carbonique.
- Le réservoir magasin renouvelable d’acide carbo-
- nique liquéfié permet de tirer environ 300 balles dans une arme du calibre de 6mm de diamètre et d’atteindre une distance utile de 40 à 50 mètres. J. Leroy.
- Le Gérant : P. Masson. Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurit*, 9.
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- N° 14-41.
- :» JAXYIKIt 1001.
- LA N AT U UE.
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- APPAREIL INDICATEUR
- DES VITESSES DE ROTATION DES MACHINES
- Parmi les nombreux appareils exposés au Champ-de-Mars ou à Yincennes par l’Administration des chemins de fer de l’État, nous avons remarqué un indicateur-enregistreur des vitesses de rotation dont nous ne connaissons pas du reste l’inventeur.
- Il est essentiellement fondé sur l’action de la force centrifuge développée dans un mouvement circulaire alternatif, dont la période correspond à un tour de roue ou de volant de la machine à surveiller. Comme l’indique la figure, une tige directrice verticale, suspendue à un axe horizontal O reçoit, d’une pièce quelconque du mécanisme, le mouvement oscillatoire dont nous venons de parler, mais qui est d’amplitude modérée. En bas, est une masse pouvant coulisser librement le long d’elle et équilibrée par un ressort II ; elle estsuspendued’autre part en un point C d’un fléau mobile autour d’un axe horizontal I, et équilibré par le contrepoids i\. Une bielle pendante1 met le fléau en connexion avec un frein à liquide E.
- Voici que la tige OA reçoit de la machine considérée, et par la transmission un peu quelconque X Z Y W, un mouvement oscillatoire ; dans la masse M se développe une force centrifuge qui tend le ressort et fait incliner le fléau. Dans chaque demi-oscillation la valeur de la force centrifuge varie de zéro à un maximum et inversement ; d’ailleurs le mouvement oscillatoire que le fléau est sollicité de prendre est combattu par le frein à liquide, si bien que ledit fléau se maintient en fait dans une position stable, dont le déplacement angulaire est un résultat de l'énergie moyenne de la force centrifuge, qu’il accuse à sa façon en donnant une mesure de la vitesse. D’ailleurs on a fixé en I une longue aiguille qui
- amplifie le mouvement et le rend plus aisé à constater en se déplaçant sur un arc de cercle gradué en nombre de tours par minute, ou en kilomètres à l’heure, s’il s’agit d’un véhicule dont on connaît le diamètre des roues.
- A la construction, l’appareil est gradué pour une certaine longueur de course de la tringle de commande X Z. A propos de l’arc de cercle gradué, nous ferons remarquer que ses divisions, tracées par exemple de 10 en 10 kilomètres, s’espacent de plus en
- plus, l’écart angulaire de l’aiguille à partir du O étant sensiblement proportionnel au carré de la vitesse. Cela n’em-pèche pas que les faibles vitesses se lisent encore bien. La nature oscillatoire du mouvement assure une grande sensibilité sans que l’aiguille se livre à des sauts brusques, grâce au frein à liquide. On peut de plus augmenter l’échelle pour les petites vitesses, en reportant le pivotement de l’aiguille sur un deuxième axe, actionné obliquement par une bielle en connexion avec le fléau IC.
- Nous avons vu comment se manifeste à l’œil la mesure de la vitesse, mais on sait que les instruments de ce genre ne sont pleine-ment utiles que quand ils laissent une trace des vitesses qu’ils ont ainsi permis de constater. On a donc disposé, en haut de l’appareil, un enregistreur, qui, comme le plus souvent, est constitué par une bande de papier s’enroulant d’un mouvement continu sur un tambour. Une des extrémités du fléau IC porte un style qui vient s’appuyer suivant une des génératrices du tambour, et trace une courbe dont les • ordonnées fournissent la mesure des vitesses. D’ailleurs la rotation du tambour est assurée automatiquement par la transmission même de l’indicateur au moyen d’un rochet, d’un engrenage et d’une vis tangente.
- L’échelle des vitesses enregistrées, tout comme
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- 2!)" année. — I" semestre.
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- celle du cadran indicateur, suit sensiblement la loi des carrés. Cette échelle a été déterminée expérimentalement à la construction. On a reproduit les divisions correspondant à des intervalles de 10 en 10 kilomètres sur une sorte de peigne qui, monté parallèlement à l’axe du tambour, et appuyant sa denture sur le papier préparé, trace une série de traits, parallèles comme de juste: ceux-ci permettent d’apprécier à première vue les vitesses avec l’exactitude nécessaire.
- Nous n’avons pas insisté sur la prise de mouvement qui commande l’indicateur. Le lait est qu’elle se fait tout uniment sur une pièce quelconque du mécanisme animée d’un mouvement oscillatoire d'amplitude invariable, ou encore par l’intermédiaire d’une fausse manivelle, montée sur un essieu. 11 suffit de simples tringles avec un levier de renvoi, un ressort de tension supprimant les temps perdus et maintenant invariable la course de la bielle de commande XZ. Le réglage pour une machine donnée s’obtient par des variations légères delà longueur de l’un des bras du levier de renvoi WYZ, l’articulation en étant montée sur une tige filetée.
- L’appareil nous a semblé bien combiné, simple puisqu’il ne comporte aucun mouvement d’horlogerie, et d’une sensibilité suffisante. I). Beixkt.
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- LES SI HU IONS
- CKYOSCOI’IK --- TOXOMKTHIE
- Faisons un verre d’eau sucrée et expliquons-nous le phénomène. Le sucre fond, ses molécules passent de l’état solide à un état nouveau, 1’ « état dissous », et quelque grand que soit le volume de l’eau employée, les molécules de sucre se répartiront dans toute la massn, comme le feraient les molécules d’un gaz abandonné dans un récipient d’un volume indéterminé, aussi grand qu’on voudra. On voit donc qu’on peut assimiler l’état dissous à l’état gazeux où les molécules sont assez distantes les unes des autres pour donner un milieu particulier, doué de propriétés générales quelle que soit la nature chimique de ces molécules.
- Or, nous connaissons ces propriétés générales des gaz, compressibles et dilatables de la même manière, suivant les lois de Mariotte et de Gay-Lussac, etc., qui ont conduit à cette féconde hypothèse d’Avogadro dans laquelle on imagine que volumes égaux des différents gaz contiennent le meme nombre de molécules, hypothèse qui a conduit à la détermination des poids moléculaires.
- Les lois générales des gaz s’appliquent aussi en effet aux dissolutions suffisamment étendues, et, depuis une quinzaine d’années, une physique toute nouvelle s’est créee sur l’état dissous, et son grand prêtre est l’illustre savant hollandais Van t’flolf auquel l’Université de Berlin a confié une chaire spéciale encombrée d’étudiants.
- Les molécules dans l’état dissous sont assez éloignées les unes des autres pour retrouver comme dans les gaz cette mobilité, ce mouvement rapide qui explique la force élastique et l’expansibilité de ces derniers; le spirituel et savant M. Etard a pu avec raison comparer les molécules gazeuses enfermées dans un vase à de vigoureuses abeilles pressées de sortir de leur prison et venant frapper sur les
- murs de la cage, en créant sur les parois une pression proportionnelle à leur nombre, pression qui représente la force élastique. C’est la théorie cinétique des gaz applicable aux dissolutions.
- On peut mettre on évidence cette force élastique des molécules dans l’état dissous en employant un vase poreux, capable de laisser passer librement le dissolvant en maintenant emprisonné le corps dissous. C’est la paroi « semi perméable » de Pfetfer à l’aide de laquelle on mesure cette force élastique des molécules dissoutes que l’on appelle la « pression osmotique » proportionnelle à la température.
- A côté de cette première analogie curieuse entre l’état dissous et l’état gazeux, toute une série d’autres propriétés générales ont été constatées pour les dissolutions.
- Nous rappellerons l’une d’elles, moins peut-être pour attirer l’attention sur cette physique nouvelle, que pour rendre hommage à un savant français, plus célèbre à l’étranger que chez nous, le chimiste Raoult, professeur à l’Université de Grenoble, qui a découvert des lois générales d’un intérêt philosophique de premier ordre. Je veux parler de ce que les techniciens appellent la « Cryosco-pie » et la « Tonométrie ».
- On savait depuis longtemps qu’une dissolution d’un corps quelconque dans l’eau ne se congèle qu’au-dessous de la température de congélation de l’eau pure. Témoin l’eau saturée de sel marin qui ne se solidifie qu’à — 21°. Ce fait est utilisé pour faire les solutions difficilement congelables dans lesquelles on moule la glace artificielle. On s’est encore servi de cette propriété pour préparer pendant les gelées les mortiers destinés à la construction et nous rappellerons que toute une partie du tunnel du chemin de fer de Sceaux, sous le boulevard Saint-Michel, a été faite par 15° de froid, en employant pour le mortier une solution au douzième de carbonate de soude.
- 11 y a donc abaissement du point de congélation d’un dissolvant par le fait de la présence d’un corps dissous.
- M. Raoult a découvert, dès 1882, que, pour un grand nombre de substances, l’abaissement du point de congélation d’un dissolvant était le même pour des dissolutions équimoléculaires, c’est-à-dire pour des dissolutions contenant dans la même quantité de dissolvant des quantités de substances dissoutes proportionnelles à leurs poids moléculaires. La détermination de cet abaissement de la température de congélation constitue la « Crvoscopie », et on voit que cette méthode permet la détermination des poids moléculaires si importants en chimie pour fixer la formule des corps.
- Certains corps font exception ; dissous dans Teau, leur abaissement moléculaire ne suit pas la loi générale, ces corps sont les sels, les acides et les bases. Or, on a remarqué que ces corps en solution dans l’eau conduisaient le courant électrique et se décomposaient sous son influence. Ces corps sont ce qu’on appelle des « électrolytes ». On a admis que ces corps, par le fait seul de leur dissolution, étaient décomposés en deux autres qu’on a appelés leurs « ions », sorte de molécules possédant des charges électriques, et comme telles attirables aux électrodes du courant : la molécule chimique est détruite.
- Il n’en est pas moins vrai que pour toutes les matières organiques, qui ne sont pas des électrolytes avec l’emploi de dissolvants comme l’eau, la benzine et autres liquides, la loi de Raoult est exacte et fournit une méthode commode pour fixer le poids moléculaire des corps solubles.
- On sait aussi depuis longtemps que la force élastique d’une vapeur émise par un liquide est moindre quand ce
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- liquide tient un corps en dissolution. Comme conséquence, l;i température d’ébullition s’élèvera pour une dissolution. Ainsi une solution saturée de chlorure de calcium 11e haut plus qu’à 179°. La détermination des points d’ébullition des solutions étendues de corps non électrolytes a c induit M. Raoult à une loi lu même ordre que les lois de la Cryoscopie que l’on peut formuler ainsi : les dissolutions équimoléculaires ont même point d’ébullition. C’est là la « Tonométrie » L
- On voit que les mystères de l’eau sucrée et de l’eau salée sont en partie éclaircis, qu’ils nous ont révélé un état de la matière comparable à l’état gazeux, et conduit à des idées nouvelles comme la théorie des « ions » qui explique les anomalies des corps électrolytes aux lois générales de l’état dissous. T. Obalski.
- PAR LA R il: RL
- Depuis quelques semaines on a signalé dans certaines régions de l’Angleterre une épidémie d’un genre tout spécial. C’est une série d’empoisonnements de formes plus ou moins graves et qui semblent dus à l’usage des bières communes, vendues à bon marché, et qui forment la base de la consommation des ménages et des bars ; c’est par centaines qu’on les compte actuellement.
- Le Dr Reynolds, de Manchester, qui, le premier, a révélé l’empoisonnement et mis en même temps en évi-, dence la cause de l’intoxication, avait eu l’attention éveillée par le fait suivant. L’alcoolisme détermine souvent, comme signe d’hahitude invétérée, de la névrite périphérique ; sensations de' fourmillements dans les mains, dans les jamhes, douleurs des hras, des mollets, un peu de parésie, de faiblesse, d’impotence musculaire, sans compter bien entendu les troubles viscéraux, dyspepsie, gastrite et cirrhose du foie. Depuis quelques mois le D1' Reynolds avait été frappé du nombre insolite de cas de névrite multiple venus à la consultation de l’hôpital; beaucoup de ces cas affectaient des allures plus graves qu’à l’ordinaire ; enfin, le chiffre des décès par soi-disant alcoolisme, s’élevait à des taux insolites; de 20 à 25, 50 observés dans un semestre à l’hôpital, ce chiffre, était monté en quatre mois à fit). Il y avait évidemment autre chose que l’abus de l’alcool. En effet un certain nombre de malades présentèrent, avec les signes de névrite des extrémités, des manifestations caractéristiques d’une intoxication ou métallique ou septique. C’étaient des rushs, érythèmes de la peau, avec desquamation aux pieds et aux mains, des œdèmes généralisés, une pigmentation du tégument, de la diarrhée, des signes de vrai empoisonnement.
- Reynolds eut l’idée d’examiner la bière, la boisson habituelle de ses malades, et quel ne fut pas son étonnement en y trouvant de fortes proportions d’arsenic. Des échantillons de bière ordinaire pris à droite et à gauche donnèrent de mêmes résultats. Celte constatation était à peine terminée que dans d’autres villes, d’autres districts, les médecins et officiers sanitaires signalaient des accidents analogues, produits par la même cause. A Salford, Delepine et Tatlersall relèvent un chiffre de décès considérable; la bière est le facteur d’intoxication; elle contient de l’arsenic. A Ukley, dans le Yorkshire, à Padgole, Earlestown, Liverpool, Leicester, un peu partout, ces cas
- 1 Tous les appareils cryoscopiques et tonométriques de M. Itaoult figuraient au Musée ccntennal de la Chimie française à l'Exposition universelle.
- d’empoisonnement sont nombreux; c’est une véritable épidémie.
- Les bières de grande marque, chères, et dont la consommation est restreinte n’ont pas été signalées comme toxiques; on les fabrique uniquement avec du bouillon et du malt. Il n’entre pas, dans leur composition, d’addition de glucose ou de sucre inverti, ce qui est au contraire la règle pour les bières communes, qu’il faut vendre a très bas prix. Or, le glucose se fabrique avec l’acide sulfurique, et les acides sulfuriques de commerce, non purifiés, contiennent souvent de notables quantités d’arsenic. La proportion est d’autant plus élevée que les pyrites de fer avec lesquelles on fabrique l’acide sulfurique en contiennent davantage. Le glucose contient de l’arsenic quand l’acide sulfurique n’est pas pur et la bière dans laquelle il entre pour une forte dose en contient également. Delépine a trouvé dans les glucoses de fabrication 5 centigrammes pour 100, en poids, d’acide arsénieux. Sur dix-sept échantillons de bière, William Kirkby a trouvé des doses d’arsenic variant de 0,01 à 0,28 par gallon (le gallon équivaut à 4 litres et demi). On conçoit sans peine quels accidents toxiques peut produire l’ingurgitation d’une bière aussi médicamenteuse ; je veux bien que certains malades avaient l’habitude de consommation immodérée, mais même à doses raisonnables on doit être sérieusement incommodé par l’absorption de pareilles doses d’arsenic.
- L’éveil est donné et le mal sera vite enrayé; il suffira de faire jeter toutes les bières malsaines et d’empêcher l’usage de sucres devenus toxiques par l’emploi de matières premières impures et contenant du poison. Mais quelle aubaine pour les alcooliques de marque et Dieu sait, s’ils sont légion; ils vont prétendre maintenant que l’alcool est inoffensif et que c’est l’arsenic ou autre chose qui causent tout le mal. D[ A. Cartaz.
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- LE SERVICE DES INCENDIES A PARIS
- La publication annuelle que fait la Préfecture de police sur le service des incendies dans la capitale, nous permet de compléter les articles que nous avons publiés jadis sur l’organisation de ce service si intéressant. Nous devons dire immédiatement que, en dépit de l’augmentation de la population parisienne et des risques généraux, la valeur des dégâts causés annuellement par les feux est maintenant plus faible comme chiffre absolu ; de même, la valeur moyenne des dégâts par chaque feu combattu, s’est abaissée de U 400 francs en 1880, à 4262 francs en 1899 : ajoutons que le nombre des grands feux n’est plus que de 0,76 pour 100 sur l’ensemble de tous les incendies, alors qu’en 1880 la proportion correspondante atteignait 2,16 pour 100.
- Actuellement, ou du moins à la fin de 1899, le service des incendies possède 22 fourgons ordinaires, 21 fourgons auxiliaires, 1 fourgon électrique, 35 pompes à vapeur, 23 échelles de sauvetage attelées, 88 dévidoirs à bobine et 76 à caisse, 54 compresseurs d’air, 82 lampes de sûreté dont 12 à accumulateurs, 7 appareils d’ccîai-rage des sinistres nocturnes, dont une lampe à arc et un chapelet de lampes à incandescence. Nous faisons grâce au lecteur des appareils secondaires, mais nous noterons, pour la curiosité du fait, quelque 62 kilomètres de tuyaux gros et petits, pour l’aspiration ou le refoulement de l’eau. Enfin il y a maintenant en service environ 500 de ces avertisseurs publics téléphoniques qui ont déjà été décrits dans le journal.
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- LA NATURE.
- L’ÉVOLUTION D’UNE IMAGE
- Pour bien des philosophes, l’homme primitif est un grand enfant. Comme ce dernier, il exécute des dessins imparfaits, inexacts, où sont oubliées les parties les plus importantes. Veut-il représenter une tète, il trace un cercle ou un losange mais ne marque point le nez, les yeux ou la bouche; un ovale ou un rectangle suffisent à indiquer le corps, et une seule droite représente un membre.
- Mais l'enfant, dans ses premiers efforts pour dessiner, est incapable de faire mieux. Au contraire, les sauvages les plus arriérés, Bushmen, Australiens, Néo-Guinéens, Eskimos, etc., savent parfois dessiner avec justesse : l’exécution est faite avec goût, les proportions sont bien conservées, on ne relève aucune erreur grave. Ils reproduisent ainsi des animaux et des hommes non seulement au repos, mais en mouvement pour chasser, courir, lutter, manger, etc.
- Leur art est essentiellement réaliste.
- Mais sou vent ils interprètent leur modèle. Ces modifications peuvent être inconscientes parce qu’ils reproduisent une copie au lieu de s’adresser à l’objet même.
- Voulez-vous voir à quel point on peut ainsi transformer l’original, refaites l’expérience qu’ont tentée à ce sujet le général Pitt Rivers et Henry Balfour. Ils donnèrent à copier un dessin de Patrocle d’après les marbres d’Égine; la copie obtenue fut remise comme modèle à une seconde personne, et ainsi de suite. La douzième copie n’était plus reconnaissable ; Patrocle était transformé en üne vieille femme casquée, et les deux muscles pectoraux fortement dessinés sur le modèle étaient devenus une houppelande qui couvrait les hras.
- Les premiers artistes firent de même. Les Néo-Guinéens, amateurs de pêche, étaient fiers de porter de gros hameçons d’écailles de tortue en guise de bijoux. Détourné de son usage, le hameçon modifia sa forme; sa pointe s’émoussa, s’élargit, s’allongea en spire pour se fixer à la tige; il était devenu une boucle. Pareilles transformations sont fréquentes dans les formes de bijoux de peuples plus civilisés.
- Les altérations que l’on fait subir au modèle ne sont pas toujours involontaires. L’ouvrier paresseux né-
- glige son travail; s’il s’adresse à une clientèle peu cultivée, celle-ci ne tiendra pas à un dessin exact; elle voudra simplement le comprendre. Certains détails, même essentiels, peuvent faire défaut si ceux qui restent sont significatifs. À force de simplifier, l’ouvrier finit par désigner l’être qu’il représente par quelques attributs parfois peu importants : l’art est devenu une écriture figurative.
- Un retrouve ces représentations conventionnelles dans toutes les manifestations de l’art décoratif.
- Citons ces étonnantes altérations du dessin de l’alligator que Holmes a étudié sur la [loterie précolombienne de Chiriqui1. Sur certains vases, cet animal se reconnaît fort bien grâce à sa tète si spéciale; sur d’autres, quelques vagues courbes l’indiquent, et le dessin est si fruste qu’on ne peut le reconnaître qu’en consultant les stades intermédiaires.
- Jetez aussi un coup d’œil sur cette série de vases
- péruviens à forme humaine. Le numéro 1 est le plus parfait avec ses quatre membres et une tète bien modelée ornée de larges boucles d’oreilles et couverte d’un chapeau2.
- Le potier a pris moins de peine à exécuter le second : deux légères saillies indiquent les membres inférieurs dont l’extrémité des pieds ressort du vase; de même, les membres supérieurs ne laissent voir que les mains qui font saillie, la face est moins bien modelée.
- Le numéro 5 est tout à fait fruste : seules persistent les deux saillies inférieures qui représentent les doigts de pieds; deux saillies latérales indiquent les bras; la ligure est remplacée par quelques reliefs marqués sur une ligne horizontale.
- La tête seule est indiquée sur le numéro 4 et encore d'une manière bien imparfaite : un nez, deux yeux, une bouche. Les larges boucles d’oreilles se sont transformées en anses.
- Le dernier numéro est encore plus fruste, le nez et la bouche seuls persistent et les anses se sont dédoublées.
- L’antiquité classique nous offre les mêmes exemples. Des urnes provenant de Mycènes, découvertes
- 1 Ai.khkd Sn.umox. Evolution in art. London. Waller Scott, édit. 18üo.
- 2 Hexky Balfovh. The évolution of décorative art. London. Rivington l'ercival and C°. 18flô.
- ’EJiOKTttJ, Sc.
- Fig. 1. — Poterie précolombienne de Cliiriqui. Divers dessins d’alligators fortement conventionnels.
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- LA NATURE.
- par Schliemann, ont une face humaine uniquement représentée par deux lignes, une vertical*! le nez, et une horizontale les sourcils, qui abritent deux yeux. Sur la panse, deux légères bosselures indiquent les seins. On a recueilli de semblables vases funéraires à Troie, à Chypre, en Hongrie, en Silésie, en Prusse rhénane, etc., car partout l'homme agit de même.
- Les Grecs, qui nous ont laissé des statues de divinités si parfaites, faisaient aussi des dieux grossiers en terre cuite. Pour les exécuter rapidement et les livrer à bon marché, ils en arrivaient à supprimer les parties les plus essentielles. Le musée du Louvre possède des terres cuites frustes, sans tête ni membres, uniquement formées d’un corps et d’un long cou; les fidèles y reconnaissaient un dieu.
- L’art populaire actuel n’est pas moins grossier. Les gâteaux que l’on vend dans les fêtes en Provence et dans la Napolitaine représentent des hommes
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- et des animaux d'une façon aussi schématique.
- L’altération du modèle peut être due encore au goût de l’artiste. Quand il mêle des êtres animés à une ornementation géométrique, pour éviter les discordances, il les rend d’une façon conventionnelle : il les adapte à l’ensemble en les géométrisant et les simplifiant. Cette pratique s'observe déjà dans les arts guinéen et polynésien, mais des peuples plus civilisés l’ont utilisée en architecture. Pour orner ses monuments, chaque nation eut sa plante préférée, l’Égypte le lotus et la Grèce l’acanthe, mais transformée et réduite à quelques lignes simples.
- La schématisation du modèle est enfin une nécessité quand on décore les tissus. Le métier primitit ne pouvait reproduire la courbe, il s’agissait de faire un dessin avec des fils se coupant à angle droit. L’artiste altéra la forme des êtres animés, et en fit des représentations conventionnelles qui se distin-
- Fig. 2. — Poterie péruvienne à forme humaine montrant révolution d’un dessin. L’être humain est de plus en plus schématisé du numéro 1 au numéro 5 et finit par devenir méconnaissable.
- gu ont des précédentes en ce que la courbe en est toujours exclue1.
- Les dessins exécutés par l’homme primitit sont donc justes, et le premier art fut réaliste. Mais, en évoluant, l’image s’éloigna de la nature; elle devint fruste, schématique et si grossière qu’on la crut l’œuvre d’un artiste inhabile et on compara celui-ci à un enfant. I)1' Félix Régnault.
- LA MASSE DE L’UNIVERS
- ET CELLE DE l’aTOME d’ÉTHER
- Le prince Grigori Stourdza, ancien général de division de Roumanie, vient de publier ses idées sur l’univers2. Le prince philosophe aborde les sujets les plus vastes. II les traite, du reste, avec une telle maîtrise que, même lorsque l’on serait disposé à ne pas le suivre dans
- 1 Voy. pour plus de détails, les Origines de l'art ornemental, n° 1201, du 6 juin 1896, p. 7.
- - Les lois fondamentales de l’univers.
- ses déductions hardies, on ne peut s’empêcher de rendre hommage à la puissance et à l’envergure de son esprit.
- Nous nous bornerons ici à montrer à quels résultais arrive l’auteur lorsqu’il cherche à déterminer la masse totale de l’univers visible, et lorsqu’il se propose de résoudre le même problème pour l’atome de l’éther, ce fluide qui remplit l’espace, transmet la chaleur et la lumière et à l’aide duquel s’exerce la gravitation. D’un côté, il s’agit d’une quantité incomparablement grande, et de l’autre d’une quantité incomparablement petite.
- En se basant sur les observations astronomiques, l’auteur estime que l’univers visible dans notre horizon télescopique se compose d’environ 80 millions d’étoiles ainsi réparties : 50 millions correspondant aux 2500 nébuleuses comptées par Herschel, et dont chacune est • composée en moyenne de 20000 étoiles, plus dix millions provenant de la voie lactée, et dix autres millions pour les nuées de Magellan et enfin dix derniers millions pour tenir compte des nébuleuses et des étoiles éteintes ou en voie de formation.
- Il admet que toutes ces étoiles ont chacune un cortège de planètes et il prend pour masse moyenne d’étoile celle
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- LA XA'ITIiK.
- connue de noire système solaire. Il trouve ainsi que les HO millions d’étoiles ont une masse totale qui équivaut à celle d’un nombre de mètres cubes d’eau exprimé par 10 841 522 657 005 577 suivi de 10 zéros, soit au total un nombre composé de 50 chiffres. Un moyen pneumoteclmique de retenir un pareil nombre consisterait à dire qu’il est sensiblement égal à 17 suivi de deux fois 17 zéros.
- Ayant ainsi calculé la masse totale de l’univers, le prince Stourdza a déterminé le volume dans lequel évoluaient les 80 millions d’étoiles et a trouvé qu’il correspondait à une sphère dont le diamètre aurait une longueur telle que la lumière mettrait à le parcourir une durée de 5 006 00!) années. La lumière marchant en raison de 500 000 kilomètres à la seconde, on voit qu’il s’agit là d’un diamètre peu ordinaire.
- Le calcul ayant été effectué pour le volume de la sphère de l’univers visible, rien n’était plus facile que de déterminer la densité moyenne de l’espace dans la supposition que toute la matière existante fût uniformément répartie en tous lieux; il suffisait de diviser la masse totale de l’univers par son volume. On a ainsi trouvé que cette . 14
- densité était les —— de celle de l’eau.
- 10"*
- Par ailleurs, le prince Stourdza ayant démontré que l’équilibre de l’univers exigeait qu’il y eût autant de matière condensée que de matière à l’état d’éther, il en résultait forcément que le nombre précédent n’était autre chose que la densité de l’éther lui-même.
- Partant de la connaissance de cette densité, et à l’aide des valeurs de l’amplitude de l’onde lumineuse, de la vitesse de la lumière et du nombre de ses vibrations par seconde, le savant auteur déduit la distance qui sépare deux atomes voisins d’éther, et trouve que cette distance
- est en millimètres de
- 50
- 1U80
- Il arrive ainsi à trouver
- qu’un millimètre cube d’élher renferme
- 10’6
- -77- atomes, et 15
- que la masse de l’atome d’éther est, en définitive, les ] 8
- —— de celle d’un milligramme.
- Tels sont les chiffres auxquels le prince Stourdza est parvenu d’un côté pour la niasse totale de l’univers visible, de l’autre pour la masse d’un atome d’éther.
- Notre esprit ne peut évidemment pas plus concevoir la grandeur de l’une que la petitesse de l’autre.
- l/auteur a tenu à calculer un nombre encore plus fantastique, celui des atomes d’éther contenus dans l’univers, et il a trouvé qu’il y avait 95 nonillions de trentil-lions d’atomes condensés dans-les 80 millions d’étoiles et tout autant demeurés à l’état libre, soit en lout'180 nonillions de trentillions d’atomes, ce qu’on peut écrire en faisant suivre 180 de 120 zérrs. L’-colonel Di'.i.ainev. ’
- LA TOILETTE DES OISEAUX I)E BASSE-COUR
- Ainsi que nous le disions dans un précédent article1, la présentation' des oiseaux de basse-cour, dans les divers concours, exige souvent de la part.de l’exposant un véritable art. Il ne suffit point d’exposer un animal possédant les caractères typiques de sa race portés au plus haut point, il faut que par sa prestance, par sa beauté, il attire les regards et l’attention du jury, lin oiseau, présenté le plumage sale, n’aura jamais autant de succès qu’un autre exposé propre et brillant, aussi lave-t-on deux ou trois
- 1 Vnv. n° 1450, du 1er décembre 1900, p. 0.
- jours, avant leur envoi, les sujets que le compétiteur sérieux destine à un concours.
- Laver un oiseau est une opération peu commune; les vieux traités de fauconnerie consacrent de longues pages sur la manière de présenter le bain, mais pour les (îa’.li-nacés le cas est tout différent, ils ne vont point d’eux-mèmes se plonger dans l’onde claire, leur bain naturel consiste à se poudrer, à se rouler dans la poussière, ils sont réfractaires au tub hygiénique.
- L’animal doit être lavé et savonné de force et il faut un certain talent pour mener à bien cette opération.
- Il est bon de noter que les plumes bien humectées, bien imbibées d’eau peuvent être tordues, pressées dans les mains, sans aucun danger de les casser.
- On prépare en premier lieu le savon; pour cela, on coupe en tranches minces la quantité suffisante, on la met dans un petit plat en fer émaillé avec l’eau nécessaire et on place le tout sur un feu doux, jusqu’à complète dissolution et disparition entière des grumeaux. L’opérateur prépare aussi trois grands bassins, assez profonds pour que le corps de l’oiseau soit complètement immergé et dispose à sa portée une certaine quantité de linges doux.
- Tout étant prêt, il saisit le coq ou la poule et le plonge dans le bain n° 1 contenant de l’eau tiède et le laisse tremper un bon moment, de manière que la partie supérieure des plumes soit parfaitement humectée. Un aide tenant l’animal, il soulève ensuite avec la main les plumes de façon que la chair soit visible et il asperge vigoureusement avec de l’eau puisée dans un bol. Cette opération commencée par le cou se continue sur toute la partie supérieure du corps.
- Pour les parties plongées dans le bain, on soulève de même les plumes pour que l’eau pénètre bien jusqu’à la chair. Sans cette précaution, on pourrait prolonger l’immersion un temps infini sans que les plumes soient mouillées jusqu’à leur base. C’est là un des grands secrets de l’opération, humecter entièrement le plumage avant de savonner.
- On verse, après, la dissolution de savon dans le bain, ou mieux on en prend une certaine quantité que l’on étend sur les plumes; on lave ensuite soigneusement l’oiseau en commençant par le cou, en faisant pénétrer l’émulsion savonneuse à l’aide des deux mains, en opérant comme si l’on traitait un paquet de linge. On doit frotter de haut en bas, serrant les plumes entre elles, les tordant sans crainte. Le savonnage terminé, on plonge le sujet dans le bain n° 2, rempli d’eau tiède et on le frotte à nouveau avec les mains de manière à enlever à la fois la ; saleté et le savon, on facilite ce rappropriage en, rinçant ' avec une éponge imbibée d’eau claire.
- ! . Lorsque toute trace de savon a disparu, on plonge l’oi-j seau dans le bain n° '5 contenant de l’eau claire froide, j à peine-dégourdie par‘une petite addition d’eau chaude | et dans laquelle on a fait dissoudre un peu de bien em-I ployé par le* ménagères:et de»borax-en poudre. Soulevez ! les plumes 'comme dan's la première opération afin que i l’eau pénètre jjusqu’à: la. peauv puis pressez las plumes par poignées, tordez-les, serrez-les de manière à en chasser l’eau ; opérez en quelque sorte comme la laveuse qui tord son linge. Le lavage est terminé, il faut passer au séchage.
- On étend sur une table un drap bien propre, on y pose le sujet et on l’essuie avec un linge légèrement chauffé ; on opère comme pendant le lavage, frottant de haut en has, en avant, en arrière, tordant les plumes, de manière à bien sécher l’oiseau. Dès que le premier linge est par
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- trop mouillé, on en prend un second. 11 est bon, pendant cette opération, de faire avaler au patient, pour le réchauffer, une cuillerée soit de thé et de cognac, soit de vin. Une fois, l’oiseau presque sec, on le met dans un panier d’expédition, haussé sur deux tréteaux, afin que les dernières traces d’humidité puissent s’échapper, et on dispose le tout près d’un bon feu, brillant et bien flambant. 11 ne faut pas, toutefois, que le panier soit trop près du foyer, car la chaleur trop vive pourrait roussir les plumes et causer des gerçures aux oreillons et barbillons. Tant qu’il n’est pas complètement sec le plumage, malgré un lavage parfait, paraît encore sali, le brillant ne revient, du reste, qu’après un certain nombre d’heures, c’est pour cela qu’il faut faire l’opération un ou deux jours avant l’envoi — à partir de ce moment, on cesse la distribution de pâtées de crainte que les oiseaux ne se salissent. Les pattes et les tarses réclament ensuite les soins de l’exposant. On les trempe dans de l’eau chaude, pas trop chaude pourtant de crainte de les brûler, et avec une brosse à ongles, on les frotte vigoureusement. On les sèche avec un linge lorsqu’ils sont bien propres. On lave en dernier la crête, la face, les barbillons et les oreillons. On emploie pour bien les nettoyer une brosse à dents bien douce et on essuie avec un linge doux pour enlever toute trace d’humidité. Afin de donner aux tarses du lustre et du brillant, on les enduit légèrement d’huile ou de vaseline, on passe ensuite un chiffon afin d’enlever l’excès d’huile et de n’en laisser qu’une couche imperceptible ; sans cette précaution les pattes deviendraient poisseuses au lieu d'être brillantes. On passe aussi un soupçon d’huile sur les crêtes, oreillons et barbillons.
- Ces traitements ne se pratiquent que sur les faces et oreillons rouges; dans les races qui ont ces parties blanches, on ne les lave qu'à l’aide d’une éponge fine ou un pinceau en poils de blaireau. On les sèche très soigneusement; on n’enduit pas les parties blanches d’huile, mais on les recouvre d’oxyde de zinc pour éviter la formation de gerçures. 11 ne faut pas négliger d’enlever dans la suite soigneusement cette substance, car s’il en restait la moindre parcelle, il se trouverait des personnes assez ignorantes de l’effet de l’oxyde de zinc pour vous accuser d’avoir peint la face de vos oiseaux.
- Enfin, dernière opération :
- L’éleveur étant assis, prend de la main gauche l’oiseau par les tarses, et le pose sur ses genoux, tandis que de la main droite, il frotte dans le sens des plumes, la totalité du plumage avec un vieux foulard en soie très doux. Cette pratique, continuée pendant un certain temps, donne un brillant quelquefois surprenant.
- L’animal est maintenant prêt à affronter les regards scrutateurs du jury, espérons qu’il remportera la plus haute récompense; mais avouons dès maintenant que, par la suite de soins qu’exige, depuis sa naissance jusqu’au dernier jour, un sujet de concours, l’éleveur a bien gagné la médaille qu’il convoite..., et qui sera peut-être attribuée à un éleveur qui saura pratiquer, avec plus d’habileté encore, les petits trucs que nous venons de dévoiler. H.-L.-Alpii. Blanchon.
- —«•<£©—
- LES FLEUVES SOUS MARIXS
- Il y a déjà quelques mois, un géographe anglais de talent, M. H. Benest, a publié, dans le Bulletin de la Société de géographie de Londres, une étude intéressante sur le sujet qu’indique notre titre, c’est-à-dire sur les épanchements d’eau douce au-dessous du niveau de la
- mer. Ce phénomène vraiment curieux a été également' étudié ces temps derniers à l’Institut géographique de* Bruxelles, comme pour donner un complément aux recherches de M. Benest, - et nous avons** pensé que la' chose devait être signalée dans La Natûre. Nous tâche/ rons du reste de compléter les exemples fournis par nos' auteurs par quelques-uns de ceux que nous avons eu occasion de relever dans d’atitres publications’. * :
- Ce qu’il y a de bien curieux, c’est que ce sont des avaries aux câbles télégraphiques qui ont attiré particulièrement l’attention sur cette particularité. A plusieurs reprises,-vers. 1895,- on vif se briser, un câble (ont"neuf et d’excellêntei 'fabrication que /’on venait justement d’immérgèr entre le cîip Yert et le Brésil; on fit des sondages pour srassurer si ces ruptures ne provenaient pas de l’état du fond de la mer, et on put en effet constater qu’il devait y avoir près de la côte le débouché sous-marin d’une rivière souterraine : précisément, les allu-vions apportées par ce cours d’eau douce venaient rencontrer le câble et exerçaient sur lui un effort qui le brisait finalement. Le fait est qu’on se trouve justement à l’aplomb d’une rivière qui se jette dans les lagunes de Yof, sur la côte du Sénégal, et qui se perd dans le sable : elle s’est sans doute creusé une communication invisible avec la mer, et c’est elle qu’on retrouve dans la profonde dépression de plus de 1300 mètres que barrait le câble du Brésil. D’ailleurs, durant des travaux de réparation à ce câble, à 24 kilomètres de la côte, le navire qui les effectuait se vit un beau jour entouré par des peaux d’orange, des calebasses, des morceaux de tapis, qui ne pouvaient provenir évidemment du fleuve Sénégal, dont l’embouchure se trouve à 140 kilomètres de là.
- Au point de vue de l’explication de ce phénomène curieux et de beaucoup d’autres semblables, on peut supposer que les anciens chenaux par lesquels se produisait superficiellement le déversement des eaux douces, ont été recouverts par de la vase et des déblais, sous lesquels s’infiltre maintenant la masse des eaux. Quand le passage continu de l’eau a suffisamment bouleversé le fond de la mer, il se produit un mouvement du sol, et si un câble se trouve tendu en ce point, c’est alors qu’il peut se rompre sous une tension subite. Ce fait a été encore constaté au large du fleuve Rovuma, sur la côte orientale d’Afrique. De même au nord d’Arica, au Pérou, il existe un fleuve qui disparaît brusquement dans les sables et fuit invisible vers la mer pour former plus ou moins au large un fleuve sous-marin.
- Nous pourrions citer encore l’exemple caractéristique noté à 18 kilomètres à l’ouest du port péruvien de Talara ; dans ce cas, comme dans les autres, on s’aperçut que le fond de la mer présentait un véritable lit de rivière formé d’une dénivellation assez considérable. Précisément, à l’intérieur des terres, il se trouve une chaîne de lacs dont le déversoir se fait dans un gouffre de rochers, et l’eau ainsi engloutie est sans doute celle qui s’épanche au large de Talara.
- Le capitaine Lugar a constaté, à 600 mètres au S.-O. de l’île de Saba, dans les Antilles, l’émergence d’une puissante nappe d’eau douce qui s’épanche en cercles con-•centriques. En France même on pourrait citer le cas assez caractéristique de l’étang d’Ossegore, au nord du cap Breton, dans le golfe de Gascogne, qui se vide dans la mer à travers les sables de la côte et probablement dans le chenal profond creusé jadis dans le fond de la mer par l’ancien épanchement de l’Adour. Les exemples pourraient être multipliés à loisir dans les mers
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- LA NATURE.
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- européennes : ce sont notamment les colonnes d’eau douce que l’on voit remonter des fonds vaseux qui se trouvent entre Barton et Messie, au travers de l’estuaire du Ilumber, en Grande-Bretagne, ou encore les fissures du fond de la mer qui laissent écouler une masse d’eau douce au large de Saint-Margaret’s, dans le comté de Kent. Enfin nous rappellerons d’un mot les orifices de sortie souvent sous-marins des Katavothres des lacs de Morée.
- Il est évident que ces particularités peuvent s’expliquer assez aisément par les fissures innombrables qui sillonnent le sous-sol de notre planète, et dont M. Martel a fait une étude si intéressante; mais le phénomène est peu connu sous cette forme bizarre d’une source d’eau douce qui vient sourdre au milieu de la mer. B. S.
- ALIMENTATION Dïï CHEVAL
- A I.A COM PAC ML GÉ.NKKAI.K I)KS VOIÏTHKS A PAlilS
- Le cheval qui, malgré les progrès très sensibles de l’automobilisme, sera pendant longtemps encore le moteur le plus employé pour la plupart des voitures, doit, pour être utilisé dans les meilleures conditions, être étudié comme une machine : le combustible à lui fournir doit être choisi de façon (pie tout soit, autant que possible, transformé en puissance musculaire. On ne se doute pas généralement de l'importance (pie prend cette question auprès des grandes compagnies de voitures publiques. Lorsqu'on
- Fig. ]. — Laboratoires de chimie de la
- entre par exemple dans les locaux de la manutention de la Compagnie générale des voitures à Paris on est tout surpris de trouver des laboratoires très complètement outillés (fig. 1); on se demande ce que la chimie peut bien venir faire en cette affaire et on ne saisit pas tout de suite les rapports (pi'elle peut avoir avec l’exploitation des fiacres : il y en a cependant d’assez étroits. Le nombre des chevaux employés par la Compagnie que nous venons de citer est de }f) 000, ils consomment par an 400000 quintaux de denrées diverses et 75 000 quintaux de litière; quand on opère sur de pareils chiffres on peut avec raison chercher à savoir si tout est bien utilisé; un bénéfice ou une perte de 1 centime seulement par jour et par cheval représente tout simplement 54000 fr. au bout de l’année !
- Compagnie générale des voitures à Paris.
- Les expériences portent sur trois chevaux à la fois : on les met dans une écurie spécialement aménagée (fig. 2) comprenant trois box et une bascule. Le sol est cimenté et percé d’un trou par lequel les urines s’écoulent dans des récipients disposés au-dessous. On recueille également avec soin les détritus de pansage, surtout quand celui-ci est fait immédiatement après le travail; car ils renferment des sécrétions telles que la sueur qui entrent d’une façon assez importante en ligne de compte dans l’analyse. Les crottins sont ramassés et mis dans un appareil spécial qui les dessèche en retenant l’eau ammoniacale qui s’en dégage; l’examen des parties sèches est aussi fait minutieusement.
- Le cheval travaille de différentes façons ; ou bien on l’attèle à une voiture spéciale qui manœuvre dans
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- les cours de la manutention, ou bien on l'allèle au manège (lig. 5); celui-ci est, composé de deux plateaux en l'on te reposant Lun sur l’autre cl entre lesquels on a disposé des lames de 1er de laeon à augmenter le frottement, qui peut être réglé dans
- une certaine mesure par l’addition ou l'enlèvement de poids. C'est le plateau supérieur qui est mobile et qui porte le palonnier sur lequel tire le cheval ; un appareil, composé d'un dynamomètre et d’un indicateur de vitesse combinés, donne par sim [de lectuie
- Fig. 2. — Écurie dëluile.
- le nombre de kilogrammètres produits par l'animal pendant le temps qu’il a travaillé. Suivant qu’on s’est servi de la voiture ou du manège, ce chiffre varie ordinairement entre 500 000 et 1200000 kilogrammètres par jour.
- Le cheval élimine par l’urine environ la moitié de l’azote ingéré dansles aliments; pour un animal du poids moyen de 400 kilogrammes on doit trouver en moyenne 100 grammes d’urée par jour s’il est au repos et 150 à 150 grammes par jour s’il travaille, la quantité variant avec le travail produit; c’est là qu’on voit le chimiste suivre de près la bonne harmonie entre l’alimentation et la production.
- Pour fournir les 20 dépôts qu’elle possède à Paris, la Compagnie a installé près des fortifications, à proximité des gares du Nord et de l’Est et du canal, principaux points d’arrivage de ses denrées, une ma-
- nutention qui a 20000 mètres carrés de superficie et occupe environ 100 personnes; il y a en outre 2 machines à vapeurs de 50 chevaux chacune.
- Le foin est à peu [très complètement exclu de l’alimentation; celle-ci consiste surtout en paille d’avoine hachée et mélangée à du maïs et des tourteaux de distillerie, plus une certaine quantité de granules composés à la manutention et formés de blé, féveroles, maïs, riz et résidus de distillerie. En tout chaque cheval reçoit à peu près 10 kilogrammes de nourriture par jour, c’est la ration d écurie. Il ne travaille qu’un jour sur deux ; le jour de repos il reçoit cette ration seulement ; quand il travaille il en reçoit le quart avant de partir et le quart quand il rentre; entre temps le cocher lui donne 4 kilogrammes de la ration dite de ville, formée exclusivement d’avoine.
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- J, A NATURE.
- Toutes cos rations sont préparées à la manutention : tous les jours elle expédie aux dépôts 4500 sacs contenant, des rations d’écurie et 1000 sacs de ration de, ville emportés par les cochers.
- A leur arrivée à la manutention les grains sont examinés par un préposé spécial et par le laboratoire s'il y a lieu, mais c’est plutôt Là un examen physique; après leur réception ils sont émondés mécaniquement, puis montés par une chaîne à godet et distribués, par une vis d’Archimède, à d’immenses silos métalliques au nombre de 50, (pii ont 17 mètres de hauteur et 5 mètres de coté. Pour chacun d’eux le laboratoire détermine le degré d’Immidité du grain afin qu’on épuise d’abord ceux dans lesquels ce degré est le plus élevé; il ne doit jamais dépasser 14 pour 100 d’eau.
- Les silos sont vidés par en bas au moyen d’un gros robinet (pii laisse couler le grain dans un canal où une vis d’Archimède l’entraîne sur une bascule automatique qui le verse au bac de mélange. Là arrivent aussi toutes les autres denrées qui doivent composer la ration; elles sont mélangées par cinquante à la lois et mises dans des sacs pour être expédiées dans les dépôts.
- La paille est dirigée par des wagonnets Recauville dans une grange qui en contient 800 000 kilogrammes, en bottes non comprimées ; elle est comme les grains, classée par degré hygrométrique et. on épuise d’abord les piles les plus humides. Autant que l’état des récoltes le permet, c’est surtout la paille d’avoine-qui est employée; le cheval la préfère à la paillé de'blé qui est plus dure et se mange moins facilement, surtout quand, comme c’est le cas ici, elle est coupée en petits morceaux de 2 centimètres de longueur.
- Jamais on ne se sert de paille comme litière, c’est la tourbe qui est employée, elle vient principalement de Hollande; depuis longtemps déjà cet usage est assez répandu, car il est reconnu que la tourbe absorbant quatre fois plus les liquides que la paille, l’odeur d’écurie est beaucoup atténuée, la propreté est plus facile à entretenir, le fumier est meilleur.
- Comme nous l’avons dit plus haut il entre une assez grande quantité, de tourteaux dans la ration d’écurie; ceux-ci viennent surtout des industries du nord. Ce sont des résidus de féculerie, distillerie, amidonnerie, etc. ; ils constituent une excellente base d’alimentation, mais doivent être tout particulièrement surveillés par le laboratoire : ils doivent en dehors du sucre; de l’amidon, etc., qui en constituent une grande partie, avoir au moins 5 pour \ 00 de t matières azotées, 5 à 10 pour 100 de matières grasses; ne pas donner plus de 15 pour 100 d’eau, ni plus de 8 pour 100 de cendres et matières minérales. Leur réception est soumise à un contrôle minutieux.
- Le laboratoire a aussi dans ses attributions le soin de rechercher des composés qui pourraient se substituer aux tourteaux; c’est ainsi-qu’il a fait
- des essais intéressants en composant dos granules formés de poudre de viande desséchée et démêlasse; on pourra arriver dans cette voie à des résultats encore à l’étude.
- Un voit ([lie si la mécanique et la physique ont une place prépondérante dans les voitures automobiles, on devra quand il s’agit de traction animale réserver une large place à la chimie.
- C. Maiiesc.ual.
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- RÉCRÉATION SCIENTIFIQUE
- ILLUSION Il’oPTIQUE
- Nous avons déjà publié un grand nombre d’illusions d’optique, relatives pour la plupart à des lignes dont la longueur et la direction étaient modifiées par l’œil ou à des surfaces paraissant inégales malgré leur égalité réelle. Celle que nous allons faire connaître est d’un genre différent, mais tout iftissi net.
- Notre gravure représente une série de cases noires placées à une certaine distance les unes des autres et séparées par des bandes blanches, régulières et se croi-
- Illusion d’optique.
- sant à angle droit. Du moins c’est ainsi que la gravure les a représentées. Mais en réalité, dans les parties des bandes blanches qui se croisent, on voit une ombre très nette, ou plus exactement une pénombre à contours mal limités. Si l’on porte son attention sur une de ces taches en particulier, immédiatement elle disparait, tandis que les taches voisines persistent. Cela est évidemment dù à ce que le phénomène ne se produit que dans la région de la rétine autre que la tache jaune, c’est-à-dire dans la partie où la vision est toujours un peu confuse. Il serait intéressant de faire varier les dimensions des carrés et de leurs intervalles pourvoira quel moment le phénomène disparaît.
- Les illusions d’optique ne sont pas, en effet, seulement des amusettes. Étudiées avec soin, elles peuvent nous éclairer beaucoup sur la question encore si mal connue de la vision : les psychologues les ont mises d’ailleurs à leur ordre du jour. Henri Coum.
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- LA NATURE.
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- HAUT FOURNEAU MEXICAIN
- Le Mexique a la bonne fortune de posséder des richesses minières considérables, notamment en fait de minerai de fer, mais il ne sait pas encore en tirer parti d’après les méthodes nouvelles, et pourtant il obtient des résultats qui ue sont pas à dédaigner. Voici quelques détails sur l’installation d’un haut fourneau qui transforme les minerais de fer sur la route de Zacuatilpan à Apulco.
- Le minerai, qui a une teneur de 40 pour 100, provient d'une mine à ciel ouvert qui se trouve à une quinzaine de kilomètres de là, et il est apporté à dos de mules, ce qui n’est pas pour obtenir des frais de transport réduits. 11 est vrai que le prix de la main-d’œuvre est très faible dans toute cette partie du Mexique, et que, notamment, les ouvriers chargés de l’extraction touchent en tout 18 ccntavos, ce qui correspond nominalement à 0fr,90, mais en fait à 45 centimes pour chaque arrobe de minerai extraite, une arrobe valant 158 kg. Le minerai arrivé dans l’exploitation métallurgique est concassé et divisé en fragments de la grosseur d’un œuf par les soins de femmes qui ont des salaires encore plus modestes que les mineurs, et qui broient aussi de façon analogue la castine ; puis on opère le chargement du haut fourneau, le chauffage se faisant au charbon de bois, qui coûte quelque chose comme lfr,85 les 100 kg. Ce haut fourneau ne donne que six tonnes, sa chemise est faite d’une pierre réfractaire que l’on trouve dans les environs. La soufflerie est naturellement à air froid, on n’a pas encore songé au perfectionnement qui consiste à chauffer l’air, toutefois ou a adopté pour actionner la soufflerie une roue Pelton (et on sait que c’est là un engin des plus perfectionnés) qui est commandée par une chute d’eau d’une grande hauteur. La fonte au sortir du haut fourneau est coulée directement dans des moules, après avoir été recueillie dans des cuillers, et malgré les procédés primitifs suivis, elle est de telle qualité qu’elle peut être immédiatement employée à couler des pièces de moulage sans passer par le cubilot. Son prix de revient est de 75 francs la tonne. P. de M.
- IA DENSITÉ DE IA POPULATION A PARIS
- Lorsqu’un promeneur chemine à travers les différents quartiers de Paris, il lui arrive souvent, s’il est observateur, de remarquer que certaines rues sont plus peuplées, ou plus fréquentées que d’autres : il pourra en traverser les yeux fermés, par exemple la rue Yaneau, et à quelques centaines de mètres de là, rue du Bac, il courra de grands risques s’il ne prend pas de précautions ; mêmes différences dans les environs de la Bourse ou de l’Opéra, sur les grands boulevards : pour ne nous occuper que des piétons, quelle différence d’aspect entre la rue Richelieu, l’avenue de l’Opéra, et leurs voisines la rue Montpensier d’une part, et la rue Molière de l’autre!
- On pourrait admettre, à première vue, que si les piétons et gens transportés par tous véhicules circulent d’une façon toute ‘différente, dans la. journée", le matin, le soir, c’est que leurs affaires les appellent plus ou moins dans tel ou tel quartier, mais que Paris étant presque partout, somme toute, une suite non interrompue de maisons, Ja densité des hahL
- lants semble devoir être, à peu de chose près, la même dans toute l’étendue de la capitale.
- Il n’en est rien cependant, et certains points de Paris sont littéralement bondés d’habitants : dans le quartier Bonne-Nouvelle, les rues qui s’étendent depuis les Halles jusqu’aux boulevards, en y comprenant la rue Saint-Denis, la rue du Sentier, etc., on peut compter plus de 1000 habitants par hectare, c’est-à-dire entassés dans un espace carré de 100 mètres de côté. En admettant qu’il y ait 10 immeubles dans cet étroit espace, cela donnerait une moyenne de 100 habitants par maison, ce qui, d’ailleurs, se rencontre fréquemment. Evidemment, nous sommes loin encore, malgré cette agglomération excessive, des 1000 ou 1500 locataires empilés dans certaines maisons de 20 étages, à New-York et à Chicago; néanmoins, remarquons que le quartier Bonne-Nouvelle, qui compte à lui seul autant d’habitants que certains chefs-lieux de départements, comme Montauban ou Laval (29000 habitants), n’est pas, à beaucoup près, plus grand comme superficie, que le Champ-de-Mars. Si Paris était, dans toute son étendue, aussi peuplé que le quartier Bonne-Nouvelle, il ne compterait pas moins de 8 millions d’habitants, soit presque le quart de la population française. Ce ne serait à souhaiter, à aucun point de vue. Au contraire, certaine parties de Paris, comme Bercy, présentent une densité de 50 à 60 habitants seulement par hectare, et présentaient, il y a cinquante ans, un nombre moitié moindre d’habitants.
- Si l’on supposait tous les quartiers aussi peu peuplés que Bercy et que certains points d’Auteuil, Paris ne posséderait guère plus d'habitants que Lyon ou Marseille, villes qui ont aujourd'hui précisément la même population, soit 480000 habitants.
- Comment varie la densité de la population dans les 80 quartiers ? Mieux que ne saurait le faire un tableau bourré de chiffres, nous allons l’indiquer à l’aide d’un plan de Paris et d’un croquis.
- Sur un plan de Paris, indiquant le périmètre des 80 quartiers, nous avons montré l’expression de la densité de la population de chacun d’eux, à la fois par des chiffres proportionnels (nombre d’habitants par hectare) et par des teintes plus ou moins foncées, allant du blanc au noir en passant par tous les degrés de grisés plus ou moins accentués. Les quartiers les moins peuplés restent en blanc, ou sont teintés en grisés fort légers, tandis que les quartiers dans lesquels se presse la population la plus dense, sont teintés en noir. Ceci étant établi, nous avons considéré les 80 cotes de densité comme des cotes topographiques correspondant à autant de hauteurs de terrain, puis nous avons supposé que ces hauteurs de terrain, au lieu de se présenter en escalier, avec- des 'différences de niveau, qdus ou mpins brusr ques, sé tenaient entre elles par des pentes. L’inclinaison de ces pentçs •fictives dépendait de la diffé* rence de, hauteur des cotes, c’est-à-dire, de la diffé*-rence de densité entre le? quartiers contigus. En un
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- LA NATURE.
- mot, nous avons supposé, que d’un quartier à l’autre la densité ne variait pas brusquement, et nous avons admis que la pente topographique ainsi déterminée pouvait comporter des courbes horizontales de niveau, plus ou moins serrées, comme cela arrive d’ailleurs dans les reliefs topographiques réels.
- En faisant circuler, pour citer un exemple facile à saisir, la courbe correspondant à la cote 1000 (c’est-à-dire 1000 habitants par hectare) sur le terrain en pente reliant le pins haut sommet de la population parisienne, le long des points paraissant situés à une semblable cote de 1000, nous avons forcément fermé un îlot de population. En procédant de même pour les cotes 900, nous avons fermé une nouvelle courbe plus ample, enveloppant le premier îlot, dessinant un second îlot par ses sinuosités diverses, et laissant entre le premier et le second îlot, une véritable zone d’égale densité.
- Les choses se passent d’ailleurs comme si nous avions coupé un véritable relief de terrain par deux plans horizontaux, séparés l’un de l’autre par une distance donnée. Ce principe de construction étant
- compris et admis, il nous a été facile de couper notre relief populeux d’une série de plans horizontaux, distant entre eux de 100 en 100, et de tracer les courbes de densité de 100 habitants par hectare, de 200, de 500, de 500 habitants,
- jusqu’à 1000 habitants (quartier Bonne-Nouvelle).
- Ce petit travail topographique a donné lieu à autant de cartes qu’il a été fait de dénombrements à
- Paris, et les teintes diverses appliquées aux différentes zones d’égale densité ont bien attribué à la rive droite, ainsi qu’à la rive gauche de la Seine, leur véritable aspect en 1861, en 1866, en 1872, en 1876, en 1881, en 1886, en 1891, et enfin en 1896.
- Nous faisons figurer ici les plans de Paris, ainsi dessinés et teintés, pour le premier (1861), et pour
- le dernier (1896).
- Entre les deux massifs populeux, l’un dominé par le quartier Bonne-Nou-velle, l’autre par le Panthéon, se dessinait une gorge indiquant la présence de la Seine, du Jardin des Tuileries et des Champs-Elysées; de leurs contreforts principaux se détachaient des collines secondaires se dirigeant très faiblement accusées au Midi, vers Montparnasse et Croulebarbe sur la rive gauche, et plus nettement relevées vers Belleville à l’E., la Goutte d’Or au N., les Batignolles au N.-O. Telle était la physionomie de Paris en 1861.
- Le relief populeux de Paris, trente-cinq ans après a très visiblement changé : tout d'abord les deux sommets se sont affaissés et leurs bases se sont élargies et rehaussées. Sur la rive droite, un rouveau sommet s’élève à la cote 847, c’est Rochcehouart, un autre
- 1200.
- BON NE. -.NOUVELLE
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- Fig. I. — lïelief do la population parisienne en 1801 (croquis du relief).
- 1 feafeWgf
- Jtffîonxus, Str.
- de 0 à 100 100Î200 200 i3O0 300dM)0 4OOàS0O 500à600 600£700 700à8C0, au-dessus
- Wlojénne par hectare 218.
- Fig. i. — Densité de la population parisienne en 1861. — Projection horizontale des courbes de densité.
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- LÀ NATURE.
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- atteint 804 à la Kolie-Mérieonrt, les Ternes' montrent nn sommet de 567 ; les quartiers de lîati-gnolles, de Clignancourt sont plus peuplés encore
- et se rattachent à la hauteur de Rochechouart dont nous venons de parler; tout l’Est de Paris a vu doubler, tripler sa population, et Belleville est à la cote 655. Sur la rive gauche, le quartier Notre-Dame-des-Champs égale presque en densité ceux de Saint-Germain-des-Prés et de la Monnaie, et gagne ce que perd celui du Panthéon; d’autre part, la périphérie méridionale se remplit, et Plaisance atteint la cote 588, quadruplant ainsi sa population en moins de quarante ans. Javel, la Santé, la Gare, sont encore peu peuplés, et aux deux extrémités de Paris, la rive droite, Bercy et Auleuil ne comptent pas encore 100 habitants par hectare.
- Le relief de Paris, ci-dessus indiqué, montre quelle est la véritable et actuelle répartition de la population . La moyenne de la densité est de 522 habitants par hectare. On voit qu’il y a encore de la place à Paris et que les quartiers du centre peuvent continuer à se dépeupler en refoulant leur trop-plein sur les quartiers excentriques, sans que ceux-ci aient à craindre le surpeuplement.
- A remarquer la^faible densité du quartier de Saint-Germain-l’Auxerrois (91 habitants par hectare), des Champs-Elysées, 150; des Invalides, 140. La
- densité s'y ressent en effet de la présence des Tuileries, du Louvre, des Champs-Elysées, de l’Esplanade des Invalides. Dans d’autres quartiers, tels que la Muette, Auteuil, Grenelle, l’Odéon, de grands espaces vides d’habitations, comme le Trocadéro, le Ranelagh, le Champ-de-Mars, le Jardin du Luxembourg ont pour effet de donner de l’air aux différentes voies, et de diminuer la densité moyenne. Au prochain dénombrement, si l’Exposition ne laisse pas trop d’immigrants, la population de Paris n’accusera pas un très fort accroissement, peut-être même cet accroissement sera-t-il. nul ou insignifiant; on peut s’en rendre compte en examinant le nombre des mariages, des naissances, des décès, lesquels restent très sensiblement stationnaires; mais la circulation parisienne ne fait (pie s’accroître. Cela tient, à notre avis, non pas à ce que l’on circule de plus en plus, mais à ce (pie beaucoup de gens préfèrent habiter hors Paris, ont émigré dans la banlieue, tout en continuant à se rendre à leurs affaires au cœur de la ville. Aussi peut-on déclarer hardiment que la création de nouvelles ligues du métropolitain et d’autres moyens de
- transport, le développement du cyclisme, de l’automobilisme, favorisent l’accroissement de la banlieue au détriment de celui de Paris. L’hygiène ne saurait qu’y gagner. Victor Türquan.
- BONNE NOUVELLE
- Fig. ô. — Relie!' de la population parisienne eu 1896 (croquis du relief).
- sur
- E^Mav-bp, Si".
- deOàlOO 100 £200 200 £300 300£400 400 £500 500 £600 600 £700 7Ç0£800, au-dessus.
- Moyenne par hectare 321.
- Fig. i. — Densité de la population parisienne en 1896. — Projection horizontale des courbes de densité.
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- LA NATURE.
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- CHRONIQUE
- Énergie» des rayons Rœntgen et Beeqnerel, et rncrgie requise pour l'ionisation des gaz.
- — Le professeur J. J. Thomson a communiqué à la Société royale de Londres un Mémoire sur ces différentes questions, présenté par MM. Rutherford, Macdonald et Mac Cluny de l'Université de Montréal. Sans analyser ce travail nous allons en indiquer ici les points principaux. 11 s’agissait d’abord de déterminer l’énergie requise pour produire un ion gazeux quand les rayons X traversent un gaz, et de déduire du résultat le montant de l’énergie transmise au gaz par l’uranium, le thorium et les autres substances radio-actives, l'our déterminer cette « énergie ionique » il a fallu mesurer exactement l’effet calorifique des rayons X et l’absorption des rayons Rœntgen par le gaz qu’ils traversent. Un tube focus, automatique, était excité par une forte bobine d’induction associée à un interrupteur XVehnell d’une forme spéciale donnant 57 interruptions par seconde. Le tube donnait dés rayons très intenses d’un caractère très pénétrant. L’effet calorifique était mesuré par les variations de la résistance dans un bolomètrc de platine construit pour la circonstance. Des précautions spéciales avaient été prises pour écarler tous les effets calorifiques dus à d’autres causes que les rayons X. En opérant dans ces conditions, les auteurs ont trouvé que l’énergie totale des rayons émanant de la surface de l’anticathode de platine était 0,011 gramme-calorie par seconde. L’absorption des rayons X par l’air à la pression atmosphérique a été trouvée proportionnelle au nombre 0,000 279; autrement dit, les rayons traverseront 24"',7 d’air avant que l’intensité de la radiation ne soit diminuée de moitié. Cette absorption est proportionnelle à la pression entre un demi et trois atmosphères. L’énergie nécessaire pour produire un ion dans l’air à la pression atmosphérique a été trouvée égale à 1,90 x 10 ~ 10 ergs, c’est-à-dire 0,0019 kilogrammètre. Il est à remarquer que cette valeur est beaucoup plus grande que l’énergie nécessaire pour produire les ions d’oxygène et d’hydrogène dans la décomposition de l’eau. Dans la supposition que l’énergie absorbée par la production de l’ion est due au travail fait en séparant les ions contre leurs attractions électriques, on peut montrer que la distance moyenne entre les charges
- ,j cent.
- des ions dans la molécule est y QQp qqq Qq(j’ ce fIu^ re'
- présente seulement 1/50 du diamètre probable de l’atome. Ce résultat concorde avec les vues de J. J. Thomson.
- Blé et betterave. — La culture de la betterave exerce une influence considérable sur les rendements en blé, comme l’a fait remarquer M. Jules Bénard à la Société d’agriculture. En France, d’après la statistique de 1892, la production moyenne du froment est de 10,4 hectolitres par hectare; mais dix départements ont une moyenne supérieure à 20 hectolitres. Ce sont : la Seine, 20,8; le Nord, 22,5; l’Aisne, 25,9; Seine-et-Oise, 25,9; Oise, 22,8; Seine-et-Marne, 22,5; Eure-et-Loir, 21,5; Ardennes, 24,4; Somme, 21,2; Haut-Rhin, 20,5; I’as-de-Calais, 20,2. Or, ce sont là, sauf le Haut-Rhin et la Seine, les départements qui cultivent le plus de betteraves soit pour la sucrerie, soit pour la distillerie. Ce fait a été constaté depuis longtemps non seulement en France, mais en Allemagne, en Autriche, en Bohème, en Russie, Hollande, Belgique, Roumanie, etc. On a obtenu en Allemagne jusqu’à 40 hectolitres. M. Bénard
- explique ces grands rendements après betteraves par les fortes fumures, puis, pendant tout le cours de la végétation, par les binages répétés qui détruisent les plantes adventices, enfin par les labours profonds, qui, nécessités pour la culture des betteraves, ont une influence incontestablement avantageuse sur les plantes cultivées ensuite. Le sol arable est plus profond, plus ameubli, les racines du blé s’y développent mieux; elles résistent mieux au gel et au dégel, elles sont moins exposées à être déchaussées; elles n’ont point ou presque point à lutter contre les herbes nuisibles qui ont été détruites, et si la sécheresse arrive, elles peuvent y résister; c’est pourquoi on a dit que la betterave est le porte-progrès en agriculture.
- I,"acétylène en Allemagne. — Nous trouvons dans Nature des détails intéressants, empruntés à un rapport récent du consul anglais de Stuttgart, sur les progrès de l’industrie de l’acétylène en Allemagne. Le carbure de calcium était connu des chimistes comme un composé intéressant, mais tout à fait ignoré du public. Maintenant sa production est une des plus importantes industries chimiques. En Allemagne, il y a aujourd’hui plus de 200 000 becs d’acétylène, et il est impossible de prédire l’issue de la lutte entre cet éclairage et ses rivaux. Probablement l’éclairage au pétrole souffrira beaucoup; le gaz de houille sera remplacé, surtout dans les petites villes; mais l’électricité n’en sera point affectée d’une manière appréciable. Aucune autre, industrie n’a fait surgir un aussi grand nombre de brevets. Indépendamment de la fabrication intérieure, le capital allemand s’est employé à produire au dehors du carbure de calcium, spécialement en Norwège et en Suisse. Un des plus grands succès a été l’application à l’éclairage des wagons sur tous les chemins de fer allemands. En 1899-1900, la consommation du carbure de calcium en Allemagne est estimée à 17 000 tonnes ayant un pouvoir éclairant égal à celui que fourniraient 7 millions de gallons de pétrole. Trente-deux petites ville§ de 5000 âmes et au-dessus, sont éclairées à l’acétylène, etun plus grand nombre se préparent à l’installer. L’importance économique de cette industrie résulte de ce fait que l’Allemagne paye annuellement 5 millions sterlings aux Etats-Unis pour acheter du pétrole, tandis que l’acétylène est une industrie purement nationale, le carbure étant fabriqué dans le pays qui, en différentes régions, possède les matières premières nécessaires.
- Fours à chaux d’un nouveau type. — M. Grenier en signale l’existence dans le canton de Vaud : ils ont été montés par les soins de la Fabrique de chaux et ciments de Baulmes, pour cuire de la roche argilo-cal-caire, qui fournit de la chaux hydraulique lourde. Ce sont deux sortes de tours cylindriques juxtaposées, constituées par des anneaux de fonte boulonnés les uns aux autres et pourvus de nervures verticales très serrées; elles ont une hauteur d’une dizaine de mètres pour un diamètre de 2m,50. On charge le four par en haut avec le mélange convenable de roche et de combustible, et la chaux est recueillie par en bas. Les flammes sont directement en contact des parois métalliques, qui ne subissent jamais (grâce aux nervures) une température susceptible de les détériorer sérieusement. 11 est vrai que le refroidissement entraîne une consommation de combustible bien plus forte. En tout cas, un semblable four peut aisément se monter et se déplacer.
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- LA N AT LITE.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 51 décembre 1900.
- Nous reine.lions le compte rendu de cette séance à la semaine prochaine, en raison des congés du premier jour de l’An, l’Imprimerie générale ayant été fermée pendant les trois premiers jours de la semaine.
- L.V SCIENCE AU THEATRE
- LA TÈTE A l’EX YE11S
- L’Exposition universelle étant terminée on peut maintenant, sans occasionner le moindre préjudice aux « managers », c’est-à-dire aux directeurs d’exhibitions, dévoiler le secret de quelques-unes ; de celles, bien entendu, qui, par leur mystère, leurs trucs si l’on veut, ont le plus profondément intrigué les visiteurs.
- Parmi celles-ci se trouve incontestablement l’illusion de « la Tète à l’Envers ».
- Nous sommes au Manoir à « l’Envers », une des plus singulières exhibitions de la rue de Paris, étrange surtout par son aspect extérieur et dont les organisateurs, on doit le dire, n’ont pas su utiliser, au point de vue de leur programme, toutes les ressources que présente l’optique appliquée aux illusions scéniques.
- Les spectateurs, par petits groupes, sont admis dans un salon. Celui-ci est séparé en deux parties par une balustrade.
- Ils aperçoivent, de l’autre coté de cette balustrade, une table d’assez grandes dimensions, recouverte d’un tapis ne descendant pas jusqu'à terre et laissant, par conséquent, voir distinctement les quatre pieds.
- Sur cette table, à l’extrémité opposée au public, se trouve un coffret d’acajou de forme cubique et de dimensions approximatives de cinquante centimètres de coté environ.
- Le barnum prépare le public par un petit boniment. Il annonce que ce coffret renferme une tète décapitée, que cette tête est vivante et répondra aux questions qu’on voudra bien lui adresser, mais de plus ce qui fait l’intérêt et la nouveauté de son exhibition, c’est, dit-il, que cette tête est à l’envers, c’est-à dire que la section du cou résultant de la « décapitation » est attachée à la paroi supérieure de la boite.
- Ceci dit, il frappe quelques coups à l’aide d’une baguette sur le coffret et une voix un peu étouffée lui répond aussitôt.
- On croirait assister à une expérience de ventriloquie.
- Les spectateurs étant alors suffisamment intrigués le barnum, qui ménage ses effets, prend une petite clef, ouvre la serrure et abaisse lentement la partie antérieure. Du mystérieux coffret les regards peuvent alors pénétrer jusqu’au fond. On y voit une jolie tète de jeune fille, très parée, fardée de blanc et de rose, aux yeux agrandis par le bleu, la chevelure
- AK»
- garnie d’un ruban d’or et de diamants ayant au cou un large collier de perles Unes. L’ensemble est certainement d’un aspect agréable et rappelle un peu ces tètes de cire, ces « poupées » que l’on voit aux vitrines des boutiques de coiffeurs.
- Cette tête est fortement éclairée par deux lampes électriques à incandescence placées de chaque coté. Elle est isolée et, ce qui est plus surprenant, à « l’Envers », le sommet de la tète est en bas et la section du cou vers le coté supérieur du colfert.
- La tète est cependant bien vivante, ses yeux regardent les spectateurs et vont de l’un à l’autre, sa bouche sourit. Elle répond au barnum quand il lui demande: quelle est la couleur de la robe de Madame’? ou quel objet Monsieur tient-il à la main’?
- Le spectacle est évidemment très intéressant et répond à l’illusion promise.
- Par quel procédé celle-ci est-elle obtenue?
- Nous avons donné autrefois dans ce journal1 le secret de quelques illusions du même genre: la Femme à trois Tètes; la Tète isolée; le Huste changeant.
- Si Ton veut bien s’y reporter, on verra de suite t[ue l’illusion de la Tète à l’Envers fait partie de la même série, mais ce qui fait son mérite particulier c’est la simplicité du moyen employé pour l’obtenir, les faibles dimensions de l’appareil, les conditions scéniques dans lesquelles il est présenté et enfin son appropriation à l’établissement qui l’abrite, c’est-à-dire au Manoir à l’Envers. * ‘ "
- Le coffret placé sur la table est cubique, avons-nous dit. Il renferme une glace en biais qui le partage en deux parties égales ; elle se trouve inclinée par conséquent à 45°. Or c’est dans cette glace que vient se refléter une tète de jeune fille et ce n’est ([uc ce reflet qui est aperçu par le spectateur; mais cela suffit pour donner à celui-ci l’illusion delà réalité, c’est-à-dire de la vue directe d’une tète vivante.
- Où se trouve cette jeune fille?
- Simplement dans le coffre, on pourrait dire dans le tiroir de la grande table qui supporte le coffret. Elle est étendue horizontalement. C’est la raison de la longueur de cette table, et de la place occupée par le coffret à Tune de ses extrémités, à l’opposé de celle où se trouvent les spectateurs.
- Sous le coffret il y a une ouverture par laquelle passe l’image de la tête, image qui est renvoyée aux spectateurs par la glace.
- Les deux lampes à incandescence sont également vues par réflexion. Elles se trouvent dans le coffre de la table près la tête qu’elles servent à éclairer fortement. D’autre part la présence de ces deux lampes produit chez le spectateur une sorte d’éblouissement qui l’empêche de découvrir la glace ou de distinguer la place qu’elle occupe.
- La jeune fille est étendue horizontalement, avons-nous dit, elle a le corps entièrement recouvert d’une
- 1 Yoy. il08 485, 495, 504 et les Tables des matières.
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- LA NA TL HL.
- étoffe noir mat ne donnant aucun reflet. Elle se au contraire, est fortement éclairée et le maquillage trouve du reste dans une obscurité relative. Sa figure, de blanc et de rose sur lequel nous avons insisté a
- pour objet de donner une réflexion très intense, très sion de la vue directe. Naturellement cette jeune fille nette et contribue, par conséquent, à produire l’illu- voit les spectateurs par réllexion dans la glace qui
- Fig. 2. — Le secret Je l'illusion.
- est en face d’elle, comme ceux-ci l’aperçoivent elle-même dans Cette glace, c’est pour cela qu’elle peut répondre aux questions dans le genre de celles que son montreur lui adresse. Tel est le secret de la « Tète à l’Envers » qui parmi les exhibitions mysté-
- rieuses de l’Exposition était certainement l’une des plus intéressantes. Guy. Kerlaxdf.
- Le Gérant : P. Massoï.
- Caris. — Imprimerie Laiwre, rue de Fleuras, 9.
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- 2 JANVIER liMll.
- LES B AfE AUX-AMBUL ANGES ET LES NAYÏRES-HOPITÂUX
- Quand on suivait les rives de la Seine et qu’on avait passé au pied des charmants palais des nations étrangères, à l'Exposition, on se trouvait devant le palais des Armées de terre et de mer, et l’on apercevait, à côté d'un bateau morutier de Terre-Neuve, peu à sa place, un petit vapeur battant le pavillon de la Croix-Rouge, et ressemblant d’ailleurs considérablement aux bateaux-mouches qui circulent sur la Seine. C’était bien en effet un des bateaux qui nous transportent ordinairement sur le fleuve à travers la grande ville, et que la Compagnie avait prêté à l’Association appelée Union des Femmes de France,
- ou encore Croix-Rouge française, association que tous nos lectem’S connaissent de nom, dont ils savent le but, qui est de secourir et de soigner les blessés militaires, et qui comprend actuellement plus de oflOOO membres et 150 comités.
- Si l'on avait ainsi aménagé ce bateau-mouche pour y monter des lits, des appareils divers du matériel de la Société en question, ce n’est point parce que la place manquait ailleurs, mais parce que les ambulances fluviales font maintenant régulièrement partie du matériel d’évacuation des blessés en temps de guerre : en effet, ce sont les sociétés d’assistance
- Le poste des blessés à bord du Sotuce.
- comme l’Union des Femmes de France qui ont charge, d’après une entente avec le Ministère de la guerre, de transporter les malades et blessés aux hôpitaux auxiliaires où ils seront soignés. On a donc résolu d’utiliser pour ce service, non seulement les péniches, mais encore les bateaux à voyageurs. Ua « mouche » qui était le long des quais de l’Exposition, et qui peut prendre à son bord 40 hommes dont 20 alités, est précisément un exemple exact de l’aménagement qui serait pratiqué en cas de besoin.
- C’est là une nouveauté dont la visite permettait de se rendre compte au mieux de la variété des appareils que possède la Croix-Rouge française. A la vérité, quand nous avons franchi la passerelle et <pie nous nous trouvons sur le pont, nous apercevons “2!)'' aimée. — l01 semestre.
- que Ton n'a pas tout à fait respecté la vraisemblance, en ce sens que l’on a installé sur ce pont des choses qui ne sont que des objets d’exposition, par exemple un petit modèle de couchette avec suspension centrale à la cardan, puis des types de lingerie, les vêtements que portent les blessés conliés aux soins de la Société, etc. Il faut espérer que, parmi les blessés que le bateau prendra à son bord, quelques-uns au moins seront en état d’avoir faim, et voici le modèle grandeur nature d’un soldat attablé devant un repas de malade, pain, œufs, fromage et orange, le tout sur une table qui aura sa place indiquée sur le pont, dans un coin où elfe ne peut gêner le passage. Sur les banquettes sont disposées les pharmacies de campagne, puis, au-dessus de la machine, c’est l’installation alimentaire, la cuisine du bord,
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- avec une série de dispositifs fort ingénieux sur lesquels nous ne pouvons malheureusement donner de détails. A l’avant, on a dû monter des couchettes pour recevoir les invalides qui ne peuvent se tenir dans le salon des non-alités, situé à l’arrière, et où l'on trouve notamment une petite bibliothèque pour distraire les pauvres blessés en état de lire. Les couchettes sont naturellement formées de brancards afin qu’on n'ait pas besoin de remuer les blessés; ces brancards sont suspendus à des anneaux où {tassent les extrémités de leurs montants, et, pour qu’ils 11e puissent heurter leur précieux fardeau contre la balustrade, ils appuient sur celle-ci par des ressorts à boudin et sont maintenus à peu près immobiles par des courroies. Nous trouvons aussi, pour les blessés capables de supporter un déplacement, des lits en fer, attachés également au pont pour qu’ils ne puissent pas glisser, mais munis d’un sommier métallique qui donne plus de confort. Comme la place a toujours besoin d’être économisée, on prévoit des cadres en bois avec lesquels on peut former un étage supérieur, en les suspendant à des crochets qui sont fixés sur des montants verticaux fichés dans le pont. Quand on n’a pas le temps ou la possibilité de recourir à ces montants, on suspend les cadres, les couchettes, à des chevalets et, pour les empêcher de balancer de façon exagérée sous l’influence des oscillations du bateau, on les immobilise au moyen de sangles.
- Tout ce matériel est extrêmement bien étudié et on n’a pas dù évidemment arriver du premier coup à lui donner sa forme définitive; il est d’ailleurs combiné de telle sorte qu’il peut s’installer partout, aussi bien dans une péniche, dans le vulgaire chaland de nos fleuves, que dans un wagon de chemin de fer ou un bâtiment quelconque.
- Si nous descendons dans le salon de l’avant, réservé à des malades alités (au contraire de celui de l'arrière), nous retrouvons les types divers de lits et de couchettes que nous avons aperçus sur le pont : tout est disposé pour tirer au mieux parti de la place disponible, et la partie antérieure du salon, qui était trop étroite pour qu’on y put installer des lits, a été consacrée à la petite pharmacie de l’ambulance flottante, qui comprend toute une série d’ustensiles marqués de la croix rouge caractéristique limitée par deux bandes bleues.
- Ces petits bateaux-ambulances seront certainement en état de rendre des services signalés. Nous n’avons pas parlé de l’utilisation des autres bateaux de navigation intérieure, ou du moins n’en avons dit qu’un mot. Le fait est que ces couchettes diverses, et en particulier celles qui sont suspendues à des chevalets, s’installeront au mieux sur les larges planchers qui forment le fond des chalands de nos fleuves; là, les malades et surtout les blessés ne seront point exposés à ces cahotements si pénibles pour eux dans les wagons de chemins de fer. l)c plus le voisinage de l’eau courante, ne pourra que leur faire du bien et assainir ces ambulances improvisées. Mais
- des navires du même genre, de proportions naturellement supérieures, seraient bien autrement nécessaires dans les guerres maritimes : c’est que dans les combats sur mer il est de la plus grande urgence d’offrir aux blessés un abri meilleur et plus salubre que les entreponts où ils étaient jusqu’à présent entassés les uns sur les autres et où toutes les contagions pouvaient se développer à l’envi. Pourtant, jusqu’à présent, les navires-hôpitaux faisaient défaut, et cela par une bizarrerie de ces conventions qu’on nomme le droit des gens, et qui ont pour but (le mettre quelques limites à la sauvagerie qui fait le fond de la guerre : avant la récente conférence de La Haye (qui n’a pas eu malheureusement pour résultat de supprimer le fléau de la guerre), on n’étendait pas aux guerres maritimes les bienfaits de la Convention de Genève, qui neutralise les ambulances et hôpitaux. C’était une monstruosité et un non-sens, comme on n’en trouve que trop dans les questions militaires. Aujourd’hui la neutralisation des bateaux-hôpitaux est un fait accompli, grâce à la Conférence de La Haye.
- Immédiatement les associations de secours aux blessés et les gouvernements se sont préoccupés de créer des ambulances maritimes ; l’Union des Femmes de France, notamment, a mis à l’étude l’installation de deux de ces ambulances qui, en temps de guerre, seront empruntées à la flotte des Chargeurs-lléunis d’une part, et à celle des Transports maritimes de l'autre. Les études préparatoires ne sont pas tout à fait terminées, et comme la question est à l’ordre du jour, nous demanderons la permission de signaler deux navires-hôpitaux et ambulances que les Américains ont équipé, l’un dès le commencement de la campagne contre l’Espagne, et l’autre depuis, sans attendre même la reconnaissance de la neutralisation par la Conférence de La Haye.
- Le premier est le Solace, le second est le Relief, le bien nommé; tous les deux appartiennent au département de la Marine, et leurs aménagements sont définitifs, et non point temporaires comme ceux que peuvent créer les sociétés de secours aux blessés. Ces aménagements sont des plus remarquables, bien qu’il s’agisse de bateaux que l’on a achetés tout construits et qui n’étaient nullement destinés à cet usage ; mais on a pu en tirer un excellent parti.
- Nous prendrons le Solace comme type. C’est un magnifique navire de 114 mètres de long et de 5800 tonneaux de déplacement qui peut, en cas de besoin, donner une vitesse de 16 à 17 nœuds, grâce à sa belle machine motrice à triple expansion, llien entendu, la lumière électrique y est répandue à profusion et des appareils assurent une excellente ventilation artificielle.
- Sur le pont principal, et après le poste de l’équipage qui se trouve à l’extrémité avant, voici deux vastes postes qui peuvent recevoir une centaine de malades ou. blessés, et qui sont desservis par un ascenseur permettant de transporter aisément les blessés jusqu’à la salle d’opérations située exactement
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- au-dessus. Nous longeons rapidement le pont, où nous rencontrons successivement la lingerie, les compartiments de conserves par congélation, puis des cabines pour les officiers convalescents, la pharmacie, les logements des officiers inferieurs du navire, des cabines pour infirmiers, l’usine à glace, etc., et nous arrivons à une autre salle qui peut recevoir une cinquantaine de blessés. Cette dernière a un escalier qui communique directement avec un rouf supérieur contenant des cabines pour les convalescents et des salles de repos.
- Nous avons parlé tout à l’heure de la salle d’opérations : non seulement le blessé y est amené sans secousses sur un lit roula'nt et au moyen de l’ascenseur, mais encore tout y est aménagé au mieux pour la commodité des opérations et l’antisepsie des instruments. Le plancher est revêtu de caoutchouc, les parois et les murailles sont émaillées en blanc, des appareils de stérilisation pour les instruments y sont disposés dans les meilleures conditions^ De même que dans les salles d’en dessous, l’eau chaude et l’eau froide sont fournies à profusion, un dispensaire est à côté de la salle d’opérations, et des téléphones mettent en communication les diverses parties du navire avec les postes des gardes-malades et infirmiers. Le reste du pont est occupé par les cabines des médecins et aussi par celles des officiers blessés ou malades, et enfin par les cabines de convalescents dont nous avons parlé tout à l’heure. Sur le pont-promenade, où sont logés les officiers supérieurs du navire, on a prévu, à l’arrière, une sorte de poste d’isolement formé, en cas de besoin, de parois de toiles abritant une grande tente.
- Le navire possède deux embarcations à vapeur avec des plates-formes spéciales pour l’installation des blessés, et aussi un appareil qui permet de les hisser à bord sans qu’ils quittent leur brancard. •
- Le Relief, quoique de dimensions un peu plus » faibles, peut prendre 500 malades ou blessés à son bord et, du reste, les dispositions intérieures en sont tout à fait analogues à celles que nous venons de décrire.
- Comme de juste, ces deux navires-hôpitaux ne sont pas destinés à garder longtemps les blessés à leur bord, ils ont surtout pour mission de les transporter jusque dans un port, afin qu’on puisse les évacuer sur un hôpitaf "ordinaire ; mais ils rendent pour cela les services les plus précieux, comme on a pu malheureusement le constater durant la campagne hispano-américaine et comme on le constate encore pour l’évacuation des soldats blessés aux Philippines. Daniel Bellet.
- LES ALPES FRANÇAISES
- Eu parcourant mes notes de voyage* j’en détache une page qui, peut-être, intéressera les lecteurs de ce journal en leur faisant connaître un passage des Alpes Maritimes magnifique et étrange à la fois. Car elle
- est belle, notre France ! bien méconnue, par exemple, par nous ! Mais les enfants ne sont-ils pas toujours un peu ingrats !
- De Briançon au littoral, le trajet par montagne est absolument remarquable ; la nature y est restée telle que le Créateur l’a faite : gracieuse et charmante parfois ou majestueuse et sauvage ; les populations que l’on rencontre, non encore gâtées par les nombreux touristes qui n’y trouveraient pas le bruit mondain et le confort désirables, sont, elles aussi, restées ce qu’elles étaient, honnêtes et laborieuses.
- Montant un col, le redescendant pour remonter encore, presque toujours à pied ou dans de petites voitures de pays, très légères et... pas très suspendues, nous arrivons à Beuil (1454m), village alpin qui, ainsi que beaucoup de choses, demande, pour conserver son prestige, à être vu d’un peu loin ; il est pittoresquement juché sur un promontoire rocheux ; qu’il faille le traverser, il paraît alors étroit et médiocrement entretenu. Mais il est si vite parcouru, ce petit pays, et la montagne si tôt regagnée, qu’on ne s’aperçoit guère de ce léger inconvénient. D’ailleurs c’est dimanche; le village est très animé par le régiment de chasseurs alpins qui y passe la journée. Nos chers et glorieux défenseurs des Alpes apportent, durant les quelques mois d’été, la vie et l’animation à ces villages élevés, et c’est près d’eux que les voyageurs, perdus au milieu de ces régions peu fréquentées, peuvent trouver les renseignements nécessaires pour la route. L’obligeance de nos officiers ne se lasse jamais. A Beuil, particulièrement, ces messieurs, avec l’urbanité qui les caractérise, se sont mis à notre disposition d’une façon qui nous est restée en excellent souvenir.
- La petite route des voitures descend rapidement et atteint en peu de temps les gorges de Clans. C’est ici que commence le défilé merveilleux.
- Peu à peu l’on s’engage dans une sorte de crevasse si profonde qu’à peine on aperçoit le ciel. La route étroite, accrochée, creusée dans la muraille, tourne avec elle ; parfois même un court tunnel a été nécessaire. Subitement la roche prend une teinte d’ocre rouge sur laquelle une étrange végétation se détache : Est-ce de l’herhe ? Sont-ee des lichens blanchâtres ? Est-ce ce rouge corridor qui donne cette teinte étrange? Tout près, nous reconnaissons pourtant de belles saxifrages aux longues grappes blanches et des lilium accrochés sur ces murs à pic. Mais le botaniste est vaincu ; les plantes les plus rares le laissent froid ; tout cela est si impressionnant !
- Le Cians, lui-même, tout petit ruisseau facile à franchir d’un bond, diffère de ce que l’on connaît.
- Son eau limpide, en coulant silencieuse et paisible, emprunte à des herbes transparentes comme des fils d’émeraude, une teinte bizarre.
- Des gorges étroites s’ouvrent de chaque côté, semblables à celles que nous descendons, étendant à l’infini ce paysage unique aux tons invraisemblables. Le massif entier doit du reste offrir la même parti-
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- cularité. (Les gorges de Daluis sont, paraît-il, aussi très remarquables. )
- Nulle féerie n’approche de cela ; l’air lui-mème a une transparence plus légère et sur tout ce tableau Hotte une demi-ombre mystérieuse très douce. C’est un paysage de rêve où l'on avance sans se rendre compte au juste et où se perd la notion du réel. Une touffe de sureau se penche sur le ruisseau ; c’est bien l'arbuste que l’on connaît, son feuillage et ses Heurs blanches ; mais il est baigné d’une si étrange lumière que la plante paraît diaphane.
- À droite enfin, une crevasse déchire les roches, donnant passage à un torrent impétueux qui, brutal, se précipite dans notre joli ruisseau, et le voilà terni par le contact de ces eaux noires.
- Il semble alors que quelque chose se brise. La route, pourtant, est toujours enserrée étroitement dans les roches rouges, mais le charme est rompu en meme temps que le silence*: le Cians bondit tumultueux, en bruyantes cascades, et c’en est fait de cette impression de calme presque mystique. L’horizon s’élargit, une vaste vallée se dessine ; mais d’autres gorges (les inférieures) nous restent à parcourir et, après la plaine du moulin Rigault, nous y pénétrons.
- Elles aussi ont un cachet de grandeur et de majesté. De gigantesques murailles grises s'élèvent à pic ; des crevasses, le déchirement des rochers, donnent à ce paysage une apparence tourmentée : e’est un peu le vestibule de l’enfer. Pourtant la nuit, qui se fait vite dans ce sombre couloir, prête à tout un charme nouveau en estompant doucement les contours.
- Des grottes, creusées dans le liane aride, sont toutes tapissées du léger feuillage des adiantum
- parmi lesquels scintillent de petites lumières ; un instant ce pâle reflet, dans ce milieu sauvage, impressionne légèrement. L’explication en est simple pourtant : ces minuscules ampoules ne sont autres ({ue des lucioles, légers insectes, vers luisants « aériens » qui, par les chaudes nuits d'été, éclairent ces régions de leur vol rapide.
- La descente continue au trot modéré de notre
- mulet; et, bercé par les mille bruits de la montagne, l’esprit s’égare dans une admiration sans bornes pour l’harmonie divine qu’offre la nature, où rien ne choque, parce que l’homme, avec sa terrible manie de l’orner, ne l'a pas profanée.
- Très certainement le coup de sifflet strident, qui nous sort brusquement de notre douce émotion, n’a pas la majesté du Cians roulant avec rage dans les gorges inférieures, et l’éclairage brillant de l’hôtel, qui nous aveugle, ne vaut pas les lucioles qui se croisent comme de mignons éclairs.
- Nous arrivons, à la nuit fermée, à Touët de Beuil d’où le chemin de fer nous mène à Nice en deux heures.
- J’arrête là mon récit. Que le lecteur me pardonne cette description imparfaite qui ne rend que bien faiblement l’impression ressentie en traversant ce magique défilé. Peut-être un jour visitera-t-il les gorges de Cians, et alors, je l’espère, il excusera mon trop grand enthousiasme parce que, lui aussi, vivra quelques heures ce rêve de poésie qui console un peu de tout le matérialisme qui nous entoure aujourd'hui, qui oppresse et étouffe insensiblement cette jolie fée, cette douce poésie que l’on est sûr de retrouver, dans son idéale grandeur, en parcourant la Montagne. J. Daicrfx.
- Plissage dons les Aljics françaises.
- ( D’après un dessin de Mlle A. Daigret. )
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- MACHINE A DÉMOLIR LES Y01ES FERRÉES
- A la vérité l’appareil en question n’est destiné qu'à démolir, on peut dire à briser, les voies de tramways ; mais la chose est déjà assez bizarre en elle-même pour quiconque n’est pas au courant des façons de faire américaines.
- D’une manière générale, l’Américain et en particulier l’ingénieur américain n’aiment pas les raccommodages.
- Quand ils se trouvent en présence d’une machine, d’un appareil, d’un outil qui commence de s’user, il ne leur viendra guère à la pensée de le faire réparer et de renouveler plus ou moins, au bout d’un certain temps, la fameuse histoire du « couteau de Jeannot » auquel on avait remis successivement une lame, puis un manche.
- Ils estiment qu’un raccommodage quelconque, tout en coûtant cher, ne donne jamais qu’un outil fort imparfait qui a perdu une grande partie de ce qu’on peut appeler sa puissance de travail.
- 11 vaut beaucoup mieux, d’après eux, et il est bien probable qu’ils ont raison, quand on veut demander à l’appareil, à la machine, une grande productivité , renouveler complètement l’outillage en réformant l’ancien qu’on mettra à la ferraille. De la sorte on a sans doute à faire une dépense beaucoup plus considérable, mais les profits qu’on retire de l’appareil neuf permettent d’amortir rapidement le capital nouveau engagé.
- C’est en somme ce qu’on fait pour les locomo-
- tives de chemins de fer, qu’on met à la réforme dès qu’elles commencent à s’user, ou simplement
- même dès qu’elles ne sont plus à la hauteur des progrès accomplis, par exemple dans la consommation de vapeur ou de combustible. C’est juste l’inverse de ce qui se passe en France, où nos compagnies de chemins de fer ont encore en service, au moins dans leurs gares, de vieux coucous datant de cinquante ans, qui ont dû subir d’innombrables raccommodages et qui sont des ogres de charbon.
- La compagnie des tramways de Saint-Louis, aux États-Unis, qui modifie actuellement tout son réseau, remplaçant des funiculaires par des lignes électriques et élargissant la voie pour un matériel modifié, suit naturellement les errements américains ; et, au lieu de faire soigneusement démonter les voies primitives, avec une lenteur qui coûte bien des journées d’ouvriers, elle a recours à la machine dont nous donnons deux vues au travail, et qui se nomme un briseur de rails « Bailbrea-ker ». Imaginée par M. G. W. Barmichoif et par M. Otto Schmidt, l’un administrateur général, l’autre ingénieur en chef des services mécaniques de la compagnie, elle accomplit rapidement son travail en brisant les rails en morceaux de bonne longueur pour être envoyés à la ferraille.
- L'examen des figures accompagnant ces lignes
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- va J',tire rapidement comprendre le fonctionnement de l'appareil. Celui-ci se compose d’abord d'une plate-forme montée sur deux trucks et mue par un moteur électrique de 15 chevaux, qui emprunte son courant à la ligne aérienne existante. Tout à fait à l’avant de la plate-forme sont disposées deux sortes de poutres verticales, à l’extrémité desquelles se trouve une poulie ; ces deux grosses poutres sont munies inférieurement d’un fort sabot d’acier <pii vient presque au contact du patin supérieur des rails de la voie à démolir. Sur chaque poulie passe une grosse chaîne portant à son extrémité libre une pince puissante qui servira à saisir le rail, tandis que son autre bout va s’enrouler sur un treuil installé à l’intérieur du wagon, sur la plateforme, et qu’un embrayage convenable permet de commander électriquement. Quand on veut donc démolir une portion de voie, on amène le wagon en un point tel que les sabots des deux poutres verticales reposent exactement là où l’on veut que les rails se rompent; on met ensuite les pinces en prise, et si l’on fait tourner le treuil, les chaînes s’enroulent, et les rails se cassent bientôt à l’endroit voulu. 11 suffit que les chaînes soient résistantes et tout marche à souhait.
- L’opération peut se faire rapidement ; elle demande peu de personnel, et les rails ainsi cassés de bonne longueur sont d'une manipulation facile, et se vendent un meilleur prix aux marchands de ferraille ; la puissance d’une telle machine est si considérable qu’il n’y a pas besoin de séparer les rails de leurs traverses ni d’enlever le pavage, ce qui simplifie encore l’opération. D. Lebois.
- POIDS ATOMIQUES DES CORPS SIMPLES
- Les poids atomiques des corps simples ont des valeurs numériques souvent très différentes suivant les sources auxquelles on puise. Parmi ces valeurs, nous avons cru devoir nous arrêter à celles fournies, l’année dernière, par la Société allemande de chimie, à la suite du rapport d’une commission prise dans son sein et qui élait composée de MM. Landolt, Ostwald et Seubert.
- Ces poids sont établis en partant de la valeur 16 pour l’oxygène. En voici l’énumération par ordre alphabétique. Aluminium, Al, 27,1. — Antimoine, Sb, 120, — Argent, Ag, 107,95. — Argon, A, AO. — Arsenic, As, 75. — Azote, Az, 14,01. — Baryum, Ba, 157,4. — Bismuth, Bi, 208,5. — Bore, B, II. — Brome, Br, 79,96. — Cadmium, Cd, 112. — Cæsium, Cs, 155. — Calcium, Ca, 40. — Carbone, C, 12. — Cérium, Ce, 140. — Chlore, Cl, 55,45. — Chrome, Cr, 52,1. — Cobalt, Co, 59. — Columbium, Ch, 94. — Cuivre, Cu, 65,6. — Erbium, Er, 116. — Étain, Sn, 118,5. — Fer, Fe, 56.
- — Fluor, Fl, 19. — Gallium, Ga, 70. — Germanium, Ge, 72. — Glucinium, Gl, 9,1. — Hélium, lie, 4. — Hydrogène, II, 1,01. — Indium, In, 114. — Iode, I, 120,85. — Iridium, Ir, 195. — Lanthane, La, 158. — Lithium, Li, 7,05. — Magnésium, Mg, 24,56. — Manganèse, Mn, 55. — Mercure, Hg, 200,5. — Molybdène, Mo, 96. — Néodidyme, Ne, 144. — Nickel, Ni, 58,7. — Or, Au, 197,2. — Osmium, Os, 191. — Oxygène, O, 16.
- — Palladium, Pd, 106. — Phosphore, Ph, 51. — Pla-
- tine, Pt, 194,8. — Plomb, Ph, 206,9. — Potassium, K, 59.15. — Praséodidyme, Pr, 140. — Bhodium, Rli, 105.
- — Rubidium, Rb, 85,4. — Ruthénium, Bu, 101,7. — Samarium, Sa, 150. — Scandium, Sc. 44,1. — Sélénium, Se, 79,1. — Silicium, Si, 28,4. — Sodium, Na, 25,05.
- — Soufre, S, 52,06. — Strontium, Sr, 87,6. — Tantale, Ta7 185. — Tellure, Te, 127. — Thallium. Tl, 204,1. — Thorium, Th, 252. — Titane, Ti, 48,1. — Tungstène, NV, 184. — Uranium, U, 259,5. — Vanadium, V, 51,2.
- — Ytterbium, Yb, 175. — Yttrium, V, 89. — Zinc, Zn, 65,4. — Zirconium, Zr, 90,6.
- On peut classer les divers corps simples, en tenant compte de leurs propriétés ebimiques, ainsi que de leurs correspondances de la fa:;on suivante :
- Li Gl B C
- Az O Fl Na Mg Al Si
- Ph S Cl K Ca Sc Ti
- As Se Br B b Sr Y Zr
- Sh Te lo Cs Ba La Ce
- Er Y b »
- Bi )) Th
- V Cr Mn
- » Mo »
- Pr Nd Sa
- Ta \Y »
- )) U ))
- Fe Co Ni Cu Zn Ga Ge
- Ru Rh Pd A g Cd In Sn
- Os Ir Pt Au Hg Tl Pb
- Bans cette classitication , les corps, appartenant à une
- meme colonne verticale, constituent des familles dis-
- tinctes; de telle sorte que nous avons les sept familles de
- l’azote, de l’oxvgènc, du fluor, i du lithium, du glucinium,
- du bore ! et du carbone. D’ un autre côté, les barres hori-
- zontales établissent des groupes distincts au nombre de cinq. Chaque famille est composée de quatre groupes, mais alors que les trois premières ne présentent des corps que pour les 2e, 5e, 4e et 5e groupes, les quatre dernières en ont dans les Ie1, 2e, 5e et 5e.
- Il est à remarquer que si l’on calcule pour chaque, famille les différences des poids atomiques des corps chefs de groupe, on trouve, en moyenne, pour les (rois premières familles, les différences 16, 20 et 5, et pour les quatre dernières : 16, 16 et 25.
- C’est ainsi que pour la deuxième famille, par exemple, on a : de l’Oxygène au Soufre, 16,06; du Soufre au Chrome, 20,04; et du Chrome au Cobalt, 4,8. Et, pour la quatrième famille, par exemple, on trouve : du Lithium au Sodium, 10,02; du Sodium au Potassium, 16,10 et du Potassium au Cuivre, 24,45.
- En ce qui concerne les corps d’une même famille, mais seulement d’un même groupe, on remarque que le poids atomique de chacun d’eux diffère de celui du précédent toujours d’environ 45 unités. Il y a exception, toutefois, pour les derniers corps du dernier groupe qui excèdent de 90 ceux qui les précèdent. On a, par exemple, pour le deuxième groupe de la première famille : Arsenic = Phosphore -f- 44; Antimoine = Arsenic + 45; Erbium = Antimoine + 46 ; Bismuth = Erbium -f 42,5. Et le quatrième groupe de la même famille fournit: Ruthénium = Fer -|- 45,7 ; Osmium = Ruthénium + 89,5.
- Telles sont les relations, très voisines de la réalité, auxquelles obéissent les poids atomiques des corps simples dans leur succession naturelle. Deiuiviiv.
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- LA NAVIGATION AÉRIENNE EN 1900
- L'année 1900 aura été marquée par un renouveau très sensible, un véritable réveil d’activité dans les branches de la science relatives à la locomotion aérienne, demeurée stationnaire depuis les remarquables expériences du regretté Gaston Tissandier, et de son frère Albert, et des capitaines Renard et Krebs, en 1885, c’est-à-dire depuis dix-sept ans.
- A l’étranger, de môme qu’en France, des chercheurs obstinés ont repris l’étude si passionnante et en même temps si décevante de ce problème si complexe qu’est la conquête de l’air. Citons notamment, parmi les inventeurs qui ont réalisé quelque machine : M. le comte Zeppelin à Constance, lel)rl)a-nilewski en Russie, et le chevalier Carcîli en Italie. Dans notre pays, rappelons seulement les noms de M. de Santos-Rumont, de M. Roze et de M. Rousson, ce dernier, aviateur quelque peu éclectique.
- Afin de résumer l’état de la question et montrer exactement les progrès obtenus en cet ordre d’idées, au seuil du siècle qui s’ouvre nous ferons ici la critique impartiale de ces divers appareils d’autolocomotion aérienne.
- Ballon dirigeable du comte Zeppelin. — La description de ce géant des airs, qui laisse bien loin derrière lui les plus énormes aéronats, tels que celui construit en entier en aluminium par Schwarz en Allemagne il y a trois ans, a été donnée par tous les journaux. Rappelons succinctement qu’il est formé d’une immense enveloppe constituée par une sorte de treillage en fils d'aluminium et d’acier, affectant la forme classique d’un cigare, et contenant dix-sept ballonnets juxtaposés présentant une capacité totale de 11 000 mètres cubes. La longueur totale atteint 170 mètres.
- Au-dessous de cet immense flotteur court une poutre métallique, à chaque extrémité de laquelle se trouve suspendue une nacelle contenant un moteur à benzine type Daimler développant 15 chevaux et actionnant, à l’aide de courroies, une hélice en aluminium de lm,55 de diamètre. Un poids de 25 kilogrammes, glissant sur un câble suspendu aux deux bouts de la poutre, permet de maintenir le ballon porteur dans une position horizontale ou oblique à volonté. Un téléphone relie les deux nacelles afin de donner toute facilité, aux aéronautes les occupant, de combiner les manœuvres à exécuter.
- Plusieurs essais ont été réalisés au-dessus du lac de Constance. Un hangar de grandes dimensions monté sur un ponton avait été édifié pour contenir cette gigantesque machine. Après divers mécomptes, trop longs à raconter par le détail, le remplissage des dix-sept compartiments a pu être mené à bonne fin, mais il est assez difficile de se former une opinion en se rapportant aux dires des spectateurs des expériences. D’après les uns, dans sa sortie du 17 octobre dernier, le ballon aurait parcouru 11 kilomètres en s’éloignant du lac, puis aurait viré de bord pour planer au-dessus de son hangar, descendre prendre
- la remorque et rentrer à son remisage. D’après d'autres témoins, l'ascension s’est effectuée dans un moment de calme plat de l’atmosphère constaté par la chute sur place d’un ballon-pilote, et c’est à la suite d’un accident de machine et d’une avarie à l’un des dix-sept ballonnets, que l’appareil s’est mis à descendre brusquement sans pouvoir regagner son hangar par ses propres moyens.
- Il semble bien évident, en tout cas, que la conception du comte Zeppelin pèche par plus d’un coté, et qu’il eût pu faire beaucoup mieux, vu les sommes englouties dans cette construction. En admettant que les dix-sept ballonnets soient bien étanches, le problème de( la stabilité verticale n’en demeure pas moins dans son entier si celui de la stabilité longitudinale paraît résolu. La force motrice est certainement insuffisante pour cette masse de 170 mètres de longueur, sur laquelle les vents latéraux doivent agir avec une irrésistible puissance, aussi peut-on penser que, malgré ses proportions inusitées, cette machine aérienne n’a donné, en réalité, aucun résultat probant.
- Ballon de M. de Santos-Dumont. — M. de Santos-Dumont avait convoqué, en septembre dernier, les membres du Congrès aéronautique à assister aux essais de son dirigeable n° 4, à l’aide duquel ce hardi sportsman espérait réaliser les conditions imposées dans le concours institué par Y Aulomobile-Club de France, c’est-à-dire faire le trajet du parc d’aérostation de Y Aéro-Club à la Tour Eiffel et retour. Cette distance est d’environ 11 kilomètres à vol d'oiseau qu’il s'agit de franchir en moins d’une demi-heure, soit, à l’allure de 22 kilomètres à l’heure, une vitesse de 6 mètres à la seconde en moyenne (vitesse atteinte par le dirigeable la France en 1885 et 1885).
- Le ballon de M. de Santos-Dumont, contrairement à celui du comte Zeppelin, est minuscule : il est fusiforme et renferme à peine 500 mètres de gaz hydrogène pur. Il ne comporte ni filet ni housse de suspension ; un réseau de fines cordelettes part de deux rubans solidement cousus à la partie inférieure du ballon et soutient une longue perche en bambou, vers le milieu de laquelle se trouve implantés le moteur avec ses accessoires et une simple selle pour l’aéronaute. Le propulseur, une hélice à deux pales de grande surface, tourne en avant de la perche, à laquelle elle se trouve réunie par des paliers très ingénieusement disposés pour porter l’arbre de couche.
- M. de Santos-Dumont s’est efforcé, il faut le reconnaître, de donner le plus de rigidité possible à l’ensemble de son appareil, en disposant des tendeurs en fils d’acier et en maintenant son ballon sous pression. Mais le point faible résidait dans le gouvernail, vaste surface de toile fixée à l’arrière et qui ne put être convenablement maintenue malgré tous les efforts tentés.
- Le moteur, type Buchet à deux cylindres refroidis par des ailettes, pouvait développer 6 à 7 chevaux.
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- M. de Santos-Dumont,, l'ayant reconnu insuffisant, I 92 kilogrammes, soit 5k&,500 par cheval. Mais la force dut le remplacer par un autre modèle donnant 16 ehe- ascensionnelle du ballon n’étant plus assez grande, il vaux sous le poids réellement très remarquable de I fallut ensuite agrandir le ballon. Pendant ces tâton-
- Fig. 1. — Ballon dirigeable de M. le comte Zeppelin.
- nements, le délai du concours de l’À. G. F. expira, et ce n’est que pendant l’année actuelle que nous reverrons M. de Santos-Dumont essayer encore, avec une ténacité digne de récompense, d’enlever le prix de 100000 fr. fondé par M. Deutsch pour stimuler l’ardeur des aéro-navigateurs.
- Dirigeable de M. lioze. — En admettant, ce qui est possible, que M. Santos-Dumont finisse par décrocher le prix Deutsch, il n’aura , en réalité, fait que de rééditer l’expérience de MM. K relis et Renard, en substituant le moteur à gaz tonnant au moteur électrique; la question de la dirigeabilité pratique n’aura pas fait, en réalité, un seul pas, si la vitesse propre de l’aéronat n’est, pas supérieure à 6m,50 par seconde. Nous doutons absolument que l’appareil de M. Roze, .que nous avons vu presque achevé dans un hangar près de la Seine à Argen-
- teuil, puisse seulement faire 1 kilomètre hors de son hangar le jour de sa première sortie.
- De meme que dans le Zeppelin, l’enveloppe de
- l’aéronat Roze est composée d’une ossature en tubes d’aluminium entourée d’une toile imperméable et renfermant des ballons à cloisons étanches. Mais il y a deux flotteurs semblables placés parallèlement et reliés par une carcasse , toujours en aluminium, où se trouve la nacelle ( à deux étages, avec salon-promenoir et salle des machines), avec le mécanisme moteur et les hélices ascensionnelles et propulsives. Chaque flotteur ayant une capacité de 1500 mètres cubes, la puissance ascensionnelle sera donc d’au moins 5500 kilogrammes.
- Sans nous arrêter aux théories nuageuse» de l'inventeur, nous pouvons, sans nous avancer, lui pré-
- Fig. 2. — Violeur à quatre cylindres construit par VI. Bucliet pour le ballon dirigeable de VI. San!os-Dumont.
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- dire un échec absolu, car il n’a tenu compte, dans sa construction, d'aucune des indications de la pratique. Sans parler des difficultés dans l’équilibrage
- de deux tlotteurs accolés, des inégalités dues aux dilatations variables du gaz dans ces deux ballons, il est évident, a priori, que son moteur de 20 chc-
- Fig. 5. — Ballon dirigeable de M. le comte Zeppelin sortant de son hangar, et vue de ce hangar.
- vaux sera radicalement impuissant à donner une vi- que le mode d’assemblage des matériaux compo-tesse propre suffisante au système, et il est certain sant l’ossature en aluminium est des plus pré-
- Fig. i. — A droite ballon de M. de Santos-IHimont (deux positions); à gauche auto-aviateur Bousson.
- caires, sa dislocation au moindre effort est certaine.
- Auto-aviateur Bousson. — J)e même que le précédent inventeur, M. Firmin Bousson est partisan d’un procédé mixte, consistant à ne laisser au flot-
- teur rempli d’hydrogène que le rôle de soutenir le poids mort sans lui laisser aucun excédent de force ascensionnelle. Celle-ci, comme la propulsion dans le sens horizontal, doit être fournie par un mécanisme alaire, agissant sur l’air à la façon de l’hélice
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- ou de l’aile de l’oiseau. Toutefois, les essais tentés récemment au plateau d’Avron sont loin d’étre concluants : l’inventeur a dû constater plusieurs défectuosités capitales dans son appareil et il a paru plus prudent de dégonfler le tlotteur que de l’abandonner à la brise.*Il faut d’ailleurs reconnaître, en étudiant le brevet pris par M. Ilousson à ce sujet, qu’il est assez chimérique d’entrer dans une semblable voie; elle ne peut conduire à notre sens à aucun résultat vraiment avantageux.
- En résumé, on est actuellement encore bien loin de la solution définitive du problème de la locomotion aérienne; beaucoup de temps, d’efforts et d’argent ont été dépensés sans faire avancer d’un pas la question, et il en sera de mémo tant que les inventeurs s’acharneront à tourner dans le même cercle. Une première amélioration s’impose, qui n’a pu être réalisée depuis plus de cent ans que les ballons existent : la stabilité dans le sens vertical sans perte de gaz ni de lest, et il serait au moins logique de l’obtenir avant d’attaquer la plus grave difficulté qui est la direction dans le sens horizontal. Or, il semble que les aéronautes se désintéressent de ce progrès primordial et sans lequel le ballon, même pourvu du moteur le plus puissant sous le poids le plus restreint, ne sera jamais véritablement pratique, Kspérons, cependant, que ce que le dix-neuvième siècle n’a pu, malgré toute sa science, réussir, son successeur mieux outillé, peut-être plus avisé, saura enfin le réaliser. Les perfectionnements de détail s'ajouteront les uns aux autres jusqu’au jour où un esprit synthétique résumera et coordonnera tous ces progrès pour établir la machine rêvée. On doit donc, tout en déplorant les erreurs commises le plus souvent par ignorance ou routine, encourager ces recherches, car au bout de cette route hérissée d’obstacles, qui seront certainement surmontés, se lève l’aube d’une ère nouvelle où le chemin des airs sera enfin ouvert à l’humanité. IL nn Graffigny.
- L’HIVER DE 1800-1801
- Nous avons retrouvé dans les papiers d’Adanson* les notes suivantes sur l’hiver de 1800-1801.
- Si la périodicité des phénomènes doit se faire sentir à un siècle d’intervalle, l’hiver de 1000-1901 ne saurait nous donner de vives inquiétudes, sauf toutefois en ce qui concerne les maladies.
- Nous croyons devoir attirer l’attention sur les quelques lignes, relatives à l’Angleterre, qu’Adanson a écrites à la lin de ses observations météorologiques de janvier 1801.
- hiver de 1800-1801
- Décembre 1800. — Ce mois a été peu froid de 4° 1/2 moiens entre les 2 extrêmes 0° et 9°-. — Glace 2 lignes 1 /4. — Pluie des plus abondantes (50 lignes) ainsi que Octobre et Novembre. — Seine, hauteur moiène2 3m,3/10 entre les 2 extrêmes 2™, 1/10 et 4m,4/l0. — Vent dominant du
- 1 Nous avons conservé l'orthographe du grand naturaliste.
- 2 Au Pont Rojal. *
- sud et de l’ouest. — L’évaporation a été de 0 lignes. — Les boutons des fruits à noiau se sont accrus à moitié de leur grosseur future. — Maladies catarrhales.
- Janvier 1801. — Ce mois a été peu froid de 5° moiens entre les deux extrêmes 3° et 9°. — Glace totale 10 lignes, non en masse. — Pluie totale 44 lignes. — Seine, hauteur moiène 4™, 4; 10 entre les 2 extrêmes 4m-,3 10 et 4m,5,10. — Vent dominant sud et ouest. — Évaporation 3 lignes 4/5. — Assez pluvieux, très couvert (mot illis.), très rhumatisant et mortel.
- Angleterre continuant la guerre et son despotisme dévorant la substance de tous les peuples de la terre depuis l’Inde et le Pôle sud jusqu’au Pôle nord. Pendant que la France ramène partout l’esprit de paix et d’ordre partout où l’ambition démesurée de l’avaricieuse Angleterre avait semé le désordre avec le superflu de ses richesses enlevées par les assassinats des potentats de l’Inde.
- Février 1801. — Ce mois a été peu froid de 1° 12 moien entre les 2 extrêmes 8° et 11°. — 12 jours de glaces depuis le 10 jusqu’au 22 ont produit 48 lignes de glaces en une seule masse et 07 lignes en les recueillant et enlevant chake jour ce qui donc 5 lignes moiènes de glace pour chake jour. — Pluie totale 24 lignes. — Seine, hauteur moiène 4m,l/10 entre les 2 extrêmes4ra,fi/10 et 5m,5/10. — Vent dominant du sud et ouest. Evaporation 5 lignes. — Froid humide, maladif et rhumatisant, mortel comme janvier. G. de Rocquigny-Adanson.
- In service d’omnibus électriques a été ouvert récemment à Berlin sur une ligne allant de la gare de Stettin à la gare d'Anhalt. Dès le commencement de l’année 1900, la Compagnie des omnibus de Berlin faisait des essais sur des voitures de 12 places d’intérieur et de 0 places de plate-forme arrière. La batterie d’accumulateurs comprenait 44 éléments Pollak, logés sous les banquettes; cette batterie suffisait pour un parcours de 16 à 18 kilomètres. Deux moteurs Siemens etllalske actionnaient chacun une des roues d’arrière par l’intermédiaire d’une réduction de vitesse. Notre collaborateur, M. L. Périssé, nous communiqua1 à celte époque des renseignements très intéressants sur ces premières voitures. Ces essais ont donné de bons résultats. On peut dire que la capitale allemande est la seule ville au monde qui possède actuellement des lignes d’omnibus électriques à accumulateurs.
- Le parcours de la ligne que nous citions plus haut est d’une longueur de 4,3 km et s’effectue en 25 minutes ; le prix pour le circuit total est de 0fr,l25 (10 pfennigs). La charge des accumulateurs peut suffire à 15 kilomètres; chaque voiture fait par jour environ 100 kilomètres sur une voie normale mais cependant présentant des rampes de 7 pour 100. Une station centrale se trouve à chaque extrémité de la ligne pour charger les accumulateurs. Le service actuel donne toute satisfaction et il est déjà question d’établir d’autres lignes.
- A Paris, nous avons depuis quelques années des tramways électriques à accumulateurs dont le fonctionnement ne laisse rien à désirer. Parmi ces tramways nous signalerons les tramways de la Madeleine et de l’Opéra à Saint-Denis, les tramways de la Madeleine à Levallois-Perret, de la Madeleine à Neuilly, les tramways
- 1 Voy. n° 1392, du 27 janvier 1900, p. 140. - "
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- de la place de la République à Pantin, Aubervilliers, Gon-ncvilliers. Toutes ces voitures circulent depuis trois ans environ à la satisfaction générale et il n’y a jamais eu d’interruption dans le service.
- Toutefois, depuis quelque temps, la Compagnie générale des omnibus de Paris a mis en exploitation, sur la ligne Cours de Yincennes-Louvre, des tramways électriques de construction très défectueuse. Les voitures sont lourdes, massives, mal équilibrées, et en pleine vitesse prennent un mouvement de balancement que les voyageurs supportent que difficilement. Les accumulateurs sont placés sous les banquettes dans de mauvaises conditions; par suite des mouvements de la voiture, l’eau acidulée déborde de tous côtés. La Compagnie a adopté le système de charge rapide pour les accumulateurs, et les voitures à peine chargées sont remises immédiatement en service; on n’établit pas de ventilation pour faciliter le dégagement des gaz provenant de la charge. Aussi à l’intérieur des voitures s’échappent des vapeurs acides abondantes.
- En définitive, bons omnibus à accumulateurs à Berlin, bons tramways à accumulateurs à Paris banlieue. Mais mauvais tramways électriques de la Compagnie des Omnibus. Le problème a été mal étudié par cette Compagnie et il serait urgent qu’elle apportât des modifications à ses voitures. J. L.
- UNTHAN
- l’homme sans bras acrobate et nageur
- Nombreux sont certainement ceux de nos lecteurs qui, dans des foires, ou encore dans les galeries du Musée Oupuytren, ont vu des hommes-troncs, des hommes sans bras ou sans jambes, des femmes-homards, vivants ou conservés dans l’alcool. Pour n’être pas très fréquentes, ces anomalies dans la constitution du corps humain n’en sont pas moins curieuses et intéressantes à étudier.
- Les savants, dans l’antiquité comme dans les temps modernes, se sont occupés de ces phénomènes physiologiques , ont cherché et cru trouver les causes qui peuvent produire ces anomalies. Autrefois on accusait la peur, la vue d’un animal, une impression d’homme sur la femme, etc., de produire ees monstres; mais les progrès des sciences biologiques ont conduit à l’abandon du préjugé de l’influence des impressions maternelles.
- Les plus faibles influences peuvent amener des variations très nettes dans la constitution des organismes ; lorsque les agents cosmiques ou le milieu interne deviennent tels que la vitalité de l’œuf en voie de développement est atteinte, il en résulte des troubles plus ou moins considérables dans le développement du jeune sujet. Ces infractions de l’organisme aux lois embryologiques sont parfois très marquées; il en résulte un individu notablement différent de ses ancêtres immédiats.
- Une des plus fréquentes, parmi les conséquencesde la gêne dans la vie de l’œuf, est un arrêt d’évolution à une région bien circonscrite ou même à un organe ; d’autres fois, il y a défaut de formation ou arrêt d’accroissement; le curieux c’est que les mêmes
- causes peuvent produire chez des sujets des phénomènes différents.
- Parmi les « monstres » que l'on montre dans les foires, un des plus curieux a été certainement la femme-homard, que l’on voyait encore il y a deux ans à- la célèbre fête de Ncuilly ; les pieds et les mains ne comportaient que deux doigts énormes ressemblant tout à fait aux pinces d’un homard : il y avait eu arrêt de développement dans les extrémités en même temps que les doigts en formation s'étaient collés les uns aux autres. La polydactylie, qui est héréditaire à un certain nombre de générations, est assez fréquente chez l'homme; un des artistes qui a eu le plus de succès depuis bien des années à Paris, le fantaisiste Little-Tieh, possède aux pieds comme aux mains six ou sept doigts; il est vrai qu’aussi, comme curiosité de conformation, il a le mollet sur le devant de la jambe.
- Plus curieux sont les « monstres » — ce terme tout scientifique n’a rien de désobligeant pour ces êtres anormaux — connus sous le nom d’Hommes-troncs. Cette anomalie provient d’une atrophie des membres, lorsque les pieds et les mains sont formés et qu’il y a absence totale ou presque totale des membres, ou bien lorsque les bras, ou les jambes, ou bras et jambes manquent ; la cause en est souvent dans une amputation intra-utérine produite par le cordon ombilical. Les hommes atteints de cette malformation ont toujours attiré l’attention du public et ils se montrent généralement d’une adresse et d’une ingéniosité qui compensent leur vice de conformation et leur permettent d’exécuter des travaux en apparence inabordable; pour eux.
- Il y a eu de ces « monstres » de tous temps; dans l’antiquité, comme au moyen âge, comme dans notre siècle. Mais aujourd’hui, si certains peuvent gagner une honnête aisance, parfois une fortune en devenant artistes de foire ou de cirque, autrefois on les considérait comme des êtres nuisibles, malfaisants, des diables, produits d’accouplements bizarres, et leur mère, innocente toujours de sa création monstrueuse, payait de sa vie la venue au monde de ces êtres difformes. Cependant, dans un de ses si intéressants mémoires, Ambroise Paré, le grand chirurgien-médecin du seizième siècle, cite le cas d’une femme qui, privée de bras, « cousoit, tail-loit, et faisoit plusieurs autres actions », et celui plus curieux d’un jeune homme également privé de bras qui « faisoit cliqueter un fouet de charretier en le tenant entre col et épaule, qui avec ses pieds mangeoit, beuvoit et jouoit aux cartes. A la fois fut larron, voleur et meurtrier, et exécuté en Gueldre, à sçavoir pendu, puis mis à la roue ».
- Mais un des plus célèbres parmi les hommes sans bras, fut le peintre Ducornet, qui naquit à Lille, le
- 10 janvier 1806; il était privé de bras et aux pieds
- 11 n’avait que quatre doigts : il étudia la peinture à Lille d’abord, puis vint à Paris, où il acquit une très grande réputation ; au musée’ de sa ville natale on .peut voir une immense toile de lui — achetée par
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- l'État — d’une très belle inspiration, d’un dessin et d’un coloris parfaits. : c’est une Madeleine aux pieds du Christ après la résurrection. Cet été dans les foires qui se tiennent sur les boulevards extérieurs de Paris, on exhibait un homme-tronc qui était, ma foi, d’une assez grande habileté avec les maigres moignons qui constituent ses membres. Et, en ce moment même, au Nouveau-Cirque de la rue Saint-Honoré, les spectateurs toujours nombreux de ce coquet établissement, peuvent voir un artiste, un véritable artiste absolument privé de bras. Il se nomme Unlhan et est âgé de 50 ans ; il est né à Kœnigsberg, et s’est marié à Prague qui est sa résidence habituelle ; il a même eu deux enfants très bien constitués tous les deux et qu’il a eu le malheur de perdre alors qu’ils allaient entrer dans l’adolescence.
- Unthan est né sans bras, il ne possède aux épaules qu’un moignon très petit avec un doigt à peine formé; le reste du corps est parfaitement bien constitué et respire la force et la santé. Ses pieds sont ceux d’un homme ordinaire, peut-être même un peu petits ; grâce à un exercice continu dès sa tendre enfance, les doigts des pieds sont d’une très grande mobililé et se séparent les uns des autres en éventail. Avec ses pieds, Unthan est aussi habile, même plus habile qu’un homme avec ses mains ; il possède une souplesse extraordinaire des membres inférieurs, et il a songé à utiliser ses talents comme artiste. D’abord acrobate il a parcouru le monde ; dans tous les grands cirques et music-halls d’Europe et d’Amérique, il a fait un « numéro » de clown, jouant du piston ou du violon, jouant aux cartes, débouchant la bouteille enjeu de ht partie, avec un tire-bouchon, etc., etc.
- Lorsqu’il veut exécuter un mouvement un peu compliqué, comme par exemple se raser ou écrire
- — (en voyant un spécimen de son écriture, on peut se rendre compte que Unthan est loin d’être un ignorant; du reste, très travailleur et très intelligent, dans ses courses à travers le monde il a beaucoup étudié
- — il a même fait du journalisme et parle et écrit couramment une dizaine de langues) —; lorsque, dis-je, il veut exécuter un mouvement un peu compliqué, il s’assied sur une chaise, se renversant assez fortement en arrière, puis fléchit les cuisses sur le bassin et les élève à la hauteur de l’estomac.
- Lorsque Unthan fut engagé au Nouveau-Cirque par l’habile-directeur qu’est M. Houcke, il proposa de varier ses exercices ; « on m’a vu partout, lui
- a-t-il dit, comme acrobate sans bras, puisque vous avez une piste aquatique, laissez-moi faire un « numéro » dans l’eau ».
- Quoique M. Houcke eut déjà vu bien des choses dans son existence de directeur de cirque ou d’hippodrome, il n’en croyait pas ses oreilles! Un homme sans bras nageur ! C’était bien l’attraction qu’il fallait donner à un public blasé par les merveilles de l’Exposition !
- Le directeur du cirque accéda à la demande de Unthan, et tous les soirs on peut voir l’homme sans bras l’aire le plongeon dans la piste aquatique et exécuter une série d’exercices plus curieux les uns que les autres, et, parmi ceux-là, j’en citerai deux surtout : on jette à l’eau une pièce de 5 francs et une assiette, Unthan pique une tête et en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire, il reparaît à la
- surface avec la pièce de 5 francs dans la bouche et l’assiette dans le pied ; puis il fait la planche, se maintenant immobile dans l’eau, les pieds et le corps ne bougent pas, il se retourne dans l'eau sans s’aider des pieds, par un simple mouvement des épaules; Unthan est comme de nombreux professionnels ou amateurs <pii pratiquent beaucoup la natation, il a la faculté de pouvoir absorber el conserver dans le corps d’assez grandes quantités d’air qu’il déplace à volonté. Ces déplacements lui permettent de varier dans l’eau la position de son centre de gravité et d’exécuter ces exercices qui étonnent, surtout de la part d’un homme privé de bras. Tout ce que peut faire un champion de natation, Unthan le fait avec autant d'élégance que de rapidité.
- Comme je demandais à l’artiste comment il avait appris à nager : « Oh! c’est bien simple, me répondit-il, à l’âge de huit ans je suis tombé accidentellement à l’eau, et ma foi, j’ai préféré en sortir que de me noyer : voilà comment j’ai appris à nager; depuis j’ai pris goût à l’eau et partout où je me trouve, quelque temps qu’il fasse, je fais tous les jours ma pleine eau ; mais il a fallu cet excellent M. Houcke pour me permettre de débuter comme artiste aquatique ».
- J’ajouterai que pour les amateurs d’exercices de natation il y a, en même temps que Unthan, au Nouveau-Cirque, des acrobates, avec bras et jambes ceux-là, qui exécutent, en faisant du trapèze volant, des exercices tout à fait extraordinaires. Paul Mécnix.
- L'homme sans bras acrobate et nageur.
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- LA A A Tl Kl].
- I OU
- BOBINE DE RUHMkORFF
- A ÉTIXCELEE DE 0in,80 DE LOXGUECiî
- M. Ducretet a construit dernièrement une grande bobine de Kuhmkorff donnant des étincelles d’une longueur de 0m,80 ; ces étincelles, que l’on a pu voir à l’Exposition dans la classe 27 où se trouvait l’appareil, sont très nourries.
- La même bobine fournissait également des étincelles continues, fortement condensées, de 0m,25 de longueur, qui conviennent particulièrement à la transmission à grande distance des ondes hertziennes utilisées aujourd’hui pour la télégraphie sans (ils.
- Cette nouvelle bobine se distingue par certaines
- particularités de construction heureuses et intéressantes.
- Le circuit inducteur est constitué par un circuit à gros fil placé sur un noyau de fils de fer, d’une longueur de 1"\60.
- Le circuit induit, constitué par loOOOO tours de (il fin de cuivre, présente au total une longueur de 60 kilomètres; le fil fin est réparti dans des bobines complètement isolées entre elles et enfermées dans un isolant particulier s’opposant au [tassage de toute étincelle ou effluve. Quelques minutes après l’arrêt de la bobine, on peut encore tirer à la main une petite étincelle à l’une des bornes; la charge n’a [tu pénétrer la niasse de l’isolant.
- La boîte isolante qui contient cet ensemble est
- Bobine de liuhmkoi'tl' donnant des étincelles de 0‘",80 de longueur, avec intcirujileur périodique spécial.
- sectionnée pour faciliter la construction. Des colonnes isolantes A et B amènent à l’extérieur les prises de contact avec les extrémités du fil induit.
- Le condensateur, indépendant de la bobine, possède un très fort isolement entre les feuilles d’étain [tour résister à l’extra-courant de rupture.
- Le poids de la bobine est de 250 kg environ; mais elle est facilement transportable à l’aide de tringles d’acier qui peuvent pénétrer à l’intérieur du socle.
- Le courant utilisé dans le circuit primaire de la bobine pour la faire fonctionner était fourni à 220 volts par la distribution de l’Énergie électrique de l’Exposition.
- Sur un tableau de distribution se trouvaient des rhéostats, dont un disposé en réducteur de différence de potentiel, pour ramener la tension de HO à 70 volts; l’intensité variait de 7 à 10 ampères.
- M. Ducretet a construit, pour le fonctionnement de cette bobine, un interrupteur périodique spécial, que l’on voit dans la figure ci-jointe à gauche ; en bas se trouve une vue d’ensemble de cet interrupteur, et en cartouche un détail des pièces disposées pour les contacts. Cet interrupteur est formé de deux disques métalliques montés sur un même arbre moteur et plongeant chacun dans une cuve à mercure isolée et particulière. Un des disques avec branches étoilées produit les interruptions rapides;la cuve de ce disque est à mouvement à crémaillère réglant à l’aide d’une roue extérieure K la plongée pendant la marche de la bobine. Ces deux cuves sont placées à l’intérieur d’un grand récipient, entièrement recouvertes d’un liquide isolant ainsi que les disques intérieurs. En c et d se trouvent les attaches des fils du circuit de l’inducteur.
- Le mouvement est fourni à l’arbre moteur par
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- L A N A T G li K.
- un petit moteur électrique M à vitesse variable, à 1 aide d’une roue à angle E. La durée de la plongée des branches du disque étoilé permet d'obtenir facilement le courant périodique nécessaire au fonctionnement de la bobine. J. LaFFAUGUE.
- Le professeur. l'olaîn. — Le célèbre clinicien français, dont les travaux sur les maladies du cœur sont universellement réputés, vient de s’éteindre dans sa soixante-seizième année. Né le ‘25 juillet 1825, il parcourut rapidement toutes les étapes des concours médicaux pour arriver au professorat qu’il exerça pendant de longues années. Il dirigea pendant dix ans le service de clinique de la Faculté de médecine à l’hôpital Necker, et pendant huit ans celui de la Charité. C’est là qu’il prit sa retraite il y a à peine quelques mois, sans phrases, sans bruit, dans une atmosphère chaude d’élèves et d’amis, où l’émotion discrète du maître remua toutes les âmes.
- Membre de l’Académie de médecine, membre de l’Institut, membre du Comité de surveillance de l’Assistance publique de Paris, président de l’Œuvre des sanatoria populaires pour tuberculeux indigents, le professeur Potain fut et resta surtout le médecin savant et humanitaire, le conseiller impeccable, dont la modestie égala la bonté.
- Ses travaux sont fort nombreux. Entre tant d’autres, il publia, en 1894, à la librairie Masson, un important volume où il expose ses propres recherches sur la séméiologie du cœur condensées en vingt-trois leçons cliniques d’une clarté et d’une précision vraiment remarquables. Les progrès qu’il lit faire à la thérapeutique des maladies du cœur occuperont une place d’honneur dans l’histoire de la médecine française.
- Le faisceau d’hommes de valeur formé par Vulpian, Charcot et Potain, se trouve à jamais brisé. Qui sait ce que l’avenir nous réserve, mais la mort de Potain constitue pour la science médicale une perte irréparable.
- L’humanité perd en lui un de ses grands défenseurs. Qu’il nous soit permis de rappeler ici le mot profond qu’il prononça jadis dans une leçon clinique sur le traitement de la tuberculose pulmonaire. Ému de la situation poignante que la peur de la contagion fait aux pauvres poitrinaires, même, dans des famill.es très chrétiennes, il s’éleva avec vigueur contre les dangers bien exagérés que le tuberculeux présenterait pour son entourage- Le poitrinaire, dans sa lutte contre la mort, a surtout besoin d’ainour, et le professeur Potain ajouta : On n'aime pas ceux qu'on craint, parole issue du cœur, qui peint mieux que toutes les phrases la perfection morale de l’homme et du maître. D‘ Cuitzman.
- CHRONIQUE
- Le» signaux de Mar». — De temps en temps les reporters des grands journaux politiques nous annoncent gravement que les habitants de la planète Mars viennent de donner signe de vie et de faire des signaux à la Terre. Pour saluer le nouveau siècle, on vient encore de nous annoncer une communication de Mars. On écrit singulièrement l’histoire. Dans le courant de décembre, M. Douglass, qui étudie spécialement la planète Mars à l’Observatoire d’Arizona, fit part à M. Pickering, de l’Observatoire d’Harward College, d’un fait intéressant. Le Bureau International de Kiel, qui a pour fonction de transmettre
- les dépêches américaines aux observatoires d’Europe, envoya partout le télégramme suivant : « La nuit dernière une projection sur la rive septentrionale de la mer Ica-rienne a duré soixante-dix minutes. » Et tout aussitôt les chroniqueurs peu au courant du langage astronomique traduisirent : « Les habitants de Mars ont envoyé des projections électriques sur la Terre ». On sait le reste. Sans aucun doute cette fois les Martiens ont tout fait pour communiquer avec nous.
- Or, les feux signalés par M. Douglass ont déjà été observés souvent; ils sont bien indépendants de la volonté des habitants de Mars, si habitants il y a réellement dans Mars. Il s’agit tout simplement et bien probablement, des réflexions de la lumière solaire sur les hautes cimes des montagnes de la planète ou mieux encore sur des nuages très élevés! Le soleil illumine ainsi la crête de nos glaciers et les nuages qui circulent à de grandes hauteurs dans l’atmosphère terrestre.
- Tir «les canon» «le marine à longue distance.
- — D’une manière générale, le tir des canons de marine pour les écoles à feu ne se fait qu’à une distance relativement peu considérable, qui n’est guère que de deux kilomètres avec les gros canons, et cela surtout parce qu’il est difficile de trouver des bases à la mer où l’on puisse sans danger se livrer à des tirs à grande distance. Aussi est-il fort intéressant de signaler ceux auxquels se sont livrés plusieurs navires de guerre de la flotte britannique : ces tirs ont été faits à une distance d’au moins 5660 mètres, atteignant jusqu’à 0800 mètres. Le but était formé par un cadre long de 9 mètres et haut de 4m,50, couvert d’une toile rouge et remorqué à très grande distance et à une allure de 10 nœuds. Dans une première série de 40 coups, 16 portèrent de façon satisfaisante; dans un autre essai on adopta une cible qui représentait la même surface visible qu’un cuirassé de mêmes dimensions que le Cœsar, qui prenait précisément part à ces tirs, et le Renown réussit à placer 0 coups dans ce qui correspondait à la coque. Mais, par contre, nous devons dire qu’un certain nombre de projectiles passèrent à une hauteur de plus de 50 mètres au-dessus du but, ce qui prouve encore une fois combien le tir des canons de marine peut être incertain par suite de l’état de la mer.
- I/liiiniitlite atnm»i»li«*ri«|iie et la eon»onuua-tion «le conibu»fihle «les liant» fourneaux. —
- Tout dernièrement, devant l’Association des maîtres de forges • de Pittsburg, une discussion intéressante a eu lieu à propos de l’influence de la quantité d’humidité contenue dans l’atmosphère sur la consommation de combustible des hauts fourneaux. On a rapporté des expériences fort curieuses qui prouvent que, quand l’air est chargé d’humidité, il faut de 90 à 120 kilogrammes de coke de plus, pour fabriquer une tonne de fer, que si l’air est absolument sec ou du moins ne contient qu’une proportion d’humidité tout à fait minime. D’ailleurs, constatation fort regrettable, le chauffage préalable de l’air n’en fait point disparaître l’eau en suspension, et par suite n’a aucune influence à ce point de vue sur la consommation en combustible.
- (îoiupr«‘»»eur «l’air pour fri‘in «le loeomotivt*.
- — Cet appareil a été imaginé par la Compagnie de Fives-Lille pour comprimer l’air des freins continus de chemins de fer en consommant moitié moins de vapeur que les compresseurs ordinaires, et en opérant aussi plus vite. Leur caractéristique consiste essentiellement en ce qu’ils comportent deux cylindres à air succcessifs, dans
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- LA NATURE.
- lesquels lu compression se fuit à deux étages, ce qui diminue la variation des efforts; de plus, ces cylindres sent munis d’aileltes extérieures, afin qu’on puisse éviter réchauffement de l’air au fur et à mesure de sa compression.
- Un non « eau «‘lieinin de fer riisso-t hlmds. —
- Bien qu’ils soient encore loin d’avoir achevé la ligne ferrée qui leur permettra de pénétrer en Chine par la Mandchourie, les Russes ont déjà dressé le projet d’une nouvelle voie ferrée qui serait comme un prolongement de la voie ferrée transcaspienne, et qui mettrait l’empire russe en relation pour ainsi dire directe avec le centre de la Chine. Le chemin de fer en question partirait (on peut dire partira) de Samarkand et passera par Margilan, puis il abordera ces régions si ingrates que l’on nomme les Pumirs, en traversant par un tunnel les montagnes de Kachgarie; il est probable qu’ensuite le tracé gagnera le lac de Lobnor pour prendre une des passes des monts Altyn et suivre ensuite la vallée du lloango. La ligne s’étendrait jusqu’à la province de Shensi et à la ville de ilankow, qui est un centre commercial des plus importants.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 51 décembre 1900. — Présidence de M. M. Lévy.
- La structure des végétaux. — M. Gaston Bonnier expose une théorie générale de la constitution de la plante fondée sur l’ensemble des travaux anatomiques qu’il a poursuivis. Il prend pour point de départ la feuille, dont la partie supérieure exposée à la lumière est la plus riche en substance verte. La tige n’est, en fait, c mstituée (pie par la « somme des queues des feuilles » et la racine n’est qu’un prolongement terminal de la tige réalisant un organe d’absorption.
- L'arc de méridien du Pérou. —M. le général Bassot, directeur du Service géographique de l’armée, annonce que la mesure nouvelle de l’arc du Pérou est entrée dans la période d’exécution. Le Ministre de l’instruction publique, adoptant les conclusions de l’Académie, a présenté aux Chambres le projet de loi mettant à sa.disposition les crédits nécessaires. Ce projet a été volé. L’arc à mesurer s’étend sur une amplitude de G degrés, de la Colombie au Pérou, en traversant la République de l'Equateur. Les opérations sont confiées au Service géographique sous le contrôle de l’Académie des Sciences. Le Ministère de la Guerre, après entente avec le ministre de l’instruction publique, a confié la direction supérieure à M. le général Bassot. 11 a atlècté aux opérations sur le terrain, cinq officiers de la section de géodésie : M. le commandant Bourgeois, chef de la mission;MM. Maurain, Lacombe, Lallemand, capitaines; Perrier, lieutenant. M.Rivet,médecin militaire, est adjoint à la mission qui comptera encore 1 sous-officier et 15 caporaux ou soldats. M. Gonnessiat, astronome français attaché.à l’observatoire de Quito, participera aux opérations astronomiques. MM. les capitaines Maurain et Lacombe se sont embarqués à Saint-Nazaire le 20 décembre; ils sont chargés de réunir le personnel indigène et les animaux de trait devant composer le convoi, de manière que le personnel français n’ait pas à stationner à Guayaquil dont le séjour est malsain. Ils doivent, en outre, de concert avec l’agent diplomatique, concerter les mesures de sécurité. Les autres membres delà mission partiront en avril. Après avoir entendu ces renseignements, l’Académie nomme ta Commission de
- contrôle des opérations. Sont désignés : MM. Paye, Poincaré, liait, général Bassot, et Lœwv.
- Nouveau cohéreur des ondes éleclrigues. — M. Cornu présente un cohéreur des ondes hertziennes dù à MM. Popolfet Itucretet. L’appareil est employé en Russie, depuis le mois de mai 1899.
- Elections. — M. Dedekind, de Brunswick, est élu correspondant étranger de la section de géométrie, et M. Strasburger, de Bonn, correspondant étranger de la section de botanique. M. le vice-amiral Fournier est désigné en première ligne au choix du Ministre de l’instruction publique, pour la place de membre du Bureau des longitudes, en remplacement de M. de Bernardières.
- Varia. — M. Cornu présente une Note de M. Brillouin signalant une cause de dissymétrie dans les expériences relatives à la détermination de la gravité au moyen de la balance de torsion.
- Séance du 7 janv. 1901. — Présidence de MM. Lévy et t oioui.
- Élection du vice-président. — M. Maurice Lévv rend compte, selon l’usage, de l’état des publications académiques et des changements survenus dans la composition de l’Académie au cours de l’année 1900.
- 11 est ensuite procédé à l’élection du vice-président pour l’année 1901. M. Bouquet de la Grye obtient presque l'unanimité des suffrages.
- M. Michel Lévy proclame accomplie la mission qui lui avait été confiée. 11 appelle à la présidence M. Fouqué, vice-président pour 1900, et invite M. Bouquet de la Grye à siéger au Bureau.
- M. Fouqué prend la présidence de la séance. 11 remercie en quelques mots ses collègues de l’honneur qui lui échoit après vingt années de présence à l’Académie; M. Bouquet de la Grye leur adresse le témoignage de sa reconnaissance.
- Décès. — M. le Président annonce la mort de M. le 1)' Potain, membre de la section de médecine et chirurgie. 11 rappelle la grande affabilité du Dr Potain qui lui valut tant d’amis chaleureux. 11 signale le rôle important qu’il a rempli à l’Académie et l’autorité prépondérante qu’il exerçait sur le Corps médical. 11 constate, qu’alors que le développement des connaissances médicales a rendu extrême pour le savant la difficulté d’être un maître dans toutes les branches de la science médicale, le l)r Potain était compétent dans toutes les parties de la médecine. M. le Président termine en rappelant combien était grande la sûreté de diagnostic du Dr Potain ; il lève ensuite la séance en signe de deuil.
- Cil. DE VlLLEDEUlL.
- WILLIAM ARMSTRONG
- L’illustre inventeur anglais William-George Armstrong, qui naquit à Newcastle-sur-Tyne le 25 novembre 1810, est décédé en son château de Craigside, près de Rothbury, le 27 décembre dernier. Après avoir fait ses études de droit à Cambridge et à Oxford, il commença par être « solicilor » dans sa ville natale; mais, dès 1847, il abandonna cette profession pour celle d’ingénieur, dans laquelle ses facultés créatrices ne tardèrent pas à se révéler. Il fonda d’abord un atelier de construction pour le matériel d'artillerie; puis, reprenant les idées du major italien Cavalli et du suédois Wahrendmf
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- (1846), il parvint à réaliser son fameux canon qui, adopté par l’armée anglaise à la suite d’essais officiels, rendit son nom célèbre dans le monde entier. Comme c'est le principal titre de gloire d’Armstrong, nous emprunterons au Times de J 860 la description et les procédés de fabrication de cet engin de guerre, qui paraissait aux contemporains le summum du genre. A la vérité, grâce à sa légèreté, à sa force et à sa précision mathématique, le svstème inventé par le sagace technicien constituait pour l’époque un remarquable spécimen d’ouvrage en 1er forgé. Pour le fabriquer, on chauffait les barres métalliques à blanc et on les enroulait sur un cvlindre de diamètre égal à celui du tube de la pièce qu’on désirait obtenir. Une fois l’enroulement effectué, on enlevait le ruban et on dressait le cylindre sur une de ses extrémités. Celui-ci présentait alors l’aspect d’un énorme tire-bouchon. On le réchauffait ensuite et on le plaçait sous un marteau-pilon (pii réduisait sa longueur.
- Il fallait plusieurs de ces tubes pour former un canon entier. Dès que ces derniers étaient soudés ensemble, on les conduisait à l’atelier des tours pour les aléser intérieurement et les tourner extérieurement jusqu’à 1/10° de pouce de leur véritable diamètre, afin qu’on puisse découvrir la plus légère fissure. Après cela, sur la jonction du premier et du deuxième tube on disposait une massive
- ceinture de 1er sur laquelle se mettaient les tourillons. Puis tandis que l’ensemble préalablement porté au rouge cerise se refroidissait, des tuyaux remplis d’eau fonctionnaient à l’intérieur de manière à empêcher une contraction trop vive. Là se terminait la fabrication du tube; mais, pour compléter le canon, il fallait y adjoindre la culasse, constituée par différentes pièces de fer forgé en forme de coins et disposées comme les douves d’un tonneau. Ces parties étaient réunies en une seule masse sous le marteau à vapeur. On livrait alors le canon ainsi ébauché aux mesureurs qui, à l’aide du micromètre, s’assuraient de l’exactitude mathématique de l’ensemble.
- Le canon passait ensuite sous une machine à forer. Cette opération durait six heures, et lorsqu’elle avait été reconnue parfaite, on commençait le rayage qui
- William Akmstuo.nc;.
- exigeait cinq heures. Les rayures très fines, chacune entaillée sous un angle particulier, et de 1/8 de pouce de profondeur, étaient au nombre de quarante. Aussitôt après, on pratiquait un trou carré dans la partie supérieure de la culasse, à la place de la lumière des anciens canons, et à l’extrémité l’on fixait une vis à filets profonds qui se dévissait rapidement; aussi, quand on voulait tirer, la poudre et le boulet conique s’introduisaient aisément dans la chambre. Derrière celle-ci, un obturateur en acier revêtu de cuivre s’enfonçait par l’ouverture supérieure et fermait de la sorte le canon. Un simple tour de vis suffisait pour la retenir; la manœuvre pour chaque coup demandait à peine une minute.
- Le canon Armstrong lançait un projectile de 5 kg 1/2 avec une charge de poudre de 900 grammes. C’était un cylindre creux en fonte terminé par un cône et disposé de façon à se séparer, au moment de l’explosion, en 42 morceaux. Durant les guerres de Crimée et de Chine le nouvel engin fit merveille et le Gouvernement anglais signa avec son inventeur un contrat par lequel il s’engageait à lui servir une pension annuelle de 50000 fr. Mais, en 1865, Armstrong rompait son traité afin de diriger pour son propre compte la manufacture d’Ëlswick.En 1859, il avait été nommé chevalier de l’Ordre du Bain et, à l’occasion du Jubilé de la reine Victoria (1887), élevé à la dignité de pair d’Angleterre avec le titre de baron. Depuis plus d’un demi-siècle, il faisait partie de la Société Royale de Londres.
- Parmi scs autres inventions, distinguons encore une nouvelle machine hydraulique employée avec succès dans le percement du Saint-Gothard. Indépendamment d’assez nombreux mémoires scientifiques, Armstrong a laissé deux ouvrages : A visil lo Eyyjjt (1875) et Electric movement in air and water (1897). Enfin, il consacra les loisirs de ses dernières années à la formation d’une riche collection artistique dans laquelle figurent entre autres tableaux remarquables plusieurs chefs-d’œuvre de Millais. Jacques Boyer.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiicre, rue de Fleuras, 9.
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- UNE MAISON DÉMONTABLE EN BOIS
- Chaque luis que nous assistons à la démolition d’une demeure ou d’une construction quelconque,
- nous ne pouvons vaincre un sentiment de gène et de regret devant le travail perdu et l’argent dépensé en vain ; il est certain que le propriétaire sait en général ce qu’il fait, et s’il sacrifie de gaieté de cœur les maçonneries qui recouvraient son terrain, c’est qu’il
- 1. — Jlaisou démontable. Vue d’ensemble
- espère retrouver dans sa combinaison un bénéfice suffisant. Il n’en est pas moins vrai que si, au lieu de démolir, c’est-à-dire d’anéantir l’ouvrage qui existait, il pouvait simplement le démonter pour le transporter plus loin ou même le vendre pour être employé ailleurs, on trouverait l’opération plus rationnelle et plus intelligente.
- Nous avons vu à l’Exposition un type de maison démontable en bois, qui, en bien des cas, pourrait rendre des services considérables, surtout aux personnes dont les demeures ou installations ne sont pas destinées à rester indéfiniment à l’endroit où elles ont été élevées. 11 est certain que ces constructions démontables ne peuvent servir à tous les cas ; on ne pourrait par exemple édifier une maison démontable à cinq étages, ni un palais ou une caserne; mais
- 2!l° ai hit. — b1 seiiK'slre.
- Fig. 2. — A, Assemblage de la pauue du faîtage; 11, assemblage d’une panne courante; C, assemblage d’une panne avec le cadre supérieur;
- . 1), disposition des différentes attaches des panneaux avec les montants.
- pour les maisons à un étage, les hôpitaux militaires dont une des propriétés est d’être très mobiles, les
- petites usines, les maisons de gardes, les bureaux de chantiers, etc., elles sont d’un emploi très avantageux. Elles ont ceci de particulier et qui les différen* cie de tous les autres types connus antérieurement, c’est que tous les éléments de même destination sont interchangeables. Si on n’est pas satisfait de la disposition des pièces de sa maison, rien de plus facile, on change les murs de place, on enlève les portes pour les transporter plus loin si on le préfère; il en est de même pour les fenêtres, les balcons, les vérandas, etc.
- A part les parquets et la toiture dont nous parlerons plus loin, la maison démontable se compose essentiellement de montants et de panneaux.
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- LA NATURU.
- Les montants sont des pièces en bois de forme spéciale, destinées à réunir les panneaux entre eux ; quant aux panneaux, ce sont les parties pleines ou évidées qui constituent les murs et les cloisons; ils ont invariablement I mètre de large, quanta la hauteur elle peut varier, mais présente en général 5"’,50, c’est-à-dire la hauteur du parquet au plafond des pièces. Les panneaux qui constituent des parties pleines se composent de deux séries de planches parallèles fixées les unes contre les autres et formant entre elles un vide de 15 centimètres, ce qui constitue un matelas d'air de première qualité ; c'est un isolant contre le froid l’hiver et contre la chaleur l'été. D’autres panneaux forment les fenêtres, ils sont alors composés de portions pleines formant le dessous et le dessus de la haie et d’un cadre qui sert à placer les battants de la croisée; d’autres panneaux enlin sont des portes soit pour les murs des
- Salon
- Chambre
- Salle à rnan
- Cuisine
- t ij;. 3. — IMan du rez-ile-cliaiisséi> de la maison représentée fig. 1 .
- laçades, soit pour les cloisons intérieures; nous avons encore les panneaux formant les encadrements des balcons couverts, des vérandas, etc.
- \ eut-on construire une maison, on commence par niveler avec soin le sol et par le pilonner de façon à lui donner une résistance suffisante qui lui permettra de supporter l’édifice. On pose ensuite un cadre horizontal destiné à soutenir les montants verticaux et les panneaux ; on a soin de faire reposer ce cadre sur des cales de façon à éviter de placer le plancher à même sur le sol et pour pouvoir rattraper facilement toutes les différences de niveau du terrain; on place ensuite les lambourdes dont le nombre varie naturellement suivant les dimensions de la maison, ces dernières sont destinées à recevoir le plancher. Quant à celui-ci, il est composé de panneaux de mêmes dimensions tout préparés qu’on n a qu’à poser sur les lambourdes et sur le cadre du pourtour. Chacun des éléments s’emboîte facilement dans son voisin.
- Toutes ces opérations se font très rapidement. Pour élever les murs, on fixe des montants sur le caire horizontal et on assemble successivement les
- panneaux avec les montants. Ces derniers sont de plusieurs sortes ; pour lesencognures, ils présentent deux parties en équerre dirigées dans chacune des directions de l’angle ; à l’intersection des deux murs ils ont la forme d’un T, avec trois directions (fig. 2).
- Une des grosses difficultés réside dans l’assemblage; il fallait trouver un moyen expéditif et d’une solidité à toute épreuve, il fallait enfin supprimer tous les systèmes exigeant des clous ou des mortaises dont 1 emploi ne .pouvait que détériorer les panneaux et les montants. Chaque fois qu'il y a deux parties à assembler, comme par exemple un montant et un panneau, les deux portions en regard sont découpées suivant un profil qui présente une forme en queue d’arondc (tig. 2) ; on présente ensuite sur chacune des faces une pièce de bois avant en creux la forme en saillie des montants et ayant toute la hauteur de l’assemblage, ces deux pièces forment clé; à l’aide de boulons, on serre ces deux clés sur les faces inclinées des joints d’assemblage; plus on forcera les écrous et plus les parties à réunir se rapprocheront l’une de l’autre à cause de la disposition en plans inclinés des faces en contact. Quand il s’agira de démonter la maison, on n’aura qu’à déboulonner les joints, les panneaux et montants devenus libres pourront être enlevés facilement. Les pièces sont toutes interchangeables, de sorte que non seulement on peut changer la disposition des lieux, mettre une porte là où il y avait une fenêtre, ou varier la forme et les dimensions des pièces, mais encore la maison peut à volonté être agrandie ou diminuée : il suffit de la prolonger ou de la raccourcir dans le sens que l’on voudra. Au-dessus des montants et des panneaux, on place un deuxième cadre horizontal qui est formé de sablières et de traverses munies de rainures destinées à recevoir la toiture.
- Cette dernière se compose de fermes d’une seule pièce ou divisées en trois morceaux à réunir, cela dépend des dimensions de la construction ; elles débordent en dehors des parements des murs; les pièces de la ferme sont jointes entre elles à l’aide d’agrafes très simples munies de boulons de serrage (fig. 2). Ces mêmes agrafes servent à maintenir les fermes au corps même de la maison. Au-dessus sont placées des pannes qui reçoivent la couverture; on met sur les pannes des panneaux en bois tout préparés recouverts d’une couche protectrice quelconque. On les dispose dans le sens même des fermes, en ayant toujours soin de les poser en quinconce, de façon à ne pas démolir l’équilibre de la ferme, tout en assurant le contreventement. Au lieu d'employer du bois pour la couverture, on peut avoir recours à un système de tuiles quelconques ; celles-ci peuvent facilement s'emboîter les unes dans les autres, elles constituent d’ailleurs des matériaux ayant toutes les qualités exigées pour une maison démontable. Si la maison possède un étage comme dans le cas qui a été choisi pour faire l’image qui accompagne ce texte (fig. 1), on emploie un cadre plus résistant formant la division des deux plans
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- superposés. Ce cadre sert à réunir les montants et panneaux du rez-de-chaussée et à soutenir ceux de l’étage ainsi que le plancher. Une maison semblable pourrait être élevée en quatre ou cinq jours par huit hommes quelconques conduits par un chef de chantier connaissant son affaire. Cour la démonter, il ne faudrait (pie quelques heures.
- Ces maisons semblent donner satisfaction à tous les cas qui peuvent se présenter ; elles sont hygiéniques, confortables et solides; d’autre part, leur qualité d’être à volonté démontables et changeables les recommande tout spécialement dans des circonstances particulières. A. da Cumia.
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- LE CENTRE DO SOMMEIL
- Existe-il dans noire appareil cérébro-spinal un centre qui commande le sommeil, comme il en existe un pour le langage, pour la parole, pour les mouvements des membres? Pourquoi les neurones, lassés des excitations de la journée, des fatigues de tous genres que nous leur imposons par le travail soit physique, soit intellectuel, par les veilles, le surmenage de la vie, ne replieraient-ils pas, à un moment donné, leurs prolongements, laissant les centres du mouvement inactifs, seul le centre du repos agissant pour engourdir tout notre être? Mais aba's quelles puissances inhibitrices viendraient mettre en action cette zone somnifère et provoquer à l’heure dite la fermeture des paupières et l’assoupissement précurseurs du sommeil?
- 11 existe dans la science des faits de sommeil prolongé par lésions de points spéciaux du cerveau qui permettraient presque cette hypothèse. Et les hystériques, dont l’état léthargique se prolonge, comme pour certaines dont j’ai cité des exemples, des semaines, des mois, seraient peut-être des sujets dont le centre somnifère serait prédominant, pendant que le reste du système nerveux resterait inerte et en quelque sorte paralysé.
- Des savants renommés ont constaté des cas de sommeil prolongé qui reconnaissaient pour cause des lésions de la substance grise de l’aqueduc de Sylvius et du plancher du troisième ventricule.
- . Gayet a publié une observation de ce genre où le sommeil s’est prolongé sans interruption pendant cinq mois. En voici un cas plus curieux encore, puisque le sommeil a duré sept mois, qui a été récemment publié par M. Soca. Une jeune fille de dix-sept ans fut prise d’une syncope brusque à la suite d’une affusion froide, d’un tub vulgaire. Quand elle reprit connaissance, elle s’aperçut que sa vue avait baissé considérablement et elle était presque aveugle quelques jours plus tard. On l’admet à l’hôpital et là elle s’endort profondément. En la secouant, on la tirait de sa torpeur; elle s’éveillait comme une personne qui sort d’un sommeil naturel, elle répondait paresseusement aux questions qu’on lui posait et retombait dans son sommeil et ce sommeil dura sept mois. On peut dire qu’elle passa sans transition du sommeil à la mort, car elle fut emportée au septième mois par une pneumonie d’origine tuberculeuse. Toutes les fonctions s’accomplissaient bien; par-foison alimentait la malade pendant son sommeil, d’autres fois elle se réveillait, mangeait un peu et se remettait à dormir. Or il existait chez cette malade une tumeur du cerveau qui comprimait exactement les mêmes régions que dans les cas analogues de sommeil prolongé, savoir le plancher du troisième ventricule.
- Existe-t-il à ce niveau, dans ce foyer de substance grise, un centre spécial, véritable dispensateur des trésors de Morphée? M. Soca n’ose pas conclure à son existence. On sait en etl'et que le sommeil s’accompagne et dépend d’un certain degré d’anémie cérébrale, d’un ralentissement de la circulation générale et locale. Et ce ralentissement de la circulation, qui le commande, qui le provoque, la lassitude, la fatigue corporelle, l’épuisement des cellules nerveuses, le calme de la nuit et de l’obscurité? C’est probable. Mais cette impulsion ne pourrait-elle partir d’un centre unique, d’un foyer limité dans la masse cérébrale? C’est une hypothèse, qui n’a rien d’invraisemblable et qui trouve même un appui dans la concordance des lésions trouvées dans ces cas singuliers.
- U existe une maladie bizarre qui sévit sur certaines peuplades de l’Afrique et que l’on a dénommée maladie du sommeil, parce que le malade tombe graduellement dans un état d’apathie, de dépression et de somnolence torpide que rien ne peut modilier; la maladie est incurable. On a examiné de nombreux malades frappés de cette grave affection, mais les lésions constatées n’ont pas toujours été similaires. Chez quelques-uns il existait des altérations de l’enaéphale, du corps pituitaire, mais chez d’autres rien de localisé.
- Ceci irait donc à l’encontre de l’hypothèse d’un centre. Mais il faut dire qu’il s’agit dans cette maladie vraisemblablement d’une intoxication causée par un germe mal déliai (on a supposé qu’il s’agissait d’une variété de filariose) qui exerce cependant son action première sur l’encéphale. D’autres maladies produisent aussi des trou blés de la circulation centrale, de la somnolence, allant jusqu’au coma ; mais il ne s’agit plus là d’un sommeil comme dans les cas que je citais. Contentons-nous de nous demander si le centre du sommeil existe et d’attendre des faits précis qui nous en donnent la preuve. I)r A. Cautaz.
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- PHOTOGRAPHIE
- CHASSIS PHOTO-TIREEU
- L'obtention du cliché est la partie la plus intéressante de la photographie et il existe bien des amateurs avant quantité de clichés qui n’ont jamais été tirés. Le fait est que c’est une opération fastidieuse, surtout lorsqu’on fait des tirages par noircissement direct; il faut une surveillance constante pour ne pas dépasser l'intensité voulue, et quand du même cliché on veut obtenir plusieurs épreuves il est fort difficile d’arriver aies avoir toutes de ton semblable. Il n’v a guère que les tireurs de profession qui arrivent à un lion résultat, parce qu’ils sont outillés pour cela et ont une surveillance constante des châssis exposés. Le papier au bromure qui, il est vrai, nécessite un développement, présente plusieurs avantages qui devraient bien souvent le faire préférer aux différents papiers à noircissement direct. II permet en effet de faire le tirage à toute heure et par tous les temps ; on peut obtenir dans le même temps un plus grand nombre d’épreuves et, une fois le temps de pose connu pour un cliché, on a toujours la même intensité; enfin les images tirées sur ces papiers s’altèrent moins que les autres. Quand on veut obtenir rapidement une douzaine d’épreuves d’un même cliché, c’est certainement le meilleur moyen à
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- employer. 11 est toujours préférable de l'aire l’impression lit lumière artificielle et de s’arranger de f açon tpie la pose ne soit pas trop rapide, en se plaçant assez loin de la source de lumière, : les écarts de pose sont ainsi beaucoup plus faciles à éviter et influent moins sur le résultat final. En effet, si l'on pose 50 à 40 secondes, une erreur de 1 ou 2 secondes sera insignifiante ; tandis que la même erreur devient très importante sur une pose de 5 à 6 secondes.
- Il y a pour l’amateur une opération sinon difficile, du moins un peu délicate ; c’est le chargement du châssis, qu’il faut faire dans l’obscurité après chaque pose. Il arrive souvent qu’on oublie de remballer son papier sensible au moment où l’on sort sa lampe de la lanterne rouge pour faire l’impression ; outre cette petite mésaventure, qui est certainement
- arrivée à beaucoup de nos lecteurs; il est fort ennuyeux de répéter 12 fois de suite cette manœuvre en passant de la lumière rouge à la lumière blanche pour charger et décharger le châssis après chaque exposition. C’est dans le but de simplifier ces opérations qu’a été imaginé le châssis photo-tireur, construit par la maison Cristallos. Il se compose d’une boîte rectangulaire dans laquelle on met, à l’un des bouts, un rouleau de papier sensible ; l'extrémité de ce papier va s’enrouler sur line bobine II qui peut se manœuvrer de l’extérieur avec une manivelle M. Pour se rendre de la case L à cette bobine, le papier passe swr le cliché E, qui a été disposé dans un cadre placé en face d’une ouverture fermée par un volet À.
- Entre ce volet et le cliché on peut intercaler des verres dépolis, ou des dégradateurs, qu’on introduit
- dans des rainures S par l’ouverture P. Afin dérégler l’emploi de ces derniers et aussi de fixer le temps de pose, on commence, avant de mettre en place la bobine de papier sensible, par faire un ou deux essais. Pour cela, quand le cliché a été mis en place, on ferme le couvercle G et, par la porte qui s’y trouve ménagée, on met un fragment de papier sensible en contact avec lui ; puis on fait l’exposition en tirant le volet A. On recommence l’opération jusqu’à ce qu’on ait trouvé les meilleures conditions : choix et emplacement des écrans ou dégradateur à interposer, distance du châssis à la source de lumière, etc.... (juand on est arrivé au résultat voulu, on met le rouleau de papier en place ; il est généralement fait pour 12 poses consécutives. Suivant qu’on veut obtenir des 15x18 ou des 9x12 on place en H une bobine d’un diamètre plus ou moins grand et on y amorce l’extrémité du rouleau de papier ; on ferme le couvercle G et on place le châssis en face de la source
- de lumière, qui est généralement une lampe à pétrole munie d’un réflecteur.
- On ouvre alors à la main le volet A et on pose le nombre de secondes reconnu préalablement nécessaire pour avoir un bon résultat. On ferme le volet A et, pour faire passer le papier dans le compartiment B, on fait faire un tour entier à la manivelle. En R, se trouve un compteur qui marque le nombre de fois qu’on a manœuvré l’obturateur, on sait donc toujours où l'on en est de la série.
- Si l’on veut développer ensuite en morceaux coupés les 12 épreuves obtenues, on appuie après chaquepose sur un bouton spécial, qui marque l’intervalle où l’on peut couper entre chaque image.
- La simplicité de la manœuvre de ce châssis permet d’obtenir très rapidement une série d’épreuves d’un même cliché avec une grande régularité dans le tirage. G. Mareschal.
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- NOUVELLES VOITURES DE LA COMPAGNIE DES CHEMINS DE FER DE L’OUEST
- Fiji. 1. — Voiture de 1” classe à couloir partiel avec couchettes.
- La Compagnie de l’Ouest a mis en service dans I voyageurs comportant, à divers points de vue, d’inté-ces derniers temps un certain nombre de voitures à | rossants dispositifs concernant le coniort et la sécu-
- Fig. 2. — Voiture de 2* classe à plates-formes, banlieue.
- rite. Ces véhicules comprennent notamment des voi- partiel et lits dans les compartiments extrêmes, des turcs de lre classe ;'i h compartiments avec couloir voitures de 2e classe à plates-formes pour lignes
- de banlieue, des voitures mixtes de 2e et 5e classes, 21' classes à bogie pour lignes à voie étroite et enfin à couloirs partiels, des voitures mixtes de lro et des voitures à intercirculation de I10 classe à bogie
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- et de 2'' classe à 5 essieux destinées aux trains rapides et aux trains du Service international Paris à Londres par Dieppe et Newhaven ; ces voitures accompagneront aussi des voitures-restaurants dans d'autres trains.
- Les voitures de l'e classe à 2 essieux, à 4 compartiments avec couloir partiel, water-closct au milieu de la voiture et lits dans les compartiments extrêmes ( fig. 1 ), ont été étudiées en vue de mettre à la disposition du public, des lits à tarif peu élevé (5 francs quel que soit le parcours). Les deux compartiments intermédiaires sont du type ordinaire; les deux compartiments extrêmes peuvent être aménagés en compartiments-lits à 4 couchettes obtenues en utilisant les banquettes et les dossiers. Ces compartiments-lits sont pourvus d’une armoire et de planchettes pouvant recevoir certains objets faisant partie du matériel des couchettes tels qu’oreillers, escabeau, etc..., ainsi que les bagages à main des voyageurs.
- Le nombre des places assises est de 24 pour un poids total à vide de 12l,700.
- Le châssis, entièrement métallique, du type courant adopté par la Compagnie, a 10m,800 de longueur extérieure hors tampons ; l’écartement des essieux est de 5m,900; ces véhicules ont un roulement très doux sur les bonnes voies.
- Le chauffage est assuré par un thermo-siphon.
- Depuis 1898, il a été construit un certain nombre de voitures de 2e classe à plates-formes montées sur 2 essieux, étudiées spécialement pour le service de banlieue. Ce type de voiture concilie les avantages du matériel à circulation avec les exigences de l'évacuation rapide qui est une des nécessités de ce genre de service (fig. 2). On accède à ces voitures par des perrons placés aux deux extrémités et aboutissant aux plates-formes, munies chacune de deux portes de chaque côté, ce qui donne quatre portes sur chaque face de la voiture. Une cloison divise le véhicule en deux compartiments inégaux dont le plus petit est réservé aux fumeurs ; une porte de communication permet de passer de l’un dans l’autre.
- Ces voitures, construites en teck avec panneautage extérieur en teck verni, sont assez spacieuses pour pouvoir recevoir, les jours d’affluence, en plus des voyageurs assis, un certain nombre de voyageurs se tenant debout, soit dans le couloir, soit sur les plates-formes dont le fond comporte d’ailleurs une banquette sur laquelle peuvent prendre place quatre voyageurs assis; ceux-ci, en raison de leur position surélevée, ne sont pas gênés par les voyageurs restant debout sur les plates-formes. Le nombre des places assises est de 44 dont 14 pour le compartiment des fumeurs, 22 pour le grand compartiment et 8 pour les plates-formes. Le poids à vide est de 101,500, la longueur extérieure hors tampons de 12m,300 et l’écartement des essieux de 6m,500. Le chauffage est obtenu au moyen d’un thermo-siphon.
- La Compagnie a étendu aux voyageurs de 2e et 5e classes de certains trains de grand parcours, l’usage des voitures à couloir partiel à water-closet.
- La disposition générale de la voiture de ce type a été exposée à Yincennes; elle dérive de celle de la voiture de I"' classe à couloir partiel.
- La caisse, supportée par un châssis métallique à 2 essieux écartés de 7 mètres, est divisée en deux parties indépendantes comportant chacune 5 compartiments avec un couloir et un water-closet et réservées : l’une, aux voyageurs de 2° classe, l’autre, aux voyageurs de 5° classe. 1ns couloirs latéraux sont situés, l'un le long d'une face, l'autre le long de l’autre face de la voiture. Les compartiments intermédiaires de 2° classe sont munis de portes roulantes, ceux de 5‘‘ classe communiquent librement avec le couloir. Les deux compartiments extrêmes peuvent être isolés au moyen d’une porte. La longueur extérieure de la caisse est de 11'",240. Le nombre des places offertes est de 50 dont 25 de 2 ' classe pour un poids total à vide de 155500. Le chauffage est obtenu au moyen d'un thermo-siphon.
- Les voitures de lre classe à bogie (fig. 5) dont la caisse a 18m,500 de longueur comportent un couloir latéral régnant de bout en bout et sur lequel s’ouvrent les portes d’accès des 7 compartiments; un wa^r-closet occupe une des extrémités de la voilure. Le nombre des places assises est de 41 ; le poids à vide du véhicule est de 29 tonnes.
- Les châssis de la voiture et du bogie sont en tôle emboutie; le panneautage extérieur est en frises de teck vernies ; l’écartement des pivots des bogies est de 12 mètres et celui des essieux de chaque bogie est de 21",500. L’éclairage est assuré par des lampes électriques à incandescence alimentées par une installation mixte comprenant une dynamo génératrice qui prend son mouvement sur un des essieux du véhicule et une batterie d’accumulateurs. Deux thermo-siphons à circuits indépendants assurent chacun le chauffage d’une moitié de la voiture ; leurs foyers sont montés aux deux extrémités des châssis.
- Les voitures de 2e classe (fig. 4) à intercirculation ne diffèrent des précédentes que par leur longueur qui est de i3m,40 pour la caisse; elles sont portées par 5 essieux ; l’écartement des essieux extrêmes est de 8m,500. En vue du passage dans les courbes, les coussinets, les boîtes, les mains de suspension, etc., de l’essieu intermédiaire sont disposés de manière à permettre le déplacement latéral nécessaire à l’inscription. Le poids des voitures à vide est de 20 tonnes ; elles comportent 8 compartiments offrant 47 places assises. —— A. R.
- LE FABISME
- On a signalé chez les animaux qui ingèrent certaines espèces de légumineuses, le trèfle, le lupin et plus spécialement le lathvrus cicera, des accidents d’intoxication plus ou moins graves qu’on a décrits sous le nom de lathyrisme. Ces accidents caractérisés par des troubles nerveux plutôt qu’intestinaux, vertiges, paralysies des membres, s’observent également chez l’homme.
- M. Bourlier, d’Alger, fut un des premiers à signaler cette similitude de symptômes et d’accidents toxiques et,
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- si mes souvenirs sont exacts, c’est lui qui a proposé ce nom de lathyrisme. C’est en Kabvlie qu’il avait étudié la maladie. La pénurie des récoltes, les menaces de famine avaient amené les Kabyles à faire usage de farine préparée avec les graines du lathyrus cicera. Les graines de cette légumineuse, que les Arabes appellent Üjillen-Bougueru, ont la réputation d’être toxiques; on les donne cependant, de temps à autre, sans inconvénients, mélangées à l’orge pour l’alimentation des bestiaux et des volailles.
- Les symptômes du lathyrisme sont ceux d’un empoisonnement. Légère ou grave, la maladie débute brusquement par de la parésie ou de la paralysie des membres inférieurs, sans grande douleur, puis des contractures, du tremblement, indiquant une altération de l’appareil médullaire. 11 semble s'agir d’une action élective sur la moelle et les centres nerveux de l’alcaloïde de la plante, de l’agent toxique. %
- Tout récemment on vient d’étudier en Italie une maladie, sinon similaire dans son évolution, mais analogue comme origine. Ce n’est plus le lupin, ni le lathyrus cicera, le pois chiche, mais la fève vulgaire qui, dans certaines régions de l’Italie du sud, la Sicile, la Sardaigne, est la base de l’alimentation. C’est parmi ces populations rurales qu’on a eu l’occasion d’observer ces accidents. Les malades étaient accoutumés à manger des fèves et un beau jour, soit prédisposition acquise, soit par mauvaises conditions hygiéniques et nutritives, on voyaitgsurvenir de la faiblesse, des douleurs de tête, une couleur jaune citron de la peau, des troubles digestifs avec vomissements. Si l’on n’intervient pas par une médication énergique, par un mode d’alimentation réparateur, la maladie peut devenir grave et mortelle.
- Ce qu’il y a de curieux dans cette affection, bien dénommée fabisme ou favisme par un de ceux qui l’ont le mieux étudiée, le l)r Montano, c’est que chez les sujets prédisposés, l’odeur seule de la plante peut provoquer l’explosion du mal ou les rechutes. 11 suffit à un de ces paysans, et les cas ont été vérifiés avec la plus grande exactitude, de passer le long d’un champ de fèves, à l’époque de la floraison, pour être victime de l’intoxication. M. Montano a vu un enfant pris de fabisme après avoir tèté sa mère qui venait de séjourner dans un champ de fèves. Le 1)' Stcvani a observé un cas survenu chez un paysan qui avait passé la nuit roulé dans une couverture utilisée pour la récolte des fèves.
- Quelle est la cause de cette maladie? S’agit-il d’une intoxication véritable due à un alcaloïde de la plante? C’est vraisemblable. L’action à distance provoquée par les émanations des fleurs de fève ne se produit que chez les sujets prédisposés par l’ingestion. Alcaloïde ou microorganisme, c’est à chercher. Stevani a commencé ces études et il a vu que l’extrait de la fève, le principe actif, mis en contact avec du sang frais, altère et finit par détruire les globules rouges.
- La lutte contre cette maladie est assez facile, en apparence; il n’y a, semble-t-il, qu’à supprimer l’alimentation par les fèves. C’est en effet le moyen le plus simple et le plus radical. Mais par quoi remplacerez-vous cet aliment de première nécessité dans les campagnes pauvres? Il faut substituer à la fève une autre graine alimentaire, savoir si elle prospérera dans ces sols ingrats. Ce sont des problèmes d’ordre économique qui viennent se mettre à l’encontre des questions d’hygiène et de pathologie; ils ne sont pas insolubles et ils ne peuvent manquer d’être tranchés rapidement, puisqu’il s’agit de la santé et de la vie d’êtres humains. Dr À. C.
- HIHLIOi HÈQIE WTIOWLE1
- TRAVAUX I) AGRANDISSEMENT
- Les revues de lin d’année ont longtemps égayé le publie des théâtres du Boulevard par leurs allusions à I’ « ouvrier » de l’Are de Triomphe et aux « actifs » travaux de reconstruction de l’Opéra-Comiquo.
- Encore pouvait-on espérer qu'un jour « le a maçon de l’Arc de Triomphe aurait terminé sa restauration, et qu’on verrait inaugurer le théâtre Favarl ! Mais on ne parlait même pas de la Bibliothèque nationale, dont la reconstruction traîne depuis un demi-siècle, comme si cette œuvre importante ne devait décidément s'effectuer jamais. L’État avait bien, en 1878, acquis, pour une somme de 7 millions 200000 francs, les immeubles de la rue Yivienne contigus aux riches dépôts de la Bibliothèque, et dont la mitoyenneté menaçait des plus graves dangers nos collections nationales. Une fois démolis ces immeubles, le péril d’incendie était sans doute écarté ; c’était déjà quelque chose. Mais l’accroissement continu des collections, la gêne causée à tous les services par l’insuffisance d’installations provisoires, les réclamations et les protestations de M. Léopold Belisle, administrateur général de la Bibliothèque, et de M. Pascal, l’architecte de ce grand établissement, ne pouvaient, arracher à l'indifférence du Parlement les crédits nécessaires poulies travaux les plus indispensables.
- Alors on vit, pendant plus de vingt ans, se développer dans les terrains vagues de la rue Yivienne une llore aussi curieuse peut-être que celle des ruines de la Cour des Comptes, et une faune dont aucun naturaliste n’eut l’idée de déterminer les espèces, genres ou variétés. A peine l'opinion se laissa-t-elle émouvoir, il y a deux ou trois ans, par un entrefilet d’un petit journal donnant de pittoresques détails sur les cultures maraîchères entreprises dans ces mêmes terrains par le garçon de bureau de l’architecte, qui devail encore, disait-on, se faire des rentes truculentes en élevant des lapins sur le domaine de l’État.
- Etant donné le prix du mètre eu un pareil quartier - 5000 à 4000 francs, -- m'est, avis qu’on aurait dû remercier ce brave homme de la leçon qu’il donnait là au gouvernement assez peu soucieux des intérêts économiques du pays pour laisser improductif, en plein cœur de Paris, un sol payé aussi cher et dont l’utilisation était si impatiemment attendue par une de nos plus belles institutions scientifiques.
- Enfin, tout arrive! Le Parlement s’est décidv à voter un million et demi pour les travaux de la Bibliothèque nationale, et M. Pascal a pu, dès 1898, les commencer. Ce sera une œuvre de longue haleine pour laquelle il faudra encore de nouveaux millions. Pour aujourd’hui, je voudrais seulement mettre sous
- 1 Voy. La Nature, 1879, II, p. 529; 1880, II, p. 45; 1881, II, p. 195.
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- LA NATURE.
- les veux dos lecteurs do La Nature le plan d'ensemble dos constructions à élever pour terminer la Bibliothèque nationale et donner à ses services, d’ici quelques années, leurs installations définitives.
- Rappelons d’abord dans quelles circonstances ont été entrepris, il y a bientôt un demi-siècle, les travaux dont nous pouvons prévoir à peu près, maintenant, le complet achèvement.
- C’est Colbert qui, en 1666, transporta la Bibliothèque de la rue de La Harpe dans une de ses maisons de la rue Yivienne ou Vivien, comme on disait alors ; cette maison fut bientôt insuffisante. L’hôtel de Nevers, rue de Richelieu, étant devenu libre en 1721, après la ruine de la fameuse Banque de Law, l’abbé Bignon le demanda pour y installer la Bibliothèque du Roi.
- Cet Hôtel de Nevers comprenait en réalité tous les bâtiments longeant la rue de Richelieu, à l'exception des appartements de la marquise de Lambert, sur la rue Colbert, et de l’ancien Hôtel de Chivry, à l'angle de la rue de Richelieu et de la rue des Petits-Champs. La rue Colbert passait alors sous une arcade dont on voit encore les amorces si l’on examine, dans cette même rue, le pavillon à l’encoignure de la rue de Richelieu, dont nous reproduisons ci-contre une vue (fig. 1).
- Nous avons tenu à conserver le souvenir de ce dernier reste de cette partie des anciens bâtiments de la Bibliothèque, parce que c’est là qu’on installa, en 1741, le Cabinet des Médailles, qui y resta jusqu’en 1868. La salle qui lui fut attribuée dans les anciens appartements* de la marquise de Lambert se trouvait placée au-dessus de l’arcade Colbert, aujourd'hui démolie. Cette salle était décorée avec beaucoup de luxe ; on y voyait en particulier les tableaux de Vanloo, de Natoire et de Boucher qui furent . depuis placés dans la salle de travail des Manuscrits et dans le vestibule des bureaux de l’Administration. C’est dans ces locaux, protégés pourtant par de formidables grilles, que fut commis le célèbre vol de médailles de 1851, qui priva nos collections de précieux monuments numismatiques dont un certain nombre furent retrouvés au fond de la Seine ; c’est peut-être à la suite de ce vol, du reste, que les grilles furent posées. Actuellement, ce pavillon est occupé par les bureaux de M. Pascal, l’architecte de
- la Bibliothèque. Quant au Cabinet des Médailles, il est installé rue de Richelieu, provisoirement, depuis 1868, jusqu’à ce qu’il puisse définitivement, s’établir rue Yivienne, dans les bâtiments dont la construction est enfin commencée.
- Indiquons maintenant l’état des travaux qui restent à exécuter afin que la Bibliothèque nationale, formant un ensemble bien isolé par quatre rues, soit dotée, pour un certain nombre d'années, des locaux dont elle a de pins en plus besoin.
- . Le plan ci-contre (fig. 2) donne une idée complète de ce que sera alors la Bibliothèque.
- Ce plan représente le rez-de-chaussée des nouveaux bâtiments construits (tracés en noir) et à construire (indiqués par. des hachures). Les crédits
- mis à la disposition de M. Pascal ne lui ont permis encore d’élever (pie la construction située entre le milieu de la rue Colbert et l’angle de la rue Yivienne. Le rez-de-chaussée et le sous-sol de cette construction seront consacrés à emmagasiner les collections de journaux qui deviennent de jour en jour plus encombrantes et qui ont déjà envahi tout le rez-de-chaussée du bâtiment situé entre l’angle de la rue de Richelieu et le milieu de la rue Colbert, au-dessous de la Salle publique de lecture, qui occupe le premier étage, — toujours provisoirement.
- Cette Salle publique, dont le développement a été considérable depuis son ouverture en 1868 (lecteurs : 54 472 en 1869; 61 161 en 1899; volumes--: 57 585 en 1869; 79559 en 1899, chiffres nécessairement limités à cause de l'exiguïté de cette galerie qui oblige à refuser l’entrée à de nombreux travailleurs), doit être établie, lorsque les travaux seront terminés, dans une enceinte parfaitement installée, que l’on peut voir sur le plan, et dont l’entrée sera rue Yivienne. M. Pascal, qui a visité toutes les grandes bibliothèques d’Europe et d’Amérique, compte appliquer, dans cette salle, toutes les ressources modernes de l’art de l’architecte en matière de confort, de décoration, d’hygiène, d’éclairage, de chauffage, etc.
- On sait que ce département sera ouvert le soir au public, ce qui rendra de véritables services aux hommes d’étude.
- Nous aurons l’occasion de revenir sur celte partie
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- LA NAITRE.
- dos bâtiments, qui n'ost oncore qu'à l’étal de projet. au Département des Manuscrits dont les collections Le premier étage, sur la rue Colbert, sera livré sont fort à l’étroit, et, sur la rue Vivienne, égale-
- Fig. 2. — Plan d'ensemble après l'achèvement des travaux.
- ment au premier, sera installé, celte fois définitivement, Je Département des Médailles et Antiques.
- Malgré l’étendue a p p a -rente de ces constructions
- Fig. 3. — Coupe du pavillon à l’angle des rues Vivienne et Colbert.
- Voici une coupe (fig. o) du pavillon d’angle de la rue Colbert et de la rue Vivienne, montrant la disposition des étages réservés dans le bas pour les collections de journaux, — même au-dessous du niveau du sol de la voie publique, — et, aux étages supérieurs jusqu’aux combles spacieux placés
- Fig. I. — Premier étage du nouveau bâtiment sur la rue Colbert.
- nouvelles, qui .vont mettre, semble-t-il, la Bibliothèque à l’aise, l’architecte s’efforce de ne pas perdre un pouce de terrain et d’élever les bâtiments aussi haut que possible.
- sous les toits, pour les collections de manuscrits.
- Enfin la figure 4 montre dans son ensemble le plan du premier étage du nouveau bâtiment sur la rue Colbert et la disposition des nombreux corps de casiers qui doivent occuper cette galerie, perpendiculairement aux murailles.
- Actuellement, le gros œuvre est complètement
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- LA NATURE.
- achevé ; on s'occupe des aménagements intérieurs. 11 ne s'écoulera pins que deux ou trois mois avant que les départements intéressés, qui sont ici les Imprimés et les .Manuscrits, puissent prendre possession des locaux qui leur sont destinés.
- Faisons des vœux pour que l'œuvre de reconstruction, commencée en I8M par M. Labrouste, puisse être maintenant poursuivie sans interruption par son éminent successeur M. Pascal, dans l'intérêt commun de notre grand établissement scientifique et des travailleurs (pii s'y pressent chaque année plus nombreux. __^ Charles Letort.
- LA NEIGE ET LES CHEMINS HE FER
- Les amoncellements de neige sont un grand obstacle à la bonne marche des chemins de fer. La difficulté, déjà notable dans des pavs — tels que la France — à
- climat tempéré, devient permanente au Nord et à l’Est de l’Europe, dans les régions principalement où régnent les tourmentes de neige. En Russie, où il n’est pas rare de voir geler sur place les habitants surpris hors de leurs demeures, les trains s’arrêtent en détresse et de grandes villes sont restées parfois plusieurs jours sans relations avec l’extérieur. La neige est donc un grand ennemi des chemins de fer; aussi les administrations ont-elles cherché depuis plusieurs années à en atténuer les fâcheux effets,v surtout pour les grandes lignes et les lignes internationales.
- On a d’abord multiplié les observations météorologiques*' pour prévoir les tourmentes de neige. En Russie, le
- ministère des voies de communication a créé, à l’Observatoire de Saint-Pétersbourg, un service d’études où se centralisent les renseignements télégraphiques fournis par diverses stations du territoire. Ce service fonctionne d’une manière analogue à celui qui prédit en France les crues des rivières. Les résultats obtenus ont été satisfaisants en ce sens que les faits se sont trouvés être assez bien d’accord avec les prévisions. Mais on n’a pu réussir à transmettre les prévisions avec une rapidité telle qu’elles soient connues à temps sur les points inté ressés. Ce service n’a donc pas généralement donné tout ce qu’on en attendait.
- Au point de vue des tourmentes de neige, il faut s’en tenir aux règles générales indiquées par la météorologie, savoir que la tempête marche avec une vitesse variable vers une dépression. Généralement, la tempête part des bords de l’Adriatique ou de la mer du Nord, et, traversant les grandes plaines de l’Europe Centrale, vient produire ses effets surtout dans la Hongrie, la Roumanie, et la Russie méridionale. Au point de vue de l’observation locale, on réunit déjà de bonnes probabilités lorsqu’on suit régulièrement les variations du baromètre et du thermomètre.
- La neige qui encombre la voie provient soit de la chute naturelle, soit des avalanches, soit des tourmentes de vent.
- 1° Chute naturelle. — La neige tombée sur la voie sans action du vent couvre également toutes les parties de la ligne; elle ne tombe pas, généralement, en assez grande quantité pour obstruer immédiatement la voie, et l’on peut aisément l’enlever au chasse-neige pendant qu’elle est encore à l’état de poussière, et non durcie.
- 2° Avalanches. — Sur les lignes de montagnes les avalanches présentent les plus grands dangers; non seu'ement elles peuvent intercepter la circulation, mais les masses de neige peuvent atteindre les trains en provoquant des accidents. Il faut dans ce cas protéger la voie par des tunnels en maçonnerie ou tout au moins par des charpentes. Ces dernières, employées en Amérique, doivent être assez résistantes pour supporter le choc et le poids de la neige. Lorsque c’est nécessaire, on établit des ouvrages de défense contre les avalanches. Ils consistent généralement en plantations ou en murs de 5 à G mètres de hauteur, avant pour résultat de dévier la marche de la neige et de lui faire franchir la voie en un point où elle soit inoffensive. La figure 1 ci-dessus montre un exemple de ce genre : les avalanches qui tombaient en A passent sur le tunnel voisin grâce à la digue R. Il ne faut pas que l’angle des deux directions soit trop grand, sinon l’ouvrage risque d’être détruit. L’angle maximum admis est en général de 50°. Les lignes des Alpes et notamment celle de l’Arlberg présentent des ouvrages de cette nature, souvent très coûteux d’installation, mais très efficaces.
- 5° Tourmentes de neige. — C’est sous eette forme que la neige cause le plus grand embarras aux chemins de fer. Le transport par le vent s’effectue comme celui de
- rAncienne direction
- Nouvelle
- direction
- runnel
- La neijie et les chemins de fer.
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- LA NATURE.
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- la boue ou du sable par les rivières, c’est-à-dire qu’il se produit un dépôt toutes les fois que la vitesse du courant se ralentit, et au contraire un entraînement lorsque la vitesse s’accélère. Lorsque le courant rencontre un écran, il se produit un dépôt qui affecte successivement les formes a. b. c. (tig. 2). Il y a donc encombrement d’une tranchée de moyenne profondeur (fig. o), et au contraire, entraînement sur les remblais (tig. 4). On emploie des moyens de diverse nature pour préserver la voie contre les tourmentes de neige. Dans les plaines, là où le vent souffle avec le plus de force, on surélève la voie en plaçant le rail à 1 mètre environ au-dessus du sol. Le mode de construction est prescrit par les cahiers des charges récents en Russie.
- Pour les tranchées moyennes, la solution la plus simple est d’aplatir les talus ; mais cette disposition a l’inconvénient de coûter très cher lorsque le terrain a de la valeur. Les tranchées dont les talus ne sont pas trop droits s’enneigent peu. L’aplatissement des talus serait inutile et même impossible à cause de l’énorme dépense. Enfin le moyen le plus efficace consiste à protéger la voie par des obstacles contre le vent.
- Un bon système consiste à planter les abords de la ligne. On met par exemple de chaque côté de la voie plusieurs rangées d’arbres en choisissant de préférence les essences qui conservent leurs feuilles toute l’année (pin, sapin). Ce mode de défense assure une très bonne protection, ainsi qu’il est facile de s’en convaincre en examinant les parties de lignes qui traversent des forêts.
- On peut encore remplacer les arbres par des murs ou des remparts en terre. Mais ces dispositifs entraînent à absorber une très grande largeur de terrain ; ils ne sont donc applicables que dans les contrées où le sol a peu de valeur (Russie, etc.). En général il faut avoir recours aux para neiges. Ces derniers fonctionnent de deux façons différentes : Ou bien ils ont pour but de renvoyer la neige au delà de la voie, ou bien au contraire de l’arrêter avant qu’elle n’ait atteint la ligne de chemin de fer. Dans la première catégorie il faut citer le paraneige Howie (fig. 5) qui a pour but d’étrangler le courant et, en augmentant sa vitesse, de transporter la neige au delà des rails. Le paraneige russe Rudnicki peut être assimilé à une succession de tentes placées au bord de la voie. L’inventeur espérait que le vent frappant sur les parois du paraneige serait renvoyé suivant la loi de l’angle d’incidence égal à l’angle de réflexion. Il espérait encore que le vent, étranglé entre le pied des abris réflecteurs, augmenterait de vitesse et emporterait la neige. L’expérience des chemins de fer Russes montre que ces hypothèses se réalisent mal et que le système n’est pas à recommander. On applique alors les paraneiges de la deuxième catégorie. Ils se composent d’écrans fonctionnant comme l’indique la figure 2, et, en plaçant convenablement cet écran, on peut arriver à emmagasiner un cube de neige déterminé. La disposition de ces paraneiges varie. Citons, d’après la Revue générale des chemins de fer, le paraneige russe : on construit une murette de neige à une distance convenable de la ligne. On la surmonte d’un écran en forme de persienne, et, lorsque cet écran a retenu toute la neige qu’il peut arrêter, on le relève en le plantant au sommet du tas ainsi formé. Ce système exige beaucoup de place pour l’amoncellement de la neige d’une longue période d’hiver : il est pratique en Russie où le terrain est abondamment disponible ; mais en France, on est obligé de recourir à des paraneiges plus simples tels que celui représenté par la figure >t>.
- On donne à l’écran du paraneige une hauteur de 2 mètres environ, d’ailleurs variable. Plus on rapproche les lames du paraneige, plus le dépôt d’aval devient raide. C’est ce que l'on doit faire en France où l’on a généralement peu de place.
- 4° Déblaiement des voies ferrées. — Quel que soit le système de protection, on ne peut pas espérer obtenir une voie complètement exempte de neige. Le but à atteindre semble surtout de régler la hauteur de la neige sur les points particulièrement dangereux. Quand il y a peu de neige, on déblaie souvent la voie au moyen de petits traîneaux à main ou traînés par un cheval, quelquefois en Russie par un chameau. Souvent on place, à l’avant des locomotives, des chasse-neige; mais leur emploi est très discuté. Par neige épaisse on fait usage aujourd'hui de gros chasse-neige très robustes, complètement métalliques. Une modification du chasse-neige a conduit en Autriche-Hongrie au déblayeur Marin, sorte de chasse-neige produisant lui-même le déblaiement de la voie. Dans le même ordre d’idées le chasse-neige rotatif semble appelé à rendre de grands services dans l’avenir. Il a été employé avec succès en Amérique et sur les lignes d’Autriche-Hongrie. Tous ces engins ont pour but de réduire le plus possible le travail à la pelle, qui est encore nécessaire, la plupart du temps, mais qui exige de grosses dépenses et entraîne de grandes pertes de temps.
- A titre d’essai, on a installé çn Russie sur quelques points des fondoirs de neige, où l’on se débarrasse de la neige par la vapeur d’échappement des ateliers voisins ; mais c’est à ce cas que se limite quant à présent l’enlèvement de la neige par fusion. Pur. Aimé.
- SIGNAUX HERTZIENS
- Le naufrage de la Russia donne certaine actualité à une nouvelle utilisation de la télégraphie sans fil indiquée en Angleterre. Il s’agit de mettre en garde les navires contre le voisinage des écueils ou d’une côte dangereuse en temps de brouillard ou de mauvais temps ou encore quand les feux de la côte peuvent prêter à confusion. On propose d’établir en ces points un appareil télégraphique indicateur fonctionnant périodiquement à courts intervalles et envoyant au large par des ondes hertziennes le nom de la localité dangereuse. Par exemple, si cet appareil existait et si, bien entendu, les navires actuels étaient munis d’un récepteur convenable des ondes, la Russia n’aurait pu confondre le sémaphore du Faraman avec les feux du port de Marseille. En effet, toutes les dix minutes un transmetteur de la côte aurait balayé l’espace avec cette indication : « Faraman », comme plus loin, un autre transmetteur aurait télégraphié au large : « Marseille ». Rref, chaque port ou sémaphore enverrait à la pleine mer son nom. Le dispositif combiné est rudimentaire pour pouvoir être manœuvré par le premier venu. Une grande roue porte des dents qui s’engagent dans un engrenage commandant une clef Morse reliée à un transmetteur de signaux hertziens. On fait tourner la roue de façon à télégraphier les lettres composant le nom de la localité. I e navire reçoit la dépêche. Une sonnerie retentit et le récepteur révèle à l’homme de garde chaque région de la côte devant laquelle s’approche le bâtiment.
- 11 y a là une idée qui apparaît pratique. Ainsi seraient . complétés les signaux lumineux en défaut par mauvais temps. M. D.
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- LA NATURE.
- IA FABRICATION DES CONFITURES
- EN ANGLETERRE
- On peut dire que, jusque vers le milieu de ce siècle, il n’existait pas de manufacture de confitures. Chaque ménagère faisait elle-même, chaque année, ses gelées et marmelades, lors de l’apparition des l'ruits, de façon à constituer un approvisionnement suffisant pour la durée de l’hiver. Mais cette habitude a, aujourd’hui, presque complètement disparu par suite de la création de nombreuses usines qui livrent les confitures à un bon marché tel qu’il n’y a plus aucun avantage à les fabriquer soi-même.
- il s’en faut cependant (pie les produits livrés par le commerce atteignent la perfection que réalisaient certaines ménagères expérimentées; cela tient à ce (pie les usines font souvent usage de fruits d’une qualité inférieure et remplacent presque toujours, par mesure d’économie, le sucre par du glucose.
- Néanmoins, il est quelques manufactures qui ne préparent que des confitures supérieures et, parmi ces maisons de premier ordre, je crois devoir citer celle de MM. Chivers et Sons, établie en Angleterre, à Histon, dans le comté de (Cambridge.
- Ces fabricants ont voulu suivre les conseils de Gladstone, qui, dans un discours célèbre sur les maux de l’agriculture, avait recommandé la culture des fruits comme susceptible d’apporter un remède efficace.
- Ce qui caractérise Histon est que les fruits proviennent des lieux mêmes qui avoisinent l’usine et qu’aussitêit cueillis, ils entrent en préparation; les propriétaires sont donc à la fois agriculteurs et manufacturiers. Il résulte de cet état de choses que les fruits sont ainsi mis en œuvre, sans avoir été détériorés par les transports et conservent leur saveur tout entière.
- On peut juger de la prospérité de l’usine par les chiffres suivants. En 1873, elle ne comportait qu’une vieille ferme de 130 acres de terre. Aujourd’hui, les constructions de la fabrique s’étendent sur plus de 4 acres, la culture sur 3000, et l’usine emploie 1000 mains, comme disent les Anglais, c’est-à-dire 500 ouvriers et ouvrières.
- Les fruits cultivés sont surtout les fraises e^ les Iramhoises, mais il y a lieu de noter également les cerises, les groseilles, les mures, les prunes et le cassis.
- Voyons les diverses opérations que comporte la fabrication.
- Les fruits, cueillis surtout par des femmes, plus expertes que les hommes, sont placés dans des paniers, et ceux-ci sont chargés sur les voitures et amenés à l’usine.
- Les fruits sont alors examinés un à un et jetés dans des hottes ; à partir de ce moment, ils ne sont plus touchés par main humaine. Les hottes sont descendues immédiatement à l’aide de moyens mécaniques dans la Chambre aux bassines; les fruits sont pesés et placés dans les récipients avec la quantité nécessaire de sucre. Les bassines, les cuillers et tous les objets qui doivent être en contact avec la confiture sont en cuivre argenté afin d’éviter entre le cuivre et la confiture tout contact qui pourrait être nuisible à la santé des consommateurs. La
- chambre aux bassines est parfaitement aérée à l’aide d’un ventilateur qui chasse les vapeurs qui se produisent.
- Lorsque la cuisson est terminée, les bassines sont vidées dans des cuves qui, supportées par des wagonnets, se rendent dans la Chambre de remplissage. Là, des femmes, disposées tout autour de chaque cuve, remplissent avec rapidité les pots de confiture chaude à l'aide de cuillers argentées. Par mesure de propreté, en même temps que d’économie, elles ont un petit plat destiné à ramasser les gouttes qui s’échappent toujours de la cuiller, à la sortie de la cuve.
- Les pots, au fur et à mesure de leur remplissage, sont disposés sur des wagonnets qui les transportent dans ce qu’on appelle la Chambre froide. C’est une pièce immense, avec des avenues sans fin de pots de toutes sortes et de toutes dimensions.
- Les confitures refroidies sont ensuite dirigées vers VAtelier ou les pots sont fermés, étiquetés, enveloppés et ficelés.
- Des wagonnets les reprennent de nouveau et les conduisent au Magasin où ils demeurent jusqu’au moment où ils seront utilisés pour satisfaire aux commandes. Ils passeront alors dans Y Atelier d'emballage, où on les disposera dans des caisses ou des barils, qui seront chargés directement dans les wagons de la Great Eastern Railway Company, pour être dirigés vers toutes les parties de l’univers. Un train complet emporte, chaque jour, les produits de la fabrication de l’usine.
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- LA NAT ü H K.
- la:»
- Un ne l'ait pas a Histon que des confitures; on fabrique aussi des gelées de table, qui ne sont autre chose qu’un mélange de gélatine très pure et de jus de fruit. Ces gelées, dissoutes dans l’eau chaude, doivent être coulées dans des moules où elles se prennent par le refroidissement. On les renverse alors dans des plats et elles constituent un mets du plus riant effet et des plus délectables.
- ha maison a encore pour spécialités les fruits à la gelée, conservés entiers, mais dépouillés de leur peau et des graines.
- On y fait aussi des fruits en bouteille, conservés dans le sirop.
- Cette industrie de la confiture est, en somme, des plus florissantes, et les débouchés que les Anglais lui offrent suffisent à la faire prospérer. On sait, en effet, combien nos voisins aiment tout ce qui est sucré ; on s’en rend compte par le chiffre de 40 kilogrammes de sucre qu’absorhe en moyenne chaque Anglais dans l’intervalle d’un an. Le Français a évidemment un goût moins prononcé pour le sucre, puisqu’il n’en consomme, pour la même durée, qu’un poids de 12 kilogrammes, soit par-conséquent trois fois et un tiers de moins.
- La manufacture de MM. Chivers et Sons était représentée à l’Exposition de 1900, où elle avait fait édifier une coquette installation dans la galerie des Machines. Son représentant, un Anglais fort aimable, voulut bien nous offrir quelques échantillons de l’industrie d’Histon, confitures et gelées. Nous pouvons donc attester en toute connaissance de cause de leur réelle supériorité. La seule critique que nous puissions nous permettre est de trouver que le tarif des divers produits est singulièrement élevé. Mais cette élévation des prix est, il faut bien le reconnaître,
- une conséquence inévitable des soins minutieux apportés à la fabrication. Le transport et les frais de douane viennent également produire un renchérissement appréciable.
- Le représentant, pour nous montrer l’importance de sa maison, nous raconta qu’elle avait à Londres un grand dépôt au Great Eastern Goods Station, Bishopsgate, et que de ce centre s’élaboraient des
- affaires de la plus grande importance.
- Vingt voyageurs de commerce étaient employés régulièrement dans le Royaume-Uni, sans compter ceux qui allaient parcourir les diverses colonies anglaises. Au Cap même, se trouvait un représentant spécial, et la guerre du Transvaal fournissait matière à des commandes des plus importantes, la confiture entrant pour une bonne part dans les distributions extraordinaires à faire aux soldats de Sa Majesté.
- Au sujet de l’usine, il fut porté à notre connaissance que MM. Chivers et Sons sont pleins d’intérêt pour le nombreux personnel qu’ils emploient. Ils prennent le plus grand soin à assurer le bien-être de leurs ouvriers, auxquels ils ont fait construire de petites maisons dans les situations les plus favorables. Aussi, à Histon, les visages sont pleins de santé et contrastent avec les faces pâlies et souffreteuses des habitants de Londres. Tous les ouvriers sont, en effet, heureux et contents et ce bonheur ne saurait être seulement imputable au charme du paysage et à l’air pur qu’on y respire, mais doit être attribué en grande partie à l’état florissant de leur condition.
- Afin d’assurer la conservation de l’usine, on y a établi une brigade d’incendie et chaque maison de pompiers est en communication électrique avec le poste central, de telle sorte que le veilleur peut les
- Fig. 2. — Cueillette des framboises, à Histon (Cambridge).
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- LA NATURE.
- appeler instantanément et à un moment quelconque. Tout récemment, on sonna l’alerte à minuit et tout le monde fut sur pied en moins de trois minutes.
- En définitive, l’usine Chivers et Sons paraît être un modèle sous tous les rapports. Souhaitons-lui la plus grande prospérité tout en faisant des vœux pour que les produits sucrés, qu’elle s’entend si bien à préparer, réussissent à adoucir quelque peu le tempérament de ses compatriotes. L. Uentv.
- LA TEMPÉRATURE EN SAVOIE
- PREMIÈRE QUINZAINE I)E JANVIER
- .Nous avons récemment signalé à nos lecteurs une rare particularité météorologique relative à la vallée de l’Arve, à peu de distance des fameux glaciers du Mont-Blanc'.
- Or, il s’est produit depuis des phénomènes intéressants et d’autant plus curieux que c’est la première fois que nous les observons dans l'espace d’une douzaine d’années consécutives.
- Jusqu’au moment où nous écrivons le présent article, c’est-à-dire à la date du 12 janvier courant, il n’est pas lombé un seul flocon de neige dans le département de la Haute-Savoie, pas plus à Annecy qu’à Bonneville, qu’à Uhamonix..., aux altitudes les plus diverses, variant de 500 à 1500 mètres. Chose encore bien plus curieuse, c’est que la plupart des hauts sommets, entre 1000 et 2000 mètres sont dépourvus de neige. 11 est très facile, au milieu de janvier 1901, de faire l’ascension bien connue du Mole (1809 m.) sans rencontrer le blanc lapis de l’hiver. Il s’agit là d’un fait très rare au point de vue de l’alpinisme. Mais cette rareté du fait signalé ci-dessus, celle absence totale de neige en des régions montagneuses et réputées — à tort et avec exagération — comme froides, très longtemps couvertes d’épaisses couches neigeuses, offre un caractère particulièrement intéressant, si l’on tient compte du temps affreux qui a régné sur toute la France et sur une grande partie du territoire européen.
- Lors du passage de la tempête signalée par le Bureau central météorologique, tempête qui se déplaça des Açores en Espagne (7 janvier) couvrant la péninsule d’une vaste dépression et dont l’influence s’est fait sentir presque partout en France, le temps est demeuré absolument calme à Annecy, dans la vallée de l’Arve et dans les pays voisins. A Bonneville (-450 m.) le baromètre a monté peu à peu de 717mm,2 le 1er janvier, à 6 heures du matin, à 725mra,8 le 4. I n minimum s’est produit le 5, à 9 heures du soir (718mm,7), puis les pressions ont été toujours en croissant jusqu’au 1 1 (726"”a)2.
- Or, le 7 courant, une violente tempête s’abattait sur Bellegarde (Ain), à quelques kilomètres seulement des régions précitées, tandis que le plus grand calme atmosphérique régnait dans la Haute-Savoie. Un seul coup de vent d’Ouest (force 2) fut observé le 4 à tî heures du matin, depuis lors le régime a été faible d’entre N. et N.-E.
- Souvent, l’après-midi, un beau soleil inonde ces parages alpestres, la température (voir le tableau ci-après, curieux à consulter) s’élève au-dessus de zéro ; les routes, comme en été, sont recouvertes de poussière et çà et là, dans les prairies, on peut cueillir quelques fleurettes — printa-
- 1 Voy. n° 1440, du 29 décembre 1900, p. 75.
- 2 La pression moyenne, à.cette altitude, est de 720 millimètres.
- nières. — Tous les travaux agricoles ont été parachevés sans encombre et, sur la ligne électrique du Fayet à Chamonix, les travaux sont poussés activement.
- Et durant cette période d’hiver du siècle naissant, il a neigé à Paris, à Valence, à Nîmes, à Marseille, à Carcassonne, à Narbonne..., partout le froid était très vif et l’on a eu des retards de trains. La journée du 7 a été froide partout.
- Voici quelques chiffres pour la période du 1er au 11 janvier 1901 :
- OBSERVATOIRE DE 1,'ÉCOLE NORMALE DE DON NE VU,LE (Extraits du Registre.j
- O as H Y. min. KMI'ÉU M A K Q IIIHX. VITRES V A U L moy. ES 9 h. s. ÉTAT MOYEN IM CIEL VENTS INFÉIUETHS ï
- Degrés Degrés Ingres Degrés
- î ~h LO + 5,0 -h 1,0 + 4,2 Couv. ; qques éclaircies. YE. Dégel.
- 0 -H 5.2 + 5.8 + “ + 4.1 Nuageux. N.E.el Y\\.
- 5 -H 3.0 + 4,0 -F- ,->,0 -h 1,2 Clair ; qqurs nua^os. E. 2. tL
- i — 7.2 — 2,0 — 4,6 — 0,2 Clair ; qquos nuages. W.2. z Celée DI
- o — 11.4 — 5,i — 8,4 — Clair. N. 1. —
- 0 — 13.0 + 2,4 — 5,5 — H, i Clair; brunies. Y 1. - —
- 7 — U,2 — 4,6 — 0.4 — 7,0 Nuageux. Y et YE. 1. C. DI. Dr.
- 8 — 0,0 + 1,4 -5,8 — 4,4 Clair 1<» matin, puis couv. Y 1. J Celée DI.
- 0 — - 0,1 + 1,1 — 4,0 — 0.6 Nuageux. N.N.E. el N. 1C il midi.
- 10 — 1,0 + 4,0 — 0,0 — 4,0 Clair ; Drames en muni. N. 1. z CeléeDI.
- tl 7,0 + 3.0 — 1,0 -5,1 Clair; Drames en mont. Y YE.
- Ce tableau offre un véritable intérêt quand on le compare aux observations des régions voisines pendant les tempêtes qui ont passé sur la France dans les. premiers jours du nouveau siècle. O. Jlllien,
- __^ a ^_ Licencié es sciences
- CHRONIQUE
- Théorie cinétique des atmosphères planétaires. — Le professeur Brvan a fait à ce sujet une communication intéressante à la Société Roxale de Londres. Par des calculs qu’on ne peut exposer ici, il cherche à déterminer les conditions auxquelles un gaz donné peut rester en permanence dans une atmosphère planétaire. Ici quelques explications ne seront pas inutiles. On se rappelle que, suivant la théorie cinétique des gaz, les molécules gazeuses sont animées de vitesses très grandes dans toutes les directions. En établissant la moyenne du carré de ces vitesses, et en en prenant la racine carrée, on arrive à ce qu’on appelle la vitesse moyenne de la molécule gazeuse, laquelle est liée, par une formule de Joule, à la température, à la pression et à la densité. D’autre part, une couche de gaz, placée à la surface d’une planète, est soumise à la force centrifuge qui tend à lui faire quitter la planète. Il peut évidemment arriver que la masse gazeuse, ainsi sollicitée, sorte de la sphère d’attraction de l’astre, avec une facilité qui dépendra de la température, entre autres éléments. M. Br y an a calculé qu’un gaz dont le poids moléculaire est 2, comme celui de l’hélium, ne pourrait quitter notre atmosphère que si celle-ci prenait des températures supérieures à 2 et 300°. En se fondant sur des considérations analogues, on verrait que la vapeur d’eau ne pourrait quitter l’atmosphère de la planète Mars. Si donc l’hélium avait jamais existé dans notre atmosphère, il n’aurait pu en sortir qu’au moment où la température de l’air était supérieure à 2 ou 590°. Enfin, conséquence qui nous semble résulter du
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- LA NATURE.
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- travail de M. Bryan, bien qu’elle n'y soit pas expressément formulée, l’hydrogène qui à 27° pourrait s’échapper de notre atmosphère, l’aurait quitté depuis longtemps en supposant qu’il y eût jamais été contenu. Pour mettre ces différents résultats sous une forme tangible, M. Bryan calcule le temps que mettrait à quitter la planète une couche gazeuse d’un centimètre d’épaisseur. Pour l’hélium il faudrait 222 ans si la température de l’atmosphère était de 527° et o,5 x 56 à — 75°. Pour l’hydrogène, il faudrait 222 ans à 27°, 8,4 X 10 à 75°. Pour la vapeur d’eau enfin, dans l’atmosphère de Mars, il faudrait 106 ans à 527°. Ces chiffres sont calculés dans l’hypothèse où l’atmosphère d’une planète serait distribuée suivant une loi isothermique (d’égale température). L’auteur nous annonce une nouvelle étude dans l’hypothèse où l’atmosphère planétaire serait soumis aune loi adiabatique (sans perte ni gain de chaleur).
- I.a production houillère du niontle. — Au
- moment où il se produit une crise houillère telle qu’on n’en avait jamais encore vu, et où l’Europe à court de combustible semble faire appel au Nouveau Monde pour suffire à sa consommation, il est opportun de se demander ce que le monde peut consommer de houille chaque année. Quand nous disons le monde, nous n’avons et ne pouvons avoir en vue que les pays où il est dressé effectivement des statistiques de l’extraction; et encore négligeons-nous volontairement des contrées où la production n’est qu’infinitésimale par rapport à l’ensemble.
- Actuellement les mines du monde, compris comme nous l’avons dit, donnent à peu près 628 millions de tonnes de charbon. Dans ce total, ce qui va surprendre le plus, c’est de voir que les États-Unis tiennent la première place : elle n’appartient plus à la Grande-Bretagne, qu’on a considérée, pendant si longtemps, comme détenant une souveraineté absolue en la matière. Le fait est qu’elle a donné, en 1899, 212 millions de tonnes, ce qui est un joli chiffre, mais que dépassent les 218 millions de la Confédération américaine. Dans le cours de ces dix ‘dernières années, depuis 1889, la production de la Confédération a augmenté de 255 pour 100, alors que celle du Royaume-Uni n’a progressé que de 120 pour 100. C’est là une situation bien curieuse qui inquiète violemment les Anglais et qui doit intéresser tous les consommateurs de charbon, aujourd’hui légion.
- Nous devons dire, du reste, que les États-Unis ne sont pas seuls à avoir donné une impulsion formidable à l’extraction de la houille. En Russie, l’augmentation de la production atteint 192 pour 100, elle est de 165 en Allemagne, de 155 au Canada, de 156 en France, de 125 en Autriche-Hongrie, de 110 en Belgique. Mais il n’v a réellement que l’Allemagne qui puisse compter comme grand producteur de charbon dans l’Europe continentale, puisqu’elle en extrait annuellement plus de 110 millions île tonnes, et que la France n’arrive qu’à en produire péniblement moins de 55 millions!
- Résistance ù la corrosion «lu fer forgé et «le l'acier. — M. Ilowe a poursuivi toute une série de recherches pour arriver à comparer les effets de la corrosion sur le fer forgé ou sur l’acier. Sa conclusion, surprenante pour bien des gens, est qu’il y a peu de différence entre les deux métaux, sauf quand ils sont exposés à l’eau de mer. Si on prend comme unité la corrosion du fer forgé en lui donnant la valeur 100, celle de l’acier dans l’eau salée sera de 114, de 94 dans l’eau douce, et enfin de 105 quand le métal demeure simple-
- ment exposé à l’air atmosphérique. Quand il s’agit d’acier contenant 5 pour 100 de nickel, la corrosion n’est plus que les 80/100° de celle du fer forgé, et si la proportion de nickel atteint 26 pour 100, la corrosion n’est plus que de 50'100".
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 14 janvier 1 fM)0. — Présidence de M. Fougue.
- Un animal mystérieux. — M. Berlhelot procède à une énumération rapide des pièces de la correspondance et des Notes déposées par les membres présents. Parmi celles-ci figure une Note de M. André Tournoux relative à un animal aperçu par lui en Patagonie, présentée par M. Albert Gaudry. Depuis l’étonnante découverte des peaux du néomylodon et de l’onohippidium dans une caverne de ce pays, on s’est demandé si l’une de ces bêtes ne serait pas l’animal mystérieux de la Patagonie dont quelques voyageurs ont parlé. M. A. Tournoux, qui a opéré deux explorations scientifiques dans cette région, communique les renseignements qu’il a recueillis des indigènes sur cet animal non encore décrit, qu’ils appellent Ilymché. Il a aperçu sortant de l’eau une bête dont la tète grosse comme celle du puma était couverte de poils bruns et présentait, autour des yeux, un cercle de poils jaunes terminé en pointe vers l’oreille dépourvue de pavillon externe. 11 a tiré cet animal, mais sans succès. Près de là, il a-relevé sur un banc de sable des empreintes de pied à cinq doigts. L’indigène qui accompagnait M. Tournoux lui a dit que ces empreintes provenaient de l’ilymché. 11 serait curieux de pouvoir s’emparer de l’animal et de vérifier si l’on est en présence d’une des créatures supposées fossiles.
- M. le Président prend ensuite la parole et annonce à l’Académie le deuil qui la frappe dans deux de ses membres, MM. Ilermite et Chatin.
- M. Hermite était le doyen des mathématiciens à l’Institut. La plupart des membres de l’Académie ont puisé dans ses œuvres des voies nouvelles. M. Darboux, invité à compléter cet éloge, constate que tous les membres de la section de géométrie s’honorent d’avoir été les élèves de M. Ilermite. Élu à l’Académie en 1856, il était une des gloires de la compagnie. Partout où la science est cultivée le nom de M. Hermite est prononcé avec vénération.
- M. le Président prend ensuite la parole en l’honneur de M. Chatin. Retiré à la campagne depuis plus de deux ans; non par suite de maladie, mais pour lutter contre l’affaiblissement occasionné par l’âge, M. Ghatin s’est éteint tout doucement dans la journée du 15 janvier. Il avait la passion de la botanique, et c’est la science qui l’a occupé jusqu’à son dernier moment. Il a eu une vie très heureuse. Tous les honneurs le favorisèrent. Possédant de la fortune, il eut aussi une santé constamment bonne. 11 a fallu le poids des ans pour l’abattre. Enfin, il a eu le très grand bonheur d’assister à l’élection de son fils à l’Académie. Ayant conservé la plénitude de son intelligence jusqu’au dernier moment, il s’est éteint sans avoir éprouvé les angoisses de la mort.
- M. le Président lève la séance en signe de deuil.
- __ ___ CH. BE VlLLEDECIL.
- LA VOITURE DE LÀFÀYETTE
- Tout ce qui se rapporte à Lafayette est pour les Américains un objet de culte qui leur rappelle les sombres jours où le jeune homme, obéissant à sa
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- LA ISA T IKK.
- conscience et abandonnantfortune, famille, honneurs, accourait se mettre à la disposition de la future république.
- Tel est le cas d’une vieille calèche que l’on a pu voir derrière une grille qui la protégeait de toute part à l’exposition américaine des moyens de Transport,
- l’agrémentent et lui enlèvent ce que sa couleur pourrait présenter de trop sévère.
- Coïncidence heureuse : il nous a été donné de contempler cette relique au moment même où les deux nations française et américaine ont resserré, sous l’invocation de Lafayette, leurs liens d’amitié. Aux Etats-Unis chaque fois que s’organise une exposition il est bien rare que les propriétaires de la fameuse voiture ne reçoivent pas des demandes en autorisation de la montrer encore à nouveau aux yeux du public. A ce sujet elle faillit, il y a quelques années, disparaître à jamais et elle ne fut sauvée que grâce à un concours de circonstances qui méritent d’être rapportées. Une exposition régionale se tenait à St-Joseph, sur le Missouri, et un imprésario, nommé Jack, y avait engagé une troupe d’Apaches qui exécutaient les danses guerrières de leur pays à quelque distance de la galerie où était exposée la voiture de Lafayette. Une nuit que les danseurs étaient profondément endormis dans leur cam-
- Fig. 1. — Voiture Je Lafayette.
- c’est la voiture de gala qui servit à Lafayette quand, en 1824, sur l’invitation du Congrès et en qualité « d’hote de la Nation » il revint dans sa vieillesse visiter les lieux où il avait combattu pour l’Indépendance. A cette époque les chemins de fer n’existaient pas encore. Pour permettre au héros de faire ses voya- . ges avec le plus grand confort pos- % sihle, le Congrès lit construire spécialement pour son usage la calèche exposée' celle-là même que reproduit notre gravure.
- Le coffre de celte voiture établi pour quatre voyageurs et muni d’une capote, est très élevé, à environ 90 centimètres au-dessus du sol. On y accède au moyen de trois marchepieds pliants qui constituent un véritable escalier.
- Les portières battent, en s’ouvrant, vers le train de devant. Les sièges et la capote sont recouverts de diagonale bleue, avec bordure en guipure jaune et rouge. La suspension est du système dit à flèche, c’est-à-dire qu’une longue flèche en bois passe sous la caisse pour relier les deux trains d’avant et d’arrière; la caisse est supportée par des soupentes en cuir aux extrémités de quatre ressorts en col de signe. Ces derniers sont en acier et recouverts de gaines en cuir. Un siège pour valet de pied est installé sur l’essieu d’arrière entre les deux grands ressorts qui en constituent les bras. La voiture est tout entière peinte en noirj'; des rinceaux d’argent
- peinent, Jack, réveillé en sursaut par des pétillements insolites, s’aperçut que la galerie voisine était en flammes. Devant le danger que courait la fameuse calèche, il n’hésita pas : appelant ses hommes il les entraîna avec lui. Les Indiens, grands admirateurs du feu, se trouvaient, on
- peut le dire, dans leur élément : en poussant de véritables hurlements de joie ils s’élancèrent au milieu des flammes, enlevèrent la voiture et la rejetèrent au dehors. Il était temps: à peine étaient-ils sortis que la charpente s'effondrait. Paul Fbick.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — linjii'iuierie Lauike, rue de Fleurus, 9.
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- N“ 1 444.
- 20 JANVIER 1901.
- LA NATURE.
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- L’INSTITUT PHYSICO-TECHNIQUE DE CHÀRLOTTENBOURG
- [/Allemagne possède depuis quelques années un établissement scientifique supérieur d’autant plus intéressant qu'il n’en existe réellement pas de
- semblable dans les autres pays : un Américain qui y avait été admis à travailler, M. Carhart, vient de lui consacrer une étude fort documentée dans
- Fig. 1. — Vue du bâtimenl de lu première division.
- Fig. 2. — Un des bâtiments secondaires.
- les Mémoires de Y American Imtitute of Elec-trical Engineers, et nous avons pensé l’occasion excellente pour faire connaître cette institution.
- Son litre exact est Institut impérial (Reichanstalt) physico-technique, et il est installé à Charlottenbourg, un des faubourgs bien connus de Berlin ; les bâtiments, qui occupent une surface considérable et ont une importance très grande, ont été élevés pour la plus grande partie sur un terrain offert à l’Etat par le célèbre \Y Werner Siemens : ce petit cadeau représentait une valeur de 500000 marks. Au reste, depuis des années, les savants les plus dis-tinguéè d’Allemagne, comme Helmoltz, avaient insisté sur la création d’une institution de ce genre, ayant à la fois pour but les recherches scientifiques les plus élevées et le perfectionnement des instruments de précision. En 1887, on adopta le plan général du Reichanstalt, un premier bâtiment lut construit en 1895 et le second en 1897. On y trouve à la fois maintenant une division de recherches scientifiques pures, des départements divers
- 2!)e année. — 1er semestre.
- pour les mesures mécaniques de précision, les mesures et les instruments électriques, la mesure des courants et des forces électromotrices, l’optique,
- la thermométrie, la pyrométrie, la chimie; il y a de plus une station de force motrice et un atelier.
- D’une façon générale, l’Institut est partagé en deux divisions qui correspondent l’une aux recherches de science pure, l’autre aux recherches de précision dans le domaine des applications techniques : il y a là un enchaînement logique, comme le fait remarquer avec raison M. Carhart, puisque les applications scientifiques ne peuvent avoir pour base que les découvertes de la science pure. A la tête de l’Institut est un corps directeur ou Curatorium, qui a pour fonctions d’administrer le Reichanstalt et de nommer les professeurs. Le principal personnage de cet état-major de l’Institut est le président, et pour montrer qu’on ne confie cette haute position qu’à un des savants les plus distingués de l’Allemagne, nous dirons que ce poste a été occupé par Helmoltz ; son successeur est le profes-
- 9
- WERNER-SIEMENS STRASSE
- JBc.
- Fipr. o. — Plan du l’Jnslitui cl do scs annexes.
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- seur Kohlrausc-h, qui lui a également succédé comme professeur de physique à l'Université. Le Président, qui est en même temps directeur de la première division, est responsable de tout le travail qui se fait dans l’Institut; les autres fonctionnaires de l’établissement lui sont subordonnés, et en son absence il est suppléé par le directeur de la seconde division. Chacun des professeurs, à la tète d’un département, a la direction de tous ceux qui y sont employés, associés, assistants, et même mécaniciens. Nous devons ajouter, pour compléter ces rapides notions sur ce qu’on peut appeler le fonctionnement administratif du Reichanstalt, que le Curatorium est saisi chaque année par son Président du compte rendu des travaux exécutés dans l’année qui finit et du plan des travaux de l'année suivante, des questions de dépenses et de traitements, enfin des nominations comme associés ou assistants et de l’admission des hôtes scientifiques autorisés à suivre les travaux de l’Institut. Ces hôtes sont généralement des savants appartenant à l’Empire et qui désirent poursuivre des recherches dont ils ont soumis le plan au Curatorium et qu’ils n’ont pas le moyen d’exécuter ailleurs : ils doivent être recommandés par l’Etat auquel ils appartiennent. Ils contribuent avec les professeurs et aussi avec les travailleurs volontaires à faire, par exemple dans la première division, les travaux de physique qui demandent plus de temps et des instruments plus perfectionnés qu’on n’en peut avoir dans des établissements ordinaires. Pour les volontaires, dont nous venons de prononcer le nom, ce sont des'jeunes gens que l’on accepte après qu’ils ont prouvé leurs capacités par des publications scientifiques ; c’est le Curatorium qui a le droit de décider si on publiera les résultats des travaux qu’ils auront effectués au Reichanstalt.
- Le sous-directeur de l’établissement, qui a la direction de la division technique, ainsi que nous l’avons expliqué, est pris parmi les savants du inonde technique, car il doit posséder des connaissances suffisantes sur les applications pratiques de la science pure ; il surveille et dirige les chefs de service des sous-divisions de thermométrie, d’optique, d’électricité et des mesures mécaniques de précision, en même temps que le chef de l’atelier, qui, lui, a sous ses ordres huit mécaniciens travaillant dans un atelier doté des outils les plus perfectionnés, pour l’exécution des appareils de précision exigés par les besoins de l’institution.
- Le plan et les photographies que nous donnons de l’Institut et de ses bâtiments, suffisent à en montrer l’importance tout exceptionnelle; mais nous pouvons y ajouter quelques renseignements numériques sur les dépenses qu’a entraînées cette création. Pour la première division, par exemple, outre les 500000 marks représentant le terrain donné par le l)r Siemens, on a consacré 387 000 marks au bâtiment principal, 50 000 au bâtiment des machines, 100 000 à celui de l’administration et presque autant à la maison du Président; si l’on y ajoute
- 82 000 marks pour les machines et instruments et les dépenses diverses, on arrive à un total respectable de 1526 000 marks. Pour la seconde division et les installations complémentaires, nous noterons 922 000 marks pour le bâtiment principal, 218000 pour les laboratoires, 180000 pour les bâtiments des machines, 140 000 pour les logements des professeurs, 471 000 pour les machines mêmes et les instruments; nous arrivons finalement à un total général de 4 059 000 marks pour tout l’Institut. Quant aux dépenses annuelles de fonctionnement, elles s’élèvent à 5554000 marks. Toutefois, de ce dernier chiffre, il faut déiuirc une recette de 40000 marks environ pour le calibrage des instruments, les essais de matériaux, les vérifications d’étalons, etc., exécutés pour le public.
- Les résultats des travaux du Reichanstalt sont des plus sérieux et des plus brillants, et une partie en parait dans des journaux scientifiques ou techniques, ce qui ne les empêche point d’être publiés en détail dans trois gros volumes in-4°. On a notamment poursuivi des recherches fort intéressantes au sujet de l’influence que peut avoir la nature du verre sur les indications thermométriques, sur les étalons échantillons normaux de résistance électrique» sur les forces électromotrices de telles ou telles batteries. Nous recommanderons au lecteur, s’il veut se rendre compte de l’activité déployée dans cette institution, de lire le Thaligkcitsbericht qui a paru dans la Zeitschrift /ür Instrumentenlcunde, et qui donne l’énumération pure et simple de tous les travaux exécutés durant une année sur la chaleur, l’électricité, les instruments de mécanique de précision (erreurs de division des échelles, construction des diapasons, etc.), sur les applications de l’électricité (calibrage des instruments, etc., etc.,) et sur les applications de la mécanique de précision à la mesure des pressions ou des températures, à la lumière, à l’électrolyse, etc., etc.
- Cette création est des plus remarquables comme on le voit, et elle a certainement une influence des plus précieuses sur le développement de l’industrie allemande. ________— Daniel Bei.let.
- LES SECOURS AUX BLESSÉS1
- ET I.’lXION DES FEMMES DE FRANCE
- L’Union des Femmes de France faisant partie de la Croix-Rouge française forme, avec les deux autres sociétés d’assistance militaire : « la Société de secours aux blessés » et (( l’Association des Dames Françaises », une‘annexe importante du service de santé de l’armée, auquel elle est rattachée officiellement depuis 1886.
- Son rôle consiste essentiellement : « 1° A créer dans les places de guerre, villes ouvertes et localités désignées par le ministre de la Guerre ou les généraux commandant le territoire, sur la proposition des directeurs dii service de santé, des hôpitaux auxiliaires destinés à recevoir les malades et blessés de l’armée qui, faute de place, ne pourraient être admis dans les hôpitaux militaires: 2° à prêter son concours au service de l’arrière en ce
- 1 Yoy. u° 1442, du 12 janvier 1901, p. 97.
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- LA SA Tl R K.
- qui concerne les hôpitaux auxiliaires de campagne de ce service ; 5° à faire parvenir aux destinations indiquées par les ministres de la Guerre et de la Marine les dons quelle recueille pour les malades et les blessés ». (Extrait du décret du 19 octobre 1892.)
- Depuis 1881, l'Union des Femmes de France s’est consacrée à la préparation de la lâche patriotique qu’elle avait volontairement assumée et elle a acquis des résultats pratiques hautement appréciés par le service de santé qui sait pouvoir compter sur les engagements pris par la Société qui n’a qu’un but : le soulagement des victimes de la guerre; qu’un moyen d’action, son dévouement.
- Le bilan de ces dix-huit années de travail assidu est celui-ci : l’établissement à Paris, en province et aux colonies de 150 comités comprenant 55 924 membres ayant prévu la transformation des hôpitaux auxiliaires; de Ititi locaux divers pouvant contenir ensemble 10 815 lits et ayant formé un fonds de réserve (argent et matériel) de 5 006 828 francs; l’acquisition du matériel de 18 hôpitaux auxiliaires de campagne ( 1800 lits, valeur 218 000 francs) ; un enseignement gratuit organisé à Paris dans 17 sections et en province dans la plupart des comités, pour former de futures infirmières et répandre dans le public les notions de l’hygiène et des premiers soins à donner aux malades et aux blessés. Indépendamment de cette préparation des hôpitaux auxiliaires pour le cas de guerre, l’Union des Femmes de France consacre des sommes importantes aux dons immédiats destinés soit aux troupes en campagne et aux rapatriés des guerres coloniales, soit aux envois de livres et de jeux pour les bibliothèques militaires et aux secours aux victimes des désastres publics. C’est environ 85 000 francs qui sont dépensés annuellement pour ces différents services, dans la proportion de 2/3#pour tout ce qui touche à l’armée (colonies, rapatriés, envois aux bibliothèques), et de 1/5 pour les Désastres publics. Le Comité central, par l’entremise de ses Comités ou de ses correspondants des colonies, est prévenu de ce qu’il faut envoyer : vêtements, denrées, médicaments, papeterie, livres, etc. ; argent même, pour les achats à faire sur place ou les porteurs à payer, et chaque mois partent de nombreuses caisses à destination de Madagascar, du Tonkin, du Soudan, de l’Algérie, etc. 1). II.
- NWIRES INSUBMERSIBLES A FLOTTEURS
- Nos lecteurs se souviennent qu’à la suite du terrible accident de la Bourgogne, il a été fondé sous le nom de Prix Pollok, et en mémoire d’une des personnes disparues dans le naufrage, un prix de 100000 francs pour récompenser un appareil de sauvetage vraiment efficace, destiné à prévenir les résultats funestes des collisions. Le concours s’ouvrait en môme temps que l’Exposition universelle, et les inventions admises devaient effectivement être exposées dans le palais de la Navigation de Commerce qui s’élevait sur les rives de la Seine. D’une façon générale, le concours a été peu intéressant et on a eu le tort d’y admettre une série de folies qui faisaient l’effet le plus déplorable dans les galeries de l’Exposition. Mais au milieu de ce débordement de choses ridicules, on pouvait trouver certains dispositifs intéressants : tel est le cas du système de flotteurs insubmersibles pour navires, qui était présenté dans la section française par MM. Paul Man-
- chin et Louis lloudreaux, et que l’on expérimentait journellement sous les yeux du public, au moyen d’un petit modèle de navire, long de lm,80 environ, possédant les flotteurs en question, et qu’on avait mis dans une cuve d’eau, après avoir fait à sa coque des déchirures analogues à celles que produirait la plus grave collision. Deux petites cordes de rappel permettaient de le soulever pour faire écouler l’eau qui remplissait en partie ses lianes, et pour le laisser ensuite se remplira nouveau par ses déchirures. 11 s’enfoncait d’une certaine hauteur, mais demeurait toujours flottant avec ses ponts supérieurs au-dessus de l’eau, en présentant alors un peu l’aspect de ces fameux bateaux à dos de baleine qui ont été décrits ici, et par conséquent en pouvant continuer de naviguer.
- En elle-même, l’invention nous a semblé fort ingénieuse et simple, ce qui est indispensable pour qu’elle puisse être appliquée, et elle sera sans doute susceptible de donner d’excellents résultats pratiques. Le principe est du reste facile à saisir. La coque môme du navire n’offre rien de particulier, et elle est partagée en compartiments transversaux au moyen de cloisons étanches, comme cela se fait toujours maintenant ; mais, intérieurement à cette coque, sont de véritables compartiments, des flotteurs faits de cloisons métalliques et disposés comme l’indiquent les figures ci-jointes ; ce sont des sortes de vastes caisses métalliques, qui se trouvent fixées, encastrées dans les ponts successifs du navire, une de leurs parois latérales d’avant ou d’arrière pouvant meme faire partie intégrante d’une des cloisons étanches du bateau. Comme on le voit, chaque caisse s’élève sensiblement au-dessus du pont principal du bateau, et, de plus, elle ne présente qu’une seule ouverture à son sommet, parfois deux disposées en couple, et affectant la disposition de capots qu’on peut fermer hermétiquement au moyen de portes boulonnées. N’oublions pas de faire remarquer, car cela a une grande importance à tous les points de vue, que les parois de la caisse se trouvent dans leur partie inférieure à une assez grande dislance des fonds du bateau, et que latéralement elles laissent un espace de 5 mètres entre elles et les flancs proprement dits du bateau. Cette combinaison a ce premier avantage que, si une collision se produit ou si le paquebot vient à toucher sur un écueil, il y a bien peu de chances pour que la déchirure atteigne également la paroi du flotteur; de plus, dans cet espace latéral de 5 mètres, on peut installer des rangées de cabines tout comme à l’ordinaire, et la circulation se fera de bout en bout du bateau sans que l’on soit obligé de remonter jusqu’au pont supérieur, comme on sera du reste forcé de le faire pour passer d’un compartiment à un autre, et comme cela s’imposerait également dans une construction où les cloisons étanches ne seraient percées d’aucune porte. On utilisera les flotteurs comme compartiments pour les passagers de troisième classe, qui seront, il est vrai, obligés de
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- LA NATURE.
- remonter jusqu’au pont supérieur s’ils veulent gagner un compartiment voisin; on pourra aussi réserver une, bonne partie de ces flotteurs au logement de l’équipage et à l’arrimage des marchandises, enfin on aura avantage (et nous allons voir pourquoi) à y emmagasiner également des approvisionnements de toute sorte.
- Empressons-nous de noter que l’on peut parfaitement laisser, entre deux compartiments de cette nature, un espace suffisamment vaste et sans interruption pour y installer un grand salon de luxe comme il en faut sur les paquebots modernes, ou encore les machines et les chaufferies ; il suffit seulement qu’on adopte une combinaison telle de llotteurs et que l’on donne à l’ensemble une capacité et par suite une flottabilité suffisante pour que, la coque proprement dite étant envahie par l’eau, les llotteurs jouent leur rôle en maintenant la passerelle supérieure à une certaine hauteur au-dessus de l’eau, de même que leurs capots d’entrée, et aussi en laissant au
- Fig. 1. — 1. Vue par l’avant du navire, montrant les llotteurs en lignes ponctuées. — 2. Coupe transversale en flottaison normale. — 3. Même coupe lorsque la coque est envahie par l’eau, à l’exception des flotteurs.
- navire une flottabilité qui lui permette encore de manœuvrer. D’ailleurs, les arbres des hélices pourront aisément traverser ces flotteurs et leurs cloisons sans inconvénient pour la flottabilité, puisqu’il suffira de disposer un presse-étoupe autour de l’arbre.
- Supposons qu’une collision se produise et que les flancs du bateau soient ouverts par une déchirure, qui, suivant les vraisemblances, laissera toute intégrité aux parois des flotteurs : l’eau envahira bien la partie du navire qui se trouve entre la coque et les compartiments, mais ceux-ci joueront leur rôle naturel, et l’enfoncement s’arrêtera au moment où l’on se trouvera dans une position d'équilibre résultant du volume d’eau déplacé par les flotteurs : c’est là une chose trop aisée à comprendre pour que nous ayons le moindre besoin d’y insister. 11 est évident que l’on se sentira en sécurité en dépit de la catastrophe, et tous les passagers logés dans les cabines latérales pourront les évacuer sans trop de précipitation et se réfugier, avec l’équipage et les passagers de troisième classe, dans ces flotteurs où ils auront un abri sûr et des provisions, si l’on a emmagasiné des approvisionnements, comme nous l’avons dit, dans les compartiments de flottabilité. On aura ensuite le texups de faire des réparations aux avaries, ou tout au moins d’attendre sans trop d’inquiétude et en sécurité à peu près absolue le passage
- d’autres navires, si l’on ne peut remettre les machines en marche. Admettons même que dans la collision l’étrave du navire abordeur ait pénétré assez profondément (ce qui sera bien rare) pour qu’elle soit venue perforer également la paroi d’un des llotteurs ; la flottabilité des autres est telle, que si le navire s’enfonce davantage qu’avec tous ses flotteurs intacts, du moins il continuera toujours à flotter et même avec un certain franc-bord. Il n’èst évidemment pas démontré alors que, dans l’évacuation forcément rapide du compartiment envahi par l’eau, il n’y aura pas quelques accidents de personnes, mais ce sera autrement moins grave qu’avec les navires tels qu’ils sont construits actuellement ; en tout cas le danger est localisé, et au bout d’un certain temps, quand on a repris son calme, on peut fermer les capots hermétiques du compartiment envahi et y comprimer de l’air, ce qui aura à la fois l’avantage de relever le navire en lui donnant un plus grand franc-bord, et aussi de permettre
- de pénétrer dans le compartiment pour y aller faire des réparations ou y chercher des provisions. Ajoutons même que, si l’on avait évacué rapidement le compartiment, on aurait pu fermer immédiatement le capot et empêcher ainsi l’eau de s’y élever.
- Nous n’insistons pas sur les détails secondaires, notamment sur l’éclairage et l’aération de ces sortes de boîtes métalliques, car la lumière et les ventilateurs électriques permettent de résoudre effectivement la difficulté. D’autre part, on obtiendra parfaitement une flottabilité suffisante sans donner aux flotteurs une trop grande hauteur au-dessus de la flottaison et du pont principal : ils pourront par exemple avoir comme hauteur trois fois le creux du navire au-dessous de la ligne d’eau, et dans ces conditions ils ne dépasseront que fort peu les superstructures actuelles des grands paquebots modernes. Bien entendu, comme on le fait pour les compartiments étanches ordinaires, il importera de disposer les flotteurs en nombre relativement assez grand, afin de localiser toujours les chances d’avaries.
- Les inventeurs ont pu, avec leur modèle réduit, reproduisant exactement au centième l’un des derniers paquebots construits par la Compagnie Transatlantique française, réaliser des expériences intéressantes.
- Il leur a été possible, en quelque sorte, de répéter la catastrophe de la « Bourgogne » qui sombra en
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- L A N A TL UE.
- moins de iO minutes, malgré 12 compartiments étanches.
- Ces expériences leur ont démontré que pour un navire ainsi construit la manœuvre des engins de sauvetage, canots ou radeaux, devait être extrêmement difficile, sinon impossible, par suite de la forte inclinaison que prend le navire, lorsque l’eau, pépétrant par les brèches, envahit les compartiments.
- Au contraire, pour les navires à flotteurs, l’eflèt, en pareil cas, sera tout différent. Les flotteurs placés dans l’axe du navire, rétablissant l’équilibre rompu, le redresseront immédiatement. II est certain que cette invention est fort ingénieuse et semble
- même réellement susceptible d’application pratique.
- Nous souhaitons que les ingénieurs des grandes compagnies de navigation n’attendent pas une nouvelle catastrophe, pour étudier et appliquer un système assurant aux navires une insubmersibilité presque absolue, donnant ainsi aux passagers la plus grande se'curité possible.
- Non moins intéressante serait son application aux petits navires à vapeur et à voile, bateaux de pêche et autres. Combien de victimes seraient épargnées lors des grandes tempêtes hivernales, si tous ces navires étaient construits de telle sorte qu’un deuxième moyen de flottaison subsistât lorsque la
- MacKîriës
- Chaudières ; Chaudières
- Fig. “2. — 1. Aspect extérieur du navire insubmersible avec sa ligne de flottaison à pleine charge. — 2. Coupe verticale suivant le grand axe du navire, montrant la ligne d'immersion maxima lorscpie la coque est crevée et toutes les portes des cloisons étanches ouvertes. L’eau envahit la coque à l’exception des flotteurs qui soutiennent le navire. — 3. Coupe horizontale montrant que les flotteurs n’occupent que le tiers de la surihee du pont.
- coque avariée ferait eau de toutes parts. Il y a là une question d’humanité de premier ordre qui intéresse toutes les nations maritimes.
- __<____ P. de Mériel.
- A PROPOS DES PRÉTEADIES .
- COMMUNICATION S ÀAEC IA PLANÈTE M ARS
- On a fait beaucoup de bruit dans la presse à propos d’une dépêche envoyée en Europe par l’astronome améri-' cain Douglass au sujet d’une observation très intéressante en elle-même, mais qu’une imagination trop prompte a fait interpréter dans un sens qui paraît très éloigné de sa véritable signification scientifique. On avait déjà remis les choses au point ici. M. Flammarion, dans plusieurs
- articles de journaux, et dans une conférence faite le 9 janvier dernier à la Société Astronomique de France, a de son côté fait justice de ces exagérations et ramené les faits à leur véritable valeur.
- M. Douglass avait annoncé qu’il avait observé sur Mars des projections ayant duré soixante-dix minutes. Grâce à la publicité donnée à sa dépêche, certains esprits aventureux en avaient conclu que ces projections étaient d,es signaux que nous adressaient les habitants de Mars. En réalité, l’observation de M. Douglass n’a rien de bien nouveau. Depuis 1890, époque où M. Keeler découvrit ces projections à l’Observatoire Lick (Californie), les astronomes en observent de semblables à chaque opposition de Mars. On désigne sous ce nom des points brillants qui apparaissent quelquefois auprès du terminateur de la planète et un peu en dehors. Le terminateur
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- LA N A TU HE.
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- est la ligne de séparation d’ombre et de lumière sur le globe de Mars; c’est, par conséquent, le Heu des points de la planète pour lesquels le Soleil se lève ou se couche.
- Les points brillants qu’on observe dans cette région peuvent s’expliquer très aisément par la présence de montagnes dont le sommet reste éclairé quelque temps après que la base est plongée dans l’ombre, ainsi que cela se voit couramment sur la Lune. 11 se peut aussi qu’ils soient dus à des masses nuageuses flottant dans l’atmosphère de Mars et qui, par leur élévation, restent éclairées beaucoup plus longtemps que le sol placé au-dessous d’eux. Cette deuxième hypothèse est du reste rendue vraisemblable par ce fait que la région de Mars où ont été observées les projections est précisément la seule où l’on ait quelquefois aperçu des brumes plus ou moins épaisses voilant les détails des configurations géographiques. Quoi qu’il en soit, quand une observation peut s’expliquer par des movens naturels aussi simples, il serait déraisonnable d’en chercher une interprétation beaucoup plus hasardée, d’autant plus que rien ne révèle, dans les apparences observées, une cause intentionnelle. Aussi, n’est-ce pas
- de ce sujet aussi simple que je me propose d’entretenir les lecteurs de La Nature. Je voudrais seulement leur soumettre quelques réflexions capables de montrer combien il faut être réservé quand on veut sortir du domaine positif de la science pour s’aventurer dans les déductions hypothétiques qu’on cr.oit pouvoir tirer des faits connus.
- Sans doute, il n’est ni absurde ni déraisonnable de supposer que les habitants de Mars cherchent à entrer en relation avec les habitants des autres planètes et qu’à cet effet ils font des signaux capables d’être aperçus et compris. On peut même penser que, de toutes les planètes du système solaire la Terre étant la plus près d’eux, c’est avec la Terre qu’ils ont cherché à commencer cet échange de communications. Cependant il faut, pour qu’il en soit ainsi, deux conditions essentielles : la première est que Mars soit habité, et la seconde que les habitants de cette planète soient beaucoup plus avancés que nous; car il est certain que nous ne sommes pas en état de produire actuellement, d’une manière pratique, des signaux capables d’ètre aperçus de si loin. Plusieurs auteurs ont bien indiqué différents projets à cet égard, mais ces projets n’ont pas été discutés avec assez de soin pour qu’on puisse affirmer que leur réalisation pratique soit possible. Et je ne parle ici ni de la dépense, ni des circonstances politiques qui sont aussi des difficultés
- d’un autre ordre. Si donc, les habitants de Mars nous font des signaux, c’est que leur science, leur industrie, leur état social, et on peut dire la nature de leurs préoccupations, sont beaucoup plus élevés que les nôtres. Or, a-t-on des raisons de supposer qu'il en puisse être ainsi? Il est bien évident qu’on ne peut aborder une pareille question sans sortir des limites de la science positive et qu’on ne peut faire sur ce sujet que des conjectures plus ou moins plausibles. Voyons cependant si, parmi les enseignements de l’Astronomie, il y en a qui nous permettent de nous hasarder sur ce terrain. II est difficile, d’imaginer d’autres bases de raisonnement que l’âge de la p’anète d’une part, et les détails que nous observons à sa surface d’autre part.
- .Nous sommes tellement habitués à l’idée d’évolution, nous savons si bien, par les enseignements de la paléontologie et de l’archéologie préhistorique, que la vie s’est développée peu à peu sur la Terre, et constamment transformée dans le sens d’un progrès continu, nous sommes tellement frappés des progrès faits par la science et l’industrie pendant ces trois derniers siècles, que nous pressentons des progrès futurs encore plus étonnants et que nous n’assignons plus aucune limite aux connaissances que l’humanité peut acquérir et à la puissance qu’elle peut prendre sur la nature. Cependant, nous nous rendons parfaitement compte que ces progrès sont plus ou moins lents, de sorte que l’idée de temps est inséparable de celle de progrès. De là, par une analogie sans doute très hasardée, mais qui, cependant, est le seul guide possible en par reille matière, nous concluons que si la planète Mars est plus âgée que la Terre, il y a des chances pour que la vie y ait poussé plus loin son évolution et pour que ses habitants y soient supérieurs à nous. Or, c’est une opinion très répandue que Mars a été, en effet, formé avant la Terre. Cette opinion est une conséquence de la célèbre hypothèse cosmogonique de Laplace d’après laquelle les planètes se sont formées dans l’ordre inverse de leurs distances au Soleil, les plus éloignées ayant apparu les premières. Si l’on ajoute à cette première conception le fait que Mars, étant plus petit que la Terre, s’est nécessairement refroidi plus vite, on arrive, par ces deux raisons, à conclure que la vie a dù apparaître sur Mars à une époque où la Terre, à peine formée, n’était encore qu’un globe de matières en fusion entouré d’une immense atmosphère de vapeurs. Malheureusement, l’hypothèse de Laplace soulève de graves objections et les astronomes, en cherchant à la compléter, sont arrivés à la modifier du tout au tout. D’après M. Faye, les planètes se seraient formées dans l’ordre même de leurs distances au Soleil, de sorte que Mars, loin d’ètre plus âgé, serait, au contraire, plus jeune que la Terre.
- Mais l’hypothèse de M. Faye n’est pas non plus à l’abri d’objections sérieuses qui ont été mises en lumière par M. Wolf. Dans ces dernières années, M. du Ligondès a formulé une nouvelle théorie qui se rapproche assez de celle de M. Faye ; mais il essaye de serrer la question de plus près, et ses conclusions, pour hasardées qu’elles soient, ont été accueillies avec faveur par la plupart des
- Projection lumineuse sur le ternùuntcur (le Mars. lléforniation du terminateur de Mars.
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- LA NA TU HE.’
- astronomes. Dans cette nouvelle manière de voir, la planète Jupiter serait la plus ancienne; puis viendraient I ranus, Saturne, la Terre, Mars, Vénus et Mercure ; Mars serait donc plus jeune que la Terre. Il est juste d’ajouter cependant que, précisément en ce qui concerne l’ordre de formation de ces deux planètes, l’auteur ne se prononce p is d’une manière absolue, et quoique l’antériorité de la Terre lui semble probable, il admet la possibilité que les deux globes soient contemporains ou aient été constitués dans l’ordre inverse.
- Ainsi les théories cosmogoniques ne nous apprennent rien sur la question qui nous intéresse, filles sont encore trop incomplètes et trop hypothétiques pour qu’on en puisse rien conclure de certain, ni même de suffisamment probable, sur l’àge relatif de Mars et delà Terre. Il reste, il est vrai, le fait important des plus petites dimensions de Mars qui ont permis à cet astre de se refroidir plus vite, de sorte que si l’on suppose Mars et la Terre formés à la même époque, on peut conjecturer que la vie est apparue plus tôt sur le globe de Mars. Mais que dire si la formation de Mars est postérieure à celle de la Terre?
- L’aspect de la planète nous apporte-t-il des renseignements plus précis? On pourrait le croire; mais il y a des réserves à faire. Le fait certain, prouvé par la longue suite des observations, c’est que l’eau est beaucoup plus rare sur Mars que sur la Terre. Tandis que les trois quarts de notre globe sont recouverts par des mers profondes, il n’y a sur Mars de véritables mers que dans le voisinage des pôles et encore cela n’est peut-être pas certain. Les plages sombres, colorées d’un gris verdâtre, ont été longtemps interprétées par les astronomes comme des mers, et le nom leur en est resté dans les nomenclatures aréo-graphiques; mais, pour des raisons qu’il serait trop long de rapporter et de discuter, celte interprétation est aujourd’hui très généralement abandonnée. L’opinion dominante est actuellement que les taches claires sont des régions sèches, et les taches sombres des régions seulement humides, la teinte verte étant due à des phénomènes produits par la présence d’une petite quantité d’eau, sans doute des phénomènes de végétation ou quelque chose d’analogue. Ce qui corrobore cette opinion, c’est qu’il n’y a pas ou presque pas de nuages sur Mars. L’atmosphère de cette planète est remarquablement claire et transparente, et, sans doute, beaucoup moins dense que l’atmosphère terrestre. Ainsi Mars se distingue de la Terre par la petite quantité relative des liquides et des gaz. On peut essayer de tirer de là quelques conclusions. Beaucoup de géologues admettent que, sur la Terre, l’eau et l’oxvgène de l’air pénètrent peu à peu dans l’intérieur du globe par les fissures de l’écorce et vont se fixer sur les métaux en fusion qui occupent ces régions inférieures pour y former des oxydes, des hydrates, des sels qui les dérobent ainsi à la circulation superficielle. Le résultat évident de cette évolution lente est la diminution progressive de notre provision d’air et d’eau. Un illustre physicien anglais, lord Kelvin, a même poussé très loin cette induction et a été jusqu’à affirmer que, dans quelques siècles, les combustions qui s’accomplissent à la surface de la Terre, particulièrement pour les besoins de l’industrie, auraient absorbé une telle quantité d’oxvgène que l’atmosphère terrestre ne serait plus respirable. Ce, n’est pas ici le lieu de discuter cette affirmation pessimiste ; mais si l’on admet cette théorie de l’absorption graduelle des fluides, il est permis d’en inférer que la rareté d’eau et d’air sur une planète est un signe de vieillesse. Seulement ici, vieillesse n’est pas synonyme
- d’âge plus avancé. Un chien de quinze ans est plus vieux qu’un homme de soixante. Or, la petitesse relative de Mars par rapport à la Terre est une raison pour que l’évolution des phénomènes physiques y soit plus rapide que chez nous. Ce n’en est pas une pour que l’évolution de la pensée s’y fasse plus vite. Si doue l’aspect de Mars nous induit à penser que cette planète est plus vieille que la Terre au sens relatif du mot, il n’est pas permis d’en conclure qu’elle soit plus âgée, ni à plus forte raison que l’état intellectuel de ses habitants y soit plus avancé qu’ici-bas.
- Ainsi de quelque manière que nous cherchions à aborder la question, nous ne trouvons rien qui nous permette de nous prononcer sur l’âge de la planète. S’il reste quelques probabilités pour qu’elle soit plus âgée que la Terre, ces probabilités sont très faibles et bien peu solides. Cependant, laissant de côté la question d’âge qui paraît insoluble dans l’état actuel de la science, nous avons encore une dernière ressource, c’est d’examiner attentivement les détails que nous montre la surface de l’astre et de voir si quelques-uns de ces détails ne sont pas de nature à révéler une cause intentionnelle. Or il se trouve que les singuliers canaux découverts par M. Schiaparelli, en 1879, semblent précisément dans ce cas. Plus on étudie ces mystérieux réseaux de lignes sombres se prolongeant en ligne droite à travers le disque entier de la planète, et se réunissant entre eux de manière à former à leurs intersections des taches verdâtres d’étendue variable, plus il est difficile de se défendre de l’impression qu’on est en présence d’un vaste système de canalisation ayant pour effet d’amener en toutes les régions de la planète les eaux qui proviennent de la fonte des neiges polaires, et de remplacer ainsi la circulation aérienne que nous connaissons ici, et qui fait défaut sur Mars, par une circulation strictement superficielle. Cette impression est corroborée par ce fait remarquable que tous les canaux se .continuent à travers les espaces sombres, autrefois appelés mers, et vont en dernier lieu aboutir aux régions polaires ; elle est encore accentuée par cette autre observation que les canaux s’élargissent et prennent une teinte plus foncée précisément à l’époque de la fonte des neiges. Maintenant, cet immense réseau est-il l’œuvre de la nature ou d’une humanité intelligente et industrieuse? Si c’est une œuvre naturelle, il est difficile de s’expliquer par quel mécanisme elle a pu s’accomplir; mais cette difficulté n’est pas une raison pour faire rejeter l’hypothèse, et si l’attribution de ce gigantesque travail à des êtres intelligents est de nature à séduire l’imagination, il faut cependant se mettre en garde contre cette solution trop facile, et ne pas oublier que le rôle de la science est précisément de chercher des explications naturelles à tout ce qu’elle observe. Quoi qu’il en soit, l’hypothèse de M. Lowell que nous avons exposée autrefois1, et qui considère les canaux comme une œuvre industrielle, est jusqu’à présent la seule qui rende à peu près compte de toutes les observations. Certes l’existence, à la surface de Mars, d’êtres intelligents qui auraient construit un aussi vaste système d’irrigation est loin d’être démontrée; mais il n’est ni absurde, ni extravagant d’en admettre la possibilité et même la vraisemblance. Il faut bien reconnaître aussi que s’il existe sur cette planète une humanité capable d’accomplir de si gigantesques travaux, cette humanité est, au moins au point de vue industriel, beaucoup plus avancée que la nôtre. Il est alors permis
- 1 Vov. n° 1265. du 2$ août 1897, p. 195.
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- de penser qu’elle est, beaucoup mieux que nous, maîtresse des forces de la nature, qu’elle sait manier la lumière et l’électricité bien autrement que nous ne pouvons même le concevoir et qu’elle est en état de nous envoyer des signaux que, dans notre ignorance, nous sommes incapables d’apercevoir. Mais si vraisemblables que puissent paraître ces inductions, ce ne sont là que des conjectures qui seront peut-être renversées par une théorie purement naturelle des canaux de Mars. Maurice Fouché.
- Membre du conseil et ancien vice-président de la Société astronomique de France.
- TERRASSIER A TAPEUR
- RUSTOX, PROCTOR ET Cio
- Les grands travaux entrepris dans le monde entier depuis quelques années, chemins de 1er, ports,
- canaux, etc., entraînent des terrassements considérables. Or ces travaux, lorsqu’ils sont faits à la main, sont longs et très coûteux, aussi a-t-on imaginé de nombreux appareils, excavateurs ou terrassiers, qui permettent de creuser les tranchées beaucoup plus vite et dans des conditions moins onéreuses. Parmi les appareils de ce genre les plus récents et les plus perfectionnés, nous décrirons aujourd’hui un terrassier construit par les importants ateliers Ruston, Proctor et Cie, de Lincoln (Angleterre)."
- Il se compose d’une plate-forme rectangulaire portée par deux essieux dont les roues extérieures sont à double bourrelet et peuvent se mouvoir sur une voie ferrée. A chaque angle de la plate-forme sont disposées de fortes consoles constituant des vérins qui supportent le poids de l’appareil pendant
- Fig. 1. — Terrassier à vapeur Ruston, Proctor et C1*.
- L’arbre du troisième tambour porte, en outre, un pignon communiquant, à l’aide d’une chaîne sans fin, avec l’essieu de devant du truc supportant l’engin, et un système d’embrayage permet d’obtenir à volonté soit l’avancement de l’appareil, soit la rotation de la flèche. Le mouvement étant transmis à l’aide d’un engrenage conique et de cônes de friction, l’appareil peut attaquer, s'arrêter ou être rappelé rapidement et sans choc.
- A l’arrière de la plate-forme sont établis le réservoir à eau et la soute à charbon. A l’avant se dresse une tour en fer laminée, formée de deux montants réunis à leur partie supérieure par des poutres supportant la flèche. Celle-ci, construite en tôles et cornières en fer laminé, se compose de poutres doubles formant corps avec un axe vertical ayant ses points d’appui dans la tour. Entre les poutres de la flèche travaille le bras du godet formé par deux moises en chêne, renforcées par des tôles en fer et boulonnées
- le trayail et permettent de le caler sur des traverses pour empêcher tout mouvement latéral. Sur cette plate-forme sont boulonnés la machine motrice et sa chaudière, ainsi que le mécanisme proprement dit. La chaudière est verticale et à bouilleurs transversaux. La machine, également verticale, est de la force de 10 chevaux-vapeur nominaux, comporte deux cylindres à enveloppe de vapeur et fait 160 à 170 tours par minute. L’arbre moteur porte un pignon denté engrenant avec une roue d’un diamètre trois fois plus grand appliqué à l’arbre du tambour principal. Ce dernier qui porte la chaîne relevant le godet est de forme conique, de manière à proportionner le plus avantageusement possible la vitesse à l’effort. L’arbre du tambour principal commande, par un système de roues dentées, un arbre destiné à ramener le godet. Ce second arbre communique aussi le mouvement à un troisième tambour destiné à faire tourner la flèche à droite ou à gauche.
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- ensemble aux deux extrémités de manière à laisser entre elles l’intervalle nécessaire au passage de la chaîne de relevage. Ce bras est réglable suivant les profondeurs de la fouille ou les nécessités du travail; le mouvement se commande à la main au moyen d'un volant <jui actionne par chaîne une roue à empreintes fixée sur la flèche. L’axe de cette roue porte un pignon agissant sur le bras au moyen d'une double crémaillère. Un frein à pédale permet d’arrêter le bras dans une position quelconque. Lorsque le godet est plein, ou qu’il rencontre un obstacle insurmontable, le conducteur, pour le dégager, lâche le frein et rappelle le bras un peu en arrière.
- La flèche est terminée à sa partie inférieure par une plate-forme circulaire sur laquelle s’enroule la chaîne produisant l’orientation de l’appareil.
- Enfin le godet est construit en fortes tôles d’acier renforcées par des cornières et des goussets ; le bord tranchant est en acier et orné de quatre dents de même métal pour dégager le terrain et les pierres. Ces dents, fixées sur le godet au moyen de boulons, peuvent facilement s’enlever pour être aiguisées ou remplacées en cas d’usure. Leurs dimensions varient suivant la nature des terrains à attaquer. Le fond du godet s’ouvre au moment du déchargement à l’aide d’une corde qui fait remonter le verrou qui le main-
- tenait fermé. Il se referme automatiquement à la descente. Le fonctionnement de l’appareil est des plus simples. On abaisse le godet jusqu’à ce que le bras se trouve dans une position verticale, et le terrassier étant placé en face de la tranchée à creuser, on met la machine à vapeur en marche. Le godet est poussé en avant et relevé dans le terrain, jusqu’à une profondeur telle, dans la fouille, que le godet soit plein quand il arrive à sa position la plus élevée. On fait alors tourner la flèche jusqu’à ce que le godet se trouve au-dessus du point de déchargement.
- On peut de la sorte faire, selon la matièré du terrain, de 50 à 80 fouilles à l’heure, le godet ayant une capacité de 1 à 1 5/4 mètre cube. Quand le terrassier à vapeur a excavé ou décapé tout le terrain (jui est à sa portée, on relâche les vérins et on fait
- avancer la machine d’un mètre environ pour commencer une nouvelle série de fouilles. Cet appareil permet de creuser des tranchées de 6 à 9 mètres de profondeur et d’une largeur au sommet de 15 à 18 mètres. On peut obtenir ainsi un terrassement moyen de 60 à 70 mètres cubes par heure, et comme la manœuvre du terrassier ne nécessite que deux hommes, on conçoit l’importante économie de temps et d’argent que cet appareil permet de réaliser.
- La figure 2 représente une brèche exécutée en six nuits, dans un terrain composé principalement d’argile schisteuse, par cinq terrassiers en fonction dans la section de Laschford des travaux du canal de
- navigation de Manchester. Georges Caye.
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- SUR LA GLACE
- Le patinage, comme tous les genres de sport, a ses adorateurs fanatiques, ('/est un plaisir indicible que de se tenir en équilibre sur deux lames d’acier brillant, de glisser sans bruit en décrivant d’élégantes volutes sur une surface polie comme un miroir. L’homme le plus lourd devient léger, il ne tient plus à la terre. Aussi nous comprenons très bien qu’on puisse soupirer après l’hiver pour pouvoir, dans l’air pur et froid, s’élancer avec une vitesse vertigineuse sur l’eau immobile.
- Le patinage est un exercice sain et fortifiant; il ne demande aucun effort à qui sait bien le pratiquer et donne au corps de la vigueur, de l’élasticité, de la souplesse. Je dis que le patinage n’exige aucune dépense de force; sans doute les apprentis reviennent, de leurs premières séances, fourbus, courbaturés, pouvant à peine se traîner. C’est qu’ils ont commis toute une série de maladresses, qui faisaient rire à leurs dépens. Ils se sont agités comme des pantins sur la glace, exécutant des mouvements irréguliers, cherchant à rattraper l’équilibre rompu par des déhanchements extravagants. Ils déploient pour glisser une vigueur dangereuse, rayant et trouant la glace au grand désespoir des véritables amateurs. Patience, ce jeune étourdi va se calmer, et bientôt il saura que le secret du patinage est une question de mesure et d’équilibre.
- Il ne faut point croire non plus qu’on coure de graves dangers sur la glace. Au début, on tombe un peu lourdement, on s’écorche le nez ou tes mains. Mais on obviera même à cet inconvénient, si on a soin, quand on est encore un peu vacillant, de tenir les mains légèrement tendues en avant, c’est un balancier et un parachute. De plus, on évitera les chutes en arrière qui sont les plus dangereuses et dont il faut se garer avec soin.
- Nous ne connaissons qu’un véritable danger, c’est d'aller à l’aventure sur une eau profonde, avant d’ètre bien sur que la couche glacée est résistante, homogène et qu’elle ne renferme pas de poches d’eau. Il est très facile de s’assurer de la force de la glace : lorsque la pellicule solide est insuffisante, on entend comme un son strident et court. De petites étoilures se forment à la surface. Malheur .à vous si vous avez le patin trop lourd, le trou se fait instantanément et vous disparaissez dans l’eau verte. Il nous souvient avec un sentiment de terreur qu'on comprendra facilement, nous .être aventuré dans l’entraînement d’une course sur une glace ayant douze heures de formation. Elle s’étendait sur un abîme de 80 mètres. Nous entendîmes le crépitement sec et aigu dont je parlais tout à l’heure ; nous vîmes la glace onduler légèrement.
- En pareil cas, si vous venez à tomber, ayez la présence d’esprit d’étendre bras et jambes autant que faire se pourra. En répartissanl le poids sur une plus grande surface, on court moins de risque.
- Si le patinage pratiqué avec prudence n’est pas dangereux, en revanche, il offre d’inappréciables avantages : il entretient nos membres dans un état d’équilibre parfait. Le corps tout entier profite de cet exercice : les jambes qui deviennent plus fortes, les poumons qui fonctionnent avec régularité, la tète qui se rafraîchit, les mouvements généraux du corps qui prennent plus de grâce et de légèreté. Au retour d’une séance de patinage, on a deux bienfaits inappréciables : un appétit aiguisé, un cerveau reposé et bien en équilibre. Je ne veux point médira des autres sports. Tous ont leur charme, leur
- utilité, depuis le cyclisme jusqu’à l’alpinisme. Mais le patinage est celui qui, avec le moins d’efforts, nous procure le plus de plaisir. Sur la glace, on est toujours gai, joyeux : les rires partent en fusées sonores, on devient sociable, obligé qu’on est de porter secours aux voisins en détresse.
- L’apprentissage n’est pas long et avec de l’attention on arrive très vite à un résultat satisfaisant. Seulement, il faut un peu de résolution, se planter hardiment sur la glace, partir et ne pas avoir peur de tomber. Mais avant de partir il faut s’équiper avec soin, donner aux chaussures une attention particulière. Je conseille la bottine lacée, la seule qui permette d’assujettir solidement le pied : la semelle sera épaisse et le talon fortement cloué, je recommande ce point : rien n’est désagréable comme de perdre ses talons. Et puis on entend de petits rires étouffés, c’est toujours humiliant. Le patin maintenant : il y a bien des systèmes. Je ne dirai pas que tous sont bons.
- L’ouvrier habile saura faire valoir un instrument même imparfait. Nous avons connu un vieux et (in patineur qui se servait depuis trente ans de mauvais patins à lames de bois. Ils s’adaptaient parfaitement à son pied, et avec eux il faisait des pirouettes merveilleuses.
- Vous voilà équipé : qu’allez-vous devenir sur cet élément glissant, perfide, qui va chercher à vous saisir et à vous jeter brusquement à terre. Habituez-vous à vous tenir en équilibre sur vos patins placés de façon à former un angle aigu. Pour partir point n’est besoin de lever le pied. Un mouvement du corps du côté où vous désirez aller suffira pour vous donner l’impulsion nécessaire. Vous obtenez un changement de direction en vous inclinant sur le patin opposé. L’art de patiner réside simplement dans un balancement très rythmé de votre personne. Un moyen pratique, que nous avons souvent indiqué et qui a toujours réussi, c’est de compter mentalement un, deux, à chaque changement de pied.
- On arrive bientôt à être d’une jolie force et à se tenir avec beaucoup de fermeté. C’est alors, mais alors seulement qu’on peut lier partie avec un compagnon. Nous ne connaissons pas de spectacle plus gracieux que celui de deux patineurs, allant, la main dans la main, avec lenteur, par grandes enjambées, en décrivant des sinuosités de forte amplitude. Puis, quand vous serez plus aguerris, vous apprendrez à pirouetter avec grâce, à faire des dehors en arrière, en avant, à valser, à figurer dans un quadrille. On peut varier à l’infini les exercices el arriver ainsi à assouplir tous les muscles.
- N’oubliez pas que pour être audacieux en ce sport, il faut acquérir la faculté de s’arrêter subitement : on ne renverse pas son voisin, on ne tombe pas dans les parages dangereux. Cela m’oblige à dire que le vrai patineur, celui qui pratique cet exercice pour les avantages physiques qu’il procure, n’admettra jamais qu’on puisse s’enfermer dans une salle close avec plancher en glace artificielle. Il demande le plein air, l’air froid qui cingle la figure et fait courir le sang à flots pressés. Au-dessus de sa tête, il verra ce joli ciel de janvier aux teintes bleues d’argent, dans lequel flotte une brume ténue et nacrée, qu’illumine une lumière à l’éclat doux et caressant.
- Le bois de Boulogne est un endroit charmant; mais il ne vaut pas nos lacs des Alpes; si vous apprenez qu’ils gèlent, venez vite les voir, avec leurs couronnes de belles montagnes sur lesquelles la neige descend en nappes immaculées, vous- y éprouverez des sensations merveilleuses, comme une griserie d’air pur et de lumière bleue.
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- Le 12 février 1891, le lac d’Annecy gela en entier : au matin, sa surface était transformée,en un immense et limpide miroir. Pareil fait ne s’élait pas produit avec cette soudaineté depuis 1850. L’occasion était trop rare pour la laisser échapper : une caravane se forma immédiatement, après de sommaires préparatifs. L’un de nous portait une corde, et chaque patineur avait une canne, qui nous aurait permis un repêchage.
- Et nous partîmes très vite, avec un peu d’angoisse au cœur puisque nous allions sur la glace vierge. Nous avions l’air de petits fantômes au milieu de l’immensité ; l’ordre de marche était la file indienne avec distance intermédiaire de 2 mètres. Nous avons une grosse émotion. Le premier de la caravane trouve de l’eau : elle jaillit autour de lui avec un sifflement strident. 11 a l’air de vaciller. La corde est prête, on va la lancer. Mais il est reparti : il avait trouvé une flaque d’eau maintenue en dessous par une forte couche de glace. L’alarme a été chaude. Un peu plus loin arrêt : nous débouchons des bouteilles de champagne. La mousse pétillante et glacée nous réconforte, et nous admirons à loisir le paysage prestigieux qui nous entoure. Le ciel est d’un bleu transparent et argenté. La Tournette et les dents de Lanfont, avec leurs neiges roses, se détachent avec une netteté prodigieuse : nous voyons scintiller les grandes vagues rocheuses des Bauges. Nous éprouvons une sensation étrange : tout est silencieux autour de nous : l’eau est morte. Le lac est figé : il ressemble à un beau parquet bien ciré sur lequel tout à l’heure vont s’élancer des milliers de danseuses roses. Les montagnes sont très rapprochées. Mais le froid est violent : en route. Devant Talloires, à la jonction du grand et du petit lac, une crevasse va d’une rive à l’autre. 11 faut sauter et nous sautons.
- Nous rencontrons là de bons paysans savoyards qui s’amusent eux aussi. Ils sont chaussés de gros sabots blancs, et ils glissent en ramant avec un bâton ferré à l’extrémité. C’est un patin bien primitif : ils essayent de nous suivre, et ils vont très vite, faisant un bruit d’enfer. Nous avons franchi 14 kilomètres en ligne droite dans le plus beau pays du monde. Nous sommes à Doussard : un coup d’œil à la forêt silencieuse où errent encore quelques ours bruns, puis nous entrons dans l’auberge : on nous sert le petit vin gaillard des environs, du pain frais et parfumé, une « tome )) odorante. Tout paraît délicieux. Nous repartons, il est tard, la brume fraîche et grise nous enveloppe déjà, et nous filons sur une glace éclatante avec une rapidité vertigineuse.... Croyez-moi, si le lac gelait encore une fois, vous feriez bien de lui rendre visite. Il est merveilleux en hiver et en été.
- . J. Corcelle.
- _________ Agrégé de l’üniversité.
- LES SOYONS ANTISEPTIQUES
- L’asepsie des mains est une condition première du succès des opérations chirurgicales : aussi voyez-vous, avant le début, l’opérateur procéder à une toilette minutieuse de la main, frictions savonneuses, brossage des ongles, immersion dans les solutions concentrées de permanganate, de sublimé, dans l’alcool absolu, que sais-je !
- Chacun a ses préférences, mais tous s’astreignent à des précautions infinies pour assurer la désinfection absolue. D’aucuns poussent même les précautions jusqu’à ne plus opérer que la main fermée par un gant de caoutchouc dont la désinfection et l’asepsie sont sûres.
- Dans la vie ordinaire, pareil souci de propreté méticuleuse n’est pas nécessaire. Là, elle d«rit être rigoureuse, car c’est le succès d’une opération compromise, c’est l’inoculation d’un germe qui peut engendrer des complications redoutables. 11 faut cependant, en dehors de ces conditions spéciales, assurer la propreté des mains, je ne dis pas la propreté élémentaire, comme le font tous les gens hygiéniquement bien élevés, mais la propreté rigoureuse quand on a touché des matières putrescibles, quand on a approché des malades atteints d’affections contagieuses. Il faut, dans ces cas, procéder un peu comme les chirurgiens, et faire la main nette de tout agent microbien.
- On a eu l’idée, pour faciliter cette désinfection, de fabriquer des savons dits antiseptiques, contenant les uns du sublimé, d’autres de l’acide phénique, du lysol ou autres produits de ce genre. On a pensé donner ainsi an lavage des mains une garantie de desinfection plus grande. Eh bien, il n’en est rien, ou du moins l’addition de ces substances microbicides n’ajoute pas grand'chose à la valeur antiseptique du savon lui-méme. Le savon est un sel d’acides gras qui par lui-méme a une valeur antiseptique, relative s’entend, mais réelle.
- C’est la partie soluble de ce sel qui jouit de cette propriété; on peut le démontrer en utilisant la solution d’un savon avant ou après filtration. Or les agents antiseptiques, au moins un grand nombre d’entre eux, diminuent cette solubilité et partant, atténuent la valeur antiseptique du savon.
- Pour vérifier le bien fondé de ces assertions, M. Core-mans, médecin à Anderlecht, a fait un certain nombre d’expériences qui me paraissent concluantes. 11 a expérimenté sur des savons au sublimé à 1 ou 2 pour 100 et au formol à 10 pour 100. En chauffant dans des solutions savonneuses de savon ordinaire et de savons antiseptiques, des cultures de staphylocoque, île coli-baeille et de bacille charbonneux, il constatait, après un mélange d’un quart d’heure à vingt minutes, qu’il n’y avait guère de différence, comme valeur microbicide, entre le savon ordinaire et les savons antiseptiques.
- Autre expérience pour écarter l’hypothèse de l’affaiblissement de l’action désinfectante par la dilution des solutions. M. Coremans infecte la peau rasée d’un lapin avec des cultures microbiennes, puis il savonne ces régions avec les divers savons et arrive aux mêmes résultats.
- C’est que la valeur antiseptique est faible ou nulle et qu’il faut se garder, si Ton a besoin d’une désinfection sérieuse, d’avoir recours à ces savons, lin bon savon blanc, dur, en solution concentrée et dans de l’eau assez chaude à 35 ou 40° donnera à cet égard beaucoup plus de garanties. Ce ne serait pas suffisant pour un chirurgien, c’est incontestable ; mais ce le sera pour la vie ordinaire.
- Dr Ar>ou*nE Cartaz.
- UN ORCHESTRE ORIGINAL
- Nous connaissons le carillonneur. L’Exposition nous l’a montré sous toutes ses faces. Et pas toujours sans déplaisir pour nos oreilles. Nous voudrions faire connaître aujourd’hui un de ses confrères plus modeste, moins répandu, mais non moins capable d’intéresser les amateurs de belles sonneries. C’est le « sonneur carillonneur ».
- Le « sonneur carillonneur » n’a qu’une cloche
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- qu’il fait fonctionner à la volée en tirant sur la corde. Pour travailler sur un accord de 13 cloches, par exemple, il faut donc 13 sonneurs avec un chef d'orchestre pour les commander. La sonnerie donnant à chaque note toute l’ampleur de son qu’elle est susceptible de produire, on peut n’employer que de très grandes cloches et les faire entendre incomparablement plus loin que les carillons ordinaires.
- Il va sans dire qu’il est par contre impossible de jouer de cette façon des airs comme en donne à volonté le carillonneur à clavier, comme en moud mélancoliquement le carillon mécanique. Le chef d’orchestre se contente de faire varier l’ordre dans lequel les cloches sont frappées. C’est pourquoi ce genre de sonnerie a reçu le nom caractéristique de « carillon à permutations » L
- 11 est facile de se rendre compte qu’avec ce système, on peut sonner très longtemps sans répéter une seule fois la même sonnerie.
- Prenons 15 clo-ches, formant une gamme chro-matique complète. Chaque sonnerie se composant de treize coups, un sur chacune des cloches, et ne différant des autres que par l’ordre dans lequel les coups sont frappés, on aura autant de sonneries différentes possibles qu’il peut y avoir de permutations de 13 objets. Appliquant la formule des permutations, on en trouve :
- 1, 2, 3, 4... 13= 6 227 020 800*.
- On voit que le champ est illimité 1
- Avec 7 cloches on aurait seulement 5040 permutations. Lorsqu’on a moins de 5040 permutations, c'est-à-dire moins de 7 cloches, l’accord n’est pas considéré comme digne du nom de carillon.
- Chaque sonneur étant attelé à sa corde, comme on peut le voir sur notre gravure, reproduction exacte d’une photographie de M. John W. Taylor, le grand fondeur de Loughborough (Angleterre, Lei-cestershire), le chef d’orchestre indique l’ordre dans lequel les artistes doivent travailler.
- 1 Le « carillon à permutations » n’est guère employé qu’en Angleterre où son nom est « Change ringing ». Il est coûteux, car il nécessite le concours d'un nombre considérable de sonneurs exercés.
- * En général pour (n) cloches, il suffit d’appliquer la formule P = l. 2. 3. 4...n.
- On peut évidemment régler les changements de sonneries d’une foule de manières pour utiliser seulement les plus intéressantes des permutations possibles. C’est là que se montre le talent du « compositeur ». Le charme de l’exécution dépend aussi de l’habileté du conducteur ou chef d’orchestre et de la virtuosité des exécutants.
- Nous n’entrerons pas ici dans le détail des diverses façons de faire fonctionner un carillon à permutations. D’autant que ces façons portent des noms assez bizarres et d’une traduction difficile1. Pour donner une idée sommaire de ce carillonnage nous indiquerons seulement un cas fort simple.
- Supposons 6 cloches. On les fait d’abord sonner dans l’ordre naturel, 1, 2, 3, 4, 5, 6; puis on alterne les cloches paires avec les impaires ce qui donne la série 2, 1, 4, 5, 6, 5. Une nouvelle alternance donnera
- 2, 4, 1, 6, 3, 5 et une autre encore 2, 4, 6, 1,
- 3, 5. Le principe général consiste à faire monter en tête de la sonnerie les cloches paires et à faire descendre en queue les cloches impaires. On fera ensuite passer successivement au premier rang les cloches
- 4, 6, 5, 3, 1, en ayant soin que chaque cloche arrivant en tête, ou en queue d’une sonnerie
- frappe deux coups au lieu d’un. Le conducteur introduit alors une modification dans l’ordre naturel des cloches et recommence une nouvelle série de sonneries d’après le principe général énoncé.
- Quelle que soit la manière dont on obtient les permutations, l’essentiel est que celles qui se suivent immédiatement diffèrent suffisamment entre elles pour que leur divergence frappe nettement l’oreille.
- Avec un accord de 8 cloches on peut donner 26 à 27 permutations par minute, soit presque 4 coups par seconde.
- Pour permettre au sonneur carillonneur de sonner longtemps sans trop de fatigue, il est nécessaire que le constructeur du carillon donne tous ses soins
- 1 Pour donner une idée de la bizarrerie des appellations campanaires anglaises, nous dirons seulement qu’une sonnerie de 6 cloches s’appelle « Minor » parce que 6 est plus petit que 8, et qu’une de 7 cloches s’appelle « Triples » parce que dans 7 il y a trois paires! L’argot des sonneurs de cloches n’a rien à envier à celui de nos ateliers!
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- au mode de suspension de ses cloches. Notre seconde gravure, d’après une photographie de M. Kttrick, représente le système adopté pour réaliser ce moindre effort. Chaque cloche est établie solidement sur beffroi on fer et munie d’une roue de grand diamètre sur laquelle s’enroule la cloche du sonneur.
- On arrive à une sorte d’équilibrage des cloches, grâce auquel le sonneur peut, durant plusieurs heures, faire sa partie sans être exténué.
- La séance de carillonnage donnée à l’occasion de l’inauguration des 10 cloches de Saint Patrick de Dublin, le 22 août 1897, dura 3 heures 50 minutes. Lorsqu’on suspendit le « Grand Paul », le bourdon de la cathédrale de Londres, en 1881, le 1 4 décembre,
- il y eut une séance de 4 heures 17 minutes. On a même cité deux circonstances dans lesquelles un carillon de 8 cloches fut sonné de la sorte sans interruption pendant plus de 10 heures. Dans ce laps de temps on n’avait pas exécuté moins de 17 000 permutations! On a vu aussi dans un accord de 8 cloches une jeune hile manoeuvrer la cloche donnant la note aiguë pendant 5040 permutations ! Et cette jeune fille n’avait pas plus de quinze ans ! Ces exemples montrent quelle importance capitale prend dans une installation la suspension solide et méthodique des cloches.
- 11 y a un peu plus de 500 ans que l’on emploie ce genre de carillonnage. C’est en 1605 qu’on en
- trouve la première trace. Mais le plus ancien ouvrage s’y rapportant et en établissant les règles date de 1667. 11 est dû à Stedman, dont le nom a été conservé à la méthode qu’il avait exposée. Depuis cette époque quatre ou cinq autres méthodes ont vu le jour, qui sont employées concurremment avec celle originale de Stedman.
- Les carillons à permutations sont fort répandus en Angleterre. Ils se composent généralement de grosses et belles cloches et les séances de carillonnage sont très courues.
- La maison Taylor à l’obligeance de laquelle nous devons la communication des photographies qui ont servi à illustrer cette note, en a fourni un très grand nombre. Citons en particulier ceux de la cathédrale de Saint-Paul de Londres, de l’Imperial
- Institute de Londres, du Royal Exchange, de Sainte-Marie d’Edimbourg, de Saint-Nicolas de Newcastle, de Saint-Patrick de Dublin.
- Le carillon du Royal Exchange comprend 15 cloches du poids total de 9000 kg environ. La plus haute qui donne le SOL dièze pèse 275 kg, la plus basse, DO dièze, en pèse plus de 1700. A Sainte-Marie d’Edimbourg il n’y a que 10 cloches, mais la plus petite pèse 360 kg environ et la plus grosse plus de 2100, de sorte que le poids total de l’accord est presque exactement le même que celui du précédent.
- A Saint-Paul, qui possède un magnifique bourdon de 17 000 kg, nous trouvons 12 cloches dont les poids varient de 420 à 5100 kg et dont le total dépasse 15 000 kg. A près de 10 000 kg montent les
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- poids des 10 cloches récemment installées à Saint-Patrick de Dublin et dont la plus grosse en pèse pour sa part 2250 environ.
- Les 10 cloches de 1’ « Alexandra Peal », à l’Impérial Inslitute forment un total de près de 8000 kg, dont plus de 500 pour la note la plus haute et près de 2000 pour la plus basse.
- 8000 kg est aussi le poids des 10 cloches de Newcastle auxquelles se joint une basse de près de 6000 kg.
- En général, les carillons à permutations comprennent de 10 à 13 cloches, dont la plus petite ne descend pas au-dessous de 250 kg. Avec 8 cloches on peut déjà réaliser plus de 10 000 permutations, ce qui est gentil, et permet d’éviter pendant de longues heures toute répétition.
- Il nous a paru intéressant de signaler ce genre de sonnerie de cloches peu connu chez nous. C’est en efiet un orchestre original que celui dans lequel aucun des musiciens n’emploie un instrument pesant
- moins de 250 kg. L. Reveischo.n.
- ——
- NÉCROLOGIE
- *• Gramme. — Z. Gramme, l’électricien dont le nom est indissolublement lié aux débuts de la science électrique, vient de mourir. 11 s’était fait remarquer de bonne heure par ses dispositions à dessiner et à construire des petites machines. 11 vint à Paris et entra en 1860 comme monteur dans les ateliers de la Société « l’Alliance », qui construisait les machines magnéto-électriques: ces machines à l’époque étaient très appréciées dans l’industrie et servaient notamment à l'éclairage des phares de la Hève. Gramme travailla ensuite chez Ruhmkorff. En 1867, il faisait breveter ses premières machines à courants alternatifs. En 1875, il terminait la première machine1 munie du collecteur qui fournissait des courants continus. Gramme obtint un grand prix à l’Exposition de 1878 et un diplôme d’honneur à l’Exposition d’électricité en 1881 ; il était officier delà Légion d’honneur depuis 1889. Il s’est éteint le 20 janvier 1901 à llois-de-Colomhes, près de Paris, à l’âge de 75 ans.
- J. L.
- ——
- CHRONIQUE
- Quatrième diiicr « Seienti» ». — Ce dîner, le premier du nouveau siècle, a eu lieu jeudi, 17 janvier, en l’honneur de M. le professeur Marev. Les savants les plus éminents avaient répondu à l’appel du Directeur de La Nature. Plus de cent personnes s’étalent fait inscrire et il a fallu, faute de place, refuser à regret des adhésions venues à la dernière heure. Jamais banquet n’eut plus d éclat, pas même celui qui avait été donné en l’honneur de notre grand Pasteur. Le défaut de place nous oblige à en remettre le compte rendu au prochain numéro.
- I/air liquide dans l’antiquité. — D’après une lettre adressée à Nature, le professeur Dewar aurait découvert dans un ouvrage de Lucien (Vera Hisloria) une allusion tout à fait inattendue à l’air liquide. Lucien dit que les habitants de la Lune boivent ay,p aTroOXtêojxevoç
- 1 Aoy. n" 22, du 1er novembre 1875, p. 541.
- e; y.vhy.cc, de <( 1 air comprimé dans un gobelet ». L’air liquide n’est guère employé comme breuvage; cependant, M. d Arsonval en a un jour versé quelques gouttes dans le verre de champagne d’un de ses convives. Les Anglais, familiarisés avec l’antiquité, sont curieux de ces rapprochements. L un d’eux a attribué au « liquidas aer » de Virgile une parenté avec l’air liquide de )1M. Dewar, Cail-letef, etc. Un autre a soutenu qu’Euripide devait être un fumeur parce qu’un de ses vers commence par ~o pav.-/r/.ov ôwpr,!i.a <5oç.
- La pins puissante locomotive de chemin de fer. — La machine à marchandises dont nous voulons parler, qui a été construite par la Compagnie dite Dela-ware, Lackawana and Western Railwav, nous semble bien mériter ce nom. En efiet, avec ses essieux, dont 1 écartement extrême est de /nl,44 et qui sont au nombre de o64 étant accouplés, elle représente un poids formidable de 99 tonnes à peu près; son poids adhérent est de 90 tonnes, et elle atteint 148 tonnes avec son tender. La surface totale de chauffe y est de 298 mètres carrés.
- L’n nouveau mmle de pavage. — Il s’agit du pavage Leuba, qui se fabrique déjà couramment dans une usine spéciale, à Sens, et dont on dit grand bien, au point de vue de la résistance, du prix de revient et de la facilité de déplacement. Essentiellement, l’inventeur a voulu obtenir les mêmes avantages qu’avec les chaussées en asphalte comprimé, mais en évitant les inconvénients caractéristiques de celui-ci : on sait en effet que quand on veut, dans une rue asphaltée, pratiquer des fouilles pour les eaux, le gaz, etc., comme cela se présente si souvent dans les grandes villes, on est obligé de briser le bétonnage sous-jacent à la couche d’asphalte, et il en coûte cher pour le rétablir ensuite. M. Leuba, qui est naturellement l’inventeur du pavage dont nous voulons parler, forme chacun de ses pavés d’une véritable section de chaussée asphaltée ordinaire, en ce sens que chaque pavé est un bloc parallélépipédique de 11 à 14 centimètres de haut et de U de large sur 22 de long, et dont la surface de roulement est faite d’une couche d’asphalte comprimé étalé sur une base, sur un socle de béton auquel il est rendu étroitement adhérent. Le tout forme un ensemble très homogène, grâce à un tour de main qu’on ne fait pas connaître, et, du reste, la couche d’asphalte peut être d’épaisseur variable suivant la circulation à laquelle doit répondre la chaussée que l’on veut établir.
- Pour établir les chaussées Leuba, on prépare une fouille de 25 centimètres environ de profondeur, puis on dame fermement le sol, on étale une couche de gravier de 10 centimètres, que l'on dame, on recouvre d’un peu de sable pour avoir une surface régulière, et enfin on pose les blocs Leuba, en garnissant les joints d’un léger coulis de sable additionné d’un peu de chaux. Le mètre carré de ce pavage coûte 10 francs, somme à laquelle il faut ajouter 2fr,50 pour la préparation de la fouille.
- IH dock flottant de ISO mètres. — Le Gouvernement américain, qui s’occupe plus que jamais des questions militaires, et maritimes en particulier, vient de faire établir à Alger, tout près de la Nouvelle-Orléans, un dock flottant monstre, qui n’a pas moins de 160 mètres, mais qui se compose en réalité de 5 pontons, dont le central a 75 mètres de développement. L’ensemble de l’appareil est capable de lever un poids de 15 millions de kilos, et il peut recevoir des navires tirant 9m,15. C'est, dire qu’il sera sans doute longtemps en mesure de répondre à tous les besoins de la marine de guerre.
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- D’ailleurs un des pontons peut être caréné dans le reste du dock.
- Barrage à revêtement métallique. — L’idée, qui est bien américaine, vient d’être mise à exécution à quelque distance de Denver, au Colorado, pour créer sur le Canyon, à Goose N’eck, une retenue de 159 millions de mètres cubes de capacité. La hauteur du barrage est de 04 mètres : le corps s’en compose d’un massif en enrochement de granit, atteignant 185 mètres à la base. L’étanchéité est obtenue par un revêtement métallique, un vrai bordé qui se compose de tôles d’acier d’un centimètre d’épaisseur, rivées sur des fers à I, distants d’un mètre. En dessous du bordé métallique est un parement de ciment Porlland de 0'",50 d’épaisseur.
- Salubrité de la Tasmanie.— M. le D1 Bentaüeld, qui a passé vingt-sept ans en Tasmanie, a exposé à l’Imperial In-stitute les avantages que présenterait cette colonie comme sanatorium. Il a été frappé,dès son arrivée en Tasmanie, de l’absence presque complète de consomption et de bronchite. Depuis trois ans il n’a pas signé un seul certificat de décès causé par celle dernière maladie. L’année dernière, la mortalité rurale, dans la Tasmanie méridionale, était de 8,8 pour 100. A Ilobart, en un an, il y a eu 2201 heures de beau soleil contre 1158 à Oxford, en Angleterre. Le climat est un des meilleurs du monde. L’atmosphère est pure et claire ; il y domine l’odeur de l’eucalyptus très répandu, surtout à Ilobart, et dont l’essence volatile parait exercer une influence directe aseptique sur les organismes délétères de tout genre (Nature).
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 21 janvier 1901. — Présidence de M. Fouqué.
- M. Agassiz assiste à la séance.
- M. Jordan donne lecture d’une Notice sur la vie et les travaux de M. H ermite, puis M. G. Bonnier lit une étude consacrée à M. Adolphe Chatin.
- L’évolution de la tuberculose. — M. Lannelongue communique les conclusions des recherches faites sous sa direction relativement au développement de la tuberculose. Il a communiqué au Congrès de Naples, l’an dernier, les premiers résultats; aujourd’hui ses expériences sont achevées. Elles permettent de résoudre la question, à l’ordre du jour, de l’influence des climats sur l’évolution de la tuberculose. Des localités n’ont pas de tuberculeux, mais c’est parce qu’elles sont loin des centres et qu’il n’v a pas eu importation de foyers ; quant aux endroits désignés par les médecins, ils ne peuvent pas être considérés comme fournissant une solution à cause de l’influence du traitement. Ce sont d’ailleurs tantôt les localités élevées en montagne, tantôt des sites d’altitude moyenne en forêt, tantôt des stations au bord de la mer. Pour éclaircir ce point, M. Lannelongue a institué deux séries d’expériences qui ont porté chacune sur 150 cobayes. Le premier groupe a été divisé en 5 lots de 50 animaux dont le premier a été conservé en laboratoire, à Paris, le deuxième envoyé dans une localité située au bord de la mer en Normandie, le troisième envoyé à la campagne. Le deuxième groupe a été divisé pareillement en trois lots de 50 individus répartis entre le laboratoire parisien, une station en montagne et une station en forêt. Les animaux placés hors Paris étaient conservés dans une vaste cabane pourvue d’un préau de 4 mètres carrés; ceux conservés en laboratoire n’avaient qu’une petite
- cage avec un espace libre de 1 mètre carré. Dans les deux séries d’expériences, contrairement à toute attente, l’avantage très marqué est resté aux lots conservés en laboratoire. Cependant les animaux de ces lots avaient vécu dans un milieu mal ventilé, contenant de l’acide carbonique et des vapeurs ammoniacales en quantité appréciable. Mais il n’y avait eu en revanche que des écarts de température de très peu d’amplitude. De plus, l’espace restreint laissé aux cobayes les avait obligés à moins d’exercice. Ce sont, en effet, les deux seules conditions différentes que l’on puisse relever dans les conditions auxquelles ont été soumis les divers lots d’animaux.
- Le sucre et l’alcool dans l'organisme. — M. Chauveau fait connaître que la substitution de l’alcool au sucre dans l’alimentation ne saurait constituer une opération physiologique avantageuse. 11 relate, à l’appui de cette considération, une expérience faite sur un chien. Cet animal a reçu pendant 54 jours une ration alimentaire composée de 500 grammes de viande et 250 grammes de sucre. Bien qu’ayant fourni journellement une course de 24 kilomètres il avait gagné, à la fin de la période expérimentale, 1/15 de son poids. Dans une deuxième série d’épreuves, le tiers de la ration de sucre a été remplacé par de l’alcool. L’animal s’est mal entretenu; il avait besoin d’être excité à la marche par son conducteur. Il n’avait cependant subi qu’une perte de poids insignifiante de 100 grammes. Puis on a alterné, pendant une semaine, la ration exclusivement sucrée avec la ration a'coolisée. Il a été aussi constaté alternativement, à la fin de chaque semaine, un gain et une perte très forts caractérisant chacun des deux régimes. L’alcool n’est donc pas un aliment de force.
- Géoloyie de la France. — M. Michel Lévy présente une Note de M. Léon Bertrand, professeur à l’Université de Toulouse, établissant qu’une partie des éruptions de labradorite de la côte de Nice date du pliocène le plus récent et coïncide avec les effondrements qui ont donné naissance à la Méditerranée. M. Michel Lévy présente ensuite une Note de M. Glangeaud, chargé de cours à Clermont-Ferrand, relative aux dômes et plis affectant les terrains secondaires qui servent de bordure sud-ouest au plateau Central. Le crétacé y est nettement discordant sur le jurassique dont le premier plissement a même été suivi d’une érosion partielle.
- Le mucus trachéal. — M. d’Arsonval présente une Note de M. Charrin relative aux propriétés du mucus trachéal des grands animaux. Ce mucus vit étendu de 40 fois son volume d’eau; la solution, injectée dans la veine d’un lapin à la dose de 5 centigrammes par kilogramme d’animal vivant, détermine la coagulation brusque du sang.
- Décès. — M. Mascart annonce la mort de M. Gramme. Il observe que M. Gramme a joué un grand rôle dans le développement de l’électricité, et que bien que n’appartenant pas à l’Académie, les regrets causés par sa mort y seront vivement ressentis. Ch. de Vuledelil.
- ADOLPHE CHATIN
- Adolphe Chatin est né, en 1813, près de Tullius (Isère). Après des études primaires fort insuffisantes chez les maîtres d’école de la localité et quelques leçons de latin données par le curé, il entra chez le pharmacien Lombard, à Saint-Marcellin. Celui-ci, frappé des remarquables aptitudes de son jeune élève et de son étonnante ardeur au travail, l’adressa,
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- en 1855, à son confrère Briant, à Paris, qui l’accueillit d'une façon toute familiale. M. Briant sut vite reconnaître les qualités de son hôte, et lui prodigua ses encouragements, lui conseillant d’achever ses études scientifiques et littéraires, puis de passer ses examens d’enseignement supérieur.
- Jamais conseils ne furent mieux suivis, car en moins (le huit années, le jeune Chatin passait les examens ou les concours suivants, toujours reçu avec les meilleures notes : Baccalauréat ès lettres, Baccalauréat ès sciences complet, Licence ès sciences, Internat des hôpitaux, Doctorat ès sciences, Thèse de pharmacie, Agrégation de pharmacie; enfin, en 18-41, il était nommé, au concours, Pharmacien en chef de l’hôpital Beaujon et, la même année, il était chargé, comme remplaçant, de l’enseignement de la Botanique à l’Ecole de Pharmacie ; en 1844, il était reçu Docteur en médecine.
- En 1848, les deux chaires de botanique de l’École de Pharmacie, laissées vacantes par Guiart et Clarion, sont réunies en une seule, et M. Chatin est nommé professeur titulaire. En dehors du cours de botanique, de 1845 à 1847, il avait enseigné, en outre, l’anatomie comparée, l’anthropologie et la zoologie générale. En 1848, il fit aussi à la même École des cours populaires pour les ouvriers sur la cosmographie, la géologie et la métallurgie.
- En 1875, M. Chatin était nommé directeur de l’École de Pharmacie et il prit sa retraite en 1886, avec le titre de directeur honoraire. Il avait été élu, en 1874, membre de l’Académie des Sciences, en remplacement de Claude Gay; en 1897, il était président de l’Académie. M. Chatin avait aussi été élu membre de l’Académie de Médecine, membre de la Société Nationale d’Agriculture, et il faisait partie du Comité des travaux historiques au Ministère de l’Instruction publique.
- Grâce à son tempérament robuste, M. Chatin avait gardé, même à un âge avancé, une santé peu commune et une vigueur remarquable.
- En septembre 1898, cependant, la maladie commença à atteindre cette constitution vigoureuse. Il dut rester dans sa propriété des Essarts-le-Roi, où, sans souffrance, il vécut en s’affaiblissant peu à peu, entouré des soins de sa famille. C’est pendant ce
- long et dernier séjour à la campagne, qu’il eut encore le bonheur d’apprendre la nomination à l’Institut de son fils, M. Joannès Chatin, professeur à la Sorbonne. Enfin, le 15 janvier 1901, M. Chatin s’éteignait doucement dans les bras de ce fils qu’il aimait tant et dont les succès ont été la meilleure joie de son existence.
- L’œuvre d’Adolphe Chatin est beaucoup trop considérable pour qu’il soit possible de la résumer ici. On peut dire que M. Chatin a traité de toutes les parties de la science des végétaux, sans parler de ses travaux de chimie, d’agriculture ou de physiologie animale. Anatomie, morphologie externe, physiologie, classification, géographie botanique, organogénie, autant de branches de la botanique dans
- lesquelles doivent être rangés les travaux du savant qui vient de disparaître.
- En dehors de nombreuses questions relativement limitées, que le professeur de l’École de Pharmacie a exposées avec détail et d’une manière aussi complète que possible, la caractéristique de l’œuvre de Chatin est surtout l’éclosion d’idées originales. Il a eu le grand mérite d’ouvrir dans la science des voies nouvelles qui ont été suivies avec fruit par ceux qui ont marché sur ses pas.
- Dans ses longues études sur l’anatomie des groupes, M. Chatin a fait ressortir les phénomènes d’adaptation où se trouve en germe cette partie de la science qu’on nomme aujourd’hui la Morphologie expérimentale. On peut en dire autant de ses Mémoires sur les plantes parasites qui sont parmi les plus importants à citer. Les travaux sur la constitution de l’étamine ont aussi provoqué des recherches nombreuses. Enfin, M. Chatin a été un précurseur dans l’application de l’anatomie à la classification des plantes.
- En somme, on peut dire qu’on ne saurait établir la bibliographie d’un sujet quelconque de Botanique, ayant une certaine importance, sans avoir à citer un ou plusieurs travaux de M. Adolphe Chatin.
- Gaston Bonnier,
- Membre de l'Institut.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiiue, rue de Fleuras, 9.
- Adolphe Chatin.
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- V 14 45. - 2 FÉVRIER 1901.
- LA NATURE.
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- CH. HERMITE
- Avec M. Hermite disparaît une des gloires les plus pures qui aient jamais illustré la science française. M. Hermite ne fut pas seulement un des plus grands mathématiciens du dernier siècle : sa vie fut un exemple; personne n’a poussé plus loin l’amour désintéressé de la science, le dédain de la notoriété. Les sévères régions de la pensée dont il avait fait son domaine, leurs harmonieuses et rigides beautés, les lois rigoureuses et éternelles qui les régissent, lui avaient donné des joies trop hautes pour qu’il pût condescendre encore aux soucis dont s’agitent la plupart des hommes. A ce puissant génie visionnaire, le mystérieux univers du Nombre n’apparaissait point comme dépourvu d’existence objective, mais bien comme une sorte d’armature immatérielle et inflexible de l’univers réel dont elle contient les dérèglements. Ceux qui ont eu l’heureuse fortune d’être les élèves du grand géomètre, ne sauraient oublier l’accent presque religieux de son enseignement, le frisson de beauté ou de mystère qu’il faisait passer à travers son auditoire devant quelque admirable découverte ou devant l’inconnu. Hermite fut un professeur incomparable : sa parole saisissante ouvrait brusquement de larges horizons sur les régions inexplorées de la science, elle suggérait à la curiosité et à l’invention les problèmes nouveaux et essentiels ; mais surtout elle communiquait l’amour et le respect des idéales vérités. Dans l’inoubliable journée de son jubilé, en accueillant l’hommage d’admiration de tous les pays civilisés, l’illustre analyste parla, en termes pleins de noblesse, de la corrélation étroite et secrète qui existe « entre le sentiment absolu de la justice et du devoir et l’intelligence des vérités absolues de la géométrie ». Cette corrélation semblait évidente quand on écoutait ses leçons.
- Dès ses premiers travaux, se manifeste la qualité maîtresse d’Hermite : la profondeur. 11 ne s’est jamais dispersé en recherches superficielles ou vagues. Une question lui apparaissait toujours sous une forme extrêmement précise : il en pénétrait les secrets les plus cachés, il y portait une telle lumière
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- que toutes les questions du même type se trouvaient du coup résolues. Élève de première année à l’École polytechnique, âgé de vingt ans à peine, il ne craint pas d’écrire à Jacobi sur la division des transcendantes afbéliennes : pour comprendre toute l’audace d’une telle tentative, il faut se rappeler qu’en 1845 l’existence des nouvelles transcendantes était à peine démontrée et qu’elles étaient ignorées de la plupart des analystes ; leur acte de naissance, pour ainsi dire, n’était pas encore enregistré par la science. Jacobi accueillit avec admiration et svmpa-thie ce premier effort où se révélait un jeune et vigoureux génie. Quelques années plus tard, un mémoire sur la transformation des mêmes transcendantes classait définitivement Hermite parmi les grands mathématiciens. Ce mémoire, où la théorie des fonctions se mêle à l’arithmétique et à l’algèbre, est en quelque sorte représentatif de l’œuvre d’Hermite. Nul n’a montré, d’une façon plus éclatante, par ses méthodes et ses découvertes, les relations intimes qui unissent ces trois branches de la science, l’appui mutuel qu’elles peuvent et doivent se prêter. C’est ainsi que la théorie des formes algébriques, dont il est un des créateurs avec Cayley et Sylvestre, lui sert à la résolution de l’équation du cinquième degré et à l’étude des formes arithmétiques. De même, c’est par l’introduction des variables continues en arithmétique qu’il parvient aux admirables propriétés des formes quadratiques dont la découverte égale les plus belles découvertes de Gauss ; c’est notamment là tr.tnsformation des fonctions elliptiques qui lui donne le nombre des classes. Ce sont enfin les équations modulaires qui le conduisent à la résolution de l’équation du cinquième degré. Pendant des années, il rivalise avec Kronecker pour déduire de la théorie des fonctions elliptiques les plus riches conséquences arithmétiques.
- Inversement, par l’arithmétique, il pénètre profondément dans la théorie des fonctions ; l’étude des groupes discontinus lui livre les propriétés de la fonction modulaire. C’est cette même étude qui devait engendrer plus tard les fonctions auto-morphes à une ou plusieurs variables (fonctions fuchsiennes,hyperfuchsiennes, hyperabélienne, etc.)
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- Cil. Il EH.MITE.
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- LA NA Tl KL.
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- dont la découverte est une des plus précieuses conquêtes des mathématiques contemporaines.
- Dans le domaine de l’analyse proprement dite, il a renouvelé la théorie des intégrales eulériennes,créé la théorie de l’équation de Lamé, xlont les applications à la mécanique, à l’astronomie, à la physique mathématique sont si nombreuses.
- Est-il besoin enfin de rappeler la belle formule de décomposition en éléments simples (d’après leurs infinis) des fonctions trigonométriques et elliptiques, formule qui livre la fonction toute prête pour l’intégration comme une fraction rationnelle décomposée en éléments simples ?
- Mais la découverte d'Hermite qui surpasse toutes les autres, c’est la démonstration de la transcendance du nombre e, démonstration qui, à peine modifiée, entraîne la transcendance du nombre tt, c’est-à-dire l'impossibilité du fameux problème de la quadrature du cercle. Les nombres algébriques (nombres définis par une relation algébrique à coefficients rationnels) forment une classe si dense qu’il semblait presque impossible de trouver un critérium assez subtil pour permettre de discerner si un nombre tel que e ou t. est algébrique ou transcendant. Ce critérium, c’est dans la théorie généralisée des fractions continues qu’Hermite a su le découvrir, et sa méthode sera admirée tant que des hommes existeront capables de comprendre la notion de nombre. La carrière d’Hermite est connue de tous les hommes de science.
- Né en Lorraine, à Dieuze, le 24 décembre 4 822, membre de l’Académie des sciences en 1856, maître de conférences à l’École normale de 1862 à 1869, professeur à l’École polytechnique en 1867, professeur d'algèbre supérieure à la Sorbonne en 1869, il a occupé cette dernière chaire jusqu’en 1897. Son cours d’analyse à l’École polytechnique, dont le premier volume seulement a été publié, est un chef-d’œuvre de profondeur et de concision. Les quinze dernières années de son enseignement à la Sorbonne ont été consacrées à la théorie des fonctions analytiques d’après Weierstrass : mais au lieu de s’attacher étroitement, comme l’illustre analyste allemand, à l’unique méthode des séries entières, Hermite a fait appel à toutes les ressources des méthodes de Cauchy, donnant ainsi à la doctrine une brièveté et une élégance incomparables. C’ost dans le Cours autographié d’Hermite, remanié à fond chaque année, que toute la jeune école des mathématiciens français a appris l’analyse. Un peut dire que, dans le propre domaine de Weierstrass, l’enseignement d'Hermite a suscité peut-être plus de travaux que l'enseignement de Weierstrass lui-même.
- Parmi les mathématiciens de tous les temps, il en est peu qui aient exercé une influence directe comparable à celle d’Hermite; il n’en est pas dont l’œuvre soit plus sûrement impérissable.
- Paul Pauslevé,
- . membre' de l’Institut.
- UNE TRANSMISSION
- D'ÉXEftGIE ÉLECTRIQUE a 250 KILOMÈTRES
- Quand nous disons 250 kilomètres, nous exagérons peut-être, mais pas de beaucoup, puisque la distance à laquelle celte transmission a été opérée sur le territoire américain est effectivement de 155 milles, ce qui équivaut en réalité à 246 kilomètres.
- L’expérience a été faite à une très haute tension, sur les lignes de la Compagnie de force motrice dite « Snoquali-nie Falls Power Company », de Seattle, lignes qui avaient été reliées de manière à former ensemble le développement nécessaire. Pendant plusieurs heures, en effet, les divers services de la Compagnie furent privés de courant et interrompus, toutes les lignes de transmission étant mises en connexion pour former un circuit continu qui commençait aux chutes mêmes fournissant le courant, allait à Seattle, retournait aux chutes, puis allait à Tacoma pour revenir encore une fois aux chutes. Ce circuit triphasé comprenait à la fois du fil d’aluminium, du fil de cuivre de dureté moyenne et du câble d’aluminium. Le courant était produit par une génératrice Westinghouse triphasée de 1500 kilowatts, et une machine analogue était employée comme moteur synchrone à l’extrémité du circuit. Les expériences les plus intéressantes ont été faites sur ce circuit exceptionnel, notamment au point de vue de la charge à différentes tensions avec un chiffre constant de 7200 alternateurs. D. B.
- UNE BIBLIOTHÈQUE
- VIEILLE DE PLUS DE QUARANTE SIÈCLES
- La ville de Nippur fut détruite, il y a plus de 2200 ans, par une invasion Élamite. Ce fut à ce moment que la ville de Babylone prit son essor et remplaça Nippur dans la puissance, le progrès et la civilisation asiatiques. Depuis onze ans, le professeur Hilprecht, de l’Université de Philadelphie, poursuit, parmi ces ruines amoncelées, de longues et laborieuses recherches, dont nous avoiis déjà eu l’occasion de parler1. Cette année, elles ont été récompensées par une découverte d’une importance exceptionnelle, celle de la plus ancienne bibliothèque actuellement connue, déposée, selon l’usage, dans un temple, sous la protection du Dieu. Jusqu’ici, nous ne connaissions que des copies de ces livres primitifs, si on peut les appeler ainsi, mises au jour il y a soixante ans environ, dans la bibliothèque du roi Ashurbanapal, à Ninive. Le roi avait réuni une vaste collection de tous les écrits alors connus et parmi eux se trouvent plusieurs de ceux dont les originaux étaient à Nippur.
- Ceux-ci ne peuvent être postérieurs à 2200 ans avant notre ère, puisque ce fut à cette date que la ville fut détruite. Ils sont donc tout au moins contemporains de l’établissement d’Abraham à Ur et nous donneront probablement de curieux détails sur ces temps encore si peu connus.
- Jusqu’à présent, une seule des salles renfermant cetle précieuse réserve des arts, des sciences, de la littérature aux débuts des temps historiques, a pu être déblayée et 18 000 documents ont été retirés du milieu des ruines où ils gisaient. Ils sont tracés sur des briques en argile assez mal cuites qui mesurent de 1 pied à I pied et
- * Yoy. n8 1257, du 15 février 1807.
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- demi de longueur sur quelques pouces de largeur. Ces briques ont beaucoup souffert tant de l’humidité que de la chute des murs qui les protégeaient ; mais les fragments ont été recueillis avec soin, ils vont être transportés au musée impérial de Constantinople, et ils promettent une ample moisson de faits nouveaux, à ceux qui, au prix, il est vrai, d’un dur labeur, parviendront à les déchiffrer.
- Ce n’est pas la seule découverte que nous devons aux Américains dans l’année qui a terminé le siècle. M. Léopold Batres, le directeur du Musée national, vient de mettre au jour à Mexico, une section du Coatepantli, le mur des serpents qui entourait le grand teocalli et qui est resté si célèbre dans les annales des Aztecs. Cette section qui comprend la partie nord de l’enceinte mesure 20 mètres de longueur sur 2m,50 environ de hauteur. D’immenses tètes de serpents en haut relief y sont enchâssés et lui ont donné la nom qu’il porte. Leurs dimensions varient; les plus grandes ont 1 mètre de long, leur relief sur le mur est de 50 centimètres et leur gueule ouverte présente deux crochets menaçants. On a calculé que le nombre de ces têtes devait dépasser deux cents. Le plus grand nombre des Américanistes croit voir dans ces serpents des indices du culte phallique; mais ce fait est loin d’être certain, des découvertes et des études nouvelles pourront seules en apporter la preuve.
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- UN PROGRÈS EN CHRONOMÉTRIE
- L’introduction dans la chronométrie des aciers au nickel, et étudiés par M. Ch. Ed. Guillaume, a permis récemment de résoudre une question fort ardue et à laquelle depuis de longues années les plus habiles constructeurs s’étaient inutilement attelés : c’est la correction de l’erreur secondaire.
- Lorsqu’un balancier compensé de chronomètre a été réglé pour deux températures, il est soumis aux lois suivantes énoncées en 1855 par le célèbre horloger anglais E. J. Dent :
- 1° entre les deux températures pour lesquelles il a été réglé, le chronomètre avance; 2° au-dessus et au-dessous de ces températures, il retarde. De sorte que la marche du chronomètre, au lieu d’être représentée par une droite, l’est par une courbe de forme parabolique coupant la droite théorique en deux points correspondant aux deux températures de réglage.
- L’écart entre le sommet de la parabole et la droite théorique est ce qu’on appelle l’erreur secondaire.
- Atténuer cet écart et rapprocher le plus possible l’arc parabolique de sa corde théorique a été le but de nombreux efforts. Mais, malgré qu’on ait eu pour cela recours à une foule de procédés ingénieux, l’erreur secondaire a résisté énergiquement. Durant les cinq dernières années, elle fut à l’observatoire de Neuchâtel de 2",54 pour la
- moyenne des chronomètres de poche observés. Et voilà que la substitution à l’acier ordinaire d’un alliage d’acier au nickel dans la serge du balancier circulaire vient d’annuler presque complètement du premier coup l’insaisissable erreur. M. Guillaume a déterminé les éléments d’un balancier laiton-acier au nickel qui a réalisé ces merveilleux effets. Ge balancier, appliqué parM. Nardin, constructeur bien connu de chronomètres de marine au Locle, à un garde-temps précédemment muni d’un balancier ordinaire laiton-acier, a donné le résultat indiqué par notre première courbe (fig. I). L’erreur secondaire, qui é'ait de l'VJ
- avec l’ancien balancier, est tombée immédiatement à ü",5 avec le nouveau.
- M. Paul Ditisheim, autre chronométrier suisse, dont l’habileté est aussi hors de pair, a obtenu, avec un chronomètre de poche à échappement à ancre, un résultat encore plus remarquable mis en lumière par la seconde figure. Dans cette pièce, l’erreur secondaire a été .supprimée complètement. Ce qui est à considérer dans- ces résultats, que d’autres sont en train de confirmer, c’est le parfait accord entre le calcul théorique et l’observation
- pratique. M. Paul Nardin m’écrivait il y a quelque temps:
- « L’introduction de l’acier au nickel dans la construction des balanciers circulaires est le progrès le plus important qui ait été réalisé depuis longtemps dans le réglage aux températures des chronomètres, et l’honneur en revient au l)r Guillaume. ))
- Ces paroles sont justes.Pour les compléter, cependant, il faut féliciter les chronométriers suisses Nardin et Ditisheim qui, par leur esprit d’initiative, ont donné à l’invention du savant physicien la consécration de l’expérience. L. Reveiichon-
- Température
- Fig. 1. — Marche d'un chronomètre de marine; nb, erreur secondaire avec le balancier
- acier au nickel ; la courbe inférieure indique le résultat obtenu avec un balancier ordinaire.
- Il
- Erreur secondaire 2°3It
- Fig. 2. — Marclie d’un chronomètre de poche avec balancier acier nickel; la courbe indique l’erreur moyenne du chronomètre-balancier ordinaire durant les cinq dernières années.
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- LA A'ATL RE.
- ÉMAILLAGE MÉCANIQUE DE LA FONTE
- XOFVEAr PROCÉDÉ
- SANS DÉGAGEMENT DE POUSSIÈRE -- SYSTÈME DORMOY
- Le procédé le plus généralement employé pour l’émaillage de la fonte avec des émaux à hase de plomb consiste à tamiser ceux-ci à la main sur les pièces préalablement portées au rouge. Ce procédé, d’une application aisée, permet d'obtenir de fort beaux produits, mais les malheureux ouvriers employés à ce travail respirent des poussières chargées de plomb qui exercent sur leur organisme des effets excessivement graves et les exposent aux atteintes du saturnisme et à ses terribles conséquences : coliques, anémie, paralysie et troubles généraux amenant la mort. On a bien essayé de munir les ouvriers de masques protecteurs destinés à empêcher les poussières nocives de pénétrer dans les voies respiratoires, mais ce moyen est insuffisant. Les ouvriers, déjà suffoqués par la chaleur des fours et des pièces qu ’ ils manient, sont gênés pour respirer. En outre, il convient de remarquer que l’empoisonnement se produit non seulement par les voies respiratoires, mais encore, et surtout, par les pores de la peau.
- L’émaillage de la fonte à la main est donc excessivement dangereux et exerce de nombreux ravages parmi les ouvriers qui y sont employés.
- Dans ces conditions, il est du plus haut intérêt de signaler un nouveau procédé imaginé par M. Albert Dormoy, directeur des Forges et Fonderies de Sou-gland (Aisne), et qui, empêchant les poussières de plomb de se répandre dans l’air, met l’ouvrier émailleur à l’abri des dangers auxquels il est exposé.
- A leur sortie du four, les objets à émailler sont portés à l’aide de fourches sur un plateau placé au «•entre d’une cage hermétiquement close formée de deux parties séparées par une plate-forme entourant
- le plateau. La parti»1 supérieure est munie, sur deux faces opposées, de portes à coulisses équilibrées et fixées à deux chaînes Galle mobiles sur quatre galets. Ces portes, par lesquelles on introduit les pièces, sont, de même que les consoles et les autres faces verticales de la partie supérieure de la cage, vitrées et bien mastiquées, de façon que la lumière puisse pénétrer partout, mais que l’entrée de l’air soit limitée à la porte d’introduction. En outre, deux portes de visite sont pratiquées sur le milieu des deux faces verticales.
- Le tablier supérieur de la cage porte deux ouvertures circulaires : l’une sert de base à une cheminée d’appel de hauteur suffisante pour assurer l’aspiration des poussières d’émail; l’autre est traversée par un réservoir distributeur recevant d’une part l’émail amené mécaniquement du magasin, et d’autre part l’émail tombé dans la partie inférieure de la cage qui est remonté automatiquement.
- À 1" intérieur de la cage, et à une certaine hauteur du plateau mobile, est suspendu un tamis servant à la distribution de l'émail sur les pièces, et au-dessus duquel débouche la partie inférieure du réservoir, fermée au moyen d’un clapet.
- La dépression produite dans la cage parla cheminée d’appel suffit pour enlever les poussières sans qu’il soit nécessaire de fermer la porte d’introduction pendant l’opération de l’émaillage. De plus, les deux portes symétriques de la cage permettent l’utilisation simultanée de deux fours avec une seule machine et une seule équipe, une fournée chauffant pendant qu’on émaillé la précédente.
- La partie inférieure de la cage est formée par une trémie en cuivre polie, fonte ou tôle émaillée, fixée à un solide bâti en fonte et qui reçoit l’émail non retenu par les pièces disposées sur le plateau. Cet émail est aspiré au moyen d’un petit tube en cuivre débouchant dans le réservoir supérieur de distribution, lequel a une grande section. Il se produit donc,
- Fig. 1. — Procédé mécanique d’émaillage de la fonte.
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- LA NATURE.
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- dans ce réservoir, une brusque détente qui fait tomber dans l’entonnoir qui le termine les petits cristaux d'émail entraînés. Quant aux fines poussières qui nuiraient à la beauté de l’émail fondu, poussières qui, en raison même de leur ténuité, sont des plus dangereuses pour les ouvriers, elles sont entraînées par un tuyau d’aspiration vers le ventilateur, et, à la sortie de ce dernier, recueillies, puis refondues. L’émail arrive donc au réservoir débarrassé des poussières impalpables qui pourraient gêner la vue des pièces pendant l’opération de l’émaillage.
- Le plateau mobile est en fonte, d’une seule pièce et ajouré. Reposant par un pivot central dans une
- crapaudine faisant partie d’un balancier, il peut prendre un mouvement d’oscillation. En outre, il est muni d’un certain nombre de petites tiges en fer émergeant de 12 à 15 millimètres, lesquelles, s’abaissant sous le poids de la pièce à émailler, restent dressées aux alentours. Celle-ci se trouve donc fixée, malgré les oscillations du plateau qui peuvent atteindre jusqu’à 45° en tous sens.
- La rotation est obtenue au moyen d’une manivelle extérieure agissant sur un système d’engrenages.
- L’agencement du plateau tournant et du balancier oscillant est disposé de manière à permettre de présenter successivement sous le tamis distributeur
- tous les points de la pièce à émailler, et cela sous l’inclinaison la plus convenable.
- Le tamis est formé de plusieurs toiles métalliques superposées, à larges mailles pincées entre deux armatures constituées par des couronnes concentriques réunies par des rayons et qui empêchent l’inflexion des toiles sous le poids de lemail et leur boursouflure, leur conservant ainsi une rigidité suffisante pour la répercussion des chocs produisant le tamisage. L’emploi de plusieurs toiles métalliques superposées évite l’encrassage qui ne manquerait pas de se produire avec une toile unique. 11 permet, en outre, d’ohtenir une plus grande résistance quant au poids de l’émail à supporter. Enfin les petits cristaux, qu’une toile serrée retiendrait, peuvent aisément se frayer passage, ce qui con-
- tribue largement à la beauté de l’émail obtenu.
- Les chocs nécessaires au tamisage sont obtenus à l’aide de frappeurs électriques actionnés par une source d’électricité quelconque, dont l’intensité peut varier à l’aide d’un rhéostat ; un coupant d’une puissance de 40 watts, par conséquent facile à produire, donne des chocs suffisants. La communication électrique est établie au moyen d’une pédale faisant office d’interrupteur.
- Le fonctionnement de l’appareil est des plus simples. Dès que la pièce à émailler est sortie du four et placée sur le plateau, un ouvrier appuyant sur la pédale met en mouvement les frappeurs tandis que tenant d’une main la manivelle commandant le mouvement de rotation, de l’autre le levier produisant l’oscillation, il présente successivement les diffé-
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- LA NATURE.
- rentes parties de la pièce sous la pluie d’émail qui s’échappe du tamis. L’opération ne dure qu’un temps très court et tout se passant à l’intérieur de la cage, les ouvriers peuvent, sans même mettre de masque, procéder à leur travail sans le moindre danger.
- L’ingénieux procédé imaginé par M. Rormoy, tout en permettant d’obtenir rapidement un émaillage remarquable, réalise donc un progrès considérable en ce qui concerne l’hygiène industrielle. Aussi est-ce avec justice que le jury de l’Exposition universelle de 11)00 lui a décerné un grand prix. Georges Caye.
- LES ÉLÉMENTS MAGNÉTIQUES
- AU COM M EX CEMENT DU SIÈCLE
- Notre collaborateur, M. Th. Moureaux, directeur du service magnétique à l’Observatoire de Saint-Maur, vient de publier la valeur absolue des éléments magnétiques, au 1er janvier 1901. Les observations ont été poursuivies à Saint-Maur, à Perpignan et à Nice. Le voisinage des tramways électriques pouvant troubler le champ terrestre, les observations seront continuées, mais poursuivies en même temps, au Val Joyeux, domaine situé à Villepreux (Seine-et-Oise). Un pavillon a été construit et un magné-tographe y fonctionne depuis le 26 décembre 1900.
- Les valeurs des éléments magnétiques au 1er janvier 1901, pour les quatre stations, sont déduites de toutes les valeurs horaires relevées le 51 décembre 1900 et le l"1 janvier 1901, rapportées à des mesures absolues faites aux dates qui précèdent et suivent immédiatement le 1er janvier.
- Les observations de Perpignan continuent d’être faites par M. Cœurdevache, sous la direction de M. le Dr Fines, et celles de Nice par M. Auvergnon. Au Val Joyeux, elles ont été confiées à M. Itié, aide-météorologiste, attaché depuis dix ans au service magnétique de Saint-Maur.
- valeurs absolues des éléments magnétiques AU 1er JANVIER 1901 '
- Parc St-Maur. Val Joyeux. Perpignan. Nice.
- Longitude . . . . 0°09’23" E o°i9'2ry' o 0°52'45" E 4°57'48" E
- Latitude nord . . 48° 18 '3 i" 48#49'10" 42°42'08" 44°43'17"
- Déclinaison occi -
- dentale . . . . U°15'78'' 1501440'' 13°14'77” ll°57'9o"
- Inclinaison. . . . 64°51' 9” 64°59' 9" 59°57' 5" 60° 9' O"
- Composante horizontale . . . . 0,19755 0,19602 0,22450 0,22425
- Comfosante verticale 0,42106 0,42161 0,38819 0,39077
- Composante nord . Composante ouest. 0,19100 0,18971 0,21822 0,21938
- 0,05025 0,05108 0,05271 0,04050
- Force totale . . . 0,40510 0,40520 0,44844 0,45054
- La différence de longitude entre le Val Joyeux et le
- Parc Saint-Maur étant de 29', les déclinaisons devraient différer seulement de 15' environ : l’écart observé est de 50'6. D’autre part, la latitude des deux stations est sensiblement la même et leur distance est faible (56 km); l’inclinaison et la composante horizontale devraient avoir à peu près la même valeur dans les deux stations ; or, au Val Joyeux, l’inclinaison est plus grande de 8' et la composante horizontale plus faible de 0,00095 qu’au Parc Saint-Maur. Ces écarts tiennent au fait que le nouvel observatoire est situé dans la région soumise à l’anomalie magnétique du bassin de Paris.
- La variation séculaire des différents éléments résulte de la comparaison entre les valeurs actuelles et
- celles qui ont été données pour le 1er janvier 1900.
- VARIATIONS SÉCULAIRES I)F,S ÉLÉMENTS MAGNÉTIQUES EN 1900
- Déclinaison Parc Saint-Maur. — 5'78 Perpignan. — 548 Nice. — 348
- Inclinaison — 5'5 — 2'0 — 14
- Composante horizontale . Composante verticale . . + 0.000 il + 0,00029 + 0,0009
- . --0.00011 — 0,00002 — 0,00022
- Composante nord. . . . + 0,00(48 + 0,00036 + 0,00014
- Composante ouest . . . . —0,00010 — 0,00028 — 0,00023
- Force totale + 0,0009 + 0,00013 — 0,00015
- De 1885 à 1898, d’une manière générale, la variation séculaire de la déclinaison était plus grande et celle de l’inclinaison plus faible dans le nord que dans le midi de la France; c’est le contraire depuis deux années. 11. de I*.
- ——
- LE SQUELETTE DES FEUILLES
- Les Indiens et les Chinois ont, depuis longtemps, la coutume de détacher, dans un but décoratif, les différentes parties qui forment une feuille et d’en conserver le squelette.
- Le procédé parait, au premier abord, des plus simples; mais lorsqu’on le pratique, on le trouve moins aisé.
- Nous conseillerons, à ceux qui veulent essayer d’obtenir le squelette d’une feuille, de tenter un premier essai sur des feuilles qui ont déjà subi, durant l’automne ou l’hiver, les effets de l’humidité et de laisser terminer leur décomposition dans un peu d’eau de pluie. Les résultats ne seront peut-être pas entièrement satisfaisants, mais on pourra ainsi s’assurer que les feuilles ont un squelette qui mérite d’ètre séparé de la masse gluante.
- On augmente les chances de réussite en traitant séparément les feuilles d’essences différentes; certaines comme celles du chêne, du châtaignier, du noyer et du bouleau, contiennent une grande quantité de tanin qui les conserve plus longtemps. Il faut les traiter séparément, car d’autres feuilles ne demandent pas aussi longtemps pour être décomposées entièrement.
- Enfin, les feuilles d’un même arbre sont dans un état différent, les unes plus âgées, plus épaisses que les autres et cette différence a ses conséquences, les spécimens les plus tendres étant sacrifiés pour assurer la réussite de la préparation de la majorité.
- La manière la plus usitée pour obtenir le squelette des feuilles, quoique la plus longue, mais aussi la plus sûre, consiste à prendre un récipient quelconque (un vase à ileurs avec un bouchon fermant le trou inférieur fera parfaitement l’affaire) et de le remplir d’eau de pluie. On jettera dans cette eau quelques morceaux de feuilles de choux.
- Chacun connaît la rapidité avec laquelle fermentent les feuilles de choux ; celles-ci sont mises dans le vase pour servir en quelque sorte de lec'ain. Mettez un couvercle sur ce pot afin d’empêcher l’entrée aux divers insectes, et laissez le tout dans un endroit sec, afin que le contenu fermente et se putréfie.
- Les feuilles, macérant ainsi, dégageront une odeur terrible; il est prudent de les placer hors de la maison, en un endroit à l’abri de la pluie, mais où viendront frapper les rayons solaires, qui activeront la marche de la décomposition ; il est de toute nécessité de les mettre à l’abri de la gelée.
- L’eau ne devra pas pouvoir s’évaporer d’une manière ou d’une autre, car il ne faut jamais ajouter de l’eau fraîche. Laissez les feuilles ainsi, pendant un mois au moins, et alors vous pourrez essayer si elles sont prêtes.
- Sortez les feuilles de choux du pot avec un bâton quelconque, puis prenez une à une les feuilles dont vous
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- LA NATURE.
- voulez le squelette; si elles sont suffisamment molles, mettez-les dans de l’eau tiède et frottez-les doucement entre le pouce et l’index pour les débarrasser de la matière en décomposition qui les recouvre.
- Si le tissu cellulaire ne se détache pas aisément, sous la pression du doigt, n’insistez pas, mais frottez la feuille avec un pinceau dur, en donnant au pinceau un mouvement circulaire.
- Si quelques feuilles ne peuvent être débarrassées entièrement du tissu cellulaire, il faut les remettre non pas dans la vieille eau, mais dans le vase garni à nouveau d’eau pure et de feuilles de choux comme précédemment: laissez les feuilles ainsi une quinzaine et essayez à nouveau de les débarrasser de leur tissu cellulaire.
- Les feuilles, dont on a obtenu le squelette, sont placées pendant deux ou trois jours dans de l’eau claire.
- Il faut les manier avec beaucoup de soin, car elles sont très fragiles. Il y aura certainement des dégâts et la plupart du temps les pédoncules se détacheront.
- 11 faudra maintenant sécher les feuilles qui, grâce à ce séjour dans l’eau claire, ont perdu leur odeur désagréable. Prenez deux serviettes très douces ou encore deux feuilles de papier buvard et pressez entre elles chaque feuille séparément. Il faut prendre les feuilles dans l’eau et les porter directement sur les serviettes. Si on les entreposait sur une table ou un meuble quelconque, lorsqu’elles sont encore mouillées, il serait impossible de les en détacher sans laisser au moins une partie des nervures délicates. Pressez les feuilles entre les linges avec beaucoup de douceur et ne les en retirez que lorsqu’elles seront entièrement sèches. Les inconvénients de ce procédé sont sa lenteur et la mauvaise odeur qu’il répand.
- On peut essayer avec succès le suivant : Dissolvez
- 4 parties de cristaux de soude dans 40 parties d’eau bouillante; ajoutez deux parties de chaux éteinte et faites bouillir pendant 15 minutes. Laissez refroidir et décantez la partie claire du liquide, que vous versez dans une petite casserole.
- Faites bouillir et introduisez doucement les feuilles; continuez l’ébullition pendant une heure, en ajoutant de temps en temps de l’eau pour remplacer celle qui a pu s’évaporer. Au bout d’une heure, le tissu de certaines feuilles étant plus tendre que d’autres, faites un premier essai, retirez une feuille et, après l’avoir trempée dans de l’eau froide, frottez-la entre le pouce et l’index et essavez d’enlever le tissu. Si celte opération réussit, vous retirez toutes les feuilles; sinon, vous continuez l’ébullition un certain temps jusqu’à ce que vous soyez certains, par différents essais, que les feuilles sont prêtes.
- Un autre procédé consiste à faire bouillir les feuilles avec du savon. Coupez du savon jaune en tranches de
- 5 millimètres d’épaisseur, placez-le au fond d’une casserole. Sur ce lit étendez une seule épaisseur de feuilles, reeouvrez-les de savon, puis placez une nouvelle rangée de feuilles et ainsi de suite, jusqu’à ce que la casserole soit à moitié pleine de lits alternatifs de feuilles et de savon. Finissez de remplir d’eau et faites bouillir jusqu’à ce que les feuilles soient entièrement cuites entre le savon.
- On se rend compte du résultat par des essais successifs. On les retire alors, on les lave à l'eau fraîche, puis on dégage le squelette. Pour retirer de l’eau les feuilles cuites sans les briser, on peut glisser sous elles un morceau de carton et les enlever ainsi sans crainte d’accident.
- Le squelette des feuilles obtenu par l’un de ces procédés, est toujours d’un blanc sale, peu agréable à la vue.
- L’opération suivante consiste à leur donner un aspect plus élégant en les blanchissant complètement.
- Prenez 250 grammes de chlorure de chaux, mettez cette quantité dans un vase quelconque et ajoutez 1 litre d’eau de pluie. Mélangez parfaitement, en écrasant tous les grumeaux qui pourraient se produire et laissez reposer dans un endroit plutôt froid. La plus grande partie du chlorure de chaux se sera précipitée au fond, mais il se sera aussi formé une croûte à la surface. Kcumez la solution et décantez ensuite la partie claire, placez celle-ci dans une bouteille et jetez le restant.
- Prenez des bocaux à large ouverture et inlroduisez-v avec précaution vos feuilles à l’état de squelette, en ayant soin de ne mettre dans la même bouteille que les feuilles d’à peu près même texture, c’est-à-dire celles qui ont les nervures épaisses ensemble, tandis que celles qui les ont minces seront placées dans un bocal séparé. Mettez environ un demi-litre d’eau dans chaque récipient et ajoutez-y deux cueillerées à soupe de la solution de chlorure de chaux.
- Ayez soin d’empiler vos feuilles, de manière qu’elles soient droites dans le bocal, la queue en- bas. Les pédoncules demandent toujours plus de temps pour devenir blancs que les autres parties et comme l’action décolorante commence toujours par le bas, vous permettez aux queues rde blanchir avant que les fines nervures ne soient détruites sous l’action de chlorure de chaux. Certaines feuilles demandent douze heures pour devenir complètement planches, d’autres six heures. Ces différences proviennent de la force de la solution de chlorure de chaux, de l’épaisseur des nervures, etc. En employant des bocaux en verre, on peut suivre les progrès de l’opération. Lorsqu’elles sont entièrement blanches, on les retire de la solution décolorante, puis on les lave d’abord avec de l’eau froide. Enfin, on les sèche entre des feuilles de papier buvard ou de papier Joseph. Une fois sèches, on les met en paquet en alternant une feuille avec une épaisseur de papier Joseph, de manière quelles soient toutes séparées les unes des autres par une feuille de papier. On peut ainsi les conserver très longtemps.
- Les feuilles dont on peut obtenir le plus rapidement les nervures, sont celles de pavot, de saule, de pommier et de houx. Les feuilles du magnolia donnent un très joli squelette, mais elles demandent une macération d’au moins six mois. Les feuilles de citronnier, d’oranger, de camélia, de lierre, demandent aussi fort longtemps avant de pouvoir être traitées. L’acacia, par suite de la disposition de ses nombreuses feuilles, attachées à un même pédoncule, est du plus heureux effet.
- Manière (Vobtenir le squelette des capsules. — Lorsqu’on a réussi avec des feuilles, on peut essayer d’obtenir par les mêmes méthodes les squelettes des capsules, qui, dans divers végétaux, contiennent les graines.
- Manière d'obtenir le squelette des qousses. — Les gousses de divers arbres viennent également très bien, et lorsque vous aurez ainsi obtenu le squelette d’une tète de pavot, vous serez passé maître dans cet art.
- Mode d’emploi. — Les squelettes de feuilles, collés avec de la colle forte sur un carton de couleur foncée ou sur une peluche aux teintes sombres, ressortent admirablement. Leur coloration blanc d’ivoire, leurs nervures délicates, formant un réseau souvent original, sont d’une élégance rare.
- Ils peuvent servir aussi à la décoration de divers objets : cadres, cadres de photographie, croix, objets
- religieux, boîtes, etc. H.-L.-Alph. Blanciion.
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- LA NATURE.
- LES (EUES
- LEURS QUALITÉS ET LEUR COMMERCE
- L’œuf est à la cuisine ce que les verbes sont au discours : c’est la liaison nécessaire de la plupart des sauces, de tous les ragoûts maigres, d'un grand nombre d’entremets; c’est l’aimable conciliateur qui s’interpose entre toutes les parties pour opérer leur rapprochement. C’est en outre un aliment doux d’une action calmante, qui circule dans les voies digestives sans les fatiguer et qui s'assimile dans notre organisme sans y laisser de résidu. En lui seul, l’œuf résume tous les éléments de nos repas et constitue un véritable petit menu en miniature où le pain et les gâteaux sont représentés par le glucose et les matières extractives, où l’albumine tient lieu de rôti, où le beurre abonde sous forme de corps gras, où les chlo-
- Appardl servant au classement des œufs.
- rares, la chaux, la magnésie, le fer ne font pas défaut, où tous les petits trouvent leur compte, grâce aux phosphates et à la lécithine qui concourent au développement des os. C’est en somme un aliment complet, qui comme le lait et à beaucoup d’égards, comme le raisin, offre sans résistance à l’action digestive les matériaux qui entrent dans la composition du sang.
- L’œuf fraîchement pondu est complètement rempli par le jaune et le blanc qu’enveloppe une coquille fragile. C’est à ce moment qu’il possède ses plus hautes qualités alimentaires ; il serait capable de les conserver indéfiniment si l’étanchéité de la coquille égalait celle d’une boîte métallique. Malheureusement il n’en est rien ; la coque calcaire est criblée de pores à travers lesquels s’établit bientôt un chassé-croisé entre l’eau et les microbes. L’eau abandonne le blanc et s’en va au dehors sous forme de vapeurs, tandis que les légions de bactéries pénètrent et envahissent la chambre à air creusée par l’évaporation.
- Celle-ci fait perdre à l’œuf, tous les jours, une
- moyenne de 5 à I centigrammes de son poids. On peut s’en assurer en le plongeant dans un litre d’eau contenant 125 grammes de sel; le premier jour, il se précipitera au fond ; le deuxième, il ira moins loin ; dès le troisième, il se rapprochera des bords, et à partir du cinquième, la coque ressortira d’autant plus de la surface que l’œuf sera plus âgé. Ces iacuités nautiques de l’œuf dans l’eau salée peuvent servir jusqu'à un certain point de moyen* de contrôle.
- La déperdition du poids ne serait pas grave si elle ne marchait pas de Iront avec le progrès de l’envahissement des microbes. Or, c’est justement l’action funeste de ces derniers qui restreint chez nous la consommation d’une matière alimentaire aussi précieuse. Nombre de personnes peu rassurées sur l’âge des œufs qui blanchissent les étalages de nos épiciers préfèrent s’en priver plutôt que de s’exposer à de désagréables mécomptes. ^ -/y Le commerce des œufs, tel qu’il
- se pratique aujourd’hui en France, laisse beaucoup à désirer. Leur production aussi, à part les exceptions, est le résultat du hasard. Dans les fermes, les poules pondent un peu à leur guise et celui qui tire le plus grand avantage de cette ponte ce n’est point le fermier, mais le coq ne leux.
- On appelle ainsi un individu qui mène une vie nomade et qui fait métier de profiter du travail des autres. Dans ses tournées journalières à travers les fermes, il draine les œufs par petits paquets ; puis il réunit les produits de ses pérégrinations et les expédie au facteur d’un marché central. A leur tour, ‘ beaucoup de ces marchés font des expéditions à Paris. Dans les Halles centrales, les œufs à peine reçus sont mirés, c’est une corporation de 92 « compteurs-mireurs » avec un chef et des sous-chefs qui se livrent à cette opération. La fonction de ces mireurs, qui sont assermentés, consiste à examiner les œufs dans les caves de la Halle, un à un à travers la lumière transparente de la lampe, afin de séparer les œufs gâtés des œufs sains. Pour mirer et compter 1000 œufs, ils touchent 85 centimes.
- On voit que le chemin suivi par l’œuf, de la ferme à la consommation, n’est pas des plus directs. Le coqueleux mis à part, tout le monde en pâtit. Et cependant que d’argent à gagner et de services à rendre si petits et moyens producteurs groupaient leurs marchandises et les expédiaient directement et régulièrement dans les grands centres !
- Les bienfaits de la coopération appliquée au commerce des œufs apparaissent d’une façon saisissante dans les résultats obtenus par le Danemark.
- Les cultivateurs danois ont fondé partout dans les
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- LA NATUDE.
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- campagnes des Sociétés coopératives se proposant de fournir à l’exportation des œufs frais et de bonne qualité. La plupart des éleveurs s’y sont enrôlés. Des règlements d'une remarquable ingéniosité assurent la régularité du fonctionnement de ces associations. Pour savoir, par exemple, par quel membre de la Société un œuf mauvais a été livré, on exige (pie la coque de tous les œufs porte le nom de l’éleveur, marqué à l’aide d’un timbre en caoutchouc. Des dépôts sont établis en grand nombre près de la voie ferrée. Chaque producteur est obligé d'y apporter ses œufs au moins trois fois par semaine. Les apports sont contrôlés à chaque dépôt par un employé spécial qui a le droit de refuser les œufs altérés ou âgés de plusieurs jours; les autres sont classés suivant leur grosseur.
- Cette double opération du contrôle et du classement
- s’opère, automatiquement, à l’aide d’un appareil fort ingénieux. Cet appareil comprend une chambre noire sous forme de guérite, pour le mirage, et une longue table surmontée de barreaux, pour le classement.
- Une bande sans lin, métallique et articulée porte les œufs d’abord dans la guérite, où le mirage se fait à l’aide d’une lampe, puis sur la table où s’opère le classement. Grâce à cet appareil, cinq jeunes filles peuvent classer et emballer 1*2 caisses de 100 œufs en treize minutes. Les Anglais ont perfectionné cette machine en séparant le mirage du classement. Le premier s’opère dans une guérite que reproduit notre figure. Les œufs placés dans une sorte de large trémie légèrement inclinée s’engagent dans les petits coquetiers articulés de la bande sans fin qui les amène dans la guérite tout en leur impri-
- Fig. 2. Appareil
- servant au mirage des omis.
- mant un mouvement de rotation. La bande est mue à l'aide d’un petit volant placé à droite du mireur ; à gauche de celui-ci se trouve un tiroir destiné à recevoir les œufs gâtés (Defective eggs). Grâce à cette disposition les œufs sont examinés d’une façon très rapide.
- Le mireur, au lieu d’examiner les œufs un par un à travers la lumière, n’a qu’à jeter un coup d’œil sur les rangs d’œufs qui doucement se déroulent sous ses yeux, au-dessus d’une lampe, à éliminer les mauvais et à laisser les autres. La bande continuant son mouvement, quitte la guérite avec les œufs mirés quelle décharge de l’autre côté sur une longue table inclinée. L’appareil servant au classement est beaucoup plus simple. Il consiste en une table inclinée dont l’une des extrémités a sa surface recouverte sur une certaine longueur par une étoffe feutrée. C’est là qu’on dépose les œufs ; ensuite on les glisse sur la surface titrée de la table. Celle-ci
- est surmontée de distance en distance de barreaux parallèles qui arrêtent au passage les œufs les moins en moins gros. Des jeunes filles qui font courir les œufs sur la table, ôtent ceux qui se trouvent entre deux barreaux et les placent dans des récipients spéciaux qui flanquent chacun de ces espaces. Les fabricants affirment qu’avec ce nouvel appareil 4 jeunes filles peuvent classer et emballer 1440 œufs en dix minutes.
- Les dépositaires danois munis de ces appareils peuvent contrôler rapidement et sûrement les apports des éleveurs et n’expédier à Londres que des œufs frais et pleins ; ils sont du reste rendus responsables des mécomptes du consommateur et frappés d’une forte amende, au profit de celui-ci. Les Anglais apprécient au plus haut point les résultats d’une organisation aussi bien comprise. Les débouchés danois augmentent tous les jours à Londres, et actuellement ce n’est plus en France, mais bien au Dane-
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- LA NATURE.
- mark que la puissante Compagnie d'Aerated Bread s'adresse pour ses approvisionnements en œufs. On sait que cette Société compte plus de 400 établissements de crémerie dans la capitale anglaise.
- De leur côté les Italiens, frappés par ces avantages, ont cherché à introduire chez eux le système danois. Deux grands centres d’exportation ont déjà adopté avec plein succès l'appareil automatique.
- L’introduction en France de mesures analogues, tout en réhabilitant le renom de nos produits à Londres, aurait l’avantage d’améliorer la qualité des œufs vendus à Paris.
- A la suite de notre communication à la Société nationale d’Agriculture, et de quelques indications «pie nous donnions ici même en parlant du commerce de volailles en Angleterre1, deux négociants français ont fait venir de Manchester deux de ces machines, et, aujourd'hui, ils se félicitent de leur
- acquisition. J. de Loverdo.
- •—
- PRÉFÉRENCES VISUELLES
- CHEZ LES DIVERS PEUPLES2
- Les indigènes d’Algérie ont peu de mots pour exprimer les couleurs et ne paraissent attacher aucune importance aux sous-nuances que présente chacune des teintes fondamentales : rouge, jaune et bleu (ahhmar, assfar, akhdar).
- Ils ne sauraient rendre qu’avec peine et que par des périphrases compliquées les couleurs complémentaires autres que le vert (azreg) comme l’orangé et le violet, et les teintes composées telles que le marron, le gris, le bistre, etc.
- Ce n’est pas sans étonnement, par exemple, que les nouveaux débarqués entendent parler de chevaux rouges (bais) ou de mulets bleus (gris) ; et si les Arabes essayent de donner le signalement d’un cheval rouan, isa-belle ou bai-cerise, la chose se complique énormément et risque d’amener des méprises.
- Au point de vue des préférences proprement dites, il y a lieu de faire remarquer que les vêtements, d’ailleurs en général fort simples, des indigènes de l’Afrique du Nord diffèrent de couleur selon les régions : il suffit d’avoir seulement traversé l’Algérie pour s’apercevoir des hérésies que commettent à tout instant les journaux illustrés dits populaires.
- Au Maroc, les gens des villes portent la cachabia3 bleu-marine; les campagnards du Sud-Oranais ont un burnous de dessus de couleur foncée, variant du beige au brun-noir, et fait en tissu de poil de chèvre ou de chameau (bîdi) ; ks Arabes et les Kabyles des provinces d’Alger et de Constantine portent le burnous blanc ; à Tunis, les citadins ont des burnous en drap de couleur tendre, telle que le rose, le vert d’eau, le bleu de ciel, le crème, etc. — Pour les femmes, mêmes différences : dans les départements d’Alger et d’Oran le melhafa (voile en cotonnade qui recouvre tout le corps) est blanc; il est bleu à Constantine, marron dans la campagne de Tunis. Dans le Tell, les mou hères (femmes des cultiva -
- 1 Voy. n° 1394, du 10 février 1900, p. 179.
- * Yoy. n" 1435, du 24 novembre 1900, p. 410.
- 3 Vêtement de dessus en forme de robe, avec capuchon.
- leurs) portent des robes à nuances très vives, généralement rouges avec des fleurs bleues, jaunes ou vertes ; dans le Sahara, ces robes sont en cotonnade d’une couleur indigo très uniforme. Et ce n’est pas une des moindres surprises de l’Européen que de constater cette anomalie : des gens du Sud, exposés à un soleil ardent, qui se couvrent comme à contresens de burnous ou de robes de couleur sombre. C’est, d’ailleurs, ce que font également les Touareg, qui se vêtissent de bleu foncé et se cachent la figure sous un voile noir.
- Encore une remarque pour terminer ces lignes : les taureaux d’Algérie ne manifestent aucun trouble à la vue du rouge.
- Mais ce n’est pas tout que de constater les faits, il faudrait aussi les discuter et en trouver les causes.
- __^_____ L. Jacquot.
- SCIENCE ET PRATIQUE
- LES VERRES D’OPTIQUE
- Tous ceux qui ont visité l’Exposition de 1900 ont été frappés des progrès réalisés par l’Allemagne dans toutes les branches de l’industrie. On a pu remarquer, notamment, la perfection des lenlilles et des verres pour l’optique fabriqués à léna. Le développement remarquable de cette fabrication tient à diverses causes que notre confrère anglais Nature a récemment spécifiées et que nous indiquons brièvement.
- En 1876, à une exposition d’appareils scientifiques à Londres, M. Abbe signala dans un rapport les lacunes que présentait alors l’art de fabriquer les instruments d’optique, et la nécessité d’obtenir des verres ayant, avec la dispersion et l’indice de réfraction moyen, des relations différentes de celles qu’en trouvait alors dans les ateliers des opticiens.
- Avec le concours de M. Schott, à léna, il entreprit de réaliser son programme vers 1881. Son premier soin fut de créer un laboratoire très bien outillé dont le catalogue, en 1886, contenait cette phrase : « Notre entreprise industrielle repose sur des recherches scientifiques relatives aux relations qui existent entre les propriétés optiques des flux amorphes et leur constitution chimique ».
- L’œuvre expérimentale de MM. Abbe et Schott ne fut possible que grâce à de larges subventions souvent répétées de l’Etat. Voici quels en furent les résultats industriels. Dès 1888, la presque totalité du verre d’optique employé en Allemagne sortait de la manufacture nationale ; peu d’années après, il fut exporté pour plus de 750000 fr. de verre brut en 1898; la valeur des instruments d’optique proprement dits, télescopes, lunettes, etc., exportés la même année représentait plus de 6 millions. L’industrie occupe aujourd’hui environ 5000 ouvriers.
- Quand MM. Abbe et Schott inaugurèrent leur entreprise, il n’entrait que six éléments dans la composition des verres. Dès 1888, il est devenu possible de combiner à ces six éléments, dans une proportion d’au moins 10 pour 100, plus de vingt-huit autres dont l’effet pour chacun, sur la dispersion et l’indice de réfraction, a été soigneusement déterminé. On avait trouvé, par exemple, que, par l’addition du bore, le rapport de la longueur de l’extrémité bleue du spectre à la longueur de l’extrémité rouge, est réduite; le fluor, le potassium, le sodium, donnent des résultats opposés.
- Actuellement, une lentille achromatique ordinaire, unissant deux couleurs du spectre, est formée par la
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- LA NATURE.
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- combinaison d’une lentille de crown-glass avec une autra de flint-glass ayant la même dispersion totale; mais,' bien que cette dispei'sion totale soit la même pour les deux, elle est répartie inégalement le long du spectre. Dans le flint-glass la dispersion de l’extrémité bleue est plus grande, celle de l’extrémité rouge plus faible que dans le crown-glass. Il s’ensuit que la lumière venant d’une source blanche, n’est plus blanche après avoir traversé la lentille ; il reste un « spectre secondaire » dont la présence a rendu si difficile les progrès du microscope. En combinant une forte proportion de bore avec le flint-glass, M. Abbe a réussi à lui donner un spectre sensiblement le même que celui du crown. Il a montré qu’avec deux verres de ce genre il est possible de combiner trois couleurs au lieu de deux; le spectre sortant est très réduit en longueur; on l’appelle « spectre tertiaire ».
- La lentille ordinaire du microscope formée de deux verres peut être corrigée de l’aberration axiale pour une couleur seulement. M. Abbe a montré que les lentilles boratées et phosphatées, combinées avec une lentille de spath fluor, ont leur aberration axiale corrigée pour deux couleurs. A ces lentilles il donne le nom d'apochromati-ques. Il était plus difficile de réduire le spectre secondaire en allongeant l’extrémité rouge du spectre du crown-glass. On y est arrivé en ajoutant du fluor, du potassium ou du sodium.
- Les verres pour la photographie, la thermométrie, la barométrie ont également reçu de nombreux perfectionnements. Les lecteurs curieux de ces questions trouveront tous les détails nécessaires dans un livre du Dr Hovestadt intitulé Le verre d'iéna ; ses applications à l'Art et à la Science.
- Mais nous croyons en avoir dit assez pour montrer le rôle, désormais prépondérant, que doivent jouer la science et la méthode, le laboratoire scientifique bien outillé, en un mot, dans l’invention industrielle.
- La France a longtemps tenu le premier rang dans l’industrie du verre, grâce à la valeur scientifique individuelle de deux hommes, MM. Feil et Mantois, travaillant avec des capitaux insuffisants.
- Avec un laboratoire, un outillage scientifique, manié par de vrais savants et appuyé de ressources financières suffisantes, l’invention devient, j’allais presque dire, une fabrication sui generis. Le génie humain y tient toujours sa place, mais il s’appuie sur des points de départ certains. Dans ses investigations, il est guidé par des principes qui s’enchaînent logiquement. Tout le monde sait, par exemple, qu’Edison, aux Et-ats-Enis, a créé de la même manière un laboratoire de ce genre d’où sont sorties tant de merveilleuses inventions.
- A ces usines d’un nouveau genre, comparez les recherches d’un malheureux inventeur français, obligé de percer avec une scie, de couper avec un clou, sans compter le fameux « Faulte d’argent » de Rabelais qui l’arrête à chaque pas.
- Pour en revenir à l’Allemagne, il paraît que, dans toutes les grandes industries, il y a deux groupes d’ingénieurs, l’un chargé du travail courant, l’autre spécialement préposé aux recherches et disposant d’un fort budget.
- C’est une sorte de « mobilisation » des activités intellectuelles, comparable pour l’ordre, la méthode, la fécondité, à la fameuse mobilisation de de Moltke en matière militaire.
- Rien n’empêche d’en faire autant chez nous, et il faut
- qu’on y songe. C’est à ce prix seulement que nous pourrons tirer tout le parti des qualités de notre race, et maintenir notre rang dans l’industrie.
- Georges Gcérouet.
- L’INDUSTRIE DE L’HUILE DE SURDINES
- Que de produits dont on ignore généralement l’existence passent inaperçus du plus grand nombre, et cependant mériteraient d’être connus! Ils peuvent quelquefois trouver des applications inattendues. Ils peuvent aussi, par utilisation de déchets, en apparence sans valeur, accroître la rémunération d’une industrie. Nous voudrions, dans cet ordre d’idées, signaler en quelques lignes aujourd’hui une huile particulière dont l’emploi n’est pas très répandu.
- Tout le monde connaît, de nom au moins, l’industrie de la sardine à l’huile, qui a une importance de premier ordre sur une partie de nos côtes françaises; mais par contre, on ignore généralement qu’il existe une industrie de l’huile de sardine. Et cependant celle-ci est étroitement attachée à l’autre dont elle utilise comme matière première les déchets de fabrication : nous devons dire, du reste, que nous ne sommes pas sùr qu’elle se pratique partout où l’on se livre à la mise en boîte des sardines à l’huile ; mais c’est le cas sur le littoral espagnol, et notamment sur les côtes de Galicie où la préparation des sardines constitue la principale occupation des populations riveraines.
- On y fait des sardines à l’huile qui ne valent peut-être pas celles de Bretagne, mais qui leur font une sérieuse concurrence et qui se vendent non seulement en Espagne et dans les anciennes colonies espagnoles, mais encore à l’étranger, où il s’en exporte annuellement plus d’un million de kilogrammes; puis il se fabrique aussi des sardines pressées et salées, enfermées dans des tonneaux, et on peut dire que cette industrie a été le point de départ de la fortune de Vigo.
- Comme de juste, ces diverses préparations produisent des déchets, d’abord parce qu’on coupe la tète aux poissons avant de les mettre en boîtes, et en second lieu, parce qu’on presse les sardines quand elles ont été soumises à la salaison, et que ce pressage en fait sortir de l’huile. Celte huile de sardine que l’on nomme « sain », est mélangée à celle que l’on obtient par une opération spéciale du pressage des têtes, et on l’exporte telle qu’elle s’est écoulée des appareils de pressage.
- Nous n’avons pas besoin de dire que, surtout étant donné qu’aucune mesure n’est prise pour conserver les tètes en bon état de fraîcheur avant leur traitement, l’huile obtenue ainsi possède une odeur sui generis qui est absolument répugnante, mais cela n’empêche point qu’elle est fort recherchée à l’étranger par les mégissiers ; elle sert également, après épuration, soif seule, soit mêlée à de l’huile de graines de lin, à la préparation des couleurs pour les peintures à bon marché. Ajoutons que dans les campagnes espagnoles on l’emploie couramment pour l’éclairage domestique.
- Cette huile bizarre s’exporte en barils de 450 litres, et son prix de vente, autant que nous le connaissons en dehors des variations des cours, est d’environ une quarantaine de francs les. 100 kilogrammes. Autrefois, l’exportation en atteignait certainement 300 000 kilogrammes par an, mais elle a décru sensiblement depuis la rupture des traités de commerce. M. L.
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- LA NATURE.
- QUATRIÈME DINER DE LA CONFÉRENCE « SCIENTIA »
- Le dîner donné en l’honneur de M. le professeur Marey, doyen de la section de physiologie de l’Académie des sciences, a eu un éclat exceptionnel1. L’Institut, l’Académie de médecine, le Collège de France, la Sorbonne, l’Université, étaient brillamment représentés. Tous, savants, élèves, amis, admirateurs avaient tenu à honorer par leur présence l’auteur éminent des méthodes d’enregistrement et à apporter à M. Marey un témoignage de haute sympathie et de grande reconnaissance. Les convives dépassaient la centaine. Nous en donnons la liste et nous aurions été plus de cent vingt si, au dernier moment, un certain nombre de nos adhérents n’avaient été obligés de se faire excuser par télégrammes. On conservera longtemps le souvenir de cette fête de la Science.
- Nous reproduisons les discours qui ont été prononcés au moment des toasts, puis le menu artistique que nous devons au crayon de M. Poyet et qui retrace la vie même de M. Marey, depuis la maison où il est né jusqu’à ses divers travaux sur la marche de l’homme, le vol des oiseaux, etc. Au champagne M. Henri de Parville s’est levé et s’est exprimé en ces termes :
- Mon cher Maître... et, permettez-moi de dire, mon vieil et excellent ami, les fondateurs de la Conférence Scientia président ces dîners à tour de rôle. C’est mon tour aujourd’hui. Le sort a de ces ironies.... La Conférence Scientia a la bonne fortune de posséder parmi ses fondateurs un physiologiste, le professeur de physiologie de la Faculté de médecine. 11 était tout indiqué et très qualifié pour vous souhaiter la bienvenue. Il l’eùt fait avec plus d’autorité que moi ; mais je vous prie de croire qu’il n’y aurait pas mis plus de cœur. Je remercie le sort, puisqu’il me permet de dire hautement tout le respect que j’ai pour votre personne et toute l’admiration que j’éprouve pour vos travaux.
- Aussi bien, physiologiste vous êtes certes, mais les ingénieurs pourraient vous revendiquer comme un des leurs; il n’y a aucune indiscrétion à ajouter que, depuis votre jeunesse, vous avez singulièrement flirté avec la physique et la mécanique; c’est de notoriété publique.
- Me voilà donc plus à l’aise pour oser vous exprimer mes sentiments.
- Je suis heureux de voir groupés autour de vous tant de savants éminents qui ont tenu à vous honorer par leur présence et à célébrer votre œuvre presque cinquantenaire. Je pourrais dire que nous fêtons ce soir vos noces d’or.
- Il y a bien longtemps, c’était si je ne me trompe en 1868, un ministre, un grand ministre, puisqu’il s’appelait Victor Duruy, visitait le laboratoire de physique de la Sorbonne, celui-là même qu’avait fondé Jamin. Il aperçut tout au fond de la salle un jeune expérimentateur entouré d’appareils qui piquèrent sa curiosité. Vous souvenez-vous? Vous étiez déjà chez vous au milieu des physiciens. Le ministre fut si intéressé par vos expériences qu’il vous demanda à aller voir votre laboratoire de recherches.
- Votre laboratoire! C’était rue de l’Ancienne-Comédie,
- 1 Voy. n° 1444, du 26 janvier 1901, p. 142.
- au cinquième. On y montait par un petit escalier très raide que j’ai encore dans la mémoire, après trente-deux ans bien sonnés. Ce laboratoire, vous l’appeliez : le Grenier! C’était un grenier d’abondance, puisqu’il était déjà encombré de modèles, d’appareils de toutes sortes que vous aviez réalisés depuis dix ans. C’est aussi un grenier qui appartient à l’histoire, car c’est de là que sont sortis, tout au moins en germes, tant de travaux féconds.
- Quel chemin parcouru depuis 1858, et surtout depuis 1868.
- Vous avez conduit vos recherches d’étape en étape jusqu’à la perfection. Vous avez imaginé des merveilles de mécanique, vous avez créé, vous avez inventé, ce qui est beaucoup plus rare qu’on ne le pense ; vous avez réalisé des instruments d’un fini, d’une élégance, d’une délicatesse admirables. Vous avez fondé des méthodes aujourd’hui classiques, qui ont fait succéder à l’anarchie expérimentale la précision et l’exactitude mathématiques.
- Qui ne connaît dans le monde entier vos études mémorables sur la circulation du sang, sur la locomotion chez l’homme et chez les animaux, sur le vol des oiseaux et des insectes, sur l’aviation, sur la progression des poissons, sur la gymnastique, etc. ; sur tous les mouvements enfin, y compris ceux du chat que l’on jette par la fenêtre et qui retombe sur ses quatre pattes : problème grave, puisqu’il a soulevé des controverses parmi les géomètres.
- Puis, autre étape, à la méthode d’inscription graphique, vous avez ajouté la méthode si ingénieuse de la chrono-photographie, des photographies animées, etc., méthode qui s’est montrée entre vos mains si fertile en résultats de toute nature. Je n’ai pas à rappeler ici tout ce que nos collègues savent si bien,... et vous aussi.
- Votre activité ne s’est pas démentie un seul instant. Vous êtes resté toujours jeune. Vous étiez partout à la fois. Vous écriviez des livres qui resteront, des mémoires qui font autorité; vous étiez de toutes les sociétés savantes, de tous les congrès. Vous présidiez l’Académie des sciences. Vous présidiez hier l’Académie de médecine pour bien finir le siècle, et vos discours étaient couverts d’applaudissements.
- Votre renommée a franchi nos frontières. Votre nom est respectueusement acclamé à l’étranger. Vous êtes populaire même au delà de ce que vous pourriez croire.
- Laissez-moi, au dessert, vous raconter un détail que vous ignorez certainement. Comme tous les ans j’étais en Suisse, quand un soir de septembre 1898, à Lucerne, dans une fête forain», j’aperçus sur une baraque briller en trait de feu cette annonce : « Biographe américain », et en sous-titre : « le Père légitime du Biographe ». J’entrai. A la fin des projections, je vis se peindre sur l’écran une maison ; dans la cour, un enfant coiffé d’un gigantesque bourrelet qui se démenait avec bonne humeur dans un chariot à roulettes, un chariot comme celui du fameux Voltaire de la Comédie-Française. On s’était mis à deux pour bourrer l’enfant de bouillie.... Et il en redemandait. L’enfant, c’était vous, mon cher Maître, car le barnum criait d’une voix sonore : « El lllustris-simo professor Marey, le père du cinématographe! Il paire del cinematografo ». Et il saluait jusqu’à terre! 11 aurait pu dire que vous êtes non seulement le père du biographe, mais encore du cinématographe, du kinéto-scope, du kinora, du diocinescope, du mirographe... et j’en passe. Après le premier tableau, vous étiez devenu sur l’écran grand comme une bouteille de champagne.
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- Une seconde plus tard vous vous promeniez dans votre laboratoire, au milieu de vos instruments. Enfin, dernier tableau, sur la toile se dessinaient le Trocadéro, le Champ de Mars et la Tour Eiffel. Vous étiez au premier plan et vous grandissiez comme par magie. Vous atteigniez le premier étage, le troisième, le sommet de la tour. Enfin vos pieds disparaissaient dans le sous-sol et votre tète dans le ciel ! Le Barnum de plus en plus enthousiasmé criait de nouveau, en saluant encore plus bas : « Et il grandit toujours! » Vox populi, vox Dei.
- C’est exact, car vous continuez vos recherches avec plus d’énergie que jamais et vous venez encore, comme un premier couronnement à votre belle carrière scientifique, de fonder une institution capitale. Sur votre initiative, un congrès s’est réuni à Paris.
- Il a été convenu, après entente internationale, qu’à l’instar du Bureau des poids et mesures du pavillon de Breteuil, on installerait à Paris un Bureau central pour l’unification et le contrôle des méthodes et des instruments d’enregistrement. Il vous a suffi d’une année pour obtenir le terrain et pour construire l’édifice. Ici encore vous avez bien servi votre pays!
- C’est pourquoi, mon cher Maître, je suis bien certain d’être l’interprète de tous les savants, de tous les membres de la Conférence, en saluant en vous une des gloires scientifiques de la France. Je lève mon verre en l’honneur de M. Mare y !
- M. Ch. Richet a communiqué le.discours suivant de M. le Professeur d’Àrsonval, empêché de venir à la dernière heure.
- Cher Maître, cher collègue, cher confrère, cher doyen, cher ami. Votre constante bienveillance m’a successivement autorisé à vous donner ces titres. À l’occasion de cette fête, à laquelle je ne peux malheureusement assister, je tiens à vous adresser l’expression publique de ma gratitude, de mon admiration et de ma vieille et profonde affection.
- A un moment critique de ma vie, vous m’avez accueilli dans votre laboratoire ; c’est là que j’ai pu faire un des travaux qui me fut compté plus tard ; ce souvenir ne s’est jamais effacé de mon cœur. D’autres diront par quels admirables travaux vous avez conquis la place exceptionnelle que vous occupez dans les sciences expérimentales. Mais ce que je tiens à proclamer ce soir, c’est que ceux-là seuls qui ont eu la bonne fortune de vous approcher
- pourront dire qu’ils vous ont connu tout entier. Les mieux partagés seront encore ceux qui, comme moi, ont pu apprécier chaque jour la grandeur de votre désintéressement la générosité de votre cœur, la sûreté de votre amitié.
- Cette fête qui arrive à l’heure où vous êtes dans la plénitude de votre talent nous donne l’heureuse certitude que vous continuerez pendant de longues années à guider nos pas. L’unanimité et l’ardeur de nos vœux nous en sont un sur garant.
- Au nom de la physique biologique, Messieurs, je porte la santé de son chef français, notre maître à tous, M. Marev.
- M. Ch. Richet après cette lecture a prononcé ce discours :
- Mon cher Maître, le doyen de la Conférence Scientia demande à vous souhaiter à son tour, en quelques paroles, la bienvenue; il se trouve que ce doyen de Scientia est aussi le doyen de vos élèves, au moins dans cette assemblée. J’ai donc un double titre à venir vous apporter ici l’hommage de toute notre reconnaissance et de toute notre affection.
- Quand avec mes amis, Gaston Tissan-dier et Nansouty, nous fondâmes, il y a quelque quinze ans, cette réunion amicale et fraternelle, nous avions une idée bien définie et bien précise : c’est de célébrer et d’ho-norer la science dans la personne de ses plus illustres représentants. Et quels noms ne pourrions-nous pas citer ! depuis Chevreul, Berthelot, Pasteur, Lacaze-Duthiers, Janssen, qui ont été nos premiers présidents, jusqu’à lord Lister et lord Kelvin, à qui cette année même, en notre admirable Exposition, nous avons offert droit de cité parmi nous.
- Aujourd’hui, Messieurs, c’est la fête de la physiologie, puisque c’est M. Marey qui est notre président.
- Comme vous le disait, dans un de nos derniers banquets, Francis Darwin, le fils du grand Darwin, votre nom est en honneur partout où le mot de physiologie est prononcé.
- Je sais, mon cher Maître, que les éloges vous sont importuns, et, après ce qui vous a été dit, je craindrais de blesser votre modestie. Pourtant il y a quelque chose que je suis bien forcé de vous dire, c’est que, si vous avez ici beaucoup d’élèves, et d’élèves très dévoués, autour de vous, il y en a bien d’autres qui ne sont pas ici. Ils sont disséminés dans tous les pays du monde; ils travaillent dans tous les laboratoires de physiologie.
- Quatrième Banquet de la Conférence “SCIENTIA"
- Oftert 4 M. If Prolesseur MAREY. Membre de l'Institut Sou* U Présidence de M. Henri de PARVILLÊ
- Restaurant Champeau*
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- LA NATURE.
- Vos élèves, Monsieur Marev, ce sont tous les physiologistes d'aujourd’hui : ils ne peuvent pas travailler sans vous. Bon gré, mal gré, ils sont vos disciples, et vous pourriez presque revendiquer une part de leurs travaux, puisque la précision de leurs recherches et la perfection de leur technique sont dues à vous et aux admirables appareils que, dans tous les domaines de notre science, vous avez su leur donner.
- Et quand je parle de physiologie, je n’entends pas séparer ici la physiologie de la médecine ; ce sont deux sciences soeurs, si étroitement unies que les progrès de la physiologie retentissent immédiatement sur la médecine.
- La méthode graphique, cette méthode que je proposerais d’appeler la méthode de Marey, cette méthode graphique, qui est conquérante en physiologie, a étendu aussi ses conquêtes dans toutes les parties de la médecine.
- Je ne sais quel poète a dit : « L’idéal de la vie, c’est un rêve de jeunesse réalisé dans l’àge mùr ». — Eh bien! cher Maître, vous avez pu voir se réaliser ce beau rêve de votre première jeunesse. Au début de la vie, vous avez eu cette heureuse fortune d’avoir pour collaborateur l’ami illustre qui siège aujourd’hui encore, en ce jour de fête, à côté de vous, et les noms de Chauveau et de Marey resteront associés l’un à l’autre par le lien étroit d’une féconde et amicale collaboration. Grâce à lui, grâce à vous, la physiologie est devenue une science précise; la médecine, comme la physiologie, a dù se soumettre à une investigation méthodique, rigoureuse, inexorable, défiant les fantaisies et l’inattention de l’observateur.... Vous avez vu tout cela, vous avez eu la joie, l’inestimable joie de voir triompher partout l’influence de vos méthodes et de votre science.... Mais ce n’est pas assez encore.
- Voici que vous avez conçu un projet grandiose, et que vous en poursuivez hardiment et patiemment l’exécution. 11 s’agit d’établir une unification des mesures et méthodes en physiologie. En chimie, en physique, en zoologie, les savants s’accordent à adopter des méthodes comparables. Mais en physiologie, c’est le désaccord, la fantaisie, l’arbitraire, l’ardre dispersé, qui est le contraire de l’ordre. De là des confusions, des contradictions, des efforts inutiles, et des longs labeurs stérilement dépensés.... Eh bien! vous avez entrepris de donner aux physiologistes des instruments comparables, des mesures uniformes. Cette unification des mesures physiologiques qui sera réalisée prochainement, c’est vous qui en avez formé le dessein. Elle partira de ce beau laboratoire que vous organisez maintenant : vous en aurez été l’initiateur et l’inspirateur.... Le système décimal a été créé en France, l’unité des mesures de poids et de longueur est une idée française, et ce sera aussi une idée française, que l’idée de M. Marey d’introduire l’uniformité des mensurations physiologiques.
- Et c’est là, Messieurs, notre espérance, non pas une espérance chimérique, mais l’espérance qui sera la réalité de demain....
- Nous verrons cela bientôt. Vous verrez cela, mon cher Maître.... Vous assisterez à l’épanouissement de votre œuvre.... L’unité dans la science que nous aimons, cette science féconde et aux profondeurs infinies ; et de toutes parts, dans le monde, les physiologistes travaillent sous votre inspiration, sous votre direction, et, si j’ose dire, sous vos conseils.
- Messieurs, ce n’est pas seulement à M. Marey que je vous propose de rendre hommage, c’est à son œuvre, à
- son œuvre passée, si glorieuse, à son œuvre future qui constituera un des plus grands progrès de la science physiologique.
- M. le sénateur Labbé, l’éminent chirurgien, dans une allocution pleine de bonhomie et d’esprit, a rappelé en termes charmants les débuts de M. Marey quand tous deux étaient camarades et internes dans le même hôpital. On a très applaudi cette spirituelle improvisation.
- Enfin, M. Marey s’est levé à son tour et a répondu eu ces termes :
- Cher ami Parville,
- Je vous remercie des paroles trop flatteuses que vous venez de m’adresser, mais je tiens en même temps à exprimer toute ma reconnaissance aux autres organisateurs de cette fête. Je suis heureux de voir que tant de personnalités éminentes, tant de confrères et tant d’amis soient venus m’apporter le témoignage de leur estime et de leur affection. Il y a des instants qui payent toute une vie de travail.
- Ma vie, l’illustrateur du menu de ce dîner, M. Poyet, l’a ingénieusement résumée. C’est une touchante idée que d’y avoir représenté la modeste chaumière où mes vacances d’enfant et de jeune homme se passaient chez mes grands-parents.
- Et puis tous ces petits griffonnages de blanc sur noir, c’est la série de mes essais pour accroître le domaine de la méthode graphique et pour donner aux phénomènes subtils et fugitifs de la vie une expression fidèle et permanente.
- Mon vieil ami et collaborateur Chauveau y peut retrouver le souvenir des travaux de notre jeunesse, du temps où, dans son laboratoire de Lyon, nous passions de longues semaines à étudier le mécanisme des mouvements du cœur.
- Ensuite vient la série des images chronophotogra-phiques où l’on trouve l’analyse de toutes sortes de mouvements, des actes si variés de la locomotion de l’homme et des diverses espèces animales. Cette analyse donnera aux physiologistes et aux mathématiciens les bases nécessaires pour fonder scientifiquement la mécanique expérimentale.
- Créer ou perfectionner des méthodes et des appareils, c’est fournir aux chercheurs des raisons pour de nouvelles conquêtes : n’a-t-il pas fallu toute la puissance et la perfection des microscopes actuels pour que les conceptions générales de la microbiologie pussent prendre corps et s’affirmer. La fête que vous me donnez, chers amis, a encore une autre signification : elle veut dire que je suis un des vétérans de la physiologie. Ce titre que l’àge me confère me donne le droit d’évoquer le passé pour l’enseignement des jeunes.
- J’ai presque vu naître la physiologie avec Magendie, Flourens et Jean Muller, je l’ai vue se développer avec Ludwig, Volkmann, tlelmholtz et Bernard; j’ai eu pour collègues, pour collaborateurs ou pour amis beaucoup des phvsiologistes contemporains; ainsi ai-je assisté au bel essor qu’a pris notre seience.
- Ses représentants, si rares il y a un demi-siècle, sont aujourd’hui légion ; leurs travaux se’ multiplient en tous pays avec une abondance admirable.
- Mais un danger nouveau résulte de celte fécondité même ; nous ne pouvons embrasser l’ensemble des publications qui ont la physiologie pour objet; nous nous ignorons un peu les uns les autres, nos eflorts se paralysent entre eux, faute d’une direction commune, d’une
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- entente parfaite sur le but de nos recherches et sur les moyens de l’atteindre.
- Ce trop grand isolement dans lequel chacun de nous travaille, nous en sentons tous les inconvénients et tous nous souhaitons de le voir disparaître.
- Déjà les puissants efforts qui se produisent pour la création d’une bibliographie internationale universelle font espérer que bientôt seront mis en valeur tant de travaux dignes d’être tirés de l’oubli; il deviendra plus facile à celui qui entreprend une recherche de connaître ce qui a été fait avant lui; on verra diminuer et peu à peu disparaître les contestations et les revendications qui tiennent encore trop de place dans nos publications scientifiques.
- Certains désaccords disparaîtront aussi quand nous nous entendrons sur le choix de nos moyens d’étude, car il suffit parfois d’un instrument défectueux pour fausser les résultats d’une expérience et les rendre en apparence inconciliables quand ils sont en réalité identiques. C’est pour cela qu’au dernier congrès des physiologistes à Cambridge, j’ai pris une initiative qui me semblait nécessaire et que j’ai demandé qu’une commission internationale fût nommée pour contrôler nos instruments, uni-lier nos méthodes dans la mesure du possible.
- Toutes les fois que des hommes discutent sur un fait, c’est qu’ils l’ont vu sous des apparences différentes, et s’ils ne s’entendent pas sur son interprétation, c’est qu’aucun d’eux n’a pu s’appuyer de raisons qui s’imposent, sur preuves qui forcent l’évidence.
- Le but de la Commission internationale est de rapprocher les uns des autres les physiologistes de tous pays, de les faire collaborer d’une manière effective et de créer par delà les frontières une entente de tous les hommes de bonne volonté. Il appartiendrait à la science de donner l’exemple d’une pareille union.
- L’Association internationale des académies a reconnu l’utilité de notre commission; elle l’a prise sous son patronage et lui a promis son appui.
- D’autre part l’État et la Ville de Paris ont créé à la Station physiologique un bâtiment où notre Commission pourra se réunir et faire exécuter les travaux dont le congrès des physiologistes aura accepté le programme.
- J’exprime au nom de nos collègues le vœu que ce nouvel établissement devienne un Bureau international de contrôle de nos instruments et un centre de réunion, d’accord et d’amitié entre les physiologistes.
- Ce sera l’honneur de ma vie si je puis hâter cet accord nécessaire qui déjà tend à se produire et que j’appelle de tous mes vœux.
- Les applaudissements qui avaient éclaté après chaque discours ont redoublé après les paroles du Maître.
- Assistaient au dîner :
- MM. Bischoffsiieim, Bouchard, Cailletet, Chauveau, Dar-lîo'jx, secrétaire perpétuel, Giard, Janssen, L«.wy, Palnlevé, membres de l’Académie des sciences ; •— MM. R. Blanchard, sénateur Corail, Champetier de Ribes, François-Franck, Gariel, Hallopeau, IIayem, sénateur Labre, Laboiide, Lancereaux, sénateur Pozzi, Paul Riciier, Charles Richet, membres de l’Académie de médecine. — MM. le Dr André Biioca, Dr Charria,. I)1 Gley, agrégés à la Faculté de médecine. — M. le Dr Hennkguy, Professeur au Collège de France. — Professeur J. Courmont, de Lyon. MM. Bâclé, Dr Baudouin, Dr Bérillon, Dr Blanchi, Bouchez (Paul), Bourdon, M. et Mme Bouton, Boyer, Bullier, Dr Béni-Barde, Dr Camus,
- Dr Gavasse, G.Caye, Champion y, Chaumat, Clément, de Cyon, Carvalho, Da Cunha, Dagincocrt, lieutenant-colonel Dë-launey, Deslaxdes, Doléris, Ducretet, Dujardin,Emmanuel Fabre-Domergue, Fi>ury-Hermagis, Gayon, Godefroy, Guéroult, Guiart, Guimbeau, Dr Billion, Hern, IIoussay, Humbert, I)r Héricourt, K. Janssen, Kœ.nigs, Lamarzière, Lauth, L’Hôte, Laitargue, Dr Manouvrier, Dr Mirage, Mareschal, Marichelle, P. Masson, I)r A.-J. Martin, Mendelssoun, Morieu, Nansouty (Max de), Nicloux, Par-ville (H. de), Pellissier, Pesce, Poyet (L.), Poyet (R.), M"e PoMPiGNAN, M. et Mme Phisalix, Quinton, Dr Régnault, Rivière, Rochefoiit, Richard, Tilly, Tissandier (k.), Tissandier (Paul), Dr Topinard, Tridon père et fils, Trouvé, Vii.lars, Vallot, Yitoux.
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- A U Al) KM IL DUS SCIENCES
- Séance du ‘28 janvier 1901. — Présidence de M. Fouquk.
- Les gaz des roches. — M. A. Gautier rappelle qu’il a dit, au cours d’une des dernières séances, que lorsqu’on chauffe au rouge des Roches ignées, celles-ci bien qu’avant été pendant longtemps à de très hautes températures, dégagent une quantité très appréciable de gaz dans lesquels l’hydrogène libre domine. C’est ainsi que le granit donne 6, 7 fois son volume d’hydrogène, b porphyre bleu 2, 5 fois et l’ophite 4, 5 fois. M. A. Gautier a pensé que cet hydrogène pouvait provenir de la décomposition d’azolures ou d’bydrures de fer, mais il y en a une trop forte proportion et il a dû chercher une autre explication. Or, lorsque l’on chauffe au rouge naissant les sels de fer dans un courant de vapeur d’eau, il y a production d’hydrogène. L’expérience réussit très bien avec le sulfure de fer. Avec le carbonate de fer, on peut obtenir 07 pour 100 d’hydrogène libre dans le mélange de gaz qui s’échappe. En chauffant au rouge des poudres de silicates (péridot, pvroxène, etc.), on tire une très forte proportion d’hydrogène. Or, les roches telles que l’ophite et le porphyre contiennent une certaine quantité d’eau; elles doivent donc, a priori, fournir de l’hydrogène, ce qui est en accord avec l’expérience. L’acide carbonique dégagé provient des carbonates. Si, en effet, de la poudre de granit on extrait à l’aide d’un aimant le carbonate ferreux, il n’y a presque plus d’acide carbonique. Mais d’où vient l’azote, d’où viennent le formène et d’autres gaz? M.A. Gautier se propose de faire de nouvelles recherches pour élucider la question.
- Le mécanisme de l'action diastasique. — M. A. Gautier présente ensufte une Note de M. llanriot sur l’action diastasique. Dans une récente communication l’auteur a annoncé que la lipase qui saponifie les graisses se combine à la partie acide, en mettant la glycérine en liberté. Or l’acide et la glycérine ne se combinent pas ensemble à la température du sang, la réaction devrait se poursuivre et il faut dès lors, pour qu’il y ait une limite, que la lipase intervienne encore. En ajoutant de la lipase dans un mélange de sérum, de glycérine et d’acide isobutyrique, on a observé qu’après 1 h. 1/2 une forte proportion d’acide butyrique est combinée avec la glycérine.
- L'étage du Caprina. — M. de Lapparent communique une Note de M. Paquier relative à l’étage du Caprina. Ce mollusque appartient au Cénomanien. Mais en Dauphiné M. Paquier l’a trouvé dans l’urgonien, c’est-à-dire dans un étage inférieur. Il y a rencontré également des coquilles de Pachyli/aga, forme souche dep Caprotina.
- La manne de l'olivier. — M. Guignard présente une
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- LA NAT L UE.
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- Note cle M. le Dr Trabut, d’Alger, sur la manne de l’olivier. Cette manne est un exsudât qui serait occasionné par une maladie microbienne inoculée par la cigale.
- L’alcool œnanthijlique. — M. Moissan présente une Note de M. Guerbet relative à l’action de l’alcool œnan-thvlique sur son dérivé sodé. Cette action donne de l’alcool di-œnanthylique. 11 y a, en la circonstance, un fait analogue à celui déjà observé sur l’alcool amylique et son dérivé sodé. Cil. de Villedecil.
- PROJECTEUR-RÉCEPTEUR
- DE SIGNAUX PHONIQUES
- Pour être compliqué, le titre sous lequel nous désignons l’appareil dont nous voulons parler, n’est peut-être pas suffisamment clair; mais il va s’entendre à l’aide de quelques brèves explications, et du reste il n’est à peu près que la traduction de la désignation sous laquelle les inventeurs ont lancé cet instrument. Il s’agit en effet du « Coxvpercoles sound locator and pro-jector », localisateur et projecteur de sons qui a été imaginé par la maison Sherard Cowper-coles de Londres.
- On sait les grandes règles générales auxquelles obéissent et la propagation et la réflexion du son : les lois de la réflexion notamment sont identiques à celles que l’on a pu constater pour la lumière et pour la chaleur. Et de même que la vérification expérimentale s’en peut faire pour la chaleur au moyen de deux miroirs concaves placés en regard l’un de l’autre à une certaine distance, de même, dans les cours de physique, ou vérifie les lois en question appliquées au son en suspendant une montre au foyer d’un miroir, et en écoutant au foyer d'un autre miroir placé en face, soit directement à l’aide de l’oreille, soit par l’intermédiaire d’un tuyau acoustique dont une des extrémités aboutit à ce foyer.
- C’est en se basant sur ces principes et sur cette expérience (pie les inventeurs anglais ont imaginé leur appareil de transmission et de réception de signaux phoniques, qui comprend en réalité deux instruments absolument identiques; nous pouvons par conséquent nous contenter de donner la vue d’un seul des deux appareils, à côté duquel se trouve un opérateuE prêt à en commander des mouvements et
- à envoyer des signaux ou à en recevoir. Les appareils Coxvpercoles ont pour but et de localiser rapidement la direction d'un son, et de projeter des sons à grande distance.
- Comme le montre fort explicitement la gravure, l'instrument, comprend d’abord un réflecteur, un miroir monté sur une tige qui est elle-même perpendiculaire à un bras horizontal: celui-ci est fixé en son milieu sur un pivot qui lui permet de tourner dans toutes les directions d’un même plan horizontal, et aussi de monter ou de descendre suivant les besoins. Naturellement le réflecteur est solidaire de ces déplacements ; le poids qui est en dessous de la tige, à l’opposé du réflecteur, n’est là que pour assurer l’équilibre, et il n’a aucun rôle actif, comme on pouvait le
- supposer au premier abord. Mais au-dessus du contrepoids s'élève une petite tige verticale qui supporte un bout de tube acoustique présentant deux embouchures, l’une libre, l'autre dirigée vers le miroir. Autant que nous avons pu en juger, il nous semble que les embouchures, pas plus que le tube lui-même, ne présentent rien de particulier.
- Voyons maintenant comment on se sert de cet instrument fort simple en lui-même. Veut-on s’assurer de la direction d’où vient un son? on procède par tâtonnement, on fait tourner le miroir, en gardant l’oreille à l’embouchure libre du tube, jusqu’à ce cpie le son soit perçu avec son maximum d’intensité. Nous n’avons pas besoin de dire que, pendant ces recherches, il faut agir et sur la direction et sur la hauteur du miroir pour arriver à capter le son dans les meilleures conditions.
- Quand on veut établir une conversation entre deux jiost.es plus ou moins éloignés, un des interlocuteurs, après s’être assuré (pie les réflecteurs sont convenablement orientés, parle dans l’embouchure libre de son tube, tandis qu’à l’autre poste son correspondant se met dans la position que nous indiquions tout à l’heure. Les inventeurs nous ont affirmé que, dans ces conditions, on peut causer à longue distance sans élever la voix plus que de raison. P. de M.
- Le Gérant : P. JJasson.
- Paris. — Imprimerie Lauure, rue de Fleurus, 9.
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- y 1446. — î) FEVRIER 1901,
- LA NATURE.
- LES KAOLINS DE L’ALLIER1
- Los exploitations de kaolin des environs d’Echas-sières, dans l’Ailier, remontent déjà à plus d'un demi-siècle, et le décret qui a autorisé, moyennant fermage, leur extension dans la forêt domaniale des Uolettes, date du 5 mai 1855. Vers 1867, l’extraction s’y élevait à 7000 tonnes par an; depuis lors, elle a continué, je crois, à osciller assez régulièrement entre 6 et 10000 tonnes. C’est donc une industrie importante, occupant environ 300 ouvriers, qui mérite quelques mots de description.
- En outre, ayant eu l’occasion de la visiter à maintes reprises depuis 1884, époque où a été prise par moi la photographie reproduite dans la gravure ci-jointe, j'ai pu y faire diverses observations qui me semblent éclairer le problème encore discuté de la genèse des kaolins. Et, enfin, ce gisement offre un intérêt historique, que Daubrée a mis en lumière dans une Note présentée à l’Académie des sciences, le 10 mai 1869, et que je voudrais commencer par rappeler en quelques mots.
- En effet, quand on parcourt la forêt des Colettes au voisinage des gîtes de kaolin (non seulement sur le granité à kaolin, mais aussi sur le micaschiste, qui l’enveloppe), on y
- remarque de nombreuses tranchées peu profondes, d’un diamètre de 25 à à 50 mètres, puis des sortes de rigoles longues de 40 mètres et plus, avec débris de bois au fond : tout cela réparti sur une superficie d’au moins 200 hectares. Dans ces tranchées, on a retrouvé autrefois quelques poteries grossières et une meule de 0111,40 de diamètre. D’après divers indices, Daubrée a été conduit à penser, avec beaucoup de vraisemblance, qu’il avait dû exister là, à
- 1 L’industrie minérale française est peu connue. Je me propose d’en passer en revue ici, dans une série d’articles, les particularités les plus intéressantes. — Vov. déjà : « Une visite aux ardoisières d’Angers », n" 1103, du *21 juillet 1894, p. 121.
- 29e ,nuire. — 1CI semestre.
- l’époque gauloise, quelque ancienne exploitation t^BIBUOTHÈQl
- minière pareille à celles que l’on a retrouvées en ^ divers points de la Creuse, Montebras, Vaulry, etc., et <[ue des travailleurs primitifs avaient dû rechercher par lavage, dans les terrains de transport superficiels1, où il avait déjà commencé par se concentrer, l’étain, dont il existe en effet des traces disséminées dans bien des parties de la roche.
- Les Colettes sont donc un point que l’on ne saurait oublier dans la primitive histoire des mines de notre pays, et même dans cette question très générale de
- l’origine de l’étain,
- "s*;
- Carrière de Kaolin des Colettes (Allierj
- c'est-à-dire du bronze, chez les anciens.
- Géologiquement, la zone, où se trouvent les kaolins d’Échassières, est formée par un massif de granité à mica blanc presque circulaire, d’environ 2 km à 2 km 1/2 de diamètre, qui apparaît tout à fait isolé au milieu d’une vaste contrée de micaschistes. C’est ce granité à mica blanc (ou granulite) qui, par un phénomène d'altération des feld-spaths très ordinaire dans ce genre de roches, a donné les nranulites kaolini-
- sées et désagrégées, d’où on extrait le kaolin par une petite préparation mécanique.
- 11 n’y a rien là qui ne soit très normal et ne se reproduise dans la presque totalité des gisements kaolineux du Plateau Central, ou même du Cornouailles; mais, dans certains gisements, la nature a fait elle-même, à un degré plus ou moins avancé, la préparation mécanique, que l’on doit réaliser ici artificiellement et a concentré ainsi, dans des poches, des variétés de kaolin, parfois très pures, qui manquent dans l’Ailier.
- Un fait intéressant, que les progrès de l’exploitation ont mis de plus en plus en lumière dans ces dernières années, est que la kaolinisation des feld-spaths est un phénomène en relation directe avec la
- 1 L’existence de ces terrains de transport, dont l’épaisseur atteint 4 mètres, est curieuse dans ce point qui est presque le point culminant de tout le pays (cotes 700 à 750).
- Il
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- LA NATURE.
- superficie actuelle, limité par suite à une assez faible profondeur, qui peut aller de 50 à 50 mètres et causé par la circulation intense des eaux souterraines, qui se produit le long d’un certain nombre de liions de quartz recoupant la granulite, particulièrement aux points d’interseclion de ces filons. L’épaisseur de la zone kaolinisée le long de chaque filon, limitée en largeur comme en profondeur, , peut aller de quelques centimètres à plusieurs mètres.
- La théorie, que je viens d’indiquer, esf, je le sais, en contradiction avec la thèse, autrefois soutenue par Daubrée, admise au début par moi-même, et généralement enseignée, d’après laquelle cette kaolinisation aurait été produite très anciennement, au moment même de la consolidation des granu-litcs, par les émanations fluorées, que l'on juge avoir été nécessaires pour la cristallisation de l’oxyde d’étain. Mais il est impossible de conserver aucun doute, quand on voit, à une profondeur à peu près constante et en rapport avec le niveau hydrostatique actuel, la roche kaolinisée faire place à une roche dure et inaltérée, qui ne peut donner lieu à aucune exploitation. En outre, les très abondantes sources, qui, même en été, suintent abondamment de la roche kaolinisée, montrent sur le vif le processus même de cette altération. Les filons de quarlz sont nombreux aux Colettes et, quelquefois même, plus continus qu’on ne pourrait s’y attendre pour de semblables veines, qui sont évidemment un résultat de ségrégation directe, de fissuration presque immédiate des granulites et non un accident d’origine profonde.
- Là principale tranchée, que représente notre vue, en montre aujourd’hui deux ou trois principaux, dirigés chacun N. 35° E., épais de O"1,80 à 2 mètres, que l’exploitation a ménagés et, par suite, laissés en saillie. Ces filons renferment localement de superbes druses à énormes cristaux de quartz, souvent enfumés. En dehors de ces filons importants, qui ont donné sa direction générale à la tranchée, on pouvait, en 1887, voir un certain nombre de croiseurs N. 80° E. à N. 9° E., avec ramifications en divers sens.
- La granulite altérée, kaolinisée, provient d’une roche dure, qui est, tantôt blanche, tantôt rose; en s’altérant, elle garde ces teintes, qui entraînent une différence de valeur, les kaolins colorés ne pouvant servir qu’à la céramique et dans certaines conditions spéciales. On trouve, dans quelques points de cette roche, des traces d’étain, qui apparaissent seulement au lavage et sont toujours en quantité extrêmement faible. Elle renferme également un peu de manganèse, qui s’est concentré par l’altération en zones noires et forme, dans les terrains de transport superficiels, une psilomélane lithinifère, la lithio-phorite, où la lithine des micas et probablement un peu de baryte des feldspaths plagioclases se sont rassemblées en même temps.
- Industriellement, les exploitations de la région d’Échassières sont divisées en deux groupes : le plus .important aux Colettes, l’autre autour de Beauvoir. En raison même.de la limitation eh profondeur des
- —- ; —
- kaolins, les exploitations ne peuvent avoir qu’une
- existence temporaire et, de temps à autre, ou en ouvre de nouvelles dans la forêt. Néanmoins, quelques-unes d’entre elles ont atteint des dimensions vraiment grandioses : ainsi, la grande tranchée, entamée en 1858, dont le développement était déjà, en 1888, de plus de 5 hectares et que l’on a continué à pousser, depuis lors, en longueur, sur une largeur qui atteint par endroits une soixantaine de mètres, avec une profondeur de 50 à 40 mètres; puis, secondairement, la tranchée du Buy de Juillat, celle des Bouleaux, celle de la Fondmoulin, etc.
- L'exploitation, comme le montre bien notre vue, consiste à abattre la roche kaolinisée (appelée à tort un kaolin et correspondant aux « caillouteuses » de Saint-Vrieix) en y taillant des gradins successifs sur les parois de la tranchée; des courants d’eau, — empruntés aux sources, dont j’ai indiqué plus haut la remarquable abondance dans cette roche poreuse et spongieuse, notamment le long des filons de quartz —, coulent dans des rigoles en bois au fond de l’excavation; on v jette des pelletées de ce sable argileux et il en résulte une préparation mécanique très simple1, tenant à la densité différente des éléments : quartz, mica noir, mica blanc, kaolin, dont elle est composée. Le quartz et le mica noir se déposent les premiers, puis le mica blanc, et, à la fin seulement, le kaolin.
- Après un premier lavage au fond de la tranchée, on remonte la boue kaolineuse en haut au moyeu d’une machine et on la fait encore circuler dans de longues rigoles, sur le trajet desquelles s’intercalent les bassins de dépôt. En réglant la vitesse du courant au moyen de vannes mobiles, on arrive à épurer à peu [très complètement le kaolin. Il y reste toutefois encore un peu de mica blanc très fin, qui se sépare mal par densité et qu’on s’efforce d’enlever à la fin par un tamisage à travers des cylindres formés d’une toile extrêmement fine (200 mailles au centimètre carré). En dernier lieu, les lopins de kaolin sont mis à sécher sur des claies.
- En résumé, on obtient un produit, dont la valeur peut varier de 15 à 45 francs, suivant la coloration, la finesse, la pureté, etc., — produit de qualité inférieure par rapport aux beaux kaolins de Sainl-Yrieix ou de la Dordogne, mais comparable aux kaolins anglais —, qu’il reste à transporter par charrettes jusqu’à la gare de Louroux de Bouble, distante d’environ 5 kilomètres et à expédier, notamment aux usines de Limoges.
- Les emplois principaux de ce kaolin sont la céramique (Limoges), le bleu d’outremer, les aluns, le blanchissage des tissus et la fabrication de la pâte de papier, les dernières applications nécessitant naturellement des kaolins très blancs. Quand les argiles ont, au contraire, une légère teinte jaune, on peut encore les blanchir provisoirement (par un procédé que des falsificateurs ingénieux ont employé, même pour les diamants jaunâtres) en les trempant dans une solution d’aniline bleue, c’est-à-dire de couleur complémentaire. Les résidus quartzeux et
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- micacés du lavage servent, en outre, pour la fabrication de briques réfractaires.
- Dans la céramique, les kaolins de l’Ailier luttent, grâce à un droit protecteur, qui est, si je ne me trompe, aie 55 centimes par J (JO kg au tarif minimum, 50 au tarif général, contre les kaolins du Cornouailles, de qualité généralement secondaire mais exploités sur une très grande échelle et à bas prix : kaolins qui nous sont expédiés surtout par le port de Plymouth et arrivent jusqu’à nos mines par les canaux. Un calcule qu’il entre une tonne de kaolin dans deux tonnes de faïence. L. de Launay.
- LES ANCÊTRES DU STYLOGRAPHE
- Les inventeurs du Stylographe doivent être satisfaits, leur ingénieux instrument est aujourd’hui d’un usage général. Mais ces inventeurs, français et étrangers (car on en fabrique dans le monde entier), se flatteraient à tort s’ils pensaient n’avoir pas de prédécesseurs. Le Stylo-graphe existait déjà au temps de d’Alembert et de Diderot. Il s’appelait la Plume perpétuelle. « C’est, dit Y Encyclopédie, une espèce de plume faite de manière à contenir une grande quantité d’encre qui coule petit à petit, et par ce moyen entretient fort longtemps l’écrivain sans qu’il soit obligé de prendre de nouvelle encre. » Et l’auteur de l’article ajoute : « Mauvais instrument ! ))
- Mais voici un document qui donne au Stylographe une origine encore plus reculée.
- Dans un manuscrit découvert à la Haye par A. Jubinal et publié par M. P. Faugère : Journal du voyage fait à Paris en 1657 et 1658 par deux Hollandais, nous lisons:
- « Nous fusmes voir un homme qui a trouvé une merveilleuse invention pour escrire commodément. Il fait des plumes d’argent où il met de l’encre qui ne seiche point, et sans en prendre on peut écrire de suite une demy main de papier; si son secret a vogue, il se fera riche en peu de temps, car il n’v aura personne qui'n’en veuille avoir. Nous lui en avons aussi commandé quelques uns. Il les vend 10 francs, et 12 francs à ceux qu’il sçait avoir fort envie d’en avoir. »
- C’est donc à un de nos compatriotes que l’on devrait l’invention du Stylographe. C’est également un autre Français, un Lorrain, Joseph Arnould, né en 1725, qui a créé la plume d’acier, invention que nous voyons souvent attribuer à l’Anglais J. Alexandre (mort en 1870), lequel n’a fait que se parer des plumes d’Arnould. L. R.
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- - LES SIGNAUX MARITIMES A RRAS
- Le naufrage de la Russie qui nous a tous si péniblement impressionnés restera longtemps dans la mémoire. Beaueoup se sont étonnés qu’un navire, échoué à quelques centaines de mètres du rivage, ait pu si difficilement se mettre en relation avec la terre, et donner des nouvelles de son équipage et des passagers. 11 y avait pourtant un moyen bien facile, usité même en marine, mais oublié au premier moment du danger quand il fallait penser d’abord à relever les courages chancelants. Ce moyen était les signaux à bras, et c’est en effet grâce à ce télégraphe, pour ainsi dire humain, qu’un marin passager à bord s« souvenant de ses éludes
- de signaux de timonerie a pu, dans la suite, communiquer avec les sauveteurs, donner de bonnes nouvelles si impatiemment espérées et s’entretenir régulièrement avec la terre.
- Sur nos escadres les signaux à bras sont enseignés principalement aux matelots timoniers; ils ne présentent aucune difficulté à apprendre, ils n’ont rien de mystérieux et les indiquer n’est point dévoiler un grand secret. Ils peuvent rendre les plus grands services comme le prouvent les résultats obtenus.
- Les signaux maritimes à bras sont peu connus, même des marins ; ils sont pourtant fort simples, c’est un alphabet dont les bras placés dans des positions spéciales indiquent les lettres qui formeront par leur succession les mots que l’on veut transmettre. En quelques minutes on sait figurer l’alphabet, cependant il faut avoir fait un certain temps d’exercices pour arriver à manier sûrement ce télégraphe et à parler rapidement. Les lettres s’obtiennent par des combinaisons très simples et bien ordonnées.
- Faisant face à qui recevra la dépêche le corps restant droit, les deux bras agissent soit séparément, soit simultanément.
- Pour chaque bras il y a quatre positions :
- La première : le bras est élevé verticalement vers le ciel.
- La deuxième : le bras est incliné vers le haut faisant un angle de 45° avec la verticale.
- La troisième : le bras est tendu horizontalement dans le plan du corps.
- La quatrième : le bras est incliné vers le bas faisant un angle de 45° avec l’horizontale.
- Pour télégraphier voici les signaux convenus pour chaque lettre.
- A. IL C. 1). — Le bras gauche manœuvre d’abord seul, le droit est tombant fixe : élevé verticalement il signifie A; incliné à 45° vers le haut, B; tendu horizontalement, G ; descendu à 45°, D.
- E. F. G. H. — Le bras droit se meut ensuite seul, le gauche reste fixe près du corps : élevé verticalement, il indique E; incliné à 45° vers le haut, F; tendu horizontalement, G; descendu à 45°, II.
- A partir de la neuvième lettre I, les positions des deux bras se combinent.
- I. J. K. L. — Le bras droit conservant la première position, c’est-à-dire restant fixe, élevé verticalement; le bras gauche, en passant par les quatre positions, donne successivement I. J. K. L.
- M. N. 0. P. — Le bras droit étant fixe à la deuxième position, c’est-à-dire incliné vers le haut à 45°; le, bras gauche passe par les quatre posi lions en indiquant successivement M. N. 0. P.
- Q. R. S. T. — Le bras droit tenu fixe à la troisième position, c’est-à-dire allongé horizontalement; le bras gauche effectue les quatre positions successives en faisant Q. R. S. T.
- U. V. X. Y. — Le bras droit fixe occupe la quatrième position, c’est-à-dire incliné en bas à 45°; le bras gauche, en se mouvant, donne la série des lettres U.Y. X.Y. Z. — Celte dernière lettre s’indique.par les deux
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- KH
- la nature.
- liras tondus horizontalement en avant, le corps tourné vers la gauche.
- Quelques signaux simples indiquent un mot :
- ainsi le bras droit tendu horizontalement avec dans la main une coiffure quelconque, ou tout objet rond, veut dire APERÇU. Les deux bras élevés verti-
- lig. 1. — Les signaux à bras. — Marins communiquant avec un navire eu détresse. La position des bras du premier marin, à gauche signale ERREUR de roule du navire. Le second indique la lettre X; le troisième la lettre S; le quatrièmejla lettre Y.
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- Fig. i. — Télégramme à bras du litre de notre journal : LA NATURE.
- paiement au-dessus do la tète signifient ERREUR. Pour télégraphier à bras on indique par les
- signaux convenus successivement chaque lettre, d’une phrase, en ayant soin après chaque mot de
- Fi.Tr
- g.
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- E.Mgçj T.-./, Séu
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- \ff. G. 4-
- Le corps île cthé*, iras- en ava/i t £
- D.
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- I).
- G.
- /TwUratiorv de isifùi ci u/t. m/it les braee tombants.
- Erreur
- Fig. 7>. —Les signaux à bras. — Croquis donnant la position des bras pour les signaux.—1. l.e bras droit tombant, le gauche donne successivement A. B. C. D. - 2. Le bras gauche tombant, le droit donne E. F. G. H. — ô. Le bras droit levé, le gauche donne I. J. K. L. i. Le bras droit incliné en haut, le gauche donne M. N. 0. 1*. — o. Le bras droit horizontal, le gauche donne Q. R. S. T. — 6. Le bras droit incliné en bas, le gauche donne U. V. X. Y. — 7. Les deux bras en avant, le corps à gauche donne Z. — 8. Position à la lin de chaque mol. — 9. Le bras gauche tombant, le droit étendu avec en main une coiffure dit APERÇU. —10. Les deux bras élevés verticalement disent ERREUR.
- ramener les bras le long du corps, ce qui signifie qu’il est terminé. Ce système, comme on le voit, est des plus simples et des plus faciles ; chacun de nous a ainsi avec soi un télégraphe qui peut rendre dans les promenades, dans les excur-
- sions et en cas de danger, de grands services.
- C’est pourquoi, à titre de distraction, il serait bon d’apprendre aux enfants à s’en servir ; plus tard ils trouveraient certainement à utiliser leiirs connaissances. T. Obalski.
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- LA NATURE.
- Ifi5
- L’ENTREPÔT DES LAINES DE DUNKERQUE
- C’est un phénomène bien curieux à observer dans ! facilités des communications, de grands marchés le. commerce moderne, que de voir, en dépit des | s’établir dans tel ou tel port pour certaines mar-
- Fig. 1. — Arrivée d’une balle de laine. Fig. 2. — Descente d’une balle.
- chandises comme les cotons, cafés, laines, etc. ; les I elles y subissent des triages et des opérations de matières premières s'y accumulent et s’y centralisent, | nettovage, puis des classements par qualité, qui per-
- Fi . 3. — Vue générale de l’Entrepôt des laines du port de Dunkerque.
- mettent ensuite aux industriels d’acheter pour ainsi I marché. Ces marchandises s’entreposent pour at-dire sans voir et en se référant à telle qualité du | tendre les besoins, et on pare ainsi aux disettes qui *
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- LA NATURE.
- se présentent quand, au contraire, l’importation suit exactement la demande de la fabrication.
- Or, notre port de Dunkerque, qui est devenu un grand port d’importation des laines', ne possédait pas encore un entrepôt analogue à ceux que comptent Londres ou Anvers : la Chambre de commerce a voulu sortir de cette situation qui portait préjudice à la fois au commerce du port et à l’industrie lainière de la France, et elle vient de mener à bien la construction d’un important entrepôt muni des aménagements modernes les meilleurs. Disons tout de suite que cet édifice n’a pas moins de 117,n,7o de long sur une largeur de 57m,80. Les façades en sont parallèles aux murs des quais et en sont éloignées de 70 mètres, ce qui facilite la manutention des balles de laine tout en laissant libre circulation sur les quais. L’entrepôt a un rez-de-chaussée et trois étages, et tout cela est consacré à l’emmagasinage des laines, à l’exception d’une partie du dernier étage qui contient une salle d’exposition. On a, de plus, installé une salle de vente en amphithéâtre, fort bien éclairée, et avec des bureaux y attenant. On a même songé à un buffet-restaurant pour ceux que leurs affaires retiennent une partie de la journée dans les magasins.
- Bien entendu, on a pris les précautions les plus strictes contre le feu : l’entrepôt est partagé en trois sections par des murs de 0m,60 d’épaisseur qui sont percés d’ouvertures assez rares et fermées par des doubles portes en fer; ces murs sont en briques, comme ceux de l’extérieur, et toute la charpente intérieure est en fonte ou en fer : il est regrettable qu’elle n’ait pas été enveloppée dans des matériaux réfractaires, comme cela se pratique maintenant aux États-Unis. Lés colonnes soutenant les planchers sont espacées de 6m,50 dans un sens et de 5m,20 dans l’autre. Ces planchers sont hourdés en béton de mâchefer et recouvert* d’un dallage en ciment. Quatre escaliers en fer desservent les quatre coins du bâtiment; mais, naturellement, on a prévu un ascenseur électrique pour faciliter la circulation. Tout le bâtiment est couvert en terrasse avec du ciment volcanique Haeusler, sauf la portion qui est réservée à l’exposition et dont le toit en pente est vitré sur une de ses moitiés.
- On a prévu des appareils de manutention pour monter ou descendre les balles, et on les a faits du système électrique : ils ont été fournis par la maison Postel-Vinay. Douze treuils à tambour sont installés au troisième étage et munis d’un frein permettant d’arrêter les balles à un étage quelconque. Celles-ci sont prises au pied des murs de façade, et elles viennent se présenter à la baie de réception, par où elles doivent pénétrer : à ce moment, la boule terminant la corde à laquelle est suspendue une balle, est reçue dans les griffes d’un petit chariot qui peut se déplacer sur un chemin de roulement incliné vers l’intérieur de l’entrepôt ; le poids même
- 1 En relations étroites avec la République Argentine, grâce * aux efforts de M. Mine, le consul de ce pays.
- de la halle fait qu’elle rentre dans le bâtiment, et elle arrive ainsi dans le magasin en roulant suspendue au chariot. On comprend que, pour l’enlèvement, on opère de façon inverse, le chariot remontant le plan incliné sous la traction du moteur, et la boule abandonnant ensuite les griffes à son arrivée devant la baie de sortie; quand le petit chariot parvient à l’extrémité de sa course, la boule abandonne les griffes, comme nous venons de le dire, le poids du chariot lui fait redescendre la pente de sa voie, et dès lors, la balle peut s’abaisser sous le mouvement du treuil et atteindre le quai où elle sera déposée en wagon ou chargée à bord de quelque navire. Le même treuil sert pour la manutention aux divers étages et, à cet effet, les appareils déchargeurs du premier étage et du deuxième sont mobiles ; au moment où il en est besoin, ils sont amenés à faire saillie sur la façade du bâtiment. Ces ingénieux appareils assurent l’exploitation de l’entrepôt dans les meilleures conditions : la vitesse de levage des treuils et, par conséquent, l’allure de la montée des balles, est de 0m,50 à la seconde, un seul treuil peut donc élever 20 balles à l’heure jusqu’au troisième étage. Il y a douze treuils dans l’établissement et l’ensemble permet de manutentionner quelque 2400 balles par jour. Ajoutons (ce qui a bien son importance pour une matière susceptible comme la laine) qu’aucun coup de croc ne vient abîmer les enveloppes des balles, puisque celles-ci sont élin-guées, c’est-à-dire prises en dessous par des cordes, et que, dans toutes les manutentions, la laine demeure intacte. La commande des treuils est faite par un mécanicien qui a sous la main, près de la baie donnant sur l’extérieur, les poignées de commande.
- Nous n’avons guère besoin de faire remarquer que-l’éclairage est électrique : il est assuré au moyen de 120 lampes à incandescence de 16 bougies et de 2 lampes à arc. Comme de juste, le magasin est desservi par quatre voies ferrées reliées à la gare maritime. Enfin, pour donner une idée de son importance et des services qu’il est appelé à rendre, nous dirons qu’il peut contenir 17000 balles de laine de la Plata, dont 5800 rien qu’au rez-de-chaussée. P. de Mériel.
- LES SALADER0S DANS L’URUGUAY
- On sait que la République Argentine, dans ses vastes plaines où la population est encore si rare, possède d’im menses troupeaux de bêtes à cornes, dont on n’a longtemps tiré parti qu’au point de vue des cuirs. Mais nous sommes loin de cette époque, et ces animaux sont maintenant exportés, tantôt à l’état vivant, ainsi que La Nature l’a expliqué jadis, tantôt à l’état frigorifié ou comme conserves (corned beef, etc.), viande séchée (tasajo du Brésil et des Antilles) ; on en tire enfin des extraits de viande. Les usines où l’on prépare les carcasses d’animaux pour l’exportation sont les saladeros, qui se trouvent pour la plupart dans l’Uruguay, même quand ils traitent uniquement des bestiaux argentins.
- 11 y a du reste, dans la Bande orientale, quatre groupes
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- de saladeros : un premier est aux alentours de Montevideo, un deuxième se rencontre dans l’intérieur et n’est que fort peu florissant par suite des difficultés et du coût des transports : on n’y abat guère que. 57 000 tètes d’animaux par an, alors que les 20 établissements du groupe précédent en abattent quelque 500 000. Le groupe principal est formé par les 8 établissements de la rive Est de l’Uruguay, qui comprend notamment les célèbres établissements de Fray Bentos, appartenant à la Compagnie Liebig. Dans ces derniers, bien qu’on ne se livre guère au séchage ni au salage des viandes, on n’abat pas moins de 200 000 bêtes par an; les autres tuent annuellement 290 000 animaux, bœufs ou vaches (parfois aussi des juments, à ce que l’on nous affirme). Quelques-uns de ces saladeros, éclairés à l’clectricité, travaillent jour et nuit. Dans le quatrième groupe, situé à la frontière du Brésil, les abatages ne dépassent point 50 000 têtes.
- A la vérité, les saladeros uruguayens ne se livrent point à la préparation des viandes destinées à être transportées par navires frigorifiques; mais, dans leur campagne de huit mois (fæna ou zafza), qui commence en novembre pour finir en juillet, on prépare la viande sèche, le cuir salé, le suif, les conserves, les extraits, et aussi une foule de sous-produits, comme les cornes, les os, les tendons, les queues, le sang, les cendres provenant de la combustion des os non transformés autrement. Le lasajo, qui a été imaginé pour la facilité du transport et de la conservation dans les régions où les communications sont difficiles et le bétail peu abondant, se fait sur des traverses de bois auxquelles on accroche les lanières de viandes plusieurs jours de suite. Ces lanières sont habilement découpées par des ouvriers spéciaux aussitôt que les animaux ont été tués d’un coup de couteau dans la nuque. Les morceaux de viande doivent être amincis de manière à ne présenter nulle part plus de 2 centimètres d’épaisseur : cela leur permet de se refroidir vite et de bien prendre le sel. Après dépeçage, cette viande est plongée quelques minutes dans une saumure à 20°, puis directement salée à grandes pelletées de gros sel sur sa face interne, et empilée; au bout de cinq à six heures, on la sale sur sa face externe en la retournant. On déplace encore les tas le lendemain, pour aérer; on relave dans la saumure, et c’est alors qu’on envoie à la sécberie. Après dessiccation, la viande est classée suivant sa maigreur et mise en sacs de 90 à 100 kilogrammes.
- Pour les cuirs, aussitôt enlevés et décharnés, ils sont plongés dans une saumure à 25°, durant vingt-quatre heures, puis salés avec du sel usé (qui a servi à saler les viandes); au bout de dix à quinze jours ils sont bons à expédier. Pour recueillir les suifs, on fait cuire les os à la vapeur, et cela pendant huit heures, puis on coule le suif et on le transvase après refroidissement dans des barriques. Les os résiduaires servent de combustible et donnent des cendres qui sont ensuite expédiées sur l’Europe comme engrais. Toutefois, souvent, on emploie une bonne partie des os, en les traitant chimiquement, à faire du simili-ivoire qui est utilisé dans la fabrication des brosses, des boutons, etc. Nous n’avons pas besoin de dire les usages auxquels répondent les cornes. Quant au sang, recueilli dans des fosses, il subit une dessiccation, puis une pulvérisation, et est mis en sacs pour être-exporté comme engrais, principalement sur la France.
- Rien ne se perd dans les saladeros uruguayens, et on calcule en moyenne qu’un bœuf payé 12 piastres à l’éleveur, doit rendre 15 piastres en viande comme en sous-
- produits de toute sorte. D. Lebois.
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- L’AUTOMOBILISME EN AGRICULTURE
- Bien que timidement au début, le machinisme s’est introduit maintenant de façon définitive en agriculture soit sous la forme des machines à battre, des moissonneuses, lieuses ou autres, soit sous la forme des faucheuses, etc. ; mais, sauf pour les batteuses où, du reste, la force motrice est encore souvient fournie par des manèges, on peut dire que c’est toujours une bête de trait (pii assure le déplacement et le fonctionnement de ces machines. Au moment où la traction animale semble sérieusement menacée dans ses applications ordinaires par la traction mécanique, il était naturel qu’on pensât à recourir à celle-ci non seulement pour les transports agricoles, qui représentent un mouvement considérable dans nos campagnes, mais encore pour mouvoir les instruments du travail des champs et pour augmenter par là l’économie de main-d’œuvre réalisée déjà, grâce à l’usage des machines.
- Les premiers pas dans cette voie ont été faits sous la forme du labourage à vapeur, et ils ont été continués par des tentatives de labourage à l’électricité qui se poursuivent actuellement en France et en Allemagne et dont nous avons déjà parlé ici : dans l’un et dans l’autre cas, on tire la charrue d’un bout à l’autre du champ à labourer en la rattachant à un câble qui vient s’enrouler sur un treuil commandé par un moteur à vapeur ou un moteur électrique. Mais cela ne peut pas s’appeler exactement de l’automobilisme agricole, puisque la charrue n’a pas son indépendance entière, et qu’au contraire elle est étroitement dépendante du câble de remorque. 11 est bien évident que l’établissement des renvois sur lesquels passe le câble, les déplacements du treuil au fur et à mesure qu’une certaine surface du champ est labourée, compliquent considérablement l’opération, et qu’il serait plus commode de posséder une charrue comportant un moteur étroitement lié à elle.
- L’est dans cet esprit que l’on a songé à des locomotives agricoles traînant derrière elles la charrue, comme le fait un attelage de chevaux : plusieurs essais dans ce genre ont été tentés, notamment aux États-Unis, où l’on cherche à tirer de la machine, en toute matière, le meilleur parti qu’il est possible. Comme prototype intéressant des appareils employés dans ce but sur les terres de la Confédération, nous pouvons montrer la petite locomotive due à M. Par-miter, qui est un agriculteur au courant des besoins du travail des champs. Cette machine, de 4 chevaux de puissance, est à quatre roues; mais elle possède de plus, à l’arrière, un gros rouleau à cannelures qui est enfilé sur le même axe que les roues porteuses arrière, et qui donne beaucoup d’assiette à hn locomotive en lui assurant une meilleure adhérence pour la propulsion. Derrière la locomotive en question on peut disposer une barre de traction transversale sur laquelle on attelle, avec des chaînes, soit les
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- deux charrues à grand rendement que l’engin peut aisément traîner, soit des scarificateurs et autres instruments agricoles, soit enfin des chariots de transport, car la locomotive peut naturellement aussi fonctionner comme simple routière et servir aux transports agricoles. A tous ces points de vue, la locomotive ou l’automobile Parmiter semble susceptible de rendre de grands services, car son fonction-
- la marche ordinaire sur les routes, elle peut atteindre 16 kilomètres à l’heure. Elle pèse en ordre de marche 1200 kilogrammes. Quand elle travaille dans les champs, ses roues sont armées de crampons pour assurer l’avancement dans les sols meubles, et de plus on dispose sur les jantes de larges patins supplémentaires qui empêchent un enfoncement exagéré.
- Mais tous les appareils que nous venons de signaler ne présentent point une union intime entre la partie motrice et l’instrument agricole proprement dit; aussi d’autres inventeurs ont-ils imaginé des combinaisons où cette union est tout à fait étroite. Tel est le cas pour la charrue automotrice de M. Boghos Pacha Nubar, charrue qui, de plus, a cette particularité d’être rotative. Dans ce système, la partie chargée de travailler la terre comprend une série de trois disques qui ne sont point disposés sur un même plan, quoique à côté les uns des autres, et dont chacun porte, montés sur sa circonférence, de solides contres d’acier. Ces trois disques sont placés sur un châssis établi à l’arrière d’une locomotive routière dont le mé-
- Fig. 1. — Faucheuse de la Deering C°.
- nement est fort peu coûteux : tout compris non seulement le salaire de ses deux conducteurs et ses consommations principales, mais encore les consommations secondaires d’huile et l’amortissement, elle pourrait travailler un acre, autrement dit A/10 d’hectare, pour environ 4fr,80. Bien entendu, grâce à sa force, l’engin laboure aisément à une vingtaine de centimètres de profondeur, en faisant la besogne de six attelages ordinaires.
- L’Exposition de 1900 nous montrait plusieurs exemples d’automobiles agricoles : nous pouvons citer tout d’abord celle qui était exposée par la Société des tracteurs agricoles, et qui répondait quelque peu au même but que la locomotive que nous venons detudier. Cette automobile, munie d'un moteur à pétrole et à quatre temps de 8 chevaux effectifs, avec deux cylindres et une circulation d’eau à régulateur, peut non seulement rendre les services d'un véhicule ordinaire en transportant des gens ou des récoltes sur les routes, mais encore elle a la possibilité de se transformer rapidement en un tracteur circulant dans les champs, pour y traîner des charrues, des herses, des moissonneuses ou des faucheuses. Pour le travail agricole, elle est munie de deux vitesses, une de lk,n,9, l’autre de 3km,2; pour J
- canisme est combiné de manière à les mettre en rotation. D’ailleurs, le châssis qui les supporte peut être relevé plus ou moins de façon à les faire enfoncer dans le sol suivant les besoins, et aussi, quand cela est, nécessaire, à les mettre complètement hors de prise avec le sol sous-jacent. On comprend que, au fur et à mesure qu’avance la locomotive, les disques tournent et leurs couteaux périphériques entaillent la terre, et la découpent en tranches dont l’épaisseur est susceptible de varier suivant l’allure que l’on donne à Tin-
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- strument, cela d’après la nature même du terrain (pion veut labourer. On peut, de la sorte, obtenir une véritable * pulvérisation du sol bien mieux qu’avec une charrue munie de brise-mottes, de herses et d’autres dispo-sitifs spéciaux.
- Ainsi qu’on le voit, les disques à coutres sont montés comme en porte-à-faux à l’arrière de la locomotive, et l’inclinaison des coutres aussi bien que la rotation des disques est prévue en sens contraire, précisément afin d’assurer cette pulvérisation qui est le but véritable du labourage. La
- trois hectares par journée de 12 heures, et cela dans de très bonnes conditions.
- L’Exposition de I960, qui contenait tant de choses, contenait aussi deux types bien intéressants
- de faucheuses automobiles, toutes deux d’origine américaine, comme la plupart des machines agricoles perfectionnées. Voici d’abord la faucheuse MacCormick, qui sort d’une des plus grandes maisons spéciales de la Confédération. Comme on peut le voir, d’après la gravure que nous en donnons et qui nous dispensera de longues
- charrue en ques- * i ^. :
- lion était à l'Exposition universelle, et elle a subi des essais qui prouvent qu’elle est capable de labourer au moins
- Faucheuse automobile Mac Cormick.
- explications, cette machine est un
- véritable tricycle à pétrole. On a conservé toutes les dispositions caractéristiques des faucheuses à
- Fi<f. i. — Locomotive agricole Parmiter,
- chevaux, et cela était assez aisé puisque le mouvement des dents coupantes de ces appareils est assuré par la rotation même des roues porteuses d'arrière, qui, ici, sont devenues roues motrices. Le moteur de cette faucheuse tout à fait mécanique est à essence, à deux cylindres, et d'une puissance de 10 chevaux. La puissance en est transmise aux roues
- arrière par l’intermédiaire d’une chaîne sans fin qui agit sur une roue à rochet et sur un embrayage à friction disposé sur l’arbre principal de la faucheuse : cet embrayage est combiné de manière à pouvoir commander soit une roue d’angle montée d’un côté, soit celle qui est montée du côté opposé, et de cette façon on obtient le mouvement en avant ou le mou-
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- vernent en arrière. D’ailleurs, les deux roues d’angle commandent un pignon qui agit sur le volant et sur l’arbre des couteaux. On peut augmenter ou diminuer la vitesse de marche de la machine par une simple manœuvre du levier régulateur. Les deux roues d’angle commandent les roues arrière de la faucheuse par des roues à dents. Tout le mécanisme d'embrayage est aisément commandé par le conducteur de l’appareil, grâce à une pédale; la direction est assurée par une barre droite placée devant et agissant sur la roue directrice avant. En avant de cette direction se trouve le réservoir, qui contient à la fois la pile d’inflammation, le pétrole et l’eau de circulation.
- Une faucheuse également à pétrole a été exposée à Yincennes par cette autre puissante maison de machines agricoles, la Deering C°. Voici plusieurs années que celte machine a été inventée, et elle a subi des améliorations diverses qui l’ont amenée à sa forme définitive. C’est ainsi que l’on a fini par adopter le moteur horizontal au lieu du moteur vertical, qui donnait des secousses dans le sens vertical, naturellement, ce qui faisait osciller assez violemment la barre des couteaux, et laissait des touffes d’herbe non coupées à intervalles plus ou moins égaux. Les constructeurs sont satisfaits du moteur à deux cylindres dont ils ont muni leur faucheuse, et ils estiment qu’elle peut, une fois les couteaux débrayés, remplir le rôle de tracteur ordinaire pour les charrois agricoles. Comme l’autre faucheuse dont nous avons parlé, celle-ci est munie de frottements à rouleaux qui diminuent les résistances de toutes ses parties mobiles; elle s’en distingue principalement par son moteur, qui est seulement d’une puissance de 6 chevaux et qui peut donner à la machine une allure de 8 kilomètres à l’heure.
- Les deux faucheuses ont été soumises à des essais concluants dans des champs, près de Mitry-Claye, par les soins de la Société d’Agriculture de Meaux ; on a pu constater, qu’elles sont susceptibles de rendre les services pratiques les plus appréciables. On est définitivement engagé dans une voie qui amènera des transformations considérables et des plus fructueuses dans le matériel agricole. Daniel Rem et.
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- DISE NOUVELLE
- MÉTHODE D’ANESTHÉSIE OPÉRATOIRE
- LES INJECTIONS DE COCAÏNE DANS l’ÉPINE DORSALE
- Les grands progrès que la chirurgie a réalisés, dans le dernier quart du siècle qui vient de finir, sont dus à Pasteur et à Soubeyran, ’c’est-à-dire à l’antisepsie et à l’anesthésie. Épargner la souffrance, épargner l’infection sont et seront toujours les lois primordiales auxquelles doit obéir toute intervention chirurgicale. Si, au point de vue toxique, l’asepsie ne présente aucun danger pour le malade, il n’en est pas de même de l’anesthésie générale, qui, en supprimant la douleur, inhérente à toute manœuvre opératoire, par la perte absolue de la conscience, comporte, précisément à cause de son mode d’acticn, un nombre d’accidents dont quelques-uns fort redoutables. En effet, le chloroforme, l’éther, le bromure d’éthyle exercent une influence fâcheuse sur les centres nerveux
- de la respiration et de la circulation. Il peut même1 arriver, très rarement il est vrai, que sous l’influence du chloroforme, et sans qu’on sache toujours pourquoi, le cœur s’arrête de battre, les poumons de respirer.
- Le problème à 'résoudre est donc celui de la suppression de l’anesthésie, agissant comme un stupéfiant général, et de son remplacement par une substance ne modifiant ni la conscience, ni les autres fonctions essentielles à la vie. La solution de ce problème, pourtant si complexe, semble à la veille d’être réalisée.
- On connaît depuis longtemps l’heureuse action de la cocaïne, alcaloïde extrait des feuilles d’un petit arbuste qui pousse en Bolivie et au Pérou; l’insensibilité qu’on obtient à l’aide d’injections sous-cutanées d’une solution de cette substance n’est que locale et ne s’étend guèie au delà du territoire superficiel délimité par une ou plusieurs piqûres hypodermiques; l’anesthésie ainsi limitée ne peut donc être utilisée que pour les petites opérations : ouverture d’abcès, avulsion d’une dent, voire même cure radicale de hernie, etc. Les grandes interventions sanglantes, comme celle de la chirurgie abdominale par exemple, nécessitent l’anesthésie générale par le chloroforme, qui est le plus communément emjtloyé.
- Cependant le Dr Tuffier, frappé de l’innocuité absolue des ponctions de la colonne vertébrale et de celles des injections consécutives d’une solution de cocaïne dans le canal osseux qui renferme la moelle épinière, a étudié celte méthode d’anesthésie chirurgicale pour la substituer à toutes les
- autres habituellement employées. Le mérite qui revient à ce chirurgien est d’avoir compris les expériences de Coning, qui datent de 1885. Ce médecin, en injectant une solution de cocaïne, à des doses variables, entre les vertèbres, réussit à obtenir une insensibilité parfaite non seulement de la région lombaire, maip encore des membres inférieurs, ün professeur allemand de Kiel, le Dr Bier, injecta, de propos délibéré, du chlorhydrate de cocaïne dans l’épine dorsale de six malades, atteints de lésions chirurgicales diverses des membres inférieurs, et il put, après cette injection, effectuer une, série d’opérations des plus douloureuses, sans que les malades eussent à en souffrir le moins du monde. Bier, pour bien démontrer l’innocuité absolue de ces injections, n’a pas craint d’expérimenter la cocaïnisation de la moelle sur lui-même et sur son assistant Uildebrandt.
- D’autres chirurgiens publièrent des résultats analogues. M. Tuffier, pour débuter, n’employa ces injections intrarachidiennes de cocaïne que dans un but purement médical. 11 s’agissait de calmer des souffrances horribles d’un malheureux jeune homme atteint d’une grosse tumeur inopérable d’un des os du bassin. On lui injecta dans l’épine dorsale deux centimètres cubes d’une solution de cocaïpe à 2 pour 100; les douleurs disparurent quelques
- Eolonne vertébrale. 1, 2. 5, i. 5, verlè-Itres lombaires. I.e milieu dé la lifuie pointillée répond à l'espace qui laisse pénétrer l'aiguille à injection dans le canal médullaire.
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- minutes après pour revenir après un Ion" répit. Mais ce résultat joint à d’autres encouragèrent Tufiier à poursuivre ses recherches, et le 11 novembre 1899, date importante dans les fastes de la chirurgie, il fut à même de communiquer à la Société de Biologie une série de six opérations faites à l’aide de cette nouvelle méthode. Des membres furent coupés, évidés, nettoyés, une grosse opération extra-abdominale put même être faite sans que les malades eussent ressenti la moindre douleur.
- A partir de ce moment, les observations de cocaïnisation de la moelle épinière se précipitent. La chirurgie abdominale, qui semblait vouloir échapper à ce mode d’insensibilisation, l’entra, elle aussi, dans l’anesthésie par injection de cocaïne dans le rachis. Tufiier ouvre l’estomac, enlève des reins, des seins, sans que les malades accusent la plus légère souffrance. Certains de ces opérés guidèrent l’opérateur, et le renseignèrent sur nombre de sensations perçues par eux-mêmes, collaborant ainsi à l’œuvre commune. Un malade, auquel on coupe une jambe, demande, au moment où la scie mord sur l’os, si c’est sa jambe ou le pied de la table qu’on entame. Quelle liberté d’esprit et combien on est loin de l’aspect cadavérique obtenu par l’administration du chloroforme, de l’éther, et surtout du bromure d’éthyle. La cocaïne peut donc remplacer tous ces dangereux stupéfiants; mais il faut avoir soin de bien prévenir les malades do certaines sensations. Us doivent savoir que la sensation de contact persiste; autrement, on s’exposerait, surtout chez les malades nerveux trompés sur les phénomènes qu’ils éprouvent, à ne pas |pouvoir finir l’opération sans recourir au chloroforme ou à l’éther.
- Mais, chose remarquable, alors que les cardiaques supportent très mal le chloroforme, ils n’ont rien à redouter de la cocaïnisation rachidienne ; cette innocuité est tellement grande que sur 252 opérations pratiquées, à l’aide de cette méthode d’anesthésie générale, il n’y eut aucun accident attribuable à l’emploi des injections de cocaïne.
- Comment la cocaïne, injectée dans la portion terminale de l’épine du dos, arrive-t-elle à insensibiliser la partie sous-ombilicale de l’abdomen et les membres inférieurs?
- La réponse est bien simple. Les cordons nerveux, qui conduisent les impressions sensitives du tronc et des membres à la moelle épinière, aboutissent dans la partie postérieure de la substance centrale, dite substance grise, de ce dernier organe. Les cellules nerveuses qui s’y trouvent, et qui constituent autant d’appareils récepteurs, recueillent toutes les impressions tactiles, douloureuses ou thermiques venues de la périphérie. Sans ces cellules, on aurait beau nous toucher, pincer ou brûler la peau, nous ne sentirions rien ; donc endormir pour un temps donné ces cellules, supprimer passagèrement leur fonction de perception en endormant les racines qui en naissent, c’est supprimer totalement les sensations douloureuses dans les parties tégumentaires correspondantes, c’est permettre au chirurgien de tailler, brûler, couper, dans toutes ces régions absolument insensibilisées à la douleur.
- Or, le chlorhydrate de cocaïne suspend les fonctions vitales, partout où il se trouve. Une solution de ce sel, injectée dans le canal médullaire, suspend les fonctions des cellules et des cordons nerveux qui y baignent; les parties périphériques, tributaires de ces cellules et de ces nerfs, ne pourront plus faire connaître à la moelle épinière les excitations douloureuses auxquelles elles sont soumises. Le problème est donc scientifiquement résolu; on peut insensibiliser toutes les portions du corps allant du thorax aux orteils, en injectant cette solution anesthésique à des
- hauteurs différentes du canal vertébral suivant la topographie de la région sur laquelle on a à intervenir.
- Mais toute médaille a son revers; le chloroforme et l’éther ont les syncopes; le bromure d’éthyle la respiration stertoreuse; la cocaïne provoque-t-elle des accidents? Le Dr Tuffier, dont l’expérience commence à être grande, signale un certain nombre de phénomènes, parmi lesquels nous retiendrons le malaise général qu’accusent la plupart des malades, et ensuite les nausées et les vomissements; mais ceux-ci n’arrivent pour la cocaïnisation que dans la proportion de 20 pour 100, ce qui est insignifiant si on les compare aux vomissements presque constants qui surviennent lors du réveil chloroformique, vomissements qui peuvent durer de 12 à 48 heures, voire même plus. L’accident le plus désagréable est la douleur de tète qui débute généralement six à huit heures après l’opération, et qui peut persister de 12 à 24 heures ; mais elle disparaît sans laisser de traces.
- En somme, les sensations plus ou moins pénibles qui accompagnent ou suivent l’analgésie par voie rachidienne, n’acquièrent jamais une intensité qui puisse, comme pour le chloroforme par exemple, faire craindre pour la vie du malade. Il n’est pas douteux que l’humanité vient de faire une nouvelle conquête sur la souffrance et la douleur. ________ I)r Ckitzman.
- LES ORAGES À NEIGE
- Dans les pays qui jouissent d’un climat tempéré, et particulièrement en France* on trouve tout naturel qu’il pleuve à torrents pendant les orages et l’on n’est pas trop étonné quand le grésil et la grêle viennent s’ajouter à la pluie. C’est que dans notre pays il n’y a guère d’orages sans pluie et que la plupart d’entre eux versent aussi du grésil et de la grêle. Au contraire, la chute de la neige pendant un orage cause toujours une forte surprise; c’est presque de la stupéfaction. Une chute de neige, si faible qu’elle soit, en juin, juillet, août et septembre, sera toujours chez nous un phénomène exceptionnel tant que le climat général ne sera pas modifié. Cette anomalie réside presque essentiellement dans la possibilité de leur arrivée jusqu’au sol.
- C’est qu’en effet on peut dire que dans les régions un peu élevées de l’air, la condensation de la vapeur d’eau se fait rarement en pluie liquide, mais que cette vapeur d’eau passe presque toujours à l’état solide soit en simples cristaux de glace, soit sous la forme de neige, de grésil ou de grêle. Déjà, au sommet du Puy de Dôme (1467 mètres), la fréquence des hydro-météores solides est cinq fois plus grande qu’à Clermont-Ferrand et cependant la différence d’altitude n’est que de 1000 mètres. Au Pic du Midi, deux fois plus élevé que le Puy de Dôme, il ne pleut guère qu’en juillet et en août ; pendant tout le reste de l’année, l’eau atmosphérique tombe ordinairement à l’état de neige. A la cime du Mont-Blanc, la pluie est tout à fait exceptionnelle et se trouve remplacée par la neige, le grésil ou la grêle. Dans les régions équatoriales elles-mêmes, où l’action du soleil échauffe l’air bien plus haut dans l’atmosphère, les sommets des montagnes sont couverts de neiges éternelles à partir de 5000 mètres d’altitude.
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- LA NATURE.
- Dans la France centrale, et sans doute aussi dans tous les départements quelque peu montagneux, les chutes ordinaires de neige commencent en moyenne vers la fin de novembre et finissent dans le milieu d’avril. Mais les orages du printemps jusqu'au commencement de mai, et ceux de l’automne à partir du milieu d’octobre, blanchissent souvent de neige les montagnes et meme les hauteurs qui atteignent sept ou huit cents mètres au-dessus du niveau de la mer. De plus, quand la neige réapparaît au cours de l’été, c’est presque toujours au moment des orages, de sorte que ceux-ci, malgré les fortes chaleurs qui les précèdent habituellement, semblent favoriser les chutes de neige. Les chauds courants ascendants créés pendant les périodes orageuses peuvent d’abord s’opposer à la formation de la neige, surtout au sein meme des orages, et faciliter plutôt celle de la pluie.
- Mais à mesure que ces courants ascendants s’épuisent et que l’orage s’affaiblit, le froid des hautes régions finit par l’emporter et l’orage lui-même, en mélan-geantles couches d’air superposées depuis le sol, produit bientôt un refroidissement général qui permet aux flocons de neige d’arriver à une altitude d'autant plus faible que ce refroidissement est plus grand. La neige pourra ainsi descendre quelquefois jusqu’à la surface du sol sans être fondue, en excitant alors un étonnement bien explicable, tel que celui qu’elle a occasionné'à la fin d’août 1900, dans quelques pays viticoles de l’est de la France.
- Les orages à neige sont rares, et on le comprend sans peine si l’on songe au concours exceptionnel de circonstances favorables qui leur est nécessaire. Mais on les trouve d’autant plus fréquents qu’on s’élève plus haut en altitude, qu’on s’éloigne davantage en latitude ou encore que l’on considère une époque de l’année de moins en moins proche du cœur de l’été.
- D’après les observations que nous avons consultées dans les Annales du Bureau central météorologique de France, on n’en constate pas chez nous tous les ans ; mais il ne s’en faut pas de beaucoup, puisque de 18yi à 1898, il n’y a que l’année 1895 qui n’en a pas fourni. Durant cette période de sept années, les orages à neige se sont étendus à trente-deux journées différentes, et ont été répartis à la
- surface du territoire comme l’indique la carte ci-dessous. On y remarque que c’est dans la région des vignobles du Rhône, du Beau jolais et du Maçonnais que leur fréquence est plus grande. C’est aussi dans cette région qu’il s'en est produit presque en plein été, au beau milieu de juin et de septembre.
- D’après ce que nous avons dit plus haut, il est donc naturel que les orages de juillet et d’août présentent très rarement de la neige aux altitudes ordinaires des lieux habités. Mais il est aussi fort rationnel que cette espèce d’immunité ne soit pas complète. Si la statistique des Annales du Bureau central météorologique ne comporte pas d’orages à neige pendant ces deux mois, ce n’est pas une preuve absolue qu’il ne s’en est pas produit à cette époque de l’année. Cela signifie seulement qu’alors ils sont plus
- rares, et qu’ils peuvent échapper à la statistique parce que toutes les communes de France ne collaborent pas au service météorologique.
- C’est ainsi que les orages du 27 août
- 1896 ont bel et bien versé de la neige, non seulement dans les Monts-Dore et dans les montagnes de la Maurienne, mais encore à Alberville (422 mètres) et à La Ferté-Macé (206 mètres) dans l’Orne.
- Le 19 septembre
- 1897 un autre orage, qui a éclaté dans la soirée au Havre et dans les environs,
- a donné une pluie abondante avec des grains de grêle et des flocons de neige.
- Enfin le 51 juillet 1895, à Gand, qui se trouve seulement à 27 mètres au-dessus du niveau de la mer, on a observé à deux reprises, pendant une bourrasque orageuse survenue vers dix heures du matin, des flocons de neige de la largeur d’une pièce de un franc.
- Habituellement les orages à neige qui se produisent en dehors de la saison estivale consistent simplement en deux ou trois, quelquefois un seul coup de tonnerre, avec grand vent, grésil ou petite grêle, et surtout abondante chute de neige. Mais il arrive aussi, principalement.quand ils surviennent à une date suffisamment éloignée du cœur de l’hiver, que ces orages à neige, par la multiplicité ainsi que par l’intensité des éclairs et du tonnerre, rappellent absolument la violence des orages de l’été. J.-R. Pi.umandon,
- Météorologiste à l'Observatoire du Pu y do Dôme.
- ANGLETERRE
- Bruxelle^ ALLEMAGNE
- Paris
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- Orages à neige depuis 1891 jusqu'en 1000.
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- LÀ NAIT KL.
- 17ô
- UN TENDEUR DÀTTELMiE \ DOUBLE ARTICULATION
- Parmi les exposants de la section italienne, un des plus importants était assurément la maison qui porte le nom de « Officine Meccaniche » et (pii con-
- stituait jadis les établissements Miani Silvestri et Cie de Milan. Nous n’avons pas l’intention de parler de l’ensemble de son exposition et notamment des beaux wagons envoyés par cette société, mais seulement de son tendeur à double articulation pour l’attelage des wagons. Comme nous le faisait remarquer l’ingénieur en chef de la maison,
- M. Giotti, les tendeurs normalement employés ont un grave inconvénient quand on les applique à accoupler des voitures ou véhicules dépassant la largeur usuelle : leurs bielles ou leurs vis se tordent et ils se trouvent assez rapidement mis hors de service.
- Nous devons du reste noter que l’attelage de wagons de largeurs diverses devient de plus en plus fréquent, au fur et à mesure que l’on tend à faire circuler sur un réseau des véhicules appartenant à des réseaux étrangers.
- Quand les wagons passent par une courbe raide, ils se déplacent l’un par rapport à l’autre d’une quantité relativement considérable. L’angle, formé par leurs axes longitudinaux, est d’autant moins obtus que l’empâtement des voitures considérées est plus grand et le rayon de la courbe plus petit. 11 est bien évident que le tendeur à vis tend à se placer suivant la ligne droite qui réunit les crochets d’attelage et ce, en pivotant autour des deux axes verticaux que constituent ses deux points d'attache.
- Quand les tendeurs avaient des maillons ronds, cela était encore possible sans effort trop anormal, car la résistance de frottement aux points de contact n’était pas trop difficile à vaincre. Mais quand on en est venu à adopter les tendeurs à flasques, qui sont formés de deux barres métalliques réunies par un axe traversant le crochet, dès lors le pivotement du tendeur était limité par le jeu que l’on pouvait avoir laissé entre la barre transversale et le trou du crochet dans lequel elle se trouvait, et d’ailleurs on était obligé de limiter strictement ce jeu, sous peine de voir les biellettes venir buter contre la tête du crochet d’attelage.
- La Société de 1’ « Officine Meccaniche » a résolu le problème en adoptant une disposition qui est en somme parente de la suspension bien connue à la Cardan. On va la comprendre presque immédiatement, avant même que nous donnions des explications complémentaires, si l’on veut bien se reporter aux deux dessins que nous reproduisons et qui nous ont été communiqués par les constructeurs. La figure 1 est une vue d’ensemble, qui montre un de ces tendeurs en position entre
- deux wagons dont on ne voit que la moitié. Chaque tendeur ne comporte, comme partie originale, qu’une de ses moitiés, celle qui se trouve à droite dans la figure, car le jeu de l’articulation d’une des manilles suffit à permettre la flexibilité que l’on désirait. La figure 2 représente d’une part la portion extrême et
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- LA NATURE.
- gauche de cette moitié modifiée du tendeur, au point même où la vis d’attelage, qui demeure telle quelle, pénètre dans ce qu'on nomme l’écran du tendeur, c’est-à-dire dans la pièce transversale formant écrou. Quant à l’autre ligure (fig. 2, n° 2), c’est la même partie du dispositif, mais vue en sens opposé, l’œil du spectateur étant supposé entre le wagon de gauche et l’écran de vissage, à la hauteur de cet écran, une fois que l’attelage est fait. Nous n’avons d’ailleurs point à faire remarquer, car on les voit nettement dans la ligure d’ensemble, plusieurs autres dispositifs secondaires, comme les deux biellettes qui relient à l’écran, et par suite à la vis de tension, la barre lixée dans le trou du crochet d’attelage.
- Les choses doivent maintenant se saisir aisément, après ces explications un peu longues, mais absolument nécessaires. L’écran E, qui est traversé par la vis de traction, porte deux tourillons T qui se mettent dans la position verticale quand l’attelage est fait : ces tourillons verticaux donneront un des deux mouvements que l’on trouve dans une suspension à la Cardan. Mais l’écran est lui-même entouré par une autre pièce formant chape, qui est munie à son tour de deux tourillons horizontaux sur lesquels viennent s’articuler les biellettes de traction, se rattachant à la harre transversale que nous avons montrée tout à l’heure dans le trou du crochet d’attelage. C’est dans la chape et dans deux échancrures demi-circulaires que prennent appui les deux tourillons verticaux dont il a été question il y a un instant, et ils y sont maintenus par des pièces transversales que nous apercevons en G, et qui sont elles-mêmes lixées par des goujons. Bien entendu, il y a aussi des goupilles pour empêcher les biellettes de quitter les tourillons sur lesquelles elles forment comme étrier.
- Quant au jeu de ces pièces diverses, il est trop» facile à comprendre pour que nous y insistions le moins du monde. Le tendeur se dispose toujours en ligne droite, grâce à cette articulation double d’une de ses parties, et tous les efforts transversaux qui, avec les dispositifs ordinaires, ne tendaient qu’à déformer l’appareil, n’ont maintenant d’autre résultat que de faire pivoter l’écran dans sa chape.
- L’invention nous semble aussi utile qu’ingénieuse, et nous la recommandons à tous ceux qui s’intéressent aux questions de chemins de fer ou même de simple mécanique. P. Cl.
- CHRONIQUE
- .Scientia. — La place nous a fait défaut dans le dernier numéro pour donner la liste des adhérents au dîner du 17 janvier qui s’étaient fait excuser. Voici cette liste par ordre alphabétique :
- MM. Cl. Ader; N. Albanes; 1)' Anihony, médecin aide-major ; Philippe Berger, membre de l’Institut ; Ed. Bor-net, membre de l’Institut ; Brewer ; Brouardel, membre de l’Institut; Maurice Bucquet; I)r Capital; I)r Dauiex ; D’Arsonval, membre de l’Institut; Diamandi; Br Paul Farez; Gatellier; Gaumont; J. Giraud; S. de IIeredia,
- ancien ministre; Ludovic Halévy, membre de l’Académie française; E. Landrin; P. Landrin; l)r A. Lave-ran, correspondant de l’Institut; l)r Gustave Lebon ; de Launay; Ch. de Lesskps; Martel; Moncour; Ch. Mous-setie; Nadaillac (Mis de), correspondant de l’Institut; Oustalet; Dr Ranque ; l)r Vallin, secrétaire annuel de l’Académie de médecine; Tu. Villard.
- Dans la liste des présents qui a été publiée, une trans position a fait sauter le nom de notre confrère M. Louis Olivier, un des quatre administrateurs de la Conférence « Scientia », qui, bien entendu, était des nôtres.
- Le dernier banquet porte à 22 les dîners de Scientia donnés en l’honneur d'un des grands de la Science. Le 1er fut organisé en l’honneur de M. Chevreul et présidé par M. Jamin, le 11 décembre 1884. Le 2e, en l’honneur de M. Pasteur et présidé par M. Ch. Bichet, le 12 février 1885. Nous relevons ensuite : 5e dîner du IG avril 1885, en l’honneur de M. Ferdinand de Lesseps. Président : M. Léon Say. 4e diner du 18 juin 1885, en l’honneur de M. le général de Nansouty. Gaston Tissandier, président. 5“ diner du 26 novembre 1885, en l’honneur de M. Berthelot. M. E. Renan, président. 0° dîner du 21 janvier 1886, en l’honneur de M. Savorgnan de Brazza. M. Janssen, président. 7e diner 25 mars 1886, M. le professeur A. Richet. Professeur Verneuil, président. 8e dîner 11 mai 1886, M. Pasteur. M. l’amiral Jurien de la Gra-vière, président. 9e diner 2 décembre 1886, M. Daubrée. M. Friedel, président. 10e le 24 février 1887, M. le général Perrier. M. Bischoffsheim, président. 1 Ie le 26 janvier 1888, M. Georges Berger. M. Gariel, président. 12e le 15 décembre 1888, M. Jules Simon. M. Trélat, président. 15e le 15 avril 1889, M. G. Eiffel. M. Janssen, président. 14e, juin 1889, M. F. Darwin. M. Marey, président. 15e le 50 avril 1890, M. de Lacaze-Duthiers. M. Charles Richet, président. 16e le 26 février 1891, M. de Quatrefages. M. Gaston Tissandier, président. 17ele 24 décembre 189J, M. Janssen. M. G. Tissandier, président. 18e le 21 mai 1896, M. E. Lippmann. M. d’Arsonval, président.
- Après un intervalle de quatre ans, la Conférence a organisé en juin et août derniers trois banquets successifs à l’Exposition en l’honneur deMM. Darboux, lord Lister et lordKelvin.
- Voltmètre et ampèremètre à champ magnétique réglable. — M. Pellat a présenté à la Société Française de Physique, au nom de M. Menges, de la Haye, un galvanomètre genre Deprez-d’Arsonval, qu’on peut disposer soit en ampèremètre, soit en voltmètre, dont le champ magnétique est réglable. A cet effet, le système mobile tournant autour d’un axe horizontal, l’ensemble des deux armatures de fer doux, rendues solidaires par des joues en cuivre, peut aussi osciller d’une très petite quantité autour d’un axe horizontal, qui est loin de passer par le centre de la gravité ; de cette façon l’ensemble des armatures penche légèrement d’un côté, sous l’action de la pesanteur, si l’aimant placé horizontalement au-dessus n’a pas la force de le soulever. Or, au-dessus des pôles de l’aimant se trouve placée une dérivation magnétique formée par une pièce de fer doux qui. par une vis, peut s’approcher ou s’écarter plus ou moins des pôles. On conçoit qu’en réglant la position de cette pièce de fer doux on puisse arriver à faire que l’ensemble des armatures de fer soit juste à la limite où son poids est équilibré par l’attraction de l’aimant. A ce moment, quelle que soit l’intensitc d’aimantation de celui-ci, l’induction magnétique qui traverse les armatures He fer est toujours la même, car la force soulevante ne dépend que de l'induction; il en est donc de même
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- do l’intensité du champ dans l’entrefer. Quoique l’auteur se propose de perfectionner notablement dans les détails cet instrument, tel qu’il est, on obtient, à moins de I pour 100 près, le même champ avec des aimants dont l’intensité d’aimantation varie de 50 pour 100.
- Le fluor à la Sorbonne. — On sait que le fluor n’attaque pas le verre quand il est exempt d’acide lluor-hydrique. M. Moissan a pu alors, pour la première fois, dans une de ses dernières leçons à la Sorbonne, recueillir le fluor dans des flacons de 250 centimètres cubes et réaliser comme avec le chlore, et plus brillamment encore, les combinaisons que forme l’élément retiré de la fluorine. C’est ainsi qu’un morceau de braise s’enflamme spontanément dans le fluor et brûle avec un vif éclat. Il en est de même du silicium, du bore, de l’arsenic, de l’antimoine. Le fer, le cuivre demandent à être préalablement chauffés. L’action de l’eau donne de l’oxygène ozonisée d’une teneur en ozone impossible à obtenir par voie électrique. Grâce aux appareils industriels qui se construisent en ce moment, le fluor va entrer dans des applications pratiques et il nous réserve encore bien des surprises.
- Le système métrique. — Une commission de la Chambre des représentants aux Etats-Unis a décidé de faire un rapport en faveur de l’adoption du système métrique des poids et mesures. D’après cela, le Scientific American suggère l’idée que l’Angleterre en fasse autant et il ajoute : « La probabilité de l’adoption de cette mesure serait grandement accrue si l’autre grande branche de la race anglaise se décidait à opérer ce changement en même temps que nous. »
- Les tramways électriques de Londres. —
- Les tramways électriques de Londres ont leurs difficultés comme les nôtres. Les directeurs de l’observatoire de Eew se sont plaints du trouble que les fuites du courant dans le sol apportait à leurs instruments. Les ingénieurs de la Compagnie de tramways avaient d’abord proposé de limiter à un cinquième de volt le maximum de la différence de potentiel entre les rails et la terre, et cette condition avait été acceptée par l’observatoire, mais elle n’a pu être réalisée. Une polémique s’est engagée. Les directeurs des tramways ont soutenu que les fuites du courant, probablement pour le Central London Railway, auraient dû déjà vicier les observations magnétiques de Kew. M. Glazebrook dans une lettre au Times soutient qu’en théorie et en fait, ces troubles doivent être négligeables. On prétend aussi, à tort ou à raison, que ces fuites seraient un danger sérieux à la longue pour les tuyaux de conduite. D’après Nature, en Amérique, on aurait reconnu que l’unique moyen d’éviter l’électrolyse des tuyaux est de ne pas faire revenir le courant par le sol. Le système du double trolley — que diraient nos esthètes du Conseil municipal de Paris ! — serait meilleur marché comme établissement et comme entretien et évite tous ces inconvénients.
- ACARÉMlE DES SCIENCES
- Séance du i février 1901. — Présidence de .M. Ko loué.
- Les états allotropiques de l'argent au point de vue thermocliimique. — M. Brrthelot analyse un travail qu’il vient d’effectuer en vue de déterminer l’influence de l’état allotropique des métaux sur les phénomènes thermochimiques. La méthode qu’il a suivie est nouvelle, directe et susceptible d’être appliquée aux métaux solubles dans le mercure. Il a opéré sur l’argent qui se "présente sous
- les cinq états suivants : argent fondu, réduit en feuilles par le battage (amorphe) ; argent cristallisé en aiguilles, obtenu par électrolyse ; argent précipité par le cuivre dans une solution de sel d’argent; argent chauffé vers 550° dans un courant d’oxvgène. M. Berlhelot dissout l’argent dans du mercure et mesure la chaleur dégagée.
- Il observe, dans les résultats obtenus, des différences qui atteignent presque 2 calories entre l’argent amorphe et l’argent électrolytique ou traité par l’oxvgène. Il conclut que lorsque l’on étudie la chaleur de formation d’un composé, il importe de tenir compte de la forme allotropique qui sert de base à la combinaison.
- Le sol des grands fonds océaniques. — M. le prince de Monaco annonce qu’il a remis à M. Thoulet des échantillons du sol océanique pris à des profondeurs variant de 1200 à 0000 mètres. M. Thoulet les a analysés par des méthodes spéciales qui ont révélé dans tous la présence du calcaire. Ge calcaire est réparti inégalement dans les divers échantillons d’une façon qui ne présente aucun rapport avec le voisinage des côtes ni avec la profondeur. Cette constatation ruine cette hypothèse, fondée sur les résultats de l’exploration du Challenger et d’autres explorations sous-marines étrangères, que le calcaire n’existe pas dans les profondeurs de l’Océan par suite d’une destruction due à certaines influences. Sa distribution irrégulière au fond des océans semble indiquer que sa provenance est superficielle et uniquement d’origine animale.
- Le magnétisme terrestre et les taches solaires. — M. Mascart présente une Note de M. Angot, résumant un travail entrepris dans le but de déterminer d’une façon précise l’influence des taches solaires sur le magnétisme terrestre. 11 a dépouillé les observations magnétiques faites pendant plusieurs années au Parc Saint-Maur et à Greenwich, et les a soumises au calcul par les formules de Fourier. Il a trouvé que la variation moyenne présente deux termes, l’un uniforme, indépendant de l'état de la surface solaire, l’autre proportionnel au nombre de taches, c’est-à-dire en rapport avec l’activité solaire.
- Décès. — M. Bornet annonce la nouvelle de la mort, à l’âge de 87 ans, de M. Jacob Georg Agardh, correspondant de la section de botanique, dont les travaux sur les algues sont très connus.
- Varia. — M. Gaudrv présente une Note de M. Glan-geaud sur les transgressions et régressions des mers de l’ère secondaire dans l’Aquitaine. — M. Duclaux présente une Note de M. Lindet, relative à une diastase sacchari-fiante, retirée par l’auteur du germe qui constitue un des résidus de la mouture. Ch. de Villedeuil.
- APPAREILS A DESSINER
- M. P. Bourguin, directeur de l’Ecole de dessin et arts industriels à Roanne, et dont nous avons déjà1 décrit le matériel d’artiste simplifié, a réalisé depuis deux nouveaux appareils qui lui ont paru utiles pour tous les exercices du dessin; nous croyons lion de faire connaître ces deux appareils.
- Il s’agit d’abord d’un tableau à réglettes mobiles (fig. 1), que l’on peut désigner sous le nom de « rectangle perspectif », et qui a pour but de faire acquérir au jeune dessinateur la justesse du coup d’œil. 11 se compose de quatre réglettes, en bois, j 1 \oy. h" 1557k du 29 avril 1899, Petites Inventions.
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- LA NATURE.
- zinc ou cuivre, divisées eu parties égales. Deux de ces réglettes sont mobiles et se iixent à la hauteur
- Fig. 1. - Tableau-rectangle perspecl
- à réglettes mobiles.
- ou à la largeur voulue au moyen d vis de pression. Ces réglettes sont munies d’une glissière qui leur assure une parfaite perpendicularité. Un fil à plomb fixé à l’instrument permet d’obtenir un plan vertical absolu.
- temps qu'elles donnent l’évaluation des lignes obliques et des fuyantes.
- Ce rectangle perspectif peut être utile également aux professionnels et aux amateurs. Il a pour but de faciliter mécaniquement le travail de l’esquisse soit d’un paysage, soit d’un fragment d’architecture, d’un vase, d’un buste, etc. 11 donne exactement le rectangle enveloppant du modèle et facilite le choix et la limitation du sujet. 11 détermine les rapports des lignes et des surfaces; il sert à évaluer les angles et permet d’obtenir exactement et rapidement les 2 diamètres d’un cercle oblique, etc.
- Le deuxième appareil inventé par M. P. Bourguin est une équerre à 45° (fig. 2), qui sert à mesurer avec exactitude, dans l’espace, les angles formés par l’inclinaison des lignes, à comparer les différents rapports des parties entre elles, et à construire rapidement un dessin B avec ses déformations
- pcrspectivcs.L’équerrc à 45° a été divisée en 8 parties égales sur les
- Fig. 2. — Equerre à io° pour dessinateurs.
- Pour se servir de l’appareil, on le saisit de la main gauche, on le met en face de l’œil,, comme pour prendre une visée, et on déplace les réglettes de façon à envelopper le modèle dans une figure rectangulaire. Les divisions indiquent quelle est la plus grande hauteur et la plus grande largeur de l’objet, en même
- deux cotés AB etBC, ce qui permet d’établir un rapport de A__] grandeur entre les parties. Quelle que soit l’inclinaison d’une ligne, elle sera toujours mesurée exactement par l’angle formé par la direction fixe du (il à plomb et d’une arête de la règle (fig. 2)1. Un déterminera facilement l’horizon en tenant l’équerre horizontalement et en faisant coïncider deux de ses bords. La manière d’opérer mécaniquement, pour établir avec l’équerre à 45° tous les points importants d’un dessin, est très simple. Il suffit de fixer deux points, AB par exemple, pour trouver immédiatement un troisième point G à l’intersection de AG et de BC (fig. 5).
- Les appareils de M. P. Bourguin offrent de l’intérêt et pourront souvent faciliter l’enseignement dn dessin. .1. Lekoy.
- 1 Pour éviter la confusion, les principales divisions correspondant aux angles ont été peintes en noir, rouge et bleu.
- Le Gérant : P. JIassox.
- Paris. — Imprimerie L.uinit, rue de Fleuius, 9.
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- 3° 1447. — 10 FÉVRIER 1901.
- LA NATURE.
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- LA PROTECTION DE LA SANTÉ PUBLIQUE
- EN FRANCE
- Tandis que la commission parlementaire de l’hygiène publique s’occupe de l’organisation des services sanitaires de la France, le Sénat vient de reprendre en seconde délibération le projet de loi sur la Protection de la santé publique adopté par la Chambre des députés depuis juin 1895. Ce projet, dont tous les hygiénistes et les municipalités attendent la solution depuis longtemps, se débat au milieu des justes préoccupations législatives relatives surtout à la liberté des citoyens et à l’équilibre des finances publiques. Les applications de cette loi
- paraissent à certains esprits devoir soulever de sérieux conflits entre les droits de la propriété et ceux de l’universalité des citoyens, et c’est surtout sur cette question de principes que les débats, fort intéressants d’ailleurs, sont engagés. MM. Berthelot, Cornil, Paul Strauss, Labbé, sénateurs; M. Waldeck-llousseau, président du Conseil; P. Brouardel et II. Monod, commissaires du gouvernement, défendent énergiquement, avec la volonté et la foi données par l’expérience et la certitude des résultats, cette loi qui est leur œuvre contre les ennemis irréductibles de la Médecine et de l’Hygiène, surtout officielles, représentés par MM. Alcide Treille, Milliès-Lacroix et le marquis de Carné. Espérons que bientôt la France sera dotée, comme presque toutes les
- 'S.SlBiîCTHfÇi
- Fig. 1.
- Le salon Pasteur à l'Exposition de 1900.
- Fig. 2.
- Laboratoire du Comité consultatif d'hygiène publique de France.
- nations européennes, d’une loi sanitaire suffisante.
- L’Exposition d’hygiène de 1900 a été sur ce sujet encore un enseignement pour notre pays en nous indiquant ce qui existe à l’Etranger : placée sous l’égide de Pasteur, elle semblait être le terrain glorieux de la France montrant avec une fière satisfaction à côté des puissantes richesses industrielles étrangères l’œuvre féconde du plus pur et du plus bienfaisant génie du siècle.
- Le salon Pasteur, dans lequel tout un monde a passé, était l’évocation de la vie de travail et la glorification simple du savant. Une vitrine octogonale surmontée d’un monument représentant une Humanité couronnant le buste de Pasteur, contenait les objets ayant servi aux découvertes immortelles qui furent les assises de la Bactériologie et qui entraînèrent la rénovation de la Médecine, de la Chirurgie, 29e aimée. — 1er semestre.
- de l’Hygiène et d’un nombre considérable d’industries. Ces objets étaient groupés de la façon suivante : 1. Dyssimétrie moléculaire; 11. Génération dite spontanée; III. Fermentations; IV. Maladies du vin et de la bière; Y. Maladies des vers à soie; VI. La stérilisation; VII. Les maladies virulentes et les vaccins; VIII. La rage.
- Les administrât ions sanitaires étrangères. — Autour de cette œuvre géniale française rayonnaient les expositions officielles étrangères de l’Hygiène publique, et là nous devions constater que la France était de beaucoup distancée par un certain nombre de nations, grâce aux lois et organisations sanitaires dont elles sont dotées.
- Les résultats se traduisent notamment chez nos voisins non seulement par leur natalité croissante, mais encore par leur plus faible mortalité.
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- LA NATURE.
- L’hygiène a pris un essor colossal en Allemagne, 1 et la reproduction en bois du Kaiserliches Cesund-heitsamt de Berlin, qui figurait à l’Exposition, permettait de juger des moyens que l’État allemand met à la disposition de ce merveilleux institut d'hygiène qui centralise tout ce qui concerne la police sanitaire : administration, statistiques, épidémiologie, laboratoires, publications. Sous des formes saisissantes de corps géométriques de différentes dimensions et couleurs, on pouvait en évaluer d’un coup d’œil les résultats. La population, qui était de 24 885000 bah. en 1816, est devenue 52 280000; et, depuis que la vaccination et la revaccination sont obligatoires, il n’y a plus que 4 varioleux pour lOmillions d’habitants. On sait déjà le succès obtenu par l’organisation de la lutte contre la tuberculose.
- En Angleterre, pays dans lequel les applications et coutumes hygiéniques sont exemplaires, la loi sanitaire de 1875, accompagnée d’un ensemble très complet de mesures, a eu pour résultats, en ce qui concerne la scarlatine, de faire tomber la mortalité de 10,78 par 10000 habitants à 2,00, et la fièvre typhoïde de 8,95 à 1,46. La loi d’hygiène de 1891 a eu pour résultat immédiat d’éviter annuellement la mort de 6800 malades.
- L’Italie possède une nouvelle loi et une organisation sanitaires qui la placent au premier rang au point de vue de l’hygiène publique. Cela est d’autant plus remarquable que les coutumes hygiéniques privées ne paraissent guère en usage dans ce pays. Tout le service sanitaire italien est concentré à l’Institut d’hygiène de Turin, placé sous la direction de MM. Santo Liquido et Pagliani.
- Le ministère italien exposait des laboratoires volants contenus dans des malles et renfermant ce qui est nécessaire pour rapidement établir un diagnostic ou effectuer une enquête épidémiologique. On pourrait encore citer la Russie, l’Autriche, l’Espagne, le Danemark, la Suède, la Nonvège, la Roumanie, la Serbie, qui ont leur loi sur la santé publique.
- Aux États-Unis, chaque province possède une organisation sanitaire qui lui est propre, et les lois et règlements sont édictés par un conseil de salubrité. Un bureau central d’hygiène fonctionne dans chaque capitale.
- Enfin, au Mexique, l’organisation de l’hygiène publique, grâce à la loi sanitaire, commence à être bien établie. Dans tous ces pays, les résultats obtenus sont remarquables : on pouvait s’en rendre compte par les statistiques exposées.
- L’administration sanitaire en France. — En L rance, nous n’avons actuellement pas de lois et de moyens suffisants pour protéger efficacement la santé publique. Les services officiels restreints de I hygiène sont centralisés au Ministère de l’Intérieur sous la direction de M. H. Monod et dans les bureaux de MM. de Valbreuze et P. Roux.
- Un groupe de cinquante savants, économistes, jurisconsultes des plus autorisés, sous la présidence du professeur P. Brouardel, constitue le Comité.
- consultatif d’hygiène publique qui, avec le Comité de direction des services de l’hygiène, sont chargés de l’étude des questions qui rentrent dans l’immense domaine de l'hygiène. Ces assemblées siègent au Ministère de l’Intérieur.
- Nous ne possédons pas d’institut d’hygiène comme dans d’autres nations, mais simplement le laboratoire du Comité consultatif d'hygiène publique, installé précairement au fond d’une cour du boulevard Montparnasse, et dans lequel, en raison du crédit et du personnel restreints affectés à ce service, on peut au plus répondre au quart des questions et travaux relatifs à l’hygiène des communes et des villes de France qui lui sont demandés.
- Résultats. — Néanmoins, malgré l’insuffisance de cette organisai ion, on est surpris de constater l’énorme bienfait que la France a récolté depuis quelques années de l’observation de certaines prescriptions hygiéniques. L’État a dû céder quelque peu à la pression produite par l’expansion universelle de l’hygiène acclamée de tous cotés, depuis le public éclairé jusqu’aux classes prolétariennes, et, armé de pouvoirs très restreints, on a pu néanmoins lutter assez victorieusement contre un grand nombre d’épidémies de toutes espèces, surtout celles d’importations : choléra, peste.
- Les armées de terre et de mer ont vu leur mortalité typhique baisser dans les proportions suivantes : 1875 à 1879 — 51 morts de fièvre typhoïde pour 10000 soldats annuellement; de 1885 à 1886 = 19; de 1895 à 1896 = 9,8; ces chiffres sont d’une sublime éloquence, car ils montrent qu’en exigeant la bonne qualité de l’eau d’alimentation de nos troupes, on évite annuellement la mort d’un régiment de nos -soldats. Des bienfaits analogues se sont fait ressentir dans la population civile : la fièvre typhoïde est tombée de 8,4 à 5,4 pour 10000 habitants.
- Ün est en droit de demander des résultats meilleurs dans toutes les agglomérations, et c’est dans ce but qu’un certain nombre de départements et de villes ont créé des conseils, des bureaux, des laboratoires d’hygiène et de salubrité : Paris, Lyon, Nice, Pau, Le Havre, Saint-Étienne, Reims, Montpellier, Lille, etc., etc.
- Conclusion. — Il est à peu près certain qu’avec les pouvoirs et les moyens qui devront être mis entre les mains des maires et des municipalités, des préfets et de l’administration centrale, la France verra cette mortalité effrayante de certains villages, qui atteint annuellement 55 pour 1000 des habitants, tomber au taux normal de 20 à 22 pour 1000, en empêchant autant que possible la contamination des eaux d’alimentation humaine, l’insalubrité des sols et sous-sols, des maisons et des logements. Les épidémies meurtrières de fièvre typhoïde, de dysenterie s’éteindront graduellement ; il sera possible de lutter efficacement contre la tuberculose, qui fait tant de ravages dans les grandes villes, notamment à Paris, où 27 pour 100 des décès sont dus à cette terrible maladie transmissible. Ce sera toujours à
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- LA NATURE
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- l’éducation et à l’instruction qu'appartiendra le rôle le plus actif dans la lutte contre l’alcoolisme.
- L’ère de la repopulation de la France, vers laquelle doivent tendre tons les efforts, commencera, espérons-le, avec ce nouveau siècle, qui sera enlin doté de la loi sur la protection de la santé publique.
- Edmond Bonjean.
- L’OBSERVATOIRE MÉTÉOROLOGIQUE
- I)E TRAPPES
- CERFS-VOLANTS ET BALLONS-SONDES
- Les voyageurs qui se rendent à Chartres, se demandent avec curiosité en arrivant à Trappes, première station après Saint-Cyr, quelle doit être la destination de ces constructions bizarres qui bordent la voie descendante de la ligne (fig. A).
- Cet ensemble n’est autre qu’un observatoire météorologique appartenant à un particulier. M. Teis-serenc de Bort, attaché au Bureau météorologique de France, a consacré sa vie et sa fortune à rechercher, par de nombreuses observations, si des lois encore inconnues ne régissaient pas l’ensemble des phénomènes qui ont leur siège dans la zone atmosphérique qui entoure notre glohe. 11 est d’ailleurs très connu dans le monde savant; ses nombreuses communications à l’Académie des sciences ont toujours marqué un pas en avant dans la météorologie.
- Malgré son caractère particulier, cet observatoire est installé de la façon la plus sérieuse ; les instruments les plus perfectionnés y sont réunis et permettent de répondre à tous les cas qui peuvent se présenter; enfin, un personnel nombreux et bien discipliné sous les ordres de son directeur, est à môme de résoudre les nombreux problèmes mis à l’étude.
- La première préoccupation de M. T. de Bort, en fondant son observatoire, a été de suivre de près les phénomènes dans les hautes régions de l’atmosphère. Four y arriver, il n’y a qu’un moyen possible, envoyer à de grandes hauteurs des appareils enregistreurs qui, une fois descendus, laissent lire tous les phénomènes qui se sont présentés pendant l’expérience.
- Les ascensions en ballon sont assurément le moyen le plus sur, car les aéronautes peuvent noter sur leurs carnets, avec des observations personnelles, toutes les indications des appareils; malheureusement ce système n’est pas pratique dès qu’on vent avoir des renseignements à périodes régulières ; d’abord les ascensions sont toujours fort dispendieuses, ensuite on ne trouve pas souvent des personnes de bonne volonté consentant à des départs par tous les temps et surtout par toutes les températures; d’autre part, même si on trouvait les aéronautes nécessaires, ces ascensions seraient souvent dangereuses et même impossibles par les grands vents. En tout cas, elles sont limitées comme altitude; on sait, en effet, que celles-ci ne peuvent présenter d’intérêt que jusqu’à une hauteur de 5 à 6000 mètres. On a bien atteint des hauteurs supé-
- rieures, puisqu’on a approché de 8000 et 9000 mètres, mais dès qu’on cherche à atteindre ces chiffres, les aéronautes ont déjà trop à faire de s’occuper d’eux-mêmes et de la manœuvre du ballon, pour donner aux observations toutes les garanties d’exactitude nécessaires.
- Aussi, depuis quelque temps, les efforts ont porté sur le lancement de ballons-sondes et de cerfs-volants, qui rendent des services très importants.
- A Trappes, on a déjà essayé comme on le fait depuis des années aux États-Unis d’envoyer des cerfs-volants; leur maniement est assez compliqué et, s’ils présentent cet avantage d’être constamment rattaché au sol par un lien et de pouvoir au besoin donner des indications sur les phénomènes au moment même où ils se passent, ils ont l’inconvénient de ne pouvoir monter très haut; on a guère dépassé jusqu’ici 2500 mètres. On étudie en ce moment une variante du cerf-volant : le ballon cerf-volant qui pourrait rester en l’air à poste fixe et fournir des renseignements à tous les moments de la journée. Ce serait une sorte d'observatoire très élevé qui rendrait sans doute de grands services. En Allemagne, cet appareil est, depuis quelque temps, d’un emploi très courant ; nous aurons à revenir sur l’installation des ballons cerf-volant à l’observatoire de Trappes.
- Le service des ballons-sondes est mieux organisé, il fonctionne d’ailleurs avec une régularité parfaite; les renseignements que fournissent les aérostats sont centralisés et, par l’étude des nombreuses courbes rapportées par les appareils enregistreurs, ils permettront sans doute de trouver quelques lois sur les phénomènes météorologiques, sur la direction des courants gazeux d’après les températures, la prévision du temps, etc. Mais le ballon-sonde une fois parti va où l’entraîne le vent, il n’obéit à aucune volonté humaine ; on ne sait jamais d’avance où il descendra ; il faut enfin un temps matériel pour qu’après leur atterrissement, les appareils retournent à l’observatoire, de sorte que les indications fournies ne sont connues que plusieurs jours après, et qu’elles deviennent inutiles pour la prévision du temps.
- Ces ballons-sondes possèdent des dimensions réduites en comparaison des ballons montés, leur diamètre ne dépasse jamais 10 mètres; en général il n’est que de 4 ou 5 mètres. Ils sont entièrement fabriqués à l’observatoire de Trappes ; un grand hangar sert uniquement à cette opération. Un a reconnu que la meilleure enveloppe était le papier, qui a l’avantage d’être économique et fragile. Cette dernière qualité pourrait sembler un défaut, il n’en est rien. En effet, dès que le ballon en papier retombe sur le sol il se déchire, de sorte que les appareils dont il est muni atterrissent immédiatement sans avoir à souffrir du traînage. Le papier est enduit d’une couche de vernis à ballons qu’on laisse sécher avant d’emprisonner l’aérostat dans son filet. Le gaz employé est de l’hydrogène; une petite usine permet d’en avoir constamment suivant les besoins.
- Une grosse difficulté consiste souvent à effectuer le
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- LA NATURE.
- départ du ballon ; dès que le vent est un peu violent, cette opération devient très compliquée. C’est pour la faciliter queM. Teisserene de Bort a construit un hangar mobile pouvant pivoter autour d’un axe vertical (fig. 2), de façon à présenter toujours l’ouverture du côté opposé à la direction du vent. Le ballon se trouvant ainsi complètement à l’abri, on peut procéder avec facilité à tous les préparatifs du départ, le lestage, mise en place des appareils, etc. Ce n’est qu’au dernier moment et lorsque tout est prêt qu’on retire l’aérostat de son hangar et qu’on le laisse partir. Le ballon emporte un panier de forme spéciale (fig. 2) qui contient les différents appareils. Ceux-ci sont garantis contre les effets des froids intenses qu’ils peuvent rencontrer dans les grandes altitudes par
- des garnitures en feutre et en liège. Quant au panier, il est lui-mème protégé par un double sac en papier argenté extérieurement, de façon à renvoyer les ondes caloritiques du soleil et éviter l’atteinte sur les appareils de ce que l’on pourrait appeler les coups de chaleur qui viendraient les dérégler ou provoquer des indications fantaisistes.
- Le panier comporte, en général, deux appareils semblables qui forment chacun à la fois thermomètre, baromètre et hygromètre. Les aiguilles de ces trois organes appuient sur un même tambour qu’un mouvement d’horlogerie met en mouvement, de sorte que toutes les indications sont réunies sur une seule et même feuille. Chaque indication est répétée trois fois, car chaque fléau est muni de trois aiguilles
- Trappes Versailles Meudon Panis Nogent
- Lagny Montrjy Coulomme ,
- Jouarre
- lOKil
- 30 Kil
- 70 Kil.
- \STDEN!
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- \ Vtffcprcuæ N*- 1 | \ Sevrés
- ^-Trappes
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- Tracé en dessous de ÎIOOO met. Tracé entre 11000 et 13000mètres. Tracé au dessus de 13500 métrés.
- XyMb/ï/Jflr. io
- Fig. 1. — Tracé du voyage d'un ballon-sonde. La ligne pleine indique les altitudes obtenues au baromètre et la ligne pointilléc celle observée aux théodolites.
- équidistantes, de sorte que si l’une n’a pas marqué, on peut toujours retrouver les indications nécessaires sur le tracé des deux autres.
- La feuille qui entoure le tambour n’est pas en papier comme dans les appareils enregistreurs ordinaires; le ballon-sonde étant appelé à traverser des couches humides et ensuite à pénétrer dans des zones très froides, le papier se détériorerait sûrement en se gondolant ou en se fendillant. On l’a remplacé par une feuille d’aluminium sur laquelle on a étendu une couche bien uniforme de noir de fumée.
- Quelquefois on place également dans le panier un ventilateur muni d’un mouvement d’horlogerie qu’on met en action ; il fait un appel d’air constant et donne plus de précision aux indications des appareils.
- Enfin, on joint toujours une lettre cachetée, destinée à être ouverte par la personne qui trouvera le
- ballon après son atterrissement. Celle-ci donne les indications nécessaires pour le paquetage de l’appareil et du lilet ; elle prie de plus cette personne, de faire l’expédition du colis à l’observatoire de Trappes et promet une prime de 10 francs pour le service rendu.
- On pourrait croire, à première vue, que ces ballons-sondes envoyés au hasard doivent se perdre souvent, mais le nombre des appareils qui ne reviennent pas ne dépasse guère 2 ou 5 pour 100.
- En général, le ballon-sonde est lancé la nuit, afin d’éviter les coups de chaleur dont nous parlions tout à l’heure. Quelquefois, cependant, on fait ces lancements le jour. Si l’atmosphère est bien claire, on peut souvent suivre le ballon dans son voyage et voir non seulement la hauteur à laquelle il arrive, mais encore les diverses directions qu’il prend. A cet effet, deux postes sont installés sur le sol, et sont
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- reliés par un téléphone. Les observateurs sont munis de théodolites qui permettent de suivre les mouvements et donnent des indications qu’on peut porter sur un calepin. Si l’un des postes n’aperçoit plus, l’autre est là pour le lui remettre en vue, en téléphonant les coordonnées fournies parle second appareil.
- C’est ainsi qu’on a pu trouver l'itinéraire du voyage d’un ballon parti de Trappes atterri à Jourre. L’air était particulièrement transparent et on a pu l’accompagner jusqu’au moment où il a touché terre (fig. i).
- Chaque semaine on lâche ainsi deux ballons à l’observatoire de Trappes; ceux-ci atteignent des
- hauteurs très variables; la plus grande altitude observée a été de 14000 mètres, c’est une zone que ne pourraient jamais atteindre les ballons montés.
- À Trappes, tout a été mis en œuvre de façon à ne rien laisser au hasard, chaque détail a été l’objet d’une étude spéciale et méticuleuse. Pour donner des
- Fig. i. — Vue générale de l'Observatoire de Trappes.
- résultats permettant de tirer des conclusions, il faut que les ascensions soient nombreuses et répétées à des intervalles fixes. C’est en compulsant toutes les données et lorsqu’on aura un très grand nombre de documents, qu’on arrivera à savoir si on peut dégager des lois sur ces phénomènes si complexes de la météorologie.
- En dehors de ces expériences particulières qui sont faites régulièrement à Trappes et irrégulière-
- ment en divers points de l’Europe, on a organisé, il y a quelque temps, ce qu’on a appelé des « courses de ballons-sondes ». Tous les mois, à un jour et à une heure déterminés, on lâche en différents centres météorologiques d’Europe des ballons-sondes, de façon à savoir comment les courants atmosphériques se comportent au même instant. Les résultats sont expédiés à tous les observatoires qui en font leur profit. Ces courses de ballons-sondes sont assuré-
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- mont des plus utiles, mais pour leur donner toute la valeur qu'elles méritent, elles devraient être répétées plus souvent qu’une fois par mois.
- À. da Ccmia.
- UN PANTHÉON ÉLECTRIQUE
- Notre excellent confrère Electrical World a eu la bonne idée de consacrer son premier numéro du vingtième siècle à une revue et à une prophétie. Dans une quinzaine d’articles la plupart remarquables, et signés des noms les plus autorisés, il jette un coup d’œil rapide sur le développement, dans le siècle qui vient de s’achever, des diverses branches de la science et de la technique électrique, puis il cherche à tirer, pour les progrès futurs, les pronostics qui permettent d’établir, avec plus ou moins de certitude, la direction des idées, des recherches et des besoins actuels. Mais il ne s’en tient pas là. Etendant considérablement le cercle ordinaire de sa collaboration, il a tenté la curieuse expérience d’un vote relatif aux vingt-cinq électriciens les plus éminents dans la science et l’invention dont le dix-neuvième siècle puisse s’enorgueillir. Les électeurs tous membres de l’Institut américain des ingénieurs électriciens, ont envoyé 277 bulletins, dont le dépouillement a permis d’établir une première liste dans laquelle les noms ont été portés par ordre de fréquence décroissante. Puis les bulletins ont été triés, et deux autres séries restreintes de vingt-cinq votes chacune ont été constituées, en choisissant les bulletins de vingt-cinq professeurs d’électro-technique, et d’un nombre égal de membres éminents de l’Institut des ingénieurs électriciens, tous différents des premiers. On a établi ainsi deux listes sélectionnées, l’une due à des universitaires, l’autre à des industriels.
- Voici les résultats de ces divers scrutins.
- Vole Vote Vote des
- général. des professeurs. ingénieurs etioisis.
- Faraday. -— Faraday. Faraday.
- Kelvin. Kelvin. ... Maxwell.
- Edison. Maxwell. Kelvin.
- Bell. Edison. Henry.
- Morse. —„ Henry. Bell/
- Henry Hertz. Edison.
- Tesla. E. Thomson. Ampère.
- E. Thomson. Bell. Morse.
- Maxwell. Morse. Ohm.
- Ampère. Ampère. Davv.
- Siemens. Siemens. Hertz.
- Ohm. Ilavy. Siemens.
- Hertz Helmholtz. Tesla.
- Havy. Ohm. 'x* Gramme.
- Brush. , Tesla. Helmholtz.
- Wheatstone. / - Hopkinson. Wheatstone.
- Helmholtz. S Brush. Planté.
- Grammc.^^ Oerstedl. E. Thomson.
- Steinmetz. -Ferraris. J Rôntgen.
- Rôntgen. Gramme./ Brush.
- Sprague. Planté. -Gauss.
- Planté. Steinmetz. Weber.
- Marconi* Joule. Joule.
- Oerstedl. Sprague. Oerstedl.
- Joule.— v. Weber. Ferraris.
- Puis, les premiers battus de chaque listeont été les suivants
- Weston. Gauss. Hopkinson.
- Hopkinson. Wheatstone. Marconi.
- S. P. Thompson. Ewing. Heavisidc.
- Weber. Rontgen. Pacinotti.
- Ferraris. Rowland. Steinmetz.
- b ray.
- Ce résultat est une bonne expérience et un symptôme
- qui jette une lumière assez vive sur les tendances des collègues américains comparées aux nôtres.
- On peut se demander tout d’abord si le problème était bien posé, ou tout au moins si nous l’aurions posé dans les mêmes termes. Je crois qu’avec notre plus grande habitude d’analyse, notre tendance à prendre les choses moins en bloc, nous aurions proposé deux votes distincts, l’un pour les savants, l’autre pour les inventeurs; nous n’aurions pas risqué la comparaison de Maxwell avec Edison, pour ne citer que deux noms indiscutables. Ainsi, le classement eût été sans doute moins arbitraire, et se serait établi entre grandeurs de même espèce. Mais nous aurions peut-être eu tort; à quelques inversions près, les listes auraient été identiques, et n’auraient pas présenté à beaucoup près l’intérêt du mélange américain. Voir un match s’établir entre Helmholtz et Brus h, n’est pas banal, et le résultat est caractéristique des préoccupations dominantes de l’auteur du bulletin.
- Regardons-y de plus près. Tous les votes placent Faraday en tête, et je crois qu’il en serait de même en Europe ; mais déjà l’indécision commence à la seconde place. Quel serait le résultat chez nous? Dans lçs listes séparées, il ne serait pas douteux. Maxwell serait le second parmi les savants, et ne figurerait probablement pas sur celle des inventeurs. L’illustre maître de Glasgow, le créateur de la télégraphie sous-marine, serait en fort belle place sur toutes deux, et le mélange le placerait probablement au second rang, comme dans la première des listes sélectionnées. Et après? Oh après je crois que les divergences s’accentueraient.
- Examinons l’une ou l’autre de ces listes. Nous voyons dans toutes figurer les plus illustres parmi les anciens, puis, sans transition, les modernes. Quant aux électriciens morts il y a plus de trente ans, ils semblent oubliés s’ils n’ont pas été les initiateurs d’une très grosse question.
- La cohorte assurément remarquable des inventeurs et des chercheurs américains ou domiciliés aux États-Unis y figure presque en entier. Sans parler des chefs de file, qui, comme Graham Bell, ou Edison ont créé des révolutions, nous voyons à divers rangs E. Thomson, Tesla, Brush, Steinmetz, Sprague, et, dans les listes complémentaires, Gray et Weston. Plusieurs d’entre eux eussent figuré sans doute aussi sur les listes européennes; mais il y aurait eu quelques chances pour qu’on fît appel à des souvenirs d’un demi-siècle pour établir une comparaison réelle entre ceux qui préparèrent l’évolution, et ceux qui sont aujourd’hui les instruments de son accomplissement. Je ne parle même pas de l’absence de Volta, que dans leur pensée nos confrères américains ont sans doute aggloméré au siècle précédent, ce qui est parfaitement admissible. Mais je crois qu’on aurait été moins soumis à l’action de présence, et que Pouillet, de la Rive, Arago, Neumann, Clausius, Becquerel, Kohlrausch, Jacobi, Wiedemann, auraient eu des voix. Je pense aussi qu’on aurait recherché ceux qui découvrirent des phénomènes tels que la thermo, la pyro ou la piézo-électricité. On aurait sans doute pensé aussi aux théories modernes de l’électrolyse, et Arrhenius eût recueilli des voix nombreuses.
- En revanche, à quelques noms européens on en aurait sans doute substitué d’autres. Tout en rendant un hommage bien mérité aux travaux et à la brillante découverte de Rôntgen, on se serait souvenu des recherches qui l’ont rendue possible, et ceux qui auraient pensé aux décharges électriques dans les gaz auraient plutôt porté leurs suffrages sur Hittorf, le véritable initiateur de la question, ou encore sur Sir W. Crookes, ou enfin sur
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- J.-.l. Thomson qui semble bien tenir aujourd’hui la tète du mouvement, tant par ses belles recherches expérimentales (jue par scs idées très profondes sur tout cet ensemble de questions.
- Marconi eùt-il été nommé? Oui peut-être dans un vote populaire, assurément non dans un vote d’ingénieurs. Ici encore on aurait reporté la gloire sur les initiateurs, et les suffrages se seraient probablement divisés sur les deux ou trois électriciens qui ont le plus fait pour le progrès de la question. Si réellement on avait voulu que la télégraphie sans fil fût indiquée par un nom, on se serait probablement groupé sur M. Lodge ou M. Righi, mais, au fond, Hertz était bien suffisant.
- Pour la télégraphie proprement dite, nous trouvons Wheatstone et Morse, et c’est justice. Us représentent deux étapes distinctes de cette formidable révolution. Mais nous sommes en plein dans une troisième période inaugurée par l’admirable invention de M. Baudot dont je m’honore d’être l’ami, et il ne m'en voudra pas de l’avoir rappelé. Je pourrais, dans d’autres domaines, citer d’autres noms français, surtout parmi les savants actuellement vivants; on comprendra que je m’en abstienne.
- Il y a quelques années, Henry fut pour ainsi dire révélé aux Européens, qui connaissaient assez vaguement ses travaux, et ne leur attribuèrent leur véritable valeur que lorsque nos confrères des États-Unis insistèrent pour que son nom fût donné à une unité. Henry avait bien réellement découvert l’induction avant que Faraday l’eût publiée, mais n’avait pas fait connaître ses résultats. Dans une réimpression récente de divers mémoires sur cette question, M. Ames en indique les raisons dans une excellente introduction. Henry vivait dans des conditions de travail déplorables. Surmené d’un bout à l’autre de l’année, il n’avait que ses quelques semaines de vacances pour le travail expérimental. Le jour de la rentrée, il remisait ses appareils, et, pendant onze mois, les découvertes attendaient. En août 1829, Henry observa l’étincelle d’extra-courant; l’année suivante, il trouva que, orsque le champ magnétique est modifié à l’intérieur d’une bobine, il y a production de courant; mais il ne se décida à publier ses résultats que lorsque le mémoire de Faraday lui parvint.
- Dareille mésaventure est arrivée à Masson, alors professeur à Caen. Ainsi, Savarv disait, dans un rapport sur ses travaux, publié en 1837 aux comptes rendus de l’Académie des sciences : « Personne ne verra dans nos paroles la moindre intention de réclamer en faveur de M. Masson ce qui ne saurait lui appartenir, quand nous dirons que son premier mémoire avait précisément pour objet les faits que nous venons de rappeler ici. Peut-être même devrons-nous justifier la mention honorable que nous donnons à ces premières recherches d’un jeune physicien éloigné de Paris, en disant qu’elles sont parvenues à l’Académie peu de temps après l’époque où la publication de M. Faraday a pu être connue même à Paris. »
- L’antériorité de fait, relative à la découverte, par Henry, des phénomènes d’induction suffit-elle à le placer si haut dans la liste, alors que la priorité de la publication appartient incontestablement à Faraday? Et ne verra-t-on pas, dans sa position vis-à-vis d’Ampère qui fut le vrai et le grand initiateur, une manifestation nationaliste des électriciens américains? En Europe, Ampère eût été placé très haut sinon au premier rang, au moins pas très loin, et ne serait certainement pas descendu au-dessous du quatrième. Nous le voyons onzième dans la liste dressée par les professeurs, ce qui,
- toute question nationale ou continentale mise à part, est certainement une injustice, explicable seulement par le fait que, dans les écoles américaines, pressé que l’on est d’arriver à des résultats pratiques, on étudie trop peu l’histoire de la science.
- La comparaison des trois listes est intéressante, et chacun en pourra tirer de piquantes conclusions sur la popularité. La plus frappante est celle-ci : par le mélange des votes, Tesla devient un très grand homme, Maxwell rentre dans la moyenne, et Helinholtz tombe au dernier tiei's. Le plus surpris de ce résultat a sans doute été Tesla, car dans le vote choisi des ingénieurs, parmi lesquels se trouvait son bulletin, la distance à Maxwell est rétablie, et, s’il reste au-dessus de Helmholtz, c’est de bien peu.
- Extrapolons vers le vote tout à fait populaire, et supposons que, au lieu de rassembler les suffrages des membres de l’Institut des ingénieurs électriciens, on eût fait un pas de plus vers le suffrage universel. Les mêmes phénomènes se seraient sans doute accentués, Maxwell et Helmholtz auraient modestement pris la queue de la liste, Joule aurait disparu, Tesla aurait gagné quelques rangs, Marconi aurait devancé Hertz.
- Il serait intéressant de tenter ici une expérience semblable à celle de notre confrère. Les résultats en seraient sans doute fort différents. Les divergences ne prouveraient pas que nous avons raison, mais seulement que nous pensons différemment, et que, si nos collègues américains ne connaissent pas assez notre passé, nous ignorons trop leur présent. s
- Mais, ce qui serait plus curieux, ce serait de répéter là-bas et ici la même expérience dans dix ou vingt ans, alors que le siècle sera bien fini et rentrera dans le domaine de l’histoire. Je ne sais ce que donnerait la comparaison de nos deux listes, dont la première n’est pas encore établie; mais je ne serais pas surpris que le nouveau classement de nos confrères des États-Unis montrât plus d’une divergence de la liste actuelle.
- Cn.-ED.Grn.uuMe.
- SALON DE L’AUTOMOBILE
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- LES PETITES VOITURES
- Le salon de 1901, installé au Grand Palais des Champs-Elysées, nous a montré que la voiturette proprement dite tendait à disparaître complètement pour laisser place à la petite voiture.
- 11 y a fort peu de temps, la majeure partie des voiturettes étaient munies d’un moteur vertical, genre de Pion, Aster ou autres, d’une puissance de deux à trois chevaux environ ; une transmission analogue à celle du tricycle avec interposition d’un changement de vitesse très simple, un siège où pouvaient prendre place deux personnes sans aucun confort; comme vitesse 20 à 25 kilomètres à l’heure. Peu à peu, le public a demandé et exigé plus de confortable, des vitesses plus élevées; les constructeurs ont perfectionné leurs types, et de là est née la petite voiture telle que nous l’avons aujourd’hui.
- Sur tous les types actuels, des moteurs à refroidissement par eau de 4, 6 et même 8 chevaux, sont
- »
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- LA NATURE
- placés, généralement sur l’avant du véhicule, la construction en a été beaucoup plus soignée, les châssis mieux étudiés et renforcés, car ils doivent
- Fig. 1. — Voilure Crouan.
- résister à des actions beaucoup plus brusques ; on y a placé des caisses confortables, très élégantes, et la
- Fig. 2. — Voilure Chain.
- forme généralement adoptée et celle qui semble avoir le plus de faveur vis-à-vis du public est le « ton-
- Fig. 3. — Voilure Darracq.
- neau », où peuvent prendre place quatre voyageurs; les vitesses ont été augmentées, et les constructeurs ont pu ainsi réaliser avec de pareils véhicules, d’un
- Fig. 4. — Voiture Boyer.
- Fig- 6. — Électrolette Krieger.
- «
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- LA NATURE.
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- prix relativement peu élevé et d'un maniement facile, tous les avantages qu’offraient alors les grosses voitures, sans en avoir tous les inconvénients.
- Puisque c’est la « petite voiture » qui a la vogue, nous allons passer en revue quelques-uns des types qui semblent avoir le plus de succès au salon.
- Voiture Crouan.
- — M. Crouan expose à son stand la principale nouveauté du salon sur laquelle nous reviendrons dans un prochain article, il construit également un modèle de voiturette visible dans tous les détails. Tout est bien compris. Le moteur, placé à l’avant, transmet son mouvement à l’arbre différentiel par pignons d’angle. Le changement de vitesse par engrenages est placé entre ces deux organes. Un levier à droite du conducteur permet d’obtenir telle vitesse en avant, ou même telle marche arrière.
- La direction à volant incliné, les deux systèmes de freins puissants, telles sont les particularités de ce véhicule qui fera des adeptes au salon.
- Voiture Chain.
- — Cette légère voiture mérite un examen minutieux. On s’aperçoit aussitôt que tout est parfait, jusque dans les moindres détails.
- Tous les organes sont robustes et d’une solidité à toute épreuve. Le moteur, placé à l’avant, d’une puissance de 5 à 7 chevaux, transmet son mouvement à l’essieu arrière, par l’intermédiaire d’un changement de vitesse et d’un pignon d’angle. La constitution même du châssis permettrait certainement d’y placer des moteurs beaucoup plus puissants. La direction et les freins .offrent toutes les garanties de sécurité.
- Voiture Darraeq. — Cette petite voiture fait l’envie de bien des visiteurs, elle nous est montrée avec différentes formes de carrosserie, mais un châssis qui est également exposé, nous permet de nous rendre mieux compte de la construction même de ce
- véhicule. Un moteur vertical de six chevaux à un cylindre, placé à l’avant, transmet son mouvement par un système d’engrenage à l’essieu arrière différentiel au moyen d’un pignon d’angle. Les changements de vitesse sont obtenus par train baladeur. Une particularité du moteur réside dans la modification de la levée de la soupape d’admission, manœuvre qui s’opère au moyen d’une manette placée sous le volant de direction. Le conducteur pourra donc, en cours de route, produire un ralentissement rationnel de son moteur et par suite de la voiture, en diminuant la quantité d’air carburé aspiré par le moteur. La direction par volant incliné, les deux freins d’une sécurité absolue dont un à pédale et un à mains produisant débrayage automatique, la vitesse maxima de 40 kilomètres à l’heure, tout répond aux desiderata exigés par le public. Marcellin vient d’accomplir 4000 kilomètres sur une voiture Darraeq exposée au salon, sans la moindre avarie.
- Voiture Boyer. — Depuis longtemps déjà, ce constructeur cherchait la petite voiture tant rêvée du public, simple, confortable, élégante ; le type qu’il nous montre remplit toutes ces qualités. Le moteur de 4, 6, 8 chevaux, placé à l'avant, communique son mouvement par un système d’engrenages à
- Fig. 8. — Détails de l’auto Ravel.
- Fig. 9. — Détails de l’auto Darraeq.
- A, tambour du frein à pédale et carter du changement de vitesse. — B, pompe.
- C, levier actionné par une manette et servant à modifier la levée de la soupape d’admission.
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- LA NATURE.
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- l'arbre différentiel par l’intermédiaire d'un pignon d’angle et de là aux roues par l’intermédiaire de chaînes. Sous la main, le volant de direction, sous les pieds deux pédales, dont une pour le débrayage du moteur et l’autre pour le freinage, à droite le levier de changement de vitesse et le levier de frein sur les moyeux des roues arrière, tel est le groupement des organes de manœuvre. Sur le châssis, une caisse confortable : tonneau, spider, coupé: telle est la voiture légère Boyer. D’une construction parfaite, d’un maniement très facile et d’une sécurité de conduite absolue, on ne peut demander d’autres qualités à un véhicule automobile.
- Voiture Ravel. — Cette petite voiture de conception nouvelle constitue la simplicité même dans la transmission. Sur un châssis fort bien conçu, un moteur de six chevaux à deux cylindres inclinés à lf> degrés placé à l’arrière, attaque par l’intermédiaire de deux pignons clavetés sur son arbre, l’un ou l’autre de deux pignons clavetés sur l’essieu arrière dilîérentiel. Un embrayage spécial à cône permet de séparer l’action motrice du véhicule, la manœuvre en est opérée au moyen d’une pédale. Une direction par volant incliné et deux systèmes de freins dont un à pédale agissant sur le différentiel et l’autre à main agissant sur les moyeux des roues arrière complètent toutes les garanties de sécurité qu’offre ce véhicule. Comme vitesse maxima : 40 kilomètres à l’heure. On ne peut rien imaginer de plus simple. C’est le quadricycle perfectionné dans la transmission et dans la construction.
- Électroletle Krieger. — L’ancienne maison Krie-ger, déjà fort connue pour ses voitures électriques, expose une gentille électrolette qui semble devoir remplir tous les désiderata exigés pour ce genre de locomotion. Deux moteurs tétrapolaires mi-suspen-dus attaquent directement, par pignons, deux couronnes calées sur les roues avant directrices. Ils sont soigneusement enfermés, ce qui les met complètement à l’abri de la poussière ou de la boue, mais peuvent être aisément visités par l’ouverture d’un simple couvercle fermant la boîte qui les contient. La direction à volant horizontal attaque l’essieu avant en le faisant tourner autour d’un axe passant par son centre, ce qui permet les virages dans des courbes de 5 à 6 mètres. Les accumulateurs placés sous la voiture sont mis en place en les glissant par l’arrière sur le châssis de construction originale. D’après M. Krieger, le véhicule pesant 700 kilogrammes porte environ la moitié de son poids en accumulateurs (accumulateurs types légers), ce qui permet de faire 110 kilomètres sans recharger à une allure moyenne de 22 kilomètres à l’heure. C’est bien encore là le type demandé de la petite voiture électrique de promenade.
- Voiture Pieper. — Cette petite voiture diffère des précédentes par son système de transmission. Le moteur, toujours placé à l’avant, transmet son mouvement au changement de vitesse par l’intermédiaire d’une courroie qui peut passer de la poulie
- folle qu’elle occupe à la position de débrayage sur l’une ou l’autre de deux poulies de même diamètre, calées sur l’arbre du changement de vitesse. Ce changement de vitesse par engrenages communique le mouvement à l’essieu arrière différentiel par un pignon. La petite voiture Pieper est munie de deux vitesses, grimpe toutes les côtes et fait au maximum 40 kilomètres à l’heure en palier.
- Nous continuerons cette revue sommaire dans un prochain article. L. H.
- LA TEMPÉRATURE EN SAVOIE
- DEUXIÈME QUINZAINE DE JANVIER
- Bien plus que la première période, sur laquelle nous avons déjà attiré l’attention de nos lecteurs1, la fin du mois dernier fut très curieuse au point de vue météorologique dans le voisinage du Mont-Blanc.
- En effet, la température a été parfois exceptionnellement douce, l’hiver fort supportable dans ces régions alpestres universellement connues : dans les environs du lac Léman, du Bourget, d’Annecy, et dans la vallée de l’Arve entre Genève et Bonneville. Ces particularités météorologiques sont d’ailleurs peu communes, se produisent très rarement et méritent d’être consignées, ainsi que tous les phénomènes du même ordre qui sortent de l’ordinaire, dans l’intérêt de la météorologie.
- Dans les contrées précitées, la sécheresse absolue a persisté jusqu’au 20 janvier : ce jour-là il est tombé un peu de pluie — phénomène rare en cette saison — à partir de dix heures du matin. En général, il y avait très peu de neige en montagne et dans les régions situées à plus de 1000 mètres d’altitude. Ainsi, à Bonneville, le 19 du mois dernier, le sommet du Môle (1869 m.) était entièrement dépouillé de son habituel manteau hivernal qui souvent le recouvre en plein mois d’août!...
- Au-dessus des vallées, notamment au-dessus de la vallée de l’Arve, on a observé fréquemment, durant la seconde période de janvier, un brouillard assez épais, bas, humide et accompagné de givre.
- Chose curieuse et rare, les chemins étaient excellents, recouverts de poussière comme en plein été et les cycles circulaient sans encombre ainsi que les automobiles.
- OBSERVATOIRE DE I.’ÉCOLE NORMALE DE BONNEVILLE (Extraits du Registre.)
- Rf min. TEMPÉR MARQ max. VITRES L’ABL moy. ES 9h.s. PRESSIONS EXTRÊMES (moy. 720) plue ml 1 m REMARQUES DIVERSES
- 16 Degrés — 8,2 Degrés — 1,8 fipgrés — 5,0 Degrés — 6,8 m ( lm 729,2 Brouillard.
- 17 — 8,6 — 5,5 — 6,0 — 5,4 729,2 » Br. et givre.
- 18 — 8,8 — 4,0 — 6.4 — 5,6 730,2 » Br. et givre.
- 19 — 9,5 + 0,2 — 4,7 -4,8 727,7 » Br. et givre.
- 20 — 4,2 + 7,4 + 1,6 + 2,2 752,5 4,3 Déb. du rég. W. el S
- 21 + 0,8 + 6,4 + 3,6 + 2,6 734,4 )) Averses.
- 22 — 3,2 + 8,2 + 2,5 — 0,4 754,5 » Gelée blanche.
- 2o — 1,4 + 4,2 + 1,4 -0,6 735.5 » Brouillard.
- 24 — 1,8 + 4,4 + 1,0 + 1,6 755,3 » Brouillard.
- 25 + 1,0 + 6,6 + 3,8 + 4,4 731,5 » Vent N. E.
- 26 + 0,2 + 4,0 + 2,1 + 0,4 726,3 3,5 Flocons de neige.
- 27 + 4,0 + 6,4 + 5,2 + 4,4 719,5 10,0 Flocons de neige.
- 28 + 2,8 + 7,0 + 4,9 + 2,8 717,9 10,2 Bourrasques.
- 29 —0,6 + 4,6 + 2,0 — 0,6 712,0 9,0 id., neige en mont.
- 30 — 4,8 + 4,2 — 0,3 — 2,4 713,8 Vent d’entre N. el E.
- 51 — 5,6 + 0,6 -2,5 -3,4 715,3 » »
- Le tableau ci-dessus indique la température et divers 1 Voy. n° 1443, du 19 janvier 1901. p. 126,
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- LA N A TU UE.
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- phénomènes intéressants. Notons, en outre, le temps plus doux de la journée du 20, une nouvelle période brumeuse du 21 au 25 suivie d’une curieuse élévation de température. Nouveau détail intéressant : la neige qui tomba sur divers sommets le 20 janvier se mit à fondre et à disparaître (notamment au Môle) dans la journée du 25.
- A partir de cette date, le calme atmosphérique disparut; les pressions barométriques jusqu’alors élevées, commencèrent à diminuer, comme l’indique le tableau ci-dessus, et la pluie se mit à tomber en assez grande quantité. Jusqu’à 1000 mètres, au moment du minimum de température, les flancs des montagnes furent couverts de neige, mais durant l’après-midi cette dernière remontait peu à peu, le sol étant suffisamment échauffé et l’air assez chaud. Nous avons noté, le 2G et le 27, de fortes tempêtes nocturnes avec coups de vent du sud et du sud-ouest. La dépression barométrique s’accentuait.
- D’ailleurs, le 28 janvier, le Bureau central météorologique de Paris signalait une bourrasque à l’ouest du continent et se dirigeant peu à peu vers l’est : son centre était sur la Baltique (722mm). Plus près de nos régions alpestres, une dépression secondaire existait dans le golfe de Gènes, occasionnant des tempêtes du N.-NV. sur la Méditerranée. Les pluies ont élé générales en France; le mauvais temps régnait à Paris dès le 27 du mois écoulé, et les communications télégraphiques et téléphoniques furent interrompues avec l’Angleterre, la Belgique, l’Allemagne. Rappelons qu’en Belgique, la tempête, plus violente qu’en France, a occasionné de nombreux accidents et d’énormes dégâts matériels. Curieux hiver que celui que nous traversons !...
- Dans la vallée de l’Arve, la température s’élevait d’une façon extraordinaire, les torrents subissaient une crue légère et la neige fondait sur la plupart des montagnes, même à 1000 mètres d’altitude!... Les raffales et les tempêtes continuèrent, des giboulées s’abattirent sur nos régions le 29 janvier, et, en certains endroits resserrés, encaissés, comme à Samoëns, sis en un cul-de-sac, la couche de neige atteignit de0ra,50 à l mètre d’épaisseur. Partout ailleurs, elle fondait immédiatement. En somme, ce fut la première apparition de la neige de la saison dans le voisinage du Géant des Alpes; alors qu’il y a cinq ans on l’observait généralement dès le mois d’octobre. Ajoutons que le 30 janvier dernier, dans la plupart des pays savoisiens situés à des altitudes de moins de 500 mètres : à Annecv, à Aix-les-Bains, à Bonneville, etc., la couche de neige disparut en maints endroits; son épaisseur variait de G à 10 centimètres. Finfin, temps calme et plus froid le 31, dégel dans l’après-midi et continuation des basses pressions, inférieures à la moyenne. Cette pression moyenne, calculée à Bonneville (ait. 450 m.), après dix années consécutives d’observations, est de 720 millimètres. Il résulta de ces faibles pressions des variations brusques dans l’atmosphère, des giboulées, quelques coups de vent ; mais, actuellement, la température tend à s’élever et le dégel se produit fréquemment. D’autre part, lors de la chute de neige générale en France, au P1' février, nous avons été encore privilégiés. Alors qu’à Gex, au Puy, à Crest, à Montélimar, à Saint-Étienne1, on notait jusqu’à 40 centimètres de neige ; dans la vallée de l’Arve, le maximum ne dépassa point 12 centimètres : aucune communication ne fut interrompue. En résumé, nous traversons ici une saison vraiment extraordinaire. Omer Jüllieiv,
- Licencié ès sciences.
- 1 A Alais, où la neige tombait à gros flocons, accompagnée d’éclairs et de tonnerre....
- LA STATUE DE P0IPÉI
- Au commencement du mois de décembre, on découvrit à Pompéi un gros bloc de scories volcaniques qui paraissait contenir un objet en bronze.
- Cette découverte fut aussitôt portée à la connaissance de M. le professeur Paul Orsi, directeur du musée archéologique de Syracuse, qui se trouvait, en ce moment, de passage à Pompéi. M. Orsi prescrivit les plus grandes précautions afin d’arriver, sans chance d’accident, à dégager l’objet de la scorie qui l’enveloppait. C’est ainsi qu’on parvint à mettre à jour, successivement, les jambes, les pieds, le tronc, les bras et enfin la tète de la plus merveilleuse des statues. Elle représente un jeune homme qui tient en sa main droite un aplustre, sorte d’ornement qu’on mettait autrefois à la poupe des navires.
- D’après M. le professeur Orsi, la hauteur de la statue est exactement de 1 mètre et 19 centimètres.
- Elle a été trouvée sur la propriété d’un certain Augus-tus-Félix Suburbanus, non loin de l’endroit où, il y a quelques mois, on mit au jour un magnifique vase de cuisine en argent. M. de Petra, directeur du musée de Naples, est d’accord avec M. Orsi pour attribuer à la statue nouvellement découverte la plus grande valeur scientifique et artistique. Il estime qu’elle est une copie, mais d’une extrême perfection, d’un original de Grèce remontant à 500 ans avant Jésus-Christ. Elle n’est en rien inferieure au fameux Idoline qui fait le plus bel ornement du musée de Florence. Il y a cinquante ans qu’on n’avait pas fait à Pompéi une trouvaille d’aussi grande importance, depuis la découverte du fameux faune en bronze qui se trouve actuellement au musée de Naples. D...
- UN GROUPE ÉLECTROGÈNE
- DE FAIBLE PUISSANCE
- En dehors des distributions d'énergie électrique établies dans Paris, qui n’ont pas, il est vrai, par suite de leurs concessions de faible durée, pris tout le développement nécessaire, malgré les petites installations à gaz ou à vapeur répandues dans les usines, il manque souvent une source d’énergie électrique de faible puissance, d’environ 2 à 5 kilowatts au maximum. Et cependant le besoin s’en fait sentir dans maintes circonstances : ce sera un automobiliste qui voudra charger deux accumulateurs pour l’allumage du moteur ; ce sera un amateur qui chez lui voudra actionner un petit moteur, ce sera un médecin, un chirurgien qui auront besoin d’avoir toujours des petits accumulateurs chargés. Ils en sont réduits à charger ces 4 ou 5 accumulateurs
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- LÀ NATURE.
- en tension avec une lampe sur le circuit d’un secteur à courants continus à 110 volts, ou à transporter la batterie dans une usine, etc., etc.
- Un autre problème nous a préoccupé depuis longtemps. Dans nos cours d'électricité industrielle, nous avons cherché à avoir une source d’énergie électrique pour la démonstration : actionner un moteur, régler une lampe à arc, manœuvrer un tableau de distribution. C’est pour atteindre ce but que nous avons demandé à M. A. Quérey de nous construire le groupe électrogène qui est représenté par la figure ci-jointe.
- Le moteur utilisé, que l’on voit à droite de la figure, est un moteur vertical à 4 temps, à essence et à carburateur; il est monté sur un bâti de fonte spécial. Mais il présente dans sa construction un certain nombre d’avantages. Il est d’abord très robuste, et en même temps d’une grande légèreté; le moteur, dit de cinq chevaux, ne pèse que 52 kilogrammes. En pleine marche, avec pot d’échappement pour amortir le bruit, il donne au frein une puissance de 575 kilogrammètres par seconde à la
- vitesse angulaire de 1500 tours par minute. Le graissage s’effectue dans le cylindre par barbotage comme dans les moteurs ordinairement employés dans les tricycles. Mais il faut remarquer que les axes de chaque coté des volants intérieurs ne sont pas graissés avec l’huile contenue dans le carter. Deux graisseurs à bagues sont disposés de chaque côté du moteur et lubréfient continuellement les axes moteurs. L’huile ainsi placée séparément se conserve longtemps; la culasse du moteur est indépendante du cylindre, ce qui facilite les visites intérieures. Il en résulte également un refroidissement plus actif au moyen de l’eau de circulation entre le cylindre et la culasse. Le joint
- Groupe éleclrogène de 2,5 kilowatts.
- entre ces deux dernières parties a été solidement établi. Ajoutons encore que le carter est en bronze et de toute solidité.
- Ce moteur est monté sur un bâti où se trouve déjà une dynamo, modèle Jacquet, dont l’arbre repose sur deux paliers. La jonction du moteur et de la dynamo est établie à l'aide de deux plateaux réunis par du cuir. En pleine marche, à la vitesse angulaire de 1500 tours par minute, la dynamo fournit une puissance de 2,5 kilowatts (110 volts et 25 ampères).
- L’ensemble du groupe repose sur un tapis brosse qui suffit pour amortir les trépidations. Le poids total est de 550 à 580 kilogrammes ; mais chaque partie en est facilement démontable. Les dimensions sont de lm,20 de longueur sur 0m,60 de largeur et
- de 0m,90 de hauteur. Il existe également des groupes de plus faible puissance et M. Quérey construit actuellement des groupes de 1 kilowatt à 110 volts.
- Ce moteur a déjà été appliqué sur des voiturettes à deux et à quatre places, avec circulation d’eau par thermo-siphon. Il suffît de 12 à 15 litres pour obtenir le refroidissement; après 200 à 500 kilomètres, il n’est pas besoin de renouveler la provision d’eau, car la température ne dépasse pas 60 à 70 degrés.
- Ce groupe électrogène est appelé à rendre de très utiles services dans les nombreuses applications où une source de faible puissance électrique fait aujourd’hui défaut. J. Laffargue.
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- LÀ NATURE.
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- TREPIDATION MECANIQUE LOCALE
- La vibration ou trépidation, mouvement de tremble (allemand erschütterung) est un des divers procédés de la gymnastique médicale suédoise ou kiné-
- sithérapie. La vibration locale, c’est-à-dire sur un point limité du corps, connue des Chinois depuis plus de deux mille ans, est appliquée scientifique-
- Fig. 1. — Trépidation du liont (Liedboek).
- Fig. 2. — Trépidation de la tète.
- ment en Suède depuis 1815. Cette manière d’opérer est supérieure à la vibration générale de tout le corps étudiée par Charcot en 1892 avec son fauteuil trépidant, imitation du cheval trépidant suédois du I)1 Zander datant de 1864.
- Nilnovi sub sole.
- Nous avons adapté une pédale au vihrateur suédois de Lied-beck 1890 pour en augmenter la vitesse et faciliter nos expériences.
- Première expérience. — Le contact du Lied-beck appliqué en
- marche sous un Fis- 5-
- tas de poudre contenu dans un plateau, étale ce tas immédiatement, c’est un effet de centrifugation.
- Deuxième expérience. — Une trépidation locale de 30 secondes (avec une vitesse de 2000 vibrations à la minute), élève la température de la peau vibrée de 1° centigrade à 1°,5 et l’endroit reste chaud plusieurs minutes, toujours avec le Liedbeck.
- Le Suédois Kellegren à Londres a démontré cliniquement que des vibrations manuelles sur les nerfs
- abaissent la température dans les fièvres.
- La vibration de tout un membre abaisse aussi sa température avec réaction consécutive (Lagrange de Paris).
- La trépidation de tout le corps1 doit avoir une influence sur sa température.
- La vibration locale possède une action calmante très efficace et très prompte bien connue des Suédois dans la gastralgie, les névralgies, coliques, ptose rénale, maladies des femmes, affections douloureuses, etc. Cette action est quelquefois instantanée et durable par exemple dans la migraine et le rhumatisme musculaire : torticolis, lombago, etc.
- 1 Cette hypothèse a été vérifiée depuis notre publication par un savant russe le Dr Betcherev.
- Trépidation du dos.
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- LA NATURE.
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- Mentionnons l’action vaso-motrice, cardio-vascu-laire et sécrétoire sur les glandes. L’action décon-traclnrante est moins connue, nous l’avons observée dans les contractures de l’hémiplégie cérébrale, la maladie de Little, la paralysie agitante, le rhumatisme chronique et la goutte. On doit rarement l’employer seule, car isolée des autres manœuvres du massage elle ue donne que des résultats incomplets. _________ H1 Saquiît.
- LE CENTRE DU SOMMEIL1
- Dans un récent article sur le centre du sommeil, je disais en terminant qu’il fallait attendre des faits précis pour donner la preuve de son existence. J’aurais pu être plus affirmatif et conclure que l’existence de ce centre avait été démontrée expérimentalement par le professeur Raphaël Dubois dans ses belles recherches sur la physiologie de la marmotte et des animaux hibernants.
- Le sommeil hivernal ne diffère du sommeil ordinaire que par sa plus grande profondeur et sa plus grande durée. De ses expériences M. Dubois a conclu qu’il existait un véritable centre du sommeil et du réveil vers la partie antérieure de l’aqueduc de Sylvius et du côté du plancher du troisième ventricule. Les faits pathologiques trouvent dans ces recherches physiologiques la démonstration précise qui leur manquait. A. b.
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- CORRESPONDANCE
- Nous recevons la lettre suivante qui concernerait une erreur historique.
- Le centenaire de l’établissement du système métrique est encore tout récent et c’est en souvenir de cet événement que M. le général Bassot a écrit, dans Y Annuaire pour Van 1901 publie par le Bureau des longitudes, une notice historique dont M. le capitaine d’artillerie R. Meunier avait préparé les matériaux (p. I). 1, note).
- Ayant eu l’occasion, il y a quelques années, de faire des recherches sur ce sujet2, j’ai lu cette notice avec intérêt, mais j’ai constaté, en un point d’importance secondaire si l’on veut, une inexactitude qui va se répétant depuis tantôt cent ans et menace de se perpétuer, grâce à l’autorité du savant Annuaire qui semble la consacrer à nouveau.
- A la page 1). 20, M. le général Bassot cite, en note, l’arrêté du Comité du Salut public, du 5 nivôse an 11 (25 décembre 1795), épurant la Commission des poids et mesures par la suppression de six de ses plus illustres membres : Borda, Lavoisier, Laplace, Coulomb, Brisson et Delambre. La citation se termine ainsi :
- « Signé : B. Barrère, Robespierre, Billault-Yarennes, Collot k’Herboxs, etc. »
- Si je ne me trompe, cette pièce a dù être citée d’après le texte qu’en donne Delambre (Base du système métrique, t. I, 1800, p. 49 et 50). Et certes, on ne peut reprocher à personne de s’en rapporter à Delambre pour ces faits et ccs textes, puisqu’il était des mieux placés pour les connaître.
- Delambre mentionne, en effet, les signatures comme il suit :
- 1 Yoy. n° 1443, du 19 janvier 1901, p. 115.
- 2 Le système métrique, article publié dans Etudes, décembre 1891, p. 543-576.
- « Signé au registre : B. Barrére, Hobespiekrk, Bili.alii-Yareank, Couthon, Collot d’IIerbois, etc. ))
- Sauf Couthon, ce sont bien les noms cités par l’A«-nuaire, et, de part et d’autre, la série se clôt par un discret ete.
- C’est à la même source, évidemment, que M. W. de Fonvielle a pris les renseignements qu’il emploie dans son petit volume La mesure du mètre, 1880, p. 120 et 121 ; il cite en effet les mêmes noms que Delambre et les fait même suivre de « etc., etc. »
- Lorsque je rencontrai, pour mon compte, cette pièce dans l’ouvrage de Delambre, Y etc. placé à la suite des signatures m’intrigua, et j’eus la curiosité de vérifier, aux Archives, les noms dissimulés sous cette formule indéterminée. Grand fut mon étonnement lorsque je constatai que plusieurs des noms cités par Delambre ne figuraient pas au bas du fameux arrêté.
- La minute de celui-ci porte en effet les seules signatures suivantes :
- C.-A. Prieur, B. Barère, Cakxot, Bii.laud-Varexse,
- R. Lixoet.
- Quant au registre, il ne porte aucune signature, mais seulement, en tète, l’indication des membres présents à la séance; ce sont les cinq dont les noms précèdent et, en plus, Robespierre1.
- Ainsi, des cinq noms cités par Delambre, deux seulement sont authentiques.
- A qui est due cette falsification de signatures? On pourrait se demander si Delambre n’aurait pas voulu dissimuler, en particulier, les noms de C.-A. Prieur et Carnot, qui vivaient encore au moment de la publication du tome 1 de la Base du système métrique, mais ce qui semble de beaucoup le plus probable, c’est que le copiste qui transcrivit l’arrêté, pour en faire parvenir un double à Delambre, mit au bas de cette pièce les noms de n’importe quels membres du Comité de Salut public, attribuant ainsi à tous l’acte signé seulement par cinq d’entre eux.
- Quoi qu’il en soit, il serait temps de restituer à chacun son bien et à la vérité historique ses droits.
- J. de Joanms.
- CHRONIQUE
- Langage san.s paroles des Indigènes d'Algérie et du Transvaal. — En Algérie, quand un indigène veut indiquer son passage sur un trek (chemin tracé dans la campagne par les Arabes) il jalonne son trajet par des pierres qu’il place au bord de la route, en nombre deter-j miné, en les superposant les unes sur les autres en façon de pyramide. Au Transvaal, où les pierres sont quelquefois rares dans la plaine et où les grandes herbes atteignent des hauteurs invraisemblables, les noirs signalent leur passage en nouant ensemble et de façon très apparente quelques tiges de graminées. Les Boers se font même parfois un malin plaisir de taquiner les indigènes en défaisant ces marques ou en les falsifiant, c’est-à-dire en modifiant le nombre convenu des tiges entrelacées.
- 1 Dans le tome lit des Procès-verbaux du Comité d'Instruction publique de la Convention nationale, paru en 1897. M. J. Guillaume a publié (p. 239), comme pièce annexe, le texte de l’arrêté en question, qu’il qualifie d’inédit (p. 231, note). Je l’avais publié six ans plus tôt (toc. cil., p. 560); il en est de même de la lettre de la Commission des poids et mesures du 28 frimaire publiée par M. J, Guillaume, p. 236, et que j’avais donnée (sans référence toutu-j fois) à la page 559.
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- LA NATURE.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 11 février 1901. — Présidence de M. Focqeé.
- Le développement des pommes de terre. — On sait que les racines des pommes de terre sont attaquées par un champignon de la forme fusarium. M. Bernard a semé des graines de pomme de terre dans un sol stérilisé. La végétation s’est développée suivant les conditions générales des autres plantes; il ne s’est pas produit de tubercules. Les pieds ont fleuri et fructifié très bien. On peut dire que les pieds sans tubercules ainsi obtenus représentent la forme normale de la plante. Ainsi s’expliquent les faits observés par Clusius qui, bien avant Parmentier, introduisit la pomme de terre en Europe. Ayant semé des graines de pomme de terre, il obtenait d’abord des pieds sans tubercules, parce que ses semences tombaient dans des sols qui n’étaient pas encore envahis par le fusarium. 11 résulte de l’expérience de M. Bernard que les tubercules sont bien le résultat d’une symbiose.
- Correspondance scientifique. — M. À. Gaudry fait hommage à l’Académie au nom de M. Ilamv, de l’Académie des Inscriptions et belles-lettres, professeur au Muséum, d’un volume renfermant la correspondance d'Etienne Geoffroy Saint-Hilaire, pendant quatre années passées en Egypte où il avait suivi le général Bonaparte. Cet intéressant volume qui jette un jour si favorable sur le savant, contient, entre autres, 25 lettres adressées à Cuvier et de nombreuses lettres écrites aux professeurs administrateurs du Muséum.
- La fixation de l'acide phospliorique dans les terres. — L’acide phosphorique introduit dans les terres sous une forme soluble, est transformé en acide phosphorique insoluble en quelques jours. Quel est le mécanisme de cette transformation? M. J. Dumont, professeur à l’Ecole nationale des industries agricoles de Douai, dans une Note que présente M. Deliérain, montre que les terres riches en humus absorbent en deux heures une quantité d’acide phosphorique qui s’élève parfois à la moitié de la dose employée; au contraire les terres incinérées, c’est-à-dire débarrassées d’humus, n’en retiennent que 20 à 50 pour 100. L’humus exerce donc une action puissante. Le coefficient d’absorption n’est pas proportionnel à la richesse en calcaire ou en humus : il semble que ces deux éléments associés ajoutent leurs effets d’une façon très inégale, et, c’est la prédominance de la matière organique par rapport au carbonate de chaux qui paraît régler l’absorption au début de l’expérience. Dans les sols ordinaires, relativement pauvres en humus, la fixation du phosphate est lente, même lorsque la proportion du calcaire atteint quatre centièmes.
- L’absorption des rayons X. — M. Lippmann présente de la part de M. Benoît une Note résumant une série de mesures quantitatives sur l’absorption des rayons X par les corps simples et composés. L’auteur conclut : 1° que l’absorption est indépendante de l’état allotropique du corps (exemple : l’eau et la glace, le phosphore blanc et le phosphore rouge); 2° qu’elle est indépendante de l’étal de combinaison des corps; 5° que pour des corps différents l’absorption croît avec le poids atomique.
- Les sources alimentant Paris. — M. Maurice Lèvy présente une Note de M. Marboutin relative au cheminement des eaux servant à l’alimentation de Paris. L’auteur a employé la méthode de coloration des eaux au moyen de la fluorescéine. En examinant optiquement ce*
- eaux à l’aide d’un appareil perfectionné par lui, il peut déceler un dix-milliardièmc de matière colorante. Pour chaque source étudiée, des prises d’eau ont été effectuées dans le sol en divers points également distants de la source à intervalles répétés de manière à déterminer la durée du trajet des molécules colorées. En opérant ainsi il a pu construire pour chaque source des courbes qu’il appelle isochronochromatiques, c’est-à-dire des courbes qui représentent les positions des molécules colorées au bout d’un temps donné. Tantôt ces courbes sont espacées, tantôt au contraire elles sont rapprochées par suite de la vitesse variable suivant la nature des sols.
- Le sciage des métaux. — M. Maurice Lévy présente ensuite une note de M. Vasseur, capitaine d’artillerie attaché à la manufacture de Puteaux, relative à l’origine des traits que l’on observe dans le sciage des métaux, dans le sens perpendiculaire. On avait attribué ces traits aux vibrations du métal pendant l’opération. D’après les constatations de l’auteur, elles dépendent de là forme des scies, quelle que soit la forme du métal attaqué, et proviennent de la disposition des dents par rapport au plan moyen de la lame. Cji. de Villedeuil.
- UN CHEVAL NAIN
- I,E PLUS PETIT CHEVAL DU MONDE
- Les « Informations » de La Nature signalaient il y a quelques semaines l’arrivée à New-York d’un cheval nain, au dire des Américains le plus petit cheval du monde. Sixpence, ainsi s’appelle cet animal, ne mesure en effet que 70 centimètres au garrot.
- N'en déplaise à nos confrères de l’autre coté de l’Atlantique, qui tiennent toujours à honneur de présenter les premiers aux lecteurs des deux mondes de leurs journaux, les phénomènes les plus extraordinaires et les excentricités les plus originales, leur Sixpence n’est pas le plus petit cheval du monde.
- Un concurrent existe qui bat le record de la petite taille dans l’espèce chevaline. Ce cheval minuscule fait partie d’une troupe de nains acrobates, chanteurs, danseurs, équilihristes et jongleurs, en ce moment en représentation au Nouveau-Cirque de la rue Saint-Honoré. Plus d’une fois nous avons eu l’occasion de présenter à nos lecteurs de ces numéros curieux que 31. lloucke, directeur du coquet établissement de la rue Saint-Honoré, sait découvrir ; celui-ci dépasse pour ainsi dire les bornes de l’imagination. Notre habile dessinateur, M. Ch. Weisser, a eu l’ingéniosité, pour que nos lecteurs puissent facilement se rendre compte de la très petite taille de cet animal de l’encadrer entre un chien de bonne moyenne, son célèbre Faro qui tint avec tant d’autorité le rôle de Tobv dans Robinson Crusoé au Châtelet, et sa petite fille qui a lm,40 de taille.
- Prince Asha est le nom de ce cheval nain : il ne mesure pas tout à fait 66 centimètres au garrot : âgé de 4 ans, il est le produit parfaitement bien portant et presque tout à fait bien constitué de deux
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- LA NATURE.
- poneys d'Islande. Les poneys islandais sont avec ceux de Shetland les plus petits qui soient.
- Le nanisme qui est assez fréquent chez les hommes est extrêmement rare chez les autres mammifères. Certes on peut fabriquer des animaux nains : les Chinois, les Japonais et aussi certains marchands de chiens de Londres et même de Paris sont passés maîtres dans cet art; également, deux professeurs de la Faculté de médecine de Montpellier se sont livrés, il y a quelques années, à une série d’expériences très curieuses, et ont pu obtenir des nains de diverses espèces de mammifères, de même le regretté Dareste, du Collège de France, sur les volailles.
- Prince Asha —le cheval nain du Nouveau-Cirque
- — n’est pas un monstre fabriqué, c’est un monstre, au sens pathologique du mot, tout ce qu’il y a de plus naturel. Cependant est-ce bien véritablement un cheval nain? Sa petite taille l’indique, du reste tous les poneys sont des nains de l’espèce chevaline, et c’est de plus un basset, car ses jambes ne sont pas très en rapport avec son corps : elles sont courtes, légèrement déviées, et ressemblent tout à fait comme allure a celles d’un chien basset.
- C’est le premier exemple — je le crois du moins — d’un cheval-basset ; de même qu’il y a certaines races de chiens plus aptes que d’autres à donner naissance à des produits bassets, telles que les chiens courants normands qui ont donné les
- Le |>)us petit cheval du monde.
- bassets Lane, les chiens d’Artois les bassets Lecoul-teux, les Saint-Hubert, les bassets allemands, de même certaines races de chevaux peuvent seules donner naissance à de pareilles anomalies tératologiques. Les phénomènes de ce genre ne se peuvent rencontrer que chez des races anciennes et très anciennement domestiquées.
- L’animal qui fait partie de la troupe des nains « Colibris » au Nouveau-Cirque est donc intéressant au point de vue pathologique particulièrement et c’est pourquoi nous avons tenu à le faire connaître à nos lecteurs.
- Prince Asha a déjà fait souche avec une ponette de petite taille qui fait partie également de la troupe; cette ponette a 90 centimètres au garrot; Prince Asha a donné naissance à un produit semblable à
- lui en tous points; malheureusement ce poulain minuscule est mort d’une fluxion de poitrine à l’âge de sept mois ; mais très probablement Asha produira cette année un nouveau rejeton ; et voilà sans doute créée la race des chevaux bassets.
- . Avec Prince Asha sont sept autres poneys dont les tailles varient de 1111,10 à 0m,90; quant aux hommes et aux dames de la troupe, quelques-uns sont d’une force vraiment herculéenne comme acrobates; le plus grand, un homme, mesure 1 mètre; le plus petit, une femme, 0m,67. Tous sont très bien constitués, ce qui est assez rare chez des nains.
- Paul Mégnin.
- Le Gérant : P. Masson:.
- Paris. — Imprimerie Laiiübe, rue de Fleurus, 9.
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- X» 1448. — 2r» FKV1UEU 1901
- LA NATURE
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- COMPTEUR HORO-KILOMETRIQUE POUR VOITURES DE PLACE
- La question des compteurs horo-kilométriques pour voitures de place est à l’ordre du jour depuis de nombreuses années déjà. Nous ne reviendrons pas ici sur les diverses considérations que nous avons émises à ce sujet1; mais nous rappellerons la description que nous avons donnée du premier compteur dù à M. Santenard, qui fut en service continu pendant quatre mois environ sur un certain nombre de voitures de place de Paris.
- Depuis cette époque jusqu’à ce jour, M. le préfet de la Seine avait eu à défendre, devant le Conseil d’État contre la Chambre syndicale des entrepreneurs
- de voitures du département de la Seine, la légalité des divers arretés qu’il était obligé de prendre successivement pour assurer la délibération du Conseil municipal remontant à 1889.
- Enfin, en décembre 1900, M. Kratz-Boussae présentait à l’Administration un modèle de compteur horo-kilométrique dénommé compteur-taxamètre. Cet appareil avait fonctionné déjà dans plusieurs villes d’Allemagne et de l’Europe centrale et remplissait les conditions techniques nécessaires. De plus, M. Kratz-Boussac adressait à l’Administration les demandes formulées par huit loueurs, représen-
- Vue d’ensemble du compteur horo-kilométrique et vue du montage de l’appareil sur une voiture.
- tant 160 voitures, à l'effet d’obtenir l’autorisation de munir leurs voitures du modèle de compteur-taxamètre. La demande fut examinée dans la séance du Conseil municipal du 28 décembre 1900, et M. le préfet de la Seine, à la date du 22 janvier 1901, pouvait prendre un arrêté autorisant enfin l’application du compteur horo-kilométrique dans des conditions que nous indiquerons plus loin.
- Le Taxamètrc est, comme le montre la figure ci-jointe, un appareil à cadran qui permet d’enregistrer à la fois le trajet effectué et la durée du temps écoulé. Par une ingénieuse combinaison que nous allons examiner, il indique le prix à payer, les suppléments, s'il y en a, et le tarif choisi.
- 1 Vov. n° 982, du 26 mars 1892, p. 257, et. n° 988, du 7 mai 1892, p. 555.
- 29° année. — l01 semestre.
- Le taxamètre est actionné pendant la marche par l’une des roues de la voiture; pendant l’arrêt, l’attente ou la marche lente commandée, par un mouvement d’horlogerie; il enregistre et marque en chiffres visibles le prix des voyages, d’après les kilomètres parcourus et le prix des stationnements d'après leur durée, combinant automatiquement ces deux chiffres, de telle sorte que le résultat total apparaît instantanément et lisiblement en une seule somme sur le cadran de l’appareil.
- Le mécanisme du taxamètre se trouve renfermé dans une boîte métallique et entièrement protégé contre l’humidité et la poussière ; son intérieur n’est accessible qu’aux personnes qui y sont autorisées.
- Le mode de commande s’adapte avec la même aisance aux diverses formes des voitures qu’à toutes
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- LA NATURE.
- les exigences locales. La transmission peut être me- ] canique ou pneumatique.
- Le mouvement est transmis au taxamètre par j l’entremise d’une petite boîte faisant corps avec la voiture et contenant à l’intérieur un rochet de compensation, de sorte que l’appareil taxamètre proprement dit reste toujours complètement indépendant de la périphérie des roues et devient interchangeable.
- Le taxamètre ainsi que la boîte de compensation, sont munis d’un numéro de fabrique ineffaçable. Les deux appareils restent constamment plombés.
- Après la mise en service, le taxamètre indique : à gauche, le prix des voyages en francs et en centimes; au-dessous, les suppléments tarifés ; à droite, le tarif à appliquer.
- Le voyageur n’a qu’à vérifier si le tarif appliqué se trouve bien conforme à celui imprimé et suspendu dans la voiture. Dans aucun cas, il ne peut être réclamé au voyageur une somme supérieure à celle indiquée sur le cadran dans le compartiment :
- « prix à payer » et « supplément » s’il y en a.
- L’action exercée par l’intercalation du mécanisme de taxation sur le mouvement indicateur fait avancer ce mouvement d’autant plus rapidement que la taxe intercalée est plus élevée. Cette intercalation n’influence la taxation que pendant la marche de la voiture, nullement pendant l’arrêt, et cela comme rémunération du service plus pénible que nécessite le transport de plusieurs personnes, service qui doit augmenter le prix à payer.
- Plus la voiture va vite et plus elle amène rapidement le client au bout de son voyage, plus vite le cocher rentre dans son argent ; et inversement, le prix de la course n’étant déterminé que parla distance kilométrique, reste le même dans les deux cas.
- Pendant que la voiture va au pas, soit à la demande du voyageur, soit à cause d’une montée, ainsi que pendant l’arrêt de la voiture au service du voyageur, le mouvement d’horlogerie intervient et maintient le prix à un taux déterminé.
- La manipulation de l’appareil par le cocher se fait au moyen d’une solide poignée qui se trouve installée à l’arrière du compteur et, par suite, tournée vers le siège. Cette poignée est mécaniquement solidaire d’un signal installé sur le côté -du compteur et visible de loin. Ce signal est formé par un drapeau rouge portant en lettres blanches l’inscription « libre ». La combinaison mécanique de deux organes rend impossible au cocher de mettre l’appareil hors de service sans avoir, au préalable, relevé le drapeau indiquant « libre ». De même, il est impossible au cocher de mettre le compteur en service sans avoir, au préalable, abaissé le drapeau.
- Un bouton, installé à côté de la poignée susmentionnée et tournant dans le même sens, permet de marquer les suppléments motivés par les bagages, le passage des fortifications ou le retour de la voiture laissée hors de l’enceinte. Ces suppléments peuvent être marqués seulement pendant que le compteur est tfrt serVice;.
- En dehors des indications de prix et des suppléments à payer qui intéressent le voyageur, le cadran porte quatre totalisateurs de contrôle pour le propriétaire de la voiture.
- Ces totalisateurs sont plus petits : totalisateur de la recette quotidienne du cocher; totalisateur des suppléments; totalisateur des voyages effectués; totalisateur des kilomètres parcourus dans la journée.
- Au moment où le taxamètre est mis en service, le compteur marque un droit de prise de la voilure qui est toujours le même, et l’accroissement progressif se fait ensuite par 10 centimes. Cet arrangement a pour résultat de rendre les voyages courts sensiblement meilleur marché. Lorsqu’il s’agit de courses longues, les prix du taxamètre se rapprochent sensiblement de ceux des autres voitures de louage.
- Le taxamètre est placé sous les yeux du voyageur. Il consiste essentiellement en une série de transmissions qui sont actionnées de la façon suivante. Lorsque la voiture est en marche, à chaque tour de la roue d’arrière, une pompe pneumatique fait mouvoir, à l’aide d’une membrane, un levier qui chaque fois fait avancer d’une dent une roue dentée dont la circonférence et le nombre de dents correspondent à la périphérie de la roue d’arrière de la voiture. Cette roue actionne, par un train d’engrenages réducteurs, une fourche montée extérieurement sur un socle. Le taxamètre monté sur ce socle attaque cette fourche à l’aide d’une broche transversale qu’il porte à sa partie inférieure. Cette broche transversale est montée sur un axe, conduisant, au moyen d’un engrenage, une vis sans fin, laquelle fait mouvoir la roue de commande des trajets de l’appareil. Cette dernière roue conduit la roue dite d’avancement placée sur le même axe, et dont les dents font monter et descendre un levier oscillant. C’est ce dernier levier qui fait mouvoir, par l'intermédiaire de cônes mobiles, la roue des décimes qu’il fait avancer d’une dent marquant 0fl, 10 à chaque parcours de 400 mètres. Sur l’axe de la roue décommandé des parcours se trouve aussi la roue de commande des heures actionnée par un mouvement d’horlogerie.
- Ces deux roues sont folles sur leur axe et entre elles est monté sur ce dernier un rochct avec les dents duquel viennent en prise les deux cônes des roues de commande : des parcours et des heures. C’est celle de ces deux roues qui, dans chaque cas donné, marchera le plus vite, fonctionnant en conséquence comme roue motrice, et celle-ci mettra eu mouvement léoft, axe, la roue d’avancement et le levier basculant de la roue des décimes.
- Si le taxamètre a été réglé en kilomètres, la roue d’échappement du mouvement d’horlogerie se trouve arrêtée par un frein; lorsqu'au contraire le taxamètre est réglé au pas, c’est celle des roues de commande tournant le plus vite qui influence le prix.
- Si la voiture est arrêtée, c'est le mouvement d’horlogerie qui commande seul.
- Le concours de la roue de commande des parcours. lorsque l'appareil est réglé (tau pas », est
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- nécessairement recommandable afin que le cocher ne puisse pas accorder, au détriment de son loueur, un prix inférieur à son client en rattrapant par une marche rapide un prix convenu, supérieur à celui qu’enregistrerait l'appareil réglé au temps seul.
- Lorsque l’appareil est « au repos », le mouvement des heures est naturellement arreté ; si, dans cette position, le cocher voulait faire une course, l’appareil enregistrerait le prix pendant la marche; si le cocher attendait le client en service, il le ferait pour rien. Le cocher a donc intérêt à placer l’appareil sur Libre dès qu’il a terminé le voyage et reçu son argent, c’est-à-dire à le mettre hors de fonctionnement.
- Le tarif appliqué à Paris par le taxamètre sera légèrement inférieur au tarif maximum prévu par l’article 2 de l’arrêté préfectoral en date du 7 juin 1890, soit dans Paris, le jour, voiture à deux places : les premiers 1200 mètres 0rr,70 et chaque kilomètre suivant 0fr,25. Au moyen de ce tarif le taxa-mèlre réalise pratiquement la petite course à bon marché vainement réclamée jusqu’ici par toute la population de Paris. J. Leroy.
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- FABRICATION DE L’ACIDE SULFURIQUE
- PROCÉDÉ PAH CONTACT DE PLATIXE
- Dans l’industrie chimique, on sait l’importance de l’acide sulfurique qui est un puissant agent des transformations de la matière, tel que Dumas l’avait appelé le pain de la cuisine industrielle des produits chimiques. On sait aussi que cette huile de vitriol s’obtient par oxydation du gaz sulfureux et par l’intermédiaire de l’acide azotique, qu’elle exige de vastes chambres de plomb, desquelles il ne s’écoule qu’un acide relativement étendu qu’il faut ensuite concentrer dans de coûteux appareils en platine.
- Or ce procédé, si prospère au siècle dernier, ne semble pas devoir rester le procédé du vingtième siècle. En effet, la plus grande usine d’acide sulfurique, celle de Ludwigshafen-sur-Rhin, exploitée par la puissante Société badoise, a renoncé à l’ancienne fabrication et est arrivée à mettre sur pied la fabrication courante de l’acide sulfurique anhydre par la réaction bien ancienne (1852) du gaz sulfureux et de l’oxygène de l’àir au contact du platine divisé. D’un seul coup, on arrive ainsi à la production d’acide sans eau et cela sans intermédiaire de l’acide azotique.
- Depuis 1878, il est vrai, on avait, d’après Winckler, monté des usines d’acide anhydre qui ont concurrencé l’acide fumant de Nordhausen, au point qu’en 1895 une seule usine, qui en 1875 avait 120 fourneaux de distillation de sulfate de fer, n’en avait plus qu’une quinzaine.
- Aujourd’hui, dans un certain nombre d’usines, on arrive à être assez maître de la réaction pour avoir des rendements maxima en utilisant le gaz sulfureux de la combustion des pyrites soigneusement purifié. Comme la réaction est réversible, il a fallu, pour empêcher la décomposition du produit par le seul fait du dégagement de la chaleur produite, organiser une réfrigération des appareils obtenue par les gaz mêmes qui vont réagir.
- Ainsi, en présence de ce platine divisé, comme autrefois avec le briquet à hydrpgène et avec les self-allumeurs à gaz, en honnbur aujourd’hui, les gaz sulfureux
- et oxygène se combinent pour faire de l’acide sulfurique concentré, utilisable directement mais que l’on peut diluer pour faire les acides nécessaires à l’industrie.
- Ce procédé par contact de platine est plus économique que le procédé des chambres, il donne un acide pur sans produits nitreux, sans arsenic, si nuisibles dans beaucoup de fabrications, dans la préparation de certaines substances alimentaires, etc. On comprend alors pourquoi, en présence de ces résultats, le monde de l’industrie s’agite et installe un peu partout des usines de préparation-directe d’acide sulfurique.
- Au point de vue économique, il y a là un fait nouveau, une révolution si l’on songe que la fabrication actuelle avec les chambres, en France seulement, atteint annuellement 800(100 tonnes avec une installation qui a coûté des millions. T. Obalski.
- SALON DE L’AUTOMOBILE
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- ALLUMAGE DANS LES MOTEURS A ESSENCE DE PÉTROLE
- Le fonctionnement des moteurs à essence de pétrole est basé sur le principe suivant : Utiliser l’explosion produite par l'inflammation d’un mélange carburé (air et vapeurs d’essence) pour produire un
- Masse
- Dispositif do l'allumage électrique.
- mouvement de va-et-vient d'un piston dans son cylindre. Les moteurs dits à quatre temps sont ceux qui sont généralement employés sur les automobiles; leur fonctionnement comprend quatre phases :
- 1° Aspiration et introduction, dans le cylindre, d’air carburé, mélange produit par ce qu’on appelle le carburateur ;
- 2° Compression du mélange introduit ;
- 5° Inllammation du mélange, explosion ; le piston reçoit une violente impulsion ;
- 4° Evacuation des gaz brûlés.
- Il est facile de comprendre que l’inflammation du mélange peut se faire à un point déterminé de la course du piston; si cette inflammation se produit presque à bout de course, elle sera retardée comme on dit : c’est le retard à l’allumage. Si, au contraire, le point d’inflammation est avancé, la compression sera augmentée, le moteur aura plus de puissance et tendra par suite à tourner plus vite : c’est ce qu’on appelle l’avance à l’allumage. Ainsi, pour faire varier la vitesse de rotation d’un moteur, il suffit de faire varier le moment de l’inflammation, c’esl-
- 1 Yov. n° H17, itu 16 février 1901, p. 183.
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- LA SA T ntl-.
- 1 UC*
- à-dire produire le retard ou l’avance à l'allumage.
- Nous allons passer en revue les différents moyens (|ui sont employés pour produire l'inflammation du mélange carburé.
- Actuellement, deux procédés sont en usage :
- 1° Allumage par brûleur. — Le mélange carburé est mis en contact avec un tube de platine porté à l'incandescence au moyen d’un brûleur. Le brûleur est constitué par un tube métallique de quelques millimètres de diamètre terminé à sa partie supérieure par un trou de très petit diamètre (une fraction de millimètre) ; à l’intérieur de ce tube, une mèche en coton entourée d’une toile métallique en cuivre
- ou quelquefois entièrement métallique. L’essence nécessaire aux brûleurs provenant d’un petit réservoir spécial arrive à leur partie inférieure et est enflammée à leur extrémité. La flamme vient échauffer le tube de platine et le porte à l'incandescence. Il est facile de comprendre qu’au moment de la compression, le mélange carburé est refoulé vers les tubes de platine, et s’enflamme lorsqu’il a atteint un degré déterminé de compression.
- Avec ce procédé, pas de variation de position du point d’allumage, par conséquent impossibilité de produire en cours de route l’avance ou le retard à l’allumage qui offre tant d’avantages pour la marche
- Fiji. 2. UluiiKiges. — 1. Came «l'allumage à un cylindre liasse Michel. — 2. Came d'allumage à deux cylindres liasse Michel.
- ">. Came d'allumage à quatre cylindres liasse Michel. — -4. bougie P. M. — fi. bougie liasse Michel. — ti. Allumage lîoinm 7. Allumage Lefebvre. — 8. Vérification de l'état de l'étincelle I.clcbvre.
- des automobiles; d’autre part, l’entretien, les dangers d’incendie et autres causes nombreuses de mauvais fonctionnement font que ce mode d’allumage des moteurs tend à disparaître. Nous voyons en effet, à l’heure actuelle, de grands constructeurs, qui n'avaient jusqu’alors employé que l’allumage par brûleurs, lui substituer l’allumage électrique, ou, tout au moins, combiner ces deux allumages sur leurs moteurs.
- 2° Allumage électrique. — Nous avons dit que la période d’inflammation ne devait se produire qu’une fois par deux tours du moteur; on ne doit donc faire passer le courant électrique d’une manière automatique que périodiquement. Pour cela, sur un arbre secondaire tournant à une vitesse moitié moindre que celle de la rotation du moteur, se trouve calé l’appa-
- reil produisant les contacts successifs : c’est ce qu’on appelle l’allumage proprement dit.
- Le courant est ainsi envoyé à un appareil spécial qu’on appelle la bougie dont une des extrémités, qui pénètre dans le moteur, est terminée par deux pointes entre lesquelles jaillira l’étincelle.
- Comment est produit le courant?
- Le courant produit par deux à trois piles ou accumulateurs est envoyé, d’une manière intermittente, dans le primaire d’une bobine; par transformation et à l’aide d’un condensateur intercalé dans le circuit, il prend naissance dans le secondaire, un courant électrique d’une très faible intensité et d’une différence de potentiel de plusieurs milliers de volts : c’est ce qui force l’étincelle à jaillir entre les deux pointes terminant la bougie. Deux systèmes de bobines sont
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- LA NATURE.
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- employés : les bobines à trembleurs, généralement pour les moteurs lents, et les boitilles sans trem-bleurs, (tour les moteurs tournant à grande vitesse, ces dernières tendant à être les plus répandues.
- [.a bougie, généralement placée vis-à-vis de la soupape d’admission, est constituée par un cvlindre en porcelaine scellé dans un système d’écrous qui permettent le vissage de l’appareil sur le culot du moteur. Dans l’axe même de ce cylindre passe une tige métallique ; une autre tige est fixée après l’écrou lui-même : c’est entre ces deux pointes que jaillit l’étincelle pendant le fonctionnement.
- Ceux qui ont expérimenté l’allumage électrique ont pu se rendre compte que le bris de la porcelaine est assez fréquent; il donne lieu à des fuites, des courts-circuits intérieurs ; avec la bougie PM, exposée
- au salon, les chances de rupture semblent beaucoup diminuées ; la porcelaine a été remplacée par un cylindre composé d’une série de lames de mica superposées, ce qui constitue un fort bon isolement; l’extérieur de ces lames est enduit d'une espèce de vernis. Celle bougie paraît certainement beaucoup plus robuste que ses sœurs; laissons à l’expérience, le soin de lui faire sa renommée.
- 11 nous reste à étudier les formes successives que les inventeurs ont données à la came d’allumage.
- Sur le moteur Benz, qui est l’un des vieux moteurs à allumage électrique, l’appareil produisant le contact est constitué par une partie de cylindre conducteur placé sur l’arbre de distribution. Tous les deux tours du moteur, une palette vient
- établir un contact et envoie le courant à la bougie.
- M. Daniel Augé, dans des moteurs « Cyclope », emploie également une disposition par contact d’une palette sur une petite touche en cuivre placée sur l’arbre de distribution, l’étincelle éclate en même temps dans les deux cylindres : c’est évidemment l'un des systèmes les plus simples.
- Sur d’autres moteurs, le genre de contact est un peu différent. Une came calée sur l’arbre de distribution présente une échancrure ; un ressort, fixé en un point, est appuyé sur cette came; lors de la rotation, le ressort en tombant dans l’échancrure vient appuyer sur une vis qui établit le contact électrique. 11 est facile de voir que cet appareil est sujet à des déréglages fréquents bien connus des motocyclistes. Quant à l’avance à l’allumage, il se fait par rotation d’un certain angle de tout ce système.
- Dans l’allumeur Boiron, les pannes provenant d’un mauvais contact du ressort contre la vis sont élimi-
- nées; lorsque la came soulève le premier ressort, il vient établir un contact avec la deuxième lame, ce qui entraîne un déplacement latéral du système : les contacts sont donc mieux assurés. Cet allumeur se fait pour un, deux, quatre cylindres.
- Dans l’allumeur PM, le contact se produit par chocs. Un système pour quatre cylindres est représenté : les marteaux viennent appuyer fortement sur la came au moyen de ressorts dont ils sont munis; à chaque tour, successivement, chaque marteau tombe dans l’encoche placée sur'la came et vient frapper une vis qui établit le contact électrique. Cet appareil doit être fortement graissé; lors du choc, la petite quantité de matières grasses qui se trouve sur le contact est éliminée. Mentionnons également l’allumeur Lefebvre pour ses moteurs à quatre cylindres. •
- Nous représentons (fig. 1) le dispositif de l’appareillage électrique concernant l’allumage dans les moteurs à pétrole.
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- Mentionnons une disposition spéciale utilisée sur les voitures Peugeot, qui consiste à avoir un brûleur pour deux tubes de platine, c’est-à-dire pour deux cylindres, et au cas où cet allumage ne fonctionnerait pas, le remplacer immédiatement par l’allumage électrique et réciproquement.
- Il arrive souvent qu’en cours de route, on ait besoin de vérifier l’état de l'étincelle à la bougie. M. Lefebvre a imaginé un petit appareil fort simple qui consiste à placer la bougie dans une enceinte où on fera une certaine pression, et à examiner en même temps l’état de l'étincelle. Ce petit appareil peut être appelé à rendre bien des services.
- 5° Allumage magnéto-électrique. — Nous avons vu jusqu’à présent que l’énergie électrique employée pour produire l’allumage était empruntée à quelques piles ou accumulateurs. Rien ne nous empêchera de monter sur un axe quelconque, une machine magnéto qui, par sa rotation, nous produira le courant nécessaire.
- M. Mors a utilisé tout d’abord ce genre d’allumage; dans ses voitures, l'inflammation se produit par étincelle de rupture, en utilisant ce qu’on appelle la self-induction; une batterie de quelques accumulateurs divisée en deux demi-batteries fournit le courant. A une certaine allure, on peut se servir de l’une ou de l’autre des sous-batteries, ou bien se servir de la machine magnéto seule, ou bien allumer par la magnéto qui recharge néanmoins l’une ou l’autre des demi-batteries.
- Au salon, nous,avons pu voir un système d’allumage par magnéto, n’employant plus les accumulateurs, en fonctionnement depuis longtemps déjà sur certaines voitures Daimler allemandes.
- L’allumage Simms et Bosch, magnéto-électrique, est basé sur le phénomène suivant : une petite bobine peut osciller dans un champ magnétique, produit par un système d’aimants en fer à cheval ; le courant qui prend naissance est envoyé dans un appareil spécial placé dans le moteur, et, par rupture, une étincelle jaillit. Le retard ou l’avance à l’allumage est produit par le décalage de la came agissant, par un système de leviers fort simple, sur l'appareil de rupture.
- Enfin autre allumage magnéto-électrique qui diffère du précédent, en ce que la bobine qui produit le courant tourne autour de son axe au lieu d’être animée d’un mouvement oscillatoire. La production de l’étincelle se fait de la même manière ainsi que le retard ou l’avance, à l’allumage. Cependant, pour ces deux dernières opérations, en même temps que l’on opère un changement de position des leviers commandant l’appareil de rupture, il se produit un décalage de la bobine induite de la machine magnéto, de façon que l’étincelle se produise dans les meilleures conditions d’intensité. Ces deux manœuvres sont sous la dépendance d’un même levier.
- Il y a tout lieu de prédire un avenir à ce système d’allumage qui supprime d’un seul coup bobines et bougies, et par cela même, bien des inconvénients de l’allumage électrique. Louis Hommes.
- LE M\SC\RET
- On connaît ce curieux phénomène qui consiste en ce que lors des grandes marées, quand un fleuve se trouve dans des conditions favorables d’embouchure et de rivages, les eaux de ce fleuve, à l’approche de la haute mer, se mettent à remonter violemment vers sa source. Une vague écumante qui s’élève, par exemple, sur la Seine, jusqu’à trois mètres au-dessus du niveau qu’elle rencontre, file à la surface du fleuve avec la vitesse d’un cheval de course. Du llavre jusqu’à un peu au-dessous de Rouen, où le phénomène devient peu sensible, c’est une occasion d’étonnement et quelquefois de danger pour les riverains. De Quillebeuf à Caudebec-en-Cau\, on se trouve bien placé pour l’apercevoir, et sur le quai de Caudebec on voit fort bien la vague blanchissante s’avancer depuis presque Villequier, s’approcher avec sa vitesse de 8 mètres par seconde environ et parfois envahir le quai lui-même sur une certaine étendue. Toutefois, il faut compter avec le vent qui peut augmenter ou diminuer l’importance du mascaret d’une façon considérable, faire, comme l’an dernier, du mascaret qui devrait être le plus fort de l’année quelque chose d’inférieur à un autre dont on attend moins et que le vent aura favorisé.
- Les mascarets seront plus nombreux en 1901 que d’habitude. Le plus beau doit être celui du vendredi 22 mars matin. Nous allons donner les jours et heures de chacun, en mettant un astérisque * à ceux qui commencent à avoir quelque intensité, deux astérisques à ceux qui peuvent présenter un peu de gravité, trois astérisques aux plus violents présumés, rien aux plus légers. Ces heures sont celles de Paris, et nous les donnons toutes, parce qu’elles ne sont pas d’accord avec celles des documents officiels, et que nous sommes bien certain de ne pas nous tromper. Voici le tableau pour l’année entière.
- Mardi 22 janvier, 10h 11™ soir. — Mercredi 23 janvier, 10h31m matin, 5h 43m soir. —Mardi 19 février, *9h 12'" soir. — Mercredi 20, * 9h31ra matin, ** 9h50m soir. — Jeudi 21, **10h14m matin, ** I0h3im soir. — Vendredi 22, ** 10h 51m matin, *Hh13m soir. — Samedi 23, l lh35m matin. — Mercredi 20 mars, 8h29m matin, * 8h48m soir. — Jeudi 21, ** 9h 7m matin, *** 9h27m soir. — Vendredi 22, *** 9h47ra matin, *** 10h8m soir.
- — Samedi 23, ** 10h30m matin, * 10h52m soir. —
- Dimanche 24, 1 lh 14m matin. —Jeudi 18 avril, 8h 4'” matin, * 8h24ra soir. — Vendredi 19, ** 8h44m malin, ** 9h 4m soir. — Samedi 20, ** matin, ** 9h49m
- soir. — Dimanche 21, 10h10ra matin. — Vendredi 17 mai, 8h4m soir. — Samedi 18, 8h24ra matin, * 81'47n‘ soir.’— Dimanche 19, * 9h8m matin, 9h 52m soir. — Lundi 20, 9h55ra malin. — Vendredi 30 août, 9h 10"' soir. — Samedi 51, * 9h29m matin, * 9h47ra soir. — Dimanche 1er septembre, * 9h 7m matin, * 9h 27“ soir. — Lundi 2, 10h48m matin. — Samedi 28 septembre, 8h2Sm matin, * 8h46m soir. — Dimanche 29, ** 9h4m matin, ** 9h23m soir. — Lundi 30, ** 9h44ra matin, ** 10h4'" soir. — Mardi Ier octobre, * 10!' 26ra matin, 10h49'n soir.
- — Dimanche 27 octobre, 8h3m matin,* 8h21m soir. — Lundi 28, ^SMl™ matin, **9h2rasoir. —Mardi 29,**9h 23m matin, ** 9h 45™ soir.—Mercredi50,* I0h9ra matin, 10h32m soir. — Lundi 25 novembre, 7h42m soir. — Mardi 26, * 8h24m matin, * 8h47m soir. — Mercredi 27, ** malin, * 9h52ra soir. — Jeudi 28, 9h55m matin, 10h20ra soir. — Jeudi 26 décembre, O^O"* matin, 9h22m soir. — Vendredi 27, 9h46m matin, 10h8m soir.
- Joseph Vinot.
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- LA NAÎTRE.
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- PLANTES NOUAELLES
- Les concours temporaires d’horticulture, qui, à l'Exposition universelle, constituaient chaque quinzaine une succession de plantes les plus variées, nous ont permis de voir un grand nombre de nouveautés horticoles dont certaines d’un grand mérite.
- L’humble Violette, l’Azalée aux fleurs multicolores, les Jacinthes de Hollande, la llose, toujours reine des fleurs, les Cactées aux flancs rudes et épineux, les Bégonias maintenant si variés, les Reines-Marguerites et tant d’autres, jusqu’aux luxueuses Orchidées et aux plantes exotiques et coloniales vinrent, au fur et à mesure de leur floraison, émailler les parterres des deux grandes serres du Cours-la -lteine. Parmi toutes ces frondaisons majestueuses, ces floraisons délicates ou curieuses, ces fruits parfaits et volumineux, exemples de progrès considérables réalisés en ces quinze dernières années, plus d’un joyau rare a surgi, attestant les prodigieux résultats de la fécondation artificielle et de l’hybridation, ainsi que les fructueuses explorations des régions tropicales et intertropicales.
- Les Orchidées, qui pendant longtemps s’étaient montrées rebelles aux hybridations, ont, depuis ces dernières années, fourni des types nouveaux d’un très grand intérêt botanique et horticole. Il est bon, à ce sujet, de constater que, si pendant un temps il fallut aller en Angleterre pour trouver des obtentions de valeur, c’est maintenant et incontestablement la France qui tient le premier rang avec les Cypripe-diuni hybrides, le genre nouveau des Lœlio-Cattleya et tant d’autres Orchidées.
- Les Lœlio-Cattleya, qui sont le résultat des intelligentes hybridations que M. Maron poursuit depuis de nombreuses années et dont nous reproduisons une serre réservée à leur élevage (fîg. 2), ont été le clou des plantes nouvelles présentées aux concours horticoles, ou tout au moins celui des nouveautés d’Orchidées. Nous citerons simplement les principales, car une simple étude de ces plantes demanderait de longues pages.
- Une des obtentions les plus marquantes est le Lœlio-Cattleya Impératrice de Russie (fig. 1), hybride obtenu par le croisement du Cattleya Men-deli par le Lœlia Diybyana. Cette plante superbe est vigoureuse et très florifère. Ses fleurs, d’une nuance tendre comme celles des plus belles variétés du C. Mendeli, présentent un labelle lacinié et frangé qui caractérise le L. Digbyana; on retrouve donc une liaison des deux types dans cet hybride de tout premier mérite. Il paraît qu’une seule plante a élé vendue 5000 francs en Angleterre !
- Le Lœlio-Cattleya Sallieri (fig. 5) est très curieux avec ses longs pseudo-bulbes qui rappellent bien ceux d’un de ses parents, le Lœlia purpurata-, mais ses fleurs ont un coloris rose clair nuancé de rose foncé.
- Le Lœlio-Cattleya Marlineli florescens, autre belle plante, est issu du croisement du Cattleya
- Mossiœ et du Lœlia tenebrosa, au labelle d’un rouge pourpre intense et velouté, avec une étroite bordure rose clair, les autres divisions sont d’un jaune chamois; d’ailleurs les diverses variétés du L.-C. Marlineli montrent des différences sensibles dans les coloris, ce qui prouve la grande variation qui résulte de l’hybridation.
- Ce sont encore les : Lœlio-Cattleya callistoylossa, né du croisement des Lœlia purpurata et Cattleya yigas imperialis, aux grandes fleurs d’un coloris splendide également très variable; Lœlio-Cattleya Henry Greenwood, dont les parents sont les Lœlia elegans et Cattleya Ilardyana, hybride au deuxième degré, et dont les variétés nombreuses offrent des coloris disLincts, et le Lœlio-Cattleya radiata, var. superba, dont le type intéressa vivement Tannée dernière les membres de la conférence sur l’hybridation à Londres.
- Je ne puis manquer de signaler également une autre belle obtention française, le Lycaste Cap/ici', résultat de la fécondation du Lycaste plana, de Bolivie, par le L. Sldnneri, du Guatemala; c’est une variété de grande valeur.
- Quittons les Orchidées pour examiner d’autres plantes de serre importées récemment du Congo, pour l’horticulture coloniale de Bruxelles par la mission Duchesne et Luja. M. Lucien Linden avait fort bien fait disposer ces plantes en un grand massif tapissé de mousse. C’est d’abord le Ficus Etvel-diana, qui nous paraît être une espèce robuste à très grandes feuilles, en même temps que bien décorative; le Ficus Luciani (fig. 5), aux grandes feuilles également ; le curieux et bel Asparagus Du-chesnei (fig. 6), aux feuilles calciformes d’un vert luisant; les Fougères, qui étaient là représentées par quelques types intéressants : YAlsophila Da-roumba, remarquable espèce; VA. Loubetiana (fig. -4), très belle plante à rachis d’un brun fauve et poilu et à longues frondes; le Pteris Droogman-tiana, dont les frondes bipennées atteignent 1 mètre de longueur. Puis divers Maranta, YArdi&ia Brand-neriana, qui attiraient l’attention, et le Coffea ro-busla (fig. 7), dont les larges et robustes feuilles promettent beaucoup et ne peuvent manquer d’intéresser les colonisateurs.
- A ces derniers nous recommanderons tout spécialement le Bananier rouge, Musa paradisiaca rubra, aux feuilles pourpre foncé, importé récemment et exposé par le Jardin colonial de Vincennes. Cette plante avait été vue pour la première fois par M. Dybowski, à la mission catholique de Brazzaville, elle avait été trouvée au village de Batéké de M. Pila. Les exemplaires provenaient de souches expédiées en 181)9, au directeur du Jardin Colonial, par le commissaire du gouvernement au Congo français. Cette plante fructifie et donne de longues bananes farineuses et sans graines qu’il convient de manger cuites. Dans les jardins européens, elle sera considérée comme plante d’ornement grâce » ses caractères décoratifs.
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- là natmu:.
- Enfin, pour clore la série des plantes de serre, exposées par M. Chantrier : le Maranta Læoniæ,
- nous citerons quelques introductions méritantes dont les feuilles ovales d’un vert foncé sont bordées
- Fig. 1 et 2. — A gauche, Lœlio-Caüleya Impératrice de Russie. (C. Mendeli X L. Digbyana.) A droite. Vue des serres de Catlleya de semis.
- d’une bande argentée ; le M. Sanderiano, aux feuilles remarquables par leur ampleur, leurs reflets métalliques sur la face supérieure, tandis qu’elles sont d’un beau pourpre vineux au-dessous; le M. picta, aux feuilles . veloutées ; ces deux derniers de provenance brésilienne.
- Parmi les arbustes, une nouveauté de grand mérite est le Rhododendron Halopeannm, provenant du croisement entre les R. Griffithia-num et R. arboreum, aux énormes capitules d’un blane rosé; toutefois cette espèce ne résistera pas toujours aux hivers sous le climat de Paris. Il lui faut la température de Cherbourg,
- Brest, Nantes et des régions plus au sud. Un autre Rhododendron nouveau, rustique celui-là, est le R. Sminorwii, espèce du Lasistan, aux fleurs petites, liliacées. Les amateurs de Conifères trouveront une superbe plante à ajouter à leurs col-
- lections dans le Relinospora Sanderi, au feuillage d’un bleu cendré semblable à celui du Cèdre bleu de l’Atlas. Les Cannas, les Dahlias, les Glaïeuls, les Bégonias ont été dans ces dernières années l’objet de croisements répétés, de sélections suivies, d’où le nombre incalculable de nouveautés qui étaient présentées, les unes plus méritantes que les autres. Les Cannas, surtout, ont été bien perfectionnés ; leur ample feuillage est complété par des inflorescences énormes composées ' de grandes et belles fleurs aux coloris les plus variés.
- Quant aux Dahlias, la vogue est actuellement aux D. décoratifs, aux D. Cactus, remarquables par leur forme élégante aux ligules contournés, et aux D. simples. Parmi ces derniers, la variété Président Viger, obtenue au Jardin botanique de la Tète d’Or, à Lyon, pourra être le point de dé-
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- part d’une nouvelle race; le disque est entouré de nombreux fleurons jaunes qui sont eux-mèmes encadrés par de longs ligules bruns.
- Dans les Glaïeuls, il faut surtout retenir la nouvelle race des G. dracocephatns, qui nous réserve bien
- des surprises; les incomparables G. à fleurs bleues de M. Lemoine, et enfin les récentes variétés des G. Lemoinei et des G. nanceianm.
- Nous clorons cette rapide revue des nouveautés de filantes ornementales en signalant un curieux et
- bizarre Bégonia qui a vu le jour simultanément dans deux endroits et qui a été dénommé par l’un des obtenteurs, M. Vallerand, Bégonia monstruosa, tandis que MM. Vilmorin le désignaient sous celui de B. phénomène. Dans ce dédale des innombrables races et variétés de Bégonias tuberculeux, ces der-
- nières années ont vu naître le B. à fleurs cristéis (B. cristata), nommé ainsi à cause des proliférations en forme de crêtes qui se sont développées sur les pétales, race que l’on est arrivé à fixer et qui est maintenant assez répandue. Par le croisement du Bégonia cristata, par une autre variété à fleurs
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- LA NAÎTRE
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- doubles, la de'formation s’est accentuée : la partie plane des pétales a disparu ou plutôt s’est entièrement transformée en crêtes dans certains individus, tandis que dans d’autres les pétales ont été remplacés par des organes en forme de cornets. Il y a donc là, à la fois prolifération et déformation des pétales, caractère tout à fait bizarre qui n’a pas encore dit son dernier mot. Albert Malmené.
- P rcfcssour d'horticulture.
- ACTION CHIMIQUE
- DE LA LUMIÈRE SUR L’IEIL
- et sur l'assimilation
- Ayant eu l’occasion, pour une expérience quelconque, d’avoir à régler un fort bec à incandescence, et, par conséquent, d’en absorber la très vive lumière, voici ce que nous avons constaté.
- L’émission directe des rayons intenses du bec incandescent dans nos yeux a duré environ cent secondes, ce qui est un temps assez long pour ces vives lumières.
- L’opération terminée, nos yeux (quelque peu éblouis) se sont reportés sur un livre ouvert, posé sur la table à expériences et dont les pages figuraient certains dessins d’animaux. Il v avait donc des emplacements noirs, assez larges, qui représentaient ces animaux.
- A première vue, chacune de ces taches noires nous est apparue en une couleur rouge rubis magnifique ; tandis que les blancs du livre restaient à peu près invisibles.
- Quelques secondes après, les noirs cessaient d’ètre visibles (en rouge), tandis que, au contraire, les blancs, peu visibles pendant la première période, se coloraient en un superbe vert émeraude. Ces deux couleurs successives étaient d’une intensité et d’une pureté remarquables.
- Or, tout le monde sait que le vert est la couleur complémentaire du rouge. Dans le cas actuel, l’œil a donc fait une analyse spectroscopique successive de la lumière blanche émise par le bec à incandescence.
- Comment a pu se faire cette analyse? Elle est malheureusement plus complexe que celle que, d’abord llelmhotz en 1863, puis Kœnig, ont pu faire des sons et des bruits en acoustique : dans ce dernier cas, la physique mathématique est presque suffisante pour tout expliquer. Mais dans notre question optique de l’œil, il faut faire intervenir l’anatomie, la physiologie, et les phénomènes chimiques.
- On sait d’abord que les vibrations de l’éther agissent sur la rétine à partir de la ligne A du spectre de Frauenhofer. Dans l’observation qui nous occupe, il faut remarquer que les rayons rouges donnent : 481 billions de vibrations par seconde, et les rayons verts, 607 billions.
- Or, dans notre cas, le rouge à vibration plus lente, est apparu avant le vert à vibration plus rapide1.
- Déjà Mariotte, en 1668, avait démontré qu’une partie de la rétine n’est pas impressionnée par la lumière ; c’est la partie que les anatomistes appellent tache aveugle. Puis, Henri. Muller reconnut que les bâtonnets et les
- 1 Nous n’avons pas à parler ici de la quantité de lumière puisque la source était unique dans notre observation, et c’est précisément un point intéressant. Dobrowolsky a, en effet, reconnu qu’il faut une quantité de lumière seize fois plus grande pour percevoir les rayons rouges que les rayons bleus ; or, les rayons bleus sont encore plus rapides que les verts. Ils font 657 billions de vibrations par seconde, soit 50 billions de plus que les verts, et 176 billions de plus que les rouges.
- cônes sont les seules parties de la réline qui soient sensibles à la lumière.
- Or, les bâtonnets et cônes sont extrêmement sensibles, puisqu’ils peuvent percevoir une étincelle électrique dont la durée n’est que de : 0 000 000 868 de seconde!
- Quand ils se détruisent en certains points de la rétine, il y a des lacunes correspondantes dans le champ visuel.
- Les bâtonnets et cônes sont mobiles, car ils se raccourcissent sous l’influence de la lumière et s’allongent dans l’obscurité. Chimiquement, ils contiennent de l’albumine, de la nucléine, de la neurokératine. Les cônes contiennent en plus des globules graisseux colorés nommés ebromo-phanes; de leur côté, les bâtonnets renferment une substance rouge nommée : pourpre rétinien qui semble jouer un rôle des plus importants dans la vision. Il blanchit à la lumière et se régénère dans l’obscurité. En somme, d’après Kühne, la rétine se comporterait comme une plaque photographique, et il est probable que les sensations lumineuses sont dues à une action chimique principalement sur le rouge rétinien. II se produirait donc dans l’œil une série de phénomènes chimiques d’assimilation et de désassimilation dont les cônes et surtout les bâtonnets seraient Tes principaux agents.
- Notre simple observation confirmerait alors la théorie d’Ewald Iléring. Pour ce physiologiste, la substance visuelle (c’est-à-dire l’ensemble dont nous avons parlé plus haut) éprouverait pendant le travail de vision un efi'el de désassimilation ; au contraire, pendant la période de repos, elle se reconstituerait par un processus d’assimilation. Donc, la désassimilation maximum, c’est-à-dire le travail maximum, donnerait la sensation blanche ; et l’assimilation maximum, c’est-à-dire le repos maximum, donnerait la sensation noire. Naturellement les sensations colorées intermédiaires correspondraient aux efforts ohi-mico-pbysiologiques intermédiaires.
- Pour Ewald Iléring, les sensations de rouge et de jaune correspondent à la désassimilation ; les sensations de vert et bleu correspondent à l’assimilation.
- Si donc nous acceptons (et nous croyons devoir l’accepter) la théorie d’Ewald Iléring, et que nous en rapprochions notre observation du début, nous voyons :
- Au premier moment : action d’une lumière blanche intense sur l’œil, d’où désassimilation maximum. Puis, perception de lumière rouge indiquant que la désassimilation diminue; enfin production de lumière verte montrant que l’assimilation recommence.
- Si nous rapprochons enfin de ces faits la remarque que la vitesse de vibrations des rayons colorés va en croissant des rayons rouges aux rayons violets (rouge = 481 billions, indigo = 676 billions), nous pouvons en tirer cette hypothèse intéressante que l’assimilation, c’est-à-dire l’énergie vitale, est en rapport direct avec les vitesses de vibration de l’éther1. Cette conclusion quasi expérimentale semblerait logique. E. Varenne.
- 1 Nous pourrions appuyer celte hypothèse par des considérations tirées des expériences faites sur l’action de l’électricité statique et des cages vitrées de couleurs différentes sur les animaux et végétaux. Qu’on nous permette une comparaison plus matérielle : tandis que les aliments, l'air, l’exercice, agissent sur nos muscles (et autres organes macroscopiques), en les développant, on peut admettre que certaines vibrations de l’éther (sous une forme : lumière, chaleur ou électricité) agissent sur les éléments microscopiques de l’organisme en excitant leur vitalité. D'ailleurs, les expériences de laboratoire et la pratique médicale de chaque jour confirment entièrement ces idées.
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- LA NATURF.
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- LES ILES M.4PL\
- C’est là un petit archipel que bien des géographes mêmes ignorent, et qui cependant fait parler de lui dans les milieux diplomatiques : le fait est que, considéré comme partie intégrante des Carolines quand celles-ci ont été vendues par les Espagnols aux Allemands, il est actuellement réclamé par les Hollandais, qui en auraient pris possession en 1884. Nous voulons dire seulement quelques mots de ces îles si peu connues, en nous servant de détails qui ont élé publiés à leur sujet par le L)‘ Neeres.
- Cet archipel possède trois autres noms employés par les Hollandais : Saint-David-Eilanden, Freevill-Eilanden, et enfin Bunaj-Eilanden ; il se trouve situé dans le nord de la Nouvelle-Guinée et au nord de la haie de Geelvink, par l°de lat. N. et 154° de longit. E. de Greenwich. 11 comprend cinq îles, dont la plus grande est désignée sous le nom de Pegun ou Saint-David, et toutes les cinq sont assises sur des récifs de corail. 11 faut dire tout de suite que la population de cet archipel est pour ainsi dire totalement disparue : en 1879, on ne comptait plus que 13 représentants des indigènes de sang micronésien, et aujourd’hui il doit à peine en subsister 7, qui sont le chef, sa femme et ses enfants. Heureusement est-il venu des immigrés, 65 insulaires des îles Gilbert et des Carolines du Sud, amenés là par un Américain qui vit dans file avec sa femme, sa fille et deux employés blancs, et qui a obtenu du fameux chef sans tribu le monopole de la pèche du trépang et de la récolte des clous de girofle. On doit bien en conclure que ce serait là une possession de mince valeur, et qui ne vaut certes pas la peine de soulever des compétitions entre les nations intéressées. D. B.
- JUMELLES APLANÉTIQUES CHAMPIGNY
- ET VISEUR A MICROMÈTRE
- Les jumelles sont deux lunettes assemblées parallèlement à l’écartement des yeux, et qui, grossissant les grandeurs apparentes des objets, les feint voir comme si l’on en était plus rapproché.
- On les établit le plus souvent d’après le dispositif de verres inventé par Galilée, avec lequel il a fait l’étude de notre système planétaire. Ce dispositif consiste dans l’association de deux verres, l’un situé du côté de l’objet et appelé objectif, l’autre placé près de l’œil et appelé oculaire. L’oculaire de Galilée est un verre divergent; il donne directement une image droite et grossie des objets éloignés.
- La figure 1 montre la marche d’un pinceau lumineux émanant d’un point éloigné, et qui pénètre en totalité dans la pupille après avoir traversé l’objectif et l’oculaire. On voit comment se produit le grossissement de l’image : la direction du point considérée fait avec celle du point central un angle a, qui par l’effet de la lunette devient l’angle A, grossi dans la proportion des distances focales, F, f, de l’objectif et de l’oculaire.
- Depuis quelques années, on construit aussi des jumelles dont le dispositif optique est copié sur celui des lunettes dites astronomiques. L’oculaire est un verre convergent ; mais comme l’image des objets y serait renversée, on la redresse par l’adjonction de trois lentilles spéciales (ooulaire Dollond), ou
- de deux prismes croisés (oculaire Porro). Les images y présentent une grande netteté, comme dans les lunettes astronomiques ; le prix de ces jumelles, du fait de leur complication, est nécessairement élevé.
- Il était naturel de se demander si le dispositif optique imaginé par Galilée, qui se présente avec une grande simplicité sous un format réduit, n’était pas susceptible de donner des images tout aussi nettes pour les grossissements modérés que seuls on peut obtenir dans les lunettes tenues à la main. Cetle question n’a pas été étudiée par les physiciens qui ont porté tous leurs elforts sur la lunette à oculaire convergent où ils peuvent disposer un réticule de visée. Dans la lunette de Galilée, depuis sa création, les opticiens se sont bornés, pour l’améliorer, à y faire usage d’objectifs achromatiques, l’oculaire restant souvent un verre simple, de forme biconcave. La netteté des images y est moins grande à grossissement égal que dans la lunette astronomique.
- L’étude de l’amélioration de la lunette de Galilée était donc encore à faire; c’est cette étude qui a donné lieu à la lunette aplanétique Champigny. On sait ce que veut dire ce mot aplanétique, devenu familier depuis que la photographie s’est généralisée : un point d'un objet doit donner exactement comme image un autre point, et lès contours des objets doivent apparaître bien dessinés et sans déformations. Dans la jumelle Champigny c’est principalement l’oculaire qui a été amélioré ; cet oculaire est soit un seul verre composé, soit une association en doublet de deux verres composés, ces verres remplissant toujours la double condition d’être achromatiques et aplanétiques.
- L’achromatisation dans les systèmes optiques, qui évite la formation de franges coloréees sur le bord des images, est un résultat acquis depuis longtemps; on l’obtient par l’accouplement de deux verres accolés, en crown-glass et flint-glass, matières de dispersions différentes. En ce qui est de l’aplanélisme le problème à résoudre était nouveau pour les verres divergents; M. Champigny, par une discussion mathématique, a montré que l’aplanétisme y était toujours réalisable à la condition de donner une courbure de grandeur convenable à la surface intérieure et commune des deux verres accolés. Les verres d’oculaire de la jumelle Champigny sont à trois courbures différentes : courbure de la surface d’entrée des rayons, courbure intérieure et courbure de la surface de sortie. Ils sont calculés par une méthode semblable à celle qui est en usage pour les objectifs photographiques, et réalisent les trois conditions d’une focale déterminée, d’achromatisme et d’aplanétisme. Les jumelles peuvent être disposées de manière à donner deux grossissements différents, avec mise au point conservée ; il y a dans ce cas deux verres d’œil à interchangé-ment avec tirage réglé automatiquement.
- Les oculaires calculés comme nous venons de dire donnent des images d’une grande netteté. Nous reviendrons, d’ailleurs, tout à l’heure sur cette question de netteté, et nous indiquerons les moyens
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- LA NATURE
- à employer pour constater le caractère de netteté.
- La figure 2 représente, à échelle réduite, une jumelle Champigny à oculaire doublet; l'un des tubes de tirage est supposé coupé, atîn de faire voir les verres du doublet. A gauche (fig. 5) on a représenté le viseur à micromètre dont nous avons à parler, et <pii complète la jumelle pour quelques applications; il permet d’en mesurer le grossissement et l’approprie à la mesure des distances.
- Le micromètre proprement dit est un verre plat présentant des traits parallèles équidistants; l'intervalle du centre est divisé d’un côté en deux parties égales, et de l’autre en quatre. Cette graduation mierométri-que se voit par le moyen d’une loupe, laquelle présente une disposition nouvelle; elle n’agit que par ses bords, étant ramenée dans son milieu à letat de verre plat ordinaire.
- Si on regarde par le centre, on voit les objets extérieurs tels qu’ils sont; mais, autour de cette partie centrale, on distingue une zone annulaire rayée de traits parallèles. Un très léger déplacement de l’oeil amène ces traits sur les objets eux-mêmes et donne le moyen de mesurer le nombre d’intervalles qu’ils sous-tendent; chacun de ces intervalles est de un degré ; au centre, on a le demi et le quart de degré.
- Le viseur à micromètre sert donc déjà à mesurer les petits angles, et même à marquer l’horizon s’il est muni d’une suspension appropriée. Voyons comment il fait connaître le grossissement des lunettes.
- Sur un mur mettons deux bandes de papier larges de 1 centimètre et distantes de 35 centimètres environ. Nous plaçant à 20 mètres et nous rapprochant ou nous éloignant un peu au besoin, nous constatons que l’écartement des bandes fait exactement un degré au micromètre. Disposons alors le viseur sur l’oculaire de la lunette, où il se fixe par de petites griffes prenantes, et regardons à nouveau les bandas de papier avec la lunette mise au point; l’écartement
- des bandes, amplifié angulairement par le grossissement de celle-ci, sous-tend cette fois plusieurs degrés du micromètre. Ce nombre de degrés exprime exactement le grossissement.
- Le viseur à micromètre (lig. 5), placé sur une lunette, mesure aussi les distances, d’après la hauteur apparente d’un homme par exemple. Un homme debout, avec sa coiffure, a environ l,n,75 de hauteur, ce qui correspond à un degré à 100 mètres. Supposons une lunette de grossissement 5 ; l’homme debout se
- verra au micromètre sous un angle de 5 degrés à 100 mètres, de 1 degré à 500 mètres, de 1/2 degré à 1000 mètres, avec les grandeurs apparentes portées sur la ligure 4. Un tableau de correspondance des lectures en degrés et fraction au micromètre, et des distances, indique donc celles-ci; l’opération est presque instantanée.
- Nous considérons que les jumelles aplanétiques Champigny, et le viseur à micromètre, sont des instruments fort intéressants et qui méritent d’appeler l’attention. Profitant de l’occasion qui nous en est donnée, nous terminerons cette étude par quelques considérations générales sur les lunettes et sur les moyens qui sont à la portée de tous, de constater leur puissance et leurs qualités.
- Une lunette se définit par son grossissement qui est, en quelque sorte, sa raison d’être, puis par son champ de vue et par la netteté des images obtenues.
- Les lunettes à support sont seules propres à donner de forts grossissements, et encore doivent-elles être soustraites aux trépidations du terrain et même à l’action du vent. Les plus fortes lunettes d’observatoires atteignent les grossissements de 4000 et 6000; les lunettes de plein air et à trépied ne dépassent pas le grossissement de 50, et plus ordinairement de 25 fois. Les lunettes disposées en jumelles, tenues à la main, deviennent d’un emploi malaisé quand leur grossissement est supérieur à 10 ; il est le plus souvent compris entre 5 et 6.
- Fig. 1. — Lunette de Galilée.
- Marche d'un pinceau lumineux à travers l’objectif et l'oculaire.
- Kig. 2. — Jumelle aplanétique Clinmpigny (un oculaire doublet, eu coupe) et viseur à micromètre.
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- Ou donne au*dunettes à support de larges champs de vue de l'image oculaire, 25 à 50 degrés ; s’il en était autrement, le champ de vue des objets examinés, qui est lé quotient de l’angle de l’image par le grossissement, serait trop réduit. L’œil humain, d’ailleurs, ne voit avec précision que dans un champ de l degré et doit tourner dans son orbite pour
- intérieur.l
- Viseur ;» micromètre, en ‘;nunleur réelle.
- l’examen d'objets ou d’images plus étendus. Dans les jumelles, dont l’emploi est rendu facile par leur mobilité, le champ de vue de l’image oculaire
- Fig. i. — l'aysage avec deux personnages aux distances A el B de 100, 500 mètres, tel qu’il se voit dans une lunette de grossissement 5. munie de viseur à micromètre.
- est rarement porté au delà de 2U degrés. .Nous avons vu que le viseur à micromètre permet de mesurer le grossissement et le champ de vue.
- Il nous reste à parler de la netteté des images. Cette netteté est fonction de la lunette et de son-grossissement, mais aussi pour chaque personne de sa propre acuité visuelle. L’acuité visuelle moyenne, d’après les ophtalmologistes, est celle qui permet de percevoir un trait noir sur fond blanc sous-tendant pour l’œil une minute en largeur, et cinq minutes
- en hauteur, et de lire aussi sans indécision des lettres majuscules d’imprimerie de meme proportion. L’œil qui perçoit des angles plus petits, et lit des lettres plus petites, a une acuité supérieure à 1, moindre dans le cas contraire. Tout ce qu’on peut demander à une lunette, même parfaite, c’est d’accroître l’acuité visuelle dans la proportion du grossissement qu’elle donne aux images; si elle grossit cinq fois par exemple, c’est de faire voir à 20 mètres des lettres qu’à l’œil nu on lirait à 4 mètres. En pratique, on se rendra compte de la netteté d’une
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- Fig. 5. — Échelle optométrique pour l'examen de la netteté des images dans les lunettes.
- lunette, d’une manière simple et rapide, en regardant un écriteau ou une inscription quelconque où les lignes sont écrites en caractères de grosseurs différentes. Avec une échelle optométrique, telle que celles qu’emploient les opticiens, on pourra même faire une détermination précise.
- La figure 5 est une échelle optométrique faite pour être regardée à la distance de 2 mètres. Les chiffres placés devant les lignes indiquent la hauteur des lettres en millimètres ; et à 2 mètres une vue moyenne lit les lettres de hauteur 5 millimètres.
- Supposons une vue quelconque, lisant à 2 mètres comme plus petites lettres, à l’œil nu ou avec le lorgnon usuel, les lettres dont la hauteur est
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- millimètres; cette vue lirait à 20 mètres des lettres de hauteur 10 nA millimètres. L’échelle optométrique étant placée à cette distance de 20 mètres, on constate qu’avec la lunette on lit des lettres beaucoup plus petites que 10 nt, et de hauteur Le quotient de 10 nt par nt exprime l’augmentation d’acuité visuelle que donne la lunette. Lorsqu’une lunette est bonne, ce quotient n’est pas notablement inférieur au grossissement.
- Il nous reste à dire que, si les moyens que nous venons d’indiquer permettent d’apprécier les propriétés et qualités d’une lunette, il y a lieu, au point de vue des services qu'on veut lui demander, de tenir grand compte du grossissement. En ce qui est des jumelles, lesquelles ont fait l’objet principal de cette étude, nous dirons, conformément du reste à l’opinion des opticiens, que pour le théâtre et les musées le grossissement 5 environ est celui qu’il faut préférer, que pour les voyages il faut un grossissement de 4 tà 5, et qu’enlin pour la montagne, la mer, et pour les services spéciaux de l’armée et de la marine, il sera bon de pouvoir obtenir le grossissement de 8 et même 10, et mieux de faire usage de lunettes à deux grossissements, par exemple 4 et 8. À. Champigxy.
- CHRONIQUE
- Quel est l'inventeur de la locomotive f — On
- nous répondra, à l’unanimité, c’est Slephenson. C’est entendu depuis 1850. Et un journal anglais, dans un article tout récent intitulé : The master spirit of the âge, l’Esprit directeur du siècle, affirmait encore que Watt avait inventé la machine à vapeur et Stephenson la locomotive. Est-ce bien certain? M. William Fletcher répliqua, dans le même journal, par un article dans lequel il s'efforce de démontrer que Stephenson inventeur de la locomotive est une légende! Voici en raccourci ce que raconte M. Fletcher.
- « Trévithick, Blenkinsop et Hedley possédaient à Ueni-sarran (South-Wales) des locomotives en travail courant depuis dix ans avant les premiers essais de Stephenson. Trévithick écrivait effectivement dès 1804 à un de ses amis : « Hier, nous avons accompli notre voyage avec « notre locomotive ; nous emportions 10 tonnes de fer, « 5 voitures et 70 hommes. Le chemin de fera une lon-« gueur de 9 milles (14 400 m.) ». Ce trajet fut effectué à raison de 8 kilomètres à l’heure. « Trévithick fut aussi le premier à montrer que le rail donnait une adhérence suffisante sur des voies à faible rampe, le premier qui construisit la chaudière à retour de flamme, le premier qui fit l’échappement de vapeur dans la cheminée, le premier qui accoupla ensemble toutes les roues, le premier enfin qui transporta ses voyageurs dans des voitures remorquées par locomotive. L’auteur donne même une gravure représentant un essai de locomotive fait à Londres en 1808. Cela ressemble un peu au petit chemin de fer minuscule qui fonctionne de nos jours dans les fêtes foraines, à Neuilly, à Saint-Cloud, etc. »
- Et Stephenson, en tout ceci, que devient-il? M. W. Fletcher prouve qu’encore avant lui, après Trévithick, d’autres ont créé des types de locomotives qui ont fonctionné èt ndtàmmbnt la- Ib'cbmrffiVe de BÏenkins'dp qui
- l’imagina pour aller chercher le charbon dans sa mine. Ce chemin de fer comprenait un rail central à crémaillère sur lequel agissait un pignon denté. Le train parcourait fi kilomètres entre Middleton et le wharf de Lieds en 1812. Hedley, en 1815, construisit le « WylamBaihvay » dont les locomotives seraient meilleures, d’après M. Archer, que celles que réalisa Stephenson en 1828. Alors?
- Alors, Stephenson ne serait pas l’inventeur de la locomotive. Trévithick aurait été un inventeur très méconnu, comme il y en a tant. Trévithick 1804! Stephenson 1828 !
- Tout cela est bien possible, mais avant de l’admettre définitivement, il serait bon de se livrer à un contrôle sévère des intéressants documents signalés par M. Fletcher.
- Constante de la gravitation universelle et irrégularités locales de la pesanteur. — M. Brillouin a fait récemment sur ce sujet à la Société Française de Physique une intéressante conférence. Il a d’abord rappelé les différentes déterminations de la constante de la gravitation, en laissant de côté les méthodes de torsion et renvoyant, sur ce point, au rapport présenté par M. Boys au Congrès international de Physique. En décrivant les méthodes de mesures, >1. Brillouin a projeté des photographies originales et des figures explicatives qui lui ont été obligeamment communiquées par MM. Richarz et Krigar-Menzel, d’une part, et par M. Poynting, d’autre part. M. Brillouin a montré que la mesure de la constante de la gravitation et l’étude de la forme des surfaces équi-pjtentielles du champ d’attraction terrestre, dont il veut sartout parler, sont deux questions intimement liées. Des expériences, comme celles de Joly ou celles de MM. Richarz et Krigar-Menzel, avec des pesées faites à differentes hauteurs, donnent la variation de l’intensité de la pesanteur le long de la verticale. L’étude du gradient horizontal des valeurs de cette intensité, c’est-à-dire des dérivées secondes du potentiel newtonien, a été entreprise avec une grande hardiesse et un plein succès par M. Eôtvôs au moyen d’un appareil des plus simples, qui a figuré à l’Exposition Universelle. M. Brillouin a présenté à la Société l’appareil même de M. Eôtvôs. 11 a terminé sa communication en indiquant les résultats déjà obtenus avec cet instrument et les a rapprochés de ceux fournis par les expériences de MM. Threlfall et Pollock au moyen d’un appareil robuste et transportable où la pesanteur est équilibrée par la torsion d’un fil de quartz. Le résultat déjà très intéressant, de toutes ces mesures, est que les variations de l’intensité de la pesanteur sont très mesurables, même en des espaces très restreints, inférieurs à 1 mètre. Elles se trouvent être incomparablement supérieures aux variations dues à l’ellipticité générale de la terre.
- Une tuilerie monstre. — On vient de créer à Schcrmbeck, en Allemagne, une tuilerie possédant les dispositifs mécaniques les plus perfectionnés, et qui est capable de produire fi millions de tuiles par an. Les presses en peuvent mouler quotidiennement 25 000, et les fours à cuire sont groupés en huit groupes qui en comprennent chacun quatre. Cette usine a, du reste, la bonne fortune (escomptée par avance) de se trouver tout à proximité d’immenses dépôts de terre à briques, épais de 25 mètres.
- Station électrique et moulin à vent. — Comme on ne semble pas, en général, très pressé de tirer parti de la force motrice pour ainsi dire gratuite que le vent met à notre disposition pour la production de l’énergie électrique au moyen des turbines et moulins à vent, nous citerons une installation fb'rt imfftfrTantè de ce
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- genre qui a été faite dans le Sehleswig, et qui parait donner d’excellents résultats. Elle est située à Willkiel, près de Kappeln, à l’entrée même d’une des parties les plus profondes qui pénètrent dans la côte de cette province prussienne, le Scldei. Le moteur, qui a été étudié par M. Neumann, se distingue par ses grandes dimensions; il a un diamètre de 12 mètres et oll're au vent une surface effective de 100 mètres carrés; il peut développer une puissance de plus de 50 chevaux, et sa vitesse normale, maintenue par un dispositif automatique, est de 11 tours par minute. La dynamo en enroulement shunt fournit, à 700 tours par minute, 100 volts et 120 ampères, et elle atteint sa pleine puissance quand la vitesse du vent est de 2m,40 par seconde. 11 paraît qu’on n’a prévu aucun dispositif pour maintenir la différence de potentiel constante, le moteur conservant toujours une vitesse angulaire constante. L’installation a pour but l’éclairage de la ville de Wittkiel, et on parle de monter de nouvelles machines du même genre.
- L'alimentation d'eau de Ch&teau-Chinon. —
- 11 s’agit d’un important travail, complété par une installation d’éclairage électrique, qui a été faite par M. hochet. La ville en question se trouve à 550 mètres d’altitude, presque immédiatement au-dessus du vallon cù coule l’Yonne, 250 mètres plus bas. On a créé une retenue des eaux de la rivière, puis on a ouvert un canal de dérivation à flanc de coleau et aboutissant à une usine de 05 chevaux; l’eau, avant d’être élevée dans un réservoir granitique de 1000 mètres établi au sommet de la ville, passe dans un bassin de filtrage. On assure ainsi quotidiennement, à chaque habitant, quelque 190 litres d’une eau que nous espérons pure; de plus, on engendre du courant qui est transporté par un circuit primaire alternatif et à 2250 volls et qui passe par quatre transformateurs, le réduisant à 120 volts. La ville fait annuellement une économie de 2000 francs sur son éclairage.
- IJn pont suspendu de plus de 300 mètres de portée. — Cet ouvrage a été construit pour l’usage spécial d’une mine d’argent mexicaine, l’exploitation de Mampimi, et il permet aux wagons à minerai de franchir la rivière Ojuela et de venir des puits jusqu’à la voie ferrée qui les conduit ensuite aux fours de traitement. La portée exacte de ce pont est de 51 i mètres; il est soutenu par des cables formés chacun de 5 câbles secondaires d’acier, de Ün,,05, tordus ensemble; les tours de support sont simplement en bois. Mais il faut dire que ce pont n’est jamais appelé à porter au maximum qu’une charge composée de 4 wagons à minerai chacun de 6 tonnes, wagons circulant dans un sens, sous la seule influence de la gravité et, dans l’autre sens, halés par un câble s’enroulant sur un treuil électrique. Comme détail curieux, nous ajouterons que, par suite de la faiblesse d’amplitude des variations de température qui se produisent à l’altitude de 1500 mètres, où l’on se trouve, on n’a prévu aucun appareil pour répondre aux dilatations et aux contractions des câbles.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 18 février 1901. — Présidence de M. Fouqcjs.
- La mer africaine de l’époque du crétacé. — M. de Lapparent présente une Note sur remplacement de la mer en Afrique, à l’époque du crétacé. Celte Note est motivée par un fait resté ignoré depuis huit ans, la découverte tl’tin fb&’ilh fcîirîicifêris’titpi'e phr M. lé ctflbnfel Mo'n-
- teil dans l'Afrique tropicale. Du point où le méridien de Tripoli coupe le tropique se détache la chaîne du Tibesli qui s’étend vers le sud-est et qui, dans sa partie orientale, sépare le Sahara du désert lyhique. On sait déjà que la Lvbie est un grand golfe de la mer du crétacé. D’autre part, des voyageurs ont annoncé que l’on trouvait des affleurements de calcaire et des coquilles de mollusques au sud de la chaîne du Tibesti dans la région qui s’étend vers le Tchad, mais aucun de ces.fossiles n’avait été rapporté. Yl. le colonel Monteil a remis à M. de Lapparent un oursin fossilisé de dimension inconnue provenant de la région d’Agadès. Cet oursin, auquel il a donné le nom de Nœllingia Monteili, est analogue à un échinoderme trouvé dans la craie supérieure du Béloutchistan. Il est donc certain que la mer couvrait à l’époque du crétacé le centre de l’Afrique, contrairement à l’opinion admise jusqu’à cejour.
- Communication du pouvoir radiant. — M. becquerel ayant placé un peu de radium dans une cavité creusée dans un bloc parallélépipédique de plomb, de 2 centimètres d’épaisseur, a constaté qu’en disposant le bloc sur une plaque photographique, la trace de celui-ci est uniformément indiquée. 11 y avait donc eu, dans la masse métallique, une sorte de diffusion du pouvoir radiant. Une lame de plomb, placée en croix au-dessous du bloc, donne également une image attestant la diffusion du pouvoir radiant.
- Corps nouveau. — MM. Moissan et Lebeau ont préparé un corps nouveau, le fluorure de sulfurvle, en faisant agir le fluor sur l’acide sulfureux dans un appareil de verre. Ce corps, dont la formule est SCDF4, appartient à la série de l’hexafluorure de soufre. 11 est très stable, sans action sur l’eau. 11 n’est absorbé que lentement par une solution de potasse et n’attaque pas le verre au rouge sombre. 11 est décomposé par le sodium fondu et ne se combine à la vapeur de sodium que vers 600°.
- Transmissio n des excitations nerveuses. — M. d’Ar-sonval présente une Note de M. Charpentier, de Nancy, relative à la transmission nerveuse des excitations électriques instantanées. Ce travail est une suite des recherches entreprises par l’auteur sur les oscillations rétiniennes. Elles confirment, par dés expériences portant sur d’autres nerfs, les résultats donnés par le nerf optique. Une excitation unique envoyée à un nerf est transformée en une oscillation nerveuse de nature électrique transmissible par fil. Un nerf isolé et tenant à l’animal est isolé et excité pendant une fraction infime de seconde en un point A. En un point B de son trajet on récolte la transmission sur un fil qui aboutit à un second nerf attaché à un muscle. Il y a en B deux ordres de transmission. D’abord l’électricité avec sa vitesse immense, puis l’agent nerveux, avec une vitesse de 28 mètres à la seconde. On constate en outre, sur le muscle, une série d’oscillations dont la période est de 1/40 de seconde. Une seule excitation nerveuse, d’une durée de 1/10 000 de seconde, peut donner 25 excitations du muscle.
- Les chancres du pommier. — M. Drillieux dépose une Note de M. Descours-Desacres relative aux conditions du développement des chancres du pommier. 11 existe deux sortes de chancre du pommier, l’un provoqué par la piqûre d’un puceron, l’autre déterminé par un champignon appelé Nestria. Or ce champignon ne se développe que sur une blessure de l’arbre. La piqûre du puceron fournit donc au nestria un terrain de développement. On trouve, en effet, des chancres sur l’arbre qui admettent cette double origine. L’auteur indique des moyens curatifs efficaces. Ch. de Yh.iedeuu.
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- LA NATURE.
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- ILLUMINATIONS À LYON
- Tous les ans, depuis le 8 décembre 1852, ont lieu à Lyon, au mois de décembre, de grandes fêtes religieuses en l’honneur de N.-D. de Fourvière. En 1900, ces fêtes ont revêtu un caractère particulièrement grandiose.
- Dans la nuit du 8 au 9 décembre 1900 eurent lieu à Lyon des illuminations, ainsi que sur la colline de Fourvière. Un de nos abonnés, M. C. Girel, a eu l’idée de prendre une photographie de la vue d’ensemble des illuminations, photographie nocturne qui a son intérêt technique.
- Dès 6h 50, les premiers feux de l’illumination commençaient à s’allumer; à 7 heures, toute la ville était embrasée déjà, lorsque tout à coup et
- instantanément, grâce aux nouveaux appareils électriques, apparut dans son ensemble l’illumination complète de Fourvière. Avec l’intensité de la lumière répandue à profusion, avec les cordons de feu qui dessinaient l’abside et le haut des tours de la basilique, avec la statue de la Vierge rendue apparente au-dessus du clocher, le spectacle était des plus merveilleux. Le clocher de l’ancienne chapelle, vrai bijou étincelant et aux couleurs variées, était surtout l’objet de l’admiration unanime.
- Aussi la foule était tellement compacte pendant toute la soirée, sur les quais de la Saône, notamment, que la circulation y était devenue pour ainsi dire impossible.
- Il faudrait pouvoir énumérer tous les quartiers, et même toutes les rues de la ville, pour faire la
- Les illuminations à Lyon. La colline de Fourvière.
- description complète de cette illumination qui ressemblait aux précédentes dans son ensemble, mais en différait cependant par de nouvelles devises ou emblèmes.
- L’Archevêché avait complété, au moyen de la lumière électrique, sa riche décoration; les façades des diverses églises de la ville rivalisaient de splendeur; la place Bellecourt, toujours admirable avec ses portiques somptueux, était comme d’ordinaire le point le plus éclatant. Sur les quais du Rhône, l’illumination était plus belle encore et plus générale qu’habituellement, si nous nous en rapportons aux détails publiés par Y Écho de Fourvière.
- D’autre part, dans les quartiers les plus pauvres et dans les rues les plus étroites, on a remarqué, en 1900, un empressement tout à fait exceptionnel à prendre part à cette grande manifestation annuelle. Ce spectacle grandiose est resté inoubliable pour tous les habitants de la ville de Lyon.
- M. C. Girel a pu prendre une photographie du
- panorama offert par la colline de Fourvière en opérant pendant des heures.
- Il a placé à cet effet sur les bords du Rhône, à 8 heures du soir, un appareil photographique avec objectif Gœrz et plaque Lumière 15x^8 bleue, émulsion extra-rapide. L’appareil n’a été retiré que vers 4 heures du matin, alors que les illuminations de Fourvière étaient terminées depuis longtemps. La pose a donc été à peu près voisine d’une durée de huit heures consecutives. La reproduction que nous donnons ci-dessus de la photographie de M. Girel montre bien que l’épreuve obtenue dans ces conditions très particulières a été satisfaisante. On aperçoit au premier plan, de l’autre côté du Rhône, l’Hôtel-Dieu, dont on peut distinguer quelques détails d’architecture, éclairés d’ailleurs par uji léger clair de lune. M. N.
- Le Gérant : P. JIxssox.
- Paris. — Imprimerie Laiilre, rue de Fleurus,
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- N# I il U. — 2 MARS 1901.
- LA NA TU R K.
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- TOURELLES-BARBETTES DE COTE
- POUR DEUX CASONS DE 305 MILLIMÈTRES
- La maison Yiekers, Sons et Maxim, quoique de fondation relativement récente (elle ne date que d’une douzaine d’années), n’en est pas moins aujourd’hui la première en Angleterre pour la fabrication du matériel de guerre. Alors que l’ancienne usine Armstrong, suivant en cela l’exemple donné par Krupp, se refusait à exhiber ses produits à l’Exposition de 1900, ne se souciant peut-être pas d’entrer en comparaison avec les maisons similaires de France, l’usine Yiekers acceptait d’y paraître et y faisait la meilleure figure. Tout le monde a pu visiter l’élégant pavillon qu’elle avait fait élever en arrière du palais des Armées de terre et de mer, sur les bords de la Seine, et admirer les canons superbes
- et les affûts ingénieux qui y avaient été rassemblés.
- On sait que la bouche à feu actuellement la plus puissante est du calibre de 505 millimètres, pesant une cinquantaine de tonnes et dont le projectile, du poids d’environ 400 kilogrammes, est lancé par une charge d'une centaine de kilogrammes de poudre sans fumée avec une vitesse voisine de 850 mètres à la seconde. Cette pièce, dont la place naturelle est dans les tourelles des plus forts cuirassés, la maison Yiekers propose d’en armer également les cotes de façon que ces dernières puissent répondre avec efficacité aux attaques des navires ennemis. A cet, effet, elle a établi un système de tourelle-barbette qui nous paraît digne de la plus grande attention.
- Canons Yiekers de 505 millimètres montés en barbette.
- Cette tourelle reçoit deux canons et son mécanisme est analogue à celui usité sur les navires.
- Les canons reposent dans des berceaux qui peuvent glisser sur des châssis. Les freins de recul ont leurs corps de pompe fixés aux châssis d’affût alors que les tiges des pistons sont attachées aux berceaux. L’effort opposé par le frein est sensiblement constant, pendant toute la durée du recul, à l’aide d’un tracé convenable des orifices par lesquels le liquide doit s’écouler.
- On remet les pièces en batterie à l’aide de presses hydrauliques.
- Canons et affûts sont supportés par une plaque tournante qui est susceptible d’être mise en rotation à l’aide d’une force hydraulique. C’est grâce à la rotation de cette plaque qui entraîne celle de tout le système que l’on donne aux bouches à feu le pointage en direction convenable.
- ît)f JimuV. — I'1 semestre.
- Le pointage en hauteur s'effectue à l'aide d’une presse hydraulique qui, prenant appui sur le plancher de la plaque tournante, peut soulever, à l’aide de bielles, les châssis d’affût.
- La plaque tournante, formée de tôles et de cornières en acier moulé, s’appuie sur une couronne de galets de sorte que sa rotation s’exécute avec la plus grande facilité.
- Les projectiles sont établis en dépôt au-dessous de la plaque tournante et tournent en même temps qu elle. Le puits à munitions vient déboucher dans le dépôt à projectiles. Les munitions sont élevées à l’aide de monte-charges.
- Le chargement de la bouche à feu se fait à l’aide d’une lanterne de chargement sur laquelle sont amenés le projectile et la gargousse et d’un refou-loir, dit télescopique, organisé de façon à se trouver toujours sur le prolongement de l’axe du canon.
- Il
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- LA NATURE.
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- Bien entendu, ce refouloir est manœuvré mécaniquement, comme tout le reste.
- Comme il est nécessaire de se préoccuper de ce que, par suite du tir, les appareils hydrauliques pourraient être mis hors de service, on a prévu le cas où la manœuvre devrait être exécutée à bras.
- Un bouclier, fixé à la plaque tournante, entoure tout le système. Chaque pièce a un capot de visée; il en existe, en outre, un troisième destiné à l'exploration de l’horizon.
- La compagnie française de Saint-Chamond, qui, au point de vue de la fabrication des tourelles et des coupoles, est en possession d'une réputation incontestée et incontestable, due à sa longue expérience, a établi également une tourelle-barbette pour deux canons de 505. Cet engin, monté sur un pivot à galets, présente une partie fixe composée de voussoirs en fonte dure et une partie mobile l'ormée par une cuve en tôle sur laquelle repose le plancher de la chambre à canons. Le cuirassement a la forme d'un tronc de cône à génératrices inclinées de 50°. Le canon peut coulisser dans un berceau dont les tourillons s’appuient sur les coussinets des ilasques d’un châssis.
- Les cylindres de frein limitent le recul à 1 mètre et des récupérateurs à ressort ramènent la pièce en batterie aussitôt après son recul.
- Le mouvement d’orientation de la tourelle est produit à bras par l'effort de 6 hommes sur des manivelles placées en dessous de la chambre à canons. Le pôintage en hauteur est également effectué à bras.
- Des monte-charges, actionnés par des treuils à manivelles, amènent les projectiles dans la chambre de tir où ils sont disposés en piles. Les gargousscs sont apportées par une noria.
- Un escalier met en communication la chambre à canon et l’étage inférieur où s’élaborent les différentes manœuvres de la tourelle et de l’apport des munitions.
- Toutes ces dispositions, qui revêtent un caractère essentiellement pratique, puisqu’elles n’impliquent que le seul emploi des bras d’homme, permettent d’exécuter un tir prolongé avec une rapidité de trois coups à la minute, ce qui constitue un résultat des plus satisfaisants. Lieutenant-colonel Delauxey.
- DES SIGNAUX ET AIGUILLES DE CHEMINS DE FER
- SYSTÈME TIM MIS-LAV EZZ A Kl
- La manœuvre mécanique des aiguilles et des signaux de chemins de fer, telle qu’elle se pratique aujourd’hui presque universellement, comprend des organes multiples et compliqués, par conséquent d’une installation et d’un entretien coûteux.
- Elle a, en outre, le grave inconvénient de ne pouvoir être transmise qu’à des distances très limitées; ainsi on ne peut guère manœuvrer une aiguille à plus de
- 400 mètres du poste de vigie, ce qui exige dans les gares importantes de multiplier le nombre de ces postes.
- Ces inconvénients sont sérieux, aussi, depuis que* l’électricité est entrée dans le domaine de la mécanique et que l’on sait pouvoir compter sur elle aussi bien que sur tout autre mode de transmission, les ingénieurs ont-ils cherché à remplacer la commande mécanique par la commande électrique.
- Le problème n’est pas sans présenter de grosses difficultés sous beaucoup de rapports et bien des tentatives sont restées infructueuses.
- Quelques inventeurs, cependant, paraissent avoir résolu le problème et parmi eux nous citerons MM. T immis et Lavezzari qui ont établi tout un système dont on a pu voir fonctionner pratiquement plusieurs appareils, pendant toute la durée de l’Exposition, sur le chemin de fer électrique circulaire et dont nous avons signalé le principe dans ses grandes lignes il y a quelques mois.
- Nous pensons intéresser nos lecteurs en donnant aujourd'hui une description plus complète de ce système; nous nous limiterons, toutefois, à la manœuvre des signaux qui est celle qui touche le plus le public.*
- La manœuvre électrique des signaux doit remplir trois conditions principales :
- 1° Mettre les signaux dans la position de voie fermée aussitôt qu’un incident quelconque vient à troubler le fonctionnement régulier du courant ;
- 2° Ne comprendre que des appareils simples peu susceptibles de dérangement ;
- 5° Ne pas entraîner à des dépenses trop grandes d'électricité.
- C’est en s’inspirant de ces trois desiderata que MM. Timmis et Lavezzari ont établi leur système.
- Pour satisfaire à la première conditionnes signaux reviennent automatiquement à la position de voie fermée sous l’action de la pesanteur et ce n’est que sous l’influence du courant que l’appareil se trouve placé à la position de voie ouverte pour s’y maintenir tant que le courant passe.
- La simplicité de la manœuvre résulte de l’emploi d'électro-aimants à la place de moteurs-dynamos employés généralement dans les autres systèmes.
- La troisième condition se trouve résolue très simplement de la manière suivante :
- Les électro-aimants sont soumis à deux courants d’intensité différente quoique n’ayant qu’une seule source; l’un de ces courants dit circuit de ligne a une intensité relativement grande; l’autre dit circuit local a une intensité beaucoup moindre grâce à l’interposition d’une résistance.
- Ces deux courants se succèdent automatiquement et sans interruption pendant le fonctionnement du signal.
- Le premier effectue la manœuvre du signal et le second le maintient seulement en place.
- Nous donnons (fig. 4, n° 1) la disposition d’un mit sémaphorique auquel on a adapté Te système
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- Timmis-Lavezzari; l’électro-aimant qui commande la manœuvre est enfermé dans la caisse A et agit sur le bras par la tige S.
- La figure i, n° 2, montre à plus grande échelle le détail de l’électro-aimant, ainsi que le dispositif employé pour intercaler la résistance dès que la manœuvre est opérée.
- Ces deux dessins représentent le signal dans la position de voie fermée ; le circuit local a été représenté en trait mixte et le circuit de ligne en pointillés.
- 1 et I' sont des appareils de manœuvre, disposés de telle façon que les choses étant abandonnées à elles-mêmes le circuit local soit toujours fermé, tandis que le circuit de ligne reste toujours coupé.
- Pour ouvrir le signal, on fermera le circuit de ligne au moyen de l’interrupteur 1, le courant passera alors par le fil 1, la source d’électricité E, le fil 2, l’électro-aimant A, d’où il sortira par le fil 5 pour passer dans le commutateur C, le bloc B, le fil 4 et faire ainsi retour à l’interrupteur 1.
- Sous l'influence du courant, l’armature M se trouve magnétisée et la pièce mobile 1) est attirée ; le signai, manœuvré par l’intermédiaire de la lige S, vient alors à la position de voie ouverte.
- Par suite de ce mouvement, le heurtoir F \ient frapper le commutateur C et le mettre en contact avec le masse B'; dès lors, le circuit de ligne se trouve coupé et le circuit local est rétabli par le bloc B', la résistance R, le fd 5, l’interrupteur P, le fil 6, la source d’électricité E, le fil 2, l’électro-aimant, le fil 5 et le commutateur.
- Pour fermer à nouveau le signal, il suffira de couper le circuit local à l’aide de l’interrupteur Y.
- Notons en passant que la manœuvre de l’interrupteur Y permet de fermer la voie, mais ne peut, en aucun cas, l’ouvrir.
- On remarquera que l’électro-aimant a une forme spéciale, le noyau est pourvu d’un évidement conique; la partie mobile se compose d’une pièce centrale, également conique, qui pénètre dans l’évidement du noyau, et d’une chape qui enveloppe l’ensemble formé par l’électro-aimant avec son enroulement de fil.
- Cette disposition accroît notablement la puissance de l’électro-aimant pour une intensité de courant donnée.
- On peut en juger par le tableau ci-dessous qui donne les résultats obtenus avec les divers types déjà construits.
- FOUCE EN KILOGRAMMES :
- 45,4 1*2,7 51,8 93 64,9 4,5 99,8 110,7 172,4
- COURSE EN MILLIMÈTRES :
- 9,5 51,8 58,1 63,5 69,9 76,2 101,6 101,6 101,6
- On comprend aisément que la manœuvre des interrupteurs I et Y puisse être faite à la main par le personnel de la Compagnie, ou automatiquement
- par les trains eux-mêmes au moment de leur passage devant les signaux.
- Dans le premier cas, ces appareils sont des interrupteurs d’un modèle quelconque combinés avec des verrouillages qui assurent la concordance de la signalisation avec la position des aiguilles.
- Dans le second cas, qui nous paraît le plus intéressant, des appareils posés sur la voie sont manœu-vrés automatiquement par des organes spéciaux placés sur un véhicule quelconque, de préférence sur la machine de chaque train.
- Lorsque la vitesse des convois ne dépasse pas 1)0 kilomètres à l’heure, on peut employer une manœuvre mécanique comme c’était le cas au chemin de fer électrique de l’Exposition, et nous donnons (fig. 1) le dispositif qui a été employé.
- Chaque train portait sur le côté de la voiture motrice une pièce en bois dite barre de choc, d’une longueur de 4 mètres et désignée par la lettre H sur le dessin.
- Cette pièce, au passage du train, heurtait un petit levier J qui basculait, et, pour les interrupteurs Y, coupait le courant ainsi que le représente la figure ; au contraire, pour les interrupteurs 1, ce mouvement fermait le circuit ; il suffit, pour cela, que la petite pièce métallique L occupe la position 1/ marquée en pointillés sur le dessin.
- Lorsque les vitesses sont plus grandes, la brutalité du choc pourrait être telle que le levier J serait vite détérioré; c’est pour cela qu’on le remplace par une manœuvre électrique.
- La figure 2 représente un appareil de ce genre appliqué à un contact I : au point où l’on veut que soit opérée la manœuvre d’ouverture d’un signal, on place sur la voie une pièce métallique N reliée électriquement au pôle U de l’électro-aimant Q, monté sur l’interrupteur 1; l’autre pôle V de l’électro-aimant est relié au rail.
- Lorsque la machine passe, un frotteur vient en contact avec le plot N, et, par la masse métallique de la machine, ferme le circuit de l’électro-aimant Q ; la pièce S est alors attirée et vient fermer le circuit de ligne par l’intermédiaire de la borne P, de la lame T et de la borne R ; d’après ce que nous avons expliqué plus haut le signal s’ouvre alors.
- 11 eût paru plus simple de faire passer directement par le signal le courant établi par la machine à son passage sur le plot N; mais, comme ce passage est très rapide, il pourrait se faire que le signal ne manœuxràt pas assez rapidement et le courant serait coupé avant qu’il se fût mis à voie ouverte, tandis qu’avec la disposition adoptée, la pièce S restant soulevée tant que le courant de ligne passe, le signal a tout le temps d’effectuer sa manœuvre.
- On se rappelle que ce courant sera interrompu automatiquement par le commutateur C de la figure 1, n° 2, dès que le signal sera à voie ouverte et alors la pièce S retombera jusqu’à ce qu’un nouveau passage de train produise son relèvement.
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- L'interrupteur U qui coupe le circuit est plus simple.
- Il suffit d’une pédale E (fig. 5) disposée sur le côté du rail et manœuvrée par le boudin des roues du train.
- On voit que, dans la position normale, cette pédale assure la continuité du circuit local ; mais, dès qu’elle bascule par suite du passage d’un train, le circuit est coupé.
- 11 faut remarquer que dans ce cas il n’y a pas lieu de se préoccuper de prolonger l’interruption, car il suffit d’un arrêt infiniment court de l’alimentation de l’électro-aimant du signal pour que celui-ci, sous l’influence de la pesanteur, retombe à la position de voie fermée.
- Ces explications données voici, dans les conditions les plus simples, le fonctionnement d'un poste séma-phorique en supposant la manœuvre automatique :
- Un train passant devant le signal 1 supposé ouvert (fig. 3) rencontre l’interrupteur A, coupe le circuit, et, par suite, fait tomber le signal à la position de voie fermée.
- A ce moment, le train est protégé par. un signal; continuant son parcours, il arrive au signal 2, que nous supposons également, à la position de voie ouverte, agit sur l’interrupteur A', et, par suite, ferme le signal 2 comme il a été dit pour le signal 1.
- Le train est alors couvert par deux signaux.
- A quelque distance de là, il vient rencontrer l’interrupteur II, en relation avec le signal 1 et lui
- fait fermer son circuit de ligne; il en résulte que ce signal se remet à voie ouverte.
- Le train est alors de nouveau couvert par un seul disque et ainsi de suite.
- Pour plus de sécurité, le circuit de ligne du signal 1 passe par un commutateur du signal 2 disposé de telle façon, que si ce signal n’est pas à la position de voie fermée le signal 1 ne pourra pas s’ouvrir.
- On est donc absolument certain que le train qui vient de passer sera toujours protégé par un signal au moins.
- Plusieurs lignes de chemins de fer ont déjà été pourvues de ce système de signaux ; nous citerons notamment, parmi celles qui emploient le système automatique, le « Liver-pool Overhead railway » et le chemin de fer électrique circulaire qui a fonctionné pen-dant toute la durée de l’Exposition.
- Dans ce dernier, comme la vitesse ne dépassait pas 30 à 55 kilomètres au maximum, la manœuvre se faisait par barre de choc comme nous l’avons décrit plus haut. ^La ligne qui affectait la forme d’un quadrilatère, à côtés inégaux, était pourvue de 4 signaux disposés à chacun des angles.
- à ta source électrique
- Fig. 1. — Appareil de manœuvre mécanique sur la voie.
- à la batterie
- au signal,
- Fig. 2. — Appareil de manœuvre électrique.
- Résistance
- literie
- Au contact defermeture de circuit du Signa/ 2.
- Fig. 3. _ Disposition d'ensemble d'un block-système Tinimis-Lavezzari.
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- Bien qu’au début des études on n’ait prévu aucun système de signalisation, on a, par la suite, jugé plus prudent d’en adapter à raison des courbes brusques suivies de descentes rapides qui auraient pu certainement causer des accidents sans cette précaution, d’autant plus qu’il y avait des stations au bas de chat[ue descente.
- 11 est intéressant de noter que pendant les six mois qu’a duré l’exploitation, chacun de ces signaux a été manœuvré environ 50000 fois, ce qui fait pour l’ensemble 200 000 manœuvres sans qu’il v ait jamais eu un seul accroc ni jamais aucun arrêt de fonctionnement.
- C’est un essai qui dépasse certainement les limites d’une simple expérience de laboratoire et qui est bien fait pour donner toute confiance dans ce système vraiment ingénieux et complet.
- L’énergie électrique peut être empruntée à une source quelconque, on peut même utiliser dans les chemins de fer électriques le courant de la ligne en ayant soin d’intercaler les résistances nécessaires pour ne pas brûler les électro-aimants;
- mais, à l’Exposition, pour assurer la séparation des services, les signaux avaient un courant particulier, fourni par de petites batteries d’accumulateurs « Aigle » qu’il suffisait de recharger tous les mois pour assurer la constance absolue de la source d’électricité.
- Nous terminons en mentionnant que MM. Timmis et La-vezzari ne se sont pas limités à l’étude du block tel que nous venons de le décrire, mais leur système comprend toutes les dispositions destinées à protéger les bifurcations, les croisements, la manœuvre des aiguilles, des ver-
- Fig. 5. — Interrupteur à pédale.
- rouillages et le contrôle de toutes ces opérations. Ue système mérite toute l’attention. P. Ledrouant.
- L’INDUSTRIE DU TERRE D’OPTIQUE
- EN FRANCE
- Nous avons exposé, dans un précédent article, les progrès réalisés par la fabrication du verre d’optique en
- Allemagne, à Iéna1. Nous allons montrer aujourd’hui où en est, en France, cette intéressante spécialité.
- Le verre, comme on sait, n’est pas une combinaison chimique à proprement parler ; il a plutôt les caractères d’un alliage, sinon d’un mélange, ou les différences de composition, de densité rendent très difficile d’obtenir un produit homogène dans toutes ses parties. Quand 1 \<>v. n° 144.5, du 2 février 1901, p. 15-4.
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- Euler et Dollond eurent résolu le problème de l’achromatisme par l’association d’une lentille de flint-glass avec une autre de crown-glass, la question de l’homogénéité du flint et du crown prit, naturellement, une grande importance. Ce fut un Suisse, Pierre-Louis Guinand, né en 1748, qui la résolut. Il eut l’idée — simple comme celle de l’œuf de Colomb — de brasser la substance en fusion au moyen d’un cylindre de terre réfractaire, en forme de crochet, préalablement chauffé à blanc dans un four spécial. Ce procédé, qui rappelle la cuiller tournant dans un verre de sirop, eut un plein succès. Guinand obtint du verre sans stries, sans fils, parfaitement homogène. Un fabricant de Munich, Utschneider, demanda à l’inventeur de s’associer avec lui et Guinand, tixé en Bavière, travailla plusieurs années avec le célèbre Frauenhofer, puis, de retour en Suisse, il y mourut en 1824.
- Trois ans après, en 1827, son fils Henri Guinand s’associa à son tour avec M. Bon temps, directeur de la verrerie de Choisy-le-Roi et qui devait plus tard publier un Guide du Verrier très intéressant pour exploiter le procédé de son père et fabriquer du verre d’optique. Les résultats furent excellents et un prix, décerné par la Société d’Encouragement au verrier français qui aurait obtenu le meilleur flint et le meilleur crown, fut partagé en 1839 entre MM. Guinand et Bontemps. La Révolution de 1848 survint; la crise industrielle et les événements politiques ultérieurs obligèrent Bontemps à se fixer en Angleterre. Guinard mourut en 1831.
- Son petit-fils, M. Feil, initié à tous ses travaux, reprit et perfectionna dans une large mesure les procédés de fabrication de son grand-père et de son bisaïeul. 11 obtint des verres d’une grande pureté, d'une homogénéité parfaite, et réussit à confectionner des lentilles pour objectifs d’astronomie présentant toutes ces qualités et mesurant jusqu’à 0m,97 de diamètre (Lunette de l’Observatoire de Lick, Californie).
- Entre temps, M. Feil avait cherché à fabriquer artificiellement le rubis ; les résultats obtenus dans cette voie avaient beaucoup frappé M. Frémy qui, plusieurs fois, il v a quelque quarante ans, conduisit dans les laboratoires de l’ingénieux verrier les élèves auxquels il faisait un cours de chimie à l’École polytechnique.
- * M. Feil introduisit des éléments nouveaux dans la composition du verre d’optique et obtint, pour les objectifs de photographie, des flints et des crowns extra-blancs qui furent beaucoup admirés à l’Exposition de Vienne en 1873, des flints très denses et extiadenses pour prismes et objectifs de microscope. On remarquait, parmi ces derniers, un flint dont la densité était de 5,5 et l’indice de réfraction 1,896 (Raie D.). C’était le flint le plus réfringent obtenu jusque-là. Feil avait commencé aussi à étudier les effets de l’introduction de la baryte; mais, pour des raisons ignorées, n’en avait pas poussé très loin les applications.
- Sur ces entrefaites, comme nous l’avons raconté précédemment, le laboratoire d’Iéna, sous l’impulsion de MM. Abbe et Schott modifia la composition du verre d’optique par l’introduction de substances nouvelles, et en tira, pour les objectifs de photographie notamment, un parti très apprécié.
- La situation était critique pour la maison française. M. Feil venait de mourir, et son associé, M. Mantois, autrefois destiné au notariat, semblait peu préparé, par ses études antérieures, à soutenir la lutte. 11 l’entama résolument néanmoins, et, assisté d’un chimiste éminent, le l)r Verneuil, il chercha et trouva dans les études
- de son prédécesseur, dans ses recherches personnelles, lq moyen de maintenir son industrie au rang qu’elle occupait sans contestation jusque-là. La réussite fut complète.
- Pour s’en convaincre, il suffit de savoir que la plupart des objectifs astrophotographiques, employés à la confection des cartes du ciel, et les plus grands objectifs de lunette qui existent actuellement dans le monde, sont sortis de ses ateliers. On citera notamment l’objectif astronomique de l’Observatoire de Yerkes (États-Unis), de lm,05 de diamètre, et l’objectif astrophotographique du grand sidérostat exposé à Paris en 1900, de lm,25 de diamètre. Au commencement de 1900, Mantois mourut à son tour, laissant à son beau-frère, M. Parra, ancien élève de l’Ecole polytechnique, le soin de continuer son œuvre.
- .Gomme on le voit, dans cette intéressante spécialité, la France conserve la première place qu’elle partage aujourd’hui avec l’Allemagne. Elle la gardera, mais il ne faut i pas qu’elle s’endorme sur scs lauriers. Georges Gcéroilt.
- L’ACIDE CARBONIQUE LIQUIDE
- FABRICATION INDUSTRIELLE
- Le gaz acide carbonique fut observé pour la première fois en 1597 par Libavius qui le nomma « esprit subtil » ; en même temps, Yan Ilelmont le distingua des autres gaz et l’appela « gaz sylvestre ». En 1660, Hoffmann le découvre dans les eaux minérales et le nomme « esprit minéral ». En 1755, Black découvre l'air fixe dans les carbonates terreux naturels. En 1774, Bergmann découvre l'air fixe dans l’atmosphère; Berquet l’identifie avec celui des carbonates terreux et le nomme « air crayeux ». En 1780, Lavoisier démontra que tous ces corps étaient identiques au gaz de la combustion du carbone dans l’oxygène. Dans le commencement de ce siècle, Dumas et Staas déterminèrent la composition chimique de Xacide carbonique, nom que Lavoisier avait donné au gaz de la combustion du charbon.
- En 1823, Faraday et Davy, les premiers, parvinrent à liquéfier l’acide carbonique dans un tube de verre au moyen de sa propre pression. Thilorier, chimiste français, obtint en 1834 par le même principe, dans des appareils en fonte, une quantité appréciable de ce liquide : au bout de deux à trois jours de travail 2 kg d’acide carbonique liquide. Mais ces expériences coûtèrent la vie à un de ses préparateurs, Harvey, tué par l’explosion de l’appareil. La même année, Natterer, de Vienne, liquéfia le gaz carbonique avec une petite pompe de compression, qui, après trois ou quatre heures de travail, lui donnait, lorsque l’expérience voulait bien réussir, de 200 à 300 grammes de liquide.
- Le premier brevet pour la production industrielle du gaz liquide fut pris le 14 août 1877 par Hen-dryck Beins, de Grôningue, en Hollande. Ce chimiste décomposait le bicarbonate de soude par la chaleur et recueillait le gaz dans des cylindres refroidis par de la glace : sous l’influence de la pression et de la basse température le gaz se liquéfiait.
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- Mais l’essor réel de cette industrie date des expériences faites, en 1879, par le D1 Raydt, de Hanovre, en collaboration avec Ad. Krupp, le grand métallurgiste d’Essen : ces expériences avaient pour but le renflouement des épaves. A cette occasion, le Dr Raydt inventa le premier compresseur mû mécaniquement et obtint à Kiel, à l’usine Howalt, la quantité, énorme pour l’époque, de 40 kg d’acide carbonique liquide. Krupp l’employa en même temps au frettage des canons. 11 cherchait à fixer dans l’àme d'un canon un manchon rapporté. Pour cela, il introduisait le manchon porté à une haute température dans l’àme du canon légèrement chauffé, et il refroidissait brusquement ce dernier extérieurement au moyen de l’acide carbonique liquide. Sous l’inlluence du grand froid produit, le métal se contractait brusquement et enserrait violemment le manchon, porté au rouge, qui épousait ainsi exactement la forme de l’àme et faisait corps intime et indissoluble avec le canon. Ce procédé permettait aussi d’utiliser les canons dont les âmes étaient usées par un trop long service. En juin 1881, Krupp trouva un autre emploi de l’acide carbonique liquide : il s’en servit pour obtenir des lingots d’acier sans soufflures. Il introduisait sur le métal en fusion, dans une lingo-tière fermée, de l’acide carbonique liquide. Sous l'influence de la haute tempéralure, la tension du gaz augmentait considérablement et la surface du métal recevait ainsi une pression énorme qui empêchait les dégagements gazeux au sein de la masse métallique en fusion. Aujourd’hui encore, les usines Krupp emploient ces deux procédés et possèdent pour cela une installation pouvant fabriquer 100 kg d’acide carbonique liquide par heure, qui ne sert qu’à ces usages.
- En 1885., MM. Kunheim et O’ établirent à Berlin la première usine d’acide carbonique liquide industriel : le kilogramme se vendait alors 2fr,50 et il est tombé aujourd’hui à 12 et 15 centimes. L’impulsion une fois donnée les usines se multiplièrent, les unes utilisant l’acide carbonique provenant des sources naturelles, les autres le fabriquant artificiellement. En 1884, l’usine de Burgbrohl produisit 122000 kg, et, en 1899, cette production est montée à 2 millions 1 /2 de kilogrammes !
- Parmi les sources naturelles d’Allemagne les plus importantes, il faut citer celles d’Eyach, près Stuttgart; d’Oberlahnstein, sur le Rhin; de Herste, en Westphalie, où l’on liquéfie 1000 kg d’acide carbonique par heure : le jet gazeux naturel s’élance à une hauteur de 60 mètres avec une pression de 20 atmosphères. Le puits de la source de Sondra atteint la profondeur de 194 mètres et le débit est de 2000 mètres cubes à l’heure. La source de Lin-demberg fut découverte en 1895 à une profondeur de 548 mètres; son débit dépasse 1000 mètres cubes de gaz à l'heure.
- Les sources naturelles de gaz n’existant que dans les régions volcaniques, partout ailleurs on fut obligé de recourir soit au procédé synthétique, c’est-
- à-dire combustion du carbone sous forme de coke dans l’oxygène de l’air, soit à la calcination des carbonates naturels de chaux ou de magnésie.
- C’est encore un Allemand, le professeur Dr Luhmann, qui établit le premier procédé rationnel d’obtention synthétique de l’acide carbonique pur. Le processus est le suivant : on bri'de du coke dans un gazogène au moyen d’un violent appel d’air, afin que, l’oxygène étant en grand excès, la production d’oxyde de carbone devienne impossible. Après une épuration physique ayant pour but d’enlever les cendres et de condenser, avec l’eau produite dans la combustion, les tracés d’acide sulfureux et sulfurique provenant du soufre que le coke contient toujours, les gaz bruts passent dans une série de laveurs spéciaux où ils abandonnent les dernières traces de produits sulfurés. De là ils passent dans des absor-beurs où ils rencontrent des lessives alcalines qui s’emparent du gaz acide carbonique et laissent échapper dans l’air le résidu gazeux : azote, oxygène et oxyde de carbone s’il y en a. Au bout d’un certain temps, ces lessives se sont bicarbonatées : il ne reste plus qu’à décomposer ces bicarbonates par la chaleur pour obtenir de l’acide carbonique gazeux chimiquement pur. En somme, le coke ne sert qu’à obtenir des bicarbonates, et c’est, à proprement parler, les bicarbonates décomposés par la chaleur en vases clos qui produisent l’acide carbonique destiné à la liquéfaction. Ce procédé ne mérite donc pas, bien au contraire, les critiques souvent intéressées qui lui ont été faites. Et il est permis d’affirmer (pie c’est le moyen d’obtenir le gaz le plus pur. Ainsi produit, le gaz pur est refroidi, desséché, filtré, puis comprimé et liquéfié à une pression variant de 55 à 75 atmosphères. 11 est recueilli et ‘ expédié dans des bouteilles ou cylindres en acier éprouvés officiellement à 250 atmosphères.
- Après le procédé au coke, le plus couramment employé est celui dit à la chaux, qui consiste à calciner soit des pierres à chaux, soit des carbonates naturels de magnésie et à en recueillir l’acide carbonique. Comme l’on est obligé de mélanger la pierre à chaux avec du coke pour obtenir la chaleur, nécessaire à la décomposition, on revient pour ainsi dire au mode de production dit au coke; et l’acide obtenu sera aussi pur si les appareils purificateurs sont parfaits. Nous devons dire cependant que le seul acide carbonique liquide dans lequel un chimiste allemand, Grunhut, a trouvé de l’oxyde de carbone, est l’acide provenant de la calcination de la magnésie.
- Le procédé le moins employé (on n’en connaît pas d’usines en Allemagne) est celui consistant à recueillir l’acide provenant des fermentations. L’acide est recueilli à même la cuve : il faut alors séparer le gaz carbonique de l’air, et surtout lui enlever les odeurs nauséabondes qui sont dues aux fermentations parallèles à la fermentation alcoolique. Comme ces odeurs ne sont pas des corps chimiques définis nettement, l’épuration en est difficile. D’autre part,
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- c'est en été, au moment du grand débit de l’acide carbonique liquide, que les fermentations sont le plus difficiles à conduire, et le plus désagréable-
- ment odoriférantes, par suite, que les distilleries sont le plus souvent obligées de cesser le travail. Pour ces raisons, ce procédé, laissé de côté par les Alle-
- Fig. 1. — Epuration physique et chimique de Facide^carbonique.
- mands qui cependant possèdent de nombreuses distil- I par conséquent, un avenir industriel bien considé-leries, ne paraît pas appelé à se répandre ni à avoir, ) rable. Nous ne parlerons pas du procédé antique et
- Fig. 2. — Liquéfaction de Facide carbonique. Force motrice fournie par un moteur électrique de 60 kilowatts.
- barbare consistant à attaquer du carbonate de chaux ou du bicarbonate de soude par l’acide sulfurique. On nous a rapporté qu’en certains cantons suisses et
- certaines provinces allemandes, les autorités de police prohibaient formellement la production de l’acide carbonique par ce dernier procédé, les bois-
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- sons gazeuses en résultant contenant presque toujours des traces d’acide sulfurique et de plomb. On y trouve même de l’arsenic quand l’acide sulfurique
- employé provient des pyrites et non pas du soufre natif.
- Les deux seuls^procédés employés en Allemagne, en dehors des sources naturelles, sont : le procédé
- Fig. 3. — Inauguration ries nouvelles usines de « l.a Carbonique Lxouiiaise » u Lxon, pioilmsanl lou hUugrunnuca par nome.
- Fig. 4. — Magasins contenant 13 000 tubes.
- au coke et celui à la chaux ou à la magnésie. On y compte environ 60 fabriques d’acide carbonique liquide produisant annuellement 14 millions de kg.
- Plus de la moitié provient du procédé dit au coke et principalement des usines de Berlin, Erckner, Gotha, Rodelheim, Leipzig, etc.
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- En Autriche, on compte 12 usines importantes, dont 2 à 3 sources naturelles seulement, et une très considérable par le procédé à la chaux, à Prague.
- En Suisse, sur 4 usines, 3 fabriquent au coke.
- En France, il existe au moins 15 usines, dont les deux plus importantes, celle de Lyon (production 150 kg à l'heure) et celle de Bobigny (production 100 kg à l’heure), fabriquent au coke; d’autres comme Marseille (Vélaux), Bordeaux, Luzech, etc., le retirent de la fabrication de la chaux; un certain nombre recueillent l’acide de fermentation, enfin une seule en est encore au procédé à l’acide sulfurique et au blanc (carbonate de chaux). En 1897, la production n’atteignait pas en France 1 million de kg; aujourd’hui, elle arrive à près de 8 millions de kg, et dans le même laps de temps, les prix sont tombés de lfl',5û le kg, en 1897, à 0fr,40 et au-dessous en 1900, à cause de la concurrence ardente que se font les usines dont la production dépasse de beaucoup les quantités nécessaires à la consommation. L’Angleterre consomme environ 3 millions 1 /2 de kg produits par 7 usines fonctionnant toutes au coke ou à la chaux. Dans le reste du monde, on signale 4 usines en Russie ; 3 en Suède et Danemark ; 2 en Hollande; 2 en Espagne; 2 en Italie; 1 en Roumanie, 20 aux États-Unis; 1 à Buenos-Ayres; 1 à la Havane; 1 à Calcutta; 2 en Australie et 1 à Johannesburg (Transvaal).
- Les vues d’ensemble que nous reproduisons, au cours de cet article, sont des photographies prises dans les usines de « la Carbonique lyonnaise » qui a bien voulu nous y autoriser. Nous avons choisi le mode de fabrication de « la Carbonique lyonnaise » parce que c’est cette Société qui possède, dans ses usines, l’outillage le plus perfectionné avec production d’un gaz absolument pur d’après les récentes analyses de MM. Grehant et Nicloux. F. Dumont.
- VARIABILITÉ DE LA PLANÈTE ER0S
- La petite planète découverte en 1898 et qu’observent en ce moment cinquante-sept observatoires différents dans le but d’obtenir une valeur plus exacte de la distance du Soleil à la Terre, est décidément une planète curieuse. L’astronome I)rE. Yon Oppolzer (Circulai' n° 38 der Cen-frastelle), avait déjà appelé l’attention sur la variabilité probable d’éclat de la planète. Or, M. André, de l’Observatoire de Lyon et M. Rossard, de l’Observatoire de Toulouse, viennent, chacun de leur côté, d’observer cette variabilité. M. Rossard, pendant les nuits des 14, 15 et 16 février, n’a pas quitté le grand Équatorial Brunner de 0m,25 d’ouverture. Il a relevé des variations rapides d’éclat et estimé que la différence entre un maximum et un minimum était un peu supérieure à 1 grandeur. L’astre passe de la 9e grandeur à la 11e grandeur environ. Et la comparaison des maxima et des minima successifs indique que la durée de la période est voisine de 2h22m. La nouvelle petite planète constitue donc un système double formé de deux astéroïdes gravitant l’un autour de l’autre. Les diamètres des deux astres seraient à peu près dans le rapport de 3 à 2. Bros serait ce que Ton appelle aujourd’hui une variable photométrique. J.-F. fi.
- LE LABORATOIRE DE LAVOISIER
- Le créateur de la chimie moderne, l’homme de génie qui enrichit d’admirables découvertes l’une des sciences les plus utiles au bien-être de l’humanité, Antoine-Laurent Lavoisier, naquit à Paris le 16 août 1745 d’une famille de financiers; il reçut l’éducation la plus brillante et la plus complète. Son père réunissait pour lui, dans sa maison, les hommes les plus distingués dans les sciences; ce fut ainsi que le jeune Lavoisier étudia l’astronomie sous l’abbé de La Caille, pratiqua la chimie dans le laboratoire de Rouelle, suivit Bernard de Jussieu dans ses herborisations et ses démonstrations botaniques.
- Il publia, en 1763, à peine âgé de vingt ans, un Mémoire sur le meilleur système d’éclairage pour Paris, et obtint Je prix qui avait été proposé sur ce sujet. Un autre Mémoire sur les couches des montagnes contribue, avec le premier, à le faire entrer à l’Académie des sciences en 1768.
- En 1769, ayant obtenu une place de fermier général il se mit à procéder, dans le laboratoire qu’il organisa à l’Arsenal, aux grandes et belles expériences de chimie et de physiologie qui lui conquirent la juste renommée attachée à son nom.
- Le laboratoire, tel que nous le connaissons aujourd'hui, n’existait pas dans les siècles passés. Le laboratoire des alchimistes n’avait rien de commun avec nos salles d’études, vastes, bien éclairées, bien ordonnées. Au siècle dernier, le laboratoire du physicien présentait un certain pittoresque avec ses appareils encombrants dont l’ornementation jouait presque un aussi grand rôle que le mécanisme, ces appareils ouvragés étaient de beaux meubles d’apparat, car le laboratoire était plutôt un salon, une salle de réunion intime pour les initiés amis du maître, qu’un lieu de travail pratique ; la discussion jouait un plus grand rôle que l’expérimentation. La science était alors une sorte de chose secrète, on s’enfermait pour se livrer à des études ou des expériences et bien peu de faits de ces conciliabules et discussions étaient dévoilés au public.
- Les choses sont bien changées, nos laboratoires sont grands ouverts, fournis d’appareils de précision les moins encombrants possible et le travail de la pensée y cherche une forme palpable d’où germeront des découvertes, des inventions pratiques pouvant doter l’industrie d’une méthode rationnelle de production, d’un nouveau progrès souvent cause de richesse et de bien-être d’un pays.
- Le laboratoire de Lavoisier était un cabinet de physique mieux pourvu que ses devanciers et un peu plus ouvert que ceux des autres savants ; on y tenait cependant comme autrefois salon, et les appareils avaient encore l’aspect architectural ; pourtant on y sentait qu’un esprit supérieur le dirigeait : des appareils nouveaux, plus pratiques, étaient rigoureusement établis et servaient h de véritables et ingénieuses recherches scientifiques que le maître poursuivait entouré d’initiés et de quelques savants lors
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- de grandes expériences. La femme de Lavoisier présidait ces réunions savantes, et elle-même dessinait l’ensemble de ces expériences : c’est ainsi que l’on a pu reconstituer le laboratoire du créateur de la chimie, même avec ses appareils dont quelques-uns ont été pieusement conservés par son parent, M. de Chazelles.
- Quoique la vie de Lavoisier lut très remplie par les occupations de ses charges publiques, il passait plusieurs heures chaque jour dans son laboratoire, le soir et le matin, et un jour de la semaine était consacré en entier à constater par des expériences les vues qu’avaient fait naître ses études et ses méditations. Ce jour-là, il réunissait, dans son laboratoire, quelques amis éclairés dont il réclamait la coopération ; il y admettait même des jeunes gens en qui il avait reconnu de la sagacité, et les ouvriers les plus habiles à fabriquer des instruments exacts. Dans ces conférences il faisait part de ses plans aux assistants avec une grande netteté ; chacun proposait ses idées sur les moyens d’exécution, et tout ce qu’on imaginait de plausible était aussitôt mis à l’épreuve.
- Mme Lavoisier était la compagne et la collaboratrice des travaux de son mari, elle savait non seulement dessiner, ce que prouvent surabondamment les planches qu’elle fit pour le Traité de chimie de son mari (publié en 1789), mais elle peignait encore non sans talent, ayant appris la peinture sous la direction de David. On conserve d’elle, aux États-Unis, un intéressant portrait de Franklin.
- Nous reproduisons un dessin de Mmo Lavoisier où elle s’est représentée elle-même écrivant devant une table dans le laboratoire de son mari, pendant que celui-ci et Seguin font une expérience sur les phénomènes de la respiration.
- Nous donnons aussi un portrait de M. et Mrae Lavoisier peint par David en 1788 qui représente l'illustre savant assis près de sa femme; la plume à la main il semble recueillir ses paroles. Elle l’accompagnait souvent dans son laboratoire de l’Arsenal dont les registres qui ont été conservés renferment de nombreuses pages écrites de sa main.
- Nous n’avons point ici à faire l’historique des travaux de Lavoisier, nous citerons cependant les lignes suivantes de Cuvier, son comtemporain, qui tracent un tableau complet de l’origine et des progrès d’une découverte qui changea la face de la chimie, et qui couvrit le nom de Lavoisier d’une gloire immortelle.
- « C’est dans son laboratoire d etude de l’Arsenal, que naquit par degré la nouvelle théorie chimique qui a fait de la fin du dix-huitième siècle une des époques les plus remarquables de l’histoire des sciences. Becher et Stahl ne donnant d’attention qu’à la facilité de ramener les chaux métalliques à l’état de métal par le moyen d’une matière grasse ou combustible quelconque, avaient imaginé, comme principe de la combustibilité, une substance particulière qui reçut le nom de Phlogistique, et que l’on supposait sortir du métal lorsqu’on le calcine, et y rentrer quand
- on le revivifie. Cependant il était certain et bien connu que la chaux d’un métal est plus pesante que le métal avec lequel on l’a faite, et, dès le dix-septième siècle, Jean Rey, Robert Boyle et Jean Mayow avaient aperçu que cette augmentation de pesanteur est due à l’absorption d’une partie de l’atmosphère; mais leurs idées avaient été éclipsées par celles de Stahl, qui dominaient absolument en chimie. Les découvertes qui se firent sur les airs, en Angleterre, pendant la première moitié du dix-huitième siècle, et auxquelles Black, Cavendish et Priestley donnèrent ensuite l’extension la plus surprenante, n’influèrent pas d’abord sur la chimie autant qu’on aurait dû s’y attendre. Déjà Black avait démontré que la causticité de la chaux et des alcalis est due à l’absence de l’air fixe; Cavendish, que l’air fixe et l’air inflammable sont des fluides spécifiquement différents de l’air commun ; Priestley, que l’air qui demeure après les combustions, et celui qui provient de l’acide nitrique, en sont tous deux également différents dans leur espèce, et personne n’avait encore remarqué que tous ces faits ruinaient de fond en comble le système du phlogistique. Ce ne fut que six ou sept ans après les premières expériences de Priestley que Lavoisier fut frappé comme du pressentiment de la doctrine, qu’il devait bientôt mettre dans le plus beau jour. Il en déposa le premier germe dans un paquet cacheté, qu’il remit au secrétariat de l’Académie, en 1772. Retirant beaucoup d’air fixe de la revivification des métaux par le charbon, son idée fut que la calcination des métaux n’est que leur combinaison avec l’air fixe, et il chercha encore à établir cette opinion dans un volume présenté à l’Académie en 1773, et publié sous le titre d'Opuscules physiques et chimiques. Cependant cet ouvrage même contient sur la combustion du phosphore des expériences qui prouvent suffisamment que cette théorie ne pouvait être générale : aussi dut-elle bientôt être modifiée. En 1774, Bayen ayant réduit des chaux de mercure sans charbon dans des vaisseaux clos, Lavoisier examina l’air que l’on obtenait de cette manière et le trouva respirable. Peu de temps après Priestley découvrit que c'était précisément la seule partie respirable de l’air. Aussitôt Lavoisier conclut que la calcination et toutes les combustions sont le produit de l’union de cet air, essentiellement respirable, avec les corps et que l’air fixe, en particulier, est le produit de son union avec le charbon; et, combinant cette idée avec les découvertes de Black et de Wilke sur la chaleur latente, il considéra la chaleur qui se manifeste dans les combustions, comme n’étant que dégagée de cet air respirable, qu’elle était auparavant employée à maintenir à letat élastique. Ces deux propositions constituent ce qui appartient absolument en propre à Lavoisier dans la nouvelle théorie chimique, et font en même temps la base et le caractère fondamental de cette théorie. La première fut nettement énoncée dès l’année 1775. »
- En 1783, Cavendish ayant reconnu que par la
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- combustion de l’air inflammable, on obtenait de l’eau, Monge, qui partageait cette idée la communiqua à Lavoisier et à La-place, et tous trois en conclurent que l’eau devait pouvoir se décomposer en air inflammable et en air respi-rable. Lavoisier fit à ce sujet, avec Meussnier, en 1784, des expériences qui confirmèrent cette théorie.
- Les découvertes et les expériences de Lavoisier et des autres savants avaient créé une chimie nouvelle, qu’il fallait coordonner, et pour laquelle il fallait innover un langage. Lavoisier établit sa nomenclature et s’entendit avec les savants pour la faire adopter; à cette fin, il publia, en 1782, un dictionnaire de chimie sous le titre de Méthode de nomenclature chimique, substituée aux termes bizarres et mystérieux que la chimie ancienne avait empruntés à l’alchimie. Cette terminaison plus simple, plus claire, et qui avait fondu en quelque sorte les définitions dans les noms, contribua puissamment à la propagation de la doctrine nouvelle, mais ce qui y contribua encore beaucoup plus, ce fut le Traité élémentaire de chimie, que Lavoisier publia en 1789.
- Lavoisier, arrêté en 1794, avec les autres fermiers généraux, fut traduit devanfle tribunal révolution-
- naire, condamné à mort le 8 mai et exécuté le même jour. Nous devons rendre, ici, à Mme Lavoisier, la
- collaboratrice des travaux de son mari, un hommage qui lui est du.
- Mme Lavoisier était fille du fermier général Paul d’Ivoy, elle fut mariée à l'àge de 14 ans en 1761 à Lavoisier qui en avait 28. La très jeune femme vive et intelligente se mit au travail pour aider son mari dans ses études. Elle apprit le latin, l’anglais, traduisit les Mémoires de Priestley, de Cavendish, etc., publia les traductions des deux ouvrages de Kir-vvan, l’un sur la force des acides (sans date) et l’autre sur le pldogistique (1788) qu’elle réfuta. Travaillant avec son mari dans son laboratoire elle grava les planches
- du Traité de chimie (1789).
- En 1794, son père et son mari meurent le même jour sur l’échafaud révolutionnaire. Onze ans après, MmeLavoisier put, à elle seule, réunir et publier avec une préface les Mémoires du grand chimiste.
- Le salon de Mme Lavoisier était le rendez-vous de tous les hommes de sciences de son époque : Lagrange, Laplace, Berthollet, Cuvier, llum-bold, Delambre, Arago, Biot, Prony, etc., s’y rencontraient.
- En 1805, Mme Lavoisier se remaria avec le comte
- Fig. 1. — Monsieur et Madame Lavoisier. (D’après un tableau de David, 1788.)
- rh tACeiUiu.tr 3c vetc, f {tUrptu/y
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- Fi$r. 2. — Lue leitre de Lavoisier.
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- Fig. i. — Laboratoire de Lavoisier. Expérience sur la respiration. (D’après un tableau de M“* Lavoisier.)
- de Rumford1, mais cette union ne fut pas heureuse et aboutit au bout de quatre ans à une séparation à 1 îhtmford )>hijxirini. 1755-181 L
- l'amiable. Mme Lavoisier-Rumford conserva son salon, mais elle dut regretter le temps où, suivant M. Guizot, « elle vivait dans le laboratoire de Lavoisier, l’ai-
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- dait dans ses expériences et dessinait pour lui ». Elle mourut en \ 856.
- Dans les premières années de leur mariage M. et Mme Lavoisier habitaient l’Arsenal où se trouvait l’Hôtel des Régisseurs des poudres <|ue les incendies de 1871 ont anéanti. C’est là, dans une maison <|ui avait sa sortie rue de la Cerisaie, (pie Lavoisier avait son laboratoire où il lit ses principales découvertes. En 1792, il vint occuper une maison du boulevard de la Madeleine sur remplacement de laquelle a été construit le numéro 21 actuel. C'est la vue de cette maison du savant chimiste que nous reproduisons par la gravure. Quelques années après le procès des fermiers généraux M"ie Lavoisier alla habiter un hôtel de la rue d’Anjou-Saint-Honoré.
- line reste aujourd’hui à Paris aucune des habitations où séjournèrent M. et M'“e Lavoisier.
- La statue du fondateur de la chimie inaugurée en août 1900, à Paris, s’élève derrière l’Église de la Madeleine non loin de l’endroit où fut la demeure de Lavoisier à l'époque de sa mort. T. Obalski.
- CHRONIQUE
- Vin et incendie. — On a éteint dernièrement un incendie avec du vin, en guise d’eau1! L’extrême sécheresse qui règne en Californie depuis quelques années a donné lieu à un grand nombre d’incendies de forêts. Un des plus violents s’est produit près de la ville deAYrighte, dans les montagnes de Santa-Enoz, au sud de San-Fran-cisco. Cet incendie, allumé dans la prairie, dévora des forêts et redescendit dans les vallées. 11 menaça un important établissement vinicole connu sous le nom de Yista, un des éléments de prospérité pour le pays. La population se réunit en hâte; on abattit des arbres, on creusa des fossés; mais les débris en feu chassés par le vent créaient de tous côtés de nouveaux foyers. Il fallut se résigner à ne défendre que les constructions. Et on fit jouer les pompes. L’incendie cédait quand, subitement, l’eau vint à manquer. Les conduites avaient été brisées par la chute d’arbres enflammés. Tout semblait perdu, quand le propriétaire de l’établissement cria énergiquement : Toutes les pompes sur les foudres de vin ! Ce qui fut ordonné fut exécuté à la minute. Le vin coula à pleins bords des barriques et des chais sur les toitures des maisons menacées. Le feu s'apaisa et s’éteignit. Les indigènes, émerveillés, restèrent convaincus que le vin est bien supérieur à l’eau pour l’extinction des incendies! On peut se demander comment un liquide alcoolisé n’a pas aidé la combustion, loin de l’arrêter, il faut savoir que le vin ainsi sacrifié était tout jeune, en pleine fermentation, par suite renfermait à peine de l’alcool, mais en revanche beaucoup d’acide carbonique. C’est donc un jet d’eau de seltz, pour ainsi dire, qui fut lancé sur le feu. L’acide carbonique est un bon extincteur. Et, si le vin avait déjà fermenté, il est probable que le résultat aurait été tout autre. On a projeté sur les toils et sur les murs plus de 18 000 litres de vin, d’un cru renommé. On a estimé la perte à plus de 40 000 francs; mais on a sauvé un établissement d’une valeur autrement considérable. L’esprit de décision a porté scs fruits. Mais il est
- 1 Scientific amencan.
- bon de rappeler à ceux qui se trouveraient dans le même cas que, si un incendie peut être arrêté par du vin en pleine fermentation, il est probable, sinon certain, qu’on l’activerait encore en arrosant le feu avec un vin fermenté et déjà riche en alcool. N'importe : il faut aller en Amérique pour voir éteindre un incendie avec du vin !
- Végétation et lumière électrique. — l n de nos
- correspondants nous a signalé un phénomène intéressant observé à Genève, au mois de décembre, par M. Couchet. Partout où les platanes de la ville étaient baignés par la lumière des foyers électriques, les feuilles se maintenaient vertes. Toute la partie de l’arbre entourant la lampe électrique apparaissait verte et feuillue, alors que le reste de la couronne non exposé à cette lumière intense était depuis longtemps déjà dépourvu de ses feuilles. Le fait avait été déjà remarqué, en décembre 1900, dans un grand nombre de promenades, place de la Petite Fus-terie, le long du grand quai, devant le pont des Bergues, près du jardin du Lac, place de Longemalle, etc. L’influence des radiations électriques a été jusqu’ici très discutée. Les expériences ont été contradictoires; tantôt positives, tantôt négatives, variables probablement selon les conditions expérimentales, selon la distance au foyer lumineux, etc. Or, à Genève, il y a eu comme un rajeunissement de la végétation, persistance des feuilles adultes, et aussi continuation du développement du sommet des branches. Le phénomène mérite d’être mentionné et il sera bon de multiplier les observations.
- Le gux carbéthyle. — On parle depuis un certain temps d’un gaz qui aurait une puissance calorifique considérable et qui porte le nom bizarre, au premier abord, de carbéibyle : nous allons voir dans la façon dont on l’obtient la raison de cette désignation, qui est en réalité un nom composé. Pour obtenir ce gaz, on prépare une espèce de cartouche qui est disposée comme une pile de Yolta zinc et cuivre, et qui, par conséquent, dans l’eau légèrement acidulée, est susceptible de développer un courant électrique, et par suite de décomposer lentement l’eau en hydrogène et en oxygène ; cette même cartouche comporte des alvéoles où l’on a disposé du carbure de calcium comme dans un générateur ordinaire à acétylène. Supposons maintenant que l’on enferme une de ces cartouches dans un vase clos qui peut être mis en relation avec un gazomètre au moyen d’une tubulure quelconque : si, dans ce récipient, on vient à faire arriver de l’eau acidulée de 1 pour 100 d’acide chlorhydrique, l’influence du courant électrique d’une part, et de l’autre l’action de l’eau sur le carbure de calcium formeront simultanément de l’oxygène, de l’hydrogène et de l’acétylène. Tout cela se mélangera et le composé donnera un gaz qui se rendra dans le gazogène et qui sera précisément le fameux carbéthyle. Du reste, on remarquera que l’oxygène et l’hydrogène entrant dans ce mélange sont à l’état naissant, ce qui les met à même de former des combinaisons multiples et spéciales. MM. Richard et Cahen, qui sont les inventeurs du procédé, ont combiné les choses de telle façon qu’ils peuvent introduire au besoin dans le gazogène des quantités variables d’air atmosphérique, ce qui donne finalement des gaz de teneurs diverses et inégalement carburées. Nous noterons qu’on opère à très basse pression et que le gaz acétylène dans ces conditions perd entièrement ses propriétés détonantes. La température que peut donner la combustion du nouveau gaz est tellement élevée, qu’elle permet la fusion des métaux réfractaires, et, en particulier, du platine, et cela à l’air libre, sur un charbon quelconque.
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- Les conditions de la vie anaérobitjue. — Le
- phénomène de la vie anaérobique, originairement découvert et défini par Pasteur, vient d’être enrichi d’observations nouvelles par des travaux importants du l)r Klelt de Wurtemberg. Étudiant la vie du bacille de l’anthrax en dehors du corps humain, le l)r Klelt a trouvé que si la vie est entretenue par la substitution de l’azote à l’air, la croissance de l’organisme n’est pas entravée, et les spores se développent aussi bien que dans les conditions ordinaires. Si, au contraire, on remplace l’air par l’hydrogène, les spores ne se développent pas pourvu que le milieu nutritif permette le contact intime du gaz avec la culture. Ce n’est donc pas, comme l’ont supposé beaucoup d’expérimentateurs, à l’absence de l'oxygène qu’il faut attribuer la non-production des spores dans ce qu’on appelle les cultures anaérobiques du bacille de l’anthrax.
- Lit pont avec une pile suspendue en l’air. —
- Il ne s’agit pas d’une pile tout entière, mais d’un des montants de cette pile, qui s’est trouvé suspendu au reste même de l’ouvrage pendant un certain temps. Ce travail assez curieux a été effectué dans les environs de Cleveland, aux États-Unis, et parce qu’un égout de cette région devait exactement passer sous les fondations d’une des piles d’un viaduc métallique; son axe coïncidait avec le massif de base d’un des montants de la pile, et le sommet de sa voûte était juste au niveau de la pierre de couronnement de ce massif. On n’hésita point à soulever le montant de quelques centimètres, puis à le rattacher aux deux extrémités et à l’autre bord du tablier du pont, au moyen de câbles métalliques frappés sur un collier enserrant le pied du montant. On ajouta des poutres pour donner de la raideur à l’ensemble, puis on enleva complètement le massif maçonné, on creusa et construisit solidement l’égout, et, au bout de quatre semaines, on put laisser redescendre doucement le montant sur le sommet de la voûte de cet égout après interposition de l’ancienne pierre de couronnement.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 25 février 1901. — Présidence de M. Focqüé.
- M. Ramsay, correspondant de l’Académie, assiste à la séance.
- Le sol de Vile de Madagascar. — M. Müntz annonce qu’il a entrepris, à la demande du gouverneur de Madagascar, une série d’analyses d’échantillons de terrains prélevés dans différentes régions de Me, à l’effet d’obtenir des données sur le degré de fertilité du sol. Les échantillons examinés sont au nombre de 500. L’analyse a permis de reconnaître que le sol de Me est pauvre en matières fertilisantes, les régions les plus favorisées sont les côtes. En résumé, Me ne semble pas pouvoir nourrir une population très dense et les efforts de la colonisation doivent tendre à développer les cultures de plantes peu épuisantes, telles que le théier, le caféier, fa vanille.
- Câble électrique posé sur la glace. — M. Mascart présente une Note de M. Brunhes, directeur de l’Observatoire du Puy de Dôme, annonçant que depuis vingt années le fil télégraphique reliant l’Observatoire du Puy de Dôme au réseau repose directement sur la neige, chaque hiver, sur un parcours de 400 mètres. 11 y a donc réclamation de priorité au sujet de ce mode de communication signalé par M. Janssen dans une récente communication.
- Un succédané du fourrage. — M. Itehérain présente une Note de M. A.-Ch. Girard, professeur à l’Institut agronomique, décrivant les avantages que présenterait l’introduction de l’ajonc comme substance alimentaire des bestiaux. L’ajonc, qui appartient à la famille des légumineuses, couvre ces vastes surfaces appelées landes. La valeur alimentaire de cette plante peut être précisée par la relation suivante : 250 kg d’ajonc frais peuvent être substitués à 100 kg de foin de prairie naturelle ou artificielle. C’est la partie épineuse de la plante qui possède la plus grande valeur alimentaire; mais l’ajonc doit être broyé. 11 donne une matière digestible pour le cheval et le mouton, moins riche en azote que la luzerne, mais plus riche en matière digestible. Après avoir étudié les conditions de la culture de l’ajonc et le sol où il prospère, M. A.-Ch. Girard observe que sur des terres presque stériles on peut recueillir 20 000 kg d’ajonc à l’hectare, soit l’équivalent d’une récolte de 8000 kg de foin à l’hectare. C’est le rendement des terres les plus fertiles. L’ajonc est donc, suivant l’expression de l’auteur, la plante d’or des terrains primitifs comme le lupin est la plante d’or des terrains sablonneux.
- Différenciation des leucocytes. — M. Joannès Chatiu présente une Note de M. Stassano sur les caractères hislc-chimiques des leucocytes. Traités par le réactif de Roma-nowskv, les leucocytes polynucléaires demeurent incolores tandis que les mononucléaires se colorent èn bleu grisâtre. Leurs granulations chromatophiles sont d’origine nucléienne. C’est là un nouvel exemple des échanges qui s’opèrent entre le noyau et le corps de la cellule.
- La réversibilité des phénomènes chimiques. — M. Mois-san présente une Note de M. Colson relative à la réversibilité des phénomènes chimiques dus à l’action de la chaleur. A côté des phénomènes réversibles il existe un type de réactions caractérisées par une tension indépendante de la masse soumise à l’expérience, uniquement fonction de la température, mais irréversible parce que la tension subsiste quand la température redevient normale. Avec le carbonate d’argent, en particulier, la dissociation n’est pas réversible; mais une trace d’eau suffit pour déterminer la réversibilité. Cette propriété, si importante au point de vue de la mécanique chimique, dépend donc parfois de conditions chimiques, M. Colson décrit également les effets de la lumière sur un mélange d’oxyde de carbone et d’oxydes métalliques.
- La radio-activité secondaire. — M. Becquerel, continuant les expériences de M. et Mme Curie et de M. De-bierne, a signalé la radio-activité secondaire. Ce mot désigne la propriété communiquée par la substance radiante à certains métaux d’émettre des radiations. Des expériences variées, précises et nouvelles montrent que ce pouvoir est dû à une émanation de la substance radiante et que cette émanation est transmissible par l’air.
- Un moyen de déplacement vertical propre à certains poissons. — M. Edmond Perrier présente une Note d’un correspondant personnel faisant connaître un moyen particulier dont disposent certains poissons pour se déplacer dans le sens vertical. Alors que les poissons osseux sont pourvus d’une vessie remplie d’air qu’ils compriment à volonté, de manière à occuper un plus petit volume, et par suite à descendre verticalement, les sélaciens, au moyen d’une disposition organique, introduisent à volonté de l’eau dans leur péritoine de manière à couler lorsqu’ils veulent descendre.
- Cn. de Yilledeuil.
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- U COUPE PHENARISTICOPE DU DOCTEUR P. RICHER
- Le grand-père du cinématographe, cette merveilleuse application de la photographie, paraît être un physicien qui vivait au commencement du siècle dernier et nommé Plateau. A cette époque Dagucrre et Niepce n’avaient pas encore parlé, de sorte que l’on peut dire que l’origine de ces images mouvementées qui nous intéressent tellement aujourd’hui est antérieure à la photographie elle-même.
- L’appareil inventé par ce savant n’était autre qu’une variante d’un jouet qui existe encore maintenant, le zootrope.
- Un disque était muni d’une série de fentes situées près de sa circonférence et, en regard de chacune, était dessiné un sujet animé dans les phases successives de son mouvement.
- Ces phases étaient exécutées avec toute l’approximation que pouvaient donner une observation ordinaire et le talent du dessinateur. En faisant tourner ce disque devant un miroir et en plaçant l’œil derrière les fentes, on voyait l’objet se mouvoir suivant la prévision de l’auteur du dessin. Ce mouvement était naturellement fort imparfait et grossier ; pourtant il était très sensible, ainsi qu’on peut s’en rendre compte encore aujourd’hui dans ces zootropes enfantins qu’on trouve dans les magasins de jouets.
- Les études d’analyse du mouvement par la photographie qui ont été faites surtout par M. le Dr Marey, membre de l’Institut, sans transformer l’appareil vinrent donner aux expériences une justesse et une précision qu’elles n’avaient pas eues jusqu'alors. Elles précédèrent d’ailleurs immédiatement l’invention des appareils cinématographiques d’Édison et de Lumière.
- Le Dr Marey a même monté un appareil zootrope qui donne au mouvement une intensité toute particulière. D’après les documents photographiques recueillis par lui sur le vol d’un goéland, il a fait modeler en ronde bosse cet oiseau dans les positions
- successives de son vol et il a placé ces différents modèles en plâtre dans le zootrope. Cette expérience était des plus intéressantes, mais d’une application courante un peu difficile à cause du prix élevé que coûterait sa mise en train.
- M. le l)r P. Richer, de l’Académie de médecine, dont on connaît les nombreux travaux sur la physiologie et qui joint à la science du médecin un grand talent de sculpteur, a imaginé de fabriquer un praxino-scope qui ressemble en principe à celui-ci de Plateau dont nous parlions plus haut (voy. les fîg.). Ce qui donne à cet appareil de physique un intérêt spécial, c’est qu’il se présente sous une forme des plus gracieuses. C’est une coupe très artistique qui ne peut qu’honorer l’ameublement d’un intérieur arrangé avec goût. La partie circulaire, la coupe proprement dite, est mobile autour de son centre; elle peut tourner librement sur le pied dès qu’on lui imprime le mouvement. De sorte qu’après avoir rendu ses services comme coupe, cet
- objet d’art peut devenir phénakisticope véritable. Les fentes sont ménagées à la périphérie. Quant au sujet en mouvement c’est un coureur. Les poses ont été prises sur des photographies analytiques du l)r Marey et représentent les phases successives d’un homme au pas de course. D’autre part, comme ces différents sujets sont exécutés en relief, ils prennent une animation très vivante et d’un intérêt fort particulier.
- Comme pour l’appareil de Plateau, pour voir le mouvement avec le phénakisticope du Dr P. Richer, il suffit de placer la tige dans la position horizontale, de faire tourner la coupe devant une glace et de regarder derrière les fentes. A. da Cunha.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Paiiore, rue de Fleurus, 9.
- Fig. 1. — Vue de la coupe, prise de bas en haut, montrant les coureurs et les fentes.
- Fig. 2. — Vue d'ensemble de la coupe phénakisticope du II' P. Hiclier.
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- N® 1450. - 0 MARS 1001.
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- RECONSTRUCTION DU TIÀDUC DE KINZUA
- Un a jadis signalé ici1 la construction, aux États-Unis, d’un viaduc monstre qui sc nomme Viaduc de Kinzua, et qui constituait une des réelles curiosités
- de la ligne ferrée de U « Erie Railroad » : il était tout à la fois remarquable par sa longueur et sa hauteur, puisque les rails s’y trouvaient à 92 mètres
- Vue des « travelers » eu fonctionnement pour la reconstruction du viaduc de Kinzua.
- au-dessus de la rivière qu’il franchit, et aussi par la façon dont il était construit, suivant les méthodes employées aux États-Unis, et fort différentes de celles qui sont pratiquées en Europe pour les grands
- 1 Yoy. n° 500; du 10 février 1885, p. 105. î!)e année. — l'r semestre.
- ponts métalliques. La longueur de l’ouvrage est de 640 mètres, et il faut ajouter que l’on se trouve en pleine région des Àlleghanys, à 601 mètres au-dessus du niveau de la mer. Sans donner à nouveau des détails qui ont été publiés sur cette construction, nous dirons en deux mots que ce viaduc était formé
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- LA NATURE.
- de poutres de 1er s'étendant sur une longueur de 18 mètres environ entre les piles et de 12 mètres à l’aplomb même de ces piles. Ces dernières, en fer également, et reposant sur des massifs de pierre, étaient faites de colonnes présentant un fruit de 1/6 et de section circulaire, creuses et rivées, raidies par des entretoises horizontales et des tirants diagonaux.
- Depuis 1882, date où il avait été terminé, le viaduc avait rempli vaillamment son office ; mais on estimait qu’il devenait de plus en plus nécessaire de le remplacer par une nouvelle construction plus solide, étant donnée l’augmentation de poids des locomotives et des wagons que l’on a adoptés maintenant pour l’exploitation des chemins de fer. Un pouvait du reste recourir à l’acier doux au lieu du 1er, et, de ce fait, la résistance s’accroissait considérablement; on résolut de plus de distribuer plus scientifiquement les matériaux en adoptant une nouvelle disposition, et enfin on augmenta les sections, puisque le poids de métal de l’ensemble de l’ouvrage est maintenant de 5500 tonnes alors qu’il n’était de 2501 antérieurement. D'ailleurs les fondations étaient si solides qu’on n’a pas hésité à leur confier cette charge nouvelle sans y opérer aucune réfection. 11 était évidemment intéressant de signaler cette reconstruction dans la revue même qui avait donné des détails sur le premier travail : cela permettra au lecteur de se rendre compte, au bout de près de vingt années, des transformations opérées dans les procédés des ingénieurs américains.
- La gravure même que nous reproduisons (p. 225) va faciliter et surtout simplifier nos explications, puisqu’elle montre à la fois la constitution du pont, son aspect général et aussi son mode de montage. Nous ne parlons’pas des dimensions, qui sont exactement celles de l’ancien ouvrage. Le viaduc est porté par vingt tours, chacune étant formée d’une paire de poutres inclinées et doubles, ce qui fait en somme quatre poutres par tour. D’autre part, celles-ci sont faites de deux profilés en U, dont les ailes ont une épaisseur de i l millimètres pour une largeur de 65 centimètres. Les deux profilés en question se trouvent placés à une distance de 0m,91 l’un de l’autre, et ils sont réunis par un solide lattis de plats et de cornières en acier. Chacun des couples de poutres est consolidé latéralement par des treillis de belles dimensions, et, de même, on a prévu de solides goussets pour rattacher les poutres inclinées aux entretoises horizontales reliant le système de deux poutres. On aperçoit aussi des tirants et des entre toises, en treillis également, qui assurent la rigidité longitudinale des tours considérées dans leur ensemble. Notons une bizarrerie qui sort des habitudes des constructeurs de ponts américains : toutes les liaisons sont faites par des rivets, pour donner plus de rigidité, alors que d’ordinaire les ingénieurs du Nouveau Monde préfèrent les systèmes articulés à chevilles. Quant à la superstructure de
- l'ouvrage, elle est formée de deux lignes de poutres pleines, espacées de 2m,74 d’axe en axe; les travées entre les tours ont gardé leur longueur de 18 mètres (exactement 18m,28). On a pris les mesures pour laisser les dilatations se faire, et dans ce but on a interposé, entre une des poutres inclinées de chaque demi-tour et les fondations, des rouleaux de dilatation qui ont un diamètre de 76 millimètres pour une longueur de l'n,092 et qui sont, comme de juste, logés dans des logements spéciaux.
- On sait que les Américains, quand iis ont à reconstruire un pont de chemin de fer, aiment — et avec raison — le faire à l’endroit même où s’élève l’ancien ouvrage, et sans interrompre pour cela l’exploitation de la ligne ferrée : nous avons donné un exemple de cette nature pour ie nouveau pont du Niagara, et ici encore, si le trafic fut interrompu, du moins ce ne fut que pendant peu de temps; de plus les procédés que l’on employa pour enlever les anciennes charpentes et mettre en place les nouvelles furent des plus intéressants. Dans ce but on recourut à deux de ces appareils que l’on nomme « travelers » en anglais, et qui sont comme des sortes de ponts roulants ; c’est une espèce de pont en charpente du système llowe, qui a une longueur de 45m,75, et qui peut par suite s’étendre d’une des tours quelconques du pont métallique à la tour non immédiatement adjacente, en couvrant l’espace de trois tours par conséquent. Ces travelers furent construits sur l’ancien ouvrage même, où on pouvait les faire se déplacer longitudinalement. On amenait le traveler exactement au-dessus de la tour que l’on voulait démolir, et tandis que les extrémités du pont roulant prenaient appui sur les deux tours voisines, on pouvait démolir les trois travées situées sous lui, celle qui se trouvait au sommet de la tour médiane et celles de droite et de gauche; on procédait ensuite de même pour les matériaux constituant la tour même et cela au moyen des treuils que l’on avait disposés sur le pont roulant. Les matériaux de démolition étaient amenés sur la portion du pont métallique encore intacte (ou même sur celle qui avait déjà fait l’objet d’une reconstruction définitive), et l’on évacuait tout cela vers la voie ferrée posée sur la terre ferme. On comprend que, par une opération inverse, on pouvait amener les matériaux neufs à pied-d’œuvre et les river tandis qu’ils étaient supportés par les cables des treuils du pont roulant.
- Grâce à cette façon de faire, l’ouvrage pouvait se poursuivre avec une très grande rapidité, et d’autant plus que les deux travelers étaient employés simultanément à chaque bout du pont. Ce travail a été mené très vite à bonne fin, et il fait autant d’honneur à la Compagnie Elmira Bridge Company qui l’a exécuté matériellement, qu’à M. Buckholtz, l’ingénieur en chef de la Compagnie de chemin de fer, qui avait dressé le projet de reconstruction.
- Pierre de Mériel.
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- RICHARD
- TREVITHICK
- ET LES ORIGIXES UE LA LOCOMOTIVE
- (( Quel est l’inventeur de la locomotive? » C’est sous ce titre que La Nature, dans son numéro du 23 février, après avoir analysé un article de M. William Fletcher sur les locomotives construites, avant Stephenson, par Trevi-tliick et par d’autres, manifeste une surprise nuancée de scepticisme à l’égard de ces antériorités.
- Les titres de Trevilhick sont incontestables. Ils ne méritent ni cet excès d’honneur d’éclipser la gloire de Stephenson, ni cette indignité d’être méconnus. Dès 1804, alors que George Stephenson, âgé de 23 ans, était encore simple ouvrier, Richard Trevithick, associé avec son parent Andrew Vivian, construisit une locomotive qui fonctionna sur un chemin de fer à Merlhyr-Tydvil. 11 faut d’ailleurs s’entendre sur ce qu’on appelle inventer la locomotive. Ce qui appartient en propre à Trevithick et Vivian, c’est d’avoir fait circuler pour la première fois sur des rails un véhicule à vapeur. Les voies munies de rails étaient d’ores et déjà connues et employées, notamment pour la ‘traction des wagons dans les exploitations minières.
- Quant aux véhicules à vaprur, Trevithick et Vivian n’ont pas été les premiers à en construire. Le fardier de Joseph Cugnot, que l'on peut voir au Conservatoire des Arts et Métiers, avait effectué en 1770 ses expériences dans l’Arsenal de Paris.
- Toutefois, si l’on fait abstraction des projets, des tentatives inachevées et des modèles à échelle réduite, tels que celui construit en 1784 par William Murdoch et actuellement déposé au musée de South Kensington, à Londres, Trevithick et Vivian paraissent avoir été les premiers, après Cugnot, à faire mouvoir sur terre un véhicule par la vapeur. Ce fut d’abord un automobile, comme on dirait aujourd’hui : ils construisirent en 1803 une berline à vapeur, montée sur trois roues, que l’on vit à Londres et qui circula plus ou moins1.
- Le fonctionnement ne dut pas être brillant, car nous vovons les constructeurs abandonner la tentative, et l’on peut supposer que c’est pour faciliter le problème qu’ils se mirent, aussitôt après, à fabriquer une machine destinée à circuler sur rails.
- L’Histoire descriptive de la machine à vapeur, de Robert Stuart, ouvrage qui était à sa troisième édition en 1825, s’exprime ainsi sur cette locomotive de 18042 : « Elle faisait marcher sur une route en fer autant de chariots qu’il en fallait pour transporter dix tonneaux et demi de fer, avec une vitesse de cinq milles et demi par heure, à une distance de neuf milles ; cette machine ne consommait pendant tout son voyage que la quantité d’eau contenue dans la chaudière au moment du départ. Son cylindre avait 8 pouces de diamètre et son piston 4 pieds de course. »
- La chaudière élait à foyer intérieur, non tubulaire; la
- 1 Vov. Histoire de la Machine à vapeur, par M. lî. Thur-slon, traduction de M. J. Hirsch (Paris. Germer Baillière, 1880), t. 1. p. 163. M. Thurston avait sous les yeux une Vie de Richard Trevilhick, écrite par M. F. Trevithick et publiée à Londres en 1878. Voyez aussi Étude sur les locomotives, par M. E. Furno (Annuaire de la Société des anciens éléves des Ecoles nationales d’Arts et Métiers, 1880), p. 86 et suivantes.
- * Traduction faite sur la 5e édition et publiée à Paris, chez Malher, en 1827; p. 257.
- machine ne comprenait qu'un seul cylindre vertical, à double effet, avec distribution par un robinet à quatre orifices; la vapeur d’échappement, après avoir traversé un tube réchauffeur d’alimentation placé au-dessus du générateur, était envoyée à la cheminée; les jantes des roues, par crainte du manque d’adhérence, étaient garnies d’aspérités et de rainures.
- Des tâtonnements nombreux, les uns stériles, les autres inaugurant des améliorations importantes, séparent encore cette machine du « Rocket » de Stephenson : à cette période d’un quart de siècle, comprise entre 1804 et 1829, s’attachent1 les noms de Blenkinsop qui fait construire, en 1811, une locomotive à deux cylindres avec manivelles calées à angle droit, dont l’adhérence (que l’on croyait toujours devoir demander à autre chose qu’au poids) était obtenue par crémaillère; de Brunlon qui propose, en 1812, une machine à propulsion par béquilles, véritables jambes artificielles; de Blackett et Hedley, qui démontrent, sur le chemin de ferduWylam, qu’en général l’adhérence due au poids suffit; de George Stephenson lui-même, dont les travaux relatifs à la locomotive commencent, en 1814, par la construction d'une machine destinée à la mine de Killingworth : les essieux de cette machine étaient rendus solidaires par une chaîne sans fin, mode d’accouplement qu’il remplace par une bielle en 1816. Mais ce que j’ai surtout à cœur de rappeler, car c’est une gloire française, c’est que l’emploi des tubes à fumée de petit diamètre, qui devait permettre d’accroître, dans une proportion jusqu’alors inconnue, la surface de chauffe de la chaudière, a été breveté au profit de Marc Seguin le 50 décembre 1827.
- 11 n’en est pas moins certain que le 6 octobre 1829, lorsque la Compagnie du chemin de fer de Newcastle à Liverpool décernait à Robert Stephenson, propriétaire du « Rocket », le prix de 12500 francs du concours de Rainhill, l’èrc des applications modernes de la locomotive s’ouvrait véritablement.
- (Jne invention telle que celle-ci ne sort pas tout armée d’un seul cerveau humain; l’admiration que mérite l’œuvre de George Stephenson n’exige pas que Ton oublie Joseph Cugnot, Richard Trevithick, William Hedley ni Marc Seguin. C. Walckenaer,
- Ingénieur en chef des Mines.
- LE RA0USSE DEL RIEL
- ET LE PAS DE l’aRC (LOZÈRE)
- Depuis dix-huit ans que, prolongeant et élargissant sans relâche la voie ouverte par MM. Lequeutre, de Malafosse, Cartailhac, Trutat, G. Fabre, P. d’Albi-gny, etc., je me suis voué à la tâche ardue (trop souvent compliquée ou entravée par d’irréductibles conflits d’intérêts locaux et par de mesquines jalousies particulières, malheureusement inévitables en pareille matière) de révéler au public et de rendre praticable aux touristes les merveilles de la région des Causses (gorges du Tarn, de la Joute, de la Pourbie, de l’Ardèche, chaos rocheux de Montpellier-
- 1 Cf. Histoire des machines à vapeur depuis leur origine jusqu’à nos jours, par Hachetle (Paris, Gorby, mars 1850), p. 117 et suivantes. Voy. aussi un résumé très clair de la succession des premières locomotives dans l’ouvrage de M. Deghilage, Origine de- la locomotive (Paris, Broise et Courtier, 1886).
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- lo-Vieux, du Rajol, du l)ois de Païolive, cavernes, abîmes et rivières souterraines de Dargilan, de Bra-mabiau, de l’Aven Armand, du Tindoul, de Padi-rac, etc.), il ne s'est guère passé de saison que je n’aie eu l’heureuse chance de découvrir, en cette privilégiée région, quelque nouvelle et ignorée curiosité pittoresque, à la surface ou dans l’intérieur de son sol. Encore au mois de mai dernier cette inépuisable mine de sites, aussi admirables que peu connus, m’a fourni la surprenante rencontre d’un des plus beaux rochers percés en pont naturel que je connaisse, le « Baousse del Biel ».
- C’est dans la partie inférieure du fameux canon du Tarn, sur la rive gauche et à 550 mètres au-
- dessus de la rivière, entre les Vignes et le Rozier (Lozère), parmi les falaises à pic du causse Méjean, qu’un mur, ou saillant peu épais de dolomies batho-niennes, offre la gigantesque percée représentée figure 1. Cette photographie me dispense de toute description ; les personnages (deux de mes habituels auxiliaires caussenards, Louis Armand et Hippolytc Causse), placés sous l’arcade et à son sommet, montrent quelle est la grandeur du monument : 25 mètres de largeur sur 27 de hauteur (40 mètres en y comprenant le tablier même du rocher). Le célèbre « Prebischthor » de la Suisse saxonne (à 500 mètres au-dessus de la ravine de Biela-Grund), en Bohême, ne mesure que 50 mètres de largeur
- Fig. 1. — Le Baousse del Biel (Lozère;. (D'après une photographie de l'auteur.)
- sur 20 de hauteur; le voici donc éclipsé par son nouveau rival du causse Méjean. Certes, le Pont d’Arc de l’Ardèche dépasse encore toutes ces dimensions, mais la puissante rivière qui l’a perforé continue à y faire rouler ses eaux parfois furieuses en temps de crue. Au Baousse del Biel (en patois, précipice boisé du beau-père), dont le seuil est à 755 mètres d’altitude, c’est à près de 1100 pieds au-dessus de la rivière actuelle que d’anciens torrents (morts depuis combien de siècles?) ont, comme dans les grès du Prebischthor, troué l’arc triomphal témoin de leur puissance d’antan. On sait comment le phénomène, assez fréquent', et toujours si pittoresque des « ponts naturels », est invoqué
- J Yov. mes Abîmes, p. 5-42.
- par les géologues comme l'une des preuves les plus frappantes du travail formidable d’enlèvement de matières effectué par l'érosion des eaux courantes1 ; il convient, en outre, de leur reconnaître cette importance que, dans des positions élevées et aujourd’hui anormales comme celle du Prebischthor et du Baousse del Biel, ils dénoncent la décadence des ruissellements superficiels et témoignent irréfutablement de la considérable diminution des précipitations atmosphériques, depuis les époques géologiques, probablement pliocènes, où des cours d’eau, maintenant disparus, avaient la force vive nécessaire pour trouer de semblables rochers! C’est un capital corollaire des thalwegs en partie effacés que l’on peut suivre
- 1 Yoy. de Lapparent, Traité de géologie, passim.
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- encore à la surface des causses, bien moins plate qu’on ne le croit généralement et jadis sillonnée, avant les grands phénomènes de dénudation qui en ont abaissé le niveau, par tout un réseau de cours d’eau.
- Voilà bien des années que le Baousse del Biel m’intriguait, car on le distingue quelque peu, sans se douter de ses colossales proportions, depuis la rivière même du Tarn (entre le Cambon et la Sablière) ; mais l’accès en est si compliqué (excursion d’une journée entière des Vignes au Rozier par le Pas de l’Arc et le causse Méjean, ou bien grimpades et dégringolades de trois à cinq heures dans des ravines presque sans chemins, si l’on veut y monter des bords mêmes du Tarn) que je n’avais pu
- trouver l’occasion de l’aborder avant le 25 mai 1900 en compagnie de mon ami A. Fabié. Je ne désespère point d’amener quelque jour la section Lozère et Causses du Club alpin Français à construire un sentier commode qui permette de l’atteindre en une heure, directement de la rivière; pour les touristes achevant en barque la descente du Tarn, ce serait, surtout au soleil couchant, un intermède final d’indescriptible splendeur, plus court (deux heures en tout, aller et retour) et plus recommandable même que le Point sublime du Cirque des Baumes! A travers l’immense ogive la vue du canon fuyant vers le sud, et, dans l’autre sens, celle des murailles dorées du causse Méjean, dressant leurs courtines de 100 mètres de haut, font un contraste insurpassable.
- Fig. 2. — Le Pas de l’Are (Lozère1). Fig. 3. — Le canon du Tarn. (Vu du Pas de l'Arc.)
- (D’après des photographies de l’auteur.)
- En 1885, lors de ma première visite aux gorges du Tarn, j’étais passé, à un kilomètre seulement au nord du Baousse del Biel, par une autre percée naturelle, visible également des bords du Tarn, le Pas de l’Arc (fig. 2), beaucoup plus petite (8 mètres de hauteur sur 5 mètres de largeur seulement) mais non moins intéressante pour les géologues, à cause de sa grande élévation (altitude 690 mètres) à 280 mètres au-dessus de la rivière, et pour les touristes à cause des fantastiques tours de rochers qui se dressent derrière, et de la vue plongeante qui s’y présente sur le canon, avec le pic saillant du Cingle-gros dans le fond (fig. 5); ce paysage évoque à merveille les aspects des géants canons américains du Colorado, tels que les montrent les croquis et les photographies si suggestifs de Powell et de Dutton. Après avoir revu les formidables fortifications natu-
- relles du Pas de l’Arc, je n'ai rien à changer à la comparaison que j’en ai jadis faite1, avec les ruines de quelque cyclopéen donjon de Titans! Le vrai travail à exécuter et le plan à combiner pour une excursion idéale, qui demanderait à peine trois heures de marche et seulement 550 mètres d’ascension en tout, consisteraient à réfectionner complètement le fort mauvais sentier de chèvre (enfoui par places sous les broussailles) qui monte du Cambon au hameau de la Bourgarié, par le Pas de l’Arc, jusqu’à une citerne toujours pourvue d’excellente eau, à améliorer (à très peu de frais) le chemin en corniche qui réunit horizontalement, au pied des superbes falaises du Causse, la citerne du Pas de l’Arc au ravin du Baousse del Biel, et à construire
- 1 Yov. Annuaire du Club alpin pour 1883.
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- le chemin dont je parlais ci-contre pour redescendre, en passant sons le pont naturel du Baousse, jusqu'au Tarn pour y reprendre la navigation vers le lîozier.
- Cette combinaison compléterait d’indicible manière la mirifique journée de la descente du Tarn, et cadrerait à merveille, comme durée et emploi du temps, avec le coucher la veille en « l’hostellerie du château de la Caze », appelée, par son enchanteresse situation, et sa distance des voies d’accès, à devenir la principale étape des visiteurs du canon. Mais les exploitants actuels de la région parviendront-ils à s’entendre pour la réalisation de ce desideratum, et pou» persuader également aux touristes que le Pas de l’Arc et le Baousse del Biel sont le couronnement nécessaire de l’excursion en ces parages?
- L’aspect, l’altitude et la juxtaposition de ces deux arches si remarquables, le bouleversement chaotique des ravinements qui les séparent, la forme des obélisques et murs de rochers qui les encadrent, la fissuration des falaises qui les dominent, enfin leur situation à 150 ou 200 mètres au-dessous de la surface du Méjean, me donnent à croire que jadis a pu s’étendre de l’un à l’autre quelque immense caverne; sous le Causse Noir, au-dessus de la vallée de la Jonte, la grotte maintenant fameuse de Dargilan est placée parmi des roches pareilles, à une hauteur et dans des conditions générales analogues; si ses voûtes s’étaient effondrées à ciel ouvert on y verrait, au lieu de vastes salles et galeries, un enchevêtrement de ravins, dé petits cirques et de monolithes de pierre en tout semblable à ce qui se présente entre le Pas de l’Arc et le pont naturel du Baousse del Biel ; et je ne crois pas me tromper en supposant que ces deux ouvertures ont pu être, au moins à l’origine, les orifices d’amples grottes ayant servi, pendant un temps, de réservoirs à des accumulations d’eaux souterrainement infiltrées, que ces eaux ont d’abord ouvert, puis agrandi les deux arcades leur servant d’issues, que leurs érosion et corrosion internes ont fini par provoquer la rupture des voûtes caverneuses de trop grandes portées, et que le ruissellement extérieur a ensuite progressivement mais incomplètement effacé les effets du primitif travail souterrain, jusqu’au jour où son arrêt, aujourd’hui définitif, n’a plus laissé que les ruines actuellement si stupéfiantes.
- Cette théorie, que j’ai formulée dès 18881, de la contribution des écroulements de cavernes au creusement des ravines et canons du calcaire, n’a pas manqué d’être contestée; il ne faudrait certes pas en exagérer la portée générale; mais les derniers résultats fournis par le récent développement des recherches souterraines, et l’examen détaillé des phénomènes, d'approfondissement des thalwegs calcaires ne font, selon moi, que confirmer la justesse de son application à une quantité de cas locaux.
- Le Baousse del Biel et le Pas de l’Arc en sont, il me
- 1 Comptes rendus de l'Académie des sciences,?) décembre.
- semble, une nouvelle preuve, que je ne saurais trop recommander à l’attention des géologues, comme à la curiosité des touristes. E.-Â. Martel.
- L’AVÂIANCHE
- On a, en général, sur les avalanches des notions fort erronées; ce phénomène physique si fréquent, si redoutable dans les Alpes, ne nous apparaît presque jamais avec sa physionomie véritable. Quand on parle d’avalanche do neige, on entend une énorme masse arrondie : elle se forme sur les sommets escarpés, petite à l’origine, elle dévale sur les pentes et augmente d’une strate à chaque tour qu’elle fait.
- Tous les matériaux qu’elle rencontre, neige, pierre, débris de glace, elle les prend, et roule ensuite avec un bruit de tonnerre à travers la montagne désolée, fille suit généralement un couloir élroit, abrupt, à parois lisses. Lorsque les roches encaissantes sont de formation schisteuse, elle enlève toutes les petites feuilles éparses et de blanche qu’elle était devient grise. Elle produit d’abord un sifflement aigu, strident, puis un bruit p’us sourd, enfin lorsqu’elle arrive au bout de sa course, on a la sensation d’ur. écrasement formidable.
- À la tempête succède un silence de mort. Il est peu d’impression aussi saisissante que celle que je viens d’indiquer.
- (les avalanches suivent toujours la même piste. Dans la nomenclature des Alpes, vous rencontrez souvent dans les lieux-dits le mot « couloir des avalanches ». Pour préserver les maisons contre leurs ravages, on dispose de loin en loin, sur les pentes gazonnées, des bouquets d’arr hres destinés à détourner ou, si l’on aime mieux, à cana-' liser ces gigantesques projectiles.
- Enfin, malgré la furie de déboisement qui sévit depuis de longues années dans les pays de montagne, on a respecté certaines forêts, regardées comme intangibles, parce qu’elles préservent des catastrophes redoutables, les bourgs placés trop près des couloirs maudits.
- Les avalanches sont formées aussi de matières essentiellement solides. Lorsqu’arrive le printemps, les eaux « sauvages » entraînent les terres qui tapissent les pentes, en forment des masses pâteuses auxquelles on a donné le-nom caractéristique de laves. Ce sont les avalanches de terre, elles sont fréquentes dans la vallée de la Durance, dans celle de l’Arc, partout où les arbres sont sacrifiés par coupes à blanc, ou si l’on aime mieux, dans ces cantons où l’on dépouille un pan de montagne, d’une seule fois, de toute végétation.
- Ces avalanches s’entassent dans le fond des vallées, y forment d’énormes cônes de déjection. Elles engloutissent souvent villages et champs cultivés. Il n’est pas rare de voir en Maurienne ces amoncellements informes où errent quelques moutons étiques, où se dressent quelques misérables chalets. Près de Montmelian, il y a quelques années, une lave gigantesque enleva au massif des Bauges plusieurs milliers de mètres cubes de graviers, de calcaires désagrégés. La région avait été déboisée, à la forêt on avait substitué la vigne, et les infiltrations, rencontrant un sous-sol argileux, avaient fait le reste? 1
- On essaye, par une reeonstitutiorUfégfdièrè des forêts,1 par la consolidation des berges de Toïb^nts; d’ëtbindre les causes premières de ces dévastations? "niais c’est là-cetevre de longue haleine. On peut dire que toutes lesi*Alpê*s toe sont que des ruines, et qu’elles tendent tous les. jours à
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- s’effondrer en nappes de boucs ou de cailloux dans les vallées inférieures.
- Quelquefois l’avalanche est provoquée par la rupture de base des séracs, ou par l’effritement de ces corniches, qu’on peut comparer à l’ourlet d’écume des vagues. Mais elles se forment dans des parages connus où toutes les précautions sont prises. Au mont Blanc, lorsqu’on arrive au point que menace la « canonnade » des séracs du Dôme, les guides imposent silence aux voyageurs et on passe vite, très vite.
- Mais les avalanches les plus fréquentes, les plus redoutables, n’ont point la forme de celles que nous venons de décrire. Ce sont celles qui consistent en simples glissements de la couche neigeuse. Elles se produisent surtout, lorsque la neige est fraîche, pulvérulente, et qu’elle repose sur une couche durcie et verglacée.
- Les guides expérimentés reconnaissent à une simple inspection s’il y a danger à s’aventurer sur la surface qui étincelle là-bas aux rayons du soleil. Rien n’est trompeur comme la neige.
- 11 suffit pour provoquer un glissement d’un incident quelconque; un bruit violent, une marche de quelques mètres dans la couche instable. Et alors, sur une étendue parfois considérable, on voit la neige onduler, former des vagues énormes, et dévaler avec une vitesse vertigineuse et un bruissement semblable à celui produit par la soie froissée.
- On peut assister journellement à ce spectacle : lorsqu’on le contemple d’un peu loin, il semble que sur les flancs de la montagne se déroule un gros nuage blanc qui descend vers l’abîme. Lorsque le glissement arrive à la fin de sa course, on voit s’élever comme une fumée légère au-dessus du gouffre où il prend fin.
- Mais tout ne se borne pas à un spectacle pittoresque : ces glissements sont presque toujours mortels pour les ascensionnistes, en raison de la masse énorme de matériaux qu’ils déplacent.
- Les malheureux voyageurs qui en sont victimes perdent vite l’équilibre et roulent, étourdis et bientôt asphyxiés, dans une crevasse de glacier, où nul ne pourra les retrouver.
- 11 arrive parfois que l’avalanche ne prend personne, c’est lorsque la mise en mouvement ne commence qu’aux pieds du voyageur. Parfois aussi elle sert de matelas protecteur, elle amortit une chute, et préserve les membres de frottements trop durs sur le rocher.
- Dans les courses « à la ramasse » vers le mont Cenis, le fait a été observé. Seulement, il faut se relever lestement lorsque la course est finie pour éviter l’enlisement dans la neige pulvérulente. Ce n’est point commode, le moindre mouvement en profondeur peut provoquer une disparition irrémédiable.
- Ces glissements sont généralement dangereux et tous les ans dans nos Alpes, ils sont causes d’effroyables catastrophes.
- On a encore présent à la mémoire celle qui se produisit en février 1807, à la Traversette ou Redoute-Ruinée, ce petit poste d’hiver qui, perché à 2400 mètres d’altitude, surveille la route du Petit Saint-Bernard. Un détachement de six chasseurs alpins a'ia chercher à Bourg-Saint-Maurice le courrier et des vivres frais. Ces sentinelles de l’extrême frontière, vivent séparées du monde : elles éprouvent de temps à autre le besuin impérieux d’avoir des nouvelles de leurs semblables. Ils partirent six, armés de raquettes. Ils revenaient joyeux, lorsqu’à 000 mètres de la Redoute-Ruinée, une avalanche de
- neige glissa des hautes cimes, les enveloppa de scs tourbillons glacés.
- Trois périrent étouffés : les autres étaient contusionnés, avaient des membres cassés ou gelés. Ils parlaient avec une terreur indicible des heures affreuses qu’ils avaient passées dans leur linceul glacé.
- Depuis lors, ces catastrophes se sont renouvelées : hier, c’était vers le mont Genèvre, dans ces solitudes immenses qui environnent Briançon. Aujourd’hui, c’est à Albertville; dans une région plus connue, plus humaine, si on peut dire, dans ce pittoresque massif de Beaufort, qui est bien un des coins les plus pittoresques de notre pays, sorte de forteresse naturelle qui se dresse sur la rive droite de l’Isère, à l’entrée de la Tarentaise.
- Trois alpinistes expérimentés partirent sans guide pour gravir la cime escarpée du mont Mirantin et celle plus dangereuse de la Roche-Pourrie. Ils connaissaient la région, étaient très bien entraînés, avaient fait maintes expéditions périlleuses. Ils partirent pleins d’entrain : l’alpe homicide a pris sa revanche.
- En attaquant une pente escarpée qui descend sur Queige, pente rapide où le vertige peut saisir le plus intrépide, le glissement de la neige s’est produit, et les énergiques coureurs de montagnes ont été engloutis dans la tourmente. L’un d’entre eux, homme vigoureux, âgé de trente ans à peine, a dû se débattre pendant de longues heures. Quand on l’a retrouvé, immobile et raidi, ses raquettes émergeaient sur la surface blanche et sa figure était convulsée par la souffrance, une souffrance atroce, puisque personne n’était là pour l’apaiser, et que la nuit recouvrait sommets et plaines.
- Ce sont des drames terribles : ceux qui connaissent la montagne ne peuvent y songer sans un frisson d’angoisse. J. CORCELLE.
- Çtrrpjré de ITuiver-ilé.
- HYGROMÈTRES LAMBRECHT
- POLYMÈTRE --- THERMO-HYGROSCOPE
- TÉLÉGRAPHE RU TEMPS
- Dans plusieurs villes d’Allemagne et de Suisse, on trouve sur les places publiques des colonnes météorologiques, petits observatoires volants, avec thermomètre, baromètre, hygromètre, que viennent sans cesse consulter les habitants et les touristes. Sur plusieurs de ces colonnes, on a installé quelques instruments peu ou point connus du public français ; je veux parler du « Polymètre », du « Thermo-llygroscope » et du « Télégraphe du Temps », de M. W. Lambrecht, habile constructeur de Gœttingue. M. Lambrecht s’est fait une véritable réputation avec ses hygromètres.
- Nous possédons, en France, des instruments perfectionnés pour apprécier l’humidité atmosphérique. En général, ce sont des instruments d’observatoire qui exigent certains calculs ou l’usage de tables pour résoudre les problèmes usuels d’hygrométrie. Notre vieil hygromètre de Saussure a été délaissé parce qu’il se dérègle vite. Les hygromètres à cheveux ont mauvaise réputation chez nous. Et pourtant, les hygromètres de M. W. Lambrecht sont aussi des hygromètres à cheveux. Seulement, pour remédier
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- aux défauts signalés depuis longtemps, au lieu de se servir d’un simple cheveu, il a recours à tout un faisceau, de façon que les inégalités de variation disparaissent ou s’atténuent et qu’on moyenne le faisceau entier fournisse des indications comparables. Il est de fait que, ayant acheté à Berne, en 1882, un des petits hygromètres, forme colonne, du constructeur de Gœt-tingue, nous n’avons constaté qu'un dérangement insignifiant dans la graduation. 11 marque encore 94° au lieu de 95° de l’hygromètre étalon; 50° au lieu de 51°, etc., et il a été exposé aux poussières et aux intempéries depuis dix-huit ans. Pour l’usage commun, l’instrument à cheveu est le plus commode parce que l’observation est facile et que le système se prête aisément à des formes pratiques et peu encombrantes.
- En hygrométrie, on a besoin de déterminer rapidement le tant pour cent d’humidité, et souvent la tension de la
- vapeur atmosphérique à la température ambiante, et le poids de la vapeur dissoute dans un mètre cube. Tout bon hygromètre donne sur un cadran bien réglé empiriquement les degrés d’humidité. Les allongements des cheveux ne sont pas proportionnels à l’état hygrométrique; il faut donc, comme l’avait dit Gay-Lussac, établir une graduation en conséquence.
- On se rappelle que l’on nomme état hygrométrique, ou fraction de saturation de l’air, le rapport du poids de la vapeur d’eau qu’il renferme au poids qu’il contiendrait s’il était saturé à température égale; ou, ce qui revient au même, le rapport entre la tension de la vapeur d’eau qu'il contient et la tension qu’aurait la vapeur d’eau à la même température, si l’air était saturé. Avec les hygromètres ordinaires, l’aiguille donne le rapport en tant pour cent. On
- Fig. 1. — 1. Vue générale du Polymètre. — 2. Vue intérieure du mécanisme. F, faisceau de cheveux. A, aiguille indicatrice. A 0, liras de levier amplificateur.
- Fig. 2. — Hygromètre de poche. Etui ouvert montrant l’appareil.
- lit ; 70, 80, 90, 100 degrés représentant l’état hygrométrique. Pour connaître la tension de vapeur, le poids de vapeur, le point de rosée, il faut ou faire des calculs ou consulter des tables. M. W. Lambrecht a eu l’idée de simplifier tout cela. Et l’instrument
- qu’il nomme son Polymètre permet de résoudre à la vue simple toutes ces questions. Ce polymètre est un simple hygromètre. Seulement, le thermomètre qui surmonte le cadran porte à côté des degrés de température des nombres qui expriment les tensions maxima de vapeur en millimètres de mercure. Cette graduation accessoire est une trouvaille. En effet, par exemple, la température en ce moment est de 16° ; le degré hygrométrique de 64°; quel est le point de rosée ? En face des 16° thermométriques on lit : tension de vapeur 15°,5. Multiplions par 64/100 degré hygrométrique, nous avons 8,6 tension de vapeur si l’air était saturé. En face de 8,6 la graduation thermométrique indique 9°. Cela signifie que le point de rosée est à 9°. La même
- opération indique que le poids de vapeur est de 8^ ,6. C’est bien simple.
- Pour les points de rosée, M. Lambrecht a encore simplifié. On les obtient par soustraction : sur le cadran de 1 ’ instrument, au -dessus de la graduation hygrométrique, il a inscrit des nombres qui, soustraits de la température correspondante au tant pour cent d’humidité, l'on aussitôteon-naître le point de rosée. Ainsi, par exemple, température 12°. Degré hygrométrique 50. On lit au-dessus de 50 le nombre 10. On conclut aussitôt douze moins dix, deux. Le point de rosée est à 2°. C’est vraiment commode. Le polymètre est précieux pour l’observateur, pour l’explorateur, pour le médecin. Instrument très soigné, de construction très fine, il
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- donne immédiatement tout ce que l’on a besoin de savoir sur l’humidité atmosphérique.
- Sur le même principe, et sur la demande de M. le I)r Würster, le constructeur de Gœttingue a réalisé un petit hygromètre de poche dont la marche est suffisante dans la majorité des cas. Il a 5 cm de long sur 4 de large, et tient dans un étui grand comme un porte-cigarettes.
- Celui-là ne donne que le tant pour cent d’humidité!
- Il sera néanmoins très apprécié des malades et des médecins. On se trompe si souvent sur l’appréciation de l’humidité. On peut, avec ce petit appareil, reconnaître vite les endroits humides, les chambres dangereuses à habiter, etc. 11 révèle aussi, placé dans la main ou sur le corps, l’énergie de la perspiration, de la fièvre, etc. Nous l’avons vu partir de 65° dans un dîner et s’élever en une heure et demie jusqu’à 85°. La respiration des convives assez nombreux dans une salle à manger pourtant grande avait suffi pour faire monter de 20° l'état hygrométrique. On peut tirer de là des indications sur la viciation de l’air dans une pièce close.
- Le degré d’humidité exerce une influence considérable sur les fonctions générales. On est mal à l’aise par temps très humide. La perspiration de la peau se fait mal ; l’organisme se sature d’eau. On est gonflé, peu dispos. C’est alors qu’il faut s’efforcer de faire fonctionner la peau par les frictions et les pratiques hydrothérapiques.
- L’hygromètre ici encore peut servir d’indicateur précieux.
- Le Thermo-Hygroscope de M. Lambrecht est un appareil tout à fait ingénieux destiné à marquer sur un cadran non plus les degrés hygrométriques, mais les points de rosée ! Au lieu de se livrer à des calculs
- répétés, il suffit d’observer l’instrument qui révèle par la marche de son aiguille les variations continuelles des points de rosée, ou si l’on veut des températures auxquelles pour chaque instant l’air ambiant serait
- saturé de vapeur. L’idée est originale et elle a été habilement réalisée dans l’appareil que nous représentons fig. 3.
- Nous avons dit précédemment que dans le polymètre, il suffisait, pour avoir le point de rosée, de soustraire delà température un nombre indiqué sur la graduation de l'hygromètre. Or, le Thermo-Hygroscope est un instrument qui, à chaque instant, marque automatiquement la différence entre la température et le nombre hygrométrique. Il résulte de l’association d’un thermomètre métallique et d’un hygromètre. Le faisceau de cheveux est fixé à la spirale métallique du thermomètre. Si le thermomètre descend ou se rétracte, il tire sur le faisceau et l’aiguille s’élève; mais si l’hygromètre subit une influence plus grande de la vapeur d’eau, il se détend et l’aiguille tend à s’abaisser. Bref, il y a antagonisme, et la résultante exprime une différence qui correspond à la valeur du point de rosée.
- Le Thermo-Hygroscope est très intéressant à observer, car jusqu’ici on n’a pas étudié les variations diurnes successives des points de rosée. Or, ces variations ne sont pas sans renseigner sur l’état atmosphérique local. Il est clair que plus le point de rosée se rapproche de la température ambiante, et plus il y a de chance pour que le temps tourne à la pluie. On remet avec un bouton tous les matins, au moment de la température diurne moyenne, l’aiguille au zéro central, et les variations positives ou négatives peuvent donner des pronostics utiles sur les prochains changements de temps. L’éléva-
- Fig. 3. — Le Thermo-Hygroscope. — A gauche, dispositif intérieur; F, faisceau de. cheveux; AO, aiguille; S, spirale du thermomètre; R, plaque à ressort permettant la remise à zéro de l’aiguille par la manette B. A droite, vue extérieure du Thermo-Hygroscope disposé au bout de son attache mobile de suspension.
- Fig. 4. — Le Télégraphe du Temps, avec tableau explicatif des prévisions.
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- lion ou la diminution du point de rosée au-dessus de la température moyenne diurne fournissent aussi des renseignements généralement exacts. L’hygromètre n'indique rien en général sur les changements de temps. Le Thermo-Hygroscope peut être consulté au contraire avec utilité; il confirme ou corrige les pronostics barométriques, et en été, pour la prévision des orages, il est supérieur au baromètre. M. Lambreeht a résumé à cet égard, dans une petite notice, les règles à suivre et nous en avons contrôlé souvent l’exactitude.
- - Enfin le « Télégraphe du Temps » (fig. 4) n’est qu’une combinaison du baromètre et du thermo-hvgroscope. Les deux instruments sont disposés côte à côte. Dans le baromètre Lambreeht, la graduation est renversée. L’aiguille va de droite à gauche pour le beau temps, et de gauche à droite pour la pluie. De la marche tombante ou ascendante des deux aiguilles du baromètre et du thermo-hygroscope, on en conclut, d’après les instructions marquées sur un tableau, la prévision locale du temps. Le public consulte beaucoup ce « Télégraphe du Temps ». 11 est de fait qu’il trompe rarement ceux qui viennent l’interroger. Le baromètre indique une résultante générale, le thermo-hygroscope l’état local. Si bien que les deux instruments ensemble se corrigent mutuellement et conduisent le plus souvent à la vérité.
- En somme ces divers instruments ont leur valeur et leur portée pratique et il nous a paru bon de les signaler aux observateurs. Henri de Pareille.
- LA TRACTION ÉLECTRIQUE
- ET LES CHEMINS DE FER
- Les tramways électriques se multiplient avec une rapidité extraordinaire, et leur adoption générale prouve qu’ils réalisent les espérances qu’on avait fondées sur eux. A leur tour les trains électriques ont fait Jeur apparition à Paris. 11 est permis de penser que nous sommes à la veille d’une transformation considérable dans l’exploitation des chemins de fer. Nous ne discuterons pas ici les raisons qui peuvent faire repousser ou choisir la traction électrique ; nous voulons simplement indiquer comment l’application en peut être faite. L’énergie nécessaire à la traction des trains est produite, sous forme de courant électrique, par des usines fixes peu nombreuses, remplaçant toutes les petites usines mobiles que constituent les locomotives actuelles. Ces usines peuvent être actionnées par la vapeur ou les gaz chauds, ou par des forces naturelles.
- Dans les moteurs des trains, le courant électrique se transforme en un travail mécanique qui détermine la marche. Des usines fixes, l’énergie peut être transmise aux moteurs qui se déplacent sur la ligne de deux façons différentes; ou bien elles est transportée par les trains, qui emportent avec eux des provisions d’électricité dont ils se chargent aux usines — c’est le système des accumulateurs; — ou bien le courant est lancé, des usines, dans des conducteurs qui suivent les voies sur toute leur longueur, et avec lesquels les trains restent constamment en communication, y prenant à chaque instant la quantité d’énergie nécessaire à leur motion — c’est le système de l’alimentation directe.
- L’emploi des accumulateurs présente, à l’heure actuelle, certaines difficultés pratiques; leur entretien est plus coûteux que celui des conducteurs suivant les voies; surtout leur poids, assez considérable, augmente le poids total à transporter et par conséquent la dépense d’énergie. En ce qui concerne les frais de premier établissement, l’avantage est pour l’un ou pour l’autre des deux systèmes, suivant les cas, et cette considération peut décider du choix. Nous allons essayer de le faire comprendre.
- Le prix d’installation du système par alimentation directe est proportionnel à la longueur totale des voies et ne dépend qu’assez peu de la quantité de trains en circulation. Le prix d’installation du système à accumulateurs, au contraire, est proportionnel au nombre des trains, tout en variant, évidemment, avec la longueur du parcours que chacun doit effectuer, c’est-à-dire avec la provision d’électricité qu’il doit emporter. On conçoit donc que l’un ou l’autre système puisse être préféré suivant l’importance relative de la longueur totale des lignes et du nombre des trains.
- Pour une seule ligne de faible longueur parcourue par de nombreux trains, on adoptera l’alimentation directe. Pour une portion de réseau composé de différentes lignes, suivies chacune par peu de trains et constituant une grande longueur totale de voies, on préférera les accumulateurs. On conçoit la possibilité de solutions mixtes, par exemple dans le cas de plusieurs lignes ayant une portion commune : cette portion commune où tous les trains doivent passer sera munie de conducteurs et les trains ne porteront que la quantité d’accumulateurs nécessaires pour assurer leur marche au delà des bifurcations. Nous ne pourrions parler plus longuement du système des accumulateurs sans sortir du cadre de cet exposé général. Nous dirons quelques mots encore de l’alimentation directe.
- Certains tramways de Paris s’alimentent à des conducteurs placés dans des caniveaux ou à des séries de pavés métalliques qui ne doivent être électrisés qu’au moment où la voiture passe au-dessus. Ce sont là des systèmes très coûteux, nécessités par la position des voies de tramways sur les chaussées publiques. Il ne saurait être question de les appliquer sur les chemins de fer. Pour ces derniers, deux systèmes seulement sont employés : celui du conducteur aérien, ou du système du trùlet, et celui du conducteur au niveau des voies, ou système du troisième rail. Dans le premier, le conducteur est un câble suspendu avec lequel le train se tient en communication au moyen d’une tig« disposée à sa partie supérieure et dont l’extrémité est constamment appuyée sur le câble. Dans le second, le conducteur est un rail ordinaire reposant sur des petits piliers isolateurs placés soit entre les deux rails de la voie, soit à l’extérieur; les trains portent des patins qui glissent sur ce troisième rail. L’installation du câble aérien est coûteuse; la rupture de ce câble électrique, entraînant sa chute, peut être la cause d’accidents graves; de sorte que le troisième rail est presque toujours préféré. Ce dernier n’a de désavantage qu’aux endroits où se trouvent les aiguilles et les croisements de voies. J1 est parfois difficile d’éviter en ces points des solutions de continuité dans le rail de prise de courant. On remédie à cet inconvénient en disposant un rail semblable de chaque côté de la voie : il est rare que les deux soient interrompus au même endroit. On peut aussi admettre que les trains devront passer par élan sur les manques, ou munir ces trains de dispositifs leur permettant de prendre l’électricité indistinctement par plu-
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- sieurs patins répartis sur toute leur longueur. Enfin, on adopte parfois une combinaison du système à troisième rail et du système à trolet. Ce dernier est alors employé sur les portions de lignes où les aiguillages et les croisements de voie sont nombreux (à l’entrée des gares).
- En résumé, nous voyons que les trains électriques peuvent être alimentés, suivant les cas, soit par des accumulateurs qu’ils transportent avec eux, soit par un troisième rail, soit au moyen de troiets; mais ce dernier système ne doit être recommandé que pour de faibles longueurs. La question de l’application de la traction électrique aux chemins de fer est tout à fait d’actualité.
- Les chemins de fer métropolitains qui ne fonctionnent pas encore à l’électricité en étudient l'adoption. Les lignes de banlieue se disposent à leur tour à entrer dans la même voie : à Paris, la compagnie de l’Ouest a équipé électriquement la nouvelle ligne des Invalides à Versailles; et les lignes d’Auteuil, de Sceaux, de Vincennes, entre autres, sont appelées à être parcourues dans un avenir très rapproché par des trains électriques.
- Si nous passons aux grandes lignes, nous voyons que l’électricité assure exclusivement la traction sur la ligne actuelle du quai d’Orsay au quai d’Austerlitz. Une société s’est fondée dernièrement en vue de l’installation de l’électricité sur la ligne de la Corniche. On sait enfin que le Nord essaye actuellement des voitures à accumulateurs.
- A l’étranger, la question paraît devoir prendre un essor encore plus rapide : le projet d’établissement d’une ligne à grande vitesse d’Anvers à Bruxelles a été fort discuté; la possibilité de l’utilisation des chutes d’eau pour la traction sur les grandes lignes des Alpes est sérieusement envisagée. Enfin, on assure que l’Empereur d’Allemagne, pour sauver d’une situation critique des sociétés d’électricité qui se sont développées un peu trop hâtivement en prévision de débouchés qui n’éxistent pas encore, a fait décider la création d’une ligne spéciale de Berlin à Hambourg qui donnera un élan considérable au progrès de la traction électrique.
- Cette ligne doit être parcourue par des voitures isolées se suivant, à 20m d’intervalle et marchant à la vitesse de 250 kilomètres à l’heure. J. on Tiuz.
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- UN CHEMIN DE FER A GRAVITÉ
- A la vérité, le chemin de 1er dont nous voulons parler n’existe encore que sous la forme d’un petit modèle (de dimensions assez imposantes du reste), et il n’est pas prouvé que son inventeur trouve jamais la possibilité de mettre son idée à exécution sur une grande échelle. Mais sa combinaison est suffisamment originale pour mériter une description. L’inventeur, M. Halford, de Londres, qui a présenté récemment son appareil à l’institution Britannique, a voulu un chemin de fer dont les trains ne comportent aucune machine motrice, et où le déplacement des convois soit uniquement dû à la gravité, ces convois roulant sur une voie dont la pente peut être dirigée à volonté dans l’un ou l’autre sens.
- Ainsi que le montrent les photographies qué nous reproduisons, et que nous avons empruntées à notre excellent confrère Scientific American, le chemin de fer de M. Halford est du type suspendu; et, par une bizarrerie, les wagons ne sont point à cheval
- sur un rail unique, comme cela se passe dans la plupart des chemins de fer de cette sorte, mais pendus de part et d’autre d’un wagonnet central, à la façon des cacolets fixés des deux cotés du bat d’un mulet (fig. 1); le bât est ici remplacé par un wagon roulant sur une voie à deux files de rails, et comportant la cabine du mécanicien, qui commande la marche du convoi ainsi que nous allons l’expliquer. Le petit modèle sur lequel se font les expériences est long de 45 mètres environ, et il est partagé, comme le serait une voie ferrée de dimensions beaucoup plus grandes, en une suite de sections (au nombre de six dans le cas présent), dont chacune, de 7m,50 de long, est formée d’une poutre métallique armée, supportant la voie (fig. 2y. Ces sections, ou ces poutres, comme on voudra les appeler, en dépit des faibles proportions du modèle, n’en pèsent pas moins 45 kg; elles sont susceptibles d'être soulevées à chacune de leurs extrémités, et à une hauteur telle que la voie offre alors une pente de 1/72, au moyen d’un vérin hydraulique, d’une presse, dont la tige supporte le bout de section. Bien entendu, dans un chemin de fer de dimensions normales, on admet qu’il pourrait être nécessaire de disposer des presses intermédiaires, pour ne pas imposer une charge trop considérable à une seule et même presse ; mais rien ne serait plus simple que de les coupler de façon à obtenir un soulèvement simultané et convenable. Des dispositions, assez simples du reste, sont prévues pour que le passage d’une section à une autre se fasse toujours sans interruption, sans que la voie offre le moindre ressaut, le soulèvement du bout d’une poutre devant toujours entraîner le soulèvement de l’extrémité adjacente de la poutre voisine.
- On doit dès maintenant comprendre le fonctionnement de l’invention et la manière dont on peut mettre les trains en marche sur cette voie ferrée. Normalement la voie est horizontale, le train étant arrêté ; mais lorsqu’on soulève la section sur laquelle le convoi se trouve, immédiatement, si quelque frein ne vient pas l’immobiliser, ce convoi se met en marche sous l’influence de la gravité, et il filera ainsi, en prenant une vitesse de plus en plus considérable, jusqu’au bout de la ligne : cela à condition qu’on ait eu soin de donner une inclinaison continue a la voie, ou du moins, si les autres sections sont restées horizontales, à condition que la distance ne soit pas assez longue pour que l’impulsion première soit annihilée par les frottements.
- En fait, le soulèvement de la presse (ou des presses) est obtenu par une manœuvre effectuée par le mécanicien. Si le train est au commencement d’une ligne de ce genre en avant de la première presse, le mécanicien manœuvre un levier (qui, dans le petit modèle, est figuré à une très forte échelle, pour la commodité des opérations), et des fils électriques transmettent à la presse située derrière un courant qui va la faire se soulever. Il se forme donc un plan incliné et le train se met en marche; quand le convoi arrive à une assez faible distance de h
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- seconde presse, nn levier, qm est dans la cabine du mécanicien, abaisse automatiquement un autre bras de commande disposé sur la voie même, et ce mouvement, à son tour, permet aux soupapes de cette presse d’y laisser entrer l’eau; et par conséquent la presse, en agissant, soulève le bout de la nouvelle section sur laquelle le train arrive. Le mouvement des pistons de la presse est assez lent pour que le soulèvement ne soit pas terminé avant que le convoi soit parvenu au point de jonction des deux sections, et il n’a plus ensuite qu’à se laisser glisser le long du deuxième plan incliné qui s’offre à lui. Ajoutons que, pendant ce temps, et grâce à une autre combinaison, la section que vient de quitter le train s’abaisse par sa première extrémité; les choses reviennent en l’état et il en est de même durant tout le parcours. Nous n’avons pas à rappeler que les lois de l’accélération font que le convoi marche à une allure de plus en plus rapide jusqu’à la dernière section.
- C’est précisément à cause de la vitesse considérable que peut prendre le convoi que, d’une part, l’inventeur a voulu recourir à un système de wagons suspendus en porte-à-faux où le centre de gravité est au-dessous de la voie, et que, d’autre part, il a tenu à prévoir un dispositif de secours dans le cas où il faudrait arrêter le train plus vite que ne pourraient le faire les freins ordinaires. Dans ce but, le mécanicien peut commander, toujours par un levier et une manœuvre électrique, l’abaissement partiel ou
- total de la presse qui se trouve immédiatement derrière lui, pour diminuer la pente qu’il descend, et il a aussi la possibilité d’empêcher les leviers automatiques de commander les presses au-dessus desquelles il va passer. l)e la sorte il ne se trouvera
- plus que sur une voie absolument horizontale, et il aura le moyen d’amortir rapidement sa vitesse.
- Assurément l’idée est originale et elle pourrait être parfaitement mise à exécution ; mais ce n’est pas dire qu’elle serait es-sentiellement pratique, et qu’elle n’entraînerait pas des dépenses disproportionnées avec le résultat à atteindre. Il est évident qu’on a cet avantage énorme, qui ressemble quelque peu à un paradoxe, que, plus le train sera lourd, plus il circulera rapidement, son poids étant un
- facteur de l’accélération de sa marche ; par contre, on est obligé de lever un poids mort énorme, sous la forme de ces poutres métalliques qui constituent la voie. Assurément il est avantageux de ne pas avoir besoin de locomotives, mais on a presque le même avantage avec la traction électrique; d’autre part, il n’y aurait pas, avec un tel chemin de fer, d’installation de force motrice envoyant cette force aux convois, mais il faudrait des stations de compression d’eau et, de plus, la série des poutres métalliques supportant les rails représenterait une dépense d’établissement très élevée. Admettons qu’il n’y ait là qu’une tentative amusante, elle était néanmoins intéressante à citer. D. Lebois.
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- Fig. 1. — Les wagons et la cabine roulante du mécanicien.
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- BOBINES D’INDUCTION - INTERRUPTEURS RAPIDES
- La bobine d’induction a toujours eu le don d’in- I téresser; elle se prête, en effet, très aisément à une |
- Fig. 1. — Bobine d'induction, modèle Guerre.
- série d’expériences amusantes. Mais son rôle est devenu fort important depuis les expériences relatives aux rayons llôntgen et à la télégraphie sans fil. Les interrupteurs ont été l’objet de nombreuses recherches pour obtenir des interruptions fréquentes et rapides ; plusieurs modèles ont déjà été établis qui donnent satisfaction, et nous en avons antérieurement fait connaître quelques-uns.
- Nous désirons aujourd’hui présenter de nouveaux appareils, bobine d’induction et interrupteurs, très simples et qui donnent de très bons résultats. La figure 1 nous montre une bobine d’induction, modèle de M. Guerre. La bobine induite se compose d’une série de galettes plates de 1 mm d’épaisseur ; pendant l’enroulement sur ces galettes, le fil couvert de soie passe dans un bain de matière isolante. Les galettes sont ensuite montées les unes à côté des autres sur l’inducteur de la bobine et elles sont réunies entre elles par paire et en tension. Dans ses bobines pour rayons X, M. Guerre préfère réunir l’extrémité du fil inducteur négatif au fil induit en regard du fil inducteur positif et ensuite il met en communication avec la terre le
- pôle négatif de la pile. 11 obtient ainsi, comme il le dit, une bobine unipolaire.
- Cette bobine permet de produire une étincelle de 8 à 10 centimètres, qui donne un bon éclairement de l’ampoule. Pour les diverses expériences de radiographie et de fluoroscopie, on détermine aussi
- Fig. 2. — Interrupteur à mercure.
- des interruptions suffisamment rapides au moyen d’un interrupteur ordinaire à trembleur commandé par un crochet à ressort.
- M. Guerre a, en outre, imaginé deux nouveaux interrupteurs à mercure pour puissantes bobines d’induction qui méritent d’être mentionnés.
- Fig. 5. — Interrupteur à mercure. Autre modèle.
- Le premier interrupteur (fig. 2) est entièrement séparé de toute bobine. 11 se compose d’une lame
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- d’acier coudée A qui porte à son extrémité une petite tige plongeant dans un godet en 1er R contenant une couche de mercure surmontée d’une couche de pétrole. Cette lame est entretenue en vibration d’une manière continue à l’aido d’un électro-aimant qui est lui-même alimenté par un circuit de piles local. Un autre circuit se trouve formé par le fil de départ de la pile, le fil inducteur de la bobine, la lame d’acier vibrante, et le godet de mercure relié lui-même à l’autre pôle de la source électrique.
- L’interrupteur, représenté dans la figure 5, est encore plus simple que le précédent. 11 est formé par une simple lame d’acier coudée et cintrée suivant le contour du fer doux de la bobine ; la lame d’acier dépasse de quelques centimètres le fer doux. Une tige, placée à l’extrémité de cette lame, plonge dans un récipient A contenant le mercure et le pétrole. Un ressort maintenu par une vis de pression accélère ou ralentit les vibrations. Un plongeur fixé sur le couvercle en ébonite du godet permet de régler le niveau du mercure pendant le fonctionnement et, par conséquent, la durée de passage du courant.
- Ces nouvelles dispositions sont très ingénieuses et permettent d’atteindre, par des moyens très simples, des résultats intéressants pour l’étude des rayons llontgen et des ondes hertziennes. J. L.
- POINTS FIXES THERMOMÉTRIQUES
- La nécessité croissante d’une mesure précise des températures dans diverses branches de l’industrie a conduit les physiciens à faire de nouvelles déterminations d’un certain nombre de points fixes, faciles à réaliser, et permettant de repérer rapidement les instruments de mesure. Voici, d’après divers auteurs, quelques nombres qui pourront être d’un emploi fréquent.
- Corps. Températures normales.
- Neige carbonique, sublimation. . — 79°,2
- Mercure, fusion......................— 38°,80
- Aniline, ébullition.................-t 184°,18
- Naphtaline, ébullition...........-p 217°,94
- Étain, fusion.................... 231°,8
- Benzophénone, ébullition.... 305°,8
- Mercure, ébullition.............. 556°,7
- Soufre, ébullition............... 445°,0
- Zinc, fusion........................... 419°,0
- Or, fusion....................... 1065°,5
- Cuivre dans l’air................ 1064°, 9
- Cuivre dans un gaz réducteur. . 1084°, 1
- Les températures d'ébullition ou de sublimation indiquées ci-dessus se rapportent à la pression atmosphérique normale, de 760""" de mercure. Lorsque la pression réelle est peu différente de la pression atmosphérique, les températures se déduisent des précédentes par des corrections atteignant 1 degré en plus ou en moins pour les différences de pression données ci-après :
- Corps. Variation île 1 degré.
- Neige carbonique................ SS""'.
- Naphtaline........................ 17“",1
- Benzophénone......................... 15mm,8
- Mercure......................... 15""“, 3
- Soufre.......................... 1 lmin,4
- Le point de fusion du cuivre obtenu dans 1 air est
- très fixe, d’après MM. liolborn eURay, ce que l’on pourrait attribuer au fait qu’il constitue une solution saturée d’oxyde de cuivre sous la pression atmosphérique. Ltans un creuset de graphite fermé, l’oxyde se réduit peu à peu et la température remonte lentement pour se fixer une vingtaine de degrés plus haut. C. E. G.
- CHRONIQUE
- Transformateur à haute différence de potentiel et à survolteur cathodique. — M. P. Villard a présenté récemment à la Société française de physique un transformateur construit par la maison Carpentier et donnant 50 000 volts efficaces pour 110 volts primaires (circuit magnétique fermé). Le circuit secondaire est coupé par deux condensateurs faisant corps avec l’appareil et limitant le débit, ce qui permet de mettre les bornes de l’appareil en court-circuit sans inconvénient et écarte tout danger. Les bornes sont reliées par une soupape cathodique, qui absorbe l’une des alternances, ne laissant subsister qu’une différence de potentiel à peu près égale à celle que donne le courant inverse d’une bobine de Ruhmkorff. L’autre alternance, pour laquelle la soupape est infranchissable, est utilisée sous forme d’étincelle ou autrement. Ce dispositif présente la particularité remarquable de survolter l’alternance disponible. En l’absence de la soupape* les étincelles ne dépassent pas 9 à 10 centimètres entre boules, sauf accidentellement, à l’instant du démarrage. Avec la soupape, l’étincelle qui subsiste atteint, pour une capacité convenable des condensateurs, 18 centimètres entre boules et 24 centimètres entre pointes. En disposant deux groupes de condensateurs en dérivation sur le secondaire, on peut alimenter séparément deux appareils indépendants et avoir ainsi deux sources électriques distinctes de puissances égales ou différentes, en concordance ou en opposition de phase suivant le sens des soupapes ou encore alternatives.
- Le service météorologique indien. — Bien que généralement ignoré du public, même au courant des choses scientifiques, le département météorologique de l’Inde anglaise est remarquablement organisé, et il publie mensuellement, ce qui est fort précieux, un bulletin nommé Weather Review qui s’imprime à Calcutta et dont les numéros successifs contiennent quelque 150 pages. On y trouve des relevés fort complets sur la pression barométrique, la température, les météores aqueux, dans toute l’Inde et même en Birmanie, sur les vents, l’état des nuages et de l’atmosphère, et des résultats d’observations simultanées dans 66 stations réparties dans l’Inde, en Birmanie, à Aden, à Péritn, à Zanzibar, à Maurice, etc., cela fournit des éléments de comparaison et d’études fort curieuses, d’autant que la publication est accompagnée d’excellentes cartes.
- Haveuse mécanique pour mines de houille.
- — Nous avons eu l’occasion de dire combien l’on tend de plus en plus, et avec raison, aux États-Unis, à employer les machines pour tailler et débiter les bancs et les blocs de houille. Parmi les plus intéressantes baveuses qui répondent à ce mode d’exploitation, nous signalerons aujourd’hui la machine Mitchell, construite par la compagnie Sullivan de Chicago. Elle se compose essentiellement (nous ne voulons qu’en donner une idée générale) d’une chaîne à maillons articulés qui portent des griffes tranchantes disposées en deux séries parallèles un peu
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- comme les chaînes des mortaiseuses également inventées aux Etats-Unis. Un moteur électrique assure à la fois l’avancement progressif du chariot portant la chaîne coupante et le déroulement continu de cette chaîne : on produit de la sorte dans le banc de houille une large rainure dont la profondeur est finalement de lm,50, l’épaisseur de cette rainure étant suffisante pour laisser pénétrer le chariot porte-chaîne. On peut ensuite disposer la machine de manière qu’elle creuse de même une rainure parallèle à la paroi latérale de la galerie, et ce de chaque côté de cette galerie. On comprend que linalement on peut isoler un bloc de houille de lm,50 de long. Il paraît que cette machine permet d’abattre en 8 heures un front de 50 à 00 mètres sur cette profondeur.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 4 mars 1901. — Présidence de M. Fodqcé.
- Propriétés du sulfummonium. — )I. Moissan analyse un nouveau travail sur les propriétés et la préparation du sulfammonium. Les différentes variétés de soufre disparaissent dans le gaz ammoniac liquéfié. Le liquide devient pourpre. On est en présence d’une combinaison, et non d’une dissolution. Le liquide se solidifie à — 85°. Si, au contraire, on chauffe le tube de manière que l’ammoniac liquide atteigne son point critique, le soufre se dépose. Ce sulfammonium se combine avec facilité à l’ammoniac. Le nouveau composé possède un spectre d’absorption remarquable. Cette réaction est tellement caractéristique qtfelle peut être utilisée pour déceler des traces de soufre. M. Moissan établit encore que le sulfammonium est un sulfurant énergique à basse température, donnant avec les métaux ou les oxydes des sulfures et souvent même des persulfures.
- La germination des graines dans l'eau distillée. — M. Dehérain présente en son nom et en celui de M. Demoussv, assistant au Muséum, une Note résumant les résultats d’une série d’expériences sur la germination des graines dans l’eau distillée. En opérant avec de l’eau distillée provenant d’alambics en cuivre le développement des racines s’arrête. Mais si l’on distille de nouveau cette eau dans des appareils de verre, on obtient un liquide dans lequel les racines croissent régulièrement. La différence provient de ce que l’eau distillée dans des alambics en cuivre entraîne des traces de cuivre que les réactifs ordinaires ne peuvent déceler. Les auteurs appuient leur communication de photographies de pieds de blé et de lupin qui montrent avec évidence l’influence toxique de l’eau renfermant 1 à 2 dix-millionièmes de cuivre.
- Découverte importante de fossiles. — M. A. Gaudry entretient l’Académie d’importantes découvertes de fossiles permiens en Russie, dans le gouvernement de Vologda, en un point nommé Sokolki. Ces découvertes sont dues à M. Amalitzki, professeur à l’Université de Varsovie; elles ont commencé en 1899. Près des rives de la Dwina se trouve un escarpement recouvert de sables contenant d’énormes lentilles de gré remplies d’ossements, de coquilles et débris de fougères glossopteris* et ganganopteris. L’année dernière, M. Amalitzki vint à Paris et communiqua aux savants du Muséum le produit de ses premières recherches. M. A. Gaudry met sous les yeux de l’Académie des photographies des fossiles trouvés alors par M. Amalitzki. Les ossements étaient tellement
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- engagés dans la pierre qu’il était difficile de déterminer leurs caractères et il sembla préférable de différer d’en faire la communication à l'Académie. M. Amalitzki a repris ces fouilles et elles ont eu un tel retentissement dans le monde que le gouvernement lui a donné une subvenlion de 200 000 francs. Aujourd’hui, M. A. Gaudry remet à l’Académie une Note de M. Amalitzki fabant connaître ses récents travaux ainsi que des photographies représentant le grand et étrange animal appelé pareia-saurus. Cet animal ressemble beaucoup au fossile de l’Afrique australe décrit par M. Secley sous le nom de pareiasaurus Baini; mais sa tète est proportionnellement moins grosse, son cou plus long; tous les os de ses membres sont plus grêles, notamment les doigts de pied de devant et de derrière. M. Amalitzki annonce la découverte de quinze à vingt squelettes de pareiasaurus dont quelques-uns ont 4 mètres de long, quatre squelettes de reptiles ressemblant aux Rhopalodonles longs de 2 mètres, des débris de Dicvnodontes, de Dinosauriens, de Stegocéphales. Il est étrange de trouver dans le terrain permien qui appartient au primaire une telle accumulation de grands quadrupèdes. Leur ressemblance avec les reptiles de l’Afrique australe qui, pour la plupart, sont attribués au trias, révèle une transition insensible des êtres à la fin du primaire et au commencement du secondaire. M. de Lapparent fait remarquer combien, à un autre point de vue, est importante la découverte de M. Amalitzki, car elle établit qu’à l’époque du primaire une faune et une flore que l’on croyait localisée dans l’Inde et l’Afrique australe se retrouvait sous le parallèle Nord à 60°.
- L'étoile nouvelle de Persée. — M. Janssen présente une Note de M. Deslandres ainsi qu’une photographie du spectre de la nouvelle étoile qui donnent des indications sur la nature de cette étoile. M. Janssen dépose ensuite en son nom une Note sur les causes du phénomène. Il part de cette constatation que l’oxygène ne se rencontre ni dans la chromosphère ni dans l’atmosphère coronalc, et il semble que ce soit là une nécessité du rayonnement de l’astre, car il y aurait combinaison avec l’hydrogène, et par suite formation d’enveloppe opaque de vapeur d’eau. D’aütre part comment admettre que l’oxygène n’existe pas sur le soleil alors que l’on y rencontre tous les métaux terrestres, et même d’autres métaux. M. Janssen admet que l’oxygène y est à un état particulier, sans lequel il ne se combine pas à l’hydrogène. Mais lorsqu’il y a abaissement de température de l’astre, la combinaison se produit avec un grand développement de chaleur et de lumière. De là, l’explication des étoiles temporaires qui doivent, dans cette hypothèse, passer par une brusque croissance d’éclat. Mais si cette augmentation d’éclat doit être rapide, elle doit être éphémère ; car outre que la cause qui la produit doit avoir une durée courte, la vapeur d’eau résultante doit former une atmosphère s’opposant de plus en plus au rayonnement.
- La photographie des positions des astres par rapport au méridien. — M. Lippmann dépose une Note relative à un procédé grâce auquel les positions des astres par rapport au méridien peuvent à un instant donné être obtenues sur une plaque photographique.
- Varia. — M. d’Arsonval présente une Note de MM. Charrin et Moussu relative à la toxicité des injections du mucus des bronches et aux accidents qu’elles déterminent. — M. Edmond Perrier présente une Note de M. Grehant sur la toxicité relative des mélanges d’oxyde
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- de carbone et d’air ou d’oxygène ainsi que sur l’effiea-cilé des respirations d’oxygène pour éliminer l'oxyde de carbone, en cas d’intoxication. — M. Janssen présente un historique complet de la question de l’emploi des câbles à nu sur la neige et indique les premiers essais réalisés par l’Administration des télégraphes.
- Cil. DE VlLLEbELlL.
- LA MACHINE A COÜDHE... LA PEAU
- En ces temps de progrès les machines tendent de plus en plus à remplacer les outils primitifs dirigés par la main intelligente de l’ouvrier ; elles gagnent du temps, or le temps c’est de l’argent.
- Il en est de même dans le domaine de la chirurgie, où la rapidité d’une opération en assure souvent le succès.
- Autrefois l’instrumentation était très réduite : couteaux, *’i pinces, ciseaux; le chirurgien y suppléait par une habileté longue à acquérir. De nos jours l’habileté doit être remplacée par la science, mais comme il importe cependant de faire vite, en même temps que les procédés opératoires se précisent, les instruments se perfectionnent et on ne craint plus de créer un outillage spécial pour une opération déterminée.
- Le Dr Paul Michel a fait connaître au Congrès de Médecine de 1900 une petite merveille d’ingéniosité destinée à remplacer les anciens modes de suture de la peau.
- La pince revolver à agrafes, c’est ainsi que l’a appelée l’auteur, a fait l’admiration des chirurgiens, dont bon nombre l’ont déjà adoptée, et la Faculté de Médecine lui a décerné le prix Barbier, destiné : « à un instrument d’une utilité générale et supérieur à tout ce qui a été employé et imaginé précédemment )).
- Tout chirurgien, pour réunir une plaie, devait avec une aiguille traverser une lèvre de la plaie, puis l’autre, passer le fil, retirer l’aiguille enfilée, coapter les lèvres, faire un nœud et serrer, faire un deuxième nœud, enfin, couper les fils; en tout huit mouvements distincts. C'était long et douloureux, à tel point qu’il fallait endormir le blessé pour la réunion d'une plaie accidentelle.
- Désormais rien de tout cela. Avec la main gauche le chirurgien rapproche les bords de la plaie et, de la main droite armée du revolver, par une simple pression il place sur la plaie les agrafes qui viennent se présenter automatiquement.
- Vingt à trente de ces agrafes peuvent être placées en moins d’une minute fermant une plaie deüm,50, c’est donc bien, sous un petit volume, une véritable machine à coudre, qui donne facilement quelque chose d’analogue à l’agrafage des angles des boîtes de carton.
- Les agrafes sont de petites bandes de nickel dont
- les extrémités enroulées portent une petite pointe d’un millimètre, simplement destinée à prévenir le glissement. Mises en place elles prennent la forme d’un V, les petites pointes pénètrent l’épiderme et non plus le derme, ce qui fait que l’application n’en est pas douloureuse et ne nécessite pas d’endormir le malade.
- Le revolver est composé d’une pince à disséquer sur laquelle coulisse un magasin contenant cinquante agrafes. Quand on ferme la pince un petit levier fait avancer le magasin qui, après avoir déposé une agrafe entre les mors de la pince, se
- retire brusquement. Il ne reste plus qu’à exagérer le mouvement de pression pour courber l’agrafe sur la plaie.
- Pour désinfecter les agrafes, on peut les porter au rouge et, bien plus sûrement que les fils, les débarrasser de tout germe nuisible.
- Après quelques jours on les retire simplement en les écartant avec précaution.
- Elles ne laissent pas de traces et la cicatrice est aussi peu visible que possible. C’est là un avantage qui sera apprécié surtout par le patient.
- C’est ainsi en définitive que ce nouveau et ingénieux procédé réunit toutes les conditions du précepte de médecine cito, tuto et jucunde.
- Souhaitons toutefois n’avoir pas à apprécier par nous-mêmes tous les mérites de cette nouvelle machine à coudre... la peau. Dr Z.
- Le Gérant : P. Masson.
- • Paris. — Imprimerie Laiil'iu:, rue «le Fleurus, 9.
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- 16 MARS 1901
- LA NATURE
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- LES CÀLGIMÈTRES-ÀCIDIMÈTRES DE M. H0UDA1LLE
- La tolérance des porte-greffes américains, comme le l{'n>aria vis-à-vis du calcaire, dépend d’abord du
- pourcentage brut de cette matière dans le sol du vignoble, mais elle semble plus intimement liée
- iioW-
- *
- Fig. 1. — Calciinètre enregistreur Houdaille.
- encore à la faculté d’assimilation de ce même cal- la première condition d’une fermentation normale de caire. D’autre part, le viticulteur n’ignore pas que la vendange réside dans un taux convenable d’aci-
- Fig. 2. — Calciniètre à boîte d’anéroïde.
- dité et que la bonne conservation du vin fait dépend aussi de sa richesse en éléments acides. S’il ne plante qu’une fois, un propriétaire vendange chaque année. Aussi l’emploi de calcimètres, tels que ceux
- 29e année. — 1er- semestre.
- de MM. Bernard et Trubert, serait-il actuellement moins répandu si leurs auteurs n’enseignaient le moyen de tirer parti de ces appareils comme acidimètres pour les vins et moûts.
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- LA NATURE.
- Quant au caleimètre-enregistreur de M. lloudaille, s’il peut fonctionner comme acidimètre, il se distingue nettement des instruments de vulgarisation. Destiné aux recherches scientifiques, il permet à l’agronome d’interpréter graphiquement la nocivité du calcaire étudié. Son prix élevé, la délicatesse de son mécanisme en interdisent d’ailleurs l’achat aux petits propriétaires, aux personnes étrangères à la science. Comme le montre sur-le-champ l’inspection de la figure 1, l’instrument se compose de quatre parties: 1° le vase à réaction F de 125 cm3 relié par un caoutchouc au 2° réservoir d’accumulation N ; 5° le manomètre siphoïde et le style inscripteur S, lequel appuie sur 4° le cylindre enregistreur C mobile autour de son axe vertical et commandé par le mouvement d’horlogerie M. Faisons fonctionner ce dernier : le cylindre tourne et la pointe immobile du style décrit un cercle horizontal à la surface du cylindre qu’on jevêt d’un papier quadrillé.
- Dans le vase F on introduit 500 mgr de la terre à analyser, puis une jauge garnie d’acide chlorhydrique dilué. On rebouche, on déclenche le mouvement d’horlogerie A qui joue le rôle d’agitateur mécanique de F. L’attaque commence en F, dégageant une masse gazeuse qui se refroidit d’abord dans le réservoir N, puis s’accumule dans la petite branche du manomètre en refoulant le mercure. Le niveau liquide s’élève alors dans la grande branche ouverte, soulevant un flotteur lié au style inscripteur S. Celui-ci, finalement, sous l’impulsion reçue, décrit une courbe ascendante sur le papier recouvrant le cylindre en mouvement1. A la fin de l’attaque, la courbe redevient un cercle comme au début, horizontal aussi, mais distinct du premier.
- On déroule ensuite le papier sur un plan, ce qui transforme les cercles en droites et on étudie la courbe d’attaque en la comparant au tracé obtenu avec 500 mgr. de calcaire pur. Le rapport entre les « ordonnées » ou « déviations » maxima dénote le taux brut de pourcentage de calcaire sauf quelques corrections éventuelles dans le détail desquelles nous n’entrerons pas.
- Cet appareil ne présenterait, en somme, aucun avantage sur le calcimètre ordinaire, s’il ne permettait de mesurer avec précision le pouvoir nocif du calcaire, facteur très intéressant pour l’agronome. On attaque alors la terre non plus avec l’acide chlorhydrique, dissolvant trop brutal, mais avec l’acide tartrique, plus comparable, par son affinité avec le carbonate, aux forces vitales d’absorption qui puisent le calcaire dans les profondeurs du sol et l’introduisent dans les cellules du végétal.
- Avec l’acide tartrique, en effet, il se dépose sur les grains de carbonate calcique une couche de tar-trate de calcium peu soluble, capable, par son accu-
- 1 Le cylindre accomplit une rotation complète sur son axe en 200 secondes. Il tourne non d’un mouvement continu, mais par petites secousses renouvelées de seconde en seconde. Sur notre figure, le cylindre est représenté nu, sans la feuille de papier quadrillé.
- mulation, d’entraver l’attaque du calcaire s’il n’est très divisé. Donc si l’acide tartrique donne une courbe moins élevée que l’acide chlorhydrique, c'est que l’attaque n’est pas intégrale ; il s’agit alors d’un calcaire grossier et partant peu dangereux pour la vigne. De plus, la vitesse d’attaque par l’acide tartrique, liée intimement au pouvoir chlorosant du sol, devient facilement mesurable. En pratique, on se base sur le nombre de secondes nécessaires pour dissoudre le premier tiers de calcaire contenu dans un gramme de terre.
- Introduisons séparément dans le vase F 55 cm3 de vin et 5 cm3 d’une solution de bicarbonate sodique à 10 pour 100, provoquons le mélange et le calcimètre jouera le rôled’acidimètre. Mais l’enregistreur ne fonctionnera guère en dehors de laboratoires officiels, et. dans ceux-ci, la méthode Pasteur sera toujours préférée.
- Passons au caleimètre-acidimètre anéroïde qui, lui, convient mieux aux simples propriétaires (fig. 2). Ainsi que tous les instruments de ce genre, il comporte un vase à réaction dont le bouchon se termine par un tuyau flexible en caoutchouc; mais les gaz expulsés par l’attaque, au lieu de se dilater librement comme dans le modèle Bernard, ou de déprimer une colonne mercurielle comme dans l’enregistreur, s’accumulent dans une double boîte métallique llexible N qu’ils déforment très légèrement. Ce mouvement imperceptible se traduit, en fin de compte, par le déplacement d’une aiguille S le long d’une graduation divisée : tantôt en centièmes de calcaire (calcimétrie), tantôt en grammes d’acide sulfurique par litre (acidimétrie des vins et des moûts).
- La dilatation interne développée reste toujours faible, même dans les cas extrêmes et ne se rapproche pas de la limite d’élasticité de la boîte. Quand même de légères modifications se produiraient soit dans la flexion du métal, soit dans la température d’expérience, comme le carton gradué devant lequel tourne l'aiguille est mobile dans la glissière verticale O qui, elle-même, peut avancer ou reculer sur sa base, il est toujours aisé de régler le zéro au début de chaque essai. L’échelle, ne l’oublions pas, n’est pas graduée suivant des données théoriques, mais à la suite d’expériences préliminaires. L’appareil se dérange-t-il après avoir bien fonctionné d’abord ? Il est toujours possible de le régler au moyen d’une tare au calcaire pur. Ce réglage s’impose même si l’on change le vase à réaction F, il se pratique en modifiant les longueurs des bras de levées de transmission.
- Pour les essais calcimétriques, on pèse 200 milligrammes de terre à la balance de précision, on introduit la terre dans le vase à réaction : on lave les parois du vase avec 5 cm3 d’eau pure et on charge la jauge de 5 cm3 d’acide chlorhydrique à 11° Baumé.
- Quant aux essais acidimétriques, ils se pratiquent avec 25 cm3 de vin ou de moût bouilli, puis refroidi, et avec une jauge chargée de 2 grammes environ de
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- craie bien pulvérisée. La graduation ne dépasse pas le taux de 8 grammes par litre en acide sulfurique, soit un peu plus de 12 grammes en acide tartrique. S'il est exceptionnel que l’acidité d’un vin franchisse cette limite, avec un moût, cela pourra souvent arriver; aussi fera-t-on bien de dédoubler, au préalable, le moût avec de l’eau. D’ailleurs, du moment <pie l’acidité dn liquide est largement suffisante, son taux exact devient moins intéressant à connaître. On peut formuler une remarque analogue pour les terrains faiblement calcaires.
- En somme, la manipulation du calcimètre Hou-daille est simple et rapide. Nous nous contenterons de réclamer auprès du distingué professeur de l’École d’agriculture de Montpellier, un peu plus de simplicité dans le réglage. II est parfaitement entendu que la conservation du mécanisme exige beaucoup de propreté de la part de l’opérateur. Mais celui qui ne saura pas garantir son calcimètre anéroïde de la poussière, ni des vapeurs acides, fera mieux de renoncer à pratiquer la chimie agricole.
- Antoine de Saporta.
- SALON DE L’AUTOMOBILE
- ni*
- LES GRANDES VOITURES
- Voiture Crouan. — La voiture Crouan est, sans contredit, l’une des nouveautés principales du salon de cette année; l’ingéniosité du constructeur se retrouve partout, jusque dans les moindres détails.
- Le moteur à deux ou quatre cylindres horizontaux opposés est placé à l’avant; les bielles sont calées à 180° sur l’arbre manivelle placé dans l’axe de la voiture. Une disposition très intéressante réside dans la variation de la position de l’allumage et la variation du mélange carburé, ces deux opérations étant connexes l’une de l’autre. Au moyen d’une manette placée sous le volant de direction, on peut, par un déplacement de haut en bas de cette manette, produire de très grandes variations d’allure du moteur ; le régulateur, placé sur l’arbre de distribution, agit également et simultanément sur ces deux organes : avance à l’allumage, carburation. Une telle disposition offre un grand avantage pour la marche d’un automobile.
- Le mouvement du moteur est transmis au changement de vitesse avec interposition d’un cône d’embrayage, et aux roues par l’intermédiaire de chaînes.
- Dans l’appareil de débrayage, se trouve un appareil qui permettra d’opérer la marche arrière avec la pédale de débrayage. En appuyant sur cette pédale, on opère d’abord le débrayage, et ensuite, à l’extrémité de sa course, un frein vient agir sur. un tambour portant un appareil différentiel bien connu qui permettra le renversement du mouvement, c’est-à-dire la marche arrière : on conçoit l’avantage d’une telle disposition qui permet, en cas d’urgence, de
- 1 Yoy. n° 1448 dn 2." te v ri or 1001, ]>. 10n.
- mettre immédiatement en action la marche arrière, par la simple manœuvre d’une pédale.
- L’appareil de changement de vitesse, fort ingénieux, est basé sur le principe suivant : les engrenages sont toujours en prise et sont fous sur leur axe (axe du moteur); on conçoit immédiatement (pie si l’on vient à rendre fixe l’un d’eux, le mouvement du moteur sera transmis anx roues par le pignon avec lequel il est en prise et l’intermédiaire des chaînes. Cette solidarité de l’un quelconque des pignons avec l’axe moteur se fait en envoyant de l’air sous pression dans une chambre hermétiquement fermée par un cuir spécial; un plateau en bronze est alors appuyé, sous l’action de cette pression, contre l’engrenage que l’on veut immobiliser, et la liaison mécanique de cet engrenage a lieu avec l’arbre moteur. Un robinet spécial, à quatre voies, permet, par la rotation de la manette placée sous le volant de direction, d’envoyer l’air sous pression dans tel engrenage, correspondant à la vitesse que l’on veut obtenir (fig. 8).
- Il nous reste maintenant à voir d’où provient cet air comprimé nécessaire à l’appareil de changement de vitesse. Au moment de l’explosion du mélange carburé dans le moteur, une certaine pression se produit ; une petite quantité de gaz soulève une soupape dont le réglage a été fait et vient remplir un petit réservoir spécial placé devant le conducteur. Cette quantité de gaz fort minime ainsi soustraite au moteur à pétrole ne nuira en aucune manière à son bon fonctionnement.
- Tel est en principe le fonctionnement de cette voiture. Un examen attenlif de tout son organisme montre que tout y est bien et ingénieusement compris.
- Voiture Decauvüle. — La Société Decauville qui est l’une des premières qui ait fait la voiturette à quatre roues, simple et bon marché, et qui obtint un légitime succès, après avoir modifié ce premier type et en avoir fait la voiturette avec moteur à circulation d’eau, ayant fait ses preuves retentissantes, Tan dernier, en maintes circonstances, en France et en étranger, nous a montré au salon un type tout à fait différent : la voiture automobile, confortable, à quatre personnes, avec moteur puissant. L’expérience de bien des années de construction a contribué à ce que le type qu’elle nous présente soit parfait du premier coup.
- Un moteur de 8 chevaux à deux cylindres verticaux est placé à l’avant; par l’intermédiaire du cône d’embrayage, le mouvement est transmis au carter du changement de vitesse, et, de là, à l’essieu arrière différentiel par pignon d’angle. La direction est à volant incliné, et la voiture est munie de deux systèmes de freins. Comme vitesse maxima : 45 à 50 km à l’heure.
- L’examen minutieux du châssis nous montre que tout a été l’objet d’une étude sérieuse et le résultat d’une longue expérience. Rappeler l’épreuve d’endurance à laquelle a été soumise une pareille voiture ( 1000 kilomètres sans arrêt en 24h 50m), c’est confir-
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- LA NATURE.
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- mer le légitime succès obtenu cette année par cette Société.
- Société des voitures automobiles « La Petite
- Fig. 1. — Voilure Croium.
- Livraison ». — Cette Société expose à son stand un type de voiture qui permet l’interchangeabilité de caisse : ce n’est plus le cheval qu’on détèle pour le
- Fig. 2. — Voilure Deeauville.
- placer indistinctement devant une voiture de livraison ou un coupé, c’est la caisse que l’on remplace. La
- Fig. 5. — Voiture Jeantaud.
- monade y est substituée et quatre personnes peuvent y prendre place confortablement, et cela avec une
- Fig. 5. - v oiture Jenatzy.
- bien des amateurs, et avec ce système, pour une dépense d’environ 7000 francs, on se trouve propriétaire de deux voilures automobiles.
- semaine, le commerçant fait ses livraisons avec sa voiture automobile, le dimanche la voiture de pro-
- Hg. 4. — Voiture jtour le transport des pigeons voyageurs.
- simplicité de manœuvre de quelques minutes. On peut dire que ce type répond aux desiderata de
- Fig. 0. — Petite voiture Bolide.
- Quelques mots du mécanisme : le châssis en acier à lT est d’une solidité à toute épreuve. 11 supporte le moteur horizontal à un cylindre d'une puissance
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- de (> chevaux environ, placé à l'avant. La transmission se l'ait par courroie unique au carter du changement de vitesse placé à l’arrière, changement de
- vitesse par engrenages (trois vitesses et une marche arrière), et attaque par pignon de l’essieu différentiel arrière; — comme vitesse maxima : 35 km à l’heure.
- Fig. 7. Châssis d’automobiles. — 1. Petite Livraison. — 2. Châssis Decauville. — 3. Châssis Daniel Augé.
- Une direction à volant incliné, deux freins puissants font que ce type aura de nombreux amateurs.
- Voitures Daniel Augé. — L’une des vieilles maisons de construction de moteurs et d’automohiles, la maison Daniel Augé et Cie, nous montre différents châssis. Tout est robuste et d’une simplicité remarquable.
- Le moteur Cyclope, connu depuis longtemps déjà, horizontal ou vertical, d’une puissance de 4, 6, 8 chevaux, est placé à l’avant. La puis.-sance est transmise au carter du changement de vitesse par une courroie et de là aux roues par l’intermédiaire de chaînes. Le carter du changement de vitesse comprend
- également la marche ar-
- rière qui s’obtient d’une manière fort simple par interposition d’un galet de friction. Une direction à volant incliné, et deux freins puissants : telles sont les particularités de ce châssis sur lequel n’importe quelle
- Fig. 8. — Appareil de changement de vitesse de Çrounn
- caisse peut être adaptée (promenade ou livraison). La robustesse et la simplicité des moteurs Cyclope
- se prêtent à bien d’autres applications que la voiture automobile, et qui ne sont certainement pas les moins importantes, telles que : navigation de plaisance, éclairage électrique, élévation d’eau, monte-charges, etc. Différentes installations de ce genre viennent en effet d’être faites, tant en France qu’à l’étranger où elles ont donné les meilleurs résultats.
- Voiture Jenatzy. — Sur la nouvelle voiture de M. Jenatzy, nous voyons réunis : moteur à pétrole et moteur électrique.
- Un moteur à pétrole à quatre cylindres inclinés, et placé à l’avant (c’est le type du moteur employé par la Société Mors sur ses premières voitures), possède comme volant une machine dynamo-électrique Shunt. Le mouvement est transmis par l’intermédiaire d’un
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- LA NATURE.
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- cône d’embrayage au carter de changement de vitesse, et de là aux roues par l’intermédiaire de chaînes. Une batterie d’accumulateurs se trouve dissimulée dans la caisse de la voiture.
- Lorsque l’on veut mettre le moteur à pétrole en marche, on manœuvre un interrupteur, le courant des accumulateurs fait tourner le moteur électrique qui, par son mouvement, entraîne le moteur à pétrole; les explosions se produisent: le moteur à pétrole est en action. On supprime alors l’arrivée du courant à la dynamo.
- En palier, c’est-à-dire sur un plan horizontal, la voiture est entraînée par le moteur à pétrole; attaquons-nous une cote, immédiatement le moteur électrique vient suppléer à l'insuffisance de puissance du moteur à pétrole, en empruntant à la batterie d’accumulateurs la quantité d’énergie nécessaire pour monter cette cote à la même allure. Sommes-nous en descente, une partie ou la totalité de l’énergie disponible au moteur à pétrole est envoyée par l’intermédiaire du moteur électrique à la batterie d’accumulateurs pour la recharger : c’est la récupération. Un petit appareil spécial permet de faire un couplage des accumulateurs : tension ou quantité, en les divisant en sous-batteries.
- Le moteur électrique peut, en plus, remplir les fonctions de frein par sa mise en court-circuit et permettre de continuer sa roule, pendant un certain temps, en cas d’avarie au moteur à pétrole.
- Il y a là une conception fort ingénieuse de la combinaison des moteurs à pétrole et électrique. Laissons à l’expérience le soin de décider de l’avenir d'une telle disposition.
- Petite voiture Bolide. — M. Lefebvre vient de nous montrer Une petite voiture Bolide, type de voiture légère, fort bien construite : c’est une réduction de la grosse voiture que nous connaissions déjà et qui fut bien appréciée par le public.
- Rien n’a été négligé dans sa construction, chacun des organes qui la constitue est d’une solidité certainement supérieure pour le travail qui leur est demandé ; cet excès constitue bien le plus sûr garant du succès qu’obtint au salon cette petite voiture.
- Quelques mots du mécanisme : un moteur horizontal à un cylindre d’une puissance de 6 chevaux environ, muni d’un carburateur spécial à étranglement breveté permettant de supprimer presque en totalité le bruit de l’échappement : cette particularité intéressante se rencontre, du reste, dans les grosses voitures (type de course) de ce constructeur. Un cône d’embrayage transmet le mouvement du moteur au carter du changement de vitesse constitué par un système spécial de train baladeur, et, au moyen d’une chaîne unique, ce mouvement est transmis à l’essieu différentiel arrière, La voiture de M. Lefebvre est munie de trois vitesses et d’une marche arrière, grimpe facilement toutes les côtes et fait 40 km à l’heure au maximum. Une direction à volant incliné et deux freins très puissants joints à sa construction irréprochable, font de ce
- petit véhicule l’un des meilleurs types de voiture légère.
- La voiture automobile, comme ou a pu l’apercevoir au salon, ne constitue, pour bien des personnes, qu’un élément de promenade et de luxe ; les applications pratiques de l’automobile sont, sans contredit, les plus importantes et appelées à un grand avenir. Il est, en effet, à remarquer que bien des constructeurs ont exposé cette année des types de voitures de livraison pensant que là était l’avenir véritable de la locomotion automobile. L’armée suit également de très près les progrès successifs de ce mode de locomotion et cherche à l’appliquer de plus en plus à ses besoins : voitures à vapeur pour le transport de vivres, voitures de vitesse pour la communication des ordres, transport de pigeons-voyageurs, etc.
- Le service des postes cherche également à substituer la traction mécanique à la traction animale; les conditions que devraient remplir les véhicules automobiles appelés à ce service sont les suivantes : avoir une capacité de 1 mètre cube et pouvoir transporter 600 kg de marchandises, deux hommes doivent pouvoir y prendre place; la voiture doit pouvoir effectuer un parcours quotidien de 80 km à une allure moyenne de 18 km à l’heure ; entre chaque voyage, un arrêt de 45 minutes permettra la recharge partielle des accumulateurs en cas de voiture électrique.
- Différents constructeurs se sont mis en ligne; et il est probable que d’ici peu l’Administration des Postes prendra, à titre d’essai, quelques véhicules automobiles pour assurer son service.
- On le voit, les applications de la locomotion mécanique s’accroissent de jour en jour, le succès du salon en a été le sûr garant, et à peine vient-il de se fermer que l’on parle maintenant d’une date pour l’ouverture de la prochaine exposition. L. 11.
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- PLUIES ET TÂCHES SOLÂIRES
- DAX S LA RÉGION DE LOCÉAN INDIEN
- M. Norman Lockyer a étudié dans notre confrère anglais Nature une question très intéressante, celle de la relation qui peut exister entre le mouvement des taches du soleil et la météorologie terrestre. Depuis longtemps déjà on soupçonnait qu’il existait une relation de ce genre, et un économiste anglais, Stanley Jevons, avait même cru reconnaître que les crises financières et économiques se succédaient à un intervalle précisément égal à la durée de la révolution des taches du soleil, ce qui s’expliquait prb les vicissitudes des récoltes.
- Nous allons résumer à grands traits l’étude de l’éminent astronome*
- 1° De la discussion de l’origine chimique des raies dans les taches solaires aux périodes de maximum et de minimum, il résulte qu’il y a une élévation considérable de la température solaire moyenne dans les années voisines du maximum, et un abaissement corrélatif dans les années qui avoisinent le minimum.
- 2° De l’observation des pluies dans l’Inde (pendant la
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- LA NATURE.
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- mousson S.-O.), et à l’île Maurice, entre 1877 et 1886, il résulte que les effets de cette variation de la température solaire sont ressentis dans l’Inde au moment du maximum des taches, et à Maurice au moment du minimum. De ces deux effets le dernier est le plus énergique. (Ces variations dans l’intensité des pluies, M. Norman Lockver les appelle puises, mot anglais que nous traduirons par « poussées ».) La poussée ressentie à Maurice au minimum des taches solaires est sensible aussi dans l’Inde, où elle donne lieu à un maximum secondaire. L’Inde a deux poussées de pluie : l’une dans le voisinage du maximum, l’autre dans le voisinage du minimum de la révolution de la tache solaire.
- .5° Les dates du commencement de ces deux poussées dans l’Inde et à Maurice se rapportent à des changements brusques dans la constitution des raies.
- 4° D’une étude de la Commission des Famines, il résulte que toutes les famines qui ont désolé l’Inde, pendant la seconde moitié du dix-neuvième siècle, se sont produites dans les intervalles entre ces deux poussées.
- 5° En étudiant les modifications survenues dans les raies, dans les pluies de l’Inde et de l’île Maurice pendant et après le dernier maximum de 1895, on a trouvé des variations importantes dans les trois phénomènes. On peut établir en même temps que le minimum de 1888-1889 ressemblait au minimum précédent de 1878-1879.
- 6“ De l’étude des courbes du Nil entre les années 1849 et 1878, il résulte que tous les minima du Nil s’étaient produits-entre les mêmes intervalles.
- 7° La relation des intervalles en question avec les périodes de sécheresse de l’Australie et de la colonie du Cap, et avec les variations de la pluie des régions extra-tropicales en généra], n’a pas encore été déterminée. 11 y a concordance générale entre les intervalles et les pluies d’Écosse (Buchau), les poussées de pluie de Cordoha (Davis) et celles du cap de Bonne-Espérance.
- 8° Ces résultats s’accordent exactement avec les faits connus de températures, pressions ou pluies anormales dans l’Inde pendant les vingt-cinq dernières années. Cela facilitera la prévision de la sécheresse dans l’Inde.
- En projetant l’image d’une tache du soleil dans la fente d’un spectroscope, M. Norman Lockyer a trouvé précédemment que le spectre d’une tache ainsi examinée prouve que le noir de la tache est dù non pas seulement à une absorption générale, mais à ce qu'il appelle une absorption sélective.
- Les raies caractéristiques de ces spectres sont déterminées par la présence de divers éléments. En comparant les taches à Une tache moyenne considérée comme type, M. Norman Lockyer établit que, pour la tache de surface maxima, ce sont les raies du titanium, du vanadium, etc., (pii dominent, et pour la tache de surface minima celles du fer. En traçant la courbe de ces variations, il trouve trois phases de la température solaire : une température solaire moyenne, une température maxima tt une minima. Il existe une relation entre ces variations de la température solaire et celles de la température terrestre. Nous renverrons pour les détails au mémoire original lu le 22 novembre dernier à la Société Royale. M. Norman Lockyer confirme ce que l’on pensait depuis des années, à savoir que les taches sont l’indice d’un excès de chaleur. A leur maximum, elles sont remplies de vapeurs à une haute température, produites par les proéminences éruptives dont le nombre est maximum quand l’atmosphère solaire est le plus troublée.
- G. Guékoult.
- LA MÉDAILLE FRANÇAISE
- SIMPLES NOTES d’un AMATEUR
- L’art si délicat et si charmant de la médaille, qui est comme le sonnet des sculpteurs, brille aujourd’hui d’un éclat supérieur même à celui qu’il eut aux deux plus belles époques de son histoire : au cinquième siècle avant notre ère en Sicile et à la fin du quinzième siècle en Italie. Le grand public commence à apprécier ces petits monuments qui synthétisent et circonscrivent, sur un étroit espace de matière presque indestructible, le souvenir d’un événement heureux ou d’un visage aimé qui peuvent se transmettre ainsi dans les familles avec des facilités et des chances de durée bien plus grandes que des bustes encombrants ou de fragiles tableaux.
- Les lecteurs de ce recueil liront, je l’espère, une notice sommaire sur les médailles françaises avec d’autant plus d’intérêt que l’Administration des monnaies s’est mise très aimablement à la disposition des amateurs pour faire frapper à des prix très modérés les médailles anciennes et modernes dont elle possède encore les coins, et que, ne pouvant en reproduire ici qu’une très faible partie, j’ai choisi autant que possible comme exemples celles qui se rapportaient à l’histoire des sciences ou des travaux publics.
- C’est Louis XII qui importa en France le goût de la glyptique; le premier il fit frapper sur la monnaie l’effigie royale, ce qui fit donner le nom de testons aux pièces d’argent qui présentaient la teste de souverain.
- Dès lors il y eut, dans notre pays, un corps privilégié à qui revint la frappe aussi bien pour les médailles que pour les monnaies. La première médaille frappée en France avec des coins gravés, le fut à l’occasion de l’entrée de Louis XII à Tours en 1501. Elle porte d’un côté le buste du roi, assez grossièrement exécuté, et de l’autre un porc-épic couronné; elle est due au sculpteur Michel Colomb.
- Sous Henri 1Y, Guillaume Ilupré fut nommé à l’emploi de « conducteur et contrôleur général en l’art de la sculpture sur le faict des monnaies et revers d’icelles ». Ce fut lui qui grava le£ coins de l’admirable buste de Henri IY qu’on trouve sur les médailles déjà assez nombreuses à cette époque, et des non moins belles effigies de Marie de Médicis, de Christine de France, du duc de Lesdiguières et de saint François d’Assise, qui toutes se font remarquer par l’aspect vivant du visage et l’ampleur majestueuse du costume. C’est d’après ses dessins qu’ont été gravés les coins des monnaies de Henri IY et de la minorité de Louis XIII.
- Warin, né à Sedan, continua les grandes traditions d’art de Dupré. Graveur général de la monnaie depuis 1626, il mourut en 1672 après avoir gravé, avec une fécondité inépuisable, les monnaies et médailles de Louis XIII et de Louis XIY enfant.
- On vit ensuite, à la tête de la Monnaie de Paris,
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- la dynastie des Roettiers qui fournit, de 1682 à 1772, quatre « graveurs généraux » dont le talent alla en décroissant.
- Le premier, Joseph, né à Gand ou à Anvers, était graveur à la Monnaie de Londres avec ses frères Jean et Philippe lorsque Louis XIV le prit à son service. Il accomplit la grande œuvre des médailles historiques du règne de Louis XIV qui donna naissance à Y Académie des Inscriptions, dont la mission était de composer les légendes et les allégories. C’est sous la direction d’un autre des Roettiers que lut frappée la série analogue des médailles de
- Louis XV ; une partie en fut gravée par Jean Duvi-vier dont le fils, Augustin Duvivier, succéda au dernier des Roettiers.
- Augustin Duvivier fut remarquable par la vie et le modelé précis qu’il donna à ses portraits et à ses compositions ( 11g. 1). 11 fut destitué à la Révolution et remplacé par Antoine Dupré qui obtint au concours la place de « graveur général ». C’est à ce Dupré qu’on doit le Génie de. la constitution qui a si longtemps formé le revers de notre pièce de 20 francs en or, et La Force entre la Justice et l'Égalité qui est encore sur nos pièces de 5 francs en argent. Il fut destitué
- à son tour par Bonaparte et remplacé par un artiste inférieur, l’inspecteur des monnaies Tiolier qui avait gravé un coin à l’effigie du premier consul lors de sa visite à la Monnaie et qui grava en 1808 pour la monnaie d’argent la tête de l’Empereur. C’est un autre artiste, Jeoffroy, qui grava la meilleure tête de Napoléon premier consul.
- L’Empire et la Restauration eurent ensuite, pour principaux graveurs, Andrieu, Galle et Michaut qui procédaient de l’école correcte mais si froide de David.
- Andrieu fut très fécond et parmi les médailles de lui que met en vente la Monnaie, trois méritent particulièrement l’attention : une fort belle tête de Napoléon Empereur avec, au revers, le baptême du Roi de Rome (fig. 6) ; la charmante figure de la
- princesse Pauline Borghèse avec les trois grâces au revers; et enfin le passage du mont Saint-Bernard par le Premier consul.
- Galle fut un portraitiste minutieux à l’outil impeccable mais banal et sans goût. On lui doit cependant le Bonus eventus, frappé en l’honneur du retour de Bonaparte à Fréjus, qui présente une imitation réussie de l’antique.
- On doit à Michaut la tête de Louis XVIII qui se trouve sur la monnaie et dont Edmond About a dit justement : « Lorsqu’on jette sur le.comptoir d’un marchand un écu à l'effigie de Louis XVIII, on ne se doute pas qu’on dépense nn chef-d’œuvre ». Mais l’heure d’inspiration où il la composa ne se représenta plus.
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- Puis vint Oudiné qui [pendant quarante ans prépara la renaissance de la médaille (fig. 8) en faisant
- de son art un art indépendant par le soin de ne jamais inciser que ses propres compositions et en
- Fifr. 8. — Bataille d’Inkermaim, par Oudiné.
- Fig. 10. — Médaille de l'A/W.s, par Rotv.
- Fig. 7. — F.mploi des ballons au siège de Paris, par Chaplain.
- Fig. 9. — I.a musique (médaille de la Trompette), par De george
- , Fig. 11. — Le zodiaque (Revers de*la médaille de Leverrier), par Alphée Dubois.
- formant des élèves comme Ponscarme, Tasset et Chaplain (lig. 7). Il eut comme rivaux des artistes de mérite, tels que Depaulis, Gatteaux, Domard et Bovy.
- C’est à Depaulis que l’on doit la Bataille de VIsljj, étonnante de perspective et de mouvement (lig. 4), la Fondation des musées de Versailles et
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- la Vénus de Milo, modelée avec une extrême délicatesse.
- Gatteaux fut très fécond ; on lui doit près de 500 médailles dont la plus connue est celle du Pont de Bordeaux (fig. 5).
- Romard, auteur de la tête de Louis-Philippe, fut, avec Bovy, le médailleur attitré de l’Administration des ponts et chaussées. Et Dieu sait si cette administration s’en est donné de faire exécuter des bustes pour ses inspecteurs généraux et des médailles pour ses ponts !
- Mais Bovy est bien supérieur par le pittoresque de ses compositions (tig. 2) à Bomard qui a encore le style pompeux de l’École de David (lig. 5).
- C’est Bovy qui a gravé la grande médaille des chemins de fer, d’un si admirable relief.
- On peut considérer Ponscarme comme le véritable créateur de la médaille contemporaine, et c’est le portrait, désormais historique, de Naudet, qui en lut la première manifestation.
- Jusqu’alors sur le fond de la médaille, poli comme un miroir, saillait durement le sujet avec les tons mats donnés par le travail du burin. Non seulement Ponscarme mata le fond pour obtenir l’unité et l’harmonie, mais il adoucit les modelés de la figure et chercha à transporter sur le métal la souplesse du travail de la glaise ou de la cire, se rapprochant ainsi du flou qui donnait aux médailles antiques l’adoucissement des angles par suite de l’usure des coins gravés dans un alliage de cuivre et d’étain. Enfin, renonçant à l’emploi des caractères typographiques, immuables dans leur forme et leur disposition, il donna à ses lettres et à ses légendes un caractère ornemental et variable de manière à concourir au pittoresque de l’ensemble.
- La chimie se découvrant à Lavoisier est un pur chef-d’œuvre dû à Paulin Tasset.
- Tout le monde connaît aujourd’hui, au moins de nom, Chaplain, Roty (tig. 10), Degeorge (fig. 9), Daniel Dupuis, Alphée Dubois (fig. 11 ), Soldi, Bottée, Patey, Max Bourgeois, Leehevrel, Coudray, Dupré, pour ne citer que ceux dont je possède les œuvres.
- L’espace qui m’est accordé dans cette revue ne me permet que de donner quelques spécimens de leurs œuvres, mais on pourra aller les admirer au musée du Luxembourg et à la Monnaie de Paris où la plupart sont exposées et mises en vente dans une salle spéciale. Albert de Rochas.
- ——
- LA LONGUEUR D’ONDE DES RAYONS X
- Au début de l’étude des rayons X, on leur assigna toutes les positions possibles dans le spectre, y compris l’infrarouge ; puis, à mesure que les mesures se perfectionnèrent, on les relégua de plus en plus loin dans l’ultra-violet. De nouvelles expériences sur leur diffraction faites par MM. Haga et Wind ont donné, comme limite supérieure de cette longueur d’onde, des valeurs de l’ordre du dix-millième de micron. Les rayons X auraient donc des longueurs d’onde qui seraient, au maximum, cinq
- mille fois plus petites que celles des radiations moyennes du spectre visible. Les radiations à examiner passaient par deux fentes dont la plus petite pouvait être resserrée jusqu’à deux microns. La durée d’une expérience a atteint jusqu’à deux cents heures, et l’on peut déjà craindre que, pendant une exposition, les fentes aient éprouvé de petits déplacements, ce qui aurait augmenté la diffusion du faisceau,'et fait paraître la longueur plus grande qu’elle n’est réellement. Les auteurs estiment d’ailleurs qu’on ne pourra pousser plus loin les mesures qu’avec des tubes plus puissants et des plaques photographiques plus sensibles.
- Dans ces conditions, nous ne pouvons qu’enregistrer, avec un doute légitime, le résultat indiqué par M. Maier, dans une thèse présentée récemment à Munich, et qui assigne aux rayons X une longueur d’onde cent fois plus grande que la limite indiquée par MM. Haga et Wind.
- G. E. G.
- LA COMBUSTION DE L’AZOTE
- ET SON CYCLE
- On a attiré, il y a quelque temps, l’attention sur la possibilité de convertir industriellement l’azote de l’air en acide azotique et de réaliser pratiquement la fabrication des azotates alcalins issus actuellement, comme l’on sait, des puissants gisements du Chili et du Pérou.
- Les travaux de W. Ramsay, sur la préparation de l’argon, avaient montré combien il était facile de se débarrasser de l’azote de l’air par une simple combustion par l’oxygène, sous la chaude action de l’étincelle électrique à haute tension.
- La combustion de l’azote est aujourd’hui une très belle expérience de cours. Si l’on fait arriver, dans un ballon, de l’air par un tube qui aboutit entre les fils de platine d’où jaillit l’étincelle d’un transformateur, on constate la production d’une flamme jaune rougeâtre et la formation de vapeurs nitreuses qu’on absorbe au fur et à mesure par une solution de soude, que l’on fait couler sur les parois du ballon.
- Des expériences de laboratoire, il résulte qu’on obtient 74 grammes de nitratede soude par kilowatt-heure. Avec l’énergie électrique,.obtenue par les chutes d’eau, on arriverait, paraît-il, à fabriquer le nitrate de soude à 125 francs la tonne, chiffre bien au-dessous du prix actuel du nitrate de soude du Chili.
- D’ailleurs, la combustion de l’azote n’est pas seulement possible qu’avec l’électricité, on sait que toutes les combustions vives sont accompagnées par la combustion d’une certaine quantité de l’azote de l’air ambiant.
- La vieille synthèse de l’eau de Lavoisier et Meusnier par combustion de l’hydrogène dans l’oxygène impur, a montré que l’eau formée contenait de l’acide azotique provenant de l’azote contenu dans l'oxygène. On sait aussi que la formation d’acide azotique est d’autant plus grande que la température de combustion est plus grande, de telle sorte que l’éclairage actuel par la flamme chaude du bec Bunsen, brûlant sous les capuchons d’Auer, produit plus de vapeurs azotiques que l’éclairage d’antan, avec des flammes moins chaudes.
- M. Berthelot a calculé la quantité d’acide azotique concomitant des combustions dans le département de la Seine, où il se brûle chaque année plus de quatre millions de tonnes de combustibles.
- En rapportant cette combustion à celle du charbon, il
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- LA NATURE.
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- en résulterait une production de 5(>7 tonnes d’acide nitrique par an.
- 11 faut bien, d’ailleurs, que l’azote de l’atmosphère vive comme les autres corps, qu’il décrive, comme on dit, son cycle dans la nature.
- Qu’il se combine par combustion ou par voie microbienne, il devient assimilable par les plantes et forme, dans celles-ci, les matières albuminoïdes qui se détruisent par fermentation en engendrant de l’ammoniaque.
- Cette ammoniaque sera susceptible de se transformer en nitrates sous l’influence d’un ferment, mais on sait aussi que la fermentation aérobie donne naissance, par combustion lente, à de l’azote libre qui est restitué à l’atmosphère.
- L’azote peut donc décrire un cycle fermé et jouer sa partie, et une très importante, dans la grande mécanique de la vie. T. Obalski.
- LE PONT ALEXANDRE III
- LES ESSAIS DE RÉSISTANCE
- Il ne suffit pas aux ingénieurs et aux architectes de construire un pont pour que ce dernier soit considéré comme terminé ; les questions techniques et de travaux ont leur importance, sans doute; mais il en existe d’autres beaucoup plus sérieuses sans lesquelles un ouvrage, si considérable qu’il soit, ne serait que fumée, ce sont les questions administratives....
- Les études du pont Alexandre ÏII ont été entreprises en 1895, après une entente entre le ministre des travaux publics et le ministre du commerce, puis l’avant-projet a été remis au commissaire général de l’Exposition de 1900 ; il y eut ensuite une série de formalités administratives avant d’’arriver à une loi qui devait en assurer l’exécution.
- Le pont a été construit par l’Exposition, mais les ingénieurs étaient fournis par l’État, c’est-à-dire choisis dans le corps des ponts et chaussées. En vertu de clauses spéciales provenant de la contribution de l’État aux dépenses de l’Exposition, il avait été convenu que cet ouvrage une fois terminé reviendrait à l’État. Toutefois, le ministère des travaux publics ne pouvait recevoir le pont du service de l’Exposition qu’ après la cérémonie dite des essais spéciaux ; il n’en est pas moins vrai que l’Exposition avait bien, de son côté, reçu le pont qui s’est d’ailleurs admirablement comporté pendant les sept mois de la Grande Foire et, puisqu’il avait été construit par des ingénieurs de l’État, il eût semblé logique d’admettre que le pont ayant tenu pour l’Exposition devait continuer à tenir pour l’État. Mais cette logique n’a eu aucune force, et avant que l’ouvrage ne- devint réellement propriété nationale, il a fallu procéder à la petite cérémonie en question, et en subir les ennuis, arrêts de la circulation sur l’eau et sur le pont, dépenses importantes pour la mobilisation du personnel et du matériel spécial.
- Les essais sont de deux ordres :
- Essais des charges mortes ;
- Essais des charges mobiles.
- Les premiers se rapportent au platelage, à l’asphalte
- et à la chaussée qui recouvrent le pont. La charge morte dans les ponts pour routes, comme le pont Alexandre 111, sont très considérables par rapport aux charges mobiles. — C’est le contraire de ce qui se passe pour les ponts de chemin de fer. — Et quand les essais ont été satisfaisants pour les charges mortes, il y a tout lieu de croire qu’elles le seront également pour les charges mobiles.
- Une remarque fort importante faite lors des premiers essais a été de constater une sorte de plasticité générale de l’ouvrage qui l’empêche de suivre avec régularité les variations dues à la température et aux charges. Cette remarque, qui avait déjà été faite lors des essais du pont Mirabeau, a été encore plus sensible au pont Alexandre. Cela tient sans doute à une solidarité très grande des différentes pièces entre elles, les effets se répercutent sur une surface très développée, de sorte qu’il s’ensuit une sorte de tassement ou paresse générale de l’ouvrage qui empêche les arcs de revenir immédiatement à leur point de départ, après une déformation due soit à la température, soit à une surcharge.
- Ce phénomène rend assez délicate l’interprétation des résultats bruts des observations dont les chiffres ont besoin d’être corrigés par des coefficients qui sont variables suivant le degré d’avancement de la température. Mais ces effets se produisant tantôt dans un sens, tantôt dans l’aiitre n’ont aucune action sur la solidité générale de l’ouvrage qui s’est comporté normalement, s’abaissant progressivement sous l’effet des charges croissantes, mais dans une progression toujours inférieure aux prévisions.
- C’est ce que l’on peut constater dans les courbes de la figure 4 qui montrent les cotes des quinze arcs, A, R... O, du pont à différentes époques et à la suite de divers essais et opérations ; on peut voir qu’après ces épreuves, les altitudes des articulations à la clé ont varié en diminuant chaque fois.
- Les épreuves de charges mortes ont été exécutées avant la mise en service du pont; elles étaient constatées à l’aide de lunettes situées sur la berge, qui étaient pointées alternativement sur un point fixe de l’autre berge pris comme zéro et sur les points mobiles du pont lui-même. Ces procédés, pour être primitifs, n’en sont pas moins très exacts.
- Ces épreuves ont donné les meilleurs résultats ; ceux-ci ont toujours été au-dessous des prévisions, ainsi qu’on peut le constater sur les courbes des figures 1, 2 et 5, qui montrent à la fois les graphiques prévus par les calculs et les graphiques obtenus par les essais.
- Les essais des charges mobiles n’ont été faits qu’après la fermeture de l’Exposition les 5 et 7 décembre 1900. Us avaient pour but de montrer comment se comporteraient les arcs : 1° sous le passage d’un rouleau compresseur de la Ville de Paris, pesant 28 tonnes ; 2° sous le passage de quatre files de sept chariots pesant 16 tonnes et tirés chacun par 6 chevaux, soit en tout 24 chariots et 168 chevaux.
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- Il y avait donc deux essais à faire : l’essai du rouleau compresseur et l'essai de files de chariots ; les résultats de ces expériences étaient observés à l’aide des appareils enregistreurs de M. Rabut, dont nous dirons deux mots à la fin de cet article.
- Les essais dus au rouleau de 28 tonnes sont de beaucoup les plus concluants, car les résultats en sont précis ; il était en effet facile de faire passer, à l’endroit exact que l’on voulait, cet appareil pesant, de le faire arrêter sur tel ou tel arc et même de recommencer l’expérience à plusieurs reprises.
- On a placé le rouleau d’abord dans l’axe du pont, ensuite au quart de sa largeur, enfin, contre les bordures des trottoirs ; les effets de ce poids élevé ne se faisaient pas seulement sentir sur l’arc qui soutenait le rouleau, mais encore sur tous les autres, à cause de la solidarité régnant entre eux; ces effets étaient naturellement d’autant plus importants que l’arc considéré était plus rapproché de l’arc mis directement en cause. Pour constater ces effets, on avait réquisitionné tous les appareils de M. Rabut que le corps des ponts et chaussées possède en
- France, on était arrivé à en réunir 12; on en a mis 8 aux joints de clé et 4 aux reins des arcs.
- Avant de faire les essais on avait procédé, comme pour les charges mortes, à des calculs qui devaient donner des résultats théoriques ; mais il était impossible de faire ces calculs de façon à se trouver dans les mêmes conditions que la réalité; car, pour les calculs, on devait supposer la charge du rouleau compresseur comme ne reposant que sur un seul arc, et on en concluait que les efforts n’agissaient que sur lui seul, alors qu’en réalité, dans les essais, la charge se répartissait entre tous les arcs suivant une loi impossible à prévoir et à calculer, et cela en vertu de la solidarité des différentes fermes, cette solidarité étant due non seulement aux poutrelles transversales, mais encore au platelage et au pavage. Il en résulte que pour pouvoir comparer les calculs aux essais, il fallait prendre, pour une expérience, la somme des déformations des différents arcs et de voir si cette somme ressemblait au chiffre trouvé par le calcul pour un seul arc.
- Ici encore, on a trouvé des chiffres très au-dessous
- à la 3em0 épreuve.
- epreuve.
- Variation calculée.
- Variation observée
- Fig. 1, 2 el 3. — Graphiques obtenus par les calculs et par les essais pendant trois opérations de charges mortes.
- de ceux qui avaient été prévus; ainsi les calculs avaient promis une flèche unique de 154 mm et en réalité, sous le passage du rouleau compresseur, la somme des déplacements des 15 arcs n’a été que de 48 mm. Les essais ont donc été très concluants et ont démontré la parfaite solidité de l’ouvrage.
- Les seconds essais de charge mobile qui ont été faits au pont Alexandre ont eu lieu à l’aide de files de chîtfiots conduits par des camionneurs. Les ingénieurs du pont auraient désiré faire passer cinq files, la largeur des 20 mètres de chaussées le permettait théoriquement; mais, en réalité, c’eût été impossible, les charretiers ne répondaient plus de leurs chevaux; il a donc fallu réduire les essais à qüatre files seulement. Ces essais réduits devaient donner encore satisfaction, car jamais dans la pratique on n’aura à faire pour un si grand nombre de files de chariots aussi lourdement chargés. Ainsi que nous l’avons dit au commencement, ces files étaient composées chacune de 7 voitures chargées de 16 tonnes et tirées par 6 chevaux. On avait installé l’ensemble des voitures entre les deux palais de l’avenue Nicolas II, et, au commandement, elles se sont ébranlées pour s’engager sur le pont Alexandre ; elles ont fait deux passages, un dans chaque sens.
- Cet essai, bien que fort intéressant par lui-même, puisqu’il provoque une charge totale très grande, ne peut avoir la justesse et la précision du passage du rouleau compresseur; il est en effet très difficile de faire marcher ensemble 168 chevaux entiers, il se produit forcément des arrêts qui faussent sans doute les résultats. Toutefois on a pu constituer ceux-ci d’une façon à peu près exacte, grâce au grand nombre d’appareils mis en service, et en agissant par moyennes et interpolations.
- Le total des dépressions des flèches n’a atteint que 220 millimètres, alors que les calculs avaient fait prévoir un abaissement de 450 mm ; on se trouve donc ici encore au-dessous des chiffres donnés par les calculs qui pourtant avaient été établis en tenant compte des plus mauvaises conditions.
- Pour le passage des files de chariots, il n’y avait pas seulement à considérer le déplacement des fermes à la flèche, mais encore tout le long de l’arc lui-même.
- On a trouvé des chiffres également très rassurants puisque les essais ont donné 28 mm d’abaissement au point maximum de souffrance (à la clé), alors que les calculs avaient laissé entrevoir une différence d’altitude de 90 mm. Le pont Alexandre III
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- n’a donc rien à craindre : il est solide non seulement à notre époque est de beaucoup plus important, réellement, mais encore administrativement, ce qui Certaines personnes reprochent d’une façon géné-
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- Fig. 4. — Cotes des quinze arcs du pont Alexandre III à la suite d'opérations diverses et d’essais pour les charges mortes.
- raie l’habitude qu’on a de faire ce qu’on appelle l’essai des charges mobiles aux ponts nouvellement construits. Elles prétendent que les efforts auxquels ils sont soumis ont une action néfaste, qu’ils fatiguent le pont et en compromettent la solidité.
- Il est certain, en ellet, que ces lourdes charges complètement anormales produisent une action sur les ditïérents éléments du pont, mais loin d’être un mal, cette action est un bien. En effet elle cale le pont, elle force les joints à se fermer hermétiquement; d’ailleurs, les ingénieurs considèrent toujours cette opération comme une des parties du travail qui concourent pour la construction même de l’ouvrage.
- L’appareil dont on se sert pour constater les dépressions, dues au mouvement des arcs sous l’influence de charges diverses, est dû à M. Rabut, ingénieur en chef des ponts et chaussées; c’est d’ailleurs celui qui est couramment employé en France depuis plusieurs années.
- Il se compose d’un ressort R (fig. 5) attaché à une des pièces de l’arc; ce ressort se continue par un fil d acier rigide F, fixé sous le pont en un point fixe. En un point A, situé au-dessous du ressort, on a placé une aiguille AO qui est mobile autour du point 0 et dont l’autre extrémité peut inscrire, sur un tambour T qui tourne,
- les mouvements dp l’arc. Dans ce système, c’est le ressort qui transmet les mouvements; on suppose que la rigidité du fil F est suffisante pour ne pas provoquer d’influence. Ceci est vrai pour les ponts qui recouvrent une route et pour lesquels on peut trouver un point fixe (jui sert à attacher l’extrémité inférieure du fil F. Pour les ponts de rivières, on est obligé d’enrouler F extrémité de ce fil à une grosse pierre jetée au fond du lit. Lorsque l’eau est tranquille et propre, tout marche très bien, et les indications sont assez nettes; mais pour peu qu’il y ait du courant ou des objets flottants à la surface de l’eau, le fil F se trouve entraîné et agit sur l’aiguille qui inscrit alors des indications ne provenant plus des essais en cours. Les graphiques sont embrouillés, et, pour s’y reconnaître, il importe de prendre une moyenne qui n’est qu’approximativement exacte.
- Mais cela n’a, somme toute, que peu d’importance pour les ponts de routes ; car, en ce cas, les essais de charges fixes qu’on peut faire très tranquillement et très exactement à l’aide d’opérations géodési-ques sont à elles seules très rassurantes; les autres sont surtout utiles au point de vue administratif. A. da Cvnha.
- Fig. 5. — Schéma de l'appareil de M. Itabut pour connaître les variations d’un pont sous l’action d’une charge mobile.
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- CHRONIQUE
- Prix Anthony Pollok. — La Commission du Prix Anthony Pollok Lut connaître les nouvelles conditions du concours qui sera ouvert au Havre le 9 septembre prochain.
- En voici le texte :
- Art. 1er. — Un prix de cent mille francs (100000 francs) est offert, sous le nom de Prix Anthony Pollok, par les héritiers d’Antony Pollok, de "Washington, pour honorer la mémoire de leur parent, qui a péri ddhs le naufrage de La Bourgogne, abordée parle üromartyshire au large de Sable Island, le 4 juillet 1898.
- Art. 2. — Le prix a pour but de récompenser le meilleur projet répondant à une au moins des trois conditions suivantes : 1° prévenir les collisions en mer; 2° sauver des navires en cas de collision ; 5° réaliser, en cas de perle du navire, le sauvetage collectif de l’équipage et des passagers. Les concurrents doivent bien savoir que ces trois conditions sont expressément stipulées par les londateurs du prix Anthony Pollok, et que leur désir est de voir entrer immédiatement dans la pratique le système qui aura reçu l’approbation du jury. Ils devront, en outre, se rappeler que l’expérience a fait rejeter de nombreux projets de sauvetage qui ne sauraient être utilisés, au moment d’un sinistre, par l’équipage réduit des navires de commerce. En conséquence, seront éliminés du concours : 1° Les appareils qui ont pour but le sauvetage individuel (ceintures, gilets, bouées, etc.); 2° les appareils qui, en encombrant le pont dn navire, entraveraient ses opérations de chargement et de déchargement, diminueraient outre mesure l’espace réservé aux passagers et aux marchandises, ou qui ne pourraient être adoptés par les compagnies de navigation sans amener un bouleversement complet dans la construction des navires déjà en service; 5° toute invention qui, présentée isolément, ne serait qu’une simple amélioration de systèmes déjà reconnus insuffisants pour le sauvetage collectif (bossoirs d’embarcations, appareils pour le filage de l’huile, etc.) ; 4° les flotteurs, radeaux, etc., qu’il faudrait monter, assembler ou gonfler au moment du sinistre, et les panneaux, roubles, etc., qu’on suppose devoir surnager automatiquement au moment de l’immersion du navire.
- Art. 3. — Les projets doivent être présentés soit en nature et en état de fonctionner, soit sous la forme de modèles ou dessins.
- Art. 4. — Le concours sera ouvert au Havre, le 9 septembre 1901. 11 sera jugé par un jury international, composé d’hommes dont la compétence est universellement reconnue, et dont les noms seront ultérieurement désignés.
- Art. 5. — M. le capitaine S. Dechaille, directeur du service des signaux et du sauvetage de la Chambre du commerce du Havre, est chargé de recevoir les demandes d’admission, de fournir aux candidats tous les renseignements, et d’organiser l'exposition des différents projets.
- Le plus grand établissement hydrothérapique. — Le plus grand établissement hydrothérapique qui soit au monde a été inauguré dernièrement à San-Francisco. Les hautes falaises de la côte du Pacifique se trouvent, en cet endroit, percées de nombreux canaux qui alimentent d’eau de mer un vaste réservoir souterrain. C’est là que M. Sutro, milliardaire californien, a eu l’idée de faire établir des piscines gratuites sur le modèle des Thermes de Dioclétien, à Home. Dans ce but, la falaise a été entièrement minée, et le réservoir naturel
- qui s’y trouvait a été aménagé en sept grandes piscines à eau chaude et à eau froide, pour les hommes, les femmes et les enfants. Quatre séries de générateurs servent à chaufler les salles et maintiennent constamment l’eau de trois des réservoirs à une température de 50° centigrades. La principale piscine mesure 275 pieds de long sur 150 de large. L’eau s’v renouvelle nuit et jour. En certains points, la profondeur y atteint 8m,50. Vingt mille personnes peuvent se baigner et circuler à l’aise dans cet immense établissement souterrain, éclairé à l’électricité, dont la construction et l’aménagement n’ont pas coûté à leur créateur moins de 800 000 dollars.
- La consommation de la paie de bois en Amérique. — On sait que la pâte de bois est aujourd’hui presque exclusivement employée pour la fabrication du papier des journaux à grand tirage. Certains journaux américains qui ne publient pas moins de vingt, vingt-quatre et parfois même trente-deux pages chaque jour, consomment une quantité formidable de cette pulpe, et l’on s’est demandé, il y a quelque temps, si toutes les forêts du Canada et de la Sibérie suffiraient à alimenter seulement pendant ce siècle la voracité, sans cesse grandissante, de la presse quotidienne. Une publication technique étrangère nous donne, sur la consommation de la pâte de bois, rien qu’aux Etats-Unis, des détails tout à fait stupéfiants. Aussi les principaux journaux de New-York, de Boston, de Chicago et de Philadelphie exigent, chacun d’eux, l’abatage de 120 à 150 000 arbres par an, ce qui représente une forêt de 10 000 hectares. Les numéros de Noël de ces journaux, qui ont souvent plus de quatre-vingts pages, emploient jusqu’à 270 000 kilogrammes de papier, soit 200 000 pieds de billots d’épi-nette. Et il y a comme cela 22 000 journaux aux États-Unis.... C’est le Canada qui fournit la majeure partie de la pulpe nécessaire à la presse américaine. Quarante-huit moulins exploitent les forêts septentrionales du Dominion et la seule province de Québec fabrique une moyenne de 500 millions de kilogrammes de papier par an.
- L’étendue des établissements Krupp. — Tout le monde parle des fameux établissements Krupp, mais on s’imagine assez volontiers qu’ils ne se composent que des aciéries d’Essen. L’erreur est grossière, et voici l’énumération rapide des établissements secondaires qu’ils comprennent. C’est d’abord une aciérie à Annen, en Westphalie, puis la grande usine Gruson, à Buckau, près de Magdebourg, qu’ils ont rachetée ; il faut y ajouter les chantiers de la Société Germania, à Kiel et à Berlin, et une forge et des ateliers de construction à Sayn. Le métal brut nécessaire à leurs besoins est produit dans quatre groupes de hauts fourneaux, à Duisbourg, Neuwied, EngersetRheinhausen. La houille qu’ils consomment est tirée de leurs propres houillères, qui forment quatre sièges d’exploitation; quant au minerai de fer, il est fourni par leurs 500 exploitations, dont 11 sont souterraines. Enfin, pour l’essai de ses bouches à feu, la maison Krupp possède un polygone à Meppen. Nous ne nous étonnerons pas après cela si elle peut mettre à flot un cuirassé construit par elle dans toutes ses parties et avec du métal provenant exclusivement de ses usines.
- Nouveaux grands docks «le carénage au Japon. — Les constructions navales prennent de plus en plus d’importance au Japon. C’est ainsi que, en dépit des docks que possède une des principales maisons de construction de Tokio, la Sshikawajima Shipbuilding and Engineering Co, une Compagnie nouvelle vient de se
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- former qui est eu train de mener à bien l’établissement d’un premier bassin de carénage à Urafa, à l’entrée delà baie de Tokio. Ce bassin n’a pas moins de 1512 mètres de long sur une largeur de 22. La profondeur d’eau y est toujours au minimum de ü'“,7Ü. Les pompes qu’il comporte peuvent le vider en 5 heures seulement. On prépare, d’autre part, la construction d’un second bassin analogue, qui aura même longueur, mais dont la largeur atteindra 50 mètres au moins, et où la profondeur d’eau sera de 9"', 15 : on le destine aux réparations et à la visite des navires de guerre.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 11 mars 1901. — Présidence de M. Fouqdk.
- L'oscillation nerveuse électrique. — M. d’Arsonval présente une Note de M. Aug. Charpentier, de Nancy, relative à la nature des oscillations électriques qui sont sous la dépendance d’un nerf excité électriquement pendant un temps extrêmement court. Dans des travaux précédents il a déterminé la fréquence des oscillations nerveuses produites de cette façon et leur longueur d onde. Puis, dans une récente séance, il a montré qu une excitation électrique brève donne lieu à une double transmission de la part du nerf : 1° une partie est transmise a peu près instantanément comme par un conducteur ordinaire avec .une vitesse très grande; 2° une autre partie transmise électriquement toujours, mais avec la vitesse modérée de l’influx nerveux, soit 50 mètres par seconde environ. En outre, au bout de quelques périodes isochrones consécutives de l’excitation originelle, un fil métallique attache au nerf amène à un second nerf de nouvelles excitations. Par conséquent, la deuxième portion transmise a un caractère oscillatoire que n avait pas l’excitation primitive. Le courant correspondant ainsi manifesté est-il alternatif? Telle est la question que résout aujourd’hui l’auteur qui a observé que ce courant était positif pendant une moitié de sa période et négatif pendant l’autre.
- - Adaptation d'organes au milieu. — M. Filliol présente une Note de M. Bouvier, professeur au Muséum, relative à un isopode du genre balhynomus. Certains de ces animaux qui ressemblent à des cloportes habitent le rivage de la mer, mais il semble qu’ils se soient répandus dans les profondeurs, car on les trouve sur des fonds de 2000 mètres. Agassiz avait donné au Muséum un spécimen provenant de la mer des Caraïbes; M. Bouvier a eu à sa disposition un second spécimen provenant des mers du Japon. Il resuite des travaux de l’auteur que pour 1 adaptation aux nécessités de la vie dans les profondeurs, 1 appareil respiratoire s’est complètement modifié et que le nombre des ocelles s’est multiplié dans une proportion énorme, jusqu’à atteindre le nombre de 5000, pour permettre la perception des lueurs phosphorescentes qui régnent à ces profondeurs. Enfin, M. Bouvier établit que 1 isopode observé par Agassiz, bien que mesurant 0m,2o de longueur, n’est pas un sujet parvenu à 1 état adulte, ce qui permet de supposer une taille bien plus considérable au terme de la croissance.
- Décès, -zr M. Darboux annonce à l’Académie la nouvelle de la mort de M. Moutard, ingénieur des mines en retraite qui s est distingué par des recherches mathématiques de la plus grande importance.
- Élection. — M. Normand est élu correspondant de la Section de géographie et navigation en remplacement de M. le général de Tillo par 52 voix contre 7 données à M. Savorgnan de Brazza. Ch. du Yilledeuil.
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- U SCIENCE AU THEATRE
- LES FANTOCHES VIVANTS
- A l’Exposition, non loin du théâtre des « Bonshommes Guillaume », dans la rue de Paris également, le Théâtre des Illusions présentait des fantoches d’un système semblant surpasser tout ce que la mécanique appliquée à l’art de faire agir des marionnettes a produit jusqu’ici de plus merveilleux.
- Ces fantoches étaient de véritables petits personnages agissant comme des êtres animés. On pouvait les comparer à des poupées vivantes. C était, par exemple, la réduction parfaite d’un chanteur, d’un clown, d’une actrice, semblant n’avoir sur la scène où ils apparaissaient que 50 à 40 centimètres de hauteur.
- Ces personnages dansaient, chantaient, faisaient des gestes, on voyait les détails de leurs figures mobiles, les yeux avaient un regard vivant, leurs bouches souriaient, le clown, parmi ses contorsions, faisait des grimaces. Aucun n’avait la raideur des marionnettes. On ne distinguait ni fil, ni apparence de mécanisme. C’était bien une réduction incompréhensible de personnages réels, que l’on avait devant soi, à quelques mètres, sous un éclairage des plus intenses. On aurait cru voir les acteurs d’une grande scène parisienne en regardant par le gros bout d’une lorgnette de théâtre.
- Ces petits acteurs apparaissaient dans un cadre, à mi-hauteur du fond du théâtre, comme celui d’un tableau accroché au-dessus de la cimaise.
- Un phonographe commence une ouverture faisant prévoir un chant ou une romance, et, au moment où sur un vrai théâtre le chanteur sortirait de la coulisse pour se présenter sur le devant de la scène, le cadre, qui jusqu’à ce moment ne renfermait qu’un fond noir, s’illumine tout à coup et l’on aperçoit un petit être vêtu en chanteur « mondain » : habit rouge, culotte courte de satin noir, bas de soie, large plastron blanc et cravate blanche, chapeau claque à la main dans les plis duquel sont maintenus des gants blancs.
- Il salue le public, à droite et à gauche, regarde, sourit, c’est bien un personnage vivant. Après le prélude le phonographe chante quelque romance de café-concert, mais le chanteur-fantoche ouvre la bouche, articule les paroles, semble chanter, tout en faisant des gestes appropriés aux passages de la romance. Si ce n était le ton nasillard du phonographe on pourrait croire que la voix vient réellement du fantoche. La romance terminée il salue profondément, portant la main à son cœur comme un chanteur a succès qui, accablé par les applaudissements, exprime au public toute sa gratitude. La scène devenant brusquement obscure, le chanteur disparaît.
- Elle s illumine de nouveau et on aperçoit un
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- LA NATURE.
- clown vêtu d’un maillot resplendissant de paillettes. Il fait ses exercices de dislocation sur une chaise appropriée à sa taille.
- Pendant ce temps, le phonographe joue un de ces airs sans fin, comme ceux,
- (pii, au cirque, accompagnent les exeercices de ce genre. Une troisième lois le théâtre s’illumine et une petite chanteuse, en brillant costume de soirée, vient débiter un grand air d'opéra, avec gestes traditionnels, des frémissements de tète, la bouche largement ouverte, les yeux mi-clos, les bras arrondis, semblant parodier en caricature les solennels chanteurs et chanteuses de salon. Naturellement, c’est encore le phonographe qui émet la voix.
- Les personnages aperçus n’étaient évidemment pas des fantoches mécaniques, ni des projections du cinématographe. C’était bien des êtres vivants (pii étaient apparus sur la petite scène du théâtre.
- Mais par quel procédé avait-on pu les présenter sous cette forme extrêmement réduite qui les transformait en poupées vivantes?
- C’était par un procédé d’optique très simple, un effet de glace.
- La glace réfléchissante est placée, à mi-hauteur, au fond du théâtre. Son cadre constitue donc la petite scène vue par les spectateurs.
- Elle est inclinée à 45° doublée d’un fond noir mat. Son rôle est de refléter les personnages qui se meuvent dans le dessous du théâtre. C’est là, en réalité, où se trouve la véritable scène et où agissent les acteurs ; ceux-ci sont soumis à un éclairage très intense et leur
- image, après avoir frappé la glace, est renvoyée du côté des spectateurs. C’est donc dans le dessous
- du théâtre que se trouve le chanteur mondain dont un éclairage instantané fera surgir l’image dans la glace et que la cessation brusque -de cet éclairage rendra invisible. C’est là que se succéderont les divers personnages appelés à paraître aux yeux du public.
- Quant à leur réduction de taille, leur transformation en poupées ou en fantoches, on sait que c’est une question de distance du personnage à la glace qui réfléchit ses traits.
- Cette réduction est proportionnelle au carré de la distance. Si les dimensions du théâtre le permettaient, si le recul était suffisant, le spectateur pourrait apercevoir, dans la glace, des fantoches encore plus réduits. Mais au delà d’une certaine limite, il est évident qu’ils n’exciteraient plus l’intérêt.
- Au théâtre des Illusions, la réduction était suffisante, pour intriguer les spectateurs.
- En se plaçant au point de vue scientifique, cette exhibition constituait donc un spectacle intéressant et une véritable nouveauté en raison de la simplicité des moyens par lesquels il était obtenu. Les effets de glace, qui sont, du reste, très employés au théâtre, donnent des résultats surprenants.
- Guy Kerlande.
- Le Gérant : P. Masson.
- Fig. 1. — Une scène du Théâtre des fantoches vivants.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- N° l iai — 23 MARS 1901.
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- LES URNES DES NÉPENTHÈS
- Les Népcnthès sont-ils, oui ou non, des plantes carnivores? C’est une question sur laquelle les botanistes sont loin de s’entendre. Un travail récent de M. Clautriau1 semble l’avoir résolue dans le sens positif; nous allons le résumer.
- Les Népcnthès — tout le monde en a vu dans les serres — sont de singulières plantes, dont les feuilles se prolongent par un appendice que l’on ne saurait mieux comparer qu’à une pipe allemande,» munie de son couvercle, et dont le tuyau serait plein. Ce tuyau, qui réunit l’urne à la feuille, est quelquefois volubile et soutient la plante en s’enroulant autour des supports qu’il vient à rencontrer. Quant
- à l’urne, qui est la partie la plus curieuse, elle peut varier beaucoup de dimensions et de forme. Parfois ovoïde, parfois allongée, suivant les espèces, elle peut aussi être diversement colorée, les teintes allant du vert au rouge foncé. Elle présente deux régions distinctes. L’une, supérieure, d’une teinte plus pâle, qui est la zone lisse, avec un revêtement cireux à l’intérieur ; l’autre, inférieure, d’une teinte plus foncée, où s’accumule le liquide sécrété. Cette portion inférieure est marquée d’une infinité de petits points plus foncés qui sont des glandes pluricellulaires, lesquelles sécrètent le liquide digestif et absorbent ultérieurement les produits de la digestion. Le rebord de l’urne affecte une disposition particulière. Il se replie en deux saillies qui se rabattent l’une
- Pied de Népenlhès. — A droite : urne représentée presque de grandeur naturelle.
- vers l'intérieur, l’autre sur l’extérieur. Elles sont marquées de stries transversales à surface glissante qui, sur l'intérieur, se continuent par une pointe acérée. 11 existe une glande nectarifère entre chaque pointe.
- Les insectes, attirés par le nectar de ces glandes, arrivent, guidés par une sorte de chemin bordé de deux membranes qui règne dans toute la longueur de l’urne sur le bord de celle-ci et ne tardent pas à glisser, pour tomber dans l’eau que renferme l’urne. Cette eau est limpide, un peu mucilagineuse; elle est fort bonne à boire et les voyageurs ne manquent pas de le faire pour se désaltérer.
- Les insectes qui s’y noient ne tardent pas à périr asphyxiés. Au bout de quelques jours, on ne retrouve plus que leur carapace ; leurs parties molles ont été 1 Académie myale de Belgique, 1900.
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- digérées. Mais cette digestion est-elle produite par le liquide lui-même ou par les microbes qui y vivent? Et le produit de la digestion est-il utilisé par la plante? C’est ce que M. Clautriau s’est efforcé de savoir en faisant la plupart de ses expériences sur des Népcnthès vivant dans leur habitat naturel— à Java— et non dans des serres, comme l’avaient fait ses prédécesseurs.
- Les urnes, quand elles sont jeunes, sont fermées; le liquide qu’elles renferment à ce moment est neutre au tournesol; il ne devient acide et digestif que lorsque l’urne est ouverte et que ses parois ont été excitées. C’est ce qui explique pourquoi en retirant, même aseptiquement, le liquide d’urnes fermées, on ne lui trouve aucun pouvoir digestif. C’est ce qui explique aussi que le liquide extrait de l’urne ne provoque généralement aucune digestion si on l’étu-
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- die in vitro : il ne contient que peu ou pas de diastases.
- La sécrétion de l’acide et du ferment digestif ne se produit donc qu’au fur et à mesure des besoins. Lorsqu’on ajoute de l’albumine (rendu incoagulable par une trace de sulfate ferreux) au liquide de l’urne, celui-ci prend une certaine opalescence; mais bientôt il s’éclaircit, et le lendemain il est devenu tout à fait transparent. Si on examine le liquide, — dont la limpidité exclut d’ailleurs la présence de micro-organismes, —- au bout de deux jours, on constate (}ue toute l’albumine a disparu dans les urnes les plus vigoureuses. On {fourrait s’attendre à trouver alors dans le liquide une grande quantité de peptones, c’est-à-dire les corps résultant de la digestion des albuminoïdes. Or, il n’en est rien; on n’en trouve pas trace. La raison en est simple : c’est (pie lesdites peptones sont absorbées au fur et à mesure de leur production. On s’assure d’ailleurs, par la disparition de l’azote, (pie les matières albuminoïdes 11e se sont pas transformées en d’autres substances, quaternaires par exemple.
- L’urne joue donc dans la digestion et dans l’absorption un rôle prépondérant : c’est bien un organe carnivore. En terminant, disons un mot d’une observation curieuse de M. Clautriau. Il arrive souvent qu’on constate dans les urnes la présence de larves vivantes, de moustiques notamment, qui s'y livrent à leurs cabrioles habituelles. Toutefois, comme le remarque l’auteur, l’existence de larves vivantes, dans ces liquides, n’exclut pas a priori la présence d’une diastasc dans ceux-ci. Nombre de parasites vivent dans des liquides, Autrement actifs que le contenu des urnes de Népenthès, sans en paraître incommodés. Ce sont là des contre-adaptations peu expliquées actuellement et qui sont à peu près du même ordre que la non-digestion de la muqueuse stomacale ou intestinale sous l’influence du suc gastrique ou du suc pancréatique. _____^/><,—. Henri Couplx.
- LES ÉTOILES TEMPORAIRES
- Les lecteurs de ce journal savent qu’une nouvelle étoile très brillante vient d’être découverte dans la constellation de Persée. Il semble que les phénomènes de ce genre ne soient pas extraordinairement rares puisque c’est le cinquième que nous observons depuis un demi-siècle. Cependant l’histoire de l’astronomie ne nous offre guère plus d’une vingtaine d’apparitions de cette nature. La plus ancienne est celle de l’an 125 avant notre ère qui détermina llipparque à dresser un catalogue de toutes les étoiles visibles. On en vit d’autres en 589, 945 et 1264 de l’ère chrétienne ; mais la plus célèbre est celle de l’étoile de 1572 qui apparut subitement dans le ciel, le Tl novembre, et fut découverte par Tycho Brahé. Son éclat était supérieur à celui de Jupiter et ne pouvait se comparer qu’à celui de Vénus : elle s’affaiblit progressivement, dans un espace de moins de dix-huit mois, et, en -mars 1574, elle avait complètement disparu. Citons aussi les étoiles temporaires de 1604 et de 1670, avant d’arriver au dix-neuvième siècle. En 1848, Hind aperçut une étoile nouvelle de 5° grandeur dans la constellation d’Ophiuchus. Le 12 mai 1866 apparut une étoile de 2* grandeur dans la constellation de la Couronne ; au
- mois de novembre elle était descendue à la 9° grandeur, et est restée depuis dans cet état. Le 24 novembre 1876, Schmidt, directeur de l’Observatoire d’Athènes, découvrit l’étoile nouvelle de la constellation de Cassiopée qui de la 5° grandeur descendit bientôt jusqu’à la 14". Le 1er février 1892, M. Anderson, le même qui vient de découvrir l’étoile actuelle, lit connaître l’apparition, dans la constellation du Cocher, d’une étoile inconnue. On reconnut cependant que cette étoile se trouvait, depuis le commencement de décembre 1891, sur les clichés photographiques de l’Observatoire d’Harvard Col lege (États-Unis d’Amérique). Enfin, en mars 1898, les photographies prises à l’Observatoire d’Harvard College, montrèrent une étoile nouvelle dans la constellation du Sagittaire. Ces deux dernières étoiles furent estimées au début à la 5e grandeur; elles tombèrent rapidement à la 14° ou 15e grandeur. L’étoile actuelle de Persée offrait le jour de la découverte, 21 février, l’éclat d’une étoile de 2° grandeur; dès le 25 elle atteignait la première grandeur. Depuis, son éclat a déjà diminué et le 9 mars il était retombé à la seconde grandeur.
- Dans la séance de la Société Astronomique de France, du 6 mars dernier, M. Deslandres, astronome à l’Observatoire de ileudon, a exposé l’état de la science astronomique en ce qui concerne les étoiles temporaires. Nous allons en faire un résumé. D’abord, il parait prouvé que ces astres ne sont pas réellement nouveaux : ce sont de petites étoiles qui prennent subitement, et pour un court espace de temps, un éclat extraordinaire. L’analyse spectrale est le seul moyen d’obtenir quelques renseignements sur leur histoire, mais c’est un moyen extrêmement fécond parce que le rayon de lumière est un phénomène complexe qui garde la trace de toutes les circonstances qui lui ont donné naissance. L’abondance et la variété des enseignements qu’on peut tirer de l’examen attentif d’un spectre sont véritablement surprenantes. En ce qui concerne les étoiles temporaires, cette précieuse méthode d’investigation fut appliquée pour la première fois à l’étoile nouvelle de la couronne en 1866. Oh reconnut que le spectre de cette étoile était le même que celui des protubérances solaires, où dominent les raies de l’hydrogène. L’étoile de Cassiopée, de 1876, offrit deux spectres superposés : l’un continu, plus ou moins analogue au spectre solaire ; l’autre formé de lignes brillantes; mais ce qu’il y eut de plus remarquable, c’est qu’à mesure que l’éclat de l’étoile s’affaiblissait, le spectre continu s’affaiblissait aussi, de telle sorte qu’il finit par disparaître et qu’il ne resta plus finalement qu’un spectre de bandes brillantes, semblable aüx spectres des nébuleuses.
- En 1892, les méthodes spectroscopiques ayant fait dpjs pi’ogrès, on a pu observer avec plus de précision le spectre de la nouvelle étoile du Cocher, et l’on fut frappé d’une circonstance bien inattendue : il y avait bien encore deux spectres superposés, l’un continu, l’autre formé de bandes brillantes; mais chaque bande brillante était accompagnée d’une raie noire déviée du côté du violet. Le spectre de l’étoile de 1898 offrit des circonstances analogues. 11 semble tout indiqué d’appliquer à ce phénomène le principe Fizeau Doppler. On sait en quoi il consiste : si un corps lumineux s’approche de nous, les raies de son spectre sont déviées vers le violet ; s’il s’en éloigne, les raies sont déviées vers le rouge ; la grandeur de la déviation permet même de déterminer la vitesse avec laquelle le corps lumineux s’éloigne ou s’approche de nous. Cette méthode a fait ses preuves : elle est couramment employée par les astronomes. Dans la circonstance actuelle, l’application
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- de ce principe semblait indiquer que l’étoile nouvelle se composait en réalité de deux astres, marchant en sens inverse : l’un donnant le spectre continu avec raies noires, l’autre le spectre composé de bandes brillantes. l)u reste, l’écart considérable des raies montrait que, dans ce ms, la vitesse relative des deux astres était énorme ; environ 1000 km par seconde. On peut, en partant de là, essayer de donner une explication des étoiles temporaires. 11 suffit d’admettre que deux astres se rapprochent l’un de l’autre à une petite distance. 11 n’est pas nécessaire qu’il y ait choc proprement dit. Une simple proximité suffira pour produire dans la masse de ces deux astres des perturbations considérables, des phénomènes de marée sur une prodigieuse échelle. Cette marée n’intéressera pas seulement les parties superficielles de chaque globe : elle agira sur toute la masse qui prendra une forme ovale en s’allongeant suivant la droite qui joint les centres de gravité des deux corps. Si l’un des deux astres est déjà revêtu d’une croûte à moitié solidifiée, cette croûte éclatera sous l’effort de la pression intérieure, en donnant naissance à de prodigieuses éruptions de matière incandescente dont les protubérances de notre soleil ne peuvent donner qu’une faible idée. Du reste, le spectre de l'étoile de 1892 s’est modifié comme celui de l’étoile de 187(5. Le spectre continu s’est progressivement effacé pour ne laisser que le spectre d’une nébuleuse. On explique ce fait en admettant que l’un des deux astres est une nébuleuse qui reste seule visible lorsque l’autre, après un rapprochement maximum, s’est définitivement éloigné. Cependant, cette explication n’est pas entièrement satisfaisante. On a proposé une autre théorie. L’abondance des renseignements, fournis par le spectre de la lumière, est quelquefois un embarras. Ainsi la vitesse relative n’est pas la seule cause qui fasse dévier les raies. Les raies du spectre de l’hydrogène sont légèrement déviées vers le rouge quand la pression augmente ; enfin, l’aspect du spectre est aussi modifié lorsque la lumière se produit dans un champ magnétique. Il n’est pas toujours facile de démêler la véritable cause des déviations observées. Aussi, a-t-on pu donner du spectre observé une autre interprétation en supposant seulement qu’il se produisait des perturbations électriques très intenses dans un gaz à très haute pression. Quoi qu’il en soit, ces théories sont évidemment incomplètes : ce ne sont que des ébauches ; mais elles montrent bien toutes les ressources de la science moderne et autorisent l’espoir d’arriver plus tard à s’approcher davantage de la véritable solution. Le fait le plus remarquable, et, on peut dire, le plus déconcertant, c’est la transformation finale d’une étoile en nébuleuse.
- Aujourd’hui les appareils spectroscopiques sont perfectionnés et l’on peut être assuré que l’étude attentive de l’étoile nouvelle de Persée apportera une contribution importante à l’étude de cette intéressante question. Malheureusement, dans les premiers jours, le temps s’est montré peu favorable, et, à la date du 6 mars, M. Des-landres n’avait pu obtenir qu’un seul spectre, le mardi 215 février. Ce spectre présente les mêmes particularités que celui des étoiles temporaires précédentes, avec cette différence toutefois, que les bandes y sont démesurément élargies. L’élargissement des bandes indique soit une augmentation de pression, soit une augmentation de l’intensité lumineuse. On y aperçoit des traces des raies noires à côté de chaque bande brillante, et du côté du violet. Enfin, le spectre de la nébuleuse ne se montre pas encore; mais dans les régions où il pourrait être, on voit la raie caractéristique de l’hélium, ou plutôt celle
- d’un corps voisin, le parhélium, que certains chimistes croient être un des constituants de l’hélium qui ne serait pas un corps simple. Quoi qu’il en soit, l’étude de ce spectre sera poursuivie avec attention. L’apparition de l’étoile nouvelle de 1901 est, à tous égards, un événement scientifique de grande importance. Maurice Fouché.
- Agrégé des sciences mathématiques, ancien vice-président de la Société astronomique de France.
- L’ÉCOLE NAVALE ALLEMANDE
- Un naufrage terrible qui a coûté l’existence d’un nombre malheureusement trop grand d’officiers, de matelots, de cadets et de mousses de la marine allemande, est venu attirer l’attention sur une des frégates-écoles, la Gneisenau, où les futurs officiers de la Marine Impériale achèvent leur éducation navale. L'occasion nous a semblé tout indiquée pour donner à la fois quelques détails sur ce navire, que l’on considère aujourd’hui comme à peu près définitivement perdu, et en général sur l’enseignement qui sert à former les officiers de la marine allemande.
- Qu’ils se nomment élèves du Borda comme en France, Naval cadets comme en Angleterre, See-Aspirant ainsi qu’en Autriche, les futurs officiers de marine, un peu dans tous les pays, suivent des cours théoriques et pratiques dans une Académie navale; mais ils s’embarquent ensuite afin de faire connaissance plus intime avec leur métier. En Allemagne, l’Académie navale est à Kiel, et elle est installée au moins aussi bien que tous les établissements analogues du monde entier : on y a voulu donner aux élèves toutes les facilités possibles pour s’instruire en matière non seulement de navigation proprement dite, mais aussi d’architecture navale et même de tactique maritime. C’est dans ce but que l'Académie possède, notamment, une salle des modèles qui contient une collection absolument complète et remarquable de cartes, de boussoles, d’appareils de sondage, et des modèles de tous les types de navires les plus modernes comme les plus anciens. Dans les diverses salles de conférences, on a multiplié les appareils de laboratoire pour l’enseignement des professeurs comme pour les travaux des élèves. Comme on estime (en dépit de la disparition presque complète de la marine à voiles, et par une tradition plus respectable que logique) que tout marin doit connaître à fond les questions de gréement, on a installé dans une salle non seulement tous les types de noeuds et brûlages, mais encore un modèle énorme représentant l’avant d’un navire, pont et mature, où l’on n’a oublié ni la moindre voile ni le moindre cordage.
- L’Ecole de Kiel n’est point installée à bord d’un navire comme l’École française analogue, et les cadets ont, par groupe de quatre, une chambre dans l’étage supérieur du bâtiment de l’Académie; chacun se lève en été à 5 heures un quart et en hiver à fi heures 45, va prendre son petit déjeuner à 7 heures 20 et se met au travail à 8 heures. A 11 heures, il fait un léger repas, puis, après une demi-heure de repos,
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- il se remet à l’étude jusqu’à 5 heures; le dîner est servi à 4 heures, et tout le reste de la journée lui appartient soit pour ses plaisirs, soit pour ses études, à sa volonté. Nous voyons que, dans cette organisation, une assez grande part est laite à la liberté, et cela rappelle un peu les méthodes anglaises. Nous noterons encore ce détail caractéristique, que si le gouvernement ne fournit à chaque élève qu'un lit, une table,
- des bateaux mixtes, disposant d’une machine à vapeur, mais comportant aussi un gréement complet de trois-màts, et les exercices dans la voilure constituent une des occupations principales des cadets et des mousses, en même temps que des hommes de l’équipage. Les cadets montent toujours les premiers avec les sous-officiers, pour donner le bon exemple aux hommes qu’ils sont par la suite appelés à commander. En fait ces élèves-officiers passent leur temps à une variété d’exercices pratiques qui leur sont tous nécessaires pour devenir de bons officiers de marine : tantôt par exemple ils sont de garde au compas pour suivre la route du navire, tantôt ils se livrent à des observations astronomiques ; souvent aussi ils sont à la barre comme les timoniers ordinaires. Et naturellement chaque fois qu’ils se livrent à un de ces exercices, ils sont .sous la surveillance d’un olficier de l’école flottante qui rectifie les erreurs qu’ils pourraient commettre, leur pose des questions sur les manœuvres, et répond surtout à celles qu’on lui pose fréquemment. Le cadet apprend également la manœuvre et la direction des canots à voile ou à vapeur
- Fig. 1. — Frôgatc-écolc allemande la Gneisenau.
- une chaise et un lavabo ; celui-ci peut, au besoin, se procurer à ses irais un complément d’installation. Les cadets doivent compléter cette instruction qui leur est donnée à terre, cet enseignement théorique, par un enseignement pratique qu’ils acquièrent à la mer, sur ces bateaux-écoles dont la Gneisenau était un des types, et parmi lesquels on peut citer encore le Stosch et le Slein. Ces deux derniers navires, tout à fait semblables, ont une longueur de 74 mètres pour un tonnage de déplacement de 2700 à 2800 tonnes. Quant à la Gneisenau, elle était du même type et de mêmes dimensions. La Charlotte, qui est de construction plus récente (1885), a 77 mètres pour un déplacement de 5560 tonnes. Tous ces bateaux son! munis de canons de petit et de gros calibre, de mitrailleuses et aussi de tubes lance-torpilles, afin que leur équipage et les élèves qu’ils portent puissent se livrer à tous les exercices. Comme on a pu le voir par le compte rendu du naufrage de la Gneisenau, il se trouvait à la fois à bord des élèves-officiers et des mousses, et cette vie en commun doit être excellente pour les uns comme pour les autres.
- La vie que les cadets mènent à bord est fort active, d’autant que les navires qui les portent sont
- que peut posséder l’école, et c’est toujours un des jeunes élèves-officiers qui prend en main la barre de l’embarcation qui va à terre quand on est dans un port ou près de la côte. Us doivent encore savoir ramer comme le meilleur des canotiers, et aucun coin du navire ne leur est inconnu, aucune manœuvre n’est ignorée de ces jeunes gens qui auront bientôt à commander un navire et tiendront dans leurs mains l’existence de tout un équipage. Pierre de Mériel.
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- BALANCE AUTOMATIQUE POUR PAQUETS POSTAUX
- Le pesage des petits paquets, imprimés, papiers d'affaires, échantillons, etc., envoyés parla poste, est généralement obtenu au moyen de balance ordinaire, principalement du système Roberval : on met l’objet d’un côté et on en fait la tare de l’autre au moyen des poids marqués usuels en cuivre. Ce moyen ne présente aucune difficulté; l’employé des postes, habitué à peser, a vite fait de nous donner le poids, et cela d’autant plus facilement que le prix à verser est en raison de la charge de 50 grammes qui est, dans le cas des paquets postaux, l’unité pour une somme ou un timbre de 5 centimes. Il faut croire que ce moyen si simple laisse à désirer puisqu’on a cherché à obtenir des pesées automatiques, c’est-à-dire par des balances oscillant sans poids apparents : on place le paquet à taxer d’un coté d’une sorte de levier ingénieusement agencé, de l’autre apparaît immédiatement sur un petit écran l’indication du poids par unités de 50 grammes ou le prix à verser pour le timbrage. Cette nouvelle balance automatique, imaginée par M. deJanisch, vient d’être mise à l’essai à l’Hôtel des postes et télégraphes ; elle présente l’aspect d’un petit meuble de 0m,50 x 0'n,15 de base sur 0m,15 de hauteur, en fonte émaillée, de forme parallélépipédique , surmonté d’une partie du mécanisme, celui qui intéresse directement l’envoyeur, c’est-à-dire du fléau faisant fonction de balance, du plateau et de l’écran indicateur.
- L’appareil est ingénieusement combiné : une barre rigide équilibrée vers son centre supporte à
- une de ses extrémités une tige verticale terminée en haut par une sorte de plateau en forme de V destiné
- à recevoir le paquet; à l’autre extrémité est soutenue encore une tige dont la partie inférieure déplace successivement, pendant l’oscillation du levier, des anneaux faisant fonction de poids et cachés dans le meuble ; le haut de cette seconde tige porte un écran avec diverses indications qu’on pourra lire à leur présentation à l’ouverture faite dans une enveloppe fixe le recouvrant.
- Le principe de cette balance est intéressant : il consiste, avons-nous dit, à effectuer automatiquement des pesées rapides au moyen d'une série de petites masses pesantes qui correspondent respectivement à une
- même charge de 50 gr. prise pour unité, ajoutée sur le plateau du pèse-paquets ; ces masses sont combinées de telle façon, avec le fléau oscillant, que la charge mise sur le plateau détermine leur soulèvement successif jusqu’à ce que l’équilibre du levier s’établisse, c’est-à-dire qu’il soit au repos; il en résulte que l’équilibre a lieu lorsque la charge du plateau est comprise entre le poids total des masses soulevées et le poids de ces masses augmenté d’une unité.
- On peut ainsi obtenir automatiquement des évaluations entières, c’est-à-dire sans fractions de l’unité adoptée, ainsi qu’il est requis dans le service postal. Quand le plateau du pèse-paquets reçoit une charge et s’abaisse, son accélération naturelle, sous l’effet de la pesanteur, est amortie par l’effet de la charge croissante des masses soulevées par le fléau
- Fig. 1. — Vue d’ensemble de la balance postale automatique.
- Fig. 2. — Détails des masses pesantes.
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- et finalement l’équilibre est produit sans oscillation par le poids d’une dernière masse que le fléau ne peut plus soulever. Les indications du pèse-paquets sont par suite fournies immédiatement en unités de 50 grammes ou de 0fl,05.
- Le plateau destiné à recevoir les paquets est fixé au moyen de tiges à une extrémité du fléau pouvant osciller vers son milieu sur des couteaux. L’autre extrémité du fléau, opposé au plateau, supporte une tige descendant librement au centre des masses pesantes ou tares de 50 grammes chacune et portant elle-même, à sa partie inférieure, une pièce conique destinée à soulever les masses; celles-ci consistent en une série d’anneaux ayant tous un même poids, limités latéralement par des surfaces coniques à conicité dirigée vers le haut et pouvant s’emboîter les uns dans les autres.
- La tige, à l’extrémité du fléau supportant en bas les tares, est prolongée dans le haut et maintient un léger écran dont les inscriptions peuvent être observées par une fenêtre ouverte dans une enveloppe fixe le protégeant ; elles indiquent immédiatement les valeurs respectives pour l’affranchissement postal pour la France, les colonies et l’étranger.
- Les anneaux, de chacun 50 grammes, sont au nombre de 10, on ne peut donc peser tout d’abord au delà de 500 grammes ; si le paquet pèse plus d’une livre l’indication, au lieu.de la taxe, dit : trop lourd.
- On peut cependant peser avec cette balance automatique jusqu’à 5 kilogrammes, mais alors les choses se compliquent un peu, car on est conduit à peser presque comme avec la balance ordinaire.
- Pour peser au delà de 500 grammes, des surcharges sont nécessaires : il y en a trois, une de 500 grammes, et deux de 1 kilogramme, ce sont des poids en forme de disques épais percés en leur centre.
- Supposons un paquet de lks,850. Ce paquet mis sur le plateau fournit l’indication : trop lourd. On prend le disque de 500 grammes et on le place à l’extrémité du fléau du coté des masses pesantes où sont disposés, de chaque côté de la tige centrale, deux petits axes sur lesquels on fixera les surcharges. La surcharge 500 ne fera pas osciller le fléau, l’indication donne toujours trop lourd. On ajoute le poids un kilogramme, le levier oscille et se met en équilibre. Le poids du paquet est donc donné par la surcharge lk«,500, plus le nombre de 50 grammes soulevés fourni par l’indication de l’écran, c’est-à-dire dans l’exemple pris, 550 grammes, ou 7 anneaux de 50 grammes.
- Pour éviter les mouvements oscillatoires pendant que s’établit l’équilibre, sur le châssis de la boîte existe un petit bouton qui peut, quand on appuie dessus, presser un ressort venant agir sur la tige verticale du plateau et modère ainsi les oscillations. Une petite pompe à air peut remplacer ce ressort.
- Le principe de cette balance automatique est curieux, aussi avons-nous pensé devoir la décrire avec quelques détails. T. Obalski.
- LE DEUIL D’UNE REINE
- En août 1900, j’ai recueilli un magnifique essaim, non sans difficulté, toutefois; car les insectes s’étaient groupés au beau milieu d’un poirier.
- Ne pouvant approcher de l’endroit convenable la boîte qui me sert pour ces sortes d’opérations, j’avais noué, au-dessous de l’essaim, une serviette. Donner rapidement deux ou trois coups de brosse, replier, sur les abeilles tombées,* les coins de l’étoffe, secouer les prisonnières dans la ruchette, tel fut le stratagème qui me réussit.
- Gomme cela se produit d’ordinaire, le flot des retardataires avait pris le chemin de la ruchette, afin d’y rejoindre la Reine; comme d’habitude aussi l’essaim avait été déposé dans une ruche neuve. Une poignée d’abeilles, paraissant tristes et embarrassées, avaient seules refusé de quitter l’arbre* la fumée n’ayant pas eu plus de succès que la brosse pour les éloigner. J’étais persuadé qu’elles regagneraient la ruche.
- Le lendemain matin, la nouvelle ruche se comportait convenablement, les abeilles sortant pour aller butiner. Il était donc certain que la colonie avait une Reine. Je pensais trouver mon poirier vierge d’abeilles. Quel ne fut pas mon étonnement, lorsque je découvris, à terre, près de l’arbre, non loin du buis formant bordure, les petites entêtées de la veille! Elles étaient bien cent cinquante, formant pelote, comme une façon d’essaim minuscule. Ne pouvant m’expliquer pourquoi les pauvresses avaient passé la nuit à cet endroit, j’étais intrigué. Je courus chercher ma brosse. J’écartai doucement les abeilles et je découvris enfin le corps d’une jeune Reine, sans vie, tuée la veille apparemment, par l’autre Reine, celle que j’avais emportée dans la ruche. C’est sur ce corps inerte qu’elles s’étaient rassemblées, avec, peut-être, l’espoir de lui rendre la vie.
- Pour montrer aux pauvres orphelines jusqu’à quel point je compatissais à leur peine, je pris la morte et je. la portai dans la ruche, ainsi que ses tristes compagnes.
- Je m’attendais à de nouvelles scènes de désolation. Il n’en fut rien. Quelques minutes plus tard, trois ouvrières procédaient à l’enlèvement du corps de la malheureuse Reine. La nature avait bien vite repris ses droits et les dernières venues s’étaient remises au travail à côté de la Reine qu’elles n’avaient pas adoptée tout d’abord.
- N’est-il pas curieux de voir que des abeilles peuvent, pendant vingt heures, se désoler de n’avoir plus de Reine? C’est touchant et instructif à la fois. J’admets difficilement qu’il n'y ait là qu’un simple phénomène d’instinct. Je serais plutôt disposé à y trouver la preuve que les abeilles ont, pour la Reine de leur choix, une véritable affection. Cela prouve, delà façon la plus complète, que l’essaim qui s’envole peut, quelquefois, compter plusieurs Mères ; mais je pense que c’est exceptionnel. E. Henbiot.
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- LA TRACTION MÉCANIQUE DES TRAMWAYS
- PARIS ET BANLIEUE
- Dans ces dernières années les moyens de transport en commun dans Paris ont subi d’importantes transformations. En ce qui concerne les tramways, notamment, la traction animale, naguère encore seule employée, tend à faire place de plus en plus à la traction mécanique. D’autre part, le nombre des lignes exploitées augmente chaque année dans une
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- forte proportion et plusieurs compagnies nouvelles, disposant de capitaux considérables, se sont récem- ^ ment formées en vue de l’exploitation de nouveaux reseaux de lignes, dites de pénétration, devant relier le centre de Paris aux communes qui l’entourent.
- Les passages des tramways jadis espacés de 10, 15, 20 et même parfois 50 minutes, sont devenus très frequents, et, sur un grand nombre de lignes, les voitures se succèdent à des intervalles variant de 5 à 5 minutes. Enfin, sauf la Compagnie générale des omnibus, qui invoque son cahier des charges et l’approche de l’expiration de son monopole pour expliquer la lenteur quelle apporte à améliorer ses lignes, toutes les autres compagnies, au fur et à mesure qu’elles substituent la traction mécanique à la traction animale, abaissent leurs prix à 0fr,10 et 0fl ,15, selon les classes, et suppriment la correspondance, au grand avantage de la rapidité des communications. Ajoutons encore que les anciennes voitures,où les voyageurs étaient serrés et mal à l’aise, sont remplacées par de nouveaux véhicules spacieux et confortables, chauffés et bien éclairés. Enfin la durée des trajets a notablement diminué.
- Cette transformation, si importante qu’elle soit, n’est pas encore la perfection et est loin de donner satisfaction à tout le monde. Quiconque a voyagé un peu et parcouru les grandes villes de France ou de l’étranger, est à même de constater que Paris est très en retard; car, depuis longtemps déjà, des moyens de transport en commun rapides, bon marché et confortables, fonctionnent presque partout. Chez nos voisins d’outre-Rhin, notamment, le problème est complètement résolu et l’on peut s’en rendre facilement compte en parcourant le remarquable et si intéressant ouvrage de MM. Charles Bos et J. Laffargue, « La Distribution de l’énergie électrique en Allemagne », ouvrage qui est une critique des plus sévères et des plus justes de l’état de choses régnant à Paris. Nous ne pouvons malheureusement pas entrer ici dans les développements que nécessiterait une telle critique et, nous bornant à constater que nous sommes encore loin de pouvoir nous montrer satisfaits, nous allons examiner la situation telle qu’elle se présente actuellement en ce qui concerne les tramways parisiens.
- Le nombre des compagnies parisiennes de tramways ne se monte pas à moins de douze exploitant ensemble 77 lignes dont 55 sont à traction mécanique et 25 seulement à traction animale. Les longueurs de trafic actuellement concédées représentent environ 590 kilomètres, sur lesquels près de 550 sont exploités par traction mécanique et 70 kilomètres le seront incessamment.
- Enl898, c’est-à-dire il n’y a guère plus de 2ans, il n’y avait que 291 899 mètres parcourus par les tramways et, sur cette longueur, 84091 mètres seulement utilisaient la traction mécanique. La longueur des lignes exploitées de la sorte s’est donc accrue, depuis cette époque, de 266 kilomètres, c’est-à-dire a plus que triplé. Dans le même temps
- le nombre des voitures à traction mécanique (locomotives et automotrices) est passé de 211 à 850 tandis qu’au contraire celui des voitures'à traction animale descendait de 478 à 297.
- Ces quelques chiffres permettent d’apprécier l’importance des progrès accomplis et il convient d'ajouter qu’actuellément la Compagnie générale des omnibus et la Compagnie générale parisienne de tramways (anciens tramways sud) sont les seules qui emploient encore la traction animale, la première pour 19 lignes sur 54 qu’elle exploite, la seconde pour 6 lignes sur 14. Toutes les autres compagnies emploient exclusivement la traction mécanique et toutes les nouvelles lignes projetées et non encore concédées seront exploitées de la sorte.
- Ceci posé, nulle part, comme à Paris, il n’existe autant de systèmes de traction mécanique, leur nombre s’élevant actuellement à 15 au minimum. Tout d’abord on peut les classer en quatre grandes catégories, suivant la nature de la force motrice employée ; systèmes à air comprimé, à vapeur, électriques ou funiculaire, ce dernier n’étant appliqué jusqu’à présent que sur la ligne Belleville-place de la République.
- L’ « air comprimé » n’est utilisé que par la Compagnie générale des omnibus et fonctionne sur les lignes suivantes : Louvre-Boulogne, Louvre-St-Cloud, Louvre-Sèvres, Louvre-Versailles, Passy-Ilote! de Ville, Cours de Vincennes-St-Augustin, Montrouge-gare de l’Est, Muette-Taitbout, Auteuil-Madeleine et Auteuil-Boulogne. Les automotrices employées sont de deux systèmes différents, et l’air comprimé est fourni par deux grandes usines installées l’une à la \illette et l’autre à Billancourt. Ce mode de traction ne paraît pas devoir donner des résultats très avantageux, surtout pour l’exploitation dans les grandes villes : nous aurons du reste l’occasion de revenir prochainement sur ce sujet.
- Les automotrices « à vapeur », qui ont l’avantage d’éviter toute canalisation, puisqu’elles produisent elles-mêmes leur force motrice, ont malheureusement l’inconvénient d’être très lourdes. Les systèmes de traction à vapeur sont au nombre de 5 appliqués aux lignes suivantes : 1° Le système Bowan longtemps employé sur la ligne Louvre-Boulogne auquel vient d’être substitué l'air comprimé. Il sera prochainement appliqué sur la ligne Charenton-Créteil ; 2° le système Serpollet : St-Ouen-Bastille, Porte Clignancourt-Bastille, Porte d’ïvry-les Halles; 5° le système Purrey : Porte Rapp-Bastille, Louvre-Vin-cennes ; 4° le système Francq (locomotives sans foyer) : Courbevoie-Étoile, Suresnes-Courbevoie, St-Germain en Laye-Poissy : 5° enfin le système à vapeur avec locomotive ordinaire : Rueil-Marly, Bueil-Courbevoie, Port Marly-St-Germain.
- La force motrice employée le plus fréquemment est fournie par l’électricité. Les systèmes sont assez nombreux et peuvent se grouper en quatre classes bien distinctes selon que l’électricité est emmagasinée dans des accumulateurs ou distribuée sur tout le parcours de la ligne soit par trolley aérien, soit
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- par caniveau souterrain, soit enfin par contact superficiel.
- La traction par accumulateurs est appliquée sur
- Fig. 1. — Tramway à air comprimé.
- les lignes suivantes : Courbevoie-Pont deNenilly-Made-leine, Courbcvoic-La Jatte-Madeleine, Levallois-Made-
- Fig. 2. — Tramway système Scrpollel.
- leine, St-Renis-Madeleine, St-Denis-Opéra, Neuilly-St-Philippe-du-Roulc et Louvre-Cours de Vincennes.
- [Fig. 5. — Tramway à vapeur, système Purrev.
- Le système par caniveau souterrain, très coûteux comme établissement, fonctionne sur les lignes .•Bastille-Montparnasse, Montparnasse-Étoile et en outre,
- concurremment avec le système par trolley, sur les lignes Bastille-Charenton, St-Üuen-Champ de Mars et Villemomble-PIace de la République. Cette dernière', ligne se servira même d'accumulateurs sur une partie de son parcours, employant ainsi successivement trois systèmes différents.
- La distribution du courant électrique par trolley, excessivement économique et de beaucoup la plus pratique, n’est employée, en raison du réseau de fils
- Fig. 1. — Locomolivo sans foyer, système Francq.
- aériens qu’elle nécessite, qu’à titre tout à fait exceptionnel dans Paris et ne se rencontre guère que sur les lignes : Bastille-Charenton, Concorde-Bonneuil (à partir de la rue Sauvage) et Place de la République-Romainville. En revanche ce système est presque exclusivement employé hors Paris et fonctionne ou fonctionnera seul sur Tel lignes : St-Be-nis-Neuilly, Pantin-Quatre Chemins, Porte d’Alle-magne-Pré St-Gervais, Porte. d’Allemngne-Cimetière
- Fig. 5. — Locomolivo à vapeur, système Wmlljorlliur.
- Parisien, Asnières (Place Voltaire-gare), Aubervil-liers-Quatre Chemins, Pont de Neuilly-Pont de La Jatte, Clamart ville-Clamart gare, Vincennes-Ville Evrard, Bry-sur-Marno-Nogent, Rosny-sous-Bois-Mal-tournée, Yincennes-Villemomble, Nogent-Vincennes-Maltournée, Nogenl-Champigny, Ville-Evrard-Maison Blanche, Bry-sur-Marne-Noisy le Grand, Charenton-La Yarenne St-IIilaire, S t-ÀIaur-Vincennes, Joinville - le - Pont - Champigny, Charenton - Alfortville
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- Pantin - Port-d’Ivry, Pantin -Robigny, Houilles-St-Üuen, St-Cloud-Pierrefitte, Montmorency-St-Gra-
- Fig. 6. — Tramway à accumulateurs.
- tien, tramways de St-Denis, Boulogne-Vincennes, Place Rernard - Palissy - gare d’Auteuil, Pont de
- Fig. 7. — Tramway à caniveau souterrain, ligne Étoile-Montparnasse.
- Billancourt-gare d’Auteuil, Le Raincy-Montfermeil. De plus le trolley est combiné avec d’autres sys-
- Fig. 8. — Tramway à caniveau souterrain et à trolley.
- tèmes de traction électrique sur un grand nombre de lignes, que nous distinguerons d’après le système
- employé dans l’intérieur de Paris étant entendu que, pour les lignes suivantes, le courant est
- Fig. 9. — Tramway à accumulateurs et à trolley. i
- fourni par trolley dans le parcours hors barrière. 1° Trolley et accumulateurs : Colombes-Asnières-
- Fig. 10. — Tramway à contact superficiel, système Diatlo et à trolley.
- Madeleine, Gennevilliers-Madeleine, Aubervilliers-Place de la République, Pantin-Place de la Répu-
- Fig. 11. — Tramway à contact superficiel, système Claret-Vuilleumier et à trolley.
- blique, St-Denis-Aubervilliers-Opéra, Yanves-St-Phi-lippe du Roule, Neuilly-Maisons-Laifitte, Malakotï-les
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- Halles. Sur ces lignes,les accumulateurs sont chargés en cours de route au moyen d'une partie du courant pris par le trolley lorsqu’il fonctionne. Le chemin de 1er sur route de Paris à Arpajon, qui emploie actuellement des locomotives à vapeur hors barrière et des locomotives à air comprimé dans Paris, doit prochainement remplacer ce mode de traction par la traction électrique et fonctionnera au moyen d’accumulateurs et de trolleys.
- 2° Trolley et contact superficiel : a) Svstème Diatto : Ponneuil-Concorde, Noisy-le-Sec-Opéra,Paris-Romainville, Montreuil-Roulogne, Arcueil-Cachan-Luxembourg, Yanves-Champ de Mars; b) système Claret-Yuilleumier perfectionné : La Trinité-Epinay ; cette ligne emploie deux trolleys par voiture sur une partie de son parcours où le retour du courant ne peut se faire par les rails; c) système Yédovelli : Porte Maillot-Suresnes.
- En résumé les différents modes de traction mécanique se répartissent comme il suit entre les différentes lignes, savoir : traction funiculaire, 2000 mètres ; traction à vapeur 41) 000 ; traction à air comprimé 05 000 ; traction électrique 272 000 ; soit au total 418 000 mètres. Georges Gave.
- LE TIR AU CANON CONTRE LA GRÊLE
- La grêle, qui peut détruire les plus riches récoltes en quelques minutes, est, dans les pays tempérés, le plus terrifiant des fléaux de l’agriculture et souvent l’un des plus ruineux. D’après M. Turquan, la France perd ainsi en moyenne 83 millions de francs dans une année, et au cours d’une période de vingt-deux ans (1875-1895) la perte annuelle a varié entre 40 millions et 154 millions. Cela fait près de 2 milliards pour toute la période.
- Presque de tout temps, et dans beaucoup de pays, on a essayé de protéger les récoltes contre la grêle ; mais on a eu surtout la témérité de lutter contre elle, ou plutôt contre les orages qui l’engendrent. Les sonneries de cloche, les feux, les détonations, les longues perches plantées dans le sol, les Montgolfières ou les cerfs-volants lancés en l’air et reliés à la terre par un fil métallique, tels ont été les principaux moyens plus ou moins naïvement employés pour arriver à vaincre le fléau. D’ailleurs, chacun d’eux, tour à tour, et même à plusieurs reprises, a joui d’une certaine vogue et de la pleine confiance des agriculteurs.
- Hérodote rapporte que les Thraces, pendant les orages, tiraient des flèches contre le ciel pour le menacer et faire cesser le bouleversement atmosphérique. Les Gaulois et bien d’autres peuples en ont fait autant.
- Au huitième siècle on plantait de hautes perches dans les champs pour écarter la grêle et les orages. On n’obtenait un bon résultat que si ces perches étaient surmontées de certains parchemins qui devaient porter des caractères magiques, car un Capitulaire de Charlemagne, daté de l’an 789, proscrit ce moyen comme une pratique superstitieuse.
- Dans son histoire de l’air et des météores, l’abbé Richard raconte que vers la fin du dix-huitième siècle, le comté de Chamb, en Bavière, fut ravagé par la grêle et les orages, excepté dans les localités où on avait la cou-
- tume de tirer, aux premiers coups de tonnerre, des décharges multipliées de fusils, de mortiers et de petits canons.
- La même habitude existait aussi en Italie et en Autriche. Mais, pour mieux réussir, les paysans chargeaient et bourraient tellement leurs fusils et leurs canons, que ceux-ci éclataient assez souvent, blessant ou tuant les artilleurs plus ou moins improvisés qui les servaient. Les accidents devinrent bientôt si nombreux que l’empereur Joseph II dut interdire cet usage, sans doute moins efficace que dangereux.
- Un peu plus tard, en Italie et en France, on a employé sous le nom de paragrêles de très longues perches établies à grands frais. Les plus habiles plaçaient au sommet de chaque perche une pointe de cuivre qu’ils mettaient en communication avec le sol par un fil métallique; d’autres supprimaient la pointe et conservaient le conducteur; d’autres enfin, par économie, plantaient la perche toute seule, sans accessoires. Mais, malgré ces différences essentielles, la perche avait la réputation de réussir partout également, et jamais, disait-on, une vigne ainsi armée contre les orages n’avait été grêlée.
- Vers le commencement du xixe siècle, l’usage de tirer des boîtes et des canons contre la grêle s’était généralisé dans le Maçonnais, et, dans la commune de Fleury, en particulier, on employait un mortier qui pouvait recevoir jusqu’à cinq cents grammes de poudre. On dit qu’on y voit encore les maisonnettes qui servaient d’abris aux personnes chargées du tir.
- En Romagne, il y a une soixantaine d’années, les paysans plaçaient, dans leurs champs et dans leurs vignes, des tas de paille et de bois léger, de quinze mètres en quinze mètres, et sur une étendue de douze kilomètres à la ronde. A l’approche de l’orage, ils y mettaient le feu. La grêle, dit la chronique, épargnait leur région et ravageait les autres.
- Mais en France, depuis le début du xvme siècle, c’était surtout avec le son des cloches qu’on luttait contre les orages et la grêle, et ce moyen, sans doute parce qu’il n’est pas coûteux, s’est conservé jusqu’à nos jours dans bien des villages. Les habitants des communes qui l’emploient encore lui attribuent d’ailleurs une telle influence protectrice qu’ils ne sont pas arrêtés par les nombreux exemples de sonneurs foudroyés. Le plus mémorable accident qui s’y rapporte est cité par Arago dans sa Notice sur le Tonnerre. Pendant la nuit du 15 au 16 avril 1718 un terrible orage éclata, en Bretagne, dans le canton de Saint-Pol-de-Léon. La superstition relative au pouvoir des cloches étant très répandue dans le pays qui possédait un grand nombre de monastères, on sonna le tocsin presque partout; mais il y eut vingt-quatre églises dont les clochers furent frappés par la foudre. Le danger auquel on s’expose en sonnant les cloches d’une église pendant un orage est accru par ce fait que les chutes de foudre s’opèrent fréquemment sur les édifices élevés et sur les objets métalliques. Le 19 février 1860, vingt-cinq clochers furent encore foudroyés en Belgique, au cours d’un des plus violents orages que ce pays ait éprouvés.
- En résumé, on voit que tous les moyens que je viens d’énumérer ont obtenu, après leur mise en pratique, la réputation de dissiper ou d’éloigner les orages et la grêle. Et naturellement on est amené à se demander pourquoi tous ces procédés, plus ou moins infaillibles, ne se sont pas propagés partout1? Pourquoi surtout ils ont été abandonnés dans les pays même où l’on disait avoir pu con-
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- stater leur puissance? Et l’on est obligé de conclure que cette puissance ne devait pas être bien réelle.
- Il est vrai que de nos jours on revient aux détonations avec une ardeur extraordinaire, un peu justifiée, il faut le dire, par le caractère presque scientifique des expériences que l’on a entreprises. L’initiative de ces expériences revient au professeur Luigi Bombicci, de l’Université de Bologne, et à M. Stiger, grand viticulteur et maire de Windisch-Feistritz, localité située près de Mar-burg. Le canon que l’on emploie consiste généralement en un mortier surmonté d’une cheminée tronconique, et on le tire verticalement avec une charge de poudre qui varie, suivant les pays, depuis 80 grammes jusqu’à 200 grammes et au delà1.
- En 1897, il n’v avait qu’une quarantaine de stations dans la région de Windisch-Feistritz, et aujourd’hui il y en a un bien plus grand nombre, répartis sur une surface de 150 kilomètres carrés. Mais de là, la pratique du canon a gagné rapidement la Styrie, la Carniole, le Tyrol, et toute l’Italie septentrionale qui compte déjà, entre le Po et les Alpes, plus de 15000 stations de tir au canon contre la grêle. Selon les expérimentateurs, la canonnade aurait une efficacité évidente. Voici d’ailleurs, d’après Wiener Land wirthschaftliche Zeitung, la relation de quelques-uns des résultats obtenus en Autriche.
- « La canonnade a permis à notre pays, qui se trouve à l’ouest de Graz, d’échapper au désastre. La grêle ne tomba que pendant un instant qui coïncida avec la suspension du tir. Mais dès que le tir recommença, la grêle cessa de tomber ». (Bleyat, directeur de l’école de pomo-logie de Graz.)
- (( M. Dolenc, directeur de l’école de viticulture de Rudolfowert (Carniole), dit qu’il a été forcé, par les choses qu’il a vues, de croire à l’efficacité du Wetters-cliiessen (tir contre l’orage) : un épouvantable orage arrivait, et la grêle semblait inévitable. Mais les trois stations de tir se mirent à tirer sans cesse, les nuages se déchirèrent, et il ne tomba que de la pluie. »
- En Italie, d’après les communications faites au Congrès de Casale, qui compta six cents adhérents, et qui eut lieu en novembre 1899, on signala d’aussi bons effets.
- Correggio, province de Novare. — Le professeur de la chaire ambulante écrit que pendant l’orage du 5 août 1899, a Correggio, un canon isolé a tiré sans relâche, et que le dommage causé par la grêle s’est réduit à 10 pour 100, tandis qu’autour il a atteint 70 pour 100.
- Ozzano, province de Novare. — Le 29 mai, les onze stations firent un feu continuel et nourri, depuis une heure du soir jusqu’à quatre heures, et tirèrent environ 500 coups de canon. La grêle ne tomba pas. Mais à 500 mètres de la dernière pièce, on reçut quelques grêlons ramollis, et à 1000 ou 1500 mètres la grêle fut très forte.
- San-Giorgio-Monferrato, province d’Alexandrie. — Le 9 juillet 1899, M. Ottavi a observé que de cinq heures et demie du soir à six heures trois quarts, le feu des canons fut très vif et admirablement discipliné. On tira 5000 coups et l’orage fut divisé.
- Brescia, province de Pavie. — Le 25 juin 1899, à cinq heures et demie du soir, quelques grêlons commen-
- 1 M. Yermorel a récemment imaginé un canon tronconique en acier forgé, extrêmement simple et solide, qui se charge par la culasse avec des cartouches en acier pouvant recevoir 80 grammes de poudre, et qui a le double avantage de permettre un tir rapide et sans danger.
- cèrent à tomber. Aux premiers coups de canon ils se transformèrent en gros flocons de neige, puis en grosses gouttes de pluie, et enfin, il survint une averse qui dura deux heures.
- Provezze, province de Ber game. — Le 16 juillet 1899, la grêle tomba autour d’un canon qui fonctionna mal. Mais dans la périphérie des autres, qui furent bien servis, il n’y eut qu’une espèce de petite neige ou de verglas.
- Bragance, province de Vicenze. — Le 6 juillet 1899, lorsque les canons tirèrent, la grêle fut convertie en petite neige. Mais dès que le feu du tir cessa, la grêle recommença et causa de réels dommages.
- Un grand nombre de faits analogues ont été communiqués. On en a conclu que la canonnade provoque la condensation de la vapeur d’eau avant que la grêle ait le temps de se former, et qu’en somme, elle remplace la grêle par la pluie ou la neige. 11 semble qu’on a surtout été frappé de voir, dans quelques stations, tomber de la neige au lieu de grêle. Mais doit-on attribuer tout cela au tir du canon? Sans canonnade, bien des orages donnent de la neige1 ou de la pluie après la grêle, de même qu’on voit fréquemment s’évanouir un orage menaçant, la grêle cesser, reprendre, croître ou diminuer, tomber en abondance dans un endroit, tandis qu’à peu de distance on ne reçoit pas un grêlon.
- D’ailleurs, les personnes qui préconisent le tir du canon contre la grêle estiment que la canonnade agit surtout par le tourbillon annulaire (vortex), espèce de projectile gazeux, que chaque détonation lance dans l’air, grâce à la forme tronconique du canon. Or, pendant l’été de l’année 1900, indépendamment des tentatives directes, dirigées contre les orages dans le Beaujolais, MM. Gastine et Vermorel ont étudié expérimentalement les effets balistiques des canons à grêle, et voici, en somme, les conclusions de la Note qu’ils ont envoyée sur ce sujet à l’Académie des sciences pour faire connaître leurs constatations.
- « Les résultats obtenus paraissent en général favorables, du moins lorsque l’organisation des tirs embrasse des surfaces de vignobles étendues et contiguës. Cependant l’efficacité de celte méthode de défense est loin d’être démontrée. »
- MM. Gastine et Yermorel ont, en effet, reconnu que le vortex ou tourbillon annulaire projeté par le canon n’a pas la puissance et la portée qu’on lui supposait. Il possède bien les propriétés d’inertie des gyrostats et une grande énergie de rotation, mais il se déplace déjà lentement à une faible distance de la bouche à feu et il est facilement dévié par les obstacles situés sur sa route ou simplement dans le voisinage. Enfin, et surtout, il est entraîné par le vent.
- Quoi qu’il en soit, ces entreprises contre la grêle ont une grande importance. Elles méritent largement que tout le monde s’y intéresse, et qu’on les continue en les soumettant à une organisation et à une critique tout à fait scientifiques. Les surprises causées par les découvertes des rayons Rôntgen et de la télégraphie sans fil, pour ne citer que des faits récents, ne permettent à personne d’affirmer qu’on se heurte à une impossibilité absolue. On doit cependant ajouter que dans l’état actuel de nos connaissances, météorologiques et autres, les chances d’échec paraissent plus nombreuses que les chances de succès. J.-R. Plumandon,
- Météorologiste à l'Observatoire du Puy de Dôme.
- 1 Voy. Les orages à neige, n° 1446, du 9 février 1901, p. 171. —>$><—
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- LA NATURE.
- NOUVEAU PROCÉDÉ
- DE PELMMËTRIE ET DE RADIOGRAPHIE
- A LONGUE DISTANCE
- On conçoit sans peine combien il serait important pour les chirurgiens de disposer d’un procédé pratique et fidèle permettant de reconnaître avec précision l’exacte configuration et les dimensions réelles du bassin d’une femme appelée à être mère.
- L’obtention de tels renseignements, en effet, serait infiniment précieuse, puisqu’elle aurait pour résultat de permettre au praticien de prendre par avance et en parfaite connaissance de cause toutes les précautions convenables à chacun des cas se présentant.
- Aussi, depuis longtemps, les chirurgiens spécialistes se sont-ils préoccupés de trouver des dispositifs permettant de remplir de telles indications.
- Par malheur, des multiples moyens proposés, aucun jusqu’ici n’a encore fourni de résultats vraiment satisfaisants, et les divers pelvimètres, quelle que soit leur combinai -son, ne donnent jamais que des renseignements fort incertains et en tout cas inférieurs à ceux que permet de recueillir un soigneux examen digital et manuel, examen qui comporte des erreurs de sens divers pouvant atteindre un centimètre et demi, et même le double de cette quantité, quand il est opéré à l’aide d’instruments mensurateurs.
- Avec la découverte de la radiographie, un instant, on crut que l’on allait disposer d’un procédé d’observation vraiment commode.
- Les essais tentés ne réussirent point.
- C’est pourtant dans cette dernière voie, ainsi que M. le Dr Henri Yarnier vient d’en donner la démonstration expérimentale, que la solution résidait. Mais, pour la mener à bien, il fallait procéder par des
- artifices nouveaux tout différents de ceux mis communément en usage.
- De façon générale, quand il s’agit d’obtenir une radiographie quelconque, les opérateurs disposent leurs ampoules productrices de rayons X à une assez faible distance de l’objet à radiographier, variant à l’ordinaire entre 40 et 60 centimètres.
- Le résultat de cette pratique est, le cliché radiographique n’enregistrant que les ombres projetées de l’objet, que l’image recueillie est notablement plus grande que l’original, au moins pour toutes les parties de celui-ci non en contact direct avec la
- plaque sensible.
- Pour parer à ce défaut grave, M. Y arnier s’est avisé d’un artifice extrêmement simple, à savoir de reculer suffisamment sa source de radiations de Rœntgen, de façon que celles-ci pussent pratiquement se comporter vis-à-vis de l’objet comme le feraient des radiations sensiblement parallèles émanant de l’infini.
- Pour obtenir un tel résultat, point n’est besoin, du reste, de reculer très fortement l’ampoule. Encore que l’expérience ait montré à M. Y arnier, contrairement à la croyance courante, que les sources de radiations actives peuvent être éloignées considérablement en employant des ampoules ordinaires bi-anodiques, une bobine de 25 centimètres d’étincelle munie d’un trembleur des ingénieurs Pucretet et Lejeune, en dix minutes de pose, avec un courant de 10 ampères et 26 volts, M. Yarnier a pu obtenir la silhouette d’un bassin sec sur une plaque photographique placée à la distance de 25 mètres de l’ampoule, avec vingt minutes de pose la même silhouette sur une plaque distante de 50 mètres, et à 45 mètres, celle d’une spirale de plomb; mais il n’est pas, pour les besoins courants, nécessaire de recourir à de tels écartements qui auraient d'ailleurs cet inconvénient grave de nécessiter des poses
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- plus prolongées que celles que l’on peut et que l’on veut demander à une malade.
- Dans la pratique, un éloignement de 5 mètres donne toute satisfaction. A cette distance, en effet, les instruments usuels de mesure ne permettent plus de constater de différence entre les dimensions prises sur l’objet et sur le radiotype.
- Même, pour les besoins courants, un recul de
- 2m,50 est suffi-
- Fig. 2. — Dispositif Varnicr pour la radiographie.
- sur un bassin sec et sur sa radiographie (voy. le tableau ci-après).
- L’erreur constatée en pareil cas est, on le voit, toujours de même sens et ne dépasse jamais 5 millimètres, c’est-à-dire qu’elle est pratiquement négligeable, surtout étant donné cette circonstance que l’on sait toujours de quel ordre elle peut être.
- Quant au mode opératoire, suivi par M. Yarnier pour obtenir de tels résultats, il est des plus simples.
- L’ampoule de Crookes est placée, comme le mon-
- tre notre figure, à 2m,50 de la plaque, sa cathode se trouvant perpendiculaire à l’axe prolongé du détroit supérieur d’un bassin normal pris comme point de mire.
- A cet effet, M. Yarnier procède, une fois pour toutes, à une expérience préliminaire de repérage avec un bassin sec.
- DIFFÉRENCE DE MENSURATION d’un bassin sec et d’un RADIOTYPE
- MESURES OPÉRÉES BASSIN' SEC RADIOTYPE DIFFÉRENCE
- Millim. Millim. Millim.
- Diamètre transverse maximum. . Diamètre antéro-postérieur (le seul 122 1U 125 -4-3
- mesuré jusqu’ici) 117 -h 3
- Diamètre oblique gauche Diamètre transverse bi-ischiatique (c’est le plus éloigné de la 118 121 -4- 3
- plaque) Largeur de la première pièce du 103 108 -4- 5
- coccyx Distance des épines iliaques antérieures et postérieures (diamètre 32 235 33 -4- 1
- bi-épineux) Diamètre transverse du grand bas- 255 0
- siu ou bi-crète 250 250 0
- Le long de la ligne AB prise comme base, il dispose dans son châssis une plaque sensible 40x50.
- Le bassin sec est alors placé en pronation, c’est-à-dire en plaçant le sujet sur le ventre, sa ligne des crêtes reposant sur CD et son diamètre antéro-postérieur se confondant avec EF.
- Pour opérer sur le vivant, il suffit de remplacer le bassin sec par le sujet à examiner, étendu dans le décubitus ventral et en tenant compte des repères établis *.
- La méthode, on le voit, est aussi commode qu’ingénieuse, sans compter qu’elle est encore sans aucune espèce d’inconvénient pour les personnes soumises à son emploi. Et ce n’est point là une circonstance indifférente, puisque l’on sait que le voisinage trop immédiat de l’ampoule, chez certains sujets particulièrement sensibles, peut entraîner la production de troubles dermiques graves.
- Aussi, y a-t-il tout lieu de le penser, le procédé nouveau proposé par M. le Dr Yarnier pour la radiographie à longue distance ne manquera pas de se vulgariser rapidement pour le plus grand bien des malades appelées à en bénéficier.
- Georges Yitoux.
- 1 Ces expériences ont été poursuivies au laboratoire de radiographie créé, il y a aujourd'hui quatre ans, à la clinique Baudelocquc, en vue des applications obstétricales, par M. le professeur Pinard et M. Yarnier.
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- LA N A TUBE.
- ’ CHRONIQUE
- Emploi de l'alcool pour l’éclairage au Congo.
- — M. Charles Patin, consul honoraire de Belgique, à Me-dellin (Colombie), a communiqué à la Société nationale d’Acclimatation quelques détails intéressants sur l’emploi de l’alcool pour l’éclairage. Ayant souffert, dit-il, durant près d’un quart de siècle, des inconvénients du manque d’un bon éclairage pendant les longues nuits des tropiques, je me suis occupé de résoudre la question pour des pays où la difficulté des communications ne permet guère d’importer le pétrole dans des conditions favorables, comme c’est le cas pour le Congo. Le seul système qui puisse fournir une bonne lumière est l’emploi de l’alcool par incandescence. J’en ai fait usage en Colombie, dans des lampes Yerstraten perfectionnées, avec des manchons, importés, pressés en ballots, dans des boîtes soudées, et dont l’incinération se fait très facilement sur place. La fabrication de l’alcool de cellulose est d’autant plus pratique dans les pays chauds que les matières premières convenables s’v trouvent partout sans présenter de valeur primordiale. Cet alcool n’est pas potable, il ne présentera donc pas l’inconvénient qu’offrirait la distillation des alcools bon goût, lesquels peuvent servir à préparer des boissons. En outre, il y a, dans la plupart des cultures tropicales, des déchets complètement perdus pour le planteur; ces déchets peuvent, à très peu de frais, produire des alcools utilisables pour l’éclairage et éventuellement pour alimenter les foyers ou cuisinières dans les villes des tropiques où le prix du combustible est élevé. Les déchets des plantations d’agaves, de cannes à sucre, de ramie, de bananiers, de cacaoyers, et surtout de caféiers, fournissent des alcools appropriés à l’éclaira<re par incandescence. Le résidu du dépulpage du café donne de 9 à 10 pour 100 d’alcool à 20° Cartier (le jus de la canne à sucre ordinaire ne donne que 11 pour 100 d’alcool rectifiable) dans l’alambic primitif; par la redistillation dans le même appareil, on obtient 56 à 38°, concentration suffisante pour un bon éclairage. Avec des appareils dis-tillatoires perfectionnés, appareils Egrot par exemple, on obtient du premier jet la concentration voulue. C’est en parfaite connaissance de cause que je donne ces renseignements; j’ai moi-même fabriqué l’alcool de pulpe de baies de caféier et je l’ai employé à mon usage dans des lampes à incandescence. On s’occupe, du reste, de la mise en valeur de ce procédé d’éclairage dans différents départements de la Colombie.
- Les ravages des animaux féroces dans
- l’Inde. — D’après un rapport du gouvernement de l’Inde, il y a eu, en 1899, environ 5000 personnes tuées par les animaux féroces, 900 par les tigres, 540 par les loups, 327 par les léopards ; pour le reste, ce sont les ours, les éléphants, les hyènes, les chacals et les crocodiles qui entrent, pour une large part, dans cette œuvre de destruction. Mais ceci n’est rien auprès des victimes des serpents. On évalue à 24 600 le nombre des gens tués par ces animaux. Au Bengale, cette proportion énorme est attribuée aux inondations qui ont transporté les serpents sur les hauteurs où sont construits les villages. Les serpents font donc, beaucoup plus que les animaux féroces, des victimes parmi les hommes. Pour le bétail, c’est le contraire. En 1899, on ne compte pas moins de 89 000 bestiaux tués par les animaux féroces contre 9500 par des serpents.
- En nouveau produit «le la Nouvelle-Calédonie. — Notre colonie de la Nouvelle-Calédonie n’est
- point assez riche, en dépit des ressources diverses et importantes qu’elle possède, pour qu’on ne tâche point de faire connaître les produits nouveaux qu’elle est susceptible de fournir : tel est le cas pour ce que le « Bulletin du Commerce » de Nouméa appelle la peinture métallique calédonienne. Il s’agit d’une substance que l’on a assimilée aux ocres, qui provient de la mine Tamanou, à la baie de Prony, et qui serait supérieure aux ocres les mieux lavées et aux miniums les mieux traités. Cette terre métallique serait composée d’éléments divers qui la rendraient particulièrement précieuse pour la peinture des ouvrages à la mer et de tous les matériaux exposés aux intempéries. D’après l’analyse du chimiste local, M. Moore, elle aurait la composition suivante : 66,52 pour 100 de peroxyde de fer, 5,98 d’alumine, 2,56 de sesquioxyde de chrome, 1,17 d’oxyde de cobalt et de nickel, 0,55 de magnésie, 10,86 de silice et de fer chromé insoluble, 11,44 d’eau de combinaison et enfin des traces de chaux et d’oxyde de manganèse. On voit que sa composition est fort complexe, et c’est cela même qui la rendrait précieuse en lui permettant de former un véritable revêtement métallique qui est pourtant d’une application facile par suite de sa ductilité au moment de l’emploi. Cette substance est d’une coloration brunâtre, d’une belle teinte que l’on peut du reste transformer en noir par un mélange avec du noir de fumée ou du noir de charbon ; pour l’employer, on la dilue au moyen d’huile de lin ordinaire ou d’huile cuite, et quand on veut qu’elle sèche pour ainsi dire instantanément, il suffit de remplacer l’essence qu’on y ajoute naturellement par du sulfure de carbone, dont on connaît la puissance d’évaporation. Cette substance peut se vendre à Marseille pour 140 francs la tonne, et elle est d’une application précieuse, à ce qu’on nous affirme, pour la peinture des carènes de navires, des caisses à eau, des barrières, pour former enduit sur les bâches, les toiles à sacs ou autres : elle donnerait, en une couche, une étanchéité suffisante. A tous les points de vue il est à souhaiter qu’elle soit essayée en France.
- La photométrie des couleurs. — Dans une communication à la Royal Society, sir William Abnev décrit une méthode pour estimer la luminosité des surfaces colorées surtout quand la source de lumière a de grandes dimensions, comme le ciel par exemple. Dans l’ouvrage Photométrie des couleurs, part. III, il a été montré que pour une seule raie du spectre, jaune verdâtre; la luminosité croît dans la même proportion que pour la lumière blanche. Si, par exemple, des lumières rouge, jaune verdâtre, bleue et blanche sont portées au même degré de luminosité, puis qu’on réduise également leur intensité, c’est la luminosité du rouge qui diminuera le plus rapidement, celle du bleu le moins rapidement, les deux autres restent égales. De plus la couleur disparait plus vite que la luminosité (sauf le cas de rouge pur), tirant sur le gris, de sorte que des couleurs de faible luminosité sont plus faciles à assortir que des couleurs brillantes. La nouvelle méthode dé photométrie des couleurs repose sur ces faits. Au moyen de disques concentriques rotatifs, fendus radia-lement s’il est nécessaire, la proportion de blanc et de noir associés d’abord à un disque vert, puis à un disque jaune est déterminée. Les comparaisons sont facilitées en observant les disques rotatifs à travers (( un milieu transparent noir », comme une pellicule photographique sans tache qui peut être assez épaisse pour que la couleur pratiquement disparaisse, cédant la place
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- à un gris sombre. La valeur d’un disque rouge est accentuée ('ii l’associant avec des disques verts et bleus pour produire un gris, qui est alors assorti avec le noir et le blanc. Cela posé, ayant trois couleurs-types de valeurs connues, la luminosité d’une couleur quelconque peut être déterminée en substituant un disque de cette couleur a celui de la couleur-type pour produire un gris qu’on assortit comme il a été dit plus haut. Les résultats donnés par cette méthode concordent exactement avec ceux Tournis par les méthodes précédemment exposées par l’auteur. Sir William Abnev a, de cette manière, déterminé les luminosités de diverses surfaces colorées, et calculé la quantité de noir nécessaire pour réduire chacune d’elles à une égale luminosité, lia préparé alors un disque partagé en plusieurs anneaux, chacun partiellement coloré et partiellement noir, de sorte que, dans la rotation, l’ensemble apparaît de même luminosité quand on l’éclaire avec la lumière pour laquelle il a été calculé. Par le choix de couleurs appropriées un disque de ce genre permet de déterminer très exactement tout défaut existant soit à la sensibilité à la couleur d’une plaque photographique, soit dans l’écran coloré employé pour compenser les défectuosités de la substance. Pour le disque tournant, qui est également lumineux partout, il donnera, si le négatif est développé, une image d’égale densité, quand la plaque sensible et l’écran coloré sont exactement adaptés l’un à l’autre.
- Les jardins scolaires en Allemagne. — C’est en Suède qu’on a eu l’idée, aujourd’hui copiée dans bien des pays, d’annexer aux écoles publiques des jardins où l’on pourrait enseigner l’agriculture aux enfants : cet exemple est maintenant suivi sur une grande échelle en Allemagne, où l’on essaye de donner à l’agriculture le plus de développement possible. On a donc, d’une part, créé des jardins botaniques qui fournissent des matériaux pour l’étude du jardinage et de l’agriculture dans les écoles, et, d’autre pari, des jardins qui sont de véritables annexes des écoles et où tous les travaux sont effectués par les enfants. A Breslau, par exemple, il y a un jardin botanique qui a une superficie de près de 5000 hectares et les trois quarts de ce terrain sont plantés en fleurs à l’usage des établissements d’enseignement. Des plantes en sont envoyées aux professeurs sur leur demande, et les enfants y sont amenés pour qu’ils puissent suivre la croissance de toutes les plantations; les jeunes élèves peuvent même emporter certains exemplaires chez eux. Dans la banlieue de Dresde, il y a une institution modèle où l’on enseigne aux garçons à cultiver et à soigner tous les arbres forestiers ou fruitiers qui poussent dans le royaume de Saxe'; des filles ont charge du potager, elles apprennent àT semer, à lahourer, et les enfants des deux sexes reçoivent un enseignement analogue pour les fleurs. Quand la mauvaise saison arrive, on donne à tout ce petit monde des jeunes plants et des oignons, afin qu’ils s’occupent de façon analogue chez eux. Enfin, dans le jardin botanique de Leipzig, les professeurs peuvent amener les enfants pour leur donner une instruction pratique et prendre et emporter ce qu’ils jugent bon pour compléter leur enseignement à l’école même; on encourage les enfants, quand cela se peut, à avoir chez eux un petit jardin auquel ils donneront leurs soins.
- L'achèvement du viaduc de kiokteik. — On
- annonce l’heureux achèvement en Birmanie, par les soins de la Compagnie Américaine Pensylvania Steel Go, du viaduc monstre construit pour franchir la gorge de Gukleik, dans les Monts Shans, et donner passage aux
- nouvelles voies ferrées de la Haute-Birmanie. La longueur de cet ouvrage est de 09 mètres, et sa hauteur de 97'",50 au-dessus du point le plus bas de la gorge. 11 est entièrement construit en acier, et l’on n’y a pasemplové moins de 40 000 tonnes de ce métal; il repose sur 16 piles en treillis qui sont à plus de 42 mètres les unes des autres.
- Locomotives à eau surchauffée pour l'exploitation d'un chemin de fer. — Elles ont un rôle tout spécial, puisqu’elles servent seulement au triage et à la manutention des wagons de marchandises, mais la chose est intéressante néanmoins. C’est sur la voie ferrée de NewAork à Putnam qu’a été faite cette installation. L’approvisionnement des chaudières se fait en eau surchauffée dont l’ébullition est retardée par une pression de 50 kilogrammes par centimètre carré, et elle est prise dans une chaudière où elle est maintenue à 500°. Cet approvisionnement permet de réaliser des parcours de 65 kilomètres à une allure de près de 60 kilomètres à l’heure.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 18 mars 1901. — Présidence de M. Fodqué.
- L'action du cuivre sur les végétaux. — M. G. Bonnier présente une Note de M. Devaux relative à l’action du cuivre sur les végétaux. II a recherche spécialement la partie de la plante sur laquelle le cuivre se fixe. Ce métal empoisonne les plantes à la dose de 1 milligramme par hectolitre. La racine draine le cuivre; toutes les parties de ses cellules le fixent.
- Les fleurs écloses dans l’obscurité. — M. G. Bonnier présente ensuite une Note de M. Beulaygue, d’Alger, relative à la coloration des fleurs écloses à l’abri de la lumière. Contrairement à l’opinion admise que les fleurs développées dans ces conditions présentent une coloration normale,!. Beulaygue dit que les couleurs sont très affaiblies et que même chez certaines espèces la décoloration est complète.
- Les symptômes de la tuberculose. — M. Edmond Derrier présente une Note de MM. Albert Robin et Binet sur les conditions biologiques d’évolution de la tuberculose. Les auteurs se sont appliqués à déterminer les conditions physiques et chimiques des organes atteints de cette maladie. Leurs recherches ont porté sur 392 malades et sont appuyées sur 1500 analyses. Leurs conclusions ne laissent en dehors qu’un très faible pourcentage de faits quelles ne peuvent expliquer. Ils sont arrivés à poser les conditions générales du diagnostic de la tuberculose, alors qu’il n’y a aucun signe pulmonaire apparent; ces conditions sont fort différentes de celles admises par les médecins. C’est, en effet, une opinion répandue que les phénomènes caractéristiques de la tuberculose sont des phénomènes de ralentissement des actions respiratoires et par suite de moindre fixation d’oxygène. Or, à toutes les phases de la tuberculose, les échanges respiratoires sont plus intenses que chez les individus sains. 11 y a un accroissement très considérable de la ventilation pulmonaire, de la quantité d’acide expiré par minute et par kilogramme d’être vivant, de la quantité d’oxvgène fixé de même. MM. Robin et Binet résument les résultats de leurs expériences sous forme de tableau numérique tout à fait caractéristique. Cette suractivité des échanges respiratoires subsiste dans la tuberculose osseuse (mal de Doit), mais elle ne s’observe pas dans la tubercu-
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- LA NATURE.
- lose localisée (lupus). Les auteurs concluent que l’exagération des échanges respiratoires fournit un moyen certain de diagnostic de la tuberculose.
- Élection. — M. Humbert est élu membre de la section de géométrie, en remplacement de M. Hermite, par 54 voix contre 2 données à M. Goursat et 1 à M. Borel.
- Ch. DE VlLLEDEUlL.
- COUP DE MER
- Il est permis de regretter que souvent on ne prenne pas de photographies de phénomènes fugaces qui seraient de nature à intéresser la science. L’observation ordinaire n’est pas suffisante. L’œil photogra-
- phique voit bien mieux que l’œil humain et il est des cas où son intervention serait très précieuse. C’est pourquoi on ne saurait trop engager les amateurs à prendre, même à tout hasard, des clichés nombreux des phénomènes qui les frappent. Quelles collections-précieuses on pourrait ainsi constituer un peu partout sur terre, à la montagne, sur mer, le long du littoral. On ne sait jamais quelles surprises réserve à son auteur le cliché photographique.
- Dans un ordre d’idées plus modeste un de nos abonnés, M. R. Legros, de Fécamp, nous a envoyé, il y a quelque temps, l’intéressante épreuve reproduite ci-dessous, et qui se rapporte à une violente tempête ayant eu lieu le 28 décembre 1900 sur les côtes
- Un coup de mer à Fécamp sur le boulevard des Bains, pendant une violente tempête.
- de Fécamp. Cette tempête a causé d’immenses dégâts. La photographie a pu être prise cependant par temps très sombre à 3 heures 1/2 du soir, heure de la pleine mer. La vitesse du vent était considérable, car il était difficile sinon impossible de se tenir debout au bord de la mer. On était parfois renversé par la bourrasque.
- Ce n’est que grâce à un abri offert par une solide construction que M. R. Legros a pu réussir à obtenir son cliché.
- La Manche offrait alors un spectacle magnifique, des vagues, d’une hauteur énorme, étaient soulevées par les rafales de vent. La mer ne formait plus qu’une immense surface agitée, tourmentée, tout écumeuse et mugissante.
- Le boulevard des Rains que représente notre dessin
- a été détruit en de nombreux endroits par les coups de mer qui déferlaient avec rage contre les digues en ébranlant le sol. Galets, pierres et débris de tous genres étaient entraînés avec force, projetés par chaque coup de mer. Le boulevard était inaccessible ; il se trouvait parfois transformé en une rivière d’eau de mer envahissant les habitations placées sur le bord. 11 paraît qu’à Fécamp, on a rarement vu la mer aussi démontée. L’épreuve de M.R. Legros constitue donc un document qui a sa valeur et une contribution à l’histoire des tempêtes sur cette partie du littoral de la Manche.
- L. Dubois.
- Le Gérant : P. Masson. Paris. — Imprimerie Lahüre, rue de Fleuras, 9.
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- N" 1455. - 50 MARS 1901.
- LA A AT U UE.
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- BRASEROS ET POELES A PETROLE
- Depuis que pour le chauffage domestique on a abandonné, avec raison, l’usage si dangereux des poêles à combustion lente, on tend maintenant à adopter pour les chambres de malades, pour les antichambres, les cabinets de toilette, des poêles à gaz ou à pétrole, d’une commodité extrême, puisqu’on les allume ou on les éteint en quelques secondes. Ces poêles, mal dénommés, ne sont en réalité que des braseros dégageant dans l’appartement les produits de la combustion. En ce qui concerne les appareils à gaz, il y a production dans la pièce à chauffer, non seulement d’acide carbonique, mais encore d’oxyde de carbone. D’après certaines analyses anglaises, on pourrait compter en général sur 5 à 6 vol. d’oxyde de carbone pour 100 vol. d’acide carbonique dégagés. Les braseros à gaz ne peuvent être tolérés que pour un chauffage de quelques instants. Les braseros à pétrole offrent beaucoup moins d’inconvénients, parce qu’ils ne dégagent dans la pièce que de la vapeur d’eau, de l’acide carbonique et, d’après M. Gréhant, qu’en-viron 1 /36 000 à 1 /29 500 d’oxyde de carbone dans des expériences faites sur des lampes. Le rapport de l’acide carbonique à l’oxyde de carbone serait de 1025. Il est superflu de rappeler que l’oxyde de carbone est le gaz dangereux par excellence, celui-là qui asphyxie en tuant les globules du sang; même à très petite dose, il détermine des accidents chroniques de la plus haute gravité. Mais il ne s’en produit que des traces presque insaisissables dans la combustion des bonnes lampes à pétrole.
- Peu ou pas d’oxyde de carbone, soit! mais beaucoup d’acide carbonique. L’acide carbonique, selon Brown-Séquard et d’Arsonval, n’est pas un ennemi de Î'J" snuff. — 1"' sriupstre.
- l'organisme à petite dose. Mais la petite dose ne manque jamais d’être dépassée, quand les produits de la combustion du pétrole se mélangent à l'atmosphère d’une chambre pendant des heures. 11 faudrait, pour éviter l’inconvénient, ventiler énergiquement. Mais si Ton ventile beaucoup, on introduit de l’air froid et l’on tourne dans un cercle vicieux, de sorte qu’en définitive, on vicie complètement l’air
- en raison de la durée du chauffage et on le vicie bien. Dans ses expériences Petten-koffer est resté plusieurs heures dans une atmosphère contenant 10 pour 100 d’acide carbonique. Eorster a aussi séjourné dix minutes dans une cave contenant 4 pour 100 d’acide carbonique. Nous sommes resté cinq minutes dans la grotte de R oyat au-dessus de la nappe de gaz dans une atmosphère à 5 pour 100 d’acide carbonique. C’est anormal et Ton vivrait peu de temps dans ces conditions puisque les animaux meurent asphyxiés dans un air à 15 ou 18 pour 100 d’acide carbonique. Les hygiénistes admettent 8/10 000 comme taux normal admissible; c’est un chiffre comme un autre qui n’a pas grande valeur. Mais ce qui est de toute évidence, c’est que nous ne sommes pas faits pour vivre au sein d’une atmosphère trop riche en acide carbonique. L’acide carbonique nous prend d’abord une part d’oxygène essentielle à la respiration, puis, sans compter son influence spécifique mal déterminée, il change les conditions de l’hématose et l’équilibre des échanges gazeux. Et la meilleure preuve, c’est que l’homme n’est apparu sur la terre que lorsque l’atmosphère a été épurée de son excès de gaz carbonique.
- Un brasero à pétrole, fait remarquer le public, mais c’est une simple lampe à pétrole ! Quel danger présente une lampe dans un appartement? Douce illu-
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- Poêle à pétrole, système Scpulchre.
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- LA NATURE.
- sion! Une lampe, deux lampes, trois lampes.... Soit! Mais croit-on que les lampes, bougies, becs de gaz ne vicient pas l’air ? Une lampe à pétrole pour l’éclairage, de 9 lignes, brûle 22 grammes par heure. Une lampe pour chauffage consomme entre 150 et 500 grammes selon sa puissance. Elle équivaut à 12 ou 14 lampes de 9 lignes. Cet ensemble de foyers ou ce gros foyer unique est-il sans action sensible sur la composition de l’air plus ou moins stagnant d’une pièce d’appartement?
- 1 kg de pétrole produit par sa combustion 5k«,22l d’acide carbonique, soit environ 1055 litres de gaz1. Si la densité de ce pétrole est de 800, il en résulte que le brasero à pétrole dégage dans la pièce de 500 à 450 litres d’acide carbonique par heure, autant d’acide carbonique que 15 à 20 personnes réunies. 11 y a donc très vite excès d’acide carbonique à portée des voies respiratoires. Et l’on ne peut vraiment pas soutenir qu’un brasero à pétrole soit un bon foyer pour une chambre de malade. Telle est l’opinion que l’on peut se faire des braseros faussement appelés « poêles à pétrole ».
- Mais si l’on transforme le brasero en vrai poêle envoyant au dehors les produits de la combustion, n'est-il pas évident que les inconvénients signalés disparaissent du même coup, pour ne plus laisser apparaître que les avantages très évidents du chauffage à pétrole? Très évidents, car on a toujours du pétrole sous la main ; le combustible est propre et facile à manier; il évite entièrement les poussières de la houille, et les poussières sont l’ennemi du malade; on peut avoir du feu en un instant, éteindre de même; proportionner à volonté la puissance de chauffe à la dépense et à l’abaissement de la température. Rien de plus maniable, de plus commode et de plus salubre. On peut chauffer même la nuit sans redouter l’asphyxie, car supposons le poêle relié à une cheminée par une buse avec tôle hermétique. Les refoulements des gaz, en cas de tempête ou de baromètre bas, seront sans action sensible, et se produiraient-ils accidentellement, qu’importe? La pièce s’enrichira momentanément d’un peu plus d’acide carbonique et de vapeur d’eau, et le tirage toujours énergique emportera vite cet excès de gaz. Puis plus d’odeurs, de fumée, plus de dégagements sulfureux. Cette fois, c’est le type de chauffage par excellence des malades, des anémiques, des personnes aux poumons faibles, etc.
- On a objecté : le pétrole ne chauffe pas comme la houille et, par grands froids, il sera impuissant à maintenir l’équilibre de température. L’erreur est manifeste. Le pétrole possède un pouvoir calorifique supérieur à celui de la houille. Il varie, selon sa composition, entre 8000 et 11 000 calories. On
- 1 D'après les chiffres de M. le I)r ChaVignv, médecin-major chef du. Laboratoire de bactériologie du 6° corps d'armée et de M. Haurat, professeur à l'École des arts et métiers de Chàlons-sur-Marne. Note sur le chauffage au pétrole. Berne d’hygiène et de police sanitaire, n° 1. 1001. Masson et Cr°.
- peut admettre qu’un kilogramme de pétrole fournit presque le double de chaleur d'un mètre cube de gaz! Le pouvoir calorifique moyen du mètre cube peut être estimé à 5200 calories. L’utilisation du pétrole dans les lampes est très supérieure au rendement des foyers à houille. Si bien que, aujourd’hui où la hausse de la houille est devenue si considérable, on a trouvé avantage à lui substituer dans beaucoup de pays le chauffage au pétrole. En Russie, en Amérique, où le pétrole est à bon marché, on l’emploie de plus en plus pour le chauffage industriel, pour la navigation et pour les chemins de fer.
- A Paris, le pétrole est plus cher que le gaz à cause des droits énormes qu’il supporte. Cependant en province il y a sensiblement égalité1. Et il faut se rappeler ici que sa puissance calorifique est près du double de celle du gaz.
- Le vrai poêle à pétrole n’est plus à réaliser. Il existe et MM. Sepulehre, de fierstal-lez-Liège, en ont construit un type excellent que nous venons d’étudier. Pendant les grands froids de février dernier, il a fait monter la température d’une pièce de 65 mètres cubes, la température extérieure étant de — 8°, de 5° à 10° en une demi-heure. Au bout d’une heure la température de régime s’était établie entre 15 et 16°, malgré le vent du nord régnant en rafales, malgré des murs en brique de 22 centimètres librement exposés en plein air sans aucun abri voisin. Dépense : 190 grammes par heure, pour un écart de températures de 25° ! Le charbon n’aurait certes pas donné ce résultat même avec un bon foyer.
- Nous reproduisons une esquisse d’un des poêles cylindriques à pétrole de MM. Sepulehre. Dimensions : 65 centimètres de hauteur, 55 centimètres de diamètre, tôle légère revêtue d’un vernis solide comme de l’émail. A la base, en guise de foyer, une puissante lampe à réservoir plat et à mèche ronde type Sepulehre. La cheminée en verre de la lampe débouche librement, sans aucun contact,:sous un tube (jui s’élargit en cône et vient s’épanouir à la partie supérieure du poêle. Les produits de la combustion de la lampe s’élèvent avec force dans cet entonnoir, et se déversent sur les côtés dans la chambre de chauffe constituée par le cylindre du poêle. Quand ils ont cédé la plus grande partie de leur calorique, ils s’en vont par le tuyau d’évacuation dans la cheminée ou à travers un mur, selon l’aménagement de la pièce à chauffer. La chambre de chauffe renferme un ou plusieurs tubes verticaux de circulation, de sorte que l’air pénètre par en bas et sort par en haut,
- 1 En pratique, il est bon d’observer que le pétrole se prèle à uu chauffage particulièrement élastique, ce qui n'a pas lieu au même degré avec les foyers ordinaires au charbon. Ceux-ci sont impuissants à maintenir la température même à 8° quand les froids sont rigoureux et ils chauffent trop quand la température se relève. Avec le pétrole le chauffage peut varier entre de très grandes limites, et la consommation-heure descendre de 500 â 100 grammes. En sorte que la dépense réelle est moins grande qu’on ne serait tenté de le penser tout d’abord et inférieure à celle du gaz.
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- comme d’une bouche de chaleur, à une température en général voisine de 150°.
- La chambre de chauffe cylindrique, en haut du poêle, est limitée à la base de façon à former comme une voûte et à laisser un logement pour la lampe. La paroi antérieure derrière la lampe est nickelée pour faire réflecteur, de sorte qu’en définitive l’utilisation du calorique produit est aussi complète que possible. Élévation de la température des parois de la chambre de chauffe et du poêle entier ; production d’une température élevée, sous le couvercle supérieur dans la zone de stagnation du gaz, échappement de l’air par les bouches de chaleur; réflexion du calorique de la lampe par les parties nickelées. Le calorique renvoyé par réflexion est considérable.
- L’œil aussi est séduit par la gaieté du foyer. Le feu de la lampe, à travers son verre couleur rubis, est agrandi et allongé par les réflecteurs. On dirait d’un foyer embrasé dans lequel pétillent des bûches incandescentes. Les amateurs photographes peuvent très bien opérer à la lueur veilleuse du poêle. A 2 mètres de distance les plaques ne se voilent pas.
- La provision de pétrole dans la lampe petit modèle est d’environ 2' 1/2; elle suffit pour 10 à 12 heures de marche.
- En somme, ce poêle Sepulchre est un des appareils de chauffage à grand rendement dont il est permis d’affirmer l’innocuité complète. Nous ne connaissons pas d’appareil de chauffage domestique, qui ne présente quelque inconvénient ou même quelque danger. C’est pourquoi, dans l’intérêt d’autrui, nous souhaitons que l’on se pénètre bien des idées que nous venons d’exposer et que l’on substitue, quand les conditions économiques le permettront, aux foyers au charbon pour les chambres ou pour un usage intermittent les nouveaux poêles à pétrole.
- Henri de Parvilee.
- CADRANS SOLAIRES REMARQUABLES
- Grâce à la facilité actuelle des communications, le problème de l’heure est pratiquement résolu et le cadran solaire est allé rejoindre dans les musées les instruments analogues qui l’ont précédé, depuis le sablier jusqu’aux clepsydres de toutes sortes. Pour ma part, je déplore vraiment cette mise à la retraite prématurée. On traite, hélas! les objets comme les personnes et le meilleur moyen d'être respecté c’est encore de savoir se rendre utile.
- L’utilitarisme a donc éloigné le cadran solaire; mais, aujourd’hui encore, il peut rendre des services et rien ne saurait remplacer cet instrument pour apprendre aux débutants la marche du Soleil sur la sphère céleste ou, pour être plus exact, la complication des mouvements de la Terre.
- Un genre de cadran peu connu est le cadran sphérique. Imaginons une sphère dont l’axe est parallèle à l'axe du monde et se confond avec lui. Faisons passer par les pôles vingt-quatre demi-grands cercles éloignés les uns des autres de 15°, et arrangeons-
- nous de façon que l’un d’eux coïncide avec le méridien. A midi vrai, le Soleil sera dans ce plan. A une heure de l’après-midi, il sera dans le plan du cercle suivant. Quand le Soleil aura de nouveau parcourir 15°, il traversera un autre cercle horaire : il sera deux heures, et ainsi de suite. Supposons maintenant un style en forme de demi-couronne plate pouvant tourner autour de l’axe de la sphère ; il suffira, pour connaître l’heure, de faire tourner ce style jusqu’à ce que son plan passe par le centre du Soleil, ce qu’on reconnaîtra vite à l’ombre très fine produite sur la sphère. La lecture de l’heure sera donc immédiate.
- Les deux cadrans que nous reproduisons ici sont fondés sur ce principe de gnomonique.
- Le premier, qui appartient à notre ami M. Geoffroy de la Guère, est la réalisation exacte du dispositif (fig. 1 et 2). Il ne porte pas, comme certains cadrans solaires de ce genre, une disposition permettant une inclinaison variable avec les latitudes. Son axe reste fixé une fois pour toutes formant avec l’horizon un angle égal à la hauteur du pôle.
- Le deuxième cadran (fig. 5) appartient à M. Foueher de Moison, à Yvoy-le-Pré (Cher). 11 est beaucoup plus original que l’autre. Son constructeur a voulu épuiser sur lui toute la série des cadrans que l’imagination peut SUggé - Fig. 1. — Cadr an solaire sphérique, rer au gnomonisle.
- Au lieu d’une sphère comme dans l’exemple précédent, matérialisons les cercles horaires et, pour cela, construisons une roue à vingt-quatre aubes dont les plans coïncideront précisément avec les cercles horaires. Si le Soleil passe dans l’un des plans toutes les aubes donnent des ombres portées, excepté celle que l'astre traverse. Dans le cadran solaire en question, la roue à aubes est construite "comme une sorte d’engrenage à vingt-quatre dents et1 chacune d’elles donne une ombre portéê sur sa voisine. La limite de cette ombre, variable pour chaque dent, indique l’heure du jour. On a ainsi vingt-quatre lectures en tout. La roue dentée étant orientée dans le plan de l’équateur et traversée en son centre par un axe rigide en métal, on obtient encore facilement deux autres cadrans solaires équinoxiaux. Le support lui-même porte, sur ses quatre faces, des cadrans verticaux, hémisphériques, etc., si bien que, tout compte fait, nous arrivons à avoir un cadran à trente-deux lectures. Ce cadran, taillé dans un bloc de pierre d’une seule pièce, est, on le voit, un des plus curieux qu’on puisse imaginer. Son propriétaire l’a trouvé au milieu de décombres que le temps avait respectés. Il s’est empressé de le faire monter sur une colonne au som-
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- met de laquelle il offre un aspect vraiment original. Aujourd'hui, la mode des cadrans solaires semble
- définitivement passée; chaque écolier connaît l’heure à l’aide d’une montre quelconque à 4fl ,9o. La eivi-
- Fig. 2. — Cadran solaire sphérique, appartenant à M. G. de la Guère, à Saint-Eloy (Cher).
- lisation et le progrès transforment tout, — aux dépens de l’art quelquefois. L’abbé Th. Mokeux.
- UNE MONTAGNE QUI SE DÉCOLLE
- C’est la Hoche Taillée, imposant promontoire rocheux qui surplombe la vallée de l’Areuse, tributaire du lac de Neuchâtel, et la route de la Clusette, près du village de Noiraigue.
- Depuis la neige et les grands froids, ce rocher inspiré de vives inquiétudes à nos voisins suisses du canton de Neuchâtel. Il apparaît, en effet, nettement fendu de coupures longitudinales et transversales, et, autour de lui comme d’un centre, rayonnent des crevasses particulièrement apparentes le long de la route. Ces crevasses étaient tout dernièrement au
- Fig. 5. — Cadran à 52 lectures, appartenant à M. Foucher de Moison, à Yvoy-lc-Pré (Cher).
- nombre de 11 sur cette route. L’une mesure 55 centimètres de large sur 5 mètres de profondeur avec une différence de niveau de 25 centimètres entre les deux bords. La région de ces crevasses est délimitée par une sorte de demi-ellipse de 150 mètres d’ouverture dont le sommet se trouve à environ 200 mètres plus haut que l’Areuse. Cela représente une trentaine de mille mètres carrés, et, d’après le rapport des experts fédéraux, MM. les ingénieurs Gruner, Holtz et Schardt, au cas assez probable de dislocation complète, ce serait au bas mot 500 000 mètres cubes de matières qui viendraient obstruer le lit de la rivière, former un barrage, détruire plusieurs usines et inonder le village de Noi-raigue.
- Indépendamment de ces dégâts en amont, la chute de la partie détachée de la montagne interromprait
- Fig. 1. — Prise il’eau de l’usine du Yal-de-Travcrs fissurée.
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- le service de la ligne du Jnra-Sim-plon qui file de l’autre côté de l’Areuse à une douzaine de mètres plus haut que son niveau et il se produirait dans un certain rayon, par suite de la pression de l’air, des accidents qu’il est difficile d’apprécier.
- En outre, si le barrage de la vallée de la rivière était complet, ce serait en aval l’arrêt subit des importantes usines de la basse Areuse. Ce serait la Chaux-de-Fonds .sans eau potable, la Chaux-de-Fonds, le Locle et Neuchâtel sans force motrice. Ce pourrait être enfin une formidable débâcle dans toute la vallée.
- Sans rien préjuger sur la marche de la désagrégation de la montagne,
- Fig. 2. — Les usines du Furcil menacées par l'éboulement.
- les experts estiment qu’ « il est en tout cas fort peu probable que cette masse de terrain marneux et calcaire crevassée puisse se soutenir encore longtemps dans cet état d’équilibre absolument instable ».
- En attendant l’exécution des travaux préventifs recommandés, ils ont fait appliquer sur les crevasses de la route des témoins en ciment et planter des repères et des jalons constituant un système complet de triangulation du sol en mouvement. Une station d’observation a de plus été organisée pour surveiller, au moyen d’un théodolite, les oscillations de la partie détachée de la Roche Taillée. On a fait aussi un relevé photographique très soigné des lieux dange-
- reux. Ce sont quelques-unes des photographies ainsi exécutées, et dont nous devons la communication à l’obligeance de M. Paul Ditisheim, de la Chaux-de-Fonds, qui ont servi à illustrer cet article.
- La circulation a été naturellement interrompue dans toute la zone dangereuse et il a été recommandé d’évacuer d’urgence tous les bâtiments menacés soit par la chute des terres, soit par le déplacement conséquent de la masse d’air remuée. Les travaux préven ti fs recomman dés par les experts consistent dans la construction de cavaliers destinés à protéger le lit de la rivière et dans le blindage de la prise d’eau et des canalisations des usines. Au cas où son éboulement ne
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- se produirait pas de lui-même on procéderait, en outre, à l’abatage de la partie menaçante de la Roche Taillée.
- Comment se produira la descente des 500 000 (d’aucuns disent un million) mètres cubes redoutables? Sera-t-elle instantanée ou successive? La montagne décollée croulera-t-elle d’un seul bloc ou par petits paquets? C’est ce qu’il est impossible de prévoir. Ce qui paraît certain seulement c’est qu’elle dégringolera.
- Cela n’empêche pas du reste patrons et ouvriers des usines menacées de conserver une belle insouciance. Ces bravos gens ne paraissent pas autrement impressionnés par les fâcheux pronostics de MM. les ingénieurs. Ils disent que de tout temps la montagne a remué et rappellent qu’en 1896 la route de la Clusette a déjà été dégradée sur une certaine longueur et s’est affaissée de quelques mètres.
- Quoi qu’il en soit, leur sérénité d’esprit sera quelque jour troublée par la catastrophe qui ne sera d’ailleurs, paraît-il, que. la répétition affaiblie d’un événement du même genre qui barra la vallée aux temps préhistoriques du retrait des glaciers.
- Espérons qu’il n’y aura pas plus de victimes humaines à cette seconde édition, qu’à la première.
- L. Reverchon.
- L’ASCENSION DU MONT KENYA
- AFRIQUE*
- L’expédition du mont Kenya, dirigée par M. II. J. Mac-kinder, a quitté Marseille le 10 juin 1899, comprenant, outre son chef, M. C. B. llausburg (partageant les dépenses avec M. Mackinder, et chargé des photographies), deux naturalistes, MM. E. II. Saunders et C. F. Camburn, un guide et un porteur de Cormayeur, César Ollier et Joseph Brochercl. Arrivée à Zanzibar le 28 juin, elle ne put quitter Mombasa que le 26 juillet.
- Chez lès Masai, le Kilimandjaro est appelé Üonvo Ebor (montagne blanche) et le Kenya, üonvo Geri (montagne rayée). Le premier reste un volcan intact, quoique éteint, avec un cratère partiellement rempli de glace, et des glaciers qui en débordent tout autour, en donnant à la cime l’aspect d’un dôme. Le second est plus âgé ; le dôme a disparu par les dénudations et un bouchon de lave dure, solidifié dans la cheminée du volcan mourant, forme maintenant le sommet, abrupte pyramide zébrée de glaciers.
- La caravane, avec ses porteurs, atteignait le chiffre de 170 hommes. Le 15 août, dans la steppe de Laikipia, fut installé, à 7000 pieds d’altitude (2135 mètres), le camp de base des opérations, sur le flanc Ouest de la montagne. Le versant Est s’abaisse à 4000 pieds (1220 mètres) au-dessus du niveau de la mer. Les diamètres du massif sont 50 miles (80kn',5) de l’Est à l’Ouest et 40 miles (64km,4) du Nord au Sud.
- Sauf au Nord, la* forêt de genièvre et de podocarpus l’entoure complètement. Le point culminant a 17 200 pieds (5242 mètres) d’altitude.
- Après de nombreuses reconnaissances et deux tentatives infructueuses, l’escalade commença le 12 septembre par le glacier de Lewis; on passa la nuit sous la tente et le lendemain matin on franchit le glacier de Darwin, pour
- 1 Alpine Journal, mai 1900, avec 3 photogravures.
- gravir l’arête qui descend au sud-ouest du second pic, et traverser ensuite le vertigineux glacier accroché entre les deux cimes : cette traversée dura trois heures, la glace étant tellement dure qu’il fallait parfois plus de trente coups de piolet pour tailler une seule marche. Le point culminant fut atteint le 15 septembre 1899 à midi; il était dépourvu de neige et le thermomètre y marquait 40° F. (4- 4°,44 C.). Une menace d’orage empêcha de gravir l’autre sommet. On redescendit au camp à 10 h. du soir.
- L’expédition Mackinder, rentrée en Angleterre le 50 octobre 1899, a de plus fait deux fois le tour du massif par des itinéraires différents, et en rapporte une étude scientifique détaillée. Le Kilimandjaro ayant été précédemment gravi par le Dr Hans Meyer, les deux plus grandes montagnes de l’Afrique se trouvent donc maintenant conquises par les alpinistes-géographes. E.-A. M.
- --O . --
- LE BACILLE DE LA TUBERCULOSE
- DANS I.E F ROM AC,E
- En général les microbes pathogènes ne se trouvent pas doués d’une grande résistance vitale dans le fromage; toutefois, parmi ceux-ci, le plus résistant paraît être, d’après les recherches auxquelles il a donné lieu, le bacille de la tuberculose.
- Il résulte d’expériences tentées en 1887 avec du fromage et du petit-lait, pour déterminer le danger auquel ces produits exposent les hommes et les animaux, que le lait caillé ainsi que le fromage frais et salé, fabriqué avec du lait provenant de vaches tuberculeuses, peuvent infecter l’homme‘et que les résidus de la fabrication du fromage, avec lesquels on nourrit les porcs et les volailles, peuvent également infecter ces animaux.
- Cette intéressante question fut reprise en 1889, mais dans un sens différent, en se servant de cultures du bacille de la tuberculose sur sérum de mouton. Les résultats ayant sensiblement différé en partie, à cause de la différence des méthodes d’expérience, de nouveaux essais viennent d’être tentés.
- En voici l’analyse :
- Cultures employées. — Cinq cultures sur pomme de terre en tubes à essai furent enlevées par le grattage et triturées dans un mortier stérile avec 6 pour 100 de glycérine. On y ajouta la pellicule d’une culture de 125 centimètres cubes de bouillon glycériné. Le tout trituré, aussi finement que possible, fut additionné de 200 centimètres cubes d’eau stérilisée.
- Fabrication du fromage. — On fit deux fromages, de dix litres de lait chacun. Le lait chauffé à 35° fut additionné d’une partie du mélange tuberculeux et bien remué. Pour le cailler, on employa de la pré.-ure Hansen diluée dans un peu d’eau; on y ajouta ensuite, à deux reprises différentes, du mélange tuberculeux, de sorte qu’après trente-trois minutes le lait fut complètement caillé. L’un des fromages A fut alors chauffé à 55, 50° et travaillé, pendant trente minutes, à cette température comme pour le fromage d’Emmenthal. Le caillé fut mis plus tard dans un moule avec un poids de 5 kilogrammes.
- Le second fromage B fut travaillé, pendant deux heures, à une température de 56 à 38°, d’après la méthode employée pour les fromages de Cheddar. Le caillé fut également mis dans un moule avec un poids de 5 kilogrammes.
- Après quatre heures, le poids fut porté pour les deux fromages à 8 kilogrammes.
- Sortis du moule ils furent tenus, pendant une semaine,
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- à une température de 5° environ, salés chaque jour et retournés. Une dizaine de jours après, ils furent conservés a une température de 15 à 16°, et, pour les tenir à l’abri de végétations mycéliennes, on les lava tous les deux ou trois jours avec une forte solution de sel ; après quatre semaines, ils ne furent plus lavés qu’une fois tous les huit jours.
- Dose de fromage inoculée. — Au moyen d’une sonde à fromage stérile, on prélevait des échantillons dont la partie médiane était finement triturée dans un mortier stérile avec de l’eau stérilisée.
- Inoculation. — Comme animaux d’expérience on se servit de cobayes d’un poids de 500 grammes environ.
- Observations. — Les animaux étaient pesés chaque semaine. La tuberculose put souvent être constatée par le gonflement des glandes inguinales et la diminution progressive du poids du corps. Après six semaines ou plus, on injectait 0,1 centimètre cube de tuberculine; les animaux fortement infectés succombaient alors généralement après vingt-quatre heures; chez ceux dont l’infection n’était que légère, il y avait une notable élévation de température, souvent de plus de 2°; de fait, moins la tuberculose était avancée, plus la réaction était forte. La même dose de tuberculine injectée à des animaux sains, la température ne s’éleva jamais à plus de 0,5° au-dessus de la normale.
- Autopsie. — Chez les animaux ayant succombé, l’autopsie était pratiquée peu de temps après la mort ; ceux qui ne mouraient pas des suites de l’injection de tuberculine étaient chloroformés. On constata aisément la différence de vitalité des bacilles tuberculeux dans les différents fromages déjà à partir de la première injection; ainsi, dans le cas où les cobayes furent inoculés avec le fromage A de quinze jours, la réaction, après l’injection de tuberculine, fut élevée; les animaux ne succombèrent pas à l’injection et l’autopsie décela de moindres lésions que chez les animaux inoculés avec le fromage B de quarante jours; la différence était encore plus considérable en les comparant avec des animaux inoculés avec le freinage B de quinze jours, vu qu’un cobaye succomba naturellement de maladie, et l’autre à la suite de l’injection de tuberculine.
- Les bacilles tuberculeux étaient tous morts dans le fromage A quand celui-ci était âgé de 53 à 40 jours, car on constata que les animaux inoculés avec le fromage de 55 jours ne présentaient aucune lésion, malgré une réaction de 2° et plus avec la tuberculine. Les animaux inoculés plus tard (fromage de 40, 47 jours) ne montrèrent aucun tubercule et ne donnèrent pas de réaction notable avec la tuberculine.
- Les bacilles restèrent plus longtemps vivants dans le fromage B et y conservèrent leur virulence jusque dans le fromage âgé de 104 jours. A ce moment, l’un des cobayes montra une légère infection, tandis que le second ne présentait aucun tubercule.
- Cette grande différence entre les deux fromages — soixante-dix jours environ — ne peut être attribuée qu’aux différences dans le mode de fabrication, et principalement à la température.
- Le petit-lait provenant du fromage d’Emmenthal s’est également montré moins infectieux, car les cobayes auxquels on l’inocula ne succombèrent pas à l’injection de tuberculine et l’autopsie révéla de moindres lésions que chez les animaux inoculés avec le petit-lait provenant du fromage de Cheddar.
- Les cobayes inoculés avec le fromage de 7 jours, tant
- celui d’Emmenthal A que celui de Cheddar B, moururent tous, deux jours après l’inoculation.
- On peut donc conclure de ces résultats que les fromages à pâte dure, en particulier le fromage d’Emmenthal, peuvent être consommés sans aucun danger. Le fromage de Cheddar ainsi que celui d’Emmenthal sont, en effet, rarement consommés avant d’avoir 4 mois ou plus; or, à ce moment, tous les bacilles tuberculeux qu’ils auraient pu contenir sont morts.
- En résumé, pour éviter la tuberculose, le petit-lait devrait être chauffé à 85°, ce qui procurerait les avantages suivants : 1° Destruction des bacilles de la tuberculose et d’autres bactéries infectieuses ; 2°qualités plus durables du petit-lait ; 5° suppression d’une des causes principales delà contamination bactérienne des ustensiles de laiterie.
- Le Danemark, d’ailleurs, ayant reconnu le danger des résidus de fabrication dans l’industrie laitière, a promulgué une loi rendant obligatoire le chauffage à 85° au moins de tous les produits secondaires (petit-lait, lait écrémé, lait de beurre).
- Quant aux fromages à pâte molle, qui sont] généralement consommés peu de jours après leur fabrication (genre suisse, servette, etc.), ils constituent un certain danger ; il serait donc bon d’employer de la crème pasteurisée pour leur fabrication, vu que les objections que l’on peut faire à l’emploi de lait pasteurisé pour les fromages à pâte dure, sont sans valeur pour les fromages de cette espèce1. A
- LES CRYPTES CRUCIFORMES
- AUPRÈS DF. MITLA (MEXIQUE)
- Il y a quelques années, nous faisions connaître dans ce journal2 les découvertes de M. Niven, naturaliste distingué attaché au musée de New-York. A 40 miles de Chipalcingo, la capitale de l’État de Guerrero, au milieu du désert, à la limite des terres chaudes, s élevait une ville considérable. Des mounds ou mogotes, des temples, des palais écroulés, des amoncellements de débris de toute sorte se voyaient aussi loin que l’œil pouvait porter et annonçaient un centre important et une population nombreuse. Aujour-d hui, c est dans un autre État également baigné par le Pacifique, celui d’Oajaca, que M. Saville poursuit ses fouilles avec sa science, sa persévérance accoutumées et avec des résultats non moins remarquables. Quels étaient ces constructeurs? Quels étaient ces Empires disparus, sans livrer le secret ni de leur origine ni de leur chute, comparables à ces grands empires de l’Orient que l’on parvient à reconstituer de nos jours à force de travail et d’érudition? D’où venaient ces populations? A quelle race peut-on les rattacher? Le mystère qui les entoure ajoute à l’intérêt de leur histoire, à l’attention avec laquelle on suit chaque fait nouveau qui peut jeter une lueur sur cette vieille humanité. C’est ce qui nous a engagé à choisir, parmi les découvertes de M. Saville encore inconnues en Europe, une plus curieuse peut-être que les autres pour la présenter aux lecteurs de ce journal.
- 1 Extrait d’un rapport publié dans Y Annuaire agricole de la Suisse (9e fascicule), par M. F.-C. Harrison.
- 2 Voy. n° 1255, du 19 juin 1897, p. 39.
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- LA N A Tin K
- Notre brillante civilisation pénètre de tous les côtés ce passé de siècles innombrables. Un chemin de ter conduit rapidement l’explorateur à travers les paysages les plus grandioses, les canons les plus abruptes jusqu'à Oajaca; une route carrossable, à peu près entretenue de 50 miles environ de longueur, l’amène à Mitla, où la hacienda de San Quiro lui odre l'abri le plus confortable; là il peut admirer, à son aise, le palais des colonnes encore debout dans sa solitaire grandeur1.
- Plus loin, s'élève la colline de Guiaroo3 où se rencontrent les premières cryptes cruciformes. Ifoplaix les signalait dès 1800; il put pénétrer, après de longs efforts, dans l'une d’elles, en écartant les
- broussailles, et les pierres qui obstruaient l'entrée. Elle formait quatre chambres mesurant 29 pieds 9 pouces de l’Est à l’Ouest, 24 pieds environ du Nord au Sud. Les murs étaient construits en pierres assez petites soutenues aux encoignures par des pierres plus massives; toutes étaient revêtues d’une couche de ciment peint en rouge dans sa partie inférieure, resté de sa couleur naturelle dans la partie supérieure1. Aucune relique, aucun vestige de l’homme ne révélaient sa présence. Les débris récents d’un cervidé, ceux d’un chevreau attestaient l'antre d’un léopard, le seul habitant de la région.
- C’est sur cette même colline de Guiaroo, au milieu des ruines sans nombre qui l’encombrent, à
- cent pieds environ de la base que M. Saville a mis au jour la plus remarquable de ces constructions. Elle est aujourd’hui entièrement déblayée et l’on peut mieux s’en rendre compte (fig. 1). Les murs sont construits en immenses blocs de pierre disposés en un ordre régulier. Ces blocs avaient été apportés du sommet de la montagne à force de bras et mis en place à l’aide de trous encore faciles à reconnaître. Les carrières d’où ils ont été extraits existent tou-
- 1 II. Holmes. Archæological Studio h among the ancient Cdties of Mexico. — Journ. of the Anth. Inst, of tireat lîritain, 1899. — .l’apprends avec plaisir que le gouvernement mexicain vient de faire entourer le temple d’une palissade et d'interdire toute visite sans la présence d’un inspecteur. C’est le seul moyen de mettre lin au vandalisme des explorateurs.
- 8 Guiaroo est un vieux mot zapotèque qui signifie haute montagne.
- jours Là gisent d’autres blocs semblables, les uns à peu près équarris, les autres bruts encore, à peine arrachés des lianes du rocher, tous destinés sans doute à des temples, à des palais dont la guerre ou l’invasion ont arrêté la construction. A l’intérieur de la crypte, ces pierres sont couvertes d’arabesques, de mosaïques sculptées avec art et atteignant une profondeur moyenne de trois quarts de pouce (fig. 3). 11 est facile de reconnaître les grecques auxquelles nos yeux sont habitués, d’y voir même, avec un peu de bonne volonté, le mystérieux svvas-stika. Sans doute il est étrange de retrouver sur les rives du Pacifique, dans des régions inconnues, les souvenirs de l’art grec ou de l’antique civilisation
- 1 On dit ccs cryptes les tombeaux des grands prêtres. Aucun fait ne vient appuyer cette hypothèse.
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- Aryenne. Nous le constatons, sans chercher à l’expliquer. Les rapports, s’ils ont existé, entre des races si
- différentes, entre des peuples si éloignés les uns des autres, sont encore couverts d’un profond mystère.
- Les murs étaient vraisemblablement peints; un fragment retrouvé, portant une légère couche de ciment peint en rouge, tendrait à le faire croire. Le sol, à la différence de ce qui existe dans les autre cryptes, n’était pas recouvert d’une couche de ciment. On suppose que le monument n’a jamais été achevé.
- Toute l’ornementation est remarquable par sa profusion et par sa richesse.
- Le même mode se retrouve dans le palais du gouverneur à Uxmal et dans une des salles du palais des colonnes à Mitla1. C’est un rapprochement des temps et des hommes qu'il n’est pas permis de négliger.
- On accédait à une de ces cryptes par un trou carré à la base même du monument. Au-dessus s’élevaient des galeries formant un vaste quadrilatère (fig. 2). Elles présentent le même genre de construction et de décoration que les autres monuments de Mitla; elles doivent se
- 1 On n’en connaît pas d’autres exemples dans PAméri<]ue centrale.
- rapporter à la même époque. La croix, sous les formes les plus diverses, se rencontre sur bien des points de l’Amérique centrale. Grijalva, en débarquant en 1518, sur la côte du Yucatan, fut singulièrement frappé de voir le signe vénéré des chrétiens dominer les temples des indigènes, et la tablette de la croix à Palenqué est célèbre. Mais la croix dans le Nouveau Monde n’a aucun rapport avec le Christianisme. Elle était le symbole de Tlaloc, le dieu de la pluie, et c’est à Quetza-coatl, le héros divinisé, que l’on fait remonter son origine L 11 lança un jour, rapporte la chronique, une flèche sur un arbre appelé pochotl2; la llèche le traversa de part en part et figura ainsi la première croix souvent répétée depuis dans le pays.
- Les fouilles tentées dans ces cryptes cruciformes n’ont donné, nous l’avons dit, ni ossements humains, ni reliques de l’homme,
- 1 Sahagun, liv. III, c. XIV.
- 8 Bombax ceiba.
- EJÆoxœii.(£t_.
- ig. 5. — Mosaïque formant le revêtement de tous les murs de la crvnte souterraine.
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- LA NATURE.
- Tout souvenir des antiques habitants du paj;s a disparu. Les différentes tribus Indiennes ont tout pillé, tout détruit et on ne peut citer que la découverte récente, auprès de Zoaga, d’une cachette renfermant 120 petits instruments de cuivre en l’orme de tau, où l’on a voulu voir l’ancienne monnaie de la contrée.
- . Mis de Nadaillac.
- ---^<><5-
- LE SORT D’ANDRÉE
- Depuis "assez longtemps, il semble que l’on ne puisse plus guère compter sur le retour d’Andrée, l'explorateur du pôle. Chaque jour voit diminuer une espérance.
- Des bouées, jetées par lui et recueillies de différents côtés, ont fourni quelques indications relativement à la marche du ballon. Les dernières qui ont été recueillies ne sont pas destinées à nous rassurer sur la situation de l’explorateur.
- Portrait d’Andrée.
- Après avoir obéi à de faibles courants, le ballon s’est trouvé dans un calme complet, et, chose plus grave, certainement pour alléger l’aérostat, il aurait fallu se débarrasser d’une des bouées principales dont on s’était muni, de celle-là même qui devait être plantée sur l’emplacement exact du pôle, lorsqu’il aurait été atteint. Évidemment le but n’était plus éloigné, mais c’est justement ce qui devait constituer le danger.
- Ainsi que j’ai eu à le faire ressortir ailleurs, l’air doit être, au pôle, dans un état à peu près complet de repos, ce qui tient à l’extrême lenteur du mouvement rotatif sur ce point, et aussi à la rareté et à la très minime importance des afflux équatoriaux qui y parviennent. D’un autre côté, comme j’ai eu aussi à l’avancer, l’enveloppe atmosphérique ne saurait être que très amincie là où le globe lui-même a subi son aplatissement, ce qui est un autre effet de la rotation, qui repousse d’autant plus les masses d’air vers l’équateur que lê mouvement y acquiert plus de rapidité. Arrivé dans ce milieu, il est à craindre que non seulement le ballon n’ait plus eu, faute de courants, la possibilité de s’en dégager, mais, de plus, faute
- d’air ou n’ayant pins à se mouvoir qu’au sein d’un air raréfié, il a dù lui devenir difficile sinon impossible de se soutenir. Dans cette hypothèse, sans doute, les malheureux aéronautes sont restés emprisonnés dans cette zone polaire et y ont trouvé une fin d’autant plus prompte qu’ils ont été exposés à un froid plus intense.
- Peut-être d’autres bouées nous apporteront-elles quelques éclaircissements nouveaux; mais, tombées sur les glaces d’un sol ferme, elles pourront y rester éternellement, comme le ballon et les malheureux qui le montaient. Quant à la bouée polaire, on saurait difficilement admettre qu’elle ait pu recevoir sa véritable destination et qu’elle ait été emportée par quelque courant marin. Si elle avait réellement été jetée au pôle, elle en eût sûrement contenu l’indication. Or, rien de semblable n’y a été retrouvé. Elle n’a donc été utilisée que comme lest.
- Les probabilités nous paraissent être de mauvais augure pour Andrée et ses compagnons. J. Déroche.
- Avant son départ, Andrée avait fait son testament avec défense expresse de l’ouvrir avant le fer janvier 1901. Conformément à la volonté de l’explorateur, le testament a été ouvert le fi janvier à Stockholm dans l’étude du notaire Hartius et sur la demande de Ta sœur'd'Andrée. Voici le commencement de ce document :
- Le testament que j’écris aujourd’hui est probablement mon dernier écrit, par conséquent valable, .l’écris le soir qui précède le jour de mon départ pour un voyage qui sera entouré de dangers que la science actuelle ne permet pas de mesurer. J’ai le pressentiment que ce terrible voyage signifie pour moi l’entrée dans la mort.
- Suivent les dispositions testamentaires par lesquelles il partage sa fortune liquide, se composant de quelques milliers de couronnes, entre son frère et» sa sœur. 11 lègue en outre sa riche bibliothèque, renfermant des ouvrages scientifiques de la plus haute valeur, à son frère, à la condition que ce dernier en fasse plus tard une bibliothèque populaire. « J’ai le pressentiment, avait dit Andrée, que'ce terrible voyage signifie pour moi l’entrée dans la mort.... » Hélas! on peut craindre désormais que Andrée eût eu la vision réelle de l’avenir.
- LE BOUQUETIN DES ALPES
- Un imprime couramment, avec raison aussi, que le bouquetin (capra ibex) a disparu des Alpes françaises. Le chamois y existe encore en petites troupes, il disparaîtra bientôt, nos carabines ayant trop de précision et trop de portée. Pour son voisin, le bouquetin, c’est chose faite; notre faune a été ainsi privée d’un échantillon élégant et inoffensif de ces animaux haut encornés qui peuplaient jadis les forêts de nos montagnes.
- Vous ne pouvez guère juger de sa physionomie que dans les musées. C’est une bête de noble et fière allure, ses jambes sont nerveuses et sèches, son corps ramassé et bien charpenté. Sa tête, beaucoup moins fine que celle du chamois, a quelque chose d’obstiné. Elle est ornée de cornes à nœuds massives dirigées en haut et en arrière. Le pelage est de couleur fauve avec parfois une raie noire au milieu du dos. C’est un animal très brave : le chamois, si craintif, en général, n’hésite pas à courir sus au chasseur, lorsque celui-ci occupe le seul couloir par où il puisse passer. Il y a quelques années, dans le massif de la Grande-Chartreuse, un officier fut entraîné dans un précipice par une bête blessée qu’il voulait arrêter. Le bouquetin, lui aussi, courait sus à l’ennemi lorsqu’il se
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- LA NATURE.
- trouvait en peine. Son courage lui a coûté cher. U est très peu fécond et ainsi il a disparu des Alpes. Il les habitait depuis longtemps ; ses débris osseux ont été retrouvés dans les palafittes du lac de Zurich, dans les grottes de Scé et de Thaïngen. Il se plaisait alors dans les régions de plaine.
- En ce siècle, on lui a fait la vie très dure, il a dû reculer peu à peu vers les régions sauvages, pierreuses, où il avait peine à trouver sa nourriture journalière.
- Le dernier bouquetin a été tué dans le Valais en 1809. A cette époque il vivait encore en Savoie; le préfet Verneilh dans sa Statistique du Mont-Blanc, dressée et publiée en 1807 sur les ordres de l’Empereur, œuvre d’un caractère scientifique, mentionne le bouquetin comme vivant dans toutes les montagnes de son département. On en trouvait beaucoup dans le Faucigny ou bassin de l’Arve. De là, toujours persécutés, les bouquetins se réfugièrent vers les hautes vallées à peu près inaccessibles de la chaîne frontière. En 1800, le roi d’Italie se réserva autour du Grand-Paradis et des glaciers de la Haute-Isère d’admirables cantons de chasse. Là se sont réfugiés les derniers bouquetins. Sans ces cantons privilégiés, ils auraient disparu là comme ailleurs. Ces cantons de chasse royale sont comme des réserves naturelles où le gibier se reproduit dans des conditions normales, où il ri’est tué qu’avec discrétion. Des gardes fort nombreux font des rondes incessantes. Il n’y a pas longtemps, de hardis braconniers du Yal d’Isère pénétrèrent dans ces terres giboyeuses, ils furent surpris, s’enfuirent sans écouter les sommations faites; l’un fut tué, un autre blessé, le troisième fut emprisonné de longs mois.
- Si les gardes peuvent surprendre les braconniers, il leur est plus ^difficile d’arrêter leurs pensionnaires qui sont volontiers vagabonds et imprudents. Aussi, de temps à autre, filtrent sur la frontière italienne quelques-uns de ces animaux rares comme les bouquetins.
- En 1877, un alpiniste célèbre, M. Henri Ferrand, se trouvait dans le voisinage de la Levanna. Il, arrivait à un col difficile, qui de la Yanoise et de l’Iseran mène dans le Piémont. Il vit tout à coup « deux cornes se détacher en noir sur l’azur du ciel, puis un visage barbu, puis une haute stature, on aurait dit le démon de la montagne venant défendre ce passage contre nos efforts..., c’est un bouquetin ». On n’avait pas signalé semblable apparition depuis cette époque. On vient (décembre 1900) de rencontrer en France un autre bouquetin; il a été tué non loin du glacier de la Galise, un des plus beaux que vous puissiez voir en Tarentaise, au pied duquel bondissent les premières eaux de l’Isère.
- C’était un bouquetin d’une belle corpulence, se rapprochant du poids moyen de son espèce, 80 kilogrammes. La chair de ce capridé est fortement parfumée. Il nous semble cependant qu’elle est moins savoureuse que celle du chamois et à grain moins fin. En raison de la rareté, c’est un morceau très apprécié et fort recherché. 11 se passe toujours des années nombreuses sans que dans les « étals » de Savoie on voie apparaître un cuissot de bouquetin. Peut-être celui que nous venons de voir dépecer sera-t-il le dernier bouquetin français. D’où il suit qu’on peut toujours imprimer que cet animal a disparu du territoire français en tant que famille stable. Malgré cela, de temps à autre, on voit sa rude silhouette fauve se détacher sur la blancheur des neiges de la Haute-Isère ou de l’Arve. Mais l’instant est court: les chasseurs ont vite fait de tuer la bête, isolée, perdue dans une région hostile. J. Corcelle,
- —— Agrégé de l'Université.
- ILLUSIONS D’OPTIQUE1
- La figure 1 montre une série de lignes droites, non verticales, mais un peu obliques et convergeant vers le milieu du bas de la page. Vues de face ces lignes ne présentent rien de particulier; mais regardons-les en inclinant de manière que le regard rase en quelque sorte le papier : aussitôt nous verrons les lignes ressembler à des aiguilles que l’on aurait piquées perpendiculairement, comme le sont les épingles dans une collection d’insectes.
- La figure 2 montre des lignes typographiques'coupées exactement en deux. Dans celle du haut, on a supprimé la
- Fig. i.
- moitié inférieure ; dans celles du bas on a enlevé la moitié supérieure. Une chose frappe tout de suite : c’est que, malgré son amputation, les lignes supérieures se lisent couramment ou presque, comme si elles étaient entières. Au contraire celles qui ont été amputées par la tête sont
- ï ’eûil oat un inatrnment d’ontinuo d’nno crrand*» d&lipatoeco at lots nhô. nominoc do 1» viainn ennt do nonv fini nouvont ôt»»o cnncidûrûc n n m m o
- ica piua uuiupuquoo. aj kju aci v an un vio ooo iiiuaiuna, ouimuc ou peut io vun , uc ucccaoiic uuua mon uco vuo uuoun appai on.
- Fig. 2.
- presque illisibles. La conclusion qui se dégage de cette expérience est que nous connaissons surtout les lettres par leur partie supérieure ; autrement dit, nous lisons surtout en regardant les lignes par leurs régions élevées, en laissant de côté leurs parties basses.
- La même gravure montre aussi que les lettres des lignes du haut paraissent bien plus larges que celles des lignes du bas. C’est peut-être une illusion d’optique, mais il me semble que la psychologie peut l’expliquer : notre esprit ne complète-t-il pas inconsciemment les lignes tronquées par le bas et n’est-ce pas là les raisons pour lesquelles elles paraissent plus épaisses? Je donne l’hypothèse pour ce qu’elle vaut. Henri Coupin.
- 1 Voy. n° 1441, du 5 janvier 1901, p. 90.
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- LA NAITRE.
- L’ÀUTO-INCÀNDESCENT
- Nous avons vu, dans un article précédent1, les inconvénients occasionnés par l’emploi de brûleurs dans les moteurs à pétrole : l’auto-incar.descent semble les avoir éliminés.
- Le fonctionnement de cet appareil est basé sur la propriété qu’offre la mousse de platine d’absorber les gaz en devenant incandescente, phénomène désigné sous le nom d’occlusion. Le tube de platine f) fixé
- Fig. i. — Vue d'ensemble de l’allumage aufo-menndescent.
- au moteur pénètre dans un second tube en platine faisant partie de l’allumeur ; dans l’espace annulaire on a placé de la mousse de platine. Un petit réservoir spécial contient de l’essence sous pression ; au moyen d'un robinet à pointeau, on l’envoie à l’allumeur A, elle se vaporise dans un serpentin et est
- Fig. 2. — Coupe intérieure de l’appareil. | Ejio*n:u.&î,
- amenée à l'injecteur O ; un appel d’air se produit, vient se mélanger à la vapeur d’essence, et cet air carburé est projeté sur la mousse de platine. L’incandescence qui en résulte est communiquée au tube de platine, et les explosions se produisent dans le moteur à pétrole. En modifiant la quantité d’essence envoyée à l’allumeur, au moyen du pointeau, on fait varier l’incandescence du tube de platine, ce qui produit les effets de l’avance et du retard à l’allumage. Cet appareil semble offrir des avantages sur les brûleurs ; laissons à la pratique le soin de décider de l’avenir d’une telle disposition. Louis Hommen.
- 1 Vov. n° 1448, du 23 février 1001, p. 195.
- REFROIDISSEMENT DES MOTEURS
- A PÉTROLE
- Les explosions successives qui se produisent à l’intérieur des moteurs à pétrole en fonctionnement ont pour conséquence d’amener un échauffement des parois du moteur et notamment de sa culasse, ce qui influe sur le rendement. ^
- Les deux moyens employés jusqu’à présent, pour opérer le refroidissement, consistent : 1° A garnir d’ailettes l’extérieur du moteur, augmentant ainsi la surface de refroidissement en contact avec l'air ambiant; 2° à entourer le cylindre et la culasse d’une chambre dans laquelle on fera circuler de l’eau.
- Le premier moyen n’est applicable qu'aux moteurs de faible puissance, deux chevaux et demi au maximum; le second pour les moteurs puissants.
- Quelquefois, pour des moteurs ayant une puissance intermédiaire, 2 chevaux et demi à 5 chevaux,
- Appareil de refroidissement.
- on combine ces deux systèmes de refroidissement en garnissant le cylindre d’ailettes et la culasse d’une chambre à eau.
- Un autre procédé, imaginé par M. Lombard, consiste à injecter à l’intérieur meme du cylindre une petite quantité d’eau; la chaleur nécessaire à la vaporisation de cette eau provoque un refroidissement partiel du moteur. L’appareil est ainsi constitué : une petite goutte d’eau provenant d’un réservoir, légèrement en charge, est introduite par le conduit R à chaque aspiration dans la culasse A du moteur, en passant par un robinet à trois voies E ; une bille R placée sur le parcours règle la quantité d’eau introduite ; la levée de cette bille est, en effet, limitée par une vis P J V que l’on règle une fois pour toutes selon le moteur. Au moyen du robinet à trois voies, on peut supprimer l'arrivée de l’eau au moteur et la faire retourner par H au réservoir.
- Cet appareil que nous avons vu fonctionner au salon, sur un moteur à ailettes, semble vouloir donner de bons résultats. Louis Hommen.
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- LA NATURE.
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- FLEXION DES PLAQUES RECTANGULAIRES MINCES
- Il est rare que les mathématiciens vérifient expérimentalement les formules auxquelles les ont conduits leurs calculs. Et pourtant il arrive fréquemment, surtout lorsqu’il s’agit de problèmes de mécanique, qu’il soit nécessaire de faire quelque supposition, pour pouvoir pousser le calcul jusqu’au bout. Dans ce cas, à vrai dire, la vérification s’impose; mais, il est toujours intéressant de contrôler l’exactitude d’une formule. C’est donc avec un véritable plaisir que nous signalons à nos lecteurs un travail très original fait dernièrement dans ce sens par M. Esta-nave, attaché au secrétariat de la Faculté des sciences de Paris. M. Esta-nave s’est proposé d’étudier par le calcul la flexion des plaques minces de verre dont deux bords au moins sont appuyés sur un cadre fixe, problème déjà abordé par Poisson, Navier et M. Maurice Lévy. Par de longs et savants calculs dont l’exposé sortirait du cadre de La Nature, M. Estanave a largement développé la question ; mais où la chose devient plus intéressante pour nous, c’est lorsque l’auteur entreprend la vérification expérimentale des formules auxquelles il a été conduit, dans le cas d’une plaque appuyée par ses quatre bords. Voici du reste le dispositif expérimental employé : une cuve carrée V est fermée par une membrane de caoutchouc bien mince ce', sur cette membrane on place la plaque élastique à étudier, et, au-dessus de la plaque, vient se fixer solidement à la cuve un cadre rigide. Ce cadre a intérieurement 10 centimètres de côté, et il a été doublé en cuivre rouge pour éviter toute déformation. La pression se fait à l’intérieur de la cuve en comprimant de l’air à l’aide du manomètre ABC, manomètre à eau, à cause des faibles pressions à exercer.
- Sous l’influence de la pression, la plaque vient appuyer sur l’arète vive du cadre et se bomba. Il s’agit alors de mesurer le déplacement du centre de la plaque : pour cela, ce centre a été rendu solidaire d’une tige ab dont l’une des extrémités vient buter sur un levier aom qui porte en m un miroir. Devant le miroir, on a disposé une source lumineuse L et un
- Fig. 1. — Dispositif expérimental de M. Estanave.
- c c\ enveloppe en caoutchouc ; 11’, tube amenant dans l’enveloppe l’air comprimé du manomètre.
- réticule horizontal M. L’image de ce fil, après réflexion sur le miroir m, se fait en r sur une règle graduée R. C’est le déplacement sur cette règle de la tache lumineuse r que l’on a à suivre quand on fait varier la pression à l’intérieur de la cuve. M. Estanave a pu, par ce dispositif, mesurer des déplacements de 1 à 2 centièmes de millimètre pour le centre de la plaque. M. Estanave a fait ainsi la vérification expérimentale complète de la formule mathématique dont il se proposait de contrôler l’exactitude. Il y a pourtant un très léger désaccord entre les nombres calculés et les nombres trouvés ; mais cela tient, comme le fait fort justement remarquer M. Estanave lui-même, aux conditions dans lesquelles a été établie la formule : on a supposé, pour résoudre le problème mathématique, qu’on avait affaire à une plaque d’épaisseur uniforme ; c’est là une condition difficile à réaliser dans la pratique. De plus, la plaque doit
- être rigoureusement isotrope, deuxième condition
- bien difficilement réalisable. Enfin, il y a une certaine difficulté à obtenir une application intime des bords de la plaque sur le cadre; mais cette dernière difficulté a été fort élégamment tournée par M. Estanave qui n’a fait que des mesures de variations de déplacement, à partir du moment où la plaque était soumise à une pression initiale certaine.
- Remarquons que cette expérience peut avoir un très grand intérêt pratique ; la formule deM. Estanave relie en effet le déplacement du centre de la plaque au coefficient d’élasticité de la substance qui la compose. Si donc on renverse la question, on voit que d’après la mesure même du déplacement, possible directement, on peut arriver à déterminer le coefficient d’élasticité. C’est là une méthode qui peut avoir de l’intérêt dans bien des cas ; et cette possibilité d’une mesure physique est venue très justement récompenser M. Estanave de l’esprit d’initiative qu’il a montré en cherchant à vérifier par l’expérience les résultats de ses calculs. J. Derôme.
- „ Licencié ès sciences.
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- LA NATURE
- CHRONIQUE
- Lampes & ineantlesccncc «vleefrl«|(ie Aiu*r. —
- Depuis de longues années déjà, la lampe à incandescence a élé l’objet principal des études des électriciens. La lampe à filament de charbon, malgré certains artifices tels que le poussage, ne permettait pas de lutter victorieusement contre l’incandescence par le gaz, au point de vue du prix de revient de l’éclairage uniquement; car il est bien certain qu’avec un prix de vente aussi bas que celui des lampes à incandescence (0fr,55 à 0fr,60) et avec tous les avantages que procure la lumière électrique à tous les points de vue, on n’hésitait pas à faire une dépense relativement un peu plus élevée. Les électriciens sont entrés depuis quelque temps dans une voie nouvelle ; ils ont cherché un nouveau filament destiné à remplacer le charbon, et les résultats déjà obtenus promettent de grands succès. Il y a quelques mois, c’était la lampe du Dr Nernst qui a fait merveille à l’Exposition ; la dépense spécifique n’était que de 1,5 watt par bougie. Elle présentait l’inconvénient de ne pas s’allumer instantanément ; mais des recherches sont encore poursuivies sur cette lampe et nous la retrouverons bientôt dans l’industrie. Le 23 janvier 1901, M. l’ingénieur Scholz faisait, à l’Assemblée générale extraordinaire de la Société allemande de l’éclairage au gaz par incandescence, une conférence que notre confrère Elektrotechnische Zeitschrift rapporte dans son numéro du 14 février 1901. Cette conférence est relative au nouveau filament à osmium pour lampe électrique que vient de trouver le D' Auer von Welsbach, l’inventeur du fameux bec qui a notablement amélioré l’éclairage par le gaz. Ses recherches ont eu pour but de trouver un corps capable de résister aux températures élevées et plus propre à la production de la lumière. L’osmium est de tous les métaux celui qui convient particulièrement, car il a un point de fusion très élevé. L’osmium ne se présentait, jusqu’à ces temps derniers, que sous la forme d’une poudre cristalline, spongieuse, ou sous la forme d’un résidu cassant et dur que l’on trouvait dans l’arc après la fusion. Le I)r Auer est arrivé à en faire un filament conducteur qui a remplacé le filament de charbon dans sa lampe à incandescence. Avec un corps aussi résistant, la lampe à incandescence, à consommation d’énergie électrique égale, donne une intensité lumineuse beaucoup plus élevée qu'avec le filament de charbon. La lampe à osmium consomme 1,5 watt par bougie et a une longue durée qui atteint 700, 1000 et même 1200 heures. Après 1500 heures de fonctionnement, une lampe n’avait perdu que 12 pour 100 de son intensité lumineuse primitive; la consommation spécifique s’était élevée à la fin à 1,7 watt par bougie au lieu de 1,45 watt par bougie au début. Les tensions des lampes sont de 20 à 50 volts. Pour arriver aux différences de potentiel de 110 ou 220 volts, on est donc obligé de les coupler en tension. D’après les renseignements fournis par M. Scholz à l’Assemblée générale dont il a été question, l’économie de puissance électrique atteindrait 00 pour 100 sur la lampe à filament de charbon pour une même intensité lumineuse. A la fin de sa conférence il a, en effet, fait fonctionner simultanément quatre lampes à osmium de 25 volts en tension et quatre lampes à filament de charbon de 100 volts. Dans le premier cas, l’intensité était de 0,96 ampère et elle était de 2,4 ampères dans le second cas; l’intensité lumineuse était la même dans les deux cas. Les lampes à osmium se construisent, paraît-il, actuellement pour des intensités de 2 à 200 bougies.
- Nouveau dispositif de lampes à incandescence Solignac. — Nous signalerons aussi les nouvelles dispositions données aux lampes à incandescence par M. Soli-gnac, dispositions intéressantespar les conséquences qu’elles entraînent. M. Solignac, directeur de la Société des lampes homogènes, a remarqué que l’intensité lumineuse d’une lampe mesurée au photomètre dépendait de son orientation. Une lampe à incandescence donnant latéralement une intensité de 16 bougies n’en donnait que 12 dans le prolongement de son axe. M. Solignac a alors disposé une lampe à ampoule horizontalement, et l’a placée dans un petit abat-jour conique, fermé par le haut. Un culot en bois avec contacts, s’adaptant aux douilles ordinaires, couronne l’abat-jour et sert de point de départ aux fils qui suivent l’abat-jour suivant une génératrice pour aller se souder aux fils de platine de la lampe. Les abat-jour sont en carton doré, en fer-blanc estampé, ou en zinc nickelé et doré, et n’augmentent pas sensiblement le prix de la lampe. Ajoutons également que le filament est soutenu et ne peut s’affaisser. Ces nouvelles dispositions permettent d’obtenir dans une direction donnée une intensité lumineuse maxima de 55 bougies avec une dépense de 35 watts, soit 0,7 watt par bougie, et des lampes de 20 bougies avec une dépense de 15 watts, soit 0,75 watt par bougie. Ce sont là des résultats intéressants et qui abaisseront, dans de notables proportions, le prix de revient de l’éclairage électrique par incandescence.
- Nouvelles mesures «le l’acuité visuelle. — On sait que deux pointes de compas, suffisamment rapprochées pour toucher la même papille nerveuse, donnent lieu à une sensation tactile unique. De même, deux points lumineux assez voisins pour que les images tombent sur le même élément rétinien donnent lieu à une sensation lumineuse unique. La distance angulaire mi-nima de ces deux points, correspondant à deux sensations lumineuses distinctes, mesure ce qu’on appelle l’acuité visuelle. Par des procédés qu’il est inutile de rappeler ici, Helmholtz et quelques autres expérimentateurs étaient arrivés, pour cette distance minima, au chiffre de 50" à 1'. Dans la Psgcotogical Review, M. Stratton décrit une méthode différente d’où il résulte aujourd’hui qu’une distance angulaire d’environ 7" d'arc peut être directement perçue. Au lieu de se servir de points placés côte à côte, les expériences étaient faites avec des lignes placées bout à bout; la verticale supérieure pouvait être déplacée de droite à gauche, en restant parallèle à la verticale inférieure. L’observateur a simplement à apprécier si la ligne supérieure se continue avec la ligne inférieure ou de quel côté elle est déplacée. Ces résultats, qui ont donné 7" pour la distance minima dans ces conditions, sont intéressants comme expliquant les expériences de Bourdon suivant lesquelles une différence de position montant à 5" seulement donne un effet stéréoscopique perceptible.
- Les tramways électriques «le Londres. — A propos de la discussion qui s’est élevée entre l’Observatoire de Kew et la London United Tramway Company, nous avions déjà dit que le système du double trolley avait réussi aux États-Unis. 11 s’agit des tramways de Cincinnati qui avaient été obligés d’adopter ce système sur les instances de la Compagnie des Téléphones de cette ville. Cet équipement s’étend sur une longueur de 200 milles et, après dix ans, les directeurs trouvent que les frais d’entretien sont considérablement réduits.
- Les rails de chemin «le fer japonais. — Du moins c’est le type qui est maintenant en usage sur les voies ferrées de l’État. 11 a seulement un peu plus de
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- LA NATURE.
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- 9 mètres de long (ce qui est court, étant données les grandes dimensions qu’on adopte couramment à l’heure présente), il pèse 30 kilogrammes au mètre, mais il se fait remarquer surtout par son large patin ; sa section a une surface de plus de 58 centimètres carrés.
- I/influence (lu phosphore sur le fer et l'acier.
- — AI. Stead vient de se livrer à une série d’intéressantes expériences pour mettre en lumière l’influence que la présence du phosphore peut exercer sur le fer et l’acier, (l’est ainsi qu’il a pu reconnaître, d’une part, que la présence de cette substance donnait à l’acier une bien plus grande résistance à la compression; mais, d’autre part, sa ténacité subit une diminution notable. La trempe augmente considérablement avec la teneur en phosphore.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 25 mars: 1901. — Présidence de M. Foüqcé.
- Radio-activité secondaire. — M. Becquerel résume de nouvelles recherches qu’il a effectuées sur la radio-activité secondaire. Ce phénomène est analogue à la phosphorescence. Si l’on fait tomber obliquement les rayons du radium sur une lame de métal de quelque épaisseur placée au-dessus d’une plaque photographique, on constate que la partie de la plaque située au-dessous du métal a été impressionnée. Les radiations secondaires produites ont donc traversé la lame du métal pour exciter l’autre face. On note également une sorte d’ombre portée par la lame, dans le sens opposé à l’arrivée des radiations. M. Becquerel annonce que M. et AIrao Curie et AL Debierne ont recueilli, au-dessus du radium, un gaz qui noircit le mercure et possède une radio-activité secondaire intense. Alais ce gaz perd son pouvoir au bout de quelque temps.
- Les vignes foudroyées. — M. Prillieux présente une Note de MAI. ltavaz et Bonnet, relative aux pieds de vignes foudroyés. 11 montre, par des expériences directes, que les lésions qui constituent la gélivure, et que l’on croit d’origine microbienne, peuvent résulter de l’action de l’électricité. La présence des microbes que l’on observe dans la gélivure n’est que fortuite.
- Les ondes de la télégraphie sans fil. — AI. Cornu présente une Note de AI. Tissot relative à la mesure des périodes des ondes utilisées dans la télégraphie sans fil. Ces ondes sont analogues aux ondes lumineuses, mais plus lentes et perçues par un organe artificiel au lieu d’être perçues par un organe naturel. Toutefois, observe Al. Cornu, on n’est bien siir d’être en présence d’ondes que lorsque l’on a pu mesurer la durée dé la période de vibration. Al. Tissot a étudié l’étincelle qui provoque les ondes. 11 a réussi, à l’aide du procédé du miroir tournant, à montrer que cette étincelle est périodique. La durée de sa période est de un cent-millionième de seconde, c’est-à-dire 1000 000 fois la durée de la période des rayons jaunes.
- La culture de la vigne. — AI. G. Bonnier présente une Note de AI. Kovessi, inspecteur de la viticulture en Hongrie. L’auteur s’est proposé de déterminer les conditions climatériques qui conviennent aux divers cépages les plus employés dans la culture de la vigne et de rechercher les causes qui peuvent empêcher une variété de fournir des résultats satisfaisants. Al. Kovessi a réuni, pour 58 stations françaises et 42 stations hongroises, tous les éléments climatologiques influant sur les conditions biolo-
- giques des plantes dans la localité. L’auteur à tiré de cet important travail des conclusions pratiques susceptibles de prévenir bien des insuccès.
- Nouveau mode de production <les rayons X. —-AI. Lippmann présente une Note de AL A. Nodon signalant un nouveau procédé pour obtenir les rayons‘X1.. L’auteur a découvert que la lumière tombant sur une' plaque d’aluminium, obliquement ou normalement, peut déterminer l’apparition des rayons X. Il est necessaire que la plaque d’aluminium soit électrisée; une électrisation négative réalise la meilleure condition. Ce sont les rayons ultra-violets qui, en la circonstance, déterminent le phénomène. Les rayons émergent de la face opposée à celle frappée comme dans l’expérience de AI. Becquerel mentionnée plus haut.
- Le télautographe. — AI. Lippmann présente à l’Académie un appareil imaginé par AI. Ritcliie, ingénieur américain, élève de Gray, permettant de transmettre électriquement à distance un dessin ou une page d’écriture. Non seulement la plume du récepteur peut suivre un contour donné, mais elle peut aller se tremper dans un encrier, chaque fois que l’opérateur de la station d’envoi effectuera ce mouvement; enfin, le papier se renouvelle lorsque la page est remplie.
- Élection. — Al. Sabatier, de Toulouse, est élu correspondant de la section de chimie par 40 voix; Al. Davidson, de San-Francisco, est élu correspondant de la section de géographie et navigation par 28 voix.
- Varia. — AI. A. Gautier présente une Note sur l’origine des eaux sulfureuses naturelles. — AI. Edmond Per-rier présente une Note de Al. Kunckel dans laquelle l’auteur établit que les criquets de l’Amérique du Sud et ceux de l’Afrique présentent des différences qui ne permettent pas d’admettre que le criquet américain ait traversé l’Atlantique. Cu. de Villedeuil.
- NOUVELLE
- YVLYE DE BANDAGE PNEUMATIQUE
- Les valves de pneumatiques ont généralement un défaut commun : c’est que le petit piston qui assure leur obturation automatique oppose toujours une certaine résistance, par suite des frottements, quand on veut l’enfoncer en pompant pour regonfler le bandage. De plus les poussières peuvent assez facilement se loger en maint endroit du piston, où elles sont susceptibles de gêner son fonctionnement. On pourrait encore ajouter que l’orifice d’entrée, offert à l’air par le fonctionnement d’un de ces pistons, est relativement très étroit, ce qui allonge d’autant l’opération du gonflement.
- Des inventeurs américains viennent d’imaginer une valve qui, par sa construction et sa simplicité, remédie à ces défauts. Comme on peut le voir par la coupe que nous en donnons, l’ancienne soupape est remplacée par une petite bille en caoutchouc. On sait que la bille, qui rend déjà tant de services dans les roulements, est également employée maintenant assez souvent comme soupape, et elle doit d’autant mieux s’appliquer sur son siège qu’elle est en caoutchouc. Celle qui est logée dans la valve dont nous parlons, peut se déplacer avec la plus grande
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- LA N AT U UE.
- facilité, grâce au jeu qu’elle a. On comprend qu’une Ibis le raccord de la pompe disposé sur la valve, si l’on vient à pomper, on n’aura à vaincre que la résistance de la pression de l’air demeuré dans le bandage, la bille n’opposant aucune résistance mécanique. Dès qu’on cesse de pomper, la bille est entraînée par le courant d’air dans le haut de son logement, et elle
- .Nouvelle valve de bandage pneumatique.
- s'applique sur son siège, sur l’orifice de sortie, d’une manière d’autant plus hermétique que le bandage a été mieux gonflé.
- Nous n’avons pas à insister sur les avantages réels de ce dispositif, nommé valve automatique Bown, avantages d’autant plus appréciables que le fonctionnement de la bille de caoutchouc ne doit jamais entraîner de réparations, et qu’elle n’est vraisemblablement pas susceptible de s’user. 1). B.
- KALÉIDOSCOPE A CALQUER
- Il peut y avoir intérêt, dans certains cas, à reproduire par le dessin les images, souvent si remar-
- Glace transparents
- Miroir
- Fig. 1. — Disposition des miroirs et de la glace transparente.
- quables-fournies par le kaléidoscope; surtout celles de ces images qui semblent produire le meilleur effet au point du vue décoratif.
- Toute personne, même ignorant le dessin, arrivera facilement à ce résultat en utilisant le dispo-
- sitif suivant, que nous fait connaître M. Prud’homme, à Paris.
- On emploie d’abord le kaléidoscope sous sa forme la plus simple. 11 est constitué par deux miroirs étamés AC et BC réunis à 45°. On place derrière
- — L’observateur.
- l’angle formé par les miroirs une glace transparente DE (fig. 1 et b), qui sera fixée contre les côtés des miroirs.
- L’appareil ainsi établi est appliqué perpendiculairement sur un dessin consistant en lignes irrégulières quelconques. En plaçant l’œil au-dessus de cet appareil et en regardant obliquement dans la glace transparente (fig. 2) on aperçoit, par réflexion, une rosace entière dont la forme variera si l’on déplace l’appareil par glissement sur le dessin.
- On peut alors calquer la rosace sur un papier disposé à côté de la glace (fig. 3), en suivant les.
- Dessin. Calque.
- Fig. 3. — Vue en pian du dessin et du calque obtenu.
- traits de l’image avec un crayon dont on verra la pointe à travers cette glace.
- Pour obtenir de bons résultats, il faut placer le dessin sur une vitre, de manière que l’éclairage ait lieu en dessous, par transparence. L. R.
- Le Gérant : P. ÎIassox.
- Paris. — Imprimerie Lauure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1454. — Il AVRIL 1901.
- LA NATURE.
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- L’ACÉTYLÈNE DISSOUS
- On sait que l’acétylène donne en brûlant une flamme beaucoup plus éclairante que celle du gaz de houille. D'autre part, la découverte du carbure de calcium, faite par M. Moissan, a permis d’obtenir ce gaz «à très bon marché; il suffit de faire réagir l’eau sur le carbure de calcium pour obtenir un abondant dégagement d’acétylène. Malheureusement la manipulation n’est pas sans danger, et des accidents assez nom-
- à-dire qu’il est susceptible, dans certaines conditions déterminées, de se décomposer avec dégagement de
- Fig. 1. — Tube de 2 litres contenant 2011 litres d’acétvlènc dissous dans l’acétone.
- breux ont fait à ce mode d’éclairage une mauvaise réputation. Ces accidents sont presque toujours causés par une produc-
- J. — Voiture de 1 mètre cube, contenant 100 mètres cubes d’acétylène dissous dans l’acétone.
- tion exagérée du gaz qui forme avec l’air atmosphérique un mélange éminemment détonant. De plus l’acétylène est un composé « endothermique », c’est-
- il)" r.iiucc. — F'' semestre.
- Fig. 2 et 3.
- Fig. 2. Tube de 12 litres, contenant 1200 litres de gaz dissous, employé à l’éclairage d’un réverbère. — Fig. 3. Tonneau de 100 litres contenant 10 mètres cubes d’acétylène, dissous dans l'acétone.
- chaleur, d’où il suit que cette décomposition s’accompagne d’une grande augmentation de volume ou d’une grande augmentation de pression ; c’est, en somme, un corps explosif. Cette circonstance est de nature à rendre très dangereuse l’accumulation du gaz sous une pression un peu élevée.
- Il existe cependant actuellement de nombreux appareils qui permettent de régler la production de l’acétylène et de le brûler en toute sécurité. On a pu établir, dans certaines localités où il n’y a ni gaz ni électricité, des installations d’éclairage qili fonctionnent d’une manière absolument satisfaisante ; mais ce sont des installations à poste fixe, qui doivent être soumises à une surveillance régulière rendue d’ailleurs facile par le caractère de fixité des appareils.
- Un problème intéressant était de chercher à rendre le gaz acétylène portatif. On avait d’abord essayé de le comprimer à haute pression, ou même de le liquéfier, car il se liquéfie facilement dans des
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- LA NA TORE.
- récipients d’une grande solidité ; mais ces procédés ont dù être abandonnés à cause du danger d’explosion que rendaient toujours imminent les propriétés en-dothermiques de l’acétylène. En 1896, deux ingénieurs français, MM. Claude et Hess, eurent la pensée d’utiliser, pour le même objet, la dissolution de l’acétylène dans un liquide approprié, et, après quelques recherches, leur choix s’arrêta sur l’acétone. L’acétone est peu coûteux et assez peu volatil, il bout à 56°, et ne gèle pas, ce qui est un avantage appréciable. La quantité d’acétylène qu’il peut dissoudre, à peu près proportionnelle à la pression, est de 24 volumes par atmosphère à la température de 15°. Ainsi un litre d’acétone, sous la pression médiocre de 10 atmosphères, dissout 240 litres d’acétylène, tandis que son volume augmente d'environ 40 centilitres. Cette dissolution présente la propriété; remarquable de « n’être plus explosible » ainsi que l’ont montré MM. Berthelot et Vieille (Comptes rendus de l’Académie des sciences, 10 mai 1897). Sfdans un vase contenant de l’acétylène dissous, sous la pression de 10 atmosphères, on fait passer un fil métallique rougi, ou si l’on l'ait détoner une amorce de fulminate, on déterminera seulement l’explosion de la petite portion du gaz qui surmonte la dissolution sans que celle-ci subisse la moindre influence, tandis que si le récipient eût été rempli de gaz liquéfié, on eut obtenu une formidable explosion, capable de développer des pressions de 5000 à 6000 atmosphères.
- 11 résulte des expériences de ces deux chimistes que la stabilité de la dissolution se maintient jusqu’aux environs de la pression de 20 atmosphères. Aussi l’emploi de cette dissolution présente-t-elle déjà un remarquable caractère de sécurité, puisqu’on n’aura jamais à redouter que l’explosion de la très petite quantité de gaz qui surmonte le liquide dans les récipients.
- Cependant si faible que soit le danger de cette petite explosion, il est encore incompatible avec les exigences de la pratique qui demande une « sécurité absolue ».De plus dans certaines applications, telles, par exemple que l’éclairage des voitures publiques, la présence d’une masse d’un liquide éminemment combustible pouvant, en cas d’accident, se répandre enflammé en dehors de son récipient, est tout à fait inadmissible. Enfin la dissolution de l’acétylène dans l’acétone ne se fait que très lentement, et inversement le dégagement du gaz est très irrégulier à cause de phénomènes de sursaturation très accentués. Il fallait donc*de nouvelles études qui furent entreprises par la Compagnie française de l’acétylène dissous. Cette Société, fondée en 1897, est aujourd’hui parvenue à créer les appareils nécessaires et à rendre véritablement pratique et industrielle l’idée ingénieuse des premiers inventeurs.
- C’est par l’emploi des « matières poreuses » qu’on a obtenu ce résultat. Après plusieurs essais, on est arrivé à fabriquer une matière céramique, une brique poreuse spéciale, d’un poids spécifique de 0,5
- qui présente un vide de 80 pour 100 et possède des pores extrêmement fins. Le récipient est exactement rempli de cette substance, et l’on y fait ensuite arriver le liquide, puis le gaz sous pression. Le liquide, retenu par la capillarité, ne peut plus s’échapper quand même on viendrait à briser le vase qui le contient.
- La durée de la dissolution est considérablement abrégée, et le débit, au moment de la décompression, est complètement régularisé parce que tous les phénomènes de sursaturation sont supprimés. Enfin, et c’est là le point important, il n’existe dans l’appareil d’autre vide que les pores de la brique, et tout danger d’une explosion, si minime qu’elle soit, est absolument écarté. On sait, en effet, que l’onde explosive ne peut se propager à travers des tubes très fins. A plus forte raison ne peut-elle se transmettre par les pores de la brique. Aussi quand même le liquide n’occuperait pas tout l’espace des pores et 'laisserait une place à du gaz libre, celui-ci ne pourrait en aucune façon faire explosion. Les expériences (jui ont été faites à ce sujet ont même montré qu on pourrait, sans aucun danger, dépasser de beaucoup la pression à partir de laquelle la dissolution libre cesse d’être parfaitement stable. A 25 atmosphères, par exemple, la dissolution libre est un liquide explosif, tandis que cette même dissolution incorporée dans' la brique poreuse constitue, sous la même pression, un corps absolument inerte. Néanmoins, ces pressions élevées ne sont jamais employées dans l’industrie. " ;
- L’utilisation du gaz sortant du récipient exige quelques précautions, d’ailleurs fort simples. Il faut ramener la pression de 10 atmosphères à celle de quelques centimètres d’eau : c’est le rôle du détendeur. 11 y a une soupape de sûreté à mercure permettant au gaz de s’échapper pour le cas où, par suite d’une avarie, la pression tendrait à s’élever outre mesure dans les canalisations. Enfin, le gaz traverse un compteur du type des compteurs secs, et un manomètre communiquant avec le récipient permet de reconnaître, par l’abaissement de la pression, le moment où le récipient va se vider, et où il faut le remplacer. Tous ces appareils, n’ayant rien à craindre de la gelée, peuvent être placés au dehors,, ce qui ajoute encore à la sécurité.
- Les types de récipients les plus couramment employés sont :
- 1° Un tube de 2 litres ayant 60 millimètres de diamètre intérieur sur 750 millimètres de long. Il contient 200 litres de gaz dissous et est monté sur une planchette portant les appareils accessoirs, détendeur et manomètre réunis dans une même boîte de cuivre (fig. 1). Il est utilisé pour des éclairages exceptionnels de courte durée, et peut fournir un éclairage de 100 bougies pendant deux heures et demie, ou de 50 bougies pendant cinq heures. Il convient particulièrement à l’éclairage des lanternes à projection : si l’on brûle le gaz dans un bec à manchon incandescent, on obtient une intensité lumi-
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- neuse supérieure à celle de la lumière oxhydrique et qui ne le cède qu’à celle de l’arc voltaïque, et cela, avec la plus grande simplicité de manœuvre. A l’aide d’une monture appropriée, le même tube peut servir de torche à acétylène se portant sur l’épaule ou se piquant en terre. Cet appareil est très avantageux pour l’éclairage des voitures automobiles; deux de ces tubes suffisent à assurer la lumière pendant treize ou quatorze heures, avec une consommation largement suffisante de 50 litres à l’heure.
- 2° Un tube de 42 litres ayant 15 centimètres de diamètre et 70 de long. Ce récipient qui contient 1200 litres de gaz est appliqué à l’éclairage des tramways. Sur le funiculaire de Belleville, un pareil tube alimente les deux lanternes d’une voiture pendant quatre ou cinq jours sans être renouvelé. Ce tube, mis en communication avec un réverbère élevé, a été aussi employé, à un grand nombre d’exemplaires, pour l'éclairage du bois de Yincennes pendant l’Exposition de 4900 (fîg. 2). Il peut fournir 450 bougies pendant dix heures et, par l’emploi de l’incandescence, donne le chiffre élevé de 500 bougies.
- 5*’ Un tonneau de 400 litres, constitué par un fuite de 40 centimètres de diamètre sur 90 de long, entièrement enveloppé de douves de tonneaux qui rendent la manutention facile, protègent le récipient contre les chocs et l’abritent contre la chaleur du soleil (fig. 5). Ce tonneau contient 10 mètres cubes d'acétylène et emmaganise 15 000 bougies-heure; il convient aux installations fixes.
- 4° Une voiture de 4 mètre cube qui comporte quatre grands réservoirs cylindriques de 40 centimètres de diamètre et de deux mètres de long, ayant clKtcun une capacité de 250 litres (fig. 4). Elle contient 100 mètres cubes d’acétylène pouvant fournir 5000 bougies pendant cinquante heures ou alimenter 1000 becs de 50 bougies pendant cinq heures. A défaut de fortes canalisations de gaz ou d’électricité, un tel éclairage ne pourrait être obtenu par tout autre procédé qu’à l’aide d’installations considérables et très coûteuses. Cette voiture a déjà trouvé des applications tout indiquées pour l’illumination des fêles et l’éclairage des grands théâtres forains, et son emploi sera avantageux dans tous les cas où l’on aura besoin d’un grand éclairage, sur un lieu déterminé, pendant un temps relativement court. Maurice Fouché.
- Agrégé des Sciences mathématiques.
- LE SEL ET LES ANIMAUX SAUNAGES
- On sait combien le sel est nécessaire aux animaux ; à tel point que dans les régiments de cavalerie et d’artillerie il est d’usage de faire aux chevaux des distributions périodiques de sel afin de les empêcher de détruire le cuir de leurs bridons, qu’ils rongent, sans cela, pour y trouver les éléments demutrition qu’on néglige parfois de leur procurer d’autre façon.
- « Dans le district d’Oristadt (Transvaal), nous a raconté 51. Desuzinges, j’ai remarqué plusieurs grottes, dont une
- entre autres aussi grande qu’une chambre dè belles dimensions, que les noirs m’ont affirmé avoir été entièrement creusées par les dwicks. Ayant voulu me rendre compte des causes qui avaient pu pousser les antilopes à pratiquer ces excavations, je me suis aperçu que les parois étaient imprégnées de sel, dont la présence était révélée par des cristallisations très caractéristiques. Etant à la chasse j’ai compté moi-mème quatorze coudons qui s’échappèrent un jour d’une de ces grottes en entendant le bruit de mes pas.
- « La bête que nous nommons au Transvaal Élan a aussi l’habitude de fréquenter les schistes marneux dans un but identique. )) . L. Jacquot,
- POSTE POPOFF-DUCRETET
- Dès l’apparition du premier appareil de télégraphie sans fil on se demanda si jamais on pourrait percevoir les signaux à des distances asséz longues pour que le système fût pratique, et c’est en grande partie sur la puissance des appareils de transmission et sur la sensibilité des appareils de réception qu’ont porté les perfectionnements. Cette préoccupation s’impose surtout quand on vise l’application du télégraphe sans fil à la marine, car il est clair que c’est là qu’il trouvera ses principales applications, soit pour mettre les navires en rapport avec la terre, soit pour leur permettre de communiquer entre eux. Aussi de nombreux expérimentateurs se sont-ils constamment occupés de la question. L’un d’eux, M. A. Popoff, faisait au mois de mai dernier, avec deux collaborateurs, MM. Ribkine et Troïtsky, officiers du génie russe, des essais entre deux îles situées près de Cronstadt. A un moment donné les appareils récepteurs cessèrent de fonctionner et M. Popoff ayant eu l’idée d’introduire un téléphone dans le circuit du radioconducteur et de la pile, afin de vérifier le passage du courant, fut tout surpris de constater qu’on entendait parfaitement les signaux du transmetteur. Il conclut de là que les ondes électriques produisaient, dans le radioconducteur, des variations de résistance qui sont directement perceptibles au téléphone, et qu’il était possible de simplifier l’appareil récepteur en supprimant le relais et le frappeur ou décohéreur automatique.
- On se souvient, en effet, que les appareils xrécep-teurs, ordinairement employés jusqu’ici, sont basés sur l’emploi du' tube à limaille de Branly : la limaille devient conducfrice quand elle a été atteinte par l’onde électrique, mais elle resterait conductrice si on ne frappait pas sur le tube pour la décohérer. De là certaines complications nécessaires pour obtenir* automatiquement le choc aussitôt après le passage de l’onde. Avec le téléphone, d’après les expériences de M. Popoff, cela n’est pas nécessaire ; la limaille subit, sous l’influence des ondes électriques, des états: j de conductibilité différents et le courant de la pile locale qui la traverse se trouve modifié de façon suffisante pour produire sur la membrane des vibrations/
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- LA NAIT KL.
- probablement bien faibles, mais perceptibles à l’oreille.
- Le radioconducteur doit cependant subir certaines modifications pour que sa sensibilité arrive au maxi-
- Fig. t. — Ensemble (lu poste ropoff-Ducretet.
- mum, et on est même arrivé à lui donner la forme d’un microphone constitué par des aiguilles d’acier très fixes reposant par leurs extrémités sur des cra-paudines en charbon. Le poste que M. Ducretet a étudié et construit, pour rendre les applications de l’instrument très faciles, se compose d’une boite en bois qui renferme la pile sèche, le radioconducteur et le téléphone. Pour le transport de l’appareil, le radioconducteur se place dans l’intérieur de la boîte en M ; mais, pour l’usage, on le fixe à sa partie supérieure en À et on établit les connexions avec la pile et le téléphone au moyen de fiches qui se placent rapidement ; une genouillère permet de chercher sous quelle inclinaison il présente le plus de sensibilité. Au moyen d’une fiche spéciale D et d'un câhle souple on relie l'appareil à l’antenne qu’on a établie auparavant, tandis qu’un autre cordon souple, partant d’une borne K, établit la communication à la terre.
- Au moyen d’un petit commutateur, on ferme le circuit local de la pile sur le radioconducteur et les téléphones, et on place ceux-ci à l’oreille. Dès que le poste transmetteur fonctionne on entend très nettement des bruits tantôt brefs, tantôt longs, qui correspondent aux signaux de l’alphabet Morse. La sensibilité de l’appareil est telle qu’en prenant comme transmetteur une bobine de Ruhmkorff donnant seulement 4mm d’étincelle, M. Ducretet a pu établir la communication entre ses ateliers de la
- rue Claude-Bernard et un autre poste situé boulevard de Port-Royal, à 500 mètres de distance.
- L’hiver dernier, M. Popoff a pu faire une application des plus intéressantes de son appareil dans le golfe de Finlande. Un cuirassé russe était bloqué dans des rochers sur les côtes de l’iie Ilohland ; sa position assez critique le forçait à hiverner et aucune communication avec le continent, situé à 47 kilomètres, n’était possible en cette saison.
- M. Popoff fut chargé d’établir des communications par télégraphe sans fil ; un poste fut installé dans Pile de Hohland, l’autre près de la ville de Kotka et un troisième sur le navire brise-glace YErmack. Dès la fin de janvier tout était terminé et les dépêches s’échangeaient régulièrement ; elles permirent de sauver la vie à 27 pêcheurs qui s’en allaient à la dérive sur un glaçon, détaché de la banquise, et qu’on put signaler à temps à YErmack. Les transmissions n’étaient pas interrompues même lorsque la neige tombait en abondance telle qu’on ne distinguait pas un objet à 2 mètres ; il semblait, au contraire, que l’onde électrique se propageait plus facilement dans ces conditions. Jusqu’au mois d’avril, époque à laquelle le cuirassé fut sauvé, 440 dépêches furent échangées.
- Ce nouvel appareil ne supprimera pas ceux déjà en service qui permettent l’inscription des dépêches avec le récepteur Morse, mais il sera utile de l’avoir à côté du premier pour le cas où cclui-ci ne fonctionnerait pas; il servira aussi, à cause de sa grande simplicité et de sa sensibilité, pour les installations momentanées, ou postes de fortune qu’on peut être appelé à utiliser pour peu de temps. On peut le
- Fig. 2. — Détail (lu radioconducteur Poi>ofr-Dueretet.
- considérer comme jouant, dans le service de la télégraphie sans fil, le même rôle que le parleur dans la télégraphie avec fil. G. Maheschae.
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- L’ÉCL VIRAGE PAR LES MICROBES
- Nous avons eu déjà l’occasion d’enlre-tenir nos lecteurs des curieux résullats obtenus par M. le professeur Raphaël
- Dubois au moyen des milieux liquides (ju’il a imaginés pour la culture en grand des photobactéries, lesquelles ne sont autre chose que des microbes lumineux marins1.
- Nous sommes heureux de pouvoir reproduire aujourd’hui quelques photographies qui nous ont été envoyées du laboratoire maritime de biologie de l’Université de Lyon, à Tamaris-sur-Mer, où son directeur-fondateur,
- M. Raphaël Dubois, poursuit ses recherches sur la lumière produite par les êtres vivants.
- La gravure (fig. 2) représente le buste de Claude Bernard éclairé au moyen de ses petits ballons lumineux en verre que l’on pou-
- 1 \’oy. n° 1431, du 27 octobre 1C00, p. 542.
- Fig. 3. — Livre placé au-dessous de la lampe vivante.
- fiques sont aussi produites en quantité infinitésimale, de telle sorte que presque toute l'énergie photobiogénique est employée à faire de la lumière
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- contrairement à ce qui existe dans tous les foyers connus où c’est l’inverse qui se produit.
- | On avait fait la photographie de Franklin avec la ; lumière du tonnerre, nous avons maintenant le por-' trait de Claude Bernard par la lumière vivante. Déjà, en 1886, M. Raphaël Dubois avait publié des photo-' graphies de Claude Bernard et de Paul Bert, mais obtenues avec la lumière de ces merveilleux insectes des tropiques qui portent le nom de Pyrophores1.
- Dans une autre photographie on montre le dispositif de la lampe vivante (fig. 1), dont nous avons parlé dans notre précédent article. L’appareil se compose simplement d’un support métallique soutenant un grand matras de verre à fond plat portant une tubulure latérale et une autre à la partie supérieure. Toutes deux sont fermées avec du coton peu serré de façon à permettre la circulation de Pair. Le dessus du matras est recouvert d’une feuille de papier d’étain servant de réflecteur. Quand on veut activer la lumière, on adapte un dispositif fort simple à la tubulure latérale, lequel permet d’injecter de temps à autre, au moyen d’une poire de caoutchouc, une petite quantité d’air filtré dans le bouillon lumineux qui retrouve aussitôt son plus vif éclat.
- Cette lampe-veilleuse peut servir plusieurs semaines de suite sans qu’il soit nécessaire de changer son contenu ou d’ajouter de nouveau liquide nutritif. Sa durée est d’autant plus prolongée qu’on agite moins le liquide par le passage du courant d’air. Au début de l’Exposition, M. R. Dubois avait adopté un dispositif encore plus simple pour éclairer une des salles du palais de l’Optique: il se servait de vases de verre, dont la paroi interne était simplement enduite d’une couche gélatineuse ensemencée de photobactéries. Mr Raphaël Dubois est arrivé, dans ces temps derniers, à accroître notablement la puissance de cet éclairage dont on peut avoir une idée en regardant le livre placé au-dessous delà lampe (fig. 5), lequel est précisément celui où le professeur lyonnais a publié les résultats de ses nombreuses recherches sur la lumière des êtres vivants5. R. S.
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- LE GLISSEMENT DU FURCIL
- L’imminence d’un accident dont on a beaucoup parlé vient d’attirer très vivement l’attention sur une contrée qui mériterait d’être mieux connue des touristes3.
- La traversée de cette chaîne de montagnes par la grande voie de Paris à Berne est, en effet, pour le voyageur qui l’effectue pour la première fois, une source de délicieuse surprise. Tandis que le train descend à flanc de coteau, prenant la montagne en écharpe et se rapproche graduellement du fond de la vallée, un charmant panorama se déroule devant ses yeux. Ce n’est point encore la Suisse grandiose et sévère, celle des hauts sommets, des cimes neigeuses, des éblouissants glaciers; mais déjà les vallées sont profondes et pleines d’imprévu. Au sortir d’un tunnel apparaît le vallon de Saint-Sulpice, étroitement
- 1 Les Élatérides lumineux, Paris, 1886. .
- 2 Leçons de physiologie générale et comparée, Paris, 1898.
- 3 Voy. n° 1453, du 30 mars 1901, p. 276.
- encaissé dans un cercle de montagnes et communiquant par une large' brèche avec le Val-de-Travers qui s’ouvre soudain à l’un des tournants de la voie. Dans le fond, de grands et beaux villages forment des taches claires dans le vert des prés, enfermés de toutes parts comme en un endroit isolé du reste du monde, et où les bruits du dehors ne doivent pénétrer qu’atténués par la large et haute ceinture de montagnes qui les enserrent.
- Puis la vallée se rétrécit de plus en plus, et le train pénètre dans une coupure longue et étroite, aperçue en quelques échappées d’un pittoresque merveilleux.
- C’est à l’entrée de cette gorge que semble se préparer un drame de la montagne, un de ces cataclysmes qui, de temps en temps, désolent un polit coin de la Suisse, sans que ses habitants l’aient jamais trouvée moins belle et moins hospitalière.
- Le glissement du Furcil, que l’on pouvait prévoir depuis quatre ou cinq ans, mais qui maintenant semble imminent, n’aura pas, à beaucoup près, les effets dévastateurs de tant de catastrophes qui engloutirent violemment des villages entiers sous des monceaux de rocs, et, s’il se produisait en tout autre endroit de la vallée, on n’y prêterait qu’une médiocre attention. Mais en ce point précis, toutes les circonstances sont accumulées de façon que, si l’on met tout au pire, cet éboulement de quelques centaines de mille mètres cubes de roches au maximum, tombant d’une hauteur moyenne qui n’atteint pas 100 mètres, puisse avoir les conséquences les plus désastreuses pour les populations si laborieuses du canton de Neuchâtel, disséminées depuis le lac jusqu’à la montagne.
- Grâce au travail opiniâtre des habitants, l’Areuse qui coule dans le Val-de-Travers, parcourt les gorges et tombe dans le lac de Neuchâtel, a pris, pour l’existence industrielle du canton, une importance capitale.
- Sortant d’un seul coup du pied de la montagne, en amont de Saint-Sulpice, après avoir filtré au travers de 300 mètres de roches fissurées dont la cuvette supérieure rassemble les eaux de la vallée de la Brévine formée au centre en un petit lac, elle se grossit, dans chaque village, d’un affluent sortant lui-même de l’un des coteaux voisins. Puis, dès qu’elle atteint l’entrée des gorges qu’elle a creusées, elle descend en tourbillons écumeux, effectuant, sur un parcours de 8 kilomètres, une chute totale de près de 300 mètres. Son débit, très variable suivant la saison, passe, en dehors des longues sécheresses ou des précipitations très abondantes, de 2 à 100 m3 à la seconde, tour à tour ruisseau inoffensif et torrent impétueux.
- Cette descente de l’Areuse est admirablement utilisée. Une première chute, dite de la Baleine, à quelques centaines de mètres de l’entrée de la gorge, alimente l’usine du Plan de l’Eau qui fournit au Val-de-Travers l’éclairage et la force motrice pour de nombreux petits moteurs domestiques. Plus loin, elle actionne une usine plus importante qui fournit, par une distribution continue à 12 000 volts, le courant électrique aux grands villages du Locle et de la Chaux-de-Fonds, situés à 1000 mètres d’altitude environ et dont la population totale, atteignant près de 50 000 habitants, a résolu ce problème d’être très prospère alors que toutes les circonstances sembleraient devoir faire de ces petites dépressions, dans la montagne, des vallons déserts peuplés à peine de quelques pâtres ou de quelques bûcherons.
- Plus loin encore, de puissantes turbines actionnent des pompes qui, aspirant l’eau de quelques sources d’une eau fraîche et pure, les envoient, d’un seul coup, dans un réservoir qui alimente la Chaux-de-Fonds avec une extra-
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- ordinaire abondance. Enfin, la ville de Neuchâtel, captant des sources qui n’ont plus qu’à descendre par une canalisation de 10 kilomètres et utilisant une dernière chute, emprunte aux gorges de l’Areuse son eau, son éclairage, ses forces motrices.
- Or, le Furcil domine l’Areuse (fig. 1). Son glissement la recouvrira sur une longueur de 200 mètres d’une épaisse couche de roches, mettra son lit inférieur à sec et, barrant la vallée, laissera l’eau s’accumuler lentement, gagnant de plus en plus vers les villages qui se trouvent en amont de ce barrage naturel. Pour eux, à l’exception
- 7es'Rëc/ries
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- NORD
- la-Boleine- l’Areuse
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- Fig. 1. — La Clusette et le Furcil. Vue en plan.
- de Noiraigue cependant, qui est situé à moins d’un demi-kilomètre du Furcil, l’inondation ne serait pas immédiate; même si, à la suite du glissement, les basses eaux se maintiennent pendant un temps suffisant, une tranchée aura pu être faite avant que l’eau atteigne les maisons de Travers. Dans les hautes eaux, l’ascension pourrait être rapide, et Travers pourrait se trouver menacé, peut-être même d’autres villages, si le barrage était très élevé. Puis, sans doute, lorsque le déversoir aurait commencé à fonctionner, la crête se désagrégerait peu à peu, et l’Areuse, vidant rapidement le lac momentané, ravagerait la contrée en aval.
- Mais, quelles que soient les circonstances encore très problématiques qui accompagneront la chute de la montagne et dont on s’exagère peut-être beaucoup les conséquences pour les villages de Val-de-Travers, il est une chose certaine, c’est que l’obstruction de la rivière produira un arrêt instantané de toutes les usines qu’elle alimente. C’est le canton de Neuchâtel tout entier privé de ses forces motrices naturelles et retournant, pour un temps plus ou moins long, aux conditions dans lesquelles il vivait il y a une dizaine d’années. C’est la Chaux-de-Fonds privée d’eau et, une fois ses réservoirs à sec, obligée de revenir à l’eau de ses citernes devenues peut-être en partie impropres à servir. L’éboulement lui-même semble inévitable. Les crevasses qui, il y a quatre ans, commençaient à être visibles au bord de la Clusette, sont devenues si larges que la route est maintenant très dangereuse. Une forte crevasse s’est manifestée plus haut et servira probablement d’amorce au glissement.
- Une progression aussi rapide du danger s’explique naturellement par l’attaque à laquelle la montagne a été soumise pour l’exploitation du ciment. De nombreuses galeries, pratiquées dans la marne, ont produit sans doute un affaissement et une rotation de toute la masse menacée. On eût pu vraisemblablement retarder les événements en cessant toute exploitation, et en aurait eu le temps de tout préparer pour le moment où le glissement se produira. Quelles sont les défenses auxquelles on
- pourrait songer pour éviter les plus fâcheuses conséquences de l’éboulement?
- On parle en ce moment de construire un mur au pied de la colline; mais notre figure 2, empruntée à la Suisse libérale, montre bieh qu’un tel mur serait sans doute balayé comme un fétu. Une autre solution très radicale et parfaitement satisfaisante, à tous égards, a été proposée par M. Max de Coulon; elle consiste à creuser, dans la colline opposée, une galerie de dérivation en face de la région menacée. Si l’on hésite à entreprendre ce travail, c’est qu’on se demande s’il sera terminé en temps utile, la question des frais inquiète bien un peu ceux qui ont la garde des deniers de l’Etat, mais il y a une telle disproportion entre le coût de cette galerie et les conséquences de l’obstruction totale de l’Areuse que l’on ne s’y arrêtera pas outre mesure, s’il est démontré, après étude, que cette solution est seule efficace.
- En attendant, les maisons les plus voisines du glissement ont été évacuées, des veilleurs ont été postés pour surveiller jour et nuit les diverses crevasses et avertir immédiatement la population par des coups de mortier.
- On peut se demander, cependant, si l’on ne pourrait pas, en opérant systématiquement au sommet du glissement, le retarder et en atténuer les effets. En enlevant une dizaine de mille mètres cubes du sommet du terrain, en dessus de la Clusette, on pourrait peut-être supprimer l’amorce de la fissure supérieure. Ensuite, construisant le mur à une petite distance de la rivière, on provoquerait la descente successive des deux autres portions fissurées. Il n’y aurait plus, dès lors, une trop forte disproportion entre le volume du mur et celui des matériaux éboulés, et il pourrait probablement les retenir. Pour la suite, en opérant un déblaiement progressif, on parerait au danger de l’éboulement.
- Ces travaux seraient sans doute assez coûteux, mais
- s o dû CaleriesdarmineFà
- Cale, roux 6a thon/en infér.
- Fig. 2. — Vue en profil.
- c’est là une considération. de second ordre en présence de l’imminence du danger au moment du dégel, qui coïncide généralement avec celui des hautes eaux.’ Retarder la catastrophe de quelques mois serait, à l’heure actuelle, éviter ses conséquences les plus désastreuses. Ensuite, des projefs mûrement étudiés mettraient pour toujours le canton de Neuchâtel à l’abri d’un accident qui compromettrait pour longtemps son développement industriel.
- C’est, d’ailleurs, ce qui a été parfaitement compris par les populations industrieuses du canton de Neuchâtel. A l’heure actuelle, de nombreux ouvriers procèdent au déblaiement des portions dangereuses du terrain menaçant, èt l’on conserve l’espoir de parer aux conséquences du glissement attendu. Cn.-Én. Guillaume.
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- BOUCHES-A-FEU DE COTE DE SAINT-CHAMOND
- L’obusier moderne est par excellence la bouche-à-feu de la défense des cotes. Pouvant exécuter son tir en étant complètement défilé des vues de l’ennemi, il ne peut que difficilement être mis hors de service. De plus, ses projectiles, étant lancés sous une forte inclinaison, sont des plus dangereux, étant susceptibles d’atteindre le pont des navires sous de grands angles et de les couler ou tout au moins de les mettre hors de combat tout en leur causant des dégâts considérables. Jamais une escadre ennemie n’ira séjourner dans des parages que peuvent battre de semblables pièces. Les obusiers ont donc cette
- propriété précieuse de pouvoir interdire à l’ennemi l’accès ou l’occupation de toute rade qu’il pourrait convoiter.
- Ces pièces sont de divers calibres, mais ne dépassent pas 27 centimètres. Celui que nous représentons ici est du calibre de 24 et provient de l’usine de Saint-Chamond où il a été confectionné sur les plans de MM. Darmancier et Dalzon. Cette bouche-à-feu, en acier, est construite suivant le système adopté par ces ingénieurs distingués, système bien connu et sur lequel nous n’insisterons pas.
- Le projectile, du poids de 215 kilogrammes, est
- Fig. 1. — Canon de 21 centimètres de Saint-Chamond sur affût de côte à pivot central.
- simplement chargé de mélinite, dont la puissance destructive est, comme on le sait, extraordinaire.
- Nous parlerons surtout de l’affût dont la simplicité et la robustesse sont des plus remarquables.
- L’obusier est dépourvu de tourillons et, dans le recul ou la remise en batterie, glisse dans une jaquette, à frottement doux. Cette jaquette repose par des tourillons sur un châssis d’affût, supporté par une sellette qui est fixée sur une plate-forme en béton. La liaison entre le châssis d’affût et la sellette est faite à l’aide d’une couronne de galets coniques et celle de la sellette, avec la plate-forme en béton par des boulons.
- La sellette ne peut se déplacer grâce à un pivot central qui la traverse; une griffe, que présente l’avant du châssis et qui s’engage dans la sellette,
- est destinée à empêcher le mouvement de renversement que le tir tend à produire.
- Tout autour de la jaquette sont disposés les cylindres de frein et de remise en batterie, deux de chaque espèce. Ces cylindres sont situés de façon que ceux de même sorte soient symétriques par rapport à l’axe du canon. De cette façon, les efforts ont leur résultante passant par ce même axe et le fonctionnement des freins ne peut qu’être satisfaisant. Les freins sont hydrauliques et les récupérateurs sont constitués par des ressorts métalliques.
- Nous avons dit que les cylindres étaient fixés sur la jaquette; les tiges de ces cylindres sont solidaires de l’obusier, étant reliés à des oreilles que porte une des frettes de la bouche-à-feu.
- Grâce aux galets coniques, le canon et son affût
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- peuvent prendre un facile mouvement de rotation dont l’amplitude est d’un tour complet; ce tour ne demande pour être parcouru qu’une durée de deux minutes. Le pointage de la pièce en hauteur s’étend de — 5° à plus de 60° et cette amplitude totale de 65° peut être parcourue en sept secondes. Un seul homme suftit pour opérer ces divers déplacements en agissant sur des volants disposés sur les cotés du châssis. Pendant le tir, le pointage demeure invariable, car il est indépendant de la pièce et ne participe ni à son recul, ni à sa remise en batterie.
- L’arrière du châssis d’afïüt se prolonge en une plate-forme où s’exécutent la manœuvre et le chargement de la pièce et qui tourne en même temps
- puissante que l’obusier précédent en raison de la plus grande vitesse avec laquelle elle lance son projectile.
- L’affût est tout à fait semblable à celui qui est adapté à l’obusier de 24 et que nous venons de décrire "Il comporte, par conséquent, un berceau ou jaquette, un châssis, une sellette et un bâtis en béton. Deux freins hydrauliques servent à limiter le recul lors du départ du coup ; deux récupérateurs en acier ramènent la pièce en batterie à la suite du recul.
- Comme le recul du canon est plus violent que celui de l’obusier, trois griffes, au lieu d’une seule, sont destinées à s’opposer au renversement de l’affût pendant le tir.
- Le pointage s’exécute dans les mêmes conditions que précédemment et le chargement de la pièce se fait par les mêmes moyens.
- qu’elle. Le projectile est amené mécaniquement vis-à-vis l’ouverture de la culasse à l’aide d’un monte-charge manœuvré à bras. Grâce à ces diverses dispositions, le service de la bouche-à-feu peut se faire avec une grande rapidité; trois coups sont facilement tirés dans un laps de temps d’une minute.
- Un masque en tôle d’acier est à l’avant du canon ; il tourne en même temps que lui. Il est destiné à abriter le personnel et le matériel de la bouche-à-feu contre les projectiles qui pourraient les atteindre et qui émaneraient des pièces de petit et de moyen calibre.
- La même usine a, en outre, construit un canon de côte de 21 centimètres sur affût à pivot central. Cette, pièce, quoique de moindre calibre, est tout aussi
- La rapidité du tir peut atteindre jusqu’à quatre coups à la minute.
- La rotation, pour un tour complet du canon sur la sellette, ne demande pas plus de deux minutes. L’amplitude du pointage en hauteur, qui s’étend de — 7° à + 20°, peut être parcourue en 7 secondes.
- La pièce est munie d'un masque en acier au nickel de 10 centimètres d’épaisseur qui met à l’abri des éclats et des projectiles des petits et moyens calibres le matériel ainsi que le personnel qui dessert la bouche-à-feu. Il est certain que des batteries de côtes, armées de semblables bouches-à-feu, seraient susceptibles de soutenir, avec de grandes chances de succès, la lutte contre des navires de guerre. Lieut.-colonel Delauney.
- Fig. 2. — Obusier de 24 centimètres de Saint-Chamond sur affût de côte à pivot central.
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- LÀ TROMBIDIOSE
- Ce mot ne vous dit peut-être rien, mais demandez à quelque forestier, quelque botaniste, voire même peut-être un simple chasseur, s’il connaît la trombidiose et il vous répondra affirmativement, souvent pour en avoir éprouvé lui-même le désagrément, C’est une maladie causée par le rouget acarus, parent ou petit cousin du sarcopte de la gale. Dans l’Anjou cet insecte s’appelle le verzeau, le ciron ; son nom scientifique est le trombidium holosericeum. C’est à la fin du printemps, pendant les premières chaleurs de l’été, que l’insecte le trombidium se rencontre dans les jardins boisés, de préférence dans les futaies, sous les couverts. Il s’établit sur les feuilles, sur les branchages et s’y livre tranquillement à la reproduction de l’espèce en semant partout d’innombrables quantités d’œufs. Vers l’automne, les œufs donnent naissance à une larve hexapode d’une couleur rouge d’où le nom de rouget; cette larve est une vraie carnivore, elle cherche un animal sur lequel elle trouvera à bon compte le vivre et le gîte. Lapins, lièvres,, chiens, sont les hôtes involontaires de ce sarcopte qui trouve une nourriture abondante sans déplacement difficile ou lointain. Il ne se gênera pas pour prendre comme habitation, quand elle lui est offerte, la peau humaine et c’est aussi souvent directement que par le contact des animaux affligés de cette gale, que l’homme devient la proie du rouget. Une promenade en forêt, une recherche au fond d’un fourré épais, d’une plante rare, une sieste sur l’herbe sont autant d’occasions de collecter le vilain insecte.
- Comme le sarcopte de la gale, le trombidium provoque une irritation intense du tégument, des démangeaisons intolérables qui simulent absolument celles de la gale véritable. Sur les jambes, les cuisses, le bas-ventre, la peau se couvre d’un exanthème plus ou moins confluent, avec vésicules, qui détermine un prurit atroce et permanent. C’est la trombidiose ou érythème automnal, comme l’appelait Gruby. Les démangeaisons sont aussi sensibles que dans la gale, les lésions aussi prononcées, mais il manque le sillon du sarcopte.
- Le Dr Labesse, qui a eu l’occasion de soigner bien des cas de cette désagréable maladie, a essayé, comme bien l’on pense, les traitements les plus variés : eau de Cologne, alcool camphré, huiles de toutes sortes, benzine, pétro-léine, que sais-je ? Chacune de ces substances a réussi dans quelques cas, mais aucune ne constitue un traitement réellement efficace. La benzine est de tous le meilleur. M. Labesse l’administre sous forme d’un Uniment dont voici la formule : la naphtaline, qui entre dans sa composition, doit contribuer à détruire la larve, et l’addition de vaseline liquide a pour but de diminuer la rapidité d’évaporation de la benzine.
- Naphtaline.... 2 gr. Benzine ...... 60 gr.
- Huile de vaseline. 30 gr. Essence de citronnelle. 2 gr.
- On pourrait prendre, suivant les goûts, une autre essence plus odorante pour masquer, dans une certaine mesure, l’odeur de la benzine ; mais l’essence de citronnelle la dissimule très bien. Prenez dans le creux de la main un peu de Uniment et faites une onction sur toutes les parties atteintes; Il faut éviter, cela va sans dire, comme lorsqu’on manie des préparations éthérées ou alcooliques, de faire cette application près du feu, lampe ou cheminée, pour éviter l’inflammation des vapeurs. L’effet est très rapide et le Uniment peut même servir d’agent prophylactique. Dr Adolphe Cartaz.
- LE TÉLÀUTOGRÀPHE
- Le Télautographe fournit une solution élégante du problème de la transmission à grande distance de l’écriture et des dessins. On avait imaginé plusieurs dispositifs, depuis l’appareil de l’abbé Caselli qui remonte à 1864. On utilisait la décomposition d’une solution saline imprégnant le papier par le courant ; ou, à l’aide de mécanismes synchroniques, on faisait répéter les mouvements d’une plume. Le nouvel appareil n’a recours à aucun mécanisme auxiliaire. C’est l’électricité seule qui permet d’atteindre le but, et, au lieu d’employer plusieurs fils de transmission, on a pu les réduire à deux seulement. Le système combiné par M. Ritchie est ingénieux et, avant de le décrire, nous en préciserons le principe.
- Le Télautographe se présente sous la forme d’un pupitre. Une feuille de papier, un crayon attaché à une sorte de pantographe, à un bras solidaire lui-même d’un autre bras. Ce système articulé peut se déplacer autour de deux axes. Il est clair que lorsque nous écrivons, nous faisons deux opérations : le crayon se déplace dans le sens horizontal de gauche à droite pour tracer une première ligne; en même temps il appuie sur le papier, le quitte à chaque mot tracé, appuie de nouveau, etc. Enfin le papier doit remonter à mesure que l’on écrit. Trois mouvements distincts qu’il faut évidemment reproduire à distance.
- Le mouvement de translation du crayon est reproduit à la station d’arrivée par un artifice très simple. Le crayon en avançant déplace les deux bras auxquels il est fixé et fait tourner leurs axes. L’angle des deux bras varie. Cette déformation a pour effet de faire varier, au moyen de rhéostats, l’intensité du courant électrique qui traverse l’appareil avant de s’en aller à la ligne de transmission. Telle position du crayon, telle intensité du courant.
- 11 y a deux bras mobiles, donc deux courants : un qui s’en va par un des fils et l’autre qui circule sur le second. Or, à la station d’arrivée, l’appareil récepteur possède aussi le même dispositif articulé avec une plume. Chaque courant transmis actionne le cadre d’un galvanomètre d’Arsonval. Ce cadre s’incline en raison du courant qui lui parvient et oblige les bras articulés à prendre exactement la position des bras articulés du transmetteur. La plume marche donc comme le crayon.
- Il faut maintenant que la plume quitte le papier quand le crayon lui-même l’abandonne et s’appuie : de nouveau sur lui quand le crayon prend contact.
- Or, le papier est posé sur une tablette élastique. ' Sous la pression du crayon s’établit un contact élec-, trique. Des courants d’une bobine Ruhmkorff passent dans les deux fils de ligne et, comme ils sont alter-i natifs, ils n’influencent pas les cadres des galva- nomètres du récepteur et agissent sans troubler la transmission de l’écriture; ils obligent, par l’intermédiaire d’un relai, la plume à appuyer sur le papier
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- LA NATURE.
- Gomme le fait le crayon du transmetteur. Le contact cesse quand le crayon se relève.
- Maintenant, il faut que le papier se déplace. La machine s’acquitte de cette mission ; bien mieux, elle force la plume à aller se charger d’encre dans l’encrier. Au départ, quand on a fini d’écrire une ligne, on appuie fortement sur le crayon; cette pression à fond déclenche un levier qui fait remonter le papier de 15 millimètres et envoie le courant qui opère le même relèvement dans le récepteur. A ce moment, au changement de ligne, sur le papier, la plume se trouve exactement sous l’encrier; le courant fait abaisser la plume qui se charge d’encre. En sorte qu’en définitive, tout ce qui se passe au départ est rigoureusement reproduit à l’arrivée. Et l’on voit apparaître comme par magie toute la dépêche transmise. C’est un véritable autographe que l’on a sous les yeux.
- Nous venons d’indiquer sommairement les particularités essentielles du système Ritchie. Il est utile maintenant d’entrer dans le détail du dispositif adopté par l'ingénieur américain, élève d’Elisah Gray qui est mort tout dernièrement.
- Le crayon avec lequel on trace l’écriture ou les dessins que l’on veut transmettre est fixé aux extrémités de deux tiges A et B articulées elles-mêmes aux bras de deux rhéostats C et D indépendants l’un de l’autre. Chacun de ces rhéostats est intercalé dans le circuit de deux lignes différentes reliées normalement au pôle positif de la batterie (fig. 1).
- La résistance totale de chacun des rhéostats est de 7000 ohms distribués sur 496 contacts.
- On conçoit donc, comme nous l’avons déjà dit, que, suivant les mouvements de la plume expéditrice (jui modifieront l’angle des rhéostats, des courants d’intensités variables parcourront chacune des deux lignes.
- Le poste-récepteur se compose de deux galvanomètres de d’Arsonval de grandes dimensions et dont les ressorts antagonistes ont une certaine puissance afin de garantir un fonctionnement plus régulier. Les deux axes des bobines mobiles de ces galvanomètres portent à leurs extrémités deux tiges auxquelles est reliée la plume réceptrice qui peut tracer les signes transmis sur un papier disposé convenablement. Les résistances des rhéostats du transmetteur ont été réglées de façon que les angles décrits par les bras de ces rhéostats soient reproduits par ceux des galvanomètres correspondants. Tout cela est simple et les dessins de la page suivante permettront de fixer les idées et de faire comprendre le mécanisme du système.
- Le diagramme (fig. 4) permet de se rendre compte de la disposition d’ensemble des deux appareils : transmetteur et récepteur. Une batterie est disposée à chacune des extrémités de la ligne.
- Lorsque l’on veut transmettre un message, la première chose à faire est d’exercer une pression, avec l’extrémité de la plume expéditrice ou du crayon, sur un petit levier placé vers le bas et à gauche du pu-
- pitre. Par ce mouvement, on renverse le sens du courant de la batterie locale et on met en action un mécanisme qui fait avancer le papier d’environ 15 millimètres vers le haut du pupitre. En même temps, un commutateur est actionné qui branche directement le poste transmetteur sur la ligne tandis qu’il en isole le poste récepteur. Si le petit levier est poussé plus loin, la batterie n’est plus intercalée dans la ligne, on verra bientôt dans quel but. La terre sert de fil de retour aux courants d’intensités variables suivant les mouvements de la plume.
- Le courant, après son passage à travers la bobine mobile du galvanomètre, traverse les deux relais EE' qui sont assez sensibles pour que le moindre courant circulant dans la ligne suffise à produire l’attraction de leurs armatures.
- Si le courant est subitement interrompu, par suite d’une pression sur le petit levier dont il a été question plus haut et qui détermine le mouvement du papier du poste transmetteur, le relai E' cesse d’être actif, Cette interruption et rétablissement successifs du courant dans l’électro-aimant P, produisant le mouvement du papier du poste récepteur, détermine l’avancement de la feuille d’environ 15 millimètres vers le haut du pupitre.
- Le relai E sert au fonctionnement de la sonnerie d’appel du poste récepteur. En pressant sur un interrupteur fixé au pupitre d’où le message est transmis, la ligne H est interrompue et la ligne K est mise à la terre. Le relai E attire alors son armature et détermine le contact en O, ce qui ferme le circuit local de la sonnerie et celle-ci se met en branle.
- On a vu jusqu’ici que le crayon et la plume des deux postes transmetteur et récepteur décrivent les mêmes mouvements reproduisant les signes à transmettre, mais ceci ne suffit pas pour obtenir un tracé des signes sur la feuille réceptrice, il faut encore que les deux plumes exercent la même pression simultanément sur leur feuille respective.
- Pour obtenir ce résultat voici l’ingénieuse disposition qui a été adoptée. Le courant de la batterie locale traverse à l’état normal un électro Q qui retient, à une certaine distance du papier récepteur, une tige S placée elle-même entre la feuille et deux autres tiges.
- Dès que l’on écrit sur le pupitre transmetteur, la seule pression de la plume détermine un contact avec une borne T, ce qui ferme le circuit primaire d’une bobine de Ruhmkorff sur la batterie locale. Les courants induits produits par la bobine sont transmis à travers le condensateur U, la ligne et le condensateur V au relai R qu’ils rendent actif, mais sans actionner les relais E et E' puisque les courants sont alternatifs.
- Le circuit local de l’électro Q est alors rompu et la plume réceptrice vient, par son propre poids, reposer sur le papier. Les courants induits utilisent la ligne H pour fil de retour. On remarquera que
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- LA NATURE.
- le courant local ne peut rendre actifs les électros Q et I* qu’en passant par les relais E' et R. de telle
- Plume
- Papier
- £^Mo7yi. v,
- Fig. 1. — Appareil transmetteur.
- sorte que lorsque l’appareil est au repos, aucun courant ne passe et, par suite, il n’y a pas d’énergie per-
- Fig. 2. — Vue d’ensemble de l’appareil.
- due. Lorsque le message est fini, l’opérateur doit presser avec la pointe de la plume sur un bouton
- Plume
- Papier
- Fig. 3. — Appareil récepteur.
- placé au bas du pupitre. Par ce mouvement on inverse la batterie et le récepteur est mis en com-
- munication avec la ligne au lieu du transmetteur. Nous avons déjà dit que la plume réceptrice se trempe d’elle-même, après chaque mouvement du papier, dans un encrier, ou si au départ on se sert d’une plume, quand l’expéditeur la trempe lui-même dans l’encrier.
- L’écriture transmise garde parfaitement son caractère, et la facilité avec laquelle on peut reproduire des dessins à distance fait du Télautographe un appareil de première utilité. C’est avec le télégraphe et le téléphone un troisième agent qui vient
- Terre
- Terre
- Fig. i. — Schéma indiquant les dispositifs des deux appareils.
- compléter nos moyens d’économiser le temps et de supprimer la distance, mais qui a cet avantage sur les deux autres de laisser au destinataire une dépêche autographe qu’il peut recevoir même en son absence.
- L’appareil fonctionne en ce moment à Paris. M. le professeur Lippmann, membre de l’Institut, l’a présenté à l’Académie des sciences dans sa séance du 25 mars. Henri de Thiersant.
- *—*
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- LES PETITS CHEVAUX NAUTIQUES DU PÉROU
- Je causais un jour avec un de mes amis, grand voyageur, de l’intéressant article de La Nature du
- 26 novembre 1898 sur le sport Hawaien du Surf bath. M. C. G. de 0. me dit alors qu’au Pérou il avait
- Fig. 1. — Pêcheurs au Pérou, sur des Caballitos. (D’après une photographie.)
- vu des pêcheurs exécuter de véritables tours de cou- comme les Canaques, mais juchés, à genoux, sur le rage et d’adresse non pas à l’aide d’une planche dos d’un corps flottant et insubmersible appelé
- Fig. 2. — Pêcheurs des torrents ou gaves de Pau et d’Oloron. En cartouche, palette pour la propulsion.
- Caballito. Caballito, on le sait, est en langue espagnole, un diminutif du mot caballo, cheval. Cabatlito signifie donc : bidet, petit cheval, poney.
- Les bidets marins ressemblent assez à une petite
- gondole vénitienne; on dirait des bateaux en miniature à proue très relevée, mais de fait ce sont de minuscules radeaux faits de gros joncs d'un genre appelé lolora au Pérou. Le pcchcur se tieiit, avons-
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- la nature:
- nous dit, à genoux (ou plutôt moitié à genoux, moitié'] assis sur ses talons) sur cette embarcation, sans creux, qu’il dirige à la pagaie se jouant de la tempête, de la puissance des plus hautes vagues du ressac et des brisants. Yient-il à être démonté par un paquet d’eau, vivement il rattrape sa monture et regrimpe dessus.
- Ces caballitos se portent même au secours des naufragés ou des bateaux en détresse, et, lorsque le gros temps éloigne de la côte les vapeurs-poste, les cavaliers de ces bidets insubmersibles, munis d’enveloppes imperméables, abordent en haute mer les courriers et* rapportent la correspondance à terre ; à Salaverry, du moins, les caballitos sont, surtout, des embarcations de pêche sur lesquelles le fdet et sa proie se placent derrière le pêcheur.
- L’aimable M. C. G. de 0. voulut bien compléter et documenter ces renseignements en faisant venir du Pérou la photographie (fig. 1). On y voit, près du wharf de la ville de Salaverry, deux caballitos se laissant photographier, bien pausément, entre une vague assez grosse, qui arrive et l’écume de celle qui vient de crever.
- Sur les eaux des torrents ou gaves de Pau et d’Oloron, j’ai vu des pêcheurs dans des petites barques très ressemblantes (surtout par l’attitude et la position de l’homme) aux caballitos du Pérou. Comme son congénère de l’océan Pacifique, le pêcheur de ces gaves se tient à genoux (fig. 2), mais il place son filet devant lui et il se met tout à fait à l’arrière qui n’émerge de l’eau que de 3 ou 4 centimètres, parfois moins encore, ce qui naturellement relève beaucoup l’avant. Pour la propulsion, les patrons de ces sortes d’auges font usage de deux petites palettes rectangulaires ou à peu près, dont la partie qui sert de manche est plus étroite. Ces palettes leur servent aussi pour rejeter par-dessus bord l’eau de pluie, celle que rapporte le filet ou celle qui pénètre par les joints de ces légères embarcations que les pêcheurs remontent, à dos, après une descente fluviale longue ' souvent de 5 ou 6 kilomètres et même davantage.
- J’ai toujours admiré l’adresse de ces hardis mariniers évoluant avec le plus grand sang-froid, en temps ordinaires ou en temps de crue, dans ces torrents bouillonnants, écumants, dont les rapides, les tourbillons et les récifs seraient sûrement mortels pour des hommes n’ayant qu’une connaissance imparfaite de la rivière et de ce genre de navigation.
- Dans le récit de son merveilleux voyage vers le pôle, Nansen a écrit que lui et son équipage se trouvaient, à un certain moment, dans une situation comparable à celle du rameur dans un Kayak : (( Il sait bien, dit Nansen qu’un faux coup de pagaie suffirait à le faire chavirer et à l’envoyer dans l’éternité; pourtant il va son chemin en toute sérénité, car il sait qu’il ne donnera pas le faux coup de pagaie ».
- On pourrait, je crois, en dire justement autant de bien des métiers, de bien des sports, beaucoup moins dangereux, après tout, que ne le pensent les
- profanes, car le pilote, le conducteur d’un vélocipède ou d’une automobile sait bien « qu’il ne donnera pas le faux coup » de barre ou de guidon qui l’enverrait dans l’éternité.
- — Probablement, comme celui de nos côtes ou celui du gave, le pêcheur au caballito meurt souvent de vieillesse regrettant que sa santé et ses forces ne lui permettent plus d’aller sur l’eau exercer le métier qu’il a enseigné à ses enfants et qui ne lui semble pas plus mauvais qu’un autre. Seul le manque d’aptitude, d’apprentissage de prudence et d’habitude, rend dangereuse la pratique de la plupart des métiers, des exercices ou des sports réputés périlleux par ceux qui ne s’y sont jamais adonnés ou par ceux qui n’en ont fait qu’un essai imprudent. Je crois même qu’en temps de bains de mer le sport des poneys du Pérou serait pour beaucoup de personnes un jeu moins dangereux que celui des petits chevaux, si florissant sur les plages à certaines époques de l’année. Les caballitos, dont le fond, parait-il, est plat, ne peuvent pas être d’une construction ni coûteuse, ni difficile, et le liège ou une autre matière y remplacerait peut-être d’une laçoii suffisante le jonc spécial dont on les fait en Anu)-rique. Mis de Caxear'asa. j
- ---0-A.O--
- CHRONIQUE
- machine tolantê de Kretz. — Encore une tenla.-tive de conquête de l’air faite en Autriche. La machine est construite, mais attend son moteur. En principe, il s’agit d’un bateau traîneau à coques jumelées ayant 17 mètres de long; les quilles sont pourvues de patins dans le cas où l’appareil attendrait sur les glaces. Le moteur mettra en rotation deux hélices tournant en sens opposé. Il y a deux gouvernails : l’un horizontal, l’autre vertical. Le bateau est muni d’une puissante voilure. Les hélices feront progresser le système et le vent debout, rencontrant la voilure convenablement inclinée, lui communiquera comme à un cerf-volant le mouvement ascensionnel. Le véhicule s’enlèvera peu à peu, lentement. Le bateau Kretz est installé sur un grand bassin; il aura à naviguer d’abord pendant quelques secondes, puis, quand la vitesse acquise sera suffisante, l’inventeur pense que l’ascension commencera et ira ensuite en s’accentuant, l’aéroplane gagnant de plus en plus en puissance. On a déjà réuni des capitaux. L’empereur François-Joseph a fait don d’une somme de 5000 couronnes. Le Comité d’encouragement est plein d’espoir sur la réussite de la machine volante. Nous voici donc avec des expériences en perspective. Après le ballon Zeppelin qui, dit-on, bien que très endommagé encore cet hiver par les tempêtes, serait sur le point de recommencer sa carrière l’été prochain, nous aurons la machine Kretz! On peut espérer qu’il restera toujours quelque ehose de ces essais multiples, alors même" qu’ils échoueraient comme il est déjà arrivé pour le bel appareil volant de Hiram Maxim en 1894, de Hargrave, à Sidney, et d’autres encore. Nous ne rappelons pas ce qui se fait en France, puisque nous y avons consacré un article spécial. Le système le plus complet et le mieux étudié, la machine volante de M. Ader, attend toujours des capitaux pour s’envoler. Il semble en être ainsi également pour les appareils perfectionnés de
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- LA NATURE.
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- M. le colonel Renard, de Chalais-Meudon. Espérons toujours que la patrie des ballons ne se laissera pas dépasser par l’étranger.
- Dr Berlin à Vladivostok par le chemin de
- fer sibérien. — I n magistrat allemand, llerr Émil l’rosl, vient le premier d’accomplir, sur le chemin de for sibérien, le parcours total de Berlin à Wladiwostok. Accompagné de M. Komiya, l’agent du gouvernement japonais, il a même poussé jusqu’à Wnegata et à Tokio, où il est arrivé sans encombre après vingt-huit jours et demi de voyage. Selon lui, on pourrait facilement gagner une semaine sur la durée du trajet, en accélérant la marche des trains à partir d’Àlexandrowo. En effet, llerr Prost a remarqué que la vitesse diminuait constamment à mesure que l’on s’avance vers l’Oural d’abord, vers l’Extrême-Orient ensuite. Ainsi, horaires en main, il a calculé que, de Berlin à Alexandrowo, le traiii marchait à la vitesse commerciale de 75 kilomètres à l’heure. D’Alexandrowo à Moscou, l’allure tombe tout de suite à A3 kilomètres; de Moscou à Tcheliabinsk, la vitesse est de 38 kilomètres et demi; de Tcheliabinsk à Oh, 50km,400; d’Ob à lrkoutsk, 25tm,60U; enfin de Missowaya, sur le bord du lac Baïkal à Wladiwostok, terminus de la ligne sibérienne, le train ne marche plus qu’à l’allure de 16 kilomètres à l’heure; encore, en arrivant à Sretinsk, llerr Prost eut-il à subir un retard, par suite de l’encombrement des voies, de trente-six heures sur l’horaire officiel. Tous les trains sont bondés d’émigrants allant, avec leurs familles, s’établir dans la province de l’Amour. (Juant au prix, llerr Prost a payé, au tarif ordinaire, 1100 francs pour son transport de Berlin à Tokio, tout compris, ce qui ne semble pas très cher pour 684 heures de voyage.
- Phénomène de mirage du mont Fairweather (Alaska). — Lin groupe de savants prépare actuellement à Victoria, dans la Colombie britannique, une expédition aux glaciers du mont Fairweather, dans l’Alaska. Ces savants vont étudier le curieux phénomène de mirage de la « ville silencieuse de l’Alaska » dont le duc des Abruzzes rapporta un croquis à la plume lors de son voyage dans ces régions, il y a quatre ans. Ce phénomène de mirage, visible en juin, s’étend sur Une-longueur de 8 kilomètres et présente une analogie frappante avec la vue de la ville de Bristol, en Angleterre. L’expédition en prendra des photographies, notera le temps, les conditions atmosphériques, etc., et communiquera avec Bristol pour s’assurer si ces conditions concordent avec celles relevées dans celte ville et si c’est bien réellement le panorama du port anglais qui se trouve transporté, par un étrange caprice de la nature, dans les solitudes montagneuses de l’Alaska.
- Les richesses minérales de la Chine. — La
- richesse minérale du Céleste Empire est très grande, mais peu exploitée. Le charbon de terre a été trouvé dans presque toutes les provinces de la Chiné. La meilleure houille se retrouve dans le Chen-Si et au nord de la province du llo-Nan. La province de Sc-Tchouan possède également de nombreux gisements de houille dont la qualité est excellente. L’exploitation de la houille en Chine est peu considérable, elle s’élève à peine à 100000 tonnes. Par contre, le domaine carbonifère est de 52 000 kilomètres carrés. Le fer se trouve surtout dans les provinces de Chen-Si et de llo-Nan, où les Chinois, malgré les procédés rudimentaires, extraient du minerai-contenant 50 pour 100 de fçr. Les couches de
- fer découvertes au Yun-An ne sont pas exploitées. Dans cette province le cuivre est exploité depuis deux cents ans, seulement la production a tombé dernièrement de 5000 à un millier de tonnes. Le zinc et le plomb se trouvent aussi dans le Yun-An, où l’on tire 3000 tonnes de zinc par an et 2500 de plomb. Le mercure est très abondant au centre de l’empire; mais les Chinois sont incapables d’en tirer profil, l’exploitation en a été confiée à une Compagnie française. La Chine possède aussi beaucoup de pierres précieuses. La province de Yun-An a des mines d’argent. Les Chinois pèchent aussi de grandes quantités d’or dans les sables des fleuves. Quant à l’or qui se trouve mêlé aux minerais, il est peu exploité, car il est la propriété de l’empereur. Le sel chinois est le plus pur du monde entier.
- La construction hydraulique des remblais.
- — Cette méthode, qui avait été jadis préconisée par M. Duponchel pour d’autres travaux de terrassement, est maintenant couramment pratiquée sur certains chemins de fer du Canada (le « Canadian Pacific )> et le « Northern »), pour remplacer par des remblais massifs nombre de ponts en charpente. L’eau nécessaire est prise dans une rivière dont le cours soit supérieur d’une soixantaine de mètres à la voie ; amenée par des conduits métalliques, elle est lancée en jets puissants, de 70 à 100 millimètres de diamètre, contre les collines voisines du chemin de fer : elle désagrège les terres, et celles-ci sont entraînées et dirigées par un canal à l’emplacement que doit occuper le remblai. Les remblais obtenus sont, comme de juste, fort tassés et solides et, s’ils ne sont construits que lentement, du moins le prix de revient en descend souvent à 0fr, 10 du mètre cube et ne dépasse jamais lf',64. -—»<$*>—
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance dû 1er avril 1901. — Présidence de M. F-ouqué. •
- t
- Le black-root. — M. Prillieux présente une Note de M. Delacroix sur la forme conidienne du champignon dju black-root. Des formes diverses à conceptacles ont déjà été décrites en Amérique par 8chribner, vers 1887; d’autre part, Vialla à décrit un verticillum attribué par lui du black-root, mais dont la présence aurait été fortuite. M. Dè--lacroix a eu l’occasion d’étudier des grains secs provenant de vignes du Midi de la France. Il a observé qu’au sommet des conceptacles se dressent des filaments qui portent à leur extrémité une conidie ovale. ,
- Dissemblance d'insectes males et femelles. — M. Edmond Perrier présente une Note de;M. Lcsne sur un mode particulier de variation sexuelle observée chez les co7 léoptères de la famille des bostrychides. L’auteur désigne ce mode de différenciation sous le nom de prœcilandrie périodique. Les mâles des diverses espèces sont habituellement très différents des femelles; ils sont sujets à subir une évolution phylogénique spéciale qui les amène à ressembler exactement à ces dernières.
- Le fonctionnement des cellules. — M. J. Chatin présente une Note de M. Yigier relative aux pyrénosomes. On appelle ainsi des corpuscules que l’on observe dans certaines cellules et dont la nature est débattue. M. Yigier a prouvé que ces formations sont d’origine nucléaire. M. Chatin insiste sur l’intérêt de ces recherches au point de vue de la structure du noyau et du rôle qui incombent à cet élément dans la vie et le fonctionnement de la cellule. ' Cu. de Yilledeuil.
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- LA NATURE.
- LA. « YIYÜNNAISE »
- ROLE DE PLEENE EAU A GODETS SII'HOÏDES
- L’eau joue un rôle considérable en agriculture. Les terrains les mieux irrigués sont les plus productifs. D'autre part, les essais qui ont été tentés dans les départements de l’Aude et de l’Hérault ont démontré péremptoirement que la submersion des vignes permettait de lutter victorieusement contre le phylloxéra. 11 est donc de la plus haute importance, pour les agriculteurs, d’avoir facilement à leur disposition l’eau dont ils ont besoin.
- Mais souvent il serait nécessaire de procéder à des travaux assez importants : établissement de barrages, prises d’eau, installation de pompes, etc., et
- les intéressés reculent devant la dépense qu’il leur faudrait supporter. Il est donc intéressant de signaler une nouvelle roue imaginée par MM. Pascault et de Coursac, et baptisée « la Vivonnaise » par leurs inventeurs, qui permet d’élever les eaux dans des conditions très avantageuses.
- C’est une roue pendante, mue par le courant seul, ce qui offre l’avantage de ne nécessiter ni barrage, ni chute d’eau. Les aubes, très légères, sont constituées par des panneaux en tôle ondulée, ce qui, évitant le glissement de l’eau sur les ailettes, permet une meilleure utilisation de la force du courant.
- Chaque aube porte, en aval, un auget constitué par un tube en zinc de 2 mètres de long et 0m,10 de diamètre, incliné vers l’axe du côté du rivage où il se termine par un coude avec goulotte d’écoule-
- La « Vivomiaise », roue de pleine eau assurant l’irrigation de 3 hectares de prairies.
- ment. Ce tube se raccorde à son autre extrémité avec un tube siphoïde recourbé, à trois branches, destiné à assurer la sortie de l’air lorsque le gros tube plonge dans l’eau, et la rentrée de l’air lors du déversement. La grande branche de ce tube siphoïde est fixée au bâti de la roue et dirigée vers son axe, de façon à être constamment en dehors de l’eau.
- Un support spécial permet d’élever la roue au-dessus de l’eau à l’époque des crues ou lorsqu’on n’a pas besoin de ses services. En outre, la roue est facilement démontable, ce qui permet de la rentrer pendant l’hiver.
- Cette machine, avec un courant de 25 à 50 mètres à la minute, peut élever environ 30000 litres par heure à une hauteur de lm,50. Le rendement augmente avec la force du courant et diminue avec la hauteur d’élévation.
- Enfin, on peut régler la vitesse de la roue suivant la vitesse du courant, en modifiant le volume du
- gros tube par une ou deux ferrures en bois qu’on y loge afin de diminuer le poids d’eau élevée et, par suite, la charge sur la roue.
- Cette roue est d’une construction très simple, son fonctionnement est très économique, et son installation très peu dispendieuse puisqu’elle ne consiste souvent qu’en deux pieux fichés dans la rivière. Elle paraît donc appelée à rendre de véritables services d’abord pour l’arrosage des cultures, ensuite pour l’alimentation des exploitations agricoles, et notamment des usines et des petites agglomérations.
- La figure ci-dessus représente une roue Pascault et de Coursac fonctionnant chez M. le comte de Gennes dans un courant de 20 mètres par minute et assurant l’irrigation de plus de 5 hectares de prairies.
- F. Molina.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lauübe, rue de Fleurus, 9.
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- N° U55. - 13 AVRIL 1901.
- LA NATURE.
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- SOINS DONNES AUX JEUNES PAR LES BATRACIENS
- Si les Vertébrés supérieurs, mammifères et oiseaux, ont en général des sentiments maternels très développés, il n’en est pas de môme en ce qui concerne les représentants des trois groupes inférieurs, Batraciens, Reptiles et Poissons. Pourtant quelques-uns de ceux-ci possèdent des instincts ou des dispositions organiques bien faits pour exciter l’étonnement.
- Nous nous occuperons aujourd’hui seulement des Batraciens. La grande majorité des grenouilles et des crapauds de nos pays déposent simplement leur frai dans l’eau, où il se développe en passant par le stade de têtard, que chacun connaît. Les tritons témoignent cependant d’une certaine prévoyance en faveur de
- leur progéniture : au moment de la ponte, la femelle replie une feuille d’une plante aquatique en forme de cornet et y dépose son œuf, qui est ainsi plus ou moins protégé contre la dent des poissons.
- Lorsque nous aurons cité l’exemple bien connu du crapaud accoucheur, chez lequel le mâle recueille les œufs au moment de leur ponte, les fixe à ses pattes postérieures et les transporte avec lui jusqu’à ce (pie les jeunes soient prêts à éclore, nous en aurons fini avec les Batraciens de nos pays. Si nous nous tournons vers les régions exotiques nous y rencontrerons des animaux présentant des instincts Bien plus remarquables.
- Nous irons du simple au composé. Voici d’abord
- Fig. 1. — Nid de la Ht/la faber dépassant le niveau de l’eau.
- deux Salamandrides, l'une de Ceylan (Ichthyophis (jlulinosus), l’autre de l’Amérique du Nord (Am-phiuma) qui ne déposent pas leurs œufs dans l’eau, mais dans une cavité creusée dans le sol. La mère^ s’enroule autour du paquet d’œufs et les protège ainsi contre la dent des serpents. En même temps l’abondante sécrétion visqueuse de son corps entretient leur humidité. Une autre Salamandre des États-Unis, le Desmognathus fuscus, porte scs œufs fixés à sa nuque par des filaments de mucus, ce qui lui donne une vague ressemblance avec ces marchands qui transportent tout un paquet de ballonnets pour enfants. Il est probable que dans tous ces cas les jeunes arrivent au monde à un stade de développement assez avancé pour ne pas avoir besoin d’aller à l’eau.
- Plusieurs Batraciens cherchent à empêcher la des-29e année. — 1“'' semoslre.
- siccation de leurs œufs en les entourant d’une volumineuse masse d’écume. C’est ce que font, notamment, certaines rainettes de l’Afrique et du Brésil. Le Phyllomedusa Iheringii pond entre deux feuilles d’arbre qu’il a rapprochées et dont il a rempli l’interstice avec un liquide spumeux. On ne sait si les larves parcourent tout leur développement dans ce liquide ou si elles finissent par tomber à l’eau. Le Rhacophorus Schlegeli, du Japon, creuse dans la berge des rizières une petite caverne qu’il remplit d’écume et où il pond ses œufs. Les deux sexes coopèrent pour ce travail : le mâle s’occupe, notamment, à « battre en neige » avec ses pattes postérieures le liquide visqueux qui sort du cloaque de la femelle en même temps que les œufs/et qui empêchera ceux-ci de se dessécher et facilitera plus tard la respiration des larves. Les époux quittent
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- LÀ NATURE.
- ensuite la caverne et reprennent leur vie arboricole.
- D’autres dispositions ont surtout pour but de protéger la ponte contre les ennemis qui pourraient être tentés de la dévorer. C’est ainsi que nous voyons une rainette du Brésil (Hyla faber) con-
- Fi«î- 2. — Embryon de Pipa dorsigera dans sa logette (grossi 3 fois). «, couvercle; b, cloison de séparation contenant des vaisseaux sanguins ; c, embryon, avec des rudiments de pattes et de branchies; cl, sac vitellin ou réserve alimentaire.
- struire un véritable nid. Au moment de la reproduction elle va à l’eau et élève, à partir du fond du marais, un mur circulaire en terre d’un pied de diamètre environ. Cette circonvallation finit par atteindre le niveau de l’eau et par le dépasser de près de 10 centimètres (fig. 1). Elle ressemble alors à un volcan en miniature surgi du fond des eaux. L’animal en lisse parfaitement les parois intérieures avec ses pattes de devant et sa poitrine. C’est, du reste, la femelle seule qui se livre à ce travail. Au bout de deux nuits le nid est prêt et la ponte a lieu. On conçoit que les œufs et, plus tard, les larves sont fort bien protégés contre leurs ennemis et dans une certaine mesure contre la dessiccation éventuelle de l’étang. Les parents se tiennent d’habitude dans le voisinage du nid et semblent le surveiller.
- Dans les exemples que nous venons d’envisager il s’agissait d’actes coordonnés en vue d’un but déterminé, dont l’animal avait plus ou moins conscience. En tous cas l’adulte n’est pourvu d’aucune disposition organique destinée à favoriser l’évolution des œufs. C’est la présence de pareilles dispositions qui caractérise les cas qui nous restent à examiner.
- Lorsque les œufs du crapaud accoucheur approchent de la maturité, le mâle qui les porte enroulés autour de ses cuisses se rend à l’eau afin de donner aux têtards qui en sortent un milieu favorable à leur développement. Mais dans toute une série de Batraciens exotiques, il n’en est pas ainsi : le stade têtard a lieu dans l'œuf, et l’animal éclôt à l’état parfait. Les œufs sont portés sur le dos de la mère, par exemple, dans Hyla Goeldii; ils sont pourvus d’un jaune très abondant, qui permet le développement direct de la larve dans l’œuf. De plus, dans certaines espèces, il y a un apport de substances nutritives de l’animal maternel au fœtus.
- Il en est ainsi, notamment, chez le fameux Pipa dorsigera qui vit à Surinam. Chez cet animal, les œufs sont apportés, probablement par le mâle, dans des logettes qui se forment sur le dos de la mère au moment de la reproduction. Chacune d’elles est fermée par un couvercle corné de 5 à 6 millimètres de diamètre. L’embryon y accomplit tout son développement et reçoit d’abondants apports nutritifs des nombreux vaisseaux maternels qui parcourent la loge. Bien qu’il ne soit jamais destiné à nager, il est pourvu d'une queue très développée (pii s’applique contre la paroi de la loge et sert vraisemblablement à l’absorption des sucs nutritifs. Du reste, l’œuf lui-même contient d’abondantes réserves alimentaires (fig. 2). On remarquera l’analogie de ce mode de développement avec celui des mammifères. L’animal sort de sa logette à l’état de crapaud parfait.
- Enfin, pour terminer, disons quelques mots du Hhinoderma Darwini qui habite le Chili. Chez ce crapaud les œufs sont avalés par le mâle et se développent dans son sac laryngien. Pendant toute sa « grossesse » cet animal ne prend aucune nourri-
- Fig. 3. — Pipa dorsigera.
- turc, et ses organes internes subissent une véritable régression. N’est-ce pas là le comble du paradoxe, et le male du Rkinoderma, comme celui de notre crapaud accoucheur, si soigneux de leur progéniture, ne doivent-ils pas faire honte à certains représentants de l’espèce humaine? En tout cas, nous croyons avoir montré suffisamment que les Batraciens nous présentent des exemples nombreux et curieux d’adaptation soit instinctives, soit organiques, destinées à assurer la perpétuité de l’espèce. Dr L. Lai.oy,
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- LA NATURE.
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- IA THÉORIE DES IONS
- L’industrie électrochimique a pris, dans ces dernières années, un tel développement que les savants ait senti la nécessité d’approfondir la théorie de 1’ « électrolyse ». Pousser à fond une théorie, n’est-ce pas en effet le meilleur moyen, en en tirant toutes les conséquences possibles, d’enrichir le domaine de la pratique 7
- Comme toute théorie scientifique, une théorie de | l’électrochimie, pour être satisfaisante, doit non seu- \ lement expliquer tous les faits connus, mais encore 1 permettre d’en prévoir de nouveaux ; et une telle théorie ne peut avoir que la valeur d’une « hypothèse scientifique » : elle tombe d’elle-même lorsque des faits nouveaux viennent à se trouver en contradiction avec les prévisions; ce jour-là elle fait place à une hypothèse nouvelle, plus juste, souvent plus simple, et qui, sans atteindre elle-même peut-être à la vérité, s’en approche davantage.
- C’est bien là l’histoire des théories électrochimiques qui ont été successivement émises pour expliquer les divers genres d’action du courant électrique sur les corps composés ; et aujourd’hui la vieille et classique hypothèse de Grotthus (1805) a fait place à la théorie si élégante et si féconde de Clausius et d’Arrhénius, à la « théorie des Ions ». C’ést cette théorie des ions, dont toutes les idées et tous les termes pénètrent de plus en plus aujourd’hui dans le langage scientifique et même dans le langage industriel, que nous allons essayer de résumer brièvement et simplement, en n’insistant d’ailleurs que sur ses points principaux.
- On se rappelle que Grotthus, désireux d’expliquer ce fait que dans un électrolyte les éléments de la décomposition n’apparaissent « qu’ » à la surface des électrodes, admettait que dans la décomposition d’un sel par le courant, les molécules se décomposent et se recombinent de proche en proche ; les molécules se disposent en chaînes orientées, de façon que les deux éléments de décomposition de chaque molécule, étant chargés d’électricités contraires, se tournent vers les électrodes qui doivent les attirer. Les éléments se mettent ainsi en marche, chacun dans un sens, et il en résulte l’apparition aux deux électrodes des éléments les plus voisins, en même temps que dans tout le reste de la chaîne il y a reconstitution de molécules ; de sorte qu’en définitive il s’établit de molécule à molécule, aussi bien dans un sens que dans l’autre, un double échange d'éléments. La figure 1 représente schématiquement l’hypothèse de Grotthus.
- Vers 1860, Clausius montra qu’il y avait contradiction entre l’hypothèse de Grotthus et ce fait tout d’expérience que la loi d’Ohm s’applique rigoureusement aux électrolytes, et il proposa d’admettre que certaines molécules des électrolytes se trouvent décomposées par suite de chocs et que, par conséquent, l’électricité n’a pas à provoquer de décomposition avant d’utiliser les constituants pour se déplacer. Cette hypothèse de Clausius n’est devenue d’une véri-
- table importance dans la science qu’à partir du jour où Arrhénius, sentant qu’il était nécessaire d’indiquer en quelle proportion il y avait dissociation dans un électrolyte déterminé, énonça ce fait, bientôt vérifié par l’expérience, que la proportion des molécules dissociées doit être en rapport direct avec la conductibilité des électrolytes.
- Voici donc l’hypothèse d’Arrhénius : avant tout passage de courant, les électrolytes sont déjà dissociés en éléments distincts, en « ions1 »,et le courant n’est capable de décomposer un électrolyte que si ses molécules sont au préalable dissociées en ions ; il n’a alors qu’à transporter les ions aux électrodes; les ions qui vont à l’électrode d’entrée du courant (anode) prennent le nom d’ « allions » ; ceux qui vont à l’électrode de sortie (cathode) prennent le nom de « cathions ». Au fur et à mesure de l’apparition des ions libres à la surface des électrodes, la dissociation de l’électrolyte se rétablit et permet le renouvellement du phénomène de transport.
- Arrhénius admet d’; illeurs que les ions ont des charges électriques de signe contraire à celles des électrodes, vers lesquelles le courant les transporte; ces charges sont neutralisées à l’arrivée sur les électrodes ; et la somme des charges positives et négatives des ions d’un électrolyte étant égale à zéro, on conçoit que cet électrolyte ne puisse déceler aucune quantité libre d’électricité.
- Certains chimistes ont objecté qu’il est très difficile d’admettre, par exemple dans les sels fondus ou dissous, la présence de leurs éléments binaires libres, et qu’une dissolution de chlorure de zinc ne présente ni les propriétés du zinc, ni l’odeur du chlore libre. Mais cela tient à la différence essentielle qui doit nécessairement exister entre le « chlore libre » et 1’ « ion chlore », celui-ci possédant une charge électrique négative que n’a pas la molécule de chlore libre. Cette charge se perd à l’arrivée sur la surface de l’électrode, et là, les affinités libres des différents ions se saturent et donnent naissance à la molécule chimique avec toutes ses propriétés connues. Autrement dit, on doit supposer que la présence d’une charge électrique fait acquérir à l’ion chlore des propriétés chimiques différentes de celles de la molécule chimique proprement dite.
- Les corps qui ne donnent pas d’ions en dissolution, comme les corps organiques autres que les hases, les acides et les sels, ne peuvent former d’électrolytes en se dissolvant. L’eau « parfaitement pure » peut être considérée comme ne contenant pas d’ions ; elle ne peut être un conducteur du courant, elle ne peut pas être électrolysée*.
- L’influence du dissolvant n'est pas négligeable : le
- 1 Du grec ïwv, allant.
- 2 En fait, la plupart des cours de physique ont déjà rectifié cette vieille erreur qui faisait dire qu’on décompose l’eau par la pile, pourvu qu’on ait rendu cette eau conductrice par un acide ou une base : en réalité, c’est l’acide ou la base qui est décomposé; et ce n’est que par suite de réactions secondaires purement chimiques aux électrodes qu’il n’apparaît sur celles-ci que les éléments de l’eau.
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- LA NATURE.
- chloroforme, par exemple, donne des dissolutions oh n’apparaît pas la dissociation en ions; l'eau, au contraire, semble être le liquide le plus favorable à cette dissociation.
- L’hypothèse si ingénieuse d’Arrhénius n’a pas seulement l’avantage d’expliquer simplement le mécanisme de l’électrolyse; elle vient encore en aide à la chimie pour expliquer certaines réactions. Ainsi, par exemple, on sait que les composés du fer où celui-ci entre comme ferreux, et, d’autre part, les lerrocyanures, sont deux séries de corps possédant chacune des réactions bien distinctes. Explication : dans les sels ferreux, le fer est un cathion, tandis
- Fig. 1. — Hypothèse de Grotthus.
- que dans les ferrocyanures il s'est combiné au cyanogène pour donner un anion, le ferrocyanogène ; deux rôles distincts, propriétés distinctes. On en dirait tout autant du chlore dans les chlorures et dans les chlorates, etc. ; on en peut conclure que dans les réactions chimiques des solutions, ce sont les ions qui réagissent entre eux.
- La théorie des ions, réduite à ce que nous en avons dit jusqu’ici, suffit à expliquer les « électrolyscs normales », c’est-à-dire celles où, après un temps quelconque, la liqueur se trouve également appauvrie au voisinage des deux électrodes. C’est ce qui se passe, par exemple, pour un sulfate alcalin. Mais pour le plus grand nombre des sels, l’électrolyse est
- Fig. 2. — Électrolyse du sulfate de cuivre, avant le passage du courant.
- anormale, et, au bout d’un certain temps, il est facile de constater que la concentration de l’électrolyte diffère à la cathode et à l’anode : c’est ainsi que dans l’électrolyse d’une solution aqueuse de sulfate de cuivre, la liqueur s’appauvrit en sulfate de cuivre, surtout à la cathode; de là la nécessité d’admettre que la vitesse avec laquelle les ions se dirigent vers les électrodes n’est pas forcément la même pour les anions et les cathions ; on peut se représenter schématiquement le phénomène par les figures ci-jointes relatives à l’électrolyse du sulfate de cuivre1, avant et après passage du courant.
- 1 Nous empruntons l’idée de ces ligures à un récent et excellent ouvrage de M. Hollard, sur La théorie des Ions et /’Electrolyse (librairie Carré;..
- Ces dernières considérations, dues à Uittorf, ont permis de définir et de mesurer les vitesses relatives et les vitesses absolues des ions ; elles ont apporté ainsi un nouvel appoint à l’étude si importante de la conductibilité des électrolytes; ce qui d’ailleurs fait la force de la théorie de la dissociation électrolytique, c’est que l’expérience la trouve en parfait accord avec les résultats fournis par l’étude de la pression osmotique et de la cryoscopie.
- Nous ne pouvons ici suivre la théorie des ions dans tous les développements qu’elle a reçus ; elle a permis de faire une étude analytique complète des piles et de la polarisation; elle a conduit à des principes dont la connaissance est très nécessaire dans l'industrie électrochimique, en particulier dans le cas de la séparation des métaux par électrolyse. L’industriel, pas plus que le savant, n’a le droit de négliger les résultats d’une telle théorie.
- Et pourtant nous devons en terminant rappeler à son sujet ce que nous disions de toute hypothèse scientifique au début de cet article : elle n’est debout que sous caution, et jusqu’à nouvel ordre. C’est un fil conducteur, ou encore (veut-on
- ooooooooo 14;
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- Fig. 3. — Électrolyse du sulfate de cuivre, après le passage du courant.
- nous permettre une comparaison un peu vulgaire, mais qui nous paraît juste?) l’hypothèse est comme la lueur un peu tremblante d’une lanterne avec laquelle le savant éclairerait sa marche vers l’inconnu. Arrive un coup de vent imprévu qui souffle la lanterne, le savant renonce-t-il pour cela à l’aventure? Non, il s’arrête un instant, allume une autre lanterne plus vive, plus capable de résister ; et quand il repart, ce n’est qu’après avoir réalisé un progrès, et dès lors il peut marcher plus vite et plus sûrement à la recherche de la vérité. J. Derôme.
- Licencié ès sciences.
- LE FUNIfiULMRE DE MONTMARTRE
- Une nouvelle voie ferrée, construite dans le cœur de la capitale, devient aussitôt un événement important, surtout lorsque par sa destination et par son exploitation elle n’est pas en tout semblable à ce que nous sommes couramment habitués de voir. C’est le cas de ce nouveau chemin de fer construit il y a un an et dont le service a été arrêté à cause de certaines formalités administratives non remplies ; mais voici le beau temps revenu et, comme par enchantement, toutes les difficultés ont été levées au grand profit de la Société qui exploite la ligne et des nombreux pèlerins et visiteurs qui font journellement
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- LA NATURE.
- r>oo
- l’ascension de la butte pour aller à la basilique du Sacré-Cœur.
- Le funiculaire dont nous parlons a pour objet d’éviter aux piétons la montée de 220 marches
- d’escalier en leur faisant gravir, dans des voitures bien installées, une rampe rectiligne dont les deux extrémités sont séparées par une différence d’altitude de 85 mètres (fîg. 2).
- Le principe adopté pour la mise en marche des voitures n’est, pas nouveau, c’est celui qui est actuellement employé dans la plupart de ces chemins de fer de montagnes qu’on rencontre fréquemment en Suisse et dans l’Est de
- Fia. 1. — Vue d’ensemble du funiculaire de Montmartre.
- la France; il est certain que si ce chemin de fer avait été construit ailleurs qu’à Paris, il aurait passé
- inaperçu, personne n’en aurait parlé. Les voitures, au nombre de deux, roulent sur deux voies parallèles et distinctes du haut en bas (fig. 1). Elles sont reliées par un cable fixé aux deux voitures et qui s’enroule à la station supérieure autour d’une grande poulie à axe vertical de 7m,84 de diamètre. La seule force employée pour opérer la marche est la gravité. La voiture qui descend est plus lourde que celle qui monte et la différence du poids suffit pour faire
- Fig. 2. — Profd en long du funiculaire de Montmartre.
- descendre la voiture d'en haut qui remonte celle d’en bas par l’intermédiaire du câble qui les unit.
- Rien n’est plus simple que cette méthode. Au moment du départ, l’employé de la station supérieure est informé du nombre de voyageurs de la voiture ascendante; ce chiffre lui donne un renseignement suffisant pour qu’il sache de quelle quan-
- tité d’eau il doit remplir le réservoir de la voiture descendante. Les divisions du niveau d’eau correspondent au poids de l’eau à fournir et marquent le moment où l’employé doit arrêter le remplissage. Cette manœuvre peut se faire très rapidement.
- Au signal du départ, le conducteur de la voiture desserre les freins et la laisse glisser sur la
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- LA NATURE.
- voie. Une fois qu’elle est arrivée au bas de sa course, on vide l’eau du réservoir et on recommence la même opération avec l’autre voiture qui, à son tour, devient motrice.
- On conçoit que pour un système de ce genre toute l'attention des constructeurs devait être portée sur les freins, car la manœuvre de ces derniers doit suifire à elle seule pour opérer le départ, régler la vitesse, et déterminer les arrêts, arrêts à lin de course et arrêts en cours de marche au cas d’accident.
- Ces freins sont au nombre de quatre, ils sont indépendants et ont chacun leur mission. Le premier, celui auquel on a recours constamment et que le conducteur manœuvre à tous moments, est un frein à main rnù par une manivelle. Il est constitué par un arbre situé sous la voiture et parallèle à son axe; à ses deux extrémités se trouve un pignon denté qui établit la connexion avec les deux manivelles situées à l’avant et à l’arrière, de sorte que cet arbre peut être actionné de la même manière, soit à la montée, soit à la descente, lorsque le conducteur se trouve indistinctement sur l’une ou l’autre des deux plates-formes. A proximité de chacun des deux essieux qui portent les roues, l’arbre présente une partie filetée sur laquelle peut se déplacer un curseur dont le mouvement détermine le serrage de lames flexibles autour de tambours calés sur chacun des deux essieux de la voiture.
- Le deuxième frein agit de la même façon à l’aide des mêmes lames flexibles et des mêmes tambours, toutefois les causes qui déterminent le serrage sont différentes du frein précédent; un train d’engrenage, qui multiplie la vitesse, relie l’essieu de la voiture à un régulateur dont les pièces mobiles viennent s’appliquer à l’intérieur d’une poulie et l’entraînent dès que la vitesse du véhicule dépasse lm,50par seconde. Cette vitesse a été considérée 'comme la vitesse maxima que les voitures ne doivent jamais dépasser. Le frein est donc automatique ; il fonctionne par lui-même, sans l’intervention du conducteur, dès que la vitesse de lm,50 est dépassée. L’action du conducteur se réduit, par conséquent, à régler son frein à main de façon à éviter cette vitesse, sans quoi le frein automatique se mettrait à fonctionner de lui-même et la voiture s’arrêterait.
- En dehors de ces deux freins, qui agissent sur les tambours des essieux, il existe un deuxième système de freinage absolument indépendant du premier.
- Sous la voiture se trouve une roue dentée qui vient épouser la saillie d’un chemin à crémaillère situé tout le long de la voie. Cette roue est également accompagnée d’un tambour calé sur le même axe ; ce tambour se trouve instantanément serré et arrêté dans sa marche au cas où le câble d’attache viendrait à se rompre ou à se détendre, il est donc également automatique. 11 agit dans le cas d’un accident survenant au câble. Toutefois il peut également être mis en action à l’aide d’une pédale placée à côté du conducteur, mais il ne doit être employé que dans les cas graves. Les dents de la roue dentée ont été
- calculées de façon que la voiture puisse être arrêtée par l’accrochage d’une seule dent sur la crémaillère, mais en réalité il y en a toujours deux en contact.
- Enfin, comme excès de sécurité, il existe un dernier frein constitué par des étaux de serrage qui empêchent automatiquement la voiture detre soulevée en cas d’arrêt brusque.
- Une certaine difficulté s’est présentée pour l’établissement de la voie à cause du manque de stabilité de l’assiette constituée par le sol de la butte. Au lieu de placer les rails sur des traverses, comme cela se fait ordinairement, on lésa posés sur des longrines inclinées auxquelles ils sont reliés par des sabots en fonte espacés de 3m,50. A l’endroit de chaque sabot, on a eu soin d’établir un dé en maçonnerie qui va chercher, autant que possible, le terrain solide. Cette disposition évite les glissements de se produire, elle permet aussi, en cas de tassement local, de relever le dé de la quantité nécessaire pour rétablir le nivellement.
- Les deux stations distantes de 105 mètres ont été étudiées de façon à permettre un débit considérable de voyageurs. Cette précaution était utile, car dès les premiers jours ce funiculaire a obtenu un très grand succès auprès du public attiré par les services qu’il rendait et par la modicité du prix du voyage qui n’est que de 0fr, 10.
- Le fonctionnement est très régulier; il fait le plus grand honneur à l’ingénieur qui a établi le projet définitif de la voie, M. Schlussel, secrétaire général de la Société Decauville, constructeur et propriétaire du funiculaire de Montmartre. A. da Cunha.
- LA CHR0N0PH0T0GRAPHIE
- ET LES SPORTS ATHLÉTIQUES
- A 1 occasion des concours de gymnastique et de sports athlétiques, l’administration de l’Exposition de 1900 a nommé une Commission de physiologie et d hygiène chargée de suivre ces divers concours et de tirer de cette réunion exceptionnelle des meilleurs athlètes du monde l’enseignement qu’elle comportait.
- La tâche était vaste ; il s’agissait, en effet, de déterminer physiologiquement l’action des divers sports sur les fonctions organiques, la respiration, la circulation du sang, la digestion et enfin sur la santé générale. D’autre part, la Commission devait étudier les divers sports en eux-mêmes, essayer d’en comprendre le mécanisme et de surprendre le secret de la supériorité de certains athlètes. t
- Ces dernières études se prêtent mieux que les autres à un exposé sommaire ; nous allons essayer de le présenter.
- Nos lecteurs connaissent déjà la méthode qui a permis d’analyser dans’ tous leurs détails les actes les plus rapides et les plus complexes des divers
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- LA NATURE.
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- exercices du corps : la chronophotographie. Elle donne sur un long ruban qui se déroule une série d’images photographiques instantanées dont le nombre varie de 15 à 30 par seconde et même davantage au besoin, de sorte que toutes les phases d’un mouvement.soient parfaitement représentées.
- Échelonnées en série sur une longue bande, ces figures sont difficilement comparables entre elles ; il est déjà plus commode de les disposer, comme dans la figure 3, sur trois colonnes parallèles ; on lit la succession des images sur chaque colonne de haut en bas en commençant par celle de gauche.
- L’acte représenté est le lancement du poids par 1 ' américain Sheldon, champion du monde pour ce genre de sport. Le poids, uniforme pour tous les concurrents, était un boulet de 7k®.250 et la distance à laquelle il a été lancé, de 14m, 02. 'La figure 5, réduite aux actes essentiels, montre l’athlète au moment où il prend son élan sur la jambe droite
- pour faire un saut sur cette jambe. A la fin de ce saut, et au moment où le pied gauche touche le sol, commence la détente du bras droit qui pousse le boulet en haut et en avant en lui imprimant la plus grande vitesse possible.
- L’élan que peut prendre le gymnaste est limité par le règlement à un parcours de 2 mètres: à cet effet on a tracé sur le sol un carré de 2 mètres de côté dont il ne doit pas sortir.
- Pour apprécier la vitesse des différents mouvements exécutés, il faut introduire dans les images la double représentation du temps et de l’espace. Le temps se mesure au moyen du chronographe visible seulement dans les cinq dernières images. C'est un cadran noir portant des divisions et que parcourt une aiguille blanche, à raison d’un tour par seconde. L’espace angulaire parcouru par l’aiguille, entre deux images consécutives, mesure le temps écoulé.
- Un bon moyen de mesurer ces intervalles est de
- Épure d’un lancement de poids.
- Fig. 2. — Saut en longueur par l’américain Sweeney.
- rechercher combien d’images sont contenues en un tour, un demi-tour ou un quart de tour du cadran. Ainsi (fig. 3), pendant la durée des cinq dernières images, l’aiguille a parcouru exactement un quart de son tour ; ih y a donc eu 5 images en un quart de seconde, soit 20 images à la seconde.
- Il s’ensuit que, entre deux images consécutives, le déplacement que l’on constate pour un point quelconque du corps s’est fait en un vingtième de seconde; il en est de même pour le boulet.
- Reste à connaître l’étendue réelle du déplacement
- constaté ; c’est à cela que sert une échelle métrique placée dans chaque figure. On dispose sur le sol une règle d’un mètre portant des divisions; cette règle se photographie en même temps que chacune des attitudes de l’athlète ; elle sert d’échelle pour évaluer le chemin parcouru par chacun des points considérés pendant un temps connu1.
- 1 Dans la figure 3, p. 312, l’échelle métrique n’est pas visible, car il a fallu rogner les images pour les rapprocher les unes des aulres, c’est même pour cette raison que le cadran du chronographe a été enlevé, sauf pour les cinq dernières il âges. *
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- Nous voici donc pourvus de tous les éléments nécessaires pour mesurer avec précision l’étendue
- et la vitesse de tous les mouvements de l’athlète. Mais cette mesure n’est pas encore très facile; il
- Fig. 5. — Lancement du poids par M. Sheldon.
- faut, sur des figures agrandies, porter continuellement le compas d’une image à l’autre afin de mesurer le déplacement de chaque point. Une
- nouvelle simplification s’impose; voici en quoi elle consiste.
- Lorsque les géomètres veulent comparer deux
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- LA NATURE.
- figures ils les superposent entre elles ; aussitôt I leurs formes. Nous allons suivre la même méthode, apparaît la différence de leurs dimensions ou de | Projetons (fig. 1), sur une feuille de papier, la
- Fig. 4. — Saut en longueur par l’américain Sweeney.
- première image d’une série, traçons sur ce papier la ligne du sol et marquons-y la place d’un point de repère fixe r : un petit bâton fiché dans le sol.
- Décalquons ensuite les contours du corps et des membres du gymnaste aussi fidèlement que possible. Cela fait, projetons la seconde figure de la série et,
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- LÀ NATURE.
- pour la mettre dans sa position par rapport à la première, déplaçons, s’il le faut, notre papier de façon à faire coïncider la ligne du sol et l’image du point de repère avec la ligne et le point déjà tracés dans le premier calque. Nous verrons que l’image du gymnaste ne se superpose pas aux contours qui expriment sa précédente attitude ; c’est qu’un mouvement s’est produit et que chaque partie du corps a changé de position. Nous fixerons, par un second décalque, cette nouvelle attitude et nous procéderons de même pour toute la série des images.
- Il résultera de ces opérations une figure d’en-
- semble un peu confuse peut-être, mais que l’examen des images séparées de la série permettra d’interpréter facilement. Dans cette épure composite on n'a pas utilisé toutes les images dont on disposait; la résultante eût été trop touffue. On a éliminé deux images sur trois, ce qui en a réduit le nombre à sept.
- Dans les ligures 1 et 5, les mêmes actes sont représentés : l’athlète commence par un saut qui imprime au boulet une certaine accélération ; le bras, pendant ce temps, est inactif, puisque le boulet reste constamment appliqué à l’épaule. Ensuite
- Fig. 5. — Course de haies par l’américain Kraenslein.
- vient s’ajouter à la vitesse acquise une accélération nouvelle qui tient à l’action du bras.
- Pour pénétrer plus avant dans l’analyse mécanique de ce sport, pour connaître, par exemple, la force qui pousse le boulet à chaque instant, il faudrait représenter toutes les images de ce projec-
- tile (sans pour cela multiplier les figures de l’athlète lui-même, ce qui ne ferait qu’amener de la confusion). Une fois tracées sur le papier les positions successives du boulet, il serait facile d’en déterminer les accélérations et d’en construire la courbe; celle-ci exprimerait précisément les valeurs de
- Fig. 6. — Épure du saut en hauteur par l’américain Ewry.
- l’effort à chaque instant développé par l’athlète.
- La même méthode se prête à l’étude de tous les autres sports, courses, sauts, etc., on en va voir encore quelques applications.
- Du saut en longueur. — La figure 4 rassemble en un seul tableau une série d’images chronophoto-graphiques disposées sur trois colonnes et dont la succession se lit, cette fois, de droite à gauche et de haut en bas. De sorte que la première image se trouve en haut et à droite du tableau ; la dernière en bas et à gauche.
- Comme dans l’exemple précédent, pour mieux faire suivre dans l’espace tous les mouvements du gymnaste, on a, par des décalques successifs, réuni plusieurs images en une figure unique,
- véritable « épure » des mouvements (fig. 2).
- Cette fois, grâce à la translation rapide du sauteur, les images avaient moins de tendance à se confondre entre elles par superposition ; il a suffi d’en éliminer une sur deux pour obtenir l’expression claire et saisissante de tous les actes exécutés, actes que nul langage ne pourrait traduire d’une manière aussi précise.
- La connaissance de l’étendue et de la vitesse de ces mouvements est aussi parfaite que possible. Le chronographe montre, en effet, que l’intervalle entre les image est de un quatorzième de seconde, tandis que l’échelle métrique assigne à la longueur du saut 4m,69.
- Les mêmes éléments de mesure font voir que
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- l’espace parcouru par le sauteur en un quatorzième de seconde était de 52 centimètres et, par conséquent, la vitesse de 7m,28 par seconde.
- Si l’on entre davantage dans le détail de la figure 2 on voit qu’un point du corps du sauteur ne parcourt pas le même espace en des temps égaux. La tète, par exemple, se déplace avec des vitesses inégales. Cela tient à ce que les jambes et les bras se déplacent à chaque instant et à ce que la translation uniforme du centre de gravité du corps implique une propulsion de la tête en avant quand les bras se portent en arrière, et inversement.
- De la course de haies.— Cet exercice consiste à franchir en courant une piste sur laquelle sont disposées des haies ou barrières espacées entre elles d’un intervalle correspondant à la longueur de trois pas. Le coureur doit franchir cette série d’obstacles sans rompre son allure. Les divers gymnastes emploient des moyens très différents pour effectuer ce genre de course.
- Le champion français (dont l’épure n’a pas été représentée) tournait les jambes de côté pour éviter l’obstacle, le pied droit ramené en dedans par une rotation du fémur, la cuisse gauche en abduction et le genou en dehors. Il tenait le buste droit, sa tête s’est élevée de 58 centimètres au moment où il franchit la haie.
- M. Kraenslein, américain (fig. 5), élève la jambe droite presque horizontalement étendue et plie le torse en avant, en lançant les bras en arrière; le menton touche presque le genou. Pendant ce temps, la cuisse gauche est en abduction, le genou fléchi. Au moment où il franchit l’obstacle, la tête du sauteur ne s’est élevée que de 16 centimètres.
- Voilà deux manières d’arriver au même résultat qui sont tôut à fait différentes. La première exigeait plus d’efforts de la part de l’athlète qui faisait un saut bien plus élevé, car il élevait plus haut son centre de gravité. La seconde manière implique plus de souplesse des reins et des articulations de la jambe, mais elle exige un effort moindre et peut se soutenir plus longtemps.
- Les documents recueillis à la Station physiologique et analysés de cette façon permettront de modifier entièrement les méthodes de l’éducation physique et de les établir sur l’étude de la nature elle-même et non sur des théories sans base expérimentale trop souvent contradictoires entre elles.
- Dans la plupart des exercices du corps, l’adresse et l’ingéniosité ont souvent plus de part que la force physique; on en jugera par l’exemple qui va suivre :
- Du saut en hauteur. — Dans ce genre de sport, les Américains ont surpassé leurs concurrents des autres nations au moyen d’un artifice que les images chronophotographiques font bien comprendre. Le saut représenté (fig. 6) est, pour ainsi dire, un mouvement sur place; pour en censtruire l’épure sans confusion, on a dû dissocier les images en les déplaçant toutes vers la droite d’une quantité
- constante. L’étendue de ce déplacement s’apprécie d’après l’écartement des images d’un des poteaux fixes qui portent la corde à franchir.
- Quand on suit, de gauche à droite, la série des images, on voit que le sauteur aborde l’obstacle par le flanc gauche et s’enlève obliquement; puis, quand il est arrivé à une hauteur telle que la corde soit un peu au-dessous de ses ischions, il élève la jambe gauche, la passe par-dessus l’obstacle, puis, abaissant cette jambe, élève la droite à son tour, la passe sur la corde et retombe enfin sur ses pieds.
- Dans ce même exercice, un Français eût abordé l’obstacle de face ; en sautant il eût tenu ses pieds rassemblés sous lui, à peu près comme on les voit dans le saut en longueur représenté figure 2. Mais alors, il eût dû élever les ischions à une hauteur telle, qu’entre eux et la corde il y eût eu place pour les pieds. Cela eût constitué un saut en réalité bien plus haut, et exigé un effort bien plus grand.
- L’ingénieux procédé employé par les gymnastes américains était assurément légitime, puisqu’il n’était pas interdit par le règlement, peut-être même n’était-il pas prévu. Il n’en est pas moins vrai que la comparaison est bien difficile entre deux athlètes qui emploient des méthodes si différentes pour atteindre le résultat proposé. En pareil cas l’avantage appartiendra non pas au plus fort, mais au plus habile.
- Ici encore, la chronophotographie détaille la succession et la vitesse de tous les actes exécutés; elle permet la comparaison des divers athlètes et de leurs méthodes.
- Il entre dans le programme de la Station physiologique de continuer des études comparatives sur les divers sports, et d’accumuler les documents, jusqu’à ce que s’en dégagent les lois naturelles de l'éducation physique.
- Parallèlement .à ces études on analyse aussi les caractères des mouvements dans les travaux professionnels; on mesure, pour chacun d’eux, l’effort exercé et l’effet obtenu, afin de déterminer la meilleure façon d’utiliser, en les ménageant, les forces musculaires de l’homme. Marey,
- De l’Institut.
- LA RIVIÈRE SOUTERRAINE
- DE LA GÜINAND
- Le hameau de La Guinand est situé dans le département de l’Yonne, sur les confins de celui de l’Aube. Bâti vers le haut d’une étroite vallée sèche qui descend de la forêt d’Othe, il occupe le thalweg à la cote de 244 mètres. Les puits qui donnent l’eau aux habitants doivent traverser l’argile à silex et la craie sénonienne remaniée avant d’arriver à la craie en place. Là, ils rencontrent une nappe formée par l’eau circulant au travers des diaclases très rapprochées de la craie compacte.
- L’un de ces puits, profond de 29 mètres, creusé
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- LA NATURE.
- dans la cour de la ferme Guérée, attira notre attention. l)e son fond montait un bruit sourd comparable à celui d’un torrent et assez fort pour être encore nettement perçu à une certaine distance de la margelle. Nous résolûmes d’explorer ce puits afin
- de compléter une étude hydrologique de la région que nous avions entreprise.
- Le 15 mai 1900 nous avons effectué la descente projetée. L’un après l’autre nous nous sommes suspendus à une forte corde enroulée sur le treuil
- Passage de o'n pr- de haut au -dessus de l'eau-.
- 3? rapide
- 2ecascade oTdodehoxu..
- Chambre
- d'absorption
- Galerie a.
- NORD
- Guérée
- Conduit sous'
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- Longueurs- : i/goo Hauteurs : j./4-do?
- 3? rapide
- Fig. 1. — 1. Plan d’ensemble du souterrain de La Guinand. — 2. Profil de la galerie a.
- même du puits. Nous étions assis sur un bâton horizontal amarré à la corde, pendant que trois hommes, manœuvrant le treuil, modéraient la vitesse. La même opération, répétée deux lois, nous réunissait, après quelques minutes, au fond du puits, et ayant pris pied dans 7 0 centimètres d’eau nous pénétrions tous deux, par une baie étroite, dans une galerie de 2 mètres de haut. Là, sur le sol très inégal, coulait un fort ruisseau.
- Le bruit, qui pendant les 29 mètres de descente verticale avait été toujours en augmentant, était maintenant très fort et semblait provenir surtout du côté aval de la galerie.
- Guidés par ce bruit, nous avons d’abord suivi le couloir dans le sens du courant, marchant à même dans l’eau. Après une dizaine de mètres, nous nous sommes trouvés dans une vaste salle dont le sol était entièrement recouvert d’eau sur une hauteur
- variant entre 40 et 70 centimètres. Les parois très irrégulières revêtaient, à la lueur de nos lanternes, des formes tourmentées et se rejoignaient à 4 ou
- 5 mètres de hauteur en une voûte d’où pendaient de nombreuses stalactites. Taillées par les eaux dans une craie compacte et résistante, les murailles étaient recouvertes sur toute leur hauteur d’une couche de limon ; celui-ci tapissait également le plafond de la chambre et montrait ainsi qu’à l’époque des grandes avalisons le souterrain se remplit entièrement d’eau.
- Dans cette salle aboutissent trois galeries. Les deux premières (marquées a et b sur notre plan) amènent chacune un ruisseau. Les eaux se réunissent là pour former une véritable rivière qui s’écoule par la troisième galerie. A l’extrémité de cette dernière, longue de 7m,50, se trouve une chambre d’absorption de 4 mètres de diamètre, sensiblement circulaire et
- Villeneuve-/Tlrenevêqua
- SENS
- Fig. 2. — Carte hydrologique de la région.
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- LA NATURE.
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- sans issue visible. Ses parois à pic tombent verti- 4 mètres. Un jaugeage au flotteur, forcément approxi-calement dans l’eau qui y atteint une profondeur de matif, nous a donné, pour le ruisseau de la gale-
- Fig. 3. — Confluent des deux ruisseaux. Vue prise d’aval.
- rie b, un débit de 100 litres, et pour celui de la galerie a, de 150 litres à la seconde. C’est donc un total de 250 litres par seconde, qui vient se perdre dans la chambre d’absorption.
- Nous n’avons pu, faute de projecteurs lumineux assez puissants, découvrir les dia-clases qui servent d’issue à l’eau.
- La galerie a est de beaucoup la plus intéressante par son développement,
- 107 mètres, et par les nombreux accidents de son lit. C’est du reste d’elle que provient la majeure partie du bruit que nous avions perçu. Le torrent y parcourt une succession de cas-
- Fig. i. — Quelques coupes prises eu différents points des galeries.
- cades et de rapides séparés par de larges trous dont la profondeur atteint jusqu’à lm,20, où l’eau semble _______________ _____ dormir un instant avant de reprendre sa course.
- Auprès des cascades le bruit devient tel que pour parler nous étions obligés de crier de toutes nos forces. L’une d’entre elles, haute de lm,20, précédée d’une profonde excavation creusée par la chute incessante de l’eau, fut assez difficile à franchir. Elle formait une nappe barrant toute la galerie et nous rejetant en arrière à chacun de nos efforts pour passer. Ce ne fut qu’à grand’peine
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- LA NATURE.
- que nous réussîmes à sauter l’un après l’autre à plat ventre dans le lit même du bief supérieur.
- L’allure générale du ciel et des parois de cette galerie est non moins irrégulière que celle de son sol. Par endroits les murailles se resserrent jusqu’à ne laisser entre elles qu’un espace de 40 centi- | mètres ; nous devions alors marcher de côté en nous aidant du dos et des bras. Ailleurs, le ciel s’abaisse I jusqu’à 45 centimètres du niveau de l’eau, puis s’élève en voûte, à 6 ou 7 mètres de hauteur, créant de vastes excavations. Dans l’une de celles-ci, un filon horizontal de craie a été bizarrement respecté par les eaux, jeté comme un pont entre les deux parois à mi-hauteur de la voûte.
- A l’extrémité amont de la galerie, le ciel descend graduellement jusqu’à 60 centimètres de l’eau, remonte un instant, forme une dernière petite chambre et plonge enfin définitivement. Le point d’arrivée du ruisseau est invisible. Nous cherchions depuis quelque temps à le découvrir quand deux de nos trois lumières s’éteignirent faute d’air. Avant que la troisième ne les imitât, nous n’eùmes que le temps de fuir, déjà oppressés par le manque d’oxygène. Nos allumettes, détrempées par nos bains incessants, n’auraient pu nous être d’aucun secours et le retour dans l’obscurité à travers les obstacles du lit aurait été à peu près impossible. La galerie b présente les mêmes caractères généraux que celle que nous venons de décrire. Mais le lit moins incliné donne au ruisseau un cours plus calme. Elle a un développement de 45 mètres et commence, comme la première, par un bassin où l’eau arrive sans mouvement apparent par un conduit caché sous la surface.
- La rivière souterraine de la Guinand circule en somme dans une diaclase de la craie sénonienne compacte, progressivement élargie par le passage d’une eau chargée d’acide carbonique et peu à peu transformée en une succession de véritables cavernes. Celles-ci, sans pouvoir rivaliser avec les grands abîmes rendus célèbres par les explorations de M. Martel, n’en sont pas moins curieuses cependant, car ce sont les premières de cette importance connues dans la craie du bassin de Paris.
- Max Le Couppey de la Forest, Maxime Bourdon.
- Ingénieur agronome.
- ——
- RÉDUCTION DE L’EAU
- PAR LE MAGNÉSIUM ET l’aLUMINIUM
- Un sait que le magnésium et l’aluminium, en se combinant avec l’oxygène, dégagent une très grande quantité de chaleur. On en conclut, d’après les principes de la thermochimie, que ces deux métaux doivent décomposer l’eau. Le fait est connu depuis longtemps pour le magnésium; pratiquement il est difficile à conslater pour l’aluminium. J’ai donné à ces réductions une forme curieuse, qui pourra servir en particulier pour la photographie des endroits obscurs.
- Je prends de la poudre de magnésium, que je mouille; sur la poudre mouillée, je verse de la poudre sèche et je l’allume : aussitôt que la combustion arrive au contact
- de la poudre humide, une flamme très brillante se produit. L’expérience est très facile et ne nécessite pas de précautions spéciales : bien entendu, il ne faut pas non plus que le magnésium soit trop mouillé. A titre d’indication, disons qu’on peut mélanger dans un mortier 4 parties de magnésium pour 5 d’eau (proportions moléculaires). L’expérience réussit tout aussi bien avec l’aluminium porphyrisé mouillé qu’on allume par l’intermédiaire de la poudre de magnésium. L’effet pyrotechnique est encore plus brillant, si possible, et il y a projection d’étincelles du plus vif éclat. A titre d’indication, citons un mélange en proportions moléculaires : 2 molécules d’aluminium pour 5 d’eau, ce seront précisément poids égaux d’aluminium et d’eau.
- 11 n’est même pas besoin de prendre tant de précautions pour avoir un effet très brillant : on peut se contenter de verser sur de l’eau de l’aluminium porphyrisé : pour des raisons diverses, soit parce que cet aluminium contient des matières grasses, soit par suite de phénomènes capillaires, le mélange avec l’eau ne s’effectue pas; cependant, si l’on verse un peu de magnésium en poudre sur l’aluminium et qu’on l’allume on a encore un effet pyrotechnique magnifique.
- Winckler avait déjà observé que le magnésium, mêlé avec la chaux éteinte et allumé, produit un effet plus brillant qu’avec la chaux vive et proposait d’employer des mélanges analogues en pyrotechnie. C’est en répétant les expériences de Winckler que je fus amené à essayer l’action du magnésium sur la magnésie hydratée, qui réussit, et de là sur l’eau pure.
- Signalons, pour terminer, une dernière réduction : l’aluminium porphyrisé réduit l’alumine elle-même; ainsi un mélange de 4 molécules d’aluminium pour une d’alumine (soit 108 parties d’aluminium pour 102 d’alumine), pro-! portions calculées pour réaliser le sous-oxyde d’aluminium de M. Pionchon, étant allumé en un point par la poudre de magnésium, réagit avec un éclat (rès vif. A. Duboin,
- Maître de Conférences à la Faculté des sciences de l’Université de Grenoble.
- NÉCROLOGIE
- M. Itaoult. — M. Raoul!, doyen de la Faculté des sciences de Grenoble, vient de mourir à l’âge de 71 ans. Correspondant de l’Académie des sciences, membre, à titre étranger, de la Société chimique de Londres et de l’Académie impériale de Saint-Pétersbourg, M. Raoult était commandeur de la Légion d’honneur.
- Son œuvre scientifique est considérable; on lui doit, notamment, la cryoscopie. L’Académie des sciences lui avait décerné le prix Lacaze pour ses travaux sur les forces électromotrices.
- M. Maxime Cornu. — M. Maxime Cornu, frère de M. Alfred Cornu, membre de l’Institut, du Bureau des Longitudes, et professeur à l’École polytechnique, vient de mourir dans sa 57e année. Il était professeur au Muséum d’histoire naturelle. C’est une perte pour les sciences botaniques. M. Cornu avait sa place marquée à l’Académie. Il avait jadis contribué à la défense contre le phylloxéra et, depuis quelques années, il avait porté tous ses efforts sur les cultures coloniales. M. M. Cornu était officier de la Légion d’honneur depuis 1895 et, à la suite du Congrès pomologique de Saint-Pétersbourg, il avait été fait'grand-croix de l’ordre de Stanislas de Russie. Il s’en va beaucoup trop tôt, très regretté de tous ceux qui l’ont approché.
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- LÀ NATURE.
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- CHRONIQUE
- Un village anéanti. — Le village de Vaglio, dans les Apennins étrusques, situé à 800 mètres au-dessus du niveau de la mer, a commencé à glisser tout à coup le jeudi 21 mars dans la vallée de la Scoltenna. Le village tout entier a disparu et là où se dressait une agglomération de 900 personnes environ s’étale maintenant un lac. À trois heures de l’après-midi, le curé de Vaglio, dont le presbytère et l’église formaient le point culminant du village, s’aperçut avec stupéfaction que son presbytère se mettait en marche et glissait sur la pente; les maisons environnantes s’ébranlèrent et descendirent à leur tour à une vitesse d’environ 25 centimètres à l’heure. On se bâta de sauver ce qui était matériellement transportable. En quelques heures on déménagea l’essentiel, puis les objets sacrés de l’église, le mobilier du presbytère, etc. Le lendemain vendredi, l’épouvante fut à son comble parce que le glissement prit de l’extension et tout le village descendit vers la vallée. Le sauvelage fut accéléré; on entraîna au loin les animaux et les paysans allèrent camper aux environs. Le glissement du sol produisit en avant des soulèvements de terre semblables à d’immer ses vagues, couvrant et engloutissant les maisons et les arbres. Dans la nuit du vendredi, le niveau de la rivière Scoltenna s’éleva brusquement et transforma toute la vallée en un lac qui a plus de 2 kilomètres carrés. On ne voit plus que de l’eau à la place où existait le joli village de Vaglio.
- Alliages d’or. — La présence de l’argent modifie très sensiblement la couleur de l'or, aussi celte propriété est-elle utilisée par la bijouterie pour obtenir des alliages de couleurs variées dont voici les principaux, d’après le
- Journal de Pharmacie et de Chimie. Composition eu Or. Argent. millièmes. Cuiv, e.
- ür vert 750 250 ))
- — feuille morte .... 700 300 ))
- — vert d’eau 600 400 ))
- — rose 750 200 50
- — anglais jaune .... 750 125 125
- — — blanc .... 750 150 100
- — — plus blanc . . 750 170 80
- | — — très blanc . . 750 190 60
- — rouge 750 » 250
- Les soudüres d’or, désignées sous le nom de soudures au quart, au tiers, au deux, sont formées, respectivement, de 5, 2 ou 1 parties d’or avec 1 partie d’un alliage composé de 2/3 d’argent et de 1/3 de cuivre.
- L’or forme aussi avec l’aluminium une série d’alliages de colorations très variées dont le plus curieux, composé de 22 p. d’aluminium pour 88 p. d’or, possède une belle teinte pourpre. Mais tous ces alliages, à texture cristalline, sont très cassants et ne peuvent être travaillés, .ce qrn n’a pas permis, jusqu’à présent, d’utiliser leurs belles colorations.
- .*
- Le prix des souris rares. — La souris ordinaire, que nous pourchassons si bien, n’a aucune valeur commerciale; cependant, parmi ces rongeurs, certains présentent des particularités qui lès font rechercher par les amateurs, aussi atteignent-ils des prix élevés. Tout dernièrement, un amateur anglais, M. Whiteson, de Manchester, a acheté 600 francs une souris au pelage noir et roux qui avait remporté le prix d’honneur à l’exposi-
- tion annuelle du « Mouse Fanciers’ Club » de Londres. Sous les auspices de cette Société, un véritable concours de soucis a lieu tous les ans dans un des faubourgs de la métropole. Deux ou trois mille petits quadrupèdes rongeurs y prennent part d’habitude, et, naturellement, les plus belles bêtes sont primées, leurs propriétaires recevant des médailles et parfois même des prix en espèces assez élevés. La souris, achetée 25 livres sterling par M. Whiteson, devait être un animal extraordinaire, si nous en croyons le journal spécial auquel nous empruntons ces détails. Jusqu’alors, en effet, le record de la valeur était détenu par une souris hollandaise à longs poils payée 7 livres sterling l’année dernière. Il y a, paraît-il, environ 450 variétés plus ou moins rares de souris que les collectionneurs anglais se disputent à prix d’or, depuis une demi-couronne jusqu’à 25 livres sterling.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- En raison des fêtes de Pâques, la séance est reportée du lundi au mardi; et par suite des nécessités de notre tirage, nous sommes obligés de renvoyer au prochain numéro notre Compte rendu hebdomadaire.
- APPAREIL A RAIDIR LES CORDES
- U n’y a pas besoin de se livrer à des occupations maritimes pour savoir que les cordes tendues ont, sous diverses influences, la mauvaise habitude de se relâcher considérablement, de prendre du mou, suivant l’expression technique. D’ailleurs, quand on les met en place et qu’on n’a pas un moulinet quelconque pour les tendre, il est pratiquement impossible d’éviter quelles ne lassent une courbe très prononcée dont la flèche s’accuse encore sous une charge : c’est le cas tout particulièrement pour les cordes où l’on fait sécher le linge.
- C’est pour celles-ci qu’a été imaginé particulièrement le petit appareil à raidir dont nous voulons parler et dont nous donnons une figure. Disons tout de suite qu’il a l’avantage considérable detre de faibles dimensions (une quinzaine de centimètres de longueur), de ne coûter que fort peu, et enfin d’être extrêmement robuste, sans aucune partie mobile susceptible de se briser ou de mal fonctionner. Il est, comme on le voit, composé d’une tige en fer qui comporte à une de ses extrémités deux autres petites tiges perpendiculaires, autour desquelles on enroule le mou de la corde, comme l’indique la gravure. L’autre bout de la tige se termine par une poignée garnie de bois, analogue à une manivelle, et dont le rôle est effectivement le même. Quand on a tourné la corde en S autour des deux tiges verticales, si l’on vient à donner un mouvement de rotation d’un demi-tour ou davantage à la manivelle, la corde commence de s’enrouler autour de ces tiges; c’est le mou de cette corde qui est ainsi absorbé, et quand on juge le raidissement suffisant, on n’a qu’à glisser une des parties libres de la corde sous le cabillot fixé sur la grande tige de l’appareil.
- C’est précisément ce que montre la gravure ci-
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- LA NATURE.
- jointe; dans le cas qui est figuré ici, l’appareil aurait tendance, sans le cabillot, à se détourner vers l’arrière. On comprend que ce petit dispositif
- Apitareil à raidir les cordes.
- si simple a un bras de levier suffisant pour raidir un cordage, ou un fil de fer, de la façon la plus absolue; il pourrait même exercer une traction à le briser.
- L’OR DANS LES SABLES DU GARD
- Quelques lignes seulement à l’appui des photographies ci-jointes, détachées de vues stéréoscopi-
- Fig. 1. — Atelier d’orpaillage des sables du Gard.
- ques et dont l’une représente un atelier d’orpailleurs, et les deux autres des vues dans les gorges ou canons du Gard, rivière qui roule des paillettes d’or. (Dernier affluent de droite du Rhône.) D’après M. E. Dumas, qui décrit le lavage simple, dit à la sébille, les paillettes d’or que roulent le Gard et la Cèze proviennent exclusivement du conglomérat houiller.
- Voici une équipe d’hommes du pays ; ils ont installé un atelier dans les gorges du Gard à 50 kilomètres des lieux d’origine de l’or.
- Les sables et graviers sont extraits à la pelle et amenés par brouette au bord de l’eau. Là un plan incliné en bois formant gouttière, large de 50 centimètres, surmonté en tète d’une trémie à grosses mailles (toile métallique), est recouvert sur toute sa longueur, 2m,50 environ, de carrés de molleton en laine à longs brins. Un petit canal conduit l’eau de la rivière au pied de l’atelier à portée des ouvriers. Le reste est facile à deviner : 1° un des ouvriers
- verse dans la trémie, à l’aide d’un panier, une charge de sable et gravier; 2° à l’aide d’un puisard en métal, un second ouvrier arrose, à deux et trois reprises, le contenu de la trémie; les graviers sont lavés et les sables entraînés viennent passer sur la laine que surveille un garçon : les paillettes s’y arrêtent ; 5° à plusieurs reprises dans la journée, les carrés de molleton sont lavés à grande eau, dans la cuve en bois qui figure au premier plan, et c’est là qu’en dernier lieu, à l'aide d’une trémie à maille fine (en cuivre) et armé d’une sébille évasée (voir à la loupe)
- Fig. 2. — Vue d’un canon du Gard.
- le dernier ouvrier orpailleur récolte les paillettes du précieux métal.
- L’isolement de l’or n’est point, il va sans dire, absolu, et, dans les mouvements alternatifs imprimés à la sébille, l’or reste mélangé à des lamelles de mika, à du platine — dit or blanc — et surtout à de l’hydrate de fer. Il y a là une grande cause de perte.
- Cette industrie peu rémunératrice ne sera bientôt
- Fig. 5. — Vue d’un autre canon du Gard.
- plus qu’un souvenir, et c’est pour cela que nous avons cru intéressant de rappeler son existence. (
- Roger Ducamp.
- Inspecteur adjoint des Eaux et Forêts. Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- .v 145 r».
- 2ü AVRIL 11)01.
- LA NATURE.
- 521 /&'
- LES CONDUITES D’EAU EN BOIS
- Les Américains ont toujours eu pour principe, en face d’un problème industriel ou commercial à résoudre, d’employer pour cela le moyen le plus simple, le plus primitif au besoin, mais le plus rapide, de manière à y satisfaire immédiatement; ils en sont quittes ensuite pour modifier l’installation première et la perfectionner lorsqu’ils ont pu constater que les bénéfices que l’on en tire sont susceptibles de payer elfectivement ces
- Fis. 1.
- Mandrin de montage et appareil de serrage des cercles du système Budicoom.
- dépenses nouvelles. On sait combien ils ont employé fréquemment les trestles, les charpentes de bois, pour donner passage à des ponts, des routes, ou à des canaux d’irrigation. C’est dans le même esprit que, quand se fondaient les villes du Far West, ils les dotaient tout de suite de trottoirs, en bois il est vrai, qui ne devaient pas avoir la durée de nos trottoirs de granit, mais qui du moins permettaient dès le début une circulation facile, alors que, en Europe, une ville ainsi improvisée fut demeurée des années sans le moindre trottoir. De la même façon, et aussi pour tirer parti des res- . sources précieuses que leur offrent leurs magnifiques forêts, les Américains se sont mis à faire usage constant des
- un
- conduites et tuyaux de bois pour transporter des volumes d’eau considérables, comme lorsqu’ils créent un réseau d’irrigation. Les bois les plus fréquemment employés sont le sapin jaune du Texas et le bois rouge du Canada, et comme ces bois sont en somme fort résistants,
- Fig. 2. — Assemblage à créneaux.
- 2.BI8U0TH£
- surtout quand ils sont complètement noyés dans la terre, il arrive le plus souvent que les conduites
- qu’ils servent à faire sont plus durables et moins coûteuses que les tuyaux d’acier, qui se piquent assez rapidement, et même que ceux en poterie. Les conduites en bois ont l’avantage de ne point s’incruster, de se prêter facilement aux tassements de terrain par suite de leur élasticité ; nous pourrions citer des tuyaux de cette sorte absolument intacts
- après plus de cinquante années. Assurément une conduite en fonte aurait une durée encore plus considérable et de beau-- ---CT - coup, mais il ne faut
- . pas oublier que le prix
- - -V'" en est autrement élevé, et que de plus, dans une installation agricole, on a, avec le bois, les matériaux le plus généralement tout rendus à pied d’œuvre.
- Essentiellement ces conduites se font au moyen de douves de belles dimensions, qui sont en réalité des madriers légèrement creusés en courbe et assemblés au moyen de cercles de fers serrés par des écrous convenables. L’espacement des cercles et leur serrage varient comme de juste avec la pression, le diamètre de la conduite et aussi l’espèce de bois employée ; il est prudent du reste de ne pas exagérer le serrage ; enfin il faut, à ce point de vue, se livrer à quelques calculs, nécessaires mais faciles, avant de se mettre à la construction de ce genre d’ouvrage tout particulier. En plus des cercles de serrage, on prend des
- 21
- 59e .innéo. — F'1 siwslrc.
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-
-
- 322
- LA NATURE.
- précautions pour que les douves ne se déplacent point quand on les assemble, ni apres, et le plus fréquemment on les emboîte, comme dans le système Allen, au moyen d’une petite feuillure qui se loge longitudinalement dans deux rainures ménagées sur la tranche des deux douves voisines ; pour empêcher encore la séparation des douves et surtout la production de craquelures et de fissures dans une seule et même douve, on trace à la scie un trait dans les extrémités des douves, et on y enfonce une lame de fer de peu de hauteur, qui se trouve décrire comme une corde du cercle formé par une section transversale de la conduite. Généralement ces tuyaux se construisent dans une tranchée, et on
- Fig. 5. — Modes île serrage des cercles des conduites.
- 1. Type à deux écrous. — 2. Type à étrier et à un seul écrou. 3. Autre type à deux écrous (A, axe de la pièce; BB, sabot et écrou).
- commence alors par rassembler les douves sur deux formes en U, distantes de trois mètres ; on dispose à l’intérieur des premières douves un cercle calibré qui va servir à poser les douves de la partie supérieure du tuyau; on procède à un premier serrage de l’ensemble pour mettre en place les cercles métalliques, et on achève le serrage en agissant sur les écrous de ces colliers métalliques. Nous devons faire remarquer que naturellement il faut prévoir un assemblage solide des sections successives de la conduite, et que dans ce but les douves de ï’extrémité de la première section sont coupées de telle sorte qu’il y en a toujours une plus courte que l’autre sur deux qui se touchent, si bien que finalement l’aspect du bout de la section rappelle la disposition en créneaux, avec indentations profondes.
- On comprend qu’en disposant les douves du commencement de la section suivante de façon inverse, on arrive h obtenir un emboîtement parfait et des plus solides. Nous avons parlé des écrous de serrage des cercles : en réalité ils se présentent sous la forme de sabots de tension de formes un peu variables (fig. 3), mais où l’on retrouve d’ordinaire deux écrous qui prennent appui sur des oreilles dépendant du sabot et se vissant sur les extrémités filetées des cercles.
- Comme conduite de bois monstre établie aux Etats-Unis, nous pourrions citer celle d’Ogden, dans l’Utah, qui amène l’eau à une station hydro-électrique, et qui n’a pas moins de lm,85 de diamètre.
- Mais voici que les tuyaux de bois commencent de faire leur apparition en Europe, et comme c’est tout à fait une nouveauté et que la confection de la conduite que nous avons en vue a été menée d'une manière un peu différente de celle que nous venons d’expliquer, il nous semble intéressant d’insister plutôt sur la distribution d’eau pour laquelle on a eu recours à ce procédé tout américain.
- Cette installation a été faite sur la propriété de M. H. Budicoom, dans le pays de Galles, et elle a pour but d’amener l’eau dans une série de fermes dont la plus éloignée est à près de 3 kilomètres du point où l’on prend l’eau. Tous les outils nécessaires pour confectionner cette conduite ont été fabriqués par le charpentier et le serrurier de la propriété et sous la direction du propriétaire, qui est un ingénieur distingué ; ils ont coûté une cinquantaine de francs, et enfin la pose même de la conduite se faisait à raison de près de 15 mètres par jour.
- Ici le tuyau n’a que 0m,25 de diamètre et il est fait de tout petits madriers de pin qui ne doivent présenter aucun nœud pour ne pas se laisser produire la moindre fuite ; il y a seize de cés madriers mis côte à côte, dont l’intérieur est demeuré plat, tandis que la surface extérieure a été dressée convenablement. Tous les 30 centimètres ils sont serrés les uns contre les autres au moyen de cercles en fer, maintenus par un écrou dont le serrage était opéré par l’appareil à manivelle que nous voyons en place sur la section de tuyau que représente la gravure de la p.321 (fig. 1 ); ce sont de véritables bordés dont l’étanchéité est obtenue au moyen d’une petite cordelette qui est serrée entre leurs joints. La gravure montre fort bien la disposition de ces madriers : ils sont établis de manière que leurs extrémités respectives forment les marches successives d’un escalier tournant, et cela a été réalisé aisément au début, grâcQ à ce fait qu’on a d’abord pris des madriers coupés à des longueurs croissant régulièrement d’un pied. Quand ensuite on a continué l’opération en posant une seconde section, on n’a eu qu’à prendre des madriers de longueur uniforme; comme ils venaient's’appuyer sur les extrémités des précédents, ils ont formé à leur tour une sorte de section spirale, ce qui donne naturellement une solidité toute particulière au joint, et encore bien davantage qu’avec la
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- combinaison à redans que nous avons vue tout à l’heure dans le système américain ordinaire. Nous n’avons pas à faire remarquer que, quand on arrive à la dernière section, on procède de façon inverse, et cela en coupant des madriers de longueur décroissante pour compléter la conduite.
- Une idée originale dans ce travail consistait dans le dispositif que l’on avait adopté pour former mandrin, et sur lequel s’assemblaient les douves. Au bout intérieur de ce mandrin était un cercle à dilatation que l’on pouvait élargir pour qu’il prît exactement le diamètre interne de la conduite, et qu’on contractait ensuite pour le retirer ; en avant se trouvait un cercle de bois comportant extérieurement un ressort à boudin que le dessin laisse voir très nettement, et qui servait à maintenir en place les extrémités des madriers au moment où l’on venait de les insérer dans les indentations de la conduite déjà posée.
- Tout le maniement de ces instruments si simples est assez facile à comprendre pour que nous n’y insistions pas davantage ; mais du moins attirerons-nous l’attention sur le rôle précieux que peuvent jouer ces canalisations en bois, aussi faciles à poser que solides, durables et peu coûteuses. Pierre de Mériel.
- LE CHEMIN DE FER ÉLECTRIQUE AÉRIEN
- DE BERLIN
- Comme la plupart des grandes villes, et d’autant plusquesa population s’accroît très rapidement, Berlin a vu bien vite devenir insuffisants les moyens de transport, pourtant fort abondants, qu’on y a établis depuis un quart de siècle. Nous n’avons guère besoin de rappeler que, en dehors des lignes innombrables de tramways et d’omnibus, la capitale de l’Empire allemand possède deux sortes de chemins de fer métropolitains : l’un est le chemin de 1er urbain ou Stadtbahn, et l’autre est le circulaire ou Ringbahn. Comme ils étaient depuis plusieurs années dans l’impossibilité de suffire au trafic qui se fait dans la métropole, et que d’ailleurs il ne fallait pas songer à encombrer davantage les rues, on se voyait forcé de songer à des lignes aériennes (analogues aux fameux elevated de New-York), ou souterraines comme celles de Londres. On est en train de mettre à exécution la première partie du programme, et on s’attaquera ensuite à la seconde, comme l’indique le plan que nous donnons des nouvelles voies ferrées urbaines de Berlin (fig. 1). (
- C’est en 1895 que la fameuse maison Siemens Ilalske obtint la concession d’une voie ferrée électrique, s’étendant de l’est à l’ouest, et lançant un embranchement dans le sud et le sud-ouest, voie surélevée dans Berlin et souterraine dans Charlotten-bourg, l’autorisation devant être du reste demandée simultanément à ces deux villes, et en outre à celle de Schoneberg. Les municipalités intéressées s’engageaient à ne point constritire de lignes concur-
- rentes ; mais par contre les constructeurs ne devaient considérer ces voies que comme la première partie de tout un réseau de communications électriques. Bien entendu, la maison Siemens Ilalske a fondé une société dite des voies ferrées aériennes et souterraines électriques de Berlin, dont le capital est de 25 millions de marks.
- La concession spécifiait que la ligne s’étendrait du Pont Warschauer au Jardin Zoologique, mais avec un embranchement sur la gare de Potsdam, que le chemin de fer serait à traction électrique, à écartement normal et à deux voies, et que la vitesse maxima y serait de 50 kilomètres. Sur la carte que nous donnons, on verra aisément qu’un raccordement triangulaire permet le passage direct des voitures de ce petit métropolitain vers la gare de Potsdam. En fait, c’est de cette gare que partent les trains dans chaque direction et toutes les cinq minutes, cet intervalle devant être raccourci quand le trafic l’exigera. La partie aérienne du tracé aura 10 stations et la portion souterraine 5, la longueur totale de la ligne sera de 10k,4, dont 8k,8 sur le territoire de Berlin et 0k,2 sur celui de Schoneberg, tandis que le reste se trouvera dans la ville de Char-lottenbourg. La concession accordée à la Compagnie est de 90 ans, et ce moyennant des redevances sur les recettes, redevances dont nous ne donnerons pas le quantum, mais qui sont établies proportionnellement au montant des recettes. De plus, les villes se réservent le droit de racheter le chemin de fer au bout d’un certain temps.
- Au point de vue de la construction même de la voie, nous dirons que la plate-forme en a une largeur de 7 mètres environ, et que les deux voies sont écartées de 5 mètres d’axe en axe. Sur certains points on n’a pas craint d’adopter des courbes de faible rayon, comme pour le raccordement triangulaire dont nous parlions tout à l’heure et où ce rayon descend à 90 et 80 mètres ; de plus, sur la longueur totale de la ligne, les courbes représentent les 27 pour 100, en se tenant généralement à un rayon de 100 mètres. La hauteur des voies au-dessus du sol des rues est déterminée par les règlements de police, qui exigent une hauteur libre d’au moins 2"',8. D’ailleurs, sur certains points, cette hauteur est bien plus considérable, et c’est ainsi qu’elle atteint 4"',8 là où le chemin de fer passe par-dessus le Ringbahn. L’infrastructure de ce chemin de fer est généralement formée de viaducs métalliques, et l’on n’a eu recours à des piles en maçonnerie que là où l’on installait des dépôts de matériel ou quand on avait à traverser un bras de rivière ; sur certains points on a établi des viaducs entièrement en pierre, pour éviter le bruit quand la ligne se trouvait passer entre deux rangées de maisons. Pour les portions des via-ducs qui sont supportées par des piles métalliques, chaque voie est placée sur’ une poutre longitudinale unique qui repose sur une seule rangée de piles, et, d'une façon générale, autant que le permettaient les conditions spéciales où l’on se trouvait, ces piles
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- kA NATÜKE.
- principales sont à 3,n,50 les unes des autres. Par-lois, du reste, et quand on se trouvait dans des quartiers riches que Ton ne voulait point déparer, on a dù songer à modifier quelque peu le système de construction pour le rendre plus élégant (fig. 3). On a pris des mesures pour que jamais les voies ne pussent, durant les pluies, s’égoutter sur la voie publique et sur les passants circulant en dessous, et c’est dans ce but que toute la ligne est munie d’un platelage étanche en tôle de fer, qui est, en outre, recouvert de sable afin de diminuer considérablement le bruit ; ces tôles ne supportent rien, mais consolident la construction, et leur drainage se fait dans des tuyaux qui se déversent dans les égouts.
- Quelques-uns des travaux de ce chemin de fer ont été fort intéressants : tel a été le cas pour un viaduc de 78 mètres de portée et de 8 de large que l’on devait établir au-dessus d’un pont de voie ferrée
- ordinaire sans gêner aucunement le trafic de celle-ci. On le construisit sur des sortes de charpente le maintenant à 5 mètres au-dessus de ses supports naturels, puis, en faisant jouer des vérins hydrauliques, on le descendit tout d’une pièce sur les support*1 dégagés de la charpente métallique provisoire. En un point, la partie du chemin de fer qui se dirige sur le Jardin Zoologique se trouve traverser la gare du chemin de fer de Potsdam sur une longueur de 269 mètres, et en cet endroit on a pris des dispositions qui permettront de changer les voies de place si cela est jugé ultérieurement nécessaire. L’établissement du raccordement triangulaire, dont nous avons déjà parlé à plusieurs reprises, a été assez intéressant, parce qu’il fallait y assurer la circulation des trains dans tous les sens de manière pour ainsi dire simultanée, afin de satisfaire aux besoins du trafic, et c’est tout un enchevêtrement fort bien
- Jjjrfo HJT. u, C\
- Fig. 1. •— Plan du nouveau métropolitain de Berlin et des anciennes lignes.
- conçu par l’ingénieur Kemmann, enchevêtrement qui a évité des croisements de voie constituant toujours un danger avec une circulation intense.
- La distance moyenne entre les stations est de 930 mètres ; mais certaines ne sont qu’à 340 mètres l’une de l’autre, tandis que deux de ces stations, celle de la rue de Potsdam et celle de la place du même nom, sont distantes de 1940 mètres (c’est qu'en effet dans cette partie de son tracé le chemin de fer métropolitain traverse la gare de Potsdam et ses annexes). L’architecture des stations est fort simple et s’harmonise avec l’aspect même du viaduc ; ces stations sont disposées dans l’axe des rues le plus souvent, de façon à ne point troubler le trafic ordinaire. Les quais d’embarquement sont de chaque côté du bâtiment d’accès des voyageurs; en ce point la plate-forme totale a une largeur de 10m,50 et est couverte d’un toit en tôle ondulée sur une longueur de 50 mètres, la gare s’étendant d’ailleurs sur 30 mètres de plus sans être couverte ; la hauteur des quais est de 0m,85 au-dessus des rails. Les gares
- que l’on désigne sous le nom de dépôts, et qui servent à la formation des trains, sont plus compliquées de construction, en ce sens qu’elles comportent un restaurant, une grande salle d’attente, des magasins, etc. La plus importante des stations, qui n’est pas encore finie, sera celle du terminus au Pont de YVarschauer; elle n’aura pas moins de 300 mètres de long sur 26'",50 de large, elle sera complétée par un dépôt de trains en formation long de 80 mètres, et enfin par une remise à matériel pouvant abriter 12 trains de 45 mètres chacun. Ajoutons qu’au rez-de-chaussée on trouvera des ateliers reliés aux voies supérieures par des ascenseurs électriques.
- Nous ne dirons pour ainsi dire rien de la partie souterraine de ce métropolitain, qui n’est qu’à peine commencée : elle comportera deux stations, celle de la Place Wittenberg et celle du jardin Zoologique, qui formera station terminus provisoire, et touchera le Chemin dit Stadtbahn. On descendra par des escaliers dans ces stations qui ne seront qu’à 3m,50; quant à la hauteur même du tunnel, elle atteindra
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- 5m,50, sur une largeur tolale de 6m,25, mais partagée en deux par une rangée d’appuis soutenant la voûte. En réalité, il n’y aura pas exactement une voûte, mais des poutres droites supportant le pavage de la rue, avec interposition d’une couche de ciment et d’asphalte pour arrêter les eaux d’infdtration ; les pieds-droits et la cunette seront en béton de ciment. Ces pieds-droits sont construits d’abord, puis les poutres sont mises en place dans des excavations où l’on ne peut travailler que la nuit, ces excavations devant le jour, au moins dans les rues fréquentées, être recouvertes de planchers en charpente.
- Avant de finir, nous donnerons
- Fig. 2. — Une gare du métropolitain.
- quelques détails sur la superstructure et le matériel roulant. Les rails sont du poids de 28 kilogrammes et de 115 millimètres de haut, mais on a adopte' des types de 180 millimètres et de 43 kilogrammes là où ils se supportent par eux-mêmes sans interposition de traverses intermédiaires, comme cela se produit sur certaines parties des viaducs. Ils sont isolés de la construction métallique par des blocs de bois et des couches de feutre. Les conducteurs distributeurs de courant sont formés, au moins quant à présent, de rails nus placés au milieu de chaque voie. Les voitures, qui se trouvent être déjà au nombre de 63, dont 21 remorquées,
- Fig. 3. — Viaduc métallique dans les quartiers riches.
- sont montées sur deux trucks à quatre roues, dont les essieux sont écartés de 2 mètres; le corps de ces véhicules est long de 15 mètres sur 2m,3 de large et 2m, 18 de haut. Le poids total sur les essieux moteurs est de 6 tonnes, et sur les essieux porteurs de 4 à 4 tonnes 1/2. Les voitures motrices peuvent prendre 40 personnes et les autres 60, si bien que la capacité d’un train composé de deux voitures motrices et d’une remorquée sera de 140 personnes, ce qui est peut-être un peu faible. L’usine de force motrice, qui est presque terminée, comporte à son rez-de-chaussée trois machines à vapeur d’une puissance de 900 che-
- Fig. 4. — Traversée de la Sprée Sur un des ponts existants.
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- vaux chacune; elles commandent trois dynamos à courant continu de 800 kilowatts. A l’étage supérieur sont 6 chaudières, à tubes d’eau ; enfin, au-dessus, est le charbon dans des silos métalliques en entonnoir d’où il s’écoule naturellement et assure l’alimentation automatique des foyers.
- Tout ce réseau métropolitain est des plus intéressants, et il rendra les plus grands services aux habitants dé Berlin et de la banlieue. 1). Bei.let.
- A QUELLE HEURE SE LÈVENT LES ÉTOILES
- Les problèmes d’astronomie demandent des connaissances mathématiques assez étendues : en général, cependant, l’énoncé en est simple et la solution de nature à intéresser les personnes les moins versées dans les abstractions scientifiques, pour peu qu’elles aient quelque souci de ce qui se passe dans le ciel. Qui ne s’est demandé, par exemple, en contemplant les belles étoiles qui illuminent notre horizon, à quelle heure elles y apparaissent chaque jour?
- Voici, à cette question, une réponse approchée qui, sans être d’une pratique très simple, est du moins à la portée de tout le monde : elle ne demande qu’un calcul facile et une construction géométrique plus longue à exposer qu’à mettre en œuvre.
- Nous supposerons que nous avons à notre disposition une bonne carte stéréographique du ciel, telle qu’il s’en rencontre dans quelques traités élémentaires de cosmographie et nous prendrons tout d’abord pour exemple une étoile de l’hémisphère boréal; soit Aldébaran, cette belle étoile appelée aussi l’Œil du Taureau et qu’on a prise comme type des étoiles de première grandeur, bien qu’elle ne soit pas la plus brillante du firmament. Nous la trouverons sur notre carte entre IV et V heures et un peu à l’intérieur du cercle le plus voisin du bord de la carte (fîg. 1). Pour nous entendre, appelons-la E; nous appellerons EjEP la droite qui la joint au pèle, Pc la perpendiculaire à cette droite, E4f la tangente au cercle en Et et eEm la droite qui joint l’étoile au point e.
- lr* opération : joindre le pôle P au point rn et prolonger cette droite Pm jusqu’à sa rencontre t avec la tangente, puis projeter le point t sur Pc en t, au moyen d’une parallèle à EJ1.
- 2e opération : faire un angle CQP égal à la latitude du lieu, de façon à placer c du côté opposé à l’étoile E relativement au pôle. On pourra, si l’on se propose de répéter plusieurs fois la construction, fabriquer à son usage et pour le lieu qu’on habite, une équerre en carton fort, ayant l’inclinaison voulue.
- Enfin on mènera par c (dans le sens des heures décroissantes à partir de E,) une perpendiculaire à PE qui coupera l’équateur en II. Un calcul simple suffit maintenant pour donner la solution du problème. Tout le monde a un calendrier à sa disposition : on y prendra le numéro d’ordre du jour dans l’année; on multipliera ce nombre par 4 minutes; on retranchera du produit :
- 1° Les ^ du n° d’ordre ; 2° une quantité fixe de 5h20ml.
- Ce calcul donnera un nombre d’heures et de minutes qu’on comptera sur la carte à partir de 0 heure et dans le sens naturel des chiffres. L’opération nous conduira
- 1 Si l’opération devait donner un résultat négatif, on ajouterait tout simplement 565 au numéro d’ordre du jour dans l’année.
- en S par exemple. Pour avoir l’heure du lever, nous n’aurons plus qu’à compter, sur le cercle et dans le sens naturel des chiffres, le nombre d’heures qui sépare le point S du point H. C’est l’heure cherchée. Précisons pour l’étoile choisie : nous supposerons que nous sommes à Toulon dont la latitude est 45° environ : supposons encore que nous voulons connaître l’heure du lever le 25 décembre 1900.
- Le point II déterminé comme il vient d’être dit est
- -XVIII
- XXII
- XXIII
- tombé (fig. 1 ) entre XXI heures et XXII heures : il s’agit de placer le point S.
- Le numéro d’ordre du 25 décembre est 559.
- Multiplié par 4 minutes il donne . . 1436 minutes.
- J’en retranche : —
- 1 40Ü u'y 9^^ 9
- 2° 5\20 ou 320m
- au total........341™,54 ou 342 —
- Ce qui donne...........» . . . . 1094 minutes.
- ou 18 heures 14 minutes.
- Le point S sera donc placé entre XVIII et XIX (fig. 1). L’arc SH marque l’heure cherchée. Nous compterons 1 sur XX, 2 sur XXI, puis nous ajouterons :
- 46 minutes pour tenir compte de l’arc S XIX.
- 27 minutes pour l’arc XVI II apprécié à l’estime aussi exactement que possible, ce qui en définitive nous donne pour le lever de l’étoile à Toulon, le 25 décembre 1900, 3 heures 13 minutes.
- Toutefois, il faut remarquer encore que nos montres, à Toulon, ne sont plus réglées sur l’heure de la ville, mais sur celle de Paris, ce qui veut dire qu’elles retardent de 14 minutes environ, valeur approchée de la longitude qui nous sépare de cette dernière ville : elles marqueront donc 2h59 du soir au moment où Aldébaran fera son apparition sur notre horizon1.
- La construction nous fournit un autre renseignement: en mesurant l’arc qui sépare S de E0 dans le sens naturel des chiffres, nous aurons l’heure du passage de l’étoile au méridien. Dans le cas actuel, ce sera 10h 16 du soir, diminué de 14 minutes, ou 10K 2 du soir2.
- 1 L’heure exacte de l’apparition est 2h 56“ 308. En réalité, — et s’il faisait nuit à ce moment — nos yeux percevraient l’étoile un peu plus tôt, à cause de la réfraction.
- 2 L'heure réelle est 9h59“58',0. La différence entre les heures trouvées et les heures exactes tient : en partie à ce que le dessin ne comporte pas la même précision que le calcul;
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- II ne s’est agi jusqu’à présent que de l’hémisphère boréal : l’hémisphère austral donnera lieu à des opérations analogues, avec cette seule différence que le point G devra se trouver sur la ligne EJ1 du même côté que l’étoile par rapport au pôle.
- Exemple : cherchons l’heure du lever à Toulon, le 25 décembre, de Fomalhaut du poisson austral : cette belle étoile, où viennent mourir les dernières ondes du Verseau, se trouve entre XXII et XXIII heures, et près du 2e cercle à partir du bord de la carte, en E (fîg. 2).
- La construction indiquée nous conduira en II; le point S sera situé comme plus haut entre XVIII et XIX ; l’arc SU nous donnera l’heure du lever de l’étoile, 50 minutes moins 14 ou 56 minutes après midi1. Le passage au méridien aura lieu à 4h24, heure donnée par l’arc SE, diminué de 14 minutes.
- Les considérations qui précèdent sont la traduction des formules suivantes qu’il serait peut-être un peu long d’établir ici.
- Le passage au méridien a lieu à une heure marquée par
- Me — Ts ou, suivant le cas, par Æe — Ts + 24h dans lesquelles Me représente l’ascension droite de l’étoile, Ts le temps sidéral.
- La durée d’apparition est donnée :
- pour l’hémisphère boréal par
- _, , r. — arc cos (Tq D IV/ A)
- 24 heures--------------—------'-L—i ;
- pour l’hémisphère austral par
- 0, , arc cos (Ta D Tq A)
- 24 heures---------—--------—-
- %
- dans lesquelles D désigne la déclinaison de l’astre, A la latitude du lieu.
- Si la détermination de l’heure par le procédé indiqué présente une certaine complication, on peut au moins retenir des considérations précédentes un moyen très
- XVII
- XVIII
- xxir^
- Fi"-. 2.
- simple de déterminer l’heure du passage au méridien. Après avoir placé le point S, comme il a été dit ci-dessus, il suffit en effet de mesurer l’arc qui le sépare du. point
- en partie à ce qu’il ne tient pas compte de la différence entre les heures solaire et sidérale. Il conviendrait de diminuer les heures trouvées de 4/100 de leur valeur : mais les erreurs du procédé sont supérieures à cette correction dont il n’y a pas lieu de se préoccuper.
- 1 L’heure exacte est 35ml6',1. |
- E1( obtenu sur l’équateur, en joignant l’étoile au pôle.
- Au surplus, nous n’avons pas toujours besoin d’une très grande précision et il peut nous suffire de savoir en gros si le lever de l’astre a lieu le soir, la nuit, le matin ou le jour. Le point II peut alors être placé approximativement en suivant tout simplement par l’esprit la construction indiquée, sans la tracer réellement sur le plan. 0. Noir.
- LE TABAC DANS LTLE DE CUBA
- Le tabac possédant l’arome le plus fin pousse à Cuba dans la région qui avoisine la Havane et qu’on nomme Vuelto-Abajo. On en rencontre également dans d’autres parties de l’île, mais de qualité inférieure. Le prix des feuilles oscille entre de larges limites; alors que celles de grandes dimensions et assez élastiques pour servir de couverture aux cigares de luxe valent environ 50 francs le kilogramme sur les lieux de production, les petites qu’on hache pour faire des cigarettes ne se vendent guère plus de 6 francs. Au point de vue commercial, on partage le tabac havanais en 17 variétés suivant la largeur, la couleur et la finesse des feuilles. Au moment de la récolte, les cultivateurs ont soin de les distribuer selon ces catégories et, après séchage, de les réunir en mano-ques homogènes. Pour l’expédition, ils confectionnent des balles pesant environ 50 kg et formées régulièrement avec 80 de ces petites, bottes recouvertes d’épaisses feuilles de palmier et protégées, en outre, par une enveloppe extérieure.
- En temps normal, nous apprend un rapport de M. Gus-tavo Bock, consul général anglais, la production totale de la « Perle des Antilles » est de 560 000 balles, soit environ 28 000 000 de kg se décomposant comme il suit : 260 000 balles à Pinar-del-Rio, 70 000 à la Havane et à Partido, 150 000 à Las Villas et à Santa-Clara et 100 000 balles à Alayari et à Gibara. Mais ces chiffres pourraient s’accroître beaucoup, car rien que dans la province de Vuelto-Abajo de nombreux terrains restent incultes. Il suffirait d’accorder la sécurité aux capitalistes pour voir le nombre de balles s’élever annuellement à 500 000. Quant à la consommation locale fen cigares, cigarettes ou paquets de tabac, elle est assez importante puisqu’elle se monte à 220 000 balles pour l’île entière. Le reste est exporté soit en feuilles, soit manufacturé. Cependant, même sous les auspices de la paix, le gouvernement américain aura de nombreuses mesures à prendre pour assurer au planteur et à l’industriel une vente rémunératrice. Il devra maintenir en particulier les règlements édictés par l’Espagne concernant l’interdiction d’introduire dans la colonie le tabac étranger en feuilles. De la sorte on empêchera l’importation de produits inférieurs par des commerçants sans scrupule qui, après avoir confectionné des cigares plus ou moins falsifiés, les réexporteraient comme d’authentiques Havane. Sans doute cette pratique enrichirait les fraudeurs, mais elle porterait un coup funeste au juste renom du tabac cubain.
- Pour protéger la fabrication il faudra, d’autre part, diminuer les impôts qui écrasent actuellement la colonie et qui ont eu pour effet une diminution graduelle de sa production depuis une dizaine d’années. Ainsi, en 1889, le nombre des cigares exportés de la Havane était de 250 000 000; en 1897, il tomba à 125 417 000. Toutefois, l’an dernier, il paraît s’être quelque peu relevé. Jacques Boyer.
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- LA NATURE.
- PHOTOGRAPHIE
- l'HOTO-CA RTOUC I [ E-LORG N ETTE
- ADAPTATEUR GUÉXAULT TRAXSFORMAXT LES KODAKS pour l’emploi DES PLAQUES
- Parmi les nouveautés photographiques qui surgissent ordinairement à ce moment de l’année, nous en avons remarqué quelques-unes qui méritent d’attirer l’attention et qui comportent quelques dispositions vraiment inédites. La Photo-cartouche (fig. 2) est une jumelle, imaginée par M. Schlésinger et construite par M. Gillon ; elle a la forme ordinaire avec magasin à tiroir pour l’escamotage des plaques, mais ce qui la caractérise principalement, et justifie son nom de cartouche, c’est la façon dont se fait le chargement. On met comme d'habitude les plaques dans de petits châssis métalliques; mais ceux-ci, au lieu d’être placés directement dans le tiroir, sont mis tout simplement les uns sur les autres dans une boîte 1) (n° 4) qui ne comporte aucun mécanisme ; c’est cette boite qui constitue la cartouche. On peut en avoir un certain nombre de rechange et on a ainsi la faculté de recharger son appareil en pleine lumière, ce qui ne peut, en général, se faire qu’avec les pellicules en bobine. Cette cartouche est, en effet, complètement fermée de tous côtés, mais une fois qu’elle est en place dans le tiroir de la jumelle, on enlève les deux volets qui en formaient les fonds, et les plaques P (n° 5) ainsi libérées prennent contact avec ce qu’on peut appeler le mécanisme extracteur logé dans le tiroir. Deux crochets C s’emparent de la plaque supérieure, celle qui vient de poser, et quand on tire la poignée elle est entraînée puis saisie par deux leviers qui la conduisent au fond B, quelle que soit la positioû de l’appareil, de sorte que quand on repousse la poignée elle passe sûrement sous les autres dans la cartouche. Lorsque les 12 plaques sont impressionnées, on referme celle-ci au moyen des volets, qui provisoirement avaient trouvé leur place dans un logement ménagé à cet effet dans le fond de l’appareil ; on peut alors retirer impunément la cartouche en plein jour et la remplacer par une autre. Cette faculté permet de considérer le magasin comme indéfini, le nombre^e
- plaques n’étant limité que par la quantité de cartouches qu’on peut loger dans ses poches ou dans un sac spécial ; leur prix est peu élevé puisqu’elles ne comportent pas de mécanisme.
- L’obturateur (n° 2) mérite aussi une mention particulière, car il sort de la banalité surtout par la façon dont se règle le temps de pose. C’est un obturateur à deux volets L coulissant l’un sur l’autre, ne démasquant pas l’objectif quand on l’arme; il permet de faire à volonté la pose ou l’instantané. Dans cette dernière position le ralentissement de vitesse est réglé par un papillon 11 qui tourne comme dans les mouvements d’horlogerie, et c’est le temps plus ou moins long, pendant lequel il peut tourner, qui règle la vitesse de l’obturation. On arrive ainsi à une détermination très précise du temps d’ouverture de l’objectif et on peut obtenir une graduation
- certaine et invariable , ce qui n’arrive pas avec les obturateurs où la vitesse est réglée soit par la tension plus ou moins grande d’un ressort, soit par la friction plus ou moins énergique d’un frein.' L’ouverture et la fermeture de l’objectif se font toujours brusquement, quelle que soit la vitesse pour laquelle on ait réglé l’appareil; c’est là une excellente condition de rendement. La mise au point se fait par le déplacement de la planchette porte-objectif, au moyen d’un bouton M (n° 1) agissant sur une crémaillère; un emboîtage spécial assure une immobilité absolue de cette partie de l’appareil même quand elle est avancée le plus possible, pour la mise au point à 1* mètre. Le décentrement, ne se fait pas, comme dans tous les appareils, par le déplacement de l’objectif, ici c’est le magasin M tout entier qui se déplace, et, en faisant ainsi, le constructeur avait une raison : c’est de permettre l’emploi d’un viseur spécial V qui donne toujours l’image contenue dans la plaque quel que soit le décentrement sans qu’on ait besoin d’aucun réglage. Pour répondre à ce programme il faut une lentille divergente ayant comme dimensions linéaires exactement la moitié des dimensions de la plaque; elle tient donc assez de place, et, pour pouvoir la dissimuler quand elle n’est pas en service, il était nécessaire de la reculer vers l’arrière de l’appareil; une autre condition nécessaire pour
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- remplir le programme énoncé, c’est que la lentille ait le même loyer que l’objectif employé.
- La lentille divergente qui constitue le viseur et qui réunit les deux conditions ci-dessus est donc fixée immédiatement devant le magasin, sur le corps A de la chambre noire, sur laquelle elle peut être rabattue quand elle n’est pas utilisée ; elle est solidaire de cette partie de l’appareil et reste par conséquent immobile, son axe optique correspondant à celui de l’objectif. L’œilleton 11 qui lui correspond est, au contraire, monté sur le magasin M et se déplace avec lui dans le cas de décentrement ; il est muni d’une coulisse qui permet de le placer à une distance de la lentille égale à la distance focale de
- l’objectif. Tous ceux qui ont fait usage d’appareils à main se rendront compte du très grand avantage qu’il y a à voir si facilement sur un grand viseur l’image exacte qui sera reproduite sur le cliché. On voit par cette description sommaire que la photo-cartouche comporte une série de perfectionnements qu'on n’avait pas encore trouvés réunis sur un même appareil.
- L'adaptateur Guénault est destiné à transformer en appareil pour plaques le Kodak pliant, bien connu, qui utilise des pellicules en rouleau.
- Il est certain que la forme du Kodak pliant est des plus séduisantes, et comme appareil de poche c’est ce qu’on a fait de plus simple et de mieux compris. Mais bien que la pellicule soit au jourd’hui
- Fig. 2. — Photo-cartouche-lorgnettu. — Y 1. Ensemble de l’appareil avec le viseur relevé ei le magasin décentré. — Y 2. Mécanisme de l’obturateur. — .N” ô. Changement de plaques dans toutes les positions. — N” i. Cartouche séparée contenant les plaques.
- d’un emploi assez pratique, elle ne laisse pas cependant que d’avoir certains inconvénients, surtout quand elle est employée en rouleau, et pour n’en citer qu’un seul, nous rappellerons qu’il faut attendre que tout le rouleau soit utilisé pour faire le développement. Mais hàtons-nous d’ajouter que cet inconvénient est compensé par beaucoup de qualités, entre autres la légèreté et le peu de volume.
- Donc sans critiquer le Kodak pliant, nous estimons qu’il peut être l’objet de quelque perfectionnement et que bien des amateurs ne seront pas fâchés de pouvoir l’employer avec des plaques sur verre. C’est bien là ce qu’a voulu M. Guénault et il s’est arrangé de façon que la transformation à lui faire subir soit si simple que tout le monde puisse la faire, sans avoir recours à un ouvrier quelconque. Son adaptateur est un petit étui métallique
- E (fig. 1) qui s’applique à frottement dur sur le cadre arrière du Kodak, dont le couvercle A a été enlevé ; c’est dans cet étui E que se glisse le petit châssis métallique, B muni d’un volet qu’on enlève au moment d’opérer; on a des petits châssis de ce genre autant qu’on en veut, il y en a trois livrés avec l’adaptateur.
- Mais la plaque sensible ne se trouve plus exactement à l’endroit où elle doit être pour que l’objectif soit au point sur l’infini ; il est au point pour les objets situés à lm,50, et si l’on veut photographier des objets situés à lm, on intercale un cadre F entre l’étui E et le Kodak. Il faut naturellement pouvoir aussi, et même le plus souvent, opérer sans s’occuper de la distance, c’est-à-dire avec la mise au point sur l’infini. Pour cela il est nécessaire de rapprocher l’objectif de la surface sensible; après quelques
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- essais l’inventeur s’est arrêté à un dispositif automatique très ingénieux qui a été combiné par M. A. Cadot, le constructeur bien connu d’une foule de détectives et autres appareils photographiques.
- Le petit dispositif en question est représenté à part en bas de notre gravure; il consiste en une petite lame d’acier c, pliée à angle droit qu’on engage sous la vis à bois Y, qui se trouve sur tous les kodaks, et qu’on maintient au moyen de la contre-plaque IL Tout le monde peut faire cette petite opération très facilement, il suffit d’avoir un tournevis. Le but de cette petite lame est de venir s’intercaler, entre les leviers articulés qui supportent l’avant 1) de l’appareil, de façon qu’ils ne se développent pas complètement; l’objectif est ainsi ramené en arrière de la quantité nécessaire pour que la mise au point soit exacte. Si l’on veut opérer avec la pellicule en rouleau, ou bien si, comme nous l’avons dit plus haut, on veut faire sur plaque un sujet situé à lm,50, il suffit de relever les lames qui font légèrement ressort. Au moyen de ces petits accessoires, dont le prix est peu élevé, on a donc la facilité d’avoir un appareil à deux fins, servant aussi bien pour les plaques que pour les pellicules en rouleau. G. Mareschal.
- LA FLORE ALPINE
- ET SON ACCLIMATATION DANS LES JARDINS
- Si nous étudions les conditions d’existence de la flore des hautes montagnes, nous verrons qu’elles sont assez différentes de celles qui sont offertes aux végétaux de nos plaines. Ces conditions se résument ainsi : lumière intense et prolongée; insolation forte et chaleur vive, mais dont les effets sont atténués par les nuits froides; humidité constante répandue dans l’air et dans le sol, et évaporation continuelle sous l’influence de l’insolation et du peu de densité de l’air. Tout cela se produit avec abondance et presque subitement à la suite d’un long repos hivernal. Les hivers, à la haute montagne, sont d’autant plus longs que l’altitude est plus élevée ; mais ils ne sont pas, pour les plantes, aussi rigoureux qu’on pourrait le supposer. La couche de neige qui recouvre le tapis végétal — et qui est d’autant plus épaisse qu’on s’élève davantage — est un chaud tapis qui, en empêchant la radiation du sol, y retient la chaleur naturelle; elle constitue, en outre, un chaud vêtement qui abrite les plantes contre les influences atmosphériques.
- Dans les hautes altitudes les hivers sont prolongés jusqu’aux mois de juin et même parfois de juillet, et il est tel vallon encaissé dont la végétation reste quelquefois sous la neige pendant plusieurs années. A cette longue saison de repos — repos relatif, car la plante, sous la neige, continue lentement son développement — succède brusquement un été, d’autant plus court que l’hiver aura été plus long, mais entièrement favorable à la végétation. Lumière, chaleur et humidité sont prodiguées à la plante, qui entre alors immédiatement au bénéfice des longs jours de Tété sans avoir à passer par le printemps. Dès que, sous l’influence du foehn, du sirocco ou d’autres courants d’air chauds dont chaque
- chaîne de hautes montagnes est favorisée, la neige a disparu, on voit presque instantanément et toujours brusquement le tapis changer sa teinte fauve et prendre celle du vert, du lilas ou du blanc. En un clin d’œil et comme par enchantement le gazon s’anime, verdoye et fleurit. Quelques plantes n’attendent même pas que la neige ait disparu pour percer la couche glacée de leurs fleurs délicates, en sorte qu’il arrive fréquemment qu’on peut cueillir les fleurs de Soldanelles et de Crocus — ce sont, sur nos montagnes, les deux espèces les plus impatientes de s’épanouir — sur le champ de neige.
- Nous avons vu dans une précédente étude1 que l’activité des racines et radicelles — et elles sont très nombreuses chez les plantes des hauteurs — se porte surtout sur les fleurs et les organes de la reproduction, le développement des organes de la respiration (feuillage) étant généralement abandonné aux forces de l’arrière-saison, pen tant et après la maturation des graines. La plante entre immédiatement, grâce au fait qu’elle passe d’un seul coup de Tliiver à Tété et qu’après un long sommeil elle s’éveille parfois en plein solstice, dans une activité prodigieuse. Les jours offrent alors quatorze et même seize heures d’une lumière consécutive, pure et intense et le soleil, plus puissant qu’à la plaine, accélère le mouvement vital tout en évaporant l’eau qui abonde partout. Cette évaporation forme à la surface du sol un voile protecteur qui atténue l’effet des rayons solaires, lesquels auraient, sans lui, des effets pernicieux pour ces organes délicats.
- Étant données des conditions d’existence aussi spéciales on comprend que la transplantation, dans nos jardins, des plantes des hauts sommets, offre certaines difficultés. Notre climat plus sec, nos hivers souvent sans neige, nos étés meurtriers, la lumière moins vive, moins pure dont nous jouissons dans les altitudes inférieures et, pardessus tout, le long printemps qui sépare leur époque de réveil de celle des journées longues et lumineuses sont autant de causes qui modifient, avec leur mode de vivre, leur nature et leurs organes.
- Beaucoup d’essais d’acclimatation ont échoué, ce qui a fait dire, à tort, que la flore alpine était inacclimatable. Or, après de longs tâtonnements, les amateurs de plantes de montagnes — qui deviennent chaque jour plus nom breux — sont arrivés à cultiver la presque totalité des plantes des hauts sommets et plus particulièrement celles des Alpes, des Pyrénées, du Caucase et de THimalaya. Le jardin alpin d’acclimatation, à Plainpalais (Genève), a réussi à acclimater, par le moyen du semis, plus de 3500 espèces de plantes des diverses montagnes du globe et les offre aux amateurs à l’état de plantes ou sous forme de graines, par ses catalogues qu’il expédie dans les cinq parties du monde.
- La culture des plantes de montagnes est devenue un article important de l’horticulture, une branche qu’on enseigne dans les Écoles horticoles et pomologiques. Cette branche est nouvelle et moderne, car celui qui écrit ces lignes se souvient fort bien de l’étonnement que provoqua, à une Exposition horticole qui avait lieu en 1877, à Genève, le premier lot de plantes alpines acclimatées qu’il y envoyait et qui obtint cependant un beau prix du Jury. Depuis lors, on a fait du chemin et il n’est presque plus de jardin ou de parc, tout au moins dans le centre de TÉurope et surtout en Angleterre, qui n’ait un emplacement, grand ou petit, destiné aux plantes de montagnes.
- 1 Yoy. n° 1401, du 31 mars 1900, p. 283.
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- La transplantation directe dans les jardins, de végétaux arrachés à la haute montagne, n’est point à recommander. Elle échoue le plus souvent et il est certains cas où l’on ne réussit pas le 5 pour 100 des plantes transportées. Si l’on pouvait faire cette opération à l’époque du repos de la plante, c’est-à-dire à l’automne, on réussirait beaucoup mieux, car ce qui empêche la reprise de la plante c’est surtout le fait qu’elle a été arrachée en pleine activité, pendant sa floraison. Les jardiniers seuls, dans ce cas, ou les bons cultivateurs, arrivent à réussir en traitant le sujet d’après les procédés en usage chez les horticulteurs. Mais le grand public échoue très généralement. Le meilleur de tous les systèmes consiste à élever les plantes par le semis, c’est-à-dire à récolter les graines de l’espèce, ou à les acheter chez ceux qui les offrent et à les semer chez soi. Ou bien encore, on achète les plantes dans les établissements qui, toujours plus nombreux, — car notre jardin alpin d’acclimatation a fait des élèves — les multiplient par le procédé du semis et les vendent acclimatées au public. Dans ce cas on peut les transplanter à toute époque de l’année et l’on est sur de la reprise si la plante est bien enracinée dans son vase.
- Il y aura cependant toujours des alpinistes et des touristes qui emporteront avec eux des plantes en souvenir des courses qu’ils font, et qui chercheront à les acclimater dans leurs jardins. Qui donc songerait à les blâmer s’ils ne le font pas dans de telles proportions que leur arrachage soit préjudiciable à l’espèce dans l’endroit où elle croît? Car il est bon de représenter ici aux amateurs que, pour les plantes des montagnes, si belles et si attrayantes, il y a un danger dans l’exploitation de leur transplantation active dans les jardins.
- Certains horticulteurs, et même des amateurs, ont détruit — ceci s’est passé plus spécialement dans les Pyrénées — des stations de plantes rares, et ont dévasté certains territoires en arrachant ces plantes dans une forte proportion.
- Mais, dans la grande majorité des cas, on peut emporter quelques plantes avec soi sans commettre aucun préjudice à l’espèce. Il est bon toutefois d’agir avec prudence et de n’arracher que là où il y a abondance. Et, ainsi que nous l’avons dit plus haut, il est inutile d’arracher en plein état de floraison et de développement, à moins que l’on ne soit très ferré sur les questions de culture et d’acclimatation. Par contre, celui qui arrache à l’automne, après la maturation des graines et alors que la plante jouit d’un repos relatif, réussira dans la plupart des cas s’il a soin d’observer certaines règles de l’art de l’acclimateur. Voici, à ce sujet, quelques conseils qui n’ont d’autres prétentions que celles d’être pratiques et d’émaner de notre chef de culture, au Jardin alpin d’acclimatation :
- Arracher les plantes à l’arrière-saison (de septembre en octobre pour la haute montagne) et prendre, si possible, toutes leurs racines principales, qu’on dépouille de la terre qui les entoure. Enterrer les plantes dans du sable pur, sous châssis froids, et les y laisser passer l’hiver à l’abri de l’humidité et presque au sec. Au printemps (mars), les placer chacune dans un godet ou pot et dans un sol composé d’un tiers de terreau de feuilles (de terre de bruyère ou de tourbe si l’on veut) ; un tiers dé bonne terre franche à blé (ou terre de gazon); un tiers de sable granitique ou calcaire suivant la nature de l’espèce1. Placer ces pots sous couche froide et ombrager du soleil
- 1 Voy. notre étude au sujet des affinités chimiques des plantes alpines dans len° 1425, du 15 septembre 1900, p. 243.
- dans les premiers jours, puis aérer petit à petit et, quand le tout est en pleine végétation, sortir et planter en rocailles ou en pleine terre. Des ouvrages spéciaux, écrits sur la matière, renseigneront l’amateur sur ce qu’il a à faire dans la suite.
- Ce système, s’il offre quelques avantages, a, par contre, de gros inconvénients; on ne l’utilise, au Jardin alpin d’acclimatation, que pour certaines plantes trop longues ou trop difficiles à élever de semis (Vacciniées, Empêtrées, Pyroles). Le système du semis est infiniment préférable; il permet à chacun d’élever les plantes alpines chez lui, mais il est souvent long et, pour quelques espèces, offre des difficultés.
- Règle générale, il faut procéder comme pour les plantes vivaces : semer sous châssis froids, en pots ou terrines, dans un sol très léger, sableux, et encore avec précaution. Certaines espèces (les Gentianes, les Primevères, les Primulacées, etc.) sont très lentes à germer alors que d’autres (Ilélianthèmes, Ancolies, Crucifères, Violettes, etc.) lèvent de suite. On repique, comme on le fait pour les autres. plantes, et on cultive en godets avant que de planter en rocailles ou en pleine terre.
- En somme, la presque totalité des plantes alpines sont susceptibles d’être élevées de semis. Sans doute, ce procédé est long et difficile pour plusieurs d’entre elles, mais il permet d’acclimater la plante plus facilement et de l’obtenir plus robuste et plus florifère que si on la transplante directement de sa localité originelle.
- Henry Correvon.
- L’USINE À MR COMPRIMÉ DE RILL4NC0URT
- Nous avons indiqué dans un article récent1 que la Compagnie générale des omnibus de Paris a substitué, depuis quelque temps, la traction mécanique par l’air comprimé à la traction animale sur un certain nombre de ses lignes de tramways : Passy-Hôtel de Ville, Muette-Taitbout, Louvre-Saint-Cloud, Louvre-Boulogne, Auteuil-Boulogne, Auteuil-Madeleine et Montrouge-Gare de l’Est, représentant une longueur totale de 95 kilomètres. A cet effet, la Compagnie a dû faire construire une importante usine pour la production de l’air comprimé ainsi que des canalisations pour conduire celui-ci aux différents postes de chargement installés au Point-du-Jour, à la gare d’Àuteuil, à celle de Passy et enfin à la porte d’Orléans. Ce dernier poste, destiné à la ligne Montrouge-Gare de l’Est, a nécessité l’établissement d’une canalisation dont la longueur dépasse 7 kilomètres.
- L’usine centrale est installée à Billancourt, sur le bord de la Seine, et a été prévue pour fournir par heure environ 16 tonnes d’air à la pression de 80 kg. Les machines comprennent sept groupes aérogènes formés chacun d’un compresseur et d’un moteur à vapeur. Les moteurs, dont la puissance indiquée peut varier de 650 à 1000 chevaux par unité, ont été construits dans les ateliers Dujardin et Cie de Lille sur les données de M. L. Mekarski, chargé de l’installation générale de l’usine. Ce sont
- 1 Voy. n° 1452 du 23 mars 1901, p. 262.
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- des machines horizontales à triple expansion. La distribution de la vapeur se fait dans chaque cylindre au moyen de quatre obturateurs circulaires, genre Corliss ; ces obturateurs sont groupés deux à deux et le même orifice sert à l’admission et à l’échappement. Deux des cylindres sont accouplés en tandem, le troisième est accouplé d’une manière analogue avec le cylindre à basse pression du compresseur. Les diamètres des cylindres moteurs sont respectivement de 0m,51, Om,79 et lm,50, la course des pistons de lm,40 et le nombre de tours de l’arbre commun, qui conduit les pistons verticaux du compresseur, peut varier de 50 à 70 par minute. Enfin le diamètre des volants est de 6m,50 et leur poids, de 15 tonnes.
- Les compresseurs, du système Mekarski, ont été
- construits dans les ateliers Brissonneau et A. Lotz, de Nantes. Ils sont à simple effet et à trois cascades. Le plateau arrière du cylindre horizontal comporte trois soupapes d’aspiration et deux de refoulement et en outre deux soupapes à ressort pour l’injection d’eau tjui doit coïncider avec l’aspiration d’air.
- L’air sortant de ce cylindre, à une pression de de 4,25 kg par cm*, traverse un réservoir intermédiaire formant volant et refroidisseur et se rend aux cylindres à moyenne pression.
- Ceux-ci, au nombre de deux, sont verticaux et montés en tandem avec les cylindres à haute pression. Le diamètre des premiers est de 0m,570 et celui des seconds de 0m,255 ; la course des pistons est de 0m,570. Avant de pénétrer dans les cylindres à haute pression, l’air traverse encore un réservoir
- intermédiaire, puis un serpentin en cuivre entouré d’eau où il abandonne une partie de la chaleur résultant de la compression qu’il a subie dans les cylindres de la deuxième cascade. En outre, les cylindres compresseurs de moyenne et haute pression sont entourés d’une circulation d’eau assurant un refroidissement convenable de l’air comprimé. Cette eau, ainsi que celle qui est injectée dans le cylindre aspirant horizontal, est préalablement épurée à la chaux et à la soude afin d’éviter des dépôts.
- D’autre part, chaque compresseur est muni de deux sécheurs capables de supporter une pression de 100 kg par cm* et constitués chacun par un cylindre vertical de 2m,637 de hauteur et de 0rn,50 de diamètre, dans lesquels l’air abandonne la majeure partie de l’eau qu’il a pu entraîner.
- A sa sortie des compresseurs l’air est envoyé dans une batterie de 280 accumulateurs groupés en
- séries de 10, et d’une contenance totale d’environ 140 mètres cubes. Ces accumulateurs sont constitués par des cylindres en acier de 3m,170 de longueur, de 0m,50 de diamètre extérieur et dont les parois ont une épaisseur de 42 millimètres. Avant de se rendre dans les conduites générales de distribution, l’air comprimé traverse encore un sécheur; ces conduites, au nombre de six, comportent chacune un sécheur et constituent deux canalisations distinctes; dans chaqùe canalisation une conduite est destinée à servir de relai en cas de besoin ou pour permettre le nettoyage de chacune des deux autres.
- Tous les appareils ont été essayés à la pression de 135 kg par cm*. Les chaudières alimentant les moteurs sont du type multitubulaire Babcok et Wilcox. Chacune comporte douze sections de neuf tubes en hauteur, et présente une surface de chauffe de 210 mètres carrés.
- Les chaudières sont groupées deux par deux, et
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- chacune est surmontée de deux réservoirs longitudinaux de 0m,91 de diamètre intérieur, portant le faisceau tubulaire et suspendus à une charpente métallique indépendante de la maçonnerie, ce qui permet aux tubes de se dilater et de se contracter librement dans tous les sens.
- Ces deux réservoirs sont accouplés au moyen d’un troisième réservoir, dit épurateur, avec lesquels ils communiquent par leurs deux parties inférieure et supérieure. C’est par ce réservoir épurateur que se fait l’alimentation. L’eau, provenant de deux grands réservoirs d’épuration installés en dehors de l’usine, près du bâtiment des pompes, se trou-
- vant portée à une température de 150°, se débarrasse des sels calcaires qu’elle pouvait contenir et qui se précipitent au fond d’un premier compartiment. De plus une série de chicanes, convenablement disposées, s'oppose à l’entraînement mécanique des matières précipitées, et l’eau arrive dans les chaudières privées de toute matière incrustante.
- Les loyers sont calculés de façon à assurer en marche normale une production de vapeur de 15 à 14 kg de vapeur par mètre carré de surface de chauffe. Quatre économiseurs sont disposés sur le trajet des gaz de la combustion pour récupérer une partie des calories entraînées. Enfin, le tirage
- est assuré au moyen de deux cheminées, Tune en briques de 60 mètres de hauteur, l’autre en tôle de 50 mètres de hauteur du système Prat.
- Le service d’eau est assuré au moyen de deux groupes de pompes centrifuges, type Dumont, actionnées par une machine à vapeur genre Corliss, d’une puissance de 80 chevaux indiqués.
- Chaque groupe comporte deux pompes débitant 1000 m5 à l’heure, destinées à l’alimentation des condenseurs, et une pompe double conjuguée fournissant 500 m3, refoulant l’eau dans les deux réservoirs épurateurs extérieurs qui assurent le service des chaudières et celui des compresseurs.
- Enfin l’éclairage est fourni par deux groupes électrogènes de 55 kilowatts à 110 volts, l’un devant servir de rechange à l’autre, et par.une batterie
- d’accumulateurs de 55 éléments offrant une capacité de 575 ampères-heure. Georges Cave.
- SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE PHYSIQUE
- EXPOSITION ANNUELLE
- L’Exposition annuelle de la Société française de Physique a eu lieu les 12 et 15 avril dans l’hôtel de la Société d’Encouragement avec le succès accoutumé. On sait que cette réunion a été établie dans le but de rassembler toutes les nouveautés de l’année et de permettre aux inventeurs de faire fonctionner leurs appareils devant les membres de la Société et de donner les explications nécessaires. Cette année, en dehors de l’Exposition, ont eu lieu dans l’amphithéâtre de physique de la Sorbonne des conférences intéressantes faites par M. P.
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- Weiss sur un nouveau système de voltmètres et d’ampèremètres rendus indépendants, par compensation, des variations accidentelles de leur aimant permanent, par M. D. Korda sur le télautographe Gray-Ritchie, que nous avons décrit récemment, par M. A. Cotton sur des réseaux obtenus, sans machine à diviser, par la photographie des franges d’interférence, et par notre collaborateur M. Ch.-Ed. Guillaume sur les aciers au nickel.
- A l’Exposition, nous n’avons pas trouvé de nouveauté proprement dite; mais nous avons pu remarquer certains appareils de construction soignée et répondant à divers besoins actuels.
- Nous avons tout d’abord pu voir l’éclairage fourni par l’acétylène dissous, à l’aide des appareils que nous décrivions dernièrement. Nous citerons ensuite les appareils de mesure, voltmètre étalon, ampèremètres, électromètres de MM. Chauvin et Arnoux, la nouvelle trompe à mercure de MM. Berlemont et Jouart, des transformateurs électriques à courants continus ainsi que des modèles de moteurs de faible puissance construits par M. Blondeau, des rhéostats divers de MM. Cance et fils, et enfin les appareils de mesure et de haute précision de la maison J. Carpentier.
- è Dans la salle du rez-de-chaussée, MM. Radiguet et Massiot ont installé plusieurs appareils de projection et de radiographie ; nous avons surtout remarqué leur transformateur d’induction à combinaisons multiples, et dont on peut faire varier l’inducteur et l’induit et, par suite, la longueur et la nature de l’étincelle. Ce transformateur fonctionne comme bobine bipolaire et unipolaire; la longueur maxima d’étincelle est de 0“,50 soit avec les trembleurs mécaniques, soit avec les trembleurs électrolytiques. Mentionnons aussi les expériences effectuées avec les spirales à haute tension de M. le Dr Guille-minot pour l’élude de la résonance.
- Dans la grande salle du haut, nous trouvons successivement les appareils divers de chauffage électrique de MM Parvillée frères, les nouveaux ampèremètres et voltmètres de M. P. Weiss, construits par MM. Japy frères, les appareils de mesure électriques de la maison Siemens et Ilalske, exposés par MM. Ch. Rouselle et Ch. Tournaire, les appareils d’électricité médicale de M. Richard Relier, enfin les appareils enregistreurs bien connus de M. J. Richard, parmi lesquels un nouveau wattmètre enregistreur à courants triphasés. La Société drs lampes homogènes françaises a fait une exposition spéciale des divers modèles (20 à 250 bougies) des lampes électriques Solignac que nous avons décrites dernièrement. Mentionnons encore le matériel de radiographie avec installation complète pour médecins, ainsi que l’appareil de télégraphie sans fil muni de radioconducteur Branly à limaille d’or et les pendules coniques suspendus à la Cardan de MM. Lecarme frères et Michel, l’appareillage électrique et les tableaux pour utilisation à basse et à haute tension et les moteurs à courants continus et alternatifs de M. Uïyne-Berline, le diocinescope de M. L. Huet, et le poste cinématographique en service avec des vues cinématographiques de MM. L. Gaumont et Cie.
- MM. G. Gaiffe et Cie ont exposé plusieurs appareils nouveaux ; un ingénieur de la maison, M. Chappaz, a bien voulu nous montrer en détail l’interrupteur rapide Contremoulins sans mercure qui fait fonctionner des bobines de Ruhmkorff de toutes dimensions et qui permet de régler l’étincelle depuis un. millimètre jusqu’au maximum. Nous avons remarqué toute une série de moteurs de faible puissance, à courants continus et
- alternatifs, pouvant fonctionner avec des rendements suffisamment élevés. Nous voyons aussi fonctionner un appareil de MM. Bombe de Villiers et Claude pour la localisation des défauts d’isolement dans les systèmes de traction électrique à caniveaux souterrains. M. Ducre-tet expose un wattmètre industriel de MM. Blondel et Labour, ainsi qu’un modèle d’appareil de télégraphie sans fil, avec transmetteur et récepteur, semblable à celui que nous avons décrit dernièrement. M. I*h. Pellin, l’habile constructeur d’optique, nous montre un appareil de M. Cotton pour la mesure de l’intensité des champs magnétiques, un speclroscope de M. Yvon, un microscope de M. Le Châtelier, le réfractomètre de M. Ch. Féry, etc. MM. Meslans et Poulenc frères ont construit des fours électriques à corps mobile pour essais de laboratoire, permettant des manipulations et des changements faciles de creusets.
- La Compagnie française d’appareillage électrique construit actuellement des tableaux de charge pour voitures automobiles, avec disjoncteurs automatiques et tous les appareils de sûreté, et un appareillage tout particulier pour installations à 440 volts. Elle emploie de l’opaline laminée ou moulée que lui fournit la Compagnie de Saint-Gobain, Chauny et Cirey. Cette Compagnie nous montre divers modèles d’opaline, et des isolateurs de tous genres. Enfin nous mentionnerons encore les appareils construits par M. Chabaud, interrupteur rapide à courant continu pour radioscopie, radiographie, télégraphie sans fil de M. \illard, transformateur de 4500 xvatls, etc., ainsi que les appareils construits par M. Lequeux, étuve à culture chauffée à l’électricité, grille à température constante de M. A. Gautier.
- M. Champigny avait exposé également plusieurs appareils d’optique et, entre autres, deux jumelles système de Galilée à oculaires divergents aplanétiques, sur lesquels il nous a donné un article si complet,
- M. G. Trouvé a donné la note gaie à la réunion, en faisant fonctionner dans le vestibule de l’entrée une fontaine lumineuse à balles de celluloïd diversement colorées. Un ventilateur, actionné par un moteur électrique, fournissait un courant d’air sous pression qui entraînait en l’air les balles et celles-ci retombaient sur les côtés en donnant l’illusion de gerbes d’eau.
- En résumé, si l'Exposition de la Société de physique ne nous apporte pas grande nouveauté cette année, elle nous permet de constater de grands perfectionnements et de notables améliorations dans la construction française d’un grand nombre d’appareils. J. L.
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- CHRONIQUE
- Carbure «1e calcium. — Une phrase de notre article sur l’acctylène dissous (n° 4454, p. 280) pourrait prêter à malentendu. Il y est dit que le carbure de calcium a été découvert par M. H. Moissan. Il y a longtemps que les chimistes connaissent le carbure de calcium. Wôlher avait l’un des premiers sinon le premier décrit un carbure de calcium amorphe. M. Moissan, à la suite de ses expériences au four électrique, a fait connaître, dans unè communication à l’Académie du 5 mars 1894, les propriétés remarquables d’un carbure de calcium cristallisé. Mais la vérité est que M. Bullier avait déjà préparé ce corps et l’avait fait breveter dès le 9 février 1894, comme produit industriel nouveau. En sorte qu’il est légitime d’attribuer à M. Bullier le carbure de
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- LA NATüHE.
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- calcium cristallisé et ses applications industrielles. Et il faudrait donc tout au moins désormais, en parlant du nouveau carbure, associer au nom de M. Moissan celui de M. Bullier.
- Heures de mascaret. — Dans un article sur les heures de mascaret à Caudebec, M. Vinot avait relevé des inexactitudes dans les chiffres donnés par Y Annuaire du Bureau des Longitudes (voy. n° 1448, p. 198). Notre collaborateur avait raison. Et l’éditeur de Y Annuaire nous envoie une page nouvelle à substituer à l’ancienne. « A la place du tableau destiné à figurer dans Y Annuaire pour l’an 1901, page 245, et relatif aux heures d’arrivée de mascaret à Quillebœuf, Villequier et Caudebec, on a par mégarde fait imprimer un tableau préparatoire dont les valeurs numériques ne se trouvent pas encore rapportées aux époques des marées des stations considérées. » Nous reproduisons les nouvelles heures de Y Annuaire pour août, septembre, octobre et novembre, temps moyen civil de Paris compté de 0 à 24 h.
- Coefficient de marée. Quillebœuf. Villequier. Caudebec.
- 31 Août 1,08 20h 47m 21,24 21,33
- 1er septembre 1,08 9h 7™ 9,44 9,53
- 30 — 1,11 21h 4m 21,41 21,50
- 27 octobre 1,08 19h 21ra 19,58 20,7
- 28 — 1,13 20h 2m 20,59 20,48
- 27 novembre 1,09 8h 9“ 8,46 8,55
- Rappelons à ce sujet, d’après Y Annuaire, que le mascaret est la montée subite des eaux qui se produit à l'embouchure de quelques fleuves les jours de grande marée; elle est due à la faible profondeur de l’estuaire et à la forme du lit du fleuve. A Quillebœuf, la hauteur du mascaret est de 3 mètres environ; sa vitesse est de près de 8 mètres par seconde. Le mascaret tiès fort à Caudebec cesse à peu de distance en amont.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 9 avril 1901. — Présidence de M. Fouqué.
- Carte géologique du Mont-Blanc. — M. Michel Lévy présente à l’Académie une carte géologique du Mont-Blanc. Cette carte très complète, dressée au 1/50 000e, comprend les versants italiens et français; elle est due à MM. Du-parc, Mrazec et Pearce.
- Découverte d’un minerai. — M. Michel Lévy présente ensuite une Note de MM. Duparc et Pearce sur un minerai jusqu’à ce jour inconnu. C’est une roche qui provient de la région de l’Oural moyen. On la rencontre dans la vallée de la Koswa et, pour cette raison, les auteurs l’appellent Koswite. La koswite est une roche très basique constituée surtout de pyroxène dans laquelle le fer oxydulé joue le rôle du quartz dans le granit.
- Constitution d’une langue universelle. — M. le général Sebert dépose une Note personnelle relative aux adhésions que l’adoption d’une langue auxiliaire universelle a rencontrée dans le monde savant. Le Yolapuk a été jugé insuffisant. On se rallie aujourd’hui à l’utilisation d’une langue combinée par M. le Dr Zamentsof, de Varsovie, YEspéranto, déjà pratiquée par 50 000 personnes de nationalités diverses. H exprime le vœu que l’Académie prenne position dans la question, car elle aura à s’occuper plus tard des termes des vocabulaires scientifiques. Il présente également deux Notes de M. Méray, professeur de mathématiques à la Faculté de Dijon, sur les avantages de Y Espéranto.
- Le cours ancien du Niger. — M. de Lapparent présente une Note de M. Chevalier sur une découverte de coquillages faite par ce dernier dans l’argile employée à a construction des maisons de Tombouctou. Ces coquilles lappartiennent aux genres Marginella et Columbella, c’est-à-dire à des espèces que l’on rencontre actuellement sur les côtes de Sénégambie, mais elles sont plus petites. M. Chevalier conclut qu’avant de s’écouler dans le golfe de Guinée, le Niger a débouché dans une mer intérieure par un delta dont l’emplacement des rives est occupé aujourd'hui par le lac Debou et ses abords.
- Pluie de sang en Sicile. — M. Stanislas Meunier adresse une Note relative à une pluie de sang observée en Sicile les 9 et 10 mars dernier. Un nuage roussâtrc avait envahi le ciel, les gouttes d’eau qui en tombaient couvraient le sol et les objets d’une matière rouge-M. le marquis Antonio de Grégorio a adressé à M. Sta. nislas Meunier des échantillons des résidus d’évaporation. Ces résidus sont constitués par une poussière extrêmement fine, rayant le verre et dont les grains sont entourés de bulles d’air très adhérentes. Au microscope on y aperçoit des grains de quartz et des cristaux cubiques transparents de sel marin ou de gypse selon toute probabilité. Cette poussière contient également des corpuscules organisés, principalement des diatomées. M. S. Meunier observe que, conformément aux idées émises par Tarry en 1870, il s’agit encore une fois d’une chute de matériaux arrachés par le vent au sol du Sahara.
- Séance du 15 avril 1901. — Présidence de M. Fououj-j.
- MM. Foster, Rücker, Lockyer, Geikei, Tschermak, Lin-denmann, Dr Mond, Famincin Van Sande Bakhuysen, délégués à la réunion de l’Association internationale des Académies, assistent à la séance.
- Action de l’eau oxygénée sur l’argent. — M. Berthelot fait connaître le résultat d’expériences qu’il vient de réaliser relativement à l’action de l’eau oxygénée sur l’argent. Cette action comporte trois phases : production d’un composé très instable qui paraît être du bioxyde d’argent et qui se transforme en sesquioxyde. Ce second composé est moins instable; mais, au bout de quelque temps, il donne du protoxyde.
- Les mousses des cavernes. — M. Bonnier présente une Note de MM. Géneau de Lamarlière et Maheu sur les mousses des cavernes. Les mêmes espèces peuvent vivre à la lumière et dans les cavernes, mais les caractères propres sont changés; elles peuvent même croître à l’abri de toute lumière.
- Les corps radio-conducteurs et le sélénium. — M. Mas-cart présente une Note de M. Bloch signalant la découverte d’une propriété des corps radio-actifs. Conformément aux expériences de l’auteur, le carbonate de radium exerce sur le sélénium une action comparable à celle de la lumière.
- Les propriétés du niobium. — M. Moissan présente une Note sur les propriétés du niobium. Ce métal est très difficilement séparable du tantale et on n’a pu encore l’obtenir à l’état de pureté. M. Moissan n’y est point parvenu, mais il a réussi à préparer une fonte de niobium en traitant au four électrique l’acide niobique par le charbon. Cette fonte ne contient que 2 pour 100 de.car-bone ; elle est très dure, raye le verre et le cristal de roche et possède un grand pouvoir réducteur; au rouge
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- sombre elle est attaquée par l’oxygène en donnant de l’acide niobique; elle est attaquée par le chlore, le brome, le fluor et l’iode.
- Varia. — M. Lippmann présente une Note de M. llem-salech indiquant un procédé pour photographier l’étincelle oscillante. M. Lippmann décrit ensuite un perfectionnement à apporter au sidérostat pour obtenir que l’ensemble des étoiles reflétées dans le miroir paraisse immobile. — M. Bonnier présente une Note de M. Kovessy relative à la taille de la vigne. Cu. de Villedeuil.
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- PENDULE À TÉLÉGRAPHE
- J'ai eu l’occasion de réparer une pendule assez ancienne et qui m’a paru pouvoir intéresser les amateurs d’horlogerie.
- Cette petite pendule, qui parait dater du Premier Empire, est en bronze et mesure 0m,o7 de hauteur.
- Elle représente une tour carrée ornée d’un cadran et surmontée d’un télégraphe aérien1.
- A la base, au milieu d’une verdure... de bronze, coule une claire fontaine, pendant que le télégraphe des frères Chappe agite ses bras pour former des signaux.
- L’heure est donnée par un mouvement de montre, ancien système, dit à verge ou à roue de rencontre.
- Quant au mécanisme, qui fait mouvoir le télégraphe et le filet d’eau, il est placé dans la partie inférieure de la tour entre deux platines carrées et comprend : un barillet denté, quatre roues et un volant. Il marche douze heures sans être remonté, un petit verrou permet de le mettre en marche ou de l’arrêter à volonté.
- La deuxième roue porte une courbe irrégulière, sur laquelle s’appuie l’extrémité d’un levier coudé, garnie d’une roulette pour diminuer le frottement.
- Suivant le profil de la courbe, le levier s’élève ou s’abaisse et son bras supérieur tire lentement sur
- 1 Le télégraphe aérien, ignoré de la génération actuelle, fut définitivement adopté par la Convention nationale, le 25 juillet 1795. Il rendit de grands services dans les guerres de la République et de .l’Empire et termina glorieusement sa carrière pendant la guerre de Crimée, au sommet de la tour Malakoil.
- un fil qui passe sur la poulie du télégraphe et redescend dans la tour où il porte sur un petit poids.
- De cette façon, le grand bras du télégraphe (régulateur) tourne tantôt dans un sens, tantôt dans un autre, s’arrête un instant pour qu’on puisse observer le signal, et reprend son mouvement pour former une nouvelle figure. Les petites ailes (indicateurs) sont mues par des fils passant sur des poulies de renvoi dont le mouvement est limité par des chevilles d’arrêt. Le mécanisme produit ainsi quatre figures différentes, toujours dans le même ordre; mais il est possible, en modifiant à la main la première position des ailes, de lui faire reproduire successivement les 196 signaux de la machine de Chappe.
- Cette variété dans les signaux peut servir à définir les semaines ou les mois.
- La troisième roue, taillée obliquement sur la moitié de son épaisseur, fait tourner rapidement un pignon incliné, monté à l’extrémité supérieure d’une tige de verre contournée en hélice, dont l’extrémité inférieure, percée d’un petit trou, repose sur une pointe fixée dans le socle. Cette tige, tournant avec vitesse au centre d’une petite glace logée dans une ouverture du rocher... de bronze, donne très bien, à distance, l’illusion de l’eau qui coule, ce qui est d’un fort joli effet.
- Ces pendules à jets d'eau furent assez communes sous la Restauration, mais les pendules munies d’un télégraphe aérien automatique sont certainement beaucoup plus rares.
- Celle que je possède actuellement appartient à l’un de mes amis, M. Guilloux, commis principal des télégraphes, à Rennes. Le mécanisme fonctionne parfaitement et plusieurs personnes du dernier siècle ont revu avec plaisir la vieille machine dont les dépêches, dans leur enfance, furent si souvent... inter-rom,]) ues par le brouillard !
- Cette pendule à télégraphe méritait vraiment un souvenir et, parmi les innombrables combinaisons dues à l’esprit inventif de l’homme, elle peut passer pour une des plus intéressantes. P. Gobaii.le.
- Le Gérant : P. Masson.
- Taris. — Imprimerie Laiiuré, rue de Fleuras, 9.
- Pendule à télégraphe.
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- N° 1457. — ‘27 AVRIL 1901.
- LA NATURE.
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- NOUVELLE APPLICATION MÉDICALE DE L’ÉLECTRO-AIMANT
- Les parcelles de fer, les éclats métalliques qui viennent frapper l’oeil et pénétrer dans le globe constituent une des variétés les plus dangereuses de corps étrangers. Ils perforent les parois, traversent les milieux, s’enclavent à droite, à gauche, et leur ténuité fait souvent qu’on a de la peine à reconnaître leur présence et qu’on a toutes sortes de difficultés pour les retirer. Leur prompte ablation est cependant de première importance, car leur séjour dans l’œil provoque rapidement des accidents de célinochoroïdite, d’inflammations graves qui peuvent amener une cécité non seulement de l’œil atteint, mais de l’œil opposé par ophtalmie sympathique.
- Préoccupés de ces lésions redoutables, préoccupés aussi des difficultés souvent insurmontables d’extraction, quand l’éclat métallique est logé dans les parties profondes, les ophtalmologistes eurent recours à l’aiguille aimantée pour reconnaître la direction et le point d'insertion de ces corps étrangers. Mais cet appareil ne pouvait qu’aider le diagnostic : c’était déjà beaucoup, car dans les régions industrielles et les établissements métallurgiques ( fabriques de pointes de fer, d’acier, repassage sur meules métalliques, forges, etc.), où cet accident est fréquent, on a tendance à rapporter à la même cause toutes les irritations oculaires.
- Ce fut Hirschberg, un des premiers, qui imagina de recourir à l’électro-aimant pour l’extraction des corps étrangers métalliques. Il se servait d’un électro-aimant faible et c’est peut-être une des raisons pour lesquelles il eut dans sa première série de malades une faible proportion de succès, i 5 sur 100 cas.
- Un autre ophtalmologiste, Haab, conseilla au contraire de recourir à l’emploi d’appareils puissants. Il choisit un électro-aimant de 38 kg et il eut raison, car il publiait peu après une statistique de 60 pour 100 de guérisons, chez des sujets atteints de corps étrangers.
- Actuellement, on se sert, suivant les besoins,
- tantôt d’électro-aimants puissants, capables de supporter un poids de fer de 60 kg, tantôt d’appareils plus faibles de 3 à 4 kg. Les premiers sont réservés pour les parcelles métalliques volumineuses, implantées dans les parties profondes de l’œil. L’aimant, promené devant le globe ooulaire, attire le fragment et, s’il n’est pas incrusté trop profondément dans les tissus, l’amène au dehors.
- Jusqu’ici l’emploi de l’électro-aimant avait été réservé aux corps étrangers de l’œil. Un médecin distingué de Lyon, le l)r Garel, vient d’en faire avec succès l’application à l’extraction d’un corps étranger des bronches. C’est, à ma connaissance, la première application de ce genre. Une fois l’idée passée en pratique, rien ne paraît plus simple, c’est tout clair; mais ces idées-là, si simples qu’elles paraissent, ne viennent pas à l’esprit de tout le monde et notre collègue a conduit cette intervention avec une précision de diagnostic et d’exécution parfaite.
- Voici, résumée brièvement, l’histoire de son malade. Un de ses clients lui raconte par hasard que son fils, âgé de 18 mois, a été victime, deux mois auparavant, de l’accident suivant. Il jouait avec un de ces grands clous de fer, connu sous le nom de pointe de Paris,.et, en l’absence de sa nourrice, l’avait brusquement avalé. Il y eut pendant quelques instants de violents accès de suffocation, puis l’orage se calma, et le soir, le lendemain, il n’y avait plus ni spasme, ni angoisse, ni gêne respiratoire. L’accident se passait à Buenos-Ayres. Le médecin, trouvant l’enfant calme, supposa que le corps étranger avait glissé dans le tube digestif. Les parents reviennent en France : peu après l’enfant se met à tousser, à dépérir; on pense à une bronchite chronique, on trouve en effet une gêne respiratoire prononcée du côté droit.
- En réfléchissant à cet enchaînement des symptômes, que je ne fais que résumer, Garel pensa qu’il pouvait bien y avoir eu pénétration du corps étranger dans les voies aériennes. U fait radiographier l’enfant et la plaque sensible vient confirmer
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- 2!)“ auutc. — i"‘ sïiueslre.
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- LÀ NATURE.
- la précision d’un diagnostic porté sans avoir vu le malade.
- Que faire? enlever le corps étranger. Mais lorsqu’il est engagé dans les bronches, l’ablation est des plus difficiles, souvent meme impossible. Notre confrère s’était armé de toutes les pinces imaginables, lorsque l’idée lui vint, puisqu’il s’agissait d’un clou de fer, d’emporter avec lui l’élec-tro-aimant dont se servent les ophtalmologistes et d’essayer cet appareil. L'enfant endormi, on pratique la trachéotomie, on écarte les lèvres de la plaie et Garel approche l’électro-aimant pour en glisser la pointe aussi has que possible dans la trachée. Mais l’instrument n’est pas plus tôt amené à l’orifice que le chirurgien vient de pratiquer, que le clou, attiré par l’aimant, s’élance brusquement des profondeurs de la bronche et se colle à l’aimant, à l’ébahissement des assistants et à la surprise de l’opérateur qui ne comptait pas sur un succès aussi immédiatement décisif. La guérison fut, je n’ai pas besoin de l’ajouter, rapide, la toux cessa et l’enfant reprit en peu de temps forces et santé.
- L’électro-aimant employé dans ce cas était capable de porter un poids de 5 kg; le pouvoir d’attraction s’est exercé dans ce cas à 0m,06, comme on a pu le déterminer après par des expériences : le clou mesurait du reste 55 millimètres. L’appareil était actionné par une simple batterie de deux accumulateurs sous une tension de 4 volts.
- Yoilà un joli succès dù, en premier lieu, à la possibilité de déterminer la présence du corps étranger, grâce aux rayons Rœntgen ; en second lieu, à l’ingénieuse idée de se servir de l’électro-aimant. L’idée fera son chemin, car les accidents dus aux corps étrangers des voies aériennes sont des plus fréquents. Malheureusement il ne s’agit pas toujours de corps métalliques. Pour ceux-là, il sera désormais possible, quand la pièce de métal ne sera pas engagée trop bas, de l’avoir, peut-être même sans trachéotomie, en usant d’appareils spécialement construits à cet effet. De même pour les corps étrangers de l’œsophage. C’est une nouvelle conquête chirurgicale dont nous devons féliciter notre collègue et dont les applications pourront certainement être étendues encore à de nombreux cas de ce genre.
- Depuis la publication de cette observation, le D1' Piéchaud, de Rordeaux, a eu l’occasion d’appliquer l’électro-aimant dans un cas à peu près similaire. La radioscopie avait permis de préciser la position d’un clou de 2 centimètres, avalé par mégarde par un enfant de trois ans. Le corps étranger était fixé dans la bronche gauche. Après ouverture de la trachée, le chirurgien put glisser jusque dans la bronche une sorte de cathéter métallique, en communication avec l’électro-aimant : le clou s’attacha aussitôt à la tige métallique et fut extrait sans peine.
- Cette expérience mérite encore de fixer l’attention des médecins ; elle leur ouvre une voie nouvelle.
- Dr A. Cartaz.
- ASSOCIATION INTERNATIONALE
- DES ACADÉMIES
- L’Association internationale des Académies vient de tenir sa première Assemblée générale à Paris, du mardi IG au samedi 20 avril. C’est un événement scientifique d’importance. La fondation de cette Association était désirée depuis longtemps; le groupement des sommités de la science les plus hautes exercera dans le monde une action civilisatrice considérable. Peut-être ne sera-t-il pas superflu d’exposer très sommairement la genèse de la nouvelle Association et le but qu’elle se propose d’atteindre.
- A l’heure présente, il y a grand avantage à ce que les savants se mettent en contact plus intime; les expositions successives en ont montré l’utilité. Il est des questions d’ordre général qui intéressent tous les pays et qui ne peuvent être fructueusement abordées que par un accord complet entre les savants de diverses nationalités. C’est ainsi que d’abord on a constitué la Fédération des Directeurs de chemins de fer; puis on a dù créer le Bureau international des Poids et Mesures; il existe un groupement des astronomes pour la construction de la carte du ciel. On va fonder au Parc des Princes, près Paris, le Bureau de contrôle des instruments enregistreurs.
- L’idée de cette coopération des savants à des œuvres internationales n’est pas neuve. Bacon, Leibniz ont été à cet égard des précurseurs.
- Il faut remonter à plus de quatre ans pour rechercher l’origine de la nouvelle Association1. La Société royale de Londres s’était occupée de cataloguer les mémoires de science publiés depuis le commencement du dix-neuvième siècle; elle avait déjà publié onze volumes par noms d’auteurs. Le catalogue s’arrêtait à 1884. On se demanda s’il ne faudrait pas modifier cet énorme document en adoptant désormais une liste par ordre de matières. L’avis général fut conforme à cette opinion ; mais, pour rendre l’œuvre encore plus parfaite, il fut décidé que l’on réclamerait le concours des divers pays civilisés.
- Dans le même temps, quatre Sociétés de langue allemande : l’Académie des sciences de Vienne, la Société des sciences de Gœttingue, la Société des sciences de Leipzig, l’Académie des sciences de Munich, concevaient le projet de se réunir annuellement pour coordonner leurs travaux, provoquer les recherches et encourager les œuvres scientifiques d’intérêt général. Et le projet fut réalisé. Le Cartell, comme on dit en Allemagne, fut fondé en 1894 et ses travaux furent féconds. Cette première association fut très utile et acquit un grand renom. Aussi, la Société royale de Londres s’adressa naturellement à elle pour l’étude de son grand Répertoire bibliographique. Le rapprochement du Cartell et de la Société royale fut un fait accompli à la réunion de la Pentecôte, en 1898, à Gœttingue. On mit même à l’ordre du jour la généralisation du plan primitif et la fondation définitive d’une Association internationale des Académies.
- Des ouvertures dans ce sens furent faites à Paris en novembre 1898 par l’entremise du Conseil de la Société royale. Le but était bien spécifié : préparer l’étude scientifique des grandes entreprises dont la réussite, réclame le concours de plusieurs États, organiser la discussion des questions d’ordre purement scientifique pour lesquelles il est désirable d’unifier et de rendre concor-
- 1 M. G. Darboux, secrétaire de l’Académie des sciences et l'un des délégués français de l’Association, a consacré un article complet à la fondation de l’Association, dans le Journal des Savants, janvier 1901.
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- dants, soit les efforts individuels, soit les points de vue spéciaux à chaque nation; l’étude d’un répertoire international de la production scientifique, classifications, instruments, unités adoptées, etc.
- L’Académie des Sciences ne pouvait faire que bon accueil à la proposition de la Société royale. Toutes deux s’occupent des mêmes questions, toutes deux sont contemporaines, l’Académie de Paris date de 1666, la Société royale de Londres de 1662. En février 1899, l’accord fut scellé. L’adhésion à l’Association internationale devint générale, y compris celle de l’Académie des Sciences de Washington. Une première réunion eut lieu à Wiesbaden sur invitation de l’Académie de Berlin ; les délégués français furent MM. G. Darboux et 11. Moissan.
- Dans la pensée des promoteurs de cette fédération, il ne devait pas s’agir seulement des sciences exactes et positives, mais encore des travaux des érudits, des historiens. Le groupement est général. Il fut donc entendu que l’Association comprendrait une section littéraire et une section scientifique. Dès février 1900, l’Association internationale des Académies, au nombre de 19, était fondée. Dans une pensée dont notre pays ne peut être que très reconnaissant, la conférence de Wiesbaden avait décidé que la première réunion aurait lieu à Paris en 1900. 11 y fut aussi décidé que la première assemblée générale de l’Association aurait encore lieu à Paris eu 1901.
- Voilà pourquoi nous avons eu l’honneur de recevoir à Paris, ces jours derniers, les savants les plus illustres des Académies du monde entier.
- Nous n’insisterons pas sur la portée de l’œuvre. L’Association ne fait que naître; il faudra un certain temps pour que l’on sente son influence ; mais il n’est pas douteux qu’elle n’aille grandissant dans le monde entier et qu’elle ne soit féconde pour l’avenir des peuples. La prochaine assemblée générale aura lieu à Londres en 1904.
- Henri iie Parville.
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- LÉGÜMES CRUS
- Il y a longtemps que l’on sait que les vers intestinaux nous sont transmis par les légumes. M. G. Geserole, de Padoue, vient de consacrer une étude soignée à la question; il a examiné les sédiments de l’eau stérilisée dans laquelle on avait lavé divers légumes du marché : laitue, endives, radis, céleri, etc. Le microscope a révélé dans cette eau une faune de 52 espèces banales : amides, anguillules, œufs de tænia, oxyures, ascarides, ankylo-stomes, trichocéphales, etc. Mais outre ces parasites, M. Ceserole a trouvé un grand nombre de microbes, staphylocoques, streptocoques, sarcines, bacilles, et notamment « le bacille coli communis » et un bacille analogue à celui de la fièvre typhoïde ; parmi les anaérobies, il a rencontré le bacille septique et le bacille du tétanos.
- Cette infection des légumes est surtout imputable aux eaux d’arrosage des cultures maraîchères. Il faudrait donc y prendre garde. Ces jours derniers M. Metchnikoff, de l’Institut Pasteur, montrait encore qu’un certain nombre d’appendicites semblaient avoir pour origine des vers intestinaux. M. Ceresole, pour combattre le danger, recommande de plonger les légumes préalablement lavés pendant une demi-heure dans une solution d’acide tartrique, à 5 pour 100, de saveur agréable, de prix modique et de grande puissance antiseptique. Fi,.
- L’AUTOMOBILE A PÉTROLE LA PLUS VITE
- Si l’on en croit les bruits qui sortent des ateliers pourtant hermétiques de nos grands constructeurs d’automobiles, les courses importantes de cet été se feront avec des moteurs de 50 a 70 chevaux. La vitesse obtenue — si les voitures arrivent aubutsans avaries graves, si les pneumatiques ne fondent pas à ces allures fantastiques comme il leur arrive fréquemment de le faire — dépassera de beaucoup la moyenne des vitesses des express les plus rapides, puisqu’elle atteindra, espère-t-on, près de 120 kilomètres à l’heure par moments.
- Les lecteurs de La Nature seront peut-être intéressés à connaître quelques détails d’une de ces automobiles de haut vol. Nous choisirons, afin d’éviter tout semblant de partialité, la voiture qui est actuellement détenteur du record du monde du kilomètre pour le pétrole et qui sera engagée cette année dans les plus dures épreuves.
- Cette voiture a été construite parM. Léon Lefebvre, directeur de la Société Bolide. Elle a couvert le kilomètre, le 17 juin 1900, à Dieghem, près de Bruxelles, en 58s 1/5, soit à l’allure d’un peu plus de 94 kilomètres à l’heure. La même, montée par M. Jenatzy lors de la course de Salon, le 1er juillet, a franchi 100 kilomètres en lh 20, et 2 kilomètres en 68s, soit 106 kilomètres à l’heure.
- Le moteur, actionné par l’essence, à quatre cylindres du type habituel à quatre temps, avait une puissance de 50 chevaux. Sans modifier ses dimensions qui sont 150 millimètres d’alésage et 100 de course de piston, sans changer son nombre de tours à la minute qui varie de 110 à 900 selon l’ouverture du robinet d’admission et l’avance à l’allumage éleo trique, il donne aujourd’hui 50 chevaux par suite de l’augmentation de la compression qui, de 3 kg. 1/2, est portée à 5.
- La voiture pèse, en ordre de marche, avec son réservoir d’alimentation qui renferme 100 litres d’essence et son réservoir de refroidissement qui contient 50 litres d’eau, le poids de 1250 kilogrammes. Elle a une voie (distance entre les axes des pneumatiques) de lm,45, et une longueur d’empattement (distance entre les centres des deux trains) de 2®,15. On sait que, plus une automobile est rapide, plus la longueur de son empattement doit être considérable afin qu’elle garde toujours une adhérence à peu près parfaite sur le sol malgré les réactions énormes que lui infligent les inégalités du terrain. La hauteur des roues est de lm,10 à l’avant et de lra,80 à l’arrière, avec une section de pneumatiques respectivement de 90 et de 120 millimètres.
- Ce véhicule est pourvu d’une marche arrière, et de trois marches avant de 50, 60 et 90 km à l'heure au régime normal de 700 tours par minute du moteur, régime qui peut être porté à 900 par une variation d’allumage. On sait, également, qu'il suffit de monter sur l’arbre des chaînes d’une automobile de type
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- LA NATURE.
- usuel des pignons de commande plus grands pour obtenir des vitesses plus grandes, aux dépens nécessairement de ce que j’appellerai son pouvoir ascensionnel. La voiture file plus vite en palier, mais grimpe moins facilement les rampes, car aucun instrument ne peut se soustraire aux lois inéluctables du travail!
- Le bon constructeur doit, par conséquent, proportionner le diamètre de ces pignons à la puissance du moteur et au profd moyen des routes que la voiture est appelée à parcourir.
- Le moteur pèse avec son volant 295 kg. Les quatre cylindres horizontaux travaillent chacun à un temps de distance ; c’est dire que le premier aspire pendant que le deuxième comprime, que le troisième a son piston chassé par l’explosion et que le qua-
- trième expulse les gaz brûlés. Leur allumage se fait par une batterie de deux accumulateurs placés sous le siège, qui envoient leur courant successivement dans l’une des quatre bobines d’induction enfermées dans une boîte commune accrochée au tablier de la
- voiture, et qui produisent par conséquent dans chacune d’elles un courant secondaire de tension élevée dont la rupture donne alternativement dans les cylindres l’étincelle nécessaire à l’inflammation du gaz.
- La consommation totale est d’environ 20 litres d’essence à l’heure ; elle peut baisser jusqu’à 8 litres quand on désire demeurer dans les petites vitesses relatives, et que par suite on ferme presque complètement l’admission. Cette manœuvre, ainsi que celle des variations du moment de l’allumage
- £yAfo^£E.trJ
- élévation. — À A, reiïoidisseurs à ailettes ; C, arbre du moteur ; D D', cylindres du moteur ; E, bâti ; F F', pattes d’attache du moteur ; I, graisseur à huile à débits multiples ; J, volant contenant le cône d’embrayage ; L, pédale de débrayage ; M, tablier; N, pignons et chaîne transmettant le mouvement à l’aide des changements de vitesse : O, Boîte de changements de vitesse ; P, commande des changements ; P, paliers de l’arbre différentiel; 11, poulie de frein contenant le différentiel ; S, pédale de frein ; T, pignons et chaîne transmettant le mouvement de l’arbre différentiel aux roues motrices; U, tendeurs de chaîne; V, pot d’échappement; W, freins sur les roues motrices; X, Secteur à crans des leviers; Y, direction; Z, manettes faisant varier la valeur de l’admission et le moment de l’allumage ; a, roues motrices; b, roues directrices; d, /’, essieux; e, pivots; g,i, ressorts; li.j, mains des ressorts; k, caisse.
- par rapport à la position du piston dans le cylindre, est naturellement toujours à portée de la main du conducteur par des manettes spéciales sises sur la barre oblique de direction.
- On remarquera, on inspectant les figures jointes
- ici, que les cylindres opposés ne sont pas déportés pour permettre aux deux têtes de bielle de s’insérer sur le même manchon du vilebrequin, mais qu’ils sont dans le même axe, en prolongement l’un de l’autre, avec une tête unique pour les deux bielles.
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- Il y a là une habileté de construction à signaler, que nous ne pouvons examiner en détail ici mais qui permet d’obtenir pour chaque extrémité de bielle une portée aussi large que possible avec le plus petit encombrement, en même temps qu'un meilleur équilibre des pièces en mouvement.
- Le refroidissement est fait sans pompe, par la transformation en vapeur de l’eau qui entoure les cylindres et sa condensation dans le radiateur à ailettes qui les surmonte. Un deuxième radiateur, situé à la partie inférieure, retarde cette transformation en vapeur, en maintenant 1 ’ eau à une température moindre que celle de son ébullition.
- Le refroidissement s’opère d’autant mieux que l’air circule plus vite entre les ailettes, donc que la voiture roule plus rapidement.
- La commande des roues d’arrière par le moteur s’effectue par une succession d’organes peu compliqués, qui sont solidaires d’un cône d’embrayage, pressé par un fort ressort dans le volant même du moteur, mais que le conducteur peut, à son gré, repousser à l’aide d’une pédale pour produire le débrayage.
- Le cône demeurant dans le volant, l’entraînement se fait par une chaîne qui unit l’arbre moteur à l’arbre des changements de vitesse. Sur cet arbre, des déplacements de pignons, également commandés par le conducteur, effectuent tour à tour l’une des quatre modifications d’emprises qui donnent les trois marches avant et la marche arrière. Deux chaînes latérales transmettent enfin le mouvement aux roues selon le mode connu.
- Les freins, obéissant à la main et au pied, sont très puissants, on le devine, serrent dans les deux sens, et frictionnent, l’un sur un tambour qui renferme le différentiel, l’autre sur les couronnes que portent les roues.
- Quant à la direction, elle se fait par un volant qui surmonte une barre inclinée portant à sa partie inférieure un pignon d’angle qui engrène avec un secteur solidaire de la barre d’accouplement des roues d’avant. Le moindre déplacement de la main du conducteur a donc pour effet de faire varier l’inclinaison du train directeur, sans que les chocs latéraux que peuvent recevoir les roues dans les
- ornières, sur les bosses, les pavages défectueux, ou par suite d’un obstacle quelconque, aient d’influence dangereuse sur cette main. La direction est donc précise et légèrement irréversible.
- La simplicité de ce torpilleur de routes est certainement une de ses plus notables qualités et l’une des meilleures causes de ses succès. Simple implique léger, et léger implique presque toujours, en locomotion sur route, robuste, car le terrible m v2 condamne à la rupture infaillible, à l’auto-rupture, les instruments pesants qui ont la prétention de « dévorer l’espace ».
- Aussi bien voyons-nous les constructeurs d’automobiles, harcelés par les exigences impitoyables des courses sur routes, ne laisser plus au hasard, à
- l’à-peu-près, le moindre organe de leurs voitures extra-rapides, et par suite faire bénéficier tous leurs produits des renseignements fournis par les plus rudes épreuves que puisse subir un véhicule.
- La plus modeste des automobiles de tourisme a donc aujourd’hui, si je puis m’exprimer ainsi, dans les veines du sang des étalons formés par les randonnées folles. Un solide, simple et puissant recordman de 50 chevaux amène au jour de petites automobiles solides, simples et puissantes de 6 chevaux ; et tout naturellement dans les ateliers — j’allais écrire les écuries — de M. Lefebvre, à côté du Bolide, on aperçoit une progéniture de Bolidettes. L. Baudry de Saunier.
- Fig. 3. — Moteur Bolide.
- Fig. -i. — Détails schématiques du moteur Bolide.
- A B C, I), pistons ; E, enveloppe d’eau; F, vilebrequin; G, palier central; II, palier du bâti K, tètes de bielles; N, bielles;’P, bâti; S, soupapes; V, volant.
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- LE TOUR DU K4NCHINJINGÂ
- HIMALAYA 1
- L’éminent alpiniste Douglas \V. Freshfield, qui a fait en 1868 la première ascension de l’Elbrouz, n’a pas voulu prendre sa retraite sur son titre de (( secrétaire général honoraire de la Société de géographie de Londres ». Il faut que le poids des années lui soit particulièrement léger puisqu’il a exécuté, en 1899, le tour et la traversée du massif du Kanchinjinga (les cinq réservoirs de neige) (8582 m.)2, actuellement la troisième cime de l’IIima-lava et du monde. M. Freshfield a voulu combler la lacune que présentent les cartes à la frontière du Tibet, du Sikkim et du Népaul et il l’a fait en nous donnant, à l’appui de son rapport à l’Alpine Club, une jolie petite esquisse en couleurs du massif en question à l’échelle du 772 000e environ. En 1882, dit notre auteur, un Bhootia, nommé Rinsing, chargé d’études topographiques, franchit un col glacé de 21 500 à 22 000 pieds d’altitude3, situé au nord du Kanchinjinga même et contigu au haut plateau tibétain, qui le conduisit du Sikkim dans le Népaul. Mais les cartes des vallées népalaises de la montagne « restaient œuvre d’imagination plutôt que d’observation », au point que, dans un rapport officiel de 1884, le colonel Tanner, cependant un des plus distingués officiers du (( Topographical survey of India » déclarait qu’il n’y avait sur le Kanchinjinga « aucun glacier digne de ce nom ». Or, d’après la carte de M. Freshfield, ceux de Zemu, Kanchin et Jannu mesurent approximativement de 18 à 25 kilomètres de longueur!
- La brièveté de la belle saison, la cherté des transports des colis à dos d’homme, le peu d’énergie de ces derniers, les obstacles diplomatiques sur le versant du Népaul, sont les causes qui avaient empêché jusqu’ici une visite sérieuse.
- Venant à bout de ces difficultés, M. Freshfield a donc pu faire un vrai voyage de découvertes, en compagnie de M. Garwood, géologue, photographe, entomologiste et explorateur du Spitzberg, Vittorio Sella, le célèbre photographe des grandes Alpes, du Caucase et du Saint-Élié, Émilio Sella, son frère, le guide Angelo Maquignaz, de Val Tournanche, du topographe indigène Rinsing, de M. Dover, inspecteur des routes du Sikkim, de quarante à cinquante coolies (porteurs), et d’une escorte de six goorkhas (police militaire du Sikkim).
- L’expédition dura sept semaines depuis Darjeeling (2155 m.). Remontant la vallée de la Teesta par les magnifiques forêts du Sikkim, on établit un camp sur le glacier de Zemu, à 4850 mètres d’altitude (16 000 pieds), plus haut que le Mont-Blanc d’Europe. L’espoir d’atteindre les sommets du Simvoo (22 500 pieds) et du Siniolchum (22 570 pieds), (( la plus belle montagne neigeuse que j’aie jamais vue, peut-être la plus belle du monde, l’incarnation de l’inaccessible, le vrai trône de l’esprit des sommets » (Freshf.), fut réduit à néant par une chute de neige qui dura près de deux jours et força de lever le camp et de battre en retraite.
- On parvint, néanmoins, en contournant l’angle N.-E. du massif, à franchir, non sans peine et sans danger, la passe de Jonsong. —Là (environ 6400 m.), où Rinsing ne parut guère bien rassembler ses souvenirs de 1882, il
- 1 Alpine Journal, août 1900, avec une carte en couleurs et neuf photogravures.
- 2 II y a, paraît-il, quatorze manières d'écrire ce nom.
- 3 Le pied anglais vaut 0m,30479.
- fallut camper à l’altitude de 20 000 pieds (6100 m.) do* minant toutes les crêtes lointaines du Tibet, sans doute à la plus grande hauteur où ait jamais bivouaqué une caravane de plus de cinquante personnes (— 15° C. sous les tentes). A la descente, un des coolies de l’arrière-garde, « las de la vie », pria ses compagnons de le laisser mourir sur place, ce qu’ils firent, par pur fatalisme religieux, à l’insu de M. Freshfield et à son vif chagrin d’avoir ainsi perdu un homme qu’on eût pu sauver aisément. La traversée du col exigea cinq jours de marche sur la neige et sur les glaciers de l’un et l’autre versant; mais le retour put s’effectuer en plein territoire du Népaul, rare haut fait pour des Européens. Les glaciers et pics du Jannu et du Kabru furent admirés dans toute leur beauté, ainsi que le lointain mont Everest, peu imposant. « Je regrette, dit M. Freshfield, de ne pouvoir jeter une nouvelle lumière sur la question de savoir s’il va, — comme l’ont suggéré plusieurs indigènes et M. Graham1, — au nord de l’Everest, des sommets plus élevés encore. Nous n’en reconnûmes point, mais nous étions 5000 pieds plus bas que le Kong-la-Peak d’où M. Graham croit les avoir vus 2. »
- L’état de l’atmosphère et des neiges ne permit pas de renouveler l’ascension de M. Graham au pic Kabru3 « certainement le plus accessible des grands pics ».
- En terminant, M. Freshfield déclare qu’il ne sera pas impossible de parvenir tôt ou tard au sommet du Kanchinjinga aux conditions suivantes : éviter toute escalade par la face sud, — morceler la besogne, — monter de préférence du côté du Népaul, — prendre des porteurs alpins ou des goorkhas bien entraînés, mais pas de coolies, et tenter l’entreprise à la fin de septembre.
- Quant au mal des montagnes, les membres de la caravane s’en sont, en moyenne, trouvés si faiblement incommodés, même à 22 000 pieds, et grâce à certaines précautions faciles, « qu’il ne semble pas y avoir de raisons suffisantes pour penser que des grimpeurs ne puissent pas atteindre à 29 000 pieds.... » un jour!
- E. A. M.
- VÉGÉTAUX PHÉNOMÈNES
- La nature offre parfois à nos yeux étonnés des phénomènes curieux, tant dans le règne animal que dans le règne végétal et la tératologie s’enrichit chaque jour d’échantillons nouveaux. Nos lecteurs ont trouvé à différentes reprises dans ces colonnes d’intéressants spécimens de conformations anormales, les uns monstrueux, d’autres simplement bizarres.
- C’est à cette dernière catégorie que se rattache le cas que je vais signaler et que représente la figure ci-contre. Il s’agit d’une poire (Doyenné d’hiver) que j’ai récoltée cette année dans mon jardin et qui provient d’un arbre en contre-espalier appuyé le long d’un grillage en fer. Ce fruit en se développant a traversé un maillon du grillage et, continuant à grossir de part et d’autre de
- 1 En 1883. Voy. Alpine Journal, t. XII, p. 49, août 1884.
- 2 Ces montagnes, encore hypothétiques, seraient, d'après M. Graham, une cime rocheuse et une neigeuse, dépassant notablement les 8840 mètres de l’Everest.
- 3 Sur la polémique suscitée jadis par cette ascension à 24000 pieds (7315 m., la plus haute connue actuellement), voy. Alpine Journal, t. XII, p. 99 et suiv., novembre 1884. — MM. Vines et Zurbriggcn, en 1897, et M. Conway, en 1898, ont atteint le sommet de l’Aconcagua à 23000 pieds (7011 m.) seulement.
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- celui-ci, s’est trouvé enserré vers son milieu de telle sorte que pour le cueillir il a fallu couper une partie du grillage dans lequel il était emprisonné.
- l]n fait analogue s’était déjà produit l’an dernier dans
- mon potager. Une pomme de terre, de grosseur fort res-pectalde, s’était développée à travers un anneau de cuivre qui se trouvait enfoui dans le sol et lui faisait une véritable ceinture métallique qui la déformait dans sa partie
- médiane. Henri Gourbis.
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- LES MÉLASSES
- DANS l/ALIMENTATION DU BÉTAIL
- Pour répondre aux désirs formulés par un grand nombre de cultivateurs, 1’Administr.ation des finances vient d’adopter de nouvelles dispositions fiscales qui facilitent l’emploi des mélasses destinées à l’alimentation des animaux de la ferme. Dans une circulaire en date du 7 décembre dernier, M. le ministre de l’Agriculture engage vivement les professeurs départementaux et spéciaux à faire connaître ces mesures aux personnes intéressées, et à leur donner en même temps tous les renseignements nécessaires sur l’emploi de ces nouvelles matières alimentaires.
- Les mélasses sont évidemment appelées à jouer un certain rôle dans quelques contrées françaises et surtout dans les années de sécheresse, où, par suite de la pénurie fourragère, les cultivateurs éprouveraient de grosses difficultés pour nourrir leurs animaux pendant la période hivernale. ^ ,
- La question de l’utilisation des mélasses n’est pas nouvelle; à plusieurs reprises elle fut agitée et a donné lieu à des discussions intéressantes. En Allemagne, de nombreux essais alimentaires ont été tentés avec assez de succès pour préconiser l’extension des déchets de sucrerie. Si, en France, la vogue des fourrages mélasses était moins grande, cela tient au système d’impôt qui réglait le commerce de toute matière sucrée. 11 existait cependant des expériences assez concluantes permettant de se faire une idée de la valeur du produit. Depuis très longtemps, Mannechez, vétérinaire à Arras, et Decrombecque,
- maître de poste, ont fait ressortir l’heureuse influence du fourrage haché, mélangé de mélasse, sur l’affection de la pousse. Cette nourriture n’encombre point l’estomac, n’arrive pas à le distendre, n’exerce aucune compression sur le diaphragme et ne peut gêner les mouvements de la respiration. Sous l’influence du travail de la digestion, le sucre produit aussi très vraisemblablement de l’alcool, qui facilite les combustions respiratoires.
- Dans ces dernières années, MM. Dickson et Malpeaux se sont livrés à des expériences comparatives, pour déterminer exactement l’influence de la mélasse sur l’entretien, l’engraissement et la lactation des animaux. Leurs conclusions peuvent se résumer ainsi :
- 1° Les fourrages mélassés augmentent assez rapidement le poids vif des moutons, des porcs et des bêtes bovines.
- 2° Avec la mélasse, il y a augmentation du rendement en lait et de sa teneur en matière grasse et en lactose.
- 3° La mélasse constitue une excellente nourriture pour les animaux de l’espèce chevaline qui s’habituent plus facilement à ce régime et paraissent conserver la même vigueur tout en prenant un léger embonpoint.
- 4° Les mélasses faciliteraient encore l’emploi des fourrages de qualité secondaire.
- La mélasse peut être consommée en nature, mais elle est le plus souvent incorporée à des matières absorbantes qui en rendent plus faciles le transport et l’usage. Elle ne sera pas donnée à des doses quelconques, car elle déterminerait des désordres assez graves dans l’économie animale. En effet, les déchets de sucrerie renferment des sels laxatifs dont la proportion est susceptible de varier avec l’origine du produit et les procédés d’extraction employés. De plus, l’ingestion d’une grande quantité de sucre provoque chez les animaux une altération excessive suivie de très près par des diarrhées intenses. La proportion de mélasse à faire intervenir dans une ration est d’autant plus réduite que les animaux sont appelés à se déplacer à des allures plus vives. Les doses individuelles les meilleures paraissent être de 2le,500 pour les animaux qui travaillent à des allures vives, et de 5 kilogrammes pour les autres.
- Aujourd’hui, l’emploi des mélasses a tendance à se généraliser. Par une décision en date du 16 novembre dernier, M. le ministre des Finances a bien voulu lever toutes les mesures prohibitives qui existaient jusqu’alors. On a autorisé, à titre d’essai et pendant un an, les dépositaires et fabricants à expédier les mélasses aux agriculteurs qui en auront fait une demande écrite spéciale, légalisée par le maire de leur commune. Les cultivateurs pourront à leur gré se livrer à la préparation des fourrages mélassés hors de la présence des employés de la régie. Ils restent seulement tenus d’analyser sur un carnet d’un modèle spécial qu’ils devront se procurer, les acquits-à-caution qui auront légitimé les transports. Au fur et à mesure de l’emploi,, les quantités utilisées seront, inscrites sans' interruption ni surcharges dans une colonne spéciale du carnet. A chaque vérification, le service des Contributions indirectes procédera au recensement des restes ; il s’assurera si le stock restant est bien en concordance avec la balance de compte, et examinera aussi si les quantités consommées correspondent bien à l’importance de l’exploitation.
- Il est permis de croire que ces nouvelles mesures faciliteront la vulgarisation des fourrages mélassés qui sont appelés à rendre de si grands services.
- Albert Vilcoq, ,
- » —— Professeur d’agriculture.
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- LA NATURE.
- L’EXPOSITION PAN-AMÉRICAINE DE 4901 A BUFFALO
- L’Exposition de Paris battait son plein qu’on parlait déjà de celle qui devait s’ouvrir en 1001
- à Buffalo, dans l’État de New-York (États-Unis). L’Exposition de Paris a clôturé le dix-neuvième siècle,
- Fig. 1. — Le Palais des machines et transports.
- celle de Buffalo inaugurera le vingtième. Cette dernière, qui porte l’appellation de pan-américaine, est consacrée aux seules Amériques du Nord, du Centre et du Sud; elle ne s’appliquera donc qu’à montrer les progrès et les richesses de l’hémisphère occidental.
- Les travaux, d’après les dernières nouvelles reçues, sont très avancés et il n’y a aucun doute que tout ne soit prêt pour la date de l’ouverture qui a été fixée au premier mai. Les irais préliminaires sont couverts par des subventions fournies par la ville de Buffalo, le gouvernement et l’État de New-York, et le montant en a été fixé, tout d’abord, à 5 millions et demi de dollars, mais ce chiffre a dù certainement s’augmenter.
- Les différents États coopérant avec les États-Unis
- à cette exposition sont le Canada, le Mexique, le Honduras, le Nicaragua, le Salvador, le Guatemala,
- la Guadeloupe, la Guyane hollandaise, la Bolivie, la République Argentine, le Chili, Costa-Rica, le Brésil, le Pérou, le Vénézuéla et Haïti.
- L’emplacement de l’Exposition est situé au nord de la ville et présente une longueur d’un mille du nord au sud et une largeur moitié moindre dans le sens per-pendiculaire. L’entrée principale aura lieu à travers un des parcs les plus beaux du monde. Les chutes du Niagara, situées à faible distance, à une demi-heure de chemin de fer, ajouteront leur attraction au grand nombre de celles que l’exposition offrira. Les divers objets qui seront présentés à la •vue du public ont été partagés en quinze classes
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- qui sont les suivantes : À. Électricité et appareils électriques; B. Beaux-Arts; C. Arts graphiques ; typographie, lithographie, gravure et reliure; D.
- Arts libéraux : éducation, travaux publics, architecture, musique; E. Ethnologie, archéologie, inventions, expositions isolées et collections; F. Agricul-
- Fig. 3. — Le Palais du gouvernement américain.
- Fig. i. — Le stadium ou arène athlétique.
- Fig. 5. — Le Palais de l’électricité.
- ture, produits alimentaires, machines et appareils agricoles; G. Horticulture, viticulture,'floriculture ; H. Animaux vivants, domestiques et sauvages;
- I. Forêts et produits des bois; K. Poissons, pêches et appareils; L. Mines et métallurgie; M. Machines de toutes sortes; N. Manufactures; 0. Transports par
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- LÀ NATURE.
- chemins de fer, bateaux et véhicules; P. Expositions spéciales aux îles d’Hawaï, de Cuba, de Porto-Rico et des Philippines.
- Les Etats de l’Union et un certain nombre de pays étrangers ont, en outre, des bâtiments particuliers où ils feront des expositions d’ensemble.
- L’électricité jouera un très grand rôle à l’exposition de Buffalo et avec d’autant plus de facilité que les chutes du Niagara sont là pour donner autant de fluide qu’il sera nécessaire. Elles sont déjà mises à contribution par la ville qui s’éclaire, fait marcher ses tramways et les machines de ses usines et manufactures grâce à l’énergie qu’elles fournissent. On pourra admirer à l’exposition la Cour des Fontaines où se produiront de superbes effets de lumière électrique. Cette cour, de 1000 pieds de longueur sur 500 de largeur, présentera en son milieu un grand bassin où se joueront des fontaines lumineuses. Tous les édifices formant le contour de la cour seront également illuminés par un ensemble de lampes s’élevant au chiffre de 200000. Mais ce n’est pas tout et il y aura encore la Tour électrique de 375 pieds de hauteur que surmontera une colossale statue de la fée Électricité. Ce monument sera véritablement le clou principal de l’exposition. L’architecture en sera des plus réussies. Elle présentera deux ailes arrondies formant ainsi un espace semi-circulaire de 200 pieds de largeur au milieu duquel viendront déboucher de puissantes cascades. La tour sera munie de nombreux ascenseurs et aura un restaurant à une hauteur de 200 pieds d’où l’on jouira d’une vue merveilleuse de la ville et du lac Érié. Il y aura, en outre, des salons de lecture et de conversation ainsi que des salles de spectacles où se feront de curieuses exhibitions. La nuit venue, la tour ne sera plus qu’un colossal embrasement qui viendra rehausser l’effet produit par la Cour des Fontaines.
- Parmi les grands édifices de l’Exposition, nous ‘ signalerons le grand Palais de l’électricité, d’une longueur de 500 pieds sur 150 de largeur, dans lequel on verra toutes les diverses applications de ce fluide merveilleux : la fusion et le forgeage des métaux, l’éclairage, le chauffage, la mise en action des machines et des plus ingénieux appareils. D’autres édifices, de dimensions égales ou supérieures, seront ceux de l’Agriculture, des Manufactures et Arts libéraux et des Machines et transports. Le gouvernement aura trois bâtiments, dont le principal présentera un dôme central à 250 pieds de hauteur.
- Ajoutons encore les palais de l’Horticulture, des Mines, des Arts graphiques, d’Ethnologie et de la Musique. Un autre clou de l’exposition sera le grand Stadium ou Arène athlétique, dont les dimensions dépasseront celles du Colisée, à Rome, et qui pourra contenir facilement 25000 spectateurs; le stadium aura une piste d’un quart de mille de longueur. Un lieu de plaisance, dit Midway, sera affecté aux divertissements les plus variés et les plus nouveaux.
- Deux immenses bâtiments, appartenant l’un à
- l’État de New-York et l’autre à M. Albright, seront d’un caractère permanent, leur construction ayant été faite en pierre de taille d’Indiana.
- Le grand carillon de la cathédrale de Saint-Joseph sera transporté à l’exposition et réjouira les visiteurs par ses mélodies sonores. Les 43 cloches qui le composent, ont été fondues en France en 1866 et figurèrent à l’Exposition de Paris de 1867.
- Un chemin de fer électrique, de près de 3 milles de longueur, fera le tour de l’exposition et transportera rapidement les visiteurs d’un point à un autre.
- Les parcs et les jardins seront l’objet du plus grand soin; ils seront en nombre considérable et dessinés de la façon la plus pittoresque. De grands lacs, de nombreux cours d’eau régneront sur tout un côté de l’exposition et produiront le plus agréable effet. Enfin, rien ne sera négligé pour faire de l’exposition de Buffalo une œuvre belle et grandiose, susceptible d’attirer les étrangers et de leur donner les plus grandes satisfactions. Deeauney.
- COLOGNE PORT DE MER
- Il ne s’agit point de la création d’aucun canal maritime, transformant l’état antérieur des communications, mais simplement d’un état de choses généralement inconnu. De plus en plus, le grand port de navigation intérieure, dont le mouvement annuel est de 1 100 000 tonnes, prend une réelle importance et un curieux essor au point de vue des relations avec les ports de mer allemands ou étrangers.
- Quelques chiffres vont convaincre de la vérité de ce que nous affirmons. En effet, il y a dix ans, en 1890, les bâtiments de mer arrivant le long des quais de la célèbre ville allemande ne représentaient dans leur ensemble qu’un chargement de moins de 14000 tonnes, et presque tous ces chargements venaient de Londres. Dès 1895, le poids correspondant atteignait 36 000 tonnes et plus, dont 9000 venaient des ports allemands de la mer du Nord et autant environ des ports allemands de la Baltique, le reste provenant de l’Angleterre. Maintenant, ou du moins d’après les dernières statistiques qu’il soit possible de se procurer, le mouvement total des arrivées et des sorties est de plus de 92 000 tonnes, dont une trentaine de milliers en provenance ou à destination de Londres et des ports anglais, 29 000 des ports allemands de la mer du Nord et 19 000 des ports allemands de la Baltique.
- Les autres relations (bien faibles) se font avec la Suède, la France et la Russie. Au surplus, ce n’est pas là ce qui nous occupe ici quç, la répartition de ce trafic entre les divers pays, mais ce qui est intéressant à noter, c’est que les travaux accomplis sur le Rhin permettent aux navires de mer d’accéder aux quais de la grande cité allemande, et que de grandes compagnies de navigation maritimes se sont formées dans la ville pour tirer parti de la situation et établir des relations avec l’étranger. Les vapeurs qiii circulent dans ce but sur cette partie' du cours du Rhin et qui vont principalement à Londres, sont d’un tonnage de 1000 tonneaux, ce qui suppose d’assez belles proportions. Une de ces sociétés de navigation, qui porte le nom de « Dourss Schiffahrts-Gesell-schaft Neptun », possède 18 navires dont le tirant d’eau
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- est d’environ 3 à 4 mètres. En fait, dès maintenant, Cologne compte au moins une dizaine de compagnies diverses qui- mettent ce centre commercial en relations régulières et constantes, non seulement avec les diverses parties du littoral allemand, mais avec l’Angleterre, la France, la Belgique, la Hollande, la Russie, etc. Quand nous aurons dit que, d’autre part, la navigation intérieure en ce point entraîne un mouvement de bien près de 12 000 navires, on ne s’étonnera pas s’il a fallu installer sur les quais du port les puissants instruments de manutention dont nous avons parlé, pour assurer l’embarquement et le débarquement des marchandises qui arrivent ou partent. ^_____ B. B.
- LES NOMS DES PLANTES1
- Linné, qui donnait volontiers à des plantes des noms d’hommes célèbres, raisonnait souvent ses dédicaces. C’est ainsi qu'il nomma Rivina une plante toujours verte parce que Rivin sut acquérir l’immortalité par ses ouvrages; Commelina une plante dont la fleur a trois pétales, deux fort grands et un presque imperceptible, parce que, de trois frères, deux seulement illustrèrent le nom de Commelin ; Plukenetia une plante extrêmement irrégulière dans sa forme, à cause des idées bizarres du botaniste Plukenet....
- La nomenclature du genre Browallia a une histoire qui mérite d’être racontée. Browall, d’abord ami, puis rival et même adversaire de Linné, se distinguait par le culte qu’il vouait à son maître. Linné, pour récompenser les succès de son élève, lui consacra un genre. Mais il voulut que cette dédicace fût en même temps une leçon, et que la plante lui rappelât quelques traits de son caractère. On vit donc paraître dans VHortus Cliffortianus, une Browallia itemissa (abaissée vers la terre'. Dans les ordres, Browall, d’abord curé, devint bientôt évêque. Linné lui dédie à ce moment la Browallia alata pour rappeler l’élévation rapide du simple prêtre. Browall, fier de sa haute dignité, oublia ce qu’il devait à Linné et se mit à le critiquer de façon acerbe. Linné avait trouvé une 3e espèce de Browallia, aux formes bizarres et aux caractères ambigus; il la qualifia d’alienata. Ce sont encore aujourd’hui les trois seules espèces que l’on connaisse. J.-J. Rousseau admirait beaucoup la modération de Linné envers ses critiques et disait dans un moment d’abandon : « Que n’ai-je imité le professeur d’Upsal : j’y aurais gagné quelques jours de bonheur et des années de tranquillité )).
- Pour clore cette courte note sur les noms des plantes, nous rappellerons que Rabelais dans Pantagruel (livre III, cbap. l) donne l’étymologie de quelques plantes. « Je trouve que les plantes sont nommées en diverses manières. Les unes ont prins le nom de celluy qui premier les inventa, congneut, monstre, cultiva, apprivoisa et appropria, comme mercuriale de Mercure... armoise, de Artémis, qui est Diane.... Les autres, par les admirables qualitez qu’on a veu en elles, comme héliotrope, c’est Soulcy qui suvt le soleil.... Autres par similitude, comme hippuris, car elle ressemble à qjjdue de cheval ; buglosse, à langue de bœuf; iris a l’arc-en-ciel en ses fleurs, myosota a l’oreille de souris...
- « Les autres de leurs formes, comme trefueil, qui a troys fueilles; serpoulet, qui rampe contre terre... et autres. » V. Brandicourt.
- 1 Voy. n° 1402 du 7 avril 1900, p. 298.
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- LE MERCURE EN AUSTRALIE
- Le mercure est très anciennement connu puisque les célèbres mines d’Almaden passent pour avoir été découvertes huit siècles environ avant notre ère. Elles fournissent encore aujourd’hui à l’industrie la plus grande partie du « vif argent » qu’elle emploie. On rencontre bien quelques autres gisements à Idria (Carniole), au Mexique, au Pérou et en Californie, mais ils sont de moindre importance. La présence du précieux métal avait été également constatée, dès 1841, dans la Nouvelle Galles du Sud. A peu près vers la même époque, le géologue australien W. B. Clarke analysa un échantillon de cinabre trouvé dans la rivière Cudgegong, cours d’eau prenant naissance dans les Alpes australiennes et coulant à travers la région aurifère située à l’ouest de la colonie anglaise. Ce savant publia une description étendue de ces pays afin de stimuler le zèle des explorateurs, mais ses efforts n’obtinrent guère de succès. Plus récemment des analyses exécutées sur des minerais provenant de Bingara, région diamantifère qui avoisine Cooma, ont accusé 25 pour 100 de mercure. De très riches dépôts existent aussi près de Yulgilbar dans la province de la Clarence, si renommée pour la beauté de ses sites et la fertilité de ses terres.
- Ces constatations ont engagé l’administration des mines d’Australie à charger un minéralogiste, M. Carne, d’une mission dans ces parages. D’après le Journal of Society of Arts, le résultat de cet examen fut des plus favorables. Le rapporteur pensait que le budget devait venir en aide aux entrepreneurs dans la recherche des filons et le gouvernement s’assurer si leur exploitation était assez rémunératrice. Ces temps derniers, suivant ces conseils, on a pratiqué 6 sondages sur 3 filons parallèles et plusieurs tonnes de minerai ont été amenées à Sydney. Là, les chimistes se sont mis à l’œuvre et leurs essais accusent un rendement de 3 à 5 pour 100. En outre, il y a de l’or et de l’argent en proportions assez notables.
- _______ Jacques Boyer.
- L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR AU CANADA
- l’UNIVERSITÉ MAC GILL
- Bien que beaucoup de différences séparent le Canadien du Yankee, on sent pourtant entre eux une parenté, et pour bien des choses ils se ressemblent : c’est ainsi que certaines des Universités canadiennes rappellent la manière dont sont créées et installées les Universités de la Confédération. Tel est le cas assurément pour l’IJniversité Mac Cill, de Montréal, qui est peu connue en France en dépit de son importance et de son organisation remarquable.
- L’établissement dont il s’agit date de 1821, et, après avoir longtemps langui, il fonda, en 1878, une section d’enseignement de l’art de l’ingénieur : celle-ci, dont nous voulons nous occuper, a pris toute sa vitalité depuis une dizaine d’années et grâce surtout à la générosité de sir William Macdonald, qui fournit des fonds pour l’aménagement des laboratoires d’électricité et pour l’amélioration de l’École de Génie civil. Il faut dire que le montant des dons de sir William Macdonald a dépassé 15 millions de francs, qu’il a fait construire une bonne portion des
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- LA NATURE.
- bâtiments neufs dont nous donnons un des plus caractéristiques. Du reste son œuvre a été complétée par lord Strathcona and Mount Royal (autrefois connu sous le nom de sir Donald Smith), qui fut Gouverneur de la fameuse Compagnie de la baie d’Hudson, et fit construire à ses frais le bâtiment de la Faculté de médecine,et aussi un collège spécial pour loger les femmes suivant l’enseignement de l’Université. Celle-ci comprend des Facultés des arts, des sciences appliquées, d e droit, de médecine et de médecine comparée.
- La Faculté des sciences appliquées, à son tour, renferme les départements des ingénieurs électriciens, des ingénieurs civils, des ingénieurs mécaniciens, des ingénieurs des mines, de la géodésie et du lever des plans, enfin de la chimie pratique.
- Dans chacun de ces départements, l’instruction se donne en quatre années, dont les deux premières sont consacrées à l’étude générale de la physique, de la chimie, des mathématiques, du dessin et aussi à la pratique de travaux manuels, forge, charpenterie, confection de modèles, etc.
- C’est dans les deux dernières années qu’on se spécialise. On comprend que de la sorte les élèves' acquièrent une bonne instruction générale et des connaissances pratiques au moins élémentaires.
- L’Université Mac Gill est installée dans un site charmant, au milieu du quartier le plus agréable de la ville, les bâtiments en sont disposés suivant les trois côtés d’un rectangle, le bâtiment de la Faculté des Arts formant le centre. L’Université possède une
- magnifique bibliothèque et un musée, et, en dehors de son enceinte principale, un gymnase et une école vétérinaire.
- Les installations sont toutes des plus remarquables, notamment celle du laboratoire de chimie ;
- on a disposé récemment un laboratoire spécial pour les méthodes d’essais des matériaux de construction et on y voit les appareils les plus perfectionnés; on trouve également un laboratoire consacré exclusivement à l’hydraulique et qui possède tous les modèles possibles de moteurs hydrauliques, sur lesquels on peut se livrer à des expériences pratiques, puis des canalisations d’eau de toutes dispositions, des modèles d’écluses, etc. Dans le département des ingénieurs mécaniciens, les élèves peuvent
- voir fonctionner devant leurs yeux des moteurs à vapeur, à gaz, à air chaud, à pétrole, des chaudières des systèmes les plus divers.
- Enfin, étant donné le rôle que l’électricité prend de plus en plus et tout particulièrement dans l’Amérique du Nord, on a doté le département des ingénieurs électriciens d’une façon véritablement admirable, dont on peut juger déjà à l’examen des quelques photographies accompagnant ces lignes, et qui mérite une description plus détaillée que ce que nous avons dit des autres sections de l’Université.
- Les laboratoires d’électricité sont au nombre de cinq, un pour les dynamos à courant continu, un autre pour celles à courant alternatif, un troisième pour les recherches spéciales, un quatrième pour les
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- hautes tensions, et enfin un dernier pour les étalonnages. 11 faut ajouter à cela que le département a pour son usage une station génératrice spéciale d’électricité qui ne comporte pas moins de 5 chaudières, alimentant quatre machines à vapeur de types divers, les unes américaines, les autres anglaises, ou môme d’origines diverses commandant des dynamos génératrices de provenances également très diverses. Bien entendu, on a pris des mesures pour fournir ainsi aux laboratoires toutes les natures de courant, et, de plus, le sous-sol de la construction renferme une vaste salle contenant un nombre respectable d’accumulateurs. Une des caractéristiques de ces laboratoires, c’est la mobilité
- Fig. 5. — La salle îles
- extrême de tout le matériel électrique qui s’y rencontre : les dynamos et les moteurs qu’on y aperçoit, et qui se trouvent montés sur une sorte de banquette surélevée au-dessus du plancher du laboratoire, ne sont jamais fixés sur cette banquette qu’au moyen de boulons qu’il suffit de desserrer pour qu’on puisse déplacer la machine, si besoin est, pour la transporter ailleurs et la remplacer par une autre (notons, à ce propos, que les constructeurs font fréquement hommage à l’Université de leurs types les plus récents de machines, ce qui permet aux professeurs comme aux élèves de se tenir constamment au courant des progrès les plus récents, sans que le budget de l’établissement en soit lourdement
- dynamos de l'Université.
- chargé). Le déplacement- des appareils est grandement facilité par un pont-roulant, disposé sous le plafond des laboratoires. Nous ne pouvons naturellement signaler les divers appareils qui sont à la disposition des élèves : disons toutefois que des dispositions sont prises pour que chaque groupe qui se livre à un travail particulier ait toute indépendance, notamment au point de vue de la force motrice dont il a besoin, et c’est dans ce but que les dynamos sont chacune commandée par un petit moteur spécial. On serait bien étonné si nous énumérions toutes les dynamos et les moteurs que possède ce département d’électricité ; dans le laboratoire des hautes tensions on a installé, entre autres appareils intéressants, quatre transformateurs de 10 kilowatts et 50000 volts, construits exprès pour
- l’Université, et un voltmètre électrostatique de Kelvin pouvant répondre à des tensions comprises entre 15000 et 150000 volts! Ce serait du reste faire tout un cours d’électricité que de passer en revue les instruments de précision qui se trouvent dans le laboratoire d’étalonnage.
- Si atout cela nous ajoutons que l’Université, particulièrement dans son département des ingénieurs électriciens, possède des professeurs des plus remarquables, tels que le professeur Owens, on ne s’étonnera point que l’électricité fasse au Canada les progrès considérables que nous avons eu occasion plusieurs fois de signaler ici, en parlant de la création de stations électriques et d’autres installations industrielles du meme genre. T). Leuoy.
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- LÀ NATURE.
- CHRONIQUE
- Épingles dans un œuf. — Il arrive souvent, d’après XÉleveur, qu’en faisant des autopsies de volailles on trouve des épingles, des morceaux de fil de fer, dans le gésier. Cela se voit chez les volailles qui n’ont pas de gravier à leur disposition et que leur instinct pousse à absorber des corps durs. Qu’une épingle ainsi avalée sorte de l’intestin et arrive dans la chambre coquillère au moment où un œuf sans enveloppe calcaire y arrive, elle se trouvera enveloppée dans la coquille, et enfermée ainsi dans l’œuf comme un ver. Perrault, l’illustre architecte du dix-huitième siècle, en rapporte un cas dans ses mémoires : il est question d’un œuf dans lequel on a trouvé une épingle renfermée sans que l’on pût savoir par où elle était entrée. Cette épingle était couverte d’une croûte blanchâtre et épaisse d’un tiers de ligne, ce qui lui faisait avoir la forme d’un os d’une cuisse de grenouille ; sous cette croûte l’épingle était noire et un peu rouillée.
- Honoraires des médecins et chirurgiens en Écosse. — En 1865, une Commission, nommée par la corporation des médecins et chirurgiens de Glascow, posa en principe que le tarif des honoraires dans chaque localité devait être gradué suivant le revenu présumé du patient ou « employeur ». (Remarquer, en passant, cette définition du malade (( employant » les médecins.) Partant de là, elle a partagé la société en cinq classes : la lre comprend les revenus au-dessus de 25 000fr; la 2e va de 12 500tr à 25 000tr; la 5' va de 6250fr à 12 500fr; la ht de 2500 à 6250rr ; la 5e comprend tous les revenus au-dessous de 2500,r. Cela posé, une « visite isolée », entre 9 heures du matin et 8 heures du soir, coûte 25fr aux malades de la lre et de la 2e classe; 13,r à ceux de la 3e; 6fr,25 à ceux de la ht et 5fr à ceux de la 5e. Un « petit nombre de visites » est tarifé suivant les classes, 25'r, 8fr,75, 6,r,25, 4'r,25, 3fr. Des « soins prolongés », 8fr,75, 6tr,25, 4tr,25, ofr. Le tarif est doublé et triplé pour les visites faites entre 10 heures du soir et 7 heures du matin; doublé pour les visites faites à la campagne. Tous les médecins titularisés touchent les mêmes honoraires, quels que soient leur âge et leur clientèle. L’application de ces bases est rendue possible par les cédules qui servent à la perception de YIncome-Tax. En regard de ces rémunérations qui, bien entendu, constituent un maximum (le médecin peut soigner des malades pour rien), il est intéressant de voir ce qu’il en coûte, en Écosse, pour embrasser la profession médicale. En Écosse, un étudiant en médecine, indépendamment de l’instruction générale qui lui est donnée dans une université, doit faire un stage professionnel de cinq ans, puis, en général, un service gratuit d’un an ou deux dans un hôpital. Pendant ce temps, il dépense pour son logement et sa nourriture, durant la session, environ 50tr par semaine, plus son entretien, son argent de poche, etc. Pour son instruction et ses examens, 3150fr; son inscription comme praticien, 125fr; pour les instruments, 15Ufr; les livres, 250fr; en tout, 3675'r. S’il veut devenir membre d’une Faculté, d’une corporation, les frais sont assez lourds. L’accès d’une Faculté, par exemple, coûte 1250,r; l’entrée au Collège royal des médecins et chirurgiens, 2150,r. C’est pour couvrir le « capital engagé » que le tarif ci-dessus a été établi. Ceci est bien en dehors de nos habitudes françaises; mais, au fond, le système est plus rationnel qu’on ne serait tenté de le croire au premier abord, et, dans bien des cas, plus doux que le nôtre à « l’employeur », c’est-à-dire au malade. Ces
- détails sont empruntés à l’ouvrage Distribution of lncome, de Mr William Smart, professeur à l’Adam Smith Universitv.
- Le hérisson mangeur de poules. — M. A. Mansion nous donne à ce sujet, dans la Revue scientifique, quelques renseignements intéressants. 11 est constant que le hérisson mange au besoin des mulots et qu’il passe rarement indifférent à côté d’une jeune famille de ces rongeurs, quand il la découvre sous un buisson ou sous une souche. Il n’est pas moins certain que cet insectivore ne dédaigne pas les petits oiseaux qu’il parvient à dénicher grâce à ses talents de grimpeur. Mais je ne sache pas qu’on l’ait accusé déjà de s’attaquer à la poule adulte. Le fait suivant, observé à Huy, semble cependant prouver que le hérisson, sans doute quand il manque de mollusques et d’insectes de toutes sortes, sait faire sa proie d’une poule endormie sur son perchoir. Le hérisson dont il s’agit était tenu prisonnier, depuis plus d’un mois, dans un enclos de murs élevés. Il paraissait s’accommoder de sa captivité, et, très docile, venait passer tout le jour dans l’habitation, blotti sous une armoire de cuisine à proximité du foyer. Le soir venu, il s’en allait au jardin pour y chercher, pendant toute la nuit, sa nourriture. Chaque matin on le trouvait à la porte de la maison, attendant tranquillement qu’om lui permît, en ouvrant, de reprendre sa place de prédilection. Les limaces, les escargots, les chenilles, les insectes, les vers, bref, toute la gent ravageuse des jardins et des potagers disparaissait sous la dent effilée de l’insectivore, et le propriétaire se félicitait déjà de l’heureuse inspiration qu’il avait eue de s’attacher un aussi précieux auxiliaire ; quand, un beau matin, il trouva dans son poulailler, adossé au mur de fond de l’enclos, une poule morte. L’oiseau était entier et ne portait extérieurement aucune trace de morsure ; mais, de son cloaque, s’échappait un filet de sang. Les intestins, le foie, la rate, l’oviducte avaient été enlevés comme par succion, et le gallinacé était littéralement vidé jusqu’au niveau du cœur. Ce n’était pas un rat l’auteur du forfait, car on sait que si ces rongeurs s’attaquent parfois aux poules endormies qu’ils font tomber de leur perchoir, ils les dévorent en décharnant minutieusement leurs os si durs, qu’ils laissent seuls avec la plupart des plumes. C’était un chat, peut-être? Pourtant, il n’en venait jamais. Et puis, ce n’est pas de la sorte que le félin entame et ^évore habituellement sa victime. Le lendemain matin, encore une poule morte; le surlendemain une troisième; et ainsi de suite, presque chaque jour voyant une poule de moins. On en vint à suspecter le hérisson qui fut tué illico, sans autre forme de procès. Depuis ce sacrifice, les limaces, les escargots, les chenilles, les insectes et les vers pullulent dans l’enclos; mais, dans le poulailler, plus jamais on ne trouva de poule morte.
- Le tube-hroyeur Dana. — On sait Combien ces appareils de broyage sont employés maintenant dans un grand nombre d’industries ; toutes les poudres qu’il s’agit d’obtenir au moyen de ces instruments doivent du reste être dans l’état de division le plus parfait possible. Nos lecteurs connaissent sans doute les broyeurs à billes et à boulets, dont le broyeur Alsing, fabriqué à Copenhague, est certainement un des meilleurs types. 11 vient d’être grandement perfectionné par M. Davidsen sous le nom de tube-broyeur Dana. Disons immédiatement que cette désignation de tube lui vient de ce fait qu’il est à travail continu ; la matière à broyer circulant constamment et rationnellement d’un bout à l’autre du tube, les
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- parties les plus fines sortent les premières en avançant plus vite et n’emportent point les grains demeurés encore gros. Le tube tourne autour de son axe horizontal et est à demi rempli de boulets, mais sa paroi intérieure est absolument lisse. La matière y est introduite par un de ses tourillons creux, et naturellement par l’intermédiaire d’une vis sans fin ; l’autre bout est muni d’une cloison perforée dont les trous peuvent laisser échapper la poudre qui tombe dans un conduit où tourne une autre vis sans fin. En somme l’évacuation se fait par un point beaucoup plus bas que l’introduction, si bien que le volume de la matière à traiter est plus grand vei’s le côté de l’admission. Le broyage s’exécute dans d’excellentes conditions, parce que la couche de matière entre les boulets diminue graduellement; ces boulets, de fonte, sont d’ailleurs nombreux et petits, souvent ils sont remplacés par des galets de mer durs et peu lourds. Bien entendu la matière est toujours préalablement concassée au pilon de manière que les grains n’aient que ^ environ du diamètre de galets.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 22 avril 1901. — Présidence de M. Fouqüé.
- L indigo des urines. — M. À. Gautier présente une Note de M. Maillard de Nancy sur l’indigo des urines. Les urines contiennent une substance qui est capable de donner de l’indigo bleu ou de l’indigo rouge. Si on laisse l’urine subir l’oxydation lente de l’air, le traitement donne de l’indigo rouge; mais si, au contraire, on l’oxyde rapidement à l’aide d’un acide, l’indigo obtenu est bleu.
- La session de l'Association internationale des Académies. — M. Darboux, secrétaire perpétuel, rend compte à l’Académie des travaux de l’Association internationale des Académies. L’Association a clos la session de 1901 le samedi 20, après une semaine très remplie, qui a eu pour effet de cimenter l’œuvre commune. On a désormais, dit M. Darboux, plus que des espérances sur l’action qu’exercera l’Association. M. Darboux fait connaître les questions qui ont été traitées et qui sont de la compétence de l’Académie des sciences. C’est d’abord la mesure d’un arc de méridien immense pour relier la triangulation du cap de Bonne-Espérance à l’arc russe. M. David Gill, directeur de l’obsenotoire du Cap, a présente un rapport sur la question. L’arc ainsi obtenu aurait un développement de 104° et serait d’autant plus précieux au point de vue de la détermination de la forme de la terre. L’Association donnant son appui à cette operation a décide que l’œuvre serait complétée jpnr des déterminations de l’intensité de la pesanteur, des éléments magnétiques, de la latitude, de la différence de longitude en un grand nombre de sommets. La proposition de M. Marey relative au contrôle des instruments enregistreurs en usage dans les laboratoire de physiologie a été accueillie avec une grande faveur. Une proposition de 1 Académie de Leipzig relative à l’anatomie de 1 encéphale n’a pu aboutir à des conclusions définitives, mais une Commission ayant un programme bien défini a été chargé d’étudier la question. Enfin la Société royale de Londres a fait connaître l’état d’avancement du catalogue de la littérature scientifique qu’elle a entrepris. Elle a donné l’assurance qu’au catalogue par noms d’auteurs s’ajouterait un répertoire par natu:e de travaux. Enfin, il a été question de la publication des œuvres complètes de Leibniz qui paraît devoir nécessiter
- 120 à 130 volumes. Il a été décidé de faire d’abord appela toutes les personnes qui posséderaient des manuscrits du grand philosophe et mathématicien avant de commencer la publication.
- Les alcaloïdes du tabac. — M. Haller signale et résume une Note relative à trois alcaloïdes existant dans le tabac. Dans un travail déjà ancien, M. A. Gautier avait annoncé qu’il avait trouvé des alcaloïdes dans le tabac, mais il ne les avait pas séparés et décrits. L’auteur distingue la nicotëine qui a une odeur agréable de persil, la nicotelline qui donne la saveur du poivje et la nicoti-nine qui se rapproche de la nicotine et en est sans doute un isomère. M. A. Gautier rappelle, au sujet de cette communication, qu’il a extrait de l’huile de foie de morue une substance, la nicomoruine, qui est polymère de la nicotine.
- Distinction des tissus morts et vivants. — M. Waller expose une méthode électrique au moyen de laquelle il peut reconnaître si un tissu est mort ou vivant. 11 soumet le tissu à une excitation instantanée et constate, au moyen d’un galvanomètre, que le tissu dégage sous l’influence de l’excitation un courant variable selon que le tissu est mort ou vivant, l’action électrique est différente. Par ce moyen l’auteur peut, jusqu’à un certain point, dire depuis combien de temps le tissu a été arraché à l’animal.
- Mensuration du bassin par la radiographie. — M. le professeur Guyon présente une Note de M. Contre-moulins relative à la mensuration radiographique du bassin. L’auteur observe que les mesures seront possibles si l’on dispose de deux radiographies du même objet prises sous des angles d’incidence différents, quels que soient l’angle d’incidence et la position du sujet. Pour faire ces radiographies, un dispositif spécial est nécessaire. Ce dispositif permet de repérer exactement la source des rayons X dans l’espace; grâce à ce dispositif, les radiographies sont faites sous des angles d’incidence préalablement déterminés. Un décalque de chacune des deux radiographies permet de dessiner les contours des parties que l’on désire mensurer et d’en obtenir la reproduction avec leurs dimensions très exactes. Pour le bassin, on obtient ainsi le diamètre des détroits et de
- 1 excavation. Il suffit d’une pose de deux minutes et
- demie pour chaque image. Ch. de Yilledeuil.
- LES DEUX FRÈRES CHINOIS
- M. le professeur Chapot-Prevost, de Rio-de-Janeiro, qui nous avait présenté, en 1898, les deux soeurs Maria-Rosalina, vient encore de mettre la main sur un nouveau monstre xiphopage, que l’on exhibait dernièrement à Vienne. Il s’agit des frères Lion Seng-Sen et Lion Tang Sen; ils sont nés en Chine le
- 2 janvier 1887, à Nankong, d’une mère de vingt ans et d’un père de dix-huit ans bien constitués. L’un des frères mesure lm,35, l’autre lm,51. Ils pèsent chacun 30 kilogrammes. Leur intelligence est normale. L’un peut être éveillé et l’autre dormir. Il y a quatre ans, ils ont eu tous deux la variole à un jour de distance. La contamination passa de l’un à 1 autre. Un jour, on s’amusa à donner du wisky à 1 un d eux et ce fut celui qui n’en avait pas pris qui montra le plus de signes d’ivresse.
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- LA NATURE.
- Le pont qui les réunit l’un à l’autre par le Las de la poitrine n’a que 4 centimètres de longueur au niveau du bord supérieur et 9 centimètres au niveau du bord inférieur. L’écartement des deux sujets est donc bien plus considérable que chez Maria-Rosalina. Le pont est constitué comme tous les monstres de ce genre, par la peau, par une lame cartilagineuse réunissant les extrémités inférieures des deux sternums. Pour marcher, ils se dressent bien cote à cote, de face autant qu'ils le peuvent et de même pour courir. Ils couchent indifféremment d’un coté ou de l’autre en combinant, bien entendu, leurs mouvements. On nomme ces monstres « xypho-pages » parce que le point qui les soude l’un à l’autre va de l’appendice xyphoïde à la cicatrice ombilicale. Les causes principales de cette disposition sont sans doute, d’une part, les différentes phases de la vie embryonnaire pendant lesquelles doit avoir lieu la soudure de ces êtres et, d’autre part, la position forcée déterminée chez ces monstres par l’union plus ou moins intime et plus ou moins étendue des deux corps.
- M. Chapot-Prévost, comme on sait, a séparé avec succès, l’année dernière, les deux sœurs Maria etllosalina. Dans le cas des deux jeunes Chinois, l’opération libératrice serait encore plus simple et tout indiquée.
- M. Chapot-Pré-vost l’a proposée.
- Un lui a répondu que si on pouvait la laisser tenter, ce serait certainement à lui que l’on s’adresserait; mais la religion des deux enfants s’y oppose. C’est, en effet, par la volonté du dieu Khango qu’ils sont nés unis ainsi et la volonté de ce dieu doit être respectée. C’est du moins ce que le dieu Khango a fait répondre par la bouche de MM. Barnum et Bayley. 11 est probable que nous aurons quelque jour l’occasion de voir à Paris les deux frères chinois. J.-F. Gall.
- LE MASLYRET A CAIJDEBEC-EN-CAIJX
- Un de nos abonnés, M. Ernest Amaury, à Ver-non, qui a l’habitude de se rendre à Caudebec-en-Caux, nous a envoyé la photographie ci-dessous du mascaret qu’il a prise le 22 mars dans la matinée. M. Amaury a bien voulu nous donner quelques renseignements sur le phénomène te qu’il s’est présenté en 1901.
- Contrairement à l’année dernière où le mascaret devait être le plus fort du siècle passé, et où il a été tout à fait inférieur aux précédents, cette année, le Ilot s’est présenté dans des conditions exceptionnelles au point de vue de la direction du vent, et de l’heure ; il est passé entre 9h 15 et 10h 15, et avec un peu de crue de la Seine.
- La barre, ou vague éeumante qui s’élève à environ 5 mètres au milieu de la Seine, et la remonte à la vitesse d’un train de marchandises, a refait son apparition ; et les ételles, grosses vagues suivant immédiatement la barre, étaient nombreuses. La vague envahissant
- re quai a fait prendre un bain de pieds forcé à quelques touristes trop hardis.
- La vue donnée ci - contre a été faite au moment où la grosse vague du bord arrive se briser à la cale du bac, (plan incliné pour les voitures et conduisant à l’atterrissage du bac), pour cou-* rir en tourbillonnant sur toute la longueur de la digue. Le coefficient de marée était pour le 22 mars de 1,17; c’est la plus grande hauteur de l’année; en septembre et octobre ce coefficient ne dépassera pas 1,14 et 1,15. C’est pourquoi nous reproduisons cette photographie, témoignage absolu de la réalité. M. N.
- Le Gérant : P. Masson.
- Les deux frères chinois.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- N» 1458. — 4 MAI 1901.
- LA NATURE.
- m
- UN OURSIN AU SAHARA
- Qui donc se serait jamais imaginé que le Sahara, ce pays de l’inexorable sécheresse, pût offrir à quelqu'un l’occasion de calmer sa soif? Et cela, au lendemain du jour où, dans sa traversée de l’Algérie au Tchad, la mission Foureau-Lamy a si cruellement souffert du manque d’eau.
- C'est pourtant ce qui arrive, et ce qu’il y a de plus étrange, c’est que l’instrument qui opère cette merveille est un simple morceau de pierre, retrouvé, presque par hasard, sur le bureau d’un ancien explorateur du désert. Expliquons-nous.
- La soif dont nous parlons est celle des géologues, soumis depuis plusieurs années à un vrai supplice de Tantale, par la publication de la carte d’Afrique, exécutée au service géographique de l’Armée sous la direction de M. de Lannoy de Bissy. Sur la route de Tripoli au Tchad, entre les oasis de Bilma et d’Agadem, en plein désert saharien, la carte en question porte, à deux places, la mention fossiles, empruntée à l’itinéraire de Rohli's. Ce dernier a très clairement vu des fossiles, parmi lesquels il dit même avoir reconnu des ammonites. Mais il ne lui a pas été possible de rapporter des pièces à conviction et, depuis ce temps, les géologues demeuraient anxieux, se demandant ce que pouvaient bien être ces pétrifications. Car il semblait que, depuis les temps secondaires, la mer n’eût jamais dépassé en Afrique les régions de la Libye et de la Nubie. La présence de dépôts fossilifères, évidemment marins, 21)' annte. — 1er semestre.
- Xœtlingia Monteiti, V. Gauthier.
- (D’après le dessin publié dans le Bulletin de la Société géologique de France.) La figure A représente le détail des pores.
- tout à côté du Tchad, soulevait donc des problèmes dont la solution devait être attendue avec une particulière impatience. De là, cette soif dont, plus qu’aucun autre de ses confrères, souffrait le signataire de ces lignes, avide de recueillir, en vue de ses esquisses paléogéographiques, tous les documents relatifs au tracé des anciens rivages.
- Or un heureux hasard lui a permis de s’assurer qu’en 1892, dans sa mémorable traversée du Tchad à Tripoli, le colonel Monteil avait recueilli, entre Agadem et Bilma , une pétrification particulière. Ce fossile s’est trouvé être un énorme oursin régulier (du diamètre de 110 millimètres), dont nous donnons ici une réduction (fig. ci-contre), et qui s’éloignait de tous les types connus dans les collections paléontolo-giques de la capitale.
- Heureusement un connaisseur émérite, M. Gauthier, de Sens, a reconnu dans ce fossile un genre créé en 1897 par Noetling pour un oursin du Ba-loutchistan, recueilli en compagnie d’espèces qui permettent d’affirmer le synchronisme des
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- couches où il est contenu avec la craie de Maëstricht et celle de Meudon.
- On savait déjà qu’à l’époque où se formaient ces dépôts, la Méditerranée envoyait un golfe en Lybie, et qu’ensuite, contournant le massif ancien du Sinaï et de l’Arabie, la mer se poursuivait par la Palestine, la Syrie, la Perse, jusqu’en Inde. La présence du Nœtlingia Monteili prouve que le golfe africain, dépassant la chaîne de hauteurs du Tibesti, a au moins atteint la région du Tchad. C’est une modifica-
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- LA NATURE.
- tion profonde apportée aux vues jusqu’alors acceptées sur l’histoire géologique de l’Afrique, et il est grandement à souhaiter qu'une exploration plus détaillée soit dirigée, entre Agadem et Bilma, pour retrouver et exploiter les gisements fossilifères, signalés par Kohl fs.
- Tous les explorateurs ont grand soin d’exhiber, à leur retour en Europe, des collections de photographies, reproduisant d’horribles types de nègres et de négresses, sur lesquels les anthropologistes eux-mèmes doivent commencer à être blasés. Quel avantage ce serait, pour nous autres géologues, si, à ces clichés on voulait bien joindre plus souvent des échantillons du terrain traversé, et surtout des fossiles, la vraie manne du désert pour les gens de notre spécialité ! On le voit, il suffit souvent d’un seul échantillon pour résoudre une difficulté importante de l’histoire ancienne de notre planète; et à ceux qui se déclareraient indifférents à la question de savoir ce que la mer a pu l’aire en Afrique, du temps où l’homme n'existait pas, il suffirait de répondre que toutes les recherches de mines ont la géologie pour hase indispensable; que, par conséquent, tout progrès de cette science exerce, tôt ou tard, une inlluence favorable sur les intérêts pratiques de lTiumanité.
- Espérons donc, aujourd’hui que la région de Bilma est placée sous l’influence française, que M. Gentil et ses collaborateurs sauront faire couler à grands Ilots la source dont la découverte du colonel Monteil vient d’indiquer l’existence, et qu’un prochain courrier ne manquera pas d’apporter en Europe de quoi étancher surabondamment la soif des plus altérés parmi les collectionneurs de fossiles africains. A. de Lafparext,
- de l'Institut.
- LA ROTATION DE LA COURONNE SOLAIRE
- Nous avons annoncé1 le départ de M. de la Baume-Plu-vinel pour Sumatra où il va observer l’éclipse totale de soleil du 18 mai prochain ; parmi les appareils emportés par cet astronome, il y a un spectroscope destiné à l’étude de la rotation de la couronne.
- A ce propos il est juste de faire remarquer que cet intéressant problème a déjà été abordé et, on peut dire, presque entièrement résolu par M. Deslandres, pendant l’éclipse totale de 1893. C’est par la méthode spectroscopique Fizeau-Doppler, dont il a été autrefois question dans ces colonnes*, que M. Deslandres a pu obtenir des renseignements précis sur la rotation de la couronne. La couronne solaire n’est visible que pendant les éclipses totales; elle apparaît sous la forme de jets de lumière qui semblent s’échapper du disque solaire et s’étendent jusqu’à une grande distance, quelquefois jusqu’à plus du double du diamètre solaire. Elle est évidemment formée d’une matière très ténue. La méthode Fizeau-Doppler repose sur ce fait que, dans le spectre de la lumière émanée d’un corps en mouvement, les raies sont
- 1 Voy.n°145G, du20avril Nouvelles scientifiques,
- * Voy.n» 1220, du 1T octobre 1890, p. 309, et n° 1263, du 14 août 1897, p. 170.
- déviées vers le violet, si le corps lumineux s’approche de nous, vers le rouge s’il s’en éloigne. La mesure de la déviation des raies permet de calculer la vitesse avec laquelle la source lumineuse s’éloigne ou s’approche. Si la couronne solaire tourne autour d’un axe, l’une des régions s’éloigne de la terre, la région opposée s’en rapproche, de sorte qu’en observant les spectres fournis par deux points diamétralement opposés, on trouvera des déviations de sens contraire qui permettront de déterminer la vitesse de rotation. Tel est le principe de l’observation qu’a faite M. Deslandres lorsqu’il a été au Sénégal étudier l’éclipse totale de 1895. Le résultat de ce travail est à coup sur très remarquable : c’est que la couronne tourne autour du même axe que le soleil, et avec la même vitesse angulaire, comme pourrait le faire un corps solide. Il est bien entendu qu’il ne s’agit là que d’un mouvement moyen, car il est certain que la couronne solaire est le siège de mouvements particuliers très rapides, et dont nous ne pouvons nous faire aucune idée. Mais cela ne diminue en rien l’importance de l’observation. Les spectres ont été photographiés, de sorte que les documents qui ont servi à établir la conclusion précédente subsistent et peuvent être consultés par tous les astronomes.
- On peut objecter que M. Deslandres n’a observé en réalité que deux points de la couronne, et que les conclusions tirées de son observation se rapportent seulement à ces deux points, sans qu’il soit permis de rien affirmer relativement à un mouvement d’ensemble de toute la couronne. Cependant le fait qu’on retrouve pour ces deux points la rotation même du soleil rend très peu probable l’hypothèse d’une pure coïncidence. Mais il y a plus : il est facile de prouver par la géométrie que si un corps tourne autour d’un axe, à la façon d’un corps solide, tous les points de ce corps qui sont sur un même rayon visuel ont la même vitesse radiale, c’est-à-dire que, pour tous ces points, la composante de la vitesse dirigée suivant l’œil de l’observateur est la même. Or, la lumière que nous recevons de la couronne ne nous arrive pas seulement de la surface; elle nous vient de toute la profondeur. Si donc la couronne tourne effectivement tout d’une pièce, toute la lumière qui nous arrive d’un même point apparent donnera un spectre dont les raies seront également déviées: ces raies apparaîtront nettes et fines. Si, au contraire, le mouvement de la couronne est irrégulier, les parties plus ou moins profondes donneront des spectres inégalement déviés : les raies seront vagues et élargies. Or, l’aspect des photographies de M. Deslandres ne peut laisser aucun doute ; les raies sont nettes et fines, ce qui confirme l’hypothèse d’un mouvement d’ensemble.
- Il est regrettable que cette belle observation n’ait pas pu être renouvelée pendant les éclipses suivantes d’une manière suffisamment démonstrative : c’est pourquoi M. de la Baume-Pluvinel y attache tant d’importance; mais cet insuccès partiel s’explique facilement. Les observations se font surtout au moyen des raies brillantes H et K qui sont des raies du calcium. Or ces raies n’apparaissent pas également bien dans la couronne à toutes les époques : il semble qu’elles soient surtout visibles aux époques de maximum de l’activité solaire, ce qui était le cas en 1893. Aujourd’hui, nous dépassons de peu le minimum et il se peut que l’époque ne soit pas encore très favorable : il faudra peut-être attendre en 1894 ou en 1895. Cependant, cette circonstance ne doit pas nous empêcher de souhaiter un brillant succès à l’homme généreux qui consacre sa fortune aux progrès de la science,
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- et dont l’exemple mériterait d’être suivi dans un pays comme le nôtre où ne manquent ni les grandes fortunes, ni l’instruction, ni les idées larges et élevées.
- La rotation de la couronne solaire est un fait en apparence paradoxal. Comment admettre qu’une matière aussi ténue que celle qui la constitue puisse tourner tout d’une pièce à la façon d’un corps solide? M. Deslandres l’explique par les lois de l’induction électro-magnétique. Il est certain que les enveloppes du soleil sont le siège de phénomènes électriques très intenses. La couronne est donc un champ magnétique, et les mouvements relatifs des matériaux qui la constituent soit par rapport au soleil, soit les uns par rapport aux autres, déterminent des courants induits qui produisent entre ces matériaux des attractions et des répulsions. Mais, d’après la loi de Lenz, les courants induits produisent des forces qui s’opposent aux mouvements qui les ont fait naître. Les phénomènes d’induction agissent à la manière d’un frottement ; ils auront donc pour effet, tout comme le frottement, de diminuer et de faire presque disparaître les mouvements relatifs, de sorte qu’à la lin, à part des irrégularités plus ou moins importantes, l'ensemble se déplacera comme s’il était solide.
- L’introduction des forces électriques et magnétiques parmi celles qui régissent les phénomènes astronomiques est une nouveauté ; mais cette nouveauté s’impose aujourd’hui que ces forces sont mieux connues, et l’on voit aussi toute l’importance qu’il convient d’attacher à l’observation des éclipses totales du soleil. Les quelques minutes dont on dispose dans ces circonstances exceptionnelles font quelquefois avancer la science plus que des années d’observations continues. M. Fouché.
- Agrégé des sciences niatliéniaiique*, ancien Vice-président de la Société astronomique de France.
- LES ORDURES MÉNAGÈRES D’ANVERS
- Comme toutes les grandes villes, Anvers s’est vu, surtout depuis que sa population augmente considérablement, fort embarrassé de ses ordures ménagères, des bancs de ville, c’est-à-dire des immondices qu’on avait accumulées depuis des années dans certains lieux de dépôt. Mais on débarrasse complètement la ville de ces détritus, et en même temps on les emploie au mieux des intérêts de l’agriculture : on les utilise à la fumure de terrains défrichés en Campine, dans cette région où on s’est tout uniment contenté de laisser pousser des bruyères.
- On transporte régulièrement ces immondices en Campine, et on a pris des mesures pour que le transport même se fasse à peu de frais : on les étale ensuite sur les terres stériles, à raison de 4500 tonnes par hectare. Toutefois, avant de procéder à cet étendage, on a fait enlever une couche de terre de 10 à 15 centimètres d’épaissfeur, on l’a mise en réserve; quand les immondices forment elles-mêmes une couche de 45 centimètres environ, on les recouvre de la terre ainsi déblayée. Elles s’amalgament rapidement au sol pour former une sorte de compost. Chaque année on prépare ainsi 10 hectares de terrain, ce qui suffit à absorber les 40000 tonnes d’immondices.
- En fait, les terres fumées par ce procédé acquièrent une richesse remarquable; il parait que la ville d’Anvers possède à Ryckevorsel une certaine surface d’herbages dont le rendement annuel serait de 400 francs; d’autre part, à Brecht, on cultive des betteraves fourragères sur ës immondices ainsi enfouies, et le rendement serait de 107 000 kg à l’hectare, ce qui correspondrait à une valeur de 1100 francs à peu près. 1). L.
- UN SYSTÈME D’ATTELAGE AUTOMATIQUE
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- DES WAGONS
- Depuis plusieurs années on cherche aux Etats-Unis à généraliser l’emploi des attelages automatiques sur les véhicules de chemins de fer ; un appareil de ce genre, dans les galeries du Palais du Génie civil, est venu attirer particulièrement notre attention.
- Tout le monde connaît le mode d’attelage employé sur les wagons français, et composé à la fois d’une barre centrale de traction, avec des tendeurs à vis pour supprimer toiît le mou de l’attelage, et deux chaînes de sûreté, qui ne viendraient à fonctionnel que si la barre se rompait. Au point de vue de l’effi-cacité de la liaison entre les véhicules, ce dispositif est amplement suffisant, et dans bien des pays, comme les États-Unis, la Grande-Bretagne, on se contente d’une barre centrale sans les deux chaînes latérales. Or, pour les barres tout au moins, il se présente une difficulté qui est un danger réel pour les hommes d’équipe chargés de l’accrochage : il faut que les tampons des wagons soient pour ainsi dire absolument en contact pour qu’il soit possible de passer l’étrier de la barre du premier sur le crochet de la barre de l’autre, car ces deux parties du système ne présentent qu’un jeu assez faible, que l’on supprime ensuite par la rotation du pas de vis à filets contrariés qui est intercalé dans chaque barre de traction. Les hommes d’équipe tiennent à ce que ce jeu soit faible, afin de n’avoir qu’à tourner assez peu la vis en, question, et, toujours pour aller plus vite, ils saisissent le moment où deux wagons se rapprochent, sous la poussée de la locomotive, pour s’introduire entre les deux véhicules et passer brusquement l’étricr par-dessus le crochet, avant que, sous le choc, les wagons puissent s’écarter : cela nécessiterait autrement, en effet, une seconde manœuvre pour compléter le rapprochement. Cette manière de faire est du reste absolument interdite par les circulaires et instructions, mais on la pratique constamment sous l’œil bienveillant des chefs de gares, et il en résulte très souvent des accidents mortels. Sans doute la faute en est-elle aux employés mêmes qui en pâtissent, * mais cela n’empêche pas qu’il serait désirable de trouver un dispositif qui puisse supprimer totalement les chances d’accidents en rendant automatique l’accrochage des wagons.
- Aux États-Unis, l’emploi des dispositifs en question a été obligatoire avant même qu’on en eût imaginé un type vraiment satisfaisant, si bien que déjà des milliers de wagons et de locomotives sont munis d’ « automatic couplers » dont la valeur est quelque peu douteuse, tandis que l’on cherche encore des types nouveaux et plus heureux.
- La question ne s’est pas encore posée officiellement en France, mais il est évident que toutes les Compagnies de chemins de fer 'suivent des yeux ce qui peut être fait en la matière, et un employé de chemins de fer, M. Linon, qui a, paraît-il,.passé sa.,
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- LÀ NATURE.
- vie dans les services de mouvement, vient d’inventer et de soumettre au jury de l’Exposition un système qui nous semble assez bien compris.
- Comme on peut le voir en examinant le dessin ci-joint, l’inventeur a supprimé les chaînes d’attelage, ce qui serait assurément une révolution (pic l’administration supérieure ne laisserait pas se faire sans soulever maintes objections; mais il prévoit deux jeux d’attelages automatiques, qui, au contraire des barres de traction actuelles, sont destinés à toujours s’accrocher simultanément. Chaque wagon est muni dans ce but d’une manille, d’un étrier (pii se fixe solidairement à la traversé de traction disposée en arrière de la traverse du châssis, et d’une sorte de pince boulonnée de façon analogue. Chaque manille est destinée à entrer dans la pince qui lui fait vis-à-vis, et qui appartient à un autre véhicule. De la manille nous n’avons rien à dire de particulier; quant à la pince, elle comprend deux bran-ches dont les extrémités, dans a position normale de service, sont très rapprochées 1’une de l’autre, et portent un rentlement : celui-ci offre exté-rieurement un plan incliné, tandis que sa partie intérieure et la jdus voisine du wagon forme un angle droit. Cette ‘ espèce de redan est fait pour maintenir la manille quand celle-ci aura pénétré entre les deux branches de la pince. Comme de juste, pour permettre cette pénétration, il a fallu donner de l’élasticité aux branches en question, et dans ce but l’une d’elles est articulée vers son point d’attache au châssis du wagon ; de plus elle porte, monté à sa base et s’étendant à peu près parallèlement à elle jusqu’à son extrémité, un solide ressort à lame qui joue le rôle de ressort antagoniste. On comprend facilement le but et le fonctionnement du ressort, qui tend à rapprocher d’une façon étroite et serrée les deux mâchoires de la pince, et qui ne s’ouvrira, par conséquent, que quand la manille rigide du wagon voisin, arrivant pour l’attelage, viendra frapper sur les deux plans inclinés que forment les deux lèvres, si .l’on peut dire, de la pince. 11 faut, d’ailleurs, ({uc le serrage
- des deux pinces soit assez énergique pour que, sous les efforts même les plus brusques que subiront les attelages dans les à-coups de la traction du train en cours de route, et surtout au moment des démarrages, la manille soit dans l’impossibilité de se frayer un chemin de sortie et se heurte sur les deux redans dont nous avons parlé tout à l’heure. Il nous a été impossible de juger, sur le petit modèle que nous avons examiné, si ces conditions seront bien remplies, et il sera nécessaire que l’appareil de M. Linou soit soumis à des essais pratiques.
- Bien entendu, on a dû prévoir un moyen de desserrer les pinces quand on veut dételer les wagons, et cela s’obtient toujours sans que les agents du chemin de lcr aient à pénétrer entre les véhicules.
- En effet, et comme on le voit sur le dessin ci-joint, le long du châssis, et transversalement à la voie, est une tige à laquelle on peut imprimer un mouvement de rotation au moyen d’un volant placé à chaque bout : cette tige est convenablement filetée, et sa rotation entraîne le déplacement d’un bras de levier, qui peut entraîner lui-même une autre petite tige se fixant par son bout libre sur l’extrémité du ressort antagoniste. On doit se rendre compte immédiatement de ce qui se passe : le ressort n’agit plus sur la mâchoire mobile, on peut même dire qu’il l’attire à lui, et dès lors, si l'on a procédé de même pour les deux tiges filetées et par suite pour les deux attelages,- les wagons se sépareront aisément et se dételleront dès qu’on exercera le moindre effort de traction sur l’un d’eux.
- En somme, l’appareil nous paraît bien combiné : les choses sont du reste disposées de telle sorte que les mâchoires et les manilles aient un jeu qui réponde aux différences de hauteur des wagons et aussi aux déplacements se produisant dans les courbes.
- Ajoutons enfin que les attelages dont il s’agit peuvent s’établir sans grande dépense de réfection sur le matériel actuellement existant. Daniki, Beixet.
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- Attelage automatique des wagons.
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- LE GAZOGÈNE JAYÀL
- M. A. Javal s’cst proposé d’obtenir les résultats suivants : 1° assurer la production de l'acétylène en volume nettement limité, de la meilleure qualité possible, au moyen d’un appareil fonctionnant sans mécanisme délicat ni compliqué; 2° rendre matériellement impossible tout accroissement de pression, toute élévation de température, tout retour de l’acétylène, toute rentrée de l’air, c’est-à-dire donner toute garantie contre les accidents quelconques ;
- 5° réduire les manipulations à une seule : le rechargement en temps voulu d’un distributeur, en sorte que le premier venu, un enfant, soit en état de gouverner l’appareil (fig. 1).
- Le gazogène Javal se compose essentiellement d’une cloche À plongeant dans une cuve à eau formant gazomètre. Au fur et à mesure que l’acétylène est consommé, la cloche s’enfonce dans la cuve par son propre poids. Dans ce* mouvement elle tire, par le moyen de la chaîne a, sur le fléau b, lequel agit à son tour sur le distributeur placé au-dessus de la cloche. Ce distributeur consiste en un cercle sur la partie extérieure duquel sont placées des boîtes amovibles, figurées en D, qui ont la forme de timbales renversées. Chacune d’elles contient une charge de carbure limitée par sa capacité ; elle est munie d’un système de fermeture qui sera décrit plus loin et assure une entière étanchéité. Cette couronne de boîtes est entourée d’une grille F, à l’intérieur de laquelle est fixée une butée h. Quand le levier d prend contact avec l’une des broches e fixées sur la couronne, celle-ci avance sur ses galets de roulement. Au moment où la boîte arrive au-dessus du tuyau G, le fermoir g rencontre la butée h ; la boîte s’ouvre et la charge de carbure tombe. Elle soulève le déclic k, et fait déclencher un basculeur 1 en rapport
- avec une conduite d’eau d’une part, et avec la manche K d’autre part. L’eau se précipite et entraîne rapidement le carbure dans sa chute, jusque dans le générateur H, sur la grille m où la décomposition s’opère presque instantanément. L’acétylène produit passe dans la cloche après avoir traversé le liquide suivant la direclion indiquée par les flèches. L’eau du basculeur fait monter le flotteur L, relié à la soupapes; celle-ci, sous l’action du ressort v, s’ouvre brusquement et livre une large issue par
- laquelle les impuretés résultant del’opé-ration précédente se précipitent à l’extérieur. *
- Il est très important de remarquer que toute la série de ces derniers mouvements ne se produit que par la chute du carbure. Si une boîte était vide, par hasard ou inadvertance, le basculeur ne déclencherait pas.
- D’autre part, si l’on demande à l'appareil une production trop rapide, la montée de la cloche est insuffisante pour commander une nouvelle chute; l’appareil s’arrête.
- La figure 2 montre les détails du système de fermeture des boîtes; l’étanchéité est obtenue au moyen d’un joint en caoutchouc noyé dans le couvercle et d’une barrette formant ressort, attachée au centre de ce couvercle sur une partie saillante. La légère pression exercée en ce centre se répartit sur tout le pourtour, et l’étanchéité obtenue est telle que, même après un arrêt de longue durée, on peut remettre l’appareil en marche sans craindre que le carbure ne se soit décomposé même partiellement.
- On le voit : 1° le carbure de calcium tombe avec une vitesse très accélérée par la chute d’eau du basculeur : le gaz qui pourrait se dégager est immédiatement refoulé de façon à éviter toute déperdition, et, par suite, toute odeur; 2° l’organe moteur est constitué exclusivement par le poids de la cloche; l’appareil ne comprend ni vis, ni robinet, mais
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- LA NATURE.
- 'simplement des joints hydrauliques. Sa simplicité, -sa rusticité, ne laissent rien à désirer; 5° l’appareil est débarrassé automatiquement, et par petites -quantités à la fois, des impuretés, résidus des opérations précédentes; 4° à chaque réaction nouvelle, l’addition de l’eau froide du basculeur empêche, dans une marche un peu rapide, la température de s’élever par additions de chaleurs successives, jusqu'au point où elle pourrait être nuisible; 5° le chargement en carbure des boîtes du distributeur se fait de la façon la plus simple en ouvrant la grille, ce qui déplace l’organe qui commande l’ouverture des boîtes. On peut alors faire tourner la couronne, et recharger toutes les boîtes vides qu’on reconnaît à leur couvercle pendant; 6° enfin, en raison de la disposition du parcours du carbure à travers l’eau, il est impossible que l’acétylène puisse opérer un retour quelconque. Les accidents, communément redoutés dans l’emploi de l’acétylène, paraissent donc absolument écartés puisqu’il n’y a et ne peut y avoir de rentrées d’air pendant la marche, et que, ni pour le chargement, ni pour le nettoyage, le générateur n’est ouvert. • Ces accidents, d’ailleurs, un peu exploités par « la concurrence », sont beaucoup moins fréquents qu’on ne l’imagine.
- D’après le Bulletin officiel du Syndicat de l’Acétylène, durant les quatre dernières années, il y aurait eu en tout 51 accidents dont 18 chez les particuliers et 13 chez les constructeurs, pour environ 40 000 appareils dont beaucoup sont plus qu’imparfaits. En ce qui concerne les risques d’explosion, par exemple, on peut démontrer qu’ils sont beaucoup moins nombreux pour l’acétylène que pour le gaz de houille.
- En effet, pour que l’acétylène puisse former avec l’air un mélange détonant, il faut que son volume soit au moins le cinquième de celui de l’air.
- Comparons deux installations : l’une de gaz de houille, l’autre d’acétylène, ayant le même nombre de becs. Supposons que, par inadvertance, le robinet d’un bec de gaz reste ouvert pendant toute une nuit ; il débitera, à raison de 140 litres à l’heure, pour 12 heures 140x12, soit 1680 litres.
- Le bec d’acétylène ne débite pas plus de 20 litres à l’heure, soit pour 12 heures 240 litres, quantité très inférieure au cinquième du volume d’une pièce quelconque. De plus, le gaz de houille, plus léger que l’air, s’accumule dans la région supérieure de la pièce, où il n’y a ni fentes, ni fissures; tandis que l’acétylène, très sensiblement de même densité que l’air, se diffuse dans toutes les parties de la chambre.
- L’éclairage à l’acétylène est appelé à rendre les plus grands services dans les maisons isolées, dans les ateliers industriels et surtout peut-être dans les petites villes qui ne comportent pas la dépense d’une
- Fig. 2. — Détail du la ffirinnture (l une boîte.
- usine à gaz ou d’une installation électrique. D’après un renseignement récent l’éclairage à l’acétylène a pris en Allemagne des proportions considérables. Plus de 52 villes de 5000 habitants ont adopté ce système qui fait une concurrence déjà redoutable au pétrole et au gaz de houille. G. Guéroult.
- LÀ TAPEUR RLEUE
- Des éludes déjà anciennes de M. Ailken et du regretté Robert von llclmholtz ont montré que la vapeur d’eau peut se sursaturer fortement dans une atmosphère- vide de poussières et de molécules dissociées. Les poussières ou les ions forment, en effet, des noyaux de condensation sans lesquels la vapeur reste en suspension dans l’air. Le jet de vapeur a même été employé au dénombrement des poussières orf à la constatation du degré de dissociation d’un gaz. Dans l’air privé de poussières, le jet reste invisible, tandis qu’il apparaît dès qu’on lui fournit des noyaux de condensation.
- Voici une jolie expérience faite par M. Rock en vue d’étudier les propriétés optiques de ce jet de vapeur. On lance, par un tube de verre, de la vapeur saturée, sous une pression de 10 centimètres de mercure environ supérieure à celle de l’atmosphère. L’orilice doit être bien régulier, et avoir un diamètre de 1 à 2 millimètres. Perpendiculairement à la direction de la vapeur, et très près du trou de sortie, on fait arriver un autre tube de verre, partant d’un flacon contenant de l’acide chlorhydrique, et dans lequel on fait barboter de l’air à l’aide d’une soufflerie. Ce tube amène ainsi des vapeurs d’acide chlorhydrique à la naissance même du jet de vapeur. Dans çes conditions, et aussi longtemps que l’acide chlorhydrique est assez concentré, on voit le jet présenter une teinte du plus beau bleu de ciel.
- L’étude spectroscopique de cette couleur bleue montre qu’elle n’est pas pure, mais que l’intensité de chaque radiation, comparée à celle de la lumière incidente, varie comme l’inverse de la quatrième puissance de la longueur d’onde. Cette répartition correspond exactement à la loi établie par lord Raleigh pour la lumière réfléchie par des particules solides très petites par rapport à la longueur d’onde de la lumière.
- Le fait que la vapeur est bleue, et non blanche, nous montre que les gouttelettes condensées sont extrêmemen t petites, et, par conséquent, très nombreuses; en d’autres termes, que l’acide chlorhydrique pulvérisé par un courant d’air est un excellent agent de condensation.
- L'expérience est facile à” répéter dans un cours, elle est instructive, et la seule précaution à prendre sera d’éloigner les objets susceptibles de se rouiller, l’àcide chlorhydrique étant l’agent par excellence de détérioration des fers et des aciers. Il conviendra, dans un cours, de ne pas prolonger l’expérience pour ne pas exposer les auditeurs à de désagréables accès de toux. C. É. G.
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- DES ALLUYI0NS COMME FILTRES NATURELS
- L’hygiène tend, de nos jours, à devenir une des sciences les plus vastes qui puissent exister ; elle met, en effet, en œuvre une grande partie des résultats acquis par toutes les autres sciences. La question de l’eau est incontestablement une des plus importantes. 11 reste beaucoup à faire, soit que l’on s’occupe de l’eau en elle-même, de son épuration, ou de la valeur fdtrante des terrains au travers des-
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- LA NATURE.
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- quels elle circule. On ne saurait étudier la valeur filtrante d’un terrain quelconque, sans tenir compte des causes extérieures qui peuvent agir sur lui. C’est ainsi que les perturbations atmosphériques, le plus ou moins de souillure ou de protection de la surface, ont toujours un retentissement énorme sur le fonctionnement des divers filtres naturels; il ne faut donc jamais les négliger.
- Durant ces dernières, années on s’est aperçu que les eaux de sources pouvaient parfois, comme celles de surfaces, renfermer une certaine quantité de germes et de matières organiques ; de là à suspecter toutes les eaux de sources il n’y avait qu’un pas; nous pensons que l’on n’a pas assez tenu compte de la valeur des divers terrains traversés. Certains terrains, sous une faible épaisseur, sont des filtres presque parfaits; d’autres, sous des épaisseurs de 30 à 40 mètres, sont des filtres bien médiocres.
- Le Dr Imbeaux a fait une étude remarquable de la valeur filtrante de divers terrains en ce qui concerne les germes: nous avons cru utile de rechercher la souillure organique des eaux fournies par les filtres naturels.
- Nos recherches ont porté sur les eaux de sources et de nappes provenant d’alluvions anciennes ou modernes.
- Les échantillons, prélevés avec tous les soins désirables, ont été analysés le plus près possible du moment de leur prélèvement qui a eu lieu après de longues périodes de pluie ou de sécheresse, dans des alluvions souillées ou plus ou moins protégées. Nous avons pu constater ainsi qye les eaux des alluvions, même sous des épaisseurs de 5 à fi mètres, renfermaient des quantités parfois énormes de matières organiques et de germes, quantités variant avec les phénomènes météorologiques et la plus ou moins grande protection de la surface. C’est ainsi que les eaux provenant de puits forés dans des alluvions, non protégés, renfermaient de 4 à 8 milligrammes de matières organiques, et de 12 000 à 20 000 germes par litre, alors qu’il est admis qu’une eau renfermant plus de 3 milligrammes de matières organiques par litre doit être considérée comme suspecte. Ici se vérifie l’hypothèse souvent émise (hypothèse qui comporte cependant bien des exceptions) qu’une eau qui renferme beaucoup de matière organique renferme aussi beaucoup de germes. Nous avons pu constater, en outre, grâce à des expériences comparatives, combien était rapide, pour les alluvions anciennes ou modernes, le passage des souillures de la surface à l’eau de la nappe.
- Une eau renfermant, après une période de sécheresse, 2 milligrammes de matières organiques par litre avant le fumage de la terre arable formant la surface des alluvions à travers lesquelles elle a filtré, en renfermait 9 milligrammes dix jours après le fumage, durant lesquels il y avait eu 48 heures de pluie assez intense. D’autre part, nous avons trouvé, sous des alluvions de 6 mètres d’épaisseur, parfaitement protégées sur un grand périmètre, des eaux renfermant de 1 à 2 milligrammes de souillures organiques et de 1000 à 2500 germes sans pathogènes.
- Tous ces résultats nous montrent que pour la matière organique comme pour les germes, les alluvions sont des fdtres détestables, qui, sous 5 à 6 mètres d’épaisseur, ne donneront de l’eau potable que si l’on assure, autour du point de captation, un grand périmètre de protection.
- Il faudra donc éviter les eaux provenant de ces terrains. Si l’on est obligé d’y avoir recours, il sera de toute nécessité de protéger efficacement la surface filtrante, sans cela on serait exposé à toutes les maladies pouvant provenir de germes pathogènes vivant dans l’eau, tout particulièrement à la fièvre typhoïde, au choléra, aux diarrhées et aux dysenteries. On bannira du périmètre protégé tout
- dépôt de fumier, de boue, et, à plus forte raison, de matières fécales humaines; il serait même désirable que ce périmètre fût suffisamment fermé pour en empêcher l’accès aux animaux; s’il pouvait être boisé, cela serait encore préférable. Dr F. Malméjac,
- Pharmacien aide-major de 1" classe
- LES INSECTES
- RÉSISTANCE A LA MORT PAR DÉCAPITATION' OU SUBMERSION
- Tout le monde sait qu’après chaque exécution capitale le corps du décapité est généralement remis aux membres de l’Académie de médecine de Paris pour faire diverses expériences, entre autres sur la persistance des mouvements du corps après que la tête a été séparée du tronc.
- Un savant italien, M. Canestrini, s’est proposé de faire des recherches semblables sur des insectes. Il recueillit un grand nombre d’insectes et leur détacha la tète, tantôt avec des ciseaux, tantôt avec un bistouri. Cette opération, très facile à pratiquer sur certains insectes (diptères, hyménoptères, orthoptères), était, au contraire, très difficile chez certains autres (chrysomèles, crypticus).
- M. Canestrini observa que les mouvements de la tète et du corps, d’abord bien évidents, devenaient d’une constatation beaucoup plus difficile après un certain temps, variable selon les insectes sur lesquels il expérimentait. Lorsque tout mouvement avait cessé dans les deux parties séparées, le savant italien recourait à des moyens artificiels; il les piquait, les pinçait, les pressait, ou bien les enveloppait de fumée de tabac. De cette manière, il parvenait souvent à déterminer des mouvements dans des parties en apparence complètement insensibles.
- Tous lés insectes ne se comportaient pas de la même manière après avoir été décapités.
- Les coléoptères se roulaient sur le dos presque immédiatement. Les pyrrhocoris, au contraire, restaient sur leurs pattes, et les grillons demeuraient dans cette position jusqu’après leur mort.
- Quelques insectes, vifs et remuants, comme les fourmis, les abeilles, les bombyx, restent presque complètement immobiles après qu’on leur a coupé la tête, et ce n’est que longtemps après qu’ils paraissent se ressentir de la grave amputation qu’ils viennent de subir. Les lépidoptères et les diptères (taons, mouches) paraissent supporter cette opération avec la plus grande indifférence.
- M. Canestrini a vu des papillons voler 18 jours après la décapitation, et des grillons (grillus cam-pestris) sauter encore après 13 jours, et il a constaté que la mantis religiosa donnait des mouvements après 14 jours complets. Le tableau ci-après de la durée des mouvements chez les insectes décapités résume un nombre considérable d’observations. Les chiffres indiqués sont le résultat d’expériences répétées sur un grand nombre d’individus de l’espèce ou du genre cité. Quelquefois, pour abréger, on n’a indiqué que le genre (avec le nom vulgaire ou scientifique).
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- LA NATURE.
- Dans ce cas, les expériences ont été faites sur les espèces les plus communes qui appartiennent à ce genre.
- DURÉE DES MOUVEMENTS.
- Mouvements Mouvements du corps. de la tête.
- Geolrupes stercorarius . . . 5 jours. 16 heures.
- Getonia aurata y — i/3 4 —
- Silpha obsciira g — 12 —
- Harpalus 60 heures. 10 - -
- Papillons (espèces diverses). 18 jours. Plusieurs heures.
- Fourmis 30 heures. 30 heures.
- Guêpes 5 jours. 24 —
- Abeilles 40 heures. Plusieurs heures.
- Bombvx 30 — 3 heures.
- Mouches 30 — 0
- Taons 27 — 3 —
- Grillons-taupes 9 jours. 78 —
- Forlicules Il — 6 jours.
- Sauterelles 8 — 48 heures et plus.
- Mardis religiosa 14 — 00 heures.
- Pyrrhocoris apterus . . . 4 — Plusieurs heures.
- Du tableau ci-dessus, il résulte que la durée des
- mouvements de la tête est toujours moindre que celle des mouvements du corps.
- Chez certains insectes, la sensibilité des deux parties se conserve très vive jusqu’au dernier instant de la vie. Si on touche légèrement l’extrémité de la patte d’un grillon, ou même toute autre partie du corps, on le voit se lever immédiatement, signe évident qu’il a senti l’attouchement, et, si on insiste, il se met à sauter. La tète conserve aussi pendant longtemps une sensibilité admirable, qui se manifeste par les mouvements des antennes et des palpes.
- Le liquide qui sort, quelquefois en abondance, soit de la tète, soit de la partie antérieure du corps des insectes décapités (grillons, sauterelles), ne retarde ni n’accélère l’extinction des mouvements. M. Canestrini, après avoir décapité ses insectes, tantôt
- "mat. si^:z
- Fig. 1. — 1. Mante religieuse. — 2. Sauterelle verte. — 3. Fourmi rouge. — 4. Hydrophile brun.
- laissait le liquide s’échapper librement, et tantôt en empêchait l’écoulement avec de la cire. Dans les deux cas, la durée des mouvements était exactement la même.
- L’humidité et une douce température conservent la mollesse et la vitalité du corps et delà tête, tandis que la sécheresse et la chaleur (18° et plus) rendent ces parties, dans un temps assez court (variable selon les insectes), rigides, fragiles et insensibles. Ce fait a été très bien constaté pour les grillons et les sauterelles. 11 y a probablement des exceptions à cette règle, mais il est certain, pour les deux insectes cités, que si, aussitôt décapités, on les met dans une terre humide, et par un temps froid, ils résisteront plus longtemps que si on les place dans une terre sèche et par un temps sec (froid ou chaud).
- Un physiologiste français, M. Devaux, s’est demandé si la résistance à l’asphyxie par submersion serait aussi grande, et il a fait, dans ce but, quelques expériences dont nous allons résumer les plus
- intéressantes d’après le compte rendu qui en a été publié dans le Bulletin de la Société philomatique de Paris (tome III, 8e série).
- Quand on noie une fourmi, elle manifeste, par des mouvements variés, des troubles nerveux évidents; l’une des manœuvres les plus curieuses qu’on lui voie faire, est un ploiement du corps en deux, lait de telle sorte que l’abdomen vient au contact des mandibules. Elle se plie ainsi trois à cinq fois pendant la période très courte que demande la noyade complète. Ensuite, elle reste absolument inerte.
- Si on retire l’insecte de l’eau aussitôt après, il manifeste bientôt quelques mouvements faibles, non coordonnés. Pour que le retour à la vie se fasse rapidement, il faut que la fourmi soit placée sur un papier buvard qui absorbe l’eau mouillant son corps. Au bout de 5 à 10 minutes, elle se met à marcher et, alors, elle est bien vite remise.
- Si la submersion dure quelques heures, 6 à
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- LA NATURE.
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- 8 heures, par exemple, les fourmis mettent plus longtemps à revenir à la vie manifestée; il leur faut souvent plus d’une demi-heure. La chaleur directe du soleil semble beaucoup favoriser leur rétablissement. Au bout d’une heure ou une heure et demie, toutes sont parfaitement remises.
- Si la submersion dure plus longtemps, 24 heures, par exemple, on voft encore la plupart des fourmis noyées revenir à la vie. Les premiers mouvements se manifestent au bout d’une demi-heure ou trois cjuarts d’heure, mais semblent inconscients; souvent, pour les apercevoir, il faut regarder à la loupe.
- Si l’on excite légèrement une fourmi tandis qu’elle
- manifeste ces faibles mouvements, en la chatouillant, par exemple, avec une plume, on la voit souvent s’agiter et chercher autour d’elle comme quelqu’un qui s’éveille. Cette excitation accélère beaucoup le retour à la vie. Si on touche l’animal seulement de temps à autre, on voit bientôt qu’il semble surpris et se tourne du côté où on l’a touché. Mais il retombe vite dans sa somnolence ; si l'excitation recommence, il s’agite plus vivement et peut même essayer de mordre la plume : toutefois, la fatigue vient vite; après deux ou trois mouvements vifs, l’animal ne réagit presque plus. Mais on le voit bientôt essayer quelques pas incertains, ou même se nettoyer les
- Fig. 2. — 1. Diptère : Volucelle zonée. — 2. Coléoptère: Chrysomèle (lu peuplier. — 3. Pvrrochore aptère. — 4. Taon des bœufs. 5. Piéride daplidice. — 6. Coléoptères : Lucane cerf-volant. — 7. Taupin gris de souris. — 8. Grillon champêtre.
- pattes et les antennes. Quand, au bout de deux heures, on essaye encore de l’exciter, l’animal court sus à la baguette, ou se détourne menaçant si l’attaque est faite en arrière. Le rétablissement complet a lieu en un temps variable, selon la durée de l’immersion, 3, 4 heures et plus encore. On peut prolonger beaucoup la durée delà submersion, pendant 50 et 60 heures par exemple. Dans ce cas, on peut encore ramener la vie d’une manière complète chez quelques individus. Mais il en est d'autres qui, après avoir manifesté un retour momentané à la vie, meurent définitivement au bout de 1 ou 2 jours. « J’ai observé, dit M. Devaux, un retour momentané à la vie manifesté après 110 heures de submersion. Sur trois fourmis qui étaient restées inertes au fond de l’eau depuis le 9 mai, à 6 heures du soir, jusqu’au
- 14 mai, à 8 heures du matin, une fourmi manifesta des mouvements très nets au bout de quelques heures passées dans l’air libre. Cette fourmi était donc encore vivante après avoir passé cinq jours environ sous l’eau. Je ne crois pas qu’on ait signalé encore une si longue résistance chez aucun insecte. »
- On serait porté à croire que la résistance à l’asphyxie par submersion est plus grande encore chez les insectes qui vivent ordinairement dans l’eau et ne viennent respirer à la surface que de temps en temps. Il résulte, au contraire, des expériences de M. Devaux, que les insectes aquatiques sont moins résistants que les fourmis. Des hydrophiles et des dytiques, placés pendant 10 heures dans une eau courante et aérée, sans pouvoir venir respirer à la surface, n’ont manifesté [que quelques mouvements
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- LÀ NATURE.
- de pattes; mais le rétablissement complet n’a pas eu lieu et les insectes sont morts deux jours après.
- Ces expériences ne sont pas décisives, car elles n’ont porté que sur un petit nombre d’insectes. Il serait à désirer que M. Devaux poursuivît le cours de ses travaux et fit de nouvelles recherches dont les résultats pourraient modifier les conclusions, peut-être prématurées, qu’il a déduites de ses premières expériences. V. Brandicourt,
- Secrétaire de la Société-linéenne du nord de la France.
- CONSERVATION DES BOIS
- EMPLOYÉS PAR LES CHEMINS DE FER
- Le bois, sous diverses formes, est un élément important de dépense dans la construction et l’exploitation des chemins de fer. Aussi a-t-on cherché à en prolonger la durée par des procédés chimiques.
- Voici, à ce sujet, le résumé des renseignements fournis à l’occasion de l’Exposition de 1900.
- I. Traverses. — En France, on emploie généralement pour cet usage les bois de chêne, de hêtre et de pin. A l’étranger, le chêne est employé en Allemagne, Italie, Autriche, Belgique, Espagne. Le hêtre est peu employé, le pin et le sapin, au contraire, sont à peu près les seules essences usitées en Angleterre et en Russie. Ils sont très employés également en Allemagne, en Autriche, en Hollande, en Espagne. Le cèdre est usité en Amérique et enfin des bois exotiques, tels que l’Eucalyptus, le Que-bracho, sont d’un très grand usage en Australie, dans l’Amérique du Sud, etc. L’Eucalyptus, le bois de fer, le Quebracho peuvent, dit-on, subsister pendant trente-cinq ou quarante ans à l’état vierge dans les voies ferrées. Mais, parmi les bois de nos pays, le chêne non préparé perd l’aubier au bout de peu de temps ; le pin et le sapin pourrissent assez vite; le hêtre entre en décomposition après un an ou deux.
- La tendance générale en France est donc de préparer tous les bois. Toutefois, comme certains procédés ne sont réellement efficaces qu’au prix d’une dépense élevée, on hésite à les appliquer sur des traverses de trop faible valeur, notamment sur les bois peu résistants à l’arrachement, qui périssent par destruction mécanique plutôt que par pourriture. L’imprégnation au sublimé est complètement abandonnée : elle avait le défaut de coûter cher et d’être d’un emploi dangereux. De nos jours, sur 9^ administrations de chemins de fer qui ont envoyé des renseignements à l’occasion de la dernière Exposition, 58 se servent d’huile lourde de goudron de houille (créosote); 18 de chlorure de zinc; 4 d’un mélange de chlorure de zinc et créosote; 5 de sulfate de cuivre; 1 d’eau salée du lac de Baskountchak (Russie) ; 28 n’emploient aucun procédé.
- La créosote est obtenue par la distillation du goudron de houille entre 240° et 270°. Elle est antiseptique surtout par les phénols. Le chlorure de zinc doit être en solution de 2 à 5° Baumé. Le sulfate de cuivre à la teneur de 1 pour 100.
- Quelle que soit la substance antiseptique choisie, on n’a une bonne préparation que si l’on part d’une traverse bien sèche : ce résultat est obtenu par dessiccation soit à l’air libre, soit quelquefois dans des étuves où les bois séjournent assez longtemps ("72 heures à la Compagnie de l’Est).
- La solution antiseptique est introduite dans le bois au
- moyen d’un procédé dit « par vide et pression ». On enferme un lot de 60 ou 100 traverses dans un cylindre métallique; une. première opération consiste à faire dans ce cylindre un vide partiel de 5/4 ou 4/5 d’atmosphère; dans une deuxième phase le liquide antiseptique est aspiré dans le cylindre, par l’action du vide; en troisième lieu une pompe exerce sur le liquide une pression de 6 ou 8 atmosphères. Enfin, on vide le ^lindre et on extrait les traverses. >
- Des inventeurs ont breveté récemment des dispositifs permettant de faire pénétrer le liquide antiseptique à très haute pression dans des bois verts : le liquide refoule devant lui la sève et prend sa place.
- Les traversés bien sèches préparées à refus absorbent en moyenne 50 kg (hêtre, pin, sapin), et 6 à 8 kg (chêne). Mais souvent, eu égard à la valeur de la créosote, on s’arrête à une dose moindre; les solutions de chlorure de zinc et de sulfate de cuivre ont trop peu de valeur pour qu’on songe à les épargner beaucoup.
- Le chlorure de zinc est encore très employé (Russie, Autriche, Allemagne et Hollande). Le sulfate de cuivre est en pleine décroissance. Ces dernières années on a beaucoup répandu le mélange de chlorure de zinc et créosote plus efficace que le chlorure de zinc seul : c’est la préparation par ce procédé qu’opérait la maison Rütgers, à l’Annexe de Yincennes en 1900.
- La créosote serait universellement utilisée si le prix n’en était pas aussi élevé. Elle est très efficace. La Compagnie de l’Est admet qu’une traverse de hêtre, qui pourrirait très rapidement à l’état vierge, dure vingt-cinq à trente ans après préparation à refus. L’immersion dans l’eau salée est donnée comme peu efficace.
- Signalons enfin le procédé du Dr Pénière, encore récent, mais qui peut donner d’intéressantes applications : on injecte d’abord une solution de sulfate de fer et sulfate de cuivre, puis une solution de ferrocyanure de sodium qui rend insolubles les sels injectés la première fois.
- II. Bois de construction. -— On emploie des essences beaucoup plus variées que pour les traverses. La pourriture est combattue, lorsque c’est possible, par l’injection de chlorure de zinc ou de créosote. En Russie, où les constructions en bois ont une très grande importance, on signale une tare très grave, c’est le Merulius lacri-mans, qu’on n’a pas trouvé le moyen de combattre autrement que par le badigeonnage avec un lait de chaux. Le goudron végétal, le minium de plomb, la carbonisation, la peinture au Carbolineum Avenarius sont recommandés comme donnant les meilleurs résultats.
- Pour atténuer l’inflammabilité du bois, certaines Compagnies badigeonnent d’une solution de silicates alcalins le dessous des caisses de voitures. La peinture au lait de chaux est également recommandée; mais le procédé le plus efficace est l’injection d’une solution de phosphate d’ammoniaque. Lorsque les bois ne peuvent pas être injectés, on emploie avec succès la peinture à l’asbeste ou la masse anticalorique de Voltz. Le bois flotté semble se conserver mieux que le bois qui n’a pas subi cette opération. Paul Aimé.
- LES MOYENS DE TRANSPORT A MUNICH
- Bien que Munich ne soit pas une grande ville comme Paris, Londres ou même Vienne et Bruxelles, cependant les distances y sont assez considérables et la circulation assez intense pour qu’on ait dù prendre des dispositions afin d’y assurer les transports dans les meilleures condi-
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- LA nature:
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- lions possibles. Pour cela les habitants de là ville même et de la banlieue ont à leur service deux types différents de moyens de transport : d’une part, les tramways et, de l’autre, les lignes ferrées suburbaines.
- Pour les tramways, qui se sont multipliés depuis longtemps, mais qui ne sont pas gênés par une circulation intense comme le fait se présente à Paris, on a résolu de remplacer toutes les lignes à traction de chevaux par des lignes électriques, et on a adopté franchement le système le plus simple et qui donne les meilleurs résultats, nous voulons dire le fil aérien. Le tarif est uniformément de 10 pfennigs, quelle que soit la longueur du parcours, mais on n’a pas le droit à la correspondance. Les voitures sont faites pour transporter 40 voyageurs, mais elles sont susceptibles de traîner une voiture remorquée qui, elle, porte 50 voyageurs. Nous pouvons donner quelques chiffres qui indiqueront immédiatement l’influence de la modification du système de traction sur le parcours des voitures et sur le mouvement des voyageurs : nous avons du reste pris comme exemple une ligne quelconque. En 1894-95, les voitures de la ligne XI avaient fait 322 000 kilomètres, et le chiffre des vovageurs avait été de 1 191 000; en 1897-98, les chiffres correspondants ont été de 432 000 kilomètres et de 2 126 000 vovageurs.
- Pour les trains suburbains, on a créé des services uniquement de troisième classe et à prix réduit, mais au contraire des trains analogues qui existent dans bien des pays, ils circulent tout le jour à de fréquents intervalles ; ils sont formés de voitures spacieuses, bien chauffées en hiver, et, pour simplifier la vente des billets donnant accès à ces convois, cette vente est confiée à des distributeurs automatiques, du moins pour la première zone, qui couvre une distance seulement de 1 à 6 kilomètres. Pour ce parcours minimum le tarif est de 10 pfennigs ; pour les distances de 7 à 8, de 9 à 11, de 12 à 13 kilomètres, les tarifs respectifs sont de 15, 20,25 pfennigs, et au maximum, pour un parcours de 29 à 50 kilomètres, on paye 60 pfennigs. Nous rappelons d’un mot que la valeur du pfennig est égale à 1,234 centime. Les jours de fête, les voyageurs de ces trains à bon marché se comptent au moins par une centaine de mille. M.
- LA REPRÉSENTATION
- DES NOMBRES PAR L’IMAGE
- Il est dans les habitudes, depuis quelques années, de faire beaucoup appel à l'image dans les publications populaires. Le lecteur est ainsi plus vivement intéressé qu’il ne le serait par la lecture pure et simple. Cette innovation a permis d’étendre le cercle des articles qui s’adressent au plus grand nombre et même de faire appel à l’aride statistique. Aussi, n’est-il pas rare de voir aujourd’hui traiter, dans les publications populaires, des questions budgétaires, militaires ou autres, et évoquer des grands nombres dont on fixe les rapports respectifs par des représentations d’objets ou de personnages.
- Ces tentatives ont été couronnées du plus grand succès auprès du public, mais il nous est apparu que les éditeurs, qui se sont lancés dans cette voie nouvelle, en ont pris quelque peu à leur aise en n’observant pas les lois de la similitude géométrique. Les objets ou personnages, accolés les uns aux autres et qui doivent offrir à l’œil du lecteur l’image des rapports des nombres énoncés, ont le plus souvent des proportions quelconques, fort éloignées de celles qu’ils devraient avoir. De telle sorte que l’im-
- pression qui en résulte doit être forcément erronée. Ce n’est pas tout de charmer le lecteur par l’image, il faut surtout éviter de le tromper et de lui donner dos idées fausses.
- Voici, par exemple, une publication tirée à un grand nombre d’exemplaires et qne nous ne nommerons pas afin de ne lui faire ni tort ni réclame. On y traite de la guerre de 1870, et, en passant en revue les diverses grandes batailles, on y donne les chiffres des combattants des deux côtés, en même temps que pour chacune d’elles on montre un soldat français et un soldat allemand aux prises, les deux soldats étant de tailles différentes et devant, grâce à cette différence, fournir une impression exacte de l’inégalité des effectifs qui ont combattu l’un contre l’autre. Eh bien, ces soldats ont été, comme on dit, établis de chic et leurs tailles sont à ce point erronées que l’impression qui en résulte est abominablement fausse.
- Quelles sont donc les conditions à remplir pour comparer avec exactitude deux nombres par le procédé de l'image?
- La géométrie la plus élémentaire nous apprend que si l’on veut représenter les nombres par des lignes, il suffira que les deux lignes soient de grandeurs respectivement proportionnelles aux deux nombres. Si la représentation doit se faire par des surfaces semblables, les lignes correspondantes des deux surfaces devront être entre elles comme les racines carrées des deux nombres.
- Si, enfin, on veut représenter les deux nombres par des corps solides semblables, il faudra que ces corps aient de telles dimensions que les lignes correspondantes soient entre elles comme les racines cubiques des deux nombres.
- Exemple : Soient les nombres 15 et 35. Ces nombres seront correctement représentés par deux droites ayant pour longueurs l’une 15 millimètres, l’autre 35, ou bien par deux carrés ayant pour côtés respectifs la racine carrée de 15 et la racine carrée de 55, soient 5,9 et 5,9, ou bien, enfin, par deux cubes ayant pour arêtes l’un la racine cubique de 15, et l’autre celle de 55, ce qui fournit d’un côté 2,5 et de l’autre 5,5. Et, si au lieu de cubes, on prend des personnages, ces derniers devront avoir des formes extérieures semblables et leurs tailles devront être respectivement proportionnelles aux chiffres trouvés précédemment pour les arêtes des cubes.
- Ainsi, pour en revenir à la publication à laquelle j’ai fait plus haut allusion, je m’arrête à la bataille livrée à Saint-Privas, en 1870, par les armées française et allemande. L’auteur de l’article nous dit que, dans cette journée, il y avait 125 000 Français opposés à 280 000 Allemands. Et le dessinateur nous montre un voltigeur de la garde ayant 51 millimètres de taille en train de s’escrimer contre un soldat à casque à pointe de 62 millimètres de haut.
- Le Prussien est évidemment trop grand. Les tailles des deux adversaires devraient être entre elles comme les racines cubiques de 125 000 et de 280 000. Et le calcul montre que si le soldat français a une taille de 51 millimètres, l’Allemand ne doit pas dépasser celle de 41. Le dessin donnant 62, on voit quelle grossière erreur a été commise.
- Ce chiffre de 62 correspond, en réalité, à 966 000 hommes, c’est-à-dire à près de-1 million.
- Il aurait certainement mieux valu s’abstenir de dessin que d’en fournir un qui n’est susceptible que de donner au lecteur une impression complètement erronée sur la disproportion des forces en présence. Dklauney.
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- LA NATURE.
- TIRAGE MECANIQUE DES FOYERS
- NOUVEAU PROCÉDÉ SYSTÈME LOUIS PRAT
- Le rendement des moteurs à vapeur, malgré les nombreux perfectionnements dont ils ont été l’objet, est encore très faible si l’on considère la quantité de chaleur transformée en travail utilisable par rapport à celle qui est produite dans le foyer. Parmi les causes qui s’opposent à l’amélioration de ce rendement, l’une des plus importantes provient du grand
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- E,Moi{icu, ______________________________________________________
- Fig. 1. — 1. Coupe d’un transformateur Prat.
- 2 et 3. Cheminée en maçonnerie et transformateur Prat de même puissance.
- nombre de calories qui s’échappent par la cheminée. Les gaz de la combustion sortant à une température d’environ 300°, il en résulte une perte que l’on peut évaluer à environ 1/6 de la chaleur.dégagée parle foyer. D’autre part, les machines à vapeur actuelles deviennent chaque jour plus puissantes etconsomment de très grandes quantités de vapeur. Il en résulte une dépense considérable de charbon et, par suite, un chauffage énergique, lequel nécessite un tirage très puissant.
- Or, on sait que le tirage naturel est produit par la dépression résultant de la différence de poids entre la colonne des gaz chauds contenus dans l’intérieur de la cheminée et celle de la colonne d’air qui l’entoure. Mais pour augmenter le tirage il faut accroître
- cette différence, ce que l’on ne peut obtenir que de deux façons : soit en élevant la température des gaz évacués, soit en augmentant les dimensions de la cheminée. Comme on s’efforce, au contraire, d’abaisser autant que possible la température des gaz rejetés dans l’atmosphère, en récupérant, au moyen d’économiseurs ou de réchauffeurs de l’eau d’alimentation, une partie de la chaleur entraînée, on voit que l’emploi du tirage naturel conduit à construire des cheminées de plus en plus hautes ; et, par suite, de plus en plus coûteuses.
- Aussi a-t-on cherché à remplacer ce mode de tirage par des procédés plus économiques. Divers systèmes ont été proposés à cet effet : injection de vapeur ou d’air sous pression dans les cendriers ; aspiration des gaz brûlés au moyen de ventilateurs, enfin insufflation de vapeur ou d’air comprimé dans la cheminée. C’est à ce dernier système, dit tirage par entraînement, que se rattache le nouveau procédé de tirage forcé imaginé par M. Louis Prat, ingénieur des arts et manufactures, et que nous allons décrire.
- Il consiste à envoyer dans un appareil spécial, dit transformateur de pression, un courant d’air sous pression projeté par un ventilateur. Ce courant détermine par son écoulement un tirage artificiel qui aspire les gaz brûlés et les évacue dans l’atmosphère. Cet appareil peut être placé dans l’intérieur d’une cheminée existante pour en augmenter le tirage, ou bien être monté directement sur le carneau principal où se réunissent les gaz delà combustion. Dans ce dernier cas il fait lui-même office de cheminée.
- Le ventilateur est un ventilateur centrifuge ayant un grand diamètre de turbine et des ailettes peu larges, ce qui lui permet de fournir, en même temps qu’un bon rendement mécanique, une marche lente et une grande résistance. D’autre part, étant disposé en dehors du circuit des gaz de la combustion, on évite tout à la fois son oxydation par l’acide sulfureux, son encrassement par la suie et son échauffement.
- Le transformateur de pression, ainsi que son nom l’indique, a pour but de transformer en dépression la pression du fluide qui l’alimente, et, afin d’obtenir la meilleure utilisation du fluide pulseur et le libre écoulement des gaz aspirés, il se compose des éléments suivants : 1° une embase formant ouverture, destinée à faciliter l’introduction du fluide appelé; 2° une chambre de diffusion de l’air injecté, suffisamment longue pour que cette diffusion soit complète, ce qu’on obtient en lui donnant une longueur représentant trois ou quatre fois la valeur de son diamètre ; 3° un ajutage divergent, formant diffuseur, dont la hauteur équivaut à environ 7 fois son plus petit diamètre.
- L’embase se divise elle-même en trois parties : à la partie inférieure se trouve une cloche servant à diriger les gaz aspirés dans la chambre de détente ; à la partie supérieure est fixée une deuxième cloche formant ajutage convergent superposée à la première de manière à laisser entre elles un intervalle annulaire dans lequel pénètre l’air injecté. Enfin les deux cloches sont entourées par une enveloppe communi-
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- LA NATURE
- quant avec le générateur d’air injecté et dont la partie inférieure porte la cornière d’attache avec la maçonnerie inférieure.
- Ce dispositif permet de réaliser une double diffusion due à l’emploi de la chambre de diffusion proprement dit et du diffuseur, ce qui lui assure un rendement des plus parfaits.
- Enfin il convient d’ajouter que le ventilateur est relié au transformateur de pression par une conduite de vent munie d’un papillon de réglage, ce qui permet de réduire le travail, suivant l'importance du tirage dont on a besoin.
- L’injection d’air peut être centrale au lieu detre annulaire, lorsque cette disposition est plus commode; mais, dans tous les cas, il est bon de remarquer que le transformateur ne comporte aucun appareil de réglage de ses divers organes, ceux-ci pouvant être calculés et disposés facilement de manière à obtenir la meilleure utilisation de l’air injecté et la réduction au strict minimum des différentes causes (frottements intérieurs, contractions, pertes de charges) susceptibles de nuire à l’écoulement des gaz de la combustion.
- L’appareil de tirage de M. Prat est donc d’une construction aisée et, en outre, ses dimensions sont fort réduites par rapport à celles d’une cheminée ordinaire d’égale puissance. On peut s’en rendre compte par la figure 1 (‘2 et 3) montrant, à côté d’un transformateur n’ayant que 15 mètres de hauteur, la cheminée en maçonnerie, haute de 45 mètres, qu’il a remplacée pour desservir une batterie de chaudières d’une puissance de 1200 chevaux à la filature de la Société Pouyer-Quertier,à Rouen. La figure 2 montre un transformateur installé à la nouvelle usine que la Compagnie générale des omnibus a fait construire à Billancourt1 pour la production de l’air comprimé à l’aide de seize générateurs, avec économiseurs, pouvant brûler ensemble 6000 kilogrammes de charbon par heure. A l’autre extrémité du bâtiment existe une énorme cheminée en maçonnerie de 60 mètres de hauteur qui se trouve être moins puissante malgré ses plus grandes dimensions, puisque lorsqu’on essaye T
- de faire aspirer les deux cheminées ensemble sur la batterie de .chaudières, son tirage diminue progressivement et est réduit finalement à zéro.
- On objectera peut-être que ce système, comme d’ailleurs tous les systèmes de tirage mécanique, absorbe une certaine quantité de travail pour actionner le ventilateur, mais ce travail est très faible et tout à fait insignifiant par rapport aux résultats obtenus et à la grande économie réalisée sur les dépenses d’établissement. La force motrice nécessaire est en effet, en général, de 0,7 pour 100 de celle fournie par
- *. Voy. n“ 1456, du 20 avril 1001, p. 551.
- les chaudières, et à Billancourt, en particulier, elle atteint à peine 55 chevaux pour une puissance disponible de 6000 chevaux. D’autre part, il résulte d’essais comparatifs faits aux ateliers de l'enhoët par les Ingénieurs de la Compagnie générale transatlantique sur une chaudière marine, avec un transformateur de 6m,50 de hauteur et la cheminée de 20 mètres de hauteur, à tirage naturel, dont ladite chaudière était déjà munie, que la production d’eau vaporisée,
- ansformateur Prat installé à l’usine d’air comprimé de Billancourt.
- par kilogramme de charbon brûlé, est passée de 7k,703 à 8k,534, soit une augmentation d’environ 10 pour 100, et la quantité d’eau vaporisée par heure de 698 kilogrammes à 1280 kilogrammes.
- On voit d’après cela les services que peut rendre ce nouveau procédé de tirage lequel est adopté successivement par toutes nos grandes usines. C’est ainsi qu’actuellement une double installation est en cours d’exécution aux établissements du Creusot. Georoes Cave.
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- LÀ NATURE.
- CHRONIQUE
- Un nouveau dispositif d'aiguilles pour barrages. — Nous avons décrit des types de barrages à aiguilles qui sont maintenant couramment employés en matière de navigation intérieure : la retenue est formée par une série d’aiguilles de bois, qui ont des dimensions assez imposantes, pour des aiguilles, de 5 ou 4 mètres de long. Elles forment comme un mur à peu près étanche qui arrête le cours de l’eau et force son niveau à s’élever, et quand on veut abaisser un peu le plan d’eau ou effacer partiellement le mur en cas de crue, on n’a tout simplement qu’à enlever un certain nombre d’aiguilles, [tour créer des interstices et des fuites. Mais l’enlèvement des aiguilles est difficile quand elles pèsent lourd, et il suffirait, pour obtenir le même résultat, de pouvoir repousser un peu vers l’amont et maintenir dans cette position un certain nombre d’aiguilles : il se forme un interstice et une fuite derrière l’aiguille, à la place qu’elle occupait tout à l’heure entièrement, et qu’elle n’occupe plus maintenant que tout à fait à sa partie inférieure au point où elle s’appuie sur le buse. En Allemagne on a trouvé et appliqué, sur plusieurs barrages de la Fulda, un dispositif ingénieux qui résout le problème. La portion supérieure et arrière de l’aiguille vient reposer sur la partie la moins recourbée d’un levier en col de cygne qui embrasse par un étrier une lisse ronde disposée en haut de la passerelle du barrage. Si on fait osciller ce levier vers l’amont, autour de cette lisse comme centre de rotation, la courbe très accentuée de l’autre partie du col de cygne viendra chasser le sommet de l’aiguille (sans que celle-ci puisse du reste se dévier latéralement, grâce à deux épaulements qui enserrent la branche du levier). Le levier, ainsi abaissé par cette rotation, vient fournir un appui stable à l’aiguille et l’eau s’échappe par l’interstice formé. Le système fonctionne très bien et peut s’appliquer aux aiguilles les plus lourdes.
- Pourquoi on est droitier ou gaucher. — Dans un ouvrage récent, le Dr F. Lueddeckens, de Leipzig, a essayé de rapporter à une origine commune tous les phénomènes qui se rattachent à cette question. Il en attribue la cause à une différence de pression existant dans les vaisseaux sanguins d’une partie du corps. Pour les droitiers, par exemple, la pression serait plus forte dans les vaisseaux du côté gauche. 11 fallait d’abord et, avant tout, prouver que cette différence existe. Lin tenant compte du développement embryonnaire du système artériel, et des dérogations à la symétrie ordinaire que ce système présente, M. Lueddeckens est conduit à l’étude des conditions hydrodynamiques de l’arche aortique dans le sujet vivant, et il trouve qu’il doit ordinairement se produire une pression plus grande du côté gauche dans l’artère carotide. La fréquence plus grande de l’hémorragie cérébrale et de l’embolisme de l’artère de la rétine centrale, lui semblent venir à l’appui de sa thèse. En admettant que les hémisphères cérébraux puissent différer, sous le rapport de la pression dans leurs artères respectives, il devient possible de répartir les individus en trois classes : ceux chez lesquels la pression du sang est plus forte du côté gauche, ceux chez lesquels elle est plus forte du côté droit, et enfin ceux chez lesquels elle est égale des deux côtés. C’est la première classe qui se rencontre le plus fréquemment, et, en comparant les structures des artères carotides de chaque
- côté, M. Lueddeckens arrive à la conclusion qu’il y a ordinairement une prédominance du côté gauche dans les dimensions et dans une sensibilité nerveuse plus excitable, prépondérance qui se rattacherait à une pression du sang plus forte de ce côté. En second lieu, l’auteur discute un certain nombre d’observations sur la forme de la pupille de l’œil et sur les dimensions comparatives des deux yeux chez le même individu. Cette variation, suivant lui, se manifeste par une différence entre les deux yeux au point de vue de la visibilité, et du pouvoir réfringent des milieux de l’œil. Mais, comme le remarque M. Duckworth dans Nature, il faudrait prouver que ces différences constituent un cas physiologique et non pathologique, et cette démonstration paraît insuffisante dans l’espèce. Quittant le domaine de l’anatomie et de la physiologie ophtalmique, M. Lueddeckens cite les poids relatifs des hémisphères cérébraux — l’hémisphère gauche est généralement un peu plus lourd que l’autre. Il décrit la conformation des surfaces corticales, faisant allusion à la connexion bien connue avec la production volontaire des mouvements et, en particulier, de la parole. Passant rapidement sur les sujets de la troisième classe (pression égale du sang des deux côtés), et examinant avec, soin ceux de la deuxième, M. Lueddeckens trouve dans la majorité des gauchers les symptômes qu’il a signalés d’avance et qui dénotent chez eux une pression plus forte du côté droit de la tête. Il rappelle d’intéressantes observations psychiques sur les jeunes gauchers, en particulier leurs difficultés pour apprendre à écrire, leur tendance à adopter l’écriture en miroir1, la fréquence plus grande des empêchements à la parole, enfin la tendance à se coucher du côté gauche pour dormir. Malheureusement pour la théorie nouvelle, certains des arguments qui précèdent ne sont pas suffisamment étayés par les faits. Sans revenir sur la nécessité de prouver le caractère physiologique et non pathologique des considérations sur l’œil et la vision, d’après différents auteurs les différences de poids entre les hémisphères cérébraux seraient négligeables. Bref, si l’hypothèse du I)r Lueddeckens est ingénieuse, elle ne paraît pas, jusqu’ici, en suffisant accord avec l’expérience.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 29 avril 1901. — Présidence de M. Fouqué.
- Appareil pour la respiration de l'oxygène pendant les ascensions. — M. Cailletet décrit un appareil qu’il a imaginé dans le but de fournir aux aéronautes le moyen de respirer de l’oxygène. On sait que l’air raréfié des hautes régions de l’atmosphère provoque chez l’homme des accidents qui peuvent être prévenus en respirant de l’oxygène. Les aéronautes emportent, à cet effet, des réservoirs remplis d’oxygène et pourvus d’un tube de dégagement en caoutchouc dont ils prennent l’extrémité libre dans la bouche. Mais ce procédé n’introduit dans les poumons qu’une faible quantité d’oxvgène paree que l’homme respire par habitude non par la bouche, mais par le nez. L’appareil imaginé par M. Cailletet se compose d’un récipient thermo-isolateur, d’une capacité de quelques litres, protégé par une enveloppe d’osier et portant deux tubulures. L’une d’elles est traversée par un tube
- 1 L’écriture en miroir est l'image, dans un miroir, de l'écriture ordinaire, à laquelle elle est symétrique. Dans certaines affections mentales les sujets prennent spontanément celle écriture.
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- en plomb qui plonge dans le liquide et aboutit à un récipient en cuivre ; l’autre est reliée par un tube à une poire en caoutchouc. Au moyen de la poire on comprime l’air au-dessus de l’oxygène liquide. Celui-ci, sous l’in-iluence de la pression, monte dans le tube en plomb et passe dans le récipient en cuivre qui est combiné de manière à jouer le rôle de chaudière évaporatrice. L’oxygène gazeux pénètre dans un grand sac en caoutchouc qui sert à la fois de réservoir et de régulateur. Ce sac porte autant de tubes de dégagement qu’il y a d’opérateurs; chaque tube aboutit à un masque en aluminium garni de velours intérieurement qui s’attache à la tète. L’oxygène, ayant une pression supérieure à celle de l’atmosphère, soulève une soupape fermant le tube et se répand dans le masque. M. Cailletet, mettant à profit cette remarque de Paul Dert que l’oxygène pur cause des nausées, a ménagé un orifice à obturateur permettant la rentrée de l’air qui se mélange à l’oxygène. Les gaz expirés et la vapeur sortent par un conduit inférieur. Cet appareil a été expérimenté le 19 avril, par M. Caslillon de Saint-\ictor, dans une ascension faite au moyen d’un ballon d un volume de 2100 m3. Deux personnes, qui accompagnaient M. Castillon de Saint-Victor, étaient pourvues de sacs a oxygène ordinaires et aspiraient le gaz par la bouche. Les divers opérateurs, à la hauteur de 4400 m., commençaient leurs respirations artificielles; à 5200 m., les deux compagnons de M. Castillon de Saint-Victor éprouvaient de l’oppression; à 5500 m., ils étaient sur le point de s’évanouir, et la descente s’imposait ; M. Castillon de Saint-Victor, au contraire, n’éprouvait aucune indisposition.
- L'homme quaternaire dans ta vallée du Rhône. — M. Albert Gaudry présente un ouvrage de paléontologie humaine de M. Chantre, de Lyon, sur l’homme quaternaire dans la vallée du llhône. M. Chantre étudie, depuis de longues années, l’homme préhistorique dans la vallée du Rhône; il a traité la question de l’époque glaciaire à laquelle se rapportent lésinasses de moraines des environs de Lyon.
- Alliages d'aluminium. — M. Ditte présente une Note de M. Guillet sur les alliages cristallisés d’aluminium; il a indiqué le mode de préparation de ces alliages. Il décrit dans la présente Note les alliages d’aluminium et de tungstène. Il en a obtenu trois contenant respectivement, pour 1 atome de tungstène, 5, 4 ou 0,5 parties d’aluminium.
- Vitesse de l'onde nerveuse. — M. d’Arsonval présente une Note de M. Charpentier relative à la mesure directe de l’onde provoquée dans le nerf par l’excitation électrique instantanée. Le procédé employé rappelle la méthode de Kœnig basée sur les interférences du son. M. Charpentier a obtenu, d’ailleurs, la confirmation des résultats qu’il avait trouvés précédemment, mais il a mis en évidence l’existence d’harmoniques de ces longueurs d’ondes.
- Le régime antiseptique. — M. d’Arsonval présente une Note de MM. Charrin et Guillemonat sur l’influence de la stérilisation de l’air respiré et des aliments consommés. Ils ont placé un groupe d’animaux dans des milieux stérilisés, ont stérilisé, filtré l’air .qu’ils respiraient, et stérilisé les aliments qu’ils consommaient. Ils ont pris un pareil groupe d’animaux vivant dans des conditions ordinaires; mais, pour égaliser les conditions alimentaires, ils leur ont donné à manger les mêmes aliments cuits qu’aux animaux du prerpier groupe. Dans le second cas ces aliments après cuisson étaient laissés à
- l’air pour s’imprégner des germes de l’air. Les animaux, soumis au régime antiseptique, dépérissent plus vite que les autres et résistent moins bien à l’effet de certaines injections microbiennes. 11 semble donc qu’il y ait dans l’air des microbes qui prennent part aux opérations de la nutrition.
- Election. — M. Zeiller est élu membre de la section de botanique, en remplacement de M. Chafin, par 35 voix; M. Renault obtient 22 voix. Cii. de Vili.edeuil.
- « L’OPUNTIA FRAGIL1S «
- Le voici, je vous le présente (fig. 1) ; c’est un petit cactus ; il est âgé de 5 ans et mesure 55 centimètres de haut; il n’est pas joli, joli, mais il a une physionomie bien personnelle. 11 se multiplie avec la "plus grande facilité; chaque fragment mis en contact avec le sol donnant naissance à nouvel exemplaire pour peu que les circonstances ne soient pas trop défavorables. Au commencement de juillet, notre arlmscule se couvre de fleurs assez jolies : corolle rotacée de 5 à 55 centimètres de diamètre ; sépales et pétales non distincts en nombre indéfini (18-20), jaune très pale, aux nervures médianes lavées d’incarnat ; étamines en nombre indéfini ; un style surmonté de cinq stigmates ; le tout émergeant d’une cavité conique dont est creusée l’extrémité du rameau pédonculaire. Les fleurs sont éphémères, mais la floraison dure jusqu’à fin août. Aux fleurs succèdent de petits fruits rouges d'un aspect rébarbatif tout comme les tiges et analogues au fruit assez connu de l'Opuntia vulgaris, la figue de Barbarie.
- Ce fruit offre une étrange particularité. L’ovaire n’y occupe qu’une place très minime et les ovules avortent ; en revanche, bien avant la maturité, on voit apparaître autour delà cavité laissée à nu par la chute de la fleur un certain nombre (5-6) de protubérances qui ne tardent pas à se développer et à acquérir le volume d’une petite olive. Des pousses identiques se développent, d’ailleurs, en d’autres points de la plante. Ces organes ne sont pas, comme on pourrait le croire, de nouvelles branches destinées à croître sur la plante-mère, mais doivent être plutôt assimilés à des bulbiles. Tombés à terre,'ils bouturent avec la plus grande facilité et c'est là le véritable mode de multiplication (nous ne pouvons pas dire de reproduction) de l'Opuntia vulgaris.
- Mais cette faculté demettre des racines adven-tives n’appartient pas seulement à ces bourgeons ou aux débris de rameaux; elle s’étend au fruit lui-même. Placé en terre, il ne tarde pas à se modifier, à pousser des racines et à développer en rameaux les bourgeons qu’il porte. M. Van Tieghem ne signale que deux espèces dont les fruits sont doués de cette faculté : l'Opuntia, qui nous occupe, et une ænothé-racée, le Jitssiæa Salicifolia. L’explication de cette apparente anomalie est des plus simples.
- Les divers organes des êtres vivants étant constitués par les mêmes éléments essentiels et n’étant que.
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- des modifications plus ou moins profondes les unes des autres doivent conserver, dans une certaine mesure, les propriétés de ceux dont ils dérivent et il est bien évident que nous les y retrouverons d’autant jdus accentuées que la différenciation sera moins avancée. C’est ainsi que nous voyons des feuilles, modifications de la tige, hériter chez certains végétaux (Crnssuln, Bégonia, Boussingaultia, etc.) delà faculté que possède cette tige d’émettre des racines udventives. 11 se pourrait à la rigueur que cette faculté se transmît dans certains cas au carpelle qui, en résumé, n’est que le résultat d’une modification de la feuille, modification qui souvent même n’en affecte profondément que certaines parties; mais,
- dans l’espèce, comme on dit au Palais, nous n’aurons pas besoin d’aller si loin.
- Ce qu’on appelle communément le fruit est, comme on le sait, d’origine essentiellement variable avec les espèces : il résulte d'un développement particulier de tout ou parlie des organes floraux sous l’influence mystérieuse de la fécondation.
- Dans la drupe (prune, pèche, etc.), beaucoup de baies (raisin, laurier, etc.) et nombre d’autres fruits, il ne comporte que l’ovaire seul. A cet ovaire viennent s’adjoindre dans la pomme, la grenade et généralement les fruits infères, les parties des enveloppes florales concrescentes avec lui. La fraise est l’extrémité épanouie du pédoncule devenue succu-
- Fig. 1. — Opuntia fragilis eu Heur. .V gauche sur lu brandie transversale on voit deux fruits de l'année précédente qui ont persisté avec leur couronne île bourgeons hirsutes ; un autre à droite vers le tiers inférieur.
- Fig. "I. — 1. Extrémité d'un rameau fleuri, 2/3 de grandeur naturelle. — 2. Coupe de la Heur. — 3. Un fruit portant son bourgeon. — 1. Coupe d'une portion de la tige, du fruit et d'un bourgeon.
- lente. L ananas représente l’ensemble d’un épi y compris l’axe et les bractées. La portion charnue de la mûre provient du développement des calices. La figue est formée par le réceptacle commun d’une fleur composée qui a englobé les fleurons.
- Le fruit de Vanacardier est double : l’extrémité du pédoncule se renfle considérablement, devient charnue et forme ce qu’on nomme la pomme d’acajou qui porte, au point d’insertion de la fleur, la noix d'acajou représentant l’ovaire.
- Dans l'Opuntia fragilis, c’est la tige elle-même ou plutôt un rameau à peine modifié, devenant seulement un peu plus succulent, qui constitue le pédoncule et plus tard le fruit.
- Il est facile de se rendre compte de ce fait en jetant les yeux sur la figure 2 (n° 4) et en suivant les
- faisceaux libéroligneux dans la tige, le fruit et les bourgeons qu’il porte. La similitude entre ces divers „ organes est également frappante au moment de la pousse annuelle, sur certains de ces pseudo-fruits qui atteignent quelquefois jusqu’à 4 centimètres et qu’il serait impossible de distinguer des autres jeunes rameaux sans le bourgeon floral qui les termine.
- U n’est donc plus surprenant que ce fruit à peine différencié de la tige en ait conservé la faculté de raciner ; je suis même convaincu que, dans certaines conditions, il serait possible de le faire se développer sur la plante même et former une branche. L’expérience est à tenter. P. Martaud.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiilre, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1450. — 1 1 MAI 1901.
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- LE CL4SSIC0MPTEUR-IMPRIMEUR
- NOUVELLE MACHINE A RECENSER
- Tout dernièrement, par les soins de l’administration, il a été procédé, en notre pays, à l’opération du recensement, c’est-à-dire que tout un chacun d’entre nous, le même jour, et dans quelque endroit de France qu’il fût, a dû remplir un bulletin à son nom, bulletin comportant un certain nombre d’indications relatives à l’àge, au sexe, à la nationalité, à la profession, etc.
- Comme bien on pense, ce u’est point en celle simple et unique formalité, la seule qui touche directement chaque citoyen, que se résume une entreprise aussi considérable que celle du dénombrement de la population d’une grande nation. Il faut encore que les fiches individuelles soient dépouillées toutes indistinctement, que les diverses réponses qu’elles portent soient toutes relevées et groupées par espèces. Ainsi seulement, en effet, on pourra avoir des renseignements certains sur la situation vraie du pays et de ses habitants.
- Mais, pour arriver à un tel résultat, quel formidable labeur est nécessaire! Le dépouillement de millions et de millions de bulletins — près de 50 millions pour le dernier recensement français, si l’on ajoute au total des bulletins individuels celui des feuilles de ménage, — dont les multiples indications doivent être classées chacune en son ordre, est fatalement une opération des plus complexes, pénible et longue. Aussi, pour l’abréger dans la mesure du possible, et en même temps pour la rendre moins coûteuse, a-t-on depuis longtemps déjà cherché des procédés d’enregistrement capables de suppléer à celui si primitif par l’écriture ordinaire.
- Ces tentatives, du reste, ont été couronnées de succès, et, ici même1, il a autrefois été décrit une machine fort intéressante construite par un inven-
- 1 Yoy. n° 1109, du 1er septembre 1894, p. 218, « La Statistique à la machine », par M. Jacques Bertillon.
- 29e année. — 1" semestre.
- teur américain, la machine Hollrith, qui permet d’abréger notablement la durée des opérations du dépouillement des fiches de recensement.
- Cependant, encore qu’elle réalise un progrès très notable, la machine Hollrith, qui, voici passé six ans, a été mise à l’étude à Paris même, au Bureau de la statistique municipale dirigé par M. Jacques Bertillon, ne laisse pas de présenter certains gros inconvénients.
- Cette machine est très coûteuse, encombrante, fort complexe et très délicate, si bien qu’en régime de service, on doit fréquemment interrompre les opérations pour procéder à certains contrôles et à des réparations plus ou moins importantes.
- Ce sont là, assurément, des ennuis graves. Aux
- fins d’y échapper, M. March, chef du bureau de statistique de l’Office du travail, qui a été chargé de la conduite des opérations du dernier recensement, s’est employé à réaliser, sur des principes absolument différents de ceux mis en œuvre par M. Hollrith, un appareil permettant d’enregistrer dans toute leur étendue les multiples réponses figurant sur les fiches à dépouiller.
- Sa machine, qui a reçu le nom de classicomp -teur-imprimeur, et qui est extrêmement ingénieuse, ne comprend que des combinaisons mécaniques simples et doit à celte particularité d’être extrêmement robuste.
- De dimensions réduites, — le classicompteur-imprimeur de M. March occupe à peine le double de place d’une machine à écrire ordinaire, — elle se prête avec une aisance remarquable à l’inscription de toutes les indications notées sur les bulletins individuels sans en omettre aucune, et elle les totalise au fur et à mesure de leur enregistrement.
- Rien de moins compliqué, en principe au moins, que le classicompteur-imprimeur de M. March. Cet appareil comprend deux parties essentielles : une table horizontale portant soixante compteurs ou enregistreurs CC disposés sur six rangées de chacune dix compteurs, et un clavier analogue à ceux des machines à écrire et comprenant soixante touches TT
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- Fig. 1. — Le classicompteur-impi'imeur.
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- correspondant respectivement aux soixante compteurs. Lorsque l’on abaisse une touche, celle-ci vient appuyer sur un levier qui oblige, par l’intermédiaire d’une tige de commande dont elle dépend, le compteur auquel elle se relie à avancer d’une division. Dans ces conditions, on voit immédiatement comment se fait le dépouillement d’une fiche quelconque. Au fur et à mesure que l’opérateur, sur cette fiche, relève un renseignement déterminé, il abaisse sur son clavier la touche réservée à la notation de ce dit renseignement. Quand toutes les indications d’une fiche individuelle onl£ainsi été enregistrées par le clavier,
- il reste à les reporter sur les compteurs. Cette opération multiple se fait en une seule manœuvre, simplement on abaissant à fond la manette M. Par suite, toutes les tiges de commande sont actionnées simultanément et chacun des compteurs intéressés avance d’une division.
- ' En même temps, un compteur spécial, mis en œuvre par la manette M, imprime sur une bande de papier qui se déroule automatiquement sur des cylindres Ct Cg, enfermés dans le socle de l’appareil, le numéro de l’opération enregistrée, c’est-à-dire le numéro d’ordre de la fiche dépouillée, chacune des indications relevées sur ladite fiche ayant par surcroît, sur la même^bande de papier, été notée par une perforation effectuée par des aiguilles corres-
- pondant aux divers compteurs, si bien que la position des trous sur la feuille répète les indications enregistrées par les compteurs. L’appareil, comme l’on voit, se contrôle lui-même.
- Les compteurs, comprenant chacun quatre chiffres, peuvent enregistrer jusque dix mille opérations sans qu'il soit nécessaire de procéder à aucune notation de celles-ci. Quand une série de dix mille fiches a été dépouillée, par exemple, il devient nécessaire d’en inscrire le résultat. Afin d’éviter des erreurs de transcription possible ct en même temps d’assurer la rapidité de l’enregistrement, l’inventeur a remis à sa machine même le soin de réaliser la notation indispensable. Cette notation, d’ailleurs, se fait le plus simplement du monde.
- Un cadre mobile autour d’un axe AA supporte une feuille de papier conduite par des rouleaux spéciaux, correspondant aux diverses rangées de compteurs au-dessus desquels se trouve disposé un ruban chargé d'encre grasse (fig. J).
- Pin abaissant le cadre mobile, les rouleaux viennent appuyer la feuille de papier sur les rangées de compteurs et impriment de la sorte les renseignements qu’ils ont totalisés.
- Il suffit donc, comme l’on voit, dé répéter cette manœuvre après chaque dix mille opérations pour avoir, inscrits sur la même feuille, grâce à cette circonstance que celle-ci se déplace chaque fois d’une petite quantité par une légère rotation des cylindres sur lesquels elle s’enroule, les divers nombres représentant, pour chaque sorte de renseignements, les diverses séries dépouillées de chaque dix mille bulletins.
- Naturellement, à la suite de chacun de ces enregistrements sur la feuille totalisatrice, on ramène au zéro les soixante compteurs. Cette dernière opération, au reste, se fait en un instant, en tournant la manivelle Z fixée sur le côté de l’appareil.
- Enfin, complétant de façon fort heureuse son invention très remarquable, M. March lui a adjoint un dernier organe.
- Comme il est inévitable, au cours d’une semblable série d’opérations, qu’il y ait de temps à autre une erreur provenant de ce fait que l’opérateur, par distraction, pressé un bouton du clavier au lieu d’un autre, il importait de lui donner les moyens de corriger sa faute avant son inscription par les compteurs. M. March a prévu le cas, et, à cet effet, sur le côté de son appareil opposé à celui où se trouve installée la manette de commande M, il a disposé une autre1 manette N qui a pour objet, lorsque Ton appuie sur
- Fig. 2. — Le classiconipleur-impriineur (coupe et plan ,1e l’appareil).
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- elle, de faire se relever les touches, abaissées avant qu’elles n’aient agi sur les tiges de commande des compteurs.
- Le classicompteur-imprimeur de M. March comporte de multiples avantages sur tous les appareils similaires jusqu’ici inventés : 1° Il permet le dépouillement direct des fiches sans transcription préalable sur des cartes spéciales, comme cela est nécessaire avec la machine llollrith, ce qui évite une source d’erreurs et des frais considérables pour l’achat, l’impression, le numérotage des cartes, ainsi qu’une grosse économie de temps ; 2° il donne, dès une première manipulation des fiches, des résultats définitifs; 5° la commande des enregistreurs étant mécanique et les enregistreurs imprimant, on n'a pas à craindre les erreurs de lecture ou de transcription; 4° après le dépouillement de chaque série de fiches, tous les compteurs étant ramenés au zéro, les opérations sont infiniment simplifiées puisque l’on n’a jamais à établir de différences entre les nombres consécutifs enregistrés. De ce chef, les erreurs possibles sont encore réduites au minimum ; 5° il est de manipulation facile, sûre, et son fonctionnement correct ne nécessite qu’un peu d’attention de la part de la personne chargée de sa manœuvre ; G0 enfin, il permet de rectifier avant enregistrement définitif les erreurs commises lors de l’abaissement des touches et il donne un contrôle constant de toutes les opérations effectuées ainsi que la totalisation continue du nombre de fiches dépouillées.
- Ce sont là, on ne saurait le contester,des qualités précieuses et qui méritent au.plus haut degré d’attirer l’attention de tous les spécialistes et des statisticiens. Georges Vitoux.
- LA FARINE DE HAVANES
- DANS L’ALIMENTATION
- Nous avons eu l’occasion ici même d’attirer l’attention sur le commerce de plus en plus considérable auquel donnent lieu les bananes aux États-Unis ; du reste on commence en France à apprécier ce fruit, et la vente en a augmenté dans des proportions réellement extraordinaires depuis une année ou deux. C’est un aliment précieux d’une grande valeur alimentaire, comme le démontre l’usage que l’on en fait dans tous les pays où le bananier pousse naturellement, et ainsi que le prouvent les diverses analyses qui ont été données de la substance de la banane.
- M. Reichert a trouvé qu’elle contient un peu [dus de 75 pour 100 d’eau, 10,06 de sucre de canne et de glucose, 4,82 de matières azotées, seulement 0,20 de cellulose, ce qui a bien son importance, puis 0,05 de corps gras, et enfin 0,79 de chaux.
- Malheureusement la banane est d’une conservation, et par suite d’un transport des plus difficiles ; non seulement elle demande à être enveloppée de o’uate et protégée soigneusement des chocs, mais encore elle ne'' peut pas attendre très longtemps* et toutes ces raisons réunies font qu’elle n’est susceptible, que d’une vente assez restreinte
- sous sa forme naturelle, en même temps qu’on est forcé de la vendre relativement cher. 11 faudrait donc trouver moyen d’en tirer parti autrement. Dans certaines régions, on a commencé d’en extraire le sucre qu’elle contient en quantité considérable, on en tire aussi de l’alcool par distillation.
- Mais il y a mieux à faire, semble-t-il, et cela sous forme de farine. Ce n’est point du reste là une idée purement spéculative, car dans certains pays on en extrail, par râpage et passage à la poêle, une sorte de fécule grossière qui donne de bonnes bouillies ; et de plus aux États-Unis, où la banane a plus que partout ailleurs acquis droit de cité, on commence d’employer couramment la farine de banane pour la fabrication de pâtes alimentaires. Mais il est juste de dire que le prix de cette farine est assez élevé, parce que la fabrication ne s’en fait pas encore sur une grande échelle.
- Or l’Union coloniale Française a reçu une communication d’un planteur de file Maurice, M. Bounin, habitant Port-Louis, et qui annonce qu'il produit de la farine de banane, et qu’il est en mesure de la livrer au prix peu exagéré de 40 centimes la livre. 11 serait évidemment fort,, intéressant que l’on fit l’essai de ce produit en France, d’autant que beaucoup de nos colonies pourraient se livrer à la culture du bananier. La farine en question a donné à l’analyse les résultats suivants : 0,50 d’humidité, 2,55 de cendres, or,87 de protéine, 5,00 de cellulose^ 1,08 de graisse et enlin 5,20 d’extraits non azotés. _ ^.
- LES TIRS CONTRE LA GRÊLE
- La grêle est sans contredit l’un des fléaux que redoutent le plus les agriculteurs, l’un de ceux qui exercent le plus de ravages sur les récoltes. Les pertes occasionnées chaque année par les orages et la grêle s’élèvent à environ 25 millions de francs en moyenne U
- Depuis longtemps déjà, l’usage s’était répandu dans de nombreux pays de sonner les cloches ou de provoquer des détonations pour prévenir les orages. Mais peu à peu, et sans qu’il soit possible d’expli-quer pourquoi, ces pratiques, longtemps en faveur;
- ^ étaient tombées dans l’oubli, lorsqu'on 1896, un Autrichien, M. Stieger, ayant constaté que depuis vingt-cinq ans les vignobles de la Styrie étaient chaque année dévastés par la grêle, eut l’idée de reprendre l’ancienne coutume et essaya à nouveau de détourner les orages en tirant le canon sur les nuages chargés de grêle, en se servant d’un dispo-! sitif spécial. Les résultats qu’il obtint furent des plus satisfaisants. Il reconnût bientôt qu’à la suite ! des décharges d’artillerie, projetées vers les nues, l’oragè qui menaçait allait éclater plus loin, épargnant. les vignobles compris dans le périmètre défendu. 11 put ainsi sauver les récoltes qui donnèrent de fructueux résultats, ce qui ne s’était pas i produit depuis longtemps. Des essais analogues ; lurent tentés en Italie et, là encore, les résultats t furent très bons.
- Aussi, depuis lors, cette pratique s’est-elle rapi-> dement répandue dans les deux pays, et d’impor-
- 1 Yoy, u° 1452, du 23 mars 11M, j*. 200. •
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- tants perfectionnements ont été apportés aux canons spéciaux employés à cet effet.
- C’est là une véritable révolution dans le monde
- Fig. 1. — [ ji poste de tir contre la grêle.
- des viticulteurs et les savants eux-mémes commencent à prendre au sérieux ce moyen de défense contre la grêle pour lequel ils s’étaient montrés tout d’abord assez incrédules. Plusieurs versions ont été données pour tâcher d’expliquer le phénomène qui se produit. Les uns prétendent que ce sont les vibrations sonores produites par les détonations qui agissent sur les nuages à grêle ; mais cette explication nous paraît peu fondée, car les orages sont accompagnés le plus souvent de tonnerre, et l’ébranlement qui en résulte dans les couches atmosphériques, bien autrement puissant que celui, que peuvent déterminer les canons les plus énergiques, n’empêche cependant pas la chute des grêlons dévastateurs.
- D’autres théoriciens émettent l’avis que l’action des canons doit être attribuée à une projection d’air et les expériences faites en France au laboratoire de la station viticole de Villefranche (Rhône), par M. Vermorel, paraissent donner un caractère plus vraisemblable à cette théorie. Ces expériences ont démontré que, lors du tir, il s’échappe du canon un anneau d’air ou tore animé d’un mouvement giratoire, qui se comporte comme un véritable projectile et serait capable de porter une perturbation dans les nuages, y produisant une condensation et modifiant l’état électrique instable des particules qui le
- composent. Mais des discussions sérieuses ont eu lieu sur ce sujet, et l’un des promoteurs de celte ingénieuse théorie, M. Trabert, après avoir prétendu que [le tore pouvait agir efficacement jusqu’à 2000 mètres d’altitude, a été amené à rabaisser à 400 mètres la hauteur à laquelle il peut conserver son efficacité.
- Nous n’essaierons pas de discuter sur ce sujet, car les théories de la formation de la grêle sont elles-mêmes assez nombreuses, et toutes hypothétiques. Or, dans ces conditions, on conçoit qu’il serait peut-être prématuré de chercher à expliquer l’action du tir tant que la formation de la grêle ne sera pas elle-même nettement définie.
- C’est surtout en Autriche et en Italie que l’emploi des canons contre la grêle s’est le plus répandu, et, dans la seule année 1900, plus de 10000 nouveaux canons ont été installés dans ce dernier pays.
- En France, les canons paragrêles commencent à être employés dans le sud-est pour la protection des vignobles. Dans le Reaujolais, l’expérience porte sur deux communes : 1° l’ensemble de la commune de Denicé (Rhône) représentant une superficie d’environ 1000 hectares; 2° une surface de 120 hectares environ sur le territoire de la commune de Blacé, avec 4 ou 5 canons seulement, pour faire la démonstration de l’efficacité ou de la non-efficacité sur une petite surface avec un petit groupement.
- En principe, les canons à grêle comportent quatre parties : 1° un support constitué par un trépied en fer ou en bois, ou même parfois, par un simple tronc d’arbre ; 2° une chambre d’explosion formée, selon les cas, soit par un mortier destiné à recevoir la poudre dont l’allumage est produit par une mèche ou une amorce au fulminate, soit par une culasse mobile recevant une cartouche dont l’explosion est déterminée au moyen d’un percuteur ; 3° une cheminée d’échappement des gaz faisant suite à la chambre d’explosion et dont la longueur varie, selon les types, de 0rn,20 à 0,n,30. Cette cheminée paraît nécessaire, principalement avec les mortiers-courts, pour la formation du projectile aérien, dont la présence est décelée par un sifflement caractéristique (sibitlo) qui accompagne et prolonge les détonations; 4° enfin le canon est surmonté d’un pavillon formé d’une forte tôle et dans lequel se forme et se développe le tore projeté vers les nuages. La longueur de ce pavillon, qui est en moyenne de 2 mètres pour les canons ordinaires, est portée à 3 et 4 mètres dans
- Fig. 2.
- Formation du tore.
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- les canons à longue portée. A l’exposition spéciale annexée l’an- dernier an congrès de Padoue, figurait même un canon dont la trômbe avait une hauteur de 8 mètres. Le diamètre de base est généralement de 0m,18 à 0m,20, et le diamètre supérieur varie de 0m,55 à 0m,60 pour les canons à portée moyenne, jusqu’à 0m,70 et 0m,80 pour les canons à longue portée.
- Il nous faut signaler un canon fort curieux et très particulier présenté à l’exposition de Padoue par MM. Maggiora et Blanchi, ingénieurs à Turin. Dans ce canon la projection du tore était obtenue non plus par la poudre, mais au moyen d’un mélange d’air et d’acétylène enflammé dans une chambre ad hoc,
- haute d’un mètre environ, par une décharge électrique produite par une batterie installée dans la chambre même. Ce canon ne figurait qu’à titre d’indication du nouveau procédé; car, de l’avis même des constructeurs, la solution est encore imparfaite. Mais il serait à souhaiter qu’elle aboutit rapidement, car l’idée est très ingénieuse et son application présenterait de sérieux avantages. Elle permettrait d’installer de véritables batteries de canons créant automatiquement leur acétylène. Dès lors, il suffirait de lancer, d’un poste central commandant le tir, un courant électrique dans un circuit reliant les différents appareils pour déterminer d’un seul coup la décharge de tous les
- Fig. 3. — Exposition des canons à grêle à Padoue.
- canons, ce qui constituerait une importante simplification.
- Il résulte, en effet, des expériences faites en Italie et en Styrie qu'un canon peut protéger une zone de 25 hectares. Mais un canon isolé ne paraît pas avoir une grande efficacité. Lorsqu’on veut défendre un territoire contre la grêle, il faut donc le diviser en une série de circonférences ou de carrés ayant chacun une superficie d’environ 25 hectares et placer un canon au centre de chaque secteur. D’après les conclusions du congrès de Padoue les tirs doivent commencer quand les nuages sont proches du zénith, et lorsque l’orage paraît s’avancer avec plus de rapidité; commençant par une détonation à la minute, le tir doit être accéléré à mesure que l’orage s’approche, sans pourtant qu’il ne soit jamais tiré
- plùs de 5 coups à la minute. Les tirs sont ralentis dès que la pluie commence à tomber, mais doivent néanmoins être continués à raison de 1 ou 2 coups à la minute tant que la pluie aura une certaine violence. Enfin, lorsque celle-ci commence à diminuer sensiblement, il n’est plus nécessaire de tirer, car l’axe de l’orage a dépassé les stations et les terrains qu’elles sont destinées à défendre.
- Les postes doivent être disposés de. manière qu’une de leurs premières lignes se trouve située du côté où se produisent le plus fréquemment les orages. Après la première, il est nécessaire d’instituer d’autres lignes de défense à la distance d’environ 800 mètres les unes des autres afin que les différentes parties ayant composé l’orage ne puissent se réunir à nouveau et former une nouvelle trombe,
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- avant d’avoir parcouru une distance d'un kilomètre.
- La dépense d’installation, d’après M. Yermorel1, ne dépasse pas 260 francs par canon, ce qui représente environ 11 francs par hectare. D’autre part, les dépenses annuelles peuvent être évaluées à RO francs, y compris l’amortissement du matériel, soit 5tr,16 par hectare et par an. C’est là un sacrifice bien minime, eu égard aux dégâts qu’il paraît possible d’éviter ; et si l’on songe au taux énorme que prennent les compagnies d’assurances contre la grêle qui demandent jusqu’à 15 et 20 pour 100 des récoltes, taux qui pourra être réduit prochainement dans une notable proportion, on se rendra compte de l’importance que présente pour les viticulteurs l’emploi des nouveaux canons.
- Aussi une campagne énergique est-elle menée en vue de la constitution de syndicats de défense contre la grêle et nous aurons sans doute beaucoup de canons installés en France. - F. Molina.
- L’HYDROGÈNE LIQUIDE ET LE C0R0NIUM
- Lorsque l'éminent professeur Dewar annonça qu’après dix années d’efforts il était parvenu à liquéfier l’hydrogène, les physiciens applaudirent à ce grand succès nen seulement à cause de la difficulté vaincue, mais aussi parce qu’ils voyaient, au delà de ce résultat si important en lui-mème, toute une série de belles découvertes rendues possibles grâce au froid inouï produit par l’évaporation du nouveau liquide. Les espérances n’ont pas été déçues, et, depuis deux années, l’infatigable professeur de la Royal Institution a pu, ainsi que ses émules, doter la science de faits du plus haut intérêt.
- Tout d’abord, les propriétés de l’hydrogène liquéfié furent étudiées pour elles-mêmes, et d’ingénieuses expériences furent imaginées pour les rendre bien évidentes. Ainsi, en juin 1899, au centenaire de la célèbre Institution où enseignèrent Faraday et Tyndall, M. Dewar put montrer, devant un auditoire choisi, qu’un morceau de métal, préalablement plongé dans l’hydrogène liquide, se couvre instantanément d’air solide, qui fond au bout d’un instant et tombe en gouttelettes. Ou bien, lorsqu’on introduit, dans un vase rempli d’hydrogène, une éprouvette de verre, on voit l’air s’y condenser sous forme d’un liquide transparent. Si, alors, on bouche l’éprouvette, l’air se solidifie rapidement en un anneau collé aux parois et laissant au centre un espace creux montrant que la condensation, au moment de la solidification, est très considérable. Un tube rempli d’air, et dont on plonge une branche dans l’hydrogène, se vide si bien du gaz que, pour faire passer une étincelle entre deux pointes soudées à l’intérieur, il faut une assez forte bobine.
- Les propriétés du nouv< au liquide, rapidement étudiées par M. Dewar, sont, en gros, les suivantes : la densité est de 0,07 ; la tension superficielle est très faible, et les bulles qui se forment à son intérieur sont si petites qu’il prend souvent l’aspect laiteux. La dilatabilité est comparable à celle de l’acide carbonique à 5° au-dessous de sa température critique. Enfin; sa chaleur spécifique semble être voisine de 0, valeur extrêmement élevée, puisque l’eau, à laquelle ce résultat est rapporté, était jusqu’ici le corps possédant de beaucoup la plus haute
- 1 Y. Vermorel, Défense des récoltes par le tir du canon. Librairie du Progrès agricole et viticole, à Villcfranehe (Rhône).
- chaleur spécifique, si l’on en excepte toutefois l’hydrogène gazeux.
- A la température de l’hydrogène bouillant sous la pression atmosphérique, et qui n’est plus qu’à 21° du zéro absolu, les préparations photographiques possèdent une sensibilité qui est encore le 1/10 de celle qu’elles ont à la température ordinaire, et la moitié de celle qu’elles ont conservée à la température de l’air liquide.
- Comme, à des températures aussi basses, les actions chimiques sont complètement annulées, au point que l’on peut conserver du fluor dans un vase de verre, M. Dewar pense que les actions photographiques sont de nature physique et non chimiques. Cette conclusion est sans doute un peu hâtive; car il dit, d’autre part, que les corps phosphorescents, éclairés tandis qu’ils sont fortement refroidis, rendent de la lumière lorsqu’ils se réchauffent. Il se peut donc que l’effet de la lumière sur les préparations photographiques fortement refroidies soit simplement de provoquer la phosphorescence invisible de la gélatine, qui agit au moment du réchauffement. La difficulté n’est que reculée, car la phosphorescence est due sans aucun doute à des modifications chimiques.
- Mais le plus important des travaux qu’a permis jusqu’ici l’hydrogène liquide est bien certainement l’analyse des gaz rares et très volatils de notre atmosphère.
- Depuis que le charme a été rompu, et qu’on a cessé de croire à la simplicité de composition de l’air, limitée, ainsi qu’on l’enseigna pendant un siècle, à l’azole et à l’oxygène avec de petites quantités d’acide carbonique et de vapeur d’eau, de nombreux corps se sont pour ainsi dire précipités par la brèche ouverte par l’argon. Le néon, le xénon, le crypton, trouvés par MM. Ramsay et Travers comme produits de la distillation fractionnée de l’air liquide, sont venus enrichir la liste des éléments chimiques. Puis, récemment, M. Armand Gautier démontrait que l’air contient des traces d’hydrogène appréciables à l’aide des méthodes très délicates qu’il met en œuvre avec une grande habileté pour déceler Jes traces infimes des éléments. A son tour, M. Dewar, laissant condenser les produits de distillation de l’air liquide dans une éprouvette refroidie au moyen de l’hydrogène liquide, trouve un mélange composé de 45 pour 100 d’hydrogène, 6 pour 100 d’oxygène et 51 pour 100 d’autres gaz, parmi lesquels l’azote, l’argon, le néon, l’hélium, et d’autres encore. On remarquera combien cette concentration de l’hydrogène par distillation fractionnée est intéressante par la proportion très forte qu’il finitparprendredans l’ensemble des gaz de l’air.
- On pouvait pousser plus loin encore la distillation, et c’est ce qu’ont fait MM. Liveing et Dewar, en recevant, dans des ampoules évacuées, le résidu gazeux du mélange précédent, que l’on avait fait lentement passer dans un serpentin refroidi à l’hydrogène. L’examen spectroscopique montra alors que tous les gaz les moins volatils avaient disparu, et que seuls, parmi les corps connus, l’hydrogène, l’hélium et le néon se révélaient par des raies très brillantes. Puis apparaissaient un grand nombre d’autres raies qui n’avaient pas été encore identifiées avec celles d’autres corps terrestres. Tout d’abord trois raies furent trouvées très près de raies connues des nébuleuses; mais, suivant les auteurs, les divergences, qui atteignent entre une demi-unité et une unité du quatrième chiffre significatif, indiquent soit des corps différents, soit des corps à un autre état.
- En revanche, plusieurs raies se trouvent dans le voisinage immédiat de celles qui n’ont pu être encore identi-
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- liées dans le Soleil, et que, provisoirement, on a attribuées à un corps nouveau, le coronium. Ce sont les raies OtJ-,4325, Oij-,4252, Ou,4220, et Of-,5800. Suivant les auteurs, la conclusion ne s’impose pas encore de la présence du coronium dans leurs tubes. Les raies les plus intenses ont seules pu être rapprochées suffisamment de celles que donne la coronium solaire, et des mesures précises des raies faibles qui n’appartiennent cependant ni à l’hydrogène, ni à l’hélium ni au néon, seront nécessaires pour que l’on puisse se laisser aller à une affirmation. Mais les faits déjà acquis rendent très probable la conclusion que le coronium existe dans notre atmosphère à l’état de faibles traces. Sa position dans les couches élevées de notre astre central lui fait attribuer une densité probablement plus faible que celle de l’hydrogène. Sa volatilité est sans doute aussi plus grande, de telle sorte qu’il enlèverait au gaz par excellence la position qui lui avait été assignée à l’extrémité de toutes les propriétés de la matière. Ch.-Éd. Gi'iuacme.
- TRAITEMENT DES COLIQUES HÉPATIQUES
- La colique hépatique est un accident fréquent et les remèdes sont nombreux, sinon très efficaces, pour combattre cette crise si pénible et qui peut être parfois fort dangereuse. J’ai indiqué jadis une série de moyens pour diminuer la douleur, favoriser le passage des calculs, le rétablissement du flux biliaire, sans parler du calmant suprême, l’injection de morphine.
- T a-t-il un moyen de prévenir le retour de ces crises ? Sans doute, et le régime sévère, l’emploi des alcalins et d’autres médications, diminuent dans une certaine mesure la tendance à la cholélithiase. Ajoutez-y la saison obligatoire à Yichy, Uarlsbad, I’ougues, ou autres lieux; le lavage à grand orchestre par les bains, l’ingurgitation de verres d’eaux chaudes ou froides. Le calme ^renaît, un mois, deux mois se passent et à la première incartade, souvent même sans aucune cause, la colique revient. Les eaux minérales sont à nouveau conseillées, donnent encore un bon résultat. De l’une on passe à l’autre, on guérit quelquefois. Mais quand ce traitement ne suffit pas, doit-on se considérer comme désarmé et conseiller à son malade, comme Sydenham pour le rhumatisme :
- « patience et flanelle » ? Ce serait mal reçu et le malade qui vous enverrait promener n’aurait pas tort.
- Que faut-il donc faire? Un médecin de grande valeur, qui a publié sur les maladies du foie des travaux de premier ordre, le Dr Chauffard, a tenté d’établir pour la cholélithiase une cure méthodique et prolongée qui permette, dans la mesure du possible, de prévenir le retour des accidents. Je dis dans la mesure du possible, car ce n’est pas au hasard qu’il faut faire suivre à un malade ce régime spécial; il est des cas où il est radicalement inapplicable ; dans d’autres circonstances, calculs volumineux par exemple, l’intervention chirugicale est seule indiquée. Mais dans les formes ordinaires, on peut espérer obtenir de bons résultats, avec quelques médicaments que l’expérimentation a fait reconnaître comme d’excellents cholalogues.
- Parmi ces médicaments, Chauffard recommande surtout le salicylate de soude, le benzoate de soude et une préparation de la vieille pharmacopée, les gouttes de Harlem. Ces gouttes ou huile de Harlem forment une sorte de préparation résineuse, à base d’essence de térébenthine, d’huile de genévrier. D’après certains auteurs, elle contient du pétrole et de l’huile animale de Dippel.
- En associant ces trois préparations, notre confrère a obtenu des résultats excellents. Tel malade, qui ne passait pas un mois sans une crise, a pu rester son année entière indemne de tout accident. Un autre, à la veille d’être opéré, est soumis à cette médication et reprend la santé, en évitant le bistouri. D’une façon générale, il faut donner quotidiennement 1 à 2 grammes de salicylate de soude, avec autant de benzoate de soude. On prépare des cachets de chaque substance que l’on prend deux par deux à l’heure des repas. Tous les huit à dix jours, on donne deux à trois perles d’huile de Harlem. Ce traitement, conseille Chauffard, sera continué dix à vingt jours par mois, suivant la gravité et le nombre des crises et la durée plus ou moins longue des rémissions obtenues; et cela durant des mois, parfois même pendant plus d’un an. C’est au prix de cette persévérance que la cessation des crises sera obtenue et confirmée. Inutile d’ajouter qu’à ce traitement spécial doit être annexé un régime de circonstance, une hygiène sévère et méthodique, tout un ensemble de mesures propres à assurer le succès de cette médication. Dr Adolphe Cartaz.
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- LE VÉSUVE EN 1900
- OBSERVATIONS DE VI. MATTEL’CCI
- Les volcans en feu ne manquent pas encore sur la terre. Nous n’avons pas besoin d’aller bien loin pour en trouver, l’Etna est là qui n’est pas toujours de bonne humeur, le Vésuve souvent gronde et flambe. Nous sommes en pleine vie sur terre. M. U.-Y.Matteucci, le savant géologue, s’est aperçu, en 1900 et à ses dépens, que le Vésuve ne paraissait pas disposé à s’endormir encore pour l’éternité. Une nouvelle période éruptive a commencé le 5 juillet 1895 et s’est poursuivie pendant cinquante mois, et ce n’est peut-être pas fini pour eette fois. Le 1er septembre 1899, la lave cessa de couler par la fissure latérale. A partir de ce jour, le cratère, alors profond de 200 mètres, commença à se combler de nouveau. Le 24 avril 1900, il n’avait plus que 80 mètres et abritait un magma plus basique en même temps que plus riche en gaz. De ce jour date une période de violente activité qui a duré un mois entier. Il ne s’est fait aucune émission de lave ; mais les explosions dans le cratère ont été extrêmement fortes, spécialement du 4 au 14 mai, avec un maximum dans la journée du 9 mai. Le bruit des explosions était tel qu’il a été distinctement perçu dans toute la Campania felice L
- Le cratère s’est élargi de 4 à 5 mètres. Il mesurait à la fin 164 mètres dans la direction N.-E. et 180 mètres dans la direction E.-O. Sa circonférence était de 540 mètres. Il s’est produit des flammes en abondance dues en grande partie à l’hydrogène sulfuré et aux vapeurs de soufre.
- La plus grande hauteur atteinte par les bombes et les scories a été de 557 mètres à partir du fond du cratère. Le plus gros bloc lancé le 9 mai mesurait environ 12 mètres cubes avec un poids approximatif de 50 tonnes. Ce bloc a mis à peu près 17 secondes
- 1 Comptes rendus de l’Académie des sciences. Note de M. Matteucci, 3 décembre 1900.
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- pour parcourir sa trajectoire entière, tombant sur le force vive des vapeurs qui l’ont projeté peut être sol avec une vitesse de 80 mètres par seconde. La évaluée à 45509055 kilogrammètres, c’est-à-dire à
- Fig. 1. — Le Vésuve. Grande explosion de mai 1900. Photographie à faible distance du cratère.
- Fig. 2. — Le Vésuve. Autre explosion prise près du cratère en mai 1900.
- 607 995 chevaux-vapeur. On voit que les forces souterraines ont toujours de l’énergie.
- Ou reste, la quantité de matériaux solides rejetés
- par le cratère, pendant toute la durée de la période explosive d’avril à mai, aétéd’environ un demi-million de mètres cubes. Si bien que les projections ont
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- accru de 10 mètres l'altitude du Vésuve, dont le au-dessus du niveau de la mer, se trouve actuelle-point le plus bas, qui était auparavant à 1293 mètres ment à 1303 mètres. M. Matteucci, comme on voit,
- Fig. 3. — Le Vésuve. Cabane du Guide, détruite par les scories.
- a été observateur consciencieux, trop consciencieux même, car il a failli être tué sur les bords du cratère. 11 est resté sur le Vésuve trois jours consécutifs, du 11 au 15 mai. Le dernier jour, dans la matinée, le volcan semblait plus calme ; il dégageait seulement avec violence d’épaisses vapeurs ; mais, vers midi, les explosions recommencèrent et devinrent bientôt d’une in tensité vraiment extraor dinaire. Du bord du cratère,
- M. Matteucci observait ce qui se passait avec une hardiesse que l’on peut qualifier de téméraire.
- Le bombardement commençait à être dense et continu, quand l’observateur fut surpris par une explosion formidable qui fit pleuvoir autour de lui des myriades de blocs et de scories incandescentes. Ce fut un miracle si le savant observateur fut épar-
- gné; mais son bagage fut anéanti, à 1 exception de son appareil photographique. Il eut cependant le courage de noter l’incandescence complète du cratère et la multitude de bombes explosives qui éclataient dans l’air. Et il ajoute dans son récit : « C’était
- un spectacle merveilleux ! » Certes, mais pas à la portée de tout le monde.
- Au point de vue des matériaux rejetés par les volcans, M. Matteucci a vu tomber autour de lui des lapilli revêtus de sels ammoniacaux et des scories que recouvrait une patine luisante formée d’azoture de fer. La production simultanée du sel ammoniacal et de l’azoture de fer paraît aujourd’hui établie, résultat des dissociations chimiques qui se poursuivent dans les profondeurs du globe. L’azoture de fer serait le générateur des sels ammo-
- Fig. 4.
- La plus grande des roches volcaniques lancée pendant l’explosion de mai 1900.
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- niacaux, ainsi que l’a démontré M. Armand Gautier, de l’Académie des sciences, dans une série d’expériences. Mais laissons ces détails un peu spéciaux; nous tenions à rendre hommage à la persévérance avec laquelle le professeur italien Matteucci poursuit ses belles études sur les éruptions du Vésuve.
- IIen'ri de Parville.
- IA CULTURE DU THÉ M RUSSIE
- La consommation du thé augmente chaque année dans des proportions considérables : il ne faut donc pas s’étonner si on cherche à cultiver la précieuse plante dans une foule de pays : nous pourrions rappeler à ce sujet des expériences assez heureuses faites en France même, et aussi celles qui se poursuivent actuellement aux États-Unis, et sur lesquelles nous reviendrons peut-être quelque jour. La Russie, qui est un des principaux consommateurs de thé du monde entier, a voulu naturellement essayer de produire sur son sol la feuille qu’elle introduisait jusqu’ici exclusivement de Chine, et on se livre à ce sujet à des expériences intéressantes qui sont même entrées dans la voie tout à fait pratique, et qui sont pourtant généralement ignorées en France. Ces plantations de thé se sont surtout développées au Caucase, où elles constituent une véritable curiosité, étant donnés l’aspect tout particulier de la plante et la préparation non moins spéciale quelle réclame. Dès 1855, le prince Voronzolï avait planté à Soukhoum-Kaleh, sur les bords de la mer Noire, quelques arbres à thé qui n’avaient guère d’autre ambition que de décorer le jardin, mais les arbustes avaient résisté et cela montrait que le climat de cette partie de la Russie lui était favorable : tant et si bien que, vers 1890, on se décida à tenter la chance au point de vue agricole proprement dit dans une propriété de M. Solovtzoff, au Caucase. A l’heure actuelle ce propriétaire possède 20 dé-ciatines (un peu plus de 20 hectares par conséquent) plantées en thé. Son exemple fut suivi assez rapidement par le plus grand marchand de thé de Moscou, M. Constantin Popofî, qui auparavant avait été en Chine étudier de près tout ce qui concerne la culture en question. 11 faut dire que là où sont ces plantations maintenant florissantes, le climat est chaud et humide, sans toutefois que le thermomètre monte d’ordinaire au-dessus de 40° centigrades ou descende au-dessous de 0; de plus le sol est une argile rouge ferrugineuse produite par la décomposition de roches porphyriques, et la récolte est d’autant meilleure que le sol est plus rouge (comme cela se produit à Cevlan). La direction des Apanages impériaux, ce que nous appellerions les domaines, a suivi cet exemple, et elle a fait venir des Chinois pour diriger les travaux de culture, qui sont étalés comme les autres plantations le long de cette admirable corniche que suit le chemin de fer en quittant Ratoum, et sur laquelle M. de Baye nous a donné des renseignements si intéressants. Les Apanages ont déjà 50 déciatines plantées en arbustes à thé, et les Chinois qui ont été amenés ici sont chargés d’initier les paysans à cette culture, pour qu’il soit possible peu à peu d’y consacrer les 1000 déciatines que les Apanages détiennent sur ce même point, et (ju’on ait des cultivateurs en nombre suffisant pour une pareille surface. Dès maintenant on a pu juger, par l’importance des récoltes, des excellentes conditions que présentent les terrains choisis; mais il faut reconnaître que la saveur du thé recueilli est loin d’être comparable à
- celle du thé chinois ou du thé de Cevlan et de l’Inde, et il est bien probable qu’on ne pourra produire au Caucase et dans la Transcaucasie que des variétés tout à fait ordinaires. Néanmoins, comme même ces qualités se vendent bien pour répondre à la consommation énorme qui se fait en Russie dans les classes les plus modestes, il semble que l’État a l’intention d’encourager cette culture chez les paysans de la région, notamment en leur donnant à titre gratuit des parcelles mises en état par les soins de l’Administration des Domaines. En ce moment, d’autre part, voici que l’on commence également de tenter cette même culture sur d’autres points de la même région, toujours pour tirer profit du sol et aussi du climat de cette partie de la côte de la mer Noire, et il est très possible que, avant longtemps, la Russie devienne un important producteur de thé.
- LV SÉRICICULTURE AU SMI
- L’industrie est tout à fait dans l’enfance au Siam, et la confection même des vêtements de coton qui servent aux indigènes sous le nom de « langouti » et de a sam-pote », et qui ne sont autre chose que des rectangles d’étoffe qu’on drape autour de la ceinture, et que l’on passe entre les jambes en forme de culotte bouffante, cette fabrication si élémentaire a été tuée presque complètement par l’envahissement des tissus étrangers bon marché. Cependant on confectionne encore dans le pavs d s langoulis et des écharpes de prix, dont la matière première est la soie obtenue sur place.
- Ce sont précisément les procédés employés pour cette sériciculture que nous voudrions signaler aujourd’hui. Quand les éleveurs de vers à soie s’aperçoivent, après trente et un jours d’observation, que les vers se préparent à monter pour filer leur cocon, ils les placent au milieu de branchettes de bois sèches ligotées de manière à former une espèce de bloc carré, de 1 mètre à 1 mètre et demi de côté ; on les suspend ainsi sous la véranda, quand le temps le permet, à l’abri du vent ; si au contraire le temps est humide, on les accroche dans l’endroit le plus sec de la maison. On doit du reste constamment surveiller les vers pour s’assurer que les fourmis ni les mouches ni les moustiques ne viennent les attaquer, du moins tant qu’ils ne sont pas enfermés dans leur cocon. A la fin du deuxième jour, le cocon est fdé, et dès lors on va se livrer à la récolte. Du reste les indigènes conservent les cocons deux ou trois jours avant que de les étouffer, afin de permettre' au vers de terminer son travail, car autrement le cocon s’aplatirait, et on ne pourrait le filer que très difficilement. On plonge ensuite les cocons dans une bassine en fonte pleine d’eau bouillante, et un ouvrier tenant d’une main les baguettes qui servent à accrocher le bout du fil en battant les cocons, de l’autre fait tourner une machine très simple à dévider la soie. Les graines de vers à soie employées proviennent généralement du Cambodge, et, d’ailleurs, comme nous l’avons dit, cette industrie ne semble pas appelée à un bel avenir, si l’on ne modifie pas les procédés un peu trop traditionnels qu’on v suit.
- L’HÔPITAL MILITAIRE DE P0TSDAM
- Pour peu qu’on fasse appel à ses souvenirs historiques du dix-huitième siècle, on ne sera pas étonné que le gouvernement Prussien ait choisi Potsdam pour v instal-
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- 1er un important hôpital militaire. Cet établissement n’est pas du reste remarquable seulement par ses dimensions, mais aussi par ses aménagements très perfectionnés.
- Construit de 1890 à 1894, sur une hauteur, en bon air et à plus d’un kilomètre de la ville et des casernes, il ne touche à des rues que sur deux côtés ; déplus, il est du système mixte, en ce sens qu’il comprend une série de pavillons jouant un rôle précieux au point de vue de l’isolement. 11 est composé d’un premier pavillon principal destiné aux malades et contenant 77 lits; un autre renferme 74 lits, mais il est complété par une salle d’opérations, ce qui est dire qu’il est plutôt pour blessés; ce
- Amphithéâtre m
- rPavillon d'isolement (2k lits)
- Pavillon
- Pavillon (32 lits)
- 'Double
- pavillon
- (3ÔJits)
- f Machines et chaudières
- lits )
- e^alle d'opération
- Concit
- Cuisines ^ etaccessoires
- NORD
- Bâtfiment de désinfection
- ministration
- Plan de l'hôpital de Potsdain.
- sont ensuite 5 pavillons à 52 lits chacun, enfin un pavillon double à 58 lits, et un dernier pavillon consacré plus spécialement à l’isolement, éclairé par en haut, chauffé sous le plancher, et fait pour recevoir 24 personnes. Nous aurions un total de 14 bâtiments dans cet établissement, si nous comptions en outre un édifice pour l’administration, puis 4 autres réservés respectivement aux cuisines, aux machines et chaudières, aux infirmiers civils mariés, à la désinfection, enfin une loge de concierge et un dépôt pour les cadavres.
- On ne compte que 5 lits d’officiers dans cet hôpital, on n’y a pas ménagé la place (et avec raison). À chaque lit correspond une surface générale de terrain de 15 7 îna, et dans les chambres chaque malade a une surface de 9,5 m2, et un volume de 58,5 m3 d’air. Qu’on examine du reste le plan que nous donnons, et l’on pourra constater qu’on a bien su tirer parti de l’espace disponible pour exposer au mieux les bâtiments, y laisser pénétrer l’air et la lumière. Dans tout le terrain non bâti on a créé des cours, des jardins et des parterres.
- Le bâtiment central des machines assure à la fois le chauffage combiné à basse pression et à air et la ventilation : celle-ci se fait par des tuyaux qui distribuent fil) m3 par lit et par heure d’un air filtré venant des caves et chauffé en hiver; l’air vicié est aspiré par d’autres tuyaux. Les machines commandent des pompes élevant
- l’eau de puits profonds dans des réservoirs; elles permettent également l’éclairage électrique d’une partie de l’hôpital, le reste étant éclairé aux becs incandescents (nous ne savons pourquoi). C’est de la station de machines encore que vient la vapeur chauffant le fourneau Senking llildesheim installé dans la cuisine, et celle qui sert dans la buanderie, du système F. Ter Welp à un cylindre; elle encore qu’on utilise dans les salles de bains ou enfin dans la salle de désinfection. Nous pourrions ajouter que le tout à l’égout fonctionne dans ce magnifique établissement, que les lavabos et wator-closets sont chauffés et ventilés, eux aussi, qu’enfin partout on a installé des téléphones et que les horloges sont à commande électrique.
- Au point de vue purement médical, l’hôpital possède un laboratoire pour les recherches hvgiéniro-chimiques, et où l’on se livre couramment à des études miscrocopi-ques et bactériologiques. La salle d’opérations comprend un matériel et un aménagement des plus perfectionnés; et des pièces sont disposées pour les traitements médico-mécaniques, le massage, l’électrisation. On voit que nous n’exagérions pas en citant cet hôpital comme un établissement tout à fait remarquable. Dr D. S.
- LE GREFFAGE DES ROUTONS A FRUITS
- Le greffage des boutons à fruits, s’il ost régulièrement pratiqué par les arboriculteurs et recommandé par les professeurs d’arboriculture fruitière de la nouvelle école, est peu connu des amateurs. Cette opération est certainement une des plus rationnelles entre celles usitées pour la mise à fruits des arbres rebelles à la fructification; elle a aussi, sur beaucoup d’entre elles, l’avantage d'éviter les mutilations de toutes sortes que l’on a coutume de faire subir à ces arbres et dont ils se ressentent parfois dans l’avenir.
- Cette sorte de greffe est appliquée sur les arbres à fruits à pépins; ceux à noyaux n’ayant pas le même mode de fructification et, de plus, elle ne pourrait avoir la même efficacité sur ces derniers. J’ajouterai aussi que c’est principalement sur les arbres soumis à la taille que son utilité se fait le mieux sentir.
- Les avantages que l’on peut retirer du greffage des boutons à fruits, aussi bien dans l’arboriculture fruitière d’amateur que dans l’arboriculture fruitière d’exploitalion visant la production de gros et beaux fruits de luxe, sont nombreux, et je ne ferai que les résumer. A l’amateur, elle procure l’occasion de curieux essais et un attrait aussi séduisant qu’intéressant.
- Dans la majorité des cas, malgré les soins les plus minutieux apportés à la formation des arbres, il se trouve que certaines branches charpentières se dénudent et ne produisent des fruits qu’à la partie supérieure. Pour remédier à cet inconvénient, beaucoup d’arboriculteurs pratiquent des greffes en approche, des incisions, afin de faire développer les yeux latents ou encore procèdent à une opération plus rigoureuse le rabattage partiel de ces branches, tandis que. des greffes de boutons à fruits, posées
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- dans les endroits à regarnir, assurent une fructification rapide, rationnelle et continue. •
- Certains arbres se développent avec une telle vigueur, principalement s’il s’agit de Poiriers ou de Pommiers greffés sur franc, que leurs ramifications se développent en gourmands ne donnant aucun espoir de fructification avant huit à douze ans.
- Si, sur ces branches char-pentières, sur les rameaux de l’anne'e, à la base des rameaux qui doivent constituer les coursonnes ou hanches fruitières, on pose autant de boutons à fruits qu’il est possible de le faire, l’année suivante ils donneront des fruits en quantité et la récolte se renouvellera chaque année.
- S’agit-il simplement de branches charpentières se développant outre mesure et ne donnant que des rameaux à bois et des gourmands, il n’y a qu’à appliquer nombre greffons à fruits sur ces branches pour obtenir un résultat des plus engageants.
- Beaucoup de variétés fruitières, dont les fruits sont aussi volumineux qu’excellents, comme la variété de poire La France, sont peu vigoureuses, même chétives et, dans ces conditions, produisent des fruits de faible grosseur. Si l’on a soin de greffer les boutons à fruits de ces variétés, sur des arbres vigoureux, on obtiendra annuellement des fruits atteignant le maximum de beauté et de saveur.
- Ce sont certes là des qualités à l’actif de ce procédé de greffage, tandis que je ne lui connais aucun défaut. Car, ce qui le rend des plus pratiques, c’est que l’on peut indifféremment l’appliquer sur des arbres dont les fruits mûrissent à une autre époque, comme on peut greffer plusieurs variétés, de dix à vingt même, sur un arbre vigoureux. Tous ces fruits arrivent régulièrement à maturité.
- Quant aux greffons, c’est-à-dire aux boutons à fruits que l’on voit sur les arbres qui en sont dé-
- pourvus, il ne manque pas dans le jardin fruitier d’arbres adultes sur lesquels l’ablation d’une grande partie d’entre eux doit être faite lors de la taille d’hiver. On remarque aussi sur certaines variétés de Poirier Beurré Diel, Duchesse d’Angoulême, Passe Crassane, William, Clapp’s favorite, principalement celles qui ont été greffées sur Cognassier, que des boutons à fruits se sont formés l’année même, à l’extrémité des rameaux de prolongement et de ceux qui n’ont pas été pincés à la taille d’été, lesquels doivent être pour la plupart supprimés lors de la taille d’hiver. Ces rameaux vigoureux et les rameaux fruitiers (A, B, fig . 1 ), ainsi que ceux plus grêles qu’en arboriculture on nomme brindilles (D. E,fig. 1), sont terminés par de très gros boutons à fruits lesquels donneront des fruits volumineux; parfois même ils portent d’autres boutons à fruits latéraux.
- Cette série de greffons offre de grandes qualités : ils sont jeunes et très faciles à poser. Mais, comme on n’en dispose pas toujours en quantité suffisante, on peut fort bien choisir les deux productions fruitières suivantes : le bouton à fruits (B, fig. 5) se trouvant sur une coursonneet
- dont une partie du rameau, suivant le pointillé, lui sert d’embase; le bouton à fruit qui s’est formé sur une bourse fruitière (A, fig. 3) et qui est également détaché avec une partie de bois de cette bourse et du rameau.
- Bien que j’aie vu pratiquer le greffage du bouton à fruits en mars, la fin d’août et le commencement de septembre est l’époque qui convient le mieux pour cette opération ; il suffit que la circulation de la sève ne soit pas interrompue pour que la soudure se fasse. Si cette circulation était trop active — c’est le cas lorsqu’on effectue cette greffe trop hâtivement — les boutons à fruits se développent, s’ouvrent, et les fleurs s’épanouis-
- Fig. 1. — Branches et brindilles fruitières convenant pour le greffage des boutons à fruits.
- Fig. 2. — Greffage des boutons à fruits.
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- sent huit à quinze jours après le greffage, annihilant ainsi la récolte escomptée.
- Quant à l’opération elle est très simple. Lorsqu’il s’agit de brindilles et de rameaux fruitiers (fig. 1) on prend ses dispositions pour que les plus gros soient placés sur les branches volumineuses et inversement pour les brindilles. Les uns et les autres sont alors coupés en un biseau long de 5 à 4 centimètres en leur conservant deux ou trois yeux, la coupe partant sur un œil inférieur, qui se trouve annulé, dont l’empâtement fait office de tampon lorsqu’il est inséré sur la branche et le maintient dans une position normale (G, fig. 1 et 5).
- Les deux autres productions fruitières sont détachées des branches qui les portent par une coupe (suivant le pointillé A et B de la fig. 5) en leur conservant une lamelle de bois et d’écorce, dont la face qui sera appliquée sur le sujet devra être bien lisse.
- On doit, d’ailleurs, se servir d’un greffoir dont la lame propre et tranchante permet de faire des sections nettes, sans aucune éraflure. Les feuilles sont coupées soigneusement en ne réservant qu’une partie de leur pétiole.
- La préparation de la partie qui doit recevoir un de ces greffons est tout à fait élémentaire, puisqu’elle consiste à faire deux incisions en forme de T sur l’écorce (E, fig. 3) absolument comme pour la greffe en écusson. Toutefois, contrairement à ce que l’on fait pour cette dernière, seules les lèvres supérieures de l’écorce sont soulevées suffisamment pour que la base du greffon puisse pénétrer ; en ayant soin de pousser ce dernier légèrement il se trouve inséré et maintenu, solidement entre l’écorce et le bois.
- La partie supérieure de la coupe, dans chacun des greffons, doit adhérer parfaitement contre l’incision transversale. Il ne reste plus qu’à ligaturer le tout solidement avec du raphia pour éviter
- le contact de l’air avec les parties mises à vif.
- Par la suite, il suffit de desserrer un peu la ligature, si la sève, encore assez active, fait gonfler le bois et à la supprimer totalement au printemps suivant.
- Presque toutes ces greffes, si l’opération a été faite soigneusement, reprendront, fleuriront au printemps suivant, fructifieront et, très souvent, il se formera d’autres boutons à fruits à leur base.
- La figure 2 montre les résultats que l’on peut obtenir avec la greffe des boutons à fruits. Elle présente une branche charpentière, qui a été exposée en octobre 1900 dans la grande serre de l’horticulture; elle provient d’un arbre très vigoureux, lequel a été, par les soins de mon ami et collaborateur, M. Claude Trébignaud, transformé en un sujet fertile. Cet arbre appartenant à une variété très vigoureuse, Beurré Hardy, formait une pyramide haute de G mètres, n’avait encore produit aucunfruit. En 1898,
- on appliqua une grande quantité de boutons à fruits ; les greffes se soudèrent, les fleurs s’épanouirent au printemps 1899, mais elles ne fructifièrent pas. Cela doit être imputé à la trop grande vigueur de l’arbre, lequel se trouvait peu préparé pour la fructification. L’opération ne fut cependant pas inutile : des brindilles se développèrent à la base des greffons sur lesquelles , au mois d’août, se forma des boutons à fruits et la végétation même de l’arbre fut moins vigoureuse et montra un acheminement vers sa mise à fruits définitive.
- Au mois d’août de cette même année une soixantaine de nouvelles greffes furent posées; toutes se soudèrent et un grand nombre de beaux fruits vinrent à maturité. A chacun des boutons à fruits provenant de la dernière série de greffes succédèrent deux, trois et même six poires. La branche (fig. 2) porte trois séries de deux poires de la variété Passe crassane (B), et deux bouquets l’un de trois poires, l’autre de six, de la variété Beurré Diel (A). Malgré le nombre ces fruits sont magnifiques; on n’a, en effet, pratiqué aucun éclaircissement de fruits, comme cela doit se faire habituellement pour les
- Fig. 3. — Résultats de la greffe de boutons à fruits sur un arbre rebelle à la fructification (greffes faites en août 1899).
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- arbres qui fructifient normalement.'Cette abondance de fruits acheva de régulariser la vigneür de l’arbre qui se couvrit d’autres boutons qui promettent cette année une récolte non moins abondante.
- Cet exemple est probant; mais il n’est pas nécessaire d’attendre qu’un arbre soit aussi âgé pour opérer le greffage des boutons à fruits; on peut le faire au fur et à mesure du développement des branches charpentières, lorsque celles-ci semblent réfractaires à la fructification et cela devient précisément le meilleur régulateur de sa végétation. Albert Malmené,
- Professeur d'horticulture.
- L’INDUSTRIE DE L’ACIDE CARBONIQUE
- EX WURTEMBERG
- On sait que l’acide carbonique est maintenant d’un 'emploi courant dans un grand nombre d’industries, et l’usagé s’en vulgarise naturellement de plus en plus depuis qu’on le produit aisément sous la forme liquide. Précisément, celte production a donné lieu, dans le Wurtemberg, à la création d’une industrie imposante et qui se pratique dans des conditions assez particulières pour être signalées.
- Ce qui est déjà suffisamment digne de remarque, c’est que le gaz qu’on utilise est capté à des sources naturelles que l’on a trouvées à Eyach, sur le Neckar, et ce gaz est parfaitement pur, à cela près qu’il contient une faible quantité de vapeur d’eau. Le gaz est transporté par tuyaux du point de captation, puis il est séché au moyen de chlorure de chaux, et il est finalement comprimé et réduit à l’état liquide par des machines commandées par la puissance hydraulique de la rivière Neckar. Le liquide ainsi obtenu est alors filtré à travers du charbon de bois et enfermé dans des réservoirs spéciaux en acier, qui ont une capacité de 9 à 18 kilogrammes, et qui ont été auparavant éprouvés à une pression de 240 atmosphères. La compagnie qui Se livre à cette industrie dans le Wurtemberg a un tel mouvement d’allaires, qu’elle possède au moins 30 000-de ces récipients. Et pourtant, le transport de l’acide carbonique par chemin de fer ne se fait généralement pas dans ces récipients : ils ont, en effet, le tort d’être* fort lourds, et leur emploi frapperait l’acide d’un prix de transport beaucoup trop élevé.
- Les expéditions se font donc le plus généralement dans des wagons-réservoirs spéciaux, qui sont capables de contenir chacun un poids de 10 tonnes : ils sont dirigés par voie de fer à Zurich, à Berlin et à Vienne, où la compagnie a installé des stations de remplissage: en ces points le liquide peut être vidé dans les récipients qui servent à la vente au détail. La société d’Eyàch se trouve dans les meilleures conditions pour faire d’importants bénéfices, puisqu’elle a l’avantage de capter l’acide carbonique tout formé et à l’état pur, et que, de plus, elle se sert d’une force naturelle, l’eau du Neckar, pour en effectuer la compression. Elle rémunère donc fort bien, à ce qu’il paraît, son capital de 2 500 000 francs. Nous n’avons pas besoin de rappeler qu’elle est assurée d’une importante clientèle de consommateurs, l’acide carbonique liquide rendant les plus grands services et étant d’un emploi courant pour le soutirage de la bière, la fabrication des eaux gazeuses ou minéralisées, du champagne, etc. I). B.
- NÉCROLOGIE
- H.-A. Rowlaml. — La jeune école des physiciens américains vient de perdre le savant éminent qui fut pendant longtemps considéré comme son chef. Le professeur Bowland,qui vient de mourir à Baltimore, a exercé, en effet, une action puissante sur les recherches et sur l’enseignement delà physique aux États-Unis. Quant àses travaux, s’ils ne contiennent aucune découverte faisant époque, au moins décèlent-ils une grande ingéniosité, un désir extrême de perfection et une remarquable vigueur de conception. Nous citerons, notamment, ses recherches sur la convection électrique et l’action électro-dynamique d’une charge électrique en mouvement, exécutées en 1875 et 1876 sous la direction de llelmholtz, et qu’il se déposait à reprendre ; sa détermination de l’équivalent mécanique de la chaleur, et celle de l’ohm ; ses études sur les corps magnétiques et sur les diélectriques ; enfin ses travaux d’optique exécutés avec les merveilleux réseaux construits par lui-même, avec une perfection inconnue jusque-là. Ses tables des longueurs d’onde du spectre solaire et du spectre de l’arc constituent un document de premier ordre, auquel les spectroscopistes se rapportent toujours pour le repérage des raies nouvelles et l’identification des raies des corps déterminés par l’analyse spectialc. G.
- CHRONIQUE
- La peste bovine et ses victimes. — Nous avons parlé, dans un numéro précédent, des nombreux cas de décès suspects observés dans les Alpes parmi les chamois et attribués, par les chasseurs, à la clavelée des moutons. Voici que M. Desuzinges, du Transvaal, nous fait part de la remarque suivante : « Dans le district de Orisladt, que je connais bien pour l’avoir parcouru plusieurs fois, la peste bovine fait chaque année des ravages et occasionne aux Boers des pertes considérables. Or, j’ai remarqué — et les colons ont remarqué comme moi — que dans les régions où règne la peste bovine on rencontre d’une façon fréquente de nombreux cadavres de coudous, de dwicksct même de cochons qui présentent les mêmes symptômes que les cadavres des bœufs ayant succombé à la pesle bovine. Personne ne doule plus, là-bas, que ces animaux n’aient contracté la maladie qui les a tués en paissant dans les pâturages déjà contaminés par les bestiauk atteints de la peste. )) !
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 6 mai 1901. — Présidence de M. Fouqcé.
- U élevage des soles en aquarium. —M. Fabre Domergue adresse une Note relative à l’élevage des soles en aquarium. Le développement de l’œuf, jusqu’à la forme de l’animal adulte, n’a été obtenu que pour quelques espèces. L’auteur a réussi à le réaliser pour la sole, en tenant compte de la nécessité de donner un aliment antérieurement à la résorption du vitellus.
- L'évolution de la tuberculose. — M. Lannelonguc communique les résultats de nouvelles expériences, relatives à l’évolution de la tuberculose, entreprises avec MM. Achard et Gaillard. Les recherches ont encore été effectuées sur des cobayes. Ces animaux ont été divisés par groupes de 10 ; ils ont été inoculés le même jour,
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- avec le même liquide et de la même manière. Pour mettre en évidence l’action d’un air chargé de microbes, un lot d’animaux a été exposé à un courant d’air chargé de poussières contenant des particules de crachats de tuberculeux desséchés ; un autre lot recevait dans les mêmes conditions un courant d’air contenant des colibacilles. Les animaux du premier groupe sont morts, en général, un peu plus tôt : au bout de 4 mois, les animaux des deux groupes ne comptaient plus qu’un survivant, tandis que ‘20 témoins inoculés, restés dans des conditions normales, présentaient 5 survivants. L’action est donc légèrement accélératrice de l’évolution. Poui étudier l’influence du travail, les animaux soumis à l’expérience ont été divisés encore une fois en deux groupes que l’on plaçait à tour de rôle dans une cage cylindrique semblable à celle des écureuils. Un homme imprimait un mouvement de rotation à la cage et l'animal, pour ne pas être entraîné, était obligé de marcher. Le 1er groupe fournissait un travail modéré, soit une course de 480 mètres par jour ; le ‘2e groupe un travail excessif, soit une course de 960 métrés. Les animaux du premier groupe étaient tous morts au bout de 133 jours, ceux du second au bout de 120 jours alors que les témoins restés au repos survivaient. L’influence du travail est donc désastreuse. Pour étudier les effets de l’alimentation, on a formé trois groupes recevant journellement la ration normale, la demi-ration et le tors de ration. Les animaux du 1er groupe étaient tous morts au bout de 6 mois 1/2, ceux du 2e au bout de 5 mois 1/2, ceux du 3e au bout de 4 mois 1/2. Les pesées journalières ont démontré que la déperdition de poids était beaucoup plus rapide ch> z l’animal qui travaille et qu’elle s’accélérait avec une alimentation réduite.
- Reproduction artificielle des échanges gazeux propres aux plantes. — M. G. Bonnier présente une Note de M. J. Friedel relative à la reproduction artificielle des échanges gazeux que l’on observe chez les plantes. L’auteur extrait, au moyen de la glycérine, les subslances solubles des feuilles d’épinards. 11 obtient ainsi un liquide jaune qui ne produit aucun échange gazeux sous l’effet de la lumière. D’autre part, il dessèche à 120° des feuilles d’épinards: il recueille ainsi une poudre verte inactive à la lumière qui ne contient plus de diastase, mais qui renferme la chlorophylle. En mélangeant le liquide et la poudre, on observe les mêmes échanges gazeux que si la feuille vivait. L’assimilation peut donc être réalisée artificiellement en dehors de l’organe.
- La compensation de l'erreur secondaire des chronomètres. — M. Cornuprésente une Noie de M. Ch.-Ed. Guillaume relative à la compensation de l’erreur secondaire des chronomètres. On s’imagine, dit M. Cornu, que la compensation des chronomètres s’effectue comme celle du balancier d’une horloge. Dans les chronomètres le problème est plus compliqué parce qu’il entre un facteur autre que la température : l’élasticité du ressort. La force n’est plus la pesanteur; elle en est indépendante, mais elle est fonction de la température. Les balanciers sont composés d’une lame d’acier et de laiton et paraissent peu susceptibles d’une compensation si l’on ne considère que la dilatation linéaire. Cette compensation peut cependant être obtenue à deux températures données, 0° et 15° par exemple, mais elle n’existe pas dans l’intervalle des températures; de là une erreur, appelée erreur secondaire, découverte par un horloger anglais en 1833. Le constructeur français Winnerl avait réussi à l’éteindre à peu près en employant d’autres métaux. Les aciers au nickel
- découverts par M. Guillaume, grâce à leur loi différente de dilatation, permettent d’annuler cette erreur. Les balanciers sont moins sensibles aux variations de température.
- Élections. — L’Académie élit M. Oudemans. d’Utrecht, Correspondant de la section de géographie et navigation en remplacement de M. Serpa Pinto, et M. Zeuner, Correspondant de la section de mécanique.
- Varia. — M. de Lapparent présente une Note de M. de Martonne sur la formation des vallées en Valachie et les phénomènes d’affaissement qui ont accompagné au sud le soulèvement de la partie méridionale des Car-pathes. ________ Ch. de Viixeüeuil.
- ADOLPHE HIRSCH
- Le 16 avril dernier, s’est éteint à Neuchâtel un savant astronome dont le nom restera indissolublement lié à la* création des deux premières organisations permanentes réunissant dans un même but d’études scientifiques les savants de tous les pays : Y Association geodésique internationale et le Comité international des Poids et Mesures. Pendant de longues années, le Dr Hirsch joua, dans ces deux institutions, un rôle prépondérant, et le déclin de sa santé diminua seul une activité qui, dans les bonnes années, s’était dépensée sans compter.
- Adolphe Hirsch naquit en 1830 dans la petite ville d’Halberstadt, dans la province de Saxe. Après de brillantes études achevées sous la direction du célèbre Encke, il se disposait à se rendre à Paris pour travailler à l’Observatoire dirigé alors par Le Verrier, lorsqu’il rencontra, à Venise, Un jeune Neuchàtelois célèbre aujourd’hui par ses travaux sur la statistique et les questions pénitentiaires, le D1' L. Guillaume, avec lequel il se lia d’une sincère amitié. A cette époque, le gouvernement neuchàtélois, mis en éveil par les rapports des délégués horlogers revenant de l’Exposition universelle de Paris, avait décidé la création d’un observatoire astronomique, indispensable pour le contrôle des chronomètres, dont la fabrication était et est encore aujourd’hui la principale industrie du pays de Neuchâtel. Le D1 Guillaume recommanda le Dr Hirsch à son gouvernement, qui le chargea immédiatement d’étudier les plans de l’observatoire projeté, et d’en diriger la construction et les installations. Dès l’année 1859, cet observatoire commença à rendre, à l’industrie horlogère, des services qui sont allés constamment en grandissant. Grâce à son esprit très clair et organisateur, aux qualités administratives qui doublaient en lui lé savant, à la ténacité et à la persévérance dont il lit toujours preuve, le D1 Hirsch obtint, de l’administration fédérale des télégraphes, l’usage d’un grand nombre de lignes télégraphiques au moyen desquelles l’Observatoire de Neuchâtel put quotidiennement distribuer l’heure à tous les centres horlogers non seulement du Canton de Neuchâtel, mais aussi des cantons voisins. Ce service d’heure, qui peut servir de modèle, mérite une courte description : l’Obser-, vatoire de Neuchâtel possède une horloge mère qui, par un ingénieux système, est remise à l’heure
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- chaque jour en s’aidant des observations astronomiques. A un instant déterminé de la journée, cette horloge ferme automatiquement une série de contacts qui, dans chaque village important, met en marche une horloge battant 61 coups à la minute. Un observateur, choisi parmi les bons horlogers ou les professeurs des écoles d’horlogerie, reçoit le signal d’heure, c’est-à-dire observe la coïncidence des coups des deux horloges, et inscrit, sur un tableau, la correction du régulateur. Tous ceux qu’intéresse la connaissance exacte de l’heure peuvent, à leur tour, venir faire un relevé sur l’horloge dont la marche est connue, généralement à un ou deux dixièmes de seconde près. A titre de contrôle, les observations sont envoyées quotidiennement à l’Observatoire de Neuchâtel où elles sont dépouillées.
- Par surcroît, les régleurs de précision peuvent recevoir le signal à domicile, et déterminer la marche de l’horloge dont ils se servent constamment.
- Si j’ai insisté sur cette distribution de l’heure, c’est pour bien montrer la perfection avec laquelle Hirsch entendait accomplir la mission qui lui était confiée par le Gouvernement neuchâ-telois. L’observation des montres à l’Observatoire même absorbait une partie importante de son temps, mais lui laissait quelques loisirs, et c’est désormais sur un champ plus vaste que va s’exercer son activité.
- En 1866, la Commission permanente pour la mesure du degré dans l’Europe centrale se réunit à Neuchâtel, et Hirsch fut désigné, avec Bruhns, de Leipzig, comme secrétaire de la session. L’année suivante, la même Commission, réunie à Berlin, votait une motion en dix articles jetant les bases de l’organisation internationale du système métrique, et préparait ainsi l’œuvre qui aboutit le 20 mai 1875 à la signature de la Convention du Mètre. Pendant toute la période préparatoire, Hirsch montra une si grande activité, un esprit si clairvoyant, et s’identifia si bien avec l’œuvre commune, qu’il fut, par un vote unanime, choisi comme secrétaire du nouveau comité chargé de la haute direction du Bureau international des Poids et Mesures. En même temps, naissait de la Commission pour la mesure du degré dans l’Europe centrale, l’Association géodésique internationale, et, par une entente dont on reconnut
- ultérieurement les bons effets, on pensa que les deux organisations nouvelles, dont la création avait été pour ainsi dire parallèle, gagneraient à être dirigées par les mêmes hommes. Le général Ibanez, directeur de l’Institut géodésique et statistique d’Espagne, fut porté à la présidence des deux Commissions et Hirsch devint le seul secrétaire de l’Association géodésique internationale.
- On connaît l’œuvre des deux Associations : le Bureau international des Poids et Mesures, dans ses vingt-cinq années d’activité, a assuré l’unification précise du système métrique dans tous les pays civilisés; l’Association géodésique a provoqué de grands travaux, coordonné des mesures éparses, les a fait valoir les unes par les autres, et finalement, nous a donné une connaissance plus parfaite de la forme et des dimensions de notre globe, de la répartition de la pesanteur, du niveau des mers, et des continents en même temps qu’elle a fourni, à tous les États-majors, les bases solides sur lesquelles les cartes ont été édifiées.
- Aujourd’hui, les œuvres ont grandi sous une habile direction. L’année même du centenaire du système métrique, le Bureau international accomplissait son s premier quart de siècle.
- || Hirsch a eu la grande
- satisfaction de le voir en pleine prospérité ; et si, l’an dernier, sa santé affaiblie lui fit désirer un repos bien gagné et l’engagea à passer le secrétariat de l’Association géodésique à des mains plus jeunes, il trouvait, à s’occuper encore du Bureau international, une joie en quelque sorte paternelle qui lui faisait surmonter, à force d’énergie, d’intolérables souffrances.
- Hirsch s’était fait recevoir citoyen du canton de Neuchâtel, et avait adopté entièrement la Suisse comme sa nouvelle patrie : dans une touchante pensée de reconnaissance envers le pays qui, à son tour, en avait fait un de ses enfants, il lègue, à l’État de Neuchâtel, l’ensemble de sa fortune pour l’agrandissement de l’Observatoire qu’il avait créé et qu’il avait aimé jusqu’à son dernier jour.
- Ch.-Ed. Guillaume.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — imprimerie L<»!iure, rue de Fleuras, 9.
- ÀuOLPiiE Hirsch,
- Directeur de l'Observatoire de Neuchâtel, Secrétaire du Comité international des Poids et Mesures.
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- N» 1460. - 18 MAI 1901.
- LÀ NATURE.
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- SUR L’EMPLOI DE L’OXYGÈNE DANS LES ASCENSIONS À GRANDES HAUTEURS
- Les travaux entrepris par les physiologistes et, en particulier, par P.
- Bert, ont fait connaître l’action de l’oxygène sur l’organisme soumis à des pressions inférieures à la pression ordinaire. On a pu ainsi constater que les dangers inhérents à la diminution de la pression atmosphérique pouvaient être efficacement prévenus par la respiration de l’oxygène pur ou plutôt de l’air enrichi d’oxygène, de façon à maintenir à peu près constante la quantité d’oxygène absorbé à chaque inspiration.
- Ces données nouvelles furent aussitôt appliquées par les aéronautes ; et lors de l’ascension du Zénith,en 1875,
- P. Bert avait remis aux aéronautes des ballonnets remplis d’oxygène. Est-ce l’insuffisance de volume du gaz emporté? Est-ce ^ ^
- le procédé défec-tueux employé pour le respirer qui amena l’affreuse catastrophe encore présente à la mémoire de tous ?
- Nul ne le saura sans doute jamais.
- Depuis cette époque, le mode d’emploi de l’oxygène à bord des ballons a subi peu de perfectionnements. Le gaz est toujours emporté dans des sacs en caoutchouc, ou, ce qui est préférable, dans des cylindres d’acier, sous forte pression.
- 29e année. — 1" semeslre.
- Quand les aéronautes ont atteint une hauteur de
- plusieurs milliers de mètres, alors que souvent apparaissent les premiers symptômes de l’asphyxie, ils ouvrent le réservoir à oxygène et, au moyen d’un tube flexible muni d'une embouchure placée entre les lèvres, ils aspirent le gaz protecteur. Ce mode d’absorption est absolument défectueux. Nous avons l’habitude, et cela depuis notre naissance, d’aspirer l’air par le nez et si l’on veut changer cette habitude invétérée, il faut une volonté ferme et une attention constante qu’il est bien difficile d’imposer aux aéronautes dans l’état de dépression morale et physique qu’on éprouve dans ces hautes régions.
- Fig. 1. — !N° 1. Ensemble de l'appareil.
- Soupape placée sur le réservoir contenant l’oxygène liquide.
- Fig. "2. — Disposition, sur le visage, du masque et de En cartouche, détails du masque.
- L’oxygène respiré au moyen de l’embouchure n’arrive guère que dans la cavité buccale, sans pénétrer dans les poumons.
- J’ai pensé être utile à la science de 1 ’ aérostation en recherchant les procédés les meilleurs pour le transport et la conservation de l’oxygène à bord des ballons et en étudiant les conditions dans lesquelles on devra le respirer.
- La quantité d’oxygène mise jusqu’à ce jour à la disposition des aéronautes était toujours assez faible. Il m’a semblé que l’oxygène que je suis par-
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- ses accessoires.
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- venu à liquéfier, et qui, depuis mes travaux, peut être obtenu industriellement sous cet état, permettrait d’emporter sous un petit volume une quantité d’oxygène qui dépassera les besoins des aéronautes.
- En eilet, 1 litre d’oxygène liquide pèse environ 1 kg. En reprenant l’état gazeux, I litre d’oxygène donne environ 800 litres de gaz.
- On voit, d’après cela, qu’en emportant seulement quelques litres d'oxygène liquide, on pourra être largement approvisionné.
- L’oxygène liquide peut être facilement conservé dans des vases de verre à doubles parois, entre lesquelles on a fait le vide absolu ; on peut ainsi le garder pendant près de quinze jours à la pression atmosphérique.
- Ces précieux récipients, faciles à transporter, sont dus à M. le professeur d’Arsonva! qui les a fait connaître, dès 1888, sous le nom de réservoirs thermo-isolateurs. C’est par une erreur manifeste (jue quelques personnes à l’étranger en ont attribué la paternité à M. Deivar, dont les revendications sur ce point n’ont aucun fondement. Il serait, du reste, facile de remplacer ces vases, sans doute excellents mais fragiles, par des récipients métalliques, dont j’étudie en ce moment la construction.
- La température de l’oxygène liquide conservé sous la pression atmosphérique étant environ 200° au-dessous de zéro, il suffira de le verser dans un vase quelconque à la température ambiante pour qu’il entre en ébullition et reprenne rapidement l’état gazeux.
- L’appareil que j’ai construit à l’usage des aéronautes se compose : d’une bouteille en verre à doubles parois (fig. 1, n° 1, A) contenant l’oxygène liquide; un bouchon, traversé par deux tubes, ferme l’ouverture de la bouteille. L’un de ces tubes s’arrête au-dessus du niveau du liquide, il est muni à l’extérieur d’une poire en caoutchouc, au moyen de laquelle on peut exercer une pression d’air sur le gaz liquéfié ; un second tube en plomb de petit diamètre traverse également le bouchon et descend jusqu’au fond du liquide, tandis que son autre extrémité, munie d’un pas de vis, s’adapte au vaporisateur R, sorte de chaudière tubulaire de petite dimension et très légère, formée de 7 tubes de cuivre communiquant ensemble.
- A raison de la grande conductibilité du cuivre pour la chaleur, l’oxygène liquide qu'on introduit, en agissant sur la poire, reprend vite l’état gazeux et se rend dans un réservoir cylindrique en caoutchouc C, fixé en un point quelconque du ballon. C’est à cette réserve d’environ 70 litres d’oxygène qu’aboutit le tube flexible, par lequel le gaz arrive h l’appareil d’aspiration.
- Cet appareil est une sorte de masque métallique (fig. 2], recouvert extérieurement de velours de façon à le protéger contre le refroidissement ; il ne recouvre que le nez et la bouche en s’appliquant centre le visage au moyen de bandes élastiques ; l’oxygène, qui arrive du sac en caoutchouc, pénètre
- dans le masque par un tube flexible, qu’on ajuste une fois pour toutes.
- L’absorption du gaz est donc assurée, et l’oxygène est obligé de pénétrer dans les poumons.
- Une petite quantité d’oxygène liquide, contenu dans le récipient (fig. 1, A), tend à reprendre l’état gazeux, surtout lorsque le ballon s’élève; la pression qui s’exerce alors dans l'intérieur du récipient fait passer dans le vaporisateur une quantité plus ou moins grande d’oxygène liquide qui est ainsi perdu ; afin d’éviter cet accident, j’ai disposé (fig. \, nos l et 2, D) un tube de cuivre de 15mm de diamètre dans l’intérieur duquel est placée une sorte de vessie en caoutchouc à parois très minces, communiquant à la partie supérieure avec l’arrivée de l’air lancé par la poire aspirante et foulante et terminée en bas par un ajutage en cuivre de petit diamètre. Dans l’état de repos, l’oxygène qui reprend l’état gazeux s’échappe dans l’atmosphère par l’ouverture 0; mais dès qu’on agit sur la poire, pour exercer une pression au-dessus de l’oxygène liquide, la vessie de caoutchouc, à raison de la différence du diamètre, des orifices d’entrée et de sortie de l’air, se gonfle, et, s’appliquant sur d’ouverture O, la ferme d’une manière complète.
- Les aréonautes qui ont respiré l’oxvgène pur assurent presque tous que cette absorption leur causait des nausées et du malaise.
- Afin de vérifier la réalité de ces faits, j’ai entrepris une série d’expériences au Muséum d’histoire naturelle, avec M. le professeur Gréhant; nous avons constaté que des chiens, en respirant l’oxygène pur, éprouvent un malaise très prononcé; leurs efforts pour se débarrasser de l’appareil d’aspiration est une preuve de la gêne qu’ils ressentent, mais cet état pénible cesse dès qu’on mélange une certaine proportion d’air au gaz inspiré.
- En me basant sur ces observations, j’ai disposé le masque de façon à permettre de respirer à volonté de l’oxygène pur ou le mélange d’oxygène et d’air. A cet effet, une pièce mobile munie d’une fente (fig. 2, a), qu’on ouvre plus ou moins, permet à l’air extérieur de s'introduire en quantités qu’il est facile de doser, et c’est ce mélange qui pénètre dans les poumons.
- Quant aux gaz provenant de la respiration, afin d’éviter la condensation delà vapeur d’eau qu’ils entraî-’nent, je les fais passer par un tube flexible G, muni d’une soupape spéciale, abritée sous les vêtements de l’aéronaute, hors de l’atteinte de la congélation.
- En résumé, j’ai cherché en construisant cet appareil à le rendre aussi simple que possible, de façon que son fonctionnement n’impose aucune peine, aucune préoccupation à l’aéronaute auquel il suffira, quand il verra se vider le sac de caoutchouc, d’agir sur la poire, afin de faire passer dans le vaporisateur une nouvelle quantilé d’oxygène liquide.
- Les aéronautes devront commencer à respirer 'A*oxygène dès qu’ils auront atteint une altitude d’environ 4000 mètres et ne pas attendre que les premiers symptômes dé l'asphyxié se soient manifestés.
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- Cet appareil vient d'être essayé dans une ascension internationale, exécutée par le comte Castillon de Saint-Victor, l’habile et courageux aéronaute bien connu. Pour cette expérience nous avons dû nous servir d’oxygène comprimé dans un cylindre métallique, car, à notre grand regret, nous n’avons pu nous procurer de l’oxygène liquide, au moment du départ.
- Le ballon « Éros », cubant 2100 m3, gonilé avec du gaz d’éclairage, et monté par trois aéronautes, s’est élevé de l’usine du Landy le vendredi 19 avril dernier à 8b 50 du matin pour atterrir à lh45 dans le département d’Eure-et-Loir.
- J’extrais d’une lettre que m’a adressée le comte Castillon le passage suivant : « Arrivés à 4400 mètres d’altitude, température — 5°, je mets le masque de M. Cailletet, tandis que mes deux compagnons respirent l’oxygène avec un simple tube muni d’une embouchure, placée entre les lèvres. Nous atteignons 5200 mètres, mes compagnons commencent à ressentir une légère oppression. A 5500 mètres, l’un d’eux est prêt à s’évanouir, et je dois renoncer à poursuivre mon ascension en hauteur. J’ai gardé le masque sur mon visage pendant près de deux heures, et, grâce au dispositif de l’appareil, j’ai respiré, pendant tout ce temps, l’oxygène mélangé à une certaine proportion d’air, aussi n’ai-je pas ressenti le moindre trouble alors que mes compagnons étaient plus ou moins souffrants. »
- De nouvelles expériences auront lieu bientôt, j’espère qu’elles confirmeront les heureux résultats constatés par le comte Castillon de Saint-Victor; j’ose donc espérer que, grâce à mon appareil, les aéronautes pourront à l’avenir s’élever en toute sécurité à des hauteurs qu’on n’avait pu atteindre jusqu’à ce jour. L. Cailletet,
- __________ De l’Institut.
- LA PERSODINE
- Le nombre des citadins qui ont, comme on dit vulgairement, l’estomac paresseux, est incalculable. Surmenage, excès de table, excès surtout de boissons alcooliques, lésions de l’estomac, troubles digestifs, que sais-je, voilà mille et une causes qui engendrent la dyspepsie et font bâiller les gens devant les mets les plus succulents. Alors on se bourre des agents pharmaceutiques dits apéritifs, quand on n’a pas recours à ceux que débitent les cabarets et cafés : élixirs, absinthe, vins de quina de toutes les paroisses, vermouth, bitter, tout y passe sans remédier au mal, bien au contraire, en l’aggravant. On consulte tardivement le médecin, qui vous prescrit les amers, la gentiane, le quassia, la noix vomique, et, en dépit de tout, votre estomac reste paresseux, vous n’avez pas de goût pour les aliments.
- S’il s’agit de malades, l’inappétence est encore plus difficile à combattre. Impossible de recourir à des excitants trop forts, aux alcools, l’estomac se révolterait, et cependant il faut nourrir le malade. Dans aucune maladie le problème n’est plus important à résoudre que dans la tuberculose. Là il faut de l’alimentation régulière, saine, abondante, que dis-je, il faut de la suralimentation. Si la maladie n’est qu’au début, c’est, avec la respiration d’un air pur et le repos, le retour à la Sanie, la guérison.
- Mais comment alimenter un sujet dont l’estomac se révolte devant la tasse de bouillon, de consommé, devant la viande?
- Eh bien, on vient d’étudier une substance médicamenteuse qui, s’il faut en croire les premiers résultats publiés, constituerait un médicament stomachique admirable, un apéritif dans le vrai sens du mot. C’est la per-sodine ou persulfate de soude.
- La persodine est un corps très oxydant, extrêmement altérable à l’air et demandant cependant un état de pureté parfait pour être administré sans inconvénients.
- Le Dr Nicolas, de Lyon, qui en a fait une élu le complète, a montré, par des expériences nombreuses, que son degré de toxicité était fort peu élevé, surtout si on le compare à celui des sels d’arsenic et de vanadium qu’on administrait dans le même but. Chez les cobayes auxquels la persodine était administrée, les digestions paraissaient plus actives, et il y avait en fin de traitement une augmentation de poids manifeste.
- Des essais sur les lapins et les cobayes, on a passé à l’expérimentation chez l’homme, et mon ami le Dr Garel, qui a repris, après Nicolas, ces recherches, en a obtenu les plus heureux effets, et ce sont des tuberculeux plus ou moins avancés qui ont été soumis à cette médication. Le sel, ai-je dit, doit être absolument pur; il était fourni par le laboratoire de MM. Lumière, qui n’ont pas seulement la spécialité de fabriquer d’excellentes plaques photographiques. Le sel doit être pris à jeun, quand l’estomac est vide d’aliments, soit environ une heure ou une heure et demie avant le repas. On le donne à la dose de 20 centigrammes dans un quart de verre d’eau pure: la solution n’est pas désagréable à prendre et ne provoque en général aucune manifestation.
- A partir du second ou du troisième jour, les malades du docteur Garel éprouvaient un besoin impérieux de manger; ils avaient l’estomac creux et réclamaient des suppléments à la ration hospitalière. Mais ce n’est pas tout pour un malade que d’absorber plus d’aliments, il faut les assimiler. Or, ce qui frappe, dès le début de cette médication, c’est la facilité avec laquelle s’accomplit la digestion. Aussi voit-on les forces augmenter, le malade reprendre vie. Il va sans dire que pour obtenir des effets durables, il faut, comme pour toute médication, la suspendre au bout de trois ou quatre semaines pour la reprendre après un certain intervalle.
- N’allez pas croire que ce soit un médicament qui nous donne la guérison de la tuberculose, hélas, non. Mais c’est un apéritif sans danger, qui permet de remonter les forces, de tonifier, d’alimenter des malades et de leur fournir, dans la mesure du possible, les moyens de lutter contre leur maladie et le dépérissement qu’elle entraîne. Dr A. Cartaz.
- LES FILTRES EN FIBRES DE BOIS
- Nos lecteurs doivent savoir que si l’industrie sucrière est parmi les industries qui recourent le plus nécessairement à la filtration, c’est celle aussi où le fonctionnement des filtres laisse le plus souvent à désirer par suite des matières qui doivent passer par ces appareils : il est donc bon de suivre les modifications que l’on apporte à cet outillage et les résultats que l’on obtient, parce qu’on est à peu près sûr qu’un filtre qui donne satisfaction en sucrerie sera particulièrement précieux dans des applica;/ fions plus simples. Précisément un spécialiste, M. W. Du-mann, vient dè communiquer à l’Association des fiibri-
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- LA NATURE.
- cants de sucre allemands une étude sur l’emploi, dans les filtres, des fibres de bois hachées système Stentzel, et il est bon de signaler ce qu’il dit et ce qu’il a pu constater à ce sujet.
- D’une façon générale, voici assez longtemps que l’on avait essayé d’appliquer les fibres de bois à cet usage, pour remplacer notamment le gravier; mais les fibres longues avaient l’inconvénient de laisser de larges interstices irréguliers. M. Slenlzel a eu l’idée de recourir à des fibres qu’il coupe en lamelles de 1 à 5 centimètres de longueur, ce qui lui permet d’entasser 150 kilogrammes par mètre cube, et ce qui donne un excellent résultat pratique. Les filtres où il entasse ainsi ces fibres sont des cylindres presque aussi larges que hauts, et où la matière à filtrer entre par en haut, au contraire de ce qui se passe le plus souvent; pour disposer le filtre, on commence par placer une toile sur le tamis inférieur, on étend ensuite une couche de lamelles que l’on piétine, puis une deuxième couche que l’on traite de la même manière, et on continue ainsi, tout en humectant les fibres pour qu’elles se tassent mieux. On termine l’entassement en le surmontant d’une seconde toile et d’un autre tamis. Mais il faut traiter les fibres, surtout si elles proviennent de bois de sapin. Dans ce but, on humecte les lamelles avec de l’eau de condensation chaude, puis on les soumet à une solution diluée de soude (à 2 pour 100) durant une heure ; on laisse écouler le liquide, qui offre une couleur brun foncé, et on lave de nouveau avec de l’eau de condensation. On fait agir une seconde fois la solution de soude, mais seulement une demi-heure, et on lave jusqu’à ce que l’eau sorte absolument limpide. Ce traitement enlève les résines, mais il a aussi l’avantage de rendre les fibres plus poreuses. On se trouve également bien de faire macérer les fibres une fois mises en place dans un liquide composé d’eau et d’acide chlorhydrique, la proportion de l’acide devant être d’un seau environ par mètre cube. 11 semble qu’il serait fort intéressant d’essayer ces filtres pour d’autres usages que la filtration des jus de sucrerie. D. B.
- UN FOSSILE QUI RESSUSCITE
- Un journal anglais, le Times, nous apporte une nouvelle qui, si elle se confirme, fera sensation dans le monde des naturalistes. On vient de retrouver, en Afrique, à l’état vivant, un grand Mammifère qu’on ne connaissait qu’à l’état fossile et qui offre, comme tant d’autres créatures du passé, un curieux mélange de caractères zoologiques.
- La plupart des lecteurs de La Nature connaissent les belles découvertes faites en Grèce, vers 4860, par l’éminent professeur du Muséum, M. Albert Gau dry. 11 y a, dans l’Attique, à quelques heures de marche au N.-E. d’Athènes, une localité qu’on appelle Pikermi. Là, au bord d’un torrent bordé de lauriers roses, dans des limons rougeâtres, dont la formation remonte à la fin des temps miocènes, on observe des accumulations d’ossements ayant appartenu à toutes sortes d’animaux aujourd’hui disparus : d’énormes Proboscidiens : Dinothériums, Mastodontes ; des Rhinocéros, des Sangliers, des Chevaux d’un genre particulier qu’on appelle des Iiipparions ; toute une série de Ruminants : Antilopes, Girafes, etc.,
- des Tigres à canines tranchantes ou Machairodus, des Singes, etc.
- Pendant plusieurs années, M. Albert Gaudry s’est appliqué à retirer de ce gisement une quantité considérable d’ossements, à les dégager de leur gangue, à reconstituer des squelettes plus ou moins complets de ces animaux. Il a fait ainsi une collection admirable, que tout le monde peut voir dans la nouvelle galerie de Paléontologie du Muséum et il a publié, sur les antiques créatures de Pikermi, un livre qui marque une date glorieuse dans l’histoire de la Paléontologie.
- Parmi ces Mammifères fossiles, il en est un particulièrement intéressant. M. Albert Gaudry l’a désigné sous le nom à'Helladotherium, qui signifie : animal de l’Hellade ou de la Grèce. Il en a décrit la tète, une portion de colonne vertébrale, les membres antérieur et postérieur, c’est-à-dire la plus graude partie du squelette.
- Depuis lors d’autres restes d'Helladotherium ont été recueillis dans l'île de Samos et, en France même, dans un gisement analogue à celui de Pikermi: le mont Léberon, près de Cucuron (Vaucluse).
- L'Helladotherium était un gros Ruminant qui empruntait divers traits de son organisation à plusieurs groupes de Ruminants actuels. « Je cherche vainement dans la nature vivante, dit M. Gaudry, quel animal nous en donnerait l’idée. Sa tête lourde, comme celle des bœufs, mais plus allongée, ne portait pas de cornes. Ses énormes dents ressemblaient, sauf pour la dimension, à celles de plusieurs antilopes. Son cou pouvait avoir à peu près les mêmes proportions que chez le Mégaceros. Ses membres étaient plus forts que ceux des bœufs et des chameaux, moins élevés que ceux de la girafe, quoique plus robustes. Le train de devant était haut de plus de deux mètres; il surpassait un peu celui de derrière. Quoique cette inégalité fut moins sensible que dans la girafe, il devait en résulter un port différent de celui des cerfs ou des antilopes, où les membres de derrière sont au contraire plus longs que ceux de devant. »
- M. Albert Gaudry a dit encore que l’Helladotherium devait se rapprocher de la Girafe par sa manière de vivre et qu’il devait, comme cette dernière, se nourrir de bourgeons et de feuilles d’arbres.
- Or, d’après le Times, Y Helladotherium serait encore vivant; il habiterait l’Afrique centrale, sur les confins du Congo et de l’Ouganda, du côté du lac Albert ; il vivrait en couples dans les forêts de l’Ituri et sur les bords de la rivière Semliki.
- Stanley avait entendu parler de cet animal, que les indigènes nomment Okapi et lui avait consacré dans son ouvrage, une note sans d’ailleurs se prononcer sur sa nature exacte. « Sir Harry Johnston, gouverneur de l’Ouganda anglais, dit le Temps, qui résume l’article du Times, reçut mission de rechercher letrange animal. Il recueillit beaucoup de renseignements sur le Mammifère inconnu, parmi les peuplades naines qu’il visitait. Beau-
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- coup de guerriers portaient, sur leurs boucliers, des peaux ou des fragments de peau d’Okapi. Enfin, M. Eriksson, un officier suédois au service du gouvernement du Congo, et qui a longtemps commandé le fort M’Beni, fît mettre en chasse quelques-uns de ses soldats indigènes, qui lui rapportèrent plusieurs de ces animaux. Les peaux et les crânes arriveront prochainement au British Muséum. Des mesures vont sans doute être prises par le roi Léopold pour empêcher que la race ne soit bientôt exterminée. » Les renseignements que nous avons déjà concordent bien avec ce que nous savons sur l’Uelladotherium de Pikermi. Comme ce dernier, l’Okapi, de la taille d’un bœuf, tient à la fois des Antilopes et des Girafes. Mais nous avons de plus des renseignements sur son pelage, qui serait bien particulier. Le front est d’un rouge vif, disent les journaux; une étroite bande noire suit le nez et contourne les na-
- rines. Les oreilles sont d’un beau rouge comme le cou et les épaules, avec des taches cramoisies. Les jambes et les pattes sont rayées comme celles d’un zèbre avec des taches orange sur les raies blanches. La langue, très mobile et prenante, comme celle de la girafe, ramène sous les molaires les feuilles qui servent de nourriture. Il est bon de faire remarquer que, malgré son caractère imprévu, cette découverte n’a pas surpris outre mesure les naturalistes qui savent combien la faune fossile de Pikermi offre d’étroites ressemblances avec la faune actuelle du continent africain. Ils y ont vu surtout une confirmation des vues exprimées depuis longtemps à cet égard par les paléontologistes.
- Nous avons d’autres exemples d’animaux que l’on a d’abord connus par leurs dépouilles au sein des couches géologiques et qu’on a retrouvés plus tard à l’état vivant. Parmi ces revenants, l’un des plus
- Fi^. 1. — Crâne, vu en dessous, de YHelladotherium de Pikermi. Galerie de Paléontologie du Muséum.
- Fjo- 2 — Membres de devant et de derrière de Vile/la- Fig. 3. — Fac-similé de la restauration du squelette de F Uelladotherium de dotherinm de Pikermi. Galerie de Paléontologie du Muséum. Pikermi, donné par M. Albert Gaudry, en 1862, dans son ouvrage sur Pikernu.
- curieux est un Poisson, le Ceralodus, dont les dents si particulières ont d’abord été recueillies dans les terrains très anciens de l’époque du Trias et qui fut, beaucoup plus tard, découvert vivant dans les rivières de l’Australie. Les nombreuses explorations sous-marines de la fin du siècle qui vient de finir nous ont également fait connaître, parmi les animaux inférieurs, plusieurs types d’organisation que l’on croyait complètement éteints et qui
- paraissaient bien spéciaux aux temps secondaires.
- En attendant que nous puissions présenter à nos lecteurs le portrait véridique et authentique de l’Okapi de l’Oubanga, nous avons cru leur être agréable en donnant ici la figure de quelques pièces d’Helladotherium de la galerie de paléontologie du Muséum ainsi qu’un fac-similé de la restauration de ce curieux animal par son parrain éminent, M. le professeur Albert Gaudry. M. Boule.
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- LA NATURE.
- LA FABRICATION DE LA PEINTURE
- CHEZ LES ANCIENS
- A une époque où l’art se généralise, où l’esthétique, plus nerveuse, plus raisonnée, nous entraîne tous vers la conception d’un nouvel idéal artistique, il était utile de rechercher un nouveau système de fabrication de la peinture, une formule qui permît d’obtenir un produit nouveau inaltérable, qui assurât la conservation presque indéfinie des couleurs; pour arriver à la solution du problème, et ne point tenter des efforts inutiles, j’ai dù étudier les modes anciens et les comparer aux méthodes actuelles.
- Mais dans cette étude rapide, qu’entendrons-nous par le terme « peinture antique »? Nous ne ferons point une distinction absolue entre les différentes époques artistiques et nous donnerons ce nom général à tons les produits qui ont permis la conservation des œuvres d’art et qui ont été employés par les primitifs ou par ces merveilleux peintres de la Renaissance dont les tableaux et les fresques servent encore de modèles à nos artistes modernes.
- Les anciens appliquaient sur les murs trois sortes de peintures : la fresque, l’encaustique au pinceau ou au cestrum et la détrempe vernie.
- La peinturc#en fresque consiste essentiellement à appliquer sur la couche de mortier qui forme le dernier cré-pimentd’un mur, et lorsque cette couche est encore molle, des couleurs surtout terreuses, détrempées à l’eau et mêlées à un peu de chaux. La matière colorante pénètre dans le mortier et se durcit avec lui.
- Les expériences de Réguéno ont permis de reconstituer 1" procédé de peinture connu sous le nom d’encaustique au pinceau.
- La cire et les couleurs étaient mêlées à des matières résineuses que les auteurs de l’époque désignent sous le nom générique de « Pharmaca ». Ces substances étaient en réalité : 1° la sarcoeolle; 2° le bitume solide; 5° le mastic ou l’encens.
- La cire que ces peintures enfermaient jouait le même rôle ,que la chaux dans les fresques, c’est-à-dire qu’elle permettait la pénétration. Mode opératoire : Le mur destiné à recevoir la peinture était d’abord enduit d’une couche d'huile, puis d’une deuxième couche faite de poix grecque, de mastic ou d’encens. On faisait pénétrer ces substances dans le plâtre en promenant sur la surface des torches enflammées, puis on apposait l’impression qui était formée d’un mélange de cire et d’une substance colorante ordinairement blanche.
- L’artiste exécutait alors son ouvrage avec des couleurs broyées à l’eau et mélangées de cire et de résines, il avait préalablement fait durcir le mélange. En dernier lieu, il recouvrait la peinture d’un vernis fait généralement de cire vierge, de mastic et de bitume liquide. 11 ne pouvait obtenir ainsi une surface brillante.
- On ramollissait enfin les substances, à l’aide de la chaleur, jusqu’à ce qu’on les fasse suer au dehors ; au refroidissement elles se prenaient alors d’un bloc et faisaient corps avec le mur, d’où le nom général d’encaustique.
- M. Charles Henry, le savant directeur du laboratoire des sensations, a fait lui aussi une étude historique sur la peinture antique. Dans un livre publié en 1884 en collaboration avec Henry Cros, « l’Encaustique et les autres procédés de peinture chez les anciens », il a montré que la peinture à l’encaustique proprement dite ne s’appliquait peut-être que rarement avec le pinceau, mais bien avec des instruments de métal ayant la forme de la hétoine,
- du trait, de la spatule portant le nom technique de cestrum et le nom générique de cauteria. L’outillage du peintre comprenait, en outre, une boîte à couleurs renfermant les cires colorées et un foyer pour fondre ces cires. On trouve des traces de ccstra survies monuments.
- De ce procédé en sont dérivés trois autres qui nous rapprochent de la pointure à l’huile dont nous étudierons plus loin les origines : 1° peinture à chaud avec des hâtons de cire et de résine colorées, amollis par l’addition d’une huile, puis fondus et modelés au cestrum ; 2° peinture à froid avec des bâtons de résine et de cire colorées, amollis par l’addition d’une huile, transportés directement sur le panneau, puis travaillés au cestrum; 3° peinture à froid et au pinceau avec des bâtons de cire et de résine, colorées, dissous dans une huile essentielle et volatile.
- La peinture à la détrempe était constituée à vrai dire par un encaustique imparfait; on fixait les couleurs par trituration avec une émulsion de gluten et on recouvrait le tout d’un vernis contenant un peu d’huile, diverses résines et de la cire; il semble aussi qu’on ait conservé à cette époque le procédé de fresques à la chaux pour les peintures murales.
- Je me permettrai de faire observer, pour mettre en garde contre une erreur assez commune, que la mosaïque n’a jamais constitué une peinture ; elle est fabriquée par l’assemblage de cristaux colorés par les procédés ordinaires ou dorés qu’on recouvre de verres incolores pour qu'ils paraissent plus brillants.
- Tous les modes anciens sont bien différents du procédé actuel. Les peintres modernes ont le grand tort de considérer comme un vil métier la fabrication de la matière première, de se servir d’un produit quelconque, pourvu qu’ils puissent, à l’aide de ce produit, réaliser instantanément la teinte éphémère qu’ils désirent. Le défaut primordial de la peinture actuelle réside tout entier dans l’huile; la peinture à l’huile a pourtant, elle aussi, une origine déjà reculée. Suivant certains auteurs, les novateurs en furent Théophile et Eradius et surtout Jean van Eyck qui vécut à Bruges au commencement du quinzième siècle. Ces peintres ignoraient, prétendent-ils, la distinction qui existe entre l’huile de lin pure et l’huile de lin siccative ; ils éprouvaient donc des difficultés insurmontables pour le séchage. D’après M. Charles Henry, la méthode de peinture à l’huile serait beaucoup plus antique encore; un passage du médecin Aétius prouve que les anciens connaissaient avant Yan Eyck les propriétés siccatives de l’huile de noix. Je dirai enfin que les anciens pratiquaient la dissolution de la cire dans le naphte et dans l’essence (ils extrayaient de la poix une essence analogue à notre essence de térébenthine), et que la méthode d’application de la peinture a relativement peu changé hormis l’emploi des « cautéria » ; on employait chez les anciens le pinceau et la brosse, on peignait sur toile sous les empereurs romains, et on recouvrait déjà cette toile d’une impression à base d’huile, de gomme et de colle de taureau. Un vernis recouvrait presque toujours ces peintures.
- On a tenté, depuis une vingtaine d’années surtout, de reconstituer plus ou moins parfaitement les procédés anciens de fabrication de la peinture ou de créer de nouvelles formu’es contenant des quantités de plus en plus faibles d’huile de lin. On est arrivé enfin à supprimer complètement l’huile et même les vernis et à obtenir des produits nouveaux dont l’étude est intéressante.
- Joseph Girard,
- Préparateur à la Faculté des sciences de Paris.
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- LÀ NATURE.
- LES SOUS-MARINS
- Le premier sous-marin a été construit en 1 860 à Rochefort sur les plans de l’amiral Bourgeois. Ce navire, qui portait le nom de Plongeur, déplaçait 450 tonneaux; sa longueur était de 44 mètres 1/2. 11 marchait à l’aide de l’air comprimé et ne réalisait qu’une vitesse de 4 nœuds au maximum. Ses dispositifs d’immersion consistaient en un piston hydrostatique, mû par l’air comprimé, qui permettait de faire varier le volume du bateau, une hélice à arbre vertical, actionnée à bras, et deux gouvernails horizontaux. Le piston permettait de couler ou de remontera la surface; l’hélice verticale de même; les gouvernails horizontaux assuraient la route à une profondeur constante. Les essais du Plongeur ne donnèrent pas les résultats qu’on en attendait; la cause de cet insuccès paraît devoir être attribuée ait peu de vitesse dont il était animé.
- Le branle était donné et les inventeurs se lancèrent dans cette nouvelle voie de recherches : M. Waddington en Angleterre, M. Péral en Espagne, M. Pullino en Italie, M. Nordenfelt en Suède, MM. Baker et Holland aux États-Unis; enfin, en France, MM. Goubet, Zédé, Romazotti et Laubeuf.
- A l’heure actuelle, on distingue deux sortes de bateaux submersibles : les sous-marins proprement dits et les sous-marins autonomes.
- Les sous-marins proprement dits ne naviguent que sous l’eau ; ils marchent à l’aide de l’électricité fournie par des accumulateurs.
- Les sous-marins autonomes naviguent à la surface à l'aide de moteurs à la vapeur ou au pétrole et ne s’immergent que pour le combat ; ils marchent dans ce dernier cas à l’aide de l’électricité.
- L’électricité nécessitant, à cause des accumulateurs, des poids relativement considérables, les sous-marins proprement dits ne peuvent naviguer à grande distance et présentent par suite une infériorité incontestable sur les autonomes dont le rayon d’action peut être considérable.
- Les premiers ne peuvent donc être employés que par la défense rapprochée d’un port ou d’une rade, tandis que les seconds sont susceptibles d’aller chercher l’ennemi au loin, en pleine mer. L’arme des uns et des autres est la même, c’est la torpille Whitehead qu’on lance contre le vaisseau ennemi à une distance d’une centaine de mètres.
- Pour faire route sous l’eau, il est nécessaire de maintenir une direction constante. Afin de pouvoir employer l’aiguille aimantée, certains sous-marins ont été construits en bronze; mais comme il en résulte une dépense considérable, on préfère aujourd’hui construire en acier et utiliser le gyroscope dont les indications sont suffisantes. On ést, du reste, toujours à même d'apporter les rectifications nécessaires, quand on marche vers un but déterminé, en revenant de temps à autre à la surface.
- La question de la respirabilité n’a pas grande importance, les sous-marins ayant de* comparti-
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- ments qui permettent de respirer à l’aise pendant une vingtaine d’heures sans renouveler l’air. On prend néanmoins la précaution de se munir de récipients d’oxygène pur et d’avoir de la chaux vive pour l’absorption de l’humidité et de l’acide carbonique. Il est nécessaire, bien entendu, pour les sous-marins autonomes qui ont deux moteurs, que celui qui est à vapeur soit complètement séparé afin qu’il n’y ait aucune communication entre lui et les autres compartiments lorsqu’on produira l’immersion, sans quoi l’air deviendrait rapidement irrespirable.
- Pour plonger ou pour revenir à la surface, on se sert de grands water-ballast dans lesquels on introduit ou desquels on expulse plusieurs tonneaux d’eau; cependant, on conserve toujours au bateau une certaine flottabilité que l’on annihile à l’aide d’une inclinaison donnée aux gouvernails horizontaux.
- Voici quelques renseignements au sujet des sous-marins les plus connus.
- Le Goubet, construit en 1885 et perfectionné en 1896, est le plus petit de tous les sous-marins; son déplacement atteint à peine 10 tonneaux et sa longueur 8 mètres. Il est en bronze. 11 marche à l’électricité et aux avirons. Sa vitesse est de 4 à 0 nœuds. Le rayon d’action est de 30 milles. 11 s’immerge par introduction de l’eau.
- Le Gymnote, construit par M. Gustave Zédé en 1888, a un moteur électrique d’une puissance de 50 chevaux. 11 est en acier. Sa longueur est de 17m,30 et son déplacement de 30 tonneaux. Sa vitesse est de 8 nœuds et son rayon d’action de 100 milles. Comme mécanisme d’immersion, il a un piston hydrostatique et des gouvernails horizontaux. Sa flottabilité à la surface est de 1 tonneau.
- Le sous-marin espagnol Péral, construit en 1889, a un moteur électrique de 60 chevaux. Il est en fer. Sa longueur est de 22 mètres et son déplacement total atteint 87 tonneaux. Sa vitesse est de 10 nœuds. Comme mécanisme d’immersion, il n’est muni que d’une hélice de plongée.
- Le Pullino, construit par l’ingénieur italien du même nom, en 1893, est peu connu; on sait seulement que sa longueur est de 24 mètres, qu’il a un moteur électrique qui lui permet de réaliser une vitesse de 8 nœuds et qu’il est muni d’hélices de plongée et de gouvernails horizontaux.
- Le Gustave Zédé et le Morse, construits tous deux par la marine française sur les plans de M. Roma-zotti, ingénieur des constructions navales, le premier en 1892, et le second en 1896, offrent respectivement les caractéristiques suivantes ; tous deux en bronze, moteurs électriques. Puissances des moteurs ; 750 et 350 chevaux. Longueurs : 45 et 36 mètres. Déplacements : 260 et 146 tonneaux. Flottabilité à la surface : 20 et 15 tonneaux. Vitesses maximums ; 15 et 20 nœuds. Rayon d'action : 200 milles. Mécanismes d’immersion : piston hydrostatique et gouvernails horizontaux.
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- Tous les bateaux précédents appartiennent à la catégorie des sous-marins proprement dits. Les bateaux suivants sont des sous-marins autonomes.
- Le Nordenfelt, dû à l’ingénieur suédois du même nom, a été définitivement établi en 1890. Il est caractérisé par ce fait qu’il n’a qu’un seul moteur qui
- Fig. 1. — Le bateau sous-marin français Gymnote.
- est à vapeur et qui utilise pour marcher sous pendant la route exécutée à la surface. La puissance l’eau la vapeur que peut dégager l’eau surchauffée du moteur est de 250 chevaux. Le bateau est en fer,
- g. 2. — Le Plungér, sous-marin américain à moteur mixte. — A. Accumulateurs électriques. — B. Water-ballast (citernes à eau) — C. Chaudière. — H. Hélice de plongée. — M,. Moteur de l’hélice centrale. — Ms. Un des deux moteurs des hélices latérales. — m. Moteur électrique. — VV. Gouvernails de direction. — TT. Torpilles Whitehead.
- a 30 mètres de longueur et un déplacement de est de 150 milles. Il est muni d’une hélice de 200 tonneaux. Il filé 11 nœuds et son rayon d’action plongée et d’un gouvernail horizontal qui est
- Fig. 3. — Le Morse, sous-marin électrique. — AA. Accumulateurs électriques. — II. Gouvernail de plongée. — M. Moteur électrique. P. Hélice propulsive. — R. Réservoir d’air. — VV. Gouvernails de direction. — T. Torpille Whitehead.
- réglé par un pendule disposé à cet effet. - Le Baker, construit en Amérique par M. Baker, en 1892, marche à la vapeur et à l’électricité. Il est
- en bois doublé de bronze. Sa longueur est de 14 mètres, son déplacement de 20 tonneaux. II file 8 nœuds et son rayon d’action est de 25 milles. Il
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- navigue sous l’eau à l’aide des hélices motrices qui peuvent recevoir une orientation variable.
- Le Plunger et le Holland, dus à l’ingénieur amé-
- ricain Ilolland, et dont la construction date de 1895 et de 1896, ont les caractéristiques respectives suivantes ; moteurs, vapeur et électricité pour le pre-
- Fig. 4- — Le bateau sous-marin français Gustave Zédé.
- Fig. b. — La coque du bateau sous-marin Holland.
- mier; pétrole et électricité pour le second. Puissances : 1070 et 50 chevaux. Tous deux en acier. Longueurs : 24m,40 et 16m,75. Déplacements :
- 168 et 76 tonneaux. Flottabilité à la surlace : 20 et 10 tonneaux. Vitesses : 15 et 8 nœuds. Rayons d’action : 550 et 1000 milles. Pour l’immersion, hélices
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- de plongée et gouvernails horizontaux pour l’un, gouvernails horizontaux pour l’autre.
- Enfin, le Narval, de la marine française, construit par l'ingénieur Laubeuf, en 1896, marche à la vapeur et à l’électricité. 11 est en acier et déplace 260 tonneaux. Sa llottabilité à la surface est de 100 tonneaux. Sa vitesse atteint 15 nœuds et son rayon d’action est de 625 milles. Son mécanisme d’immersion consiste en un piston hydrostatique et en gouvernails horizontaux.
- On sait que la France est actuellement la seule nation qui ait des sous-marins. En dehors du Gymnote, du Gustave iedé, du Morse et du Narval, qui sont complètement achevés, elle va pouvoir mettre en service sous peu le Français et ['Algérien. De plus, il en est huit autres en construction, dont quatre à Rochefort, du type Morse : Farfadet, Gnome, Korrigan et Lutin, et quatre construits à Cherbourg suivant le type Narval : Sirène, Triton, Silure et Esp/idon. De plus, vingt-trois autres ne vont pas tarder à être mis en chantier. I)e la sorte, dans le courant de 1901, la marine française pourra disposer de trente-sept sous-marins, ce qui constituera certainement une force respectable.
- ___Delauney.
- DESTRUCTION DU PUCERON LiNIGÈRE
- Parmi les insectes nuisibles aux arbres fruitiers, le puceron lanigère, ou puceron laineux (schizonervia lani-gera), est certainement un des plus redoutés.
- II s’attaque de préférence aux pommiers et le préjudice qu’il leur cause est aujourd’hui fort appréciable, grâce à l’énorme extension qu’a prise et prend chaque jour encore ce parasite.
- Ce qui fait la force de propagation de cet insecte, c’est qu’il tue très lentement son hôte. Aussi, le laisse-t-on le plus souvent vivre des années entières sur les pommiers, sans y prendre garde, et lorsqu’on constate sur les branches et le tronc une foule de tumeurs et de fissures profondes, en meme temps qu’une diminution sensible de la récolte, signe certain de l’épuisement, il est bien tard pour intervenir utilement, car à ce moment l’organisme du végétal est profondément atteint. Voyons d’abord à faire connaissance avec cet ennemi, car mieux nous le connaîtrons, mieux nous serons à même de le combattre.
- Sous forme aptère, cet insecte mesure de 2 millimètres à 2 millimètres et demi; il est aminci vers la partie antérieure et sa coloration est brune rougeâtre quand il n’est pas recouvert du duvet blanchâtre caractéristique (de là le nom de puceron sanguin, qu’on lui donne encore quelquefois). La bouche est armée de quatre longs suçoirs réunis en une sorte de tube qui sert de trompe à l’insecte. Quatre glandes particulières sécrètent le duvet blanc dont l’animal s’entoure, et qui, à l’état aptère, trahit surtout sa présence.
- Sous cette forme, le puceron lanigère est assexué et se reproduit comme son proche parent, le phylloxéra aptère par parthénogenèse.
- A l’état ailé, l’insecte est mince, allongé, les antennes et les pattes sont grêles et les ailes dépassent l’abdomen.
- Le mâle est verdâtre, il ne possède, comme la femelle d’ailleurs, ni trompe, ni organes digestifs, et il ne prend aucune nourriture.
- La femelle se distingue nettement du mâle, et cela dès sa naissance, par sa couleur, d’abord d’un jaune clair, puis un peu brunâtre, par son volume plus considérable, sa forme plus trapue et ses antennes plus courtes.
- Les mâles comme les femelles subissent trois mues avant de pouvoir s’accoupler. Le deuxième jour qui suit l’accouplement, la femelle pond un œuf unique, rougeâtre; cette ponte ayant lieu en automne, l’éclosion ne se produitqu’au printemps. L’œuf passe ainsi l’hiverprotégé par un duvet laineux très caractéristique qu’on voit trop souvent sur les branches des pommiers pendant la mauvaise saison et aussi pendant l’été.
- Cachés sous ce duvet, les aptères fixent leurs quatre stylets dans le végétal, pour y puiser la sève, mais leur rôle nuisible ne se borne pas là. En même temps, ils déposent dans la plaie une salive irritante dont la présence a pour ellet de provoquer une hypertrophie des tissus, qui se traduit extérieurement par les tumeurs dont nous venons de parler. Ces tumeurs font souvent éclater l’écorce et produisent ces déchirures plus ou moins profondes, au fond desquelles se repaissent les colonies d’aptères.
- Dès qu’un pommier infesté meurt ou est brusquement arraché, les pucerons ne tardent pas à lè quitter. Ainsi, lorsqu’au printemps ou en été on vient à couper doucement une branche couverte de ces insectes, on voit, dès la troisième heure, les insectes s’enfuir dans toutes les directions, à la recherche d’un nouveau point favorable à leur alimentation.
- 11 n’en est pas de même si cette opération est faite en hiver; les pucerons restent alors fixés au végétal par leurs suçoirs et cela, pendant plusieurs jours, sans chercher à fuir; ils peuvent même pondre des jeunes au moment où quelques rayons de soleil viennent les tirer de leur engourdissement.
- Cette faculté de pondre que possède la femelle, même lorsqu’elle se trouve dans des conditions très défavorables, prouve combien est puissant et vivace chez elle l’instinct de la conservation de l’espèce.
- Ainsi que le fait remarquer M. L. Lignières, les jeunes aptères sont, au point de vue de la contamination, grâce à leur faible volume, à leur agilité et à leur grande résistance, beaucoup plus redoutables que les individus adultes. Les procédés de destruction qui ont été essayés et indiqués sont excessivement nombreux. Bien peu sont toutefois efficaces et leur multiplicité même en est la meilleure preuve. Il est vrai que le puceron lanigère est doué d’une vitalité extraordinaire; de plus, il se multiplie prodigieusement et, en outre, on éprouve la plus grande difficulté à l’atteindre dans tous ses repaires. Nous ne pouvons songer ici à décrire, ou même à mentionner tous les procédés de destruction qui ont été indiqués, mais nous devons appeler l’attention sur quelques-uns.
- On a proposé l’alcool méthylique ou esprit de bois qui a fort bien réussi dans certains cas et a, au contraire, complètement échoué dans d’autres.
- M. Fqrney préconise une décoction concentrée de Rhue officinal e{Ruta graveolens). «Un jardinier, dit cet auteur, devrait toujours avoir quelques pieds de cette plante et en laisser macérer des branches dans une certaine quantité d’eau de savon; c’est un remède souverain. Employé avec un tampon ou une brosse de chiendent, ou en aspersion, il fait disparaître la plupart des insectes. »
- M. Schiller-Tietz préconise le lysol, qui est un dérivé du goudron entièrement soluble dans l’eau, employé dans de l’eau chaude, comme véhicule. J1 faut agir dans les
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- premiers jours du printemps. Pour obtenir le résultat voulu, il est essentiel d’abord de bien brosser les troncs et les branches avec une solution de lysol obtenue avec 10 grammes de ce liquide par litre d’eau.
- M. de Lignières, qui s’est particulièrement occupé de cette question, conseille les produits de queue de la distillation industrielle des alcools de grains, de betteraves ou de pommes de terre, connus sous le nom d'huiles essentielles, et dont le prix de revient est excessivement faible. La formule est constituée par parties égales de ces huiles et de savon noir. En hiver, alors que l’absence des feuilles permet de voir aussi bien que possible les points infestés, armé d’un pulvérisateur, on projette l’insecticide ci-dessus au 1/10" sur le tronc, les grosses branches, les tumeurs et les crevasses; ou mieux, on asperge complètement chaque pommier sans prendre garde aux bourgeons.
- En même temps qu’on pulvérisera ainsi les arbres, on fera la même opération sur les murs, sur le sol placé sous les pommiers et, en général, sur tout ce qui peut cacher les pucerons, sans oublier les loques qui servent à palisser les espaliers.
- Au printemps, il faut faire un second traitement avec une solution au 1/15".
- Plus récemment, M. Lourdel, médecin vétérinaire à Montreuil, a recommandé le procédé suivant, à emplover en hiver, en badigeonnages :
- Créoline................55 grammes.
- Savon noir..............55 —
- Eau..................... 1 litre.
- On fait dissoudre parfaitement le savon à chaux, avant d’ajouter la créoline.
- Comme le lysol, la créoline est un antiseptique dérivé du goudron de gaz ; ces deux produits ont, d’ailleurs, la plus grande ressemblance. Il faut badigeonner non seulement les troncs et les branches, mais encore les grosses racines.
- M. Pannecière, jardinier à Saint-Àubin-de-Crétot, emploie un autre procédé qu’il applique au moment de la
- végétation :
- Eau........................ 10 litres.
- Acide acétique............... 1000 grammes.
- Acide salycilique............... 2 —
- Oxyde rouge de mercure. 1 —
- Fuchsine....................... 25 —
- Badigeonner toutes les parties atteintes au pinceau, en en répandant le moins possible sur les feuilles. 11 faut opérer en mai ou juin.
- Tous ces traitements sont bons, mais la grande difficulté, nous le répétons, c’est d’atteindre les insectes dans tous les recoins où leur taille minuscule leur permet de se dissimuler. Albert Larbalétrier.
- L’ÉLEVAGE DU PIGEON EN ÉGYPTE
- Il est certainement peu de pays où l’élevage du pigeon soit aussi répandu qu’en Egypte : quand nous disons élevage, il faut nous entendre, car même parmi les pigeons domestiques, il en est fort peu, à part les espèces de luxe, qui reçoivent une ration au colombier; ils ont à chercher leur nourriture au dehors. Toujours est-il que les pigeons sont multitude dans cette terre des Pharaons, où, dans les temps les plus reculés, le pigeon-voyageur était connu et apprécié suivant ses mérites.
- Pour le fellah, le pauvre travailleur indigène, le pigeon
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- domestique constitue un des principaux revenus de la basse-cour, bien que le prix de vente en soit extrêmement faible: dans les villages la paire de ces volatiles ne se vend pas plus de 0tr,60. Quant au pigeon biset, qui ne vit qu’à l’état de demi-domesticité, il est apprécié non pour sa chair, mais pour l’engrais qu’il fournit tout comme son parent le pigeon domestique. On pourrait presque dire que l’engrais est la raison d’être du pigeon en Egypte, et cela influe sur la forme des pigeonniers de ce pays. Le fait est que ce sont de véritables monuments qui ont la forme soit de tours, soit, le plus souvent, de pyramides tronquées dont les parois sont toutes garnies de vases en terre oblongs, superposés, et s’ouvrant à l’air libre; la hauteur de ces édifices atteint parfois 10 mètres, leur diamètre à la base n’est jamais inférieur à 5 mètres. Généralement construits par groupes, ils sont fréquemment au nombre d’une centaine dans un seul village.
- Le pigeon, pendant qu’il vient passer la nuit et nicher dans ces colombiers, est un simple producteur de fumier, de « colombine », qui est presque aussi apprécié sur le marché égyptien que le meilleur guano, et qui se vend jusqu’à 26 francs les 100 kilogrammes. Cette colombine est transportée en barques dans tout le pays, pour fumer notamment les cannes à sucre et les plantations de melons, de concombres, et il y a maint colombier qui rapporte annuellement jusqu’à 6000 francs à son heureux propriétaire. B. B.
- UN COUSSINET A SERRAGE AUTOMATIQUE
- Au milieu des mille choses de toute première importance que contenaient les galeries de l’Exposition, on rencontrait aussi des petits appareils, des inventions diverses qui relèvent du domaine de la petite mécanique, et qui méritent d’autant plus d’être signalées ici qu’elles passent souvent inaperçues du visiteur pressé. Tel est le cas pour le curieux coussinet dont nous donnons plusieurs dessins, et dont l’invention est due à M. Chenu.
- On sait que les rails à double champignon sont normalement maintenus dans les coussinets par des coins de forme et dénaturé variables, tantôt en bois, tantôt en métal, faits par exemple d’une lame.de métal repliée en ressort : ces coins se desserrent assez rapidement sous les vibrations causées par le passage des trains, aussi la surveillance et le serrage en entraînent-ils des dépenses relativement considérables. Avec le coussinet Chenu, il y a bien deux parties pour composer un même coussinet, mais deux parties venues de fonte et sans retouche, et quand on y a posé le rail, il s’y trouve immédiatement maintenu. La partie principale, le bâti du coussinet est désigné par la lettre a sur nos dessins; un de ses côtés est identique à ce que l’on rencontre dans les coussinets ordinaires {c’est la portion y), tandis que l’autre côté est muni de deux joues b et b, entre lesquelles se meut le mors mobile. Celui-ci, que nous apercevons en c, affecte à sa partie supérieure la même disposition que le mors fixe, mais sa partie inférieure a la forme d’une came ; sur le dessus de cette dernière est un sommier où vient s’appuyer le dessous du rail, celui-^ci se trouvant
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- pris, après mise en place, entre le sommet du mors fixe et celui du mors mobile. On a dû remarquer que le dessous de la came en e est arrondi en talon, et c’est ce qui permet au mors dans son entier de pivoter suivant l’axe de ce talon dans la gorge ménagée pour cela entre les joues du coussinet. On a prévu également une clavette, qui n’est qu’une pièce venue de fonte et qui se pose tout simplement dans l’évidement qui lui est ménagé : elle est indiquée en / dans les diverses figures ci-jointes, entre le mors mobile et les deux joues du coussinet, et elle est surtout utile non pas pour maintenir le rail entre les deux parties du coussinet, mais pour serrer le mors mobile contre le rail, au moment où l’on soulève ce dernier durant les opérations de pose de la voie.
- Nous avons à l’Exposition as -sité à des opérations de pose d’un bout de rail type, dans le stand même de l’exposant , et nous avons été étonné de la rapidité et de l’aisance du mouvement : il suffit de tirer à soi le mors mobile, en le faisant osciller sur la base de la came, puis on entre le rail dans la large ouverture qui se présente alors, et on repousse tout simplement le mors qui, par la position de son centre de gravité et par la disposition de ce que nous avons appelé la came, vient presser le rail contre la partie fixe du système. D’ailleurs, le poids du rail appuie sur le sommier des cames et contribue à serrer le mors mobile contre le mors fixe : le rail se maintient lui-même. On comprend que, dans ce mouvement, l’entrée et aussi la sortie du rail se trouvent grandement facilitées ; pour la dépose notamment, une fois les clavettes enlevées, ce qui se fait sans aucun effort, il n’y a qu’à renverser le rail d’un seul mouvement, tous les mors mobiles s’ouvrent en pivotant autour de leur talon, et laissent sortir le rail qui se trouve supporté par les deux joues des coussinets. 11 n’y a plus ensuite qu’à l’enlever.
- Nous n’avons pas besoin de faire remarquer que le serrage et la solidité de la voie ainsi posée seront d’autant meilleurs que le poids des trains y circulant sera plus considérable, le serrage étant bien automatique, comme le dit le nom du petit appareil. Le poids du coussinet que nous avons vu à l’Exposition et sur lequel nous avons fait porter nos observations, est de 22 kgs : c’est le type renforcé applicable au trafic important et à la grande vitesse; il est du reste de quelques kilos plus lourd que le type classique des coussinets ordinaires, mais cela ne constitue pas une réelle dépense supplémentaire.
- Il nous semble bien évident que, en lui-même, ce système présente de sérieux avantages : l’inventeur insiste sur ce point que l’on peut diminuer le volume du ballast, parce qu’on n’a plus à lui demander de protéger les coins ; mais d’autres détails encore nous semblent d’un intérêt plus grand. Et d’abord la pose des'rails est pour ainsi dire instantanée, et cela a bien son importance , spécialement pour les lignes militaires improvisées ; l’entretien de la voie est étrangement simplifié, puisqu’on n’a plus besoin de recourir au serrage presque constant des coins, et encore faut-il ne pas oublier que ces coins représentent une dépense sérieuse, de même que leur renouvellement.
- Nous avons eu sous les yeux une lettre de l’administration du Northern Railway d’Angleterre, compagnie anglaise où la circulation des trains est fort importante, et où l’on attestait que les coussinets Chenu étaient en service depuis plus^ de deux ans sur une certaine longueur du réseau de cette Compagnie et qu’ils donnaient satisfaction; nous le croyons volontiers. En tout cas, l’invention est certainement originale et paraît pratique : nous souhaitons de la voir essayer ailleurs Daniel Bellet.
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- 1, 2. Plan et élévation. — 3. Élévation du mors mobile. — 4. Élévation (CD, fig. 1). — 5. Élévation (EF, lig. 1). — 6. Corps du mors mobile (GH, fig. 3).
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- PLANCHETTE À ÉCRIRE POUR AVEUGLES
- Pour bien se rendre compte des difficultés surmontées par l’ingénieux appareil que M. le Dr Javal a présenté récemment à l’Académie de médecine, il suffit d’essayer d’écrire les yeux fermés. L’adulte devenu aveugle se rappelle généralement, d’une façon suffisante pour les reproduire, les mouvements des doigts et du poignet qui concourent à la formation des lettres. Celles-ci conservent donc très sensiblement leur forme habituelle.
- Ce qui est difficile, c’est d’abord d’écrire parallèlement au bord supérieur du papier et, ensuite, la ligne d’écriture une fois terminée, de recommencer la ligne suivante en conservant la distance normale. Pourquoi est-il si difficile, les yeux fermés, d’écrire parallèlement au bord du papier ?
- Prenons d’abord le cas d’une « écriture droite sur papier droit », telle que la voulait Mme Sand (Impressions et souvenirs).
- Dansce cas, l’avant-bras droit étant appuyé sur la table, la plume exécute, par le moyen du poignet et des doigts, des mouvements oscillatoires qui forment les lettres. Mais, à chaque mot, tous les deux ou trois mots au moins, il faut déplacer l’avant-bras parallèlement à lui-même. Or ce parallélisme, très facile à obtenir les yeux ouverts, est très difficile à réaliser les yeux fermés. La ligne monte, en général, obliquement de gauche à droite sur le papier. Depuis longtemps, pour remédier à cet inconvénient, quand il s’agit seulement d’écrire quelques lignes, on enseigne aux aveugles ce qu’on appelle l’écriture en paravent. Le papier est replié sur lui-même, perpendiculairement à sa longueur, en compartiments étroits et égaux entre eux. Avec un crayon et en s’aidant de la main gauche, l’aveugle, écrivant droit, arrive à rester à peu près dans le compartiment. Mais l’emploi de l’encre est bien moins aisé; D’ailleurs, « l’écriture droite sur papier droit » est aujourd’hui presque complètement abandonnée par les adultes parce que, reposant exclusivement sur les mouvements des doigts et du poignet, elle ne comporte pas la rapidité à laquelle peut atteindre l’écriture penchée, l’écriture anglaise. Comme l’a expliqué M. le D1 Javal, si l’on donne au papier
- Fig. 1. — Vue d'ensemble de la planchette à écrire pour aveugles.
- une inclinaison correspondant à la pente des lettres1, l’écriture penchée permet de remplacer les mouvements de translation de l’avant-bras, par une rotation de ce dernier autour du coude fixé d’une manière aussi invariable que possible, ce qui donne plus de vitesse.
- Mais, le coude ainsi immobilisé, la plume décrit autour de lui une courbe très voisine d’un arc de cercle. Si le papier est très étroit, cet arc se confond sensiblement avec sa corde ; mais, pour peu que la largeur soit de 0m,10 à 0ra,13, la ligne présente une légère courbure dont la convexité est dirigée vers le haut2. Cet inconvénient est, en somme, de peu d’importance.
- La planchette à écrire, récemment présentée à l’Académie de médecine par M. le Dr Javal, se distingue précisément des appareils similaires3, en ce qu’elle est fondée sur le principe de l’écriture penchée, de l’immobilité du coude.
- Elle se compose essentiellement d’une sorte de gouttière métallique dans laquelle le coude vient
- Fig. 2. — Fac-similé de l'écriture de M. le Dr Javal.
- se placer. A l’autre bout de l’appareil se trouve une plaque de liège faisant avec l’axe de la planchette un angle égal à la pente de l’écriture et sur laquelle se fixe le papier. L’aveugle tient sa plume ou son crayon à la manière ordinaire, et écrit en faisant tourner son coude dans la gouttière. Quand il arrive à la fin de la ligne, il en est averti par le contact des deux derniers doigts de la main gauche avec la tranche de la plaque en liège. Pour passer à la ligne suivante, le clairvoyant mesurerait à l’œil l’écartement à donner et reculerait son coude ou rehausserait son papier. Sur la planchette à écrire, c’est la plaque en liège, poussée par l’aveugle, qui s’élève d’une dent sur une crémaillère placée en dessous. Le contact entre la plaque et cette crémaillère est assuré par un ressort d’une certaine puissance.
- Pour qu’il soit possible de se rendre compte des résultats obtenus, voici un fac-similé de l’écri-
- 1 Essai sur la Physiologie de l’Écriture (Picard ctKaau).
- * Par parenthèse, les particularités rappelées ci-dessus » ont joué un rôle dans une récente et très célèbre expertise en écriture.
- 3 On trouvera la description de ces appareils à l’article Schrift du Dictionnaire de Mell (flandbuch des Blinden wesens). Vienne, 4900.
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- ture après la cécité. Enfin une des plus grandes difficultés du problème à résoudre consiste en ceci : quand l’aveugle est seul et qu’il veut écrire, si, par hasard, sa plume ne marque pas, rien ne vient l’en avertir. Voici comment M. le Dr Javal se tire ingénieusement d’affaire en pareil cas.
- Il prend une bande étroite de papier non collé (0n‘,01 environ de large) et il essaie sa plume en traçant un trait perpendiculaire à la direction de cette bande. Si l’encre vient régulièrement, elle humecte le papier non collé qui se déchire sous le plus faible effort. Si, au contraire, la plume ne marque pas, le papier non collé conserve sa résistance normale à la déchirure. Le procédé est tout à fait pratique.
- Cette petite invention a été accueillie par les confrères de M. le D1' Javal, à l’Académie de médecine, avec un empressement qui a tourné à l’ovation. Chacun a voulu témoigner, à cette occasion, toutes scs sympathies pour le savant ophlhalmologiste qui vient, hélas ! de devenir aveugle dans la force de l’àge, et en pleine puissance de travail. Geouges Guéuoult.
- CHROMQUE
- L’éclairage à l'acélyléne en Bavière. —
- Pour des raisons diverses qu’il serait assez malaisé de résumer, il se trouve que l’éclairage à l’acétylène est extrêmement apprécié en Bavière et que déjà d’importantes installations ont été faites soit pour des villes, soit pour des usines, où l’on recourt à cet illuminant. Il faut dire du reste qu’il s’est fondé, à Augsburg-Oberhau-sen, une maison considérable, les usines Keller et Knap-pich, qui se font une spécialité d’installer les petites stations d’éclairage dans les manufactures: c’est ainsi qu’elle a exécuté les travaux dont il s’agit pour quatre grandes usines dont nous allons donner les noms. D’abord la manufacture de chapeaux de feutre Leinbert, d’Augsburg, où l’on n’a pas mis en service moins de 500 becs, puis les tissages de Pfesee, où l’éclairage exige un millier de becs, ensuite les établissements analogues de Fischen, où il existe 500 becs, puis la manufacture de Stolsenberg, près d’Oos, qui possède 500 becs.
- C’est cette même maison Keller et Knappich qui vient d’être chargée par l’administration des chemins de fer du royaume de Bavière, d’éclairer à l’acétylène pur un assez grand nombre de gares, et aussi de monter des petites usines destinées à fournir, pour l’éclairage des wagons de chemins de fer, un mélange de gaz, d’huile et d’acétylène. Nous devons noter que dès maintenant la gare d’Oberhausen est rattachée à l’usine Keller, ce qui assure son éclairage dans les conditions que nous venons d’indiquer. Du reste nous devons ajouter qu’on compte actuellement 26 villes d’Allemagne éclairées au gaz acétylène. Il semble que, en cette matière comme pour l’industrie électrique, l’Allemagne veut se faire une place de premier ordre : le fait est qu’il y avait des la fin de 1889 120 maisons s'occupant de l’acétylène, de ses applications et de ses dérivés. Deux sociétés de Nuremberg se sont fait une spécialité de la fabrication des brûleurs en stéa-tite pour acétylène, et, de plus, des maisons allemandes ont acheté d’importantes chutes d’eau représentant des puissances de 20i'lfi0 à 401)00 chevaux, en Norvège,
- pour la production du carbure de ca’cium, qui est comme on sait la matière première nécessaire à la fabrication de l’acétylène.
- Pompes à vapeur et pompes à gaz. —
- Dans la chronique de la Revue industrielle, M. l’h. Delahaye a cité un exemple comparatif très intéressant de l’emploi des pompes à vapeur et des pompes à gaz pour la distribution des eaux dans la ville de Bàle. D’après les comptes rendus officiels de l’exercice 1899, la fourniture de l’eau s’est élevée à 6 065 005 m3, dont 1 425 861 in3 par les sources, et 4 657 144 par les pompes. Les détails de ces consommations sont donnés aussi exactement que le permettent les appareils de mesure, compteurs et robinets jaugés, et l’on arrive à déterminer, à 20 pour 100 près, l’emploi de l’eau distribuée. Les machines à vapeur ont exigé une consommation totale de 469 490 kg de combustible, dont 529 690 kg de charbon et 159 800 kg de coke. Les chaudières ont vaporisé 5454 m3 d’eau, soit une production de vapeur de 7,5 kg par kilogramme de combustible composé de 70 pour 100 de charbon et 50 pour 100 de coke. Par mètre cube d’eau élevée à la hauteur moyenne de 87,50 m, il a été brûlé 0,85 kg de combustible, ce qui correspond, en eau montée, à un travail de 102 700 kgm par kilogramme de combustible : la dépense d’huile de graissage par mètre cube d’eau montée a été de 0,9 gr.
- La production du gaz pauvre pour les moteurs à gaz a nécessité l’emploi de 1 2&8200 kg de coke de gaz : des essais faits avec de l’anthracite ont porté seulement sur 6800 kg, quantité relativement négligeable. Par mètre cube d’eau élevée à la hauteur moyenne de 87,80 m, il a été employé 0,51 kg de coke, ce qui correspond, en eau montée, à un rendement de 285 226 kgm par kilogramme de coke : la dépense d’huile de graissage par mètre cube d’eau montée a été de 1,40 gr. M. Ph. Delahave ajoute qu’on est assez naturellement porté à conclure de ces chiffres à la supériorité du moteur à gaz sur le moteur à vapeur, d’autant mieux, qu’il n’y a pas, entre les dépenses d’installation des chaudières et machines à vapeur d’une part, des gazogènes, gazomètre et moteur à gaz d’autre part, un écart qui justifie a priori l’adoption de la vapeur. Toutefois, il convient de considérer que la fabrication du gaz pauvre est une opération qui demande de l’expérience et de l’attention, si l’on veut obtenir un produit régulier et éviter les accidents : l’influence du personnel n’est pas négligeable, et les succès relatifs ou les insuccès du gaz pauvre dépendent, en grande partie, de la direction de l’usine.
- La Société royale de Tasmanie. — Le secrétaire de cette Société a rendu compte des travaux faits de 1840 à 1900. Le nombre total des mémoires publiés s’élève à 606 dont 152 traitent de géologie, paléontologie et minéralogie, 85 de botanique, 56 d’astronomie et de météorologie, 55 de pisciculture.
- LTn homme qui ne transpire pas. — Il est des gens, vous en connaissez, qui ne peuvent faire un pas, même par des températures modérées, sans transpirer abondamment ; dès qu’il fait chaud, ils sont en nage du matin au soir. La température monte-t-elle, comme l’été dernier, à des hauteurs peu communes, les malheureux fondent, sont transformés en éponges ruisselantes. Il en est d’autres, au contraire, qui n’ont de sueurs que lorsqu’ils sont soumis à un bain chaud forcé, à la chaleur de l’étuve ou à la chaleur de l’été ; en temps ordinaire, la sueur est à peine perceptible.
- Entre ces deux extrêmes, il y a tous les degrés les
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- plus variés; mais je ne crois pas qu’on ait rencontré un sujet comparable à celui qui a été présenté à la Société de médecine allemande. Cet homme, âgé de quarante-sept ans, n’a jamais su ce que c’était qu’une goutte de sueur. Il a la peau lisse, sèche, avec quelques poils discrètement disséminés. Dans l’été, par les plus grandes chaleurs, il ne transpire pas; la température du corps monte un peu, le pouls s’accélère, mais la peau reste sèche, sans l’apparence même de moiteur. On a tenté chez lui de provoquer une transpiration factice en lui faisant des injections de pilocarpine, en le plongeant dans des bains très chauds; peine inutile, la peau reste toujours sèche, intacte. Ce problème, physiologique assez rare ne peut s’expliquer que par l’absence de glandes sudori-pares et sébacées : c’est en elfet là tout le secret du phénomène. Le malade consentit à se laisser enlever, pour l’examen micrographique, des fragments de peau de divers points du corps et l’on put constater qu’il n’existait aucune glande sudoripare. C’est une anomalie anatomique qui doit être rare; à la suite de troubles nerveux, trophiques, de maladies diverses, les fonctions cutanées peuvent être quelquefois profondément modifiées ; mais n’avoir pas de glandes à sueur est une bizarrerie peu commune.
- La production de la laine dans le monde. —
- 11 est toujours curieux, en même temps qu’intéressant, de chercher à se rendre compte de la quantité formidable de matières premières que consomment les industries, et aussi des pays qui ont charge de fournir ces matières : à notre époque où tout se spécialise, certains pays se consacrent en elfet à telle ou telle production, parce qu’ils sont à même de le faire dans de meilleures conditions de bon marché. Tel est le cas, évidemment, pour les cultures qui exigent des conditions climatériques déterminées, mais tel est également le cas, avec cerlaines réserves il est vrai, pour des substances qu’on pourrait produire théoriquement à peu près partout.
- Pour les laines, par exemple, surtout depuis le commencement de ce siecle, il s’est produit une véritable révolution, en ce sens que maintenant on fait venir la plus grande quantité de ce précieux textile de'contrée où l’élevage du mouton a été réellement improvisé. A l’heure actuelle, et en ne consultant que des Statistiques moyennes dressées en Angleterre, le grand* consommateur de laines, nous voyons que la production de la*laine dans le monde entier, en ne tenant pas compte naturellement des pays tout à fait secondaires, où l’industrie proprement dite n’existe guère, est de 2 400 000 livres anglaises de 453 grammes. Disons tout de suite que la part des pays d’Europe, à part la Russie, l’Angleterre et aussi la France, est bien faible dans cet ensemble, puisque l’Espagne, l’Allemagne et l’Autriche sont seules à citer et encore avec des productions qui oscillent entre 50 000 et 65 000 livres; pour la France, le chiffre est de 105 000 livres et de 144000 pour la Grande-Bretagne, qui pourtant consomme tant de cette matière. Seule la Russie, parmi les contrées européennes, peut se compter au nombre des gros producteurs avec un chiffre de 262 000 livres. Pour l’Inde anglaise, le total ne dépasse guère 70 000 livres, ce qui s’explique par la densité de la population qui a besoin de toutes les teries pour les cultures alimentaires, et dans l’Afrique du Sud* qui est pourtant un pays d’élevage, on ne constate qu’une production de 90 000 livres à peu près.
- Mais voici les producteurs qui alimentent pour la plus grosse part le marché du monde : d’abord l’Australie, où l’élevage du mnntrm, hôte sobre s’il en fut, surtout sur le
- chapitre de la boisson, a permis de tirer parti de vastes étendues que l’on aurait dù sans cela laisser de côté comme des déserts sans utilisation possible. L’Australie donne chaque année plus de 670 000 livres de laine. L’Argentine, qui s’occupe plutôt de l’élevage des bêtes à cornes, fournit néanmoins pour son compte quelque 580 000 livres de laine, et enfin les États-Linis en produisent bien près de 500 000 livres.
- Avant de finir, et pour donner une idée de l’importance de la filature et du tissage de la laine, nous citerons quelques chiffres rapides sur la production des laines manufacturées rien qu’en Europe. L’Angleterre, qui tient comme on le pense bien la tète en la matière, doit avoir une production de plus d’un milliard et demi de francs! En France, le total correspondant dépasse certainement 1100 millions de francs; l’Allemagne approche maintenant assez près de ce chiffre, nous citerons ensuite les totaux de 725 millions au moins pour la Russie et 370 millions pour l’Autriche. Dans son ensemble, l’industrie des laines manufacturées en Europe doit fabriquer annuellement pour une valeur de plus de 5600 millions de francs!
- Le télégraphe d'npréa les nègres. —Les noirs qui viennent travailler dans les mines du Transvaal ou dans les villes du littoral ne sont pas toujours aussi bornés qu’on pourrait le croire. Ils savent voir et ils aiment, une fois de retour dans leurs villages, à narrer à leurs compatriotes les merveilles au milieu desquelles ils viennent de vivre durant quelques mois. Voici comment s’exprimait un jour un negre pour expliquer à ses parents les mystères du télégraphe : « Vous connaissez tous le grimmamba (serpent-fouet), n’est-ce pas? Vous savez que quand quelqu’un lui marche sur la queue il ne lui faut que la durée d’un éclair pour se retourner, s’élancer sur vous et vous mordre.... Eh bien ! le télégraphe, c’est la même chose que le grimmamba : vous mettez la dépêche à un bout du iil, vous tapez un petit coup, et crac! tout de suite la dépêche arrive à l’autre bout. Le premier poste, c’est la queue du serpent; l’autre, c’est la tète. Pour la réponse c’est la même chose encore : à peine la tête du grimmamba a-t-elle reçu le contre-coup du choc qu’elle est déjà sur vous, la bouche ouverte. Dans le télégraphe, aussitôt que la dépêche est arrivée au poste de tete elle est renvoyée en arriéré et vous avez la réponse.... Le télégraphe c’est un grimmamba très long et qui ne mord pas ! »
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- En raison des fêtes de l’Ascension, et par suite des nécessités de notre tirage, nous sommes obligés de renvoyer au prochain numéro notre Compte rendu hebdomadaire.
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- NID D’AIGLON
- Notre aire d’aigle se trouvait située au pays des Causses dans les gorges du Lot à environ deux lieues de Mende, sur la façade de l’inaccessible rocher de Balduc, à hauteur d’un cinquième étage, dans un trou oblong, trahi par les traînées blanchâtres des déjections.
- Sur le seuil de l’orifice béant, on distirgue des broussailles sèches qui semblent le bord du nid. Comment l’atteindre? A la base de la falaise où
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- LA NATURE.
- nous sommes parvenus à grand’peine, la trop forte inclinaison des éboulis de calcaire ne permet pas d’établir le pied d’une échelle. On finit pourtant par y arriver, après avoir travaillé une bonne heure du levier et de la pioche pour établir une plateforme.
- En dépit de sa longueur exceptionnelle, l’échelle est encore un peu courte, il faudra que F., l’ascensionniste, arrivé à son extrémité, quitte des mains les montants, se dresse, et se hisse sur le bord du nid à la force du poignet.
- On ne voit pas les aigles.... Si les aiglons étaient partis1?
- Ce serait insensé d’exposer la vie d’un homme. Nous prêtons l’oreille pour écouter les petits, mais nous n’entendons que les cris des émouchets, le croassement des corbeaux et le sifflement aigu des martinets qui ne craignent pas de confier leur couvée aux anfractuosités de ce redoutable voisinage.
- F. monte quand même, il parvient à s’agripper au bord du trou et à se hisser dedans par un périlleux rétablissement.
- Du pied de l’échelle, je lui crie :
- « Jetez bas tout le nid. » J’en voulais voir les matériaux et la construction.
- « Il n’y en a pas, il n’y a qu’un aiglon et les broussailles que vous voyez.
- — Pas de charnier1? Pas d’ossements?
- — Aucun. »
- F. attache l’oiseau par les pattes à une corde et le lait descendre.
- Comme on peut le voir sur la gravure, le captif nous apparaît la tête en bas, les ailes déployées, et, bien que son plumage, en partie noirâtre, soit encore recouvert çà et là du duvet blanc de la première enfance, il mesure déjà la majestueuse envergure d’un mètre.
- Il nous regarde de ses grands yeux d’or étonnés, sans chercher le moins du monde à nous pincer de
- son bec jaune déjà formidable, pas plus qu’à nous déchirer de ses serres, qui, s’il voulait, nous traverseraient les chairs.
- A ce moment, à l’aide d’une jumelle, je vois tournoyer le père et la mère, mais très loin, au-dessus du gigantesque causse de Sauveterre; ils n’ont rien lait pour défendre leur petit. Peut-être, méfiants comme les corbeaux, ont-ils reconnu que nous étions armés de fusils.
- 1., une fois en bas, me confirme qu’il n'y a pas
- de nid, pas de charnier, pas un os, que, au contraire, cette excavation est propre et nette.
- Je note que ce rapport de visu est en contradiction avec les dires de certains ornithologistes plus imaginatifs que sérieusement documentés.
- Les broussailles, nullement constituées en nid, fai-s aient simplement paillasson sur le bord du trou incliné en pente, pour empêcher les œufs et plus tard les petits de rouler en bas. C’est bien une « aire » dure, plate sèche, selon le mot consacré, et non un nid.
- En examinant quelques plumes des parents, trouvées dans l’aire, je reconnais qu’il s’agit de l’aigle royal, cet imposant et féroce rapace qui, lorsqu’il est adulte, a 2m,20 d’envergure et la force d’enlever un mouton. Pauvre innocent aiglon! Je l’emmène en captivité.
- Il est vrai que, pareil à ses parents, il aurait vécu de proie et de carnage, et que, comme les morts de Wagram dans la fameuse pièce de Rostand, au lieu de clamer : Vive l’Empereur, des spectres d’agneaux, de chevreaux, de chiens, de lièvres, de perdreaux, auraient crié vengeance autour de lui. J’emportai l’aiglon. Pierre Rover.
- Le Gérant : P. ÎIasson.
- Paris. — .Imprimerie Lahuue, rue de Flcurus, 9.
- La descente du nid d’uiglon,
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- N° 1401.
- 25 MAI 1901.
- LA NATURE.
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- LE NOUVEAU FUSIL
- DE L’INFANTERIE ALLEMANDE
- L’infanterie allemande est en train, en ce moment, d’échanger son fusil contre un autre plus perfectionné. Il est vrai de dire que celui qu’elle avait entre les mains laissait fort à désirer et quoique construit après le nôtre lui était de beaucoup inférieur. Le principal inconvénient qu’il présentait résidait dans l’existence d’un manchon ou enveloppe métallique qui régnait tout autour du canon et qui avait pour but de préserver la main du tireur des brûlures résultant du rapide échauffement de l’arme. Ce manchon était une chose détestable. En effet, s’il retardait l’échauffement extérieur de l'arme'il empêchait par contre le canon de se refroidir et ne con-
- stituait qu’un alourdissement inutile qui aurait pu être employé avec avantage à renforcer le tonnerre afin d’éviter les gonflements toujours si à redouter.
- Le nouveau fusil, dit modèle 1898, a été construit avec beaucoup de mystère et, si on en parlait beaucoup, on ignorait totalement en quoi il consistait. Le bruit avait couru qu’il appartenait au système dit automatique, c’est-à-dire qu’il offrait une certaine ressemblance avec les pistolets ainsi qualifiés. Il n’en est rien. L’arme nouvelle ressemble à toutes celles qui sont entre les mains des autres puissances et ne paraît pas être douée de qualités extraordinaires.
- La Revue d'artillerie en a donné récemment une description assez détaillée d’après des renseignements venus un peu de tous les côtés. Depuis cette époque, il a paru en librairie, à Berlin, le Guide pour l'emploi du fusil et du sabre-baïonnette,
- Le nouveau fusil de l'udauterie allemande et sabre-baïonnette dans son fourreau, à la partie inférieure, culasse pendant le chargement.
- modèle 1898 ; cette publication étant officielle renferme des renseignements empreints de la plus grande exactitude. En voici un rapide résumé :
- L’arme est semblable au dernier modèle du Mannlicher autrichien. Ses parties principales sont : le canon, l’appareil de mire, l’obturateur, le fut, le garde-main, la baguette et la garniture.
- Le canon est, comme celui du modèle précédent, à quatre rayures du pas de 24 centimètres. Il est en acier, d’une seule pièce et constitué extérieurement par une succession de cylindres ou de troncs de cônes, depuis la bouche jusqu’au tonnerre. L’épaisseur de ses parois est relativement grande. Son calibre est de 7mm,90, chiffre moyen.
- L’appareil de mire a une hausse, provenant de l’invention de l’ancien inspecteur des établissements techniques de l’infanterie, le général-major Lange, et qui est un perfectionnement breveté de la hausse à quart de cercle ou hausse suisse. Le croisillon, 2'J" suut'i'. — I" stiwslre.
- qui a reçu le nom de télémètre, est dirigé dans ses positions successives par un glisseur, disposé sur le pied de la hausse et pouvant aller en avant ou en arrière. Sur les deux côtés, ainsi que sur la surface supérieure du pied de la hausse, se trouvent gravés les chiffres indicateurs des distances. La position la plus basse, qui correspond au but en blanc, est celle de 200 mètres. Vient ensuite l’inscription de 300, puis les divisions se suivent de 50 en 50 mètres, jusqu’à 2000 mètres qui constituent la portée extrême. Un ressort, agissant sur le glisseur, maintient la hausse dans la position choisie. Si l’on désire apporter une modification à cette dernière, il suffit de presser sur le ressort; son action cessant, on peut alors faire avec facilité la modification projetée; il suffit ensuite de cesser l’action sur le ressort qui, devenant libre dans son action, fixe la hausse dans sa nouvelle position.
- Le guidon est formé par un grain d’orge encastré
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- par sa semelle dans une embase faisant eorps avec une frettc porte-guidon qui est logée dans un encastrement du canon. Le guidon peut être déplacé d’un coté ou de l’autre afin de permettre le réglage individuel des armes en direction.
- Parmi les modifications apportées à l’ancien système de fermeture, il y a lieu de signaler l’abandon de la tete mobile. L’obturateur est maintenant allongé vers l’avant d’une partie correspondante. L’action du recul s’exercera sur l’obturateur par ses bouterolles antérieures. Deux ouvertures, placées à la partie antérieure de l’obturateur, sont destinées à offrir un dégagement aux gaz qui pourraient se produire par suite d une rupture d étui ou du filtrage des amorces et de préserver de la sorte le tireur du danger qui en résulterait. Outre les deux bouterolles, qui s’engagent dans des encastrements de la chambre, il y en a une troisième plus en arrière, qui s’adapte îi l'obturateur.
- L extracteur a été considérablement renforcé. Les cartouches sont placées dans le magasin en zigzag par deux ou par trois. Leur introduction est produite simultanément à l’aide d’une lame-chargeur. Le magasin doit être alimenté pendant les pauses de feu, dans le cas où il ne serait pas au complet. Le fut ressemble a ceux des derniers fusils de chasse; il a un appuie-main à la poignée. En avant de la hausse, sur le canon, est le garde-main en bois.
- La baguette sert à l’assemblage du fusil, et, dans le cas où l’extracteur ne fonctionnerait pas, à l’enlèvement des douilles. Elle peut également être employée pour le lavage du canon; dans ce cas, il est nécessaire de visser deux baguettes ensemble afin d’obtenir la longueur nécessaire.
- La baïonnette est un sabre-baïonnette beaucoup plus long que ceux généralement en usage. Elle est fixée en dessous du canon, au bois même de façon à ne pas occasionner de changement dans la qualité du tir. Il n a été apporté aucune modification aux cartouches et les propriétés balistiques sont demeurées les mêmes. Le poids moyen du nouveau fusil, sans baïonnette, est de 4kvlûÜ. Avec la baïonnette, le poids s élève à 4ks,5o0. La longueur de l’arme est, dans le premier cas, de lm,250 et, dans le second, de 1«*,765.
- Le nouvel armement a été donné au corps de la garde et aux troupes de la marine. Le corps expéditionnaire de Chine l’a reçu également avant de s’embarquer. On est en train de le distribuer, au fur et a mesure de la fabrication, aux corps placés aux frontières et ensuite au reste de l'armée.
- En somme, la nouvelle arme allemande ne présente aucune supériorité sur la notre, qui date cependant de 15 années. Elle lui est même inférieure en certains points, telle, par exemple, l’utilisation de la puissance balistique de la poudre.
- Il reste à la France, pour regagner l’avantage, d adopter le fusil automatique. Cette idée fera son chemin et nous parierions qu’avant cinq ans, elle sera réalisée. Lieutenant-colonel Dklauseï.
- NAPOLÉON ET LES BATEAUX A VAPEUR
- Un grand journal quotidien, parlant ces jours-ci du projet de descente en Angleterre de Napoléon, ajoutait : « Un inventeur proposait l’application de la vapeur à la navigation. Il fut naturellement éconduit et l’on raconte que, douze ans plus tard, en se rendant à Sainte-Hélène sur le Bellérophon (sic), Napoléon put voir naviguer le premier bateau à vapeur de mer qui s’appelait 1 efulton)). Il est a peine besoin de dire que si Napoléon avait, dans les circonstances indiquées, rencontré un bateau à vapeur, ce bateau n aurait pas porte le nom de Fulton Ce n’aurait pu être qu un navire anglais et, en 1815, les Anglais sortant d’une guerre plutôt malheureuse avec les États-Unis, n étaient pas assez bien disposés pour l’ingénieur américain, en qui ils voyaient un contrefacteur de Miller et de Syminglon, pour donner le nom de Fulton à un des rares bateaux à vapeur existant alors. En fait, nous ne croyons pas qu il y ait jamais eu dans la marine anglaise de navire du nom de fulton, tandis que nous en avons connu au moins deux en France : un vapeur de l’État et un remorqueur de la Seine.
- Ce point accessoire étant tranché, on peut se demander s il est exact, comme on 1 a souvent prétendu, que Napoléon ait pu voir un bateau à vapeur quelconque.
- ^ L’empereur s’embarqua sur le Bellérophon en rade de 1 de d Aix le 15 juillet 1815; il arriva devant Plymoulh le 20, et fut transféré le / août sur le Norlhumberland qui lit voile pour Sainte-Hélène le 11 du même mois.
- La iencontre du bateau à vapeur n’aurait donc pu avoir lieu qu’entre le 15 juillet et le 11 août.
- En dehors des États-Unis qui n’envoyèrent qu’en 1819 un vapeur, le Savannah, en Europe, il n’existait, en 1815, de navires de ce genre qu’en Angleterre et ils y étaient encore très rares. Un sait que le premier construit fut le Cornet, de 5 chevaux, en 1812; puis vint Y Elizabeth, de 10 chevaux; le Marge,y, de 14; le Glasgow, de 16, en 1813; Ylnduslry de 10 chevaux et YArgyle de 18, en 1814, tous sur la Clyde.
- Le Glasgow, acheté par une société de Londres qui lui donna le nom de Thames, fut amené par mer de la Clyde sur la Tamise en doublant Land’s End, sous le commandement de George L)odd, ingénieur distingué, auteur d’un traité sur les bateaux à vapeur publié en 1818. Le voyage fut très mouvementé et une relation détaillée, faite par Isaac Weld, a paru dans le Journal des Mines de septembre 1815, traduite de la Bibliothèque Britannique. Le Thames, ayant relâché à Dublin, en partit le 22 mai 1815; il arriva à Plymouth le 6 juin, à Portsinouth le 9 et à Londres le 11. Il n’aurait donc pu être vu par Napoléon entre le 25 juillet et le 11 août.
- L auteur de la relation dont nous venons de parler présente la traversée du Thames comme le premier voyage en mer fait à la vapeur par un bateau. Il est exact que le Margery, construit en 1814 sur la Clyde, vint à Londres avant le Thames, mais il passa par le canal de la Clyde au Forth et par la mer du Nord; on dit qu il lit le voyage à la voile. En tout cas, comme il inaugura le 25 juin 1815 le service entre Londres et Gravesend, Napoléon n’a pas pu le voir non plus dans la Manche.
- Il n’est pas sans intérêt de rappeler ici que ce même Margery fut acheté par la compagnie Pajol qui lui donna le nom d Élise et le fit amener à Paris par le capitaine Andriel. Partie de Londres le 9 mars 1816, Y Élise arriva à Paris le 28 du mêmfe mtfis, ajtrès un voyage dès plus
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- pénibles. Ce bateau fît quelque temps un service régulier entre llouen et Elbeuf. Avant le Margery et le Thames, il y avait sur la Tamise un bateau à vapeur, le Richmond, construit à Yarmouth en 1814; mais les conditions d’époque et de lieu le mettent en dehors de la question.
- On ne peut davantage admettre que Napoléon avait pu voir, de Sainte-Hélène, passer un steamer, puisque le premier qui ait été d’Europe aux Indes-Orientales est * l’Entreprise, en 1825. On peut donc considérer comme acquis que la première rencontre eut lieu entre l’Empereur, non plus vivant, mais mort, et un bateau à vapeur lors du transbordement de ses cendres de la Belle-Poule sur le vapeur la Normandie en rade de Cherbourg, le 8 décembre 1840, et, deux jours après, sur la Dorade n° III en Seine, un peu en aval de Rouen.
- L’auteur de ces lignes a assisté dans son enfance au passage du cortège funèbre sur la Seine; il a vu, sur la Dorade devenu le Napoléon, et qui lit longtemps le service entre Rouen et Elbeuf, la place qu’avait occupée le cercueil impérial entourée par une balustrade et marquée par une plaque en cuivre portant une inscription gravée, et il a retrouvé, il y a dix ans, cette plaque exposée en vente dans un magasin de curiosités rue Rôssini, à Paris. Il est à désirer quelle soit tombée entre les mains d’une personne capable d’en apprécier la valeur historique.
- Si Napoléon n’a pu voir de bateau à vapeur, il a dù certainement en entendre parler sur le Bellérophon et sur le Northumberland, car le passage du Thames dans la Manche, quelques jours avant, avait créé une vive émotion dans les cercles maritimes, et ce bateau avait été visité à l’lymouth et à Portsmouth par beaucoup d’officiers de marine, comme l’indique la relation de Weld. A. M.
- LE VOANDZOU
- Le voandzou est tout bonnement une légumineuse qui possède des qua'ités nutritives exceptionnelles. M. Balîand vient de présenter avec un très bon certificat cette légumineuse à l’Académie des sciences. Le voandzou (glycine ou voandzia subterranea) est originaire de l’Afrique intertropicale, où sa culture par les nègres est aujourd'hui très répandue ; elle est moins commune dans l’Asie méridionale, et il ne semble pas qu’on la pratique beaucoup en Amérique, si ce n’est au Brésil, où elle est connue sous le nom de mandubi d’Angola (A. de Candolle). Le fruit du voandzou est une gousse à un grain qui mûrit dans le sol comme l’arachide. L’échantillon de M. Balland provient du poste de Bangasso dans le Ilaut-Oubangui ; il figurait à l’Exposition parmi les produits du Congo sous le nom de haricot pistache. Les graines plus ou moins ovoïdes présentent des marbrures noires sur fond rouge foncé; l’ombilic est blanc non cerclé de noir comme dans la plupart des haricots; elles donnent une farine tivs blanche à saveur de légumineuse ; mais, après cuisson dans l’eau, la saveur rappelle absolument celle de la châtaigne.
- M. Balland a analysé le haricot pistache, le poids des graines oscille entre 06‘,55 et l*r,10. L’amande compte pour 92 pour 100 et l’enveloppe pour 8 pour 100. On trouve environ 10 d’eau, 19 de matière azotée, 6 de matière grasse, 5 de matière amylacée, 4 de cellulose résistante pour 100.
- En admettant qu’il faille chaque jour, pour réparer les pertes subies par l’organisme humain, 120 grammes à 130 grammes de matière azotée, 50 grammes de graisse
- et 500 grammes d’hydrate de carbone ; on voit, fait remarquer M. Balland, que, même en tenant compte des coefficients de digestibilité, on retrouve assez exactement ces éléments dans un kilogramme de graines de voandzou. Cette légumineuse est le premier exemple rencontré d’un produit naturel présentant au même degré la composition d’un aliment complet. Conclusion : on pourrait se nourrir parfaitement et complètement avec le voandzou. Qu’on nous en apporte donc ! Il pourrait sans doute s’acclimater en Algérie, et ce serait un aliment bien commode poulie soldat en campagne ! J.-F. Gall.
- VALEUR NUTRITIVE DE L’AJONC
- Dans plusieurs régions de la France, l’ajonc épineux couvre de vastes espaces, les landes. On utilise l’ajonc comme litière, comme engrais et comme fourrage. Mais on ne parait pas assez savoir que l’ajonc fournit un fourrage particulièrement bon. M. Girard a fait de nombreuses analyses qui ne laissent aucun doute à cet égard. Il y a deux parties distinctes dans cette légumineuse, les tiges et les piquants. Les piquants constituent la partie la plus importante comme poids et comme richesse en principes alimentaires ; on y rencontre deux fois plus de matières azotées que dans la tige, un tiers en moins de cellulose.
- Le seul examen de la composition chimique ne suffit pas à fixer la valeur alimentaire d’un fourrage ; il faut encore établir ce que l’on nomme le « coefficient de digestibilité ». Des expériences ont été faites sur le cheval et le mouton. Il en résulte que l’ajonc frais renferme 1/5 en moins de matière azotée et près de deux fois plus de matières ternaires que la luzerne verte ; trois fois moins de matières azotées et presque deux fois moins de matières ternaires que le foin de luzerne ; deux fois moins de matières azotées et 2,5 fois moins de matières ternaires que le foin de prairie. A première vue, ce résultat ne parait pas très favorable. Cependant, en coordonnant les éléments des expériences, quantité de fourrages consommés, poids des animaux, composition chimique et coefficient de digestibilité, on arrive aux conclusions suivantes : 100 kg d’un mélange à poids égaux de foin de prairies naturelles et de foirt de prairies artificielles seront à peu près exactement remplacés par 250 kg d’ajonc frais.
- M. A.-C. Girard dit encore que l’ajonc peut fournir une récolte correspondant par hectare à 8090 kg de foin ; c’est-à-dire que la production d’une ajoncière dans les sols les plus médiocres vaut, surface pour surface, la production fourragère des terres les plus fertiles.
- Sur les terres où pousse l’ajonc, rien ne se développerait, ni céréales, ni légumineuses, ni tubercules, ni herbes. Or, sans engrais, sans soins d’aucune nature, l’ajonc qui fixe l’azote atmosphérique fournit pendant une série d’années des rendements que M. Girard évalue à 20 000 kg par hectare et par an. Le pays des Landes n’est donc pas aussi déshérité qu’on le pense. H y a là un champ admirable ouvert à l’initiative et aux capitaux des agriculteurs qui sauront prendre cette ressource naturelle comme base de leur exploitation. Si les agronomes allemands ont donné au lupin le nom de « plante d’or » des terrains sableux, on peut de même attribuer à l’ajonc celui de (( plante d’or » des terrains primitifs.
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- BAROMÈTRES "VIVANTS
- La prévision du temps ayant toujours eu pour l'homme une importance de premier ordre, il n’a jamais manqué de s’attacher aux moindres faits qui semblaient de nature à lui fournir sur ce sujet quelque indication, et souvent de simples coïnci-
- Fig. 1. — Géotrupes stercoraires au vol.
- deuces l’ont entraîné à ériger en principes les résultats d’observations mal interprétées.
- Mais la légende s’en était emparée et rien n’est plus difficile à déraciner que certaines croyances [topulaires, quoique la science en ait depuis longtemps démontré la fausseté, surtout quand ces croyances ont reçu l’appui d’esprits supérieurs, comme c’est le cas par exemple pour la « Rainette », cette charmante petite grenouille verte dont la vie presque tout entière se passe dans le feuillage des parties fraîches de nos bois.
- Duméril, alors professeur au muséum d’histoire naturelle, en 1863, n’a-t-il pas dit : « Les grenouilles des arbres, ou rainettes, annoncent la pluie par leurs coassements, on peut se faire un hygromètre ou un baromètre vivant en mettant un de ces animaux dans un vase où l’on a soin de lui donner de l’eau et des insectes pour sa nourriture. On pourrait ainsi le conserver jusqu’à sept années consécutives. Muni dans leur prison de verre d’une petite échelle, leur ascension indique que le temps sera sec.
- « Son prochain changement nous est bien souvent annoncé dans la Ménagerie par le bruyant coassement de ces animaux. »
- Et, antérieurement, le maréchal Vaillant, à propos de la discussion d’un projet d’établissement de nombreux postes d’observation météorologiques sur toute l’étendue de l’empire et de nos possessions en Afrique, en insistant sur la nécessité d’observations
- 1 Voy. ir 1157, du 5 août 1895, p. 151),
- de ce genre dans notre colonie, alors même « quelles n’auraient pas une exactitude scientifique absolue », ne soutenait-il pas, lui aussi, la môme thèse en disant :
- « La grenouille du père Rugeaud, aussi bien que sa casquette, égaye encore aujourd’hui les bivouacs * de nos soldats en Afrique.
- « Ce grand homme de guerre qui a tant fait pour notre colonie, eme et aratro, consultait sa rainette avant de mettre ses troupes en marche pour une expédition. »
- Et bien, malgré tout, il a été prouvé expérimentalement que la rainette ne peut fournir aucun renseignement sérieux sur le temps à venir, et reste môme inférieure en cela au plus modeste des baromètres ordinaires.
- En sera-t-il de môme pour de récentes observations faites par le célèbre observateur des insectes, M. J.-H. Fabre, sur des animaux bien différents, les « Géotrupes » ? Nous nous garderions bien de répondre, mais nous sommes certains d’intéresser nos lecteurs, en empruntant à l’auteur des « Souvenirs entomologiques » le texte même de ses observations.
- Il s’agit, disons-le de suite, du « Geotrupes ster-corarius » et du « Geotrupes hypocrita ».
- « Il est de croyance dans les campagnes, nous dit M. Fabre, que les Géotrupes volant nombreux le soir, très affairés et rasant la terre, sont signe de beau temps pour le lendemain. »
- 11 leur faut pour leur travail une atmosphère chaude et tranquille. S’il pleut, ils ne bougent pas et non plus s’il fait froid et bise.
- Et pour vérifier la valeur de cette croyance" des
- campagnards l’éminent entomologiste observe en volière ses Géotrupes et résume ainsi ce qu’il a vu et noté :
- « Premier cas. Soirée superbe. Les Géotrupes s’agitent dans les cages, impatients d’accourir à leur corvée vespérale. Le lendemain temps magnifique. Le pronostic n’a rien que de très simple. Le beau temps d’aujourd’hui est la continuation du beau
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- temps de la veille. Si les géotrupes n’en savent pas plus long, ils ne méritent guère leur réputation. .Mais poursuivons l’épreuve avant de conclure.
- « Second cas. Belle soirée encore. Mon expérience croit reconnaître dans l’état du ciel l’annonce d'un beau lendemain. Les Géotrupes sont d’un autre avis. Us ne sortent pas. Qui des deux aura raison? L’homme ou le bousier? C’est le bousier qui, par la subtilité de ses impressions, a pressenti, üuiré l’averse. Voici qu’en elïèt la pluie survient pendant la nuit et se prolonge une partie de la journée.
- « Troisième cas.
- Le ciel est couvert.
- Le vent du Midi, amonceleur de nuages, nous amènerait-il de la pluie? Je le . mis, tant les apparences semblent l’af-drmer. Cependant les Géotrupes volent et bourdonnent da n leurs cages. Lcui pronostic dit juste, et le soleil du lendemain sc lève ra-ii eux.
- a La te.,siuii électrique paraît surtout les intiirmcer. Dans les soii, es chaudes et louides, couvant l’orag , je les vois s’agiter encore plus que ( e coutume. Le lendemain éclatent de violents coups de tonnerre. »
- Enfin
- remarquait chez ses bousiers, les 12,13,
- 14 novembre 1894, une agitation extraordinaire, cl il apprenait par les journaux que le 12 une bourrasque d’une riulcaee inouïe éclatait sur le nord de la France, poui avoir ensuite son écho dans le Midi.
- Est -ce là, demande-t-il, simple coïncidence?
- Attendons avec lui que de nouvelles observations apportent la réponse, et terminons par quelques lignes sur les mœurs des Géotrupes que nous aurions peut-être dû présenter plus tôt au lecteur. .,
- Nos figures nous dispensent de les décrire.
- Ils creusent, sous les bouses memes, des clapiers cylindriques, verticaux, atteignant près de 20 centi-
- mètres, en été pm hiver ils peuvent atteindre jusqu’à 1 mètre). Le mâle et la femelle creusent ensemble ce terrier, c’est une exception chez les insectes on, généralement, le mâle ne fait rien. Le mâle se tient en bas et tasse les matériaux, empruntés à la bouse, que lui passe la femelle.
- Les provisions amassées là atteignent près de 20 centimètres. En été, cette provision sert à la nourriture journalière; mais, plus tard, on remarque
- à la partie inférieure une chambre de la grosseur d’une noisette dans laquelle est pondu un gros œuf c[ui éclôt au bout d’une ou deux semaines. lien sort une larve blanche repliée sur elle-même qui mange en se creusant une galerie à travers la masse du saucisson (fig. 3).
- A l’entrée de l’hiver elle redescend, se creuse en bas uni loge et s’y endort jusqu’en avril. Alors elle se réveille, mange encore un peu et maçonne h haut de sa loge avec les excréments quelle avait accumulés et s’y transforme en nymphe pour en sortir à l’état d’insecte parfait quatre ou cinq semaines après.
- Cette larve est remarquable par la troisième paire de pattes toujours atrophiée (fig. 2).
- La ponte a lieu de septembre à novembre. Les derniers œufs pondus passent l’hiver et l’on trouve également des adultes qui hivernent.
- M. Fabre a aussi observé l’influence des perturbations atmosphériques sur un autre insecte. Une chenille, la Processionnaire du pin, espèce méridionale, lui en a fourni un exemple remarquable.
- Elle sort de 1 œuf en septembre, et habite en nombreuses familles des nids soyeux et épais quelle se construit sur les pins dont elle mange les spiculés. Elle passe tout l’hiver dans ces nids, sortant seule-
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- ment la nuit pour manger sur les rameaux voisins et y revenant s’abriter au chaud après chaque repas. Or, lorsqu’une dépression barométrique doit se produire prochainement, ces chenilles restent toutes au logis, et ne se hasardent jamais sur les branches où le vent, la pluie et la neige pourraient les surprendre et les faire mourir.
- Elles sont munies d’organes spéciaux au nombre de huit qui apparaissent sur leur dos en janvier au moment de la deuxième mue. Ils sont formés de mamelons rétractiles que l’animal fait saillir à volonté au travers de sortes de boutonnières.
- M. Labre considère ces organes comme des « appareils de météorologie ».
- Les Géotrupes et les Processionnaires ne sont pas les seuls insectes qui pourraient fournir d’utiles indications au point de vue météorologique. Les abeilles sont très sensibles aux variations atmosphériques et on les voit souvent, avant certains 01 âges que rien ne faisait prévoir, s’agiter près de l’entrée de leur ruche et s’obstiner à ne pas s’en éloigner quoique brille un soleil radieux. De même à l’approche d’une tempête l’Epeire diadème coupe certains fils de sa toile pour donner moins de [irise au vent et se cache elle-même en quelque lieu bien abrité.
- D’autres araignées, les Tégénaires, par exemple, s’enfoncent profondément dans les tubes qui leur servent de retraite et à l’entrée desquels on les voit revenir se mettre à l'affût quand le calme s’est rétabli. A.-L. Elément.
- Professeur d’entomologie agricole au Luxembourg.
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- LES CULTURES DES SALINES DE BOLIVIE
- Tout le monde connaît de réputation l’aridité d’une grande partie des hauts plateaux boliviens, qui sont également célèbres pour leur production de salpêtre; mais, par une bizarrerie bien remarquable et qui tient à tout un régime hydrographique que nous ne pouvons exposer, même aux endroits qui semblent les plus arides, on trouve de l’eau souterraine quand on creuse les terrains de transport, si bien que l’on a pu forer des puits assez nombreux dont certains fournissent jusqu’à 150 000 litres par vingt-quatre heures. L’existence de ces eaux souterraines a donné lieu à la création de cultures curieuses dans la dépression formée par la pampa de Tamarugal.
- Dans tout le centre de cette plaine s’étendait primitivement une région couverte de « salares » et de (( cos-fraies » (salines et croûtes de sel), connue maintenant sous le nom de « canchones », ce qui signifie enclos, nom que nous allons expliquer dans un instant. Du sud au nord, sur une assez grande étendue, cette région est parsemée de prés à pâturage, de potagers et même d’arbres fruitiers. Comme l’explique M. Roch Latrille, à qui nous empruntons ces détails, l’eau qui alimente cette végétation forme une nappe souterraine, recouverte superficiellement de graviers et de sables soudés par du chlorure de sodium, qui forme d’énormes croûtes dont l’épaisseur même a protégé l’eau contre l’évaporation qu’aurait rapidement produite le soleil ardent qui chauffe tout ce pays. Ce serait un pur hasard qui aurait permis de constater l’existence de l’eau douce sous ces croûtes de sel :
- à ce que dit du moins la tradition, un muletier qui passait par là en transportant des sacs d’orge, s’était vu obligé de décharger ses animaux et même de bivouaquer un certain temps au milieu des « salares », et un sac de cette céréale s’étant ouvert, des grains avaient pémHré dans les fissures du sol. Comme il repassait par cet endroit peu de temps après, notre muletier ne fut pas peu stupéfait de voir des épis d’orge sortir de ce terrain que l’on considérait comme absolument aride: pour avoir l'explication de cette merveille, il se mit à soulever quelques plaques de la croûte salée, et sa stupéfaction fut complète à la vue d’une nappe d’eau potable et limpide. 11 sollicita une concession de terrain et la mit en culture, imité du reste bientôt par beaucoup d’autres personnes.
- Tout d’abord on se contenta, et avec raison, de forer dans la croûte salée des trous où l’on semait de la luzerne; mais on conservait l’ensemble de la carapace protectrice contre l’évaporation de la nappe aquifère. Bientut on devint plus avide, et il semble que, comme souvent, on a tué la poule aux œufs d’or. Le fait est que l’on eide va sur de vastes espaces les plaques du « salar », mettant à nu la couche de terre végétale imprégnée d’humidité : l'évaporation prit une activité nouvelle, et, comme l’eau commençait à baisser de niveau, les cultivateurs se mirent de leur côté à creuser davantage les lopins de terre, en rejetant tout autour, un peu en forme de digue, les terres ainsi excavées. On arriva de la sorte à former des espaces rectangulaires en contre-bas, entourés d’une vraie muraille constituant autant de ces enclos, de ces « canchones » qui ont donné leur nom à la région.
- Certains de ces enclos ont plus d’un mètre de profondeur, et beaucoup d’entre eux qui se trouvaient dans le sud et qui furent les premiers mis en exploitation dans ces conditions, ont dû être abandonnés parce que l’humidité leur faisait complètement défaut. Cette fuite de l’eau se poursuit d’ailleurs du sud au nord, et il est probable que les « canchones » sont appelés à disparaître rapidement : il faut bien dire aussi que, ici comme dans tons les pays, ce sont les hommes qui sont pour la plus grande part responsables de la disparition des eaux superficielles, tout simplement parce qu’ils ont détruit les forêts sans compter. 1). H.
- LA RICHESSE DES PAYS EUROPÉENS
- La situation économique des pays européens à la lin de notre siècle est une question des plus intéressantes ; elle présente de grandes difficultés à établir, mais la science statistique a fait tant de progrès qu’il est possible aujourd’hui de donner des chiffres qu’on ne doit pas accepter sans réserve mais qui n’en sont pas moins un précieux document.
- Le Dictionary of Statistics, dans sa dernière édition, vient de publier une statistique récente due à M.Mulhall, qui nous fournit de très intéressants détails sur la richesse des pays européens, leur situation économique, leur capital et leurs revenus.
- D’après ce travail, le capital de l’Europe, la richesse totale, mobilière et immobilière, s’élève à M75 milliards ; le capital circulant (ensemble des valeurs publiques et privées) entrerait, dans cette somme, pour environ 500 milliards.
- La fortune immobilière ayant varié dans des proportions beaucoup moindres, il s’ensuit que la proportion entre le capital circulant et le capital immobile va s’accroissant continuellement.
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- Au point de vue de la richesse globale absolue, les principaux pays européens se rangent dans l’ordre suivant, par milliards: Angleterre, 295; France, 247; Allemagne, 201 ; Russie, ICO ; Autriche, 105; Italie, 79 ; Belgique, 25; Hollande, 22.
- De ces diverses évaluations, la mieux établie est celle concernant l’Angleterre. On voit, notamment, d’après l’accroissement des produits de l’Income-tax, (pie, depuis 1795, il va eu en Angleterre un développement extraordinaire de richesse, développement qui a été beaucoup moindre en France.
- Au point de vue du capital circulant, le classement est comme suit : Angleterre, 106 ; France, 65 ; Allemagne, 57 ; Russie, 14 ; Autriche, 10 ; Italie, 7 ; Belgique, 7 ; Hollande, 6.
- Ordre identique, c’est vrai, mais on voit que la proportion entre le capital circulant et la richesse totale est variable ; très considérable dans les pays industrialisés, elle est très faible dans les pays ou l'industrie et le commerce commencent à se développer. Tandis qu’en Angleterre la production est de 55 pour 100, en Belgique de 28 |K)ur 100, en Hollande de 27, en France de 20, en Allemagne de 18, elle tombe en Russie, en Autriche et en Italie à 9 pour 100.
- Si l’on cherche, par tète d’habitant, la fortune de chacun des pays de l’Europe, on arrive à un classement sensiblement différent de ceux qui précèdent.
- Si l’on considère la richesse totale, mobilière et immobilière, voici le résultat.
- L’Anglais possède environ 7400 francs; le Français 0500 ; le Hollandais 4000 ; le Belge et l’Allemand 5900 ; l’Autrichien et l’Italien 2500 ; le Russe 1500 francs.
- Si l’on n’envisage que le capital circulant, les diffé-l’ences s'accentuent :
- L’Anglais possède 2050 francs; le Français 1700; le Hollandais 1250; le Belge 1070; l’Allemand et malien 700; le Russie 155.
- Les charges budgétaires des différents pays d’Europe se répartissent comme suit :
- En chiffres ronds, l’qnsemble des budgets allemands (Empire et États fédérés) atteint 4 milliards ; l’Allemagne consacre donc annuellement à ses dépenses publiques 2,0 pour 100 de sa richesse totale. Pour l’Angleterre (budget de 5 milliards) la proportion est de 1,0 pour 100 seulement. Pour la France (budget de 5 milliards 500millions), elle s’élève à 1,4 pour 100. La Russie (budget de 2 milliards 700 millions) ne s’en tire pas à moins de 1,7 pour 100. L’Autriche (2000 millions) atteint une proportion encore plus élevée, 1,8 pour 100. L’Italie (1 milliard 800 millions) s’élève à 2,5 pour 100. La Belgique se contente de 1,5 pour 100 (budget de 575 millions) ; et à la Hollande, il suffit d’une proportion de 1,4 pour 100 (500 millions au budget).
- Les pays qui ont les plus gros budgets ne sont donc pas nécessairement les plus obérés, pourvu que leur fortune nationale soit élevée.
- Du plus au moins chargé, la série des pays européens se présente comme il suit: Italie, Allemagne, Autriche, Russie, Belgique, France, Hollande et Angleterre.
- NOUVEAU MAMMOUTH
- La section zoologique de l’Académie des sciences de Pétersbourg, a reçu l’information que dans la région nord-est d’Irkoutsk, près du fleuve Kolyma, on aurait
- trouvé le corps parfaitement conservé d’un mammouth. Grâce à des circonstances particulières, les yeux, la bouche et même l’estomac avec son contenu auraient été si bien conservés, que l’on pourra apprendre beaucoup sur le mode de nutrition et sur le genre de vie de cet animal préhistorique.
- Une petite expédition serait déjà organisée et en route pour assurer, en tant que possible, la conservation et le transport de cet immense cadavre, F. G.
- LA TOURBE AU CANADA
- On se préoccupe vivement au Canada de la question du combustible et les indigènes s’alarment pour l’avenir. Les vastes entreprises de bois de charpente et les incendies récents ont, en effet, dénudé les immenses forêts de l’Ontario dans des proportions inquiétantes et si, d’autre part, la houille s’y rencontre un peu partout, principalement dans l’île du cap Breton, en Nouvelle-Écosse et dans la Colombie, les mines sont insuffisantes pour alimenter la consommation locale. Aussi la nouvelle d’une mise en exploitation régulière des tourbières que nous apporte le Mercure Scientifique mérite attention.
- L’étendue des gisements de tourbe atteint près de 40 000 hectares dans les comtés de Perth, Welland et Essex. En particulier, à 8 milles au nord de Stralford, ville située sur la ligne de chemin (le fer allant de Port-Dwer à Owen-Sound, existe une tourbière de 16 000 hectares de superficie sur J à 20 pieds de profondeur. Son origine paraît s’expliquer aisément par les considérations suivantes. L’humidité s’accumulant dans des terrains bas favorise le développement de divers végétaux inférieurs tels que les mousses du genre Sphagnum. Ces plantes possèdent la curieuse propriété d’absorber l’eau. Les réservoirs en couches successives qui composent leur structure se remplissent de liquide par capillarité et cet apport constant, tout en favorisant l’évaporation, provoque la destruction régulière de la plante, tandis que les racines de cette dernière enrichissent par leur décomposition la tourbière de substances solides. Puis le phénomène se continue jusqu’à ce que la tourbe, s’élevant au-dessus du niveau du liquide, empêche la végétation.
- Quant à l’outillage de la Compagnie canadienne qui s’est fondée l’an passé pour tirer parti de ce produit naturel, il est simple en principe. On coupe la tourbe et on la sèche à l’air, après quoi on la pulvérise en la faisant traverser un épierreur. Ensuite on la dépose automatiquement dans une trémie qui se déverse dans un tube d’acier de 5 centimètres de diamètre et de 55 centimètres de longueur. La matière est alors comprimée et sort de l’autre bout du tuyau sous forme de blocs cylindriques de 7 centimètres de long ayant à peu près la densité de l’anthracite. Au point de vue calorifique, 85 livres (poids du pied cubique de tourbe) valent 95 livres de ce dernier charbon. En outre, le nouveau combustible brûlant sans donner de fumée, sans laisser ni suie, ni mâchefer, et devant coûter seulement 5tr,10 la tonne lorsque la Société sera en plein fonctionnement, paraît appeler à fournir une brillante carrière. Jusqu’ici on ne l’a encore employée qu’au chauffage des locomotives et à l’usine de force motrice du Métropolitain de Toronto où elle s’est fort bien comportée. La chaleur qu’elle produisait, bien qu’inférieure de 8 pour 100 en tant que durée, dépassait comme intensité celle d’un bon Cardif.
- Jacques Boyer.
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- LA PHYSIONOMIE DANS L’ART SAUVAGE
- Dans la reproduction de la figure humaine, la lâche la plus diificile est de bien rendre la physio-
- Fig. 1. — Un dieu de la guerre chez les Hawaïens, porteur d'un casque à cimier. Il exprime la férocité, calme.
- nomie. Depuis les travaux de notre grand physiologiste Duchenne de Boulogne, on possède, il est vrai, des albums de photographies exprimant d'une manière précise les émotions les plus variées. Duchenne était parvenu à électriser localement les divers muscles de la face ; il avait ainsi décomposé et reproduit à volonté les expressions de sentiment les plus complexes ; et les fixant au moyen de la photographie il put fournir à l’art des documents précis.
- Mais autrefois l’artiste n’avait pas la ressource des documents photographiés. Il lui fallait garder en sa mémoire, pour les reproduire par le pinceau ou le burin, les expressions des émotions les plus fugitives. Aussi n’est-il pas étonnant que l’art des primitifs ait en général produit des figures calmes, non expressives, je dirai même atones. C’est la caractéristique de l’art grec à ses débuts, de l’art byzantin et de la période qui précéda la renaissance italienne.
- Mais l’art populaire fruste et grossier n’avait pas les mômes raisons de se montrer réservé. Il ne recherchait pas une copie exacte de la physionomie, mais simplement quelques traits schématiques qui la rappellent. Nous connaissons tous les figures populaires de Jean qui pleure et de Jean qui rit. Que de fois étant enfant nous avons dessiné, sur nos cahiers, le rieur aux commissures des lèvres et à l’extrémité des sourcils fortement relevés; le mo-
- rose qui abaisse les extrémités de la bouche et des sourcils et l’indifférent aux lignes horizontales.
- Tous les traités qui s’occupent de physionomie se copiant consciencieusement les uns les antres, attribuent à Hubert de Superville, en 1827, l’honneur d’avoir inventé ces schémas. Sans doute il a eu le mérite de les préciser et de les reproduire sous une forme dogmatique, mais l’origine môme de ces schémas remonte à la naissance de l’art; le premier homme qui voulut reproduire les émotions humaines, les inventa.
- Il suffit de visiter un musée d’ethnographie pour retrouver dans l’art sauvage les schémas qui expriment la gaieté et la tristesse. On peut l’observer dans l’art néo-calédonien dont les masques hideux présentent une bouche en arc à concavité supérieure; dans l’art des Nouvelles-Hébridos dont les énormes tamtams sont grossièrement sculptés en figure humaine avec une large bouche qui rit franchement, dans l’art, néo-guinéen où de pet les statues rappellent notre Jean qui pleure et Jean mi rit (Voir British muséum à I,ondres), etc., etc.
- L’art sauvage rend même des expressions d motion conventionnelles. Le guerrier Néo-Zélandais tire la langue pour exprimer à l’ennemi son dégoût et an
- Fig. 2.
- Dieu de la guerre dont la bouche exprime la tristrsrc,
- mépris. Leurs dessins les plus frustes peuvent omet tre des traits d’importance capitale, mais ils n’oublient jamais cette langue qui sort de la bouche en signe de défi.
- Les plus belles expressions émotives sont dues è
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- l’art Hawaïen (îles Sandwich on Ilawaï, Océanie). Les figures que nous reproduisons sont des dieux de la guerre ; ces têtes creuses à l’intérieur étaient portées sur un bâton et leur présence dans les combats assurait la victoire. Tout un culte était institué en leur honneur, et on sacrifiait des centaines de victimes à ces féroces divinités. Mais aujourd’hui les Hawaïens sont si civilisés et si bien christianisés qu’ils ont totalement oublié ces pratiques et il est impossible de les connaître.
- Au moins sait-on avec quel soin et quel art infini étaient fabriqués ces dieux. La flore et la faune des îles polynésiennes sont extrêmement pauvres. Ils recouraient aux racines aériennes du ie-ie (Freyci-ne lia arbore a) pour fabriquer un mannequin en osier, puis ils le couvraient exactement d’un filet d’olona, auquel sont fixées les plumes rouges de l’oiseau Yiiwi ; on ajoutait quelques plumes jaunes et noires de foo pour accentuer les traits. Ces oiseaux étaient fort rares, il fallait les capturer dans les montagnes. En 1800 le roi Kaumuatii ordonnait de ne pas tuer les oiseaux, mais de les relâcher après les avoir plumés. C’était donc une matière rare et précieuse, les dieux ne pouvaient être faits autrement : c'est pourquoi les Hawaïens eurent des idoles faites en plumes !
- On n’épargnait rien pour les embellir et surtout
- Fig. 5. — Dieu de la guerre dont la bouche et les pupilles dilatées indiquent l’effroi.
- leur donner un aspect réel. Parfois on fixait sur leur tête une chevelure humaine, mais le plus souvent on les revêtait du casque Hawaïen à l’énorme cimier qui détourne et amortit les coups. Comme on en a fait depuis longtemps la remarque, ce casque à ci-
- mier rappelle absolument celui des Grecs. On leur mettait des dents de chien, les yeux étaient en nacre et des boutons en bois noir représentaient les pupilles. Et ces guerriers divins qui, à l’instar des dieux
- Fig. i.
- Dieu de la guerre au rire féroce et sanguinaire.
- de l’Iliade, accompagnaient leurs peuples dans les combats, possédaient presque tous d’expressives physionomies. Seul le premier que je présente aux lecteurs est d’une férocité calme. Son œil est horizontal, sa bouche ouverte montre des dents aiguës;’ il a été décrit dans les « voyages de Cook » (fig. 1).
- Le suivant conservé au llritish muséum (Londres) forme contraste : sa bouche abaissée en arc exprime la tristesse ; d’énormes yeux à fleur de tête servent à intimider l’ennemi (fig. 2).
- Un troisième, qui provient également du British muséum, a l’air terrifié : Remarquez ses énormes pupilles bien plus considérables que celles de tous les autres personnages ; or, les physiologistes savent que la peur dilate les pupilles. L’élévation des deux parties latérales de la lèvre supérieure est due, comme l’a montré Duchenne de Boulogne, à l’action des muscles élévateurs communs de l’aile du nez et de la lèvre supérieure, qui expriment du mécontentement (fig. 3).
- La vue d’un pareil dieu ne doit-il pas suggestionner l’effroi aux ennemis qui le contemplent ?
- Le dernier enfin est Jean qui rit, mais c’est un rire féroce et sanguinaire, comme il sied après la défaite des ennemis. Comme sur les schémas que nous expliquions plus haut, la commissure des lèvres est fortement relevée, l’œil et le sourcil sont très obliques en bas et en dedans (fig. 4). H fait partie
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- LA NATURE.
- du musée de la Société des Missionnaires de Londres, actuellement visible au British muséum.
- Ces divinités constituent d’originaux spécimens de l’art sauvage et témoignent d’etforts considérables pour arriver à exprimer les sentiments humains1.
- Félix Régnault.
- DE LA. RÉPARTITION
- DES POIDS ATOMIQUES DES CORPS SIMPLES
- Je forme la série des carrés des premiers nombres entiers impairs : 1, 9, 25, 49, 81, 121, etc.
- Je répartis les poids atomiques des corps simples dans les intervalles de ces carrés; je fais le décompte et je trouve les chiffres suivants :
- De 0 à • 1 . . . 1 poids atomique.
- De 2 à 9 . . . 5 —
- De 10 à 25 . . . 7 —
- De 26 à 49 . . . 10 —
- De 50 à 81 . . . 15 —
- De 82 à 121 . . . 14 —
- De 122 à 169 . . . 10 —
- De 170 à 225 . . . 11 —
- De 226 à 289 . 9
- Ces résultats ont été obtenus en prenant pour poids
- atomiques ceux auxquels s’est arrêtée dernièrement la Société allemande de chimie et que nous avons donnés dans un précédent article2.
- Si l’on considéré qu’il est infiniment probable que tous les corps simples n’ont pas encore été découverts, que, de plus, il en est d’autres dont les poids atomiques sont incertains, on peut être amené à penser que les chiffres précédents tendent à se rapprocher de la succession régulière1, 4, 7, 10, 13, 16, 13, 10, 7, 4, 1, c’est-à-dire d’une progression géométrique ascendante, de raison 3, partant de 1 pour aboutir à 16, suivie d’une autre descendante, de même raison, partant de 16 pour finir à 1.
- Cette loi serait, en somme, très simple, et il serait désirable qu’elle fût exacte; cependant, il ne faudrait pas se faire trop d’illusions, car les chiffres, qui concernent les choses de la nature, sont quelquefois trompeurs et il arrive souvent qu’après s’être succédé tout d’abord avec régularité, ils se montrent ensuite des plus désordonnés. C’est évidemment à l’avenir de montrer l’exactitude de la présente loi, lorsque le nombre des corps simples se sera suffisamment augmenté par suite des découvertes de nos infatigables chimistes.
- Quoi qu’il en soit, voyons les diverses objections qu’on peut faire et apprécions-en la valeur.
- Le tableau précédent montre que, pour que la loi soit exacte, il serait nécessaire de découvrir encore 15 corps simples dont les poids atomiques devraient être ainsi répartis : un entre 2 et 9, deux entre 82 et 121, trois entre 122 et 169, cinq entre 226 et 289, quatre entre 290 et 361 et un entre 562 et 452. Il faudrait, en outre, qu’une rectification se produisît de façon à enlever un des corps actuellement classés entre 170 et 225.
- Il n’y aurait, en somme, rien d’impossible à ce que quinze corps simples fussent encore inconnus. Sur ces quinze, il en est même déjà quelques-uns qui ont été
- 1 Memoirs of the Bérénice Panahi bishop mweum, vol. n° I, Hawaïen feather ivork, hv William J. Briglan, Honolulu, 1899.
- 2 Vov n° 1442, du 12 janvier 1901, p. 102.
- signalés, tels le Ilidyme, le Gadolinium, l’fIolmium,le Niobium, le Terbium et le Thulium. 11 n’en resterait donc pas plus de neuf à découvrir. 11 est à remarquer que le corps simple dont le poids atomique serait le plus élevé devrait être classé entre 362 et 452, ce qui est loin de 240, maximum actuellement donné par l’Uranium. L’un des nouveaux corps devrait avoir son poids atomique compris entre 2 et 9 ; il semble qu’il y ait des chances pour qu’il en soit ainsi et pour que, de même qu’on a récemment découvert l’Hélium qui vaut 4, on finisse par trouver le corps qui correspondrait à 2.
- Quant au corps à enlever entre 170 et 225, il est de toute nécessité que cette opération soit faite, sans quoi la loi serait inexacte. Les onze corps signalés dans cet intervalle sont : le Bismuth, l’Or, l’Iridium, le Plomb, le Mercure, l'Osmium, le Platine, le Tantale, le Thallium, le Tungstène et l’Uterbium. 11 peut fort bien arriver qu’après nouvel examen, l’un de ces corps soit reconnu comme devant être classé ailleurs. Des déplacemenls de cette sorte ont eu lieu fréquemment à la suite d’une meilleure connaissance des propriétés des nouveaux corps.
- En résumé, la loi de répartition des poids atomiques que je présente, ne se bute à aucune objection invincible et, je le répète, c’est à l’avenir qu’il appartient de décider si elle vraie ou fausse. Lieut.-colonel Delaunf.y.
- Un journal américain donne les résultats suivants d’expériences entreprises sur vingt procédés pour la conservation des œufs de poule. Les essais ont porté sur 400 œufs dont le contenu a été vérifié au bout d’un laps de temps de huit mois : 1° Œufs conservés dans l’eau salée, tous mauvais ; 2° Enveloppés dans du papier, .80 pour 100, mauvais; 3° Plongés dans une solution d’acide salicylique glycérinée, 80 pour 100, mauvais; 4° Frottés avec du sel, 70 pour 100, mauvais; 5° Recouverts de son, 70 pour 100, mauvais; 6° Enduits de glycérine salicyclée, 70 pour 100, mauvais; 7° Couche de paraffine, 70 pour 100, mauvais; 8° Action bouillante pendant 15 secondes, 50 pour 100, mauvais; 9° Plongés dans une solution d’alun, 50 pour 100, mauvais ; 10° Dans une solution d’acide salicylique, 50 pour 100, mauvais; 11° Enduits de verre soluble, 40 pour 100, mauvais; 12° Couche collodion, 40 pour 100, mauvais ; 15° Couche vernis, 40 pour 100, mauvais; 14° Vernis mixte, 20 pour 100, mauvais ; 15° Recouverts de cendre de bois, 20 pour 100, mauvais ; 16° Traités par acide borique et verre soluble, 20 pour 100, mauvais; 17° Traités par le permanganate de potasse, 20 pour 100, mauvais; 18° Enduits de vaseline, tous bons; 19° Plongés dans l’eau de chaux ; tous bons ; 20° Plongés dans une solution de verre soluble (silicate de soude), tous bons.
- IA PHOSPHORESCENCE INVISIBLE
- ET SA TRANSFORMATION EN PHOSPHORESCENCE VISIBLE
- Le Dr Gustave Le Bon continue ses recherches sur la lumière noire. Après avoir démontré que dans des circonstances très diverses : action de la lumière, réactions chimiques, etc., les corps émettent certaines eflluves capables de rendre l’air conducteur de l’électricité et de traverser les corps opaques et
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- phénomènes auxquels on a donné dans ces derniers temps le nom de radio-activité, il a été conduit à étudier la phosphorescence invisible.
- La phosphorescence invisible comprend, d’après les recherches exposées par Gustave Le Bon dans son Mémoire sur les formes diverses de phosphorescence, deux catégories de phénomènes très distincts : l°les radiations obscures que certains corps soumis d’abord à l’action de la lumière émettent spontanément dans l’obscurité pendant près de deux ans; 2° les radiations obscures que ces corps conservent à l’état latent pendant un temps indéfini et que l’on peut rendre visibles en projetant à leur surface certaines radiations invisibles. Examinons successivement ces deux ordres de phénomènes.
- Radiations invisibles émises spontanément. — M. le D1 Gustave Le Bon a constaté d’abord que certains corps primitivement doués de phosphorescence visible, tels que le sulfure de calcium par exemple, conservent pendant une période qui atteint près de deux ans la propriété d’émettre dans l’obscurité d’une façon permanente des radiations complètement invisibles. Il a prouvé que ces radiations ont un spectre analogue à celui de la lumière. Elles se réfractent, se polarisent et jouissent de la propriété d’impressionner les plaques photographiques. Une statue, enduite de sulfure de calcium, abandonnée dans l’obscurité et complètement invisible pour l’œil, peut être photographiée à la chambre noire dans une cave où ne pénètre aucun rayon de lumière avec des poses variant de huit jours à un mois suivant le temps écoulé depuis son insolation. Ainsi a été obtenue la photographie de la Vénus de Milo reproduite ici (fig. d).
- Pour démontrer que la lumière invisible ainsi émise est susceptible de polarisation, et possède, par conséquent, le caractère le plus fondamental de la lumière visible, on introduit une lame épaisse de spath d’Islande dans le système optique de l’objectif photographique. Si l’on prend comme source des radiations invisibles un tube de verre, plein de la substance capable d’émettre ces radiations, on constate, après le développement, que l’image du tube a été dédoublée. Il y a donc eu double réfraction et, par conséquent, polarisation.
- Radiations résiduelles invisibles transformables en lumière visible. — Le fait qui vient d’être signalé de la longue persistance de l’émission dans l’obscurité de radiations invisibles était déjà très curieux, mais ceux que le I)r Gustave Le Bon a découverts ensuite sont bien plus curieux encore.
- Ces corps qui, après deux ans d'émission spontanée de radiations obscures, finissent par ne plus émettre aucun rayonnement, gardent encore une charge résiduelle considérable qu’ils conserveront indéfiniment jusqu’au jour où on l’expulsera artificiellement en projetant à leur surface certaines radiations entièrement obscures. Ils deviendront alors lumineux dans l’obscurité, et pourront être photographiés en quelques minutes. La même expérience peut être
- répétée une centaine de fois avec le même corps à des intervalles quelconques et sans qu’il soit besoin de le soumettre à une nouvelle insolation.
- Les radiations obscures qui jouissent de la propriété de rendre lumineux un corps doué de phosphorescence résiduelle invisible appartiennent à la partie obscure du spectre dont les longueurs d’onde sont comprises entre 0 p., 8 et 2#v. environ d’après les mesures de M. Gustave Le Bon.
- On obtient très simplement ces radiations obscures en remplaçant le verre transparent d’une lampe à projection, soit par du verre couvert de papier noir, soit par une lame mince d’ébonite enfermée entre deux lames de verre. C’est ainsi que se fabrique ce que M. Gustave Le Bon appelle une lampe noire (fig. 2). 11 n’en sort, en eil'et, que des radiations entièrement obscures.
- Si l’on projette ces radiations sur une statue couverte de sulfure de calcium maintenue dans l’obscurité depuis un temps quelconque cette statue devient lumineuse dans les ténèbres et peut être photographiée en moins d’une demi-heure de pose.
- Dans cette expérience frappante, des radiations obscures ajoutées à d’autres radiations également obscures ont produit de la lumière. Ce phénomène est l’inverse de la célèbre expérience des interférences de Fresnel dans laquelle de la lumière ajoutée à de la lumière produit de l’obscurité.
- Les radiations obscures qui rendent les corps lumineux dans l’obscurité n’agissent nullement en échauffant la surface des corps sur laquelle elles tombent. On le démontre aisément en comprimant ces corps — pendant qu’on les expose aux radiations obscures — entre 2 cuves de verre pleines d’eau congelée qui empêche absolument tout échauf-fement.
- Les expériences qui viennent d’être indiquées demandent des appareils spéciaux faciles d’ailleurs à construire. On peut les répéter plus facilement avec un matériel que chacun peut établir très rapidement en ne dépensant que quelques centimes.
- On découpe le couvercle d’une boîte de carton ayant servi à enfermer des plaques photographiques, et on le remplace par un verre 9X12 ordinaire dont on fixe soigneusement les bords avec du papier noir.
- Le couvercle étant renversé et posé à plat sur une table, on verse dans son intérieur une couche d’épaisseur quelconque du vernis noir particulier dit vernis japonais1 qu’on trouve chez tous les fabricants de produits chimiques. Grâce aux rebords du couvercle, on peut donner à la couche de vernis l’épaisseur que l’on désire. Ce corps est transparent sous
- 1 Le vernis japonais pourrait être remplacé par une feuille de papier noir ou d’ébonite, mais il arrive parfois que ces substances contiennent du noir de fumée qui les rend opaques pour les radiations d’une longueur d’onde inférieure à tj p. Or les sulfures ne sont impressionnés que par des radiations ne dépassant guère 2 p. La composition du vernis japonais est beaucoup plus constante que celle du papier noir et de l’ébonite. C’est pour cette raison que Gustave Le Bon lui a donné la préférence.
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- de grandes épaisseurs pour les radiations obscures allant de 0 a, 8 à 2 u. Le seul inconvénient d’une épaisseur trop grande est que le vernis met plusieurs jours à sécher. Une couche de 1 millimètre d’épaisseur est plus que suffisante pour qu’on ne puisse voir le disque du soleil à travers.
- Le vernis étant sec on a une boîte qui, lorsqu’elle est fermée, ne laisse passer aucune radiation lumineuse visible. On fixe alors dans son intérieur, avec un peu de colle, des tubes de verre pleins de sulfure de calcium. On referme la boîte et on l’abandonne dans l’obscurité un temps quelconque, des jours, des mois ou des années. Le sulfure conservera pendant un temps illimité la propriété de devenir lumineux pendant quelques minutes dès que la boîte sera exposée fermée durant une minute devant une lampe à pétrole le côté verre noirci regardant la lampe. Pour observer ensuite la phosphorescence , il n’y aura qu’à ouvrir la boite dans une obscurité complète.
- Bien que cette expérience ait été conçue dans un autre but, nous ferons remarquer que c’est une de celles qui montrent le plus nettement le passage de la lumière invisible à travers les corps opaques, expériences qui provoquèrent tant de contestations à l’époque où furent publiées les premières recherches de M. Gustave Le Bon sur la lumière noire.
- Tous les corps ne peuvent pas servir pour les expériences qui précèdent. Elles réussissent très bien avec les sulfures de calcium, de baryum et de strontium, mais pas du tout avec d’autres substances telles qix le sulfure de zinc, le diamant, l’apatite, etc. Ces dernières possèdent bien, elles aussi, une phosphorescence résiduelle indéfinie mais cette phosphorescence n’apparaît que si on les chauffe vers 150° et nullement si on projette à leur surface les radiations invisibles dont il a été plus haut question. Ces corps se rattachent à la classe bien connue des substances ohosphorescentes par la chaleur dont plu-
- sieurs peuvent l’étre d’ailleurs également par la lumière.
- Le D1' Gustave Le Bon a déduit de ses expériences une théorie de la phosphorescence que nous ne saurions exposer ici, mais que l’on peut résumer en disant que les phénomènes de la phosphorescence seraient le résultat de combinaisons chimiques extrêmement mobiles qui se formeraient au sein de corps parfois très rigides comme le diamant1. Dans ces combinaisons, absolument différentes des combinaisons chimiques ordinaires, un des éléments en présence serait toujours en quantité infiniment petite à l’égard de l’autre élément.
- Cette théorie, que nous n’indiquons que sommairement ici, s’est montrée dans les mains de son auteur singulièrement féconde. Elle l’a conduit non seulement à constater la phosphorescence de plusieurs corps par hydratation et déshydratation, mais de plus à découvrir les transformations profondes des propriétés fondamentales de certains corps simples sous Linfluence de la présence des proportions infinitésimales de corps étrangers, Nous avons résume ici ces dernières recherches de M. Gustave Le Bon qui firent grand bruit il y a quelques mois lorsqu’elles furent présentées à l’Académie des sciences et ôévo
- Fig. 2. - - Vue do profil et do lace dt; la lampe employée pmii produire les radiations obscures destinées à transformer la phosphorescence invisible en phosphorescence visible.
- loppées par leur auteur dans son mémoire sur la Variabilité des espèces chimiques. A. de Marsy.
- 1 À propos de la phosphorescence des diamants, M. Gustave Le Bon a constaté que tous les diamants du Brésil (devenus assez rares aujourd’hui) étaient vivement phosphorescents, après avoir été exposés à la lumière d'un ruban de magnésium, alors que ceux du Cap ne l’étaient pas du tout ou ne l’étaient qu’extrêmement peu. Il a déduit de cette constatation un moyen très simple de reconnaître de suite les diamants du Cap que l’on vend souvent comme diamants du Brésil et qui, en réalité, coûtent moitié moins environ à cause de leur faible éclat.
- Fig. 1. — Reproduction photographique dans l'obscurité d’une statue, au moyen des radiations invisibles qu'elle émet pendent 18 mois, après avoir été frappée par la lumière. Durée de la pose, 10 jours. Les ombres dépendent de la position de la statue pendant son insolation.
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- Dans les sucreries et les raffineries, la masse cuite, ou sirop trop riche que l’on extrait des appareils à cuire, est envoyée aux turbines-essoreuses dans lesquelles s’opèrent la séparation de la mélasse et des cristaux de sucre, et l’épuration de ces derniers que l’on récolte sur une toile filtrante.
- M. Auguste Denis, à Saint-Quentin, qui s’occupe spécialement de constructions mécaniques et réparations pour sucreries, a bien voulu nous faire connaître scs nouveaux appareils, destinés au transport et au mélange automatique des sucres en cristaux. Ces appareils suppriment les mains-d’œuvre mul-
- \ uc cl eii5>eiiil)le U uue usine munie des appareil-' A.
- riQUES DES SUCRES
- tiples et destructives de ces produits; ils amènent les sucres rendus homogènes, débarrassés des grugeons ou masses durcies, vers l’ensacheur, et ils règlent en même temps à volonté la quantité à envoyer au peseur d’une façon continue.
- Dans la figure ci-jointe est représenté l’ensemble d’une usine munie des appareils dont nous venons de parler. À droite, à la partie inférieure, se trouve une batterie de 8 ou 10 turbines actionnées mécaniquement. Les cristaux de sucre, épurés jusqu’au blanchiment dans le tambour centrifuge de ces turbines, sont recueillis au moyen d’une petite pelle à main et
- iis destinés au transport et au mélange automatiques.
- projetés dans l'entonnoir récolteur fixé contre le cotire de chacune des turbines de la batterie. L’entonnoir est émaillé en bleu afin de faciliter le départ du sucre, chaud au moment du récoltage, et aussi pour permettre de mieux se rendre compte de la beauté des cristaux. Des entonnoirs le sucre tombe dans une vis d’Archimède à nochères et spires émaillées, et cette vis le porte à un élévateur à courroie garni de godets émaillés.
- L’élévateur à courroie monte le sucre au magasin. L’hélice d’arrivée dans le magasin est armée de vannes par lesquelles on fait arriver le sucre à volonté dans l’un ou l’autre des 6 ou 8 coffres-magasins placés sous l’hélice et sur un rang ou deux. Les grains des diverses nuances sont emmagasinés dans ces coffres. On y loge soit une cuite entière,
- soit deux cuites distinctes. Les coffres-magasins sont armés à leur partie inférieure de vannes à coulisses qui permettent de les ouvrir en chute sur une hélice située au-dessous de ces vannes. Cette dernière hélice prend toute la longueur des 6 ou 8 coffres composant le mélangeur. Elle peut donc recevoir les sucres tombant de tous ces coffres : elle reçoit isolément ceux que l’on envoie des coffres dont on veut opérer le mélange, en ouvrant par exemple la vanne du premier et celle du dernier coffre. Celte hélice mélangeuse, que l’on voit en détail dans le cartouche de la figure, est à pas inverses ; elle ramène les grains des extrémités vers le milieu, mélangeant les diverses nuances, en les portant à la trémie de sortie en vue de l’ensachage et du pesage automatique. A volonté on peut donc mélanger les sucres
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- LÀ NATURE.
- turbines de deux ou trois coffres et même d’un plus grand nombre.
- En cartouche, à la partie supérieure, à droite de la figure, est représenté le détail des rouleaux concasseurs des grugeons qui se forment dans les cristaux de sucre; ils sont placés entre chacun des coffres et l’hélice mélangeuse qui mène le sucre à la trémie de. l’ensacheur peseur.
- Ces rouleaux ont pour but non seulement de détruire les grugeons, mais aussi de déterminer la quantité' de sucre qui doit passer par minute et régler l’alimentation de l’ensacheur peseur automatique. Les deux axes des rouleaux coniques portent chacun un petit engrenage et ces deux engrenages relient le mouvement lamineur des rouleaux. L’écartement entre les deux rouleaux se règle par le déplacement latéral de ceux-ci.
- Ces nouveaux appareils, heureusement appliqués par M. A. Denis, ne peuvent donner que de très bons résultats dans l’industrie sucrière. J. Leroy.
- . L’INDUSTRIE DES DÉCHETS DE COTON
- On ne se figure généralement pas qu’il existe toute une industrie qui a pour but de mettre en œuvre les déchets de coton, tout simplement parce qu’on ignore que ces déchets représentent une quantité énorme de matière première, plus ou moins avariée dans les filatures. La question est curieuse en elle-même, et elle est fort intéressante à signaler à un moment où la matière première ordinaire, le coton pur, fait relativement défaut pour satisfaire aux besoins de l’industrie de la filature et par conséquent du tissage; naturellement cette matière textile est bien moins coûteuse que le coton proprement dit, et quoiqu’elle présente des défaux sérieux, notamment par suite des saletés qu’elle contient, elle est utilisée couramment pour faire des filés vulgaires dans un assez grand nombre d'usines anglaises et dans quelques établissements du continent.
- L’origine de ces déchets est multiple, en ce sens que, sous des noms d’ailleurs différents et qui correspondent à leur origine, ils peuvent provenir de phases variées de la fabrication et de diverses parties des machines qui traitent le coton pour le transformer en filé : tantôt c’est ce qui tombe des machines à ouvrir et des batteuses, tantôt des plateaux et des machines à carder; on en ramasse aussi sous le cylindre de carde et les tambours briseurs, on recueille encore les déchets quand on nettoie le cylindre et les déchargeurs de cardes; ce sont aussi les balayures ordinaires, de même que les déchets du peignage ou des bobines, du nettoyeur, etc. On met de côté également les bouts durs de diverses provenances, que l’on ne peut faire entrer dans les bonnes qualités de filés sous peine de déprécier la marque, les résidus des « mules », les balayures de l’atelier à filer et enfin les .déchets tachés d’huile. A la rigueur les meilleurs de ces déchets peuvent être repris, et le sont effectivement par la filature même où ils sont produits, pour être mélangés en faible quantité avec les colons purs; mais cela ne se fait qu’exceptionnellement et tous ces déchets sont généralement vendus à des industriels spéciaux qui les nettoient soigneusement et les cardent, puis les filent au moyen de machines toutes particulières dont nous ne pouvons évidemment rien dire, mais qui sont fabriquées
- toutes en Angleterre par des spécialistes du Lancashire. Avec les déchets propres et sans résistance on fait de la ouate, avec les déchets durs, souillés et grossiers on fabrique, après nettoyage comme de juste, soit des filés communs, soit, quand les matières sont trop grossières, des étoupes à nettoyer les machines. Quant aux filés communs, mais propres et d’assez bonne qualité, obtenus de la sorte, ils servent à confectionner non seulement des mèches de bougies et autres choses du même genre, mais encore des tissus spongieux, des serviettes de toilette, des couvre-pieds, des flanelles de qualité inférieure et aussi des fils qu’on emploie pour le dessous de certains tapis à la place de fils de lin ; enfin, et c’est là l’explication du bon marché de certains tissus, on les mélange au tissage avec des fils de laine ou de coton de bonne qualité.
- Donnons quelques chiffres qui vont montrer l’importance du commerce qui se fait sur les déchets de coton : en 1897, par exemple, l’Angleterre a importé des Etats-Unis plus de 5 millions de kilogrammes de déchets de coton, ce qui représentait une valeur de 1596 000 fr. A Hambourg, en 1898, l’importation analogue a été, toujours en provenance de la Confédération américaine, de 9 575000 kilogrammes, pour une valeur de plus de 4 millions 1/2 de marks; à Brème ce sont des dizaines de milliers de tonnes que l’on introduit annuellement des divers pays du monde où il existe une industrie cotonnière. Cela est d’autant moins étonnant qu’en fait, au fur et à mesure que les machines ordinaires atteignent une plus grande perfection dans le nettoyage et le filage, elles se montrent plus impitoyables pour les défauts de la matière première, et que de plus en plus augmente la quantité de déchets que l’on recueille dans une même usine. Pour donner une dernière idée précise, nous dirons qu’une filature de quelque 40000 broches produit de la sorte annuellement plus de 95000 kilogrammes de déchets. I). B.
- CHRONIQUE
- Le eoke «le tonrhe en Russie. — Voici bien longtemps que l’on cherche à tirer un meilleur parti des quantités considérables de combustible qui se rencontrent dans certains pays sous la forme de gisements de tourbe : la tourbe est bien employée au chauffage domestique, mais même à ce point de vue restreint elle n’est pas sans offrir de réels inconvénients qui sont pour ainsi dire dirimants en matière de chauffage industriel. Les inventeurs ont multiplié leurs efforts pour arriver à une solution satisfaisante, surtout en présence de la crise charbonnière qui s’est produite ces temps derniers et dont nous avons parlé récemment.
- En Russie, on s’est préoccupé grandement de la question, d’abord parce que l’industrie s’v développe rapidement, et aussi parce que la contrée contient d’immenses tourbières dont la superficie peut être évaluée sans exagération à des centaines de millions d’hectares. Des essais avaient été poursuivis pour parvenir à transformer cette tourbe en coke utilisable industriellement, mais le prix de revient était toujours exagéré. Yoici cependant que l’on annonce qu’un ingénieur, M. Ziegler, serait arrivé à tirer de la tourbe un coke qui ne se vendrait que 10 kopecks, aulrement dit 40 centimes le poud de 16 kilogrammes, alors que le coke ordinaire se vend couramment d 58 à 40 kopecks. M. Ziegler a, paraît-il, installé une usine à Oldenbourg, et il y obtient deux produits différents tirés de la ttfurbe, d’une part un coke noir, et
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- LA NATURE.
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- île l’autre du coke brun ou demi-coke comme il le nomme.
- Le premier peut servir à tous les usages auxquels on applique la houille, il ne produit que peu de cendres et point de flammes; le second donne une légère flamme, mais il est excellent pour le chauffage.
- Ces renseignements nous sont fournis par notre confrère russe, la Gazette du Commerce et de l'Industrie, qui y ajoute d’autres détails semblant prouver que l’on est en face d’une méthode réellement pratique. Le Ministère des Voies de communication a fait suivre par un de ses ingénieurs les expériences et travaux de l’usine dont nous venons de parler et, en présence des résultats satisfaisants obtenus, il aurait suscité la construction de nouvelles usines sur la ligne du chemin de fer Nicolas. On estime que le prix de l'evient pourrait s’abaisser à 6,5 kopecks, peut-etre à 4 et, en outre, la fabrication de 2 millions et demi de pouds de coke laisserait comme résidus 8000 pouds d’alcool mélhvlique représentant une valeur de quelque 200 000 francs, et enfin des matières diverses valant au moins 120 000 francs : cela viendrait encore diminuer les frais de production du coke de tourbe.
- Le platane et ses Inconvénients. — On sait que le platane est d’un voisinage peu agréable par suite de la poussière qu’il lépand. Cette poussière, qui est formée . parles poils étoilés de la face inférieure de ses feuilles, ! est irritante pour les voies respiratoires et pour les yeux, j Mais ce n’est pas tout. L’écorce du platane abrite de grandes quantités de nids d’un acarien, le tetranyehus telarius var., russeolus Koch, qui est un parasite accidentel de l’homme. Ce tétianique, après s’ètre abrité l’hiver sous l’écorce du platane, émigre au printemps sur les feuilles du fraisier, du haricot et de diverses autres plantes herbacées, c’est la maladie qu’on appelle la grise. Lorsque ces plantes ne sont pas à sa portée, il essaie bien de se nourrir des feuilles du platane, mais elles deviennent vite trop coriaces pour sa dent, c’est alors qu’il s’attaque occasionnellement à l’homme.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 15 mai 1901. — Présidence de M. Fouqüé.
- Photographies du spectre solaire. — M. Janssen dépose une Note de M. de la Baume-Pluvinel relative aux observations qu’il a faites en Espagne lors de l’éclipse , solaire du 18 mai 1900. M. de la Baume-Pluvinel est actuellement à Sumatra pour l’observation de l’éclipse du 18 mai prochain. Cette Note est accompagnée de plusieurs photographies du spectre solaire.
- Exploration polaire. — S. A. S. le prince de Monaco, au nom du Comité Nansen, fait hommage à l’Académie du deuxième volume consacré aux résultats de l’exploration polaire de Nansen.
- Recherches sur la bile. — M. A. Gautier résume un travail de M. Cracianu sur les causes de formation des calculs biliaires. Quoique ces recherches ne soient pas concluantes sur cette question, elles ont, néanmoins, le mérite de reposer sur un très grand nombre d’analyses de bile et de fournir des données utiles. La bile des animaux jeunes renferme une plus grande quantité de matières donnant un résidu sec ; les corps gras et la lécithine abondent chez les animaux gras et chez les animaux âgés. On peut s’expliquer a priori ce fait en observant que chez cette dernière catégorie d’animaux le fonctionnement s’effectue moins parfaitement.
- Décès. — L’Aeadëmife reçtfit la nouvelle dé la mort de
- M. Rowland (Henry-Augustin), de l’Université de Baltimore, correspondant de la section de physique.
- Varia. — M. Lippmann décrit un galvanomètre de son invention et présente une Note de M. Pellat sur un moyen d’accroître la distance explosive de deux condenseurs de dimensions différentes. M. Duclaux dépose une Note de M. Etard sur le dédoublement des matières albuminoïdes.
- Séance du 20 mai 1901. — Présidence de M. Fouqué.
- Composition du sol de Madagascar. — M. Ch. Schlœsing a comparé des échantillons de terres riches en oxyde de fer provenant de Madagascar et de la France continentale. Dans les terres françaises il n’a jamais dosé p us de 1 pour lOd d’alumine tandis que dans les terres rouges ! de Madagascar, la proportion atteint 12 pour 100. C’est | une argile toute autre que celle de France; l’ana yse ! physique a montré que l’alumine y est à l’etat de sable fin. Cette substance n’a aucun - influence sur la compacité du sol. Ces terre' rouges couvrent à Madagascar de grandes étendues peu fertiles; l’aluminium n’est pour rien dans cette stérilité.
- Eclipse solaire. — M. Janssen annonce qu’il a reçu une dépêche de M. de la Baume-Pluvinel qui est allé à Sumatra oh-erver l’éclipse solaire. Malgré qm l pies légers nuages Je programme complet d’obsi rvatiuns tracé par M. Janssen a pu etre réalisé. Les nouvelles des sta-ti->ns anglaises sont moins sati'faisantes. Les observations ont porté sur la rotation de la couronne Sulaire, la chaleur émise par elle et le spectre ne cette couronne. Un sait que le spectre de cette couronne présente souvent des raies obscures dont la pi ésenc - parait liée à l’abondance des laciics solaires, c’est-à-dire liée à la période de onze années. L’éclip e actuelle a confirme cette hypothèse.
- Essence des tigelles de hêtre. — M. Gaston Bonnier présenle une Note de M. Tailleur sur la substance odorante des jeunes hêtres en germination. Cette matière n’est autre que l’éther méthylsalycilique communément employé en parfumerie. Cet éther entre pour une part très importante dans la composition de l’essence de Winter-green ; il est encore employé avantageusement en médecine pour calmer les douleurs rhumatismales. Il suffit de froisser dans les doigts des tigelles de hetre pour reconnaître l’odeur de l’essence de VVintergreen.
- Oxydation de l’albumine. — M. A. Gautier résume une Note de M. Hugounenq, professeur à la Faculté des sciences de Lyon, relative à l’oxydation de l’albumine. On avait déjà obtenu des traces d’urée en oxydant l’albumine par le permanganate. M. Hugounenq a démontré d’une façon définitive que l’urée peut dériver de l’oxydation de l’albumine. En chauffant à 88° l’albumine avec le persulfate d’ammoniaque, il obtient non plus des traces d’urée, mais une proportion de cette matière représentant 5 à 6 pour 1 OU du poids de l’albumine traité. Il parait donc vraisemblable que dans l’économie l’oxydation de l’albumine peut fournir une partie de l’urée.
- Élection. — L’Académie procède à l’élection d’un membre de la section de médecine et de chirurgie en remplacement de M. Potain. M. Laveran est élu au 5e tour de scrutin par 40 voix contre 26 données à M. Richet.
- farta. — M. Edmond Perrier analyse un travail de M. Bounhiol relatif à la respiration des spirographis spal-lanzani. — M. Darboux dépose une Note de M. Bigourdan sur l’éclipse du IVe satellite de Jupiter observée à Paris dans la nuit du 17 au 18 mai. Cn. de Villedeuil.
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- LA NATURE.
- il G
- GROUPE ÉLECTROGÈNE DE FAIBLE PUISSANCE
- Tous les amateurs électriciens, et notamment les cyclistes, sont à la recherche d’un groupe électrogène de faible puissance. Les piles ont fait leur temps ; il en reste encore quelques modèles que les amateurs remanient sans cesse pour essayer de trouver enfin la pile qui fournira l’éclairage électrique à la maison. Hâtons-nous de dire que le nombre de ces amateurs est aujourd’hui très restreint, et que l’on recherche de préférence une source mécanique d’énergie électrique de très faible puissance. Nous avons décrit récemment1 un groupe électrogène à moteur à pétrole de 2,5 kilowatts (110 volts et 25 ampères) ; nous allons en faire connaître un autre à moteur à pétrole également d’une puissance de 50 watts.
- Le groupe électrogène, dont la figure ci-jointe représente une vue d’ensemble, comprend un petit moteur à pétrole A et une dynamo R, actionnée par courroie. Le moteur est un moteur ordinaire à 4 temps. L’air extérieur est aspiré par une ouverture pratiquée à l’arrière, passe dans le socle du moteur où se trouve un carburateur à surface, et vient agir sur le piston. A la sortie, les gaz d’échappement passent dans le socle du moteur pour réchauffer le carburateur, et viennent ensuite dans un pot d’échappement que l’on met en communication avec une cheminée. L’allumage du moteur se fait à l’aide d’une bougie ordinaire ; l’étincelle est fournie par une bobine de Ruhmkorff E alimentée par un accumulateur D.
- Groupe éleclrogèue du 50 watts.
- Pour prévenir tout échaufferaient, un récipient d’eau II, d’un volume de 25 litres, est disposé pour faire écouler de l’eau autour du cylindre du moteur ; cette eau revient dans le récipient et il s’établit un courant continu. Le moteur a une puissance utile de 15 kilogrammètres par seconde à la vitesse angulaire de 000 tours par minute. H commande, à l’aide d’une petite courroie de transmission, une dynamo shunt type Manchester, à enroulement en tambour. Le support de l’enroulement est en ferlamellé à dents. Cette dynamo donne 10 volts et 5 ampères, à la vitesse angulaire de 2400 tours par minute ; l’excitation consomme 1 ampère. On peut facilement charger 4 accumulateurs en tension à l’intensité de 5 ampères, allumer 7 lampes de 10 volts et de 0,8 ampère, ou 2 lampes de 10 volts et 2,5 ampères. On peut également mettre les accumulateurs en volant pendant la marche. L'énergie produite dans une heure 1 Voy. n° H il. <tn 16 février J 901, p. 187.
- est de 50 watts-heure pour une dépense d’essence de 0fr,20. Le moteur A et la dynamo B sont montés sur un socle en bois recouvert de toile cirée, d’une longueur de 0m,80 sur 0m,25 de largeur. Le moteur pèse 27 kg, la dynamo 2 kg, le socle 1 kg; l’ensemble pèse donc 50 kg. La hauteur du moteur est de 0m,50 et la hauteur de la dynamo est de 0m,ll. L’installation est complétée par un tableau de distribution F qui renferme 2 interrupteurs à plusieurs directions, un disjoncteur, un ampèremètre et un voltmètre, et par un lustre G où sont placées les lampes d’utilisation. Comme on le voit, cette installation est des plus simples, et peut cependant rendre des services, ne serait-ce qu’au cycliste qui veut charger les deux accumulateurs nécessaires pour l’allumage de son moteur. J. L.
- Le Gérant , P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- LA NATURE
- VINGT-NEUVIÈME ANNÉE— 1901
- PREMIER SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Academie des sciences (Séances hebdomadaires de 1’), 15, 31, 47, 62, 79, 95, 111, 127, 143, 159, 175, 191, 207, 223, 259, 255, 271, 287, 303, 519, 335, 351, 382, 599, 415.
- Acétylène dissous (L’), 289.
- Acétylène en Allemagne (L'), 94.
- Acide carbonique liquide (L’J, 214.
- Acide carbonique (L'industrie de 1’), 382.
- Acide sulfurique (Fabrication de F), 195.
- Action diastasique (Le mécanisme de F), 159.
- Acuité visuelle (Nouvelles mesures de F), 286.
- < £
- Adaptateur Guénault transformant les
- kodaks pour l’emploi des plaques ( Photo-cartouche-lorgnette ), 328.
- Aiguilles pour barrages (Un nouveau dispositif d’), 366.
- Air liquide dans 1 ’ antiquité ( L’ ), 142.
- Air pour frein de locomotive (Compresseur d’), 110.
- Ajonc (Valeur nutritive de F), 403.
- Albumine (Oxydation de F), 415.
- Alcaloïdes du tabac (Les), 351.
- Alcool russe (La régie de F), 23.
- Alcool, du vin et du cidre en France (Consommation de F), 78.
- Alcool œnanthylique (L’), 160.
- Alcool pour l’éclairage au Congo (Emploi de F), 270.
- Alimentation d’eau de Château-Chinon (L’), 207.
- Alliages d’aluminium, 367.
- Alliages d’or, 319.
- Alluvions comme filtres naturels (Des), 358.
- Alpes françaises (Les), 99.
- Andrée (Le sort d’), 282.
- Anesthésie opératoire (Une nouvelle méthode d’), 170.
- Anesthésique (Un nouvel), 51.
- Animal mystérieux (Un), 127.
- Animaux se cachenl-t-ils pour mourir ? (Les), 26.
- Appareils à dessiner, 175.
- Appareil fumivore pour les cheminées d’usines (Un), 15.
- Arc de méridien du Pérou (L’), 111.
- Argent (L’oxydation de F), 79.
- Argent au point de vue thermo-chimique (Les états allotropiques de F), 175.
- Armstrong (William), 111.
- Arvc en décembre 1900 (Lavallée de F). 75.
- Association internationale des académies. 338.
- Association internationale des académies, (La session de F), 351.
- Astres par rapport au méridien (La photographie des positions des), 239.
- Atmosphères planétaires (Théorie cinétique des), 126.
- Attelage automatique des wagons (Un système d’), 355.
- Auto-commutateur téléphonique. 55.
- Auto-incandescent (L’), 281.
- Automobile ; les petites voitures (Salon de F), 183.
- Automobile ; allumage dans les moteurs à essence de pétrole (Salon de F), 195.
- Automobile ; les grandes voitures (Salon de l’i, 243.
- Automobile à pétrole la plus vite (L’), 339.
- Automobiles de guerre (Les), 51.
- Automobiles en 1900 (Concours d’), 5.
- Automobiles eu 1900 (Essais militaires d’), 3.
- Automobilisme en agriculture (L’), 167.
- Avalanche (L’), 230.
- Azote et son cycle (La combustion de F), 250.
- B
- Balance automatique pour paquets postaux, 261.
- Balistique (Expériences de), 30.
- Bananes (La farine de), 371.
- Baousse del Biel et le Pas de l’Arc (Le), 227.
- Baromètres vivants, 404.
- Barrage à revêtement métallique,
- 143.
- Basaltes d’Auvergne (L’âge des), 15.
- Bassin par la radiographie (Mensuration du), 551.
- Bassines de Magnaneries (Le mal des), 2.
- Bateaux ambulances et les navires hôpitaux (Les), 97.
- Batraciens (Soins donnés aux jeunospar les), 305.
- Bibliothèque nationale, travaux d’agrandissement, 119.
- Bibliothèque vieille de plus de 40 siècles (Une), 146.
- Bile (Recherches sur la), 415.
- Blaek-root (Le), 303.
- Blé et betterave, 94.
- Bobine de RuhmkorlF à étincelle de O^SO de longueur, 109.
- Bobines d’induction. Interrupteurs rapides, 237.
- Bois (Conservation des), 362.
- Bouches-à-feu de côte de Saint-Chamond, 296.
- Bouquetin des Alpes (Le), 282.
- Boutons à fruits (Le greffage desî, 379.
- Braseros et poêles à pétrole, 273.
- c
- Câble électrique posé sur la glace, 223.
- Cadrans solaires remarquables, 275.
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- 418
- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- Calcimèlres-acidiniètres de M. lloudaille (Les), 241.
- Calendrier (Le), 70.
- Canal de drainage de Chicago (Le grand),
- 00.
- Canine (Lu phénomène dans l’espèce), 03.
- Caprina (L'étage du), 159.
- Carbonate de chaux et l'àge de la terre (La circulation du), 78.
- Carbure de calcium, 354.
- Carte géologique du Mont-blanc, 535.
- Causes (De la durée moyenne des), 10.
- Cellules (Le fonctionnement des), 303.
- Centre du sommeil (Le), 115, 190.
- Champignon rose vénéneux, 74.
- Champignons curieux, 41.
- Champignon du cancer (Le), 47.
- Chancres du pommier (Les), 207.
- Chargeur mécanique et fover fumivore,
- 51.
- Châssis photo-tireur, 115.
- Chatin (Adolphe), 145.
- Chemin de fer russo-chinois (Un nouveau), 111.
- Chemin de fer sibérien (De Berlin à Yladiwostok par le), 503.
- Chemin de fer à gravité (Un), 255.
- Chemin de fer électrique aérien de Berlin (Le), 523.
- Chemins de fer (La neige et les), 122.
- Cheval (Alimentation du), 88.
- Cheval nain, le plus petit cheval du monde (Un), 191.
- Chevaux nautiques du Pérou (Lespetits), 501.
- Chimiques de quelques corps simples (Transformations des propriétés), 17.
- Chronomètres (La compensation de l’erreur secondaire des), 585.
- Chronomètres (Le magnétisme des), 15.
- Chronométrie (Un progrès en;, 147.
- Chronophutographie (La), 510.
- Cidre Allemand (Le), 59.
- Classicompteur-imprimeur (Le), 309.
- Cohéreur des ondes électriques (Nouveau), 111.
- Coke de tourbe en Russie (Le,, 414.
- Coliques hépatiques (Traitement des), 575.
- Cologne port de mer, 546.
- Compoundage aux locomotives à marchandises (L’application du), 40.
- Compteur horo-kilométrique pour voilures de place, 193.
- Conduites d’eau en bois (Les), 521.
- Confitures en Angleterre (La fabrication des), 124.
- Construction hydraulique des remblais (La), 503.
- Cordes (Appareil à raidir les), 319.
- Cornu (M. Maxime), 318.
- Corps nouveau, 207.
- Corps radio-conducteurs et le sélénium (Les), 335.
- Correspondance, 190.
- Correspondance scientifique, 191.
- Coup de mer, 272.
- Coupe phènakisticope du docteur P. Richer, 224.
- Courbes et les grandes vitesses sur les chemins de fer (Les), 30.
- Couronne solaire (La rotation delà), 354.
- Coussinet à serrage automatique (Un), 595.
- Crêtes chez les coqs (Obtention des grandes), 6.
- Cryptes cruciformes (Les), 279.
- Cuivre sur les végétaux (L'action du). 271.
- 1)
- Déchets de coton L’industrie des;, 414. Densité de la population à Paris (La),
- 91.
- Déplacement vertical propre à certains poissons (Un moyen de), 223.
- Dock flottant de 150 mètres (Un), 142. Docks de carénage au Japon (Nouveaux grands), 254.
- Dourine (La), 39.
- Droitier ou gaucher (Pourquoi on est). 306.
- E
- Eau bouillie chez les anciens (L'usage de P), 50.
- Eau par le magnésium et l’aluminium (Réduction de 1’), 318.
- Eau oxygénée sur l’argent (Action de 1’) , 355.
- Eaux à Paris (Les), 58.
- Echanges gazeux propres aux plantes (Reproduction artificielle des), 383.
- Eclairage à l’aide des becs Auer et du pétrolé (L’), 31.
- Eclairage par l'acétylène en Bavière, 598.
- Eclairage par les microbes (I/), 295.
- Éclipse solaire, 415.
- École navale allemande (L’), 259.
- Elections à l’Académie des sciences, 15. 47, 111, 287, 585, 415.
- Électro-aimant (Nouvelle application médicale de 1’), 337.
- Emaillage mécanique de la fonte, 148.
- Emphvtogènes, 7.
- Empoisonnements par la bière (Épidémie
- _ d’), 83.
- Énergie électrique à Paris, le secteur de la place Clichy (La distribution de U), 34.
- Enseignement supérieur au Canada (L’), 547.
- Entrées à l’exposition prédites par le calcul (Les), 14.
- Entrepôt des laines de Dunkerque (L’), 165.
- Épingles dans un œuf, 550.
- Établissements Krüpp (L’étendue des). 254.
- Étoile nouvelle de Persée (L’), 259.
- Étoiles temporaires (Les), 258.
- Étoiles (A quelle heure se lèvent les), 526.
- Évolution d’une image (L’), 84.
- Excitations nerveuses (Transmission des), 207.
- Exploration polaire, 415.
- Exposition annuelle ; Société française de physique, 333.
- Exposition pan-américaine de 1901 à Buffalo, 344.
- F
- fabisme (Le), 118.
- fantoches vivants (La science au théâtre ; les), 255.
- faune terrestre (La distribution de la), 47.
- Fer forgé et de l’acier (Résistance à la corrosion du), 127.
- Feu qui châtie et le feu qui guérit (Le), 45.
- filtres en fibres de bois (Les), 587.
- Fleurs écloses dans l’obscurité (Les), 271.
- fleuves sous-marins (Les), 87.
- flore alpine (La), 330.
- Fluor à la Sorbonne (Le), 175.
- forêts en Russie (Les), 55.
- fossile qui ressuscite (Un), 588.
- Fossiles (Découverte importante de), 259.
- fourrage (Un succédané du), 223.
- fours à chaux d’un nouveau type, 94.
- frères chinois (Les deux), 351.
- Funiculaire de Montmartre (Le), 308.
- Furcil (Le glissement du), 294.
- Fusil de l’infanterie allemande (Le nouveau), 401.
- G
- Gaz carbéthyle (Le), 222.
- Gaz des roches (Les), 159.
- Gaz liquéfiés (Constantes capillaires des), 62.
- Gazogène Javal (Le), 357.
- Géographie des temps secondaires, 79.
- Géologie de la France, 143.
- Glace (Sur la), 138.
- Glaces du pôle antarctique (Les), 79.
- Glacier de tête-rousse (Le), 67.
- Graines dans l'eau distillée (La germination des), 239.
- Gramme (Z.), 142.
- Gravitation universelle et irrégularités locales de la pesanteur (Constante de la), 206.
- Grêle (Les tirs contre la), 571.
- Groupe électrogène de faible puissance (Un), 187, 416.
- H
- Haut, fourneau mexicain, 91,
- Baveuse mécanique à faux dentée, 75.
- Baveuse mécanique pour mines de houille, 258.
- Hérisson mangeur de poules (Le), 350.
- llermitc (Ch.), 145.
- Hêtre (Essence des ligelies de), 415.
- Hirsch (Adolphe), 585.
- Hiver de 1800-1801 (L’), 100.
- Homme quaternaire dans la vallée du Rhône (L’), 367.
- Homme qui ne transpire pas (Un;, 598.
- Honoraires des médecins et chirurgiens en Ecosse, 350.
- Hôpital militaire de Potsdam (L’), 578.
- Horloge monumentale de la nouvelle gare de Lyon (L’), 47.
- Houille à Yincennes (La), 50.
- Houillère du monde (La production), 127.
- Huile de sardines (L’industrie de T), 155.
- Humidité atmosphérique et la consommation de combustible des hauts fourneaux (L’), 110.
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- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- il y
- Hydrogène liquide cl le coronium L’), 374.
- Hydrogène et noir de fumée, 2.
- Hydrothérapique (Le plus grand établissement), 25-4.
- Hygromètres Lambreehl, 251.
- 1
- Ile de Madagascar (Le sol de 1’), 225.
- Iles Mapia (Les), 205.
- Illuminations à Lyon, 208.
- Illusion d’optique (Récréation scientifique), 00.
- Illusions d’optique, 285.
- Incendies à I’aris (Le service desi, 85.
- Indes anglaises à l’Exposition (Les), 10.
- Indigo des Urines (L’), 551.
- Insectes (Les), 550.
- Insectes mâles et femelles (Dissemblance d’), 505.
- Institut Pasteur à kasanli (Un), 17.
- Institut physico-technique de Gharlul-lenbourg, 120.
- Ions (La théorie des), 507.
- J
- Jardins scolaires en Allemagne (Les), 271.
- Jumelles uplanétiqucs Uhampigny, 205.
- K
- Kaléidoscope à calquer, 288. Kanehinjinga (Le tour du), 542. Kaolins de l’Ailier (Les), 101.
- Laboratoire de Lavoisier (Le), 218.
- Laine dans le monde (La production de la), 509.
- Lampes à incandescence électrique Aucr, 280.
- Lampes à incandescence Solignac (Nouveau dispositif de), 280.
- Langage sans paroles des indigènes d'Algérie et du Transvaal, 100.
- Langue universelle (Constitution d’une), 555.
- Légion d'honneur, 02.
- Légumes crus, 539.
- Leucocytes (Différenciation*des), 223.
- Locomotives à eau surchauffée pour l’exploitation d’un chemin de fer, 271.
- Locomotive ? (Quel est l’inventeur de la),
- 200.
- Locomotive de chemin de fer (La plus puissante), 142.
- Locomotives étrangères. Exposition de 1900 (Les), 27.
- Longueur d’onde des rayons X (La), 250.
- Lumière électrique (Applications de la), 79.
- Lumière sur l’œil et sur l’assimilation (Action chimique de la), 202.
- M
- Machine à coudre la peau (La), 240.
- Machine à démolir les voies ferrées,
- 101. '
- Machine volante de Kretz, 302.
- Magnétiques au commencement du siècle (Les éléments), 150.
- Maison démontable en bois (Une), 113.
- Mammouth (Nouveau), 407.
- Mascaret (Le), 198.
- Mascaret (Heures de), 355.
- Mascaret à Caudebec en-Caux (Le), 552.
- Masse de l’univers et celle de l’atome d’éther (La), 85.
- Médaille française (La), 247.
- Mélangeurs automatiques des sucres, 415.
- Mélasses (Les), 343.
- Mer africaine de l’époque du crétacé (La), 207.
- Mercure en Australie (Le), 547.
- Merveille d’horlogerie, Exposition de l!f00 (Une petite), 10.
- Métaux dilués des eâux minérales (Dosage des), 15.
- Minerai (Découverte d'un), 555.
- Minéraux du Chili (Les), 23.
- Mirage du mont Fairweather (Alaska) (Phénomène de), 303.
- Mirographe (Le), 43.
- Mont Kenya (L’ascension du), 278.
- Montagne qui se décolle (Une), 270.
- Morbier à Morez (De), 71. ,
- Moteurs à pétrole (Le refroidissement des petits), 1.
- Moteurs à essence de pétrole (Salon de l'automobile, allumage dans les), 195.
- Moteurs à vent à l’Exposition (Les), 59.
- Moteurs à pétrole (Hefroidissementdes), 284.
- Mousses des cavernes (Les), 335.
- Moustiques et le paludisme (Les), 22.
- Mucus trachéal (Le), 145.
- Musée national suisse à Zurich (Le Nouveau), 33.
- N
- Napoléon et les bateaux à vapeur, 402. Navigation aérienne en 1900 (La), 103. Navires insubmersibles à flotteurs, 131. Népenthès (Les urnes des), 257.
- Nid d’aiglon, 399.
- Niger (Le cours ancien du), 355. Niobium (Les propriétés du), 535. Nombres par l’image (La représentation des), 565.
- Nouveautés utiles, 79.
- Nuages (La hauteur des), 40.
- O
- Observatoire météorologique de Trappes (L’), 179.
- Œillets (Une maladie des), 51.
- Œufs (Les), 152, 410.
- Oiseaux de basse-cour (La toilette des),
- 86.
- Olivier (La manne de 1’), 159.
- Ollier (Docteur), 14.
- Omnibus électriques à Berlin (Les), 106. Onde nerveuse (Vitesse de P), 567. Opuntia fragilis (L’), 567.
- Or dans les sables du Gard (L’), 320. Orages à neige (Les), 171.
- Orchestre original (Un), 139.
- Ordures ménagères d’Anvers (Les), 555. Organes au milieu (Adaptation d’), 255. Oscillation nerveuse électrique (L’).255.
- Oursin au Sahara (Un), 553.
- Oxygène dans les ascensions à grandes altitudes (L’), 385,
- P
- Panthéon électrique (Un), 182.
- Paradoxe (Un), 6.
- Pascal (Principe de), 50.
- Pâte de bois en Amérique (La consommation de), 254.
- Pavage (Un nouveau mode de), 142.
- Pays Européens (La richesse des), 406.
- Peinture chez les anciens (La fabrication de la), 390.
- Pelvimétrie et de radiographie à longue distance (Nouveau procédé de), 268.
- Pendule à télégraphe, 336.
- Pendules en carton, en buis, en ivoire, 55.
- Perle fine (Une curieuse), 67.
- Persodine (La), 387.
- Peste bovine et ses victimes (La), 382. .
- Peuplier (La maladie du), 27.
- Phosphore sur le fer et l’acier (L’influence du), 287.
- Phosphorescence invisible et sa transformation en phosphorescence visible, 410.
- Phosphorique dans les terres (La fixation de l’acide, 191.
- Photo - cartouche - lorgnette adaptateur Guénault transformant les kodaks pour l’emploi des plaques, ,528.
- Photographie, le tirage rapide des positifs, le papier pan, le radios, 70.
- Photométrie des couleurs (La), 270.
- Physionomie dans l’art sauvage (La>, 408.
- Physique solaire (Conquête dans la), 35.
- Pigeon en Égypte (L’élevage du), 395.
- Planchette à écrire pour aveugles, 397.
- Planète Eros (Variabilité de la), 218.
- Planète Mars (A propos des prétendues communications avec la), 133.
- Plantes (Le nom des), 547.
- Plantes nouvelles, 199.
- Plaques rectangulaires minces (Flexion des), 285.
- Platane et ses inconvénients (Le), 415.
- Pluie de sang en Sicile, 335.
- Pluies et taches solaires, 246.
- Poids atomiques des corps simples, 102, 410.
- Points fixes lhermométriques, 238.
- Pommes de terre (Le développement des), 191.
- Pompes à vapeur et pompes à gaz, 398.
- Pompes toupies de Waalwyk (Les), 46.
- Pont avec une pile suspendue en l’air, 225.
- Pont suspendu de plus de 500 mètres de portée (Un), 207.
- Pont Alexandre III (Le), 251.
- Polain (Le professeur), 110.
- Pouvoir radiant (Communication du), 207.
- Prix Anthony Pollok, 254.
- Produit de la Nouvelle-Calédonie (Un), 270.
- Produits rejetés par le Vésuve en 1900 (Les), 51.
- Puceron lanigère (Destruction du), 594.
- Puits artésien du bois de Vincennes (Le), 37.
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- m
- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- R
- Radio-activité secondaire (La), 223, 287.
- Rails de chemin de 1er japonais (Les), 286.
- Raoult (MO, 318-
- Ravages des animaux féroces dans l'Inde (Les), 270.
- Rayons Rœntgen et Becquerel et énergie requise pour l’ionisation des gaz (Energies des), 94.
- Rayons X (L’absorption des), 191.
- Rayons X (Nouveau mode de production des), 287.
- Recenser (Nouvelle machine à), 569.
- Réfrigération industrielle et la conservation des produits alimentaires (La), 19.
- Régime antiseptique (Le),'567.
- Reine (Le deuil d’une), 262.
- Respiration de l’oxygène pendant les ascensions (Appareil pour la), 366.
- Réversibilité des phénomènes chimiques, 225.
- Richesses minérales de la Chine (Les), 305.
- Rivière (La disparition d’une), 58.
- Rivière souterraine de la Guinand, 315.
- Roue de pleine eau à godets siphoïdes (La Yivonnaise), 304.
- Rowland (II. A.), 382.
- S
- Saladeros dans l’Uruguay (Les), 166.
- Salines de Bolivie (La culture des), 106.
- Salubrité de la Tasmanie, 143.
- Santé publique en France (La protection de la), 177.
- Sauterelles d’Amérique (Les), 51.
- Savons antiseptiques (Les), 139.
- Sciage des métaux (Le), 191.
- Science au théâtre ; la tête à l’envers, 95; les fantoches vivants, 255.
- Scientia (Quatrième dîner), 142, 156.
- Séance annuelle publique du 17 déc. 1900 de l’Académie des sciences, 62.
- Secours aux blessés (Les), 150.
- Sel et les animaux sauvages (Le), 291.
- Sériciculture au Siam (La), 378.
- Service météorologique indien (Le), 238.
- Signaux de Mars (Les), 110.
- Signaux hertziens, 123.
- Signaux et aiguilles de chemin de fer (Manœuvre électrique des), 210.
- Signaux maritimes à bras (Les), 163.
- Signaux-phoniques (Projecteur-récepteur de), 160.
- Société française de physique, exposition annuelle, 355.
- Société royale de Tasmanie (La), 398.
- Sol de Madagascar (Composition du), 415.
- Sol des grands fonds océaniques (Le), 175.
- Soles en aquarium (L’clevage des), 382.
- Solutions, cryoscopie, tonométrie (Les), 82.
- Sources alimentant Paris (Les), 191.
- Souris rares (Le prix des), 519.
- Sous-marins (Les), 391.
- Spectre solaire (Photographies du), 415.
- Squelette des feuilles (Le), 150.
- Station électrique et moulin à vent, 206.
- Station électrique du City and South London Railway (La nouvelle), 47.
- Statue de I’ompéi (La), 187.
- Stylographe (Les ancêtres du), 163.
- Sucre électrolytique, 43.
- Sucre et l’alcool dans l’organisme (Le), 143.
- Sulfammonium (Propriétés du), 239.
- Système métrique (Le), 175.
- T
- Tabac dans l’île de Cuba (Le), 327.
- Taches solaires (Le magnétisme terrestre et les), 175.
- Télautographe (Le), 287, 298.
- Télégraphe d’après les nègres (Le), 399.
- Télégraphie sans fil, 291.
- Téléphone haut-parleur, 32.
- Température en Savoie (La), 186.
- Température de l’atmosphère (La), 15.
- Température en Savoie (La), 126.
- Tendeur d’attelage à double articulation (Un). 173.
- Terrassier à vapeur, 156.
- Tête à l’envers (La science au théâtre; la), 95.
- Thé de Ceylan (Le), 65.
- Thé en Russie (La culture du), 578.
- Tir au canon contre la grêle (Le), 266.
- Tir des canons de marine à longue distance, 110.
- Tirage mécanique des foyers, 564.
- Tissus morts et vivants (Distinction des), 351.
- Tourbe au Canada (La), 407.
- Tourelles-barbettes de côte, 209.
- Traction électrique et les chemins de fer (La), 234.
- Traction mécanique des tramways, 262.
- Trains continus à embarcadères rotatifs,
- 14.
- Trains de chemins de fer (Les vitesses des), 74.
- Tramways électriques de Londres (Les), 175, 286.
- Transformateur à haute différence de potentiel et à survolteur cathodique, 238.
- Transmission d’énergie électrique à 250 kilomètres (Une), 146.
- Transport à Munich (Les moyens de), 562.
- Travail-bascule Yinsot (Le), 77.
- Trépidation mécanique locale, 189.
- Trevithick (Richard) et les origines de la locomotive, 227.
- Trombidiose (La), 298.
- Tube lance-fusées de l’armée chinoise (Le), 49.
- Tube-broyeur Dana (Le), 350.
- Tuberculose (L’évolution de la), 145, 582.
- Tuberculose (Les symptômes de la), 271.
- Tuberculose dans le fromage (Le bacille de la), 278.
- Tuilerie monstre (Une), 206.
- ü
- Untban, l’homme sans bras, 107.
- Usine à air comprimé de Billancourt (L’J, 331.
- y
- Valve de bandage pneumatique (Nouvelle), 287.
- Yapcur bleue (La), 358.
- Végétation et lumière électrique, 222.
- Végétaux (La structure des), 111.
- Végétaux phénomènes, 342.
- Venin des scolopendres (Le), 47.
- Verres d’optique (Les), 154.
- Verre d’optique en France (L’industrie du), 215.
- Vésuve en 1900 (Le), 575.
- Viaduc de Gokteik (L’achèvement du), 271.
- Viaduc de Kinzua (Reconstruction du), 225.
- Vie anaérobique (Les conditions de la), 223.
- Vigne (La culture de la), 287.
- Vignes foudroyées (Les), 287.
- Village anéanti (U«i), 519.
- Vin et incendie, 222.
- Visuelles chez les divers peuples (Préférences), 154.
- Vitesses de rotation des machines (Appareil indicateur des), 81.
- Vivonnaise; roue de pleine eau à godets syphoïdes (La), 304.
- Voiture de Lafayette (La), 127.
- Voitures de la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest (Nouvelles), 117.
- Voitures (Salon de l’automobile ; les petites), 185.
- Yoandzou (Le), 403.
- Volcan dans la lune (Un), 50.
- Voltmètre et ampèremètre à champ magnétique réglable, 174.
- Voyelles. Méthodes synthétiques (Formation des), Tl.
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- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- Aimé (A.). — La maladie du peuplier, ‘27.
- Aimé (Paul). — La neige et les chemins de 1er, 122. — Conservation des bois, 562.
- U. (I).). — La vitesse des trains de chemins de fer, 74. — Une transmission d’énergie électrique à 250 km, 146. — Les îles Mapia, 205. — Nouvelle valve de bandage pneumatique, 287. — Cologne port de mer, 346. — L’industrie de l’acide carbonique en Wurtemberg, 582. — Los filtres en fibre de bois, 587. — I/élcvage du pigeon en Égypte. 395.
- — Les cultures des salines de lîolivie, 406. — L’industrie des déchets de coton, 414.
- Baltet (Lucien-Cii.). — Emphytogènes, 7.
- Raudry de S\unier (L.). — L’automobile à pétrole, la plus vile, 539.
- 11 m.t.et (Daniel). — Appareil indicateur des vitesses de rotation des machines, 81. — Les bateaux-ambulances et les navires-hôpitaux, 97. — L’Institut physico-technique de Charlottenbourg, 129. — L’automobilisme en agriculture. 167. — Le chemin de fer électrique aérien de Berlin, 523.
- — Un système d’attelage automatique des wagons, 555. — Un coussinet à serrage automatique. 595.
- Bi.ant.hox (H.-L.-Ai.ph.). — La toilette des oiseaux de liasse-cour, 86. — Le squelette des feuilles, 150.
- Ronjean (Edmond). — La protection de la santé publique en France, 177.
- Bonnier (Caston), de l’Institut. — Adolphe Chatin, 143.
- Boule IL). — Un fossile qui ressuscite, 388.
- Bourdon (Maxime). — La rivière souterraine de la Cuinaud, 3i5.
- Boïkr (Jacques). — Les minéraux du Chili, 23. — William Armstrong, 111. — Le tabac dans l’ile de Cuba, 527. — Le mercure en Australie, 347. —La tourbe au Canada, 407.
- Boyer (Pierre). — Nid d'aiglon, 400.
- Brandicourt (V.). — Les noms des plantes, 547. — Les insectes, 359.
- Buffarr (M.). — La dourine, 39.
- C. (A.). — L’horloge monumentale de la nouvelle gare de Lyon, 47. — Le centre du sommeil, 190.
- Caii.letet L.), de l’Institut. — Sur l’emploi de l'oxvgéne dans les ascensions à grandes hauteurs, 585.
- Cl. ^p.). — pn tendeur d’attelage à double articulation, 173.
- C.vmauasa (Mis df.). — Les petits chevaux nautiques du Pérou, 501.
- Cartaz (Ur A.). — Le mal des bassines des magnaneries, 2.
- — Les moustiques et le paludisme, 22. — Un nouvel anesthésique, 51. — Epidémie d’empoisonnements par la bière, 85. — Le centre du sommeil, 115. — Le fabisme, 118. — Les savons antiseptiques, 159. — La trombidiose, 298. — Nouvelle application médicale de l’électro-aimapt, 337. — Traitement des coliques hépatiques, 375. — La persodine, 587.
- Cavf. (Georges). — Le puits artésien du bois de Yineennes, 57. — Les moteurs à vent à l’Exposition, 59. — Baveuse mécanique à faux dentée, 75. — Terrassier à vapeur, 136.
- — Emaillage mécanique de la fonte, 148. — La traction mécanique des tramways, 262. — L’usine à air comprimé de (Billancourt, 351. — Tirage mécanique des foyers, 564.
- Cuampigny (A.). — Jumelles aplanétiques Champiguy et viseur à micromètre, 203.
- Clément (A.).— Baromètres vivants, 404.
- Gorcelle (J.). — Sur la glace, 158.*— L’avalanche,'230. — Le bouquetin des Alpes, 282.
- Correvon (Henry). — La flore alpine, 560.
- Courra (Henri). — Les animaux se cachent-ils pour mourir? 26. — Champignons curieux, 41. — Récréation scientifique, illusion d’optique, 90. — Les urnes des néjientliès, 257. — Illusions d’optique, 283,
- Coudre y de la Forest (Max Le). — La rivière souterraine de la Cuinand, 315
- Ciutzmax (D1). — Nécrologie; Le professeur Potnin, 110. — Une nouvelle méthode d'anesthésie opératoire, 170.
- Cuxiia (A. da). — Formation des voyelles, méthodes synthétiques, 11. — Une maison démontable en bois, 115. — L’observatoire météorologique de Trappes, 179. — La coupe phénakisticope du DrP. Richer, 224. — Le pont Alexandre 111, 251. — Le funiculaire de Montmartre, 308.
- Ccnisset-Carnot. — La disparition d’une rivière, 58.
- D. — I np curieuse perle fine, 67. — Le travail-bascule Yinsot, 77. — La statue de Pompéi, 187.
- 1). (M.). — Signaux hertziens, 123.
- Daigret (J.). — Les Alpes françaises, 99.
- Di launey (L’-coi.onel). — De la durée moyenne des causes, 10.
- — Les entrées à l’Expositioif prédites par le calcul, 14. — La masse de l’univers et celle de l’atome d'éther, 85. — Poids atomiques des corps simples, 102, 410. — Tourclles-harbeltes de côte, 209. — Bouchcs-â-fcu de côte Saint-Cha-mond, 296. — L’Exposition panaméricaine de 1901 à Buffalo, 544. — La représentation des nombres par l’image, 365.
- — Les sous-marins, 391. — Le nouveau fusil de l’infanterie allemande, 401.
- Derôme (J.). — Une petite merv'cillc d’horlogerie, 16. — Flexion des plaques rectangulaires minces, 285. — La théorie des ions, 507.
- Dur.oix (A.). —Réduction de l’eau par le magnésium et l’aluminium, 518.
- Dubois (L.). — Coup de mer, 272.
- Ducamp (Pioger). — L’or dans les sables du Gard, 520.
- Dumas (Léon). — Un paradoxe, 6.
- Dumoxt (F.). — L’acide carbonique liquide, 21 i.
- Flamel. — Hydrogène et noir de fumée, 2. — Sucre électro-lytique, 45. — Légumes crus, 559. — A?alcur nutritive de l’ajonc, 405.
- Fouché (Maurice). — A propos des prétendues communications avec la planète Mars, 135. — Les étoiles temporaires, 258. — L’acétylène dissous, 289. — La rotation de la couronne solaire, 354.
- Fiiick (Paul). — La voiture de Lafayette, 127.
- G. — 1I.-A. Rowland, 382.
- G. (C.-E.). — Points fixes thermométriques, 258. — La longueur d’onde des rayons X, 250. — La vapeur bleue, 358.
- Gale (J.-F.). — Un volcan dans la lune, 50. — Champignon rose vénéneux, 74. — Variabilité de la planète Eros, 218.
- — Le Yoandzou, 405.
- Genty (L.). — La fabrication des confitures en Angleterre, 124.
- Girard (J.).— La fabrication de la peinture chez les anciens, 390.
- Gouaille (P.). — Pendule à télégraphe, 356.
- Gourdin (Henri). — Végétaux phénomènes, 542.
- Graffignï (H. de). — La navigation aérienne en 1900, 103.
- Geéroult (Georges). — Les verres d’optique, 154. — L’industrie du verre d’optique en France, 213. — Pluies et taches solaires, 246; — Le gazogène Javal, 357. — Planchette à écrire pour aveugles, 397.
- Guillaume (Ch.-Ed.). — Un panthéon électrique, 182. — Le glissement du Furcil, 294. — L’hydrogène liquide et le coronium, 374. — Adolphe Hirsch, 383.
- H. (L.). — Salon de l’automobile, les petites voitures, 183.
- — Salon de l’automobile, les grandes voitures, 245.
- Haciiet-Soudlkt (Pierre). — Un phénomène dans l’espèce canine, 63. •
- Henriot (E.). — Le deuil d’une reine, 262.
- Hommen (Louis). — Salon de l’automobile, allumage dans les moteurs à essence de pétrole, 195. — L’auto-incandesccnt, 284. — Refroidissement des moteurs à pétrole, 284.
- Jacquot (L.). — Préférences visuelles chez les divers peuples, 154. — Le sel et les animaux sauvages, 291.
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- 422
- IJ STE DES AUTEURS PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE.
- Joanms (J. de). — Correspondance, 190.
- Jüllien (0.). — La vallée de l’Arvc en décembre 1900, 75.
- — La température en Savoie, 126, 186.
- Kerlande (Guy). — La science au théâtre, la tète à l’envers, 95. — Les fantoches vivants, 255.
- L. D.). — Les ordures ménagères d’Anvers, 355.
- L. (M.). — L’industrie de l’huile de sardines, 155.
- Laefargle (J.). — Téléphone haut-parleur, 52. — La distribution de l’énergie électrique à Paris, le secteur de la place Clicliy, 54. — Les omnibus électriques à Berlin, 106.
- — Bobine de Ruhmkorff à étincelle de 0m,80 de longueur, 109. — Z. Gramme, 142. — Un groupe électrogène de faible puissance, 187, 416. — Bobines d’induction. Interrupteurs rapides, 237. — Société française de physique; exposition annuelle, 355.
- Ialoy (Dr L.). — Soins donnés aux jeunes par les Batraciens, 505.
- Lapparent (A. de). — Un oursin au Sahara, 555.
- Larralétrier (Ai.bert). — Destruction du puceron Lanigère, 594.
- Launay (L. de). — L usage de l’eau bouillie chez les anciens, 50. — Les kaolins de l’Ailier, 161.
- Lebois D.). — Machine à démolir les voies ferrées, 101. — Les saladcros dans l'Uruguay, 166. — Un chemin de fer à gravité, 255.
- Lehrouant (P.). — Manœuvre électrique des signaux et aiguilles de chemin de fer, 210.
- Leroy (D.). — L’enseignement supérieur au Canada, 547.
- Leroy (,1.). — Nouveautés utiles, 79. — Appareils à dessiner, 175. — Compteur horo-kilométrique pour voitures de place, 195. — Mélangeurs automatiques des sucres, 413.
- Lf.tort (Charles).— Bibliothèque nationale, travaux d'agrandissement, 119.
- Lovf.rdo (J. de). — Les œufs, leurs qualités et leur commerce, 152.
- M. — Les moyens de transport à Munich, 362.
- M. (P.). — Les eaux à Paris, 58.
- M. (P. de). — Le cidre allemand, 59. — Le grand canal de drainage de Chicago, 66. — Haut fourneau mexicain, 91.
- — Projecteur-récepteur de signaux phoniques, 159.
- Malméjac (Dr F.). — Des alluvions comme filtres naturels, 558.
- Mareschal (G.). — La régie de l’alcool russe, 25. — Le mi-
- rographe, 43. — Auto-commutateur téléphonique, 55. — Photographie; le tirage rapide des positifs. Le papier pan, le radios, 70. — Alimentation du cheval à la compagnie générale des voitures à Paris, 88. — Châssis photo-tireur, 115. — Télégraphie sans fil, 291. — Photo-cartouchc-lor-gnette, Adaptateur Guénault transformant les kodaks pour l’emploi des plaques, 528.
- Marey (de l’Institut). — La chronophotographic et les sports athlétiques, 310.
- Marsy (A. de). — Transformations des propriétés chimiques de quelques corps simples, 17. — La phosphorescence invisible e( sa transformation en phosphorescence visible, 410.
- Martacd (P.). — L’opuntia fragilis, 367.
- Martel (E.-A.). — Le nouveau musée national suisse à Zurich, 53. — Le Baoussc del Biol et le Pas de l’Arc, 227. — I/asccnsion du mont Kenya, 278. — Le tour du Kanchin-jinga. 542.
- Matignon (J.). — Le tube lance-fusées de l'armée chinoise, 49.
- Malmené (Albert). — Plantes nouvelles, 199. — Le greffage des boutons à fruits, 579.
- Mégnin (Paul). — Unthan, l'homme sans bras, 107. — Un cheval nain, le plus petit cheval du monde, 191.
- Meige (l)r Henri). — Le feu qui châtie et le feu qui guérit, 45.
- Méhiel (Pierre de). — Le thé de Ceylan, 65. — Navires insubmersibles à flotteurs, 131. — L’entrepôt des laines de Dunkerque, 165. — Reconstruction du viaduc de Kinzua,
- • 225 — L’école navale allemande, 259. — Les conduites d’eau en bois, 521.
- Molina (F.). — La Vivonnaise, roue de pleine eau à godets siphoïdes, 504. — Les tirs contre la grêle, 371.
- Moreux (L’abbé Tu.). — Conquête dans la physique solaire, 35. — Cadrans solaires remarquables, 275.
- Mougin- (P). — Le glacier de tête rousse, 67.
- N. (M.). — Illuminations à Lyon, 208. — Les deux frères' chinois, 551.
- Nadaii.lac (Mu de). — Une bibliothèque vieille de plus de quarante siècles, 146. — Les cryptes cruciformes, 279.
- Xikitine (Tii. de). — Les forêts en Russie, 55.
- Noir (0.). — A quelle heure se lèvent les étoiles, 526.
- Obalski (T.). — Les solutions; cryoscopie-tonométrie, 82. — Les signaux maritimes à bras, 163. — Fabrication de l’acide sulfurique, 195. — Le laboratoire de Lavoisier, 218. — La combustion de l'azote et son cycle, 250. — Balance automatique pour paquets postaux, 261.
- P. (D.). — Le refroidissement des petits moteurs à pétrole, 1.
- I\ (L.). — Concours d’automobiles en 1900, 5.
- Painlevk (Paul), de l’Institut). — Ch. Hermite, 145.
- Parvili.e (Henri de). — La réfrigération industrielle et lu conservation des produits alimentaires, 19. — Les éléments magnétiques au commencement du siècle, 150. — Hygromètres Lambrccht, 231. — Braseros et poêles à pétrole, 273. — Association internationale des Académies, 558. — Le Vésuve en 1900, 375.
- Périsse (Lucien). — Essais militaires d’automobiles en 1900, 5.
- Planciion (Mathieu). — Pendules en carton, en huis, en ivoire, 55.
- Plumandon (J.-R.). — Les orages à ucige, 171. — Le tir au canon contre la grêle, 266.
- R. (A.). — Les locomotives étrangères, exposition de I960, 27. — Nouvelles voitures de la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest, 117.
- R. D.). — Les secours aux blessés, 130.
- R. (L.). — Les ancêtres du stylographe, 165. — Kaléidoscope à calquer, 288.
- Régnault (D1' Félix). — L'évolution d'une image, 84. — La physionomie dans l’art sauvage, 408.
- Reverchon (L.). — De Morbier à Morcz, 71. — Un orchestre original, 139. — Un progrès en chronométrie, 147. — Une montagne qui se décolle, 276.
- Rochas (Albert de). — La médaille française, 247.
- Rocquigxv-Adansox (G. de). — L’hiver de 1800-1801, 106.
- S. (R.). — Les fleuves sous-marins, 87. — L’éclairage par les microbes, 293.
- S. (Dr R.). — L’hôpital militaire de Potsdam, 578.
- Exporta (Antoine de). — Les calcimètres-acidimèlrcs de M. lloudaille, 241.
- Saquet (])), — Trépidation mécanique locale, 189.
- Schneider (Dr G.). — La dourine, 59.
- Tiiiersant (Henri de). — Le tèlautographc, 298.
- Traz (.1. de). — La traction électrique et les chemins de fer, 234.
- Turquan (Victor). — La densité de la population à Paris, 91.
- Varenne (E.L — Action chimique de la lumière sur l’œil et sur l’assimilation, 202.
- Varigny (Henri de). — Les Indes anglaises à l’Exposition, 19.
- Vilcoq (Albert). — Les mélasses dans l’alimentation du bétail, 543.
- Villedeuil (Ch. de). — Académie des sciences (séances hebdomadaires de U), 15, 51, 47. 62, 79, 95, 111, 127, 143, 159, 175, 191, 207, 223, 259, 255, 271, 287, 305, 519, 535, 351, 566, 582. 599, 415.
- ViNor (Joseph). — Le calendrier, 70. — Le mascaret, 198.
- Vitoux (Georges). — Nouveau procédé de pelvimétrie et de radiographie à longue distance, 268. — Le classicompteur-imprimeur, 569.
- Walckenaer (C.). — Richard Trevithick, 227.
- X. (Commandant). — Les automobiles de guerre. 5.
- Z. (Dr). — La machine à coudre la peau. 240.
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- TABLE DES MATIÈRES
- N. B. Les articles de la Chronique, imprimés dans ce volume en petits caractères, sont indiqués
- dans cette table en lettres italiques.
- Astronomie.
- Conquête dans la physique solaire (L’arbé ’lh. Moreux). 35
- Un volcan dans la lune Gaix)................... 50
- Le calendrier (Joseph Yinot)........................... 70
- A propos des prétendues communications avec la planète
- Mars (Maurice Fouché)................................155
- Variabilité de la planète Eros (J.-F. L.)..............218
- Pluies et taches solaires (G. Guéroult.................216
- Les étoiles temporaires (Maurice Fouché)................258
- Cadrans solaires remarquables (L’-rué Tu. Moreux) . . 275
- A quelle heure se lèvent les étoiles (0. Moir).........326
- La rotation de la couronne solaire (M. Fouché). . . . 554
- Les signaux- de Mars....................................110
- Théorie cinétique des atmosphères planétaires . . . 126
- Le magnétisme terrestre et les taches solaires . . . 175
- L’étoile nouvelle de Persée............................259
- La photographie des positions des astres par rapport au méridien.......................................239
- La compensation de l’erreur secondaire des chronomètres.................................................585
- Éclipse solaire.........................................415
- Physique générale
- Formation des voyelles, méthodes synthétiques (A. ha
- Guniia)................................................. 11
- La réfrigération industrielle et la conservation des produits alimentaires (Henri de Parville)................... 19'
- La masse de l’univers et celle de l'atome d’éther
- (Dei.ausey)............................................ 85
- Signaux hertziens (M. D.)..................................125
- L’Institut physico-technique de Charlollei bourg (Daniel
- Berlet).................................................129
- Un progrès en chronométrie (L. Iîevercnos)................ 147
- Les verres d’optique (Georges Guéroult)....................154
- Projecteur-récepteur de signaux phoniques (P. de M.) . 160
- Jumelles aplanéliques Uhampigny (A. Ghamhgny) . . . 205
- L'industrie du verre d’optique en France (Georges Gué- 160
- roui.t)................................................215
- L’acide carbonique liquide (F. Dumont).................... 214
- Hygromètres Lambrecht (Henri re_ Parville).................251
- Points fixes thermométriques (G. E. G.)...................258
- La longueur d’onde deé rayons X (E E. G.).................250
- Moineau procédé de pelvimétrie et de radiographie à
- longue distance (Georges Yimi \........................ 268
- Illusions d’optique (Henri Gouimn).........................285
- Flexion des plaques i e, {angulaires minces (J. Deiiôme). 285
- Kaléidoscope à calquer (L. IL). . . ...................288
- L’acétylène dissous (Maurice Fouché)...................289
- L’éclairage par les microbes (IL S.)...................293
- Société française de physique; exposition annuelle (J. L.) 333
- Le gazogène Javal (G. Guéroult)........................557
- La vapeur bleue (G. E. G.).............................558
- L'hydrogène liquide et le eoronium (Ch.-En. Guillaume) 574 L’industrie de l’acide carbonique en AYurtemberg (D. B.) 582
- La phosphorescence invisible et sa transformai ion en phosphorescence visible (A. re Marsy)....................410
- L’éclairage à l’aide des bers Auer et du pétrole. . . 31
- Constantes capillaires des gaz liquéfiés............ 62
- Energies des rayons Rœntgen et Becquerel et énergie
- requise pour l’ionisation des gaz . .............. 94
- L’air liquide dans l’antiquité.............*. . . 142
- L'absorption des rayons X..............................191
- Constante de la gravitation universelle et irrégularités locales de la pesanteur......................206
- Communication du pouvoir radiant.......................207
- . La radio-activité secondaire...........................223
- Emploi de l’alcool pour Véclairage au Congo. . . . 270
- La photométrie des couleurs............................270
- Xouvelles mesures de l’acuité visuelle.................286
- Radio-activité secondaire..............................287
- Nouveau mode de production des rayons X................287
- Éclairage à l’acétylène en Bavière.....................598
- Photographies du spectre solaire.......................415
- Électricité théorique et appliquée.
- Téléphone haut-parleur, système IL Gaillard (J. Laf-
- fargue)................................................. 32
- La distribution de l’énergie électrique à Paris, le secteur de la place Clichy (.1. Laffargue) . ............ 54
- Auto-commutateur téléphonique (G. Markscual). ... 55
- Les omnibus électriques à Berlin (J. L.)................106
- Bobine de ltuhmkorff à étincelle de 01",80 de longueur
- (J. Laffargue)...........................................109
- Une transmission d’énergie électrique à 250 kilomètres
- (I). B.)............."............................... 146
- Un panthéon clectriipie (Gii.-Eh. Guillaume)...............182
- Un groupe électrogène de faible puissance (J. Laffargue).............................................. 187. 416
- Manoeuvre électrique des signaux et aiguilles de chemins de fer (P. Lerrouant)............................210
- La traction électrique et les chemins de fer (J. re Traz). 234
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- 424
- TA RLE DES MATIÈRES.
- Bobines d’induction. Interrupteurs rapides (.1. L ) . . . 257
- Télégraphie sans lil (G. Marksciial)................291
- I,e tèlaulographc (Henri de Tiiiersant).............298
- La théorie des ions (.1. Dkrôme)................... .">07
- I.o chemin de fer électrique aérien de Berlin (D. Bku.i t) 525
- Le magnétisme des chronométrés......................... 15
- /,« nouvelle station électrique du Cil g oui South
- London Baihvay....................................... 47
- Application de la lumière électrique................... 79
- Nouveau cohéreur des ondes électriques..................111
- Voltmètre et ampèremètre à champ magnétique réglable....................................... . . 174
- Les tramways électriques de Londres....................175
- Station électrique et-moulin à vent....................200
- Végétation et lumière électrique.......................222
- Câble électrique posé sur la glace.....................225
- Transformateur à haute différence de j)olenticl et à
- survolteur cathodique...............................258
- Lampes à incandescence électrique Auer.................280
- Nouveau dispositif de lampes à incandescence Soti-
- gnac................................................280
- Les tramways électriques de Londres....................280
- Les ondes de la télégraphie sans fil....................287
- Le tédautographe....................................... 287
- Photographie.
- Le mirographe (G. Maresciiai.)........................... 45
- Photographie; le tirage rapide des positifs, le papier
- pan, le radios (G. Mahkschai.)........................ 70
- Châssis photo-tireur (G. Mahkschai.).....................115
- La chronophotographie et les sports athlétiques (Marey,
- de l’Institut).......................................510
- Photographie ; photo-cartouche-lorgnette ; adaptateur Guônault transformant les kodaks pour l’emploi des plaques (G. Mahkschai.)..................................528
- Chimie générale.
- Hydrogène eJ noir de fumée (Flamei,)................... 2
- Transformations des propriétés chimiques de quelques
- corps simples (A. he Marsy)............................. 17
- Les minéraux du Chili (Jacques Boykii)................. 25
- Les eaux à Paris (P. M.)............................... 58
- Sucre èlectrolytique (Flamei.)............................. 43
- L’usage de l’eau bouillie chez les anciens (L. de Launay) 50 Les solutions; cryoscopie, tonométrie (T. Ohalski). . . 82
- Haut fourneau mexicain (P. de M.)...................... 91
- Poids atomiques des corps simples (Dki.aunky) . . 10’. 410
- Les savons antiseptiques (Dr A. Cartaz)................159
- L’industrie de l’huile de sardines (M. L.).............155
- Fabrication de l’acide sulfurique (T. Ohalski..............195
- Le laboratoire de Lavoisier (T. Ohalski)...................218
- Les calcimètres-acidimètres de M lloudaillc 'Antoine de
- Sapoiita)..............................................241
- La combustion de l’azote et son cycle (T. Ohalski) . . . 250
- La trombidiose- (IP A. Cahtaz).............................298
- Réduction de l’eau par le magnésium et l’aluminium
- (A. Duboin)............................................318
- L’or dans les sables du Gard (Rouer üucamp)..............520
- Le mercure en Australie (Jacques Boyer)..................517
- Des alluvions comme, filtres naturels (Dr F. Mai.méjac) . 558
- Sur l’emploi de l’oxygène dans les ascensions à grandes
- hauteurs (L. Caillktet, de l’Institut).................385
- La persodine (Dr A. Cahtaz)..............................587
- Les filtres en fibres de bois (D. R.) . . -..........587
- Les cultures des salines de Bolivie (D. B.)..........406
- Conservation des œufs....................................410
- Dosage des métaux dilués des eaux minérales . . . 15
- La houille à Vincennes................................... 50
- L’oxydation de l’argent........................... \. 79
- L'acétylène en Allemagne.............................I 94
- L’alcool œnanlhylique 100
- Le fluor à la Sorbonne...............................175
- Les étals allotropiques de l'argent au point de rue
- thermochimique.....................................175
- Corps nouveau...................................... 207*
- Le gaz carbéthyle....................................222
- La réversibilité des phénomènes chimiques............223
- Propriétés du sulfammonium...........................259
- Un nouveau produit de la Nouvelle-Calédonie . . . 270
- L’action du cuivre sur les végétaux..................271
- L’influence du phosphore sur le fer et Varier . . . 287
- Alliages d'or........................................519
- Carbure de calcium...................................554
- Action de Veau oxygénée sur Vargent..................555
- Les corps radio-conduvteurs et te sélénium...........535
- Les propriétés du niobium............................535
- Les alcaloïdes du tabac..............................551
- Alliages d'aluminium.................................367
- Essence des tigcl/cs de hêtre........................415
- Météorologie — Physique ilu globe. Géologie. — Minéralogie.
- La disparition d'une rivière (Cuntsset-Carnot) .... 58
- Le glacier de Tète-lioussc (P. Mougix).............. 67
- La vallée de l’Arvo en décembre 1900 Jin.i.uv . . 75
- L’hiver de 1800-1801 (G. de Rocquigw-Adanson). . . . 106
- La température en Savoie (O. Jui.likn)..........126. 186
- Les éléments magnétiques au commencement du siècle.
- (H. DK P.)...........................................150
- — Les kaolins de l’Ailier (L. de Launay.............161
- Les orages à neige (J.-R. Pi.umandon)...............171
- L’observatoire météorologique de Trappes (A. da Cunha) 179
- Le mascaret (Joseph Yinot).............................198
- Pluies et taches solaires G. Guéhoult)..............246
- Le tir au canon contre la grêle (J.-R. Plumandon). . . 266
- Une montagne qui se décolle (L. Bevehchon)..........276
- Le glissement du Fureil (Cii.-Ed. Guillaume). .... 294
- La rivière souterraine de la Giunand (Max Le Couppey
- de la Forest et Maxime Bourdon)......................515
- Le mascaret à Caudebee-en-Caux (M. !S.).............552
- Un oursin au Sahara (A. df. Lapparent).................555
- Les tirs contre la grêle (F. Molina)...................571
- Le Vésuve en 1900 (Henri de Parville)..................575
- l a tourbe au Canada Jacques Boyer)....................407
- La température de l’atmosphère.......................... 15
- - L’âqe des basaltes d’Auvergne..................... . 15
- Les produits rejetés parte Vésuve en 1900........... 51
- La hauteur des nuages................................... 46
- La circulation du carbonate de chaux et l’âge de la
- terre................................................. 78
- Les glaces du pôle antarctique.......................... 79
- Géographie des temps secondaires........................ 79
- Géologie de la France...................................145
- Les gaz des roches..................................... 159
- .7/'étage du Caprina...................................159
- La mer africaine de l'époque du crétacé.............207
- Le sol de Vile de Madagascar........................ 225
- Le service météorologique indien.......................238
- Découverte importante de fossiles......................239
- Phénomène de mirage du mont Fainveather (A/asha) 503
- Les richesses minérales de la Chine....................505
- Un village anéanti.................................. 519
- Heures de mascaret . ..................................535
- Carte géologique du Mont-Blanc.........................555
- Découverte d’un minerai................................535
- Pluie de sang en Sicile............................... 335
- L’homme quaternaire dans la vallée du llhône . . . 367
- Composition du sol de Madagascar.......................415
- Physiologie. — Médecine. — Hygiène.
- Le mal des bassines des magnaneries (IP A. Cartaz) . . 2
- Les moustiques et le paludisme (Rr A. Cartaz) .... 22
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- TABLE DES MATIÈRES.
- m
- La domino (Dr G. Schneider et M. Bueeard)............ 59
- Un nouvel anesthésique (Ur A. Caktaz)................... 51
- Le travail-bascule Yinsot (D.)......................... 77
- Epidémie d’empoisonnements par la bière (D1' A. Caktaz) 83 Les bateaux-ambulances et les navires-hôpitaux (Daniel
- Bellet)............................................. 97
- Le centre du sommeil (Dr A. Caktaz)............ 115, 190
- Le fabisme (Dr A. C.)..................................118
- Les secours aux blessés (D. R.)........................130
- Une nouvelle méthode d’anesthésie opératoire (Dr Ciutz-
- man).................................................170
- La protection de la santé publique en France (Edmond
- Bonjean)............................................ 177
- Trépidation mécanique locale (I)r Saqukt)...............189
- Action chimique de la lumière sur l’œil et sur l'assimilation (E. Yarknne)......................................202
- La machine à coudre la peau (Dr Z.l.....................240
- Le bacille de la tuberculose dans le fromage............278
- Nouvelle application médicale de l'électro-aimant (Dr A.
- Caktaz) . ...........................................337
- Légumes crus (ET..).....................................339
- Les deux frères chinois (J.-F. Gau.)....................351
- Traitement des coliques hépatiques (Dr A. Caktaz) . . . 375
- I/hôpital militaire de Potsdam (Dr 11. S.)..............378
- Un Institut Pasteur à Kasanli........................... 47
- Le champignon du cancer................................. 47
- Salubrité de la Tasmanie................................143
- L’évolution de la tuberculose.................. 143, 582
- Le sucre et l’alcool dans l'organisme...................143
- Le mucus trachéal.......................................143
- Le mécanisme de l’action diastasique....................159
- Les sources alimentant Paris............................191
- Transmission des excitations nerveuses..................207
- Les conditions de la vie anaérobique....................223
- U oscillation nerveuse électrique. .....................255
- Adaptation d’organes au milieu..........................255
- Les symptômes de la tuberculose.........................271
- L’indigo des urines.....................................351
- Distinction des tissus morts et vivants.................551
- Mensuration du bassin par la radiographie .... 351
- Appareil pour la respiration de l’oxygène pendant
- les ascensions.......................................366
- Vitesse de Tonde nerveuse...............................367
- Le régime antiseptique..................................367
- Un homme qui ne transpire pas ..........................398
- llecherches sur la bile.................................415
- Oxydation de l’albumine.................................415
- Mécanique. — Art de l'ingénieur. ’ Construction.
- Le refroidissement des petits moteurs à pétrole (D. U.). 1
- Concours d’automobiles en 1900 (L. P.)................. 5
- Les locomotives étrangères. Exposition de 1900. (A. R.).* 27
- Le puits artésien du bois de Yincennes (Georges Cave) . 57
- Les automobiles de guerre (Commandant X.).............. 51
- Les moteurs à vent à l’Exposition (Georges Cave) ... 59
- Le grand canal de drainage à Chicago (P. de M.). ... 66
- De Morbier à Morez (L. Reverchon) ....................... 71
- Les vitesses des trains de chemins de fer (D. B.) . . . 74
- Baveuse mécanique à faux dentée (Georges Caye) ... 75
- Appareil indicateur des vitesses de rotation des machines
- (D. Bellet)......................................... 81
- Machine à démolir les voies ferrées (D. Lekois) .... 101
- Une maison démontable en bois (A. ra Cünha) .... 115
- Nouvelles voitures de la compagnie des chemins.de fer
- de l’ouest ((A. R.)....................................117
- La neige et les chemins de fer (Paul Aimé) 122
- Terrassier à vapeur (Georges Caye).......................136
- Emaillage mécanique de la fonte, nouveau procédé
- (Georges Caye).........................................148
- L’entrepôt des laines de Dunkerque (P. de Mériel) . . 165
- Un tendeur d’attelage à double articulation (P. Ci..). . 173
- Salon de l’automobile, les petites voitures (L. IL) . . • 185
- Compteur horo-kilométrique pour voitures de place
- (J. Leroy)........................................193
- Salon de l’automobile; allumage dans les moteurs à
- essence de pétrole (Louis Homme.v)................195
- Reconstruction du viaduc de Kinzua (Pierre de Mériel). 225 Richard ïrevilhick et les origines de la locomotive (C.
- Walckenaer).......................................227
- Un chemin de fer à gravité (D. Ledois)...............255
- Salon de l’automobile; les grandes voitures (L. 11.) . . 243
- I.c pont Alexandre III (A. ua Cünha).................251
- La traction mécanique des tramways (Georges Caye) . . 262
- L’auto-incandescent (Louis Homjien)....................284
- Refroidissement des moteurs à pétrole (Louis Hommes). . 284
- La Yivonnaise ; roue de pleine eau à godets siphoïdes
- (F. Molina).........................................594
- Le funiculaire de Montmartre (A. da Cunha).............308
- L’usine à air comprimé de Billancourt (Georges Caye) . 531
- L’automobile à pétrole la plus vite (L. Baudry de Saunier) .............................................. 539
- Un système d’attelage automatique des wagons (D. Bel-
- i.et).............................................555
- Les moyens de transport à Munich (M.)..................562
- Tirage mécanique des foyers (Georges Caye).............564
- Un coussinet à serrage automatique (1). Bellet). . . . 395
- Mélangeurs automatiques des sucres (J. Leroy) .... 415
- Trains continus à embarcadères rotatifs................ 14
- Un appareil fumivore pour les cheminées d’usines . 15
- Principe de Pascal................................... 50
- Expériences de balistique.............................. 59
- Les courbes et les grandes vitesses sur les chemins
- de fer............................................ 59
- Chargeur mécanique et foyer fumivore................... 31
- Les pompes toupies de Waalwyk.......................... 46
- Vapplication du compoundage aux locomotives à
- marchandises........................................ 46
- L'humidité atmosphérique et la consommation de
- combustible des hauts fourneaux.....................101
- Compresseur d’air pour frein de locomotive .... 110
- Un nouveau chemin de fer russo-chinois.................111
- Résistance à la corrosion du fer forgé et de l’acier . 127
- La plus puissante locomotive de chemin de fer. . . 142
- Un nouveau mode de pavage..............................142
- Le sciage des métaux................................. 191
- Quel est l’inventeur de la locomotive?.................206
- L’alimentation d’eau de Châleau-C binon................207
- Un pont suspendu de plus de 509 mètres de portée. 297
- Un pont avec une pile suspendue en l’air.............223
- Hai'euse mécanique pour mines de houille...............258
- L'achèvement du viaduc de Gokteik......................271
- Locomotives à eau surchauffée pour T exploitation
- d’un chemin de fer..................................271
- Les rails de chemin de fer japonais....................286
- De Berlin à Vladiwostok par le chemin de fer sibérien .......................................... • . 30o
- La construction hydraulique des remblais...............305
- Le tube broyeur Dana...................................350
- Un nouveau dispositif d’aiguilles pour barrages . . 366
- Pompes à vapeur et -pompes à gaz,....................598
- Sciences naturelles. — Zoologie. Botanique. — - Paléontologie.
- Emphytogèncs (Lucien Ch. Baltet)...................... 7
- Les animaux se cachent-ils pour mourir? (Henri Couitn). 2(5
- La maladie du peuplier (A. Aimé).................... 27
- Champignons curieux (Henri Coupin)................... 41
- Les forêts en Russie (Tu. de Nikitine).............. 55
- Un phénomène dans l’espèce canine (Pierre Hachex-
- Souplet).......................................... 65
- Champignon rose vénéneux (J.-F. G.)................. 74
- Plantes nouvelles (Albert Maumené)...................199
- Lea urnes des népenthès (Henri Coupin)..............257
- Le deuil d’une reine (E. Henriot)....................262
- Le bouquetin des Alpes (J. Corcelle).................282
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- m
- TABLE DES MATIÈRES.
- Le sel et les animaux sauvages (L.Jacquot...........291
- Soins donnés aux jeunes par les batraciens (Dr L. Laloy). 505
- I,a dore alpine (Henry Coruevon;........................530
- Les noms des plantes (V. Buandicourt................547
- Les insectes. Résistance à la mort par décapitation
- ou submersion (V. Brandicourt).......................559
- L’opuatia fragifis (I*. Martaud) ......................5ti7
- Cn fossile qui ressuscite (M. Boule)...................588
- Destruction du puceron Lanigère (A. Larbalétkier . . 594
- L’élevage du Pigeon en Egypte (R. B.;...................595
- Baromètres vivants (A. Clément).........................404
- Nouveau Mammouth E. G.).................................407
- Une maladie des œillets................................. 51
- Les sauterelles d’Amérique............................. 51
- La distribution de la faune terrestre ....... 47
- Le venin des scolopendres.............................. 47
- La structure des végétaux............................. 111
- Un animal mystérieux...................................127
- La manne de l’olivier................................. 159
- Différenciation des leucocytes..........................225
- Un moyen de déplacement vertical propre à certains
- poissons............................................223
- La germination des graines dans t’eaa distillée . . 239
- Les fleurs écloses dans l'obscurité.................... 271
- Dissemblance d'insectes mâles et femelles...............505
- Le fonctionnement des cellules.........................303
- Les mousses des cavernes................................335
- Le hérisson mangeur de poules...........................350
- Reproduction artificielle des échanges gazeux propres aux plantes......................................... . 583
- Càéographic. — Voyages d'exploration.
- J.es Indes anglaises à l'Exposition Henry de Yarigny , 49
- Le thé de Ceylan (Pierre de Mériel)................. 05
- Les lleuves sous-marins (1t. S ;.................... 87
- Les Alpes françaises (J. Daigret)................... 99
- Les îles Mapia (D. B.).................................203
- Le Baousse dcl Biel et le Pas de l'Arc (E.-A. Martel). 227
- L’avalanche (J. Corcelle:..............................230
- L’ascension du mont Kenya (E. A. M..................278
- Le tour du Kanchinjinga (E. A. M.)..................342
- L’arc de méridien du l'érou............................411
- Le sol des grands fonds océaniques..................475
- Le cours ancien du Niger...............................335
- Exploration polaire....................................445
- Anthropologie. — Ethnographie.
- Sciences préhistoriques.
- L’évolution d’une image (Ur Félix Régnault)............ 84
- La statue de l’ompéi (D.)...............................187
- Les cryptes cruciformes (Marquis de Nadaii.lac) .... 279
- Langage sans paroles des indigènes d’Algérie et du Transvaal.............-................................190
- Art militaire. — Marine. — uerre.
- Essais militaires d’automobiles en 1900 (Lucien I'érissé). 5 Le tube lance-fusées de l’armée chinoise (J. Matigxox). 49
- Les automobiles de guerre (Commandant X.).............. 54
- Navires insubmersibles à llotteurs (P. de Méiuel). . . 131
- Les signaux maritimes à bras (T. Obalski;...............463
- Tourelles-barbettes de côte (lieut.-colonel Delauney). . 209
- l/école navale allemande (P. de Mériel)...............259
- Bouches-à-feu de côte Saint-Chamond (lieut.-colonel
- Delauney)............................................296
- Les petits chevaux nautiques du Pérou (Mis de Ca-
- marasa)..............................................301
- Cologne port de mer (D. B.).............................346
- Les sous-marins Delauney).............................. 591
- Le nouveau fusil de l'infanterie allemande L’-colonel
- Delauney)..........................................401
- Tir des canons de marine à longue distance. ... 410
- Un dock flottant de 150 mètres.....................4 42
- Barrage à revêtement métallique....................445
- L’étendue des établissements Krupp.................254
- Nouveaux grands docks de carénage au Japon. . . 254
- Aéronautique.
- La navigation aérienne en 1900 (II. de Grahigny). . . 105
- Machine volante de Kretz................................302
- Notices nécrologiques. — Histoire de la science.
- Docteur Ollier.......................................... 14
- Le professeur Potain (Rr Critzman)..................... 110
- William Armstrong Jacques Boyer.........................111
- Z. Gramme (J. L.).......................................142
- Adolphe Chatin (Gaston Bonnier, de l'inslilul .... 143
- Ch. lierai le Paul Painlevé, de l'instiliil,............145
- Le sort d’Andrée........................................282
- M. Raoult...............................................318
- Maxime Cornu............................................318
- II. A. IloAvland G......................................382
- Adolphe Hirsch (Cii.-Ed. Guillaume).....................385
- Sociétés savantes. — Congrès et associations scientifiques. — Expositions.
- Académie des sciences (Séances hebdomadaires de 1’;,
- 15,51,47,62, 79,95,111,427,445, 459, 475, 491, 207,
- 223, 259, 255,274 , 285, 503, 319, 535, 351, 366, 582,
- 399,...............................................415
- Séance annuelle publique du 17 décembre 1900. . . 02
- Quatrième dîner Scicntia................. 142, 156, 174
- Association internationale des académies (Henri de Par-
- ville) ............................................359
- L’exposition pan-américaine de 4901 à Buffalo (Delauney) ..............................................345
- La session de l’Association internationale des académies ............................................ 351
- Élections à l’Académie des sciences, 15, 47, 111, 287,
- . ..................................................383
- Agriculture. — Acclimatation. — Pisciculture.
- Obtention des grandes crêtes chez les coqs...... 6
- La toilette des oiseaux de basse-cour (H.-L.-Ai.ru.. Blan-
- giion)............................................. 86
- Alimentation du cheval à la Compagnie générale des
- voitures à Paris (G. Maresciiai.).................. 88
- Les œufs, leurs qualités, leur commerce (J. de Loverdo) 152 L’automobilisme en agriculture (Daniel Bellet) .... 167
- Végétaux phénomènes (Henri Gourdin)...................342
- Les mélasses dans l’alimentation du bétail (A. Vii.coq). 345
- La culture du thé en Russie...........................578
- Le greffage des boutons à fruits (Albert Maumené). . . 379
- Nid d’aiglon (P. Boyer)...............................399
- Le Voandzou (J.-F. Gall)..............................403
- Valeur nutritive de l’ajonc (Fl.vmel).................403
- Blé et betterave...................................... 94
- Le développement des pommes de terre..................494
- La fixation de l’acide phosphorique dans les terres. 491
- Les chancres du pommier...............................207
- Un succédané du fourrage..............................225
- Les vignes foudroyées.................................287
- La culture de la vigne................................287
- Le blaek-rnot.........................................503
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- TABLE DES MATIÈRES.
- m
- La peste bovine et ses victimes......................582
- L’élevage des soles en aquarium......................582
- Récréations scientifiques.
- La science au théâtre, la tête à l’envers (Guy Keklande). 95 Un cheval nain, le plus petit cheval du monde (Paul
- Mégnin).............................................191
- La science au théâtre, les fantoches vivants (Gl-y Kek-i.ande)...................................................255
- Variétés. — Statistiques. — Généralités.
- I il paradoxe (Léon Dumas)................................. 0
- De la durée moyenne des causes (lieut.-colonel Delal-
- ney)................................................... 10
- Les entrées à l'Exposition prédites par le calcul (Delau-
- ney).................................................... 14
- Une petite merveille d’horlogerie ((J. Deiiôme)........... 16
- La régie de l’alcool russe (G. Mareschal)................. 25
- Le nouveau musée national suisse à Zurich (E.-A. Martel)...................................................... 55
- Le feu qui châtie et le feu qui guérit (ür Henry Meige . 45
- L’horloge monumentale de la nouvelle gare de Lyon
- A. G.)................................................. 47
- Pendules en carton, en huis, en ivoire (Mathieu Planciion). 55
- Le cidre allemand (P. de M.)............................... 59
- Une curieuse perle fine (I).).............................. 67
- Nouveautés utiles (J, Leroy)............................... 79
- Le service des incendies à Paris........................... 85
- Récréation scientifique, illusion d'optique (Henri Collin . 90
- La densité de la population à Paris (Victor Turquan). . 91
- Unlhau, l’homme sans bras (Paul Mégnin)....................107
- Bibliothèque nationale, travaux d’agrandissement (Charles Letort)...............................................119
- La fabrication des confitures en Angleterre (L. Genty) . 124
- La voiture de Lafayette (Paul Frick).......................127
- Sur la glace (,l. Corcelle)................................158
- Un orchestre original (L. Reveuchon).......................139
- Une bibliothèque vieille de plus de 40 siècles (M‘“ de
- Nadajllac). . . .......................................146
- Le squelette des feuilles (H.-L.-Alch. Blanchon). . . . 150
- Préférences visuelles chez les divers peuples (L. Jacquot). 154 Les ancêtres du stylographe (L. R.).......................163
- Les saladeros dans l’Uruguay (I). Lebois)........... . 166
- Appareils à dessiner (J. Leroy)......................175
- Correspondance (J. de Joannis).......................190
- Illuminations à Lyon (M. N.).........................208
- La coupe phénakisticope du D‘ P. Rieher (A. da Cunha) . 224
- La médaille française (Albert de Rochas).............247
- Balance automatique pour paquets postaux (T. Obalski . 261
- Coup de mer (L. Dubois)........................... 272
- Braseros et poêles à pétrole (Henri de Parville). . . . 275
- Nouvelle valve de bandage pneumatique (I). B.). . . . 287
- Appareil à raidir les cordes.........................319
- Les conduites d’eau en bois (Pierre de Mériel). . . . 521
- Le tabac dans l’ile de Cuba (Jacques Boyer)..........327
- Pendule à télégraphe (P. Gobaille)...................336
- L’enseignement supérieur au Canada (D. Leroy). . . . 347
- Les ordures ménagères d’Anvers (D. L.)...............355
- Conservation des bois (Paul Aimé)....................562
- La représentation des nombres par Limage (Delauney). 365
- Le classicomptcur-imprimeur (Georges Yitoux).........369
- La farine de bananes dans l'alimentation.............571
- La sériciculture au Siam................................578
- La fabrication de la peinture chez les anciens (J. Girard) 590 Planchette à écrire pour aveugles (G. Gléroult; . . . 397
- La physionomie dans Part sauvage (F. Régnault). . . . 408
- L’industrie des déchets de coton (D. B.)................414
- Légion d’honneur........................................ 62
- Consommation de l’alcool, du vin et du cidre en
- France.............................................. 78
- Fours à chaux d'un nouveau type......................... 94
- La production houillère du monde........................127
- Le système métrique.....................................175
- Correspondance scientifique.............................191
- Une tuilerie monstre....................................206
- Vin et incendie.........................................222
- Prix Anthony Polloh.....................................254
- Le plus grand établissement hydrothérapique. . . . 254
- La consommation de la pâte de bois en Amérique. 254 Les ravages des animaux féroces dans l’Inde. . . . 270
- Les jardins scolaires en Allemagne......................271
- Le prix des souris rares................................519
- Constitution d'une langue universelle...................555
- Épingles dans un œuf....................................550
- Honoraires des médecins et chirurgiens en Écosse. . 350
- Pourquoi on est droitier ou gaucher.....................566
- Production de la laine dans le monde....................399
- Le télégraphe d’après les nègres........................599
- FIN 0ES TAULES
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- ERRATA
- Page lOü, cul. 2, ligne 5. Au lieu de : entre les deux extrêmes
- 5° et 9°.
- Il faul : entre les deux extrêmes
- — 3° et 90.
- ligne 19. Au lieu de : entre les deux extrêmes
- 8° et 11°.
- Il faut : entre les deux extrêmes
- — 8° et 11°.
- Page l'27, col. 2, lignes 12, 18 et ‘29. .lu lieu de : À. Tournoux.
- Il faut : A. Tournouër. Page 140, col. 2, ligne 27. Au lieu de : 7200 alternateurs. Il faut : 7200 alternalivités par minute (00 périodes par seconde).
- Page 271, col. 2, ligne 2. Au lieu de : 09 mètres.
- Il faut : 690 mètres.
- Page 501, légende de la lig. 2. Au lieu de : 5 Pyrrhocore aptère. — 5. Piéride daplidicc. — 0. Coléoptères : Lucaiu cerf-volant. — 7. Taupin gris de souris.
- Il faul : 3. Piéride diaplidice. — 5. l’yrrochore aptère. — 0. Coléoptères : taupin gris de souris. — 7. Lucane cerf-volant.
- Page 582, col. 1, ligne 29. Au lieu de : chlorure de chaux.
- Il faut : chlorure de calcium.
- Paris.
- Imprimerie L.uiuue, rue de Pleuras, 9.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— Le ministère de l’agriculture, à propos des empoisonnements par les champignons, a fait publier la Note suivante. « Les empoisonnements par les champignons sont assez fréquemment observés pour qu’on signale à l’attention des cultivateurs une espèce de champignon rose, dont la confusion avec le champignon de •couche peut amener des accidents sérieux. Il s’agit du stropharia coronilla, sur la comestibilité duquel la plupart des flores •sont muettes. Ce cryptogame doit être classé parmi les champignons dangereux. Bien que sa toxicité soit loin d’égaler celle des amanites vénéneuses, elle est cependant suffisante pour le faire rejeter des espèces comestibles. Le stropharia coronilla ne peut être confondu ou’avee le champignon rose ou psalliota campestris, dont il se distingue assez facilement par la teinte vineuse des lames ou feuillets, par l’adhérence assez tenace du pied au chapeau, qui empêche la •séparation de celui-ci sans déchirure des lames, contrairement à ce qui se passe dans le « vrai rose » : enfin, par la teinte ocracée du chapeau. De plus, quand on coupe le stropharia, sa chair jaunit légèrement, tandis que la chair du vrai champignon rose tend à prendre le rose même des feuillets.
- —®— Renseignements sur la première année du vingtième siècle : 1901 commencera un mardi et se terminera également un mardi. Le printemps commencera le 21 mars, à 7h 33 du soir; l’été, le 22 juin, à 5h57 du soir; l’automne, le 23 septembre, à 6h 18 du soir, et l'hiver, le 22 décembre, à midi 45. Pâques tombe le 7 avril; l’Ascension, le 1(5 mai, et la Pentecôte le 2(i; la Fête-Dieu, le 0 juin; le 14 juillet, un dimanche; l’Assomption, un jeudi; la Toussaint, un vendredi, et Noël, un mercredi. Mardi Gras tombe le 19 février, et la Mi-Carême le 14 mars. Mais, juin, septembre et décembre compteront cinq dimanches. Enfin, il y aura deux éclipses de lune, toutes deux partielles : l’une le 3 mai, de 4h 18 à 9h 6 du soir ; l’autre le 27 octobre, de 2h 35 à 4h 15 du soir, et deux éclipses de soleil, l’une totale, le 18 mai à midi (invisible pour nous), l'autre partielle, le 11 novembre, de 5h 49 du matin à lh26.
- - (gs— On attribuait à M. de Gribeauval la paternité de l’automobile, dont on faisait remonter le premier essai à octobre 1769. Or, cette paternité remonterait beaucoup plus haut, à Roger Bacon, ni plus ni moins, et partant au treizième siècle. Le savant moine anglais avait, en effet, prévu des chars qui se mettraient et se tiendraient en mouvement sans emploi de la force impulsive et attractive d’un cheval ni d'un animal. Plus tard, un habitant du Luxembourg avait inventé un véhicule actionné mécaniquement au moyen de divers ressorts. Le dix-huitième siècle vit plusieurs tentatives de ce genre antérieures à celle de M. de Gribeauval. Mais voici qui est plus concluant : des essais d’automobile auraient déjà été tentés avec succès dans les Pays-Bas. C’est ainsi que les comptes de la villes d’Anvers témoignent qu’en 1479, le receveur communal était autorisé, par le magistrat, à payer une gratification de 24 livres d’Artois à un certain Gilles de Dom. pour le remercier du don qu’il avait fait à la ville d'une voiture mise en mouvement uniquement par des moyens mécaniques. Tout cela est tout de même un peu vague.
- —®— Nous avons le regret d’apprendre la mort de M. le commandant Napoléon Ncy, auquel on doit, entre autres travaux scientifiques, la jumelle-pliante qui porte son nom et que nous avons décrite;
- —M. Langley, de Washington, poursuit toujours ses recherches sur la partie infra-rouge du spectre solaire ; il a envoyé au dernier Congrès de l’Association Britannique, une Note à ce sujet. Les courbes prises dans le spectre sont photographiées automatiquement par le miroir du galvanomètre relié au bolomètre.
- M. Langley a examiné le Spectre infra-rouge avec le secours de prismes en sel gemme, et a tracé des diagrammes contenant 140 lignes dans un espace très restreint. Le bolomètre consiste essentiellement en deux bandes de platine couvertes de noir de fumée, de 1 centimètre de long chacune; l'instrument est si sensible qu’un courant de 8 billionièmes d’ampère fait donner au galvanomètre une déviation de 1 millimètre; des variations de température de 1 millionième de degré sont indiquées.
- —®— Il paraît que la question de la vivisection a joué un certain rôle dans les dernières élections anglaises. Plusieurs ministres ont été menacés d’un échec s’ils ne se proclamaient par antivivi-sectionistes. Dans une Note publiée par le North Down Herald, miss Marguret Aider a déclaré qu’elle mettait la pratique de la vivisection au nombre des causes qui ont préparé les Anglais à « tuer, assassiner et voler les paisibles et pieux! habitants de l’Afrique du Sud ».
- Dans une Note adressée au Rendiconto, de l’Académie de Naples, le Dr Guiseppe de Lorenzo explique l’activité exceptionnelle du Vésuve au mois de mai dernier, par des pluies, également exceptionnelles, qui, filtrant à travers le cône volcanique, auraient pénétré jusqu’à la colonne de lave. Cette théorie s’accorde avec les observations de Spallanzani, de Rath, etc., et avec les recherches expérimentales de Daubrée.
- —®— Le gouvernement italien vient d’établir, sur tout le versant des Alpes italiennes, les installations téléphoniques destinées à relier Rome à Paris. Lesfrais ont été d'un peu plus de 700000 francs pour les Alpes seulement, et il a fallu une période de sept mois environ pour cette installation, à cause des difficultés énormes qu’on a dû surmonter. On va procéder maintenant à la pose des fils !e long du continent italien, soit : Turin, Novi, Gènes, le littoral de la Méditerranée et Rome. De son côté, le gouvernement français travaille activement à la pose de la ligne sur les Alpes et des raccordements avec Paris. On prévoit que l'été prochain, il sera possible de communiquer entre Rome et Paris.
- —®— Bien que l’Allemagne ne soit pas un pays où l'on se rende comme en Suisse, cependant les étrangers y viennent réellement en grand nombre : durant l’année dernière on a relevé la visite de 1 million d’étrangers à Berlin, les chiffres correspondants ont été de 600 000 à Munich, de 500 000 à Dresde, de 400 000 à Leipzig et Hambourg, etc. Ce sont là des totaux fort respectables, surtout si l’on songe qu’annuellement le mouvement analogue ne dépasse point 500 000 à Vienne.
- —®— Dans le rapport annuel sur l’Observatoire de Paris pour 1899. M. Bigourdan entre dans quelques détails sur la stabilité du sol de l’Observatoire de Paris. Pour observer les mouvements qui se produisent dans le sol, M. Bigourdan examine l’image réfléchie des fils d’une lunette placée verticalement au-dessus d’un bain de mercure. Il a constaté que le sol. même au niveau des caves (à 27 mètres de profondeur), n’a pas la stabilité qu’on lui attribuait. Les légères trépidations produites par les voitures et les omnibus, sensibles au niveau du sol, atteignent rarement cette profondeur; mais les mouvements des trains produisent des ondulations assez lentes dont l’amplitude dépasse parfois plusieurs secondes. Toutefois, les vibrations les plus gênantes sont évitées lorsqu’on place 1 bain de mercure ordinaire à 12 ou 15 mètres de profondeur. Cette expérience confirme l’idée déjà émise à plusieurs reprises qu’un fossé d’isolement creusé dans le terrain de l’Observatoire autour des bâtiments pourrait améliorer notablement les images réfléchies par le bain de mercure sur un pilier isolé bâti sur une couche profonde de 5 mètres. M. Bigourdan a constaté que les trépidations légères occasionnées dans le voisinage étaient beaucoup atténuées; quant aux ébranlements brusques et à ceux qui viennent d’une origine éloignée, l’amélioration est à peine sensible.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- Communications. — M. Ch. S., à Paris, à propos de notre article sur la Renaissance du cuir d'art français (n° 1429 du 15 octobre 1900, p. 514), nous envoie la lettre suivante : « Vous avez publié une intéressante étude des « cuirs d’art moderne a, mais le sujet était trop vaste pour qu’il fût possible de l’embrasser d’un coup d’œil, et il reste plusieurs points que le lecteur nous saura gré de mettre en lumière. Citons aujourd’hui l’important travail d’une élève de Saint-André, Mme Henriette Massy. Le Comptoir National d’escompte lui a offert, à l’Exposition, un champ considérable pour ses expériences. Les quatre pièces qui composaient son pavillon étaient en effet entièrement ornées, tentures murales, chaises, meubles, tables et cadres, par Mme Henriette Massy et par son élève, M'10 Adrienne Amat-Kozier.
- « Les personnes qui ont pu obtenir des cartes d’entrée au pavillon ont été frappées de l’ampleur de cette décoration, opposant à l’art délicat et charmeur du maître, une hardiesse pleine de sève qui révèle un caractère et une énergie.
- « Pour la première fois depuis les merveilles de Cordoue les tentures murales en vrai cuir travaillé à la main semblaient devoir sortir de leur longue léthargie. C’était l’ancien thème du vieil art espagnol traité selon la formule du décoratif contemporain où, heureusement, l’éclectisme n’a pas troublé l’harmonie et la grâce de la ligne. Un travail tout scientifique de laboratoire qui se poursuit consciencieusement à travers mille difficultés saura ajouter à la richesse des colorations une docilité et une solidité qui n’ônt pas, jusqu’à présent, été toujours atteintes.
- « Un des résultats les plus intéressants de ses recherches est celui qui a permis à Mme Henriette Massy, continuant la tradition des William Morris, de placer au rang des objets utilitaires, — et, innovation en matière de cuir d’art, abordables par leur prix, — les manifestations d’un art qui sait, tout en restant élevé, devenir le grand éducateur familier de l’œil et du goût. »
- il. F. Crcstin, à Saint-Pétersbourg, à propos de notre article sur les nombres préférés par les divers peuples (n° 1452 du 5 novembre, p. 555) nous adresse la lettre humoristique suivante : « En lisant l’article de M. Delauney, je me suis trouvé tout à fait dérouté lorsque j’ai voulu en approfondir le sens et en vérilier les conclusions. En effet, pour ne parler que du peuple russe, je ne puis comprendre les raisons pour lesquelles M. Delauney l’a gratifié de l’amour du nombre 7. Serait-ce parce que les timbres-poste de 7 copeks surpassent en nombre ceux d’autres valeurs? ou bien que la sagène est égale à 7 pieds anglais et que le mille géographique vaut 7 verstes? ou bien encore, que la semaine des Russes est de 7 jours, comme celle, du reste, des autres peuples civilisés ? Suivant la même logique, je pourrais avec tout autant de raison affirmer, que c’est le nombre 20 qui est le préféré du peuple russe; car premièrement, c’est le 20 de chaque mois que les employés de l’Etat touchent leurs appointements mensuels et, par contre, que leurs créanciers voient la couleur de leur argent; secondement, c’est avec une pièce de 20 copeks qu’on s’acquitte envers son cocher de fiacre, à Saint-Pétersbourg, pour le premier quart d’heure de marche; troisièmement, ce sont les pièces de 20 copeks, qui par leur nombre tiennent le record de la monnaie d’argent et quatrièmement enfin, c’est à vingt ans que chaque sujet russe doit tirer au sort pour le service militaire. Je n’irai pas plus loin, trouvant que mes conclusions pour le nombre 20 valent celles que l’on peut faire en faveur du nombre 7, mais en général ne valent rien. » Nous ferons remarquer à notre correspondant que le nombre 20 se rapporte aux nombres 2 et 5 et que nous n’avons jamais considéré que les nombres premiers.
- Renseignements. — M. Y an Snock, à Bruxelles. — Nous avons indiqué le sensibilisateur Elgé pour cartes-posfales dans les Nouvelles scientifiques du n° 1558 du 14 janvier 1899.
- Ce sensibilisateur se trouve chez M. Gaumont, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. L. Félix Fournier, à Marseille. — Pour tout ce qui concerne cette machine, veuillez vous adresser à l’auteur do l’article, 142, avenue Péreire, à Asnières (Seine).
- M. Gregorio de Artiach, à Arrigorriaga (Espagne). -— Pour toutes ces fournitures, vous pourriez vous renseigner auprès de M. Cormier, 18, rue des Grands-Augustins, de M. Laporte, 24, même rue à Paris, et auprès de M. Segausl, 50, rue de la Briche, à Saint-Denis (Seine).
- M. Mauny, à Cerisy. — 1° La première proposition est exacte. — 2° Comme vous le dites fort bien, la seconde no l’est pas, à moins que l’on ait oublié dans le texte d’ajouter : allant d’ouest en est sur des parallèles plus grands, etc. Nous serions curieux de savoir où vous avez trouvé cet énoncé. Nous ignorions que le fait du déplacement vers l’est en latitude montante bien connu, fût appelé à l’Etranger : « Loi do Baôr ». Cette dénomination est bien sujette à caution. Hel-moltz dit, au contraire, que « la résistance du sol retarde les vents d’ouest et accélère les vents d’est et les pousse vers les plus grands parallèles. (Voir Mémoires originaux sur la circulation générale de Vatmosphère de Brillouin. G. Carré.
- M. L. Amoros, à Yalencia. — 1° Nous avons fait connaître toutes les données que nous possédions. — 2° II n’y a pas d’ouvrage nouveau sur cette question. — 5° Nous n’avons pas de renseignements sur cette plante; mais vous pourriez peut-être vous adresser à la maison Yilmorin-Andrieux, 4, quai de la Mégisserie, à Paris.
- il. le I)' A., à Monchamps. — II existe des ouvrages de tourneur et de sculpture sur bois, à la librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris; mais nous ne savons s’il existe également des journaux.
- M. J. E. M., à X. — Nous ne connaissons pas exactement la composition des divers produits employés par les dentistes pour blanchir les dents. Mais voici une formule qui donne de lions résultats : 25 grammes de poudre de quinquina jaune, 15 grammes de craie en poudre, 15 grammes camphre pulvérisé.
- M. //. L., à Paris. — 1° Il n’v a pas de traité spécial à ce sujet. — 2° Adressez-vous à la Cie Parisienne de l’air comprimé, 54, rue Etienne-Marcel, ou à M. E. Salmson, 55, rue Grange-aux-Belles, à Paris.
- M. Chalamon, à Saint-André de Roquepertuis. — Nous avons reçu votre guide et nous le mentionnerons dans notre bibliographie.
- M. M. Lacape, à Belfort. — Ce livre nous paraît un bon ouvrage; des techniciens en ont fait des éloges.
- M. H. Dejamme, à Arras. — Nous avons déjà dit à plusieurs reprises que, dans les ustensiles en émail, celui-ci se détache dans la friture ou eau bouillante, et on avale ensuite les morceaux détachés,
- M. André, à Paris. — L'article sur l’utilisation du goudron de gaz comme combustible pour le chauffage des chaudières a paru dans lè n° 1556, du 51 décembre 1898, p. 65.
- M. Guigna, à Paris. — 11 n’y a pas de liquide spécial pour enlever la rouille. On se sert ordinairement de papier émeri. Nous avons employé plusieurs fois avec succès des gommes à effacer l’encre.
- M. G. D. C., à Bordeaux. — Nous avons bien reçu votre tableau et nous l'avons mentionné en communications dans le n° 1422 du 25 août 1900. H nous a été impossible de l’utiliser dans le Journal.
- M. A. Delamarre, à Boisemont. — Remerciements pour votre communication ; nous ne partageons pas votre opinion sur la méthode de M. Gaumont.
- Un lecteur, à Bucharest; — II nous est impossible de vous fournir tous ces renseignements, qui exigeraient de notre part des recherches considérables, et qui bien souvent n’existent pas.
- M. A. Kluin, à X. — Il vous est impossible de faire marcher un bateau avec des piles; il faut prendre une autre source de force motrice, vapeur, pétrole, etc. Adressez-vous à MM. Berlin frères, à Argenteuil; à MM. Panhard et Levassor, 19, avenue d’ivrv, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. L., à’R.
- Nous avons reçu votre lettre: nous vous répondrons prochainement.
- — M. Julien, à Rouen. Lot appareil n'existe pas dans le commerce.
- — M. G, L., à Brest; M. L. Q., à Paris. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles. lre série, à la librairie Masson et Cie.
- — AI. Dubois, à Nice; il. Lefèvre, à Lille. Consultez le meme livre que ci-dessus, 2' et 5e série, à la même librairie. — M. Romani, à Arras. Remerciements pour votre communication.
- Dans la « Boite aux lettres » ta Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui Lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INVENTIONS1
- Allumeur automatique. — Il peut être utile d’avoir un allumeur qui permette d’allumer automatiquement les becs à incandescence par le gaz sans le secours d’allumettes, ou d’alcool. Cet allumeur consiste en un fil de platine (1) maintenu à sa partie supérieure par un petit crochet et portant à sa partie inférieure une pastille A de substance réfractaire. On
- Allumeur automatique pour becs de gaz à incandescence.
- place l’allumeur, comme l’indique notre dessin, le long du manchon; au début il faut d’abord allumer le bec, environ 2 minutes, jusqu’à ce que la pastille devienne blanche. On ferme ensuite le bec, on remet le verre en place. 11 suffit d’ouvrir le robinet d’arrivée du gaz: après quelques secondes, le fil de platine soutenant la pastille devient incandescent et allume automatiquement le bec. Un allumeur fonctionne environ 200 heures. — L’allumeur automatique se trouve au syndicat universel, 25, rue de Maubeuge, à l’aris.
- L.» torche électrique. — Sous le nom de the Ever Ready Torch, une Compagnie américaine exploite à Paris une petite1 lampe électrique portative fixée à l’extrémité d’un tube de 15 à 20 centimètres de longueur et plus suivant les modèles. Il suffit d’appuyer sur un levier et aussitôt une petite lampe, placée au centre d’un réflecteur derrière une
- La torche ëlec!i iq:;e.
- lentille, lance des rayons lumineux assez intenses, et fournit un éclairage suffisant pendant quelque temps. Cet appareil peut rendre de grands services surtout pour obtenir un éclairage rapide, instantané, la nuit dans un endroit obscur, à la campagne, etc., et le maniement en est des plus faciles. Notre dessin 1 nous donne une vue d’ensemble. Au-dessous se trouve représentée
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- une coupe intérieure. D’après nous, les piles employées sont des piles sèches, modèle Leclanché. Le vase extérieur est en zinc ; au milieu est fixé un charbon C, .entouré d’un aggloméré à base de bioxyde de manganèse, et au-dessus sont appuyées contre le zinc des feuilles dé papier buvard imprégnées de chlorhydrate d’ammoniaque. Deux piles montées en tension alimentent une petite lampe de 5 à 5,5 volts et peuvent fournir de 6 à 8000 allumages courts. La lampe D est placée au centre d’un petit réflecteur derrière une grosse lentille; elle est à douille Edison. Le pôle intérieur appuie sur le charbon C; le zinc extérieur de cette première pile est relié par un petit fil au charbon B de la deuxième pile. Le zinc de cette dernière est relié à un fil F et G, qui est en communication avec le levier A. On appuie sur ce levier et on établit la communication avec l’anneau extérieur E qui est relié par un fil II au deuxième pôle de la lampe. Cette petite torche électrique est intéressante et peut être utile en de nombreuses circonstances. — La (( Ever Ready torch >) se trouve à l’Amc-rican Electrical Novelty et C°, 16, Cour des Petites-Écuries, à Paris.
- RECETTES PHOTOGRAPHIQUES
- Plaques souples. — Elles sont toutes jusqu’à présent à hast1 de celluloïd et il est bien reconnu que cette substance est nuisible à la surface sensible ; il en résulte qu’on ne peut pas conserver les plaques souples comme on peut conserver celles sur verre.
- Une émulsion qui date de trois mois a tendance au voile ; on ne lui donnera du reste pas, à cause de cela, la même sensibilité qu’à une émulsion destinée à être sur verre.
- Il v a donc à chercher un autre support que le celluloïd et on ne saurait trop le répéter.
- A l’étranger on s'occupe de cette question et M. Cash a présenté à la Société des Arts de Londres un travail à ce sujet. II estime qu’il y a lieu de s’adresser, comme pour la soie artificielle, à la cellulose amorphe tirée du coton. On prend du collodion (qui est une solution de fulmi-coton dans l’alcool et l’éther), on l’étire en fils qu’on traite par le sulfhydrate de calcium pour les rendre ininflammables ; on obtient ainsi une substance qui étendue sur un marbre et séchée donne des plaques souples en cellulose amorphe et transparente.
- On peut également employer la cellulose ordinaire provenant du papier, coton, bois, etc. On la dissout à chaud dans une solution de chlorure de zinc, elle gonfle et donne un liquide visqueux qui dans l’alcool se précipite en cellulose amorphe.
- 11 est urgent de travailler cette question et il faut espérer qu’avant peu on obtiendra la plaque souple pouvant rivaliser, au point de vue de l’inertie chimique, avec le verre des plaques photographiques; celui-ei aura alors vécu.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Le rhume des foins.
- Tout le monde connaît cette bizarre maladie, ou plutôt infirmité que maladie réelle. Aux approches du printemps, les personnes qui y sont sujettes se réveillent un beau matin en proie à des chatouillements, des sensations de démangeaison ; puis, au bout de quelques minutes, éclatent des éternuments spasmodiques qui se répètent sans relâche des heures entières avec accompagnement d’un coryza aigu des plus violents. Un de ces patients vient-il à se promener au grand soleil, au milieu des champs, aussitôt éclate une crise violente qui rie cesse souvent qu’au retour en ville et au séjôur dans l’obscurité. C’est à l’époque de la fenaison, d’où son nom caractéristique, que surviennent les attaques. Les herbes et plautes odorantes' les plus variées provoquent cette rhinite spasmodique; le foin coupé, le muguet, le lis, le jasmin. Il existe presque autant de variétés que de cas. En Amérique, c’est l’ambrosia artemisiæfolia qui est la cause ordinaire de Yluiy fever. On a signalé des cas dus au parfum si agréable de- la rose, d’où lui est venu le joli nom de coryza des roses.
- C’est le pollen des fleurs et, d’une façon plus précise, des graminées que l’on a incriminé comme cause de ces crises de eorvza. Mais il faut incriminer d’autres facteurs, sensibilité spéciale de la pituitaire, état arthritique, tempérament nerveux, etc. Ce n’est pas ici le lieu de discuter la pathogénie de cette singulière maladie. Qu’il nous suffise de retenir que, dans la grande majorité des cas, le coryza périodique du printemps, le vrai rhume des foins, est profondément influencé, si ce n’est
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- pas la cause déterminante, par l’inspiration des poussières des graminées, du pollen des lleurs.
- Parmi les innombrables, médications qui ont été conseillées contre cette maladie désagréable, parfois pénible quand elle s’accompagne de crises asthmatiques, il n’en est aucune qui . ait une efficacité certaine, absolue. Aussi accueillera-t-on avec plaisir les recherches de ilolbrook Curfis, qui a tenté d’immuniser les sujets atteints de rhume des foins par des injections sous-cutanées ou par la simple ingestion, dans de l’eau, de teintures de lleurs susceptibles d’engendrer les crises" de rhinite. Chez une jeune femme qui ne pouvait passer devant une boutique de fleuriste sans avoir une attaque, Curtis prépara un extrait de roses et l’injecta à la dose de quelques gouttes : la malade n’eut plus de crises. Chez d'autres personnes qui éprouvaient une impression désagréable et étaient jirises de coryza à l’odeur du séneçon (senecio Jacopœa), des verges d’or, du muguet, il fit absorber de petites doses d’extraits de ces plantes et, dans plusieurs cas, les attaques cessèrent; les
- malades purent respirer sans crainte les odeurs des plantes, leurs ennemies.
- Est-ce là un effet de suggestion? Y a-t-il une action réelle de l’extrait de fleurs incriminées? D’autres recherches nous le diront. Des personnes nerveuses ont eu des crises provoquées simplement par la peur ou l’ajipréhension d’une attaque, la vue de fleurs à distance. John Noland Mackenzie a pu déterminer les caractères purement psychiques d’une crise de rhume des roses chez une jeune fille par une expérience bien simple et peu compliquée. 11 présente à sa malade une rose; aussitôt la malade d’éternuer, de moucher : le coryza atteint son paroxysme. Il lui fait toucher la fleur : c’était une rose artificielle en papier.
- Quoi qu’il en soit, que le résultat tienne à un effet suggestif, qu’il soit dù à une action médicamenteuse préventive, on peut l’essayer sans crainte, et l’expérimentation, dans ce cas, me paraît à la portée de tous et sans danger. Dr A. Cautvz.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saict-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9. ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 19 novembre. 3°, 9 N. N. E. 4. Couvert. 0,2 Couv. ; petite pluie de 4 h. 1/2 à 5 h. 1/2 et à partir de 20 li.
- Mardi 20 5",7 N. N. E. 2. Couvert. 0,2 Couv. jusqu’à 22 h.; uuag. ensuite.
- Mercredi 21 .... 4%5 N. N. W. 4. Couvert. 0,0 Couvert; gouttes à 10 h. 43; pluie à partir de 11 h. 50.
- Jeudi 22 5’,5 S. W. 2. Couvert. 11,9 Presque couv. ; pluie jusqu’à 5 h, 1/2 et gouttes de 16 h. à 18 h.
- Vendredi 23 ... . 4",5 S. W. i. Couvert. 0,1 Très nuag. ; de 14 à 20 h. ; couv. avant et après; gel. bl.
- Samedi 24 5»,2 S. E. 2. Couvert. 0,0 Éclaircies de 8 à 10 h. ; couvert avant et après; gouttes entre 1 et 5 h.
- Dimanche 23 ... . 7”,9 S. E. 3. Couvert. 4,7 Éclaircies entre 10 h. et 19; couv. avant et après; pluie de 2 à 8 b, : averse à 14 h. 13.
- NOVEMBRE 1900. --- SEMAINE DU LUNDI 19 AU DIMANCHE 25-NOVEMBRE.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inferieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Orage en Algérie. — Un violent orage s’est abattu le 20 novembre sur toute l’Algérie et a camé (les dégâts importants. A Alger, le baromètre a subitement baissé de 12 millimètres. A Oran, qui semble avoir été le point le plus atleintde la côte, le phare du Feu-Vert et la jetée ont été démolis par la tempête. L'établissement de la sirène de la défense mobile a éprouvé de graves dégâts. La balancelle Carmen a fait naufrage, plusieurs marins se sont noyés. Les communications entre Alger et Oran ont été interrompues. De tous côtés on a signalé de nombreux dégâts. Le paquebot Xille-d' Alger, venant de Marseille, est entré dans le poil d’Alger après une traversée épouvantable.
- A Oran, des chalands ont coulé avec leur chargement de grains, de bois et de vin. Des yachts et d’autres embarcations ont été avaries ou coulés ou ont disparu.
- L’ouragan a été général sur le littoral ouest et daus le département, où se sont produites de nouvelles crues et des inondations. La voie ferrée a été coupée en plusieurs endroits. Les routes ont été"impraticables et les communications postales interrompues pendant plusieurs jours.
- A Mers-el-Kébir, plusieurs balancelles ont fait naufrage ; quatre marins ont été noyés, un cinquième a étë tué accidentellement. Les inondations ont été importantes au Tlélat, à Nemours et à Sidi-bel-Abbès.
- Cyclone à Columbia. — Un cyclone a passé le 20 novembre dans la soirée sur Columbia (Tennessee), et a presque entièrement détruit les quartiers nord et ouest de la ville. Quinze personnes ont été tuées. 11 y a eu beaucoup d’autres victimes.
- La neige h Mende. — La neige a fait son apparition le 20 novembre sur la Margeride. Elle est tombée eu grande quantité et son épaisseur était de 30 centimètres.
- PHASES DE LA LUNE : N. L., le 22, à 7 h. 20 m. du matin.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés .et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- —S— M. le Dr Paul Regnard est nommé directeur de l’Institut national agronomique en remplacement de M. Ch. Risler admis à la retraite sur sa demande et nommé directeur honoraire.
- —®— Le Journal officiel a publié le rapport annuel adressé au ministre du commerce sur le mouvement de la population. Ce rapport qui a trait à l’année 1899 révèle un excédent de naissances sur les décès inférieur à celui qui avait été constaté en 1898 • 31 321 au lieu de 33 360. La situation du pays, au point de vue de l’accroissement de sa population, est donc bien peu satisfaisante. Les mariages sont en progression et ce mouvement s’étend à tout le territoire. Leur nombre a été de 295 732 au lieu de 287 179. en 1898 soit, en plus, 3573 ; 847 627 naissances d’enfants vivants, au moment de la déclaration, ont été enregistrées en 1899; il y a eu, en outre, 39 860 morts-nés. L’ensemble des naissances, formant, un total de 887 487 unités, représente 2,3 pour 100 de la population légale. Les 847 621 enfants nés vivants se décomposent en 432 330 garçons et 415 291 filles, soit 1041 garçons pour 1000 filles, proportion qui varie peu d'une année à l’autre. Parmi les morts-nés, la proportion est de 1353 garçons pour 1000 filles. Le nombre des décès survenus en 1899 est de 816 235 au iieu de 810075 en 1898, soit une augmentation de 6160; toutefois, par rapport à la moyenne annuelle des décès au cours de la période décennale 1889-1898, il y a amélioration, puisque cette moyenne est de 329 232 décès. On compte, en 1899, 421 782 décès masculins contre 394 451 décès féminins.
- —®— Nous avons dit que M. Caillaux avait décidé de supprimer le « vert malachite » comme dénaturant de l’alcool. La France automobile donne à ce sujet quelques renseignements sur le vert malachite. C’est une matière colorante artificielle obtenue en faisant réagir l’acide oxalique sur la diméthylaniline et l’aldéhyde benzoïque. On obtient ainsi une leueobase que l’on traite par le bioxyde de plomb. Le vert malachite est donc un produit organique. Ceux qui parlent d’un dépôt de cuivre confondent avec la malachite, minerai que l'on trouve abondamment dans l’Oural, qui n’est autre qu’un carbonate de cuivre hydraté, lequel n’a, bien entendu, jamais servi comme colorant. D’autre part, on a aussi confondu le vert malachite avec certains verts à base de cuivre, tels que ceux de Schweinfurt et de Scheele avec lesquels cependant il n’a rien de commun. Donc ne pas confondre la malachite avec le vert malachite.
- —®— On annonce que M. Arthur Evans, conservateur du musée d’Oxford, vient de faire dans l’île de Crète une découverte incomparable. A Képhala, non loin de Cnosse, M. Evans a mis au jour un palais, auprès duquel ceux de Tyrinthe et de Mycènes n’apparaissent plus que comme d’insignifiantes bicoques et qui, par un merveilleux liasard, est resté à peu près intact depuis plus de trois mille ans. A une très faible profondeur, la pioche découvrit de grandes cours, des galeries, des couloirs, d’immenses magasins contenant une collection de jarres gigantesques, et, à perte de vue, des chambres, puis encore des chambres, toutes décorées de bas-reliefs, de statues et de fresques. Dans l’une se voyait un trône en albâtre sculpté; dans une autre, une fontaine de marbre ornée de têtes de lionnes; ailleurs, des vases et des lampes de porphyre; ici, des frises d’un dessin tout pareil aux rosaces mycéniennes; là, des colonnes taillées en forme de lotus comme les piliers des grands temples thébains; plus loin, à côté d’une peinture représentant un jeune homme au type grec et au profil classique, se dressait une statue, en diorite, semblable à celle d’un roi ou d'un dieu égyptien; mais surtout on voyait, dans presque toutes les pièces, gravées ou peintes sur la muraille, de grandes figures de taureaux. Le Bulletin de l’art ancien et moderne, à qui nous empruntons ces détails, n’hésite
- point à déclarer qne toutes ces découvertes laissent bien loin derrière elles celles qui ont illustré le nom de Sehliemann, et cette appréciation n’est point exagérée s’il est vrai que M. Evans a retrouvé, comme il le croit, le fameux labyrinthe construit par l’ingénieur Dédale, sur l’ordre de Minos.
- —(§)— Relativement à l’âge des grands arbres en Californie, lé professeur Bessey dans Science explique qu’il a compté avec le plus grand soin les couches concentriques de croissance d’un arbre dont la tige constitue le plancher de ce qu’on appelle le pavillon de la danse. Le compte fait très exactement a donné 1147 cercles concentriques de la circonférence au centre ; d’après cela, il est certain que cet arbre qui avait plus de 24 ou de 25 pieds de diamètre et plus de 300 pieds de haut, a acquis ces dimensions en 1147 ans. M. Bessey ne croit pas qu’il existe aucun arbre approchant de l’âge de 2000 ans. De Candolle, pourtant, avait attribué 2009 ans et plue aux cèdres du parc de Montezuma, Chapultepek, aux environs de Mexico, et dont plusieurs avaient de 12 à 15 mètres de tour en 1842.
- —®— On vient de terminer pour le British Muséum, l’admirable musée de Londres doublé d’une bibliothèque, l’impression du catalogue des auteurs mis à -jour au 31 décembre 1899; cp travail énorme n’a pas demandé moins de 20 années pour être mené à bien, et il a coûté plus d’un million de1 francs, Ce catalogué comprend 400 gros volumes et 70 suppléments; on pense qu’on va maintenant passer une dizaine d'années à faire un relevé par ordre de matières.
- —®— A seule fin d’encourager ou de susciter des imitateurs, nous signalerons le don magnifique que vient de recevoir l’Université du Cap. Un riche Afrikander, le Dr NY. Hiddingh, vient de liti laisser par testament une somme de 625 000 francs, plus un emplacement pour la construction de nouveaux bâtiments pour l’Université, et enfin un capital de 125000 francs pour la fondation d’une bourse. Ce même généreux donateur laisse un legs de 250 000 francs au profit du collège de l’Afrique du Sud.
- —®— Il existe en Grande-Bretagne, ou plutôt dans le Royaume-Uni, trois établissements qui se livrent à des recherches sur la zoologie marine et à des études sur les poissons et les pêcheries. En Angleterre proprement dite, c’est l’Association de biologie marine du Royaume-Uni, qui a fondé le laboratoire de Plymouth, dont M. E.-J. Allen est le directeur : c’est une création d’ordre privé; elle a reçu du gouvernement, en 1885, un subside de 125000 francs qûi est venu compléter les fonds donnés par des particuliers, et qui s’est continué par une subvention annuelle de 25 000 francs. En Ecosse, il existe une Commission officielle des pêcheries, le « Scottish Fishery Board » ; elle reçoit annuellement 75 000 francs du Gouvernement. Enfin en Irlande nous citerons la Société royale de Dublin, qui a pris en main des études analogues et a reçu, une seule fois, un subside de 62 000 francs.
- —®— Dans un ouvrage remarquable qu’il vient de consacrer au Guatemala et aux anciens monuments de l’Amérique centrale, un auteur, qui est aussi un voyageur, et qui fait autorité en ces matières, M. Alfred Mandslay, vient de donner dé nouveaux détails sur une construction qui a été jadis décrite par Humbohlt, mais qui semble maintenant bien oubliée. Nous voulons parler de la magnifique pyramide tronquée de Papantla, due à la race Maya, et bien remarquable en dépit de ses petites proportions. C’est qu’en effet elle n est pas faite d’adobe, de briques cuites au soleil, comme tant d’autres monuments de ces régions, mais d’énormes blocs de porphyre couverts d’inscriptions et de sculptures représentant dés serpents et des alligators, et polis de la manière la plus parfaite. La pvramide est disposée en une suite de terrasses en retrait, et une "série immense de marches permet d’atteindre la terrasse des sacrifices.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le téléphone Haut-parleur, système R. Gaillard, est fabriqué par M. Ducretet, 75, rue Claude-Bernard, à Paris,
- Communications. — M. le Dr Lortet, doyen de la Faculté de médecine de Lyon, nous envoie le texte d’une communication qu’il a faite à la Société nationale de médecine, sur « les concierges de Lyon et la tuberculose ».
- M. le DT Charles Binet-Sanglé, à X., nous fait parvenir une note extraite des Archives de Neurologie, et qui a pour titre : (( Théorie des Neuro-diélectriques ».
- M. le comte R. Berlier, à Dijon, nous écrit : « A propos des quelques lignes parues dans les Nouvelles scientifiques du n° 1434, du 17 novembre 1900, sur le pont du chemin de fer transcarpien sur l’Amou-Daria, je me permettrai de préciser les renseignements que vous avez fournis. Ayant passé l’été au Turkestan russe, j’ai eu l’occasion de traverser à deux reprises le pont de l’Amou-Daria. Or, le nouveau pont en fer est non seulement projeté, mais il est presque terminé; il ne restait plus (le 13 août) que deux piliers à construire, et cinq ou six travées métalliques à placer. On espérait que, grâce aux basses eaux de l’hiver, on pourrait faire l’inauguration au printemps prochain. C'est un fort bel ouvrage qui sera plus rassurant et plus solide que le pont de bois, construit ar le général Anenkoff, encore en service actuellement, mais ien branlant. »
- Nous remercions M. le comte R. Berlier des renseignements qu’il a bien voulu nous transmettre.
- M. le l)r E. Chédan, à La Chapelle-Thouarault, à propos de notre article sur le traitement du hoquet, dans Hygiène et Santé du n° 1434, du 17 novembre 1900, veut bien nous faire connaître un autre traitement que nous reproduisons et qui sera facile à mettre à profit. Il nous écrit : « Le numéro de votre journal indique un nouveau traitement du hoquet. La traction rythmée de la langue doit avoir du bon, dans les cas graves. Nous l’appellerons un traitement chirurgical, au sens propre du mot. C’est bien, en effet, l’œuvre des doigts. Permettez-moi de vous signaler une autre application du même genre au soulagement de l’affection qui nous occupe, plus facile à pratiquer discrètement par le patient que la traction linguale, et d’une efficacité remarquable, au moins dans les cas légers, qui sont souvent bien fâcheux dans les relations sociales; elle consiste à passer doucement, par-dessus les paupières closes, les deux globes oculaires avec le pouce et l’index, jusqu’à ce que le spasme cesse et que le rythme soit rompu, ce dont on a rapidement conscience, et ce qui tarde d’autant moins qu’on intervient plus près du début. C’est un moyen qu’on a, on peut le dire, toujours dans la main, facile à appliquer en secret et en voyage. »
- M. A. L., au Val Saint-Lambert, nous fait connaître cet autre ex-libris :
- Si quis par aventure Reperit en son chemin Hune librum dont la couverture Facta est de parchemin Reddit itle cui dont le nom Est hic dans ce petit rond.
- Si ce quis ne veut pas le rendre Ecce patibulum pour le pendre.
- Adspice Pierrot pendu
- Qui hune librum n'a pas rendu.
- Si hune librum reddidisset Pierrot pendu non fuisse!.
- M. L. D., à Lyon, nous fait parvenir la lettre suivante :
- « 11 est nécessaire parfois, en chemin de fer, de pouvoir mesurer à chaque instant la vitesse de déplacement. 11 suffit de posséder une montre à secondes et de connaître la longueur du rail L. En effet, l’oreille la moins exercée peut distinguer le choc des roues les plus voisines du compartiment où est Je voyageur, au passage de chaque extrémité de rail; dans le
- temps qui sépare deux chocs le train a parcouru L ; on peut en déduire la vitesse V en kilomètres à l’heure, par un calcul simple. Mais pour plus d’exactitude et de facilité, le problème se résout en cherchant le nombre de secondes x après lequel le nombre de chocs comptés à l’oreille représente le nombre V de kilomètres à l’heure.
- Après V chocs, le train a parcouru AL, dans le temps x ;
- donc en supposant la vitesse constante — représente la vitesse
- en mètres par seconde. Mais V étant la vitesse en kilomètres par heure :
- Vx 10
- 0 X fi
- représente aussi la vitesse en mètres par seconde, donc :
- - — — — A t —L —
- x 5fi 18 ‘ 5
- pour : L = 12 mètres
- 12x18 ., „ „ a
- x =------—---=12xo,6 x = 43% 2.
- 5
- pour: L = 5m,50 x= 19%8, etc.
- Donc, il suffit de prendre sa montre en main et compter, soit pendant 19%8, soit pendant 45%2, etc., selon la valeur de L, le nombre de chocs d’une paire de roues sur les rails. »
- M. Francis M. Merridew, à Paris, nous envoie une notice qui a pour titre : Réforme postale. Le timbre-|>oste international. Solution de la question au moven d’une enveloppe aller et retour. Cette brochure se trouve chez M. E. Lemoigne, 12, rue Bonaparte, à Paris.
- Renseignements. — M. J. B. B., à Lyon. — Nous ne connaissons pas d’extincteur de ce genre; mais vous pourriez vous adresser à la maison Jean et Bouchon, 52 bis, rue des Martyrs, à la Compagnie pour la fabrication des compteurs, 18, boulevard de Vaugirard, et à la Compagnie anonyme continentale pour la fabrication des compteurs à gaz et autres appareils, 9, rue Pétrelle, à Paris.
- M. Affilié, à la Ville-Savary. — Des spécialistes ont créé des appareils pour les voies respiratoires. Quand l’ozone est dépourvu de produits nitreux, on a avancé qu’il avait des propriétés curatives. Veuillez vous adresser à M. le Dr Gautier, 3, place du Théâtre-Français.
- M. Garnier, à Nancy. — 1® L’appareil a bien fonctionné.
- — 2° L’adresse du fabricant est la même.
- M. Léo Dufuu, à Grandmaison (Trois-Rivières) Guadeloupe.
- — La Société entomologique de France a son siège, 28, rue Serpente ; le président annuel est M. Bouvier, 65, quai d’Orsav, à Paris.
- M. G. T., à Bellême. — La fumée que répand le gaz en brûlant lors des temps brumeux, gaz ordinaire ou gaz acétylène, se produit parce que la pression atmosphérique diminue ; pour éviter cet inconvénient, il faut régler le débit de l’appareil.
- M. le C,e d’Esterno, au château de la Yésove. - Veuillez vous adresser à l’auteur de l’article, M. J. de Loverdo, 2, rue Chaptal, à Paris.
- M. H. Pont, à Paris. — Il nous est impossible de vous répondre; nous ne savons ce que deviendra cette Société.
- M. F. Borelli, à Nice. — Nous avons donné une formule de colle à la dextrine pour coller une photographie sur du papier; voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 5e série, à la librairie Masson et Cie.
- M. Alexandre Dercia, à Paris. — II suffit de répandre quelques gouttes de cette solution dans les doublures des étoffes et fourrures à conserver.
- M. Ch. Cals, à Cette. — Nous avons indiqué la composition de l’encre pour machines à écrire dans les Nouvelles scientifiques du n° 1587, du 25 décembre 1899.
- Questions — n° 1247. — M. L. 0., à Versailles, demande si quelqu’un de nos lecteurs peut lui donner des renseignements sur l’hydrognomonie, ou art de découvrir les sources au moyen de baguettes.
- Accusés de réception. — Avis divers. —M. Levait g, à Blois.
- Il serait nécessaire de refaiie tous les calculs des sections de vos câbles; adressez-vous à un ingénieur électricien. — M. /). L.. à Paris. Nous ne-connaissons aucun spécialiste. — M. Grand, à Paris.
- Ce procédé ne peut être utilisé en pratique. — M. D. JL, à Lille;
- M. Gerand, à Orléans. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 2e et 4e série, à la librairie Masson et Cie. — M. Lultiu, â Pau. Remerciements pour votre communication. — M. D. R., à Paris; M. J. M., à Nancy. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- Dans a « Botte aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes tes communications. — Il n'est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INVENTIONS1
- La cire & cacheter à mèche. — On éprouve souvent des difficultés à se servir d’un bâton de cire à cacheter ordinaire. Les nouveaux bâtons dont nous voulons parler renferment une petite mèche à leur intérieur dans toute la longueur du bâton. La cire à cacheter s’allume et brûle comme
- La cire à cacheter à mèche.
- une bougie ordinaire. Un petit pied mobile permet de maintenir la cire debout comme une bougie. Le mode d’emploi est tout simple; il suffit d’allumer la mèche de la cire (n° 1), d’incliner le bâton horizontalement (n° 2) de façon à laisser tomber quelques gouttes de cire sur l’enveloppe pour faire le cachet, et d’étendre ensuite légèrement la cire avec le bâton incliné (n° 3) pour ne pas éteindre la flamme. -— La cire à cacheter à mèche se trouve chez M. Mathieu, 131, galerie de Valois, Palais-Royal, à Paris.
- E,c Thermoformol. —: On a donné le nom de Thermoformol à un appareil spécial servant à produire des vapeurs d’antiseptiques puissants et d’eau par le chauffage de ces substances au moyen d’un combustible non explosible et sans flamme. Les antiseptiques sont représentés pai du formol.
- Le Thermofonnol. — Vue en coupe longitudinale et vue d’ensemble.
- de l’eucalyptol, et d’autres agents désinfectants. Le formol, pour avoir une action utile, doit être à une certaine concentration et non polymérisé. La quantité à vaporiser par 30 mètres cubes à désinfecter est de 125 grammes de para-forme ou de 400 centimètres cubes de formol (solution du commerce à 40 pour 100) agissant pendant sept heures. Ces quantités sont données par le Thermoformol. Si le Jfcube a , désinfecter est double, ou si l’on désire une désinfection-e» trois heures et demie, il faut employer deux appareils. Il ne suffit pas de produire des vapeurs de formol pour désinfecter, il faut encore que ces vapeurs soient mélangées de vapeur d’eau, afin que les premières ne se recondensent pas U le formol condensé, polymérisé, n’ayant aucune actioTT désinfectante. La vapeur d’eau agit également en favorisant l’action antiseptique du gaz. Le Conseil d’hygiène de Bruxelles a établi
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- que, pour obtenir dans une désinfection des résultats satisfaisants, il était indispensable de dégager des volumes considérables d’aldéhyde et de vapeur d’eau, et qu’il fallait évaporer 1500 cm3 d’eau par 50 m3 lorsqu’on fait usage de paraforme, et 1600 cm3 lorsqu’on utilise la solution du formol ; le Thermoformol permet d’évaporer 2000 cm3.
- L’appareil, comme le montre le dessin, se compose d’un premier réservoir C, dans lequel on place le combustible, des briquettes. A u-dessus, est un deuxième réservoir présentant au centre un tube cylindrique. On verse en E de l’eau bouillante jusqu’à la marque. Enfin, on met en place le réservoir supérieur, qui contient en P la poudre préparée. On ferme Tes joints des portes et des fenêtres de la salle à désinfecter, au moyen de bandes d’ouate ou de papier collé. On dispose les meubles de façon qu’ils soient le plus possible en contact avec les gaz. On allume le combustible, on verse l’eau bouillante, la poudre, et on se retire en fermant les portes. Après sept heures de désinfection, on peut ouvrir les portes et les fenêtres. Pour débarrasser le local de toute trace de gaz irritant, on met en E à la place de l’eau une solution ordinaire d’ammoniaque du commerce, environ un demi-litre pour un local de 50 mètres cubes. On referme les portes et les fenêtres pendant une heure. Le local peut ensuite être habité sans inconvénient. — Pour tout ce qui concerne le Thermoformol, s’adresser à la Société, 19, rue des Douze-Apôtres, à Bruxelles.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Traitement de la coqueluche.
- Il est bien peu de médicaments qu’on n’ait employé pour combattre cette maladie : calmants, balsamiques, expectorants, narcotiques, antiseptiques, tous y ont passé et sous toutes les formes. Potions de ceci, gouttes de cela, inhalations, fumigations, badigeonnages, ont eu à tour de rôle leur période de succès ou de vogue. C’est qu’hélas ! il n’en est aucun d’absolument infaillible; tel qui réussit à un coquelucheux, ne donne à un autre ni calme ni soulagement; tel qui donne de bons résultats est d’un emploi dangei’eux et demande une surveillance qui oblige à le rejeter dans bien des cas de la pratique journalière. La belladone, le bromoforme, les préparations opiacées rentrent, par exemple, dans cette catégorie.
- Aussi faut-il accueillir avec reconnaissance les moyens simples, les médications pratiques et inoffensives qui, suivant le vieux proverbe, ne font pas de mal si elles ne font pas de bien. Parmi les agents donnant un principe calmant et non toxique, se trouve la grindelia robusta. C’est une plante de la famille des Àstérées, originaire de la Californie, dont on extrait des résines et des huiles volatiles à saveur chaude et persistante. Son extrait, sa teinture, ont été employés avec succès dans les catarrhes bronchiques et l’asthme. Divers médecins l’avaient même conseillée contre la coqueluche, mais comme d’autres médicaments, on l’a laissé tomber dans l’oubli, et c’est un tort. Legrand a essayé de la réhabiliter et il a montré avec juste raison, que la grindelia possède deux propriétés, capitales, c’est d’être calmante et expectorante tout à la fois. La teinture à la dose de vingt à cinquante gouttes par vingt-quatre heures, suivant l’âge des coquelucheux, ou l’extrait fluide à la dose de 3 à 4 grammes par jour, amènent une, diminution rapide des quintes et procurent un soulagement manifeste.
- l'ne autre variété de médication consiste à faire absorber par la respiration des principes antiseptiques. Telle est la méthode préconisée par JJ. Baroux, qui conseille l’eau oxygénée. L’eau oxygénée à 12 volumes, de la pharmacopée, est un antiseptique des plus énergiques, tout en étant peu irritant et pas du tout toxique. M. Baroux l’emploie de la façon suivante. Il verse 80 grammes d’eau oxygénée sur des serviettes de vieille toile blanchie pliées en quatre; la toile doit être bien imbibée et c’est pour cela qu’il se sert de toile un peu usée, une toile neuve ou un tissu de couleur absorberait trop de liquide et surtout d’oxygène; On place les serviettes sur une traverse dans la pièce occupée par le malade qui respire ainsi dans une atmosphère sursaturée d’un principe oxydant et antiseptique. D’après l’auteur, n’importe quel cas de coqueluche peut être jugulé au bout de huit jours de traitement, quel que soit le moment de la maladie où cette thérapeutique ait été appliquée. Devant pareille affirmation, il n’y a qu’à essayer le moyen.
- On sait, du reste, que l’ozonisation faite sur de l’oxygène pur, inhalé ensuite doucement, diminue le nombre des quintes et leur intensité; d’une façon générale, l’ozone agit mieux chez l’adulte que chez l’enfant. Dr X.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Peinture'nu trempé. — On a pu constater souvent qu’il est plus commode et en même temps plus avantageux de procéder à la peinture de certains objets en les trempant dans la peinture, plutôt qu’en les enduisant au pinceau suivant le procédé classique. C’est le cas notamment pour les clôtures métalliques qui sont absolument fastidieuses à recouvrir de peinture au pinceau. Un journal américain recommande, dans le but qui nous intéresse en ce moment, de se servir d’une peinture composée comme suit. On prend une soixantaine de litres de coaltar, puis une quarantaine de grammes de résine,
- 675 grammes de noir de fumée, enfin un peu moins de - 7 kilogrammes de chaux fraîchement éteinte et finement pulvérisée, et 1500 grammes de graisse de porc. On fait d’abord fondre la résine et la graisse, puis on ajoute le coaltar; on ; prépare ensuite une pâte épaisse au moyen du noir de fumée et d’essence de pétrole, et on délaye ladite pâte dans un demi-litre d’huile de lin bouillie. On mélange finalement avec la B .chaux, on réunit les deux préparations et on emploie le tout à aphaud. On fait du reste bien d’additionner d’un peu de laque 'du Japon, pour que l’enduit sèche bien et forme une croûte dure. Si on veut l’employer à froid, il faut délayer un peu le coaltar avec de l’essence de térébenthine ou de la benzine, ce qui donne la consistance voulue.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologique de France
- ohsetivations 7 HEURES HU VUI’IN THERMOMETRE VENT DIREOTIO.N ET FODOt DE 0 A 9. ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 26 novembre. 7“,1 S. S. W. 2. Couvert. 0,7 Très nuag. ; petite averse à 7 h.
- Mardi 27 8°,4 S. S. W. 3. Peu nuageux. 0,8 Presque couv. ; pluie de 16 à 21 h.
- Mercredi 28 ... . 6", 9 S. E. 3- Couvert. 7,0 Presque couv. ; plaie la moitié du temps.
- Jeudi 29 6".9 S. i. Nuageux. 6,2 Couvert.
- Vendredi 50 ... . 4",7 N. N. W. 2. Couvert. 0,0 Couvert.
- Samedi i” décembre 4»,0 N. N. E. 1. Couvert. 0,0 Couvert.
- Dimanche 2 1\5 S. E. 2. Couvert. 0,0 Couv. ; nuag. de 18 à 22 h.
- NOVEMBRE-DECEMBRE 1900. - SEMAINE Dl’ LUNDI 26 NOVEMBRE AU DIMANCHE 2 DECEMBRE.
- 1 Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche |
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les combes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Va -iitions saisonnières de l’atmosphère. — M. L. Teisse-renc de Bort vient d'appeler l’attention sur les variations de la température dans l’atmosphère d'après des observations recueillies de 1897 à 1900 par 250 lancers de ballons-sondes. Ce météorologiste montre que, contrairement aux idées qui avaient cours jusqu’à ces dernières aimées, la température subit à de grandes hauteurs des variations suivant les saisons; à 10009 mètres la dillérence du mois le plus chaud au mois le plus froid est encore, sur les moyennes, de 11°. Ce fait, intéressant pour la physique du globe, a été indiqué pour la première fois par M. Teisserenc de Bort dans une note remontant à 1899. Depuis cette époque, toutes les observations ont confirmé l'existence de cette variation annuelle et la plupart des météorologistes ont abandonné leurs anciennes idées sur cetle question. L’auteur signale aussi que les froids du milieu de mai se font sentir jusque dans les hautes régions, ce qui justifie l'opinion de Charles Sainte-Claire Deville que la période des « saints de glace » est un phénomène général.
- ï,a pression barométrique et les éclipses. — Le Bureau météorologique de l'Inde vient de publier, un peu tardivement toutefois, un mémoire intéressant sur les observations simultanées qui ont été faites dans
- loi slations météorologiques de l’Inde anglaise pendant l’éclipse solaire du 28 janvier 1898. D'une façon générale et saus pouvoir insister sur les nombreux tableaux, les graphiques et les cartes que contient ce volumineux mémoire, nous dirons qu’on a constaté une hausse de la pression barométrique durant quatre jours avant l’éclipse, puis un retour à la normale au moment même de l'éclipse. Les déplacements atmosphériques furent un peu accentués, le ciel était pur, l’air était particulièrement sec.
- Tempêtes et inondations. — Les tempêtes se succèdent depuis la fin de novembre et leurs irajectoires passent sans cesse par nos latitudes. Bourrasques dans la Méditerranée, bourrasques dans la Manche. Les grandes pluies qui eu résultent amènent des crues dangereuses des rivières «n France et en Italie. Les inondations ont lait de grands ravages dans le midi. Des ponts ont été enlevés sur le chemin de fer du sud entre Saint-Raphaël et Hyères, et le service postal momentanément interrompu. A Rome^'è la suite de pluies continuelles, le Tibre a atteint un niveau qu’on ne lui avait pas vu de mémoire d’homme. Les parties basses de Rome ont été inondées. Un tunnel s’est éboulé en partie, et sans la présence d'esprit d’un mécanicien de l'express de Florence, qui a fait à temps machine en arrière, une catastrophe se serait produite. Le Forum, le Panthéon et la Piazza sont envahis par les eaux et le Tibre roule de nombreux cadavres d’animaux et des troues d’arbres. Les campagnes voisines sont inondées.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q., le 29, à 5 h. 44 m. du soir.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- — g— Nous traversons à Paris depuis quelques semaines une petite épidémie de variole. Il résulte de la Statistique municipale, que la variole a causé 17 décès pendant la semaine dernière. C’est le chiffre le plus élevé qui ait été enregistré depuis le commencement de l'année. Cent neuf cas d’épidémie ont été signalés à la préfecture de police. On ne saurait donc trop recommander à la population de suivre les prescriptions du Conseil d'hygiène et de se taire vacciner et revacciner. En termes généraux, la moitié orientale-de Paris est plus atteinte que la moitié occidentale : dans l’ensemble des 5e. 4®, 5e, 10e IIe, 12e 15e, 18e, 19e et ‘20e arrondissements 74 varioleux nouveaux (soit 5 pour 100 000 habitants) ont été déclarés tandis que dans l’autre moitié de Paris il n’y en a eu que 55 'soit 5 pour 100 000 habitants). Les semaines précédentes avaient donné des résultats analogues.
- —g— La Société royale de Londres vient de décerner à M. Henri Becquerel, de l’Académie des sciences, la médaille Rumfort, pour ses recherches sur les radiations de l’Uranium.
- —g— Un brouillard particulièrement épais a envahi Paris et ses environs dans la matinée du 10 décembre entre 8 et 11 heures. 11 s’est maintenu avec quelques éclaircies pendant toute la journée en se résolvant souvent en bruine. L’hygromètre marquait 90°. Ce phénomène local est assez rare et survient avec baromètre haut et vent chaud S.-S.-O. On l’a observé à Paris notamment les
- 6 janvier et 25 mars de cette année, le 29 novembre 1898,
- 7 décembre 1896, 2 novembre 1888, etc.
- —(gi— Ou vient de faire dans l'Inde des expériences comparatives sur la rapidité de tir que l’on peut obtenir avec le fusil Lee-Enlield ou avec le fusil Mauser. Rappelons d’abord que le premier peut porter 20 cartouches dans son magasin, mais que normalement
- 11 est employé comme fusil ordinaire sans magasin, tandis que le Mauser se charge normalement avec une série de cinq cartouches. Avec le Lee-Eniield sans usage du magasin, on a pu tirer 20 coups bien visés en 2 minutes 2 1/4 secondes, et en 1 minute 26 secondes quand on faisait usage des charges du magasin ; d’autre part, le Mauser a tiré les 20 coups en 1 minute 55 secondes.
- —g— Dans une Note présentée à l’Académie de Naples, M. de Lorenzo attribue la recrudescence d’activité du Vésuve l’été dernier, à des pluies exceptionnelles qui, filtrant à travers le cône volcanique, ont pénétré jusqu’à la colonne de lave, donnant lieu à des explosions qui ont été entendues jusqu’au Pausilippe, suivies de projections, à 500 mètres en l’air, de masses de lave incandescente Cette hypothèse serait conforme aux observations de Spal-lanzani, de Rath, Dana et autres, et aux recherches expérimentales de Daubrée.
- —g— M. de Glandière, qui habite le château de Cabrespine, à
- 12 kilomètres d’Espalion, est entré dans sa 108e année. On annonce de Washington la mort du chimiste Nathaniel Wells à l’âge de 107 ans.
- —g— L’Automobile-Club de France organise pour le 21 janvier 1901 une 5e exposition internationale, qui sera le salon de l’automobile, du cycle et des sports. Cette exposition aura lieu au Grand Palais (Champs-Elysées) et durera du 21 janvier au 10 février 1901.
- —g— M. C. Rabot annonce dans la Géographie que M. A. de Gerlache, ancien chef de l’expédition de la Belgica, va faire route vers Kerguelen, afin d’v faire une tentative de colonisation pour le compte d’une Société française, dite Compagnie de Kerguelen. La mission d’exploration sera embarquée sur le yacht à vapeur la Selika et aura à sa disposition un voilier français, la Fanny. Ce dernier bâtiment doit aller prendre aux Falklands, dont le climat présente de grandes analogies avec celui de Kerguelen, 1500 moutons, dont
- l’acclimatation sera tentée sur notre possession australe. La Fanny amènera en outre, à Kerguelen, des bergers des Falklands. M. de Gerlache sera accompagné d’un prospecteur et de deux zoologistes français, 31. Jules Ronnier et M. Pérez, chargés d’étudier l'histoire naturelle de l’île. Des observations météorologiques seront également exécutées, pendant le séjour à Kerguelen, de telle sorte que cette expédition de colonisation ne perdra pas de vue les intérêts de la science.
- —g— Une tempête épouvantable s’est abattue dans la nuit du 8 décembre sur la ville de Chambéry pendant deux heures. Les rues étaient jonchées de débris de toitures et de cheminées. Sous l’influence de la pluie, qui n'a pas cessé de tomber, tous les cours , d’eau du département ont considérablement grossi.
- —g— Le récent recensement de la population de Berlin a donné le chiffre suivant : 1 884 515 habitants. En 1895, il n’y avait que 1 667 504.
- —g— Nous lisons dans le Courrier du Livre que deux prix de 1000 francs chacun et un autre de 500 francs sont institués par des donateurs anonymes pour récompenser les meilleurs mémoires « sur les insectes qui s’attaquent aux livres et les meilleurs moyens à employer pour la destruction de ces animaux ». 31. Henry àlartin, attaché à la Bibliothèque de l’Arsenal, à Paris, est chargé de donner tous renseignements utiles.
- —g— Le Bulletin de la West Virginia Universily Erperi-ment Station publie une communication intéressante du Dr Hopkins sur un insecte qu’il appelle Hessian fl y et les moyens d’en prévenir les ravages. L’auteur trouve que l’apparition des essaims de cette mouche dépend de l’altitude et de la latitude du lieu, et il donne une formule qui permet d’en déterminer approximativement la date pour chaque localité. Il est possible, d’en déduire la date à laquelle il faut semer le grain de façon qu’il échappe aux destructions opérées par les essaims de Hessian flies.
- _H)_ Une ligne de chemin de fer avec ponts en béton. En réalité elle ne possède que des ponts en béton : c’est la ligne de Nurtingen à Neutfen, dans le Wurtemberg. Comme le fait remarquer 31. Ranimer, le plus remarquable de ces ouvrages est un pont biais de 19ra.60 de portée, dont l’axe fait un angle de 60" avec celui du chemin de fer. La flèche de la voûte est de 5m,51 ; elle supporte un remblai de l'”,85.
- —g— Près de Pompéi, dans un terrain acheté par le gouvernement, des fouilles ont amené la découverte d’une précieuse statue grecque en bronze rappelant, par l’élégance et la gracilité de ses formes, le célèbre Idolino de la galerie des Uflizzi de Florence.
- La statue a lm,19 de hauteur; elle est en parfait état de conservation et présente, au dire des personnes compétentes, les caractéristiques de l’école de Polveléte. Elle était destinée à porter un flambeau, car le bras droit levé soutient une base élégante ; la seule détérioration consiste en une tissure à ce même bras, mais facile à réparer. Dans le champ où a été faite la découverte devait, se trouver une usine pour la fusion et le travail du bronze, et il n’est pas improbable que les fouilles ramènent au jour d’autres trésors d’art.
- —g— A la « Société des arts » de Londres, 31. G. Et. Aflalô vient de partir en guerre contre les pêcheurs à la ligne, et notamment les enfants, qui exercent leurs talents le long des quais et des jetées des ports maritimes. Ils ne pêchent pas chacun grand-chose. mais ils causent leurs déprédations justement là où se trouvent le plus de jeunes poissons. Il demande qu’on prenne des mesures législatives contre cette mise à mort inutile d’un fretin qui n’a pas de valeur alimentaire_et qui assure la reproduction des espèces.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le miro-graphe se trouve chez MM. Beulos et Goudeau, 4 et 4 bis, cité Rougemont, à Lacis.
- Communications. — M. Henri Gandilion, à Genève, au sujet de notre article sur le chemin de fer de Barinen à Elberfeld-Yohwinkel, nous écrit que la dépense d’installation l'evient à 900 000 marks par kilomètre, et non 500 000 marks, comme nous l’avons dit, soit au total 11 970 000 marks pour la longueur totale actuelle d’exploitation.
- M. P. Pannetier, à Paris, à propos de la brosse sandale dont nous avons donné la description dans les Nouvelles scientifiques du n° 1434 du 17 novembre 1900, nous écrit que l’attache doit se croiser derrière le talon, et qu’il est indispensable que ce croisement se fasse ainsi pour empêcher la brosse de se détacher.
- M. M. Dusolier, à Paris, nous adresse l’intéressante notice suivante sur l’Innéité de la faculté d’orientation chez le pigeon voyageur : La Revue Colombophile de Tourcoing a publié, dans ses numéros du 26 août et du 2 septembre derniers, le cas de deux pigeons voyageurs qui sont revenus d’une distance de 360 kilomètres environ dans des conditions tout à fait remarquables. Ces deux oiseaux avaient été donnés tout jeunes par un excellent éleveur à un de ses amis de Paris, qui, n’ayant pas le loisir d’exercer leurs aptitudes, les laissa vivre absolument comme de vulgaires pigeons de basse-cour. Au bout de trois ans et demi, il les emporta en Périgord et, voulant les y garder, crut pousser très loin la prudence en les internant pendant tout un mois dans le nouveau colombier, afin qu’ils y eussent des petits qui les y retinssent. En effet, au bout de ce temps, l’un des pigeons avait des œufs et l’autre déjà des jeunes. Mais le premier n’en prit pas moins la volée presque aussitôt libre et disparut : moins de deux jours après on constatait son retour à Paris. Le second, ses jeunes étant morts vers le dixième jour, disparut à son tour et trois jours après regagnait également son nid de Paris. Ces deux pigeons ont donc fait leur coup d’essai, très tard, à l’âge de trois ans et demi, et, pour ce coup d’essai, ont franchi une distance de 360 kilomètres (comptés en ligne droite), après un mois d’internement et d’ailleurs par des circonstances atmosphériques médiocrement favorables. C’est une véritable improvisation, un tour de force, car on sait que les colombophiles n’imposent jamais de pareils voyages à leurs oiseaux qu’a près les y avoir préparés dès le plus jeune âge par un entraînement graduel dont les premières étapes ne sont que de 2 ou 5 kilomètres.
- « Ces deux pigeons, lisons-nous dans la Revue, sont-ils des sujets exceptionnels, ou devons-nous plutôt ne considérer comme exceptionnel que le cas où iis se sont trouvés de n’avoir à user de leui's moyens que sur le tard et tout d’un coup pour une grande épreuve? En d’autres termes, est-ce que la plupart, ou la moyenne, des sujets très bien nés ne ferait pas, le cas échéant, ce que ceux-ci viennent de faire? Ln seul pigeon pouvait faire crier au prodige; le second fait douter s’il ne s’agirait pas d’un prodige régulier. » Quoi qu’il en soit, il n’a encore été publié, à notre connaissance, qu’un seul cas analogue, ce'ui d’une petite femelle de I’érigueux, qui, engagée par erreur dans un concours sur 200 kilomètres, n’en rentrait pas moins à son colombier sept heures après le lâcher.
- Les trois cas que voilà sont instructifs : d’une part, en montrant que le rôle delà mémoire visuelle et du «raisonnement » gie doit être qu’accessoire dans le processus intime de l’orientation, ils paraissent donner gain de cause aux auteurs pour qui celle-ci est essentiellement la fonction sui generis d’un organe spécial, — que cet organe siège dans l’oreille, comme le veut M. Bonnier, ou dans les narines, comme le soupçonne M. de Cyon ; d’autre part, ils manifestent dans les moteurs-
- oiseaux une élasticité de rendement très intéressante, puisque nous voyons que certains peuvent, au besoin, fournir d’emblée et d’affilée, sans se ruiner, les centaines de milliers de coups d’aile que supposent de pareils voyages, c’est-à-dire un travail sans aucune proportion avec celui que, jusqu’alors, il leur a constamment suffi de produire au jour le jour.
- Des pigeons bien entraînés ont fait le voyage de Paris à Périgueux (560 kilomètres environ) en cinq heures.
- M. Marshall H. Saville, à New-York-Citv, nous adresse une notice qui a pour titre Cruciform structures near mitla, et qui est extraite du « Bulletin of the American muséum of natural Ilistory ».
- M. David Martin, conservateur du Musée à Gap, nous envoie une brochure sur Le canyon du Régalon (Vaucluse) et ses. lambeaux de molasse marine.
- Renseignements. — M. Ch. Belley, à Châlons-sur-Marne.
- — Adressez-vous à l’auteur de l’article, M. D. Bellet, 18, ruts des Canus, à Maisons-Laffitte (Seine-et-Oise).
- M. Robert Canton, au château des Vaux (Salbris). — Il n’y a pas d’ouvrage sur c^s questions; demandez les catalogues de la maison Recauville aîné, à Petit-bourg (Seine-et-Oise).
- M. G. Duquenog, à Saint-Omer. — Votre lettre a été envoyée à l’auteur à Etoile (Drôme).
- M. E. B., à Saragosa. — 11 n’existe pas de revue telle que vous la demandez.
- M. A. Gonthier, à Genève. — Nous ne pouvons vous renseigner sur les données relatives à ces diverses briquettes.
- M. L. Lacour, à Yayres. — On emploie parties égales, d’essence et d’alcool dénaturé.
- M. H. Dezaunay, à Nantes. — Nous ne pensons pas que ce-volume, tel que vous le désirez, existe.
- M. A. Felys, à Blois. — 1° Remerciements pour votre envoi ; mais nous avons donné un quatrain presque semblable.
- — 2° Il n’a paru encore aucune publication.
- iM. P. B., 108. — Ces traités sont chers en général; vous pourriez toutefois vous adresser à la librairie Bernard Tignol, 55 bis, quai des Grands-Augustins, ou à la librairie Desforges, 41, même quai, à Paris.
- M. M. Jacquimet, à Suippes. — Renseignez-vous à l’Office Colonial, galerie d’Orléans, au Palais-Royal, à Paris.
- M. E.Q., à Paris. — 1“ Les taches doivent en effet provenir du soufre. — 2° Avant d’employer les anthracites, il faut s’assurer qu’elles ne contiennent plus de soufre. — 5° Nous n’avons pas sur l’enrichissement des combustibles pauvres d’autres renseignements que ceux que nous avons déjà donnés ; il s’agit du reste de résultats d’expériences et nous ne pensons pas que les produits se trouvent dans lé commerce.
- M. H. Leroy, à Douvres. — Les dispositions actuelles offrent de nombreux avantages ; c’est ce qui les a fait adopter.
- M. J. du Tilly, à Paris. — Le miroir de fleurs, traduit par M. Halphen, se trouve chez MM. Plon, Nourrit et Cie, 10, rue Gavarni, à Paris.
- M. A. Monod, à Montauban. — 1° Voyez plus haut l'adresse que nous donnons de l’Office Colonial. — 2° Nous ne pouvons encore vous donner aucun renseignement à ce sujet.
- M. E. Juberi, à Paris. — On peut employer une glycérine quelconque; il faut en mettre la quantité nécessaire pour former un mélange légèrement visqueux.
- L’abonné 225-7559, à X. — 1° L’adresse de la Société Kitson-Ligbt a déjà été donnée à plusieurs reprises; s’adresser 36, avenue de l’Opéra, à Paris. — 2° t'n gros ouvrage sur la traction électrique, dû à MM. Blondel et Dubois, a paru à la librairie Bérenger, 15, rue des Saints-Pères, à Paris. Nous ne connaissons rien de précis sur la traction à air comprimé.
- M. Terreaux, à Paris. — Vous pourriez vous renseigner auprès de notre collaborateur, M. J. de Loverdo, 2, rue Chaptal, à Paris.
- M. L. Thiry, à Tomblaine. — Vous trouverez un grand nombre de vues pour projections chez MM. Radiguet et Massiot, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, à Paris. Mais nous ne pensons pas que ces vues se donnent en location.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Dnhz. à Bougie. Nous n’avons aucun renseignement sur ces fours. — M. G. Duron, à Lille. Cette dynamo série ne peut être utilisée. — M. Dumont, à Nice. Nous ne connaissons pas la formule dont vous voulez parler. — M. Gou/iot, à Suresnes. Nous ne pouvons vérifier vos calcul» sans connaître la longueur et la section de votre iil. — M. G. D., à X.; M. L. F., à Clgate ; M. Raymond, à Paris. Voyez les petits livres des Recettes et procédés utiles, 2e, ô6 et 4e série, à la librairie Masson. — M. D. L., à V. Nous essaierons de vous donner satisfaction dans la mesure du possible.
- ttans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni a insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres repues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Le calori-bloc. — Il existe déjà plusieurs modèles d’appareils de chauffage à acétate de soude, à sulfate de baryte qu’il suffit de tremper dans l’eau bouillante pendant quelque temps. On obtient ensuite un chauffage pendant plusieurs
- Fig. t. — Vue d'ensemble de la bouillotte.
- heures, le refroidissement ne se produisant que lentement. Nous signalerons aujourd’hui à nos lecteurs un nouveau modèle, le calori-bloc, analogue aux précédents. Nous avons pu
- 8 9 10 11 12 15 14
- Fig. 2. — Courbes de refroidissement.
- obtenir pour cet appareil deux combes comparatives de refroidissement, l’une B se rapportant à l’appareil chargé, et l’autre A se rapportant au même appareil rempli d’eau bouillante. La forme de la courbe supérieure indique nettement que l’appareil chargé peut fournir pendant 15 heures une température s’abaissant graduellement de 90° à 60°. — Le calori-bloc se trouve, 36, rue Taitbout, à Paris.
- Obturateur automatique. — Voici un petit dispositif imaginé par M. Quenault qui permet d’obtenir automatiquement le déclenchement d’un obturateur photographique au bout d’un temps déterminé. Cela permet à l’opérateur de se
- photographier lui-même s’il veut faire des études de portrait sans avoir de modèle, ou de venir se placer dans un groupe. L’appareil est formé d’une boîte circulaire plate traversée en son centre par un axe autour duquel elle peut pivoter; un peu au-dessus de l’axe elle est divisée en deux parties par une cloison AB; l’espace resté libre en dessous de cette cloison n’est pas utilisé et reste vide. Au-dessus on place une seconde cloison perpendiculaire à la première; elle ne va pas tout à fait jusque contre la paroi et se trouve percée vers le bas d’un
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction de3 è où-miles scientifiques est étrangère aux annonces.
- trou L. On a deux compartiments M et C de chaque côté de cette paroi et, en face du compartiment M, extérieurement à la boîte, on a fixé un bouton 1* formant saillie. L’axe autour duquel peut tourner cet ensemble a été fixé sur la planchette d’objectif de l’appareil photographique de façon que le bouton de déclenchement D de l’obturateur R soit rencontré par le bouton P.
- On a mis en M du mercure, qu’on amène facilement dans la position représentée, en faisant tourner tout le système puisque la cloison ne touche pas le bord de la boîte ; on cale celle-ci dans cette position au moyen d’un arrêt contre lequel vient buter le bouton P. Le mercure s’écoule par le trou L qu’on peut faire plus ou moins grand, suivant le temps dont on veut disposer, et dès que le mercure est passé dans le compartiment C tout le système bascule ; le bouton P rencontre alors le bouton de déclenchement de l’obturateur et celui-ci fonctionne. C’est un petit appareil ingénieux qui est facile à construire et peut rendre service aux amateurs. G. M.
- BIBLIOGRAPHIE
- Le Volta. Annuaire de renseignements sur l’électricité et les industries annexes. 1900-1901. Paris. Société fermière des annuaires, 53, rue Lafayette.
- Cet annuaire nous semble de nature à rendre les plus grands services aux électriciens et en général à tous' les industriels ; nous sommes heureux de voir l’apparition du deuxième volume destiné à l’année 1900-1901. Sans pouvoir faire une analyse complète de l’ouvrage, nous en signalerons cependant les quatre parties principales ; la première partie est destinée aux renseignements techniques, la seconde aux renseignements statistiques, la troisième aux renseignements commerciaux et la quatrième aux tables diverses. Chacune de ces parties renfermé les renseignements les plus complets.
- Vocabulaire français-anglais-allemand, technique, industriel, commercial, par E. Hospitalier, ingénieur des arts et manufactures, rédacteur en chef de l’Industrie électrique, 1 vol. in-18 en long. Publié par l’Industrie électrique, 9, rue de Fleurus. Paris, 1900. Prix : 6 francs.
- Sous le microscope, par A. Acloque. 1 vo1. in-8° de 520 pages avec 313 figures. Prix : lfr,75, franco : 2fr,45. 1900, Abbeville. C. Paillait, éditeur.
- Formulaire industriel, par J. Ghersi, 1 vol. in-8° court. G. Carré et C. Naud, éditeurs. Paris, 1900. Prix : 5 francs.
- Au pays du caoutchouc, par Eugène Ackermann, ingénieur civil des mines, chargé du laboratoire de chimie de la commission d’assainissement de Para (Brésil). 1 brochure in-18. Librairie Bernard-Tignol. Paris, 1900. Prix : lr,,50.
- Guide pratique de galvanoplastie. Moulages variés et procédé Pellecat, par M. l’ablé J.-B. Chalamon. 1 brochure in-8°. Toulouse. Imprimerie Saint-Cyprien, 19C0. Prix : 2 francs.
- La lumière agent thérapeutique. Méthode du professeur Finsen de Copenhague, par le professeur Lortet, doyen de la Faculté de médecine de Lyon, et le docteur Cenoup, chef des travaux du laboratoire de Parasitologie. 1 brochure in-8°. Lyon, Rey, imprimeur-éditeur de Université. Lyon, 1900.
- La théorie des ions et l'électrolyse, par Auguste IIollaiui, chef du laboratoire centrale de la Compagnie française des métaux. 1 vol. in-8°. Paris, G. Carré et C. Naud, éditeurs. 1900.
- Formulaire photographique, par le Dr Louis Sassi, traduit de l’italien, par Ernest Jacquez. 1 vol. in-16. Paris, G. Carré et C. Naud, éditeurs. 1900.
- La Vie des plaides, par P. Constantin, agrégé des sciences naturelles, professeur au lycée Michelet, et E. d’Hubert, docteur ès sciences, professeur d’histoire naturelle à l’Eco'e supérieure de commerce de Paris, 1 vol. grand in-8° de 800 pages, avec 1000 figures, paraissant en 4 fascicules à 3 fr. Souscription au volume complet : 12 fr. Librairie J.-B. Baillière et fils. Paris, 1900.
- Lehrbuch der Photochromie von Wilhelm Zenker. Ilerausgegeben von prof. l)r SciiwALBE. 1 vol. in-8°. Fr. Yieweg et fils. Braun-schweig. 4 marks.
- Transactions of the american rnathematical Society edited by Eliakdi Hastings Moore, Ernest William Brown, Thomas Scott Fiske. 1 brochure in-8°. The macmillan Company. 1900.
- Gli animali utili e gli animali novici, par S. CavallerO.
- 1 brochure in-16. Mantova. 1900. G. Mondovi, éditeur.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Traitement de Veczéma.
- Il est des formes d’eczéma tout à fait rebelles au traitement par les pommades, les lotions de nombreuses variétés que conseillent les dermatologisl.es. L’éruption persiste, tenace, avec son prurit intense, en dépit de toute médication. D’autres formes, au contraire, sans être rebelles, dans le sens absolu du 'mot, ne cèdent que momentanément au traitement et reparaissent au bout de peu de temps, en dépit de l’observance des règles les plus rigoureuses d’hygiène.
- Mettant à profit les recherches de Finsen sur l’action des ravons rouges de la lumière solaire dans la variole, recherches
- qui ont été relatées dans La Nature, le professeur Winternitz, de Vienne, a eu l’idée d’essayer cette thérapeutique nouvelle contre l’eczéma. Les malades se soumettent très volontiers à ce traitement qui n’est ni gênant ni compliqué. Les plaques éruptives étaient recouvertes d’un voile de soie rouge vif, de façon à les masquer entièrement, et elles étaient ensuite exposées directement à la lumière solaire, pendant une durée de une à quatre heures, suivant l’ardeur des rayons solaires ou l’ancienneté de la lésion. Les parties saines du tégument sont masquées par un tissu quelconque ou une pièce de vêtement.
- Chez tous les malades traités par cette méthode, et quelle que fût la variété de l’eczéma, Winternilz a constaté une amélioration immédiate et après quelques séances une guérison rapide. Dr X....
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- observations HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Luudi 3 décembre . 3°,1 S. E. 2. Couvert. 0,0 Nuag. à 1 h ; couv. ensuite; gouttes à 12 h. ; gelée bl.
- Mardi 4 10”,8 S. S. W. 4. Couvert. 1,6 Couv. ; pluie la moitié du temps.
- Mercredi 5 12",9 W. S. W. 4. Couvert. 9,3 Couv. ; pluie les 2 tiers du temps.
- Jeudi 6 10",6 W. S. W. 3. Peu nuageux. 1,9 Nuag. de 4 à 8 h. ; que’ques éclaircies dans la soirée.
- Vendredi 7 7",1 W. S. W. 4. Nuageux. 0,6 Nuag. ; quelques averses.
- Samedi 8 0",6 S. 2. Beau. 14 Beau jusqu’à 8 h.; puis nuag.; couv. après 13 h.; brouill. assez épais jusqu a 9 h. ; gelée bl.
- Dimanche 9 5",1 S. 2. Couvert. 0,0 Éclaircies entre 13 et 15 b. ; couv. avant et après ; halo ; bruine à partir de 19 h ; brumeux.
- DÉCEMBRE «900. - SEMAINE DU LUNDI 3 AU DIMANCHE 9 DÉCEMBRE
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 n 10; les flèches inférieureî, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, uu niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Bi'sunié de.* observations météorologiques faites au Pare Saint-Maur en novembre 1900
- par M. E. Iîe.voc.
- Moyenne barométrique à midi 753“",l>8. Minimum 754““,31 le à 1 heure du malin. Maximum 762“'",09 le 2 à 9 heures du so'r.
- Moyennes thermométriques : des minima 5°,56; des maxima 10°,56; du mois 8°,06; vraie des 24 heure* 7°,63. Minimum —5°,1 le 12 à 5 h. 1/4 du matin; sur le sol —7°,7. Moyenne des minima sur le sol 1°,93 Maximum 19°,1 le I*- à 11 h. 3/4 du malin. II y a eu 1 jour de gelée le 12, et 6 jours de gelée blauche.
- Ten-iou moyenne de la vapeur 6““,84; la moindre 5“m,7 le 12 à 5 heures du matin: la plus grande 10"“,8 le 1"à 10 heures du matin.
- Humidité relative moyenne : 86 ; la moindre 45 le 8 à 1 heure du soir ; la plus grande 100 en 6 jours.
- Pluie56”",t en 90 h. 3/4 réparties en 19 jours; il n’y a eu que de petites pluies: un seul jour, le 2i, en a fourni plus de 10 mm., 10"”,1 en 12 heures. Il est tombé des gouttes les 1er, 11 et 23; 2 jours de brouillard, les 11 et 12. Un brouillard partiel le 14; 1 jour, le 3, où la transparence atmosphérique a été de 3 kilomètres à 7 heures du matin. Nébulosité moyenne 81; il n’y a eu que 2 jours de temps assez beau, les 7 et 8.
- Vents dominants duS.-L. au S.-W., puis du N.-N.-E. au N.-N.-W. Le vent n’a été fort qu’un seul jour, le 7, du S.-S.-W. au S.-W. de 1 heure du matin à 2 heures du soir.
- Température moyenne de la Marne : le matin 9°,18; l'après-midi 9°,34 ; du mois 9°,26. Toujours basse et claire.
- Le chimonanthus fragrans a fleuri le 29p
- Relativement aux moyennes normales, le mois de novembre 1900 a présenté les résultats suivants : Baromètre plus bas de 4““,62. Thermomètre plus haut de lu,57. Pluie plus forte de 9““,0. Nébulosité plus grande de 1 i. Tension de la vapeur plus grande de 0“,51. Humidité relative moindre de i.
- Relativement aux moyennes normales, l’automne de 1903 (seplembre-octobre-novembre) présente les résultats suivants ;
- Moyennes. Baromètre. . . 758'"“,17 Thermomètre . 11°,38
- Teus. de la vap. . 8“"", 15
- Écarts. -+ 0,39 -+- 1,20 -t- 0,09
- Moyennes. Écarts. Humidité relat . . . 80,8 — 3,7
- Nébulosité......... 50 — 9
- Pluie.............. 102,5 — 58,6
- Relativement aux moyennes normales, l’anuée météorologique 1900 présente les résultats suivants :
- Moyennes. Écarts. Baromètre. . . 757““,04 -t-0,97
- Thermomètre . 10°.62 -t- 0,66
- Tens. de la vap. 7””,46 —0,07
- Humidité relat. 75,6 — 3,5
- Nébulosité. . , . . . 53 — 3
- Moyennes. Écarts.
- Pluie.......... 482““,1 — 89,3
- Nombre dé jours de pluie . . 150
- Orages.................... 25
- Eclairs seuls............. 11
- Erratum : Nous avons signalé plusieurs fois des éclairs en octobre et en novembre; nous nous sommes aperçus que ces lueurs sont produites par les tramways électriques à trolley. *
- PHASES DE LA LUNE ; P. L. le 6 à 10 h. 47 du matin.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- ®— A l'occasion de l’Exposition, les Ministères du Commerce, «le l’Agriculture et de l’Instruction publique viennent de publier •une nouvelle liste de décorations. Nous y relevons un certain nombre de noms d'hommes connus par les services qu’ils ont rendus au pays ut à l'industrie. Parmi les Grands officiers, citons : M. Maton de la Goupillière, et M. Brouardel, de l’Institut; parmi les Commandeurs : MM. Albert Gaudry, Lippmann, de l’Institut, Raoult, Terrier, de l’Académie de médecine; parmi les Officiers (Ministère du Commerce) : MM. Arbel. Baudet, Boutan, Foulon, Franck, Le Blanc, Eugène Lebon, Ledoux, Lodin, F. Meyer, Moïse, Picard, membre de l’Institut, E. Sar-4iaux, Sauvage, Schrader, Yalckenaer, YVillot. (Ministère de l'Instruction publique) : MM. Bornet, do l’Institut, Ditte, de l’Institut, Gernez, Gruey, Saint-Arroman, etc. (Ministère de l’Agriculture) : Commandeurs : MM. Grandeau, Philippe, Boucard; Officiers : MM. Ch. Baltet, Egrot, André. Thénard, etc. (Commerce) : Chevaliers : MM. Bocliel, Bollèe, Bouillet, Bruneau, Bullier, F. Carnot, Chapsal, Ilesgeans, Godfernaux, Hospitalier, Paul Janet, Pr Janet, du Collège de France, balance, I)r Larat, Lesourd, Pierre Masson, G. Moreau, Lucien Poincaré, Serpollet. (Agriculture) : M. Schleesing, manufactures de l’Etat. (Instruction publique): MM. Phisalix, Gauckler, Radan, de l’Institut et du Bureau des Longitudes, et notre collaborateur M. Itobida.
- —S— M. Fontaine, directeur du travail au ministère du commerce, vient de dresser la statistique du mouvement de la population eu France pendant l’année 1809. Il ressort de cet intéressant document que la population a augmenté dans 43 départements de 09(583 habitants, et diminué dans 45 autres départements de 58289 habitants. L’Ain seul n’a pas bronché. Le chiffre des décès y égale celui des naissances : 7204. Le département où la population a le plus baissé est la Haute-Garonne qui compte 2534 habitants de moins que l'année précédente. Celui où elle a le plus augmenté est le Nord, qui en compte 14 508 de plus. Les deux départements où le mouvement est le plus faible sont l’Aude où la population n’a augmenté que de 6 habitants, et le Jura où elle n'a diminué que de 2. D’autre part, il y a deux départements où on n’a pas divorcé : les Hautes-Alpes et la Lozère ; mais on s’est marié dans tous, énormément.
- —®— Le monopole du gaz existe partout, sauf à Berlin, et l'expérience a prouvé l'excellence de ce système. A Londres, suivant qu’il s'agit de telle ou telle compagnie, le prix du mètre cube de gaz est de Ofr,lt57ti ou de 0fr, 15(55. Tant que le gaz est livré à ces j prixmaxima, le dividende des actionnaires ne peut excéder 10 pour 100. j Mais il augmente de 1,4 pour 100 à chaque diminution de 0 r,00355 j sur le prix du mètre cube de gaz. C’est ce qu’on appelle le régime ! de lechellc mobile, slïding scale; il a amené en 1890 le prix du gaz à 12 et 10 centimes et même, en ces dernières années, ce prix est quelquefois descendu jusqu'à 8 centimes. A Bruxelles, le gaz vaut, suivant l’usage qu’on en fait, 10 à 15 centimes. A Liège, les prix sont de 15 centimes pour l'éclairage prive, et 10 centimes pour la force motrice. Manchester, Glasgow, Birmingham, fournissent le gaz à 0fr.08 et 0fr,15 le mètre cube. Les prix de l’Allemagne, de | l'Autriche, de la Suisse varient de 15 à 20 centimes. On voit donc ! que de beaucoup c’est nous qui payons le gaz le plus cher, et qu’il | est temps que ce prix soit abaissé à 20 centimes.
- —®— M. Jean Plichon, député du Nord, donne d’intéressants renseignements statistiques sur la production de la bière en France. Cette production va sans cesse se développant. Elle était de 7 375 000 hectolitres en 1879, pour s’élever, dès l’année suivante, à 8 227 000 hectolitres, soit une augmentation de plus de 850000 hectolitres en une seule année. En 1898, c’est-à-dire pendant la dernière année, dont les résultats soient connus, la production de la bière française atteignait 9 557 000 hectolitres, c’est-à-dire qu’elle
- avait, en vingt ans, augmenté de plus de 2 millions d’hectolitres. Les impôts perçus en 1898 sur nos bières dépassent 25 millions. Quant aux bières allemandes, les quantités qui en sont importées chez nous varient, bon an mal an, entre 100 et 150000 hectolitres.
- —®— La Société du ballon Zeppelin, créée pour favoriser les rogrès de l'aérostation, a été dissoute par une décision de l’assem-lée générale et s’est mise en liquidation.
- —®— Une voiture automobile à air liquide est en ce moment la grande attraction du Salon automobile de New-York à Madison Square Gardeu. Voici quelques détails sur ce curieux engin. Il n’avait jusqu’alors pas marché et avait simplement été exposé dans un stand. On l'a chargé à l’air liquide et on l’a mis sur la piste qui fait le tour de l’Exposition de Madison. Le véhicule a marché avec facilité, sans bruit et sans aucun échappement visible. Il a, d’ailleurs, tout à fait et l'apparence et l’allure des voitures à vapeur et son mécanisme est à peu près identique. A la place de chaudières de réservoirs à eau et de brûleurs à essence, il y a un cylindre horizontal en cuivre qui renferme 10 gallons — soit 45 litres — d’air liquide. Un second cylindre horizontal en cuivre de la même dimension est entouré de tubes en cuivre analogues à des serpentins, qui sa terminent par des tuhes supplémentaires placés sous le châssis. Le cylindre à air liquide est garni de feutre épais, afin d'éviter une trop grande hausse de température et une trop grande pression par l’évaporation intérieure ; ce cylindre est muni d’une soupape qui limite la pression à à peu près 5 livres pir pouce carré et, par cette pression, le liquide est refoulé dans les serpentins, où il absorbe la chaleur extérieure ambiante. Quand l’air arrive jusqu'aux serpentins sous la voiture, il a été transformé en air atmosphérique à haute pression. Bar un système de valves, il est distribué au moteur, semblable à un moteur à vapeur, destiné à travailler à la même pression. Le second réservoir cylindrique sert à empêcher une évaporation et une expansion trop rapides. On dit que dix gallons d’air liquide, en charge dans le cylindre, ne s’échapperont pas par la soupape en moins de cinq jours, quand la voiture ne sera pas en service et que cette énergie suffira pour transporter la voiture à 50 milles sur des routes ordinaires, si l’on utilise la charge sitôt introduite dans le réservoir. Attendons de plus amples détails.
- —®— M. Caldwell vient d’imaginer un laminoir spécial, qui permet de tirer d'une bande de fer convenable, l'hélice continue, sans rivetage ni perte de matière première, de ces transporteurs à vis d’Archimède employés maintenant couramment. La conicité des enroulements successifs de la lame est simplement assurée par un laminage entre des galets coniques à profil soigneusement étudié.
- —®— On emploie maintenant aux États-Unis une machine Einfeldt à fabriquer les roues en fer, qui çjurbe la jante présentée
- l'état de lame, et l'assemble successivement au bout des différents rais mis préalablement en place sur le moyeu. Le rivetage de chaque extrémité de rayon dans le trou de la jante se fait hydrauliquement.
- —®— Nos lecteurs savent qu’un Congrès international est parvenu déjà à un excellent résultat en créant un système international de filetage pour les vis mécaniques. Pour compléter cette œuvre, une Commission a élaboré des règles accessoires au sujet des dimensions des écrous et des tètes de boulons et par conséquent des ouvertures des clefs. A chaque diamètre normal de vis correspond une ouverture de clef déterminée, et cette ouverture est identique pour l’écrou et pour la tète du boulon correspondant; la même ouverture s'applique aux écrous bruts et à ceux qui sont finis à la machine. D’ailleurs, la largeur de la tète doit être toujours légèrement en dessous de la cote et l’ouverture de la clef légèrement en dessus.
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- NOUVELLES SCIENTIPIQUES.
- Communications. — MM. les délégués de la Chambre syndicale des Fabricants de jouets et jeux de Paris nous informent qu’en date du 9 octobre 1897 la Chambre a déposé une marque de fabrique nationale (n° 55 457 ) qu’une grande partie des fabricants français ont adoptée et apposent sur leurs articles. La Chambre syndicale, pour donner plus de publicité à cette marque et afin que le public acheteur puisse reconnaître l’article français, va faire apposer dans Paris des affiches spéciales.
- M. Ch. Senemand, à Tours, à propos de notre article sur « L’éclairage des wagons » (n° 1455, du 24 novembre 1900, p. 406), nous adresse la lettre suivante : « Dans un précédent numéro a paru un intéressant article de M. J.-F. Gall, sur l’éclairage des wagons et en particulier sur un procédé allemand d’éclairage au gaz mixte d’huile et d’acétylène. Peut-être serait-il intéressant pour vos lecteurs de connaître les travaux auxquels je me suis livré sur un procédé ayant avec celui du gaz mixte une analogie relative, et sur les résultats que j’ai obtenus à ce jour. L’idée première m’en vint d’une théorie lue dans la Chimie organique, de MM. Berthelotet Jungfleisch, attribuant l’éclat des flammes d’hydrocarbures à une formation intérieure d’acétylène. Je pensai alors à aider la formation d’acétylène par un procédé approprié. Je réalisai d’abord un mélange de liquides combustibles dont l’un d’eux se dissociait à haute température en éléments de l’acétylène. De plus, il fallait trouver un bec de lampe brûlant convenablement ce liquide auquel j’ai donné le nom d’ « acétyline. » Il restait à brûler le liquide à l'état de vapeürs sous pression. La combustion devait être aussi complète que possible à la surface de la flamme pour porter le carbone libre à l’incandescence. La condition de pression excluait l’emploi d’une mèche à air libre dont les inconvénients sont multiples. En outre je désirais obtenir une gazéification et un allumage à peu près instantané. Après quelques essais j’adoptais le principe du bec ci-dessous décrit. Un canal métallique C portant un pas V destiné à le fixer sur un récipient est prolongé par un petit obus O en métal de très faible épaisseur qui lui est raccordé par un manchon isolant M en stéatite pour éviter les pertes de chaleur par conductibilité. Sur l’obus O à une faible distance de la pointe et sur la partie cylindrique est percée une couronne de trous tt, non capillaires : ceci est de toute importance, les trous tt ont au moins un quart de millimètre de diamètre, les trous capillaires donnent une flamme sifflante bleue inéclairante. Dans l’ensemble C M O jusqu’à 2 millimètres environ au-dessous de tt pénètre une mèche d’amiante qui alimente le bec d’acé-tyline par capillarité. Pour allumer, il suffit d’échaufler l’obus O avec une allumette, lorsqu’il est allumé la chaleur dégagée entretient la gazéification. On obtient des vapeurs surchauffées dans la pointe de l’obus ce qui crée une pression, et d’autre part la distribution de la flamme en jets multiples favorise une combustion complète en surface. J’obtiens ainsi une belle lumière blanche d’éc’at un peu plus faible que celui de l’acétylène pur. Mon système d’éclairage marche très bien à flamme en dessous, il convient à l’établissement de lampes à récupération ayant de nombreux avantages pour l’éclairage des wagons. Reste à examiner le point de vue économique. D’après l’ouvrage remarquable de M. C. de Perrodil sur le carbure de calcium et l’acétylène : l’éclairage par l’huile de colza revient à lCCBt,52 pour 4 bougies-heure. La Compagnie d’Orléans emploie des becs pétrole consommant 2e6”1,52 pour 8 bougies heures environ. La Compagnie P.-L.-M. emploie l’éclairage au gaz d’huile et de bogheads qui revient à lce<“,8 pour 7 bougies-
- heure. Le Nord a essayé l’éclairage électrique qui coûte 20C°‘,& le carcel-heure. Ces résultats sont à l’avantage de 1’ « acétyline », car une lampe sans récupération m’adonné 12 bougies pour une consommation de lcent,8 à l’heure. La lumière obtenue est fixe et ne dénature pas les couleurs. La manipulation des appareils ne présente aucun danger puisqu’on marche l’acétylène se détruit au fur et à mesure de sa formation. Il n’y a pas de mèche, pas de réglage. »
- M. L. du Bouchet, à Paris, nous écrit : « Dans la Boîte aux Lettres du n° 1457 du 8 décembre 1900, M. L. D. donne un moyen de connaître la vitesse d’un train par le bruit produit par les chocs contre les extrémités des rails. Mais il faut connaître la longueur des rails, longueur très variable. Un moyen plus simple est de prendre avec un chronographe le temps mis par le train à parcourir l’espace compris entre deux poteaux télégraphiques. L’écartement de ces poteaux sur parcours rectiligne est, en France, de 75 mètres.
- M. V. Brandicourt, à Amiens, à propos du récent article de M. Henri Coupin sur la mort des oiseaux, nous rappelle ces-vers de F. Coppée :
- Le soir au coin du feu, j'ai pensé bien des fois A la moit d’un oiseau quelque part dans les bois.
- Pendant les tristes jours de l’hiver monotone,
- Les pauvres nids déserts, les nids qu’on abandonne Se balancent au vent sur le ciel gns de fer.
- Oh! comme les oiseaux doivent mourir l’hiver!
- Pourtant lorsque viendra le temps des violettes Nous ne trouverons pas leurs délicats squelettes Dans le gazon d’avril, où nous irons courir.
- Est-ce que les oiseaux se cachent pour mourir.
- M. le Dc D. Clos, à Toulouse, nous adresse une Note sur la nouvelle légumineuse fourragère vivace, astragale en faux (astragalus falcatus) de Lamarck.
- Renseignements. — M. Dumont, à Blois. — Vous 'trouverez toutes sortes de clichés pour projections chez MM. Radi-guet et Massiot, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire; la collection comprend également des vues de l’Exposition de 1900.
- M. G. Merlin, à X. — M. Bullier, 64, rue Gay-Lussac, à Paris, pourrait vous donner ces renseignements.
- M. Ch. Adam,ça Paris.. — Il faut manipuler le phosphore avec grande précaution ; nous n’avons pas de moyen particulier à vous indiquer pour faire l’opération dont vous parlez.
- M. R. M., à Rennes. — 1° Nous avons donné dans le petit livre des Recettes et Procédés utiles, lr0 série, à la librairie Masson et C‘% plusieurs formules d’encre indélébile pour écrire sur le zinc; vous pourriez les essayer. — 2° Il ne nous est pas toujours possible de reproduire la demande qui nous est adressée; nous le faisons dans la mesure du possible.
- M. IJ. Léaulé, à Mer. — La loupe stéréoscopique que nous avons décrite précédemment se trouve chez M. Clermont-Huet, 114, rue du Temple, et la lunette stéréoscopique chez M. Frank-Valéry, 25, boulevard des Capucines, à Taris.
- M. II. Vidal, a Béziers. — On n’a pas encore construit de moteur à pétrole de ce genre.
- M. le vicomte de Curzar, à Bordeaux. — Les extincteurs à pompe électrique que nous avons décrits dans le n“ 1284 du 8 janvier 1898, p. 96, se trouvent chez MM. Merryweathcr et fils, à Greenwich (Angleterre).
- M. E. Ayu/o et C‘% à Paris. — Adressez-vous à M. Ducretef, 75,. rue Claude-Bernard, à Paris.
- M. Florian Satre, à Saint-Chamond. — Prenez un phonographe Lioret, 18, rue Thibaud, à Paris.
- Officiers du 9e hussards, à Marseille. — 1° Vous aurez un bon isolant en prenant 500 grammes de gomme laque blanche en feuilles et 1 litre d’alcool à 40° B. — 2° Nous avons déjà donné de nombreuses formules de développement. — 5° Nous avons parlé de cette question dans une recette précédente. — 4° Vous pouvez appliquer les modes de couplage en tension et en quantité ordinaires. — 5° Adressez-vous à la librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris. — 6° Pas d’adresse spéciale. — 7° Cet appareil est très bon.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Durand, à Nice. Nous avons reçu votre Noie; remerciements. — M. G. L-, à Rouen. Nous n’avons pas l’adresse Complète de ce correspondant. — M. L. M., à Paris. Cet article ne se trouve pas dans le commerce. — M. D. G., à R.; M. L. D., à Versailles. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. D. Raymond, à Toulouse. Consultez le même petit livre que ci-dessus, 2° et 5e édition, à la même librairie. — M. Dubois, à Paris; M. G. R., à Suresnes. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- I/œillére-frein. — L’œillère-frein est un petit appareil ayant pour but d’arriver à l’arrêt instantané des chevaux emportés. Partant de ce principe souvent vérifié que tout cheval dent la vue est instantanément fermée s’arrête immédiatement sur place, M. Alfred Ranglaret a, cherché les moyens d’arriver » la construction et à l’application d’un appareil simple et pratique pouvant s’adapter facilement au harnachement de tete du cheval. L’œillère-frein se compose de deux œillères en
- étoffe noire solide, adaptée intérieurement aux œillères de cuir ordinaire du cheval; chacune, munie d’un ressort spiral bandé pouvant les rabattre instantanément sur les yeux de l’animal emporté, est maintenue en place, c’est-à-dire contre l’œillère ordinaire, par de petits arrêts métalliques que la traction d’une légère bride fait déclencher. Les brides des œillères-freins se réunissent entre les oreilles de l’animal, passent à travers un anneau et se prolongent par une petite guide unique tenue en main par le conducteur. Si l’animal s’emporte, un coup sec sur la guide déclenche les œillères-freins qui viennent s’abattre instantanément sur les yeux' de l’animal qui est aussitôt maîtrisé. — L’appareil l’œillère-frein se trouve chez M. Alfred Ranglaret, 16, rue de Chabrol, Paris.
- Nouveau T pour dessinateur. — Ce nouveau T perfectionné est destiné à remplacer avec avantage, dans la plupart des cas, le rapporteur en cuivre ou en corne dont se servent habituellement les dessinateurs. Il permet de relever et
- Nouveau T pour dessin; teur.
- de tracer tous les angles sur une planche à dessin de construction soignée. 11 se compose, comme l’indique notre croquis, d’une règle généralement de la longueur de la planche à dessin, d’un bras fixe et d’un bras mobile; ces trois parties sont en bois. Sur le bras mobile est monté un arc de cercle, analogue au rapporteur, sur lequel sont tracées les graduations en degrés. Sur le bras fixe et dans le prolongement de la règle se trouve une sorte d’aiguille se terminant par un chanfrein portant un trait indicateur. L’arc de cercle est divisé en 400 degrés, soit 50 divisions de chaque côté du zéro. Une coulisse circulaire y est pratiquée et dans celle-ci circule, entraîné par l’aiguille, un boulon avec écrou molleté qui permet de bloquer le T dans une position déterminée. La plaque qui porte les divisions est en aluminium, ainsi que l’aiguille, le
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- boulon d’axe et le boulon de blocage. Il en résulte que le T présente une grande solidité et une grande rigidité. -— Le nouveau T pour dessinateur se trouve chez M. Y. Jacob, mécanicien en précision, 51, rue Jonquoy, à Paris (XIVe arrond.)
- Lampe de bureau et de magasin. — On a souvent besoin d’une petite lampe pour cacheter les lettres, les paquets, pour souder rapidement, chauffer des pinces, etc., etc. La lampe ci-jointe répond à ce besoin; elle est formée d’un récipient cylindrique, avec une simple mèche dépassant dans un brûleur. On la garnit d’alcool, on retire le chapeau du
- Lan pe de bureau.
- brûleur et on allume la mèche. On obtient un jet de flamme d’une longueur de 10 centimètres. La lampe peut rester garnie; l’alcool du"récipient ne s’évapore pas. — La lampe de bureau et de magasin se trouve chez M. Kratz-Roussac, 14, rue Martel, à Paris.jj
- Pupitre universel. — Ce nouveau pupitre se prête faei lement à plusieurs usages. Il peut se placer sur une table, plié en chevalet et seivir pour maintenir des documents. Il peut être utilisé pour une machine à écrire. Le support de
- fupilre universel.
- derrière se replie, et permet de tenir le pupitre à la main, fies arrêts à ressorts mobiles maintiennent les feuilles ou les pages ouvertes. — Le pupitre universel se trouve à la même adresse que l’objet précédent.
- Voiture automobile. — La voiture automobile jouet existe depuis lon.t'mps déjà; on peut dire du lendemain du
- Voiture automobile.
- jour où la première automobile roula sur une route. Un grand nombre de modèles nouveaux ont été établis, toujours sur le même principe d’un mécanisme moteur à remontoir. Dans la
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction'
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —{#’— Le vingtième siècle commence mardi prochain 1er janvier 1901 à minuit. Le dix-neuvième se termine lundi prochain 51 décembre à minuit.
- —®— M. Adolphe Carnot, inspecteur général des Mines, inspecteur de l’Ecole supérieure des Mines, est nommé directeur de cette école, en remplacement de M. Ilaton de la Goupillière, appelé à la vice-présidence du conseil général des mines et nommé directeur honoraire'.
- —3|— Signalons une installation frigorifique monstre, qui se trouve naturellement aux Etats-Unis, où l’on recourt plus que jamais à ces magasins si utiles! Elle vient d’ètre établie par la hings County Refrigerating Co. Elle comprend un immense bâtiment de 7 étages, “long de plus de 27 mètres sur 50, et aussi une station d’énergie qui occupe un bâtiment voisin de 2 étages. C’est le gaz ammoniac dégagé de sa solution, puis liquéfié, qui sert à refroidir par évaporation une solution de chlorure de calcium.
- —g— On connaît aujourd’hui le résultat officiel du dernier recensement décennal de la population aux Etats-Unis. Le chiffre total des habitants de l’Union s’élève à 76 295 220, en augmentation de 15 225464 sur les chiffres de 1890. L’Etat de New-York compte 7 268 000 habitants, soit 1 270 156 de plus qu’il y a dix ans. Le seul Etat de l’Union qui accuse une diminution est l’Etat de Nevada, qui a perdu 5427 habitants depuis 1390.
- —g— Le Muséum d’histoire naturelle de Paris vient d’acquérir «leux ruminants très rares qui manquaient à ses collections. Ce sont deux yacks, un mâle et une femelle. Ces bœufs sauvages des hautes" régions montagneuses ont le front bombé à sa partie moyenne et portent une longue fourrure qui leur permet de braver les neiges perpétuelles des sommets les plus élevés. Ils ont été placés dans la ménagerie, où leur superbe robe noire et les crins de leur queue, beaucoup plus longs et plus fins que ceux du cheval, font l’admiration des visiteurs.
- —g— Il paraîtrait que l’Amirauté anglaise aurait pris la détermination de munir d’appareils de télégraphie sans fils Marconi, dusieurs navires de l’escadre de la Manche, notamment le Majestic, e Mugnificent, VHaitnibul, le Jupiter ; pour l’instant, les maîtres «l’équipage préposés aux signaux sur les deux navires amiraux et deux sous-officiers de chacun des navires en question reçoivent une instruction spéciale en la matière à bord de Y Hector, à Portsrnouth. On regarde comme vraisemblable que tous les navires de la Hotte seront plus ou moins prochainement munis de ce système de télégraphie. On peut espérer «pie l’on ira aussi vite dans la marine française.
- —1»;— M. L. S. Penfield vient de décrire, sous le nom de graftonite, un nouveau minéral qu’il a découvert sur le versant sud du mont Melville, à quelque 8 kilomètres du village de Grafton, dans le New Uampshire, aux Etats-Unis. C’est un phosphate de fer manganésifère tout à fait analogue à la triphyhte, avec laquelle -dii le trouve du reste associé.
- —5*>— Une importante publication commerciale anglaise, le Board of T rade Journal, annonce que décidément la fibre d’ortie est de plus en plus appréciée pratiquement dans la confection des tissus fins; en Allemagne, il existerait plusieurs manufactures qui la mettraient eu œuvre sur leurs broches de filatures. On aurait même l’intention d’en introduire la culture sur une grande échelle dans la colonie du Cameroun.
- — $— Il s’exerce, sur les coques de navires, uue action, galvanique qu’il est intéressant d’examiner. Nous parlons des coques sin on munit d'un doublage en cuivre pour permettre au navire de «demeurer plus longtemps a Ilot sans avoir besoin de passer au bassin
- | les herbes et les coquillages se fixant beaucoup moins sur ces parois de cuivre. On vient de constater, et sur le croiseur anglais Ariane et sur le Spartiate, que l’action galvanique due au sel marin prend souvent une importance véritablement désastreuse. On a remarqué en effet que les boulons qui solidarisent le soufilage en bois et la coque en acier étaient tellement rongés, que des rentrées d’eau réellement énormes se faisaient à l’intérieur du navire, au point qu'on se demandait même si une soupape n’était pas demeurée ouverte. Le mal commence (et alors il se poursuit avec une rapidité inouïe) quand les boulons se mettent à laisser filtrer un peu d'eau de mer entre le soufflage et la coque, le couple galvanique se forme, et les corrosions deviennent rapidement fort dangereuses.
- —(§)— Aux environs d’Odessa on rencontre un assez grand nombre de vastes nappes d’eau qui étaient autrefois tout simplement des indentations de la côte, mais qui ont été graduellement séparées de la mer par des alluvions sableuses, et qui forment maintenant ce qu’on nomme les « limans ». Par suite de l’évaporation, les eaux s’en sont concentrées et ont une teneur en sel fort élevée : si bien qu’on emploie cette eau comme moyen thérapeutique, notamment pour les rhumatismes articulaires, la scrofule, l’anémie,’ etc. Tant et si bien que chaque année on prend plus de 250000 bains, rien que dans le « Liman Kujalnitzki », qui est à quelques kilomètres d’Odessa seulement.
- —®— On parle actuellement en Russie de reprendre un ancien et gigantesque projet qui avait pour but d’établir une voie d’eau navigable entre Moscou et Nislmi-Novogorod : déjà la rivière Moskvva a été rendue praticable pour les navires à vapeur, grâce à l’établissement de nombreuses retenues et d’écluses, mais il s'agirait d’en faire autant pour la rivière Oka, entre lxolomna et Bjasan. La dépense que cela entraînerait serait d’au moins 4 millions de roubles, autrement dit quelque chose comme 16 millions de francs.
- —®— La publication météorologique Monthly Weather Review, qui s’occupe toujours beaucoup des cerfs-volants et des usages qu’on en peut faire, recommande d’en tirer parti à d’autres points de vue qu’en matière météorologique • ils peuvent parfaitement servir à faire passer des fils téléphoniques par-dessus les lignes d’investissement d’une ville assiégée, et cela simplement en emportant les fils en question dans la corde même de retenue : quand le cerf-volant tombera ensuite à terre dans ujie localité où se trouveront des alliés, il suffira pour correspondre de relier l’extrémité des fils à un appareil téléphonique quelconque. Toutefois encore faut-il que les ennemis au-dessus de la tête desquels on passe n’aperçoivent point le cerf-volant et ne découvrent pas les fils téléphoniques qui se trouveront traîner à terre quand le cerf-volant tombera lui-même sur le sol.
- —M. 0. Krôhnkc vient d’étudier l’action destructive de l’acide carbonique libre sur le fer. Il a fait porter ses expériences sur l’eau de la distribution de ville de Saint-Johann, qu'il a d’abord essayée pour constater qu’elle était pure et douce, mais qu’elle contenait une quantité de 38 milligrammes d'acide libre par litre, au minimum, et jusqu’à 240 milligrammes même à certaines époques. 11 a pu s'apercevoir que l'action de cette eau (ou plutôt de cet acide) réduit le diamètre intérieur d'un tuyau de fer de 26 millimètres à 7 millimètres, et cela en peu de temps, par suite de la formation d’une croûte brune; en même temps le métal même du tuyau est corrodé à une profondeur qui varie entre 4 et 3.5 millimètres. Mise dans un récipient fermé, cette eau dissout très rapidement le fer forgé avec formation de bicarbonate ferreux ; si d’ailleurs on expose à l’air, l’hydrate ferrique est précipité et l'acide carbonique régénéré.
- —g)— Le « Bulletin de la station expérimentale de l’Ecole d’agriculture de Michigan, signale un nouvel insecte qui s'attaque à la pèche, le Depressaria persicœlla, Murtfeldt.
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- Nïlt YEï.l.ES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le papier Pan se trouve chez M. Gaumont et C‘% 57, rue Saint-Roch, à Paris; — Le Radios chez M. Lehmann, 12, boulevard de Strasbourg, à Paris. — La baveuse mécanique à faux dentée est fabriquée par la Compagnie de Commenlry-Fourchambault Becazeville, 10, place Vendôme, à Paris. — Les diverses nouveautés décrites page 80 se trouvent chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- Communications. — M. L. Vanvincq, à R., à propos de notre dernier article sur les moustiques, nous écrit : « Les Anophèles n’aiment pas l’odeur du camphre. Je me suis mis plusieurs fois à l’abri de leurs morsures, la nuit, en me frottant les parties découvertes avec de l’alcool camphré. Peut-être ce moyen prophylactique ne pourrait-il être employé par les gens ayant l'épiderme sensible. Chaque fois que j’ai pris cette précaution, pas un moustique ne m’a frôlé ».
- il. Edmond Badois, ingénieur à Paris, nous écrit : « Le n° 1458, du 15 décembre 1900, de votre estimable Revue, contient, p. 58, un article intitulé « Les Eaux de Paris » donnant lieu à quelques réflexions que j’ai l’honneur de vous soumettre.
- 1° Quantité des eaux de source amenées à Paris. — Si l’on totalise les produits annoncés des quatre aqueducs de dérivation des sources parisiennes : Dhuis, 20 000 m5; Vanne, 120 000 m3; Avre, 100 000 m3; Loing et Lunain, 50000 m3; on arrive au chiffre de 290 000 m3 par jour. Or, les relevés hebdomadaires publiés par le Bulletin municipal Officiel de la ville de Paris n’accusent que les deux tiers environ de ce chiffre, car la moyenne pour le mois d’octobre dernier n’est que 199 875 m3 et pour le mois de novembre 194 940 m3. li’ôù vient la perte?
- 2° Qualité des eaux. — Le projet d’adduction des eaux du Val d’Orléans a été écarlé, dit l’article, à cause de la qualité des eaux du Val. Je puis ajouter que la Commission a dù reconnaître l’impropriété de ces eaux parce qu’elles proviennent de sources dites Yauclusiennes. Or, les eaux de l’Avre, du Loing, du Lunain, une partie de celles de la Vanne proviennent aussi de sources vauclusiennes qui ont donné Leu à de justes suspicions sous le rapport de leur qualité.
- 3° Captage des eaux souterraines. — On étudié maintenant, dit-on, le captage des eaux de nombreuses nappes souterraines situées dans ce qu’on appelle les sables verts du Soissonnais. Il v a là une confusion : la nappe des sables du Soissonnais est celle qui alimente les puits artésiens ou ascendants de 8aint-Renis et de plusieurs localités dans la direction du nord. On ht rencontre très au-dessus de la nappe des sables verts dont les alfleurements se trouvait vers l’Est, un peu plus loin que Troyes en Champagne. Ces sables verts fournissent l’eau chaude (27° à 28°) des grands puits artésiens de Taris (570 à 000 m. de profondeur). flans un cas comme dans l’autre, on ne peut, sans de graves inconvénients, capter 15 au dans fine de ces nappes, auprès de Paris. Si l’on veut recueillir l’eau des sables verts à une grande distance de Paris, pour l’avoir moins profonde et plus fraîche, elle sera alors moins abondante et non ascendante. 11 faudra installer des pompes et des moteurs sur les nombreux puits du captage, élever et conduire les eaux de ces puits à l'aqueduc de grande longueur qui devra les réunir et les amener à Paris, en assez faible quantité.
- Ce n’est pas encore le moyen cherché de résoudre convenablement la question si importante de l’alimentation d’eau de Paris. Cette étude servira peut-être à amuser les ingénieurs et les sondeurs pendant un an ou deux, cimme l’a fait celle de la captation des eaux du Val d’Orléans, mais elle ne saurait aboutir, non plus, à un résultat utile. » Les observations de M. E. Badois, très autorisé dans la matière, sont justes. Mais les données de notre article ont été empruntées au Journal officiel.
- il. E. F.-, à Paris, nous signale un. phénomène qu’il a observé le 13 décembre ; vers dix heures un quart, étant rue de
- Rennes, presque au coin de la rue d’Assas, il a vu une étoile filante très grosse et très lumineuse qui a semblé tomber derrière la gare Montparnasse après avoir décrit rapidement une grande ligne légèrement oblique de gauche à droite.
- Renseignements. — M. Albert Lévy, à Bukarest. — 11 faudrait installer un ventilateur pour aspirer toutes ces poussières-et les refouler au dehors. C’est le meilleur moyen.
- il. P. Vernadet, à Clermont-Ferrand. — Vous pourriez essayer le sulfure de carbone.
- M. E. Fichaux, à Ilaubourdin. — La note sur le foyer fumivore avec chargeur a été empruntée à un numéro du journal Engineering du mois de novembre.
- il/. E. Février, à Neuchâtel. — Nous avons transmis au Président du Syndicat des Industries électriques, qui pourra vous donner satisfaction.
- M. Ferrer y C°, à Barcelone. — Nous avons publié diverses recettes pour la soudure de l'aluminium dans le petit livre des Recettes et Procédés utiles, 5e série, à la librairie Masson et C1'.
- M. G. Lisnar, à Chennevières-sur-Marne. — Les agglomérés pour piles Leclanché ont la composition suivante : 40 parties de bioxyde de manganèse, 52 parties de charbon, 5 parties dégommé laque, comprimées à 500 atmosphères et à 100° C.
- il/. S. L. Grünberg, à Bukarest. — Il n’existe pas de livre-spécial sur les illusions d’optique.
- M. L. Du Bouchet, à X. — Pour pouvoir vous répondre, il faudrait connaître la préparation du drap. En principe, on ne voit pas comment l’acide acétique peut faire disparaître une tache due à l’acide chlorhydrique. Il faudrait admettre que le vinaigre forme un acétate avec les, substances qui servent d’apprêt au drap; cette réaction est obscure.
- Al. le Dr Bribosia, à Namur. — S’il s’agit du radioscope de Crookes, la théorie est simple et se trouve dans tous les traités de Physique. Ce sont les molécules de la matière très diluce qui sont projetées du pèle négatif vers le pèle positif et ce flux pondérable fait tourner les ailettes.
- Questions. — IY° 1248. — Notre collaborateur, M. V. Bran-dicourt, à Amiens, nous demande où il pourra se procurer des rapports sur l’expédition au Pèle sud de la Belgica.
- Réponses. — IV0 1247. — Sur l'art de découvrir les sources au moyen de baguettes. — 1° Consulter Y Ami du clergé (n“ du 6 décembre), s’adresser à M. Louis Bonpaifl, chez M. Edwards Lafan, à Varangévillo-sur-Mer, par Ofl'ranville (Seine-Inférieure), (communiqué par M. V. Brandicourt, à Amiens) ; — 2° Pour être absolument édifié sur la question, consulter : a) De la baguette divinatoire, etc., par M. E. Ciievrecl, Paris, 1854; b) Hydroscopographie et métalloscopographie ou l'Art de découvrir les eaux souterraines, etc., par l’abbé Carkié. Saintes, 1803; c) La préface de l’ouvrage si connu de l'abbé Pauamelle, l’Art de découvrir les sources. Paris, 1859. (M. Ar~ demie, capitaine en retraite, à Libourne); — 5° On prend de préférence du coudrier, c’est l’essence qui se prête le mieux à l’expérience, H y a d’autres essences qui réussissent moins bien, et d’autres pas du tout. On choisit une tige fine et flexible se terminant en fourche. Elle ne doit avoir que-10 cenlimèlres environ, et chaque branche de la fourcha 40 ou 50. On prend dans chaque main, placée horizontalement et à 40 centimètres environ l’une de l’autre, une des extrémités de cette fourche. Ces deux branches forment donc chacune une courbe, et c’est pour ce motif qu’il laut de la flexibilité. La tige doit rester en l’air et se Borner située avec la fourche dms un ] lan vertical et parallèle au corps. Etant dans, cette position, on marche sur le terrain où l’on suppose être la source. A mesure que l'on en approche, la pointe qui était en l’air s’incline peu à peu en avant vers la terre, les deux exlié-milésque l’on tient tournant dans chaque main. (11 est évident qu’il faut les tenir sans les serrer.) A mesure que l'on s’éloigna de la nappe d’eau souterraine, la pointe se redresse et reprend ta josition verticale primitive. Il y a là un fait assez difficile à expliquer, mais qui n’eh est pas moins réel. Bans les contrées-où cet art est connu, les habitants donnent le nom de sorcier à celui qui le pratique, et ce dernier agit sans pouvoir expliquer le résultat qu’il obtient. Il y a très peu de gens qui peuvent réussir dans cette profession. La baguette n’agit qu’avn-très peu de personnes. Cela laisserait supposer que c’est une question de tempérament (M. de Pinieux, à X.;; — 4° Cn trouve toute la bibliographie relative à l’hydrognonomie et à la baguette divinatoire dans l’hdeniudiaire de l’Afas, t. lit. 1898, p. 219 et t. IV, 1899, p. 46, etl’Intermédiaire des biologistes, t. I, 1897-98, p. 56,59-60,78 et 125 (M. Giard, à Paris).
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes tes questions, ni à insérer toutes les communications. — // n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES MENTIONS1
- Kouvcan rassr noix. — Les casse-noix et noisettes fabriqués jusqu’ici présentent l’inconvénient d’écarter démesurément les branches au moment de s’en servir et de chasser la
- Nouveau casse-noix.
- noix au lieu de la retenir pour l’écraser convenablement. Dans le nouveau casse-noix que nous présentons à nos lecteurs, cet inconvénient n’existe plus. La partie supérieure qui écrase la noix est formée de plusieurs leviers qui se rejoignent au bout de telle sorte que la noix reste entièrement emprisonnée dans le rond qui se forme lorsqu’on écarte les branches. 11 sulfit alors d’un léger elîort pour casser la noix et on n’a plus besoin de la retenir pour l’empécher de se sauver. Ce nouveau casse-noix très solide se fait en métal nickelé et argenté et son système est aussi ingénieux que pratique. — Le nouveau casse-noix se trouve chez M. Kratz-Boussac, ingénieur civil, 14, rue Martel, à Paris.
- Répertoire téléphonique.— On a pris l’habitude d’inscrire sur un tableau les numéros des correspondants avec lesquels
- Répertoire téléphonique.
- on a besoin de communiquer fréquemment. Le petit tableau ci-joint présente l’avantage d’éviter les recherches et de cacher en même temps les noms des correspondants ordinaires. 11
- * La description des appareils est gratuite. La rédactiou des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- suffit de chercher à l’onglet de la lettre initiale et de soulever les planches précédentes pour avoir sous les yeux le numéro désiré. — Ce tableau se trouve à la même adresse que l’objet précédent.
- Arrache-plumes. — Le petit objet dont il est question permet d’arracher une plume d’un porte-plume; cette opération n’est pas toujours facile à faire avec les doigts, surtout lorsqu’il.s’agit d’une plume usée, rouillée, etc. On fixe l’appa-
- reil sur la plume et on la retire très aisément ; celui-ci est simple, solide et bon marché. — L’arrache-plumes se trouve à la même adresse que les objets précédents.
- Tuil.ine ù. vapeur. — Ce petit jouet est la reproduction très exacte d’une petite chaudière à vapeur fixe fournissant la vapeur à une turbine qui actionne une poulie avec laquelle il est possible de faire fonctionner quelques appareils. La chaudière, dont le foyer est remplacé par une lampe à alcool, est munie d'une soupape et d’un robinet de mise en marche. La vapeur arrive par un ajutage directement sur des aubes disposées dans l’intérieur d’une sorte de volant et légèrement
- Turbine ù vapeur,
- inclinées. Ces jets successifs de vapeur mettent en mouvement l’arbre moteur qui tourne à une grande vitesse angulaire. Ce petit modèle de turbine à vapeur fonctionne dans de très bonnes conditions et donne tout à fait l'illusion d’une turbine !de grande puissance. — La lurbine à vapeur se trouve chez M. E. Chomeau, 33, passage du Havre, à Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Annuaire du bureau des Longitudes pour 1901. 1 vol. in-S". Librairie Gauthier-Villars. Paris. 1900. Prix : 1 fr. 50.
- Annuaire astronomique et météorologique pour 1901, jar Camille Flammaiuon. 1 vol. in-16. Librairie Ernest Flammarion. Paris. 1900. . . . -
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- '20
- Formulaire pratique de photographie, par M. G. Naudet. i vol. in-10. Paris. II. Desforges, éditeur. 1901. Prix : 1 fr.
- La chimie du photographe,- par L.-P. Clerc. 1 vol. in-12. 2° édition. Paris. II. Desforges, éditeur. 1900. Prix : 2 fr.
- Sonneries, téléphones, allumoirs, par G. Geiger. 1 vol. in-16. Paris. H. Desforges, éditeur. 1900. Prix : 1 fr. 50.
- L'électricité à la portée de tout le monde, par G. Claude, ingénieur à la Compagnie Thomson-Houston. 1 vol. in-8°. Edité par le mois scientifique et industriel. Paris. 1901. Prix : 0 fr.
- Ouvrage original, de lecture facile, dans lequel l’auteur a recours à de nombreuses comparaisons hydrauliques pour faire comprendre les phénomènes les plus complexes des courants alternatifs. oscillations électriques, etc.
- Galvanisation et galvanoplastie, par G. Geiger. 1 vol. in-16. Paris. II. Desforges, éditeur. 1900. Prix : 1 fr. 50.
- Comment on se défend contre les maladies d'estomac, par le Dr Victor Ano’hmn, médecin des hôpitaux de Paris. 4e édition. Paris. L’Edition médicale française. 1900. Prix : 1 franc.
- Géologie pratique et petit dictionnaire technique des termes géologiques les plus usuels par L. de Lauxav, professeur à l’Ecole supérieure des mines. Librairie Armand Colin, 5, rue de Mézières, Paris, 1900. 1 vol. in-18. Broché. Prix : 3 fr. 50.
- Mémoires originaux sur la circulation générale de l’atmosphère, par M. Brillouin. 1 vol. in-8°. G. Carré et Nau.l, éditeurs. Paris, 1900. Prix : 6 fr.
- Comment on se défend contre lès vers intestinaux. La lutte, la destruction, l'expulsion, par le Dr Paul Girod, professeur à l’Université de Clermont-Ferrand. 1 brochure in-8°. L’édition médicale française. Paris. Prix : 1 fr.
- t
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 17 décembre. 5°,9 S. S. E. 2. Couvert. 0,0 Couv. jusqu’à 7 b.; puis tr. nuag.; beau après 18 h.; bruine à 1 b. ; gelée bl. ; brouill. à 18-19 h.
- Mardi 18 . 1",0 S. S. E. 2. Couvert. 0,0 Beau à 1 b. ; puis couv. jusqu'à 12 h. ; ensuite peu uuag. jusqu’à 15 h. ’, beau après.
- Mercredi 19 4”,3 S. 5. Couvert. 0,6 Très nuag. jusqu’à 14 h.; beau ensuite; couv. à 24 h.; gelée bl.; biouill. dans la soirée, averse à 6 b.
- Jeudi 20 1%9 S. S. E. 5. Couvert. 0.0 Nuag. de 12 à 17 h.; couv. le reste du temps; brouillard jusqu a 10 h. ; pluie de 20 h. 50 à 22 h. 30.
- Vendredi 21 8%t S. W. 4. Couvert. 1.3 Couv. jusqu’à 8 h. ; puis peu nuag.; beau de 16 à 22 h.; couv. ensuite ; pluie de 0 à 2 h.
- Samedi 22 4",9 S. W. 2. Très nuageux. 0,0 Nuag. le malin; couv. le soir; halo et grand halo et halo circonsc.; g. bl.; brouill. à 13 h.; p. pl. dans la soirée.
- Dimanche 23 ... . 5*,0 N. E . 2. Couvert. 1,1 Peu /nuag. de A0 à 15 li. ; couv. avaut et après ; pluie jusqu’à 2 h.
- DÉCEMBRE 1900. - SEMAINE Dü LUNDI 17 AU DIMANCHE 23 DÉCEMBRE
- La courbe supérieure indique ta m oumsitc de V a 10: les fléchés inférieures, la direction du vent. Les courues au milieu tuaupicni:. courbe épaisse, les pressions barumétriaues Ibaroméire ramené éi 0. au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- 6°,7; et la température miuima de 1°,8. Le baromètre à 7 heures du matin indiquait 767 mm.
- La moyenne du 19 décembre était de 4°,1, supérieure de 1°,3 à la normale ; ia température maximn, de 9°,9, et la température îninima de —0°,t>.
- Le 20 décembre, une profonde dépression s'est avancée sur les îles Britanniques (Storuoway, 733 mm.) ; le baromètre a baissé de 20 mm. en Irlande, de 8 nun. en Bretagne. Le vent a pris de la force du sud sur la Manche et la mer du Nird; il a soufflé eu tempête au sud de la Norvège. Une aire de pressions supérieures à 770 mm. a persisté dans le centre du continent. Depuis le 20, une série de tempêtes est passée à nus latitudes et des orages ont été observés dans le sud.
- Des pluies abondantes sont tombées dans le uor J-ouest de l'Europe,
- PHASES DE LA LUNE : N. L., le 22, à minuit 10 m.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- I.e temps et la température. — Le temps a été brumeux et nuageux dans la semaine du 17 au 25 décembre. Le 17, la température était de -+- 4° à Paris dans la matinée : le maximum était de 7°,8, et le minimum de 2',9. ’ ’
- Les 18 et 19 décembre, des pluies sont tombées dans le nord-ouest de l'Europe. Eu France, on a recueilli 9 mm. d'eau à Brest, 4 à Cherbourg, 2 à Boulogne. La température a baissé sur l’Angleterre et la Scandinavie, elle était le matin de — 4° à Berne, -t- 4° à Paris, 13° à Alger. On notait : — l°,au puy de Dôme, — 4° au pic du Midi, — 7° au mont Mouuier.
- A Paris, le temps est resté brumeux; la température moyenne le 18 décembre était 2’,6, égale à la normale. La température maxima de
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— On ht dans 1’ « Annuaire du Bureau des Longitudes » : Première armée du vingtième siècle; année 1901 du calendrier grégorien établi en octobre 1582; depuis 518 ans! Celte année c <mmc.ice le mardi 1er janvier. Ce numéro sera donc notre premier numéro du vingtième siècle.
- —Quoique cela puisse sembler bizarre au premier abord, •étant donné que dans les pays d'Orient on abandonne volontiers tous les détritus dans les rues sans plus s’en occuper, le ramassage des ordures ménagères se fait parfaitement en Chine : mais em-•pressons-nous d’ajouter que cette besogne est effectuée simplement à titre particulier et par des gens plus ou moins pauvres qui -comptent tirer parti de ces détritus. Ceux-ci sont emportés en un •endroit que le possesseur juge convenable pour l’opération du triage et de la préparation, et sans que du reste aucun service de voirie se préoccupe de ces installations plus ou moins temporaires allais fort mal odorantes. Toutes les butes de fer-blanc sont mises soigneusement de côté et elles servent ensuite aux travaux les plus divers, depuis la fabrication de chandeliers ou de récipients variés, jusqu’à la couverture des maisons. Les débris de verre sont «•fondus et forment une excellente matière première pour l’ingê-aiiosité des indigènes. Quant aux ordures ménagères proprement -dites, on les met sécher en un endroit de circulation comme le jwnt de- la rue des Légations à Tientsin; puis on les mélange avec une certaine quantité de boue des rues, de manière à en faire des espèces de gâteaux1 ronds que l’on vend e isnite comme engrais, et qui sont effectivement fort appréciés des cultivateurs.
- —(8)— Les Américains, qui emploient encore plus que les Européens les billes de roulement dans les coussinets, ont imaginé pour îles fabriquer une série de machines des plus ingénieuses dues a? RI. G. Hdl. Une découpeuse coupe dans une tige d’acier les flans, -et .ce au moyen d’un cylindre armé de couteaux; les llans tombent alors «ans une machine à forger munie d’encoches où ils roulent et se retournent pour se transformer en billes. Ces billes passent ensuite dans des meules dégrossissantes en émeri où la bille roule encore sur une surface rodante ; elle passe dans un moufle tournant où la trempe s’opère automatiquement, et enfin le finissage se fait entre des plateaux à rainures concentriques.
- —®— Il y a quelques années déjà, on avait construit à Barrow, en Angleterre, une digue qui devait empêcher la mer d’envahir les travaux d’exploitation d’une mine; comme l’entreprise a bien réussi et que les travaux de la mine en question se poursuivent toujours dans la même direction, on se propose maintenant d’établir un nouvel endiguement de plus de 6 kilomètres de long, et qui aurait pour but d’enclore et d’assécher une surface de quelque 70 hectares, sous laquelle on a reconnu l’existence du minerai. Comme de juste, cela entraînera des dépenses considérables, qu’on évalue à environ 15 millions de francs; mais cela sera bien compensé par les produits miniers que l’on trouve dans ces terrains.
- —%— En dépit des progrès et de la commodité des petits moteurs électriques pour la commande des outils, l’air comprimé est constamment mis à contribution dans ce but aux Etats-Unis, Un des plus ingénieux appareils qui font appel à cette force est la perceuse Kimman dite Little Giant, dont le moteur est à 4 cylindres symétriquement disposés, avec admissions d’échappements diagonalcment opposés pour éviter les points morts. Une de ces perceuses, du poids de 5 kg, perce des trous de 140 millimètres de diamètre.
- —(g)— On sait que dans la région des Pueblos de l’Arizona se rencontrent des peuplades qui ont encore les cérémonies religieuses les plus bizarres et aussi ues moniiments qui ont le plus grand
- intérêt au point de vue archéologique. Grâce à la générosité de M. Stanley B. Mac Corwick, de Chicago, qui a donné dans ce but une somme de 25000 francs, M. Dorsey, curateur (l’Anthropologie du Field Columbian Muséum, vient de partir pour le Pueblo d’Oraibi. Il va se procurer de nouveaux matériaux ethnologiques, assistera à la cérémonie du Solstice d’hiver, pour recueillir des données complémentaires afin de représenter ces cérémonies dans le musée en question, et enfin se livrér à des fouilles méthodiques.
- —— Nous avons eu à plusieurs reprises l’occasion de signaler les fameuses courses de yachts anglo-américaines qui ont pour enjeu la célèbre coupe gagnée jadis dans une course anglaise par le yacht américain America, et qu’on nomme pour cela la « coupe de l’America ». Après un intervalle de plusieurs années, et aussi après des succès répétés des constructeurs et des constructions yankees, voici que sir Thomas Sipton vient de lancer un défi aux courses d’au delà de l’Océan. Il va faire construire dans ce but un magnifique bateau qui a nom Shamrock II : long de 27m,50 environ à la ligne d’eau, il sortira des célèbres ateliers Watson, qui ont produit le Thislle et les deux Walkyries ainsi que le yacht Meteor appartenant à l’empereur d’Allemagne. Il ne faut pas croire que ces courses ne présentent point un réel intérêt, car elles font accomplir les plus grands progrès dans les dessins des lignes d’eau des bateaux fins marcheurs.
- —g— Les Allemands installent de mieux en mieux leurs ports de navigation intérieure, surtout au point de vue si important des appareils de manutention des marchandises. Tel est le cas pour le port de Cologne, où l’on a créé une usine de force hydraulique pour la commande de toute une série de grues montées sur les quais; les ingénieurs ont tenu à ne pas employer l’électricité comme force motrice, et cela bien qu’ils eussent à leur disposition le courant de la Ville à la tension de 2000 volts. D’ailleurs, ils utilisent en fait ce courant, mais seulement pour mettre en marche les quatre pompes à trois pistons accouplés et commandées par des alternateurs de 70 kilowatts sous 200 volts, qui envoient l’eau sous pression dans les canalisations. En réalité, l’eau passe d’abord dans un réservoir et vient s’emmagasiner dans deux accumulateurs après filtration. Il n’v a pas dans ce port moins de 25 grues mobiles, dont l’une a même" une puissance de 50 000 kg, et 10 monte-charges.
- —!§)— M. Deval vient récemment de se livrer à de nouvelles recherches au sujet de l’action des liquides salins sur les mortiers, en essayant tout particulièrement de savoir si la date de fabrication de ces mortiers a une influence quelconque sur leur résistance. Sans entrer dans le détail des expériences, nous noterons du moins que M. Deval est arrivé à des conclusions tout à fait conformes à celles auxquelles était arrivé Vicat, et qui peuvent se résumer ainsi : Les mortiers de ciment de fabrication récente s’altèrent plus vite; en second lieu les dégradations se manifestent de préférence sur les arêtes les plus aiguës et aux angles prononcés des éprouvettes.
- — Nos lecteurs savent peut-être qu’on a considéré jusqu’ici comme à peu près impossible de fabriquer mécaniquement des clous de fer à cheval, en ce sens que seuls les clous forgés à la main le sont assez soigneusement pour ne pas blesser les organes si délicats du pied du cheval. Voici pourtant au’on a créé une machine Woodford qui semble entièrement répondre à ce désidératum. Une tige de fer est fournie à l’appareil qui coupe les clous à la bonne longueur et les forge, par suite de la combinaison des mouvements de galets, d’un marteau et d'un couteau qui détache le clou une fois qu’il est pour ainsi dire tout prêt, le sommet de sa tête étant encore relié au bout de la lige qui fournit la matière première.
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- NOUVELLES SC1ENTIFIULES.
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- Communications. — M. P. Germain, à Paris, à propos des quelques mots que nous avons dits de son système de téléphone haut-parleur dans notre article sur le téléphone haut-parleur Gaillard (n° 1457 du 8 décembre 1900, p. 52), nous écrit qu’il n’a pas abandonné l’étude des téléphones, et que son système a été adopté par l’Etat. Il a été hors concours à l’Exposition de 1900 comme Président du Jury. Une société à capital élevé vient de se créer pour l’exploitation de son téléphone haut-parleur. »
- M. Dulaurier, à Nice, à propos de notre précédente communication sur les pigeons-voyageurs, nous écrit que l’on compte à vol d’oiseau 472 kilomètres de Paris à Périgueux et non 560 kilomètres.
- J/. Gaston Buchet, à Paris, nous transmet une notice qu’il vient de faire paraître et qui a pour titre : Considérations sur les conditions favorables au dosage du Plankton de surface en haute mer.
- M. Léon Dumas, à Iïuy, à propos de notre article « les animaux se cachent-ils pour mourir? » (n° 1457 du 8 décembre 1900, p. 26), nous envoie les renseignements suivants : « Une cause de rapide disparition des dépouilles animales est négligée par les observateurs. C’est le terreau acide des forêts et l’humus de la terre dite végétale. L’acidité des produits de la décomposition végétale semble prédisposée par la nature à la neutralisation des produits de la décomposition animale, souvent alcalins (ammoniacaux, sécrétions sodiques, etc.), à l’active désagrégation des parties minérales (carbonates et phosphates des os), et des organes résistants (corne, cuir, peau, poil,
- tdume, élytre, etc.). Ce sont là des phénomènes utiles à signa-er : 1° ils nous expliquent la rareté des fossiles de la faune sylvestre, notamment des anthropomorphes; 2° ils ont une valeur pratique, les os et toutes les dépouilles animales pouvant recevoir une prompte utilisation agricole (engrais) ou industrielle (nitrification) et, en temps d’épizootie, pouvant être plus rapidement détruits mélangés aux fumiers chauds (cheval, mulet, mouton) ou aux composts organiques, sans risque de contagion, les acides humique, ulmique, etc., constituant les meilleurs antiseptiques.
- Renseignements. — M. L. Lavallée, à Paris. — Ces résultats n’ont pas encore été prouvés; ils ont même été contredits.
- M. Lavenir, à Digoin. — Nous ne connaissons pas actuellement de bons appareils; un ingénieur qui s’occupe de la question nous a promis des renseignements que nous nous empresserons de publier.
- M. A. D. T., à Tournai. — Nous avons donné la composition d’une encre pour mettre en blanc des inscriptions sur des photographies dans le petit livre des Recettes et Procédés utiles, 4® série, à la librairie Masson et Cie.
- M. P.L., à Paris. —Vous trouverez les pneumatiques Continental chez M. Lœser fris, rue de Paradis, à Paris.
- Me Géry Dombricace, à Hallines. — L’obturateur automatique que nous avons décrit précédemment ne se trouve pas dans le commerce ; il faut le construire soi-même.
- M. J. Clevenot, à Saint-Dié. — Cette adresse a déjà été donnée : M. Ducretet, 75, rue Claude-Bernard, à Paris.
- M. A. Séquignot, à Arzew. — 11 a paru récemment sur cette question un ouvrage que nous allons annoncer.
- M. Ugo Bagnoli, à Obetello; M. Dulrycolson, à Gand; M. Paul Darriet, à Bordeaux; M. E. Foubert, à Champi-gnolles. II suffit de vous adresser à la Société du puits artésien à Vincennes (Seine).
- Réponses. — N° 1247. — Sur l’art de découvrir les sçurces au moyen de baguettes. — Voici quelques renseignements sur Yhydrognomonie : 1° 11 m’a été donné d’assister, il y a deux ans environ, à une opération de ce genre dans les circonstances suivantes : L’un de mes voisins, industriel, ayant
- besoin d’une quantité considérable d’eau à une température à peu près constante, fit venir de la Mayenne (je crois), un spécialiste sourcier dont la réputation est établie dans plusieurs départements à la ronde.
- Au jour fixé se trouvaient réunis pour suivre l’opération deux docteurs en médecine, un ingénieur agronome, l’industriel mon voisin, et moi. 11 s’agissait non seulement de trouver une source quelconque, mais il fallait que cette source eût un débit de 50 à 40 000 litres par vingt-quatre heures.
- L’opération commença dans une prairie : le sourcier tira de sa poche une petite baguette naturellement fourchue, en bois de chêne, dont les deux branches étaient sensiblement du même diamètre (5 à 6 mm) et d’une longueur d’environ 25 centimètres chacune; puis il prit séparément, dans chacune de ses mains, les branches de la fourche, de telle sorte que leurs extrémités s’appuyaient respectivement sur la face interne de la première phalange du pouce, les autres doigts ramenés vers la paume de la main tenant intimement la baguette. Dans cette position, l’instrument prit la forme d’un grand accent circonflexe dont le sommet était dirigé vers le ciel. Ensuite, notre homme arpenta le terrain, nous le suivions pas à pas, les yeux fixés sur sa baguette magique. Au bout de très peu de temps, nous vîmes le sommet de l’accent circonflexe se diriger vers le sol ; ce mouvement, d’abord peu prononcé, s’accentua au point que, sans que les mains ni les doigts n’aient bougé, ce sommet s’infléchit absolument vers le sol ; l’opérateur continua après avoir marqué de son pied l’endroit indiqué par la position la plus déclive de son instrument; petit à petit co-dernier revint à sa situation primitive; nous avions coupé une source ; l’homme revint au point marqué en comptant ses pas et nous dit : « Voici une source qui est à tant de mètres de profondeur et qui peut débiter tant de litres ». Dans trois autres pièces de terre que nous parcourûmes, il en trouva trois ou quatre autres, ou insuffisantes comme débit ou trop profondes; nous redescendions veis l’usine par un chemin qui côtoie ma propriété lorsque, tout à coup, la baguette qu’il avait conservée en position lui indiqua vivement une source très abondante : à cet endroit précis se trouvait la conduite des eaux de la ville. Nous continuâmes : à un carrefour, sa baguette indiqua une source abondante, disait-il, dont il nous donna la profondeur et lê volume ; quant à la direction, il l’indiqua en marchant vers le mur de clôture de la propriété. Son renseignement était des plus exacts, la source qui m’alimente étant dans une ancienne carrière de 5 mètres de profondeur et se trouvant absolument dans la direction indiquée.
- Arrivé à l’usine, il trouva dans un terrain contigu ou dépendant la source désirée comme volume et comme profondeur : apercevant quelques bouteilles dans un angle, j’en pris deux et les couchai à l’endroit précis où le sommet de l’instrument regardait obstinément le sol ; la journée était belle, la terre assez sèche, l’isolement pouvait être suffisant; je priai notre homme de mettre ses pieds sur elles, aussitôt la baguette prit sa position relevée ; je lui touchai l’épaule et l’instrument mû comme par un ressort avait pris sa position déclive, j'avais rétabli la communication.
- De la conversation que j’ai eue avec le sourcier, il résulte que l’instrument peut être indifféremment fabriqué en toute espèce de bois dur, et qu’il ne peut indiquer que les eaux courantes, les eaux stagnantes ne produisant aucun effet sur la baguette.
- Dans le cours de la séance nous essayâmes les uns et les autres de nous servir de la « verge d’Aaron », elle resta inerte dans nos mains, sauf dans celles d’un jeune médecin qui était sans le savoir, un médium parfait dans la spécialité; il eut l’occasion depuis, à diverses reprises, d’appliquer avec succès sa faculté nouvelle.
- Je ne me permettrai de tirer de tout cela aucune conclusion, mais les faits que je vous relate se sont passés devant moi et devant quatre autres témoins sérieux qui n’ont pas été surpris moins que moi-même de ce qu’il nous avait été donné de voir.
- J’ajouterai, pour terminer, que les travaux ont été effectués à l’endroit indiqué et que la source fut trouvée sensiblement à la profondeur indiquée, elle est d’un volume considérable (A. Gast, propriétaire-éleveur, secrétaire de la Société de lecture de Quintin); — 2° Depuis quelques semaines, je lis dans le Cosmos cette annonce : Découverte des sources par la baguette divinatoire. Indication de leur emplacement, leur profondeur et leur débit. Résultat garanti. — S’adresser à M. J.-B. Grisez, à Lachapelle-sous-Rougemont, Haut-Rhin (abbé Luca, à Cauchy).
- Dans ta « Batte aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Dressé à l’Observatoire de Paris, d’après les publications du Bureau des longitudes
- JANVIER-FÉVRIER-MARS 1901. — POSITION DES PRINCIPALES PLANÈTES.
- lMiir» 2i il lFév. 21! 11
- Passage au méridien à mjinuit.
- PTUNE
- Bélier
- Poissons
- Petit Chien
- OTion
- 1 Avril
- Baleine
- Éridan
- Lièvre
- Hercul
- Dauphin
- Pégase
- rpè^it
- Poissons
- et Ahtmoüs
- juhi:xr
- £ Capricorrfl
- Sagittaire
- Poi ssonAust ?al
- xvra
- w 1901. Nom de l’astre. Grandeur Immersion. Émersion.
- PRINCIPAUX PHENOMENES ASTRONOMIQUES Temps moyen. Temps moyen.
- Février. 4 14 Sextant. 6,4 8 h. 33 m, 5 9 h. 19 m, 1
- 5 »* Lion. 6,1 15 h. 29 m, 9 16 h. 46 m, 3
- Occultations des Planètes et des Etoiles par la Lune, — 19 4700 B.A.C. 5,6 17 h. 53 m, 4 19 h. 7 m, 7
- visibles à Paris. 10 10 Balance. 6,5 12 h. 44 m, 7 13 b. 50 m, 9
- 1901. Nom de l’astre. Grandeur. Immersion. Temps moyen. Émersion. Temps moyen. 13 13 14 52 Ophiucus. 5954 B.A.C. 34366 Lalande. 6.5 6,8 6,8 16 h. 18 h. 19 h. 32 m, 7 35 m, 2 7 m, 1 17 h. 46 m, 7 19 h. 49 m, 7 20 h. 24 m, 9
- Janvier. 1 1242 B.A.C. 7,0 9 h. 20 m, 0 10 h. 36 m, 2 __ 21 51 Poissons. 5,9 7 h. 6 m, 8 8 h. 2 m, 5
- — 3 y1 Orion. 5,0 6 h. 0 m, 4 ippulse à î’6 du bord. 24 1064 B.A.C. 6,9 7 h. 28 m, 3 8 h. 32 m, 9
- — 5 1 Ecrevisse. 5,9 9 h. 57 m, 9 10 h. 59 m, 5 26 1733 B.A.C. 6,3 11 h. 35 m, 1 12 h. 3i m, 8
- — 5 2737 B.A.C. 6,6 18 h. 8 m, 9 19 h. 4 m, 5 28 685 Weisse (7‘) 5,7 15 h. 1 ni, 8 ippolse i 9't di bord.
- — 6 A* Ecrevisse. 5,9 6 h. 42 m, 9 7 h, 37 m, 4 Mars. 1 2737 B.A.C. 6,6 7 h. 35 m, 4 ippolse i fi do bot*.
- — 6 60 Ecrevisse. 5,6 14 h. 33 m, 2 15 h. 9 m, 8 2 % Ecrevisse 5,1 11 h. 1 m, 7 12 h. 18 m, 9
- — 11 4312 B.A.C. 6,7 16 h. 2 m, 0 17 h. 22 m, 9 10 B.D.-19’4106. 7,0 14 h. 8 ni, 3 ippolse i i’i du bord.
- — 11 t* Balance. 6,5 14 h. 55 m, 4 16 h. 1 m, 6 — 13 6125 B.A.C. 6,7 15 h. 22 m, 1 1b h. 27 m, 1
- — 27 it Bélier. 5,6 11 h. 13 m, 6 11 b. 15 m, 4 23 53 Bélier. 6,5 8 h. 12 m, 5 ippolse i 3’S du bord.
- — 28 13 Taureau. 6,0 8 h. 5 m, 0 8 h. 51 m, 1 — 24 W1 Taureau. 5,8 7 h. 51 in, 7 8 h. 53 m, 2
- — 28 14 Taureau. 6,4 8 h. 42 m, 0 9 h. 45 m, 9 — 25 1 Taureau. 5.3 6 h. 45 m, 7 7 h. 57 m, 2
- — 29 8705 Lalande. 6,0 5 h. 51 m, 3 7 h. 6 m. 6 . 25 1659 B.A.C. 6,3 11 h. 56 m, 0 12 h. 46 m, 2
- — 30 1733 B.A.C. 6,3 4 h. 34 ni, 2 ippulse 1 0 7 di bord. 26“ 68 Orion. 6,1 9 h. 27 m, 9 10 h. 22 m, 1
- — 30 y1 Orion. 5,0 14 h. 54 m, 9 15 h. 47 m, 9 ,, 26 71 Orion. 5,5 11 h. 25 m, 1 ippulse i «'3 du bord.
- Février. 1 685 Weisse (7*) 5,7 6 h. 47 m, 6 7 h. 19 m, 0 28 1 Ecrevisse. 5.9 6 h. 18 m, 5 7 h. 3 m, 3
- — 2 2872 B.A.C. 6,4 12 h. 6 m, 4 13 h. 11 m, 3 28 2737 B.A.C. 6,6 14 h. 34 m, 5 ippulse J Ci du bord.
- . — 2 A* Ecrevisse. 5,9 17 h. 31 m, 2 17 h. 57 m, 6 29 A* Ecrevisse. 6,1 5 h. 44 m, 4 6 h. 42 m, 8
- — 3 0 Lion. 5,6 14 b. 48 m, 8 15 h. 53 m, 1 — 29 60 Ecrevisse. 5,6 11 h. 52 m, 4 i ippulse 9’î du berd.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Satellites de Jupiter.
- OCCULTATIONS. ÉCLIPSES.
- 1901. Satellites. Immersion. Émersion. Commencement.
- Janv. 24 I 19 h . 23 m. 15 s.
- Fév. 2 I 18 h. 49 m.
- 13 III 18 h. 25 m. 46 s.
- 17 H 18 h. 40 m.
- Mars 4 I 17 h. 49 m. 14 s.
- 13 I 17 h. 40 m.
- 20 I 16 h. 5 m. 7 s.
- 21 III 16h
- 28 11 16 h. 0 m. 33 s.
- — 29 I 13 h. 39 m.
- PETITES INVENTIONS1
- Breloque calendrier-perpétuel. — Cette breloque forme calendrier perpétuel et donne toutes les dates passées, présentes et futures depuis l’an 1000 jusqu’en 2799. Il est formé de rondelles superposées et mobiles, tournant dans tous les sens autour du même axe et portant les inscriptions reproduites sur la figure ci-contre. Au revers, estampillé en relief, se trouve un trèfle à quatre feuilles. Suivant la position que l’on fait prendre à ces rondelles — et il n’y en a que sept pos-
- sibles— on a le calendrier de mai 1630, de septembre 1794 ou de décembre 2400, etc. Le mode d’emploi du calendrier est des plus simples. On tourne la rondelle dentelée jusqu’à ce que le nom du mois dont on désire connaître les dates soit sous l’anneau placé à la partie supérieure. On a ainsi les dates de tous les jours de la semaine pendant le mois. Ce calendrier est réglé par le nom du 1er janvier de chaque année. L’anneau est fixé dans l’encoche placée au-dessus du nom du l*r janvier. Tous les ans, il faut avancer l’anneau de un jour au 1er janvier. Les années bissextiles, il faut aussi l’avancer d’un jour le 1er mars. — Pour ce calendrier-perpétuel, s’adresser àM. S. Mai-trugue, 52, rue de la Garenne, à Courbevoie (Seine).
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Enduit décapeur de peintures. — L’enduit dont il est qjestion a pour but de permettre d’enlever rapidement les vieilles couches de peintures sur toutes matières, verre, pierres, métaux, bois divers. Il est garanti sans acide, et a plutôt une composition alcaline ; il se présente sous la forme d’un liquide épais, blanc, et peut être appliqué au pinceau. Le mode d’emploi est très simple. On étend l’enduit avec un pinceau sur les parties à décaper, en une couche d’environ 1 mm d’épaisseur, et on laisse séjourner de deux à trois heures — ou plus — suivant le nombre de couches à enlever. Généralement pour faire un bon travail et surtout quand il y a des moulures, on fait l’application le soir et on nettoie le lendemain matin. Quand la peinture est bien ramollie, on fait un lavage à grande eau pure avec une brosse de chiendent. Pour des parties sculptées, très creuses, il est parfois nécessaire de faire une seconde application ; dans ce cas, il faut bien remplir le creux d’enduit et laisser passer la nuit. Pour simplement nettoyer et laver les vieilles peintures, on délaye un kg d’enduit dans 15 litres d’eau, on nettoie avec ce mélange et on lave ensuite à l’eau pure. — Le fabricant de l’enduit français décapeur de vieilles peintures est M. L. Picavet, 34, rue de Turenne, à Lille.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- RECETTES PHOTOGRAPHIQUES
- Négatifs jaunes. —Il arrive parfois qu’au développement certaines plaques deviennent jaunes et que cette coloration subsiste après le fixage. On peut enlever cette coloration par le procédé suivant : après avoir ramolli la gélatine, si c’est un cliché ancien, on passe au formol (solution à 5 pour 100) pendant 10 minutes; on lave légèrement, puis on trempe le cliché dans la solution suivante :
- Eau.................................. 500 cc
- Solution concentrée de brome. ... 10 cc
- Bromure de potassium.................. 25 gr
- Il se forme du bromure d’argent elle cliché devient blanc; après l’avoir lavé on le redéveloppe à l’amidol et on a un cliché sans coloration.
- Colle pour épreuves photographiques brillantes. — On prend 15 grammes de gélatine blanche du commerce non raffinée et la plus ordinaire, cela est important. On la couvre d’eau et on la laisse gonfler pendant 24 heures. Ensuite on jette presque toute l’eau sauf la valeur d’un verre à liqueur et on fait fondre à feu doux.
- Quand tout est fondu on ajoute peu à peu, en agitant toujours, 185 grammes d’alcool et on conserve dans des flacons bouchés.
- Pour l’usage on chauffe légèrement au bain-marie si la colle a fait prise.
- Cette colle sèche très rapidement, n’altère pas le brillant des épreuves et ne les fait pas gondoler quand elles sont sur carton mince.
- Diaphragme extérieur. — Les objectifs couvrent souvent plus que la plaque qui est dans le châssis, il s’ensuit que le cône de lumière, qui pénètre dans la chambre, se réfléchit sur les parois du soufflet et donne une lumière diffuse qui suffit pour donner un léger voile à la plaque. C’est souvent de là que proviennent bien des insuecèa qu’on ne s’explique pas. On peut parer à cet inconvénient en mettant devant l’objectif un diaphragme en bois, métal ou carton qu’on construit soi-même; il suffit de mettre la chambre au point sur paysage quelconque et ensuite d’approcher une carte de visite de l’objectif jusqu’à ce que l’on constate sa présence sur le bord du verre dépoli. On a alors la dimension du diaphragme en mesurant la distance qu’il y a entre cette carte et le centre de l’objectif.
- Affaiblisseur au permanganate. — Cette méthode due au professeur Namias a sur le persulfate d’ammoniaque quelques avantages et notamment celui d’être très bon marché. On prépare la solution suivante :
- Eau................. . 1000 cc
- Permanganate de polasse........... 0fr,5
- Acide sulfurique.................. 1 cc
- Cette solution se conserve tant qu’elle n’a pas servi. Elle attaque d’abord les parties les plus denses du négatif et peut servir par conséquent pour les clichés trop durs. Elle peut servir aussi pour les négatifs mal lavés, car elle oxyde les traces d’hyposulfite qui peuvent rester.
- Après usage on jette la solution utilisée.
- Si le négatif a pris une teinte brune on le clarifie en le passant dans une solution d’acide oxalique à 1 pour 100.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Contre la constipation.
- Le I)r Roos, de Fribourg, conseille pour remédier à la constipation chronique, cette cause première de nombre des maladies, la levure de bière qu’on a récemment préconisée contre la furonculose. Son action serait des plus efficaces; dès le second jour les intestins fonctionnent avec régularité et ce bon fonctionnement persiste plusieurs jours, sans renouveler la dose de levure. 11 faut prendre de la levure fraîche, desséchée à 50° et en avaler deux ou trois prises de 50 centigrammes par jour. Le remède est sans inconvénient; tout au plus observe-t-on parfois quelques coliques légères. Ûr X.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Avis. — En raison des congés du 1er janvier, l’Imprimerie est restée fermée les trois premiers jours de cette semaine ; le tirage du présent numéro ayant été fait avant les jours de congé, nous avons été contraints d’ajourner notre Bulletin météorologique. La livraison de la semaine prochaine comprendra deux bulletins complets, et rien ne manquera ainsi dans la collection météorologique hebdomadaire. Il n’v aura qu’un retard de huit jours pour un des bulletins.
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- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- DINER « SCIENTIA »
- Le 4e dîner de Scientia aura lieu le jeudi il janvier en l'honneur de M. le professeur Mare y, de l’Institut, sous la présidence «te M. Henri de Pareille, à 7 heures et demie, restaurant Champeaux, place de la Bourse.
- Nous prions ceux de nos adhérents qui n’auraient pas reçu de lettre d'invitation, de vouloir bien.se faire inscrire le plus vite possible. Les adhésions doivent être adressées à M. II. de Parville, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- INFORMATIONS
- —<§>— Le nouveau siècle a commencé en France à minuit le mardi 1er janvier, y compris la Corse et l’Algérie-Tunisie, minuit <lu méridien de Paris. Pour les habitants de l’Angleterre, de la Belgique, de la Hollande, du Luxembourg, de l’Espagne, à minuit du méridien de Greenwich, en retard sur Paris de 0h9m21s. En ftussie, le calendrier Julien régnant toujours, le vingtième siècle tic commence qu’à notre 15 janvier, à 10h 8m 8” du soir, méridien moyen de Paris#L’Allemagne, l’Italie, l’Autriche-Hongrie, la Suède, la Norvège, le Danemark, la Serbie, l’Herzègovine ont changé de siècle comme nous le 1er janvier 1901, mais en avance, à 10h9m21!‘ du méridien de Paris. Au Japon, l’heure légale étant en avance de D heures sur le méridien de Greenwich, le nouveau siècle a commencé le 51 décembre à 3h9m21', temps de Paris. Aux Etats-Unis côte de l'Atlantique, commencement du siècle 31 décembre à 5h 9m 9*, temps de Paris ; côte du Pacifique à 8fc 9°* 21*. La région où le siècle nouveau a débuté en premier .lieu, c’est dans la petite aie Chatham située à l’ouest de l’antipode de Paris. Ce sont les 450 habitants de cette île qui ont vu naître avant tout le monde le vingtième siècle.
- —®— Un grand centenaire astronomique vient d’avoir lieu. Ce fut, en effet, dans la première nuit du dix-neuvième siècle que le moine Diazzi, astronome du roi Ferdinand IV de Naples, découvrit la première des petites planètes qui traversent la constellation du Triangle. L'Annuaire du bureau des longitudes pour l’année 1901 renferme une liste de 470 petites planètes, dont les astronomes ont calculé les orbites et qui ont été trouvées les unes après les autres dans les régions célestes où Cérès a été découverte il y a juste cent ans. Les astronomes de tous les pays civilisés ont, célèbre le centenaire de la découverte de Cérès au Congrès de Paris de 1900 à l’observatoire de Paris. Sur l’initiative de M. Lœwy, comme nous l’avons Héjà dit, il a été entendu que les observatoires entreprendraient en commun l’étude de la- marche de la petite planète Bros qui arrive à sa plus courte distance de la terre, vers le 11 janvier. Quoique gênés par la lumière de la lune, les travaux continuent avec activité dans les cinquante-sept observatoires associés. On en déduira une valeur plus précise de la parallaxe solaire.
- —®— On parle toujours de l’application des compteurs horaires aux voitures. Sait-on qu’il y a plus de cent ans qu'il en est question? Dans le n° du Journal des Débats du 1 1 nivôse an IX, autrement dit du 1er janvier 1801, on lit en effet que le mécanicien Billaux, demeurant faubourg Saint-Martin, expose une sorte de montre dite « podomètre » qui peut s’appliquer aux voitures. La pièce motrice suit le mouvement de la grande roue gauche et le communique à un cadran intérieur qui marque les distances avec une aiguille. Chaque huit tours de roue, il se produit un décrochement qui fait un des degrés de l’aiguille et qui indique un espace d’environ 50 mètres.
- —®— Le bureau et le comité de la Société des ingénieurs civils ont été renouvelés au mois de décembre 1900. Les résultats des élections ont été les suivants ; président, M. Ch. Baudry ;
- vice-présidents : MM. Mesureur, Salomon, Couriot, Bodin; secrétaires : MM. Soreau. Courtois, Delmas, L. Périssé; trésorier : M. de Chasseloup-Laubat.
- —®— Le Conseil municipal de Paris, par une délibération en date du mois de décembre 1900, a invité l’administration à ouvrir un nouveau concours d’appareils fumivorès le 1er février 1901, pour le clore le 28 du même mois. Une somme de 2000 francs sera donnée comme prix à celui qui aura trouvé le moyen de supprimer la fumée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblement «le terre A Chambéry. — Le 25 décembre, à llk20 du soir, un tremblement de terre assez violent s’est produit à Chambéry et environs. Deux secousses ont été ressenties, assez violentes, pour déplacer quelques meubles, et faire marcher les sonnettes électriques. La première secousse, qui a été la plus vive, a été accompagnée d’un bruit violent, que je compare à celui d'une forte explosion en vase clos. L’ondulation nous a paru dirigée du sud-ouest au nord-est. C’est la seconde fois en un an que nous observons ce phénomène dans la région.
- Tempêtes. — Deux violentes tempêtes ont sévi à la lin du mois de décembre 1900 sur les côtes de la Manche et de l’Océan. La première venant de l’ouest a eu lieu le 29 décembre. Elle a été causée par une dépression venue du sud-ouest de l'Irlande qui avait son centre sur le nord de l’Angleterre. Cette tempête a causé de nombreux sinistres.
- Les ports de Boulogne, de Calais, de Douvres et de Folkestone étaient absolument inabordables.
- Toute communication par bateaux était interrompue entre les côtes française et anglaise.
- De son côté, le paquebot français Nord, parti de Calais à lk30 avec 62 voyageurs, ne pouvant aborder ni a Douvres ni à Folkestone et ne pouvant pas non plus revenir à Calais ni à Boulogne, a été obligé de garder le large.
- Sur terre, le vent a renversé un grand nombre de poteaux télégraphiques. Tous les trains ont éprouvé des retards.
- A Gravelines, neuf bateaux de pêche ont été jetés à la côte; trois sont brisés. On a eu des dégâts considérables à Fécamp, au Tréport, au Havre, à Cherbourg, à Brest, etc.
- Aux Sables-d’Olonne, le brick Crohine. de Bayonne, qui venait de Saint-Pierre et Miquelon à Bordeaux, chargé de morues, s’est mis à la côte, en vue du port. Trois hommes embarqués dans le canot chavirèrent près de terre et un seul put être sauvé. Quant à ceux qui restaient à bord, au nombre de cinq, on les voyait faire de vaincs tentatives pour se sauver, et, le canon porte-amarres étant d’une portée insuffisante, on a dû les laisser périr. Les désastres en Angleterre ont été considérables. Le Capricorne, de Trieste, allant de Cardiff à Bilbao, a fait naufrage près de Bude. l/équipage se composait de onze Autrichiens, et de trois Italiens. Huit Autrichiens ont été emportés par la mer; un Italien a été sauvé. Les autres hommes de l'équipage ont péri à bord. Le navire anglais Primrose-Hitl a sombré près dellolyhead. Il va eu 34 morts; une seule personne a été sauvée. Le paquebot Victoria, après avoir pris son chargement à Folkestone, a cassé scs amarres et a heurté l’embarcadère. Malgré ses avaries, il s’est ensuite dirigé vers la haute trier.
- Due deuxième tempête aussi violente que la première, venant du sud-ouest à nord-ouest a sévi dans la nuit du 30 au 31 décembre sur nos côtes et dans l’intérieur du pays. Elle a été amenée par la dépression signalée la veille sur les Iles-Britanniques, dont le centre était sur la Manche. Le baromètre est resté élevé dans le nord-est du continent ainsi qu’entre l'Espagne et les Açores. On a signalé des pluies dans l'ouest de l’Europe; des neiges sur les Pays-Bas et l'Allemagne. Eu France, on a recueilli 17 mm. d'eau à Lorient, 16 à Nantes et à Lyon, 2 à Paris. Le 31 décembre, à midi, à Cherbourg. un ouragan s'est déchaîné sur la côte, rendant la ra-le absolument impraticable. .Nombre d’officiers n’ont pu regagner leurs bords. La tempête a été encore très violente à Brest le 31 décembre. Le temps a brusquement changé le 4 janvier. Une bourrasque du Nord nous a envahi avec froid intense. Le thermomètre est descendu à Paris, dans la nuit du 5 au 6 à 11° au-dessous de zéro. La neigé est tombée'abondamment dans le Midi, puis dans le Nord et dans l'Ouest et même à Paris à partir du 7 janvier.
- PHASES DE LA LUNE |
- P. Q. le 29 déc. 1900, à 1 h. 57 m. du malin. P. L. le 5 janv. 1901, à 0 h. 23 m. du matin.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour tout ce qui concerne le puits artésien de Vincennes (décrit dans le n° 1438, du 15 décembre 1900, p. 37), il faut s’adresser à MM. Dumont et Gaudin, 205, rue Saint-Antoine, à Paris ; ils sont concessionnaires pour la France des procédés de forage de la Compagnie américaine Oil Well Supplv C° (EtatsxUnis). — Les constructeurs des moteurs à vent décrits dans le n° 1459 du 22 décembre 1900, p. 59, sont les suivants : Moulin Beaume. — Yidal-Beaume, constructeur, 66, avenue de la Reine, à Bou-logne-sur-Seine (Seine). — Moulin Hallculay. — M. Schabaver, constructeur à Castres (Tarn). — Moulin à vent américain Idéal, concessionnaire pour la France, Pilter, 24, rue Alibert, Paris. — Eoliennes, Aug. Bollée et Lebert, E. Lebert, constructeur, Le Mans (Sarthe).
- Communications. — M. G. de Rocquigny-Adanson, à Villeneuve-sur-Allier, nous adresse une notice sur la géonémie de Saturnia Pyri Schiff et la limite septentrionale de son extension en Autriche-Hongrie. Cette notice est extraite de la Feuille des Jeunes naturalistes.
- M. Garnie, à Paris nous écrit : « Dans le n° 1438, du 15 décembre 1000, p. 38, vous publiez un article de M. P. M., qui veut bien donner des indications officielles aux lecteurs de votre Revue sur le régime des eaux à Paris, afin d’éviter qu’on en parle à tort et à travers. Cet article peut donner lieu à une observation. S’il existait dans tout Paris une double canalisation permettant de distribuer séparément, dans chaque rue et dans chaque maison, l’eau de rivière et l’eau de source, l’organisation serait parfaite; malheureusement il n’en est pas ainsi. Dans la rue de Verneuil, il n’existe qu’une seule canalisation, à hauteur de la rue Allent, il semble probable qu’il en est de même dans la rue tout entière. Par suite, l’eau de source y est employée, d’une part pour le lavage de la voie publique, et d’autre part pour les cours, les écuries, les jardins, etc., sans compter le tout à l’égout qui en exige une quantité considérable, et ce au grand préjudice du propriétaire, lequel pave cette eau à raison de 0,r,35 le mètre cube, alors que l’eau (le rivière à 0fr,16 serait suffisante. Je ne parle que de la rue de Verneuil, mais combien d’autres se trouvent dans le même cas ! Les documents officiels doivent le dire. Une canalisation unique a donc l’inconvénient d’être onéreuse pour les propriétaires, elle a de plus l’inconvénient très grave d’employer une énorme quantité d’eau de source que la population parisienne serait si heureuse de trouver en été. Le remède à ces deux inconvénients réside dans la double canalisation. »
- M. A. Thauziès, président de la Fédération Colombophile de la Dordogne, à Périgueux, nous écrit à propos des pigeons-voyageurs dont nous parlions récemment : « La dislance à vol d’oiseau de Paris à Périgueux n’est pas de 560 kilomètres, mais d’environ 430. La plus belle vitesse que j’ai obtenue m’a été fournie, sur un petit parcours, par douze pigeons bien entraînés — et d’excellente race, cela va de soi, — mais, détail intéressant, dans une direction tout autre que celle dont ils avaient l’habitude, et par temps absolument calme : 18 kilomètres en dix minutes. On cite des vitesses plus grandes; je ne crois pas toutefois qu’on puisse obtenir sensiblement davantage, même dans des trajets restreints.
- C’est moi qui avais donné au « colombophile parisien » les deux pigeons-voyageurs dont vous parlez; deux jeunes de la même famille, nés en 1900 fin mars et cédés par moi à un colombophile Toulousain, ont enlevé l’un le 1er prix au concours fédéral municipal des sociétés de Toulouse, à Montpellier, l’autre, le 1er prix au concours fédéral ministériel de ces mêmes sociétés à Vîmes, le dimanche suivant. Ces pigeons se trouvaient pourtant dans des conditions désavantageuses, voyageant dans une région où, par eux-mêmes et par leurs ascendants, ils étaient complètement étrangers. C’est vous dire que ces oiseaux ont beaucoup de sang et proviennent de reproducteurs depuis longtemps et rigoureusement sélectionnés. »
- Renseignements. — M. P. Franken, à Paris. — L’adresse du fabricant du lave-assiettes, décrit dans le n° 1169 du 26 octobre 1895, p. 559, est la suivante : M. J. Dccoudun, 9, rue Friant, à Paris.
- M. Colmont, à Paris. — Nous ne connaissons pas cette lunette.
- M. le Dr Bribosia, à Namur. — 1° Le papier révélateur du l’oxvde de carbone n’existe pas; des traces d’oxyde de carbone dans l’air échappent à l’analyse chimique. — 2° Nous vous avons répondu dans le précédent numéro.
- M. F. Bonnevie, à Domfront. — Votre lettre a été envoyée à la Société.
- M. E. T., à Haubourdin. — Adressez-vous à la librairie agricole de la maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- < M. E. Monteils, à Florac. — Ces détails de fabrication ne sont pas connus.
- M. C. B., à Paris. — Nous avons déjà donné la description des modèles de tramways électriques employés à Paris, notamment les tramways Diatto, à Tours, dans le n° 1372, .du 9 septembre 1899, *p. 228.
- M. G. Casa res, à Madrid. — Le chef du réseau téléphonique du gouvernement à Paris est M. le sous-secrétaire d’Etat des postes, télégraphes et téléphones à Paris, 103, rue de Grenelle, à Paris.
- M. Condemine, à Yilleneuve-sur-Yonne. — Nous n’avons pu trouver aucun ouvrage sur cette question.
- M. E. Wibratte, à Reims. — La description de la chaudière oléothermique de MM. Mahl et de Nittis a paru dans le n° 1424,. du 8 septembre 1900, p. 227 ; l’adresse de M. Mahl est 15, rue Charlet, à Paris.
- M. J. R., à X. — La puissance que vous demandez pour un moteur est un peu faible; adressez-vous à M. A. Quérey, 119, rue de Montreuil, à Paris.
- M. G. Dumoulin, à Bellevue. — Nous ne connaissons pas; de formule spéciale; tous nos regrets.
- 1/. H. L., à Paris. — 1° 11 n’y aurait rien de mieux que l’acide carbonique; mais l’appareil ne marchera pas. — 2° Prendre de l’acide carbonique liquide. — 3° Le système n’est pas pratique.
- M. J. Laurent, à X. — On a déjà employé ce traitement dans des chambres à tenture rouge, bleue, verte, etc. ; tes résultats ont été peu probants.
- M. Murat, à Langeois. — 1° Adressez-vous à une agence de brevets, par exemple à M. Armengaud, 21, boulevard de Strasbourg; à M. Blouin, 45, boulevard Voltaire, à Paris. — 2° Nous ne pouvons nous occuper de ces questions.
- M. P. T., 'à Auxerre. — Vous trouveriez peut-être ce renseignement dans l’ouvrage sur le chamoiseur, dafls la collection des manuels Koret.
- M. Chardin, à Pantin. — Le meilleur moyen pour se débarrasser des scolopendres serait de les échauder en versant dessus de l’eau bouillante.
- M. G. Séguin, à Paris. — 1° La plus puissante des deux machines sera évidemment la machine à 4 pôles, l’intensité du champ magnétique restant la même dans les deux cas, ainsi que la vitesse angulaire et la longueur totale de fd, la variation de flux de force étant double dans le second cas. Dés dispositions spéciales devront être prises pour l’enroulement. — 2° Nous n’avons pas d’adresse spéciale à vous donner.
- M. Mansi Maillet, à Lyon. — Ce serait peut-être plus clair en effet, mais on a conservé la notation employée dans le calcul des probabilités.
- M. Ed. Gigot, à Longlier (Belgique). —Pour le vélo à multiplication en marche, décrit dans le n° 1554, du 6 mai 1899, p. 265, il faut s’adresser à M. Charles G. Evans, Nelson, British Columbia, Canada.
- M. L. D., au cercle national de Roanne. — Notre système solaire est généralement considéré comme faisant partie de la voie lactée.
- M. Loquet, à Saint-Denis. — 1° On appelle à tort càlorie grande la calorie kilogramme-degré ou la quantité de chaleur nécessaire pour élever de 1° C. la température de 1 kilogramme d’eau. — 2° La latitude géographique est l’angle formé par la verticale d’un lieu avec le plan de l’équateur. L’altitude est la hauteur au-dessus du niveau moyen de la mer.
- M. E. Jobel de Ayala, à Paris. — Vous ne pourrez obtenir ce résultat qu’en employant une essoreuse.
- Questions. — N° 1248. — La Société anonyme des alliages Cothias, à Ivry-Port, nous demande s’il existe une colle plus ou moins liquide, ou un produit remplaçant la colle et pouvant supporter une température de 700 à 1000 sur de la fonte portée à cette température.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettrés reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- LE JOUR DE L AN A PARIS.
- Texte, et dessins, par A. Robida.
- 1. — Tu choisiras toi-même, dis ce que tu voudrais? — Celui-là et puis les autres aussi. — 2. — Je ne tiens pas du tout aux jouets incassables... au contraire ! — 3. Le triomphe du camelot, roi. de l'asphalte pendant quinze jours. — J. Une livraison en retard. Belleville et le Marais passent Jes nuits et cependant on manque de petits soldats de fer blanc ou de métropolitain à 0'’,95. — 5. Pour deux sous d’étrennes mais autant de joie que pour cent francs. —r 6. Chez le confiseur à la mode grand départ de boîtes de bonbons ou de sacs de fondants. Boîtes dernière nouveauté. — 7. Les jouets compliqués, fort intéressants, mais il faudrait souvent donner l’ingénieur avec. — 8. La vitrine aux jouets de luxe. Quelles merveilles! Poupées d’un luxe véritablement effréné. Polichinelles grandeur nature et de soie vêtus, automobiles presque suffisants pour aller au Bois, clowneries, singeries, forteresses avec des armées pour l’attaque et la défense, ménagerie avec animaux extrêmement apprivoisés, torpilleurs, aéronefs, pièces mécaniques, etc., etc. — 9. Quant à la traditionnelle tranquillité des familles, il n’en faut plus parler avant quelque temps. — 10. Sur le boulevard, derniers achats aux petites boutiques. Dans le brouillard ou bien sous la pluie, sous la neige ou sur le verglas, peu importe, il faut courir de petite boutique en petite bcutique et découvrir le vrai jouet de l’année, eu les occasions pour étrennes les plus avantageuses.
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- BULLETINS MÉTÉOROLOGIQUES
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49,30). — Bureau central météorologique de France# DÉCEMBRE 1900. - SEMAINE DU LUNDI 24 AU DIMANCHE 30 DÉCEMBRE.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9. ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 2i décembre. 5',3 S. E. 0. Couvert. 0,0 Couvert ; bruine à 6 heures; brouillard de 500 m. à 8b.
- Mardi 23 5*,0 S. S. W. 2. Couvert. 0,0 Couvert jusqu’à 14 h., beau ensuite; brouillard av, le jour ; gelée blanche.
- Mercredi 26 ... . 2*,2 S. S. E. 2. Nuageux. 0,0 Nuageux le matin, couvert le soir; gelée blanche.
- Jeudi 27 6*,0 S. S. E. 3. Nuageux. 0,0 Très nuageux; petite pluie à diverses.reprises ; halo.
- Vendredi 28 ... . 10-,0 S. W. 4. Couvert. 1,8 Couvert jusqu’à 7 h., très nuageux ensuite; quelques averses jusqu’à 10 heures.
- Samedi 29 4”,2 S. W. 2. Couvert. 0,8 Couvert ; bruine dans la soirée ; gelée blanche.
- Dimanche 30 ... . G”.l S. S. W. 2. Couvert. 0,7 Couvert ; bruine de 13 b. à 19 h.
- —^—m—»b—*—<*»*b—».- wv -- _ , i.. I —B—
- Lundi | Mardi | Mei'ci'eiii | Jeudi | Vendredi | Samedi | Diinanciie j
- DÉCEMBRE 1900-JANVIER 1901. --- SEMAINE DU LUNDI 51 DECEMBBE 1900 AU DIMANCHE 6 JANVIER 1301
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 31 décembre 6°,3 S. W. 4. Couvert. 1,5 Couv. jusqu’à 20 h.; éclaire, ensuite; averse à 0 b. 35-40; pluie de 9 h. à 11 h. et à 14 h.
- Mardi 1" janvier . . 4°,7 S. W. 1. Brouillard. 0,9 Couvert jusqu’à 21 h.; puis nuag.; beau après 22 h.; quelquefois de la pluie; gelée bf.; petit brouill. à " h.
- Mercredi 2 4°,3 N. N. W. 2. Couvert. 0,9 Très nuag. de 10 à 14 h. et après 20 b.; couv. le reste du temps; gelée bl. ; petit brouill. à 4 h.; gouttes à 18 h.
- Jeudi 5 1°,2 S. S. W. 1. Couvert. 0,0 Beau à 1 b.; puis couv. jusqu’à 9 h.; très nuag. ensuite; brouill. jusqu’à 9 b.
- Vendredi 4 — 5°,9 E. N. E. 2. Beau. 0,0 Très peu nuageux.
- Samedi 5 -GM N. N. E. 2. Beau. 0,0 Pas trace de nuage.
- Oimanche 6 . . . . — 9\9 E. N. E. 3. Beau. 0.0 i Quelques nuages le matin; beau le soir.
- Jeudi
- Mercredi
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- La courbe supérieure indique ta nébulosité de 0 a 10; les jlèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —g— Nous avons le grand regret d’annoncer la mort de M. Hermite, doyen des mathématiciens du monde entier, et celle de M. Chatin, doyen de la Section de Botanique de l’Académie des Sciences. Ces deux savants avaient été présidents de l'Académie. Nous consacrerons un article spécial à M. Chatin et à 11. Hermite.
- - g— La Société géologique de France vient de composer de la manière suivante son bureau et son conseil pour l’année 1901 : Président : M. Carez. Vice-présidents : MU. Haug, van den Broeck, Dereims, Nicklès. Secrétaires : Mil. Gentil, secrétaire gérant, Per-rinquière, secrétaire pour l’étranger. Vice-secrétaires : MM. Giraud, Mémin. Trésorier : M. Léon Janet. Archiviste : M. Ramond.
- —g)— Après avoir occupé pendant vingt-trois années le poste de secrétaire général de la Société zoologique de France et avoir puissamment contribué au développement de cette Société, M. le rofesscur R. Blanchard résigne volontairement scs fonctions. La ociété zoologique a voulu lui témoigner sa reconnaissance pour les grands services qu’il lui a rendus et a décidé qu’une médaille commémorative lui serait offerte à l’occasion de sa retraite, qui coïncide avec le vingt-cinquième anniversaire de la fondation de la Société.
- —g— M. le l)r Paul Richer, de la Salpêtrière, bien connu par ses travaux sur la locomotion animale et ses belles publications d’art médical, est nommé chevalier de la Légion d’honneur.
- —g— Il est singulier qu’à propos du drame de « la Russia » on n’ait pas songé à faire emploi des cerfs-volants. On s’en est servi cependant déjà très avantageusement sur des navires échoués pour le ravitaillement. Les cerfs-volants permettent, en toutes circonstances, de faire parvenir à bord un câble de plusieurs kilomètres de longueur. C’est le salut. Recommandé aux Sociétés de sauvetage.
- —g— Dans la deuxième semaine de janvier, la neige est tombée en abondance sur toute la France. La température s’est d’abord notablement abaissée; le 6 janvier, il y avait — 15° à Besançon, — 14° à Saint-Etienne, — 5° à Paris. Le 6 janvier, à Marseille, une véritable tourmente s’est abattue sur la ville à partir de 8 heures et la neige n’a cessé de tomber pendant toute la nuit. La couche avait une épaisseur de plus de 60 centimètres. La circulation des tramways et des voitures a été interrompue. Le 7 janvier, la neige tombait à Bourges, à Saint-Maixent, à Tours, à Rcmire-mont, à Rouen, à Morlaix, à Nantes, à Beziers. A Paris, elle faisait son apparition. Le 8 janvier, le Havre, Rouen, Troves et Privas étaient également recouverts de neige. Dans cette dernière ville, le thermomètre est descendu à —17°. Le 9 janvier, à Mende, par suite de l’abondance des neiges, la circulation des trains a été interrompue entre Séverac et Marvejols pendant plusieurs heures. Des trains fusionnés, formés à Séverac et à Saint-Flour, sont arrivés à Mende avec trois heures de retard. Florac a été entièrement bloqué par la neige, qui a atteint 80 centimètres de hauteur. Toutes les communications ont été coupées.
- —g— Un fait curieux s’est produit à Pans, le 7 janvier, dans la soirée, au moment de la chute de neige. Dès qu'on eut jeté du sel sur le passage des tramways à caniveau souterrain de la Compagnie Thomson-Houston, ces tramways s’arrêtèrent. La cause de l’interruption se trouve dans ce fait que les caniveaux, dans lesquels un frotteur attaché au tramway prend le courant électrique nécessaire à la traction, se trouvaient à peu près remplis d’eau salée. On avait, en effet, jeté du sel, sur la neige, pour la faire fondre. La balayeuse mécanique et électrique de la Compagnie
- Thomson-Houston avait poussé cette eau dans le caniveau. Or, l’eau salée est conductrice; il en est donc résulté une perte de courant dans le caniveau, tout le long du conducteur, telle que les tramways sont restés en panne. De l’eau ordinaire ou de l’eau de pluie remplissant le caniveau n’eût produit presque aucune perte; on en a acquis la certitude, à la suite des grandes pluies de ces derniers temps. Désormais, la Compagnie Thomson-Houston, en cas de chute de neige, aura soin de balayer ses voies, sur ses trois lignes à caniveau, avant que la neige ait été salée. Cela est facile à réaliser, car les balayeuses mécaniques et électriques roulent sur les rails comme les Voitures de tramways même et déblayent la voie avec une étonnante rapidité. On fait grand usage de ces balayeuses aux Etats-Unis, mais c’est la première fois qu’on les voit circuler en France.
- —g— Il vient de se fonder une ligue contre le Mal de mer. Cette ligue a pour but de grouper tous ceux que le mal de mer intéresse, de les faire bénéficier des nouveaux procédés de traitement et d’hygiène, et de faire appel aux inventeurs pour trouver des appareils pratiques d’aération et contre les mouvements du navire. Elle fait remarquer que : « si on pouvait soumettre 100 soldais sujets au mal de mer à un certain traitement, 100 à tel autre, pendant que 100 resteraient comme témoins, on en tirerait des conclusions définitives, des arguments irréfutables. » La Ligue a fondé le Journal du Mal de mer.
- —g— Le bureau météorologique des Etats-Unis, le Weather Bureau, comme on l'appelle, est, paraît-il, sur le point de publier un intéressant ouvrage qui renfermera les observations curieuses réunies par le professeur Bigelow sur les nuages, leur hauteur, leur vitesse de translation, etc.
- —g— M. F.-K. Mac Ulwaine, membre de la chambre de commerce américaine de Paris, est actuellement à Philadelphie, où il négocie l’achat de charbons destinés à la France. Les ordres doivent porter sur 200000 tonnes. Les besoins immédiats, les approvisionnements, pour les chemins de fer notamment, se montent à 700 000 tonnes. M. Mac Illwaine pense qu’un commerce de charbon actif entre la France et les Etats-Unis ne tardera pas à s’établir.
- —g— Le ministère des travaux publics publie la statistique des accidents d’appareils à vapeur survenus pendant l’année 1899. De ce travail il résulte qu’il y a eu 50 accidents comportant 25 morts et 20 blessés. Ces 50 accidents se répartissent ainsi par nature d’établissements : Mines, carrières, annexes: 2 accidents, 2 tués; usines métallurgiques : 6 accidents, 5 tués, 3 blessés; agriculture : 6 accidents, 2 tués, 1 blessé ; industries alimentaires : 2 accidents, 1 tué ; industries chimiques : 5 accidents, 2 tués; tissus et vêtements : 5 accidents.2 tués. 1 blessé; papeteries, fabrique d'objets divers : 7 accidents, 6 tués, 2 blessés; usines d'électricité : 5 accidents; bâtiments, entreprises de travaux et diverses : 3 accidents, 4 tués, 5blessés ; Chemins de fer et tramways : 5 accidents, 4 tués, 8 blessés; bateaux à vapeur et engins flottants : 2 accidents, 1 tué.
- — f— Un enfant a été dévoré par les aigles; le fait s’est passé dans un bois, près de Polnera (Carpathes septentrionales). Une femme Davidoviczs avait été ramasser du bois et avait laissé son enfant, âgé de quelques mois, dans un endroit où il paraissait à l’abri. Quand elle revint pour le reprendre, elle ne trouva plus que des morceaux de chair ensanglantée. Elle crut d’abord que les loups avaient dévoré l’enfant ; mais elle vit deux aigles s’abattre sur ces débris sanglants, les enlever et s’envoler vers leur nid, situé au milieu des roches. Plusieurs paysans sortirent en armes, et l’un d’entre eux put se hisser jusqu’au nid, blesser l’un des aigles et mettre l’autre en fuite. Sur les roches, couvertes de neige, ou trouva les os et la tête de l’enfant.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour ce qui concerne le moteur Kainz, décrit dans le n° 1430, du 1er décembre 1900, p. 1, s’adresser à Y Autocar Journal, 19, Herford Street, Coventrv (Angleterre).
- Communications. — M. G. Baillai, avocat à la Cour, président de Y Association des Amateurs Photographes du Touring-Club de France, à Paris, nous écrit la lettre suivante : « Suivant .avec le plus vif intérêt les diverses communications de votre Journal, notamment au point de vue photographique, je crois devoir vous signaler à propos de l’article de M. Mareschal sur le papier Pan, qu’il existe depuis déjà deux ou trois années, dans le commerce français, un papier photographique, le papier « Vitesse » de la marque M. Y. dont le papier Pan paraît n’étre qu’une imitation. Comme le papier Pan, le papier vitesse MY s’impressionne à volonté à la lumière diffuse en quelques secondes, ou à la lumière d’une flamme de magnésium; comme le papier Pan il se révèle à l’aide d’un développateur à l’hydroquinone, ou autre, et comme le papier Pan enfin, suivant la durée d’exposition et le degré de concentration du développement, il permet d’obtenir des tonalités variant du noir foncé au sépia clair et si j’ajoute (détail intéressant) qu’il est environ un tiers moins cher que son nouveau rival j’aurai énuméré en quelques mots les principaux avantages du papier Vitesse.
- <( Cette modification ou plutôt cette indication a pour but principal de faire savoir à vos lecteurs qu’il existe un produit français antérieur en date, égal en qualité tout au .moins, et inférieur en prix au produit allemand similaire.
- « J’ai pour ma part usé, depuis sa création, de ce papier et j’ai pu me rendre un compte exact de ses qualités de souplesse, de régularité et surtout de stabilité.
- « Je vous signale donc l’existence du papier Vitesse M. Y., espérant que vos lecteurs seront heureux de le connaître et qu’après l’avoir essayé ils n’hésiteront pas à donner la préférence à un produit français. »
- M. J. X., à Paris, à propos de notre article sur l’usage de P~eau bouillie, nous fait parvenir les réflexions suivantes : « Dans le n° 1459 du 22 décembre, p. 50, par un article sur l’usage de l’eau bouillie, vous démontrez l’importance pour la santé de ne boire que de l’eau salubre. Permettez-moi de vous adresser la note ci-après que j’ai fait autographier pour quelques personnes compétentes; les renseignements qu’elle contient vous engageront à appuyer une réforme bien nécessaire pour la santé publique.
- « La question des eaux de sources à Paris est le point essentiel de l’hygiène publique. Paris est insuffisamment approvisionné en eaux de sources, puisque cet été il a fallu les additionner d’eau de Seine ; par suite, on a constaté une recrudescence de fièvres typhoïdes dans divers quartiers, où la population ouvrière n’a pas les moyens de boire des eaux minérales. Il avait été ajouté aussi de l’eau de Seine filtrée à Ivry, mais le Dr Ilanriot n’a-t-il pas déclaré récemment à l’Académie de médecine que cette eau ne possède aucune garantie d’inocuité. Or, il résulte de la pétition adressée par le Conseil général de Seine-et-Oise au Sénat, qu’en ce moment 15000 maisons de Paris seulement versent leurs déjections dans les égouts, et que la ville met en demeure les propriétaires de 20 000 autres maisons d’avoir à faire de même dès le 1er janvier 1901. N’y a-t-il pas là un danger public ?
- « On cherche à augmenter l’approvisionnement d’eaux de sources et on dépense à cet effet d’énormes sommes, sauf à s’apercevoir plus tard que des eaux qui étaient pures à l’origine, ou qu’on croyait telles, contiennent aussi des germes morbides. Mais ne serait-il pas très urgent et important de chercher à économiser cette eau de source si précieuse dont il est fait un immense gaspillage. Un très grand nombre de locataires ayant l’eau dans 1’interieur de leurs appartements et pas de compteurs, se livrent à un incroyable gaspillage d’eau;
- à tout propos pour rafraîchir un liquide, une denrée ou un objet quelconque, ils laissent couler le robinet, 80 ou 100 litres sont bientôt dépensés ; on réitère les tirages du tout à l’égout, et un locataire malhonnête auquel il a été donné congé laisse couler jour et nuit, le propriétaire ne peut le faire constater et les juges de paix interdisent de fermer l’eau la nuit.
- « Voici un exemple frappant et incontestable de ce gaspillage. Dans un immeuble de quartier ouvrier, où les locataires, ensemble 240 têtes, enfants compris, ont l’eau de source sur les paliers des escaliers, du 23 juin au 22 septembre, 90 jours, ils ont dépensé 52tr, îo, soit à peine 7 litres par tête par jour, y compris l’eau des sièges automatiques et des lavages d’escaliers deux fois par semaine. Dans un immeuble voisin composé de 67 petits appartements presque tous au-dessous de 500 francs dont les locataires ensemble 238 têtes, enfants compris, ont l’eau à leur disposition sur la pierre d’évier et pas de compteurs,] du 21 juin au 20 septembre, soit 90 jours de même, il a été dépensé 561fr,05, soit 75 litres par tète par jour, c’est-à-dire environ onze fois plus; les escaliers étant frottés, il n’y a pas eu à les laver, le tout à l’égout existe dans 40 de ce* appartements; les cours et cabinets du rez-de-chaussée sont nettoyés avec de l’eau de Seine. Je tiens à la disposition les quittances de l’Administration en rapport avec les relevés des compteurs faits exactement tous les lundis à midi, il n’y avait pas de fuites, la plomberie ayant été vérifiée plusieurs fois. Le robinet à l’intérieur est tellement une arme entre les mains du locataire malveillant que, en janvier dernier, l’un d’eux qui avait reçu congé a fait monter en 7 jours la consommation qui était moyennement de 91 mètres (91000 litres) à 326 mètres (526 000 litres), soit 38 570 litres en plus par jour ; il avait fait couler sans interruption nuit et jour.
- « Cette situation menace de s’aggraver de plus en plus, elle obligera plus que jamais la ville à mélanger l’eau salubre avec les eaux* contaminées. Il n’v a qu’un remède, empêcher le gaspillage de l’eau de source, et le moyen, M. Ambroise Rendu, conseiller municipal, dans son rapport en novembre 1898 à la 6e Commission, l’a indiqué, c’est]de faire pour l’eau ce qui a été fait pour le gaz, que chaque locataire ayant l’eau à l’intérieur soit abonné directement à l’Administration, alors payant sa consommation d’eau comme il paie celle de son gaz, son vin, son combustible,.etc., il économisera au lieu de gaspiller. Contre cette réforme si nécessaire, il est fait deux objections.
- « La première c’est qu’il y aurait pour la ville diminution de recettes et augmentation de dépenses.
- « La seconde, c’est que l’administration n’a pas le droit d’imposer le compteur, ce qui est contestable. A la première, il y a lieu de répondre que la dépense ne serait pas si grande qu’on pourrait le croire parce que sur les 75 000 maisons de Paris environ, il y en a bien la moitié dont les locataires n’ont pas l’eau à l’intérieur; que dans les grands appartements, ceux au-dessus de 1000 francs, les propriétaires ont depuis longtemps établi des compteurs particuliers. Parmi les locataire* de petits appartements, beaucoup sont loyaux et ne donnent pas de sujets de plaintes à leurs propriétaires pour abus de l’eau de source. A la seconde objection, la réponse est qu’il n’y aurait pas besoin de rendre le compteur obligatoire.
- « Il suffirait d’organiser un abonnement facultatif pour les locataires sous des conditions imposées aux propriétaires qui pourraient être les suivantes : 1° Le propriétaire demandant l’abonnement pour ses locataires ferait à ses frais l’installation des compteurs fournis par la Ville sous la surveillance de l’Administration. 2° 11 garantirait le payement de la quittance mensuelle, l’eau étant fermée en cas de refus de payement d’un mois. 3° 11 payerait une petite somme par compteur pour l’entretien et l’amortissement.
- « Les propriétaires qui trouveraient avantages à ces conditions imposeraient l’abonnement à leurs locataires, ainsi le gaspillage de l’eau de source étant évité il ne serait plus nécessaire de contaminer les eaux salubres, on n’aurait plus à redouter les épidémies de fièvres typhoïdes qui, en été, sévissent surtout sur la classe ouvrière. Si une grande épidémie s’abattait sur Paris, regarderait-on à quelques millions pour la combattre? Un système préventif serait à la fois intelligent et démocratique. Ce serait aussi supprimer un sujet de discordes entre les propriétaires et leurs locataires. La question financière devra-t-elle primer plus longtemps une question de salut public? Il faut espérer que le nouveau Conseil municipal voudra prouver son dévouement à Paris par une réforme aüssi hygiénique. »
- Voir la suite de la Boite aux lettres page 3* des Nouvelles scientifiques.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- BOITE AUX LETTRES (Suite)
- M. Watelin, à Paris, nous écrit la lettre suivante : « Dans le n° 1440 du 20 décembre 1000, p. 65, vous parlez du thé de Ceylan et vous dites, heureusement que les vrais amateurs de thé préfèrent celui de Chine. 11 n’y a pas pour moi Français et pour les autres étrangers qui ont bu du thé de Ceylan et du thé de l’Inde dans le pays, soit à boid des bateaux, une boisson aussi réfractaire au bon goût que ce breuvage, le goût est amer, fort, et n’a nullement le fin arôme du thé de Chine, même les moins chers, seuls les Anglais font semblant de se délecter, it is a business. Le thé, en Chine, est cultivé surtout dans des régions tempérées et même froides qui lui convien-jnent. A Ceylan, les plantations sont dans des régions fort |chaudes, nuisant à la qualité; le seul passable est celui des ; régions élevées, 1500 à 1800 mètres. Un seul planteur français, ,M. Bonaparte Wyse, possède un établissement dans ces conditions. De plus, les thés de Ceylan et de l’Inde sont desséchés et rôtis dans des étuves sèches, ce qui contribue encore à ne j pas l’améliorer. En Chine, il est séché naturellement à l’ombre et manipulé à la main, sujet d’horreur pour les Anglais, à ce u’ils disent. Essayons donc de sécher à l’étuve nos plantes ’herboristerie et nous en verrons les résultats !»
- Renseignements. — M. Petit J., à Ruelle. — 1° Pas d’adresse spéciale. — 2° L’agnoline se trouve chez MM. Cordier et Deslandres, 22, rue Duban, à Paris.
- M. //. Gohierre, à Moscou. — Vous trouverez ces renseignements dans un manuel Roret, librairie Mulo, 12, rue Haute-feuille, à Paris.
- M. Armand Farkas, à Paris. — Nous n’avons rien publié à ce sujet ; il n’a été question de l’acide sulfureux que pour la fabrication de la glace en 1881.
- M. P. H., à Estrée. — Le meilleur moyen de rendre limpides ces huiles est, croyons-nous, de les laisser reposer et de les filtrer ensuite.
- M. L. V., à L. — Le nom que vous indiquez ne doit pas être exact; car nous n’avons trouvé aucun renseignement sur cet acide.
- M. Neptunus, à X. — Nous ne pouvons vous renseigner; tous nos regrets.
- M. F. Pégulu, à Grenade. — Adressez-vous directement à la Société du puits Artésien, à Vincennes (Seine) ou à.l’adresse que nous avons récemment donnée.
- M. A. de Kerraoul, à Brest. — 1° On trouvait autrefois des peintures phosphorescentes chez M. Menitz, 37, passage Joufi’roy, à Paris. — 2" On publie une table des matières tous les six mois et une table générale tous les dix ans, mais seulement pour les articles parus dans le texte.
- M. A. H., à M. — Les indications données dans notre recette permettent de fabriquer le timbre, à la condition de bien observer tous les renseignements donnés.
- M. L. E. Desmani, à Subies. — Nous n’avons aucun renseignement sur cette fabrication et sur la composition du verre.
- M. P. D., de L. — Les champignons à conserver sont les ceps, les morilles, et les mousserons. On les cueille, on les lave, on les pèle en enlevant une partie de la queue et on les blanchit en les laissant pendant deux ou trois minutes dans Peau bouillante. Quand ils sont bien égouttés, on les enfile dans une ficelle sans les presser l’un contre l’autre, on les fait sécher, et on les conserve dans des sacs ou des boîtes, à l’abri de la poussière et de l’humidité.
- M. J. Doyen, à Colmar. — La vitesse des navires se mesure bien, comme vous l’indiquez, en nombre de nœuds (longueur de 15 m.) pircourus en une seconde ou une heure. Le nœud est la 120* partie du mille marin de 1852 mètres.
- M. L. J., à Virieu-le-Grand. — Vous pourriez vous adresser à la Société d’éclairage à acétylène, 30, rue de Châteaudun, à Paris.
- M. E. Pachot, à Livry. — 11 pi ut, en effet, se passer dans ce cas une action qui n’est pas bien définie, mais qui peut être nocive; prenez d’autres calorifuges.
- M. Elias Roy, à Levis (Canada). — Nous avons transmis votre lettre à notre collaborateur. Il nous charge de vous répondre que les Balalaïkistes sont retournés dons leur pays et qu’il ne possède aucune adresse.
- M. G. Le Grand, à Paris. — 1° Les principales piles thermoélectriques sont les piles Noë, Clamond, Gülcher, Giraud. — 2° Vous trouverez peut-être un ouvrage spécial sur ces piles à la librairie Bérenger, 15, rue des Saints-Pères, à Paris.
- Un lecteur, à Rouen. — 1° Nous avons publié récemment un petit article sur les Omnibus électriques à Berlin. —
- 2° Nous chercherons à ce sujet des renseignements.
- M. E. Bourdeau, à Niort. — Nous ne connaissons pas de procédé pour passer au noir mat les pièces d’aluminium. |
- M. L. Yanyincq-Reniez, à Bayenghem. — Nous avons reçu votre communication ; remerciements.
- Un abonné, àX. — Les « plis cachetés » restent indéfiniment dans les carions, quand les auteurs n’en réclament pas l’ouverture en séance publique par l’intermédiaire du Président.
- M. le C'e del Valle, à Madrid. — L’adresse que vous demandez a été donnée en tête de la Boîte aux lettres du précédent numéro.
- M. J. R., à Roanne. — Vous pourriez essayer l'acide chlorhydrique, l’eau de Javel, ou le savon minéral.
- M. H. C-, à S. — 1° Ces dépôts sont faits pour conserver les droits scientifiques d’antériorité, sans consécration légale. — 2° On ne décachète que sur la demande de l’expéditeur. — 5° Toutes les sociétés peuvent faire la même chose. — 4° On doit adresser les plis cachetés au Président. -
- Un abonné, à X. — Il n’y a aucun intervalle de temps, puisque un siècle commence aussitôt que l’autre finit.
- L’abonné 11 515, à Châtillon. — Il faudrait consulter les ouvrages de téléphonie; voyez à la librairie Bérenger, J5, rue des Saints-Pères, à Paris.
- • M. L. Mutel, à Lyon. — Nous ne pouvons vous donner ici tous les détails de construction des bobines de Ruhmkortf; voyez les catalogues des librairies Bérenger, Bernard-Tignol, Desforges. Des brochures ont été écrites sur ce sujet.
- M. J. Perretti, à Paris. — Nous ne comprenons pas votre question ; il faut vous adresser à un chimiste.
- M. Myrtil Varlet, à Bulles. — Cette brochure'est éditée.par « L’Edition médicale française », 29, rue de Seine, à Paris.
- M. G. R. D., à Paris. — Le patin-bicyclette que nous avons décrit dans le n° 1 ^52, du 9 janvier 1897, p. 81, se trouvait chez M. Harris, 72, boulevard Haussmann, à Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Rapports présentés au Congrès de Physique réuni à Paris en 1900, sous les auspices de la Société française de physique, rassemblés et publiés par Ch. Guillaume et L. Poincaré, secrétaires généraux du Congres. 3 vol. grand in-8°. Paris, I960. Librairie Gauthier-Villars. Prix : 50 fr.
- Marquer l’étape actuelle de la Physique, indiquer les faits définitivement acquis, les théories voisines de la perfection, montrer aussi les chapitres de cette science qui sont en pleine voie d’évolution, tel est le programme hardi dont la commission d’organisation du congrès de physique a confié l’exécution à ses deux secrétaires, devenus tout naturellement les secrétaires généraux du congrès, programme très vaste, dont la réalisation nécessitait une collaboration large et d’une haute compétence. Celte coopération n’a pas fait défaut, car les quatre-vingts rapports qui constituent ces volumes sont signés des noms les plus illustres ou des plus notoires de la physique contemporaine. Chacun de ces rapports est la monographie d’un groupe de phénomènes intéressants, ou d'une théorie destinée à jouer au début du siècle qui va s’ouvrir, ou pendant une durée plus étendue, un rôle important dans le développement rationnel de la Physique. Et non seulement tous ces travaux, où perce cependant bien nettement la personnalité des auteurs, sont taillés sur un patron qui leur donne, comme étendue ou comme conception, une coi-taine uniformité, mais encore ils se complètent mutuellement, les questions les plus importantes étant prises, dans des rapports voisins, sous toutes leurs faces. La parfaite ordonnance de la publication, les nombreuses notes renvoyant d'un travail à un autre, et faisant naître ainsi les rapprochements les plus imprévus, montrent combien, dans ce beau congrès de physique, le hasard a été guidé par les soins assidus de ses organisateurs.
- Il n’est pas un professeur de physique, pas un amateur éclaité qui ne voudra lire et relire la plupart de ces travaux, expression complète de l’état de la science à la fin du dix-neuvième siècle.
- La beauté de l’impression, la coordination des volumes et l’extrême rapidité avec laquelle ils ont vu le jour fait le plus grand honneur à ceux qui ont dirigé ou exécuté celte belle publication.
- Sur la nature et le traitement de la pelade, par le Dr Jacquot, médecin des hôpitaux. Librairie Masson et G1*.
- Le préhistorique. Origine et antiquité de l’homme, par Gabriel et Adrien de Mortillet. 3e édit. 1 vol. in-16. Schleicher frères, Paris, 1900. Prix : 8 fr.
- La philosophie de la longévité, par Jean Flnot. 1 vol. in-8". Paris. Schleicher frères, éditeurs. 1900.
- Un siècle. Mouvement du monde de 1800 h 1900. 1 vol. grand in-8°. Boudin, éditeur, Paris, 1900. Prix : broché, 7 fr. 50.
- Travail des métaux dérivés du fer, par L. Gages, capitaine d’artillerie. 1 vol. petit in-8° de l’Encylopédie scientifique des aide-mémoire. Librairie Gauthier-Villars. Paris, 1900. Prix : 3 francs.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES,
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Soudure du verre au métal. — C’est là une opération que l’on a souvent à faire pour les appareils de laboratoire, et qui réussit du reste tout aussi bien quand il s’agit de souder de la porcelaine. Elle consiste essentiellement à découvrir la surface du verre d’un véritable revêtement métallique, sur lequel on peut ensuite opérer une soudure métallique. Si, par exemple, il s’agit d’un tube de verre, on le chauffe légèrement, dans la partie à souder, et on l’enduit au pinceau de chlorure de platine bien neutre mélangé d’huile essentielle de camomille ; on fait évaporer lentement cette essence, et quand les vapeurs blanches ont cessé de se produire, on élève la température au rouge sombre : le platine se% réduit et forme un enduit métallique brillant. On place le tube dans un bain de sulfate de cuivre, on le réunit au pôle négatif d’une pile, et on obtient rapidement un dépôt de cuivre sur le revêtement de platine.
- Dès lors le tube de verre peut être traité comme un véritable tube métallique, et soudé, au moyen de l’étain, au fer, au cuivre, au platine, et généralement à tous les métaux qui se soudent à l’étain.
- Pour rendre la blancheur à l'ivoire. — On peut se contenter d’exposer l’ivoire pendant trois ou quatre jours à l’action du soleil en le maintenant dans un bain d’essence de térébenthine, mais il vaut mieux le traiter alternativement avec une solution de permanganate de potasse (à 1 pour 250) et une solution d’acide oxalique (à 1 pour 100); on le laisse dans chacune de ces solutions durant une demi-heure, puis on le rince bien à l’eau et on répète le traitement un certain nombre de fois, autant que cela est nécessaire. Enfin on peut encore placer l’ivoire jauni dans une mixture chaude de chaux non dissoute, de son et d’eau : on l’en retire au bout de peu de temps, et on le place dans de la sciure de bois bien sèche. On le frotte enfin avec cette sciure de bois et on l’expose à l’air.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49’,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOHÊTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9. ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 7 janvier . . . —10»,5 N. N. E. 2. Beau. 0,0 Beau le matin ; couv. le soir; halo; petite neige de 18 à 20 li.
- Mardi 8 -SM S. E. 1. Couvert. 1,4 Couv. ; petite neige jusqu’à 8 h.
- Mercredi 9 4M S. S. E. 2. Couvert. 0,0 Très nuag. jusqu’à 15 h. ; beau ensuite ; halo.
- Jeudi 10 — 0%9 N. 0. Beau. 0,0 Beau jusqu'à 15 b. ; nuageux ensuite ; brumeux.
- Vendredi 11 ... . -l’,0 S. S. E. 2. Nuageux. 0,0 Nuag. le matin; couv. le soir; petit brouill. à 9 h.; brum. ensuite ; petite pluie entre 22 et 23 h.
- Samedi 12 1»,0 S. S. W. 2. Couvert. 0,4 Couv. ; brouillard toute la journée de 30 mètres, à 12 h.; gelée blanche.
- Dimanche 13 ... . E. S. E. 1. Couvert. 0,0 Couv. jusqu’à 16 h.; beau ensuite; brouill. le matin; très brumeux le soir.
- JANVIER 1901. — SEMAINE DU LUNDI 7 AU DIMANCHE 13 JANVIER.
- Lundi | Mardi ( Mercredi | Jeudi ) Vendredi ( Samedi I Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites au Parc Saint-Maur en décembre 1900
- par M. E. Renou.
- Moyenne barométrique à midi 760"",35. Minimum 740""*,25 le 31 à 9 heures et 10 heures du matin. Maximum 773““,77 le 16 à 9 heures du soir.
- Moyennes thermométriques : des minima 4°,11 ; des maxitna 8°,62; du mois 6°,37; vraie des 24 heure; 6°,11. Minimum — 0°,6 le 20. Maximum li°,6 le 5 vers 2 heures du soir. ; moyenne des minima sur le gazon 1°,01 .avec un minimum de — 5°,7 le 20. 11 y a eu 2 jours de petite gelée, les 18 et 20, et 10 jours de gelée blanche.
- Tension moyenne de la vapeur 6"",39; la moindre 4”“,0 le 2 à 4 heures et 6 heures du matin; la plus grande 11“»,0 le4 à 3 heures! :du soir.
- Humidité relative moyenne : 89,5; la moindre 55 le 2g àl heures du soir; la plus grande 100 en 14 jours. , , . '
- Pluie24mm,9 eu 71 h. 30 réparties en 18 jours; auciriie pluie notable, pas
- de neige, 5 jours de gouttes ou bruine, 10 jours de brouillard et un jour où la transparence atmosphérique a été de 2 à 3 km. Nébulosité moyenne 81 ; aucun jour de temps clair.
- A part deux jours où le vent a soufflé N.-E. à midi, les 29 autres n’ont eu que des vents S.-E. à S.-W. par l’W. ; parmi ceux-ci 25 ont soufflé du S. à l’W.. le vent fort d’entre S.-S.-W. et S.-W. a souillé les 28 et 30.
- Température moyenne de la Marne : le matin 6°,83 ; l’après-midi 6°,93; du mois 6°,88; elle a varié de 5°,72 le 20 à 8°,41 le 7. Généralement basse et claire, elle n’a monté un peu en se troublant que du 13 au 19.
- Relativement aux moyennes normales, le mois de décembre 1900 présente les résultats suivants : Raromètre plus haut de 1“”,60. Thermomètre plus haut de 5°,62. Tension de la vapeur plus grande de 1"“,32. Humidité relative à peu près égale. Pluie moindre de 21““,7. Nébulosité plus grande de 10.
- PHASES DE LA LUNE ; D. Q. le 12 à 8 h. 47 du soir.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —8— Les ouvriers des deux sexes occupés à extraire des entrailles de la terre les produits que la civilisation a rendus indispensables aux hommes : charbon, pétrole, pierres et métaux précieux, sont au nombre de 4 555 204, soit à peu près la population de Londres. Voici comment se répartissent les principaux pays, selon les contingents de travailleurs qu’ils fournissent aux mines : Rovaume-Uni, 875003; Allemagne, 408509; Etats-Unis, 444 578; Iniîes. 310 888; Ceylan, 310 210; France, 202 711; Russie, 259 455; Autriche-Hongrie, 219 227; Belgique, 100 1 50; Japon, 118 517; République africaine, 100000. L’année dernière, la production minière la plus élevée a été celle des Etats-Unis, qui a atteint 5580 millions de francs; le Royaume-Uni a produit pour 1925 millions; l’Allemagne pour 750 millions; la France pour 050 millions; le Transvaal pour 425 millions; la Belgique pour 390 millions; l'Autriche pour 275 millions, et le Canada, dont les gisements sont encore bien peu exploités, pour 250 millions de francs.
- —8— L’éclairage et la production de la force motrice avec l'alcool se développent singulièrement vite en Allemagne. La manufacture de moteurs d’Oberursel a construit, depuis six mois, une soixantaine de moteurs et locomobiles à alcool. L’application de l'alcool au service des locomotives commence aussi à faire des progrès, car prochainement la maison fournira la première locomotive à alcool pour une ligne à voie étroite en Silésie. Outre l’usine déjà citée, la construction des machines à alcool prend de même certaine extension dans les manufactures de Marienfelde, de Deutz et Gebe lvorting à Kortingesdorf, près de Hanovre.
- —8— Un ballon parti de Berlin a fait dernièrement la traversée de la Baltique en passant au-dessus de Stralsund. Départ 10 heures du matin ; descente, 5 heures sur la côte Suédoise aux environs de Trellebourg. Ce ballon était dirigé par le. lieutenant Hildebrandt, qui est venu à Paris pour le congrès aéronautique et a exécuté en France une descente mouvementée près de Dijon, à l’occasion de la pluie d'étoiles filantes de novembre 1899. M. Berson, qui accompagnait M. Hildebrandt, a constaté l’existence de trois courants aériens superposés; le courant inférieur menait en Danemark, le courant intermédiaire dans lequel le ballon est resté immergé allait en Suède et le courant supérieur se dirigeait vers la Russie boréale. M. Berson a déclaré que la température était fort douce pour la saison : « 40° au-dessous de zéro ! »
- —8— On annonce qu’à Beaumont (Pensylvanie) on vient de découvrir accidentellement le plus riche dépôt de pétrole du monde entier. Le puits a un débit quotidien de 20 000 barriques. Cette découverte était si inattendue, que rien n’était préparé pour recueillir l’huile minérale, et que, déjà, plus de 100 000 barriques se sont écoulées dans les plaines environnantes. Une foule considérable, attirée par cette riche trouvaille, a envahi le district. C’est à qui achètera une parcelle de terrain autour du puits.
- —8— Si l’on sait heureusement les modifier, et tirer parti de la llexibilité que leur donne la commande électrique, les ponts-roulants peuvent rendre les services les plus variés : ils sont notamment précieux pour les manutentions où, sans eux, les ouvriers se trouvent exposés à des températures pénibles. MM. Wellmann et Seaver viennent d'imaginer de les appliquer au transport des creusets de verrerie : sous le pont qui se déplace à la façon ordinaire, est une
- finissante pince équilibrée qui peut s’élever ou s’abaisser, et dont es bras s’ouvrent ou se ferment également à la commande d’un ouvrier monté dans une sorte de petite tribune disposée du côté du contrepoids de la pince. Le système peut du reste tourner dans «n plan horizontal, et on a également le moyen de faire basculer le creuset tandis qu’il est en prise dans les griffes de la pince.
- —8— On vient de construire sur la Vienne, à Chatellerault, un pont en béton de ciment armé, qui offre des dimensions tout à fait exceptionnelles pour ce procédé (jg construction : l’ouvrage comporte trois travées, dont une centrale de 50 mètres d’ouverture avec 4m,80 de flèche, et deux latérales de 40 mètres seulement et, de 4 mètres de flèche. Fondations, piles, culées, voûtes et tablier, tout est en béton de ciment armé du système Hennebique. L’aspect général de l’ouvrage est celui d’un pont en fonte; les voûtes sont constituées par 4 nervures reliées par un hourdis, armées de tiges d’acier placées en haut et en bas de chaque nervure et reliées entre elles par des étriers plats en acier. La dépense n’est ressortie qu’à 191 francs par mètre superficiel de tablier.
- —8— Il existe aux Etats-Unis, sous le nom assez bizarre de Bulldozer, des presses horizontales, fabriquées par la maison Williams Wliite, de Moline, et qui, grâce à la pression-qu’elles exercent sur une enclume et sur une matrice plus ou moins compliquée et parfois en gradins, permettent de forger, de plier, d’étamper le métal chauffé convenablement, et d’obtenir des pièces de formes très variées, sans qu’il soit besoin d’effectuer aucun réchauffage. Les pièces agissantes de l’appareil, ce qu’on appelle un peu inexactement marteau dans leo diverses presses (à l’instar de la désignation adoptée pour les pilons), sont commandées par deux grosses bielles latérales, actionnées elles-mêmes par les manivelles de deux pignons qui tournent sous l’action d’un cylindre à vapeur ou à air comprimé. La pression du marteau est produite au moment où les manivelles passent au point mort, dans leur position la plus rapprochée de l’enclume. Par des modifications de la forme des matrices, on arrive à fabriquer rapidement des pièces très compliquées, d’autant que le poinçonnage et le cèsaillement peuvent se combiner avec l’étampage.
- —8— 0» a mis en exploitation au Japon un petit chemin de fer électrique de 13 kilomètres; à la vérité, la circulation ne s’y fait pas à une allure très rapide, puisque le trajet total ne demande pas moins de 50 minutes, mais il faut dire qu’on est presque en montagne. Il a été construit pour relier la station de Kodzu. à Tokio, avec la ville d’eau de Yumoto, qui est à une altitude de 150 mètres. Le courant est distribué par fil aérien, il est fourni par une station hydraulique qui se trouve sur la rivière dont le chemin de fer remonte la vallée. Les voitures sont longues et portées par des bogies à quatre roues. Il est probable que bientôt on prolongera cette ligne jusqu’à une altitude de plus de 430 mètres.
- — 8— La Mac Kiernan Drill O, de New-York, vient de construire, pour comprimer du gaz acide carbonique à une pression de 84 kilogrammes par centimètre carré, un compresseur à 3 degrés et de 150 chevaux, qui semble intéressant. Il est horizontal et présente cette particularité curieuse et avantageuse que les fuites des cylindres à liante et à moyenne pression sont amenées à l’admission du cylindre à basse pression. Les cylindres, leurs couvercles, ainsi que le premier et le second réfrigérants intermédiaires, sont munis d’enveloppes d'eau, et des dispositifs permettent l’enlèvement de tous les dépôts qui s’y pourraient former.
- —8_ Notre collaborateur, M. A.-L. Clément, vice-président de la Société centrale d’apiculture et de zoologie agicole, ouvre son cours d’entomologie agricole le mardi 29 janvier, à 9 heures du matin dans le jardin du Luxembourg, au pavillon de la Pépinière.
- —8— U paraît que le mont Saint-Elias, aux Etats-Unis, qui est remarquable pour sa hauteur et les particularités scientifiques qui y ont souvent attiré les savants, vient d’être bouleversé presque de fond en comble par un violent tremblement de terre. Une masse de glace couvrant une superficie de plus d’un hectare s’est détachée du sommet et a roulé sur les pentes en détruisant tout sur son passage.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre que dans la Boîte-aux-Lettres et après réception de la bande du Journal.
- Erratum. — Dans l’article « L’hiver de 1800-1801 » paru dans le n° 1442, du 12 janvier 1901, p. 106, colonne 2, 5e ligne, au lieu de : entre les deux extrêmes 5° et 9°, il faut lire : entre les deux extrêmes — 5° et 9° ; p. 106, colonne 2, 19e ligne, au lieu de : entre les 2 extrêmes 8° et 11°, il faut lire : entre les 2 extrêmes — 8° et 11°.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour les navires insubmersibles, s’adresser à MM. Manchin et Boudreaux, 8, rue Hautefeuille, Paris. — Pour le terrassier à vapeur, représentants à Paris : MM. Perrier et Ilafl't, 102 et 104, avenue Philippe-Auguste.
- Communications. — M. Georges Pou, à Yerneuil, nous adresse la lettre suivante : « Votre journal a souvent rapporté des traits d’intelligence de la part d’animaux domestiques. Permettez-moi de vous raconter le suivant : Mon père possédait l’année dernière un petit chien genre ratier qui ne le quittait guère dans ses allées et venues, et était pour lui un lidèle compagnon. Quelquefois, mon père le laissait à la maison quand il avait à faire quelques courses ou visites, et Fox, très mécontent, se rendait à sa niche l’oreille basse, et ne manquait pas, une fois mon père parti, de profiter de l’ouverture fortuite de la porte pour se précipiter sur ses'traces : il ne tardait pas, d’ailleurs, à retrouver son maître en ville, courant de place en place chez les diverses personnes que mon père a l’habitude de fréquenter. I n jour, mon père sort et dit à Fox de rester. « Je vais chez M. X... », ajouta-t-il, en s’adressant à une personne présente. Je dois dire que ce M. X... est assez étranger aux relations habituelles de mon père. Un instant après, Fox, fidèle à son habitude de désobéissance, s’échappait ae la maison. En route mon père se trouva retardé, et n’arriva chez M. X... qu’une bonne heure après son départ de la maison. Quelle ne fut pas sa surprise en y trouvant Fox qui se précipita tout joyeux à sa rencontre. « 11 y a une demi-heure que « votre chien est ici, lui dit M. X..., et il m’a été impossible de « le renvoyer. Il cherche dans tous les coins et, certainement, il « vous attendait. » Il n’est, en effet, pas permis de douter que Fox ayant entendu les paroles de son maître, n’en ait profité pour le retrouver plus sûrement ».
- M. Rarnieni Fini, à Rome, nous informe que du 2 au 19 février prochain aura lieu, à Rome, une Exposition internationale grélifuge organisée par le « Circolo enofilo italiano », avec le concours du Ministère d’agriculture d’Italie. Le programme de cette Exposition est le suivant : Classe lre : Appareils de tir contre la grêle. — Classe 2e : Matières explosibles et accessoires. — Classe 5e : Systèmes et appareils paragréles autres que les appareils de tir. — Classe 4e : Stations de tir. — Classe 5e : Instruments pour déterminer la puissance et l’action véritables des canons. — Classe 6e : Instruments de météorologie pour la prévision des orages. — Classe Ie : Syndicats de défense contre la grêle (statuts et rapports sur leur fonctionnement). — Classe 88 : Littérature sur la grêle et sur les moyens pour la défense : 1° Publications scientifiques; 2° Manuels pratiques pour les tirs grélifuges; 5° Journaux.
- M. le directeur de la Société des produits photographiques, à Asnières, à la suite de la lettre de M. G. Baillot, que nous avons insérée dans les Communications du n° 1445, nous a envoyé des échantillons de papier vitesse 0-12. 11 y a joint quelques spécimens d’épreuves qui montrent que l’on peut obtenir toutes les teintes avec ce papier. Les teintes diverses obtenues sur la même feuille montrent bien que c’est le même papier qui donne tel ou tel ton, suivant le temps d’impression et le mode de développement.
- Renseignements. — M. Ch. Lefèvre, à Paris. — Nous ne connaissons pas l’adresse de ce fabricant.
- M. E. Fallourd, à Niort. — Adressez-vous à la Société chimique dont le secrétaire général est M. Béhal, 111, boulevard de Port-Royal, à Paris.
- M. Marien, à Paris. — Le bain de vapeur est préférable; de même l’atmosphère chargée de vapeurs de soufre agira avec plus d’activité sur un corps qu’une masse de soufre fondu et coulé sur ce corps.
- M. E. André, à Lyon. — 1° Nous ne croyons pas que cette gutta existe dans le commerce. — 2° Il n’y a pas de procédé.
- M. Mancini, à Montegranaro. — Pour tout ce qui concerne le fibroléum, dont il a été question dans le n° 1410 du 2 juin 1900, p. 10, il faut s’adresser à la Société d’encouragement, 44, rue de Rennes, à Paris.
- M. A. Nippa, à X. — Remerciements pour votre intéressante communication ; mais nous ne parlons jamais que des travaux réalisés et non en projet.
- M. A. Baldet, au Puy. — Appareils de précision pour la météorologie : M. J. Richard, 8, rue Mélingue, à Paris.
- M. P. B., à Coulommiers. — Nous n’avons pas d’adresse spéciale à vous indiquer.
- M. E. Audoin, à Cartalègue-de-Blaye. — 1° Adressez-vous au Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris. — 2° Il n’existe pas d’enduit.
- 37. Ch. Rivière, à Lille-Fives. — Dans l’électrolvse de l’eau, 1 ampère-heure ou 1 coulomb libère 57,50 milligrammes d’hydrogène et 298,44 milligrammes d’oxygène, soit 0°C et à la pression d’une colonne de 76 centimètres de mercure, 0,1158 centimètre cube d’hydrogène et 0,0579 centimèfre cube d’oxygène.
- M. J. Le Grand, à Paris. — Vous trouveriez certainement des détails en recherchant la Note de l’Académie des sciences ou en consultant les Journaux de l’époque.
- M. Luzy, à Gueugnon. — Nous avons donné plusieurs formules de colle pour porcelaine dans les petits livres des Recettes et Procédés utiles, lre et 5e série, à la librairie Masson et Cie.
- M. P. T., à Caen. — Ce sujet est en dehors des questions que nous traitons dans le Journal; remerciements.
- M. E. Daguin, à Bayonne. — Les lampes à acétylène de M. Gossart se trouvent à la maison E. Beyssac et Cie, 152, rue Saint-Sernin, à Bordeaux.
- M. V. B., à Constantinople. — Pour l’éclairage intensif au pétrole système Kitson, s’adresser à la Kitson Light C°, 56, avenue de l’Opéra, à Paris.
- M. Boudier, à. Paris. — Vous pourriez vous adresser à la Société d’Encouragement, 44, rue de Rennes, à Paris.
- M. E. C., à Nancy. — Nous n’avons pas encore de renseignements sur cette nouvelle découverte.
- M. L. M. Richardet, à Chaux-de-Fonds. — Le pistolet-bijou est en vente chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- M. E. Le Blanc, à Périgueux. — Nous avons publié à de ’ nombreuses reprises des descriptions de canots à vapeur et démontables ; il faudrait faire des recherches dans les tables des matières.
- M. E. Monjauze, à Paris. — A notre grand regret, nous ne pouvons vous renseigner; il n’y a pas de représentant à Paris.
- M. H. Gahierre, à Moscou. — Voyez dans la collection des Manuels Roret, à la librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. U. Callebant, à Termonde. — Les adresses que vous demandez ont été données en tète de la Boite aux lettres, du n° 1442, du 12 janvier 1901.
- M. V. Dumas, à Larba. — Nous ne connaissons pas de procédé pratique pour faire adhérer la soudure d’étain sur la fonte.
- M. Lcprince, à Saint-Mandé. — 1° Cette pile, comme toutes les autres, n’a donné que de faibles résultats. — 2° X'ous ne la trouverez pas dans le commerce.
- M. J. A. P., à Arcachon. — 11 faut consulter des traités de machines à vapeur; nous ne pouvons vous donner ici tous les détails que vous demandez.
- M. H. Hollman, à Paris. — Voyez l’article que nous avons ublié sur la régénération de l’air vicié dans le n° 1424 du septembre 1900, p. 225.
- Questions. — 1Y° 1249. — Un de nos lecteurs, à Nice, nous demande un procédé simple et à la portée de tout le monde pour le nettoyage parfait des glaces d’appartement sans risque cie rayures.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- LES JOUETS DU JOUR DE L’AN A PARIS. — Dessins par Pradier.
- Tous les ans, l’industrie parisienne des petits jouets expose au 1er janvier les résultats de ses efï'orts; elle n’a cessé de se mettre à la recherche des jouets nouveaux, intéressants et à bon marché. Ces jouets, nous l’avons déjà dit souvent, présentent toujours quelque curiosité nouvelle, et tout Parisien, habitué depuis longtemps à ces exhibitions des baraques, ne peut s’empêcher cependant d’aller avec empressement examiner le nouveau jouet de l’année.
- Les principaux jouets qui ont en 1900 envahi les trottoirs de la capitale sont représentés dans la figure ci-jointe. Dans
- le n° 1, nous voyons un petit chien qui saute à la corde. Il est monté sur une chaise, tient la corde dans ses pattes de devant, l’n feuillage cache derrière lui un petit mouvement d’horlogerie à ressort qui transmet par engrenage le mouvement à un arbre horizontal. En 2, apparaît une poule qui picote à terre, et d’un mouvement si naturel qu’on dirait vraiment qu’il s’agit d’une poule en chair et en os; l’illusion est d’autant plus complète que l’automate pousse le petit cri caractéristique que l’on connaît bien. Tous ces mouvements sont encore obtenus par des mécanismes rudimentaires, un mouvement d’hor-
- 1. Le chien qi i saute à la ccrt'e. — 2. La j oule qu jucole — 3. Lehoxer. — 4. Le supplice de la couverture. — 5. L’éléphant savant.
- logerie qui actionne des leviers donnant les mouvements de balancement et agissant sur un petit soufflet pour produire le cri. Voici un des fameux boxers qui ont causé tant d’événements en Chine. 11 est à Paris pour les fêtes du jour de l’an, et se promène un sabre à une main et une Jance à l’autre ; il marche et agite ses bras, résolu à tout saccager.
- Les supplices ont été souvent appliqués en Chine, cette année. Le passage à la Couverte (n° 4) nous donne une idée d’un de ces supplices. Chacun des quatre coins d’une couverture est entre les mains de quatre Chinois ; sur la couverture est un supplicié. A un signal donné, les quatre Chinois se rejettent en arrière en tirant vivement la couverture et le bonhomme est lancé en l’air. Il retombe sur la couverture, il est relancé et ainsi de suite. Ces mouvements sont obtenus par une combinaison très ingénieuse de leviers et de tiges décou-
- pées mises en jeu par un mécanisme d’horlogerie. Le ressort qui sert à la couverture peut être tendu plus ou moins suivant qu’on veut faire sauter la victime plus ou moins haut.
- La figure 5 nous montre un éléphant savant ; il joue de l’orgue, déchiffre différents airs de musique sous l’oeil vigilant de son cornac qui lui fait des signaux à l’aide d’une clochette. C’est là un charmant petit jouet, où la partie mécanique toute simple est bien comprise. Un ressort bandé à l’aide d’une clef donne le mouvement à un arbre vertical. Celui-ci en tournant déplace un contact qui vient agir sur des lamelles de cuivre de façon à obtenir un son ; il actionne de plus l’arbre qui commande l’orgue de barbarie.
- En vérité, tous ces objets sont des petites merveilles d’ingéniosité, où sont appliqués heureusement et justement les principes de mécanique élémentaire. A. D.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Substance à polir pour métaux.— La recette en est donnée par une publication spéciale allemande, qui s’occupe de toutes les questions intéressant les opticiens et fabricants de petite mécanique. Elle consiste à faire chauffer 8 à 9 parties de stéarine, auxquelles on ajoute 52 à 58 parties de graisse de mouton, puis 2 à 2 1/2 parties de colophane et la même quantité environ d’huile de stéarine. Lorsque la chaleur a rendu le tout liquide, on additionne de 48 à GO parties de chaux finement pulvérisée, et on laisse refroidir tout en brassant. On peut conserver cette substance à polir, mais en la tenant bien à l’abri de l’air extérieur.
- Bâtons de menthol. — On sait l’usage que l’on fait du menthol, et notamment sous la forme de bâtons, que l’on décore du nom de crayons, antimigraine ou autres. Voici une formule
- qui nous est donnée par le Praktischèr Wegweisser pour la fabrication de ces bâtons par moulage. On fait fondre deux parties de beurre de cacao, puis quatre parties de spermaeetï, on ajoute ensuite une partie de menthol cristallisé et une de chloral hydraté. La mixture mise en fusion est versée dans des moules de forme convenable.
- Gelée au quinquina. — Parmi les diverses façons que l’on a imaginées pour faire absorber le quinquina, le journal spécial américain National Druqqist recommande une gelée de quinquina parfumée dont il donne la formule comme suit. On prend 6 parties de caféine, puis 25 d’extrait de quinquina, on ajoute 4 d’acide citrique, 1 de teinture de vanille, 4 de teinture de peau de citron, 80 de rhum, 500 de sirop, enfin 20 de gélatine, 80 de glycérine et 180 d’eau. Il est évident que ce mélange ne peut pas être désagréable an goût et qu’il contient une série de substances fortifiantes.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9. ÉTAT DU CIEL
- Lundi 14 janvier . . — 3\t E. 2. Beau.
- Mardi 15 — 5*,0 E. 2. Beau.
- Mercredi 16 ... . 0%0 S. E. 2. Nuageux.
- Jeudi 17 3”,O S. E. 2. Très nuageux.
- Vendredi 18 ... . 1%2 S. 1. Couvert.
- Samedi 19 5°,1 S. E. 2. Couvert.
- Dimanche 20 ... . 6°.9 W. 3. Couvert.
- PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- 0,0 Beau.
- 0,0 Beau.
- 0,0 Beau jusqu’à 5 b.; puis très nuag.; couv. après; halo; pluie de 11 à 18 b.
- 1,0 Couvert jusqu a 5 h.; puis très nuag.; peu nuag. de 8 à 12 b. ; beau ensuite ; gelée bl. ; halo.
- 0,0 Beau à 1 b. ; couvert ensuite; pluie de 12 à 16 h. ; petit brouillard.
- 0,7 Couv. ; petite pluie de 14 b. 50 à 21 h.
- 1,4 Peu nuageux de 8,à 20 b. ; couv. avant et après ; gouttes
- à 22 et à 24 h.
- JANVIER 1901. - SEMAINE DE LUNDI 14 AU DIMANCHE 20 JANVIER.
- La courbe supérieure Indique lu nébulosité de 0 à 10: les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- li» température. — La température s’est maintenue au froid pendant les premiers jours de la semaine du 14 au 20 janvier. A Paris, le 14 janvier, le thermomètre marquait — 5° le matin à 7 heures ; pour la journée, le maximum était de 1°, et le minimum —4°,2. Le baromètre restait stationnaire à 775 mm.
- Le 15 janvier, temps froid et beau à Paris; maximum 4°,2, minimum — 5°,5. Dans l'ouest de la France, on a signalé des temps froids avec pluie et neige. Le 16, changement de temps. Les faibles pressions du large ont envahi l'ouest de l’Europe et ont amené des pluies et un rapide adoucissement de la température. La baisse barométrique a été générale ; elle a atteint 10 mm en Bretagne et en Irlande. La pression est restée élevée sur l'Europe centrale.
- Le vent était assez fort du Sud sur nos eôtes de la Manche et de l'Océan; il était faible de l’est eu Provence.
- Des pluies sont tombées en Irlande et dans nos régions de l’Ouest ; on a recueilli 6 mm d'eau à Lorient, 3 à Biarritz, 1 à Cherbourg.
- La température s’est fortement relevée en France; elle a été dans la matinée de—12° à Vienne,!)0 à Paris, 11° à Brest, 12° à Biarritz,—2° au mont Aigoual, —5° au mont Ventoux, —9° au mont Mounier.
- A Paris, petite pluie.
- Le 17 janvier, le baromètre s’est relevé dans le nord de la France et en Irlande, tandis qu’il baissait partout ailleurs. La pression est restée eievée sur l’Europe centrale. Ou a signalé des pluies en Irlande et sur l’ouest de la France ; on a recueilli 4 mm d’eau au Mans, 1 à Paris, Biarritz. La température a baissé dans le centre et le nord-est du continent; elle était dans la matinée de — 13° à Vienne, -+- 3° à Paris, 12’ à Alger. On notait — 3° au puy de Dôme, — 7° au mont Ventoux, et au pic du,Midi. Le 18 et le 19, tempête sur la Manche ; pluie persistante à Paris. Elévation de la température dans l'ouest de l’Europe. Pluie avec baromètre à 772.
- PHASES DE LA LUNE ; N. L. le 2) à 2 h. 43 du soir.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —g— Le Salon annuel de l’Automobile et du Cycle, installé au grand palais des Champs-Elysées, a ouvert ses portes le 25 janvier, au milieu d'une énorme affluence d’amateurs. Il a eu les honneurs d’une visite de M. le Président de la République.
- —g— I/Institut psychologique récemment fondé pour l’étude impartiale des phénomènes psychiques, y compris l’occultisme, et composé de savants éminents, a entrepris de donner une série de conférences. La première a eu lieu le mercredi 30 janvier. Conférencier: M. Duclaux, de l’Académie des sciences. Titre de la conférence : Opinions d'un profane. Grand succès pour le directeur de l’Institut Pasteur.
- —g— Nous avons la satisfaction de relever parmi les décorés du Ministère des Travaux publics le nom de notre savant collaborateur. M. L. de Launay, ingénieur des Mines et professeur à l’Ecole supérieure des Mines. M. de Launay est nommé Chevalier de la Légion d’honneur. II méritait depuis longtemps cette distinction. On lui doit des travaux considérables, des ouvrages importants. Il a, en réalité, fondé toute une branche de l’enseignement technique « la Géologie praticrue », restée un peu rudimentaire jusqu’à ses recherches innombrables dans les divers pays du globe., Ses études sur les filons sont des modèles à citer. Sa nomination sera bien accueillie partout et notamment parmi ses nombreux élèves en France aussi bien qu’à l’étranger.
- —g— Les dernières découvertes faites dans la démolition de l’église de Sainte-Marie-Libératrice, au Forum romain, ont mis d’accord les archéologues sur un point controversé. L’itinéraire d’Einsiedeln, qui est du huitième siècle, et le Liber pontificalis, ce dernier à propos du pape Jean VII (705-707), font l’un et l’autre mention d'une église au Forum, la seule dédiée à la mère de Dieu et dénommée Santa Maria antigua. L’église ainsi désignée était-elle Sainte-Françoise-Romaine ou Sainte-Marie-Libératrice, l’une et l’autre sur le Forum? Les fouilles ont donné raison à ceux qui étaient d’opinion que Santa Maria antigua ne pouvait être que l’ancienne église de Sainte-Marie-Libératrice.
- —g— Les nouvelles sous-commissions nommées par la Commission permanente internationale d’aéronautique dans sa séance du 17 janvier, à l'Institut, commencent à s’occuper des vœux suivants du Congrès de 1901). Intéresser les gouvernements à la publication des documents et travaux aéronautiques à la réalisation de parcs ou laboratoires aéronautiques privés et à l’instruction méthodique des aéronautes civils. Publication d’un Aide-mémoire ou Formulaire de l’aéronaute. Rédaction d’une instruction sur la technique des cerfs-volants. Mesures à prendre pour provoquer l'exécution périodique d’ascensions internationales simultanées de ballons-sondes. A ce propos la Commission a insisté pour que les Sociétés privées participassent à ces travaux et expériences. Etude des moyens propres à assurer la sécurité des aéronautes dans les ascensions à grande hauteur.
- —g— On signale un cyclone violent qui a passé les 12 et 15 janvier sur les îles Mascareignes à l’ouest de Maurice. Le paquebot postal l’Iraouady s’est échoué ; le vapeur anglais Kaisary a été jeté sur les roches. Plusieurs personnes ont péri. A la Réunion, les poteaux télégraphiques ont été renversés.
- —g)— M. le professeur Nernst, dont le nom est aujourd’hui célèbre pour la lampe si ingénieuse qu’il a imaginée, a combiné, spécialement pour ses recherches, et a fait connaître à la Société allemande d’électro-chimie, un four électrique portatif qui lui permet d’obtenir aisément des températures constantes de 1450°. Il comprend essentiellement un tuyau en matière réfractaire sur lequel est disposé un enroulement de fil de platine iridié. Le
- tuyau repose sur le fond de l’enveloppe extérieure du four, et ce fond est traversé par un thermo-élément susceptible de marquer les plus hautes températures. Entre l’enveloppe et le tuyau intérieur, on dispose des matières très isolantes qu’on recouvre d’une feuille d’amiante. On ferme le tuyau intérieur avec un couvercle muni d’un bouchon, le tout en matière très réfractaire.
- —g)— Dernièrement, des ascensionnistes, en descendant du sommet du pic Konahunui, dans les îles Sandwich, ont été attaqués par une colonie d’abeilles sauvages, précisément à un moment où les difficultés de la descente les mettaient dans l’impossibilité de se défendre ; et ils furent ainsi harcelés durant plus d’ün kilomètre et demi, jusqu’au point où la route devenant plus facile, ils purent alors prendre des mesures pour chasser l’essaim.
- —g)— On vient de commencer à employer, dans les houillères de Middleton (en Angleterre), des pinces fort ingénieuses pour la fixation des bennes de mines à un câble d’entraînement sans fin, pinces qui se mettent en prise aisément, ne lâchent pas le câble dans les courbes et ne l’usent point de façon exagérée. Elles se composent d’une boîte portant en haut le crochet de rattacliage à la benne et en bas une mâchoire fixe. Une mâchoire mobile qui peut être actionnée par un levier à ressort, s'abaisse verticalement, sous l’action d’un bras courbe solidaire de ce levier et presse le câble sur la mâchoire fixe. Dans cette position, le bras courbe a son extrémité repoussée en dehors de la verticale, et il én résulte un clavetage véritable qu’il faut un effort assez considérable pour supprimer.
- —g— D’après Scientific American, la production annuelle totale de caoutchouc serait de 57 500 tonnes, se réparlissant ainsi entre les pays consommateurs : Etats-Unis et Canada, 21 000'tonnes; Royaume-Uni, 21 000 et le surplus pour le reste de l’Europe. Àu point de vue de la production, c’est la région de l’Amazone qui donne'la plus forte contribution : 25000 tonnes; viennent ensuite l’Afrique orientale et l’Afrique occidentale, avec 24 000 tonnes, puis le reste de l’Amérique du Sud (en dehors du territoire de l’Amazone) pour 3500 tonnes.
- —g)— Il se produit en ce moment un mouvement curieux d’opinion en Russie au sujet de l’avenir du trafic que pourra prendre le chemin de fer transsibérien dans les relations commerciales entre l’Europe et l’Asie. Le journal bien connu Novosti, notamment, estime que la voie du chemin de fer ne sera certainement pas préférée à celle des vapeurs qui font la traversée en quarante-deux jours, c'est-à-dire dans le même temps que les trains du Transsibérien. Mais ce qui est plus important encore que la question de délai, c’est la question de prix du transport : en effet, d’après les évaluations de ce même journal, il en coûtera 2fr,55 environ pour transporter de Hambourg à Vladivostok un poids d'un poud russe (à peu près 16 kg.) et le fret de ce poids par voie d’eau ne sera que de lfr,80. Et encore estime-t-on que ce tarif par la voie de fer ne sera pas rémunérateur, alors que les entreprises de navigation gagnent suffisamment au tarif de fret que nous venons d’indiquer.
- —g— Le Japon tient plus que jamais à perfectionner son enseignement supérieur. Voici que le I)r Jokichi Takamine, de l’Université de Tokio, connu par ses recherches sur les ferments digestifs, vient de partir en mission étudier les grands établissements d’instruction des Etats-Unis; il est chargé tout à la fois de se rendre compte et des travaux scientifiques et des méthodes suivies.
- —g— L’influence des divers tramways et du Métropolitain sur la circulation dans Paris commence à se faire sentirt'En 1900, du 1er au 21 janvier, la Compagnie générale des omnibus avait fait 3055101 francs de recettes; en 1901, pour la même période de temps, elle n’a fait que 2 841912 francs, soit une différence en moins de 193189 francs.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre que dans la Boîte-aux-Lettres et après réception de la bande du Journal.
- Adresse relative aux appareils décrits. — Pour le nouveau procédé d’émaillage, s’adresser à M. Albert Dormov, directeur des foiges et fonderies de Sougland (Aisne). — Maisons démontables : Société française de constructions portatives et transformables, M; Cornély, directeur, 80, rue Taitbout, à Paris.
- Communications. — M. J. M. Bel, à Saint-Etienne, nous envoie le texte d’une conférence qu’il a faite à la séance de 1900 duDistrich de Paris de la Société de l’Jndustrie minérale. Cette conférence a pour titre : Prospections de mines et travaux de recherches en différents pays.
- M. le lieut.-colonel Delauney, notre collaborateur, nous envoie une Notice intéressante sur « le calendrier naturel ». « La réforme du calendrier, dit-il, est toujours en suspens. Cela tient, peut-être, à ce que les solutions proposées sont toutes plus ou moins artificielles, par suite du point de départ qui consiste à admettre que les années bissextiles doivent se succéder à des intervalles de quatre années.
- « Il nous a semblé que, dans de semblables recherches, on no devait partir d’aucune base conventionnelle et qu’on devait se borner à traduire de la façon la plus naturelle les chiffres qui expriment la durée de l'année tropique. C’est en nous conformant à un tel ordre d’idces que nous avons été amenés à proposer un calendrier nouveau auquel nous-croyons pouvoir donner le qualificatif de « naturel ».
- « La durée de l’année tropique est ds 505 jours 242 1996. Nous lui substituerons la valeur 365,2422 pour plus de simplicité. L’erreur ainsi commise est de 0,0000004, ce qui équivaut à 1 jour au bout de 500 000 années. Et nous laisserons aux descendants que nous pourrons avoir dans 5000 siècles, le soin de faire la rectification nécessaire.
- « La valeur de l’année tropique étant ainsi prise égale à 305,2422, nous écrirons ce nombre de la façon suivante :
- 2 4 2. -2
- ° ^ 10 ^ 100 ^ 1000 ^ 10 000
- ou, en réduisant les fractions :
- 565 +V + è + 5To +
- 1
- 5000'
- « C’est cette expression qui nous fournit naturellement la façon dont le calendrier devrait être composé.
- « Elle signifie que pour avoir un calendrier qui suive au plus près la durée de l’année tropique, il faut composer l’année vulgaire de 365 jours, en ayant soin d’ajouter un jour : 1° tous les cinq ans; 2° tous les vingt-cinq ans; 5° tous les cinq cents ans; 4° tous les cinq mille ans.
- « Comme il est avantageux dans la pratique de n’avoir que des années de 505 ou de 500 jours au plus, on pourrait cçm-biner les années bissextiles comme suit, de façon à observer les successions précédentes.
- « Seraient déclarées années bissextiles toutes celles dont le millésime satisfei ait à l’une des conditions ci après : 1° multiple de 5; 2° multiple de 25 plus 2; 5° multiple de 500 plus 5; 4° multiple de 5000 plus 4.
- « A l’avenir, les années bissextiles seraient, par suite, les suivantes :
- 1905, 1910, 1915, 1920, 1925, etc....
- 1902, 1927, 1952, 1977, 2002, etc....
- 2403, 2903, 3403, etc....
- 6904, 11 904, etc....
- « Tel serait le calendrier obtenu par la considération naturelle des chiffres de la valeur de l’année tropique ».
- M. G. Trouvé, à Paris, nous adresse l’intéressante Note
- suivante : « Je voudrais faire disparaître, une fois pour toutes, l’incertitude qui existe relativement à l’enlèvement de la cire sur les vêtements. Continuellement cette question est rappelée partout. Sans aucun doute, en prenant de minutieuses précautions et des soins, on peut arriver à enlever toute la cire, sans voir reparaître à la longue une sorte de tache poussiéreuse; mais c’est très rare avec le moyen ordinaire préconisé, qui consiste à appliquer un fer chauffé sur du papier buvard ou de soie recouvrant la tache de cire. Ce moyen n’est pas complet, car le succès dépend bien plutôt du hasard, voire de l’étoffe tachée, que du moyen lui-même. Au contraire, si l’on complète ce moyen par une petite imbibition préalable d’un liquide dense, comme l’eau, par exemple, le mojen réussit toujours sans que l’adresse intervienne en aucune façon, pas plus que le choix de l’étoffe. Le rôle de l’eau se conçoit bien ici : elle s’empare de tous les pores du tissu restés libres et sa densité intervient ensuite pour repousser la cire, vers le buvard, au fur et à mesure que celle-ci fond par la chaleur empruntée au fer préalablement chauffé. — L’opération plus ou moins bien conduite, il n’en reste jamais de traces. — Elle réussit toujours et sur toutes les étoilés. »
- Renseignements. — M. E. Ymer, à Paris. — Adressez-vous à la maison Ileller et Ci0, 18 bis, cité Trévise. à Paris; elle apporte ainsi à domicile des accumulateurs chargés.
- L’abonné 978, à Paris. — 1° Cette machine se trouve à la Elliott and Hatch typewriter Company, 87, Gracechurch Street à Londres E. C. Cette adresse avait déjà été donnée en tète de notre Boîte aux lettres, du n° 1401, du 31 mars 1900. — 2° Il n’existe pas de système pratique. — 3° Nous ne connaissons pas d’adresse spéciale. — 4° Adressez-vous à la librairie YTe Dunod, 49, quai des Grands-Augustins, à Paris. — 5° L’acide azotique se conserve facilement dans des flacons bouchés à J'émeri.
- M. Léon Plant, à Moscou. — Adressez-vous à la Kitsp» Light C°, 56, avenue de l’Opéra, à Paris.
- M. G. Rose, à Poissy. — Cette information a été empruntée à un Journal américain ; nous n’avons pas d’autres renseignements.
- M. Candido Aracena, à Azcoitia. — Il faut vous adresser à des agronomes spécialistes.
- M. X. F., à Bordeaux. — A’ous trouverez des ouvrages sur la télégraphie sans fil à la librairie Gauthier-Yillars, 5u, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. Roussel, à Tamatave. — Nous vous remercions pour votre proposition; mais nous ne désirons pas d’articles de ce genre.
- M. Edmond Peugeot, à Belchamp. — Pour vos questions sur les ouvrages concernant les papillons, nous avons consulté notre collaborateur, M. Clément, qui nous a répondu qu’en fait d’ouvrage complet sur les papillons de France, il ne connaissait que celui de Berce : Faune entomologique française : Lépidoptères, 6 volumes avec planches coloriées, édité par Deyrolle, rue du Bac, 46. Il vaut environ 00 francs. 11 en existe un résumé en 1 volume. Sur les lépidoptères d’Europe, il existe un ouvrage très réputé, quoique un peu ancien, de Godart et Duponchel. On le trouve d’occasion pour 500 à 600 francs. Les planches en sont fort bonnes et le coloris excellent à condition que l’on ait un exemplaire du premier tirage, car il en a été refait des coloriages qui sont inférieurs à celui de l’édition primitive. 11 existe aussi un ouvrage très ancien : Ernst et Engramelle qui était bien fait, mais il est rare. Pour les chenilles, ce n’est que dans Godart et Duponchel que l’on trouvera des figures. Boisduval aussi en a publié une iconographie.
- M. Ch. Démiautte, à Saint-Léger. — Transporteurs par câbles aériens: M. Pitot, 44, rue Lafayette ; M. Mourraiile, 80, rue Taitbout, à Paris; M. Bessonneau, à Angers.
- M. E. Bouillier, à Saint-Didier-la-Seauve. — Nous ne savons pas quelle pompe vous demandez : à air, à eau?
- M. L. Kien, à Vincey (Vosges). —La hauteur de pluie indiquée en millimètres, est la hauteur d’eau recueillie en un point donné et pour une durée de temps déterminée.
- M. F. Cuvillier, à Paris. — Nous ne connaissons pas d’ouvrages de ce genre.
- M. J. L., à Paris. — Nous ne pouvons analyser ici votre note qui renferme plusieurs erreurs.
- M. G. G. B. B., 'a B. — On utilise les laitiers des hauts fourneaux ; mais nous ne pouvons vous expliquer toutes les opérations faites avec les superphosphates.
- Voir la suite de la Boîte aux lettres page 3* des Nouvelles scientifiques.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucun: ft-, à repoudre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- BOITE AUX LETTRES {Suite)
- AJ. Tripier, à Paris. — Les recettes de l’Électricien indiquent que l’on fait un vernis à l’or pour cuivre ou laiton en prenant 1 litre d’alcool à 95° et 85 grammes de gomme laque en poudre. On agite, on expose au soleil ou dans l’étuve; on garde ce vernis en bouteille de grès. Pour l’appliquer sur une pièce de cuivre eu de laiton, en fait chauffer légèrement ces pièces et on les trempe à plusieurs reprises dans le vernis.
- AI. 'Felhnann, à lssoudun. — Journaux photographiques : La Photographie française, à la librairie Masson et G*; Photo-Revue, chez M. Mendel, 118, rue d’Àssas; Photo-Journal, A, rue Antoine; Photo-Gazette, chez Carré et Naud, 6, rue Racine, à Paris.
- AI. A. R. K., à Lyon. — 1° Il faut prendre un zfnc, un charbon, faire une solution de bichromate de potasse et une solution d’eau acidée ; 2° la résistance intérieure d’une pile dépend de la surface du zinc, du charbon et des liquides interposés.
- AI. M. Sabejal, à Zamora. — Le Traité de Physique de Ganot est édité par la maison Hachette. •
- AI. X. Y., à Roanne; AI. Thuillier-Lefrant, à Nogent; AI. Gaudry, à Neuilly ; AI. le DT Grognât, à Loivre; M. F. M., à Bordeaux; AI. F. Guidi, à Fribourg; Mme Dufour, à Épinal. — L’adresse du fabricant des maisons démontables est donnée en tête de la présente Boîte-aux-Lettres.
- AI. Stuza de Barros, à Paris. — 11 faudrait faire des essais pour connaître celte quantité.
- M. le Dr R., à Dijon. — Vous pourrez vous procurer plusieurs traités de pisciculture pratique, l’ouvrage de M. Bou-chon-Brandeley, de M. Koltz, à la librairie de la Maison Rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- AI. Gourdain, à Bruxelles. — L’adresse de cette société a été donnée en tête de la Boîte-aux-Lettres du n° 1442 du 12 janvier 1901.
- AI. J. de Gussac, à Beaune. — 11 faudrait demander ce renseignement à l’Association française pour l’avancement des Sciences, 28, rue Serpente, à Paris; vous pourriez vous adresser aussi au constructeur, M. Redier, 139, boulevard Sébastopol, et peut-être au Bureau central météorologique, 176, rue de l’Université, à Paris.
- AI. Brokà, à Brest. — Il en sera prochainement question.
- AI. le Dr Pouillot, à Brienon-sur-Armançon. — Nous avons eu déjà l’occasion d’observer des faits analogues; remerciements.
- Mme Arnoul, àSaint-Ouen-l’Aumone.— Le prix de la petite bibliothèque que nous avons décrite est de 12 fr.
- AI. Deroye, à Tunis.— 1° Nous ne connaissons pas de fabricants de tracteurs à pétrole. — 2° Moteurs à pétrole : MM. Japy, frères, 7, rue du Château-d’Eau, à Paris; M. Léon Lefebvre, 10, rue Emile-Allez; M. Mors, 48, rue du Théâtre, à Paris.
- M. P. Boudet, au Mans. — Ces appareils ont en effet l’inconvénient de dégager de grandes quantités d’oxyde de carbone pendant la combustion et ils altèrent l'air intérieur. Mais pour vous donner quelques chiffres, il faudrait faire faire des analyses par un chimiste.
- AI. de Rusconi Maggi, à Florence. — 1° Ces adresses ont été données précédemment en tète de la Boîte-aux-Lettres du n° 1442 du 12 janvier 1901 ; — 2° et 3° Vous pourriez vous adresser à la Librairie agricole de la Maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- AI. Louis Cassarin, à Lorgues. — Pour pouvoir vous répondre, il faudrait connaître exactement les quantités de gaz dégagés.
- AI. Fernand Alarmand, à Paris. — Le siège de la Société d’Encouragement est 44, rue de Rennes; c’est à cette société que le fibroléum a été présentée
- AI. L. X. D., à Amiens. — Nous ne connaissons pas tle librairie où vous trouveriez ces ouvrages.
- M. Redel, à Paris. — Nous ne pouvons insérer cet avis; il faut vous adresser à l’Office de publicité, 9, rue de Fleuras, à Paris.
- A/. G. Nabouleix, à Bordeaux. — Le laminoir à lames de transporteurs Caldwell a été décrit dans le numéro du 25 octobre de Y American Machin ist, 54, Norfolk Street, Strand, London.
- Accusés de réception. — Avis divers. — Al. J. Corbasson, à Evreux. Nous ne connaissons pas de moyen pratique. Tous nos regrets. — M. Dupont, à Brest. Adressez-vous au Comptoir de photographie, 57, rue Saint-Itoch, à Paris. — M. Jopart, à Bordeaux. Nous pensons que vos calculs sont faux; vous devez trouver une longueur plus grande. — M. G. D., à V. ; M. Levant, à Paris. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et C1*. — AI. P. G., h Lucerne. Consultez le même petit livre que ci-dessus, 5e série, à la même librairie. — A/. J. L., à Paris; AI. D. B., à Paris. Remerciements pour vos communications.
- PETITES INVENTIONS1
- Pied photographique « Le Callistos )). — Avec les appareils très portatifs qu’on a aujourd’hui, on fait généralement de l’instantané, mais il serait bien souvent préférable de faire un peu de pose : pour cela un pied est indispensable. Ce n’est pas qu’il en manque dans le commerce, mais en général ils sont, bien que repliés, encore trop encombrants. M. Charretier, qui a imaginé déjà un grand nombre de ces appareils, plus ou moins portatifs, vient de construire un modèle qui est le plus réduit qu’on puisse faire : il n’a que 28 centimètres quand il est replié (n° 1) et malgré cela quand il est déplojé (n° II), il a lm,48 de haut. Le constructeur a employé des tubes triangulaires, avec un côté arrondi, comme étant ceux qui présentent le plus de résistance à la flexion et en même temps permettent, une fois placés l’un contre l’autre, dans la position du pied replié, d’obtenir un tout de forme cylindrique. Ces tubes sont en acier, ce qui permet de leur donner une très faible épaisseur et d’obtenir autant de légèreté que si on employait de l'aluminium qui devrait être beaucoup
- plus épais pour obtenir une résistance égale. Les 6 tu! es qui composent une branche (n° IV) peuvent être très facilement enlevés complètement (n° III) ; il suffit de pousser sur le bouton d’arrêt pour sortir tout à fait l’un d’eux. Ceei a son importance dans le cas où par suite d’un choc l’un d’eux viendrait à se fausser; il suffit d’en demander un autre au fabricant qui peut l’envoyer par la poste, et on évite ainsi des frais de réparation, des ports et emballages. Chaque tube coûte 1 franc et se met en place sans effort. L’assemblage des trois branches du pied est fait avec le plus grand soin ; c’est presque toujours par là que pèchent les appareils de ce genre; dès qu’ils supportent une chambre, même légère, on s’aperçoit qu’il n’y a pas la moindre stabilité; ici les mortaises qui reçoivent l’extrémité de la branche formant charnière sont fortement entaillées ; en outre, par un dispositif spécial de construction, il suffit de serrer une seule vis pour leur donner un frottement et enlever le moindre jeu qui serait survenu par l’usage. Pour rentrer chaque branche, il suffit d’appuyer sur un seul bouton, les autres s’abaissent automatiquement. Le callistos est en somme un appareil très bien combiné et très bien construit, qui deviendra l’accessoire obligé de toute chambre à main. — « Le Callistos » se trouve dans toutes les maisons de vente d’appareils photographiques. G. M.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Les nœvi.
- Les taches de vin, les envies, comme on les appelle vulgairement, sont assez fréquentes : petites taches au début, cès nœvi ou tumeurs érectiles, ont parfois tendance à grandir et à
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES,
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- se développer si on n’y apporte remède. Quand elles sont étendues, larges, elles réclament un traitement chirurgical, ou si elles ne sont pas saillantes, pulsatiles, l’abstention. Je parle ici des nævd peu saillants, ne dépassant pas l’étendue aune pièce de 50 centimes. Quand ils siègent au bras, sur le corps, on peut essayer de pratiquer la vaccination sur ce point. La cicatrice de l’éruption vaccinale amène leur rétraction, leur atrophie et leur disparition. S’ils siègent à la face, on peut essayer un moyen plus simple conseillé par les dermatolo-gistes. Badigeonnez la surface de la petite plaque érectile avec du collodion élastique, le collodion forme un excellent agent de compression, sans être irritant pour la peau. S’il est bien supporté, on emploie, au bout de quelques jours, le collodion non élastique. Celui-ci diffère du premier en ce qu’il ne contient pas d’huile de ricin.
- Unna a perfectionné le traitement en se- servant d’un collodion contenant un gramme d’ichtyol pour dix. On badigeonne l’angiome deux fois par jour jusqu’à ce qu’on ait formé une croûte épaisse, brunâtre. A la chute de cette croûte, on recommence les badigeonnages, et chaque fois la tache érectile apparaît moins sombre et plus aplatie. On arrive peu à peu,
- dans bien des cas, à la suppression totale de la petite tumeur érectile. Br X.
- Contre la migrante.
- Que de moyens ont été conseillés contre cette horrible indisposition. Pas un médicament dit antinervin qui n’ait été prôné. Hélas ! ce qui réussit aux uns ne réussit pas toujours aux autres. Aussi faut-il accepter avec reconnaissance un agent reconnu efficace par un malade. C’est le cas pour la phénacétine que préconise le Dr Liégeois, migraineux lui-même et .qui en a obtenu personnellement de bons résultats.
- On prend, au début de l’accès, un cachet de 50 centigrammes de phénacétine ; la réussite n’est sûre ou probable qu’en avalant le cachet au premier signe précurseur.
- M. Liégeois y ajoute parfois un peu de sulfonal qui hâte l’apparition du sommeil, 25, 50 centigrammes. Les deux substances peuvent être réunies dans le même cachet et il suffit d’avaler un peu d’eau froide aromatisée au goût du malade.
- Si la phénacétine ne donne pas de résultats, essayez le pyramidon à la dose de 25 centigrammes; c’est encore un agent réputé comme efficace. Dr X.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de Franco
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9. ÉTAT DD CIEL PLUIE EN-MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 21 janvier . . 6*,1 S. S. W. 2. Couvert, pluie. 4,4 Couvert ; pluie toute la matinée]; brumeux.
- Mardi 22 7*,l S. S. IV. 2. • Couvert. 3,1 Couvert.
- Mercredi 23 ... . 6*,0 S. 1. Couvert. 0,0 Nuag. de 12 à 20 h. et à 21 h.; couv. le reste du temps.
- Jeudi 2 i 3M S. S. E. 1. Couvert. 0,0 Nuageux à 1 h. ; couvert ensuite ; gelée blanche.
- Vendredi 25 ... . 7*,1 S. W. 2. Couvert. 0,0 Très nuageux ; averses dans la matinée.
- Samedi 26 4”, 3 W. 3. Très nuageux. * 3 O,-- Nuag. de 7 à 13 h. ; couv. av. et ap. ; gel. 1*1.; averses le m.; pluie à partir de 15 h. 1/2 ; arc circumzéuithal.
- Dimanche 27 ... . 8”,9 W. S. W. 4. Couvert. 5,0 Couv. jusqu’à 20 h.; nuag. ensuite; jduie fine ou bruine une grande partie du temps.
- JANVIER 1901. — SEMAINE DU LUNDI 21 AU DIMANCHE 27 JANVIER.
- lundi I Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de Où 10 : les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- I.e temps. — Dans les premiers jours de la semaine, le temps a été
- Êluvieux ; des pluies ont été signalées dans le nord et l'ouest de l’Europe.
- u France, le 21 janvier, on a recueilli 18 inm. d’eau à Besançon, 7 mm. à Biarritz, 4 mm. à Paris, 3 mm. à Cherbourg. La température maxima à Paris a été de 10°,7 et la température moyenne de 7°,4.
- Le même temps pluvieux a subsisté les 22, 23 et 24 janvier. La température moyenne à Paris a été respectivement de 7°,4, 7®,6 et 6°,8. A partir de ce jour, des pluies ont été signalées sur les côtes de la Norwège et des
- Iles Britanniques. Une tempête a causé de nombreux désastres sur la côte norvégienne le 23, depuis Tromsoë jusqu a Ghristiansand. L’ouragan était accompagné de neige, d’éclairs et de formidables coups de tonnerre. De grands dégâts ont été occasionnés dans l’intérieur du pays où les maisons sont partout en ruines. Les lignes télégraphiques et téléphoniques [sont détruites. Le 26, la neige est tombée en abondance en Ecosse ; elle a couvert la terre sur une épaisseur de plus de 15 centimètres. A Paris, le 26, pluie ersistante après un coup de vent dans la matinée. Nouvelle tempête du 7 au 28 à Paris et dans le nord de l’Europe. Neige dans la nuit du 2» au 29.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 27 a 1:) h. 1 du malin.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —(g)— M. Jaccoud, professeur de clinique médicale à la Faculté de médecine, de l’Université de Paris, a été élu secrétaire perpétuel de la Compagnie en remplacement de M. Bergeron au premier tour de scrutin par 90.voix sur 94 suffrages exprimés. La proclamation du résultat a été accueillie par une longue salve d'applaudissements.
- —<§>— Ont été nommés, pour l’année 4901, président du Bureau des longitudes : M. le commandant Guyon, de l’Académie des •sciences ; vice-président : M. le général Bassot, de l’Académie des sciences', directeur du Service géographique de l’armée; secrétaire : M. G. I.ippmann, de l’Académie des sciences, professeur de physique à la Sorbonne.
- —g)— Une exposition intéressante de photographies a lieu en «e moment au Photo-Club de Paris; elle présente ceci de nouveau et de tout particulier que tous les auteurs des œuvres montrées sont des femmes américaines professionnelles. Ces images -se présentent sous une tonalité et des formes très curieuses; nous •sommes loin des professionnels français qui nous ont habitués à un genre qui a sans doute ses qualités, mais qui est loin de présenter cette puissance d’exécution et cette originalité de conception de nos confrères américaines.
- —S>— Le concours pour le prix Anthony Pollok (récompense de 400 000 francs au meilleur projet destiné à prévenir les collisions en mer) n’a pas donné de résultat en 1900. Aucun des projets présentés, et ils étaient excessivement nombreux, n’a été jugé digne de cette haute récompense; un seul prix de 40 000 francs a été attribué à l’un des auteurs, et le concours a été ajourné; on dit que la famille de M. Anthony Pollok vient de compléter le prix à la somme primitive et qu’un nouveau concours sera ouvert au Havre, en septembre 4901. Tous les renseignements relatifs ja ce concours devront être demandés par les candidats à M. le capitaine S. Dechaille, directeur du service des signaux à la Chambre de commerce du Havre.
- —g— Du 22 au 26 juillet il se tiendra, à Londres, un Congrès de la tuberculose. Il y aura 4 sections. — I. L’Etat et les municipalités. Président: sir Herber Maxwel. — II. Section médicale, comprenant la climatologie et les sanatoria. Président : sir R. Douglas Powell. — III. Pathologie et bactériologie. Président : professeur Sims Woodhead. — IV. Vétérinaire (tuberculose des animaux). Président : sir G. Brown. Toutes les colonies et dépendances de l’Angleterre sont invitées à y envoyer des délégués, ainsi que les gouvernements d’Europe, d’Asie et d’Amérique. Dans le Royaume-Uni seulement, la tuberculose donne annuellement plus de 600C0 décès.
- —g;— Un Comité, présidé par M. Cagnat, de l’Institut, et dans lequel /furent MM. Dereims, IL Dehéram, Saladin, Pingaud, etc., vient de se constituer pour élever à Dakar un monument funéraire à la mémoire de Paul Blanchct, ce jeune explorateur enlevé par la fièvre jaune au moment où il venait d’achever un périlleux voyage dans le Sahara occidental. Pour tous renseignements, s’adresser à M. L. Mazerolle, secrétaire du Comité, 91, avenue Niel, Paris (17e ar.).
- —g)— D’après VÉcho des Mines et de la Métallurgie, le président de la « Coal Smoke Abatement Society » évalue à environ 42 000000 de livres sterling par an la perte totale pour Londres résultant des méthodes imparfaites actuelles de brûler le charbon. Environ 48 000 000 dé tonnes de charbon sont consumées annuellement à Londres; elles coûtent à peu près 46 000 000 de livres sterling et probablement 3000 000 de tonnes sont consumées dans les usines à gaz. Environ deux tiers de la chaleur produite par la combustion du charbon seraient perdus en passant par les cheminées et la perte ainsi éprouvée serait de 8 000 000 de livres sterling par an. Le dommage causé par la fumée à Londres aux peintures extérieures et aux décorations intérieures, rideaux, tapis, etc., est
- estimé à environ 3 000 000 de livres sterling par an, tandis que la erte résultant de l’échappement de fumée, causée par une com-ustion imparfaite, atteindrait environ un million de livres.
- —g)— Automobile et chemin de fer. D’après le Vélo, une discussion très amicale, engagée depuis plusieurs jours entre M. I). Marino Torlonia, qui affirmait que sa voiture bittrait l’express sur le parcours de Rome à Civita-Vecchia (70 km), et le commandeur A. Silvestrelli, soutenant le contraire, s’est terminée par un match qui a eu le don d’intéresser vivement le monde automobile romain. M. Marino Torlonia, quoique gêné sur le parcours par de nombreuses voitures, a néanmoins gagné le pari en arrivant en gare de Civita-Vecchia juste à temps pour voir descendre de compartiment son adversaire.
- —g— Sur une section des chemins de fer Wurtcmbergeois, fonctionne un avertisseur automatique assez ingénieux pour signaler l’arrivée des trains aux passages à niveau non gardés ; il comporte une cloche installée de chaque côté de la ligne traversant une route, avec pancarte éclairée de nuit et prescrivant l’arrêt des voitures quand la cloche sonne. A chaque passage correspond un interrupteur relié au signal et, d’autre part, à trois contacts placés sur la voie, dont deux à 500 mètres respectivement de part et d’autre du passage. Une batterie d’accumulateurs est naturellement sur le circuit général. L’interrupteur comporte un électro-aimant commandant des leviers et engrenages, et quand un train atteint le premier contact d’un groupe, le courant se forme sur le signal, ce qui actionne les cloches et les lampes. Quand le train passe ensuite sur le troisième contact, il y a rupture et tout revient au repos.
- —g— M. Selas, un inventeur allemand, croyons-nous, vient d’imaginer une nouvelle combinaison pour assurer l’éclairage au gaz par incandescence. En principe, le gaz arrive sous pression constante au brûleur, mais il est additionné d’air en proportion convenable, dans la canalisation même et avant son arrivée dans la lampe. On emploie dans ce but un compteur double, l’air arrivant dans un de ses compartiments, le gaz dans l’autre; le mélange est calculé de façon qu'il n’y ait aucune crainte d’explosion. C’est un petit électromoteur commandé par des accumulateurs, qui comprime préalablement l’air à une pression légèrement supérieure à celle du gaz. Dès que la pression, dans la canalisation du brûleur, dépasse la valeur déterminée et constante qu’on a jugée convenable, un régulateur à membrane rompt le circuit amenant le courant à l’électromoteur de compression, et cette compression s'arrête jusqu’à ce que la pression du mélange gazeux soit ramenée à sa valeur normale.
- —g)— M. Restera a combiné un dispositif d’ajutage fort ingénieusement combiné pour assurer la pulvérisation dans les appareils réfrigérants des eaux de condensation, ou même pour réduire, sous pression élevée, les liquides en véritable poussière. Le principe de ce petit appareil est l’admission du liquide à pulvériser tangentiellement à la base de l’ajutage de pulvérisation. Cefui-ci est de forme sphérique et renferme un barillet à l’intérieur duquel arrive le liquide, et d’où il sort par une série de lumières le dirigeant tangentiellement. Dans la petite sphère, il se forme un mouvement giratoire, et l’eau sort en jets tournants et pulvérisés par son orifice supérieur.
- —g!— La maison anglaise Linton Pâtes vient de construire pour le gouvernement russe une drague suceuse qui peut enlever 5400 mètres cubes à l’heure dans le sable fin. Les terres sous-aquatiques sont désagrégées par des cylindres à couteaux qui tournent autour des huit orifices d’aspiration, et elles sont aspirées par des pompes rotatives dont la roue à ailette a 2m,44 de diamètre, et qui sont accouplées directement à des machines à triple expansion de 1500 chevaux, faisant de 150 à 180 tours à la minute. En réalité* cette drague, qui est destinée aux travaux de la Volga, comprend deux bateaux absolument semblables accolés (mais qu’on peut sér parer à volonté) et qui ont chacun sa pompe.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du Journal.
- Adresses relatives aux rappareils décrits. —f Pour le projecteur-récepteur de signaux phoniques, décrit dans le n° 1445, s’adresser à MM. Sherard Cowper-Coles, Grosvenor Mansions, Victoria Street, Westminster. — Pour les machines automobiles agricoles, s’adresser à M. Périssé, 67, rue d’Amsterdam, pour la Société des tracteurs agricoles; à M. Vigreux, 45, rue de la Harpe, à Paris, pour la charrue automotrice Boghos Pacha ; à M. Andrist, 80, boulevard du Port-Royal ou à la Deering Harvester Company, à Chicago, pour la faucheuse automobile Deering; à la Mac Cormick Harvest Company, à Chicago, pour la faucheuse Mac Cormick. — Le tendeur d’attelage à double articulation se trouve chez M. l’ingénieur en chef de l’Officin Meccaniche (gia Miani Silvestri), Milan. — Pour tout ce qui concerne les appareils de dessin, s’adresser à M. P. Bourguin, directeur de l’Ecole de dessin et arts industriels, à Roanne (Loire).
- Communications. — M. F. Crestin, à Saint-Pétersbourg, nous écrit : « Depuis longtemps déjà, j’avais fait la remarque que la végétation aquatique des aquariums tout en verre était beaucoup plus abondante que celle de ceux dans lesquels entre, outre le verre, le zinc, le plomb, l’étain, le ciment, etc., -lorsque l’article de M. Victor de Clèves « L’eau distillée est-« elle pure? », paru dans le n° 1395, du journal La Nature, du 17 février 1900, est venu fixer mes idées à ce sujet et me prouver que mes observations ne manquaient pas de fondement. En effet, à conditions égales, de température, de lumière et avec un sol indentique de sable fin, les aquariums tout en verre m’ont toujours donné des résultats beaucoup plus satisfaisants que les autres au point de vue de la richesse de leur végétation et de la variété de plantes qu’on peut y entretenir presque sans aucun soin, telles par exemple : Vallisueria spiralis, Saggitaria natane, Salvinia natans, Plodia canadensis et Hippuris vulgaris, dont les trois dernières notamment dépérissent très vite dans les aquariums de la seconde catégorie, non seulement d’un usage récent, mais aussi bien après plusieurs années de service ininterrompu. 11 en est de même pour les mollusques, que l’on entretient habituellement dans les aquariums, tels que : Planorbis corneus, Valvala piscinalis, Limnæcus palustris, Pliysa hypnorum, etc., qui vivent parfaitement dans les aquariums tout en verre et s’y reproduisent en abondance, tandis qu’ils disparaissent des autres, dès la première année. Dans le même ordre d’idées et pour prouver quelle influence peut avoir la pureté de l’eau, pour l’entretien de la vie dans un aquarium, je puis encore citer le fait suivant, bien confirmé par deux ans d’expériences. Ayant toujours à ma disposition plusieurs aquariums que j’entretiens avec le plus grand soin, j’eus l’idée, il y a deux ans, de profiter des détritus végétaux que j’en retire à chaque nettoyage, pour la culture, dans un récipient spécial, des infiniment petits et de divers crustacés, dont les petits poissons, au sortir de l’œuf, sont très friands. Dans ce but, je me fis faire par un tonnelier un petit cuvier en bois de chêne, très large et peu profond, de la contenance de 45 litres, que je remplis d’eau, sur une couche de sable fin de rivière, de quelques centimètres d’épaisseur. J’y plantai ensuite quelques végétaux aquatiques et à chaque nettoyage de mes aquariums j’y déversais tous les détritus qui en étaient le produit. En ‘outre, pendant l’été, à chaque retour de la campagne, j’y versais consciencieusimnnt un litre d’eau de marc, fourmillant
- de crustacés divers et d’infusoires de toutes sortes. Cependant, malgré cet ensemencement énergique, je ne tardais pas à m’apercevoir que mes cultures n’avançaient pas du tout et qu’au lieu de multiplier, mes infiniment petits tout bonnement disparaissaient. L’eau de mon cuvier était à la fin du premier été limpide comme de l’eau de roche ; les plantes s’y développaient admirablement, mais quant à la vie animale, pas de traces, même au microscope. Je me cassais longtemps la tête pour trouver la cause de cette anomalie, jusqu’au jour où l’idée me vint que mon cuvier étant en bois de chêne, l’acide tannique pourrait bien être la cause directe de mes déboires. J’en parlais à un de mes amis, chimiste distingué, qui confirma ma supposition et m’engagea, pour neutraliser l’acide tannique dissout dans l’eau de mon cuvier et dont il m’avait prouvé la présence d’une manière indubitable par l’action de réactifs appropriés, de verser et de mélanger avec cette eau une faible solution de gélatine animale, et d’attendre les événements. Le résultat ne se fit pas longtemps attendre, car au bout de deux ou trois semaines, cette eau fourmilla d’infiniment petits, visibles même à l’œil nu. Malheureusement, l’automne était arrivé sur ces entrefaites, et je ne pus pousser plus loin mon expérience avec des animalcules de plus-forte taille, comme les cyclopes, les Daphnées et autres petits, crustacés, qui m’intéressent spécialement. Ensuite, je ne tardai pas à constater, que l’eau de mon cuvier commençait à émettre une certaine odeur, peu agréable et peut-être dangereuse à respirer dans une chambre close, et dont les fenêtres étaient déjà calfeutrées, à l’approche de l’hiver. Je pris donc le parti d’en rester là pour le moment et de stériliser mon eau en y mélangeant à plusieurs reprises de l’hyper-manganate de potasse en très faible solution, ce qui me réussit parfaitement. L’eau reprit sa limpidité primitive, les animalcules disparurent, sans que la végétation ait souffert le moins du monde de tous ces tripotages. Depuis lors, tout est resté ei> l’état et malgré un an passé, l’action de l’acide tannique se fait toujours sentir et l’eau de mon cuvier, que j’ai de nouveau examinée au microscope avant d’écrire ces lignes, ne contient pas la moindre trace d'infusoires. Seuls, de petits mollusques, Physa hypnorum, y représentent la vie animale, et s’y reproduisent en grand nombre, sans se soucier de la présence de-l’acide tannique, -ce qui est singulier. »
- M. A. Chanlin, à Paris, nous écrit la lettre suivante : « Il semble que les auteurs des observations sur la consommation du charbon dans les hauts fourneaux, par temps sec et par temps humide, ont fait erreur en attribuant le moindre rendement du charbon, par temps humide, à la présence de l’humidité dans l’air. Il est bien plus probable, l’air étant généralement humide quand la pression barométrique est basse, que c’est à la basse pression qu’il faut attribuer le moindre rendement du charbon en chaleur, dans les circonstances indiquées. Alors on sera d’accord avec les observations et les usages de tous les chauffeurs qui, d’une part, savent que par basse pression atmosphérique le charbon fournit moins de chaleur que par pression élevée et qui, d’autre part, loin de craindre h» vapeur d’eau pour le résultat qu’ils cherchent, le maximum de rendement du charbon, entretiennent une couche d’eau sous les feux et attribuent une action favorable à la vapeur d’eau traversant constamment les foyers. Cette pratique très répandue, qui donne même lieu pour les foyers importants à des installations spécicales, n’a pas encore reçu d’explication absolument satisfaisante. On est seulement porté à supposer que la vapeur d’eau, soumise à la haute température du charbon incandescent, atteint sa température critique, se décompose, et que ses éléments devenus libres entrent dans d’autres combinaisons à températures critiques plus élevées. »
- M. A. Gaulard, à Ligny-en-Barrois, à propos de la réponse que nous avons faite dans la Boîte aux lettres, du n” 1444, 26 janvier 1901, à M. V. Dumas, à Larba, relativement à la soudure de l’étain sur la fonte, nous écrit : « Vou$ pouvez indiquer à M. Dumas le moyen suivant : Blanchir à la lime fine la partie de fonte à souder : frotter fortement cette partie avec une tige de cuivre jaune; lorsque l’on juge que la teinte jaune cuivre est suffisante, étamer comme à l’ordinaire, à la bougie, à la résine ou à l’esprit-de-sel décomposé, et souder ensuite au fer ou à la lampe, selon la circonstance. » Nous remercions vivement notre correspondant.
- M. H. Bollinckx, à Bruxelles, nous écrit, à propos de la Notice nécrologique récente, que M. Z. Gramme était belge.
- Vo ir la suite de la Boite aux lettres page 3* des Nouvelles scientifiques.
- Pans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lut sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- BOITE AUX LETTRES [Suite)
- M. J.-L. Breton, député du Cher, à Paris, à propos de notre article « Signaux Hertziens » (n° 1443 du 19 janvier 1901, p. 123), nous écrit qu’il croit avoir le premier indiqué cette même application à la séance de la Chambre des députés du 21 mars 1899, dans la discussion du budget de la marine. Nous trouvons, en effet, la reproduction de cette intervention, d’après le Journal Officiel, dans l’année 1898-99 de la Revue scientifique et industrielle, de M. J.-L. Breton.
- M. L. Robert, à Pont-à-Mousson, nous adresse la lettre suivante : « Je me permets de vous envoyer une communication sur un procédé que j’ai trouvé il v a quelques années, pour fixer sur le papier blanc les cristallisations arborescentes de la glace. Je me suis servi de papier ordinaire, le papier fort et glacé, contre mon attente, a moins réussi. Je passe avec un gros pinceau d’aquarelle, d’abord de l’eau pure, pour humecter le papier un peu. Avec un pareil pinceau, j’étends vivement de l’encre de Chine comme on la vend en flacon, puis je laisse égoutter tout en penchant le papier en différents sens pour égaliser le plus possible l’encre de Chine. Voici le point de l’opération le plus délicat et dont dépend la réussite de cette petite distraction d’hiver. Il faut exposer à la gelée, en dehors de sa fenêtre par exemple, le papier ainsi préparé au moment où la couche d’encre va s'évaporer. Si le papier est trop mouillé ou la couche d’encre trop épaisse, les cristallisations apparaissent aussi bien, mais disparaissent ensuite en dedans de la chambre quand elles fondent. Si le papier était déjà trop sec, elles ne se produisent naturellement pas. C’est un coup de main qu’on n’attrape qu’au bout de quelques expériences. » Notre correspondant nous adresse en même temps quelques-unes des feuilles qu’il a faites. Les dessins ont paru au bout d’un temps variable, de 2 à 14 minutes après l’exposition à la gelée.
- Renseignements. — M. le Dr H. Van Henrelle, à Anvers. — Nous croyons bien que ces lampes ne se fabriquent plus.
- M. Langlois, à Auxerre. — On emploie généralement de l’eau de Javel pour enlever les traces des timbres sur les livres.
- M. R. Houdaille, à Tours.—Votre problème est intéressant, mais n’entre pas dans le cadre du journal.
- ' M. G. Lurat, à Paris. — Cette adresse a été donnée en tête de la Boite aux lettres du numéro précédent.
- M. Hochon, à Bois-de-Colombes. — Nous n’avons pas ces adresses. Tous nos regrets.
- M. E. N., à G. — Le 'papier « Vitesse » dont il a été question se trouve à la Société anonyme de produits photographiques, 3, 5, 7, rue Brantôme, à Asnières (Seine).
- M. J. Monod, à flyères. — Vous pourriez peut-être vous adresser à la Compagnie des ascenseurs Otis, 25, rue de la Paix, à Paris.
- M. J. Saussié, à Paris. — 1° La batterie de cuisine en nickel pur peut être utilisée sans inconvénient. — 2° Adressez-vous à M. G. Mareschal, 83, rue Demours.
- M. L. Dombre, au Havre. — L’adresse de cette Compagnie a été donnée en tête d’une de nos Boîtes aux lettres récentes.
- M. V. Postaire, aux Sables-d’Olonne. — Renseignez-vous auprès de M. H. Coupin, 21, boulevard Port-Royal, à Paris.
- M. Dezaunay, à Nantes. — Nous ne connaissons pas l’éditeur de cet ouvrage ; vous trouveriez peut-être cette brochure d’occasion chez un libraire.
- L'abonné 510-7899, à M. — Nous n’avons pas à ce sujet d’autres renseignements que ceux précédemment publiés.
- M. D. R. M., à Florence. — 1° Cette adresse a été déjà donnée. — 2° Le vernis « le Ripolin » se trouve 7, place de Valois, à Paris.
- M. G. Regnard, à Paris. — Il n’y pas d’ouvrage spécial sur l’étamage ou l’argenture des glaces.
- M. G. Sévérac, à Bordeaux. — 1° Nous n’avons pas l’adresse de la maison américaine qui fabrique ces tuiles. — 2° Pour le fibroléum, nous avons déjà dit qu’il fallait s’adresser à la Société d’Encouragement, 44, rue de Rennes, à Paris.
- M. Kenngott, à Paris. — Nous n’avons pas connaissance qu’aucun autre journal semblable existe dans les pays que vous indiquez.
- M. de Saint-Paul, à Paris. — Les lampes Nernst ne sont pas encore dans le commerce; elles sont en fabrication. Adressez-vous à la Société d’éclairage et de force, 13, rue Lafayette. '
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Arnaldo Sanchez, à Lisbonne. Nous avons décrit un très grand nombre d’allumeurs automatiques à gaz ; nous ne savons pas celui que vous voulez indiquer. Il vous faut consulter la collection. — M. G. Denis, à Bordeaux. Nous ne retrouvons pas les moulins à sel dont vous voulez parler.
- BIBLIOGRAPHIE
- L’or. L’or dans le laboratoire, dans la nature. L’extraction de l’or, le traitement des minerais, la métallurgie de l’or. Préparation mécanique et traitement chimique de quelques régions minières. A quoi sert l’or? Usages industriels de l’or. La monnaie d’or. Conclusion. 1 vol. in-4°, par H. Hauser. Paris. Librairie Nony et Cie. 1901.
- La rage, par le Dr A. Marie, directeur de l’Institut antirabique de Constantinople, avec une préface de M. le D.r E, Roux, membre de l’Institut, sous-directeur de l’Institut Pasteur. 1 vol. petit in-8° de l’Encyclopédie scientifique des aide-mémoire. Masson et Cie, éditeurs. Paris. 1901. Prix : broché, 2fr,50 ; cartonné, 3 francs.
- L'Electricité à l'Exposition de 1900, publiée avec le concours et sous la direction technique de MM. E. Hospitalier et J.-A. Montpellier. 9e fascicule. Téléphonie et télégraphie. l'° section : téléphonie par L. Montillot, inspecteur des postes et télégraphes. 1 broeh. in-4°. Paris. Yve Ch. Dunod, éditeur. 1900. Prix de la collection entière (15 fascicules) : 40 fr...........................
- Traité d’électricité industrielle, par R. Rusquet, ingénieur des arts et manufactures. Tome 1. 1 vol. in-16. Biullière et fils, éditeurs. Paris.
- Le paludisme à Paris, parle Dr Manuel Vicente. 2 vol. in-16. Société d’éditions scientifiques. Paris. 1900. Prix: 10 francs.
- Comment on défend ses oreilles, par le Dr Henri Mendel. 1 brochure petit in-8°. Paris. L’Edition médicale française. 1900. Prix : 1 franc.
- Rapport au ministre des finances. Administration des monnaies et médailles, 5e année. 1900. Paris. Imprimerie nationale.
- Compte rendu des travaux du service du phylloxéra. Années , 1898-1899. Ministère de l’Agriculture. 1 vol. in-8°. Paris.
- Imprimerie nationale, 1900.
- Leçons sur l'électricité, par le capitaine du génie Dumon. 1 vol. in-8°. Librairie militaire R. Chapelot et Cia. Paris. 1900. Prix : 12 fr.
- Le positivisme chrétien, par André Godard. 1 vol. in-8°. Librairie Bloud et Barrai. Paris. Prix : 5 francs.
- Le cancer et son parasite, par le Dr Bra. 1 brochure in-8°. Paris. Société d’éditions scientifiques. 1900.
- Au pays des Touaregs, par Léo Dex. 1 vol. in-4°. Paris. Librairie Ch. Delagrave. 1900.
- Bulletin de l’Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg. Ve série, tomes VIII, IX, 1898; tomes X, XI, 1899; tome XII, 1900. Saint-Pétersbourg.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- L’aspyrine.
- Yoici de quoi réjouir les pauvres rhumatisants, et Dieu sait s’ils sont légion. Un nouveau médicament, l’aspyrine, aussi efficace que le salicylate de soude et n’en ayant pas les inconvénients.
- L’aspyrine est un acide acétyl salicylique qui peut être administré à la dose de 2 à 3 grammes, sans provoquer de troubles digestifs, de dépression de la circulation et sans déterminer, comme le salicylate, la quinine, des bourdonnements d’oreille pénibles et douloureux.
- Elle a l’avantage, tout en étant un composé salicylique, de ne céder son acide que dans un milieu alcalin, l’intestin, ce qui explique la facilité avec laquelle les malades la tolèrent.
- Administrée dans des cas de rhumatisme articulaire aigu, l’aspyrine détermine un abaissement de là pression circulatoire, de la température, tout en faisant disparaître les manifestations douloureuses. Moins efficace dans le rhumatisme subaigu, elle a cependant l’avantage de calmer les douleurs par ses propriétés analgésiques. On l’a même utilisée à ce point de vue contre les névralgies, les crises pénibles du cancer et du tabes. A la dose de 1 à 2 grammes, elle est bien supportée ; mais toujours il se produit une sudation abondante, allant parfois jusqu’à la transpiration profuse qui accentue notablement l’action antithermique. D’ X...,
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Un rasoir qui ne coupe pas.
- La plupart des pâtes dites épilatoires sont à base d’arsenic, partant un peu dangereuses par le poison qu’elles contiennent. Il existe cependant un produit chimique qui a une vertu épila-loire au moins égale, qui est connue depuis fort longtemps ; il est juste de dire que son action n’est pas durable, comme celle des produits arsenicaux. C’est même cette qualité qui le fait adopter comme épilatoire chirurgical, par M. Ravbaud. On a besoin pour les opérations d'une asepsie complète des téguments. Aussi doit-on, avant le premier coup de bistouri, nettoyer à fond la région pileuse, en la rasant, la savonnant. Raser est quelquefois ennuyeux et difficile dans certaines régions ; d’autres fois, il faut ménager la pudeur des femmes et attendre le sommeil anesthésique. M. Raybaud a recouru, depuis un un certain temps, au sulfhydrate de calcium. Ce sel s’obtient en faisant passer, dans un lait de chaux, un courant de gaz sulfhydrique et en agitant pour que le lait se charge uniformément de cet hydrogène sulfuré et pour que la réaction chimique soit bien complète.
- Le produit que l’on obtient est une bouillie pâteuse, de coloration bleu verdâtre due à la réduction du fer contenu dans la chaux et d’une odeur sui generis, odeur de sulfure, d’œufs pourris.
- C’est cette pâte qui constitue l’épilatoire ; on en étend sur la partie pileuse une couche de un à deux millimètres d’épaisseur. Au bout de cinq à six minutes, la masse est devenue solide ; on la lave alors à l’eau tiède et la peau se trouve dénudée d’une façon plus parfaite qu’avec le meilleur rasoir.
- Cette pâte n’attaque pas le bulbe pileux : aussi comme épilatoire durable, elle doit céder le pas aux dépilatoires de Colley, Ilelcroix. Mais on peut renouveler de temps en temps, sans danger, son application. Le seul inconvénient est l’odeur sulfureuse. On peut arriver à la masquer en partie avec des essences aromatiques.
- Ce ne sont pas seulement les cheveux, les poils, qu’on peut attaquer par le sulfhydrate de calcium, mais les plumes, les cornes, les ongles, et ses propriétés épilatoires peuvent, à défaut d’une application chirurgicale, recevoir et ont reçu diverses applications industrielles. Dr X.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Rare Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- observations 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9. ÉTAT DD CIEL
- Lundi 28 janvier . . 4%8 S. W. 2. Nuageux.
- Mardi 29 2”,0 W. N. W. 3. Couvert.
- Mercredi 30 ... . 0*,1 S. W. 2. Très nuageux.
- Jeudi 31 0*,2 S. S. W. 3. Couvert.
- Vendredi 1" février 0%9 S. S. W. 2. Couvert.
- Samedi 2 — 0*,5 S. 3. Couvert.
- Dimanche 3. . . . . 2*,0 S. E. 2. Couvert.
- PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- 0,9 Couv. à 1 h., à 8 et 9 h. et de 4 à 19 h.; beau de 4 à 5 h. ; à 21 h. et 24 h.; gelée bl. ; pluie dans l’après-midi.
- 4,9 Couv. de 4 à 8 h., à 21 h. et à 23 h. ; nuageux le reste du temps ; gelée bl. ; grêle et pluie au matin.
- 0,0 Nuag. ; quelques grains de neige vers 3 h. 1/2.
- 0,0 Couv. jusqu'à 14 h. ; très nuag. ensuite ; neige le matin-
- 0,9 Couv. ; gelée blanche.
- 0,0 Quelques éclaircies.
- 0,0 Couv. ; pl. à 8 h. et de 13 à 18 h. ; mêlée de neige à 15 h.
- JANVIER-FEVRIER 1901. -- SEMAINE DU LUNDI 28 JANVIER AU DIMANCHE 3 FEVRIER.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de Ou 10; les flèches inferieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche, courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tempête. — Dans la chronique météorologique de notre dernier ri” 1445, du 2 février 1901, nous n’avons pu que mentionner la tempête qui a eu lieu le 23 janvier sur la côte norvégienne. Cette tempête a causé de nombreux désastres et des accidents considérables. A Rotterdam, une partie de la ville a été inondée; l’eau envahissait les caves et pénétrait dans les maisons. Ailleurs, des polders ont été entièrement sous l’eau, par suite de la rupture des digues qui les protégeaient. Les communications télégraphiques avec la Belgique ont été interrompues.
- Sur le Lek, des bateaux ont sombré et on a eu à déplorer sur mer la perte-dc plusieurs barques de pèche.
- Le vapeur Holland, de la Compagnie hollandaise de navigation à vapeur, a fait naufrage au Hoek Van Holland. Neuf hommes ont été recueillis par le bateau de sauvetage et onze ont péri.
- Cette même tempête a causé en Allemagne de grands ravages. A Borkum, le vaisseau-phare a été arraché par la bourrasque de Son ancrage et il a disparu. A Dresde, une partie de la toiture de l’Opéra a été enlevée, de sorte que les représentations ont été interrompues pendant plusieurs jours.
- Pluie et neige le 2 février dans le Midi de la France, dans le Nord-Est en Angleterre et en Irlande. Nouvelle dépression profonde avec neige et pluie du 4 au 5 février.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 3 à 5 h. 29 du soir.
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- M. J.
- 1447 (16 feorier 1901), du journal « LA MATURE »
- * M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- LAFF ARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —-®— Dimanche, 10 février, à 8 heures 1/2, à l’amphithéâtre <lu Muséum, les groupes limousins de Paris ont remis le Grand Prix du Limousin à leur compatriote, M. d’Arsonval, membre de l’Institut, en l’honneur de ses travaux scientifiques.
- —®— Un groupe d'élèves et d’amis de M. Albert Gaudry, membre de l’Institut, professeur au Muséum, a décidé de lui offrir une médaille dont l'exécution a été confiée à M. Vernon. Les souscriptions sont reçues à la librairie Masson et Cic, 120, boulevard Saint-Germain.
- —®— Nous avons le regret d’apprendre la mort d’un de nos anciens collaborateurs, M. Eugène Maglin, ingénieur des Arts et Manufactures, répétiteur à l’Ecole centrale, arbitre près le Tribunal de commerce.
- —®— On annonce la mort du professwir Elisah Gray, décédé subitement à Newtonville (Massachusetts). On lui doit de nombreux travaux en télégraphie, en téléphonie sous marine; il avait également trouvé le télautographe et fait de nombreuses recherches en téléphonie. Aux Etats-Unis, son nom est aussi connu que celui de Graham Bell et ses travaux ont été partout appréciés en Europe.
- —®— L’industrie automobile poursuit son développement. En 1896, l'exportation n'était que de 609 000 francs. Elle a passé depuis à 1 700 000 francs, 4 200 000 francs. Maintenant, elle atteint le chiffre énorme de 9 400 000 francs. C’est de bon augure pour les années qui viennent.
- —®— A Brest, la commission de la télégraphie sans fil, présidée par M. le capitaine de frégate Dufaure de Lajarte, de la défense fixe, procède actuellement à de curieuses expériences de ballons au sémaphore du Parc-au-Duc, en face de la rade de Brest. Ces ballons, qui s’élèvent à de grandes hauteurs, sont destinés à permettre de communiquer à des distances considérables : ils sont reliés aux appareils de télégraphie sans fil par un câble électrique qui envoie l’éleclrieité dans le ballon. Les expériences déjà faites, «t qui vont se poursuivre, ont donné d’excellents résultats.
- —®— Des appareils automatiques de mise en circuit téléphoniques du système Lamprecht, que nous avons fait connaître à nos lecteurs (n* 1450, du 20 octobre 1900, p. 530) viennent d'être installés à la gare du Nord, à la gare Saint-Lazare et dans les bureaux de poste de la rue Milton, de la place Clichy, de la rue des Capucines et dans la cabine téléphonique du Grand-Hôtel. On se rappelle que cet appareil a pour but de permettre la mise en circuit d’un appareil téléphonique pour cina minutes à la condition d’avoir versé dans la fente d'une boîte spéciale la somme de 0fr,25. On appuie alors sur un bouton de sonnerie, et on demande la communication qui est aussitôt établie.
- La Compagnie de chemin de fer américaine « Eastern Minnesota Railway », vient de se faire construire, à West Superior, dans le Wisconsin, un dock immense : nous entendons un apponte-tnent monstre en charpente, qui permet le chargement direct des minerais dans les chalands. Ce dock a plus de 457 mètres de long pour une largeur de 19 mètres, et les voies où arrivent les wagons chargés de minerai sont à plus de 22 mètres au-dessus du niveau de l’eau. Ces wagons sont du reste munis dans leur fond de trappes ui laissent tomber le minerai dans l’ouverture des soutes immenses isposées dans la charpente même du dock. Comme ces soutes sont encore à un niveau supérieur à celui des ponts des chalands et bateaux accostés le long de l’appontement, le minerai peut descendre dans les cales sous la seule influence de la gravité. Les diverses soutes de cette installation sont susceptibles de contenir 40 000 tonnes de minerai de fer.
- —®— L’Engineer a décrit une soupape d’arrêt automatique de vapeur des plus simples et des plus ingénieuses. Elle com-
- !>rend essentiellement une chambre de vapeur avec deux ori-ices correspondant aux deux directions de la conduite sur laquelle elle se trouve à cheval; dans cette chambre peut osciller comme un pendule une valve qui est susceptible de s’appliquer sur l’un ou l’autre des orifices, en les obturant, suivant la direction du courant de vapeur qui l’entraîne; de petits conduits ménagent du reste un coussin de vapeur qui empêche la valve de jamais s’appliquer trop violemment. On la règle généralement (et ce en augmentant plus ou moins le poids de la partie oscillante) de manière u’elle se ferme quand la vitesse du courant qui la traverse dépasse e 20 pour 100 la vitesse normale. Un couvercle boulonné clôt le haut de la boîte ; de plus, comme après un accident il faut pouvoir l’ouvrir malgré la pression qui s’exerce sur elle, on a ménagé en bas de la chambre un trou fileté relié à un tuyau muni d’une soupape, et l’on peut de la sorte égaliser la pression des deux côtés de cette soupape.
- —®— Le Times donne quelques détails sur l’expédition antarctique que le Dr Nordenskjôld prépare en Suède. Le Dr Nordenskjôld a acheté un baleinier à vapeur, Antarctic, construit par une firme norwégienne, et ayant déjà fait plusieurs voyages dans les mers polaires. Ce bateau avait été acquis éventuellement par le professeur Nathorst. L’année dernière il avait été employé à rechercher Andrée à l’est du Groenland. Le vaisseau sera équipé à Gothenburg. Le Dr Nordenskjôld estime les frais de l’expédition à environ 10000 livres (250000 fr.). De cette somme, la moitié a été déjà fournie par des souscripteurs suédois, et le roi Oscar a aussi promis de s’intéresser à cette expédition, la première de ce genre envoyée par la Suède. Si les circonstances le permettent, l’expédition suédoise concourra avec les expéditions anglaises et allemandes. On espère que l’.4n-tarctic sera prêt à partir aux environs du mois d’août,
- —®— M. G. Kieffer a imaginé, pour la construction des maisons notamment, un monte-charges à double effet qui demande un effort d’autant moindre que le poids de la charge à lever est toujours partiellement compensé par le poids du caisson descendant vide; l’appareil, en outre, se compose de pièces aisément démontables et transportables. Le corps principal en est fait d’une sorte de montant à treillis en fers profilés, muni de deux jambes latérales, et d’un étai montant à son sommet et destiné à le maintenir contre tout renversement. De chaque côté du montant sont disposés, à une certaine hauteur, deux bras de grues mobiles, autour de l’axe vertical formé par un des côtés du montant. Un seul volant-manivelle tourné par les ouvriers entraîne un pignon calé sur son axe, qui commande à son tour, et simultanément, les deux engrenages calés sur les tambours d’enroulement des câbles des grues (bien entendu, les choses sont disposées de sorte qu’un des câbles se déroule quand l’autre s’enroule). Ces câbles passent sur les poulies de volée des grues, et ont 25 mètres de longueur utile.
- —'®~ L’Académie impériale des sciences de Vienne avait envoyé en 1897, à Bombay, une mission composée des Dr* Ulbrecht, Ghon et Miller (ce dernier mort si malheureusement depuis de la peste). D’après le Times, cette commission vient de publier son rapport qui contient deux résultats très importants au point de vue sanitaire. Le premier, c’est que certaines espèces d’animaux sont facilement contaminées par un léger frottement d’une matière virulente sur la peau, même quand la peau est parfaitement intacte. Ce serait là la forme la plus fréquente et la plus importante de l’infection chez l’homme. Le second résultat d’expériences faites à Vienne, et interrompues par le malheureux accident qui coûta la vie au Dr Miller, c’est qu’on peut conférer l’immunité parfaite aux animaux contre des injections qui, autrement, leur seraient absolument fatales.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses
- par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du Journal de l’année.
- Erratum. — Dans le n° 1445, du 2 février 1901, p. 146, col. 2, ligne 27 ; au lieu de : 7200 alternateurs, il faut 7200 alternativités par minute (60 périodes par seconde).
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour le groupe électrogène de faible puissance, s’adresser à M. A. Quérey, ingénieur constructeur, 119, rue de Montreuil, à Paris.
- Communications. — M. G. Germain, à Nancy, à propos du procédé pratique pour souder à l’étain sur la fonte qu’un abonné nous demandait dans la Boite-aux-Lettres du n° 1444, du 26 janvier, nous écrit qu’il suffit de bien blanchir la pièce de fonte à la lime, la faire un peu chauffer, la décaper au chlorure de zinc et Yélamer au préalable avec le fer à souder sur la partie qui doit être soudée. Avec un fer très chaud, la soudure se fait ensuite comme d’habitude. J’ai employé, dit-il, ce moyen pour rapporter sur la culasse d'un moteur à pétrole une calotte de cuivre pour y établir une circulation d’eau, et la soudure tient parfaitement depuis longtemps.
- M. Canal de Chizy, à Saint-Denis (Seine), nous signale un fait dont il a été témoin, voyageant près de Mâcon, dans la nuit du 27 au 28 janvier. La lune, à 20° . environ de l’horizon ouest brillait entre deux nuages; à l’est tombait une petite pluie fine, sur laquelle se détachait en blanc d’argent intense, un superbe arc en ciel lunaire, parfaitement régulier, et dont les deux branches touchaient le sol. Il se déplaçait naturellement, avec notre observateur, comme les arcs en ciel solaires. Malgré l’intensité du phénomène, il n’a pas été possible à notre correspondant, de distinguer de couleurs provenant de la décomposition de la lumière.
- M. L. Jacquot, àThonon, nous envoie les noies suivantes : « Les tubes lance-fusées de l’armée chinoise, dont M. le médecin-~ major Matignon a parlé dans Ien° 1549, du 22 décembre 1900, page 4, ne sont pas des engins nouveaux. Us ont même autrefois été en service dans l’armée française et j’ai sous les yeux un article signé du capitaine Pralon, intitulé Les Fusées de guerre, qui a paru dans la Revue d’artillerie de décembre 1882-avril 1883. Ceux de vos lecteurs que la chose intéresse pourront voir au musée d’artillerie des Invalides, un affût à fusées perfectionné, dont l’inventeur est le général Jacquot, qui fit l'expédition de la Grande Kabylie et la campagne d’Italie comme capitaine de la compagnie de fuséens. Le lieutenant Dulon commandait une section d’artilleurs-fuséens durant l’expédition du Maroc, en 1859, et le capitaine en second Delaroze prit part à la campagne de Chine avec une autre section, en 1860. Il est possible que les Chinois aient pris l’idée de leurs fusées de guerre en voyant fonctionner les nôtres... qui, d’ailleurs, ne donnèrent jamais que de médiocres résultats. Puisque nous sommes sur le chapitre des choses militaires, je vous rappellerai que bien des inventions, réputées récentes, étaient connues depuis des siècles et que le principal mérite de leurs prétendus inventeurs a été surtout de les avoir perfectionnées et d’avoir su les rendre pratiques. C’est ainsi, notainment, qu’on peut voir au palais du Bey, à Constantine, des pièces d’artillerie en fer forgé prises par les Turcs sur les troupes de Charles-Quint et se chargeant par la culasse. C’est ainsi encore que je lis dans Les éléments de fortification, par Julienne de Belair (Paris, F. Didot, 1792), les deux passages suivants: P. 528 « Mais le vrai moyen de détruire tous les inconvénients du vent du boulet, c’est d’adopter mes pièces à chambres composées et celles à culasses mobiles. » Et p. 632 « Pièces à culasses mobiles (suit la description). »
- Renseignements. — M. Georges Derore, à Paris. La Revue générale des chemins de fer est publiée par la maison Dunodr 49, quai des Grands-Augustins.
- M. Dulong, à Paris. — Une Ecole pratique d’électricité et d’automobile, avec leçons théoriques élémentaires et démonstrations sur des appareils, va ouvrir à Pâques. Nous vous ferons connaître ultérieurement les conditions d’admission.
- M. A. B., à Toulouse. — 1° Il a été question de la lampe Nernst dans le n° 1450, du 20 octobre 1900, p. 331. — 2° Cette lampe n’est pas encore dans le commerce.' — 3° Adressez-vous à la Société de la transmission, 13, rue Lafayette, à Paris.
- M. A. Brun, à La Mothe. — Le moyen le plus pratique est de frotter ces pièces fortement et longtemps avec une peau de chamois.
- M. B. M., h Paris; M. Vieux, à Paris; M. Darblaix, à X. ; M. Obersteiner, à Vienne. — Cette adresse se trouve indiquée en tète de la Boîte-aux-Lettres du n° 1445 du 2 février 1901.
- M. L. Monnoyer, à Bruxelles. — Le siège de la Compagnie américaine Oil Well Supply est indiqué en tète de la Boite-aux-Lettres du n° 1442 du 12 janvier 1901.
- M. P. D. de L. — Nous n’avons pas d’autres renseignements-.
- M. A. Bonnaud, à Paris. — Tous les petits jouets mécaniques décrits dans les Nouvelles scientifiques du n° 1444 du 26 janvier 1901 se trouvaient sur les boulevards; vous pourrez peut-être vous les procurer chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, ou chez M. Renaut, 45, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- M. E. Besaucèle, à Carcassonne. — Nous ne connaissons* pas bien le produit désigné sous le nom de # poudre de lait ».
- M. Hanin, à Paris. — M. IL de l’arville ne fera pas l’ouvrage dont vous parlez ; il n’en a pas le temps.
- M. A. M. F., à Lyon. — Adressez-vous directement à la librairie Hachette, 79, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. Ad. Seghers, à Paris.— Nous avons bien vu que l’explication était un peu hasardée; mais il s’agit d’un vieil abonné comme vous, et nous avons passé par-dessus la singularité de la chose,, parce que si le chien n’enlerid aucun langage, il peut saisir l’expression de l’articulation ou du geste pour en inférer que son maître va à-tel ou tel endroit. D'ailleurs, dans ce cas, le hasard a pu y être pour beaucoup.
- M. Duvernoy,. à Paris. — Il est bien difficile de répondre à votre question ; nous n’avons jusqu’ici que les chiffres donnés récemment à l’Académie des sciences par M. Berthelot.
- M. A. Tournoüer, à Paris. — Nous ferons un erratum.
- Un abonné, à X. — Cette communication n’offre pas d’intérêt pour nos lecteurs ; remerciements.
- M. V. Balet, à Huy. — Nous croyons que ces copeaux sont généralement brûlés ; il se pourrait cependant qu’on les utilisât quelquefois pour fabriquer de la pâte à papier.
- M. A. S., à Gchu (Argentine). — Nous ne savons pas quel est ce réactif dont il est question; l’auteur de l’article est mort.
- Al. Perrigol, à Lyon. — Veuillez vous adresser à M. le Dr Car-taz, 59, boulevard ïlaussmann, à Paris.
- M. P. de Sennevoy, à Toulon. — Nous vous remercions de votre proposition.
- M. //. Gohierre, à Moscou. — Vous pourriez peut-être demander ce traité à la librairie Gaulhier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris. *
- Un lecteur, à Bordeaux. — Nous croyons volontiers que la perte de la substance agglutinante est due à la transmission et à la température élevée à laquelle le câble est exposé. Nous ne connaissons pas de substance pouvant être utilisé,
- M. L. Bien, à Vincey. — C’est la méthode employée par tous les météorologistes ; l’eau tombée en un point s’exprime par la hauteur en millimètres. Pour avoir la quantité d’eau tombée sur une surface déterminée, il suffit de multiplier la surface par la hauteur.
- M. G. Filleul, à Beauvais. — 1° On pourrait probablement empêcher l’adhérence au papier et au rouleau en passant la plaque dans une solution de formol à 5 pour 100. — 2° Il ne nous était pas possible de vous répondre plus tôt; nous avons dû consulter notre rédacteur des articles de photographie. Du reste, toutes les lettres sont classées, et nous répondons successivement à chacune d’elles.
- Un abonné, à Paris. — l es tramways à accumulateurs Madeleine-Courbevoie et Neuilly fonctionnent bien actuellement ; nous avons l’occasion de le vérifier.
- M. G. Trapier, à Lyon. — L’adresse a été donnée en tète de la Boîte aux lettres du n" 1445, du 2 février 1901. _______
- Voir la suite de la Boite aux lettres page 3* des Nouvelles scientifiques.
- Dans la « Boite aux lettres » la Bédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- BOITE AUX LETTRES [Suite)
- M. Etienne Mazères aîné, à Oloron Sainte-Marie. Accumulateurs électriques : Société Tudor, 48, rue de la Victoire; Société pour le travail électrique des métaux, 13, rue Lafayette ; Société Blot, 59 bis, rue de Châteaudun, à Paris.
- Al. Paul Mercier, à Paris. — Nous n'avons trouvé aucun ouvrage.relatif à l'argenture des glaces.
- M. Deroye, à Tunis — 1° Moteurs à pétrole : MM. Japv et Cie, 7 et 11, rue du Château-d’Eau ; Le Gnome, 44, rue Lafayette; M. Lefebvre, 10, rue Emile-Allez; M. A. Quérey. 119, rue de Montreuil, à Paris; M. Nouvelet, 111, quai d’Asnières, à Asnières (Seine); M. D. Augé, 92, rue des Arts, à Levallois-Perret (Seine). — 2° Machines A. Linde : M. Desvignes, 99, avenue La Bourdonnais; M. Douane, 23, avenue Parmentier, M. Demith, 15, rue de Lyon, à Paris; M. Delion, 9, rue Marceau au Pré Saint-Gervais (Seine). — 5° Nous ne pouvons vous répondre.
- PETITES MENTIONS1
- Appareil utile. — L’appareil, que l’inventeur a désigné lui-même sous le nom à’utilitas, paraît au premier abord d’une simplicité enfantine et sans portée pratique. Cependant, à l’usage on reconnaît qu’il peut rendre des services, surtout aux personnes fortes et obèses.
- Il se compose d’un support muni de trois marchepieds à hau-
- Ajipareil utile.
- teurs graduées ; il est en fer forgé et de grande solidité. 11 sert à poser et à maintenir le pied pour lacer, délacer, boutonner, ou déboutonner les chaussures. Pour celte opération, on se sert en général du bord d’une chaise, d’un fauteuil ou d’un canapé. 11 sert encore comme tire-bottes, il est muni d’un chausse-pieds, d’un tire-boutons en acier. — L’appareil « l’utilitas » se trouve chez M. Renaut, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- Le bal ëleet-ique des pygmées. —- Ce jouet est réellement intéressant et neénieux; comme le montre la figure
- \_____ „ _•
- Bal électrique des pygmées.
- Eu haut, schéma ; à lu partie inferieure, vue d’ensemble,
- ci-jointe, à la partie inférieure, sur une plaque de tôle se trouvent une série de ^petits bonshommes montés sur des
- 1 La description des appareds est'gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère^ aux^annonces.
- petites tiges. Ils dansent si nous avons eu soin de relier les fils d’une pile aux deux bornes placées sur le devant d’une boîte. A droite, sur le côté, on aperçoit une petite manivelle qui met en jeu une boîte à musique intérieure. Sur le devant à gauche se trouve un interrupteur. La plaque de tôle A B est fixée au centre O sur un support isolant S. Au-dessous d’elle se trouve un petit électro-aimant E dont un fil est relié en O et l’autre relié à un pôle de la pile P. Le fil partant du deuxième pôle arrive en C où un interrupteur peut fermer le circuit; il passe ensuite à une lame de cuivre T formant ressort et réglable à l’aide d’une vis. Cette lame porte un contact qui vient appuyer sur la plaque de tôle. On ferme le circuit et la lame A B se met aussitôt à vibrer. Par réglage de la vis T on arrive à obtenir des vibrations très nettes correspondant à un son déterminé, A ce moment les danseurs tournent sur la scène et exécutent une série de mouvements des plus réguliers et des plus amusants. — Le bal électrique des pygmées se trouve chez M. E. Guerre, électricien, 55, rue de Villiers, à Neuilly-sur-Seine (Seine).
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Poudre à arejentir pour le cuivre. — C’est un journal de spécialités, le Journal der Goldschmiede-Kunst, qui nous enseigne cette formule, du reste fort simple. On prend 50 grammes de tartre de chaudière, puis 13 grammes de cya*r nure de potassium, et 8 de nitrate d’argent : on les réduit par écrasement en une poudre très fine, et on conserve le tout mélangé dans un flacon bien bouché. Quand on veut argenter un objet en cuivre, on commence par bien le nettoyer, puis on trempe un bouchon de ouate dans de l’eau de manière à bien l’en saturer, on le plonge ensuite dans la poudre, et, avec cette ouate ainsi imprégnée, on frotte soigneusement la pièce à argenter. 11 n’y a plus aprts cela qu’à la laver à l’eau chaude, et à la faire sécher dans de la sciure de bois.
- Ciment pour le verre. — La formule nous en est donnée par notre excellent confrère le Praticien industriel. On mélange 8 parties de colophane finement pulvérisée, puis 4 de rouge anglais; on ajoute 2 parties de cire blanche, et on fait fondre en additionnant d’une partie seulement de térébenthine; il faut bien remuer, mais éviter et le contact du feu et même les projections de ce mélange dans le foyer sur lequel on fait fondre.
- Lotion pour les cheveux. — C’est tout à la fois une sorte de cosmétique et un fortifiant pour la chevelure, du moins à ce que nous affirme notre confrère américain National Drugyist. On fait tout simplement un mélange de 20 gouttes de wintergreen, de 35 d’huile essentielle d’amandes, d’une seule goutte d’essence de roses éthérée, de 50 gouttes d’essence de violettes, enfin de 50 de teinture de cantharides, et on ajoute au tout 100 grammes d’huile d’amandes ordinaire.
- Liquides à détacher. — La publication américaine Bulletin of Pharmacy recommande deux formules de liquides à détacher dont elle dit le plus grand bien. L’un est fait de 89 parties de benzol, de 10 d’éther acétique et d’une partie seulement d’essence de poire. L’autre est formé de 7 parties de saponine, de 130 d’eau, de 70 d’alcool, de 1788 de benzine et, enfin, de 5 d’essence de mirbane. . ‘
- Noir pour l’entretien des souliers. — Les cirages divers que l’on vend pour les chaussures, ont généralement l’inconvénient de rendre le cuir très cassant, tout en le faisant reluire, il est vrai, de façon remarquable : voici une formule qui semble donner de bons résultats pour l’entretien du cuir noir. On fait dissoudre 28 gr. de savon de Marseille dans 85 gr. d’eau additionnée de 200 gr. environ d’alcool ; on laissé macérer dans un endroit tiède en agitant fréquemment, puis on filtre finalement sur du coton. On procède de même pour une dissolution composée de 14 gr. de mastic, de 28 gr. de sandaraque et de 56 gr. de térébenthine de Venise, le tout dissous dans 250 gr. d’alcool. 11 ne reste plus ensuite qu’à dissoudre, dans 225 gr. d’alcool, 42 gr. d’aniline noire, et 105 de gomme laque en écailles. On mélange les trois solutions, on ajoute 56 gr. de glycérine, et on verse dans une bouteille à goulot large, où l’on puisera l’enduit pour l’étendre sur le cuir, au moyen d’une petite éponge fixée au bout d’uri fil de fer.
- Pour préparer une laque colorée. — Four obtenir une laque ou si l’on veut un vernis coloré on commence par faite une solution forte d’une matière colorante soluble dans de l’alcool de méthylène, les matières qui répondent à ce désidé-
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- îvitum étant notamment la cochenille, le safran, les couleurs d’aniline, etc. On filtre à travers une batiste fine, et à la solution ainsi filtrée, on ajoute de la gomme laque brune en écailles et réduite en petits morceaux : la proportion que l’on en emploie est de 150 grammes environ pour chaque demi-litre d’alcool. On laisse en contact durant huit jours, mais en secouant le récipient et son contenu une fois par jour, et si l’on s’aperçoit que la teinte n’est pas ce qu’on désire, on peut ou bien additionner d’une plus grande quantité de laque, ou au contraire ajouter de l’alcool. Au point de vue du mode
- d’emploi de ce vernis, nous dirons qu’il est préférable de l’appliquer dans une pièce chaude, que de plus, les objets que l’on veut couvrir doivent être absolument exempts de graisse, ou même d’humidité, et avoir été un peu chauffés préalablement. 11 vaut mieux appliquer plusieurs couches successives de vernis clair, en laissant bien sécher chaque couche avant que d’en passer une autre. On se trouvera bien d’appliquer avec une brosse en poil de chameau un peu petite, et quand le laquage est terminé, on passe l’objet devant un feu ardent, mais quelques instants seulement.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A. 9. ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES {
- Lundi i février. . . 1”,0 N. W. 2. Couvert. 4,0 Nuag. de 17 à 19 h.; couv. avant et après; pluie et neige à diverses reprises ; brouillard à 12 et 13 h.
- Mardi 5 0”,3 S. 3. Couvert. 2.8 Couvert ; pluie et neige la moitié du temps.
- Mercredi 6 — 0",1 N. N. W. 4. Couvert. 5,6 Couv. ; petite neige de 16 à 17 h.
- Jeudi 7 -3%1 N W. 2. Beau. 0,0 Nuag. jusqu’à 18 h. ; beau ensuite.
- Vendredi 8 — 6”,8 N. 1. Couvert. 0,0 Couv. à 7-8 h. et après 17 li.; couv. le reste du temps; brouillard jusqu’à 9 h.
- Samedi 9 —1”,8 S. 1 Couvert. 0,0 Eclaircies de 15 à 17 h. ; couv. avant et après.
- Dimanche 10 ... , — 0”,4 S.'S. W. 1. Couvert. 0,0 Beau de 18 à 23 h. ; couv. le reste du temps ; petit brouill. de 10 à 13 h., revient à 24 h.
- FÉVRIER 1901. — SEMAINE DU LUNDI 4 AU DIMANCHE 10 FÉVRIER.
- ! ni., i Mardi M<rcredi i Jeuui i Vendredi San edi | Dimanche
- • La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inferieures, la direction du vent. Les courues du milieu indiquent.^ courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- ïiCS pluies sur le globe. — D'une moyenne établie par les Observatoires, il résulte que le pays où il pleut le plus est l’Amérique du Sud, qui reçoit chaque année 1670 millimètres d’eau.
- Après elle, l’Afrique en absorbe 825 millimètres, l’Amérique du Nord 730, l’Europe 730, l’Asie 533 et l’Australie 520.
- On a calculé que l’océan Atlantique, en y comprenant la Méditerranée et la Baltique, absorbe chaque année en moyenne 57 000000 de mètres cubes d’eau, tandis que l’océan Dacitique s’en approprie 2000J000, l’océan Indien 18 000 000 et l’océan Glacial 9 000 000.
- La pluie et les neiges réunies donneraient à toute la surface terrestre 122 000 millions de mètres cubes. Sur cette énorme quantité d’eau, 25000 millions s’écouleraient à la mer par les rivières.
- Il faudrait 45 000 ans, avec les seules eaux fournies par les rivières, pour remplir les océans.
- IiS record de 1» pluie. — Le 20 mars 1868, on a recueilli à Molitg (Pyrénées-Orientales, non loin de Perpignan), à l’altitude de 488 mètres, 313 millimètres d’eau en une heure et demie, soit 208 millimètres d’eau par heure. Cette observation est citée par M. Hellmann, de l’Institut météorologique de Berlin, dans son mémoire : Die Regenver hdltnisse (1er Ibcrische.n Halbinsel.
- Le record de la Itoutcur barométrique. — Suivant une note publiée par M. Wœikof, dans Meteorologische Zeitschrift, le maximum barométrique observé jusqu’à ce jour sur notre globe a été 808"'",7 (après
- réduction à 0° et au niveau de la mer) le 23 janvier 1900 à Barnaoul, gouvernement de Tomsk (Sibérie occidentale). Altitude 170 mètres. En 1896, on avait noté 808”"“,4 à Irkoutsk.
- A Bruxelles, la plus grande hauteur barométrique observée depuis la fondation de l'Observatoire a été 786”““,7 (après réduction à 0° et au niveau de la mer) le 17 janvier 1882.
- La neige. — A la date du 7 février, la quantité de neige tombée en Lozère était telle que la couche dépassait, dans la partie nord du département, un mètre et que la circulation était suspendue. En outre, la tempête qui a souillé continuellement sur ces hauteurs a formé des massifs énormes dans les bas-fonds. Divers petits villages accrochés aux flancs de la Mar-geride ont été presque ensevelis sous l’énorme masse des neiges, enlevées par les vents des sommets et accumulées autour des chaumières, le plus souvent à un seul étage. Des habitants ont été obligés de creuser un passage sous la neige pour sortir; d'autres, dont le toit émerge encore, sortaient par la lucarne. A Arras, la neige est tombée en grande abondance depuis le 5 février, dans tout le Pas-de-Calais, et principalement aux environs de Saint-Pol. Les communications étaient très difficiles. Les trains n'ont pu être mis en marche dans la matinée du 6 février ou ont subi des retards considérables ; ailleurs, ils sont restés en détresse. C’est ainsi qu’à Diéval, sur la ligne de Bully-Grenay, à Saint-Pol, deux locomotives de secours, envoyées successivement pour dégager un train, ont eu leurs essieux rompus ; la ligne est restée bloquée. Les orages ont été généraux dans le sud de la France ; il est tombé à Pau une couche de plus de 20 centimètres de neige. Les montagnes son! blanches. A Paris temps sec et gelées nocturnes.
- PHASES DE LA LUNE : Néant.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs an numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Le 16 février dernier, il y aura eu exactement 431 ans «que furent faits en France les premiers essais de poste publique. <”est, en ctîet, le 16 février 1470 que le roi Louis XI créa un service postal... quia fait certains progrès depuis le quinzième siècle. La petite et lourde voiture de jadis a été remplacée de nos jours -par les chemins de fer, le télégraphe, le téléphone, la bicyclette, l'automobile. Et l’avenir ménage encore des surprises.
- —®— A. la réunion du Comité scientifique de l’Aéro-Club qui *Vst tenue sous la présidence de M. Cailletet, de l’Institut, le comte de La Yaulx a exposé un plan de voyage au-dessus de la Méditerranée, avec un aérostat de 3000 mètres cubes, gontlé avec du gaz hydro-•gène et monté par quatre ou cinq aéronaues. Ce voyage, qui durera plusieurs jours, aura Heu à la fin du printemps ou au commence-Snent de l’été 1901. L’aérostat sera pourvu d’un guide-rope qui restera constamment immergé dans la mer et permettra d’étudier les différents moyens de déviation exécutés ou proposés jusqu’à ce jour.
- —ü>— Une nouvelle Exposition, relative au tir des canons contre la grêle, vient de s’ouvrir à Rome. La protection des vignobles contre la grêle préoeeupe beaucoup les Italiens. Le Roi a été visiter l’Exposition.
- —Le froid qui a été rigoureux dans le centre de l’Europe l’a été tout autant aux Etats-Unis. Le port de A’ew-York est rempli de glaçons flottants qui s’entassent le long des quais rendant la navigation pénible. Plus de 200 bateaux ont été pris dans les glaces. Il n’est pas jusqu’aux grands paquebots transatlantiques qui n’aient été condamnés à l’immobilité. La température s’est maintenue plusieurs jours à 12° au-dessous de zéro.
- —®— La neige est tombée en abondance dans la semaine du Il au 17 février. A Marseille, le 15 février, dans la nuit, la neige est tombée à gros flocons sur toute la région environnante. Le froid a été extrêmement rigoureux. A Rriançon, pendant plusieurs jours, un froid glacial s’est fait sentir dans la région. Le thermomètre, après avoir oscillé entre 12 et 14° au-dessous de zézo, est descendu dans la nuit du 14 au 15 à — 18° à Rriançon, — 21° à la gare et — 24 à 28° aux forts supérieurs qui entourent la place. A Rodez, une épaisse couche de neige a atteint jusqu’à 1 mètre dans les parties montagneuses du département. La plupart des courriers ne circulaient plus en voiture dans l’arrondissement d’Espalion. Ils ont fait leur service à cheval avec beaucoup de peine et de très grandes difficultés. Le village de Lacam, où est installé un bureau de poste, est resté privé de toute communication pendant cinq jours. A Mende, pendant huit jours, une forte bise a soufflé, soulevant des tempêtes de neige vraiment extraordinaires. Le froid a été si vif qu’il a été presque impossible de stationner à l’extérieur. Tous les aliments ont été gelés et, dans certains villages, les paysans ont été obligés de couvrir leurs bestiaux avec des couvertures et même de faire du feu dans les étables. Tous les cours d’eau étaient gelés. Plusieurs personnes ont été frappées de congestion. Le thermomètre est descendu jusqu’à 25° au-dessous de zéro. Depuis de longues années, on n’avait vu un froid si brusque et si vif. A Relfort et à Remire-mont, le thermomètre a atteint —20°, à Rupt il est descendu jusqu’à —22°. Le 17 février, le Rhône était complètement gelé. La neige est tombée dans toute la campagne aux environs de Ya-lencv-sur-Ithône. La neige est tombée également à Alger, ce qui ne s’était pas produit depuis dix ans environ. Le même fait s’est produit à Madrid, à Murcie et à Palma (Majorque).
- —S)— L’observatoire de Trieste a constaté, le 16 février, à neuf heures du soir, une secousse assez forte de tremblemeut de terre
- dans la direction Nord-Xord-Ouest. Le même jour, à Laibach, il s’est produit également une secousse qui n’a causé aucun dégât.
- —$— Il se présente une nouvelle question qui est pleine d'intérêt ; c’est la question du mouillage des haricots. Le préfet de police de Paris a récemment, en effet, adressé aux commissariats de police de la Seine une affiche interdisant de vendre des haricots trempés. L’arrêté du préfet est pris en conformité d’un avis donné par le Comité consultatif d’hvgiène de France. Le mouillage o* trempage des haricots a pour but de leur donner l’apparence des haricots frais. Mais au point de vue hygiénique ce mouillage a des inconvénients. Dès 1888, le Conseil d'hygiène publique de la Seine fut saisi de la question, et M. Planchon, ancien directeur de l’Ecole de pharmacie, déposa un rapport documenté sur ce sujet. Le trem* page des haricots amène le développement de la radicule par suite d’un commencement de germination : des changements chimiques s’opèrent, de ce fait, dans les cotylédons : la diastase agissant sur les grains d'amidon les transforme en dextrine, en maltose, et finalement en glucose, et les matières azotées elles-mêmes subissent des transformations. De là, production d’albumine végétale, d’asparagine, et autres produits sinon dangereux, du moins suspects au point de vue de l’hygiène. II y a plus à redouter encore. En examinant de près les haricots trempés, on les trouve souvent colorés en vert foncé au-dessous des enveloppes de la graine. Cette coloration est caractéristique de la présence d’un fâcheux petit champignon microscopique le pénicillium glaucum Link. On craint, qu’introduit dans le sang des consommateurs, par une voie quelconque, ce champignon ne produise une maladie de peau analogue au psoriasis, herpès, pityriasis, squamosus, furfuraccus, vésicules,, démangeaisons, sécrétions, croûtes!
- —8>— U est intéressant, surtout à cette époque de l’année, de déterminer la quantité de combustible nécessaire pour le chauffage d'un local; la Revue technique de Varsovie a publié à ce sujet quelques renseignements. La perte de chaleur a’un local donné, perte que doit compenser le chauffage, ne dépend pas du volume de la pièce, mais de la différence de température de l’air à l’extérieur et à l’intérieur, et de l’importance des surfaces de refroidissement : murs extérieurs, portes, fenêtres, etc. La différence de température entre l’intérieur et l’extérieur peut s’estimer en prenant la moyenne des températures de l’hiver dans la localité considérée et en la comparant à la température que l’on veut maintenir à l’intérieur. Quant aux pertes de chaleur elles dépendent de la. nature des surfaces de refroidissement; voici quelques chiffres : murs de 0m,60 d’épaisseur 1,00 calorie kg-degré par heure et par mètre carré; murs 0m,45 d’épaisseur 1,20; planchers 1 ,**0; plafonds 0,60; fenêtres simples 4,00; fenêtres doubles 2,20. D’autre part, la quantité de calories fournie par 1 kilogramme des divers combustibles est la suivante : bois 2800 calories kg-degré ; houille 6000 à 7700 calories ; coke 7400 calories. Il faut augmenter de 20 pour 100 le nombre de calories à obtenir, afin de tenir compte^ies pertes dues à ce que les fenêtres et les portes ne ferment jamais ” hermétiquement, et réduire d’autre part à 05 pour 100 en moyenne ja quantité de chaleur produite, afin de tenir compte des pertes des appareils de chauffage; dans le cas de cheminées au bois le coefficient d'utilisation est encore inférieur. Ces différents éléments permettent de se rendre compte de la quantité de combustible nécessaire pour chauffer un local déterminé.
- —g)— La production du platine dans l’Oural représente chaque année une somme beaucoup plus considérable qu’on ne pourrait le croire au premier abord. L’extraction y oscille entre 360 et 380 pondes (de 16 kg), et l’on sait que le prix de ce platine, qui est déjà fort élevé, vient encore de monter récemment. A elles seules, les mines de platine du comte Shevaloff fournissent le tiers de cette production.
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- NOUVELLES SCIEMIFIÇUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du Journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Jumelles aplanétiques Champigny, maison Bardou, 55, rue Caulaincourt. — Viseur à micromètre, M. Morin, constructeur, 3, rue Bour-sault, à Paris.
- Communications. — M. le Dr Manuel S. Iglesias, à Vera-Cruz, nous écrit : « Dans les Nouvelles scientifiques du n° 1437, du 8 décembre 1900, vous dites que dans un ouvrage qu’il vient de consacrer au Guatemala et aux anciens monuments de l’Amérique centrale, M. Alfred Mandslay donne des nouveaux détails sur la pyramide de Papantla. Je crois bien faire en vous indiquant une rectification géographique; la pyramide de Papantla n’est pas dans le Guatemala ni dans l’Amérique centrale, elle est située dans le canton de Papantla à 20 ou 25 kilomètres de la ville du même nom, vers le S.-O. et par 20° 25" latitude nord. Cette ville appartient à l’Etat de Vera-Cruz qui est un de ceux qui forment la république mexicaine et ne se trouve pas dans l’Amérique centrale, mais dans l’Amérique du Nord, immédiatement au sud des Etats-Unis.
- M. Ed. Liesegaug, à Düsseldorf, à propos de la lettre que M. G. Baillot nous a adressée au sujet du papier photographique Pan (Communications du n° 1443 du 19 janvier 1901), nous a renvoyé des échantillons de ce papier et il nous écrit : « Nous déclarons que le nouveau papier Pan n’est pas du tout une. imitation de ces papiers qui, déjà connus depuis quinze ans, permettent des tonalités variant du noir foncé au sépia clair, mais qu’il en est, au contraire, une amélioration parce qu’on obtient aussi des tonalités jaunes, rouges, brunes, vertes, etc., tonalités qu’il n’y avait pas moyen d’obtenir avec les autres papiers. Nous avons déjà expédié à M. G. Baillot quelques échantillons de notre papier Pan pour lui donner une occasion de l’examiner et de constater lui-méme la vérité de nos déclarations. »
- M. H. Meunier, à Marly-le-Roi, nous écrit : « Je vais vous signaler aujourd’hui encore un fait curieux ayant trait à un chat et à un jeune chien. Voici les faits : Je possède depuis deux ans environ un jeune chien que j’ai recueilli et dont j’ignore la race; ce chien a pris en amitié un chat qui a six ou huit mois; le chien et le chat ont toujours fait bon ménage ensemble. 11 y a quelques jours, le chat soit en se battant, soit qu’il ait été pris dans un piège duquel il a pu s’échapper, rentre à la maison avec une plaie au cou entre les deux épaules, longue de 5 centimètres environ, mais peu profonde, les poils ayant dû rester seuls pris au piège; comme le chat est très camarade avec le petit chien en question, aussitôt de retour auprès de son ami il commence par se frotter contre lui comme à l’ordinaire pour lui dire bonjour mais en ayant l’air de vouloir lui montrer quelque chose, particulièrement à son cou. Le chien aperçoit la plaie sur les bords de laquelle les poils sont collés, aussitôt il se met en devoir de décoller les poils avec sa langue et ses dents de devant et ensuite il lèche la plaie. Depuis ce jour-là tous les matins et, du reste, chaque fuis que l’occasion s’en présente, ils se mettent tous les deux près du feu et le chien, depuis quelques jours, fait suivre le meme traitement à son camarade ; il faut supposer que la salive du chien cautérise la plaie, car depuis deux ou trois jours la plaie se sèche et n’est plus rouge du tout. »
- M. A. Delamarre, ingénieur civil, à Boisemont (Eure), nous envoie la note suivante sur un Concours de fusils de chasse :
- « Un comité vient de se former, ayant à sa tête les notabilités les plus autorisées en matière d’armes et de chasse, comme MM. le Dr Luc Arbel, Béjot, Boulet, de Conninck, baron Gour-gaud, G. Legrand, comte de Montai, vicomte de Villebois-Ma-reuil, etc., etc., dans le but d’organiser des concours de fusils de chasse internationaux, auxquels seraient invités tous les armuriers et fabricants. Le but de ces concours est de rechercher les règles, encore bien peu précises, qui doivent présider à la confection d’un fusil, c’est-à-dire, en somme, de permettre d’élaborer une théorie du fusil de chasse. La question me paraît, à priori, bien délicate pour être aussi facilement résolue.
- Il est à remarquer, tout d’abord, que le cachet des armes-n’aura évidemment point à entrer en ligne de compte ; seuls* quelques perfectionnements de détail, comme les systèmes de fermeture, par exemple, pourront être pris en considération. Mais si l’on veut, avant tout, établir les règles fondamentales-qui constitueront le code de la construction, on sera amené 5 n’étudier exclusivement que le tir, et le concours sera surtout organisé pour les canoniers. Or, je me demande quelles déductions on pourra tirer de ce fait que les canons de X... ont fourni une portée supérieure, une meilleure pénétration ou un groupement plus régulier que les canons de Y...? Car il ne faut point se dissimuler que les canoniers se garderont bien de fournir les renseignements indispensables, comme, par exemple, la nature du métal employé, le travail qu’on lui » fait subir, etc., toutes choses qui constituent ses secrets du fabrication !
- En dehors de ces facteurs « techniques », il y a les facteurs « pratiques » ou « d’usage ». L’un des plus importants est 1» confection de la cartouche. On ne peut songer à imposer à> tous des cartouches identiques, car tel fusil, par exemple-, qui se comporte très bien avec des charges déterminées de poudre et de plomb, donne de mauvais résultats avec des charge» supérieures. Mais alors?... Comment tirer des expériences, desconclusions sérieuses?
- Je crains que le Comité qui a décidé ces concours n’ait oint mesuré les difficultés qui vont se présenter très nom-reuses. Les facteurs qui influent sur le tir d’un fusil de chasse sont bien différents de ceux que l’on rencontre dans le fusil de guerre : nature des canons, travail de préparation subi par le métal, longueur de ces canons, forage, charge de poudre, de plomb, nature des bourres, etc., etc., sont autant de causes intimement liées, qu’il sera souvent impossible de séparer les unes des autres, les facteurs correspondants seront donc bien difficiles à déterminer exactement.
- Mais je me garderai bien cependant de porter, à l’avance, un jugement qui serait peut-être bien téméraire ; je préfère attendre le résultat des premiers concours qui doivent commencer bientôt; je pourrai alors les critiquer en connaissance de cause et en m’appuyant sur des bases mieux définies, en même temps que je tiendrai au courant les lecteurs de La Nature de ce projet qui intéresse déjà très vivement le monde cynégétique et scientifique. »
- Renseignements. — M. Ch. Welinch, à Calais. — Nous ne pouvons nous occuper de ces questions ; tous nos regrets.
- M. P. S., à Bas Port. — Il faut désinfecter les vêtements et meubles; car cette odeur est pénétrante.
- M. Robert Méeus, à Copenhague. — 1° Pas d’adresse spéciale. — 2° Ces renseignements n’ont pas été donnés.
- M. J.-B. Clemenli, à Yicence : — 1° Glacière Schaller, 352, rue Saint-Honoré, à Paris; — 2° Nous n’avons pas compris votre deuxième question.
- M. Désiré Cattel, à Paris. — Il faudrait vous adresser à la Société française de navigation aérienne, 75, rue d’Amsterdam.
- M. F. Ramlot, à Bruxelles. — Maison Cristallos, 67, boulevard Beaumarchais, à Paris.
- M. Demiautte, à Saint-Léger. — La succursale de Paris, 54, rue Blanche de la maison G. Etcheverry, nous informe qu’elle se charge également de l’installation de transporteurs aériens par câbles.
- M. E. Costinesco, à Bucarest. — Nous n’avons pas l’adresse du fabricant.
- M. A. Ransin, à Brest. — 1° Nous n’en connaissons pas; — 2° Voyez à la librairie Dunod, 49, quai des Grands-Augus-tins ; — 5° Nous pensons que oui ; adressez-vous à la librairie Masson et Ci8.
- Voir la suite de la [Boite aux lettres page 3* des Nouvelles scientifiques.
- Dan* la « Boite aux lettres • la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- BOITE AUX LETTRES {Suite)
- M. B. Prévost, à Paris. — Au sujet de votre demande relative à la greffe du genêt arborescent, nous avons consulté M. J. Poisson, Péminent botaniste du Muséum, qui nous a donné les renseignements suivants : Il ne croit pas l’entreprise réalisable. C’est également l’opinion de M. le Dr Barnet, qui a vécu de longues années en Alpes-Maritimes avec Thuret dont il était le collaborateur. Le genêt dont il est parlé est probablement le Spartium junceum, ou genêt d’Espagne, car il y a plusieurs genêts en Provence et rien n’indique auquel on a affaire. — Quoi qu’il en soit il ne faut pas songer à greffer les genêts qui abondent. D’abord ceux-ci ont le bois très dur; il faudrait les greffer jeunes et on ne pourrait greffer que d’autres genêts ou des cytises. D'ailleurs si les essences feuillues sont rares dans ces bois arides, c’est que la sécheresse y est grande. Ce qu’il faudrait faire serait de demander avis à un pépiniériste de la région qui peut-être donnerait des indications. Aurait-il en tête une ou deux espèces d’arbres à préconiser? c’est possible. Cependant connaissant un peu la région il engagerait à faire à titre d’essai l’expérience suivante: planter dans les déclivités, là où la sécheresse est le moins à redouter, quelques petits plants de caroubier, que l’on aurait élevés en pots, de semis. On les mettrait en place après avoir un peu défoncé le sol, et s’il le fallait on les arroserait en temps très sec, pour aider à la reprise, pendant les deux premières années. Le feuillage du caroubier est copieux et c’est une espèce qui s’est introduite dans certains points du Var et des Alpes-Maritimes, ce n’est donc pas une inconnue pour la région.
- M. Manuel de Yrureta-Goyenà, à Séville. — L’adresse de la Compagnie a été donnée en tête de la Boîte aux Lettres du n“ 1442 du 12 janvier 1901.
- M. P. Gosset, à Alger; M. G. Chauveau, à Bordeaux. — Nous publierons prochainement un article sur ces appareils.
- M. E. de Llamas, à Paris. — 1° Géologie pratique et Petit dictionnaire technique, par L. de Launay, à la librairie A.Colin, 5, rue de Mézières; — 2° Minéralogie de la France et des colonies,par Lacroix,à la librairie Bérenger, 15, rue des Saints-Pères.
- M. E. B., à Saragosse. — Vous trouverez ces recettes dans un ouvrage l'Email qui traite de l’émaillage sur métaux communs, à la librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. B. F., à X. — Il faut fabriquer soi-même cette pâte; le procédé est indiqué.
- M. J. Moreau, à Paris. — Nous ne croyons pas qu’il existe de semblables vernis; vous pourriez toutefois vous adressera la maison Bolloré-Sochnée, 19, rue des Fil!es-du-Calvaire, à Paris.
- M. R. Leroy, à Paris; M. A. Planchon, à Barcelone. — Nous avons indiqué le fabricant en tête de la Boîte aux Lettres du même numéro.
- M. H. Dejamme, à Arras. — Nous avons pris des renseignements aux chemins de fer du Nord ; il s’agit d’un essai qui n’a pas eu de suite.
- M. X., à Trubia. — Il faudrait vous renseigner au ministère de l’Instruction publique.
- M. E. Collet, à Carhaix. — 1° Cette montre ne se trouve plus dans le commerce; — 2° Nous n’avons pas l’adresse du fabricant; — 3° 11 faut consulter un numismate.
- M. A. B., à Mâcon. — On emploie généralement l’électro-mètre ; vous pourriez vous adresser à M. André, professeur à la Faculté des sciences de Lyon, ou au constructeur M. Carpentier, 20, rue Delambre, à Paris.
- M. Espinach, à Barcelone. — Nous n’avons pas l’adresse demandée pour transmettre votre lettre.
- M. L. Monnoyer, à Bruxelles. — Nous n’avons pas l’adresse en Amérique de la C“ Oil Weel Supply.
- L'abonné n° 1396, à Chaux-de-Fonds. — Nous ne connaissons aucune publication ou communication sur le moyen d’obtenir des couleurs combinées sur les métaux à l’aide du courant électrique.
- M. E. Ecoffey, à Paris. —Adressez-vous à l’auteur de l’article M. D. Bellet, 18, rue des Canus, à Maisons-Laffitte.
- M. Brunau, à Toulon. — Le procédé que vous indiquez ne donnerait aucun résultat.
- M. R. J. M., h New Orléans. — Il faudrait vous adresser à M. II. Hervé, directeur de la Revue de l’Aéronautique, 1, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. A. Bonnaud, à Paris. — II vous a été répondu dans la Boîte aux Lettres du n° 1447 du 16 février 1901-
- M. Edmond Salinier, au château d’Artifeld. — Le sorgho n’a été cultivé jusqu’ici que dans le midi; de nombreux essais ont été tentés pour l’acclimater au nord de la Loire. Nous ne connaissons pas d’application à la fabrication du papier.
- M. Guiraudet, à Paris. — Nous ne pouvons donner aucune opinion chaque fois que l’appareil, quel qu’il soit, n’est pas réalisé.
- M. Henry Patin, à Saint-Julien-lès-Mefz. — Consultez le Manuel pratique du monteur électricien à la librairie Bernard Tignol, 55 bis, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. le Dr L. Lucas, à Concarneau. — Nous n’avons pas la composition de ce métal.
- M. Matin y, à Cerisy. — Nous avons donné les formules des poudres phosphorescentes dans le petit livre des Recettes et Procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie.
- M. IL Sangeron, à Ismailia. — Nous ne pouvons vous communiquer que les adresses des fabricants de papiers au ferroprus-siate et héliographiques : MM. Aulanier et Cie, 13, rue Bonaparte,; Mme Yve F. Claude, 23, rue Dareau; MM. Leperche et Cie, 26, rue de Navarin; M. Yarry fils, 63 bis, rue de la Grange-aux-Belles, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Evffenoir, à Paris. Nous avons transmis votre lettre. — M. D. il., à Lyon. Nous vous conseillons de revoir la table des matières. — M. Giraut, à Lille. Il y a erreur dans vos calculs ; la puissance électrique est de 422 watls et non 361 comme vous l’indiquez. — M. G. II., à D; M. B. L., à Bordeaux, \oyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 2e série, à la librairie Masson et C‘e. — M. D. Lc-nart, à Nancy. Nous ne pouvons vous renseigner; tous nos regrets.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Mastic pour aquariums. — On a naturellement besoin pour lutter et rendre étanches les joints des glaces des aquariums, d’un mastic tenant bien et prenant rapidement : voici deux recettes à ce sujet. — Première recette. Prendre 6 parties de blanc d’Espagne, 3 de gypse, autant de sable blanc fin, puis la même quantité de litharge, et enfin 1 partie de résine pulvérisée finement; on travaille bien le tout avec vn bon vernis de manière à en former un mastic plastique et homogène. — Deuxième recette. Mélanger 2 parties de g'pse, autant de craie, puis la même quantité de litharge et enfin 1 partie de résine en poudre : on mêle avec de l’huile de lin bouillie, et on malaxe bien.
- Essence de Bichoff. — Cette mixture bizarre, qui est appréciée par bien des palais, se fait au moyen d’un mélange très compliqué de parfums et d’essences dont la publication allemande Neuseste Erfindungen donne comme suit la recette. — On prend 60 gr. de peaux vertes et bien fraîches d’oranges non mures, puis 180 gr. de peaux d’oranges telles qu’on les emploie pour préparer le curaçao; on ajoute ensuite 2 gr. de cannelle de Ceylan, 7sr,5 de girofle, Il de vanille, 4 gouttes d’essence de fleurs d’oranger, et enfin on jette tout cela dans 1800 gr. d’esprit-de-vin additionné de 720 gr. de vin de Hongrie. Le tout donne une essence d’un goût et d’une odeur fort agréables.
- Pâte à shampoing. — On sait que la pratique du shampoing pour le nettoyage de la chevelure s’est introduite, et avec raison, un peu partout : voici donc une formule qui peut être intéressante, puisque c’est celle de la pâte toute préparée qui sert à opérer le lavage en question. On se procure d’abord la chose essentielle : 112 gr. de savon blanc de Marseille, que l’on coupe ou plutôt que l’on râpe en copeaux. On le fait fondre au bain-marie dans une quantité double d’eau, et l’on y ajoute 28 gr. de carbonate de potasse. On retire du bain-marie et on laisse refroidir presque complètement, puis, tout en remuant bien, on verse dans le mélange 56 gr. de glycérine, 5 gouttes d'essence de lavande et 10 d’essence de bergamote : au besoin on peut augmenter la masse d’eau. D’ailleurs, on a la faculté de rendre la préparation moins active en diminuant la proportion de carbonate de potasse.
- Savon à la glycérine liquide. — On recommande tout simplement de faire dissoudre 40 parties de savon blanc à la potasse dans 50 de glycérine, puis on ajoute à la solution 10 parties d’esprit-de-vin.
- Pour désinfecter les water-closets. — Malgré les soins de propreté les plus minutieux, et toute l’eau qu’on y peut faire couler, il arrive assez souvent, surtout en été, que les water-closets laissent échapper une odeur particulièrement désa-réable (en même temps que malsaine) dans les appartements es grandes villes. Notre confrère, Seifensider Zeilung, vient de donner la recette d’une huile désinfectante pour lutter contre cet inconvénient. On fait chauffer dans un récipient en fer, et en brassant constamment, 250 parties de colophane et 750 d’huile lourde de goudron de houille ; comme de juste, il faut prendre garde aux inflammations inopinées. On jette le mélange dans les fosses, et généralement il suffit de deux kilos pour assurer une désinfection complète au moins durant un certain temps.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Le salicylate d’amyle.
- Les dérivés de l’acide salicyliqae, les sels composés à base de cet acide constituent les préparations thérapeutiques les lus efficaces contre les diverses manifestations du rhumatisme, e salicylate de soude à l’intérieur fait merveille dans les attaques de rhumatisme aigu; le salicylate de méthyle, en applications sur les jointures gonflées et douleureuses, amène en peu d’instants une détente très notable des douleurs. Ce dernier corps a un inconvénient, c’est son odeur forte, enipy-reumatique qui est souvent très mal tolérée par le malade et par son entourage. Si l’on en fait des applications un peu répétées, l’appartement garde assez longtemps cette odeur.
- MM. Doyon etLyonnetont conseillé une nouvelle préparation salicylée, l’amylénol ou éther amylsalicylique. C’est un dérivé
- salicylé de l’alcool amylique, un salicylate d’amyle qui s’obtient par l’action du chlore sur une solution saturée d’acide salicy-lique dans l’alcool amylique et forme un liquide incolore à odeur douce rappelant celle du salol ou de l’orange mandarine.
- Les propriétés thérapeutiques sont identiques à celles du salicylate de méthyle et il faut l’employer de la même manière. On verse sur un carré de gaze fine suffisant pour envelopper la partie malade, deux à trois grammes de salicylate d’amyle ; on étend la gaze qu’on recouvre rapidement d’un carré égal de taffetas chiffon ou de toile caoutchoutée. On roule par dessus une forte couche d’ouate qu’on maintient avec une bande. En quelques heures, les douleurs si pénibles s’atténuent, disparaissent et la tuméfaction diminue en même temps. La pénétration du médicament se fait très bien par la peau, car en peu de temps, on peut constater le réaction caractéristique dans l’urine. Le seul avantage sur le salicylate de méthyle, mais il est appréciable, c’est l’absence d’odeur désagréable.
- Dr X.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES OU MATIN TUERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9. ÉTAT DD CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 11 février . . — 0%8 S. 2. Couvert. 0,0 Couvert jusqu’à 15 h. ; beau après 18 h. ; brouill. jusqu’à 10 h. ; grêle et bruine le matin.
- Mardi 12 — 5",5 N. N. E. 1. Beau. 0,3 Beau jusqu’à 9 h.; nuag. ensuite; brouill. dans la matinée.
- Mercredi 13 ... . — 0*,1 W. N. W. 2. Couvert. 0,0 Nuag. jusqu’à 19 h. ; beau ensuite ; neige à diverses repr. avec du gré-il.
- Jeudi 14 —10*,8 N. N. E. 3. Beau. 0,5 Peu nuag. de 14 à 16 h. à 21 h. Couvert ensuite ; beau le reste du temps.
- Vendredi la ... . — 6*,6 N. 3. Couvert. 0,0 Nuag. le matin ; beau le soir; petite neige le matin.
- Samedi 16 -9%2 S. VV. 2. Peu nuageux. 0,0 Beau à 1 h. ; nuag. de 7 à 17 h. ; couv. le reste du temps; neige dans la soirée.
- Dimanche 17 ... . 2*,0 N W. 2. Couvert. 0,5 Eclaircies ; neige et grésil à diverses reprises.
- FEVRIER 1901. - SEMAINE DU LUNDI 11 AU DIMANCHE 17 FÉVRIER.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10: les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites au Parc Saint-Raur en janvier 1901
- par M. E. Renou.
- Moyenne barométrique à midi 761"",07. Minimum 745”",30 le 31 à 6 heures du matin. Maximum 773”“,18 le 23 à 11 heures du matin.
- Moyennes thermométriques : des minimaO0,12; des maxima 5°,65; du mois 2°,89; vraie des 21 heures 2°,68. Minimum —11°,0 le 7. Maximum 11®, i le 23; moyenne des minima sur le sol —3°,55; minimum sur le sol —_ 14°,9 le 7. 11 y a eu 16 jours de gelée, dont 4 jours sans dégel. Plus 9 jours de gelée blanche.
- Ten-ion moyenne de la vapeur 4”",80; la moindre 1““,2 le 5 à 11 heures du soir ; la plus grande 8”",3 le 27 à midi.
- Humidité relative moyenne : 83; la moindre 36 le 29 à 2 heures du soir; la plus grande 100 en 10 jours.
- Pluie 30””,2 en 73 heures, réparties en 14 jours; presque tout du 25 au
- 29 : sans pluie notable, 4 jours de neige insignifiante, grêle les 26 et 29, cette dernière, assez abondante, est tombée vers 3 heures du matin.
- Nébulosité moyenne 62. Il y a eu 8 jours de brouillard, celui du 12 atteint une épaisseur de 30 mètres. La transparence atmosphérique n’est que de 2 kilomètres le 21 dans la matinée.
- Il n’y a eu qu’un coup de vent très fort, de W.-S.-W. à W.-N.-W. dans la soirée du 27.
- Température moyenne de la Marne : le matin 3°,59; l'après-midi 3®,71 ; du mois 3°,65. Basse et claire tout le mois.
- Relativement aux moyennes normales, le mois de janvier 1901 présente les résultats suivants : Baromètre plus haut de 0““,42. Thermomètre plus haut de 0“,81. Tension de la vapeur égale. Humidité relative plus faible de 5. Nébulosité plus faible de 9. Pluie plus faible de 3"“,3.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 11 à 6 h. 21 m. du soir.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Suppléaient réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —g— Le 24 octobre 4901, l'Académie des sciences de Suède •célébrera, dans une séance extraordinaire, le troisième anniversaire •centennal de la mort de Tycho-Brahé, l’un des fondateurs de l'astronomie. A cette occasion, elle publiera un fac-similé de l’édition originale du célèbre ouvrage Astronomiæ instauratæ Mechanica, dont un excellent exemplaire est conservé dans la bibliothèque de cette Académie. On peut s’en procurer des reproductions en adressant la demande à M. Ilasselberg, membre de l’Académie des sjiences de Stockholm.
- —g— On vient de recevoir, à l’Observatoire de Paris, l’annonce de la découverte d’une nouvelle étoile située dans la constellation de Persée. Cette observation a été faite par le professeur Anderson, <le l’Observatoire d’Edimbourg. La découverte d’étoiles réellement nouvelles est un événement assez rare en astronomie. Il n’y en a pas paru depuis l’année 4885. Les plus célèbres sont celles de Tycho en 4572 et de Kepler en 4694. Mais il peut se faire que l’on prenne pour une étoile nouvelle une étoile déjà connue et ayant un éclat qu’on ne lui soupçonnait pas. La constellation de Persée où serait situé le nouvel astre est riche en étoiles variables parmi lesquelles on peut citer Algol ou la tête de Méduse, une des plus anciennement connues et des plus célèbres tant par l’amplitude de ses variations que par son éclat dans ses maxima. Il convient d’accepter la nouvelle sous certaines réserves.
- —g— Nous avons le regret d’apprendre la mort, au château de Montgrimont, à Fontaine-le-Bourg (Seine-Inférieure), de M. Ed. Delamarc-Beboutteville, ingénieur bien connu auquel on doit de belles recherches relatives à l’application du gaz d’éclairage aux moteurs. Il nous avait communiqué à La Nature, à plusieurs reprises, les résultats de ses travaux. En 1900, il était parvenu avec la Société Coekerill, à Seraing, à construire un moteur à gaz de 1000 chevaux en utilisant les gaz de hauts fourneaux pour la production de la force motrice. Nous avons décrit ce moteur qui a liguré à l’Exposition.
- —g— lîn accident vraiment lugubre dû aux émanations de l’oxyde de carbone s’est produit dans la nuit du 23 au 24 février, aux environs de Paris, à l’hospice de Saint-Antoine de Padoue, près de Noisy-le-Sec. Sept vieillards ont été trouvés asphyxiés dans leur lit. Le gaz assassin avait fdtré à travers les tuyaux d’un poêle allumé au milieu du dortoir. Sept victimes à la fois !
- —g— Le septième rapport de la station expérimentale d’agriculture du Wisconsin contient un mémoire important de MM. Russell et Hastings sur le degré thermique auquel se produit la destruction du bacille de la tuberculose. Les résultats généraux obtenus sont les suivants : 1° L’exposition du lait tuberculeux dans un appareil commercial à pasteuriser, bien hermétique, durant une période de dix minutes, détruit toujours le bacille de la tuberculose ainsi que le montrent les expériences d’inoculation; 2° si le lait est placé dans des conditions de nature à permettre la formation d’une pellicule à la surface, le bacille peut résister à l’action d’une température de 60° C. pendant un temps considérable ; 3° pour pasteuriser complètement le lait sans nuire à sa consistance ni à la production de crème, il faut le chauffer dans des appareils à pasteuriser bien clos, pendant au moins vingt minutes, à ti0° C.
- —g— Dernièrement, au Havre, a eu lieu avec plein succès, le lancement du contre-torpilleur d’escadre Siroco. Ce bâtiment, du type des 45 mètres, est muni de deux hélices actionnées par deux machines indépendantes. Mis à flot, le Siroco a été pris en remorque
- fiar une Abeille qui l’a entré dans le port, et il a pris place dans e bassin du commerce pour y compléter »on armement.
- —g— Depuis le 23 février a lieu, au Photo-Club de Paris, l’exposition des œuvres de M. F. Holland Day et de la nouvelle école
- américaine. Cette exposifion sera le complément de celle qui avait été consacrée aux principales artistes américaines et fournira des éléments intéressants pour l’étude du mouvement artistique de la photographie en Amérique. La fermeture est fixée au 40 mass.
- —g— M. H. J. Ilannover, reprenant du reste et modifiant quelque peu un procédé imaginé par M. Le Châtelier, recommande, pour obtenir de bonnes surfaces d’alliages mous en vue de l’étude métallographique microscopique, de faire des moulages sur feuilles de mica. On fait fondre l’alliage et on le verse sur une feuille de cette matière nouvellement clivée; on obtient même un meilleur résultat en chauffant la masse métallique, ainsi coulée et couverte de cyanure de potassium, et en pressant une autre feuille de mica sur cette masse fondante-
- —g—% M. Charvet, dans une étude sur les machines agricoles, a donné 'des chiffres intéressants sur le prix de revient du cheval-heure avec les moteurs animés, et les moteurs mécaniques. Avec l’homme, la force motrice coûte le plus cher. On admet, en effet, u’un ouvrier qui gagne 5fr,50 par jour peut exercer un effort moyen e 7 kg sur une manivelle de 0m,35 de rayon, et travailler huit heures à la vitesse de 30 tours par minute. Pour produire un cheval-heure dans ces conditions, la dépense sera de 4fr,26. Ce sera moins cher avec un bœuf, mais un bœuf n’est pas aussi économique dans son travail qu’un cheval : attelé à un manège de 4 mètres de rayon, un bœuf donnera un effort de 65 kg à une vitesse de 40 mètres par minute, durant huit heures, et si l’on compte sa journée à 5fr,50, finalement le prix du cheval-heure ressortira à lfr,43. Au contraire, avec un cheval de 500 kg travaillant dans les mêmes conditions, l’effort étant de 55 kg, à la vitesse de 55 mètres par minute, et le prix de la journée du cheval étant évalué à 4 francs, le cheval-heure ressortira à 0fr,97. Avec une machine à vapeur de six chevaux, et en supposant une exploitation agricole ui n’occuperait cette machine que 450 jours par an et à raison de ix heures par jour, ce qui répartit l’amortissement sur une durée de travail bien plus faible, on estime que le prix de revient du cheval-heure sera de 0fr,22. Evidemment, le moteur à pétrole, soit à essence, soit à huile lourde, est beaucoup plus commode de conduite; mais, eu égard surtout au prix élevé que les droits de douane forcent à payer le pétrole, le coût du cheval heure avec un moteur de cette sorte sera compris vraisembablemcnt entre 0fî,34 et 0tr,38, suivant que l’on recourra au pétrole proprement dit ou à l'essence. Le moulin à vent assure cette même production du cheval-heure dans des conditions bien plus économiques; le prix en est de 0tr,14, même en supposant un moulin de toutes petites dimensions d’une puissance inférieure à un cheval. Enfin le maximum d’économie est assuré par les moteurs hydrauliques : avec une roue hydraulique dont le prix d’établissement, avec la mâçonnerie, ne dépasse point 800 francs par cheval, le coût du cheval-heure ne sera que de 0fr,03 à 0,r,04, et les turbines fourniront la force motrice avec une dépense peut-être encore moindre.
- - g— Un ingénieur américain, M. Hulett, a imaginé, et a fait construire par les ateliers de la Compagnie Webster Camp and Lane, d’Akron (dans l’Ohio), un appareil intéressant pour la manutention et le déchargement des minerais. Il est constitué essentiellement par une sorte de pont métallique, roulant sur une voie ferrée établie au-dessus des voies où peuvent venir des wagons de chemins de fer, et le long même du quai où accostent les bateaux chargés de minerai. Sur la partie supérieure du pont, peut se déplacer un chariot qui porte un grand bras susceptible de s’abaissser au-dessus des panneaux de cale des bateaux. Ce bras est muni à son extrémité d’une benne à mâchoire qui, sous l’influence d’un mécanisme hydraulique, se ferme en se remplissant de minerai. Elle se relève ensuite et une oscillation convenable du grand bras l’amène au-dessus d’un wagon où elle descend et se décharge. Toutes les manœuvres se font au moyen de l’eau sous pression.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres ket après réception de la bande du Journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour tout ce qui concerne l’acide carbonique liquide, s’adresser à la Société la Carbonique Lyonnaise, 50, Grande-Rue Monplai-sir, à Lyon.
- Communications. — M. A. Gascard, pharmacien-chimiste à Bihorel-lès-Rouen, à propos d’une demande qui nous avait été faite de la composition de la poudre de lait, nous écrit que la poudre de lait s’obtient en ajoutant au lait une certaine quantité de bicarbonate de soude, en faisant évaporer ensuite la partie aqueuse et en additionnant le mélange de sucre. On porte alors dans une étuve chauffée jusqu’à obtention d’une » poudre qui est ultérieurement introduite dans un vase bien bouché. On peut consulter d’ailleurs à ce sujet l’officine de Dorvault, dernière édition. Tous nos remerciements à notre correspondant.
- M. E. Foubert, à Champignolles (Oise), nous envoie la note suivante sur les suites d’une expérience : « Les journaux d’agriculture se sont occupés depuis quelques années du semis des engrais en lignes. Cette manière de faire recommandée pour les plantes sarclées, et spécialement pour la culture de la betterave, surtout après le démariage, pour redonner à la jeune plante la vigueur nécessaire à sa pousse rapide à ce moment de sa végétation.
- Par cette idée, les constructeurs ont donné naissance à quelques semoirs semant soit indépendamment, soit en même temps l’engrais et la graine; nous avons le semoir Derome qui sème l’engrais un peu au-dessous du rayon de graine, semoir lourd et compliqué, ce qu’il faut éviter en agriculture; le semoir à nitrate à un ou plusieurs rangs, le semoir adapté sur le bâti de la bineuse, sarclant et donnant la nourriture à la plante; ce système mène généralement trois rangs. Tous les semoirs à engrais peuvent devenir semoirs sur rayons en leur adaptant une planche convenablement divisée.
- Cette manière de faire est-elle profitable au cultivateur? J’ai poursuivi cette expérience, elle ne me paraissait pas concluante; mais cette fois, les conditions climatériques en sont-elles causes? Mon expérience ne laisse rien à désirer.
- J’avais donc semé après démariage des betteraves, nitrates et superphosphates sur les lignes ; au début, ce travail m’avait paru faire un effet merveilleux, mes betteraves ayant une teinte plus foncée que les voisines qui avaient reçu l’engrais également après démariage, mais semé à la volée, c’est-à-dire même dans les interlignes.
- Mes betteraves récoltées, ma terre travaillée perpendiculairement aux rayons de betteraves, j’ai semé mon blé dans les conditions d’usage avec une petite dose d’engrais et toujours en coupant les anciens rangs de betteraves. R y a un mois et demi environ, je remarquais des barres dans mon blé, une barre très belle, une autre plus large, très inférieure, et ceci se suivant régulièrement sans interruption. Je retrouvais là tous mes rayons de betteraves marqués par mon engrais, quand dans la partie où l’engrais avait été semé à la volée, tout le blé était bien uniforme. Après ces quelques jours de gelée l’effet était encore plus saisissant. Comment se comportera cette pièce de blé jusqu’à la récolte? Nul ne le sait, mais pour mon compte, je ne reste plus convaincu des très bons résultats du semis des engrais en lignes.
- A priori, l’idée est excellente, on donne un supplément de vie à la plante avec une dépense plus minime, mais la récolte suivante laissera voir la partie faible du système et il sera presque impossible de faire la correction. »
- Renseignements. — M. R. Le Faisant, à Grandcamp-les-Bains. — On a déjà fait fonctionner des moteurs à gaz acétylène; mais il faut prendre de grandes précautions.
- M. Camille Minon, à Raismes. — Nous avons publié tous les renseignements que nous avons pu nous procurer.
- M. A. L., à Cognac. — Dès que nous aurons une recette telle que vous la demandez, nous nous empresserons de la faire connaître.
- M. G. de C., à Anvers. — Nous ne pouvons vous donner de réponse. '
- M. Daloz, à Bougie. — Nous n’avons pas l’adresse du constructeur de la turbine à air Neumann ; mais adressez-vous à la rédaction de YElektrotechnischer Anzeiger, à Berlin.
- M. Camille Magné, à la Flotte. — Dans les signaux maritimes, la lettre i a exactement le même signe que le mot erreur-, mais on reste plus longtemps les bras en l’air pour le mot erreur.
- M. Karsakoff, à Chailly-Lausanne. — Vous pourriez peut-être vous adresser à la Cio française du gramophone, 50, rue de Grammont, à Paris.
- M. P. Maubec, à Elbeuf. — Pour éviter les dégagements de chlore, il faudrait mettre de la chaux, et établir une grande ventilation.
- M: L. Vouvincq Reniez, à Bayenghem. — Nous n’avons pas d’autres renseignements sur cet effet de mirage.
- M. J. Moisy, à Nonancourt. — Veuillez vous adresser à l’auteur de l’article, 9, rue de Montenotte, à Paris.
- MM. Dechesne et Moreau, à Buenos-Aires. — Adressez-vous à la librairie Dunod, 49, quai des Grands Augustins, ou à la librairie agricole de la maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- M. À. Espina y Capo, à Madrid. — Nous avons transmis votre carte au constructeur, 119, rue de Montreuil, à Paris.
- M. Dumont, à Lyon. — Nous allons essayer de trouver l’adresse de M. Kieffer et nous lui transmettrons votre lettre.
- M. A. Bourdelet, à Villemomble. — Pour les maisons démontables, l’adresse du fabricant a été donnée en tête de la Boîte-aux-Lettres du n° 1445 du 2 février 1901.
- M. Ch. Camus, à Menton. — La chambre obscure portative . de M. le commandant Hardy est fabriquée par M. Lapierre, 58, quai Jemmapes, A Paris.
- Un abonné, à Arnay-le-Duc. — Comme l’indique notre réponse dans la Boîte-aux-Lettres du n° 1440 du 29 décembre 1900, il faut vous adresser à M. Louis Bonpain ; nous n’avons pas l’adresse de l’éditeur de ce journal.
- M. le Fte de Louvencourt, à Couin. — Pour tout ce qui concerne l’air liquide et ses applications, veuillez vous adresser à M. A. Desvignes, représentant de la Société Linde, 99, avénue de La Bourdonnais, à Paris.
- M. A. B. C., à Hongkong. — Vous ne trouverez pas toutes ces explications dans un seul ouvrage; il faudrait un Dictionnaire encyclopédique qui n’existe pas. Adressez-vous à la librairie Bérenger, 15, rue des Saints-Pères, à Paris.
- M. Garnier, à Paris. — Il existe un Dictionnaire usuel des sciences médicales par Dechambre, Mathias Duval et Lere-boullet, à la librairie Masson et Cie ; le prix est de 25 francs.
- . M. R. V., à Toulon. — Vous trouverez sur cette question des articles très documentés dans la Géographie, a la même librairie que ci-dessus.
- M. N. Van Beylem, à Anvers. — Remerciements pour votre communication.
- M. D. L., à Périgueux. — Par une lettre en date du 24 janvier, vous nous avez demandé la composition d’un savon à la glycérine liquide. Nous n’avons pu vous répondre de suite; mais nous vous avisons aujourd’hui qu’une formule de ce genre a été publiée dans les Recettes et Procédés utiles du n° 1448 du 25 février 19Q1.
- M. E. D., h L. — Extraits pour liqueurs : M. Béranger, 15, boulevard Saint-Germain; M. Ch. Sutter, 8, rue du Trésor, à Paris; M. G. Bourbonnais, à Marolles-en-Hurepoix (Seine-et-Oise); M. Pitolet, à Dampierre-sur-Solon (Haute-Saône).
- M. G. R., à V. — Nous n’avons pas eu d’autres renseignements sur cette découverte.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. R., à Lille. Nous avons déjà donné cette recette. — M. Levant, à Nîmes. Consultez une agence de brevets. — M. Durand, à Blois. Il serait préférable de remplacer entièrement la plaque de tôle. — M. G. R., à Paris; M. Lebar, à Nice; M. Pulcrand, à Paris. Voyez les Recettes et Procédés utiles, 4e série, à la librairie Masson et Cie. — M. Dubois, à Paris. Cette recette est donnée dans le même petit livre que ci-dessus, 5e série, à la même librairie. — M. G. L.,k Orléans. Remerciements'pour votre communication;
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES MENTIONS1
- NOTES PHOTOGRAPHIQUES
- Brocheur universel. — L’appareil que nous décrivons permet de réunir ensemble toutes les livraisons de La Nature par exemple, au fur et à mesure quelles arrivent chaque semaine. Un classeur ordinaire (n° 1) porte deux broches (n° 2), à la partie supérieure et inférieure. Sur le classeur ouvert, on place les feuilles à relier ouvertes également; de la main droite on introduit un fil dans l’ouverture de la joue de cuivre, toujours de gauche à droite. On exerce une faible
- 1
- Brocheur universel. — 1. Vue d’ensemble. — 2. Une broche.
- tension en faisant passer le fil sous la tête de la broche ; le fil rentre dans le brocheur en entourant la broche. On le fait glisser jusqu’à l’extrémité et les feuilles fermées sont retenues par le fil tendu entre les deux broches. — Le brocheur universel se trouve chez M.JS. Maitrugue, 52, rue de la Garenne. Courbevoie (Seine).
- Nouveau panier à salade. — Une salade, pour être bonne, doit être vigoureusement secouée afin d’en séparer complètement l’eau qui a servi pour la laver; mais cette opération est difficile à faire dans la cuisine pour tous les ménages qui n’ont pas à leur disposition un jardin à portée : on secoue
- mal, insuffisamment, on accroche le panier pour laisser couler l’eau pendant des heures entières, ou encore, la cuisinière secoue simplement lé panier par la fenêtre. Le remède à ces inconvénients est trouvé. C’est un panier ordinaire mis en rotation par un volant à poignée, agissant sur un petit pignon. Le mécanisme est muni d’une poignée qui permet de maintenir solidement le panier pendant l’opération. 11 suffit de placer la salade dans le panier et ce dernier dans un seau vide, puis de faire faire au volant neuf tours rapides pour que la salade la plus mouillée soit sèche en moins d’une minute. C’est là un petit ustensile de cuisine qui sera certainement bien apprécie. — Le nouveau panier essoreur se trouve chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, Paris.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Emploi des plaques voilées.
- Quand on a des plaques voilées pour une cause quelconque il est inutile d’essayer de les utiliser pour faire des clichés négatifs ; mais il ne faut pas pour cela les jeter.
- On peut les employer à faire des positifs par transparence. Pour cela on commence par les dépouiller du bromure en les passant à l’hyposulfite; quand elles sont devenues bien transparentes on les lave soigneusement pour les débarrasser de l’hyposulfite; il faut pour cela environ 20 minutes à l’eau courante, ou une heure en changeant l’eau 6 fois. Après quoi on peut les sensibiliser à nouveau, comme suit :
- On obtient des diapositives bleues en faisant la sensibilisation dans le bain suivant :
- I. — Citrate de fer ammoniacal vert. 50 grammes
- Eau...........................100 —
- IL — Ferricyanure de potassium 10 —
- Eau...........................100 —-
- On prépare séparément les solutions et on les mélange dans le laboratoire au moment de l’emploi.
- Les plaques y restent plongées environ 5 minutes, puis on les met sécher à l’obscurité. On les impressionne au châssis-presse ; il faut environ une demi-heure au soleil pour obtenir une bonne image avec un cliché vigoureux. Quand l’image est bien venue, on lave simplement la plaque à l’eau pure pendant 10 minutes et on laisse sécher. G. M.
- Report sur verre ou porcelaine.
- Nous trouvons dans la Gazette du photographe amateur ce procédé qui nous paraît intéressant pour reporter sur verre ou porcelaine une épreuve, tirée sur papier au chlorure, dit aris-totype. On étend une couche de gélatine bichromatée sur le verre, la porcelaine, ou tout autre support destiné à recevoir l’image. Cette solution se compose de 5 grammes de gélatine pure, 100 d’eau et 2 ou 3 grammes de bichromate de potasse. Après avoir étendu la coùche, on la laisse sécher et on l’expose à la lumière pour l’insolubiliser, puis on lave pour enlever l’excès de bichromate.
- Quant à l’épreuve elle est tirée comme d’habitude, mais plus vigoureuse si elle doit être vue par transparence sur verre que si elle est destinée à être vue par réflexion sur porcelaine. On la vire et on la fixe comme a’habitude, puis on la passe dans une solution de formol du commerce à 5 pour 100.
- On la transporte alors sur le support préparé et au moyen d’une raclette ou d’un rouleau de caoutchouc on la fait bien adhérer ; on la laisse sécher en la mettant sous presse protégée par du papier buvard. Quand le tout est sec, on le plonge d’abord cinq minutes dans l’eau froide, puis environ un quart d’heure dans l’eau à 80° C. On soulève alors le papier par un coin et l’image reste adhérente au support.
- G. M*
- Clichés surexposés.
- Dans le cas d’un cliché surexposé on voit le voile arriver dèb le commencement du développement et on arrête celui-ci avant que l’image soit complète. On a donc un cliché gris, sans vigueur. M. A. Schmidt a dernièrement indiqué le procédé suivant pour renforcer les clichés de cette nature.
- Après avoir bien lavé le cliché après son fixage, ou bien après l’avoir mouillé à l’eau pure s’il est déjà sec, on le plonge pendant 5 minutes dans un bain composé de
- Eau distillée. ..... 100 centimètres cubes.
- Azotate d’argent............ 5 grammes.
- Ensuite on tient la plaque par un coin et on verse dessus, d’un seul coup, du révélateur contenu dans un verre. 11 se produit un nouveau développement qui donne généralement un bon cliché. Mais si celui-ci n’est pas jugé assez vigoureux, il peut être renforcé en le passant dans un bain composé de
- A. — Alcool à 90. . . . 100 centimètres cubes.
- Acide pyrogallique. . 10 grammes.
- B. — Eau distillée ... 200 centimètres cubes.
- Azotate d’argent . . 4 grammes.
- Acide citrique. . . 2 grammes.
- Dans 25 centimètres cubes d’eau on met 1 centimètre cube de A et on ajoute 25 centimètres cubes de B ; le mélange ne se conserve pas, on le jette après utilisation et on ne le prépare qu’au moment de l’emploi. Dans cette solution on voit l’image se renforcer notablement, on fixe ensuite et on lave comme d’habitude. G. M.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- BIBLIOGRAPHIE
- Cours de botanique. Anatomie, physiologie, classification, applications agricoles, industrielles, médicales, morphologie expérimentale ; géographie botanique; paléontologie; historique, par MM. Gaston Bonnier, membre de l'Institut, et Leclerc du Sablon, professeur de botanique à l’Université de Toulouse. L’ouvrage paraîtra en 6 fascicules. Prix en souscription : 25 francs. 1er fascicule : 6 francs. Librairie Paul Dupont, 4, rue du Bouloi, Paris.
- La mécanique à /’Exposition de 1900, publié sous le patronage et la direction technique d’un comité de rédaction : M. IIaton de la Goopillière, président ; M. G. Richard, secrétaire. 15e livraison. L’artillerie à l’Exposition, par le Colo-
- nel X. 1 brochure in-4°. Paris. Vve Ch. Dunod, éditeur. 1900. Prix de la collection entière (20 livraisons) : 50 fr.
- La mécanique à VExposition de 1900. 6e livraison. Les Pompes, par M. R. Masse, ingénieur civil des mines. Paris. Vve Ch. Dunod. 1900.
- Agenda aide-mémoire des Arts et Métiers et des Ai'ts et Manufactures. 1901. J. Loubat et Cie, 15, boulevard Saint-Martin, Paris. Prix : 2 fr.
- Les phénomènes électriques et leurs applications. Etude historique, technique et économique des transformations de l’énergie électrique, par Henry Vivarez, expert près les Tribunaux. 1 vol. in-8°, cartonné. G. Carré et Naud, éditeurs, rue Racine. Paris. Prix : 15 francs.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU HATIN THERMOMETRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9. ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 18 février . . —1”,7 N. 3. Couvert. 0,7 Couv. jusqu’à 15 h. ; beau ensuite; bruineux.
- Mardi 19 — 8»,8 S. VV. 1. Éclaircies. 0,0 Quelques nuages jusqu’à 6 h. ; puis très nuag. ; couvert après midi ; très brum. ; petite neige à partir de 22 h.
- Mercredi 20 .-. . . — 2»,8 S. E. 1. Nuageux. 0,0 Très nuageux jusqu’à 16 h. ; beau ensuite; petite neige cesse après 4 h.
- Jeudi 21 — 9»,0 N. N. E. 2. Beau. 0,0 ^ Beau ; brumeux.
- Vendredi 22 ... . —10»,0 N. E. 0. Beau. 0,0 Très nuag. de 8 à 13 h. ; beau avant et après ; la Marne charrie de la glace légère ; brumeux.
- Samedi 23 — 9»,7 S. S. W. 1. Beau. 0,0 Beau le matin ; couv. le soir ; petit brouillard à 7 h ; très brumeux ensuite; la Marne charrie encore.
- Dimanche 21.... 1»,9 W. 1. Couvert. 0,0 Couv.; gelée bl.; brouill. le matin, de 100 m à 7-8 h.
- FEVRIER 1901. — SEMAINE DE LUNDI 18 AU DIMANCHE 24 FEVRIER.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de O à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes au milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre .à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- I, e froid. — Un froid vif n’a cessé de régner d'une manière générale eu France. Le 18 février, des neiges ont été signalées sur le centre et l’ouest du continent. En France, elles ont donné 45 mm d'eau au puy de Dôme, 15 au pic du Midi, 10 à Biarritz, 4 à Belfort, 1 à Paris. Le matin, le thermomètre marquait —21° à Moscou, —9° à Prague, —10° à Besançon, — 6° à Lyon, •+- 7° à Belmullet. On notait —11° au puy de Dôme, — 13°° au mont Aigoual; —21° au pic du Midi et —25° au mont Mounier.
- Le 19, en France, il a neigé à Dunkerque, Boulogne et Belfort.
- La température a baissé dans le sud du continent. Elle était le matin, de —18° à Prague, —12° à Berne, —9° à Paris, -+- 7° à Alger. On notait —15° au puy de Dôme, —16° au pic du Midi.
- J. e 20 février, la neige est tombée en faible quantité à Paris. A Cherbourg,
- le froid a été très vif ; la neige est tombée sans relâche, une couche épaisse couvrait la ville et les campagnes voisines.
- Le 21 février, des neiges et des pluies ont été signalées sur le centre, l’ouest et le sud de l’Europe. En France, on a recueilli 5 mm d'eau au mont Aigoual, 3 à Ouessant, 2 à Cherbourg. La température était le matin de —2i° à Lunéville, — 19° à Berne, — 16° à Breslau, — 15° à Charleville, — 13° à Clermont, — 7° à Toulouse, — 6° à Bordeaut, — 3® à Nice, -+-13° à Alger. Oq notait — 8° au puy de Dôme, —11° au pic du Midi, — 18° au mont Mounier et à Briançon.
- Le froid a été très vif partout en France. Dans la nuit du 20 au 21 le thermomètre a enregistre à Dijon à 2 heures du matin —16° et à 6 heures du matin — 14°. Dans plusieurs quartiers de Dijon, les bornes-fontaines ne fonctionnaient plus; le matin les conduites d’eau étaient gelées.
- Pendant quelques jours des pluies abondantes sont tombées en Tunisie. La neige est tombée dans des régions où on n’en avait pas vu depuis longtemps. La période de froid a pris lin le 24 février. Le thermomètre est monté à Paris à 7°.
- PHASES DE LA LUNE ; N. L. le 19 à 2 h. 54 m. du matin.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —g— Au dîner offert le 17 janvier à M. le professeur Marey par la Conférence Scientia, ses confrères, ses amis, scs élèves ont eu l'idée de lui offrir une médaille et ont constitué un Comité chargé de réaliser ce désir si chaudement accueilli de tous. Le Comité de souscription est formé de 3IM. d’Àrsonval, professeur au Collège de France; Brouardel, doyen de la Faculté de médecine ; Chauveau, membre de l’Académie des sciences, François-Franck, professeur suppléant au Collège de France; Hallion, membre de la Société de biologie; Labbé, membre de l’Académie de médecine; Henri de Parviile, président de la Conférence Scientia; Angclo Mosso, président du Congrès international des Physiologistes. Les souscriptions sont reçues jusqu’au 51 mars par M. P. Masson, trésorier, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- —g— M. le Dr Léon Vaillant, professeur au Muséum d’histoire -naturelle de Paris, dont on connaît les beaux travaux, vient d’être nommé « Foreign member » de la Société zoologique de Londres en remplacement de M. Alphonse Milne-Edwards. Ce choix fait honneur à M. L. Vaillant et à la science française, car le nombre <les membres étrangers est limité à vingt-cinq.
- —g— M. Albert Gaudry, membre de l'Institut, professeur de Paléontologie au Muséum, ouvrira son cours le 15 mars 1901 à trois heures et demie et le continuera les vendredi et mercredi à la même heure. Dans la première partie, le professeur traitera des applications de la théorie de l’évolution à la détermination des terrains. Dans la deuxième partie, M. Marcellin Boule, professeur intérimaire. fera l’histoire des animaux quaternaires.
- —g— Aotre savant collaborateur, M. E.-A. Martel, vient de fonder à la Sorbonne un cours de géographie souterraine (spéléologie). Ce cours a commencé le 5 mars et sera continué tous les mardis à quatre heures dans l’amphithéâtre de géologie avec nombreuses projections photographiques. Le programme est affiché à la Faculté des sciences et comporte l’étude des régions caverneuses de la f ranco. — Première région : de l’Océan à la Méditerranée (Poitou, Angoumois, Périgord, région des Gausses). — Charente : problème de la l'ouvre, pertes de la Tardoirc et du Bandiat, fosses de la Braconne, grottes du Quéroy et de Rancogne. — Dordogne : grottes de la Cole, caverne de Miremont, stations préhistoriques de la Yézèrc (les Evzies, etc.). — Causse du Sarladais et de Martel : les E vdzes et les Doux. — Lot : Causse de Gramat, les pertes (Roque de Cor, Réveillon, etc.), les igues. l’Ouvsse. Padirac, etc. — Causse de Limogne. — Aveyron : le Tindoul de la Yayssière et les résurgences de Salles-la-Source. — Causses de Sauvcterre, Méjean, jN’oir : les Avens (Hures, l’Aven Armand). — Grotte de Dargilan (Lozère).
- — Bramabiau (Gard). — Le Larzac : le Mas-Raynal, les Foux. — L’enfouissement des Gardons, la grotte de Trabuc (Recherches de M. Mazaurie). — Les gouffres de l’Hérault : Rabanel, Ranges, Sauve.
- — Grottes de Minerve, Saint-Pons, Sorèze. etc.
- —g— M. Ed. Perrier, directeur du Muséum d’histoire naturelle, a reçu dernièrement de la Guyane française, tout un lot de reptiles vivants tant ophidiens que sauriens, qui lui ont été envoyés par 31. Merwart, secrétaire général de cette colonie. Il y a un boa constrictor de taille moyenne, puis un lézard de très grande taille, marbré de jaune et de noir. Enfin, on trouve plusieurs spécimens des t/rages, serpents trigonocéphales (bothrops), extrêmement venimeux. Les grages pullulent dans les forêts et marécages de la Guyane en compagnie d’une foule d'autres reptiles à venin. Leur couleur brunâtre les rend peu visibles. On les a, à la 3Iénagerie du .Muséum, enfermés soigneusement dans des cages vitrées^ à travers lesquelles le public pourra les voir sans crainte.
- —g— On annonce de Lausanne que la Société du ballon dirigeable Zeppelin a été dissoute. D’autre part, de Genève, qu’un groupe de riches capitalistes ayant à sa tête le roi de 3Yurtemberg,
- a souscrit la somme d’un million de marcs pour permettre au comte Zeppelin de poursuivre ses essais.
- —g— On a commencé, à Berlin, la construction d’un immense aérostat dont le cubage est de 8400 mètres cubes. On l’a baptisé Berson, du nom de l’aéronaute qui, en octobre dernier, fit un voyage dans les airs jusqu’en Suède. La hauteur du Berson atteint 48 mètres; sa force ascensionnelle sera : gonflé au gaz d’éclairage : 6250 kg; gonflé à l’hydrogène : 12 500 kg.
- —g— Le concours général agricole de Paris, du ministère de l’Agriculture, a lieu cette année au grand palais des Champs-Elysées, du lundi 4 au mardi 12 mars.
- —g— Le dimanche 24 mars sera fait le recensement quinquennal de la population. Dans le but d’entourer cette opération de toutes les garanties désirables d’exactitude et de célérité, il a été décidé u’on emploierait le même mode de procéder qu’en 1896, c’est-à-ire qu’on inviterait les habitants eux-mêmes à remplir les feuilles qui seront mises à leur disposition par les agents recenseurs. Un arrêté du préfet de la Seine précise les détails de l’opération, pour Paris et pour la banlieue. II dispose notamment : 1° Que le dénombrement sera fait par quartier (ou par commune); 2° qu’il aura lieu au moyen de bulletins individuels, de feuilles de ménage et de bordereaux de maison ; que chaque habitant devra répondre aux questions suivantes : adresse, noms et prénoms, sexe, âge, lieu de naissance, nationalité, état civil, résidence, instruction, profession; 5° que le chef de famille établira la feuille de ménagé récapitulant ces renseignements et indiquant le nombre d’enfants vivants, la durée du mariage et les infirmités apparentes (cécité, surdi-mutité). Afin d’assurer, dans des conditions de discrétion absolue, les opérations du dénombrement, des enveloppes gommées seront mises par les soins de l’administration municipale à la disposition des habitants. Les intéressés n’auront qu’à placer les bulletins individuels et la feuille de ménage dans ces enveloppes, qu’ils remettront ensuite au concierge de la maison, ou, s’il n’v a pas de concierge, aux agents recenseurs lorsque ceux-ci se présenteront. C’est par arrêté du préfet de la Seine que, sur la présentation des maires, seront nommés les agents chargés du recensement. Chacun d’eux devra être porteur d’une carte signée par un conseiller de préfecture, et visée par le maire, carte qui lui permettra de faire constater le caractère officiel de ces missions. Les formules imprimées devront toutes être distribuées avant le samedi 25 mars; on les reprendra les 25 et 26 mars pour en commencer le dépouillement dans les mairies.
- —g— D’après la Correspondance de Berlin, organe administratif officiel, les résultats du recensement qui a été opéré dans tout l’empirc allemand, le 1er décembre 1900, ont été les suivants : le chiffre total de la population est de 56 545014 personnes qui se décompose ainsi : 27 751067 du sexe masculin et 28615947 du sexe féminin. Dans ce total, la Prusse seule figure pour 54 millions et demi, la Bavière pour 6200000, le royaume de Saxe pour 4 200 000, le Wurtemberg pour 2500 000 habitants. Le précédent recensement de 1895 accusait 52279901 personnes. Dans ces cinq dernières années la population de l’empire a donc augmenté de plus de 4 millions, soit 7,78 pour 100. Le chiffre du premier recensement, celui de 1871, était de 41 058 792. I/empire allemand, depuis qu’il existe, a donc vu sa population s'augmenter de 15 286 222 personnes, soit une proportion de 57,22 pour 100.
- —g— D’après l’Athcnæum, l’Académie des sciences de 3ienne va envoyer en 1901 au Brésil, une expédition ayant pour mission d’étudier la flore de ce pays. C’est, jusqu'à un certain point, la suite des expéditions de la première partie du dix-neuvième siècle et d’où est résultée la publication de l’ouvrage monumental intitulé la Flore du Brésil. Les botanistes désignés sont : M. le Professeur Richard von Wettstein, directeur du Jardin botanique de l’Université et le Dr Victor SehcHner de Prague.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du Journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits.— Pour le Polymètre de M. W. Lambrecht, s’adresser simplement à Gœttingue (Allemagne). —Pour les bobines d’induction et les interrupteurs rapides, s’adresser àM. E. Guerre, 55, rue de Villiers, à Neuilly-sur-Seine (Seine). — Voitures automobiles décrites dans le n° 1-447, du 16 février 1901 : voiture Crouan, 51, avenue de la Grande-Armée, à Paris; voiture Chain, 10bis, avenue de la Grande-Armée, à Paris; voiture Darracq, quai de Suresnes, à Suresnes; voiture Boyer, 04, avenue de la Grande-Armée; voiture Ravel, à Neuilly-sur-Seine; voiture Krieger, rue Drouot; voiture Pieper, représentée par la « Wilhworlh C° », avenue de la Grande-Armée, à Paris. — Allumages dans les moteurs à pétrole : MM. Bassée et Michel, 57, boulevard Bourdon; bougie P. M. : M. F. Richard, 174, boulevard Péreire ; allumage Lefebvre, 10, rue Emile Allez; allumage Simmis et Bosch, rue du Qualre-Septembre; allumage électro-magnétique universel, 66, rue Per-golèse, à Paris; allumage Augé, 92, rue des Arls, à Levallois-Perret; allumage Boiron, 29, rue des Valettes, à Puteaux (Seine).
- Communications. — M. G. Forestier, à Paris, à propos de notre article sur l’inventeur de la locomotive (n° 1448, du 25 février 1901, p. 206) nous écrit : « J’ai l’honneur de vous signaler un ouvrage publié en 1827 chez Bachelier, à Paris, où vous pourrez vous convaincre que les renseignements cités dans la chronique de La Nature du 25 février sur les essais et inventions de Trevithick antérieurs à ceux de Stephenson sont exacts. Cet ouvrage est intitulé Mémoire sur les grandes routes, les chemins de fer et les canaux de navigation. Traduit de l’allemand de M. Ed. Gerstner, etc. (par Terquem), et précédé d’une introduction par M. P. S. Gisard, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, membre de l’Institut (Académie royale des Sciences). » Nous publions sur ce sujet un article dans le corps du Journal.
- M. H. Hervé, secrétaire général, nous informe que la Commission permanente internationale d’aéronautique a terminé l’examen des vœux du Congrès. Les vœux relatifs au titre d’aéronaute-commandant, aux droits et aux devoirs que confère ce titre, sont renvoyés à la sous-commission du brevet d’aéro-naute. Les vœux concernant les questions douanières et le* transports par chemin de fer des aéronautes et de leur 'matériel, sont renvoyés à la sous-commission du vade-mecum et du formulaire. Enfin, une dernière sous-commission est chargée de réaliser le vœu d’abaissement du prix du gaz fourni aux aéronautes. A la fin de la séance, lecture par le secrétaire général de son compte rendu sommaire des séances du Congrès de 1900, et destiné à être publié par l’Administration de l’Exposition universelle.
- M. L. Gervais, à Caudebec-en-Caux, à propos de notre récent article sur le mascaret (n° 1448 du 25 février 1901, p. 198) nous écrit : « Sous la signature de M. Joseph Vinot a paru dans votre Journal un article sur le mascaret, reproduit par les journaux de la région et qui me paraît assez exact. Etant donné qu’à Caudebec ce phénomène se produit généralement avec plus de force entre 9h 15 et 10M5. Etant donné, d’autre part, l’heure de la basse mer au Havre, il suffit d’ajouter 4 heures à l’heure de la basse mer, donnée par l’Annuaire des marées des côtes de France pour avoir l’heure d’arrivée du mascaret à Caudebec. Exemple : 21 mars au soir basse mer au Havre 5h 26, le mascaret sera à Caudebec vers 9k 26 ; le 22 mars au matin basse mer au Havre 5h 49, le mascaret sera à Caudebec vers 9h49. La différence de temps qui était autrefois de 4h 20 n’est plus maintenant que de 4 heures.
- Renseignements. — M. F. Alliaume, à Paris. — Nous ne connaissons pas de procédé ; mais nous posons la question à nos abonnés et lecteurs.
- M. Ledeuil R., à Tilchatel. — Nous publierons prochainement un moyen de conservation des bois employés par les chemins de fer; ce moyen pourra peut-être vous être utile.
- M. le Dr Giraud, à Bruxy. — 1° En ce qui concerne les aquariums et poissons, vous trouverez tous les renseignements chez M. Carbonnier et chez M. Jeunet, respectivement 20 et 50, quai du Louvre, à Paris. — 2° Nous ne connaissons pas d’expériences ayant donné de mauvais résultats.
- M. E. M., à Paris. — Les compte-secondes se trouvent chez tous les horlogers; il n’y a pas de fabrique spéciale.
- M. J. Dupaigne, à Pau. — Tous ces renseignements sont donnés dans le Bulletin que publie le Bureau central météorologique de France, 176, rue de l’Université, à Paris.
- M. Camille Dugast, à Ville-sur-Cousance. — Pour empêcher l’eau d’un appareil générateur d’acétylène de se congeler par le froid, il suffit d’ajouter 5 pour 100 de glycérine ou de pétrole.
- J/. E. Boussac, à Paris. — 1° Il n’y a pas dans les environs de Paris de fabrique produisant de l’air liquide. — 2° Pour tout ce qui concerne l’air liquide adressez-vous à M. Desvignes, représentant de la maison Linde, 99, avenue de La Bourdonnais, Paris.
- M. D. L., à Paris. — Pour des recherches et captages d’eau, vous pourriez vous adresser à M. P. Cottancin, 47, boulevard Diderot, à Paris.
- M. de R. J/., à Florence. — 1° Nous ne pouvons vous indiquer que les adresses suivantes : Revue coloniale, 4, rue du Bouloi ; Revue maritime et coloniale, 50, rue Dauphine; Revue politique et parlementaire, 5, rue de Mézières. — 2° Nous n’avons pas d’adresses particulières. — 5° Veuillez vous adresser à l’auteur de l’ouvrage, 2, rue Chaptal, à Paris. — 4° Les adresses des fabricants d’automobiles sont données en tète de la Boîte-aux-Lettres.
- J/. D. P., à C. — 1° Oui, toute personne peut construire pour son usage personnel un appareil breveté. — 2° et 5° Non.
- M. A. Bouhoulle, à Anvers. — Nous donnons en tète de la Boîte-aux-Lettres tous les renseignements que vous nous avez demandés.
- M. P. L. R., à Paris. 1° Il n’y a pas d’ouvrage particulier sur les piles sèches. — 2° Nous ne savons ce que vous voulez désigner sous le nom d’hydrodynamique. — 5° Adressez-vous à la librairie Bérenger, 15, rue des Saints-Pères, à Paris.
- M. D. J., à Nice. — Ges ouvrages sont édités par la librairie Masson et Cie.
- M. H. Gohierre, à Moscou. — 1° Il faudrait soumettre la question à un chimiste qui ferait des essais de laboratoire. — 2° Vous trouverez probablement des plaques de ce genre à la maison Parvillée frères, 29, rue Gaulhev, à Paris. — 5° Couleurs pour porcelaine : M. Deplanck-Lavoisier, 54, rue des Vinaigriers ; M. Garnier, 209, rue Saint-Maur; M. Léon Magnier, 162, rue du Faubourg-Saint-Martin, à Paris.
- M. V. Balat, à Huy. — Nous vous avons répondu dans la Boîte-aux-Lettres du n° 1447 du 16 février 1901. Nous faisons toujours notre possible pour donner satisfaction à nos abonnés.
- M. Et. Grévin, à Caudebec-lès-EIbeuf. — Nous ne nous occupons pas de questions commerciales.
- M. le Dt Bribosia, à Namur. — Dès que nous aurons des renseignements sérieux sur cette nouvelle découverte, nous ne manquerons pas de les faire connaître dans le Journal.
- M. Garnier La Roche, à Pinheiro. — l°Nous avons transmis votre lettre à la librairie Masson et C!e. — 2° La disposition que vous nous avez indiquée a été employée depuis longtemps par de nombreux amateurs; nous avons indiqué ce dispositif dans le n° 505 du 5 février 1883, p. 160.
- M. Bixmo, à Lunéville. — Nous ne pouvons vous donner que l’adresse de l’Union française antialcoolique, 5, rue de Latran, à Paris.
- Questions — n°1250.— M. F. A., à Paris, nous demande uel procédé il faut employer pour agglomérer de la mousse e platine et la faire adhérer au support en fil de platine afin d’obtenir des déflagrations de briquet à hydrogène.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Raymond, à-Nice. Nous avons reçu votre envoi ; remerciements. — M. G. Le-rant, à Paris. Nous ne pensons pas que vous obteniez les résultats que vous attendez. — M. D. L., à Paris. Nous ne vous conseillons-pas de faire cette expérience; elle est dangereuse. — M. D. M., à K. ; M. P. L., à Nantes. Consultez le petit livre des Recettes et. procédés utiles, 5e série, à la librairie Masson et Cie.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toute& les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES MENTIONS1
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Lanterne multiple universelle. — La lanterne multiple universelle se recommande par les nombreux usages auxquels elle se prête. Elle est construite en cuivre; très solide, elle peut se mouvoir dans tous les sens. Le numéro 3 de notre dessin donne une vue d’ensemble et intérieure. On voit le récipient d’huile suspendu. Au-dessous se trouve un récipient
- Lanterne mult ijile universelle.
- à coulisse rempli de sulfate de baryte. Ce produit emmagasine la chaleur et maintient très longtemps une température douce. En tournant la lanterne sur champ (n° 1), on a une lanterne d’éclairage feu blanc et rouge. En retournant l’appareil sens dessus dessous, il se transforme en un réchaud très élégant (n° 2), sorte de chauffe-plats ou de petit fourneau. On peut encore l’utiliser comme lanterne portative, en la montant sur pied (n° 4). Cette lanterne peut rendre dos services. — S’adresser au Syndicat universel, 23, rue de Maubeuge, à Paris.
- Hachoir pratique. — Dans tous les ménages on a besoin d’un hachoir pour hacher légumes, viande, etc., mais tous les ustensiles connus jusqu’à présent sont encombrants, difficiles
- Hachoir pratique.
- à manier et coûtent relativement cher. Le petit hachoir pratique que l’on vient d’inventer et que nous signalons est leger et, malgré cela, suffisant pour l’usage auquel il est destiné. De plus, il est vendu à un prix très bas qui le rend accessible aux bourses les plus modestes. — S’adresser à M. Kratz-Boussac, 44, rue Martel, Paris.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Pour enlever les taches de graisse. — Une publication fort bien faite, à laquelle nous faisons souvent des emprunts, le National Druggist, vient de donner une série de recettes sur l’enlèvement des taches de graisse; nous reproduirons quelques-unes de ces recettes, en faisant remarquer qu’elles sont susceptibles de s’appliquer également pour les taches de peinture. On peut d’abord faire une pâte de 500 parties de benzol et d’autant de benzine avec 5 seulement de savon blanc de très bonne qualité et râpé ; on ajoute de l’eau chaude en quantité suffisante. Au point de vue du modus operandi, nous noterons qu’il faut faire dissoudre le savon dans 50 à 00 parties d’eau chaude, on mélange d’autre part le benzol et la benzine, et l’on verse dessus la solution savonneuse, mais par petites quantités et en agitant bien après chaque addition de ladite solution. Si la mixture ne s’émulsionnait que lentement, on additionnerait brusquement de 50 à 100 parties d’eau chaude, et on secouerait violemment le tout. On laisse ensuite reposer quelques jours jusqu’à ce qu’il se produise un dépôt ; on décante alors en jetant l’eau en excès, et on met en boîte la masse pâteuse, mais après avoir bien mélangé au moyen d’une spatule. Voici, d’autre part, une préparation qui se présente sous l’aspect d’un liquide et que l’on donne comme rendant les mêmes services. On mélange 89 parties de benzol, 4 d’éther acétique, et enfin 1 d’éther valérioamylique, que l’on vend plus généralement sous le nom d’essence artificielle de poire. Signalons en troisième lieu une composition qui se vend couramment dans les rues des grandes villes américaines. On râpe 3 parties de savon et on les fait dissoudre dans une certaine portion du volume de 80 parties d’eau dont on aura besoin pour toute la préparation : cette dissolution se fait à chaud, et dans la solution on met dissoudre 2 parties de carbonate de soude du commerce et 1 partie de borax. On additionne encore de 3 parties d’alcool et de 4 d’éther sulfurique et on agite jusqu’à incorporation totale. 11 ne reste plus qu’à ajouter l’eau demeurée disponible par petites quantités et en agitant constamment.
- Acier en poudre. — Bien qu’il ne soit qu’assez peu connu des profanes, il existe un moyen bien simple de préparer de la poudre d’acier, qui constitue naturellement une substance rodante d’une grande puissance : il suffit de rendre le métal très cassant, et pour cela on fait chauffer à blanc une barre d’acier sur laquelle on projette de l’eau pulvérisée; l’acier devient effectivement très friable et se laisse avec toute facilité réduire en poudre dans un mortier:
- Nouvelle formule d'imperméabilisation des étoffes. — Elle est due à M. Lamy et fait du reste l’objet d’un brevet : elle consiste à passer les étoffes dans une solution de savon de résine fait avec deux parties de résine et une de carbonate dè soude. On emploie 5 à 0 grammes de ce savon par litre d’eau ; puis on trempe le tissu dans un bain composé de 10 grammes d’alun, d’autant de sulfate de zinc et de sulfate de magnésie par litre d’eau, et finalement on passe dans une solution dé carbonate de soude faite sur la base de 2 grammes par litre.
- Pour boucher les fentes des planchers. — De nombreuse^ recettes ont été données, en voici une autre qui semble assurer de bons résultats : on sait combien, au point de vue de la propreté et par conséquent de l’hygiène, il importe de posséder des planchers absolument unis et sans interstices pouvant recevoir les poussières. On se procure des journaux que l’on déchire en petits morceaux et qu’on laisse tremper dans de l’eau durant toute une nuit, puis on fait le lendemain bouillir le tout pendant deux ou trois heures et jusqu’à ce que l’évaporation donne une pâte épaisse : cette cuisine d’un genre nouveau demande à être brassée à chaque instant. Pour 4 1. 4 /$ de cette pâte on ajoute 1/2 kg de farine, qui n’a pas besoip d’être d’excellente qualité, puis 10 gr. de gélatine dissoute au préalable, et enfin deux cuillerées à soupe d’alun. On fait bouillir le tout dix minutes, et quand cette colle est refroidie on en remplit les fentes du plancher, que l’on a saupoudrées légèrement de plâtre.
- Encre indélébile pour flacons de produits chimiques, -r-M. le professeur Wilbur Scoville s’est préoccupe grandement, et avec raison, de composer une encre particulièrement appropriée à écrire les étiquettes des bouteilles de pharmacie, qui sont exposées à se trouver en contact avec toutes sortes de produits, et il pense être arrivé à une formule pratiquement indélébile. Il a, d’ailleurs, cherché une encre qui coule bien, qui donne une bonne couleur initiale, qui sèche vite, qui ne
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- corrode pas les plumes. Voici la meilleure formule d’après lui. Un prend 5*r,5 d’acide tannique, 0,91 d’acide galiique, 0 e,5 d’acide salicylique, 6gr,65 de sulfate ferreux granule, enfin 5er,85 d’indigotine, et le tout se met dans 50 centilitres d’eau. Mais il faut certaines précautions pour la dissolution, en ce sens que les acides se font d’abord dissoudre dans 25 centilitres d’eau, tandis que le sulfate et l’indigotine, chacun de leur côté, se font dissoudre dans la moitié de ce qui reste d'eau. Cette encre est d’abord gris blanchâtre, ou du moins possède une légère teinte grise, mais elle noircit rapidement et dure pour ainsi dire indéfiniment, bien entendu, il suffit d’y ajouter un peu de sucre pour la rendre communicative.
- Vernis pour le cuir. — La préparation est recommandée par M. Eitner, spécialement pour les cuirs à gros grain. On laisse en contact durant deux ou trois jours, dans un récipient bien bouché et qui doit demeurer dans un endroit chaud, 200 gr. de gomme laque rouge en écailles et 1 litre d’alcool à 95 pour 100; on secoue quotidiennement jusqu’à dissolution
- complète. On fait dissoudre, d'autre part, 25 gr. de savon de Marseille sec dans 575 eentimètres cubes de ce même alcool chauffé, et on mêle à la solution 40 gr. de glycérine; on brasse également et on verse la seconde solution dans la première. 11 ne reste plus, pour donner une belle couleur noire à la préparation, qu’à faire dissoudre 5 gr. d’essence soluble de nigrosine dans 125 centimètres eubes d’alcool, et à ajouter à la mixture primitive. On bouche soigneusement, on brasse encore pour obtenir un mélange intime, et enfin on laisse reposer dans un endroit chaud pendant une douzaine de jours.
- Eau dentifrice à la rose et l’iris. — La formule est donnée par Y American Druggist, et comme l’essence de rose notamment a une action astringente assez puissante, il se peut parfaitement que cette eau soit utile en même temps qu’agréable. Onia compose avec 120 gr. de racine d’iris, 50 gr. de feuilles de rose, autant de savon râpé, puis 15 gr. de cochenille, le tout dans 1900 centimètres cubes d’alcool dilué. On ajoute enfin 50 gouttes d’essence de roses et 40 d’huile de néroli.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9. ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 25 février . . 2%2 S. W. 1. Couvert. 0,0 Couvert ; gelée blanche.
- Mardi 26 l-,2 S. E. 2. Couvert. 0,0 Nuageux ; gelée blanche.
- Mercredi 27 .... 5*,0 S. S. W. 4. Couvert. • 0,0 Nuageux; gelée blanche; gouttes.
- Jeudi 28 6°,0 S. S. W. 3. Couvert. 1,0 Couvert jusqu’à 20 et 22 h. ; gelée bl. ; pluie la moitié du temps.
- Vendredi 1er mars . 5°,3 5. 5. Couvert. 11,6 Très nuag. ; gelée bl. ; halo ; pluie dans la matinée.
- Samedi 2 3°,1 S. S. E. 2. Couvert. 3,5 Beau de 4 à 5 li.; couvert ensuite ; gelée bl. ; pluie.
- Dimanche 5 4M S. S. W. 2. Beau. 2,3 Nuageux; halo: gelée bl. ; pluie le malin et dans l’après-midi avec un peu de grêle.
- FÉVRIER.MARS 1901. SEMAINE DU LUNDI 25 FÉVRIER AU DIMANCHE 5 MARS.
- | Mercredi ( Jeudi | Vendredi | Samedi I Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 a 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent, courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Trombes. — Le 26 juin 1900, on vit à Hine près de Setsmberg, vers 10" 45™ du matin, sur le versant de la montagne de Gattscheer, une colonne de nuage ou de brouillard tordue en forme de vis. qui montait au-dessous d’un nuage marchant lentement de l'E. à l'W. et allait s’y réunir. Aussitôt après on vit s’élever un peu plus loin vers l’E. une seconde colonne qui fut bientôt suivie de plusieurs autres : on eût dit de la fumée sortant d’une cheminée.
- Tout le terrain est planté de chênes, et à toutes les places d'où s’étaient élevées des colonnes de brouillard, les chênes gisaient déracinés et couchés sur le sol. Ces dégâts étant produits sporadiquement sur le même terrain, des arbres éloignes les uns des autres se trouvaient étendus sur le sol tandis que ceux qui les séparaient étaient intacts. De plus, ce puissant développe-
- ment de force se produisait sans que la moindre agitation se manifestât dans le voisinage. Suivant Meteorologische Zeitschrift, on avait affaire à une série de trombes qui s’étaient formées à des distances de 180 à 2<)0 mètres les unes des autres.
- Tempête de neige en Rusisie. - Dans les derniers jours de février, une tempête de neige et un froid intense ont sévi à Odessa. Le trafic a été interrompu sur toutes les lignes ferrées aboutissant à cette ville. Le vapeur Sinenr; venant de Crimée, a été jeté par la tempête sur les rochers; il a coulé dans le port. Une grue llottante pour le déchargement des grains, des barques de bois ou de fer, la chaloupe douanière et un vapeur grec ont été arrachés de leurs ancres et jetés sur des voiliers qui ont été fort endommagés. Deux vapeurs ont été envoyés pour opérer le sauvetage du Sinenr, Le train partant d’Odessa a déraillé par suite de la neige. Des amoncellements énormes de neige ont bloqué la ligne entre Odessa et Zatischin. La circulation n'a pu être rétablie avant le 1" mars.
- PHASES DE LA LUNE : I*. Q. le 25 à 6 h. 47 m. du soir.
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- N° 1451 (16 mars 1901), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAJFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— Au Congrès des Agriculteurs de France tenu la semaine «lernière, on s’est principalement occupé des progrès qu’a faits depuis tin an la question de. l’alcool industriel. L’alcool réussit très bien dans les moteurs. M. Loreau a montré que si, à volume égal, l’alcool donne moins de calories que l’essence de pétrole, sa gazéification est plus facile et plus complète, et de ce chef il y a compensation. La détente est moins brutale et par suite la marche plus douce. Le prix du litre est respectivement de 0'\50 pour l’alcool dénaturé et de 0fr,45 pour l’alcool carburé (benzine 48,5 pour 100 et alcool 51,5 pour 100) et enfin de 0fr,50 pour l’essence. Ce qui donne par clieval-heure hors Paris une dépense de 0tr,417 pour l’alcool dénaturé, de 0,r,330 pour l’alcool carburé et de 0fr,338 pour l’essence. Dans Paris, le chevaMieure revient à 0lr,50 pour l’alcool dénaturé, à 0'r,404 pour l’alcool carburé et à 0fr,473 pour l’essence, soit un avantage.de près de 5 centimes pour l’alcool. D’un autre côté, M. Aracheguerne a fait voir qu’avec certaines lampes à alcool, la consommation par heure n’était plus que de 2 centimes puisqu’un litre d’alcool dénaturé pouvait entretenir pendant 20 heures une lampe de 2,5 carcels. En somme l’utilisation de l’alcool pour la production de l’énergie mécanique et de la lumière semble devoir entrer dans la phase pratique. Il faudra souhaiter que l’Administration aide ce mouvement en appliquant un procédé de dénaturation moins coûteux qui abaisse encore le prix de la matière première.
- Au concours agricole, très bien installé au Grand Palais, il y a eu cette année: 870 animaux gras, soit 134 bovins, 400 ovins en 100 lots de moutons ou brebis et 336 porcs; 216 lots de volailles mortes, 504 de fromages et beurres, 350 de produits coloniaux, 200 d’hortieulture, 495 de produits divers et 10000 bouteilles de vins, cidres et eaux-de-vie. Le plus puissant et le plus lourd des bœufs présentés est un Charolais. Il ne pèse pas moins de 1199 kilogrammes. Le second ruminant atteint 1157 kilogrammes. Le troisième est un Normand, son poids est de 1122 kilogrammes. Le porc le plus lourd est un craonnais pesant 298 kilogrammes.
- —g)— Le vapeur Teutonic, de la Wliitc Star line, est arrivé à New-York, après avoir essuyé, au large du banc de Terre-Neuve, une terrible lame de fond si violente, étant donné que la mer et le vent étaient calmes, que les officiers l’attribuent à une éruption volcanique sous-marine. Le navire s’est trouvé tout à coup en présence d’une vague gigantesque qui s’abattit comme une cataracte sur le pont en pénétrant dans les écoutilles et l’entrepont. Il sembla un moment que la mer s’entr’ouvrait pour engloutir le bâtiment, et une vive panique s’empara des passagers. Un d’eux, qui se trouvait sur le pont, fut précipité contre le bastingage et eut la mâchoire brisée. Un autre a eu la jambe cassée et il a fallu l’amputer. Nombre de matelots ont été renversés et contusionnés. Des rampes de fer et des tuyaux ont été tordus ou brisés.
- —g— Les Américains n'ont pas voulu rester en arriére des Anglais et des Allemands; aux navires monstres mis en chantier par ceux-ci, ils ont répondu par des bâtiments plus grands encore. En effet, la Campania et la Lucania qui furent, en 1893, les premiers de la série, n’avaient qu’un déplacement de 13000 tonnes ; ils ont été successivement dépassés par le Kaiser Wilhelm der firasse de 14000 tonnes, le Deutschland de 16000 tonnes, et 1 Oceanic de 17 000 tonnes. D’autres navires sont en construction sur les chantiers anglais eL allemands, qui auront des dimensions encore plus considérables, mais aucun d’eux n’atteindra comme tonnage les deux bâtiments que la Great Northern Steamship Company vient de commander aux chantiers de l’Eastern Shipbuilding C°, de New-London, Connecticut. Ces bâtiments ont 192 mètres de long, 23 mètres de largeur et 17 mètres de hauteur; leur dépla-
- cement atteint l’énorme chiffre de 33 000 tonnes. Ils ont 5 ponts principaux, s’étendant de l’avant à l’arrière, et 3 ponts auxiliaires. Comme sécurité, chaque navire sera muni d’un double fond s’étendant sur une hauteur de 2 mètres, avec 50 compartiments était-, elles; la coque principale, qui s’élèvera au-dessus du double-fond, sera elle-même partagée en 56 compartiments. Le bâtiment sera donc tout à fait insubmersible. Les machines verticales, à triple expansion, avec condensateur à surface, seront au nombre de deux. L’appareil évaporatoirc comprendra 16 chaudières à tubes d’eau, du type Niclausse, avec une surface d’environ 3600 m2. La pression sera de 17k*,5 et la puissance maximum sera obtenue à tirage forcé. Chaque navire contiendra, d’après le Yacht, 200 cabines de lre classe, 100 de 2e classe et 200 de 5e classe; il pourra porter 1000 passagère de pont ou émigrants. Si on ajoute les 250 hommes d’équipage, on arrive au chiffre de 1750 hommes, entre passagers et marins. Ces deux immenses navires sont destinés à assurer le service des passagers et le trafic des marchandises entre la côte occidentale d’Amcrique et les différents ports de la Chine et du Japon.
- —®— M. Edmond-Alexandre Badois, ingénieur civil, membre du comité technique de la Ville de Paris, ancien vice-président de la Société des ingénieurs civils de France, chevalier de la Légion d’honneur, est décédé subitement, le 6 mars dans la soirée, à l’âge de soixante et un ans.
- —g)— Le journal Engineering a donné quelques renseignements sur la production du platine. La Russie à elle seule fournit 95 pour 100 environ de la production totale qui, l’an dernier, a été de 6000 kg, en augmentation de plus de 100 pour 1Q0 depuis 1890. Les dépôts se trouvent dans les monts Ourals, gouvernement de Perm. Le métal est tiré d’alluvions qui assez souvent renferment aussi de l’or et qu’on rencontre par banc de 1 à 2 mètres d’épaisseur; les grains de métal sont petits, mais parfois on trouve des lingots d’un kilogramme et plus. Le platine est souvent accompagné d’autres métaux rares, tels que l’iridium et l’osmium. On l’envoie à l'état brut à Saint-Pétersbourg où existent quelques raffineries, mais la majeure partie est exportée telle quelle. Les dépôts ont été découverts en 1819 seulement ; ils ne sont guère exploités commercialement que depuis 1824 ; le principal preneur est le Hovaume-Uni. Les exportations pour l’Allemagne, importantes en 1884, ont décru d’une façon continue depuis et sont réduites à presque rien aujourd’hui. En dehors de la Russie, on trouve aussi du platine dans la Nouvelle-Galles du Sud, en Colombie et au Mexique.
- —(g)— M. C. Rondell, de Stilhvater dans l’Etat du Minnesota, vient d’imaginer une nouvelle hélice qu’il donne comme bien supérieure au dispositif classique maintenant couramment employé : dans son système, les ailes, qui sont au nombre de quatre, sont en reculement les unes des autres, si bien qu elles tournent en fait dans des plans différents. De cette façon, l’inventeur affirme que chaque aile trouve toujours le maximum de résistance possible dans l’eau, alors qu’avec les dispositions ordinaires les ailes successives forment une espèce de vide plein d’air où elles ne rencontrent qu’imparfaitement la masse d’eau destinée à leur fournir un appui.
- —g)— On commence d’employer en Amérique, et plus spécialement dans les établissements métallurgiques de Braddock, dits Edga-Thomson Steel Works, une nouvelle méthode pour le laminage des rails : autrefois, on procédait à cette opération sur des « blooms » qui étaient portés à la température rouge-blanc; maintenant on traite ces masses d’acier alors qu’elles sont seulement au rouge cerise. Bien entendu, le métal est moins malléable, puisque la température est plus basse, et les laminoirs doivent être plus puissants. Ils consomment une plus grande force motrice ; mais les libres des rails ont beaucoup plus de tenue, et la résistance du métal à l’allongement est bien supérieure à ce qu’elle est avec l’ancienne méthode.
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- NUI VELLES, SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du Journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le calci-mètre enregistreur Houdaille se trouve chez M. Jainin, constructeur, à Montpellier. — Le calcimètre anéroïde se trouve chez M. Delporte, opticien, à Montpellier.
- Communications. — M. Carlos Santos, à Rocio, nous envoie un extrait des Annales d’électrobiologie, d’électrothérapie et d’électrodiagnostic, relatif à un procédé rationnel de de radiopelvimétrie qu’il a employé.
- M. Baudimont, à Vannes, à propos du sorgho dont nous avons parlé récemment, nous écrit: « Un propriétaire des environs de Nantes (M. L. de Beugny d’Hagerne) a fait sur ses terres (château du Cartron par Vertou, Loire-Inférieure) des essais qui ont parfaitement réussi ; il a obtenu des rendements superbes et il a utilisé les produits obtenus pour divers usages industriels et agricoles (rhum, fourrages, etc.). 11 a de plus fourni du sorgho à l’importante maison de papeterie Goureau et Cie à Nantes qui a trouvé la matière excellente ; mais je crois savoir que M. Goureau n’a pas exploité cette matière d’une façon courante parce qu’il aurait à modifier légèrement son outillage et qu’avant d’entreprendre les modifications nécessaires, il voudrait qu’on lui garantît une fourniture minima de quelques centaines de tonnes de sorgho par année. »
- M. G. Duclou, à Bordeaux, nous a envoyé une Notice qui a pour titre : « De la présence du cuivre dans certains liquides révélée par un courant magnétique et de son action sur la fermentation du vin ».
- M. Paul Gautier, à Montfort-l’Amaurv, nous fait parvenir les indications suivantes : « Beaucoup de chasseurs, sans s’en douter, oublient de fermer l’œil gauche au moment du coup de fusil. De là des erreurs de tir dues au croisement des rayons visuels. On peut éviter cet inconvénient en substituant au guidon ordinaire une lame d’acier G rectangulaire de 2 centimètres de longueur sur 5 millimètres de hauteur fixée de champ, de manière que son prolongement figuré passe par l’œil gauche du tireur. L’épaisseur de cette lame étant très minime, les rayons visuels dirigés vers un but placé au delà de la bouche du canon, ceux de l’œil gauche ne rencontreront qu’une ligne à peine visible, tandis que ceux de l’œil droit seront arrêtés par le profil du rectangle, qui se détachera sur le but comme le ferait un guidon ordinaire. Le chasseur aura donc l’avantage de pouvoir viser la pièce de gibier tout en la suivant avec les deux yeux. »
- MM. A. Guenée et Cie, à Paris, 5 propos de notre récent article sur la manœuvre électrique des signaux et aiguilles de chemins de fer, nous écrivent qu’ils construisent également des électro-aimants et que ceux-ci produisent avec des courses quelconques des efforts absolument constants. Ils nous donnent quelques chiffres sur les résultats obtenus :
- Efforts en kg 25 65 100 550
- Courses en millimètres .... 150 250 400 220
- Différence de potentiel en volts. 140 110 110 220
- Intensité en ampères 6 7 16 30
- M. Marc Pujo, à Berson (Gironde), nous envoie la note suivante : « Il existe un phénomène bien connu en physiologie sous le nom de « vue double » que j’ai pensé à appliquer à l’examen des images stéréoscopiques, supprimant par cela même ^ l’emploi du stéréoscope. Fixez un objet quelconque éloigné de 5 ou 6 mètres. Sans^ cesser (de regarder l’objet,
- lacez votre doigt verticalement entre l’objet et vos yeux à 0 centimètres environ de ceux-ci ; il vous semblera voir deux doigts. Ils paraissent transparents; vous voyez au travers l’objet éloigné et cependant vous distinguez leurs détails avec autant de netteté que ceux de l’objet lui-même. Si vous placez un second doigt à droite ou à gauche et à 7 ou 8 centimètres du premier, vous verrez quatre doigts et il vous sera facile, en tâtonnant un peu, de faire coïncider le second et le troisième. Remplacez vos doigts par une double image stéréoscopique, vous verrez quatre images et au moment de la superposition des deux images médianes, le merveilleux relief vous apparaîtra aussi intense que celui donné par le meilleur des instruments. Si les deux épreuves sont collées sur une même carte, il est bon de marquer un petit trait vertical au milieu du bord supérieur de chaque épreuve ; l’instant oû ces deux traits coïncideront sera celui où vous percevrez le relief. Plus les épreuves sont de petite dimension plus il est facile d’obtenir la coïncidence. Au bout d’un certain temps, les yeux se sont habitués à cette petite gymnastique et perçoivent le relief immédiatement et sans avoir besoin de fixer au préalable un point éloigné ».
- Un abonné depuis 20 ans, s’occupant par métier des questions. de chemins de fer, nous écrit : « A propos du bloc-system si bien étudié, et décrit dans le n° 1449 du 2 mars 1901, p. 210 (Timmis-Lanezzari), voulez-vous me permettre une remarque. Etant donné les ressources actuelles, j’estime que les chercheurs s’obstinent trop à perfectionner les détails, négligeant de compléter les principes. — On pourrait obtenir dès aujourd’hui une sécurité bien plus grande.
- Un bloc-system pour trains de chemins de fer devrait se composer de signaux :
- 1° Se produisant sur les trains même, sous les yeux du conducteur, supprimant ainsi les défauts de visibilité. — 2° Constants, c’est-à-dire n’indiquant plus seulement en un point donné si le convoi peut continuer sa route, mais fournissant à tout moment cette indication. — 3° Automatiques, c’est-à-dire actionnés par les trains eux-mêmes ; pouvant de plus être fermés par les agents des gares, mais pas ouverts par eux. — 4° Tels enfin que si un dérangement survenait la voie restât bloquée. — 11 me semble que tels sont actuellement les desiderata, et je crois que dans l’état actuel de nos connaissances ils peuvent être réalisés. »
- M. le Dr Marage, à Paris, nous a adressé une brochure qu’il vient de faire paraître et qui a pour titre : Rôle de la chaîne des Osselets dans l’audition. Application au traitement de la surdité et des bourdonnements.
- Renseignements.— MM. Parra-Mantois et Cie, à Paris.— *Les études sur les verres d’optique ont paru en décembre 1900 et en janvier 1901 dans le journal anglais Nature, MM. Macmillan and C° Saint-martins’ Street, London W. C.
- M. L. Baillet, à Paris. — Il n’a encore paru aucun ouvrage-sur ce sujet.
- M. E. Morel, à Chaumes, — Nous avons publié un article sur les blessures faites dans le corps humain par une balle ordinaire et par une balle dum-dum dans le n° 1399 du 17 mars 1900, p. 258.
- M. F. Pottier, à Paris. — Nous n’avons pas d’adresse,spéciale à vous indiquer; mais vous trouverez ce produit chez tous les marchands de produits chimiques.
- M. H. Benoit, à Paris. — 1° Nous trouverez à ce sujet quelques renseignements dans l'Agenda du chimiste, à la librairie Hachette et Cie. — 2° Veuillez vous adresser àM. leDr H. Meige. 10, rue de Seine. — 3° Nous transmettons votre demande à la librairie Masson et Cie.
- M. M. Leblanc, à Vaumoise (Oise). — Votre lettre a été transmise à M. de Loverdo.
- M. L. M., à Paris. — Vous trouverez ces détails dans le Journal Helios dont les éditeurs sont MM. Ilachmeister et Thaï, 5, Georgenstrasse, à Leipzig.
- M. Villain, — à Jemmapes. — 1° Vous trouverez des ouvrages sur la pratique des instruments de télégraphie optique de jour et de nuit à la librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris. — 2° Appareils de télégraphie: M. Bardou, 55, rue Caulaincourt, Etablissements Pastel-Vinay, 41, rue des Volontaires, M. Doignon, 85, rue Notre-Dame-des-Champs, à Paris. — 5° Plans en relief: M. Blanc, 161, rueLecourbe; M. J. Digeon, 15, rue du Terrage, à Paris.
- Voir la suite de la Boite aux lettres page 3* des Nouvelles scientifiques.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- BOITE AUX LETTRES [Suite)
- M. P, D, à Gleizé. — Adressez-vous à la librairie Agricole de la maison Rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- M. Th. G., à Angoulême. — Nous ne connaissons pas d’ouvrage sur cette question.
- l/“ F” Mélotte, à Remirecourt. — Nous ne connaissons pas la nature de ce ver ; on peut empêcher ses ravages en enduisant le goulot des bouteilles de cire à cacheter.
- Un lecteur, à X. — 1° Nous décrirons prochainement l’allumage dont vous parlez. — 2° Nous partageons votre manière de voir.
- M. Pegulu, à Grenade. — Nous ne pouvons encore vous indiquer aucune adresse.
- M. de Prigny de Linois, à Saint Pricq-du-Gave. — L’appareil nous semble bien disposé; mais pour formuler un avis bien net, il faudrait le voir et l’expérimenter.
- M. L. Slevens, à Bray-Lu. — Cette indication nous a été donnée par notre collaborateur; mais vous pouvez être fixé rapidement puisque vous avez la collection du journal indiqué.
- M. J. Goffdrt, à Tanger. — Pour reconnnaître la présence de diverses substances dans un corps, une analyse chimique est nécessaire.
- M. G, R., h Neuillv. — Nous avons donné l’explication du fonctionement du plot Diatlo dans le n° 1572 du 2 septembre 1899, p. 228, en décrivant l’installation des tramways électriques à Tours. Le clou, qui établit la communication entre le eûble souterrain amenant le courant et la voiture, ne peut être attiré que par les électro-aimants portés sur le devant de la voiture. Dès que celle-ci a dépassé le plot, le clou doit retomber. Il a pu arriver quelquefois que le clou soit resté attiré après le passage de la voiture et ait maintenu le courant sur les plots. Les accidents sont plutôt dus à des défauts de canalisation.
- M. A. Cabra, à Bruxelles. — L’adresse que vous demandez a été donnée en tête de la Boîte aux Lettres du n° 1442 du 12 janvier 1901.
- M. J. V., à Armentières. — Nous n’avons pas ce renseignement; il faudrait vous adresser à l’éditeur du Journal anglais Nature, dont l’adresse est donnée plus haut.
- M. E. Ronot, à Montbéliard. — L’adresse que vous demandez a été donnée en tète de la Boîte aux Lettres du n° 1450, du 9 mars 1901.
- M. le Dr G., à B. — Nous avons répondu dans la Boîte aux Lettres du numéro indiqué ci-dessus ; nous ne pouvons toujours répondre directement par lettre.
- M. P. Gay, à Jarnac. — 1° Il n’existe pas de livre spécial sur le sujet. — 2° Les piles sèches sont ordinairement faites avec des piles Leclanché à agglomérés, dans lesquelles on a immobilisé le liquide soit dans du papier buvard, soit dans du cofferdam ou autre substance analogue.
- JM. C. 0. B., à C. — Microscopes : MM. Adnet et fils, dépositaires de microscopes de la maison Cari Zeiss, 38, boulevard Saint-Michel; MM. Krauss et Cie, 21, rue Albouy; MM. Nachet et fils, 17, rue Saint-Séverin, à Paris.
- M. J. Saussié, à Paris. — Vous trouverez un produit tout préparé L’Anti-halo, au Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. Dauchin, à Beauvais. — Pour préserver les cuves en zinc de l’attaque des bains d’hyposulfite ou d’alun, il suffit de passer un vernis quelconque, du vernis Japonais par exemple. Mais ce procédé n’est pas à recommander; le vernis se détache facilement. On a jusqu'ici bien étudié la question et on n’a obtenu que d’assez mauvais résultats.
- M. le l* Birckel, à Arras. — L’adresse du constructeur des Jumelles aplanétiques Champigny est donnée en tête de la 'Boîte aux Lettres du numéro même qui en contient la description (n° 1448, du 23 février 1901, p. 205).
- M. O. Hajfner, à Paris. — Gazogène Taylor : MM. Taylor et C**, 16, rue Grange-Batelière, à Paris.
- M. E. Calande, à Paris. — L’adresse de la Société qui a creusé le puits artésien de Vincennes a été donnée en tête de la Boîte aux Lettres du n° 1442, du 12 janvier 1901.
- M. Philippe-Greppi, à Milan. — Nous n’avons pas entendu parler de cette expédition.
- M. Durand, à Paris. — L’adresse du constructeur du groupe électrogène, a été également donnée. Pour les renseignements que vous demandez sur le prix de revient de l’énergie électrique, nous pouvons vous faire connaître les résultats des derniers essais. Avec quelques changements dans le carburateur, on a pu obtenir 3 kilowatts, avec une dépense de 2,5 litres d’essence par heure. En comptant le litre d’essence à 0,r,65 dans Paris, la dépense est de 0fr,55 par kilowatts-heure.
- BIBLIOGRAPHIE
- Électricité' et optique, par H. Poincaré, membre de l’Institut. 2e édition revue et complétée par J. Bloxdix, agrégé de l’Université, et E. Néculcéa, licencié ès sciences. 1 vol. in-8°. G. Carré et C. Naud, éditeurs. Paris. 1901.
- 'Les cultures coloniales. Plantes alimentaires, par Henri Jumelle, professeur adjoint à la Faculté des sciences, chargé du cours de produits coloniaux végétaux à la Chambre de commerce de Marseille. 1 vol. in-18. J.-B. Baillière et fils, éditeurs. Paris, 1901. Prix : 4 francs.
- Traité de la chaudronnerie industrielle en cuivre et en fer. Outillage. Tracés et coupes. Construction des appareils industriels, par E. Breiiier. 1 vol in-8°. E. Bernard et Cie. Paris, 1901. Prix : 10 francs.
- La betterave à sucre, par L. Malpeaux, professeur d’agriculture. 1 vol. petit in-8° de l’Encyclopédie scientifique des aide-mémoire. Masson et Cie, éditeurs. Paris. 1901. Prix : 2,r,50 broché; 3 francs cartonné.
- La tourbe et les tourbières, par A. Larbalétrier. 1 vol. petit in-8" de l’Encyclopédie scientifique des aide-mémoire. Masson et Cie, éditeurs. Paris, 1901. Prix : 2fr,50 broché; 3 francs cartonné.
- L’art floral à travers les siècles, par Albert Malmené. 1 vol. in-16 illustré d’une aquarelle, photogravures, dessins et reproductions. Propriété de l’auteur. Paris, 1900.
- Essais de reboisements en Meurthe-et-Moselle, par René Claude, ingénieur des Arts et Manufactures. I petit in-16. Berger-Levrault et Cie, éditeurs. 1901.
- Etude sur la Côte d’ivoire, par M. Cl. Gaube, administrateur des Colonies, membre de la Société de géographie. 1 vol. in-16. Paris. Augustin-Challamel, éditeur. 1901.
- Fabrication des plaques au gélatino-bromure, par W. K. Burton. Traduction de G. Huberson. 1 brochure in-18. 1901. Paris, librairie Gauthier-Villars. Prix : 0fr,50.
- La sécurité du travail dans l’industrie, par Paul Razous, ingénieur civil, inspecteur départemental du travail dans l’industrie. 1 vol. in-8°. Paris. Y” Ch. Dunod, éditeur, 1901. Prix : 12rr,50.
- L’électricité à l’Exposition de 1900. Instruments de mesure électrique, par MM. J. A. Montpellier et M. Aliamet, 15e fascicule. 1 brochure grand format. Paris, Y’e Ch. Dunod, éditeur.
- L’année industrielle. Decouvertes siientifiqties et inventions nouvelles en 1900, par Max de Nansouty. 1 vol. in-16. Paris, F. Juven, éditeur. 1901. Prix : 3 fr. 50.
- Congrès international de l’éducation physique. Paris 1900. Exposition universelle internationale de 1900. Procès-verbaux sommaires par M. Georges Demeny, secrétaire général du Congrès. Paris. Imprimerie nationale.- 1901.
- Les transports à Paris. Tramways et Omnibus. Accidents, causas, remèdes, par Georges Vitoux. 1 vol. in-16. Paris, Chamuel et C‘% éditeurs, 5, rue de Savoie, 1901. Prix ; 1 fr.
- Nouveau manuel complet du serrurier, par Paulin Désormeaux et H. Landrin. Nouvelle édition par Chryssochoïdès. 1 vol. in-16 avec un atlas de 16 planches. Encyclopédie Roret. Mulo, éditeur. Paris, 1901. Prix : 5 fr.
- Nouveau manuel complet du fleuriste artificiel et du feuil-lagiste, par Mme Celnart. 1 vol. in-18. Paris. Encyclopédie Roret. L. Mulo, éditeur, 1900. Prix : 3 fr.
- La science et des travaux de la ménagère, par Mme Sage.
- 1 vol. in-12. Paris. 1901. Librairie Nony et Cie. Prix : broché, 2fr,75; relié, 4fr,75.
- Le portrait et les groupes en plein air, par A. Reyxer. 1 vol. in-16. Ch. Mendel, éditeur. Paris.
- La photographie indirecte des couleurs, par L. Ducos du Hauron. 1 vol. in-16. Paris. Ch. Mendel, éditeur. Prix : 1",25.
- Manuel pratique d’ostréiculture et de myticulture, par A. Larbalétrier. 1 vol. in-16 de l’Encyclopédie Roret. Paris, L. Mulo, éditeur. 1900. Prix : 2fr,50.
- Guide historique et pratique de Topticien, par Paul Jacque-min. 1 vol. in-16 de la Petite Encyclopédie scientifique et industrielle publiée sous la direction de M. Henry de Graffi-gny. E. Bernard et Cie, éditeurs. Paris, 1900. Prix : lfr,50.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Ci
- L'accumulateur. Lampes à arc et compteur d'électricité moteur à courant triphasé. Modèles en carton démontables. Paris, E. Bernard et Cie, 1901.
- Les agglomérés, par II. de Graffigny. 1 vol. in-16 de la Petite Encyclopédie scientifique. E. Bernard et Cie, éditeurs, Paris.
- ' Prix : ltr,50.
- Agenda du photographe et de l'amateur 1901. Charles Mendol. Paris.
- Smithsonian Institution United States national Muséum. Spécial Bulletin. American Hydroids. Part I the Plumu-laridæ, Avitht hirty-Tour plates, by Chaules Glevelasd Nüttixg, professor of zoologv, University of Jowa. 1 brochure in-4°. Washington, Government Printing Office.
- Commission of fish and fisheries. George M. Boyyers, commis-
- sioner, Part XXV. Report of the Commissioner for the Year Ending June 30. 1899. 1 vol. in-8°. Washington, Government Printing Office. 1900.
- Smithsonian Institution United States National Muséum. N° 47. The Fishes of North and middle America, by David Starr Jordan and Barton Warrèn Evermann. Part IV. 1 vol. in-4\ Washington, Government Printing Office.
- Transactions of the american Mathematical Society, edited by Eliakim IIastings Moore, Ernest William Brown, Thomas Scott Fisse. Vol. 1. Octobre 1900. The Macmillan Company. 1900.
- Annual report of the Board of regents of the Smithsonian Institution, showing the operations, expanditures and condition of the Institution for the Year Ending June 50, 1898. 1 vol. in-8\ Washington, Government Printing Office. 1899.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de Franco
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9. ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 4 mars. . . . i*,i S. S. W. 2. Peu nuageux; 1,2. Nuag. jusqu’à 8 h. ; couv. ensuite ; gelée ld. ; halo ; pluie de 10 h. 1/2 à 15 li. 1/2. •
- Mardi 5 8°,9 S. YV. 3. Couvert. 6,8 Couv. jusqu’à 17 h.; peu nuag. ensuite; pluie fine de 16 à 17 h.
- Mercredi 6 2°,6 S. S. W. 3. Couvert. 0,7 Couv. de 6 à 18 h.; nuag. avant et après ; orage de 15 h. à 15 h. 40 avec pluie et grêle.
- Jeudi 7 2*,1 S. W. 5. Nuageux. 2,5 Nuag. jusqu’à 7 h. ; très nuag. ensuite ; pl. de 15 lu 10 à 16 li. 10; halo.
- Vendredi 8 2%0 S. E. 1. Couvert. 0,7 Couv. de 4 à 14 h. ; puis peu nuageux; beau après 17 h. ; gelée bl. ; halo.
- Samedi 9 3%9 N. N. E. 3. Éclaircies. 0,0 Presque couv. ; gelée bl. ; gouttes à 8 h. 45.
- Dimanche 10 ... . 2%0 N. N. E. 3. Couvert. 0,0 Couvert ; brumeux.
- MARS 1901. -- SEMAINE DU LUNDI 4 AU DIMANCHE 10 MARS.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les (lèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquentr courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche: courbe en pointillé,, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites au Pare Maint-itlaur en février lOOfl
- par M. E. Resoc.
- Moyenne barométrique à midi 759"",35. Minimum 736"“,7a le a à 2 heures du soir.-Maximum 772"“,83 le 15 à minuit.
- Moyennes thermométriques : des minima —3°, 14; des maxima 3°,20; du mois 0°,03; vraie des 24 heures —0°,28. Minimum—11°,2 le 16. Maximum 12°,2 le 27. Moyenne dés minima au ras du sol — 6°,79. Minimum au ras du sol — 15?,3 le 16. Il y a eu, 19 jours de geléç, dont 4. sans dégel, et 8 jours -de gelée blanche. '
- Ten-ion moyenne de la vapeur 3”“,73. Minimum 1"“,4 le lia 4 heures du soir. Maximum -7"“,00 le 28 à 4 heures du soir.
- Humidité relative moyenne ; 81. Minimum 31 le 16 à 1 heure du soir. Maximum 100 en 10 jours.
- Nébulosité moyenne 66.. Il y a eu 6 jours couverts et 1 jour clair.
- Pluie 26"“,6 en 43 heures, réparties en 9. jours. Il y a eu. 7 jours de petite neige et 10 jours de grésil, bruine, grains^de neige ou gouttes.
- Les vents du S, et S.-YV,, dominants, puis ceux du N.-YY. au N.-E. It a soufdé fort du S.-S.-YY., le 27. de 9 heures du matin à 4 heures du soir.
- 11 y a eu 8 jours de brquillards faibles, sauf le dernier, celui du 24 qui
- atteint 100 mètres. 5 jours de transparence atmosphérique de 3 kilomètres*
- Température moyenne de la Marne : le matin 2°,17 ; l’après-midi 2°.31 ; du mois 2°,24. Elle a varié de 0°,42 le 23 à 4°,60 le 1". La hauteur faible allant eu baissant du commencement à la fin du mois en même temps qu’elle s’éclaircit. La Marne charrie de la glace feutrée les 22 et 23.
- Relativement aux moyennes normales, le mois de février 1901 présenté les résultats suivants : Baromètre à midi plus faible de 0““,22. Thermomètre plus faible de 3°,87. Tension de la vapeur plus faible de 1“,38. Humidité relative plus faible de 3. Nébulosité égale. Pluie plus faible de 6"”,9,
- Relativement aux moyennes normales, l’hiver de 1991 présente les résultats suivants :
- J .
- Moyennes. Écarts.
- Baromètre. . . 760““,26 -+- 0,60 .Thermomètre . 2°,83 0,18
- Tens. de ia.vap. 4““?97 0,02
- Floraison du perccrUeige }e 26.
- PHASES DE LA .LUNE : P, T,, ,1e 4 à 8 h. 14 m. du matin.
- Moyennes. Écarts. Humidité relat. 84,3 — 2,4 Nébulosité ... 71-1-2 .
- Pluie........... 81“”,7 — 31 “,9
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —g— Depuis quelques jours, la mémoire de l’illustre chimiste J.-R. Dumas est honorée par une plaque de marbre placée sur l’immeuble portant le numéro 3 de la rue Saint-Dominique, immeuble habité par le commandant et Mrae J.-B. Dumas. Cette plaque porte l’inscription suivante : « Dans cette maison habita J.-B. Dumas, chimiste, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, membre de l’\cadémie française, né à Alais le 16 juillet 1800, mort à Cannes le 11 avril 1884 ».
- —g)— On annonce de Rothais* en Alsace, à la date du 12 mars, l’arrivée de la première cigogne, devançant d’un jour son arrivée «le l’année dernière. Elle a pris possession de l’ancien nid situé sur une maison du centre du village. L’après-midi, deux autres cigognes se sont placées sur le toit de la maison d’en face. La température est assez douce, comme l’année dernière à pareille époque ; mais les années précédentes, elles étaient venues plus tôt, et par un ciel hivernal; le 20 février 1898, par un temps de neige, et le 27 février 1899, par une température très froide.
- —g)— Sait-on la statistique des accidents causés en janvier 1901 par les divers moyens «le transport? Le cheval a fait 714 victimes, dont 66 morts et 648 blessés; le chemin de fer 68, dont 6 morts et 62 blessés. La bicyclette a blessé 51 personnes; l’automobile a causé 3 morts et blessé 16 imprudents. La proportion se chiffre de la façon suivante pour les morts : le cheval, 88 pour 100 ; le chemin de fer, 8 pour 100; l’automobile, 4 pour 100; la bicyclette, 0 pour 100.
- —g— Les collections du Muséum s’enrichissent toujours. Toute une série d’animaux intéressants vient d’entrer à la ménagerie. Les uns lui ont été offerts : un mouflon de Corse (ovis musimon), par M. Edouard Lockroy; une harpie féroce (harpya destruclor), par M. J. Lebon. D’autres ont été achetés : une paire de bouquetins d’Espagne et une autre de yacks noirs. Enfin quatre pumas sont nés en cage des superbes animaux qu’avait offerts il y a deux ans Mme Sarali Bernhardt. M. Almada Negreiros, délégué colonial du gouvernement portugais, a offert au directeur du Muséum, M. Edmond Perrier, une série d’oiseaux de l'ile de San-Thomé, série qui figurait à l’Exposition de 1960. Le docteur Decorse a envoyé d’Ambovombe (Madagascar) des plantes, des insectes, des mollusques, des ossements de tortues et des fragments d'œufs d’æpiornis. M. G. Thoire, administrateur colonial à la Côte d’ivoire, a fait don de peaux de pangolin et de serpents de diverses espèces. Enfin M. Gay, chargé de mission à la Guyane, a envoyé neuf colis remplis de collections faites dans notre colonie.
- —g— L'administration des postes et télégraphes effectue depuis «juelque temps dans Paris des essais de transport de lettres avec un automobile électrique. Cette voiture a fait successivement toutes les tournées de quartier : un jour elle desservait les bureaux du 12° ou du 16° arrondissement. Un autre jour elle gravissait les eûtes souvent assez fortes du 9e ou du 19e arrondissement. On voulait ainsi se rendre compte du temps que le nouveau mode de locomotion permettait de gagner sur les horaires en vigueur dans ces différentes tournées. Ces' expériences ont donné des résullats satisfaisants et la société concessionnaire des transports postaux dans Paris s’est décidée à demander, au sous-secrétaire des postes et télégraphes, l'autorisation de substituer aux 125 cabriolets qui sont actuellement en usage pour le transport des lettres, un nombre égal de voitures automobiles. L’avantage de la nouvelle voiture est de pouvoir transporter 800 kg au lieu de 500 que portent les cabriolets à chevaux. En outre, on gagne cinq minutes sur vingt.
- —g— Les cinq sous-marins de la marine britannique mis sur chantier à Barrow au mois de septembre 1900, et dont la maison Vickers sons and Maxim a entrepris la construction sont construits sur le modèle américain du Holland. Leurs dimensions sont de 63 pieds 4 pouces en longueur et 11 pieds 9 pouces en largeur; leur déplacement, lorsqu’ils se trouvent sous l’eau, est de 120 tonnes, et ils sont munis d’un tube à torpille. Leur maximum de vitesse à la surface de l’eau variera entre 9 et 10 nœuds, et leur vitesse sous l’eau ne dépassera pas 6 à 7 nœuds. On annonce que ces cinq bateaux seront livrés avant le 31 décembre prochain.
- —g— D’après l’Aviron, voici des chiffres relatifs aux' nombres comparés des adeptes des différents sports en France, en Angleterre et en Allemagne. Il faut faire remarquer que les populations de ces pays sont différentes. Pour la France environ 59 millions, pour l’Angleterre environ 40 millions, pour l’Allemagne 56 millions, d’après le recensement de décembre dernier. — Sociétés nautiques. France, 6000 membres; Allemagne, 7000; Angleterre, 80000. — Sociétés d'escrime. France, 25000 membres; Allemagne, 20 000; Angleterre, 5000. — Sports athlétiques, courses à pied, football, tennis, etc. France, 50 000 membres; Allemagne, 10 000; Angleterre, 600000. — Sociétés de gymnastique. France, 41265 membres; Allemagne, 554757; Angleterre, 5000. — Sociétés, cyclistes. France, 475 000membres; Allemagne, 200 000 ; Angleterre, 180 000. Chaque peuple a sa spécialité. Sans la bicyclette, on remarquera que nous occuperions le dernier rang des peuples sportifs. C’est à cause de la bicyclette que nous paraissons au contraire occuper le premier rang. France, 968 265; Angleterre, 870000; Allemagne, 781 757. Ces divers chiffres ont leur intérêt.
- —g— On vient de faire le recensement de la ville de Bombay. On a constaté qu’elle a perdu 50000 habitants depuis le dernier recensement. Cette énorme diminution est due à la peste et à la famine.
- —g— Pigeons voyageurs préhistoriques. Si l’on en croit une communication récente, faite à Athènes par un érudit hellène, on aurait retrouvé la trace de pigeons voyageurs employés, quatre siècles avant Jésus-Christ, par un habitant de l’ile d’Eguil, du nom de Taurosthène. Taurosthène s’était rendu aux Jeux Olympiques, où il fut proclamé vainqueur. Son père aurait appris le triomphe de son fils le môme soir par un pigeon que Taurosthène avait emmené avec lui, et qu’aussitôt proclamé victorieux, il avait lâché avec un morceau d’ctoffe rouge à la patte.
- —g— On commence à utiliser comme combustible les résidus de la fabrication du pétrole. Une usine de Chemnitz a construit des locomotives tenders pour cet usage spécial. Les résidus de pétrole sont placés dans un réservoir d’environ 300 litres et portés à la température de 45°. La chaudière de la machine atteint rapidement 8 atmosphères. Dans les essais, le poids du train était de 65 tonnes et la pression moyenne de 8 atmosphères. La vitesse obtenue a été de 20 kilomètres à l’heure pour une consommation de 648 litres d’eau et de 60 litres de combustible. La dépense kilométrique se réduit à 3 litres de résidus, soit à environ 10 centimes.
- —g— Pendant le fonçage d'un puits à Ottakring, en Autriche, on a employé un dispositif ingénieux pour dégager le terrain au-dessous du lîord inférieur du cuvelage, quand celui-ci ne voulait pas descendre malgré la pression exercée sur sa tranche supérieure. On descendait dans le puits, à l’aplomb du bas du cuvelage, un cadre en bois sur lequel étaient articulés deux bras portant chacun une sorte de pioche à son extrémité. En tirant sur des renvois convenables, on forçait les pioches à venir mordre le terrain plus bas que le cuvelage, et, en faisant tourner le cadre et en continuant l’opération, on arrivait à déblayer tout le massif qui s’opposait à la descente du cuvelage.
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- N 01Y ELLE S SCIENTIFIQUES.
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- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du Journal de l’année.
- Avis. — La rédaction de La Nature prie M. J. de Joannis, auteur de la lettre que nous avons publiée dans le n° 1447, du 16 février 1901, p. 190, de vouloir bien envoyer son adresse à M. J. Guillaume, 164, Boulevard du Montparnasse,
- à Paris, qui a une communication à lui faire.
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- Communications. — Al. J. Péroche, à Lille, nous adresse une brochure ayant pour titre : « Les observations astronomiques et le balancement polaire ». Elle est extraite des Annales de la Société géologique du Nord, et se trouve à la librairie Félix Alcan, 108, boulevard Saint-Germain, Paris.
- Renseignements. — M. Dubois, à Marseille. — Nous avons déjà annoncé qu’une école pratique d’électricité et d’automobile avec leçons théoriques élémentaires et démonstrations sur des appareils allait ouvrir à Pâques. Nous vous ferons connaître ultérieurement les conditions d’admission.
- AI. Ledon, à Paris. — La machine à coudre la peau, qui a été décrite dans le n° 1450, du 9 mars 1901, p. 240, n’est pas seulement destinée aux médecins; elle devrait se répandre dans les familles, car elle permet de faire rapidement des sutures au front, à la jambe, au bras, à la suite des accidents sans nombre qui surviennent journellement aux enfants. Cette machine se trouve chez M. Collin, rue de l’Ecole-de-Médecine.
- Un électricien, à Saint-Dié. — 1° La soudure des plombiers peut servir pour souder ces plombs. 2° 11 n’y a pas d’ouvrage spécial sur les électro-aimants; mais vous trouverez des renseignements dans l’Electro-aimant de Silvanus Thompson, à la librairie J. Fritsch, 30, rue du Dragon et dans le Formulaire de l’Electricien, à la librairie Masson et Cie, à Paris.
- Al. Trial, à Saint-Etienne. — Votre lettre a été envoyée à Fauteur.
- Al. L. AL, à Paris. — 1° Lampe à incandescence à alcool: 51. Denayrouze, 2, rue llippolyte Lebas, à Paris. — 2° Nous avons déjà parlé de ces lampes;
- AI. G. G., à Paris. — Vous trouverez des vernis, émaux de tous genres chez M. Graner, 74, boulevard Richard-Lenoir, où chez M. Sevestre, 151, rue du Temple, à Paris.
- Un lecteur, à T. — Nous n’avons pas encore eu l’occasion de voir cet appareil.
- AI. G. Gonlhier, à Carlux. — 1° Vous trouverez un ouvrage sur les conserves alimentaires dans l’Encyclopédie des manuels Roret, à la librairie Mulo, 12, rue Ilautefeuille à Paris. — 2° Vernis à bronzer : M. Detourbe, 7, rue Saint-Séverin, M. Duhamel, 70, rue François 51iron, à Paris. — 3° Le fait n’est pas rare.
- Un abonné, à Doubs. — Plusieurs théories ont déjà été émises à ce sujet ; il faudrait des expériences pour les confirmer.
- if. Sterio D. Touffas, à Samanond. — Nous ne pouvons nous occuper de ces questions toutes commerciales. '
- if. Duloi, à Nantes. — Le formulaire pratique de l’Electricien, de M. E. Hospitalier, pour l’année 1900-1901, vient de paraître à la librairie Masson et Cie.
- AL J. Péreire, à Paris. — Nous avons cherché dans toute la collection et nous n’avons pas trouvé le calendrier perpétuel dont vous parlez. N
- if. W. G., à Lyon. — Le moyen le plus pratique pour rafraîchir un appartement trop chaud pendant l’été est de le garantir du soleil et d’éviter que la chaleur n’y pénètre. Un
- ventilateur électrique en agitant l’air peut, sans faire baisser la température, donner la sensation de fraîcheur.
- M. E. Denamur, à Souvret. — Nous ne connaissons pas d’appareil semblable au vôtre; mais nous ne pouvons vous affirmer qu’il n’en existe pas un autre modèle breveté.
- AL F. Dumont, à Namur. — Les signaux électriques dans la télégraphie sans fil n’ont été transmis que dans l’air; on a émis récemment l’hypothèse de la propagation des ondes par des couches terrestres et liquides de même niveau électrique-Ces considérations sont très sujettes à caution.
- Al. R. S., à Venise. — Nous avons déjà annoncé la nouvelle lampe à incandescence de M. Auer, qui ne consomme que 1,5 watt par bougie. Mais on ne possède encore que des-renseignements incomplets sur cette lampe et on ne peut en donner une description.
- M. le Dr E. Bribosia, à Namur. — Remerciements pour votre envoi ; mais ces renseignements ne suffisent pas pour fixer nos idées.
- M. L. Danos, à Tarbes. — Nous n’avons pas d’autres renseignements que ceux que nous avons publiés.
- Al. C. W. Callow, à Lyon. —Nous avons publié un article sur le baroscope, pronostic ou sturm-glass des Anglais, dans le n° 182 du 25 novembre 1876, p. 409.
- M.'Lucien Floquet, à Duvy. — Veuillez nous dire si l’appa • j reil a été construit et fonctionne. Pour que nous le décrivions,
- 11 faut nous en envoyer un modèle afin que nous puissions / l’essayer.
- Al. R. L., à Paris. — Pour nettoyer les lampes à huile, on les vide d’abord. Puis on introduit dedans de l’huile d’olive bouillante et on secoue violemment. On renouvelle l’opération à plusieurs reprises.
- AI. L. Clark, à Cannes. — L’adresse demandée est : M. A. Quérey, 119, rue de Montreuil, à Paris.
- M. Bremond, à Paris. — On n’a jamais obtenu de résultats en opérant ainsi, et il est probable que l’on n’en obtiendra pas.
- AL le Dr José Clairac, à Madrid. — La machine à coudre la peau se trouve chez M. Collin, rue de l’Ecole-de-Médecine, à Paris.
- AI. J. Gulierrer Buena. — La pâte des agglomérés pour piles Leclan&hé est formée de 40 parties de bioxyde de manganèse, 55 de charbon, 5 de gomme laque comprimée à 300 atmosphères à 100° C.
- AI. J. Plassard, à Paris. — 1° Adressez-vous au Bureau central météorologique de France. — 2° Un cheval vaut 7,36 hectowatts; une lampe de 10 bougies dépense 0,55 hec-towatt.
- M. Aurière, à Saint-Sylvestre. — Nous ne connaissons pas-ce nouvel éclairage.
- Un abonné, des Landes. — Nous n’avons pas expérimenté cet appareil et nous ne pouvons vous répondre.
- AI. P. Caron, à Saint-Nazaire-sur-Loire. — 1° Nous allons rechercher les adresses de ces inventeurs, et nous leur enverrons votre lettre. — 2° 11 faudra rappeler que vous êtes un vieux lecteur.
- AI. P. F., à Lille. — Écrivez directement à 51. G. Trouvé,
- 14, rue Vivienne, à Paris.
- Al. P. G., à X. — 1° Il faut mettre l’accumulateur en charge et le laisser longtemps. — 2° 11 n’y a pas d’autre moyen que de laisser l’accumulateur toujours chargé.
- AI. Trilles, à Agen. — 1° Nous ne connaissons pas de peinture semblable; mais nous allons faire des recherches. — 2° II n’y a pas de procédé spécial.
- AI. A. L., à S. — 1° Vous trouverez une série d’ouvrages sur ces questions à la librairie Bérenger, 15, rue des Saints-Pères, à Paris. — 2° Pour coller le celluloïd, nous ne connaissons pas de procédé; mais vous pourriez essayer un mastic formé de caoutchouc en partie dissous dans de la benzine.
- AI. Sepulveda, à Lisbonne. — L’adresse que vous demandez a été donnée en tête de la Boîte aux lettres du n° 1442, du
- 12 janvier 1901.
- Accusés de réception. — Avis divers. — AI. Durand, à Nice. Il serait nécessaire de faire des recherches aux brevets, adressez-vous à M. Blouin, 43, boulevard Voltaire, à Paris. —
- AI. Paurant, à Paris. Nous ne pensons pas que cette pile puisse fonctionner. — AI. Levant, à Brest. Nous avons reçu votre envoi ; mais nous ne pouvons l’utiliser., Remerciements. — Al. D. R.,kX.;
- AI. G. F., à Lyon; AI. Juart, à Nancy. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, a la librairie Masson et Cio. —
- AI. Delluc Elie, à Paris. Consultez le même petit livre que ci-dessus, 3e série, à la même librairie. — AI. Lagen, à Versailles;
- AI. Lefebvre, à Lyon. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes tes questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- DERNIÈRES NOUVELLES DE LA PLANÈTE MARS. — Texte et dessins de A. Robida
- i. Enfin les signaux que nous font à travers l’espace les habitants de Mars ne resteront pas sans réponse. Une dépêche d’Amérique nous apprend que le problème est résolu de diverses façons. M. Tesla a établi les premières communications par la téléphonie sans fil (par économie vu la distance). — 2. Ce qui a immédiatement décidé l’envoi d’une commission scientifique, au moyen d’un wagon-projectile lancé par l’air comprimé à 2S0000 atmosphères. — 3. Communication par le son. Au sommet des Montagnes Rocheuses, un puissant oméga-téléphone haut hurleur avec adjonction de microphone résonnateur à triple puissance envoie la Marseillaise (naturellement) jouée par un orchestre de premier ordre. — 4. Signaux par le feu. Projection de figures gigantesques dans le ciel. Portraits de Sarah, Mac Kinley, Vénus de Milo, uncle Sam, animaux divers, etc. — 5. La réponse ne se fait pas attendre, les Marsiens projettent de même dans leurs nuages d’étranges figures qui sont probablement des portraits d’hommes d’État de là-bas. — 6. Dernière heure. On signale sur les canaux de Mars une agitation extraordinaire, il y a méprise ; les gens de Mars, croyant à des menaces d’invasion, mobilisent leurs flottes et leurs armées.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- L'application de sangsues.
- Appliquer des sangsues était une chose si courante, il y a quelque cinquante ans, que peu de personnes arrivaient à un âge avancé sans avoir subi cette petite opération de garde-malade. Aujourd’hui, la mode en est passée : le marchand de sangsues a disparu, et les pharmaciens sont devenus rares qui possèdent des provisions de ces bestioles. Cependant il arrive encore que le médecin en prescrive; c’est un mode de saignée fort simple et fort utile. La sangsue par sa morsure fait une petite plaie qui donne lieu à un écoulement de sang plus ou moins abondant, suivant la nécessité. Parfois, cette morsure est suivie d’une hémorragie difficile à arrêter; on a beau mettre de l’ouate, des compresses imbibées d’antipyrine, le sang coule lentement mais sans arrêt. On emploiera avec efficacité un des procédés modernes d’hémostase, c’est de laver la plaie
- avec une solution de gélatine à 1 pour 100 et d’appliquer sur la piqûre un petit tampon d’ouate imprégné de cette solution fraîchement préparée. Dr X....
- Contre la coqueluche.
- Le Dr Guida, de Naples, conseille de faire au moment des quintes un badigeonnage avec la solution suivante :
- Acide phénique cristallisé .... 1 gramme.
- Sirop de tolu....................... 5 grammes.
- Glycérine pure.................... 10 —
- Chez les enfants au-dessus de trois ans on peut ajouter une petite quantité de solution de cocaïne. On pourrait, dans la crainte que cet agent fût mal toléré, le remplacer par une petite quantité de sirop de belladone.
- Le Dr Labrie, de l’hôpital des Enfants-Malades, employait, il y a plus de vingt ans, des badigeonnages antiseptiques et en avait obtenu des résultats très favorables. Dr X...
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologique de Franco
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9. ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 11 mars . . . 0*,6 N. N. W. 2. Couvert. 0,0 Couv. ; pl. à diverses reprises avec neige, grésil ; gelée blanche.
- Mardi 12 4*,0 W. N. \V. 2. Couvert. 1,8 Couv. jusqu a 18 h. ; très nuag. à 19 h. ; beau ensuite ; pluie fine le matin.
- Mercredi 13 ... . 1*,9 N. N. W. 2. Couvert. 0,6 Beau à 1 h. ; couv. ensuite ; gelée bl.; pluie le matin.
- Jeudi 14 2%2 E. 2. Très nuageux. 0,4 Très nuag. ; gelée bl. ; gouttes.
- Vendredi 15 .... 5-, 3 E. 2. Nuageux. 0,6 Très nuag. jusqu’à 10 h. ; couv. ensuite ; gelée bl. ; pl. à diverses reprises. Couv. jusqu’à 17 h. ; beau à 1 h. et de 20 à 21 b.
- Samedi 16 5% 4 S. 3. Couvert. 1,7
- Dimanche 17.... 4M E. N. E. 2. Nuageux. 0,1 Très nuag. jusqu’à 8 h. ; presque couv. ensuite.
- MARS 1901. -- SEMAINE DE LUNDI 11 AU DIMANCHE 17 MARS.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de O « 10: les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à" l’abri à boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Phénomènes atmosphériques. — Dans la nuit du 9 au 10 mars, un immense nuâge rougeâtre s’est étendu au-dessus de Palerme. Un vent du sud soufflait avec violence. Les gouttes d’eau qui tombaient semblaient du sang coagulé; ce phénomène, bien connu sous le nom de « pluie de sang », est attribué à de la poussière du désert africain transportée par le vpnt. Le même phénomène s’est produit.en Tunisie et dans l’Italie méridionale. A Naples, une pluie de sable est tombée vers 5 heures du soir, et l’on a observé les phénomènes de mirage connus, en Italie et en Suisse, sous le nom de Fata Morgarta.
- Tempête à Brest. — Le 9 mars, a Brest, a eu lieu une violente tempête qui a causé plusieurs sinistres. Le trois-mâts Saint-Mars, de Bordeaux, s’est perdu corps et biens sur les rochers Haro, sur les côtes de Plouescat, près de File de Batz, Cinq hommes se sont sauvés et sept ont été noyétp
- Un steamer espagnol, de la Compagnie Aznar, de Bilbao, se trouvait en perdition, vers 7 heures du soir, à 6 milles à l’ouest d'Ouessant, avec avaries à son gouvernail. Deux vapeurs de commerce ont été vus allant à son secours, mais ils n’ont pu le prendre à la remorque, car la mer était très grosse. Une trentaine de navires étaient en relâche à Brest, n’osant pas sortir.
- Ua neige à Gap. — La neige est tombée à gros flocons le 14 mars toute la journée ; la température est toujours très basse.
- Un cyclone au Texas. — Un cyclone, à la date du 10 mars, a détruit une partie des constructions de la ville de WiUe-Point, dans le Texas.
- Quatre personnes ont été tuées et vingt autres blessées. L’ouragan a également causé de grands dégâts dans les districts du sud-ouest et du nord-est de la ville et on craint qu’il y ait eu encore beaucoup d’autres morts.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q., le 13, à 1 h. IG m. du soir.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —8>— L’Association internationale des Académies se réunira à Paris le mardi 16 avril. Cette première session s’annonce comme devant avoir beaucoup d’éclat. De nombreux membres de la Société royale de Londres, des Académies de Berlin, Munich, Leipzig, 4Iœttingue, Vienne, etc., ont déjà écrit à M. Darboux, délégué de l’Association, pour annoncer leur arrivée prochaine.
- —®— Viennent d’être nommés pour l’année 1901 : président du conseil de l’Observatoire de Paris, M. Faye, membre de l’Institut; vice-président, Laussedat, membre de l’Institut ; secrétaire, M. Cornu, membre de l’Institut.
- —®— On est resté très incertain sur la période de variabilité d’Eros. Il semble, d’après MM. André et Luizet, qu’il faille décidément la fixer à 5b 16ra. Eros est une planète double qui doit la plus grande partie de sa variation lumineuse actuelle aux éclipses réciproques de ses deux composantes.
- —(g)— Rappelons que deux éclipses de lune, partiellement visibles à Pa ris, auront lieu les 3 mai et 27 octobre. Il y aura également deux éclipses de soleil : l’une, totale, se produira le 18 mai; elle sera visible dans l’Afrique orientale, l’Asie du Sud, l’Australie, et sera invisible à Paris ; l’autre, annulaire, se produira le 11 novembre ; elle sera visible en Europe, en Asie et dans l’Afrique centrale, et partiellement à Paris.
- —®— M. E. Oustalet, professeur du cours de zoologie (mammifères et oiseaux) au Muséum d’histoire naturelle, a commencé son cours le lundi ,25 mars, à 2 heures, et le continuera les lundi, mercredi et vendredi à la même heure. Le professeur traitera, d’une façon générale, des caractères distinctifs, de l’histoire, de l'organisation des mœurs, de l’utilité économique, delà distribution géographique et de la classification des oiseaux.
- —§)— A Saint-Malo, lors d’une des dernières marées, un véritable « banc v de mulets est entré dans le port. II y en avait environ 15 000 en rangs serrés. Du quai et des remparts on les voyait évoluer. Malgré leur promptitude à barrer le chenal avec la senne, les pécheurs qui se trouvaient là n’ont pu en capturer qu’un millier : le reste a passé sous les filets. Le « banc » de mulets ne se voit pas tous les jours.
- —®— Des expériences publiques de conservation de vins par pasteurisation ou filtration ont eu lieu dans les derniers jours du mois de mars à Beaune, par les soins de la station œnologique de Bourgogne. Des échantillons de vins traités et de vins témoins ont été prélevés et soumis à diverses épreuves comparatives indiquées par un Comité de dégustation.
- —®— Les régates de Cannes ont eu lieu pendant la première quinzaine de mars. Un certain nombre d’épreuves étaient réservées nux yachts à moteur mécanique. La mer, très houleuse, a gêné considérablement la marche de ces petites embarcations. Voici les résultats des deux journées : mardi, 5 mars, Ire série, yachts de <im,50 et au-dessous : Berthe-Hélène, à M. Gallice, moteur à essence, accomplit seul le parcours de 10 milles, soit 18 kilomètres 1/2 en lh44m33J; Little-Queen, à M. Siegfried, a dû renoncer, par suite d’une avarie au moment du départ. 2° et 3e séries réunies (6m,50 à 8 mètres et 8 à 10 mètres) : Lotie, à un moteur ^électrique, appartenant à M Chauchard, fait les 10 milles en lh 35"' 37s. 4e série : Je seul inscrit Mon Jean, à M. Paul Chauchard, a dû renoncer par suite d’une panne aussitôt après avoir coupé la ligne de départ. — Dimanche 10 mars. Le prix du Cercle nautique consacre la victoire de Berthe-llélène qui bat Little-Queen avec une avance considérable.
- —®— On signale en Autriche des accidents d’empoisonnement dus à des bas de soie noire. La responsabilité de l’intoxication remonte au chlorure d’étain, qui sert à « charger » la soie. Cela se traduit par l’apparition de taches jaunes sur la peau et par des troubles moteurs et sensitifs plus ou moins graves.
- —M. Camille Moreau, correspondant de l’Académie de médecine de Belgique, a communiqué à cette assemblée une note instructive sur l’emploi de l’eau oxygénée en chirurgie. Il partage bien la manière de voir de ceux qui considèrent l’eau oxygénée comme un excellent agent à opposer à l’infection des plaies, mais il ne peut se dissimuler que ce pansement présente de réels inconvénients aussi. L’eau oxygénée peut faire explosion; elle altère le caoutchouc et le cuir des instruments de chirurgie ; elle olfre encore ce grand désavantage de provoquer une douleur très vive et prolongée aux blessés. Il existe peut-être un danger plus grand. C’est ce qui semble ressortir d'un cas observé par M. Moreau, où il y a eu mort rapide par hémorragie secondaire foudroyante du moignon à la suite d’une amputation de cuisse huit jours après l’opération. M. Moreau se demande si, en raison de l’inilucnce destructive de l’eau oxygénée, celle-ci n’est pas la cause de l’hémorragie : elle a pu détruire le catgut employé à la ligature du gros vaisseau, et désagréger les caillots obturateurs. Pour voir dans quelle mesure cette hypothèse est exacte, M. Moreau a placé des fragments de catgut dans des tubes contenant du sérum artificiel ou de l’eau oxygénée. Il a pu constater de la sorte que l’eau oxygénée désorganise nettement le catgut qui reste inahéré dans le sérum artificiel. Et alors, il faut ou bien renoncer à l’emploi de l’eau oxygénée dans les cas où les ligatures ont été faites au catgut ; ou bien remplacer le catgut par quelque autre ligature, par de la grosse soie tressée par exemple, qui n’a rien à craindre de l’action de l’eau oxygénée.
- —®— On a poursuivi, dimanche 24 mars dans toute la France, les opérations du recensement. Il faudra du temps pour en connaître les résultats exacts. Suivant des calculs approximatifs, — car la première statistique sérieuse remonte à 1850 seulement, — la population de Paris ne dépassait pas 120000 habitants au treizième siècle. Sous Henri II, elle élait de 210000 habitants, et sous Louis XIV, de 492 000. En 1798, elle s’était élevée à 640000 habitants; en 1851, à 1053262. En 1861, l’annexion des communes comprises entre les boulevards dits extérieurs et l’enceinte fortifiée la porta à 1696141. En 1891, elle atteignait 2 422 969 habitants. Lors du recensement du 29 mars 18ù6, la population totale de la France était de 38 517 975 habitants, ce qui représentait une densité de 72 habitants par hectare. Sur ce chiffre, le département de la Seine entrait pour 5 340 514 habitants, soit 6967 par hectare. Paris, à lui seul, comprenait 2 536 834 habitants. Les autres villes les plus peuplées fournissaient les chitrres suivants : Lyon et sa banlieue immédiate, 673 000 habitants; Marseille, 484948; Bordeaux, 492 979; Rennes, 304 506; Toulouse, 221 300.
- — (§)— La consommation de papier va sans cesœ croissant et qui dit papier aujourd’hui dit arbres, car on se sert partout de pâte de cellulose pour le fabriquer. Ainsi les principaux journaux de New-York, de Boston, de Chicago et de Philadelphie, exigent, chacun d’eux, l’abatage de 120 à 150000 arbres par an, ce qui représente une forêt de 10 000 hectares. Les numéros de Noël de ces journaux, qui ont souvent plus de 80 pages, emploient jusqu’à 270 U00 kilogrammes de papier, soit 200000 pieds de billots d’épinette. Et il y a comme cela 22000 journaux aux Etats-Unis... dit la a Presse Internationale », à laquelle nous empruntons ces détails. C’est le Canada qui fournit la majeure partie de la pulpe nécessaire à la presse américaine. Quarante-huit moulins exploitent les forêts septentrionales du Dominioa et la seule province de Québec fabrique une moyenne de 500 millions de küogramines de papier par an 1
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du Journal de l’année.
- Avis. — La rédaction de La Nature prie M. J. de Joannis, auteur de la lettre que nous avons publiée dans le n° 1447, du 16 février 1901, p. 190, de vouloir bien envoyer son adresse à M. J. Guillaume, 164, boulevardjdu Montparnasse, à Paris, qui a une communication à lui faire.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Les poêles à pétrole se trouvent à la Société anonyme de chauffage et d’éclairage Sepulchre, à Herstal-lez-Liège. Dépositaire à Paris: M. Félix Minette, 147, avenue Malakoff. — Allumage autoincandescent : M. Albert Deschamps, 150, avenue Malakoff, à Paris. — Pour le refroidissement des moteurs à pétrole, s’adresser à M. Lombard, ingénieur-mécanicien, 43, rue des Ecluses-Saint-Martin, à Paris. — La nouvelle valve de bandage pneumatique se trouve : LBown Machine jWorks, Battle Creek, Michigan, Etats-Unis.
- Communications. — M. G. Van der Mensbrugghe, recteur de l’Université de Gand, nous .adresse la communication suivante : « Un article de M. A. da Cunha, intitulé : la Coupe phénakisticope du I)r P. Richer (voy. n° 1449, du 2 mars dernier, p. 224), commence par ces mots : « Le grand-père du a cinématographe, cette merveilleuse application de la photo-« graphie, paraît être un physicien qui vivait au commence-« ment du siècle dernier et nommé Plateau ». Cette phrase semble jeter quelque doute dans l’esprit du lecteur en ce qui concerne l’inventeur du phénakisticope, et l’époque où l’appareil a été décrit pour la première fois. C’est pourquoi je regarde comme un devoir de vous adresser les lignes suivantes, tirées de la notice que j’ai rédigée en 1884 sur la vie et les travaux de mon beau-père, Joseph Plateau, né à Bruxelles le 14 octobre 1801 et mort à Gand le 15 septembre 1883 :
- ....(( Plateau part d’une expérience de Faraday consistant à obtenir une image parfaitement immobile d’un disque en mouvement : on divise un disque, en carton blanc par exemple, en seize secteurs égaux ; on perce près de la circonférence, dans la direction des lignes de division, une suite de fentes ayant 3 ou 4 millimètres de largeur et 20 millimètres de longueur; on noircit la face opposée du carton, et enfin on perce un petit trou au centre pour qu’on puisse faire tourner le disque autour d’une grosse aiguille. On fait tourner rapidement l’appareil devant un miroir, la face blanche du côté de Ja glace, et l’on regarde d’un œil à travers l’espèce de gaze que semblent former les fentes dans leur mouvement ; or l’image du cercle paraît absolument immobile, quelle que soit la vitesse de la rotation.
- « Par une modification des plus heureuses de cette expérience, Plateau dessine dans l’un des secteurs une figure quelconque, et répète cette même figure placée de la même manière sur chacun des autres secteurs; et qu’aperçoit l’observateur par la réflexion des figures du disque tournant devant le miroir? l’ensemble de toutes les images dans un état d'immobilité complète. Mais Plateau va plus loin, et c’est ici qu’éclate l’originalité de son esprit d’invention : au lieu de tracer des figures identiques sur tous les secteurs, il fait en sorte qu’en suivant la série des figures, elles passent par degrés d’une forme ou d’une position à une autre; dans ces conditions, si la vitesse de rotation est assez grande pour que toutes les impressions se lient entre elles et pas assez pour qu’elles se confondent, on croit voir chacune des figures changer graduellement de forme
- ou de position, tandis que le fond où elles sont dessinées paraît fixe.
- « Cette curieuse et mémorable expérience a donné lieu à la fabrication d’un instrument nommé Phénakisticope; mais-Plateau a donné à un constructeur de Londres des indications propres à la confection d’un appareil plus parfait qui s’est vendu longtemps sous le nom de fantascope. Plus tard, on a imaginé des instruments du même genre, servant d’amusement et fondés absolument sur le même principe.
- « Vers la même époque (en juillet 1833), un professeur de Vienne, M. Stampfer, fit connaître un instrument, semblable au fantascope, sous le nom de disques stroboscopiques; mais dès le 20 janvier de la même année, Plateau avait donné la description de son appareil dans une lettre insérée dans la Cor-respondance mathématique et physique de Quetelet; ses droits de priorité étaient donc bien établis. Toutefois, il a reconnu que Stampfer et lui ont été conduits simultanément à la même invention, et tous les deux à la suite de l’observation fondamentale de Faraday. »
- M. Marcel Goudeman, à X... nous envoie les réflexions suivantes : « En examinant les statistiques qui viennent d’être publiées par le Board of trade, on s’aperçoit d’un fait qui mérite d’attirer l’attention des producteurs français. La Russie, dont les importations de beurre en Angleterre étaient si faibles en 1898 et 1899 qu’elles ne sont même pas mentionnées, passe brusquement au cinquième rang en 1900 avec une importation de 10487 tonnes anglaises de 1016 kg ayant une valeur de 24519250 francs après le Danemark, la France, la Hollande et le Victoria.il est même probable que ces chiffres sont au-dessous de leur valeur réelle, car les beurres russes de première qualité sont vendus sous le nom de beurres danois et suédois. D’autre part une certaine quantité de ces beurres et d’autres beurres étrangers sont expédiée en Irlande d’où on les envoie à Londres comme beurre Irlandais. Les beurres expédiés sur le marché de Londres proviennent, du sud de la Russie, de la Finlande et de la Sibérie. L’industrie beurrière a pris une extension considérable dans cette dernière contrée depuis la mise en exploitation du transsibérien. L’exportation du beurre Sibérien, à destination de St-Pétersbourg, Reval,. Riga et Liban, a pris aussi une grande extension dans les dernières années. Londres en a commandé pour cette année 60000 et pour l’année prochaine 150000 pounds (environ 2500000 kg).
- Les expéditions sont si fortes que les 50 wagons frigorifiques dont disposent les chemins de fer ne suffisent pas, et que le gouvernement russe a décidé la construction de 100 nouveaux wagons à glace, d’après les renseignements que donne le Journal Deutsche Meirei Zeitung, de Kœnigsberg.
- Cette extension considérable du commerce beurrier de la Russie est dû à l’organisation de la vente et à l’application industrielle du froid.
- En ce moment même le ministère impérial de la Marine met en adjudication la création d’un grand dépôt frigorifique à Odessa et d’un autre à Arkangel, d’après un article de notre collaborateur M. J. de Loverdo, «l’Industrie frigorifique en France et à l’étranger, dans l’Agriculture nouvelle. » Une grande société dont le siège est près des Halles centrales vient d’être fondée à Paris pour introduire les beurres de Sibérie en France.
- Au reste l’état Russe encourage très généreusement ce mouvement : tout récemment encore, le gouvernement deFin-lande à voté une subvention de 3000000 de francs à une société la Finska sur un engagement de celle-ci de munir tous les bateaux de cales frigorifiques, d’éviter les escales et de transporter directement du beurre finlandais ou russe à raison de 52 francs les 1000 kg de Range à Londres, et de 77 francs pour le même poids de Range à Manchester.
- L’Etat s’est réservé le droit de contrôler sévèrement les clauses de cette subvention. »
- Il serait à souhaiter que de semblables organisations existassent pour faciliter l’exportation du beurre et des produits laitiers français sous peine ae nous voir distancés par nos concurrents canadiens, américains, russes ou australiens.
- M. Abel Buguet, à Rouen, nous écrit qu’il a déjà publié dans Photo-Journal, en décembre 1891, la méthode pour voir à l’œil nu le relief stéréoscopique, qu’un de nos abonnés, M. Marc Pujo, à Berson, nous a indiquée dans la Boîte aux lettres du n° 1451, du 16 mars 1901. M. Buguet ajoute qu’il doute qu’il ait publié le premier ce moyen ; car il doit être connu depuis les origines de la stéréoscopie.
- Voir la suite de la Boite aux lettres page 3* des Nouvelles scientifiques.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui, lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes ies questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- BOITE AUX LETTRES [Suite)
- M. J. Aguet, à San-Felice Circeo, nous adresse des renseignements sur des observations qu’il a eu l’occasion de faire : « Dimanche, 10 mars, un vent du sud des plus impétueux a soufflé sur toute la péninsule italienne. La chaleur était opri-mante : le thermomètre s'éleva à Rome à 22°, à Naples même à 27°. Le ciel était rouge sombre et tout à fait voilé. On voyait clairement que des matières minéiales étaient tenues en suspension dans l’air, matières que le vent a dû transporter par-dessus la mer évidemment du Sahara. Parti le 12 de Rome pour aller dans ma propriété de San-Felice Circeo les wagons du chemin de fer de la ligne de Ferracine me frappèrent par leur étrange aspect. Ils étaient entièrement recouverts d’une couche de poussière rouge comme s’ils avaient été aspergés avec une solution de brique pilée. Ce fait a été le résultat d’une légère pluie qui tomba dans l’après-midi et déposa la matière contenue en suspension dans l’air. Sur le mont de Circé, la campagne présentait un aspect vraiment curieux, toutes les feuilles étaient recouvertes de cette matière rouge fortement adhérente. »
- Renseignements. — M. H. L., à Paris. — Adressez-vous au Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. R. Anastasiu, à Bucarest. — Les adresses des constructeurs des voitures automobiles décrites dans le journal ont été données en tête de la Boîte aux lettres.
- M. Diego Marez, à X. — L’adresse a été indiquée en tête de la Boîte aux lettres du n° 1445, du 2 février 1901.
- M. le lieut. Zemonnier, à Castres. —Journal La Stéréo-Revue, 56, rue de Provence, à Paris.
- M. M. A., à X. — 1° Il faut vous adresser au Directeur du Jardin d’Acctimatation. — 2° Renseignez-vous à la Société des établissements G. Richard, 25, avenue de la Grande-Armée, à Paris. — 5° Pas d’adresse spéciale.
- M. F. Braassaud, à Perpignan. — Nous avons donné l’adresse du constructeur en Allemagne ; il n’y a pas de dépositaire en France.
- M. Daniel Suarez, à Corogne. — La pince à agrafes se trouve chez M. Collin, rue de l’Ecole-de-Médecine, à Paris.
- M, H. Bollinckx, à Bruxelles. — Le verbe frôler existe dans dans Ja langue française pour exprimer l’action de rouler. M. G. Pellissier a proposé le premier d’écrire trôlet au lieu de trolley. Il n’y a pas grandes raisons pour employer l’un plutôt que l’autre, i
- M. Fourman Piot, à Dormans. — La brochure de M. le Dr Marage se trouve chez l’auteur, 14, rue Duphot, à Paris.
- M. G., à Ghizeh. — Nous n’avons pas encore trouvé les formules que vous nous demandez ; nous continuons nos recherches.
- M. Carlier, à Bruxelles. — L’adresse demandée est 14, rue Martel, à Paris.
- M. S. M. C., à Auxon. — Nous ne connaissons pas de dépôt spécial.
- M. Perriquet, à Birtouta. — Nous avons reçu votre envoi ; remerciements. Le fait n’est pas rare.
- M. F. Barjou, à Saint-Avrit-Rivière. — Veuillez préciser votre demande; nous ne pouvons retrouver la description de cet appareil.
- M. J. Lago, à Condom. — 1° Vous pourriez consulter les comptes rendus de l’Académie des sciences. — 2° Le mieux serait de vous adresser à M. le professeur Duclaux.
- M. A. Viget, à Saint-Quentin. — Nous avons soumis vos observations au rédacteur de la recette dont vous parliez. Le Journal américain indique bien 40 parties de sang ; nous pensons qu’il y a erreur et qu’il faut lire 400 parties.
- M. Deroye fils, à Tunis. — 1° Il faudrait vous adresser aux divers entrepreneurs de démolition, avenue Rapp, à Paris. — 2° Nous croyons que ces turbines ne se construisent plus.
- M. Francise Gonçahes da Silva, à Elvas. — Nous avons publié sur le dernier Salon des automobiles plusieurs articles qui vous donneront toute satisfaction.
- M. Fourié, à Mazamet. — Les ouvrages sont très nombreux sur ces questions; voyez à la librairie Dunod, 49, quai des Grands-Augustins, et à la librairie Tignol, 55 bis, même quai, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. G., à Paris. Cet appareil ne se fabrique plus. — M. L. Durand, à Lille. Cette disposition a été prise pour des essais de laboratoire ; on ne pourrait l’appliquer dans un appareil industriel. — M. Langin, à Nîmes; M. Larand, à Clermont. Voyez le petit livre des Recettes et Procédés utiles, ire et 3® séries, à la librairie Masson et Cie.
- •— M. E. Kien. Remerciements pour votre communication.
- PETITES INTENTIONS1
- Plume fontaine de Blair. — Les plumes d’or à réservoir sont entrées depuis plusieurs années déjà dans l’usage courant.
- Elles évitent à l’écrivain la nécessité d’aller prendre de l’encre à chaque instant dans l’encrier ; elles ne s’oxydent jamais et sont toujours prêtes à fonctionner. Elles sont, en outre, d’une extrême douceur, de sorte que les personnes qui ont la crampe des écrivains s’en servent aisément alors qu’elles éprouvent quelque difficulté à manier la plume d’acier ordinaire. La plume que nous représentons ci-contre présente un avantage particulier. La plume à réservoir ne fonctionne bien que si l’on a à sa disposition de l’encre spéciale très limpide, encre d’origine anglaise ou américaine, spécialement fabriquée pour les stvlographes. C’est une sujétion. L’inventeur de la nouvelle plume fontaine a eu l’idée de préparer de petites cartouches solides permettant de colorer de l’eau et de constituer de l’encre limpide. Une cartouche suffit pour une année. Il n’y a plus qu’à remettre de l’eau que l’on trouve partout à mesure des besoins. On a aussi un réservoir inusable d’encre de toute teinte selon la cartouche ; encre rouge, verte, bleue, noire. Ce qui n’empêche pas, d’ailleurs, de se servir d’encre ordinaire quand on le désire. La petite cartouche f est attachée à un fil d, et, la plume g dévissée, on laisse pénétrer dans le réservoir. On emplit d’eau. Et voilà la plume prête à fonctionner. Enfin, ce porte-plume étant absolument étanche, l’encre ne coule pas et ne salit plus les doigts. — Chez Kirby Beard et Cie, 5, rue Auber.
- Fer à repasser A chauffage intérieur. — Il existe déjà un certain nombre de modèles de fer à repasser à chauffage intérieur. Le gaz arrive par un tuyau à une extrémité, s’enflamme en dessous et donne une chaleur qui se maintient régulière. Ce modèle se distingue des précédents par ses dispositions plus simples, par son poids qui est assez lourd pour que la repasseuse n’ait plus qu’à faire glisser le fer au lieu de l’appuyer, et enfin par son bon marché.
- Le mode d’emploi et la mise en marche sont très simples. On souffle fortement par l’olive placée à l’entrée du fer pour chasser les poussières. Après avoir bouché les deux ouvertures du brûleur avec les doigts, on allume à l’avant du fer et on règle la combustion avec le robinet. Si la flamme brûle aux ouvertures du brûleur, on éteint, puis on rallume. Le support doit être incliné pour que la pointe du fer soit plus élevée ; en tenant la semelle en l’air, le chauffage est encore plus rapide. Le tube doit arriver du haut, reposant sur la table il doit avoir 8 centimètres en plus. — Le nouveau fer à repasser se trouve au Comptoir d’éclairage et d’acétylène, 255, rue Saint-Martin, à Taris.
- Porte-allumettes automatique. — Dans beaucoup
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- Porte-allumettes automatique. Vue d’ensemble et coupe intérieure.
- d’endroits, il est assez dangereux de laisser la boîte d’allumettes ouverte et il est arrivé souvent que les enfants, en jouant, ont
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- mis le feu et provoqué des accidents. Cette considération a fait éclore toute une série de porte-allumettes automatiques fonctionnant avec une sécurité très relative. Tous étaient basés sur l’idée d’une boîte conique, à la pointe de laquelle passe une tige qui monte l’allumette à travers Forifice de l’appareil garni d’une bande de caoutchouc. Dans l’appareil que nous décrivons, l’inventeur a laissé tout cela, mais il y â ajouté un simple système de trembleur qui, automatiquement, après chaque usage, secoue et remue la boîte, si bien que les allumettes se rangent et se placent d’elles-mêmes, une à une, sur la petite tige. Ainsi construit, le porte-allumettes automatique devient pratique et il suffit d’appuyer sur le levier pour faire monter immédiatement une allumette. Il se compose
- d’un socle A portant un plateau e sur lequel s’adapte, à l’aide d’une monture à baïonnette, la cloche d revêtue extérieurement d’une pâte phosphorée et qui sert de frottoir pour les allumettes. Dans la position de repos du levier I, un godet b, mobile, où l'on place les allumettes ù utiliser, se trouve levé, le bec du levier appuie sur une barrette reliant les deux guides G C' et le ressort r le soulève. Une tige a creuse, solidaire du levier I, est abaissée à l’orifice du godet. Si l’on appuie sur le levier I, celui-ci vient en U, la tige a monte en a en glissant sur les deux guides et pousse une allumette hors du godet. — Le porte-allumettes automatique se trouve chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9. ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 18 mai s . . . 7°,2 E. 2. Couvert. 0,5 Couv. ; pluie la moitié du temps.
- Mardi 19 2%6 N. 4. Couvert. 4,2 Couv. ; pluie de 19 h. 40 à 23 h.
- Mercredi 20 ... . 5°,5 N. N. W. 5. Couvert. 0,1 Couv. ; bruine une grande partie du temps.
- Jeudi 21 5",3 N. N. E. 2. Couvert. 1,8 Couv, ; bruine jusqu’après 9 h.
- Vendredi 22 ... . 0’,7 N. E. 3. Beau. 0,1 Nuag. jusqu’à 18 h. ; beau ensuite.
- Samedi 25 — 0°,9 N. 3. Quelques nuages. 0,0 Quelques nuages jusqu’à 7 h. ; puis nuag. ; couv. après 16 h. Très nuag. le matin; puis nuag.; beau après 18 h.
- Dimanche 24 ... . -0M N. 3. Quelques éclaircies. 0,0
- MARS 1901. — SEMAINE Dü LUNDI 18 AU DIMANCHE 24 MARS.
- I iv
- Mardi i Mercredi I Midi | Vendredi I Samedi | Dimanche
- ILn connu; supérieure indique ta nébulosité de U a 10 ; Les flèches inferieures, La direction du rem. Les eourl/es au milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la merj; courbe plus mince, thermomètre à Cabri à boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- I,e temps. — Le mauvais temps n’a cessé de régner en France et à l’étranger. En France, ce sont partout des pluies abondantes dans le nord, dans l’ouest et dans le midi. Le 19 mars, on a recueilli 56 mm. d’eau à Nice, 30 à Marseille, 29 à Clermont. Le 21 mars, premier jour du printemps, à 11 heures du matin, le thermomètre marquait 3° à Paris, minimum — 1°. Neige à Marseille, au Havre, couche de 20 centimètres d'épaisseur à Saint-Etienne. Coup de vent du Nord, nuit du 25 mars. Neige à Paris. Il était tombé de même de .'a neige à Paris le 25 mars 1900.
- I,es crues. — A Paris, le 20 mars, à la suite des pluies abondantes, la crue de la Seine s’est accentuée au point de devenir inquiétante pour les riverains. A Charenton, Ivrv et même à Bercy, les bas-ports étaient submergés. Le 23, les eaux du lleuve atteignaient, les cotes suivantes : 2”,80 au pont d’Austerlitz, 2ra,65 au pont de la Tournelle, 5”,70 au pont Royal et 3“,57 au pont de Bezons. A la même date du 20 mars, par suite d’une pluie diluvienne, 1- . liône a subi une crue de 4” ,50 en quelques
- heures. La campagne d’Avignon : Sorgues, le Pontet, Bédarrides. Ville-neuve, Lamotte, la Barlhelasse a été inondée. A Rodez une pluie torrentielle n’a pas diséontinué de tomber pendant toute la journée. Les cours d’eau ont grossi dans des proportions inquiétantes. L’Aveyron a débordé sur tout son parcours. Plusieurs villages des environs de Rodez, notamment la Guioule, le Monastère, étaient dans l’eau.
- Le 21 mars, à Mende, la neige est tombée en quantité si considérable que le courrier de Langogne à Mende a dû rebrousser chemin à Chàteauueuf-de-Randon.
- La Loire subit une crue extraordinaire et les inondations causent de grands désastres. Entre Cosne et le Cher la circulation est interrompue.
- Des crues ont eu lieu aussi en Espagne et en Italie. A Madrid, le Guadal-quivir a monté de 4 mètres sur le niveau habituel. Des villes de Andujar, Puente, Genil, Cordoue, Cadix et .laen ont été inondés. La rivière de Guadal-medina a débordé, inondant un quartier de Malaga. La vallée d’Algesiras a été également sous les eaux.
- En Italie, les eaux du torrent Gu i ont subi une grande crue et, après avoir rompu la digue, elles ont envahi Colongni et Veneta.
- PHASES DE LA LUNE |
- N'. L. le 20, à 1 b. 2 m. du soir. Equinoxe le 21 à 7 h. 33 ni. du matin. .
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- A° 1454 (6 avril 1901), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— On est toujours heureux d’avoir à enregistrer des récompenses bien méritées. C’est avec une véritable satisfaction que nous trouvons dans la liste du Journal Officiel, parmi les nouveaux officiers d’Académie, le nom de notre collaborateur M. Armand Meiot, metteur en pages de La Nature. M. A. Meiot, de l’Imprimerie Laliure, est attaché au journal depuis 1887. A titre de collaborateur, il avait déjà reçu une médaille de bronze à l’Exposition de Bruxelles, en 1897 ; il vient d’obtenir une médaille d’argent à l’Exposition universelle de 1900. On ne se fait généralement pas bien l’idée du labeur d’un « metteur en pages ». Le travail est incessant, impérieux, difficile quand il s’agit d’un journal illustré. Il faut une grande expérience, du coup d’œil, une dextérité toute particulière et une attention de tous les instants. M. Meiot a rendu ainsi de grands services'à La Nature et à beaucoup de nos auteurs scientifiques les plus estimés. Ce petit ruban violet du Ministère de l’Instruction publique sera bien accueiMj par beaucoup de savants et par les personnes qui connaissent le métier.
- —®— Les élèves et les amis de'M. Haller se sont réunis dans le laboratoire du professeur, à la Sorbonne, pour lui offrir à l’occasion de sa nomination à l’Institut et de sa promotion au grade d’officier de la Légion d’Honneur, le « Lavoisier » de Dalou. Après quelques mots de M. Béhal, maître de conférences à la Sorbonne, rappelant le profond dévouement du maître et les services qu’il a rendus à la s'ien:e, M. Béchamp, doyen d’àge des chimistes, a présenté ses félicitations à M. llaller. En quelques paroles émues, M. Haller a enfin vivement remercié le nombreux auditoire qui L'entourait.
- —®— La Société de Physique de Londres vient d’élire parmi ses deux membres honoraires : M. Gibbs, un Américain, dont les beaux travaux de physique mathématique sur la thermodynamique, la théorie de la lumière, etc., font autorité et M. 1t. Kœnig, de Paris, bien connu notamment par ses appareils acoustiques, ses travaux sur les flammes manométriques, la syrène à ondes, etc. Dans ces derniers temps, malgré une cruelle maladie, M. R. Kœnig a réussi à obtenir des diapasons qui donnent plus de 100 000 vibrations par seconde, bien au delà, par conséquent, des limites de l’audition perceptible. Ses travaux sur les sons résultants, les voyelles, etc., sont classiques.
- —®— Le Congres des Sociétés savantes se tiendra cette année à îïancy. Il s’ouvrira le mardi 9 avril, à 2 heures, salle Poirel. Les travaux auront lieu les 10. 11 et 12 avril. Il y aura une série de visites et d’excursions intéressantes : Visites dans les principaux établissements industriels. — Excursion archéologique au camp romain de Ludres, près Nancy, le dimanche 14, sous la direction de M. Bleicher, directeur de l’Ecole supérieure de pharmacie. — Visite de Toul, le lundi 15, dirigée par M. Quintard, président de la Société d’archéologie lorraine. —Excursion géologique et archéologique à Saint-Mihiel, le mardi 16, dirigée par M. Nickler, professeur adjoint à la Faculté des sciences. — Visite à la mine de sel de Varangéville, le 17. Une autre série d'excursions est offerte aux congressistes : la visite des Vosges les 14, 15 et 16 avril, sous la direction de M. Itiston, président de la Société lorraine de photographie.
- —®— Deux nouvelles bachelières és sciences ont été reçues récemment en Sorbonne, toutes deux avec félicitations du jury, Louise Curtès et Mlle Florence Médard.
- —®— Découpé dans le Vélo. Deux des plus hautes notabilités du monde savant viennent de se faire inscrire au Touring Club : MM. Darhoux, membre de l’Institut, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, et Appell, membre de l’Institut, professeur de
- mécanique rationnelle à la Sorbonne. Parrains : MM. Kœnigs et Bourlet.
- —<§)— Un village qui glisse. Depuis quelques jours la colline sur laquelle est bâti le village de Paulhe, près Millau qui compte environ 250 habitants, semble vouloir glisser dans le Tarn qui baigne ses pieds. Les maisons se fissurent. Toute la nuit des craquements sinistres se font entendre.
- —<§)— La ville de Saint-Etienne a déjà fait connaître depuis quelques jours, pour ce qui la concerne, les résultats du recensement de la population qui a eu lieu dans toute la France le dimanche 24 mars. La population est de 146 671 habitants, soit une augmentation de 10 887 sur le chiffre de 1896. Saint-Etienne avait 16 259 habitants en 1801, 57 000 en 1826. 41 000 en-1836, 78000 en 1856, 96000 en 1866, 126 000 en 1876.
- —-(§)— M. Distant, en étudiant le mimétisme dan& les colonnes de notre confrère Zoologist, signale un exemple curieux de ce qu’on nomme le mimétisme actif, c’est-à-dire un cas où un animal a choisi pour y vivre une plante nouvelle sur laquelle sa couleur lui permet de passer plus inaperçu. Voici pou de temps qu’on a planté, dans les jardins de Hambourg, une variété d’érables à feuilles blanches : or, rapidement, le papillon blanc commun a pris l’habitude d’en faire son endroit de repos ordinaire, sentant qu’il se confond avec la couleur des feuilles.
- —®— On nous écrit que les chantiers maritimes de Kiel doivent fournir prochainement un vaisseau construit spécialement pour les explorations antarctiques. Ce vaisseau a été établi selon les données de Fridjof Nansen au Congrès international de géographie et de Berlin; la coque est à cet effet incurvée pour résister à la fois à l’effort des glaces et à la fureur des tempêtes du sud. Le professeur Drygalski, de Leipzig, prendra, sous les auspices de l’empereur Guillaume lui-même, le commandement de la mission polaire.
- —(g)— D’après I Indépendant, journal de Saint-Omer, on aurait trouvé des petits pois vieux de trente siècles et, si nous en croyons M. B.-A. Stewart, un horticulteur du village de lvamcs, dans l’ile de Bute, ces pois ont même meilleur goût que leurs congénères de l’année courante. Un des amis de M. Stewart, qui habite Glasgow, étant allé dernièrement en Egypte, en avait rapporté une poignée de graines trouvées dans le sarcophage d’un pharaon quelconque mort il y a quelque trois mille ans. Par simple curiosité, l’horticulteur écossais eut l’idée de semer avec soin, dans un terrain bien préparé, ces graines séculaires, et quelle ne fut pas sa stupéfaction dé les voir bientôt germer, puis pousser vigoureusement jusqu’à une hauteur d’environ six pieds. Detail particulier: au lieu d’être blanche, la lleur est toute rouge avec mince bordure jaune. Les cosses ont en moyenne 7 ou 8 centimètres de long sur 2 de large. Quant aux pois eux-mêmes, ils sont un peu plus gros et sensiblement plus sucrés. Cet exemple de germination, après un laps de temps de trente siècles, parait avoir fortement piqué la curiosité des savants d’outre-Manclie. Il y a lieu de faire toutes réserves sur l’authenticité du fait.
- —(§)— On annonce l’apparition prochaine d’une publication mensuelle, Y Argus des Revues, destinée à donner l’indication de tous les articles et de leurs auteurs insérés dans les Revues françaises et étrangères. Cette publication unique et spéciale, qui rendra de réels services, paraîtra sous les auspices de Y Argus de la Presse.
- —Une section intéressante de l’Exposition de l’Enfant à travers les âges, qui se prépare au Petit Palais pour le mois de mai, sera celle qui se rapporte aux photographies d’arts. Une salle importante sera consacrée à cette exhibition d’un nouveau genre. Les emplacements sont gratuits et le seul fait.d’avoir une œuvre exposée donnera droit, à une carte permanente valable pour toute la durée de l’Exposition. Les demandes doivent être adressées à M. M. Bucquet ou à M. da Cunha, 44, rue des Mathurins, Paris, qui, par retour du courrier, feront parvenir aux intéressés les formules et règlements.
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- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du Journal de l’année.
- Avis. — La rédaction de La Nature prie M. J. de Joannis, auteur de la lettre que nous avons publiée dans le n° 1447, du 16 février 1901, p. 190, de vouloir bien envoyer son adresse à M. J. Guillaume, 164, boulevard du Montparnasse, à Paris, qui a une communication à lui faire.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour ce qui concerne le Télautographe, s’adresser à M. Breuer, 10, rue de la Paix, à Paris. — Le poste pour télégraphie sans fil se trouve chez M. Ducretet, 75, rue Claude-Bernard, à Paris.
- Communications. — M. Boutomy L., à Lys-lès-Lannov, à propos de nos récents articles sur la locomotive, nous écrit : « J’ai lu l’article intitulé « Quel est l’inventeur de la locomotive ». Dans un ouvrage que je possède The costume of yorskshire, par Walter, publié à Londres, en 1814, il existe un article intitulé « The collier » (l’ouvrier des mines du
- La locomotive Blenkinsop (d'après une gravure coloriée).
- charbon de terre), où il est dit : « On voit dans la planche ci-contre une ébauche de la pompe à feu dernièrement inventée par M. Blenkinsop, agent pour la mine de charbon appartenant à M. Charles Brandling, écuyer près de Leeds, laquelle transporte à la fois plus de vingt chariots pleins de charbon depuis la mine jusqu’à Leeds. Par le moyen de ces machines, constamment employées, on épargne-le travail et la dépense de plus de quatorze chevaux. La gravure coloriée représente un mineur en tenue de travail et derrière une petite locomotive sur crémaillère traînant des wagonnets. Deux personnages sont sur la locomotive; derrière on voit encore la machine de la mine et une haute cheminée fumant. Cet ouvrage contient un texte anglais et un texte français. » il. Plissone, électricien à Poissv, nous écrit, à propos de notre réponse à M. A. L., à S., dans la Boîte aux Lettres du n° 1452 du 23 mars, qu’il existe un moyen simple de coller le celluloïd. On nettoie les surfaces à coller, et, avec un pinceau, on étend de l’acétone en assez grande- quantité sur ces surfaces; on les maintient solidement l’une sur l’autre
- fondant quelque temps. Ce système est employé pour recoller es bacs d’accumulateurs et donne de très bons résultats. On peut aussi utiliser l’alcool chaud.
- M. le ür Debains, à Saint-Vaast-la-lIougue, nous écrit également sur le même sujet : « Le meilleur moyen pour souder le celluloïd est le suivant. Prendre de l’acétone commerciale
- et y faire dissoudre des rognures de celluloïd jusqu’à consistance de sirop. Humecter les parties à coller de cette colle et presser fortement pendant cinq minutes. C’est- indécollable. A défaut d’acétone on peut se servir de liqueur d’Hoffmann (alcool à 90° et éther en parties égales) pour dissoudre le celluloïd, ou d’acide acétique, voire mëme/le collodion non riciné, mais les résultats ne sont pas si bons qu’avec l’acétone. »
- M. Marcel Monter, au Laboratoire de biologie de Liège, nous a envoyé une notice qui a pour titre : Recherches sur un sérum contre le syngame de la trachée (maladie des oiseaux).
- il. le DT Lorthioir, à Bruxelles, nous envoie un exemplaire d’une brochure qu’il vient de publier à la librairie Havez et qui a pour titre : « Etuve électrique pour la stérilisation des instruments. Sutures par agrafage de la peau.
- Renseignements. — M. L. Amorôs, à Valencia. — 11 ne nous est pas possible de vous donner toutes ces adresses ; tous les constructeurs d’appareillage électrique fabriquent ces appareils.
- M. Renaud Turcotti, à Cannes. — De nombreuses recherches dans le sens que vous indiquez n’ont pas encore donné de résultats. Remerciements.
- M. P. Caron, à Saint-Nazaire-sur-Loire. — 1° Nous n’avons pu transmettre votre lettre, car nous n’avons pas l’adresse exacte des fabricants. — 2° II nous est difficile d’accueillir toutes les demandes des lecteurs ; la Boîte aux Lettres est réservée aux abonnés.
- M. G. B.,k Paris. — Nous avons consacré deux articles aux récents progrès de la télégraphie sans fil dans le n° 1425 du 15 septembre et dans le n° 1426 du 22 septembre 1900.
- M. F. Z., à Perckrestowo. — II faut vous adresser directement à M. W. Lambrecht, à Gœttingue (Allemagne).
- M. E. Brisbarre, à Paris. — Nous n’avons pu trouver l’adresse du fabricant de ce pulvérisateur.
- M. E. M., à G. — 11 n’existe pas de livre traitant spécialement ces sujets. A moins de méprise de notre part, nous ne voyons rien d’anormal dans le fait que vous nous signalez.
- M. B. Mathet, à Saint-Antonin. — Les rouleaux de phonographe sont simplement faits avec une cire un peu dure.
- il/. Félix Dumont, à Namur. — II nous est impossible d’entrer dans .tous ces détails; ce sont des dispositions que l’expérimentateur doit chercher et trouver lui-même en faisant les essais.
- M. Loubers, à Toulouse. — II faudrait consulter la collection du Journal des Débats; l’adresse du marchand nous est inconnue.
- il/. H. J., à Voiron. — 1° Cet ouvrage est très sérieux et très important. — 2° Cette nouvelle est erronée. — 5° Vous pourrez enlever ces traces sur un livre avec la gomme.
- M. L. Yanvincq-Beniez, à Bayenghem-les-Eperlecques. — Nous mentionnons le fait que vous nous signalez, mais sous toutes réserves. Remerciements.
- M. Antonio Carvulhal, à Lisbonne. — 1° Pour vous donner exactement les constantes électriques d’une sonnerie, il faudrait faire quelques mesures. On peut compter qu’une sonnerie demandera 2 à 3 volts aux bornes, et environ 0,5 ampère; sa résistance sera donc de 6 ohms. — 2° La résistance à la terre doit être nulle. — 5° Consultez le Monteur électricien et autres ouvrages, à la librairie Bernard Tignol, à Paris.
- M. V. Mirzayantz, à Venise. —A notre grand regret, nous ne pouvons vous donner ce renseignement.
- M. A.-E. Fournier, à Cherbourg. — 11 s’agit probablement du trolley automoteur Lombard Gérin, dont nous avons donné la description dans le n° 1399 du 17 mars 1900, p. 252.
- M. Girard, à Saint-Remy. — L’adresse que vous demandez est la suivante : 9, rue de Montenotte, à Paris.
- M. M. D., à Sens. — Hache-viandes : MM. Allez frères, 1. rue Saint-Martin; M. Ballée, 9, rue Vauvilliers; M. Hummel, 28, rue N.-D. de Nazareth, à Paris.
- M. V. C., à Longjumeau. — 1° La note, que nous avons publiée sur la consommation par heure des lampes à alcool dans les Informations du n° 1451 du 16 mars 1901, est extraite d’un article de M. Arachequesnes dans le Bulletin des Halles, rue J.-Jacques Rousseau, à Paris; vous aurez tous les renseignements à cette adresse. — 2° Il existe un magasin de lampes à alcool, 6, place de l’Opéra, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. L., à Pans. Nous vous conseillons de consulter une agence de brevets. — M. L. Durand, à Paris ; M. Péard, à Lille. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 4° et 5e série, à la librairie Masson et Cio. — M. Lainnet, à Villefranche. Remerciements pour votre communication.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- 7r>
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Dressé à l’Observatoire de Paris, d’après les publications du Bureau des longitudes
- AVRIL-MAI-JUIN 19C1. — POSITION DES PRINCIPALES PLANÈTES.
- 1 Juin
- NEPTUNE
- Lion ^
- Poissons
- Petit Chien
- Baleine!
- 9
- Eridan *
- T Lièvre
- Colombe
- XVIII
- Couronne
- Boréale*
- Pégasie
- et Antinous
- £ Verse
- Balance
- Capricorne
- Sborpion
- S agi tt ai
- PRINCIPAUX PHÉNOMÈNES ASTRONOMIQUES
- Occultations des Planètes et des Étoiles par la Lune, visibles à Paris.
- 1901. Nom de l’astre. Grandeur. Immersion. émersion.
- Temps moyen. Temps moyen.
- Avril. 4 i Vierge. 5,7 7 h. 47 m, 3 ippalse P 3'3 do bord.
- — 4 4531 B.A.C. 6,0 12 h. 11 m, 8 13 h. 53 m, 6
- — 7 w1 Scorpion. 4,4 16 h. 12 m, 4 16 h. 43 m, 5
- — 7 <nî Scorpion. 4,6 16 h. 12 m, 8 17 h. 54 m, 1
- — 8 30725 Lalande. 6,8 13 h. 48 m, 1 15 h. 11 m, 2
- — 10 18508 A. Oe. 7,0 13 h. 19 m, 8 14 h. 8 m, 1
- — 22 11088 Lalande. 6,3 9 h. 58 m, 0 10 h. 24 m, 1
- — 22 Xs Orion. 6,3 10 h. 56 m, 9 11 h. 22 m, 7
- — 23 13021 Lalande. 6,6 8 h. 50 m, 2 ippalse i fl’3 da bord.
- — 25 2872 B.A.C. 6,4 6 h. 28 m, 2 6 h. 45 m, 4
- — 27 19 Sextant. 6,1 7 h. 57 m, 9 8 h. 4i m, 5
- — 28 p* Lion. 6,1 10 h. 58 m, 6 12 h. 9 m, 6
- Mai 1 i Vierge. 5,7 15 h. 51 ni, 6 * 16 h. 54 m, 0
- — 2 4679 B.A.C. 6,5 9 h. 22 ni, 6 ippuise i î'i du bord.
- — 3 4896 B.A.C. 6,6 8 h. 14 m, 5 9 h. 16 m, 3
- — 4 % Balance. 5,1 8 h. 58 m, 9 ippalse il 3’8 du bord.
- — 4 A Balance. 5,1 16 h. 31 m, 8 ippalse i 3 6 du bord.
- — 7 2i Sagittaire. 5,1 12 b. 48 m, 2 14 h. 3 m, 4
- — 8 d Sagittaire. 5.6 12 h. 36 m, 7 13 h. 30 m, 3
- — 8 p* Sagittaire! 6,5 15 h. 56 m, 3 ippalse i 0'3 da berd.
- — 13 A Poissons. 4,8 *14 h. 3 m, 2 14 h. 52 m, 9
- — 25 3726 B.A.C. 6,7 12 h. 4 m, 2 * 12 h. 57 m, 3
- * L’étoile est sous l'horizon.
- 1901. Nom de l’astre. Grandeur. Immersion. Temps moyen. Emersion. Temps moyen.
- Mai 31 5109 B.A.C. 6,2 12 h. 1 m, 3 12 b. 54 ni, 4
- Juin. 3 k |iu' Sagittaire. M 5,8 14 h. 20 m, 1 15 h. 23 m, 5
- 3 15 Sagittaire. 15 h. 18 m, 1 16 h. 27 ni, 2
- 4 35497 Lalande. 6,4 11 h. 59 m, 0 12 h. 55 ni, 3
- 4 6536 B.A.C. 5,8 15 h. 4 m, 5 16 h. 9 m, 5
- — 7 c1 Capricorne. 5,5 15 h. 13 m, 9 15 li. 59 m, 6
- — 25 4531 B.A.C. 6,0 8 h. 11 m, 5 9 h. 34 m, 0
- — 28 w1 Scorpion. 4,4 11 h. 27 m, 9 12 b. 32 m| 6
- — 28 ios Scorpion. 4,6 11 h. 45 m, 3 15 h. 1 ni, 2
- — * 29 30725 Lalande. 6,8 8 h. 57 m, 0 10 b. 20 ni, 8
- Éclipse de Lune par la pénombre, le 3 mai 1901, en partie visible à Paris.
- Temps moyen de Paris.
- Entrée de la Lune dans la pénombre, 3 mai à............. 4 h. 13 m, 8.
- Milieu de l’éclipse, 3 mai à.............. . . >........... 6 h. 40 m, 0.
- Sortie de la Lune de la pénombre, 3 mai à.................. 9 h. b m, 3.
- Éclipse totale de Soleil, le 17 mai 1901. invisible à Paris.
- Temps moyen do Paris.
- Commencement de l’éclipse générale....................15 h. 9 m. 2.
- Commencement de l’éclipse totale......................16 h. 5 m. 4.
- Commencement de l'éclipse centrale...................16 b. ^6 ni. 9.
- Eclipse centrale à midi vrai...........................17 h. 38 m. 1.
- Fin de l'éclipse centrale..............................19 h. 19 ni. 5.
- Fm de l'éclipse totale.................................19 h. 21 m. 0.
- Fin de l’éclipse générale..............................20 h. 17 m. 2.'
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- Satellites de Jupiter.
- OCCULTATIONS. ÉCLIPSES.
- ______OCCULTATIONS. ÉCLIPSES. _____
- 1901. Satellites Immersion. Emersion. Commencement. Fin.
- 1901 Satellites. Immersion. Émersion. Commencement. Fin. Mai 23 24 I II 12 h. 14 m. 12 h. 27 m. 53 s.
- Avril 12 1 16 b. 14 m. 30 s. — 50 I 14 b. 0 m.
- 14 IV 141). 29 m. — 31 II 15 h. 2 m. 2 s.
- — 15 11 15 h. 58 m. Juin 1 111 11 h. 35 m.
- . . 21 I 16 h. 6 m. — O IV 12 b. 41 m. 14 h. 42 ni.
- _ 26 III 14 h. 46 ni. — 6 I 15 h. 46 m. 12 h. 56 m. 44 s.
- _ 28 I 14 h. 50 m. 22 s. 8 III 14 h. 57 ni.
- ___ 29 II 15 h. 30 m. 9 s. — 11 II 10 h. 34 m.
- Mai 3 III 14 h. 1 m. 59 s. — 13 I 14 h. 50 m. 51 s.
- 7 I 14 h. 15 m. — 15 I 11b. 56 m.
- 14 I 12 b. 46 m. 20 s. — 15 III 13 h. 52 ni. 15 s.
- 14 I 16 b. 1 m. — 18 11 12 h 48 m.
- 17 IV 13 h. 8m.54s. 14 b. 25 m.51 s. — ^2 I 13 h. 40 m. Il h. 13 m. 54 s.
- 17 11 14 b. 51 m. 25 II 15 h. 3 m. 12 b. 5 m. 15 s.
- — 21 I 14 h. 40 m. 12 s. 29 I 13 b, 7 m.
- BULLETIN
- MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9. ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 25 mars . . . — 1”,9 N. W. 1. Beau. 0,0 Beau jusqu’à 8 h. ; nuag. jusqu’à 13 h. ; couv.. ensuite ; neige dans la soirée.
- Mardi 26 — 2”,8 N. 3. Beau. 0,0 Nuag. ; neige dans la matinée.
- Mercredi 27 . . . . —1*,7 S. S. W. 2. Couvert. 0,8 Très nuag. de 6 à 19 h. ; beau le reste du temps ; forte neige le soir.
- Jeudi 28 -3”,6 W. N. W. 2. Beau. 4,3 Beau de 7 à 10 h. ; nuag. le reste du temps ; grains de neige et grésil.
- Vendredi 29 .... — 2%4 S. S. W. 2. Beau. 0,0 Nuag. de 9 à 18 h. ; beau le reste du temps ; halo.
- Samedi 30 1*,6 S. 4. Peu nuageux. 0,0 Nuag. ; halo.
- Dimanche 31 ... . 8°,0 S. 3. Couvert. 3,6 Couv.; pluie toute la journée.
- MARS 1901. — SEMAINE DU LUNDI 25 AU ‘DIMANCHE 31 MARS.
- j Lundi | Mardi ( Mercivui | Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; 1rs flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblement de terre. — Le 27 mars, secousses de tremblement de terre dans plusieurs endroits du pays de Bade, principalement dans la forêt Noire ; 51 mars et 1" avril secousses à Rome et dans plusieurs villes d’Italie. Secousses à Constantinople et à Odessa.
- De pareilles secousses'ont été enregistrées à Waldkirch, Saint-Biaise, Schcenan et Schopfheini. A Schœnan, l’ébranlement a été tel que les habitants ont été réveillés au milieu de la nuit. Le mouvement des oscillations allait du Nord au Sud.
- E>a neige. — Dans la quit du 26 au 27 mars, la neige est tombée en abondance, à Paris. Le matin, de gros flocons serrés couvraient les toits des maisons et les trottoirs de nos rues. Dans la banlieue ouest de Paris, la neige est aussi tombée à gros flocons de 5 heures du matin à 10 heures et de 4 heures üe l’après-midi à 7 heures du soir. La plaine de Gennevilliers était recouverte d’une couche de 20 centimètres d’épaisseur. La circulation des tramways a été gênée et même interrompue une bonne partie de la matinée à Neuilly, Asnières, Courbevoie, Colombes, Bois-Colombes, Puteaux.
- Dans le sud-est et dans le centre de la France, la neige tombée en abondance a causé dans la marche des trains une vive perturbation. A la gare d’Orléans et à la gare de Lyon, notamment, ou a signalé l’arrivée des trains avec plusieurs heures de retard.
- Parmi les villes où la bourrasque a été particulièrement violente, mentionnons Rouen, Bourges, Arras, Lille. A Belfort, la neige est tombée toute la journée du 27 mars. Dans la nuit précédente, le thermomètre est descendu à —13° en ville et à — 15* dans la campagne.
- Tempêtes. — La Gascogne, de la Compagnie générale transatlanli-ue, est arrivée à New-York le 26 mars, avec plus de trente-six heures e retard. Elle a subi, au cours de la traversée de l’océan Atlantique, une tempête furieuse, et qui s’est déchaînée sans relâche durant deux journées pleines, du 20 au 22 mars. Le vent soufflait du sud-ouest avec une telle violence que les canots, leurs potences, les bossoirs eurent beaucoup à souffrir. Seul, un tilage abondant d’huile empêcha les lames d’envahir le pont d’arrière. Autre ouragan de neige les 30 et 31 mars en Angleterre. Tempête sur la Manche. Vent violent a Paris. Pluies et élévation brusque de la température. Le thermomètre à Paris s’est élevé à 12° le 30 mars.
- PHASES DE LA LUNE : I*. Q. le 27 à 4 h. 48 m. du matin. "
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— La lune rousse commence en 1901 le jeudi 18 avril et se termine le samedi 18 mai. On donne généralement depuis Arago le nom de lune rousse à celle qui, commençant en avril, devient pleine soit à la fin de ce mois, soit plus ordinairement dans le •courant de mai.
- Est-ce que ce serait fini de l’emploi du blanc de céruse en France? La Commission parlementaire d’hygiène industrielle, après avoir pris connaissance du vœu émis par le conseil supérieur 4’hygiène de France, qui déclare le blanc de céruse poison violent, •et avoir constaté les résultats des expériences auxquelles elle a fait procéder, a repoussé le projet de réglementation d’emploi du blanc 4e céruse, comportant interdiction partielle. Elle a adopté un projet 4e règlement d’administration publique dont l’article premier est ainsi conçu : Article premier. — L’emploi du blanc de céruse est interdit dans l’industrie de la peinture.
- —®— La séance solennelle de la Société d’astronomie a eu lieu récemment dans la grande salle de l’hôtel des Sociétés savantes. N. Poincaré, membre de l’Institut, a été nommé président à l’unanimité des sutfrages. Le prix des Dames a été attribué à M. Deslandes, astronome à l’observatoire de Meudon. La séance s’est terminée par une conférence sur les nouvelles radiations découvertes en France. Elle a été faite par M. Becquerel à qui l’on doit la découverte des faits principaux qui ont mis II. et SI®* Curie sur la trace des propriétés du radium. Ce corps brille d’un éclat extraordinaire dès qu’on le tire d’une boîte où on le conserve à l’abri de la lumière. Sa préparation est excessivement dispendieuse. On estime qu’il ne vaut pas moins de cinquante mille francs le gramme. M. Becquerel a exécuté ses démonstrations avec un décigramme renfermé dans un tube. La lumière engendrée dans ce tube était si vive qu’on la voyait très nettement projetée sur le plafond. Elle était si pénétrante qu’elle traversait de part en part les vêtements 4e l’orateur. La quantité de matière perdue par le rayonnement ne serait que d’un milligramme en mille ans pour une surface 4’un centimètre carré.
- —On peut maintenant voir au musée du Louvre la carte de France en pierres, précieuses offerte à notre pays par le gouvernement russe et qui fut tant admirée à l’Exposition universelle. Elle est placée sous verre sur un massif panneau de chêne sculpté, au milieu de la salle que domine le portrait du roi Louis XIII. Sur le panneau, deux plaques de cuivre portent comme inscriptions, la première : « Don du gouvernement russe, 1900 », la seconde : « Carte de France exécutée par les soins et sous la direction de S. E. l’ingénieur de Mostovenko. à la manufacture impériale de taille de pierres dures d’Ekaterinbourg (Russie) ».
- —D’après le dernier recensement, la population de Berlin •est de 2 528 242 habitants, au lieu de 2112 540 lors du précédent recensement.
- —®— Le chalutier à vapeur Yvonne, de Royan, a pêché une sole absolument phénoménale et telle qu’aucun marin de ce port *te se rappelle en avoir vu. Elle mesure 58 centimètres de long, 29 centimètres de large, et pèse plus de 3 livres. Elle a 4 centimètres d’épaisseur.
- —®— Un pêcheur de Sainte-Enimie (Lozère) a pris, à la ligne •dans le Tarn, une truite qui mesure 0m,76 de longueur et pèse <i‘M00.
- La Commission d'Aérostation scientifique de l’Aéro-Club, réunie sous la présidence du prince Roland Bonaparte, vient d’attri-Inier les 4000 francs d’intérêt du Grand Prix de 100 000 francs, pour l'année 1900, à M. Santos-Dumont, pour ses travaux sur la direction des ballon La période du concours de 1O01 commence
- le 1er mai et finit le 31 octobre. Ce prix sera accordé à l’aéronaute qui, dans l’intervalle d’une demi-heure et sans faire escale, sera parti de l’aérodrome de la Société sis aux coteaux de Saint-Cloud, et y sera revenu après avoir doublé la tour Eitfel. L’aérostat le « Santos-Dumont n° 5 » qui a été construit cet hiver est le seul dirigeable actuellement terminé en France. Il fera l’ouverture du concours du Grand Prix de 100 000 francs, le 1er mai prochain, au parc d’Aérostation de l’Aéro-Club, 68, quai du Président Carnot, à Saint-Cloud. Il a pour caractéristiques principales : 34 mètres de longueur, 510 mètres cubes de volume, quille-nacelle en forme de poutre armée triangulaire de 18 mètres de longueur, moteur à pétrole, à 4 cylindres, de 16 chevaux, grande hélice à l’arrière, gouvernail également à l’arrière et toujours fixé à la pointe extrême du ballon, guide-rope et engins d’arrêt suspendus à l’avant. Les engagements pour le Grand Prix sont reçus au Secrétariat de l’Aéro-Club, 48, rue du Colisée, à Paris.
- —(§)— M. Henri Deutsch, de la Meurthe, fondateur du Grand Prix de l’Aéro-Club, qui sera disputé cette année, du 1er mai au 31 octobre, se prépare lui-même à cette importante épreuve. Il vient, en effet, de commander à M. Tatin un aérostat de 2000 mètres cubes dont la longueur n’atteindra pas moins de 60 mètres.
- —®— Une découverte archéologique intéressante vient d’être faite au parc Belvédère, près de Tunis. Des fouilles ont mis au jour d’énormes souches provenant de grands arbres disparus, formant un grand cercle dont le centre était occupé par une énorme pierre eu forme de quadrilatère. En nettoyant la dalle, on constata que la pierre était travaillée. On a également découvert, à cet endroit, une sorte d’auge en bronze dans laquelle se trouvait une faucille en or parfaitement conservée. Plus loin, on découvrit un sarcophage contenant un squelette dont le front était entouré d’un cercle en or affectant la forme de mitre, avec, au centre, l’image du soleil, accompagnée de signes hiératiques, où l’on croit avoir reconnu le monogramme de Teutatès.
- —®— La pompe à feu de Chaillot va disparaître. La ville de Paris a désaffecté le terrain sur lequel s’élève encore l’aneienne usine où les frères Périer installèrent, en 1788, cette pompe qui alimentait jadis d’eau de Seine les quartiers de la Porte-Saint-Honoré, de la Chaussée-d’Antin, de la Porte-Saint-Denis et du Temple. Les pompes de Chaillot alimentent encore le réservoir de Passy, où elles peuvent verser, par vingt-quatre heures, 44 000 mètres cubes d’eau de Seine. L’ancienne pompe à feu de Chaillot sera réédifiée, à Auteuil, sur l’avenue de Versailles, avec un outillage moderne. Sa destination sera, comme par le passé, l’alimentation du réservoir de Passy, dont les eaux sont utilisées pour les besoins de la voirie....
- —®— Le Vélo vient de publier, d’après les documents du ministère des finances, le relevé officiel des automobiles et motocycles déclarés en France l’année dernière. On y voit que nos 86 départements réunis possèdent II 252 motocycles et 5286 voitures automobiles dont 2402 à deux places et 2884 à plus de 2 places. La Seine, à elle seule, compte 5449 motocycles et 1436 automobiles. Le département le plus peuplé en chauffeurs qui vient ensuite est Seine-et-Oise avec 546 voitures et 431 motocycles, et le dernier sur la liste, la Lozère avec 3 voitures et 1 motocycle.
- —®— Le jury désigné par le Conseil municipal pour primer différentes maisons parisiennes s’est réuni dernièrement, à l’Hôtel de Ville, sous la présidence de M. Bouvard, et a rendu son jugement. Les maisons dont les façades obtiennent des prix sont les suivantes : rue de Lota, 81; boulevard Raspail, 270; avenue de Breteuil, 17; rue Le Peletier, 1 ; rue du Château-d’Eau, 45; rue Edouard-Valentin, 11. Les propriétaires de chacune de ces maisons reçoivent un diplôme et sont exonérés d’un certain nombre d’impôts perçus par la Ville. Les architectes reçoivent des médailles.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du Journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — L’appareil à raidir les cordes se trouve chez J. S. Bolton, Moline, Etat d’Illinois, Etats-Unis.
- Communications. — M. G. V., à Valence, nous écrit à propos de notre article sur les illusions d’optique (n° 1453 du 30 mars, p. 283). « Je pense que c’est à tort qu’un de vos rédacteurs classe parmi les « illusions d’optique » le fait qu’une ligne d’imprimerie est beaucoup mieux lisible lorsqu’on en supprime la partie inférieure que lorsqu’on en supprime la partie supérieure. Cela ne tient pas, à mon avis, « à ce que nous lisons les lignes par leur partie supérieure » mais bien à ce que les lettres se caractérisent surtout par leur partie supérieure, de sorte que, si celle-ci manque, il y a forcément indécision de la part du lecteur.
- Ainsi les lettres : fhilmnr — cet — du ont même moitié inférieure et la première série donne lieu à une grande confusion. Exemple : rhin. Au contraire, les lettres ayant même moitié supérieure sont : bh — eo — ij — vy — np. Il n’y a doute que pour deux lettres et le sens de ta phrase permet presque toujours de sortir d’embarras. Ce n’est donc pas une illusion d’optique ou une habitude invétérée des lecteurs qui produit la différence signalée mais bien une différence correspondante dans la constitution même des lettres. »
- A/. Marc Hand, à Paris, nous écrit sur le même sujet : « Le deuxième cas d’illusion d’optique, signalé par M. II. Coupin, tendrait à prouver que nous connaissons les caractères d’imprimerie surtout par leur partie supérieure. Il y a lieu de remarquer à ce sujet, et l’exemple produit le montre fort bien, que les parties caractéristiques des lettres sont précisément comprises dans leur moitié supérieure. La lettre double ce. ne présente à sa partie inférieure que deux boucles difficiles à interpréter, la lettre simple e présente la même difficulté d’interprétation, sa partie inférieure étant, en outre, la même que celle de la lettre c. Les parties inférieures des lettres i et l sont les mêmes, de sorte que le commencement du mot illusion est composé de trois jambages qui pourraient appartenir à la lettre m. De même, on confond la partie inférieure de la lettre i et celle de la lettre r. Les lettres successives mn et nm présentent à leur partie inférieure la même suite de cinq jambages verticaux. Au contraire, la lettre u est seule à présenter des traits verticaux dans sa partie supérieure. On ne saurait la confondre avec Un ou l’m. Enfin, c’est à la partie supérieure des lettres que se rattachent des signes tels que l’accent, l’apostrophe, le tréma, le point sur l’t qui donnent aux mots leur physionomie. La partie inférieure des lettres ne comprend que la ponctuation, moins importante pour le. déchiffrement. Une autre illusion, remarquable dans l’exemple choisi, est que les lignes formées en conservant la moitié supérieure des lettres semblent plus larges que les lignes formées en conservant la moitié inférieure. Il y a lieu de remarquer que beaucoup de lettres e, œ, r, t, v, sont plus larges et plus pleines dans leur partie supérieure que dans leur partie inférieure. De même, m et n présentent dans leur moitié supérieure les boucles de liaison entre les jambages. Par conséquent, la demi-ligne supérieure est plus nourrie et paraît plus large. De plus, les lettres sont augmentées et comme allongées dans leur moitié supérieure par les accents, points, trémas, etc. Enfin, il y a lieu de remarquer que les lettres à prolongement supérieur, c’est-à-dire b, d, f, h, k, l, t, sont plus nombreuses que les lettres à prolongement inférieur et se rencontrent plus souvent que g, j, p, q, y. Si nous comptons les lettres à pro-
- longement dans les trois lignes du haut, nous en trouvons dix-neuf. Dans les trois premières lignes formées des parties inférieures des lettres, on ne trouve que quatre lettres à prolongement inférieur. Ces prolongements ont évidemment leur importance dans l’appréciation instinctive de la masse, de l’épaisseur de la ligne. »
- Le Bulletin du commerce de la Nouvelle-Calédonie, à Nouméa, à propos de notre chronique sur un produit nouveau (n° 1452 du 23 mars 1901, p. 270) a publié la note suivante :
- « Notre minerai de nickel n’est pas vendu à des Anglais de Glascow; la plus grande partie est achetée par la Société le Nickel (une société française), qui possède des usines au Havre, à Kirkintilloch près Glascow (Ecosse), à Erdington près Birmingham et à Iserlohn en Westphalie (cette dernière pour le traitement du cobalt). L’usine du Havre est utilisée surtout pour opérer la première fusion et les mattes sont expédiées à l’affinage à Glascow; mais les fonctions des deux usines n’ont rien d’absolu, car on affine également au Havre comme on opère la première fusion à Glascow. Il y a bien une usine anglaise qui reçoit notre nickel, mais en petite quantité, c’est celle de Swansea. En outre, ce qui prouve que le nickel calédonien est fort demandé et prisé pour sa pureté, c’est que 1» colonie en exporte en Amérique, à New-York même, à côté du Canada. En 1900, il a été expédié à une usine de cette ville 6670 tonnes de minerai et, pour la présente année 1901, cette quantité va être beaucoup plus forte. En l’année 190<> le chiffre d’exportation de minerai de nickel a été de 100318 686 kg, en diminution sur 1899; mais de grosses quantités de minerais n’ont pu être livrées, les navires ayant fait défaut par suite des guerres du Transvaal et de Chine. Si notre richesse minière est dilapidée, comme le dit assez justement La Nature, c’est à la législation minièi’e actuelle en vigueur qu’on le doit* au manque de main-d’œuvre, et surtout à l’absence d’usine d’affinage en Nouvelle-Calédonie : on est obligé de transporter 1000 kg de terre en Europe pour obtenir 60 kg de métal pur. Les teneurs marchandes minima exigées sont de 2 à 3 pour 100 pour le cobalt, 7 pour 100 pour le nickel et 49 à 50 pour 100 pour le chrome : l’exploitant de mines est donc obligé d’envoyer au remblai les minerais qui n’atteigneïit pas ces proportions. Si nous possédions une usine à traiter les minerais, les faibles teneurs seraient acceptées et traitées. Par deux fois la Société le Nickel a monté une usine pour le traitement du minerai à Nouméa et à Thio, elle a été obligée d’y renoncer et ses tentatives ont dù lui coûter gros. Une usine à cobalt, créée à Nouméa, a dû également être fermée. Nos conditions économiques actuelles s’opposent au traitement du minerai sur place. On procède en ce moment (la Société le Nickel et M. J. Higginson) à des expériences pur l’utilisation de chutes d’eau et à leur captation, dans le? but de pouvoir ouvrir des établissements métallurgiques traitant le minerai par la méthode électrolyse, mais ces expériences réussiront-elles? Si nos minerais vont à l’étranger, c’est parce que les capitaux français ne veulent pas entendre parler de la Nouvelle-Calédonie : nous avons deux Calédoniens, MM. J. Higginson et A. Desmazures, qui ont passé plusieurs années en France à chercher en pure perte des capitalistes et qui, en désespoir de cause, se sont adressés en Angleterre où ils ont trouvé un accueil empressé. Les Français placent bien leur argent dans les mines du Transvaal, d’Australie, d’Espagne, de Sibérie, de Turquie, etc., mais les actions minières de nos colonies ne les tentent pas. On peut dire qu’il serait d’un intérêt national que le traitement du nickel s’opérât au lieu de leur extraction : le Gouvernement subventionne ou accorde des garanties d’intérêt à des entreprises privées dont il veut assurer le fonctionnement; ce serait une œuvre patriotique que de conserver à la France la production du nickel, et une situation maîtresse du marché de ce métal. A Cockle-Creek près Newcastle (Australie), en face la Nouvelle-Calédonie, oi», construit de vastes établissements métallurgiques pour le traitement de tous les minerais par le coke et en vue surtout d<e l’apport des minerais calédoniens.
- Renseignements. — M. Stephen Hunier, à Briey. -— Pour la peinture métallique calédonienne, vous,pouvez vous adresser, au chimiste du Gouvernement, M. Moore, à Nouméa, ou à l’Office Colonial, Galerie d’Orléans, à Paris.
- M. Em. Terquem, à Paris. — Nous avons publié un article sur les œufs dans le n° 1445 du 2 février 1901, p. 152. Pour tous renseignements, il faudrait vous adresser à l’auteur de l’article, M. J. de Loverdo, 2, rue Chaptal, à Paris.
- Voir la suite de la Boite aux lettres page 3* des Nouvelles scientifiques.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- M. L. Watelin, à Paris. — Il faut, en effet, lire 690 mètres et non 69 mètres; remerciements.
- M. Antonio Elosegui, à Tolosa. — Ces lampes ne sont pas encore dans le commerce ; l’inventeur est, comme nous l’avons dit, le Dr Auer von Welsbach, à Vienne.
- M. R. 0. A., à Tournai. — 1° Le rail placé dans les conditions que vous indiquez peut être influencé. — 2° 11 est difficile de fixer la distance où l’influence ne se fera plus sentir; tout dépend du champ magnétique mis en jeu, de la position des rails, etc. ; l’expérience seule peut fixer les idées à ce sujet. Dans divers essais, avec des conditions bien déterminées, on a trouvé 10 à 15 mètres.
- M. le D* Noël, à Bruxelles. — L’éclairage le plus pratique et le plus économique pour une habitation à la campagne est l’éclairage au pétrole, à la gazoline, avec des lampes de modèle courant, ou l'acétylène si l’installation est un peu importante.
- A/. Philippe Greppi, à Milan. — D’après l’entrefilet que nous lisons dans le journal L’Alba, vous n’avez pas interprété notre réponse dans le sens que nous lui avions donné. L’expédition des Abruzzes a été annoncée partout, et nous en avons parlé nous-mêmes. Mais vous nous demandiez des nouvelles de cette expédition et nous voulions vous répondre que nous n’en avions plus entendu parler.
- M. le Dr B ineau, à Caluire. — Nous avons traité la question des chaufferettes à l’acétate de soude dans le n° 412 du 23 avril 1881, p. 327, et dans le n° 502 du 15 janvier 1883,
- !>. 101. Nous avons également parlé des accumulateurs de cha-eur à la baryte dans le n° 1178 du 28 décembre 1895, p. 60.
- M. J. Nadaud, à Limoges. — Pour ce qui concerne la balance automatique pour paquets postaux, il faut vous renseigner à l’Hôtel des Postes, rue du Louvre, à Paris.
- M. J. Escuyer, à Neufchâtel-en-Bray. — L’adresse du constructeur des maisons démontables a été donnée en tête de la Boîte aux Lettres du n° 1445 du 2 février 1901.
- M. V. M., à Bruxelles. — Pour détruire les mites, vous pouvez employer de la poudre de pyrèthre de bonne qualité, ou une poudre composée de 80 parties de naphtaline, 10 parties de phénol et 10 parties de chlorure de sodium.
- A/. L. Lavallée, à Paris. — Nous n’avons pas d’autres renseignements que ceux que nous avons donnés dans le n° 1413 du 23 juin 1900, p. 49.
- A/. H. Blariaux, à Maubeuge. — Vous pouvez employer de la poudre de pyrèthre et du camphre pulvérisé.
- M. Ed. Hermerie, à Soissons. — 1° Adressez-vous à M. De-miche], 24, rue Pavée, à Paris. — 2° Ce système ne serait pas pratique; car il se produirait des anneaux de Newton.
- M. le comte de Forestier, à Châteaurenault. — Le scellement des fils des bougies pour l’inflammation des gaz dans les moteurs est obtenu par un tour de main de fabrication. 11 serait très difficile de réparer vous-même une bougie; cette opération n’occasionne qu’une dépense absolument minime chez un spécialiste. Si vous avez pu effectuer un parcours de 1200 km avec les mêmes bougies, elles étaient vraiment de bonne qualité.
- M. le Dr Ureche, à Bucarest. — Nous ne connaissons pas de modèle de lampe répondant à ce que vous demandez; nous devons, du reste, publier dans peu de temps un article à ce sujet.
- M. H. L., abonné. — 1° 11 faut vous adresser à un fabricant de bicyclettes : MM. Peugeot frères, 22, avenue de la Grande-Armée; établissements Georges Richard, 23, avenue de la Grande-Armée, à Paris. — 2° Bouteilles d’acide carbonique liquide : Société la Carbonique française, 20, rue Tiphaine; Société la Carbonique lyonnaise, M. Schelling, 54, rue du Sentier: la Compagnie Parisienne du matériel à eaux gazeuses, 52, avenue Daumesnil, à Paris.
- ; Af. E. Berjot, à Lion-sur-Mer. — 1° Les jumelles aplané-tiques Champigny sont construites par la maison Bardou, 55, rue Caulaincourt, à Paris. Nous avons déjà donné cette adresse en tète de la Boîte aux Lettres du numéro qui contient la description. — 2° Cette adresse suffit.
- M. A. Le Mée, à Brest. — Nous avons reçu votre communication; remerciements.
- M. F. Guidi, à Fribourg. — 1° Pour souder l’ambre, on dépose sur les parties à souder un peu de soude de potasse caustique en solution ; on rapproche les deux pièces l’une de l’autre. On chauffe légèrement, l’ambre se ramollit et la soudure s’opère facilement. — 2° Il faut prendre une colle plus forte. — 5° On ne peut guère empêcher le tartre de se former. Pour éviter la rouille il faudrait mettre un vernis protecteur. Afin que l’eau ne gèle pas dans le refroidisseur, on ajoute 1 à 2 pour 100 de glycérine.
- Réponses. — 1Y° 1250. — Moyen pour agglomérer la mousse de platine et la rendre adhérente au fil de plaiine. — On prend du chlorure de platine (obtenu par dissôlutiôn de platine dans l’eau régale), on mélange avec un sel ammoniacal (chlorhydrate d’ammoniaque), on en fait une pâte un peu consistante, on pétrit cette pâte grosse comme un pois avec les fils de platine pour que les fils se trouvent pris au milieu. On chauffe légèrement d’abord et ensuite au chalumeau à; bouche et l’on obtient une mousse de platine bien fixée et très adhérente (communiqué par M. l’abbé A. Delahaye, aumônier, à Sotteville-lès-Rouen) (Seine-Inférieure).
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. l’abbé delahaye, à Sotteville-lès-Rouen. Remerciements pour l’intéressante recette que vous nous avez fait connaître, et que nous publions ci-dessus. — M. J. de Rey-Paitkade, à Toulouse. Vos remarques sont très logiques. — M. D. R., à Lille. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 2° série, à la librairie Masson et C‘*. — M. Pérard, à Lyon. Remerciements pour votre communication.
- PETITES INVENTIONS1
- Tire-pneu P. M. pour démonter et remonter les» pneumatiques à talon d’automobiles. — Il arrive souvent, surtout lorsque les pneus sont neufs, que le talon se colle ou serre dans la jante en fer, de manière à rendre le* démontage très difficile. Avec le tire-pneu, le pneu le plus dur est démonté en quelques instants; pour s’en servir, on appuie l’encoche D contre la jante, comme l’indique la figure, puis en vissant par le bouton C on repousse l’enveloppe dans la jante grâce à la tète B; on continue le démontage avec le levier; ordinaire; au besoin, on recommencera l’opération ci-dessusj
- Tire-pneu.
- en deux ou trois endroits. Le tire-pneu est très utile aussi pour le remontage; il sert à maintenir en place dans la jante la partie du bourrelet ou talon que l’on remonte la première. Avec deux appareils, l’opération est plus rapide. Le tire-pneu peut encore être utilisé comme petite presse pour les réparations, soit pour recoller un protecteur qui commence à se décoller, soit, dans le cas de réparation à la chambre à air, pour assurer le collage parfait de la pastille, en serrant la chambre entre deux bouts de planchettes maintenus par le tire-pneu. L’appareil se fait en deux tailles : type motocycle pour jantes en fer, grosseur maximum du pneu 65mm; type voiture pour jantes en bois, grosseur de pneu 90mm. —Le tire-pneu P. M. se trouve 56, rue Gambetta, Givet (Ardennes), aux prix de 2fr,30 et 3,r,50.
- Soufflet tubulaire à épousseter. — Rien n’est plus difficile comme d’enlever la poussière dans les endroits inaccessibles, dans des vitrines, dans les dépôts d’archives, dans
- Soufflet tubulaire.
- les cases des caractères des imprimeurs, etc. Le plumeau ne suffit pas; il ne peut pénétrer dans les coins où la poussière se plaît à se loger. Le soufflet tubulaire, qui consiste en un cylindre de bois avec tubulaire en bois également et en un piston qui chasse l’air au dehors, peut être utile dans de nom-
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
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- Oraux cas. Il suffira de souffler en un point pour faire évacuer la poussière au dehors. Comme le montre notre dessin, ce sera d’abord un électricien qui nettoiera l’intérieur de sa dynamo, une dactylographe qui enlèvera toute trace de poussière dans sa machine à écrire, enfin un musicien qui fera disparaître toute poussière dans son piano à queue. — Le soufflet tubulaire se trouve chez M. J. Ullmann, IG, boulevard Saint-Denis, à Paris.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- 1 Contre la chute des cheveux. — Un de nos confrères de la presse française a donné récemment la recette suivante contre la chute des cheveux. Teinture de quinquina I partie, teinture de romarin autant, la même quantité de teinture de jaborandi,
- puis 2 parties d’huile de ricin, et enfin 10 de rhum. On mélange le tout et on obtient une lotion dont l’action serait tout à fait effective.
- Poudre astringente pour la bouche. — Souvent les gencives ont une tendance à s’écarter un peu des dents en les déchaussant, ou encore elles ont une facilité déplorable à se laisser blesser par la moindre croûte de pain ; et comme la chose est particulièrement pénible, en même temps qu’elle résulte naturellement d’un état plus ou moins maladif, il est utile en pareil cas de recourir à un astringent pour se laver la bouche, et agir sur les tissus. On peut aisément se composer une poudre dentifrice astringente en mélangeant une partie de myrrhe, 1 de chlorure de soude, 50 de savon, autant de carbonate de chaux, et enfin une certaine quantité d’essence de rose.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Rare Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9. ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 1" avril . . . 7»,2 S. W. 3. Peu nuageux. 7,7 Très nuag. ; quelques averses ; arc circumzénithal.
- Mardi 2 1”,9 S. 1. Peu nuageux. 2,4 Beau jusqu’à 9 h. ; puis nuag. ; couv. après 15 h. ; gelée bl. ; halo.
- Mercredi 3 12”,6 S. S. W. 4. Couvert. 3,7 Couv. ; quelquefois de la pluie fine.
- Jeudi 4 12”,9 S. W. 5. Couvert. 1,2 Couv. jusqu’à 14 h. ; nuag. ensuite.
- Vendredi 5 5”,5 S. S. W. 1. Couvert. 1,4 Couv. ; pluie de 5 h. 20 à 19 h.
- Samedi 6 5”,5 S. S. E. 2. Couvert. 9,3 Couv. ; pluie de 9 h. à 15 h. et de 18 h. 30 à 23 h.
- Dimanche 7 12”,1 S. S. W. 2. Peu nuageux. 7,9 Nuag. jusqu’à 18 h. ; beau ensuite ; petite pluie à 6 h.
- AVRIL 1901. - SEMAINE DU LUNDI 1er AU DIMANCHE 7 AVRIL.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Pluies et tempêtes. — Le soleil ne s’est montré qu’à de rares inler-valles pendant la semaine dernière. Les pluies sont tombées au contraire d'une façon presque continue; elles ont été générales et signalées dans toute la France, ainsi que dans le nord et l’ouest de l’Europe. La température n’a pas été très élevée.
- Le 31 mars, le matin, le thermomètre marquait — 7° à Moscou, -+- 7° à Taris, 18° à Alger. On notait : 0° au puy de Dôme, — 1° au mont Yentoux. — 4° au pic du Midi. A Paris, on a recueil i 11 mm d’eau.
- La température moyenne a été de 9°,5; supérieure de 1°.3 à la normale. Le baromètre, à 7 heures du matin, marquait 754"”,2. Ce même jour, la température était de 10°,8 à 1 heure du soir et de 12° à 7 heures.
- Le l”r avril, on a encore signalé de nombreuses pluies dans le nord, le centre et l’ouest de l’Europe. En France, on a recueilli 14 mm d’eau à Lyon, 7 à Nice, 2 à Paris.
- Les 3, 4 et 5 avril, la situation est restée la même. Des pluies sont signalées vers la Pologne et sur l’ouest de l’Europe; en France, on a recueilli 18 mm d’eau au mont Aigoual, 8 à Rochefort, 4 à Cherbourg, 2 à Charle-ville. Le 3 avril, au matin, le thermomètre marquait — 8° à Haparanda, -i- 13° à Paris, 14° à Alger, 17° à Patras. On notait : 4° au puy de Dôme et à Servance, 1° au mont Ventoux, — 4° au pic du Midi. Le 4 avril il a plu sur le nord et l’ouest de l'Europe; en France, on a recueilli 32 mm d’eau à Cherbourg, 18 à Brest, 16 à Dunkerque, 7 à Bordeaux, 4 à Marseille. Le thermomètre marquait 0° à Ilaparanda, -h 13° à Paris, 15° à Alger. On notait, 8° au puy de Dôme, 6° à l'Aigoual, 1° au pic du Midi et à Briançon, — 2° au mont Mounier. A Paris, ondées toute la journée. La température moyenne était de 13°,9; supérieure de 5°,3 à la normale, 8°,6.
- De violentes tempêtes ont sévi sur la Manche et les traversées de France en Angleterre ont été difficiles. Le paquebot faisant le service entre Boulogne et Folkestone n’a même pas pu, le l,r avril, entrer dans le port de Folkestone, et a dû aller débarquer ses passagers à Douvres.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 4 à 1 h. 29 m» du matin.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— Mardi dernier 16 avril s’est tenue à la Sorbonne la première séance plénière de l’Association Internationale des Académies. Nous avons déjà dit le but que cherche à atteindre cette assemblée des liantes sommités scientifiques de notre temps. Nous y reviendrons. Ilappelons seulement qu’il s’agit de mettre en commun tous les elforts pour réaliser des œuvres d’intérêt international. Une série de propositions ont été élaborées par les Comités respectifs d’organisation et vont être soumises à cette première assemblée générale.
- —®— I,'Académie des sciences vient de faire un nouvel héritage. M8 Harry William Christmas, avoué à la Cour suprême d’Angleterre. lui lègue un capital de 100 000 francs dont la rente « sera décernée en récompense d’une découverte personnelle dans les sciences physiques, particulièrement en électricité ou en magnétisme, ou dans leurs applications ».
- —®— La Commission permanente internationale d’aéronautique, réunie à l’Institut de France, sous la présidence de M. le professeur llergescll, a approuvé le travail lu par le commandant Renard, au nom de la sous-Commission des intoxications par le gaz hydrogène arsénié, et qui comprenait : un remarquable mémoire du capitaine Richard relatif aux recherches faites en 1900, sur cette question, à l'établissement de Chalais, et aux précautions préventives ou aux mesures curatives nécessaires; divers extraits des registres du bureau devais au laboratoire de l'Ecole des Mines; enfin un mémoire de M. le médecin-major Maljean, concernant plusieurs cas d’ictère arsenical observés, antérieurement aux accidents de 1900, chez les aérostiers. M. le lieutenant de vaisseau Tapissier, membre de la délégation de la Commission permanente au prochain congrès de l’Association maritime internationale, a donné ensuite lecture de son rapport sur les conditions dans lesquelles devront être opérés les sauvetages des ballons en mer et sur l’utilisation des moyens aéronautiques pour les sauvetages maritimes. Enlin, M. Hervé, également délégué à ce congrès, a présenté un aperçu historique de cette application des cerfs-volants et des ballons, depuis le siècle dernier, avec la relation des expériences officielles ou privées, effectuées à diverses époques, dans cette voie, chez les principales nations maritimes.
- —®— M. de la Baume-Pluvinel, membre de la Société astronomique de France, vient départir de Paris, pour observer l’éclipse totale de soleil du 18 mai, à Sumatra, où elle atteint la durée exceptionnelle de six minutes. Ce savant, qui fait cette expédition à ses frais, sera seul à représenter la France dans cette île, vers laquelle se dirige en ce moment un nombre considérable d’astronomes venant des différentes parties de l’Europe et de l’Amérique. IL emporte avec lui une puissante batterie d’instruments qu’il a imaginés et qu’il a fait construire. L’un de ces appareils a pour but de montrer si la couronne participe au mouvement de rotation du Soleil ; un autre a été construit pour savoir si la lumière qu’elle rayonne lui est propre ou si elle provient du Soleil par réflexion. Malheureusement les chances de beau temps sont médiocres à Sumatra. Aussi une autre mission française, dont le départ est immédiat, va-t-elle se diriger vers l’île de la Réunion, où la durée de la totalité n’est que de trois minutes, mais où les chances de beau temps sont quatre fois plus considérables.
- —®— Ces jours derniers, des communications ont été échangées •entre la France et la Corse, à l’aide de la télégraphie sans fil. La Compagnie internationale de Communication maritime Marconi, ayant été autorisée par le gouvernement français à procéder à des expériences, a établi un poste près d’Antibes, à la Brague, dans la pro-
- tn’iété de M"'8 la vicomtesse de Bernis, où un mât de 40 mètres de vaut a été dressé. L’établissement du poste du côté corse a été placé à Calvi. Le premier télégramme sans fil a été adressé de Corse
- en France avec beaucoup de netteté. Déjà, le jour du couronnement d'Edouard VII Marconi avait de l’île de Wight communiqué à grande distance; mais c’est la première fois qu’on fait une expérience officielle entre deux points fixes sur une pareille distance qui est ici en effet de près de 200 kilomètres.
- —®— M. Almada Negreiros, commissaire des colonies portugaises à l’Exposition, a généreusement offert au Muséum les collections d’arthropodes qu’il avait réunies et présentées au public dans le beau pavillon cfu Trocadéro. Ces collections proviennent du Moçam-bique et de l’île San-Thomé; elles sont intéressantes à plus d’un titre et combleront bien des lacunes dans des séries zoologiques de l’établissement. Celles de San-Thomé ont été particulièrement bien accueillies, car la faune entomologique de cette île offre des particularités intéressantes et ne laisse pas d’être fort mal représentée dans les galeries du Muséum. Grâce à M. Negreiros, elle y occupe désormais une place plus importante, mais cette place reste néanmoins beaucoup trop restreinte, et le Muséum fait des vœux pour que les colonies portugaises de l’Afrique orientale veuillent bien ajouter d’autres matériaux à ceux qu’il possède déjà.
- —®— D’après une communication de M. Oelkers à l’Association des distillateurs allemands, voici quels seraient les chiffres de dépensé par cheval-lieure pour divers moteurs usités en Allemagne : moteur à essence de pétrole : consommation 350 gr., soit 0,r,155; moteur à pétrole 400 gr., soit 0fr, 125; moteur à gaz d’éclairage 0fr,1005; moteur à alcool 450 gr., soit 0fr,1295. L’alcool dénaturé en Allemagne se vend 28fr,75 l’hectolitre (23 marks]. M. Oelkeis conclut donc que les moteurs à alcool travaillent à meilleur compte que les moteurs à essence, sensiblement au même prix que les moteurs à pétrole, un peu plus cher que les moteurs à gaz. L’alcool est donc appelé à rendre de grands services en agriculture pour les locomobiles et pour l’automobiliste. Il s’agit encore une fois de l’Allemagne. L’alcool qui se paie 28fr,75 se paie en France 50 fr. l'hectolitre.
- —®— Nous avons le regret d’apprendre la mort du général de division en retraite Gras, l’inventeur du fusil qui porte son nom. M. le général Gras est mort des suites d’une congestion le 14 avril.
- —-®— On annonce également la mort, à Londres, de sir Edouard Watkin, qui fut le promoteur le plus décidé du projet de tunnel sous la Manche.
- —®— D’après le Bulletin du Club Alpin voici les itinéraires suivis, dans la haute montagne, par deux colonnes du 159° régiment de ligne. Ces marches ont été exécutées en février 1901, avec une température maximum de -j- 15° et une température minimum de — 33°. Sous la conduite de chefs habiles, les capitaines Cler et Agnclli, nos braves lignards ont été aux cols de l’Alpe, du Laus. Bousson, Granon, Buffer, à Plampinet et à Névache, au Pas du Berger, au Pic de l’Aiguille-Rouge, au Grand-Aréa, au Mont Genève, supportant, avec une remarquable endurance, la température très rigoureuse et une marche souvent fort pénible.
- —®— D’après les journaux américains, la Compagnie des chutes du Niagara termine l’installation de la seconde ligne de transmission de l’énergie électrique entre Niagara F ails et Buffalo. Cette nouvelle ligne est formée de câbles en aluminium. Le courant triphasé est transmis par trois câbles composés chacun de 37 fils; l’ancienne ligne consiste en six câbles de cuivre de chacun 19 fils. La légèreté plus grande des câbles en aluminium a permis de porter de 22 à 33m,60 l’écartement moyen entre les poteaux soutenant les câbles. Quand la ligne en aluminium sera complète, la différence de potentiel de transmission de l’énergie sera portée de 11000 à 22 000 volts.
- —®— La neige est tombée le 12 avril dans les montagnes, près de Saint-Etienne. Plusieurs sommets en étaient couverts. A la meme date, il restait encore de la neige à Chalon-sur-Saône. Les pluies et la fonte des neiges dans le Jura ont causé d’importantes inondations.
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- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la boîte aux Lettres et après réception de la bande du Journal de l’année.
- Erratum. — Les photographies que nous avons publiées dans l’article « Une montagne qui se décolle » (n° 1455, du 50 mars 1901, p. 276), sont de M. Maurice Picard, photographe amateur à La Chaux-de-Fond.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La Photocartouche jumelle se trouve chez M. Gillon, 22, rue Beautreillis, à Paris. — L’adaptateur pour Kodaks, se trouve chez M. Gué-nault, 22, rue de Strasbourg, à Nantes, et chez M. Cadot, 55, rue Piat, à Paris.
- Communications. — M. F. Grey, à Suresnes, nous écrit qu’il a vu les premières hirondelles le 7 avril, à Suresnes.
- M. C. S. Graham, directeur de la station climatérique de Thorenc, près Grasse (Alpes-Maritimes), nous adresse une série de photographies représentant les principaux endroits de la région. Le séjour à Thorenc est agréable et c’est une station excellente pour cure d’air.
- M. Jotahace, à Jalacingo, à propos de notre article « Une bibliothèque de plus de quarante siècles », paru dans le n° 1445, du 2 février 1901, p. 146, et dans lequel il est question du culte phallique à Mexico, nous écrit qu’il croit pouvoir soutenir que le culte existe toujours. A l’appui de son opinion, il cite le fait suivant : « En déracinant des vieux chênes, dont quelques-uns d’entre eux avaient 80 centimètres de diamètre à la hase du tronc, d’une petite montagne dans ma propriété de Féacal (Congregacion de Santa-Cruz, Muni-cipio de Altotonga, canton de Jalacingo, estado de Veracruz, Mexico), le 2 août 1898, on trouva un objet que l’on prit d’abord pour un morceau de fer ou en fonte; mais, une fois lavé à grande eau, on découvrit un phallum taillé en fin granit, en parfait état de conservation. Ce phallum a un poids de 6kï,5; il a 0m,67 de long, y compris l’anneau, 0m,28 de circonférence moyenne. L’anneau a 0ra,15 de diamètre extérieur et 4 et 7 respectivement à l’intérieur. Dans la même petite montagne furent découverts d’autres objets antiques, peut-être plus curieux, mais de moindre importance scientifiques.
- M. J. Lamirand, à Toulouse, nous écrit : « Permettez à un lecteur assidu de « La Nature » de signaler à votre attention un passage de votre article du 9 mars dernier sur les hygromètres Lambrecht. Ce passage est relatif à la façon dont on détermine avec le polymètre le point de rosée t, en retranchant de la température du four T un nombre donné par une graduation juxtaposée à celle qui fournit l’état hygrométrique
- e = y=i- H résulterait de là que T — t serait seulement fonction
- de l’état hygrométrique. Or cette différence est aussi fonction de T comme il est facile de s’en convaincre en considérant quelques exemples numériques : déterminons les points de rosée t en faisant e = i et successivement T = 12 =20 =28 =55.
- T F fi F t T — t
- 12° 10mn\46 5mm,23 2°, 10».
- 20° 17mm,39 8mn’,t>95 9° ,2 10°.8
- 28° 28mm, 10 14mm,05 16», 5 11».5
- 35° 41mm,85 20mm,915 23° 12»
- La différence T — t n’est donc pas constante avec l'état hygrométrique ; elle peut varier de plusieurs degrés pour la même valeur de f et, par suite, l’erreur commise dans la détermination de f par la méthode que vous avez exposée peut aussi atteindre plusieurs degrés. Cette méthode me paraît seulement applicable pour les températures voisines de celle pour laquelle
- la graduation a été établie. L’instrument pourrait servir à obtenir très rapidement t en utilisant un tableau à double entrée donnant t en fonction de T et de f, grandeurs que l’on a immédiatement par une simple lecture de l’appareil. Cette remarque s’applique, du reste, à la plupart des hygromètres. » Les observations de M. J. Lamirand sont parfaitement justes. On ne peut pas tout dire dans un article forcément court. M. W. Lambrecht a répondu d’avance à l’objection. L’aiguille indicatrice porte une petite fourche. Pour 10° environ, on lit les degrés qui correspondent à la pointe principale ; au delà de 15° on se sert pour la lecture de la pointe gauche de la fourche et, au-dessous de 10°, de la pointe droite de la fourche. La correction est généralement suffisante en pratique. On peut, d’ailleurs, contrôler par la lecture directe des températures et des tensions de la vapeur indiquées sur le polymètre.
- M. le D” Bribosia, à Namur, nous a adressé une Notice qui a pour titre : A propos des verres isométropes. Cette Notice est extraite du Bulletin du Syndicat médical de la province de Namur. Avril 1901.
- La Société nationale d’Horticulture de France nous a envoyé le règlement et le programme de l’Exposition générale des produits de l’horticulture et des objets d’art et d’industrie employés pour le jardinage ou servant à la décoration des parcs et jardins, qui doit avoir lieu du 29 mai au 5 juin 1901 dans le Jardin des Tuileries, à Paris. Cette brochure contient également la liste des divers concours que la Société ouvrira à cette occasion.
- Renseignements. — M. H. Lebègue, à Epernay. — Nous n’avons pas d’adresse spéciale pour les brosses électriques à parquet; mais vous pourriez vous adresser à M. lliyne-Berline, 18, rue des Dunes, à Paris.
- M. Dulong, à Paris. — I/Ecole pratique d’électricité industrielle, dont nous vous avons parlé dans le n° 1447 du 16 février 1901 est définitivement fondée ; son siège est 55, rue Beliard. Pour tous renseignements, il faut s’adresser au directeur, M. Charliat, ingénieur des arts et manufactures, 46, rue de Paradis, à Paris.
- M. H. L., à X. —- Consultez Fabrication de foutes sortes de colles, par Malepeyr.e, dans la collection des Manuels Roret, à la librairie L. Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. H. D. S., à P. — Montres : MM. J. Olivier et fils, 78, rue Battant, à Besançon.
- M. E. Quennoy, à La Madeleine-lez-Lille. — Nous pensons qu’il faudrait former un aggloméré avec parties égales de graphite et de coke concassé.
- M. G. A. Le Roy, h. Rouen. — 1° Nous pensons que l’introduction d’air se fait simplement comme dans les becs Auer. — 2° Becs à incandescence par l’acétylène; Société du bec Callo-phane, 8, rue Saint-Quentin; M. A. Chambaud, 46, rue de Paradis; Comptoir de l’acétylène, 255, rue Saint-Martin, à Paris. — 5° Nous avons reçu votre dernière lettre ; nous sommes obligés d’aller par ordre de réception des lettres pour les réponses à donner.
- M. E. Berjot, à Lion-sur-Mer. — Nous avons bien reçu vos lettres du 28 mars et du 6 avril; nous vous avons répondu dans la Boîte aux Lettres du n° 1455 du 15 avril 1901, nous n’avons pu le faire plus tôt.
- M. J. L., à Lille. — Vos observations sont très justes; nous en avons déjà fait connaître de semblables. Remerciements.
- Internationales Patentbureau C. Reichelt, à Berlin. — La machine à coudre la peau se trouve chez M. Collin, rue de l’Ecole-de-Médecine, à Paris.
- M. N. Munier, à Briey. — La lampe à incandescence Solignac, dont nous avons parlé dans le n° 1455 du 50 mars 1901 se trouve à la Société des lampes homogènes, 19, rue Didot, à Paris.
- M. A. G. Pappis, au Caire (Egypte). — Les concessionnaires en France des procédés de forage de la Compagnie Américaine Oil Well Supply C°, sont MM. Dumont et Gaudin, 205, rue Saint-Antoine, à Paris.
- M. le Dr L., à Bruxelles. — Nous avons fait quelques recherches; la description de ce nouveau frein n’a pas été publiée.
- M. Dupont, à Paris. — Vous pourrez vous procurer tous les produits chimiques et industriels à des prix raisonnables chez MM. Pelliot et Ilofman, 26, rue du Roi-ae-Sicile, à Paris.
- M. O. Jullien, à Bonneville. — Nous avons reçu votre article; remerciements. Nous ne pouvons l’insérer faute de place.
- Voir la suite de la Boite aux Lettres page 3* des Nouvelles scientifiques.
- Dans ta « Botte aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon a répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- BOITE AUX LETTRES {Suite)
- MM. Cauret et Fournier, à Paris. — Pour ce qui concerne le dynamomètre destiné à l’essai du papier et décrit dans le n° 1433 du 10 novembre 1900, p. 379, il faut s’adressera M. Persoz, chimiste au Bureau chargé de vérifier les qualités de papier à la Chambre de commerce de Paris.
- M. H. P., à Lons. — 1° Il existe des petits modèles de lampes transportables avec accumulateurs; mais ils ne sont pas toujours très pratiques. Adressez-vous à M. Relier, 18 bis, cité Trévise, ou à M. Chomeau, 33, passage du Havre, à Paris.
- — 2° Machines à calculer : MM. Lizard, Burin et Cic, 30, rue Taitbout, M. 0. Rochefort, 46, boulevard Ilaussmann, à Paris.
- — 3° Adressez-vous à la maison Farcot, 189, rue Lafayelte, à Paris.
- M. André Jung, à Pawlowsky-Possade. — 1° En ce qui concerne la lampe à incandescence Auer, nous n’avons pas d’autres renseignements que ceux que nous avons fait connaître. La lampe n’est pas encore dans le commerce. — 2“ Nous avons transmis votre réclamation à la librairie.
- M. .4. D., à Périgueux. — Pour nettoyer le bronze doré, on commence par le frotter doucement avec une solution de soude ou de potasse. On laisse sécher, puis on applique l’enduit suivant : blanc d’Espagne, 15; carbonate de soudé, 7 ; alcool à 85°, 50, eau, 125. Quand l’enduit est sec, on l’enlève à l’aide d’un morceau de peau en insistant sur les parties creuses avec une brosse.
- M. Uderguet, à Maktar. — Vous trouverez des renseignements sur les appareils propres aux observations météorologiques dans le catalogue de la maison J. Salleron, Demichel, successeur, 24, rue Pavée, à Paris. Vous pourriez aussi demander les « Instructions » au Bureau central météorologique de France, 176, rue de l’Université, à Paris.
- M. P. S., à Besançon. — lin cheval du poids de 300 à 450 kilogrammes fait dans une journée un effort moyen de traction de 30 à 50 kilogrammes et fournit une puissance moyenne de 30 à 45 kilogrammètres par seconde, soit de 2/5 à 3/5 de cheval-vapeur. Sur de bonnes routes, un cheval peut tirer des charrettes de 600 à 2000 kilogrammes.
- M. A. B., à Puteaux. — 1° Il nous faudrait connaître le débit de la rivière eu litres d’eau par seconde pour pouvoir déterminer la force motrice utile. — 2° 11 serait préférable de prendre des turbines horizontales modèle Hercule chez MM. Singrünn, à Epinal. — 3° Nous avons décrit la lampe Kitson qui repose sur le principe que vous indiquez; la société devait avoir une lampe portative. Adressez-vous à la Compagnie Kitson, 36, avenue de l’Opéra, à Paris.
- M. D. R., à Brest. — Consultez M. E. Streiff, ingénieur chimiste conseil, 37, rue Lhomond, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Le Ion g, à Blois. Cette société n’existe plus depuis déjà quelques années. — M. Renard, à Paris. L’expérience seule peut vous fournir ce résultat. — M. D. L., à V. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. Dubois, à Paris; M. G. L., à Enghien. Remerciements pour vos communications.
- PETITES INTENTIONS1
- Lanternes pour cycles et automobiles système
- H. Miller. — L’importance prise de nos jours dans les transports par la traction automobile a donné un regain d’actualité à la question de l’éclairage des véhicules. La lanterne de la French Company H. Miller présente des avantages marqués. Ces lanternes sont établies sur trois modèles différents, en vue de l’éclairage de tous les genres de véhicules automobiles et hippomobiles. Elles peuvent fonctionner indifféremment au gaz acétylène ou au pétrole. Dans le cas de marche à acétylène, il suffit d’adapter à la voiture un appareil producteur indépendant, du système Miller, que l’on place dans le coffre ou dans un endroit quelconque. Ce gazogène étant relié à la lanterne par un tuyau flexible en caoutchouc, on remplace alors le récipient à pétrole de cette dernière par un dispositif approprié et pourvu d’un brûleur en stéatite. Lorsqu’on veut remplacer le gaz par le pétrole, on accomplit une opération inverse; et la lanterne brûle aussi bien, car, quel que soit le corps qui produit la flamme, celle-ci est toujours très fixe, très blanche, en un mot, très éclairante et, par conséquent, se voit de très loin par les temps les moins propices. La grande puissance de l’éclairage dans ces lanternes provient de deux causes essentielles qui sont : la parfaite ventilation du
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- foyer, et le grand pouvoir de réflexion de son réflecteur parabolique. La ventilation s’accomplit automatiquement et normalement, sans la moindre surveillance, grâce à la différence de densité existant entre l’air froid et l’air chaud qui entre et sort continuellement de l’appareil pendant toute la durée_de la
- combustion. Le réflecteur parabolique est formé d’une seule pièce de nickel, sans jonction ni rivets. Sa puissance est telle que, combinée à celle du foyer des lanternes à pétrole Miller, elle peut projeter à 60 mètres en avant une lumière fixe et parfaitement blanche de 20 bougies.
- 11 résulte d’expériences nombreuses que deux lanternes au pétrole du système Miller suffisent amplement pour éclairer, dans les meilleures conditions possibles, un automobile marchant à toute vitesse dans les régions les plus accidentées et par les nuits les plus intenses. Ces lanternes à pétrole sont munies d’un bec spécial qui permet de supprimer le verre de lampe. La durée de l’éclairage atteint dix heures avec le pétrole. Avec l’acétylène, la durée est proportionnée au débit des becs ; mais le gazogène est disposé pour contenir 750 grammes de carbure qui l'ourf nissent en moyenne 225 litres de gaz. — Les lanterne^ H. Miller se trouvent à la French C°, à Hazebrouck (France);
- Lanterne It. Miller.
- Séchoir. — itans tous les ménages, on a constamment >esoin de faire sécher du linge, soit des serviettes de cuisine; iu du petit linge de table, d’enfant et même lorsqu’on dispose? l’un jardin, il est infiniment plus commode de faire sèche? lans l’office, dans ^ ;
- a cuisine ou dans me pièce réservée à cet effet. Le îouveau séchoir [ue nous présen-ons aujourd’hui i nos lecteurs éunit toutes les jualités désira -îles : de dimen-ions suffisantes jour sécher nême une petite îappe ou de grandes serviet -es, ce séchoir ,
- >lié, ne tient pas >lus de place [u un parapluie [u’on aurait ac-;roché au mur; nais, d’un seul
- nouvement, les branches se montent et forment un demi» :ercle, à la hauteur que l’on désire pour pouvoir recevoir le inge à sécher. La mobilité des branches présente, en outre, 'avantage de pouvoir rapprocher et éloigner ces dernières uivant les besoins et les dimensions du linge à sécher., A toutes :es qualités, le séchoir joint le grand avantage d’un bon narché surprenant. — L’appareil se trouve chez M. Kratz» loussac, 14, rue Martel, Pans.
- 1. I’lié.
- Le séchoir.
- ; 2. Développé et en service.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- NOTES PHOTOGRAPHIQUES
- Le Caméléon. — Le Caméléon, que vient de mettre en vente la maison du Cristallos, est un continuateur de l’image apparente, sur tous papiers à impression visible; les citrates donnent particulièrement de bons résultats. Le papier citrate Cristallos, le Solio, le Duvau, le Tambour, le Maranay, se développent normalement. D’autres papiers, comme le Lumière, le Perron, demandent à ce qu’on ajoute une certaine quantité d’alun au bain, pour ne pas obtenir des noirs verdâtres. Les différences d’intensité d’impression de l’image donnent des différences de tons allant du noir pour les poses courtes au rouge et jaune pour les impressions plus vigoureuses. En imprimant une série d’épreuves 10 secondes, 20, 40, 1 minute, 2 minutes, 5 minutes, etc., et développant sans laver à une lumière diffuse du jour, dans le bain Caméléon allongé de 20 volumes d’eau, on obtient une quantité de nuances, très belles, et qu’aucun virage ne pourrait donner par impression complète. Il suffit de laver et fixer l’épreuve à l’hyposulfite et sulfite. Des essais de continuateurs ont déjà été tentés, mais nous croyons qu’on n’avait pas jusqu’ici obtenu avec l’acide
- pyrogallique, par exemple, les résultats pratiques et très beaux que donne le Caméléon. J.-F. G.
- Virage vert pour épreuves au bromure
- Bien que ce ton ne soit pas d’un usage courant, il y a parfois des cas où l’on peut être appelé à l’employer pour certaines épreuves de paysage notamment.
- Voici, d’après M. L.-P. Clerc, quelle est la formule du virage qui permettra de l’obtenir. On prépare d’abord une solution de 15 grammes d’acide acétique cristallisable dans 150 grammes d’eau. Ensuite on divise cette solution en trois parties égales dans trois verres et on fait dissoudre 50 centigrammes de ferro-cyanure de potassium dans le premier; 50 centigrammes d’acétate d’urane dans le second et 50 centigrammes de citrate de fer ammoniacal dans le troisième.
- Quand les sels sont parfaitement dissous, on verse le contenu des trois verres dans une cuvette et on les mélange bien ; puis on y placera l’épreuve qu’on laissera séjourner sans la remuer jusqu’à virage au ton voulu.
- On aura soin d’opérer à la lumière faible, bougie ou lampe à pétrole. G. M.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 1 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9. ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 8 avril.... 12%3 S. S. W. 3. Quelques nuages. 0,0 Nuageux.
- Mardi 9 10-,0 S. W. 2. Très nuageux. 0,0 Couv. de 15 à 21 h.; nuag. le reste du temps; halo; gouttes à 17 h.
- Mercredi 10 ... . 7”,9 S. W. 2. Très nuageux. 0,0 Beau à 1 h. ; tiès nuag. le reste du temps; pluie dans la soirée
- Jeudi 11 9M S. W. 3. Couvert. 1,0 Quelques éclaircies; pluie l’après-midi.
- Vendredi 12 ... . 6",9 S. S. W. 2. Couvert. 1,5 Couv. jusqu’à 16 h. ; beau à 20-23 et 24 h. ; nuageux le reste du temps ; gouttes le matin.
- Samedi 13 4°,9 W. 2. Couvert. 0,2 Très nuag. le matin; couv. le soir; gelée bl.; halo; pluie dans la soirée.
- Dimanche 14 ... . 8°,1 S W. 2. Couvert. 3,2 Beau à 1 h. et 21 h. ; couv. le reste du temps ; pluie de 10 à 14 h.
- AVRIL 1901. — SEMAINE DD LUNDI 8 AU DIMANCHE 14 AVRIL.
- Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche |
- La courbe supérieure indique In nébulosité de 0 à 10: les flèches inférieures. In direction du vent. Les courbes du m'dieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramene à 0. au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche: courbe en point-lie. thermomètre à l’abri à boute mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites au Parc Saint-Maur en mars flSOfl
- par M. E. Renou.
- Moyenne barométrique à midi 752—,15. Minimum 739—,00 le 19 à 4 heures du soir. Autre Minimum le 29 à 5 heures du matin 739“”,17. Maximum 767—,92 le 23 à 10 henres du matin.
- Moyennes thermométriques : des minima 1°,26; des maxima 8°,39; du mois 4°,82 ; vraie des 24 heures 4°,38. Minimum — G°,0 le 28. Maximum 14°,5 le 30.11 y a eu 9 jours de gelée, tous du 22 au 30, et 13 jours de gelée manche. Moyenne des minima sur le sol — 2°,58. Minimum —10°,1 le 29.
- Tension moyenne de la vapeur 5",12 ; la moindre 2—,3 le 26 à 11 heures et midi ; la plus forte 9“,2 le 31 à 3 h. et 7 h. du soir.
- Humidité relative moyenne : 80.5 ; la moindre 35 le 29 à 3 heures du soir, la plus grande 100 en 6 jours. Nébulosité moyenne 72.
- Drouillard épais le 12 au malin ; léger le 2o au matin.
- Pluie 46—,6 en 93 heures 1/2, réparties en 19 jours ; plus 3 jours de
- gouttes, 2 jours de grêle et 2 jours de grésil. Un peu de neige les 11, 25, 26; le 27, couche de neige de 5 centimètres, elle achève de disparaître le 31 dans la journée.
- Vents dominants, du N. au N.-E., puis du S. au S.-W.
- Orage : le 6 tonnerre et éclairs dans l’E.-N.-E.
- Température moyenne de la Marne : le matin 5°,67 ; l’après-midi 5°,89; du mois 5°,78. Elle a varié de 3°,62 le 1*' à 7°,33 le 21. Très claire les deux premiers jours du mois, elle est devenue trouble tout le reste du mois; elle a été assez haute,
- Relativement aux moyennes normales, le mois de mars 1901 présente les résultats suivants :
- Baromètre à midi plus bas de 5—,00. Thermomètre plus bas de 1#,74. Tension de la vapeur plus faible de 0“,21. Humidité relative plus forte de 5,6. Nébulosité plus forte de 14. Pluie plus forte de 5““,8.
- Floraison : le 4, tussilago furfura.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 12, à 4 h. 6 du malin.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— Voici quelques renseignements sommaires sur le ballon «le M. Deutsch. D’un volume de 3000 m3, l’aérostat aura une forme d’ellipse allongée de 60 m., et sera construit par M. Tatin. Le ballon portera une hélice de 7 m. qui sera actionnée par un moteur de 50 chevaux d'un poids de 500 kg. Le poids de l’hélice sera de 100 kg. A titre d’indication l’hélice du ballon de M. Santos-Dumont avait seulement une dimension de 4 m. Le ballon emportera trois personnes, 200 kg de lest, 60 kg d’essence et 60 kg d'eau. •C’est un des plus gros dirigeables mis en construction à ce jour.
- —®— M. Santos-Dumont ayant obtenu, pour ses travaux aéronautiques en 1900, le total des intérêts du Grand Prix de 100000 francs, laisse cette somme à la disposition de l’Aèro-Club, pour la fondation d’un nouveau prix, en vue d’encourager les chercheurs à poursuivre le difficile problème de la direction des ballons. Le prix Santos-Dumont sera décerné immédiatement à l’aéronaute, membre de l’Aéro-Club, qui, du 1er mai au 31 octobre 1901, partant du parc d'aérostation de Saint-Cloud, doublera la tour Eiffel et reviendra au point de départ au bout d’un temps quelconque sans avoir touché terre et par les seuis moyens du bord. Si le prix Santos-Dumont n’est pas gagné en 1901, il sera couru les années suivantes, toujours du 1er mai au 31 octobre jusqu’à ce que le problème soit résolu. On s’inscrit pour le prix de 4000 francs comme pour le prix de 100000 francs de l’Aéro-Club, 48, rue du Colisée, Paris.
- —®— Le ministre de la marine a d >nné l’ordre de mettre en chantier vingt sous-marins, dont dix à Toulon, six à Rochefort et quatre à Cherbourg. Ces bateaux seront du type sous-marin proprement dit et auront un déplacement intermédiaire entre le Gymnote, qui déplace 30 tonneaux, et le Morse, qui en déplace 146; le déplacement des nouveaux sous-marins sera d’environ 70 tonneaux.
- —®— Le prix d'un homme artificiel : Un chirurgien anglais, qui a raccommodé de pied en cap un vieux soldat mutilé dans la campagne d’Egypte, s’est amusé à calculer à combien reviendrait un invalide idéal. Une paire de bras coûte 18 livres sterling, et avec des mains artificielles, 55 livres; les jambes articulées reviennent à 28 livres et un faux nez métallique à 16 ou 20 livres environ. Pour 26 livres on peut avoir deux oreilles munies de tympans et de résonnateurs. Un râtelier avec un palais en platine coûte de 8 à 18 livres, les yeux 6 livres. Bref, les dépenses qu’entraînerait la restauration d’un vétéran aussi endommagé qu’on peut l’être théoriquement sans perdre la vie, s’élèveraient à 120 livres environ {3000 fr.).
- —On a lancé ces jours derniers le paquebot « Kronprinz-Wilhelm » construit dans les forges et chantiers de la Compagnie Vulcain, à Stettin, pour le compte du Nord deutscher Lloyd. Le « lvronprinz-Wilhelm » a 660 pieds de long, 66 pieds de large et 43 pieds de profondeur. Son déplacement est de 22 000 tonnes. Il possède cinq ponts superposés; il est construit entièrement en acier, avec double fond, et il est pourvu de quilles latérales. Lé « Kron-prinz-Wilhelm » est aménagé de façon à pouvoir transporter 050 passagers de première classe, 330 de seconde et 500 de troisième. Les cabines des premières se trouvent situées sur le premier pont, le pont supérieur et le pont-promenade. Au nombre des randes cabines se trouvent quatre cabines de luxe avec salle de ains et cabinet de toilette. La coque est divisée en dix-sept compartiments étanches et le double fond, qui s’étend sur toute la surface de la longueur, le rend absolument insubmersible. Les appareils moteurs comprennent deux machines à quadruple expansion à effet complètement indépendant, qui actionnent deux hélices
- puissantes imprimant au navire une vitesse moyenne de 24 milles à l’heure. Les soutes à charbon peuvent contenir jusqu’à 6000 tonnes de combustible. Le « lvronprinz-Wilhelm » ressemble au « kaiser-Wilhelm-der-Grosse » et au « Deutschland » et l’on estime qu’il battra le record de vitesse atteint jusqu’ici par ces deux derniers paquebots. Ses essais auront lieu au commencement du mois de septembre et il effectuera son premier voyage sur New-York le 17 septembre prochain.
- —(§)— Le nombre de médecins en Angleterre. Il y a, à l’heure actuelle, 25023 médecins dans le Royaume-Uni, ce qui fait 1 médecin sur 1393 habitants. A Londres, il y a 6102 médecins exerçant, soit 1 sur 803 habitants, alors qu’en 1881 il n’y avait que 3837 médecins, soit 1 sur 4007 habitants. Dans les autres grandes villes d’Angleterre, la situation est sensiblement la même : en 1881, il y avait pour chaque praticien 1939 habitants; il n’y en reste plus maintenant que 1667. Le nombre des femmes-médecins n’est pas bien grand • en 1881, il n’y en avait que 25; en 1899, 336. Sur ce nombre, 92 exercent à Londres, 90 dans d'autres villes de l’Angleterre et 77 aux Indes.
- —(§)— M. Gallot, le célèbre marcheur, qui a déjà accompli de nombreux exploits de marche, a effectué récemment à Saint-Ouen une coui’se de 251 kilomètres, du vendredi 5 avril au dimanche 7 avril. On sait que Gallot est le plus intrépide des marcheurs de la terre et qu’il détient le record du monde.
- —Les opérations des conseils ’de révision ont lieu en ce moment. Lors de ces séances, la réunion de nombreux conscrits dans des salles de petites dimensions, le mélange pour ainsi dire forcé des vêtements ne sont pas sans danger au point de vue de la propagation de certaines maladies. Pour éviter ces inconvénients, de sérieuses mesures hygiéniques ont été prises par la préfecture de la Seine. Désormais, on n’admettra à la fois, dans les salles, qu’un nombre restreint de conscrits qui pourront se déshabiller et se rhabiller à leur aise. Les toises seront lavées avec une solution antiseptique. Après chaque séance, les banquettes sur lesquelles les conscrits déposent leurs vêtements seront désinfectées ainsi que les salles. D’autre part, la préfecture vient de faire l’acquisition d’une série complète d’instruments du dernier modèle pour l’examen médical de certains organes : les yeux, les oreilles, la gorge, etc.
- —D’après M. Lejeune, le plus grand palmier connu se trouve à Sidi-Okba. 11 mesure 36 mètres de haut à la base de ses palmes et 42 au sommet. Il est âgé de 450 à 500 ans. Les palmiers ordinaires dépassent rarement 10 mètres. Ceux de 20 sont rares. Ce palmier n’a que 40 centimètres de diamètre.
- —9— Le recensement décennal de l’Autriche-IIongrie en 1900 relève une population totale d’environ 47 millions d ames, y compris les provinces occupées de Bosnie et d’Herzégovine. Le chiffre total était de 45 millions d’âmes en 1890, il y a donc un accroissement de 4 millions en dix ans, ce qui est une proportion de plus de 9 pour 100, tandis que l’accroissement de population de l’Allemagne dans la même période n’est que d’un peu plus de 7 3/4 pour 100. Pour l’Autriche seule, la population actuelle est de 26 millions d’âmes, en accroissement de 2 millions 21 sur 1890 et proportion de 9,3 pour 100. En Hongrie, elle se monte à 19 millions d’âmes, en accroissement de 1 million 73 ou de 9,96 pour 100. Enfin, dans les provinces occupées de Bosnie et Herzégovine, elle se chiffrait, au dernier recensement fait en 1895, à 1 million 59. Le recensement tel qu’il a été publié n’indique pas encore la répartition de la population par nationalités, c’est-à-dire le point de vue le plus intéressant dans des pays comme ceux d’Autriche et de Hongrie, bien que du côté slave et roumain on ait souvent protesté que le recensement est toujours majoré au profit des Allemands, des Magyars et, jusqu’à un certain point, des Italiens.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du Journal de l’année.
- Adresse relative aux appareils décrits. — La Vivon-naise, roue de pleine eau à godets syphoïdes, que nous avons décrite dans le n°1454 du 6 avril 1901, p. 504, est construite par M. de Coursac, ingénieur, au château de la Planche, à Yivonne (Vienne).
- Communications. — Le Directeur de VObservatoire de la Tour Saint-Jacques, à Paris, nous prie d’annoncer qu’il serait reconnaissant à tous ceux de nos lecteurs habitant Paris ou la banlieue qui possèdent des baromètres enregistreurs de vouloir bien lui communiquer le diagramme de la journée du 16 avril 1901. Il demande, en outre, aux personnes résidant aux environs de Paris qui font des observations thermométriques ou pluviométriques si elles pourraient les lui adresser régulièrement. Répondre à M. Joseph Jaubert, directeur de l’Observatoire municipal de la Tour Saint-Jacques, rue de Rivoli, à Paris.
- U abonné 539-8021, à Paris, nous écrit : « Un abonné de vingt ans a demandé que les signaux du block System soient placés non sur la voie, mais sur la machine et indiquent constamment si le train peut continuer sa marche. Il a oublié que le mécanicien doit, autant que lui permettent les soins à donner à sa machine, avoir l'œil sur la voie. Il faut, en effet, qu’il puisse apercevoir les signaux que font, avec des drapeaux ou des lanternes, les hommes de la voie pour couvrir des chantiers, des obstructions inopinées, tels que des éboulements. 11 doit voir les signaux de gares dont beaucoup n’ont rien de commun avec le block, siffler aux passages à niveau et en d’autres points encore (les règlements français font siffler ainsi plus qu’il ne faudrait). 11 serait donc très mauvais de concentrer l’attention du mécanicien sur un signal placé sur la machine. Il existe des systèmes automatiques, mais ils sont très discutés. Les signaux de chemin de fer sont toujours disposés pour se fermer en cas de dérangement. Mais bien des causes peuvent mettre en défaut les meilleurs appareils (givre, courants échappés de câbles d’énergie électrique traversant le chemin de fer, etc.). C’est un motif pour éviter la complication et l’horlogerie. »
- M. le comte Begouen, à Las Espas, par Saint-Girons (Ariège), nous écrit : « Je crois intéressant de vous signaler une découverte paléontologique qui vient d’être faite dans l’Ariège. Les ouvriers occupés aux travaux de la ligne de chemin de fer, de Saint-Girons à Foix, ont rencontré dans la tranchée de la Jun-casse, entre Cadarcet et le Boulou, une faille dans le rocher toute remplie de terre et de cailloux. En déblayant cette faille ils ont mis à jour de nombreux ossements de Mammouth : un crâne, des dents, une superbe défense mesurant 2 mètres de long, des fémurs, des tibias, et enfin une quantité considérable d'os plus ou moins brisés du squelette. Sous l’habile direction de M. Nouailhac-Pioch, ingénieur en chef, le déblaiement se continue avec soin et tous les ossements découverts sont transportés à Foix et soigneusement conservés. L’opération des fouilles n’est pas encore terminée et tout fait prévoir que l’on fera encore des découvertes intéressantes. Outre les restes du Mammouth, on a trouvé des ossements d’autres animaux, parmi lesquels j’ai cru surtout remarquer des cervidés. M. Car-tailhac a reconnu des fragments de squelette de bouquetins et d’élans. La classification et la détermination de tous ces débris seront certainement des plus intéressantes. J’ai particulièrement remarqué un fragment de crâne portant une crête osseuse très proéminente que dans un examen sommaire je n’ai su rapprocher d’aucun type. M. l’abbé Pouech avait déjà
- signalé des restes de Mammouth dans l’Ariège, du côté de-Varilhes. Mais je crois qu’on n’en avait pas encore rencontré dans l’Ariège à une pareille altitude : environ 550 mètres au-dessus du niveau de la mer. »
- M. Ü.-A. Frunza, à Foscani, à propos de notre chronique sur « Vin et incendie » publiée dans le n° 1449, du 2 mars 1901 ^ p. 222, nous écrit : « Il n’y a rien de nouveau au monde. 11 y a seize ans, en Roumanie, dans notre ville de Foscani, un incendie éclata le matin dans la partie méridionale de la ville. On consomma presque la totalité de l’eau qu’on avait dans les réservoirs de la ville pour éteindre cet incendie. La ville n’avait pas encore sa distribution d’eau, on y travaillait. Après midi un second incendie se déclara au centre de la ville, trois constructions étaient déjà détruites et d’autres étaient menacées par le feu. Au moment où l’on manquait complètement d’eau, l’ordre a été donné aux pompiers et soldats de descendre dans les caves des cabarets environnants et d’y puiser le vin qui se trouvait dans les tonneaux. On est parvenu à éteindre le feu en alimentant les pompes avec le vin. »
- Renseignements. — M. A, Sée, à Paris. — Nous avons bien reçu les détails de l’observation curieuse que vous avez faite; l’explication que vous en donnez nous paraît très juste. Remerciements.
- Mae J. R. M., à Paris. — Vous pourrez vous procurer cos-ouvrages en vous adressant à M. R. Kœnig, constructeur d’instruments d’acoustique, 27, quai d’Anjou, à Paris.
- M. Poitevin, à Carcassonne. — 1° Pour tout ce qui concerne-le poêle à pétrole, il faut vous adresser à M. Sépulchre, à Herstal-lez-Liège, comme nous l’avons déjà indiqué en tête de la Boîte aux Lettres du n° 1453, du 50 mars 1901. — 2° Lu réchaud à alcool que nous avons décrit est un bon appareil.
- — 3° Nous avons décrit cette torche électrique dans nos Petites-Inventions; il s’agit de piles peu puissantes, genre Leclanché.
- — 4° Pour diverses raisons, nous ne pouvons indiquer les prix des appareils décrits.
- M. F. Malisoux, à Namur. — 1° La hauteur a une certaine importance. — 2° Jusqu’ici cette hauteur a varié de 20 à 6 mètres; il est difficile d’indiquer des limites. L’expérience seule peut vous'fixer à ce sujet.
- M. F. Camps, à Sérignan. — Aucune des pâtes épilatoires n’a une action définitive. Elles détruisent le poil mais non le bulbe pileux. Pour obtenir ce dernier résultat, il faut avoir recours à l’épilation par l’électrolyse.
- M. François de Susini, à Ajaccio. — MM. Kirby, Beard et C1’* nous ont transmis votre lettre ; l’indication des prix présenterait de grands inconvénients.
- M. Paul Heupgen, à Mons. — Nous n’avons pas l’adresse complète; mais vous pourriez essayer d’écrire à l’adresse indiquée.
- M. H. Gentet, à Aurillac. — Les piles servant à l’allumage des moteurs à pétrole sont en général des piles sèches genre Leclanché. Le vase poreux ou sac en toile renferme 40 parties de bioxyde de manganèse en poudre et 00 parties de coke et de charbon mélangés. Dans l’élément que vous mentionnez, la sciure de bois doit être imprégnée d’une solution concentrée de chlorhydrate d’ammoniaque.
- M. Tony Huber, à Paris. — Il n’existe pas d’ouvrage donnant exactement les indications que vous demandez; ces réflexions se trouvent parfois dans des études spéciales.
- MM. Adolf Weisstnann et C°, à Odessa. — La Compagnie française du métal déployé a son siège, 35, boulevard Hauss-mann, à Paris (IXe arrondissement).
- M. A. 3/., à Lille. — Voici les adresses que vous nous avez demandées : Revue des cultures coloniales, 41, rue de la Chaussée d’Antin, à Paris; Revue générale agronomique belge chez M. Ramlot, 17, rue Grétry, à Bruxelles; Allgemeine Oesterreische chemiker und technischer zeitung, chez M. Ilans Urban Scheidlstrasse, 26, à Vienne (Autriche).
- M. Drioux, à Orléans. — Cette adresse est donnée plus haut en tête de la Boîte aux Lettres.
- M. Sana Ragorea, à Bruxelles. — Nous regrettons de n’avoir pu assister à ces expériences.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. H. M. Smith, à Paris. Nous avons reçu votre Notice ; remerciements. — M. Dupeu, à Lille. Cet appareil ne se trouve pas dans le commerce ; il faut le faire construire spécialement — M. P. D., à Nice; M. L. Raget, à Paris. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 4e série, à la librairie Masson et Gie. — M. Puyrard, à Versailles. Remerciements pour votre envoi. — M. Dion, à Paris. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- Dans ta « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-. seignemenls qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INVENTIONS1
- Occluseur pour joints. — Jusqu’ici les constructeurs d’automobiles qui utilisent, dans leur mécanisme, des joints à la Cardan, les entouraient de cuirs insuffisants, mal ajustés, et, par conséquent, perméables à la poussière et à la boue, ou bien ne les entouraient pas du tout. 11 en résultait que la graisse qui devait lubrifier ces articulations délicates et constamment en travail non seulement s’échappait, mais laissait la place à la boue et aux graviers qui ne tardaient pas à les faire gripper. M. G. Thomas, d’Agen, a trouvé un dispositif d’occlusion ou de protection des joints à la Cardan quelle que soit leur forme et leur disposition, à la fois très simple,
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- Occluseur pour joints, à la Cardan.
- étanche, souple, et interchangeable. Cet occluseur consiste en un boîtier métallique, presque invisible quoique solide, qui se |)ose simplement à la main en moins de deux minutes. La figure ci-jointe nous montre en coupe la disposition adoptée; en AG est la protection extérieure en caoutchouc, en E est figurée la position de déplacement de l’arbre mobile. — L’occlu-seur pour joints se trouve chez M. G. Thomas, à Agen.
- Le fixe-attaches, l’épingleur et le cloueur. — Il est
- nécessaire parfois de réunir en des paquets des papiers relatifs à une affaire, et de constituer une série de dossiers. Tous ces papiers doivent être assemblés solidement pour éviter qu’aucune pièce ne s’égare. L’épingleur automatique (n° 1)
- 1. Le fixe-attaches. — 2. L’épingleur. — 3. Le cloueur.
- nous permettra d’effectuer rapidement cette liaison de papiers, d’échantillons de toutes sortes. Il suffit de placer dans la fente une épingle quelconque en laiton, et de frapper sur la tête de l’appareil. Le fixe-attaches (n° 2) est également un appareil pratique par lequel la réunion des papiers est obtenue à l’aide d’une attache métallique. On peut enfin, si l’on désire fixer solidement une étiquette sur une caisse, se servir du cloueur automatique (n° 3). — Ces trois appareils se trouvent chez M. Kratz-Boussae, 14, rue Martel, à Paris.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Le jeu des milliers de têtes. — 11 existe d’innombrables jeux de patience qui, au moyen de cubes, permettent de reconstituer des images, cartes géographiques, etc., etc., mais tous ne tendent qu’à exercer la patience des enfants sans les amuser réellement. Le nouveau jeu des « milliers de têtes », ajoute à ce jeu ancien et classique, l’attrait nouveau du rire. Au moyen de 18 baguettes carrées que l’on voit en 2, dont fi pour le front, 2 pour les yeux, 2 pour le nez, 2 pour la bouche, 6 pour le menton, on transforme les figures en un
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- Le jeu îles milliers de fêles.
- 1. Les fées. — 2. les baguettes carrées,
- nombre presque illimité de physionomies en modifiant toutou en partie la tète. Les tableaux peuvent se combiner entre eux, en transportant la partie correspondante d’une tête à l’autre et cela permet d’obtenir un nombre prodigieux de 32 768 transformations. On obtient avec ce jeu les physionomies et les caricatures les plus drolatiques et les plus amusantes, à tel point que non seulement les enfants, mais aussi les adultes s’y intéressent. Le n° 1 du dessin ci-joint nous en montre deux exemples. Le jeu des « milliers de tètes » présente en outre l’avantage de donner aux enfants les premières notions du dessin leur permettant de composer toutes sortes de caricatures et des physionomies qu’ils pourront ensuite reproduire au crayon. Ce nouveau jeu se trouve chez M. Kratz-Boussac, dont l’adresse est donnée ci-dessus.
- BIBLIOGRAPHIE
- Formulaire de VÉlectricien, par E. IIospit.vliku. 18' année, 1900-1901, 1 vol. in-16. Paris, Masson et C’% éditeurs.
- Le Formulaire de VÉlectricien a été refondu entièrement et les volumes des deux années 1900-1901 ont été fusionnés en un seul. Le plan est resté le même; mais toutes les parties ont été augmentées, soigneusement revues. Sous un volume restreint, l’électricien trouve le sommaire nettement défini d'un traité méthodique complet d’électrotechnique générale. Certaines questions électriques très spéciales, telles que la locomotion électrique, la télégraphie et la téléphonie, qui, par suite de leur développement, demanderaient des ouvrages particuliers, ont disparu du Formulaire, ce qui a permis de consacrer plus de place aux autres parties.
- L’alcoolisme et la lutte contre l’alcool en France, par le Dr Romme, Préparateur de l’Ecole de Médecine de Paris. 1 vol. petit in-8° de l’Encyclopédie des Aide-mémoire. Masson et Cie, éditeurs. Prix : broché, 2,r,50; cartonné, 3 fr.
- Essai sur la constitution morphologique de ht tête de l’insecte, par Charles Janet, Président de la Société zoologique de France, 1 brochure in-8". Paris, G. Carré et C. À’aud, éditeurs. 1899.
- Mécanique appliquée. Déformations permanentes et rupture des métaux, par G. Faurie, ingénieur-conseil. I brochure in-16 chez l’auteur, 5, rue Jean Burgnet. Bordeaux, 1901.
- Manuel pratique du constructeur d’automobiles, par Makrkk' Farman. 1 vol. in-16 avec un atlas in-4°. Librairie Bernard Tignol. Paris. 1900. Prix : 9 fr.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- SS
- La Géographie du département de l’Ain, par J. Corcelle, professeur à l’Ecole d’enseignement supérieur de Chambéry. 1 vol. grand in-8°. Bourg. Imprimerie générale. Prix : 2rr,50.
- Limonadier, glacier et cafetier, par Ciiautard, J. de Fonte-nelle et Malepeyre. 1 vol. in-18 de l’Encyclopédie Roret-Nouvelle, édition refondue par N. Chryssochoidès. L. Mulo, éditeur. Paris. Prix : 3 fr.
- A la conquête du ciel! Contributions astronomiques de F.-G. de Nascius en quinze livres. Livre cinquième (Extrait). Principe de l’engrènement idéal dans le système solaire. Son application la lune. 1 brochure in-8°. Nantes. Imprimerie-Librairie Dugas. 1901.
- L’année scientifique et industrielle, fondée par Louis Figuier. 44e Année (1900), par Emile Gautier. 1 vol in-8. Librairie Hachette et C,e. 1901.
- Observatoire royal de Belgique. Annuaire météorologique pour 1901, publié par les soins de A. Lancaster, Directeur du service météorologique de Belgique. 1 vol. in-16. Bruxelles. 1901. Hayez, imprimeur.
- La mécanique a l’Exposition de 1900. Les chaudières a vapeur pour l’industrie et la marine, par Ch. Bellens. 2e livraison. Paris, YT8 Ch. Dunod éditeur. 1901.
- L’avenir économique et financier de Vindustrie houillère et de la sidérurgie en France, par L. Bailly. 1 brochure in-8. Librairie VTe Ch. Dunod. Paris. 1901. Prix: 2 fr.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9. ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 15 avril . . . 0",3 S. S. W. 3. Couvert. 4,3 Très nuag. ; quelques averses.
- Mardi 16 6*,9 W. S. W. 5. Beau. 2,1 Beau jusqu’à 7 h. ; très nuag. ensuite; gelée bl.; trois coups de tonnerre vers midi avec pluie et grêle.
- Mercredi 17 ... . 5*,1 N. W. 5. Beau. 5,2 Nuageux de 8 à 17 h. ; beau avant et après; averse à 18 h. 1/4 ; gelée bl.
- Jeudi 18 2",2 S. 0. Beau. 0,4 Peu nuageux de 8 à 19 h. ; beau avànt et après; halo; brumeux.
- Vendredi 19 ... . 4“,9 E. 0. Beau. 0,0 Beau ; brumeux.
- Samedi 20 9",1 E. S. E. 2. Beau. 0,0 Pas trace de nuage.
- Dimanche 21 ... . 12*,1 S. S. E. 2. Beau. O O Beau.
- AVRIL 1901. — SEMAINE DU LUNDI 13 AU DIMANCHE 21 AVRIL.
- | Vendredi | Samedi | Dimanche |
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- Orages* et pluies. — Les pluies ont été générales en France, surtout dans le.commencement de la semaine. Le 16 avril, on a recueilli 12 mm d’eau à Charleville, 7 à Biarritz, 4 à Dunkerque, 3 au Mans, 1 à Brest. Ce même jour, vers midi, un violent orage s’est abattu sur Paris ; il y a eu de grands coups de vent avec éclairs, tonnerre, grêle et petite neige. La violence du vent a causé de nombreux accidents.
- Dans le jardin qui entoure le Petit Palais, aux Champs-Elysées, plusieurs arbustes ont été renversés. Les immenses glaces de 10 mètres de hauteur sur 10 de largeur, qui avaient été placées lors de la fête de février, ont été brisées presque toutes. Au moment de l’accident, les organisateurs et le personnel, occupés à l'installation de l’exposition de l’enfance à travers les âges, se trouvaient dans le Petit Palais. Ils entendirent la rafale s’engoulfrer dans la galerie et une violente détonation retentit ; les vitres volèrent en éclats. Personne n a été blessé.
- La violence du vent a déplacé l’échafaudage placé contre l’église Saint-Sulpice pour la réparation de la corniche tombée il y a un an. Cet échafaudage d’une hauteur de 40 mètres et d’un poids de 50000 kg, a roulé sur
- ses galets, renversant la palissade qui l’entourait et avançant de 2 mètres.
- De nombreux dégâts ont été en outre causés au marche couvert installé rue Saint-Charles. Les toiles, qui ont été enlevées par le vent, sont tombées sur des marchandises qui ont été avariées.
- En divers endroits, des passants ont été renversés, des étalages bousculés.
- Des arbres ont été déracinés au square des Balignolles, avenue Gambetta et sur divers autres points de Paris.
- Les crues. — Le niveau de la Seine s’est élevé très sensiblement le 16 avril. Du quai de Bercy, l’eau affleurait les caves des Magasins-Généraux, on a dû enlever les tonneaux et les marchandises. Dans la banlieue, les berges ont été submergées; à Courbevoie, le ponton des bateaux suburbains, dont le service a été interrompu, est resté sous les eaux; à Genne-villiers, une partie de la plaine a été inondée.
- Le 19 avril, le fleuve a monté de 50 centimètres au pont d’Austerlitz, 36 au pont Royal, et 26 à l’écluse de Bezons. La plus forte cote pour le 18 avril a été 4”, 40.
- Le Rhône a également subi, le 16 avril, une crue importante qui dépassait 2 mètres. Tous les bas-ports de Lyon ont été recouverts. La Saône a subi arallèlement une crue importante qui a atteint son maximum le 18 avril, e nombreuses caves ont été inondées.
- PHASES DE LA LUNE : N, L» le 18, à 9 h. 17 du soir.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— M. Napias, directeur de l’Assistance publique, est mort dimanche 28 avril à Paris, à l’àge de 59 ans. Le Dr Henri Napias était né en 1842, à Sézanne (Marne). Ancien médecin de la marine, corps dans lequel il avait pris part à la campagne de 1870, il était inspecteur général du service de l’Assistance publique et de l’hy-giéne au ministère de l’intérieur, lorsqu’il fut appelé, en 1898,"à 4a direction générale du service de l’Assistance publique de la Ville de Paris, en remplacement de M. Peyron. Il faisait partie de l’Académie de médecine depuis 1897 dans la section d’hygiène.
- —®— D’après une dépêche transmise à l’Observatoire de Pans, M. Gill, directeur de l’Observatoire du cap de Bonne-Espérance, a découvert une comète près de l’Ecliptique et dans l’hémisphère austral. L’astre n’est pas encore visible à l'œil nu.
- —®— L’Assemblée générale de la Presse de l’Institut et des Sociétés savantes a eu lieu cette semaine, suivie d’un banquet en l’honneur des promus ou décorés dans la Légion d’honneur en 1900. L’Assemblée a élu son Bureau qui reste le même : président : M. Henri de Parville ; vice-présidents : MM. Charlier Tabiir et Olivier; secrétaires : MM. Capelle etYitoux; trésorier : M. Maxime Serpeille.
- —#— La Niagara Falls Power C° établit en ce moment, entre Niagara Falls et Buffalo, une seconde ligne de transmission électrique qui sera en aluminium. Cette ligne suit la première qui est en cuivre ; on pourra comparer les mérites respectifs des deux métaux. L’aluminium a permis d’espacer les poteaux de 34m,15, au lieu de 22m,90 sur la ligne en cuivre. Actuellement l’énergie électrique est transmise, à 11 000 volts, mais bientôt on emploiera sur les deux lignes un voltage de 22 000 volts. A cette dernière tension, on pourra transmettre à Buffalo 30000 chevaux électriques pour l’Exposition pan-Américaine.
- —®— Pour reconnaître un vin coloré artificiellement d’un vin naturel, la « Revue de chimie industrielle » recommande le procédé suivant qui consiste à verser sur un morceau de papier buvard blanc une goutte de vin à essayer, que l’on expose au-dessus de l’ouverture d’un flacon contenant de l’ammoniaque. Avec les vins purs, il se forme une tache verte cernée de blanc ; avec les vins colorés artificiellement, le cercle extérieur est rosé ou violacé.
- —®— L’ingénieur Oelkers a parlé, le 15 février dernier, de la question des moteurs devant l’Association des distillateurs allemands. Voici, d’après cette conférence, les chiffres de dépense par cheval-heure dans différents cas — chiffres de consommation moyenne pris sur plusieurs moteurs des systèmes les plus usités en Allemagne : Moteur à essence (ou benzine de pétrole) 350 gr. d’essence, soit 42,25 pfennigs ou 0,r.153; moteur à pétrole, 400 gr. de pétrole, soit 40 ou 0fr,125; moteurs à gaz d’éclairage, 8 à 9 ou 0fr,1005; moteur à alcool 450 gr., soit 10,35 ou 0fr,1293. L’alcool dénaturé en Allemagne est compté à raison de 23 marks (ou 28fr,75) l’hectolitre. Les conclusions de l’ingénieur Oelken sont donc que les moteurs à alcool travaillent à meilleur compte que les moteurs à essence, sensiblement au même prix que les moteurs à pétrole, mais un peu plus cher que les moteurs à gaz. L’alcool est donc appelé à rendre de grands services en agriculture, pour les locomobiles et locomotives agricoles et pour l’automobilisme. Les conclusions de l’ingénieur allemand s’appliqueraient également à la France, si le remboursement de la dénaturation prévu par l’article 59 de la loi de finances était déjà appliqué, avec les cours actuels de l’alcool.
- —®— On a essayé la semaine dernière la nouvelle voiture Mors préparée pour la coupe Bennett sur la route de Chartres. On a chronométré du 144 km à l’heure. Le moteur de cette voiture donnerait, dit-on, 70 chevaux à 1200 tours par minute. 144 km à l’heure, voici les locomotives distancées! Et les accidents?
- —®— On annonce la découverte à Flamblora, près de Mayence, d’un ancien cimetière renferman plusieurs tombeaux. Les morts étaient ensevelis « assis », cette coutume d’inhumer les morts remonte à la plus haute antiquité. Les archéologues allemands qui ont visité ces sépultures estiment qu’elles remontent à six mille ans... avant notre ère! A côté de ce cimetière, on en a découvert un autre renfermant des tombeaux de Francs et datant du temps de Charlemagne.
- —(§)— Un fait d’une certaine rareté s.’est passé, dans la matinée du jeudi 21 mars, dans le Jardin du Luxembourg. Un aigle brun foncé, au ventre roux, aux pennes des ailes marquées de noir et que Buffon désigne sous le nom d’aigle commun, est venu se faire prendre sur la marquise d’un café du boulevard Saint-Michel. L’oiseau fatigué s’était d’abord abattu sur un arbre du Luxembourg, mais la foule le pourchassa à coups de pierre. Cette sorte d’aigle est commune dans la partie italienne des Alpes et si le bel oiseau capturé boulevard Saint-Michel en provient, on s’explique difficilement quel est le motif qui a pu le conduire jusqu’au Luxembourg de Paris.
- —®— Les piscines municipales à Paris rendent de grands services à la population. En attendant mieux, on en compte déjà trois grandes dont deux chaudes et ouvertes toute l’année, avenue Ledru-Rollin, rue des Fillettes, et rue Rouvet à eau froide ouverte l’été. On ne peut pénétrer dans les piscines qu’après avoir passé par la douche de nettoyage et savonnage complet. La piscine Hébert, inaugurée officiellement le 1er mai 1895 et ouverte au public lu 4 mai 1896, a coûté, comme construction et comme aménagement, 257 310 fr. ; la contenance du bassin est de 780 m. ; l’eau a une température moyenne de 24 à 26°. Les dépenses de fonctionnement s’élèvent annuellement à 27 000 fr. ; il est juste d’ajouter qu’elles sont en partie couvertes par la location du linge. Depuis la création jusqu’au 1er janvier 1900, le nombre de baigneurs s’est élevé à 582577, comprenant 561617 hommes, 16222 femmes et 4738 enfants; en 1898 notamment, la piscine Hébert a reçu 175689 personnes. La piscine Ledru-Rollin a coûté 269564' fr. ; elle a été inaugurée le 6 juillet 1897 et ouverte au public le 12 décembre suivant. La piscine comprend un bassin de natation recouvert d’une toiture vitrée de 41m,50 de long sur 18 de large; sa contenance est de 970 m3. Les dépenses de fonctionnement s’élèvent annuellement à 26500 fr. ; en deux années, de la création au 1er janvier 1900, le nombre des baigneurs s’est élevé à 463 325, dont 448 806 hommes, 9726 femmes et 4795 enfants. La piscine Rouvet, qui fonctionne depuis le 6 juillet 1896, a reçu 567 516 baigneurs jusqu’en janvier 1900.
- —®— La Société industrielle de Rouen organise, pour le 19 août prochain, un congrès des sociétés industrielles techniques et savantes. Les principales questions soumises au congrès porteront en chimie sur l'électro-chimie et la teinture et impression, en mécanique sur la physique appliquée et sur la filature et le tissage, sur le commerce et la statistique, sur les beaux-arts photographiques, sur 1 hygiène publique et industrielle. Toutes les communications relatives au congrès devront être adressées à M. Balanche, secrétaire de la commission d’organisation, 2, rue Ampère, à Rouen.
- —(g)— Un concours de chiens de berger et une exposition de chiens de berger, organisés par le Club français dü chien de berger avec la participation de la ville de Châteauroux, auront lieu le samedi 1er juin 1901, à Châteauroux. Les inscriptions sont reçues chez M. B. Drouhault, professeur départemental d’agriculture, 5, avenue de Déols, à Châteauroux (Indre), jusqu’au lundi 20 mai.
- —®— L’union internationale de photographie de Bruxelles, et la Photographie Convention of the United Kingdom organisent une réunion du 8 au 13 juillet, à Oxford (Angleterre), sous la présidence d’honneur de sir W. M. J. Herschel. Le secrétaire est M. Chas Puttmans, 9, rue Van Bemmell, à Bruxelles.
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- .NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du Journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour le système d’attelage automatique de wagons, s’adresser à M. le Commissaire de surveillance (Montélimar).— Pour le gazogène Javal, s’adresser à M. A. Javal, constructeur, 58, avenue du Roule, à Neuilly-sur-Seine. — Pour le tirage mécanique des foyers, s’adresser à M. Louis Prat, 51, rue Taitbout, à Paris.
- Communications. — M. le chanoine A. Sonnois, à l’Archevêché de Cambrai nous adresse la lettre suivante : « Voulez-vous permettre à un fidèle lecteur de La Nature de vous présenter une remarque au sujet de l’attribution ordinairement faite à Pascal de l’invention de la brouette ; ceci à propos d’un article intitulé : « Pascal et les omnibus », p. 339 du volume du 2e semestre 1900. Pascal n’est certainement pas l’inventeur de la brouette — pas plus que M. Decauville n’est celui du moyen de transport qui porte son nom. — En voici la preuve. A la bibliothèque de la ville de Saint-Dié, département des Vosges, est conservé un splendide Graduel, manuscrit in-folio, enrichi de grandes et précieuses miniatures, de marges curieusement enluminées. Il appartenait jadis aux chanoines, ui l’avaient fait exécuter, de 1504 à 1514. Dans les marges e l’une des pages sont représentés tous les travaux qui s’exécutaient alors dans les mines d’argent du voisinage. Ici, les mineurs creusent les galeries et en épuisent l’eau avec les seaux montés par les treuils; là, un ouvrier enlève les matériaux dans une brouette de même forme que celles de nos jours; plus loin, le minerai est charrié dans les wagonnets, roulant sur les rails en bois. Vous le voyez, il n’y a vraiment rien de nouveau sous le soleil ! »
- MM. Radiguet et Massiot, à Paris, nous ont adressé une notice qui a pour titre « L’aide du conférencier » et qui renferme les titres détaillés de toutes les vues sur verre diapositives des différentes séries mises en location. Cette même notice donne tous les renseignements sur les conditions de location; il suffit de s’adresser à « L’aide du conférencier » chez MM. Radiguet et Massiot, successeurs de Molteni, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, à Paris. La location de diapositives sera très utile pour les conférenciers qui veulent faire des projections.
- M. IV. Riemer, à Angermünde, nous écrit à propos de la Note parue dans les « Informations » du n° 1455, du 13 avril 1901, et dans laquelle nous disions que d’après le dernier recensement la population de Berlin était de 2 528 242 habitants. Notre correspondant nous envoie un Journal qui donne pour Berlin au 1er décembre 1900 une population de 1 884151. Notre correspondant ajoute que le chiffre total que nous avons indiqué doit comprendre la population des communes environnantes telles que Charlottenbourg, Ichôneberg, Risdorf, etc.
- M. G. de Kocquigny-Adanson, à Moulins, nous envoie une brochure qu’il vient de faire paraître sur « les Perce-neige au parc de baleine » et qui est extraite de la revue Ciel et Terre.
- M. J. de Rey-Pailhade, à Toulouse, nous adresse une brochure qu’il vient de publier sur « la décimalisation du temps devant les diverses branches de la science ».
- M. J. Le Paire, à Lagny (Seine-et-Marne) nous écrit la lettre suivante : « Dans la Boîte aux Lettres du n° 1456 du 20 avril 1901, un de vos correspondants signale l’arrivée des premières hirondelles à Paris dans les premiers jours du mois courant. Je vous adresse ci-jointe une note qui, peut-être, intéressera quelques-uns de vos lecteurs : Mon père, âgé aujourd’hui de soixante-douze ans, m’a souvent répété que « mars ne s’en va jamais sans hirondelles », érigeant ainsi en
- dicton une observation qu’il a toujours, depuis sa plus tendre enfance, reconnue exacte. Il ne lui est jamais arrivé, en effet, de voir finir le mois de mars sans avoir aperçu, à Lagny, quelque hirondelle, et j’ai souvent été témoin de ses constatations. Cette année, tant à cause de la prolongation de l’hiver, qu’à cause du froid qui a marqué la fin de mars, mon père redoutait de trouver son dicton en défaut. Ses craintes ne se sont pas réalisées, et il a eu la satisfaction de saluer la première hirondelle le dimanche 51 mars, à huit heures du matin, près du Pont de pierre de Lagny. Les premières venues sont toujours des hirondelles de cheminée. Elles sont toujours aussi les dernières à partir. »
- Renseignements. — M. P. Belly, à Paris. — L’insecte que vous nous avez envoyé est bien la Peptatone grise (Raphi-gaster griseus Fabr. ou Raphigaster punclipennis Illig. ). Cet insecte hiverne à l’état adulte et se réveille au premier printemps. Il n’y a pas de moyens spéciaux pour sa destruction, si ce n’est de rechercher les pontes et de les écraser. Elles se trouvent souvent sur les jeunes rameaux et à l’envers des feuilles d’une foule de plantes diverses. On en détruit beaucoup en secouant le matin les végétaux infectés sur un drap. Les arrosages de substances amères, décoction de quassia omara, par exemple, semblent les éloigner.
- M. L. Clark, à Cannes. — L’adresse de M. D. Augé, fabricant du moteur Cyclope, est la suivante : 92, rue des Arts, à Levallois-Perret (Seine).
- M. H. Bollinckx, à Bruxelles. — Nous ne pouvons vous donner de renseignements siir cés produits; adressez-vous directement au concessionnaire,
- M. le Dr Durget, à Bône. — Nous croyons qu’il faudra faire fabriquer exprès ces divers appareils; vous pouvez vous adresser à M. Wiesnegg, 64, rue Gay-Lussac; à M. Delaroche, 22, rue Bertrand, à MM. Piet et C1*, II, rue du Terrage et à MM. Martin fils et Cie, 15, rue des Trois-Bornes, à Paris.
- M. D. L., à X. — Consultez la Revue générale de chimie pure et appliquée, dont le Directeur est M. George-F. Jaubert, 155, boulevard Malesherbes, à Paris.
- M. G. de Visme, à Rouen. — Pour tout ce qui concerne l’acétylène dissous, adressez-vous à la Société, 28, rue Saint-Lazare, à Paris. ~
- M. C. F., à X. — Il s’agit de maladies sur lesquelles nous ne pouvons insister dans le journal.
- M. le D1 Schmid, à Paris. — L’adresse de M. Nikola Tesla, ingénieur-électricien, est la suivante : Hôtel Gerbach, 45 W, 27 Street à New-York (Etats-Unis).
- Une vieille abonnée, à X. — Nous ne savons ce que cet appareil est devenu.
- M. Ronnelle, à Cambrai. — Pour avoir ce renseignement, le moyen le plus simple serait de vous adresser directement à M. Plumandon, météorologiste à l’Observatoire du Puy-de-Dôme.
- M. F. G., h Saint-Julien-M.-M. — 1° Les appareils hygrométriques que nous avons décrits ne se trouvent qu’à l’adresse indiquée ; il n’existe pas de constructeur en France. — 2° Il n’y a pas de traité spécial sur ce sujet.
- M. Dutordoir, à Lecluse (Nord). — En dehors de l’utilisation de la tourbe pour les litières, les usages en sont encore très nombreux. On l’emploie souvent comme combustible. On se sert de ses cendres pour l’amendement des terres, des trèfles et des prairies : enfin elle fournit un engrais estimé.
- M. P. N., h L. — Nous ne connaissons pas de bibliothèques qui louent et envoient en province des ouvrages de sciences physiques et chimiques ou de médecine.
- M. L. Vanvincq-Reniez, à Bayenghem. — Remerciements pour votre information que nous utilisons.
- M. J. G., à Paris. — 1° Nous n’avons pas de renseignements à ce sujet. — 2° Consultez les guides du touriste, du naturaliste et de l’archéologue de la collection publiée sous la direction de M'Marcellin Boule, à la librairie Masson et C‘". Il a déjà été publié un volume sur le Cantal, sur la Lozère, .et il va en paraître un troisième sur le Puy-de-Dôme et Vichy.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Maydell Legras, à Saint-Denis (Ile de la Réunion). — Votre lettre a été envoyée à notre collaborateur. — M. G. Leroy, à Nancy. Nous avons bien reçu votre communication ; remerciements. — M. Durand, à Paris. II y a erreur d’adresse; il faut 25, rue des Dames, et non rue des Dunes. — M. G. L., à Paris; M. D. R., à Lille. Consultez le petit livre des Recettes et Procédés utiles, 3e série, à la librairie Masson et C1*. — M. D. R., à Orléans; M. G. X., à Blois; M. J. K., à Rouen. Remerciements pour vos communications.
- Dans ta « Botte aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lut sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- LA DIRECTION DES BOLIDES.
- — Texte et dessins, par Hrmuot.
- ;i. Abandonnant le problème de la direction des ballons, pour lequel uxie seule solution semble possible. — 2. Edison vient de réaliser un rêve : la Direction des Bolides. — 3. Le savant créateur avait remarqué que les bolides tournent en rond et en nombre illimité autour de la terre. — 4. Ils tournent, comme les députés autour du ministre au pouvoir, comme les papillons autour d’une lampe.... — 5. Il s’agissait de les attirer, de les captiver, de lés rendre dociles, tout en profitant de leur force rotative initiale. — 6. Une aiguille aimantée, haute de 70 kilomètres, attiré le bolide dans la zone atmosphérique. — 7. Au lieu de tomber, il plane autour du parabolide comme un oiseau de proie au-dessus d’un simple moineau. — 8. Puis peu à peu, il se désagrège et roule le long de la tige et est recueilli, muni d’une force de rotation extraordinaire. — 9. Edison se sert de cette force (illimited) pour diverses combinaisons : canons lançant des projectiles à 150 kilomètres. — 10. Actionnement
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Enduit préservateur de l'humidité. — Un enduit de cette sorte peut être utile dans tant de circonstances, et d’autant qu’il se peut colorer en toutes les nuances désirables, que nous pensons rendre service à nos lecteurs en leur en signalant la composition. On met d’abord tremper 15 parties de caoutchouc dans 5 à 10 décagrammes d’éther, puis on les fait dissoudre dans 1 kilogramme d’huile de lin chaude, et l’on ajoute encore 4 décagrammes d’éther*, en brassant constamment. On additionne ensuite de 5 décagrammes d’huile de navette, et de la même quantité de litharge. Il faut encore ajouter au mélange 15 décagrammes de colle forte de Cologne, qu’on a fait dissoudre dans l’eau chaude, et mettre le tout à bouillir durant deux heures. Au bout de ce temps, on doit compléter le mélange par 19 décagiammes de colophane et 2 kilogrammes et demi de blanc de zinc, si toutefois on veut un enduit blanc :
- autrement, on mettrait dans la composition un colorant de la j nuance voulue. I
- Pour coller de l'étoffe sur de la pierre ou du métal. — j On peut se contenter de mélanger 100 parties de colle forte ; bouillante avec une partie de térébenthine, pour faire ensuite bouillir le tout pendant un quart d’heure, et laisser refroidir un peu avant l’emploi. Mais voici une formule qui semble donner plus d’adhérence, et qui est d’ailleurs bien plus com-
- Suée. On mêle 100 grammes de poudre de caséine avec ;
- grammes d’eau, et on ajoute 10 grammes d’esprit de sel ammoniac. On fait dissoudre à chaud, mais sans laisser J bouillir. Pour opérer un collage sur de la pierre, par exemple, > on commence par enduire de cette colle la face de l’étoffe qui doit porter sur la pierre, puis on laisse sécher; ensuite on . chauffe légèrement la pierre, et on l’enduit à son tour ; on peut alors appliquer l’étoffe, et le séchage devra s’opérer à une température modérée.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9. ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 22 avril . . . 12“,5 E. S. E. 2. Nuageux. 0,0 Nuag. de 5 à 20 h. ; beau le reste du temps ; halo.
- Mardi 23.....' . 10",5 S. E. 1. Peu nuageux. 0,0 Peu nuag. de 4 à 17 h. ; beau ensuite; halo.
- Mercredi 24 ... . 12* ,0 N. E. 2. Beau. 0,0 Beau jusqu’à 7 h. ; nuag. ensuite ; halo.
- Jeudi 25 13",3 E. 2. Nuageux. 0,0 Couv, à 4-5 h. ; nuag jusqu’à 11 h ; beau le reste du temps; halo.
- Vendredi 26 ... . 10",9 N. N. E. 2. Beau. 0,0 Beau jusqu’à 21 h. ; nuag. ensuite.
- Samedi 27 1«,6 N. N. E. 4. Beau. 0,0 Peu nuag. le matin ; couv. le soir ; gelée bl. ; halo ; pluie fine de 10 h. à minuit.
- Dimanche 28 ... . 6",7 N. W. 1. Très nuageux. 1,8 Couv. de 1 à 6 h. ; beau de 20 à 22 h. ; nuag. le reste du temps; halo;pluie à 1 h.
- AVRIL 1901. — SEMAINE DU LUNDI 22 AU DIMANCHE 28 AVRIL.
- Lundi I Mardi ( Mercredi I Jeudi I Vendredi I Samedi I Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené A 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- lie temps. — Le temps est resté généralement beau. Au commencement de la semaine, le 22 avril, le vent était faible d’entre est et sud sur nos côtes de la Manche et de l'Océan; il était fort de l’est en Provence, très fort à Toulouse et à Nice. Des pluies sont tombées sur les côtes de la Méditerranée. On a recueilli 11 mm d’eau à Alger, 7 à Marseille, 2 à Cette. La température moyenne, 16°,6, a été supérieure de 5°,9 à la normale ( 10°,7). Au parc Saint-Maur, on a observé à 10 heures du matin 19°,0 et à 4 heures du soir 22°,0.
- Le 23 avril, en France, la température s’est maintenue élevée, avec temps orageux dans l’ouest. A Paris, beau temps. La température moyenne, 15°,9, a été supérieure de 5° à la normale (10®,9). On a observé un maximum de -+- 23°,7. Vers le 26 avril, la température s’est sensiblement abaissée dans le nord-est. Le samedi 27, le thermomètre est descendu à zéro. Il a plu à Biarritz ; orage à Lyon, etc.
- Inondations aux Etats-Unis. — A la fin du mois d’avril, on a Signalé de grandes inondations aux Etats Unis. Par suite de la neige et des
- pluies abondantes dans les Etats de New-York, de Pensylvauie, d’Ohio et de Virginie, plusieurs rivières ont débordé. Les inondations ont causé des dégâts considérables, l'eau ayant envahi des usines aussi bien que des habitations privées. A Wheeling, la situation a été très critique, la partie inférieure de la ville étant menacée de submersion. Les communications télégraphiques ont été interrompues, le service entre New-York et Chicago s’est fait par Atlanta et Louisville. D’après les dernières nouvelles reçues dePittsburg, de nombreux éboulements ont eu lieu sur les voies ferrées de cette région.
- Tremblements de terre. — Dans l’ouest de l’Europe on a signalé le 24 avril, plusieurs secousses de tremblement de terre ; A Guernesey, entre 1 heure et 2 heures de l’après-midi, et à Lisbonne, à 3 heures 1/2. La plus forte secousse a été ressentie dans les Algarves à 4 heures 1/2 où lusieurs personnes ont été renversées et contusionnées. A Rome et à rascati on a observé le même phénomène.
- Le centre du tremblement de terre était aux environs de Palombara ét de Sabina (province de Rome), où quelques maisons ont été lézardées.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 25, à 4 h. 24 du soir.
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- 1459 (U mai 1901), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— Le concours agricole de 1901 (2e partie) s’est tenu du 1er au 7 mai à la galerie des Machines, au Champ-de-Mars. Ce concours a été particulièrement brillant cette année.
- —®— L’Exposition internationale de Glasgow a également ouvert ses portes le 1er mai. Plus de 500 industriels français ont exposé.
- —Il y a eu éclipse de lune le 5 mai après-midi entre 4h 13“ et 9h6m. Bien qu’elle fût visible à Paris à partir du lever de notre satellite, elle n’a fait à l’Observatoire l’objet d’aucun examen attentif. La pénombre de là lune était bien, en effet, entamée par l’ombre du disque terrestre qui lui masquait le soleil, mais il en résultait seulement un affaiblissement dans, l’irradiation lunaire. Cela rendait toute observation presque impossible. C’est à 6h 40, alors que le soleil et la lune se trouvaient sur la ligne de l’horizon — un peu avant le lever du dernier des deux astres, qui a eu lieu à 7h 19m — que l’éclipse a atteint sa plus grande intensité.
- —-®— La course Bordeaux-Paris, organisée par le Vélo, a eu lieu dimanche 5 mai avec le même succès que les années précédentes. Le vainqueur est Lesna qui a fait les 598 km en 21h 53m 40s. Aucouturier est arrivé second en 25*? 1m 5S. En somme 11 concurrents sont arrivés dans les délais voulus.
- —<§>— La course annuelle des canots automobiles à Meulan, organisée par le cercle de la Yoile de Paris, a eu lieu le dimanche 28 avril. Les petits yachts étaient partagés en quatre séries, suivant leur longueur. Dans la plus grande (de 10 à 15 mètres) le Binger, seul parlant, a fait les 52 kilomètres du parcours en 2h 50"“, soit une vitesse de plus de 11 nœuds. Ce bateau construit par la maison Tellier possède un moteur Panhard et Levassor de 20 chevaux. Dans la petite série (au-dessous de 6m,50) les trois premiers yachts arrivés étaient à moteur de Dion. Les deux séries intermédiaires n’ont réuni chacune qu’un partant r Quo Vadis, à M. Decauville, et Le Lido, moteur de 12 chevaux de Dion.
- —L’usage de l’alcool dénaturé pour l’éclairage et la production de la force motrice tend à se généraliser. On s’est plaint avec raison de voir l’administration ajouter à l’alcool ordinaire une proportion encore assez grande de méthylène. A ce propos, dans le public, on s’est demandé ce que c’était que le méthylène. Réponse : c’est tout bonnement de l’alcool de bois, moins riche en corps combustibles que l’alcool éthylique ou alcool de vin. L’alcool mé-thylique renferme à poids égal moitié moins de carboné et d’hydrogène que l’alcool éthylique. Il résulte de là que par l’addition de doses un peu fortes de méthylène dans l’alcool ordinaire, on diminue sensiblement le pouvoir calorifiaue de cet alcool. On a _doiic raison, au point de vue de la production de l’énergie, de 'demander qu’en vue de la dénaturation on réduise au strict nécessaire la dose de méthylène.
- —®— D’après un rapport du Consulat général de France, les tirs contre la grêle se multiplieraient aux environs de Budapest. Les premières expériences, tentées en Hongrie avec les canons contre la grêle, datent de l’année 1899, époque à laquelle l’Institut royal hongrois de météorologie a été chargé d’étudier cette question et de fournir des conseils aux intéressés. L’Institut a publié les études qui ont été faites à ce sujet et a rédigé des instructions relatives à la manipulation et à l’emploi des instruments de tir contre la grêle, Jusqu’ici, on emploie dans les stations d’expériences de l’Etat deux sortes de canons contre la grêle, les canons à tir rapide système Emmerling, à bombes pyrolites, pourvus d’un tube de 2 mètres de long, et les canons Farkas et Farago,
- fènre mortier, avec tube de 4 mètres, de long qui déterminent explosion au moyen d’une mèche. On emploie 480 grammes de poudre par coup. Pour faciliter l’organisation de la défense et restreindre les dépenses qui en résultent des mesures ont été
- prises pour que les agriculteurs puissent se procurer à bon compte la poudre à gros grains dont ils ont besoin pour leurs expériences et qui leur est délivrée par les magasins militaires. Grâce à ces efforts, il y a aujourd’hui 1500 canons contre la grêle en usage dans le pays.
- —®— On nous a demandé plus d’une fois pourquoi on n’appliquait pas l’acétylène, qui est un explosif, à la mise en marche des moteurs. On a parfaitement bien réalisé des moteurs à l’acétylène, mais jusqu’ici ils se sont montrés inférieurs aux moteurs à gaz ou au pétrole. On a encore fait des essais dernièrement à Berlin, et ils n’ont pas été favorables à l’acétylène. Avec les prix de Berlin, on a obtenu les chiffres comparés suivants, exprimant la dépense en centimes par cheval-lieure effectif, dans les divers systèmes : Puissance en chevaux. .10 20 50
- Gaz acétylène 24 28.40 27.70
- Gaz d’éciairage ... 15 — 07 42.24 44.80
- Gaz pauvre ... 14 — 50 40.99 9.75
- Alcool . ... 29 — 20 49.39 49.04
- Pétrole . .... 42 — 80 44.90 44.60
- Benzine ... 48 — 79 .47.75 47.60
- Electricité. . . , . . . . . . . 48 — 00 47.75 47.32
- C’est donc le moteur à acétylène qui semble produire l’énergie au plus haut prix, dans ses conditions de fonctionnement actuel. Quant aux moteurs à alcool et à pétrole, il faudrait sensiblement modifier les chiffres pour ia France, les droits qui pèsent sur ces liquides étant, chez nous, beaucoup plus élevés qu’en Allemagne.
- —(§)— Dans les derniers jours d’avril, il a été procédé, dans l’arsenal de Cherbourg, à la mise à l’eau du sous-marin Algérien. qui a été construit sur la même cale que le Français, lancé il y a trois mois environ. Ce sous-marin est du type Morse; il a 36 m. de longueur et 2ra,75 de largeur, avec un déplacement de 36 tonneaux. Il sera mù à l’électricité, et sa vitesse prévue est de 13 nœuds. Son armement comprend un tube lance-torpilles à l’avant et deux appareils de lancement en abord. Son effectif comprendra un officier et huit hommes d’équipage. Son prix de revient est de 760000 fr. — De même, le sous-marin Sirène, construit sur les plans de l’ingénieur Laubeuf, a été mis à l’eau à Cherbourg le 4 mai dans l’avant-port de guerre. La Sirène est similaire du Narval, mais d’un plus faible échantillon. Elle est munie d’une machine verticale à triple expansion, développant 217 chevaux. La vitesse est de 12 nœuds, le déplacement de 406 tonneaux, la longueur de 34 mètres, la largeur de 3™,752 et le tirant d’eau de 4m,60. Elle a 4 lance-torpilles. La Sirène a coûté environ 750 000 francs.
- —®— Les Américains vont, paraît-il, entreprendre maintenant le chauffage électrique des chaudières. D’après le « Moniteur de l’industrie et de la construction », qui tient le fait d’un journal de New-York, un mécanicien de Hamilton vient d’inventer un procédé électrique destiné à la production de la vapeur dans les chaudières. Dans ce dispositif, l’eau est projetée sous forme de gouttelettes continues et très denses sur des tubes chauffés électriquement, et la vapeur est instantanément produite. L’énergie électrique nécessaire au chauffage est fournie par une dynamo qui est actionnée par un moteur s’alimentant avec l’excès de vapeur de la chaudière. Mais pour commencer, pour le démarrage, il est nécessaire d’employer un moteur à pétrole; un demi-litre de combustible suffirait.
- —(§)— La 8e compagnie du 56e d’infanterie exécutait le 5 mai un service en campagne dans les environs de Chalon-sur-Saône, lorsqu’elle fut surprise par un orage. La foudre tomba dans les rangs ët lorsque les soldats revinrent de leur stupeur, ils constatèrent que sept hommes étaient à terre. Six ont pu être ramenés à la vie, mais un d’entre eux est mort. Les blessés ont été conduits à l’infirmerie régimentaire. La plupart sont restés légèrement paralysés.
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- NOUVELLES [SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du Journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour le classicompteur-imprimeur, s’adresser à la Société anonyme de l’appareil contrôleur, 6, rue de Castellane, à Paris.
- Communications. — M. E. Berhainchand, Directeur du Laboratoire de chimie de la Direction de l’agriculture et du commerce à Tunis, nous a envoyé une Note sur les poussières atmosphériques observées à Tunis le 10 mars 1901. Cette notice est extraite du Bulletin de la Direction de l’agriculture et du commerce de la Régence.
- M. le Directeur de la Société Eastman Kodak, à Paris, à propos de notre récent article sur l’adaptateur Guénault transformant les kodaks (n° 1456 du 20 avril 1901, p. 528)» article dans lequel nous disions (p. 320, lre col., ligne 18), qu’il fallait attendre que tout le rouleau fût utilisé pour faire le développement, nous écrit que cette phrase peut créer une impression fausse dans l’esprit du lecteur. Un amateur, ajoute-t-il, qui désire employer une quantité de pellicules inférieure à une bobine de 12 poses, a toute possibilité de le faire en employant une bobine de 6 poses, ou en employant une bobine double de 2 poses dans laquelle chaque série peut être séparée du reste de la bande, et développée au gré de l’opérateur. Il est clair que l’objection de notre collaborateur n’en subsiste pas moins; si l’appareil comporte une pellicule en rouleau, il faut attendre que tout le rouleau soit utilisé pour faire le développement.
- Renseignements. — M. E. Bassières, à Cayenne. — Nous vous remercions pour votre intéressante Note" relative à l’influence prétendue de la lune sur la végétation. Elle est malheureusement trop longue pour être insérée ainsi. Il faudrait la diminuer d’un bon tiers, d’autant mieux que certains faits, par exemple la faible quantité de chaleur transmise par la lune, sont bien connus. L’influence lunaire, si elle existe, ne serait pas due au calorique réfléchi, mais bien aux rayons acti niques, ce qui est tout différent.
- M. H. B., à O. — Les essais sur certaines lampes n’ont pas été satisfaisants ; la question ne nous paraît pas encore mûre, nous sommes obligés d’en retarder l’examen ; nous en parlerons aussitôt que cela sera possible.
- M. L. B. T., à Couvet. — 1° Vous trouverez une série de formules de cirages dans le Formulaire industriel, de J. Ghersi, à la librairie G. Carré et Naud, 6, rue Racine, à Paris. — 2° Votre lettre contenait un reçu de la Société d’émulation de Couvet ; nous pensons que c’est par erreur.
- M. Pogguet, à Arras. — Vous trouverez du tétrachlorure de carbone ou du sulfure de carbone chez les marchands de produits chimiques ; et notamment chez MM. Pelliot et Hofman, 26, rue du Roi-de-Sicile, à Paris.
- M. le Dr B. B., à N. — Ces renseignements sont donnés dans le « Manuel de l’ouvrier monteur électricien », à la librairie Bernard-Tignol, 53 bis, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. 0. H., à Paris. — Vous pourriez consulter notre collaborateur, M. Champigny, 11, rue de Berne, à Paris ; il nous a donné, il y a peu de temps, un article très intéressant sur les jumelles.
- M. le D1 Utlo, à Quintin. — 1° L’ambre artificiel est formé de 1 kg de résine copal pulvérisée et passée au tamis que l’on ajoute dans un mélange déjà fait de 61 grammes d’huile d’amandes douces et de l*r,25 de jaune de chrome. — 2° La fabrication de l’écume de mer artificielle est plus complexe ;
- vous en trouverez les détails dans le Formulaire industriel de J. Ghersi, indiqué plus haut.
- M. Ch. Barthélemy, à Alger. — Le meilleur système d’allumage électrique à distance est l’allumeur pôle que nous ave«s décrit dans le n° 1395 du 17 février 1900, p. 199, et qui se trouve 6 bis, rue de Châteaudun, à Paris.
- Lapin-Club, à Thezon-les-Béziers. — 1° Manchons pour becs à acétylène : M. Chambaud, 46; rue de Paradis ; Comptoir de l’acétylène, 233, rue Saint-Martin, à Paris. — 2° Il faudrait vous adresser directement à Vienne (Autriche), à la Société d’éclairage par incandescence Auer.
- M. H. E. Cambier, à Odessa. — L’adresse de M. Bohler, constructeur des appareils de condensation décrits dans le n° 1343 du 18 février 1899, est 22, rue Poncelet, à Paris.
- M. F. de Saint-Léger, à Alençon. — 1" Adressez-vous à la librairie Gauthier-Villars, 55 bis, quai des Grands-Augustins^ à Paris. — 2° Vous trouverez un manuel du relieur dans la collection des Manuels Roret, à la librairie Mulo, 12, rue Hau-tefeuille, à Paris. — 3° Veuillez ne pas oublier d’envoyer la bande de votre journal, comme nous le recommandons en tête de la Boîte aux Lettres.
- M. L. Thiry, à Tomblaine. — Veuillez vous adresser à la librairie agricole de la maison Rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- M. G., à Estrées. — 1° Il faut vous renseigner auprès de la Société anonyme des glacières nationales, 128, rue de la Convention, ou à la Société des machines à glace Fixary, 155, rue Croix-Nivert, à Paris. — 2° Chaudières Niclausse, 24, rue des Ardennes; chaudières Solignac, 67, rue de la Victoire, à Paris.
- M. Grellou, à Paris. — La viande convient parfaitement aux chiens, lorsqu’ils ont au moins quatre mois; il faut en excepter la viande de cheval à moins qu’elle ne soit mélangée à du gras de la rate de mouton. La nourriture ne doit pas être composée exclusivement de viande ; mais il faut y ajouter du pain, des légumes, du lait, etc.
- M. L. Charpentier, à Toul. — Nous ne pensons pas que la fabrication de ces ciments soit tombée dans le domaine public ; leur composition est inconnue.
- M. C. L., à Port-Saïd. — Vous pourriez vous adresser à MM. Appert frères, 30, rue N.-D.-de-Nazareth; à MM. L. Doffi-gny et Cie, 4, cité Paradis, ou à M. Ducourtioux jeune, 40, rue Beaubourg, à Paris.
- M. B. Huidobro de los Bios, à Reinosa. — Il serait nécessaire de faire disparaître d’abord toutes traces de chlorure de sodium par de grands lavages à l’eau simple ; il faudrait ensuite passer un enduit à la chaux.
- M. J. B. A., à Clermont-Ferrand. — Fournitures pour automobiles : MM. D. Augé et Cie, 92, rue des Arts, à Levallois-Perret (Seine); M. A. Bourot, 51, boulevard Richard-Lenoir ; M. L. Lefebvre, 10, rue Emile-Allez ; M. Ch. Legrand, 6, rue des Cendriers, à Paris.
- M. te vicomte de la Vega, à Madrid. — Aucun ouvrage n’a été publié à ce sujet; il n’y a eu que quelques articles de journaux. Nous avons fait paraître un article sur l’utilisatiou de la force motrice des vagues dans le n° 857 du 2 novembre 1889, p. 357.
- M. Cuyer, à Saint-Maixent. — Nous ne parlons jamais que des appareils qui ont été réalisés et qui fonctionnent.
- M. A. Codina, à Barcelone. — Cette adresse est donnée en tête de la Boîte aux Lettres du n° 1457 du 27 avril 1901.
- M. H. de Beaulieu, à Paris. — 1° Pour boucher les fentes du parquet nous avons donné deux recettes dans le petit livre des Recettes et Procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et C!\ — 2° Vous pourriez essayer le Ripolin, 7, place de Valois, à Paris.
- M. R. Gaillard, à Urbillac. — 1° Jumelles longues-vues : M. Baille-Lemaire, 22, rue Oberkampf; M. Huet, 114, rue du Temple; M. Bardou, 59, rue Caulaincourt, à Paris. — 2° Phonographe Lioret, 18, rue Thibaud, à Paris.
- M. A. B., h Toulouse. — Il existe des lampes à incandescence colorées que l’on peut employer pour le développement des épreuves photographiques: adressez-vous à M. Larnaudc, fabricant de lampes, 34, rue Godot-de-Mauroi, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Kémal, h Constantinople. Nous ne saisissons pas ce que vous voulez dire ; * notre regret, nous ne pouvons vous répondre. — M. Dubois, à' Lille. Nous n’avons pas de renseignements sur ce sujet. — M. L. R-, à Nice; M. Pourrat, à Fontainebleau. Voyez les petits livres des Recettes et procédés utiles 3e et 5e sériés, à la librairie Masson» et Cie. — M. G. R., à Paris; M. Dumont, à Paris. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- il suffit de le
- Porte-plume et crayon de poche avec profège-pointe. — La figure ci-jointe représente dans le n° 1 un porte-plume se terminant par un raccord en ébo-nite à double vis. Ce raccord est muni d’un côté d’un corps pour supporter la plume. En vissant ce côté sur le porte-plume, on protège la plume. Dans le n° 2 est figuré un porte-plume-crayon ; à chaque extrémité se trouve un raccord en ébonite. Le crayon etla plume, placés aux deux côtés opposés, sont convenablement protégés. — Ces porte-plume et porte-crayon de poche se trouvent chez M. Kratz-Boussac, 44, rue Martel, à Paris.
- 1. Porte-plume. — 2. Porte-plume et crayon avec protège-pointe.
- Taille-crayon. — Ce taille-crayon est formé d’un cône métallique creux présentant une ouverture dans laquelle est placée une lame inclinée (n° 5). Cet appareil se fixe à l’extrémité d’un crayon (n° 2), et faire tourner doucement tout autour du
- Le taille-crayon.
- 1. Mode d’emploi. — 2. Crayon avec l’appareil.
- 3. L’appareil.
- crayon. Ce taille-crayon fonctionne parfaitement. — Le taille-crayon se trouve à l’adresse indiquée ci-dessus.
- Pied pour bicyclette. — Ce pied, qui présente plusieurs avantages sur les appareils analogues que nous connaissons, a
- été imaginé par M. Rosskopf, un constructeur d’origine suisse. Ainsi qu’on peut le voir immédiatement par les figures que nous donnons, il est fait pour se fixer au tube inférieur de devant du cadre de la bicyclette; quand il ne sert point il est relevé le long de ce tube, et s’abaisse au contraire de manière à prendre une position per-pendiculaire quand on veut l’utiliser et soulever le cycle de terre, de manière que ses jandages ne portent plus. Notons immédiatement qu’il comporte un mécanisme d’arrêt à clef, et qu’il a cet avantage, quand il sst développé et que la bicyclette y repose, d’immobiliser la
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nou-elles scientifiques est étrangère aux annonces.
- machine ou au moins d’empécher qu’un voleur puisse l’emporter en montant dessus et en pédalant à toute vitesse. Le tube principal de ce pied comporte intérieurement trois pieds qui peuvent coulisser à l’intérieur de lui en se rattachant à une bague qui se déplace du haut en bas du tube, et de la sorte on peut faire sortir les trois pieds qui s’ouvrent ensuite en formant trépied et en n’étant plus maintenus dans le tube que parleur tête montée sur la bague. Bien entendu tout a été étudié minutieusement pour donner à l’ensemble le maximum d’équilibre possible, et pour assurer une fixité complète des pieds dans le tube principal quand ils sont ouverts. L’invention nous semble fort ingénieuse, et elle est susceptible de rendre de réels services, notamment pour ce qui est du nettoyage de la machine. — S’adresser à la Maison Rosskopf et Cie, Steinmtzstrass, 69, Berlin AV.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Traitement du rhumatisme.
- Le baume tranquille et les vieilles formules de linimenls calmants ont fait leur temps; on n’en use plus que dans les coins reculés des campagnes où les nouveautés pharmaceutiques n’ont pas encore pénétré. Pour combattre les douleurs rhumatismales, pour enrayer la tuméfaction douloureuse des jointures, rien ne vaut les badigeonnages de gaïacol, les applications de salicylate de méthyle ou, encore mieux, comme je l’indiquais l’autre jour, de salicylate d’amyle, qui tf’a pas l’odeur pénétrante et un peu désagréable du salicylate de méthyle. De fait, on a raison. La douleur est très vite apaisée avec ces applications et les vertus des combinaisons salicylées contre le rhumatisme ne sont pas un vain mot.
- Il y a mieux et plus à la portée de tous. Au Caucase, la terre bénie des puits pétrolifères, en Roumanie et dans d’autres pays, on se sert du pétrole comme un remède populaire contre les douleurs rhumatismales. Souffrez-vous d’une arthrite, d’un rhumatisme musculaire, vite on vous frictionne, on vous masse la partie douloureuse avec du pétrole, on en imprègne des compresses qu’on applique plusieurs heures de suite et la guérison survient, tout au moins la douleur s’apaise. A l’époque où le pétrole était en faveur sous le nom d’huile de Gabian pour la guérison de la tuberculose, je me rappelle avoir vu un original se servir de sa potion en guise de Uniment contre des douleurs de genou et se féliciter du succès de son innovation. C’était un précurseur de M. Sarafidis qui a eu l’idée de mettre en pratique le remède populaire roumain. Le procédé est simple; on enduit de pétrole la région douloureuse, l’articulation malade, et on la masse secundum artem plus ou moins vigoureusement suivant la résistance du sujet. 11 n’v a qu’une précaution à prendre, ne pas approcher une bougie, une flamme quelconque, vous rôtiriez votre patient.
- Le massage au pétrole est sans inconvénients; s’il survient un peu d’irritation de la peau, on suspend deux ou trois jours le traitement. Il est rare qu’en quelques jours les crises de rhumatisme subaigu ne disparaissent complètement. Dr X.
- Liniments contre les douleurs.
- Voici deux formules de liniments et pommade pour friction, très efficaces, car elles sont à base de salicylate.
- L1NLMENT
- Salicylate de méthyle. . . .
- Alcool de romarin.............
- Huile de jusquiame............
- POMMADE
- Gaiacol......................
- Salicylate de méthyle. . . .
- Lanoline....................i
- Vaseline....................1
- . 15 grammes.
- . 50 —
- . 50 —
- . 2 grammes.
- . 10 —
- aa 15 —
- D' X.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES '
- Une plante contre la rage. — 11 paraît que les professeurs du Collège Médical de Chattanooga font actuellement des expériences fort sérieuses sur une plante qu’on nomme aux Etats-Unis « gall of the Earth », Fiel de la terre, et avec laquelle on pourrait se guérir des morsures de chiens enragés. Elle réussirait également contre les morsures de serpents, et le département d’Horticulture du Collège Clemson, à Charlestûn, l’expérimenterait de son côté.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Conservation des fruits. — On cherche volontiers les moyens de conserver les fruits: nous recueillons à ce sujet quelques renseignements. Les fruits enveloppés de papier de soie se maintiennent très bien jusqu’à parfaite maturité ; ces fruits conservent toute leur saveur native et une très belle apparence. Dans la paille de bois, produit composé de copeaux très minces et très longs de sapin ou de peuplier, les poires se conservent très bien, mais restent inférieures comme qualité à celles conservées dans le papier de soie. Dans la paille d’orge, le fruit ne prend ni tache ni saveur désagréable, mais il perd de sa fraîcheur et mûrit moins bien que lorsqu’on emploie les deux procédés précédents. Dans le regain de fourrage, les fruits pourrissent facilement, se tachent et prennent une forte odeur de foin.
- La sciure de bois donne de très mauvais résultats, car les fruits s’y piquent rapidement. Dans la menue paille de blé, les fruits se conservent assez bien, mais fléchissent assez vite et prennent assez souvent le goût de moisi. Dans les feuilles
- sèches, les fruits se comportent à peu près comme dans le cas précédent. Les fruits abandonnés sur la tablette d’un fruitier se comportent assez bien, mais se flétrissent très vite. Les fruits enfouis dans le sable restent parfaits et mûrissent moins vite ; c’est la meilleure méthode pour les conserver longtemps ; mais il est encore préférable, avant de les enfouir dans le sable, de les envelopper dans du papier de soie.
- Ciment pour dents cariées. — Il est bien évident que, quand on souffre des dents, rien ne vaut les secours d’un dentiste ; mais il est parfois impossible d’y avoir recours, et on peut désirer trouver sous sa main un ciment qui permette, au moins temporairement, de boucher le trou d’une dent cariée, en y introduisant une substance quelque peu antiseptisante et calmante. Dans ce but, la publication Odontologie recommande un ciment composé d’oxyde de zinc, dont on aura fait une pâte suffisamment consistante en y ajoutant uue quantité convenable d’eugénol.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49*,30). — Bureau central météorologique de France
- VENT PLUIE EN MILLIMÈTRES
- observations 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9. ÉTAT DD CIEL OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- 4 Lundi 29 avril . . . 6”,8 E. S. E. 2. Couvert. 2,7 Presque couv.; pluie le tiers du temps.
- Mardi 30 5",3 E. N. E. 0. Couvert. 10,0 Presque couv. jusqu’à 21 h. ; beau ensuite, pluie jusqu’à 4 h. Beau jusqu'à 7 h. ; nuag. ensuite ; brouill. jusqu’à 6 h. ;
- Mercredi 1" mai. . 8“,0 S. E. 1. Beau. 0,0
- gelée bl. ; halo.
- Jeudi 2 10*,5 N. E. 2. Peu nuageux. 0,0 Nuag.; lialo; un coup de tonnerre à 17 li. 54 avec"
- Vendredi 3 10”,8 N. 3. Quelques nuages. Beau. 0,0 0,0 quelques gouttes. Nuag. de 8 à 21 h., beau le reste du temps; brumeux. Nuag. de 14 à 21 h. ; beau avant et après; brumeux.
- Samedi 4 10”,0 N. 3.
- Dimanche 5 8”, 8 N. 2. Quelques nuages. 0,0 Peu nuag. le matin ; presque couvert le soir ; quelques
- averses à partir de 17 h. 40; halo.
- AVRIL-MAI 1901. — SEMAINE DD LUNDI 29 AVRIL AD DIMANCHE 5 MAI.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent.-Le» courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- I,e temps. — Le temps semble revenir au beau ; lesoleil fait de courtes apparitions, puis la température se -refroidit. Le lundi matin, 29 avril, le thermomètre marquait -4- 4° à Hernœsand, 5° à Paris, 17° à Alger et à Malte. On notait — 2° au puy de Dôme et au mont Yentoux, — 7° au pic du Midi. Temps frais à Paris, pluie intermittente ; à midi violent orage de grêle. La température moyenne, 7°,7, a été inférieure de 4° à la normale (11°,7). La température maxima était de -+-12®,6, et la température minima de 3°,1.
- Le 30 avril, des pluies ont été signalées sur le centre et l’ouest du continent; en France, on a recueilli 20 mm d’eau à Nantes, 11 à Besançon, 5 à Paris, 5 à Bordeaux. La température s’est abaissée sur les Iles-Britanniques. Le thermomètre marquait dans la matinée — 6° à Arkhangel, -+- 8° à Paris, 17° à Malte et à Brindisi. On notait zéro au puy de Dôme, — 1° au mont
- Aigoual, —4° au pic du Midi. En France, il y a eu un léger réchauffement, mais de nombreuses ondées orageuses sont survenues dans l'ouest.
- A Paris, l’après-midi et la matinée, le temps a été nuageux.
- La température moyenne, 7°,8, a été inferieure de 4°,1 à la normale
- (11®,9).
- Le 1" mai, des pluies sont tombées sur le centre et l’ouest de l’Europe; en France, on a recueilli 33 mm d’eau au pic du Midi, 13 à Marseille, 7 à Limoges, 4 à Lorient,
- La température s’est relevée sur nos régions. Le thermomètre marquait -+- 4° à Euopio, 11“ à Paris, 18° à Alger, 21° à Patras.
- Le 2 mai, le temps a été beau et nuageux à Paris et même orageux. En effet, vers 6 heures, quelques gouttes de pluie sont tombées avec coups de tonnerre. Mais un véritable orage a éclaté dans certaines régions, notamment aux Batignolles. La foudre est tombée au boulevard de Clichy, dans une chambre renfermant plusieurs personnes qu’elle a renversées, mais qui n’ont pas été d’ailleurs autrement blessées.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 3, à 6 b. 28 du soir.
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- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUF, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMIONS
- —®— La chaire de chimie industrielle de la Faculté des Sciences <lc Bordeaux vient d’être supprimée. On la remplace par une chaire de chimie minérale. Tant pis ! Il y a partout en France des cours de chimie minérale. On néglige beaucoup trop la chimie iudustrielle. On en sait quelque chose en Allemagne!
- —®— • Le recensement anglais a eu lieu plusieurs jours après le recensement français. Il était plus complexe, car il demandait plus dè renseignements. Cependant les chiffres généraux du recensement anglais sont eonnus, ceux de Londres en particulier. Pour la première fois en Angleterre, Salford, Leicester et Newcastle dépassent 200 000 habitants et viennent se joindre aux grandes cités industrielles : Hull, West Ham, Bradford, Bristol, Sheffieid, Leeds, Birmingham et Liverpool. Pour la première fois aussi Birkenhead, Derby, Gateshead, Halifax, Plymouth et Southampton viennent de dépasser 100 000 habitants. Les seules villes provinciales qui aient diminué sont Batli, Chester et Huddersfield, vieilles cités qui se recroquevillent. Londres continue d’augmenter. Sa population était, en 1881, de 5815 544. Elle est, en 1901, de 4550054. Ce chiffre ne représente que la population de cette certaine superficie administrative dénommée Londres, parce qu’il faut bien qu'une ville s’arrête quelque part. Walthamstow et Leyton, par exemple, qui ne sont, en somme, que de grands faubourgs, ne s’y trouvent pas compris. Londres, donc, augmente. Mais le taux de l’augmentation y diminue; il était exactement de 10,4 pour 100 entre 1881 et 1891 ; il n’est plus aujourd’hui que de 5,5 pour 100. Les villes colosses atteindraient-elles leur maximum? Le centre de Londres est en train de devenir un rendez-vous, une foire, un marché. Mais on n'y habite plus. La Cité qui comptait encore 50000 habitants en 1881, n’en avait plus que 57 000 en 1891, 51 000 en 1896, 26000 en 1901.
- —®— On a inauguré tout récemment à Londres le nouveau Patent Office, ou Bureau des Brevets, du Boyaume-Uni. C’est un spacieux édifice, dont la construction n’a pas coûté moins de 5 millions, et où s’agite une petite armée de trois cents fonctionnaires de tous grades. Le pays du monde où l’on compte le plus grand nombre d’inventeurs est, bien entendu, celui de l’oncle Sam. Alors
- Îu’en Angleterre on a délivré 25 901 brevets en 1900, aux Etats-’nis, pour la même période, le chiffre s’est élevé à 59 675. Aussi ne sera-t-on pas surpris de savoir que le Patent Office de Washington, édifié en 1896 au prix de 15 millions de francs, occupe la superficie de deux grands squares sur une hauteur de dix-sept étages, et compte six cent soixante-dix employés. Le prix d’un brevet aux Etats-Unis étant de 55 dollars, on voit qu’en 1900 le Patent Office a encaissé tout près de 7 millions de francs.
- —®— Le Transsibérien a été inauguré dans les premiers jours de mai. On peut désormais, à la rigueur, faire le tour du globe non plus en 80 jours, mais bien en 55 jours. Exemple : De Paris à Pétersbourg, 2 jours; de Pétersbourg à Vladivostok, 10 jours; de Vladivostok à San Francisco, 10 jours; de San Francisco à New-York, 4 jours 1/2; de New-York au Havre, 6 jours ; du Havre à Paris, 8 heures. C’est un voyage de vacances !
- —(§)— On annonce la mort, à Montpellier, à l’âge de 92 ans, de M. Henri Marès, correspondant de l’Institut depuis 1866, pour la section d’économie rurale, secrétaire perpétuel depuis 1846 de la Société centrale d’agriculture de l’Hérault.
- —<8>— Nous apprenons la mort de M. A. Collet, capitaine de frégate en retraite, répétiteur à l’Ecole polytechnique, qui collabora à plusieurs reprises à La Nature. M. Collet publia divers ouvrages bien connus des marins, notamment le « Traité de la régularisation et de la compensation des compas » ; la « Navigation astronomique simplifiée », etc. M. Collet est mort à 58 ans, au cours d’un voyage
- en Italie à Posidano, entre Naples et Sorrente. Très apprécié, très répandu, le commandant Collet ne laissera derrière lui que des regrets. . .
- —(§)— M. Holland, l'inventeur du bateau sous-marin américain qui porte son nom, dans une conférence à New-York, a annoncé qu’il avait imaginé un steamer sous-marin pouvant faire la traversée de Calais à Douvres ou de Boulogne viâ Folkestone. Les passagers prendraient place dans de grands salons luxueusement éclairés à la lumière électrique ou dans des cabines particulières. Le steamer quitterait doucement, sans la moindre secousse, la jetée de Calais, et cinquante minutes plus tard, sans s’en douter, les passagers se trouveraient amarrés à la jetée de Douvres. All righ!
- —®— La neige est tombée à Saint-Pétersbourg le 7 mai avec une telle abondance que la ville a repris son aspect hivernal. On a dû contremander une grande revue militaire impériale.
- —S)— Un orage de grêle s’est aussi abattu le 7 mai sur la commune d’Alissas près de Privas. Les vignes sont détruites, ainsi que les mûriers. Un grand nombre de sériciculteurs ont été obligés de jeter leurs vers à soie par suite de la destruction des feuilles de mûriers. La grêle est tombée également à plusieurs reprises à Paris et dans les environs, sans causer trop de dégâts.
- —®— Le 11 mai dans l’après-midi, un tremblement de terre violent a été ressenti à Nieolosi près de Catane; plusieurs maisons ont été endommagées; il n’y a eu aucune victime.
- —®— On nous écrit de Montmédy que la foudre est tombée le 11 mai sur 1 église de Mont-Devant-Sassey, canton de Dun. Le clocher a été brûlé, mais la nef préservée. C’est une église romane avec crypte, une des rares de la région comprise parmi les monuments historiques.
- —®— Un gros ours blanc du Jardin des Plantes est mort le 8 mai, après une maladie d’une dizaine de jours. Il était âgé de 14ans et netait au Muséum que depuis 10 ans. Il était phtisique et dès lors condamné à disparaître bientôt.
- —(®— On annonce que la Compagnie Auer a acheté pour un million les ampoules à incandescence électrique à osmium de M. Auer.
- —®— La Bièvre va bientôt disparaître aux yeux des Parisiens. Ses eaux seront prochainement recouvertes d’un plafond de brique et de ciment. Cette rivière a un passé lointain, poétique et charmant; mais depuis longtemps déjà elle roulait quantité d’immondices, et dégageait des senteurs nauséabondes. Dès 1671, on trouve dans une ordonnance du grand-maître des eaux et forêts, un écho des doléances des habitants. Dans un rapport récent sur l’histoire de la rivière delà Bièvre, M. Masson, inspecteur de l’assainissement, cite bien d’autres décisions qui toutes avaient pour but de conjurer les dangers que présentait pour les quartiers des Gobelins et du Jardin-ues-Plantes le voisinage d’eaux déjà corrompues. C’est, en 1789, un rapport de l’Académie de médecine tendant à « préserver les riverains*de plusieurs maladies qui offraient des symptômes graves et alarmants ». C’est encore, en 1821, le conseil de salubrité, et, en 1822, le préfet de la Seine qui s'émeuvent d’une épidémie et demandent qu’on empêche l’empoisonnement des quartiers traversés par la Bièvre. Enfin, un jour on décida de couvrir la Bièvre, dans la traversée de Paris. Mais certains industriels riverains opposèrent une résistance énergique à la disparition d’une rivière dont vit leur industrie, et il fallut maintenir, pour eux, à découvert, quelques biefs qui continuèrent d’empoisonner la région. Il a fallu 1 energie persévérante du service de l’assainissement et d un conseiller du quartier, M. Desplas, pour vaincre enfin ces résistances et obtenir que la Bièvre serait couverte entièrement dans toute la traversée de Paris.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Errata. — Dans l’article « Les insectes, résistance à la mort par décapitation ousubmersion » (n° 1458, du 4mai 1901), iig. 2, p. 361, à la légende, il faut lire : 3. Piéride daplidice. — 5. Pyrrhocore aptère. — 6. Coléoptères ; Taupin gris de souris. — 7. Lucane cerf-volant.
- zon à 185km,606 et ne verra pas Nice, par conséquent, qui est à 201km,672. D’autre part, la tangente au globe terrestre partant de Nice aurait 201km,765m de longueur et rencontrerait le prolongement du rayon terrestre à 3196 mètres au-dessus du niveau de la mer, donc le rayon visuel qui suivrait cette tangente passerait à 480 mètres au-dessus du sommet du Monte Cinto et par suite ne pourrait voir cette montagne.... Dès lors, je n’ai pu m’appuyer sur mon raisonnement pour prouver aux incrédules qu’ils avaient raison. Tout ceci calculé rigoureusement, en prenant, d’après le bureau des longitudes, pour l’arc de 1° sur le méridien 11 lkn,,082 et pour l’arc de 1° sur les parallèles 82km,126m,50. Mais je me suis basé sur des longueurs données que je n’ai pas mesurées à la chaîne d’arpenteur ni trigonométriquement (rayon de la terre!) et il se peut que le résultat soit très faux, d’autant plus que j’affirme toujours que l’on voit la Corse. Est-ce un elfet de mirage? C’est un problème que-je voudrais bien voir résolu par un de vos lecteurs parmi lesquels se trouvent des gens beaucoup plus autorisés que moi et qui peuvent déjà s’être occupés de cette question. »
- M. le Directeu: du Jardin Botanique de Missouri nous adresse trois notices ayant pour titres : « An undescribed agave from Arizona », by J. VV. Toumey; « Apacific-slope palmetto », by William Trelease; « A cristate pellaea », by William Tre-lease.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour le coussinet à serrage automatique, s’adresser à M. Chenu, 71, rue Saint-Jacques, à Etampes (Seine-et-Oise).
- Communications. — M. P. R., h Paris, à propos de notre article sur les insectes, résistance à la mort par décapitation ou submersion (n° 1458 du 4 mai 1901, p. 559), nous écrit : « M. V. Brandicourt a parlé de la résistance à la mort des insectes après décapitation ou submersion. Qu’on me permette de citer une observation personnelle sur d’autres Arthropodes, ayant fait preuve d’une vitalité extraordinaire. Il s’agit d’un Scorpion, le Buthus Europœus, assez abondant sur le littoral méditerranéen de la France. Un de ces scorpions, capturé près de Banyuls-sur-Mer, vécut cinq mois dans un flacon de verre, sans aucune espèce de nourriture. Au bout de ces cinq mois, sa vitalité ne semblait pas avoir diminué. Après ce long jeune, je remplis d’alcool à 90° le flacon qui servait de prison à ce scorpion. Comme de juste, l’animal se débattit désespérément, lançant de furieux coups de dard au travers de la masse du liquide. Je pensais, qu’ainsi immergé dans l’alcool, il allait mourir à bref délai. Qu’on juge de ma surprise lorsqu’il fallut attendre deux jours et demi la fin des derniers mouvements. »
- M. Caziot, chef d’escadron d’artillerie en retraite à Nice, nous écrit la lettre suivante : « Voici le sujet que je désirerais voir présenter à vos nombreux lecteurs : J’habite Nice et, au lever du soleil, pendant le mois de décembre, je voyais nettement se dessiner le profil de l’île de Corse, toujours le même. Voici, sensiblement la silhouette. Le mont isolé à droite ayant un côté presque vertical, je me plaçais au pied est du château, à la pointe avancée du Rouba Cafeou, et la partie terminale du cap Corse m’était cachée par la pointe terminale de la presqu’île de Villefranche-sur-Mer où est établi le phare. La direction est donc ainsi nettement déterminée, et par conséquent toute l’île de Corse n’était pas visible de ce point. Faisant part de mes impressions à certaines personnes, celles-ci ont été incrédules, m’assurant que l’on ne pouvait pas voir l’île en question du point où je m’étais placé et qu’il fallait être sur un point plus élevé pour l’apercevoir. Pour les convaincre, j’ai fait le calcul suivant : La plus haute montagne de la Corse est le mont Cinto dont l’altitude est de 2707 mètres. C’est en même temps la plus rapprochée du continent. C’est sur cette montagne que j’ai, dès lors, basé mes calculs. Nice a 45° 42' de latitude, Monte Cinto 49° 22'. La distance entre les parallèles passant par ces deux lieux est fournie par un arc de 1°20', correspondant à un développement de 148km,ll0. En raison de la grandeur du rayon
- R= ' ifa xl°20- =^44-.
- et, du peu d’ouverture de l’arc, on peut considérer que l’arc et la corde ont même longueur; mais Nice est à 4° 57' de longitude et Monte Cinto à 6° 57', soit un écart de 1° 40' se chiffrant par une longueur de 136km,876. La distance à vol d’oiseau de Nice à Monte Cinto est donc l’hypothénuse d’un triangle et a pour valeur 201km,672m. Partant de là, si je suppose un observateur placé au sommet du Monte Cinto et regardant dans la direction de Nice, son rayon visuel rencontrera l’hori-
- Renseignements. — M. EuriqueParellad, à Barcelone. — Nous ne connaissons pas le constructeur de ce paratonnerre; mais vous trouverez des paratonnerres semblables à la maison Mildé, 60, rue Desrenaudes, à la maison Boivin, 16, rue de l’Abbave, à la maison Borrel, 47, rue des Petits-Champs, à Paris.
- M. F. A., à Ville-Savary. — 1° La poudre de pyrèthre de bonne qualité convient très bien. — 2° Vous pourriez vous adresser aux fabricants suivants : M. Bidon, 237, rue Saint-Martin; M. G. Dagand, 21, rue du Château-d’Eau; N. Dubuisson fils, 24, avenue de Laumière, à Paris. ^
- M. G. Lebland, à Melay. — MM. Radiguet et Massiot, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, à Paris, sont les successeurs de M. Molteni.
- M. E.Durand, à Pontoise. — Nous ne pouvons vous indiquer de recette bien pratique. Tous nos regrets.
- M. A. Sauve, à Rome. — Il n’a paru aucun ouvrage spécial sur ce sujet; mais vous pouvez vous adresser à la maison Radiguet, indiquée ci-dessus, à la maison Relier, 18, Cité Tré-vise, et à M. Chabaud, 58, rue Monsieur-le-Prince, à Paris.
- M. E. B., à St-P. — Votre procédé nous semble très pratique; car il n’v a pas de moyen pour maintenir la résine à l’état liquide à froid.
- M. Em. D., à St-Maurice. — U n’y a pas de recette facile et bien pratique pour renoircir le cuir.
- MM. de Vilry, à Pexonne. — 1° Il n’existe que le grand dictionnaire de Géographie de M. Vivien de St-Martin, à la librairie Hachette. — 2° II n’y a pas de répertoire par localités des côtes d’altitude en France. — 5° Les tableaux coloriée des espèces les plus communes de champignons comestibles et vénéneux se trouvent à la librairie Masson et Cie.
- M. M V. B., à Constantinople. *— Nous ne connaissons pas d’ouvrages de ce genre.
- M. P. E. F., à Rouen. — Nous ne pensons pas qu’il vous soit possible de vous procurer des dessins et renseignements plus complets que ceux que nous avons donnés ; vous pourriez vous adresser à la Revue d’infanterie, 10, rue Danton, à Paris.
- M. C. I)., au Bohn. — Nous avons donné les renseignements demandés sur la penaise des bois ou pentatone grise dans notre « Boîte aux Lettres ». du n° 1458 au 4 mai 1901.,
- M. G. R., à Créteil. — Avant-trains moteurs pour voitures : M. Petrot, 42, avenue "Philippe-Auguste, MM. Petit-Jean et Sevette, 196, rue St-Maur, à Paris.
- M. J. S. D., à Agen. — Nous rje pensons pas que des renseignements aient été publiés sur ces procédés.
- M. le Dr Caries, à Bordeaux. — Remerciements pour votre communication.
- M. R. de Bottini, à Paris. — Cette adresse a été donnée en tète de la Boîte aux Lettres.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Dumont, à Brest. Nous ne saurions traiter ces questions dans le Journal. — M. Berant, à Nancy. Il serait préférable de vous adresser à la Société de physiqué, 44, rue de Rennes, à Paris. — M. Legros, à Rennes; M. Reymond, à Paris. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 5e série, à la librairie Masson et Cie. — M. Aymar, à Bordeaux. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES MENTIONS*
- Buvard A rouleau. •— Ce nouveau buvard se distingue par la facilité qu’il offre pour remplacer le papier buvard et remplacer le rouleau. On appuie sur un ressort; le couvercle se soulève et l’on fait avancer le papier buvard au fur et 5
- Buvard à rouleau, i. Fermé. — 2. Ouvert.
- mesure des besoins. Lorsque le rouleau est usé, on tourne à droite et à gauche les ressorts qui le retiennent et on le remplace par un rouleau neuf. — Le buvard à rouleau se trouve chez Si. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- Chanffe-lalt. — On éprouve toujours de grandes difficultés pour réchauffer et maintenir à une température constante les fioles de lait stérilisé destinées aux enfants. Le chauffe-lait dont nous voulons parler sera très utile à cet égard. Il se compose d’un cylindre en fer-blanc À, à l’intérieur
- Cliauffe-lait,
- duquel se trouve un feutre sur les parois. On place le biberon au centre comme l’indique notre figure. Le tout est posé sur un petit réchaud B, où se trouve une veilleuse à huile ordinaire C. En quelques minutes, le lait est chaud. Cet appareil peut également être utilisé comme chauffe-tisane. Le chauffe-lait se trouve chez MM. Renaut et Cie, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- dont le parfum se répand de tous côtés. L’épingiè que représente notre dessin facilitera la mise en place de ce bouquet. II s’agit d’une épingle ordinaire de nourrice, dans laquelle a été ména-
- ' Épingle-agrafe bouquet.
- gée une boucle pour recevoir le bouquet. L’agrafe reste dissimulée et maintient bien le bouquet. Cette épingle peut encore être utilisée pour orner une table, en fixant sur la nappe ou à la serviette un bouquet pour chaque convive, pour orner de etits .bouquets les draperies des cadres des portraits, etc. 'épingle agrafe-bouquet se trouve chez MM. Kirby, BeardetC0, 9, rue Aubert, à Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Côtes et ports français. Le travail de l'homme et l’œuvre du temps, par Charles Lenthéric, Inspecteur général des ponts et chaussées. 1. vol. petit in-8. Paris, Librairie Plon. 1901*
- Bureau municipal d’hygiène de*Nice, Étude sur la mortalité de la première enfance dans la population urbaine de la France de 1892 à 1897, par le Dr A. Balestrtî, professeur agrégé, Directeur du Bureau d’hygièneet A. Gilletta de Saint-Joseph. .1 vol. in-8. Paris, Octave Doin, éditeur, 1901.
- Calendrier Grégorien et Réforme Grégorienne. Détermination de la date de la pleine lune Pascale et par suite de la fête de Pâques, par II. Meilheurat, officier de l’Instruction publique, licencié ès sciences mathématiques, Inspecteur de l’Enseignement primaire en retraite. Gauthier-Yillars, éditeurs.
- Nouveau Canif. — Ce canif se recommande par les qualités suivantes il est tout en métal, très plat, donc pas volumineux ; il possède deux lames à ressort ; ses deux lames sont tenues ferméespar une bague C qui glisse tou t le long du canif. Lorsque l’on fait glisser cette bague à gauche, la lame de
- droite se trouvant libre, est poussée par le ressort et s’ouvre d’elle-même. 11 en est de même pour l’autre lame dans le sens opposé. On n’a donc plus l’inconvénient de se casser les ongles pour ouvrir son canif. Ce canif est soigné; les lames sont en acier de première qualité. — Le nouveau canif se trouve chez M. Mathieu, 151, Galerie de Valois, Palais-Royal, Paris.
- Épingle agrafe-bouquet. — Il est agréable, dans la saison des fleurs, pour les dames surtout, de porter au corsage un petit bouquet de fleurs dont les couleurs charment Ja vue, et
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- La Nouvelle-Calédonie, par Jules Garnier. Nouvelle édition; 1 vol. in-18, Plon-Nourrit et Cic, imprimeurs-éditeurs, Paris. Prix: 4 francs.
- L’analyse des terres et son utilisation agricole, par M. IL La-gatu et M. L. Sicard. 1 vol. in-8°. Masson et Cie. Paris. 1901:
- Le coopératisme, par A.-D. Bancel. 1 vol. in-16. Schleicher frères, éditeurs. Paris. Prix : ltr,50.
- Assimilation chlorophytienne et la structure des Plantes, par Ed. Griffon, ingénieur agronome. 1 vol. in-8. Série biologique Scientia. G. Carré et Naud, éditeurs. Prix : 2 fr.
- L’évolution du pigment, par le Dr G. Bohn, agrégé des Sciences naturelles. 1 vol. in-8. Série biologique Scientia. G. Carré et Naud, éditeurs. Prix : 2 fr.
- Répertoire bibliographique de la Librairie française, rédigé par I). Jordell. Librairie Nilsson, Per Lamm, successeur, rue de Lille, 7, Paris.
- Comment on défend sa gorge. La lutte contre les angines, ar le Dr Faivre. 1 brochure in-8. L’Edition médicale, _9, rue de Seine, Paris. Prix : 1 fr.
- Microbes et distillerie, par Lucien Lévy. I vol. in-8°, G. Carré et C. Naud, éditeurs. Paris. 1900. Prix : 10 fr.
- Le Portrait et les groupes, par L.-P. Clerc. 1 brochure in-8°i II. Desforges, éditeur. Paris. Prix : I fr. 25.
- Le théorème de Mascheroni ou la règle remplacée par le compas, par E. Dubois. Chez l’auteur, 18, place de l’ilotel-de-Yille, à Vannes. Prix : 0fr,25. . ......
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- La photographie devant les tribunaux, par E. N. Santini. 1 brochure in-16. Paris. Ch. Mendel, éditeur. Prix : 2 francs.
- La cure pratique de la tuberculose, par le Dr P. Pujade, à Amélie-les-Bains. 1 vol. in-8°. G. Carré et Naud, éditeurs. Paris, 1901.
- Pêcheur. Traité général de toutes les pêches d'eau douce et de mer, par G. Paulin. Nouvelle édition. 1 vol. in-16, de l’Encyclopédie Roret. L. Mulo, éditeur. Prix : 3fr,50.
- Impression artistique des épreuves positives, par G.-II. Nie-wenglowski. 1 brochure in-8°. H. Desforges, éditeur. Paris. Prix : 1 fr. 50.
- Les coquillages de mer, par Paul Sédillot. 1 vol. in-16. Paris. J. Maisonneuve, éditeur. 1900.
- Merveilles de la Nature, par A. E. Brehm. La vie des plantes. par Paul Constantin et E. d’Hubert. Fascicule 1. 1 brochure in-8°. Paris. Librairie J. B. Baillière et fils.
- Les insectes comestibles dans l'antiquité et de nos jours, par E. Daguin. 1 brochure in-8°. Extrait du journal Le Naturaliste. Paris. Les fils d’Emile Deyrolle, éditeurs, 1900.
- Iowa geological survey. Volume X. Annual report 1899, with accotnpanying papers. Desmoines. Published for Iowa geological survey, 1900. 1 vol. in-4°. 1900.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9. ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 6 mai . . . 11°,1 N. W-13. Presque couvert. Quelques éclaircies ; quelques coups de tonnerre vers. 18 h. au S.-W. ; pluie à 1 h. et de 21 à 22 h.
- Mardi 7 8°,1 S. W. 3. Couvert. .1,9 Très uuag. ; pluie le matin; tonnerre au N.-W. à 29 h. suivi de pluie.
- Mercredi 8 7*,3 S. S. W. 3. Presque couvert. 3,6 Très nuag.;fort orage zénithal de midi 1/2 à 5 h. 3/4, avec pluie et un peu de grêle.
- Jeudi 9 8%0 S. W. 5. Nuageux. 7,4 Très nuag. ; quelques coups de tonnerre de midi 50 à 13 h. 40; pluie le matin et le soir.
- Vendredi 10 ... . 9-,2 S. 2. Très nuageux 0,6 Très nuag. ; quelques coups de tonnerre à 8 h. 33 au N.-N.-E.
- Samedi 11 9*,4 N. 1. Quelques nuages. 0,0 Nuag. de 5 à 18 h.; beau le reste du temps.
- Dimanche 12 ... . 9°,4 N. 2. Beau. 0,0 Quelques nuages ; couvert à 24 h.
- MAI 1901. — SEMAINE DU LUNDI 6 AU DIMANCHE 12 MAI.
- Lundi 1 Mardi | Mercredi I Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche |
- La courbe supérieure indique la nébulosité «le 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, tes pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri a boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Résumé des observations météorologiques faites au Parc Saint-Maur en avril 1901
- par M. E. Renou.
- Moyenne barométrique à midi 735“",60. Minimum 745“,57 le 11 à 4 heures du soir. Maximum 767““,45 le 18 à 8 heures du matin.
- Moyennes thermométriques : des minima 0°,26; des maxima 16°,21 ; du mois 11°,23 ; vraie des 24 heures 10°,65. Minimum — 0°,5 le 18 à 5 h. 1/4 du matin. Maximum 24°,7 le 21 à 2 h. 1/2 du soir. Moyenne des minima sur le sol 2°,17 Minimum sur le sol — 4°,5 le 18. Il y a eu un seul jour de gelée, le 18, et 7 jours de gelée blanche.
- Tension moyenne de la vapeur 6“,15 ; la moindre 2““,S le 21 à 5 heures du soir; la plus grande.11“,8 le 6 à 10 h. du soir.
- Humidité relative moyenne : 66 ; la moindre 12 le 21 à 5 heures du soir ; la plus grande 100 en 4 jours.
- Nébulosité moyenne 55. 5 jours beaux du 19 au 21 dont un sans trace de nuage le 20, 2 jours de brouillard léger les 2 et 6.
- Pluie 56“,2 en 71 heures 1/2, réparties en 18 jours. Un seul jour de pluie notable le 5,10“,0 en 14 heures. Il y a eu de plus 2 jours de gouttes et 1 jour de grêle.
- Vents dominants du S.-W,
- Orage : le 16, 3 coups de tonnerre entre 11 h. 50 et midi 10, avec pluie et grêle.
- Température moyenne delà Marne : le matin 11°,00; l’après-midi 11°,50; du mois 11°,25. Elle a varié de 6°,25 le 1*' à 15°,92 le 26. Sa hauteur a varié de 3“,06 le 4 à 4”,47 le 14. Trouble tout le mois, surtout du 3 au 15.
- Relativement aux moyennes normales, le mois d’avril 1901 présente les résultats suivants : Baromètre plus bas de 0““,28. Thermomètre plus haut de 0°,88. Tension de la vapeur plus grande de 0“,02. Humidité relative plus faible de 3. Nébulosité égale. Pluie plus lorte de 13",8.
- Floraison : le 3, narcisse jaune ; le 7, abricotier, pêcher en plein vent, coucou; le 12, glechoma; le 13, groseillers à maquereau et à grappes, cerisier, prunier: le 15, heris sempervirens; le 16, lunaire, mahonia ; le 19, tulipe; le 22, alysse des rochers; le 23, alliaire, kerria, dielytra spectabilis, le 24, cerisier de Sainte-Lucie ; le 29, marronnier d’Inde.
- Oiseaux : le 7, hirondelles ; le 12, rossignol ; le 18 ou 20, hannetons’ peu nombreux ; le 22, martinets ; le 24, loriot.
- La première quinzaine du mois a été sombre, humide, avec peu de pluie mais assez chaude ; le milieu, froid, avec une seule petite gelée ; la deuxième moitié chaude et claire: les derniers jours du mois froids et humides. »
- Erratum au mois de mars : Nébulosité moyenne, 72. 11 y a eu 6 jours complètement couverts; aucun jour clair.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 11 à 2 h. 47 m. du soir.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- AVIS UE L’ADiHIMIgTUATlO.V. — L’échéance du 31 mai étant la plus chargée de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés dont l’abonnement se termine avec le numéro du 2a mai (n” 1161) de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montaat de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans ies départements, présentée dès les premiers jours de juin aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas avant le 5 juin renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables -décennales (2 volumes, 1873 à 1882 — 1883 à 1892), au prix de 12 francs au lieu de 20 Iranes.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction et à la « Boîte aux lettres » doivent être adressées à la Direction de « L4 NATURE », 120, Boulevard Saint-Germain, à Paris.
- INFORMATIONS
- —®— D’après les premières dépêches reçues en Europe, l’observation de l’éclipse totale de soleil du 18 mai aurait été favorisée dans quelques régions, dans l’Afrique centrale, dans l’Inde, l’Indo-Chine, les îles de. la Sonde, la Polynésie, etc. On sait que des.missions ont été envoyées dans quelques contrées pour étudier le phénomène. Les Anglais se sont installés à Maurice et à Padang; les Hollandais dans les Indes Néerlandaises. Les astronomes des Etats-Unis, e’est-à-dire la mission de l’Observatoire de Lick, a été entreprise aux frais d’un riche Mécène américain, M. N. H. Crocker, de San Francisco. Nous avons déjà dit que M. de la Baume-Pluvinel s’était rendu à Sumatra pour rechercher si la Couronne participe au mouvement de rotation du Soleil.
- —(§)— Un ballon monté par le comte de Zeppelin, et le professeur Hergesell, président de la commission internationale pour l’aé-roslation scientilique de Strasbourg, est venu atterrir, le 14 mai, à deux heures, dans la prairie de Ponguet, section de Saint-Nabord. Des cultivateurs, occupés aux travaux des champs, ont aidé les aéronautes pour leur descente qui s’est etfectuée sans accident. Parti de Strasbourg à dix heures et demie, le matin, par un beau temps, le ballon est monté au-dessus d’une épaisse couche de nuages fct a atteint 4000 mètres de hauteur et sept degrés. Les aéronautes ont repris le train d’Alsace avec leur ballon.
- —®>— Au Musée Guimet a eu lieu, jeudi dernier, l’inauguration de l’exposition comprenant les collections rapportées de sa dernière mission dans la Russie centrale et dans le Caucase, par M. le baron de Baye. C’est la sixième exposition de ce genre dont nous sommes redevables à l’éminent explorateur. Comme les précédentes, elle a traita l’archéologie, à l’ethnographie et au folklore des régions qu’il a traversées, et comme les précédentes aussi, elle sera tempo-. raire. Les objets, les souvenirs, qui la composent, seront répartis entre nos différents musées : Muséum d’histoire naturelle, Musée d’ethnographie, Bibliothèque nationale,. Louvre, Musée des antiquités nationales (Saint-Germain), Musée Galbera, etc.
- —®)— Il devient maintenant à la mode à l’étranger de constater au moyen des rayons X l’état de la poitrine et du cœur des coureurs cyclistes avant et après la course. Ces expériences sont fort intéressantes au point de vue scientifique et, de plus, elles permettent aux coureurs de se rendre compte des prédispositions qu’ils pourraient avoir à telle ou telle affection et de prendre des précautions en conséquence.
- —®— II existe un nouveau timbre-poste français, dit timbre des chemins de fer. Destiné à l’acquittement des bons de transiiort, il n’est encore en usage que sur le réseau de l’Etat ; mais l’essai qui en est fait actuellement a déjà donné en quelques ours de si bons résultats que toutes les Compagnies françaises vont ancer à leur tour — sous d’autres modèles — des timbres analogues. Ce timbre, gravé par Paulin Tasset, porte une image de la locomotive du type 125 de l’Etat. Cette vignette est encadrée par deux médaillons latéraux au chiffre de la valeur, par la légende « Réseau <le l’Etat » placée en bandeau et par l’énoncé littéral de la valeur
- soulignant le tout. U Y a six valeurs : 5 centimes, timbre noir ; 10, vert; 20, carmin; 50, bleu; 1 fr., bistre, et 2fr., laque brune.
- —®— Le « timbre du soldat » est tiré depuis quelques jours à plusieurs millions d’exemplaires. Ces timbres, qui ne sont autres que nos timbres ordinaires surchargés seulement des initiales F M (Franchise militaire), ne seront valables que pour la France, l’Algérie, la Tunisie et les colonies françaises.
- —®— Tous les ans, au printemps, a lieu, par les soins de l’Association des Dames Françaises, la répétition générale des exercices des brancardiers des lycées. Trois leçons ont été faites dans les lycées sur le premier secours à donner en cas de blessures, et sur le relèvement et le transport des maladès et des blessés; ces leçons sont faites par de jeunes médecins de l’Association des Dames Françaises; mais, si bien faites qu’elles soient, elles ne peuvent frapper l’imagination des jeunes auditeurs autant que la répétition générale dans la cour de l’hôpital des Dames Françaises. Là, un groupe de brancardiers de l’armée, commandé par un officier d’administration et muni du matériel régimentaire, passe devant le front des élèves des lycées, .en exécutant les différents procédés de transport des blessés à bras d’homme, avec le brancard, les litières, les caeolets, les voitures, puis on franchit un mur, un fossé, on monte un escalier; chaque groupe de lycéens reproduit l’exercice qui vient d’être fait devant lui. Tous y mettent de l’entrain, quelquefois une pointe de gaieté, mais tous aussi conservent le souvenir de cet enseignement très différent de celui qui leur est donné d’ordinaire. Malgré le temps menaçant, cette répétition générale a donné récemment un très bon résultat.
- —(§)— Bon exemple d’entraînement ! Plusieurs sous-officiers et caporaux du 131e en garnison à Pithivicrs ayant accompli le matin 28 kilomètres, ont demandé l’autorisation de partir séance tenante pour Orléans, aller et retour, soit d’ajouter 84 kilomètres aux kilomètres déjà parcourus le malin. Départ à 6 heures du soir, arrivée à Orléans à lh20. De nouveau en route à 5 heures et retour à Pithiviers à midi sonnant. Chargement de campagne.
- —®— A Vernantes (Maine-et-Loire). Un cultivateur, nommé Louis Rouffeteau, âgé de 23 ans, travaillait dans un champ quand survint un orage. La foudre lui tomba sur la tête, perça sa casquette, et le déshabilla complètement, en déchirant ses vêtements. Quand les cultivateurs qui travaillaient à côté de lui le relevèrent, il était complètement carbonisé.
- —®— M. A. Nippa nous écrit de Russie. « Dans les derniers jours de janvier 1901, le prêtre (russe) de mon voisinage, a observé à 8 ou 9 heures du soir sur la route entre deux villages un singulier phénomène météorologique. Il a vu une boule de feu de la grandeur d’un poing à 5-6 mètres de lui, quand il retournait à la maison sur les traîneaux avec un paysan. La boule était d’un aspect très beau et assez semblable à un feu électrique. Il s’agit, sans doute, du « tonnerre en boule ».
- —®— La locomotive du rapide de Berlin à Bâle, arrivait ces jours-ci à Ludwigshafen, quand elle a franchi le buttoir, enfoncé le mur de la gare, traversé une rue large de 24 mètres et renversé la barrière du chemin de fer du port ; la locomotive a passé à travers les wagons de marchandises stationnant sur la voie du chemin de fer, a entraîné un wagon-poste et un wagon de voyageurs et est allée s’échouer au fond des eaux du port. Une femme a été tuée, un mécanicien a été grièvement blessé et un autre employé du chemin de fer a été blessé légèrement.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour les appareils mélangeurs automatiques des sucres, s’adresser à M. Auguste Denis, 17, rue de la Fère, à Saint-Quentin. — Le groupe électrogène se trouve chez M. Chomeau, électricien, o3, passage du Havre, à Paris.
- Communications. — 51. le Dr E. Vidal, correspondant de la Société nationale d’agriculture de France à Hyères, nous écrit qu’il vient de faire des expériences qui confirment les résultats qu’il avait prévus du tir contre les nuages orageux au moyen de ses fusées para-grêle et qu’il en a rendu compte dans une conférence qu’il a faite à la Société d’agriculture, d’horticulture et d’acclimatation du Yar à Toulon,
- 51. Ferdinand Zahn, à Champigneulles, nous écrit : « A plusieurs reprises, vous avez relaté de très intéressantes observations sur l’instinct des animaux en général, et du chien en particulier. J’ai été témoin d’un fait absolument remarquable qui indique bien à quel degré peut atteindre la fidélité, je dirai presque l’intelligence de cet ami de l’homme.
- « Dernièrement, à une heure de l’après-midi, je remarquai, sans y prêter autrement attention, un chien de forte taille (genre Saint-Bernard), qui était couché au bord d’ur fossé au fond duquel gisait un manteau, en partie couvert de boue. Pendant tout le restant de la journée et malgré la pluie qui tombait en abondance, lè pauvre toutou ne quitta pas son poste. Le lendemain matin, quelle ne fut pas ma surprise de voir ce chien à la même place et supportant avec résignation les averses de pluie et de grêle qui se répétaient à de courts intervalles. Une seule fois, la bonne bête quitta le bord du fossé pour aller s’abriter contre un mur, de façon à se soustraire à Faction des grêlons qui, probablement, lui faisaient mal. Cette absence, du reste, fut de courte durée.
- « Puis, à 11 heures du matin, je le vis se relever tout à coup, et il se mit à courir à toute vitesse à la rencontre d’une voiture de commissionnaire qui se dirigeait vers Nancy. Quand il arriva près de celle-ci, ce furent des aboiements joyeux, des démonstrations de toute nature à l’adresse du conducteur et même des chevaux.
- « Voici ce qui s’était passé : Précédemment, le commissionnaire avait, s’en sans apercevoir, laissé tomber de la voiture son manteau. Le chien, qui avait vu la chose, a sans doute pensé qu’il ne devait pas abandonner sur la voie publique Un objet appartenant à son maître; il laissa donc celui-ci continuer sa route, puis il tira dans le fossé le manteau en question et fit, auprès de lui, une garde vigilante pèndant 24 heures, durant lesquelles il ne prit aucune nourriture.
- « Le commissionnaire rentra en possession de son vêtement que notre héros à quatre pattes lui iit voir en le conduisant jusqu’au bord du fossé.
- « J’ai pensé que ce fait méritait d’être signalé, car il y a là plus que de l’instinct au sens strict du mot. »
- En vieux lecteur attire notre attention sur une information du n° 1459, du 11 mai 1901. Comment ne s’est-il pas aperçu que la citation empruntée à un journal américain l’avait été sous forme ironique et à titre d’exemple curieux de naïve illusion de mécanique? Ajoutons, il est vrai, pour l’excuser, que la mention était suivie de points d’exclamation qui ont dù sauter faute de place à la mise en pages. Le vieux lecteur se trompe d’ailleurs sur tous les points.
- Renseignements. — 51. E. Huyaux, à Nancy. — Nous avons fait des recherches dans toute l’année 1900 ; nous n’avons trouvé sur le sujet qui vous intéresse qu’une communication dans le n° 159o du 17 février 1900.
- 51. A. 51., à Lille. — L’adresse est la suivante : Le Congo français, 66, rue de Provence, à Paris. Prix d’abonnement : 10 fr. par an.
- M. J. Goffart, à Tanger. — Les enduits lumineux dont vous parlez se trouvaient autrefois chez M. Menitz, 57, passage Jouf-froy, à Paris.
- 51. l’abbé Deshayes, au Mans. — Le Thermo-hygroscope est un instrument destiné à fournir des pronostics d’après les variations du point de rosée. Il ne les donne pas en valeur absolue, comme vous le pressentez bien. Il faut avoir, pour obtenir le point de rosée, le Polymètre, qui à chaque instant donne les points de saturation.
- M. H. Gabriel, à Neuilly-sur-Seine. — Les annonces concernent exclusivement l’office de publicité, 9, rue de Fleurus, à Paris.
- 51. A. Grente, à Lisieux. — On forme une colle dite chronique en employant une solution concentrée de 5 parties de gélatine et de 1 partie de bichromate de potasse. On maintient les morceaux et on les expose à la lumière, la gélatine devient insoluble dans l’eau chaude, et la colle est très résistante.
- 51. T. Don, à Tourcoing. — Nous ne connaissons pas le pani-ficateur dont vous parlez, et nous ne saurions vous renseigner.
- 51’. F. B., a Chambley. — 1° Pour les joints et raccords, on emploie surtout l’amiante, de préférence au minium ou à la céruse. — 2° On l’emploie tel quel avec un peu de filasse. — 5° Amiante : Compagnie française de l’amiante du Cap, 11, rue de la Cerisaie ; M. Martine, 54, rue de Dunkerque : M. T. Puls-ford, 10, rue Tritbout, à Paris.
- 51. Fourié, à Mazamet. — Nous avons cherché à nous procurer. des renseignements sur cet éclairage et nous n’avons pu les avoir ; le système ne paraît pas sérieux.
- M. P.Guyot, à Jette-Saint-Pierre (Belgique). — Nous n’avons pas d’autres renseignements que ceux que nous avons donnés dans l’article que vous rappelez ; tous nos regrets.
- M. E. Saint-Paul, à Paris. — Nous n’avons pas les adresses de ces fabriques ; mais vous pouvez demander ces marques de papier au Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- 51, A. Lopès Cardoso, à Porto. — Il n’existe pas de traité sur ce sujet ; mais nous avons publié deux articles sur l’industrie du savon dans le n° 1398 du 10 mars 1900, p. 242, et ' dans Te n° 1399 du 17 mars 1900, p. 254.
- 51. Bertrand, à Paris. — On ne gagnerait rien à faire chauffer le pétrole au bain-marie.
- 51. A. Pasquier, à Castelsarrasin. — Pour les locations de clichés pour projections, adressez-vous à MM. Radiguet etMas-siot, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, à Paris.
- 51. A. Slropeno, à Paris. — Lampes à acétylène pour bicyclettes: M. J. Sabatier, 255, rue Saint-Martin.
- 51. G. D. D., à Grenoble. — Il n’existe pas de tapisserie de ce genre ; vous pourrez employer des paravents.
- M. G. Loiselle, à Paris. — Nous ne connaissons pas actuellement à Paris de société s’occupant de sciences hermétiques et particulièrement d'alchimie.
- 51. T. Huber, à Paris. —Adressez-vous aux diverses maisons de produits chimiques : Société centrale, 44, rue des Ecoles ; MM. Chenal, Douilhet et Cie, 52, rue de la Sorbonne ; MM. Poulenc frères, 122, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- 51llè H. Istraii, à Bucarest. — Vous trouverez des traités de Xespéranto, au prix de lff,50, à la librairie Le Soudier, 174, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- 51. Vanvincq-Reniz, à Bayenghem-lez-Eperlecques. —-1° Podomètre avec remise à zéro : M. 11. Châtelain, 10, rue de Belzunce, à Paris. — 2° Cadran solaire avec boussole M. 11. Morin, 3, rue Boursault ; MM. Guyard, Canary et U-, 15, rue de la Cerisaie ; MM. Bariquand et Marre, 127, rue Oberkampf, à Paris.
- 51. A. Corel, à Neuilly. — Vous voulez sans doute parler de l’alliage d’acier au nickel de M. Cli.-Ed. Guillaume dont il a été question dans notre article: Un progrès en chronométrie, dans le nu 1445 du 2 février 1901, p. 147 ; il faut vous adresser directement à notre collaborateur, au Pavillon de Breteuil, à Sèvres.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. Rubard, à Lille. Cette adresse n’a pas été indiquée. — M Dumort, à Paris. Nous ne croyons pas que ce chiffre soit exact. — M. Lerand, a Paris; M. J. L-, à Levallois Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie. — 51. Verrau, à Nîmes; M. R. S., à Blois. Remerciements pour vos communications. — M. D. T., à X. ; 51. H. L-, à Paris. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- Jtans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- v seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications, — Il riest répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INTENTIONS1
- Pliant-bouée de sauvetage. — M. Georges Roussel a construit un nouvel appareil de sauvetage, appelé pliant-bouée de sauvetage, qui a figuré en 1900 au concours international de sauvetage sur l’eau à Courbevoie, et qui y a obtenu une
- Fig. 1. —• l.e j liant sur la plago.
- médaille d’argent. Ce pliant-bouée est formé simpïemen de deux planches réunies au centre. 11 sert de siège en temps ordinaire, et de bouée de sauvetage en cas de danger. L’effi-
- Fig. 2. t- La boude en mer.
- cacité de cet engin a été constaté aussi bien en pleine mer qu’en eau douce, par temps calme ou par forte brise. Notre dessin n° 1 montre l’appareil servant de siège sur la plage; le n° 2 représente un naufragé sauvé au moyen de ce radeau. — Le pliant-bouée se trouve chez MM. G. Renaut et C*% 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- Réchaud-bougie. — On recherche toujours un réchaud simple, portatif, peu encombrant. Celui que nous allons présenter à nos lecteurs réunit toutes ces qualités. 11 consiste en une simple pince qui s’adapte très facilement sur une bougie et qui peut supporter une casserole au-dessus. De la
- Le réchaud-bougie.
- sorte, il n’y a plus de lampe à alcool à transporter ; on trouve partout une bougie. L’ensemble des diverses pièces, bougeoir, pince, se renferme dans la casserole et le tout ne forme qu’un paquet très restreint. — Le réchaud-bougie se trouve à la Compagnie de fabrication française du nickel, 52, rue Renne-quin, à Paris.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelle» scientifiques est étrangère aux annonces.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Plaques transparentes flexibles. — Il est souvent fort utile de posséder le moyen de se fabriquer des plaques flexibles qui aient les avantages ordinaires du verre, et notamment sa transparence, qui puissent résister aux sels, aux acides, aux alcalis, et qui pourtant ne soient pas susceptibles de se briser et aient la particularité précieuse de présenter une grande flexibilité (ce qui manque absolument au verre). La publication allemande Maschinen Constructeur dit que, pour fabriquer de ces plaques, il suffit de faire dissoudre 4 à 8 parties de laine de collodion (pyroxiline soluble) dans 1 d’éther ou d’alcool, en mélangeant ïa solution avec 2 à 4 parties d’huile de ricin ou d’une autre huile analogue non susceptible de se résinifier, et enfin avec 4 à 6 parties du baume de Canada. Rien entendu, de pareilles plaques présenteront un inflammabilité très grande, mais moindre qu’avec aucune autre combinaison de collodion, et on peut même y remédier complètement en ajoutant au mélange du chlorure de magnésium. Quand on tient à ce que les plaques soient opaques, tout en conservant leurs autres qualités, on a simplement à additionner d’un peu de blanc de zinc qui donne une apparence ivoirine.
- Pour enlever sur les doigts les taches d'acide pyrogallique. — On sait les taches si intenses que forme l’acide pyrogallique sur les doigts des photographes, et on comprend Davantage qu’il y a de posséder un moyen pour faire rapidement disparaître ces taches. On prépare une solution forte de chlorure de chaux et on y trempe les doigts, puis on les frotte avec un gros cristal d’acide citrique, en ne frottant naturellement que les endroits tachés. On replonge les doijgs dans la solution de chlorure de chaux, on renouvelle le traitement à l’acide citrique, et on recommence la double opération jusqu’à ce que les taches soient disparues. Il n’y a plus ensuite qu’à procéder à un rinçage dans l’eau claire.
- Huile pour l'entretien des harnais. — On prend 14 gr. de noir de fumée que l’on mélange avec 56 gr. d’essence de térébenthine, puis avec 280 gr. d’huile de pied de bœuf; on fait ensuite fondre 112.gr. de résidus de pétrole et on ajoute au premier mélange. Il ne reste plus qu’à brasser bien soigneusement.
- Colles liquides. — Les recettes nous en sont données par notre excellent confrère Scientific American. — La première consiste à prendre 200 parties de gélatine, puis 400 d’acide acétique dilué; on fait fondre ensuite à la chaleur 5 parties d’alun dans 25 d’alcool et on ajoute à la première dissolution. — La seconde recette est plus simple : il suffit de mettre à fondre 5 parties de gélatine et 1 de chlorure de calcium dans une quantité convenable d’eau.
- Revêtements pour le bois imitant la pierre. — Le journal allemand Süddeutsche Bauzeilung a donné récemment une formule assez curieuse, et même utile au point de vue pratique, d’un enduit qu’on peut étendre à la surface du bois et qui prend en séchant l’apparence extérieure de la pierre. On fait d’abord chauffer, dans un récipient en fer, 50 parties de résine, 40 de craie finement pulvérisée, puis 50 de sable bien blanc, très fin, et dont les particules soient dotées d’angles aigus; sur le tout on a versé 4 parties d’huile de lin. On additionne ensuite de 4 parties d’oxyde de cuivre natif et on verse soigneusement par-dessus, avec toutes sortes de précautions, 1 partie seulement d’acide sulfurique. On brasse et on applique à chaud au moyen d’une brosse dure ; si d’ailleurs 1’enauit n’était pas suffisamment liquide, on l’éclaircirait suivant les besoins au moyen d’huile de lin.
- Pour teindre le bois en violet. — Pour donner au bois les diverses nuances violettes, il faut avoir surtout recours aux colorants si nombreux extraits du goudron de houille, et notamment au rouge d’alizarine ou au violet de méthylène. On peut obtenir un violet foncé au moyen de mélanges faits avec des succédanés de l’indigo et du rouge carmin (autrement dit d’extrait de bois de teinture rouge du commerce oxydé), et. ce, dans des proportions variées. C’est ainsi qu’une mixture de 15 gr. d’indigo artificiel et de 10 gr. de rouge de carmin dans 250 gr. d’eau, avec additioîï de 5 gr. d’acide acétique, produit de magnifiques tons violets que l’on a la possibilité de rendre plus brillants encore par addition de violet de méthyle dans la proportion de 1 à 2 pour 100 par rapport au poids total du carmin et de l’indigo. Cette recette nous est donnée par la publication Wiener Mobelhalle; en voici une autre. On place le bois à teindre dans une composition constituée comme suit, ou encore on peut l’enduire de cette composition :
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- ullf est faite d’une partie d’huile et d’autant de soude calcinée dans 10 d’eau bouillante. On enduit ensuite le bois avec une solution de fuchsine ou encore mieux avec une solution formée d’une partie de violet de méthyle et de 25 d’alcool. Au lieu du violet de méthyle on a encore la possibilité de se servir de violet de Victoria ou de Parme. En diluant plus ou moins la solution, en ajoutant plus ou moins d’alcool, oh est à même de donner au bois blanc les teintes les plus variées, dont l’intensité variera au gré des désirs, et d’ailleurs, la coloration obtenue est particulièrement brillante. Mais il est souvent beaucoup plus utile de posséder un moyen de teindre les bois dans des teintes bien plus discrètes, et il suffit alors de recourir à l’alizarine ou à la benzo-purpurine. Pour le bois de poirier, on se servira de solution de rouge d’alizarine et d’acétate d’aluminium; pour le bouleau, ce seront des solutions de rouge d’alizarine et de vitriol bleu, ou même de benzo-purpurine à 4 pour 100 Baumé qui donne une coloration plus atténuée.
- Émail pour le fer. — La formule en est donnée par le Journal (1er Goldschmiedekunst. On fait fondre ensemble 10 parties de verre fusible, 1 de carbonate de soude et 1 d’acide borique; on laisse refroidir le tout et l’on pulvérise. L’article
- que l’on veut émailler doit être soigneusement nettoyé dans une solution acide diluée, puis-on le fait sécher; on l’enduit ensuite légèrement d’une couche d’une solution de -gomme arabique, et il ne reste plus qu’à jeter à sa surface la poudre que l’on a préparée : ce dernier résultat s’obtient dans d’excellentes conditions simplement en tamisant la poudre, au moyen d’un tamis de soie, au-dessus de l’objet en métal. On fait alors sécher cet objet jusqu’au rouge et, aussitôt que la couche de poudre est complètement sèche, on le retire du four et on le laisse refroidir dans un endroit tiède en évitant absolument les courants d’air. En cas d’insuccès partiel, on peut renouveler la couche.
- Décoloration des huiles el des graisses. — Bien souvent les huiles contiennent des oléates ferreux, qui leur donnent une coloration d’un biun rouge sombre nuisant considérablement à leur vente. La publication allemande « Seifenfabrikant » vient de fournir une recette qu’elle recommande instamment pour les débarrasser de cette teinte. Il suffit de les traiter par dissolution dans du pétrole au moyen de sulfure de soude : le sulfure ferreux se précipité et on peut l’isoler par un filtrage sur un tissu imbibé de pétrole.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9. ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 13 mai. . . . 12’,5 N. 3. Couvert. 0,0 Couv, le malin ; beau le soir.
- Mardi 14 15’,1 N. 3. Presque couvert. 0,0 Couv. de 4 à 8 h. ; beau ensuite.
- Mercredi 15 ... . 12’, 9 N. N. W. 2: Beau. 0,0 Quelques nuages.
- Jeudi 16 ..... . 8’,9 N. E. 5. Très nuageux 0,0 Presque couvert.
- Vendredi 17 ... . 8*,3 N. E. 2. Couvert. 0,0 Couv. de 4 à 15 h.; beau le reste du temps.
- Samedi 18 8’,3 N. E. 5. Beau. •0,0 Nuageux le matin ; beau le soir.
- Dimanche 19 ... . 8’,5 N. 1. Beau. 0,0 Beau.
- MAI 1901. — SEMAINE DU LUNDI 15 AU DIMANCHE 19 MAI.
- La courbe, supérieure indique la tieomosue ae 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du veut. Les courues du milieu •
- courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre a boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée. ______________
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblements de terre. — Une forte secousse de tremblement de terre a été ressentie à Grenoble le lundi 13 mai 1901 à S^l” AO' du matin (heure de Paris) Le mouvement sismique enregistré par l’appareil de la Faculté des sciences avait la direction du nord-est.
- Les dépêches de la Drôme signalent que des secousses de tremblement de terre se sont produites à la même date, à 8h 20 du matin, à Valence et dans la région.
- Sept ou huit oscillations ont été perçues en l’espace de quelques secondes.
- ACrest, des maisons ont vacillé; les cloches ae l’horloge municipale se
- sont mises spontanément en branle ; à Saou, un rocher dominant le village s’est éboulé, endommageant gravement six maisons. 11 n’y a eu aucune victime.
- Il s’est produit une brusque et notable élévation de la température au moment du phénomène.
- La foudre. — Le 9 mai dernier, la foudre est tombée rue de Paris, à Vincennes, dans les ateliers de M. Gilot, imprimeur de ïAérophile, dont le numéro courant était en correction. Deux ou trois pages de composition ont été fondues. Un correcteur a reçu une forte secousse, mais il n’y a point eu d’autre accident.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 18 à 5 h. 47 m. du matin.
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