La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
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- ET UK I.EEKS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L'INMjSTIUE
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- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
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- HENRI DE PARVILLE
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- VINGT-NEUVIÈME ANNÉE
- 1901
- DEUXIÈME SEMESTRE
- PARIS
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- 29e A.YNEE. — .Y' I 4fi Y
- l‘r JUIN 1901.
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- LES REPTILES MJ
- La Ménagerie des Peptiles du Muséum d'histoire naturelle, à Paris, vient de recevoir de M. Mervvart, secrétaire général de la Guyane française, un lot de
- [D’HISTOIRE NATURELLE
- reptiles constituant une collection très intéressante parmi les représentants de la faune erpétologique de cette contrée si riche en reptiles de toute nature.
- Salvator, d'après un spécimen vivant depuis plusieurs années à la Ménagerie du Muséum d’histoire naturelle, à Paris.
- Malheureusement les défauts d emballage, défauts si fréquents de la part des voyageurs qui veulent Jtien envoyer au Muséum des reptiles vivants, ont été cause que ces animaux sont arrivés morts à destination et ont privé ainsi la Ménagerie d'exposer à la vue du public, à côté d’autres espèces exotiques, de bien curieux spécimens. Je reviendrai du reste plus loin sur leur mode d’emballage.
- Parmi ces reptiles, je signalerai d’abord un Lé-29“ année. — 2' semestre.
- zard qui est un des plus grands que l’on trouve à la Guyane, et dont la longueur peut atteindre jusqu’à lm,50; ce lacertien est le Sauvegarde ( Tupinambis nigropunctatm Spix) ; on l'appelle Sauvegarde ou Salvator parce qu’il pousserait, dit-on, un siflle-ment très particulier lorsqu’il découvre un Serpent à sonnettes ou un Crocodile, prévenant ainsi de l'approche de ces dangereux reptiles.
- Celui qui est arrivé au Muséum mesurait à péu
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- L A i\ A T l U h .
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- près 0m,90 de long, il était superbe, et, s'il eût vécu, aurait certainement pu faire un séjour prolongé en Ménagerie, car ce lézard se fait assez Lien à la captivité; en effet, on en a vu vivre pendant plusieurs années. On les nourrit particulièrement, d'œufs, de viande hachée et de jeunes oiseaux.
- Duméril et Biberon racontent que « les Sauvegardes à l’état sauvage recherchent le miel, et que, pour s'en procurer, sans avoir rien à redouter de la part des abeilles, ils exécutent un certain manège cpii consiste à venir à plusieurs reprises, en s'enfuyant chaque fois, donner un coup de queue contre la ruche, jusqu'à ce qu’ils soient parvenus à chasser les laborieuses habitantes de ce petit domaine1 ».
- De même que la chair de l'iguane — ce grand lézard à crête que l’on vend couramment sur les marchés de la Guyane et du Brésil -— celle du Sauvegarde, d’après les indigènes, est succulente, et même plusieurs Européens, qui ont eu l'occasion d’en manger, ont raconté l’avoir trouvée très délicate. Leurs œufs sont également recherchés; ils sont assez gros et d’un ovale un peu plus allongé que l'œuf de poule. Les naturels l’appellent : « Téjuguacu » ou tout simplement « Téju ».
- L’envoi renfermait, en outre, un superbe Boa con-strictor (Linné) qui est certainement un des plus beaux spécimens qu’il nous ait été donné de voir au Muséum.
- Ce serpent avait près de 4 mètres de long et sa couleur était si éclatante qu’elle ne le cédait en rien au plus riche plumage des plus brillants oiseaux. Sa rutilante parure l’a fait du reste renommer à juste titre comme un des plus beaux parmi les serpents.
- Plusieurs pages ne suffiraient pas pour décrire les variétés de ses tons, la richesse de son coloris, la finesse de ses dessins; on croit moins avoir sous les yeux un ouvrage de la mature qu’une, production de l’art compassée avec le plus de soin.
- Je ne peux mieux faire que citer un passage de Lacépède pour en compléter la description : « Le Boa constrictor ou Devin occupe la première place dans l’ordre des serpents. La nature l’en a fait roi| par la supériorité des dons qu'elle lui a prodigués; elle lui a accordé la Beauté, la grandeur, l’agilité et la force, elle lui a en quelque sorte tout donné, hors ce funeste poison, départi à certaines espèces, ce qui a fait regarder l’ordre des serpents comme des êtres d’une très grande terreur.
- « Le Devin est donc parmi les serpents connue l'Éléphant ou le Lion parmi les quadrupèdes. Il surpasse les animaux de son ordre, par sa grandeur comme le premier, et par sa force comme le second. »
- La plus grande taille que puisse atteindre ce serpent est de 5 à 6 mètres et si quelques voyageurs ont raconté en avoir vu de plus longs, il faut voir là une exagération dans laquelle sont exposés à tomber presque tous ceux qui viennent de loin.... On le
- 1 Duméril et Biberon, Erpétologie gale, t. Y, p. 8'2.
- rencontre abondamment aux Guyanes, au Brésil, dans les provinces du Bio de la Dlala et de Buenos-Ayres. Il se nourrit de petits mammifères tels que rats, paeas, agoutis, cabias, etc.
- Dans les contrées où il habite, il rend de réels services en purgeant les habitations et les magasins des rongeurs qui y pullulent ; il ne s'attaque pas à l’homme; aussi, loin d'être redouté, est-il généralement supporté au point (pic l'on ne craint pas de coucher dans les chambres où il se trouve. Ce serait donc un animal presque domestiqué. Il est d’ailleurs d’un naturel très doux et c’est pour cette raison, on le comprend aisément, que les forains le choisissent de préférence pour l’exhiber dans les foires, étant certains ainsi de n’avoir jamais d’accidents.
- Je ne m’étendrai pas plus longuement sur ce Serpent "qui est certainement un des plus connus, je rappellerai seulement pour mémoire (pie c’est l’espèce qui, en Ménagerie, a la spécialité d’avaler la couverture que l'on place généralement dans sa cage pour en augmenter la chaleur.
- Tout le monde connaît l’histoire de ce serpent de plus de 5 mètres qui, un beaü jour, avala une couverture de 2 mètres de long sur im,60 de large et (jui la garda dans l’estomac pendant 50 jours ; au bout de ce laps de temps, le serpent ouvrit la gueule et l’extrémité de la couverture apparut ; le gardien la saisit et, la tirant à lui, l’aida à se débarrasser heureusement de cette masse indigeste. La couverture avait pris la forme d’un rouleau d’environ 0,n,12 de diamètre. Après cet effort notre Boa resta comme mort pendant une dizaine de jours, puis se rétablit complètement et vécut encore pendant quelque temps comme si rien ne s'était passé. Pareil fait a été signalé à propos de cette même espèce, notam-. ment à Berlin et à Londres où la chose se passa dans des conditions identiques. *
- Nous en arrivons maintenant aux deux autres Serpents contenus dans cet envoi et non moins intéressants que le précédent, avec cette différence, toutefois, <pie le Boa constrictor est un serpent non venimeux qui ne fait mourir ses proies qu’en les étouffant, tandis que ces deux autres reptiles sont classés comme certainement les plus dangereux des serpents venimeux du Nouveau Monde et tuent leur proie en la frappant avec leurs crochets venimeux.
- L’un est le Bothrops atrox ou « Trimesurus atrox » (Linné) et l’autre le Lachesis muet ou « Lachesis mutus » (L.); ces deux espèces sont très voisines de la fameuse Vipère fer de lance de la Martinique dont ne manquent jamais de parler tous ceux qui ont eu l'occasion d’aller aux Antilles ou à la Martinique.
- Le Bothrops atrox et le Lachesis muet étant deux espèces très voisines, je ne parlerai que de la dernière qui est la plus redoutable.
- Cette espèce de la famille des Crotalidées peut aller jusqu’à la taille de 2 mètres à 2m,50 ; elle est connue depuis très longtemps et plusieurs auteurs l’ont décrite, sous les noms de Çophias surucucu et Co-
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- LA NATURE.
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- phias erotalinus (Merrem), Crotalus mutus (Linné), Roa muta (Lacép.), Seytale eatenata (Latreille), Scy-talc ammodytes (Latreille-Raudin), Lachesis muta (Raudin), Trigonocephalus rhombeatus, etc.... Sa coloration est assez vive, la partie supérieure du corps est d'un beau jaune rougeâtre sur lequel se détachent de grands losanges d’un brun très foncé. Le dessus de la tète porte des dessins irréguliers, marron foncé, une bande noire part de l’œil sur les côtés de la tète jusqu’à l’occiput. Le ventre est d’un blanc jaunâtre pâle. Les écailles du corps sont carénées. La tète est très plate, faisant saillie en arrière, nettement séparée du cou. Les glandes à venin sont très développées et les crochets qui servent à inoculer le venin sont effrayants par leur grandeur.
- Comme il est dit plus liant, il appartient à la famille des Crotalidées. Sa conformation le rapproche, en effet, des Serpents à sonnettes avec cette différence, qu’il n’a point comme ces derniers la queue terminée par plusieurs grandes pièces de nature écailleuse emboîtées lâchement les unes à la suite des autres et dont le frémissement de celle-ci, en agitant ces pièces avec rapidité les unes contre les autres, produit un bruit plutôt comparable à une forte crécelle qu’à une sonnette. C’est précisément à cause de l’absence de ces pièces cornées et sonores que Linné l'a surnommé le Muet. Disons pour compléter la définition que le nom de Lachesis, de même que celui d’Atropos, espèce voisine, est emprunté aux Parques cruelles et impitoyables de la Mythologie.
- La toxicité et les effets de son venin sont autrement terribles que celui de son congénère, car, malgré la réputation de férocité du Crotale, plusieurs vovageurs dignes de foi m’ont raconté avoir vu des indigènes mordus par ce reptile et en mourir rarement, surtout si l’on peut avaler, aussitôt la morsure, près de la valeur d'un demi-litre de cognac ou de talia. Tandis que la morsure du Lachesis muet est presque toujours mortelle et amène même une mort très rapide. Elle fait périr les [dus gros animaux et une vache en deux heures. En un mot, le Muet est le plus grand, le plus fort et le plus audacieux des serpents venimeux de l'Amérique; aussi esl-il très redouté à la Guyane et surtout au Rrésil où il pullule. Les Indiens et les nègres, qui le craignent beaucoup, lui font une chasse très active et ne manquent jamais de le tuer chaque fois qu'ils le rencontrent.
- 11 est bon aussi d’ajouter qu’ils en tirent un bénéfice personnel, attendu que le venin de l’animal qui aurait pu leur être funeste devient entre leurs mains une arme peut-être plus terrible que dans la glande du serpent, puisqu’ils s’en servent pour empoisonner leurs flèches.
- Par contraste, l’ancienne pharmacopée employait son venin contre certaines maladies telles que le choléra, la peste et autres maladies infectieuses; mais l’emploi peu judicieux de ce remède aussi peu maniable du reste causait plus d’accidents qu’il ne
- rendait de services, et, comme il arrivait fréquemment dans cette antique médication, le remède était pire (pie le mal. 11 fut donc abandonné.
- La médecine homéopathique, mettant à profit les immenses progrès de la science, a repris depuis quelques années l’emploi de ce médicament dans les affections cardiaques, une application sage et raison-née de cette terrible substance ayant fait place aux méthodes empiriques fort en honneur dans la vieille médecine.
- Voici, résumées aussi succinctement que possible, quelques observations sur les Reptiles de cet envoi de la Guyane que M. le 1)' L. Vaillant, l’éminent professeur, administrateur du Muséum, chargé de la chaire (l’Erpétologie et d’ichtyologie et de la direction de la Ménagerie des reptiles annexée à celle chaire, regrette de n'avoir pu voir vivants dans les cages de cette galerie, M. Vaillant attachant un intérêt tout particulier à ces animaux, surtout aux Serpents venimeux qui malheureusement composent l’infime minorité des reptiles de la Ménagerie. Comme je le dis au commencement, celte mortalité aurait pu être évitée si un emballage mieux compris avait servi à cet envoi. Les caisses étaient beaucoup trop grandes, et quantité de clous traversaient leurs parois intérieures. Cependant, de tous les animaux qui peuvent être expédiés vivants au Jardin des Liantes des pays lointains, les reptiles sont certainement ceux qu’il est le plus facile de faire voyager. 11 n’en est point qui supportent mieux et le plus longtemps le jeune et la privation d’eau. Ils n’ont en outre besoin que d’une faible quantité d’air et d’un très petit espace; c’est donc dans des caisses d’un volume souvent peu considérable qu’il convient de placer les reptiles vivants. Mais ces caisses doivent offrir certaines conditions dont il est utile de tenir
- compte.
- Ainsi, il faut éviter que les parois avec lesquelles les animaux sont en contact présentent d’aspérités. Les petits éclats de bois ou les pointes de clous sont bien souvent pendant le voyage la cause de blessures beaucoup [dus graves pour les reptiles qu’on ne serait au premier abord porté à le croire. Les planches avec lesquelles on construit les caisses étant bien rabotées, et en les recouvrant du côté intérieur d’une mince étoffe de laine ou de colon, en prenant les précautions nécessaires pour que l’extrémité des clous ne fasse pas saillie à l’intérieur, on aura évité un des accidents qui se reproduisent le plus souvent. Si la même boîte doit contenir des reptiles d’espèces différentes, il est indispensable d'y établir des séparations, les gros animaux mangeant les. petits. Ces compartiments ne doivent pas avoir de dimensions beaucoup plus considérables que celles des animaux (lui y sont contenus vu leur immobilité presque complète. 11 est utile, en plus du calfeutrage, de les placer sur de la mousse ou des feuilles sèches afin d’amortir les secousses du voyage ; il est bon aussi de percer, à l’aide d’une petite vrille, un certain nombre de trous pour l'aération. ï
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- LA N ATT H K.
- Quand ce sont des serpents venimeux que l’on expédie, outre les recommandations ci-dessus, il est utile de placer sur la caisse, au-dessous du couvercle, une toile métallique en fer et non en cuivre, l’oxydation de ce métal pouvant être une cause d'empoisonnement pour ces animaux. Cette toile métallique est une excellente mesure de précaution et en mèn e temps un motif de sécurité pour le voyage et poulie moment où l'on procède à l’ouverture. Le moyen le plus convenable pour fermer une caisse est d’en fixer le couvercle à l’aide de vis. 11 est recommandé également d’inscrire sur la caisse si le serpent est venimeux.
- Si ces précautions élémentaires étaient toujours observées, nous aurions rarement à déplorer des accidents comme celui qui vient d’arriver avec les lleptiles de M. Menvart.
- J'ajouterai en terminant que le généreux correspondant du Muséum qui n’en est pas à son premier envoi, ni, il faut l’espérer, à son dernier, est le frère du distingué peintre de la marine dont les nombreux visiteurs ont pu admirer les magnifiques dioramas à notre dernière Exposition universelle.
- Henri Brcyère.
- l\ ENNEMI DU CAFÉ DU KOUÏLOU
- (CONCO)
- Le jardin colonial de Nogent-sur-Marne a reçu des graines de coffea canephora des récoltes de 1897 et de 1899 qui sont criblées de petits trous et creusées de galeries intérieures les dépréciant dans une large mesure.
- Àu premier examen, j'ai reconnu (pie les dégâts étaient causés par une espèce de coléoptère de forme oblongue et de très petite taille (1 millimètre 1/2) appartenant à la famille des Seolytidæ, tribu des Tomicinæ, genre Stephanoderes Eichbotf. Déjà le S. Hampei Eerrari a été signalé dans les cafés importés de Java et des Antilles ; si l’insecte du Congo ne se rapporte pas à cette espèce, il en est dans tous les cas très voisin.
- Le Stephanoderes pénètre dans les cerises probablement après la cueillette, sans doute pendant qu’elles sont exposées au soleil pour sécher et avant que les sucs liquides aient totalement disparu. J'ai remarqué son ouverture à différentes places, souvent dans l’axe du pédoncule, ce qui m’a fait croire un instant qu’il venait de la branche. Mais j’ai trouvé ensuite un certain nombre de fruits percés en d'autres endroits et cette constatation a dissipé mes doutes.
- l*ar ce qu’on connaît des mœurs des seolytides, il est permis de supposer que la femelle, après avoir percé l’enveloppe première, traverse la pa relie et vient pondre sur ou dans les graines. Ces dernières sont alors attaquées par les larves qui y creusent des galeries irrégulières et parfois des excavations assez larges. Si elles se développent dans le grain une fois
- desséché et devenu extrêmement dur, il faut lui prêter une force perforante assez grande.
- 11 m’est arrivé de rencontrer jusqu’à cinq insectes parfaits dans le même grain, alors que la cerise le contenant n'était percée que d’un seul trou, rarement davantage. Tous les exemplaires trouvés étaient morts ; les uns après avoir pénétré dans la cerise, les autres dans l'intérieur des grains, d’autres enfin, prêts à en sortir par l’ouverture déjà pratiquée dont le calibre correspond exactement à la gros seur de l’insecte.
- On a remarqué que les seolytides, vivant aux dépens de différentes essences de nos forêts, ne s’attaquent qu’aux sujets déjà malades, guidés par un instinct, d’une subtilité remarquable qui leur permet de les distinguer bien avant qu’aucun signe de décadence ne soit apparent pour l'homme. 11 est
- Insectes du cale.
- donc possible que les cafés endommagés proviennent d’arbustes ayant souffert.
- Les grains de 1897, venus sur les mêmes plants que ceux de 1899, sont plus petits, différence de récolte sans doute; mais ils présentent tous un aspect également normal en dehors des trous percés par l'insecte.
- La présence du Stephanoderes dans une telle proportion peut être un signe précurseur de maladie du plant. C’est un avertissement pour le planteur qui devra sans doute trouver le remède préventif dans les procédés de culture employés. Une étude approfondie du bois, du feuillage, des racines, de la sève pourra probablement apporter- un éclaircissement qu il est impossible d'espérer du seul examen du produit.
- Le dégât et son auteur étant connus, il importe maintenant d’observer attentivement les plantations pour résoudre le problème.
- E. Fleutiaux.
- Membre de la Société entomologique de Franco.
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- LA NAITRE.
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- LA Ml SICOTHÉRAPIE
- APPLIQUÉE A i/ANESTHÉSIE PROVOQUÉE
- Ou sait quo pour obtenir une insensibilité complète, absolue, lorsqu’il s'agit d’intervention chirurgicale très douloureuse, il est indispensable de plonger le malade dans un sommeil médicamenteux provoqué. Le chloroforme, puis l’éther sont surtout employés pour les grandes opérations qui doivent durer un temps assez long. Le protoxyde d’azote, au contraire, permet d’obtenir très rapidement une narcose complète, mais qui est de courte durée.
- Malheureusement le protoxvde d'azote n’est pas exempt d’inconvénients. Le sujet s’endort fréquemment mal et irrégulièremen t, il lui faut absorber souvent pour s’endormir une quantité de gaz assez considérable, et la durée de la narcose est fort variable. Enfin, contrairement à son sobriquet de gaz hilarant, le protoxyde d’azote produit souvent sur le sujet un effet tout opposé et détermine des hallucinations pénibles, voire même. terrifiantes.
- Y a-t-il moyen de parer à ces di-vers inconvénients, d’endormir le malade vite et sûrement, d'obtenir un sommeil calme, un réveil plutôt agréable? Tel était le problème. Or il vient d’ètre complètement réalisé et grâce à un procédé bien étrange, grâce à la musique.
- De prime abord la chose fait sourire ; endormir les malades en musique paraît le comble de l'extravagance... pour qui tout au moins a oublié ses auteurs et Orphée et sa lyre domptant les animaux féroces, tout comme de nos jours le iKLaborde, — ainsi qu’il le rappelait <à une des dernières séances de l’Académie de Médecine en communiquant cette nouvelle méthode, — calmait avec son violon les aliénés agités de son service.
- C’est donc cette action sédative de la musique sur le système nerveux qui permet d’interpréter les faits observés et d’en donner la théorie. Ceux-ci sont
- assez simples. Mais encore fallait-il les bien comprendre, de façon à s’en servir pour créer une méthode.
- Depuis longtemps, M. Drossner qui, pour l’extraction des dents, emploie le protoxyde d’azote, avait observé l’influence très fâcheuse que les bruits venant de la rue avaient sur les sujets qu’il endormait par ce moyen. C’est ainsi qu’un jour, interrogeant à son réveil une femme qui avait violemment crié durant la narcose, celle-ci lui dit qu’elle avait rêvé que son mari tombait sous un omnibus en marche et était écrasé. Or, précisément sous les fenêtres du cabinet, passait une ligne d’omnibus dont les chevaux très fréquemment piaffaient, tandis que roulait le pesant
- véhicule dont le conducteur sonnait les voyageurs.
- Le cabinet fut transféré sur une cour où les bruits étaient presque nuis. Dès lors, les anesthésies furent plus faciles, moins terrifiantes. M. Drossner fut donc bien convaincu (pie les bruits perçus par les sujets au moment où ils s’endorment, peut-être même inconsciemment pendant qu’ils dorment, peuvent servir de thèmes sur lesquels ils brodent un rêve en rapport avec les caractères mêmes du bruit, très bien compris par eux. Par conséquent, il paraissait tout naturel de supprimer les bruits, pour éviter les causes productrices de rêves fâcheux, ou mieux encore de modifier ces bruits et de les remplacer par des sons qui fussent rythmés et harmonieux; on devrait ainsi
- changer le caractère de l’hallucination provoquée et
- la rendre agréable ou, tout au moins, intéressante pour le sujet.
- M. Drossner eut donc d’abord l’idée fort ingénieuse de placer non loin du malade une boîte ù musique qu’il mettait en marche dès la première inhalation de gaz. L’effet parut bon, mais il fut bien meilleur encore, lorsqu’il eut employé un phonographe dont les deux récepteurs étaient fixés sur les oreilles du patient et que l’on mettait en marche au moment de commencer la narcose. C’est d’ailleurs
- Dispositif employé pur M. Drossner pour endormir le sujet.
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- LA NATURE.
- la méthode qu’il a employée depuis lors dans plus de cinq mille cas avec les résultats que nous allons voir.
- Le premier effet que produit la musique entendue par le malade, en général non prévenu, c’est l’étonnement, puis il cherche à reconnaître l’air, et pendant ce temps son attention se détourne de l’inhalation du gaz qu’il respire largement au moyen 'd’un masque soigneusement combiné et ce, d’autant mieux (pie son appréhension se trouve ainsi diminuée ; d’ailleurs le protôxyde d’azote'absolument pur n’est pas désagréable h respirer. Il s’endort ainsi bien plus rapidement et plus facilement, en consommant notablement moins de gaz qu’à l’ordinaire. " . -
- Quelquefois l’attention du sujet, est tellement prise par la musique qu’il ne songe plus qu’à elle et eu fait le thème d’un rêve qui dure tout le temps de la narcose. Tel un chef d’orchestre qui battait la mesure pendant le sommeil; tel cet homme qui tout d’un coup en dormant s’exclamait furieux : « Mais N... de 1)..., ce n’est pas ce numéro-là que je vous ai demandé! » Et à son réveil on apprenait qu’il était employé dans une fabrique de phonographes. Telle enfin cette jeune femme qui se réveille en éclatant de rire et nous raconte qu’elle voulait « tout le temps danser en entendant la musique ».
- D’autres sujets ne rêvent pas ou ne se souviennent pas de leurs rêves. Mais tous ne sentent absolument rien et sont fort étonnés à leur réveil de voir dûment arrachées la ou les dents dont ils souffraient tant.
- Grâce à cette méthode, les sujets s’endorment rapidement et il est fort rare que même les plus nerveux résistent. En une à deux minutes environ, le sommeil est profond, avec anesthésie, même anesthésie de la cornée, complète. Le masque est alors’ enlevé et l’opération — en général avulsion d’une ou même de plusieurs dents — peut être pratiquée ; le sommeil dure une minute à une minute et demie.
- L’aspect du sujet pendant ce temps est calme; à peine a-t-il parfois quelques légers soubresauts dans les mains et les bras. Le pouls ne se modifie en rien. Il est aussi régulier qu’à l’état normal ; la respiration se fait comme d’ordinaire, mais moins profonde.
- A la fin de cette courte période, le sujet se colore quelquefois assez vivement, la respiration s’arrête pendant quelques secondes, le pouls restant d’ailleurs le même. Puis la respiration reprend, la coloration de la face redevient normale et le sujet se réveille brusquement comme d’un sommeil ordinaire. Presque aussitôt, il répond très bien aux questions qu’on lui pose. Il est tout à fait remis, quelques minutes après, sans éprouver le moindre malaise et toujours enchanté du résultat de l’opération dont il n’a eu aucune notion. Jamais il ne survient d’incidents, même chez les sujets bronchitiques ou cardiaques.
- Telle est cette curieuse méthode dont nous représentons la mise en œuvre dans la page précédente. On est en train d’endormir le malade qui, ayant sur les
- oreilles les deux récepteurs du phonographe, respire le protoxyde d’azote pur, au moyen d’un masque.
- On voit donc qu'en l’espèce, la musicothérapie joue un rôle fort important. Il y a là, pourrait-on dire, des phénomènes d'arrêt de certains centres psychiques, déterminés par des perceptions mettant en cénvre un sens particulier, l’ouïe, suivant une de ses modalités qui nécessite l’intervention d’autres éléments psychiques : attention, mémoire, association de perceptions et de sensations déjà emmagasinées, etc. Ges opérations cérébrales multiples interviennent donc pour faciliter l’action de l'anesthésique en modifiant la mentalité du sujet pendant son action.
- En point intéressant serait de savoir si le sujet reprend, dès qu'il se réveille, l’hallucination provoquée au début, de la narcose, puis suspendue pendant qu’elle est complète, ou si, au contraire, l’hallucination à point de départ musical, persiste toujours, même pendant la narcose la pins profonde. C'est un point (pie nous cherchons, avec M. Laborde, à élucider.
- Quoi qu’il en soit, voilà un curieux procédé de musicothérapie appliquée à l’anesthésie provoquée. M. Drossner vient de l’employer pour l’anesthésie au protoxyde d’azote. Nous savons qu’il va être essayé comme procédé devant faciliter l’anesthésie chloroformique. Si cette expérience réussit, ce sera encore une très importante méthode qui se surajoutera à celle que M. Drossner a imaginée. En tout cas celle-ci méritait bien, vu sa singularité, de retenir pendant quelques instants l’attention des lecteurs
- de La Nature. I)1 Capitan.
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- PROCÉDÉS D’ËPIMTION DOMESTÏQIjE '
- DES EAUX DE BOISSON
- L’épuration complète d’une eau de boisson a pour but de transformer une eau impure en une eau pure et potable, c’est-à-dire « bonne à boire ». Pour l’industrie, l’épuration ne s’adresse qu’aux eaux très chargées de sels de chaux et de magnésie, et consiste à enlever la plus grande partie de ces sels capables d’incruster les chaudières, de les mettre rapidement hors d’usage et de provoquer quelquefois de graves accidents.
- Pour l’hygiène, les sels calcaires et magnésiens contenus dans l’eau n’ont qu’une importance relative : les germes vivants et les matières organiques qui peuvent s’y rencontrer en suspension ou en dissolution jouent, au contraire, un rôle capital. On constate en effet, d’une façon générale, que dans n’importe quelle région géologique, quelle que soit la composition minérale de l’eau employée pour l’alimentation (eau très faiblement minéralisée ou au contraire très siliceuse, calcaire, séléniteuse, nitratée, magnésienne, etc.), si cette eau est pure, c’est-à-dire exempte de matières organiques et de germes suspects, la mortalité globale est de 12 à 22 pour 1000;
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- LA NATURE.
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- les dysenteries, les fièvres typhoïdes et autres n'y régnent pas à l’état endémique et n’y font également pas d’apparitions épidémiques; tandis que dans les régions géologiques identiques, là où l’eau est impure, la mortalité est de 25 à 56 pour 1000; les fièvres, les dysenteries y sont endémiques et les épidémies de toutes sortes y sévissent fréquemment.
- Le désir de boire des eaux limpides a conduit de tout temps les hommes à clarifier les eaux qui ne l’étaient pas naturellement; mais, depuis l’expansion des idées pasteuriennes, il a fallu reconnaître (pie clarifier de l'eau était un résultat illusoire si les micro-organismes suspects n’étaient pas de ce fait complètement éliminés, et qu’au point de vue de la santé une eau peut être dangereuse tout en étant limpide, et au contraire absolument inofVensive et même bienfaisante tout en étant trouble. C'est ainsi que certains filtres donnent des eaux claires, quoique renfermant plus de germes après filtration qu’avant, et qu’une eau limpide, après avoir été soumise à l’ébullition, peut être trouble bien que privée de germes.
- Depuis la vulgarisation scientifique des connaissances relatives à l’origine et à la transmission hydrique des maladies épidémiques,telles que la fièvre typhoïde, le choléra, la dysenterie, etc..., le public, entraîné par l’influence des publicités commerciales, a cherché dans des appareils spéciaux une sécurité sanitaire qu’il n’a souvent pas trouvée. On a attribué parfois la responsabilité de ces insuccès à l’incertitude de certains principes scientifiques de l’hygiène, malgré les conseils memes des hygiénistes engageant les habitants des régions alimentées par des eaux suspectes à stériliser leur eau par l’ébullition avant de la consommer et signalant, au contraire, comme absolument insuffisants et quelquefois dangereux entre les mains de tout le monde les appareils qui cherchent à arrêter derrière Une barrière à claire-voie, sans les tuer, les germes de l’eau, comme cela se passe dans les fdtres; il arrive fatalement un moment où la barrière est franchie, aussi bien par les microbes pathogènes que par les microbes inoffensifs, avec toutefois cette circonstance aggravante qu’une eau qui pouvait être primitivement peu et accidentellement contaminée, du fait de son passage dans l’appareil ensemencé, devient fortement et continuellement souillée et suspecte.
- 11 est évident que dans les laboratoires et entre les mains de bactériologistes ou de gens exceptionnellement instruits, vigilants et soigneux, la filtration effectuée avec certains appareils peut donner des résultats satisfaisants, mais pratiquement cela n’existe pas ; les germes traversent tous les filtres après quelque temps d’usage.
- On a essayé de rendre la fdtration plus efficace par différents procédés : les uns consistent à renouveler la surface filtrante avant que les germes ne la traversent ; les autres cherchent à tuer les germes par l’addition d’un produit chimique stérilisateur et à filtrer ensuite l’eau sur une substance poreuse capable de fixer entièrement ce produit; enfin,
- dans certains appareils, les germes sont tués par la chaleur et l’eau est ensuite clarifiée par une filtration grossière.
- Nous allons passer en revue les principaux appareils d’épuration domestique des eaux relativement récents.
- Filtration simple. — Nous ne parlerons pas de certains filtres qui se convertissent en quelques jours en foyers de putréfaction, ou de ceux qui ont fait parler d’eux d’une façon désastreuse lors de certaines épidémies, notamment celle de Cherbourg.
- Nous ne ferons que citer, à titre de mémoire, les anciens appareils de simple filtration représentés principalement par les bougies de porcelaine de M. Chamberland,laporcelained’amiante deM. Garros, la cellulose comprimée de M. Grand jean, l’aérifiltreà porcelaine d’amiante de Mallié, les agglomérés des résidus siliceux de diatomées constituant le filtre « silica » de M. Howatson, le filtre hongrois Dolphin à syénite : procédés qui tous, pendant un temps plus ou moins court, peuvent donner de bons résultats, mais qui, au bout de ce temps, sont susceptibles de donner une eau renfermant plus de germes après filtration qu'avant, à moins qu’ils soient soumis à une surveillance excessivement étroite, à des stérilisations très fréquentes et à un entretien des plus soigneux.
- Les appareils de nettoyage qu'on y a adjoints ne sont que des palliatifs tout à fait insuffisants et ont surtout comme résultat d’augmenter leur débit en évitant le colmatage trop rapide de l’élément filtrant. Ces filtres semblent avoir fait leur temps, bien que l’on se soit efforcé à établir, tout récemment, dans une communication faite à une société scientifique, qu’une eau polluée soumise à une grossière filtration industrielle était, au point de vue de la fièvre typhoïde, moins suspecte que des eaux des sources en général!
- Quoi qu’il en soit, certains de ces filtres pourront être encore avantageusement utilisés pour clarifier l’eau qui aura été stérilisée efficacement par un autre procédé.
- Systèmes à changement de l'élément filtrant. — Dans 1’ <‘ Eden-filtre » (fig. 1) de MM.Grandjean et Rrevet, la substance filtrante est constituée par la cellulose de papier, comprimée en feuillets et supportée par une lentille decharbon aggloméré (fig. 2,5). Les coquilles filtrantes se changent aussi souvent que possible, toutes les pièces de cet appareil, d’un aspect élégant, sont bien étudiées.
- Le « filtre pasteurisant » de MM. Dame, Pottevin et Piat a beaucoup d’analogies avec le précédent. L’élément filtrant se compose de plaques de cellulose, vendues stérilisées sous enveloppe, dont le pouvoir stérilisateur est calculé pour un minimum de neuf jours, après lesquels on doit les mettre hors d’usage (fig. T).
- Le principe de se débarrasser périodiquement des germes accumulés de l’autre coté du filtre et du filtre lui-même est excellent et constitue un progrès.
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- Néanmoins,, le reproche que l'on peut adresser à ces appareils c’est dé contaminer la partie où se rend immédiatement l’eau filtrée, après avoir traversé
- Fig. 1 et 2. — Éden-Filtrr. — Fig. 1. A, entrée de l'eau. — II, écrou Fixant l’élément iiltrant. — C, robinet servant à prendre l'eau non liltrée et à chasser les germes retenus dans le réservoir. — Fig. 2. (En cartouche), détail de l’élément Iiltrant; lentille de charbon, coquilles de papier comprimé.
- l’élément Iiltrant, pendant les opérations du changement des plaques, et d’employer comme substance filtrante une matière organique.
- Le « filtre au saprodapt » (fig. 5) de M.Tillieux
- Fig. 5. — Éden-Filtre à pression (vue en coupe).
- A, entrée de l’eau. — B, sortie de l’eau liltrée.
- a comme élément filtrant un oxyde magnétique de 1er, analogue au « polarité », préconisé pour la filtration des eaux potables et des eaux d’égouts par M. Howatson. Ces oxydes magnétiques, d’après certains savants anglais, auraient la propriété de servir de générateur d’ozone brûlant la matière organique
- et tuant les germes? Le saprodapt pourrait être fréquemment revivifié par un courant d’air?
- Emploi de produits antiseptiques fixés par filtration. — Le « filtre chimique » de MM. J. Lapey-
- Fig. 4.— Filtre pasteurisant.— A, calolfe recevant l’eau à filtrer.
- — E, calotte recevant l’eau liltrée. — F, arrivée de l’eau à filtrer. — II, robinet servant : 1“ à chasser l’air contenu dans la calotte, À au moment de la mise en marche ; 2“ à puiser de l'eau non iiltrce pour les besoins courants autres que la boisson. — B et I), grilles en toile métallique, ces grilles portent chacune un bracelet de caoutchouc. — O, sortie de l’eau liltrée.
- — C, plaque filtrante imperméabilisée sur sa périphérie H.
- rère, E. Delsol et Fillard repose sur l’emploi d’une poudre au permanganate alumino-calcaire qu’on ajoute à l’eau (0,15 à 0,25 par litre) et rpii, d’après
- Fig. 5. — Filtre au saprodapt (vue en coupe). — A, prise d’air. — D, saprodapt. — E, couche de sable lin. — II, champignon-cloche. — K, robinet en grès. — M, eau filtrée. — O, eau à filtrer.
- l’auteur, M. Lapeyrère, oxyde la matière organique, précipite les matières argileuses, décarbonate les eaux calcaires. On filtre sur un tissu de molleton de laine réducteur (fig. 6) ou sur la tourbe épurée.
- , Dans le « filtre Lutècc » (fig. 7)deM.E. Trouette,
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- basé sur les données scientifiques de MM. Girard et Bordas, on additionne l’eau de permanganate de chaux et on filtre le liquide rouge violacé sur un bloc de bioxyde de manganèse. D’après les auteurs, ce filtre donne de bons résultats et l’excès du stérilisateur serait complètement retenu.
- Dans ces procédés à action chimique, le public.
- Fig. 6. — Filtre chimique.
- avec justes raisons, aura toujours une certaine appréhension à boire journellement un liquide dans lequel il aura versé lui-même un antiseptique, un « poison » pour les microbes : il admettra aisément que ce qui est toxique pour une cellule microbienne est également toxique pour les cellules humaines, et croira difficilement que du fait du passage de l’eau à travers un tissu, ou un bloc poreux, le produit chimique ajouté est totalement fixé ou détruit,
- Fig. 7. — Filtre Lutèce.
- ce qui, en vérité dans la pratique, est un fait très contestable.
- Néanmoins, dans certains cas, lorsqu’on s'adresse à des eaux extrêmement sales, telles que les eaux stagnantes des étangs et des marais, notamment dans les pays chauds, ces procédés donnent des résultats très appréciables et sont d’une grande utilité.
- Emploi de la chaleur. — De tous côtés, les hygiénistes recommandent de faire bouillir l’eau de boisson comme étant le moyen le plus sur de con-
- Fig. 8. — Stérilisateur américain de M. Lepage.
- sommer de l’eau exempte de microbes pathogènes. C’est aussi le procédé qui est le plus à la portée du public, car il ne nécessite aucun appareil spécial et n’est pas dispendieux
- Depuis plusieurs années, on a établi des appareils donnant en assez grande quantité de l’eau stérilisée par la chaleur sous pression, tels les appareils de MM. Rouart qui ont été les premiers de ce genre,
- Fig. 9. — Stérilisateur Lepage.
- ceux de MM. Geneste et Herscher, ceux de la Société de la Force motrice gratuite, ceux de MM. Vaillard et Desniaroux, et d’autres encore. Enfin tout récemment, vient de paraître en France le « stérilisateur américain de M. Lepage » (fig. 8) qui est le premier appareil domestique donnant pratiquement et rapidement, d’une façon continue, de l’eau ayant été portée à l’ébullition, complètement
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- refroidie et clarifiée à la sortie de l’appareil.
- L’eau impure et non stérilisée remplit le réservoir (lig. 9, A), alimenté soit par une conduite (B) branchée sur une canalisation d’eau, soit par un écoulement quelconque (tonneau, tourie, etc.). Le niveau de l’eau (XX) est maintenu constant dans ce réservoir, grâce à un flotteur. L’eau descendant par le tuyau (C) remplit le compartiment (I)), puis le petit bouilleur (F) jusqu’au niveau (XX) où elle s’arrête. Si 1 on approche de ce bouilleur une source de chaleur quelconque (G), bec de gaz ou lampe à pétrole, l'eau du bouilleur entre en ébullition et un mélange de vapeur et d’eau bouillante, montant par le tuvau (F), vient se déverser en (H), où l'eau arrive stérilisée. Celle-ci s'accumule dans le compartiment (1, J), pois dans le siphon (K) : quand le niveau s’est assez élevé [tour atteindre le sommet du siphon, l’eau sort par l’extrémité (L) ; on la recueille après filtration dans un récipient quelconque.
- Les recherchés chimiques et bactériologiques que j’ai effectuées sur cet appareil ont donné de bons résultats. Les eaux ensemencées avec le bacille tvphique, le bacille de la dysenterie, le bacille pyocyanique, ne renferment plus ces germes après leur passage dans le stérilisateur.
- C’est actuellement un sérieux progrès effectué dans la voie de l’épuration domestique des eaux de boisson ; néanmoins, l’appareil qui donnera entièrement satisfaction à l’universalité des hygiénistes sera celui qui, dans les ménages, permettra de recueillir rapidement une eau froide, limpide et absolument stérile, résultat qui ne pourra être obtenu qu’après avoir porté toutes les molécules de l’eau à la température de 150° pendant 10 minutes au moins. Mais ici le fonctionnement d’un appareil sous pression dans les ménages compliquera singulièrement le problème et rendra sans doute son emploi domestique improbable.
- Ces stérilisateurs absolus devront, au contraire, être recherchés pour la stérilisation de grandes masses d’eaux dans des postes spéciaux. D’ailleurs, les germes du choléra, de la fièvre typhoïde, de la dysenterie ne résistent pas à la température de l'ébullition de l’eau : par conséquent, cette opération réalisée dans ce genre de stérilisateur offre des garanties et une sécurité suffisantes.
- Dans un prochain article, nous passerons en revue les procédés d'épuration industrielle des eaux d’alimentation publique marquant quelques progrès.
- Edmond Bonjean.
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- L’ORIGINE DE L’INSTINCT DU COUCOU
- L’instinct qui porte la femelle du coucou à pondre ses œufs dans le nid d’antres oiseaux est assez singulier pour avoir de tout temps attiré l’attention. De nombreux travaux ont été publiés à ce sujet ; le plus récent est celui du professeur Leneeek, de Brünn (Verhandlungen des naturforschenden Vereins in Brünn 1900). Comme sa théorie est très ingénieuse, nous croyons intéressant d’en
- donner un aperçu. Rappelons les idées émises jusqu’à ce jour sur l’origine du parasitisme du coucou. D’après les uns, cet instinct tient à la grande voracité des jeunes qui ne permettrait pas à la mère de les élever tous elle-même. D’après d’autres, elle serait forcée de cacher ses œufs dans des nids étrangers pour empêcher le mâle de les dévorer. Enfin, on a émis l’hypothèse que la femelle du coucou se sert du nid d’autres oiseaux parce que sa ponte se fait à longs intervalles,.ce qui ne lui permettrait pas de couver tous ses œufs à la fois. Toutes ces théories pèchent par la base : en effet, la voracité des jeunes, la destruction occasionnelle des œufs par le mâle et les pontes espacées se rencontrent dans de nombreuses espèces d’oiseaux, sans que, pour cela, la femelle renonce à nidifier. Mais notre coucou indigène n’est pas seul à pondre dans des nids étrangers. En oiseau appartenant à un tout autre groupe ornithologique, le molothrus des deux Amériques, en fait tout autant. La plupart des espèces de ce genre se nourrissent exclusivement îles insectes qui sur les animaux sauvages. Ces oiseaux suivent dans leurs pérégrinations les grands troupeaux d’herbivores, chevaux ou bisons. On peut dès lors se demander si l’habitude de déposer leurs œufs dans les nids d’autrui ne provient pas de leur vie nomade elle-même, qui ne leur laisse pas le temps de nidifier. S’il en est ainsi, on peut penser que notre coucou indigène s’est, alimenté autrefois de la même façon. C’est ensuivant les troupeaux d’animaux, aujourd’hui éteints, qu’il a pris l’habitude de déposer ses œufs dans les nids d’autres oiseaux. Cet instinct, si favorable à son espèce, a persisté grâce à l’hérédité et bien que le coucou s’alimente aujourd’hui de toute autre façon. Ne voyons-nous pas le molothrus de l’Amérique du Nord, devenu granivore depuis l’extinction du bison, n’en continuer pas moins à pondre dans les nids étrangers ?
- D’autre part, le coucou présente un ensemble de caractères qui ne s’expliquent bien qu’en admettant qu’il cherchait autrefois sa proie dans la fourrure des grands herbivores. Ses pattes sont celles d’un grimpeur et devaient lui être d’une grande utilité pour se maintenir sur un animal en marche. Son bec, long et effilé, lui permettait d’extirper facilement les larves des diptères et les autres parasites ; sa longue queue lui servait à maintenir son équilibre. Ses mœurs ont aussi quelque chose d’étrange. Il ne quitte jamais la forêt, bien qu’il soit peu difficile dans le choix de sa nourriture et que sa taille et la puissance de son vol le mettent à l’abri des atteintes de la plupart de ses ennemis. Ne pourrait-il avoir pris cette habitude en suivant des troupeaux sauvages qui ne s’aventuraient pas volontiers en rase campagne ? Son cri ne servait-il pas à prévenir ses hôtes habituels de l’approche d’un ennemi ? Plusieurs oiseaux vivant en commensalisme avec d’autres animaux présentent ce trait de mœurs. La grande voracité du coucou peut être mise sur le compte de l’abondance dans laquelle il vivait au milieu des grands troupeaux préhistoriques. Actuellement il se nourrit surtout de chenilles et chaque coucou défend avec ardeur son cantonnement contre tous les oiseaux de même espèce qui pourraient être tentés de venir diminuer sa part de vivres.
- Il est assez difficile de déterminer quel pouvait être l’hôte primitif de notre coucou. Cependant si l’on compare son bec à celui d’autres oiseaux suiveurs de troupeaux, on voit qu’il semble destiné à fouiller une fourrure épaisse. D’autre part, ce que nous avons dit des mœurs du coucou montre que son hôte était un animal des
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- forets et non tles steppes. On pourrait dès lors penser au bison d’Europe, espèce aujourd’hui à peu près éteinte, au mammouth, ou au rhinocéros à fourrure, disparus dès l’époque préhistorique.
- Le coucou forme, avec douze autres genres, la petite famille des Cuculidés. Nous y trouvons tout d’abord l’indicateur, cet oiseau si remarquable qui montre à l’homme ou à l'ours le chemin des essaims sauvages. Lorsque les abeilles ont été dispersées et le miel recueilli, l’oiseau mange les larves et les nymphes restées dans les gâteaux. L’indicateur pond dans le nid d’autres oiseaux et M. Lene-cek pense qu’il a commencé également par être le compagnon habituel d’un hôte des bois, l’ours par exemple. Il le débarrassait de ses parasites et profitait de son goût pour le miel pour se repaître à loisir de larves et de nvmphes d’abeilles. LeCoccyste de l’Afrique et de l’Europe méridionale a absolument les mêmes mœurs que notre coucou. 11 confie ses œufs aux nids des corneilles, des pies et des geais. 11 en est de même de l’Endynamis de l’Inde ; mais cet oiseau, au lieu de se nourrir de chenilles et d’insectes, recherche les fruits charnus, tels que les figues ou les bananes. Le Chrysococcyx de l’Afrique et le Coccygus de l’Amérique pondent, en général, dans leur propre nid. Il est à remarquer que chez ce dernier les œufs sont pondus à de très grands intervalles, de sorte que les jeunes ont des âges très différents. On voit que cette particularité ne peut pas être l’origine de l’instinct de notre coucou.
- On ne connaît rien de précis sur les autres genres de Cuculidés, sauf pour le dernier, les Crotophaga. Les trois espèces de ce genre habitent l’Amérique du Sud, elles ont des pattes disposées pour grimper, une longue queue, et un bec robuste. Tous ces oiseaux chassent les parasites des herbivores. On les voit souvent perchés sur les chevaux ou les bœufs, dans le voisinage même du berger et occupés à extirper les larves de diptères, les poux et les acariens. Dans deux espèces, chaque couple construit un nid et v couve ses propres œufs. Dans la troisième, un certain nombre de femelles se réunissent pour construire un grand nid où toutes déposent leurs œufs. Les petits y sont nourris en commun. 11 semble que cet essai si curieux de communisme soit un expédient pour rendre plus faciles les soins à donner aux jeunes et pour permettre aux mères de rejoindre avec plus de liberté le troupeau.
- On voit combien l’étude de ces mœurs est captivante. En somme, un grand nombre de cuculidés ne pondent plus dans des nids étrangers, depuis qu’ils ne suivent plus les troupeaux. Mais, d’autre part, certains oiseaux appartenant à un groupe bien distinct présentent l’instinct du coucou. Cet instinct parait donc bien en relation avec les migrations que l’oiseau était forcé d’effectuer à la suite (les animaux dont la fourrure lui fournissait sa pâture. Dr L. Laloy.
- ORGANISATION MILITAIRE
- DES CHEMINS DE FER ANGLAIS
- Étant donnée l’importance qu’ont les moyens de transport, et surtout les chemins de fer, en matière militaire, toutes les nations ont une organisation préparée en cas d’envahissement de leur territoire, ou du moins en cas de menace d’envahissement, pour mobiliser rapidement leurs troupes en les réunissant par voie ferrée sur les points menacés. Les gouvernements se réservent le droit de requérir en pareil cas tous les services et la tota-
- lité du matériel fixe ou roulant des chemins de fer établis sur leur territoire.
- Naturellement la Grande-Bretagne ne fait pas exception à cette, règle, et il est assez intéressant de donner à ce sujet des détails généralement peu connus. Depuis 1805, l’Angleterre possède ce qu'on nomme officiellement « Engineer and Raihvay Volunteer Staff Corps », et ce qui signifie à peu près le Corps Volontaire d’Etat-major du Génie et des Chemins de fer. 11 comprend essentiellement tous les fonctionnaires supérieurs des compagnies. Ce corps a du reste été organisé à nouveau il y a quelque temps, mais il ne se réunit en session que rarement pendant la paix, dans un local qui lui est réservé dans les bâtiments du Ministère de la guerre. En cas de guerre ou de menace, les membres de ce corps tiennent une session permanente comme une subdivision du Conseil de guerre, et ils ont alors sous leur autorité tout le fonctionnement des voies ferrées, parce qu’ils sont effectivement considérés comme des officiers de l’armée ; mais ils ont, bien entendu, à se soumettre aux ordres supérieurs émanant du grand État-Major qui sait dans quel sens doivent être faits les transports militaires.
- Pour mieux faire comprendre cette organisation et montrer comment les lignes ferrées de la Grande-Bretagne peuvent suffire à une mobilisation de la plus grande importance, nous donnerons quelques détails sur une expérience théorique à laquelle on s’est livré il y a quelques années.
- Le commandant en chef avait lancé un avis que 150 000 hommes de troupes étrangères envahissaient la Grande-Bretagne après avoir débarqué entre Shoe.hu-rvness et Southend ; pour répondre à cet envahissement il fallait immédiatement donner l’ordre télégraphique à six corps d’armée comptant 130 000 hommes de se concentrer près de Chelmsford, et naturellement le transport par voie ferrée de ces corps était confié aux soins du Raihvay Staff Corps. Les indications données à celui-ci étaient volontairement très vagues, parce qu’on voulait voir comment il se tirerait de la difficulté : on lui disait seulement les points de stationnement des troupes, en ajoutant que trois des corps d’armée devaient arriver au plus tôt et que l’ensemble aurait à avoir atteint sa destination dans les 48 heures. Les chevaux seraient naturellement transportés en même temps que les hommes, et il fallait pourvoir à la nourriture de tous pendant le trajet.
- Pour ne point entraîner des dépenses considérables et ne point arrêter tout le trafic commercial, on se contenta de résoudre le problème sur le papier ; mais le Raihvay Staff Corps établit tous les graphiques de marche des trains, prépara tous les ordres nécessaires, en un mot fit toute la besogne d’écritures dans les moindres détails, et arriva à combiner l’envoi de 515 trains marchant à une allure moyenne et effective de 25 milles, qui auraient amené les 150 000 hommes au point voulu en 46 heures, un peu en avance sur le délai fixé. D. L.
- POINT DE FUSION DE L’OR
- Quel est le véritable point de fusion de l’or ? On a eu entre chimistes quelque peine à s’entendre à cet égard.
- En Allemagne, MM. Holborn et Dav ont repris récemment la question. Ils ont opéré sur 450 grammes d’or fondu dans des creusets en graphite, en porcelaine et en argile dans une atmosphère d’air, d’acide carbonique ou d’oxygène.
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- La température était mesurée à l’aide d’un thermocouple au moment de la fusion.
- Le résultat moyen a été trouvé de 10(55°,5. Précédemment >L\1. lleyeock et Aeville avaient obtenu 10fil°,7. On peut donc conclure que décidément l'or fond à très près de 1 Otm degrés centigrades.
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- LES ANIMAUX ET LE MOBILIER
- De tous temps, on a fait usage dans les maisons de tapis en peaux de bêtes diverses et on en a aussi tapissé les murs.
- On se sert encore de cornes de cerf, de buffle, de rhinocéros et autres comme portemanteaux et même, de pieds de chevreuil qu’on fixe au bout des cordons de sonnette. Enfin, les fourrures
- d’animaux sont amplement mises à contribution par nos élégantes pour en faire des objets de toilette : boas qui s’enroulent autour du cou, manchons, collets, manteaux et boléros ; même des toques sont faites en fourrures ; et les plumes d'oiseaux ne sont pas moins employées non seulement pour l'ornement des chapeaux, mais encore pour bien d’autres usages.
- Mais ce qui est nouveau, c'est l'emploi d'animaux, souvent les plus féroces, pour constituer do véritables meubles.
- Cet usage est, depuis quelque temps, 1res en faveur en Angleterre et il semble que ce soit le roi Édouard VH, alors qu'il n’était que prince de Galles, qui ait inventé cette mode, à la suite des voyages qu'il avait entrepris, notamment dans l'Inde, où il
- chassa, comme on sait, le tigre et nombre d’autres animaux sauvages.
- Les meubles ainsi formés ont certes un avantage incontestable : ils ne sont pas banals.
- On peut plaisanter les Anglais sur leurs goûts qui, quelquefois, sont loin d’émaner d’une pure esthétique; néanmoins on ne saurait leur refuser un certain humour, et les meubles animalisés sont réellement pourvus de cette qualité comme portant dans le mobilier une animation et une vie aussi amusante que possible.
- Parmi les meubles les plus remarquables qui ont été ainsi réalisés, nous citerons les suivants, qui ont été imaginés par le roi d’Angleterre et qui ornent les divers appartements de son palais de Marlborough llouse.
- Voici d’abord trois sièges. L’un est formé par une girafe, capturée il y a quelques années près de la rivière Kiboko, dans l’Est africain et dont la tête
- touche au plafond; le fauteuil auquel elle a donné naissance est particulièrement apprécié par la jeune princesse représentée par la figure. Le second siège est une petite chaise creusée dans l’intérieur d’un éléphant provenant de Ceylan. Enfin, le troisième est d’un terrible aspect quand on le voit par-derrière. Le dossier est, en effet, garni par un tigre qui semble prêt à s’élancer sur sa proie pour la déchirer. Il a été tué dans l’Inde alors qu’il était en train d’emporter une fillete de 10 ans; une halle l’atteignit dans sa course et il lâcha l’enfant pour aller mourir à quelques pas plus loin.
- Dans le fumoir du roi se trouve un ours gigantesque de Russie qui, debout sur ses pattes de derrière et la gueule ouverte, tient un plateau sur lequel se trouvent des^ verres et une bouteille de Porto.
- Malgré son air terrible, cet animal est donc plein d’amabilité ; ainsi se trouve réalisée une de ces
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- antithèses dans lesquelles se complaît l'esprit anglo-saxon.
- Un singe est transformé en candélabre, chacune de ses mains tenant une bougie allumée.
- Un cygne, dont le cou se replie gracieusement, a été changé en lampe à pétrole. 11 est fixé sur une glace ; de telle sorte qu’il semble se mouvoir sur la surface d’une eau tranquille.
- Par ailleurs, nous trouvons un pied d’éléphant, qui n’est autre chose qu’une cave à liqueurs et un presse-papier formé à l’aide du bec puissant d’un albatros d’Australie.
- Mais l’objet le mieux réussi est sans conteste un écran de cheminée en lequel s'est transformé un superbe paon de la presqu'île de Malacca. L’animal est représenté faisant la roue et le feu qui émane
- de ses vives couleurs n'est point éclipsé par la Ranime du foyer.
- 11 y a encore dans la demeure royale bien d’autres spécimens empruntés aux animaux, en particulier aux perroquets, dont le plumage éclatant se prête à des combinaisons toujours agréables à l’œil. Beaucoup de sièges sont établis sur de véritables pieds d’animaux. Enfin des supports sont réalisés par des serpents qui s’élèvent de terre en des replis hélicoïdaux.
- Tels sont les principaux objets de mobilier qui ont été fabriqués à l’aide de la dépouille des animaux.
- Ces meubles sont d'un style assez difficile à définir ; à proprement parler, ils en sont dépourvus, à moins qu’on ne dise d’eux qu’ils appartiennent au
- Fig. i. — La lampe-cygne.
- Fie. 5. — Le singe-candélabre.
- style de la nature. Cependant, tels qu'ils sont, ils ont une originalité particulière comme étant le produit d’une certaine ingéniosité. Peut-être, en somme, ne sont-ils pas inférieurs à ceux que l’on fabrique aujourd’hui sous le nom anglais de Modem Style.
- v L. G Kim.
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- LES MALADIES DES ORANGES
- Les oranges et les citrons sont sujets à des maladies qui les attaquent souvent durant leur transport, et qui causent de grandes pertes aux marchands, en même temps que des mécomptes fort désagréables aux aclie-leurs; ces maladies sont dues à des champignons, à des fongus, (pie l’on voit se manifester nettement par des taches sur la peau du fruit mais quand l’œuvre du champignon, sur la chair même de l’orange ou du citron, est déjà commencée. Actuellement les Américains, pour leurs récoltes de Californie qu’ils envoient dans le reste de la Confédération par wagons complets le plus généra-
- lement, recourent à la réfrigération pour lutter contre ces maladies : mais les wagons frigorifiques coûtent cher autant comme installation première que comme entretien de la basse température en cours de route, et la dépense en oscille entre 400 et 450 francs par wagon.
- Or, un journal spécial de Californie, le Southern California Fruit Growers Exchange, annonce la découverte d’une nouvelle méthode pour empêcher le développement des fongus. Avant d’expédier les oranges, on les soumet à une fumigation avec certains gaz que l’inventeur tient secrets. Voici deux ans que des essais sur une grande échelle sont faits avec cette méthode, et ils paraissent donner les meilleurs résultats : dès le mois île juillet 1X99 des expéditions avaient été faites de Los Angeles, le centre de la culture fruitière, à Kansas dans le Missouri, au moyen de deux wagons, l’un frigorifique, l’autre ne contenant que des fruits qui avaient été soumis aux fumigations dont il s’agit ; et alors que le déchet sur les oranges simplement refroidies était de 2 pour 100, il n’atteignait que 1,80 pour 100 pour les oranges fumigées. Cette différence était d’aulauï plus sensible que le
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- LA NATUKE.
- coût de la seconde opération est autrement plus faible (pie celui de la première.
- Bien qu’on ne possède pas encore la méthode entière, il est évidemment intéressant de signaler la voie où l’on s’est engagé et l’effet qu’elle produit, étant donné le commerce prodigieux d’oranges qui se fait maintenant en Europe et en particulier en France. Nous devons dire «pie, pour les citrons, les fumigations en question ne détruisent qu’un des deux fongus qui s’attaquent à ces fruits. P. de M.
- LES NAYIRES LES PLUS RAPIDES
- On sait que l’on exprime la vitesse des bateaux en nœuds, c’est-à-dire par le nombre de milles marins parcourus en une heure ; le mille marin vaut 1852 mètres.
- Les cuirassés n’eurent pendant longtemps qu’une vitesse d’une dizaine de nœuds. En 1880, les Italiens leur firent accomplir un brusque saut avec leur Lepanto et leur ltnlia qui filèrent 18 nœuds. Et, depuis cette époque, on ne voit que les cuirassés anglais de la classe du Formidable qui accusent 10 nœuds. La marine italienne se propose cependant avec des navires, tels que le Benedetto Brin, actuellement en construction, de réaliser 21 nœuds. La France, depuis 1805, s’en tient à 18 nœuds comme vitesse uniforme de ses cuirassés.
- Les croiseurs, ayant pour but de capturer les navires de commerce, doivent, tout en ayant un fort tonnage, possédée une grande vitesse. Les premiers, construits par l’Amérique, connue le Columbia et le Minneapolis, donnèrent 25 nœuds aux essais; mais, dans la pratique, ne dépassèrent guère 18 et demi ; c’est la vitesse qu’ils fournirent notamment dans leur traversée de l’Atlantique au retour de la revue navale de Kiel. La palme appartient sans contredit, aujourd’hui, aux croiseurs de la marine française, tels que le Guiclien et le Chateaure-nault dont les puissantes machines de 25400 chevaux permettent d’atteindre 25 nœuds et demi. Les croiseurs de la classe du Drake, que construit l’Angleterre en ce moment, auront beaucoup de peine à réaliser 25 nœuds.
- En ce qui concerne les torpilleurs, la lutte est engagée entre l’Angleterre et l’Allemagne. En 1892, le record était détenu par un torpilleur sortant des chantiers de Schichau qui filait plus de 27 nœuds. Mais, en 1897, parut le Turbinia, torpilleur anglais, qui, mù par une turbine, atteignit 52,8 nœuds. Les Allemands reprirent le dessus, l’année suivante, avec les torpilleurs destinés à la campagne de Chine. ; ces bateaux de 280 tonnes réalisaient 55,2 nœuds. Enfin les Anglais ont, depuis l’an dernier, l’avantage avec le contre-torpilleur Viper, construit à Newcasle-sur-Tyne, qui fournit 54,7 nœuds et le Cobra d’Elswick qui en donne 55,9. Ces bateaux, de 550 tonneaux, ont 64 mètres de longueur ; leurs machines ont 11 000 chevaux de force et actionnent quatre turbines ; ils ont huit hélices montées sur quatre arbres.
- Enfin viennent les paquebots, dont le plus remarquable, au point de vue de la vitesse, est le Dentschland, de la compagnie Hambourg-Amérique. Ce navire a parcouru, en septembre dernier, le trajet de New-York à l’Iymouth, trajet qui comporte 2952 milles marins, en cinq jours, sept heures et trente-huit minutes ; cela donne pour vitesse 25,50 nœuds ou 45 kilomètres à l’heure.
- Il résulte de ce que nous venons d’énumérer que l’avantage est actuellement obtenu, au point de vue de la vitesse, par l’Italie pour les cuirassés, par la France pour les croiseurs, par l’Angleterre pour les torpilleurs qt par l’Allemagne pour les paquebots, I),..
- Le danger des plombs fusibles de chaudières.
- — Il n’y a rien de plus dangereux qu’un appareil de sécurité qu’on croit automatique et qui ne fonctionne point : on se fie à sa présence pour exercer une surveillance moins étroite, et un accident se produit. S’il faut en croire M. Wilson, ce serait tout à fait le cas pour les plombs fusibles des chaudières. On connaît leur rôle et leur disposition ordinaire : ces rondelles, faites d’étain, de ploml) et de bismuth, qui sont insérées dans la paroi de la chaudière, se trouvent normalement au-dessous du niveau de l’eau et elles sont par conséquent maintenues à une température relativement basse ; si l’eau baisse, il n’y a plus de contact qui empêche leur élévation de température, elles fondent et fonctionnent alors comme une vraie soupape de sûreté, la vapeur éteignant partiellement les feux. Mais il ne faut point se lier à cette coiflbinaison, en ce sens que souvent elle manque à fonctionner, par suite de la modification qui se produit dans l’alliage comme conséquence de sa longue exposition à la chaleur, et aussi de la crasse qui se dépose plus ou moins rapidement sur la rondelle fusible et dans la cavité où elle est disposée. M. Wilson, qui a été longtemps inspecteur des appareils à vapeur, a constaté également que parfois la rondelle, tout en fondant, ne joue pas son rôle de soupape de sûreté, parce que, (levant le trou que sa fusion découvre, il se trouve une véritable muraille d’incrustations qui forme tampon et arrête la sortie de la vapeur. Il y a donc bien des précautions à prendre en la matière, et la principale serait de renouveler le fusible tous les trois ou quatre mois pour ne point donner le temps aux modifications de se produire dans sa substance constituante.
- La composition du mortier romain. — En
- présence de la solidité vraiment stupétiante deS constructions romaines qui ont résisté à toutes les intempéries, durant des milliers de siècles et sans entretien aucun, il est toujours intéressant d’étudier la composition de leurs matériaux de construction, mortier, ciment, béton, etc... Le journal spécial anglais Builder a publié récemment l’analyse d’un mortier romain provenant de constructions dernièrement mises au jour à Londres. Un en prit des échantillons qui contenaient mi certain nombre de cailloux de rivière atteignant parfois des dimensions de 5 centimètres sur 57 à 58 millimètres, et on les écrasa avant, de les analyser. D’après l’apparence du sable et des cailloux, il fut aisé de conclure qu’on employait du sable de rivière non tamisé ; lactiaux et le sal.de avaient du reste été bien mélangés, car on ne trouvait pour ainsi dire aucune trace dans le mortier de ces masses isolées de chaux ou de carbonate de chaux qui sont caractéristiques d’un mélange mal fait. L’analyse permit de constater que le mortier était composé de 66 pour 100 de sable, de 15 de chaux, de. 7 de bioxyde de carbone, de 4 de matières terreuses et de 5 d’eau combinée avec des matières organiques, enfin de silice, d’oxyde de 1er, d’alumine, de magnésie et de trioxyde de soufre. Au point de vue chimique, ce mortier est bon parce que, en volume, la proportion de la chaux au sable est de 1 à 2. La quantité de silice soluble dans l’hydrate de sodium est élevée, mais la proportion d’argile et de matières organiques est faible. 11 est probable que tous ces mortiers devaient principalement leur qualité au soin avec lequel ils étaient préparés.
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- LA NATURE.
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- L’huile et les qualités isolantes du mica. —
- Un sait l’emploi constant que l’on fait du mica, sous tonne de composés variés, comme isolant dans les installations électriques; on peut dire, sans exagération, qu’il est devenu le principal isolant dans toutes les machines à haute tension et on le considère comme la meilleure substance qu’on puisse employer pour cet objet ; on le prépare du reste sous des formes multiples pour répondre aux divers besoins des fabricants de machines et d’appareillages électriques. D’autre part, nos lecteurs ne doivent point ignorer que, depuis 1890 surtout, on a recours à l’huile comme isolant dans les machines électriques fixes et principalement pour les transformateurs. On comprend que dans ces conditions, il doit arriver souvent que l’huile vienne en contact du mica, et, se préoccupant de cette possibilité, M. T.-O. Moloney l’a étudiée et annonce dans Electrical Review que la présence de l’huile sur le mica réduit les propriétés isolantes de cette substance dans des proportions prodigieuses ; il peut se faire en pareil cas que le mica ne résiste plus à la moitié du potentiel auquel il aurait résisté victorieusement sans cela. M. Moloney prit, par exemple, une plaque de mica indien de la meilleure qualité qu’il plaça entre deux surfaces planes et qui supporta sans fracture l’épreuve d’isolement sous un courant alternatif de 1 bOOO volts. On coupa ensuite ce courant, puis la surface du mica fut légèrement enduite d’huile de paraffine et placée à nouveau entre les deux mêmes plaques : il suffisait dès lors d’un courant de 9000 volts pour la percer. 11 a fait un essai analogue à des voltages plus bas sur une autre feuille de mica : elle résistait à 8000 volts quand elle était à l’état sec, et huilée elle cédait sous un courant de 4000 volts. L’auteur a du reste constaté à peu près les mêmes résultats avec l’huile de lin ou l’huile de graissage ordinaire qu’avec l’huile de paraffine, et d’ailleurs la diminution de résistance est identique, que le mica soit simplement enduit d’huile ou qu’il y baigne entièrement. L’observation a une importance sur laquelle il n’est guère besoin que nous insistions, étant données les dépenses inutiles et considérables qu’entraîne le moindre défaut d’isolement.
- In nouveau lubrifiant. — Nous avons eu l’occasion d’attirer l’attention sur les avantages que présente le graphite comme lubrifiant ; l’administration des chemins de fer bavarois l’emploie dans des conditions un peu particulières assez intéressantes à noter. 11 sert à graisser les locomotives sous la forme d’un produit solide vendu comme spécialité sous le nom do (/raphiol, et qui est composé de graphite pur pulvérisé, mélangé de 5 pour lût) d’huile épaisse; il ne se décompose point aux plus hautes températures atteintes pratiquement et il ne perd aucune de ses qualités. De plus, l'emploi en est économique : en effet, grâce à lui, les frais de graissage ne s’élèvent qu’à 0,r,0074 par kilomètre et locomotive, alors que la dépense correspondante est de ütr,105 avec l’huile ordinaire.
- Les arbres fruitiers et les abeilles. — Il n’est plus à démontrer que beaucoup d’insectes, et notamment les abeilles, jouent un rôle précieux dans la fécondation de maintes fleurs et particulièrement des arbres fruitiers, ür, il se peut, comme vient de le faire remarquer le professeur Lindemann, l’entomologiste de Moscou, que dans un jardin il se trouve, auprès de fruitiers, d’autres arbres que les insectes préféreront; il l’a constaté pendant plusieurs années pour un verger où se rencontraient des sureaux et des pruniers putiets (ou P. padus). Les inflorescences de ces arbustes étaient couvertes d’abeilles,
- de bourdons, etc., et cela aux dépens des arbres fruitiers, dont l’abondante floraison ne donnait aucun fruit. 11 faut donc supprimer jalousement d’un verger tous les arbres et arbustes qui peuvent ainsi faire concurrence aux fruitiers au point de vue des bienfaisantes visites des insectes.
- Un laminoir monstre. — Il ne s’agit pas d’un laminoir à blindages, comme on est obligé d’en posséder dans tous les pays pour répondre aux besoins militaires, mais d’un laminoir à tôles. Il vient d’étre installé dans l’usine de llomestead, appartenant aux Aciéries Carnegie, et il permet de fabriquer des tôles ayant jusqu’à lm,2() de largeur, 5 centimètres d’épaisseur (ce qui ne paraîtra avoir rien de surprenant) et près de 4(i mètres de long. La production de ce laminoir peut atteindre 570 tonnés de tôle par journée.
- Le papier de bois américain en France. —
- Après les locomotives, et aussi bien d’autres produits que nous envoient les industriels yankees, voici le papier de bois qui nous arrive d’Amérique. Jusqu’à présent le grand producteur de pulpe et de papier de bois pour les industries européennes a été la Suède, grâce à ses magnifiques forêts; mais, depuis quelques mois, ce pays lui-mème reçoit des papiers des Etats-Unis, papiers faits avec de la pulpe de pin et dont le prix est très bas malgré la bonne qualité. A l'heure actuelle la Confédération exporte pour [dus de 50 millions de francs de ces papiers.
- Les fils d’aluminium pour les transmissions électriques. — Etant donnés le bon marché actuel et surtout la légèreté des fds d’aluminium, on essaye de les employer pour les transmissions électriques, et toutes les expériences qui se poursuivent dans cette voie sont utiles à signaler. On vient d’installer une ligne de ce genre en Californie, à ce que nous dit le Street Railway Journal ; elle n’est pas longue de moins de 09 kilomètres, le diamètre du fil employé est de 7,5 millimètres, et le poids par kilomètre ressort seulement à 118 kg. Malheureusement, l’aluminium entraîne des sujétions de pose assez considérables.
- Une usine hydro-électrique arrêtée par les feuilles. — Cet accident ou cet incident bizarre s’est produit assez récemment à la magnifique installation de Rhcinfelden, que tous nos lecteurs connaissent certainement de nom. Après une période assez prolongée de sécheresse, brusquement le fameux vent des montagnes, le Foehn, apporta des torrents d’eau, avant même que le service hydrométrique eût pu signaler le fait et que des précautions eussent été prises à l’usine. Ce vrai déluge entraînait naturellement une masse énorme de branches, de bois mort et surtout de feuilles, qui vinrent former un feutrage à peu près complètement étanche, bouchant les grillages disposés devant les tîtnaux d’amenée des turbines et destinés effectivement à arrêter les corps flottants. Le niveau de l’eau monta en conséquence de ‘2 mètres. Il fallut comme de juste arrêter les turbines en abaissant les portes de prise d’eau, et cela durant plusieurs heures, jusqu’à complet nettoyage des grillages.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- En raison des fêtes de la Pentecôte, et par suite des nécessités de notre tirage, nous sommes obligés de renvoyer au prochain numéro notre Compte rendu hebdomadaire.
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- LES PIPES MINUSCULES DE GOUDA
- La modo est aujourd’hui, plus que jamais, aux objets de petites dimensions. Un peut citer les timbres-poste qui font rage parmi les collectionneurs et dont quelques-uns, d’une rareté extrême, atteignent plusieurs milliers de francs, prix inconnus pour les .grandes estampes. Il y a aussi les breloques qui, abandonnées depuis 1850, sont revenues en faveur dans ces derniers temps et dont les femmes chargent leurs sautoirs, ressuscitant ainsi les anciens charivaris de leurs grand’mères. Les objets de vitrine de Chine et du Japon, les ivoires, les jades, les petites porcelaines et laques, etc., partagent aussi cette faveur générale. S’il semble que les anciens peuples civilisés aient eu la manie des œuvres grandioses, comme en témoignent les Pyramides et les constructions de Ainive et de Rahylone, il est non moins évident que les peuples d’aujourd’hui donnent la préférence à ce qui est petit.
- Autrefois, c’était la mégalomanie; mais aujourd’hui nous en sommes à la micromanie. Les Chinois n’aiment plus (pie les petites choses et il semble bien que nous suivions docilement leur exemple.
- Cette loi de l’esprit humain trouve son application chez les Hollandais comme ailleurs, aussi n’y a-t-il pas lieu de s’étonner de voir sortir des mains de ce peuple industrieux le petit produit dont nous allons dire quelques mots.
- A Couda, petite ville située sur la ligne du chemin de fer qui réunit Utreeht à Rotterdam, se trouve la célèbre fabrique de pipes de Jan Prince et Cie.
- Lorsque des personnages de marque viennent visiter cette fabrique, il est dans l’usage de leur offrir des pipes minuscules qui servent à montrer, en même temps que l’habileté des ouvriers, la qualité supérieure de la terre servant à la fabrication.
- Il est certain qu’il faut une terre jouissant d'une linesse réellement supérieure pour pouvoir établir un tuyau ayant un millimètre et demi de diamètre extérieur et moins d’un millimètre de diamètre intérieur. Et les ouvriers trou vent encore le moyen d’enjoliver de gracieux sujets et d'ornements fourneaux et tuyaux
- tout comme s'il s'agissait de pipes ayant des dimensions ordinaires.
- Les pipes minuscules de Couda, que nous avons sous les yeux, sont de trois espèces appartenant aux divers genres de terre dont il a été fait usage ; elles sont en terre noire, rouge ou blanche.
- Elles ont toutes les mêmes formes et les mêmes dimensions. Le tuyau a cinq centimètres de longueur, un millimètre et demi de diamètre extérieur et trois quarts de millimètre de diamètre intérieur. Le fourneau est haut de dix millimètres ; son plus gros diamètre extérieur est de six millimètres et son diamètre intérieur est de quatre.
- Le poids total de la pipe est de un demi-gramme. La quantité de tabac qui peut être bourré dans la pipe atteint seulement quelques milligrammes, ce qui est «à peine suffisant pour une faible bouffée de fumée.
- On sait (pie les Chinois fument ce qu’ils appellent des pipes instantanées dont la fin arrive à la suite de la deuxième ou de la troisième aspiration. Les pipes de Couda leur semble -raient donc tout à fait insuffisantes. A fortiori, en serait-il de même des Roers qui ont toujours la pipe à la bouche, même quand ils font le coup de fusil ; ces vaillants défenseurs de leur indépendance en seraient donc réduits à la dure nécessité de renier les produits de leurs pays d’origine.
- Le tuyau de ces petites pipes est orné d'arabesques des deux côtés et sur la presque totalité de sa longueur. Quant au fourneau, il reçoit également des deux côtés une ornementation spéciale qui consiste en un cadre ovale, formé de petites perles, au milieu duquel se trouvent des sujets variables ; ce sont des Heurs, un enfant qui saute à la corde ou encore le buste de la jeune reine de Hollande. Ces petits objets sont, en somme, d’une fragilité extrême ; il serait dangereux de les manier souvent et il vaut mieux, pour plus de sûreté, les laisser reposer dans leur boîte, entre deux couches de coton. Reiaesey.
- Le (\évaut : 1>. Masson.
- Paris. — Imprimerie La il ici;, rue de Fleuras, 9.
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- N° 14(53. — 8 JUIN 1901.
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- EXCAVATEUR EN FOUILLE
- DE LA SOCIÉTÉ A.-F. SMULDEItS
- Dans un article récent nous avons décrit un terrassier à vapeur qui permettait de creuser en peu de temps des tranchées d’importantes dimensions. Mais cet appareil ne fonctionne pas d’une manière continue. L’excavateur que nous allons décrire et qui a été construit par la lirmc A.-F. Smulders de Rotterdam permet, au contraire, de creuser d’une façon continue. Celui que représente la ligure est le douzième d’une série commandée par le gouvernement néerlandais et est destiné aux travaux d’irriga-
- tion de la vallée du Solo, dans l’île de Java. Bien que cet appareil ait été construit pour travailler en fouille, il suffit de le munir d’une petite élinde pour qu'il puisse être utilisé pour décaper une cuvette ayant au minimum 11 mètres de largeur et une hauteur de 4m,50. Dans ce cas, chacune de ses passes aura 4,n,80 de profondeur.
- Cet excavateur comprend tout d’ahord un châssis, très résistant formé de deux longerons reliés à leurs extrémités par deux fortes traverses de [dus faibles dimensions. Cette charpente métallique, d’une grande solidité, constitue la plale-lormc de l’engin et est recouverte d’un parquet en tôle de fer striée, d’une longueur de 9m,45 et dont la largeur est portée à
- Vue d'ensemble d’un excavateur en fouille Smulders.
- 2m,90 au moyen de consoles en 1er étiré adaptées sur les cotés de la plate-forme. L’ensemble du châssis repose sur quatre essieux dont trois sont munis de o roues pouvant se déplacer sur o rails parallèles. Le quatrième essieu, disposé au-dessous de la charpente principale, comporte 2 roues ordinaires et en outre 2 petites roues de support reposant sur le troisième rail, ce qui permet d’augmenter la stabilité de l’excavateur tout en diminuant la charge sur les paliers et, d’autre part, de diminuer le contrepoids placé dans un caisson disposé du côté opposé à l’élinde. Enfin, le châssis porte à ses extrémités avant et arrière des appareils de traction et des butoirs.
- Sur le châssis sont montés d’une part la charpente principale supportant l’excavateur proprement dit, d’autre part quatre machines à vapeur distinctes 20" anniV. — 2" semestre.
- dont l'une actionne la chaîne des godets, une autre produit l’avancement sur les rails, la troisième commande les tambours servant au chargement des wagons et enfin la quatrième sert au fonctionnement de l’élinde. Ces quatre machines sont alimentées au moyen d'une chaudière à vapeur, disposée également sur le châssis, de l’autre côté de la charpente principale.
- Afin d’éviter les accidents qui pourraient se produire dans le cas où les godets rencontrent des pierres trop grosses pour leur contenance ou viennent buter contre des parties trop dures et qu’ils ne pourraient entamer, la transmission de la machine principale au tourteau supérieur se fait non par engrenages, mais au moyen de courroies. l)e la sorte si les godets se trouvent en présence d’une résistance qu’ils
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- LA NATURE.
- sont impuissants à vaincre, les courroies glissent et aucune avarie n’est à redouter ni aux godets ni à leur chaîne. Les trains à charger sont amenés au moyen d& tambours de halage disposés sur le châssis de façon qu’ils ne puissent être endommagés par les wagons.
- Deux rouleaux montés sur ressort et placés sous l’élinde, à la partie inférieure de la chaîne des godets qui s’appuie contre eux, augmentent le poids de celle-ci et, par suite, diminuent les secousses et obligent les godets à mordre dans les terrains résistants qu’ils rencontrent.
- Les godets, armés de grilles en acier forgé qui aident à désagréger les parties dures des terrains à creuser, ont une capacité de 180 décimètres cubes. Dans ces conditions, en admettant une vitesse moyenne permettant le passage de 25 à o() godets par minute sur le tourteau supérieur, l'excavateur Smulders permet d’obtenir un rendement de MO mètres cubes environ par heure.
- D’ailleurs on pouvait voir, à l’Exposition de 1900, une de ces belles machines qui figurait dans le Palais du génie civil et des moyens de transport.
- Georges Cave.
- LES VARIATIONS DE LA TAILLE
- Tous les journaux quotidiens ont dernièrement enregistré la demande faite aux Chambres par le Ministre de la Guerre, de l’abandon du minimum de taille exigé des futurs soldats, minimum actuellement fixé, comme chacun sait, à lm,54.
- A s’en rapporter uniquement à cette requête imprévue, on pourrait croire qu’en notre pays la taille moyenne tendrait à s’atténuer, et l’on pourrait, par suite, être tenté d’admettre, en s’en tenant uniquement aux apparences, que la vigueur de la race se trouve en voie de dégénérescence.
- Aussi bien, n’est-ce pas d’aujourd’hui que semblables observations pessimistes ont été laites. Ainsi, par exemple, il y a quelques années, certain savant, le l)r J. Donath (de Budapest), jetait le cri d’alarme, annonçant que dans l’Europe entière, sauf en Suisse, et peut-être en Russie, les documents faisant défaut pour ce dernier pays, la taille humaine était en décroissance, à preuve que lors de l’examen des recrues les chirurgiens militaires se trouvaient dans la nécessité d’éliminer pour leur petitesse une proportion de conscrits plus grande que jadis.
- Naturellement, de ses remarques, M. Donath concluait qu’il soufflait couramment sur nos générations actuelles un vent de dégénérescence et que la déchéance physiologique attendait sans retard nos races épuisées, "à moins qu’une transformation heureuse survenant rapidement ne vint rendre à nos organismes sans ressort leurs vigueurs anciennes.
- Mais, quelle créance convient-il d’accorder à de telles assertions, et, jusqu’à quel point celles-ci se trouvent-elles être exactes?
- En dépit des dires du savant hongrois, il ne semble point que nulle part en Europe on ait à s’alarmer de ce chef. Bien loirt de décroître communément, sauf de fort rares exceptions, c’est, en effet, plutôt une tendance inverse que l’on pourrait noter. Telle est, en effet, l’opinion qu’exprimait naguère, dans les Mémoires de la Société
- d’anthropologie de Paris, M. Carlier qui mentionnait en particulier que dans les « Pays-Bas, on constate un rapide accroissement de la taille moyenne depuis 18fifi, tandis que les petites tailles diminuent ».
- En somme, bien que la taille humaine soit un élément capable de subir, tout comme un autre, certaines influences, certaines variations en plus ou en moins, il ne paraît point, cependant, qu’elle ait jamais beaucoup subi de modifications, ni surtout diminué en de grandes limites.
- D’après un paléontologiste habile, M. Bahon, à qui l’on doit de remarquables recherches sur la « taille préhistorique », les squelettes attribués aux plus anciens représentants de l’humanité ont appartenu à des individus de grandeur tout au plus moyenne, sinon petite, et en tout cas fort voisine de celle des hommes d’aujourd’hui. Il s’en suit donc de cette remarque que la tendance générale, en ce qui concerne la stature, est surtout en faveur de son accroissement. Et c’est là, au reste, une chose toute naturelle.
- Parmi les causes susceptibles de faire varier la taille, la plus active peut-être, est l’augmentation du bien-être. A maintes reprises, au surplus, cette influence a été constatée et elle est si bien admise aujourd’hui que M. Carlier n’a point hésité à affirmer que le relèvement de stature des habitants des Pays-Bas ne reconnaissait pas d’autre motif qu’une amélioration des conditions de la vie, amélioration résultant de l’abolition de l’impôt sur la mouture, du développement du commerce et surtout des conquêtes sur l’impaludisme. « Les provinces qui ont le plus de terrains marécageux et improductifs, dit-il, sont celles qui présentent le plus grand nombre de conscrits de petite taille. »
- De même, à l’exemple de M. Carlieç, M. Collignon, et, après lui, M. Zaborowski, ont constaté que la création d’une ligne de chemin de fer dans un pays avait pour résultat direct un accroissement de la taille moyenne de ses habitants en même temps qu’une augmentation de leur bien-être. De même encore, M. Bertillon a remarqué que les individus exerçant les professions pénibles étaient presque toujours plus petits que ceux consacrés aux professions libérales, et de même aussi, M. le Dr Manouvrier, dans une étude sur la « taille des Parisiens », a noté que la taille moyenne des conscrits est de façon constante1 et régulière sensiblement plus élevée dans les arrondissements riches que dans les arrondissements pauvres.
- D’une façon générale, en somme, chaque fois qu’il y a état quelconque de souffrance, de misère plus ou moins caractérisée, on remarque bien vite une tendance au rapetissement des individus qui, du reste, reprennent avec une semblable rapidité leurs dimensions normales aussitôt que les circonstances ambiantes deviennent meilleures.
- Ce sont là, au surplus, des faits bien connus des éleveurs qui savent tous que par une alimentation convenable, en particulier, on peut aussi bien exciter qu’arrêter la croissance des sujets.
- Ainsi, alors que l’absorption de décoctions de céréales, dont Hippocrate connaissait déjà les vertus, favorise le développement de la taille, celle de l’alcool produit un effet contraire, si bien que pour obtenir des (( toutous » minuscules, les marchands de chiens sont en usage d’additionner d’eau-de-vie la pâtée de leurs pensionnaires. Mais, ce qui est vrai pour les animaux l’étant aussi, dans l’espèce en cause, pour l’homme, on voit quelle fâcheuse influence peut avoir l’alcool. Les petits verres empêchent les hommes
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- grands. En somme, de ces multiples constatations que nous venons de noter ressort donc cette conclusion qu’il n’y a point lieu de se préoccuper de la diminution de la taille en notre pays. Celle-ci, en effet, évolue naturellement entre certaines limites, et, pour la raison que le bien-être tend avec les progrès de la civilisation à se généraliser, tend aussi à s’améliorer.
- Ce qu’il importe, par exemple, c’est d’empêcher que les causes susceptibles de provoquer son abaissement, soit la misère, la mauvaise hygiène et surtout l’alcoolisme, ne viennent fâcheusement s’opposer à ces heureux effets.
- Georges Yitoux.
- LE CANON A TIR RAPIDE DE 4792
- Un document, récemment mis au jour, est venu démontrer que les canons à tir rapide actuels ne constituent pas une invention moderne. D’après ce document, un capitaine des canonniers volontaires de la garde nationale de Paris, du nom de Henry, aurait fait subir, en 1792, à la pièce de 4 de campagne une transformation telle qu’elle devenait susceptible de tirer 50 coups à la minute. On sait qu’on peut atteindre 24 coups dans le même laps de temps avec la pièce actuelle de 75 de campagne. Il n’y a donc pas à le contester: les artilleurs de 1900 n’ont pas encore dépassé, sous le rapport de la rapidité du tir, les canonniers de 1792.
- Le document auquel nous faisons allusion n’est autre chose qu’un procès-verbal d’expériences exécutées à la butte Montmartre, au pied des moulins, comme il est dit, par-devant des commissaires qu’avait désignés le corps municipal. Il ressort des termes dudit procès-verbal, en date du 7 juillet 1792, que le capitaine Henry tira 25 coups en l’espace de 52 secondes, en dépit de certaines anicroches qui se produisirent. Aussi les commissaires crurent-ils être autorisés à fixer la vitesse obtenue à 50 coups à la minute.
- Oucl était le procédé mis en œuvre par l’inventeur pour obtenir un résultat aussi remarquable ? 11 employait le système de chargement par la culasse et cette dernière était ouverte ou fermée à l’aide d’une vis ayant le diamètre intérieur du canon. Une plaque, fixée à l’avant delà vis, et laissant un vide entre'elle et cette dernière, faisait l’office d’obturateur. Mais cette disposition n’avait rien de particulièrement remarquable ; dès l’apparition de l’artillerie, au quinzième siècle, on chargea les canons par la culasse et on employa la fermeture à vis ou celle à coin.
- Ce qui est des plus curieux, par exemple, dans l’invention du capitaine Henry, est le procédé qu’il employait pour la mise à feu. En avant du bloc de fermeture de la culasse, se trouvait un boulon rougi au feu, (pii, lors de la fermeture, venait en contact avec la gargousse et l’enflammait. De la sorte, il n’y avait pas de temps perdu et le coup partait aussitôt que la culasse était fermée. Ce boulon, vraisemblablement, ne devait pas se refroidir en raison du contact répété qu’il avait avec les gaz incandescents de la poudre.
- Mais, dira-t-on, était-ce un moyen réellement pratique qu’un tel système de mise de feu? L’emploi d’un boulon rougi, introduit dans le canon, n’était-il pas susceptible de produire des accidents par suite d’un coup partant prématurément? Oui, certes, répondrons-nous. Mais le procédé pouvait quand même être mis en usage. Ne tirait-on pas depuis Louis XIV des boulets rouges à bord des vaisseaux et dans les batteries de siège et de côte ? Il n’y avait pas plus d’inconvénient à redouter en introdui-
- sant dans le canon un corps rougi au feu à l’arrière de la gargousse qu’à l’avant de cette dernière, moins peut-être. Or, les boulets rouges étaient parfaitement pratiques et Napoléon ne cessa de les recommander pour combattre les vaisseaux anglais qui s’empressaient de toujours prendre le large lorsque les batteries de côte leur envoyaient des projectiles de cette espèce.
- L’epoque de la Révolution est, du reste, remarquable par les inventions de l’ordre militaire qui v virent le jour. Sans parler de la question bien connue des ballons, on peut signaler celle des projectiles creux qui "furent l’objet d’expériences longues et répétées, sur l’initiative et sous le contrôle du Comité de Salut public.
- La Marine reçut la première de tels projectiles et la flotte française en fit usage au combat naval d’Aboukir. Malheureusement, on se pressa peut-être trop de les mettre en service, avant qu’ils eussent été suffisamment perfectionnés. Il semble qu’ils furent plus nuisibles qu’utiles. Les incendies qui se déclarèrent dans ce combat, à plusieurs reprises, sur le vaisseau YOrienl et qui entraînèrent sa perte ont peut-être été dus à la manipulation des fusées, comme il parait résulter de diverses déclarations de témoins oculaires.
- L‘-colonel Delaeney.
- LE TEF D’ABYSSINIE
- Le tef d’Abyssinie (poa abyssinien) est une graminée qui a l’apparence d’un fin gazon et produit de très petites graines à odeur légèrement aromatique. On en compté environ 5000 dans 1 gramme. D’après Sagot (Manuel des cultures tropicales, le tef d’Abyssinie croîtrait plutôt dans les montagnes élevées et sur les hauts plateaux que dans la plaine. Les Abyssins apprécient beaucoup les graines avec lesquelles ils font le taviela, espèce de galette de luxe. Le produit analysé, provenant de l’Exposition de 1900, sa rapproche du seigle par sa composition chimique :
- Eau.................................. 9«r,20
- Matières azotées................... -8*r,5tî
- — grasses..................... lgr,H5
- — amylacées...................75*r,49
- Cellulose............................ J*r,90
- Cendres.............................. 5,r,20
- 100 »
- Poids moyen de 1000 grains. . . ügr,541
- Il ne serait donc pas superflu de se préoccuper du tef d’Abyssinie. Balla.nd.
- LA GERMINATION DANS L’EAU DISTILLÉE
- Les expériences, dont nous donnons les résultats aujourd’hui, ont été exécutées l’hiver dernier ; elles avaient même fait l’ohjet d’une note présentée à l’Académie des sciences, quand nous avons eu connaissance de l’article intéressant que M. Victor de Elèves a consacré ici même1 à l’exposé des expériences exécutées par M. Henri Coupin sur le sujet que nous avions abordé. Il pouvait sembler inutile d’y revenir ; on a cru cependant qu’il était bon de montrer une lois de plus l’extrême sensibilité que présentent non seulement les algues, ainsi que l’a
- 1 Yoy. n° 1395, du 17 février 1900, p. 190.
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- établi Nœgeli, et il y a déjà plusieurs années, mais aussi les plantes supérieures, à la présence dans l’eau
- de traces impondérables de cuivre. Nos expériences appuient complètement celles de M. Henri Coupin.
- Il semble qu'une graine doive renfermer dans ses cotylédons tous les éléments nécessaires au développement de son embryon, et que pourvu qu’on la maintienne humide, à une douce température dans une atmosphère oxygénée, elle doive accomplir normalement son évolution.
- Ce n’est pas cependant ce qui arrive toujours, et quand après avoir fait goniler des graines de lupins blancs ou de blé dans l’eau distillée, on choisit quelques individus vigoureux, qui commencent à former leurs radicelles et leurs jeunes tiges, et qu’on les introduit dans des entonnoirs coupés, puis qu’on fasse plonger la racine dans l’eau distillée, on constate souvent un arrêt complet de développement.
- Lorsqu’on remplit les tubes, non plus d’eau distillée, mais d’eau légèrement calcaire, les racines se développent normalement. Un physiologiste autrichien, J. Boehm, à qui on doit les premières observations sur le sujet, avait cru pouvoir en conclure (lue la chaux est nécessaire à l’évolution des graines en germination.
- Plusieurs expériences exécutées il y a une vingtaine d’années nous avaient bien montré que l’opinion de Boehm était trop absolue, mais sans nous permettre de comprendre la cause des échecs maintes fois constatés des essais de germination dans l’eau distillée.
- Celle que nous employons au laboratoire de physiologie du Muséum est préparée à l’aide d’un appareil continu, et bien que les réactifs habituellement employés n’y montrassent la présence d’aucune matière nuisible, l’un de nous (M. Demoussy) pensa qu’elle renfermait peut-être quelque élément nuisible; il la soumit à une nouvelle distillation dans un appareil de verre, en recueillant séparément le premier et le second tiers de l’eau condensée et conservant le derniers tiers sans le distiller ; on remplit avec ces trois liquides des tubes et on y enracina des lupins blancs.
- La photographie n° 2 indique les résultats obte- '
- EAU DISTILLEE
- nus ; elle montre avec la dernière évidence que les lupins blancs forment d’excellentes racines, se développent normalement dans les deux premiers tiers de l’eau distillée, tandis qu’il y a arrêt complet de développement dans le dernier tiers.
- Visiblement l’eau distillée renferme un principe nocif qui est resté condensé dans la partie qui n’a pas été distillée de nouveau, et bien que les réactifs fussent impuissants à déceler la présence d’aucun métal, comme on sait que certains métaux exercent une action nocive sur la végétation, on plaça dans des vases du plomb, de l’argent, de l’étain et du cuivre, puis on remplit ces vases d’eau distillée pure ; après quelques jours, ces différentes eaux furent introduites dans des tubes1 et on y enracina des lupins.
- La photographie n° o indique les effets constatés ; dans l’eau qui a séjourné sur l’argent, le plomb, l’étain,les lupins y évoluent normalement, ils forment d’aussi bonnes racines que dans l’eau distillée pure ; dans l’eau de cuivre, il y a au contraire arrêt complet de développement.
- Cette eau cuivreuse est également toxique pour les lupins jaunes et pour le blé et encore plusieurs autres plantes ; la photographie n° 1 représente les racines de blé qui ont vécu dans l’eau distillée pure, dans l’eau distillée ordinaire, puis successivement dans l’eau cuivreuse non étendue ou diluée par des doses croissantes d’eau distillée pure ; même quand le mélange ne renferme qu’un vingtième d’eau cuivreuse, les racines ne croissent plus.
- Le cuivre est donc très vénéneux pour les végétaux
- 1 II a fallu liltrer l’eau de plomb «jui s’était troublée.
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- et, ou oITet, en concentrant le résidu de la distil- fini par déceler des traces correspondantes de 1 à lation de notre eau distillée ordinaire, nous avons 2 dix-millionièmes de cuivre par litre d’eau distillée.
- Fig. 2. — Les tubes placés à gauche ont été remplis avec les deux premiers tiers de l’eau distillée dans du verre. — Les trois tubes placés à droite ont été remplis avec de l’eau restant dans le ballon, n’ayant pas subi de nouvelle distillation.
- Ces traces, toxiques pour une plante isolée, ne le sont plus quand elles se partagent entre un plus grand nombre d’individus ; nous avons au laboratoire une trentaine de lupins enracinés ensemble dans une cuvette où leurs racines plongent dans l’eau distillée ordinaire, cuivreuse par consé-quent, ils y vivent; ils ont meme purifié l’eau, car en remplissant avec l’eau de cette cuvette des tubes, on a vu des lupins blancs y développer leurs racines.
- On sait depuis longtemps que les sels de cuivre sont très toxiques pour les végétaux inférieurs. De là la préparation des bouillies cupriques employées pour combattre le mildiou et le black-root de la vigne, le peronospora des pommes
- de terre, les dissolutions de sulfate de cuivre utilisées pour mettre le blé à l’abri de la carie ; les traces
- de métal qui se fixent sur les téguments extérieurs ne nuisent pas, car les racines du blé s’enfoncent dans des terres où le calcaire précipite rapidement le cuivre qui pourrait passer des téguments aux racines.
- La toxicité du cuivre pour les algues est prodigieuse . Nœgeli élève des Spyro-gira, il les met dans de l’eau où il a déposé une pièce d’or, les algues périssent, elles vivent au contraire dans l’eau où séjourne de l’or pur. La très petite quantité de cuivre arraché par l’eau à l’alliage monétaire a non seulement suffi à tuer les spyrogira, mais elle a de plus empoisonné
- Fig 3 — Les tubes à gauche renferment de Feau distillée pure dans laquelle ont séjourné : de l’argent, du plomb ou de l’étain. — Les tubes de droite ont reçu de l'eau cuivreuse.
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- le vase lui-même : on enlève la pièce d'or, toute l’eau, on rince avec de l’eau pure, et on remplit ce vase d’eau également pure, puis on introduit des spiro-gira; l’algue languit et finit par mourir. 11 faut laver le vase à l’acide pour qu’il puisse servir de nouveau.
- Les plantes en germination et surtout les végétaux inférieurs sont donc des réactifs infiniment plus sensibles que ceux que nous employons habituellement dans les laboratoires et dévoilent la présence de traces de cuivre que nos méthodes usuelles ne nous permettent [tas de déceler.
- U.-P. Rehérain, E. Remoussy,
- Membre de l’Institut. Assistant au Muséum d’Histoire naturelle.
- EMPLOI DES COQUILLES D’ŒUFS
- DANS l’aLIMENTATIOX DU BÉTAIL
- En chiffres ronds on estime à 5 milliards la consommation annuelle des œufs en France, représentant une valeur d’environ 250 millions de francs. Nous en importons pour près de 10 millions de francs et la valeur de nos exportations oscille entre 16 et 20 millions de francs. À Paris seulement on consomme tous les ans environ deux millions et demi d’œufs.
- Indépendamment de leurs usages alimentaires, d’ailleurs excessivement nombreux et variés, les œufs sont encore employés dans l’industrie. La préparation de l’albumine, à elle seule, consomme chaque année en France près de 40 millions de blancs d’œufs et les jaunes sont utilisés par la mégisserie pour l’apprèt des peaux.
- Les coquilles, ou écailles d’œufs sont perdues la plupart du temps ; or, la coquille, pour un œuf du poids de 50 grammes, représente environ 10 grammes; aussi, rien qu’à Paris, peut-on estimer à o 500 000 kg la quantité de coquilles d’œufs jetés aux ordures ménagères.
- On a préconisé l’emploi des coquilles d’œufs pour l’amendement et la fertilisation des terres. Cette utilisation n’est guère réalisable en pratique, en raison des grandes quantités d’écailles qu’il faudrait réunir.
- On a conseillé aussi de faire entrer les coquilles d’œufs, réduites en poudre, dans la nourriture des jeunes animaux de la ferme : veaux, poulains, agneaux, gorets; étant donnée la terieur élevée de ces résidus, en carbonate et en phosphate de chaux, c’est là une excellente destination. Voyons d’abord la composition des coquilles d’œufs.
- Pne analyse déjà quelque peu ancienne, de Vauquelin,
- l’indique : . ’
- Carbonate de chaux............................ 89,6
- Phosphate de chaux............................ 5,7
- Matière animale............................... 4,7
- 100,0
- Une autre analyse que nous avons faite récemment au laboratoire de l’école d’agriculture de Grand-Jouan, avec l’aide de M. Videau-Perrière, nous a donné les chiffres suivants :
- Eau............................... 0,92
- f Carbonate de calcium............. 91,88
- Matière t Carbonate de magnésium. . . . 1,75
- minérale. \ Phosphate de calcium et de ma-
- ( gnésium........................... 1,15
- Mat. organique . Matière animale..................... 4,10
- Perte et matières non dosées. . 0,20
- 100,00
- Distribuées aux jeunes animaux, les coquilles d’œufs
- aident beaucoup à la formation de la charpente osseuse. On pourra nous objecter qu’avec le phosphate de chaux on peut arriver au même résultat, ce à quoi nous répondrons que la composition chimique des écailles d’œufs nous paraît beaucoup mieux équilibrée ! Tout d’abord, ici c’est le carbonate calcique qui domine, le phosphate ne s’y trouve qu’en petite quantité, ce qui est, à notre avis, une circonstance favorable, car ingéré à fortes doses, le phosphate de chaux peut amener des troubles du côté des reins. Enfin dans les écail'es d’œufs, la matière minérale est unie à une substance organique, qui par sa présence rend les sels plus assimilables et plus digestibles.
- Cette coquille n’est donc pas une véritable et exclusive matière minérale; elle est poreuse, traversée par de petits canaux permettant à l’air de pénétrer dans l’œuf, en un mot, elle est facilement digérée ; car, nous voyons les poules elles-mêmes, guidées par leur instinct, la rechercher avec avidité. Frappés des avantages qui peuvent résulter de l’emploi qui précède des écailles d’œufs, quelques agriculteurs des environs des grands centres, notamment de la banlieue parisienne, en distribuent depuis quelques années d’assez grandes quantités à leurs élèves, ce qui, soit dit en passant, a eu pour résultat de faire éclore (c’est bien le cas de le dire) une , nouvelle industrie pittoresque de la rue, petite industrie de la plèbe : celle des « ramasseurs de coquilles d’œufs » qui fournissent les coquilles moyennant quelques sous.
- Or, l’emploi de coquilles ainsi ramassées sur les tas d’ordures, peut présenter, et présente, de sérieux dangers, ainsi qu’on va pouvoir s’en convaincre.
- Mais tout d’abord, nous rappellerons en un mot que la coquille de l’œuf est en contact immédiat avec une membrane intérieure très fine ; quel que soit le soin apporté par les cuisinières et les pâtissiers à retirer tout le contenu de l’œuf, il reste toujours contre cette, membrane une partie visqueuse de blanc d’œuf, qui est très putrescible, dégage bientôt des gaz fétides principalement "de l’hydrogène sulfuré et du sulfhydrate d’ammoniaque, et donne asile à de nombreux microbes, dont quelques-uns sont notoirement pathogènes, ainsi que l’a montré M. Mac-Clintock.
- Une autre source de danger viendrait des œufs gâtés ou pourris, jetés, on aime à le croire, parmi les coquilles.
- Enfin, les coquilles d’œufs souillées par des malpropretés quelconques et notamment des excréments de poules donnent naissance, en fermentant, à des microbes infectieux, dont la propagation est activée par le concours de l’humidité.
- Les coquilles ainsi souillées ne manquent pas d’ajouter des micro-organismes dangereux parmi celles où elles auront été jetées. De tout ce qui précède, il résulte qu’en distribuant aux jeunes animaux un tel mélange d’œufs pourris et de pourriture d’œufs, on doit s’attendre à des résultats déplorables.
- Par conséquent et comme conclusion, nous dirons, que dans les campagnes, à la ferme, les coquilles d’œufs consommés sur place, distribuées au bétail immédiatement après l’emploi du contenu, sont recommandables; mais en ce qui concerne les coquilles d’œufs que l’on pourrait recueillir dans les villes, leur emploi présente véritablement trop de dangers pour la santé du bétail, aussi ne saurait-il être conseillé.
- Albert Larbalétrier.
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- L’EXPLOITATION DU NICKEL
- AU CANADA
- C’est en 1887 seulement que l’extraction régulière du minerai de nickel canadien a commencé, et déjà le Canada fournit à peu près 40 pour 100 de la consommation du monde entier, le reste étant extrait des mines rès riches de la Nouvelle-Calédonie. Aujourd’hui, on exploite au Canada une douzaine de mines, fournissant 700 tonnes de minerai par jour. La richesse du minerai n’est guère que de 5 pour 100, c’est-à-dire bien inférieure à celle du minerai calédonien. Mais on en retire aussi une quantité à peu près égale de cuivre, avec du soufre et du fer en abondance.
- Le traitement du minerai est commencé au Canada, qui envoie ses mattes, enrichies sept fois environ à New-Jersey, pour être complètement réduites en métaux purs. L’obtention des mattes a lieu par un procédé très simple. On étend sur le sol une couche de bois de trois décimètres environ, sur laquelle on dispose le minerai sur une épaisseur de 2 à 5 mètres ; on allume le bois, qui, à son tour, provoque la combustion du soufre, laquelle dure de six à douze semaines. Le tout est alors jeté dans un fourneau, au fond duquel se déposent les mattes, tandis que la scorie surnage et coule par un trop-plein. Le résidu contient alors près de 40 pour 100 de nickel.
- Une des principales compagnies du Canada construit en ce moment, à Saut Sainte-Marie, une usine dans laquelle le minerai sera traité par un procédé électrique qui permettra de récupérer les sous-produits ; elle fabriquera de l’acide sulfurique, et annonce qu’elle livrera directement un alliage de fer et de nickel, contenant du carbone, et qui sera très avantageux pour la fabrication des aciers au nickel.
- _ ^ A -_
- ÉTUDE GÉOLOGIQUE
- EN AUSTRALIE OCCIDENTALE
- La géologie du centre et de l’est Australien est aujourd’hui bien connue, car les savants peuvent y pénétrer assez facilement depuis quelques années, pendant que la partie occidentale de la grande Ile restait inexplorée par suite de son climat redoutable, du manque d’eau, de l’absence de gibier et de végétaux comestibles. Dans ces dernières années, cependant, de hardis « prospecteurs » ' eurent le courage de tracer quelques itinéraires dans l’intérieur, grâce auxquels ils découvrirent à la surface même du sol des placers d’or de très grande richesse ; ils furent aussitôt suivis par une foule avide et des filons aurifères réguliers furent ensuite mis à jour : l’importance des découvertes devint telle que le gouvernement de la colonie prit sur lui d’établir des relais pourvus d’eau douce, de vivres et, enfin, des lignes de chemins de fer.
- Mon fils, Pascal Garnier, explorateur du Transvaal et de la Nouvelle-Zélande, put pénétrer en 1897 au cœur même [de l’ancien « Désert Victoria » des cartes ; il passa trois mois à étudier les terrains aurifères, revint à Paris, d’où nous repartîmes ensemble au mois de février 1898 pour examiner à nouveau la structure géologique de la contrée. Cette étude m’intéressait d’autant^plus que, lors de
- mes premiers voyages en Australie en 1865, et pendant mon séjour de trois années à la Nouvelle-Calédonie, je m’étais surtout occupé .à rechercher les liens géologiques qui pouvaient exister entre les diverses terres de l’Australasie.
- Nous débarquâmes à Albany, au S.-O. de l’Australie, où je n’avais trouvé en 1865 qu’un misérable campement de forçats anglais, c’était l’embryon de la petite ville actuelle qui borde une faible partie de l’immense port d’Albany ; les montagnes tombent en pentes raides sur le rivage de la mer, elles ont l’aspect caractéristique des côtes de cette partie de l’Australie, c’est-à-dire qu’elles sont formées de roches de grès dont les éléments, très blancs, se dispersent, s’étalent en nappes plus ou moins grandes semblables, de loin, à de la neige fraîchement tombée. D’énormes blocs de grès, plus résistants, souvent superposés, aux contours capricieux, dessinent de curieux reliefs le long des pentes et nous donnons une vue de ces masses sur lesquelles de jeunes passagers s'ébattent joyeusement (fig. 4). Les sables très tins, dérivés de ces grès, sont sur ces rives australiennes un véritable fléau ; le vent, les pluies les entraînent peu à peu vers la mer où ils obstruent à la longue les ports, après avoir comblé les vallées, les cours d’eau : l’humidité des bords de la mer finit par en fixer une bonne partie sous la forme de collines. L’origine primitive de ces sables n’est autre que le produit de la décomposition des roches anciennes de l’intérieur. Souvent le long des rivages les grès se stratifient avec des schistes et des couches puissantes de lignites, qui viennent confirmer que la contrée présentait autrefois des reliefs, des fleuves,, des végétaux disparus aujourd’hui pour laisser place à ces immenses plaines nues et inhabitables pour l’homme, à moins d’artifices que les mines d’or permettront de s’offrir pendant un temps plus ou moins long.
- I)’Albany jusqu'à Perth, au nord, nous avions à parcourir une distance de 550 kilomètres environ à peu près parallèlement à la côte et à 100 kilomètres d’elle en moyenne. En quittant Albany on atteint bientôt l’altitude invariable de 250 à 500 mètres, malgré que des vallées à parois brusques et de grosses masses de granit surgissant du sol feraient croire à des reliefs plus importants ; sauf de rares cultures de blé, de vignes, de fruits, qui bordent la route, d’immenses espaces couverts de forêts assez denses, attendent la hache du colon qui voudra s’installer. La zone d’environ 150 kilomètres de largeur, que nous suivions, sépare des eaux de l’océan les déserts de l’intérieur où nous allons pénétrer. Nous atteignons ainsi la rivière du Cygne, le seul cours d’eau notable depuis Albany et qui roule avec lenteur, au milieu des sables, les rares eaux d’un immense bassin. A l’embouchure même du fleuve est le port de Fremautle, à quelques kilomètres en aval de la ville de « Perth », capitale de la colonie.
- Nous donnons une vue de Fremautle, le port le plus voisin des mines d’or et le meilleur de la côte depuis Albany ; ce port n’est tenable pour les grands
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- navires que depuis que l'on a terminé une longue jetée, que montre la ligure a.
- Pour arriver dans le centre des mines d'or, nous
- Fig. 1. — Chercheurs d’or en route.
- avions à parcourir environ 600 kilomètres vers l’est: après avoir rapidement traversé la zone littorale, arrosée par des pluies régulières, relativement fertile et boisée, nous sommes sur le plateau désertique, à 500 mètres de hauteur, où la végétation est pourtant beaucoup plus active que nous ne l’aurions pensé : les arbres s’espacent souvent comme dans un parc, les essences sont assez variées, mais les sujets rabougris, presque sans feuilles, partout sans ombre, et d’un effet généralement lamentable. L’aspect de la ville de Coolgardie (fig. 2), qui fut le centre de nos études, est d’une désolante tristesse : de la poussière rouge et pénétrante, pas un brin d’herbe, du soleil ardent et un vent impétueux : nous donnons une vue de cette ville du désert où, pour circuler dans les solitudes avoisinantes, il faut s’outiller comme l'indique la figure 1.
- Le sous-sol de l’immense plateau Australien est surtout formé de granits dans lesquels s’intercalent de très longues bandes parallèles de roches dioriti-ques et amphiboliques orientées du nord-nord-ouest au sud-sud-est : outre l’amphibole et le feldspath, ces dernières roches contiennent souvent de l’or en grains microscopiques, à raison de 2 à 5 grammes à la tonne de roche. Les granits eux-mêmes, dans lesquels s’enclavent ces diorites, ont souvent l’or comme élément, au même titre, semble-t-il, que le quartz, le mica et le feldspath. Quant aux zones dio-ritiques elles présentent des concentrations métallifères ayant la même direction, le même pendage à peu près vertical que les zones elles-mêmes. C’est là <pie se rencontre avec abondance l’or natif, les pyrites, les tellurures, le fer oxydulé, la galène, le chromate de plomb et le tungstate de chaux : ces deux derniers minéraux nous ont été signalés par
- l’ingénieur français J.-B. Charra, qui les a découverts à Vetter (Bardoc) : c’est avec les tellurures que l’or est le plus abondant, car la variété de tellurure noire pure contient jusqu’à 21 pour 100 d’or et la variété jaune jusqu’à 42 pour 100. Ces zones d'enrichissement aurifère sont d’une richesse telle parfois qu’aucune région du globe ne peut jusqu’ici leur être comparée ; pourtant l’or n’y est généralement pas visible à l’œil nu et le seul guide est alors l’essai chimique ; toutefois un indice de la richesse en or de ces zones, c’est leur pseudoschistosité et nous avons cru pouvoir attribuer cette apparence physique à un effet de liquation due à leur plus grande densité par rapport à la masse des diorites, alors que l’ensemble était encore pâteux.
- Tout nous a paru indiquer que cet ensemble de granits, de bandes dioritiques, avec ou sans concentrations aurifères, a une origine commune, mais qu’il y a eu, pendant la solidification générale, coordination des éléments divers, suivant leurs affinités chimiques : en tout cas, la couleur verte des diorites, due au protoxyde de fer, la présence accidentelle dans leur masse de nids de graphite, l’abondance des pyrites, forment un ensemble magnéti-polaire qui expliquerait la régularité de direction voisine du nord-sud de ces bandes. La dénudation superficielle a été poussée ici à peu près à son extrême limite, les montagnes rasées, les anciennes vallées comblées ; les éléments les plus résistants des roches disparues s’étalent à la surface du plateau actuel en une couche parfois très épaisse de sables et conglomérats siliceux, que recouvrent d’innombrables fragments de quartz, des hydrates de fer en masses de toute grosseur, et enfin l’ôr natif. Ce métal, généralement en particules invisibles à' l’œil nu, dans les roches anciennes, a facilement
- Fig. 2. — Ville de Coolgardie.
- subi l’action dissolvante des eaux très minéralisées qui, après les pluies, circulent ici à la surface pendant quelques heures, puis dans les profondeurs de ce sol perméable ; c’est dans ces profondeurs aussi que l’or se reprécipitait, sous l’action des matières organiques entraînées, des racines d’arbres morts, racines qu’on a trouvées s’enfonçant jusqu’à 100 mètres de profondeur ; cet or précipité atteint souvent des dimensions de pépites, quand il a pu lentement s’isoler de sa solution dans quelque poche des alluvions.
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- La solution aurifère, quand elle est très acide, I celle-ci est très basique; les feldspaths, par exem-penètre encore la roche ancienne elle-même quand | pie, sont dissociés, leur quartz seul reste plus ou
- Fig. 5. — Port de Fremautle.
- moins amorphe et les vides créés par cette dissocia- précipité : on a dans ce cas des enrichissements tion peuvent servir de réceptacle à du nouvel or énormes en or au travers d’une masse de roches
- Fig. 4. — Blocs de grès à Albany.
- friables, innomahles, mais qui en profondeur repren- I le granif. Ce fut le cas de tous les affleurements si dront peu à peu leur nature primitive ; la diorite et | riches des filons célèbres de « Great Boulder, Lake
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- Yew, Haunau’s Brown Hill », etc., qui fourniront des niasses de roches d’une teneur incroyable d’or à la tonne.
- Nous avons pu constater encore un fait curieux dans les roches fondamentales de cette contrée, c’est que les eaux pénètrent à la longue dans les roches compactes de granit et de diorite, surtout dans les parties pyriteuses ou feldspathiques ; elles y cheminent peu à peu à la faveur de la décomposition et de la dissolution des éléments basiques des cristaux de ces .substances, formant à la longue de véritables cours d’eau souterrains, comparables à des filons en mouvement, parfois parallèles, se réunissant, se ramifiant, changeant d’inclinaison autour de la verticale, mais se caractérisant toujours par la structure nettement schisteuse qu’ils donnent à la roche compacte primitive : cette transformation en schistes nous donna la clé de l’origine de certains schistes serpentineux passant en profondeur à la serpentine compacte, qui m’avait tant intrigué autrefois h la Nouvelle-Calédonie, aussi bien que celle de granits devenant schistoïdes sous la même influence que j’avais observée dans d’autres contrées : mais ici ces actions dissolvantes et méta-morphisantes des eaux salines sont très faciles à constater vu l’absence de tout cours d’eau superficiel; comme corollaire, on constate qu’avec la profondeur le degré de salure augmente et le volume de l’eau diminue. Jules Garnier.
- PRÈS DU MONT-BLANC
- LF. CLIMAT DE BONNEVILLE ET DES ENVIRONS
- Considérations topographiques. — Il est incontestable que l’orientation, l’altitude, les montagnes voisines et les cours d’eau ont une influence sur le climat d’une région.
- Aussi allons-nous esquisser rapidement la situation topographique de Bonneville, non loin du Mont-Blanc. Cette sous-préfecture se trouve dans la vallée de l’Arve, au milieu d’une sorte de plaine assez vaste, régulière, s’étendant de l’est à l’ouest, de la gorge resserrée de Cluses jusqu’aux flancs orientaux du Salève. L’altitude moyenne de ces parages est de 449 mètres; les pressions barométriques varient de 697m'° à 742mml. Le massif imposant, pittoresque et ensoleillé du Môle (1869 mètres) abrite Bonneville des vents du nord et leur influence s’y fait très rarement sentir. Les régimes de vents dominants dans cette partie de la vallée de l’Arve oscillent entre S. AV. et AV. Au sud, au sud-est et au sud-ouest se trouvent des massifs de rochers : le Bargy, Brison, le pic d’An-dev (1879 mètres) et Sur Cou (pression normale : 720mm).
- L’ombre du sommet d’Andey s’étend dans la plaine durant plusieurs jours d’hiver : en effet, à certaines heures de cette saison froide, le Soleil, pour un observateur placé à Bonneville, passe derrière le pic désigné ci-dessus; ajoutons que ce pic est le point culminant du massif méridional qui horde la vallée de l’Arve.
- Entre Andey et Sur Cou (1761 mètres) s’ouvre l’étroite et pittoresque vallée du Borne, affluent de l’Arve (rive gauche). Les sites que l’on peut y admirer n’ont rien à
- 1 Pression minima : 697mm,5, le 23 janvier 1897; pression maxima : 741mm,5. le 30 janvier 1896.
- envier aux paysages similaires suisses. C’est une fort belle station d’air pur et un centre d’excursions.
- A l’est de Bonneville, à Marignier, sur la rive droite de l’Arve, coule le torrent du Giffre.
- 11 est intéressant, pour les touristes, de signaler ici l’excellent état des routes et des chemins qui rayonnent autour de Bonneville, la pureté de l’air de ces contrées et le grand nombre de promenades, d’excursions et d’ascensions que l’on peut faire dans lesdites régions. En somme, la situation topographique et climatérique de cette partie du Faucigny est des meilleures : nous pouvons l’affirmer après plus de dix années consécutives d’observations diverses.
- On a constaté que les pays qui forment le littoral de la mer, et surtout les îles, ont un climat uniforme. Mais à mesure que l’on s’enfonce plus profondément dans l’intérieur des terres, la différence entre la température moyenne de l’hiver et de l’été s’accuse de plus en plus ; le climat est qualifié d’excessif. En outre, la région qui nous occupe ici est classée parmi celles qui jouissent du climat rhodanien, climat variable et à orages fréquents. Cependant, comme on pourra s’en convaincre par les tableaux ci-joints, le climat de Bonneville n’a rien d’excessif. Le lecteur peut voir, dans le tableau des phénomènes accidentels qui suit, que si l’on a observé parfois de basses températures, quelques hivers rigoureux, c’était à cause d’une situation atmosphérique généralement troublée dans toute la France.
- Fin outre, Bonneville se trouve dans une vallée, riche en cultures diverses et en arbres fruitiers fort beaux1 : c’est encore une exposition des meilleures au point de vue calorifique. Les sommets des montagnes ou les hauts plateaux sont toujours plus froids, toutes choses égales d’ailleurs, que les plaines ou que le fond des vallées. Cela tient à la présence de la vapeur d’eau et des brumes dans les couches inférièures de l’air et à l’extrême rareté d’icelles dans les régions supérieures de l’atmosphère.
- La vapeur d’eau et les brumes en plaine empêchent en partie le refroidissement du sol, c’est pour cela que sur une montagne le rayonnement nocturne est considérable ; la différence thermométrique du jour et de la nuit est bien plus grande que dans les plaines, et la moyenne de la température plus basse.
- Température moyenne de l'air à l'ombre. — Nous avons calculé les nombres contenus dans les tableaux l et 11 d’après les registres d’observations météorologiques de l’Ecole normale d’instituteurs. Les calculs sont faits pour chaque mois à un demi-degré centigrade près.
- L’expérience et le calcul nous ont montré, fait du reste connu, qu’avec cette approximation d’un demi-degré on trouve la température moyenne d’un jour, en divisant par 2 la somme des températures maxima et minima de ce jour. Fin prenant la moyenne des températures d’un certain nombre d’années consécutives, on obtient la température moyenne ou normale du lieu.
- C’est ainsi que nous obtenons pour la température normale de Bonneville le nombre + 9°,04, soit 9 degrés et 4 centièmes au-dessus de zéro. Ce résultat est curieux, à cause de la proximité des glaciers. A titre de comparaison intéressante, voici les températures moyennes de diverses localités bien connues :
- Paris.............-}~ 10°,8 Genève.............-j- 9°,7
- Londres .... -j- 10°,4 Saint-Pétersbourg + 3°,5
- Strasbourg, . . -j- 9°,8 Mont St-Gothard. — 1°,0
- Nous dirons, en outre, que les thermomètres sont installés à l’ombre, à l’air libre, sous un abri que nous avons décrit 1 II existe dans le voisinage plusieurs vignobles appréciés : bande dorée qui ceint les flancs du Môle.
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- LA NATURE.
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- dans notre petit Traité de météorologie agricole1.
- Nous ferons remarquer à nos lecteurs, d’après les nombres du tableau I, la constance de la température durant la période chaude, c’est-à-dire de juin en septembre.
- Ainsi que nous l’avons relaté à diverses reprises, c’est une période de beau temps, de ciel pur et radieux, souvent de sécheresse.... L’ouverture prochaine de la ligne électrique du Favet à Chamonix fera augmenter le nom-
- (Tableau I)
- Moyennes thermométriques.
- ANNÉES 1 II III IV Y VI VII VIII IX X XI XII MOYENNES DE CHAQUE ANNÉE
- Degrés. Degrés. Degrés. Degrés. Degrés. Degrés. Degrés. Degrés. Degrés. Degrés. Degrés. Degrés. Degrés.
- 1891 — 7 — 4 + 4 + 8 + 13 + 10 + 17 + 10 + 14 + 10 + 4 + 1 + 7,0
- 1892 — 1 + 2 4" 3 + « + 15 + 17 + 18 + 19 + 15 + !) + 7 — 1 + 9,1
- 1893 — 5 + 2 + 7 + 15 + 1"> + 17 + 18 + 19 + 15 + il + 4 0 + 9,5
- 1894 -fl + 2 + 5 + 11 + 15 + 15 + 19 + 17 + 14 + 10 + 0 +5 + 9,5
- 1895 — à — 6 -fl + 10 + 12 + 10 + 18 + 17 + 17 + 9 + 7 + 2 + 8,1
- 1890 + 2 — 0.7 + 7 + l + 11 + 10 + 19 + 15 -j- 14 + 8 + 2 + 1 + 8,4
- 1897 — 2 + 9 + 9 + 8 + 11 + 17 + 19 + 16 + 12 + 8 + 4 + 2 + 9.4
- 1898 1 — 2 + 2 + 4 + 9 + 12 + 14 + 18 + 19 + 17 + 10 + 9 + 1 + 9,4
- 1899 + 2 + 4 + 6 + 9 +13 + 16 + 18 + 19 + 15 + 11 + 5 1 — 2 + 9,7
- 1900 + 1 + 5 + 2 + 8 + 12 + 17 + 20 + 18 + 17 + 10 + 6 +1 + 9,7
- 90,4
- Il résulte de ce tableau que, pour les 10 années ci-dessus, la moyenne est de correspondante, la température normale de Bonneville et des environs.
- 9°,04. — c; est, pour la période
- (Tableau II)
- Températures moyennes de l’Hiver et de l’Été.
- SAISON HIVERNALE :
- ANNÉES DÉCEMBRE, JANVIER, ANNÉES
- FÉVRIER, MARS
- Hivers. Degrés.
- 1891-1892 - 1,25 1891
- 1892-1893 - 0,75 1892
- 1893-1894 b 2,00 . 1893
- 1894-1895 -2,5 1894
- 1895-1890 b 5,0 1895
- 1890-1897 b 4.25 1890
- 1897-1898 b 2,0 1897
- 1898-1899 b 3,25 1898
- 1899-1900 b 2,0 1899
- 1900
- Total + 16,00 Total. . .
- Moyenne + 1,77 Moyenne .
- SAISON ESTIVALE :
- JUIN, JUILLET, AOUT, REMARQUES
- SEPTEMBRE
- Degrés. + 15,7 + 17,0 + 17,0 + 10,0 + 17,0 + 16.0 + io;o + 17,0 + 17.0 + 18,0 + 166,7 + 16,07 Les moyennes du tableau I qui correspondent aux mois de janvier, de février et de mars ne figurent pas dans le tableau ci-contre (tableau 11). Il est intéressant de compare!' les deux nombres extrêmes contenus dans la colonne des moyennes de l’été, et de remarquer la constance desdites movennes, eu égard à la grande flexibilité des moyennes de l’hiver : ces dernières oscillent entre + 4° | et — 2° < (hiver très rigoureux de 1894-1895 dans toute la France).
- «
- Maxima et minima absolus.
- MAXIMA MINIMA
- Années. . 1891 + 32°,5. . 1er juillet. — 25°,5. . 19 janvier.
- 1892 + 55°.5. . 17 août. —14°, o. . 10 janvier.
- 1893 + 53°,5. . 22 août. — 22°,2 . 18 janvier.
- 1894 + 31°.4. . 2 septembre. — 14°,0. . 5 janvier.
- 1895 , + 33°, 0. . 50 juin, 25 juillet. — 23°,5. . 11 janvier.
- 1890 + 31°,0. . 12 juillet. —12°,0. . 15 janvier.
- 1897 + 31°,0. . 13 juin, 25 juillet. — 15°,5. . 28 janvier.
- 1898 + 32°,4. . 19 et 20 août. —10°,0. . 13 février.
- 1899 + 52°,5. . 20 juillet. —14°,0. . 4 janvier.
- — 1900 + 55°, 0. . 20 juillet. — 15°,5. . 15 janvier.
- bre des voyageurs dans la splendide vallée de l’Arve.... rvwxt aeauTov ! a dit Socrate.... Commençons par explorer
- 1 Éditeur : M. Ducloz, à Moutiers (Savoie).
- les merveilles naturelles de notre beau pays de France, merveilles pittoresques signalées maintes fois dans ce journal. Omer Jullien.
- Licencié ès sciences.
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- LA NATURE.
- UN REGULATEU.
- La question du graissage des pièces animées d’un mouvement rapide et exposées à des frottements répétés, est une de celles qui préoccupent le plus, et à juste titre, les ingénieurs et constructeurs, surtout à notre époque où l’on veut augmenter sans cesse la puissance et la vitesse des machines.
- Sans passer en revue les différents appareils proposés par les inventeurs pour obtenir une bonne lubrification, depuis l’œil primitif jusqu’aux graisseurs réglables ou automatiques à goutte visible du dernier modèle, on peut dire que tous les appareils, actuellement en usage, présentent cet inconvénient de fournir un graissage dont l’intensité varie avec
- DE GRAISSAGE
- les différences de hauteur du liquide lubrifiant dans le godet qui le contient. On comprend, en effet, que si l’on emploie un godet graisseur, réglé pour une dépense d’un certain nombre de gouttes de lubrifiant à la minute, la différence de pression résultant de la diminution de poids du liquide contenu dans le godet amènera un ralentissement dans l’écoulement de l’huile. De même, et surtout dans les graisseurs à mèche, la quantité d’huile amenée par capillarité sur l'organe à graisseur ira en diminuant, à mesure que le niveau de l’huile baissera dans le godet où plonge la mèche.
- Un jeune mécanicien de la marine de commerce,
- Réservoir
- fri ntn Q-n
- Fiiç. 1. — Détails de l’installation de graissage.
- M. Caloin, a, par un dispositif très simple, tourné cette difficulté et assuré la constance du niveau de l’huile dans les godets collecteurs généralement disposés sur presque tous les navires et destinés, à l’aide d’un système de tuyaux, à assurer le graissage de chacune des articulations.
- La figure 2 représente en perspective cet appareil en usage, depuis un an, sur plusieurs navires de la Compagnie des bateaux à vapeur du Nord, et qui a donné les meilleurs résultats, tant au point de vue de la régularité du graissage et de la diminution d’usure des machines qu’au point de vue de l’économie considérable d’huile réalisée.
- Comme on le voit sur la figure 2, l’appareil comporte une boîte rectangulaire en métal divisée en deux compartiments distincts E,F par une cloison verticale G. Le compartiment E, à gauche de la
- figure, contient un certain nombre de conduits J,J,J évasés par le haut et correspondant à autant de raccords vissés sur le fond du compartiment E. L’huile, puisée dans le compartiment E par les mèches H'IU, est amenée par capillarité dans les conduits J,J,J, et se trouve dirigée de là, par des tuyaux, jusqu’au collecteur auquel elle est destinée.
- Les mèches dont il s’agit sont composées de plusieurs fils de laine mérinos, indépendants l’un de l’autre et qui ne sont ni tressés ni liés. Ces fils sont passés dans un anneau de métal dont le poids les maintient par le milieu dans le tube où ils doivent faire office de siphons, pendant que leur extrémité plonge dans l’huile du godet et aspiré cette huile en vertu du phénomène de la capillarité.
- On sait que le nombre des gouttes d’huile fourni par chaque fil de laine dans une minute restera
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- LA NATURE.
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- rigoureusement le même si le niveau (le l’huile reste constant dans le réservoir. 11 suffît doue de donner à la mèche un nombre de fils de laine correspondant à la quantité d’huile nécessaire. Une mèche de 50 fils donnera 5 fois plus d’huile qu’une mèche de 10 fils. Cette proportion est mathématique.
- L’huile est amenée automatiquement, par le tuyau K', d’un réservoir contenant une quantité d’huile suffisante pour alimenter la machine pendant très longtemps et placé au-dessus de l’appareil distributeur (fig. 1). Le robinet K, raccordé sur le fond du compartiment E comme les conduits J,J,J, permet l’accès de l’huile ou en arrête le cours suivant qu’il est ouvert ou fermé.
- Mais, en raison du poids de l’huile et de la différence de niveau existant entre le réservoir supérieur
- et l’appareil, il était nécessaire d’opposer à l’entrée de l’huile un obstacle lorsque le niveau fixé d’avance serait atteint dans le compartiment E. A cet effet, le robinet K porte un siège L sur lequel repose une soupape 1/ que fait lever ou baisser, par l’intermédiaire du levier MM', un flotteur en métal Q logé dans le compartiment F et dont la figure indique les détails.
- Les deux compartiments de l’appareil communiquent ensemble par un tube droit 1111, ouvert par les deux bouts, qui prend naissance à la cloison G, qu’il traverse, et se dirige, en s’appuyant sur le fond du compartiment E où il est fixé, jusqu’au centre de ce dernier compartiment. Ce dispositif oblige l’huile à couler doucement et sans secousses dans le compartiment F où elle soulève le flotteur jusqu’au
- Fig. 2. — Vue d’ensemble de l’appareil de graissage.
- niveau déterminé d’avance. Dans ce mouvement, le flotteur soulève le bras M' du levier tandis que le bras M fait descendre la soupape L' qui met obstacle au passage de l’huile. Dès que les mèches ont aspiré une petite quantité d’huile, le niveau du liquide s’abaisse dans les deux compartiments et le flotteur, ea descendant, entraîne le bras M' du levier qui, par son autre bras M, soulève la soupape; l’huile peut alors entrer de nouveau dans le godet graisseur jusqu’à ce que le niveau déterminé soit atteint ou rétabli.
- La manœuvre est des plus simples et s’opère automatiquement. Il importe aussi de remarquer que, l’huile ne pouvant pénétrer dans le compartiment F qu’en passant par le milieu du compartiment E, le llotteur ne peut être influencé par les dénivellations que produisent le roulis et le tangage dans les navires, pendant les périodes de mauvais temps, le niveau de l’huile au milieu du godet se maintenant toujours au même point.
- L’inventeur de cet appareil a assuré la position du llotteur à l’aide d’un guide carré I fixé au fond du compartiment F et qui s’engage dans une douille V de même forme disposée à la partie inférieure du flotteur de manière à en assurer l’étanchéité et, d’autre part, la tige articulée qui réunit le llotteur au bras du levier M' est filetée au pas de 1 millimètre, ce qui permet, à l’aide d’un écrou fileté, du même pas que la tige, de faire monter ou descendre le flotteur d’une hauteur voulue, de façon à changer le niveau du liquide pour augmenter ou diminuer l’intensité du graissage.
- La figure 1 ci-jointe permet de comprendre les détails de l’installation d’un régulateur de graissage de ce système dans la machinerie d’un navire. L’appareil (ftant fixé au-dessous du réservoir d’huile, à une distance convenable mais qui peut varier pour obtenir Ja pression nécessaire, l’huile s’écoule d’abord à travers une crépine en fine toile métallique desti-
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- LA NATURE.
- née à arrêter au passage les corps étrangers; elle pénètre, le robinet étant ouvert, dans l'appareil. De là l’huile, par capillarité et à travers les mèches H', se rend dans les divers conduits jusqu’aux godets collecteurs qui, à leur tour, desservent les graisseurs des différentes articulations, glissières, paliers, excentriques, etc.
- L’emploi de ce godet régulateur présente de nombreux avantages : l’huile ne subit aucune agitation et, par conséquent, ne s’oxyde pas ; aucune portion de cette huile n’est perdue, puisque la quantité destinée à chaque organe est mesurée par la mèche qui aspire l'huile et que l’on n’a plus à craindre de variations dans la quantité fournie à chaque instant. Le graissage s’opère automatiquement et est réglé par un seul organe pour toute la machine. Ce godet régulateur supprime absolument le transport de l’huile par brocs et burettes pour le remplissage des graisseurs isolés, d’où résulte une perte considérable de temps et de matière et qui expose les mécaniciens à des dangers constants, surtout h bord des navires en cas de mauvais temps. Il permet de faire varier, dans de larges limites, l’intensité du graissage, soit pour tous les organes d’une machine, soit pour certains d’entre eux qui fatiguent davantage. Enfin la régularité du graissage donne à toute la machine un fonctionnement régulier et en diminue l’usure d’une manière très appréciable. Gaston Duquenoy.
- CHRONIQUE
- De la prévision du temps. — M. Hou lia y, ancien chef d’escadron d’artillerie de la marine, emploie les loisirs de sa retraite à s’occuper de météorologie. Sa méthode de travail est des plus simples. 11 forme des tableaux dans lesquels les jours sont rangés dans leur ordre naturel les uns à la suite des autres et il met, vis-à-vis de chacun d’eux, des signes conventionnels indiquant les divers phénomènes dont ils ont été le théâtre : pluie, brouillard, orage, etc. Les tableaux ainsi formés sont alors étudiés et l’on cherche les périodicités diverses mises ainsi en évidence.
- M. Bouffav a, de la sorti;, étudié les observations météorologiques faites au parc Saint-Maur et que La Nature publie chaque semaine. Il est parvenu à certaines conclusions fort intéressantes dont voici le résumé.
- Jours pluvieux. — Les jours pluvieux ont une tendance manifeste à se reproduire, soit après 29 jours, soit après 50, c’est-à-dire aux mêmes phases lunaires.
- Ainsi, par exemple, dans la période d’une année, de septembre 1896 à septembre 1897, on observe les concordances suivantes en ce qui concerne les jours de pluie.
- 6 septembre 1896 ... 5 octobre 1896
- 10 - 11 — — ... 9 ... 10 — —
- 12 — 13 — — ... 11 . . . 12 — —
- 9 octobre — ... 8 novembre —
- 10 — — ... 9 — —
- 16 — — ... 15 — —
- 15 novembre — .15 décembre —
- 1er avril 1897 . . 30 avril 1897
- 2 — — . . 1er mai —
- 20 — —• . . 19 juin —
- 2 juin — 2 juillet —
- 27 juillet — . . 26 août —
- 28 — — . . 27 — —
- 9 août — . . 7 septembre —
- Cela ne fait pas moins de 16 concordances en une année.
- En ce qui concerne les brouillards, on constate une
- tendance assez accusée au retour au bout d’un multiple
- de 28 jours; et il en est de même pour les phénomènes électriques (grêle, tonnerre et orages).
- Evidemment, l’ensemble de ces remarques ne saurait constituer un système suffisant pour la prévision du temps, mais il pourrait servir pour rétablissement de probabilités d’un mois sur l’autre.
- Chaudière solaire. — Le Scientific American décrit un appareil employé à South Pasadena, en Californie, formé d’un grand réflecteur qui concentre les rayons solaires qui font bouillir de l’eau à haute pression, et actionnent un moteur de 15 chevaux-vapeur. Ce réflecteur a 36 pieds 6 pouces de diamètre au sommet et 15 pieds en bas. La surface interne est constituée par environ 1800 petits miroirs, tous disposés de façon à concentrer les rayons solaires sur un foyer où est suspendue une chaudière de 13 pieds 6 pouces de long, contenant 100 gallo is d’eau. Le réflecteur est monté d’après le même principe que les grands télescopes et maintenu devant le soleil par un mouvement d’horlogerie. La vapeur de la chaudière est conduite à la machine par un tube flexible de bronze phosphore et retourne du condenseur à la chaudière, de façon que celle-ci est alimentée automatiquement. Au foyer la température est suffisante pour fondre le cuivre et faire flamber le bois comme une allumette. Le moteur est employé à tirer l’eau d’un puits et parait fonctionner d’une manière satisfaisante. Nos ciels> d’Europe sont trop souvent couverts pour permettre l’emploi de eet appareil; mais en Algérie, en Tunisie, au Congo, il trouverait probablement des applications très intéressantes.
- Le prix des médicaments. — M. Thilloy, secrétaire général de l’Assistance publique, faisant fonctions de directeur, vient d’adresser aux chefs des services hospitaliers une circulaire pour les inviter à faire des économies sur les médicaments, en prescrivant des produits moins coûteux que ceux auxquels ils ont recours. Voici quelques prix :
- Musc.........................Fr. 4 500 le kg.
- Acide osmique.................... 5 500 —
- Diloearpine et des sels.......... 5 000 —
- M. Thilloy ajoute : Le musc ne sera délivré qu’en nature et non plus sous forme de teinture. En ce qui concerne la pilocarpine, la commission a signalé que, dans beaucoup de cas, ce médicament peut être remplacé par la teinture de jaborandi, d’un prix beaucoup moins élevé. D’autre part, la codéine a vu sa consommation passer, en douze ans, de 2 à 45 kg, et son prix de 400 à 700 francs le kg, soit une dépense annuelle de plus de 30 000 francs. Dans un grand nombre de cas, la codéine peut être remplacée par le chlorhydrate de morphine (250 fr. le kg), qui agit à dose notablement moindre et, dans le julep tolu-codéine si fréquemment prescrit, le sirop de codéine peut céder la place aux sirops de morphine ou d’opium, ou même au sirop diacode, qui coûtent trois fois moins
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- cher. En dehors de ces substances, M. Thilloy signale les
- prix élevés des produits suivants :
- Digitaline cristallisée. . . . Fr. 50 000 le kg.
- Ergotinine.......................... 35 000 —
- Homatropine.........................‘20 000 —
- Pelletiérine......................... 4 000 —
- Jlyoscyanine......................... 5 500 —
- Eserinc.............................. 5 500 —
- Atropine............................. 1 500 —
- Apoinorphine........................ 1 ‘200 —
- Aconitine............................ 1 ‘200 —
- Cocaïne.......................... 800 —
- Sels d’or, de platine, de palladium, de 5000 à 5000 kg.
- I ne diminution très importante semble pouvoir être obtenue également sur les préparations alcooliques : la dépense annuelle en eau-de-vie camphrée est de 50 000 t'r. ; celle de l’alcool en nature ou en préparations (alcoolats, teintures) s’élève à ‘250 000 fr. ; le rhum, à lui seul, employé presque exclusivement en potions de Todd, coûte 135 000 fr. par an.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 28 mai 1001. — Présidence de M. Fouqcé.
- La parallaxe du soleil. — M. Bouquet de la Grye rappelle qu’il y a un an environ, il a donné pour la valeur de la parallaxe moyenne du soleil, déduite de l’ensemble des mesures effectuées sur les plaques photographiques des cinq missions françaises de 1882, le nombre 8",80. Ce nombre ne comporte qu’une erreur probable de ±: 0",01. En traitant les équations fournies par les mesures opérées sur les plaques rapportées d’une seule station, celle de I’uebla, M. Bouquet de la Grye arrive au nombre 8", 79. Mais ce nombre comporte une erreur probable de ±0",04. Sa précision est donc inférieure à celle du résultat tiré de l’ensemble des stations. Il donne également les valeurs des axes de Vénus et de, l’inclinaison delà ligne des pôles.
- Fixation de l’hydrogène sur les carbures d’hydrogène. — M. Sabatier expose les résidtats généraux d’une méthode au moyen de, laquelle il est parvenu à fixer l’hydrogène sur certains composés organiques. Cette méthode consiste à faire agir l’hydrogène sur les carbures en présence du nickel en poudre ; on obtient, suivant les carbures, soit un produit unique, soit un produit principal accompagné de corps accessoires.
- L’écoulement des liquides. — M. le professeur llele Shaw, de Liverpool, lit un Mémoire intitulé « Théorie des veines liquides déformées par un obstacle et des lignes d’induction dans un champ magnétique ». La démonstration expérimentale est donnée à l’aide d’un prisme creux fermé par des glaces dans lequel on fait arriver des filets d’un liquide incolore, côte à côte, avec des filets d’un liquide, coloré. En disposant un obstacle sur le trajet des filets ceux-ci sont déviés presque parallèlement d’une manière qui dépend de la forme de l’obstacle. Les filets colorés, rendus visibles à l’aide d’une feuille de papier placée derrière le prisme, permettent de suivre la déviation.
- U écoulement de l’air au contact d’un obstacle. — M. Marey fait connaître, qu’il a repris scs expériences premières sur le mouvement des gaz au contact d’un obstacle. U a encore eu recours à des filets de fumée qui donnent naturellement la perception du phénomène. A l’aide de filets parallèles il a obtenu des effets analogues à ceux enregistrés par M. llele Shaw, mais accompagnés de remous. L’élasticité des filets gazeux introduit d’ailleurs,
- par rapport à l’incompressibilité des filets liquides, des conditions expérimentales différentes. À l’aide de la chro-noscopie, M. Marey a pu mesurer la vitesse des filets dans les différentes phases du mouvement.
- Séance du 5 juin 1901. — Présidence de M. Fouquk.
- L’or des tombeaux égyptiens. — M. Bertbelol expose qu’il a eu à sa disposition des échantillons de feuilles d’or provenant de divers tombeaux égyptiens qui lui ont été envoyées par M. Maspéro. Il en a déterminé la composition chimique. Les plus anciennes sont constituées par un alliage dont la teneur est uniformément de 1/5 d’argent pour 4/5 d’or. L’or pur n’apparaît qu’à l’époque persane. M. Maspéro avait joint à son envoi des boules blanches de trois centimètres de diamètre, rencontrées dans une sépulture. On supposait qu’il s’agissait de boules fabriquées à l’aide d’une matière odorante. Or, elles sont formées de verre pilé grossièrement agglutiné avec du carbonate de chaux. On se demande, observe M. Berthelot, par quelle, conception théologique les Égyptiens ont pu être amenés à placer des boules de verre pilé dans une tombe.
- Action physiologique du radium. — MM. Becquerel et Curie ont étudié les propriétés physiologiques des rayons du radium. M. Curie a refait sur lui-même une expérience déjà faite accidentellement. Il a exposé pendant six heures une partie de son corps à l’action d’une matière radiante peu active. Au bout de plusieurs semaines, la peau a montré des traces de brûlures non guéries après plusieurs mois. M. Becquerel, en portant dans sa poche un tube contenant quelques décigrammes de matière radiante peu active, a vu apparaître au bout de quelque temps la brûlure de la peau. Il ajoute que lorsqu’on expérimente sur le radium, l’extrémité des doigts ne tarde pas à peler et reste douloureuse pendant fort longtemps.
- Géologie de l’Amérique du Sud. — M. de Lapparent présente, au nom dcM. Moreno, la magnifique publication géographique de la Commission argentine de délimitation des frontières entre la République Argentine et le Chili. A cette occasion, M. de Lapparent insiste sur le remarquable phénomène d’érosion régressive qui a fait reculer la ligne de partage des eaux dans l’Amérique du Sud, près de 200 kilomètres vers l’est de la crête orographique des Andes. De la sorte, cette ligne de partage, tout à fait confuse en bien des points, serpente sur des plaines d’alluvions ou de moraines et, nombre de xivières, qui coulaient autrefois vers l’Atlantique, ont été conquises par le Pacifique. L’auteur cite l’exemple actuel d’une rivière qn’un éboulement bien peu important de matériaux, survenu dans la région de séparation des versants, a détournée de sa destination.
- Varia. — M. Moissan analyse une Note de M. Cartaud signalant la structure, cellulaire de quelques corps non organisés. — M. Guignard dépose une Note de M. Col, signalant la présence d’une substance analogue au caoutchouc dans le fusain du Japon. Ch. ok Viuæüeuil.
- PHOTOGRAPHIE EN BALLON
- L’année 1900 a été féconde en voyages aériens remarquables. Les membres de VAéro-Club se sont signalés, comme on sait, aux grands concours de Yincen-nes, pendant la durée de l’Exposition. Nous avons déjà parlé de M. le comte Henri de la Vaulx, le grand prix
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- de l’aéronautique, de MM. Jacques Balsan et Jacques Faure, de M. le comte Castillou de Saint-Victor, etc.
- L’Aéronautique-Club a fait aussi des observations et des travaux intéressants dans ses voyages. Les membres de cette Société ont pu faire avec un nouvel aérostat construit à leurs frais près de vingt ascensions l’année dernière. Cinq d’entre elles ont été exécutées au concours de Yincennes. Les moyens de F Aéronautique-Club sont plus modestes que ceux de F Aéro-Club. Les aéronautes n’en ont pas moins remporté quelques belles récompenses. Ils ont reçu une plaquette de bronze, un diplôme d’atterrissage et une médaille d'argent.
- L’Aéronautique-Club, dont M. le Ministre de l’In-
- struction publique a bien voulu être le [(résident d’honneur, est comme on sait une école préparatoire aux aérostiers militaires. Les jeunes aéronautes de la Société font le [dus d’ascensions possible alin d’ae-quérir l'expérience nécessaire. Ils doivent être experts dans l’emploi des cartes et dans les observations météorologiques, dans les manœuvres du lest et de la soupape, dans celle du guide-roop et d’atterrissage pour la descente, etc. Un leur demande encore d'être habiles en d’autres études ; celles d'un lever de plan ou de la photographie comptent parmi les plus importantes.
- Dans une ascension faite le 0 août, 1900, MM. Pie-tri et Guillard partaient de St-Cloud à 41115 et
- Vue de Sèvres prise eu ballon à 800 mètres d’altitude, en 1900. (D’après une photographie.)
- s'élevaient bientôt à 500 mètres d’altitude, poussés par un vent d’est très faible. Ils passent au-dessu$ des bois de St-Cloud et peuvent faire de leur nacelle la belle photographie du panorama de la ville de Sèvres dont nous reproduisons fidèlement l’aspect par la gravure ci-dessus. (
- Les aéronautes étaient à ce moment à 800 mètres d’altitude. Ils ont plané quelque temps au-dessus de Chaville et de Yiroflay, pour aller descendre à 8 heures du soir à Choisel près Chevrcuse (S.-et-O.).
- Nous avons déjà souvent reproduit ici des vues photographiques faites en ballon1.
- Dans le n° 680 du 24 juillet 1886, mon frère,
- 1 Voy, n°* 562, du 8 mars 1884, p. 225; 651, du -4 juillet 1885, p. 65 ; 705, du 4 décembre 1886; 1180, 11 janvier 1806.
- M. Gaston Tissandier, décrit une ascension que nous avons faite en compagnie' de M. Paul Nadar. Nous avions invité M. Nadar à monter dans notre nacelle avec ses appareils photographiques, et il exécuta quelques clichés remarquables. L’un d’eux représentait une vue partielle de la ville de Sèvres et la route de Versailles prises également à l’altitude de 800 mètres, comme les aéronautes de l’Aéronautique-Club ont pu le faire en août dernier. Cette fois la vue est complète. On distingue dans la gravure, la manufacture de Sèvres et tous les moindres détails de la petite ville si connue des Parisiens.
- Albert Tissandier.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie I.Aiiuni:, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1 ifii. — 15 JUIN 1901.
- LA NATURE.
- Où
- LES TRAMWAYS ÉLECTRIQUES A
- Nos lecteurs connaissent déjà les tramways électriques à Irolley aérien, à trolley souterrain et à accumulateurs. Ils savent, par les diverses applications réalisées dans Paris et en dehors de Paris, que ces différents systèmes ont donné et donnent encore tous les jours d'excellents résultats, même avec les accumulateurs, si ce n'est cependant sur les lignes Vincennes-Louvre de la Compagnie générale des omnibus de Paris.
- Mais il est un autre système de tramways électriques à contact superficiel qui a préoccupé l’opinion publique par une série d’accidents de toutes sortes;
- CONTACTS SUPERFICIELS A PARIS
- c'est ce système que nous ne croyons pas superflu d’examiner en particulier.
- En 1899, une installation de tramways électriques à contacts superficiels, système lfiatto, était faite à Tours. Nous en avons donné la description à cette époque1, et à la fin de notre article nous faisions connaître que nous verrions bientôt le système fonctionner à Paris. Depuis cette époque, deux compagnies se sont formées à Paris, pour exploiter ce système, la Compagnie de l’Est-Parisicn et la Compagnie de rOuesl-Parisien. Le système Diatlo a été employé sur les lignes Paris-Rosny-Villemonble,
- Tramways à contacts superficiels. — Coupe d’une voie publique à Paris.
- 1. Installation d'un pavé métallique et coupe intérieure. — 2. Dérivation prise sur te câble d'alimentation.
- Paris-Nogent-Dry-sur-Marne, Sainl-Maiir-Champigny-J oinville, Chàtenay-Champ-de-Mars, Boulogne-Montreuil, BilIancourt-Champ-de-Mars-Gentilly, Opéra-Les Lilas-Romainville, etc., etc. L’énergie électrique est fournie aux tramways de l’Est-Parisien par fusille de Vitry, et aux tramways de l'Ouest-Pari-sien par l’usine des Moulineaux, à lssy-sur-Seine.
- Le système est très simple. Il consiste à installer en terre le long de la voie un câble amenant l’énergie électrique de l’usine, et à prendre ensuite des dérivations pour fournir à l’aide d’un contact superficiel cette énergie à la voiture motrice au moment où elle passe sur ce contact ou plot. On désigne, en effet, sous ce nom un pavé métallique placé sur la voie publique, et dans lequel est installé un clou formant interrupteur. Le courant ne doit se trouver sur le 29° amiiT. — 2' semestre.
- [dot qu'au [tassage de la voilure. Les plots sont placés à une distance qui permet d’établir une relation continue entre le courant et les moteurs de la voiture. Sous chaque voiture est suspendu un barreau aimanté qui passe sur les pavés métalliques, attire un clou plongeant dans le mercure et établit ainsi le circuit entre le câble et la voiture.
- La figure ci-dessus montre un pavé et la coupe intérieure du plot de contact. Le bloc S est en asphalte ; au milieu est ménagé un espace vide pour recevoir le pavé métallique proprement dit ou boite à contact. Au-dessous se trouve un tuyau de grès Q qui établit une communication directe avec le sol.
- Les bords de la boîte de contact affleurent la
- 1 Yoy. n" 1572, du 9 septembre 1899. p. 228.
- O
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- LA NATURE.
- chaussée et le centre l’ait une saillie de üm,t)!2 au-dessus du pavage. Les boites et la voie sont placées sur un radier en béton.
- A la partie supérieure du vide du bloc 8 se trouve un tampon amovible A en métal antimagnétique; au centre est un axe en 1er doux B. Une pièce de lonte avec des ailettes recourbées E,E sur les côtés est encastrée dans la masse de la boite et maintient une traverse de fonte F. La pièce E est en fonte présentant une grande perméabilité magnétique.
- L’axe en fer doux B porte un bouchon à vis N, qui est lui-mème muni d’un bloc en graphite 0, creusé à l’intérieur d’une cuvette en l’orme de cône dans laquelle vient s’emboîter exactement la tète en graphite du clou formant interrupteur. Le bouchon à vis N maintient lîxée au tampon A une cloche en laiton P retenue à l’aide de trois boulons Z à un godet en am-broïne Y. Le godet en ambroïne se termine par un tube cylindrique G au fond duquel se trouve un bouchon de cuivre IL Le tube cylindrique est prolongé par un tube R, qui forme entonnoir en laissant au centre une partie vide et se termine par un autre godet J en métal. Ce tube 1\ est fermé au-dessous hermétiquement et ne laisse qu’un passage pour l’arrivée du câble électrique. Le bouchon de cuivre H porte un fil de cuivre I qui plonge dans un peu de mercure contenu dans le godet J. Le câble électrique est fixé à la partie inférieure. Le tube cylindrique G est rempli de mercure, dans lequel plonge le clou en fer L ; ce tube G passe au milieu d’une douille F d’une traverse en fonte supportée par la pièce en fonte E. Le clou L est en fer et porte une tête en graphite M en tron/3 de cône et avec rebords qui lui permettent de s’appuyer sur un prolongement du tube inférieur à l’intérieur du godet Y.
- Le poids du clou est équilibré par la poussée du liquide et le clou reste stable ; une faible attraction suffit pour le soulever. Enfin la dérivation pour alimenter un plot est prise sur le câble principal à l’aide d’une boite de dérivation T. Le câble passe ensuite par un tuyau X ménagé à cet effet et arrive en K à la partie inférieure du tube renfermant le mercure.
- Telles sont les principales dispositions d’un système relativement simple. Mais au point de vue pratique, il nécessite une série de précautions. Pendant la construction et l’établissement des voies dans Paris, un grand nombre de dispositions ont déjà été prises ; nous allons en parler et voir ensuite toutes celles que l’cxpériences a dictées.
- Nous avons déjà vu qu’au-dessous de la boite renfermant le mécanisme, un tuyau de grès avait été disposé pour assurer le drainage et éviter que l’eau ne pût s’agglomérer en un point déterminé. Si même l’eau arrivait dans la boite, un tube forme cloche à air étanche et empêcherait l’ascension de l’eau.
- Le barreau aimanté, placé sous la voiture, est formé de trois barres, une centrale et deux latérales, entre lesquelles sont montés des électro-aimants horizontaux disposés de façon à communiquer la
- polarité Nord à la barre du milieu et la polarité Sud aux deux barres extrêmes. Chaque électro-aimant porte deux enroulements distincts et de même sens. En marche, ils sont actionnés par le courant principal qui circule dans l’un des enroulements. Mais au moment de la mise en marche de la voiture, le courant nécessaire passe dans le second enroulement et est fourni par une petite batterie d’accumulateurs donnant 18 ampères et 10 volts, placée dans la voiture. Les électros actionnés attirent le clou, qui se soulève et établit par le contact du charbon la communication du courant électrique de l’usine avec les moteurs électriques de la voiture.
- Pour éviter une rupture trop brusque, l’arrière du barreau est relevé. 11 en résulte qu’au moment où le contact du barreau cesse avec les pavés métalliques, l’action attractive persiste et maintient encore le clou soulevé pendant quelques instants. L’étincelle de rupture se produit donc à l’extérieur, entre le frotteur de la voiture et le plot, au moment de la chute du clou.
- Le bon fonctionnement du système par contacts superficiels exige que la communication du courant de l’usine avec les plots n’existe que pendant le passage des voitures et soit supprimé aussitôt après, pour éviter tous les accidents qui peuvent survenir avec une tension égale en général à 500 volts.
- Une mesure préventive spéciale a été prise pour éviter ce danger. Le fil de cuivre I qui plonge dans le godet métallique J et est relié au câble de l’usine est monté en tension avec un fil de plomb fusible. D’autre part, un traîneur formé de plusieurs fils métalliques attachés à l’arrière d’une voiture frotte sur un pavé métallique. Si le courant est encore reslé pour une raison ou pour une autre sur ce pavé, il en résulte un court circuit par la masse métallique de la voiture et le fil fusible dont nous parlions plus haut doit fondre, interrompant la ligne.
- Ajoutons à cela que les plots avaient un certain isolement par rapport à la terre, que leur fonctionnement devait être soigneusement surveillé, et que le système ne devait causer ni de fortes étincelles, ni de bruit au moment de la rupture du circuit.
- 11 semblait donc que le système Itiatto possédait toutes les qualités pour fonctionner dans les meilleures conditions. 11 en fut ainsi à Tours, d’après les renseignements qui ont été fournis. Mais à Paris nous eûmes bientôt à constater une série d'accidents de toutes sortes qui semèrent la frayeur dans le public. Des études suivies ont été faites sur ces accidents, et nous pouvons en parler maintenant en connaissance de cause.
- A peine le service régulier des tramways était-il commencé que survinrent bientôt toute une série d’accidents. Du 15 juin 1900 au 20 février 1901 on en compta 120 dont 58 pendant le mois de janvier 1901. Parmi tous ces accidents les plus importants furent les foudroiements de chevaux. Ces accidents successifs préoccupèrent vivement l’opinion publique. Des discussions eurent lien à ce sujet
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- au Conseil municipal; M. le Préfet de police dut prescrire par arrêté certaines dispositions de sécurité. La question fut enfin soumise à M. le Ministre des Travaux publics qui consulta le Comité de l’exploitation technique des chemins de fer. Ce dernier, après avoir examiné la question, détermina les accidents et dangers qui pouvaient résulter de l’exploitation dans Paris des tramways électriques du système Diatto et en indiqua les causes.
- Il est bien certain que la plupart des accidents ont la meme origine : l'électrisation permanente des plots. Or les chevaux sont très sensibles à cette électrisation. Des auteurs ont écrit que l’on ne peut sans inconvénient mettre plus de 5 volts entre leurs sabots touchant d’une part les rails et d’autre part les plots des systèmes à contact. Pour éviter de si faibles différences de potentiel, il faudrait un isolement absolu difficile à obtenir. Celte première considération nous montre déjà que les accidents survenus aux chevaux ne sont pas dus à un courant électrique de tension dangereuse, mais que les chevaux seuls sont d’une sensibilité exceptionnelle.
- En dehors de la mesure de précaution élémentaire qui consiste à éviter le passage à la fois sur les rails et sur les plots, il était nécessaire de donner d’autres instructions pour tâcher d’éviter tout danger.
- Le Comité de l’exploitation technique des chemins de fer ramena à cinq causes principales tous les accidents observés : 1° détérioration mécanique des plots ; 2° action des frotteurs ; 5° mauvais isolement des plots ; 4° dépôt de noir de fumée à l’intérieur du godet; 5° mauvais isolement des câbles. Il était facile de remédier à la détérioration mécanique des plots en choisissant un matériel plus parfait. Les frotteurs placés à l’arrière de la voiture et qui étaient destinés à faire fondre le plomb de la dérivation par mesure de sécurité, afin de couper le courant sur le plot, causaient de grands inconvénients. En effet, au moment oii le frotteur attire le clou, il s’établissait des dérivations accidentelles entre le plot et les rails, dérivations qui pouvaient persister encore lorsque le clou retombait. Au même instant il pouvait se former dans l’intérieur du godet un arc entre les deux charbons. Par suite de la grande résistance que l’arc avait à vaincre pour persister, l’intensité de la dérivation était faillie et ne pouvait faire fondre le plomb fusible. Le frotteur de sécurité était plutôt nuisible ; il a été supprimé.
- Pour donner une plus grande stabilité aux plots, ceux-ci avaient été directement accolés à deux entretoises métalliques réunissant les rails. Cette disposition ne pouvait qu’affaiblir l’isolement des plots, et entraînait des conséquences fâcheuses lors du salage des voies, après les chutes de neige. Les Compagnies employant le système Diatto ont été invitées à établir un espace suffisant entre les entretoises et les plots pour assurer à ces derniers un meilleur isolement. Une entente est également intervenue pour éviter le salage de la voie en cas de chute de neige.
- L’expérience a démontré aussi que lorsque le fonctionnement du plot n’est pas très régulier, il se forme des arcs d’extra-courant qui, par suite de la combustion des matières composant la boite, donnent naissance à du noir de fumée. Ce dernier établit communication et le courant reste sur le plot. II y a donc lieu de prendre des dispositions pour supprimer la production de ce noir de fumée.
- Enfin les câbles présentaient un mauvais isolement; il a été demandé aux Compagnies d’assurer désormais un meilleur isolement et en même temps un drainage complet des plots.
- Toutes ces diverses instructions ont été données par M. le Préfet de police de Paris aux Compagnies (jui exploitent le système Diatto, à charge par elles d’exécuter les transformations nécessaires avant le 1er octobre 1901. Ces modifications sont déjà faites en grande partie ; il est donc permis de penser qu’à l’avenir les accidents qui ont, à juste titre, ému la population, seront désormais évités sur les lignes à contacts superficiels. J. Laffargue.
- DISTRIBUTION DES EAUX DE LA NESTE
- L’alimentation régulière des cours d’eau exerce une influence considérable sur la richesse d’un pays, car elle lui évite deux causes de désastres et de ruine : la sécheresse et l’inondation. Cette question prend une importance particulière dans les pays de montagnes où la plupart des rivières, ayant un régime torrentiel, tantôt détruisent tout sur leur passage et tantôt, complètement à sec, ne fournissent plus aux populations riveraines l’eau dont elles ont besoin. C’est ainsi que, dans la région qui s’étend au pied des Pyrénées, entre Tarbes et Toulouse, et est limitée à l’Est et au Nord par la Garonne, à l’Ouest par les Landes et l’Adour, an Sud par le plateau de Lannemezan et la chaîne des Pyrénées, la plupart des cours d’eau n’avaient, en dehors des époques de pluies, qu'un débit absolument insignifiant il y a encore quelques années.
- Aussi ce vaste territoire, qui comprend tout le département du Gers et une partie des départements des Hautes-Pyrénées, de la Haute-Garonne, du Tarn-et-Garonne et de Lot-et-Garonne, était-il fréquemment désolé par la sécheresse : les moulins étaient réduits au chômage; les cultivateurs, privés d’eau, voyaient leurs récoltes perdues; le bétail amaigri, affamé, devait être abattu et les habitants eux-mêmes manquaient de l’eau nécessaire à leurs besoins domestiques.
- 11 importait donc au plus haut [joint de faire cesser cet état de choses et de régulariser le débit des cours d’eau qui sillonnent cette région. Des travaux considérables ont été entrepris dans ce but par le Ministère de l’Agriculture et, depuis quelques années, la situation s’est beaucoup améliorée.
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- LA NATURE
- Un canal de dérivation de 128 kilomètres de longueur et capable de porter 7 m3 par seconde amène sur le plateau de Lannemezan les eaux prises à la ri\ière de la Neste et les distribue, soit directement, soit au moyen de rigoles, dans les nombreux cours d'eau qui se développent en éventail autour de ce plateau. (7e canal a permis d’alimenter directement la Save, le tiers et les diverses Baises qu’il rencontre successivement, mais il restait à construire treize rigoles destinées à porter les eaux dérivées dans les autres vallées qui ont leur origine sur le plateau de Lannemezan. Actuellement liuit de ces rigoles sont achevées, les autres sont à l’étude et seront prochainement entreprises.
- La Neste est^formée par la réunion de deux cours d’eau : la Neste-d’Aure et la Neste - du - Louron, qui toutes deux sont alimentées par de nombreux et importants glaciers. Aussi cette rivière est-elle abondamment pourvue pendant la saison chaude. Mais une expérience de dix années ayant montré que, pendant la durée de l’étiage d’hiver , soit environ 105 jours par an, il serait impossible de prendre directement dans la Neste le volume d’eau dont on avait besoin sans porter préjudice aux usagers d’aval de cette rivière, on a reconnu la nécessité de créer des réservoirs, devant emmagasiner les eaux surabondantes pour les restituer pendant les époques de pénurie.
- La réserve totale à constituer a été évaluée à 26 millions de mètres cubes au minimum. L’établissement de ces réservoirs est sans contredit la partie la plus importante des travaux dont il s'agit et celle dont l’exécution était le plus difficile. Pour obtenir ces réserves on a transformé successivement en réservoirs quelques-uns des lacs qui versent leurs eaux dans la vallée de la Neste.
- Le premier lac qui ait été ainsi transformé est le lac d'Orédon. Ce lac, situé près de la ligne de partage des bassins de la Neste-d’Aure et du gave de Pau, est en pleine région granitique. La superficie de
- son bassin d'alimentation est de 277U hectares et son niveau d’étiage à 1852 mètres d’altitude. On a élevé en travers du déversoir naturel de ce lac un barrage relevant le, plan d'eau en même temps «pie l’on ouvrait une tranchée permettant de vider eu partie le lac. On a obtenu ainsi une tranche d'eau disponible de 24 mètres d'épaisseur correspondant à un volume de 7 270000 m3.
- Le lac de Caillaouas, situé dans la vallée de la Neste-du-Louron, à une altitude de 2l04in,50, au pied du beau glacier des Cours Blancs, a été transformé immédiatement après celui d'Orédon. Sa
- superficie est de -40 hectares et il est alimenté par un bassin versant de 585 hectares. A Caillaouas, il n’a pas été nécessaire de construire un barrage pour relever le niveau. L’eau est prélevée dans le lac, à 18m,30 en contrebas du plan d’eau, au moyen d'une galerie de 185'“,75 fermée vers son milieu par un massif de béton de ciment dans lequel sont encastrées douze conduites de prise d’eau terminées chacune, à l’aval, par un robinet-vanne de même diamètre. Ces robinets sont ma -nœuvrés d’une chambre spéciale creusée dans le rocher , superposée à la galerie de )irise d’eau et dans laquelle on accède par un puits de 20 mètres de profondeur. La galerie débouche directement, vers l’aval, dans le ruisseau de Clarabide qui conduit les eaux à la Neste-du-Louron. On dispose ainsi, à Caillaouas, d’une tranche d’eau de 18m,30 d’épaisseur, correspondant à un volume de 6600 000m3. Ce réservoir était d’autant plus utile à créer (pie, étant situé dans une autre vallée que le lac d’Orédon, il permettait d’assurer l’alimentation du canal de la Neste dans le cas où les ressources prévues dans la vallée d’Àure ne pourraient pas être utilisées par suite d’avaries ou de réparations. Les travaux, commencés en 1891, ont été terminés en 1897 et leur exécution a été particulièrement difficile en raison du manque de chemins d'accès praticables qu'il a fallu créer, ce qui, soit
- 1. — Luc de Caillaouas. Vallée de la jNcste-du-Louron. (D'après une photographie de M. A. Saillard.)
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- LA NATURE.
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- dit en passant, aura en pour conséquence de rendre plus accessibles aux touristes les sites merveilleux qui environnent le bip <],> Caillaouas et notamment le
- placier des Gours Rlancs. Actuellement on procède aux travaux d'aménagement du lac d’Aumar, qui est le plus élevé d’une série de lacs dominant celui d'Orédou. Situé à 2214 mètres d'altitude, il envoie ses eaux au lac d'Aubert, lequel laisse échapper son trop-plein à travers les laqueltes d’Aubert, et, de là, dans le lac d'Orédou. des eaux logue à à Caillaouas IS5 mètres saut dans la berge d'emprunter à celui-ci 1 150000 m3 en temps de pénurie. Les eaux sont retenues au moyen d'un mur-barrage fermant la tranchée à 115 mètres à l’aval de son origine et reposant sur un massif de héton dans lequel sont encastrés les appareils de prise d’eau. Enfin le lac d’Auhert et le lac de Cap-de-Long, ce dernier tributaire du lac d’Orédon, font l’objet d’études poursuivies très activement, et leur transformation permettra d'obtenir de nouvelles réserves de 5 341 400 m3 pour le premier et de 7 000 000 de m3 pour le second.
- Lorsque tous ces lacs auront été convertis en
- réservoirs, le volume total d’eau emmagasiné sera de 25 561400m’. (In pourra dès lors assurer d une façon régulière l'alimentation de 10 rivières qui porteront la fertilité et la richesse sur les territoires qu'elles traversent. Mais, dès à présent, les travaux exécutés ont porté partout leurs fruits.
- De nombreuses prises d'eau ont été concédées sur le canal de la Neste, les rigoles construites et les rivières alimentées.
- L’irrigation, qui n’existait pour ainsi dire pas dans celle région, a pris rapidement un important développement et un grand nombre d’associations svndicales d'arrosage se sont créées.
- Plusieurs usines hydrauliques ont été construites et certaines communes riveraines ont demandé des concessions d’eau pour leur alimentation. Les terrains, largement arrosés, sont devenus plus fertiles et ont vu leur valeur augmenter dans une assez forte proportion.
- L’élevage est pratiqué avec succès et les habitants, désormais à l’abri de la sécheresse et des inondations, voient, leurs efforts couronnés de succès. Il convient donc de rendre hommage à l’État, qui a consacré plusieurs millions pour donner à celle région l’eau qui lui faisait défaut, et de féliciter le service de l’hydraulique agricole, qui a dû surmon-
- Lo procédé de captation du lac d’Aumar est ana-celui <pii a été employé : une tranchée de de longueur aboutis-du lac permet
- Fig. 3. — Prise d'eau du canal de la Keste, à Sarrancolin.
- (D’après une photographie de M. A. Saillnrd.)
- ter de grandes difficultés tant pour l’élaboration des projets que pour leur exécution. Georges Çaye.
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- LA NATURE.
- COEFFICIENT DE YIGUEUR
- Vigueur s’entend rie l’énergie musculaire, de l’état de santé générale.
- On a cherché longtemps, sans le trouver, un moyen rapide et pratique d’apprécier chez l’homme le degré de vigueur, d’aptitude physique, de résistance à la maladie, (jette appréciation offre toujours de l’intérêt et elle devient importante pour les conseils de révision. Pendant quelque temps, on prescrivit aux conseils de révision de n’accepter que (es conscrits dont le contour de poitrine égalait la demi-taille plus 1 centimètre, mais il fallut vite rapporter l’ordre donné, car un nombre considérable de jeunes gens se trouvaient éliminés pour insuffisance de développement de la poitrine. Le poids n’a pas non plus grande signification quand on ne le compare pas à la taille. En somme, d’après l’opinion commune, trois éléments semblent à envisager quand on se propose de diagnostiquer l’état de santé et de vigueur corporelle : le développement de la poitrine, le poids, la taille.
- M. le Dr l’ignet, médecin aide-major de lro classe au 35e régiment d’artillerie, en mettant en regard ces trois éléments caractéristiques, a été conduit à une mesure d’ensemble qu’il a appelée : « le coefficient de robusticité ».
- Chez l’individu normal, le périmètre de la poitrine égale au moins la moitié de la taille ; il augmente donc avec elle ; de même le poids chez les sujets normaux doit s’accroître en même temps que la taille. Les trois quantités ayant une marche parallèle devraient donc être réunies par une relation sensiblement constante chez les individus bien conformés. Partant de ces hypothèses, M. le Dr Pignet eut l’idée d’additionner le périmètre de la poitrine et le poids et de soustraire de la taille la somme obtenue. Ainsi soit un homme de lm,54, dont le périmètre thoracique est de 0ra,78 et le poids de 54 kg. La somme du périmètre et du poids, 78 et 54, donne 152. On soustrait cette somme de la taille lm,54 et il reste 22. C’est ce chiffre que M. Pignet nomme « valeur numérique » du sujet. Recommençant l’opération pour un homme normal de grande taille, 1 m,72, à périmètre de 0m,86 et du poids de 64 kg, on obtient encore 22. Enfin, en opérant sur un certain nombre de sujets bien constitués, on trouve en général pour reste un nombre oscillant entre 20 et 25.
- Si, maintenant, on pratique la mensuration sur des hommes quelconques, bien ou mal constitués, les chiffres varient beaucoup ; on peut trouver des chiffres allant de 0 à 37 et même des résultats négatifs.
- M. Pignet a mensuré à ce point de vue 510 conscrits admis dans son régiment et, comparant ensuite aux notes de constitution relevées pour chaque conscrit, à la résis-
- Lance à la maladie, aux entrées formé le tableau suivant : dans les hôpitaux, il a
- Valeur numérique inférieure à 10. Constitution très forte.
- — — de 11 à 15. — forte.
- — — 16 à 20. — bonne.
- _ — 21 h 25. — moyenne.
- •— — 26 à 50. — faible.
- — — 31 à 55. — très faible.
- Au-dessous de 55. — très médiocre.
- On ne rencontre que rarement des hommes de vingt ans ayant une valeur numérique égale à zéro, soit, par exemple, 90 de périmètre, 80 de poids et 1m, 70 de taille. On en rencontre au-dessous de zéro. M. Pignet en a relevé 10 sur 510 conscrits et 5 avec l’indice numérique zéro. C’est le périmètre thoracique qui conserve le rôle prépondérant; un petit périmètre n’arrive jamais qu’à produire une valeur numérique faible. Le concours du
- poids atténue simplement ce que la considération du périmètre thoracique a de trop absolu. La relation entre ces chiffres et la vigueur de l’homme a été confirmée par les examens de M. Pignet pendant la première année de service des 510 artilleurs de la classe. Les basses valeurs numériques déduites de la formule représentent des coefficients de santé et les hautes valeurs numériques des coefficients de morbidité.
- Au point de vue de la détermination du « coefficient de robusticité » des conscrits, au moment du conseil de révision, M. le Dr Pignet fait remarquer que l’opération qu’il propose est rapide. On mesure déjà la taille ; pour le poids, il serait facile d’opérer avec une simple bascule, (tuant au calcul, on le fait immédiatement, à l’aide d’un petit cercle à calculer combiné par M. Pignet et qui fournit l’indice numérique en regard du poids et du périmètre.
- Tel est le système. Il est permis de se demander s’il exprime la vérité. 11 vient à l’auteur l’idée de prendre pour formule T— (P + 0). Il mêle les kilogrammes aux centimètres, fait une addition, une soustraction, et voilà machiné un « indice de robusticité ». Pourquoi cette formule hétérogène plutôt qu’une autre?
- On peut imaginer évidemment plusieurs combinaisons puisqu’on est en présence de trois facteurs. On ne voit pas bien pourquoi on s’arrête à une formule dont la genèse est tout empirique. Il y a mieux, ce genre de formule ne peut s’appliquer rigoureusement qu’à des jeunes gens de 18 à 24 ans, car, si au delà de cet âge il y a obésité, elle conduit à des résultats inacceptables. Ne suffit-il pas de supposer un poids anormal vis-à-vis de la taille pour que la formule conduise à une valeur de robusticité excellente, voisine ou inférieure à zéro. Or l’obésité n’est pas un symptôme de bonne constitution, il s’en fant! Plus un sujet sera corpulent et aura du poids, alors même qu’il aurait un petit périmètre thoracique, et plus il serait réputé solide de par la formule. C’est absurde. La formule n’est donc applicable que pour des sujets très voisins de la moyenne normale.
- 11 serait peut-être tout aussi bien d’adopter une formule moins hétérogène, par exemple le contour multi-
- P
- plié par le poids divisé par la taille C. -• Mais quelle
- que soit la formule choisie, elle exprimera sans doute la vérité en général, mais se trouvera encore souvent en faute. Car, on ne peut vraiment dire, comme on l’a admis un peu vite, que la robusticité croît comme le poids ou comme la taille. Un homme corpulent n’est pas toujours un homme solide et bien portant. l!n homme grand n’est pas toujours un homme robuste. En sorte que toutes les formules fondées sur la considération de ces facteurs, pécheront souvent par la base. Il faudrait avoir recours aux considérations complexes de M. le professeur Bouchard, sur la densité, la corpulence, etc. ; malheureusement le problème se complique et exigerait des calculs laborieux.
- Ou, si l’on y renonce en pratique, il semble évident que c’est le rapport du périmètre thoracique à la taille qui puisse servir de meilleur indice. Ou encore on pourrait prendre des moyennes et constater de combien chaque individu s’écarte du chiffre moyen. Sinon, on sera souvent mal renseigné. La question offre en somme beaucoup de difficultés, car à vrai dire, sauf peut-être le contour de la poitrine, les autres éléments, poids et taille, ne sont pas toujours des indices absolus de « robusticité ». On
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- LA NATURE.
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- admet que le poids est proportionnel à la taille diminuée d’un mètre. Par exemple : taille lra,72, poids 72 kg. Mais combien de fois la règle est-elle en défaut? Elle l’est même généralement. Le poids n’est qu’exceptionnel-lement proportionnel à la taille. Dès lors, tous les calculs d’évaluation sont à peine approximatifs.
- Par conséquent, sans contester l’utilité relative que peut avoir en pratique un coefficient de robusticité même un peu élastique fondé sur la considération des trois facteurs, périmètre thoracique, poids et taille, nous croyons bon de conclure qu’en réalité il ne saurait généralement exprimer la vérité. 11 faut donc l’envisager prudemment et pour ce qu’il vaut. Henri ni’. Parvili.k.
- LES VOITURES « ELECTRICIA »
- SYSTÈME C. COSTAL
- La voiture électrique est sans contredit la voiture automobile idéale, en ce qui concerne la facilité de mise en route et de manœuvre, la propreté, l’élégance, la sûreté de marche, l’absence de bruit, de trépidations et d’odeur.
- Nul autre système ne peut actuellement lui être comparé comme voiture de ville ou de promenade.
- 11 est même à espérer que, par suite des progrès apportés aux accumulateurs et de l’accroissement du nombre des stations de charge, la voiture électrique pourra, dans un avenir prochain, s’appliquer au tourisme et faire une sérieuse concurrence aux voitures à pétrole.
- Toutefois, on peut dire que, dès maintenant, le champ d'application ouvert aux voitures électriques est suffisamment vaste pour justifier les recherches et les travaux suivis auxquels elles donnent lieu.
- On trouve actuellement dans le commerce toutes les parties, moteurs, transmissions, directions, accumulateurs, etc., qui peuvent servir à monter une voiture électrique, et beaucoup de constructeurs connus en usent ou même en ont toujours usé très largement, de sorte qu’il y a peu de voitures offrant des particularités dignes d’intérêt.
- Bien petit est le nombre de ceux qui s'attachent à perfectionner les différents organes et à créer ainsi des types qui, tout en leur étant bien personnels, montrent un progrès sensible sur ce qui existe. C’est pourtant le cas des voitures « Electricia », construites de toutes pièces parM. C. Contai, dans lesquelles le moteur, la transmission, la direction, les accumulateurs ont été étudiés spécialement et présentent des avantages très intéressants, qui font bien augurer de l’avenir de ce système. ,
- Trois types de voitures sont actuellement construits : une Victoria, un phaéton, un duc-tonneau.
- La « Victoria », ainsi que le montre la figure 1, a une forme très élégante ; c’est le type parfait et confortable de la voiture de ville ; elle comporte 6 places, y compris celle du wattman, et pèse en ordre de marche 1050 kg seulement. Le moteur, d’une puissance de 5 chevaux, et les accumulateurs sont adroitement dissimulés. Le parcours possible varie de
- 80 à 100 kilomètres, suivant le terrain et le nombre des voyageurs transportés.
- Le phaéton représente la voiture de promenade à long parcours. 11 comporte 2 places ou 4 avec le siège arrière qui est amovible, pèse en ordre de marche 1190 kg et est établi pour faire un parcours de 130 à 140 kilomètres sans recharge.
- Le tonneau est le type de la voiture de famille, dont la forme est très en vogue en ce moment ; le moteur, comme dans le phaéton, est de.8 chevaux.
- Toutes ces voitures ont une très bonne marche, consomment 70 watts-heures par tonne-kilomètre en palier, à une vitesse de 20 kilomètres à l'heure, et montent toutes les rampes avec une dépense très réduite, en raison du rendement très élevé de l'ensemble moteur.
- Le moteur électrique (fig. 5), qui a été étudié en collaboration avec M. P. Gasnier, de l’École de Physique et de Chimie industrielles de Paris, est spécialement combiné pour la traction, et sa forme est complètement différente de celle des moteurs usuels.
- Il est cuirassé et hermétique, d’un faible poids bien «pie d’un grand rendement, possède deux enroulements induits et deux enroulements inducteurs ; ce qui permet, par leur couplage, de faire varier la vitesse dans de très grandes limites sans qu’il soit utile de changer le couplage des accumulateurs qui, travaillant toujours en série, se trouvent dans les meilleures conditions de fonctionnement et de rendement. Ce moteur est caractérisé par la disposition nouvelle des inducteurs et bobines inductrices, qui permet : d’utiliser intégralement tout le flux inducteur, de supprimer presque entièrement la réaction d’induit, de réduire l’encombrement et le poids du moteur et, enfin, de rendre faciles le nettoyage, l’inspection des balais et du collecteur, l’enlèvement de l’induit, et au besoin le démontage des inducteurs, qualités absolument primordiales dans les moteurs de traction. Son poids est de 96 kg pour une puissance normale continue de 8 chevaux.
- Le moteur est employé avec les trois couplages suivants : 1° Les deux inducteurs en tension groupés en série avec les deux induits en tension ; 2° les deux inducteurs en quantité groupés en série avec les deux induits en tension ; 3° les deux inducteurs en quantité groupés en série avec les deux induits en quantité.
- Les valeurs du rendement correspondant à ces trois couplages ont été relevées par M. G. Roux, directeur du Bureau de contrôle des Installations électriques, et sont consignées au tableau ci-dessous :
- VALEURS DU RENDEMENT
- SUPÉRIEUR A SUPÉRIEUR A
- 80 °/0 ENTRE 85 °/0 ENTRE MAXIMUM
- Ampères. Ampères. Ampères.
- Couplage 1 . . . 12 et 58 » 84 °/0 à 20
- — 2. . . 14 et. 68 20 et 45 86,6°/0à30
- — 5 . . . 27 et plus 40 et 80 86 °/0 à 60
- de 120
- Or, en matière de traction, le rendement moyen
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- Fig. 1. — Vue d’ensemble de la Victoria « Électricia.
- seul, et non le rendement maximum, étant à prendre en considération, par suite des variations continuelles et considérables de la charge des moteurs, deux points des pins importants sont à remarquer dans les résultats obtenus ; c’est, d'une part, la valeur élevée du rendement, et, d’autre part, son peu de variation sous des charges très variables.
- Le moteur fait corps avec l’essieu moteur (fig. 4) qui oscille autour des pièces d’attache le reliant aux ressorts de la voiture. A son avant il est suspendu au châssis par des ressorts qui amortissent les démarrages, changement de vitesses et freinages.
- La transmission se fait entièrement par engrenages et l’essieu arrière se compose uniquement de deux tuhes assemblés par un carter qui renferme ces engrenages. Les extrémités des tubes forment les fusées des roues dont les moyeux sont com-
- mandés par les arbres dn différentiel ; ces arbres passent à l’intérieur des tubes, ne travaillent ainsi qu’à la torsion, tandis que les tubes extérieurs, qui forment réellement l’essieu, ne travaillent qu’à la ilexion. On a ainsi un essieu moteur hermétique, indéformable, pouvant fonctionner par tous les temps, capable de supporter un lavage à grande eau sans aucun inconvénient.
- Lu système de graissage particulier lubrifie rationnellement toutes les parties frottantes; la meme huile, complètement à l’abri de la poussière, peut être utilisée pendant fort longtemps. L’ensemble moteur est relié à la voiture par huit boulons qu’il suffit de dévisser pour l’enlever complètement.
- La direction, généralement inclinée, est à volant et irréversible. Le mécanisme est très simple et surtout étudié pour éviter l’usure rapide qui se produit avec les directions irréver-
- Fig. 2. — Vue du combinateui.
- sibles dans lesquelles une vis sans fin est en prise avec un secteur denté. Ici la vis sans fin est en prise avec un écrou dont le mouvement rectiligne est transformé, par une combinaison de leviers formant parallélogramme simple de Watt, en un mouvement circulaire qui permet la commande des roues. La surface de contact de la vis avec l’écrou qu’elle commande étant bien plus grande que dans les directions à secteur denté, l’usure est beaucoup moins rapide.
- Le combinateur (fig.2), commandé par une manette placée immédiatement sous le volant de direction, est de construction très simple et donne 5 vitesses avant, une position d'arrêt, deux freinages électriques et la
- Fig. 3. — Vue de l’interrupteur de pédale.
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- marche arrière. Les vitesses avant sont de 8,11, lfi, 21 et 20 km. à l'heure. Les freinages électriques sont combinés de manière que la rupture du circuit d’un induit ou d'un inducteur, ou meme des deux à
- la fois, n’empêche pas le freinage de se produire. Les freins mécaniques agissent sur les deux roues motrices et serrent aussi bien en avant qu’en arrière. Au moyen d’un interrupteur spécial à rupture rapide
- Fig. i. — Vue dp Cession do ];i voilure, muni du molenr électrique.
- (fïg.o) le courant se trouve automatiquement coupé par une simple pression opérée sur la pédale des freins. Les accumulateurs sont à oxvdes rapportés et sedistinguent par leur construction qui est faite entièrement à la machine. Toutes les plaques sont, de ce fait, identiques de forme, de poids, de porosité, de consistance. Elles travaillent égale -
- ment dans toutes leurs parties, ce qui diminue con-sidérablement leur désagrégation et leur permet de résister aux charges et décharges à des régimes excessifs. La capacité obtenue est des plus élevées, comme le font ressortir les essais à diverses
- charges faits au Laboratoire central d’électricité.
- L’élément soumis aux essais était de 21 plaques et pesait au total 13k®,100 ; il donne une capacité de 194 ampères-heures pour une décharge en 5h55, ce qui correspond à une énergie spécifique de 29,3 watts-heures par kilogramme total.
- Fig. 5. — Le moteur électrique.
- les
- La conduite des voitures « Kleclricia » est des plus aisées.
- Le nombre d’organes à manœuvrer est réduit
- au strict minimum : 1° I n
- volant pour la direction qui est irréversible et très douce ; 2° une seule manette, placée sous le volant, pour la marche avant, le freinage électrique et la marche arrière ; 3° une pédale de frein coupe -circuit pour les arrêts rapides. Comme on peut en juger, les différentes parties de la voiture ont été soigneusement étudiées dans le but de réaliser un ensemble dont les organes soient bien en place, très accessibles, faci-à entretenir, réparer ou remplacer, et donnant lieu au maximum de rendement avec le minimum de dépenses d’entretien.
- 11 est difficile de faire plus simple; il paraît difficile actuellement de faire mieux. P. Ladurant.
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- LA NATURE.
- UNE LETTRE INÉDITE DE TAURAN
- Le 6 août 1703, Yauban écrivait, de Sens, àM. de Cha-millart, ministre de la guerre, la lettre suivante encore inédite, on il donne son avis sur quelques nouvelles inventions qu’on avait proposées à ce ministre.
- Yauban avait l’esprit très ingénieux et il a passé sa vie à faire des inventions applicables à l’art de la guerre. Je n’en citerai ici qu’une : la baïonnette à douille qui permet au soldat de tirer tout en laissant à son fusil le rôle de pique qu’il avait auparavant lorsqu’on se bornait à enfoncer dans le canon une sorte de poignard.
- Dans sa jeunesse, alors qu’il était employé aux fortifications de Brisach, il fut envoyé en mission à Nuremberg pour surveiller la construction d’une petite machine militaire destinée à l’amusement du jeune prince qui était alors sur le trône. C’est à cette mission qu’il fait allusion dans sa lettre. Sur la tin de sa vie, quand il était maréchal et n’avait plus d’occupations professionnelles, il étudia avec ardeur la fabrication d’un canon en acier, faisant remarquer avec bon sens que l’acier était certainement supérieur au bronze pour les armes à feu puisque tous les canons des fusils de chasse étaient en acier et non en bronze.
- Yoici la lettre de Yauban à Chamillart :
- « J’ai reçu, Monsieur, celle que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire du 25' du passé avec la lettre de M. de Mouv contenant ce qu’il a ouï dire au nommé Thomas Lorrain, de Sainte-Marie-aux-Mines.
- « Je le connais fort bien. II a effectivement du génie pour les forces mouvantes, mais nul principe, et ne saurait rendre raison de ce qu’il entreprend ; ce qui fait qu’il réussit quelquefois aux uns et manque beaucoup plus souvent aux autres.
- « Quand il se vante de mener une pièce de canon de 21 de balles, tout seul, avec une manivelle à main, de Paris à Versailles, un homme avec un cheval l’y mènera bien mieux en un jour que lui en trois. Je sais ce que c’est que sa machine dont il prétend se servir pour cela. Il v a plus de 50 ans que j’en ai vu des épreuves à Nuremberg1 qui réussirent en petit et qui pourraient réussir en grand, quant à la force, jamais quant à la diligence.iC’est. pourquoi on ne s’en est pas servi. t
- « Quant à la fusée de feu d’artifice dont il se vante, c’est une illusion et un effet de sa bavarderie qui ne mérite pas d’être écouté, non plus que la plupart des autres choses qu’il met en avant. Les mécaniques ont leur règle puisée dans le sein des mathématiques. Dès qu’on n’en suit pas les règles on ne réussit point, ou on ne réussit que par hasard dans des choses de peu d’importance et toujours imparfaitement.
- « Ne vous laissez pas surprendre par ces sortes de gens-là. Il faut les renvoyer à l’Académie des sciences ; c’est la véritable pierre de touche de toutes ces propositions-là... ))
- Albert de Rochas.
- 1 II y avait au dix-septième siècle, à Nuremberg, un nommé Jean Dautch, fabriquant des chariots qui « roulaient par ressorts et faisaient 2000 pas en une heure ». On peut voir une figure du char de Jean Hautch dans le Magasin pittoresque, année 1858, p. 24 et 158.
- On trouvera dans le tome Ier du vieux neuf d’Edouard Fournier, p. 55, quelques détails sur les essais de ce genre tentés au dix-septième siècle.
- DESTRUCTION DES FOURMIS
- Les maisons et les jardins sont en ce moment envahis par les fourmis; nous avons entrepris toute une série d’expériences pour trouver un moyen pratique de se débarrasser des fourmis.
- Nous croyons être utile en publiant les résultats auxquels nous sommes arrivés; nous entrons, en effet, dans la période d’invasion des fourmis.
- L s’agissait de trouver un procédé simple, rapide, à la portée de tout le monde, et peu coûteux.
- Dans des tubes à essais, en verre, de 20 centimètres de hauteur sur 2 de largeur, nous avons introduit, sur 10 centimètres de hauteur, de fa terre contenant des fourmis. Fans ces tubes, nous avons humecté la terre, en évitant un excès de liquide pour ne pas noyer ces insectes, avec quelques gouttes des solutions suivantes :
- 1° Solution d’acide phénique à 5 p. 100.
- 2» — — — à 1 p. 100.
- 5° — de sublimé corrosif à 1 p. 1000.
- 4“ — de chlorure de zinc à 1 p. 20.
- ° — de savon à 1 p. 100.
- 0° — d’huile lourde de houille émulsionnée à 1 p. 20.
- 7° Eau bouillante.
- 8° Acide chlorhydrique et ammoniaque.
- Ai ec ces diverses expériences la survie des fourmis est de :
- Solution 1. ______ 2.
- — o.
- — 4.
- — 7.
- — 8.
- 5 minutes.
- 10 —
- 15 —
- 50 —
- Les fourmis ne sont pas tuées.
- Mort presque instantanée de toutes les fourmis. L’eau bouillante ne cuit que les fourmis touchées. N’atteint que les fourmis immédiatement en contact avec ces corrosifs. .
- Nous pouvions donc conclure déjà de ces expériences de laboratoire que l’huile lourde de bouille, émulsionnée au 1 /20e était de tous les agents essayés le meilleur destructeur de ces animaux.
- Pour plus de sûreté nous avons répété nos expériences sur des nids de fourmis, excessivement communs à Sétif. Chacun d’eux était arrosé avec les solutions précédentes. Les fourmis affolées sortaient de leurs nids et la majorité s’échappaient. Dans une seule expérience, répétée plusieurs fois dans la suite, les fourmis n’avaient pas le temps de s’enfuir : c’était après l’arrosage avec l’huile lourde de houille émulsionnée au 1 /20°. Une ou deux minutes après cet arrosage on pouvait découvrir les nids sans qu’aucune fourmi ne I s’échappe, elles étaient toutes tuées. Quatre .jours après ce traitement aucune nouvelle fourmi ne se montrait autour des nids arrosés avec l’huile lourde de houille au 1/20% tandis que quelques minutes après, les nids arrosés avec les autres solutions étaient de nouveau envahis. Ces expériences venaient confirmer celles du laboratoire.
- On peut donc dire qu’avec l’huile lourde de houille émulsionnée au 1/20% on détruira sûrement les nids de fourmis et on pourra, par suite, se débarrasser de ces insectes souvent fort incommodes.
- Lorsqu’il en existera dans les armoires à linge, ou dans les buffets, il suffira, pour les détruire, de placer pendant vingt-quatre heures dans ces meubles une assiette contenant de l’huile .lourde de houille. Nous nous sommes assuré, en effet, que. l’air chargé de vapeurs d’huile lourde de houille était rapidement toxique pour ces animaux. Il suffira, le plus souvent, de détruire les nids par le moyen indiqué.
- L’huile lourde de houille émulsionnée peut se préparer
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- LÀ NATURE.
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- de plusieurs manières : en ajoutant à l’huile lourde de houille une décoction concentrée de panama, ou en employant l’alcoolé du même bois.
- Le prix de revient de l’huile lourde émulsionnée est de 0f,',20 à 0fr,30 le kilogramme, ce qui permet d’avoir pour ce prix réellement minime, 20 litres de solution insecticide. Ce procédé nous a paru suffisamment simple, assez commode, et bon marché pour pouvoir être appliqué. C’est ce qui nous a décidé à le faire connaître. I)r F. Malmejac.
- Pharmacien aide-major de lr* classe.
- UNE MINE DE LITHINE EN FRANCE1
- Exploiter une mine [tour en tirer une substance aussi peu connue et aussi peu appliquée dans l’industrie que la lithine, un corps dont le rôle pratique semble, à première vue, borné à fournir des exercices d’analyse chimique aux étudiants par sa séparation difficile d’avec les autres métaux alcalins, peut paraître tout d’abord quelque peu paradoxal. Il n’en est pas moins vrai que, depuis déjà une quinzaine d’années, la vieille mine d’étain de Montebras, dans la Creuse, est devenue une exploitation de lithine et a trouvé ainsi une prospérité, que l’étain, métal plus précieux, n’avait pas su lui fournir.
- L’histoire mouvementée^de Montebras est bien connue de ceux qui ont suivi les efforts de l’industrie minière en France depuis une quarantaine d’années.
- En 1859, un éminent minéralogiste, Mallard, faisant une exploration à Montebras pour établir la carte géologique de la Creuse, y remarqua des excavations de 10 à 20 mètres de profondeur, que les habitants considéraient alors comme de très anciens retranchements et les archéologues comme un camp romain. Frappé de leur ressemblance avec des tranchées semblables, qu’il avait pu étudier, dans la même région, sur l’antique mine d’étain de Vaulry, il eut l’idée que les fouilles de Montebras pouvaient avoir * eu le même but, et y trouva, en effet, après quelques recherches, des morceaux d’étain oxydé. La découverte était d’une réelle importance historique : elle complétait, en effet, tout un ensemble d’études montrant avec évidence que le Limousin avait été, à l’époque gauloise, un grand centre de production de l’étain (et, très probablement, de l’or en même temps). Elle avait aussi son intérêt pratique, car les gîtes stanriifères sont rares dans le monde, et la France n'en possède pas un seul sur lequel des travaux aient pu se maintenir en activité.
- Une Société se constitua pour la mise en exploitation des liions d’étain : elle fit, d’abord, des travaux importants, qui descendirent jusqu’à 160 mètres de profondeur ; mais ces filons étaient plus irréguliers qu’on ne l’avait cru ; l’entreprise fut malheureuse et on dut abandonner les travaux en 1877, après une perte de plus de 5 millions. Pendant quelques années ensuite, on fit à peine de rares glanages ;
- 1 Voy. n° 1103, du 21 juillet 1894, p. 121 et n° 1446, du 9 février 1901, p. 161.
- mais, en 1886, un autre minéralogiste (cefte mine était décidément vouée aux savants) eut l’idée de rechercher, dans les déldais superficiels, une substance, qu’on y avait depuis longtemps signalée comme une curiosité minéralogique el qui lui parut avoir, en outre, une valeur pratique. En dépit de vicissitudes diverses, qui ont encore fait passer cette mine par deux ou trois mains, c’est cette substance (pie l’on continue à y exploiter aujourd’hui, non plus dans les déblais comme aux premiers temps, mais dans les filons primitifs, où l’on est descendu la rechercher et c’est elle qui procure aux propriétaires leur bénéfice annuel.
- Le corps en question, dont l’aspect extérieur n’a rien de remarquable et qu’il est bien facile de confondre avec un feldspath un peu violacé, est ce tpie l’on appelle de Yamblyyonite. C’est un composé de phosphate d’alumine et de lluorure double de lithine et de soude. On l’a d’abord employé dans la verrerie pour remplacer le phosphate de chaux, dont on se sert souvent pour avoir des couleurs vitri-fiables; la chaux a, en effet, l’inconvénient d’éteindre certaines couleurs, tandis qu'avec Famblygonitc (autre phosphate, comme je viens de le dire), on obtenait, notamment, un jaune superbe et un rouge rubis; mais la véritable valeur de l’amblygonile vient de ce qu'elle renferme 6 à £ pour 100 de lithine et c’est à titre de minerai de lithine que l’on arrive à en vendre 100 tonnes par an à un prix (pii ne doit pas être bien éloigné, je crois, de 1000 francs la tonne.
- A quoi sert donc la lithine pour motiver cette production de 6 à 8000 kg par an, à Montebras seul, sans compter ses autres gisements dans le monde, dont je dirai un mot tout à l’heure? Si je ne me trompe, uniquement à la pharmacie. Dans l’usine de Bonn, où l’on fait le traitement (qu’on a eu d’abord quelque peine à organiser), on transforme l’amblygonite, pulvérisée, calcinée avec du plâtre, reprise par le carbonate de soude, en carbonate de lithine, et ce carbonate s’en va dans toutes les pharmacies de l’univers, où on le divise en petits paquets, comptés en centigrammes, pour le plus grand bien des goutteux, des rhumatisants, etc., qui en consomment de 15 à 20 centigrammes par jour. En vendant 40 à 50 francs le kilogramme de lithine, qui revient à 12 environ dans l’amblygonite brute, les intermédiaires ont encore, on le voit, quelque marge de bénéfice.
- En dehors de Montebras, la lithine n’est pas précisément un corps abondant. Tout d’abord, l’amblygonite elle-même ne se trouve guère que dans deux ou trois autres points du monde : dans le Maine (États-Unis), en Saxe, à Àrendal (Norvège). Quant aux autres minéraux de lithine, souvent associés, comme l’amblygonite avec l’étain, ils sont loin de contenir autant de lithine. Ce sont, avant tout, les micas lépidolithes, que l’on recherche aujourd’hui dans les vieilles haldes des anciennes mines d’étain de Zinnwald en Saxe, en Moravie et, en France même,
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- LA NATURE.
- près de Limoges, à Saint-Sylvestre, et dont la teneur en lithine ne dépasse pas 0 pour 100 ; ils sont traités également en Allemagne, dans la même usine. Ajoutons les sources minérales, où les analyses recherchent avec soin les traces de lithine, auxquelles on attribue un rôle essentiel dans les guérisons.
- A Montebras, l'amblygonite, associée avec du quartz et de l'oxyde d'étain, forme des veines très irrégulières dans une granulite porphyroïde, ou elvan, qui est souvent décomposée dans la zone voisine de la surface, sur laquelle portent aujourd’hui les travaux. Un a donné à certaines variétés d'amblygonite le nom de montehrasite.
- Elle est associée, dans ce gisement, avec une série de corps rares et de minéraux exceptionnels : le niobium, remarquablement abondant dans cer-
- Hameau de Montebras
- Communaux
- Maison timiy
- Coupe .
- Clan (tes travailv préhistoriques «le Montebras.
- taines parties de l’étain, l’apatile, la montehrasite, la wawellite, l’urane, etc. L'apatite y est même en quantité suffisante pour qu’on eût pu l’exploiter industriellement si cette forme de phosphate de chaux n’était aujourd hui si complètement méprisée par les phosphatiers, qui la recherchaient autrefois.
- Les substances accessoires constituent, d’ailleurs, dans la petite et curieuse industrie qui s’est constituée à Montebras, un élément intéressant. C’est ainsi qu’on y exploite la granulite porphyroïde décomposée, non pas précisément comme kaolin, mais comme sablon kaolinique, comparable à ceux de Recize ou du Cornouailles. Ce sablon est soumis, d’abord, à un triage pour enlever les parties manga-nésées (quant à la teinte rose, elle disparaît, affirme-t-on, en grande partie, à la cuisson) ; puis on le réduit en poudre très fine et on lui fait subir une préparation mécanique, afin d’éliminer les traces d’étain, qui le déprécieraient. Après quoi, il est vendu,
- non aux porcelainiers, mais aux faïenciers, qui, en "le mélangeant avec du kaolin, en font une pâte, à laquelle ils donnent plus de fusibilité par l’addition d’un peu de minium. Ayant ainsi une mémo composition pour la pâte et pour la couverte, ils évitent plus aisément les gerçures (extraction : environ ‘•2400 tonnes, à 1(> francs la tonne).
- On utilise, en outre, les argiles plus impures, mêlées de, sable, pour faire des tuyaux de grès. Avec la granulite dure, quarlzeuse, on fait les meules destinées à écraser le fin, de manière «à ne pas introduire d’éléments étrangers par le broyage; on vend les feldspaths inaltérés et les quartz aux faïenceries; on obtient, en vitrifiant du kaolin moulé, ou simplement de la granulite décomposée, des carreaux ou briques blanches; enfin, au moyen d’une préparation mécanique consistant en broyages, triages, passages aux trommels, caissons allemands, etc., l’on glane, chemin faisant, un peu d’étain (très peu), soit dans les liions mêmes oit l’on cherche l'amblvgonite, soit dans les résidus de lavage des kaolins, et il se trouve ainsi que cette exploitation d'amblygonite fournit aux statistiques officielles le moyen de ne pas porter un zéro pour la production annuelle de l’étain en France.
- C’est, comme je l'ai dit en commençant, celte présence de l'étain qui a attiré sur Montebras l’attention de nos ancêtres gaulois. Quelques indications sur les tranchées préhistoriques, représentées par le plan ci-joint, pourront, donc intéresser le lecteur.
- Ces tranchées, assez superficielles, puisqu'elles ne dépassent pas 20 mètres de profondeur, se présentent aujourd’hui, au milieu des communaux où elles ont été conservées, sous la forme d’une série d’entonnoirs, présentant quelques alignements bien marqués; l’un A, d’environ 200 mètres de long, orienté N. 50° E. ; un autre R, parallèle, à 150 mètres du premier, sur 100 mètres de long ; enfin, une ligne transversale C de 150 mètres.
- En descendant le coteau vers l'Ouest, on trouve, en outre*, des excavations et, à 500 ou 400 mètres de là, vers le Nord-Ouest, un plateau incliné I) couvert de débris quartzeux, avec fragments de quartz slannifère.
- Les anciens paraissent avoir cherché l’étain dans la granulite décomposée au voisinage de la surface, en faisant ces trous, dont ils rejetaient les déblais en Inities sur les côtés, et soumettant les roches extraites à une, préparation mécanique par lévigation. Ils avaient maintenu les talus au moyen de placages en pierres quartzeuses, dont quelques-uns, consolidés par la végétation, subsistent encore. Dans quelques cas ils ont, de plus, rejeté au fond d’une tranchée abandonnée des débris qui les gênaient et qui forment aujourd’hui un cordon au milieu d’elle.
- Des fouilles semblables s'observent, à 5 kilomètres de Montebras, au bois de la Feuillade, dans un véritable dépôt d'alluvions, légèrement, stanni-fères. L. de Launay.
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- PISTE YÉLOCIPÉDIQUE AÉRIENNE
- A mesure que la pratique du cyclisme s'est développée, comme eu somme il faut de bonnes voies de circulation pour les cyclistes qui désirent se livrer sans fatigue à leur sport, les pistes vélocipédiques se sont multipliées un peu partout : nous ne parlons pas des pistes de courses, disposées le [dus souvent suivant un cercle ou un ovale, et «pii ne peuvent jamais donner l'illusion d'une promenade au véloci-pédiste, qui pédale en tournant un peu comme un écureuil dans sa cage. Nous parlons de ce qu'on appelle aussi les trottoirs cyclables, qui sont très fréquemment parallèles aux grandes routes, ou qui parfois sont tracés à travers la campagne pour le plaisir des enthousiastes du cyclisme.
- Grâce à l'initiative de certaines associations, notamment en France, beaucoup de ces routes sont réellement bien installées et leur tracé habilement choisi ; mais rien ne vaut certainement à ce point de vue la [liste aérienne que l’on vient de terminer en Californie, entre Pasadena et Los Angeles.
- Il faut dire que la Californie est particulièrement fréquentée par les cyclistes, d’abord pour son climat exquis en hiver, climat dont nous avons eu occasion de parler déjà, et qui est d une douceur incomparable, alors que l’Est est impraticable pour les vélocipèdes. Dans la Confédération, en général, les routes de terre sont déplorablement mauvaises : on pourrait même dire qu’elles n’existent pas, et les automobilistes sont obligés en ce moment de créer toute une agitation pour que les divers Etats se mettent à établir de ces voies pourtant si utiles à tous les points de vue. En Californie on est moins mal partagé, mais les roules offrent souvent des rampes très raides qu'on n’a jamais songé à rectifier, et qui sourient fort peu aux cyclistes les [dus passionnés. Aussi s'est-il fondé récemment à Pasadena une compagnie-ayant pour but spécial de construire, afin d’attirer les visiteurs désireux de faire de la véloci-[tédie sans efforts, une voie cyclable entre le cœur même de Pasadena et la place centrale de Los Angeles : il fallait qu'elle présentât à la fois une surface bien unie et une pente savamment ménagée pour ne point fatiguer ceux qui la suivraient. Ajoutons qu’on a cherché aussi, pour les amateurs de paysages, à y ménager de jolis coups d’œil sur la campagne environnante et, sur une grande partie de son étendue, elle passe au milieu des arbres verdoyants qui parsèment la campagne californienne.
- Nous donnons une photographie qui permet de se faire nue idée du mode de construction de cette curieuse [liste : cette vue en est prise à son extrémité «à Pasadena, dans les faubourgs, en un point par conséquent où l’on ne peut juger de son aspect pittoresque.
- Elle ressemble, en somme, considérablement aux fameux chemins de 1er « elevated » de New-York, à cela près que la charpente en est en bois, au lieu
- d'être métallique; on remarquera que, surlecôté,les charpentes transversales dépassent de beaucoup la plateforme, tout simplement parce qu’on espère bien doubler la largeur de la piste si elle rencontre le succès, et une moitié en serait sans doute réservée aux automobiles. La Compagnie qui a mené à bien cetfe entreprise, et qui porte le nom suffisamment caractéristique de « California Cycleway Co », a longuement étudié le tracé avant de commencer le travail ; la rampe notamment de la plateforme ne dépasse nulle part o 0/0 et le [dus souvent elle n’est que de 1 1/4 0/0. La voie aérienne s’étend sur une longueur de 10 kilomètres, avec une largeur suffisante pour laisser passer quatre machines de front ; elle est, comme de juste, bordée de chaque côté de para-
- La piste cyclable aérienne de Californie.
- [iets qui empêchent toute chute, et, détail qui nous surprend aux États-Unis, ces balustrades ont été peintes en vert afin de ne point trop jurer à travers la verdoyante campagne où court la piste aérienne.
- Pour rendre celle-ci praticable même de nuit, on a disposé des lampes à incandescence tous les 00 mètres; à chacune des extrémités est un batiment oii l'on trouve à la fois des garages pour cycles et aussi des ateliers de réparation fort bien installés ; la Compagnie se charge de la garde et de l’entretien des machines particulières, en même temps qu’elle en loue. La voie escalade le sommet de petites collines d’où l’on a une vue réellement fort belle de la Sierra-Madre, et, sur quelques-unes de ces collines, on a prévu la création de casinos où le cycliste pourra trouver le repos ou des rafraîchissements, suivant ses désirs, tout en jouissant d'un spectacle merveil-
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- leux et d’un panorama admirable que terme au loin les eaux bleues de l'Océan Pacifique.
- Le coût de la construction de cette curieuse piste a été de quelque 950 000 francs, et la Compagnie demande 0fr,50 pour le droit de parcourir cette magnilique promenade ; chaque ticket d’entrée est valable pour toute la journée. 11 est à supposer que l'entreprise réussira linancièrement, car on compte sur une recette de 100 000 fr. par an, étant donné le nombre de cyclistes qui fréquentent la région.
- 1). Bei,let.
- Service télégraphique «lu temps. — Depuis plusieurs années la Deutsche Seewarte de Hambourg a l'ait les plus grands efforts pour accélérer et améliorer le service des dépêches météorologiques. Le sujet a été discuté à des congrès internationaux et à des conférences tenues par les chefs du service allemand et il a été reconnu, à l’unanimité, que l’état des choses actuel peut être amélioré matériellement si l’on arrive à recueillir, à discuter, à publier les observations plus rapidement. Depuis 1872 un système très perfectionné a été établi aux Etats-Unis, sous le nom de circuit-système, dans lequel, sur certaines lignes, des fils sont exclusivement réservés à la transmission des messages météorologiques pendant un certain temps après chaque observation. Cette méthode a été trouvée très satisfaisante aux États-Unis ; mais, en Europe, où la surveillance des lignes est entre les mains de différentes nations, les difficultés sont insurmontables. Le système recommandé par la Deustche Seewarte s’appelle le système radial dans lequel les observations passent toutes par des bureaux centraux. Des observations spéciales ont été faites depuis environ un an à 8 heures du matin dans l’Europe centrale ou à environ 7 heures (temps de Greenwich) à trente-cinq stations dans diverses contrées, y compris les lies Britanniques, et expédiées à la Deutsche Seewarte de façon que le bureau de Hambourg puisse les publier dès 9 heures du matin. Cette publication matinale a donné de si bons résultats que le système en question va prendre à bref délai une extension considérable.
- Détermination de la température d'ébullition de l'hydrogène liquide. — Dans un précédent mémoire lu à la Société royale de Londres, M. J. Dewar avait montré qu’un thermomètre à résistance de platine donnait 54° absolus pour la température d’ébullition de l’hydrogène liquide. Comme cette valeur résultait d’une valeur empirique reliant la température et la résistance et pouvait se trouver en défaut à une température aussi exceptionnelle, il est devenu nécessaire de recourir au thermomètre à gaz, c’est-à-dire à hydrogène, oxygène, hélium ou acide carbonique. En prenant la moyenne des chiffres les plus probables, ou trouve pour le point d’ébullition, 20°,5 absolu, nombre qui concorde avec la moyenne des résultats trouvés par Wroblewski, Olzewski et d’autres.
- Le plomh radio-actif. — MM. Hoffmann et Strauss ont publié dans les Berichte un mémoire sur le plomb radio-actif. Cette substance peut s’extraire de différents minéraux, la clévite, la broggerite, la euivruranite, etc; elle ressemble au plomb en ce qu’elle est précipitée de ses solutions acides par l’hydrogène sulfuré, en formant un sulfate insoluble dans l’acide sulfurique et formant avec l’iode un composé jaune. Elle diffère du plomb en
- ce qu’elle agit dans l’obscurité sur une plaque photographique; elle a une ligne violette caractéristique dans le spectre de l’étincelle et présente un équivalent sensiblement différent, 130,10 au lieu de 105,4.
- L'Horloge monumentale de l'Hdtel de ville de Philadelphie. — Avant que ne soit achevée la colossale horloge électrique de 8m,2o de diamètre que la Compagnie P.-L.-M. fait en ce moment placer dans la tour de la nouvelle gare de Paris, décrivons en quelques mots l’horloge monumentale à air comprimé — quant à présent la plus grande qui soit au monde et fonctionnant normalement — qui orne l’Hôtel de ville de Philadelphie. Elle a d’abord ceci d’incontestablement original c’est que l’architecte, M. John Stevens, l’a logée au sommet, ou à peu près, d’une tour de 164 mètres de haut. D’où il résulte que le cadran est assez souvent masqué par les nuages planant au-dessus de la ville, et qu’il a fallu user de différents artifices d’optique pour que les humbles mortels circulant dans les rues [missent voir l’heure par tous les temps. Aussi les cadrans, il y en a quatre, sont éclairés intérieurement par un projecteur électrique de six cents lampes. Ce seul éclairage, dont l’extinction et l’allumage sont automatiques, nécessite une force de cinquante chevaux. Chaque cadran mesure 7m,00 de diamètre ; l’aiguille des minutes, qui a 5m,70 de long et qui est montée sur un axe en bronze de 61 centimètres d’épaisseur, pèse 226 kilogrammes. Elle reçoit du moteur une impulsion toutes les minutes.
- Un trésor archéologique au fond de la mer. — Il est beaucoup question, dans le monde archéologique, des trouvailles faites par des scaphandriers au fond de la mer, dans les environs de l’ile de Cerigo, l’antique Cvthère. Toutes les œuvres d’art déjà retirées sont réunies au ministère de l’instruction publique, à Athènes, où elles font l’admiration de nombreux visiteurs. La pièce la plus remarquable est une statue en bronze, d’un travail merveilleux, représentant un Hermès discourant, « l’Herinès rhéteur », suivant le nom que déjà on lui donne. Cette statue a été brisée en deux morceaux, qui ont pu être retrouvés. Cet Hermès serait plus beau que l’Herinès de Praxitèle et plus expressif que l’Herinès d’Atalante. On s’est demandé quelle pouvait être l’origine de ce trésor, le plus riche qui ait été retrouvé jusqu’à présent. L’opinion la plus accréditée est que ce trésor est celui que le général romain Scylla enleva de Grèce et chargea sur un navire qu’il expédiait eu Italie. Ce navire, surpris par une tempête, dut sombrer près des côtes de Cvthère. On ne pourrait s’expliquer autrement le nombre, la variété, la richesse des œuvres d’art trouvées dans les eaux de cette lie.
- Un câble Marseille-Tanger-Oran. — A la suite d’un accord intervenu entre le Gouvernement français et le Maroc, nous allons être reliés directement par câble de Marseille à Tanger et de Tanger à Oran, ce qui sera aussi utile pour la métropole que pour nos trois départements d’Algérie. Le ministère du commerce, de l’industrie et des postes et télégraphes vient d’envoyer une mission [tour procéder sur place aux études nécessaires.
- Le dernier recensement en Allemagne. —
- D’après le dernier recensement de la population au 1er décembre'1900, il y a en Allemagne 55 villes qui ont plus de 100000 habitants. Voici la population des principales : Berlin, avec 1884545 habitants; Hambourg, 704669; Mu-nich, 498500; Leipzig, 455089; Breslau, 422415; Dresde, 395349; Cologne, 570685; Francfort, 287815; Nuremberg, 260 793; Hanovre, 254986.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 10 juin 1901. — Présidence de M. Fouqlé.
- Le climat de Quito. — M. le général Bassot annonce que la seconde portion de la mission française chargée de la mesure de l’arc du Pérou a débarqué le 2 juin à Guayaquil et que les observations pourront commencer dans le courant du mois de juillet. M. Gonnessiat, qui est allé prendre la direction de l’Observatoire de Quito au mois de mai 1900 et qui doit collaborer aux opérations astronomiques qui sont le corollaire de la mesure de l’arc, adresse une note sur le climat de Quito. Les instruments astronomiques de l’Observatoire de cette ville étaient l’année dernière en un médiocre état; M. Gonnessiat s’est restreint à faire usage des instruments météorologiques qui étaient au contraire en bon état. D’après ses observations régulièrement poursuivies de septembre à mars, la pression reste presque constante. 11 en est de même delà température moyenne qui est de 12°,9. Les maxima sont 20° à 21°, le minimum 7°,4. En résumé, le climat présente des conditions sanitaires très favorables.
- L’oxyde de carbone du sang. — M. A. Gautier analyse une Note de M. Nieloux relative à la présence de l’oxyde de carbone dans le sang. MM. Nieloux et Desgrez ont déjà signalé le fait : 1 litre de sang contient lc0,2 d’oxyde de carbone. Ils ont émis l’avis que l’oxyde de carbone de l’organisme en est un produit normal. M. A. Gautier ne partage pas cette opinion et pense au contraire que l’oxyde de carbone du sang provient de l’air. Il y a simplement absorption. A l’appui de cette opinion, il remarque que l’on a également constaté la présence de traces d’hydrogène libre dans le sang. M. Nieloux fait savoir qu’il a trouvé l’oxyde de carbone dans le sang du fœtus, c’est-à-dire dans un sang qui n’a pas été exposé à l’air. M. A. Gautier remarque que cette expérience ne résout pas la question, l’oxyde de carbone trouvé pouvant provenir de la mère, mais il croit qu’une recherche faite sur un animal vivant au bord de. la mer ou en forêt, dans une atmosphère non viciée par l’industrie humaine, peut fournir une donnée précise.
- La loi de Gay-Lussac sur les combinaisons en volume — M. Lippmann analyse une Note de M. l'onsot, professeur au lycée Janson-de-Sailly, sur la combinaison des gaz en volume. Partant de ce principe qu’une élévation de température suffisante dissocie les composés gazeux en leurs éléments ou en corps moins complexes, il montre par des considérations de thermodynamique que cette dissociation peut être obtenue à température constante en diminuant la pression. Or, cette condition exige que dans la formation d’un composé il y ait toujours contraction. Il n’y a donc pas de composé dont le volume soit égal à la somme des volumes des composants et par suite la loi de Gay-Lussac n’est qu’approximative. L’auteur déduit encore cette conséquence que la célèbre hypothèse d’Avrogade, d’après laquelle le volume des molécules de tous les corps est le même, n’est pas rigoureuse. Or, cette hypothèse est un des fondements de la chimie organique moderne. Le travail de M. Ponsot présente donc une grande importance au point de vue théorique.
- Varia. — M. le secrétaire perpétuel signale la mise en distribution du compte rendu officiel des travaux de la session de l’Association internationale des académies tenue en 1901, ainsi que la publication par l’Observatoire de
- Paris du 5° fascicule de la carte de la Lune. — M. Roux dépose une Note de M. Billet, médecin major à Constan-tine, sur l’évolution endogène de l’hématozoaire du paludisme. Gu. 1)E VlLLEOEUIL.
- UN NOUVEL ENGIN DE SAUVETAGE
- Le naufrage si émouvant de la Hussia, dont le souvenir est encore présent à la mémoire de chacun de nous, a déjà bien surexcité l’esprit des chercheurs ; mais on ne saurait trop appeler l’attention des gens compétents et surtout des administrations maritimes sur les moyens capables sinon de résoudre complètement, du moins de faire avancer utilement cette question encore insuffisamment résolue des sauvetages maritimes. C’est que les circonstances de lieu et de temps, comme la direction des courants et des vents, se produisent presque toujours d’une façon aussi nouvelle qu’imprévue.
- Au moment de l’échouage de la llussia, à ce que nous apprend le journal le Yacht (2 février), les moyens généralement employés furent insuffisants, et ce n’est qu’à force de hardiesse et de persévérance que les courageux sauveteurs purent approcher du navire en perdition. Tout d’abord le vent était absolument parallèle à la côte et, en outre, un courant de 6 nœuds s’était formé suivant la direction du vent.
- Deux moyens sont généralement indiqués pour vaincre un obstacle, on emploie tantôt l’un, tantôt l’autre et souvent les deux simultanément : la « force », comme par exemple, dans l’expédition de Nansen, la construction du Fram qui réussit à résister aux pressions effroyables des glaces polaires; ou bien : la « souplesse », comme le roseaü dont parle La Fontaine ; « Je plie et ne romps pas ». C’est ce dernier moyen dont l’inspiration m'a guidé pour construire un appareil de sauvetage dont la solidité est par cela môme à toute épreuve.
- Ayant eu besoin, pour le service de mon yacht Fauvette qui jauge 1 tonneau 75, d’un système d’embarcation pouvant se ranger à bord sans occasionner d’encombrement, j’imaginai pour cela de me servir d’un des matelas à air comprimé servant pour le couchage, et, à la suite de différentes expériences, je réussis à établir un véritable petit bateau portant facilement deux hommes et des agrès.
- Le matelas, une fois gonllé, forme le fond d'un bateau plat en forte toile; les côtés BR (fig. 2) de l’étoffe de 20 centimètres de hauteur, sont doubles et ouverts aux quatre angles à l’extérieur seulement. Par ces quatre ouvertures, on introduit quatre planches, II, de 2 centimètres d’épaisseur; les extrémités de chacune de ces planches sont terminées par une armature en cuivre EG assez semblable à une demi-charnière, avec eette différence que la charnière est carrée au lieu d’être ronde. Lorsque les planches sont en place, il n’y a plus qu’à introduire les goupilles, H, dans les armatures réunies en charnières et la rigidité générale est com-
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- plète. Cela fait, on place à l’intérieur ce qui sert de sommier pour le couchage. Ce sommier se compose d une forte toile double, L, de la dimension du matelas, piquée en travers à intervalles égaux de 10 centimètres et formant autant de fourreaux dans lesquels on introduit des lattes de frêne M. La rigidité en longueur de ce sommier s’obtient en fixant sur les deux grands cotés un bambou de 4 centimètres de diamètre qui se trouve une fois en place entre le sommier et le matelas.
- Cette embarcation se manœuvre à l’aide d’une pagaie, dont le milieu est formé par un tube dans lequel s’engagent les deux palettes, ce qui permet de tout ranger dans un espace restreint.
- Les clavettes des quatre angles du bateau se terminent par un fort anneau K pouvant recevoir un bâton de frêne J qu'on enfile par le travers des deux bouts. C’est par ce bâton qu'on saisit l’embarcation pour la transporter; ce même bâton sert aussi à faire glisser les chaînes ou les cordages dont on a besoin en cas d’échouage.
- Ce matelas-bateau peut être utilisé d’une manière générale à bord des bateaux de transport transatlantiques ou autres, où il servira de matelas ordinaire pour le couchage et se placera tout monté sur les lits à la place du sommier dans les cabines, de telle sorte que les voyageurs ou passagers l’auront à leur disposition [tour, en cas de danger, s’en servir comme bateau ou bouée de sauvetage.
- Il pourrait être utilisé également par les explorateurs comme matelas de couchage ordinaire. Mieux encore: en montant cet appareil dans sa forme d’embarcation et en le renversant de façon qu’il
- preime appui sur le sol par les bords de ses côtés rigides on obtiendrait un lit surélevé du sol et on éviterait le contact avec la terre humide et marécageuse ; surtout il faut avoir soin de remplir l'espace vide avec de petites branches ou broussailles ou des feuilles sèches. Les explorateurs auraient ainsi en même temps un bateau insubmersible pour la traversée des cours d’eau et des rapides1.
- Il sera pour eux d'un usage d’autant plus avantageux et commode que démonté , dégonilé et roulé avec ses accessoires, il formera un bagage très léger et peu encombrant, car les planches des côtés seraient pour cet usage faites en vannerie.
- On se rappelle ([lie devant les tentatives infructueuses des sauveteurs, les passagers de la Russia furent sur le point d’essayer d’établir un radeau avec des matériaux arrachés au navire. C’est précisément pour cette circonstance que le matelas que nous venons de décrire pouvait être d’un puissant
- secours. En effet, il suffisait d’accoupler ensemble deux ou plusieurs ces matelas pour obtenir un flotteur d’une souplesse absolue et sur lequel deux ou trois hommes pouvaient presque infailliblement se lancer pour porter à terre l'extrémité d’un petit câble. Dans le cas de la Russia le salut est venu de la terre ferme; mais combien de fois ne peut-il arriver que le naufrage se produise en vue d’une côte inhabitée ou sans ressource? J. Paimparey.
- Ancien membre du C. V. P., Membre du S. A'. 0., à Nantes.
- Le Gérant : P. Jkssos.
- Paris. — Imprimerie Laiicre, rue de Fleurus, 9.
- de
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- N° 1465.
- ‘22 JUIN 1901.
- LÀ NATURE.
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- LES BIZARRERIES DES ACCIDENTS DE CHEMINS DE FER
- Les accidents de chemins de fer ont trop souvent, des conséquences terribles, et si nous parlons de leurs « bizarreries », c’est que le mot est peut-être le seul qui convienne le mieux pour qualifier les circonstances véritablement surprenantes qui se sont produites dans des rencontres de trains, survenues il y a quelque temps aux États-Unis.
- Chaque fois qu’une rencontre de trains a lieu, les convois en mouvement inverse qui viennent se heurter, cherchent le plus souvent ce qu’on appelle la ligne de moindre résistance pour continuer leur marche en avant, en raison de la puissance vive qu’ils représentent par leur masse ; et alors un des trains pénètre dans l’autre, si les véhicules de ce dernier sont moins résistants ; ou l’un et l’autre se pénètrent mutuellement en se télescopant, suivant le terme qui n’est que trop explicite. Mais il est évident que cette ligne de moindre résistance, le convoi tamponneur la trouverait bien plus aisément si, par suite d'une décomposition de la force, il avait tendance à monter sur le second convoi. Le fait s’est produit déjà partiellement à notre connaissance sous la forme d’une locomotive se a matant », se dressant tout debout en venant frapper un autre train. Mais nous pouvons mettre sous les yeux du lecteur un exemple plus caractéristique. La photographie en a été prise sur la ligne Chicago and Alton Railway par un correspondant du Railway Age. Deux trains avaient !!)e année. — 2e semestre.
- été successivement envoyés sur la même voie, à quinze minutes d’intervalle ; mais le premier, ayant été obligé de s’arrêter inopinément, fut rattrapé par
- le second, qui se trouvait attelé en tandem, autrement dit avec deux locomotives, et marchait à une allure de 50 kilomètres à l’heure au moins.
- Il faut dire que ce traiu, composé de wagons de houille, avait un poids considérable. Toujours est-il que la première machine s’échappa latéralement sous le choc et fut rejetée sur le coté de la plate-forme, et même retournée bout pour bout ; pour la seconde, il y eut aussi décomposition de la force qui la poussait parallèlement à l’axe de la voie, et elle se souleva en l’air, tandis ipie le reste du train continuait sa marche en avant. Tant et si bien que,quand elle retomba (ce <pii se fit naturellement en un instant extrêmement court), elle vint tomber sur le chargement du premier wagon, qui avait glissé sous elle, ainsi que nous venons de le dire.
- Comme on peut s’en rendre compte en examinant la première des deux gravures ci-jointes, la locomotive était bien sur le premier des wagons du train, mais son avant se trouvait quelque peu en porte-à-faux ; et comme elle semblait solidement installée sur la masse du charbon, et que pour l’en descendre commodément il fallait un puissant pont-roulant, on eut l'idée essentiellement pratique de glisser un wagon vide sous son avant, et de la conduire ainsi aux ateliers
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- Fig. 1. — Uue locomotive qui escalade un train.
- Fig. 2. — Un étrange échafaudage.
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- do réparation de Bloomington. Empressons-nous de dire que le wagon qui supporta vaillamment cette charge supplémentaire de cinquante tonnes était à châssis métallique.
- Le second accident d’un genre analogue que nous pouvons citer s'est passé un peu plus récemment, à South Whitely, dans l’État d’indiana, et la photographie en avait été communiquée à Scientific American par M. Belknap.
- Un train descendait vers cette ville, train de marchandises lourdement chargé, et quand il fut entré en gare, mais seulement à ce moment, le mécanicien s’aperçut que, par suite d’une rupture d’attelage, une' partie du convoi était demeurée en route : il commençait à faire machine en arrière pour aller recueillir cette moitié abandonnée, quand celle-ci survint, animée d’une vitesse considérable qu’elle avait prise sur la pente qu’offre la voie un peu avant Whitely. Le choc se produisit avec une grande violence; mais il se trouvait précisément que le dernier wagon de la partie du convoi qui avait suivi la locomotive était une plate-forme chargée de gros madriers : les premiers véhicules de la moitié abandonnée du convoi, en se heurtant à ce dernier wagon, montèrent sur lui et chassèrent quelque peu les madriers, qui formèrent un plan incliné. Et, glissant sur cette sorte de rampe, ils continuèrent leur mouvement après avoir abandonné pour la pins grande partie leurs châssis, et se trouvèrent bientôt, comme les montre la photographie, an nombre de trois, montés sur les voitures de la première; moitié du train.
- Ainsi qu’on peut s'en rendre compte, les wagons furent en somme assez peu détériorés, et cet accident parle éloquemment en faveur de la solidité des véhicules de fabrication américaine. 11 faut bien dire du reste que les constructeurs et les compagnies de chemins de fer de l'Union ont de plus en plus tendance à adopter des voitures entièrement métalliques, notamment munies de châssis en acier coulé, et ils obtiennent de la sorte une solidité prodigieuse du matériel : nous en pourrions donner comme preuve un accident tout récent, qui survint sur l’embranchement, dit Youngstown and Ashtabula, du chemin de fer Pennsylvania. Par suite d’une erreur d’aiguillage, cinq wagons en acier furent projetés (ainsi du reste que la locomotive) hors des rails avec la plus grande violence, le convoi marchant à bonne allure. Et pourtant aucun de ces wagons ne fut endommagé, du moins au point de vue du châssis et de la caisse, les roues seules et les freins souffrirent cruellement du choc. Comme on sait que les conséquences les plus redoutables des accidents de chemins de fer proviennent précisément de l’écrasement des caisses des véhicules, on comprend quels avantages il résultera lorsqu’on se décidera enfin à suivre une pratique analogue à celle qui s’introduit aux États-Unis, et que les caisses des wagons seront, grâce à l’emploi du métal, suffisamment solides pour résister à une collision.
- PiEisnE de Mériel.
- L’ESPEMNTÜ
- LANGUE INTERNATIONALE
- Il est presque inutile d’insister sur les avantages que présenterait une langue internationale bien faite. Le besoin en devient chaque jour plus impérieux, plus urgent, avec le développement des moyens de communication et, bien plus encore, avec l’entrée dans le domaine scientifique de langues nouvelles. Il y a quelque quarante ans, pour se tenir au courant des découvertes importantes, il suffisait à peu près de savoir le français, l’anglais, l’allemand. Les savants ou les penseurs des autres pays s’astreignaient à écrire dans une de ces trois langues, à moins qu’à l’exemple de leurs confrères du dix-huitième siècle, ils ne fissent usage du latin. Cette solution était assurément meilleure que la première, quoi qu’on en ait dit. Au lieu d’apprendre trois langues, de s’approvisionner comme dit plaisamment Balzac, de trois mots contre une idée, chacun n’avait besoin de savoir que son idiome maternel plus le latin. Sans doute ce latin n’était pas celui de Cicéron; c’était celui que Cicéron aurait parlé de notre temps. En tout cas, c’est la langue dont s’est servi Copernic pour exposer ses immortelles découvertes1. On se rappel b; aussi le recueil périodique de Leipzig, intitulé Acta Em-ditorum, où Leibnitz, Newton, Viviani, s’envoyaient des problèmes, des défis. En quinze jours, malgré le service alors très défectueux des correspondances, tous les savants européens pouvaient se tenir au courant.
- Mais aujourd’hui, c’est bien une autre affaire. La renaissance des langues nationales, le développement rapide de nations restées jusqu’ici dans l’ombre, le désir très naturel de chacun d’écrire dans sa propre langue, c’est-à-dire dans celle qui suit de plus près et rend le plus fidèlement toutes les nuances de sa pensée, ont créé, dans l’ordre intellectuel, une sorte de confusion babélienne. On écrit dès à présent des ouvrages très intéressants en russe, en polonais, en hongrois, en roumain, en tchèque, en japonais, peut-être demain en tartare mandchou. Faudra-t-il donc apprendre tout cela? La vie humaine n’y suffirait pas.
- Revenir au latin? on y a bien songé et, il y a quelques années, un libraire anglais avait fondé le Phénix, organe international; mais l’entreprise, assez mal dirigée, ne réussit pas. Puis, en sa qualité de langue catholique, le latin soulève de nombreuses répugnances dans les pays protestants.
- On a essayé du volapük ; la langue était mal faite, trop compliquée.
- L’espéranto, imaginée en 1887 par le Dr Zamenhof, un Russe, paraît au contraire très bien adaptée à la fonction de langue internationale, comme on va pouvoir en juger.
- Utiliser tous les éléments déjà internationalisés pour ainsi dire ; leur imposer une grammaire très simple et très logique, supprimant les difficultés de conjugaison et de déclinaison, une prononciation uniforme, très facile à figurer, tels sont les caractères dominants de la nouvelle langue. Quelques exemples rendront la chose plus claire.
- Prenons le mot père et ses dérivés; si l’on remonte à la racine aujourd’hui dissimulée par la prononciation, l’on trouve patr. Pour former le substantif on ajoute invariablement la voyelle o ; patr o veut donc dire père.
- La voyelle a ajoutée au radical marque l’adjectif ; patr a,
- 1 L'ouvrage de Copernic existe à la bibliothèque de Vesou 1 : il est intelligible poui7 des latinistes,dé 103 ordre.
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- LA N ATI KL.
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- paternel; e marque l'adverbe : pâtre, paternellement; j (prononcé comme y) marque le pluriel : bona patr oj, bons pères. Avec douze autres règles analogues (seize en tout), toutes les difticultés de conjugaison, de déclinaison disparaissent ; on doit même signaler des nuances qui n'existent pas en français, par exemple, le participe futur actif et passif : faronla, devant faire; farota qu’on fera.
- La formation des mots donne également au dictionnaire de l'espéranto utie très grande richesse, tout en ménageant la mémoire, comme on va pouvoir en juger par quelques exemples. Ces mots se forment, notamment, par les caractéristiques : Parolo, parole ; parola, orale ; parole, verbalement; paroli, parler; — par la réunion des éléments : eniri, entrer (en, dans, iri, aller); eliri, sortir (e/, hors, iri, aller) ; al port i, apporter (al, à, vers, porti, porter); okulvitro, lunettes (okul, œil, vitro, verre); — par les aftixes : Mal donne les contraires : ami, aimer; malami, haïr. In donne un correspondant féminin à tout être mâle; exemple : kuzo, cousin; kuzino, cousine ; ce-valo, cheval; cevalino, jument, etc.
- Mais Y espéranto n’est pas seulement une langue écrite ; elle se parle, et elle a des règles très simples de prononciation. Toutes les lettres sans exception se prononcent, et d’une manière nettement définie pour chacune d’elles, (juant à l’accent tonique, il se place invariablement sur l’avant-dernière syllabe. Cette dernière, qui est toujours une voyelle, se prononce à peine, comme notre e muet français.
- Par parenthèse, nous devons mettre particulièrement en garde les espérantistes français contre l’habitude de mettre l’accent tonique sur toutes les voyelles autres que IV muet. Un Français qui prononcera le mot Milan sera compris d’un Italien; s’il prononce à la française, Mila-tw, on ne saura pas ce qu’il veut dire. De même en espéranto.
- Très judicieusement, le LhZamenhof a écarté les lettres propres à un peuple et difficile à prononcer pour les autres, par exemple l’u français, les tli anglais, le ch allemand.
- Pour la même raison le vocabulaire ne doit admettre ni homonymes, ni même mots trop semblables. Le ealem-bourg est complètement impossible en espéranto.
- De tout cela résulte une langue qui, malgré les éléments étrangers au latin qu’elle renferme, a tout à fait l'apparence d’une langue latine. Par la prononciation, ce serait à l’italien qu’elle ressemblerait le plus, et, par parenthèse, cette apparence latine d’une langue internationale imaginée par un Russe est une démonstration curieuse de la virtualité internationale encore possédée par le latin.
- Vespéranto a reçu la chaleureuse approbation d’hommes très compétents, notamment de Max Muller et de Tolstoï. Elle peut s’apprendre en quinze jours, un mois tout au plus.
- La langue vivante avec laquelle elle nous semble présen-ler le moins d’analogies par l’écriture et la prononciation, c’est l’anglais. Il n’y a peut-être pas à cela un très grand inconvénient, parce que les Anglais, dont la langue est déjà pratiquée par la moitié au moins de l’espèce humaine et qui ont des instincts très particidaristes, sentent moins que tout autre peuple le besoin d’nn organe international de la pensée.
- La prononciation de Y espéranto serait d’ailleurs peut-être plus difficile à figurer en anglais que dans une autre langue. Geohges Guéroult.
- LA P0LYDÀCTYL1E
- ET SON INTERPRÉTATION
- Les anomalies physiques, quelles qu'elles soient, ont toujours éveillé vivement l’attention. O11 les a tantôt considérées avec répugnance, parfois on leur a attribué une origine mystérieuse. L'analyse de leur déterminisme, que l’on peut pousser assez loin aujourd’hui, les a réduites à l’état de simples curiosités anatomiques dont l’étude, ainsi qu’on va le voir, est fort intéressante.
- Parmi les-anomalies, une des plus fréquentes et des plus apparentes est celle qui porte sur les doigts et se caractérise par leur augmentation de nombre.
- Les cas dont nous reproduisons ici des représentions photographiques permettent de bien se rendre compte des principaux types que peuvent affecter ces anomalies.
- Dans tous ces faits, il s’agit de doigts surnuméraires, soit aux mains, soit aux pieds, parfois même aux deux à la fois.
- Tout d’abord, on peut se poser la question suivante : comment peut-il se produire des doigts surnuméraires? On sait que deux théories générales ont été proposées pour expliquer toutes les anomalies. Dans l’une, la plus ancienne, on considérait que l’anomalie était quelque chose de morbide et qu’on avait un doigt de plus, comme on peut avoir une tumeur quelconque.
- Une autre théorie, beaucoup plus moderne, est basée sur les données transformistes. Elle admet que l’anomalie n’est pas autre chose que la réapparition accidentelle chez un sujet de dispositions anatomiques qui existaient chez quelqu'un de ses très éloignés ancêtres de la série animale et qui auraient disparu ultérieurement chez ses descendants.
- Voyons ce que disent à ce sujet les tératologistes, ces savants, élèves presque tous de Cos te ou de Dareste, et qui étudient le mécanisme intime du développement de l’être dès le début, cherchant surtout à reconstituer précisément l’histoire des anomalies de tous genres qiuil peut présenter.
- M. le D1 Rabaud est un des élèves les plus distingués de Dareste. Nous l’avons consulté sur le point cpii nous intéresse ici et voici l’essence de sa très savante réponse.
- 11 existe deux catégories de polydactylie : la poly-daetylie vraie et la polydactylie fausse.
- Dans la polydactylie vraie, le doigt surnuméraire est dans le prolongement de la série normale. Le nombre de ces doigts surajoutés est de un ou deux. Le doigt surnuméraire peut être situé à côté du pouce ou à côté de l’auriculaire.
- Nous reproduisons ci-dessous deux types très nets de l’une et l’autre de ces anomalies (lig. I et Li), Le type d'un seul doigt surajouté, surtout du côté du pouce, est relativement assez fréquent.
- Les deux doigts supplémentaires constituent une anomalie rare et pourtant bien intéressante. Ce
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- serait en effet, d'après les tératologistes, la reproduction du type à sept doigts, type ancestral de la main humaine, très éloigné d'ailleurs dans les âges géologiques, suivant la théorie darwinienne dont nous parlions ci-dessus.
- Mais si les ancêtres fossiles très reculés de
- l’homme avaient sept doigts dont ils auraient successivement perdu deux pour arriver au type humain à cinq doigts, il faut bien que dans la main ou le pied de l'homme on retrouve quelques témoins rudimentaires de cette disposition de jadis. Or il en est bien ainsi. Il existe en effet, à peu près au
- Fig. 1. — Polydaclylie vraie, six doigts à chaque main et à chaque jiied. (1) après une photographie du marquis de, Balincourl.)
- niveau du poignet, à la hase du 5fi métacarpien, un petit os, le pisiforme, parfaitement inutile et qu’on ne peut comprendre que si on le considère comme étant le seul reliquat du 7e doigt ancestral. D’ailleurs, les paléontologistes ont retrouvé chez différents animaux fossiles l’évolution régressive de ce 7e doigt, depuis son plus grand développement chez les animaux de l’époque crétacée jusqu’à sort rudiment chez l'homme. Au pied, le calcanéum (os du talon) présente en dehors une saillie marquée qui est vraisemblablement le reliquat du 7e doigt.
- Quant au 6e doigt, on le retrouve souvent à l’état rudimentaire chez beaucoup de mammifères ; c’est l’avant-pouce et l’avant-gros orteil, très fréquent chez le chien.
- On voit donc qu’il suffit d’un excès de croissance de l’un ou l’autre de ces bourgeons rudimentaires pour qu’il se développe suivant un type normal et donne ainsi naissance à un doigt régulièrement con-
- formé. S’il s'agissait en effet d'une production pathologique accidentelle, elle ne reproduirait jamais une forme organique régulière. C’est exactement ce qui
- se passe dans les cas de mamelles supplémen -taires qui sont, on le sait, assez fréquents.
- La polydaclylie est une anomalie essentiellement héréditaire. Elle peut être plus ou moins complète, porter seulement sur un membre ou sur les quatre. Ce dernier cas, fort rare d’ailleurs, est celui du sujet dont nous publions les dessins de la main et du pied, précisément à cause de cette rareté
- (% 4)-
- Il existe une autre forme de polydaclylie, poly-dactylie fausse. Dans ce cas, il ne s’agit pas d’un doigt supplémentaire, mais de la division en deux d’un ou de plusieurs doigts. Cette anomalie porte surtout sur le pouce (fig. o et 4). La division peut atteindre une ou plusieurs phalanges, mais le plus ordinairement, c’est la dernière qui est atteinte. Tous les doigts peuvent aussi être divisés et on a pu observer jus-
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- <|u'à 15 doigts à une main. Comment expliquer cette division des doigts1? C’est encore l’atavisme qu’on invoque. Mais, ici, il faut remonter extrêmement loin dans les séries des êtres pour retrouver
- Fig. 3. — Polydactylie fausse, pouce divisé. (Photographie de M. Croisier.)
- les doigts (ou les éléments qui les remplacent) avec une disposition bifide. Seuls, en effet, les poissons ont leurs nageoires divisées à leur extrémité libre. Mais on ne peut raisonnablement faire entrer en ligne de compte les arguments fournis par l’étude des poissons pour les appliquer à l’homme, que si on rencontre chez celui-ci, à n’importe quelle phase de son évolution d’ailleurs, des traces matérielles de cette bifidité des phalanges.
- Or, tout à fait à l’origine de la formation de l’être humain, chaque doigt, ainsi «pie l’a montré Schenck, est représenté par une double traînée de cellules (pii, dans la suite du développement, sont englobées par une seule masse cartilagineuse; Il y a donc là, à l’origine, une disposition qui rappelle la constitution des nageoires des poissons et c’est, à cela (pie doit se réduire la notion ancestrale dans ce cas. On comprend également qu’il suffit d’un trouble particulier dans l’évolution de l’être à ce moment pour que le fusionnement des deux rangées de cellules ne sc fasse pas et que par suite le doigt se trouve divisé.
- Voici de bien longs et bien arides développements pour expliquer la polydactylie. Mais franchement ils sont intéressants et exactement applicables à une série d’anomalies par multiplicité ou division d’organes (mamelles, viscères, etc.).
- Il sera donc facile maintenant d’interpréter les dessins ci-contre.
- Le premier (fîg. 1) a trait au domestique pahouin du marquis de Balincourt, qui a envoyé de Libre-
- ville à Lu Nature les photographies de cet intéressant sujet avec les indications suivantes. 11 répond au nom pittoresque de « Vingt-Quatre » qui lui a été donné par l’équipage. En effet, il présente à chaque main et à chaque pied six doigts très régulièrement disposés. Le doigt supplémentaire est placé à coté de l’auriculaire et à cùté du petit orteil. C’est un très remarquable et rare exemple de polydactylie vraie. Nous ne savons malheureusement pas si l’anomalie était héréditaire dans sa famille.
- Nous pourrions citer d’autres cas personnels et inédits, se rapportant à une anomalie moins complète; tel celui d’une jeune femme qui avait un petit pouce supplémentaire fixé le long du bord externe du pouce normal (fig. 2). Ce doigt la gênait quand elle travaillait et elle venait demander à l'hôpital de la Pitié qu’on le lui enlevât. Dans sa famille il existait plusieurs cas d’anomalies de divers genres.
- Dans un autre fait que nous a communiqué notre ami M. Dumoutier, directeur de l’enseignement franco-annamite au Tonkin, il s’agit également d’un petit pouce placé de même et qu’il a observé chez un Annamite d’Haïphong. Ce sont d’ailleurs là, nous l’avons vu, des anomalies assez fréquentes dont tout le monde a pu observer des cas.
- Voyons maintenant comment se présente la polydactylie fausse.
- La figure o se rapporte à un cas de ce genre observé chez un sujet âgé de 19 ans que nous avons vu jadis à la consultation de la Pitié. Il ne présentait aucune autre anomalie externe ou profonde. D’après lui, il n’existait aucune anomalie semblable chez ses parents et il n’avait pas entendu dire qu’on en eut observé chez ses ascendants. Comme on le voit, il existe, à la
- Fig. 4. — Polydactylie fausse. Radiographie de la main ci-dessus
- main gauche seulement, une division complète du pouce qui donne l’aspect fort disgracieux d’une véritable pince.
- La radiographie que nous avons pu faire exécuter
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- (fig. 4) montre très nettement cette division des deux phalanges du pouce dont chaque moitié vient s’articuler sur la tète du métacarpien qui paraît augmenté notablement de volume.
- Autrefois, le malade pouvait rapprocher les deux doigts jusqu’à ce qu'ils viennent en contact Tun de l'autre, mais actuellement ce mouvement a bien diminué d’amplitude. Néanmoins, si on place le doigt ou même un crayon entre les deux pouces, le sujet peut les serrer avec une certaine force. Il n'existe aucun trouble de sensibilité. Le pouce bifide ne gêne nullement le sujet. Tels sont les deux types de poly-dactvlie. On voit que leur étude présente un réel intérêt et que leur interprétation peut donner lieu à des considérations de biologie générale et d’évolution qu'on ne s'attendrait guère à rencontrer dans l’his-loire de ces étranges anomalies. IK Capitan.
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- PHÉNOMÈNES GÉOLOGIQUES ACTUELS
- SU II r,.V COTE OUEST DE M ADAGASCAR.
- Tes fonds et les rives du canal de Mozambique, en particulier dans la région comprise entre les J 1° et 17° de latitude sud et les 40° et 47° de longitude est, se modifient, incessamment. Il nous a été donné de l’observer principalement sur la côte nord-ouest de Madagascar.
- bette côte, formée dans sa partie nord de roches éruptives et calcaires1, se montre extrêmement découpée, déchiquetée ; les roches granitiques et basaltiques résistant plus que les autres à l’action chimique, et mécanique des vagues, bette dernière joue du reste le principal rôle: eu ce point extrême de la résistance présentée par la grande île aux vents et aux courants du canal de Mozambique et de l’océan Indien, ceux-ci, unissant ou contrariant leurs effets réciproques, minent plus vivement qu’ailleurs la terre qui s’oppose à leurs libres mouvements.
- bu cap St-Sébastien au cap St-André, la mer est généralement plus calme ; son action chimique prend alors l’importance prépondérante. T’influence des eaux douces et l’activité des êtres vivants se manifestent en maints endroits.
- Les côtes, d’origine sédimentaire, que coupent çà et là, en particulier au niveau de Nossy-Bé, des poussées granitiques et volcaniques, sont généralement basses. La mer les désagrège lentement. Ainsi les schistes, plus friables que les grès calcaires qui les encaissent, sont parfois profondément creusés. A l’Ilot boisé, près de Nossv-Komba, par exemple, se dressent à marée basse, de longs murs qui semblent les ruines de quelque ville aux rues dallées envahies par les eaux. Souvent, cependant, surtout dans les terrains argileux et schisteux de la baie d’Ampassindava, ce sont d’énormes fragments de falaise qui se sont effondrés. Dans les points granitiques, à Nossy-Komba, à Ankify par exemple, de vastes éboulis forment des chaos de roches.
- Mais si elle détruit, la mer aussi reconstruit, et, dans le fond des haies, dans les anses aux eaux calmes et chaudes, on observe d’abondantes formations récentes de conglomérats les plus divers. Ici, ce sont des blocs volumineux soudés les uns aux autres comme on fait des
- 1 M. le Dr Joly a envoyé au Muséum d’Histoire naturelle une très intéressante collection de roches qui a été décrite par M. le Professeur Stanislas Meunier, dans la dernière livraison du Bulletin du Muséum (I. VII, p. 108; séance du ôO avril 1001 .
- moellons pour construire une digue ; là ce sont de petits cailloux, béton grossier formé de granit, galets, schistes et débris de poteries. Plus loin, sur les plages de sable, et souvent alors s’étendant sur des centaines de mètres, de vastes dalles de gravier aggloméré semblent avoir été posées sur la plage, larges le plus souvent de un mètre, rarement de plus de deux ou trois, à la surface unie, presque polie.
- Tes eaux douces modifient non seulement la surface de ces étendues dénudées, généralement argileuses, qu’elles ravinent profondément durant les pluies violentes de l’hivernage, mais aussi les bords et le fond de la mer sur une étendue parfois considérable. t,Tous les fleuves de cette côte charrient des boues et des sables en abondance; leurs embouchures, la plupart du temps, forment des deltas qui s’avancent dans la mer ; des bancs de sables et de vase sans cesse modifiés les encombrent. Te Sambaho, au sud du cap St-André, est à ce point de vue typique. Ce grand fleuve qui draine les vastes plaines s’étendant dos monts granitiques de l’Ambobitrosy à la côte, est formé de la Maningozo au sud et du Sambaho-Velona au nord ; il se jette dans la mer par deux bouches distantes l’une de l’autre d’un à deux milles et situées un peu au nord des falaises calcaires de Marofotolsy. De ces deux branches la principale est, actuellement, la branche nord ; des bancs de vase encombrent celle du sud, et n’v permettent que la navigation en pirogue. Entre elles s’étend le delta couvert de palétuviers qui forme l’ilot de Nossv-Valava. Mais, il n’y a pas encore de longues années, la bouche principale du Sambaho s’ouvrait bien plus au nord ; un petit arroyo actuellement en indique la direction passée. En face des bouches de ce fleuve toujours chargé de boues s’étendent de vastes bancs. Quelques-uns découvrent à marée basse; des chenaux serpentent au milieu d’eux ; mais leur direction demeure fort instable. Jusqu’à plus de huit ou dix milles au large des côtes, le fond de la mer est couvert des vafj.es charriées par ce fleuve. Tous, plus ou moins, les fleuves de cette côte apportent comme le Sambaho des masses de terre considérables qu'ils dispersent dans la mer ou entassent entre les récifs de coraux et la côte.
- Tes êtres vivants prennent aussi, dans les modifications actuelles de ces parages, une part des pins actives. Tes foraminifères abondent dans les vases marines recueillies en dehors de l’atteinte des eaux douces. Les huîtres qui pullulent en certains points forment des bancs épais. Dans la baie d’Ampassindava, à l’ilot boisé, on voit des blocs de roches qui, lentement minés par les eaux et les mollusques lithophages, mais couverts d’huîtres qui parallèlement se multiplient, arrivent à ne plus former qu’une énorme masse coquillière.
- Mais de tous les organismes qui travaillent à modifier le sol de cette région, les coraux occupent le premier rang. Ils forment une ligne de récifs plus ou moins interrompue qui s’étend sur presque toute la côte ouest de Madagascar. Ces interruptions proviennent de l’influence des fleuves et surtout de la nature du sol. Tes coraux, en effet, d’espèces nombreuses, ne se développent pas également sur tous les terrains : les roches d’origine éruptive leur sont particulièrement favorables ; les schistes et les marnes ne leur conviennent pas. Ainsi, dans la baie d’Ampassindava, on ne trouve de coraux que sur les fonds de roches granitiques ou volcaniques et pas sur les côtes argileuses.
- Les phénomènes de la dynamique interne, et c’est le point le plus important sur lequel je voudrais attirer l’attention, phénomènes qui tinrent aux ères précédentes une si grande place dans l’histoire de Madagascar et du canal
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- do Mozambique, se manifestent encore aujourd’hui. Des tremblements de terre ont été assez souvent ressentis dans ces parages ; le dernier date de 1898. Des sources d’eaux chaudes coulent en plusieurs points de la côte. Enfin, et surtout, on observe dans toute cette région des symptômes d’un affaissement général du sol.
- Ainsi, sur la cote malgache on note : que la pointe d’Ankify, au nord, de la baie Ampassindava, s’est sensiblement affaissée. La mer couvre aujourd’hui des roches et des arbres naguère complètement à sec.
- Si l’on descend plus au sud, et qu’on explore la grande baie de Mahajamba, on découvre, à marée basse, de vastes bancs de sable d’où émergent les ruines de constructions maçonnées. Et si l’on consulte l’histoire de Madagascar, si l’on interroge les plus vieux habitants de la côte, gens pour la plupart, en ce point, d’origine arabe, voici ce qu’on apprend : Il y a de longues années, ce qui ne forme aujourd’hui que de simples bancs de sables était une terre ferme sur laquelle s’élevait une ville florissante. Là venait aboutir une des routes qui du centre conduisaient à la mer. Là des commerçants portuguais et arabes avaient élevé des maisons, des entrepôts bâtis de pierres et de chaux. Des vaisseaux nombreux apportaient les produits de l’Inde et les esclaves d’Afrique. Aujourd’hui la ville réduite à quelques ruines disparaît sous le sable et sous les eaux de la marée haute. Il ne reste plus que de rares villages sur les rives de la baie. Mais dans ces villages les vieux ont conservé les antiques récits; ils montrent aussi d’anciens objets de cuivre martelé trouvés, il y a longtemps, dans ces ruines.
- Lorsqu’on arrive à Majunga, on remarque, sur le versant de la jetée dirigé vers le large, des travaux de défense élevés contre l’invasion des vagues. On voit aussi que la falaise calcaire de la Pointe du Caïman, au N.-E. de la ville, est rongée par les flots* d’ailleurs imprudemment aidés dans cette besogne par le pic des carriers. Enfin dans l’anse formée par la base de cette pointe et la pointe de sable qui sert de jetée, on aperçoit à marée basse, à plus de cinquante mètres de la rive actuelle, les traces de constructions maçonnées. Ce sont les vestiges de maisons naguère situées en terre ferme, constituant une partie de l’ancienne ville, et les ruines nettement visibles sont celles de la demeure qu’occupait encore, il y a peu d’années, le représentant de France à Majunga.
- Dans la baie de Baly, située à moitié route entre Majunga et le cap St-André, on trouve, sur la rive ouest, un peu au nord du petit village de Baly, des ruines, probablement arabes comme les tombes que dissimule, à quelque cent mètres en arrière, une brousse épineuse. Ces ruines sont aux trois quarts submergées à marée haute.
- Pris isolément tous ces faits pourraient s’attribuer à des phénomènes d’érosion ou d’affaissement locaux. Mais lorsqu’on les rapproche, l’idée vient qu’une relation de cause commune les relie. Cette pensée se transforme en certitude lorsqu’on ajoute aux précédents les renseignements suivants, dont l’un touche, il est vrai, à la légende, mais dont les autres, positifs, sont actuellement vérifiables.
- Sur toute la côte, les villages contiennent des Arabes et des descendants impurs des Arabes nombreux qui, autrefois, commerçaient en maîtres sur ces mers. Certains villages sont presque essentiellement composés de gens de cette race, plus affinés que les Sakalaves. Dans l’un d’eux, près des falaises rouges du cap Ankatsepa, en face de] Majunga, les indigènes racontent qu’il existait jadis,[[sur une ligne joignant la pointe Sada (entrée N.-E. de la' baie de [Baly) aux îles Comores, une île riche et
- fertile où se dressait une ville importante. Ses habitants commerçaient avec tous les pays baignés par l’Océan ; ils étaient au loin réputés pour leur habileté et pour leur savoir : ce qui valait à leur cité le titre de Ville des Savants. Leurs Loutres sillonnaient les eaux, et quelques-uns allaient dans le sud d’un grand cap où la mer est toujours houleuse. Ils avaient péché d’immenses poissons (des cétacés), et plusieurs revinrent disant qu’ils avaient vu de gros blocs d’ur.e pierre blanche et transparente qui flottaient à la surface de la mer ; que ces pierres, ils avaient voulu les rapporter, mais qu’en route elles s’étaient changées en eau. Ce peuple connais-nait l’art de travailler les métaux, et leurs descendants d’Ankosepa montrent encore des vases en cuivre martelé qu’ils disent venir de la Ville des Savants. Mais l’anneau mouvant qui entourait l’ilo se resserrait sans cesse ; les progrès étaient tels, que File se trouva réduite de moitié; bientôt les vagues battirent les murs mêmes de la ville ; puis un jour arriva, où, montant dans leurs Loutres, les habitants durent abandonner leur cité. Us se répandirent en différents pays ; beaucoup se réfugièrent sur la côte malgache. C’en était fait de la Ville des Savants ; les flots continuèrent à l’envahir, à l’ensevelir dans leur sein. Et aujourd’hui il existe encore de vieux patrons de boutres qui affirment pouvoir conduire en un point situé à mi-route des Comores, où l’eau, peu profonde et très claire laisse voir, par temps calme, les restes bien reconnaissables de maisons et murailles qui furent la Ville des Savants.
- Evidemment, ici, la légende intervient; mais il parait bien certain qu’elle n’est pas le simple fruit de l’imagination, qu’elle s’appuie sur un fond de vérité ; qu’une île peuplée émergeait de la mer, puis y a disparu ; que ce phénomène dut se produire à un âge peu éloigné, sinon identique, de celui où disparut la ville delà baie Mahajamba.
- Ce qui advint à la Ville des Savants semble, en effet, de nos jours, menacer les Comores, surtout l’ile d’An-jouan et, particulièrement Montsamoudou, sa capitale. Montsamoudou est une vieille ville arabe toute blanche et toute petite, au pied des grandes poussées volcaniques, escarpées et sombres qui sortent abruptes de la mer. A leur pied, l’eau, d’une limpidité merveilleuse, est profonde au point que les paquebots peuvent, par trente mètres de fond, mouiller presque à toucher terre. Il y a cent ans, une plage très appréciable séparait Montsamoudou du bord de la mer. Depuis lors, des maisons ont déjà disparu, englouties, et, par les grandes marées basses, on retrouve leurs vestiges à quelque distance du rivage. Aujourd’hui les vagues commencent à lécher les murailles du Montsamoudou actuel. A l’ouest de l’île, à Pomoni, le même phénomène se produit.
- Enfin, si l’on admet la théorie darwinienne de la formation des récifs coralliens, on trouve, dans l’observation des bancs de coraux en cette région de l’océan Indien, la preuve d’un affaissement général du sol marin. Mayotte, tout particulièrement, est, à ce point de vue, intéressante. Les bancs de coraux, coupés d’étroites passes, forment, tout à l’entour, une large ceinture de récifs barrières ayant presque la forme annulaire d’atolls, puissants surtout au sud et à l’est, c’est-à-dire dans la partie dirigée vers Madagascar.
- Les récifs de coraux, nous l’avons déjà dit, se succèdent, avec quelques interruptions, sur toute la côte ouest de Madagascar. Récifs frangeants et récifs barrières, d’une largeur considérable, s’étendant à quinze et trente milles des côtes. A traversées récifs la sonde révèle, jusqu’aux grands fonds du large, la trace, Je lit des fleuves se jetant à la côte.
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- De l’ensemble de ces données ne semble-t-il pas légitime de conclure à un affaissement lent et continu de ce versant du canal de Mozambique? Il ne parait pas illogique d’admettre que ce qui se passe sous une latitude voisine, dans l’océan Pacifique, se produise dans l’océan Indien. Cette rétraction, ce retrait du sol dans ces deux Océans ne peut-il pas d’ailleurs se considérer comme continuant les phénomènes des époques géologiques passées qui, suivant une théorie ayant eu naguère un grand succès n’auraient laissé hors des eaux que quelques débris du vaste continent Indo-Malgache-Australien? Dr P.-R.-Joi„y
- Médecin-major de la Marine.
- L’imprimerie moderne, comme toutes les industries, cherche à simplifier la main-d’œuvre, et de
- nombreuses tentatives ont été faites pour substituer à la composition typographique manuelle, la composition mécanique.
- Nos lecteurs ont pu voir encore récemment la description de la machine « Calendoli o1 et, quelque temps auparavant, le journal leur avait déjà signalé la « Linotype ».
- Cette dernière paraît être la plus employée à l’étranger, elle a fait aussi l’objet de quelques installations en France où, du reste, d’une façon générale, l’emploi des machines à composer paraît encore être fait plutôt à titre d’essai. On n’est pas tout à fait fixé sur l'économie réelle qu’elles peuvent procurer, car leur prix d’achat et d’entretien est assez élevé.
- L’Exposition Universelle présentait, surtout à la section américaine, un certain nombre de ces ma-
- Fig. 1. — La monotype de Washington.
- Machine à composer automatiquement avec caractères séparés fondus au moment de la composition.
- chines, toutes très ingénieuses, mais qui différaient par des points essentiels. La Linotype, par exemple, tond, au fur et à mesure de la composition, non pas le caractère séparé, mais la ligne entière suivant une justification déterminée. Il en résulte une certaine difficulté pour les corrections puisqu'on ne peut changer une lettre qu’en refondant toute la ligne.
- Dans la Calendoli les caractères sont fondus à part et ils sont mis à la main dans les cases spéciales de la machine; la composition faite au moyen d’un clavier amène alors automatiquement les caractères nécessaires les uns à côté des autres.
- Voici maintenant un troisième genre de machine, la Monotype (fig. 1), où chaque caractère est fondu séparément et vient immédiatement se ranger à sa place pour former la ligne. Contrairement à ce qui se passe généralement dans les autres machines, le dactylographe n'a pas à s’occuper de celle-ci ; il travaille sur une autre machine qui sert à préparer
- l’ouvrage. Cette dernière entièrement séparée (fig. 2) comporte un clavier très complet qui comprend tous les signes, lettres et chiffres dont on peut avoir besoin ; à la partie supérieure se trouve une bobine sur laquelle s’enroule une bande de papier P d’environ 0m,20 de large et d’une longueur indéfinie, se déroulant d’une autre bobine placée en regard. Pour passer d’une bobine sur une autre le papier traverse un mécanisme où il est perforé de trous ayant environ 2 millimètres de diamètre, par l’action des touches frappées sur le clavier. Les trous ainsi produits sont placés en différents points de la largeur de la bande suivant le caractère qu’ils sont destinés à représenter. Un tableau, gravé sur un cylindre vertical, et une règle divisée permettent de régler à l’avance les espaces entre les lignes, les mots et les lettres.
- Le compositeur, ayant sous les yeux le manuscrit, n’a donc qu’à frapper sur le clavier pour poinçonner
- 1 Voy. n° 1432, du 3 novembre 1900, p. 557.
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- la Lande de papier suivant les dispositions prévues.
- Cette Lande de papier est alors conservée pour un usage ultérieur si le tirage n'est pas pressé, ou utilisée immédiatement dans le cas contraire.
- Pour l’utiliser on place la LoLine qui la contient sur la machine à composer dans un dispositif spécial représenté à une plus grande échelle (tig. 5). Le papier se déroulant de la LoLine B vient passer sur un cylindre fixe A dont l’une des génératrices est percée de trous placés les uns à côté des autres ; il est maintenu dans cette position et Lien appliqué contre ces trous au moyen d’une pièce C qui se rahat, en pivotant autour du point I), lorsque le papier est en place. Cette pièce est, comme on voit, percée d'une rainure qui correspond aux trous du cylindre; elle
- Fig. 2. — Clavier pour perforer la bande.
- sont séparés, il n’y a qu’à puiser dans des casses, comme pour la composition à la main, pour remplacer les lettres défectueuses ou mal placées. On aurait pu employer l'électricité en utilisant les trous du papier pour produire des contacts et fermer un circuit, mais l’inventeur a préféré l’air comprimé.
- La machine fonctionnait à la section américaine sur l’Esplanade des Invalides et la composition se faisait très régulièrement. Nous n’avons pas pu avoir de détails sur la rapidité avec laquelle elle peut se faire comparativement au travail manuel. 11 y a évidemment une perte de temps entre le moment de la composition sur la Lande et le moment de la production de la ligne typographique, mais on a l’avantage de pouvoir recommencer la composition autant de fois qu’on le veut avec la même Lande. Quand on tire un ouvrage qui a des chances d’avoir d’autres
- est en communication avec un réservoir d’air comprimé. On comprend dès lors qu’au moment où un trou du papier se présente en regard d’un trou du cylindre A, l’air peut passer et actionner le mécanisme spécial qui correspond à ce trou et qui, par un jeu assez compliqué de leviers, va faire avancer la matrice qui correspond au caractère demandé; cette matrice se présente sous le creuset où la matière est maintenue en fusion par un Lee de gaz et une goutte s’écoule pour former le caractère. Le refroidissement est presque immédiat et la matrice vient déposer le caractère formé dans une gouttière M (tig. 1) où ils s'alignent tous les uns à côté des autres pour former la ligne.
- I^es corrections sont faciles puisque les caractères
- Fig. 3. — Dandc perforée faisant automatiquement la composition.
- éditions, on fait un moulage de la composition de façon à ne pas immobiliser les caractères et à ne pas recommencer à composer avec le manuscrit sous les yeux. En cas d’un nouveau tirage il suffit de couler du métal dans ce moule pour obtenir immédiatement une composition toute prête à être tirée. La Lande de papier de la Monotype éviterait ce moulage; il suffirait de la conserver pour refaire très rapidement une nouvelle composition en caractères neufs.
- Nous n’avons pas l’intention de discuter les avantages ou les inconvénients des diflérentes machines à composer ; mais il nous a paru intéressant, pour compléter la série des machines de ce genre déjà décrites ici, de faire connaître celle-ci, dont les dispositions originales sont très différentes de celles déjà employées. G. Mabeschal.
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- LES GANTS ISOLANTS
- Dans l’industrie! électrique, les ouvriers, pour effectuer les diverses manœuvres d’appareils, réparations dans les usines, sur les canalisations, etc., ont besoin de gants isolants, imperméables, qui les mettent à l’abri des secousses qu’ils peuvent recevoir sur les réseaux électriques par suite des contacts à la terre. Ces secousses sont assurément toujours désagréables, mais peuvent être dangereuses lorsque les tensions mises en jeu, alternatives ou continues, atteignent des valeurs élevées 200, 500 volts, et sont enfin presque toujours mortelles lorsqu’il s’agit de 1000, 5000, 10 000 volts et au delà. Aussi on recommande toujours aux électriciens de porter des gants isolants, dits en caoutchouc, pour effectuer leurs diverses manœuvres. Les gants ne suffisent pas, et il faudrait encore y ajouter des sandales en caoutchouc et prendre diverses autres mesures de protection.
- Mais il serait nécessaire d’avoir au moins des gants de bonne qualité et réellement isolants.
- Pour améliorer la fabrication de ces gants, l’Association des industriels de France contre les accidents du travail avait institué dernièrement un concours, et le Laboratoire central d’électricité a été chargé d’apprécier les qualités isolantes des gants soumis au concours.
- M. P. Janet a fait connaître dernièrement à la Société internationale des électriciens les résultats des essais effectués sur les divers gants. On a d’abord déterminé la résistance d’isolement de six gants isolants à basse tension à sec et à l’état d’humidité.
- Les essais à sec ont été effectués en plaçant chaque gant rempli de mercure dans un récipient contenant du mercure ; la partie de gant immergée était de 20 centimètres. La résistance électrique a été mesurée à 105 volts entre le mercure intérieur et extérieur. Pour les essais à l’humidité les gants ont été remplis de sable fin et enfoncés sur une hauteur de 20 centimètres dans un récipient rempli de sable. On avait eu soin d’imbiber le sable d’eau contenant du chlorhydrate d’ammoniaque et de laisser écouler 5fi heures pour que l’humidité fût uniformément répartie. Les mesures ont été faites dans ce cas également à la différence de potentiel de 105 volts.
- Les résultats des mesures d’isolement ont été les suivants :
- Résistance d’isolement en mégohms à sec. à l’humidité.
- fiant 1........................ 0 0
- fiant 2........................ 0 0
- Gant 5........................ 5-40 0
- fiant 4.................... 4 800 420
- fiant 5.................... 6 200 24
- fiant G................... 52 500 157
- D’autres expériences ont été faites pour déterminer la différence de potentiel nécessaire pour percer les gants, fieux-ci ont également été remplis de sable fin humide et [dacés sur une hauteur de 20 centimètres dans du sable humide. On a établi une différence de potentiel alternative entre le sable intérieur et le sable extérieur, et on l’a fait croître jusqu’au moment où une chute brusque de tension au voltmètre a indiqué que le gant était percé.
- Un septième modèle de gant, composé de perles de verre tissées sur un tissu de coton, a dû, pour les essais, être entouré de feuilles d’étain.
- Les résultats de ces dernières expériences ont ét? les suivants :
- G,mis.
- fiant
- fiant
- fiant
- fiant
- fiant
- fiant
- fiant 7.
- Différence de potentiel supportée en volts eflicaces.
- 0
- 0
- 2500 1000 11 000
- 12 000
- non mesurable
- )) »
- )) »
- )) ))
- gant percé à 5000 volts,
- gant [terré après 5 minutes,
- aigrettes entre le gant et le sable.
- gant percé après I minute, étincelles en grand nombre.
- Les résultats, comme on le voit, ne sont guère satisfait sants, surtout en ce qui concerne les résistances d’isolement à l’humidité. ' ' •
- Aussi nous partageons entièrement l’opinion de M.-.llil-: lairet, président de la Société internationale des Electriciens, qui faisait observer à la séance qu’il faut bien se garder de considérer les gants isolants comme des protecteurs efficaces dans les cas de tensions élevées, et qu’il vaudrait mieux en proscrire complètement l'emploi que de leur accorder la moindre confiance au contact des conducteurs dangereux.
- On ne doit tout au plus, a-t-il ajouté, se servir de gants en caoutchouc ou succédanés que comme isolants au deuxième degré, c’est-à-dire non pour toucher directement des conducteurs à liante tension, mais pour toucher des organes déjà isolés des conducteurs, comme par exemple, des poignées non métalliques d’interrupteurs. Opérer ou permettre d’opérer autrement constituerait la plus grande des imprudences. J. L.
- PREMIÈRE COMÈTE DE 1901
- La première comète du vingtième siècle aura été un astre brillant, vu à l’œil nu. Elle a çté aperçue pour la première fois par M. Halls, le 25 avril dernier, à Queens-town, puis le 24, par M. Tattersall, à Cap Leeuwin (Australie occidentale). Ensuite, sa position a encore été donnée le 50 avril à Melbourne; le 5 mai à Arequipa; le 4 et le 6, au Cap de Bonne-Espérance. C’était, paraît-il, un astre remarquable, pourvu, a-t-on dit, de trois queues de plusieurs degrés de longueur. Malheureusement son éclat a rapidement décrû, avant que nos observatoires du Nord aient pu la voir. Ces premières observations parvenues par voie télégraphique ont permis à M. Kreutz de calculer une éphéméride donnant les positions de la comète jusqu’au 24 mai. Le 15 mai, elle était saisie à l’observatoire du Mont-Ilamilton, à 5 minutes d’arc au sud du point fixé par le calcul, c’est le sixième du diamètre de la Lune seulement. Cet observatoire n’est qu’à la latitude de 57° 20’ Nord.
- On avait dit qu’à l’observatoire Yerkes, à Chicago, par la latitude de 41° 50’, la comète avait été vue et bien vue, mais cela nous a semblé bien difficile. En revanche, à Alger, les 17, 18, 19 et 20 mai, sept positions de l’astre étaient relevées. C’était le soir, dans le crépuscule, et la comète n’était pas à plus de 3° au-dessus de l’horizon. Elle était bien déchue de sa première splendeur, et n’avait que l’éclat de la 8e grandeur d’étoiles, deux rangs au-dessous des dernières que l’on peut voir à l’œil nu. En août ou septembre, elle sera sur l’horizon en pleine nuit, mais alors les plus grands instruments pourront seuls l'apercevoir, car son éclat sera bien faible à cette époque. Joseph Vinot.
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- LA NATURE.
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- L'ORAGE DU 29 M\T 1901 A PARIS
- Dons la journée du 20 mai 1001 nous avons eu à Paris un orage d’une intensité exceptionnelle et qui a fourni des quantités d’eau considérables. Au réservoir Saint-Victor, rue Linné (près le Jardin des Plantes), en une heure environ, il est tombé 80mra d’eau.
- (le nombre est le plus élevé que nous connaissions, authentiquement enregistré à Paris; les averses les plus fortes ayant donné plus de 50mm avaient été observées jusqu’à présent : 0 septembre 1865, 52ram de 12h 15 à 5 heures, à l’Observatoire de Paris; 20 septembre 1867, 56mm en 50 minutes, au réservoir Monceau ; 27 juillet 1872, 55 à 50""" de 7h 50 à 8h50, suivant les quartiers ; 10 septembre 1806, 55 à 50ram de midi à 2h 50, suivant les quartiers.
- Pendant l’orage du 29 mai, la répartition de la pluie sur Paris montre qu’on a recueilli 12 à 15mm ,peau Grenelle, Auteuil, Passy,
- 20 à la Villette, 22 au cimetière de Belle-ville, 24 aux Buttes-Cbaumont, 26 au pont de l’Alma (Bureau central météorologique) , 28 à Montmartre, 55 à l’hôpital Saint-Louis et dans le square Saint-Jacques, 55 à Montsouris, 60 au Panthéon et enfin le maximum 80mm au réservoir Saint-Victor.
- D’après la durée de l’orage, on peut estimer de 2 à 500 litres par seconde et par hectare la quantité qui a été versée sur le sol aux endroits où l’averse a eu son maximum d’intensité et cela pendant une heure environ.
- On a vu cependant des averses atteindre une intensité encore plus grande ; ainsi pendant l’orage du* 26 juillet 1896 il est tombé à Montsouris 500 litres d’eau par seconde et par hectare. Au pare Saint-Maur, le 8 septembre 1880, il était également tombé 500 litres d’eau, mais les averses de 1896 et de 1880 n’avaient duré que 8 et 5 minutes.
- Comme exemples d’averses violentes et de courte durée, nous pouvons citer: 25mm en 6 minutes, le 10 juillet 1889, à Turnhout (Belgique).
- A Bruxelles, on a relevé 14mra,5 en 5 minutes, le 12 juillet 1889; 15mm,2 en 10 minutes, le 16 juin 1879; 55mm pn 25 minutes, le 10 août 1890.
- A Uccle, près de Bruxelles, il est tombé 00mm,9 en 55 minutes, le 10 juin 1895.
- A Bàle, on a recueilli pendant 5 minutes, au cours d’un orage qui a éclaté dans la nuit du 27 au 28 juillet 1896, 22mra,5.
- A Marseille, l’orage du l" octobre 1892 a donné I 50mm en deux heures.
- A Neufchàteau, dans les Vosges, on a recueilli, le 18 août 1892, 49mm en 15 minutes.
- A Clermont-Ferrand, le 1er juillet 1895, 25mra en 10 minutes.
- Enfin l’averse la plus forte connue en France jusqu’à ce jour est celle du 20 mars 1868, observée à Molitg-les-Bains (Pyrénées-Orientales) : en une heure et demie la récolte d’eau fut de 513""" !
- La pluie tombée pendant l’orage du 29 mai 1901 a été souvent mêlée de grêle, mais de 5h5 à 3h 10 les grê-
- lons sont tombés seuls et en abondance ; pendant leur chute, ils étaient tellement serrés qu’il en est résulté pendant quelques instants un véritable obscurcissement du ciel.
- Les grêlons recueillis étaient de formes très variées, quelques-uns avaient l’aspect d’un très petit œuf, d’autres celui d’un parallèpipède, ils avaient en moyenne de 25 à 55mm de. grosseur ; on en a même mesuré qui dépassaient 40mm.
- Des gréions de cette grosseur sont assez rarement constatés à Paris, où en général les grains de grêle ne sont jamais bien gros ; le plus souvent leur diamètre oscille de 10 à 20mm, quelquefois 25. On connaît comme plus gros grêlons ceux tombés le 15 juillet 1788 lors du grand orage qui traversa une grande partie de la France : ce jour-là quelques grêlons ramassés dans le faubourg Saint-Antoine pesaient 60 grammes. Les derniers orages à grêle ayant sévi sur Paris les 4 avril 1877, 50mai 1882
- Orago du 29 mai.
- et 26 juillet 1897 n’ont pas atteint l’intensité de celui du 29 mai dernier.
- Pendant cet orage le vent a été très faible, 5 à 4 mètres par seconde, et l’observation des nuages a permis d’établir que jusqu’à 5500 mètres la vitesse du déplacement de l’air était sensiblement la même qu’à terre ; on a enregistré à 5h 9 un à-coup de 11 à 12 mètres et qui a été indiqué presque à la même minute par les anémomètres de la tour Eiffel, de la tour Saint-Jacques et de Montsouris.
- L’abaissement de la température n’a pas été très marqué : 8°,5 en une demi-heure, alors qu’en certains orages on constate quelquefois de 10 à 15" en moins de temps.
- Le mouvement de hausse brusque accusé par le baromètre a été de 5mm à Montsouris et seulement de lmra,5 à la tour Saint-Jacques.
- Cet orage a étendu son action sur toute la vallée de la Bièvre où on a recueilli de 20 à 50mm d’eau ; il en est résulté un grossissement rapide de cette rivière, laquelle a débordé en plusieurs points. Joseph Jaibert,
- llirecteur «tu service météorologique, Observatoires municipaux de Montsouris et de la Tour Saint-Jacques.
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- LA NATURE.
- RACES BONIN ES ANGLAISE ET FRANÇAISE
- Parmi les phénomènes les plus curieux que révèle l'application attentive de la « sélection », il n'en est pas de plus intéressant que la diversité des caractères de conformation que peuvent prendre, sous le régime de cette méthode, les différentes variétés d’une même race. Il est même surprenant de constater comment
- des facteurs, apparemment étrangers à la question, ont pu exercer une influence décisive ; ainsi, pour ne parler que des races de Bovidés, le « goût » particulier d'une nation et ses pratiques culinaires ont réussi à donner à la conformation de l'animal destiné à la Boucherie tel caractère bien défini.
- Classement de la viande par categorie en France,
- Les Anglais, très amateurs de viande rôtie, ont une préférence marquée pour les portions du boeuf situées dans la région des lombes : le filet, et le faux-filet. En France, il est un mets très apprécié et que toutes les tables modestes ou aisées présentent également, c'est le « pot-au-feu » qui nécessite pour sa préparation des portions de viande situées dans la région crurale, c'est-à-dire la région de la croupe, que l’on appelle communément la « culotte ». Si bien qu’on a pu dire que si le romsteck était le mets préféré des Anglais, notre plat national était le ’• pot-au-feu ou le bœuf à la mode.
- Ces détails, qui paraissent oiseux, ont eu cependant une importance telle qu’actuellement les types d’animaux de boucherie français et anglais ont des conformations totalement dissemblables.
- Pour favoriser le goût des consommateurs, les éleveurs se sont naturellement efforcés de développer les parties de l’animal qui étaient le plus appréciées, et la sélection leur offrait leAnoyen pratique et sûr d’atteindre ce but.
- Tandis que les berbagers anglais arrivaient à réa-
- Fig. 2.
- Classement de la viande, par catégorie à Londres et Berlin.
- liser le type parfait du bœuf de boucherie avec des lombes larges, une poitrine développée et une culotte faiblement musclée (tig. A), tous les efforts des éleveurs français tendaient à produire un animal à
- culotte fortement saillante dessinant de, profil une courbe nettement convexe (fig. 5).
- La boucherie, intermédiaire intéressé entre le producteur et le consommateur, devait suivre ces tendances et de fait rien n’est plus différent que la division par catégories de diverses valeurs, des différentes portions de l’animal de boucherie.
- Les deux croquis (fig.
- I et 2)indiquent parles chiffres romains la qualité de la viande ; on voit qu’à Paris toute la culotte fournit de la viande de première qualité. ainsi qu’une portion du « travers ». L’épaule, le flanc, fournissent, de la viande de deuxième qualité, et la tète, les membres et, le ventre donnent une viande de qualité inférieure (%• !)•
- A Londres et à Berlin, la portion supérieure seule de la culotte est considérée comme première catégorie, mais la région des lombes fournit une quantité considérable de viande appréciée ; la région de
- Durham.
- Fig. 3. — Comparaison du développement de la culotte et du travers chez le Durham et le Limousin.
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- LA NATURE.
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- l’épaule par contre est considérée comme troisième catégorie (fig. 2).
- De telles différences n’existent pas seulement en théorie ; comparez un bœuf Durham qui représente le type achevé de Laminai de boucherie anglais, avec un de nos robustes Limousins ou un de nos blancs Nivernais ; les dil-férences sont si nettes et si accusées qu’elles se traduisent immé-diatement aux yeux les moins avertis.
- Le Durham présente une tète très line et une encolure réduite ; sitôt après le garrot, le dos s’élargit et au lieu de former une sorte d’arête plus ou moins aiguë, il se développe en un plan horizontal qui donne à l'animal non plus un aspect cylindrique mais la fameuse apparence « parallélépipédique» dont les Durhamistes sont si liers. Ceci tient évidemment au développement de cette région du « travers » où se trouvent le lilet et le faux-tilet appréciés, et les Anglais recherchent fort chez leurs reproducteurs la présence de cette sorte de plateau supérieur, qui doit être, selon leur propre expression, « like a table » (lig. o).
- Par contre, il est une région à peine développée chez le Durham, c’est celle de la culotte ; la ligne de la croupe est droite ou même rentrante (fig. 2 et T) et une verticale abaissée de la pointe de la fesse laisserait la région crurale en deçà sans la traverser.
- Considérons maintenant nos bœufs limousins si appréciés par la boucherie ; avec une même réduction des membres et de la tête, nous trouvons une culotte d’un développement considérable (lig. 1 et 5) partant do la hase de la queue ; celle-ci s'arrondit en une courbe nettement convexe, montrant ainsi l’extension
- prise par cette région qui fournit une viande de première qualité.
- De tels résultats ne sont point le fait du hasard, il est en effet connu que la race Durham a été « créée », si l’on peut s’exprimer ainsi, par les frères Charles et Robert Colling. La souche des Durhams
- actuels était la tribu des « Short-horn » (courtes-cornes) qui paissaient les herbages du comté de Durham et leur conforma t ion défec-Robert Colling remarqua un jour dans le modeste enclos d'un maréchal ferrant un jeune veau qui lui parut résumer le type parfait de l'animal de boucherie. Ce fut le célèbre « lluhhack », considéré aujourd'hui comme l’ascendant primordial des Courtes-cornes inscrits au Jleerd-Book.
- C'est en choisissant avec soin parmi leur population bovine les taureaux qui présentaient au plus
- haut degré la conformation demandée par la boucherie, c'est-à-dire par le goût du consommateur, que les frères Colling purent amener le taureau Durham cette conformation si spéciale.
- On peut donc voir dans ces divers faits l’in-lluence incontestable du « goût » guidant la'sélection soit dans les différentes régions de France, soit en Angleterre.
- 11 nous a paru intéressant de noter ici l’action exercée sur l’esthétique générale des diverses races de Bovidés par cette mode si variable et si conventionnelle qu’on nomme « le goût » ; cette mode, il faut en convenir, a toujours une grande influence. I'aui, Diffloth,
- Ingénieur-Agronome.
- Fig. 5. — Type de l'animal de boucherie français. Taureau limousin.
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- L'heure dans le monde — En Allemagne, un a adopté depuis le Ie’ avril 1895 l'heure dite de l'Europe centrale, également en usage en Autriche-Hongrie, en Bosnie, en Serbie, en Italie, en Suisse, en Danemark, en Suède et en Norvège. Le temps de l’Europe occidentale est en usage en Angleterre, en Hollande, en Belgique, en Luxembourg et en Espagne. Notre pays seul est resté réfractaire et a conservé l’heure de Paris, valable également en Algérie et en Tunisie. L’Italie a adopté officiellement la division du jour en vingt-quatre heures, de 1 à 24 depuis minuit ; ce même mode de comptage est en usage en Belgique depuis le I r mai 1897, pour les postes, les télégraphes, le téléphone, les chemins de fer et la marine. La Bulgarie, la Roumanie et la Turquie d’Europe ont le temps de l’Europe orientait1, alors qu’en Russie on a conservé l’heure de Saint-Pétersbourg, en avtince île 2h lra 135 sur l’heure de Greenwich. L’Amérique du Nord et le Canada ont pour les chemins de fer quatre zones horaires : Est (cinq heures de retard sur Greenwich), Centre (six heures de retard). Montagnes (sept heures), Pacifique (huit heures). Au Canada ces temps sont officiels et les heures sont comptées de I à 24; il en est de même pour les Indes anglaises quant auv heures. Dans la colonie du Cap, l’heure normale des chemins de fer et télégraphes est en avance de une heure et demie sur l’heure de Greenwich. Au Japon, l’heure officielle est exactement en avance de neuf heures sur l’heure de Greenwich; en Australie les temps normaux sont : Australie occidentale (huit heures d’avance sur Greenwich), Australie du Sud (neuf heures), Victoria, (Jueenslaud et Tasmanie, dix heures; pour la Nouvelle-Zélande l’avance est de onze heures et demie.
- Essais* de combustible liquide. — Des essais intéressants de pélrole comme combustible ont été effectués sur le torpilleur hollandais Opliir, construit en Angleterre dans les chantiers Yarrow. Le journal Ent/hicn-imi publie les résultats de ces essais. Eue expérience fut faite en n’employant d’abord que du charbon : ou obtint une vitesse de 24 nœuds et demi. On mit alors en marche les brûleurs à combustible liquide (Imile de pétrole de Bornéo) installés suivant le système llolden, la consommation de charbon étant maintenue la même qu’au début de l’essai. Lue augmentation de vitesse de 2 nœuds fut aussitôt constatée. Le taux de consommation de charbon était de 1270 kg à l’heure et la consommation supplémentaire de combustible liquide a été de 518 kg par heure. U Opliir comportant deux chaudières identiques, un autre essai a été fait à petite vitesse avec une seule chaudière chauffée avec l’huile de pélrole au taux de 227 kg à l’heure ; on a obtenu aisément, dans ces conditions, une vitesse de 14 nœuds. Le grand avantage du combustible, qu'il soit employé seul ou avec du charbon, c’est de penne lire des variations beaucoup plus rapides dans l’activité de la production de vapeur que dans le cas où l’on emploie le charbon seul ; dans le grandes installations le combustible liquide assure en outre une économie sérieuse du personnel.
- Pont tournant électrique. — On a construit récemment aux États-Unis sur la rivière Connecticut, dans l’État du même nom, et à Middletown, un pont métallique de 300 mètres de long et d’une largeur de 7m,80. Il comprend 4 travées fixes d’une longueur variant de 00 à 67 mètres et une travée tournante de 155 mètres de long. La poutre métallique armée qui forme la travée
- tournante a la forme bien connue u eantilever », qui assure son équilibrage, et le métal employé est de l’acier dur; elle repose sur une pile de 4 mètres de diamètre environ, et par l’intermédiaire de 05 galets en acier fondu roulant entre deux chemins inclinés, également en acier fondu ; le chemin inférieur repose à son four sur des plaques d’acier forgé boulonnées à la maçonnerie. Le pivot de rotation, enfoncé de 0m,15 dans le massif de la pile et maintenu en place par des boulons de lm,80 de long et de 51 millimètres de diamètre, est venu de fonte, et présente un canal intérieur qui donne passage à des fils électriques. Le mouvement de rotation du pont est assuré électriquement. On utilise deux séries de moteurs de 25 chevaux de puissance chacun, et dont l’une a pour rôle de faire tourner le pont, tandis que les deux autres viennent bloquer les extrémités de la travée mobile contre ses appuis. On a aussi prévu un quatrième moteur auquel on a recours les jours de grand vent, ou au cas d’accident. Ces deux séries de moteurs électriques peuvent être mises en marche indépendamment ou simultanément, à la volonté du mécanicien. Les extrémités de la travée mobile doivent être soulevées quand on veut effectuer une rotation. Le mécanicien est averti qu'il doit couper le circuit des moteurs, lorsque le soulèvement est suffisant. L’énergie électrique est empruntée à la distribution de la ville, et est fournie par un cable immergé dans la rivière, qui traverse la maçonnerie de la pile et remonte par le centre du pivot.
- Accumulateur Edi won. — Des renseignements viennent enfin d’être donnés sur le nouvel accumulateur d’Edison. L’accumulateur est un élément nickel-fer. Le pôle négatif est formé de fer, le pôle positif est constitué par un suroxyde de nickel. L’électrolvte est une solution de potasse caustique dans l'eau, de 10 à 40 pour 100 en poids, généralement à 20pour 100. La force éleclroinofricc de l’élément est à fin de charge de 1,5 volt ; la différence de potentiel moyenne utile en décharge normale est de 1,1 volt. La décharge normale si; fait avec une densité de courant d’élément actif égale à 0,95 ampère par décimètre carré. L’énergie disponible est de 30,85 watts-heure par kilogramme, correspondant à 52,4 kg par kilowattheure. Les plaques positives et négatives sont mécaniquement identiques; elles ne se distinguent que par l'aspect, et ne diffèrent que par la composition chimique des matières actives remplissant les augets. Les plaques sont formées d’une tôle dans laquelle on a découpé des trous rectangulaires destinés a loger la matière active; celle-ci est composée de briquettes rectangulaires. Les briquettes des plaques négatives sont obtenues en mélangeant une composition de fer finement divisée avec un volume à peu près égal de lames minces de graphite qui augmente la conductivité des briquettes. Le mélange est comprimé dans un moule à une pression de 500 kg par centimètre carré. Les briquettes des plaques positives sont obtenues en mêlant de même un composé de nickel finement divisé avec un volume égal de lames minces de graphite. Un nombre convenable de plaques positives et négatives sont réunies pour former un élément ; elles sont séparées par des feuilles minces d’ébonite percées de trous. L’élément est disposé dans un récipient en tôle d’acier renfermant la solution de potasse caustique. Une soudure spéciale peut résister à la solution. Pendant la charge, le courant traverse l’élément en allant du nickel au fer ; il réduit le fer à l’état métallique spongieux et amène l’oxygène à travers l’électrolyte sur le nickel qu’il transforme eu suroxyde de nickel. Pendant la décharge, le courant qui
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- LÀ NATURE.
- tîô
- traverse l’élément réduit le suroxyde de nickel et oxyde le fer spongieux. On ne sait encore les résultats que l’on peut attendre de cette combinaison ; mais il s’agit au moins d’une voie nouvelle qui peut être explorée à son tour.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 17 juin 1901. — Présidence de M. Folqük.
- Formation de pseudo-cellules. — M. d’Ârsonval présente une note de M. Leduc relative à la diffusion des solutions salines dans la gélatine. Cette diffusion s’opère en déterminant l’apparition de parois donnant l’impression de cellules. On peut obtenir ainsi des pseudo-cellules hexagonales ; la forme des cellules dépend d’ailleurs de la nature de la solution saline.
- Caractères anatomiques des différentes parties du bouton de fleur. — M. Gaston Bonnier communique une note de M. Beille sur le développement initial des fleurs dans le bouton. Lorsque la fleur est à peine visible à la loupe, on sait que ses diverses parties, plus libres entre elles,apparaissent sous la forme de petits mamelons distincts et assez semblables extérieurement. Par une fine élu.'.e anatomique l’auteur détermine la nature future, sépale, pétale, étamine, carpelle de chacune de ces ébauches.
- Effets physiologiques de la lécithine. — M. Bouchard fait connaître les résultats d’expériences pratiquées dans son laboratoire par MM. Desgrez et Zaky dans le but de déterminer l’action des lécilhiues de l’œuf sur l’organisme. Ces lécilhiues sont des combinaisons d’acides gras, d’acide glycérophosphorique et de choline contenues dans l’œuf île poule, en quantité de 1 gramme environ. Pour étudier l’action physiologique de ces substances, MM. Desgrez et Zaky ont pris des lapins provenant d’une même portée, c’est-à-dire présentant des conditions biologiques aussi identiques que possible. Ces lapins ont été divisés en deux lots : un lot soumis à l’expérience, un lot témoin. Des animaux du premier lot ont subi des injections de léci-Ibiues, d’autres ont consommé ces substances mélangées à leurs aliments. Les deux lots d’animaux recevaient la même quantité de nourriture ; le matin, les animaux du premier lot avaient mangé tous les aliments ; tandis que ceux du second en laissaient une part importante. L’expérience a été poursuivie pendant un mois. Au bout de ce temps les lapins ont été pesés. Ceux qui avaient absorbé des lécithines avaient gagné 75 pour 100 de leur poids initial et ceux du second 45 pour 100. L’accroissement de poids et de taille correspond donc à l’augmentation d’appétit. On constate en outre une accélération notable de l’élimination de l’azote et une diminution de celle du phosphore. Ces résultats expliquent l’importance exceptionnelle des œufs dans l’alimentation générale et, en particulier, dans celle des enfants.
- Appareil pour la respiration dans un milieu délétère. — M. Chauveau entretient l’Académie d’un appareil qui permet de respirer dans un milieu irrespirable. Cet appareil a été combiné par lui à propos de recherches sur les échanges respiratoires. 11 se compose de deux bouts en verre se moulant sur la narine du sujet. Ces bouts sont tixés sur une petite boite rattachée à un tube de caoutchouc de gros diamètre par un autre tube de caoutchouc. Ce dernier débouche dans une section du gros tube fermée à chaque extrémité par des soupapes très légères s’ouvrant dans le même sens. Par suite de cette disposition lorsque l’inspiration tend à produire le vide, l’air arrive d’un côté
- du tube tandis que l’autre soupape reste fermée par la pression de l’atmosphère. Pendant l’expiration la compression intérieure de l’air fait agir les soupapes en sens contraire. M. Chauveau ajoute que l’efficacité de cet appareil est démontrée par l’expérience suivante. Deux chiens, don l’un a été pourvu d’une muselière à respiration artificielle, sont placés dans une caisse qui reçoit du gaz d’éclairage. Dans un intervalle de deux à quatre minutes, le premier animal est tué; l’autre peut rester deux heures dans la caisse et en sort sans donner de signes de maladie. M. Cailletet observe que, lors de la construction de sou appareil à respiration d’oxygène, les aéronautes ont signalé la nécessité de protéger chez l’homme la bouche aussi bien que le nez. M. A. Gautier demande à M. Chauveau s’il a fait des expériences lui permettant de savoir si l’homme plongé dans l’oxyde de carbone ou l’acide carbonique n’absorbe pas ces gaz par la peau. M. Chauveau déclare qu’il étudiera la question.
- Élections. — M. Maupas, d’Alger, est élu correspondant de la section de zoologie et anatomie.
- Cu. I>E Yii.ledeeil.
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- L’EXPOSITION DE L ENF WLE
- L’Exposition de l'Enfance tient actuellement ses assises au Petit-Palais des Champs-Elysées. Une section entière de l'exposition touche aux institutions de protection [tour l’enfance. Une autre se rapporte à l’éducation, et spécialement à celle des anormaux, des aveugles, des sourds, etc.
- La première section est réservée à l’enfance dans Part, pour laquelle M. Georges Caïn, le conservateur du musée Carnavalet, a su réunir des richesses inestimables, tant dans Part ancien que dans Part moderne. La collection de tableaux, de statues et de bibelots qu’il a su former est unique. La seconde section a trait au jouet dans les temps passés : M. LéoClaretie, qui possède une érudition toute spéciale sur cette matière, en a été le promoteur et l’organisateur.
- 11 existe une salle, à l'Exposition de l’enfance, dans laquelle le public est toujours nombreux : on y a réuni une série de portraits de quelques centaines de nos contemporains à leur bas âge, ayant acquis dans la suite une célébrité quelconque.
- Les hommes politiques sont très nombreux. En tète, on voit les portraits du président Carnot, à 1 an, déjà très reconnaissable; de M. Casimir-Pe-rier, avec des grands cols; de M. Paul Deschanel, en barbiste, etc.... Quelques-uns sont attrayants à cause de leurs attitudes : c’est ainsi que nous voyons M. Breton, député du Cher, à 4 ans, en cuirassier; M. Lucien Millevoye tient un grand sabre à la main. Chaque portrait est à regarder et à analyser.
- Les plus intéressants, à notre point de vue sont ceux qui reproduisent les traits des hommes de science de notre époque. Ils sont peu nombreux, car, pour se les procurer, il a fallu en quelque sorte violenter la modestie de leurs propriétaires.
- Au premier rang, nous trouvons les portraits de dom Pedro, le défunt empereur du Brésil; on le retrouve à différents âges, 1 an, 2 ans, 7 ans, dans
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- LA NATURE.
- des miniatures très soignées, aimablement prêtées par sa fille, S. A. I. la comtesse d’Eu.
- A côté de lui, nous trouvons deux photographies, à 1 an et à 4 ans, du prince Roland Ronaparte dont l'activité n’a cessé de se porter constamment vers toutes les questions scientifiques.
- Un daguerréotype fort ancien et bien conservé nous montre les traits, à 16 ans, de M. Jans- j
- sen, l’illustre astronome que ses nombreux travaux ont rendu si populaire.
- Le Rr Rieulafoy est figuré à 2 ans sur nue bien mauvaise aquarelle qui n’a de valeur que parlesujet qu’elle représente ; le savant médecin tient une vilaine poupée à la main. 11 fait pendant à un portrait de
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- faitement dans les traits de l’enfant de 15 ans. On ne peut en dire autant du D1 Pozzi, dont nous reproduisons d’ailleurs la photographie, car l’enfant ne ressemble pas à l'homme.
- Nous trouvons, un peu plus loin, la photographie
- du mathématicien J.-Henri Une fort jolie aquarelle
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- Poincaré à 8 ans. qui est une des œuvres les plus réussies de cette exposition enfantine, est le portrait deM. Gaston Ronnier, enfant.
- M. Gaston Ronnier, aujourd'hui de l’Institut, est représenté sous les traits d'un gentil petit garçon à physionomie intelligente.
- A côté des hommes politiques et des hommes de science, nous pouvons regarder aussi de nombreux portraits
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- même taille de son frère, le professeur Rieulafoy, membre de l'Institut.
- Nous voyons la photographie deMmeRieula-foy, l’exploratrice bien connue; elle est figurée à 10 ans. Un sait qu’au-jourd’hui la compagne de M. Rieulafoy, de l’Institut, est habillée de vêtements masculins. 11 n’y a que deux femmes en France qui soient autorisées à porter ainsi les habits d’homme. — Parmi bien d’autres, deux célébrités du monde médical, tous deux membres de l’Académie de médecine, sont représentées à leur bas âge : les docteurs Labbé etPozzi. Le premier est en lycéen sur un daguerréotype très bien exécuté. La physionomie vigoureuse et sévère de cet éminent chirurgien si bienfaisant et si doux se retrouve [tar-
- de littérateurs connus, parmi lesquels MM. J. Glaretie, Brunetière, Henri Martin, etc.; M. Zola avec son père. Puis des artistes : Saint-Saëns, enfant, jouant du piano ;. M. Ambroise Thomas, à 15 ans; M. Jules Lefebvre, à 17 ans, peint par lui-même; MM. Jules Breton, Albert Besnard, etc.... Mme Sarah Bernardt, à 12 ans, avec sa mère. Cette exposition d’enfants devenus aujourd’hui célèbres présente un véritable intérêt et nous avons cru qu’il n’était [tas superllu d’en garder le souvenir. A. da Cunha.
- Le Gérant : P. Masson.
- Exposition de l’enfance. — 1. Prince Roland Bonaparte à quatre ans. —. 2. M. Pozzi à quinze ans. — 5. M. Janssen à seize ans. -r-i. M. G. Bonnier à cinq ans. — 5. M. J.-Henri Poincaré à huit ans. — 6. M. Dieulaloy à deux ans. — 7. M. Labbé à quinze ans.
- Paris. — Imprimerie Lauore, rue de Fleuras, 9.
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- N° 1400.
- 29 JUIN 1901.
- LA NATURE.
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- LES SURNOMS DES EUROPÉENS EN SOUAHELI
- Les indigènes de l'Afrique orientale, dont le souahéli est la langue commune, éprouvent une grande difficulté à prononcer ou à retenir les noms européens, et, quand par hasard ils s'y essayent, ils les déforment au point de les rendre méconnaissables. C’est ainsi, par exemple, que Ramsay devient « Lamsa », Saint Paul « Sin Pouli », Arning « 11a-niki », Gouverneur « Govmani ». Aussi jugent-ils généralement plus commode de distinguer les Européens au moyen d’un surnom. M. C. Yelten a eu la patience, pondant son séjour dans l'Afrique orientale allemande, de provoquer les bavardages, de noter ces surnoms au fur et à mesure qu’il les entendait et d’en dresser une liste qui est vraiment curieuse1.
- Certains de ces surnoms ont [tour origine des particularités corporelles. Des individus de petite taille sont appelés « Dana mtoto », l’enfant, ou « bana mtolo Ulaya », l’enfant européen ; d’autres de grande taille sont dénommés « le long », « le mince », « le manioc sec ». On appelle « M. Ventre », « M. le Gros », les personnes pour lesquelles la nature ne s’est pas montrée avare de ses dons. L’abondance ou l’absence de cheveux et de barbe n’échappent pas à l’œil attentif des indigènes. En se promenant à Bagamoyo ou à I)ar es Salam, on entend donc « bana ndevu nyingi », ce qui signifie « le monsieur à la grande barbe », ou « bana Kisharafa », « le barbu ». Un individu complètement chauve était appelé « La
- Huttes de Souahélis dans l’Afrique orientale.
- Sauterelle », parce qu’il semblait qu’un essaim de sauterelles se fût abattu sur son crâne et y eût tout dévoré, de même qu’elles dévastent les champs sur lesquels elles se jettent. Les particularités du visage ont aussi fourni des surnoms, tels que : « M. le Nez », « M. l’Édenté ». Certain Allemand, qui avait la figure couturée de cicatrices (peut-être était-ce un souvenir que lui avait laissé sa vie d’étudiant), était appelé « M. le Balafré » ; un autre, dont les grands yeux semblaient toujours étonnés, « M. l’Àhuri ». Une certaine attitude habituelle est immédiatement remarquée. Un jeune homme marchait le dos courbé, et on disait : Voici « M. l’Ancêtre » ou « M. le Grand-Père » qui passe. Un infirme s’appuie sur deux béquilles, c’est « M. Quatre Jambes » ; un
- 1 Dr. C. Yelten. Die S/ntznamcn der Èuropàer bei den Suàheli. Mitthcilungen des Seminars fur Orientalische Spracheu an den Kgl. Fried. Wilhclms Univçrsitat zu Berlin 1900. Drille Abthciluiig, p. 191-197. ......
- 29e aimée. — t’semestre.
- autre sur deux cannes, c’est « M. Deux Bâtons ».
- « M. Quatre ATeux », « M. Un Œil » portaient respectivement, l’un un lorgnon, l’autre un monocle. i ,
- Il arrive parfois que pour une particularité tout à fait insignifiante de toilette, on est à tout jamais affublé d’un surnom qui subsiste, alors que le motif qui l’a provoqué a depuis longtemps disparu. Un Européen nouvellement débarqué portait un chapeau usé. Aussitôt les Souahélis de le nommer « M. Vilain chapeau ». Notre homme resta dix ans en Afrique, il porta des chapeaux neufs, il n’en resta pas moins toujours « M. Vilain chapeau ».
- Quelques traits de ressemblance avec les animaux ont chez nous donné naissance k certains surnoms, qui avec le temps sont devenus des noms de famille. On ne compte plus en France les Lelièvre, les Loi-seau, les Mouton. De même dans l’Afrique orientale. Seulement la faune étant différente de celle de
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- l'Europe, les surnoms y ont aussi un goût de terroir. On rencontre h chaque coin de rue : M. l’Hippopotame, M. le Léopard, M. le Perroquet.
- Les surnoms dont nous venons de donner quelques échantillons sont empruntés au physique de ceux qui les portent, mais les traits de caractère moral ont également donné naissance à tonte une onomastique ; voici « Bana tartihu », M. le Pensif; « Bana polapole », M. le Calme. Un individu qui avait mené son expédition très vite avait été nommé par ses soldats « L’infatigahle ». A côté de « M. le Toqué », voici « M. le Méchant ».
- Les Européens qui exercent une fonction bien déterminée sont désignés par leur titre professionnel ou par un mot qui le rappelle. Tout médecin est appelé le « Docteur sorcier » ; tout employé au télégraphe « M. Le fil » ; le trésorier en chef est « M. L’argent », et tout payeur subalterne « M. La roupie », la monnaie indienne étant d’un grand usage dans l’Afrique orientale.
- Si un Européen manifeste un goût particulier pour une occupation, il peut être certain que son penchant n’échappera pas à la curiosité du noir. Un auteur fécond devient « M. Le Papier », un amateur de jardinage « M. le Légume », un amateur de canotage « M. le Matelot ».
- Quand on séjourne quelque temps en pays étranger, on finit toujours bien par attraper quelques bribes de la langue qui s’y parle et alors, tout lier de ce savoir nouveau, on cherche à placer à tout propos les quelques mots ainsi saisi* à la volée. Les Euro-" péens de l’Afrique orientale qui répètent ainsi sans'-cessé le meme mot Souahéli suscitent eux-mèmes leur propre surnom. « M. Suffit » et « M. Tout à l’heure » se servaient constamment de ces deux expressions. Un goût pour un mets particulier provoque un surnom qui rappelle cette préférence ; un tel est « M. Banane », et tel autre « Noix de coco ». Enfin on ne peut pas se livrer impunément au vice de la boisson. Les alcooliques sont désignés -sous le nom de « M.Xognac », « M. Whisky », et meme, oh honte! « M. Whisky-Cognac ».
- Ces surnoms ont le caractère d’être à la fois des noms propres et des noms communs ; des noms propres parce que chacun d’eux désigne un seul individu, des noms communs parce que le même peut s’appliquer simultanément à plusieurs Européens.
- Ils témoignent d’une certaine sagacité de la part des Souahélis. En France, nous nous contentons de remarquer que les nègres ont la peau noire, ce qui n’est vraiment pas bien difficile, et nous leur donnons le surnom de « Mal blanchi », ou de « Boule de neige » par antiphrase. L’observation des Souahélis va un peu plus loin.
- Enfin on aura pu remarquer, d'après les échantillons que nous avons donnés, que ces surnoms, s’ils sont parfois plaisants, ne sont jamais ni méchants, ni cruels. Henri Deiiérain,
- Doclcur és lettres, Sous-BiWiolliPcairo de lln-tiUil.
- IA MOUTURE DU BLÉ
- Depuis quelques années, l’industrie de la meunerie a subi bien des modifications intéressantes sur lesquelles de nombreuses polémiques ont été engagées. Actuellement encore, les questions de mouture et de panification ne sont pas définitivement résolues. L’idéal serait de condenser dans les farines tous les éléments assimilables du grain de blé.
- Pour aborder la discussion de cet important problème, il est nécessaire de pénétrer dans quelques détails sur la constitution anatomique et les particularités chimiques du grain de froment.
- Le grain de blé est un caryopse ovale plus ou moins allongé, divisé dans le sens longitudinal par un sillon assez profond ; sa couleur est blanche, grise, jaune, suivant les variétés, la nature des terres et le climat. 11 comprend quatre parties distinctes: le péricarpe, l’assise digestive, l’embryon et l’albumen. Le péricarpe se subdivise en épicarpe, mésocarpe et endocarpe ; l’ensemble de ces trois membranes constitue l’enveloppe du grain. On appelle amande tout ce qui est recouvert, c’est-à-dire l’assise digestive, l’embryon et l’albumen.
- En examinant de dehors en dedans, à l’aide d’un microscope, un grain de blé coupé dans le sens du sillon médian, on aperçoit tout d’abord le péricarpe (À), formé d’un certain nombre d’assises de cellules dont les pais extérieures constituent l’épiderme et viennent se terminer en poils dans la région stylaire. Les cellules les plus intérieures du péricarpe (B), carrées et épaisses, correspondent à la division de l’endocarpe. Ce dernier, accolé aux téguments séminaux, est formé de cellules minces, aplanies, allongées, souvent fort difficiles à distinguer1 si on n’a pas eu soin de provoquer leur gonflement par une légère dissolution dépotasse caustique. L’enveloppe, presque entièrement composée de cellulose, est de nulle valeur dans l’alimentation humaine ; elle nécessite, pour être assimilée, l’intervention du ferment butyrique qui n’existe pas dans les organes irftestinaux de l’homme. La connaissance de cette particularité réduit à néant les tentatives faites dans ces dernières années par les promoteurs du pain complet.
- Au-dessous du péricarpe se trouve l’assise digestive (C), composée de cellules grosses, transparentes, à paroi épaisse, à contenu jaunâtre et granuleux. Ces granulations sont formées de matières albuminoïdes, de ferments organisés et d’éléments minéraux très assimilables. Quant à la coloration,‘elle provient de la matière grasse disséminée sous forme de gouttelettes d’une extrême division. Les matières grasses de l’assise digestive sont des substances aromatiques de premier ordre qui communiquent au pain un goût particulier de noisette. Malheureusement, la facilité avec laquelle elles s’oxydent les rendent gênantes pour la bonne conservation des farines. Si Conjoint à cela la présence des ferments et des diastases qui viennent contrarier la fermentation du pain, on comprendra pourquoi les meuniers ont écarté soigneusement, des farines premières, les débris de l’assise digestive.
- L’albumen (I)) occupe le centre de la graine, il est formé de cellules polyédriques à paroi mince fortement unies entre elles sans laisser de méats. Ces cellules son! gorgées de matière amylacée et d’une substance azotée nommée gluten. L’étude anatomique de la totalité de l’albumen présente un certain intérêt ; les cellules qui le composent n’ont pas une dimension uniforme ; leur volume augmente à mesuré que l’on s’éloigne de la péri-
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- phérie. Le phénomène peut s’expliquer parle déplacement vers l’intérieur des cellules formées dans l’assise digestive ; les premières, celles du centre, acquièrent un plus grand développement que les autres. Il est facile de déduire que la grosseur du grain d’amidon estsousla dépendance de la dimension de la cellule. Sous le rapport de la couleur, la partie périphérique est beaucoup plus grise que la partie centrale ; la variation de la coloration provient de la présence du gluten dans la première zone du noyau farineux. L’organisation du grain de blé permet d’expliquer pourquoi les farines seront d’autant moins riches en gluten qu’elles auront été soumises à un blutage plus minutieux. Enfin, considération importante, la masse amylacée centrale est complètement dépourvue des bactéries nuisibles à toute bonne fermentation panaire.
- L’embryon (E) est l’organe vital de la graine ; il comprend toute une série de cellules à paroi peu épaisse, transparente, à couleur jaune clair. De même que l’assise digestive, il renferme des substances azotées et phosphatées assimilables, d’une assez grosse valeur alimentaire ; mais il est pourvu aussi de diastases, de ferments, de matières grasses qui s’oxydent avec une incroyable rapidité d’où l’habitude prise de le supprimer des farines de choix.
- La mouture actuelle consiste à extraire par des méthodes mécaniques spéciales les cellules amylacées du centre de l’albumen. Grâce à la division des produits, on obtient des farines d’une blancheur irréprochable complètement exemptes de ferments étrangers. Pour ' obtenir des marchandises de conservation facile, le meunier se trouve dans la nécessité d’isoler les parties les plus nutritives et les plus aromatiques' du grain de blé. De là, les objections formulées par les savants et par les médecins sur la valeur alimentaire du pain confectionné actuellement en boulangerie.
- Le rendement du grain en farine est fortement réduit par suite des déchets résultant des méthodes d’extraction modernes; les marques de choix sont blutées à 50 pour 100 et les premières marques à 60 pour 100. La manutention militaire est beaucoup moins sévère ; elle retire du grain la totalité desfarines, soit80pour 100. Si la meunerie civile est aussi rigide, c’est qu’elle est forcée de produire des farines d’une grande blancheur, indemnes de diastases et de ferments. Le but poursuivi par l’industrie est atteint au détriment de la qualité et de la quantité des produits. Depuis longtemps, cette question avait attiré l’attention des spécialistes. Le meilleur pain de l’avenir, disait Mège-Mouriès, sera celui qui contiendra tous les éléments assimilables du grain de blé. Plusieurs systèmes de mouture et de panification ont déjà été proposés. L’un d’eux, celui de Schweitzer, que l’on a pu voir dans nos derniers concours agricoles et à l’Exposition de 1000, a reçu à juste raison l’approbation des hygiénistes et des médecins. La farine obtenue par granulation renferme la totalité des matières azotées, phosphatées et diastasées contenues dans le grain. Avec la combinaison des meuneries-boulangeries, cette farine est employée toute fraîche avant que l’arome ait disparu et avant que les huiles essentielles aient eu le temps de s'oxyder.
- S’il était possible dans l’industrie, où les farines sont souvent conservées un certain temps avant d’être transformées en pain, de supprimer les ferments secondaires préjudiciables à la panification, rien ne s’opposerait au mélange des différentes couches de grain. (7est en partant de ce principe que M. Frichot fut amené à préconiser son procédé de stérilisation et de blanchiment des céréales et de leurs farines, expérimenté à plusieurs reprises dans son moulin de Dreux.
- L’idée de la suppression des ferments parasites n’est pas nouvelle. Mège-Mouriès, lorsqu’il découvrit sa céréa-line qui est une diastase, conseillait d’entraver son action par la division des farines et par sa précipitation à l’aide du sel marin, afin de ne pas lui laisser le temps de se constituer à l’état de ferment. Ce procédé ne parait pas avoir reçu d’applications sérieuses. Depuis lors, de nouvelles méthodes ont été proposées ; elles reposent toutes sur l’emploi d’agents chimiques d’un maniement souvent dangereux et difficile.
- Le système Frichot est basé sur le pouvoir décolorant et microbieide de l’ozone et de l’eau oxvgénée.
- L’ozone a une action destructive très énergique sur les ferments aérobies et anaérobies. Les expériences de Nocard à Alfort, de Puech à Tonlouse, ne laissent aucun doute à cet égard. 11 jouit encore d’un pouvoir décolorant
- Coujie .longitudinale d’un grain de ldi;.
- très énergique non seulement vis-à-vis des farines, niais encore sur les poussières qu’elles renferment. Sous l’in-tluence du traitement, les différentes couches de la graine deviennent d’une blancheur irréprochable, et on peut sans inconvénient incorporer aux farines les cellules de l’assise digestive et de l’embryon si riches en matières alimentaires et en principes aromatiques.
- En somme, l’ozone permet de donner une grande blancheur aux farines et de diminuer leur altérabilité eu détruisant tous.leurs ferments. . ,
- Les procédés de blanchiment et'de stérilisation des céréales et de leurs farines méritent d’être pris en consi-j dération par l’industrie de la meunerie. Peut-être sont-ils appelés à jouer un certain rôle.
- L’avenir nous fixera sur la valeur de ces nouvelles méthodes de traitement, qui auraient l’avantage, si elles aboutissaient, d’augmenter considérablement les qualités nutritives de notre pain de froment. Albert Vilcoq,
- Professeur d'agriculture ;
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- LÀ NATURE.
- LES GRANDS WAGONS AMÉRICAINS
- Dans tons les systèmes de transport, le poids du véhicule ou « poids mort » grève notablement le fret de la marchandise.
- On en aura une idée, en ce qui concerne les chemins de fer, par les chiffres suivants qui donnent pour un des grands réseaux français les résultats moyens de l’exploitation d’une des dernières années.
- Un train de marchandises comprenait 40 wagons, (savoir 10 wagons vides et 50 wagons chargés).
- La tare moyenne d’un wagon était de 0* 1/2
- La charge moyenne d’un wagon était de 5‘ 1/2
- La composition du train moyen était donc la suivante :
- Poids mort Poids utile Total tonnes. tonnes. tonnes.
- 10 wagons vides 05 » 05
- 50 wagons chargés 195 105 500
- Total. . . . 200 105 415
- Pour transporter une charge utile de 105 tonnes, il faut donc en réalité convoyer une charge totale de
- 415 tonnes. En d’autres termes, pour une tonne de marchandises il faut une tonne et demie de poids mort et une charge totale de 2 tonnes et demie.
- La prépondérance du poids mort sur le poids utile tient à trois causes :
- 1° Nécessité d'avoir un matériel solide. — Le wagon doit pouvoir supporter la charge qui lui est confiée; il doit résister aux chocs lors du roulement, et surtout ne pas être détérioré pendant les manœuvres souvent très brusques.
- On ne peut donc pas faire descendre le poids d’un wagon au-dessous d’un minimum. Sans doute, la construction métallique et l’emploi de métaux plus résistants permettent de diminuer le poids du wagon, mais dans des limites relativement restreintes.
- 2° Chargements incomplets. — Il est impossible de faire toujours circuler à pleine charge le matériel roulant, car les charges dépendent des exigences du trafic de détail.
- 5° Retour de wagons vides. — Il est de toute
- Fig. 1. — Wagon « Gondola» à déchargement automatique.
- évidence que l'on ne peut pas toujours avoir sous la main le wagon dont on a besoin pour un chargement. 11 faut donc que le matériel circule à vide dans une proportion variable suivant les courants et les nécessités du trafic.
- La question de la capacité des wagons à marchandises a donc, dans l’exploitation des chemins de fer, la plus grande importance économique. Elle a fait l’objet, au Congrès de Paris (1900), d’une enquête très intéressante, que résume le « Bulletin de la Commission internationale du Congrès des chemins de fer ».
- En France et dans le reste de l’Europe continentale, on emploie depuis longtemps des wagons de capacité moyenne, environ 8 à 10 tonnes.
- En Angleterre, le trafic est assuré au moyen de wagons plus petits, souvent de 5 tonnes.
- Aux États-Unis, au contraire, on emploie depuis longtemps des wagons beaucoup plus grands que partout ailleurs. On a adopté dans ce pays, à l’origine du développement des chemins de fer, des wagons à bogies; cette disposition, en augmentant le nombre des essieux, permet d’augmenter la charge; elle donne au véhicule une plus grande élasticité dans
- les courbes, et permet d’avoir une plus grande capacité de chargement. On a, en Amérique, des wagons pouvant porter jusqu’à 50 tonnes.
- Au point de vue du poids mort, l’augmentation de tonnage présente un avantage considérable : c’est ainsi qu’en France les wagons houillers, généralement construits pour une limite de chargement de
- 10 tonnes, pèsent de 5000 à 6000 kg. Le poids mort est de 50 à 60 pour 100 de la charge maxima. La Compagnie du Nord, en créant des wagons houillers de 20 tonnes, a pu abaisser le poids mort à 59 pour 100 de la charge maxima.
- Cette proportion est encore plus réduite avec les wagons américains. On pouvait voir à l’Exposition de 1900 (Annexe de Vincennes) des wagons comme
- 11 en circule beaucoup sur les chemins de fer des États-Unis : nous en reproduisons deux modèles.
- Pour l’un, la tare du wagon est . 17 500 kg.
- et le chargement maximum . . 54 400 —
- Le poids mort est donc seulement de 52 pour 100 de la charge maxima.
- Pour l’autre, la tare est de . . .15 455 kg. et le chargement maximum de. 45 455 — , '
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- Le poids mort est donc de 34 pour 100 de la charge maxima.
- Et, si l’on compare ces deux véhicules à nos anciens wagons de 10 tonnes, on voit qu’il y a sur le poids mort une économie de près de moitié.
- Les avantages du système américain sont les suivants : réduction du nombre de wagons, et par suite capital moindre, diminution de la longueur des trains et des résistances, frais d’entretien moindres, frais de main-d’œuvre moindres pour les trains. Les derniers perfectionnements du matériel américain consistent dans l’emploi exclusif de l’acier embouti : on supprime par là beaucoup d'assemblages, et l'on peut réduire le poids sans nuire à la résistance.
- Si l’on ajoute enfin, pour l’un des modèles représentés ci-contre, l’avantage du déchargement automatique, on voit quelle énorme économie peut être
- réalisée tant pour la traction que pour la manutention lorsqu'on emploie le matériel américain.
- Quelles peuvent donc être les raisons qui ont empêché ces types de wagons de se répandre en Europe1?
- Il y a d’abord la nécessité d’employer le matériel existant. On ne peut pas, dans une bonne administration, détruire du jour au lendemain tous les anciens wagons dont la valeur totale se chiffre sur certains réseaux par centaines de millions. Cela ne peut donc résulter que de l’augmentation du matériel et de la construction de nouveaux véhicules.
- Mais, même dans ce cas, le plupart des administrations se montrent disposées à agir avec la plus grande prudence.
- Un examen attentif montre, en effet, que le matériel de voies existant ne permettrait pas de tourner
- Fig. 2. — Wagon « Gondola » de la Compagnie Chicago et Alton.
- les wagons américains sur les plaques tournantes ni de les peser sur les ponts à bascule des gares. Certains embranchements d’usine sont disposés de telle façon qu’ils ne pourraient pas recevoir les grands wagons. Ces considérations d’ordre technique constituent un obstacle sérieux, en entraînant une dépense d’établissement considérable.
- Au point de vue commercial, les wagons de très grande capacité ne conviennent que dans des cas limités : les chemins de fer anglais se considèrent comme des successeurs des voituriers. Le wagon a pris la place de la carriole du voiturier et le Avagon anglais a été choisi de petite capacité pour satisfaire aux exigences du public : ainsi, pour gagner du temps, la plupart des administrations de chemins de fer anglais ne cherchent pas à utiliser complètement les véhicules, et les wagons de 8 à 10 tonnes circulent chargés en moyenne à 1200 ou 2000 kg. Le petit wagon a, de plus, un fret de retour rémunérateur plus aisément que le grand.
- Le système américain, si intéressant d’ailleurs, réussit bien parce que, aux États-Unis, les transports de matières premières (grains, houilles, minerais, etc.) doivent être effectués sur de longs parcours. Dans certains cas, les grands wagons sont chargés dans un sens de minerai et dans l’autre de houille. C’est dans ces conditions que les grands wagons sont vraiment avantageux, mais mal employés ils peuvent produire plus d’inconvénients que d’avantages : on cite aux Etats-Unis des lignes où le mauvais emploi de ces wagons a abaissé leur charge moyenne à 25 pour 100 du tonnage inscrit.
- En somme, dans les pays neufs, il y a lieu de préférer les grands Avagons; mais en Erance, par exemple, leur emploi doit être limité à des parcours spéciaux pour les marchandises de faible valeur, notamment pour les échanges de houille et de minerai entre les régions industrielles. Pacl Aimé.
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- LA N ATI'RE.
- ÉCHANTILLON DEM PUER ANALYSE
- Il nous est arrivé fréquemment do voir (1rs personnes instniitrs nous demander si unr eau est « simplement potable, si l’on peut rn boire sans danger )). La demande idait accompagnée d’un échantillon de l’eau en question, \ariant de 500 à 1000 centimètres cubes, et toujours enfermé dans des bouteilles mal rincées, ayant contenu soit du vin, soit des liqueurs. Les personnes n’avaient nullement l’air de se douter que la question posée était des plus délicates et nécessite, pour être résolue, plusieurs jours de minutieuses recherches et un échantillon vrai de l’eau à analyser.
- Nous disons échantillon vrai, car ceux qui nous étaient remis avaient été prélevés sans la moindre précaution et enfermés dans des bouteilles [dus ou moins sales, plus ou moins mal bouchées qui nous étaient remises souvent plusieurs jours après le prélèvement; il est évident que, dans ces conditions, ils ne représentaient pas du tout l’eau à analvser.
- Il nous a paru utile de faire connaître comment on doit prélever les échantillons d’eau destinés à l’analvse et pourquoi il est nécessaire d’agir ainsi.
- Disons tout de suite que l’on doit fournir à l’expert deux séries d’échantillons : I" ceux destinés à l’analyse chimique; 2° ceux destinés à l'examen bactériologique. L’échantillon destiné à l’analvse chimique sera de 5 à 5 litres pour les eaux ordinaires et de 8 à 10 litres pour les eaux minérales.
- Lot échantillon sera enfermé dans des bouteilles en verre de 1 ou 2 litres, parfaitement propres, c’est-à-dire lavées d’abord avec de l’acide sulfurique pur au 1/10, puis avec une solution à 1 pour 1000 de permanganate de potasse et rincées à l’eau jusqu’à cessation de réaction acide. On les rincera de nouveau, au moment du prélèvement de l’échantillon, avec l’eau à analyser. 1 ne fois remplies jusqu’au 2/5 du goulot, elles seront bouchées avec des bouchons en liège neufs, lavés, eux aussi, avec cette même eau.
- Les précautions sont nécessaires parce que l’acide sulfurique et le permanganate de potasse détruisent, toutes les matières organiques qu’un rinçage ordinaire laisserait adhérentes au verre, matières organiques que l’on doserait ensuite avec celles contenues dans l’eau, ce qui fausserait les résultats et pourrait même faire rejeter une eau alors qu’elle serait bonne.
- Donr prélever l’échantillon, on le prendra toujours entre la surface et le fond, autant que possible, au milieu de la niasse liquide; s’il doit être prélevé à un robinet ou à une pompe, il faudra, avant de prendre l’échantillon, laisser couler l’eau au moins 10 minutes. 11 est important en elï'et, d’éviter les poussières de la surface et les houes du fond, et, pour les eaux recueillies à un robinet ou à une pompe, celles ayant séjourné [dus ou moins de temps dans la canalisation.
- Les bouteilles, entièrement remplies et bien bouchées, seront adressées le plus tôt possible à l’expert.
- Pour l’analyse bactériologique, le prélèvement de l’échantillon est encore [dus délicat. Il faut d’abord se procurer des flacons de 100 à 150 centimètres cubes stérilisés, c’est-à-dire dépourvus de germes. On aura tout avantage à les demander au chimiste expert. Si, pour des raisons imprévues, on était obligé de faire soi-mème cette stérilisation, on prendrait des flacons de verre blanc de 100 centimètres cubes, que l’on laverait comme il a été dit pour l’analvse chimique, puis que l’on ferait bouillir
- dans de l’eau distillée, pendant une demi-heure au moins; on les retirerait de l’eau en maintenant le goulot en bas. on les laisserait, égoutter une ou deux minutes, [mis on les boucherait avec un tampon de ouate hvdrophile. On peut encore chauffer dans un four de cuisine, jusqu’à ce que le coton roussisse, les flacons préalablement lavés, égouttés et bouchés avec un tampon de ouate. Les opérations bien conduites seront le plus souvent suffisantes, mais il est préférable de s’adresser au chimiste chaque fois qu’on le pourra; ainsi seulement on aura une certitude absolue.
- Une fois munis de flacons stérilisés, on les enferme dans des boîtes de fer-blanc étanches jusqu’au moment d’en faire usage. A ce moment, le flacon bouché avec la ouate hydrophile sera plongé, le goulot en bas, dans l’eau à analvser; on retirera alors le tampon de coton et on retournera le flacon. Dès qu’il sera entièrement plein, on le bouchera à l’aide d’un bouchon de liège paraffiné et l’on enduira de cire le bouchon et le goulot du flacon. Lot échantillon, préalablement placé dans sa boite en fer-blanc étanche, sera maintenu dans de la glace jusqu’à son arrivée au laboratoire. Pour les expéditions à grandes distances, on place les flacons au milieu d’un las de morceaux de glace entouré de sciure de bois, le tout contenu dans une caisse.
- Si l’échantillon doit être prélevé à un robinet ou à une pompe, on laissera couler l’eau 10 minutes et l’on ne débouchera le flacon stérilisé qu’en plein jet ; on le bouchera de même dès qu’il sera entièrement plein.
- Si l’on n’observe pas exactement ces précautions, l’examen bactériologique de l’eau est illusoire. On se sert de flacons stérilisés parce qu’il est nécessaire qu’aucun germe étranger ne soit apporté à l’eau; d’autre part, les flacons sont maintenus à la température de la glace, parce qu’à cette température les germes ne se développent pas.
- La composition des eaux variant.avec la nature des terrains traversés, leur profondeur, l’état atmosphérique, il est de tout point nécessaire de faire connaître au chimiste chargé de l’analyse ; la nature du terrain traversé par l’eau, la profondeur de la nappe, de la source ou du puits, sa hauteur d’eau, si c’est après une période de pluie ou de sécheresse que l’eau est prélevée, et quelles sont les causes de souillures accidentelles ou permanentes auxquelles elle est exposée.
- L’est seulement avec des échantillons prélevés comme il vient d’être indiqué, que l’on peut faire une analyse d’eau sérieuse et dire si elle est « simplement potable, si l’on peut en boire sans danger ».
- Nous croyons utile de le répéter ici, une analyse seule ne suffit pas pour se prononcer définitivement, sur la valeur d’une eau, il est nécessaire d’en faire plusieurs, à diverses époques de l’année. I)r F. Malméjac,
- Pharmacien Aide-major de 1" classe.
- TA TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- A la fin de 1000, la revue italienne Revisto (Vartigliera ?/ Renia publiait des renseignements sur de nouvelles applications de télégraphie sans fil en Allemagne et en Lhine. M. le lieutenant de vaisseau A. Laissée vient de nous faire connaître ces applications dans la Revue Mari-lime, à laquelle nous empruntons les détails suivants.
- Depuis quelque temps, les paquebots de la Lompagnie du Lloyd de l’Allemagne du Nord ont la faculté d’échanger, à leur passage dans la mer du Nord, des communications, au moyen de la télégraphie sans fil, avec Pilot de Rorkum par l’intermédiaire du bateau-feu le Rnrkmn-
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- LA N A Tl ' RE.
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- Riff. L’ilot de Borkum, faisant partie du réseau télégraphique ordinaire allemand, la Compagnie du Lloyd peut être informée à l’avance du moment précis de l’arrivée de ses vapeurs. Le "24 juillet -19(10, le Kaiser-Wilhehn-tler-G rosse, parti de Brème à destination de New-York, put échanger des dépêches très lisibles à la distance de 92 kilomètres. Les installations ont été faites aux frais de la Compagnie, par des agents de l’administration des postes, avec l’assentiment du gouvernement. Le poste du bateau-feu a été pourvu d’une hampe de 10 mètres, fixée à l’un des mats et un mât de signaux de 55 mètres de hauteur a été élevé à proximité du phare de Borkum. 11 serait dans les intentions du Lloyd d’établir une correspondance analogue entre l’ile d’Héligoland et la ville de Brème distantes de 1(10 kilomètres. Les appareils télégraphiques qu’emploient les bâtiments sont du svstème Schaffer.
- déraillement l’influence des phénomènes atmosphériques sur l’appareil.
- Ln autre perfectionnement introduit dans le système Saby-Arco consiste en l’adjonction d’un interrupteur automatique dans le cylindre, du coherer, de façon que le coup de marteau ne se produise que quand a cessé l’action des ondes électriques sur le coherer. 11 en résulte que celui-ci perd plus complètement, et au moment opportun, les propriétés conductrices qu’il a acquises sous l’effet des ondes, et sa durée en est considérablement, augmentée, parce que les étincelles de rupture se produisent à l’extérieur du coherer. Les eoherers peuvent encore être construits de façon à faire varier leur sensibilité suivant la distance à laquelle se. font les communications.
- Dans l’état actuel des choses, les signaux peuvent être échangés en mer avec toute sécurité à la distance de 40 à
- t’ijï. “2. — Appareil récepteur.
- Lue autre application de la télégraphie sans fil a été faite par les troupes allemandes en Chine. Les appareils employés étaient, du système Sabv-Arco, qui est basé essentiellement sur les mêmes principes que le svstème Marconi, mais qui en diffère cependant par quelques points importants. C’est ainsi que le fil vertical, isolé dans le système Marconi, est, au contraire, relié à la terre aussi bien au transmetteur qu’au récepteur dans le système Saby-Arco.
- Le transmetteur est actionné au moyen d’un condensateur C, qui peut se charger d’électricité à haute tension développée par une bobine d’induction J et qui se décharge d’un coté en F avec étincelle et de l’autre en E2 à la terre (fig. 1).
- La bobine d’induction est une bobine de 40 à 50 centimètres à interrupteur à mercure, qui peut être reliée directement à un circuit électrique.
- Au cas où l’on disposerait d’un courant alternatif, on pourrait supprimer l’interrupteur et relier directement la bobine au circuit.
- Les condensateurs employés sont faits de feuilles de mica et sont réunis à la bobine elle-même.
- L’appareil récepteur comprend le fil aérien S-(fig. 2), un coherer F, un relai Morse R et une batterie B. Il a ceci de particulier que les ondes électro-magnétiques, produites par b; transmetteur, peuvent être reçues non seulement, sur un simple fil, mais encore sur un réseau de fils relié à la terre, et que l’appareil enregistreur est compris dans le circuit du coherer, au lieu d’être en dérivation, comme dans les systèmes Marconi et autres; d’où l’avantage de pouvoir profiter, dans la réception d’une dépêche, de toute l’action des ondes magnétiques qui ne sont pas affaiblies dans un circuit secondaire. Une telle disposition a, en outre, pour effet de réduire consi-
- 50 kilomètres, avec des fils verticaux de 55 à 40 mètres. A terre, « l’AUgemeine Elektricitats Gesellscliaft » a établi une, communication entre la fabrique de câbles d’Ober-schœneweide et le Bureau central de Berlin, à une distance de 15 kilomètres, en employant des fils verticaux d’environ 50 mètres, fixés à deux grandes cheminées d’usine.
- Les avantages de ce système dérivent de son caractère essentiellement pratique plus que des distances auxquelles il peut être employé, de la grande, robustesse et de la facilité, de manœuvre de l’appareil récepteur, et ce sont ces qualités qui l’ont fait adopter dans la marine allemande et employer par le corps expéditionnaire de Chine, où on se sert de ballons pour supporter les fils verticaux aériens.
- J. L.
- LA NOUVELLE
- SALLE D’ENTOMOLOGIE APPLIQUÉE
- DU MUSÉUM n’HtSTOIRE NATURELLE
- Le public toujours nombreux qui visite chaque jour les galeries de zoologie du Muséum est en ce moment tout, particulièrement attiré dans une nouvelle salle où M. le professeur E.-L. Bouvier a eu l’excellente idée de réunir tout ce qui est relatif à la biologie des insectes et autres animaux articulés.
- Malgré les difficultés spéciales occasionnées par l’architecture de la salle (peut-être très belle au point de vue technique, mais certainement mal conçue au point de vue scientifique), le sympathique professeur, aidé par ses dévoués préparateurs, a réussi 5 présenter au public un ensemble de col-
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- LA NATURE.
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- lections concernant l’Entomologie appliquée qui obtient en ce moment un succès énorme et d'ailleurs parfaitement mérité.
- Tout visiteur qui entre là y séjourne longtemps. Tout le retient • depuis les crabes et les homards gigantesques jusqu'aux [dus petits des insectes dont la vie est retracée tout entière, dans des vitrines agencées avec goût, avec un art véritable.
- Plantes nourricières, bois rongés, construction de guêpes, de fourmis, de termites, etc., tout [tarie aux veux, attire l'attention, intéresse.
- D’admirables dessins exécutés [tour la plupart par le personnel même du laboratoire de M. bouvier, principalement par Mlle Poujade, montrent,
- fortement grossies, les espèces trop petites pour être bien vues à l'œil nu, ou retracent quelques phases passagères de leur vie cachée.
- Des étiquettes très détaillées, très précises, résument les mœurs de tous ces petits êtres parfois si dangereux pour nos cultures, [tour nos industries, et même pour notre santé, et souvent si nuisibles par leur prodigieuse multiplication. En quelques instants, elles instruisent et renseignent le visiteur, même le moins préparé, l’initient aux mystères do leur vie intime, dont l'étude est parfois si merveilleuse et toujours si captivante.
- Nous donnons ici une vue de cette nouvelle salle qui mesure environ 50 mètres de longueur sur [très
- Fi<?. I. — Yiip de la salle prise de la porte ouest.
- de 9 de largeur, et nous y joignons un plan qui montre la disposition générale de cette remarquable exposition où se trouve réunie l'histoire tout entière de la vie, de l'organisation, du développement des arthropodes : crustacés, arachnides, myriapodes et insectes. Nous aurions voulu indiquer quelques-uns des objet s les [dns intéressants de cette merveilleuse galerie, unique, croyons-nous, en France. Mais tout serait à citer, et la place nous manque ici.
- Nous y reviendrons dans des articles spéciaux qui, nous en sommes persuadé, ne manqueront pas d’intéresser les lecteurs de « La Nature », heureux de pouvoir aujourd’hui l'aire connaître celte belle et nouvelle installation, si réussie, et si bien faite [tour l'aire aimer la science et pour rendre les plus grands services à ceux qui chaque jour ont à lutter
- [tour défendre leurs intérêts contre ce monde si nombreux d’infiniment petits qu’on nomme les Insectes.
- Nous nous contenterons aujourd'hui de faire rapidement le tour de cette belle salle pour admirer, à gauche : les beaux nids de termites et les spécimens remarquables de leurs dégâts, les superbes échantillons de bois attaqués par les coléoptères, les nids de. guêpes et d'abeilles. A droite : les géants des crustacés, espèces comestibles que les Américains exploitent sur une vaste échelle pour la fabrication de conserves.
- Nous ne passerons pas sans les admirer devant les jolis cadres de lépidoptères utiles et nuisibles préparés avec tant d’art par M. Poujade (le frère de Mlle Poujade dont nous citons [dus haut les jolis dessins). Dans chacun de ces cadres, papillons et
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- chenilles ont été préparés avec soin dans les attitudes qui leur sont lamilières et disposés avec goût sur les rameaux des [liantes qu'ils affectionnent. Les rameaux séchés au sable conservent, eux aussi, leur couleur et leur port naturels.
- Nous terminerons cette trop rapide visite par la
- travée du milieu. Dans les vitrines horizontales nous trouvons les insectes utiles ou nuisibles de tous les ordres, et nous nous arrêterons malgré nous [dus longuement devant les vitrines verticales, retenu par le coté plus philosophique des collections, qu’elles contiennent et dont la liste suffira à elle
- seule pour donner une idée de leur importance :
- À. Division en classe, organisation ; R. Caractères sexuels : 1° Différences sexuelles, 2° Pontes et cavi-
- tés incubatrices ; C. Développement : 1° Caractère du développement dans les divers groupes, 2° Nids et coques incubatrices; D. Mues, régénération des par-
- î'jtfoniEu ,c\
- Fig. 3. Plan do la nouvelle galerie (l'Entomologie appliquée. — a. Termites /nids et dégâts); Crustacés abyssaux; Arthropodes fossiles. — b. Dégâts produits par les Coléoptères ; Lépidoptères utiles et nuisibles.— c. Aids de guêpes et d abeilles; Crustacés comestibles. — <1. Soies non industrielles. — e. Criquets dévastateurs. — /'. Insectes utiles ou nuisibles (Hyménoptères. Coléoptères). — g et I. Organisation et biologie générale. — h et k. Industrie des fourmis. — i. Grands nids de guêpes. — m. Insectes utiles ou nuisibles (Coléoptères, Crustacés). —//. Arthropodes des cadavres. — ». Soies industrielles. — /). Insectes utiles ou nuisibles (Hyménoptères, Hémiptères). — q. Insectes utiles ou nuisibles (Diptères, Acariens). .— r. Arthropodes fossiles; ilerostomacés. — s. Lépidoptères utiles ou nuisibles. Classification des Arthropodes. — /. Classification des Insectes /géants et pygmées) ; Géants des crustacés.
- lies perdues, anomalies; E. Adaptation au milieu normal : 1° Animaux qui se déguisent avec des corps étrangers, 2° Ressemblance avec le milieu ambiant (mimétisme), 3° Moyens de défense particuliers, 4° Animaux phosphorescents; F. Adaptation locomotrice; G. Adaptation à un milieu différent du milieu
- normal : 1° Adaptation des animaux aquatiques à la vie terrestre, 2° Adaptation des animaux terrestres à la vie aquatique, 3° Adaptation à l'obscurité; H. Adaptation ?t des habitudes différentes : 1° Animaux lixés, 2° Commensalisme, 5° Parasitisme et parasites des arthropodes; I. Adaptation à la vie
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- sociale; J. Adaptation évolutive (exemple des pagu-rinés); K. Utilisation des arthropodes.
- Constater l'accueil fait par le public à cette nouvelle galerie est le plus hel éloge qu'on en puisse Taire. Il suffit à lui seul pour montrer au savant professeur et à son dévoué personnel, dont chaque membre a rivalisé de zèle pour mener à bien cette œuvre utile, que le but poursuivi a été pleinement atteint. A.-L. Clément,
- N ioc-Pivsident de ];i Socirtr rvntualo il Apiculture* et île Zoologie agricole.
- LES TACHES SOL VIRES -
- ET LES INVASIONS I)F. SAUTERELLES
- On sait que les départements de la Charente et de la Charente-Inférieure sont, en ce moment, ravagés par des nuées de sauterelles qui, tout comme en Algérie ou dans l’Amérique du Sud, dévorent tout, ce qu’elles rencontrent. Les cantons de Villefagnon, Aigre, Rouillac, les communes de \Iatha, Pu y du bac, Tonnay-Charente et Rochefnrt sont particulièrement dévastés.
- Les sauterelles sont encore à l’état jeune (criquets) ; (“Iles appartiennent à l’espèce méridionale qui a nom calopierus italiens.
- Comment lutter contre ces masses d’animaux? Les moyens ordinaires (pulvérisations de solutions savonneuses au pétrole, d’arsénite de cuivre, ramassage des jeunes, creusement des fosses) sont coûteux et ne donnent que des résultats imparfaits.
- Il serait bien plus sage de profiter des leçons antérieures et d’engager la lutte contre ces terribles parasites, alors qu’ils sont encore inclus dans les œufs. Dans ces conditions on peut les détruire facilement et empêcher ainsi les grandes éclosions.
- On sait en effet où se font les pontes. Elles ont toujours lieu en des endroits déserts, incultes, très ensoleillés et plutôt élevés. Les gens habitués découvrent facilement ces points qui constituent la zone permanente de l’espèce, comme disent les entomologistes américains.
- Mais à quel moment opérer la destruction des œufs? C’est ici qu’intervient une très curieuse observation de Swinton corroborée par le professeur Giard, de la Sorbonne, qui vient encore d’en entretenir la Société de biologie.
- Il a montré que les grandes éclosions de criquets surviennent toujours soit un an avant, soit un an après le minimum des taches solaires. C’est ainsi qu’en 1867, il y a eu un de ces minima; or, en 1868-1870, on a observé, en plusieurs points de la France, des nuées d’acridiens dévastateurs.
- En 1875, nouveau minimum des taches solaires et en 1876 apparition en France et en Espagne de vols très abondants d’acridiens. Même coïncidence en 1888. Enfin le dernier minimum des taches solaires a eu lieu en 1000 ; on pouvait donc être sûr qu’en 1001 il y aurait apparition de bandes de sauterelles. On voit que c’est précisément ce qui a lieu.
- En somme, voilà des observations précises. Si donc on n’en tire pas les indications nécessaires, si on n’intervient pas énergiquement en détruisant les œufs dès la nouvelle ponte et ultérieurement chaque fois qu’on annoncera un minimum des taches solaires — alors on manquera aux règles de la plus simple méthode préventive et une
- fois de plus, hélas ! les savants auront parlé dans le désert.... mais tout de même M. Giard aura fait là une bien curieuse observation ! Dr Capitan.
- LES LONGS J01RS
- AEX DIVERSES LATITEDES
- Nous avons déjà dépassé le solstice et les jours diminuent. Nous croyons bon de donner à ce propos le tableau des plus longs jours et des variations du jour aux diverses latitudes sans tenir compte du crépuscule civil qui atteint à Paris au solstice un maximum de 44 minutes le matin et le soir, un minimum de 54 minutes le matin et soir en mars, septembre et octobre.
- Latitude tour maximum tour minimum
- 0 degré 12 b. 7 m. 12 b. 7 m.
- 5 12 b. 25 Il b. 50
- 10 — 12 b. 45 Il b. 54
- 15 _ 15 b. 1 Il b. 14
- 20 15 b. 21 10 b. 54
- 25 — 15 b. 41 10 b. 55
- 50 — 14 b. 5 10 b. 12
- 55 — 14 b. 51 10 b. 55
- 40 - 15 b. 2 9 b. 18
- 45 — 15 b. 58 8 b. 40
- 50 — 16 b. 25 8 h. 2
- 55 — 17 b. 25 7 It. 6
- 60 — 18 b. 55 5 b. 44
- 65 — 22 b. 5 5 b. 8
- Enfin, les durée? i des jours et des nuits polaires pour
- les régions comprises entre le cercle Nord sont : arctique et le pôle
- Latitude tour maximum tour minimum
- 66 degrés 1 jour 1 j. 8 b.
- 70 — 64 j. 10 b. 60 j. 15 b.
- 75 -• 106 j. 4 b. 97 j. 9 b.
- 80 - 155 j. 14 b. 126 j. 12 b.
- 85 — 160 j. 10 b. 155 j. 4 b.
- 90 - 186 j. 10 h. 178 j. 20 b.
- Ces données nous sont fournies par Y Annuaire météorologique de l’Observatoire royal de Belgique. Les chiffres doivent être renversés pour l’hémisphère austral avec quelques corrections.
- LA TRACTION MÉCANIQUE A PARIS
- La traction mécanique est employée à Paris par la Compagnie générale des Omnibus depuis deux ans environ. Il est intéressant de connaître les résultats fournis par cette traction dans un exercice chargé comme celui de 1900. Nous trouvons à ce sujet une série de remarques dans les Rapports du Conseil d’administration de la Compagnie des Omnibus sur les comptes de l’exercice 1900.
- En 1900, le nombre total des voyageurs transportés dans Paris par les omnibus et les tramwavs mécaniques et à chqvaux a été de 518 977154 au lieu de 1280 505 204 en 1899, soit une augmentation de 58 471 950.
- Les recettes brutes du trafic se sont élevées en 1900 à 57 528 851,r,75 au lieu de 49 800580fr,06 en 1899, soit une augmentation de 7 528 251fr,69. Parallèlement à cette augmentation de recettes brutes, il faut constater dans
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- LA NAITRE.
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- les dépenses une augmentation considérable. Parmi les causes d’aggravation des dépenses, la Compagnie cite l’installation et la mise en marche de la traction mécanique sur les lignes de tramways suivantes r 1° Traction' à air comprimé : Auteuil-Madeleine, La Muette-rue Taitliout, Passy-llùtel de Ville, Montrouge-Gare de l’Est. — T Traction par accumulateurs électriques : Louvre-Vincennes, Cours de Yincennes-Louvre. — 5° Traction à vapeur, système Purrey, Pastille-Porto Rapp.
- <( Sur la ligne Louvre-Vincennes, ajoute le rapport, le système de traction par accumulateurs électriques n’a pas, jusqu’ici, donné satisfaction. Après un fonctionnement de près d’une année, M. le Préfet de Police a demandé, comme condition de la continuation de ce service, une modification importante au matériel. Toutefois, nous espérons pouvoir rétablir la traction électrique sur cette ligne, en apportant à nos voitures certains changements qui seraient moins onéreux que ceux demandés par l’administration. »
- Ces résultats, en ce qui concerne la traction par air comprimé, étaient depuis longtemps prévus; les prix de-revient et d’installation ne pouvaient être que très élevés. En ce qui concerne la traction électrique, le service technique de la Compagnie n’a pu la faire fonctionner dans des conditions satisfaisantes : nous avons déjà parlé1 des divers accidents survenus. Il existe cependant actuellement dans Paris d’autres lignes qui fonctionnent parfaitement avec des accumulateurs électriques, et notamment la ligne des Ilalles-Malakoff.
- Les tableaux nous montrent que le capital total engagé s’élevait au 51 décembre 1900 à 174 709 754fr,54. Le nombre de kilomètres-voitures en traction mécanique a été de 8 992 422,051 pendant l’année 1900, soit 24056,772 par jour. En 1899, on en comptait 4 894 152,427, soit 15 408,581 par jour. La recette moyenne, réalisée par chaque kilomètre-voiture, a été de lfr,5448; elle était de T,2024 en 1899.
- Les dépenses d’exploitation, tous frais compris, excepté les charges du capital, ont été de lfr,25l8 par kilomètre-voiture en 1900, au lieu de lr%0561 en 1899.
- En résumé, en 1900, le total des recettes s’est élevé à 59 769 209fl',8l, et le total des dépenses d'exploitation et des charges du capital à 59 250 040tr,49 laissant un excédent de recettes de 559 229fr,52, soit 0fr,0115 par kilomètre-voiture. En 1899, où le trafic avait été beaucoup moins considérable, le total des recettes était de 51 624596fl',45 et le total des dépenses d’exploitation et des charges du capital était de 48 942 970fr,45 laissant un excédent de 2 681 625fl',98, soit 0fr,0616 par kilomètre-voiture.
- Les raisons de ces résultats sont données dans le rapport de la Compagnie générale des Omnibus. L’augmentation des dépenses a été motivée en grande partie par les frais d’établissement de la traction mécanique; nous ne croyons pas, dit le rapport, que ce nouveau système ait encore donné tous les résultats qu’on en attendait ; il est venu grever les charges de la Compagnie dans des propor-I ions considérables. La prudence impose donc le devoir de limiter les dépenses du compte capital et de n’autoriser aucune dépense nouvelle sans que l’urgence et l’utilité en aient été impérieusement démontrées.
- Depuis la clôture de l’Exposition, dit encore le rapport, nos recettes ont subi une sérieuse diminution, causée principalement par la concurrence du chemin de fer métropolitain, et des tramways de pénétration.
- 1 Voy. n° 1442, du 12 janvier 1901, p. 106.
- Mais il faut dire que cès derniers permettent enfin maintenant dans Paris un trafic plus intense et que les déplacements sont assurés dans de bien meilleures conditions. Los voitures sont légères, rapides, se succèdent à de très faibles intervalles, et sont bien de nature à porter atteinte aux immenses voitures des tramways mécaniques de 52 places qui ne peuvent assurer qu’un service très imparfait.
- Le but poursuivi par l’installation du Métropolitain et des tramways de pénétration est donc en partie atteint puisque ces moyens de transports font concurrence aux tramwavset aux omnibus. Mais la Compagnie générale des ( hnnibus n’en restera pas là, maintenant. Le Conseil d’administration récemment modifié, et qui compte des administrateurs de la Compagnie française Thomson-Houston, saura prendre les dispositions nécessaires pour changer complètement le service technique tel qu’il a été compris jusqu’à ce jour, et faire de nouvelles installations électriques dont l’exploitation ne laissera plus à désirer comme par exemple celle de Cours de Yincennes-Louvre. ,1. L.
- TlliAUK OKS ÉPITECVES POSITIVES A TA Ml VEUVE
- Los amateurs de photographie tendent de plus en plus à utiliser, pour le tirage des positifs, les procédés à effet artistique tels (pie les papiers Arligue, Farineau, Fresson... les gommes hichromatées el autres préparations dérivant du procédé au charbon. Mais les professionnels, qui ont à fournir dans un temps limité un assez grand nombre d’épreuves d'un même cliché, s’en tiennent forcément aux procédés qui permettent un tirage plus rapide et, dans cet ordre d’idées, le papier au bromure leur rend de grands services. Il permet, comme on sait, l’impression à la lumière artificielle, mais ne donne pas d'image visible et il faut le développer. De là, souvent, une cause d'irrégularité dans les images produites : le ton et l’elfet obtenus varient avec le temps de pose. Il faut que celui-ci soit le même pour toutes les épreuves si on veut les avoir identiques; de plus, comme c'est le môme cliché qui sert au tirage de toute la série, il y a une perte de temps assez notable dans le chargement et le déchargement devs châssis pour chaque opération. C’est pour simplifier ce mode de tirage que MM. Rancoule et Lantuéjoule ont imaginé la « Minerve-photo-virage », ainsi nommée par analogie aux petites presses qui servent dans les imprimeries à faire les travaux de peu d’importance.
- Avec cet appareil on peut obtenir, en six minutes, lo épreuves format visite; et fi épreuves format, album en moitié moins de temps.
- L'appareil se compose (fig. 1) d’une fable au centre de laquelle est percée une ouverture II, destinée à recevoir le cliché. On en fait varier les dimensions en y plaçant des cadres en bois, dits intermédiaires, du format du cliché utilisé ; un emplacement est réservé au regard de cette ouverture pour placer des dégradateurs et des verres dépolis si cela est nécessaire pour adoucir la lumière. En dessous
- t
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- LA NAÎTRE.
- de cette ouverture se trouve une glace inclinée à 45° qui v renvoie la lumière d’une lampe à pétrole, enfermée dans une lanterne ne laissant filtrer aucun rayon de lumière blanche ailleurs que sur la glace.
- L’appareil est naturellement placé dans une chambre éclairée seulement par une lanterne rouge.
- Dans les tiroirs dont il est muni on place les clichés à tirer, les dégradateurs, etc.; l'un d’eux est réservé au papier non impressionné et un autre au papier qui vient d’ètre utilisé.
- Quand on a allumé la lanterne, on manœuvre à la main l’obturateur pour juger de la position du cliché, de l'emplacement du dégradateur ou des caches
- qu’on aura choisis, puis on referme l’obturateur qui par la suite sera manœuvré automatiquement. On met alors le papier en place : on emploie une feuille r>0X -40 et on commence par mettre l’un de ses angles en concordance avec le cliché; une règle à taquets permet de fixer rapidement cette position. On rabat ensuite le volet M sur le papier et on appuie sur la pédale G. Le mouvement descendant de celle-ci entraîne deux rouleaux D, qui viennent faire pression sur le volet et assurent un contact intime du papier et du cliché ; en outre il ouvre l’obturateur, et enfin il détermine la chute d’une bille d’acier R qui parcourt une série de plans inclinés A et, arrivée au bout de sa course, tombe sur l’extrémité T d’un
- I.a Minprvp-photo-iirapf*, pour lo tirage rapide des éprouves photographiques au pelaiiuo-bronmro.
- levier en produisant par son poids le déclenchement qui referme l’obturateur. Il n’y a alors qu’à laisser remonter la pédale pour libérer le papier ; on déplace eelni-ci de la quantité voulue pour qu’il se trouve en place pour l’épreuve suivante. Ce déplacement est réglé d’avance par la position de taquets à charnière qui. sont placés les uns à coté des autres le long d’une règle; il suffit de relever celui qui vient de servir pour passer au suivant. Afin de déterminer le temps de pose exact, on fait sur des morceaux de papier, coupés au format du cliché, un ou deux essais préalables et une fois le résultat cherché obtenu on n’a plus à s'occuper de cette question.
- Ce résultat est obtenu par l’ingénieux système de la bille, qui peut au gré de l’opérateur parcourir un chemin [tins ou moins long avant de tomber sur le
- levier T. On voit en effet, sur le cartouche placé à gauche de notre gravure, qu'on peut, en remontant une tige B, offrir à la bille un plus ou moins grand nombre de plans inclinés. Quand on manœuvre la pédale, dès que l’obturateur est ouvert, la bille tombe directement sur R et commence sa course au point qui a été choisi pour un cliché donné : on est donc certain que pour chaque opération il s’écoulera exactement Je même temps entre l’ouverture et la fermeture de l'obturateur.
- Quand la feuille est complètement impressionnée on procède à son développement et, comme c’est, aussi de celui-ci que peut dépendre 1e, ton de l’image, on est certain d’avoir un résultat uniforme pour toutes celles d’une même feuille. G. M.
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- LA NA TU HE.
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- LES VIGNETTES DE RECOUMNDATION
- Dans ces dernières années, les postes de certains pays avaient adopté l'usage de coller sur les lettres
- et envois recommandés des vignettes particulières portant trois_indications : le nom du pays ou de la
- St. Pétersbourg.
- R/f 494
- R 1 T A L IA £|g
- 673
- Milano, Suce. N° 5
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- BUCURESCL- CENTRAL
- No. 5.045
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- REPUBLIQUE MEXICAINE TJ.P. TJ.
- MEXI QUE Distxici Fédéral.
- _ YOKOHAMA, D JAPAN.
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- CERTIFICADO
- R N" 537
- [Il MADRID
- Registado n
- R Y.‘04,9.3-5 g p’i 1
- lit PORTO ÜPINlSTMCAO) U
- BELGIQUE.
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- lü J\5 467 S|
- R Stockholm (Hufvuîlkont. Ccntr.) N:o 750
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- UNITED STATES DE AMERICA.
- NEW YORK, N. Y.
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- 1. Russie. — 2. Italie. — 5. Finlande. — 4. Japon. — o. Roumaine. — 6. Mexique. — 7. Espagne. — 8. Portugal. — 9. Belgique. — 10. Grèce. — 11. Chili. — 12. Suède. — 13. Equateur. — 14. Allemagne. — 13. Autriche. — 16. Etals-Unis. — 17. Colombie-18. Pays-Bas. — 19. Hongrie. — 20. Perse. — 21. Mexique. — 22. Grande-Bretagne. —23. Suisse. — 24. Monténégro. — 23. Costa-Bica. — 26. France. — 27. Uruguay.
- ville, le numéro de l'envoi et enfin une lettre R qui veut dire Recommandée. Cet usage s’est étendu de plus en plus; la Russie et la France, qui s’y étaient
- montrées tout d’abord réfractaires, s'v sont ralliées l'an passé et l’Espagne, elle-même, vient de s’y conformer; on peut dire qu’aujourd’lmi les vignettes de
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- L A A ATI 11 L.
- recommandaiion sont devenues d’un usage universel.
- Os petits rectangles de papier ne sont pas les mêmes riiez les différents peuples ; chaque nation y a imprimé son caractère particulier et l'observateur peut trouver, dans les différences qui s'offrent à ses yeux, ample matière à d'intéressantes constatations.
- Nous bornerons nos observations à deux objets : la ligure générale de la vignette, et celle de la lettre II.
- Les vignettes des diverses nations sont toujours rectangulaires, mais elles peuvent être classées eu trois divisions : celles qui sont plus larges que liantes : celles qui sont plus liantes que larges et enlin celles qui sont sensiblement carrées.
- Les vignettes plus larges que hautes sont île beaucoup les plus nombreuses; c'est la figure adoptée par l’Allemagne, l'Autriche,la Hongrie,l’Italie, la Suisse, la Belgique, la Grèce, le Portugal, etc. On trouve des vignettes plus hautes que larges en Hollande, en Angleterre et dans quelques républiques américaines d'origine espagnole comme Cosla-H ica et le Mexique. Ces républiques .n'en ont pas moins des vignettes en largeur et ollrent ce caractère, que nous trouverons ailleurs, de donner carrière à toute leur fantaisie, tandis que les autres peuples montrent une grande lixité dans leurs goûts.
- La vignette française est sensiblement carrée, et il **n est de même d'un certain nombre de celles fabriquées par les Musses.
- Nous pourrions nous étendre longuement sur les diverses formes affectées' par la lettre 15; nous n’en retiendrons qu'un seul caractère, comme étant celui qui a le plus d’importance : la façon dont la queue de celte lettre se termine.
- Cette queue peut être dirigée vers le liant; c'est le cas de l’Allemagne, de l'Equateur, de la Finlande, de l'Italie, du Japon, de la Suède et de la Suisse. Celte iorme semble indiquer, chez les peuples qui 1 ont adoptée, des prétentions à la domination.
- La queue peut se terminer dans une direction horizontale; ce cas se rencontre [tour l'Autriche, la Belgique, le Chili, la France, la Hollande, etc. ; cette terminaison semble correspondre à des peuples dont l’esprit est beaucoup mieux équilibré.
- Aiennent ensuite les queues dirigées obliquement vers le lias, comme on l’observe pour Cosla-Biça, la Grèce, le Portugal, la Perse. Pour ces peuples, il semble y avoir une véritable dépression de caractère. ' Fnfin, nous avons les queues qui se terminent brusquement en restant sensiblement, sur la verticale : Etats-lnis, Grande-Bretagne, llussie. C’est évidemment l’indice de la force et de la puissance.
- Si l’on considère quels sont les peuples qui terminent la queue tout à lait en pointe, on trouve : la France, la Grèce, l’Italie, le Japon, la Belgique, la Hollande; et il semble que cette pointe soit la caractéristique de qualités éminemment affinées et artistiques. I)... ,
- !><-»; ru et ion «1rs ordures inéiiiigèrcs et station rlertrl«|u«“. — Dans certaines villes anglaises, on a eu recours à la combustion des ordures ménagères pour utiliser ces détritus de ta vie quotidienne, tout en s’en débarrassant d’une façon qui n’est point susceptible de contaminer ni l’atmosphère ni les eaux souterraines. Nous pouvons signaler un nouvel exemple de ce genre : la station de combustion des ordures qui va être installée par la municipalité de llackney, une des grandes agglomérations de la banlieue nord-est de Londres. On vient, pour mettre à bien ce projet, d’acheter quelques beclares de terre où sera montée une usine, sur le bord de la rivière Lea. On se réserve un jour d’avoir une installation suffisante pour fournir une puissance de titlOO chevaux-vapeur; mais, pour l’instant, on se contentera de 5(100 chevaux. Les machines qu’on emploiera seront d’un type très perfectionné, à triple expansion et travaillant à une pression de 12 kg environ par cm2; deux dynamos seront commandées directement par chaque moteur, et chaque paire de machines comportera un condenseur et un appareil de refroidissement commun. Les fours pour la destruction proprement dite des ordures seront au nombre de 12, et auront une surface de chauffe qui les mettra à même de brûler quotidiennement 150 tonnes. Celte installation ne coûtera pas moins de 0 250 000 francs à la municipalité; mais on pense, d’autre part, qu’elle lui économisera chaque année une dépense de 100 000 francs au moins par suite des procédés auxquels il est nécessaire île recourir actuellement pour l’enlèvement des ordures ménagères..L’administration municipale est du reste bien résolue à vendre l'énergie électrique produite par son usine à un prix fort réduit, afin d’encourager les consommateurs : c’est ainsi que l’éclairage ne coûtera que la moitié du maximum que la loi avait autorisé la municipalité à appliquer comme tarif, et que le courant pour la force motrice se vendra à un prix qui ne sera que là moitié de celui du courant d’éclairage.
- Les moteur» à gaz «le» liants fourneaux. —
- Nous avons déjà fait connaître les résultats que peut fournir l’emploi des gaz des hauts fourneaux dans les moteurs. M. F. Lürmanu, dans un rapport à la dernière Assemblée générale des métallurgistes allemands, à Dusseldorf, donne une statistique des moteurs utilisant les gaz des hauts fourneaux dans les principales usines d’Europe. Les moteurs sont très peu répandus en Angleterre et aux Etats-1 nis. En France, il existe un assez grand nombre de petits moteurs du type Seraing ou Otto, représentant une puissance totale de 8 à 9000 chevaux ; en Italie, il existe quelques unités d’une puissance totale de 1000 chevaux et, en Autriche, 2800 chevaux environ sont en fonctionnement. L’usage de ces moteurs est beaucoup plus répandu dans le Luxembourg, où leur puissance globale atteint 7000 chevaux ; en Belgique, où elle est de 7000 chevaux, et en Allemagne, où elle dépasse 50 000 chevaux, soit 58 pour 100 de la puissance utilisée, dans l’Europe entière, dette force motrice nouvelle est utilisée, suivant les usines, [tour actionner des compresseurs d’air ou des génératrices électriques*. D’après M. Lûrmann, la consommation moyenne de çes gaz est de 5™3,5 par cheval-heure, et l’utilisation des gaz des hauts fourneaux permet de réaliser une économie île 7fr,50 par tonne de fonte obtenue.
- Le eliarlion «lu Cap Breton. — Ou a achevé le creusement de nouveaux puits dans les mines de
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- charbon du Gap Breton. Un espère pouvoir, dans un avenir rapproché, atteindre une extraction de 20000 tonnes par jour, ce qui donnerait par an près de ti millions de tonnes, lies mines paraissent inépuisables; elles s’étendent sur une surface de 100 milles carrés et les ingénieurs de la Dominion Goal Company, qui sont chargés de leur exploitation, estiment qu’elles contiennent assez de charbon pour alimenter le monde entier pendant mille ans. Cette assertion pourrait bien être «exagérée.
- Découverte «l'une aiieieiine inos.-tïqii*- à Jérusalem. — On vient de faire une trouvaille archéologique, des plus remarquables à Jérusalem, dans la maison d’un juif, près de. la porte des Colonnes, à l'endroit même où, selon la légende, Jésus fut flagellé. Il s’agit d’une très ancienne mosaïque carrée de 0 mètres de coté. Elle représente Orphée jouant du luth devant des animaux qui semblent extasiés par la musique. Ces animaux, des plus divers, sont un ours, un pore, un aigle, un serpent, un rossignol, un lézard et un bouc; un centaure est également parmi les auditeurs. On y remarque encore deux femmes supportant un diadème sur lequel on lit : Georgia et Théodosia ; un lion est étendu à leurs pieds. Cette pièce remarquable est dans un parfait état de conservation ; les couleurs en sont vives et les dorures brillent du plus grand éclat. On estime que cette œuvre d’art doit remonter à la meilleure époque, de l’art grec. Le sultan s’esl empressé d’envoyer en Palestine le directeur du Musée de Stamboul pour faire l’acquisition de cette belle mosaïque.
- ACADEMIE DES SCIENCES
- béance du 'lï juin 1001. — Présidence de M. lot oui;.
- h' tonnerre en boute. — On s’est beaucoup occupé autrefois du tonnerre en boule, mais suivant la remarque de M. Barboux, on a peu d’observations récentes de ce phénomène dues à des savants. M. Violle l’a observé, le 9 juin dernier, en Bourgogne, et en donne une description précise. 11 était alors une heure et demie de l’après-midi. Lu orage finissait, caractérisé par des traits de feu verticaux et rapprochés. M. Violle, qui du haut d’un balcon observait le spectacle de l’orage, vit tout à coup une boule de feu qui paraissait tomber du ciel sur l'emplacement frappé par les éclairs.
- Séjour dons un milieu irrespirable. — M. Chauveau complète sa communication faite dans la dernière séance au sujet d’un appareil permettant à l’homme et aux animaux de vivre dans une atmosphère irrespirable ou délétère. Il fait connaître les résultats de quelques expériences nouvelles. Une personne, munie de l’appareil à respiration, s’est enfermée dans une caisse où arrivait un puissant dégagement d’acide carbonique. Elle a pu y séjourner 1h 10m sans éprouver la moindre incommodité, alors qu’un chien entré avec elle mourait au bout d’une demi-heure. Dans une autre expérience, le même opérateur a pu rester lh45m dans la même caisse où l’on faisait arriver un fort courant de gaz d’éclairage, si bien qu’à la fin de l’expérience l’atmosphère contenait 95 pour 100 de gaz d’éclairage. Ces épreuves démontrent que l’homme, comme les animaux, peut impunément séjourner dans un gaz délétère si la respiration est assurée.
- Rôle de l’iode dans Vorganisme. — M. À. Gautier présente une Note de MM. Stassano et Bourcet sur le rôle de l’iode dans l’organisme. Les auteurs ont déjà démontré
- que les métaux, et en particulier le mercure introduit dans l’organisme, se localisent dans les globules blancs; de son coté, M. A. Gautier a prouvé que l’arsenic est engagé dans les nudéo-alhumines. Ils ont pensé que l’iode pouvait être fixe de la même manière. En opérant sur un volume considérable de sang, ils ont séparé le plasma, les globules rouges et les globules blancs. Luis, ils ont soumis chacune des trois parties à l’action des réactifs de l’iode les plus délirais. Le plasma n’en contient point; les globules rouges n en contiennent pas non plus ou du moins n’en décèlent que de faibles traces provenant de ce qu’il est impossible d’isoler exactement les globules blancs; enfin les globules blancs présentent des quantités d’iode dosables. La présence de cet iode, qui est un agent antiseptique puissant, dans les globules blancs, explique le rôle qu’ils jouent dans la défense de l’organisme contre les infections.
- U étoile nouvelle de Persée. — M. Janssen résume un travail important de M. Deslandres sur l’étoile nouvellement apparue dans la constellation de Persée. Il a étudié les variations d éclat et de spectre de cette étoile depuis le «> mars dernier jusqu’à la date de la communication. L’éclat a présenté une variation atteignant une grandeur. Au moment du maximum d’éclat le spectre a présenté les * raies des protubérances solaires; au contraire, au moment du minimum, le spectre se rapprochait de celui des nébuleuses. Il semble que- celte forme doive être l’état final de l’étoile.
- Nouveau procédé d’anesthésie locale. — M. d’Arsonval analyse une Note de MM. Reynier et Ridsbury signalant les bons résultats donnés par l’application des courants de haute fréquence, à l’anesthésie locale nécessaire pour la chirurgie dentaire. M. d’Arsonval avait signalé la propriété des courants de haute fréquence de provoquer une anesthésie locale à l’endroit où le courant passe. Avec une intensité suffisante, MM. lteynier et Ridsburv peuvent obtenir en quatre à cinq minutes, en appliquant 1’éleclrodè sui’ la dent malade, une anesthésie permettant de pratiquer l’extraction sans douleur.
- Election. — M. Van Beneden, de Liège, est élu correspondant de la section d’anatomie et zoologie.
- Gu. m-; Viij.iaua il,.
- I.\ KKI1LA.UK KLKKTIilUKK
- Un a souvent dit, et hélas! avec raison, que la réclame ne respecte plus rien : dans bien des pays, on voit les plus belles parois rocheuses couvertes d’inscriptions monumentales annonçant une fécule merveilleuse pour l'alimentation des enfants et des vieillards, ou bien des pilules qui vous protègent de toutes les maladies; on a été jusqu'à prendre les nuages pour y afficher de la réclame sous la forme de projections lumineuses, et voici qu’on domestique la foudre dans le même but.
- Entendons-nous toutefois : ce n'est pas encore la foudre qui roule dans les nues que l’on domestique ainsi, mais seulement celle que nous savons fabriquer nous-mêmes au moyen des puissantes machines génératrices d’electricité à haute tension. Le fait est que, si l’on veut bien se reporter à la gravure qui accompagne ces lignes, et qui a été reproduite,
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- LA NATURE.
- d’après une photographie communiquée au Scienti-fic American par M. P. M. Lincoln, on verra que ce sont bien des éclairs qui sillonnent le fond de la plaque photographique, des éclairs tels que ceux que la photographie instantanée nous permet aujourd'hui de saisir dans le ciel, durant un orage. Les Américains aiîectionnent beaucoup les réclames et enseignes lumineuses, et ils ne s'en servent pas seulement au point de vue commercial, mais encore dans toutes les l'êtes et dans toutes les manifestations auxquelles donnent lieu notamment les élections; nous rappellerons par exemple que, lors de l'arrivée de l'amiral ltewey à New-York, après son triomphe de Manille, on avait installé sur le fameux pont de Brooklyn de gigantesques lettres lumineuses laites de lampes à incandescence, et qui souhaitaient la bienvenue au triomphateur. Mais on n'avait pas encore songé à la réclame électrique telle que l’a conçue M. Lincoln, qui est ingénieur en chef de la Compagnie d’E-• lectricité dite Niagara F ails Power Company, dont nous avons eu occasion de parler souvent ici.. 11 a naturellement à sa disposition du courant électrique en abondance et à une haute tension, et il a voulu en protiter pour imaginer une annonce lumineuse ne ressemblant en rien à ce qu'on avait fait jusqu’ici.
- Les lettres qui apparaissent aux yeux du publie ne sont pas très explicites par elles-mêmes, puisqu'on y lit seulement le nom des célèbres et merveilleuses chutes, mais la curiosité surexcitée par le spectacle qui apparaît aux yeux étonnés a bientôt fait connaître la Compagnie à laquelle on doit cet orage en miniature. Ce sont bien des éclairs que l’on voit jaillir devant soi, ils en ont toute l’apparence, et on peut dire qu’ils sont produits, à une moindre échelle s'entend, avec les mêmes moyens que la nature emploie pour engendrer la foudre. En même temps que tout le pourtour des lettres s’illumine, on perçoit le bruit caractéristique des décharges qui, dans la nature, constituent le tonnerre.
- Ce tableau-réclame d’un nouveau genre est en réalité, un énorme condensateur en verre chargé avec des courants alternatifs de haut potentiel : et ce sont les décharges partielles ou totales de cé condensateur qui produisent le jaillissement lumineux autour des lettres et à la surface du verre. Tant' qu’on
- n’atteint que des potentiels assez peu élevés, chaque lettre n’est entourée que d'une magnilique frange violette formée par une décharge en aigrettes. Au fur et à mesure que s'élève le potentiel, des traits lumineux, de longues décharges commencent de s’élancer de chaque coin de toutes les lettres : ces éclairs, car ce sont de petits éclairs, s’élancent à quelque - centimètres et demi sur la plaque. Mais peu à peu leur longueur augmente au fur et à mesure que le voltage s’élève lui-même. 11 est bien curieux de suivre cette progression, et il arrive un instant où toutes ces aigrettes, ces petits éclairs forment un brillant halo autour des lettres en s’allongeant à une distance de 50 centimètres environ de leur bord.
- Jusqu’à ce moment, il est vrai, les décharges ne sont pas complètes, mais quand la tension s'élève encore, il se produit alors des décharges qui ne sont
- plus partielles comme les précédentes, et chacune est accompagnée d’une véritable détonation comme les détonations caractéristiques (mais naturellement bien plus fortes) accompagnant les orages qui se forment dans l’atmosphère nous environnant. Précisément la photographie montre plusieurs de ces décharges complètes , de ces éclairs, au moment où ils jaillissent et sillonnent la plaque du condensateur réclame.
- Lorsque le potentiel est suffisamment élevé, chaque illumination du tableau et des lettres est accompagnée d’une de ces décharges si curieuses, et quand on atteint la fréquence de 125 périodes par seconde, la décharge est extraordinairement brillante, en même temps qu’elle est accompagnée de détonations qui rappellent un peu des feux de salves d’infanterie. Nous n’avons pas besoin de dire que c’est là un procédé de réclame qui n’est pas à la portée de tout le monde, d’abord parce qu’il nécessite du courant à haute tension et aussi parce qu’il coûte cher, en raison de la consommation d’électricité qu’il entraîne ; mais il y a des cas où il est susceptible de trouver une application, et de plus, en raison de son originalité, il méritait d’être signalé. D. Lebois.
- Le Gérant : P. JIassos.
- .....Paris. — Itripriiifcric Laiiit.e, nie de Fleuras, 9,
- Une annonce électrique. Niagara Falls Power Company.
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- N° l it! 7.
- (j JUILLET 1 *J 0 1.
- LA N A TUILE.
- 81
- RECHERCHE DU PÉTROLE EN FRANCE
- Il a été publié ici, en janvier 1895, un article sur les recherches de pétrole en Auvergne entreprises par M. de Clercy. Depuis cette époque, un sondage à grande profondeur a été exécuté à Macholîe, à 4 kilomètres de Riom.
- Ce sondage, terminé en 1891), a atteint la profondeur de 1 HH mètres et a donné des résultats intéressants à plus d’un litre.
- Commencé dans les couches miocènes du calcaire à Lymnées il serait encore resté dans l'Oligocène à 11 04 mètres. Comme la puissance des couches tertiaires reconnues au-dessus des calcaires à Lymnées est de près de 500 mètres, on peut évaluer à plus de 1500 mètres l’épaisseur totale des terrains tertiaires dans la Limagne.
- L’appareil employé pour la perforation était le
- système cana- '
- dien, matériel . - - r --
- fort simple à éta- - ' -
- blir et à entretenir et par cela même usité fréquemment dans les recherches de
- Sans entrer dans les détails techniques, nous dirons seulement ipie dans ce système les tiges de
- sonde sont en
- bois et d’une FiS- 1-
- grande longueur,
- généralement 1 lm,40 ; leur diamètre varie entre 55 à 00 millimètres ; elles sont renforcées à leurs extrémités par des ferrures et pèsent environ 40 kg. La longueur des tiges permet une grande rapidité dans les manœuvres ; on compte en moyenne 4 à 5 minutes pour monter ou descendre la sonde de 100 mètres. Ce système a fonctionné à Yincennes en 1900.
- Un peut paraître étonné qu’avec des tiges en bois d'un si faible diamètre on puisse arriver à dépasser 1000 mètres, mais il faut remarquer que les tiges perdent une grande partie de leur poids dans l’eau du sondage et que par suite d'un système de glissière, adapté à la dernière tige qui porte l’outil de perforation, elles n'ont qu’un effort de traction à faire pour soulever l'outil.
- Pensant rencontrer les roches primitives (granité ou Cambrien) formant le soubassement de la Limagne à 5 ou 000 mètres, le diamètre initial du sondage fut fixé à 500 millimètres ; à 700 mètres le diamètre du trou n’était plus que 92 millimètres et
- 2!C annré. — 2" semestre.
- à ! 104 mètres on était encore dans le tertiaire avec un diamètre de 88 millimètres, diamètre beaucoup trop faible pour un puits «pii ne pouvait donner que du pétrole lourd.
- La coupe ci-jointe (fig. 2) indique succinctement les terrains traversés (une étude géologique plus approfondie a été faite par M. Paul Gautier, de la Faculté de Clermont).
- Nous pouvons remarquer que jusqu’à -428 mètres le terrain varie peu. I)e -428 à 718 l’argile devient schisteuse, le calcaire est un peu [tins dur, on commence à trouver quelques bancs de grès avec un peu de pyrites.
- De 718 à 917 le grès des Arkoses prédomine. De 917 à 1004 on trouve entre les schistes et le calcaire quelques bancs de silice de faible puissance. De 1004 à 1100 le calcaire siliceux prédomine, on
- trouve quelques couches de scories et cendres volcaniques, on passe plusieurs couches d’argile salifère, notamment à 1082, 1118 et 1143, la sonde descend par son poids souvent de plusieurs mètres et la soupape remonte une argile rouge impalpable.
- Enfin de 1100 à 1104 la sonde rencontre à nouveau des schistes et des calcaires. Au point de vue
- pétrole des gaz hydrocarburés ont été rencontrés à 28, 191, 050, 1100 mètres. Les gaz étaient mélangés à l’hydrogène sulfuré et parfois à l’acide carbonique; ils étaient assez abondants pour s’enflammer à l’orifice du puits.
- On trouve en petite quantité du bitume mélangé aux argiles depuis la surface du sol jusqu’à 050 mètres ; à cette profondeur, en vidant le puits on peut obtenir quelques litres d’un pétrole lourd et sulfureux ; mais les véritables manifestations se trouvent entre 1100 et 1104 mètres. A 1100 mètres, il sort à l’orifice du puits un mince filet d’eau, environ 00 litres par 24 heures ; l’eau est pétrolifère, légèrement sulfureuse et fortement salée, 220 grammes de sel par litre ; des huiles de gaz, éclatent constamment à l’orifice du puits et l’on peut recueillir 5 litres de pétrole par jour. Si en mettant la pompe on abaisse le niveau de l’eau à 000 mètres, on peut recueillir 75 litres de pétrole; à 1104 or'i obtient 150 et même 500 litres par jour. Le pétrole est un
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- ftpi:
- Soudage de Mucliolle. (Profondeur : 1164 mètres.
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- L A NA TL HE.
- jh?ii moins lourd qu’à 000 moires; il renferme encore 0 à 7 pour 100 de soufre et une petite quantité d'argile rouge ferrugineuse identique à l’argile trouvée dans les gisements bitumineux de la Trinidad.
- Le pétrole assez fluide et de couleur brune au sortir du puits, s’épaissit rapidement à l’air et prend une teinte noire. Sa densité varie entre 050 et 060.
- Malgré le faible diamètre du puits, 88 millimètres, le rendement eut été plus considérable si on avait pu l’épuiser complètement, mais la venue d’eau au niveau de 600 mètres était trop considérable et toutes les tentatives ont écboué.
- La température au fond du sondage était très élevée. M. Michel Lévy, directeur de la carte géolo-
- Niveaux Terrains
- Bancs de calcaire tendre* cdlemajtts noce des Sortes d 'argile. Quelques couches de sable*.
- 328T1 . JCioeazt* de la^ mer.
- 428" •
- i Bancs de schiste aller- riants avec des calcaires Quelques' couchas de grès avec gixiins de* pyrite .
- 718"
- 917" Schistes , calcaires . Prédom incince des grèsj grains de* pyrite/
- 1004" Schistes, argile et* grès, Jaiblcs couchas de silice/ -
- 1160" Le calcaire* siliccuec domine* ioiyours des schistes et des grès. Couches de* sel .
- 1164"' * •Schistes et* calcaires.
- Fig. 2. — Coujie du sondage de Macholle.
- gique de France, venu pour la mesurer, a trouvé à 1005 mètres 70°, I, soit en tenant compte de la température moyenne du lieu un degré géothermique de 14m,45 ; à 1104 mètres on atteignait 00°. Au sondage de Charmoy (Saone-et-Loire), à la profondeur de I 170 mètres, la température n'était que de 55°,7 et le degré géothermique "27111,45.
- La liante température trouvée à Macholle est due 8ans doute au voisinage de la chaîne volcanique des Homes ; on avait du reste déjà remarqué dans les mines de Pontgibaud, sur l’autre versant de la chaîne, un accroissement anormal de température.
- Le sondage de Macholle a démontré que dans le fond de la Limagne il existe des gaz hydrocarburés, des sources salées et pétrolifères qui peuvent remonter par les failles jusqu’à la surface du sol. Ainsi s’expliquent les suintements constants de bitume observés sur certains points de la plaine et les imprégnations de bas en haut dans les fissures du terrain.
- L’exécution d’un travail aussi coûteux et impor-
- tant prouve qu’en France il y a des capitalistes assez entreprenants pour tenter la fortune tout en'cherchant à doter leur pays d'une industrie nouvelle.
- A BL'FFAI.0 (ÉTATS-UXIS)
- Des renseignements intéressants ont été donnés, il y a peu de temps, par M. II. G. Scott à l’Institut américain des ingénieurs électriciens sur la distribution de l’énergie électrique par l’installation hydro-électrique des chutes du Niagara. L’énergie électrique est produite en courants d’une fréquence égale à 25 périodes par seconde, triphasés à ‘2200 volts, transformée et transmise à 11 000 volts, et prochainement on doit adopter la différence de potentiel de 22 000 volts. L’énergie électrique est transmise à Buffalo à 7 sous-stations. L’International Traction 0° reçoit une puissance totale de 5152 kilowatts répartie dans 5 sous-stations. Par une première transformation dans des transformateurs statiques, l’énergie électrique est ramenée de M 000 à 575 volts, puis transformée en courants continus à 600 volts à l’aide de commutatrices ou de transformateurs rotatifs. L’alimentation des tramways est enfin faite par les feeders à 550 volts.
- La Compagnie générale de Buffalo reçoit une puissance totale de 2940 kilowatts qu’elle utilise, après transformation, pour la distribution dans la ville. Une première transformation abaisse la tension de 11 000 à 560 volts. Le courant triphasé est ensuite transformé en courant diphasé à 4 phases à 60 périodes par seconde pour l’éclairage par arc et par incandescence des points éloignés de la ville. Enfin la transformation, à l’aide de commutatrices, fournit du courant continu à intensité constante pour l’éclairage des rues par arc, du courant continu à 220 volts à 5 fils pour la distribution en ville, et du courant continua 500 volts pour l’alimentation des moteurs et ascenseurs. Nous avons là un exemple des méthodes nouvelles de distribution de l’énergie électrique par courants polyphasés à haute tension pour la transmission, et par transformation en courants continus à l’aide de commutatrices ou convertisseurs rotatifs pour la distribution proprement dite. J. L.
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- COLÉOPTÈRES INTELLIGENTS
- Quand on parle de l’intelligence des insectes, on pense tout de suite aux hyménoptères, dont l’élat menlal est en effet merveilleux, aux chenilles qui, à l’aide de leur soie, font toutes sortes de travaux remarquables, et à quelques autres, comme les phryganes, habiles à se vêtir, ou les termites, experts en l’art d’élever des constructions gigantesques. Les coléoptères, au contraire, on les regarde généralement comme des lourdauds, incapables d’une industrie quelque peu délicate, et tout au [tins bons à gdrnir les boîtes des collectionneurs. Cet ostracisme est immérité : n’est-ce pas chez eux que l’on trouve les bousiers, si malins pour confectionner des boules de fiente pour eux-mêmes ou des poires1 pour leur progéniture, les Cicindèles, sachant faire de leur tête des trapes vivantes, le Criocèrc du lis dont les
- 1 Voy. n0 1288, du 5 février 1898, p. 150.
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- LA NATURE.
- larves se fabriquent à bon marché un vêtement avec leurs déjections, les IWtynchites, artisans astucieux dans l'art de rouler les feuilles, les Phanées1, confectionneurs de véritables vol-au-vent, et tant d’autres qu'il serait trop long d'énumérer ? En réalité, les coléoptères sont beaucoup plus intelligents qu’ils ne le paraissent ; on s’eti rendra compte lorsqu’on les aura mieux étudiés à ce point de vue ; je voudrais en donner ici un exemple.
- Les Elylhres sont de charmants coléoptères, ornés souvent de brillantes couleurs et d’agréables dessins, dont les nombreuses espèces vivent sur les plantes basses ou sur les arbres, les saules notamment. A l’état adulte, ils mènent une existence assez calme qui, comme les peuples heureux, n’a pas d’histoire, du moins jusqu'au moment de la reproduction : les soins de la progéniture, comme cela se voit souvent dans l'espèce humaine, sont seuls à les faire sortir de leur torpeur intellectuelle. Mais parlons d’abord de leurs larves, dont M. J.-H. Fabre, dans ses merveilleux « Souvenirs entomologiques » 2, vient de nous conter l’histoire, incomplète malgré de nombreux travaux de ses devanciers.
- La larve se fabrique un pot allongé dans lequel elle vit à l’instar de l’escargot dans sa coquille, avec cette différence qu’elle n’y est pas rattachée d’une manière immuable. Elle ne sort cependant jamais de son élégante amphore. « Si quelque chose l'inquiète, d’un brusque recul elle rentre en plein dans son urne, dont l’ouverture se ferme avec le disque du crâne aplati. La tranquillité revenue, elle aventure au dehors la tète et les trois segments munis de pattes, mais se garde bien de sortir le reste, plus délicat et accroché au fond. D’un pas menu, alourdi par le faix, elle chemine en relevant à l’arrière sa poterie suivant l’oblique. Elle fait songer à Diogène trimbalant son habitation, un tonneau en terre cuite. C’est de manœuvre assez pénible à cause du poids, c’est sujet à chavirer par suite du centre de gravité trop élevé. Cola progresse tout de même, en oscillant ainsi qu'un bonnet coquettement posé sur l'oreille. La jarre du clythre a bonne tournure, et fait honneur à la céramique de l’insecte. C’est résistant sous le doigt, d’aspect terreux, lisse comme stuc à l’inlérieur, relevé au dehors de fines nervures obliques et symétriques qui sont les traces des accroissements successifs. L’arrière se dilate un peu et s’arrondit au bout en une double bosselure de faillie relief. Ces deux saillies terminales, le sillon médian qui les sépare, les nervures d’accroissement qui se correspondent à droite et h gauche, témoignent d’un ouvrage linéaire où le constructeur a suivi les règles de la symétrie, première condition du beau. La partie antérieure faiblement s'atténue et se tronque de façon oblique, ce qui permet au pot de se relever et de prendre appui sur l’échine de l’animal en marche. Enfin l'embouchure est ronde, à margelle émoussée. »
- 1 Vov. n° 1415, du 7 juillet 1000, ]>. 85.
- i Voy. 7°. série. Delagravc, éditeur.
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- Comme il convient à un habit bien confortable, le pot du clythre n’est pas ramolli par l'eau et supporte la pluie sans se désagréger. La matière fondamentale est de la terre dont les granulations sont réunies par un ciment sur la nature duquel on reste perplexe. Pour se rendre compte de son origine, il suffit d’examiner la larve pendant un instant. De temps à autre, on la voit, par une soudaine reculade, rentrer dans son pot et y disparaître en entier. Au bout d’un instant, elle reparaît, les mandibules chargées d’une pelote brune, qu'elle se met à pétrir, à amalgamer avec un peu de terre cueillie sur le seuil de sa maison et qu’elle étale sur la margelle de l’étui. Puis, elle recommence son manège. Quelle est cette matière4?
- On le devine, ce sont les déjections même de l’insecte et celui-ci, né malin, a ainsi transformé ses waler-elo-sefs en entrepôt de mastic. Ce qui, pour d’autres, serait une gène devient pour lui substance très utile.
- Cette larve, habile à se confectionner un habit avec une si singulière substance, ne l’est pas moins pour agrandir son froc quand il devient trop étroit ; elle le fait, tout en le laissant, sauf l’ampleur, ce qu’il était avant. « Sa paradoxale méthode consiste en ceci : de la doublure faite étoile, reporter au dehors ce qui était en dedans. Petit à petit, à mesure que le besoin s’en fait sentir, le ver racle donc, décortique à l’intérieur la paroi de sa coque. Déduits en pâte liante au moyen d’un peu de mastic fourni par l’intestin, les gravats sont appliqués sur toute la surface externe, jusqu'à l’extrémité postérieure (pie, sans trop de peine et sans déménager, le ver peut atteindre grâce à sa parfaite souplesse d’échine. Ce retournement de l’habit se fait avec une délicate précision qui garde aux nervures ornementales leur arrangement symétrique ; enfin il augmente la capacité par un graduel transfert de la matière de l’intérieur à l’extérieur. Ce procédé de rajeunir le vieux est de telle correction que rien n'est mis au rebut, rien ne reste inutile, pas même les nippes du nouveau-né, nippes toujours incrustées en clef de voûte au pèle initial de l’édifice. S’il n’y avait apport de nouveaux matériaux, il est visible que l’amplification du pot se ferait aux dépens de l’épaisseur. Devenue trop mince à force d’èlre retournée pour gagner de l’espace, la coque, tôt ou tard, manquerait de la solidité désirable. Le ver y veille. 11 a devant lui autant de terre qu’il peut en désirer ; il a, dans un arrière-magasin, du mastic, dont l’usine ne chôme jamais. Dieu ne l’empêche d’épaissir l'ouvrage à son gré et d’ajouter aux raclures internes de la coque tel complément qu’il juge à propos. » Fait curieux, les premiers rudiments des fourreaux sont produits par la mère, d’une manière en quelque sorte automatique, sans que son intelligence y soit pour rien. Pour s’en rendre compte, il suffit d’examiner les pontes des cl y t lires ou de leurs cousins aux mœurs analogues, les eryplocéphales, pontes (pii sont une des plus jolies que l'on [misse voir. Voici d’abord celle de la clythre laxicorne: les œufs d’un brun café et lisses ressemblent à des dés
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- LA NAITRE.
- à coudre suspendus à plusieurs sur une branche à l'aide d'un assez long lil diaphane. Du bord de la margelle pend un onglet membraneux, blanchâtre et dont le rôle n'est pas connu. Quant à la masse ovulaire proprement dite, elle se compose de deux parties : au milieu, l'œuf proprement dit ; autour, une sorte de coquille surajoutée. Les œufs de la clythre à longs pieds sont d'un brun très foncé et rappellent encore un dé à coudre, d'un millimètre de longueur, comparaison d’autant plus juste qu'ils sont criblés de fossettes quadrangulaires, rangées en séries spirales se croisant avec une rare précision. Ceux de la clythre à quatre points ont une teinte pâle. Ils sont couverts d’éeailles convexes, imbriquées en séries obliques, terminées en pointe à leur extrémité inférieure, qui est libre ou plus ou moins divergente :
- on dirait un cône de houblon minuscule. Les ornements des œufs des cryptocéphales consistent en huit cotes lamelleuses, tournant en tire-bouchon pour ceux du cryptocéphale doré et en séries spirales de fossettes pour ceux du cryptocéphale à deux points. Tous ceux répandus par la mère, un peu n’importe où, ne sont pas aussi parfaits : il en est parfois de tout nus, sans enveloppe extérieure. Il s’en trouve dont la base est enchâssée dans une cupule brune comme un œuf dans son coquetier. Ces productions incomplètes nous donnent la clef de leur organisation : la partie médiane, l’œuf, provient des ovaires; la partie externe est un produit rajouté, que l’aspect indique comme étant des déjections : le cloaque moule celles-ci au fur et à mesure des besoins de la ponte et leur donne leur forme spécifique.
- Les Clythres. — 1. Clythre à quatre points. — i et 3. Coque de la Clythre à quatre points. — 4. Œufs de la Clythre taxicorne. 5. Œufs de la Clythre à longs pieds. — 6. Œuf de la Clythre à quatre points. — 7. Œuf du Cryptocéphale doré.
- 8. Œuf du Cryptocéphale à deux points. — 9. Clythre à longs pieds. Continuation de la coque sur la base fournie par l’œuf.
- Quand l’œuf éclôt, le ver se trouve, de la sorte, tout de suite dans un dé à coudre qui lui sert de demeure : c’est un petit chapeau qui le couvre tout entier et qu’il emporte toujours avec lui. « Deux semaines ne se sont pas encore écoulées qu’un liseré, dressé sur la margelle, double déjà la coquille de la clythre à longs pieds, afin de maintenir la capacité de la poterie en rapport avec la taille du ver, de jour en jour grandi. La partie récente, ouvrage de la larve, très nettement se distingue de la coque initiale, produit de la pondeuse : elle est lisse dans toute son étendue, tandis que le reste est orné de fossettes en rangées spirales. Rabotée à l’intérieur à mesure qu’elle devient trop étroite, la jarre à la fois s'amplifie et s’allonge. La poussière extraite, de nouveau pétrie en mortier, est reportée à l’extérieur, un peu de partout, et forme un crépi sous lequel
- disparaissent, à la longue, les élégances du début. Ce chef-d’œuvre à fossettes est noyé sous une couche de badigeon ; non toujours en plein cependant, même lorsque l’ouvrage arrive à ses finales dimensions. En promenant une loupe attentive entre les deux bosselures du fond, il n’est pas rare d’v voir, incrustés dans la masse terreuse, les restes de la coque de l’œuf. C’est la marque de fabrique du potier, L’arrangement des crêtes hélicoïdales, le nombre et la forme des fossettes, permettent d’y lire à peu près le nom du fabricant, clythre ou cryptocéphale. » Ces intéressants coléoptères ont donc, dès leur naissance, une layette qu’ils n’ont plus qu’à augmenter jusqu’au jour où ils pourront devenir adultes et vivre en pleine liberté, sans avoir besoin de se cacher. Hesri Coupis.
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- LA NATURE,
- LA COURROIE TRWSPORTEUSE ROTONS
- Depuis qutdquos années, on emploie de plus en place en place deux systèmes comprenant chacun
- plus des courroies aménagées spécialement pour manutention des matériaux qui doivent être transportés en différents points d'une usine, d’un magasin ou d'un entrepôt. On en a même "fait l’application au transport et à l’élévation des personnes et l'Exposition universelle de 1900 nous a montré un certain nombre d’escaliers mobiles basés sur l’emploi d’une large courroie de transmission. D’ailleurs, depuis deux ans déjà, fonctionnait à Paris, aux magasins du Louvre, un tapis roulant qui conduisait les visiteurs aux ditlérents étages de cet établissement. On peut voir à la nouvelle gare du quai d’Orsay une autre application du môme genre pour la
- trois poulies ou tambours métalliques sur lesquels
- 1. — Disposition dus rouleaux supportant la courroie. (Aller et retour.)
- Fig. 2. — Distribution de la- bouille dans un magasin de dépôt au moyen d'une courroie transporteuse Robins.
- repose la courroie. Les rouleaux supportant la courroie en charge sont disposés de façon à relever de chaque côté les bords de la courroie, de telle sorte «pie les matériaux transportés se trouvent bien retenus et ne puissent se déverser pendant le trajet, lin jeu de rouleaux disposés par trois sur des axes horizontaux et parallèles soutiennent la courroie déchargée pour la ramener à son point initial de chargement. Les axes de tous les rou-
- o
- leaux sont creux, ce «pii permet d’obtenir un graissage interne et de faire
- manutention des bagages. Parmi les nombreux systèmes de courroies transporteuses employés dans l'industrie proprement dite, nous examinerons aujourd’hui la courroie transporteuse Robins «pii est employée avec le plus grand succès aux États-Unis depuis plusieurs années pour le transport de matériaux variés et de moyenne masse, tels que : betteraves, bouilles, minerais, sables, pierres, etc....
- ()n peut dire que cette courroie est une auge qui se meut. Elle est caractérisée par la séparation absolue des parties roulantes d’avec la caisse proprement dite et comporte par suite, d’une part, un jeu de poulies fixes et une courroie en caoutchouc. Les matériaux ne venant jamais en con-
- , , i-' „ . Fig. 3. — Courroie employée pour le triage des minerais.
- tact avec les poulies ne peuvent e • r 1 1 b
- retarder ni embarrasser leur fonctionnement. pénétrer le lubrifiant au centre même des coussinets.
- Sur le parcours de la courroie sont disposés de La courroie Robins ayant à supporter d’importants
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- LA NATURE.
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- frottomonls est pourvue sur sa face active d'une forte couche de caoutchouc dont l'épaisseur est plus grande au milieu que sur les cotés. Eu outre, afin d'augmenter la rigidité des courroies et d'assurer leur forme arquée dans les Landes qui courent dans l'intervalle des rouleaux, la toile constituant la courroie est renforcée dans le voisinage des bords au moyen de deux ou trois épaisseurs de toile supplémentaires.
- Lorsque la charge de la courroie transporteuse doit dre évacuée en un autre point que son sommet, il est nécessaire d'employer un déchargeur ad hoc. Dans sa forme la plus simple, cet appareil est constitue par deux tambours placés l'un au-dessus de l’autre; la courroie arrive au-dessus du tambour supérieur et passe sous le tambour inférieur en décrivant sensiblement le contour de la lettre S. En effectuant sa première révolution autour du tambour du haut, la courroie laisse tomber sa charge dans un récepteur placé latéralement.
- Suivant les cas, les déchargeurs peuvent être fixes ou mobiles. Le déchargeur fixe est automatique ; il comprend deux tuyaux : l'un conduit les matériaux dans le récipient placé au bord du transporteur; l’autre peut les ramener sur la courroie. Dès que le récipient est rempli, les matériaux passent dans la voie latérale et retournent à la courroie ; ils se rendent alors au déchàrgeur suivant où le récipient correspondant se remplit à son tour, et ainsi de suite. Un a pu employer ainsi jusqu’à 9 déchargeurs fixes sur une même simple et longue courroie transporteuse.
- Lçs déchargeurs mobiles se divisent en deux catégories : les uns se manœuvrent à la main, les autres automatiquement.' Dans le premier cas, le mouvement d’aller et retour se commande à l’aide d’une manivelle. Dans le second, le déchargeur est entraîné par. le mouvement de la courroie qui est transmis par frottement, par pignon et engrenage aux roues du chariot. Les mouvements des deux tambours sont de sens contraires ; en utilisant tantôt, l'un, tantôt l’autre, on obtient le mouvement de va-et-vient du déchargeur. Le déchargeur mobile automatique renverse de lui-même le sens de sa marche toutes les fois qu’il arrive à l'un des bouts de la course qui lui e£t assignée ; pendant ses aller et retour, il distribue sa charge. Ce dernier dispositif permet de répartir uniformément les matières en décharge tout le long du transporteur.
- La ligure 2 (p. 85) montre un transporteur appliqué à la distribution de la bouille dans des magasins de dépôt ; on voit un côté du chariot répartiteur et le, déchargeur. Les tombereaux qui amènent la houille à l’usine la déversent dans un conduit situé en avant du bâtiment et aboutissant au concasseur. En sortant de cet appareil, elle traverse par une trémie la voûte située au-dessous et gagne ainsi la courroie transporteuse, bille est ensuite entraînée par celle-ci jusqu’à l’autre bout de l’usine, sous une inclinaison de 20 degrés et se déverse finalement dans le magasin de dépôt à 8 mètres au-dessus de la roue. A partir de ce point, la courroie marche
- horizontalement et, sur ce jdan horizontal, le déchargeur va et vient, comme le montre le dessin. La figure 5 représente une courroie transporteuse emplovée au triage des minerais à la Sterling Iron et Zinc Companv, à North Mine Hill, en Amérique. Georges Cave.
- BAROMÈTRE ET PRÉPAR ATIONS CULINAIRES
- On sait jusqu’à quel point les variations de la pression atmosphérique agissent sur notre planète et sur la santé de ses habitants. Mais l’a-t-on dit assez, la hausse et la baisse du baromètre retentissent jusque sur fa cuisine des peuples civilisés !
- Mon illustre et si regretté ami Léon Say, qui savait tout et avait de' la malice jusqu’au bout des ongles, ne manquait pas, avec son ironie bienveillante, de me mettre sur la sellette à propos du baromètre et des préparations culinaires. « Le thé est-il meilleur préparé au rez-de-chaussée ou au cinquième étage ? Dites. Peut-on faire un bon pot-au-feu au sommet du mont Blanc ? » Et, souriant, il ajoutait : « Avez-vous essayé, avez-vous expérimenté, avez-vous goûté ? »
- Il est de, fait que la pression joue son rôle à la cuisine. Le point d’ébullition de l’eau change avec la pression. L’eau bout à 100°, c’est bien connu, mais à une condition, c’est que la pression barométrique corresponde à 7()0mm de mercure. Si la pression diminue, la température d’ébullition s’abaisse, et, inversement, elle augmente si la pression monte. De sorte que l’eau bout à une température plus haute quand le baromètre monte et à une température plus basse quand il descend. Il y a longtemps que Cassini a vu l’eau bouillir au-dessous de 100° sur le sommet du Canigou et Montesquieu sur le Pic du Midi. Mariotle fit remarquer que l’eau qui entrerait en ébullition sur une montagne de 1 lieue 1 /2 de hauteur serait à peine tiède. C’est le cas pour le mont Blanc, qui a 4810 mètres de haut. On ne peut plus y faire cuire des œufs à la coque. Au contraire, dans les mines profondes, l’eau ne bout plus que bien au-dessus de 100°. 11 résulte de là qu’un pot-au-feu ne peut se faire sur les hautes montagnes, l’eau reste bien au-dessous de 100° et la cuisson est imparfaite. On ne peut plus stériliser l’eau. De même, une infusion de thé se fait à une température trop basse pour que l’eau se charge des principes aromatiques de la plante. Mais, pour que ces effets soient sensibles, il faut atteindre des niveaux très élevés. Quand il s’agit de quelques dizaines de mètres ou de la différence entre un rez-de-chaussée et un cinquième, soit à peine 20 mètres, l’écart n’est pas même d’un quart de degré et il est négligeable.
- Le baromètre s’abaisse de 1 millimètre au niveau de la mer quand on monte de 10 mètres. Le thermomètre ne descend, pour cette élévation, que de i/27e de degré. Pour les petites différences d’altitude, la température reste pratiquement la même. Cependant, quand il y a forte tempête, dépression atmosphérique au point que le baromètre descend de 760mm à 730mm, ce qui arrive sous nos latitudes, l’écart de pression atteint 50 millimètres et quelquefois 40 millimètres. Alors, nous sommes soumis à la pression barométrique que nous subirions à 400 mètres d’altitude. L’eau entrera en ébullition dès 08°,5 environ, et l’on ne peut la porter à une température plus élevée dans un vase non clos.
- Régnault avait imaginé un petit appareil qu’il nomma hypsomètre et qu’il avait destiné à trouver l’altitude d’après la température de l’eau bouillante à cette hauteur.
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- LA NATURE.
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- fl s’agissait d’une petite chaudière en cuivre placée sur une lampe à alcool. Au-dessus de la chaudière, un thermomètre de précision. Ce thermomètre était enfermé dans une gaine métallique formée de parties qui rentraient les unes dans les autres comme les tuyaux d’une lunette. Quand on voulait opérer, on développait le tube et à la partie supérieure un trou donnait issue à la vapeur de la chaudière qui s’échappait dans le tuyau. Cet instrument, les tubes rentrés, ne mesurait que 15 centimètres. Des tables donnaient les tensions de vapeur pour chaque dixième de degré entre 85° et 101°. ha pression de l’air déterminée, on calculait la hauteur au moyen de la formule de Laplace.
- Pour simplifier, M. Forbes, à la suite de nombreuses comparaisons de température d’ébullition à des hauteurs calculées au moyen du baromètre, reconnut que la différence de niveau entre deux stations est sensiblement proportionnelle à la différence des températures d’ébullition aux deux stations1, de sorte que l’on a h ----- K (. M. Soret a vérifié cette formule. Mettant à la place de h et de 1 des valeurs connues, il a trouvé qu’il faut faire K = 294 mètres.
- On a donc approximativement l’altitude quand on connaît la température d’ébullition. Et réciproquement on a sensiblement la température d’ébullition quand on a l’altitude. Ainsi, si nous appliquons la formule de Soret,
- nous aurons l = Pour l’Observatoire du mont
- 294
- Mounier, installé à 2800 mètres, on trouve que l’eau entre en ébullition à 92° environ. Au mont Blanc l’eau ne bout plus qu’à environ 84°, etc. Ces résultats donnés par la formule sont très approximatifs, mais ils peuvent fixer les idées. Il serait intéressant de les contrôler. M. Perrotin, directeur de l’Observatoire du mont Mounier, pourrait nous donner ce renseignement pour cette haute cime des Alpes maritimes.
- Mais il y a autre chose encore en ce qui concerne l’influence de la pression sur la cuisson, ha panification est modifiée par pression basse, h’acide carbonique se dégage en abondance et le pain est plus léger, ha pâtisserie également est pour la même raison sous la dépendance du baromètre. Récemment on a fait des expériences à ce propos à Albuquerque (Nouveau-Mexique), ville dont l’altitude est d’environ 5000 pieds au-dessus de la mer. h’eau n’y bout plus qu’à environ 95° au lieu de 100. On a trouvé naturellement qu’il fallait là moins de temps qu’au bord de l’Océan pour faire bouillir les aliments et que ne le prescrivent les livres de cuisine. En outre, la sécheresse de l’air v est considérable ; les farines, les haricots, les lentilles, les grains perdent tellement de leur humidité qu’il faut les mettre longtemps dans l’eau avant de les faire cuire. Mais ce qu’il y a de plus difficile, c’est d’y faire les gâteaux. Il faut augmenter le nombre d’œufs réglementaire, la quantité rte farine, etc. hà aussi, probablement, il y a excès d’acide carbonique quand la pâte lève et l’excès est souvent un défaut. Quoi qu’il en soit, un cuisinier d’Europe a besoin d’un nouvel apprentissage quand il opère au Nouveau-Mexique.
- Et voici comment, sans qu’il y paraisse, les vicissitudes atmosphériques exercent leur influence même sur les préparations culinaires. Un bon baromètre ne serait donc pas de trop à la cuisine. Au surplus, où n’est-il pas essentiel, le baromètre? Ile nfü de Parvii.ee.
- 1 Bibliothèque universelle de Genève. Archives des sciences, 1855, 1. XXX, p. ‘290.
- L’ENSILXGE DES F0ÜRRWES
- Le cultivateur attache à juste raison une importance capitale h la conservation de ses fourrages. Dans la majorité de nos exploitations françaises, les principales plantes fourragères sont fauchées, fanées, puis rentrées en hottes ou en vrac, pour être condensées en meules, ou mises à l'abri sous des hangars. Presque toutes les phases de la récolte demandent l'intervention du soleil ; une période pluvieuse, une température insuffisante, peuvent gravement compromettre le succès de ces opérations culturales.
- L’idée de l’ensilage n’est pas nouvelle, depuis longtemps elle était mise en pratique par les cultivateurs du Mont-d’Ür lyonnais, pour la conservation des feuilles de vigne destinées à la nourriture hivernale des chèvres. Les premières applications agricoles intéressantes semblent avoir été faites par Gollàrt vers 185o. Depuis lors, Reilhen, Lecouteux, Vilmorin devinrent de fervents apôtres de l’ensilage. Enfin, plus récemment, M. Cormouls-Houlès, de Mazamet, (Tarn), préconisait son nouveau procédé d’ensilage à l’air libre, appelé à rendre de très grands services dans les exploitations agricoles dépourvues de fosses maçonnées ou en terrassement. On pont ensiler la plupart des plantes fourragères vertes, mais quelques-unes sont particulièrement avantageuses, tel est le cas du maïs.
- Les variétés de maïs à grand rendement, comme le maïs dent de cheval, fournissent des tiges d’une longueur exagérée dont le tassement serait absolument impossible, si, par suite d’une action mécanique, on ne réduisait pas leurs dimensions ; de là, la nécessité de diviser la graminée fourragère en tronçons de quelques centimètres de longueur, à l’aide d’un hache-paille, ou préférablement d’un hache-maïs.
- Les silos peuvent se diviser en deux catégories : les silos en terrassement et les silos en maçonnerie. Quant au mode d’ensilage à l’air libre, il ne nécessite aucune installation spéciale et donne des produits absolument identiques aux deux premiers systèmes. Quelle que soit la combinaison adoptée, les produits fabriqués sont toujours les mômes. 11 serait fastidieux d’entrer dans des détails complets sur la pratique de l’opération et sur la forme à donner aux silos. L’essentiel est de bien connaître la marche et les phases de la fermentation dans la masse ensilée. Si, au début, on a pu constater des accidents dans ces procédés de conservation, il n’en est plus de môme aujourd’hui. Les intéressantes communications faites le 2o juin 1900, au Congrès de l’Alimentation du bétail, par un propriétaire belge, M. le baron Peers, prouvent que l’opération, lorsqu’elle est bien pratiquée, doit être toujours couronnée de succès.
- La théorie de l’ensilage comprend plusieurs phases distinctes dont le cultivateur devra bien se pénétrer avant de procéder à l’installation d’un silo. Les cellules végétales des plantes enfouies conservent leur vitalité pendant quelques jours. Tant qu’elles peuvent avoir de l’oxygène à leur disposition, elles con-
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- tinuent à respirer et à dégager de l'acide carbonique. Ces phénomènes de respiration se poursuivent avec toutes leurs manifestations ordinaires, jusqu’à la complète disparition de l’oxygène confiné. Au bout de ce temps, la fermentation intra-cellulaire prend
- Fig. 1. — Division des tiges de maïs.
- le dessus; elle se traduit par la décomposition des sucres, de l’amidon, de la dextrine, la formation d’aleool et le dégagement d’une assez forte proportion d’acide carbonique. Les modifications subies par les plantes, sont exactement les mêmes que celles constatées dans une pomme plongée dans un bain de collodion ou de cire fondue. Si on vient à la couper un mois après son immersion dans le liquide préservateur, on perçoit une odeur alcoolique très accentuée. Les fonctions de respiration étant complètement entravées, par suite de la présence de l’enduit isolant, les cellules du fruit deviennent ferments, la fermentation intra-cellulaire se développe et favorise la transformation du sucre en alcool. A côté de cette fermentation intra-cellulaire, il se produit encore une fermentation parasitaire provoquée par des ferments figurés décomposant les gly-cosides, la cellulose, pour donner des acides lactique, butyrique, qui malheureusement, communiquent une mauvaise odeur aux produits.
- La fermentation intra-cellulaire ou alcoolique correspond à l’ensilage doux, c’est la plus intéressante de toutes, celle que le cultivateur devra chercher à obtenir. La fermentation parasitaire conduit à l’ensilage acide caractérisé par sa réaction acide et son odeur de vinaigre. Les ferments parasites n’acquièrent toute leur activité qu’à une température relativement liasse ; au delà de f>0° centigrades, ils sont complètement anéantis. En se pénétrant bien de cette propriété, il sera facile de faire prédominer l’ensilage doux ou l’ensilage acide. Le premier est obtenu en emplissant le silo par couches successives, en plusieurs jours. La fermentation ne tarde pas à se déclarer dans l’intérieur du tas, et ce n’est que lorsque le thermomètre atteint de (10 à 65° centigrades, température nécessaire Tpour
- tuer le ferment acétique, que l’on comprime la masse et que l’on ajoute une nouvelle couche de fourrage sur la précédente. Le silo s'élève ainsi petit à petit jusqu’à son complet achèvement. La couche supérieure est couverte de corps lourds, pierres, mottes de gazon • ou même simplement de terre, de façon à obtenir une pression très énergique qui réduise les pertes.
- Si, au contraire, le silo était comblé, comprimé et fermé en une seule fois, le ferment acétique se trouverait dans un milieu très favorable pour se développer et exercer tous ses effets.
- L’emplacement d’un silo peut être obtenu à peu de frais. Les figures 1 et 2 montrent une ingénieuse disposition adoptée par M. Couesnon dans sa ferme de Saint-Pierre-en-Veuve, près de Coulommiers. 11 s'agit d'une simple fosse de terre longue de 12 mètres, haute de 5 mètres, aboutissant à un chemin en tranchée. Les deux photographies précédentes ont été prises au moment d'un ensilage de maïs. On voit à la partie supérieure de la tranchée un hache-paille mis en mouvement à l’aide d’un manège à plan incliné. Les tiges coupées tombent dans l’intérieur du silo, où elles sont réparties par couches d’épaisseur uniforme.
- Ce simple exemple peut donner une idée de la
- Fig. 2. — Emplissage du silo.
- pratique de l’ensilage des fourrages verts, qui tend de plus en plus à se généraliser dans nos exploitations agricoles. Albeut Yii.coq.
- Professeur d'agriculture.
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- LE CEMTODUS
- En examinant consciencieusement tous les êtres organisés <[iù se sont succédé depuis la formation de notre planète jusqu'à l'époque actuelle, le naturaliste en arrive fatalement à conclure qu’il existe dans l’échelle des êtres, en partant du dernier des intiniment petits [tour arriver à ce vertébré supérieur qu’on appelle l'Homme, une gradation régulière, reliant les animaux d’une façon tellement intime, qu’on reste confondu d’étonnement, devant un enchaînement d’une harmonie si parfaite et d’une évolution si raisonnée.
- Les Lamarck, les Geoffroy Saint-llilaire, les Dar-
- win ont fait école et leurs théories évolutionnistes sont adoptées aujourd’hui dans leurs grandes lignes par les esprits les plus éclairés.
- Si l'on passe successivement en revue tous les animaux, on finit par découvrir chez certains des caractères communs qui indiquent incontestablement le passage d’une espèce à l'autre, à un tel point qu'il existe des individus intermédiaires formant transition entre des classes voisines les unes des autres.
- Je m’occuperai aujourd'hui d'un animal de ce genre, c'est un des premiers poissons qui apparurent sur notre globe, il fut même un moment classé comme disparu, inscrit comme tel dans la
- Oralodus, autmneiit dit « lîaraiminda », vivant depuis trois ans au Muséum.
- liste des nombreux animaux fossiles, et il vient d’être retrouvé vivant il y a une trentaine d’années dans différents cours d’eau d’Australie.
- J’ai nommé le Ccratodus (xspaç, corne; ooruç, dents.)
- Ce singulier poisson appartient au groupe des Dipnoïques (qui signifie respiration double).
- Il est pourvu, en effet, d’une respiration pulmonaire, comme la plupart des batraciens, et de même «pie les poissons il a une respiration branchiale.
- Plusieurs auteurs et non des moins éminents, tels que Natterer, Fitzinger et Owen qui, les premiers, décrivirent ce groupe si curieux, ne se sont pas toujours trouvés d’accord pour considérer les animaux formant la classe des Dipnoïques pneumobranches comme] de] véri tables poissons.
- Nous trouvons la confirmation de ce fait dans plusieurs traités d'histoire naturelle, dont l’édition remonte à une cinquantaine d’années, où, après l’Amphiume, la Sirène, le Ménopome, on trouve décrits, comme batraciens urodèles à ouvertures branchiales persistantes et par conséquent très voisins de ces derniers, le Lépidosirène et le Protoptère, ces derniers animaux, avec le Ceratodus, formant à eux trois tout le groupe des Dipnoïques. (H n’est pas encore fait mention du Ceratodus dans ces anciennes éditions, la découverte de ce poisson leur étant postérieure.)
- D’autre part, si nous consultons des ouvrages [dus récents, tels que Rrehm et Sauvage, nous voyons, placé en tète de l’ordre des poissons, ce même groupe des Dipnoïques; attendu que ce n’est que
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- plus lard, qu'Uwen d’abord, revenant, sur sa première définition, puis Constant et Auguste Ruméril, Günther et d'autres auteurs, classèrent définitivement ce groupe parmi les poissons.
- 11 est maintenant hors de doute que ce sont de véritables poissons, surtout depuis la découverte du Ceratodus qui est venu relier à nouveau les Rip-noïques aux Ganoïdes anciennement connus.
- La question offre un intérêt, encore plus grand, aujourd'hui qu’il nous est donné d’avoir un Ceratodus vivant en aquarium.
- La ménagerie des reptiles du Muséum d’Histoire Naturelle en possède, en effet, un, depuis trois ans, sur deux spécimens qu’elle avait reçus d'Australie. C'est la première fois qu’on voit ce poisson vivant en Europe. 11 revient donc un sujet d’actualité, d’autant plus qu’il est assez étonnant de voir à l'époque actuelle ces animaux appartenant à une faune si ancienne, dont les rares représentants tendent de plus en (dus à disparaître.
- C’est au célèbre naturaliste Agassiz que revient l’honneur de la découverte du Ceratodus. Ayant à examiner des dents de forme singulière trouvées dans des terrains carbonifères, triasiqucs et jurassiques, il les regarda connue devant provenir d’animaux voisins de certains squales de la famille des Ces-tracion et les désigna sous le nom de « Ceratodus ».
- Ce poisson amphibie aurait donc été contemporain des fameux Labyrinthodon amphibies, batraciens géants, partageant une existence analogue, une nourriture peut-être identique dans les débuts d’un monde, où déjà, par suite des évolutions géologiques et des conflagrations atmosphériques, la sélection des êtres s’opérait graduellement, s’adaptant à la vie du milieu dans lequel les circonstances les contraignaient à vivre.
- Le poisson qui nous occupe aujourd’hui a gardé ces caractères bien apparents de transition; et, par suite d’une interruption dans son évolution, il s’est arrêté à une forme intermédiaire.
- Pendant des milliers d’années, nous perdons sa trace, jusqu’au jour où la science pénétrant en Australie, en la personne du savant Gérard Krelft, retrouve ce curieux poisson que l’on croyait disparu.
- Nous lisons à ce sujet dans Brehm (pie : « C’est le 28 avril 1870, que Gérard Krefft fait connaître à la Société Zoologique de Londres que l’on pêchait, dans les rivières Burnett, Rawson et Mary dans le Queensland, un poisson de forme étrange désigné par les indigènes sous le nom de Baramnnda et sous celui de saumon de Burnett ou saumon Rawson par les colons ».
- Sa chair a, en efïêt, le goût et l’aspect de celle du saumon, ce qui le fait très rechercher. Il paraîtrait même qu’on commence à en faire des conserves fort estimées dans le pays.
- ür, Krefft trouva que ce poisson par sa dentition se rapprochait tellement de celui dont Agassiz ne connaissait que les dents, qu’il dut assimiler génériquement l’espèce vivante aux animaux depuis si
- longtemps disparus, et, reprenant le nom donné par Agassiz, il l'appela Ceratodus Font cri.
- Günther a décrit, depuis, sous le nom de Ceratodus miolepis, une seconde espèce «pii n’est peut-être qu'une variété de la précédente.
- Ce poisson peut atteindre la taille de deux mètres; celui (pie possède la Ménagerie des reptiles mesure environ 0m,90. La tête est un peu déprimée, petite relativement, le museau est court, avançant sur la mâchoire inférieure, l’œil petit, le corps très allongé, tout d'une venue, est recouvert de larges et grandes écailles très foncées. La coloration du ventre est d’un beau jaune orange vif; la partie postérieure du corps s’appointit très peu, de telle sorte qu'il n’existe pas de pédicule caudale proprement dit, la queue se continuant avec le tronc.
- La nourriture, qui lui convient le mieux en captivité, consiste en crustacés et mollusques d’eau douce, tels (pie Ganunarus, Copépodes, Rlanorbes, Limnées, etc.
- On rapporte même qu’on a trouvé, dans l’estomac de cet animal, des débris de plantes.
- A l’état naturel il ne se plaît que dans l’eau saumâtre et bourbeuse et se dissimule pendant le jour dans des retraites profondes qui le dérobent à la vue ; il n’en sort guère que la nuit pour chercher sa nourriture.
- Aussi, pour lui rappeler un peu son habitat, a-t-on construit, placé dans un coin de l’Aquarium, un abri fait avec des pierres disposées en forme de grotte obscure, sous laquelle il se lient tapi toute la journée. 11 n’en sort ordinairement (pie la nuit pour prendre un peu de mouvement et venir manger les Planorbes, les Limnées et les Unios qui sont placés à profusion dans son bassin.
- Il paraît que le Baramunda peut quitter l’eau pour aller à terre ou du moins dans les marécages : la chose est possible, attendu (pie le poumon dont il est pourvu lui permet de respirer l’air en nature; mais il est douteux qu’il puisse vivre longtemps hors de l’eau, ses membres étant beaucoup trop faibles pour soutenir le poids de son corps et servir à sa progression sur le sol. Il est plus probable qu'il s’élève parfois hors de l’eau dans le but de faire provision d’oxygène. On dit aussi qu’il a la faculté de faire entendre la nuit un bruit analogue à un grognement qui s’entend à une certaine distance.
- J’ai, en effet, constaté que le Ceratodus s’élève hors de l’eau, pour respirer l’air en nature; quant aux grognements, je n’en ai jamais entendu, quoique ayant eu souvent l’occasion d’observer ce poisson pendant la nuit.
- C’est là une acquisition du plus haut intérêt pour le Muséum d’Histoire Naturelle, qui, déjà, possédait dans ses aquariums des Protoptèrcs vivants. Il ne lui manque donc plus que le Lepidosirène pour avoir le groupe des Dipnoï complètement représenté.
- Comme il est dit [dus haut, le Ceratodus se nourrit de préférence de Crustacés et Mollusques d'eau douce. Cette alimentation vient, à mon avis, corro-
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- borer une thèse émise tout récemment : M. Raveret-AYattel, l’éminent pisciculteur, dont les nombreux ouvrages sont bien connus, faisait dernièrement une intéressante communication à la Société centrale d'Aquiculture et de Pèche, sur le saumonage des poissons et en particulier de la Truite. On sait aujourd'hui «pie presque tous les poissons d'eau douce peuvent se saumoner : la cause de ce phénomène (pii nous échappait a toujours passionné un grand nombre de pisciculteurs. D’après plusieurs observations recueillies au sujet de l'élevage des Truites, M. Haveret-Watel a remarqué que celles-ci, nourries d’une façon pour ainsi dire classique, c’est-à-dire avec des viandes de cheval, des farines de viande ou de poissons, de la rate, du foie, du sang, du jaune d'œuf, etc., etc., avaient la chair presque invariablement blanche ; tandis qu'une alimentation composée de Crustacés et Mollusques d’eau douce et de certains lombrics contribuait à leur donner cette belle coloration saumonée, si appréciée sur les marchés.
- Or, comme c’est précisément cette nourriture spéciale que préfère le Ceratodus, dont la chair, ainsi qu’il est dit dans cet article, a le goût et l’as-pec-t de celle du saumon, il faut donc, à mon avis, en conclure, que cette alimentation doit avoir une certaine action sur la coloration de la chair des poissons, et ne pas voir là qu’une simple coïncidence, mais plutôt une continuation de l’observation ci-dessus relatée.
- Il existe, en effet, chez les Crustacés et les Mollusques, des pigments rouges, tenaces et persistants, analogues à ceux des Saumons, des Truites saumonées, lesquels pigments pourraient fort bien passer dans les tissus cellulaires et adipeux de la chair des poissons.
- Certes, je ne conclus pas d’une façon précise qu'il faut à cet égard formuler une règle générale, et que toutes les Truites, ou poissons qui sont saumonés, doivent nécessairement ne faire usage que de cette nourriture; mais c’est là une première indication qu’il est bon de constater et de retenir, car elle nous conduira peut-être prochainement à une solution plus exacte.
- Je demande pardon de cette digression, mais j’ai cru qu’elle pouvait trouver sa place dans cette étude, en raison de l’importance que peut avoir, au point de vue économique, la* question du saumonage des poissons et principalement des Truites, si elle était complètement résolue. Henri Bruyère.
- Ceux de nos lecteurs qui n’ont pas fait une étude spéciale de la météorologie, regarderont peut-être avec quelque surprise la figure (p. 92). Ce sont des isobares; en d’autres termes, des courbes réunissant les points où la pression barométrique (réduite à 0° et au niveau de la mer) est la même. Un
- les a obtenues en observant le baromètre, au même instant absolu, sur des points très nombreux de la surface de l’Europe occidentale. Elles se rapportent à un fragment d’une dépression barométrique dont le centre serait, par exemple, sur l’Ecosse et le bord méridional sur la Méditerranée. S’il s'agissait d’une dépression ordinaire, sans orages ni grains, les isobares seraient presque circulaires. Dans la ligure ci-jointe, il s'agit d’une espèce de dépression, moins rare qu'on ne le croit, dans laquelle se produisent des grains plus ou moins violents.
- Qu’est-cc qu'un grain? Si vous interrogez là-dessus un officier de marine ou, ce qui revient au même, si vous lisez la Météorologie nautique de M. J. de Sugnv, vous aurez la réponse suivante :
- « On appelle grain, en anglais squall, en allemand Boë, une augmentation brusque et momentanée dans la force du vent, accompagnée souvent d’un changement dans sa direction. Les grains durent de quelques minutes à une heure et plus. Nous avons vu que les grains étaient surtout fréquents au moment où les vents de nord-ouest descendants remplacent ceux de sud-ouest ascendants. Généralement, les grains sont annoncés par un nuage plus ou moins foncé, qui amène une augmentation dans l’intensité du vent lorsqu’il se trouve à 50° ou 60° du zénith de l’observateur. »
- Le mot « amène » est un reste de la vieille opinion d’après laquelle le vent était « produit » par le nuage. Le contexte prouve que l’auteur a des doutes sérieux sur ce point. Pour le reste, il dit : « On ne sait presque rien sur la nature des grains et sur les causes qui les amènent ».
- Les Anglais, surtout Abercromby et Clément Lev, et les Allemands, surtout Kœppen, von Bezold et Sprung, ont constaté, à propos des grains, un certain nombre de faits très importants, mais ils ne sont pas parvenus à en découvrir la loi. Nous avons été assez heureux pour mettre la main sur cette rara avis, grâce à l’idée assez simple qui nous était venue de choisir un grain très violent, celui du 27 août 1890, et d'établir des cartes simultanées de température, d’humidité, de pression, sur toute l’Europe.
- Pour faire les cartes, nous avons demandé les documents aux météorologistes de tous les pays, qui nous les ont envoyés avec un admirable empressement. Les nombreux milliers de chiffres ainsi recueillis nous ont permis de publier dans les Annales du Bureau central météorologique de France (année 1892), où M. Mascart nous accorda une large hospitalité, un mémoire : Les grains et les orages, qui montrait l’existence d’un « ruban de grain » bien marqué. Divers rapprochements nous avaient permis de conclure que certaines dépressions peuvent en avoir deux ou plusieurs, déduction confirmée depuis par des observations positives.
- Notre figure représente la région sud-est d’une dépression à deux rubans de grain. Les deux rubans sont pareils, à des nuances près. Prenons celui de droite. 11 est compris entre deux lignes; l’une, pointillée,
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- est la ligne de grain; l’autre ligne, tracée en tirets, est le bord postérieur du ruban.
- Puiquc le ruban de grain est emporté vers Test-nord-est ou nord-est suivant la trajectoire ordinaire des dépressions, un de ses points suivra la ligne BA, et un observateur placé en A, par exemple, verrait passer sur lui tous les points de la largeur du ruban de grain coupés par cette ligne. Supposons, pour un instant, la dépression immobile et l'observateur en mouvement de A vers B. 11 rencontrera tous les points du ruban de grain qui auraient passé sur lui. Cela revient donc au même.
- En A, étant donnée la position du centre de la dépression, il trouvera d’abord des vents de sud-est, qui s'affaibliront à mesure qu'il avancera vers la ligne de grain; parfois, cette diminution ira jusqu’au
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- Dépression à rubans de grain.
- calme complet; dans des cas exceptionnels et rares, elle pourra même être remplacée par un vent d’aspiration, soufflant vers la ligne de grain.
- Le voyageur dépasse la ligne de grain ; il reçoit aussitôt en pleine tigure un vent très violent de sud-ouest. S’il lève la tête, il voit le ciel divisé en deux parties égales : en arrière, peu ou pas de nuages; en avant, des nuées énormes cachent le bien du ciel, et leur masse grise est rayée de noires averses, souvent accompagnées d’orages.
- Encore quelques kilomètres et la fureur du vent de sud-ouest arrive à son maximum. Il en est ainsi, au même instant, tout le long du ruban de grain, sur une étendue (pii peut atteindre 1500 kilomètres et même davantage.
- A partir de là, le vent perd de sa force; sa direction et son intensité reviennent graduellement vers ce qu’elles étaient à l’est du ruban de grain ; le ciel
- se découvre graduellement; les averses disparaissent peu à peu.
- Enfin, le voyageur a franchi le bord postérieur du ruban; il retrouve la situation normale, sauf pour le vent, qui est un peu plus sud qu’avant l’entrée.
- Le second ruban, qui occupe la situation la plus ordinaire, donnera la même chose, à cela près, que le vent de sud-ouest., avant l’entrée et après la sortie, sera d'onest ou même de nord-ouest dans l’intérieur du ruban, ce qui est le cas le plus ordinaire.
- Nous avons supposé les rubans de grains immobiles : en réalité, ils font partie de dépressions voyageuses qui, venues de l’Atlantique, traversent l’Europe avec des vitesses variées; chacun d’eux se déplace à peu près parallèlement à lui-même, non sans un léger mouvement de rotation en sens inverse du mouvement des aiguilles d'une montre (dans notre hémisphère) et une lente accentuation de sa convexité vers l’Est.
- 11 n’est plus permis, ce nous semble, après cette ex position, fondée uniquement sur des faits observés, de dire qu’on ne sait presque rien sur la nature des grains et sur les causes qui les amènent. De là à prévoir leur arrivée et à diminuer, dans une certaine mesure, leurs effets destructeurs, il n’y a pas loin. E. Durand Cheville.
- MACHINE-OUTIL
- POUR DOUILLES de porte-plume et de porte-crayon
- Les objets les plus simples demandent souvent un long travail pour leur fabrication et doivent passer' par différentes phases successives. M. IL Merlet, directeur d’une manufacture de porte-plumes et de porte-crayons, au Pecq (Seine-et-Oise) nous a envoyé quelques renseignements sur une nouvelle machine-outil qui a été construite dans ses ateliers et qui lui sert à la fabrication de ses douilles de porte-plumes et de porte-crayons.
- La machine comporte5 arbres (fig. 1) ^horizontaux A et A' et un autre vertical eh arrière qui communique le mouvement de l’arbre supérieur à l’arbre inférieur par deux engrenages d’angle cachés par des tambours protecteurs.
- Ces 5 arbres, par l’intermédiaire de cames et de leviers, assurent la transmission du mouvement à tous les organes de la machine.
- Le métal, primitivement coupé à la largeur voulue, et passé au laminoir pour y recevoir la vignette ou la moulure choisie par le client, est mis en contact avec la première paire de rouleaux r r. La 2e paire de rouleaux r' r' assure la sortie du déchet; on voit sur la ligure 2 une bande travaillée qui va tomber et l’ouvrier s’apprêtant à en entrer une seconde. Ces rouleaux entraînent la bande m m dans l’outil à découper qui repose sur la plaque S. L’avancement des rouleaux est suivi d’un repos d’une durée égale. L’amplitude de cet avancement se règle sur le pla-
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- tenu P, porté par l’arbre A', eu déplaçant un coulisseau dans une rainure diamétrale du plateau : le coulisseau porte la tète de bielle qui commande les rouleaux.
- Les rouleaux s’arrêtent — le poinçon découpe la pièce et la dépose sur l’ascenseur E qui a traversé la plaque S et a effectué son ascension en meme temps que le poinçon a effectué sa descente. L’ascenseur E redescend tandis que le poinçon remonte et que les rouleaux font avancer la bande de métal delà quantité voulue. L’ascenseur E s’est logé de nou-
- sll
- sc.
- Fig. 1. — Coupe en profil de la machine-outil donnant le schéma des diverses phases de la fabrication.
- veau dans l’épaisseur de la plaque S' et a déposé sur celle-ci la pièce qu’elle est allée prendre sous le poinçon. À ce moment s’avance le poussoir X qui pousse la pièce découpée jusqu’au buttoir b. L’est là que la pièce va être pliée dans le sens de sa longueur. Le buttoir b est réglable sur la plaque S". L’évidement de l’ensemble S'S" est formé par une fourrure d’acier fondu à chaque extrémité de S'et de S". L’évidement peut être agrandi ou diminué suivant la nature et l’épaisseur du métal travaillé qui s’ouvre plus ou moins au pliage. Au-dessus de l’évidement se trouve une lame l qui est solidaire du découpoir ; elle monte et descend en même temps que le poinçon.
- La pièce étant arrivée sous la lame /, est pliée par la descente de celle-ci, échappe de l’évidement et glissant le long de la pente mobile O, elle tombe dans l'outil à rouler dans la position et suivant la forme indiquée en V. L’outil à rouler se compose de 2 pièces, l'une fixe sur le bloc de fonte 11, lui-même réglable et pouvant s’éloigner ou se rapprocher du bloc IL; — l’autre mobile et fixée sur une glissière coulissant dans le bloc IL par l'intermédiaire d’une bielle ligurée en pointillé et dont la tète est iixée à un vilebrequin de l’axe A\
- Au moment où la pièce tombe dans l’outil à rouler, la partie supérieure de celui-ci est au sommet de sa course : dès que la descente commence, une broche,
- mue par un grand levier courbé qu’on aperçoit à droite de la photographie, entre rapidement dans l’outil et concourt au roulage de la pièce. La broche se retire en même temps que l’outil à rouler s’ouvre. Sur la broche, un petit appareil très simple assure l’éjection de la pièce.
- Depuis son entrée dans la machine, la pièce à travailler est successivement découpée, pliée et roulée et n’est abandonnée à elle-même que pendant le temps très court de sa chute le long de la pente 0.
- Une tige commandée par une came de l'arbre A fait mouvoir des ciseaux dont le but est de replacer exactement dans le milieu de l’évidement de pliage les pièces qui auraient dévié soit à droite, soit à gauche sous l’iniluence du poussoir X.
- La machine bat la seconde, et donne pour une
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- journée elleelive de dix heures, oh 000 coups de déeoupoir. Si donc l'on pouvait avoir des handes de grande longueur, la machine pourrait fabriquer oO 000 douilles. Dans la pratique, étant donné que l’ouvrier doit présenter successivement chaque bande aux rouleaux entraîneurs, il perd en général un coup de déeoupoir pour chaque bande. 11 faut, de plus, arrêter de temps à autre pour graisser les parties travaillantes de la machine. De ce fait, la production tombe en moyenne à 21 000. Cependant un ouvrier attentif et adroit arrive à 20 000 et quelquefois 27 000.
- Les trois opérations qui ont été décrites plus liant se faisaient primitivement au balancier avec trois ouvriers et un apprenti pour Je rabattage du bec qui lient la plume. L'équipe ne dépassait jamais une production de 7200 douilles, l'opération du roulage étant la plus longue arrêtait l’équipe. La machine actuelle donne trois fois [dus exactement dans le même temps et ne nécessite que deux ouvriers au lieu de quatre. La passe à la machine est payée o centimes 1/2 par grosse (144) et le rabattage 1 centime 1/2, soit 5 centimes contre 10 centimes 1/2 dans l’ancienne production. Cette différence de 5 centimes peut paraître minime, mais elle est considérable pour un article vendu à des prix très lias. J. L.
- Monsieur le directeur,
- « Nous lisons un article publié dans votre numéro du 1er juin, sur les « Procédés d’épuration domestique des eaux de boisson )) où nous trouvons les appréciations suivantes :
- « Nous ne ferons que citer à titre de mémoire les an-ci ciens appareils de simple filtration représentés princi-« paiement par les bougies de porcelaine de M. Chamber-« land, la porcelaine d’amiante de M. Garros.... Ces filtres K semblent avoir fait leur temps. »
- Nous ferons simplement observer que les filtres Cliam-berland système Pasteur, qui, déjà seuls, avaient obtenu une médaille d’or en 1889, sont encore les seuls qui, à la dernière Exposition universelle de 1900, aient été honorés de deux Grands Prix dans les classes d’bvgiène civile et militaire (classes 111 et 121). Ces dernières récompenses accordées par des Jurys comprenant les maîtres les plus éminents de l'hygiène tant en France qu’à l’étranger, « il y a moins d’un an », ne paraissent pas impliquer « que ces filtres semblent avoir fait leur temps ».
- Veuillez agréer, monsieur le directeur, l’assurance de nos sentiments très distingués.
- SOCIETE IIU FI1.TRE CIlAMBEliLAXO SYSTEME l'ASTIXü.
- --•><£<>--
- CHRONIQUE
- Le sous-sol de la place de riIùtel-de-Ville. —
- La Commission municipale du Vieux Paris, sur la proposition de M. Villain, a décidé d’exécuter une série de puits sur la place de l’Hùtel-de-Ville, afin d’établir nettement la nature du sous-sol de Paris en ce point et les
- limites de l’ancien port de la place de Grève. Le premier de ces puits vient d’être foré sous la direction de M. Vallet du service municipal des Carrières. 11 a été étudié par notre collaborateur, le I)r Capitan, de la Commission du Vieux Paris, avec le concours de M. Sellier, inspecteur des fouilles de la ville de Paris. M. Capitan a présenté à la séance du 27 juin de la Commission du Vieux Paris le résultat de ses observations et les fragments archéologiques recueillis qui permettent de dater très exactement chaque couche traversée. L’ensemble de ces couches est le suivant de la surface du sol jusqu’à 8 mètres de profondeur, fond de la fouille. D’abord une couche de gravats de I m,55 d’épaisseur, datée par des fragments de poterie (terre rouge à émail vert, du seizième au dix-huitième siècle), puis une mince couche de sable fin. Ensuite, une seconde couche de gravats, de 0m,80 d’épaisseur, datée par de nombreux fragments de grès à émail vert pâle du quatorzième au seizième siècle, une seconde couche de sable de 0m,50 d’épaisseur, puis de nouveau une couche de débris de constructions avec fragments de plâtre mal cuits et débris de vases en grès, à pâte jaune rose, avec flammules rouges caractéristiques du onzième au douzième siècle. Ensuite vient une couche de 2m,60 d’épaisseur constituée par une argile noire, tourbeuse, avec débris de végétaux aquatiques, de branchages, de planches de chêne et rigoureusement datée par des fragments de poteries très grossières qui sont exclusivement d’époque gauloise, gallo-romaine, peut-être aussi mérovingienne, quoiqu’il n’ait pas été trouvé de fragment pouvant être indiscutablement attribué à cette époque.
- Ce qui caractérise surtout cette curieuse couche, ce sont de très nombreux débris de cuir assez épais et bien tanné, découpés, ordinairement de forme triangulaire et qui doivent être des rognures de cordonniers, puisque parmi eux, on a rencontré des fragments de semelles de souliers bien cousues, une semelle de chaussure d’adulte presque entière avec quelques clous encore adhérents et une petite semelle de soulier d’enfant tout entière. C’est la même couche qui avait été découverte par M. Rollain et étudiée, dans des fouilles spéciales de la Commission, à la rue du Petit-Pont, lors des travaux du chemin de fer d’Orléans. Enfin, sous cette couche, la fouille a atteint le sable diluvien quaternaire avec galets et fragments de granit roulés. 11 a été creusé sur une épaisseur de 2 mètres, presque jusqu’au niveau de la nappe aqueuse.. Dans le fond, on a trouvé une petite masse arrondie, pâteuse au moment de l’extraction, qui n’est autre qu’un fragment d’ivoire profondément altéré, tel qu’on le rencontre généralement dans les couches humides, ainsi qu’étaient celles atteintes en dernier lieu par la fouille.
- Cette très régulière et quasi schématique succession de couches montre donc dans le fond les alluvions sableuses de l’époque quaternaire ancienne, puis les traces d’un marécage de longue durée correspondant aux époques gauloise, gallo-romaine et peut-être mérovingienne et enfin une succession de débris de constructions s’échelonnant du douzième au dix-huitième siècle. Nous tiendrons nos lecteurs au courant des résultats fournis par le forage des autres puits.
- I,es premiers chemins «le 1er. — Voici quelles ont été les dates d’inauguration des premiers chemins de fer dans divers pays du globe : Angleterre, 27 septembre 1825; Autriche, 59 septembre 1828; France, 1er octobre 1828; États-Unis, 28 décembre 1829; Belgique, 5 mai 1855; Allemagne, 7 décembre 1855; Ile de Cuba, 7 décembre 1857 ; Russie, 4 avril 1858; Italie, \ septein-
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- LA NATUUE
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- l)ro- -1839: Suisse. 15 juillet 18 Ai ; Jamaïque, 2 novembre 1845; Espagne, 24 octobre 1848; Canada, Mexique et Pérou, 24 mai 1850 ; Suède, 24 mai 1851 ; Chili, 24 janvier 1852; Indes, 18 avril 1853; Norvège, 18 juillet 1853; Portugal, 18 juillet 1854; Brésil, 21 avril 1854; Victoria, Australie, 14 septembre 1854; Colombie, 28 janvier 1855 ; Nouvelle-Galles du Sud, 27 septembre 1855; Egypte, 27 janvier 1850; Natal, 2 juin 1800; Turquie, 4 octobre 1800.
- Vitesses des images. — Le journal Nature a reçu, du Meteoroldgical Service du Canada, un rapport intéressant sur des observations faites à Toronto sur les nuages, en 1890 et 1897. Les instruments se composent essentiellement de deux théodolites, les télescopes étant remplacés pour chacun par un axe très long formant un y. La longueur de la base était de 1552 mètres; l’observateur, à une station, choisit un point bien défini du nuage, et téléphone sa position à l’autre observateur qui la vise à son tour; cette opération est répétée après un intervalle variant de 49 secondes à 8 ou 10 minutes. Le plus haut cirrus mesuré à la fin de 1890 avait 10 900 mètres et une vitesse de 79 milles à l’heure ; le plus bas 8100 mètres, avec une vitesse de 55 milles. En juin 1897, les altitudes excédaient il 000 mètres, la vitesse moyenne 40 milles.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 1er juillet 1901. — Présidence de M. Fouqué.
- M. Darboux annonce que le récent jubilé de l’Fni-vcrsité de Claseow a été célébré avec un grand éclat et que la délégation française, dont faisaient partie M. de Franquoville, de l’Académie des sciences morales et politiques, et M. Becquerel, a reçu l’accueil le plus sympathique. M. le Secrétaire perpétuel ajoute que, par suite de Fin traduction dans l’Association internationale des académies de délégués des académies consacrées aux sciences historiques, un mouvement puissant s’est produit en Angleterre, en vue du dédoublement de la Société royale. Cette société célèbre dont font partie de droit les membres du conseil privé, c’est-à-dire un certain nombre d’hommes politiques voués nécessairement plutôt à l’étude des sciences historiques qu’à l’étude des sciences exactes ou naturelles, se montre réfractaire à l’idée nouvelle. Mais un courant puissant se dessine dans diverses sociétés très importantes, telle que la Société asiatique.
- Propriétés du Niobium. — M. 11. Moissan a effectué de nouvelles recherches sur le Niobium et en communique le résultat. Ce corps est assez rare; il a été cependant beaucoup étudié, mais, comme on ne connaissait pas de moyen de l’obtenir à l’état de pureté, les résultats ont été assez contradictoires. M. Moissan a pu obtenir ail four électrique une fonte contenant 2 pour 100 de carbone dont il indique les propriétés. Cette fonte résiste à une température de 2000°, elle est inattaquable par les acides et sans action sur l’eau à froid ou à la température du rouge. Néanmoins, elle possède des propriétés réductrices très actives. Diverses considérations montrent que l’on doit désormais considérer le Niobium comme un métalloïde et non comme un métal.
- Le terrain boitiller dans le nord de l'Afrique. — M. de Lapparent rappelle qu’on avait déjà signalé la présence du dévonien dans la région de Timassinine, au sud de la frontière marocaine. Il faut savoir qu’au cours de l’expédition de la colonne Servière dans le Gourara
- (Sahara occidental) M. le commandant Laquière a recueilli des fossiles engagés dans du calcaire gris ou amarante. Ces fossiles ont été étudiés par M. Flamand ; ils établissent l’affleurement dans le Gourara de l’étage du dévonien moyen qui s’y présente sous un aspect presque identique à celui qu’il affecte à Cabrières, dans l’Hérault. Il est donc possible que le terrain houiller se rencontre sur une ligne passant entre Timassinine et le Gourara.
- Culture d’ahjue verte dans l'obscurité. —M. Dehérain présente une Note de M. Raoul Bouilhac, sur la culture de l’algue verte appelée nostoc punctiforme. Cette culture dans l’eau minérale ne se développe qu’à la condition d’être convenablement éclairée. Toutefois la culture réussit dans l’obscurité à la condition d’ajouter à la solution une petite quantité de glucose. L’auteur a également fait prospérer des cultures dans l’obscurité en ajoutant à la solution soit du saccharose, soit du maltose et même du lactose. Mais beaucoup d’hydrates de carbone ne se prêtent pas à la végétation de la plante qui absorbe du glucose mais refuse le lévulose, montrant ainsi que dans les phénomènes biologiques intervient constamment l’influence exercée par la position des atomes dans la molécule.
- Mécanisme de l'hérédité. — M. d’Arsonval présente une Note de MM. Charrin et Gabriel Delamare sur le rôle de la cellule dans l’hérédité. D’après les expériences des auteurs, faites sur la femme, une modification anatomique dans les éléments des générateurs se retrouve dans ceux des rejetons. On peut reconnaître chez le nouveau-né des tares cellulaires existant chez la mère. Celle-ci ayant succombé à une crise d’éclampsie ou de diabète, ils ont observé une dégénérescence des globules rouges du sang ou une fonte du plasma des cellules hépatiques qui se retrouvait chez l’enfant. 11 semble donc qu’il y ait là hérédité et que cette hérédité ne soit autre chose qu’une propriété cellulaire, à moins que dans ces cas, il ne s’agisse d’anomalies survenues chez l’enfant grâce à l’action des poisons maternels qui ont impressionné les éléments anatomiques du nouveau-né comme ils ont influé sur ceux de la mère.
- Varia. — M. le Secrétaire perpétuel annonce que la statue de Chevreul sera inaugurée le 11 juillet prochain au Muséum. MM. Fouqué et À. Gautier représenteront l’Académie. —M. Lcevvy dépose une Note de M. Bigour-dan signalant la découverte d’une nébuleuse.
- Ch. DE VlLLEDEUlL.
- LES ARMES REMARQUAMES1 -
- Nous avons déjà fait connaître un certain nombre d’arbres qui se distinguent par leurs grandes dimensions et par leur âge avancé. Nous en mentionnerons aujourd’hui deux autres, sur lesquels nous avons reçu des renseignements intéressants.
- M. Ficatier nous a envoyé la photographie reproduite dans la figure 1 et qui représente un des plus gros baobabs, peut-être le plus gros du Sénégal. 11 se trouve à coté de la carrière de (Juakam, près Dakar, exploitée par M. Hersent pour la construction des digues du port de Dakar. Il mesure 25 mètres de circonférence à la base.
- Le baobab (Adansonia baobab) est un arbre
- 1 Vov. n° 1312, du 23 juillet 1898, p. 128.
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- LA N A TL HE.
- énorme qui rend d’immenses services aux indigènes; il est très abondant dans le bas Sénégal.
- La farine du fruit, appelé « pain de singe », sert à cailler le lait; dans la rougeole et la petite vérole, on la fait délayer dans de l’eau de manière à en former un liquide épais, et on met de ce liquide dans les yeux des malades o fois par jour. Contre la dysenterie, on la fait délayer dans l’eau que l’on boit ; on l'utilise de même dans la petite vérole.
- Quand on sèvre les enfants, on en met dans leur lait avec du sucre et du miel.
- Les feuilles se récoltent en janvier et février ;
- saupoudre les plaies purulentes pour les cautériser.
- Un mange parfois la raciim du jeune baobab ; enfin la décoction du petit baobab auquel on a enlevé l’écorce sert comme remède pour les yeux.
- M. A. Gobin, à Lyon, nous a fait parvenir les photographies de deux oliviers dont les dimensions sont peu ordinaires. Ils sont situés sur le territoire de Menton, quar-tierSaint-Joseph, dans un terrain compris entre le chemin de fer et le chemin qui va au Cap Martin en passant devant la caserne des chasseurs alpins.
- Un des oliviers (lis. 2) a un
- tronc qui mesure 4m,06 de diamè-
- séchees et pulvé- Kig. 1. — Baobab, près <le Dakar, mesurant 23 mètres de circonférence à la base. tre a la hase près
- risées, elles assaisonnent le couscous. Elles sont pectorales et émollientes. Elles diminuent la transpiration et préviennent les maladies transpiratoires. On obtient une tisane calmante en les faisant bouillir dans l’eau. Cette tisane sert encore contre la dysenterie. La décoction de ces feuilles est employée en bains de siège contre la dysenterie. Elle sert aussi à laver les yeux et les oreilles malades et les plaies, et à faire mûrir les tumeurs. Les cataplasmes faits avec ces feuilles apaisent les coliques. L’écorce fournit des liens et des cordes assez solides. L’écorce sert à faire du papier. La gomme de l’arbre est un excellent détersif pour nettoyer les plaies. Le suc ou latex de l’arbre calme les maux de dents. Les graines grillées et pulvérisées combattent, les maux de gencives chez les en-
- du sol ; il n’est pas cylindrique, mais il présente plusieurs grosses côtes ou nervures et paraît aplati. Le deuxième olivier a un tronc plus cylindrique, il a onQ,15 de diamètre à la base ; sa ramure est très belle. Ces arbres ont certainement plusieurs siècles d’existence et sont encore très vigoureux.
- M.Gobinajoute qu’il existait autrefois à Monte-Carlo, boulevard des Moulins, un olivier dont la ramure était si développée qu ’on avait pu installer deux étages de pl a te-formes garnies de tables où les clients d’une buvette tenue par le propriétaire venaient prendre leurs consommations. Le tout était desservi par un escalier central en bois rustique. Des plantes grimpantes enlaçaient les brandies inférieures et l’ensemble présentait un aspect original et très pittoresque. J. Lebois.
- fants. On les mange en temps de famine. La coque du fruit sert à donner de la force au tabac à priser. Avec la poussière extérieure de la coque, on
- Paris. — hniirimerie Laiilre, rue de Fleurus, 9.
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- N" 1408. — 13 JUILLET HH)1.
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- LES ASSOCIATIONS ANIMALES (ÉPIZOANTHE ET PAGERE)
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- Fig. 2. — Trois colonies d’une petite espèce (EpiioanthiK-Pahjlhoa-paguricola), munies de leur Pagure (Anapagurus leius).
- Les dimensions sont un peu supéi'ieures à celles de la nature.
- Ces échantillons ont été recueillis dans la Méditerranée, sur les côtes de la Corse, par 70 à 100 mètres de profondeur.
- Il sc faut entr’aider : c’est la loi de nature. Certains animaux n’y manquent point, et plusieurs Aeli-
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- nies sont du nombre. Ces habitants de la mer comptent parmi les plus curieux. Tout les fait remar-
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- LA NATURE.
- quer : leur corps cylindrique, aisément contracté, souvent paré de vives couleurs ; leurs tentacules nombreux et flottants, qui s’étalent et ondulent dans l’eau ; leur vie sédentaire, car ils s’attachent à un support et ne le quittent point ; enfin, la simplicité de leur organisme, qui se réduit à un sac fixé par son bout fermé, dressant son extrémité ouverte, entourée par les tentacules groupés en couronnes concentriques. Actinie est le terme scientifique. Suivant le cas, plutôt suivant la manière dont on les envisage, on les nomme habituellement des « Orties » ou des « Fleurs marines » (« Anémones de mer, Roses de mer »). Orties: car leurs tentacules contiennent de minuscules appareils urticants qui blessent, lorsqu'on les touche trop violemment, comme les plantes ainsi désignées. Fleurs de mer : car ces mêmes tentacules, quand l'animal se soulève pour les étaler lentement dans l’eau, rappellent assez, avec leurs teintes délicates ou brillantes, les pétales d’une tlcur animée qui s’ouvrirait et s’épanouirait.
- La plupart des Actinies vivent solitaires. Parfois, elles se groupent en assez grande quantité dans un espace restreint ; mais ce n’est là qu’une juxtaposition et rien de plus. Certaines, pourtant, s’agglomèrent et se soudent vraiment les nues aux autres. Celles-ci joignent à la reproduction sexuelle un autre procédé de multiplication. Elles sont capables de lauirgeonner. Chaque individu engendre par ce moyen d’autres êtres semblables à lui, qui lui restent liés, et peuvent à leur tour agir de même. Ces assemblages deviennent des colonies dont les parties tiennent entre elles. La colonie est comme un corps complexe, formé par l’union intime de corps élémentaires, qui sont tous des Actinies. L’Epizoanthe fait partie de ces Actinies coloniales.
- Plusieurs espèces d’Épizoanthes étalent leurs groupes d’individus sur des corps durs et immobiles, rochers, coraux, éponges ou grosses coquilles. D’autres, plus remarquables, entourent des Pagures ; elles gagnent à cela une faculté de déplacement que les premières n’ont point. Elles sont emportées par les êtres qu’elles enveloppent ; elles se laissent traîner par eux sur le fond de l’eau. Celles-ci n’ont été trouvées que dans les profondeurs moyennes et grandes de” la mer ; ignorées auparavant, elles sont connues depuis les récentes expéditions de dragages.
- On sait les singulières habitudes des Pagures. Leur sobriquet de Bernard l’Ermite les dénote justement. Ces animaux protègent bien d’une carapace résistante leur partie antérieure ; mais leur volumineuse région postérieure est molle, sans défense. Ils sont obligés de la cacher dans un objet de consistance suffisante, d’épaisseur assez considérable pour en tirer la protection nécessaire, et de légèreté convenable pour qu’ils puissent le porter. Quelques-uns choisissent des coquilles vides, ou qu'ils ont vidées en mangeant le premier possesseur. D’autres adoptent des Éponges globuleuses, où ils se creusent une manière de terrier. D’autres encore permettent à des Actinies d’un type spécial (genre Adamsia) de se
- fixer sur eux ; ils transportent ainsi une sorte de cuirasse vivante, parfois plus grosse qu’eux, dont la substance coriace et les tentacules urticants procurent un abri convenable. Enfin, certains se laissent entourer par des Epizoanthes. Ces derniers sont les plus extraordinaires.
- Le Pagure ainsi associé traîne une masse volumineuse, deux ou trois fois plus forte que lui, mesurant jusqu’à six et huit centimètres de diamètre. 11 en laisse sortir Pavant de son corps, scs pattes, ses pinces, ses antennes. Le reste occupe une galerie assez étendue pour que l’animal s’y réfugie tout entier.
- L’Epizoanthe est une colonie, faite de huit ou dix individus d’ordinaire, tantôt plus, tantôt moins. Chacun de ces derniers ressemble à une eolonnette dressée, dont l'extrémité supérieure et libre porte des tentacules, dont l’extrémité inférieure s’étale et se soude à ses voisines pour constituer avec elles la lame épaisse où la galerie du Pagure est creusée. Celui-ci charrie sa maison, faite d’êtres vivants et animés. Ils lui donnent la protection dont il a besoin, et il leur procure ce qu’ils ne peuvent avoir par eux-mêmes : la faculté de se déplacer. C’est la réalisation non pas accidentelle, mais permanente et sous une autre forme, de l’entente entre l’aveugle et le paralytique de la fable. Seulement, les paralytiques sont ici nombreux, et celui qui les porte, possédant des yeux, ne les garde que pour se protéger, non pour se diriger dans sa route.
- Comment se prépare une telle association ? Un ne sait, car les échantillons trouvés jusqu’à présent sont tous adultes et complets. Mais il est possible de le pressentir avec ce que l’on connaît de leur histoire. L’Epizoanthe commence par être un embryon fort petit, capable de se déplacer dans l’eau. Il s’attache, plus tard, à un objet résistant, bourgeonne et produit une colonie. S’il se fixe sur un rocher ou sur une grosse coquille, rien de particulier ne se manifeste. Mais s’il va s’accoler à une coquille minuscule, déjà habitée par un jeune Pagure, F union s’établit. Le bourgeonnement s'effectue ; la colonie prend naissance, grandit, enveloppe la coquille entière et ne tarde pas à la déborder. Le Pagure s’accroît à son tour. La colonie l’entoure, d'une faible quantité d’abord, davantage ensuite. Les deux associés augmentent à la fois, l’un portant l’autre et s’y ménageant à mesure un trou pour s’abriter. La coquille disparaît par résorption, prise dans les tissus nouveaux qui l’enserrent. Et l’entente se fait telle qu’elle se maintiendra désormais.
- Les colonies d’Épizoanthes, qui servent aux Pagures de gaines protectrices, ont une forme définie et constante, globuleuse ou discoïdale. Par contre, celles qui s’installent sur des rochers se disposent suivant les aspérités ou les creux ; leur aspect n’a rien d’arrêté, varie de l’une à l’autre. Toutes prennent l’allure quLconvient aux conditions de leur vie. Les premières se rassemblent autour de leurs hôtes, afin d’avoir la moindre masse et de procurer le moindre embarras. Les secondes se moulent sur
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- leurs supports. Les circonstances leur impriment les meilleures dispositions pour subsister. L’adaptation au milieu est ici l’agent principal. Les preuves en sont fréquentes par ailleurs ; mais il est toujours utile d’en signaler de nouvelles. I)1' Louis Roule,
- Professeur à la Faculté tics sciences de Toulouse. ----------—
- LES VOLCANS GÉOLOGUES
- Qu’est-ce que peut bien être un volcan-géologue? se demanderont sans doute les lecteurs de ce journal. Quel rapport est-il permis d’imaginer entre ces bruyants appareils qui vomissent des laves et les paisibles ramasseurs de pierres qu’on voit rôder dans les chemins creux et les carrières, à la recherche d’échantillons de roches ou de fossiles!
- Cependant, en y réfléchissant, l’analogie n’est peut-être pas si lointaine qu’on pourrait le croire dans un premier examen. En effet, la fonction propre du géologue est d’interroger les profondeurs de l’écorce terrestre, afin d’y découvrir, soit dans la nature et le mode d’association des éléments minéraux, soit dans les caractères des débris organiques contenus au sein des couches sédimentaires, les éléments d’une histoire de l’écorce. Plus une tranchée est profonde et plus précieuses sont les informations qu’elle fournit. Le géologue gémit toujours de ne pouvoir descendre assez bas dans ses recherches; et c’est pour lui une jouissance inappréciable quand un sondage au diamant, entrepris en vue d’une recherche de mines, va lui chercher, à des profondeurs de 2000 mètres, comme cela s’est déjà vu, des échantillons reconnaissables du terrain sous-jacent.
- Or cette fonction de sondeur, toujours si coû-. teuse, certains volcans l’exercent ou l’ont exercée d’eux-mêmes pour le plus grand profit des géologues. Ce sont ceux où l’émission des laves a été accompagnée d’explosions assez violentes pour faire sauter en l’air non seulement des bombes de scories, qui ne sont que de la lave solidifiée, mais une partie plus ou moins notable du terrain sur lequel l’appareil volcanique s’était établi.
- Le premier des volcans chez qui cet office ait été constaté est le Vésuve : non pas le Vésuve actuel, c’est-à-dire le cône de cendres et de laves qui surgit au-dessus de la baie de Naples, mais la montagne semi-circulaire qui entoure à distance l’appareil actif, et n’est elle-même que le reste d’un cône considérable, formé surtout par de gigantesques explosions, à une époque peu antérieure à la première occupation de la contrée par l’homme.
- Celte montagne, célèbre dans l’histoire des controverses géologiques, s’appelle la Somma. Elle est constituée par un enchevêtrement de nappes de laves et de débris de toute sorte, empruntés à un fond qui nulle part ne se laisse voir au jour, étant au-dessous du niveau de la mer et recouvert par des matériaux volcaniques. Dans ces débris, on trouve parfois des morceaux d’une marne grise, avec coquilles marines, «pii prouvent que le terrain sub-
- apennin, celui du Monte Mario près de Rome, forme le substratum immédiat du volcan.
- D’autres fragments, constitués par un tuf avec empreintes végétales, nous enseignent qu’une période continentale a suivi cet épisode marin. Mais les morceaux les plus instructifs sont ceux qui, depuis longtemps, ont signalé la Somma à l’attention des minéralogistes, à cause des espèces rares et bien cristallisées qu’ils renferment. On sait aujourd’hui, à n’en pas douter, que leur origine doit être cherchée dans les calcaires sédimentaires d’àges divers, qui forment l’ossature de l’Apennin méridional et existent en profondeur sous le volcan.
- Ces calcaires, tenus en digestion, sous une pression énorme, au contact des matières fondues et des vapeurs à la hase du Vésuve, ont éprouvé des transformations très curieuses, propres à nous donner la clef du « métamorphisme », c’est-à-dire des changements par suite desquels un ancien sédiment peut revêtir une forme entièrement cristalline. Ici donc le volcan n’a pas seulement fait l’oftice de sondeur complaisant, amenant au jour ce qui devait rester enfoui dans les entrailles inaccessibles de l’écorce. Au préalable, il avait apporté la toute puissante collaboration de son merveilleux laboratoire à ces études de « géologie expérimentale » dont Raubrée aétél’initiatenr.
- Un autre volcan, celui-là situé aux Antilles, dans l’île de la Trinité, a parfois rejeté des blocs d’une roche cristalline dont les divers éléments ne sont pas moins gros que ceux des granités, fournissant ainsi la preuve que les roches largement cristallisées sont le produit d’une activité qui ne voit pas le jour.
- Beaucoup moins violentes que les projections de la Somma, mais non moins instructives, sont celles des volcans boueux des lies de la Sonde. 11 y a peu d’années, un voyageur en route pour Timor dut, par suite de mauvais temps, relâcher dans un îlot voisin, celui de Rotti. Pour se désennuyer, il alla voir les petits volcans de boue, depuis longtemps connus sur cette île, et qui consistent en de simples mares de boue salée, occupant le centre d’un cône plat. Ces mares sont agitées par des bulles qui viennent crever à la surface, projetant parfois quelques pierrailles à droite et à gauche. Quelle ne fut pas la surprise du voyageur en apercevant, parmi les débris ainsi projetés, des cornes d’Ammon et autres fossiles, alors que le terrain de l’île consiste exclusivement en tufs volcaniques? Il les recueillit et les rapporta en Europe, où on y reconnut des fossiles tout à fait semblables à ceux qu’on récolte, en Lorraine ou en Bourgogne, à la base dn terrain jurassique. Indication précieuse s'il en fut pour l'histoire des mers anciennes, dans une région du . globe où, jusqu’à cette date, il semblait qu’il fallût désespérer de trouver aucun vestige de cet âge !
- Parlerons-nous aussi des volcans d’Auvergne, où les délicates recherches de M. Lacroix ont permis de reconnaître, au sein de certaines laves, des portions qui certainement représentent des « enclaves », c’est-à-dire des fragments de terrains sous-jacents beaucoup
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- plus anciens? Non seulement on peut s'y l'aire une idée de la base du massif du Mont-Dore ; mais ces enclaves, profondément modifiées, laissent constater des phénomènes très semblables à ceux qui caractérisent les blocs à minéraux de la Somma. Un y assiste, pour ainsi dire, à la « digestion » des blocs par la lave, et à la production, dans leurs cavités, de minéraux engendrés par les gaz mélangés à la masse fondue.
- Enfin, tout récemment, l’Angleterre est venue apporter son contingent au catalogue de ce que nous nous sommes plu à appeler des « volcans géologues ». Mais ici le service rendu par ces appareils est plus original ; ce ne sont plus des coups de sonde profonds ; il s’agit de la conservation systématique de matériaux destinés sans cela à une destruction certaine !
- Entre l’Ecosse et l’Irlande se trouve l’île d’Arran, connue pour ses formations éruptives d’âge tertiaire. Un des anciens évents volcaniques, celui d’Ard Beihnn, aujourd’hui fortement démantelé, se signale par des o agglomérats », c’est-à-dire des accumulations de blocs de toutes sortes. Or, parmi ces blocs, on trouve de véritables paquets d’un terrain contenant des fossiles jurassiques, et qui devait couvrir la surface de l’île avant que les volcans s’y fussent établis. Des écroulements, contemporains de la formation de ces volcans, ont permis aux paquets en question, par leur chute dans la cheminée, d’échapper à l’érosion qui les eût infailliblement détruits.
- Ainsi le volcan d’Arran a agi non seulement en géologue, mais en « conservateur de collections ». Lui, appareil destructeur par excellence, a empêché la perte totale du lambeau par lequel le terrain jurassique d’Ecosse se reliait à celui des contrées du sud-ouest de l’Angleterre ; absolument comme la coulée de basalte d’Antrim, sur la côte d’Irlande, a empêché la ruine totale de la couche de craie tendre, sur laquelle elle s’est épanchée en la durcissant.
- Concluons donc : en premier lieu, que les volcans sont parfois de très utiles collaborateurs pour les géologues, non seulement par les données qu’ils fournissent sur l’activité interne du globe, mais aussi par les documents qu’ils apportent sur les profondeurs inaccessibles de l’écorce sédimentairc ; en second lieu, que ce serait leur faire un tort immérité, si on
- voulait les considérer comme ayant pour unique fonction de ravager et de détruire ; puisqu’il est des cas où, par un véritable paradoxe, leur action préservatrice est venue se mettre en travers de l’œuvre de destruction, lente celle-là mais inllexible, qu’accomplissent aux dépens de la terre ferme les eaux courantes et les agents atmosphériques. A. de Lapparext,
- de l’Institut.
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- NOUVEAUTÉS PHOTOGRAPHIQUES
- LE Si NX O X LESUEUR - LE P.VNKOliAS DUCOM
- LE PLIANT DOM-MARTIN - l’aPPAREIL FETTER
- Dans tous les appareils qui emploient des plaques sur verre, le rechargement en plein jour n’est possible qu’autant qu’on a d’abord placé les plaques dans un dispositif spécial : cartouche, châssis, etc.,
- opération qui ne peut se faire que dans l’obscurité ou à la lumière rouge. Le grand avantage que font valoir les fabricants de pellicule en rouleau, c’est que précisément elle peut être, sans aucune préparation et telle qu’on la trouve chez le marchand, mise dans l’appareil en plein jour et enlevée de même. M. Lesueur, qui est fabricant de plaques sur verre, a voulu donner la même facilité pour celles-ci : grâce à un mode d’emballage particulier, et en se servant d’un appareil photographique spécialement construit à cet effet, « le Sinnox », on peut introduire directement dans l’appareil la boîte telle qu’on vient de l’acheter.
- Sans qu’on ait à s’occuper de rien, par la seule manœuvre du tiroir du Sinnox, la boîte s’ouvre et les plaques viennent se placer successivement au foyer de l’objectif; au fur et à mesure de leur utilisation, elles se trouvent remballées dans la même boîte qu’on peut toujours sortir à tout moment et en plein jour, soit pour aller dans le laboratoire développer les plaques déjà exposées; soit, si elles ont toutes été utilisées, pour la remplacer par une neuve.
- Le mode d’emballage des plaques consiste à coller chacune d’elles, par les quatre angles, sur une feuille de papier noir de dimension un peu plus grande; on les empile ensuite l’une sur l’autre dans une boîte en carton. Celle-ci ne s’ouvre pas comme à l’ordi-
- Fig. 1. — Le Sinnox Lesueur recevant les plaques dans leur boite sans les déballer.
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- naire, mais est faite en forme d'étui à cigare. Elle est représentée à moitié ouverte, à gauche de notre gravure (fig. 1). La partie qui a reçu les plaques coulisse dans un étui en carton qui l’enveloppe com-
- plètement; sur notre dessin, on a fait une déchirure sur cet étui pour montrer l'intérieur, où la première plaque est masquée par un papier noir. La partie supérieure de la boite est terminée par un car-
- Fig. 2. Nouveaux appareils photographiques. — 1. Le Pankoras Ducom et Echassoux. — 2. Le Pliant Pont-Martin.
- ton dépassant légèrement de tous côtés de façon à former couvercle en s’appuyant sur les bords de l’étui, quand la boîte est coulissée à fond. L’étanchéité à la lumière est assurée en réunissant ce couvercle à l’étui par du papier collé extérieurement, et qu’on incise avec un canif au moment d’utiliser la boîte. Tout le paquet de plaques est maintenu par une épingle qui traverse le carton de la boîte et tous les papiers à leur partie supérieure; de sorte que si on tenait la boîte verticalement et qu’on saisisse d’une main le rebord en carton formant couvercle, puis, qu’on tire l’étui de l’autre main, celui-ci pourrait s’enlever sans que les plaques tombent. On remarque sur notre gravure que le bas des papiers support est coupé en escaliers et porte des trous ; le papier a été doublé à cet endroit pour être plus solide. Si on suppose la boîte fermée et qu’on pique une aiguille au travers du bas de l’étui, de façon qu’elle traverse
- l’un de ces trous, on conçoit que quand on ouvrira ensuite la boîte, en tirant l’étui, la ou les feuilles,
- qui se trouveront traversées par l’aiguille, seront entraînées ; le papier des feuilles ainsi entraînées se déchirera facilement à la partie supérieure où le maintient l’épingle dont nous avons parlé. En descendant avec l’étui, les plaques et leur support démasqueront la plaque qui se trouvera derrière elles. Les choses sont disposées de laçon à se passer ainsi méthodiquement dans le Sin-nox. On introduit La boîte dans un tiroir placé à la partie arrière, et qui porte à sa partie inférieure un bloc percé de trous garnis de caoutchouc et dans lesquels on peut enfoncer une aiguille en acier munie d’une tête et reliée par une chaînette (voir en cartouche, en bas, à droite de la gravure).
- Ces trous se trouvent en face de ceux percés dans les papiers support. Quand on pique dans le trou
- Fig. 5. — L’appareil Feller,
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- n° i, on traversé seulement la première feuille (pii sert à masquer la- première plaque. On tire alors le tiroir qui prend la position H entraînant avec lui l’étui À et la feuille piquée; le paquet de plaques ne bouge pas et la première D se trouve démasquée. Quand oîf repoussera le tiroir, la feuille remontera contre la [ilaquc et l’étui se refermera. Quand on pique dans le trou n° 2, on traverse le premier papier comme précédemment et en outre le support de la première plaque et les choses se passent comme précédemment, sauf qu’il y a une plaque (celle ipii a été utilisée antérieurement) qui se trouve entraînée.
- Pour que la mise au point se fasse automatiquement, l’appareil se compose de deux boîtes II et E qui coulissent l’une dans l’autre et un ressort sollicite toujours l’extrémité intérieure de E avenir s’appuyer sur les bords de la plaque qui pose; pour pouvoir refermer le tiroir B, il suffit d’opérer une traction en avant sur l’avant de la chambre.
- L’objectif et l’obturateur peuvent être quelconques et n’ont pas d'intérêt ici ; le constructeur pourra mettre ceux qu’on lui demandera.
- On pourrait faire une objection au sujet des plaques et supposer qu’on ne peut utiliser que celles de l’inventeur, mais il a bien prévu qu’il ne pouvait imposer une marque et il s’est entendu avec plusieurs do ses confrères, notamment les fabriques Lumière, Jongla..., pour faire des boîtes spéciales au Sinnox.
- En outre, pour le cas où l’on voudrait pouvoir employer des plaques quelconques il livre avec l’appareil une boîte vide qui contient, au lieu de papier support, de petits châssis en tôle portant les trous nécessaires au passage de l’aiguille. Mais il est évident que, si le système se répand, on préférera généralement pendre les boîtes toutes préparées ; il est à désirer qu’il se répande assez pour qu’en voyage on soit toujours sûr d’en trouver dans les principaux centres.
- Le Pankoras. — Bien que les appareils à magasin aient pris aujourd’hui une très grande importance, il y a encore bien des partisans de l’appareil à châssis séparés. MM. Bucom et Echassoux ont cherché,en créant le « Pankoras », à réunir les avantages de l’un et l’autre système sur des jumelles ou des détectives munies, comme objectif, obturateur, etc., de tous les derniers perfectionnements : tels que décentrement dans les deux sens, viseur suivant cedécentrement, mise au point, etc...; c’est le chargement de l’appareil qui est surtout intéressant (lig. 2, n° 1). On met les plaques dans des châssis métalliques A, de 0m,004 d’épaisseur, fermés par un volet constitué par une plaque de tôle coulissant dans des rainures et pouvant se retirer complètement.
- L’arrière de l’appareil est disposé de façon à pouvoir recevoir six de ces châssis placés l’un contre l’autre ; dans ce cas on se trouve, par le fait, avoir un magasin. Dès qu’une plaque a été impressionnée
- on remet le volet du châssis qui la renferme, et en appuyant sur un levier, on fait sortir ce châssis du magasin ; on n’a plus qu’à le tirer avec la main pour le placer derrière les autres et le châssis suivant se trouve en place pour être utilisé. Un trou percé dans la porte P, qui ferme le magasin, permet de voir le numéro des châssis utilisés. Un des avantages de ce système c’est de permettre l’emploi de plaques diverses qu’on peut approprier au sujet à photographier.
- Comme on a toujours la faculté, quand on le veut, de faire la mise au point sur un verre dépoli et d’employer tel ou tel châssis de la série, on peut charger un certain nombre de ceux-ci avec des plaques anti-halo et d’autres avec des plaques orthochromatiques ; il suffit de noter les numéros des châssis qui les contiennent pour les employer en temps utile.
- Le Pliant. — Cet appareil de format 9x12, construit par M. I)om-Martin, est destiné à l’emploi de châssis séparés métalliques et de peu d’épaisseur. L’arrière (lig. 2, n° 2) porte le verre dépoli à la place duquel on glisse le châssis au moment d’opérer.
- L’avant porte l’objectif et l’obturateur montés sur un système à coulisse qui donne un large décentrement. Ces deux parties sont réunies par un soufflet légèrement conique, et des articulations métalliques permettent de les rabattre l’une sur l’autre quand l’appareil n’est pas utilisé, de façon à avoir un volume peu encombrant. La mise au point s’obtient en agissant sur ces articulations au moyen d’un excentrique commandé par une aiguille M, dont l’extrémité vient s’accrocher dans des fentes F portant une graduation pour différentes distances en deçà de la distance hyperfocale de l’objectif. Tout l’appareil est en métal inoxydable, alliage de cuivre et d’aluminium, et il conviendra bien aux explorateurs qui ont à lutter contre la chaleur et l’humidité.
- L'appareil Fetter. — La préoccupation du constructeur de cet appareil, M. Fetter, semble avoir été d’éviter toute chance de jour au moment de l’ouverture du châssis. On sait que dans les chambres où l’on emploie des châssis à volets c’est souvent là une assez grande difficulté à vaincre et les photographes qui opèrent avec de tels appareils ont l’habitude de les envelopper du voile noir au moment où ils ouvrent le volet. Les petits châssis de M. Fetter (fig. 3) s’ouvrent comme un livre, la charnière étant placée dans le sens de la plus petite dimension. Pour placer l’un d’eux dans l’appareil on ouvre la porte qui ferme l’arrière de celui-ci et on y place le châssis de façon à engager les deux petites tiges A B que porte son volet antérieur dans la fourche CD qui termine le cadre mobile II fixé sur cette porte qu’on referme ensuite. Le châssis est ainsi complètement enfermé dans la chambre ; pour l’ouvrir il suffit de manœuvrer un petit levier M qui se trouve sur le côté de l’appareil et qui fait corps avec le
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- cadre H. Celui-ci bascule en avant, et, dans son mouvement de rotation, il entraîne avec lui le volet antérieur tandis que le volet postérieur, qui porte la plaque, est maintenu en place par la feuillure pratiquée dans l’appareil. La fermeture se fait par une manœuvre inverse. Un système de verrou placé en haut du châssis assure sa fermeture quand il est hors de l’appareil.
- La chambre noire est constituée par un cadre en bois et un soufilet en peau souple ; deux joues métalliques, dont l’une porte l’objectif et son obturateur, permettent de replier le tout de façon à présenter le moins de volume possible. G. Mareschal.
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- LÀ FLORE MICROBIENNE DU CORPS HUMAIN
- Le Ih Metchnikoff, de l’Institut Pasteur, a lu en avril dernier, à une séance du Manchester Literary and Philo-sophical Institute, un intéressant Mémoire sur la flore microbienne du corps humain. Nous allons l’analyser dans ses parties essentielles.
- L’auteur a expliqué qu’à sa naissance l’homme n’est habité par aucun microbe, mais immédiatement après, la surface de la peau et les membranes muqueuses se peuplent rapidement. Au bout de quelques jours, de nombreuses variétés de microbes sont déjà répandus sur le corps. Leurs germes proviennent de l’air ou de l’eau qui sert à laver l’enfant. En été, ils se développent plus vite qu’en hiver. En règle générale, ils font leur apparition entre la dixième et la dix-septième heure qui suit la naissance. Les membranes muqueuses, toujours humides et recouvertes de substances nourrissantes pour les microbes en prennent plus que la peau. La conjonctive de l’œil, cependant, grâce à l’abondante sécrétion des larmes, se débarrasse facilement de la plupart de ceux qui y pénètrent par le contact des doigts.
- C’est dans les organes de la digestion qu’on les rencontre en plus grand nombre. Le I)r Muller, de Berlin, en a décrit plus de trente espèces qui habitent la cavité de la bouche ; plusieurs d’entre elles descendent de la bouche dans les cavités des organes digestifs et peuvent être reconnues dans l’estomac et les intestins.
- Dans l’estomac et encore plus dans l’intestin grêle, c’est la forme de bacille qui prédomine chez les microbes dont le nombre et les proportions relatives varient avec la nature des aliments. De l’intestin grêle, les microbes passent dans le gros intestin où ils sont rejoints par un grand nombre d’espèces nouvelles. De toutes les parties du corps humain, c’est le gros intestin qui est le plus largement pourvu de ces organismes. Il est habité par quarante espèces de microbes, spécialement par des bactéries dont les bacilles forment la très grande majorité. Cet organe se peuple aussitôt après la naissance. Quand l’enfant est sevré, le nombre des microbes devient encore beaucoup plus grand. Chez un homme sain, on peut évaluer approximativement entre soixante et soixante-dix le nombre des espèces de microbes qui l’habitent.
- Le I)1 Metchnikoff ne croit pas, comme quelques auteurs, que certains microbes puissent jouer un rôle utile.
- On peut se demander, appliquant l’argument de Darwin, pourquoi, si un grand nombre de microbes sont nuisibles, ils n’ont pas été éliminés depuis longtemps simplement par le jeu de la sélection naturelle.
- Le Dr Metchnikoff donne, du fait, une explication origi-
- nale. C’est, pour lui, que la plupart des organes qui donnent asile à la végétation microbienne sont eux-mêmes inutiles, sinon nuisibles, à la santé et à la vie. Ainsi les follicules sébacés de la peau sont le siège de nombreuses colonies. Or ces follicules sont des organes devenus inutiles et représentent simplement un débris de la toison qui recouvrait la peau des animaux.
- Passe encore pour les follicules, mais l’estomac ? l’intestin ?
- Suivant le Dr Metchnikoff, l’estomac ne serait qu’un simple garde-manger dont on pourrrait se passer sans inconvénient sérieux. Il existe, en effet, en ce moment quatre personnes qui vivent sans estomac.
- De toutes les parties du tube digestif, c’est l’intestin grêle qui, seul, est indispensable à l’entretien de la vie. Et encore a-t-il aujourd’hui une longueur disproportionnée avec ses fonctions. Au lieu d’avoir un intestin grêle compris entre 6 et 7 mètres, l’homme pourrait se contenter du tiers de cette longueur. Les résections qui ont réussi semblent le prouver. Mais, ce qu’il y a de pire, c’est le gros intestin qui, toujours selon M. Metchnikoff, ne remplit plus aucune fonction utile et ne sert qu’à entretenir une population nombreuse de microbes, tout prêts à nous empoisonner de leurs ptomaïnes.
- Si l’homme était ainsi modifié, il se porterait certainement beaucoup mieux.
- Le Dr Metchnikoff est très radical : suivant lui, là tendance de l’évolution à réduire et à atrophier ces organes devrait être aidée par la médecine et la chirurgie. Bref, il faudrait nous perfectionner nous-mêmes. C’est très bien, mais que M. Metchnikoff donne l’exemple! après nous verrons ! ________ G. G.
- LES ASPHALTES DE PONT-DU-CHATEAU
- EN AUVERGNE1
- L’asphalte est une substance d’usage tout à fait courant dans nos villes et dont chacun a vu, maintes fois, l’application, soit dans nos chaussées, soit sur nos trottoirs. Il suffit pourtant d’avoir eu l’occasion de poser la question d’une façon précise pour avoir pu s’assurer qu’une foule de personnes instruites ignorent ce qu’est en réalité le corps ainsi utilisé, où on l’extrait et comment on l’emploie. Nous avons, en France, deux centres principaux d’extraction asphaltique : l’un, autour de Seyssel, dans l’Ain; l’autre, aux environs de Pont-du-Château, dans le Puy-de-Dôme. Je ne parlerai ici que du second, dont le gisement, aussi bien que la mise en valeur, présentent, des particularités curieuses.
- Les gisements bitumineux de la Limagne d’Auvergne, répartis, entre Clermont-Ferrand, Riom et l’Ailier, dans un carré d’environ 16 kilomètres de côté, ont attiré, depuis longtemps, l’attention et, dès 1829, fut instituée une première concession à l’Escourchade, dans la commune de Chamalières, près de Clermont. Puis, en 1843, on donna les concessions de Lussat, Malintrat, Pont-du-Château, le Puy de la Bourrière et les Roys, dans une zone d'environ 5 km de large parallèlement à l’Ailier : zone, sur laquelle portent encore tous les travaux actuels.
- En 1863, deux nouvelles concessions furent accor-
- 1 Voy. n°* 1103, du 21 juillet 1894, p. 121 ; 1446, du 9 février, p. 161 et 1464, du 15 juin 1901, p. 43.
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- dées, plus au nord et [ires de Riom, h Macholles et «à Cœur : concessions restées inexploitées. Enfin, en 1874, après des vicissitudes diverses, toutes les concessions de Lussat, Malintrat, Pont-du-Château, le Puy de la Bourrièreet les Roys furent réunies par la Société des bitumes et asphaltes du Centre, qui a peu à peu développé sa production dans ces dernières années, en bornant ses travaux à la mine de Pont-du-Chàteau, au voisinage de laquelle elle a installé une usine, au point où le chemin de fer de Clermont h Thiers traverse l’Ailier. Les exploitations de Lussat ont été arrêtées depuis 1885; celles de Malintrat vont, paraît-il, être reprises. En dehors de ces extractions d’asphalte, on connaît au Puy de la Poix ( 4 km Est de Clermont) des suintements de bitume.
- Toutes ces manifestations hydrocarburées intéressantes ont donné, dans ces dernières années, l’idée de rechercher par des sondages si elles ne proviendraient pas (comme cela s’est produit, par exemple, à Pe-chelbronn, en Alsace, dans des conditions comparables) de nappes pétrolifères profondes. Un sondage a été fait sans succès au nord de Riom, près de Cellule.
- Un autre, au sud de Riom, à Macholles , a été poussé jusqu’à 4005 mètres sans sortir des marnes tertiaires1 et a produit quelques faibles suintements pétrolifères, intéressants seulement comme constatation géologique.
- En résumé, actuellement, les travaux sont concentrés à Pont-du-Château, qui produisait 6 à 7000 de produits marchands en 1890 et dépasse aujourd’hui 12 000, sous forme de mastic asphaltique et briques agglomérées d’asphalte, employées delamême façon que les pavés de bois pour les chaussées de rues. Cette dernière fabrication spéciale a été organisée depuis 1895. En outre, on vend un peu de bitume proprement dit pour les caoutchoucs, vernis, etc.
- Si nous examinons d’abord le côté géologique de cette petite industrie pour revenir tout à l’heure à l’application pratique, nous voyons que tous les gisements bitumineux d’Auvergne sont, — pour une raison quelconque, sur laquelle il n’est pas encore permis de se prononcer exactement, — concentrés dans la région des manifestations basaltiques les plus
- 1 Yoy. Michel Lévy, Comptes rendus de l'Institut, 22 juin 4896.
- récentes : région où le carbone se trouve également dans le sol sons une autre forme, l’acide carbonique, apporté de tous les côtés à la surface par les sources thermales.
- Ces imprégnations bitumineuses ont porté sur les terrains les plus divers par leur nature, grès, arkoses, pépérites basaltiques, calcaires, etc...; mais l’argile est, suivant un dicton des mineurs, la grande ennemie du bitume et celui-ci ne constitue, en réalité, une substance vraiment utilisable que lorsqu’il a imprégné régulièrement, avec homogénéité, dans toute leur masse, des calcaires non argileux, non marneux, non siliceux, qui forment alors le minerai d’asphalte proprement dit. C’est ce minerai, auquel il reste à faire subir une préparation spéciale pour le transformer, suivant l’usage auquel on le destine, soit en poudre d’asphalte à comprimer (pour chaussées), soit en mastic asphaltique (pour trottoirs), soit
- enfin en briques agglomérées.
- Une des grandes curiosités de la mine d’asphalte de Pont-du-Château est la façon dont le bitume y surabonde le long de deux grandes fissures, avec lesquelles son arrivée géologique semble en rapport et à partir desquelles l’imprégnation bitumineuse décroît peu à peu d’intensité à mesure qu’on s’en éloigne.
- Le long de ces fissures, il monte du sol de véritables sources de bitume, qui coulent tout autour en un ruisseau noir le long des galeries et suintent par tous les pores du calcaire tertiaire, d’où coulent parfois de noires stalactites. Les vides laissés par les coquilles d’Hélix Ramondi, très fréquentes dans ce calcairè, se sont notamment souvent remplis de ce bitume. En visitant la mine, on marche sur ces ruisseaux noirs à peine solidifiés, dont il suffit d’approcher sa lampe de mineur pour produire de petites explosions, en enflammant les gaz hydrocarbures qui s’en échappent.
- Le calcaire imprégné de bitume dans toute sa masse, ou asphalte naturel, qu’on extrait de la mine, doit, avant son emploi, subir des manipulations diverses, qui, à Pont-du-Château, se font dans une petite usine employant 450 chevaux de force. Les deux produits obtenus ici sont le mastic asphaltique, ou asphalte coulé et le pavé en asphalte comprimé ;
- 1° Pour obtenir le mastic asphaltique employé sur
- Fig. 1. — Chaudières à mastic d'asphalte.
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- les trottoirs des grandes villes, il faut fondre l’asphalte naturel pulvérisé avec addition de bitume pur, de manière à atteindre, dans le produit, une
- teneur d’environ 18 pour 100 de bitume, qui permet l’addition de gravier au moment de l’emploi. La préparation se fait dans 12 chaudières bori-
- Fig. 2, — Rotateurs pour chauffage de la poudre à pavés.
- zontales à malaxeur, pouvant produire 50 tonnes par jour, dont notre figure 1 donne le type. On y
- introduit le minerai brut langé de bitume de Cuba
- plus inférieur, mé-de la Trinidad; on
- Fig. — Presses hydrauliques pour pavés.
- malaxe tout en chauffant et on coule en pains ronds de 25 kg, ayant environ 0m,25 de diamètre sur 0m,06 de haut. Ce mastic doit, plus tard, être refondu avec 5 pour 100 de bitume de la Trinidad et 68 pour 100 de gravier, pour être étendu en couches,
- qui ont généralement 0m,015 à 0m,02 d’épaisseur.
- 2° Le pavé en asphalte comprimé, fabriqué à Pont-du-Château, est destiné à remplacer la poudre d’asphalte, comprimée en pilonant à chaud, qui est ordinairement employée pour les chaussées des rues ;
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- son modo d'application so rapproche de celui du pavage en bois, qui a fait, dans ces dernières années, une très forte concurrence à l'asphalte : c’est-à-dire qu’il suffit de poser ces pavés cote à cote sur un béton de 0m,08 à bain de mortier frais et d’étendre dessus au balai un lit de chaux pour remplir les interstices des pavés.
- Pour obtenir ces briques ou ces carreaux agglomérés, on commence par chauffer la poudre d’asphalte naturelle à environ 120° dans des torréfacteurs (au nombre de six) animés d’un mouvement continu de rotation, que représente la figure 2.
- La difficulté de cette fabrication étant d’obtenir un produit très homogène (difficulté qui se fait surtout sentir avec le minerai très irrégulier de Pont-du-Cbàteau, tantôt surabondant et tantôt appauvri en bitume), on choisit, pour cet emploi, les meilleurs minerais, ceux où le bitume noir n’est pas visible, mais est, au contraire, bien incorporé dans le calcaire, sous forme d’une roche tendre de couleur brun chocolat. La torréfaction, assez difficile à réussir, doit chasser l’eau et les huiles légères, en répandant dans toute la masse une chaleur bien égale et non localement exagérée.
- Après quoi, on comprime cette poudre, au moyen de presses hydrauliques, dans des appareils analogues à ceux qui servent à fabriquer les briquettes de houille (fig. 5). Trois accumulateurs de pression actionnent là six presses hydrauliques, donnant environ 50 tonnes de produits par jour. Là encore, il y a un tour de main à réaliser pour éviter les soufflures : celles-ci, lorsqu’elles existent, n’apparaissant pas à la surface qui a toujours Pair bien comprimée, mais faisant éclater le pavé à l’emploi ; la compression doit donc se faire de manière à chasser progressivement tout Pair emprisonné.
- Finalement, on obtient soit de véritables briques de 5 à 5 centimètres d’épaisseur, soit des carreaux plus minces, qui, au sortir de la presse, sont bruns, mais deviennent rapidement gris blanchâtres au soleil. Leur densité est d’environ 2,2. Leur avantage, d’après les inventeurs, est d’avoir subi une pression de 800 kg au centimètre carré, tandis que, par le pilonage à la main, on atteignait seulement 40 kg. On peut ajouter que, suivant le climat du pays où ils doivent être employés, on y fait varier la proportion de bitume entre 12 et 10 ou même 8 pour 100. L. de Launay.
- LA TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- PAR I.E SOL
- La télégraphie sans fil à travers l’espace fait aujourd’hui des prodiges, et les expériences dernières accusent des résultats tels que des signaux ont été transmis à plus de 200 kilomètres et qu’on prévoit aller au delà : il ne faut pas manquer cependant de dire que cette propagation des ondes électriques à une aussi grande distance a été obtenue en mer ; l’écran formé par l’horizon, qui avait paru au début devoir être un obstacle, ayant été facilement
- franchi. Sur terre, la difficulté apparaît plus grande et les distances franchies sont plus réduites, les ondes sémillant sensibles aux obstacles qui empêchent leur libre propagation.
- Cependant la courbure de la terre n’empêche pas sur mer le cheminement des ondes et l’état de l’atmosphère, vent, pluie, ne gène pas la transmission. Enfin une remarque souvent justifiée, c’est qu’on doit donner aux antennes « une bonne terre » en les reliant par un fil à un sol humide. Ces quelques remarques ont amené plusieurs personnes à se demander si la transmission des ondes bien vérifiée dans l’atmosphère, puisqu’on communique entre un ballon libre et la terre, n’avait pas lieu tout aussi bien par le sol.
- Des expériences viennent d’être tentées dans le but de montrer que cette propagation des ondes avait lieu à travers le sol. Les premiers essais faits, à une bien petite
- B? Carnot 66T
- 11 Le Vésinet."
- Condensateur
- / ^flanchons isolateur
- ! traversé par ley
- A. Poste transmetteur. — B. Poste récepteur. — Co, Co'. Condensateurs à réglage de MM. Pilsoudski et Popp placés sur plaque isolante. — T, T\ Plaques métalliques enfouies dans le sol. — c, c'. Longs conducteurs horizontaux. — Tr. Transmetteur. — lié. Récepteur de M. E. Ducretet avec radioconducteur Branly à réglage E. D.
- échelle, n’en sont pas moins intéressants à signaler, quelle que soit l’interprétation qu’on puisse en donner.
- Les promoteurs du système de télégraphie par les couches terrestres sont MM. Pilsoudski et Victor Popp. Ils ont déjà baptisé le système « Télégraphie sans fil par les ondes telluriques ».
- Voici en quoi ont consisté les premières expériences auxquelles nous avons assisté au Vésinet, près Paris, le lundi soir 1er juillet.
- Deux villas sont distantes de 437 mètres. Dans l’une on a disposé le transmetteur ordinaire usité en télégraphie sans fil, c’était ici le transmetteur de M. Ducretet; dans l’autre on a installé un récepteur également de M. Ducretet avec radioconducteur Branly du type à réglage E. I).
- De l’appareil transmetteur partent deux conducteurs allant l’un à un condensateur placé sur une surface de verre l’isolant du sol, l’autre à une plaque métallique enfouie dans la terre.
- Le condensateur se compose d’un vase isolant dans lequel sont placés alternativement des disques de verre et de métal traversés par une tige métallique. Ce condensateur est lui-même isolé du sol par de fortes plaques de verre placées à même sur le sol : la terre sert directement d’armature à ce condensateur.
- La plaque métallique à grande surface est enfouie à lm,50 environ de la surface du sol, le conducteur qui la relie au transmetteur est isolé, par un long manchon de verre, et des couches terrestres et de la surface du sol.
- Plaque métallique et condensateur sont assez éloignés l’un de l’autre et les conducteurs sont, sur une grande
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- partie do leur parcours, parallèles au sol à une hauteur d’environ 2 métros.
- L’appareil récepteur dans l’autre villa est également relié à une plaque métallique enfouie dans la terre et à un condensateur isolé à la surface du sol et cela d’une façon identique à ce que nous venons de dire pour le poste transmetteur.
- Les dépêches sont envoyées absolument comme dans le télégraphe sans fil. On produit des étincelles oscillantes avec un frappeur et on règle en appuyant plus ou moins la durée des signaux. I)e même à l’arrivée les ondes influencent le petit tube radioconducteur Branly et les traits, courts ou longs, se marquent sur une bande de papier qui se déroule. On lit en langage Morse.
- C’est du reste M. Ducretet qui faisait fonctionner les appareils, et il est très expérimenté dans la matière. La transmission s’est opérée sous nos yeux d’une villa à l’autre avec netteté, c’est incontestable. Mais on peut se demander, malgré le programme, en quoi ces expériences démontrent que la propagation des ondes s’est faite plutôt par la terre que par l’espace?
- A cause du dispositif employé ? Mise à la terre d’une part, mise en relation avec un condensateur?
- Mais ce dispositif a déjà été appliqué pour la Télégraphie sans fil « à travers l’air ». C’est à très peu près celui qu’a imaginé, en 1898, M. Slaby-Arco, celui-là même qui vient d’être mis en pratique par les troupes allemandes en Chine. Mise à la terre de l’antenne, mise en relation avec un condensateur, etc. Dans le système du Yésinet, on retrouve un long fil métallique horizontal qui peut jouer le rôle d’antenne, et le condensateur. Alors il serait tout simple que le système fonctionnât bien puisqu’on aurait réalisé inconsciemment un télégraphe sans fil ordinaire.
- Est-ce ainsi que les choses se passent, c’est très probable. Mais enfin, il est encore possible que les choses ne se passent pas ainsi. 11 sera aisé par d’autres expériences bien conduites de trancher la question. Il faudra avant tout bien prouver que les ondes passent de préférence par la terre. C’est le problème posé.
- Ces essais présentent, dans tous les cas, de l’intérêt, et il sera bon de les poursuivre. Nous v reviendrons, s’il v a lieu. T* Obalski.
- LE SWITCHBACK MILWAY
- Il a été construit depuis peu de temps en Amérique un chemin de fer pouvant donner aux voyageurs les plus violentes sensations de montée et de ehute vertigineuses.
- L<y « Switchback railwav » qui vient d’ètre construit aux Etat-Unis, présente en effet un développement de 25 kilomètres, et il va du sommet de Mount Pisgah, dans les Alleghanys, à la crête de Mount Jefferson, avec des différences de niveau de 540 mètres dans son parcours. On prévoit les bonds effroyables que doivent faire les cars, et naturellement ceux qui sont dedans, quand ils dévalent, avec une vitesse vertigineuse, les flancs de la montagne pour arriver jusqu’au fond de la vallée, traversée par un petit pont en treillis, et remonter ensuite, en vertu de la force acquise, le versant, heureusement peu escarpé de Mount Jefferson. La descente qui s’opère en zigzags et en contournant la montagne, ne dure par plus de six minutes, et l’on a calculé qu’au bout de sa course le car devait être animé d’une vitesse de plus de 100 kilomètres à l’heure.
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- L\ LIGNE ÉLECTRIQUE
- DES INVALIDES A VERSAILLES
- La gare Saint-Lazare et la gare Montparnasse servent de points de départ aux nombreux trains de banlieue de la Compagnie de l’Ouest, aux trains de Normandie et de Bretagne, et aux trains des chemins de fer de l'Etat. C’est principalement en vue de les décharger l’une et l’autre que l’on a établi, sous l’esplanade des Invalides, la nouvelle gare que tous les Parisiens connaissent déjà. Elle va être reliée à Versailles par une nouvelle ligne dont une portion a été ouverte à l’exploitation le ltr juillet.
- Cette ligne est conçue sur des données tout à fait modernes, et sa construction, aussi bien que I’adop-tion de l’électricité pour la traction des trains qui la desservent, en rendent l’étude tout spécialement intéressante.
- La partie comprise entre les Invalides et le Champ de Mars a été ouverte pour l’Exposition universelle. Elle est établie en dessous des chaussées publiques au bord de la Seine.
- Au delà du Champ de Mars, la ligne emprunte les voies qui existaient avant elle jusqu’un peu au delà du viaduc du Point-du-Jour, puis elle s’écarte de la Seine.
- Entre le sol de la station des Invalides et Versailles, la différence de niveau est d’environ 100 mètres. La pente en plusieurs endroits est de 1 centimètre par mètre. La voie monte constamment à partir de l’endroit où elle quitte les bords du fleuve. Elle s’élève d’abord jusqu’aux coteaux d’Issy, puis s’engage dans le vallon de Meudon où elle passe sous le viaduc du chemin de fer de Paris-Montparnasse à Versailles.
- Entre les fortifications et la station de Meudon-Val-Fleury, soit pour une longueur de 4 kilomètres, la différence de niveau est de plus de 54 mètres. Cette portion de la ligne comporte 5 viaducs en maçonnerie très considérables, dont le plus important a une longueur de 553 mètres.
- La voie, aussitôt après la station de Meudon-Val-Fleury, pénètre en souterrain dans les flancs de la forêt de Meudon dont elle ressort à Chaville pour se joindre à la ligne de la gare Montparnasse. Le tunnel a une longueur de près de 5 kilomètres et demi et la différence d’altitude de l’entrée et de la sortie dépasse 17 mètres.
- La ligne aboutit à la gare de Versailles Rive gauche.
- Nous avons dit que les trains qui iront des Invalides à Versailles seront électriques. C’est qu’en effet si, à l’heure actuelle, une tendance très justifiée pousse à l’adoption de l’électricité pour certaines lignes de banlieue, et surtout pour celles qui présentent de fortes pentes, les conditions spéciales de la ligne nouvelle en rendaient l’emploi presque indispensable. Entre les Invalides et le Champ de Mars, il y avait grand intérêt à suivre l’exemple donné par la Compagnie d’Orléans, pour ne pas empester et
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- LÀ NATURE.
- noircir les gares tunnel de Meudon qui est en rampé continue de8 millimètres par mètre, se trouve orienté d'une façon défavorable.
- En raison de sa longueur la ventilation y présenterait de très grosses difficultés si on se servait de locomotives à vapeur.
- La Compagnie des chemins de fer de l’Ouest a donc fait établir sur les bords de la Seine près de la station d'Issy-les-Moulineaux , une usine de production d’énereie électrique, destinée à alimenter les trains qui feront le service entre les Invalides et Versailles.
- Le courant qu’elle produit doit être utilisé aussi à d’autres usages. C’est avec lui que seront éclairées toutes les stations de la ligne, et aussi les stations de la ligne du Champ de Mars à Courcelles-Levallois.
- C’est lui également qui fournira la force motrice pour les manu tentions dans les gares.
- C’est aussi ce courant qui actionnera les pompes d’épuisement nécessaires pour la partie de la voie située en contrebas du niveau des crues de la Seine.
- De plus, la Compagnie a fait construire des tracteurs à air comprimé pour les manœuvres en gare des Invalides et pour le secours sur la ligne, notamment sous le tunnel, en cas d’accidents. L’air est
- comprimé en provision par des compresseurs électriques dans des réservoirs où se chargent ces tracteurs.
- La ligne nouvelle donne donc un frappant exemple de quelques-uns des avantages de l’application del’élec-tricité : sur une longueur de 18 kilomètres, des trains fréquents passeront,les stations seront éclairées et les manutentions y seront mécaniquement faites, des pompes épuiseront l’eau, des appa-et c’est en un seul point que des machines à vapeur produiront toute l’énergie nécessaire à ces divers services.
- L’usine d’issy est d’une puissance de 9000 kilowatts. Vingt-sept chaudières fournissent la vapeur à 9 machines horizontales, type Corliss, qui actionnent chacune une dynamo. Le courant produit est du courant triphasé h 5000 xolts.
- Il est transmis par des câbles souterrains à des sous-stations.
- Les sous-stations destinées au courant de traction sont au nombre de trois ; leurs emplacements ont été choisis de manière à répartir la charge aussi uniformément que possible.
- Le courant triphasé à 5000 volts y est transformé en un courant continu à 550 volts, qui est envoyé dans le
- et les tunnels. D’autre part, le
- L.Mcvto Qjj.
- Fig. 1. Tracé'de la ligne électrique Paris-Versailles jiar les Invalides et Versailles li. G.
- reils comprimeront de l’air,
- Fig. 2. — Prise de courant.
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- LA NATUHE.
- rail électrique isolé placé latéralement à la voie.
- Ainsi que le montre la ligure 2, ce rail est disposé un peu au-dessus du niveau des rails de roulement ; il repose sur des supports isolants. A ses extrémités, il s’incline vers le sol, afin que les pa-
- tins des trains, puissent prendre contact sans se heurter contre l’extrémité du rail électrique.
- C’est au moyen de ces patins que sont alimentés les moteurs des trains. Notre dessin montre la disposition du dernier patin adopté par la
- Fig. 3. - Vue d’ensemble de l’usine électrique d’Issy-les-Moulineaux.
- Compagnie des chemins de fer de l’Ouest. Il se compose de deux parties qu'un ressort tend à rapprocher, les pressant toutes deux sur le rail.
- La ligne des Invalides à A'ersailles est à peu près terminée. Il ne reste à achever qu’une portion du grand tunnel, dont la construction a été rendue fort
- En voie courante.
- ation
- ... Câbles à haute tcnsùirv
- Rail conducteur
- Rail conducteur
- Gables cL haute tension^
- Coupe de la voie électrique,
- difficile par la rencontre de couches d’un sable très mobile.
- A l’heure actuelle des trains électriques circulent déjà des Invalides à Meudon. La Compagnie des chemins de fer de l’Ouest possède un certain nombre de locomotives électriques qui sont surtout destinées à remorquer les trains des grandes lignes jusqu’à Versailles où des locomotives à vapeur les reprendront.
- Pour le service de petite banlieue, des Invalides à Meudon, la Compagnie emploie les trains automoteurs qui faisaient pendant l’Exposition le service entre les Invalides et le Champ de Mars. Ils ont une voiture motrice en tète et une en queue.
- Concurremment avec ces trains légers la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest met en service le train automoteur Sprague, de longueur variable,
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- MO
- LÀ N AT URL.
- constitué par t> voitures dont 2 motrices, ou 9 voilures dont o motrices, suivant l'affluence des voyageurs. On décrira ultérieurement le système Sprague.
- Enfin, la Compagnie Thomson-Houston doit établir également un train électrique automoteur ayant une voiture motrice en tète et une en queue.
- J. DE TliAZ.
- Appareil* pour sourds. —M. le professeur Labordc a présenté et fait fonctionner avec un plein succès devant ses collègues de l’Académie de médecine dans sa dernière séance un nouvel appareil pour sourds inventé par M. Dussaud sous le nom « d’amplificateur audiométrique)). Cet appareil que chacun peut réaliser sans frais et avec la plus grande facilité, suivant les indications détaillées que le ])r Labordc a publiées dans le dernier Bulletin de l’Académie de médecine (page 01)9), est très petit, très portatif et permet d’entendre même aux ouïes les plus mauvaises. L’instrument a produit une série de guérisons ainsi que l’explique le I)r Labordc, car c’est le premier où l’amplification puisse être graduée à volonté, ce qui fait qu’en la diminuant chaque jour on réhabitue peu à peu l’oreille à entendre les sons normaux. Comme l’a dit M. le professeur Laborde, en le prouvant par des expériences, cet appareil est de beaucoup le plus puissant et le plus simple construit jusqu’à ce jour.
- Les étrangers en France. — Les étrangers sont très nombreux dans certains départements et arrivent à y constituer une forte portion de la population totale. C’est ainsi que dans le Nord sur 1 545 000 habitants, il y a 205 000 étrangers, dont 200 000 Belges ; dans les Ardennes, 25 000 étrangers sur 295 000 habitants ; au nord-est et à l’est, des milliers d’Allemands et de Suisses; ainsi, 50 000 Allemands en Meurthe-et-Moselle, 10 000 Suisses dans le Rhône ; dans le sud, ce sont les Italiens, qui sont 54 000 dans les Alpes-Maritimes sur 288 000 habitants; dans les Bouches-du-Rhône 97 000 (dont 50 000 à Marseille) sur 570 000 habitants. Enfin, dans la Seine, où d’ailleurs un certain nombre d’étrangers sont non plus des travailleurs, mais des oisifs, on en évalue le nombre à 180 000 sur 5 200 000 habitants. Les travailleurs étrangers sont surtout nombreux dans l’industrie, où ils sont 510 000; dans l’agriculture, 250 000; dans les professions libérales, 05 000 ; dans les administrations, 58 000 ; dans le commerce, 54 000. La plus forte proportion des ouvriers étrangers dans l’industrie est celle des produits chimiques (22 pour 100); puis celle des industries extractives, surtout les mines (15,4 pour 100); les industries métallurgiques (12,9 pour 100); puis viennent les industries de l’éclairage (11,7 [tour 100) ; l’habillement ( 10,0 pour 100) ; l’alimentation (10,1 pour 100).
- La consommation «le charbon et la vitesse.
- — Les grands paquebots modernes, pour atteindre les vitesses qu’on exige d’eux, brûlent des quantités énormes de charbon. Quelques chiffres le montreront mieux que toute dissertation. Les paquebots américains Paris et New-York, pour obtenir des vitesses de 20 nœuds, consomment 500 tonnes de charbon par jour. Le Lucania et le Campania (anglais) gagnent 2 nœuds sur cette vitesse, mais ils consomment 475 tonnes de charbon par 24 heures. Les grands paquebots allemands Kaiser-Willudm-der-Crosse et Deutschhind, qui joignent à des vitesses ana-
- logues une capacité plus grande, dépensent par jour, le premier 500 tonnes, le second 570. Ce dernier, [tour assurer largement sa traversée d’Europe en Amérique, embarque plus de 5000 tonnes de charbon.
- Li* rennedans le* forêt* de lfEiirop«‘centrale.
- — La chasse au renne ne se pratique pas seulement dans les régions septentrionales de la Laponie ou du Groenland, comme on pourrait le croire. Une toute récente statistique, publiée parle ministère de l’intérieur prussien, nous apprend qu’il existe encore un certain nombre de rennes dans les deux districts forestiers d’ibenhorst et de Tawellmisgken. Ces forêts qui couvrent, au nord de la Crusse, une superficie de 15000 hectares, donnaient asile l’année dernière à 187 rennes, dont 120 mâles environ. On en compte une trentaine d’autres dans les districts de Dingken, Wilhehnsbruck et Sclinekcn. Depuis l’ouverture de la chasse, 15 ont été tués. Dans la province de Kœnigsberg, sur une superficie de 80000 hectares, comprenant seize districts, la même statistique relève, pour 1900, 42 mâles, 08 femelles et 59 daguets. Les amateurs de la chasse au renne devront se hâter, car l’espèce s’éteint rapidement, à tout le moins sous nos latitudes tempérées.
- La plu* longue ligne «le tramway* «lu monde*.
- — La plus longue ligne de tramways du monde entier se trouve en Amérique, mais non, comme on pourrait le croire, aux Etals-Unis, dont les ingénieurs recherchent des records plus sensationnels. C’est dans la République Argentine qu’a été récemment inaugurée la ligne de tramways à traction animale qui va de Buenos-Ayres à San Martin, et dont la longueur, tout à fait exceptionnelle, atteint 82 kilomètres. San Martin, ville de création relativement nouvelle, est le point d’embarquement à bord des bateaux à vapeur faisant chaque jour le service sur les fleuves Uruguay et Parana. Le transit des voyageurs et des marchandises y a [tris, depuis peu, une importance considérable. Pour relier la capitale argentine au port de San Martin, on a donc établi une ligne de tramways, et comme les chevaux coûtent moins cher là-bas que la vapeur ou l’électricité, les trains sont remorqués par cet animal. Il y a, bien entendu, de nombreux relais, et une cinquantaine de gares en cours de route. Les (( express )) elfectuent le trajet en douze heures; les trains à chevaux se suivent à trente minutes d’intervalle.
- AVagon*-a«|uarium*. — Une des dernières innovations américaines, et non des moins ingénieuses, est celle des wagons-aquariums. Ce nouveau matériel, qui circule déjà sur un assez grand nombre de lignes, a été commandé aux ateliers de Pittsburg, en Pennsylvanie, par les soins de la commission de pisciculture des Etats-Unis, fonctionnant à Washington. Les -wagons-aquariums sont destinés au transport des œufs, des alevins et des poissons pour le repeuplement des rivières où certaines espèces se font de plus en plus rares. Ce sont, en réalité, de véritables viviers montés sur roues comportant des incubateurs et d’autres appareils spéciaux dans lesquels plusieurs millions d’alevins peuvent s’ébattre à l’aise pendant le voyage. Les réservoirs, d’une contenance de quarante mètres cubes, sont portés, par l’intermédiaire de ressorts elliptiques, sur deux boggies à trois essieux chacun. Ils ont quinze mètres de long et peuvent s’atteler en queue des trains directs marchant à l’allure maxima de quarante-huit kilomètres à l’heure. La commission de pisciculture fait également construire un steamer pourvu d’immenses viviers de transport destiné à la navigation sur les grands lacs.
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- LA NATURE.
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- Fabrication industrielle de l’avide sulfureux pur. — M. Moritz décrit, dans le Bulletin de la Société industrielle du Nord de la France, un nouveau mode de fabrication de l’acide sulfureux par le grillage des pyrites. L’appareil qu’il a construit, d’une conduite très simple, permet d’obtenir économiquement un gaz sulfureux extrêmement riche et pouvant être considéré comme chimiquement pur ; dans tous les cas, il est absolument exempt de soufre, d’arsenic, d’acide sulfurique et d’air. Le principe de l’appareil consiste à absorber par l’eau froide l’acide sulfureux contenu dans le gaz qui provient de la combustion du soufre des pyrites et à le chasser par ébullition de la solution ainsi obtenue qui est évacuée avec les impuretés, acide arsénieux et acide sulfurique. L’eau sulfureuse qui a été formée est d’abord réchauffée par un échangeur de température et par les gaz chauds des fours à pyrites; elle est portée ensuite à l’ébullition dans son passage, en couche mince, sur un serpentin en plomb contenant de la vapeur d’eau. Le gaz sulfureux se dégage alors sous une pression qui peut atteindre plus d’un mètre d’eau et peut être utilisé très facilement en sucrerie dans les appareils de sulfitation. L’appareil, tel qu’il est monté à l’usine de M. Moritz, à Wasquehal, permet la combustion de 500 à 000 kg de pyrites correspondant à 250 à 500 kg de soufre en 24 heures ; il n’occupe pas 25 mèli'es carrés et un ouvrier de jour et un de nuit suffisent largement à sa surveillance. L’auteur estime que son appareil permet d’obtenir le même effet utile avec 200 kg de pyrites, coûtant 6 francs, qu’avec 100 kg de soufre de Sicile, coûtant 18 francs; il a en outre le grand avantage de produire un gaz pur, exempt d’oxygène, ce qui évite la formation d’acide sulfurique si dangereux dans les jus sucrés.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 8 juillet 1901. — Présidence de M. Foüqué.
- Après le dépouillement de la correspondance, M. Ber-thelot prend la parole et fait hommage à l’Académie d’un recueil des divers mémoires qu’il a publiés sur les carbures d’hydrogène depuis 1851. Ce recueil ne comporte pas moins de trois volumes, et permet de mesurer l’influence féconde que M. Berthelot a exercée sur le développement de la chimie organique dans la seconde moitié du dix-neuvième siècle. M. le président l’appelle qu’il fut le camarade de collège de M. Berthelot et se félicite d’une circonstance qui lui permet de constater publiquement l’importance de l’œuvre transformatrice exécutée par son ancien compagnon d’enfance.
- La résistance des cellules au froid. — M. d’Arsonval présente un travail sur la cause de la résistance au froid des cellules organiques. On sait que les êtres inférieurs supportent un abaissement de tempéra ture très considérable, sans perdre leurs propriétés vitales. Ainsi, par exemple, la levure de bière, mise en contact de l’air liquide, ne perd pas la faculté de produire la fermentation sucrée. Ce pouvoir se trouve seulement ralenti pendant un certain temps. Il en est de même des bacilles pathogènes. Ainsi le bacille pyocyanique résiste pendant un temps très long à l’action d’une température de — 196° produite par l’air liquide. II est seulement influencé dans sa fonction chromogène ; il ne sécrète plus de matière colorante et ne reprend cette propriété que si on l’ensemence. Les corps organisés résistent inégalement à l’action du froid. La tension osmotique à l’intérieur des cellules
- est la cause de cette résistance ; elle est d’autant plus grande que les cellules sont plus petites. Cette tension peut atteindre plusieurs centaines d’atmosphères. Sous l’influence de la pression l’eau peut, en effet, rester liquide à une température très basse. Par suite, si l’on peut arriver à diminuer la tension osmotique à l’intérieur des cellules, celles-ci doivent, à un moment donné, éclater par suite de la congélation de l’eau. Il suffit pour réduire cette tension de plonger— par exemple la levure de bière, — dans un liquide qui ne soit pas isotonique, une solution de chlorure de sodium à 10 pour 100. Cette levure de bière ainsi traitée conserve sa vitalité, mais si on la soumet à l’action du froid produit par l’air liquide elle perdda propriété de produire la fermentation.
- Les micro-or g an ismes lumineux de l’eau de mer. — M. d’Arsonval analyse une Note de M. Tarchanoff, professeur à l’Université de Saint-Pétersbourg, sur la lumière des bacilles de la mer Baltique. Leur luminiscence est due à l’absorption de l’oxygène; on leur retire leur pouvoir lumineux en soumettant le liquide à l’action du vide. Une élévation de température de 38 à 39° arrête la luminiscence des bacilles;, le refroidissement du liquide la leur rend. Mais une élévation de température de 45°, suffisant pour déterminer la coagulation, arrête définitivement la luminiscence. Un abaissement de température jusqu’à — 4° est sans effet. On peut obtenir des blocs de glace qui restent lumineux, mais peu à peu la luminiscence s’éteint du centre à la périphérie par suite de la suppression de l’apport d’oxygène. Un abaissement de température à— 15° ne tue pas les bacilles. Les anesthésiques, vapeurs de chloroforme, d’éther, de même que les acides suppriment la luminiscence ; les alcalis les laissent subsister. La bile les éteint; le suc intestinal les active. Sous l’action d’un courant continu la luminiscence persiste au pôle positif par suite de l’afflux d’oxygène. Les bacilles, injectés dans le sac lymphatique d’une grenouille, lui communiquent la phosphorescence, mais au bout de trois ou quatre jours les cellules phagocytes dévorent les bacilles et la phosphorescence disparaît.
- Varia. — M. Moissan présente une Note de MM. Mou-reu et Delange sur les aldéhydes acétvléniques. Leurs expériences montrent que les éthers formiques attaquent avec énergie les carbures sodés et que l’action ultérieure de l’eau sur le produit brut de la réaction engendre les aldéhydes acétyléniques. Un. de Villedeuil.
- APPAREIL D’IRRIGATION INDIEN
- Cet appareil n’agit ni par aspiration, ni par compression ; ce n'est donc [tas une pompe mais à proprement parler un élévateur que les Indiens emploient à l’irrigation de leurs champs et en particulier des rizières sillonnées de rigoles.
- 11 est constitué essentiellement par un long balancier, une poutre mal équarrie, reposant en son milieu à la naissance des maîtresses branches d’un arbre et relié à cette fourche naturelle par quelques cordages ou des lianes. A l’une des extrémités du fléau de cette balance rudimentaire s’articule une longue perche dont l’extrémité inférieure va plonger dans un puits et porte suspendu un vaste récipient de terre cuite, aux larges flancs, à fond convexe.
- Le long de la moitié opposée du fléau, deux coolies se déplacent et font un contrepoids vivant :
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- LA NATURE.
- ils marchent à longs pas, l'un derrière l'autre, sur ce chemin instable et étroit; d’un mouvement égal, mécanique, mais souple et rythmé, ils se portent de l’axe à l’extrémité du balancier et s’appuient à peine par instant à un réseau conducteur fait de bambou et lixé dans les
- plongeant dans le puits ; d’autre part, à l’aide d’une grosse pierre suspendue dans un réseau de lianes et qui se fixe une fois pour toutes et par tâtonnements en un point quelconque de la portion du balancier sur laquelle se meuvent les hommes.
- Les deux cli-
- branchesà portée de leurs mains.
- S’inclinant d’un coté sous leur poids, le iléau enlève de l’autre l'énorme jarre remplie d’eau.
- Quelques saillies grossières taillées
- bois servent d’échelons aux pieds nus des Indiens et leur permet tent de regagner l’axe du balancier au moment où, parvenu à la (in de sa course, celui-ci est presque vertical. Pendant qu'avec une agilité incomparable ils exécutent cette courte ascension, rapide mais renouvelée sans cesse, un homme vide sans peine dans les rigoles, en le faisant osciller sur sa base convexe , l’énorme récipient amené, au niveau du sol... et la manœuvre recom -mence.
- La part du travail humain est relativement peu considérable , puisqu'elle se résume dans l’effort que font deux coolies pour s’élever au-dessus du sol d’une hauteur égale à la moitié de la longueur du balancier; la pesanteur et le levier font le reste. Pour donner plus de précision au fonctionnement du système il a été nécessaire de le régler suivant la profondeur variable du niveau de l’eau et suivant le poids également variable des coolies. Très simplement ce réglage s'obtient, d’une part, au moyen de quelques crans permettant d’éloigner ou de rapprocher de l’axe du balancier le point d’attache de Ja perche
- chés ci-joints ont été pris à quelque distance de Pondichéry, non loin de la fort intéressante pagode de Villenour. Le système éléva -toire y apparaît avec ses respectables proportions et d’une façon très nette, car les arbres qui en constituent les éléments essentiels n’ont pour ainsi dire pas de feuilles. Mais ailleurs le feuillage l’enveloppe complètement et le mouvement des coolies qui le font grincement des parties articulées, donne au passant l’illusion de gigantesques oiseaux
- qui s’ébattraient dans les branches.
- Ce mode d’irrigation remonte assurément aux origines reculées de la civilisation hindoue. 11 n'est sans doute pas applicable partout (le sous-sol liquide devant être relativement superficiel) ; son rendement est peut-être inférieur à celui des systèmes employés en Eu -rope ; il a du moins l’avantage d’être parfaitement approprié aux conditions économiques et sociales du pays : car la machine y est rare et coûte cher, et l’homme, si peu payé, est encore la bête de somme la plus répandue et la plus parfaite. Dr H. Sic.xrd.
- Le Gérant : P. Masson.
- Fig. 1. — Premier temps : l'eau est amenée au niveau du sol.
- Fig. 2. — Deuxième temps : l’eau s’écoule sur le sol.
- agir, joint au
- Paris. Imprimerie LaIiiiuî, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1469. - 20 JUILLET 1901.
- LA NATURE.
- 113
- UNE CURIEUSE FOUGÈRE
- C’est du Platycerium grande, cette étrange Fougère épiphyte, d'allure bizarre et majestueuse, introduite de Java en 1628, que je veux parler. Cette plante est une des plus belles et originales espèces de ce genre, aux grandes frondes arrondies et appliquées à leur naissance sur deux faces dressées, stériles, fourchues dans le haut, ressemblant à de gigantesques écailles, donnant parfois des frondes fertiles qui s'élancent en avant et retombent en étalant leurs nombreuses divisions.
- Quelquefois les frondes arrondies du bas prennent un tel développement qu’elles arrivent à recouvrir et à contourner entièrement le pot, si grand qu’il soit, ainsi que c'est d’ailleurs le cas pour le spécimen rein arq n ablement rare que représente la tig. ci-contre, spécimen atteignant J,n,80de haut que j’ai photographié dans les serres du Casino à Monte-Carlo en 1899 et que l’on a pu voir l’année dernière exposé dans les serres du Cours-la-Reine, puis dans le pavillon de Monaco.
- On pourrait croire, en voyant un tel sujet, qu’il est très facile d’avoir des Platycerium grande aux immenses frondes atteignant presque deux mètres ; mais il n’en est pourtant pas ainsi.
- Tandis que 1 e Platycerium alcicorne, autre espèce également originale, produit de nombreuses frondes fertiles et développe quantité de rejetons que l’on sépare du pied-mère avec facilité, le Platycerium grande ne produit aucun rejeton ; de plus, il ne donne pas de frondes fertiles avant qu’il soit âgé d’une quinzaine d'années. A partir de ce moment, il peut produire chaque année une fronde fertile, quelquefois deux, fort curieuses, mais qui épuisent beaucoup la plante et que l’on doit supprimer si l’on tient à conserver celle-ci. C’est à la base de ces frondes que les sores s’étalent en de larges plaques bru-29e aimée. — 2e semestre.
- nés. Les spores sont recueillies précieusement dès leur maturité, qui n’est complète qu’après une dizaine de mois, et semées aussitôt.
- L’élevage est extrêmement diflicultueux, c’est ce qui explique la rareté de cette espèce. M. Bultel, l’habile jardinier chef des cultures de Mello, est le seul multiplicateur qui, à ma connaissance, soit arrivé à obtenir un beau résultat en opérant d’une façon fort ingénieuse. Je lui dois d’ailleurs les renseignements qui vont suivre.
- Disons d’abord que la terre fibreuse et l’eau nécessaires ne sont utilisées que stérilisées. La terre est mise dans de petites terrines, sur une forte épaisseur
- de tessons ; c’est à la surface de cette terre qu’est fait le semis des spores. Les terrines, recouvertes d’une feuille de verre, sont ensuite placées sur de petits supports,dans un plateau contenant de l’eau stérilisée de façon que l’arrosage se fasse par capillarité, jamais superficiellement. Il faut éviter de les exposer à la lumière trop vive, celle diffuse étant préférable. • La température de la serre doit être d’environ 20° centigrades. Trois semaines après le semis, la terre se couvre d’une imperceptible mousse verte 'qui laisse apercevoir, à l’aide de la loupe, les prothalles en voie de formation. La feuille de verre, que l’on a soin d’essuyer chaque jour, peut alors être légèrement soulevée.
- C’est à ce moment que l’ère des difficultés et des soins minutieux commence. Aussitôt l’apparition des prothalles il s'agit de les repiquer dans de petits godets de 5 à 4 centimètres de diamètre remplis de la même terre stérilisée. C’est là une opération très délicate autant que nécessaire. Les prothalles sont enlevés séparément à l’aide d’une pointe très fine et placés sur la terre des petits godets à raison de 4 ou 5 pour chacun d’eux. Les pots sont ensuite recouverts d’une cloche de verre, dans la même serre. Il faut beaucoup d’attention et de patience pour elïec-
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- Spécimen de Platycerium grande.
- (D'après une photographie prise en 1899 dans les serres du Casino, à Monte-Carlo.)
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- LA NATURE.
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- tuer ce travail, car les jeunes prothalles ne s'aperçoivent qu'à l’aide de la loupe et se confondent facilement avec la mousse.
- Huit mois environ après le semis les premières petites frondes apparaissent. Dans l’entre-temps l'arrosage doit se faire avec circonspection en se servant d’eau préalablement bouillie. 11 convient de ne pas mouiller les jeunes frondes et d’éviter que l’air ambiant ne soit pas trop chargé de vapeurs d’eau. C’est pourquoi on ne doit pas laisser les cloches constamment fermées et qu’il convient de les soulever de temps à autre pour habituer les jeunes Platy-cerium «à l’air et à la température de la serre.
- Malgré toutes les précautions prises : utilisation de terre ayant subi l’action du feu, eau bouillie, des algues vertes apparaissent, recouvrent les pots avec une incroyable rapidité, et feraient disparaître les jeunes plantes comme par enchantement, si l’on n’y prenait garde.
- C’est pour cette raison qu’il est préférable d’utiliser des godets [tour les repiquages plutôt que des terrines. Un peut ainsi enlever ces algues plus facilement, à l’aide d’une petite spatule. Un obvie aussi à l’envahissement des algues par de fréquents repiquages et toujours à raison de plusieurs petites plantes par pot jusqu’au moment où celles-ci sont assez fortes pour en occuper chacun un.
- Après dix-huit mois de culture, les jeunes Platy-cerium peuvent être placés sur des planchettes de 12 à 18 centimètres de coté. A cet effet, la petite motte entourée de terre fibreuse (produite par l'amas des racines du Polypodium vulyare) et de spha-gnum (mousse blanche des marais) est solidement fixée h l’aide de fil de plomb ou de laiton.
- C’est ainsi que procède d’habitude M. Bultel dans l^une des serres dont il a la direction, et qui est entièrement garnie d’une multitude de ces jeunes Fougères épiphytes.
- Toutefois, M. Bultel estime que, si cette façon d’opérer permet de disposer les Platycerium, dès leur jeune âge, contre les cloisons, piliers, chevrons des serres, et de les présenter d’une façon originale et bizarre, elle a l’inconvénient d’être peu pratique quant aux soins à leur donner, ceux réclamés pendant cette période de leur éducation étant nombreux. De plus, s’il est vrai qu’il s’agit là d’une plante épiphyte et que les sujets adultes prospèrent fort bien simplement fixés sur une bûche ou un tronc d’arbre, les jeunes sujets demandent une nourriture relativement abondante. Aussi, faut-il mieux laisser les plantes dans des terrines peu profondes et ne les placer sur planchettes que vers la seconde ou la troisième année alors que la première fronde caractérisée commence à se développer. D’ailleurs, il est difficile de placer convenablement la jeune plante sur la planchette avant le développement de cette feuille, car on ignore quelle direction elle prendra.
- Un peut aussi, d’une façon très avantageuse, qui, à cause de sa bizarrerie, s’accorde avec le caractère de la plante, disposer les jeunes Platycerium de
- petites bottes en liège, remplies d’un mélange de 2/5 de terre de bruyère fibreuse, 1/5 de sphagnum et des morceaux de charbon de bois. Les feuilles en se développant s’appliquent sur la partie supérieure qu’elles contournent. M. Bultel, qui a également expérimenté ce procédé, en est très satisfait; il ne lui trouve qu’un petit inconvénient : celui d’occuper beaucoup de place. D’autres sujets peuvent aussi être rempotés progressivement dans de plus grands vases et l’on arrive, avec des soins, à posséder des exemplaires comme celui de la fig. ci-jointe qui est des plus remarquables que l'on connaisse. II a été exposé en 1900 dans le pavillon de la principauté de Monaco.
- Ainsi établies, sur bûches deliège et sur planchettes, les plantes sont attachées aux chevrons des serres en bois ou suspendues au-dessus des tablettes, et ne ré-» clament plus que les soins d’arrosages et d’ombrage.
- Les arrosages doivent être copieux en été, modérés en hiver, le feuillage ne supportant pas à cette époque la moindre humidité stagnante. Tout en aimant la lumière directe, les Platycerium craignent les rayons brûlants du soleil. Aussi, doit-on veiller à l’ombrage.
- Il y a, dans les serres de Mello, quinze cents plantes provenant de trois semis différents. Ce sont là des résultats qui, je crois, n’ont jamais été obtenus jusqu’ici et qui sont tout en faveur du procédé d'élevage décrit ci-dessus.
- M. Bultel a présenté en 1899 à la Société nationale d’Horticulture de France une série de ces Platycerium sitr planchettes, lesquels ont émerveillé tous les connaisseurs. Et, séduit par l’originalité, un des grands fleuristes parisiens voulait utiliser ces Platycerium en disposant quelques Heurs, parmi scs frondes bizarres, pour les offrir au public parisien. Albert Maumené,
- _________ Professeur d’IIorticulture
- IA MMADIE DES JEUNES CHIENS
- La maladie des jeunes chiens fait chaque année de nombreuses victimes. Dans certains chenils, la perte s’élève à 50 pour 100.
- Récemment, on annonça ave: grand bruit dans la presse que l’on venait de s’apercevoir que la vaccine, le cowpox de Jenner, mettait les jeunes chiens à l’abri de la maladie, et on l’a cru, puisque nous avons reçu beaucoup de demandes à cet égard. C’était un peu retarder sur les faits, car Jenner lui-même recommanda le procédé.
- Or, il s’agit d’une septicémie causée par un microbe. Comme le microbe n’a rien à voir avec l’élément virulent de la variole, on ne pressent pas trop comment la vaccination de Jenner pourrait tirer les jeunes chiens d’embarras. Je sais bien que Jenner déclara qu’après l’inoculation du cowpox, les chiens contractent encore l'affection, mais qu’elle est si bénigne qu’ils n’en meurent plus. Sur ( les chiens vaccinés, dit Jenner, il n’en est pas mort un seul. En attendant, malgré cette affirmation et depuis un siècle, beaucoup de médecins et de vétérinaires ont appliqué la méthode sans résultat réel. M. Pierre Mégnin, de l’Académie de médecine, très autorisé dans la matière, nie l’efficacité du vaccin de Jenner.
- M. le Dr Dupuis, professeur à l’École vétérinaire de Bruxelles, a. opéré de jeunes chiens pendant les années
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- 1885, 1884 et 1885; les .résultats ont été communiqués à l’Académie de médecine de Belgique ; en voici les conclusions : 10 le vaccin est transmissible aux chiens avec ses caractères spécifiques ; 2° une première inoculation vaccinale préserve généralement d’une seconde ; 5° l’injection confère l’innocuité contre, la vaccine; 4° enfin la vaccine ne peut être considérée comme un moyen certain de préserver le jeune chien de la maladie du jeune âge.
- Les faits prouvent un peu partout que la vaccination jennérienne n’a pas plus d’action sur la grippe contagieuse des jeunes chiens que l’cmplàtre de poix que dans certains pays on place sur la tète de ces animaux dans le même but. La vaccination ne saura avoir d’effet que lorsqu’on aura trouvé le vrai vaccin de la maladie, et non pas un vaccin contre la variole, maladie toute différente de celle du jeune chien.
- Et un certain nombre d’expérimentateurs ont abordé le problème dans cette voie rationnelle, mais non sans difficulté, car personne n’a jamais su au juste ce qu’était la maladie des jeunes chiens. L’affection s’est présentée à diverses époques sous forme épidémique ; on a même dit que le mal était venu d’abord du Pérou, faisait son apparition en France, en Belgique vers 1740, en Allemagne en 1748, puis en Angleterre, en Italie vers 1764, en Russie en 1770, etc. Quoi qu’il en soit, la maladie était certainement épidémique et très contagieuse, il fallait bien en conclure à l’existence d’un microbe. On chercha le microbe. M. Monekton Copeman chercha dix ans, et cette année même il présenta le résultat de ses recherches à la Société royale de Londres1. La maladie des chiens serait due, d’après M. Copeman, à un coccobacille se cultivant sur l’agar et dont les cultures, après une dizaine de générations, donnent un virus très atténué. Le coccobacille se rencontre dans toutes les parties malades du chien ; mais point dans le sang, le foie, la rate ; en revanche, dans la muqueuse du nez, la muqueuse du poumon où il faut aller le recueillir pour préparer les cultures. Le virus atténué fournit un vaccin. o.
- On injecte 2 centimètres cubes à un chien de 1500 grammes, et c’est efficace, car c’est vainement qu’on essaya de communiquer la maladie à de jeunes chiens non vaccinés, alors que leurs pareils contractèrent le mal. On fait en ce moment des essais un peu partout avec le vaccin de Copeman.
- Les choses en étaient là quand, à la séance de l’Académie des sciences du 6 mai dernier, M. le Dr Phisalix, du Muséum de Paris, est venu annoncer à son tour qu’il possédait un vaccin certain contre la maladie des chiens. Voici la genèse des recherches de M. Phisalix. Ce bactériologiste trouva, dans le cours de ses études, un bacille qui infectait les cobayes et qui était aussi très virulent pour le chien. La maladie produite, très variable dans ses formes, ressemble sous beaucoup de rapports à l’affection spontanée que l’on désigne sous le nom de (( maladie des chiens )). Naturellement, M. Phisalix rechercha sur les jeunes chiens morts de la maladie ce bacille caractéristique. Il ne trouva rien. Il se souvint alors que M. Li-gnières avait, dans un travail sur les « septicémies hémorragiques », rencontré dans l’organisme du chien malade un bacille assez long dont les caractères physiologiques et biologiques, ne. .se dessinent nettement qu’après de nombreux passages dans l’organisme du cobaye. Or, le bacille Lignières est précisément identique au bacille trouvé par M. Phisalix sur le cobaye.
- M. Phisalix, "à l’aide d’artifices, trop longs à décrire,
- 1 Proceedinq du 9 janvier. ...
- finit par isoler le bacille caractéristique, qui agit surtout par le produit soluble qu’il fournit. La virulence est grande, mais s’atténue avec Page de la culture.
- Depuis des années, M. Phisalix, dans le laboratoire de M. Chauveau, au Muséum, avait obtenu, avec le bacille du cobaye, une vaccination parfaite du cobaye et du chien. II a seulement changé un peu plus, récemment, son mode opératoire. Il inocule à de jeunes chiens ayant encore leurs dents de lait, sous la peau de la cuisse, 2 à 5 centimètres cubes d’une culture atténuée.
- Les chiens ainsi vaccinés à plusieurs reprises résistent aussi bien à la contagion naturelle qu’à l’infection expérimentale. Ils sont devenus réfractaires au mal. Et comme M. Phisalix a opéré sur des centaines de chiens, il conclut : « Ainsi se trouve résolu le problème de la vaccination contre la maladie du jeune âge, et la méthode des inoculations préventives introduites dans la pratique pourra rendre aux éleveurs les plus grands services. »
- Il restera le côté pratique à étudier. Où faire vacciner les chiens? Il faudra évidemment fonder aussi une sorte d’institut spécial de vaccination canine. 11. de P.
- L’INDUSTRIE DE L’ACAJOU A CUBA
- On considère généralement que l’acajou de Cuba ne le cède en valeur qu’à celui de Saint-Domingue : c’est, en effet, un bois exceptionnel, et dont les procédés d’exploitation sont assez particuliers pour être signalés ici.
- On le rencontre dans presque toutes les forêts du sud de l’ile, surtout du côté de Manzanillo, et les exploitants travaillent dans des coupes où ils payent de 25 à 50 francs 1 par arbre abattu. Les travailleurs qu’on emploie, et qui portent le nom de (( labradores », sont payés 2 piastres par arbre abattu et, de plus, 8 piastres par 1000 pieds superficiels pour l’équarrissage; généralement, il leur suffit de 3 à 4 jours pour abattre et équarrir une bille de 1000 pieds (ce qu’on entend du reste par pied superficiel, c’est un pied carré sur un pouce d’épaisseur, et on calcule qu’il y en a 470 par mètre cube). Pour l’abatage, le labrador se sert d’une hache grosse et courte, et pour l’équarrissage, au contraire, d’un outil large et mince, dont le manche est très long, afin que l’ouvrier, debout sur le tronc couché à terre, puisse sans trop de peine en atteindre la partie inférieure. Presque toutes ces haches sont fabriquées aux États-Unis, où l’on réussit à leur donner une trempe extraordinaire. Bien que parfois les labradores se mettent en commun pour leur travail, le plus souvent un homme seul suffit à préparer complètement un arbre monstrueux, en l’équarrissant pourtant sur les quatre faces, et cela sans le moindre appareil de levage : il a soin, en effet, de ménager de gros bouts de branches sur le côté du tronc qui touche le sol lors de sa chute, et quand il a équarri deux des faces, il coupe les bouts de branches, ce qui fait basculer naturellement l’arbre, qui roule partiellement sur lui-même.
- Généralement les grands troncs sont fractionnés en deux ou trois sections de 4 à 6 mètres de long, ce qui n’empêche pas la question du transport de présenter dés difficultés considérables; bien que les' coupes soient toujours pi’ès de l’eau, il faut fréquemment six à huit couples de bœufs pour tramer une bille qu’on lancera ensuite dans le courant, en la réunissant, quand cela est possible, à d’autres, pour composer un .petit train. Les trais de. transport jusqu’au navire ressortent à trois piastre? par tonne de 40 pieds cubes. U. de M.
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- ENCORE LE FURCIL
- Après avoir beaucoup fait parler de lui il y a deux ou trois mois, le Furcil semble maintenant voué au silence. Encore quelques semaines, il retombera dans l’oubli, et les personnes qui, par hasard, se souviendront du rocher qui menaçait d’emplir l’Areuse de ses décombres et de porter un préjudice considérable au Yal-de-Travers et à toute l’industrie neuchâteloise, pourront penser qu'on a singulièrement exagéré le danger de son ellrondreinent. 11 n’en est rien cependant; les larges fissures de la montagne en témoignent encore; mais, le mouvement de descente qui commençait à se dessiner semble avoir eu pour effet l’établissement d'une nouvelle position d’équilibre plus stable que le précédent, une sorte de position d’attente dans laquelle le coteau en mouvement pourrait se maintenir pen-dant’un temps plus ou moins long.
- Ce n’est pas, d'ailleurs, la première fois qu’un glissement se produit en cet endroit; déjà en 1817 un tronçon de la route}, des diligences avait été entraîné par un mouvement du terrain, à la suite duquel une nouvelle route plus large avait été construite.
- Puis, il y a quelques années, on avait observé de petites fissures qui, dans ces derniers temps, avaient subitement grandi. Il faut dire que le travail d’excavation pratiqué dans la montagne l’avait fortement ébranlée; l’extraction de la pierre à ciment est montée récemment à 50 000 mètres cubes par an, dont une partie dans la région menacée, et le reste dans les régions voisines.
- L’époque du dégel était particulièrement redoutable. La neige était tombée en abondance, et la fonte s’est produite cette année sous l’action de la pluie, de telle sorte que les rivières, démesurément grossies, avaient débordé dans les campagnes, et avaient transformé, pour quelques jours, le Yal-de-Travers en un vaste lac d’où émergèrent seuls, pendant quelques jours, les villages, les routes en remblai, et quelques prairies élevées. Par endroits, le chemin de fer régional, qui longe le fond de la vallée, était submergé, et les roues des trains battaient vigoureusement l’eau, comme le montre la figure ci-jointe, faite d’après une photographie prise non loin du village de Fleurier. Le danger de cette inondation était double. D’une part, on pouvait craindre que les eaux, courant en ruis-
- selets sur le flanc de la montagne, produisissent des infiltrations dans le Furcil, et rendissent son équilibre moins stable ; d’autre part si l’éboulement avait obstrué l’Areuse, l’eau se serait amassée très rapidement derrière la digue. Mais on n’était point resté inactif devant cette éventualité. Une rapide étude des conditions du premier mouvement avaient montré quelles pouvaient être les défenses les plus efficaces, et immédiatement, ingénieurs et ouvriers s’étaient mis à l’œuvre. Aujourd’hui, grâce à cette prompte et énergique intervention, le danger semble pour longtemps écarté.
- Aux personnes qu’intéresse la géologie très mouvementée de cette région, où l’action successive des plissements et de l'érosion a*mis à nu la tranche d’un grand nombre de couches du jurassique depuis le hathonien jusqu’au portlandien, nous ne saurions trop recommander une étude très documentée que le nouveau glissement a donné à M. H. Schardt, professeur à Neuchâtel, l’occasion de publier dans le
- Rameau de Sapin1. Le remède indiqué dans cette étude, pour se garer du danger que présente le Furcil est assez semblable à celui dont nous avions parlé dans un précédent article2. C’est aussi ce projet que les ingénieurs ont adopté, et que la Société technique de Neuchâtel a été chargée d’exécuter. Il consiste à construire, à une petite distance de la rivière, un mur en cavalier, derrière lequel on amoncellera les 'débris provenant du décapage systématique de la Roche taillée, dont le poids très considérable produit la poussée sous laquelle le terrain cède peu à peu. M. Schardt estime à 50 000 ou 100000 mètres cubes le volume des matériaux dont la roche devra être allégée pour écarter tout nouveau danger de glissement. Ainsi, on semble pouvoir éviter l’obstruction de la rivière, qui constitue le véritable et presque le seul danger en cas d’un éboulement.
- Quant à la voie ferrée, qui passe sur l’autre rive de l’Areuse, et qui eût été menacée au cas où le maximum de l’éboulement possible se serait produit, elle est définitivement hors de cause, et les nombreux touristes qui, chaque année, se rendent dans la Suisse centrale par la voie de Neuchâtel, pourront cette fois encore, et pendant longtemps sans doute, passer en toute sécurité au pied du Furcil.
- Ch.-Ed. Guillaume.
- 1 Le Rameau de Sapin, 35e année, avril-juin 1901.
- 4 Voy. n° 1454, du 0 avril 1901, p. 294.
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- LE LWAGE ASEPTIQUE DU LINGE
- La lessive, telle qu’on la pratique encore dans bien des ménages de la campagne, nécessite des opéra-
- tions longues et minutieuses : on la compte, on l’entasse, on la coule, on la lave, on la sèche, on la
- Fig. 1. — La lessive antiseptique à l'hôpital Pasteur.
- repasse... c’est une période de plusieurs jours pendant lesquels on ne peut approcher une maîtresse de maison qui a le souci de conserver à ce titre toute son importance et toute sa dignité !
- Quand on lave son linge sale en famille et qu’on sait sûrement qu’il n’y a pas de maladie contagieuse, le résultat de l’opération est parfait et le linge est remis dans les armoires dans un état de propreté et de pureté qui peut satisfaire les plus difficiles. Mais quand on est obligé, comme cela a lieu dans les villes, de donner son linge à un industriel qui le mêle avec celui de tous ses autres clients, il peut revenir de là, en apparence très propre au point de vue de la couleur, mais très sale au point de vue bactériologique. La température des eaux de lavage, pas plus
- que leur composition, ne suffisent pour détruire sûrement tous les germes pathogènes et, s’il y a
- dans la même cuve du linge de diphtérique, de colérique ou de typhique, il peut infecter tout le reste. Dans les hôpitaux, on a soin d’exiger la désinfection à l’étuve, ou autrement, avant toute distribution de linge aux malades et cela n’est pas toujours facile à obtenir du personnel ; il est plus sûr d’avoir recours à un procédé de lessivage qui fait du même coup la stérilisation. Il y a déjà plusieurs années que l’on emploie dans l’industrie, dans certaines grandes administrations, dans quelques hôpitaux, le lessivage mécanique qui est plus économique comme main-d’œuvre et use moins le linge. Le battoir, la brosse, la torsion pour le rinçage, toutes ces manipulations ne sont pas tou-
- Fig. 2. — Stérilisateur Vaillard.
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- jours faites, par les lavandières, avec le soin désirable et si on ajoute à cela l’abus des produits chimiques, qui blanchissent le linge en le vieillissant outre mesure, on comprendra que l’avantage soit du côté de la mécanique. 11 y a un autre avantage plus considérable encore : c’est que le lessivage mécanique permet une antisepsie complète sans travail supplémentaire. Nous avons visité l’installation qui fonctionne à l’hôpital Pasteur; elle est très simple et tient fort peu de place; elle en demande beaucoup moins qu’il n’en faudrait pour loger tout un assortiment de cuves et de baquets et tout un personnel de laveuses. Elle est située dans un sous-sol à côté de l’étuve à désinfection du système Vaillard, qui peut encore lui venir en aide dans le cas où le linge suspect et très souillé devrait attendre quelque temps le lessivage.
- Cette étuve (fig. 2) est placée entre deux salles et maçonnée dans le mur de séparation, de façon t[ue la porte d’entrée soit dans une pièce et la porte de sortie dans l’autre. Les effets, matelas, linge, etc..., à désinfecter entrent d’un côté et ressortent de l’autre après avoir subi, pendant le temps voulu, l’action de la vapeur à 120°.
- Le matériel de lessivage se compose (fig. 1) de bacs Cl) contenant les solutions de savon ou de carbonate de soude, d’une essoreuse A, d’un petit moteur de faible puissance E et de la lessiveuse-désin-fecteuse B.
- Cet appareil est formé de deux cylindres concentriques horizontaux, en tôle galvanisée laissant entre eux un certain intervalle ; celui qui est «à l’intérieur est percé de trous de 2 à 3 centimètres de diamètre; une porte permet d’introduire le linge à l’intérieur et une tuyauterie est disposée de façon à pouvoir amener à volonté l’eau chaude, la lessive, l’eau froide ou la vapeur sous pression. Un mécanisme monté sur l’axe des cylindres, et relié au moteur par une courroie de transmission, leur donne un mouvement de rotation qui change automatiquement de sens à des intervalles assez rapprochés, de telle sorte que le linge subit un brassage qui change continuellement les points en contact avec le liquide ou la vapeur.
- L’appareil une fois rempli de linge sale est mis en marche et on commence par y envoyer un courant d’eau froide pendant environ 5 minutes; on remplace cette eau par de l’eau bouillante et en même temps on fait arriver un courant à vapeur à 120°, c’est à ce moment que se fait la stérilisation. Au bout d’environ un quart d’heure, on envoie dans l’appareil la solution de savon avec encore un courant de vapeur et on continue cette action pendant une demi-heure environ, après quoi le lessivage et la désinfection sont terminés. On fait arriver alors les eaux de rinçage chaude d’abord, froide ensuite et on retire le linge de l’appareil pour le porter à l’essoreuse. De là il passe au séchage qui se fait dans des étuves où il ne séjourne que peu de temps pour être complètement sec. Un personnel de trois ou
- quatre femmes et un homme est très suffisant pour conduire et surveiller l’opération.
- Tout le matériel peut être logé dans un espace très restreint, et une installation de ce genre fonctionne depuis quelque temps en plein Paris, chez un chemisier de la rue de la Paix.
- Il y a d’autres installations beaucoup plus importantes et qui donnent de très bons résultats : A la maison départementale de Nanterre où l’on traite plus de 2000 kilos de linge par jour, on a pu réaliser sur le blanchissage près de 30 000 francs d'économie dès la première année. Mais sans insister sur la question économique, il convient surtout d’envisager la question hygiénique et c’est à ce point de vue ([lie M. le Dr Delorme, médecin chef de l’hôpital militaire de Yincennes, membre de l’Académie de médecine, a proposé dernièrement à cette savante assemblée d’engager l’autorité civile à prescrire dans les lavoirs publies l’usage de lessiveuses désin-fecteuses et de les généraliser dans les hôpitaux civils et militaires. Une commission a été nommée pour examiner à fond cette question dont la haute importance, au point de vue de l’hygiène publique, n’échappera à personne. Dr Z.
- LES AGENTS PHYSIQUES
- ET LA VIE DES BACTÉRIES
- Sous ce titre, le Dr Allan Macfadyan, directeur du Jenner Institute of Préventive Medicine, a fait à l’Institution Royale de Londres une conférence intéressante qu’il n’est pas superflu de résumer ici.
- La vie repose sur une base physique et les principaux ressorts de ses énergies dérivent d’un monde extérieur plus vaste. Si les conditions, physiques ou chimiques, sont favorables, les fonctions de la vie s’accomplissent ; si elles sont défavorables, les fonctions cessent et. en dernier lieu, la mort survient. Ces différents facteurs phvsi-ques ont été étudiés et l’on a tiré parti de leurs effets pour conserver la santé et prévenir la maladie. On va passer en revue ici quelques-uns de ces facteurs physiques, non dans leurs rapports directs avec l’homme, mais dans leurs relations avec les formes inférieures de la vie, constituant une famille de beaucoup plus nombreuse que l’espèce humaine, et dont il est possible de produire à volonté dans un tube d’expérience, en quelques heures, une population égale à celle de Londres. Ces formes inférieures, les bactéries, appartiennent au règne végétal et chaque individu est représenté par une cellule simple.
- Dans un milieu favorable et à une température appropriée les bactéries se propagent avec une grande rapidité. Dans le cas contraire, les organismes ne multiplient pas; ils restent stationnaires ou meurent. Les couches superficielles du sol abritent la majorité des bactéries et constituent le grand réservoir de ces organismes. Leur nombre diminue avec la profondeur, et l’on n’en rencontre plus ou presque plus à une profondeur de 3 mètres. En réalité, le sol est un filtre très efficace, et la majorité des bactéries sont retenues à la surface. Elles y trouvent les éléments nécessaires à leur croissance. Dans les couches profondes le défaut d’air et la température agissent contre elles.
- Parmi les principaux organismes pathogènes qui se
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- LA NATURE.
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- rencontrent dans le sol, il faut citer les bactéries de l’œdème malin. Un gramme de terre pris à la surface peut en contenir des centaines de milliers, des millions. L’air en est très pauvrement pourvu parce qu’il lui manque certaines conditions ; les bactéries n’y multiplient pas et celles qu’on v . rencontre viennent du sol. Leur nombre diminue quand le sol est humide, et croît avec la sécheresse. Dans la saison sèche, les organismes de l’air tendent à s’accroître en proportion notable.
- L’air en contient plus à la ville qu’à la campagne ; elles tendent à disparaître aux niveaux élevés et en mer. La pluie purifie l’air à ce point de vue, et les conditions météorologiques exercent une grande influence. Les bactéries ne peuvent arriver dans l’air que par l’intermédiaire des poussières, particulièrement de celles qui recouvrent les tapis, les parquets, les meubles, les vêtements. Epousseter, balayer à sec, est une pratique funeste qui accroît singulièrement le nombre des bactéries dans l’atmosphère.
- « N’époussetez jamais, essuyez », a dit, il y a plus de vingt ans, M. IL de Parville. Il était en avance sur son temps.
- L’acte de respirer ne dissémine pas les germes morbides émanés du malade; il faut y joindre l’acte de tousser qui les amène dans l’air avec de petites parcelles d’humidité. Le nombre moyen des micro-organismes dans l’atmosphère est de 500 à 1000 par mètre cube; parmi lesquels seulement 100 à 200 sont des bactéries la plupart inoffensives. On a trouvé dans l’air les organismes de la suppuration, et le bacille de la tuberculose dans la poussière qui recouvre les murs des appartements. Les agents physiques qui favorisent le passage des bactéries dans l’air sont nuisibles pour leur vitalité. Ainsi, le passage dans l’air venant de surfaces sèches, ou après un séchage préalable, détruit un grand nombre de ces organismes. Il s’ensuit que, si l’on débarrasse l’air de ses poussières, il est pratiquement dépouillé de toutes les bactéries qu’il contenait. Pour les espaces clos, il y a moins d’intérêt à désinfecter l’air qu’à le débarrasser des poussières qu’il entraîne. Pour donner une idée de l’importance de cette opération, le l)r Macfadyan s’est servi du compte^poussières d’Aitken. Dans la banlieue de Londres, il a trouvé 20 000 grains de poussière pour 1 centimètre cube ; au centre de Londres, environ 500 000 par mètre cube. La contamination par la poussière est environ 900 pour 100 plus grande au centre de Londres que dans une banlieue tranquille. A l’air libre on a trouvé une bactérie pour 58 500 000 grains de poussière, dans une chambre, une pour 184000 000. La dessiccation est une des méthodes favorites employées par la nature pour se débarrasser des bactéries. L’humidité est nécessaire à leur développement et constitue environ 80 pour 100 de la substance de leur cellule ."'Le bacille du choléra meurt en trois heures dans l’air sec. Ceux de la fièvre typhoïde et de la tuberculose montrent plus de résistance, et meurent seulement au bout de quelques semaines ou quelques mois. En revanche, les spores de certaines bactéries infectieuses peuvent vivre des années dans l’air sec. Elles sont heureusement en petit nombre. La lumière solaire est un des agents bactéricides les plus efficaces. Elle tue le bacille de la fièvre typhoïde en moins de deux heures, celui de la diphtérie en une heure. Cette action germicide est surtout marquée pour la région bleue du spectre solaire; la région rouge n’agit presque pas. C’est ainsi, par la lumière solaire, que les rivières se débarrassent spontanément des impuretés qui les contaminent.
- L’oxygène exerce une influence importante. Pasteur a démontré, en 1861, l’existence des bactéries anaérobies.
- qui ne peuvent croître dans l’oxygène. L’acide carbonique leur est également contraire.
- L’eau stagnante, tiède, constitue le milieu le plus favorable. La congélation arrête la multiplication des organismes, mais elle ne les tue pas; le bacille de la typhoïde peut rester des mois dans la glace sans en souffrir.
- L’agitation mécanique, si elle est faible, peut favoriser ; si elle est forte peut entraver le développement des bactéries.
- Elles résistent très bien à la pression. La putréfaction se produit encore à 500 ou 450 atmosphères.
- Mais c’est la températuredont l’action est le plus marquée. Au bas de l’échelle, nous trouvons dans le sol et dans l’eau des organismes qui peuvent croître et se développer à zéro. Parmi eux se trouvent certaines espèces de bactéries phosphorescentes qui émettent de la lumière même à cette basse température. Pour la plupart, les conditions les plus favorables à leur croissance et à leur développement se rencontrent pour une température comprise entre 15° et 57°. Chaque espèce a une température tnaxima, minima et optima pour son développement. 11 existe, notamment, un groupe considérable de bactéries qu’on pourrait appeler thermophiliques. Leur croissance et leur développement s’opèrent à des températures qui paralyseraient ou tueraient le protoplasme ordinaire.
- Les organismes peuvent être graduellement acclimatés à des températures supérieures. Le bacille de l’anthrax, par exemple, est pathogénique pour la grenouille à 11° et pour le pigeon à 41°.
- Un organisme, au-dessous de la température minima, cesse de se développer, puis reporté à la température optima, perd de sa virulence et peut éventuellement mourir. En quelques minutes, la température de 100° est fatale aux bactéries qui n’ont pas de spores. Certains de, ces derniers, les spores de l’anthrax, par exemple, peuvent vivre quelques minutes dans de la vapeur à 140°, qui paraît constituer la limite supérieure.
- Quant à l’action du froid sur la vie bactérienne, les dernières expériences sont très décisives. Des bactéries de différentes espèces, phosphorescentes ou morbides, ont été maintenues des jours et des semaines dans l’air liquide et même dans l’hydrogène liquide, à 21° au-dessus du zéro absolu. Le résultat a été nul ; la vie a été arrêtée par le froid, mais quand les organismes ont été soumis ultérieurement à la température normale, ils ont repris toutes leurs fonctions comme si de rien n’était. Ce résultat négatif présente une certaine importance à divers points de vue, même au point de vue philosophique. Est-ce ainsi que les organismes auraient pris naissance sur terre? Supposons, par exemple, un fragment de planète morte traversant les espaces planétaires ou stellaires pour arriver sur la terre, les organismes qui y seraient renfermés arriveraient intacts et aptes à reprendre, après réchauffement, leur existence, leur croissance, leurs propriétés ordinaires. G. G.
- LA PUISSANCE HYDRAULIQUE DU CANADA
- Les premiers missionnaires cjni explorèrent le Canada, il y a trois cents ans, signalèrent combien il leur fut difficile, en partant de Montréal, de remonter jusqu'aux Grands Lacs à cause des rapides et des cascades que présentait la rivière Ottawa et qui nécessitèrent des transbordements sans nombre. Ces chutes d’eau, que les Jésuites d’autrefois trouvèrent
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- LA NATURE.
- Péribouka, Grande et Petite, Mistas-sini, Mistassibi, Chamouchodan, Ouat-chouan, Belle - Rivière, Métabetchouan, ainsi que la grande et petite décharge du Saguenay.
- La Grande Péribouka présente, sur un parcours de cinq milles, jusqu’à sept chutes successives et susceptibles de développer au total une énergie de plus de 500000 chevaux. La Petite Péribouka a six chutes, dont les plus belles sont celles appelées les Chutes-Blanches, non loin du
- si incommodes, sont en train de devenir, en raison de leur utilisation industrielle, une des sources les plus sures de la richesse du pays.
- La seule région d’Ottawa présente, dans un rayon de 50 milles, une puissance hydraulique qui peut être évaluée à [dus d'un million de chevaux-vapeur et que de lacs pourraient être encore utilisés par la construction de chaussées et d’écluses ! Rien peu de chutes sont néanmoins employées ; on peut cependant citer celles de Montmorency qui tombent dans le Saint-Laurent d’une hauteur de 250 pieds et qui servent, en même temps qu’à faire mouvoir un important moulin à coton, à donner à la ville de Québec, située à dix milles de distance, l’électricité nécessaire pour l'éclairer et faire marcher ses tramways.
- On a estimé que la valeur financière des chutes de la région d’Ottawa devait s’élever par année à la somme de 250 millions de francs. D’autre part, les ingénieurs, chargés de l’étude du canal projeté entre Montréal, Ottawa et la haie Géorgienne, estiment à 700 000 chevaux-vapeur, soit exactement ce que fournissent les chutes du Niagara du côté des États-Unis, la force motrice qui pourrait être utilisée le long du tracé du canal. Mais il existe encore bien d’autres puissances hydrauliques, celles de la région du lac Saint-Jean et de la vallée Saint-Maurice, par exemple.
- Pour la région de Saint-Jean, on a les rivières
- Fig. 2. — Les chutes Métabetchouan.
- canton de Dalmas. La Mistassini a quatre cascades, dont l’une à 80 pieds de hauteur. La Mistassibi en a deux, dont l’une, dite des Pères, tombe d’une hauteur de 45 pieds. La rivière Chamouchodan offre des cascades et des chutes en grand nombre et sérieuses : leur puissance est estimée à 500 000 chevaux. La Métabetchouan a trois rapides et une chute importante. La Grande Décharge serait susceptible, par des barrages, de fournir une force motrice de J5000 chevaux. Les autres rivières de la région du lac Saint-Jean offrent moins d’importance. Signalons
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- cependant la Rivière aux Rats, tributaire de la Mis-tassini, qui, avec ses chutes de 50, 40 et 60 pieds, possède une puissance d’environ 150 000 chevaux. Il est enfin un grand nombre d'autres petits cours d’eau de la même contrée qui seraient susceptibles d’utilisation, tels sont Chieoutimi, Au Sable, Shipshaw, Sainte-Marguerite, Escoumains, Saut au Mouton, Betsiamites, Aux Outardes, Manicouagan, Pentecôte, Aux Rochers, Moisie, Natashquam, etc.
- La vallée de Saint-Maurice est un vaste territoire
- pin et l’épinette, la fabrication du papier se présente dans des conditions de facilité et de bon marché exceptionnels. Cette industrie s'est déjà installée dans la vallée de Saint-Maurice et fournit à ceux qui l’exploitent les bénéfices les plus rémunérateurs. On a calculé qu’il y avait assez de forêts au Canada pour fournir quatre milliards et demi de tonnes de bois de pulpe; cette provision, qui, du reste, se renouvelle sans cesse, n'est pas près d’être épuisée. Néanmoins l’exploitation est loin d’atteindre ce qu'elle devrait produire. S’il en est ainsi, cela tient à ce (pic les capitaux font défaut. Le Canada est le plus merveilleux des pays, il a en lui toutes les sources de la richesse puisqu’il possède les matières premières en abondance et une puissance hydraulique indéfinie; il a, de plus, l'avantage d’être peuplé
- qui s'étend au nord du Saint-Laurent, en arrière de, la ville des Trois-Rivières. Sa superficie est de 16 000 milles carrés. Elle comprend les trois comtés de Champlain, Saint-Maurice et Maskinongé. Le Saint-Maurice est un cours d’eau rapide et profond, coulant du nord au sud, et navigable sur une grande partie de son cours. Il se jette dans le Saint-Laurent après un parcours de plus de 100 lieues. Toute sa vallée est coupée de nombreux affluents qui sont la grande rivière Matawin, la Mékinac, la Bostannais, la Croche, Vermillon, Windigo, Trenche, Manouan, Pier-riche, Shawinigan, Au Rat, Flamand, Au Ruban, efc. Tous ces cours d’eau et de nombreux lacs présentent des rapides et des cascades. Les plus remarquables sont fournis par la Grand’Mère, la Shawinigan et laTuque, cette dernière chute ayant une hauteur de 150 mètres. Des compagnies industrielles les utilisent déjà en partie.
- En dehors de Saint-Jean et de Saint-Maurice, on peut encore citer les rapides et les chutes bien connus de Lachine et des Cèdres, des Prairies, du Richelieu, de Jacques Cartier, de Montmorency, etc.
- En résumé, toute cette vaste région du Canada est amplement pourvue de force motrice; mais il y a plus; grâce à ses immenses forêts qui possèdent en abondance le
- Fig. 4. — les chutes Montmorency.
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- LA nature:
- par une race, ou plutôt par deux races éminemment énergiques et intelligentes et, cependant, les progrès industriels y sont beaucoup trop lents. Faute d'argent,, l'activité canadienne ne trouve même pas à s’employer sur place et il en résulte une émigration de plus en plus considérable aux États-Unis. Aussi le Canada, qui sait qu'il n’a rien h attendre de l’Angleterre et qui, par suite, s’en détache de plus en [dus, semble-t-il destiné à devenir, dans un temps plus ou moins éloigné, la proie des États-Unis. Il appartiendrait à la France d'empêcher cette absorption dangereuse. Pourquoi nos nationaux n'émigreraient-ils pas, en y apportant des capitaux, dans ce pays où l’existence leur serait d'autant, [dus facile et agréable qu’ils y trouveraient, on nous l'affirme tous les jours, des compatriotes qui les accueilleraient à cœur ouvert? Dans ces conditions, le Canada prendrait un essor irrésistible et peut-être à la longue Unirait-il par redevenir un pays
- français. . Delauney.
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- CHOCS ÉLECTRIQUES A DISTANCE
- Depuis longtemps déjà, il était recommandé aux pompiers, dans les incendies, d’éviter de jeter de l’eau sur les câbles ou appareils électriques en charge. C’était d’abord pour leur éviter de recevoir des secousses désagréables aux basses tensions et dangereuses certainement pour les hautes tensions. Il y avait ensuite d’autres raisons sur lesquelles nous reviendrons plus loin. On n’avait jusqu’ici aucune donnée précise sur les chocs ressentis par l’intermédiaire de la colonne d’eau sortant d’une lance et tombant à distance sur un conducteur électrique; comme l’eau n’est pas conductrice, on pouvait également se demander si la communication était bien ainsi établie.
- Des expériences ont été faites récemment à ce sujet par M. G. Semenza, à la Compagnie Edison, de Milan. Une plaque métallique bien isolée a été placée contre un mur et mise en communication avec un pôle d’une machine génératrice dont l’autre pôle fut mis à la terre. On a utilisé successivement du courant continu et du courant alternatif. Un homme, le bas des vêtements mouillés, à l’aide d’une lance, a jeté de l’eau sur la plaque et s’est approché jusqu’au moment où il a senti une secousse ; on a alors noté la distance.
- Ces expériences sont certainement intéressantes, mais ne donnent des résultats que pour une personne, et dans des conditions bien déterminées. On ne saurait donc généraliser les données recueillies. Les résultats obtenus, d’après le Génie civil, sont les suivants :
- COURANT CONTINU
- Tension en volts. Diamètre de la lame Distance de la lame à la plaque. Observations.
- 200 )) 0m,012 Sensation.
- 500 0m,012 üra,07 —
- 500 0m,050 [m —
- 40 COURANT ALTERNATIF 0ra,012 0m,025 —
- 500 0-.012 0m,19 —
- 5000 ü",012 —
- 500 0m,012 2",50 Sensation perceptible,
- 5000 0-,012 8ra très forte,
- 5000 0m,012 4" à peine supportable.
- Une courbe, donnant la longueur maxima du jet de
- 0n,,012 pour laquelle un choc est perceptible aux différentes tensions à courants alternatifs, a été tracée par VElectrical World d’après les chiffres que nous donnons ci-dessus. On peut dire qu’à distance égale, la sensation est d’autant plus forte que la vitesse du liquide est plus faible, car le jet est plus régulier. Le choc, augmente moins rapidement que la différence de potentiel ; car plus la distance est grande, et [dus il est difficile d’obtenir un jet compact. Le Génie civil tire de ces essais les conclusions qu’avec les courants continus le danger est pour ainsi dire nul et qu’on peut en toute sécurité arroser les fils ordinaires d’éclairage à 220 volts et même les conducteurs de tractiou à 500 volts. Pour les courants alternatifs et avec les tensions actuellement employées, il ne peut y avoir danger qu’avec les conducteurs primaires et à des distances faibles.
- 11 est enfin d’autres raisons, sérieuses également, pour lesquelles dans les incendies il est recommandé aux pompiers de ne pas arroser les conducteurs électriques. L’eau répandue de tous côtés inonde, en effet, les câbles, les divers appareils, et même, si les interrupteurs du tableau sont ouverts, peut établir des courts-circuits et causer souvent les plus grands dommages dans une installation. J.XL.
- L’AIGUILLE AIMANTÉE
- ET I,A PRÉVISION I)U TEMPS
- Le problème de la prévision du temps doit être aussi vieux que le monde. Les philosophes et les devins de l’antiquité s’en préoccupaient déjà, et aujourd’hui les physiciens le considèrent à juste titre comme une des questions les plus intéressantes à résoudre. Malheureusement, il y a loin de la coupe aux lèvres, du désir à la réalité. Nous signalions, il y a un peu plus d’un an, aux lecteurs de La Nature1 de curieuses expériences faites par M. Ducla, de Pau, à l’aide dé la bouteille de Leyde; M. Ducla avait espéré de ces expériences pouvoir tirer des conclusions relatives à la prévision du temps; mais nous avons montré que les phénomènes signalés par M. Ducla pouvaient fort bien s’expliquer à l’aide des seules théories de l’électricité, et que de cette interprétation même résultait une complication telle qu’à notre avis on ne pouvait de ces expériences tirer aucune conclusion rigoureuse relative à la prévision des phénomènes météorologiques. Observateur consciencieux, M. Ducla a poursuivi ses recherches, et il nous signale aujourd’hui une nouvelle série d’expériences entreprises, cette fois, avec l’aiguille aimantée2. M. Ducla, ayant aimanté un faisceau d’aiguilles à tricoter, a constaté que la masse de ce faisceau, déterminée à l’aide d’une balance reposant sur un socle en fer, était plus grande après l’aimantation qu’auparavant. Nous faisons remarquer que ce n’est là qu’une façon de parler, car l’action magnétique terrestre sur un barreau aimanté se réduit à un couple et n’a par suite aucune composante verticale capable de modifier le poids du barreau. Mais ici il faut tenir compte des phénomènes d’influence magnétique se produisant entre le faisceau et le socle de fer : tle ces phénomènes d’influence résulte une attraction qui vient s’ajouter au poids du faisceau. M. Ducla a constaté que cette attraction varie, et il a tenté de relier cette variation aux changements de temps3. Nous allons essayer
- 1 Voy. n° 1390, du 24 février 1900, p. 202.
- 2 Bulletin de l’Observatoire Carlier d'Orthcz, février 1901.
- 5 Voici quelques-uns des chiffres de M. Ducla : du 18 ma
- au 25 mai 1900, la variation de l’attraction du plateau de fer
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- do montrer qu’il est permis de considérer cette conclusion comme au moins prématurée.
- Avant de rapprocher la variation d’attraction des phénomènes météorologiques, nous devons nous demander de quoi dépend cette attraction. Elle dépend : 1° de la valeur du champ magnétique terrestre, à l’endroit et à l’heure de l’expérience ; 2° du moment magnétique du barreau, c’est-à-dire en somme de l’intensité de son aimantation ; 3° de la position relative du barreau et du socle de fer. 11 serait facile d’éliminer cette troisième influence dans la comparaison de mesures successives en plaçant toujours de la même manière le barreau dans le plateau de la balance : M. Ducla y a sans doute pensé. Mais les deux premières conditions ont une tout autre importance. L’intensité d’aimantation d’un barreau ne se conserve pas identique à elle-même avec le temps, et le moment magnétique est une grandeur essentiellement variable, très rapidement variable avec le, temps (le temps horaire), et avec la situation du barreau par rapport à toutes les substances magnétiques distribuées dans son voisinage ; c’est ainsi par exemple que le moment magnétique d’un barreau n’est pas du tout le même en plein air ou dans une construction contenant du fer : de là une complication extrême et une difficulté presque insurmontable qu’il faudrait pourtant lever pour rendre les mesures successives comparables entre elles. Enfin, en admettant remplies toutes ces conditions de comparabilité, l’influence du socle de fer sur le faisceau aimanté dépend du champ terrestre; or celui-ci varie constamment en intensité, et aussi en direction puisque dans un même lieu la déclinaison et l’inclinaison magnétiques subissent des variations plus ou moins régulières dans une. même journée. Dire dans ces conditions que la variation d’attraction constatée par M. Ducla est liée aux changements de temps, c’est donc dire en dernière ana-Ivse que les changements de temps sont reliés aux variations de direction et d’intensité du champ magnétique terrestre. C'est là une conception qui nous parait bien osée, et qui nécessiterait pour son admission des expériences de haute précision ; et ces expériences, d’après ce que nous avons dit plus haut, sont d’une réalisation très difficile. Et, après avoir mesuré ainsi les variations du champ magnétique terrestre, il faudrait rechercher toutes les causes de ces variations, pouvoir y démêler ce qui serait dû spécialement aux changements météorologiques. Ce serait extrêmement compliqué.
- Du reste, M. Ducla a eu l’idée de comparer la courbe obtenue dans ses dernières recherches avec celles que donnent, d’une part, le baromètre1, et, d’autre part, la bouteille de Leyde : les trois courbes sont différentes. Il semble bien difficile de faire un choix.
- Ou plutôt c’est de cette discordance même que nous tirerons notre conclusion : l’état atmosphérique doit influer et influe certainement sur une foule de grandeurs physiques, mais il importe, avant toutes choses, de rechercher la cause et le sens de cette influence. Cela nécessite un très grand nombre d’observations, et d’observations de tout genre. 11 faut savoir gré à M. Ducla d’avoir fait des tentatives dans ce sens ; lorsque les expé-
- s’est traduite par des variations de poids allant de 0«r,457 à 0pr,230, avec brusquerie du 23 mai (0«r,420) au 25 mai (0fr,230); le 25 mai a précisément été marqué à Pau par de fortes bourrasques. D’une manière générale, M. Ducla pense que le mauvais temps est précédé d’une brusque augmentation dans la valeur de l’attraction, augmentation suivie d’une dépression.
- 1 On peut se reporter à ce que nous disions déjà de. la prévision du temps à l’aide du « baromètre » en 1897 : voy. le n° 1258, p. 86.
- rienccs seront très nombreuses, dégagées de toute critique, peut-être pourra-t-on risquer une explication ; mais aujourd’hui, toute conclusion paraîtrait manquer de base certaine ; et malheureusement le ciel nous parait devoir conserver bien longtemps encore le secret de ce que nous appelons des caprices et des fantaisies parce que notre esprit n’a pu encore rien y démêler de précis et de vraiment scientifique. J. Deuùmk,
- - Licencié ès sciences.
- EMPOISONNEMENTS PAR LES INFUSIONS
- Les essences qui entrent dans la composition des divers apéritifs, en particulier de l’absinthe, ajoutent un degré de toxicité considérable à l’alcool qui forme la base de ces breuvages. Les essences de fenouil, d’absinthe, d’anis sont par elles-mêmes des plus nocives et quelques gouttes, injectées dans le torrent circulatoire d’un lapin ou d’un chien, amènent des accidents d’intoxication suraiguë.
- Une nouvelle preuve de cette toxicité nous est fournie par le Dr Étienne qui a eu à combattre des phénomènes très graves d’empoisonnement chez une de ses clientes; l’empoisonnement avait été produit par une simple infusion, trop concentrée, d’anis étoilé. Cette malade avait de la dyspepsie flatulente. Rien de supérieur, d’après les indications des commères du voisinage, à l’anis pour faire disparaître les gaz. La brave femme achète 30 grammes d’anis étoilé et les jette dans un verre d’eau sur son fourneau. Oublie-t-elle son remède merveilleux ou croit-elle à plus d’efficacité en laissant l’infusion se prolonger? Toujours est-il que sous l’action de la chaleur, l’infusion était réduite par l’évaporation à quelques cuillerées d’une liqueur concentrée, contenant la presque totalité des huiles essentielles. Elle avale ce jus parfumé, et loin de yoir calmer ses malaises, les sent augmenter d’instant en instant, puis elle est prise de vomissements, de vertiges, d’un véritable collapsus dont le médecin eut le plus grand mal à la tirer. Les accidents avaient disparu le lendemain; mais, sans un secours immédiat, il est probable que la malade eût succombé. La macération prolongée de l’anis avait entraîné la dissolution complète des essences, ce que ne fait pas une infusion rapide qui n’en prend qu’une faible partie, suffisante pour avoir une action carminative.
- Un autre médecin de Nancy, M. Haushalter, a eu l’occasion d’observer un cas à peu près analogue. Chez un enfant de quelques mois, des convulsions et des troubles nerveux inquiétants apparurent à la suite de l'ingestion d’un mélange à parties égales de lait et d’une infusion de fenouil et d’anis, qu’un droguiste avait recommandé pour combattre les gaz. Conclusion : ne boire que des infusions légères d’anis et ne prendre que de petites quantités d’anisette à la fois; à hautes doses l’huile essentielle d’anis devient un vrai poison.
- L’anis n’est pas la seule plante odorante dangereuse : le thé vulgaire, cette boisson si répandue en Russie et en Angleterre, et qui trouve chez nous de nombreux adeptes, peut devenir, dans certains cas, dangereux. Mais il faut, pour s’empoisonner, y mettre de la bonne volonté et avoir la naïveté de la malade dontM. Spillmann a eu à combattre l’intoxication. On avait ordonné à cette brave femme une infusion chaude de 300 grammes de thé. Comme la paysanne qui faisait ingurgiter à son mari la bouillie de farine de lin destinée aux cataplasmes, la malade prend l’ordonnance à l’envers de la lettre et avale une infusion, archiconcentrpe de 300 grammes de thé dans 300 grammes
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- là nature.
- d’eau. Drôle d’infusion, c’est à peine s’il y avait assez d’eau pour mouiller les feuilles aromatiques. Elle n’avait pas avalé ce breuvage depuis un quart d’heure qu’elle était prise de tremblements, de vomissements, de syncopes, avec ralentissement du poids, bref tout l’ensemble des signes d’un empoisonnement des plus graves, dont on ne la tira qu’à grand’peine.
- Les deux cas se ressemblent; inadvertance et maladresse ont été la cause de tout le mal : mais il est bon d’être prévenu et de ne pas corser par trop les infusions chez les sujets trop jeunes ou trop âgés. Dr A. Cautaz.
- SCIE CIRCULAIRE A INCLINAISON A ARIABLE
- Les scies circulaires, sous leur forme ordinaire, rendent les plus grands services ; mais il est certain qu’on pourrait leur demander d’autres usages, et c’est précisément ce que s’est dit un ingénieux inventeur américain ,
- M. James M. Carrison, qui veut les employer à tailler des mortaises dans certaines conditions, en leur faisant tracer des traits de largeur variable et indé-
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- pendante de la largeur même de la lame de la scie.
- On comprend que, pour obtenir ce résultat, il suffirait naturellement d’imprimer à la lame une inclinaison variable elle-même par rapport à l’axe autour duquel elle tourne, de telle manière qu’elle fasse avec cet axe non plus un angle droit, comme cela se présente d’ordinaire, mais un angle plus ou moins aigu à volonté. Il fallait donc monter la scie de façon toute particulière sur l’arbre, en obtenant que les variations d’inclinaison dépendissent seulement du serrage ou du desserrage de quelque pièce mobile à commande facile. La disposition adoptée va se comprendre aisément quand on aura examiné les figures que nous donnons, et qui représentent d'une part (fig. 1), avec un arrachement, la scie montée dans la table où elle fonctionne, au bout de son arbre de commande, puis en plan et en coupe la tête même de cet arbre avec le boulon qui maintient la scie (fig. 2 et 5). Au lieu d’être prise, comme normalement, entre un épaulement du bout de l’arbre et un écrou de tête, la scie, tout en étant saisie derrière l’écrou extrême, se trouve maintenue d’un côté entre une rondelle oblique qui est disposée sous cet écrou, puis une tige à extrémité en biseau qui peut sortir plus ou moins de son logement (ainsi que nous l’allons voir tout h l’heure) ; enfin, de
- l’autre côté, elle est traversée par une tige filetée h ses deux extrémités, et serrée entre une plaque enfilée de façon fixe sur la tige et deux écrous, dont l’un forme contre-écrou, qui se vissent sur la partie supérieure de cette tige.
- Supposons que nous voulions donner une certaine inclinaison h la scie ; armé d’un simple tournevis (ce qui rend l’opération étrangement aisée) nous vissons la tige filetée, qui présente terminalement une fente convenable pour donner place au bout du tournevis : de la sorte nous la faisons rentrer dans la tête de l’arbre. Mais il faut aussi que la tige à biseau de droite s’allonge d’une longueur correspondante, afin que la lame de scie y trouve toujours un appui convenable. Cela est obtenu d’une façon très simple, grâce h une sorte de levier à deux bras et à collier qui oscille transversalement à l’arbre de la scie, et qui supporte, par un bout, l’extrémité de la
- tige filetée, et par l’autre celui de la tige à biseau : donc les mouvements des deux tiges sont forcément solidarisés, et si tout à l’heure nous voulons diminuer l’inclinaison de la scie, et que nous dévissions la tige filetée en sens inverse, la tige à biseau rentrera partiellement dans son logement, pour laisser la scie revenir, partiellement aussi, vers sa position primitive.
- Quant au résultat que donnera une scie ne faisant plus un angle droit avec son arbre de rotation, nous n’avons pas besoin d’y insister : il est évident qu’elle tracera un chemin d’autant plus large que l’inclinaison sera plus marquée, et on pourra de la sorte creuser une véritable mortaise à l’extrémité d’une planche, ou encore des rainures de toute largeur. L’idée est d’autant plus originale que cette disposition peut s’appliquer dans bien des circonstances et qu’elle semble donner des résultats très pratiques. D. B.
- LE JOURNAL TÉLÉPHONÉ DE BUDAPEST
- S’abonner à un journal qui parle, chante et joue de la musique n’est pas à la portée de tout le monde. Seuls même, dans l’Univers entier, les habitants de Budapest peuvent actuellement s’offrir cette originale fantaisie.
- Due à l’électricien Theodor Puskas, cette invention, connue sous le nom de Telefon-Hirmondo, remonte à J 895. A l’origine, le réseau téléphonique
- Nouvelle scie circulaire.
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- LÀ NATURE.
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- de l'entreprise mesurait 69 kilomètres de longueur, mais il n’a cessé de s’accroître et aujourd’hui il dépasse un mil-
- lier de kilomètres. L’institution eut, du reste, à vaincre de nombreuses difficultés. D’abord, lorsque le nombre des abonnés atteignit 1200, on constata de multiples défectuosités dans le fonctionnement des appareils, entre autres une diminution très notable de l’intensité du son. A la suite d’expériences in-telligemment poursuivies , les techniciens parvinrent à remédier à cet inconvénient et maintenant l’administration pourrait ou pour mieux Pénétrons dans
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- Fig. 1. — Schéma des lignes du Telephon-llir monda, le journal parlé de Budapest.
- contenter 20000 lecteurs, dire 20000 « entendeurs la salle de rédaction du journal téléphoné.
- Nous y verrons, comme de juste, quelques collaborateurs en train d’écrire qui un article de fond ou une critique théâtrale, qui une chronique scientifique ou littéraire, tandis que d’autres rédacteurs classent les informations télégraphiques, les bulletins de marché, les nouvelles politiques, militaires ou sociales, les observations météorologiques, les échos du cycle ou des courses.
- Jusque-là rien de particulier.
- Mais dans la pièce à côté changement de décor. Six artistes à la voix puissante transmettent des morceaux de.concert ou d’opéra, d’autres employés lisent des conférences, indiquent le programme des spectacles du soir. Bref le Telefon-Hirmondo remplace non seulement les journaux imprimés plaisirs intellectuels très variés.
- La lecture des manuscrits se fait devant deux
- Fig. 2. — Installation d’un poste isolé sur la ligne, il ofïre aussi des
- grands microphones situés vis-à-vis l’un de l’autre et qui ne présentent que des modifications de détails
- avec les appareils ordinaires. Pour la musique instrumentale, les récepteurs sont munis de pavillons et la transmission du chant s’effectue de la même façon que la parole.
- Selon notre excellent confrère viennois Die lie-for m, auquel nous empruntons ces renseignements, la succession des différentes rubriques est parfaitement déterminée et se reproduit tous les jours dans le môme ordre, depuis 8 heures du matin jusqu’à 11 heures du
- soir. De la sorte, chacun peut écouter seulement ce qui l’intéresse. Le boursier et le politicien reçoivent toutes les demi-heures, soit le cours des valeurs, soit des informations parlementaires. Puis, entre 1 heure et demie et 2 heures, on résume pour l’homme pressé tous les faits intéressants de la matinée. Enfin, s’il y a une nouvelle particulièrement importante à noter, un signal d’alarme retentit dans la demeure de l’abonné qui apprend sans se déranger la mort de Victoria ou le dernier exploit de Dewet.
- A l’énumération de tous ces avantages, que ne saurait procurer un journal imprimé, on s’imaginerait que l’abonnement au Telefon-Hirmondo constitue une fantaisie de millionnaire : il n’en est rien pourtant. Ce luxe coûte mensuellement 5 francs, — moins cher que le Temps ou le Figaro.
- On ne paye pas de frais d’installation et tous les quatre mois on peut demander la résiliation de son contrat. Ainsi, pour dixxcentimes par jour, on pos-
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- L'A" NA TU UE:
- sotie à domicile son poste téléphonique. On l'installe où l’on veut et quelle précieuse ressource dans bien des cas ! Il remplace avantageusement un ami importun. Dans le salon d'un médecin occupé, il trompe l’attente des clients, il vient en aide à l'amphitryon pour la réception de ses convives et que d’applications nous laissons dans l'ombre !
- Ces généralités posées, indiquons le fonctionnement du système au point de vue technique. La ligure 1 représente schématiquement l’ensemble du réseau. Dans le circuit principal a, b, c, d, en dehors du microphone m, des piles E1; E2, E3, Ev et de la bobine d’induction ()t on a intercalé autant d’autres bobines d'induction 0t, 03 qu’il fallait de circuits secondaires hif hîf /<3 particuliers et indépendants les uns des autres. Ces derniers partent du poste central du Telefon-Hirmondo et alimentent une certaine partie de la ville.
- D’autre part, tandis (|ue les stations téléphoniques ordinaires servant h des communications verbales réciproques doivent posséder des sonneries d’appel, les appareils de notre journal sont seulement disposés pour l’audition. Un poste de ce genre se compose, par exemple, de deux récepteurs ï\ dont le fil i\ est relié au circuit secondaire d’une bobine d’induction Jt. Le lil primaire prolonge la ligne métallique hr
- Vient-on h parler dans le microphone, sa résistance électrique se modifie et des courants d’induction naissent dans les bis secondaires des bobines o1? o2, o3. Le courant lancé dans les circuits ftj, /i2, /i3 actionne à son tour par l’intermédiaire des bobines J2, J2, J3, les récepteurs des postes isolés. Ainsi les ondes sonores se trouvent transmises à l’oreille des intéressés.
- La figure 2 montre le détail d’une installation. Le fil aérien h de la ligne va de maison en maison. Fixé sur l’isolateur S, il est recouvert d’une substance isolante dans la partie g qui le relie aux deux extrémités de la bobine d’induction. On place celle-ci dans une boîte de fer-blane attachée au-dessous d’un support implanté dans le mur. Le conducteur secondaire v est relié à deux ou trois petits isolateurs s1? s2 et pénètre sous forme d’une double ligne dans l'appartement de l’abonné où les bis se rattachent au récepteur téléphonique. D’autre part, le réseau entier est partagé entre 50 zones ayant chacune un bureau central d’où partent les (ils desservant tout le quartier.
- Le Telefon-Hirmondo constitue donc une précieuse ressource pour le monde des affaires, puisqu’il communique les informations commerciales et les cotes de la Bourse avant les organes de la presse ordinaire. A tous ceux qui, faute de temps ou d’argent, ne peuvent assister à l’Opéra et aux concerts, il fournit des auditions musicales excellentes et peu coûteuses.. Enfin de riches Dienfaiteurs hongrois lui ont trouvé un noble usagé : distraire les malades des hôpitaux de Budapest. Jacques Boyer.
- LE BALLON « SANTOS-DUMONT »
- Les journaux quotidiens ont signalé avec enthousiasme les ascensions des 11 et 12 juillet faites dans son ballon par M. Santos-Dumont. Le 11 juillet, dès l’aurore et par temps calme, le ballon, comme un courrier docile, a fait à volonté plusieurs fois le tour de Longchamp au Bois de Boulogne, s’est dirigé sur Paris, a contourné la Tour Eiffel, s’est arrêté au Trocadéro et enfin est revenu facilement à son point de départ, le parc aérostatique de Saint-Cloud. Le 12 juillet, mêmes évolutions, mais avec louvoyage, recul momentané du ballon sous l’action de petites rafales de vent et descente forcée sur les arbres de la propriété Rothschild à Boulogne, à peu de distance du point de départ. Ces essais sont intéressants : ils l’eussent été davantage encore si l’on avait eu l’idée de mesurer plus ou moins bien la vitesse du vent. Cependant, ils nous laissent à peu près dans la situation où nous nous trouvions en 1883, 1884, 1885, au moment des essais de ballons à moteur électrique de MM. G. et A. Tissandier, du ballon La France, de MM. Renard et Kretz. Ce dernier ballon sortit 7 fois de Chalais-Meudon et 5 fois il revint à son point de départ ; 4 fois il dut atterrir à peu de distance de Meudon, à Velizy, à Yillacoublay, le vent ayant pris un peu trop de force pour être vaincu par le moteur.
- Les mots sont trompeurs quelquefois. Ballon dirigeable n’a pas de signification précise. Un ballon est toujours dirigeable aisément quand l’air est calme; puisqu’il suffit du plus petit effort pour le déplacer. Le mot ne prend un sens que si l’on dit : « dirigeable dans certaines limites ». Bar exemple dirigeable contre un vent de G mètres, de 12 mètres, etc. Alors dans ces limites, le ballon progressera et se dirigera. 11 ne sera plus dirigeable au delà. Le ballon Santos-Dumont est un dirigeable de même entre certaines limites. Le premier jour l’air étant calme, il a obéi à son moteur; le second jour, la brise ayant soufflé par moment, il n’a pu progresser directement que pendant les périodes d’accalmie relative. Et la preuve, c’est qu’il n’a pas été directement de Longchamp à la Tour Eiffel ; il a passé au-dessus de ma tète à 150 mètres de haut environ dans une direction tout autre que la ligne Longchamp-Champ de Mars; il a dévié à l’ouest pour reprendre sa roule; encore un peu et le moteur n’eùt pas été maître de la direction. Dans l’essai du 12, on avait presque atteint la limite. C’est pourquoi il eût été utile de mesurer la vitesse maxima du vent. On aurait su la vitesse qu’un moteur de 16 chevaux pouvait imprimer à un ballon du type réalisé. Avec 16 chevaux, on ne doit pas aller bien loin, même dans les couches basses de l’atmosphère.
- Il n’en faut pas moins féliciter M. Santos-Dumont d’avoir obtenu ces résultats importants. Il a réalisé de grands progrès dans l’agencement de son ballon. Nous sommes loin de l’essai informe de 1898 au Jardin d’Acclimatation. Avec une grande persévérance, beaucoup d’ingéniosité, par expériences successives M. Santos-Dumont a fini par construire un ballon, le cinquième type, qui est bien équilibré, obéit facilement à la manœuvre et ne se déforme pas. C’est un succès.
- Le Santos-Dumont n° 5 est constitué par un cylindre terminé par deux cènes ; la longueur totale est de 54 mètresvîl jauge 550 mètres cubes. Pour lui donner de. la rigidité, il renferme à l’intérieur un ballonnet alimenté d’air aœmoyen d’un ventilateur rotatif- en-aluminium. Ce ballon supporte une légère charpente qui sert .de.point, d’appui . au moteur à..quatre .cylindres,. à l’arbre
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- de commande des hélices à quatre ailes. L’hélice peut faire plus de 200 tours à la minute. En arrière de la charpente entre elle et le ballon est placé le gouvernail fait d’une étoffe de soie tendue sur un cadre triangulaire et fixé à l’une des cordes de suspension. La nacelle enfin est disposée sur la même charpente.
- Cette disposition a été bien étudiée. Les hélices du ballon de MM. Krebs et Renard faisaient seulement 55 tours au maximum; celles du nouveau ballon, nous l’avons dit, peuvent tourner quatre fois plus vite dans le même temps. Il y a donc progrès sensible sur l’outillage, et il faut le dire à la louange du jeune inventeur. Mais, nous le répétons, le problème est toujours le même; pour le résoudre dans ses limites pratiques, pour arriver à vaincre une brise fraîche de 12 à 14 mètres, moyenne du vent sous nos climats, il faut un moteur très puissant. Un ballon ne pourra être vraiment considéré comme dirigeable pratiquement que lorsqu’il sera muni d’une machine susceptible de faire face à un vent moyen. La parole est donc maintenant aux gros ballons avec machines de 60 à 100 chevaux. Nous savons qu’il en existe déjà en construction. On peut donc espérer que nous assisterons bientôt à de nouvelles expériences décisives. Le ballon Santos-Dumont n’en aura pas moins conquis sa place dans l’histoire de la
- II. de 1».
- navigation aérienne
- CHRONIQUE
- Le canal transeurojiéen. — Li journal autrichien Pester Lloyd fournit d'intéressants renseignements sur le projet de canal transeuropéen dont l’initiative serait due à l’empereur Guillaume II lui-même. Ce canal, reliant Stettin, sur l’Oder, au port de Fiume, situé dans le golfe de Quarnero, sur l’Adriatique, couperait l’Europe en deux par une ligne suivant presque exactement la direction nord-sud. Son développement serait de 2240 kilomètres, ce qui en ferait le plus grand canal du monde. En réalité, il n’y aurait à creuser que 485 kilomètres environ, les quatre cinquièmes à peu près du canal projeté devant utiliser des voies navigables déjà existantes. C’est précisément cette cause qui milite en faveur de la prompte réalisation de l’entreprise, dont les frais seraient relativement peu élevés. De Stettin à Kosel, en Silésie, et même jusqu’à üderberg, on utiliserait le cours de l’Oder, l’uis le canal serait percé de façon à aboutir à Komond, sur le Danube, suivrait la Save, de Hukovar à Sissek, et la Kulpa jusqu’à Karlstad. De ce dernier-point au port de Fiume, la nouvelle voie serait très facile à établir, sauf la courte traversée d’un contrefort des Alpes Juliennes.
- I/alimentation parisienne en fl 900. — L’in-
- nuaire des services municipaux de Vapprovisionnement publie une moyenne quasi officielle de l’alimentation parisienne. ün habitant de Paris a mangé durant l’année I960 8kg,896 de beurre, U6,585 de charcuterie, 242 œufs, 15kg,855 de poisson, 70 kg de viande de boucherie, llkg,5U8 de porc, 12kg,6l9 de volaille et gibier, ce qui donne une moyenne quotidienne de 24gr,6 de beurre, 5gr,7 de charcuterie, 2/5 d’œuf, 45gr,4 de poisson, 195 gr de viande de boucherie, 51gr,5 de porc, 54gr,5 de-volailles et gibier. Mais ce qui est encore bien curieux, ce sont les chiffres qui ont trait aux boissons. Un Parisien boit par an 8*,06 d’alcool, I51,90 de bière, O1,75 de cidre et 204’,12 de vin, c’est-à-dire, par jour, U1,022 d’alcool, O1,058 de bière, 0‘,0I9 de cidre, 0l,50 de vin.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 15 juillet 1901.— Présidence de M. Fouqué.
- Action des courants sur les microbes. — Il est procédé à l’ouverture d’un pli cacheté déposé en 1889 par MM. Laquerrière et Apostoli. Il s’agit de l’influence des courants continus sur les microbes et en particulier sur la bactérie charbonneuse. D’une manière générale cette action est en rapport avec l’intensité du courant exprimée en milliampères ; il y a également lieu de tenir compte du temps pendant lequel le courant a agi. Un courant de 500 milliampères tue les bactéries d’un bouillon de culture. Celui-ci, injecté à un cobaye, ne produit plus alors aucun effet. Un courant de 250 milliampères détermine une atténuation du virus qui peut alors être administré comme substance immunisante.
- La vie dans un milieu délétère. — M. Chauveau rappelle que dans une récente communication il a formulé des réserves au sujet de l'efficacité de l’appareil à respiration artificielle imaginé par lui, lorsque le sujet est plongé dans l’hydrogène sulfuré parce que l’on redoutait que la peau n’absorbàt le gaz. 11 a enfermé, dans la caisse qui lui a déjà servi pour étudier la respiration dans l’oxyde de carbone, dans ce gaz d’éclairage et dans l’acide carbonique, deux chiens dont l’un était muni de l’appareil à respiration artificielle. On a fait arriver dans cette caisse, dont la capacité est d’environ 550 litres, un volume d’hydrogène sulfuré de 28 litres. En quelques secondes l’animal qui respirait librement mourait; quant à l’autre il a pu séjourner une heure dans la caisse et en a été retiré dans un état normal.
- Éléments magnétiques anciens. — M. Mascart rappelle que M. Foghlraiter a signalé dans les briques'provenant de constructions romaines des traces de magnétisme correspondant à la direction du champ magnétique terrestre à l’époque de la cuisson. Partant de cette remarque M. Brunhes, directeur de l'Observatoire du Puy de Dôme, a étudié non plus des briques mais des argiles recouvertes par des laves qui en ont déterminé la cuisson. Il a déterminé expérimentalement la déclinaison et l’inclinaison magnétiques à l’époque du recouvrement. Cette déclinaison est d’environ 7° à l’est du méridien actuel ; l’inclinaison est d’environ 50°. Une expérience, faite sur un certain gisement d’argile, a donné des valeurs très différentes ; on peut conclure que les deux coulées de laves correspondent à des époques séparées par un énorme
- intervalle de temps. Cn. de Villedecil.
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- UN ARBRE DE \WiT-DEUX SIÈCLES
- Quel est le plus vieux arbre du monde ? Le plus vieux arbre qui ait résisté à la durée des temps, c’est bien certainement le Bô-Gaha ou le bô sacré, qu’a vu et décrit M. Jules Leclercq, correspondant de l’Académie de Belgique. Cet arbre, affirme-t-on, a authentiquement vingt-deux siècles !
- C’est une des grandes curiosités de Ceylan que l’on a oublié de nous montrer, au moins en effigie, pendant l’Exposition. L’arbre n’eût pas fait tort au thé de Ceylan remarquable par son amertume.
- L’arbre vit encore à Anuradhapura, l’ancienne capitale des rois de Ceylan. C’est un Ficus religiosa provenant d'un rameau cueilli à l’arbre même sous lequel s’est reposé Gautama le jour où il devint un Bouddha. Planté en l’an 288 avant Jésus-Christ,
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- LA NATURE.
- dans la dix-huitième aimée du règne de Devenipia-tissa, il est âgé aujourd’hui de 2189 ans. Cet arbre extraordinaire semble vouloir donner raison à cette prophétie du roi qui le planta : « 11 tleurira et verdira jusqu’à la lin des temps ».
- M. Leclercq raconte que le ho sacré fut honoré sous toutes les dynasties et épargné par toutes les invasions. Depuis vingt-deux siècles, des millions de pèlerins sont venus de tous les points de l'Inde s'agenouiller au pied de l’arbre vénérable. Encore aujourd'hui ses feuilles sont pieusement recueillies par les pèlerins qui les vénèrent comme de saintes reliques. La renommée de cet arbre date de loin. Dès le cinquième siècle de l’ère chrétienne
- le voyageur chinois Fa-Hian venait le visiter.
- Le bô d’Anuradhapura, d’où proviennent tous les autres Los qui ornent les temples de Ceylan, est certainement l’arbre historique le plus vieux du monde. On a assigné aussi des milliers d'années d’ancienneté au dragonnier d’Ürotava, au châtaignier de l’Etna, à l’arbre de la Vierge en Egypte, aux cèdres du Liban, aux wellingtonia de Californie, aux eucalyptus de Tasmanie, aux baobabs du Sénégal, etc. Mais ces estimations sont fondées sur de simples conjectures, tandis que l’âge du bô sacré est fixé par les textes les plus authentiques que puisse exiger l'homme. M. J. Emmesson a choisi, dans la multitude des anciens textes, 25 extraits relatifs à ce
- Le Bô-Gaha (Ceylan). (D'après une photographie.)
- vétéran de la végétation depuis l’arrivée du rameau à Ceylan jusqu’au dernier roi de Kandy, le Radjah Sinha, qui, en 1759, fit écrire sur un roc qu’il avait voué certaines terres à l’arbre sacré.
- Aujourd’hui, le bô d’Anuradhapura n’otfre plus qu’une ruine végétale au milieu des innombrables ruines des monuments qui l’entourent. Ses branches sont soutenues à l’aide de gros piliers, le tronc est étançonné par des ouvrages de maçonnerie formant une sorte de pyramide dont la hauteur s’accroît de siècle en siècle. Des autels sont dressés tout autour et les pèlerins y déposent leurs offrandes. L'arbre est enfermé dans un enclos. Pour pénétrer dans l’enceinte sacrée, on franchit le porche d’un temple auquel sont attachés les prêtres chargés de l’entretien du bô. M. Leclercq a emporté un souve-
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- nir de sa visite, une feuille offerte par un des prêtres à robe jaune, moyennant une roupie. La feuille est de la grandeur delà paume de la main, en forme de cœur, assez semblable à une grande feuille de bouleau ; sa tige est si mince qu’elle s’agite constamment comme la feuille du tremble. C’est, disent les croyants, qu’elle se réjouit d’avoir donné son ombre à Bouddha.
- Cet arbre de vingt-deux siècles authentiques me laisse tout de même un peu rêveur. Est-ce bien possible, même pour un arbre sacré ? Vingt-deux siècles! Après tout dans le pays des fakirs, tout n'est-il pas possible ? Henri de Pakville.
- Le Gérant : P. JIasson.
- Paris. — Imprimerie Laiiuhe, rue de Fleuras, 9.
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- NT# 1-4 70.
- 27 JUILLET 1901.
- LÀ NATURE.
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- AFFUT DE BORD À ÉCLIPSE POUR CANON AUTOMATIQUE DE 37 MILLIMÈTRES
- Un a entendu parler des canons automatiques, inventés par l’ingénieur Maxim il y a une quinzaine d’années et adoptés aujourd’hui par la plupart des
- 1. — Position de tir.
- marines. Le principe de cette bouche à feu réside dans l’utilisation du recul pour le chargement du coup suivant, de telle sorte que le départ d’un coup amène le coup suivant et ainsi de suite avec une rapidité qui se chitl're par 500 coups à la minute. Ce n’est, en quelque sorte, qu’une véritable machine dans laquelle la poudre de chaque cartouche fait l’office de vapeur, le bloc de culasse celui de piston et la détente celui de mécanisme de distribution. C’est le môme principe qui a été appliqué par cet ingénieur à la mitrailleuse qui porte son nom et qui a été adoptée par un grand nombre de puissances. Le mécanisme de la mitrailleuse Maxim ne diffère de celui du canon Maxim que par les dimensions, la première étant du calibre d’un fusil de guerre et le second ayant un calibre de 57 millimètres.
- Le canon automatique peut être employé à bord sur deux sortes d’affûts. H y a d’abord l’affût à crinoline, sorte de chandelier qu’on installe généralement sur les passerelles ou dans les hunes ; c’est, du reste, cette sorte d’affût qui est employée pour toutes les pièces 20e année. — 2e semestre.
- de petit calibre. Le second système, qui est moins connu et dont nous dirons quelques mots, est appelé à éclijtse : il jouit de l’avantage d’être moins encombrant que l’affût à crinoline et son emploi s’impose dans les hunes où l’on ne dispose que d’un espace restreint. De plus, il peut facilement être déplacé tout le long du bastingage à l’aide d’une crémaillère régnant sur la lisse de ce dernier et le long de laquelle on peut, à l’aide d’une manivelle, faire mouvoir un pignon faisant corps avec le canon et son affût ; on peut de la sorte amener la pièce, le long du bastingage, dans la position la plus favorable dans chaque cas particulier, et il peut ainsi en résulter une diminution dans le nombre des canons nécessaires pour l’armemenf du navire. 11 existe, bien entendu, un système de serrage pour maintenir le pivot quand le canon n’est pas en service, ainsi qu’un autre pour rendre l’affût immuable lors du tir.
- Les deux figures que nous donnons de cet affût le représentent, l'une dans la position de tir avec son masque et le reste en place, l’autre dans la position éclipsée qui est l’état habituel lorsque la pièce est au repos. Pour amener tout le système de la position de
- Fig. 2. — Position éclipsée.
- tir à celle éclipsée, on commence par rabattre le bouclier, puis on fait faire au tout un quart de tour à droite, de façon à disposer le canon parallèlement au bastingage; enfin on l’abaisse à l’aide de la
- 9
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- LA NATURE.
- double manivelle représentée dans la ligure. Cette manivelle, par l’intermédiaire d’un engrenage à vis sans fin, fait tourner les pignons dentés engrenant avec les dents des crémaillères horizontales ; et cette manœuvre rabat le pied postérieur du trépied, les deux pieds de devant pouvant tourner librement autour de leurs boulons d’articulation.
- On passe de la position éclipsée à la position de tir par les moyens inverses et on fixe le canon à cette position à l’aide d'une clavette qu’on engage dans le trou du châssis à crémaillère ; cependant, si on oubliait de mettre cette clavette en place, le tir pourrait néanmoins avoir lieu sans qu’il en résultât d’inconvénient grave. Il existe, en effet, dans le cylindre horizontal inférieur, un puissant ressort à boudin qui tend à maintenir le canon. Ce ressort est comprimé lors de la manœuvre d’abaissement et, lorsque l’on procède au relèvement, il aide au redressement de la pièce et suffit à la maintenir en place.
- L’affût à éclipse permet une amplitude de tir allant d’un angle positif de 16° à un angle négatif de 25, soit au total de 41°. Cette prépondérance du coté négatif est établie en raison de la position dans les hunes que la pièce doit occuper et du tir à faible distance qu’elle est appelée à réaliser.
- Le bouclier, du poids de 43 kilogrammes, est constitué par une plaque en acier de 65 millimètres d’épaisseur, ce qui met le servant juste à l’abri des pièces de même calibre ; le canon de 47 traverse, en effet, 89 de même métal.
- Le poids de l'aflut à éclipse est de 785 kilogrammes et demi, ce qui fait, avec le canon, un poids total d’environ 964 kilogrammes.
- La maison anglaise Vickers, Sons et Maxim, qui a la spécialité de ce matériel, a construit aussi un affût et un avant-train de débarquement pour cette même bouche à feu. Le poids à faire rouler serait de 1218 kilogrammes, y compris des munitions pour 500 coups. Quatre chevaux pourraient suffire à cette besogne; malheureusement, il n’est guère dans les habitudes du bord d’avoir des chevaux pour les utiliser au besoin ; il est trop difficile de les débarquer et de les rembarquer. Mais même en admettant que cette difficulté soit levée, grâce à des installations particulières, la présence de chevaux â bord donne lieu à trop d’encombrement et il est souvent bien difficile de leur donner les soins nécessaires; enfin, ces animaux s’accommodent mal du roulis et du tangage et sont souvent victimes d’accidents inévitables. Il serait certainement préférable d’avoir une petite locomobile.
- Voici quelques renseignements balistiques au sujet du canon automatique Maxim. Le calibre est de 37 millimètres et la longueur d’âme de lm,105. Le poids de la charge de poudre est de 55 grammes, imprimant au projectile de 453 grammes une vitesse initiale de 549 mètres. La pénétration du projectile à bout portant est de 49 millimètres dans le fer et de 58 dans l’acier. Ll-colonel Delauneï.
- IA AIANDE DE CHEVAL
- ET LA NOURRITURE DU CHIEN
- Depuis le siège de Paris, la viande de cheval est entrée dans la consommation. On n’en abuse pas, évidemment, dans un certain monde ; mais enfin on en mange encore beaucoup de kilogrammes bon jan mal an. Quelques personnes ont même une prédilection particulière pour le filet de cheval, toujours tendre et ayant une saveur agréable ; un peu celle du filet de bœuf avec un léger goût d’oie.
- Or, d’après M. Pflüger, l’éminent physiologiste allemand, l’usage continuel de la viande de cheval est susceptible, si l’on ne prend pas certaines précautions, d’amener des troubles digestifs sérieux.
- M. Pflüger, dans le cours de recherches sur la nutrition, a dû nourrir exclusivement avec de la viande de cheval des chiens pendant un mois. Les animaux ainsi nourris diminuent de poids progressivement, quelque grande que soit la quantité de viande ingérée. La quantité d’azote éliminée dépasse toujours la quantité ingérée.
- De plus, on observe d’une façon courante des troubles intestinaux souvent profonds. Le même fait a été signalé dans certains jardins zoologiques où l’on nourrit les animaux carnivores avec de la viande de cheval. Nous l’avons remarqué, de notre côté, sur notre gardien fidèle, un saint-Bernard nourri en grande partie, par période, avec de la viande de cheval pourtant choisie. Pendant deux trimestres, la viande de cheval entrait presque exclusivement dans la ration journalière, et l’animal maigrissait avec une rapidité surprenante.
- Et cette action de la viande se produit, qu’elle soit crue ou cuite, bouillie ou rôtie. M. Pflüger a trouvé que ces résultats étaient dus à des substances non déterminées qui sont solubles dans l’eau. La viande de cheva épuisée par l’eau laisse une masse qui ne produit plus d’accidents. M. Pflüger n’a pu encore isoler la substance nocive de la viande.
- Ces faits sont à rapprocher de ceux qu’ont étudiés dépuis 1891 MM. Cassoët et Saux, sur la toxicité des sucs de viandes pendant la digestion.
- M. Pflüger avait d’abord pensé que les accidents étaient peut-être dus à l’absence de graisse, — il y a peu de matière grasse dans la viande de cheval, — il a mélangé à la ration de la graisse extraite de cette viande. Mais les troubles intestinaux ont continué à se produire. Alors il eut l’idée d’ajouter à la viande de la graisse rénale de mouton, de bœuf et de porc. La viande de cheval n’amena plus aucun trouble. Ces diverses graisses se montrent douées de propriétés antitoxiques vis-à-vis de la viande de cheval.
- 11 résulte donc de ce qui précède que, si l’on veut user comme aliment de la viande de cheval, il est indispensable de l’additionner de graisse rénale de bœuf ou de mouton dans la proportion de 2S grammes de graisse pour 1 kilogramme de viande.
- Il est bon aussi de faire bouillir cette viande dans l’eau et de rejeter le bouillon. Il faut renoncer au bouillon de viande de cheval.
- Ces faits ne sont pas connus et il serait bon de les porter à la connaissance de tous ceux qui font usage de la viande de cheval soit pour eux-mêmes, soit pour leurs chiens. H. de P.
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- LA N ATI'HE.
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- LE PORT DE RIZERIE ET LES PÊCHERIES
- La question des points d’appui de nos escadres est à l’ordre du jour et donne aux agrandissements projetés pour le port de Bizerte une importance nouvelle que légitime sa situation à l’extrême pointe de la Tunisie, d’où il commande la route de tous les navires transitant vers Malte et l’Orient, ou en revenant. Sans être aussi resserré que le détroit de Gibraltar, le couloir compris entre la Sicile et la cote africaine se prête à une surveillance efficace que facilitera singulièrement le nouveau refuge qui servira d’attache et de centre de ravitaillement à nos navires.
- La valeur militaire de cette position a été de tout temps reconnue. Qu’on l’appelle Hippo-Akra avec les Phéniciens, llippo-Zaritus après la conquête romaine, ou Benzert lorsque les Arabes lui curent imposé leur domination, on trouve toujours là une sentinelle avancée et un comptoir florissant. La prompte décadence de la civilisation arabe devait seule, hélas! lui être funeste, et lorsque la France eut étendu son protectorat sur les rivages carthaginois, le vieux port de Bizerte était ensablé et ses ({liais effondrés. Une pauvre population, bien déchue de son ancienne activité, vivait là, se contentant du seul produit des merveilleuses pêcheries établies de temps immémorial dans son lac intérieur.
- On reconnut bien vite que, pour rendre à Bizerte son antique richesse, il ne suffisait pas de restaurer son vieux port. Trirèmes et galères ont fait place à des navires de dimensions gigantesques; les goulets, les écluses, les darses de nos ports modernes se sont agrandis à leur mesure, et les travaux entrepris à Bizerte devaient être à l’avenant. Tout d’abord on enferma entre deux longues digues un vaste avant-port de cent hectares qui fut approfondi jusqu’à plus de neuf mètres sous l’eau ; puis on creusa un chenal de cent mètres de largeur, muni de murs de quai où les navires accostent en même temps qu’il ouvre l’accès vers le premier lac intérieur : toute une flotte de guerre peut se réfugier dans les eaux tranquilles de ce magnifique arrière-port de 15000 hectares, avec des fonds de 12 à 15 mètres.
- Ces travaux, inaugurés en 1895, font le plus grand honneur à la Compagnie du port de Bizerte qui les a exécutés et dont les efforts ont fait sortir de terre une ville nouvelle, élégante et bien construite qui s’accroît tous les jours, à côté de la vieille cité mauresque, conservée intacte, comme un échantillon pittoresque et sordide d’une ère qui s’éteint.
- Déj à, en 1899, le nouveau port manifestait sa vitalité par un mouvement de 075 navires jaugeant plus de 500000 tonneaux. 11 entrait 40 000 tonnes de marchandises et en sortait 4000. C’est peu encore ; mais on ne modifie pas d’un seul coup les courants commerciaux; il y faut du temps et de la patience; il y faut aussi le concours du Gouvernement qui peut beaucoup pour un port, en y pla-
- çant l’escale de ses courriers postaux et le dépôt de charbon de ses navires de guerre.
- Le branle est donné — si bien donné qu’on ne se contente plus de ce qui existe et qu’on veut mieux encore. On prolongera l’une des jetées et l’on couvrira la passe d’entrée de l’avanf-port au moyen d’une digue transversale de 600 mètres de long. Le chenal sera élargi à 200 mètres et approfondi à 10 mètres d’eau. L’outillage des quais lui-même sera complété par des engins nombreux et puissants. Enfin un magnifique arsenal sera établi au fond du lac, à Sidi-Abdallah.
- Cette énumération ne dit pas grand’chose; elle comporte pourtant des travaux considérables, difficiles à exécuter, comme tous les ouvrages à la mer. Pour ne citer qu'un exemple, les jetées qui sont exposées à la fureur des coups de mer terribles, sont établies sur des enrochements puissants, au moyen de blocs naturels ou artificiels pesant en moyenne 5000 kilogrammes, et quelquefois 10 et 12000 kilogrammes. On comprend que pour manier et mettre en place de pareilles masses, il faut s’outiller de façon toute spéciale et armer des grues-titans énormes. Les murs de quai eux-mêmes sont fondés, à l’air comprimé, dans d’immenses caissons en tôle qui n’ont pas moins de 20 mètres de long. Tandis qu’on creuse à la faveur de l’air comprimé, dans la chambre de travail qui forme comme une cloche à la partie inférieure du caisson, des panneaux mobiles qui le surmontent constituent à Pair libre un vaste chantier étanche que l’on remplit peu à peu de maçonnerie ou de béton. Le mur du quai se construit ainsi, de proche en proche, par tranches de 20 mètres, entre lesquelles se trouve ménagé un vide de 0m,40 environ que l’on remplit ensuite de béton.
- Tous ces travaux feront de Bizerte un des ports les plus commodes, les plus sûrs, les mieux outillés de la Méditerranée. 11 suffira dès lors de compléter le système de voies ferrées qui doit le mettre en communication avec l’intérieur du pays pour en faire en même temps un centre commercial de premier ordre, qui forme l’indispensable complément d’un grand port de guerre.
- Toutes ces améliorations, tous ces agrandissements, ces hautes visées d’avenir n’ont pas fait disparaître l’industrie locale de la pêche qui suffisait amplement à l’activité des anciens habitants de Bizerte. Il ne s’agissait point là d’une pêche individuelle où chacun opère pour son propre compte ; c’était une véritable entreprise collective à laquelle tout le monde était tenu de coopérer le moment venu. Ce moment, c'était l’époque des migrations saisonnières du poisson qui, périodiquement, entre dans le lac ou en sort par son étroit goulet pour regagner la mer. lies bordigues, de grossiers clayonnages, rétrécissaient encore la passe et constituaient les pêcheries. Un fonctionnaire spécial, le Raïs ou capitaine, était investi du soin de guetter les prépara-1 tifs de migration des poissons et d’appeler en temps 1 utile les pêcheurs à l’ouvrage.
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- Le moindre indice, un remous qu’il devine souvent u une distance invraisemblable de deux milles, suffit à lui signaler la marche de la horde poissonnière. 11 fait le signal convenu, qui est aussitôt répété par les veilleurs de la ville chargés de le transmettre.
- « On crie, on se presse, on se heurte, dans un apparent désordre, écrivait en 1890, M. Bouchon-Brandely dans un rapport aussi pittoresque que documenté; mais bientôt le calme est rétabli; le silence se fait, les barques défilent et, rapidement,
- vont se déployer en ordre de bataille, en amont des bordigues. Les filets sont mis à l'eau, étendus en une interminable nappe, reliés les uns aux autres, et formés en une muraille sans issue d'un bord à l'autre, du fond à la surface.... Chacun est à son poste; la ligne de combat s’allonge sans solution lorsque les éclaireurs du bataillon des émigrants arrivent «à portée. Ils sont suivis de près par le gros
- de la troupe qui vient, en rangs pressés, en une masse confuse, donner étourdiment sur le funeste obstacle. Les premiers arrivés suivent les parois du flexible rempart qui les arrête; dans l’espoir de trouver une issue, ils cherchent à se retourner et à revenir sur leurs pas ; vains efforts, la tète de ligne les a suivis de trop près, poussée vivement par le centre. Toute retraite est coupée quand l’arrière-garde elle-
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- même, entraînée par son élan, se précipite à son tour et, par son choc irréfléchi, complète le désordre. C’est, pendant quelques instants, un tourbillonnement, une agitation fiévreuse, un fol étouffement,
- l’image de la cohue d’une foule effarée qui ne sait pas, ou qui ne peut plus revenir en arrière au moment d'un sinistre, et dans laquelle on s'étouffe effroyablement sans qu'aucun sauvetage reste possible.
- Fig. i. — Prise du poisson dans les réservoirs de Bizerte.
- Pendant ce temps, les pêcheurs ramènent vivement les ailes des filets en un arc qui vient se fermer sur la rive où l’on haie toute cette masse grouillante.
- Depuis que la Compagnie du port de Bizerte a obtenu la concession de la pêche, cette pratique un peu rudimentaire a fait place à une organisation perfectionnée qui permet de mieux ménager les ressources de l’avenir en ne détruisant pas le frai et le poisson non adulte. C’est moins pittoresque peut-être , mais c’est plus industriel. Les pêcheries ont été reportées au delà de la baie de Sebra, afin de laisser cet arrière-port complètement libre pour les navires. C’est à Raz-el-Ouzir, à quatre kilomètres de la ville, qu’a été établi le nouveau barrage d’une longueur de 1400 mètres environ, fait en partie de roseaux, et en partie fermé par des panneaux en grillages métal-
- liques. Une [tasse libre de 50 mètres peut être fermée par un filet de 12 mètres de hauteur qu’on laisse couler au fond de l’eau pour le passage des navires.
- Le long du barrage s’ouvrent d’étroites ouvertures en forme de nasses par où le poisson peut passer sans pouvoir revenir. Il se trouve alors dans des chambres closes dont le fond est tapissé d’un filet qu’il suffit de lever pour ramener à la surface tout le poisson emprisonné. Ces chambres constituent pour ainsi dire des réserves où l’on puise juste au moment voulu, pour l’emballage et l’expédition. Cette pêche régulière n’empêche pas les grandes pêches auxquelles les migrations donnent encore lieu.
- Chaque espèce de poisson a d’ailieurs une époque plus habituelle pour sa mise en route et pour sa pêche. C’est ainsi que la daurade, qui est l’espèce
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- la plus estimée du lac de Rizerie, se prend plus particulièrement- dans les mois d'octobre, de novembre et décembre. Les autres poissons qui peuplent le lac sont : le bar, le mulet, la brème, l'anguille. Avec les œufs du mulet, en juillet, août et septembre, on confectionne la boutargue, fort appréciée surtout en Provence.
- Le poisson arrive sur le carreau des Halles de Paris cinq jours après avoir été péché, emballé dans la glace, la tète enveloppée dans un cornet de parchemin qui protège les ouïes et l'œil contre les frottements et lui permet d’arriver tout frais à destination.
- En 1895, on a pris 540 000 kg de poisson, en 1890, 550000 kg dont la vente a donné une recette brute de 505000 francs. Sur les 550000 kg péchés en 1890, 92000 ont été vendus sur le marché de Rizerie, 550 000 kg sur celui de Tunis, et 105 000 kg en France. Enfin, en 1900, on a péché 000000 kg de poisson.
- La daurade à elle seule entre pour 550 000 dans le chiffre total. Les dames de la Halle l’ont baptisée du sobriquet euphonique de gueule pavée auquel il est permis de préférer le surnom poétique de sourcils dorés qu’on lui donne dans le Midi. La daurade de Rizerte atteint des dimensions inusitées et pèse fréquemment 9 et 10 livres.
- Une fabrique de conserves, installée sur place, permet d’utiliser sous une autre forme l’immense quantité de poisson dont les lacs de Rizerte constituent la réserve inépuisable. Les chiffres que nous avons donnés montrent que cette intéressante industrie de la pèche prend, dans notre nouvelle colonie, un développement progressif du meilleur augure. Elle suffisait à alimenter le port de Rizerte dans son ancien état; grâce aux progrès réalisés, elle ne cessera pas d’ètrc un des plus importants éléments de sa prospérité, alors même que l’accroissement des installations maritimes permet à ce port d’aspirer à des destinées plus hautes. G. Espitallier.
- UNE VOITURETTE MÉCANIQUE EN 1860
- Notre gravure représente, d’après une photographie prise à l’époque, une voiturette mécanique à trois roues, qui fut construite par un amateur de la Haute-Marne, M. Auguste Marquis, dans un but de promenade et de transport. Cette voiture, faite de matériaux très légers, se composait d’une caisse de carrosserie en bois verni, avec siège pour deux personnes et coffre à l’arrière pour les colis à transporter. Le mouvement était produit au moyen de deux leviers manœuvrés par le conducteur de la voiture, et commandant, au moyen de bielles, les vilebrequins de l’arbre moteur. La direction était opérée par une barre mue au pied et guidant les mouvements de la fourche de la roue d’avant.
- Ce système, qui paraîtrait aujourd’hui rudimentaire, était pour l’époque une curiosité, car on ne connaissait pas encore les vélocipèdes, surtout dans les départements éloignés de Paris. Son constructeur, devançant de plusieurs années tous les autres inventeurs, avait imaginé d’interposer une série de grosses billes en acier fondu
- entre l’arbre et le moyeu des roues pour diminuer le frottement, billes qu’il se procurait aux fonderies voisines de Rozières. C’est donc bien là une application des coussinets à billes qui ne furent employés que plusieurs années plus tard.
- Le département de la Haute-Marne étant très accidenté, la manœuvre de cette voiturette à propulsion humaine était plutôt pénible aux côtes, surtout quand elfe était chargée de tout le matériel de photographe de son propriétaire, mais on pouvait rattraper le temps perdu dans les descentes. En palier, à l’allure ordinaire d’un coup de levier par seconde, la vitesse moyenne était de 12 à 14 kilomètres à l’heure.
- Nous avons tenu à donner, d’après un document irréfutable, la preuve qu’en 1800, le problème de la loco-
- Yoiture mécanique en 1860.
- motion sur routes hantait le cerveau des chercheurs et qu’il existait des véhicules capables de circuler en portant une charge utile réelle. H. of. G.
- L’ODEUR DE FOINS
- IA FLOU VE ET IA COLMAR IXE
- Le parfum si agréable que dégage le foin nouvellement récolté lui est communiqué par un certain nombre de plantes appartenant à la famille des Labiées, ainsi qu’à la Pimprenelle, l’Aspérule, le Mélilot, la Carotte sauvage et surtout la Flouve odorante.
- Cette dernière (anthoxanthum odoratum) est une graminée vivace, très précoce, qui fleurit dès fin avril ou commencement de mai. Elle croît en touffes basses et serrées, hautes de 20 à 30 centimètres; ses tiges sont légèrement velues, ainsi que les feuilles radicales. Les fleurs sont réunies en panicules spiciformes peu compactes.
- La flouve est très rustique et résiste aussi bien aux grands froids qu’aux sécheresses prolongées et à l’humidité. Elle vient dans tous les terrains mais prospère d’une façon particulièrement remarquable dans les terres fraîches et ombragées.
- Les auteurs sont loin de s’entendre en ce qui concerne les mérites de cette graminée, considérée comme plante fourragère. Pour MM. Stebler, d’une part, et Roitel, d’autre part, sa réputation serait surfaite. Ce dernier auteur va même jusqu’à dire que les grainetiers consciencieux devraient l’effacer de leur catalogue, et il ajoute : « La flouve est une plante intéressante à connaître, mais inutile à reproduire artificiellement ; les prairies en contiennent toujours assez et elle se montre, sous tous les rapports, inférieure aux bonnes graminées herbagères ».
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- D’autre part, MM. Demoor, Gobin et Vilmorin recommandent beaucoup cette plante. Voici, d’ailleurs, ce qu’en dit ce dernier auteur, opinion que nous mettons en regard de celle de M. Boitel, cité plus haut : « Quoique très peu productive, cette plante ne devrait cependant manquer dans aucun mélange pour prairie, pâture ou pelouse, à cause de l’odeur agréable et aromatique qu’elle communique en séchant, au foin des autres plantes, le rendant ainsi plus appétissant et lui donnant plus de valeur.
- À notre humble avis, il y a exagération de part et d’autre.
- Que la flouve odorante soit peu productive et qu’il n’y ait aucun avantage à la cultiver seule, nous sommes absolument de cet avis. Mais qu’elle soit dépourvue de valeur nutritive, c’est là un fait à discuter, car on recommande journellement d’introduire, dans les mélanges pour prairies, des graminées ayant une valeur alimentaire beaucoup moindre, le Rav-grass d’Italie et la Ilouque laineuse par exemple1.
- Voici, d’ailleurs, quelques résultats d’analyse qui montrent que la flouve n’est pas aussi dépourvue de valeur nutritive qu’on a bien voulu le dire :
- L’analyse I, reproduite par le Dr Vœlcker, semble devoir être attribuée au chimiste anglais Way ; le n° II est dû à
- M. Barrai.
- I il
- Eau........................ 14.50 11.42
- Matières albuminoïdes . . . 8.94 7.19
- Matières grasses........... 2.92 2,48
- Matières hvdrocarbonées . . 57.27 52.55
- Ligneux. !................. 51.17 21.70
- Gendres.................... 5.40 4.08
- 100.00 100.00
- Une analyse que nous avons exécutée il y a quelques années et qui a porté sur des plantes récoltées avec beaucoup de soin et séchées dans les meilleures conditions,
- nous a donné :
- Eau............................ 12.75
- Substances azotées .... 7.70
- Matières grasses................ 2.00
- Extractifs non azotés . . . 46.05
- Cellulose et ligneux. . . . 26.55
- Matières minérales .... 4.90
- Perte........................... 0.05
- 100.00
- Tout cela nous donne une teneur en azote oscillant entre 1 et 1,44 pour 100.
- Quoi qu’il en soit, un jour viendra peut-être où l’on appréciera la valeur exacte d’un foin ou d’un regain, d’après sa composition chimique. Mais en attendant, et l’attente sera probablement encore longue, les praticiens se contentent de l’aspect et de l’odeur comme moyens rapides d’appréciation. Or, le foin parfumé, toutes choses égales, plaît non seulement aux cultivateurs et à tous ceux qui entretiennent des bestiaux, mais encore à ces derniers mêmes qui le consomment. I)’un autre côté, il faut bien reconnaître que c’est la flouve, la flouve odorante s’entend,
- (anthoxantum odoratum) qui lui communique son arôme. Cette odeur si agréable et on peut dire si suave (foin coupé) est due à un principe spécial, la Coumarine, qui se trouve dans la flouve en quantité assez appréciable. C’est cette même substance qu’on rencontre dans le fruit ou amande du Coumarou (coumarouna, odorata), légu-mineuse de la Guyane, et qu’on désigne sous le nom de
- 1 La flouve odorante, disent MM. Magne et Baillet, est sans contredit une des meilleures plantes fourragères de la flore indigène. Dans les pâturages elle repousse rapidement sous la dent des animaux.
- Fève-tonka, bien connue des priseurs. La Coumarine, (/'lie.O*, qu’on trouve également à l’état libre dans l’Aspé-rule odorante, le Mélilot, etc., a été longtemps confondue avec l’acide benzoïque. On peut l’extraire des plantes qui en renferment en traitant celles-ci, après dessiccation, par l’alcool à 90° pour éliminer ce liquide par distillation. 11 reste une masse sirupeuse, épaisse, qui cristallise par refroidissement. Les cristaux sont purifiés par des traitements au noir animal, comprimés entre des feuilles de papier buvard, pour enlever les matières grasses qui peuvent les souiller et on fait cristalliser à nouveau1.
- La Coumarine se présente en gros prismes orthorhom-biques ou lames rectangulaires, durs et incolores; elle fond à 66° et se volatilise vers 291°. Elle est insoluble dans l’eau froide, soluble dans l’eau bouillante ; elle se dissout aussi sans altération dans les acides étendus chauds. Avec l’acide nitrique, elle forme de la nitro-coumarine, puis de l’acide picrique; enfin, avec la potasse caustique en solution concentrée bouillante’, elle forme de l’acide coumarique C9I1803. Son odeur est très agréable, mais sa saveur est brûlante. A dose quelque peu élevée, soit 5 ou 4 grammes, elle constitue un poison mortel pour l’homme ; poison stupéfiant et anesthésique, même cardiaque, d’après Kohler; 70 centigrammes suffisent pour tuer un chien. On retrouve la Coumarine inaltérée dans les urines2.
- Depuis quelques années, cette substance est employée en parfumerie pour la confection d’extraits, ainsi qu’en médecine, sous forme de pâtes ou sirops sédatifs et car-minatifs contre les bronchites, maux de gorge, irritation de poitrine, etc.
- Pour en revenir à la flouve, et en résumé, qu’on ne se préoccupe pas de cette plante dans les herbages où elle existe naturellement et où, grâce à sa précocité et à sa rusticité, elle se reproduit avec facilité, nous le comprenons sans peine; mais nous croyons que lorsqu’on crée une prairie, il faut l’associer aux autres plantes, tout au moins dans la minime proportion de 2 à 5 pour 100, car elle donne au foin et au regain un parfum des plus agréables qui plaît aux animaux, peut-être plus que la plante elle-même nous voulons bien le reconnaître, mais qui fait que le bétail les mange avec avidité. Nous ferons remarquer pour finir, et cette remarque a, croyons-nous, une grande importance, que souvent les semences de flouve odorante sont fraudées avec celles de la flouve de Puel (A. Puelli), plante annuelle, tout à fait inférieure, qui a peut-être contribué pour une large part à discréditer la flouve vraie, car neuf fois sur dix, c’est elle qui est demandée sous le nom de flouve, en raison de son bas prix. Les semences de la flouve de Puel sont un peu plus courtes et de coloration moins brunes que celles de la flouve odorante ; toutefois, la distinction n’est pas très facile.
- Enfin, on a introduit dans ces dernières années une troisième espèce, la flouve amère (A. Amarum), très vigoureuse et très durable, originaire du Portugal et généralement rustique sous le climat de la France; ses tiges sont fortes, ses feuilles larges donnent un foin ayant le même parfum et les mêmes qualités que celui de la flouve odorante. Albert Larbalétrier.
- 1 La Coumarine a été obtenue par synthèse, en 1867, par Perkin, en faisant agir l’hydrure de salicyle iodé sur l’anhydride acétique. Il se forme alors de l’hydrure d’acéto-salicylc qui se décompose en eau et en coumarine. Depuis lors, cette préparation a été légèrement modifiée et simplifiée par Tie-mann et Helzfeld.
- 2 On trouve la Coumarine cristallisée dans le commerce, au prix de 0tr,25 à 0tr,50 le gramme.
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- PLANTES NOUVELLES DU CONGO
- Quelques plantes (le nos colonies du Congo, récemment introduites, en graines ou en exemplaires vivants, offrent un intérêt tout particulier au point de vue ornemental, pour quelques-unes, et en raison des services qu’elles rendent ou peuvent rendre dans les colonies, pour les autres.
- Ces plantes ont été envoyées à M. J. Dybowski, directeur du Jardin colonial de Yincennes, qui en a exposé de fort beaux exemplaires à la dernière exposition d’borticulture de Paris.
- D’abord une espèce non encore déterminée de Calamm (fig. i ), joli Palmier importé du Congo, où
- cheminées et douces au toucher ; elles sont entières à l’état jeune, mais lorsque les plantes sont adultes il se produit des interruptions entre les nervures. La plante (fig. 2) provient de graines qui ont été semées en France, il est probable que d’autres graines pourront encore être introduites.
- Le Musanga Smithii (fig. 5), grand arbre de la famille des Arlocarpées, rend les plus grands services dans nos colonies du Congo. Il est propre à la cote occidentale et à toute la région humide s’éloignant jusqu’à environ 200 kilomètres.
- Dans ces régions, sa croissance est extrêmement rapide, son bois est très léger, au point que si une branche casse elle n’abîme rien au-dessous ; de plus, malgré ses grandes feuilles, son ombrage est très léger. C’est ce qui l’a fait adopter pour ombrer les plantations de Cacaoyers et de Caféiers, et il serait à
- il croît dans la région de l’Ogoué, à droite et à gauche de ce lleuve. Il offre cette particularité, qu'à l’état naturel il forme une plante basse pendant quelques années, puis il se développe, comme une plante sarmenteuse, et s’attache aux arbres, dont il atteint vite le sommet, par des sorfes d’hameçons qui se trouvent à l’extrémité de la nervure médiane de chaque feuille. Il fournit de grosses cannes qui sont utilisées pour de multiples usages. En France, il restera en plante liasse avec de grandes feuilles élégantes, très ornementales. C’est certainement un des Palmiers épineux les plus rustiques, bien que ceux de cette catégorie aient la réputation d’être délicats.
- Un autre Palmier, le Podococus acaulis Hua, qui a été nommé sur des échantillons botaniques d’herbier, est un Palmier multicaule, nain, qui croît dans la région du Bas-Congo, sur les bords du Fernan-Yaz, où il est même assez rare. Ses feuilles avec échancrures au sommet sont résistantes, dures, par-
- préconiser qu’on l'utilisât davantage, à ce point de vue, dans nos colonies. Son bois (le Kork-Wood des Anglais) est si léger que les indigènes s’en servent couramment comme bois de llottage.
- Le Musanga se développe avec vigueur et pousse très rapidement ; la figure 5 montre précisément un individu âgé d’environ 10 mois, qui mesure 70 centimètres de haut. Il se forme à l’état adulte une tête assez régulière et très large. M. Dybowski nous a dit en avoir vu des exemplaires dans une plantation au Gabon qui atteignaient près de 20 mètres de hauteur, bien qu’ils n’étaient âgés que de k ans.
- Dans ces conditions, les feuilles ont jusqu’à 80 centimètres de diamètre, elles sont très décoratives avec leur forme générale pahninervée orbiculaire, nettement incisée jusqu’au pétiole. Leur teinte est d’un beau vert foncé avec nervure rouge au-dessus, tandis
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- (jue la face inférieure est d’un rouge brique ferrugineux ; l’enveloppe qui les renferme avant leur développement est elle-même très caractéristique.
- Ce Musancja constitue, pour nos régions, une très belle plante décorative qui, plantée en pleine terre dans les grandes serres et jardins d'hiver, produirait le plus bel effet.
- Les exemplaires qui se trouvent au Jardin colonial proviennent de graines qui ont été semées en 1900; mais il en existe un spécimen au Muséum qui a été importé en 1895.
- La multiplication se fait, avec la plus grande facilité, de graines introduites du Bas-Congo, où on en trouve des quantités. Ce qu’il y a de particulièrement curieux à signaler, c'est que ces graines n'ont
- pas besoin d’être mises en germination et en stratification pour voyager comme toutes celles que l’on expédie des colonies.
- Il faut au contraire les envoyer à l’état sec; la germination est, assurée dans ces conditions, tandis que les résultats seraient plutôt négatifs si on les mettait stratifier au départ.
- Le Ficus panderiformis Benth (Ficus pand uni ta Pierre), qui a été envoyé en 1899 au Jardin colonial par M. Joly, jardinier chef du jardin de Dabout (Cote d’ivoire), est une magnifique acquisition pour l’ornementation des serres, des appartements et des jardins en été. C’est une plante à croissance très rapide, puisque des boutures de huit mois atteignent lm,20 (fîg. 4). très différente du vulgaire caoutchouc , aux très grandes
- feuilles vertes, aux nervures saillantes rouges. Il fait beaucoup d’effet et est très robuste en appartement. Mis en pleine terre en serre ou en plein air l’été, il croît avec vigueur et forme bientôt un beau sujet dont les feuilles de la base persistent très longtemps, ce qui est une grande qualité. Il a conquis de suite les suffrages des grands horticulteurs. Bien que cette espèce puisse être considérée comme nouvelle puisqu’elle a été introduite en 1899, sous le nom de Ficus pandurnta, et n’a été connue par les horticulteurs que cette année, il paraît qu’un exemplaire a été introduit en 1860 au Muséum de Paris, sous la dénomination de Ficus panderiformis qui est la vraie.
- Nous devons, en terminant cette note, ajouter que le Jardin colonial n’importe et n’étudie pas seulement des plantes coloniales, mais aussi des plantes offrant un intérêt au point de vue horticole.
- Il réunit les richesses des colonies, et les met, h titre gracieux ou d’échange, à la disposition des horticulteurs et des amateurs, comme il fait rechercher les plantes que l’on désirerait introduire. Son directeur, M. J. Ifybowski, apporte à cela toute son activité, et nous attendons encore de lui de belles introductions. Albert Maumené,
- Professeur d’horliculture.
- PHONOGRAPHES ET TÉLÉGRÀPHONES
- Indépendamment du télégraphone Poulsen, si remarqué à l’Exposition de 1900, et qui a subi, paraît-il, de nouveaux perfectionnements, Nature signale deux appareils de la même famille inventés l’un par Nernst, l’autre par Ruhmer. Le principe du phonographe de Nernst repose sur l’altération de la capacité de polarisation et de fa surface de résistance d’un métal faisant fonctions d’électrode
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- dans un bain électrolytique. Un disque de cuivre d’environ 3 millimètres d’épaisseur, animé d’une très grande vitesse, presse contre ses bords un coin de bois trempant dans un électrolyte. Les courants secondaires de la bobine d’un microphone transmetteur sont obligés de passer par ce contact, et laissent une trace sur le bord du disque en raison des variations de l’action chimique. Si l’on substitue un microphone transmetteur au téléphone récepteur, une batterie étant placée dans le circuit, la rotation du disque reproduira la parole. Les meilleurs résultats ont été fournis pai* une solution de zincate de potasse, en se servant du disque de cuivre comme cathode, le bord trempant dans une solution où plonge une anode de zinc. 11 parait qu’on pourrait reproduire les sons deux ou trois cents fois. Le phonographe Ruhmer est fondé sur un principe entièrement différent. M. Ruhmer photographie sur une pellicule mobile une flamme sensible affectée par les vibrations sonores; il obtient ainsi sur la pellicule une bande d’intensité variable; la lumière est alors projetée à travers cette bande sur une pile à sélénium mis en circuit avec une batterie et un téléphone. Les variations qui se produisent quand la pellicule passe devant la source lumineuse, déterminent dans le téléphone des variations qui reproduisent les sons. On dit que cette reproduction est plus nette que dans le télégrophone l’oulsen, mais ce serait à vérifier. ________ G. G.
- NOTRE OREILLE
- De tous les organes que porte notre tête, — la plus noble partie de notre individu — il n’en est pas de plus négligé, dans le « pittoresque » du visage, que l'oreille, j’entends le pavillon de l'oreille et non l’appareil auditif grâce auquel nous entendons tant de choses bonnes ou mauvaises. Regardez ce qui se passe lorsqu'une personne décrit le visage de quelqu’un : il a une petite bouche, un nez aquilin, des yeux expressifs, un front fuyant, etc. Tout y passe, jusqu’à la couleur des joues, la noirceur des sourcils, la longueur des cils, etc. Quant aux oreilles, on n’en parle jamais, sans doute parce qu’étant tout à fait latérales, on les aperçoit assez incomplètement de face, sauf lorsqu’elles sont « décollées » et produisent alors un effet déplorable. Quoi qu’il en soit des raisons auxquelles est dû cet ostracisme, il en résulte que l’on s’imagine les oreilles comme des organes variant assez peu comme formes et comme dimensions. Je vais étonner certainement beaucoup de lecteurs en affirmant que rien n’est moins exact et que l’on peut même assurer que dans tout le monde entier, « il n’y a pas deux oreilles qui soient absolument identiques l’une à l’autre ».
- C’est cette extrême variabilité qui a fait choisir l’oreille, par M. Bertillon, comme « clou » de la méthode anthropométrique, aujourd’hui employée dans la plupart des pays civilisés. Avec une simple description écrite d’une oreille, un bon agent retrouve son possesseur en quelques minutes dans une foule de cent personnes. Bien entendu, il vérifie alors si les autres documents anthropométriques, front, nez, couleur des yeux, etc., coïncident; mais c’est toujours l’oreille qui lui sert d’abord de fil d’Ariane.
- Pour ceux qui voudraient étudier l’oreille de leur
- famille — il serait très intéressant de les comparer parmi les membres d’une même famille — ou de leurs amis, je vais donner, d’après le professeur Testut, quelques indications sur les termes employés et les points sur lesquels il faut surtout porter son attention. Le pavillon de l’oreille qui fait avec le crâne un angle plus ou moins grand, montre, au milieu, une excavation profonde, la « conque », qui se continue directement avec le conduit. Le reste du pavillon est occupé par quatre saillies ; l’hélix, l’anthélix, le tragus et l’antitragus. L’hélix est le repli qui occupe le bord de l’oreille. Il commence dans le voisinage de la conque par la « racine de l’hélix ». II limite une sorte de gouttière. L’anthélix comble l'espace qui séparé l’hélix de la conque. Le tragus est une saillie lamelleuse de forme triangulaire, située à la partie antérieure de la conque, un peu au-dessous de l'hélix, dont il est séparé par un sillon généralement très marqué. Il s’avance à la manière d’un opercule au-devant du conduit de l’oreille et le dissimule à l'œil d'une façon à peu près complète. L’antitragus se dresse, ainsi que son nom l’indique, en face du tragus, en bas de la conque.
- En bas, l’oreille se prolonge par une formation molle et tlaccide, le lobule de l’oreille. C’est aux lobules artificiellement perforés que l’on suspend les ornements connus sous le nom de pendants ou de boucles d’oreille. Dans nos races civilisées, ces ornements sont légers et ne modifient que peu ou point la forme du pavillon. Chez quelques peuplades sauvages, au contraire, notamment chez les habitants des îles Marquises, ce sont des masses pesantes en métal, en ivoire ou en coquillages : sous leur influence, on voit le lobule s’allonger peu à peu dans le sens vertical et descendre parfois jusqu’aux épaules.
- Des nombreuses anomalies que peut présenter le pavillon, l’une des plus intéressantes est une saillie plus ou moins accentuée qui apparaît sur le bord libre de l’hélix au niveau de sa partie supérieure. Cette saillie, qui a été signalée pour la première fois par Darwin et qui, depuis, porte son nom (tubercule de Darwin), affecte tantôt la forme d’un simple tubercule arrondi et mousse, tantôt celle d’une petite lamelle triangulaire. Dans la grande majorité des cas, lorsque l’hélix est normalement replié ou ourlé, le tubercule de Darwin regarde en bas et en avant. Mais quand la portion de l’hélix qui le supporte ne s’est pas repliée, la saillie anormale regarde en haut en arrière, et l'oreille, dans ce cas, se termine réellement en pointe comme chez les animaux. Cette dernière disposition nous indique nettement quelle est la signification anatomique du tubercule de Darwin ; qu’il siège sur un hélix ourlé ou non ourlé, il est toujours l’homologue de la pointe plus ou moins aiguë par laquelle se termine le pavillon chez les animaux à longues oreilles. Le tubercule de Darwin, anormal chez l’homme, existe normalement chez un certain nombre de singes, notamment chez le cercopithèque, le macaque et ie cynocéphale.
- IJn Italien, M. Chiarugi, a d’ailleurs apporté un
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- argument intéressàrit en faveur de l’identité du tubercule de Darwin et de la pointe des animaux à longues oreilles. On sait que chez ces derniers les poils du pavillon se dirigent tous du côté de la pointe. Or, le pavillon de l’oreille humain nous présente sur sa face externe deux courants de poils, lesquels se rencontrent toujours, quand le tubercule de Darwin existe, au niveau môme de ce tubercule. C’est encore vers ce tubercule que se dirigent les poils de la face interne et il en résulte parfois une sorte de touffe qui est bien évidente quand on regarde l’hélix par sa convexité.
- La plupart des autres anomalies, fait intéressant, sont souvent héréditaires. On cite, par exemple, une famille dans laquelle 12 sur 26 n’avaient que des oreilles réduites à des moignons. Ceux-ci persistèrent pendant quatre générations. A force de percer le lobule chez les filles, les oreilles finiront peut-être par être naturellement trouées !
- Lombroso et son école ont voulu trouver dans l’oreille des caractères indiquant une disposition au crime. Voici, par exemple, les chiffres qu’il a donnés pour l’anomalie dite « oreille en anse ».
- Oreilles en anse. Non en anse.
- Voleurs..................81
- Escrocs..................17
- Violateurs............... 8
- Voleurs de grands chemins. 2
- Homicides................... 4
- Auteurs de blessures. . 37
- 159
- 23
- 2
- 8
- 6
- 53
- Soit
- 37,25 p. 100. 62,75 p. 100..
- 11 semblerait, d’après cette statistique, que 1’ « oreille en anse » indique de mauvais instincts. Mais un autre auteur, Marro, a montré qu’elle était beaucoup exagérée : étudiant 500 sujets, il ne trouva l’oreille en anse que 7,8 fois pour 100, avec, il est vrai, un maximum de 15 pour 100 chez les vaga-
- bonds. D’ailleurs, avant de conclure, il faudrait savoir si, chez les honnêtes gens, l’oreille en anse est aussi fréquente : c’est une statistique encore à faire.
- Nous donnons deux tableaux où les principales formes d’oreilles ont été photographiées à la même réduction, ce qui permet de comparer leurs dimensions. Pour les décrire, M. Bertillon a été obligé de leur donner différents noms. C’est ainsi que le degré d’ouverture de la bordure qui ourle le contour postérieur de l’oreille est exprimé par la gradation : ouverte, intermédiaire, adhérente. Le contour extérieur du lobe est de même qualifié, selon les cas, de l’un des quatre termes suivants : descendant, équerre, intermédiaire et golfe. Le profil de l’antilragus est dit, de même : cave, rectiligne, intermédiaire et saillant, suivant que la projection horizontale de ce cartilage tracera une ligne à concavité supérieure, rectiligne, légèrement sinueuse ou franchement saillante. Enfin, quelques parties de l’oreille demandent, en outre, à être considérées sous le rapport du modelé de leur surface, d’où la série : fondue, intermédiaire, séparée, qui exprime le mode d’adhérence du lobule à la joue en ne visant que le degré d’accentuation ou de prolongation du sillon qui, deux fois sur trois, le sépare de la joue, et la série : traversé, intermédiaire (ou uni) et en éminence, qui vise la forme soit creuse, soit mamelonnée de la surface antéro-externe du lobule. De même, l’anti-tragus est dit versé, intermédiaire ou droit, selon le degré de renversement en-dehors de cette petite arête cartilagineuse. Quant à sa direction, on la dit horizontale, intermédiaire ou oblique, suivant le degré d’obliquité de l’ensemble du tracé de l’antilragus.
- Voici, au reste, les principaux caractères qu’ont à noter, au sujet de l’oreille, les agents du service anthropométrique :
- Bordure
- Lobe.
- nulle.
- ) petite, j moyenne. 5 | glande.
- u [ descendant, g \ équerre, g j intermédiaire.
- «
- O
- U
- d
- Antitragus .
- golfe.
- S \ horizontale. — i < intermédiaire, g 5 ) oblique.
- Plis et forme géng { intermédiaire.
- vexe.
- plate.
- petite.
- moyenne.
- grande
- l plate.
- £> J petite, moyenne, grande.
- fondu.
- intermédiaire.
- sillonné.
- isolé (part, ou tôt.).
- rave.
- rectiligne.
- intermédiaire.
- saillant.
- nul.
- effacé.
- intermédiaire.
- accentué.
- 3 \
- L 1 t
- b / ;
- i)
- ® ( traversé. g
- ~ 3 intermédiaire. «
- 1 ) uni- s
- = v éminent. ~
- s \ versé.
- j» s intermédiaire.
- S / droit.
- I triangulaire.
- * rectangulaire. \ ovale.
- I ronde.
- ouverte.
- intermédiaire.
- adhérente.
- petit.
- moyen.
- grand.
- nul.
- petit.
- moyen.
- grand.
- supérieur. £
- postérieur. js
- inférieur. .5
- total (ou pédonculé). t:
- nodosité, élargissement, saillie ou tubercule darwiniens, bordure froissée, échancrée ; bordure postérieure fondue (au niveau de la pointe inférieure de la fossette navi-culaire).
- I contour supérieur aigu, con-tour supéro- anterieur équerre ou aigu, contour supéro - postérieur équerre ou aigu, contour supérieur bicoudé.
- lobe percé, fendu ; lobe étroit ou large, pointu ou carré, lobe à inclinaison oblique interne ou externe, lobe à torsion antérieure, lobe à fossette, à virgule, ride oblique postérieure unique cl rides multiples du lobe.
- antitragus fusionné avec hélix tragus très pointu, bifurqué ;
- tragus ou antitragus poilus, incisure post - antitragienne, canal intertragien très étroit.
- pointe naviculaire en fossette.
- conque basse ou haute, étroite ou large, repoussée, traversée, etc. ; oreille étroite ou large
- sillons originels de l’hélix et de l’anthélix contigus ou largement séparés, pli supérieur à plusieurs bran-
- 1 ches, joignant la bordure, hématome du pli supérieur, oreille à insertion verticale ou très oblique ; oreille collée supérieurement,ou)infé-rieurement, oreille cassée à l’antilragus.
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- LA NATURE.
- Tout cela, au premier abord, est bien compliqué. En réalité, rien n'est plus simple : en examinant les photographies que nous donnons, nos lecteurs ne larderont pas, j’en suis convaincu, h devenir d'aussi lins limiers que ceux de M. Lépine.
- En terminant, il serait bon de s1 demander à quoi sert l'oreille. Ce sera vite t'ait : à rien ou à presque rien. Chez beaucoup d'animaux, — voyez b cheval, — le ^pavillon de l’oreille est manifestement destiné à recueillir les sons extérieurs, à les concentrer en
- Fig. 1. — Particularités diverses des oreilles.
- 1. Bordure postérieure fondue. — 2. Élargissement darwinien. — 5. Saillie darwinienne. — 4. Tubercule darwinien. — 5. Lobe percé.
- — fi. Lobe fendu. — 7. Lobe étroit. — S. Lobe large. — 9. Bordure échancrée. — 10. Contour supéro-antérieur aigu. —
- 11. Contour supéro-postérieur aigu. — 12. Contour supérieur aigu. — 13. Lobe à inclinaison oblique interne. — 14. Lobe à inclinaison oblique externe. — 13. Lobe pointu. — 16. Lobe carré. — 17. Bordure, froissée. — 18. Contour supéro-antérieur équerre. — 19. Contour supéro-postérieur équerre. — 20. Contour supérieur bicoudé. — 21. Lobe à torsion antérieure. — 22. Lobe à fossette. — 23. Lobe à virgule. — 24. Bide oblique postérieure du lobe. — 25. Antitragus fusionné avec hélix. —
- 2fi. Trngus pointu. — 27. Tragus bifurqué. — 28. Pointe navieulaire en fossette. — 29. Oreille étroite. — 50. Oreille large. —
- 31. Sillons originels de l’hélix et de l’autbélix contigus. — 32. Sillons originels de l’hélix et de l’anthélix largement sépa-
- rés. — 53. lncisure post-antilragienne. — 51. Canal inter)ragien très étroit. — 55. Conque repoussée. — 36. Conque traversée.
- — 37. Pli supérieur joignant la bordure. — 58. Pli supérieur à plusieurs branches. — 59. Hématome du pli supérieur. —
- 40. Oreille cassée à l’antitragus. — 41. Conque basse. — 42. Conque, liante. — 45. Conque étroite. — 44. Conque large.
- — 45. Oreille à insertion verticale. — 46. Oreille à insertion très oblique. — 47. Oreille collée supérieurement. — 48. Oreille collée inférieurement.
- quelque sorte sur le tympan; à eet effet, il est souvent doué d'une assez grande mobilité lui permettant d’en diriger la cavité vers le lieu supposé d’où part le sou. Chez l'homme, le pavillon est absolument
- immobile; quelques personnes cependant peuvent lui imprimer de petits mouvements, mais ceux-ci sont tout au plus bons h « étonner la galerie ». Un physiologiste s’est demandé si, néanmoins, les
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- là nature:.
- 1 il
- méandres de l'oreille ne pouvaient conduire les sons. En conséquence, il a supprimé monts et vallées en remplissant ces dernières de cire : le résultat a été que l'audition n’était nullement changée. Tout au plus, le <, patient » remarqua-t-il qu’il se rendait
- un peu moins bien compte de l'endroit d'où partaient les ondes sonores. Le pavillon de l'oreille serait donc surtout destiné à nous faire connaître la direction des sons : il remplit bien mal son rôle et si un fabricant d’appareils acoustiques nous donnait un pareil
- Fig. 2. — Principaux caractères de l’oreille.
- 1. Bordure originelle nulle. — 2. Bordure originelle petite. — 3. Bordure originelle moyenne. — 4. Bordure originelle grande. — 5. "Lobe à contour descendant. — 6. Lobe à contour équerre et à adhérence fondue. — 7. Lobe à contour intermédiaire et à adhérence sillonnée. — 8. Lobe à contour golfe. — 9. Bordure supérieure plaie. — 10. Bordure supérieure petite. — 11. Bordure supérieure moyenne. — 12. Bordure supérieure grande. — 13. Lobe à modelé traversé. — 11. Lobe a modelé intermédiaire, lo. Lobe à modelé uni. — 16. Lobe à modelé éminent. — 17. Bordure postérieure plate. — 18. Bordure postérieure petite et ouverte. — 19. Bordure postérieure moyenne. — 20. Bordure postérieure grande et adhérente. — 21. Hauteur du lobe très petite. — 22. Hauteur du lobe petite.— 23. Hauteur du lobe moyenne.— 24. Hauteur du lobe grande.— 25. Antilragus a inclinaison borizon-. taie. — 26. Antilragus à inclinaison intermédiaire.— 27. Antitragus à inclinaison oblique.— 28. Antitragus a inclinaison très oblique.— 29. Pli intérieur à coupe concave. — 30. Pli intérieur à coupe convexe. — 51. Pli supérieur effacé. — 52. Pli supérieur accentué. — 33. Antitragus à profil cave. — 54. Antitragus à profil rectiligne. — 35. Antilragus à profil intermédiaire. — 30. Antitragus a proiil saillant. — 37. Forme générale rectangulaire. — 38. Forme générale triangulaire. — 59. Forme générale ovale. — 40. Forme générale ronde. — 41. Antitragus versé en dehors. — 42. Antitragus droit. — 43. Volume de l’antitragus nul.— 44. \olinne de l’anti-tragus grand. — 4b. Écartement supérieur. — 46. Écartement postérieur. — 47. Écartement inférieur. — 48. Écartement total.
- instrument, nous le refuserions sans tarder. Ce qui ne veut pas dire qu’il faille se couper les oreilles ou les cacher tout simplement ; les oreilles ont peut-être des vertus cachées que nous leur ignorons : qui
- se serait, par exemple, douté, il y a quelques années, qu’elles serviraient un jour à retrouver les escarpes et autres malandrins qui ne songent qu’à nous être nuisibles! —— Henri Coupjn.
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- LA NATURE.
- \\ï
- CHRONIQUE
- Télégraphie sans fil par les couches terrestres. — Nous avons reproché aux expériences faites au Yésinet de ne prouver en aucune façon que les ondes hertziennes passaient par la terre plutôt que par l’air. Le 18 juillet dernier, on a modifié le premier dispositif. Nous avions dit notamment que les fils, qui réunissaient les appareils transmetteur et récepteur de 50 mètres de long, pouvaient jouer le rôle d’antennes un peu comme la disposition adoptée par M. Sahv-Arco. En conséquence, on a rapproché du sol les fils de communication, on les a même enterrés dans le sol à une petite profondeur. Mais comme la transmission avec l’appareil Morse ne paraissait pas suffisamment nette, par suite, dit-on, d’un mauvais réglage, on eut recours à un téléphone pour la réception des signaux. Les ondes influencèrent le téléphone et la transmission fut nette à l’oreille. Cette expérience nous semble encore insuftisante pour faire la preuve de la transmission par le sol. Il s’agit d’une distance de 457 mètres, bien faible ; le téléphone a seul été bien influencé et les ondes ont parfaitement pu prendre encore la voie aérienne. On oublie que dans leurs expériences de 1900 MM. Branly et Le Bon ont montré que les parois, les obstacles empêchaient les ondes de se propager; cependant elles passent à travers les vitres, les fenêtres, etc. Il est donc peu probable qu’elles puissent aller bien loin sous terre. Et cependant, à très petite profondeur, le sol n’est pas tellement imperméable qu’il ne puisse encore laisser passer les ondes hertziennes. 11 faudra imaginer de nouvelles expériences plus décisives pour entraîner la conviction.
- L’éclair en houle. — Les renseignements exacts sur l’éclair en boule sont assez rares pour que ceux fournis par M. J. Yiolle à l’Académie des sciences, le 24 juin dernier sur une manifestation de ce phénomène, qu’il a eu l’occasion d’observer, soient accueillis avec confiance, émanant d’un physicien aussi compétent et aussi distingué. Yoici ces renseignements d’après les Comptes rendus : « Le dimanche 9 juin 1901, à lh 50m p. m., vers la lin d’un orage assez violent passant au-dessus de Fixin, près Gevrey-Chambertin (Côte-d’Or), j’ai observé un éclair en boule dans les conditions suivantes : J’étais à un balcon faisant face à l’est, et de là je contemplais l’orage, qui se traduisait devant moi par des éclairs se succédant, à intervalles assez rapprochés, sous la forme de traits de feu à peine sinueux et “presque verticaux, généralement redoublés à 5 km environ devant moi. Puis, après un repos de quelques minutes, je vis une boule de feu paraissant tomber du ciel, à la façon d’une pierre, dans la même place où s’étaient succédé les éclairs rectilignes et de la même hauteur. Après un nouvel intervalle, la région considérée fut encore illuminée à plusieurs reprises par des éclairs en effluve, sous forme de décharges diffuses localisées en un espace restreint. Je ne crois pas possible d’attribuer à une erreur d’optique le phénomène que j’ai vu et qui a été vu en même temps, de façon identique, par une personne placée à côté de moi et à laquelle il arracha une exclamation immédiate. Je me suis assuré, d’ailleurs, qu’il ne s’était produit alors aucune chute d’aérolithe, bien que l’aspect du phénomène ne laissât aucun doute sur sa nature électrique. »
- L’exhumation des restes de Tycho-Brahé. — A l’occasion du 500' anniversaire de Tycho-Brahé, le Conseil municipal de Prague a décidé d’exhumer les restes du célèbre astronome qui avait été enterré dans l’église de Teyn et de les ensevelir de nouveau. Cette
- décision a été réalisée sous la direction de M. Ilerlein. Après avoir soulevé les pierres situées dans le voisinage de la première colonne de la nef et qui porte une statue de Tycho, on trouva deux cercueils renfermant deux cadavres qui furent reconnus pour être ceux de l’astronome et de sa femme. La ressemblance avec la statue était frappante; la tète était légèrement tournée de côté; les pieds étaient dans des bottes montant jusqu’aux genoux. On a reconnu que le corps trouvé était bien celui de Tycho-Brahé grâce à l’absence du nez ; Tycho, en effet, avait perdu cet organe dans un duel et portait un nez d’argent. On ne peut s’empêcher de trouver quelque peu singulière cette façon d’honorer les grands morts en troublant le repos de leur poussière. C’est dans leurs œuvres qu’ils vivent. t
- Action d’une haute température sur l'alcool.
- — lin numéro des Berichte contient un mémoire de M. \Y. Ipatieff concernant l’action d’une haute température sur l’alcool. Depuis les recherches de Berthelot relatives à l’effet produit sur différentes substances passant dans un tube chauffé au rouge, on avait très peu travaillé dans cette direction. M. Ipatieff a trouvé que, dans le cas 'de l’alcool, la réaction est beaucoup plus simple qu’on ne pouvait s’y attendre, le produit étant l’aldéhyde correspondant. Dans un grand nombre de cas, les produits sont tels que cette réaction constitue une méthode avantageuse pour la préparation de certains aldéhydes. Le tube peut être en verre ou en fer, de préférence en fer, les meilleurs produits étant obtenus à la température de 700°. L’alcool méthylique, traité de cette manière, donne 25 pour 100 de la quantité théorique de formaldéhyde, l’alcool isobutyl environ 40 pour 100 et l’alcool isoamyl de 50 pour 100 à 40 pour 100 des aldéhydes correspondants.
- Origine et coutumes des Australiens aborigènes. — D’après un Mémoire de M. Mathews, inséré dans les « Proceedings » de Y American Philosophical Society, les Australiens seraient arrivés dans leur habitat actuel par les îles Malaises, mais cette immigration aurait eu lieu à différentes époques, les derniers immigrants étant très sensiblement supérieurs aux premiers. Ceux-ci sont considérés comme du type mélanésien, et leurs descendants modifiés étaient les Tasmaniens aujourd’hui éteints. Les derniers, au contraire, n’ont jamais passé par la Tasmanie qui, au temps de leur arrivée, était déjà une île. L’auteur suppose que ces premiers immigrants et les tribus natives de l’Inde méridionale provenaient d’une même souche. Isolés, les Australiens auraient conservé leur caractère primitif de leurs ancêtres Néandertha-toïdes, tandis que les tribus hindoues auraient atteint un degré plus élevé de l’évolution. Cette explication donnerait la solution d’un problème ethnologique très ardu.
- Altesse des ions. — Dans la Physical Review, M. Child décrit quelques expériences faites, d’après la méthode du professeur J.-J. Thomson, pour déterminer la vitesse des ions. Cette méthode consiste à produire les ions dans une région, et à mesurer l’intensité électrique en deux points où il ne se produit pas d’ions, mais où les ions d’un signe déterminé ne peuvent pénétrer que sous l'action du champ électrique. L’auteur montre que la vitesse des ions positifs est approximativement 2,2 centimètres par seconde, pour un gradient potentiel de 1 volt par centimètre, et de 2,6 centimètres pour les ions négatifs.
- Le plus grand dock flottant. — C’est aux ingénieurs américains que revient le mérite d’avoir construit
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- LÀ NATURE.
- 1-45
- le plus grand dock llottant qui soit au monde. Celte cale gigantesque a été établie à Algiers, sur le golfe du Mexique ; mais elle est destinée en réalité au port de la Nouvelle-Orléans, aujourd’hui le principal entrepôt des produits des Etats du Sud et dont le commerce avec la France, l’Allemagne, l’Angleterre, l’Espagne, le Venezuela et le Brésil augmente tous les ans avec une rapidité significative. Le dock llottant d’Algiers mesure 158 mètres de long sur 53 mètres de lai'ge, et il pourra soulever un navire de 18 000 tonnes en l’espace de quelques minutes. Enfin, pour mieux faire comprendre l’importance du nouvel ouvrage, nous dirons que sa construction, qui n’a demandé cependant qu’un an et demi à peine, a coûté au port de la Nouvelle-Orléans plus de -4 millions de francs.
- Un remblai de eliemin de fer en travers d’un cours d’eau. — Généralement, quand une voie ferrée ou même une route ordinaire en remblai rencontre un cours d’eau, on juge nécessaire d’interrompre le remblai pour le remplacer par un pont, afin de ne point arrêter l’écoulement de l’eau ; on craindrait autrement que le remblai ne fût bien vite délayé, miné par les infiltrations et emporté finalement le jour où les eaux grossiraient. Il n’v a qu’aux Etats-Unis que l’on ose faire autrement et Engineering news nous donne un exemple de cette audace ; elle a réussi pleinement, mais empressons-nous d’ajouter que le remblai est uniquement constitué de pierres brutes, de manière à être perméable. Ce remblai porte le nom de Cascade Rock Fill, et il se trouve sur la ligne dite Eric Railroad, en travers d’une gorge sur laquelle on.avait jadis, suivant de timides errements, construit un pont de 84 mètres d’ouverture et haut de plus de 54 mètres. Comme le pont (en bois du reste) vieillissait, on le remplaça par cet étonnant ouvrage. Toute la base en est faite de grosses roches schisteuses avec faces recouvertes de petites pierres ; plus haut, à un niveau que n’atteignent guère les eaux, même en inondation, on a mis des parements de gravier et enfin au-dessus, de la terre végétale. Comme en temps de grosses eaux, la charge serait peut-être trop forte pour cette muraille (qui a pourtant 146 mètres de large à la base), on y a percé, à un peu plus de G mètres au-dessus de l’étiage, un conduit formant déversoir de superficie. Mais normalement les eaux filtrent admirablement à travers les interstices des blocs, et il ne se produit pas de colmatage apparent.
- Uc métropolitain électrique de Kansas City.
- — Ceux de nos lecteurs qui connaissent un peu la ville américaine de Kansas City savent que ce n’est point une des grandes cités de l’Union ; et cela n’empêche pourtant point qu’elle ne soit maintenant le centre d’un réseau métropolitain des plus importants (qui compte environ 260 km de voies) et qui présente cet intérêt que la traction y est électrique. A la vérité, sur une soixantaine de kilomètres, la remorque des voitures est funiculaire, mais l’entraînement du câble est assuré électriquement. Dès* maintenant, deux stations génératrices ont été établies pour le service de ce métropolitain : l'une, d’une capacité de 7000 chevaux, comprend quatre moteurs de 2500 chevaux, accouplés à des dynamos susceptibles de fournir en temps ordinaire 1600 kilowatts, mais admettant une surcharge de 40 pour 100 durant trois heures. L’autre station contient seulement deux génératrices, l’une de 200, l’autre de 400 kilowatts. On se prépare à installer une troisième station, mais à courant alternatif à 6600 volts.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 22 juillet 1901. — Présidence de M. Fouqdé.
- Varia.'— M. Roussinesq fait hommage à l’Académie du premier volume d’un ouvrage, intitulé : (( Théorie.analytique de la chaleur mise en harmonie avec la thermodynamique et avec la théorie mécanique de la lumière ». Ayant à enseigner la théorie analytique de la chaleur, l’auteur a cru devoir, malgré la nouveauté et la difficulté du sujet, tenter d’en établir les principes dans l’hypothèse thermodynamique. 11 a donc fait de cette théorie une sorte de contre-partie de la théorie même des ondes lumineuses, en considérant la chaleur des corps comme de la chaleur rayonnante condensée et, par conséquent, comme un mouvement vibratoire dont les équations sont, il est vrai, à raison même de cette condensation, autrement particularisées que celles des mouvements par ondes. Mais ces équations ne rentrent pas moins que celles de ces derniers mouvements dans les formules générales de la mécanique moléculaire.
- M. Becquerel dépose une Note relative à de nouvelles expériences effectuées sur l’uranium à basse température. — M. le ministre de la guerre demande à l’Académie d’étudier la question de savoir si le voisinage des stations de télégraphie sans fil n’est pas un danger pour les magasins de poudre ou d’explosifs. — M. A. Gautier remet une Note de M. Garrigou sur l’utilisation comme engrais des vinasses et des vins gâtés par une maladie. — M. Bal-land adresse un travail sur le rendement des farines. — M. Sabatier envoie une Note relative à l’action des hydrates cuivriques sur les sels métalliques.
- M. Berthelot communique les résultats de nombreuses analyses faites sur le suc gastrique du chien. Ce suc lui a été fourni par M. Charrin qui pour le recueillir sans addition de salive, suture le pylore et le cardia tout en laissant l’estomac dans l’organisme, avec ses nerfs et ses vaisseaux. M. Berthelot n’a pas trouvé dans le suc gastrique pur d’autre acide que l’acide chlorhydrique.
- Décès. — Sitôt après l’achèvement du dépouillement de la correspondance, M. le Président annonce qu’il a reçu une dépêche lui donnant la nouvelle de la mort de M. de Lacaze-Duthiers. Après avoir rappelé les qualités de l’homme, M. le Président paye au savant un juste tribut d’éloges.
- Il rappelle enfin que le défunt n’était pas seulement un homme d’étude, mais encore un administrateur très habile. Il a fondé avec des ressources insignifiantes les deux laboratoires maritimes aujourd’hui si florissants de Roscoff et de Banyuls. Son influence s’y est pleinement exercée sur les nombreux élèves qui y ont passé. Sa mort cause à la science une grande perte.
- Cu. DE VlLLEDEUIL.
- LÀ STATUE DE CHEVREUL
- AU MUSÉUM D’HISTOIRE NATURELLE
- Jeudi i l juillet le Muséum était en fête. 11 inaugurait la statue de Chevreul, l’académicien centenaire, le chimiste illustre et ingénieux, dont les recherches et les admirables découvertes ont aidé puissamment à la prospérité commerciale de la France. Depuis quelques jours, la belle œuvre du sculpteur Fagel se dressait sur son piédestal, res-
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- LA NATURE.
- plcndissante de blancheur. Passants et promeneurs s'arrêtaient longuement devant elle, et les éloges étaient unanimes.
- Les uns louaient le talent de l’artiste, les autres le choix si heureux de l’emplacement entre la demeure de l’illustre savant et l’amphithéâtre où il professa si longtemps.
- Tous admiraient l’effet de ce beau marbre se détachant si harmonieusement sur le fond de verdure et continuaient leur chemin en adressant de sincères félicitations à « l’Administration » qui avait été si bien inspirée en commandant pour le Muséum cette superbe statue.
- Aussi à cette inauguration la plupart des invités de M. Perrier furent-ils quelque peu surpris quand dans son remarquable discours il leur apprit que la statue qui faisait si bon effet sur cette pelouse ensoleillée n’avait nullement été destinéedans le principe au Jardin des Plantes où pourtant elle avait sa place toute marquée et si bien appropriée.
- M. Fagel a bien voulu nous donner d’intéressants renseignements à ce sujet, nos lecteurs nous sauront certainement gré de les leur faire connaître.
- En 1887, l’architecte Dutert commandait à l’éminent sculpteur une statue de Chevreul. Elle devait être en pierre et était destinée à faire partie de la décoration de l’escalier du Conservatoire des Arts et Métiers de Roubaix. L’œuvre achevée fut si bien réussie et fut si bien du goût de l’architecte qu’il lui lit faire un piédestal et qu’elle iigura à l'Exposition universelle de 1889. Elle valut à son auteur une médaille d’or.
- Les fonds dont avait disposé l’architecte lors de cette première commande étaient fort restreints ; il avait compris avec quel désintéressement l’artiste s’était mis à l’œuvre et, pour lui en exprimer sa reconnaissance, il obtint en 1891 qu’un nouvel exemplaire, celui-là en marbre blanc, serait fait pour le Conservatoire des Arts et Métiers de Paris.
- Par suite de diverses circonstances, ce marbre resta dans les magasins de l’État jusqu'au moment de l'Exposition universelle de Bruxelles où il fut envoyé et très remarqué, puis revint dans les magasins et en sortit de nouveau pour figurer à l’Exposition de 1900.
- L’œuvre de M. Fagel y fut admirée et jugée comme elle le méritait, et M. Ed. Perrier, dès qu’il la vit, pensa avec raison que sa vraie place était au Jardin des Plantes, sur cette pelouse qui semblait l’attendre, au milieu de ce beau cadre vraiment digne
- d’elle. Aujourd’hui tout le monde l’admirera et il eût été dommage de la laisser se perdre au milieu des statues inutilisées du Musée administratif d’Au-tcuil. C’est grâce aux efforts et à l’habile diplomatie du savant direc teur du Muséum et à l’heureuse participation deM. Chan-dèze (pie la statue de l’illustre chimiste, du’grand philosophe, restera désormais à sa véritable place, sur l'emplacement où le public trouve si justement naturel de la voir aujourd’hui.
- Telle est l’histoire de cette belle statue dont l’inauguration avait réuni un public d’élite et a été marquée par la lecture des intéressants discours de MM. Edmond Perrier, directeur du Muséum ; Gautier, successeur de l’éminent centenaire à l’Institut ; Arnaud, successeur de Chevreul à sa chaire de chimie du Muséum ; Bavid, directeur du Laboratoire des recherches des teintures aux Gobelins, et Puglier Conti, représentant le Conseil municipal.
- Une gerbe de Heurs prises aux serres du Muséum a été déposée au pied de la statue. La petite-fille du grand chimiste, Mme Chevreul, a fait le tour du monument au bras de M. Perrier et a adressé au sculpteur ses vives félicitations. M. Liard a remisa M. Fagel les palmes académiques. A.-L. Clément.
- Le Gérant : P. Masson.
- La statue de Chevreul.
- Paris. — Imprimerie Laiure, rue de Fleurus, 9.
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- Nu 1471.
- 5 AOUT I '.Mil.
- LA NATURE.
- 145
- GRUE PIVOTANTE ÉLECTRIQUE DE 150 TONNES DU PORT DE BREMERHAVEN
- La puissance des engins de levage va sans cesse en augmentant et principalement pour les ports on
- a construit, dans ces dernières années, des appareils permettant de manœuvrer des charges considérables.
- Grue pivotante électrique de loO tonnes.
- Parmi les plus intéressants il convient de citer la magnifique grue pivotante électrique de 150 tonnes construite par la « Benrather Maschinenfabrik » de Benrath, près DusseldorlT et installée à l’entrée des nouveaux bassins de réparation du port de Bremer-haven situé à l'embouchure du Weser, à 00 kilo-
- mètres en aval de Brème. Cette grue, de dimensions inusitées, et destinée à l’armement des navires, réalise une innovation des plus intéressantes. Elle comprend deux parties bien distinctes :
- 1° Un échafaudage métallique fixe, ayant la forme d’un tronc de pyramide rectangulaire, terminé à sa
- 10
- 29e auiRT. — t" semestre.
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- LA NATURE.
- partie supérieure, à 26m,20 du sol, par une couronne en fers profilés et plats ;
- 2° Une ossature mobile en forme de T pouvant tourner autour de son axe vertical. La partie verticale repose sur deux chemins de roulement, l’un situé à sa partie inférieure et au niveau du massif de fondation, l’autre sur la couronne supérieure de l’échafaudage fixe. Les membrures principales de lame verticale s’écartent l’une de l’autre vers le sommet et supportent un pont roulant. Sur l’un des bras, dont les poutres sont plus puissantes, peut se mouvoir le chariot moteur; l’autre bras, sur lequel ont pu être établis des contrcventements transversaux, est muni à son extrémité d’un contrepoids équilibrant la charge.
- Grâce à ces dispositions, la résultante de la partie mobile (grue proprement dite, fardeau et contrepoids) est verticale et passe constamment par l’articulation inférieure, ce qui assure la stabilité du système.
- Le chemin de roulement inférieur a un diamètre moyen de 2m,20. La rotation se produit grâce à 55 rouleaux coniques en acier trempé, de 175 millimètres de diamètre moyen et 250 millimètres de longueur roulant dans un bain d’huile entre deux plateaux horizontaux dont l’un est solidaire de la grue et l’autre est fixé sur le massif de fondations.
- La hauteur totale de cet engin est de 56 mètres, la portée maximum de 22 mètres et la portée utile, du bord du quai à l’extrémité du pont roulant, de 15m,50. Enfin des escaliers permettent d’accéder à toutes les parties de l’appareil.
- Le mouvement de rotation est obtenu au moyen d’un moteur électrique, d’une puissance de 26 chevaux et pouvant tourner à une vitesse de 550 tours à la minute. Ce moteur actionne, par l’intermédiaire d’une vis sans fin à double filet et d’un équipage de roues dentées, le plateau inférieur de la grue. Le système peut ainsi accomplir une rotation complète en 7 minutes environ, ce qui donne pour la rotation du palan, et par suite de la charge, autour de l’axe vertical, une vitesse de près de 10 mètres à la minute.
- Le bâti du chariot mobile sur le pont roulant comporte 5 moteurs électriques dont 2 actionnent le palan et le troisième produit le mouvement du chariot. Celui-ci est muni de quatre paires de roues motrices montées dans des châssis spéciaux. Le palan supportant la charge est formé de 7 poulies disposées sur deux rangées parallèles et superposées sur lesquelles passe un câble en fils d’acier de 6 centimètres de diamètre et qui offre une résistance à la traction égale à 150 tonnes. Chacun des huit brins supporte une charge qui ne dépasse pas 55 tonnes.
- Le treuil moteur du chariot comporte deux cylindres sur lesquels le câble nC|fait que quelques tours, car la hauteur d’élévation de chaque brin pouvant atteindre 50 mètres, il aurait fallu prévoir un enroulement total de 240 mètres, ce qui eût nécessité un tambour beaucoup trop grand. Pour éviter cet inconvénient, le câble en quittant le treuil passe sur deux
- poulies de renvoi montées sur wagonnets et reliées au chariot dont elles suivent le mouvement. Le câble passe ensuite dans l’axe de la grue, sur des poulies moullées supportant un contrepoids de 500 kilogrammes.
- Les 2 moteurs électriques actionnant le treuil, et par suite le palan, ont chacun une puissance de 17 chevaux 1/2 ; il sont enroulés en série, tournent à une vitesse de -450 tours par minute et agissent sur un arbre commun muni de freins électro-magnétiques. Différents systèmes d’engrenages permettent de changer la vitesse d’élévation selon l’importance des charges, et cela sans changer de palan. C’est ainsi que pour un poids de 150 tonnes, la vitesse d’élévation serait de 0m,68 par minute alors que pour des charges de 75, 57 ou 18 tonnes elle atteindrait respectivement lm,58, 5ra,08 et 6m,29 à la minute.
- Outre les freins électro-magnétiques disposés sur l’arbre moteur, et destinés â fonctionner en cas d’interruption accidentelle du courant ou de fausse manœuvre, l’appareil comporte deux freins mécaniques qui agiraient en cas de rupture d'un engrenage et servent d’autre part pour retarder le mouvement pendant la descente de la charge.
- Le mouvement du chariot est obtenu au moyen d’un moteur électrique de 26 chevaux, tournant à 550 tours, et agissant, par l’intermédiaire d'une vis sans fin à filet unique et d’engrenages, sur les roues antérieures qui seules sont motrices. On peut ainsi obtenir une vitesse de translation d’environ 8 mètres à la minute.
- Les différents moteurs électriques sont alimentés par un courant à 110 volts produit par la station qui fournit la force motrice et l’éclairage des docks.
- La stabilité de la grue a été calculée, pour une charge de 150 tonnes, en vue d’une pression due au vent de 250 kg par mètre carré et dirigée normalement à l’axe du pont roulant.
- On conçoit qu’un tel engin de levage doit peser un poids considérable. Celui-ci s’élève, en effet, au total de 574450 kilogrammes se décomposant de la façon suivante :
- Échafaudage fixe etossature mobile. 275 860 kg
- Mécanisme de rotation .,........ 47 660
- Chariot, treuil et palan........ 52 950
- Les essais de résistance ont été faits avec une charge de 200 tonnes.
- Pour le montage, qui a demandé 2 mois et demi, on a commencé par l’échafaudage fixe et la partie centrale de l’ossature mobile. Puis, au moyen d’un échafaudage provisoire dont le profil supérieur correspondait à la membrure inférieure des porte-à-faux, on a monté le pont roulant.
- Lorsque l’un des bras a été monté, on a fait tourner de 180 degrés l’ossature mobile et le meme échafaudage put être utilisé pour le montage du second bras. Georges Caye.
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- LES MŒURS CYNÉGÉTIQUES
- DU MOXDE AQUATIQUE
- Nous sommes si portés à attribuer à l'humanité le mérite exclusif de l’invention des instruments et des moyens dont elle dispose que nous éprouvons une sorte de surprise, et meme de désappointement, si nous voyons un animal mettre en pratique une de ces ruses, un de ces stratagèmes dont nous pensons posséder le monopole. Ainsi, qui voudrait croire qu’il n’y a guère de genre de chasse et de pèche chez les hommes qui n’ait ses analogies étroites chez les poissons !
- Nous allons pourtant montrer des poissons qui chassent au tir, à courre et au lasso, et même des poissons... qui pèchent. Il ne sera pas question seulement de poissons, mais aussi de cétacés et de céphalopodes.
- Un poisson qui chasse, et qui chasse au tir, doit offrir un curieux spectacle. Tel est le Choetodon rostratus. A travers l’espèce de hcc qui lui sert de museau, il a la faculté de lancer une goutte d’eau avec une certaine force. Il s’approche du bord de l'eau, vise adroitement les mouches posées sur un brin d’herbe, sur une feuille, et les frappant de son projectile liquide, il les renverse dans l’eau et en fait sa proie.
- Parmi les poissons chasseurs, beaucoup chassent isolément et forcent leur gibier à la course. Le brochet déploie dans cette poursuite un instinct infaillible; les évolutions, les détours de la malheureuse victime ne lui font pas un instant perdre la piste; en vain se jette-t-elle au milieu d’une multitude d’autres petits poissons, en vain s’élance-t-elle à plusieurs reprises hors de l’eau ; elle finit par tomber épuisée dans les mâchoires entr’ouvertes de son vorace ennemi.
- Une espèce du genre bonite, le piæri des îles Caraïbes, est encore plus féroce et plus redoutable que le brochet. Doué d’une mâchoire puissante et carrée, de dents comparables à celles d’un requin, ce poisson, de 40 centimètres de long, est la terreur des habitants des rivières de la Guyane. 11 attaque des poissons dix fois [dus pesants que lui, et les dévore en entier, sauf la tète. Et ce n’est pas seulement aux poissons qu’il s’en prend, il coupe les pattes des canards et des oies qu’il peut atteindre, il tranche les doigts des grands alligators, et l’homme qui se haigne dans ces parages a souvent les doigts des mains ou des pieds emportés par ce poisson audacieux.
- Les" bonites s’attroupent fréquemment pour forcer leur proie; les marsouins se réunissent en meute et font une sorte de battue. Il est curieux de les voir se déployer en un vaste cercle qui se resserre graduellement, poussant le gibier vers le centre, et agglomérant ainsi en une seule masse les petits poissons qu’ils pourront alors avaler plusieurs à la fois.
- 11 est des poissons qui en emploient d’autres à
- chasser pour eux, ainsi que nous prenons le chien pour auxiliaire. Un connaît le petit poisson-pilote, qui guide vers sa proie le terrible requin ; il trouve sa pâture dans les reliefs des repas du grand personnage dont il se fait ainsi le parasite et dont le voisinage lui sert de protection contre les autres poissons de proie.
- N’allons pas oublier les poissons qui pèchent. La baudroie, par exemple (Lophius piscatorius), atteint quelquefois lm,50 à lm,80 de long. Sa tète, énorme en proportion de son corps, porte de larges sacoches, où s'entassent ses victimes. De son museau partent deux tentacules allongés, terminés par une membrane luisante, qui n’est autre que l’épanouissement de la narine. C’est là sa ligne, amorcée d’un appât intelligent.
- Le lophius remue d’abord la vase au fond de l’eau, ce qui le rend invisible et attire les goujons. Il lance alors sa ligne dont l’amorce brillante Hotte çà et là comme une mouche qui s’agiterait au milieu de l’eau trouble. Les goujons se précipitent sur cette proie fallacieuse, et le monstre, aux aguets, les happe et les enfouit dans une de ses carnassières, d’où il les fera passer dans son estomac quand ils seront assez nombreux pour former une bouchée digne de sa gloutonnerie. — —
- Sous le rapport des armes offensives, les poissons sont admirablement doués. L’épée de l'espadon (Xiphias gladius) estime arme redoutable, à laquelle le poids du corps de l’animal et l’impétuosité de son attaque donnent une force incalculable. C’est l’ennemi acharné de la baleine, et il est probable qu’il prend pour une baleine tout navire qu’il rencontre en mer et que c’est pour cela qu’il se précipite sur lui avec une rage aveugle, transperçant la coque de bois la plus épaisse et brisant souvent son épée dans l’attaque. La nouvelle marine cuirassée donnera sans doute à l’espadon de rudes leçons, et s’il s’instruit par l’expérience, la pauvre baleine ne sera pas la dernière à en profiter.
- L’arme de la scie n’est pas moins redoutable que celle de l’espadon. Celle du narval, sorte de cétacé qu’on trouve principalement dans les eaux du pôle arctique, est une formidable lance, terminée en pointe, et formée de l’ivoire le plus pur. Est-ce une arme offensive ou bien un instrument qui sert au narval à s’ouvrir un passage à travers les glaces? Cette lance singulière est toujours située à côté du nez, c’est une défense prolongée; des trois dents dont le jeune narval présente les germes, deux avortent généralement, et une seule atteint son complet développement.
- Plusieurs poissons, notamment dans la famille des\aies, sont armés de poignards ; la vive ou araignée de mer possède de redoutables aiguillons et, bien que la science n’admette pas que ces armes soient venimeuses, la blessure en est souvent grave et se fait sentir jusque dans l’épaule.
- L'une des armes les plus terribles que possède aucun poisson est la paire de ciseaux naturels for-
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- niée [>ar les mâchoires du requin. U n'y a ni chair, ni cartilage, ni os qui puisse leur résister, et ces mâchoires possèdent un grand nombre de dents de
- rechange qui restent couchées sur le coté et ne se redressent que pour combler les vides, et remplacer les dents qui viennent à se briser. Le fouet ou le
- Fig. 1. — La Scie.
- lléau se rencontre chez VA lopins vutpes, qui d'un coup de sa queue musculeuse disperse une compagnie de dauphins, et peut forcer la baleine à fuir.
- Nous trouvons un véritable lazzo chez le céphalopode, sous la forme de tentacules ou liras longs, tenaces et llexibles, et d’une grande puissance mus-
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- ciliaire. Ces tentacules sont aussi des moyens de propulsion dont le céphalopode se sert comme nous faisons de nos rames. Une autre arme, vraiment
- curieuse, dont la nature a doté le céphalopode, est une poche pleine d’un liquide noir ou sépia.
- Quand la seiche, qui est munie de cette poche
- Fig. 3. — La Seiche et la Baudroie. -
- à encre, se sent serrée de près, elle en fait de son ennemi, et lui laisse le temps d’échapper, jaillir un nuage ohscur qui la dérobe aux yeux Un des moyens de défense les plus remarquables
- Fig. 4. — La Torpille et le l'ilote.
- est l’emploi de l’électricité. Deux espèces de torpilles, deux espèces de malapterurus, et le gymnote ou anguille électrique, sont doués de cette faculté. Dans la torpille, deux cavités, situées dans le voisinage des yeux, présentent des cellules prismatiques
- disposées comme celles d’un rayon de miel, et qui représentent les bouteilles d’une batterie deLeyde; cette batterie peut donner une secousse très violente. Toutefois, la question de l’usage de cette décharge électrique n’a pas encore été résolue. Est-ce
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- pour tuer les animaux dont ils font leur proie, ou pour en faciliter la capture, ou bien pour en rendre la digestion plus aisée ? Cette dernière raison pourrait être la bonne : le choc électrique dispose les animaux qu’il tue à une prompte décomposition, et dans cet état ils sont d’une digestion plus facile. La torpille paraît avoir besoin que sa nourriture subisse cette préparation, car son canal digestif est de très petite dimension. Y. Biundicourt.
- LA CONSERVATION DES FLEURS COUPÉES
- A cette époque de l’année, des dames qui se trouvent à la campagne se complaisent à disposer les fleurs dans les vases, à en composer des gerbes ou des corbeilles. Mais elles ont souvent la désagréable surprise de constater que certaines fleurs se fanent de suite alors que celles encore portées par la plante durent souvent une quinzaine de jours et même que des fleurs semblables, traitées à peu jirès d’une façon identique et cueillies depuis quelques jours, sont encore fraîches.
- Cela est dû à deux choses qui s’enchaînent : d’abord au dessèchement des tissus de la tige, ce qui arrive fréquemment lorsque l'on attend trop longtemps pour mettre les fleurs dans l’eau quand il fait chaud, ensuite à l’évaporation rapide, des liquides par la tige, les feuilles et les fleurs.
- D’autre part, la chaleur, la sécheresse de l’air ont une influence prépondérante sur la durée des fleurs. Au tout premier printemps et à l’automne, elles se maintiennent fraîches, tandis que lors des fortes chaleurs de l’été elles se fanent rapidement sur la plante qui les porte et encore plus rapidement lorsqu’elles sont réunies en bouquets.
- Il faut tenir compte que les fleurs doubles persistent plus longtemps que la majorité des fleurs simples parce que, pour la plupart d’entre elles, la fécondation n’a pas lieu. Si Ton empêche celle-ci de s’opérer dans les fleurs simples la corolle reste fraîche plusieurs jours de plus. Le docteur Aubé signalait dès 1855, dans « l’Horticulteur provençal », qu’en privant les fleurs des organes de la génération ( on en augmentait la durée. C’est d’ailleurs ce ce que les fleuristes parisiens pratiquent couramment en procédant à l’ablation des étamines aux Lis des Bermudes, et à maintes autres fleurs, avant que les anthères aient répandu le pollen.
- Il y a aussi à considérer la faculté qu’ont certaines fleurs de rester épanouies plus longtemps que d’autres aussi bien sur la plante qui les porte que lorsqu’elles sont coupées et mises dans l’eau ; de même que d’autres encore, dont la durée est relativement longue sur la plante, ne sauraient rester longtemps en bon état lorsqu’elles ont été coupées. Mais tout cela est affaire d’expérience et c’est seulement en s’occupant de bouquets que l’on arrive à distinguer les fleurs qui durent normalement et celles qui se flétrissent de suite.
- Nous considérons comme plus important la connaissance du traitement à appliquer aux fleurs coupées, depuis la cueillette jusque et tandis qu’elles sont disposées en bouquets puisque cela a trait à toutes les fleurs indistinctement.
- C’est le matin, principalement en été, qu’il est préférable de se rendre au jardin pour effectuer la cueillette des fleurs, celles-ci ayant profité de la fraîcheur de la nuit tandis que plus tard le soleil les fait faner. On coupe de
- préférence celles qui ne sont qu’à moitié épanouies, car elles se développent vite en été.
- Ces fleurs, même si on doit les utiliser de suite, sont mises dans un endroit frais et dans l’eau, de cette façon les tiges se gorgent d’eau et elles restent en bon état jusqu’au moment où on les réunit en bouquets. Lorsqu’il s’écoule un certain temps entre la cueillette et la mise dans l’eau, ou bien lorsqu’il s’agit de fleurs ayant voyagé il faut avoir soin de couper l’extrémité des tiges, d’environ un centimètre. En voici la raison.
- Les vaisseaux conducteurs de l’eau sont formés par la lignose, matière très perméable lorsque la tige est sur la # plante ou dans l’eau, mais qui perdra sa porosité lorsque la fleur étant coupée reste un certain temps sans être mise dans l’eau et parce que l’évaporation l’a desséchéo, principalement près de la plaie. Une branche dont l’extrémité est ainsi desséchée, plongée dans l'eau, demeure aussi fanée que si on la laissait à l’air libre, le dessèchement, par conséquent la contraction des vaisseaux de la coupe étant un obstacle à l’aspiration de l’eau. Telle est l’opinion récemment exprimée par le professeur Gérard, opinion que nous avons toujours eue.
- Les fleuristes de Paris en connaissent tout au moins les résultats, car leur première occupation, pour les fleurs qui leur sont expédiées ou qu’ils achètent aux Halles, est de recouper l’extrémité des tiges avant que de les mettre dans de grands récipients.
- Voici pour ce qui a trait aux fleurs elles-mêmes.
- Lorsque les fleurs sont réunies en bouquets dans les vases on remarque souvent qu’elles se fanent, tandis qu’une de ces fleurs, mise à part dans un verre ou dans un vase, reste en bon état. Ce qui se passe est facilement compréhensible : les fleurs étant mises dans un vase il n’y a qu’une très petite quantité d’eau pour elles toutes, cette eau est rapidement épuisée en part ie, et le reste se corrompt non moins rapidement ; cela est dû à un microbe : le ferment butyrique (baccilus amylobacter) désorganisant les tiges des fleurs qui exhalent alors cette odeur violente lorsque l’on retire des fleurs qui ont séjourné plusieurs jours dans un vase. De plu£ des matières fermentées obstruent les vaisseaux et empêchent l’ascension de l’eau. *
- Afin de placer les fleurs coupées dans de bonnes conditions de conservation, on doit tous les jours ou à défaut tous les deux jours les enlever du vase, renouveler l’eau et rafraîchir l’extrémité des tiges. Il va sans dire que dans l’entre-temps le vase est rempli d’eau au fur et à mesure que celle-ci s’épuise. C’est ce que font les fleuristes qui chaque soir enlèvent les fleurs des vases, les mettent dans de grands seaux remplis d’eau et le lendemain coupent de nouveau l'extrémité des tiges avant que de les disposer dans les vases dont l’eau a été renouvelée, et c’est à cela qu’il faut attribuer les résultats qu’ils obtiennent dans l’augmentation de la durée des fleurs coupées. Dans le but d’augmenter la surface de pénétration de l’eau, beaucoup d’entre eux enlèvent des lanières d’écorce sur la partie de la branche qui se trouve dans l’eau, notamment pour les Roses à très longue tige.
- Enfin un élément dont le coefficient est assez élevé est le milieu dans lequel se trouve le bouquet. Si celui-ci est placé dans une pièce où il fait chaud et sec, l’évaporation est très grande et cela réduit la durée des fleurs. Afin que l’évaporation soit moins active il est bon de bassiner les fleurs de temps à autre avec un vaporisateur et chaque soir, si on les laisse dans le vase, placer celui-ci dans une pièce où on peut les bassiner convenablement. Ces bassinages atténuent les mauvais effets de la sécheresse. Pour
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- les fleurs un peu délicates, comme les Orchidées, il est bon, après les avoir bassinées, d’entourer le bouquet d’une grande feuille de papier de soie que l’on humecte légèrement.
- On s’étonnera peut-être que nous ne préconisions pas l’emploi du charbon de bois, du savon, du sel ou encore des produits antiseptiques que l’on met dans l’eau du vase afin d’empêcher celle-ci de se corrompre. Ces procédés ne sont pas à rejeter, mais ce ne sont que des palliatifs, et ils ne valent certes pas le renouvellement journalier de l’eau.
- On voit donc qu’il est fort simple de prolonger la durée des fleurs coupées, car les soins à leur donner sont à la portée de tous les amateurs. Albert Malmené,
- Professeur d'Horticulture.
- EXCURSION UNIVERSITAIRE
- DE PARTS AU MONT MOUMER
- I
- OBSERVATOIRE DE VICE
- On sait que M. Bischoffsheim, de l'Institut, a fait don en 1899 de son magnifique Observatoire de Nice à FUniversité de Paris qui a accepté. Il a, de plus, donné une somme de 2 500 000 francs dont les intérêts, après son décès, serviront à entretenir les divers services de l’Observatoire. Un comité de direction a été désigné A vie. Un de ces derniers samedis, le rapide du soir de Paris-Nice emmenait à Nice pour prendre possession la plupart des membres du Conseil de direction. Étaient au rendez-vous : M. Dar-boux, doyen de la Faculté des sciences, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences; M. II. Poincaré, le grand géomètre; M. Troost, l’illustre chimiste; M. A. Cornu, le professeur de physique si renommé de l’École polytechnique; M. Mascart, di-, recteur du Bureau Central météorologique ; M. le général Bassot, chef du service général de l’armée. M. Gréard, vice-recteur de l’Université; M. Lœwy, directeur de l’Observatoire de Paris; M. Lippmann, professeur de physique à la Sorhonne, s’étaient fait excuser; M. Faye, le doyen si vénéré des astronomes, avait été également empêché de faire le voyage.
- À deux heures, le lendemain, le train déposait la délégation à Antibes où elle était reçue par M. Bischoffsheim. Des breaks l’emportaient à Biot où fonctionnait alors le télégraphe sans fils de M. Marconi. On envoya des télégrammes de Biot à Calvi (Corse), à 175 kilomètres. Chacun examina en détail cette station qui vient d’être démontée; MM. de Bremaecher et Bradfied, ingénieurs de M. Marconi, fournirent avec une extrême complaisance tous les renseignements qui leur furent demandés. Nous reviendrons quelque jour sur ce poste télégraphique qui a pu, pendant des mois, correspondre de la cote d’Àzur en Corse avec une portée d’environ 175 kilomètres, la plus grande distance parcourue jusqu’ici.
- Départ pour Nice, et dès le lendemain matin, on nous emmenait à 6 kilomètres de la ville visiter l’Ob-
- servatoire. Il y avait autrefois derrière Nice une petite montagne aride où paissaient les troupeaux. M. R. Bischoffsheim, après des difficultés de toutes sortes, à coups de millions, a transformé le mont Gros en un parc de 45 hectares au milieu duquel s’élèvent les diverses constructions de l’Observatoire. La grille franchie, il faut encore parcourir une large avenue de 840 mètres avant d’arriver à l’habitation presque princière du directeur, M. Perrotin, Correspondant de l’Institut. Plus loin se dresse l’immense coupole du grand Équatorial qui a été décrit ici en détail1. On l’examine; on suit dans la lunette Vénus, Castor, Régulus, etc. Puis visites successives des autres pavillons : pavillon de la grande Méridienne, pavillon de la petite Méridienne, pavillon de l’Équatorial coudé de M. Lœwy. On s’arrête longtemps près de l’Équatorial coudé. Nous en donnons la reproduction sans y insister puisque ce magnifique instrument a été décrit déjà. Ensuite examen de l’Équatorial photographique avec lequel M. Char-lois a découvert tant de petites planètes. Puis visite aux appareils météorologiques, aux magnétographes de M. Mascart, etc., aux ateliers de réparations, aux machines à vapeur destinées à élever l’eau de la Yé-subie, à l’éclairage électrique, etc. Jamais organisation ne fut plus complète.
- Parmi les particularités qui caractérisent l’Observatoire de Nice et qui le distinguent des autres observatoires astronomiques, il en est quelques-unes sur lesquelles on n’a pas encore attiré l’attention et qui méritent d’être signalées.
- L’une des plus curieuses et des plus importantes pour le contrôle des observations méridiennes est l’installation d’une mire située à G kilomètres sur une colline du versant opposé de la vallée du Paillon, la mire du mont Macaron.
- Cette mire se compose d’une lunette astronomique, au foyer de laquelle est placé, bien normalement à l’axe, un petit miroir plan. Lorsqu’on envoie un faisceau de lumière dans l’axe de cette lunette, ce faisceau va concourir sur le plan du miroir et se réfléchit de telle sorte qu’à la sortie de la lunette le faisceau reprend le même chemin, mais en sens inverse.
- Il y a toutefois une particularité optique qui fait le succès de ce dispositif : le faisceau lumineux (fig. 4) de retour s’épanouit par diffraction de sorte que, après avoir parcouru à nouveau les 6 kilomètres qui séparent l’appareil du foyer d’émission, le faisceau couvre un espace assez étendu autour de la source lumineuse d’où il dérive. Il en résulte que si l’on vise avec une lunette latérale la mire ainsi illuminée on aperçoit comme une petite étoile'd’autant plus brillante que la ligne de visée est plus rapprochée de la ligne d’émission.
- La mire du Macaron utilise ce phénomène pour fournir à la grande lunette méridienne une véritable étoile artificielle que l’on allume la nuit sans avoir
- 1 Voy. n° 908, du 16 juillet 1892, p. 104.
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- besoin d’aller à cette grande distance porter un fanal; il suffit de tourner un commutateur qui allume deux lampes électriques placées au foyer de deux éclaireurs, dirigés sur la mire. Ces deux éclaireurs sont établis sur un même pilier placés en dehors de la cabane méridienne symétriquement de chaque coté de la ligne de visée de la lunette d’observation.
- Cette mire a pour but de fournir une direction fixe en azimut à laquelle on rapporte le plan méridien de la lunette d’observation : elle est de beaucoup supérieure aux mires ordinaires, employées dans les observatoires, constituées par un objectif et un repère montés sur des piliers de maçonnerie distants de quelques dizaines de mètres. On reproche, en effet, à ces mires des oscillations dues aux mouve-
- ments des piliers causés par les conditions du sol variables avec les saisons.
- La mire du Macaron est établie sur le rocher à une si grande distance qu’il faudrait des mouvements du sol invraisemblables pour produire une déviation appréciable.
- M. Cornu, h qui on doit l'idée et l’installation de cet appareil qui fonctionne depuis plus de dix ans, a pu, de jour, montrer aux visiteurs l’illumination de mire du Macaron en improvisant un système de miroirs la lançant en faisceau de lumière solaire. Rien n’était curieux comme de voir au foyer de la lunette cette petite étoile scintillante s'allumer ou s’éteindre à volonté suivant qu’on envoyait ou qu’on interceptait le faisceau solaire.
- On doit encore à M. Cornu l’installation d’un
- Fig. 1. — A gauche, l’Équatorial coudé et à droite son logement en tôle.
- système de synchronisation des quatre horloges astronomiques qui servent aux trois équatoriaux et au petit méridien.
- Un courant électrique très court est envoyé tou tes les deux secondes dans le circuit des quatre horloges : il sert à imposer aux balanciers de ces horloges rigoureusement la même période que celle du courant, malgré les petites inégalités que peuvent présenter ces appareils. Ce résultat est obtenu par l’attraction électro-magnétique qu’exerce le courant synchronisa-teur traversant une bobine de fil sur un aimant (fig. o) fixé au balancier : à cet effet, l’un des pôles de l’aimant précité, fixé au-dessous de la lentille, pénètre dans la bobine et reçoit toutes les deux secondes, c’est-à-dire à chaque oscillation double du balancier, une attraction : cette attraction est assez énergique pour mettre en mouvement le balancier partant du repos : l’amplitude de ce balancier tendrait donc à croître indéfiniment; mais un «amortisseur » élec-
- tro-magnétique empêche qu’il en soit ainsi et l’amplitude du balancier converge rapidement vers une limite qu’elle ne peut pas dépasser.
- Cet amortissement est obtenu par l’action d’un tube épais de cuivre placé dans une position symétrique de la bobine synchronisante : l’autre pôle de l’aimant pénètre dans l’axe de ce tube et y développe des courant induits proportionnels à la vitesse de déplacement. Comme la production de courants entraîne un développement de chaleur, c’est-à-dire une dépense d’énergie, on voit par quel mécanisme électro-magnétique l’excédent du travail d’attraction, produit par le courant synchronisant, est consommé à charpie oscillation et pourquoi l’amplitude atteint une limite infranchissable facile à régler.
- La régularité de la marche des horloges synchronisées dépend naturellement de la régularité de l’émission du courant synchronisateur ; autrement dit de l’horloge directrice. L’horloge directrice est
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- ici très orignale : C’est un simple balancier de quatre mètres de longueur tout en fer, pesant 108 kilogrammes et exécutant des oscillations dont l’amplitude totale dépasse à peine un degré. Ce balancier (installé dans le sous-sol du grand équatorial où la température varie avec une extrême lenteur) offre par sa masse et sa faible amplitude une régularité extraordinaire : il consomme pour son entretien une force motrice extrêmement faible, comparativement h l'idée qu’on se ferait en voyant osciller une pareille masse : le travail d’entretien, fourni par le rouage auxiliaire, est produit par le poids moteur de 2 kilogrammes tombant de 16. centimètres par jour.
- Enfin il est utile d’ajouter quelque» mots pour indiquer comment s'effectue le contrôle des quatre horloges. Le rouage du balancier directeur émet, toutes les deux minutes, un courant presque instantané qui parcourt un circuit auxiliaire traversant les quatre téléphones placés respectivement à côté de chaque horloge.
- L’astronome chargé du service de l’heure écoute le bruit de ce top et note la minute, la seconde et le dixième de seconde auquel il correspond. Comme toutes ces horloges sont réglées une fois pour toutes, à chaque téléphone le top s’effectue à la même minute et à la même seconde, la simple
- Fig. 2. — Vue extérieure du pavillon du grand Équatorial. (Architecte Ch. Garnier.)
- audition de ce top à l’époque attendue suffit pour constater que tout est en bon état.
- Cette addition du top téléphonique a tellement simplifié le travail de l’astronome chargé de l’heure, que ce contrôle n’exige plus qu’une promenade de quelques minutes dans les quatre salles où se trouvent les horloges synchronisées. Autrefois, il fallait faire la comparaison avec un chronomètre, dont le transport amenait toujours des complications; il fallait faire le calcul de réduction, ce qui entraînait un travail fatigant pendant plus d'une heure. On juge de l’amélioration qu’a apportée le système de synchronisation installé par M. Cornu.
- Grâce au patronage du Bureau des Longitudes qui a, jusqu’à ces derniers temps, été en quelque sorte l’inspirateur scientifique de l’Observatoire de Nice,
- beaucoup de perfectionnements ont été obtenus ou préparés : leur exécution s’effectue progressivement. Parmi les projets originaux on doit citer l’organisation prévue d’un service régulier d’optique météorologique pour l’observation de tous les phénomènes en relation directe avec la physique terrestre (halos, parhélies, couronnes, aurores polaires,lumière zodiacale, enregistrement photographique des taches, facules, protubérances du soleil, etc.). L’attention des observateurs devra se porter particulièrement sur l'absorption et la diffusion de la lumière par l’atmosphère, la détermination de la vapeur d’eau déduite de l’observation des raies telluriques, enfin sur la polarisation de la lumière bleue du ciel qui paraît jouer un rôle météorologique capital. Les études sont déjà commencées depuis plusieurs
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- LA NATURE.
- années à l’aide du photopolarimètre de M. Cornu.
- La mesure de la proportion de lumières polarisées sur le ciel sans nuages, au point situé dans le plan vertical du soleil à 90° de l’astre, est une opération facile et précise : la variation soudaine de cette proportion permet d’annoncer un changement dans le régime des vents plusieurs heures avant que le
- Fig. 3.— Synchronisation électro-magnétique du balancier d’une horloge. — n a’, aimant fixé au balancier; S, solénoïde produisant l’attraction périodique du pôle; sous l’influence du courant synchronisant; A, tube de cuivre épais (siège de courants induits par l’oscillation du pôle a) formant l’amortisseur.
- baromètre ne l’indique : dans le beau climat de Nice où le ciel est pur si souvent, l’étude régulière de la polarisation du ciel ne manquera pas de donner des résultats intéressants.
- La Commission universitaire s’est beaucoup inté-
- Fig. i. — Mire lointaine du mont Macaron servant de point de repère (étoile artificielle) pour la lunette du grand cercle méridien de l’Observatoire de Nice (schéma de la marche des rayons). — O, objectif de la lunette formant la mire lointaine; M, miroir focal normal; S E S' E' éclaireurs de la mire; S S', lampes électriques ; E F', objectifs ; a o a', faisceau épanoui par diffraction émanant de l’objectif de la mire ; L I/, lunette du grand cercle méridien mobile sur ses tourillons T T'.
- ressée aux dispositions diverses installées par M. Cornu à l’Observatoire. Il serait à souhaiter que ces installations qui ont fait leurs preuves depuis des années se généralisassent dans les principaux observatoires de France.
- Lunch offert par Mrae et M. Perrotin. Retour à Nice à 5 heures. Dîner officiel. Toasts en l’honneur du Fondateur de l’observatoire du mont Gros, de MM. Dar-botix, Rischoffsheim, général Joly, Perrotin, etc. Le lendemain, départ pour le mont Mounier.
- Henri de Parvili.e.
- LES MOUTONS TRANSHUMANTS
- Nous voudrions dire quelques mots de la transhumance, une des plus anciennes industries des Alpes françaises, une de celles qui leur ont causé le plus de mal et ont contribué d’une façon active et régulière à leur décharne-ment. Elle est en voie de décroissance : l’industrie pastorale tend à se transformer. A l’élevage du mouton, on substitue partout l’élevage des vaches, surtout depuis que, par une sélection intelligente, on est arrivé à constituer des races d’une grande pureté et d’une grande robustesse, témoin la race Tarine, la race d’Abondance, celle de Yillars de Lans.
- En hiver et au printemps, les moutons vivent dans la Grau ou dans les autres cantons pierreux de la Provence. Ils n’ont à souffrir que des morsures un peu vives du mistral ; ils trouvent une nourriture suffisante dans ces plaines où pousse entre les gros cailloux qu’a charriés la Durance une herbe fine et savoureuse. Ge n’est pas pour eux la terre promise, ils y restent maigres, avec une laine rude, \ienne le mois de juin et leur existence deviendra plus douce. On les réunit en grands troupeaux dont chaque tète est marquée d’une lettre, d’un signe. Le commandement en est confié à un berger chef oubayle ayant sous ses ordres des jeunes gens vigoureux et sobres, quelques mulets portent les provisions et les ustensiles de ménage, et en route pour les hauts sommets.
- Le troupeau est divisé par. escouades de quatre à cinq cents tètes ; chacune d’elles est précédée de béliers conducteurs, bien encornés, ayant au cou une énorme clochette d’airain au son plutôt aigu que grave. Cette division du troupeau est faite pour faciliter la nourriture en cours de route et éviter l’encombrement dans les gîtes d’étape. A Grenoble, en moins de quinze jours, on en a compté plus de soixante mille. Et les moutons partent sur la grande route poussiéreuse qui commence à Arles, ils partent de très bonne heure, vers trois heures du matin, lorsqu’il fait encore frais. Ils font de vingt-cinq à trente kilomètres par jour. La régularité de la marche est assurée par le conducteur et surtout par les chiens.
- Ils broutent l’herbe qui pousse sur les bas côtés de la route. Ils s’arrêtent la nuit dans un endroit écarté : dans les villages c’est en un pré loué à cet effet. Dans les villes, à Chambéry, par exemple, c’est une place peu fréquentée. Les moutons se couchent immédiatement et dorment serrés les uns contre les autres. Avant le lever du soleil ils sont déjà en route. Après quelques jours de voyage, c’est pitié de les voir ; pour arriver à Montmélian, par exemple, ils mettent douze jours. Alors leurs pieds sont blessés, leurs flancs amaigris et leur tête se penche avec désolation vers la terre.
- Mais voilà qu’ils commencent à sentir la vive et fraîche brise des Alpes : ils vont brouter en paix pendant trois mois. 11 existe des montagnes qui leur sont réservées. On désigne ainsi dans les Alpes une pente délimitée par un torrent ou un précipice et sur laquelle toute la saison chaude logera le troupeau, parqué à l’aide de clayonnages grossiers. La montagne à moutons a une herbe assez fournie, on y rencontre quelques bois clairs où les bêtes trouvent l’ombre et la fraîcheur au milieu du jour.
- Le berger s’installe dans une horrible bicoque en branche et en écorce, si la montagne est dépourvue de chalets permanents. Il souffre pendant le voyage, obligé qu’il est de coucher en plein air, roulé daqs un manteau. Mais sur sa montagne son rôle n’est point pénible à remplir. Il dort la unit et souvent le jour : il a l’esprit pai-
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- sible comme tous ceux qui vivent sur les hauts sommets, dans un isolement farouche, en contact permanent avec les grandes forces de la nature. Il n’entend que le grondement du torrent et le souffle du vent; il voit les cimes neigeuses ou vertes et le ciel bleu sillonné par les aigles au vol strident.
- L’agent travailleur c’est le chien : il ne paye pas de mine, il a le poil en désordre, de couleur indéfinissable. Mais son œil ardent, mobile, dénote une vivacité de pensée incroyable. Le berger veut-il rassembler son troupeau éparpillé là-bas au milieu des rochers et que menace un formidable orage, il trace dans l’air des signes cabalistiques, prononce quelques mots d’un jargon mystérieux et voilà le chien parti à travers les pentes raides. Peu de temps lui suffit pour réunir ses ouailles et les parquer à l’endroit indiqué.
- Les moutons couchent souvent dehors, choisissant un pli de terrain où la bise est moins âpre. On ne s’occupe guère d’eux sauf de temps à autre pour les compter. Puis, dans certains coins du pâturage, vous voyez des auges grossières, taillées dans un sapin : c’est là que le berger va mettre le sel indispensable à la bonne santé de son troupeau. Quelques semaines après leur arrivée en montagne, vous ne reconnaîtriez pas les transhumants que vous avez vus étiques sur la grande route poussiéreuse. Leur laine est blanche, leur corps est rond et bien fourni de chair : si la clavelée ne les décime pas, ils seront en excellente forme à la fin de la saison, c’est-à-dire à la dernière semaine de septembre. A ce moment, la neige gagne de proche en proche, et tous les jours la montagne se fait plus petite. L’industrie dont nous venons d’indiquer le mécanisme est fort rémunératrice. Les prairies sont louées par les communes à prix minime, tant par tète de bétail qui pâture. Elles s’achètent aussi à des conditions avantageuses. Les frais de surveillance ne sont pas élevés et s’il n’y avait pas les pertes causées par les épidémies, les accidents ou la foudre, le bénéfice serait considérable. Mais en Dauphiné et en Savoie, point d’arrivée extrême des moutons, le nombre des troupeaux décroît assez rapidement et c’est un phénomène heureux. Le mouton est un ennemi de la montagne et il est responsable en partie de la dénudation des Alpes françaises. J. Corcelle,
- Agrégé de l'Université.
- DES SOURCES SOUS-MARINES D’EAU DOUCE
- On a déjà mentionné ici quelques exemples d’épanchement d’eau douce au-dessous du niveau de la mer. D’après un géographe anglais, M. Benest, il existe près du Gap Vert, dans le voisinage de Dakar, un courant sous-marin d’eau douce, à 1300 mètres de profondeur, et ce courant est assez violent pour que ses alluvions viennent fréquemment briser le câble immergé entre Dakar et Pernambuco.
- L’existence de ce courant sous-marin est plus que contestable ; M. Benest, pour en affirmer l’existence, s’appuie simplement sur ce que le câble a été rompu, sur ce fait qu’on se trouve à l’aplomb d’une rivière qui se jette dans les lagunes de Yof, sur la côte du Sénégal, et enfin sur ce que, pendant les travaux de réparation du câble, à 24 kilomètres de la côte, le navire se vit un beau jour entouré par des peaux d’orange, des calebasses, des morceaux de tapis.Orune mission sanitaire1, envoyée par les Ministres des Colonies et de la Marine, vient de
- 1 Cette mission comprenait : MM. Grall, médecin-inspecteur des Colonies ; Marchoux, médecin principal des Colonies ; Jac-querez et Ficatier, ingénieurs des Ponts et Chaussées.
- parcourir le Sénégal ; ayant à s’occuper en particulier de l’alimentation de Dakar en eau potable, son attention a été appelée sur le courant de M. Benest. Il résulte, de ses recherches que ce courant d’eau douce n’existe pas. M. Benest a simplement admis a priori que ce courant devait exister.
- Le fait que le câble s’est rompu ne prouve rien attendu que les causes de rupture de câbles sont nombreuses. 11 n’existe en ce point aucune rivière qui se jette dans les lagunes de Yof ; il y a un marigot qui contient de l’eau pendant les 4 mois de la saison des pluies, mais en petite quantité. D’ailleurs, pour que de l’eau douce puisse déboucher à 1500 mètres au-dessous du niveau de la mer, et former un courant, il faudrait que la colonne d’eau douce fit équilibre à la pression de l’eau de mer et que son niveau 1300m
- fût à -==— = 35 mètres au moins au-dessus du niveau o l
- de la mer, sans tenir compte des frottements ; or le marigot en question est à quelques mètres seulement au-dessus de la mer, et même s’il communiquait avec le fond de 1300 mètres par un conduit souterrain, l’eau douce ne pourrait pas atteindre cette profondeur. La quantité d’eau qui tombe annuellement dans cette région est assez faible, 40 à 50 centimètres au plus ; pour produire un courant souterrain aussi important que celui dont parle M. Benest, il faudrait que les eaux pluviales d’une étendue considérable se réunissent au même point, ce qui ne paraît pas probable, étant données l’orographie et la constitution géologique du sol. Ce courant souterrain, s’il existé, ne pourrait donc venir que du Fouta-Itjallon, région élevée où il tombe beaucoup d’eau, et qui est située à 7 ou 800 kilomètres ; mais alors nous voici en pleines hypothèses.
- Reste la question des corps flottants qui ont entouré le navire chargé de faire les réparations du câble. Si l’eau douce gagne le fond de la mer en filtrant à travers le sable ou les alluvions, on ne voit pas comment elle a pu entraîner ces corps flottants. Si cette eau parcourt un véritable conduit dont personne, d’ailleurs, n’a pu constater l’origine, on ne voit pas non plus comment des corps flottants peuvent être entraînés jusqu’à 1500 mètres de profondeur. Il est beaucoup plus simple d’admettre que ces corps flottants provenaient de la baie de Dakar et avaient été entraînés par le courant qui règne sur toute cette côte.
- Darmi les épanchements sous-marins d’eau douce, il est intéressant de citer les « Fontaines » d’Yport ; ces sources sont situées à 40 mètres du pied de la falaise et sont recouvertes à chaque marée par la mer' qui s’élève à 5 mètres au-dessus et même à ce moment elles forment des (( bouillons » de plusieurs mètres de diamètre. Leur débit s’élève à 1000 et 1500 litres par seconde et il est d’autant plus grand que le niveau de la mer est plus élevé ; cela tient à l’existence d’autres orifices situés plus avant dans la mer, et à une profondeur plus grande. A marée basse, la charge d’eau de mer qui règne sur ceux-ci étant faible, c’est surtout par eux que s’écoule la nappe souterraine. A marée haute, les orifices supérieurs ont une charge moins forte que les orifices inférieurs, et par suite leur débit est plus grand. Étant en barque, avec 3 mètres d’eau de mer au-dessus de la source, on peut puiser dans le bouillon de l’eau presque douce.
- La source des Fontaines a été captée et sert actuellement à l’alimentation de la ville d’Yport. Les travaux ont été conçus et exécutés par M. Houdry. Ficatier,
- Ingénieur des Ponts et Chaussées.
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- LA NATURE.
- LES MOTOCYCLETTES
- Nous avons déjà eu l’occasion de décrire dans ce journal les différents systèmes de bicyclettes auto-
- Fig. 1. — Motobicydette Chapelle.
- mobiles combinés à l’époque de la publication de notre article1. Plusieurs modèles nouveaux ont fait, depuis lors, leur apparition et nous leur consacrerons ici un court examen.
- La bicyclette à pétrole est un instrument qui a été très discuté et au sujet duquel les avis sont très partagés. Tandis que les uns la considèrent comme un véritable véhicule automobile en réduction, et avantageux surtout pour son prix modeste d’achat et d’entretien, d’autres voient dans l’addition du moteur comme une adjonction utile seulement pour la montée des côtes et la diminution de la fatigue résultant d’un travail exagéré sur les pédales. De cette divergence d’opinions a résulté la création de deux classes de machines : les unes assez pesantes et comportant un moteur d’une certaine puissance, les autres étant des bicyclettes ordinaires qu’on affuble à volonté d’un appareillage amovible destiné à assurer au cycliste une force motrice supplémentaire devant simplement lui servir d’aide le moment venu.
- Nous allons voir de quel côté semble être la solution la plus favorable.
- Motobicydette Chapelle. —C’est un motocyclc à deux roues dans le même plan, et qui a été très remarqué aux dernières Expositions. Toutes les pièces le composant sont renforcées pour assurer la résistance et la durée ; le moteur placé au-dessus du pédalier tourne de 1200 à 2000 tours et peut développer au maximum 1 cheval et demi ; il est alimenté par un carburateur à pulvérisation d’essence et commande la roue d’arrière au moyen d'une courroie pourvue d’un tendeur manœuvré par un levier, ce qui permet de le débrayer à volonté. Les accessoires : piles et bobine pour l’allumage électrique du mélange et le réservoir d’essence sont disposés dans le cadre de la bicyclette. C’est la seule bicyclette à pétrole actuellement munie d’un changement de vitesse. Ce modèle paraît bien compris et présente certainement une grande stabilité ; sa marche est régulière, mais il semble un peu lourd :
- 1 Voy. n° 1575, du 16 septembre 1890, p. 245.
- l’affirmation d’une vitesse maximum de 50 kilomètres h l’heure est quelque peu sujette à caution vu la puissance du moteur.
- La Pélrocy dette. — Cette machine est caractérisée par l’adjonction d’un dispositif particulier de circulation d’air autour du cylindre du moteur, afin d’éviter tout échauffement excessif de celui-ci et parer aux inconvénients que cet échauffement amène. Ce dispositif est, d’après les constructeurs, très efficace. Le moteur est placé verticalement au-dessus du pédalier et la commande de la roue d’arrière s’effectue par une chaîne, dans le hut d’éviter les ennuis que suscite la courroie. La « pétrocyclette » comporte donc deux chaînes ; les pièces la composant étant diminuées à l’extrême, son poids ne doit pas être très élevé, mais elle présente un aspect assez compliqué, car il n’y a pas moins de six leviers ou manettes pour manœuvrer les divers organes : débrayage, frein, carburation, compression, etc. On peut penser que c’est beaucoup pour un seul homme. Nous ignorons d’ailleurs si tout cela fonctionne aussi bien que l’affirme le prospectus.
- La Salvator et le modèle « Progrès ». — Ces deux motocyclettes ont attiré une certaine attention au dernier Salon du Cycle. La première est remarquable par son élégance et ses formes dégagées. C’est une véritable bicyclette et non un engin hybride et disgracieux. Le moteur est articulé sur le cadre, à la place du pédalier, celui-ci étant reporté un peu en arrière. Le carburateur est disposé un peu au-dessus de la boîte à soupapes, immédiatement sous le réservoir d’essence, à l’avant duquel se trouve un compartiment contenant la bobine d’induction et l’accumulateur nécessaire à l’allumage. Celui-ci peut être également opéré à l’aide d’une étincelle d’extra-courant produite par une petite magnéto entraînée par le moteur.
- La motocyclette Progrès, construite h Vervins, est
- Fig. 2. — Bicyclette automobile « La Salvator ».
- d’un aspect plus lourd et peu gracieux : tous ses organes et accessoires : réservoir, accumulateurs, bobine, silencieux, sont fixés un peu n’importe comment sur le cadre, et il en résulte un ensemble hétéroclite qui n’inspire que oeu de confiance. Nous
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- LA NATURE.
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- devons dire d’ailleurs que c’est là un simple modèle d’essai, qui n’a pas été fabriqué industriellement par séries, et dont il n’existe sans doute que le spécimen aperçu aux Expositions.
- Moteurs pour bicyclettes. — Les différentes machines que nous venons d’examiner sont de véritables automobiles et n’ont de la bicyclette que l'apparence et le nom. Leur poids variant de 40 à 50 kilogrammes, il est évident que le fonctionnement continuel du moteur est indispensable; on ne voit pas bien un cycliste débrayant volontairement son moteur pour le plaisir de pédaler avec une bicyclette d’un tel poids et ne pouvant, vu sa multiplication, dépasser une allure de 10 à 15 kilomètres à l'heure. 11 en est tout autrement si, sur une bicyclette ordinaire du poids de 12 kilogrammes, on agence un moteur à pétrole ne pesant que 7 à 8 kilogrammes. Avec un accumulateur, un réservoir de 5 litres d’essence et un carburateur de 200 grammes, la machine tout équipée et en ordre de route ne dépasse pas 25 à 28 kilogrammes de poids total ; on conçoit donc que, le moteur étant débrayé, on
- Fig. 3. — Bicyclette automobile « Le Progrès ».
- peut encore rouler sans fatigue exagérée à une allure raisonnable sur route en palier.
- On peut dire qu’il existe aujourd’hui plusieurs modèles de moteurs à essence extra-légers et faciles à lixer avec leurs accessoires sur une bicyclette de type courant.
- Nous citerons, entre autres, le Z. L. et YUniversel, que représentent nos gravures. Le premier est appliqué par M. Pécourt à ses bicyclettes marque Victoire. La puissance développée, à 1500 tours par minute, est de 1 cheval un quart environ, ce qui correspond à une vitesse de 50 kilomètres à l’heure en palier. La commande de la roue motrice s’opère par une courroie sans tendeur mécanique.
- Le moteur est fixé au-dessous du tube oblique allant de la fourche au pédalier et en avant de celui-ci. Dans le moteur Y Universel, il est posé dans, le cadre, auquel il est rattaché par des boulons. Les deux dispositions ont leurs avantages, mais aussi leurs inconvénients.
- Mentionnons enfin le modèle récemment créé par un habile mécanicien expert en matière de moteurs
- à pétrole pour automobiles ; M. Quérey. Ce dernier système est un vrai bijou de mécanique, à la fois délicat et robuste; nous avons pu le voir fonctionner, et sa puissance, qui dépasse 1 cheval (75 kilogram-
- Fig. 4. — Bicyclette automobile « La Victoire ».
- mètres par seconde), nous a surpris vu le poids, qui atteint à peine 8 kilogrammes. C’est, on peut le dire, l’idéal du genre. Il vient, du reste, d’ètre monté également sur une bicyclette qui marche parfaitement.
- En résumé, la question des motocyclettes, loin d’être stagnante, est en sérieux progrès, et l’on peut croire, en examinant les systèmes qui se disputent maintenant la faveur du public, que désormais l’automobile démocratique existe, et que la locomotion mécanique n’est plus seulement l’apanage des favorisés de la fortune. Ces petits moteurs consument en moyenne un demi-litre d’essence par heure de marche, pour un parcours d’environ 50 à 55 kilomètres ; c'est donc une dépense de moins d’un centime par kilomètre, et c’est vraiment de l’automobilisme à bon marché. Il est donc à penser que ces machines ont un réel avenir, surtout si des ateliers convenablement outillés se décident à les
- Fig. 5. — Bicyclette automobile « L’Universel ».
- fabriquer par séries : elles seront plus parfaites dans leurs détails, leur prix s’abaissera et elles deviendront les automobiles populaires par excellence. R. de Graffig.vy.
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- LA NATURE.
- CHRONIQUE
- Les ballons dirigeables. — D’après un interview d’un journal du matin auprès de M. le commandant Renard, voici quelle serait l’opinion de ce spécialiste sur la question des dirigeables. Cette opinion est d’ailleurs absolument la notre. « La condition sine qua non d’une direction complète dans tous les sens est que la vitesse propre soit supérieure à celle du vent, et un ballon sera d’autant plus souvent dirigeable que la vitesse sera plus grande. Pour qu’il mérite enfin véritablement le nom de ballon dirigeable, il faudra que sa vitesse propre soit supérieure à celle des vents habituels de la région où l’on opère. Pour préciser cette dernière condition, il faut connaître le degré de fréquence des vents d’une vitesse donnée. On a fait à Chalais des mesures régulières de la vitesse de Pair ail moyen d’un anémomètre enregistreur situé au-dessus du plateau de Chàtillon et élevé au sommet d’un màt de 28 mètres de hauteur. Les vitesses vont de 9 à 162 kilomètres à l’heure; mais comme, d’après des calculs précis, on n’a noté un vent de 162 kilomètres à l’heure qu’une fois sur 11649 heures d’observation, on peut dire qu’un ballon dirigeable ayant une vitesse propre de 12™,50 par seconde évoluerait dans tous les sens 815 fois sur 1000 et remonterait le vent avec une vitesse de 2m,50 par seconde, au minimum, 708 fois sur 1000. On peut ainsi énoncer le résultat suivant : la conquête de l’air sera pratiquement résolue le jour où l’on aura construit un ballon dirigeable ayant une vitesse propre de 12m,50 par seconde (46 km à l’heure) et pouvant soutenir cette vitesse pendant toute une journée. M. Santos-Dumont a-t-il atteint ou atteindra-t-il cette vitesse? Toute la question est là. Sans doute, il s’est le premier servi du moteur à pétrole, et il montre dans ses ascensions une crànerie indiscutable. Tout seul il dirige son aérostat, sans crainte qu’il puisse à un moment manquer à sa tâche si compliquée. Cependant, il n’aura rien fait si, content de revenir à son point de départ, il n’a pas dépassé la vitesse atteinte dans les ascensions de 1884-1885. Le commandant Renard, qui s’est renfermé dans l’étude depuis cette époque, n’agit ainsi que parce qu’il n’a pas encore trouvé un moteur lui donnant une vitesse plus grande. 11 était juste de remettre les choses tout à fait au point, et de rendre à César ce qui appartient à César. »
- Ballon dirigeable Henry Dentsch. — Ce ballon est en construction sous la direction de M. V. Tatin. Voici ses principales données : longueur de l’aérostat, 60 m; diamètre, 8 m; capacité, 2000 m3; longueur de la nacelle, section quadrangulairc, 50 m; moteur à essence de pétrole, 60 chevaux, et poids 900 kg ; hélice : diamètre, 7 m ; vitesse, 150 tours. L’auteur pense obtenir une vitesse propre de 14 m par seconde. Le nombre des voyageurs sera de trois. Ce ballon sera terminé sans doute vers la fin de cette année.
- Percement du Simplon. — Les travaux commencés il y a déjà quatre ans seront terminés probablement dans cinq ans, et le percement coûtera 5 ou 600 millions. Au commencement de juin dernier la longueur percée du coté nord était de 5046 m et du côté sud de 5890 m, soit une longueur totale de 8942 m. La longueur totale du tunnel sera de 19 km. Le nombre moyen d’ouvriers employés par jour, en mai, a été de 5808, dont 2454 dans le tunnel et 1574 en dehors. Du côté nord, l’avancement journalier, au moyen des perforatrices, a été de 6m,05, en moyenne. On a continué à rencontrer quelques sources produisant à la tète un écoulement de 110 litres par se-
- conde. Du côté sud, on continue à traverser le gneiss-antigorio, d’une dureté toujours très grande. L’avancement journalier, au moyen des perforatrices, a été de 4m,40. Des sources importantes ont été rencontrées, produisant un débit à la tète de 150 li 1res par seconde. Nous décrirons en temps utile cet immense travail.
- Un grand port de flottage. — Rien qu’on voie encore constamment sur nos canaux et surtout sur nos rivières des trains de bois flotté, on n’a pas idée de T importance qu’a ce mode de transport dans certains pavs. La preuve en est qu’on est en train de créer à Prague, sur la Moldau, un immense port ou bassin de flottage. Long de 1800 mètres sur une largeur de 110, il aura par conséquent une superficie de bien près de 20 hectares; mais les besoins de cette navigation spéciale permettent de ne lui donner qu’une profondeur de 1m, 10 à lm,50. Ce bassin, dont les terrassements sont rapidement exécutés par un puissant excavateur, sera séparé de la Moldau par une digue constituée avec les matériaux mêmes des déblais, et l’on y pénétrera par une entrée en maçonnerie de 11 mètres de large et munie de portes.
- Le chemin «le fer électrî«(u«* «le la Val(«-liiie.
- — La Compagnie italienne des chemins de fer méridionaux, qui poursuit depuis longtemps d’intéressantes expériences pour l’adaptation de la traction électrique' aux chemins de fer proprement dits, met la dernière main à une installation de ce genre sur la ligne Lecco-Chiavanna, jusqu’ici exploitée à la vapeur. Il faut dire qu’il s’agit là d’une ligne offrant des pentes de 2,2 pour 100 et de nombreux tunnels. L’énergie électrique est fournie par une chute de l’Adda : on produit du courant alternatif triphasé à 20 000 volts, et des stations sont installées le long de la voie, qui transforment le courant à 5000 volts. Le matériel comprend, pour les voyageurs, des automotrices de 500 chevaux remorquant quatre voitures ordinaires à 60 km, en rampe de 0m,01, et, pour les marchandises, des locomotives de 600 chevaux pouvant marcher à 50 km dans les mêmes conditions en exerçant un effort de 250 tonnes.
- l’n grand pont en béton armé. — L’emploi du béton armé et du ciment armé se vulgarise de plus en plus ; mais nous ne croyons pas que ce mode de construction ait été encore usité pour un ouvrage aussi considérable que le pont de Maryborough (dans le Queensland). En effet, ce pont n’a pas moins de 187 mètres de long et se compose de 11 arches d’un peu plus de 15 mètres d’ouverture chacune. Les voûtes sont en béton armé fait de 4 parties de cailloux cassés, de 1 1/2 de sable et de 1 de ciment de Rortland; l’armature se compose de 11 arcs en rails Yignole espacés de 0m,60, et un rail continu se trouve dans la masse du pont au-dessus de chaque arc. Les culées en béton sont fondées sur pilotis; quant aux piles, elles reposent sur deux piliers en maçonnerie réunis par une voûte et descendus jusqu’au rocher.
- Tempéraiiir«- «le TOci-an. — Le Rr Schott donne un aperçu intéressant des résultats océanographiques de l’expédition du Valdivia. Dans l’Océan libre, il y a trois couches de températures différentes : une couche supérieure de 0 à 100 mètres de profondeur dans laquelle là distribution des températures dépend surtout des mouvements horizontaux; une couche’ moyenne, de 150 à 800 mètres de profondeur, où la température dépend des mouvements verticaux; une troisième enfin, au-dessous de 1000 mètres, où les mouvements horizontaux dominent de nouveau et beaucoup.
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- LA NAITRE.
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- Les fouilles de Nippur en Itabylonie. — Le
- Le l)r John Peters, que l’Université de Pennsylvanie avait chargé de faire des fouilles en Babylonie, vient d’envoyer à cette Société savante un lot de statues trouvées à Nippur et qui datent d’environ six mille ans avant notre ère. Cinq pièces sont surtout remarquables ; deux représentent des personnages royaux portant le sceptre verticalement le long de la figure ; une autre est une femme ; une quatrième est une superbe tète de dieu; la dernière est un grand chien accroupi. Le docteur annonce, en outre, qu’il est en train de mettre au jour les ruines d’un vaste temple qui avait été édifié en l’honneur de Bel, le dieu du soleil.
- --çx$o—
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 20 juillet 1901. — Présidence de M. Focqué.
- Le Congrès international de géologie. — M. A. Gau-dry rappelle qu’avant la réunion du Congrès international de géologie de 1900, il a fait hommage à l’Académie d’un livret-guide contenant la description géologique des différentes parties de la France, dù à la collaboration de divers géologues français. 11 présente aujourd'hui le Compte rendu des travaux du Congrès. Ce Compte rendu remplit deux gros volumes qui sont un intéressant assemblage de nombreux Mémoires concernant toutes les parties de la terre. Les savants les plus éminents ont pris part au Congrès; ils ont dù se répartir en sections. En conséquence, l’ouvrage contient le compte rendu des séances générales et des séances des sections. Celles-ci sont au nombre de quatre : la section de géologie générale, la section de sta-tigraphie avec la paléontologie, la section de pétrographie avec la minéralogie, la géologie appliquée avec l’hydrologie. En raison du développement qu’a pris la pétrographie, grâce aux travaux de MM. Fouqué et Michel Lévy, l’ouvrage se termine par un lexique de pétrographie. Ces deux volumes ont été publiés très rapidement ; il faut en être reconnaissant au secrétaire général, M. Barrois, qui a été efficacement secondé par MM. Cayeux et Thé-venin. La prochaine réunion du Congrès aura lieu à Vienne (Autriche).
- L’origine des aurores boréales. — M. Lippmann analyse une Note de M. Stassano relative à l’origine terrestre des aurores boréales. D’après une théorie due à de la Rive l’électricité des aurores boréales serait due à l’évaporation des eaux des mers et des lacs équatoriaux. Cette électricité serait transportée par les courants alizés de l’équateur au pôle. M. Stassano, qui est non seulement un biologiste distingué mais un voyageur ayant recueilli de nombreuses observations, a constaté que dans les régions équatoriales où les phénomènes ne sont pas gênés par des accidents locaux, il y a chaque année deux périodes de maxima des précipitations aqueuses accompagnées de décharges ÿlectriques et deux périodes de minima. Or, en considérant la distribution des aurores boréales dans l’année, il relève également deux maxima et deux minima ; en outre, les époques des maxima des aurores boréales correspondent à celles des minima des décharges électriques dans la région équatoriale, et inversement, les époques minima des aurores boréales correspondent aux époques des maxima des décharges électriques dans la région équatoriale. M. Stassano met en évidence la corrélation des deux ordres de phénomènes au moyen de graphiques spéciaux. Les époques critiques sont différentes dans chaque hémisphère. Ainsi se trouve rejetée toute
- explication des aurores boréales qui ferait intervenir des causes cosmiques. Ces météores prennent naissance dans l’atmosphère terrestre et sont intimement liés aux autres phénomènes météorologiques de notre planète.
- Varia. — M. Lœwy adresse une Note de M. Charles André sur les variations d’éclat de la planète Éros.
- Cil. DE VlLLEDEUIL.
- HENRI DE UCÀZE-DUTHIERS
- L’amour de la science, la passion des découvertes dépassent en général l’entendement des hommes. Quoi, vous travaillez depuis un demi-siècle et vous ne désirez pas, sur vos vieux ans, prendre votre retraite et jouir enfin de l’existence! C’est ce que l’on entend dire si souvent à ceux qui ont fait fortune. Ceux-là ont consacré leur existence à amasser de l’argent. C’était le but. La tache remplie, on s’en va se reposer les mains pleines. Un a fructueusement employé son temps dans un but personnel qui n’en a pas moins son inlluence sur la richesse publique. Mais travailler, étudier^ à Page où les autres se reposent, c’est ce que n’a jamais compris et ne comprendra jamais le commun des mortels. Le véritable homme de science ne se préoccupe pas du but final; il a la passion de l’étude, la soif de la vérité et il les conserve jusqu’à la mort.
- On pourrait citer comme un bon exemple de cette disposition de l’esprit, de cette persévérance dans le culte absolu de la science, l’éminent naturaliste qui vient de s’éteindre à l’àge de 81 ans, le 20 juillet dernier, dans sa modeste propriété de Las-Foul en Périgord, après une maladie de quelques jours. Une semaine avant de s’aliter, Henri de Lacaze-Duthiers poursuivait encore ses recherches dans son laboratoire de Banyuls, dans toute la plénitude du savoir acquis, dans toute cette puissance intellectuelle qui faisaient l’admiration et l’étonnement de ses nombreux élèves. Il était resté à 80 ans le maître vénéré et applaudi de tous les zoologistes français.
- Le baron Henri de Lacaze-Duthiers était né à Montpezat (Lot-et-Garonne) le 15 mai 1821. Il fit ses études de médecine à Paris, devint interne des hôpitaux et se consacra bientôt par goût à l’étude des zoophytes. En 1854, il fut nommé professeur de zoologie à la Faculté des sciences de Lille. Le gouvernement lui confia alors, sur son désir, une mission sur les côtes de la Méditerranée pour étudier la genèse des coraux. Pendant des mois, il parcourut les côtes algériennes et il revint à Paris avec d’innombrables documents. Nous le voyons encore communiquant ses recherches à l’Académie et dessinant au tableau noir dans leur moindre détail, l’évolution des coraux. Son grand ouvrage « Monographie du corail » fut le point de départ de sgi renommée. Il fut nommé maître de conférences à l’École normale supérieure, en 1804; l’année suivante, professeur de zoologie au Muséum. En 1868, il changea sa chaire du Muséum contre celle de la Sorbonne. Enfin, en 1871, l’Académie des sciences lui ouvrait ses portes
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- et lui donnait le fauteuil de Louget. La carrière de Lacaze-Duthiers avait été rapide et belle. 11 présida l'Académie des sciences et fut aussi élu Membre libre de l’Académie de médecine en 1866.
- On lui doit un certain nombre d'ouvrages qui résisteront au temps. En dehors de son « Histoire naturelle du corail », on peut mentionner : 1’ « Histoire de l’organisation et du développement des mœurs du Dentale », « le Monde de la mer et ses laboratoires », etc. En 1875, il fonda la Revue intitulée :
- « Archives de la zoologie expérimentale ». Ses communications à l’Académie sont trop nombreuses pour que nous ne puissions en faire une énumération même abrégée.
- On peut avancer qu’il a exercé une iniluenee prépondérante sur le développement de la zoologie. La science l’avait saisi à tel point que, sans compter, il y consacrait tous ses moments et môme son argent. 11 s’était fait l'apôtre de la zoologie et il ne craignait pas d’aller solliciter des dons pour fonder des laboratoires. On lui doit le premier laboratoire d’été vraiment digne de ce nom à Roscolf, sur le côté nord de la côte de Bretagne. Nous avons décrit ce laboratoire. Un grand nombre de zoologistes de Paris et de l’étranger ont passé des mois à Roscolf à étudier les animaux marins sous la direction du maître.
- Après Roscolf, Lacaze-Duthiers créa la belle station de Banyuls-sur-Mer, dans les Pyrénées-Orientales. De ses deniers, et grâce aux libéralités de généreux donateurs, il finit par faire de Ranynls une station modèle : laboratoires, aquariums, bibliothèque de travail, chambres de naturalistes, lumière électrique, cabinets de photographie, scaphandres, bateaux d’exploration, etc. Les étrangers ont reçu à Ranyuls une large hospitalité. Ils ont tenu à remercier le fondateur de Roscolf et de Ranyuls. Il y a deux ans, dans une fête intime à la Sorbonne, les représentants de l’Université de Barcelone, de Madrid, de Rome, etc., célébrèrent dignement l’œuvre considérable de Laeaze-Ruthiers. Le ministre de l’Instruction publique, qui présidait cette cérémonie en quelque sorte internationale, rendit hommage en ces termes au savant zoologiste :
- « Il est peu de carrières en ce siècle qui aient été
- aussi brillantes et aussi fécondes que celles de l’illustre maître que nous fêtons aujourd’hui. Les adresses qui lui arrivent de tous les points de Puni-vers et qui sont signées des plus grands noms dont s’honore notre temps l’attestent avec éloquence.
- « M. de Lacaze-Duthiers a voué sa vie à la science.
- H lui a tout sacrifié : son repos, sa fortune, sa jeunesse.
- « Il a eu du moins la pure joie de voir ses travaux couronnés de succès qui accroissent notre patrimoine de gloire nationale.... Pour tout dire d’un mot, il a été un initiateur.
- « 11 a ouvert des voies nouvelles. 11 y a marché d’un [tas sûr, et comme la route était droite et claire le monde savant tout entier l’y a suivi.
- « Je le prie d’agréer l’hommage d’admiration respectueuse et de reconnaissance <[ue je lui apporte en mon nom personnel et au nom du gouvernement de la République. »
- Nous l’avons dit : c’est dans son laboratoire de Banyuls que travaillait encore Lacaze-Duthiers quelques jours avant sa mort. C’est à côté de ce laboratoire qu’il a voulu demeurer [tour l’éternité.
- L’homme était à la hauteur du savant. Sa parole était vive, intéressante, elle a fait de nombreux adeptes à la zoologie. Il savait exposer et donner de l’intérêt à ses communications. Il était aimable, accueillant. Ceux des lecteurs de ce journal qui ont fait partie du « voyagé scientifique de La Nature » en 1899 se rappellent encore la réception qu’il réserva aux excursionnistes. II leur lit visiter tout son laboratoire, les initia aux recherches en cours avec un entrain et une affabilité qui frappa tout le monde. H avait déjà 78 ans!
- La plupart des naturalistes contemporains ont été ses élèves, y compris ceux qui siégeaient à l’Académie à côté de lui. Il continua son enseignement jusqu'à la dernière heure, sans souci de la fatigue, sans compter avec son âge.
- La mort de Lacaze-Duthiers laissera un très grand vide à l’Académie, en France et à l’étranger.
- Henri de Pauville.
- Le Gérant : P. Masson.
- Hemu de Lacaze-Dithiers (1821-1901).
- Paris. — Imprimerie Laiure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 14 72.
- 10 AOUT 1901.
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- LES COLÉOPTÈRES ROÜLEÜRS DE FEUILLES
- Dans les campagnes, sur les peupliers on les vignes, on trouve très fréquemment des feuilles
- enroulées sur elles-mêmes, tout à fait à la manière des cigares et pendant vers le sol. L’artisaifde cette
- industrie est un coléoptère, un Rhynchite, c’est-à- j carapace est tellement brillante qu’elle semble faite dire un des plus beaux insectes de nos contrées. Sa | de clinquant et sa dureté est telle qu’on pourrait en
- 29e année. — 2e semestre. 11
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- LA NATURE.
- faire des bijoux ; j'ai toujours été étonné qu’un bijoutier n'ait pas l’idée d’utiliser ces pierres précieuses que la nature fournit à foison, trop même au dire des agriculteurs.
- Comment ce petit insecte, qui n’a pas plus d’un centimètre de long, s’y prend-il pour effectuer un pareil travail ? Comment, avec ses pattes, paraissant même assez gauches, et avec le rostre, la sorte de trompe dont sa tète est pourvue, arrive-t-il à rouler la feuille sur elle-même, besogne à laquelle ne saurait même parvenir un enfant de quatre ou cinq ans? C’est ce que vient de nous faire connaître J.-H. Fabre dans la septième série de ses « Souvenirs entomo-logiques ». Nous allons résumer ses observations.
- Fabre a pris comme sujet d’études le Rhynchite du peuplier dont le nom indique suffisamment l’arbre sur lequel il vit. C’est surtout dans les régions basses du peuplier qu’il se tient, s’y trouvant sans doute plus à l’aise qu’au sommet où le vent aurait vite fait de le culbuter. Il est donc assez facile à observer, mais on peut encore le transporter à la maison et lui donner des branches de peuplier dont la queue plongeant dans l’eau entretient la fraîcheur. Travailleur infatigable, il continue son petit travail à la grande joie de l’observateur.
- 'Tout d’abord, il est bien évident qiie si la feuille du peuplier, coriace s’il en fut, conservait sa rigidité, le malheureux Rhynchite risquerait fort de s’escrimer en vain pour en faire une oublie. La première chose à faire est donc d’obtenir la flaccidité de la feuille. Comment s’y prend le coléoptère ? C’est là qu’on voit apparaître un curieux trait de mœurs qui dénote chez l’insecte une remarquable connaissance de la structure des plantes. Ecoutez Fabre :
- « La mère, son choix fait, se campe sur la queue de la feuille, et là, patiemment, elle plonge le rostre, le tourne avec une insistance qui dénote le haut intérêt de ce coup de poinçon. Une petite plaie s’ouvre, assez profonde, devenue bientôt point mortifié. C’est fini : les aqueducs de la sève sont rompus, ne laissent parvenir au limbe que de maigres suintements. Au point blessé, la feuille cède sous le poids ; elle penche suivant la verticale, se flétrit un peu et ne tarde pas à prendre la souplesse requise. Le moment de la travailler est venu. Le Rhynchite désiré pour les siens une feuille assouplie, demi-vivante, paralysée en quelque sorte, qui se laisse aisément façonner en rouleau ; il connaît à merveille la cordelette, le pétiole, où sont rassemblés en un menu paquet les vaisseaux dispensateurs de l’énergie foliaire ; et c’est là, uniquement là, jamais ailleurs, qu’il insinue sa percerette. D’un seul coup, à peu de frais, s’obtient ainsi la ruine de l’aqueduc. » Vous le voyez, cela n’est pas sans analogie avec le pincement des bourgeons, opération qui a pour but d’arrêter le développement de ceux-ci.
- La feuille du peuplier, chacun le sait, a, assez régulièrement, quatre côtés, c’est-à-dire la forme d’une lance dont les côtés se dilatent en ailerons pointus. C’est toujours par un des angles, celui de
- droite ou celui de gauche indifféremment, que débute la confection du rouleau, mais l’insecte se place toujours à la surface lisse de la feuille, moins rebelle à la flexion que l’autre. « Le voici à l’ouvrage. 11 est placé sur la ligne d’enroulement, trois pattes sur la partie déjà roulée, les trois opposées sur la partie libre. D’ici comme de là, solidement fixé avec ses griffettes et ses brosses, il prend appui sur les pattes d’un côté tandis qu’il fait effort avec les pattes de l’autre. Les deux moitiés de la machine alternent comme moteurs, de manière que tantôt le cylindre formé progresse sur la lame libre, et que tantôt, au contraire, la lame libre se meut et s’applique sur le rouleau déjà fait. 11 faut avoir assisté, des heures durant, à la tension obstinée des pattes, qui tremblotent exténuées et sont menacées de tout remettre en question si l'une d’elles lâche prise mal à propos ; il faut avoir vu avec quelle prudence le rouleur ne dégage une griffe que lorsque les cinq autres sont fermement ancrées, pour se faire image exacte delà difficulté vaincue. D’ici ce sont trois points d’appui, de là trois points de traction ; et les six, un à un, petit à petit, se déplacent sans laisser un instant leur système mécanique faiblir. Pour un moment d’oubli, de lassitude, la pièce rebelle déroule sa volute, échappe au manipulateur. » Les tours de spires sont maintenus dans leur position par la force exclusive de l’insecte : aucune colle, aucun fil ne les empêche de se dérouler. Si le Rhynchite va avec une extrême lenteur, c’est pour donner aux parties roulées le temps de prendre le « pli ».
- Les volutes, ayant une certaine longueur, ne se font pas d’un seul coup ; l'insecte n’en a pas la force et se trouve obligé de se mouvoir le long de son « cigare » pour l’enrotder un peu plus. « D’habi tude, le Rhynchite travaille à reculons. Sa ligne finie, il se garde bien d'abandonner le pli qu'il vient de faire et revenir au point de départ pour en commencer un autre. La partie ployée en dernier lieu n’est pas encore suffisamment assujettie ; livrée trop tôt à elle-même, elle pourrait se rebeller, s’étaler à nouveau. L’insecte insiste donc en ce point extrême, plus exposé que les autres ; puis, sans lâcher prise, il s'achemine à reculons vers l’autre bout, toujours avec patiente lenteur. Ainsi se donne au pli frais surcroît de fixité et se prépare le pli qui suit. A l’extrémité de la ligne, nouvelle station prolongée et nouveau recul. De même le soc de labour alterne le travail des sillons. » Enfin, au bout d’une journée environ, le rouleau est achevé; on comprend que l’insecte ne peut le laisser ainsi, sous peine de le voir se dérouler. La ruse qu’il emploie est fort ingénieuse : il appuie son rostre contre le bord de la feuille, le comprime dans tous les sens, le lisse comme le ferait une repasseuse avec son fer. Finalement, le bord est intimement collé au reste du rouleau et ne s’en détache qu’avec difficulté. La colle qui a produit cette adhérence n’est pas sécrétée par l’insecte ; elle provient de la feuille même, des glandes qui garnissent le bord, d’où le Rhynchite la fait
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- sourdre en abondance par la pression de son bec. L’animal ayant ainsi terminé son rouleau, comme une enveloppe que l’on achève de fermer avec de la cire à cacheter, passe à une autre feuille pour recommencer son ouvrage.
- Le Rhynchite ne fait pas les rouleaux pour lui-même, mais pour sa progéniture : c’est la dot de ses enfants. En même temps qu’elle travaille, — je dis « elle » parce que la femelle seule opère, — l’industrieuse petite bête pond un, deux, trois, quelquefois quatre œufs, qu’elle dépose un peu au hasard, entre les plis : les larves qui en naîtront trouveront ainsi gîte et nourriture à leur discrétion. Quant au mâle, c’est un paresseux qui passe presque toute sa journée à regarder la femelle travailler. De temps à autre cependant, il se rapproche d’elle et s’agrippe aux tours de spires comme s’il voulait lui donner un coup de main, — ou plutôt de pattes, — mais bientôt il s'éloigne, non sans avoir fait au préalable un brin de cour à sa dulcinée. Il fait semblant de vouloir l’aider pour l’engager à être tendre à son égard : on se fait valoir comme on peut.
- Le Rhynchite de la vigne qui, dans certaines localités, cause le désespoir des vignerons, procède de la même façon que le Rhynchite du Bouleau, son proche parent à tous les points de vue. Mais, comme le remarque Fabre, l’ampleur de la feuille et ses profondes sinuosités presque jamais ne permettent travail régulier d’un bout à l’autre de la pièce. Alors des plis brusques se pratiquent, qui changent, à diverses reprises, le sens de l’enroulement, et laissent au dehors tantôt la face verte, tantôt la face cotonneuse, sans ordre appréciable, comme au hasard. Autre différence : le scellement des dentelures de la couche finale ne s’opère pas au moyen de glu, mais au moyen de la bourre cotonneuse dont les poils s’enchevêtrent et donnent adhésion.
- Tous les Rhynchites ne sont pas cigariers : ainsi celui du prunellier dépose ses œufs dans les fruits aigrelets de cet arbre. Inversement, tous les cigariers ne sont pas des Rhynchites. Parmi les coléoptères, on peut encore’en citer deux, également étudiés par Fabre, l’Apodère du Noisetier et l’Attélabe cur-culionoïde.
- L’Apodère du Noisetier est un curieux insecte, au corps d'un rouge vermillon, à la tête presque imperceptible, tant elle est petite, munie* d:un mufle très court et large, au cou allongé comme s’il avait été serré par une corde. Cet insecte, qui vit aussi, malgré son nom, sur le verne, l’aulne glutineux, ne pique pas le pétiole de la feuille, comme le fait le Rhynchite. Peut-être cela est-il du à la brièveté de son rostre. « Toujours est-il que, des mandibules, l’Apodère tranche transversalement la feuille du verne, à quelque distance de la base du limbe. Tout est coupé nettement, même la nervure médiane. Reste seul intact le bord extrême, où pend flétri le grand lambeau détaché. Ce lambeau, majeure partie de la feuille, est alors plié en deux suivant la grosse nervure, la face verte ou supérieure en dedans ;
- puis, à partir de la pointe, le double feuillet est roulé en un cylindre. L’orifice d’en haut se clôt avec la partie du limbe que l’entaille a respectée ; l’orifice d’en bas, avec les bords de la feuille refoulés en dedans. Le gracieux tonnelet pendille vertical, se balance au moindre souffle. Il a pour cerceau la nervure médiane, qui fait saillie au bord supérieur. Entre les deux feuillets superposés, vers le centre de la volute, est logé l’œuf, d’un roux de résine et, cette fois, unique. »
- L’Attélabe curculionoïde, qui partage avec le précédent sa belle couleur rouge, n'est pas moins habile, bien que les feuilles qu’il travaille — celles du chêne — soient fort coriaces. 11 commence par inciser le limbe à droite et à gauche de la nervure médiane, tout en respectant celle-ci qui fournira solide point d’attache. La feuille est alors pliée suivant sa longueur, la face supérieure en dedans.' L’Attélabe ne travaille que la nuit, sans doute parce qu’à ce moment la feuille est plus molle et se laisse mieux plisser. IIemii Coupin.
- LES COLLECTIONS DE BAYE
- AU MUSÉE GUIMET
- Ce qui attirait surtout dans l’exposition qui vient de fermer ses portes, c’était un cachet de civilisation étrange, ni européenne, ni asiatique, mais d’une esthétique hybride, où les deux influences se combattaient sans arriver, pour cela, à se dominer l’une l’autre. Ce n’est pas qu’il s’y trouvât quelques exceptions.
- Ainsi il y avait une riche collection de dentelles dont les plus anciennes remontaient à Catherinc-le-Grand et à Elisabeth Petrowna, et que le Musée de Moscou a failli nous enlever. Ces dentelles sont d’ordonnancement européen, représentant pour la plupart des carrosses avec leurs cavaliers d’escorte et leurs voyageurs, des dames en robes à paniers. Tout autres sont les broderies petites-russiennes dont la rectitude de lignes semble tout d’abord avoir été le cadet des soucis de l’ouvrier. Les unes représentent des bouquets de fleurs qui ne sont que des déformations plus ou moins naïves de l’aigle à deux têtes. Une collection de dessins de diverses époques, savamment groupés par le baron de Baye, permettait de suivre la marche de cette dégénérescence, jusqu’à ce que l’oiseau impérial ne fût plus qu’un motif d’ornement floral.
- Parmi les broderies petites-russiennes dignes detre examinées, il y avait aussi un dessin inspiré par les givrures que l’hyémale bise fixe, la nuit, contre les vitres des isbas. Enfin, il y avait encore un motif remarquable représentant la femme-oiseau, appelée « sirine » et qui nous paraît jouer le rôle de la sirène mythologique, à cette différence près qu’elle perchait sur les gros arbres chenus. Citons encore, pour en terminer avec le côté artistique des collections, une superbe broderie géorgienne dont nous
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- donnons le dessin (fig. 3, n° 2) et où l’influence irane se fait sentir véritablement. Et enfin un essuie-mains (fig. 5, n° 1) qui sert surtout d’ornement pour la promenade des icônes, et qui avec ses aigles russes aux ailes éployées,est un échantillon de l’art grand-rus-sien dans ce qu’il a de sérieux et d’héraldique à la fois.
- Si nous abordons les pièces cérames (dont nous donnons également plusieurs figures), nous en voyons de deux genres; les modernes, ramassées dans les champs, ou achetées aux paysans ; et les anciennes, plus ou moins cassées et exhumées des kour-ganes caucasiens, en compagnie de crânes et de dépouilles anthropologiques dont nous dirons quelques mots tout ;t l'heure. Ces vases, tatars pour la plupart (fig. A), sont très caractéristiques, et se ressentent à la fois de l’influence mogole et de l’influence hellène ainsi qu’on le peut voir par celui décoré d’une tète humaine. Quant aux bijoux, ils
- sont franchement asiatiques. Les uns — ceux qui étaient dans la vitrine de l’entrée et vieux de plus de deux siècles — sont des merveilles de joaillerie polychrome, sous leurs dômes minuscules s’acheva-lant mutuellement pour se terminer par des pam-pilles ténues et flottantes. Les Tatars Àderbaidjans qui les fabriquaient en font encore actuellement,
- mais combien moins beaux? Le « toc » et le bon marché ont fait invasion chez eux comme chez nous, et c’est tant pis pour l’art, car ces pièces antiques se raréfient de plus en plus*
- M. de Baye a, dans ses dernières missions, glané tout ce qu’il a pu de ces colifichets de la mode ta-tare, et l’on en peut voir les curieux spécimens au Louvre, à Gal-liéra et à Guimet. En voici justement quelques-uns qui proviennent du Caucase et de la Crimée (fig. 2). Ce sont des boucles d’oreilles rappelant, en plus grand, les bijoux aderbaidjans dont je parlais
- Fig. 1. — Crânes.
- 1. Sainte-Russie. Kourgiuie, près Smélu (Kiew). — 2 et 3. Tombeau naphtalane (Elisavethpol).
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- Fig. 2. — 1. Boucle d’oreille en argent des fouilles de Lizgor (Caucase). — 2. Boucle d’oreille en or de Makhtchesk (Caucase).
- 3. Comment on portait la boucle d’oreille avec croissant, découverte à Kherson (Crimée). — 4. Ornement de tempe en or,
- même provenance, don de M. le baron de Baye. Musée Guimet.
- tout à l’heure; la première, en argent, a été exhumée aux fouilles de Lizgor; la seconde, en or, de Makhtchesk. Celle-ci présente un intérêt très grand, au dire des joailliers, par son tissu de perles soudées. D’autres pendants ont été trouvés en compagnie de petits croissants, et los archéologues s’accordent à penser que ces croissants se passaient dans le lobe de l’oreille, et soutenaient le bijou, ainsi que le montre notre gravure. Enfin, un autre ornement curieux, rapporté par l’explorateur, est cet ornement
- de tempe, en or, provenant également du Caucase. M. le baron de Baye en a rapporté d’autres, non moins intéressants, desquels nous allons donner une monographie succincte : une bague trouvée dans le sous-sol d’une maison en ruines de Télaf (Géorgie) ; des pendants d’oreilles à croissants (Üufa et Kherson, en Crimée) ayant une analogie étrange avec ceux trouvés dans les tombeaux de la Gaule franque ; des anneaux d’oreilles d’origine avare et venant du Daghestan, etc.
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- Et maintenant, terminons celte esquisse par le côté par les crânes exhumés un peu partout, à Derbcnt, à
- vraiment scientifique de l’exposition, c’est-à-dire Bakon, et dans les districts de Kiew et d’ElisavethpoL
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- Fig. 3. — 1. Essuie-mains grand-russien servant d’ornement dans les processions. — Broderie géorgienne (influence iraue)J
- M. de Baye, qui s’était acquis un nom par ses le champ de ses investigations et s'est rejeté sur les.
- études des kourganes sibériens, a changé cette fois-ci cimetières géorgiens. Les crânes constituent, pour le
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- Fig. 4. — 1. Vase tatar sur lequel le baron île Baye n’ose se prononcer. — 2. Vase tatar (influence irane).
- 3. Vase tatar (influence grecque).
- savant, le seul vrai document sur lequel on puisse s’appuyer avec confiance pour fixer un âge aux races disparues, une époque aux industries retrou-
- vées. Parmi ces vestiges de l’homme d’antan, et sur lesquels M. Zaboroswki, l’anthropologiste bien connu, a fait une conférence très intéressante le 50 juin der-
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- nier, an musée Guimet même, je citerai au hasard des crânes de Tatars modernes (tatars Aderbaidjans), morts à l’hôpital de Titlis, des crânes de Bakou que M. de Baye a recueillis péniblement en rampant dans un des ossuaires souterrains situés sous le palais des anciens Khans, et des crânes exhumés du cimetière géorgien d’Abbas-Toumen, lequel a fourni déjà de nombreux matériaux à la science.
- D'autres crânes ont été trouvés dans des tombeaux naphtalanes, dans les kourganes de Krasnogorovoka (Echaterinoslav), dans ceux de Sméla (Kiew) et dans ceux de Stawische, près Bialocer, d’où notre infatigable pérégrin a rapporté un crâne teint en rouge par une sorte d’ocre ferrugineuse que l’on devait déposer autour du corps, comme la sciure des cercueils d’aujourd’hui; et cela, de par un rite funéraire.
- M. J. de Baye a vu de ces amas de terre rouge dans les kourganes à encaissement de pierres et à cercueils d’argile en forme d’auge. Mais tandis (pie M. Zaborovvski croit que cette ocre agissait d’abord sur les tissus dermiques avant d’entrer en contact avec le squelette, l’explorateur pense que le corps devait être décharné au préalable afin que les os lussent pénétrés de suite par la terre rouge. Au point de vue anthropologique, ce crâne est tellement vieux qu’il tombe presque en poussière, et M. Zaborowski n’a pas pu l’étudier selon son désir; cependant, il croit pouvoir avancer — d’après l’examen de la voûte crânienne — que cet individu avait de forts liens de parenté avec la race du Cro-Magnon, et qu’une seule et même race (étant donnés les crânes — teints également en rouge — recueillis dans le caverne de Menton et en Moravie) a dû peupler l’Europe centrale, depuis les Alpes et le golfe de Lion jusqu’aux rivages du Dnieper.
- Le crâne (tig. 1), accompagné de poteries grossières, aurait — toujours d’après M. Zaborowski — une grande analogie avec notre race néolithique et ressemble, en tout cas, à ceux déjà découverts dans cette région. C’est d’autant plus heureux qu’il est le premier qu’on ait vu en France. M. Zaborowski croit fermement que ce crâne provient d’une race fort analogue à notre race kymrique, et qui devait posséder tout le pays à l’époque du métal travaillé, contemporainement peut-être avec l’époque scythi-que, et qui sait? avec le rush mogol de l’histoire moderne. Quant aux preuves recueillies parmi les matériaux d’industrie, elles feraient de cette race une race assez civilisée et ayant eu de fortes attaches avec l’Europe.
- Non moins intéressant est le second crâne (fig. 1), que M. Zaborowski déclare de suite très ancien; son caractère mogolique est bien accentué, et tout donne à penser que les Mogols ont occupé la région cauca-sique à une époque malheureusement indéterminée, et dont le synchronisme n’a pu être établi.
- Les kourganes — ces réservoirs mortuaires où s’approvisionnent les archéologues — renfermaient jadis des trésors que les coutumes voulaient qu’on
- disposât près des morts ; et les barbares qui se sont succédé dans ces régions, voire même actuellement, rendirent de fréquentes visites à ces dépôts sacrés, daignant tout au plus laisser les squelettes. C’est pourquoi l’explorateur a rapporté bien des pièces incomplètes, des crânes fracassés, des fragments de mâchoires.
- Si ces divers spécimens ne peuvent être considérés comme des jalons irréfutables, du moins pourront-ils préparer la besogne aux anthropologistes et aider à éclaircir des points restés jusqu’à présent obscurs.
- R. Montclavel.
- L’INDUSTRIE MINIÈRE EN 1900
- A MADAGASCAR
- M. le capitaine Monneyres, chef du service des mines, a adressé à M. le gouverneur général, sur l’industrie minière en 1900, un rapport dont nous extrayons les renseignements suivants :
- En 1899, on enregistrait déjà une augmentation considérable dans l’exportation de l’or. Ce mouvement s’est maintenu en 1900, et dans la même proportion, c’est-à-dire que les exportations en 1899 ayant été triples de celles de 1898, celles de 1900 sont, à leur tour, triples de celles de 1899, de sorte que, dans le courant des deux dernières années, les quantités d’or exportées de Madagascar ont à peu près décuplé.
- Voici, du reste, les chiffres :
- En 1898 . . . . . 358 522fr,16
- En 1899 ............ 1070825fr,70
- En 1900 ............ 5009160fr,80
- Ces 30091G0,r,80 représentent 2Ir,70 le gramme (chiffre fixé par le décret du 20 juillet 1896, mais sensiblement inférieur à la vraie valeur qui atteint, à Madagascar, 3 francs ou 3rr,l0), une quantité de 1114kï,504.
- Sur cette quantité, les diverses exploitations de l’Am-pasary interviennent pour une production de 538kg,811, laissant ainsi comme produit des autres exploitations un poids de 575kg,963.
- Ce chiffre, mis en présence de celui de 386kg,390, donné l’année dernière pour le total de la production de Madagascar en 1899, indique que, même sans l’heureuse découverte de l’Ampasarv, ;qui a à peu près doublé la production totale, la production des autres exploitations avait néanmoins augmenté d’environ 50 pour 100 dans le courant de l’année 1900.
- Les caractéristiques du mouvement de l’industrie minière, en 1900, ont été :
- 1° La découverte et la mise en exploitation d’un gisement très étendu et plus riche que ceux qui étaient exploités jusqu’ici (Ampasary) ;
- 2° A cette occasion, une augmentation très grande, mais sans durée, du nombre des exploitations entreprises ;
- 5° Comme conséquence de la même découverte, une recrudescence importante dans les recherches de mines d’or pouvant donner l’espoir, peut-être en partie satisfait dès à présent, d’amener la découverte d’autres bons gisements ;
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- LA NATURE.
- If>7
- A0 La forte augmentation des quantités d’or exportées ;
- 5° L’absence d’amélioration notable dans les procédés d’extraction de l’or ;
- 0° La stagnation des mines communes.
- Les nouvelles recherches qu’on a faites dans ces derniers temps, après la découverte des gisements de l’Ampasarv, paraissent avoir porté des fruits. De nouveaux gisements, sinon tout aussi riches que l’Àmpasary, du moins à plus forte teneur que les anciens gisements du haut plateau, viennent d’ètre découverts dans l’Est, paraissant former une ligne, encore peu définie, à peu près parallèle à la cote : Fanantara, Sakaleona, certains affluents du Mangoro, région de l’Ambatiomiana ou Farimbanv (au nord d’Ampasimbe, sur la route de Tama-tave), une partie de Maningorv, et, peut-être, région de l’Antanambalana (nord-ouest de Maroantsetra).
- Quant au gisement de l’Ampasarv, il est permis de penser qu’il est loin d’ètre épuisé. J.-F. G.
- EXCURSION UNIVERSITAIRE
- DE PARIS AU MONT MOUNIER
- II
- I,E MONT MOU N IER
- Après la visite de l’observatoire de Nice l’ascension au mont Mounier.
- L’observatoire de Nice, bien qu’admirablement situé, n’est cependant qu’à 540 mètres au-dessus du niveau de la mer. Les observations astronomiques sont autrement parfaites quand on s’élève vers la limite de l’atmosphère. En Amérique, quelques observatoires situés dans les hautes régions ont fourni des résultats très importants. M. Bischoffs-heim décida, vers 1892, de donner une annexe à son observatoire de Nice en fondant, pour des travaux spéciaux, l’observatoire du mont Mounier, dont le sommet s’élève à 2820 mètres d’altitude. C’est une des plus hautes cimes des Alpes Maritimes. Le plateau de la montagne se trouve à 1500 mètres environ du joli village de Beuil, qui lui-même s’élève à 1500 mètres de la station de Touët-de-Beuil, sur la petite ligne de Nice à Puget-Théniers des chemins de fer du Sud de la France.
- Un train spécial chauffe pour la délégation à 9 heures et nous dépose à Touët-de-Beuil à 11 heures, car on a flâné en route et visité diverses usines hydrauliques pour la fabrication du carbure de calcium et pour la production des courants électriques qui font marcher les tramways de Nice. La vallée du Yar, que l’on suit pendant quelque temps, est d’une beauté sauvage inimaginable. Au confluent du Yar et de la Vésubie, le spectacle est saisissant. Mais allons vite,- car la route sera longue. Déjeuner demi-officiel à Touët. Le gouverneur de Nice a tenu à faire l’ascension. Il est 1 heure. En route 1 On saute dans des voitures découvertes et on suit la vallée du Cians, un torrent qui gronde dans les profondeurs en faisant écumer sur les grosses roches
- ses eaux rouges. La vallée se resserre et nous pénétrons dans les gorges du Cians.
- Il faut abandonner les voitures suspendues. De petites charrettes étroites sont alignées sur Ja route. C’est pour nous. Transbordement, et en avant sans perdre de temps. Les chevaux sont, en notre honneur, tout caparaçonnés de fleurs de la montagne. On court assez vite sur un mauvais chemin en réfection. Le torrent mugit toujours à droite, à une profondeur de plus en plus grande. C’est à peine si le chemin est assez large pour laisser passer une charrette; les roues frisent le précipice en beaucoup d’endroits où le parapet n’est pas encore tout à fait terminé.
- Nous avançons entre deux murailles de roches souvent de plusieurs centaines de mètres de hauteur. Le passage se restreint toujours et le soleil disparaît. La muraille de gauche nous touche, elle surplombe la route par moment et nous avançons sous un demi-tunnel. Par endroits, l’eau filtre à travers la roche et se déverse en pluie tantôt fine, tantôt très grosse sur nos têtes. Il faut ouvrir son parapluie sous peine d’être fortement douché. Les murailles qui nous enserrent sont d’une singularité bien exceptionnelle. Dans la demi-obscurité qui règne autour de nous, on croirait voir à distance des châteaux forts, des maisons de Pompéi, des arcades, des vieilles demeures du moyen âge, des prisons, des demeures enchantées. C’est surtout au retour que ces apparences fantastiques se multiplient. Jamais, à pareil degré, je n’avais rencontré encore des profils et des silhouettes se rapprochan t aussi complètement de la réalité. Tours, églises, statues immenses, tout défile devant les yeux avec une telle netteté que l’on finit par croire à une hallucination.
- Puis le torrent de rouge est devenu blanc, et la roche grisâtre au début est passée au rouge, au rouge superbe. C’est du porphyre, du tuf, du grès de l’étage permien. Et sur ces roches rouges croissent des buis qui festonnent d’un beau vert foncé les excavations et les grandes fissures humides. Ailleurs, des genêts avec leurs grappes d’or, puis accrochées au flanc de la muraille des saxifrages dont les fleurs pendent comme des lilas blancs. Ces gorges du Cians ne sont vraiment pas assez connues.
- Tout à coup le soleil revient. Les gorges s’élargissent. Au fond, sous le ciel, apparaît, perché tout en l’air, barrant l’horizon, le village historique de Beuil, ancien domaine des comtes de ce nom. Il est enchâssé comme une parure au milieu de l’émeraude des pâturages. Une heure encore et nos charrettes s’arrêtent. Le canon tonne, la fusillade éclate, la Marseillaise retentit. Nous passons sous des arcs de triomphe.
- M. Bischoffsheim est député de l’arrondissement de Puget-Théniers, sur le territoire duquel se trouve Beuil. On le reçoit avec enthousiasme, lui et la Commission universitaire. Les discours abondent. Dis-
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- cours du maire, M. Baylon, discours du représentant de la jeunesse. On acclame l’Université de Paris. Le maire et le Conseil municipal, pour remercier M, Bischoffsheim d’avoir amené des eaux potables à Beuil, annoncent qu’un monument commémoratif sera élevé sur la grande place publique et que l’on inscrira sur une des faces, en souvenir de cette journée mémorable, les noms de ceux qui n’ont pas craint de quitter la grande ville de Paris pour honorer de leur présence le village de Beuil. Et les acclamations recommencent. Nous rencontrons des Alpins qui viennent préparer des baraquements pour les manœuvres qui se font en ce moment. Dîner dans la salle de l’École, où l’on allume le .poêle. Il y a 1° au-dessus de zéro et il règne un vent du nord rigoureux. Coucher chez l'habitant; billets de logement distribués par le maire, qui s’épuise en démarches pour être agréable aux membres de l’excursion avec l’aide de M. Perrotin fils.
- Le lendemain, deux coups de canon sonnent le réveil à quatre heures et demie. Rendez-vous à la mairie à 5 heures. Café. Il fait un vent du nord âpre et violent. « Vous n’avez pas de chance, disent les habitants. Vous ne pourrez arriver jusqu'au mont Mounier! » Les chevaux, les mulets et les
- muletiers sont rangés en bataille. Partira-t-on? C’est scabreux. Le ciel est semé de nuages menaçants. Le froid est très vif. Bah ! il faut accomplir le programme. C’est M. J. Rurandy, conseiller général, qui a la charge de l’excursion. « Messieurs, à cheval ! » Chacun court dévaliser les deux boutiques du pays. On prend des cannes ferrées, des lunettes bleues; on achète des chaussettes que l’on se passe aux mains en guise de gants fourrés, on achète des foulards dont on s’enveloppe la tête pour remplacer les passe-montagnes; on s’équipe comme Tartarin.
- Six heures. On part : 1500 mètres à gravir !
- Le sentier est à peine tracé. La caravane entre nous ressemble un peu à la cavalcade d’un mardi gras. Pardessus, châles, jambières, couvertures, bonnets, chacun disparaît sous un amas de vêtements. Seul, le général Joly, gouverneur de Nice, n’a que son manteau d’ordonnance avec le capuchon et fume tranquillement son cigare. Le vent cingle tout de même sans pitié les excursionnistes. M. Troost prend la tête sur un beau cheval blanc. M. Perrotin, qui est au milieu de nous comme chez lui, pousse son cheval du talon et dit simplement : « Suivez le cheval blanc! » Et l’on obéit. M. Duranty va de l’un à l’autre demander si tout va bien. Tout va bien, et surtout le vent qui souffle de plus en plus en tempête. Maudit vent, par 6° au-dessous de zéro! On avance. La caravane franchit des pentes de 25 degrés sur des pierres sans cesse mouvantes. L’air en mouvement vous pique et vous brûle. On arrive à la neige qui forme de longs îlots
- Fig. 2. — Ascension du'mont Mounier, 19 juin. (D’après une photographie de M. Javelle.)
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- Fig. 3.
- Confluent du Var et de la Vésubie.
- Fig. 4*
- Touët-dc-Beuil et la vallée du Var.
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- sur le roc. Une jument s’assoit, glissant sur la glace. Le cavalier se relève intact. Une demi-heure encore, et l’on est au sommet. Le vent s’apaise. La Marseillaise retentit de nouveau et les coups de fusil recommencent, faisant danser les chevaux et les mulets. Les musiques d’Isola et de Roubion, de Reuil, parties à 3 heures du matin, nous avaient devancés.
- II est 9 heures et demie. Voici l’observatoire. Deux bâtiments solides, une construction circulaire (jui renfermait une grande lunette, mais dont la coupole fut arrachée l’hiver dernier par une rafale dont nous pouvons soupçonner maintenant l’énergie. Les chevaux y sont mis à l’abri comme dans un cirque1. C’est sous cette coupole que M. Perrotin, en plein hiver, fit ses belles observations sur la rotation de Vénus, par 20 «à 25° au-dessous de zéro. Bon courage! Bureau téléphonique relié à Beuil et télégraphe jusqu’à Nice et au mont Gros. Tous les excursionnistes, un peu gelés, envoient des dépêches à Paris du haut de cette cime de 2800 mètres. Enfin, maison du gardien météorologiste, M. May-nard, un courageux modeste qui passe cinq mois là-haut avec sa femme, entouré de 4 à 5 mètres de neige, pour faire des observations continues.
- Quelle température ce matin, lui demandai-je? 10° au-dessous de zéro! — C’est assez joli pour le mois de juin. Il avait noté 3° au-dessus l’avant-veille. On déjeune un peu serrés dans l’appartement de M. et MmP Maynard; un poêle ronfle. On l’éteint. On ouvre les fenêtres. Le soleil chauffe. Il n’y a plus que 1° au-dessous de zéro. Et je déjeune parfaitement pour la première fois de ma vie à 1° au-dessous de zéro. Les provisions avaient été hissées sur des chevaux jusqu’au sommet! Quel déjeuner à 2800 mètres! Toujours le champagne dora les coupes et il était bien frappé. Puis concert par les musiques réunies de Beuil, Isola et Roubion.... Programme choisi!
- Le coup d’œil est féerique du sommet. On voit se dérouler la chaîne des Alpes Maritimes ; tout près l’Esterel, puis, au loin, le mont Blanc, les montagnes du Dauphiné, la Meige, les Alpes italiennes, spectacle inoubliable.
- La commission aura à étudier les modifications qu’il conviendra d'apporter à l’installation du mont Mounier. La coupole enlevée doit être rétablie. Il y aura encore quelques petites constructions accessoires à entreprendre.
- Mais les nuages se forment, la pluie tombe en Italie. Il faut‘hâter le retour. Et M. Troost enfourche son cheval blanc. On traverse les neiges, en musique. M. Maynard, le gardien de l’observatoire, nous guide; les chiens de montagne nous accompagnent et le vent nous est clément. La pente est positivement raide et les chevaux de leur pied expérimenté tâtent le>terrain. Une petite,neige tombe doucement pendant un quart xd’heure, mais le soleil brille de
- 1 Nous avons donné une photographie du mont Mounier dans le n® 1068, du 18 novembre 1893, p. 385.
- nouveau et la descente s’accélère. Nous avons mis trois heures et demie environ pour faire l’ascension des 1500 mètres qui séparent Beuil du mont Mounier ; la descente n’exige que deux heures et demie environ au milieu des éhoulis de sentiers, sans pitié pour les chevaux. A 3 heures, nous étions à Beuil : fusillade et musique. Nous abandonnons nos chevaux. On remercie le maire, on remercie M. Duranty, qui s’étaient dévoués pour nous rendre la route facile. Et, en charrette, nous poursuivons sans plus tarder notre descente à travers les gorges rouges et fleuries jusqu’à Touët-le-Beuil, station du chemin de fer. Dîner. Et retour à Nice, en train spécial, à 11 heures du soir. Le programme était accompli minute par minute. Dislocation. Retour à Paris.
- La morale de cette excursion, à la fois utile et charmante, c’est M. Darboux, doyen de la Faculté, qui l’a fait ressortir en termes très justes dans un toast à M. Bischoflsheim : « Grâce à vous, mon cher confrère, la France a été dotée du plus bel observatoire qui existe, et l’Université de Paris, à laquelle vous l’avez légué, saura remplir dans toute son intégrité le devoir qui lui incombe, de conserver votre œuvre, de la poursuivre, je n’ose pas dire de l’améliorer. Je bois à l’observatoire qui doit porter à l’avenir le nom d’ « observatoire Bischoflsheim ». Tout le monde applaudira aux paroles du doyen de la Faculté des Sciences, et la postérité reconnaissante n’oubliera pas le nom de ce véritable bienfaiteur de notre pays. Henri de Parviij.e.
- LES TRAINS SPRAGUE
- Une question importante qui se présente, quand il s’agit d’étudier la constitution d’un train d’un certain poids total devant rouler à une vitesse connue, est celle de l’adhérence. Il faut que le poids supporté par les roues motrices soit dans un rapport donné avec l’effort de traction que la machine doit exercer, sans quoi elles n’ « adhéreraient plus aux rails », et « patineraient », c’est-à-dire tourneraient sur elles-mêmes sans avancer.
- Pour les services de grande ligne ou de grande banlieue, on construit des locomotives à vapeur très puissantes et très lourdes capables d’entraîner à une grande vitesse les trains les plus chargés ; la rapidité du démarrage n’a que peu d’importance, étant donné le petit nombre des stations. D’ailleurs, avec l’emploi de la vapeur comme source de force motrice, on ne peut songer à adopter un autre système que celui des locomotives actuelles qui sont bien près de la perfection. Cette question de l’adhérence prend un intérêt tout spécial sur les lignes à stations rapprochées, car c’est elle qui régit la rapidité du « démarrage », c’est-à-dire le temps que prend le train à se mettre en vitesse. Le problème peut être repris avec profit-lorsqu’il s’agit.de traction électrique, et dans ce cas, pour les lignes métropolitaines et de banlieue, on peut rechercher
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- quel est, au point de vue de l'adhérence, le meilleur moyen à employer.
- Jusqu’ici on s'est pour ainsi dire exclusivement servi d'une voiture motrice unique située à l’avant ; elle était munie d’un, de deux ou de quatre moteurs montés sur les essieux des roues.
- La voiture motrice à elle seule doit posséder le poids adhérent requis par l’ensemble du train; il s’ensuit donc, que si ce poids adhérent est insuffisant et ne permet pas les elforts importants d’un démarrage rapide, la locomotive doit être surchargée de poids « morts » très considérables.
- Si, au contraire, on suppose que toutes les voitures sont motrices, si on munit tous les essieux de moteurs indépendants, le train se transformera en une sorte d’immense appareil tracteur dont le poids entier sans surcharge pourra être utilisé pour la traction. Le poids adhérent étant considérable, on pourra augmenter beaucoup l’effort de traction sans risquer de voir les roues patiner. Ainsi pour opérer le démarrage on pourra, au lieu d’employer un effort relativement faible et continu, faire appel à une énergie élevée pendant un temps très court. Le train pourra donc s’ébranler presque immédiatement à une allure rapide; puis, si la distance à parcourir n’est pas très grande, on pourra arrêter la dépense d’énergie et laisser le train courir sur son aire en diminuant progressivement les vitesses de façon à n’avoir à freiner que très peu avant l’arrêt.
- Les deux courbes (fig. 2 et 3) qui accompagnent ces lignes marquent d’ailleurs très clairement les résultats obtenus par des trains constitués suivant les deux systèmes. La figure 2 est relative à un train ordinaire formé d’une voiture tracteur et de plusieurs voitures de remorque; la figure 3 se rapporte à un train uniquement composé de voitures motrices. Les deux trains ayant le même poids, on s’est arrangé pour leur faire faire un même parcours dans le même temps. Les résultats sont donc bien comparables.
- Dans les deux graphiques, les .temps ont été portés sur l’horizontale et les vitesses sur la verticale. On voit que pour le train à moteurs multiples (fig. 5), on a pu obtenir très rapidement la vitesse maxima, puis on a pu arrêter la production d’énergie et laisser le train marcher tout seul en raison de la vitesse acquise pour ne freiner qu’à la fin, très peu de temps avant l’arrêt.
- Pour le "train à tracteur unique (fig. 2), au contraire, il a fallu accélérer constamment par un appel d’énergie; la vitesse maxima n’a été obtenue qu’à la fin, au moment où il fallait commencer à faire fonctionner les freins ; on conçoit que, dans ce dernier cas, la dépense d’énergie absolue ait été très grande. D’ailleurs, les deux courbes en pointillé marquent les consommations d’énergie pendant les deux parcours ; sur l’horizontale on a inscrit les temps ; les verticales se réfèrent maintenant à la puissance requise à chaque moment. On voit que dans une courbe l’énergie n’a été empruntée que pendant fort
- peu de temps, tandis que dans l’autre il a fallu y faire appel presque jusqu’à la fin du parcours. La surface comprise entre la courbe et l’horizontale est proportionnelle à la dépense en kwh. On peut constater que dans un cas elle a été de 1,68 kwh et dans l’autre de 2,40 kwh.
- Cette expérience est concluante ; la supériorité des trains à tracteurs multiples est indéniable, en admettant que l’on ne s’occupe pas de la question des dépenses de premier établissement qui n’est, d’ailleurs, qu’un peu plus élevée en ce dernier cas. Il y a donc un calcul à faire pour chaque exploitation particulière. Il est certain qu’en augmentant la vitesse entre deux stations rapprochées et en employant la même quantité d’énergie, on gagnera du temps; or, si sur un parcours de trente secondes on peut gagner cinq secondes, soit 18 pour 100, il est certain qu’on pourra posséder 18 pour 100 en moins du matériel nécessaire à l’exploitation avec tracteur unique, ce qui constitue une économie considérable.
- Le principe des tracteurs multiples étant admis, il fallait voir comment on pouvait le mettre en pra-tiquevrjine des grosses difficultés de l’emploi de ces tracteurs multiples consistait dans la difficulté de la commande; il fallait avoir recours à un wattman par voiture ; une harmonie parfaite devait régner entre les mouvements de ces différents agents; pour les faire agir tous en même temps, il fallait des signaux électriques ou phonétiques, bref la solution du problème, très jolie en elle-même, semblait présenter en pratique des difficultés sérieuses.
- L’invention de M. Sprague consiste précisément à rendre tous les mouvements automatiques, sous la commande d’un seul homme situé dans la voiture de tête.
- Ce dernier n’a à sa disposition qu’un petit appareil de dimensions fort réduites (fig. 1) dit manipulateur, qui a pour effet d’actionner les contrôleurs et les inverseurs de mouvements lesquels sont situés à proximité de chaque moteur, c’est-à-dire sous les banquettes des différentes voitures du train (fig. 5). Ces appareils reçoivent directement le courant de la ligne (par rail latéral, trolley, plots ou même accumulateurs), et agissent chacun suivant leurs attributions, ainsi que cela se pratique dans tous les tracteurs connus. L’idée que M. Sprague a mise en pratique a été de relier les différentes voitures, c’est-à-dire les appareils contrôleurs et inverseurs de chaque voiture, par des circuits de commande que traversent des courants de très faible intensité, les aimants agissent automatiquement sous l’action du wattman qui tient à sa disposition le manipulateur.
- Nous n’entrerons pas ici dans le détail de ces différents appareils, leur construction est assez compliquée; nous en indiquerons uniquement l’emploi. L’inverseur a pour but de changer le sens de rotation du moteur, afin de permettre la marche du train dans les deux sens; à cet effet, des contacts placés sur un cylindre mobile sont situés de façon à permettre ce changement de sens du courant. Ce
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- cylindre tourne d’un certain angle soit dans un sens, soit dans l’autre sous l’action d'une chaîne dont les deux brins se tiennent par des anneaux de fer doux situés au milieu de deux bobines indépendantes. En envoyant le courant de commande soit dans l’une, soit dans l’autre, le morceau de fer sera attiré soit d’un côté, soit de l’autre et entraînera le cylindre à l’aide de la chaîne. On conçoit (pie dans la position milieu il y aura absence de contact, par conséquent absence de courant, ce qui motivera l’arrêt du train.
- Dans cette position médiane, un ressort fait revenir le cylindre lorsque tout courant de commande cesse, par exemple dans le cas de rupture d’attelage.
- Le rôle du contrôleur est plus complexe. On sait
- qu’en pratique, il faut pouvoir faire varier la vitesse des moteurs; cette vitesse dépend de la différence de potentiel aux bornes du moteur.
- D'autre part, on ne peut lancer immédiatement le courant avec toute son intensité dans des moteurs non encore en mouvement. On commence donc par diminuer le courant, en quelque sorte, en le faisant passer par des résistances dont on diminue progressivement le nombre, jusqu’à les supprimer absolument du circuit lorsque le moteur possède sa vitesse normale.
- Le but du contrôleur est d’apporter diverses combinaisons successives de circuits correspondant à l’emploi de ces résistances. Il est constitué comme l’inverseur par un cylindre pouvant tourner sous l’action d’un petit servo-moteur électrique mis en œuvre par les courants de commande (fig. 5).
- Il ne faut pas diminuer trop vite les résistances de démarrage, car on pourrait détériorer gravement les moteurs par des sauts d’intensité trop grands; aussi le courant de commande, qui met en œuvre le servo-moteur actionnant le contrôleur, passe par un appareil régulateur qui l’interrompt chaque fois que l’intensité du courant des moteurs dépasse une valeur fixée à l’avance. De cette façon, toute voiture
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- Fig. 2. — Diagramme pour un train, composé d’une voiture motrice et de trois voilures ordinaires.
- motrice posée devient son régulateur propre, le travail de chaque moteur est adapté aux conditions spéciales dans lesquelles il se trouve placé. C’est ce qui permet de réunir dans un même train des voitures motrices différemment chargées, ayant des roues plus ou moins usées, etc. Si les moteurs n’avaient pas chacun leur régulateur, il arriverait
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- Fig. 3. — Diagramme pour un train composé de quatre voitures motrices.
- que certains prendraient trop peu de courant, d’autres trop. Ainsi que nous le disions plus haut, cet inverseur et ce contrôleur sont, en général, à la disposition directe du wattman qui agit immédiatement sur eux. Dans les trains Sprague, ces appareils se trouvent situés sous les banquettes des différentes voitures, c’est-à-dire à distance du conducteur, mais celui-ci peut quand même agir sur eux à l’aide d’une commande électrique qui permet de les mettre tous en mouvement en même temps et de la même façon. Tout le secret de l’invention est là.
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- LA NA Tl) LE.
- Les trains Sprague ont encore un autre avantage, c’est qu’ils peuvent être tronçonnés à volonté et
- suivant les besoins, de sorte que le nombre de moteurs qu’on emporte avec soi correspond toujours
- Fig. i. — Le train Sprague circulant sur le viaduc de la plaine d’issy (ligue des Invalides à Versailles).
- au poids qu’on a à entraîner ; ce fait produit, Les trains Sprague sont d’un emploi assez fréquent en bien des cas, une économie très appréciable. en Amérique, notamment au S.-S. Elevated de Chi-
- Fig. 5. — Disposition, sous les banquettes, de l’inverseur du courant et du contrôleur,
- cago, où ils sont exclusivement employés pour un application intéressante en ce moment, à Paris, important service métropolitain. Nous en avons une sur la nouvelle ligne des Invalides h Meudon (fig. 4);
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- LA NATURE.
- la Compagnie de l’Ouest a constitué un train spécial d’après les procédés de M. Sprague, seulement il n’est pas uniquement formé de voitures motrices comme en Amérique, on n’en a pris que trois, une située à l’avant, l’autre à l'arrière et la troisième au milieu ; elles encadrent des voitures de remorque ordinaires. A. da Cdnha.
- CHRONIQUE
- Observatoire des Açores. — L’observation a montré qu’un grand nombre de perturbations atmosphériques atteignent les côtes d’Europe après avoir passé par les Açores ou même s’ètre formées dans cette région. H est évident qu’un observatoire installé dans cette partie de l’Atlantique et relié télégraphiquement au continent rendrait de grands services pour la prévision du temps. Au Congrès de l’Association maritime, tenu cette année à Monaco, on a insisté sur l’importance de cotte station. Le Portugal a tenu à donner satisfaction aux désirs exprimés par le Congrès. Le service météorologique des Açores sera fait par des postes établis sur les îles Terceira, Sâo Miguel, Fayal et Florès. Il embrassera la climatologie, la sismologie, le magnétisme, la prévision des tempêtes. On n’a pas perdu de temps pour passer du projet à l’exécution. Le budget annuel est prévu pour 45 000 francs. Et l’observatoire a commencé à fonctionner le 10 juillet. Le roi de Portugal, accompagné de la reine, a tenu à présider lui-même la cérémonie de l’inauguration; il a traversé l’Océan pour montrer tout l’intérêt qu’il prend à une fondation qui promet d’être féconde. Ce poste avancé fera évidemment progresser le difficile problème de la genèse des tempêtes dans l’océan Atlantique.
- Am pôle Nord. — 11 ne faudrait pas croire que les explorateurs abandonnent le pôle Nord. Tout au contraire les expéditions s’annoncent de plus en plus nombreuses ; tandis que Peary et Sverdrup sont, chacun de leur côté, aux prises sans doute encore avec les difficiles chenaux du Groenland occidental, que l’Américain Stein termine son hivernage au cap Sabine, dans la terre d’Ellesmere, on parle des expéditions du Russe Makarov, du Canadien Bernier, de l’Américain Baldwin. Enfin M. Anschütz-Kampfe, de Munich, se propose d’atteindre le pôle au moyen d’un bateau sous-marin qui passerait sous la glace de l’océan Arctique. Un richissime Américain, M. W. Zie-glcr, est le Mécène de l’expédition Baldwin ; il consacre à la réalisation de cette entreprise la somme d’un million et demi de dollars. L’explorateur Baldwin a déjà fait ses preuves; compagnon de Peary au Groenland, il avait offert à Andrée un concours qui fut heureusement refusé, puis il avait fait partie de la seconde expédition Wellmann à la, rl erre François-Joseph. C’est vers cette même terre qu’il compte se diriger en juin avec trois navires dont l’un, YAmerika, équipé pour une expédition arctique, poussera aussi loin que possible vers le Nord, en emportant un grand aérostat. Tandis que YAmerika, prise par les glaces, se laissera porter, comme le F ram de Nansen, par le courant polaire. M. Baldwin, imitant Andrée, mais mieux préparé que lui, montera en ballon et cherchera à atteindre ainsi le pôle.
- Un bouquet monstre. — Lors de la dernière venue du président des États-Unis à San Francisco, la municipalité de la capitale de la Californie a offert à Mm" Mac-
- Kinley un bouquet colossal afin de montrer à quel point le pays était favorable à la culture des fleurs. Ce bouquet avait huit mètres de circonférence et six de hauteur ; son poids atteignait 500 kilogrammes. Mme Mac-Kinley se serait montrée très touchée d’un aussi rare présent, mais elle aurait renoncé à l’emporter avec elle et l’aurait laissé dans la salle où il avait été confectionné.
- Les noms de cités aux États-Unis. — Beaucoup de noms de villes et de communes des États-Unis ne manquent pas d’une certaine fantaisie. Au Texas, il est deux cités dont le nom se réduit à l’unique lettre K, tandis que, dans le Tennessee, il en est une autre désignée par les trois lettres ABC. Mais ce sont les lettres grecques qui ont été surtout mises à contribution ; il y a bien une douzaine d’Alpha et d’Oméga ; Kappa et Thêta sont représentés quatre fois, Delta 18 fois, etc. Beaucoup de cités ont reçu des noms latins, tels : Urbs en Géorgie, Summus dans l’état de New-York, Optima et Nihil en Pennsylvanie, Yox dans la Caroline du Sud et Vox Populi dans le Texas, Duo dans le Tennessee, Ego en territoire indien et Amicus, Pax et Exit dans le Texas. En outre, tout l’Olympe avec son cortège de dieux, de déesses et de muses, a été mis à large contribution ; il existe, en effet, des cités appelées Apollo, Diana, Jupiter, Juno, Bacchus, etc. Enfin la plus grande fantaisie s’est donné carrière dans les noms en langue vulgaire, qui, traduits en français, ont pour signification : soif, bière, grain, oie, veau, homard, etc. Il est même une ville qui a reçu un nom allemand qui signifie escroquerie.
- Le sel marin et là longévité. — Un charlatan ayant prétendu que le secret pour vivre longtemps résidait dans l’absorption du sel marin, un grand nombre d’habitants de New-York s’étaient mis à manger du sel d’une façon inconsidérée; c’était devenu une véritable mode. Les effets d’une semblable débauche n’ont pas tardé à se faire sentir. Les uns ont eu une attaque de scorbut ; d’autres ont perdu leurs dents; il en est aussi qui devinrent chauves. Tous furent atteints de troubles d’estomac et de faiblesse générale. Aussi l’expérience, ce qui était évident d’avance, est faite sur ce prétendu brevet de longue vie.
- Transbordeur électrique pour locomotives.
- — On commence d’employer assez constamment les transbordeurs sans fosse pour faire passer des wagons d’une voie à une autre dans une gare : l’opération est autrement moins longue que le passage au moyen de plaques tournantes et d’une voie de raccordement perpendiculaire aux voies principales, et la suppression de la fosse supprime du même coup les chances d’accidents pour les employés. Là ou l’on dispose de l’électricité, il est naturel d’y recourir pour la propulsion du chariot transbordeur, ainsi que cela se passe à la gare d’Atocha, à Madrid ; mais pour appliquer ce même dispositif à des locomotives, il faut combiner un appareil d’une résistance énorme. C’est ce à quoi l’on est arrivé dans la nouvelle gare du quai d’Orsay, à Paris, dont nous avons entretenu le lecteur : un chariot électrique long de 9 mètres, pouvant supporter une charge de 50 tonnes et pesant lui-même 25 tonnes, reçoit, presque à niveau, et en leur imposant seulement une montée de quelques centimètres suivant un plan incliné, les locomotives arrivant à l’extrémité des voies ; il les transporte rapidement à l’aplomb d’une voie quelconque où elles pourront refouler pour reprendre leur service en tête d’un train. Son châssis est
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- formé de sept lames d’acier et offrant une solidité à toute épreuve, pour que la voie qui est portée par eux soit elle-même à peu de hauteur de terre; ces lames reposent par leurs extrémités sur deux galets, si bien qu’il y a en tout 14 galets reliés en série de 7 par un arbre à manchons. Quatre de ces galets sont directeurs, un des arbres est mû, par l’intermédiaire d’une chaîne de Galle et d’un régulateur de vitesse, par une dynamo Thomson-Houston de 55 kilowatts. Elle reçoit le courant au moyen d’un trolley frottant sur des fers plats fixés au plafond.
- Le service d’incendie d’une compagnie ga-atiôre. — L’éclairage au gaz de la ville du Mans est assuré par une compagnie chargée également de l’éclairage de Vannes et de Vendôme, et qui possède toute une série d’installations ou d’institutions remarquables, parmi lesquelles nous citerons son service d’incendie. Il ne faut par croire, en effet, qu’il soit uniquement destiné aux sinistres qui peuvent se produire dans les établissements de la compagnie : il sert également à tous les incendies éclatant au dehors et. la Société tient gratuitement à la disposition de la ville une pompe à vapeur et deux pompes à bras attelées, une pompe de premier secours,'trois dévidoirs, quatre grandes échelles, etc., le tout desservi par 60 hommes exercés. De plus, toutes les nuits, veillent dans un dortoir spécial au moins 6 allumeurs de réverbères qui forment le piquet d’incendie destiné au premier départ, le poste étant relié téléphoniquement aux principaux établissements publics ou privés, casernes, service des eaux, et aussi au domicile des officiers de sapeurs-pompiers. Ajoutons enfin que des primes sont accordées à celui des agents qui a donné le premier le signal de l’alarme, ainsi qu’aux chefs et servants de pompes qui se trouvent sur le lieu d’un sinistre.
- Le trafic d'une gare à Londres. — Il faut dire qu’il s’agit de la principale des nombreuses gares que possède l’immense agglomération londonienne, celle dé Liverpool Street, où se rendent la plupart des petits omnibus alertes qui circulent en file ininterrompue dans le Strand. Cette station est située près de la fameuse Banque, et forme la tète de ligne du réseau appelé le « Great Eastern Railwav ». Elle ne possède que 18 voies, ce qui ne semble pas exagéré, et cependant en une journée, le 9 octobre (où il fut fait des comptages), le nombre des voyageurs qui y sont passés a été de plus de 150 000; pendant les vingt-quatre heures, il y est entré ou il en est sorti un ensemble de 1100 trains. Normalement, en semaine, on peut dire qu’il y arrive 75 000 voyageurs, dont 52 000 rien qu’entre 6 et 10 heures du matin, moment où les habitants suburbains se rendent à leurs occupations, principalement dans la cité. Pour assurer ce trafic de banlieue (pour employer le mot de nos lignes parisiennes), il y a en service 120 locomotives et 1500 à 1400 wagons, chaque train étant composé d’une quinzaine de véhicules et pouvant prendre 650 voyageurs.
- Le transport des cycles en chemin de fer. —
- S’inspirant des inventions plus ou moins compliquées qui consistent à suspendre les cycles par une de leurs roues dans les fourgons à bagages (inventions dont nous avons cité quelques-unes), la Compagnie P.-L.-M. a imaginé un système mobile qui rend les mêmes services, en se mettant en place ou en s’enlevant instantanément. Ce sont des perches en frêne, munies à une extrémité d’une coulisse qui leur permet de s’allonger en cas de besoin : elles viennent s’appuyer sur les cornières supérieures du cadre
- du pavillon du fourgon où on les installe, 40 machines peuvent être suspendues par une roue aux crochets qui y sont fixés. De la sorte 80 cycles tiennent dans un fourgon, et les perches peuvent être tenues en réserve dans les gares pour les jours d’affluence.
- Nos nouveaux sous-marins. — L’annexe des constructions neuves du projet de budget de la marine donne les renseignements suivants sur les vingt sous-marins qui ont été mis en chantiers au mois d’avril dernier ; ces sous-marins se répartissent ainsi : 4 à Cherbourg, Naicule, Protée, Lynx et Ludion; 6 à Roche-fort, Loutre, Castor, Phoque, Otarie, Méduse et Oursin et 10 à Toulon, Perle, Esturgeon, Benett, Souffleur, Dorade, Thon, Grondin, Anguille, Alose et Truite. Ces sous-marins, qui sont construits en acier, auront un déplacement de 68 tonnes avec une longueur de 25m,50, une largeur de 2™,26 et un tirant d’eau de 2m,41. Ils seront mus par l’électricité et leur machine actionnera une seule hélice. Leur vitesse maxima prévue est de 8 nœuds. Leur effectif comprendra un officier et 4 hommes. Ces petits sous-marins coûteront beaucoup moins cher que ceux qui les ont précédés; leur prix de revient est estimé 565 400 francs, soit 515000 francs pour la coque et l’appareil moteur. Outre ces vingt sous-marins, il en a été mis trois autres de types différents pour lesquels l’annexe des constructions neuves ne donne pas les caractéristiques. Le premier de ces sous-marins, en construction à Cherbourg, coûtera 489500 francs; le second, en construction à Rochefort, coûtera 799 000 francs; enfin, le prix du dernier qui est construit à Toulon sera de 924 500 francs.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 5 août 1901. — Présidence de M. Fouetie.
- Le carbonifère algérien. — M. A. Gaudry présente une Note de M. Collot, professeur à la Faculté des sciences de Dijon, relative à des fossiles appartenant au carbonifère et provenant du Sahara. Ces fossiles ont été trouvés par M. Viard, lieutenant aux bataillons d’Afrique, au cours d’une marche de Figuig sur Igli; ce sont des goniotites.
- La Société d’histoire naturelle d’Autun. — M. A. Gaudry fait hommage à l’Académie des Mémoires de la Société d’histoire naturelle d’Autun pour les deux dernières années écoulées. Ces Mémoires, fort intéressants, remplissent trois volumes. L’ouvrage contient, en outre, des Notices biographiques sur les savants disparus qui ont fait partie de la Société : MM. Milne-Edwards, Naudin, etc. La notice consacrée à Naudin est enrichie d’un fort beau portrait. La Société est présidée par M. Bernard Renault, et compte plus de cinq cents membres. Elle est très prospère nonobstant l’existence de la Société de Saône-et-Loire qui s’occupe d’études du même genre. Quoique vouée à des travaux de science pure, elle recrute un grand nombre de membres au Creusot, dans tous les rangs de la population.
- La prostate et les réflexes urinaires. —• M. le Dr A. Guépin adresse une Note sur le rôle des réflexes urinaires. Le spasme des sphincters urétraux entraîne à sa suite des troubles fonctionnels de la prostate pouvant aller jusqu’à l’état pathologique vrai. Ces troubles fonctionnels provoquent à leur tour l’excitation vésico-urétrale réflexe (fausse cystite). Par suite, la thérapeutique rationnelle des affections prostatiques doit nécessairement se baser
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- sur la parfaite connaissance des lois générales des réflexes urinaires.
- Varia. — M. Janssen communique une Note relative à des expériences faites à l’observatoire de Meudon, sur la transmission des ondes hertziennes à travers les liquides conducteurs. — M. André, directeur de l’observatoire de Lyon, envoie une seconde Note sur les variations lumineuses de la planète Éros. — M. Yallier communique de nouvelles recherches sur la variation de la pression dans les bouches à feu. — M. Stonoiewitch propose, pour détourner la grêle, une méthode électrosonore, consistant à produire, au sein des nuages, des fibrations sonores, en s’aidant pour cela d’un ballon
- Captif. Cil. DE VlLLEDECIL.
- COLLECTEUR DE POUSSIÈRES
- Ou sait les circonstances et les industries multiples où l’on a intérêt à posséder un dispositif qui permette d’arrêter, pour les recueillir, les poussières entraînées par un courant d’air ou de gaz : le moyen caractéristique pour obtenir le résultat désiré est de ralentir ce courant, pour que les particules lourdes se déposent, et aussi d’obliger ces mêmes particules à venir rencontrer et frapper des parois qui les forcent à tomber, sous l'influence de la gravité, dans le fond du récipient où elles se trouvent circuler. Des essais innombrables ont été faits dans cette voie, et des résultats plus ou moins heureux obtenus.
- C’est dans ce but qu’on a imaginé les appareils que l’on nomme des cyclones, et où l’abandon des matières denses, entraînées par le courant gazeux, se fait par l’eflèt de la force centrifuge s’exerçant sur ces matières, en raison de la giration du courant gazeux qui circule dans l’espace annulaire de l’appareil.
- Mais comme, outre la force centrifuge, il faut compter que le frottement de l’air et surtout des matières denses sur les parois circulaires de l’appareil est un facteur important dans la séparation poursuivie, peut-être plus important que l’autre facteur, il était naturel de chercher à combiner un dispositif augmentant la valeur de ce frottement et en donnant plus de développement aux parois.
- C'est dans cet esprit qu’est combiné le collecteur spirale de'M. Dan vin, dont nous publions une vue d’ensemble en même temps qu’une vue intérieure partielle.
- On va du reste aisément comprendre d’abord sa construction extrêmement simple et aussi son fonctionnement, non moins facile à saisir: les gaz tenant en suspension des poussières et des matières denses, aspirés par un ventilateur, sont refoulés dans le séparateur, et y pénètrent par l’orifice tangen-tiel A, pour parcourir le couloir en spirale qu’on voit nettement, et dont les parois, dans leur partie inférieure, ont un tracé hélicoïdal.
- Nous n’avons pas besoin d’insister d’ailleurs sur la façon dont l’enveloppe de tôle du collecteur circonscrit le mouvement des courants qui se forment dans l’appareil.
- En fait, les poussières tombent en b, où elles
- peuvent être recueillies quand on dévisse le bouchon qui est disposé au bas de l’entonnoir ; et les gaz qui en sont débarrassés s’échappent épurés par le manchon de dégagement C,
- Les expériences qui ont été faites ont permis de constater que ce collecteur donne les mêmes. résultats qu’un appareil du type courant, mais d’un volume 4 à 5 fois plus considérable. 11 remplace avantageusement les chambres à chicanes, et on a même pu l’appliquer avec plein succès pour arrêter les particules résineuses sur la cheminée d’un four à flamber les moules installée à Paris dans une importante fonderie, cheminée qui auparavant émettait d’épaisses et abondantes fumées : il ne s’échappe plus maintenant de cette cheminée que des particules extrêmement ténues et légères dont la dissémination dans l’atmosphère est pour ainsi dire immédiate, toutes les particules un peu lourdes se trouvant recueillies dans l’entonnoir du séparateur. 11 parait même qu’on poursuit ces essais en vue de déterminer les résultats que pourrait donner ce collecteur pour arrêter la projection des escarbilles et des flammèches hors des cheminées des locomotives. I). D.
- Le Gérant : P. Masson.
- Vue extérieure et dispositif intérieur du collecteur de poussières Dunvin.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1 A 7 5.
- 17 AOUT 1901.
- LA NATURE
- NOUVEAU TERRASSIER MÉCANIQUE
- Les Américains, dans l’obligation où ils sont de diminuer les frais de main-d’œuvre, les salaires étant chez eux fort élevés, ont imaginé un nombre considérable d’appareils permettant d’effectuer mécaniquement les terrassements et mouvements de terre, l’enlèvement des déblais, des terres, des roches. Lors du creusement du fameux canal de drainage de Chicago1, c’était une véritable débauche de cet outillage curieux autant qu’ingénieux, qui laisse derrière lui nos classiques excavateurs à sec.
- Voici un nouvel appareil du genre, qui a été récem-
- ment inventé par M. Harvey C. Lowrie, de la Société des Ingénieurs civils américains, et qui présente une série de particularités fort avantageuses : il est notamment très rustique de construction, n’a pas besoin d’une voie ferrée pour se déplacer, comme c’est normalement le cas pour les excavateurs ; il sert à charger immédiatement des tombereaux aussi bien que des véhicules quelconques, il est peu encombrant, et travaille pour ainsi dire dans tous les sens. Qu’on examine un peu attentivement le dessin que nous en donnons, et on va en comprendre presque immédiatement le fonctionnement : il est représenté creusant une tranchée, ou du moins, avec sa cuiller métallique, ramassant les terres suivant la pente d’une
- tranchée de déblais, mais il peut fonctionner dans de tout autres circonstances.
- Cet appareil porte avec lui son installation de force motrice, car on aperçoit, dans le trépied monté sur roues qui forme le châssis principal, une chaudière dont le réservoir d’eau est tout près et qui envoie sa vapeur à un petit moteur couché horizontalement sur le chariot. Des renvois convenables permettent de rendre ce chariot automoteur, d’autant plus que tout l’ensemble ne pèse pas plus de 8 à 10 tonnes. Les roues qui le portent normalement peuvent être enlevées quand besoin est, et le chariot est monté sur quatre galets qui assureront son déplacement dans un sens perpendiculaire à la direction des grandes roues, pour effectuer une excavation de longueur. On voit la variété des opérations auxquelles peut se
- 1 Voy. n° 4440, ilu 29 décembre 1900, p. 06.
- 29° annt'p. — 2e semestre.
- Nouveau terrassier mécanique.
- 1. Vue d'ensemble de l'appareil. — 2. Détail de la trémie de déchargement de la cuiller.
- livrer ce terrassier, et, dans la position même où nous le voyons sur la gravure, il est à même, en se déplaçant sur la droite, de faire une longue tranchée comme celle qu’il faudrait pour poser, par exemple, une canalisation en terre à une assez grande profondeur.
- La disposition principale et la plus intéressante de cet appareil, c’est certainement le grand bras incliné, et recourbé partiellement à son extrémité, qui s’appuie par le haut sur le sommet du trépied et par en bas sur une traverse presque horizontale que l’on voit à gauche de la figure, et où peut se déplacer un chariot qui porte le mécanicien de l’appareil. D’autre part, cette traverse même forme aussi chemin de roulement pour des galets qui donnent appui au grand bras d’excavation. Ce dernier, qui est fait de fers en U, peut pivoter et glisser dans la monture de sa partie supérieure, en roulant sur les galets d’appui dont nous venons de parler, et sous la traction de chaînes enroulées sur des cabestans qui se trouvent sous la main du mécanicien ; les déplacements du bras d’excavation dans le sens de droite à gauche
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- LA NATURE.
- sont simplement causés par les déplacements mêmes du chariot du mécanicien, qui prend appui par un engrenage et une crémaillère sur la traverse horizontale, composée en réalité de deux pièces parallèles. La cuiller de ce terrassier se présente sous une forme très particulière que fait bien comprendre le dessin, et elle se déplace, en roulant par quatre petits galets, à la partie inférieure du grand bras ; elle est remontée chargée par une chaîne qui va passer en haut de l’appareil et tourner ensuite sur un cabestan, et elle redescend sous la seule influence de la gravité. Quand elle arrive au bout de sa course, son fond s’ouvre automatiquement, son contenu tombe dans une trémie, et ce plan incliné peut conduire les déblais où l’on voudra, par exemple dans des wagons, des tombereaux, ou les faire tomber sur une toile sans lin qui les emportera au loin. 11 est même aisé de concevoir une disposition qui permette de combler une tranchée au fur et à mesure qu’avancent les travaux d’excavation, ainsi que cela devrait se passer pour la pose des conduites d’eau ou de gaz.
- On a évidemment compris le motif de la courbure du bras formant chemin de roulement pour la cuiller : cela donne le moyen de promener cette cuiller horizontalement sur le sol soit quand on commence une excavation, alors que le bras est relevé dans la position qu’indiquent les traits pointillés dans la figure 1, soit pour attaquer le fond de la fouille au fur et à mesure qu’on veut approfondir une tranchée. Bien entendu, l’avant de la cuiller est armé de deux lames métalliques comme elle-même, et qui jouent le rôle de charrues pour mordre le sol et le dissocier, afin qu’il se charge dans la cuiller.
- Assurément le débit d’un appareil de ce genre doit être moindre que celui d’un excavateur à godets, mais il répond à d’autres besoins et présente des avantages qui compensent cet inconvénient.
- Daniel Bellet.
- FORMATION DE NAPPES DE GLACE
- sous l’influence de la chaleur dans les volcans d’auvergne
- Tyndall disait que pour produire du froid, il faut beaucoup de chaleur. Je voudrais montrer que par des températures que l’on peut qualifier de torrides pour nos pays, alors que le thermomètre marque 55° centigrades au soleil et 54° à l’ombre, ainsi que je l’ai constaté plusieurs fois pendant le mois de juin dernier, il se forme en abondance de la glace dans certaines régions géologiques privilégiées, telles que les coulées de lave vomies par les volcans qui constituent la chaîne des Puys.
- Voyons d’abord le fait, j’essayerai ensuite de l'expliquer. La coulée du volcan de Corne, qui a une superficie de plus de 15 kilomètres carrés, est la plus étendue des volcans d’Auvergne; elle est en même temps la plus sauvage et la plus horrible, car elle constitue un véritable désert de pierre, très pénible à explorer. Sa surface semble profondément bouleversée : ce ne sont partout que .monticules rocheux disposés dans le plus grand désordre,
- que cavités irrégulières, rougies ou noircies, rappelant des cratères en miniature, desquelles partent des tissures et des galeries souterraines s’enfonçant dans la coulée et servant de repaire à des animaux de proie : blaireaux, renards, fouines, belettes, etc. Quelques rares arbustes, des mousses et des lichens vivent seuls au milieu de ces champs chaotiques que l’on parcourt avec difficulté. J’ai fait des promenades à cheval sur les coulées récentes du Vésuve, combien tourmentées, cependant ; il n’est possible ici que d’aller à pied et avec beaucoup de prudence.
- Si l’on descend, en été, dans quelques-uns des entonnoirs dont je viens de parler et notamment dans le seul qui soit connu des habitants des environs de Pontgibaud sous le nom de « trou de la glace », et dont parle Lecoq, une brusque fraîcheur, puis un froid très vif vous pénètrent.
- Et cependant le soleil darde ses rayons sur les rochers, on est à une faible altitude et aux plus chaudes journées de l’été. Votre surprise sera grande si vous examinez les anfractuosités rocheuses, car vous trouverez partout de la glace aux aspects variés. Ici des blocs irréguliers, des masses peu compactes; là d’élégante dentelle blanche tendue entre les noires rocailles; plus loin ce sont des stalactites qui simulent de petites colonnes de marbre et qu’on dirait supporter les rochers qu’elles réunissent. Parfois, lorsqu’il fait très chaud, le fond de la cavité est rempli de plusieurs mètres cubes de glace.
- En explorant plusieurs de ces entonnoirs, on constate le même phénomène de congélation de l’eau.
- Les touristes ne connaissent pas, et c’est dommage, cette curiosité naturelle située à 2 kilomètres de Pontgibaud, dans le bois et près du camp des Chazaloux et aux environs de Chambois. Je me permets de dire à ceux qui voudraient la visiter de se faire accompagner par un guide, car ils ne la trouveraient pas seuls.
- D’ingénieux industriels ont utilisé cette production naturelle du froid en créant une cave où ils laissent séjourner les fromages dits de Laqueuille, qui sont les pseudo-Ro-quefort du pays. Pour compléter l’analogie, j’ajouterai que c’est dans des caves très fraîches qu’à Roquefort même on fait « bonifier » les fromages.
- 'Durant les plus fortes chaleurs de l’été, les parois de la fromagerie de Pontgibaud sont couvertes de glace et il est dangereux d’y séjourner quelques minutes si l’on a un peu chaud avant d’y pénétrer.
- Dans les laves des volcans égueulés de la Vache et de Lassolas, qui forment les magnifiques cheires d’Aydat, plus connues, plus accessibles que celles de Corne, il existe de semblables glacières naturelles, connues de très rares personnes.
- Il est fort vraisemblable qu’il doit en être de même pour les coulées peu épaisses et scoriacées des autres volcans de la chaîne des Puys.1
- Hamilton a signalé depuis longtemps des faits analogues au pied de l’Etna, où des cavernes ouvertes dans la lave constituent de véritables entrepôts de glace pour toute la Sicile. Comment expliquer cette production de glace qui parait si étrange, au premier abord, puisqu’e//e ne se forme que lorsqu'il fait très chaud. Lecoq croyait à des courants d’air froid dont il n’indiquait pas l’origine. Voici, il me semble, de quelle façon a lieu le phénomène.
- R faut d’abord savoir que les coulées de matières fondues sorties des volcans de la chaîne des Puys se sont épanchées dans des dépressions plus ou moins marécageuses, fréquemment même dans des vallées (parcourues par des rivières) qu’elles ont comblées en partie ou totalement. Après ce remplissage l’eau n’en continua pas
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- LÀ NATURE.
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- moins à suivre son trajet primitif, mais il fut souterrain au lieu d’ètre aérien.
- A l’extrémité des courants laviques on devait donc voir réapparaître les rivières protégées par les coulées. C’est ce que l’on constate en un grand nombre de points où ces ruisseaux donnent naissance à des sources abondantes d’une remarquable limpidité, car les eaux ont été filtrées sur un long trajet, et d’une non moins remarquable fraîcheur, surtout aux jours les plus chauds de l'été.
- La plupart des substances fondues, émises par les volcans, sont poreuses, notamment les andésites et les labra-dorites. Cette propriété qui les rend plus légères et plus résistantes, les fait employer en grand dans la construction et dans la fabrication de nombreux objets d’ornement. Une partie de Clermont et de Riom ont leurs habitations bâties en lave de cette nature, dont le type est la pierre dite de Yolvic.
- Ces laves, souvent entremêlées de scories, qui reposent étroitement sur le sol humide, où l’eau ruisselle également, ou bien qui baignent par leur base dans l’eau des mares ou de la 'rivière sous-lavique, doivent facilement s’imbiber de liquide, en raison de leur porosité et des nombreuses et petites fissures qui les traversent. Si, sous l’influence de la chaleur solaire, la température de la surface extérieure s’élève, il se produira, aux points où la coulée est la moins épaisse, une véritable circulation d’eau de la profondeur à la surface de la lave, où elle s’évaporera. L’évaporation produira un refroidissement qui pourra être assez considérable pour amener l’eau à sa congélation.
- Si les choses se passent bien ainsi, il n’y aura production de glace que lorsque l’évaporation sera très active, c’est-à-dire lorsque la température extérieure sera très élevée. Par suite, c’est durant les journées les plus chaudes que la glace se formera en abondance et il ne devra pas s’en former en hiver, par ce procédé.
- 11 est aisé de se convaincre de tous ces faits en visitant les points que j’ai signalés plus haut et je ne doute pas qu’il n’v ait des étendues assez notables d’eau congelée non seulement dans la coulée de Côme, dans celles de la Vache et de Lassolas, mais aussi dans des coulées similaires. Il m’a paru que ce phénomène, très intéressant au point de vue scientifique, très curieux à observer au milieu d’une des régions les plus pittoresques de la France, méritait d’être mieux connu.
- Je crois, en outre, qu’il peut être susceptible d’applications pratiques. Il serait facile, en effet, de creuser de longues et basses galeries dans les points les moins élevés de ces coulées, on fabriquerait ainsi en été de la glace en grande quantité, sans aucun appareil et par suite sans dépenses. C’est là une richesse inutilisée et par suite perdue. 11 en est de même de l’acide carbonique qui se dégage en si grande abondance en de nombreux points de l’Auvergne et qu’on pourrait liquéfier, ainsi que je l’ai indiqué à maintes reprises, comme on le fait dans de semblables conditions en Allemagne, en Autriche, etc.
- Je veux espérer que mes souhaits se réaliseront un jour.
- Pu. Ulangeaud,
- Mailre tic Conférences à l'Université de Clermont-Ferrand. ——
- LE KILIMANDJARO
- La plus haute montagne de l’Afrique vient d’ètre l’objet d’une superbe et complète monographie1 qui nous permet
- 1 Dr Haas Meyer. Der Kilimandjaro. Jleis in und Sluchen, XVI, 436 p. Berlin, D. Reiner, 1900, 31tr,25.
- de résumer ce que l’on sait maintenant de précis sur ce puissant massif volcanique qui, pendant quatorze années, a occupé le Dr Hans Meyer, auteur de cet important ouvrage.
- C’est après de nombreux voyages au loin que le l)r H. Meyer s’attaqua, en 4887, à la redoutable cime, dont il atteignit l’extrême pointe en 4889 avec M. Purls-cheller, un émérite alpiniste autrichien ; puis des recherches de botanique et d’anthropologie furent entreprises par MM. Lent, Wolkens et Widemann. Enfin, M. Meyer compléta ses explorations antérieures en 1898, construisant alors une magnifique carte au 400 000\ II nous a appris, en somme, que la masse du Kilimandjaro figure un ovale de 80 km de longueur sur 50 de largeur, dressé sur un plateau de 600 à 1200 m d’altitude; c’est un dôme surmonté de deux pointes, le Kibo et le Mawenzi, distants l’un de l’autre d’environ 11 km et séparés par une dépression à l’altitude d’environ 5960 m. L’extrême sommet du Kibo, dent rocheuse nommée Kaiser Wilhelm Spitze, atteint 6010 m. Le Kibo est un oône à pentes de 25° à 35° creusé, au sommet, d’un cratère circulaire de 1600 m de diamètre; au centre se dresse un petit cône d’éruption d’ailleurs complètement éteint; le cratère est rempli de névés qui, par-dess îs ses bords, s’extravasent en plusieurs véritables glaciers dont les langues se terminent vers 4900 m d’altitude. Bien que le Mawenzi ne s’élève qu’à 5560 m et soit dépourvu de glaciers, son escalade complète serait beaucoup plus difficile que celle du Kibo, où le ravitaillement et l’altitude sont les seuls réels obstacles. Le Mawenzi n’est pas, comme le Kenya, un dyke volcanique, une cheminée solidifiée demeurée en saillie, mais bien la portion occidentale d’un cône dont le centre et l’est ont été emportés par quelque explosion. Sur une bien plus vaste échelle, Kenya et Mawenzi semblent donc présenter une disposition réciproque un peu du même genre que le Vésuve et la Somma. M. Meyer a pu constater qu’en neuf ans, de 1889 à 1898, la neige et la glace ont diminué dans le cratère de Kibo. E. A. M.
- NOUVELLES PERCÉES
- DES ALPES ORIENTALES
- Le gouvernement autrichien vient de décider la création, à travers lés Alpes Orientales, de trois nouvelles voies ferrées depuis longtemps projetées : celles de Mallnitz-Gastein, de Karawanken, et du Pyhrn. Leur objectif est d’améliorer les moyens de communication entre Trieste et les diverses parties de l’empire. Toutes trois comportent de longs tunnels où les travaux ont commencé à la fin de juin; plus courts que l’Arlberg (10 250 m) ces tunnels auront encore les respectables étendues de 8470 m pour la première voie (Tauern)/ de 8016 m pour la seconde (Karawanken), et de 4340 m pour la troisième (Pyhrn). Le tunnel de Tauern, à deux voies, commence à Boïkstein en amont de Gastein, par 1172 m d’altitude, atteint 1225œ,2 et sort au sud par 1216m,8 ; on compte y trouver une température de 26 à 27° G. et le terminer en sept ans et trois mois ; la masse à traverser est le gneiss et le gneiss granitoïde. Entre la Brave et la Save le tunnel de Karawanken demandera quatre ans et deux mois de travail, vers 613 m d’altitude. Celui du Pyhrn sera terminé en trois ans1. E. A. M.
- 1 Milllieil. du Club alpiu allemand-autrichien, 50 juin 1901.
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- LA NATURE.
- LA NOUVELLE ÉTOILE DE PERSÉE
- On a déjà parlé plusieurs fuis ici même de la nouvelle étoile apparue subitement, dans la constellation de Persée, le 21 février dernier1. Nos lecteurs ont encore présent à la mémoire le bel article de M. Maurice Fouché sur les étoiles temporaires, dans lequel le savant vice-président de la Société astronomique de France a résumé, avec son talent habituel, les idées que les astronomes se font de ces phénomènes. Nous n’y reviendrons donc pas. Nous voulons seulement donner quelques renseignements sur les dernières observations faites sur la nouvelle étoile et présenter une photographie que nous avons obtenue récemment, montrant exactement sa position par rapport aux autres étoiles de la constellation de Persée.
- Cette constellation redevient visible dès le commencement de la nuit et nous engageons vivement tous les lecteurs de La Nature à observer la Nova et à suivre ses curieuses variations d’éclat.
- Elle est encore actuellement visible dans une bonne jumelle ou une petite longue-vue, par un ciel bien pur et sans lune, mais il faut se hâter, car il pourrait bien se faire qu’elle commençât bientôt à diminuer considérablement et n’ètre plus observable que dans les lunettes astronomiques.
- La photographie que nous donnons est un agrandissement de une fois et demie environ, d’après un phototype obtenu le 21 juillet 1901 de 2h à 2h 15m, avec un objectif à portraits de 40mm de diamètre et 145mm de distance focale. Nous avons entouré la nouvelle étoile d’une petite circonférence blanche, afin de la mieux faire distinguer des autres étoiles environnantes. On voit qu’elle se trouve à peu près entre 8 et p de Persée (p est la curieuse variable régulière Algol). On trouvera facilement la dénomination des principales étoiles, en suivant jusqu’à leur rencontre les deux lignes, verticale et horizontale, absolument comme dans la table de Pythagore. La ligne-llèche inclinée indique la direction du nord.
- En examinant attentivement le phototype on re-
- 1 Yoy. n°* 1450, du 0 mars 1001, p. 250 et 1452 du 25 mars 1001, p. 258.
- marque que le 21 juillet, au matin, la Nova était un peu inférieure, photographiquement, à l’étoile 30 de Persée. Ce qui donnerait donc comme éclat 5,8 environ. Le ciel était très pur et on la voyait encore à l’œil nu, mais avec un peu de difficulté.
- Un grand nombre d’observateurs ont suivi consciencieusement cette nouvelle étoile depuis son apparition et en ont noté, jour par jour et même quelquefois heure par heure, sa diminution lente d’éclat accompagnée de fluctuations fort curieuses. Il semble résulter des observations une période de trois à quatre jours dans les variations d'éclat. Cette périodicité semble prendre une marche de plus en plus régulière, d’après M. José Comas, mais les variations tendent à devenir plus fortes. Elles atteignaient, en une période de quatre jours, une grandeur au mois de mars et maintenant on compte plus de deux grandeurs dans le même temps.
- Les observations ont été très difficiles à faire aux mois de mai et juin à cause de la faible hauteur de la constellation de Persée au-dessus de l’horizon nord. Ce dernier, de plus, était illuminé toute la nuit par le faible crépuscule du solstice d’été. Mais maintenant , comme nous le disions au commencement, la Nova peut être observée dès le début de la nuit et nous recommandons son étude, si agréable à poursuivre par ce temps de villégiature.
- Afin de faciliter les évaluations d’éclat, nous donnons ci-dessous un petit tableau renfermant la grandeur des étoiles environnantes pouvant servir pour la comparaison à la jumelle ou au télescope.
- 32/.......................................5,1
- 50........................................5,3
- 30........................................5,4
- Étoile entre la Nova et 50................0,5
- Entre la Nova et 321 il y a deux étoiles : la plus rapprochée de la Nova. . . . 7,U
- la plus éloignée........................7,8
- Petit triangle à 40' au N.-VV. de la Nova :
- la plus brillante.......................7,5
- les deux autres.................8,2 et 8,5
- F. UuÉMSSET,
- ^ Astronome.
- La nouvelle étoile de Persée.
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- LA NATURE
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- LE SÉLECTEUR DAVID ET LA MÉTALLURGIE DU CUIVRE
- Après des essais très prolongés, on est parvenu à appliquer le procédé Ressemer à la métallurgie du cuivre, à l’aide du convertisseur h tuyères horizon-
- tales : cet appareil permet de transformer en cuivre métal la matte sortant du four, mais il a de nombreux inconvénients, et ne peut éliminer qu’incom-
- Fig. 1. — Vue arrière du sélecteur David.
- plètement les impuretés qui se rencontrent dans les matières cuivreuses, surtout dans les minerais contenant des métaux précieux. Voici cependant que
- Fig. 2. — Vue de côté du sélecteur David.
- 1
- l’ingénieur directeur de la puissante Société des cuivres de France, M. P. David, poursuivant la purification qu’on n’obtenait pas en réalité pratiquement,
- Fig. 5.
- 1. Coupe en arrière du sélecteur. — 2. Coupe de profil. — 5. Phases diverses du traitement du minerai.
- vient de résoudre le problème en inventant le sélecteur, qui produit en une seule opération, d’une part le fond cuivreux, le bottom, contenant les impuretés de la matte, des métaux étrangers, et, d’autre jaart, le cuivre purifié à l’état métallique.
- Ce sélecteur a une forme sphérique, et ce afin de répartir régulièrement l’action du vent de la souffle-
- rie en évitant les projections de matte et, en outre, afin d’assurer une usure plus régulière du garnissage, qui fournit la silice nécessaire à la scorification du fer qui se trouve dans les minerais. Les tuyères sont disposées au fond de l’appareil, suivant les génératrices d’un hyperboloïde, si bien que l’air traverse tout le bain et entraîne une oxydation rapide.
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- Si l’on veut bien se reporter aux figures que nous donnons (fig. 5, nos 1 et 2), on verra que l’appareil est mobile autour d’un tourillon C, qui est creux et sert au passage de l’air sous pression : cet air suit ensuite un conduit I), pénètre dans la boîte à vent E et se répartit dans les tuyères. La rotation du sélecteur est produite, quand il en est besoin, par une manivelle M, une vis V et un engrenage R ; tout l’appareil roule du reste sur des galets convenables R dans un cercle 11. Notons comme très caractéristique l’existence d’une poche conique B qui sert à recueillir et à soutirer le fond cuivreux, ce qui ne laisse plus dans le sélecteur que la matte purifiée et qui forme relief hors de l’appareil.
- Nous donnons (fig. 3, n° 3) une sorte de petit dessin schématique qui permet de comprendre (quand on en suit les figures d’après la direction des (lèches circulaires) les différentes phases du traitement du minerai. En 1 on amène le sélecteur devant le four, on place dans sa gueule un canal en tôle garni de terre réfractaire et aboutissant au creuset où est rassemblée la matte, qu’on fait écôuler en débouchant le trou de coulée. Il faut arrêter le chargement avant que cette matte monte jusqu’aux tuyères : en 5 minutes on peut amener ainsi l’appareil chargé d’une matte d’une teneur de 25 à 35 pour 100 sous la hotte où s’effectuera le soufflage. C’est alors la deuxième phase, le tourillon creux étant réuni avec le tuyau d’arrivée de l’air. Bien entendu, l’appareil est redressé pour que l’air sortant des tuyères arrive dans la matte ; le gaz sulfureux se dégage par la hotte, et la scorie de silicate de fer demeure fondue sur la matte. En une vingtaine de minutes environ toute la scorification est terminée et la flamme devient bleuâtre. La troisième phase est la coulée de la scorie, qui est très fluide, et qu’on verse en inclinant le sélecteur et en raclant la dernière couche.
- Il reste dans le sélecteur du sulfure de cuivre contenant d’autres sulfures (or, nickel, étain, etc.) dont on va se débarrasser, dans la phase n° 4, en redressant le sélecteur et continuant l’opération. Les sulfures se décomposent, leurs métaux se réunissent au cuivre déjà formé, en 10 minutes au plus, et l’on obtient un cuivre impur ou fond cuivreux. C’est alors qu’a lieu la cinquième phase : on fait tourner le sélecteur dans une position inverse de celle où il était dans la phaseS, le métal fondu se décantedans la poche, au besoin on laisse cette décantation se faire quelques minutes, et on soutire, en perçant au point voulu, le garnissage réfractaire avec une broche en fer. On rebouche ensuite avec de la terre réfractaire et une broche en bois, quand la matte commence de paraître. Il faut ensuite former le cuivre pur (phase 6), autrement dit transformer le sulfure. On redresse le sélecteur, le soufre brûle, une partie du cuivre s’oxyde, l’oxyde et le sulfure réagissent mutuellement l’un sur l’autre, et finalement il reste un métal contenant de 98 à 99,5 pour 100 de cuivre, au bout de 15 à 25 minutes, et quand paraît une flamme rouge sombre.
- La dernière phase n’est plus que la coulée du cuivre dans les lingotières, par renversement de l’appareil.
- Cette invention est d’autant plus intéressante, que l’appareil fonctionnant même comme simple convertisseur a une supériorité incontestable. La durée d’une opération dépend de la richesse, de la pureté et du poids de la matte traitée ; mais en supposant, par exemple, une matte impure et pauvre à 30 ou 55 pour 100 et un sélecteur traitant 1500 kg, on mettra de 60 à 80 minutes pour effectuer l’opération complète ; un sélecteur travaillant dans ces conditions traitera de 15 à 20 tonnes de matte par 24 heures. En somme une opération au sélecteur est d’un tiers plus courte qu’au convertisseur.
- ___^____ P. ue M.
- LE DIRIGEABLE DE M. SANTOS-DUMONT
- M. Santos-Dumont a failli terminer d’une façon tragique des essais commencés sous d’heureux auspices et l’on ne peut qu’applaudir à la crânerie, à l’endurance, au sang-froid qui lui ont permis de sortir indemne de l’aventure. Qu’il ait ou non effectivement gagné le prix qu’il disputait, il importe peu, car tout porte à croire que son ballon pouvait le mener au but. Deux fois, par un temps très calme, il a failli réussir, au cours des tentatives presque journalières qui ont toujours échoué par suite de quelque incident imprévu, ce qui prouve tout au moins que l’appareil n’est pas complètement mis au point et ne saurait constituer qu’une solution par trop précaire du problème.
- Ce préambule n’ôte rien, bien entendu, de l’intérêt qu’offre la tentative de M. Santos-Dumont et que n’infirme pas la catastrophe finale. Cet intérêt réside principalement dans l’introduction définitive du moteur à pétrole en aéronautique, dans un essai de réduction du volume à sa limite extrême, enfin, dans la hardiesse du pilote qui n’a pas craint d’assumer à lui tout seul la tâche compliquée de manœuvrer à la fois les nombreux organes de propulsion, de direction et d’équilibre.
- Le ballon de M. Santos-Dumont, dont la partie aérostatique a été confiée à un constructeur expérimenté, M. Lachambre, a la forme d’un cylindre terminé par deux pointes coniques. La longueur totale, qui devait être de 34 mètres, a été portée à 56 mètres, avec 6m,50 de plus grand diamètre, soit un rapport d’allongement de 5,5. Sa capacité est de 550 mètres cubes; il est gonflé à l’hydrogène dont la force ascensionnelle est à peu près double de celle du gaz d’éclairage.
- Afin d’assurer l’invariabilité de forme et la rigidité qui sont indispensables à un dirigeable — l’expérience ne l’a que trop prouvé — pour lutter contre la résistance de l’air, M. Santos-Dumont, comme ses prédécesseurs, a adopté le ballonnet compensateur à air inventé par le général Meunier et construit par Dupuy-de-Lôme pour la première fois en 1872. C’est une sorte de cellule qu’isole, dans Tinté-
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- rieur même du ballon, un diaphragme flexible en étoile. L’enveloppe cesse-t-elle d’être tendue par suite d’une contraction quelconque du gaz, il suffit d’insuffler de l’air dans le ballonnet qui se gonfle et comble le déficit. Le ballonnet du « Santos-Rumont » n’a guère, croyons-nous, que 50 à 60 mètres cubes, ce qui peut paraître un peu faible. Il est relié par une manche en étoffe à un ventilateur en aluminium placé près du moteur et qui y refoule l’air automatiquement. Les deux compartiments du gaz et de l’air sont, d’autre part, pourvus, à la partie inférieure de l’aérostat, de clapets de retenue, de 15 centimètres de diamètre, réglés à la pression que l’on ne saurait dépasser sous peine de faire éclater l’enveloppe et équilibrés ensemble pour que ce soit toujours l’air qui s’échappe le premier.
- Sur le méridien horizontal de l’enveloppe, on a cousu des ganses interrompues, formant comme autant de coulisses où s’engagent, par leurs extrémités, de petits cabillots en bois destinés à l’accrochage des suspentes qui soutiennent, à 5 mètres au-dessous du ballon, la quille servant de support à la nacelle et aux appareils mécaniques.
- C’est une poutre légère de 18 mètres de long et de 1 mètre de haut ; elle présente un profil triangulaire dont les trois arêtes sont dessinées par trois membrures en bois, cintrées et réunies en pointe vers les extrémités, tandis que l’écartement est maintenu par une série de couples triangulaires régulièrement espacés. Des tendeurs obliques en fils d’acier achèvent d’assurer l’invariabilité de forme.
- Les suspentes elles-mêmes qui rattachent la quille au ballon sont de simples cordes de piano en acier de 8/10 de millimètre, munies de tendeurs à vis. M. Santos-Dumont n’a pas appliqué à cette suspension le système triangulé préconisé par Dupuy-de-Lôme ; mais néanmoins, par suite de la disposition très convergente de l’ensemble des suspentes, on pouvait espérer que l’invariabilité de position relative entre le ballon et la quille — qui est une des conditions de stabilité — serait suffisamment réalisée.
- La quille porte la nacelle, le moteur et ses accessoires qui sont distribués de manière à répartir convenablement les poids. La nacelle, placée à 2m,50 du maître-couple vers l’avant, est un panier d’osier évasé vers la base et pouvant tout juste contenir le pilote. Les progrès que l’industrie automobile a provoqués dans la construction du moteur à pétrole, depuis quelques années, en faisaient le moteur le plus indiqué à ce jour pour la locomotion aérienne. Comme le comte Zeppelin et d’autres aéronautes allemands, M. Santos-Dumont l’a adopté pour son nouveau ballon. Son moteur est du système Buchet, à 4 cylindres parallèles, allumage électrique et refroidissement à ailettes. La force nominale est de 16 chevaux à 1600 tours. Un réservoir cylindrique permet d’emporter un approvisionnement de 20 litres d’essence, assurant environ 5 à 6 heures de marche. C’est là une augmentation notable sur la durée du voyage possible et un des grOs avantages qu’offre le
- moteur à gaz, grâce à la légèreté spécifique de son combustible.
- La grande vitesse du moteur oblige à intercaler un démultiplicateur qui ramène à un taux normal le nombre de tours de l’hélice qui varie entre 150 et 200 tours. Cette hélice, dont l’arbre repose sur des paliers suspendus, est à deux branches formées de soie gommée fortement tendue sur un léger cadre d’acier ; elle a 4 mètres de diamètre et 4 mètres de pas. Marchant à 200 tours et essayée au point fixe, elle produit un effort de traction de 80 kg.
- L’appareil de direction est un gouvernail triangulaire en étoffe placé entre le ballon et la quille et dont le centre d’action est à 12 mètres du maître-couple.
- Rien entendu, les commandes de tous ces organes arrivent jusqu’au poste du pilote qui les a sous la main, ainsi qu’un léger treuil lui permettant de manœuvrer un guide-rope qui mérite une mention spéciale. C’est un câble courant sous la quille et laissant pendre ses deux brins libres aux deux extrémités. En agissant sur le treuil, on peut déplacer tout le câble, allongeant l’un des brins, raccourcissant l’autre, ce qui modifie la répartition des poids et permet de régler l’inclinaison du ballon : c’est donc un organe d’équilibre. 11 en est de même d’un sac de lest d’une vingtaine de kg susceptible de se déplacer le long de la quille. Le guide-rope pèse à lui tout seul 38 kg, le poids de la poutre et de toute la partie mécanique ne dépassant pas 250 kg.
- Les ascensions des 12 et 13 juillet ont permis de constater la manière dont l’aérostat se comporte, tout au moins en air calme, car la vitesse du vent ne paraît pas avoir dépassé 2 à 3 mètres par seconde. Le ballon obéit convenablement au gouvernail et tient bien sa route. Dans le plan vertical, le tangage est assez fort et deviendrait dangereux avec une augmentation de vitesse ou dans le cas d’une rafale imprévue : on se rappelle qu’en 1855, Gilfard faillit périr par suite du relèvement subit de son ballon, la pointe en l’air.
- Un des inconvénients du moteur à pétrole est d’imprimer d’assez fortes trépidations au bâti sur lequel il repose. L’essentiel, c’est que ces trépidations ne se transmettent pas d’une manière exagérée jusqu’au ballon lui-même.
- Il ne semble pas que le ballon ait développé une vitesse propre supérieure à 6 mètres ou 6m,50. Il est d’ailleurs regrettable que M. Santos-Dumont n’ait pas pu mesurer directement sa vitesse; il existe pour cela un moyen : le ballon-loch, s’il n’offre pas une exactitude absolue, ne peut en tout cas se tromper que par défaut et donner une indication minimum. Mais M. Santos-Dumont est seul dans sa nacelle et ne peut pas tout faire. C’est encore un des inconvénients inhérents à la petitesse du ballon qui force, en outre, à n’emporter que 20 à 30 kg de lest, quantité manifestement insuffisante pour les manœuvres les plus indispensables, à l’atterrissage notamment. Pour êtré pratiquement utilisable, tin ballon dirigeable devra ton-
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- jours enlever deux aéronautes pour les manœuvres et il chargé des observations qui seront le plus souvent n’est, pas exagéré d'y adjoindre un troisième voyageur, la raison d’ètre de l’ascension. Dans ces conditions,
- Fig. 1. — Ascension du 11 juillet. Fig. 2.
- Le « Santos-Dumont » effectuant sa descente au Trocadéro. Le ballon à terre. Vue arrière avec l’hélice.
- (IVaprès des photographies de M. Marcel Dura toux.)
- Fig. 5. — Le châssis-charpente. Moteur. Nacelle en osier. Hélice et gouvernail.
- Fig. A. — Le moteur. A gauche, réservoir d’essence ; les bobines d’induction. A droite, ventilateur pour gonfler le ballonnet. Au-dessus, embrayage de mise en marche et arbre de l’hélice. Au premier plan, tuyaux de l’échappement; cylindres et corps de piston.
- un volume d’environ 2000 m3 paraît nécessaire. I avait un cube de 1850 mètres. Or, si l’on prend ce Le ballon « La France », expérimenté en 1884-85, | ballon comme point de comparaison, on voit qu’il
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- Fig. 5.
- Sortie du hangard de l’Aéro-Club. Coteaux de Saint-Cloud.
- Fig. 6.
- Le « Santos-Dumont n° 5 » au-dessus du Bois de Boulogne
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- suffisait d’une force de 9 chevaux pour lui imprimer une vitesse de 6m,50, alors que son émule de 1901, dont la capacité n’atteint que 550 mètres cubes, exige environ 16 chevaux pour la même vitesse réalisée.
- En supposant que l’on agrandisse le ballon de M. Santos-Dumont jusqu’à 1850 mètres cubes, en lui laissant les mêmes formes, le travail moteur qui lui assurerait la même vitesse serait de 28 à 30 chevaux, tandis que 9 chevaux suffisaient au ballon « La France » pour un résultat équivalent. Ne ressort-il pas de cette simple comparaison que le rendement du nouvel appareil aérien est fort inférieur à ce qu’on a déjà obtenu?
- 11 convient, en outre, pour bien préciser la question, de se persuader qu’une vitesse de 6m,50 est insuffisante pour une solution réellement pratique du problème. Le colonel Renard s’est empressé de le déclarer le jour même où il obtenait cette vitesse : si l’on veut pouvoir voyager 8 fois sur 10 et tenir tête au vent, il faut atteindre et dépasser la vitesse de 12 "à 15 mètres par seconde. Or, toutes choses égales d’ailleurs, la force motrice croît comme le cube de la vitesse. Pour doubler la vitesse, il faut multiplier par 8 la force motrice. Un ballon de 1850 mètres du type « La France » exigera donc 72 chevaux; du type « Santos-Dumont » il en exigerait 224 à 240. Les chiffres sont brutaux, et les lois de la résistance de l’air sur les ballons allongés sont suffisamment connues depuis les expériences du colonel Renard, pour qu’en opérant sur des objets « semblables » on leur puisse accorder confiance.
- • Puisqu’un regrettable accident est venu interrompre la série des essais de M. Santos-Dumont et forcer de les reprendre sur de nouveaux frais, il est à souhaiter qu’on tienne compte des enseignements qui en découlent; mais peut-être n’était-il pas inutile de poser nettement les termes du problème, et d’indiquer le but où doivent tendre les efforts des chercheurs, en s’inspirant des travaux inoubliables de leurs devanciers, les Dupuy-de-Lôme, les Giffard, les Tissandier, les Renard et les Krebs. Ceux-ci, en particulier, ont déjà rempli, avant la lettre, les conditions imposées par M. Deutsch. Dans le concours institué par ce généreux Mécène de l’aéronautique, s’agit-il d’autre chose, en effet, que d’effectuer un parcours déterminé de 11 à 12 kilomètres, en revenant au point de départ? La durée maximum du trajet est fixée à une demi-heure, ce qui correspond à une vitesse de 6m,50 à la seconde. Or, en 1884-1885, MM. Renard et Krebs ont réalisé ce programme cinq fois sur sept sorties qu’ils ont effectuées. Ils ont parcouru une boucle fermée d’environ 12 kilomètres et leur vitesse constatée a été de 6m,50. Ils' n’ont pas tourné autour de la Tour Eiffel; mais celle-ci n’existait pas à cette époque, ce qui constitue une suffisante excuse ; d’ailleurs le viaduc du Point-du-Jour et la Concorde ont sans doute la même vertu démonstrative. G. Espitai.lieh.
- UN TÉLÉMÈTRE DE POCHE
- Los télémètres sont légion, et il on existe qui sont d’une précision remarquable, mais qui ont tous l’inconvénient grave d’abord d’être des instruments compliqués et encombrants, et aussi de coûter fort cher par suite même de leur complication et de leur précision. On doit donc admettre qu’il y a encore place, dans l’outillage de ceux qui ont besoin d’estimer rapidement la distance d’objets inaccessibles, pour un télémètre très simple, bon marché, et donnant des approximations fort suffisantes pour la pratique courante. Aussi avons-nous examiné avec intérêt et tenons-nous à signaler un télémètre réellement minuscule, qui est dû au colonel Quinemant, et qui est construit par un fabricant ingénieux, M. Pouech.
- Par définition, cet instrument est destiné à opérer rapidement la mesure de la distance qui sépare un observateur d’un point inaccessible ou d’un point où il ne veut point se porter. Nous devons dire qu’il mérite réellement le qualificatif de minuscule, puisqu’il ne pèse même point
- Télémètre Quinemant.
- 30 grammes et peut se porter <^i breloque, au moyen d’un anneau qui est fixé à son dos : ses dimensions sont, quand il est plié, de 0m,03 de longueur environ sur 0m,02 de largeur. Replié, il affecte assez bien l’aspect d’un livre, et c’est encore cette impression qu’il donne quand il est ouvert, ou plutôt entr’ouvert, car il ne peut et ne doit pas s’ouvrir complètement ; c’est comme un tout petit album, à l’intérieur duquel on aperçoit des miroirs. Il se compose en effet, en dehors des enveloppes de cuivre nickelé qui ne servent qu’à recouvrir et à protéger les miroirs, et de l’anneau qui donne prise à la main pour maintenir l’instrument, de trois miroirs, deux petits et un grand, les deux premiers disposés dans une des faces de l’appareil, l’autre dans la seconde face. Un ressort est, disposé intérieurement pour maintenir l’instrument ouvert à un angle constant que les prolongements des enveloppes nickelées empêchent de dépasser. Précisément, grâce à ces prolongements formant talons et aussi au jeu du ressort, il suffit pour ouvrir l’instrument de presser sur le bout des deux faces externes, tout près de l’anneau. On comprendra aisément cette disposition en examinant les figures ci-jointes, où l’on pourra également remarquer que le bord de chacune des enveloppes (qui retournent pour enchâsser complètement les petits miroirs) présente une échancrure dont nous allons constater le but, d’ailleurs un peu secondaire.
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- Le principe de ce télémètre, essentiellement portatif, est la double réflexion : il donne, en effet, le moyen de résoudre un triangle isocèle dont il fournit mécaniquement les angles à la base ; le produit de cette base, mesurée sur le terrain par le coefficient de l’instrument (qui résulte de sa construction), donne la longueur de l’un des côtés du triangle, c’est-à-dire précisément la distance cherchée. Quelques explications complémentaires, sur la façon dont il faut employer l’instrument, achèveront de faire comprendre son principe et la facilité d’opération qu’il permet.
- Il est naturellement nécessaire d’effectuer deux opérations qui ont pour but de déterminer les extrémités de la base à mesurer. Nous faisons remarquer, bien que cela soit évident, que, pour trouver le champ de l’instrument, il suffit d’apercevoir la moitié du miroir tourné vers l’observateur ; les images des objets à observer doivent être vues droites et d’aplomb telles qu’elles apparaissent en réalité sur le terrain. Comme on fait la première visée en regardant dans la face du télémètre composée de deux miroirs, on aperçoit aussi deux images du but : l’une dans le miroir supérieur, l’autre dans le miroir inférieur ; mais on ne doit s’occuper que d’une seule, celle qui apparaît dans le miroir que l’on considère.
- Supposons que nous voulions trouver la distance d’un objet, par exemple d’une tour qui se trouve au loin sur notre droite et qui est indiquée par la lettre C dans la figure un peu schématique que nous avons fait dessiner ici.
- Nous nous tenons debout au point A supposé sur le terrain, nous nous tournons dans une direction S qui fait sensiblement angle droit avec AC, en laissant par conséquent G à droite, puis nous ouvrons complètement l’instrument, et, en le tenant de la main gauche à la hauteur et tout près de l’œil gauche, nous cherchons dans le miroir supérieur l’image du but C. Nous amenons ensuite cette image près du bord supérieur en abaissant légèrement l’instrument, et, grâce à l’échancrure de l’enveloppe dont nous avons parlé plus haut, il nous est facile de chercher en avant le repère placé intentionnellement ou existant naturellement dans la direction S, et, le rayon visuel frisant le haut du miroir, d’amener la coïncidence entre l’image et le repère en se déplaçant à droite ou à gauche, en avant ou en arrière. Au moment de la coïncidence, on est dans la première station A, qu’on marque soigneusement : c’est un des sommets du triangle. Pour avoir le second, on commence par retourner l’instrument sens dessus dessous, sans se déplacer, puis on observe à nouveau, en tenant l’appareil de façon identique, et en cherchant l’image du but dans le nouveau miroir supérieur ; il faut faire coïncider à nouveau cette image avec ce repère, et, pour cela, tout en se tenant exactement sur le prolongement de la ligne AS, on avance ou on recule suivant que l’image de C se trouve trop à droite ou trop à gauche du repère. Nous n’avons point à dire qu’il faut maintenir l’appareil bien immobile avec les deux mains et que la tête ne doit pas bouger. Au moment de la nouvelle coïncidence, on a la seconde station B, qu’on marque comme la première.
- On mesure sur le terrain la distance AB, on multiplie la longueur trouvée par le coefficient de l’instrument, et on obtient la distance AC, identique à BC.
- En somme, l’emploi de l’instrument est aussi simple que sa construction même : toutefois il est certains conseils que l’on fait bien d’observer quand on pratique la mesure des distances avec ce télémètre. C’est ainsi
- que, bien que le repère puisse indifféremment être visé soit par en dessus, soit par en dessous l’instrument (en suivant toujours naturellement la même manière de faire aux deux stations), il vaut mieux opérer constamment d’une façon identique, car les observations sont plus sûres et plus rapides. Le repère naturel ou mis en place pour l’opération doit être aussi éloigné que possible : on comprend, en effet, que l’image est vue plus distinctement et que les erreurs commises sur la direction sont moins importantes par leur résultat. Le but peut être laissé indifféremment à droite ou à gauche. D’une façon générale, dans la seconde partie de l’opération, il est toujours mieux de reculer, parce que l’alignement sur A et S se trouve plus aisément assuré, et, pour avoir à se porter en arrière, le but étant à droite, on choisit comme miroir de visée à la première station le miroir où l’image apparaît le plus à gauche. D’ailleurs, pour bien employer ce télémètre, il est bon de se soumettre à un peu d’entraînement comme pour le tir, puisque les erreurs de visée sont multipliées par le coefficient de l’instrument.
- En somme, ce petit appareil est bien compris, et nous avons vu notamment des officiers d’artillerie qui s’eu sont servis longtemps et en sont fort satisfaits.
- Daniei, Beu,et.
- TRWEHSÉE D’UNE RIVIÈRE
- PAR UN RÉGIMENT d’iNFANTERIE
- Les procédés servant à soutenir sur l’eau proposés par les inventeurs ont toujours été fort nombreux. Le système inventé par le commandant Cluchagne et qui, d’ailleurs, a déjà été mis en expériences dans plusieurs circonstances, diffère sensiblement de tous ceux qui l’ont précédé, car ici c’est d’une méthode nouvelle qu’il s’agit, méthode dont les applications sont à même d’avoir dans la suite des conséquences d’une portée considérable puisqu’elles sont de nature à être utilisées dans l’armée.
- En principe, l’appareil est d’une simplicité remarquable. Il se compose de bouées métalliques de 30 centimètres de longueur ayant la forme de cylindres dont la directrice est un cercle de 15 centimètres de diamètre. Si l’on attache deux de ces bouées à une ceinture de gymnastique (fig. 1), on possède un instrument de natation de premier ordre et d’une facilité de pose très grande. En quinze secondes, un homme peut mettre cette ceinture et l’attacher autour de sa taille; ainsi équipé, il pourrait au besoin se sauver en cas de danger ou porter secours à une personne en péril. La puissance ascensionnelle du flotteur est telle qu’avec lui un homme habillé peut traverser une rivière sans savoir nager, rien qu’en faisant les mouvements du marcheur, le corps restant debout et les avant-bras posés sur un des cylindres. Une personne revêtue de la ceinture peut soutenir dans l’eau deux hommes à la fois sans avoir à craindre d’être entraînée au fond de l’eau par les mouvements désordonnés de ceux qu’on cherche à sauver.
- On conçoit qu’un appareil de ce genre doive
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- rendre de grands services à la natation. M. le commandant Cluchagne en a fait l'expérience dans son
- régiment. Des leçons de natation ont été données sur l’eau, sous forme d’exercices militaires, les mouvements s’opérant au commandement comme ceux exécutés sur la terre ferme. Grâce à cette méthode, sur 100 hommes, composant un peloton d’instruction au 77e régiment d’infanterie, 50 ont appris h nager en cinq exercices. Aussi dans ce même régiment a-t-on vu le nombre des soldats ne sachant pas nager descendre de 95 pour 100 à 55 pour 100 après dix séances de baignades.
- 11 est certain que les services rendus h l’armée par la ceinture du commandant Cluchagne seraient les mêmes pour les personnes qui voudraient s’adonner à la natation, à apprendre cet art généralement si difficile de se soutenir et de se mouvoir sur l’eau.
- Le commandant Cluchagne a donné à sa bouée une extension considérable et l’a appliquée au passage à pied sec des rivières par une compagnie d’infanterie. A cet effet, il fait subir au flotteur une légère modification qui consiste à le transformer en bouée dont les deux parties peuvent se rapprocher et déterminer une fermeture hermétique. Dans ces conditions, ce flotteur rend de multiples services; par sa forme, il peut être placé sur le havresac du soldat et contenir sa tunique de rechange, de sorte qu’en cas de pluie, celle-ci reste sèche et peut efficacement, à la fin de
- l’étape, garantir le soldat, alors qu’une tunique mouillée pendant la marche n’est guère à même de provoquer un avantage quelconque. L’appareil est donc essentiellement hygiénique. Enfin, les deux parties du cylindre peuvent aussi être employées comme seaux ou marmites dans les haltes.
- On sait que si, dans les manœuvres de cavalerie, les rivières ne sont jamais considérées comme des obstacles, on ne peut en dire autant quand il s’agit de l’infanterie pour laquelle un cours d’eau, souvent de petite importance, est un obstacle infranchissable.
- C’est pour chercher à vaincre cette difficulté que le commandant Cluchagne a donné à ses bouées métalliques un emploi nouveau. Il les réunit ensemble grâce à un système d’attaches spéciales et arrive à former ainsi soit des radeaux, soit même des ponts. Les radeaux sont employés pour le passage des grandes rivières et les ponts pour celui des cours d’eau plus étroits.
- Il commence par réunir les étuis les uns à la suite des autres, de façon à constituer des tubes aussi longs qu’on veut. Il suffit alors de réunir ces tubes les uns aux autres, en les accolant, pour former des
- .Fig, 2. — Traversée d’Ane rivière sur un radeau formé de 160 étuis couvre-veste et pouvant supporter six hommes avec leur chargement.
- plates-formes. Afin de donner à celles-ci la rigidité nécessaire, on adjoindra au système des bouts de
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- bois qu’on pourra ramasser dans les parages du lieu et n’est lancé à l’eau que lorsqu’il est complètement ou se fait l’opération. L’appareil est construit à terre terminé, que ce soit un radeau ou un ponceau. Sa
- Fig. 5. — Transport d’une passerelle llottaute de 12 mètres de longueur et de 0“,90 de largeur formée avec 215 étuis couvre-veste (poids 220 kilogrammes).
- légèreté est très grande, aussi quelques hommes suffisent pour transporter facilement la passerelle jusqu’à
- Uendroit ou doit avoir iieu la mise à l’eau (fig. 3). Il est facile de comprendre que la surface obtenue
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- pour la réunion de ces boîtes cylindriques n’offre pas les conditions nécessaires pour la stabilité des personnes qui voudraient se tenir debout sur elle. C’est pourquoi on a soin, avant de livrer ces plates-formes au service et à la circulation, de les recouvrir de branchages, d’herbes, de fourrages et de matériaux légers capables de donner la planimétrie nécessaire.
- Les radeaux formés de la sorte peuvent avoir
- 5 mètres de coté; c’est le cas de celui qui est représenté par la ligure 2; il est composé de 160 étuis. Pour le faire naviguer, on le dirige h la gaffe. On a pu ainsi ^ transporter un chargement composé de
- 6 hommes, de 46 havresacs et de 4 fusils, soit un poids total de 740 kg, chiffre qui n’est qu’un peu inférieur à la moitié de la charge réelle que le système aurait pu soutenir. Le ponceau, construit avec les étuis (lig. 4), était formé par la réunion de huit tubes accolés les uns à côté des autres. 11 a servi au passage d’une rivière de 14 mètres de largeur. Comme on le voit, 10 hommes peuvent facilement tenir à l’aise sur lui ; toutefois s’il s'agissait du passage proprement dit par des hommes en marche, il ne faudrait pas en mettre plus de quatre à la fois, à cause des vibrations produites par le mouvement des pas.
- Il est certain que l’appareil du commandant Clu-chagne permettra le passage facile des rivières à un régiment d’inlanteric. C’est un résultat qui valait la peine d’ètre signalé. A. da Cujnha.
- NÉCROLOGIE
- Le prince Henri d’Orléans. — C’est avec une grande émotion que l’on a appris à Paris dans le monde savant la mort du prince Henri d’Orléans. Tout jeune, plein de vie, il s’était fait une place à part parmi ceux qui ont voué leur existence à faire honorer le nom français au delà des mers. C’était une figure sympathique à tous, une personnalité grandissante qui avait déjà rendu des services à notre pays. Le prince avait déjà des services coloniaux très complets. Ne pouvant appartenir à l’armée, il se voua aux explorations. Il débuta dès 1887 par un voyage aux Indes et en rapporta un petit volume, ses premiers essais : Six mois aux Indes. En 1889, il partait à vingt-deux ans en compagnie de M. Bonvalot et du Père Dedecken pour l’Asie Centrale; il revint avec un nom populaire. Traversant la frontière chinoise, il marche pendant un an pour atteindre le fleuve Rouge. Tout le monde se souvient de son passage si mouvementé à travers la chaîne du Thibet. Au retour en France, M. Bonvalot reçut la médaille d’or de la Société de géographie en partage avec le prince Henri et le P. Dedecken. Le jeune explorateur avait été aussi attiré par la côte orientale d’Afrique. Il résolut d’aller vers les régions abyssines. Au cours d’un premier voyage, il fut reçu par le Négus qui le combla d’honneurs. Une seconde fois, il partit pour Addis-Ababa avec le dessein d’atteindre le Nil et de rencontrer Marchand. Les événements que l’on a encore dans la mémoire lui firent renoncer à ce projet. II revint à Paris pour repartir bientôt avec M. Bonvalot pour l’Asie. Les deux amis se séparèrent en route. Au mois de mars 1896 il était, au retour d’un troisième voyage en Asie, le héros d’une réception solennelle dans le grand amphithéâtre de
- la Sorbonne. Le jeune explorateur venait de faire, du golfe du Tonkin au golfe du Bengale, un voyage qui complétait les travaux de Doudart de Lagrée et de Francis Garnier, et qui avait été effectué avec de très grandes difficultés au milieu de pays que les Anglais déclaraient eux-mêmes « imparcourables ». Ce voyage valut au prince Henri la grande médaille d’or de la Société de géographie de Paris, et la croix de chevalier de la Légion d’honneur. Le fils du duc de Chartres considéra cette distinction comme un encouragement à continuer à servir son pays.
- Il s’efforça de faire prévaloir l’influence française dans ses nouveaux voyages et il écrivit de nombreux articles dans diverses revues et journaux quotidiens. Les événements de Chine le décidèrent à faire encore le voyage d’Asie, le dernier, hélas ! Il voulait retourner en France par les États-Unis pour étudier l’institution des conférences que font annuellement des professeurs et des littérateurs français. Il désirait tout voir de ses propres yeux. « On se prépare à savoir, disait-il, avec des livres, mais on ne sait bien que lorsqu’on a vu soi-même. »
- Quand il tomba malade dans l’Annam, il venait d’envoyer en France une première communication, sa dernière œuvre, ayant pour titre : « Excursion de Kratié à Nha-Trang à travers la province de Darlak » ; elle portait la date du 14 juin 1901.
- La destinée fatale l’a arrêté en chemin. II est mort loin des siens, à Saigon, après un mois de maladie. Sort cruel qui a fait verser bien des larmes à tous ceux qui avaient eu l’honneur de l’approcher. C’est un homme de grande valeur que nous perdons, un Français qui faisait honneur à la France. H. de P.
- CHRONIQUE
- Le Nantos-Dnmont n° 6. — Le Santos-Dumont n° 5 a vécu. On connaît tous les détails de l’ascension et de la chute du 8 août sur les hôtels du Trocadéro. Le ballon était parti de son hangard des coteaux de Saint-Cloud, avait doublé la tour Eiffel et s’était de nouveau dirigé sur le Bois, quand une rafale de vent le rabattit sur Paris. Les cordes de manœuvre fonctionnant mal, le moteur s’arrêta. Le ballonnet ne s’emplit plus, le ballon se dégonfla, fut rejeté sur les cheminées et fit explosion. On sait le reste. Il faudra ne pas oublier qne le vent n’a pas toujours une vitesse égale, qu’il existe des sautes de vent, de petites rafales, et que pendant ces périodes la vitesse est notablement augmentée. Un aérostat peut être saisi par ces mouvements capricieux et obligé de s’en aller à la dérive. Le vent n’est pas horizontal forcément. Il peut présenter des composantes verticales ou ascendantes et l’appareil en leur obéissant être rejeté vers le sol ou brusquement soulevé. Quoi qu’il en soit, M. Santos-Dumont, à peine sauvé de ce naufrage dangereux, n’a eu qu’une idée : recommencer au plus vite! Et en une nuit un nouveau projet de ballon fut dessiné et quelques jours plus tard, M. Lachambre commençait la construction du ballon n° 6 qui doit être prêt à prendre l’atmosphère dans les premiers jours de septembre. Le nouveau dirigeable mesurera 34 mètres de long, 6 mètres de diamètre et cubera 630 mètres, environ 100 mètres cubes de plus que son aîné dans la carrière. Cette augmentation de volume permettra d’accroître le poids du moteur de 20 kg pour introduire quelques modifications jugées utiles par M. Buchet, le constructeur de la machine motrice.
- L'aviateur Roze. — Il est prêt à s’enlever. Ce ballon aviateur est tout gonflé dans son hangard de Co-
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- lombes-Argenteuil. Deux énormes cigares, deux fuseaux de 45 mètres de long, dont la carcasse est constituée par une série de cercles en aluminium. Les deux fuseaux sont çendus solidaires. Au-dessous une nacelle de 1 ‘2 mètres de longueur, très effilée, affectant la forme d’un bateau ponté. Au centre de cette nacelle, un vrai salon. A l’avant la cabine du pilote. Sur le pont la machine motrice commandant quatre hélices : deux servant à l’élévation, deux à la propulsion. Car le ballon est lesté de façon à ne pouvoir s’enlever par lui-même. Ce sont les hélices de suspension qui le feront monter dans l’atmosphère. Le moteur à pétrole est à quatre cylindres de 20 chevaux, imprimant une vitesse de 250 tours aux hélices. L’aérostat est muni d’un grand parachute de 12 bandes de soie, qui, en cas d’accident, permettrait au ballon de planer doucement dans l’air. L’ensemble pèse 2010 kg sans les passagers. Enfin le tout repose sur des roues caoutchoutées et roule sur routes. Nous reviendrons sur ce curieux aérostat' aviateur quand M. Roze aura exécuté ses premiers essais.
- Les Dirigeables et la sécurité publique. —
- Nous n’y sommes pas encore, mais, du train dont vont les choses, on peut bien croire qu’il y aura dans quelques années des amateurs de promenades en l’air, comme il existe depuis quelque temps des amateurs d’automobilisme sur grandes routes. Un se paiera un petit (( dirigeable » pour s’en aller faire un tour aux environs de Paris. Or, ce jour-là les pauvres habitants rivés au sol seront menacés. 11 y aura au-dessus d’eux traversant l’atmosphère des masses de une à plusieurs tonnes, des moteurs de centaines de kilogrammes suspendus au-dessus de leur tète comme une épée de Damoclès. Si le Santos-Dumont était tombé le 8 août sur le passage [Jouffroy, il aurait écrasé les citoyens du boulevard. On s’en ira ainsi dans les rues, sur les routes, menacé de recevoir un projectile de milliers de kilogrammes tombant de plusieurs centaines de mètres. Variété de bombardement bien fait pour effrayer les timides. Il faudra prendre des mesures autrement prohibitives que pour les automobiles. Signalons le fait au Préfet de police pour qu’il ait tout le temps nécessaire à l’élaboration d’un règlement à la fois prudent et libéral.
- Effet des courants de haute fréquence sur la résistance électrique. — M. White a lu, à la Plujsical Society, un mémoire concernant l'effet d’un champ oscillatoire de haute fréquence sur la résistance électrique. L’objet du mémoire était de découvrir si l’action de la lumière sur la Résistance électrique du sélénium pouvait être [suppléée par des oscillations électriques de haute fréquence. On a trouvé que ces oscillations accroissent d’une façon permanente la résistance du sélénium. Une élévation de température accroît une résistance faible et diminue une forte résistance. Les effets d’un champ électrique sur 'une substance de forte résistance peuvent être renversés par l’exposition à la lumière, ou par un échauffement suivi d’un refroidissement. Dans le cas dû tellurium, des oscillations électriques de haute fréquence diminuent la résistance, comme le ferait une élévation de température. 11 semble probable que tous les effets observés sont dus à l’élévation de température causée par de petites étincelles se produisant à l’intérieur de la masse. Le professeur Bosc dit qu’il a essayé l’effet des radiations Hertziennes sur de minces couches de différents métaux ; il a trouvé un accroissement de résistance dans le cas du sélénium et une diminution dans le cas du tellurium. Les effets de la
- radiation sont continés dans les couches superticielles du métal, mais il semble qu’ils sont de même nature dans les solides continus et dans les cohéreurs.
- Télégraphe transafricain du Cap au Caire.
- — Le grand et le plus cher projet de M. Cecil Rhodes, la ligne télégraphique du Cap au Caire, continue d’avancer rapidement. On y emploie du fil métallique qui pèse environ 18 kilogrammes au kilomètre courant, et souvent on place simultanément 5 ou au moins 2 fils. Comme détail caractéristique, nous dirons que les supports de la ligne ne sont pas de véritables poteaux, de bois mort par conséquent, mais des grosses branches encore vivantes qu’on met en terre et qui continuent à pousser tout en jouant leur rôle : de la sorte on est à l’abri des fourmis blanches. On a seulement besoin d’ébrancher de temps à autre ces poteaux originaux, pour que leur végétation ne vienne pas trop enfouir les fils dans la verdure. Comme isolateurs (il faut en effet aller vite) on se sert de cordes de chanvre bien goudronnées : tout cela, bien entendu, dans les parties nouvelles de la ligne, car ailleurs on a déjà mis en place des poteaux métalliques avec isolateurs véritables.
- Le tonnage des paquebot» transatlantiques.
- — En 1861, le grand transatlantique Scotia fut mis à l’eau pour le compte de la Compagnie Cunard. C’était un navire à aubes, jaugeant 3900 tonneaux. En 1880, le plus grand paquebot à flot était la City of Berlin qui ne dépassait guère 5500 tonneaux. Un bond considérable fut fait l’année suivante, c’est-à-dire en 1881 ; car on lança, cette année-là, la Servia et la City of Roma, la première de 8000 et la seconde de 8400 tonneaux. Le tonnage s’accrut de nouveau en 1888 avec la City of New-York et la City of Paris qui dépassèrent l’une et l’autre 10 000 tonneaux. En 1893, on eut la Campania et la Lucania de 13 000 tonneaux. On atteignit 14 000 en 1897, puis 17000 en 1899; enfin, en 1901, on en est à plus de 20 000 avec le nouveau transatlantique qui vient de faire son premier voyage à New-York. On voit ainsi que le tonnage des transatlantiques a plus que quintuplé de 1861 à 1901. Rien ne prouve qu’il ne s’élèvera pas encore davantage.
- La pierre de Brompton Falls. — On a trouvé à Brompton Falls, Canada, une pierre, cassée en deux morceaux, qui présente de curieux caractères. Le cultivateur, qui la découvrit dans son champ, s’empressa de la transporter chez son curé, l’abbé Joseph Laporte. Elle est actuellement exposée dans la cour du presbytère où elle reçoit la visite de nombreux savants du Canada et des Etats-Unis. On crut, tout d’abord, avoir affaire à une très ancienne inscription gravée au ciseau'pour perpétuer sans doute quelque important événement ; mais les caractères n’offrent aucun rapport avec ceux qui ont déjà été découverts. On est plutôt disposé à croire maintenant qu’il s’agit d’empreintes de fossiles, mais il est bien étrange néanmoins que ces dernières se trouvent en si parfait alignement, et d’une hauteur aussi uniforme. Quoi qu’il en soit, les savants américains continuent leurs études et ne tarderont pas, espérons-le, à tirer au clair cette affaire, qui excite une curiosité générale.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- En raison des fêtes de l’Assomption, et par suite des nécessités de notre tirage, nous sommes obligés de renvoyer au prochain numéro notre Compte rendu hebdomadaire.
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- LÀ NATURE.
- NOUVEAU CARBURATEUR
- Tout le monde sait qu’un carburateur est l’organe où se prépare le mélange d’air et d’essence pour l’alimentation du moteur. Jamais partie ne fut plus étudiée, s’il en faut juger d’après le nombre d’ap-
- Fig. 1. — Vue d’ensemble du carburateur Quérey.
- pareils déjà réalisés; mais aussi, il faut bien le dire, jamais ne fut d’appareil dont le fonctionnement laissât plus à désirer.
- Il suffit de suivre les traces d’une voiture à pétrole, et l’on a tout de suite l’idée qu’on a dépensé le pétrole sans compteur. Le mélange d’air et d’essence n’a pas été bien fait, l’essence a été versée en grande quantité, et le tout se retrouve vaporisé dans les produits d'échappement.
- Théoriquement, si le mélange a été fait dans les conditions déterminées, aucune odeur ne doit se faire sentir.
- Nous avons eu l’occasion dernièrement de faire fonctionner un nouveau carburateur, dû à M. A. Quérey, et nous avons surtout remarqué la facilité de réglage de son appareil et l’absence de toute odeur aux produits d’échappement.
- La figure 1 donne une vue d’ensemble et la figure 2 une coupe intérieure. Ce carburateur est formé par un tube vertical ; à la partie supérieure se trouve une vis R que l’on peut faire avancer ou reculer à volonté à l’aide d’un robinet régleur G, placé à l’extérieur.
- Sur le coté est ménagé un autre tube A, par lequel l’essence peut arriver et passer en quantité plus ou moins grande dans le tube vertical selon la position de la vis de réglage. A la partie inférieure du tube vertical est un cylindre plein C, terminé en cône, s’appuyant sur un clapet JÜ, qui est lui-même fortement maintenu en place par un ressort E. Ces dernières pièces sont renfermées dans un cylindre ; en F est placée une toile métallique par laquelle se
- fait la rentrée d’air extérieur, qui pénètre dans le cylindre et vient se mélanger aux vapeurs d’essence qui sortent en C. Le mélange d’air et d’essence est aspiré et sort en I pour aller dans les cylindres du moteur.
- Les chambres I1H autour du cylindre forment un réchauffeur dans lequel passent les produits d’échappement avant de sortir; ce réchauffeur n’est utile qu’en hiver.
- Le fonctionnement du carburateur est donc le suivant : le moteur, sur lequel est placé l’appareil, aspire une quantité d’air déterminée suivant son volume et l’ouverture de l’admission. A cette quantité d’air est ajoutée une quantité d’essence réglée par le robinet G. L’air se carbure en une seule fois et donne un produit homogène.
- Ce carburateur présente une particularité; son fonctionnement n’est nullement gêné par la vapeur d’eau contenue dans l’air, même en grande quantité comme par un jour de pluie. Pour le démontrer, il suffit de verser dans le carburateur presque autant d’eau que d’essence; la marche du moteur ne présente aucune irrégularité.
- Enfin, un moteur muni de ce carburateur ne donne ni odeur ni fumée. On peut, en effet, faire fonctionner un moteur dans une chambre fermée sans rien sentir.
- Ajoutons que l’appareil est solidement construit
- Fig. 2. — Coupe intérieure.
- et qu’il nous semble de nature à rendre des services aux automobilistes et aux usines qui emploient des moteurs à pétrole. J. L.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiuiie, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1474
- 24 A0lT 1901
- LA NATURE
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- LE NAUTILES (LE PREMIER RATEAU SOUS-MARIN)
- La navigation sous-marine est «à l’ordre du jour et on suit avec le plus grand intérêt les essais répétés
- des constructions nouvelles qui naviguent au-dessous de la surface des eaux. Les expériences réel-
- Fig. 1. — Le Nautilus, premier bateau sous-marin évoluant eu îade de Brest. — 1. Le Nanti lus naviguant entre deux eaux. 2. Le Nautilus voguant voile dehors à la surface. — 5. Couje schématique du Nautilus.
- lement pratiques de navigation sous-marine remontent au commencement du siècle dernier : elles ont
- Fig. 2.
- Colonibiade sous-mai ine, ou canon pour tirer sous l’Cau.
- donné dès leur début des résultats surprenants.
- Il y a eu juste cent ans, en mai 1801, les Parisiens
- «
- Fig. 5. — Intérieur d'un vaisseau sous-marin. Sur le lillac, la lunette;
- sur les flancs, les pales ou palettes tournantes pour la propulsion ; dans l'intérieur, les eolombiudes sous-murines-
- purent voir, avec étonnement, évoluer sur la Seine, près des Invalides, une étrange embarcation de forme anormale qui non seulement naviguait à la surface, mais plongeait à un endroit pour reparaître plus loin soit en aval, soit en amont. Ce petit bateau était
- 29e année. — 2e semestre.
- le premier sous-marin, le Nautilus, créé par l’ingénieur américain Fui ton.
- L’histoire de ce petit bateau, qui portait en germe tous les éléments qu’on a perfectionnés depuis pour arriver à nos sous-marins actuels, est bien curieuse,
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- aussi nous a-t-il paru intéressant de la rappeler d’autant plus qu’elle est peu connue; le nom de Fui ton évoque d’ailleurs un des plus grands progrès industriels et économiques accomplis au commencement du siècle dernier : l’application de la machine à vapeur à la navigation1.
- Fui ton, fils d’émigrés irlandais, naquit en Pen-sylvanie en 1765 ; il s’adonna d’abord au dessin et à la peinture et, pour se perfectionner dans son art, passa en Angleterre ; mais bientôt s'étant lié avec des ingénieurs, il quitta ses pinceaux afin d’étudier la mécanique. 11 se fit alors connaître par diverses inventions, et s’étant fait recevoir ingénieur civil en 1796 il s'occupa plus spécialement de travaux de canalisation et vint en France pour proposer un système de plans inclinés remplaçant les écluses, système dont il avait obtenu un brevet en Angleterre.
- Arrivé à Paris, il se lia avec des savants de l’Institut et des ingénieurs civils et militaires et étendit considérablement le cercle de ses idées ; il publia diverses études et, en dehors de ses travaux mécaniques, exécuta le premier tableau panoramique qui ait été exposé en France et qui eut un grand succès.
- Partisan des idées de la Révolution française, il se mit à chercher les moyens d’assurer la liberté des mers pour travailler ainsi au bonheur des peuples, et, pour cela, il voulait frapper la puissance maritime de l’Angleterre qui exerçait alors partout une véritable tyrannie. Cette considération lui suggéra la première idée de son système de « Navigation et d’Explosion sous-marine » mis en pratique par la création de deux engins, la torpille et le navire sous-marin, dont il voulut doter la France pour combattre l’Angleterre.
- En 1797, il fit sur la Seine des expériences d’explosion sous l’eau produite par une espèce de bombe portée sur un petit bateau dirigeable, engin qu’il appelait Torpédo, destiné à faire sauter les vaisseaux ennemis : la direction une fois donnée, le mouvement de la torpille s’opérait au moyen d’un mécanisme d’horlogerie, et, à l’aide d’une longue corde, on faisait jouer une batterie de pistolet qui mettait le feu aux poudres au moment voulu.
- Entre temps, il perfectionnait une sorte de bateau fermé, engin nouveau destiné à naviguer entre deux eaux pour aller surprendre et faire sauter les vaisseaux ennemis en croisière sur les côtes : cet engin devint le Nautilus, le premier sous-marin.
- Fui ton avait d’abord soumis les plans de son navire sous-marin au gouvernement français qui avait nommé une commission pour les examiner; mais, malgré un rapport favorable, le ministre de la guerre s’était montré hostile à cette innovation.
- 1 Le premier inventeur de la machine à vapeur est un Français, Denis Papin (1GÜ5). Les auteurs des premiers essais, ce sont encore deux Français, Périer et le marquis de Jouffrov 1775-1781). Les essais des Anglais sont de 1701 à 1801. Mais c’est à Fulton que nous sommes redevables de la première application réelle de cette grande decouverte.
- L'inventeur ne perdit pas courage, il construisit un petit modèle de son bateau et demanda aide et protection à Bonaparte devenu consul; celui-ci commit Yolney, Laplace et Monge pour lui faire un rapport sur l’invention; l’impression fut favorable, aussi une somme cfe 10000 francs fut allouée à Fulton afin de poursuivre ses expériences.
- En mai 1801, Fulton exécuta en Seine, dans son Nautilus, des expériences intéressantes de navigation sous-marine : il vogua à la surface, plongea et se maintint sous l’eau marchant avec ou contre le courant pendant trente minutes. Un seul homme accompagnait Fulton; une chandelle éclairait l’intérieur de l’embarcation pendant la manœuvre qui se fit sans encombre. Cette expérience démontra la possibilité de vivre pendant une longue immersion et la facilité de se diriger dans une masse liquide.
- Le Nautilus avait la forme d'un cigare, il était en bois recouvert de cuivre et cerclé de fer; sur le dessus était un dôme muni^de hublots lenticulaires, la quille était formée par une lourde barre métallique faisant contrepoids et équilibre; à l’avant sur les joues étaient disposées les ancres; à l’arrière étaient le propulseur et le gouvernail manœuvrés de l’intérieur.
- La propulsion mécanique était donnée par le mouvement d’une manivelle actionnant une sorte de roue à aubes elliptiques située à l’arrière.
- Sur le dessus du Nautilus était disposé un mât mobile pouvant se dresser et se rabattre sur la coque et susceptible de porter une voilure.
- Le Nautilus avait 21 pieds 4 pouces, un peu plus de 7 mètres de longueur ; il naviguait à la surface à l’aide de sa voilure déployée et de son propulseur.
- Pour plonger, Fulton carguait la voile, couchait le mat, comprimait de l’air dans la coque, puis, à l’aide d’une pompe, faisant pénétrer de l’eau dans la cale, la descente s’opérait d’elle-même; pour remonter il rejetait par refoulement l’eau de surcharge.
- Ce premier bateau résolvait, comme on le voit par sa description, toutes les principales conditions exigées par la navigation sous-marine.
- Sur un rapport favorable à ces premières expériences et à celles exécutées en rade du Havre, Fulton fut envoyé à Brest.
- On raconte qu’en traversant de l’un de ces ports à l’autre, Fulton se plaisait à donner l’alarme aux forts de la côte, et à surprendre les canonniers en plongeant tout à coup pour reparaître quelques minutes après dans une autre direction.
- Le 5 juin 1801 il fit des expériences dans le port de Brest, navigua dans différentes directions et resla entre deux eaux pendant plus d’une heure. Le 26 du même mois il fit voile hors du port, et, repliant rapidement le màt, il plongea dans la mer pour paraître et disparaître à son gré en tous sens; à son retour en rade il attacha, en présence de l’amiral Yillarct, un torpédo contre le (lanc d’un vieux ponton qu’il fit sauter en l’air à une hauteur considérable.
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- LA NATLHE.
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- Le 7 août, ayant comprimé de l’air dans son bateau, il put évoluer pendant cinq heures sous l’eau ; quand le Nautilns reparut, son équipage n’avait aucunement soullert de ce long séjour au fond de la mer.
- Ces expériences semblaient concluantes, mais on exigeait une démonstration plus éclatante de la puissance du nouvel engin. Fui ton attendit longtemps le passage d'une frégate anglaise en croisière sur nos cotes pour courir sus à l’ennemi, elle ne vint pas et les pouvoirs publics se désintéressèrent bientôt et de l’inventeur et de ses engins. Fulton fit de nouveaux appels au gouvernement français, mais il fut abandonné. Pour Napoléon, Fulton n’était qu’un charlatan et un aventurier; plus tard il eut à regretter ce jugement1.
- Fulton demandait pourtant peu de choses : le remboursement du prix de son bateau, 40 000 francs, sur lequel on retiendrait la somme déjà avancée, 10 000 francs et un brevet lui donnant la qualité de belligérant afin d’éviter en cas de prise d’être pendu, lui et son équipage.
- H est curieux de remarquer que cette demande de brevet fut une des causes du refus de soutenir plus longtemps Fulton. Le ministre de la Guerre, 1 amiral Pleville le Pelley, conclut qu’il était impossible de donner une patente de belligérant à qui employait de tels moyens pour l’attaque et la défense; Calfarelli, préfet maritime de Brest, émit la même opinion, ajoutant que ce mode de combattre était la perte fatale et de ceux qui dirigeaient l’attaque aussi bien de ceux sur qui elle était conduite et que ce n’est pas là une mort vaillante.
- L invention de Fulton fut délaissée par la France. Le savant ingénieur n’en continua pas moins ses recherches mécaniques et le 9 août 1805 il faisait sur la Seine des expériences de navigation à vapeur en présence d’un grand nombre de personnes et de savants parmi lesquels Bougainville, Bossut, Carnot, Périer, délégués de l’Académie des sciences. Ces nouveaux travaux de Fulton n’eurent aucune suite en France. 11 quitta notre pays en 1806 pour passer en Angleterre, puis en Amérique où il poursuivit ses études sur la navigation sons-marine et surtout sur la navigation à vapeur ; ces dernières furent couronnées d’un plein succès.
- En Amérique, Fulton perfectionna le bateau sous-marin et la torpille et fit aux frais du gouvernement, dans le port de New-\ork, plusieurs expériences remarquables. 11 était même parvenu à ajouter à son appareil un moyen de couper les câbles des bâtiments à l’ancre à l’aide d’un canon qu’il faisait partir sous l’eau ; le résultat de cet essai fut si intéressant qu il mit en pratique l’idée de tirer sous 1 eau des canons chargés à boulets et à bombes ; il arriva à défoncer, à quelques mètres de distance, la carène d’un vieux vaisseau.
- Nous donnons, d’après un ancien document, des dessins de colombiades ou canons sous-marins.
- 1 Mémoires du maréclial Marmoiit.
- Le 24 février 1815 Fulton mourait. La navigation sous-marine et la torpille furent, pendant un demi-siècle, presque oubliées; mais la navigation à vapeur prit peu à peu un grand développement.
- En terminant, nous raconterons sur Napoléon et les premiers sous-marins une histoire bien originale que nous trouvons dans une étude de Cl. Evrard remontant à 1850. L’anglais Johnson, capitaine, selon d’autres smuggler (contrebandier), qui avait refait pour l’amirauté anglaise les expériences de Fulton, avait conçu le projet d’enlever Napoléon de Sainte-Hélène à l’aide d’un vaisseau sous-marin. Johnson se proposait de ménager sa route pour arriver, devant Sainte-Hélène, vers la fin du jour; afin de mieux éviter les croiseurs, il aurait submergé son navire et gagné le rivage entre deux eaux. Là, il eût expédié un émissaire à l’empereur et attendu tout le temps nécessaire. Son intrépidité et son sang-froid étaient bien propres à assurer le succès de l’entreprise. Des sommes énormes lui étaient promises en cas de réussite complète; en outre, on devait lui compter 40000 livres sterling dès que son navire serait prêt à partir. Mais le jour où l’on appliquait sur la carène un doublage en cuivre, on apprit que l’illustre captif n’existait plus.
- T. Obalski.
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- LAMPE A INCANDESCENCE NERNST'
- NOUVEAU DISPOSITIF
- La lampe à incandescence Nernst n’a fait jusqu’ici qu’une simple apparition dans l’industrie; cependant F « Allgemeine Elektricitâts Gesellschaft », de Berlin, il va quelques mois, en a fabriqué un nouveau modèle qui a été mis en essai dans un grand nombre de réseaux de stations électriques.
- Les premiers résultats obtenus auraient, paraît-il, donné toute satisfaction tant au point de. vue de l'éclairage qu’au point, de vue économique.
- La consommation réellement constatée en pratique a bien été de 1,5 watt par bougie allemande (Hefnerkerze), mesurée horizontalement.
- Les premiers modèles de '40 et de 80 watts, respectivement d’une intensité lumineuse de 25 et 50 bougies, n’ont été donnés jusqu’à ce jour qu’en location aux clients du réseau électrique de Berlin ; il reste encore à améliorer ce modèle avant de le mettre définitivement dans l’industrie.
- La Société allemande s’est d’abord attachée à la fabrication des modèles de lampes de 100 et 200 watts, d’une intensité lumineuse respective de 65 et 155 bougies. Ces intensités nous semblent de beaucoup trop élevées et ne pouvant convenir qu’à des éclairages intensifs. La société de fabrication estime que ces intensités permettent de remplacer dans certains cas des groupes de lampes à incandescence par des lampes Nernst uniques.'
- • Voy. n° 1430, du 20 octobre 1900, |t. 332.
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- LA A ATI H K.
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- C'est un argument qui a bien sa valeur. Mais il ne faut pas oublier non plus qu’il est aussi important, si ce n’est davantage, de remplacer souvent un foyer lumineux unique par une série de foyers de plus faible intensité pour répartir la lumière et obtenir un éclairage sensiblement le même en tous points.
- (Jn ne saurait éclairer une pièce oii l’on désire un éclairage ordinaire avec des lampes à arc; mais l’on prendra un grand nombre de lampes à incandescence poussées, et on les répartira de tous les cotés. De même, on ne prendra pas seulement des lampes Nernst de 65 et 155 bougies, mais on prendra des lampes à incandescence de 10 et 16 bougies que l’on répartira à volonté dans la salle.
- La ligure ci-dessous nous montre les principales
- dispositions de la nouvelle lampe. A droite de la figure se trouve le corps lumineux proprement dit avec son support. Au centre est une tige verticale formée par un crayon d’oxyde de magnésie, entourée d’une spirale de platine ; sur les côtés se trouvent deux lils recourbés qui se rejoignent à la partie inférieure et qui sont rattachés en haut à un disque de porcelaine. Sur celui-ci, sont fixées trois tiges, une centrale munie d’une vis pour recevoir un fil d’arrivée à la lampe, et deux sur les côtés, formées de tuyaux s’enfonçant dans des tiges placées sur la partie supérieure de la lampe. Au-dessus de la lampe est, en effet, fixé un cylindre qui renferme le rhéostat pour le réglage. Knfin la figure de gauche montre une vue d’ensemble de la lampe, avec le globe extérieur,
- Globe extérieur et mode d'attache. Lampe avec le corps lumineux. Le corps lumineux et sou support.
- Nouveau modèle de la lampe à incandescence N trust.
- la résistance et le mode d’attache. La durée du corps lumineux est de 500 heures ; avec des intensités lumineuses élevées de 65 et 155 bougies, il est certain que la consommation spécifique sera très faible, et qu’il en résultera une grande économie que nous pouvons évaluer.
- L' « Allgemeine Elektricitats Gesellschaft », dans le document qui nous a été envoyé, estime que pour obtenir une intensité lumineuse de 05 bougies, il faut 4 lampes à incandescence ordinaires de 16 bougies qui ont une consommation spécifique de 5,1 watts par bougie. Au prix de 0fl ,69 le kwh, avec 600 heures de service par an, et en comptant 4 lampes de rechange à 0f',69, on trouve une dépense annuelle de 85f,',55. Une lampe de Nernst de 65 bougies, avec l’énergie électrique au prix de 0fl',69 le kwh, deux corps lumineux de rechange à 2f,,50, et avec 600 heures de service par an, dépensera 46fl,40. L’économie réalisée par la lampe Nernst sera,
- semble-t-il, de oO^lh, soit 45,75 pour 100. L’économie atteindra encore un chiffre plus élevé, 51,7 pour 100, s’il s’agit d’une lampe Nernst de 155 bougies, et de 8,5 hampes à incandescence de 16 bougies. Mais l'économie n’est que fictive, car au point de vue pratique, l’éclairage fourni par une lampe Nernst, dont l’intensité lumineuse élevée est de 65, 155 bougies, ne pourra être comparé à l’éclairage fourni par 4 ou 8 lampes à incandescence de 16 bougies.
- La lampe Nernst est certainement très intéressante et peut convenir à un grand nombre d’éclairages intensifs; mais elle ne deviendra réellement pratique, dans les installations des abonnés, que lorsqu'elle pourra donner de faibles intensités lumineuses, 10, 16 bougies avec des consommations spécifiques très réduites de 1 ou 2 watts par bougie ; c’est le problème depuis longtemps posé. J. L.
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- UN ACARIEN OMNIVORE
- L’animalcule, auquel les naturalistes ont donné le nom de Pediculnides rentricosm, est des plus omnivores, puisqu’on le rencontre indifféremment sur des larves de coléoptères ou des grains de Lié et même qu’on le voit s'attaquer à l'homme. M. E.-A. Brucker, dans sa thèse, vient de nous en faire connaître l’intéressante histoire.
- L’espèce en question, qui n’a pas plus de 200 millièmes de millimètre de longueur environ, peut, par exemple , s’observer sur les larves de coléoptères qui abondent dans le bois de chauffage. Rendues malades et finalement tuées par leurs parasites, les larves deviennent brunes; elles sont couvertes de vésicules parfaitement sphériques, atteignant jusqu’à 1 millimètre de diamètre. Prenons une de ces vésicules et exa-minons-la au microscope; en un de scs points, on voit faire saillie un tout petit corps allongé, blanchâtre, muni de huit pattes qui s’agitent. C’est la partie antérieure du corps de l’aca-rien; la vésicule, c’est son abdomen démesurément gonflé de matières nutritives. A coté on en voit d’autres dont l’abdomen est normal. Ce sont des femelles, menant une vie libre. De leurs quatre paires de pattes, deux seulement, les intermédiaires, ser-
- vent à la marche ; à leur extrémité, elles portent doux crochets et un appareil lamelleux formant une ventouse adhésive qui leur permet de marcher, même le ventre en l’air. Mais, à mesure que son abdomen grossit, leurs habitudes deviennent de [dus en plus sédentaires ; d’a -bord gênées'dans leur marche, elles finissent par se fixer sur un point de la larve.
- Si l’on examine une de ces boules avec soin, on voit qu’à la surface se promènent lentement trois ou quatre autres acariens, presque aussi grands que les jeunes femelles, mais plus ramassés, plus trapus. Parfois ils s’arrêtent, donnent un coup de bec sur la boule, et restent ainsi pendant quelque temps immobiles
- comme les jeunes femelles le faisaient sur la larve ; puis ils retirent tout d’un coup leur tête dont la ventouse terminale se décolle brusque -ment, et recommencent leur lente promenade.
- Mais, revenons à la femelle vési-culeuse. On ne tarde pas à en voir sortir beaucoup de petites femelles et de rares mâles ; cela dure plusieurs jours sans que le volume de la sphère semble diminuer. Pendant quelque temps, après leur naissance, les jeunes restent sur l’abdomen de la mère et lui donnent
- Fig. 1. — Acarien omnivore (Pedieuloides ventricosus), très grossi.
- 1. Femelle jeune (face ventrale). — 2. Femelle jeune (face dorsale). 5. Femelle âgée (l’abdomen gonflé d’œufs).
- Fig. -2. — Acarien omnivore (Pediculoides ventrwosm), très grossi.
- 1. Mâle (face ventrale). — 2. Mâle (face dorsale). — 5. Femelle, a. Jeune, vivant en parasite sur sa mère.
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- LA NATURE.
- de temps en temps des coups de bec ; il est naturel de supposer que, s'ils se conduisent ainsi avec elle exactement comme avec une larve, c’est dans le meme but; en d’autres termes, qu'ils sont parasites de leur mère, — fait rare chez les animaux.
- Cet acarien se trouve aussi, et parfois en grande abondance, dans les tas de blé avarié et, d’après cet habitat, on pouvait le croire susceptible de manger des matières végétales. En réalité, il n'en est rien : l’acarien est là comme parasite des larves de coléoptères ou d’autres insectes qui rongent les grains.
- Quand on remue les tas de blé ainsi attaqués, il est fréquent de voir les acariens se répandre sur le corps des hommes chargés de ce service et leur causer des démangeaisons. En voici un cas rapporté par M. le IV Billet dans une lettre adressée à M. Giard.
- « Au magasin militaire de Constantine, la récolte d’orge de chaque année est disposée sur le plancher de vastes pièces et s’élève à une hauteur de 60 à 80 centimètres. Il y a quelques jours, on a distribué cette orge. Il s’est trouvé alors que la surface de l’orge était recouverte, sur une épaisseur de 7 à 8 centimètres, d’une couche entièrement formée de cadavres de microlépidoptères. En outre, une fois l’orge enlevée, il restait sur la planche une couche de poussière formée de détritus de toutes sortes. Cette poussière renfermait encore des grains d’orge dont les trois quarts étaient altérés. Or, pour essayer de retirer les grains de la poussière, on a criblé celle-ci sur de vastes cribles; et presque tous les soldats employés à cette besogne (plus d’une douzaine) ont présenté des accidents de taxidermie d’intensité variable. L’un d’eux présentait une éruption tenant à la fois de l’urticaire et de l’érythème scarlatiniforme, s'étendant principalement sur le tronc, les membres supérieurs, le dos et la face, en particulier aux paupières, qui semblaient atteints d’érysipèle. Au bout de quelques jours, ces accidents ont disparu avec de la desquamation des plaques ». Tout cela était dû au Pédiculoïde.
- En voici un autre cas déjà ancien (1849).
- « ...Cependant, le commissionnaire de Lamagis-tère expédia ce blé en partie à Bordeaux, en partie à Moissac. Les deux convois arrivèrent à destination le 17 juin. Dans ces deux villes, le déchargement dut bientôt cesser par suite du refus des ouvriers, employés à cette opération, de le continuer. Tous se plaignirent presque en même temps d’une vive démangeaison à la poitrine, aux bras, à la face, autour du cou et sur les épaules. Quelques-uns la disaient plus intolérable que celle occasionnée par la gale. Chez la plupart, cette irritation de la peau fut suivie d’une éruption de boutons plûs ou moins enflammés; certains de ces boutons renfermaient un peu de sérosité. Ces faits causèrent une grande émotion sur la cale du débarquement, à Bordeaux et à Moissac. Les vieux portefaix avaient bien remarqué plusieurs fois que les criblures oubliées au fond des magasins et les blés avariés produisaient, sur ceux qui les mesuraient ou les transportaient, des déman-
- geaisons assez vives. Bien souvent ils avaient désigné sous le nom de « purges artusonnées, blés artu-sonnés », les grains dont le contact ou la poussière déterminaient ces accidents; et sous celui d’ « artu-son » l’être mystérieux et inconnu qui en était la cause. Mais comme ces accidents ne s’étaient jamais présentés à eux avec les caractères de gravité qui venaient de se manifester, ils avaient recours, pour expliquer ceux dont ils étaient victimes, aux suppositions les plus étranges; des rumeurs sinistres circulaient dans les groupes, on parlait de poison.... »
- La même panique se reproduisit en 1872, dans la Gironde : « Un grand émoi se manifesta dans une commune du canton de Créon, riveraine de la Garonne. Le boulanger, ayant reçu un certain nombre de sacs de blé d'un négociant de Bordeaux, les avait fait décharger par cinq hommes par un temps très chaud et orageux. Dès les premiers sacs déchargés, ces ouvriers éprouvèrent une vive démangeaison sur le cou, les épaules et les bras, oîi les sacs avaient porté, puis une éruption de boutons rouges, un peu pointus et accumulés en certains points, y succéda. Cette éruption se généralisa sur tout le corps pendant la nuit et amena de la fièvre avec insomnie, agitation et soif ardente. La peur s'empara des malades et de leurs familles ; on crut à un empoisonnement; le boulanger, ou du moins son grain, était déjà accusé. La justice fut saisie.... »
- Le Pediculoides ventricosus est donc un ennemi qu’il ne faut pas négliger, bien qu’en somme il ne soit pas très méchant. Henri Coupm.
- LA STATION CENTRALE ÉLECTRIQUE
- dTssy-les-moelineaux
- La station centrale électrique d’Issy-les-Moulineaux, dont il a été question déjà à de nombreuses reprises depuis 1897, est aujourd’hui définitivement installée et est certainement la plus importante des stations centrales parisiennes et même de France. Cette usine en principe a été établie par la Compagnie générale de traction pour fournir à la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest l’énergie électrique nécessaire pour alimenter la ligne des Invalides à Versailles, sur un parcours d’environ 18 kilomètres. Mais la Compagnie générale de traction était appelée également à cette époque à entreprendre l’exploitation d’un réseau de tramways dans la partie ouest de Paris. Une entente intervint alors entre la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest et la Compagnie générale de traction pour agrandir l'usine et la mettre en état de fournir l’énergie électrique aux deux services. L'installation fut confiée à la Société industrielle d’électricité procédés Westinghouse, qui a depuis été chargée aussi de l’exploitation.
- Dès juin 1900, la station centrale d’Issy-les-Moulineaux, en voie d’établissement, pouvait cependant desservir à l’Exposition une sous-station pour ali-
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- menter le chemin de fer électrique et la plateforme électrique. L’énergie électrique était envoyée de l’usine des Moulineaux, à 6 kilomètres à l’Exposition, sous forme de courants triphasés, à 5000 volts. Dans la sous-station, un moteur électrique d’une puissance de 625 kw recevait le courant à 5000 volts, se mettait en marche et entraînait une machine génératrice Westinghouse, à 6 pôles, donnant du courant à 550 volts qui était fourni aux 175 moteurs de la plate-forme mobile. Une partie du courant électrique à 5000 volts était aussi abaissée à 560 volts par des transformateurs statiques à huile Westinghouse et de là envoyée dans une com-mutatrice de 450 kw, d’où il sortait du courant continu à 550 volts qui alimentait le chemin de fer électrique. On sait que la commutatrice est un appareil de transformation de l’énergie électrique, formé d’un meme induit dans un même champ magnétique qui, recevant d’un côté des courants polyphasés, donne de l’autre côté des courants continus sur un collecteur ordinaire.
- Dans ces derniers temps, depuis surtout l’inauguration du chemin de fer électrique des Invalides à Meudon, nous avons eu l’occasion de visiter en détail la station centrale définitivement installée. Nous désirons en donner une description sommaire, mais suffisante cependant pour permettre à nos lecteurs d’en apprécier toutes lés dispositions.
- La station centrale est située sur la berge de la Seine, au pied du talus de la gare des Moulineaux sur la ligne de chemin, de fer qui vient de la gare Saint-Lazare. L’usine proprement dite se compose de deux grands halls accolés et d’une longueur totale de 112 mètres. Le premier de ces halls a une largeur de 20m,60 et constitue la salle des machines; le deuxième a une largeur de 15m,60 et renferme les chaudières. Les fondations de la salle des machines ont été faites très profondes en forme de cuvette en béton armé. Le faîte de* la salle des machines est à 14m,50 au-dessus*du plancher.
- Autour de l’usine, et en des points divers se trouvent les bâtiments d’administration, les ateliers, les magasins, les laboratoires, et les bâtiments des pompes qui aspirent dans la Seine l’eau nécessaire à la condensation et à l’alimentation de l’usine.
- Les chaudières, de la maison Meunier et Cic de Lille, sont des chaudières semi-tubulaires, et d’une surface de chauffe de 250 m’. Elles travaillent à la pression de 9 kg par cm*. Elles sont au nombre de 27, réparties en 5 batteries de 9 chacune, et installées en bordure de la ligne de l’Ouest; le charbon tombe directement des wagons en face des chaudières. Un chariot électrique passe devant les chaudières, recueille les escarbilles et les cendres, et les monte dans la cour sur un plan incliné.
- Les machines à vapeur, toutes horizontales, sont au nombre de 9, dont 6 du modèle Dujardin et Cic de Lille, et 5 du modèle Garnier. Les six machines Dujardin sont à triple expansion, à 4 cylindres, et à condensation ; elles ont une puissance normale de
- 1200 chevaux. Les machines Garnier, de même puissance, sont compound à double expansion à deux manivelles à 90°, avec condenseur en tandem. Ces dernières machines exigent un graissage abondant qui est assuré par une circulation automatique. Elles sont pourvues d’une valve qui permet de passer brusquement de la condensation à l’échappement à vide, et d’une autre valve, pour faire varier la charge en laissant la vitesse constante, à admission variable. La vitesse angulaire de toutes les machines est de 80 tours par minute.
- Chaque machine à vapeur porte, sur son arbre de couche et monté sur un croisillon en fonte fixé près du volant, l’inducteur d’un alternateur Westinghouse,, formé de 72 pôles. L’induit est porté sur un grand anneau extérieur, et l’enroulement est formé par des lames de cuivre mises en forme, placées dans des cannelures disposées à cet effet et couplées en tension et en parallèle. Chaque alternateur fournit 1000 kw en courants triphasés à 5000 volts et à la fréquence de 25 périodes par seconde. Mentionnons que l’anneau extérieur, contenant l’enroulement induit, est placé sur des glissières en fonte sur lesquelles il peut être très facilement déplacé. L’anneau dont nous parlons est de plus divisé en deux parties et la partie supérieure peut être enlevée. Il en résulte que l’inducteur et l’induit de chaque alternateur peuvent être entièrement visités.
- L’excitation des alternateurs est obtenue par 4 groupes électrogènes séparés, formés chacun d’une machine à vapeur verticale Westinghouse et d’une dynamo à courants continus dont l’induit est fixé directement sur l’arbre de la machine. La dynamo a une puissance de 125 kw à 120 volts. Ces groupes fournissent l’énergie nécessaire pour l’excitation des alternateurs et pour l’alimentation des divers appareils d’éclairage ou de force motrice dans les ateliers.
- Nous ne pouvons ici nous étendre longuement sur la construction des alternateurs Westinghouse ; qu’il nous suffise de dire que les bobines faisant partie des enroulements ont été essayées à des différences de potentiel de 18 000 volts. Les alternateurs ont été eux-mêmes soumis à des épreuves ; ils ont résisté à des surcharges de 25 pour 100 pendant une journée, 50 pour 100 pendant une heure et 75 pour 100 pendant quelques instants. Le rendement électrique à pleine charge a atteint 95 pour 100.
- Les alternateurs doivent marcher en parallèle ; des essais sont actuellement effectués pour régler convenablement les régulateurs et les freins des machines à vapeur. Si les machines à vapeur Dujardin sont restées calées au point mort, le démarrage peut être difficile. Pour éviter cet inconvénient, on a installé près de chaque machine à vapeur Dujardin un moteur électrique qui permet cKeffectuer le démarrage.
- Le tableau de distribution est placé, dans le fond de l’usine, sur une plate-forme élevée, de sorte que l’électricien peut embrasser d’un seul coup d’œil toutes les machines et faire aussitôt toutes les manœuvres.
- La figure 5 nous donne une vue d’ensemble du
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- tableau. À gauche sc trouvent les panneaux des- pour les excitatrices, puis viennent trois autres tinés aux alternateurs, au milieu les panneaux panneaux pour alternateurs, et enfin, h droite, des
- Fi<r. 1. — Vue intérieure de la sous-station de la rue de la Convention, pour l'alimentation des tramways de l'Oiiest-Parisien.
- panneaux pour les départs des feeders. Chaque circuit d'alternateur comporte, sur chaque phase en haut, un interrupteur disjoncteur à déclenchement automatique ou à commande à main, séparé des voisins par des plaques de marbre verticales , puis un interrupteur à plongeur. Viennent ensuite un ampèremètre sur chaque phase, un appareil de mise en phase, une lampe de phase, un ampèremètre d’excitation et un wattmètre indicateur qui indique à chaque instant la puissance dépensée en tenant compte du décalage de phase. Enfin, au lias de chaque panneau d’alternateur, est un rhéostat d’excitation pour le circuit inducteur de cet alternateur.
- Les panneaux des excitatrices sont placés au milieu du tableau; chacun d’eux comporte un disjoncteur-interrupteur à soufflage magnétique, un ampèremètre, un interrupteur h main, un coupe-
- circuit et un rhéostat d’excitation des excitatrices.
- Les panneaux de feeders comprennent, à la partie supérieure, un disjoncteur automatique enclenché avec un interrupteur plongeur, chaque appareil séparé du voisin par une plaque de marbre.
- Au-dessous se trouvent un ampèremètre et une lampe sur chaque phase. Puis vient un appareil désigné sous le nom de « Time relay » et qui est gradué en temps et en ampères. 11 constitue une sorte de coupe-circuit-relais qui laisse passer dans le circuit une intensité déterminée pendant un temps convenu, ces deux facteurs étant réglés à volonté suivant les circonstances. A coté de cet appareil se trouve un compteur qui permet de connaître la consommation d’énergie électrique sur le circuit.
- Au-dessous du tableau général de distribution, dont nous venons de parler, se trouve un deuxième
- Fig. 2. — Vue de la eommutatrice Westinghouse utilisée dans les sous-stations.
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- tableau sur lequel sont placés les compteurs qui I l’usine et se distribuant dans les divers feeders enregistrent l’énergie électrique totale sortant de | d’alimentation. La canalisation est formée par
- Fig. — Vue d'ensemble du tableau de distribution.
- des câbles triconcentriques enroulés, sous plomb La station centrale des Moulineaux fournit pour et armés, et placés directement dans le sol. le moment de l’énergie électrique à la Compagnie
- Fig. i. — Vue d'ensemble de la salle des machines de la station centrale d'Issy-les-Moulineaux.
- des chemins de fer de l’Ouest pour la ligne élec- I tramways de l’Ouest-Pari sien (Boulogne-Montreuil, trique des Invalides â Versailles, àla Compagnie des j Billancourt-Champ de Mars, etc.) et au Métropoli-
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- LA NATURE.
- tain, à Bercy. En ce qui concerne la ligne élec. trique des Invalides à Versailles, nous avons déjà donné quelques renseignements sur l’installation A Nous ajouterons que la distribution est effectuée à l’aide de trois sous-stations : aux Invalides, au Champ de Mars, et à Issy-Ville.
- A la gare des Invalides existe une première sous-station pour l’éclairage comprenant 3 moteurs générateurs Alioth de 30 kw. Au Champ de Mars, se trouve une sous-station comprenant 3 moteurs générateurs de 60 kw pour l’éclairage, 3 commu-tatrices à 6 pôles Thomson-Houston de 300 kw chacune pour la traction, et 1 moteur synchrone actionnant une dynamo pour le démarrage des com-mutatrices. Enfin au Val Meudon-Fleury est installée une autre sous-station alimentée également par la station centrale.
- Les plots des lignes de tramways électriques de l’Ouest parisien, dont nous donnions l’énumération plus haut, sont alimentés en courant continu par des câbles à 550 volts sortant de diverses sous-stations où aboutissent les feeders à courants triphasés de l’usine des Moulineaux.
- Les principales de ces sous-stations sont les suivantes : celles de la rue de la Convention, de la Halle aux vins, <lc l’avenue de la République, etc.
- La figure 1 représente la vue intérieure de la sous-station de la rue de la Convention. On aperçoit dans le fond le tableau d’arrivée des câbles à courants triphasés, puis à gauche, au premier plan, le tableau du départ des câbles à courants continus à 550 volts; on voit à droite les commutatrices Westinghouse d’une puissance de 450 kw qui sont utilisées pour la transformation de l’énergie électrique de courants triphasés en courants continus.
- La figure 2 donne une vue d’ensemble d’une de ces commutatrices. L’arrivée du courant à haute tension se fait à droite par 3 frotteurs sur 5 bagues ; à gauche est le collecteur avec un petit volant pour le réglage des balais. Le démarrage est assuré par un petit moteur monté sur l'arbre.
- Enfin la station centrale des Moulineaux fournit encore de l’énergie électrique à haute tension, en plus ou moins grande quantité selon les besoins, à l’usine du Métropolitain quai de Bercy et cette énergie, après transformation, est utilisée pour la marche du Métropolitain.
- Telle est, en quelques mots, la description bien abrégée de la plus importante usine électrique de France établie suivant les données modernes, à courants triphasés, à haute tension, où toutes les précautions ont été prises pour assurer avec régularité la production d’énergie électrique. Il sera intéressant de suivre la marche de celte station qui va se prêter à des expériences de transmission d’énergie à distance et de traction sur voie ferrée et sur lignes de tramways. J. Laffargue.
- NOUVEAUX REPTILES AU MUSÉUM
- La Ménagerie des Reptiles du Muséum d’histoire naturelle vient encore de s’enrichir de cinq nouveaux pensionnaires d’espèces différentes :
- C’est d’abord un superbe Python du Sénégal, le Python de Séba, offert par un de nos jeunes sous-officiers de l’armée coloniale, M. Paul de Fallois. Ce serpent, que M. P. de Fallois a capturé lui-même avec une rare audace, est un des plus beaux spécimens que l’on ait vus depuis longtemps en Ménagerie; il mesure cinq mètres et pèse environ 25 kilogrammes; il est en parfait état de santé, et, s’il veut bien se décider à accepter les lapins qu’on va lui offrir régulièrement, tout fait supposer qu’il fera un long stage parmi ses compagnons de captivité.
- Sont arrivés également deux magnifiques serpents de Madagascar, appelés là-bas « Àkoma » ou Pélophiles, offerts l’un par M. Burguet, l’autre par M. le Dr Prestat. Ces deux serpents, de même que le Python de Séba, ne sont pas venimeux. La particularité la plus curieuse que l’on observe sur ces Pélophiles en Ménagerie, c’est qu’ils peuvent vivre pendant un temps extrêmement considérable sans prendre aucune nourriture solide. On sait que tout les serpents en général peuvent supporter un très long jeûne sans paraître en souffrir ; mais de tous, c’est celui qui nous occupe ici qui détient le record ; j’en ai observé un, qui resta pendant quatre ans et un mois sans manger ; il mesurait près de deux mètres, pesait 4 kilogrammes et quand au bout de ce long jeune il mourut, la perte de poids n’était pas relativement considérable. J’en ai vu d’autres, toujours de la même espèce, rester deux et même trois ans sans manger.
- Mon collègue et ami M. le Dr J. Pellegrin, préparateur au Muséum, a du reste consigné tous ces faits, avec beaucoup de précision, dans un Mémoire publié dans le Bulletin de la Société philomatique de Paris, années 1899-1900 C
- Dans un précédent article sur les reptiles de la Guyane, je rappelais que le Boa constrictor était celui qui, en ménagerie, avait la spécialité d’avaler sa couverture ; le Pélophile, lui, a celle de jeûner ; d’autres ont la fâcheuse habitude de manger leurs codétenus, etc.
- Le nombre des Caïmans s’est également augmenté par l’arrivée d’un petit Caïman de la Nouvelle-Orléans, offert par Mlle Marguerite Duchesne. Ce petit animal est âgé d’environ un an et pèse 120 grammes, peut-être d’ici quelque cinquante ans aura-t-il rattrapé ses compagnons de chaîne dont le plus gros, arrivé au Muséum en 1852 et pesant alors une dizaine de kilogrammes, mesure aujourd’hui environ trois mètres et atteint le poids respectable de 110 kilogrammes.
- Enfin signalons l’acquisition d’un Batracien de la Louisiane, d’une grande rareté, que l’on appelle le Ménopome des Monts Alleghanis (Cryptobranchus a 11e-ghaniemis).
- Ce Batracien ichthyoïde, très voisin de la grande Salamandre du Japon, a beaucoup les mœurs de cette dernière. Il est très vorace, il se nourrit de vers, de petits crustacés et de petits poissons. Beaucoup de pêcheurs américains le craignent et pensent que sa morsure est venimeuse. Hf,xm Bruyère.
- 1 Bull, de la Société philomatique de Paris, 9 e Série, tome 2e, u° 4, page 112, armées 1899-1900.
- 1 Yoy. n° 1408, du 15 juillet 1901, p. 107.
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- LA NATURE.
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- LE PLASTOSCOPE
- APPAREIL POUR I,'OBSERVATION EN RELIEF DES VUES SIMPLES
- Léonard de Vinci a dit avec raison qu’un tableau ne peut pas donner l’exacte impression de la réalité, parce que l’artiste est incapable de reproduire et de fondre, sur une même toile, les deux images différentes que le monde extérieur développe, au fond de chaque œil, sur la rétine.
- La science, toutefois, a résolu ce problème. Il est facile, en effet, de développer, par la photographie, deux images d’un même objet qui diffèrent entre elles absolument comme diffèrent, sur les rétines, les deux images de l’objet ; on les réunit ensuite à l’aide du stéréoscope. Mais le stéréoscope n’est applicable qu’à des vues photographiques, prises dans les conditions que nous venons d’énoncer. II ne saurait s’appliquer à tout autre mode de reproduction : peinture, dessin, miniature, gravure.
- On a bien essayé d’obtenir le relief des vues simples en se servant de grandes loupes biconvexes (graphoscope, pantoscope), mais on ne réussit qu’à reproduire, avec ces appareils, deux images presque identiques de l’objet. L’impression de relief qu’on en obtient est due à ce que l’image virtuelle fournie par la lentille se rapproche plus de l’image réelle que le dessin, et ensuite à ce que les contours et les ombres sont mieux définis et plus distincts.
- On sait, d’autre part, que les artistes se servent de miroirs foncés pour examiner les détails d’un tableau inachevé. Partant de ce principe, on a imaginé, en Amérique, d’incliner à 45° des miroirs foncés et d’observer à travers des verres grossissants l’image qui s’y réfléchit. Abstraction faite de cet inconvénient que le monde, observé dans ces miroirs, est inversé de telle façon qu’ils font voir à droite ce qui est à gauche, et réciproquement, cette tentative n’a pas donné des résultats satisfaisants.
- Nous avons fait construire un dispositif d’optique permettant de développer les différentes parties d’un dessin de telle manière que la partie centrale (qui, d’ordinaire, représente des objets situés en avant, au premier plan) fournisse des images virtuelles plus rapprochées du dispositif que la partie périphérique (fond du dessin).
- Notre dispositif (fig. 1) se compose de deux prismes abducteurs inclinés, combinés avec des verres convexes décentrés. En arrière nous plaçons un ou plusieurs systèmes divergents, inclinés et décentrés.
- Rappelons qu’une lentille convexe développe, d’un objet placé dans son foyer, une image virtuelle située à l’infini (distance négative). Le point nodal (centre optique) de cette lentille est, en même temps, sa propre image. Pendant que l’objet effectue le trajet très court, entre le foyer et le point nodal, son image parcourt la distance immense entre l’infini et le point nodal. Ce sont surtout de minimes déplacements de l’objet dans le voisinage du foyer qui cor-
- respondent à de très grands déplacements de son image.
- Or, nous savons qu’un verre convexe possède un pouvoir réfringent d'autant plus grand qu’il est plus éloigné de l’œil. C’est le contraire pour les verres concaves. Par suite notre dispositif a un foyer plus long (Fc) pour les parties centrales que pour les parties périphériques (Fp). Nous sommes arrivés à faire construire un dispositif tel que le foyer périphérique possède un pouvoir réfringent supérieur de 31) (lentille d’un foyer de 0,n,53) à celui du foyer central.
- On peut fixer ce dispositif dans la monture d’un stéréoscope mexicain. Si l’on rapproche le dessin vers le dispositif, on voit d’abord (position I) se préciser la partie centrale (e) qui apparaît avec netteté (son image virtuelle est très éloignée), tandis que la partie périphérique (p) au delà du foyer est floue.
- Si l’on rapproche davantage le dessin du dispositif (position II), la partie périphérique se distingue à son tour très finement et le dessin tout entier surgit, dans l’appareil, avec un relief saisissant. En effet, la partie centrale rapprochée en dedans de son foyer développe une image virtuelle (Ve) située en avant, et la partie périphérique, se trouvant en dedans du foyer, développe des images virtuelles (Xp) très éloignées.
- Si l’on continue à rapprocher le dessin vers le dispositif, le dessin perd sa netteté ; le relief devient de moins en moins accentué êt finit (position III) par disparaître presque complètement. C’est que la différence entre la situation des images virtuelles des parties périphérique et centrale diminue ainsi progressivement jusqu’à devenir imperceptible. Le dispositif agit alors comme une simple loupe.
- Pour qu’un dessin puisse être observé en relief, avec notre dispositif, il faut donc, a priori, que sa partie centrale représente des objets plus rapprochés que sa partie périphérique, ce qui a lieu généralement. En effet, sur eeht dessins examinés, nous en avons trouvé deux qui ne donnent aucun relief avec notre dispositif. Dans ces dessins, la partie périphérique est au premier plan tandis que la partie centrale est plus éloignée. Ces dessins nous ont servi, dans une société savante, à prouver l’exactitude de notCe récit.
- L’impression du relief s’accroît par l’observation prolongée et nécessite, pour devenir absolument
- Vp Mp
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- Fig. \. — Marche des rayons.
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- LA NA TITRE.
- nette, un certain entraînement, elle est plus nette avec les (leux yeux; l’examen binoculaire permet d’apprécier la différence entre la situation des images virtuelles centrales et périphériques [dus facilement (pie l’examen monoculaire. Pour l’obser-
- Fifî. 2. — Coupe intérieure de l'appareil.
- vation avec notre dispositif nous recommandons particulièrement les reproductions des figures, médailles, paysages, monuments, etc.
- Nous avons fait monter ce dispositif sur un châssis carré qui rentre dans une boîte semblable à celle du stéréoscope ordinaire. Une crémaillère éloigne ou rapproche ce châssis du dessin, au gré de l’observateur qui détermine sa mise au point. La distance entre le dispositif et le dessin varie pour les myopes et pour les presbytes. On peut, d’ailleurs, une fois la mise au point obtenue, retirer le châssis de la monture et s’en servir pour observer, à la distance déterminée, les figures ou photographies d’un livre ou d’un album.
- Sous une autre forme, nous avons fixé le dessin devant le dispositif à la distance normale d’où l’œil emmétrope aperçoit le maximum de relief. Les myopes et les presbytes se servant de leurs verres correcteurs.
- Voici en quoi le plastoscope se distingue du stéréoscope et de notre loupe stéréoscopique1 : Tandis ([ue le stéréoscope réunit en une seule les images virtuelles de deux vues, le plastoscope décompose une seule vue en images situées à inégale distance d’un dispositif. En outre, tandis que le stéréoscope ne donne le relief qu’à la condition d’une différence de deux vues correspondant exactement à la différence des images rétiniennes, le plastoscope, par suite de l’inclinaison des verres, développe du dessin deux images différentes, à peu près semblables à celles des vues du stéréoscope. Mais le plastoscope et le stéréoscope ne fournissent, l’un et l’autre, que l’illusion du relief.
- La loupe stéréoscopique, au contraire, sert à l’observation du relief réel ; elle fait ressortir les défauts d’un dessin, les aspérités du papier, contrôle l’exactitude de l’artiste et accuse des détails qui échappent à l’observateur ordinaire. Le plastoscope, dans un
- ‘ Yoy. n° 1407, du 12 mai 1000, p. 387.
- relief imaginaire, estompe les défauts, efface les inégalités, donne [dus d’illusion du relief à la photographie ou au dessin.
- Le plastoscope peut rendre de grands services à l’artiste désireux de reproduire, à l’aide d’une photographie, une figure, un portrait, un groupe, etc. Dans l’enseignement, il peut servir à la démonstration de figures compliquées. 11 sera accueilli avec plaisir par les amis de la nature curieux de conserver le souvenir de leurs voyages. Sans avoir besoin de recourir aux doubles vues qu’exige le stéréoscope, ils pourront contempler, avec un relief 1res net, les paysages et les monuments qu’ils ont visités. Dr E. Berger.
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- UNE
- D’ABEILLES
- AU JARDIN DES PLANTES
- « A l’état de nature, les abeilles se logent dans une cavité quelconque : un trou de rocher, un tronc d’arbre creux sont des gîtes tout trouvés ; on a vu des essaims se fixer dans un grenier, derrière un volet, dans une cavité de quelque vieille muraille. Un apiculteur de Seine-et-Oise nous a montré en 1895 un groupe d’abeilles tournoyant autour du clocher de l’église de Chamaraude. Un essaim s’y était installé depuis plusieurs années et il y prospère encore dans le voisinage immédiat des cloches de l’église. »
- A cet exemple (que nous citons en tête du cinquième chapitre de notre « Apiculture moderne ») de la facililé avec laquelle notre abeille domestique
- Fig. 1. — Vue de l’essaim.
- s’adapte à la vie sauvage, nous en ajoutons aujourd’hui un des plus remarquables.
- Au cours de cet été, un apiculteur des environs de Paris demandait à l’administration du Muséum l’autorisation d’enlever un nid d’abeilles logé dans
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- un magnifique sophora (Styphnolobiiun japonicum Schott) situé près de l’entrée de la Bibliothèque et de la galerie de Minéralogie. Cette autorisation fut refusée par le Directeur d’accord en cela avec le professeur d’entomologie, mais l’attention se trouva appelée sur cette famille d’abeilles qui vivait là depuis longtemps et à laquelle personne n'avait pris garde.
- On se demande d’où pouvait venir l’essaim qui en avait été l’origine. Le rucher le [dus rapproché du Muséum est celui que possède la Société centrale d’apiculture et de zoologie agricole au jardin du L uxemho u r g , mais de l’empiète que nous avons faite il semble résulter que c’est au Muséum mê-, me que ces abeilles sont nées.
- Cet établissement, en effet, a possédé à diverses reprises des ruches. En 1861,
- Haine t, le fondateur du journal « l’Apiculteur », se plaignait dans cette feuille de l’abandon où se trouvait le rucher du Jardin des Liantes, et dans son volume de 1877, page 290, le même auteur dit : « 11 y a eu et il y a encore quelques ruches dans la pépinière, rue de Buffon. Il y a une douzaine d’années, la demi-douzaine de ruches qui se trouvaient là appartenaient à un employé jardinier. Sous le siège, on avait permis à un propriétaire des environs de Paris d’abriter là ses abeilles. Depuis on a accordé la même autorisation à un abbé Lorrain qui a opté pour la France ».
- Il s’agissait de l’abbé Weber, un de nos meilleurs apiculteurs mobilistes. Consulté à ce sujet, il nous a fourni de très intéressants détails sur le rucher qu’il installa, en effet, dans la pépinière du Muséum en 1873, et pensa même que l’essaim qui nous occupe en ce moment provenait de ses ruches.
- Son origine, croyons-nous, est plus ancienne :
- M. Vallée, gardien-chef des galeries de zoologie, nous apprend qu’en 1865 il eut la jouissance du terrain sur lequel est planté le sophora, et il affirme qu'à cette époque il était déjà habité par des abeilles.
- D’autre part, M. lliggi, du laboratoire d’entomologie, nous dit que vers 1862 il fut chargé d'apporter de Boulogne-sur-Seine des ruches qui furent installées au voisinage du batiment occupé par l’administration près de la rue Cuvier. 11 est fort probable que c’est d’une de ses ruches qu’est sorti notre
- essaim, à moins que son origine fût plus ancienne encore.
- Ce qui importe surtout c'est de constater qu’il a vécu là ah an-donné à lui-même depuis au moins une quarantaine d’années, résistant aux hivers les plus rigoureux comme aux tés les plus chauds et les plus secs, alors que les apiculteurs les mieux expérimentés ont parfois tant de peine à conserver leurs abeilles en leur prodiguant les soins les plus éclairés.
- 'Le sophora qui lui sert de demeure est encore plein de vigueur. Une ouverture située sur une grosse branche, ou 8 mètres de hauteur, sert à l’entrée et à la sortie des abeilles. Au mois de juin dernier, une activité fébrile régnait autour de la branche et montrait qu’à ce moment la récolte était abondante.
- L’observation de cette colonie d’abeilles, peu commode peut-être, présentera le plus vif intérêt. Abondamment nourrie comme elle doit l’être par les parterres fleuris que renouvelle à chaque saison le service de la culture, il ne serait pas étonnant de la voir essaimer. Elle l’a sans doute déjà fait. Et si elle ne l’a pas fait, que penser du renouvellement des mères dont la plupart des apiculteurs prennent un soin si attentif?
- Mais c’est là une question bien technique, ce que
- Fig. 2. — L'essaim sur l’arbre.
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- LA NATURE.
- nous avons voulu constater une fois de plus, c’est la facilité avec laquelle notre abeille domestique s’adapte à la vie sauvage toutes les fois qu’elle rencontre des conditions favorables, se passant facilement des soins que l’bomme lui croit trop souvent indispensables. A.-L. Clément,
- Professeur d’Entomologie appliquée au Luxembourg.
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- Â.-E. NORDENSKIÔLD
- Le 12 août, l'illustre explorateur des régions polaires, Adolphe Eric Nordenskiold, s'est éteint à l’âge de 70 ans. En lui la Suède perd le plus célèbre de scs fils, celui auquel elle doit la place éminente qu’elle occupe dans le monde scientifique, la France le plus fidèle des amis, l’humanité un homme qui lui faisait honneur autant par l’ampleur de ses connaissances (pie par la noblesse de son caractère.
- Nordenskiold a accompli dans les régions arctiques pas moins de neuf expéditions : quatre au Spitzberg (1861, 1864, 1868, 1872-1873), deux au Grônland ( 1870 et 1883), deux également à la Nouvelle-Zemble et à l’embouchure de l’Ienisséi (1875 et 1876); enfin, en 1878, sur la célèbre Vega il effectuait le Passage du Nord-Est, exploit sans précédent qui devait le classer au nombre des explorateurs dont l’histoire n’oubliera jamais le nom. Entrée dans les glaces, à la fin de juillet 1878, dans le sud de la Nouvelle-Zemble, la Vega n’en sortit qu’un an après, dans le détroit de Behring, et de Là rentra en Suède par le Pacifique, l’océan Indien, la Méditerranée, exécutant ainsi le périple de l’ancien continent vainement tenté depuis trois siècles par les marins les plus entreprenants. De Yokohama à Stockholm, ce fut un voyage triomphal; jamais auparavant un explorateur victorieux n'avait reçu d’aussi grands et d’aussi unanimes honneurs.
- Nordenskiold laisse une œuvre absolument colossale. Loin de se cantonner dans sa spécialité, la minéralogie, son esprit curieux et ouvert a abordé pour ainsi dire toutes les branches de la science et toutes lui sont redevables d’importants progrès. A la paléontologie végétale il a apporté une ample moisson de faits nouveaux par la découverte de gisements de plantes fossiles au Spitzberg et au Grônland, dont la présence prouve qu’aux périodes jurassique et tertiaire ces terres, aujourd'hui glacées, jouissaient d’un climat subtropical ou tempéré. Ses observations ont montré que de profondes variations de climat, que l’on croyait jusque-là simplement régionales, avaient affecté toute la zone arctique. La première carte géologique du Spitzberg, la description des nappes de glace de cet archipel polaire (exploration de la Terre du Nord-Est, en 1873) et du Grônland sur lesquelles, le premier, il osa s’aventurer, la découverte des fameux blocs de fer natif à Disko, tels sont ses principaux titres à la reconnaissance des géologues. Mais, c’est surtout en géographie que l’œuvre de Nordenskiold reste absolument hors de
- pair. Avant ses expéditions, le Spitzberg n’était dessiné que d’une manière informe sur les cartes; à ces documents fantaisistes il substitua la première représentation précise de cet archipel, établissant une base sur -laquelle pourraient désormais s’appuyer des levers plus complets. Dans une autre partie de l’océan Arctique au Grônland, l’éminent naturaliste accomplit, en 1885, un exploit sans précédent. Grâce au choix judicieux de la saison d’opération, grâce aussi à d’habiles manœuvres, il réussit à forcer la banquise qui bloque la côte orientale de cette terre au sud du cercle polaire et parvint à débarquer dans une région regardée jusque-là comme inaccessible par la pleine mer. Enfin, Nordenskiold a démontré, par trois campagnes heureuses, la navigabilité de la mer de Kara, tout au moins certaines années, et la possibilité d’établir des communications maritimes entre l’Europe et les grands fleuves de l’Asie septentrionale. Si, un jour, la Sibérie prend, par mer, contact avec le monde extérieur, c’est à l’illustre Suédois qu’elle devra ce bienfait.
- L’importance des résultats obtenus par Nordens-kiôld apparaît singulièrement évidente, si on se rappelle l’état de nos connaissances polaires, il y a quarante ans, au début de sa carrière. A cette époque, les terres arctiques les plus voisines de l’Europe, comme le Spitzberg, passaient pour fermées derrière d’épais remparts de glaces; par ses fréquentes expéditions toujours heureuses, l’illustre ami que nous pleurons a montré combien, au contraire, elles sont d’accès facile pour tout marin connaissant le régime des banquises, si bien qu’au -jourd’hui on va au Spitzberg aussi souvent que du Havre à New-York. Avant Nordenskiold, les expéditions polaires n’étaient qu’une longue bataille livrée contre les glaces, en vue de gagner quelques kilomètres dans la direction du Pôle. A cette recherche de l’inaccessible, à ces luttes stériles, il a substitué les observations de pure science et l’enquête méthodique sur les phénomènes actuels ; par l’exemple il a démontré que l’Arctique était le plus fécond et le plus instructif des laboratoires pour les naturalistes avisés.
- Nordenskiold était membre associé de notre Académie des sciences et commandeur de la Légion d’honneur. D’aucune des innombrables distinctions qui lui avaient été conférées par les gouvernements étrangers, il n’était plus fier ; c’était pour lui le gage de la haute admiration qu’on avait pour lui en France, le pays qu’il aimait le plus après sa patrie. Jadis les Suédois se disaient les Français du Nord ; à cette tradition Nordenskiold était resté inébranlablement fidèle. Aussi bien, pour tous ceux qui l’ont connu intimement, sa mort est-elle un véritable chagrin; elle est une perte pour la science, une perte pour la France, un deuil pour ses amis qui toujours garderont le souvenir de sa simplicité, de son aménité et de son dévouement. Charles Rabot.
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- LA NAï'l RE.
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- NÉCROLOGIE
- AM MAE DE FAUCHE DE JONQUIÈHES
- L'amiral de Fauque de Jonquières est mort en sa propriété de Monanssartroux, près de Grasse. Né à Carpentras, le 5 juillet 1820, il entra dans la marine à l'àge de quinze ans. Pendant la guerre franco-allemande, il commanda la Gauloise, de la division cuirassée ; sur ce bâtiment, il lit toute la campagne le long des côtes allemandes. Vice-amiral, en 1877, il fut nommé préfet maritime à Rochefort, puis directeur du matériel de la llotte au ministère de la marine. Puis il dirigea, jusqu’en 1885, année où il prit sa retraite, le dépôt des cartes et plans. Le vice-amiral de Jonquières avait été élu membre de l’Académie des sciences en 1885 à la place de Bréguet. 11 était grand officier de la Légion d'honneur. Il a publié non seulement des ouvrages scientifiques estimés, mais aussi des œuvres littéraires, notamment une traduction en vers des Épitres d’Horace. —«.<)•<—*
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 12 août 1901. — Présidence de M. Fooqdé.
- Correspondance. — M. de Forcrand, professeur à la Faculté des sciences de Montpellier, développe des considérations sur la valeur des poids moléculaires à la température de l’ébullition. — MM. E. et F. Cosserat communiquent des recherches analytiques sur les déformations infiniment petites d’un ellipsoïde élastique soumis à des efforts. — M. Violle adresse une Note de M. Vaillant sur la couleur des ions. — M. Yial, de Bruxelles, signale qu’il a indiqué vers 1895, dans un pli cacheté, les diverses conditions réalisées aujourd’hui dans son ballon par M. Santos-Dumont.
- Traitement du psoriasis. — M. le I)r Bouffé donne lecture d’un Mémoire sur les rapports de la neurasthénie et du psoriasis.
- Séance du 19 août 1901. — Présidence de M. Fouqüé.
- Une rivière souterraine. — M. Berthelot rappelle le problème que suscitent les sources qui forment la Loue. Ces sources débitent habituellement 15 000 litres par seconde ; mais, à l’époque des hautes eaux, le débit peut atteindre 450 000 litres. L’attention des savants s’est portée sur ces sources en raison de l’importance et de la variabilité de leur débit. M. Fournier, professeur à la faculté des sciences de Besançon, a soutenu qu elles étaient alimentées par les eaux du Doubs qui s'engouffraient dans des fissures du sol, en aval de Pontarlier, à la cote de 800 mètres. Le niveau des sources n’étant que de 450 mètres se prête à cette hypothèse. La fluorescéine a été employée sans résultat pour vérifier l’explication. La question était donc restée irrésolue, lorsque le récent incendie de la fabrique d’absinthe Pernod entraîna l’écoulement dans le Doubs de 1000 000 de litres d’absinthe. Deux jours après l’incendie, la grotte dans' laquelle les eaux apparaissent au jour prenait l’odeur d’absinthe. Une chute, située en aval des sources, produisait une mousse abondante. M. Berthelot fils s’étant trouve sur les lieux a recueilli des échantillons d’eau et de mousse et les a adressés à son père. M. Berthelot père est parvenu à tirer du liquide une gouttelette d’essence d’anis. Le résidu
- laissé sur le filtre, lavé à l’éther, puis évaporé, a donné un dixième de centimètre cube d’essence d’absinthe; il n’y a donc plus à hésiter sur la provenance des eaux des sources de la Loue. M. Berthelot estime que ces faits renferment un enseignement fécond. Déjà il a été démontré que les eaux du Loiret proviennent de la Loire ; il est donc vraisemblable que les sources à grand débit sont des dérivations souterraines de grandes rivières, ür les ingénieurs recherchent, pour l’alimentation des villes, les sources à grand déhit. La contamination des eaux de la rivière origine entraînerait donc l’empoisonnement des habitants.
- Le Plateau central pendant les temps géologiques. — M. Albert Gaudry présente une Note de statigraphic due à M. Armand Thévcnin. Lorsque l’on regarde une carte géologique de France, on voit que le Plateau central, qui a été exondé dès les temps primaires, a été entouré par la mer secondaire. Mais la mer présente une interruption au sud du Plateau central, dans la région de Segalas. Le savant préparateur du Muséum a étudié cette région et en a tracé l’histoire très détaillée. Il y a eu interruption de la mer, mais pendant peu de temps, et le sol est resté plus élevé que dans les autres parties du pourtour du Plateau central. M. Thévcnin montre que le sol s’abaissait lors du trias; mais, formé de dépôts littoraux, il se relève un peu lors de l’hettangien, puis s’enfonce lors du lias inférieur. Vers la fin du lias moyen, le sol se relève puis s’abaisse lors du toarsien pour se relever lors du bajocien et présenter des lacunes lors du batho-nien. Ces résultats sont analogues à ceux que M. Fabre a obtenus dans les Cévennes sur un autre flanc du Massif central. N’est-il pas curieux, selon la remarque de M. Gaudry, de refaire avec tant de détails l’histoire des temps géologiques de notre pays.
- Sexuation des vers à soie. — M. Bouquet de la Grye expose les résultats d’une expérience laite par M. C. Flammarion sur l’influence de la lumière colorée sur la répartition du sexe dans une masse de vers à soie. Sous l’influence de rayons violet clair, M. Flammarion a vu la proportion du nombre de mâles monter à 77 pour 100, alors qu’elle n’est que de 50 pour 100 dans les conditions ordinaires. L’auteur a répété ses expériences et changé les verres employés; les résultats sont restés les mêmes.
- Décès. — M. le Président donne à l’Académie la nouvelle de la mort de M. l’amiral Fauque de Jonquières, membre libre, et de la mort de M. Nordenskiôld, associé étranger, et prononce leur éloge. Ch. de Villedeuil.
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- UNE PETITE LOCOMOTIVE A PÉTROLE
- Lorsque l'on songe aux avantages considérables des moteurs à pétrole, ou peut s’étonner qu’ils ne soient pas utilisés davantage sur les lignes de chemins de fer et de tramways, là où le trafic n’est pas assez important pour motiver l’emploi rationnel d’nne locomotive à vapeur. Avec sa mise en marche instantanée, avec sa faible consommation d’eau (l’eau pouvant même devenir complètement inutile quand le refroidissement se fait au moyen de l’air), une locomotive à pétrole serait tout indiquée soit dans les ateliers, les usines où l’on n’a à mettre en marche que des trains peu fréquents, soit sur les chantiers de travaux publics, de terrassements,
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- L A X AT Ht K.
- où l'approvisionnement d’eau et de combustible est une gêne très sérieuse.
- Une maison bien connue pour ses automobiles, la Société dite des « Anciens établissements l'anbard et Levassor », vient de mettre à profit l’expérience qu'elle a acquise dans la construction des moteurs d’automobiles, pour combiner précisément une petite locomotive répondant à ces usages, et dont nous reproduisons une photographie : nous nous dispensons d’en donner un dessin complet, parce qu’on s’est en somme contenté d’y grouper en bonne place, et suivant une disposition répondant bien au but poursuivi, les principaux organes d’une automobile. Le moteur notamment est absolument identique à celui des voitures Uanhard-Levassor, qui ont fait leurs preuves dans tant de circonstances, et il est
- alimenté par de l’essence de pétrole à 700 degrés, pulvérisée dans un carburateur à niveau constant ; l'allumage se fait au moyen de tubes de platine maintenus incandescents par des brûleurs sous pression. La chambre de combustion est constamment refroidie extérieurement, grâce à une circulation d’eau qui est assurée par un thermo-siphon. La régularité de l’allure est garantie par l’emploi d’un volant de 40 kilogrammes, et un régulateur maintient la vitesse du moteur à 7ô0 tours, en s’opposant au soulèvement des soupapes d’échappement quand cette vitesse commence d’être dépassée. La forme générale de ce tracteur rappelle l’aspect caractéristique d’une locomotive : on remarquera du reste que toutes les enveloppes qui entourent les organes du mécanisme peuvent s’ouvrir comme des portes
- Petite locomotive à pétrole.
- de placard, ce qui donne libre accès à ces organes et permet de les visiter aisément chaque fois qu’il en est besoin.
- Le mouvement du moteur est communiqué aux roues d’avant par l’intermédiaire d’un train d’engrenages et de changement de vitesse, analogue à celui qu’on trouve dans les automobiles de la maison Panhard-Levassor ; la réunion du moteur à ce mécanisme se fait par un cône d’embrayage à frottement de cuir sur fonte; pour éviter une allure trop rapide, absolument inutile et même nuisible dans le service ([lie doit assurer une locomotive de ce genre, on a interposé un train d’engrenages entre le changement de vitesse et l'arbre, portant, les pignons de chaîne. Nous n’avons [tas besoin d’insister sur les dispositions qui ressortent sullisamment du simple examen de la figure ci-jointe. Mais nous ferons remarquer que, pour la commodité du mécanicien et aussi pour lui laisser les habitudes générales qu’il
- peut avoir contractées avec une locomotive à vapeur, on a centralisé, sur la plate-forme d’arrière et devant la banquette qui lui est destinée, les leviers de mise en marche, de changement démarché, de changement de vitesse, ainsi que les leviers de frein : on voit notamment qu'une manivelle avec transmission par chaîne de Galle permet de donner les premières impulsions au moteur, sans qu’on ait à descendre de la [date-forme.
- Il est évident que lorsqu'on dispose du courant électrique, il est autrement plus simple d’assurer électriquement la traction des trains; mais dans les autres cas, une petite locomotive de ce genre, qui est susceptible de remorquer un poids de 3 tonnes de charge avec la plus grande facilité de conduite, est appelée à Ændrc de réels services. D. B.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiuiie, rue de Fleurus, 9.
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- N0, 1475. - 51 AU LT ,11101. LA NATURE.
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- COMPRESSION DIRECTE DE L’AIR PAR LES CHUTES D’EAU
- Au moment où ce qu’on nomme maintenant les usines hydro-électriques semblent si bien réussir au
- point de vue pratique, il semble bizarre qu’on puisse recourir à un système tout autre pour transformer
- en force motrice utilisable la puissance que représentent les chutes d’eau. Et c’est pourtant ce qu’on a fait, il y a déjà un certain temps, dans diverses stations au Canada. La principale, celle de Magog, vient de faire l’objet d’un rapport devant la Société des Ingénieurs mécaniciens, et, comme des chiffres assez complets ont été donnés sur son rendement, le moment nous a semblé bien choisi de fournir quelques explications sur ces installations.
- En soi-mème l’air comprimé est assez souvent employé comme agent de transmission et de distribution de la force motrice, mais on le comprime ordinairement par l’intermédiaire de pistons mis en marche par des moteurs : ici, rien de tout cela. La compression résulte du phénomène d’entraînement bien connu, dû à l’instrument qu'on nomme la trompe hydraulique, et qui était employé dans les souflleries d’air des fourneaux catalans. Bien entendu, dans ces fourneaux, la pression obtenue était très faible; mais, en somme, le principe était le même que celui auquel on prétend faire appel maintenant : l’eau tombait à l’oriüce supérieur d’un conduit en bois et entraînait avec elle.de l’air qu’on recueillait dans une chambre d’air d’où on le dirigeait sur le fourneau. C’est cette idée, accommodée avec les soins modernes et mise en pratique suivant les indications de la science, que M. C. H. Taylor, de Montreal, a reprise pour en tirer parti dans plusieurs installations industrielles.
- Si nous prenons comme type celle de Magog, nous verrons qu’elle comporte essentiellement une chute d’eau d’une certaine puissance, un puits vertical et un gros tuyau métallique logé dans le puits, avec deux réservoirs, l’un en haut, l’autre en bas du tuyau : c’est, en somme, une immense trompe hydraulique. On dispose à Magog d’une hauteur de chute de 6m,70. L’eau arrive par un tuyau d’amenée À, muni 29e année. — 2e semestre.
- Fig. 2. — Coupe Je l’appareil de compression.
- naturellement d’une vanne, au réservoir supérieur B, qui se trouve en fait au même niveau que la prise d’eau (pour qu’il n’y ait point de perte de chute). Comme on le voit par l’arrachement fait dans la figure, le tuyau de chute ou de compression C s’élève de beaucoup au-dessus du fond de ce réservoir. Mais
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- remarquons immédiatement le dispositif tout spécial qui est fixé en tète du tuyau de descente. Tout autour de l’orifice supérieur de cette conduite de descente, et un peu au-dessous du niveau de l’eau, sont une série de petits tubes pour l’entrée de l’air; et, au fur et à mesure que la nappe liquide s’écoule, en noyant l’orifice recourbé horizontalement par lequel ces petits tubes débouchent à l’intérieur de l’ouverture du tuyau de descente, de l’air est entraîné et appelé qui passe par eux dans la conduite. D’ailleurs, cette couronne de tubes est prise entre une sorte de chapeau supérieur et une pièce inférieure, s’étalant en collerette autour de l’orifice de la conduite de descente, si bien qu’en rapprochant, au moyen d’une manivelle, le chapeau mobile de la pièce fixe, on diminue plus ou moins la quantité d’eau qui s’écoule par l’espace annulaire, et par suite l’appel d’air.
- Cet air s’écoule en bulles innombrables noyées dans la colonne liquide, et la compression subie par ces bulles augmente constamment au fur et à mesure qu’une hauteur d’eau plus grande pèse sur elles : l’inventeur du système estime que leur volume décroît dans la proportion de 1 à 0,2271 tonne et leur pression au centimètre carré passe de 0 à 5,5 kg. La colonne air et eau descend par la conduite, qui n’a pas moins de 1ra, 12 de diamètre, dans un puits profond de 40 mètres, et elle pénètre dans le réservoir du bas, dit chambre à air séparateur, qui a 5m,20 de diamètre sur 5 mètres de haut. On voit immédiatement que l’eau est destinée ensuite à remonter en E par l’espace libre entre le tuyau de descente et les parois du puits, pour s’écouler finalement'par le canal de fuite.
- Mais au bas du tuyau de compression, se trouve un diaphragme circulaire K, qui joue le rôle de l’ancien autel de la trompe à eau primitive : c’est ce qu’on nomme le disperseur, et il comporte en son centre une pièce conique venue de fonte, qui fait prendre à l’eau et à l’air une direction horizontale, les amenant vers la circonférence de la chambre D. L’eau s’écoule le long du bord du disperseur, puis est ramenée au centre par l’action d’une sorte de tablier métallique, et enfin s’écoule par le bas et par la circonférence de la chambre, pour gagner, comme nous l’avons dit, le canal de fuite. Tout naturellement, et d’autant que le mouvement de l’eau est ralenti, l’air remonte et se rassemble dans la partie supérieure de la chambre à air. Il est ensuite évacué de cette chambre par une conduite verticale I jusqu’à une soupape automatique régulatrice P, et de là il est finalement envoyé aux moteurs qu’il doit mettre en marche.
- Il est certain que cette façon de comprimer de l’air a cet avantage que le procédé même empêche l’air de s’échauffer pendant la compression, et qu’on évite tous les ennuis secondaires qui résultent de cet échauffement. Par contre, la descente des bulles d’air est assez lente, lente aussi est la compression. Enfin, quoi qu’il en soit, les expériences faites sur cette installation de Magog et communiquées, comme
- nous l’avons dit, à la dernière réunion de la Société des Mechnnical Enyineers, ont donné des résultats réellement satisfaisants; les essais étaient du reste exécutés scientifiquement par le professeur Mac Lod, de l’Université canadienne Mac Gili (dont nous avons parlé ici). En variant convenablement le nombre et aussi les dimensions des tubes d’appel d'air, on est parvenu à faire monter le rendement de la compression de 56,8 à 64,5 pour 100, mais étant donnée une certaine quantité d’eau arrivant dans le réservoir supérieur; quand, au contraire, cette quantité augmentait d’un dixième environ, on se trouvait mieux de recourir à un nombre moins considérable de tubes d’appel, et alors on pouvait atteindre le rendement de 70,7 pour 100. Il nous est impossible d’analyser par le menu ces expériences nombreuses.
- Aussi bien, il est prouvé pratiquement qu’un semblable système donne de l’air comprimé dans les meilleures conditions : depuis plus de deux années, par exemple, l’installation de Magog fournit, sans arrêt ni réparation, la force motrice aux ateliers d’impression des tissages de la Compagnie Dominion Cotton Mills. Une deuxième installation du même genre a été faite à Ainsworth, dans la Colombie Britannique, et l’air comprimé est envoyé à une distance de 7 kilomètres environ, pour être distribué à des mines de plomb argentifère de la région; et ce sous une pression de 6 kilogrammes environ par décimètre carré. Nous pourrions citer d’autres usines de compression, comme celle de Peterborough, dans l’Ontario, de Norwich, dans l’État américain du Connecticut. Mais nous en avons assez dit pour montrer la parfaite vitalité de cette combinaison curieuse, où les organes mécaniques sont pour ainsi dire complètement supprimés. D. Lebois.
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- IA FOSSILISATION DE L’IMPONDÉRABLE
- D’ordinaire ce mot de « fossile » sonne assez mal aux oreilles des gens du monde. Bien que l’étymologie permette d’appliquer cette qualification à tout ce qui est renfermé dans le sein de la terre, par conséquent aux métaux natifs et aux pierres précieuses, l’usage a prévalu d’en limiter l’emploi aux pétrifications plus ou moins grossières, où la substance des êtres vivants des périodes géologiques a été remplacée par la matière des terrains au sein desquels les restes.de ces êtres ont été enfouis. Seuls, les géologues de profession et les paléontologistes apprécient le mérite des « fossiles » ainsi définis. Quant au public, peut s’en faut qu'il ne soit tenté d’appliquer à ces amateurs du passé l’épithète même par laquelle ils désignent leurs trouvailles.
- C’est pourtant un joli privilège, et vraiment digne d’une certaine admiration, que celui dont jouissent ces spécialistes, de pouvoir évoquer, à la vue de simples pierres, tous les éléments d’une nature disparue ; de ressusciter en quelque sorte, parfois jusque dans ses plus menus détails, la population animale ou végétale qui ornait la surface du globe aux diverses
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- époques de son évolution; époques séparées de la nôtre par des intervalles de temps chiffrables en millions d'années î
- La délicatesse des enseignements de la science des fossiles'va encore plus loin. 11 n’y a pas que les restes mêmes des être vivants qu'on sache ainsi interpréter. l)e simples actes physiologiques se prêtent au même mode de détermination. Ici c’est un ver « arénicole », c’est-à-dire habitant les vases sableuses, et (jui a laissé, dans le sable transformé en grès, la trace bien reconnaissable des passages cylindriques par lesquels il s’ouvrait un chemin jusqu’à l’eau claire. Ailleurs, la « piste » d’un animal cheminant sur la vase a été immédiatement moulée par du sable, plus tard durci en grès; ce qui permet de se rendre compte de la nature comme de la vitesse du mode de progression de cet animal, poisson, crustacé ou mollusque.
- Non seulement les actes vitaux, mais les circonstances physiques d’une époque peuvent se montrer susceptibles de fossilisation. Par exemple, des empreintes de grosses « gouttes de pluies fossiles » ont été plus d’une fois observées, à la surface d’un sédiment originairement mou, pêle-mêle avec les traces de pas des reptiles qui fréquentaient ces parages. D’autres fois, les ondulations imprimées à un sable de plage par le clapotis des vagues se sont trouvées figées de la même façon, produisant sur les surfaces des grès ce que les Anglais appellent des « ripple-marks ». Et c’est à se demander si des traces de « vent fossile » ne subsistent pas, comme on l’a quelquefois pensé, sous la forme d’ondulations spéciales à la surface de certaines couches de sédiment.
- Encore s’agit-il dans tout cela d’actions mécaniques. Mais voici qui.est plus fort : c’est ce que nous nous permettrons d’appeler la « fossilisation de l’impondérable ! » Et d’abord la température ! Ne peut-on pas dire 'que son degré se trouve fossilisé, en quelque manière, par certains groupes d’animaux ou de végétaux, tels que les polypiers constructeurs et les plantes d'habitudes tropicales, qui, grâce aux conditions très étroites auxquelles est assujetti leur développement, permettent d’inférer au moins ce que devait être la température moyenne d’une époque?
- Le célèbre botaniste Heer est allé plus loin dans son étude du fameux gisement d’Œningen, sur le lac de Constance. Là, parmi des milliers de feuillets minces, entassés les uns sur les autres, et ayant gardé les empreintes des insectes, des feùilles, des ileurs, des fruits et des graines du voisinage, il a pu, par une délicate analyse de ces éléments, retrouver les produits des saisons successivès, déterminer les températures régnantes, préciser le moment où se faisaient, soit la mue des insectes, soit la chute des feuilles et la maturation des graines.
- Voici maintenant qu’on vient de nous indiquer le moyen de déterminer, à diverses époques géologiques, la valeur de ces éléments, si mobiles et si fugitifs, qui s’appellent la « déclinaison et l’inclinaison » magnétiques, c’est-à-dire, d’une part,
- l’angle que fait en un lieu, à un moment donné, la direction de l’aiguille aimantée avec celle du méridien astronomique, et, d’autre part, l’inclinaison que prend, relativement à la verticale, la même aiguille librement suspendue par son centre.
- Ce tour de force s’accomplirait de la manière suivante : 11 existe en Italie un savant, M. Folghc-raiter, qui s’est déjà livré à d’ingénieuses observations sur les coulées de laves volcaniques. 11 a reconnu que chaque coulée constituait au début un véritable aimant, mais dont le magnétisme diminuait avec le temps. Ensuite il a porté son attention sur les vases cuits au feu, et a fait voir que la cuisson leur communiquait un magnétisme permanent, se révélant par les déviations que ces vases font subir à l’aiguille aimantée; si bien que de tels objets pourraient faire connaître la direction et l’intensité du champ magnétique terrestre au moment de leur cuisson, s’il était possible de reconstituer la situation qlf ils occupaient dans les fours.
- A la vérité cette reconstitution complète est impossible. Tout ce qu’on peut affirmer, c’est que les vases étaient placés verticalement, de sorte que leur action sur la boussole d’inclinaison peut bien révéler ce qu’était alors cet élément du magnétisme. Or le fait que l’inclinaison n’est pas la même pour les vases de l’époque romaine et ceux de l'époque étrusque est, par lui-même, très significatif. Mais, pour la déclinaison, ces vases ne peuvent rien fournir de précis. Heureusement il est des cas où l’observation de la déclinaison devient faisable : c’est quand la nature elle-même a pris soin de fournir le four de cuisson. C’est justement ce qui arrive dans le Puy-de-Dôme.
- Ainsi, aux environs de Clermont-Ferrand, il existe des couches d’argile, appartenant aux derniers temps tertiaires, et sur lesquelles des coulées de lave se sont autrefois épanchées, faisant subir à l’argile sous-jacente une cuisson qui s’est étendue à 2 ou o mètres de profondeur. Or MM. Bernard Brunhes et Pierre David ont constaté que l’argile avait acquis, tout comme les vases en terre cuite de nos ancêtres, un magnétisme permanent, se révélant à la fois en inclinaison et en déclinaison. Le second terme mon-: tre ce que devait être, à l’époque de la coulée, l’angle du méridien magnétique avec le méridien astronomique. Cet angle paraît être le même pour deux parties différentes d’une même coulée, mais dillérent pour deux coulées qui ne sont pas du même âge. Dans un cas, la déclinaison s’est montrée de même sens et de 7 degrés plus forte qu’aujourd’hui. Dans un autre, la différence s’est élevée jusqu’à 60 degrés. En outre, dans les expériences relatives à l’inclinaison, c’est toujours le même pôle de l’aiguille qui se dirigeait vers le bas, et ce pôle était, comme aujourd’hui, le pôle austral.
- N’est-ce pas une chose merveilleuse de pouvoir ainsi, à des centaines de mille années de distance, se faire une idée de ce que pouvaient être, à un moment donné, l’allure et l’intensité de la force magné-
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- tique? Quels précieux enregistreurs que ces argiles cuites par la chaleur des laves, et, après un tel exemple, quels horizons le savant n’est-il pas fondé à entrevoir? car il n’y a pas de raison pour que beaucoup d’autres phénomènes physiques plus ou moins instantanés n’aient pas, çà et là, marqué leur empreinte définitive sur quelque objet naturel, qui en garde le secret jusqu’au jour où un ingénieux observateur saura le lui arracher.
- Nous sommes fiers, et à juste titre d’ailleurs, des inventions de notre époque, du phonographe qui enregistre et fixe les vibrations sonores, de la plaque photographique qui s’impressionne sous l’action des vibrations lumineuses, même de celles que notre regard ne perçoit pas. Qui nous dit qu’un jour on ne découvrira pas de nombreux appareils naturels qui ont rempli des fonctions analogues, pour révéler
- à notre génération mille phénomènes fugitifs dont la surface terrestre a été le théâtre? Après les coulées de lave des volcans et les vases de nos ancêtres, les argiles cuites du Puy-de-Dôme sont, jusqu’ici, le plus remarquable exemple de ces processus naturels de conservation, grâce auxquels nous pouvons être admis à reconnaître, non seulement les éléments tangibles du monde qui a cessé de vivre, mais jusqu’à ses éléments impondérables, emmagasinés dans des pierres qui, on peut le dire, en ont vraiment opéré la fossilisation. A. de Lapparext,
- de l'Institut.
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- LE YACHT A TOILES MODERNE
- En présence des efforts des constructeurs d’automobiles pour atteindre un type idéal de voiture de
- Fig. 1. — Le lancement d’un yacht à voiles moderne.
- course, on a souvent dit que, dans cette voie, on s’éloignait de plus en plus des besoins de la vie ordinaire; et il est bien évident qu’un véhicule destiné à assurer des transports à une allure raisonnable, en portant un poids relativement considérable, ne peut guère ressembler à une voiture qui n’est qu’un instrument de vitesse et qui offre tout au plus un siège où son conducteur ne pourra se tenir qu’en se cramponnant pour ne point tomber. Or, on retrouve une différence analogue, mais bien plus accentuée, entre le voilier ordinaire, même tel qu’il sp construit dans les plus grandes proportions et suivant tous les progrès modernes, et les voiliers de course qui forment réellement l’élite de la navigation de plaisance, et qui sont chargés de soutenir le pavillon anglais et le pavillon américain dans ces concours de vitesse dont la fameuse coupe de l’Ame-rica est le prix le plus disputé.
- Assurément, avant d’en arriver aux types les plus modernes qui présentent au plus haut degré ces caractéristiques si franchement différentes du voilier ordinaire, on est passé par des transformations successives, qui avaient pour but et pour résultat d’augmenter l’allure du yacht à voiles : pour cela il fallait tout à la fois donner à sa carène des formes diminuant la résistance au déplacement qu’elle trouve dans l’eau, et lui permettre de porter une voilure de plus en plus considérable, en opposant par conséquent une stabilité de plus en plus efficace aux efforts du vent. 11 serait à coup sûr curieux de suivre ces transformations ; mais, comme tout le monde connaît la forme classique d’un voilier, même des petits yachts modestes et quelque peu arriérés qui constituent une bonne partie de la Hotte de plaisance française, il nous suffira de fournir des renseignements un peu précis et des
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- LA NAÎTRE.
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- dessins sur les formes et les dispositions des deux-derniers yachts construits de l’un et de l’autre côté de l’Océan, pour la course prochaine de la Coupe de T America. La comparaison se fera d'elle-même et Ton pourra saisir aisément les particularités si étranges de ces constructions destinées uniquement à donner de la vitesse.
- En somme, et comme nous le constaterons en comparant les deux yachts dont nous allons parler, après s’être séparés jadis très nettement dans les types qu’ils suivaient, les constructeurs américains et anglais adoptent absolument les mêmes errements, et ce sont les Anglais qui ont fini par imiter leurs cousins d’Amérique, parce qu’ils [ont vu S que les
- formes imaginées de l’autre « côté de l’eau », comme on dit, réussissent bien mieux que celles auxquelles ils avaient été si longtemps fidèles. Les Américains eux-mêmes ont, d’ailleurs, grandement modifié leurs méthodes : c’était, en effet, avec un yacht à dérive qu'ils avaient gagné la première fois la Coupe anglaise, et aujourd’hui ils ont complètement abandonné la dérive, pour la remplacer par cette quille de profondeur fantastique que montre une des gravures ci-jointes (fig. 2, nos 2 et 5) : toutefois ils sont demeurés lidèles à la forme générale extrêmement plate du bateau, qui était dans l’origine solidaire de l’emploi de la dérive.
- Comme type de bateau américain, nous pouvons
- Fig. 2. Yacht de course. — 1. Plan. — 2. Coupe longitudinale. — ô, i, 5. Coupes transversales.
- prendre l’un quelconque des deux qui viennent à peine d’être construits, la Constitution et Vlnde-pendence, car nous y retrouverons à peu près identiquement les mêmes particularités. Ulrulepen-dence, par exemple, est long de 43 mètres environ au total pour une longueur de 27m,40 seulement à la ligne d’eau, ce qui suppose que l’arrière et l’avant sont de la façon la plus curieuse en porte-à-faux au-dessus de l’eau ; la largeur extrême au maître bau est de 7m,50, enfin le déplacement de ce curieux bateau est de 147 tonnes à peu près, et, en dépit de la partie énorme de la coque, à l’avant et à l’arrière, qui est en dehors de l’eau, la surface mouillée de ce voilier n’est pas moins de 262 mètres carrés. Cela résulte précisément de la forme, surprenante au premier abord, des portions immergées,
- forme dont on peut se rendre aisément compte en regardant les coupes transversales (fig. 2, nos 3,4 et 5), la coupe longitudinale (n° 2) et aussi le plan du bateau (n° 1) (dans le plan, comme toujours en la matière, on retrouve une ligne qui indique le tracé rapporté du contact de la coque avec la surface de l’eau). C’est qu’en effet, si la coque proprement dite ne représente pas une surface considérable, elle est complétée à ce point de vue par cette sorte d’expansion en forme de bulbe qu’on nomme effectivement un but h keel, et qui constitue la quille : quille démesurée qui ne rappelle guère la poutre plus ou moins épaisse des voiliers ordinaires, et qui est rapportée sur la fausse quille reliant intérieurement les membrures du navire. Ici la quille est bel et bien un prolongement de la coque, car elle est constituée
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- LA NATURE.
- par des extensions des couples, et elle est recouverte, au moins en grande partie, par un bordé. On saisit évidemment le but de cet appendice étrange au premier abord, et dont la disposition bizarre est inspirée des anciennes dérives mobiles sortant du fond d’un bateau dont la coque était presque plate : dérives qui pouvaient avoir une profondeur énorme, précisément parce qu’on avait la ressource de les rentrer à volonté en les relevant. On comprend bien que cette immense lame, placée sous le bateau et dans son axe, lui assure une stabilité, une résistance considérable au renversement, si bien que le yacht peut être chargé de toile, et que, de plus, ses allures suivant la direction du vent sont fort heureusement influencées par la présence de cette quille. Ajoutons que celle-ci est remplie de plomb, le contenu est environ de 70 tonnes, et que ce poids forme un lest prodigieux.
- Sans doute le yacht, qui vient d’être récemment lancé en Angleterre sous le nom de Shamrock II, pour soutenir la réputation britannique dans la Course de la Coupe, diffère dans quelques détails du type américain; mais les grandes caractéristiques sont les mêmes pour un oeil quelque peu profane, et nous retrouvons en particulier cette quille en bulbe qui est si surprenante pour l’aspect qu’elle donne à la coque du bateau. Tant et si bien que, pour lancer le Shamrock, étant donné qu’on ne possédait pas une grande profondeur d’eau devant le dock, on fut obligé de recourir à la disposition étonnante que représente une de nos gravures. On dut disposer de chaque coté du yacht, et supportant son ber, deux pontons de flottaison, et c’est entre ces deux flotteurs qu’il fut mis à l’eau, pour être emmené en un point où sa profonde quille ne risquerait plus de toucher.
- Il faut songer en effet qu’un petit bateau, qui n’a que 27 mètres de longueur à la flottaison (c’est celle dans laquelle on doit se tenir au point de vue de la réglementation), a un tirant d’au moins 5m,80 de hauteur, autant qu’un grand vapeur de '2000 ?» 5000 tonneaux.
- Si nous examinions maintenant la façon dont sont construits ces yachts, nous y rencontrerions également plus d’un motif de surprise. Toute la charpente en est basée sur les principes suivis dans la construction des ponts et des poutres armées, ce qui s’explique parfaitement quand on songe aux efforts énormes que fait subir le vent à cette structure dont une bonne portion est hors de l’eau, et, par conséquent, sans rien qui la soutienne ; le mât en particulier, qui est fort sur l’avant, appuie sur un endroit de la coque dont le bordé n’est qu’une plaque de bronze de quelques millimètres, et il a fallu disposer à cet endroit, pour répartir la charge sur une grande partie de la coque et de sa membrure, tout un système cellulaire de plaques en acier. La coupe que nous donnons de Ylndepen-dence montre qu’on n’a point hésité à réunir diverses parties de la charpente au moyen de tirants
- qui la raidissent. Tout le yacht constitue donc une sorte de poutre creuse, d’un type du reste bien particulier et étudié pour répondre aux efforts spéciaux auxquels il est exposé. D’ailleurs, le métal de cette charpente est presque uniquement de l’acier au nickel, tandis que les bordés sont généralement des plaques de bronze d'épaisseur variable; le pont est fait de plaques d’acier et d’aluminium, suivant qu’il s’agit de parties exposées ou non à des efforts. Enfin un bateau de ce genre est destiné à porter une surface de voilure de 1200 à 1300 mètres carrés, ce qui, avec les formes si étudiées de la coque, permet les vitesses considérables auxquelles on arrive dans les courses à voiles.
- Mais si ces yachts aux formes si fines, aux voilures fantastiques, et à la coque réduite à sa plus simple expression, sont dans l’impossibilité déporter la moindre charge, du moins les études auxquelles doivent se livrer les constructeurs pour combiner les formes les plus avantageuses à la marche, celles qui opposent la résistance la plus faible à l’avancement, ne sont pas sans donner des résultats généraux très précieux pour la navigation.
- Daniel Beij.et.
- LE VIN ET LES VINASSES COMME ENGRAIS
- Ne laissons rien perdre! Du fait de la distillation des vins, on envoie tous les jours dans le midi de la France, aux canaux et fleuves qui les portent à la mer, environ 3 600 000 hectolitres de vinasses par an. Du fait des maladies qui les rendent invendables, plus de 10 millions d’hectolitres de vin seront probablement abandonnés cette année aux approches de la récolte nouvelle, sans être distillés, faute d’alambics en nombre suffisant pour en retirer l’alcool. Total des pertes : 15 600 000 hectolitres.
- Qui dit cela? Un chimiste autorisé, M. Garrigou, qui se propose de montrer que l’on a bien tort de laisser perdre les vinasses et les 'vins altérés par la maladie. On peut et on doit les utiliser.
- En moyenne, 1 litre de vinasse renferme 2 à 3 grammes de substances salines et 15 grammes de substances organiques plus ou moins azotées; il en est de même du vin. Si tout cela est abandonné, c’est 25 000 tonnes environ de substances organiques ou minérales inutilisées pour l'agriculture. Si on laisse de coté les 17 000 tonnes de substances organiques pour ne s’occuper que des 8000 tonnes de substances minérales, il est facile de montrer tout l’intérêt qu’il y aurait à les rendre au sol.
- Selon M. Armand Gautier, la potasse entre pour 0*r,55 dans les cendres d’un litre de vin moyen. Il y a donc dans 8000 tonnes de cendres 440 000 kilogrammes de potasse. D’après le même auteur, le phosphate de chaux entre pour 2®r,85 environ dans le même poids de cendres, ce qui répond à 3000 tonnes environ. On jette à l’eau ainsi plus de 7 millions de francs !
- Et pourtant, il serait aisé d’éviter cette perte énorme. M. Garrigou fait remarquer qu’il suffirait d’abandonner dans des fosses, à l’évaporation spontanée et parfaitement colmatées à l’argile, vins et vinasses pour utiliser le concentré comme engrais spécial, soit de provoquer l’évaporation ou spontanée ou artificielle de ces mêmes liquides sur des aires à évaporation, comme on le fait dans des
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- LÀ NATURE.
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- marais salants. A la fin de la saison chaude, c’est-à-dire vers le commencement de septembre, on disposerait d’un engrais naturel minéral et azoté de premier ordre, enrichi au point de vue de l’azote de celui des milliards d’insectes volants échoués dans le liquide.
- Peut-être serait-il facile de faire cette évaporation dans de larges cuviers en tôle sous lesquels on brûlerait des feuilles sèches de vignes et de sarments. Les cendres de ces deux combustibles, d’une richesse considérable en matières minérales utiles à la vigne, constitueraient encore un engrais de premier ordre. M. Garrigou a recherché quelle quantité de sarments et de feuilles il faudrait employer pour l’évaporation.
- On peut admettre la consommation de 40 millions de kilogrammes de sarments comme source de calorique aidant celle du soleil (production de 12 654 hectolitres). Les sarments et feuilles de vignes fourniraient ainsi 5800 tonnes de cendres contenant 828 494 kilogrammes de potasse et 700 000 kilogrammes d’acide phosphorique, sans compter les autres substances utiles.
- La potasse totale (vinasse, vin et cendres de sarments et feuilles) se chiffrerait par le nombre de 2200 tonnes ; l’acide phosphorique, par celui de 1251 tonnes donnant au total un chiffre de 5400 tonnes environ de substances engraissantes minérales.
- Les substances organiques azotées représentent, en outre, une valeur considérable. Les marcs qui peuvent être brûlés également ont une valeur encore plus considérable.
- Par conséquent, nous gaspillons fortement aujourd’hui des résidus de prix, et il y aurait lieu, selon M. Garrigou, de ne pas les jeter à la rivière qui va les porter à la mer sans aucun profit pour l’agriculture. Avis aux
- intéressés. Fi.amf.i,.
- _________.
- LE CHEMIN DE FER ÉLECTRIQUE
- DU FAYET A C1IAMOMX
- La Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée vient d’ouvrir au public une nouvelle ligne qui, partant du Fayet-Saint-Ger vais, aboutit à Chamonix, au pied même du Mont-Blanc. Il y a quelques années, pour aller admirer le merveilleux panorama qu'offre la belle vallée de l’Arve avec scs hautes cimes neigeuses et ses imposants glaciers, on quittait le chemin de fer à Cluses et là on prenait la diligence qui en 7 ou 8 heures vous conduisait à Chamonix. Le trajet était très pittoresque, cela est incontestable, mais un aussi long séjour dans une patache plus ou moins confortable rendait le voyage fastidieux et pénible.
- Cet état de chose ne pouvait durer, et, en 1886, fut concédée à la Compagnie P.-L.-M. la ligne de Cluses à Chamonix. Une partie de cette ligne est depuis plusieurs années ouverte au public jusqu’au Fayet-Saint-Gervais, cette charmante petite station thermale qui fut dévastée complètement en 1895 par l’inondation. La dernière section, prévue primitivement à voie normale, a été transformée par une convention de 1895 en une ligne à voie de 1 mètre à fortes rampes. La Compagnie avait accepté cette transformation dans le but d’essayer la traction par l’électricité que pouvaient lui fournir les fortes chutes de l’Arve.
- La ligne nouvelle a une longueur totale de 19 kilo-
- mètres, et, partant de l’altitude 580m,55, atteint à Chamonix 1037m,48 en passant par des rampes dont les plus importantes ont, l’une 0m,09 sur une longueur de 2144 mètres et l’autre 0m,08 sur 1586 mètres.
- Le tracé comporte de nombreuses courbes dont le rayon minimum est de 150 mètres. On traverse trois tunnels creusés dans le rocher et ayant respectivement 76, 126 et 82 mètres de longueur. Enfjn la nécessité de traverser le Donnant et l’Arve' a entraîné la construction de sept grands ouvrages dont cinq tabliers métalliques de 25 à 45 mètres d’ouverture, un pont en maçonnerie de 25 mètres et un magnifique viaduc, situé près du pont Sainte-Marie, à l’entrée de la vallée de Chamonix et qui*a une hauteur de 50 mètres. Cet ouvrage d’art comporte sept arches de 15 mètres d’ouverture et une arche centrale, au-dessus de l’Arve, de 25 mètres d’ouverture.
- La voie est formée sur toute sa longueur de deux rails pour la voie de roulement avec un rail conducteur latéral pour la prise de courant. En outre, dans les deux fortes rampes, on a disposé entre les deux rails de roulement un rail central sur lequel peut agir un frein à mâchoires dont est munie chaque voiture.
- Les voitures (lre et 2e classe) sont à couloir central avec plate-forme à chaque extrémité. Chaque train comporte quatre voilures de 52 places et un fourgon à bagages à l’avant duquel se trouve, le compartiment du wattman. Chaque convoi représente un poids total de 90 tonnes chargement compris et pourra transporter 128 voyageurs. Toutes les voitures sont automotrices; mais grâce à un ingénieux dispositif imaginé par M. Au vert, ingénieur principal de la Compagnie, qui a fait toutes les études électriques de la ligne, un servo-moteur pneumatique permet au mécanicien, placé dans le fourgon de tête, de commander à la fois les appareils de manœuvre de tous les véhicules du train.
- La traction des voitures se fait par simple adhérence en limitant la vitesse à 10 ou 12 kilomètres à la montée et à la descente des grandes déclivités.
- Le système de freinage comporte d'une part des freins à patins agissant sur les rails de la voie; en outre, pour les fortes rampes, chaque voiture est munie d’un frein à mâchoires venant serrer latéralement le rail central dont il a été parlé plus haut. Ces différents freins peuvent être manœuvrés soit à la main sur chaque voiture, soit sur tous les véhicules à la fois par le wattman, au moyen de l’air comprimé.
- Le courant électrique est fourni par deux usines établies non loin l’une de l’autre, la première près de Servoz, la seconde près des Chavants. On aurait pu n’en avoir qu’une seule en la faisant plus puissante, cela eût été plus économique, mais en cas d’avarie à cette usine unique, l’exploitation se serait trouvée complètement arrêtée.
- L’usine de Servoz comporte quatre génératrices Gramme à courant continu de 200 kw, à six pôles, actionnées chacune par une turbine centripète à axe
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- horizontal. Deux dynamos de 40 k\v, à quatre pôles, et actionnées chacune par une turbine centrifuge à axe horizontal, servent d’excitatrices pour les généra-
- trices. Trois génératrices suffisent pour assurer le service, la quatrième sert de réserve.
- Les grosses turbines (à aspiration avec chambre
- Fipr. 1. — C.nro do Chamonix.
- d'eau et distributeur circulaire) fonctionnent sous la I vaux à la vitesse de 450 tours. Les petites turbines, charge brute de 58 mètres et développent 525 che- | qui fournissent 60 chevaux à la vitesse de 520 tours,
- Fig. 2. — Ligne du Fayet à Chamonix.
- sont à aspiration, à libre déviation, hydropneuma-tisées et à admission partielle.
- Le canal de fuite se raccorde directement avec le canal d’amenée de l’usine de la Société des forces motrices de l’Arve, située immédiatement en aval, à
- Chedde. La chute utilisée, d’une hauteur de 40 mètres, fournit un débit maximum de 15 m3 par seconde, pouvant produire 4560 chevaux sur l’arbre des turbines. En hiver, cette puissance utilisable peut descendre jusqu’à 2280 chevaux, bien supérieure encore
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- I
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- Fig. 5.
- Vallée de Chamonix. Viaduc près du pont Sainte-Marie, au-dessus de l’Arve.
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- à celle de 1420 chevaux réservée pour le service du chemin de fer. L’eau est amenée au moyen de conduites forcées dont quatre alimentent les grosses turbines et la cinquième, formant collecteur, actionne les petites turbines.
- La prise de courant (550 volts) se fait au droit de l’usine. A l’usine des Chavants l’installation électrique est analogue à celle de Servoz ; elle comporte également 4 génératrices de 200 kw et 2 excitatrices de 40 kw. Mais les turbines ne sont plus les memes. Les génératrices sont actionnées par de grosses‘turbines centrifuges de 525 chevaux, à aspiration, à libre déviation, hydropneumatisées, à admission partielle et à débit constant. Les petites turbines actionnant les excitatrices sont centrifuges, du même type que les précédentes mais à débit variable. Leur puissance est de 60 chevaux.
- L’usine est reliée au conducteur de ligne et aux rails de la voie par une canalisation aérienne formée de 8 câbles dont 4 positifs et 4 négatifs. Ces derniers rejoignent la ligne au kilomètre 9, et les câbles positifs au kilomètre 11, aux abords du viaduc de Sainte-Marie. De ce point jusqu’à Chamonix, le conducteur de prise de courant est doublé par un feeder d’alimentation aérien auquel il est relié par ses deux extrémités.
- La force motrice est fournie par une chute de 94 mètres susceptible de produire pendant la belle saison une puissance de 10810 chevaux mesurée sur l’axe des turbines. En hiver cette force peut descendre jusqu’à 5600 chevaux. Les eaux de l’Arve sont dérivées, en aval du pont Sainte-Marie, au moyen d’un barrage courbe de 3 mètres de hauteur encastré dans les rochers des berges et du lit de la rivière.
- L’Arve chariant beaucoup de sable on a construit des chambres de décantation dans lesquelles la vitesse du courant se trouve momentanément réduite à 0m,58, ce qui permet aux matières en suspension de se déposer dans la partie inférieure du radier où l’on concentre l’activité des chasses obtenues au moyen de vannes. Une galerie conduit ensuite les eaux dans une chambre de misç en charge à ciel ouvert de laquelle partent les conduites forcées. Ces conduites sont au nombre de deux ; chacune d’elles alimente deux grosses turbines et le collecteur qui dessert les turbines des excitatrices.
- Le canal de fuite débouche directement dans l’Arve.
- L’établissement de cette ligne a donc nécessité des travaux très importants qui font honneur aux ingénieurs qui en ont été chargés. MM. Geoffroy, directeur de la construction; Au vert, ingénieur principal chargé de.la partie électrique; Aron, ingénieur en chef ; et Cuiller min, ingénieur de la Compagnie. La dépense* de 'premier établissement s’est élevée à lU 500 000 francs.
- La nouvelle’'ligne dessert, outre le Fayet et Chamonix, quatre stations : 1° Chcdde, charmant petit village situé au fond de la vallée de Saint-Gervais et au pied des aiguilles de Warens ; c’est là qu’est éta^ blie la remarquable usiné hydraulique de la Compa-
- gnie des forces motrices de l’Arve; 2° Servoz, sur les bords de la Diosaz dont les superbes gorges sont à 200 mètres de la gare; 5° Les Douches, à l’entrée de la vallée de Chamonix, près du pont Sainte-Marie;
- 4° Les Bossons, au pied du superbe glacier de ce nom.
- Tout d’abord on pouvait craindre que le trajet en chemin de fer fût moins beau que celui de la route que suivaient hier encore les pataches de Saint-Gervais, et j’avoue que je craignais une désillusion; mais il n’en a rien été, le train suit constamment la route quelquefois en contre-bas, le plus souvent à une plus grande altitude et le panorama qui se déroule sous les yeux du voyageur est absolument merveilleux. Entre Chedde et Les Douches on serpente dans la vallée de l’Arve très resserrée en cet endroit entre des montagnes verdoyantes que surplombent des sommets rocheux d’un aspect imposant. Dans le fond on aperçoit les sommets couverts de neige tfèla chaîne du Mont-Blanc. Dès que l’on a passé le viaduc Sainte-Marie, la vallée de Chamonix surgit tout à ''coup dans sa splendeur. Et par un temps clair et ensoleillé, c’est un panorama féerique dont on ne peut détacher les yeux.
- En somme, la ligne que vient d’inaugurer la Compagnie P.-L.-M. est appelée à un grand succès. Permettant de'faire en 1h 1/4, dans des voitures très confortables, un trajet qui demandait 5h 1/2 dans des pataches où l’on était mal à l’aise, et, d’autre part, procurant aux voyageurs une réelle économie puisque le parcours qui coûtait 8 à 10 francs peut s’effectuer maintenant pour 5 francs aller et retour, il n’est pas douteux que le nombre des touristes qui se rendront à Chamonix va considérablement augmenter, et déjà de nombreux hôtels sont en construction pour les recevoir.
- La ligne du Fayet à Chamonix sera prochainement prolongée jusqu’à Martigny. Il a été question ces temps derniers du percement, à travers le Mont-Blanc, d’un long tunnel qui permettrait de relier Chamonix à Cormayeur, dans la vallée d’Aoste (Italie). Si ce projet était adopté, ce qui ne paraît guère probable maintenant surtout que nous allons avoir la ligne du Simplon, il faudrait refaire la ligne du Fayet à Chamonix qui est à voie étroite pour la porter à voie normale. Mais ce n’est là qu’un projet et avant qu’il soit adopté et mis à exécution, s’il l’est jamais, le petit chemin de fer électrique aura transporté des milliers de voyageurs au pied du géant des Alpes.
- Georges Cave. 1
- LES ŒUFS ET LE BEURRE A PARIS
- Parmi les questions économiques, celles touchant l’approvisionnement du marché de Paris tiennent assurément une place prépondérante. Les statistiques, publiées chaque année par les soins de la Préfecture de la Seine, sont fort instructives à cet égard ; c’est dans ces documents officiels des dix dernières années que nous puisons les chiffres ci-après, condensés par nous afin de pouvoir embrasser d’un coup d’œil rapide le déplacement considérable qui se produit depuis quelques années dans le commerce des
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- LA NATURE.
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- œufs et du beurre à Paris: L’année 1900 présentant une augmentation considérable, due à l’Exposition, nous l’écarterons momentanément, dans notre examen.
- En 1891, les Halles Centrales recevaient 15 750 693 kg d’œufs; en 1899 elles en reçoivent 16258594. L’augmentation est bien faible comparée avec celle des introductions dans Paris s’élevant à environ 4 millions de kilogrammes.
- Le commerce libre (maisons de commission, représentants d’expéditeurs et envois directs aux maisons de détail), qui n’était que de 7 519815 kg en 1891, atteint près de 11000000 de kg en 1899. C’est donc lui qui paraît avoir bénéficié de la plus-value, dont il absorbe les sept huitièmes, alors que les Halles n'ont pu en obtenir qu’un huitième.
- Si, maintenant, nous observons l’année 1900 nous voyons qu’elle présente l’augmentation énorme de 5 490 042 kg sur l’année 1899. Cette quantité est répartie comme suit:
- Aux Halles Centrales......... 1 875999 kg.
- Au commerce libre............ 1614043 kg.
- et faisons remarquer que, malgré cet appoint élevé, les
- Halles Centrales, détenant encore environ 60 pour 100 du commerce total, sont dans un degré d’infériorité évidente vis-à-vis de leurs concurrents, lesquels, ne détenant que 40 pour 100 du commerce, ont pu néanmoins s’emparer de presque la moitié de l’augmentation constatée en 1900.
- Pour résumer ce point, disons que les introductions d’œufs dans Paris ont sensiblement augmenté chaque année depuis 1891 ; qu’aux Halles, on constate une augmentation pendant sept années et une diminution pendant les trois autres : le commerce libre, qui avait diminué pendant l’année 1892, a augmenté pendant les neuf autres.
- L’année 1900 ne présente pas une augmentation assez considérable pour qu’elle soit écartée.
- Aux introductions dans Paris, nous constatons des fluctuations très sensibles indiquant une augmentation pendant sept années, une diminution pendant les trois autres ; l’écart entre 1891 et 1900 est d’environ 2800000 kg.
- Les Halles Centrales, qui recevaient 11756956 kg en 1891, voient leurs arrivages s’élever à 12 851627 kg en 1900, soit environ 1100000 kg de plus. Détenant envi-
- ŒUFS BEURRES
- Introductions totales Quantité livrée Introductions totales Quantité livrée
- des œufs Introductions au des beurres Introductions au
- Années dans Paris, aux commerce parisien Années dans Paris aux Commerce parisien
- d'après les chiffres Halles Centrales sans passer d’après les chiffres Halles Centrales sans passer
- fournis par l'octroi. Pavillon 10 par les Halles. fournis par l’octroi. Pavillon 10. par les Halles.
- 1891 23 250 508 kg 15 750 693 kg 7 519 815 kg 1891 19 993 528 kg 11 736 956 kg 8 238 572 kg
- 1892 23 432 947 — 16 031 409 — 7 401 538 — 1892 19 056 868 — 11 341 757 — 8 515 131 —
- 1893 23 549 165 — 10 048 996 — 7 500 109 — 1895 19 767 002 — 10 518 599 — 9 248 903 —
- 1894 24 478 590 — 10 401 098 — 8 076 898 — 1894 19 600 117 — 11 279 197 — 8 580 920 —
- 1893 24 589 902 — 15 988 040 — 8 601 322 — 1895 20 501 982 — 10 905 049 — 9 596 955 —
- 1899 25 609 102 — 16 568 014 — 9 101 088 — 1890 21 097 575 — 11 086 823 — 10 010 752 —
- 1897 20 528 042 — 10 450 326 — 10 078 316 — 1897 22 041 856 — 12 486 256 — 9 555 620 —
- 1898 20 914 950 — 16 013 575 — 10 901 581 — 1898 21 662 748 — 12 419 568 — 9 245 180 —
- 1899 27 242 922 — 10 258 594 — 10 984 528 — 1899 22 068 553 — 12 255 564 — 9 852 989 —
- 1900 30 732 904 — 18 134 595 — 12 598 371 — 1900 22 796 898 — 12 851 627 - 9 945 271 —
- 250 589 764 kg 103 626 538 kg 92 763 226 kg 209 349 727 kg 116 861 456 kg 92 488 271 kg
- ron 55 pour 100 du commerce total, elles ont bénéficié d’une augmentation pendant quatre années et ont subi une diminution pendant les six autres.
- Tant qu’au commerce libre, qui ne s’élevait en 1891 qu’à 8 258 572 kg, il a atteint 9945271 kg en 1900, affirmant ainsi une plus-value de 1700000 kg et il est arrivé à détenir 45 pour 100 du commerce total de Paris. Il n’a subi de diminution que pendant trois années et a bénéficié d’une augmentation pendant les sept autres. Que nous faut-il conclure de cet état des choses connues, assurément, de quelques initiés, mais dont la divulgation, jusqu’à présent, n’avait jamais été faite d’une manière aussi complète ? *
- Dès l’année dernière, l’Industrie laitière, dont la compétence en pareille matière est indiscutable, examinant le mouvement des œufs aux Halles de l’année 1895 à 1899 concluait en ces quelques lignes fort, judicieuses que nous lui empruntons :
- « La conclusion à laquelle l’examen attentif des statistiques ci-dessus nous conduit est que les expéditeurs d’œufs s’efforcent de traiter directement avec le commerce de demi-gros et de détail à Paris, sans avoir recours à l’intermédiaire des Halles Centrales. L’initiative prise par les expéditeurs est très louable ; elle marque un progrès réel
- sur d’anciennes routines dont ils eurent à souffrir dans leurs intérêts et dont ils cherchent à s’affranchir.
- Le développement considérable de ces transactions passant de 8601522 kg en 1895, à 10984328 kg en 1899, montrant ainsi une augmentation de 2385006 kg, alors que les Halles accusent depuis trois ans un déficit fort élevé, est un indice précieux et concluant des véritables sentiments d’un grand nombre d’expéditeurs-producteurs de province à l’égard des Halles, et de leurs efforts persistants à triompher des intermédiaires trop onéreux. Les chiffres ci-dessus proclament le résultat aussi heureux qu’éclatant obtenu par eux, puisqu’ils sont arrivés à fournir directement au commerce de Paris plus de 40 pour 100 de son approvisionnement pendant les trois dernières années. »
- A ces conclusions, nous ajouterons que l’année 1900, en les affirmant davantage, démontre péremptoirement que l’approvisionnement de Paris, en ce qui concerne les œufs et le beurre, ne reste pas un monopole entre les mains des mandataires des Halles, ainsi que certaines gens se plaisent à le rêver, et que la concurrence qui en résulte ne peut avoir que d’heureux effets pour les producteurs-expéditeurs, pour le commerce de détail et pour le consommateur. Alfred Anette.
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- LA NATURE.
- TAVELURES ET CREVASSES DES POIRES
- Cette année, par suite des circonstances météorologiques absolument bizarres qui ont caractérisé le printemps, la tavelure semble vouloir prendre des proportions considérables. On sait que les jardiniers nomment tavelures les tacbes noires dont se couvrent certaines poires, qui se déforment en grossissant et se crevassent par places. Les fentes s'étendent parfois très profondément et se croisent dans différentes directions.
- Les poires ainsi marquées sont dites tavelées, et se conservent mal. Quand ces poires, sans être fendues, sont marquées et déformées, elles ont perdu presque toute leur valeur marchande, et il faut se décider à arracher les arbres dont les fruits sont ainsi attaqués.
- Certaines variétés paraissent plus sujettes que d’autres , aux tavelures. Le « Doyenné d’hiver », en particulier, en souffre si fortement qu’il Luit parfois renoncer à le cultiver.
- A maturité les poires tavelées sont crevassées ou du moins toujours marquées de larges tacbes noir brun, sèches et lisses.
- Aux endroits ainsi attaqués, la peau est morte, desséchée et les cellules qui la constituent contiennent une matière amorphe brun foncé. Au début de la maladie, les taches noirâtres offrent un aspect différent ; elles sont plus petites,nombreuses, arrondies, isolées ; ou bien, se réunissant en groupes, forment des dessins tions (fig. 1).
- Les tavelures sont dues à un petit champignon parasite, le fusicladium pirinum, qui non seulement se développe sur les fruits, mais encore sur les feuilles et les rameaux. Sur les feuilles il a l’aspect de très nombreuses taches noires, petites, arrondies, au nombre de vingt à trente par feuille (fig. 2).
- Fi". 1. — Poire tavelée et crevassée, par le Fusicladium pirinum.
- Fi". 2. — Taches produites sur une feuille de poirier par le Fusicladium pirinum.
- ressemblant à des arborisa-
- Le fusicladium pirinum se développe dans les tissus superficiels des divers organes, et il fructifie à l’extérieur ; les spores en se détachant propagent la maladie sur d'autres points; car, favorisés par l’humidité, ils germent et donnent naissance ,'t de npu-veaux foyers d’infection.
- L’humidité étant favorable à la production des tavelures, il faut protéger les arbres par des abris spéciaux contre les pluies de printemps. Ceux ainsi abrités sont les moins tavelés; de même les arbres en espaliers sont moins atteints que les arbres en plein vent.
- Les vents d’ouest étant généralement des vents humides, les arbres en espalier exposés au couchant sont toutefois les plus atteints.
- Un moyen de combattre la tavelure, dont l’efficacité est incontestable, est le traitement par la bouillie bordelaise préconisée par Jules Ri-caud et qui a donné un succès complet.
- Il suffit de badigeonner l’hiver les rameaux avec un mélange liquide de sulfate de cuivre, chaux, avec addition de jus de tabac dans les proportions suivantes ; 120 litres d’eau; 10 kg sulfate de
- cuivre;’20 kg de chaux; 40 litres d’eau; 5 litres de jus de tabac. On peut encore laver les fruits au pinceau avec une dissolution de sulfate de cuivre à raison de 100 gr. de sulfate pour 50 litres d’eau.
- Le premier ba-digeonnage se fait lorsque le
- fruit acquiert environ la grosseur d’une noisette, et on le répète deux ou trois fois jusqu’en août.
- Ce procédé de préservation contre la tavelure des poires est bien facile à mettre en pratique et si simple qu’il soit, en général, il permet de débarrasser les poires de leurs taches qui déprécient la valeur marchande du fruit. A. Videau-Perrière.
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- LA NATURE.
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- ÉCLATEMENT DE CANONS
- DE FUSILS DE CHASSE
- Ceci n’est pas pour effrayer les chasseurs, mais au contraire pour les rendre prudents. Nous avons pu, grâce à l’obligeance de M. Jeandet, l’armurier bien connu de Lyon, faire quelques photographies de trois canons éclatés l’an dernier, malgré leur bonne
- construction, dans des conditions qui sont, par suite, intéressantes à connaître.
- Le premier chasseur avait tiré de son coup droit une cartouche dans laquelle on avait oublié de mettre la poudre. L’amorce, à elle seule, en faisant explosion, avait eu la force de chasser jusqu’après le milieu du canon les bourres et la charge de plomb, qui s’y étaient massées comme un tampon, sans qu’on s’en soit douté. De là, obstruction
- Fig. 1. — Éclatement de canons de fusils. Plaies sur trois canons.
- complète et à un nouveau coup tiré : éclatement.
- Le second a été provoqué par la cause, trop souvent relatée, d’introduction de terre grasse par le haut du canon, au moment d’une chute, sans qu’on ait eu après la précaution de s’assurer de l’état du fusil. La terre alors a fait bou-
- chon, et au tir, qui suivit, a causé l’éclatement.
- Le troisième est le plus curieux et s’est produit dans un fusil extra-solide. Le chasseur, se servant tantôt d’un calibre 12, tantôt d’un calibre 20, avait sur lui des cartouches des deux. Venant de tirer avec son 12, il recharge distraitement avec une car-
- Fig. 2. — Détails des brisures des canons.
- touche de 20. Il lire : rien; la culasse était vide. Il y remet une cartouche de 12, tire encore : éclatement affreux, accident grave. La cartouche de 20 introduite d’abord avait par étroitesse, dans un 12, glissé tout le long de la chambre çle culasse, au fond de laquelle, à la partie du resserrement, son bourrelet de cuivre avait formé coin et l’avait retenue bloquée.
- Au moment de la déflagration de la cartouche de 12, l’énorme résistance de l’obstacle a, malgré la solidité du canon, produit l’éclatement par déchi-
- rure ; l’effort fut si considérable que la bande en a été faussée. Joseph Neyret.
- --«•<£->—-
- LES INSECTES ADMIRENT-ILS LES COULEURS
- DES FLEURS?
- M. Félix Plateau poursuit avec une ténacité rare ses observations et expériences par lesquelles il veut démontrer que les insectes sont attirés par les fleurs, non par leur forme ou leur couleur, mais seulement par leur odeur. Au cours de ses recherches, M. Plateau a été amené à
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- LA' NATURE.
- vérifier une assertion de H. Muller prétendant que certains insectes planent devant certaines fleurs pour les admirer, aflinnation que l’on retrouve énoncée aussi par Errera et Gevaert : « Une question curieuse, disent-ils, est de savoir si les insectes éprouvent du plaisir rien qu’à regarder certaines couleurs et à respirer certains parfums.... En somme, il est très probable que bon nombre d’insectes ont atteint un degré d’évolution intellectuelle assez élevé pour que, chez eux, la notion du beau soit devenue distincte, et, jusqu’à un certain point, indépendante de celle de l’utile. »
- M. Mateau prétend qu’il n’en est pas ainsi. Il remarque d’abord que ces prétendus témoignages d’admiration n’ont guère été signalés que chez des mouches (diptères) du groupe des syr{ bides, c’est-à-dire des insectes à facultés bornées inféi^eures à celles des hyménoptères; or, du moins chez l'homme, le sens esthétique est rarement développé chez les faibles d’esprit.
- Suivant ses observations, les syrphides offrent régulièrement leurs allures dites admiratives devant des fleurs non seulement sans couleurs éclatantes, mais vertes ou verdâtres et à peu près de la coloration du feuillage. Bien plus, on les voit planer pendant un certain temps, puis s’élancer sur des corps végétaux quelconques autres que des fleurs, par exemple des feuilles vertes, des boutons fermés, des fruits verts, des tiges vertes, des tiges brunes, etc.
- M. Plateau a enfin remarqué — fait décisif — que les syrphides effectuent aussi leur vol stationnaire soi-disant admiratif devant des objets quelconques, n’ayant d’analogie ni avec des fleurs, ni même avec des organes végétaux vivants. Voici, à ce sujet, une jolie expérience. « Tout le monde, disait déjà l’auteur en 1888, a vu les svrphes planer devant des fleurs. Si la fleur ou l’inflorescence est dans une position convenable, assez élevée au-dessus du sol, si, par exemple, elle appartient à un végétal conduit le long d’un mur, on peut, sans grande difficulté, faire l’expérience amusante qui suit : évitant d’effectuer des mouvements brusques, on avance lentement la main de façon à interposer, entre la fleur et l’insecte, un doigt maintenu verticalement. Le diptère ne s’aperçoit pas de la substitution malgré la différence de forme et souvent malgré la différence de couleur.... 11 plane maintenant devant le doigt et lorsqu’on déplace lentement celui-ci de droite à gauche ou d’arrière en avant, on voit le svrphe se déplacer dans le même sens, toujours en planant. J’ai réussi ainsi à conduire certains individus à plus d’un mètre de leur position primitive. »
- En y mettant un peu de patience, on peut pousser les choses bien plus loin. « Le 25 juin 1899, quelques syrphus balteatus planent tantôt à un mètre, tantôt à deux mètres du sol sous des pommiers. Je glisse lentement la main sous l’un ou l’autre des individus. Sauf les crochets rapides qu’il fait de temps à autre et qui obligent à recommencer l’expérience, les faits se passent comme suit : l’insecte plane au-dessus de la main en se déplaçant lentement dans le sens horizontal ou vertical suivant le mouvement lent aussi qu’on effectue; il se laisse ainsi approcher à cinq, quatre, même à un seul centimètre. L’expérience est répétée près de vingt fois dans une heure et une des fois le syrphe’se pose sur l’extrémité d’un de mes doigts, l’index, et y reste quelque temps. La main était propre et je n’avais manié aucune substance sucrée ou autre pouvant attirer un insecte. » M. Plateau a réussi à faire poser des syrphides sur un manche en bambou, le dossier d’une chaise et même le bord d’un filet à papillons blanc.
- Conclusion : l’admiration pour la couleur des fleurs n’existe pas chez les insectes.
- Cette conclusion est d’ailleurs rehaussée par un autre travail du même auteur, où il démontre que les étoffes vivement colorées attirent peu les insectes et qu’il est impossible de déduire, des résultats d’expériences suivies, un argument en faveur de l’attraction de ces animaux par les couleurs des fleurs. Les étoffes colorées suspendues au voisinage des fleurs masquées par des feuilles n’attirent pas plus les insectes que lorsqu’elles sont placées à proximité de fleurs découvertes.
- Les objets brillants, à éclat, méhdlique toutefois, semblent exercer une action attractive un peu plus grande que celle déterminée par les étoffes. D’où l’on peut conclure que l’attraction que produisent, parfois, certains objets autres que les fleurs tient probablement à la différence entre les quantités de lumière réfléchie par le feuillage d’une part et ces objets d’autre part. IIemu Coupin,
- CHRONIQUE
- Exploration au Pôle Sud. — Le Gauss est parti le 12 août pour son voyage d’exploration au Pôle Sud. Ce bâtiment, de petites dimensions, comme tous les vaisseaux polaires, est bien aménagé. Une batterie d’accumulateurs lui donnera pendant l’hivernage la lumière électrique. Une machine dynamo actionnée par la vapeur, mais qui peut l’être aussi par le vent à l’aide d’un moulin placé sur le pont, augmentera sa vitesse. L’équipage, composé de vingt-deux hommes, de trois officiers et d’un capitaine, est accompagné de deux Norvégiens qui ont déjà participé à des expéditions arctiques. Dans l’entrepont se trouvent 460 bonbonnes d’acier qui permettent de gonfler sept fois le petit ballon qu’emporte avec lui le navire. De nombreux cerfs-volants sont destinés à indiquer la direction du vent. L’expédition a pour but d’explorer le côté atlantique et indien du pôle Sud en s’appuyant sur le Three Island Harbow et sur les îles Kerguelen comme base d’opération. Elle cherchera à pénétrer, aussi avant que possible, vers le pôle Sud et à établir, au cours de ses recherches, une station fixe où elle pourra hiverner, et qui lui servira de point d’appui. Le vaisseau restera en exploration au plus tard jusqu’au 4 juin 1904. A cette date, si l’on n’a pas de ses nouvelles, une expédition sera envoyée à sa recherche. Le professeur Erich von Drvgalski a le droit de disposer entièrement du vaisseau Gauss et de tous les moyens matériels de l’expédition. C’est l’Empereur lui-même qui lui a confié la conduite de l’expédition. Il est chargé en outre plus spécialement des travaux océanographiques et géodésiques. Les autres savants de l’expédition sont : Professeur Yanhœffen (Kiel), pour zoologie et botanique; Dr Gazert (Munich), bactériologie; I)r Philippi (Breslau), géologie et chimie; Bidlingmaier (Lauffen), magnétisme terrestre et météorologie. Le Gauss porte le pavillon impérial. L’expédition est organisée par l’empire allemand lui-même. Les collections rapportées iront de droit aux musées d’État. Aux îles Kerguelen, sera organisée une station météorologique composée de MM. Werth, Luy Ken et Enzensperger.
- Le recensement de 190fl. — La population en France, le 24 mars 1901, s’élevait à 58 641 355 personnes, alors que, le 29 mars 1896, date du précédent dénombrement, elle n’était que de 38 228 969 personnes. L’augmentation, pendant la dernière période de cinq années,
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- est donc de 412 364 individus; elle n’avait été que de 135 819 pendant la période précédente (1891-1896). Le résultat est encore plus frappant si on le compare à la période de dix années 1886-1896. Pendant ces dix ans, l’augmentation de la population n’avait été que de 298 072 personnes; l’augmentation de la seule période quinquennale 1896-1901 lui est donc supérieure de plus d’un tiers. Comme on l’avait constaté en 1896, ce sont les centres urbains qui ont surtout bénéficié d’un accroissement de population. Paris, par exemple, a aujourd’hui 148 604 habitants de plus qu’en 1896, Marseille 47 428, Nice 18 853, le Havre 11 067, Brest 9524, Limoges 7150, Boulogne-sur-Seine 7080, Angers 6694, Nantes 6515, Asnières 6573, Toulon 6511, Nancy 6515, Nîmes 6045, Tourcoing 5759, Cannes 5560, Saint-Denis 5491, Rennes 5241, Levallois-Perret 5256, Clichv 5088, etc. Mais les augmentations portent sur 28 départements seulement. Les diminutions, au contraire, s’étendent sur 59 et principalement sur les communes rurales. Il y a parfois diminution dans l’ensemble du département, lors même que la population des villes ou centres industriels de ces mêmes départements s’est accrue. C’est le cas pour les départements suivants : Allier (Montluçon, augmentation de 5429); Charente-Inférieure (Rochefort, 1514; la Rochelle, 2944); Côte-d’Or (Dijon, 3278); Ille-et-Vilaine (Rennes, 5241); Indre-et-Loire (Tours, 1214); Isère (Grenoble, 4247) ; Manche (Cherbourg, 2588) ; Somme (Amiens, 1654). Les départements où s’est produite la plus forte augmentation sont : Seine 289 662, Nord 70 617, Bouches-du-Rhône 57 466, Pas-de-Calais 49 584, Finistère 34 605, Seine-et-Oise 52 865, Alpes-Maritimes 52 630, Loire 20 416, Hérault 19 949, Yar 17416. Meurthe-et-Moselle, 17 023, Seine-Inférieure 16 215, Loire-Inférieure 15031, Gironde Tl 928,Morbihan 10991. Les diminutions les plus sensibles ont été relevées dans les départements suivants: Yonne 14949, Loi 14577, Dordogne 15515, Puy-de-Dôme 12 488, Haute-Garonne Tl 454, Orne 11 369, Ardèche 10 658, Gers 10 443.
- Agriculture à la caserne. — Pour déférer au vœu émis par le rapporteur du budget de l’agriculture, M. Henri Ricard, député de la Côte-d’Or, les ministres de la guerre et de l’agriculture étudient de concert les moyens d’organiser, dans les principales garnisons, des cours d’agriculture pour les soldats. Cette idée n’est pas absolument nouvelle. Une organisation de ce genre fut tentée sous l’Empire. Mais elle n’eut pas de lendemain, faute d’appuis officiels. La plupart des pays d’Europe ont déjà réalisé cette intéressante réferme. Depuis 1890, en Italie, des cours d’agriculture sont faits dans plusieurs garnisons en hiver, à 6h 50 du soir, à raison de deux heures par semaine. Le but est de prémunir le jeune campagnard contre la tentation de quitter la vie rurale, à sa sortie du régiment, en lui donnant les connaissances scientifiques suffisantes pour mettre à même d’apprécier et d’aimer la profession d’agriculteur. Ces conférences ont pris un réel développement, et, en 1899-1900, le ministre belge, M. le baron Yander Bruggen, a organisé 55 cours d’agronomie dans 22 casernes. Des récompenses sont décernées aux assistants les plus travailleurs. L’initiative de la Belgique a été suivie- par l’Allemagne et l’Autriche, et, tout récemment, la Russie a envoyé à Bruxelles un délégué chargé de faire un rapport à son gouvernement sur l’institution. L’Italie est également entrée dans cette voie, et, en 1899, le prince de Naples a présidé le cours d’agriculture inauguré à Naples.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 26 août 1901.
- Présidence de M. Bouquet de la Grye.
- La sexnation des vers à soie. — M. Giard examine les hypothèses, mises en avant par M. Flammarion, au sujet de ses expériences sur le rapport des nombres des mâles et des femelles chez les papillons qui naissent après élevage, en lumière colorée, prolongé pendant plusieurs générations. M. Flammarion, qui a essayé également l’action d’une alimentation restreinte chez des générations de vers à soie élevés sans lumière colorée, a obtenu une altération du nombre des mâles et des femelles du même ordre. Il pense que cette altération est un effet de l’alimentation restreinte et que la lumière colorée agit en diminuant le besoin de nourriture. M. Giard ne conteste pas l’exactitude des expériences de M. Flammarion ; il croit qu’il serait avantageux cependant qu’elles soient reproduites en grand. Mais il ne saurait admettre que le sexe du papillon soit modifié par une influence quelconque de la lumière sur la chenille. Le sexe doit être déjà formé dans l’œuf; en tout cas, sur certaines espèces de chenilles dont le corps est transparent, on peut constater que le sexe existe déjà. Il pense qu’il faudrait tenir compte, dans des expériences de ce genre, du nombre des chenilles qui meurent ; car il est incontestable que les larves de femelles, qui ont besoin d'une plus grande quantité de nourriture que les mâles, meurent en nombre bien plus considérable que ces derniers au cours des expériences. Ainsi s’explique le changement dans le rapport du nombre des mâles au nombre des femelles.
- Une maladie des pommes de terre. — M. Delacroix a étudié, à la station de pathologie végétale, des pommes de terre atteintes d’une maladie naguère inconnue en France et qui sévit déjà dans de nombreux départements du Centre, de l’Ouest, et du Midi : Loiret, Loir-et-Cher, Indre-et-Loire, Finistère, Loire-Inférieure, Vendée, Vienne, Deux-Sèvres, Charente, Dordogne, Aveyron, Haute-Saône. La cause du mal est le parasitisme d’une bactérie. Dans la période initiale de la maladie, les feuilles jaunissent et se dessèchent peu à peu, en même temps que les tiges s’amincissent progressivement et meurent à partir de la base. Le mal gagne de bas en haut, débutant à la base de la tige et dans sa partie souterraine. On peut suivre la lésion de la tige principale sur les ramifications où prend naissance le tubercule. La tige attaquée présente sur une coupe des taches jaunâtres dans la région des vaisseaux où il se forme des thylles et de la gomme bacillaire. Les bactéries se trouvent très haut dans la tige et dans les parties qui paraissent encore bien vivantes ; elles sont surtout abondantes et nombreuses dans les vaisseaux. Cette bactérie ne paraît pas différer du bacillus solanearum d’Erwin F. Smith, observé par lui aux États-Unis sur les aubergines et les tomates. Elle est différente du bacillus cauli-vorus (Prillieux et Delacroix), cause de la « gangrène de la tige de la pomme de terre », et qui, comme le bacillus fluorescens liquefaciens de Flugge colore en vert le bouillon de veau où on le cultive. Le mal doit se transmettre par le sol. On doit conseiller de ne pas cultiver de nouveau la pomme de terre dans un sol infecté, avant un temps assez long, de ne pas employer des tubercules coupés comme semences, ni des tubercules provenant des régions où sévit la maladie. Ch. de Villedeuil.
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- LA NATURE.
- CHAMBRE PHOTOGRAPHIQUE MONSTRUEUSE
- Les Américains ont toujours aimé faire gigantesque en toute matière, soit à titre de réclame, soit simplement pour humilier les gens de l’ancien monde. C’est évidemment à ces deux idées qu’ils ont obéi en construisant la chambre photographique monstrueuse que nous mettons aujourd’hui sous les yeux du lecteur ; et cela d’autant qu'elle a permis de prendre des photographies gigantesques, qui étaient destinées à éveiller l’admiration universelle à l’Exposition non moins universelle de 1900.
- A la fin de 1899, les fameux ateliers Pullmann achevaient deux trains de luxe dépassant comme aménagement tout ce que l’on avait encore fait, et, ne pouvant les envoyer à l’Exposition, la Direction de la Compagnie désira du moins y voir figurer une reproduction gigantesque qui fût susceptible d’attirer l’attention sur le confort de ces aménagements. Pour obtenir ce résultat, on donna carte blanche au photographe ordinaire des établissements, M. Lawrence, et il se mit immédiatement à la besogne. Au bout de deux mois et demi, il avait construit l’appareil photographique voulu, qui était susceptible de donner un négatif de 2m,44sur5m,04!
- Il est presque entièrement construit en cerisier, et ses glissières sont faites de quatre véritables madriers de 0m,5 X 0m, 15 d’équarrissage, qui n'ont pas moins de 6 mètres de long, pour permettre le développement complet de la chambre : développement qui ne peut naturellement être obtenu qu’au moyen de plusieurs hommes poussant les cadres et les soufflets monstrueux de cet appareil. Ces soufflets sont faits d’abord d’une solide enveloppe extérieure en caoutchouc, doublée intérieurement d’une forte toile noire, que vient recouvrir encore un autre tissu noir et opaque. On pense bien que ces soufflets 'ont employé une surface assez considérable de tissus divers, et pour les coller les uns aux autres et aussi sur des cadres de 6 millimètres d’épaisseur qui les soutiennent, on a usé plus de 120 litres de colle à caoutchouc. *
- En réalité, afin d’éviter toute déformation permanente et surtout toute rupture de cette chambre sous son propre poids, on l’a partagée, comme
- on le voit dans la gravure, en quatre sections séparées par des sortes de châssis assez massifs, et roulant sur une voie d’acier que supportent les glissières.
- Le châssis fixe servant à mettre la plaque en place à l’arrière de l’appareil est muni d’un rideau, pour lequel il a fallu une surface énorme de planchettes de frêne épaisses de 9 millimètres environ, qu’on a, bien entendu, recouvertes de trois tissus opaques ; ce rideau est monté sur un axe à frottement à billes, afin que son relèvement ou son abaissement se fassent sans trop de peine. De plus, et toujours pour en faciliter les mouvements, les glissières dans lesquelles se déplace ce rideau sont munies de galets de roulement à billes. Pour l’objectif proprement dit, il comporte des lentilles Zeiss
- de dimensions énormes, dont la marque répond de la qualité ; l’une est un grand angle de im,67 de longueur de foyer, tandis que l’autre est télescopique rectilinéaire avec foyer de 5 mètres.
- Cette chambre énorme ne pèse pas moins de 480 kg en elle-même, et 635 avec le châssis chargé de la plaque; on ne s’étonnera donc pas si nous disons qu’il faut recourir au service de 15 hommes lorsqu’on veut prendre une photographie. Celles qu’on a déjà obtenues avec une exposition de 2 minutes 1/2 sur plaque isochromatique Cramer, ont donné d’excellents résultats. Avant de finir, notons un détail curieux qui a bien son importance au point de vue de la netteté des clichés. Afin qu’on puisse nettoyer la plaque, quand elle a été transportée assez loin pour avoir reçu de la poussière, on a ménagé à l’avant une porte qui permet à un opérateur de pénétrer dans la chambre, et quand la porte est soigneusement refermée, qu’on a muni l’objectif d’un verre rubis, que le rideau dq châssis a été relevé, l’opérateur peut procéder à l’époussetage de la plaque; il ressort ensuite, toutes les précautions voulues étant prises au préalable.
- P. de Mériel.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiuiie, rue de Fleuras, 9.
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- N» 1476. - 7 SEPTEMBRE 1901.
- LA NATURE.
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- H0K0USÀI, ARTISTE JAPONAIS, PEINTRE ET NATURALISTE
- L’art du Japon est en entier basé sur l’observation peintres de ce pays, des sculpteurs, des ciseleurs,
- de la nature. Il suffit d’examiner les œuvres des
- même des simples décorateurs sur étoiles et sur
- Fig. 1. — t!nc page de la « Maiigua » d’Hokousai Insectes, Reptiles, Batraciens.
- papiers : les fleurs, les oiseaux, les poissons, les I avec une fidélité dont rien n’approche. Les artistes insectes, répandus à profusion, y sont reproduits ' japonais comptent au premier rang des animaliers.
- Fig. 3. — Une page de la « Maugua » d’Hokousai, représentant plusieurs animaux marins, Poissons et Seiches.
- Fig. 4. — Une page de la « Mangua » d’Hokousai, figurant divers animaux aquatiques :
- Tortues de marais, Poissons, Poulpe, Crustacés, Mollusques.
- Ils ne puisent pas leur unique inspiration, contrairement à ceux de notre race, dans l’étude des animaux domestiques, ou comestibles, et de rares bêtes sauvages. Ils ouvrent les yeux sur la nature entière, et ils représentent tout, depuis l’insecte jusqu’aux
- Î9* année. — 2* semestre.
- êtres les plus gros, avec une science et une sûreté que personne n’a égalées. Le Japon fut, par cela surtout, l’un des triomphateurs de la récente Exposition. Le premier, parmi ces artistes naturalistes, le plus complet, le mieux doué, est Hokousaï. Ce puis-
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- LA NATURE,
- sant génie, égal aux plus grands de tous les temps et de tous les pays, vivait vers la fin du dix-huitième siècle et le début du dix-neuvième. Dans son âge avancé, il se nommait lui-même le « Vieillard fou de dessin ». Il méritait ce titre, car jamais peintre n’a accumulé quantité pareille d’esquisses sur des sujets plus divers. La nature accessible aux regards, la plupart des produits de l’industrie humaine, ont passé sous son pinceau. Par le talent de l’observation, par la maîtrise inouïe de l’exécution, son œuvre synthétise celles deCallot, de Rembrandt, de Goya, deDaumier. Figures et caricatures humaines, plantes, bêtes, paysages, sont représentés par lui dans une suite prodigieuse, tellement leur nombre est considérable, de toiles et de gravures.
- La « Mangua » est un de ses chefs-d’œuvre. Un désigne ainsi un recueil de quatorze cahiers d’estampes, publiés de 1814 à 1851. Les derniers volumes ont paru quelques années après la mort du maître. Ces albums contiennent plusieurs milliers de dessins. On se demande ce qui n’est pas traité dans ce colossal répertoire, où tout est mis à contribution, les scènes les plus futiles comme les spectacles les plus grandioses. L’artiste entasse images sur images. Il les groupe avec une rare entente de l’harmonie décorative. Malgré leur quantité et leur diversité, il arrive à ce résultat étonnant qu’elles ne se nuisent pas ; elles se font valoir mutuellement. Une part importante est réservée aux animaux ; mais il faut tout parcourir pour se rendre compte de son ampleur. D’habitude, ces dessins se disposent tels que leurs sujets s’offraient à leur auteur. Sans doute, ils furent faits au jour le jour, suivant l’inspiration ou l’observation du moment.
- Ce désordre apparent augmente encore l’impression de vrai et de réel. L’artiste montre ce qu’il a vu, comme il l’a vu. Les objets, dans la nature, ne sont pas isolés, ni indépendants. Ils s’assemblent de manières diverses, des plus variables; Hokousaï est parvenu à fixer cette inconstance et ces changements. Un ver de terre rampe non loin d’un lézard. Un brin d’herbe supporte une chenille, alors qu’une libellule voltige tout auprès. Deux papillons se poursuivent au-dessus d’un tour de cordier, à côté de l’ouverture béante d’un four de potier. Un petit oiseau se pose sur la margelle d’un puits, se penche pour aspirer une gouttelette, ne laisse voir que la moitié de son corps, ses pattes et sa queue. Un autre, la tète levée, le bec ouvert, gazouille sur le rebord d’un seau. Deux crabes marchent lourdement, et obliquement, dans un paysage d’algues marines. Les dessins de cette sorte, véritables photographies des petites scènes de la vie des animaux, abondent dans l’œuvre du peintre japonais. Ils se succèdent sans relâche, avec une variété inépuisable.
- Çà et là, quelques tentatives de classification semblent s’indiquer. Hokousaï a groupé les animaux en qui il soupçonne des concordances de structure. Plusieurs planches ne contiennent que des mammifères : singes, chats, rats, tigres, éléphants, lapins,
- chevaux, moutons. Puis viennent des poissons : raies, soles, grondins. Auprès d’eux se trouvent d’autres êtres marins : poulpes, calmars, bucardes, tellines, cônes, squilles, langoustes, holothuries. Les feuilles suivantes renferment d’autres animaux inférieurs, mais terrestres : escargots, limaces, insectes. Enfin, la série se termine par des dessins d’oiseaux. Après quoi l’album montre des femmes occupées à leur coiffure, et des études de fleurs.
- Parfois, les images d’une même feuille sont consacrées à des animaux fort différents les uns des autres, mais que le public assemble volontiers à cause de leurs habitudes communes ou de leur petitesse. Tel est le cas des quatre planches reproduites ici, au quart de leur grandeur réelle. L’une (fig. 1) porte, dans le haut, plusieurs insectes disposés sans ordre, une forficule, un acridien, une chenille, une mouche vue de trois quarts, etc. En bas, un serpent entoure un espace occupé par une salamandre et par de nouveaux insectes. Dans l’angle, un crapaud traîne pesamment son gros ventre, et lève en l’air une patte, faisant effort pour avancer. Une autre feuille (fig. 2) montre des insectes divers, guêpe, papillon, sauterelle, libellule, etc., vus de plusieurs façons; dans l’angle du haut, une grenouille est présentée en l’une des postures de sa marche; dans celui du bas, un escargot traîne sa coquille. La troisième planche (fig. 5) est consacrée à des animaux de mer ; les poissons y dominent, anguille, raie, turbot, scombres, et autres ; parmi eux se trouvent deux seiches, reconnaissables à leur allure générale, et à leurs dix tentacules dont deux sont plus longs que les autres. La dernière (fig. 4) est plus variée : en haut, des tortues ; en bas, des mollusques lamellibranches, vénérides et pinnes; au milieu, des poissons, des crustacés tels que langouste, crevettes, crabes, et un poulpe.
- D’autres albums d’Hokousaï, les « Vues du Fous-hiyama », figurent de diverses façons le volcan célèbre. Les premiers plans diffèrent, d’une estampe à l’autre, autant que l’aspect même de la montagne. Les bandes d’oiseaux voyageurs y jouent souvent un grand rôle. Une troupe de canards s’abattant sur un marécage, un vol de hérons, ou tout autre motif de ce genre, permettent à l’artiste de satisfaire son goût de la nature, et de fournir à son dessin la perspective désirée.
- L’œuvre d’Hokousaï n’est point une exception dans l’art du Japon. Chaque être a son caractère propre, qui s’accorde avec son entourage, et dont on ne peut le séparer. Il faut saisir et rendre cet assemblage des choses, ce groupement inimitable que la vie seule sait disposer. Les artistes japonais, avec leur acuité de vision, avec leurs sens si bien doués, excellent à exprimer ce concours des formes et des mouvements. Leur interprétation du monde animé acquiert par là son intense relief de vérité puissante et discrète. Louis Roule.
- Professeur à la Faculté des sciences de Toulouse.
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- LÀ NATURE.
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- POMPE À L’ALCOOL
- L’opinion se préoccupe en ce moment des applications de l’alcool dénaturé qui intéresse tant les départements industriels du Nord.
- In étudiant, M. Étienne Billet, dont le père est un des grands fabricants d’alcool du Nord, a résolu le problème qu’il s’était posé, d’élever l’eau à 9 mètres de hauteur en utilisant seulement une simple lampe à alcool. L’appareil, aussi simple que possible, se compose d’un récipient À cylindrique d’une contenance quelconque, 20 litres par exemple. B est un tuyau d’aspiration qui plonge dans le réservoir ou le puits d’où l’eau doit être pompée.
- Ce tuyau est muni à la partie supérieure d’une soupape qui se lève pour laisser pénétrer l’eau et qui empêche celle-ci de descendre. C est le robinet de vidange. E est un petit robinet par où l'air est chassé de l’appareil. Ce robinet de vidange C est placé à une certaine hauteur de façon qu’il reste toujours dans le fond de
- l’appareil 1 ou 2 centimètres d’eau.
- Voici comment s’opère le fonctionnement : Le robinet de vidange C étant fermé, on ouvre le robinet E, et on allume la lampe. Au bout de quelques minutes, l’eau restée dans le fond de l’appareil entre en ébullition ; dès qu’il passe un peu de vapeur au robinet E, on ferme ce dernier et on éteint la lampe.
- La vapeur d’eau qui se trouve dans le récipient se condense, le vide se fait, et l’eau s’élève dans le récipient A.
- * La dépense en alcool est insignifiante : quelques centimes par opération, pour élever 20 litres d’eau. L’appareil peut servir aussi à chauffer de l’eau puisqu’il suffit simplement de rallumer la lampe et d’ouvrir le robinet E. B. 1).
- LE MUSÉE ARCHÉOLOGIQUE DE VICH
- (catalogne)
- Une heureuse initiative privée a récemment doté l'Espagne d’une richesse artistique de premier ordre encore ignorée des voyageurs, le Musée archéologique et artistique épiscopal <le Vick (en Catalogne).
- Yich est, à quelques heures au nord de Barcelone, parmi les avants-monts pyrénéens, une curieuse petite ville, avec des cloîtres ravissants, une cathédrale refaite mais pourvue de belles sculptures, un antique petit temple romain et nombre de maisons du moyen âge, qui demandaient une demi-journée
- de visite. Ces attractions, trop méconnues des touristes, ne suffisaient point, pour la notoriété de sa chère cité, à l’évèque éclairé qui vient d’y mourir au début de l’année 1900, Mgr José Morgades y Gili : pénétré de goûts artistiques et historiques, frappé, lors de ses tournées pastorales a travers la Catalogne, de l’abondance de précieux objets religieux enfouis ou relégués dans les sacristies des plus pauvres paroisses, effrayé surtout des risques de destruction ou de vente à vil prix qu'encouraient tant de choses de valeur, l’intelligent prélat voulut faire œuvre doublement utile en les sauvant d’une disparition certaine et en dotant Yich d’une collection originale et pour ainsi dire unique : tantôt par persuasion, tantôt par achats à bon compte, M&1' Morgades, grâce surtout à l’inlluence morale que lui avaient attirée dans son diocèse ses exceptionnelles qualités de tact et de bonté, réussit à drainer à sa guise vers Yich l’immense quantité de choses rares, jusqu’alors miraculeusement préservées au fond des plus humbles presbytères, mais toutes vouées sinon à l’anéantissement, du moins à une lamentable et plus ou moins rapide dispersion. En trois années quatre mille objets furent ainsi recueillis et le 7 juin 1891 était inauguré solennellement le musée de Yich, remplissant, dans le palais épiscopal, une quinzaine de vastes salles et décrit dans un catalogue de 550 pages1. Cette remarquable collection, qui ne cesse de s'accroître constamment depuis sa fondation, constitue, en somme, le musée national de la Catalogne : limité à cette seule province, il n’aspire point certes à rivaliser avec les interminables séries suisses de Zurich, ou germaniques de Nuremberg, Munich et Dresde. Mais, depuis l’époque préhistorique jusqu’au dix-neuvième siècle, il donne le’tableau complet de l’histoire de l’art en • Catalogne î dans l’ordre laïque, les outils de la pierre polie, les débris romains précèdent les monuments, les armés, les instruments de torture du moyen âge, auxquels font suite d’autres spécialités catalanes plus modernes,, telles que les tapisseries, les azulejos (carreaux de faïence) et les majoliques (contrefaçons des céramiques hispano-arabes de Majorque), les chatoyants costumes populaires, les bijoux de paysans et notamment les lourdes et volumineuses boucles d’oreilles, longues parfois de plus d’un décimètre, aux voyantes pierres fines ou fausses serties d’or ou de vermeil.
- Mais les vitrines d’objets religieux font la principale richesse des galeries de Yich, qui méritent bien au premier* chef leur titre de musée épiscopal. La série complète des médailles et monnaies frappées par tous les évêques de Yich présente, paraît-il, une haute valeur, étant complète depuis les [dus anciens prélats des premiers temps de la chrétienté.
- Des centaines de peintures sur bois romanes et gothiques, recueillies dans les coins perdus des monts catalans, font une collection unique [tour l’his-
- * lu-B0, avec planches, 1893.
- Expérience curieuse.
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- toire de l’art, collection anonyme exécutée du dixième au seizième siècle par les moines ou prêtres inconnus qui ont dédaigné de les signer. Il en est qui sont des chefs-d'œuvre, que n’eussent point désavoués le maître de la mort de la Vierge, Wol-
- gemuth, R. Van der Weyden, Cimalmé et d’autres illustres primitifs allemands ou italiens — par exemple les triptyques de Saint-Martin de Tours et de Sainte-Marguerite (dixième et douzième siècles) et le mystique Saint-Augustin de la fin du quinzième siècle.
- En orfèvrerie les croix processionnelles, les crosses d’évêque, les ostensoirs et les reliquaires encadrent digneyient de beaux icônes byzantins d’ivoire.
- Mais c’est la sculpture sur bois qui triomphe, surtout à Vieh, présentant les plus importantes pièces de toute la collection : les trois croix de majesté hautes de lm,57 à im,75, larges de 0m,85 à 0m,98 ( Christ environ demi -grandeur naturelle) du dixième au douzième siècle ont, d’après don Joaquin de Gispert, servi à élucider la question liturgique si controversée des crucifix habillés ; on avait cru que cette pratique de sculpture était limitée du sixième au huitième siècle; les trois inestimables pièces de Vich témoignent qu’en Catalogne du moins on a persisté pendant bien plus longtemps à vêtir d’une tunique à longue manche le corps du Sauveur qui, dans ces Croix de majesté, présente de plus la particularité d’avoir les pieds juxtaposés et non croisés l’un sur l’autre. La gravure (fig. 2) montre quel archaïque cachet offrent ces monuments vénérables.
- La pierre, concurremment avec le bois, a servi à tailler les plus expressives statues de vierges et de saints, ainsi que des retables où la richesse de l’ornementation et la linesse du travail ne le cèdent en rien à l’esthétique de la composition.
- Enfin les vêtements épiscopaux et abbatiaux étalent aux yeux du visiteur les précieuses étoffes, les fines broderies et les resplendissantes applications des chapes, des dalmatiques et des mitres. Il est une étole ornée d’une Adoration des Mages, pure merveille d’art et de patience.
- M«r Morgades a su-réalisé son noble but : il a sauvé de la disparition une foule d’objets dont la valeur défie toute expertise.et il a institué, pour les archéologues et les savants, une véritable exposition d’ethnographie*et d’histoire catalanes. Il n’est plus permis de faire le voyage de Rarcelone sans consacrer au moins une journée à la cité et au musée de Vieil. E.-A. Martel.
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- SUR IA RESPIRATION CHLOROPHYLLIENNE DES SPIROGYRA
- On rencontre fréquemment, dans les cours d'eau I de longs filaments verts qui viennent souvent flotter ou dans l’eau stagnante des marais ou des étangs, | à la surface de l’eau. Examiné au microscope, cha-
- Fig. 1. — Dispositif pour la démonstration de l’action chlorophyllienne sur les spirogyra.
- que filament se montre composé d’une série de cellules cylindriques séparées les unes des autres par des cloisons de cellulose ; dans chaque cellule, on aperçoit une élégante spirale formée de grains de chlorophylle, d'où le nom de spirogyra donné à cette algue pluricellulaire.
- 1° Pour quelle raison ces filaments viennent-ils flotter librement à la surface de l’eau ? 11 est facile de reconnaître que l'ensemble des filaments formant une sorte de tissu est rempli de huiles de gaz que l’on peut recueillir en opérant de la manière suivante : on fixe à l’extrémité d’un bâton un flacon fermé par un bouchon de caoutchouc à deux trous dont l'un est traversé par un entonnoir de verre ; dans le bassin qui contient les spirogyra on remplit d’eau le flacon et l’entonnoir que l’on dispose verticalement ; avec un autre bâton on introduit un faisceau de spirogyra que l’on immerge au-dessous de l’entonnoir : une agitation vive fait passer les bulles de gaz incluses dans l’entonnoir et dans le flacon ; on transvase le gaz du flacon dans une cloche ; une allumette, qui ne présente plus que quelques points en igni-tion, se rallume aussitôt dans le gaz de la cloche,
- ce qui caractérise l’oxygène ; l’acide carbonique contenu en dissolution dans l’eau a été, sous l’influence des rayons solaires, décomposé par la chlorophylle qui agit sur une grande surface, le carbone a été fixé par les plantes, l’oxygène est devenu libre.
- Voici une démonstration de l’action chlorophyllienne qui ne présente aucune difficulté ; mais on peut établir un dispositif très simple qui permet de rendre le phénomène continu pendant les jours d’été, les jours de beau soleil.
- Dans un flacon de deux litres environ à deux tubulures (fig. 1) : l’une inférieure A et l’autre supérieure B, j’introduis de l’eau chargée d’acide carbonique et des filaments de spirogyra bien triés et bien lavés, séparés autant que possible de tout autre végétal. Il faut avoir soin de placer ce flacon dans un grand récipient de verre R plein d’eau pour éviter que les spirogyra ne soient brûlés par les rayons solaires.
- La tubulure B est fermée par un bouchon de caoutchouc qui porte un tube abducteur se rendant dans une terrine pleine d’eau ; la tubulure A est fermée par un autre bouchon de caoutchouc que
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- traverse un tube.de verre droit uni par un tube de caoutchouc avec la tubulure inférieure d'un bacon de Mariotte C contenant de l’eau chargée d’acide carbonique. On verse plusieurs litres d’eau ordinaire dans une terrine et on fait passer dans une cloche de verre à bouton pleine d’eau et retournée deux litres d’acide carbonique provenant d’un récipient à acide carbonique liquide ; en soulevant la cloche et en l’agitant peu à peu dans l’eau de la terrine on fait absorber tout le gaz et on obtient la solution d’acide carbonique que l’on verse avec un entonnoir dans le ilaconC; une pince de Mohr P, permet d’ouvrir ou de fermer le tube de caoutchouc. Après une journée passée au soleil, les filaments de spirogyra sont remplis de bulles de gaz et bottent à la partie supérieure du bacon ; pour réunir ces bulles, on ferme le tube abducteur avec un tube de caoutchouc et une baguette de verre ; on agite le bacon tenu horizontalement, les bulles de gaz se séparent et se réunissent bientôt à la partie supérieure. Le bacon étant replacé verticalement on recueille dans une cloche graduée pleine d’eau, placée au-dessus du tube abducteur, le gaz déplacé par l’écoulement de l’eau du bacon C.
- Il n’est pas rare qu’on obtienne ainsi 100 cm3 de gaz qui rallume vivement une allumette presque éteinte, et qui, analysé dans l’eudiomètre, renferme jusqu’à 85 pour 100 d’oxygène.
- J’ai réussi à maintenir cette expérience pendant un mois dans le jardin de mon laboratoire et j’ai eu l’occasion de démontrer, à un grand nombre de personnes, cette expérience classique qui est d’une si grande importance, car elle prouve que les végétaux pourvus de chlorophylles rendent à l’atmosphère, par la décomposition de l’acide carbonique, l’oxygène, l’air vital par excellence.
- 2° 11 est très facile de répéter avec des animaux et des végétaux aquatiques, comme je l’ai indiqué dans une note qui a été présentée à l’Académie des sciences en 1888, la célèbre et si instructive expérience de Priestley que tout le monde connaît. J’ai repris cette question dans mon cours de cette année, et, au lieu d’employer des feuilles de potamogeton lucens, je me suis servi simplement de fdaments bien verts de spirogyra.
- Dans deux bacons A et B (fig. 2) contenant chacun un litre d’eau ordinaire non additionnée d’acide carbonique, j’introduis un cyprin doré de la Chine (poisson rouge) ; les deux poissons ont à peu près le même poids.
- Le bacon A’ne renferme que de l’eau pure, le bacon B a reçu, en outre, 15 grammes de spirogyra pesés humides et découpés avec des ciseaux en filaments ayant environ 2 centimètres de longueur, ce qui permet au poisson de conserver la liberté de ses mouvements.
- Les bacons sont immergés dans un aquarium plein d’eau exposé au soleil ; au bout d’un temps égal à deux heures, le poisson placé dans le premier flacon a perdu son équilibre normal, il reste couché
- sur le flanc, cesse de respirer et paraît mort; l’autre poisson a conservé l’attitude normale, il nage parfaitement, respire avec la plus grande régularité.
- L’extraction des gaz de l’eau des bacons, à l’aide de mon appareil basé sur l'emploi de la pompe à mercure, a donné pour un litre d’eau les résultats suivants :
- Flacon A Flacon B
- 15 cm3,7 acide carbonique 5 cm3,5 0 cm3,84 oxygène 16 cm3,5
- Ainsi dans le bacon à spirogyra, il y avait beaucoup moins d’acide carbonique 5 cm3,5 au lieu de 15 cm3,7 et beaucoup plus d’oxygène, 16 cm3,5 au lieu de 0 cm3,84, dibérences énormes et qui montrent que sous l'influence du soleil 15 grammes de spirogyra ont rendu une grande quantité d’oxygène à l’eau dans laquelle vivait le poisson, par suite de la décomposition de l’acide carbonique.
- Ces expériences comparatives nous permettent d’affirmer qu’il est utile de conserver les plantes aquatiques dans les beuves, les rivières et les ruisseaux pour maintenir un milieu favorable à la respiration des poissons et pour rendre de l’oxygène à l’atmosphère.
- Mon regretté collègue et ami, le professeur Bal-biani, recommandait de planter des arbres le long des cours d’eau : les feuilles en tombant dans l’eau donnant les infusions nécessaires à la vie des infusoires qui servent à nourrir les jeunes poissons, pendant les premiers temps de leur existence.
- L’illustre chimiste Boussingault a démontré directement, en opérant sur un pied de vigne couvert de feuilles, la décomposition de l’acide carbonique de l’air et la production de l’oxygène, de sorte que les feuilles aériennes travaillent comme les feuilles aquatiques pour maintenir la composition normale de l’atmosphère.
- Sous ce rapport nous ne pouvons trop admirer les belles plantations de la ville de Paris, surtout celles du bois de Boulogne et du bois de Vincennes et cette ceinture de bois et de forêts qui s’étend tout autour de la Capitale et que l’hygiène recommande énergiquement de conserver. N. Gréhant,
- Professeur au Muséum d’histoire naturelle.
- PLUIE DE FOURMIS
- Nous avons déjà observé sur notre planète des pluies de toutes sortes: pluies dites de sang, pluies de pollen, pluies de sables, de limon, de débris de végétaux, de micro-organismes, de crapauds, de chenilles.
- Il paraît que le 16 juillet dernier, M. le chevalier A. de Longrée, de la Société astronomique de France, habitant Bruxelles, a assisté à une pluie de fourmis. M. de Longrée a transmis une Note à cette Société. Il était quatre heures de l’après-midi, par un temps très chaud et très orageux, soleil brillant, ciel calme; une véritable pluie de petites fourmis noires ailées mêlées à de grosses fourmis géantes, noires, de 5 à 7 millimètres de longueur, sans ailes, s’est abattue sur la ville de Bruxelles et sa banlieue. Les grosses fburmis géantes
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- « grouillaient », sur le pavé des rues, ahuries, désorientées, dit M. de Longrée. Il en était de même des petites fourmis ailées qui, elles, tourbillonnaient d’abord dans l’air, tombaient sur les vêtements des passants, entraient dans la bouche, dans les yeux, pénétraient partout et gênaient tout le monde. Ce phénomène curieux et exceptionnel a persisté pendant deux heures; il embrassait plusieurs lieues carrées d’étendue. Pourtant aucun orage n’avait passé sur Bruxelles depuis près d’un mois ; le ciel était constamment serein et le soleil torride. Vents constants du Nord-Est au Nord-Ouest. S’il n’y avait pas eu d’orages à Bruxelles, il a dû y en avoir dans une région voisine. 11 a bien fallu qu’un mouvement tourbillonnaire quelconque emportât dans l’air des nids de fouriiiis et les laissât retomber après un certain parcours sur Bruxelles et ses environs. Il n’y a pas de génération spontanée.
- MEDECINE ARABE
- De tout temps la médecine a été en grande vénération dans le peuple de l’Islam, ce peuple superstitieux par excellence, que tout ce qui a apparence de magie ou de sorcellerie frappe profondément. Ce serait une grande erreur de croire que les Arabes se font la même idée que nous de la médecine ; ils y voient surtout une puissance surnaturelle, fort bien exploitée par plusieurs d’entre eux.
- Le médecin arabe (toubib) est un Arabe quelconque n’a van t d’autre culture intellectuelle que celle de savoir lire et écrire sa langue. Il connaît les propriétés toxiques de quelques plantes et les propriétés curatives de certaines autres qu’il emploie cependant, indifféremment, dans toutes les maladies. Pour lui, les médicaments (addoua) les plus efficaces sont ceux qu’il obtient en écrivant sur des bouts de papier de diverses couleurs, de dimensions variées, des versets choisis du Coran. Ces papiers sont avalés par les malades qui doivent être guéris peu après. En d’autres circonstances, le papier est soigneusement roulé, puis mis à bouillir dans une eau quelconque ; au bout d’un temps déterminé d’ébullition, l’eau est bue, aussi chaude que possible, par le malade qui doit être guéri aussitôt après son absorption.
- Les prescriptions les plus invraisemblables sont ponctuellement suivies par les malades qui y ont une foi absolue et qui n’hésitent pas à les payer des prix très élevés.
- D’une façon générale, le « toubib » traite toutes les maladies, d’abord par les amulettes : bouts de papiers avec versets du Coran, puis en écrivant sur le verre ou l’assiette du malade des versets semblables, ensuite en lui faisant faire les plus inimaginables singeries et, si à ce moment-là le malade n’est pas mort, comme il va rarement mieux, il lui prescrit des mélanges de plantes, de résines et parfois de métaux; les seuls employés sont les métaux toxiques. Ainsi, pour n’importe quelle fièvre, on écrit sur un œuf certains versets du Coran et l’on fait couver l’œuf ; s’il réussit le malade doit guérir.
- Dans d’autres cas, le malade fait un mélange de mercure, de ferrocyanure de potassium, puis il mâche des feuilles de noyer et crache dans le mélange en agitant le tout jusqu’à consistance pilulaire. Il divise alors sa masse en boulettes, en écrase un nombre déterminé sur le feu, s’enveloppe d’un burnous et en respire les vapeurs.
- Les ordonnances des médecins arabes renferment toutes plus ou moins de formules où « Allah » tient une grande place, au milieu de mélanges tel que le suivant : graisse, huile de foie de morue, ail, anis, poivre, sel, angélique, asa fétida, eau de fleur d’oranger et vinaigre.
- Le pharmacien (taleb adoua, savant des médicaments) ne prépare pas ces mélanges, il délivre séparément les diverses substances dont les quantités ne sont indiquées généralement que par leur valeur monétaire; c’est le malade lui-même qui doit préparer son mélange.
- A titre de curiosité, et pour que l’on puisse mieux se rendre compte de ce que sont ces sortes de prescriptions, nous donnons ci-dessous une ordonnance arabe et sa traduction. Ces ordonnances sont difficiles à se procurer, leurs propriétaires les conservant comme un talisman. Nous devons celle-ci à l’amabilité d’un de nos confrères de Sétif qui a pu l’obtenir, grâce à sa connaissance approfondie de la langue arabe et à ses relations avec un médecin indigène.
- TRADUCTION :
- Louange à Dieul seul !
- Voici les drogues dont j’ai besoin : pyrèthre, poivre blanc, cardamome, raisins secs, ail, semences, cresson, vinaigre blanc, camphre, benjoin, mastic, huile, laurier, harmel, anis verts, safran, miel, papier rouge, et c’est tout ce que je désire. Salutations.
- Ce n’est que lorsque les malades n’obtiennent rien de ces sortes de préparations qu’ils se décident à voir nos médecins. Le « toubib » a toujours sur lui une série de certificats affirmant les guérisons obtenues.
- Il y en a une vingtaine dans la région que nous habitons, un est particulièrement renommé.
- Il serait très intéressant de connaître la matière médicale arabe, mais cette étude est très longue et excessivement délicate étant donné que les divers médecins arabes emploient, pour désigner la même plante, les noms les plus variés et que, de plus, ils sont très jaloux de leur dénomination qu’ils ne consentent à faire connaître que lorsqu’on a su gagner leur confiance.
- La connaissance dé cette matière médicale serait cependant très utile surtout pour le pharmacien appelé à professer en Algérie, lequel paie souvent à prix d’or des parties de plantes inconnues ou ayant déjà subi une' préparation quelconque, alors que ces simples sont le plus souvent sans valeur. Dr F. Malméjac.
- Pharmacien aide-major de 1" classe. Sétif (Algérie),
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- LES MOUVEMENTS DE L’AIR ÉTUDIÉS PAR LA CHRONOPHOTOGRAPHIE
- Rendre visibles des phénomènes qui échappent à la vue et les fixer en des images très nettes est une des plus curieuses applications de la chronophoto-graphie et Tune de celles qui, dans les sciencesexpérimentales, rencontrera les plus nombreuses applications.
- Les lecteurs de ce journal se souviennent peut-être d’un article1 où j’ai montré comment les mouvements des liquides peuvent être traduits par cette méthode.
- Les ondes fixes, les vagues, les courants et même les déplacements des molécules au sein des liquides étaient rendus visibles au moyen de perles brillantes suspendues dans l’eau transparente et vivement éclairées devant un champ obscur. Le déplacement de ces points brillants que l’œil ne pouvait suivre était analysé par la chronophotographie et l’on pouvait, sur
- Fig. 2. — Déviation des filets d’air par un plan incliné (éclairement instantané).
- les images, suivre aisément la direction et la vitesse des molécules de l’eau en chaque point de sa masse.
- J’ai pensé qu’une méthode analogue rendrait visibles et permettrait de photographier les divers 1 Voy. n° 1040, du G mai 1895, p. 559.
- mouvements de l'air dans des circonstances variées.
- Ce problème a de l’importance. Au moment où la locomotion aérienne préoccupe tant de chercheurs,
- on sent le besoin de connaître comment se comporte l’air dans lequel on fait voyager des corps de diverses formes : ballons, aéroplanes, etc., le vol des oiseaux lui-même, s’il a révélé à la chronophotographie le caractère des mouvements de l’aile, a besoin, pour être compris, que l’on connaisse comment se comporte l’air qui sert à l’aile de point d’appui.
- Depuis longtemps je poursuivais cette recherche au moyen d’appareils imparfaits ; ce n’est que dans ces derniers temps que j’ai réussi à trouver une méthode dont les résultats semblent pleins de promesses.
- Il s’agissait de créer un courant d’air bien uniforme, c’est-à-dire dont toutes les parties, animées
- Fig. 3. — Indication de la vitesse de l’air par des vibrations imprimées aux filets de fumée.
- d’une même vitesse, cheminassent en filets bien parallèles entre eux. On devait ensuite rendre visibles certains de ccs filets; dès lors, en plaçant sur leurs trajets des corps de diverses formes, on devrait voir ces filets se ralentir devant ces
- Fig. 1. — Appareil o!i des filets de fumée rendent visibles les mouvements de l’air.
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- obstacles, s’infléchir en sens divers et prendre des directions variées. C’est ce qui fut obtenu avec la disposition qui va être décrite (fig. 1).
- Le courant d’air est produit dans une caisse de section carrée ayant O®,50 de cotés, la face posté-
- Fig. 4.
- Eclairement prolongé des filets de fumée.
- rieure de cette caisse est noircie pour former le champ obscur nécessaire en chronophotographie. Une glace
- Fig. 5. — Corps pisciforme plongé dans le courant d'air avec la grosse extrémité en avant.
- transparente forme la paroi antérieure de la caisse, et celle-ci se continue, en bas, par un tuyau où un ventilateur électrique crée une aspiration constante.
- Dans ces conditions encore imparfaites l’air qui, de l’extrémité supérieure de la caisse, se précipite
- par l’appel du ventilateur, ne forme pas un courant régulier; il est le siège d’une agitation dont on se rend compte en dégageant un peu de fumée à la partie supérieure de la caisse; cette fumée tourbillonne de façons capricieuses. Pour éteindre ces
- Fig. 6. — Corps pisciforme dans le courant d’air avec la grosse extrémité en arrière.
- remous, il faut, en quelque sorte, filtrer l’air. Un cadre de bois sur lequel est tendue une gaze
- Fig. 7. — Trois plans obliques parallèles entre eux, différences dans la déviation qu’ils impriment à l’air.
- de soie très fine, à mailles bien égales, est posé sur le’haut de la caisse ; l’air aspiré devra traverser ces mailles et, dans ce passage, y perdra les remous dont il était agité. D’autre part, à la partie moyenne de la caisse, au-dessous de la glace transparente, un nou-
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- veau châssis de gaze empêche l’agitation créée par le ventilateur de se communiquer par en has. Ainsi dégagé de ses causes de troubles, le courant d'air est devenu régulier ; on s’en assure en dégageant de nouveau de la fumée au-dessus de la gaze supérieure. On voit alors une colonne blanche descendre verticalement, sans aucun déplacement latéral.
- Pour apprécier plus exactement les mouvements des molécules d’air on multiplie les filets de fumée qui y pénètrent. Une sorte de rampe, formée d'une soixantaine de petits tubes équidistants, verse au-dessus de châssis de gaze la fumée qui provient d’un fourneau dans lequel on brûle un paquet d’amadou. Cette fumée monte du fourneau dans une cheminée de bois qui se recourbe, puis s’étale en une cavité plate et mince d’où émane la rampe de tubes F.
- Dès que le ventilateur marche, on voit tous les filets de fumée se précipiter dans la caisse et y produire une nappe blanche striée longtitudinalement; ces filets prennent alors l’apparence de cordes tendues comme celle d’un piano. L’air transparent se comporte comme celui que la fumée rend visible et l’on peut conclure qu’en tous les points, le mouvement de l’air est parfaitement rectiligne.
- Pour photographier cette apparence, il suffit d’éclairer vivement les fumées, ce qu’on fait au moyen d’un éclair jnagnési que. Cet éclair est produit dans une boîte E dont une paroi vitrée est dirigée vers la caisse qui porte elle-même, en face de ce point, une glace transparente par où pénètre la lumière. La boîte où se produit l’éclair magné-sique est située sur le trajet du tube efférent du ventilateur; de sorte que le nuage de magnésie pulvérulente est chassé au dehors avec les autres fumées et n’altère pas la limpidité de l’air de la pièce où l’on opère, ce qui est indispensable pour la netteté des images.
- Introduisons dans le courant d’air un plan incliné formé d’une mince lame de mica (fig. 2), les filets de fumées, en le rencontrant, semblent s’écraser contre la surface; ils s’élargissent, ce qui prouve qu’ils perdent de leur vitesse ; ils suivent ensuite des directions opposées, les uns remontent vers le bord supérieur du plan, les autres glissent les uns sur les autres sans se mélanger entre eux et s’écoulent par le bord inférieur.
- De chaque côté de l’obstacle, les filets cheminent très serrés; ils laissent enfin, en arrière de l’obstacle, un vaste espace où l’air est immobile et ne présente qu’un nuage confus. Cette expérience n’indique pas la vitesse de l’air en chaque point. Pour la connaître on a recouru au moyen suivant :
- Cette rampe de tubes qui verse la fumée, si nous la déplaçons par un choc latéral, imprimera aux filets un déplacement qui se traduira par une petite ondulation visible sur tous les filets à la fois, et cette ondulation se propagera de haut en bas avec une marche uniforme dans toute la largeur de la nappe de fumée. Dès lors, en imprimant à la rampe de tubes des mouvements vibratoires répétés dix fois
- par seconde, toute la série des filets portera des ondes qui se suivront de haut en bas, et dont l’écartement correspondra à l’espace parcouru par l’air en chaque dixième de seconde. Une tige brillante de 0m,20 de long, placée à l’intérieur de la caisse, dans le même plan que les fumées, se photographiera dans les images et servira d’échelle pour mesurer la vitesse du courant d’air. C’est au moyen d’un trem-• bleur électrique réglé à 10 vibrations par seconde qu’on imprime le mouvement qui rend les images réellement chronophotographiques. La figure 5, obtenue avec vibrations des filets de fumée, montre que ceux-ci présentent un ralentissement marqué dans les points où ils rencontrent le plan incliné ; ils accélèrent, au contraire, leur marche dans les régions situées en dehors de l’obstacle. Cette accélération, dont on peut mesurer la valeur au moyen de l’échelle métrique, est la conséquence nécessaire de ce fait, que chaque section de la caisse doit laisser passer la même quantité d’air â tout instant et que, par conséquent, dans les passages rétrécis la vitesse s’accélère.
- Toutes les figures qui précèdent ont été prises à la lumière de l’éclair magnésique, c’est-à-dire en un temps très court. Qu’arriverait-il si la durée de l’éclairement était plus long ? La figure 4, obtenue avec un éclairement prolongé pendant 3 secondes, montre que rien n’est changé pour l’apparence des filets d’air situés au sommet de l’obstacle ; seuls, les remous cessent de montrer leurs capricieux méandres, ondulations fugitives qui, superposées entre elles, donnent une teinte grise uniforme. Cette méthode des éclairements prolongés est précieuse en ce qu’elle donne, en quelque sorte, l’état, moyen du phénomène.
- Nous ne multiplierons pas les exemples des expériences que nous avons faites ; quelques types suffiront pour montrer la variété des effets qui se produisent suivant la forme des obstacles que rencontre le courant.
- Les figures 5 et fi sont obtenues avec un corps offrant une extrémité arrondie et l’autre effilée. Si le gros bout est en avant, les filets de fumée se reforment assez vite en arriérer de l’obstacle et l’on observe peu de remous (fig. 5). Avec la pointe en avant (fig. 6), l’inverse se produit et des remous s'observent en arrière de l’extrémité arrondie. Nous avions déjà signalé ces effets pour les corps plongés dans un courant de liquide.
- Si des plans parallèles entre eux se présentent sous le même angle, les filets se comportent diversement pour chacun de ces plans comme le montre la fig. 7.
- On conçoit aisément la multiplicité des problèmes que peut résoudre cette méthode. Nous l’avons exposée avec détail, afin qu’elle puisse être employée par tous ceux que préoccupent l’aviation, la propulsion dans les fluides, la ventilation, enfin tout ce qui se rattache aux mouvements de l’air.
- E.-J. Marey.
- . de l’Institut.
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- LES AURORES POLAIRES’
- La terre, vers les hautes latitudes, au delà des zones tempérées, est enveloppée d’une atmosphère lumineuse. Là les aurores brillent très souvent dans tout leur éclat, sous toutes les formes les plus variées que l’on connaisse, et les plaques photographiques y reçoivent en permanence l’impression des raies caractéristiques du spectre de ces météores lumineux, même pendant les nuits les plus sombres, lorsque l’œil ne perçoit pas le moindre indice de leur présence.
- La fréquence des aurores, dans l’hémisphère du nord comme dans 1 ’ hémisphère du _-
- r EjMohl&Vj Gu.
- sud, augmente _— de/J*ûpumc* des
- montant en latitude . - ^oWeJ.
- à partir des pays où ___ JsotKermM .
- elles commencent à se montrer mensuellement ; mais, après avoir atteint
- un certain degré de latitude, elles redeviennent rares. L’atmosphère lumineuse, génératrice des aurores, forme, de la sorte, deux véritables limbes autour des zones extrêmes de la terre. Chacun de ces limbes se résout en plusieurs auréoles, représentées sur les cartes géographiques par des lignes à peu près ovales passant par les points pour lesquels la fréquence des aurores est la même.
- L’accord intime que l’on vient de trouver, par le procédé rigoureux de la photographie, entre les raies du spectre des aurores et les raies du spectre de l'oxvgène et de l’azote, démontre que ces météores appartiennent à l’atmosphère terrestre et ne sont que de l’air rendu lumineux par la décharge électrique.
- D’où vient cette électricité? Depuis longtemps on sait que les couches supé-
- 1 Stassano. Atti délia R. Accademia dei Lincei, p. 210 et suiv., 1889, Roma ; et Comptes rendus de l'Académie des sciences, juillet 1901.
- ——-----dsoiares „
- Fig. 1. — Production des aurores polaires.
- rieures de l’atmosphère sont chargées d’électricité positive, dont le potentiel est proportionnel à la hauteur. C’est donc dans les hauts courants de retour, dans les contre-alizés, que l’électricité atmosphérique doit atteindre la plus
- haute tension. Or ces vents, qui prennent naissance dans les calmes équatoriaux parvenus au niveau des hautes latitudes, se rapprochent de la surface du sol, pour remplacer l’air que la force centrifuge, due à la rotation de la terre, refoule sans cesse des pôles vers l’équateur.
- L’électricité, dont ils sont chargés, doit à ce moment se neutraliser avec l’électricité contraire de la terre et des basses couches de l’atmosphère électrisées aussi très souvent négativement. A travers ces déchar-ges continues, l’air, à ces endroits, très raréfié, doit s’embraser, devenir lumineux comme dans les tubes de Geissler, donnant lieu à ces fusées silencieuses, aux aspects les plus variés, comparées par Silber-mann à des orages à long feu, qui constituent les aurores.
- Les premières lignes de basses pressions polaires, conformément à cette manière d’envisager l’origine et la nature des aurores, avoisinent les courbes de fréquence des aurores. Dans l’hémisphère septentrional où les dépressions barométriques sont beaucoup plus rapprochées du cercle glacial arctique que les dépressions analogues australes le sont du cercle glacial antarctique, les lignes de fréquence des aurores sont également plus rejetées vers le pôle que dans l’hémisphère opposé. Dans l’hémisphère boréal, particulièrement, les nombreuses inflexions décrites par ces lignes, font encore plus nettement ressortir l’intimité de leurs rapports réciproques.
- L’influence prépondérante que la distribution de la température à la surface de la terre exerce sur la circulation de l’air, fait que les lignes d’égale température, les iso-
- JPUties de plum de/ l m/. Courant marin/ polaire/. Courant/ marin/ équatorial;. Vents dominants.
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- thermes, suivent les mêmes directions générales des lignes d’égale pression barométrique, les isobares, et, partant, des lignes de fréquence des aurores. On avait déjà remarqué que dans les mers arctiques, tour à tour, glacées en hiver et libres en été, les aurores semblent descendre ou remonter avec la limite des glaces. Mais c’est en comparant les positions que les isothermes, les isobares et les courbes des aurores occupent respectivement dans les deux hémisphères, que l’on établit, de la manière la plus irréfutable, les relations des aurores avec les divers facteurs météorologiques qui constituent le climat. Ainsi dans l’hémisphère du sud, caractérisé par le climat maritime et le passage rapide, parfois brusque du climat tropical au climat froid, sinon glacial, les aurores apparaissent à des latitudes très basses, atteignant presque le tro-
- pique sur la côte du Chili et sur les plages méridionales d’Australie.
- Si on regarde le diagramme de la répartition mensuelle des aurores boréales, on observe qu’aux mois de plus grande fréquence de ces météores lumineux correspondent les mois où, dans la zone équatoriale, les orages sont très rares et l’air est le plus débarrassé de brumes; et que, par contre, aux mois plus pauvres en aurores correspondent les mois des hivernages équatoriaux, les plus riches en pluies diluviennes accompagnées de formidables décharges électriques, particulièrement dans le golfe de Guinée où l’excès de l’évaporation de la mer, aux jours de la plus forte insolation des solstices, donne lieu régulièrement, sur place, à ces précipitations, sans qu’interviennent les influences perturbatrices du relief de la terre et des vents.
- Fig. 1. — Jumelle universelle Bellieni, munie de ses deux obturateurs, deux objectifs et un télé-objectii.
- Cette correspondance, qui se vérifie aussi pour les aurores australes, montre que, effectivement, l’électricité des aurores est transmise par les vents de retour de la ligne aux pôles, ayant pour source l’évaporation des mers et des lacs équatoriaux, comme le pensa I)e la Rive le premier. Henri Stassano.
- NOUVEAUTÉS PHOTOGRAPHIQUES
- JUMELLE UNIVERSELLE BELLIENI
- « On ne peut contenter tout le monde et son père », a dit le fabuliste, et cette maxime s’applique particulièrement aux constructeurs d’appareils photographiques. Chaque amateur voudrait avoir un modèle à lui, tous désirent pouvoir avec le même appareil aborder tous les genres. Il faut que le volume soit
- restreint et que, cependant, le format soit assez grand ; il faut que l’objectif soit très rapide, mais à bon marché; qu’il ait un long foyer pour ne pas donner d’images trop petites, mais que, cependant, il soit toujours au point, même pour les courtes distances, et qu’il ait un angle assez grand pour permettre de prendre les monuments élevés sans se reculer beaucoup ; car les architectes des monuments anciens ont eu souvent la malencontreuse idée de les placer dans des rues étroites. Le constructeur a beau retourner le problème dans tous les sens, il y a des règles immuables auxquelles la physique le condamne et il ne peut que, plus ou moins habilement, tourner la difficulté. En somme, quand on veut n’être jamais embarrassé le mieux est encore d’avoir plusieurs objectifs et même un télé-objectif
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- et c’est ce qui a déterminé M. Bellieni, l’habile constructeur de Nancy, à ajouter à ses jumelles bien connues divers perfectionnements qui justifient le nom d’ « Universelle » qu’il leur donne. Il s’est arrangé de manière à y adapter, sans en augmenter le volume, un obturateur ordinaire et un obturateur de plaque qu’on emploie à volonté et selon les circonstances; un objectif grand angulaire de 106mm de foyer ou un objectif anastigmat de 136mm; et enfin un télé-objectif qui grossit huit fois et donne des images d’une netteté remarquable. L’appareil que représente notre gravure (fig. 1, n° 1) est du format 9x12 avec magasin D contenant douze plaques; l’escamotage n’a rien de particulier et se fait comme avec tous les appareils de ce genre; il porte un viseur clair Y et un œilleton F muni d’une échelle graduée correspondant à celle qui se trouve sur la
- planchette d’objectif qu’on peut décentrer dans les deux sens. Au moyen de ces graduations on met le sujet en plaque sans difficulté en se servant du viseur quel que soit le décentrement qu’on soit obligé de faire pour l’avoir en entier. Le magasin (n° 2) est muni d’un rideau R qui démasque la plaque P au moment voulu ; cette disposition permet de retirer le magasin en plein jour pour le remplacer par un autre, ou pour aller dans le laboratoire. Immédiatement devant on a adopté un obturateur de plaque G constitué par un rideau II portant une fente L; quand on ne veut pas l’utiliser on remonte complètement le rideau qui s’enroule sur son tambour et laisse le cadre G complètement libre. C’est sur ce cadre que s’adapte la chambre C qui porte l’obturateur ordinaire B et l’objectif de 136mm de foyer M. A l’intérieur (n° 3) et derrière l’obturateur on a
- Fig. 2. — Entrée du Musée lorrain, à Nancy (objectif grand angulaire). A droite et à gauche, détails pris du même point avec le télé-objectif.
- placé l’objectif grand angulaire N. On dévisse naturellement celui des deux objectifs qu’on ne veut pas utiliser, mais l’obturateur sert pour les deux. Enfin, en enlevant les deux objectifs on peut visser sur l’obturateur le télé-objectif A (n° 1) sur lequel on a adapté auparavant l’objectif M de 136mm de foyer.
- L’emploi du télé-objectif est déjà ancien; mais, jusqu’à présent, au moins en France, nous ne croyons pas qu’on l’ait jamais utilisé avec une jumelle, et c’est ce qui le rendait d’un emploi assez limité; il y a cependant bien des cas où l’on est heureux de pouvoir obtenir une image de grande dimension malgré la distance à laquelle on est obligé de se placer. La combinaison optique à laquelle s’est arrêté M. Bellieni est celle de Zeiss ; elle permet de faire l’instantané au dixième de seconde, environ, par temps clair ; nous en avons obtenu dans ces conditions, en juillet dernier, au bord de la mer. La finesse est telle qu’on peut facilement faire ensuite un agrandissement en 30x40 du cliché obtenu. La
- figure 2 donne une idée de ce qu’on peut faire avec cet appareil ; l’image du centre, qui représente la porte d’entrée du Musée lorrain, est prise avec l’objectif grand angulaire; du même point, on a pris ensuite, avec le télé-objectif, le détail du dessus de porte et de l’un des balcons.
- Muni d’une jumelle ainsi comprise on ne doit jamais être mis dans l’impossibilité de faire un cliché. S’il y a peu de lumière, ou s’il s’agit d’un instantané d’objet à très vive allure, on ouvrira l’obturateur d’objectif B comme pour la pose, et on utilisera l’obturateur de plaque G. Si on manque de recul, on emploiera l’objectif grand angulaire N après avoir dévissé l’autre; on décentrera pour mettre le sujet en plaque en se reportant aux échelles graduées de l’œilleton F et de la planchette d’objectif. Enfin, si après avoir fait une vue d’ensemble, on veut avoir un détail agrandi d’une partie de cette vue, on mettra en place le télé-objectif A. Le viseur pourra être encore utilisé dans ce cas, il suffira de le couvrir d’une plaque
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- de tôle E (n° 1) percée d'un trou qui limite l’image que donne cet appareil. Si l’on veut se rendre compte d’une façon plus précise du résultat qu’on obtiendra et vérifier la mise en plaque et la mise au point, il suffit d’enlever le magasin et de le remplacer par un verre dépoli. Malgré toutes les ressources qu’offre cette jumelle, elle présente un minimum d’encombrement qui permet de l’emporter partout, et c’est bien là le véritable appareil du touriste.
- G. Mareschal.
- LE COQ GAULOIS
- Il n’y a pas à se le dissimuler, le coq gaulois qui orne le revers de nos pièces de vingt francs avait de l’allure. Il donnait une bonne idée delà France qui chante clair... quand elle veut, et dont la fierté n’est pas sans analogie avec la sienne. Et puis le coq était l’emblème de nos aïeux, les Gaulois, en lesquels déjà apparaissait l’esprit français, avec ses qualités et ses défauts, les Gaulois qui..., les Gaulois dont.... Mais pourquoi allonger cette tirade, puisque ledit coq va être déchu de sa valeur symbolique et retourner au poulailler d’où il n’aurait pas dù sortir? C’est du moins ce qui résulte d’une savante étude que M. Th. Ducrocq, correspondant de l’Institut, a présentée à la Société des Antiquaires de l’Ouest, ce qui, entre parenthèses, prouve qu’il n’y a pas qu’à Paris qu’on publie des choses intéressantes.
- Le coq en question n’est pas, en effet, gaulois et, de plus, il appartient tout autant que la fleur de lys, à la Monarchie, du moins à celle de Juillet. Alors pourquoi le représenter sur des monnaies frappées par une République ?
- Jamais, avant le mois de février 1899, les monnaies de la France n’ont admis le coq prétendu gaulois, lequel, d’ailleurs, est une invention prenant son origine dans un jeu de mots, une sorte de calembour, fait sur le mol (jallus signifiant à la fois coq et gaulois. Celui, tout petit, que l’on voit au pied du Génie d’Augustin Dupré de 1791, repris sur les pièces de 20 francs après 187 F, n’a aucun rapport avec le précédent, et seulement mis là comme « symbole de la Vigilance )) ; c’est un emprunt fait non aux institutions des Gaulois, mais à la mythologie des Grecs et des Romains faisant du coq l’attribut de Mercure, lequel ne passait pas pour très endormi.
- Un autre coq, plus minuscule encore, se trouve sur certaines monnaies du Consulat, de l'Empire et de la Restauration, mais il est dù tout simplement au bon plaisir du graveur de l’Espine, et n’a pas plus de signification que la proue et l’abeille, choisies à la même époque par deux autres graveurs, Dieriekx et de Bussière.
- Le coq gaulois, dit-on, se voit partout en France, dans nos campagnes, au haut des clochers de nos églises ! A ce compte, comme le remarque M. Ducrocq, on le verrait même hors de France, dans d’autres pays catholiques, qui n’ont jamais fait partie de la Gaule. C’est le coq de la Passion, le coq de saint Pierre, reniant trois fois le Christ avant le chant du coq. A côté de lui, d’ailleurs, sur les girouettes de nos clochers, on aperçoit souvent la lance et les autres instruments de* la Passion du Rédempteur.
- A ces confusions accumulées, jointes au parti pris de trouver un emblème, pour un régime politique nouveau, le coq dit gaulois, a dù, après la Révolution de 1850,
- l’honneur insigne autant qu’injustifié, d’orner la garde des épées dans l’armée et de surmonter nos trois couleurs. C’est à ce moment précis, sans tradition antérieure, sans aucun précédent dans la législation nationale qu’il a été innové et inventé.
- Le coq dit gaulois est, en outre, condamné par l’histoire et les monnaies de nos ancêtres. Les Gaulois, d’ailleurs, n’ont jamais eu et ne pouvaient avoir d’emblèmè national unique. Leur organisation politique en rendait l’existence impossible. L’alouette, malgré l’enseigne de la légion romaine gallica, ni le sanglier, le sus gallicus lui-même, bien qu’il ait surmonté des enseignes gauloises, n’ont été cet emblème unique et général. Les Gaulois, même réduits à ceux de la Gaule celtique, ne formaient pas un peuple unique, mais un ensemble de peuples différents, juxtaposés, non confédérés, malgré des alliances partielles plus ou moins durables. Cet état politique de la Gaule explique l’extrême variété des types des monnaies gauloises et des symboles dont leurs revers portent surtout l’empreinte. On y voit des guerriers, ordinairement debout, avec ou sans bouclier, armés de la lance ou portant une enseigne. Il n’existe pas une seule monnaie gauloise connue, qui nous montre un coq sur ces enseignes ou sur ces boucliers. On voit sur les monnaies gauloises beaucoup de chevaux, sous toutes les formes, galopant, au pas, montés, attelés, en liberté, ailés, et même à tête d’homme ; des lions, des ours, des loups, des cerfs, des sangliers ailés ou non, des taureaux, des béliers et des chèvres. Les oiseaux sont moins fréquents sur les monnaies gauloises que les quadrupèdes, si ce n’est l’aigle, que l’on y rencontre sous les aspects les plus variés : souvent seul, éployé ou au repos, parfois monté sur des chevaux, des lions ou des sangliers, d’autres fois déchirant un serpent, dévorant un poisson, avalant une alouette. Un trouve aussi, plus rarement, des alouettes seules, des corbeaux, des cigognes et des grues. L’image la plus rare sur les monnaies gauloises est celle du coq, prétendu gaulois. A la Bibliothèque Nationale on ne le trouve qu’au revers de 14 pièces sur 10 415 ! Et encore celles-là appartiennent-elles à la Gaule Belgique : il est acquis, en l’état de la science, qu’aucune monnaie gauloise portant un coq n’a été frappée, ni par les Aquitains, ni par les Celtes. Et les monuments de la statuaire antique sont en conformité avec ces données de la numismatique gauloise.
- Encore une légende qui s’en va»... Henri Couhn.
- CHRONIQUE
- Liquéfaction de Thydrogène par le procédé Travers. — Le Philosophical Magazine du mois d’avril dernier contient une description d’un procédé de liquéfaction de l’hydrogène dérivé du même principe que la méthode de liquéfaction de l’air employé par Linde ; l’hv-drogène, comprimé au moyen d’une pompe à 200 atmosphères, se dilate librement en passant successivement à travers des serpentins contenant de l’acide carbonique dissous dans l’alcool méthylique, puis de l’air liquide. Nous ne pouvons, sans figures, préciser davantage; nous nous bornerons à dire qu’on obtient ainsi de l’hydrogène liqùide à environ 43° de température absolue. Un des résultats, dit Nature, de cette liquéfaction de l’hydrogène a été de montrer que l’hélium est un gaz encore plus volatil. Il est donc possible d’obtenir une température encore plus basse que celle de l’hydrogène liquide ou même de l’hydrogène solide en appliquant à l’hélium
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- le même procédé de libre expansion avec réfrigération. Mais l’hélium est un gaz extrêmement rare, de sorte que cette expérience coûterait fort cher. De plus, le gaz le plus volatil devient probablement solide et, pratiquement, n’a plus de tension de vapeur à une température supérieure au zéro absolu, en sorte que les trois méthodes en usage aujourd’hui pour le refroidissement doivent être hors d’état d’atteindre à ce point intéressant, où les corps sont censés être absolument dépourvus de toute chaleur.
- Un escalier de six mille marches. — Cet escalier extraordinaire, le plus haut et le plus long qui soit au monde, se trouve en Chine, sur la montagne sacrée du Taï-Shan. Le plus haut, puisque de la première à la dernière marche on s’élève de 1810 mètres; le plus long, puisque pour le monter, en son entier développement, il faut parcourir une distance de vingt-six kilomètres et demi, car il compte de vastes et très nombreux paliers. A un kilomètre environ de la ville de Taingan-Fu, se dresse une porte monumentale flanquée de deux pagodes également colossales. Cette porte franchie, on commence, entre une double rangée de temples et de sanctuaires dédiés à Confucius, l’ascension du fameux escalier de six mille marches. Les Chinois y mettent parfois une semaine, s’arrêtant en route aux pagodes et aux hôtelleries de la montagne sainte du Taï-Shan. Cela représente plus de trois cents étages de nos maisons modernes, et ce n’est pas une petite affaire à monter, même avec la perspective d’atteindre au sommet la Porte du Ciel et le temple même de Confucius.
- La distribution du lait stérilisé à Lyon. —
- Dans un récent numéro, la publication spéciale appelée Revue municipale a donné des renseignements curieux sur le service qui existe à Lyon, pour distribuer du lait stérilisé aux nourrissons indigents et aux enfants reçus dans les crèches municipales ; tout en nous défiant de la façon plus ou moins effective dont les mesures d’hygiène sont prises par des employés d’administration, nous signalerons brièvement l’organisation du service dont il s’agit. Pour éviter toutes les fermentations qui peuvent se produire dans des laits venant de la campagne, et aussi la contamination presque inévitable dans les fermes tenues plus ou moins proprement, où le lavage des ustensiles est mal fait, on a voulu se procurer à Lyon même tout le lait nécessaire, et installer pour ainsi dire à côté des étables le laboratoire de stérilisation. Le maire a passé, avec une Société dite des laits hygiéniques, un traité par lequel cette Société s’engage à fournir quotidiennement, au prix de 32 centimes, 250 litres de lait, et même trois cents litres durant la période la plus chaude de l’année. La municipalité a sous sa surveil-ance immédiate les étables, la nourriture des animaux, les opérations faites par le personnel de la laiterie. Quant à la stérilisation, elle est opérée uniquement par les agents de la Ville, avec ses appareils, sous la direction et la responsabilité du Bureau d’hygiène, et, dans ce but, la Société fournissant le lait, met à la disposition du service ou plus exactement lui loue un local de deux pièces, avec cour et caves, et absolument contigu aux étables. On y a installé tous les appareils destinés à la stérilisation du lait et au lavage des bouteilles, les approvisionnements de bouteilles, les paniers de transport. Le coût de tout ce matériel a été de 10 000 francs environ. Deux employés suffisent à toute la besogne. La distribution est faite par une voiture appartenant à la ville et les chevaux du service d’incendie, ce qui est
- assez original ; cette voiture transporte le lait aux trois dépôts installés dans les trois crèches municipales. En calculant sur une consommation moyenne de 500 litres par jour, le prix du litre stérilisé (tous frais compris) revient à üfr,3G5. Du reste la Société qui fournit le lait s’engage à reprendre à la Ville le lait qui peut lui rester en excédent, et cela au prix de 0fr,45.
- Les biches du bois de Boulogne. — Les habitués du bois de Boulogne savent très bien qu'il existe depuis longtemps, courant à travers les taillis les plus épais, un troupeau de daims et de biches. Ceux qui fréquentent peu cette promenade favorite des Parisiens manifestent quelquefois certain étonnement de rencontrer des biches à l’état sauvage dans un bois aussi civilisé, peut-être même trop civilisé ! Oui, il y a encore des daims au Bois. On les voit traverser les petites routes ombreuses qui vont de la pelouse de Boulogne au Pré-Catelan. Il y en a exactement vingt-quatre. Ces animaux descendent de neuf daims et biches pris dans les bois du château de Clayes. On les offrit à la Ville en 1871 pour repeupler le Bois. On commença par les interner sur la pelouse qui est comprise entre le grand lac et la route qui remonte au Pré-Catelan. Ils y vécurent et se multiplièrent jusqu’en 1885, faisant la joie des jeunes promeneurs. A cette époque, on supprima le parc pour donner à la pelouse une autre destination : exercices physiques, courses à pied, etc. Les daims furent lâchés en plein bois, et ils y vivent en liberté absolue, sans faire de dégâts sérieux. Ce qui est assez curieux, c’est qu’ils ont adopté un petit coin du bois, où ils restent presque toujours; on les retrouve là quand ils ne sont pas pourchassés par les chiens ou effrayés par le bruit des automobiles; ce petit coin est compris entre le Pré-Catelan, la route d’Auteuil à Bagatelle et l’avenue de la Reine-Marguerite. Quelquefois, on les voit s’écarter jusqu’à la pelouse de Boulogne. On ne s’occupe jamais du troupeau, sauf pendant les grands hivers où les gardes vont déposer du foin près de leur abri habituel. Malgré tout, le nombre des daims du Bois n’augmente pas sensiblement; il n’en nait qu’un ou deux par an, et la mortalité est souvent plus élevée que la natalité.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 2 septembre 1901.
- Présidence de M. Bouquet de la Grïe.
- Réapparition de la comète d’Encke. — La comète périodique dont l’orbite a été déterminée par Encke a été observée à l’observatoire d’Alger par M. Rambaud. Le retour de cet astre était attendu, car la comète d’Encke a une période qui n’est que de 3 ans et 3 mois environ. C’est la période la plus courte qui ait été observée.
- Les Annales de l’École d’agriculture de Montpellier. — M. Dehérain fait hommage à l’Académie du premier fascicule des Annales de l’Ecole d’agriculture de Montpellier. Ce fascicule est le point de départ d’une série nouvelle de publications. On y remarque surtout un Mémoire de M. Lagatu sur la décomposition des matières organiques dans les terres arables. L’auteur a présenté le tableau des différents travaux sur la question. 11 a montré l’influence de la chaleur sur la terre arable pour activer la décomposition. Dans des expériences de laboratoires, on voit la quantité d’acide carbonique provenant de la décomposition croître à mesure que la température s’élève, jusqu’à 60°. Le dégagement d’acide carbonique décroît
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- ensuite progressivement lorsque la température continue de monter jusqu’à 80°. Alors un nouveau point critique se manifeste; les actions chimiques l’emportent sur les actions microbiennes. Dans le sol, ce sont au contraire celles-ci qui prévalent. Si le Mémoire de M. Lagatu n’a pas reproduit « tout ce que l’on sait » de la décomposition des matières organiques dans la terre, dit M. Dehérain, ce n’en est pas moins un important travail qui sera lu utilement.
- Varia. — M. Kœnig adresse une Note sur la théorie des mécanismes. Ch. de Villedeüil.
- ROCHES À FIGURES ANIMÉES1
- La nature est souvent curieuse dans ses bizarreries. Elle donne à des objets inertes, à des végétaux
- Fig. 1. — Roche représentant une tête humaine.
- auprès de Ceia, à environ 5 kilomètres au sud-est de ce village, en Portugal.
- On nomme « Calvario » le lieu où est situé ce bloc anthropolithique qui représente une ligure humaine. Le dessin ci-joint, fait d’après une photographie que nous a envoyée M. Elysiario Casai, à Ceia, montre exactement tous les détails d’une tête à l’expression bien accusée. On voit d’ahord le nez qui se détache en avant en laissant au-dessus les creux pour les yeux. Le front est bien prononcé ; il est surmonté d’une immense pierre granitique qui forme comme une calotte et recouvre la tête. Enfin au-dessous du nez on distingue parfaitement la bouche ouverte, puis le menton exceptionnellement accusé. On dirait un peu d’un vieil abbé en chaire dans les stalles du chœur. Cette tête est vraiment remarquable de vérité.
- 1 Yoy. n° 1270, du 2 octobre 1897, p. 287.
- aussi quelquefois, des formes qui rappellent des figures humaines ou des animaux. Nous avons déjà eu l’occasion de présenter en particulier toute une collections de roches singulières. Il n’y a pas de semaines où l’on nous envoie des dessins de roches à l’aspect étonnant. Le hasard fait bien les choses. Nous pourrions installer tout un musée avec les cailloux, les roches surtout dont on nous transmet la reproduction photographique. Nous ne saurions multiplier indéfiniment les représentations de ces singularités naturelles. Cependant nous cédons encore une fois à la tentation de publier les deux exemples suivants de roches à figures animées.
- C’est d’abord un bloc de granité qui se trouve sur le penchant d’une colline dans la Serra da Estralla,
- Fig. 2. — Roche représentant une poule.
- Autre exemple également curieux. Sur le massif de l’Esterel, dans le chemin du mal infernal, on peut s’arrêter devant une autre roche. Celle-là représente une poule. Un aperçoit tout le corps de l’animal se détachant nettement au milieu des arbres environnants. La tête bien campée en arrière donne l’illusion d’une poule qui regarde devant elle.
- C’est surtout le soir, quand le soleil a disparu, que cette silhouette Vaccuse sur le bleu du ciel et appelle l’attention des touristes.
- Ce ne sont là évidemment que des bizarreries, mais suffisantes pour intéresser le voyageur et servir de but de promenade. Rien n’est à dédaigner pour le véritable observateur. M. N.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiicre, rue de Fleurus, 9.
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- I î SEPTEMBRE 1901
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- N° 1 4 7 7.
- L’AERATION DES TUNNELS
- L’aération des tunnels a toujours été un problème important à envisager. Il préoccupe l’opinion surtout depuis l’accident qui survint en Italie. Dans un
- tunnel, il y a quelques années, un train lut forcé de s’arrêter. Le chauffeur dut recharger ses leux et le train fut obligé de stationner quelque temps au
- Aération des tunnels. — 1. Vue du ventilateur Farco!. — 2. Tunnel d’aératior. — 3. Vue d'ensemble de 1 installation.
- milieu du souterrain. 11 y eut mort d’homme, par suite du défaut de ventilation et du dégagement des gaz délétères.
- De tous côtés alors on se demanda si la ventilation naturelle seule, appliquée jusqu’ici, n’était pasinsuf-lîsante. On remarqua, en effet, que depuis l’augmentation du trafic il arrivait souvent que le renouvellement 2!)' annt’f. — 2' semestre.
- de l’air se lit mal; des accidents étaient à craindre.
- M. Saeeavdo, inspecteur en chef des chemins de fer d’ilalie, imagina le premier un système de ventilation qui fut appliqué pour la première fois à l’aération du tunnel dit de « l’Apennin », sur la ligne de Rologne à Uisloic.
- D’après une note de M. L. Chainpy, publiée dans
- NI
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- les « Annales des Mines1 », ce tunnel a une longueur de 2km,727 en rampe continue, de 24mm,4 par mètre en ligne droite, à l’exception d’une courbe de 500 mètres de rayon qui a un développement de 400 mètres à l’amont. Il est à voie unique d’une section de 25,1,i,08 avec un périmètre de 18m,50.
- 11 est au centre d'un massif montagneux, près d’un faite où des vents violents annulent souvent le courant d’air naturel. Les conditions d’exploitation, au point de vue de la combustion et au point de vue du personne], étaient des plus mauvaises.
- L’appareil Saccardo a été installé à l’orifice d’amont du tunnel de l’Apennin et disposé de façon à diriger le courant d’air contre les trains montants.
- 11 se compose d'une chambre annulaire placée à la tète du tunnel, raccordée à la galerie d’un ventilateur et se prolonge en avant dans le souterrain. Les parois latérales extérieures sont en maçonnerie; la couverture, le raccord à la galerie et les parois latérales intérieures sont en charpente. Le ventilateur, type Ser, a un diamètre de 4m,90. Cette installation a été soumise à un grand nombre d’expériences, et son fonctionnement a été satisfaisant. Entre temps, une Commission d’ingénieurs italiens des chemins de* fer a déterminé le volume d’air limité à débiter pour assurer une bonne ventilation.
- Dernièrement, la Compagnie du chemin de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée a résolu, pour les mêmes raisons de sécurité, de ventiler le tunnel d’Al-bespeyre sur la ligne de Saint-Germain-des-Fossés à Nîmes, d’une longueur de 1500 mètres et à une Voie, par un procédé analogue à celui de M. Saccordo. A cet effet, M. E. Farcot, à la Plaine Saint-Denis, a construit un ventilateur de 6 mètres de diamètre et pouvant fournir, par heure, un débit de 150 mètres cubes d’air ù la pression de 40,um d’eau. Ce ventilateur a 2m,50 de largeur et présente 4 aubes! A l’entrée du souterrain est ajusté un anneau métallique rempli d’air, avec des ajutages qui projettent cet air dans le tunnel. Les deux villes de Liverpool et Birkenhead étaient desservies depuis quelque temps par un chemin de fer à vapeur passant dans un tunnel sous-marin. Ce tunnel était rempli de fumée, de suie; l’air en était irrespirable. La British Westinghouse Electric et Manufacturing Company de Londres a préféré supprimer la traction à vapeur. Elle va remplacer les locomotives à vapeur par la traction électrique.
- Il résulte des observations faites un peu partout que, en raison de l’augmentation générale des besoins d’un service de plus en plus chargé, il y aura lieu dans un avenir prochain de modifier le mode actuel de ventilation naturelle des longs souterrains. Il faudra ou avoir recours à la ventilation mécanique ou multiplier, quand on le pourra, les cheminées d’appel ou enfin adopter pour la traversée des tunnels, si les circonstances s’y prêtent, la traction électrique. Dans tous les c^s de nouvelles études s’imposent désormais à l’attention des ingénieurs.
- J. Laffargue.
- 1 2* livraison «le 1900. j
- LES \1CHES TUBERCULEUSES
- 0n ne le croirait pas tout d’abord, et cependant le fait est bien certain, c’est maintenant à Paris que l’on trouve le moins de vaches tuberculeuses. Un rapport récent de M. Nocard au Conseil d’hvgiène de la Seine ne laisse aucun doute à cet égard. Les statistiques de l’abattoir de la Villette montrent que la proportion des vaches reconnues malades à l’autopsie est beaucoup plus faible pour les vaches du département de la Seine que pour celles qui viennent de province. Les raisons en sont assez simples. L’intervention de la police sanitaire y est pour quelque chose; mais, en réalité, si la tuberculose bovine est devenue si rare à Paris, c’est que depuis trente ans les conditions de la production du lait y sont complètement changées. Jadis le nourrisseur gardait ses vaches aussi longtemps qu’il pouvait en espérer, avec une autre gestation, une nouvelle période de lactation. Chaque vache restait ainsi dans l’étable pendant quatre, cinq, six ans et plus. Si l’une d’elles était tuberculeuse, au moment de l’achat, elle avait tout le temps nécessaire pour devenir phtisique et contaminer ses voisines.
- Les bêtes entrées saines dans une étable infectée y restaient trop longtemps pour échapper à l’infection et finissaient par devenir dangereuses à leur tour. Aujourd’hui, tout est bien changé. Le nourrisseur achète une vache aussitôt après la mise bas, en pleine lactation ; dès que la quantité de lait qu’elle fournit ne compense plus les frais d’entretien, il la livre au boucher. 11 en résulte que les vaches ne séjournent guère plus d’un an, souvent moins, dans les vacheries parisiennes. Dans ce court délai, les vaches qui pouvaient être tuberculeuses au moment de l’achat n’ont pas le temps de devenir gravement malades et de contaminer leurs voisines.
- Si donc, conclut M. Nocard, on ne consommait à Paris que le lait produit par les vacheries du département de la Seine, on serait à peu près certain de ne pas boire de lait tuberculeux. Malheureusement, il n’en est pas ainsi. Sur les 650 000 litres de lait qui représentent la consommation quotidienne de la Ville, les vacheries de la Seine n’en produisent guère plus de 200 000. Les deux tiers de la consommation proviennent des départements environnants d’un rayon de 20 à 40 lieues. Or, les vacheries en province sont restées ce qu’elles étaient autrefois. Les vaches y sont conservées tant que l’on peut en espérer une gestation nouvelle et l’étable est infectée, ce qui n’est que trop fréquent; toutes les vaches que l’on y introduit saines y deviennent généralement tuberculeuses.
- C’est pourquoi on doit toujours considérer comme suspect le lait mis en vente à Paris. Et la seule précaution qui puisse mettre le consommateur à l’abri de tout danger consiste à faire bouillir le lait avant de le consommer. Cette pratique si simple présente l’a van toge de mettre le consommateur à l’abri de tout danger contre l’infection tuberculeuse; elle le met encore à l’abri des infections intestinales qui sont si fréquentes et si redoutables pour les enfants pendant l’été G J.-F. G.
- 1 Au dernier Congrès international de la Tuberculose, à Londres, le professeur R. Koch a cru itevoir affirmer que la tuberculose des vaches ne sc transmettait pas à l’homme. La démonstration présentée est très sujette à contestation et contraire à toutes les observations acquises. Il est sage de n’en pas tenir compte, au moins jusqu’à nouvel ordre et indispensable d’appliquer toutes les mesures de préservation habituelles.
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- LA NATURE.
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- EMBARCADÈRES MARITIMES CÀNTILEVER
- La désignation peut sembler bizarre, mais il n’y en a pas en réalité qui réponde mieux à la disposition de l’appareil bien particulier, quoique très simple, qui est employé à l’embarquement des minerais sur la côte canta-brique.
- On doit savoir que tout le nord-ouest de l’Espagne se livre à une exportation intense de minerais de fer, qui vont se faire transformer en métal dans les usines de France, de Belgique, d’Angleterre, d’Allemagne. Mais beaucoup des mines d’où l’on extrait ces minerais ne sont pas reliées par voie de fer à un grand port d’expédition, et les ports par lesquels elles peuvent expédier leur production ne sont que des établissements de second ordre, où par conséquent l’on ne rencontre qu’un faible tirant d’eau, même en haute mer, le long des quais. Comme pourtant il importe à tous les points de vue, et notamment pour ce qui est des frais de transport, que les chargements se fassent sur des navires de fort tonnage et de grand tirant d’eau, on a imaginé ces appareils canti-lever dont parle notre titre, et qui permettent de décharger directement les wagons de minerai dans les panneaux
- Embarcadère maritime cautilever.
- de grands navires, bien que ceux-ci se tiennent à distance respectueuse de la côte, en un point où ils trouvent un fond suffisant.
- Le dessin que nous donnons, d’après la Revista de Obras Publions, va faire comprendre aisément la disposition essentielle de cet embarcadère, qui est en réalité construit comme la volée d’un pont-tournant ou comme un élément d’un de ces ponts caniilever, équilibrés en porte-à-faux, dont le fameux ouvrage de Firth of Forth est un prototype gigantesque. Bien entendu, les dimensions de chaque pont sont déterminées, notamment comme portée et comme hauteur, d’après les dimensions des navires qu’il est appelé à desservir, la distance à laquelle ceux-ci doivent stationner par suite du profil de la côte, et enfin l’amplitude de la marée. Tous ces embarcadères portent au moins deux voies, ce qui permet une circulation continue de wagons arrivant pleins et d’autres regagnant la côte une fois vides; l’extrémité du pont porte un couloir qu’on incline suivant la pente voulue, afin qu’il arrive exactement au-dessus du panneau par où se fera le chargement. Nous n’avons guère besoin de faire remarquer que le pont repose par des rotules sur un support en maçonnerie et que la culasse est amarrée à un massif.
- Parmi les plus grands embarcadères du genre, nous citerons celui d’Onton, qui n’a pas moins de 100 mètres de long, dont 65 mètres pour la volée ; ces appareils arrivent couramment à décharger 2000 et 5000 tonnes de minerai par jour. D. B.
- DYNAMO POUR LABORATOIRES
- Dans les laboratoires, dans les petits ateliers pour essais ou d'amateur, on a presque toujours besoin du courant électrique sous toutes ses formes connues : continu, alternatif simple, alternatif diphasé, alternatif triphasé. Plusieurs petits modèles de dynamo donnant ces courants ont déjà été réalisés soit pour quelques expériences, soit comme démonstration. 11 nous est arrivé souvent à nous-même, dans nos cours, d'indiquer les montages complets.
- Il suffit du reste, comme on le sait, de prendre dans .une dynamo bipolaire l'anneau ou le tambour monté sur l’axe mobile et d'effectuer diverses connexions des bobines à divers récepteurs : un collecteur pour le courant continu, deux bagues en cuivre isolées pour le courant alternatif simple, quatre bagues pour le courant diphasé et trois pour le courant triphasé. Tous ces montages ont déjà été réalisés et utilisés pour divers essais ou appareils de démonstration.
- M. Ancel, ingénieur des arts et manufactures, a fait construire pour son laboratoire de Beaulieu, par la Compagnie générale électrique de Nancy, une dynamo de 6,6 kilowatts, à laquelle 11 donne le nom de dynamo universelle de laboratoire et qui lui permet d’obtenir du courant continu, alternatif simple et triphasé dans les conditions que nous indiquerons plus loin. L’induit de cette dynamo est à tambour, monté sur un axe et tourne entre les pôles des deux électros inducteurs. Les noyaux sont venus de fonte avec une carcasse en acier doux, partiellement évi-dée sur les côtés et à la partie inférieure, et formant une enveloppe à peu près hermétique autour de l’induit. On obtient ainsi une bonne ventilation, et l’induit et les inducteurs seront protégés contre les chocs et les avaries accidentelles. La dynamo est fixée à l’aide de boulons sur un bâti en fonte qui repose sur deux rails tendeurs, fixés eux-mêmes sur* un massif en maçonnerie, avec rails permettant le déplacement ; elle est actionnée par courroie par un moteur à gaz de 4 chevaux et demi. A côté se trouve une autre dynamo ordinaire de 6 kilowatts, qui peut être actionnée également par le même moteur à gaz ; à cet effet ce dernier porte deux volants pour changer la courroie. Cette deuxième dynamo est destinée à la charge d’une batterie d’accumulateurs.
- Revenons maintenant à la dynamo universelle. L’axe supportant l’induit repose sur deux paliers munis de graisseurs à bagues, comme le montre la figure ci-jointe. A chaque extrémité de l’induit est placé un collecteur ordinaire à courants continus et relié aux diverses bobines des enroulements de l’induit. Sur chacun de ces collecteurs sont placées deux paires de balais en toile métallique. Chacune de ces paires est reliée par cables souples à une borne fixée à une planche isolante sur la dynamo. Cette disposition permet d’assurer facilement le couplage en tension ou en quantité des 2 enroulements de l'induit. L’excitation est obtenue en prenant une déri-
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- LA ISA TLR K.
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- tablo;ui. En résumé, la dynamo do M. Ancel peut fournir, à pleine charge et à la vitesse angulaire de 1500 tours par minute, du courant continu (100 ampères et 45 volts), si les deux collecteurs sont groupés en tension, et 200 ampères et 22,5 volts, s'ils sont groupés en quantité. On peut du reste, en réglant l’excitation, descendre à 50 et 12 volts dans les deux cas. Ces constantes en dehors de l’éclairage à arc et à incandescence, en dehors de l’alimentation des moteurs, permettent d’alimenter un four électrique avec le couplage en tension, et de faire des expériences d’électrolyse avec le groupement en quantité, c'est-à-dire réaliser les principales réactions utilisées en électrochimie et électrométallurgie (chauffage électrique, réduction des oxydes par le charbon chauffé électriquement, préparation de mé-
- Ihuaino pour laboratoire.
- valion avec résistance aux bornes d un collecteur.
- Au delà des balais, dans le prolongement de l'arbre, se trouvent à gauche une poulie et à droite trois bagues isolées, reliées en trois points à 120° l’un de l’autre de l’induit. Des balais en toile métallique servent à recueillir en ces points des courants alternatifs triphasés.
- Si l’on réunit seulement 2 bagues à deux circuits extérieurs, on obtient du courant alternatif simple.
- Les câbles partant de la dynamo sont reliés à un tableau de distribution, où se trouvent un voltmètre et un ampèremètre thermique, utilisés à la fois pour les courants continus et alternatifs, un interrupteur bipolaire de 200 ampères, 1 lampe témoin de 45 volts, 2 coupe-circuits de 200 ampères, et 1 rhéostat de champ. Tous les réglages se font au
- taux par éleclrolyse de sels fondus ou dissous, galvanoplastie, électrochimie). On obtiendra du courant alternatif simple et du courant triphasé en branchant des câbles sur les balais que nous indiquons plus haut. La dilïérence de potentiel produite est alors de 15 volts par circuit, à une fréquence de 25 périodes par seconde. L’excitation est produite par une dérivation aux bornes du collecteur. Il sera ainsi possible d'alimenter des transformateurs et des moteurs à courants alternatifs.
- La dynamo de M. Ancel est une dynamo heureusement combinée qui peut permettre Ji l’amateur de faire dans le laboratoire d'utiles expériences.
- En terminant, nous mentionnerons le groupe électrogène de la Compagnie électrique de Nancy que M. Ancel a bien voulu nous signaler. 11 a une puissance de 5,5 chevaux. 11 comprend un moteur à pétrole de Dion et une dynamo de 45 volts et 50 ampères. M. Ancel a fait mettre un bâti en alu-
- minium, une manivelle à déclic pour la mise en marche et l’allumage électrique séparé. Le groupe ainsi modifié est léger et transportable; il sert à l’éclairage des jardins ou pour alimenter le projecteur d’un canot, et son fonctionnement est très satisfaisant. . J. L.
- SOINS DONNÉS AUX JEUNES
- PAR l.ES POISSOXS
- Dans un précédent article1 nous avons étudié la famille citez les batraciens. Nous verrons aujourd’hui (|ue certains Poissons ne le cèdent en rien à ceux-ci pour l’originalité des instincts ou des dispositions organiques qui assurent la perpétuité de l’espèce en garantissant les œufs et les jeunes animaux contre diverses causes de destruction.
- La plupart des Poissons abandonnent simplement
- 1 Yoy. n° 1-455, du 15 avril 1001, p. 505.
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- Fig. 1. — Aspredo lœvis.
- leur frai à l'eau. Cependant les poissons migrateurs choisissent toujours un endroit favorable pour effec-tuer leur ponte. La truite creuse, au moyen de mou vemen ts 1 a t é r a u x de la queue, une dépression dans laquelle elle dépose ses oeufs ; la femelle du saumon agit de meme ; puis, la fécondation opérée, les deux conjoints unissent leurs elïorts pour recouvrir les œufs d’une couche de gravier qui les empêche d’être entraînés par le courant. La perche colle les siens sur des plantes aquatiques, des morceaux de bois ou les pierres. D’autres espèces construisent un véritable nid, et, chose remarquable, c'est, toujours le mille (pii se charge de ce soin. Le cas de l’épi-noehe est trop connu pour (pie nous nous y étendions longuement.
- Le mâle fabrique un nid avec des libres végétales entrelacées; puis il y attire une femelle (pii y dépose
- scs œufs, et s’en va sans s’en préoccuper davantage. Au contraire le père reste aux environs du nid jusqu’au
- moment de l’éclosion, c’est-à-dire pendant tout un mois ; il protège son trésor avec ardeur contre les autres poissons.
- Un silure, Arius atisfralis, (pii vit dans les lleuves de l’Australie, construit également une sorte de nid. J1 rassemble au fond de l’eau du sable et des petites pierres, et construit ainsi une plate-forme, sur laquelle les œufs sont déposés. 11 recouvre ensuite ceux-ci avec des cailloux, de façon à les empêcher d’être emportés par le courant et à les protéger contre les animaux quipourraienlêtre tentés de les manger.
- Un autre genre de nidification nous est présenté par le macropode vert doré ou poisson de paradis. Dans cette magnifique espèce, originaire du sud de la Chine, le mâle forme au moment de la ponte
- Fig. 2. — Hippoc-ampo. Porlie incubaliicc du mâle.
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- LA NATURE.
- un plafond d’écume flottante. Dans ce but il se place près de la surface de l’eau, et absorbe puis expulse sans trêve des bulles d’air. Il recueille les œufs dans sa bouche et les transporte sous ce plafond, où ils demeurent fixés. Il reste ensuite dans le voisinage, et s’occupe h reconstituer la masse spumeuse et à y rapporter les œufs qui auraient pu s’en échapper. Après l’éclosion, il continue à donner aux jeunes les mêmes soins qu’il a prodigués à leurs œufs. Il nage à la poursuite de ceux qui s'échappent du plafond d’écume, les hume avec sa bouche et les rapporte au gîte protecteur. Il n’abandonne sa progéniture à elle-même que lorsqu’elle est assez forte pour se suffire. Notons en passant que les males de cette espèce déploient une grande coquetterie pour séduire les femelles.
- U convient de citer encore Y Antennarius marmo-ratus, animal qui, par sa forme et ses appendices, imite les sargasses au milieu desquelles il vit; il
- Fig. 3. — Aspredo lœvis, coupe il’ernbryon. a, embryon; b, pédicule; c, d, vaisseaux nourriciers.
- parvient ainsi à se dissimuler et à échapper à se ennemis. D’après M. Filhol ce poisson construit un véritable nid, dont les sargasses lui fournissent les éléments. Avec ses nageoires il assemble des paquets de ces algues sur lesquels il a déposé ses œufs, et les maintient solidement en les entourant de fils visqueux qu’il sécrète. Les nids flottants, de la grosseur d’une noix de coco, sont abandonnés à la surface de l’Océan. Les jeunes y naissent et y trouvent, durant les premiers temps de leur existence, un asile assuré.
- On décrit encore quelques autres espèces de poissons qui construiraient des nids; mais les faits ne sont pas assez bien établis pour que nous les exposions ici.
- Si nous étudions maintenant les dispositions organiques destinées à protéger les œufs, nous rencontrons la même variété que chez les Batraciens. Voici Y Aspredo lœvis, poisson commun dans les eaux du Surinam. Au moment de la reproduction, la peau du ventre de la femelle devient molle et spongieuse. Après la ponte, elle se couche sur les œufs, et ceux-
- ci se fixent à toute la partie inférieure de son corps, depuis la bouche jusqu’à la queue (fîg. 1). Chaque œuf est porté par une sorte de pédicule dans lequel pénètrent des vaisseaux nourriciers (fig. 5). On remarquera l’analogie de ce mode de développement avec celui du Pipa dorsigera dont nous parlions dans notre article sur les Batraciens.
- Chez la femelle du Solenostoma les nageoires ventrales sont très larges, elles se fusionnent avec la peau du corps et forment ainsi une vaste poche qui reçoit les œufs ; ils y sont fixés par des filaments visqueux. Chez les Syngnathides la poche est formée par un repli cutané, né des deux cotés du corps et fusionné sur la ligne médiane ; chez l’hippocampe (fig. 2) la poche n’est ouverte qu’en avant et son orifice est très étroit. Dans ces derniers cas ce n’est plus la femelle mais le mâle qui présente cette conformation curieuse rappelant celle des marsupiaux. On ne sait d’ailleurs pas comment les œufs arrivent dans les poches destinées à les contenir.
- Comme certains Batraciens, Rhinoderma Darwini par exemple, il y a des poissons qui ne trouvent rien de mieux à faire que d’avaler leurs œufs pour mieux les protéger. Tels sont divers Arius et Ga~ leichthys (famille des Silurides) et plusieurs espèces du groupe des Cichlides. Chez la plupart de ces poissons, c’est le mâle qui porte dans sa bouche et sa chambre branchiale les œufs qui viennent d’être pondus. Ces cavités sont distendues, l’os hyoïde est refoulé, et on se demande comment l’animal peut s’alimenter pendant toute cette période et comment les œufs peuvent rester là jusqu’au moment de l’éclosion sans être écrasés et sans tomber dans l’estomac.
- Un autre groupe de faits est intéressant à un point de vue tout différent. Les Embiotoca ou labres de la côte occidentale de Californie et les Poecilia, sortes de carpes du Brésil, sont en effet vivipares : les jeunes se développent dans l’ovaire même et y atteignent une grande dimension. Ainsi Embiotoca Jacksoni, qui est longue de 50 centimètres, donne des jeunes longs de 7 à 8 centimètres, au moment de leur naissance. Chez la lotte vivipare (Zoarces viviparus) les parois de l’ovaire sécrètent un liquide très chargé en cellules lymphatiques et en globules sanguins. Les embryons avalent ce liquide et s’en nourrissent. Il y a donc là une disposition analogue à celle des mammifères. Les jeunes se développent directement dans les organes maternels ; mais au lieu de s’alimenter par l’intermédiaire d’un système vasculaire ils avalent et digèrent des substances nutritives qui leur sont fournies par la mère. Cependant, chez un certain nombre de poissons cartilagineux vivipares, il s’établit des liens vasculaires entre les œufs en voie de développement et la cavité utérine qui les renferme.
- Tels sont les cas les plus remarquables d’instincts ou de dispositions organiques destinés à faciliter la perpétuité de l’espèce chez les Poissons. Comme pour les Batraciens, nous les avons emprun-sés en majeure partie à un travail récent de Wie-
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- .LA NATURE.
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- dersheim (Biologisches Centralblatt, 1900). On sait que l’immense majorité des animaux appartenant à ces deux groupes pond ses œufs simplement dans l'eau et les abandonne à eux-inèmes. On peut dès lors se demander quel besoin certaines de ces espèces ont eu de se perfectionner en vue d’assurer une plus sûre conservation de leur progéniture. Il serait intéressant notamment de savoir si le nombre des œufs est plus faible chez les Batraciens et les Poissons qui présentent l’une ou l’autre des dispositions décrites précédemment, (pie chez ceux qui en sont dépourvus. A priori on «peut affirmer qu’il en est ainsi. En effet, chez les animaux et les végétaux supérieurs où de nombreuses précautions sont prises pour assurer la conservation des œufs ou des graines, le nombre de ces organes est toujours bien moindre que dans les espèces inférieures.
- D’autre part, nous avons vu les dispositions les plus inattendues se réaliser dans les groupes de Poissons les plus éloignés les uns des autres. 11 y aurait lieu de rechercher s’il n’y a pas de degrés intermédiaires, si ces dispositions si anormales ne sont pas annoncées et préparées en quelque sorte par des organes plus simples se rencontrant en d’autres groupes. Ce sont là des problèmes qui ne pouront être résolus que par des observations nombreuses et attentives.
- D1 L. Laloy.
- LA DATTE SANS NOYAU
- Comme toutes les plantes cultivées, le dattier présente de nombreuses variétés, son fruit pouvant être petit, gros, presque rond ou allongé, à pulpe sèche, molle, charnue, demi-douce, très sucrée, etc., à noyau gros, allongé, mince, pointu, obtus, etc. Toutes ces variétés, intéressantes tant au point de vue botanique que commercial, vont bientôt pâlir devant celle dont M. Ch. Rivière a entretenu récemment la Société nationale d’acclimatation. Elle a, en effet, comme caractère particulier et stable l’absence absolue de noyau, ce qui augmente considérablement le volume de la pulpe et en rend la dégustation pins facile... et plus esthétique, l’opération qui consiste à sucer un noyau étant dépourvue de charme.
- On constate, bien au centre de cette datte encore verte, l’emplacement souvent à peine marqué qu’aurait occupé le noyau, indication quelquefois linéaire au moment de la maturité : dans cette cavité restreinte, une simple pellicule parcheminée, sans trace de graine. C’est d’ailleurs une variété très fructifère et dont les fruits paraissent être de bonne qualité : il est difficile d’en juger par la maturité relative de ce fruit sur le littoral de l’Algérie, au bord même de la mer, station défavorable à la fructification du dattier.
- Remarquons à ce propos que les fruits sans graines ne sont pas des rares exceptions : on peut citer parmi ceux de cette nature, les plus gros et les plus succulents, les diverses espèces de bananes et leurs nombreuses variétés, beaucoup de Plaquemines cultivées depuis longtemps en Chine et au Japon, les oranges et les citrons sans pépins, le fruit conique du Monstera deliciosa, les raisins de Corinthe, etc. L’existence de ces fruits prouve que la fécondation de l’ovule, ou le développement de l’embryon en grain, n’est pour rien dans le développement du péri-
- carpe, fait biologique des plus intéressants puisque la paroi du fruit appartient à la plante mère elle-même. On sait d’ailleurs que certaines figues ne mûrissent que lors-qu’e'les sont piquées par des insectes.
- Le dattier qui produit la datte sans noyau a été observé au Jardin d’essai du Hamma. C’est un très beau sujet, à tète bien formée et ayant de nombreuses feuilles. Son stipe est élevé et d’un fort diamètre puisqu’il mesure 0m,75 et il a pour caractère l’adhérence permanente des bases des pétioles. Il ne possède malheureusement pas d’œilletons, ni à sa base ni sur son stipe et on ne voit pas trop comment on pourrait le reproduire. Mais peut-être trouvera-t-on des procédés à appliquer pour provoquer l’émission de bourgeons basilaires ou latéraux dont on obtiendrait ensuite l’enracinement après séparation d’avec le pied-mère. Henri Coupin.
- LA PHOTOGRAPHIE
- DES MOUVEMENTS INVISIBLES
- EXPÉRIENCES DE M. HELE-SHAW
- Chaque jour la photographie s’introduit davantage dans la science; elle révèle des phénomènes que nulle autre méthode n’a pu déceler. Les expériences de M. Hele-Shaw, professeur à l’Université de Liverpool, en sont un remarquable exemple : nous essayerons de donner une idée de ces intéressants travaux.
- Depuis les expériences de M. Marey, qui a rendu visibles les mouvements des liquides en y introduisant des corps brillants qui partagent ces mouvements et dont il fixait les trajectoires par la chrono-photographie, M. Hele-Shaw a essayé aussi de rendre visibles des mouvements de ce genre en faisant circuler dans un liquide transparent des filets du même liquide fortement colorés en rouge.
- Voici le dispositif employé : deux flacons (fig. 1) renfermant l’un de la glycérine ordinaire, l’autre de la glycérine colorée en rouge, sont soumis tous deux à une même pression d’air au moyen d’une pompe à bicyclette qui comprime l’air dans les deux Bacons à la lois : des tubes efférents portent les deux liquides dans l’appareil où leurs mouvements vont être étudiés. Cet appareil d’étude (fig. 2) est formé de deux glaces parallèles, l’une épaisse, l’autre plus mince, séparées par un intervalle d’un quart de millimètre environ. Une bande de papier paraffiné, formant entre ces deux glaces une sorte de cadre intérieur, règle cet écartement que les serre-joints maintiennent. Il existe ainsi entre les deux glaces un espace clos dans lequel vont pénétrer les liquides.
- Cette pénétration se fait de la manière suivante. La glycérine incolore, qui sort sous pression de l’un des flacons, arrive dans une gorge creusée dans la glace épaisse et s’en échappe pour s’écouler en nappe dans l’espace clos, à la partie inférieure duquel est creusée une seconde gorge qui recueille les liquides qu’un tube de sortie verse ensuite au dehors. La glycérine colorée pénètre dans un tube de cuivre couché dans la pre-
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- mière gorge de la glace profonde. Ce tube, fermé à l’un de ses bouts, est percé d’une rangée de petits trous sur toute sa longueur. Par ces trous la glycérine s'échappe sous forme de minces filets qui se répandent dans la nappe de liquide transparent et
- Fi". 1. — Flacons renfermant la glycérine sous pression.
- gardent leur indépendance pendant tout leur trajet. 11 en résulté l’apparence d’une série de traits rouges sur fond clair qui expriment que le liquide se meut uniformément en toutes ses parties.
- Mais tpie l’on place un obstacle sur le trajet de ce courant, tout change, et on voit les filets se dévier
- Fig-, 2. — Glaces parallèles. Vue en confie et en plan.
- de diverses manières, se dirigeant chacun du côté de la moindre résistance.
- Dans la figure a, M. llele-Shaw a placé un obstacle obliquement incliné sur la direction du courant, à la façon d^'gouvernail compensé d’un navire. On voit
- les filets liquides se partager en deux et se refermer en arrière de l’obstacle en affectant le même aspect que sur la face rencontrée la première. Cette assimilation de l’obstacle incliné au gouvernail d’un navire n’est pas tout à fait exacte en ce que derrière un gouvernail en eau libre se forment des remous qui ne peuvent se produire dans l’espace inextensible créé par M. Ilele-Shaw. L’auteur a été plus heureux en employant sa méthode à la représentation des phénomènes électriques et magnétiques.
- On connaît la théorie hydraulique de l’électricité. Elle assimile les courants électriques à ceux des liquides qui couleraient dans des tubes ; la différence de potentiel, qui existe entre deux points d’un circuit, correspondrait à la différence de pression qui s’observe entre deux points d’un tuyau, siège d’un
- Fig. 7t.
- écoulement. Et de même que dans tout courant électrique c’est la différence de potentiel (pii en règle la direction, de même dans les courants liquides le mouvement est réglé par la différence de pression. On peut donc donner une représentation objective de ces phénomènes électriques invisibles, au moyen des mouvements similaires qui se passent dans les liquides et que la méthode de M. llele-Shaw rend visibles.
- D’heureuses tentatives avaient déjà été faites pour rendre visible, dans un champ magnétique, la direction des lignes de force, au moyen des fantômes magnétiques, qui, d’après la façon dont se groupaient des parcelles de limaille de fer, dessinaient la forme et la direction de ces ligne*s de force. Mais ce genre de figures, s’il exprime très bien ce qui se passe en dehors des corps diamagnétiques ou
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- paramagnétiques, ne nous révèle rien de ce qui se passe à l’intérieur de ces corps; la méthode de M. Hele-Shaw comble heureusement cette lacune.
- Si nous assimilons aux lignes de force d’un champ magnétique les filets qui se meuvent entre les deux
- i-i ! !
- Fig. 1.
- glaces parallèles, un corps diamagnétique, placé dans un champ magnétique, sera assimilable à une résistance opposée au mouvement du liquide. Inversement un corps paramagnétique sera assimilable à unedimi-
- Fig. o. .
- nution de résistance placée sur le trajet de ces courants. M. Hele-Shaw a fort ingénieusement imité ces influences de corps diamagnétiques et paramagnétiques de formes diverses placés dans ün champ magnétique et modifiant la direction des lignes de forces.
- Un corps diamagnétique de forme quelconque étant assimilable à un obstacle, M. Hele-Shaw limite en diminuant, sur une surface de cette forme, l’épaisseur de l’espace dans lequel le liquide circulera entre les deux glaces. A cet effet, il taille, dans une
- :il - il
- Fig. 6.
- feuille de celluloïd mince et transparente, la figure du corps diamagnétique à étudier; il applique cette découpure sur une des glaces, et, de cette façon, la nappe liquide trouvera en ce lieu son pas-
- Fig. 7.
- sage diminué de l’épaisseur de la feuille de celluloïd.
- Un corps paramagnétique, au contraire, créant une diminution de résistance, devra être représenté par un élargissement de l’espace où circulera la nappe liquide. Un y arriverait en creusant dans la
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- LA NATURE.
- glace une cavité à fond plat ayant la forme voulue, mais cette solution serait très laborieuse. M. Hele-Shaw arrive au même résultat de la façon suivante. Il couvre la glace supérieure d'une couche générale de paraffine, puis, au moyen d'un emporte-pièce de forme convenable, il enlève de cette substance un morceau présentant la forme voulue. L’appareil étant refermé, l’espace que traverse la nappe liquide présentera un élargissement dans la partie où la paraffine a été enlevée, et les filets liquides se comporteront comme on le voit figure 5, montrant ce qui adviendrait des lignes de force d’un champ magnétique sur le trajet duquel on placerait un corps paramagnétique de forme elliptique.
- Un pourrait émettre des doutes sur la légitimité de ces assimilations, mais elles concordent si parfaitement avec les résultats donnés par le calcul pour des corps de certaines formes que l’identité est évidente entre les solutions mathématiques et expérimentales.
- Déjà en 1858, Poisson avait établi les premières bases de la théorie mathématique de l’induction magnétique ; il a été le premier à résoudre en détail le problème d’une sphère, creuse ou solide, de substance paramagnétique, placée dans un champ d’intensité uniforme. Plus tard Green, Kirchhof, Neuman et d’autres ont chacun donné des solutions approximatives pour des corps de diverses formes, mais ce n'est qu’en 1872 que Lord Kelvin a publié pour la première fois des diagrammes de ces lignes d’induction dans des sphères de substance paramagnétique et diamagnétique. Dans le. traité de Maxwell on trouve les solutions d’un grand nombre de ces problèmes et dans nos figures nous avons placé, à côté des solutions mathématiques, les résultats obtenus par M. Hele-Shaw.
- La figure 4 nous montre la solution théorique pour le cas d’un cylindre paramagnétique de section elliptique placé dans un champ magnétique d’intensité uniforme; la figure 5 le diagramme correspondant obtenu au moyen des veines liquides ; la figure 6 la solution théorique pour trois cylindres, creux, circulaires et concentriques, paramagnétiques, placés dans un champ similaire, et la figure 7 le diagramme correspondant, de M. Hele-Shaw.
- On voit facilement, d’après la parfaite concordance des résultats obtenus par ces expériences avec les résultats théoriques, la grande utilité que peut avoir cette nouvelle méthode dans l’élucidation des problèmes de ce genre. L. Bull.
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- LES EAUX MINÉRALES
- Depuis que l’on sait que nos eaux de source ne sont pas impeccables, on consomme plus que jamais les eaux minérales qui passent pour pures et dénuées de tout microbe. Elles présentent, en effet, de grandes chances d’innocuité si la mise en bouteille a été proprement faite, si la source a été bien captée. Mais ces conditions sont-elles assurées? Nous voudrions succinctement montrer combien le pro-
- blème de s'assurer de la bonne eau est difficile même avec de l’eau minérale.
- Le nombre des sources autorisées a été croissant depuis une trentaine d’années. Avant 1870, le nombre total des sources françaises admises était de 416. De 1871 à 1885, il a passé à 444 ; enfin de 1886 à 1900, il a monté à 737. Total : 1597. Cet accroissement considérable n’est pas fait pour nous satisfaire. Quand les sources dérivent d’une même nappe et qu’elles ont la même composition, il en résulte pour le public une certaine hésitation. Il ne sait plus si en réalité il boit de l’eau ayant strictement les mêmes qualités thérapeutiques. En outre, les exploitants risquent d’épuiser la source ou d’amener des variations dans la composition. C’est à tort que l’on s’imagine que les nappes souterraines sont inépuisables ; ce sont de véritables mines qu’une exploitation irraisonnée peut faire disparaître. Mais ce qui est plus grave, au point de vue immédiat, c’est que l’on est menacé de voir les eaux de surface combler le vide qui s’est formé, diluer l’eau minérale.
- J’ai devant moi une bouteille d’eau minérale de grand renom. On me dirait de jurer qu’elle est pure et sans microbes que je ne lèverais pas la main. Je n’en sais rien, si elle est vraiment pure. Tout dépend non seulement du lavage de la bouteille, du bouchon, etc., mais encore de l’eau elle-même. Comment a-t-elle été captée, cette source? Qui me dit que l’eau de surface ne s’est pas mêlée à l’eau profonde tout au moins accidentellement? Qui m’assure que cette eau superficielle n’a pas souillé l’eau minérale?
- t( Quand des puits nombreux ont été forés à quelque distance l’un de l’autre dans une même nappe souterraine, les eaux qu’ils fournissent peuvent offrir des compositions différentes. La nappe profonde est bien la même, mais elle peut recevoir un apport d’eau douce superficielle de plus en plus grand à mesure que l’on s’éloigne du centre de cette nappe minérale. Médecins et buveurs ne peuvent plus se reconnaître au milieu de sources minérales à appellations semblables et à propriétés thérapeutiques différentes. » Ainsi s’exprimait avec raison M. Hanriot, rapporteur du service médical des eaux minérales à l’Académie de Médecine1. Il y aurait donc quelque chose à faire pour la défense des sources minérales dans les régions où l’on multiplie les forages et pour assurer l’avenir et l’authenticité des eaux. Ce qui me préoccupe le plus, c’est le captage. Au-dessous, l’eau est minéralisée et provient de nappes bien déterminées. Mais là où elle arrive au niveau du sol, à moins d’emprisonnement parfait, elle peut évidemment se mélanger avec l’eau qui suinte des terres voisines ou l’eau des nappes superficielles qui toutes renferment des microbes. Si l’eau jaillit des profondeurs, il n’y a rien à craindre, mais si l’émergence de la nappe souterraine est en contre-bas, tout est à redouter. Alors il faut exécuter des travaux d’isolement, chercher la nappe, l’enfermer. Qui nous assure que ce travail qui exige la participation de géologues et d’ingénieurs expérimentés est bien exécuté? On a trouvé et on trouve encore quelquefois des microbes, et même des bac-terium coli dans certaines eaux recueillies à l’émergence. Ces microbes pathogènes ne proviennent pas des eaux profondes, mais des eaux superficielles. Donc, le captage est quelquefois insuffisant. Il existe, heureusement, un moyen de contrôle qui permet de vérifier l’insuffisance d’un captage d’eau minérale, soit le mélange de l’eau minérale avec l’eau superficielle. Il est certain que le débit de la source
- 1 Bulletin de l’Académie de Médecine, décembre 1900.
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- profonde est sensiblement constant; mais si elle reçoit des eaux superficielles, le débit augmente fatalement après une pluie abondante, en même temps que sa minéralisation diminue; l’inverse se produirait pendant une période de sécheresse. L’Académie a heureusement décidé que, comme contrôle, on prélèverait deux échantillons des sources, une fois au printemps, une fois à l’automne. Et l’on analyse.
- On voit, par ce qui précède, que les eaux minérales peuvent varier de composition et que, sauf pour certaines sources, on n’est pas si certain qu’on le pense généralement de boire une eau conforme à l’étiquette marquée sur la bouteille. Mais ce n’est pas tout encore. Et la bouteille? En supposant l’embouteillage d’une propreté minutieuse (?), que se passe-t-il en présence du verre au bout de semaines, de mois de conservation? Les causes d’altération de l’eau sont nombreuses. L’oxygène, l'acide carbonique de l’air, la présence de divers microbes suffisent souvent pour en provoquer l’altération. Tantôt, a fait remarquer M. Hanriot dans son rapport académique, comme dans les eaux ferrugineuses, c’est le principe actif qui est insolubilisé ; tantôt, comme dans certaines eaux sulfatées, on voit apparaître de l’hydrogène sulfuré, qui rend l’eau impropre à la consommation. Qui n’a constaté le fait par lui-même? On vous envoie des bonbonnes économiques de 50 litres; vous essayez de boire; impossible! L’eau sent les œufs pourris. Le verre lui-même donne quelquefois lieu à des altérations chimiques.
- L’embouteillage nécessite toujours de très grands soins. Il doit être effectué au griffon même de la source, dans des bouteilles stériles ou lavées à l’acide chlorhydrique, puis largement à l’eau de la source elle-même. Bien entendu, pas de stérilisation par la chaleur, pas de décantation. On décantait autrefois l’eau de Montreux; on perdait ainsi l’acide carbonique et le fer se déposait à l’état de carbonate. L’eau perdait toutes ses propriétés. Il faut aussi abandonner une pratique détestable qui consiste à charger artificiellement l’eau d’acide carbonique au moment de l’embouteillage. La gazéification est une véritable falsification ; l’eau mise en bouteille n’est plus identique à l’eau prise à la source. On ignore encore, pour certaines eaux, les causes réelles de leurs vertus; il faut donc bien se garder de les modifier.
- Certaines eaux s’altèrent à la longue ; on trouve en province et à l’étranger des eaux qui ont perdu toutes leurs qualités, et pourtant on les vend comme bonnes. Il faudrait remédier à cet état de choses en ajoutant sur l’étiquette ou sur la capsule la date de la mise en bouteille.
- Enfin, nous avons dit, précédemment, que les nappes hydrominérales ne devaient pas être considérées comme indéfinies et que le percement intempestif de puits voisins pouvaient mettre en communication des couches différentes ; d’où des modifications profondes dans la composition. Par exemple, la source Dona-Elvira, qui était alcaline, est devenue subitement sulfureuse à la suite d’une petite secousse de tremblement de terre. L’eau de Sougraignes dans les Corbières, analysée au commencement de ce siècle, avait fourni à Dufrénoy 73 grammes de sel par litre; or, les analyses plus récentes de M. À. Gautier n’indiquent plus que 7 à 15 grammes suivant les époques, soit dix fois moins. Il faut de temps en temps contrôler la composition. Il est donc absolument essentiel que les eaux minérales soient très observées et au point de vue de leur composition et au point de vue de leur exploitation. L’inspectorat a fait son temps depuis 1887 ; mais il n’a été remplacé par aucune autre surveillance. Le moment
- est venu d’organiser un contrôle sérieux, une réglementation sévère pour les exploitants. Nous ne savons pas du tout ce que nous buvons et ce qu'il y a dans ces bouteilles à étiquettes élégantes. Il faut que nous puissions boire avec sécurité. Nous ne voulons pas jeter le plus petit discrédit sur les eaux minérales. Nous croyons, au contraire, que c’est encore à elles qu’il faut s’adresser pour boire de l’eau à peu près pure. Mais dans l’intérêt général, nous croyons utile qu’on surveille plus attentivement le captage, l’embouteillage et la composition. Tout le monde y gagnera. Hexiu de Parvrle.
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- BICYCLETTES A DEUX DÉVELOPPEMENTS
- On a beaucoup discuté sur le plus ou moins grand développement qu’on doit donner à une bicyclette et on n’est pas encore tombé d’accord là-dessus. Les uns prônent le petit développement de 5m,50 à 4"',50, les autres n’admettent pas qu’on puisse donner moins de 6 mètres et vont jusqu’à recommander 7rn,50 et 8 mètres.
- Il est certain qu’avancer de 8 mètres par coup de pédale est plus agréable qu’avancer de 3 mètres : ce serait parfait si l’on était toujours à plat terrain, mais dès qu’il y a seulement une pente de 1 pour 100, le grand développement devient fatigant. D’après M. C. Bourlet, qui fait autorité en la matière, on ne saurait monter une rampe de 2 pour 100 sans efforts et essoufflement, avec un développement de 8 mètres. D’un autre côté, le petit développement de 5 mètres, s’il permet d’aborder sans fatigue des pentes de 0n,,075 par mètre, nécessite des mouvements beaucoup trop nombreux, aussi bien en palier qu’en rampe et c’est là aussi une cause de fatigue.
- On en est arrivé naturellement à adopter une moyenne entre 5 et 6 mètres pour les types les plus répandus; mais, pour satisfaire tout le monde, il faudrait une machine qui, instantanément à la volonté du cycliste, passât du petit au grand développement et réciproquement. Il y a longtemps que les constructeurs cherchent une solution pratique de ce problème et déjà quelques-uns ont réalisé des machines qui, bien que sujettes encore à quelques critiques, donnent d’excellents résultats.
- Certains se sont contentés de monter sur la machine deux pignons differents et de construire une chaîne pouvant se démonter et se monter rapidement sur l’un ou l’autre pignon suivant l’état de la route. La solution est simple, mais comme il faut descendre de machine, et passer cinq minutes environ pour faire le changement, elle n’est pratique que pour le touriste qui, faisant de très longues excursions, prendra le petit ou le grand développement suivant qu’il sera en pays montagneux ou en pays plat et qui conservera le même pendant plusieurs jours. Mais ce n’est là qu’une solution provisoire, inacceptable dans la plupart des cas. 11 y a, en effet, maintes et maintes routes longeant une vallée à flanc de coteaux où l’on trouve une série
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- de descentes et de montées continuelles qui constituent de véritables montagnes russes; chacune d’elles n’a guère que quelques centaines de mètres, mais cela n’em-pèche pas qu’à la fin de la journée on a monté un nombre respectable de kilomètres.
- Il faut donc, depuis la selle et par une manœuvre simple, changer de développement.
- Le plus ancien système de ce genre que nous ayons essayé est celui que M. Bellan a adopté à sa bicyclette « La Va-Partout », il y a f> ou 7 ans. Nous ignorons pourquoi il ne s’est pas construit industriellement, mais il serait à reprendre, car il est très simple et fonctionne très bien. L’axe des pédales {fig. 1 ) entraîne un manchon T qui tourne toujours avec lui, mais qui peut se déplacer d’environ un centimètre à droite et à gauche; la machine a deux systèmes complets de multiplication comprenant chacun une grande roue dem tée E et D, ‘une chaîne et un pignon; ils sont placés l'un à droite, l'autre à gauche du pédalier ; l'un donne un développement de h mètres, l'autre r>m,50. Les grandes roues dentées sont folles sur l’axe des pédales : quand le manchon est au milieu de cet axe, il est seul entraîné par le mouvement des pieds.
- Mais au moyen d’un levier F, dont l’une des extrémités est fixée au manchon, tandis que l'autre aboutit contre le guidon sous la main du cycliste, celui-ci peut déplacer le manchon T à droite
- ou à gauche et, dans ce cas, une couronne de fortes goupilles, dont il est muni sur les deux faces, entre
- dans les trous correspondants situés sur les moyeux de chaque roue dentée; celle qui est en contact avec le manchon en devient solidaire.
- On peut donc passer d’une multiplication à l’autre par un simple déplacement du levier situé près du guidon; mais il est clair qu’il y a un moment, entre les deux, où l’on n’actionne rien : c’est ce qu’on appelle la roue folle, qu’il ne faut pas confondre avec la roue libre. Toutes les machines à changement de développement ont forcément la roue folle au moment où l'on passe d’un développement à l’autre; on peut utiliser cette particularité pour descendre les cotes sans mettre les pieds en mouvement, mais il
- faut être bien sûr de son frein. Plusieurs machines ont en outre la roue libre sur l’un des deux développements, le plus petit généralement; nous rappelons en passant que la roue libre est toujours entraînée par le pédalage en avant, mais que le pédalage en ar-rière n’a pas d’action sur elle et qu’on peut, par conséquent, laisser les pieds immobiles sur les pédales sans l’em-pèchcr de tourner en avant. Dans quelques systèmes de roues libres le contre-pédalage a pour effet de faire fonctionner un frein sur le moyeu.
- L’emploi de deux systèmes complets de multiplication a été adopté également par la manufacture
- Fig. 1. — Changement de vitesse Bellan, à doux chaînes. Le pédalier porte un manchon qui entraîne à volonté l une ou l’autre chaîne.
- Fig. 2. — Changement de vitesse Hirondelle à deux chaînes.
- Un manchon d'entraînement, placé sur le moyeu de la roue arrière, permet d'agir avec l’une 011'l’autre chaîne à volonté.
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- française d’armes et de cycles de Saint-Etienne qui fabrique les machines « Hirondelle ». Les deux chaînes sont situées à droite et à gauche du cadre ( lig. 2, n° 1 ) comme dans la machine précédente, mais ici les grandes roues dentées R et P sont solidaires de l'axe du pédalier et le changement s'opère sur l’axe des [lignons C, L (n° 2), montés sur le moyeu M de la roue arrière.
- Le pignon C du petit développement est monté en roue libre au moyen de cliquets H (n° 5) montés à l’intérieur de la couronne; il ne gêne donc pas quand on se sert du grand développement.
- Le pignon L, qui correspond à celui-ci, porte, latéralement, une couronne dont la face est munie de larges crans et en face se trouve une bague E munie de crans correspondants ; c’est cette bague qui est solidaire du moyeu et fait fonction do manchon d’entraînement quand on l’approche de la face du pignon; son déplacement est obtenu au
- moyen d’un galet R (nu 2) qui roule dans la gorge pratiquée sur sa circonférence, il est monté à l’extrémité d’une II
- excentrée. Celte tige 11 se prolonge , par des tringles articulées, jusque sous la main du cycliste, et en lui faisant faire un demi-tour à droite ou à gauche, la [tarde excentrée qui
- porte le galet force le manchon E à se -déplacer d’un côté ou de l’autre et à venir en prise avec le pignon L,
- Fig. 3. — Changement de vitesse Peugeot, placé sur le moyeu de la roue arrière. Position de la grande vitesse.
- deux ans et donne d’excellents résultats, son mécanisme est simple et rustique, et, bien qu’il ne soit
- protégé par aucun carter, il ne donne jamais lieu h aucun dérangement provenant de la boue ou de la poussière, ce tpie l’on pourrait craindre au premier abord. Les constructeurs estiment, au contraire, qu’il est important de laisser toutes les pièces visibles et faciles à visiter chaque fois qu’on procède au nettoyage même très sommaire de la bicyclette.
- On a reproché à ces machines l’emploi de deux chaînes qui les alourdissent et nécessitent plus d’entretien ; dans la pratique on reconnaît que ces objections ne sont pas aussi sérieuses qu’on pourrait le croire et sont compensées par bien des
- avantages.
- dge
- légèrement
- Fig. 4. — Changement de vitesse Clément, placé dans le moyeu de la roue arrière.
- ou à s’en éloigner.
- Cette machine sé construit industriellement depuis
- Cependant la plupart des fabricants ont voulu éviter l’emploi des deux chaînes et ont imaginé des dispositifs ingénieux qui permettent de changer de
- développement, [tendant la marche, avec une seule chaîne.
- Dans le modèle construit par la maison Peugeot (iig. 5) le mécanisme se trouve placé sur le moyeu de la roue arrière ; la roue dentée A, qui est mue par la chaîne, porte à l’intérieur des rouleaux B qui forment pour ainsi dire les maillons d’une seconde chaîne, pouvant actionner à volonté un pignon C calé
- sur 1 axe. La roue dentée A peut recevoir un léger déplacement vertical en coulissant dans une rainure et on la cale dans la position choisie au moyen du verrou V ; ce déplacement et ce calage
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- sont obtenus d’un seul coup au moyen d’une tringle de manœuvre dont l’extrémité est à portée de la main. Quand on a abaissé complètement la roue A, position représentée sur notre gravure, la chaîne continue à l’entraîner, mais elle n’agit plus directement sur le moyeu; par l’intermédiaire des rouleaux R, qui forment comme une seconde chaîne concentrique à la première, elle entraîne le pignon C calé sur l’axe de la roue motrice, on a alors la grande vitesse. Si, au contraire, on remonte la roue À de façon que l’axe I) et, par suite, le pignon C se trouvent au centre, les dents de ce pignon sont dégagées des rouleaux B ; mais, d'autre part, elles se sont engagées dans des talons qui le rendent solidaire de la roue A ; il tourne alors avec elle en entraînant le moyeu sur lequel il est fixé et on a la petite vitesse.
- Dans la position intermédiaire, c’est-à-dire quand le pignon a déjà quitté les rouleaux B, mais n’a pas encore rencontré les talons qui le calent, on a la roue folle.
- Cette machine se construit de façon courante et le mécanisme a déjà fait ses preuves.
- Voici maintenant un autre genre de construction qui est appliqué par la maison Clément; il se distingue des autres par son faible volume, qui permet de le loger entièrement dans le moyeu de la roue arrière, de sorte que, à première vue, on ne soupçonne pas sa présence.
- y La roue dentée II, qui reçoit le mouvement de la chaîne, est montée sur une cuvette portant une denture intérieure A qui engrène avec quatre petits pignons M fixés sur la couronne faisant partie du moyeu F; ce moyeu porte intérieurement, à l’une de ses extrémités, une denture B. L’axe I), qui se loge dans le moyeu, est creux; il porte le pignon RP qui, lui-même, porte un pignon intérieur C; il est traversé par une tige en acier portant un ergot L qu’on peut déplacer en tirant sur une chaînette E reliée par un fil d’acier à une manette située près du guidon. C’est par le déplacement de cet ergot qu’on peut, à volonté, mettre en prise les différents pignons montés sur l’axe; pour la grande vitesse, c’est le pignon P qui, recevant le mouvement de II par l’intermédiaire des pignons M et R, entraîne le moyeu par la denture B ; mais si on déplace l’axe, le pignon P est dégagé et le mouvement est alors transmis par le petit pignon C intérieur au pignon P et, par suite, d’un diamètre plus petit, la vitesse se trouve par conséquent réduite ; au moment où l’on passe d’une vitesse à l’autre, le moyeu se trouve complètement dégagé et on a la roue folle.
- Ce système est très élégant et nous avait paru un peu délicat; mais il est appliqué depuis près de deux ans sur un assez grand nombre de machines et a toujours fonctionné régulièrement. Dans toutes les machines munies d’un changement de développement, il faut passer par la roue folle entre les deux changements de vitesse, ce qui n’empêche pas qu’on peut avoir la roue libre, en outre, sur l’une
- des deux vitesses; il est indispensable, par conséquent, d’avoir un excellent frein, et tous les constructeurs ajoutent, aux machines de ce genre, un frein sur le moyeu ou sur la jante, souvent les deux. Mais nous ne nous occuperons pas aujourd’hui de la question des freins, sur laquelle il y a beaucoup à dire, et qui fera l’objet d’un autre article. Pour le moment, nous nous contenterons d’engager les cyclistes à essayer les machines à deux développements, car c’est là qu'est le progrès. G. Marks.
- CHRONIQUE
- Épuration de l’hydrogène des Imitons. — On
- sait que l’air ou un gaz quelconque se charge d’autant plus de vapeur d’eau atmosphérique que la pression est plus forte et la température plus élevée. Réciproquement la vapeur atmosphérique se condense d’autant plus que la pression devient plus faible et la température plus basse. Ainsi s’explique que dans les ascensions, l’aérostat s’alourdit vite aussitôt qu’il s’élève, et, pour le maintenir au même niveau, il devient nécessaire de jeter du lest. La vapeur d’eau emportée par l’hydrogène se condense, mouille l’enveloppe et si l’on monte encore, l’eau ruisselle et peut gêner le jeu de la soupape et même se transformer en glace. M. Ch. Lambert vient de proposer de nettoyer de la vapeur d’eau ambiante l’hydrogène destiné aux ballons par la réfrigération préalable. On fait passer le gaz à travers une tuyauterie plongeant dans un mélange réfrigérant comme on le fait pour produire la glace dans les appareils frigorifiques modernes. Le bain réfrigérant peut être de 20° au-dessous de zéro. Dans ces conditions l’hydrogène se dépouille complètement de la vapeur d’eau qui reste dans les tubes à l’état de neige. Le gaz est purifié, il ne se contracte plus autant par suite de la condensation qui est supprimée ; on n’a plus à gaspiller son lest, ni à redouter le mouillage de l’étoffe. De plus, le poids du gaz est allégé notablement par suite de l’absence de l’humidité. On gagne environ par 1000 mètres cubes de capacité une force ascensionnelle de 40 kilogrammes. Dans certaines circonstances la réfrigération préalable de l’hydrogène pourra rendre des services aux aéronautes.
- Progrès dans l’architecture navale. — Le
- Kinq-Edward a inauguré, pour la navigation intérieure de l’Angleterre, l’usage des turbines à vapeur dont le Turbinia a fourni le premier modèle. L’avantage du système est de supprimer une grande partie des frottements résultant des appareils de transmission de mouvement. Pour les voyageurs, ce système se traduit par la disparition des trépidations et des chocs. En revanche — et c’est là l’inconvénient jusqu’ici non surmonté — l’hélice ou plutôt les hélices (le Turbinia en a huit) ne peuvent tourner que dans un seul sens, ce qui rend le recul impossible. On a proposé d’installer une seconde turbine moins puissante que la première et uniquement destinée à la marche en arrière, mais les spécialistes trouvent le moyen mal choisi. A signaler aussi, l’économie réalisée dans la consommation de la houille. • Le Deutschland, le gigantesque bateau allemand, celui qui, selon le désir de l’empereur d’Allemagne, a été coûte que coûte élevé au rang de paquebot sans rival, a une machine de 50 000 chevaux. On sait que, dans les meilleures conditions réalisées jusqu’ici, cotte énorme
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- puissance correspond à une consommation par heure d’environ 30 tonnes de charbon, soit, en 24 heures, de 804 tonnes. On prétend qu’à toute vitesse le Deutschland ne dépenserait par jour que 000 tonnes, ce qui correspondrait au chiffre déjà élevé de 18 000 francs. Mais cette assertion aurait besoin d’ètre vérifiée.
- Les travaux d’amélioration de l’embouchure de l’Adour. — Il y a peu de lutte plus pénible pour l’ingénieur que celle qu’il veut poursuivre contre un fleuve à l’embouchure duquel se forme une barre : c’est le cas en particulier pour l’Adour, qui est célèbre depuis longtemps, et par les apports qui se forment dans son estuaire, et par les déplacements mêmes de cet estuaire. Aussi voici des années qu’on cherchait avec plus ou moins de succès à supprimer sa barre. On avait d’abord construit des jetées pleines, puis à claires-voies, mais elles n’avaient donné que de piètres résultats; depuis lors on a résolu de draguer de façon intensive un cube de quelque 1 800 000 mètres cubes, afin de creuser un chenal fixe et régulier de 5 mètres de profondeur, en abaissant la barre de 2 mètres; on devait également remplacer les jetées à claires-voies par des jetées pleines, pour concentrer le courant dans la passe. Ce procédé, dont on a beaucoup médit en France, et qui donne d'excellents résultats, a permis dès maintenant d’atteindre le but poursuivi. Mais il faut porter remède aux dégâts que commettent sur les jetées les vagues devenues bien autrement violentes que par le passé.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séatice du 9 septembre 1901.
- Présidence de M. Boüqtiet de la Grye.
- Le paludisme dans la région de Conslanline. — M.Laveran présente une Note de M. Billet, médecin-major à Constantine, relative à l’apparition simultanée des moustiques et des attaques de paludisme dans la région de Constantine. La région de Constantine se prête à des constatations caractéristiques parce qu’elle présente des endroits tout à fait exempts du paludisme et des localités, pour ainsi dire contiguës, très malsaines. La ville de Constantine, bâtie sur un rocher, est un exemple du premier cas, tandis qu’un village à la porte de cette ville est un exemple du second cas. Les premiers cas de fièvre se déclarent chaque année régulièrement dans les derniers jours de juin ; or, c’est précisément à cette époque que les moustiques apparaissent dans les localités insalubres. Ces moustiques sont des anopheles claviger. Dans les localités indemnes on ne rencontre que des culex, pas d’anophèles. La preuve est donc faite ; la maladie est propagée par un moustique et ce moustique est l’anophèle.
- L'insecte des ormes. — M. J. Chalin analyse une Note relative à l’insecte qui a dévoré cette année, dès le milieu de l’été, les feuilles des ormes des départements de Seine et Seine-et-Oise notamment. L’insecte qui a causé ces dégâts est bien décidément un coléoptère, la galeruca. Des recherches spéciales ont permis de constater qu’il ne produit chaque année qu’une génération. Quant au moyen de lutter contre le développement des ravages, l’auteur n’en voit qu'un seul : secouer les arbres le matin de bonne heure, afin de faire tomber à terre les larves que l’on écrase ensuite.
- Cil. DE YlLLEDEUlL.
- LES NOUVELLES MONTAGNES RUSSES
- La construction des montagnes russes a peu varié jusqu’à présent, et on se contente généralement d’installer deux voies parallèles avec des pentes plus ou moins raides et un aiguillage permettant de faire passer les voitures d’une voie sur l’autre lorsqu’elles sont arrivées à l’extrémité de leur course dans chaque sens. Il faut, par conséquent, une équipe de manœuvre à chaque bout et les impressions du voyageur sont de courte durée. M. G. Leroy a imaginé un nouveau mode de construction dans lequel des voies superposées, formant un cycle fermé, permettent au wagonnet d’effectuer un parcours accidenté de 500 mètres de développement, bien que toute l’installation n’occupe qu’un espace restreint. Celle construction métallique, d’une grande hardiesse et d’une extrême légèreté, s’élève à Montmartre, dans le Jardin du Moulin Rouge, où M. Oller, toujours à l’affût des attractions intéressantes, l’a mise à la disposition des visiteurs. La voiture, quittant la gare d’embarquement, est élevée sur une pente rapide à 35 pour 100 jusqu’au point culminant situé à 11 mètres au-dessus du sol ; là, elle est abandonnée à elle-même et suit, à des vitesses variées, des plans inclinés, calculés de telle sorte que la vitesse acquise lui permet toujours de remonter complètement les rampes opposées, comme dans les montagnes russes ordinaires ; mais ici le problème se compliquait par suite de la superposition des voies et des courbes. Toute la construction est en fer et se compose de pylônes ou chevalets combinés de façon à supporter les trois voies superposées ; la forme générale est celle d’une ellipse dont les courbes aux extrémités n’ont pas plus de 6 mètres de rayon. La première partie de la voie présente, au sortir de la gare, une pente de 35 centimètres par mètre qui est parcourue par un câble en acier, constamment en mouvement, sur lequel vient s’accrocher la voiture ; cette partie qui a une vingtaine de mètres de longueur, constitue en somme un funiculaire ordinaire. Le câble, maintenu par un système de poulies et de galets, reçoit son mouvement d’une poulie principale installée sur le pylône le plus élevé, qu’on aperçoit vers le milieu de notre gravure et qui est actionnée elle-même par un moteur électrique de 20 chevaux, recevant le courant du secteur de la place Clichy. Les voitures s’accrochent automatiquement au câble et-se décrochent de même, de sorte que si on les abandonnait à elles-mêmes elles parcourraient indéfiniment la voie sans s’arrêter tant que le câble serait en mouvement.
- En pratique, on les arrête à la gare située au bas de la rampe de montée, avant qu’elles ne prennent le câble, afin de permettre l’embarquement et le débarquement des voyageurs ; cela fait on les pousse à bras d’homme pendant deux ou trois mètres jusqu'à ce qu’elles soient entraînées par le câble. Elles mettent environ 30 secondes pour arriver au sommet. Chaque voiture est formée de la réunion de deux parties articulées de telle sorte qu'elle puisse
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- prendre dans tous les sens des inclinaisons variables, épouser les courbes de faible rayon et les creux formés par les pentes rapides dans les deux sens. Elles comprennent quatre banquettes rembourrées, à dossier, et un siège à l’arrière pour le serre-frein. Les essieux situés au-dessous de chaque banquette reposent sur des ressorts et les roues sont munies d’un boudin en acier moulé qui roule sur le rail. A l’avant, pour éviter toute chance de déraillement, on a adapté un système spécial de guidage constitué par des galets qui viennent en contact avec la portion interne du rail; à l’arrière deux larges patins en bois, situés au-dessus de chaque rail, peuvent être
- abaissés «à son contact au moyen d’une vis à pag rapide, dont la commande est sous la main du serre-frein; celui-ci peut ainsi ralentir la marche à volonté et môme l’arrêter complètement, même dans les pentes les plus rapides.
- En outre, comme organe de sûreté complémentaire, on a adapté sur les flancs de la voiture un parachute automatique agissant pour la marche arrière, en cas de rupture du cable pendant la montée. L’organe le plus intéressant de la voilure est la pince automatique qui prend et lâche le câble aux moments voulus. Elle est constituée par deux mâchoires excentrées, par rapport à l’axe d’articulation,
- Les nouvelles montagnes russes circulaires à voies superposées, clans le jardin du Mouliu-Ilougc, à Paris.
- de telle sorte que quand elles sont en prise, elles pincent le câble d’autant plus énergiquement que la traction exercée sur celui-ci par le poids du véhicule est plus forte. Un ressort à boudin tend à appliquer les mâchoires l’une contre l’autre et au moment de la prise du câble, elles sont écartées momentanément par deux guides fixés de chaque coté de la voie au point convenable ; une disposition analogue établie au sommet de la rampe détermine l’abandon du câble, au moment où la voiture commence à être engagée sur la descente. Toutes les précautions sont prises pour éviter tout danger et de fait les voitures qui depuis le commencement du printemps accomplissent tous les jours de nombreux parcours, à une vitesse moyenne de 50 kilomètres à l’heure, n’ont jamais donné lieu à aucun accident.
- Le voyageur passe par dis émotions multiples et ce n’est pas sans une certaine angoisse qu'il se sent plonger dans des descentes de 45° d’inclinaison, faisant presque un angle aigu avec une montée semblable, et aborder, à une vitesse vertigineuse, des courbes de 6 mètres de rayon en voyant le vide tout autour de lui. Les nouvelles montagnes russes pourront satisfaire les personnes avides de sensations vives, mais elles sont en même temps un sujet d’étude très intéreressant pour l’ingénieur qui y trouve réunies les solutions de plusieurs problèmes relatifs a. la construction métallique et à la traction sur voie ferrée dans les pays accidentés. G. Chai.marès.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — [nipriinerie I.ajioie, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1 478.
- 21 SEPTEMBRE 1901.
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- LE CANON DE CAMPAGNE EHRARDT EN ESSAI DANS L’ARMÉE ALLEMANDE
- Il y a à peine quatre années que l’artillerie de campagne de l’armée allemande est entrée en
- possession d'un nouveau matériel dit à tir accéléré et, déjà, elle songe à abandonner ces pièces,
- Fig. 1. — Canon de campagne de 75, à tir rapide, système Ehrardt.
- encore toutes neuves, pour en adopter d’autres d’un II faut dire aussi que la bouche-à'-feu dont a été modèle plus moderne, c'est-à-dire à tir rapide. récemment dotée l’armée française laisse loin der-
- rière elle celle de nos voisins. Un simple renseignement numérique suffi t pour montrer la disproportion qui existe entre les deux canons. Celui des Allemands ne peut tirer au maximum que 8 coups à la minute, celui des Français est susceptible, dans le môme temps, d’en tirer 24.
- Un seul de nos canons en vaut donc 5 des autres.
- Aussi, aux grandes manœuvres de cette année, l’armée allemande est-elle en train d’essayer une nouvelle bouche-à-feu établie par la maison Ehrardt, et dont le principe, et les dispositions paraissent avoir été à peu près calquées sur le caqon actuellement en usage dans notre armée.
- Voici les renseignements que nous avons pu
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- M' année. — î' semestre.
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- nous procurer au sujet de cette bouche-k-feu.
- Le canon de campagne Ehrardt est une pièce à tir rapide. Son calibre est de 75 millimètres. Avec son affût, il ne pèse pas plus de 900 kilogrammes et, avec l’avant-train, le poids total n’est que de 1600. Uette grande légèreté, indispensable pour une bouche-à-feu de campagne, a pu être réalisée par l’emploi de tubes en acier pour la flèche de l’affût, les jantes et les rayons des roues, avec le nombre de rivets juste indispensables.
- Le canon est en acier spécial à la maison Ehrardt, métal qui jouit de la propriété de présenter une très grande résistance. La fermeture de culasse, pour laquelle la maison n’a pas de préférence, peut être à vis, k^ coin, ou excentrique du système Nor-denfeldt; nous croyons savoir cependant que c’est k la fermeture k coin que l’artillerie allemande a donné la préférence, en raison de l’habitude que les servants ont déjà de ce genre de fermeture. L’ouverture et la fermeture de la culasse s’opèrent, comme pour tous les canons k tir rapide, en un seul mouvement. L’armé du percuteur constitue un mouvement spécial ainsi que la mise de feu, exé- > cutée k l’aide d'un cordeau tire-feu. Le canon est susceptible d’imprimer au projectile, du poids de 6 kilogrammes et demi, une vitesse initiale de 500 mètres. C’est la limite k laquelle il semble que toutes les artilleries de campagne se soient arrêtées ; et il est k remarquer que celte vitesse de 500 mètres est justement la même k laquelle tiraient autrefois les canons lisses. 11 faut observer toutefois que les anciens boulets ronds étaient relativement moins lourds que les projectiles cylindro-ogivaux d’aujourd’hui.
- L’affût se compose d’une partie supérieure, appelée berceau, constitué par un tube sans soudure en forme d’IÎ. A l’intérieur de cet U se trouve le cylindre de frein; et deux chariots, supportant le canon, peuvent glisser sur le berceau. Ce dernier est relié à l’affût proprement dit par un tourillon, de telle sorte qu’il peut prendre un mouvement latéral permettant la rectification du tir en direction sans qu’il soit nécessaire de déplacer l’affût.
- Le frein hydraulique a la tige de son piston vissée k l’avant du berceau et l’extrémité antérieure de son cylindre reliée au chariot avant. De telle sorte que, lorsque le coup part, la tige du piston demeure immobile, mais le cylindre recule avec la pièce. Dans ce mouvement, le cylindre comprime des ressorts récupérateurs, qui, lorsque le recul est terminé, ramènent la bouche-k-feu k sa position de tir.
- L’affût proprement dit comporte une flèche télescopique, ainsi appelée parce qu’elle peut k volonté s’allonger ou se raccourcir. En route, on la met k la longueur minima; mais, pour l’exécution du tir, on lui donne toute sa longueur; on fixe son extrémité, qui est munie d’une bêche, dans le sol et on obtient de la sorte une grande stabilité pour l’affût.
- D’après ce que nous venons de dire, le pointage ai'a guère de chance de se modifier; le pointeur se
- borne k opérer les quelques légères variations qui pourraient survenir k l’aide de volants placés k sa portée.
- En somme, la vitesse du tir ne résulte plus (pie du temps nécessaire kla pièce pour reculer et revenir, car avec des servants habiles, il est facile d’arriver k charger presque complètement la pièce pendant qu’elle est en mouvement. On peut ainsi parvenir k tirer 15 k 20 coups k la minute.
- Un bouclier en tôle d’acier peut être fixé k l’avant de la pièce. Son but est de protéger des balles de l'infanterie les servants et le matériel. Sa fixation k la pièce fait qu’il ne participe au recul que, par sa niasse, il amoindrit d’autant.
- On charge le canon k l’aide d’une cartouche métallique renfermant la poudre et supportant le projectile. Les douilles sont en acier ou en laiton. La poudre k base de nitroglycérine est sans fumée.
- Les projectiles sont de trois sortes ;
- 1° L’obus k balles ou shrapnel, dont l’enveloppe est en tôle d’acier, avec charge arrière et fusée extralégère en aluminium. La contenance de l’obus est de 300 balles, pesant chacune 11 grammes. Lorsque la fusée communique le feu k la charge intérieure, celle-ci chasse simplement les balles en avant, sans déchirer l’enveloppe. Il en résulte une augmentation de vitesse pour les balles d’environ 50 mètres. La durée maxima de la fusée est de 21 secondes, ce qui correspond k une portée de 6000 mètres pour une vitesse initiale de 500.
- 2° L’obus brisant k parois épaisses, qui contient une charge d’explosif puissant, analogue k la méli-nite française. Cet obus, qui n’agit que par ses éclats, est destiné k être tiré sous de grands angles afin d’atteindre l’ennemi en arrière de ses retranchements.
- 3° L’obus-torpilles, qui est allongé et k parois minces de manière k renfermer une charge d’explosif puissant aussi forte que possible. Il doit être employé pour bouleverser les retranchements et détruire tout obstacle qui offre quelque résistance.
- I-é-Coloncl Delauney.
- LÀ TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- SYSTÈME MARCONI --- d’aNTIBES A CALVI1
- Depuis déjk plusieurs années, M. Marconi a effectué de nombreuses recherches sur la télégraphie sans fil, s’appliquant surtout k perfectionner et k améliorer sans cesse les dispositifs qu’il employait et dont l’expérience lui indiquait les défauts. Nous ne pouvons insister ici sur les dispositifs2 employés successivement, ni sur les résultats obtenus dans chaque cas. Nous mentionnerons toutefois les expériences de télégraphie sans fil faites en Angleterre en mars 1901, et dans lesquelles M. Marconi est par-
- 1 Le jw)ste d’Antibes à Calvi vient d’être démonté.
- * M. Marconi a fait à ee sujet une conférence devant « Lite Society of Arts », à Londres, le 15 mai 1901.
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- venu à transmettre des signaux à une distance de 300 km entre l'île de Wight et la pointe Lizard.
- Nous désirons seulement entrer dans quelques détails, comme nous avions promis de le faire1, sur les expériences entreprises par la Compagnie internationale Marconi, à partir du 14 avril 1901, entre la France (Antibes-la-Brague) et la Corse (Calvi), avec l’autorisation du gouvernement français et sous le contrôle d’une Commission officielle formée des délégués des ministères des postes et télégraphes, de la marine, de la guerre et des colonies. C’est cette installation qui a été examinée le 16 juin dernier par la Commission universitaire de contrôle de l’observatoire de Nice. Nous trouverons du reste dans cette description les derniers dispositifs employés par M. Marconi.
- Dans ces essais M. Marconi s’est surtout attaché à obtenir une véritable syntonie entre le transmetteur et le récepteur. 11 a pu y arriver en reliant l’antenne réceptrice directement à la terre au lieu de la relier au cohéreur, et en introduisant un transformateur d’oscillation convenablement choisi et relié à un condensateur. 11 obtenait alors au poste récepteur un résonnateur accordé qui recevait les ondes envoyées par une antenne de longueur déterminée. Dans l’antenne radiatrice, les oscillations étaient beaucoup moins amorties qu’avec les autres dispositifs de transmission.
- Et comme l’a dit récemment, dans la Revue du Génie militaire, M. G. Ferrié, capitaine du génie, les ondes transmises sont presque régulières, et la réalisation d’un accord véritable du récepteur a pu être obtenue. L’existence de cet accord a été nettement démontrée par la possibilité de sélectionner les ondes produites par deux transmetteurs différents, à la condition toutefois que les deux ondes fussent très différentes et que la distance fût convenable.
- La station transmettrice (fig. 3) était installée à Antibes-la-Brague, non loin de Biot, à environ 200 mètres de la mer. Dans une maison, les appareils étaient placés sur une table dans un laboratoire. Dans la figure 6, on voit à gauche d’abord deux appareils Morse, puis à côté deux récepteurs. Au milieu est une clef Morse pour l’envoi des signaux. À droite, on voit successivement une série de bouteilles de Leyde et un transformateur dans un bain d’huile; par-derrière se trouvent deux bobines de Ruhmkorff. Au-dessous sont les accumulateurs et les piles sèches. Au-dessous, encore à gauche, est placé le transformateur de transmission avec un autre de réserve. Le mât (fig. 3) avait une hauteur de 55 mètres et la hauteur d’antenne au-dessus des appareils atteignait 52m,5. Cette antenne était formée, pour obtenir une capacité plus grande, de quatre conducteurs isolés et réunis eh quantité.
- La station réceptrice (fig. 4 et 5) était située en Corse, à Calvi, à environ 50 mètres de la mer. Les appareils étaient installés dans une maison voisine.
- 1 Yùy. n° 1471, du 5 août 1901, p. 151.
- La distance entre Antibes et Calvi est de 175 km.
- La figure 1 nous donne le schéma du dispositif de transmission au poste transmetteur à Antibes. Le circuit comprenait une batterie d’accumulateur A de 16 éléments, 2 bobines de Ruhmkorff B et C dont les circuits primaires étaient montés en tension, un interrupteur H, avec un condensateur G en dérivation aux bornes, et une clef de Morse I. Les deux circuits ’ secondaires des bobines de Ruhmkorff étaient montés en parallèle sur un oscillateur D de Hertz, formé de deux boules de laiton nu, de 1,5 centimètre de diamètre chacune. Venaient ensuite 15 bouteilles de Leyde E couplées en quantité, puis le circuit primaire d’un transformateur F dont le secondaire était formé de deux circuits montés en tension. Les deux extrémités du secondaire étaient reliées l’une à l’antenne de transmission K, et l’autre à la terre. Ce transformateur F ainsi placé a été désigné sous le nom de Jigger.
- On a fait varier le nombre de bouteilles de Leyde E ainsi que le nombre des spires du primaire du transformateur F suivant la longueur d’onde nécessaire aux expériences. Les prises de terre à Antibes ont été faites en quatre points différents.
- Le schéma du poste récepteur est donné dans la figure 2. C’est le montage employé par M. Marconi dans ses expériences précédentes ; mais dans ce cas particulier il a dû y apporter quelques modifications. On remarque d’abord, à la partie inférieure, le fil relié à l’antenne A, puis relié au primaire du transformateur Jigger B et à la terre. Les deux secondaires C et D ont leurs extrémités reliées au cohéreur E qui est toujours le même modèle de cohéreur, formé d’un tube à vide avec électrodes taillées en biseau et poudre métallique composée de 94 pour 100 d’argent et 6 pour 100 de nickel. Les deux autres extrémités du milieu des circuits du Jigger sont reliées à un condensateur F. C’est ce circuit qui est mis en accord sur le transmetteur correspondant. Les différents autres appareils que nous trouvons dans ce schéma sont là pour assurer diverses précautions nécessaires au fonctionnement. En M se trouve un appareil Morse qui déroulait une bande de papier de 0m,60 par minute; en S, est une self-induction pour arrêter les ondes induites dans les fils extérieurs, en G un condensateur pour annuler les ondes qui auraient pu échapper à la self-induction. Le relai B a un shunt dans le circuit duquel un condensateur a été monté en tension avec une résistance. Un autre condensateur J a été placé sur les bobines du relai dans le shunt de l’étincelle du relai. Ces appareils ont pour but d’éviter l’usure de la pile P qui actionne le condensateur J, le tapeur N et l’appareil Morse. On sait que l’on est obligé parfois de faire fonctionner un tapeur pour décohérer la poudre métallique. Le condensateur II a pour but d’éviter une perte de courant dans le shunt lorsque le cohéreur est actionné.
- Le réglage de la période des oscillations au poste
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- transmetteur (fig. 1) a été fait en faisant varier la capacité à l’aide des bouteilles de Leyde E, et la
- self-induction du transformateur F. Au poste récepteur on a dù régler également l’antenne A qui était
- 16 Acrumu/ateurs 32 Volts
- *Coticù>JhS'aIeur
- les oruies qui nu raient pus
- asev^KsssseaaBaaaaiBKa
- traverser In self- truluclion. S .
- Condensateur Résistait » -V[3---------çyo^ohn, r.
- fin^iïhunldel’ôtîncel ’e
- Bobines- de /ïJnimkoTfff' 'jSOn. d'étincelle.
- MfliW—WF1 Mïïïiïii rmnntn
- Shunt des Bobines ' du retetû.
- \8piles
- jRosirtcmœ joooohms.
- ft'/uinlsdu tapeur'.
- Concir/isateu, -*
- Fig. 1. Fig. 2.
- Schéma du poste transmetteur à Autibes-la-Brague. Schéma du poste récepteur à Calvi (Corse).
- reliée au primaire du Jîyger réuni lui-même à la I) et C. Cet accord est fait expérimentalement en terre, ainsi que les nombres de spires des circuits faisant varier la capacité et les spires, ou en ajoutant
- Fig. 3.
- Le mât portant l’autcime de transmission à Antibes-Ja-Brague.
- Fig. 4-
- Le mât portant Fantennc de réception à Calvi.
- encore de la capacité dans les circuits. Nous donnons sur le schéma du récepteur les valeurs des résistances des divers shunts et appareils.
- Lorsque l’accord est terminé, il suffit au poste
- transmetteur d’appuyer sur la clef de Morse I, les bobines R et C produisent des courants, les circuits secondaires chargent les bouteilles de Leyde E, et des oscillations ont lieu à l’oscillateur 1). Celles-ci tra-
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- versent le primaire du transformateur F. Le circuit secondaire les transmet à l’antenne K à une différence de potentiel élevée, mais toujours à une
- même période déterminée. Elles traversent l’espace et se rendent à l’antenne À (fig. 2) d’où elles agissent sur le cohéreur E par l’intermédiaire du Jigger B.
- Fig. 5. — Vue du mât de Calvi prise des remparts de la ville haute.
- Une observation intéressante a été faite à propos de fil sur l’antenne sans arrêter la réception. Une longueur l’influence de l’antenne. On intercalait 60 mètres de de fil de 30 mètres sur la terre arrêtait tous signaux.
- Fig. 6. — Disposition des appareils de transmission à la station d'Antibes-la-Brague.
- De nombreuses expériences ont été faites avec cette installation. Le 14 avril, S. A. le prince de Monaco invita à bord de son yacht les membres du Congrès de [navigation. Un poste de télégraphie sans fil avec des appareils non syntonisés avait été installé à bord
- et des expériences eurent lieu à 7 km, et à 30 km.
- Le 15 avril commencèrent les expériences dont nous avons parlé au commencement de cet article. De nombreux essais ont été faits en simple communication et en double communication. Les essais en
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- simple communication en trois tons ont parfaitement réussi. Cependant, la Commission a pu enregistrer des signaux d’origine atmosphérique, ainsi que d’autres signaux provenant d’échanges de télégrammes entre des navires. En somme des essais de longue durée de transmission et de réception ont donné des résultats satisfaisants. La vitesse de transmission maxima a été de 14 mots de 5 lettres par minute, la vitesse ordinaire de 8 mots par minute. Les essais de double transmission n’ont pu réussir.
- Ces expériences de télégraphie sans fil sont, on le voit, très intéressantes. Il est certain que M. Marconi a amélioré notablement les conditions de transmission et de réception des signaux, surtout en employant la syntonie. Mais il faut bien reconnaître qu’au point de vue pratique le réglage des appareils est très délicat; la transmission et la réception ne sont pas encore à l’abri de toute indiscrétion. Enfin, pour aller à des distances un peu éloignées, on est obligé d’avoir recours à des antennes relativement très élevées. Bien que ces essais soient très remarquables le moment ne nous semble pas encore venu où la télégraphie sans fil pourra nous rendre sans doute les grands services sur lesquels tout le monde a trop vite compté à l’origine dans l’enthousiasme de la première heure. J. Laffargue.
- LES FORCES HYDRAULIQUES EN FRANCE
- D’après le Bulletin de la statistique minérale, on trouve en France sur les rivières non navigables 48 860 chutes d’eau utilisées par un peu plus de 46 000 établissements, représentant 489 000 chevaux-vapeur. Ces établissements consistent le plus généralement en moulins et scieries de bois ; un certain nombre sont des usines électriques ou d’électro-chimie. Lefc départements qui comptent le plus d’usines par la distribution électrique sont le Puy-de-Dôme, le Finistère, les Basses-Pyrénées, les Côtes-du-Nord, l’Isère, la Haute-Loire et les Vosges. Dans chacun d’eux on relève plus de 1000 établissements de cette nature. Les rivières non navigables fournissent aux usines plus de 10 000 chevaux, dans l’Isère (37 000), la Savoie (31 000), les Basses-Pyrénées (22 000), la Haute-Loire (20 000), les Hautes-Pyrénées (17 000), les Vosges (13 000), le Doubs (11 000). Le nombre des établissements qui utilisent la force des canaux ou des rivières navigables est beaucoup plus réduit; on l’évalue à 1500, représentant 86 000 chevaux-vapeur. La force moyenne utilisée est plus considérable que dans le premier cas, 57 chevaux au lieu de 10. On note que 68 départements seulement possèdent des usines se servant de la force des cours d’eau navigables, et un seul d’entre eux en renferme plus de 100, disposant de 8000 chevaux, c’est le département de la Haute-Garonne. Après lui vient le département du Jura, avec près de 6000 chevaux. Dans le Rhône, on n’a relevé qu’un établissement, mais celui-là emprunte à ce fleuve une puissance de 5000 chevaux qu’il distribue électriquement par petites fractions à un certain nombre d’ateliers. La puissance totale des machines à vapeur en France atteint 6 780000 chevaux. La puissance totale tirée des cours d’eau est de 575 000. Mais le mouvement ne fait que de commencer en faveur des transmissions électri-
- ques. Les réserves hydrauliques sont encore très considérables. Aussi seulement dans les Hautes-Alpes, l’énergie hydraulique disponible semble être de 300 000 à 500 000 chevaux en eaux à l’étiage ou en eaux moyennes. M. Tavernier, qui s’est livré à une étude soignée des réserves hydrauliques, estime que l’ensemble de la région alpine comprise entre la mer, le Rhône et la frontière d’une superficie à peu près décuple de celle des Hautes-Alpes, renferme une richesse hydraulique dix fois supérieure. On pourrait donc disposer à l’étiage de 3 millions de chevaux et de 5 millions pendant neuf mois de l’année. Avec l’énergie hydraulique de cette région, on arrive à une énergie à peu près égale à la moitié de celle actuellement fournie par la houille. Si l’on considère le territoire entier, on parvient à un contingent au moins égal à celui de la région alpine. Il en résulte que l’on pourrait emprunter aux cours d’eaux la somme d’énergie que tout le pays emprunte en ce moment à la houille. C’est là l’avenir de la production industrielle. Car la production de l’énergie par l’utilisation des forces hydrauliques est plus économique que par la combustion de la houille. C’est à nos industriels à augmenter la richesse nationale en tirant parti des ressources naturelles que la France possède et qui peuvent aider à compenser la pauvreté de notre sous-sol.
- LE CENTENAIRE DU GAZ
- PHILIPPE LEBON d’haMBERSIN
- Le dix-neuvième siècle a débuté par une invention qui n’eut pas d’abord un grand développement, au moins en France, mais qui dans la suite devait révolutionner l’éclairage public et privé, nous voulons parler de la production industrielle du gaz extrait des combustibles végétaux et minéraux, invention due à un ingénieur français Philippe Lebon d’IIambersin, un peu oublié aujourd’hui et pourtant qui mérite que son nom, à cent ans de distance, revienne à la mémoire et soit honoré.
- Il ne faudrait pas croire cependant que les gaz inflammables n’étaient pas connus avant le dix-neuvième siècle. Les anciens n’ignoraient pas l’existence des fluides aéri-formes ; l’air atmosphérique, qu’ils regardaient comme un corps simple et qu’ils avaient rangé, par cette raison, au nombre des éléments, eût suffi pour leur prouver leur existence. D’autres substances gazeuses s’étaient manifestées à eux par leurs effets : ainsi l’action délétère du gaz acide carbonique leur était bien connue. Il en était de même de celle du gaz inflammable des mines. L’exploitation des mines du charbon remontant à une époque fort reculée, il n’est pas douteux que les explosions auxquelles peut donner lieu son mélange avec l’air atmosphérique ne se soient produites; mais n’ayant pas les moyens nécessaires de saisir ces corps pour en étudier la nature, ils les regardaient comme des modifications de l’air ordinaire, auquel des circonstances qui leur étaient inconnues avaient donné des propriétés nouvelles; et jamais ils ne soupçonnèrent que ces propriétés fussent particulières à des corps qui n’auraient eu de commun avec l’air que l’invisibilité.
- Yan Ilelmont fut le premier qui reconnut l’existence des fluides aériformes, d’une nature constante et tout à fait distincte de celle de l’air ordinaire : il leur donna le nom de « gaz » qu’on leur a conservé dans la chimie moderne. Parmi les corps gazeux qu’on rencontrait parfois dans la nature, il en était qui jouissaient de la propriété de brûler avec flamme : ce phénomène avait été observé.
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- On trouve, dans les « Transactions philosophiques » de l’année 1667, la description d’une source existant dans le voisinage de Wigan, dans le Lancashire, au-dessus de laquelle s’élevait un air inflammable. Dans le volume de 1753, des mêmes « transactions », il est fait mention d’un gaz qui s’échappait d’une mine de charbon, dans le Cumberland, qu’après avoir été recueilli dans des vessies, on avait enflammé à l’orifice d’un tube par lequel on l’en faisait sortir. Telles étaient à peu près les connaissances que l’on avait sur les substances gazeuses inflammables, lorsque le docteur John Clayton, ayant soumis du charbon de terre à la distillation en vase clos, recueillit une huile noire et un gaz permanent, ou, comme il l’appelle, un « esprit » qu’il renferma dans des vessies, et alluma à l’extrémité de petits tubes. Le mémoire, dans lequel le docteur rend compte de ses expériences, est inséré dans les « Transactions philosophiques )) de l’année 1739.
- Dans une suite d’expériences sur les substances végétales, le Dr Haies avait déjà reconnu que, pendant la distillation de la houille, un tiers environ de cette substance se volatilisait en partie à l’état de vapeur inflammable.
- En 1767, l’évêque de Llandaff, le célèbre Watson, examina la nature de la vapeur et des produits gazeux qui s’étaient formés dans l’acte de la distillation du charbon de terre. Ce savant physicien remarqua que le produit volatil pouvait s’enflammer non seulement à son issue de l’appareil distillatoire, mais qu’il conservait encore cette propriété après avoir passé dans l’eau et avoir suivi deux grands tubes recourbés. Les produits solides recueillis par Watson, furent un liquide ammoniacal, une huile visqueuse semblable à du goudron, et un charbon spongieux, c’est-à-dire le coke.
- Quoi qu’on en ait dit, il y avait bien loin de ces expériences, n’offrant que des résultats de laboratoire, qui n’avaient été faites que dans le but de rechercher les substances qui entraient dans la composition de la houille, mais sans qu’on songeât à tirer partie de la propriété inflammable que Ton avait reconnue à quelques-unes de ces substances, à un système complet d’éclairage.
- Parmi les compétiteurs qui semblent avoir des droits à la priorité de l’invention de l’éclairage par le gaz, il est hors de doute que c’est en France qu’un Français, Philippe Lebon d’Hambersin, a pour la première fois, fait l’application du gaz à l’éclairage. Dès Tannée 1786, on avait constaté à Paris la possibilité de produire une lumière continue au moyen du gaz hydrogène carboné. Ces expériences, souvent répétées tant en France qu’en Angleterre dans les laboratoires de chimie, n’offrirent, jusqu’en 1799, que des résultats sans application. •
- En Tan VIH (1799), Philippe Lebon, ingénieur des ponts et chaussées qui s’était fait connaître déjà par des travaux sur des perfectionnements apportés aux machines à vapeur qui venaient alors de paraître, présenta un mémoire à l’Institut, dans lequel il annonçait la découverte de l’application du gaz inflammable à l’éclairage. Lebon obtenait le gaz hydrogène carboné en distillant du bois; il recueillait en outre le goudron, l’acide pyroligneux, et tous les autres produits que donnent les matières végétales dans ]eur décomposition par le feu. Mais, dès cette époque, il avait entrevu toute l’étendue de l’art d’éclairer par le gaz hydrogène carboné, car il indique dans son mémoire la possibilité de distiller la houille et même les substances oléagineuses. Les premiers appareils furent construits au Havre dans l’intention de faire servir le gaz à l’éclairage du phare, et le goudron pour la marine.
- En Tan VIII il se munit d’un brevet d’invention, et des
- expériences publiques furent faites rue Saint-Dominique dans la maison de l’inventeur, Hôtel Seignelay, de 1799 à 1802 : elles confirmèrent pleinement l’annonce qu’avait faite Lebon d’obtenir une vive lumière. Mais, dès les premiers essais, on ne pouvait avoir paré aux inconvénients qui pouvaient se présenter dans cette application à l’éclairage d’une substance jusqu’alors peu étudiée; le gaz que brûlait Lebon, étant enflammé tel qu’il sortait des appareils distillatoires, sans avoir été préalablement épuré, répandait une odeur fétide et désagréable. Aussi le public, qui, en France surtout, approuve ou condamne sur ses premières impressions, décida-t-il que ce mode d’éclairage était impraticable, et ne le considéra plus que comme une brillante bagatelle.
- Que restait-il à faire cependant pour que la découverte de Lebon atteignit le degré de perfection auquel nous l’avons vue parvenir depuis ? L’addition d’une opération toute simple, mais indispensable, d’un lavage que Lebon aurait certainement mis en œuvre si la mort ne fût venue le surprendre au milieu de ses travaux. Sa veuve qui, en Tan X, avait obtenu un brevet de perfectionnement, le suivit de près au tombeau.
- Le mémoire de Lebon a été imprimé au mois d’août 1801, sous le titre suivant : Thermolampes, ou poêles qui chauffent et éclairent avec économie, et offrent avec plusieurs produits précieux, une force motrice applicable à toute espèce de machine.
- L’invention de Lebon, abandonnée en France, fut reprise en Angleterre par'quelques hommes avisés et mieux secondés qui réussirent, non sans peine, à la rendre pratique et profitable. La première application en fut faite par un ingénieur nommé Murdoch, à Soho, près de Birmingham, dans la grande usine de James Watt, le créateur de la machine à vapeur. Toute la façade de ce vaste établissement fut illuminée au gaz en 1802, à l’occasion de la paix d’Amiens, signée entre le royaume Britannique et la République française. Ce gaz était extrait de la houille.
- Peu de temps après un Allemand du nom de Winsor, qui avait traduit et publié en sa langue les mémoires de Lebon, vint à Londres, s’associa avec Murdoch et obtint du roi Georges le privilège exclusif de l’éclairage au « gas light » de la ville de Londres. Ce privilège fut confirmé par un bill du Parlement, en date du 16 juillet 1816. En 1823, le « gas light » était généralement adopté dans l’empire britannique.
- Vers 1815, Winsor, ayant assuré le succès du gaz en Angleterre, vint à Paris, loua une boutique, passage des Panoramas, l’éclaira au gaz puis bientôt le passage tout entier, voulant vaincre l’indifférence par l’éblouissement de la nouvelle lumière. Le Palais-Royal fut aussi illuminé. L’éclairage au gaz eut alors quelque succès et Winsor put fonder une société qui ne réussit pas, mais d’autres compagnies se formèrent et peu à peu le gaz s’imposa comme éclairage public.
- Les entreprises pour l'éclairage de Paris étaient en 1855 au nombre de huit. Leur matériel et les travaux qu’elles avaient exécutés à cette époque étaient évalués en total à 50 millions. Toutes ces sociétés se sont fondues en une seule qui, sous le nom de « Compagnie parisienne d’éclairage et de chauffage par le gaz », se trouve, en vertu d’un décret impérial rendu au mois de décembre 1855, concessionnaire pour 50 années du privilège exclusif d’établir sous la voie publique des tuyaux de conduite pour le gaz destiné à être consommé soit au-dedans, soit au dehors des habitations.
- Le privilège de la Compagnie parisienne doit bientôt
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- LA NATURE.
- prendre fin, il donne lieu actuellement à des discussions intéressantes dont nous n’avons point à parler ici.
- Philippe Lebon était né à Brachav (Haute-Marne) en mai 1707, il était fils d’un ancien officier de la maison de Louis XV, il avait fait ses études à Paris et était sorti en 1787 de l’Ecole des Ponts et Chaussées. Ses premiers travaux furent des perfectionnements apportés aux machines à feu qui commençaient à être employées dans l’industrie.
- Ses études sur les machines à vapeur lui valurent, en 1792, une récompense nationale de 2000 livres pour, dit le décret, « continuer les expériences qu’il a commencées sur l’amélioration des machines à feu ».
- Ses recherches se portèrent bientôt sur les gaz produits par la calcination du bois en vase clos, les résultats obtenus lui permirent de présenter à l’Institut le 6 vendémiaire, an Mil (20 septembre 1799), un mémoire sur son
- appareil le « Thermolampe » dont il prit un brevet l’année suivante.
- L’invention de Lebon, comme nous le disons plus haut, n’eut pas à l’origine de succès en France, et il s’occupait de perfectionner sa découverte quand il fut assassiné de nuit en des circonstances restées mystérieuses, pendant les fêtes du sacre de l’empereur, le 2 décembre 1804.
- Le nom de Philippe Lebon est un de ceux qui honorent la science et l’industrie françaises et nous lui devions un souvenir pour son centenaire oublié. T. Obalski.
- AUTOMOBILE DE BOULANGERIE MILITAIRE
- Une des plus grandes difficultés qu’il y aurait à surmonter en cas de guerre européenne serait cer-
- Fig. 1. — 1. L’automobile île boulangerie
- tainement de pourvoir à l’alimentation des grands effectifs que nous mobiliserions. C’est pour cette raison que l’intendance militaire a dû créer, dès le temps de paix, d’énormes approvisionnements de farine et de biscuit qui sont constamment entretenus et renouvelés dans les places fortes de la frontière. Mais la farine et le biscuit s’altèrent en dépit du grand soin qu’on peut en avoir ; ils sont attaqués par les insectes ; de plus, en cas de mobilisation, l’insuffisance des moyens de transport, accaparés pour tant d’autres usages, pourrait empêcher de faire parvenir en lieux voulus tous les vivres tenus en réserve.
- Combien il serait plus avantageux d’utiliser sur place le blé qu’on trouve dans tous les villages, qu’on réquisitionnerait et qu’on transformerait
- en route. — 2. Le Tour en train de cuire.
- instantanément en farine et en pain! De la sorte, on y gagnerait de pouvoir supprimer la plus grande partie des approvisionnements, de n’avoir pas de transports à effectuer et de pouvoir faire usage d’une farine fraîche qui permettrait de confectionner un pain en tous points supérieur.
- Ce sont ces considérations qui ont amené M. Schweit-zer, l’inventeur de remarquables appareils de mouture et de panification, à créer de toutes pièces une meunerie-boulangerie automobile, susceptible de suivre les régiments en marche et de faire à toute heure du pain frais avec la farine tirée du blé réquisitionné sur place.
- Cette voiture est formée de deux parties à la façon des voitures de l’artillerie. La première comprend le moteur ainsi qu’une batterie de moulins avec leurs
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- blutoirs; à coté sont les pétrins mécaniques. Tous ccs appareils sont actionnés par le moteur qui s’employait au préalable à faire marcher la voiture. Un four continu est simplement remorqué à la ' suite.
- Le Lié versé dans les trémies des moulins est rapidement transformé en farine ; le son obtenu peut être consommé sur place par les chevaux de l’armée.
- Quant à la farine, elle est mise dans les pétrins, mélangée avec l’eau salée, puis après fermentation, moulée en pain et mise au four. Deux heures après le commencement des opérations, on obtient de la sorte 100 kilogrammes de pain à
- l’heure, soit la nourriture de 5000 hommes par jour.
- Tous les appareils du système Schweitzer, moulins, pétrins et fours sont d’une telle simplicité et d’une conduite si facile qu’ils ne nécessitent aucunement l’emploi d’ouvriers spéciaux. A ces avantages s’ajoute, comme on sait, celui d’obtenir un pain qui a été reconnu par les savants, chimistes et médecins (MM. Miïntz, Wiley et autres) comme plus riche en matières azotées et phosphatées, par conséquent en principes nécessaires à l’énergie vitale, que tous les autres pains de la boulangerie ordinaire.
- Quelle n’est pas l’infériorité des appareils actuellement réglementaires dans les armées, appareils lourds et encombrants et qui, ne comportant pas de moulins,
- Fig. 2. — La meunerie et la boulangerie en fonction.
- ne peuvent servir que si on est en possession de farine ! Les fours actuels sont surtout d’une insuffisance flagrante. Comme ils sont établis suivant le même principe que les fours ordinaires des boulangeries de ville ou de campagne, il faut, pour éviter le plus possible la déperdition de la chaleur, leur donner de très grandes dimensions; il faut, en outre, de temps à autre, arrêter la cuisson afin de les réchauffer; il faut enfin désenfourn'er et réenfourner, autant d’opérations qui diminuent d’une façon considérable le rendement en pain qu’ils fournissent. Avec le four continu Schweitzer, tous ces inconvénients disparaissent : le four est petit et la chaleur qu’il reçoit du foyer lui permet de conserver une température constante. Le pain entre par une des extrémités et sort de l’autre sans que le moindre arrêt de cuisson
- se produise; de telle sorte qu’un four Schweitzer, moitié moins lourd qu’un four ordinaire, fournit dans le même temps deux fois plus de pain que ce dernier.
- En somme, la meunerie-boulangerie automobile Schweitzer réalise un progrès considérable et résout le problème de l’alimentation des troupes en campagne de la façon la plus heureuse et la plus complète.
- Mais cette application n’est pas la seule. Le nouvel appareil peut être aussi employé avec avantage dans l’exécution de grands travaux à travers les pays déserts et qui nécessitent l’agglomération en divers points d’un grand nombre d’ouvriers, tel un grand chemin de fer comme le Transsibérien ou le creusement d’un long canal comme l'interocéanique. Une boulangerie
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- LA NATURE.
- automobile ne pourrait, dans ces divers cas, que rendre les plus signalés services.
- L‘-Colonel Delauney.
- L’EUPHORIMÉTRIE
- ou l’art de mesurer la fertilité de la terre
- Bien des savants, bien des chimistes ont jusqu’ici cherché des moyens pratiques de déterminer, d’une façon indiscutable et mathématique, la puissance fertilisante d’un sol, Thaer, dans son Guide pour Venseignement de l'agriculture, parait s’ètre préoccupé le premier de cette question et a posé en ces termes ses droits à la découverte de l’euphorimétrie : (( On trouvera, dit-il, quelque jour le moyen de mesurer avec précision la force productive du sol. Si cette découverte ne se fait pas de mon vivant, j’aurai mis du moins sur la voie pour y arriver ».
- Plus tard, vers 1845, M. Yarembey consacra une série d’études à cette science. Les observations qu’il fit sur les fumures et les assolements, sur leurs produits et leur action sur le sol méritent l’attention des agronomes, et nous résumerons plus loin les rapports que ces expériences peuvent avoir avec l’euphorimétrie proprement dite.
- Le but de l’euphorimétrie est de placer l’agriculture au rang des sciences exactes, de donner une doctrine à son enseignement et de fixer à sa pratique des règles fixes et positives. Aux tâtonnements irrationnels, aux essais empiriques, elle veut faire succéder des pratiques aussi précises que celles de la physique elle-même.
- Pour être hardi, ce programme n’est pas irréalisable. Pendant longtemps la chimie, fille de l’alchimie, fut aussi un art sans principes; elle est néanmoins devenue une science à règles immuables, sans que l’on ait, le plus souvent, recherché les causes premières des phénomènes qu’elle produisait. Elle a reconnu, par exemple, qu’un acide s’unissait à telle base de préférence à telle autre, et elle en a conclu la loi des affinités électives, sans s’inquiéter de la cause inexplicable de ces affinités.
- Pour fonder la science agricole, point n’est besoin non plus de se préoccuper de la raison, encore inconnue, qui produit la fécondité du sol. 11 suffit de constater le fait, de le prendre tel qu’il est, et de se borner à bien étudier les effets réciproques de la fécondité de la terre sur la production végétale et ceux de la production végétale sur la fécondité de la terre.
- 11 ne reste plus ensuite qu’à distinguer où est cette fécondité, ce qui peut augmenter son intensité ou la diminuer, et de trouver le moyen de la mesurer par ses effets plus ou moins prononcés sur la végétation.
- Pour arriver à définir ainsi d’une façon exacte la fertilité d’une terre et à la transcrire ensuite en chiffres, ainsi que la science est arrivée à le faire pour la chaleur, la puissance électrique, les éléments chimiques, la lumière, etc., il y a, certes, encore bien des pas à faire ; néanmoins on peut se mettre sur la voie avec les données actuelles.
- La première difficulté est d’avoir un type comparatif ou étalon de mesure. En effet, si, pour mesurer la chaleur, on a les degrés du thermomètre, si les mesures de poids, de longueur, de surface, de capacité, permettent d’établir la pesanteur, l’étendue, la superficie, le volume; la base, qui doit permettre d’indiquer les effets mathématiques de la fécondité renfermée dans une terre, n’a pas encore été révélée. La science a surtout cherché à reconnaître cette fécondité en analysant chimiquement les sols et en trouvant ainsi les éléments fertilisants, tels que l’azote, l'acide
- phospborique et la potasse qui y sont contenus; elle a indiqué ensuite aux agriculteurs, selon les récoltes faites et les cultures à faire, les principes fertilisants qu’ils doivent adjoindre à leurs terres pour qu’elles produisent une récolte avantageuse.
- Physiquement aussi des démonstrations ont été faites en vue de saisir le principe de la fécondité ; elles ont donné des résultats encore moins certains que les analyses chimiques. C’était vouloir découvrir les éléments constitutifs d’une propriété physique, tandis qu’au point de vue agricole, on n’a qu’à se borner à étudier ses effets.
- C’est ici que les curieuses expériences de M. Yarembey, dans le but de calculer la fécondité en quantités, méritent d’être citées ; elles peuvent permettre de faire des calculs d’une certaine exactitude. M. Varembey a opéré avec le fumier de ferme, mais il va sans dire que les mêmes essais peuvent être faits avec les engrais chimiques. Il prend comme principe que l’on ne peut mesurer la fertilité du sol qu’en choisissant pour étalon de mesure une matière douée d’une grande puissance de fertilisation et pouvant être transportée, fractionnée et employée en quantité déterminée. Le fumier est dans ces conditions.
- La chimie peut rechercher quels sont les principes qui donnent au fumier son action ; mais en euphorimétrie on n’a point à s’en préoccuper et on ne doit admettre que des faits positifs, matériellement constatés, sans en rechercher les causes.
- Or, pour déterminer combien une quantité de fumier employée sur une superficie donnée de terrain produira d’effet de végétation et établir ainsi scientifiquement la base de fertilité, on divise — d’après M. Yarembey — un champ de quatre hectares, à surface plane, dont le sol soit d’une consistance moyenne et homogène dans toute son étendue, en quatre parties égales d’un hectare chacune, que nous désignerons par les numéros 1, 2, 5 et 4. Le numéro 1 ne reçoit pas de fumier; on répand sur le numéro 2 dix voitures de fumier ordinaire à demi consommé (du poids de 1000 kilogrammes chacune) ; vingt voitures semblables sont répandues sur le numéro 5 et trente voitures sur le numéro 4 : le tout est labouré et semé en blé le même jour. A la moisson, les produits des quatre hectares sont recueillis séparément,'égrenés avec soin et mesurés. Si le numéro 1, qui n’a point reçu de fumier, produit 7 hectolitres de blé; si le numéro 2, qui en a reçu dix voitures, produit 10hl,50 ; si le numéro 5, qui a reçu vingt voitures, produit 14 hectolitres ; si le numéro 4, qui a reçu trente voitures, produit 17hl,50, il en résulte que chaque dizaine de voilures apporte à la récolte qui, sans fumier, est de 7 hectolitres, une augmentation de 3hl,50 et que, par conséquent, chaque voiture l’augmente de 55 litres.
- Des expériences absolument semblables faites sur le seigle, l’orge et l’avoine établissent que 1000 kilogrammes de fumier ordinaire répandus sur un hectare augmentent en moyenne : la récolte de seigle de 35 litres ; la récolte d’orge, de 42 litres ; la récolte d’avoine, de 58 litres.
- D’après ces indications, on peut établir l’étalon de mesure de la fécondité des sols en dressant, d’après ces bases, une échelle euphorimétrique d’un degré à cent degrés. Chaque degré de cette échelle représenterait un degré de fertilité, équivalant à l’effet de végétation produit par 1000 kilogrammes de fumier sur un hectare. Ainsi, d’après ce qui précède, nous savons que chaque degré de fécondité qui se trouve dans le sol produit par hectare 35 litres de blé, ou 35 litres de seigle, ou 42 litres d’orge, ou 58 litres d’avoine.
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- D’après ces premières données, on voit que, connaissant le nombre de degrés de fécondité que renferme un sol, il est extrêmement facile de déterminer quelle quantité de l’une des céréales il fera pousser par hectare, et, réciproquement, la quantité d’une céréale récoltée étant connue, on peut déterminer aisément le nombre de degrés de fécondité que renfermait le sol qui l’a produite.
- Exemple : lorsqu’on sait que la fécondité d’un sol s’élève à 45 degrés et qu’on veut connaître combien il produira de blé par hectare, on multipliera ces 45 degrés par le produit d’un degré, soit 45xOlll,35=: 15hl,75 de blé à l’hectare. Pour le seigle, l’orge et l’avoine, on opérera de même, en prenant comme base les chiffres cités plus haut.
- A l’inverse, lorsqu’on sait qu'une récolte de blé a produit, par exemple, 14 hectolitres par hectare et qu’on veut connaître combien il y avait de degrés de fécondité dans le sol qui l’a produite, on divisera ces 14 hectolitres
- . 14
- par le produit d’un degré, soit ^ = 40 degrés de
- fécondité. Plus tard, on connaîtra combien la récolte lui en enlève, et, par conséquent, combien il lui en reste.
- Yoici le moyen par lequel la nature peut indiquer combien les céréales déjà citées enlèvent de fécondité au sol qui les a fait naître et de quelle quotité chacune d’elles la diminue.
- Après la récolte faite sur le champ d’expériences dont il est question précédemment, on sème, au printemps, de l’orge sans fumier dans les quatre hectares ; on récolte, on bat et on mesure séparément les produits des quatre numéros. Si le numéro 1, qui n’avait pas été fumé pour le blé, produit 5hl,04 d’orge ; si le numéro 2, qui avait été fumé à dix voitures pour le blé, produit 7hl,56 d’orge ; si le numéro 3, qui avait été fumé à vingt voitures pour le blé, produit 10 hectolitres d’orge; si le numéro 4, qui avait été fumé à trente voitures pour le blé, produit 12hl,60 d’orge, on devra en conclure que la fécondité ajoutée par le fumier au sol, n’avait pas été toute consommée par le blé et que ce dernier en avait laissé après lui une quotité quelconque qu’il s’agit de déterminer.
- La fécondité de l’hectare n° 2 avait été augmentée de 10° par 10 voitures de fumier appliquées à la semaille du blé. Si celui-ci n’eût rien consommé de cette fécondité, la récolte d’orge qui lui a succédé eût été aussi abondante que si elle avait reçu directement le fumier et, par conséquent, elle eût produit pour 10° entiers de fécondité, 4hl,20' de plus "que celle venue dans le n° 1, qui n’a point reçu de fumier; mais comme elle n’a dépassé cette dernière que de 2hl,52‘, il s’ensuit que la différence, qui est de lhl,68l, est imputable à la consommation de fécondité qui a été faite par la récolte de blé. Le blé a donc absorbé une quantité de 1,68 sur 4,20; or, 1,68 est à 4,20 comme 40 est à 100; donc le blé absorbe 40 pour 100 de la fécondité du sol. Les produits en orge des numéros 3 et 4, qui avaient été fumés pour le blé, comparés à celui du n° 1, qui n’a pas été fumé, donnent absolument les mêmes résultats, qui ont été, d’ailleurs, constamment remarqués dans toutes les circonstances analogues. Il faut donc admettre que l’action d’épuisement du blé est de 40° sur 100°.
- La même expérience a été faite pour établir ce que les autres céréales enlevaient de fertilité à la terre.
- On a semé du seigle dans les mêmes conditions que celles déjà indiquées pour le blé et après de l’avoine sans fumier. Il a été par là démontré que le seigle absorbait 30 pour 100 de la fécondité du sol.
- En semant de l’avoine après de l’orge et en comparant les deux récoltes, ainsi que cela a été fait pour le blé et
- le seigle, on acquiert la preuve que l’action absorbante de l’orge enlève 25 pour 100 à la fécondité du sol.
- Enfin, des observations et des calculs absolument semblables, faits sur du seigle ou de l’orge semé après de l’avoine, démontrent que l’action d’épuisement de l’avoine est également de 25 pour 100.
- Puisque ces diverses céréales n’absorbent qu’une partie connue du degré de fécondité, il est facile de déterminer combien un degré entier absorbé produit de blé, ou de seigle, ou d’orge, ou d’avoine par hectare.
- Pour le blé, on dira : Si les 40 pour 100 d’un degré de fécondité produisent 35 litres, combien le degré entier en produira-t-il? L’opération donne 0hl,875dl.
- En opérant d’une façon analogue pour les autres céréales, on s'aperçoit qu’un degré de fécondité absorbé produit les résultats suivants: en blé, 0hl,875dl; en seigle, lM,167dl ; en orge, lh),664dl; en avoine, 2hl,336dl.
- Ces notions acquises permettent de déterminer aussi combien un hectolitre de blé, de seigle, d’orge ou d’avoine, récolté par hectare, a soustrait de fécondité au sol qui l’a produit. On dira pour le blé : Si 0hl,875dl absorbent 1 degré, combien 1 hectolitre en absorbe-t-il? Le résultat donne 1°,145.
- En suivant le même mode d’opération à l’égard des autres céréales, on trouve que la production : de 1 hectolitre de blé absorbe 1°, 143 ; de seigle, 0°,857; d’orge, 0°,600; d’avoine, 0°,428.
- En marchant ainsi mathématiquement du connu à l’inconnu, on arrive à pouvoir préciser le nombre de degrés de fertilité qui se trouvent dans un sol quelconque en culture, lorsqu’on connaît le produit de sa dernière récolte de céréale.
- Supposons, en effet, qu’il s’agisse de mesurer la fertilité d’un sol qui a produit 20hl,40‘ d’avoine par hectare à la dernière récolte. On dira : Si 1 hectolitre d’avoine soustrait 0°,428, combien 20lll,40I en ont-ils soustraits? 8°,73. Mais l’avoine n’absorbe que 25 pour 100 de la fécondité du sol ; il faudra donc dire : Si 25° absorbés en supposent 100 dans le sol, combien 8°, 73 en supposent-ils? 34°,92. Or, la récolte en ayant enlevé 8°,73, le sol possède encore 26°, 19. On ferait le même genre de calculs à l’égard des autres céréales qui formeraient la dernière récolte.
- M. Varembey ne s’est pas borné à faire des expériences avec le fumier de ferme ; il a aussi tiré des conclusions des divers assolements en usage à son époque. Ce sont là des agents de fertilisation qui jouent un rôle important en agriculture, et nous voudrions en parler; mais il nous est difficile, dans le cadre restreint d’un article comme celui-ci, d’entrer dans de longs développements, et nous nous contenterons pour aujourd’hui d’indiquer à nos lecteurs, dans cet exposé sommaire, les services que peuvent rendre, tant au point de vue scientifique qu’au point de vue pratique, les observations de l’euphorimétrie.
- On peut objecter, à propos des données indiquées plus haut, que l’inconstance des saisons et les variations de la température peuvent dérouter toutes les prévisions et détruire tous les calculs.
- Cela peut, il est vrai, modifier l’importance de la récolte, mais ne peut en rien infirmer l’exactitude des résultats théoriques de fécondité que l’on veut comparer.
- Ainsi, quoi qu'il arrive, le cultivateur qui met dans son sol du fumier, ou n’importe quel autre produit fertilisant équivalent, peut dire hardiment : « Je viens de mettre sur le métier des matériaux pour confectionner en plusieurs années tout ce qui peut être fabriqué en blé et en orge, ou en seigle et en avoine, avec tant de degrés de
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- LÀ NATURE.
- fécondité. Or, comme j’ai apporté ces degrés de fécondité en plus de ce que le sol était capable de produire avec ses seules ressources, je dois donc récolter tant de blé, tant d’orge, tant de seigle, tant d’avoine. La nature va façonner ces matériaux ; la température pourra entraver quelquefois la marche de la machine, et il pourra en résulter quelques irrégularités dans la fabrication annuelle, mais ce n’est là qu’une question de temps, et il n’en est pas moins certain que cette quantité de fécondité sortira entière en blé et en orge, en seigle et en avoine. »
- On dira aussi que les évaluations ci-dessus sont ou trop fortes ou trop faibles. A cela il n’y a pas à s’arrêter, car quand bien même elles seraient hypothétiques et que ce ne seraient que des rapports conventionnels de quantités à quantités, elles n’en démontrent pas moins l’utilité de l’euphorimétric. Ces évaluations seraient des instruments précieux de comparaison, dont les aberrations, même si elles-étaient considérables, ne changeraient pas les dimensions des choses auxquelles elles sont appliquées, ni par conséquent l’exactitude de la comparaison qui en serait faite, car le rapport d’un produit à celui jl’un autre
- produit serait toujours fidèlement présenté, parce que ce rapport ne peut être altéré en rien,quand la même erreur agit à la fois sur les deux termes d’une proportion.
- La pratique de l’euphorimétrie combinée avec les données des tables de Wolff, qui indiquent la composition moyenne des récoltes, peut donner les indications les plus sérieuses pour arriver à faire de l’agriculture une science exacte, d’autant plus que les expériences que j’ai indiquées au cours de cet article peuvent se faire maintenant avec les engrais chimiques et aussi avec les nouvelles méthodes d’assolement de même qu’avec les procédés nouveaux de culture.
- L’essentiel est d’ouvrir le champ à ces expériences, de faire entrevoir à nos agronomes l’intérêt qui peut résulter, dans l’avenir, de la pratique de l’euphorimétrie. C’est là, d’ailleurs, l’unique but de la petite étude que nous avons cru devoir présenter à nos lecteurs. La science dont il s’agit est malheureusement, à l’heure actuelle, à peu près inconnue. Nous n’avons pas trouvé d’ouvrage agricole moderne qui en fasse mention ; les dictionnaires sont muets à son égard.
- En ce qui concerne l’euphorimétrie, des expériences dans le sens que nous avons indiqué — et que person-
- nellement nous sommes prêt à aider et à seconder de nos conseils — devraient être tentées. Mais, comme nous devons convenir qu’elles ne pourraient avoir, au début, qu’un caractère purement scientifique, nous pensons que l’Etat ou les grandes sociétés agricoles devraient faire les sacrifices nécessaires pour créer (car c’est une véritable création à faire) la science euphorimétrique.
- Ce jour-là, la science agricole sera complètement fondée et, en arrachant à la nature une partie de ses secrets, elle nous apportera des découvertes aussi surprenantes que celles de la physique et de la chimie. Lucien Cornet.
- Député.
- ENCLENCHEMENTS ÉCONOMIQUES
- DANS LES PETITES GARES DE CHEMINS DE FER
- SERRURES BOURÉ
- Parmi les dispositifs employés depuis une vingtaine d’années pour améliorer la sécurité dans la circulation des trains, on doit compter en première ligne les « enclenchements » des signaux et des aiguilles. On entend par là l’ensemble des dispositions prises pour rendre impossible toute manœuvre de l’aiguilleur qui aurait pour résultat de créer un danger de collision.
- Tout le monde a vu aux abords des gares importantes les grands postes de manœuvre, et l’on peut affirmer que, s’ils n’ont pas complètement supprimé les accidents, ils les ont du moins rendus beaucoup plus rares.
- L’installation complète de ces appareils étant fort coûteuse, on a dû en limiter l’emploi aux points très fréquentés pouvant justifier une semblable dépense de construction et ultérieurement, pour l’exploitation, la dépense du personnel qui y est affecté.
- Par contre, qui n’a remarqué cependant dans des gares de faible importance le danger permanent résultant de certaines manœuvres? On croit avoir encore cinq minutes avant le passage d’un train. Vite on manœuvre un wagon sur une voie transversale : le train arrive, tombe sur le wagon : tout est brisé et l’on peut s’estimer heureux s’il n’y a qu’un petit nombre de blessés.
- On avait bien essayé, il y a quelques années, sur le réseau P.-L.-M., de munir de cadenas tous les appareils pouvant intéresser la sécurité sur les voies principales : tous ces cadenas se manœuvraient avec la même clé qui devait être rendue au chef de gare une fois la manœuvre terminée. Mais, en fait, comme aucune disposition mécanique n’obligeait à se conformer aux prescriptions, ces dernières restaient souvent inappliquées et les accidents survenus montraient que le système était inefficace.
- Ffg. 1. — Levier enclenché (la serrure en empêche la manœuvre).
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- LA NATURE.
- 2G9
- M. Rouré, ingénieur de la Compagnie P.-L.-M., a imaginé une disposition intéressante de serrures qui rend le système très efficace.
- Imaginons un levier de manœuvre L. 11 est muni
- Fig. 2. — Levier libéré (séparé de sa serrure).
- d’une serrure (R. G.) tenue par une chaîne H, cette dernière attachée à un point fixe. Pour pouvoir manœuvrer le levier, il faudra que la serrure ne soit plus solidaire avec lui. Pour dégager cette serrure, il sera nécessaire d’employer une clé spéciale.
- Cette clé est, à l'état normal, déposée dans une grande serrure dite « serrure centrale » où sont juxtaposées toutes les clés de la gare. La disposition de cette serrure est telle que l’on ne peut pas retirer la clé si une autre clé qui commande la première n’est pas dans son logement.
- Par exemple, une gare étant protégée par un disque à distance, on ne pourra retirer de la serrure centrale la clé permettant de dégager le- levier de manœuvre que si la voie transversale est barrée, c’est-à-dire si la clé qui commande les taquets d’arrêt sur cette voie est elle-même logée dans la serrure centrale.
- La description complète du système nous entraînerait dans de trop longs détails. Nous en recommandons l’étude à tous ceux qui s’intéressent aux mécanismes ingénieux.
- Les résultats pratiques à obtenir sont les suivants :
- 1° Ne pouvoir donner la clé d’une aiguille que si tous les signaux .ont été mis à l’arrêt ; 2° impossibilité d’elfacer les signaux tant que la clé n’a pas été rapportée au poste de manœuvre; 3° impossibilité de rapporter la clé avant d’avoir replacé le levier dans la position de sécurité.
- Cet ingénieux dispositif est appliqué en grand sur
- le réseau P.-L.-M. Les autres Compagnies françaises l’emploient également : la plus importante application en a été faite par la gare des courses de Chantilly, qui, n’ayant à fonctionner que quelques jours dans l’année, ne justifiait pas l’installation permanente d’appareils coûteux. Les chemins de fer étrangers appliquent également le système depuis quelque temps. Paul Aimé.
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- lTNE CURIOSITÉ VÉGÉTALE
- LA RÉSISTANCE DU BOIS DE CÈDRE
- On a rarement l’occasion de pouvoir constater la résistance du bois de cèdre, même demeuré à l’air libre et aux intempéries, dans des conditions aussi originales que celles qui se sont présentées à M. Romeyn B. Ilough, un spécialiste américain qui poursuit depuis un certain temps une intéressante publication intitulée « American AVoods » (les Bois Américains).
- 11 se trouvait dans des bois près d’Acmé, au nord-ouest de l’État de Washington, et au milieu d une assez belle forêt de hernlocks, de sapins noirs du Canada, dont le nom exact est Tsuga Mer-tensiana : ajoutons immédiatement que cette forêt, qui avait été ravagée par le feu quelques années auparavant, avait poussé sur une ancienne forêt de
- Une bille de cèdre enfouie depuis 150 aus.
- cèdres, jetée jadis à bas par le temps et à une époque où l’on ne se préoccupait sans doute guère de tirer parti des richesses forestières du pays. I)e nombreux troncs de cèdres étaient demeurés couchés à
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- terre, et la végétation les avait ensevelis tant et si bien que beaucoup des hemlocks, quand on regardait d’un peu près et qu’on déblayait le fouillis des buissons, se montraient tels que la photographie reproduite ici représente l’un d’eux. Ces sapins étaient pour ainsi dire à cheval sur les billes de cèdre et les enserraient de leurs racines, qui tournaient autour du tronc de l’arbre mort pour aller chercher, en dessous, la terre et la nourriture.
- C’était là, une occasion unique pour se rendre compte de la résistance du bois de cèdre à la putréfaction, meme quand il est demeuré couché sur le sol, car il était bien évident que les billes de cèdre se trouvaient dans cette position depuis un temps au moins égal à la durée de la vie du hemlock qui avait poussé par-dessus. M. Ilough choisit donc un sapin, déjà mort du reste depuis quelques années, et qui enchâssait une bille de cèdre qu’on mit à découvert, puis qu’on sectionna à la scie, et qui se montra intacte de toute pourriture, sauf un peu vers le cœur. Il s’agissait ensuite d’évaluer l’âge du sapin, et pour cela le moyen le plus simple était de le couper pour en compter les cercles concentriques ; du reste, on avait commencé par apprécier son âge au diamètre, et cela en clouant sur son tronc, à peu de hauteur au-dessus de terre, une réglette de 0m,50 qui donnait déjà une échelle approximative. 11 fut possible de compter très distinctement 120 cercles, et, au cœur, s’ils devenaient fort confus, il était cependant évident qu’il yen avait au moins une trentaine : cela donnait déjà plus de 150 ans ; et comme certainement il avait dû s’écouler bien des années avant que l’accumulation des détritus permît à une graine de hemlock de germer à la partie supérieure de la bille de cèdre, comme le sapin qui avait poussé de la sorte était mort déjà depuis plusieurs années, on ne peut être taxé d’exagération en disant que le tronc de cèdre (de l’espèce thuya gigantea) était couché sur le sol depuis au moins 150 ans.
- Notons du reste que le climat de cette partie de l’État de Washington est extrêmement humide, brouillards et averses y sont incessants, et les bois qui demeurent couchés sur le sol sont dans une humidité constante. P. de M.
- CHRONIQUE
- La reliure des livres. — C’est là une question qui n’intéresse pas seulement les bibliophiles, professionnels ou non, mais d’une manière générale tous les amis des livres et de la lecture. Elle vient d’être résolue par les soins de la Society of Arts, de Londres, qui a eu l’ingénieuse idée de faire à ce sujet une enquête très étendue et très consciencieuse chez tous les directeurs, conservateurs, archivistes, etc., des principales bibliothèques publiques du Royaume-Uni et de l’étranger. Des réponses reçues il résulte que le veau et, immédiatement après, le cuir de Russie font les plus mauvaises reliures, sous le rapport de la durée. Au contraire, le maroquin, la peau de porc et, de préférence, la peau de truie sont pour
- ainsi dire inusables. Le bon parchemin peut être aussi employé dans certains cas. Les directeurs des trente-neuf bibliothèques dont la Society of Arts avait sollicité l’avis ont tous reconnu, en outre, que l’éclairage au gaz détériorait rapidement les meilleures reliures, et que l’électricité, à ce point de vue, était bien préférable.
- Les races nègre et autochtone aux Ltats-LTnis. — Une constatation imprévue, mais très exacte, qui découle des résultats obtenus lors du dernier recensement aux Etats-Unis est que la race noire ou de couleur compte un nombre très considérable d’individus et qu’elle tend à s’accroître. Le Census bureau de Washington vient de faire connaître leur nombre qui atteint aujourd’hui 9 041 000. La population nègre, il y a quelques années, était de 9 025 000 âmes environ. Alors qu’en 1890 la proportion des nègres était de 11.8 pour 100, elle dépasse 12 pour 100 à présent. Quant aux Indiens autochtones, relégués ainsi qu’on sait dans l’État de l’Oklahoma et l’Indian Territory, ils sont au nombre de 16 000. Leur chiffre reste stationnaire.
- (( House-boats » cottage à vapeur. — Pour fuir la chaleur accablante qui sévissait dernièrement à Londres, un certain nombre d’Anglais avaient imaginé de se faire construire des maisons flottantes très luxueusement aménagées, qu’ils appellent des « house-boats », et dans lesquelles ils s’amusent à remonter le cours de la Tamise ou à naviguer tranquillement sur les canaux qui sillonnent en tous sens le Royaume-Uni. Un des plus beaux de ces cottages à vapeur est, sans contredit, celui de M. T. R. Dewar, le richissime membre du Parlement britannique, dont la construction seule a coûté près de un million de francs. Il a été baptisé la Jolie-Fille-de-Pei'th, et comprend, outre huit chambres à coucher, deux salons, une bibliothèque, un fumoir, une salle, de billard arrangée à l’orientale. C’est, pensons-nous, un des seuls bateaux de ce genre qui soit doté d’une salle de billard. Au-dessus du house-boate a été établi une sorte de pont promenade qu’un vélum abrite du soleil, et où plus de cent personnes peuvent se tenir à l’aise.
- Cinq générations. — On sait combien est vigoureuse la race canadienne-française et à quel point elle s’accroît avec rapidité. Cette remarquable extension est due à ce que les familles sont nombreuses et aussi à ce que les cas de longévité sont des plus fréquents. C’est pourquoi il n’est pas rare de voir au Canada un respectable aïeul à la tête d’une postérité d’une centaine de descendants, répartis sur quatre ou cinq générations. La ville de Sorel nous en offre actuellement un exemple dans la personne de Mme veuve Ilurteau, âgée de 92 ans, en possession de toutes ses facultés physiques, intellectuelles et morales et qui voit se dérouler derrière elle toute la suite de ses enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants et même des enfants de ces derniers, ce qui donne en tout cinq générations actuellement existantes. Nous avons en main une photographie représentant un échantillon de chacune de ces générations. On y voit, en allant de gauche à droite : 1. Mme veuve Ilurteau, née Henriette Dallaire, 92 ans; 2. Mme veuve Portelance, née Sophie Ilurteau, 72 ans; 5. Mme Veuillet, née Cécile Portelance, 49 ans; 4. Mmo Robidoux, née Marie-Louise Veuillet, 22 ans; 5. Edgard Robidoux, 5 mois.
- Un nouveau quadrupède. — On vient de découvrir au Canada un curieux petit quadrupède ; c’est une sorte de kanguroo. Il marche en bondissant sur ses pattes de derrière qui sont longues et puissantes; il possède une forte queue sur laquelle il s’appuie. La couleur de sa
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- fourrure varie du gris clair au brun foncé, mais elle n’a rien de bien fixe et varie beaucoup d’un individu à l’autre, sans doute suivant leur âge. 11 a été découvert dans l’ouest du Canada, en ce lieu étrange et relativement peu connu qu’on désigne sous le nom de Death Valley. Comme sa tète ressemble à celle du rat, on l’a désigné sous le nom de rat-kanguroo, mais il n’appartient nullement à la famille des rongeurs.
- La plus petite île de l'océan Atlantique. — Dans une revue écossaise, M. Miller Cbristy, un voyageur bien connu en Angleterre, révèle l’existence d’un îlot perdu au milieu de l’Atlantique, qu’il a été un des premiers à explorer et qui semble bien être la plus petite île de l’Océan. Qu’on s’imagine un rocher de 75 mètres de circonférence, haut de 22 mètres, ressemblant de loin à quelque vaisseau fantôme aux voiles déployées, et si abrupt qu’on ne peut guère y aborder que par un temps absolument calme. Seuls, les oiseaux marins ont élu domicile à Rockall — tel est le nom de cette terre minuscule, — et lorsque M. Miller Christv, sous les auspices de l’Académie royale irlandaise, vint explorer l’îlot dont nous parlons, il n’y trouva que des habitants ailés, 250guil-lemots, 50 kiltimakes, et une quarantaine d’autres oiseaux de mer. Le plus curieux est que Vile de Rockall, de formation basaltique, doit être la crête d’une énorme montagne sous-marine, à base très étroite, puisque tout autour l’expédition a relevé des sondages de 1200 à 1750 brasses de profondeur.
- Le cheval fossile. — D’après Science, grâce à un subside fourni par un ami du Muséum américain, le professeur Osborne avait envoyé deux missions, l’une au Texas, l’autre au Colorado oriental, pour faire des recherches sur le cheval fossile. Il parait que la mission du Texas a découvert un dépôt d’ossements du cheval à trois doigts, le protohippus, qui permet de combler une lacune importante dans l’histoire du cheval.
- (Jn curieux travail (l’irrigation aux Hawaï. — On vient de terminer dans l’île de Maui, une des principales du groupe des Hawaï, un travail d’irrigation bien curieux par ses proportions, et surtout par les conditions dans lesquelles il a été mené à bien. Pour arroser une plantation, on a creusé un canal sur lés flancs du cratère du Haleakala, et les 200 millions de litres dont on dispose ainsi quotidiennement sont conduits à une distance de plus de 50 kilomètres, à travers une série innombrable de vallées abruptes et même de précipices, et aussi de chaînes rocheuses qu’il fallait faire franchir à la conduite métallique emportant les eaux. Pour traverser les vallées les plus abruptes, on n’a point disposé la canalisation sur des charpentes, même en bois, comme cela se fait d’ordinaire, mais on a eu recours à des siphons innombrables, en faisant toujours épouser à la conduite le profil du sol, et en lui faisant descendre puis remonter les pentes les plus abruptes. C’est ainsi qu’on a traversé le vrai précipice dit Maliko Gulch, qui a 105 mètres de profondeur pour une largeur de 400 mètres à peine. Le travail a coûté 1 250 000 francs, mais il permet de livrer à la culture près de .2500 hectares de terres demeurées jusqu’ici incultes. __________
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 16 septembre 1901.
- Présidence de M. Bouquet de la Grye.
- Transmission rapide de dépêches. — M. Mercadier expose dans une lettre un système de transmission de
- dépêches au moyen duquel on peut arriver à une vitesse telle que l’on transmettrait 9000 mots en une demi-heure, à l’aide d’un même fil, en employant 16 opérateurs à ce travail. L’auteur propose de réaliser ce résultat en associant le multiplex et l’appareil Baudot.
- Découverte de dessins préhistoriques. — M. Moissan présente une Note de MM. Capitan et Breuil sur une grotte dont les parois portent des dessins gravés de l’époque paléolithique. Cette grotte se trouve à Comba-relles (commune de Tavac), dans le département de la Dordogne ; elle est située à 2 km environ de la grotte de la Moutte. Elle est formée d’un long boyau d’une longueur totale de 225 mètres sur une largeur de lm,50 à 2 mètres et une hauteur variant de 0m,50 à 3 mètres. Dès l’entrée les parois sont recouvertes d’une épaisse couche de stalagmite; puis, à une centaine de mètres, se trouvent les premières figures nettes sur chaque côté de la galerie ; certaines figurations, surtout celles du cheval, sont aussi remarquables et de même caractère que les plus belles gravures sur os de l’époque magdalénienne. Les animaux représentés sont surtout le cheval, puis un équidé ressemblant à l’hémione, le bœuf, l’auroch, le bouquetin, l’antilope Saïga, le renne, et enfin — fait absolument nouveau — le mammouth. Les figurations de mammouth permettent de constater les caractères de cet animal : front très haut avec concavité médiane, défenses très courbes, poils recouvrant le corps de l’animal et pieds typiques.
- La destruction des pyrales. — M. Joannès Chatin analyse une Note de MM. Vermorel et Gastine sur la destruction des pyrales au moyen de pièges lumineux éclairés à l’acétylène. La pyrale est un papillon qui compte parmi les plus anciens et les plus redoutables ennemis de la vigne. Autrefois on allumait pendant la nuit de grands feux pour attirer les insectes qui venaient se brûler à la flamme ; ou bien on pratiquait l’ébouillantage. Cette année, en présence d’une très vive période d’attaque des vignobles du Beaujolais, MM. Vermorel et Gastine ont employé des lampes à acétylène à flamme libre, placées au milieu de bassins métalliques remplis d’eau recouverte d’huile de pétrole ou de schiste. Beaucoup d’insectes étaient brûlés en passant dans la flamme ou dans la zone de gaz chauds située au-dessus d’elle, mais la plupart étaient pris en se précipitant dans les bassins par leur vol saccadé à courbure plongeante. Les insectes tués ont, dans certaines nuits, atteint le nombre de 2000 ; les femelles, bien qu’ayant un vol plus lourd, atteignaient une proportion qui a varié du quart aux trois quarts. On peut espérer que ce procédé, d’une application facile, ne comportant qu’une dépense minime, rendra de réels services aux viticulteurs en leur permettant de lutter non seulement contre la pyrale, mais aussi contre d’autres insectes ampélophages tels que la cochylis.
- Varia. — M. Michel Lévy présente une Note de MM. Du-parc et Pearce sur des filons de dunite qui traversent en grand nombre la koswite dans l’Oural. — M. Tival décrit un système d’interrupteur électrique fondé sur l’action de la lumière sur le sélénium.
- Cil. DE VlLLEDEUIL.
- PRODUCTION DU CAOUTCHOUC
- La production du caoutchouc augmente chaque année dans des proportions très sensibles. La production annuelle est actuellement, pour le monde entier, de 42 000 000 de kilogrammes, ce qui est
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- un chiffre fort respectable et qui pourtant tend à s’élever. A lui seul, le Brésil fournit la moitié de cette quantité (environ 25 000 000 de kilogrammes) et ce caoutchouc est produit par diverses espèces du genre Hevea, par le Castilloa et par le Mnnïhot. On récolte le caoutchouc au Brésil en pratiquant des saignées dans les arbres qu’on évite avec soin de détruire. Mais jusqu’ici on s’est contenté d’exploiter les Hevea sans se donner la peine d’apporter aucun soin à leur culture. Le 20 mars 1896, par une loi spéciale, l’État de Para (Brésil) a établi des primes pour l’encouragement des plantations d’arbres à caoutchouc, il alloue 1 000 000 de reis par lot de 2000 seringueiras plantés convenablement, pourvu que le terrain appartienne en propre au planteur ou qu'il soit affermé par lui. Les espèces exploitées dans la région traversée par l’Amazone ne sont pas seulement du genre des Hevea, on y trouve encore en assez grande quantité le Castilloa elastica. M. Àcker-mann, qui a décrit les procédés d’extraction et de coagulation, dit qu’un seul ouvrier opérant sur une centaine d’arbres, répartis à des distances variables, peut arriver à extraire 400 à 800 kilogrammes de caoutchouc, chiffre qui est relativement peu considérable et qui pourrait être beaucoup plus élevé dans une plantation bien organisée. Il convient d’ajouter que les primes accordées pour la. création de plantations au Brésil n’ont produit jusqu’ici que des effets peu appréciables.
- Les colonies tropicales pourraient, avec profit et sans crainte d’une concurrence très prochaine, créer et développer des plantations de végétaux produisant le caoutchouc. Des essais ont d’ailleurs été faits en ce sens, depuis quelques années, dans le Congo belge et le Congo français. 11 serait à souhaiter de voir ces mesures se généraliser. B. S.
- LE NAIN PUCETO
- DES ILES PHILIPPINES
- Puceto, un nain philippin, est en train de devenir célèbre. Il a débarqué dans ces derniers temps à San Francisco, et, depuis lors, il est l’objet d'une
- curiosité générale de la part des Californiens. 11 est vraisemblable que, partout où il ira, il en sera de même, car Pucelo est loin d’être un nain ordinaire.
- Ce n’est pas qu’au point de vue physique il offre rien de spécial. Sa taille est de trente-six pouces (0m,914) et il est âgé de soixante ans. Malgré sa petite taille et ses cheveux blancs, il est néanmoins fort et vigoureux.
- Mais ce qui lui donne un intérêt particulier ce sont les exploits qu’il a accomplis aux Philippines comme défenseur de l’indépendance de ces îles, exploits auxquels les Américains sont les premiers à rendre le plus éclatant hommage. Depuis que la guerre insurrectionnelle est déchaînée, Puceto n’a cessé de combattre et, s’élançant tout' seul contre les corps américains, il leur faisait le plus grand mal, grâce à une tactique qui lui était particulière. Habile à se faufiler, sans être vu, dans la brousse, ce que lui favorisait, du reste, sa taille exiguë, il s’approchait des sentinelles ennemies et les jetait bas, une à une, à coups de fusil. Ce tireur émérite a peut-être tué ou blessé de la sorte plus de cent soldats des États-Unis. Cette mise hors de combat prit de telles proportions que l’état-major de l’armée fédérale s’en émut et crut nécessaire d’aviser aux moyens de la faire cesser en se débarrassant une fois pour toutes du terrible nain. Un sergent du 51e régiment de volontaires, du nom de Henry Stepler, trappeur de son métier, se chargea de ce soin et finit par réussir dans cette entreprise, mais non sans avoir eu à vaincre les plus grandes difficultés. Enfin, un beau jour, il rentra au camp de Zambdanga avec le nain Puceto qu’il portait sous son bras.
- Depuis cette époque, le trappeur Stepler est rentré des Philippines à San Francisco, avec le nain qui lui avait été abandonné en toute propriété. Il l’exhibe en public avec le plus grand succès et en faisant des recettes excellentes. Il compte le montrer ainsi dans les principales villes américaines et arriver, grâce à lui, à réaliser une grosse fortune dont généreusement il lui abandonnera une part. L. Genty.
- Le Gérant : P. Masson.
- Le nain l'ueelo.
- Paris. — Imprimerie I.auuhe, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1479. — 28 SEPTEMBRE 1901
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- LE BOUTURAGE EN ARCADE ET A L’ENYERS
- Le bouturage à l’envers est une des mille curiosités végétales, non dépourvues de caractère pratique, que l’observateur remarque aisément.
- Un ouvrage ancien et très rare, intitulé « Curio-sitez de la nature et de l’art sur la végétation, etc. », par l’abbé de Vallemont, imprimé à Bruxelles en 1715 et qu’un horticulteur du Nord de la France, M. Van den lleede, possède dans sa bibliothèque, contient sur ce sujet des remarques qui, longtemps, avaient passé inaperçues.
- Il y est notamment relaté, en ce qui concerne le bouturage, que des branches de Groseillier, de Saule, de Vigne, de Bouleau, d’Osier, bouturées en arceau,
- ayant chacune de leurs extrémités enfoncées dans le sol, ont développé des racines, de sorte que l’arceau, partagé au milieu, donnait deux plantes. Cet auteur va même plus loin et dit que M. de Leenwenback communiqua à la Société Royale d’Angleterre qu’ayant couché sur le sol un Tilleul, dont la tête et les branches avaient été enterrées, il constata deux ans après que les branches avaient émis des racines et que, d'autre part, les anciennes racines, ayant été découvertes et mises à l’air, avaient toute l’apparence d’une touffe, puisqu’elles avaient développé des branches qui s’étaient elles-mêmes enracinées.
- Ce fait que l’on observe journellement sur quantité d’arbres et d’arbustes, dont les racines se trouvent exposées à l’influence des agents extérieurs, et (jui a donné l’idée de multiplier certains végétaux
- Le bouturage eu arcade et à l’envers.
- 1. G relie d ËpiplujUtan sur bouture a l’envers du Phyllocaclus. — 2. Bouture à l’envers de Hoya globulosa.
- 3. Bouture en arcade d’Æscbynanthus javanicus. — i. Bouture de feuille, à l’envers, de Pachyphyllum bracteosum.
- par le sectionnement de ces racines, n’a en principe rien qui soit extraordinaire.
- Toutefois, M. Van den Heede voulut vérifier quelques-unes des théories émises dans ce vieil ouvrage ; ses expériences, des plus intéressantes, et qui furent couronnées de succès, portèrent notamment sur le bouturage en arcade et à l’envers.
- Dans son esprit il envisageait que les racines pouvaient être émises aussi bien par l’extrémité supérieure d’une branche que par la base. Il pensa d’ailleurs, fort justement, que la naissance des racines adventives sur certaines plantes placées dans des conditions convenables, et l’enracinement des feuilles d’autres plantes, en étaient autant d’indices, sinon de preuves.
- Il boutura d’abord en arceau un rameau deHoya globulosa. Placée dans une serre tempérée, cette M' année — î* semestre.
- bouture s’enracina aux deux bouts. Une vingtaine de jours après sa plantation elle développa un œil à l’aisselle d’une des deux feuilles se trouvant au sommet de l’arcade. Cette plante ayant les feuilles opposées, une section fut laite entre les deux feuilles, l’une dont l’œil de la base s’était développé, l’autre dont l’œil était resté à l’état latent, mais qui poussa par la suite. Pourtant les avis émis par quelques personnes, au sujet de cette bouture, étaient qu’ayant deux bases enracinées elle ne pouvait développer aucune pousse.
- Ce résultat engagea M. Van den Heede à poursuivre ses essais. Il constata que ce mode de bouturage n’était pas simplement curieux, mais qu’il offrait certains avantages. La bouture en arcade ne se fane pas autant qu’une autre, par conséquent, souffre moins et est susceptible d’émettre plus rapidement
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- des racines. D’ailleurs, dans ce genre de bouturage en arcade comme dans le bouturage à l’envers, l’enracinement de l’extrémité est plus prompt. Ceci s’explique assez par l’abondance des cellules nouvelles et de sève destinée aux autres feuilles, qui activent la formation du bourrelet et donnent naissance à des racines.
- Ces deux genres de boutures sont susceptibles de rendre plus florifères les plantes à fleurs à cause du mouvement contraire de la sève qui, .se trouvant contrariée, facilite la formation des boutons, plutôt que l’élongation des tiges. Enfin, s’il s’agit de plantes nouvelles, qu’il y a avantage à multiplier en quantité, une seule bouture possédant deux feuilles opposées peut très facilement fournir deux plantes, puisque comme dans le lloya il est facile de diviser la bouture au milieu de ces deux yeux.
- Les plantes qui servirent aux expériences de bouturage en arcade furent choisies dans divers genres : Selaginella, Torenia, Ochna, Tradescantia, Ficus, Jasmin, Peperomia, Æschynanthus, etc. La figure 1 montre précisément une bouture en arcade A'Æschynanthus javanicus parfaitement reprise et qui constituera deux sujets.
- Ces mêmes plantes, ainsi que d’autres : Pliyllo-cactus, Cereus, Opuntia, Nerium, Ficus replans, etc., furent bouturées la tête en bas. Elles ont émis et développé des racines aussi vite, sinon plus, que par les procédés normaux. Deux de ces boutures sont également montrées dans la figure 1 : un rameau de lloya carnosa, bien enraciné, et une feuille de Pachyphyllum hracteosum, qui est fort curieuse.
- Ce dernier genre se classe dans la série des plantes dites grasses qui, comme les Sedum, Sempcrvivum, Echeveria, etc., se reproduisent assez bien par le bouturage pur et simple des feuilles. Mais en général ce mode, qui peut rendre de grands services pour la propagation des nouvelles variétés, est peu pratiqué à cause de la lenteur avec laquelle ces boutures se développent et constituent une plante. L’essai tenté comparativement sur le bouturage des feuilles du Pachyphyllum mérite d’attirer l’attention des praticiens. Trois feuilles furent plantées dans un même pot, mais dans trois positions différentes : la première le fut normalement, avec sa base enterrée, la seconde fut plantée la tête en bas, et la troisième fut simplement couchée sur la terre, un crochet en bois la maintenant fixe. Toutes trois donnèrent naissance à des racines, mais l’avantage resta aux deux secondes; car, en même temps que les racines, deux petites plantules se développèrent et s’enracinèrent, puis les feuilles qui les avaient formées se desséchèrent, tandis que la première resta inerte malgré ses nombreuses racines.
- Les rameaux bouturés la tête en bas sont plantés comme le seraient d’autres boutures, c’est-à-dire en les enfonçant de 1 à 2 centimètres, en supprimant les feuilles qui se trouveraient enterrées et en enlevant une partie du limbe de celles qui sont conservées.
- D’expérience en expérience, M. Van den Heede,
- arriva à greffer des rameaux d' Epiphyllum trun-catum sur des boutures à l’envers d’Opuntia et de Phyllocactus (fig. 1) déjà enracinées. Ces greffons se soudèrent parfaitement et se développèrent comme s’ils étaient entés au sommet de plantes bouturées de la façon ordinaire, ce qui tendrait à démontrer que la circulation de la sève se produit normalement même dans le sens contraire.
- Il convenait de constater ces premiers résultats concluants, d’autant plus que les jeunes plantes ainsi multipliées poussent tout aussi bien que celles bouturées par un des procédés courants. Nous croyons que ce genre de bouturage aura surtout une certaine utilité lorsqu'il s’agira de sujets s’enracinant difficilement, ou encore se montrant rebelles à la floraison et à la fructification. Ce sont d’ailleurs des essais que tout le monde peut reprendre et développer. Ils sont aussi intéressants qu’amusants et curieux, car les conséquences et les résultats de la mise en pratique d’anciens procédés peuvent être très utiles pour beaucoup de choses. On doit donc savoir gré à M. Van den Heede d’avoir dirigé ses travaux en ce sens.
- Nous attachons moins d’importance au greffage des Rosiers en plaçant les écussons à l’envers. A peine cela peut-il contribuer à régulariser la végétation et rendre plus florifères certaines variétés, dont les yeux se développent vigoureusement à bois ou en rameaux gourmands, en donnant ainsi peu ou pas de roses. D’ailleurs l’écussonnage à l’envers est pratiqué dans certaines pépinières et par les arboriculteurs soucieux d’obtenir des formes d’arbres fruitiers impeccables. Les yeux des écussons posés à l’envers ont une tendance à se développer horizontalement et bien perpendiculairement à la branche qui les porte, ce qui permet d’obtenir des pal-mettes, à branches parfaitement horizontales, sans aucun coude à leur insertion sur la tige centrale. Albert Malmené,
- Professeur d ' Horticulture.
- L’VVI VTELH DE M. ROZE
- M. Roze est un inventeur de machine aérienne qui n’a pas craint qu’on lui appliquât les vers du poète :
- Je suis oiseau, voyez mes ailes....
- Je suis souris : vivent les rats.
- Les uns construisent des ballons et s’essayent à les diriger; les autres n’ont foi que dans les appareils plus lourds que l’air : l’aviateur Roze est un compromis entre ces deux solutions extrêmes de la navigation aérienne. Il participe de leurs avantages, et aussi, bien entendu, de leurs inconvénients.
- Dans l’état actuel de la science et de l’industrie des moteurs légers, il serait difficile sans doute d’établir un aéroplane complètement autonome, c’est-à-dire susceptible de s’enlever par ses propres forces. Soulageons-Ie d’une partie de son poids, s’est dit l’inventeur, et pour cela suspendons-le à un ballon qui lui servira de ceinture de sauvetage, à la
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- LA NATURE.
- manière des plaques de liège ({lie les mauvais nageurs s’attachent aux aisselles. M. Roze réduit ainsi à 80 ou 100 kilogrammes la prépondérance du poids de tout l’ensemble, estimant qu’il lui sera facile d’enlever une aussi faible charge au moyen d'hélices.
- Est-ce une bonne idée? Ne vaudrait-il pas mieux, à tant faire que de s’aider d’un ballon, le prendre suffisant pour enlever toute la charge et chercher à le diriger par les moyens les plus simples?... L’expérience définitive répondra à toutes ces questions, si l’on ne veut pas considérer comme concluants les premiers essais auxquels M. Roze s’est livré ces jours derniers. En tout cas, il ne faut jamais décourager les initiatives et les bonnes volontés, alors que les chercheurs s’écartent des sentiers battus; car le progrès sort, fort imprévu parfois, de la fermentation de toutes les idées qui bouillonnent dans la cervelle humaine, malgré que ces idées ne soient pas toutes également judicieuses et pratiques.
- Le moment, d’ailleurs, est favorable à l’éclosion des découvertes et les choses de l’air sont à l’ordre du jour. On interviewe les inventeurs de ballons et on les portraicture, sans même attendre que le succès ait couronné leurs efforts, sans doute parce que leurs tentatives semblent louables en tout cas, dénotant chez leurs auteurs une singulière vaillance et des moyens qui ne sont pas à la portée de tout le monde.
- Voyons donc en quoi consiste 1’ « Aviateur » que M. Uoze construit dans son vaste hangar de Colombes et qui n’est pas une improvisation hâtive, mais le fruit de longues années de gestation.
- Tout d’abord un coup d’œil d’ensemble. L’appareil de sustentation est composé de deux énormes ballons pisciformes de 45 mètres de long et 7m,50 de diamètre, renfermant chacun 1550 mètres cubes d’hydrogène; ces ballons jumelés côte à côte, au moyen de deux cours superposés de trois traverses tubulaires en aluminium avec un système de contre-fiches et de tendeurs qui assurent l’invariabilité du bâti, laissent entre eux un intervalle suffisant pour l’installation de la nacelle, des machines et des divers engins de propulsion et de direction. Dans les parties hautes du bâti, douze châssis recouverts de soie sont disposés parallèlement comme les lames d’une gigantesque persienne horizontale : nous verrons tout à l’heure comment cet organe spécial peut jouer le rôle de parachute.
- Les ballons, qui ont un allongement de six diamètres comme le ballon Renard, sont constitués par une enveloppe de soie tendue sur une carcasse métallique formée d’une série de parallèles circulaires en tubes d’aluminium que relient des arcs méridiens de môme nature. Un cône en aluminium assure à la pointe toute la rigidité désirable.
- On sait que, dans d’aussi vastes vaisseaux, il se forme d’énormes vagues gazeuses qui, en exagérant le tangage, peuvent mettre la stabilité en péril. Dans le but de s’opposer à ces mouvements de llux et de rellux, on a depuis longtemps imaginé de cloisonner l’intérieur des ballons. Celui du comte Zeppelin, sur
- une longueur de 154 mètres, comportait 17 compartiments. M. Roze, en adoptant le même procédé, a ménagé dans chacun de ses ballons 12 cellules séparées par des diaphragmes transversaux en soie. Ces cloisons sont munies de clapets automatiques qui permettent à l’équilibre de pression de s’établir. Il est également indispensable que la même pression existe toujours entre les deux ballons conjugués, si l’on veut qu’ils se maintiennent sur le même plan de navigation ; il a donc fallu les mettre en communication par l’intermédiaire des six traverses horizon taies du bâti qui sont formées de gros tubes d'aluminium.
- Dans le plan des trois traverses inférieures, des pièces cintrées dessinent les arêtes du pont de la nacelle dont la légère charpente s’incurve en carène de 12 mètres de longueur, tandis qu’au-dessus du pont, des fermes ogivales supportent une tente. Le pont partage ainsi la nacelle en deux étages situés de part et d’autre des traverses. Au centre de l’étage inférieur se trouve un salon séparé par une cloison d’étoffe de la cabine disposée à l’avant pour le capitaine qui, de là, peut manœuvrer les divers gouvernails. Le mécanicien se tient au contraire sur le pont, près des machines. La force motrice est fournie par deux moteurs à pétrole à deux cylindres et tà refroidissement hydraulique. Chacun de ces moteurs peut développer 10 chevaux, soit 20 chevaux au total. L’une des machines est plus spécialement destinée à mouvoir, à 250 tours, les hélices horizontales servant au mouvement ascensionnel; mais on peut réunir toute la force motrice sur les hélices propulsives dont la vitesse atteint alors 500 tours en pleine puissance.
- Les hélices propulsives sont au nombre de deux, l’une à l’avant, l’autre à l’arrière. Elles ont 5m,40 de diamètre et un pas de 5 mètres. Les deux hélices horizontales produisant le mouvement ascensionnel sont semblables et placées au-dessus de la nacelle.
- Le gouvernail de direction est disposé à l’arrière et directement dans le vent de l’hélice de proue. En outre, il existe quatre gouvernails horizontaux faisant l'office de nageoires et destinés à régler l’inclinaison de l’appareil et, sans doute, à combattre le roulis qui peut se produire avec deux ballons conjugués.
- 11 faut tout prévoir, même le cas où les hélices ascensionnelles refuseraient le service. L’Aviateur tomberait alors sous son excès de poids (environ 100 kg), et sa vitesse de chute s’accélérerait d’une façon exagérée. Pour parer à tout accident, M. Roze a combiné un parachute qui doit jouer automatiquement à la descente. Ce parachute est composé, nous l’avons dit, de douze bandes de soie de -4 mètres de longueur et de 0m,90 de largeur, fixées sur des cadres légers et solides qui peuvent osciller autour de leur arête horizontale supérieure. On a comparé l’aspect de tout cet attirail à celui des écrans protecteurs qui forment le ciel des bains-flottants sur la Seine. Lorsque le ballon monte, ces volets pendent verticalement et n’opposent aucune résistance à l’ascension. Lorsque se dessine, au contraire, la
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- marche en avant, les lames cèdent à la poussée de cend, la résistance de l’air, pour peu que le mouve-l’air, s'inclinent vers l'arrière, et si le ballon des- ment s’accélère, devient sul'lisante pour relever
- Fig. — Carcasse en aluminium de l'aviateur Roze,
- Fig- 2. — Vue arrière de la nacelle montrant le gouvernail, Fig. 3.
- les hélices et le parachute. Vue en pointe du ballon.
- complètement les lames qui se mettent alors dans j l'horizon. On a ainsi non seulement un parachute, un meme plan horizontal ou faiblement incliné sur j mais un véritable aéroplane qui, combiné avec les
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- Fig. d.
- Vue d'ensemble de l’aviateur pendant un essai d’élévation
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- hélices sustentatrices et directrices, permettrait les déplacements les plus variés, par propulsion directe et par glissement sur l’air.
- On peut, d’après cette description sommaire, se rendre compte du mode d’action de l’Aviateur et, en même temps, formuler quelques observations.
- L’emploi de l’aluminium pour la carcasse, où il n’entre pas moins de 5600 mètres de tubes, a permis de réduire le poids total à un minimum relatif qui atteint néanmoins 2600 kilogrammes ; lorsqu’on y ajoute la surcharge des voyageurs, le poids de l’appareil dépasse de 80 h 100 kilogrammes la poussée du gaz; mais cette gravité résiduelle est voulue par l’inventeur et fait partie de son système. Malheureusement les premiers essais ont montré qu’elle était encore trop forte. La carcasse métallique a, en outre, des inconvénients considérables et d’exemple des ballons allemands de Schwartz et du comte Zeppelin n’est pas fait pour la recommander. Quoi que l’on fasse, elle rendra difficiles les atterrissages fortuits en pleine campagne et impossible le retour au port d’attache en cas de panne, malgré les roulettes caoutchoutées dont le bâti se trouve ici pourvu. La résistance de l’air est considérablement augmentée par les rides que la membrure dessine sur l’enveloppe, et surtout par toutes les pièces apparentes du bâti. Le colonel Renard a fait précisément des expériences singulièrement suggestives sur la part qui revient, dans cette résistance, aux suspensions et cordages; mais, loin de réduire la surface de ces organes, M. Roze leur a donné une grande importance par la nécessité d’entretoiser solidement les ballons au moyen de tubes de fort diamètre. Le parachute lui-même opposera une grande résistance au mouvement horizontal, en ajoutant une partie de sa surface à l’énorme section du maître-couple dans le double aérostat. Il suffirait de comparer la force motrice par mètre carré de maître-couple dans l’Aviateur Roze et dans les ballons déjà expérimentés pour s’apercevoir qu’elle est très faible et ne pourra donner qu’une vitesse horizontale assez réduite.
- Un autre grave défaut du système réside dans la grande difficulté qu’on aura à obtenir l’étanchéité des joints nombreux, sur les points où les tubes pénètrent l’enveloppe, et malgré les multiples précautions prises par l’inventeur. IÎ semble bien que cet inconvénient s’est déjà manifesté pendant les gonflements préliminaires.
- Ce sont là des réserves d’ordre général qui n’empêchent pas de reconnaître toute l’ingéniosité que l’inventeur a apportée dans la solution des nombreuses questions soulevées par une conception assez nouvelle, et il nous reste à souhaiter que tant d’efforts soient récompensés par le succès. Tandis que M. Santos-Dumont a construit la voiturette aérienne, M. Roze aura tenté de nous doter du confortable omnibus aérien ; mais, jusqu’à présent, le Métropolitain n’a pas à craindre une trop sérieuse concurrence. Ces jours derniers, en effet, les 5
- et 6 septembre, M. Roze a essayé de partir dans son ballon ; mais ce dernier était trop lourd et il n'a pu s’élever par la seule vertu de ses hélices ascensionnelles. Il a fallu le soulever à la main pour le lancer. Plusieurs tentatives n’ont donné aucun résultat.
- M. Roze a reconnu lui-même la nécessité d’alléger son ballon.
- 11 n’est plus question de mettre des voyageurs dans,l’omnibus; M. Roze lui-même se trouve trop lourd pour y monter, et l’on se contenterait bien de le mettre en route avec son wattman et son conducteur; mais, peut-être remarquera-t-on que c’est employer des moyens bien considérables pour un assez maigre résultat. Espérons néanmoins que des essais ultérieurs permettront au ballon de s’élever et d’essayer dans les airs son gouvernail et ses hélices. G. Espitaluf.k.
- CÉRUSE ET BLANC DE ZINC
- Plus de peinture à la céruse, désormais peinture au blanc de zinc ! Ainsi on en a décidé par mesure hygiénique. Les accidents étaient devenus si nombi’eux avec la peinture au plomb qu’il a fallu résolument condamner la céruse, malgré beaucoup de récriminations diverses. Il existe, en effet, une question du blanc de zinc et de la céruse qui remonte très haut. Dès 1782, Guyton de Mor-veau proposait de substituer le zinc à la céruse pour la peinture des appartements..., moins pour « ajouter un nouveau luxe à ce genre d’ornement que pour le salut des ouvriers et peut-être de ceux qui habitent trop tôt des maisons ainsi ornées ». Il parla dans le désert. 11 fit encore de nouveaux efforts tout aussi vains en 1786 et en 1802. Fourcroy, Berthollet, Yauquelin, en 1808, appuyèrent l’opinion de Guyton de Morveau. Chevreul s’en mêla en 1850. Et depuis, périodiquement, on fit campagne en faveur du blanc de zinc. Il aura fallu attendre 1901 pour voir triompher la peinture au zinc. Jusque-là, les peintres se refusaient à en faire usage, sous prétexte qu’elle « couvrait » mal, durait moins longtemps et coûtait plus cher.
- En présence des dangers d’intoxication saturnine dont les enquêtes sommaires ont montré la gravité, un chimiste bien connu, M. Ach. Livache, a voulu savoir si l’objection souvent présentée du prix de revient de la peinture au zinc avait vraiment quelque fondement. Il est clair qu’une substitution se fait difficilement dans l’industrie quand un produit coûte plus que l’autre. M. Livache a eu recours à un ouvrier expérimenté, qui lui a préparé les divers produits employés dans la peinture à l’huile, couleurs et enduits, à base de céruse et à base d’oxvde de zinc; puis, prenant les produits à base de céruse comme type, il a recherché les causes qui rendaient inférieurs les produits à base de zinc. Ces causes furent vite déterminées, et M. Livache a établi les formules qui, appliquées par l’ouvrier, ont donné des résultats identiques aux produits à base de céruse. Les voici en gros.
- Pour les couleurs à l’huile. 1° Si l’on considère des poids égaux de matières solides, les quantités de l’huile totale employée (huile contenue dans le produit broyé et huile ajoutée) doivent être dans le rapport inverse des densités des matières solides considérées à sec. 2° L’em-
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- ploi d’une dose modérée de siccatif, soit 1 pour 100 de l'huile totale, fait sécher la couleur dans les limites de temps imposées par la pratique. Ce résultat sera obtenu avec certitude, sans que la peinture subisse aucun jaunissement, en ayant recours à un siccatif tel que le rési-nate de manganèse, complètement soluble à froid dans l’huile et d’une extrême énergie. 3° Avec les quantités de matières solides et d’huile indiquées, le pouvoir couvrant d’une couleur à base d’oxyde de zinc sera le même que celui d’une couleur à base de céruse.
- Le calcul et l’expérience montrent qu’en effet les poids des matières solides déposées seront en raison inverse des densités et occuperont le même volume sur une surface donnée.
- Pour les enduits. Les enduits sont constitués par de l’huile, du blanc de Meudon, de la céruse ou de l’oxyde de zinc, et par un peu d’essence de térébenthine, selon le cas. Ces enduits sont destinés à donner un fond homogène et uni, surtout destiné à rendre la surface du plâtre ou du bois imperméable, afin que la couleur à l’huile, lors de son application, ne subisse aucune modification de composition résultant de l’absorption d’une partie de l’huile.
- Les enduits sont peut-être la cause principale des intoxications saturnines, soit que la nécessité du travail les maintienne en contact prolongé avec la peau, soit que, par le ponçage à sec, ils se dégagent à l’état de fines poussières. M. Livache, en comparant les enduits à base d’oxyde de zinc aux enduits à base de céruse, donne les règles suivantes :
- Enduits gras. 1° Il faut faire en sorte que le rapport du poids de l’huile employée au poids de l’ensemble des matières solides soit constant. Chacune des matières solides étant convertie comme poids en blanc de Meudon. 2° La bonne tenue d’un enduit résultera surtout de l’état de porosité des substances solides entrant dans la composition. 5° La céruse ou le blanc de zinc n’ont d’autre rôle que de servir d’excipient pour l’huile que le blanc de Meudon ne peut complètement retenir par suite de sa porosité insuffisante. L’expérience montre que, à la limite, le blanc de Meudon précipité, qui est d’une finesse et d’une porosité extrêmes, donne, sans addition de céruse ou d’oxyde de zinc, des enduits identiques comme tenue et application aux enduits à base de céruse. 4° L’oxyde de zinc pourra, sans inconvénient, être substitué à la céruse dans un enduit gras, pourvu qu’il y entre à une teneur suffisante.
- Enduits maigres et enduits pour moulures. Ces derniers devant être appliqués à la brosse peuvent être regardés comme dérivant d’un enduit gras rendu plus fluide par addition d’une quantité déterminée d’huile et d’essence de térébenthine.
- Voici pour l’emploi de la peinture au zinc. Quant aux objections du prix de revient et de durée moindre, elles ne semblent pas fondées, d’après M. Livache et son collaborateur, M. L. Potain. Pour la durée, en particulier, elle apparaît identique dans les deux cas, même pour les travaux extérieurs, par suite jje la teneur plus forte en huile qui donne un produit plus élastique et, par conséquent, moins sensible aux variations de température. Enfin, les produits à l’oxyde de zinc présentent le double avantage d’être inoffensifs et moins altérables.
- La question de la substitution du blanc de zinc à la céruse semble donc jugée, et nous appelons l’attention des architectes et des entrepreneurs sur cette étude très soignée de M. Ach. Livache. J.-F. Gall.
- LA PHILATÉLIE INCONNUE
- LES TIMBRES - RÉCIMMES COMMÉMORATIFS
- Dans un précédent article, nous avons parlé des timbres d’exposition1, nous allons nous occuper maintenant des timbres commémoratifs, destinés, tout comme les précédents, à servir de réclame.
- Ces deux classes de timbres sont du reste intimement liées lTme à l’autre, car beaucoup de commémorations se manifestent par des expositions, de telle sorte qu’il est souvent bien difficile de décider si tel timbre doit appartenir à l’une ou à l’autre catégorie. Le collectionneur se tire d’embarras en récoltant aussi bien les timbres commémoratifs que ceux d’exposition; il y joint même quelquefois une troisième catégorie de vignettes, celles se rapportant aux fêtes et réjouissances, aux inaugurations, aux congrès, etc. De la sorte, il a l’assurance de ne rien laisser de côté.
- Les collectionneurs de timbres-poste savent combien on a abusé de la commémoration pour émettre de nouvelles vignettes postales. Depuis 1892, une avalanche de plus de 500 timbres a fondu sur le monde philatélique : centenaires ou jubilés de la découverte de l’Amérique, de don Hcnrique, de Saint-Antoine de Padoue, de Yasco de Gama, de la reine Victoria, etc. ; l’Amérique et le Portugal se firent surtout remarquer par leur ardeur à créer des timbres de cette espèce. L’abus fut si manifeste, que le bureau international de Berne prit le parti d’y couper court en décidant qu’à l’avenir les timbres commémoratifs n’auraient plus cours pour les relations postales en dehors du pays d’origine. Et depuis cette mesure, on ne voit plus apparaître de ces intéressantes vignettes.
- Quant aux timbres-réclames de commémoration, ils continuent lentement mais sûrement leur marche et il n’y a pas à craindre que pour eux des censeurs rigoureux viennent à tarir la source de leur production.
- Le premier de ces timbres qui ait vu le jour paraît être celui qui fut émis en Angleterre, en 1864, à l’occasion du troisième centenaire de la naissance de Shakspeare.
- Pour en trouver d’autres du même genre, il faut aller ensuite jusqu’en 1874, année où des Autrichiens firent paraître quatre timbres en l’honneur de la découverte, dans l’Océan Glacial Arctique, des terres auxquelles on attribua le nom de l’empereur François-Joseph.
- Ce ne fut plus qu’en 1895 que d’autres timbres commémoratifs furent créés, d’un côté pour célébrer le vingt-cinquième anniversaire de l’entrée des troupes italiennes à Rome, de l’autre pour glorifier Sa Sainteté Léon XIII.
- A partir de 1895, les émissions se suivirent assez régulièrement et nous voyons apparaître des vignettes pour les anniversaires, centenaires ou jubilés de saint Antoine, de_ saint Ambroise, du bienheureux. Petrus Canisius, de saint Bartolo, de Donizetti, de Yespuc-ci, de Volta, de Philippe II, de Yasco de Gama,
- 1 Yov. n° 1309, du 17 mars 1900, p. 255.
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- de Van Dick, de la fondation des villes d’Anneberg, de Wildervank, de Laucha, etc.
- Quelques timbres ont été également émis, pour la conservation du souvenir d’événements contemporains, au moment même où ces événements se produisaient. Nous citerons entre autres : le mariage du
- prince de Naples, le couronnement de la reine de Hollande, le jubilé de l’empereur d’Autriche, etc.
- Enfin, il y a lieu de signaler les émissions faites h Paris, à l’occasion de la visite de S. M. Nicolas II et de l'impératrice de Russie ; ces vignettes, au nombre de sept, représentent, du coté de la France : Carnot,
- Fig. t.
- Sell o annun cio
- Fi". 5.
- Fip. 6.
- Fia. 7.
- Fig. 8.
- Fig. t. — Centenaire Je la découverte de la pile par Yolta. — Fig. 2. Jubilé de l’empereur François-Joseph (1" émission). Fig. 3. Centenaire de Toscanelli Yespucci. — Fig. 4. XV* centenaire de la mort de saint Ambroise. — Fig. ï>. 2o0® anniversaire de la fondation de la ville de Wildervank. — Fig. 6. IV* centenaire de la découverte de l’Inde. — Fig. 7. Jubilé du pape Léon XIII. Fig. 8. III® centenaire de Vau Ilyck. — Fig. 9. Centenaire de la Norwich Union. — Fig. 10. Jubilé de l’empereur François-Joseph (2® émission). — Fig. 11. IN® centenaire de la ville de Annaberg. -
- Casimir Perier et Félix Faure, et, du côté de la Russie : Alexandre III, Nicolas II et la czarine actuelle. Le septième timbre est attribué à Napoléon Ier. Le tirage a eu lieu en dix couleurs, ce qui donne le total de 70 timbres différents. Les timbres-réclames commémoratifs sont en moins grand nombre que ceux d’exposition ; ils ne s’élèvent pas à plus de 250.
- Parmi eux, il en est de très rares et dont le prix-est, par suite, relativement élevé; à citer, notamment : les deux, vert et rouge, de la prise de Rome, celui du bienheureux Petrus Canisius, et surtout celui du poète Shakspeare qui peut bien être estimé à une vingtaine de francs. D. L. N.
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- LE NOUVEAU CANON AMÉRICAIN
- Nos lecteurs savent, par les renseignements qui leur ont été donnés ici à mainte reprise, que ce que cherchent actuellement les artilleurs, c’est d’ohtenir que les projectiles fassent, dans la surface durcie des cuirassements, un trou suffisant pour que la puissance de détonation de la substance explosive,
- contenue dans le projectile, s’exerce derrière le cuirassement. Généralement ou s'efforce dans ce but de retarder l'explosion jusqu’à ce que l'obus ait traversé la plaque, résultat bien difficile à atteindre. Deux ingénieurs et inventeurs américains dont le nom est bien connu, MM. Emile et Louis Gathmann, prétendent résoudre différemment et victorieusement le problème en faisant arriver, au contact môme de la }»laque (un contact intime est nécessaire pour que
- l’effet disruptit soit pleinement utilisé), une masse considérable de substance explosive contenue dans le projectile.
- Dans ce but, ils ont fait construire, par les ateliers célèbres de la Bethlehcm Iron Company, un canon dit torpille de 457 millimètres de calibre, qui vient d’être soumis à des essais, et dont le fort calibre permet précisément l’emploi d’un projectile à grande capacité.
- Le poids de cette bouche à feu atteint presque 00 tonnes, sa longueur est de 15m,40 ; son diamètre extérieur à l’aplomb de la chambre est de lm, 14, ce qui suppose pour les parois une épaisseur considérable. La rayure en est du type Gathmann avec un pas qui varie de 0 à 1/25.
- La charge de poudre est de 140kg,6 : elle a pour mission de lancer un projectile de 810 kg, contenant 280 kg de charge explosive, à une vitesse qui doit être à la bouche de 040 mètres seulement. L’explosif est du fulmi-coton traité de manière à être rendu insensible à l’ébranlement causé par la combustion de la poudre. Les inventeurs comptent sur une trajectoire très droite, une portée aussi considérable que celle des meilleures pièces en service,
- et enfin une puissance vive de 10 995 000 kilogram-mètres au point d’impact, si l’on ne considère que le poids du projectile. Ce résultat est donné par les inventeurs comme une preuve que leur bouche à
- feu est bien supérieure aux canons dont les projectiles prennent une vitesse beaucoup plus grande. D'ailleurs, ces ingénieurs spécialistes estiment que l’énergie totale développée par l’obus à son point d’arrivée, grâce à sa puissance propre et à l'explosif qu’il contient en lui-même, représentera quelque 154 millions de kilogrammètres. Au point de vue des effets balistiques à en attendre, on peut s’en référer aux résultats donnés par un obus de 0m,50 portant seulement une charge de 90 kg du fulmi-coton humide et de type dit « torpille ». On a toujours vu la vague de l’explosion se produire et agir dans le sens voulu, en avant par conséquent, en pulvérisant pour ainsi dire une plaque de 50 centimètres avec tout le matelas «pii la supporte. L’obus torpille en question viendrait précisément en contact intime avec le but à détruire grâce au détonateur de sûreté et à la fusée de base inventés par MM. Gathmann, P. de M.
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- CHAUDIÈRES ET MACHINES A TAPEUR
- Le bulletin de la Société industrielle de Mulhouse a publié récemment le rapport de M. Walther-Meunier, ingénieur en chef de l’Association alsacienne des propropriétaires d’appareils à vapeur, sur les travaux exécutés sous sa direction pendant l’exercice 1000. Plusieurs de ces travaux présentent un certain intérêt et méritent d’être signalés.
- Il s’agit d’abord d’une fraude constatée dans la construction d’une chaudière. Le générateur, très ancien et de provenance inconnue, est du système à flamme renversée. A la suite d’une visite intérieure ayant donné un résultat douteux, on le soumit à un essai à la presse, au cours duquel des fuites se manifestèrent à l’une des ri-vures circulaires du corps principal, sur une longueur de 200 millimètres de développement. On constata l’existence d’une pièce rapportée, ajustée habilement contre la virole emboîtée, et rivée sur celle de plus grand diamètre comme si elle avait fait corps avec la première. Il est probable que, lors de la construction, la virole emboîtée, dont le métal est mauvais, s’était cassée sur la longueur indiquée par l’effet du poinçonnage, et que le défaut avait été dissimulé par le procédé. La figure 1 nous montre la disposition dont nous venons de parler.
- Le service de l’Association alsacienne a expliqué ensuite les conditions de marche défectueuse d’une machine à vapeur. La machine était jumelle; le deuxième cylindre avait été monté dans les premiers mois de l’année 1900. Elle était sans condensation, et, en hiver, la vapeur d’échappement, qui traverse d’abord un réchauffeur cl'eau d’alimentation, est utilisée au chauffage des salles de l’établissement. Un clapet, actionné par un régulateur de vapeur, permet de laisser échapper celle-ci à l’air libre, ou de la diriger dans la conduite de chauffage, dans laquelle le régulateur maintient une pression de 0ke,15 par cm2. L’admission au chauffage est fermée en été et la connexion du régulateur avec le clapet de répartition est supprimée. Le chauffage peut recevoir aussi de la vapeur directe, dont la pression est réglée également à 0k,-15 par cm2 par une disposition absolument semblable à celle qui opère la répartition de la vapeur d’échappement. Une valve spéciale, fermée complètement en été, placée en avant de la boite à clapets, permet de donner de la vapeur directe en cas de besoin, et celle-ci peut desservir le chauffage en même temps que la vapeur d’échappement sans occasionner de contre-pression nuisible; les deux régulateurs de vapeur étant disposés pour ne laisser qu’une tension de 0k(yl5 par cm2.
- La machine a des dimensions suffisantes pour conduire facilement tout l’outillage de l’établissement, même en prévision d’une augmentation de matériel et de plus l'éclairage électrique. Celui-ci, monté dans le courant de l’été, devait être reçu par le service électrique avant sa mise en usage. Le jour de la réception, en mettant la dynamo en marche, il ne fut pas possible de faire marcher la machine à vapeur à la vitesse voulue, et on télégraphia au service d’appareils à vapeur de venir relever des diagrammes. Ceux-ci étaient absolument corrects, mais accusaient à l’échappement une contre-pression de de 2 kg par cm2 ; c’était là la cause de l’impuissance de la machine.
- On chercha comment ce dérangement s’était produit, et on finit par trouver que le clapet de répartition, détaché du régulateur, avait son levier d’attaque fixé dans
- une position verticale qu’il conservait depuis l’arrêt du chauffage. Or, l’ouverture du c'apet à l’échappement libre correspond à une position du levier, à 45 degrés sur l’axe du tuyau de raccordement horizontal, et, par suite de la fausse attache du levier, l’échappement se trouvait fermé aux deux tiers environ, d’où la forte contre-pression. Aussitôt les choses mises en état, la machine fonctionna parfaitement.
- La marche défectueuse avait duré plusieurs mois ; on trouvait que la consommation de houille était un peu forte, mais sans s’en inquiéter autrement, toute l’installation des chaudières ayant été remaniée et son fonctionnement présentant encore l’avantage comparé aux conditions antérieures.
- Survint ensuite en juin 1900 un accident dû à la dépression des tubes-foyers d’une chaudière à foyers intérieurs. La chaudière fait partie d’une batterie de générateurs chauffée par des gaz des hauts fourneaux. La deuxième, virole du foyer de gauche portait, au ciel, une bosse de 800mm de longueur sur 12mm de relief et sur les deux côtés, entre le ciel et le milieu, deux dépressions, l’une de 510°”” de longueur, 200mm de largeur et 9mm de profondeur ; la seconde de 600mm de longueur, 250ram de largeur et 28mm de profondeur. La deuxième virole du foyer de droite se trouvait déprimée, un peu à droite du ciel, sur toute la longueur, sur une largeur de 520mm et sur une profondeur de 250mm au point le plus bas.
- Les 58, 4e, 5e, 6e, 8e, 10e et 11e rivures circulaires du foyer de gauche et les 7e, 8e, 9e, 10° et 11e rivures circulaires du foyer de droite livraient passage à l’eau. Les bords relevés des autres rivures circulaires bâillaient légèrement dans le haut. Les première et troisième viroles des deux foyers avaient conservé leur forme primitive.
- Cet accident était dû à un manque d’eau, quoique en dehors des déformations il n’en existât pas de trace à l’intérieur de la chaudière. Celle-ci a donc dû être alimentée encore après que les dépressions s’étaient produites.
- En Lorraine, au mois d’août, l’association eut l’occasion de constater la (( déformation d’un surchauffeur ». L’appareil qui a subi l’avarie appartient à une chaudière Babcock et Wilcox de 500 m2 de surface de chauffe, accolée à un générateur de mêmes dimensions, les deux faisant partie d’une batterie de dix chaudières de systèmes différents, chauffées par des gaz de hauts fourneaux. Chaque chaudière comporte deux corps cylindriques principaux, dans lesquels la vapeur est prise pour se rendre aux machines soit directement, soit en passant par les surchauffeurs. Ces derniers forment sous chacun des corps supérieurs des groupes de vingt-huit tubes en U horizontaux, reliés par éléments de quatre à deux collecteurs supérieurs recevant la vapeur saturée, et débouchant dans un collecteur inférieur commun d’où la vapeur surchauffée se rend aux machines. Le diamètre intérieur des tubes en U est de 50mm. Placés entre les corps supérieurs et le faisceau tubulaire, ils reçoivent la flamme après qu’elle a chauffé la partie antérieure de ce dernier; les gaz incandescents sont guidés horizontalement sur une grande partie de la longueur des tubes surchauffeurs par une chicane, puis redescendent en faisant le parcours ordinaire en usage dans les chaudières Babcock (fig. 2).
- La visite dans le carneau supérieur de la chaudière fit découvrir que les vingt-huit tubes en U du surchauffeur de droite étaient complètement déformés; la branche supérieure, du côté de l’arrivée de la flamme, touchait presque la branche inférieure. Tous ces tubes étaient fortement bleuis, et avaient donc dû être chauffés au
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- rouge : le mandrinage du cinquième élément, dans le collecteur inférieur, était complètement disloqué.
- A la chaudière voisine en marche, on lit un relevé approximatif de la température des gaz chauds dans le voisinage du surchauffeur, au moyen de la fusion de métaux; de même, dans le carneau de sortie. Dans les deux endroits, l’étain, le plomb et le zinc furent très rapidement fondus. Au bas du deuxième parcours, les gaz avaient encore une teinte rouge vif. La combustion était très bonne. Le surchauffeur se trouve donc exposé à une
- Fig. 1. — Défaut dans la construction d’une chaudière.
- température excessivement élevée ; du reste, dans le thermomètre indiquant celle de la vapeur, gradué à 500°, la division extrême était dépassée et le mercure touchait le haut du tube.
- D’après les renseignements recueillis, il est arrivé, à plusieurs reprises, que la vapeur avait été coupée du surchauffeur pour la réfection de joints des conduites, opérations qui duraient de dix minutes à un quart d’heure. Pendant ces arrêts, les gaz n’avaient pas été interceptés et continuaient à brûler au contact des surchauffeurs vides. Étant donnée la température excessive à laquelle ces organes sont exposés, il n’est pas étonnant qu’ils aient rougi et se soient déformés sous l’action de leur propre poids.
- La détérioration du groupe de droite, de préférence aux autres, s’explique par le fait que celui-ci se trouve, du côté du mur mitoyen, entre les deux chaudières. Il est donc exposé à une température plus élevée que le groupe de gauche, voisin de la paroi dont le parement extérieur reçoit le contact de l’air ambiant. Une surveillance plus suivie et un réglage convenable de l’arrivée des gaz et du tirage furent recommandés à la suite de cette avarie.
- Le 24 mai eurent lieu en Lorraine la « rupture et chute partielle d’une conduite de vapeur ». La conduite avariée, de 500mm de diamètre, en fer, recevait directement la vapeur produite par quatre chaudières Babcock, et se trouvait reliée, en outre, par deux coudes, sur la gauche, à une autre conduite venant d’un groupe de générateurs à foyers intérieurs. Elle desservait les différentes machines motrices d’une aciérie existant à sa droite. Cette usine avait été mise en train, partiellement, très peu de temps avant l’accident et, déjà, une valve de mise en train, dans le genre des vannes Peet, avait donné lieu à des réparations. Chacune des chaudières Babcock est reliée à
- la conduite en question par un col de cygne de 175rara de diamètre prenant la vapeur dans le corps transversal formant dôme et reliant les deux corps supérieurs des générateurs.
- Le 24 mai, entre onze heures et midi, le raccordement de l’une des chaudières Babcock se détacha violemment du piétinement de la valve de prise de vapeur, et la maîtresse-conduite, placée sur l’avant de la batterie, tomba dans la chaufferie, en restant suspendue à gauche à l’un des supports et au raccordement de la conduite venant des chaudières à foyers intérieurs. Il y eut plusieurs ouvriers blessés, dont deux grièvement brûlés par l’eau chaude et la vapeur. Comme accident secondaire, la vanne Peet, mentionnée plus haut, était complètement brisée et plusieurs joints disloqués. Le lendemain, la conduite tombée était remise en place, n’ayant aucunement souffert par la chute, et les autres réparations se trouvaient en voie d’achèvement.
- Voici les constatations qui furent faites :
- La rupture avait eu lieu sous une pression de vapeur de 8 kg par mètre carré. Le bourrelet du joint du raccordement, au-dessus de la prise de vapeur, était détaché des tuyaux. La valve Peet présentait de très fortes inégalités d’épaisseur Ue métal et quelques défauts de fonderie. Une revue générale de la conduite fit voir que les purges de l’eau condensée se trouvaient absolument insuffisantes et que, dans le raccordement de la conduite avariée avec celle des autres chaudières, il existait des coudes à angle vif et non munis des dispositions de compensation permettant la libre dilatation. Celles-ci étaient bien établies partiellement, mais pas suffisantes et occasionnaient des coincements dans les joints extrêmes.
- La cause première de l’accident est le défaut de fabrication consistant dans la mauvaise soudure du bourrelet mentionné et qui occasionna le détachement du col de
- Fig. 2.
- Déformation de surchauffeurs.
- cygne de raccordement. Celui-ci agit comme un levier tendant à faire tourner la maîtresse-conduite autour de son axe longitudinal ; mais, avec la solidité de la construction, l’effet se serait borné probablement à l’arrachement du col de cygne, si d’autres influences n’étaient pas intervenues. Celles-ci sont, en première ligne, la présence d’eau dans la conduite par suite de purges insuffisantes, ayant occasionné, par coup d’eau, la destruction de la Peet-Valve et, par sa brusque évaporation, des chocs et des ébranlements ayant" causé la rupture du joint extrême
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- LA NATURE.
- fie droite, favorisés encore par l’extension brusque de la conduite gênée dans sa dilatation. On a procédé à la correction des raccordements à angle vif, et toutes les mesures furent prises immédiatement pour assurer un drainage suffisant de l’eau condensée dans les conduites, et l’établissement de rotules permettant leur libre dilatation.
- En ce qui concerne les accidents survenus aux machines, on a eu à constater la rupture du piston du cylindre à haute pression d’une machine compound en pleine marche. Il ne présentait aucun défaut de matière ni de construction et, d’après les renseignements donnés par le propriétaire de l’établissement lui-mème, la machine, fonctionnant pendant plusieurs années avec le cylindre à haute pression seul, aurait été, par moments, très chargée, ce qui a pu déterminer les amorces d’une rupture qui ne s’est produite que plus tard.
- En dernier lieu, nous signalerons encore la rupture d’un réservoir d’air,rqui était placé sur le refoulement
- d’une pompe alimentaire de la machine, en avant du robinet d'admission d’eau à la chaudière et qui s’est brisé en marche en plusieurs morceaux. L’accident est dù à ce que le mécanicien a fermé le robinet de refoulement en laissant celui d’aspiration ouvert. L’examen de la pompe a montré que le réservoir était en fonte, en forme de poire, et de dimension insuffisante. 11 manquait, en outre, une disposition pour renouveler l’air qui s’en va peu à peu avec l'eau refoulée, et une soupape de sûreté.
- L’examende tous ces accidents ne manque pas d’intérêt et donne des renseignements précieux sur des faits constatés réellement en pratique dans les usines. J. L.
- LA SCIENCE AU JAPON
- Los Japonais se sont assimilés les connaissances occidentales'avec une merveilleuse facilité et mainte-
- U
- Fi<r. 1. — Faculté des sciences de Tokyo.
- nant ils ne se contentent plus d’apprendre ou d’imiter, ils sont passés maîtres à leur tour. Le principal centre intellectuel de l’Empire du Soleil Levant est Tokyo dont l’Université prend chaque jour une importance plus grande. Depuis 1886, cet établissement d’instruction supérieure comprend six facultés : lettres, droit, sciences, génie civil, médecine et agronomie. Les quatre dernières branches d’enseignement nous intéressant seules, tîous allons rapidement résumer leur histoire.
- Comme la gravure ci-dessus le prouve, la Faculté des sciences est une construction bâtie sur le modèle des institutions similaires d’Europe. On y enseigne les mathématiques, l’astronomie, la physique, la chimie, la zoologie, la botanique et la géologie. A la lin de chacune des trois années académiques, les étudiants subissent un examen. Les laboratoires sont parfaitement aménagés et les collections fort importantes. Jetons-y un coup d’œil. Signalons d’abord,
- parmi les 5000 spécimens du Musée zoologique, 2500 oiseaux du Japon, à peu près toutes les espèces communes de reptiles, d’amphibies, de poissons, de crustacés et de mollusques, une série d’insectes provenant des environs de Tokyo, Nikko, Gifu, Loo-Choo et d’étranges Uexactinellides récemment découverts dans la baie de Sagami. La section statigra-phique renferme des roches arrangées selon les époques géologiques depuis l’ère cambrienne jusqu’à la période moderne. Les échantillons pétrographiques, au nombre de 10900, proviennent presque tous de localités étrangères.
- De remarquables cristaux figurent dans la galerie minéralogique. Citons en particulier l’anorthite de Mujakejima, les quartz et feldspatbs de Mino et d’Omi. Comme spécimens paléontologiques intéressants on voit des plantes mésozoïques de Nasa to, Kaga et Tosa, des Ammonites de Rikuzen, un bison de Shodo-Shima et des coquilles tertiaires du
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- LA AATUHE.
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- llokkaïdo. D’autre part, l’herbier universitaire est très riche. Sans compter les cryptogames intérieurs, ni les phanérogames étrangers, il renferme plus de 5000 espèces de végétaux indigènes. Quant au Musée anthropologique, il contient de nombreux objets ethnographiques se rapportant surtout au Japon, à la Corée et à la Chine.
- L’École des ingénieurs ou Faculté du Génie se subdivise en neuf sections : génie civil (ponts et chaussées), mécanique, architecture navale, technologie des armes, électricité, architecture, chimie appliquée, fabrication des explosifs, mines et métallurgie. Des laboratoires, pourvus du matériel scientifique le plus perfectionné, fonctionnent sous le
- contrôle des professeurs. Celui de mécanique est particulièrement bien monté. La force motrice y est fournie par des machines à vapeur, h gaz et à pétrole. Puis des dynamos, des tours, des raboteuses, des perceuses, des taraudeuses, etc., permettent aux étudiants d'effectuer toutes sortes d’expériences. Le Musée d’architecture renferme, de son côté, des modèles très variés de maisons dans le style japonais et de constructions à l’épreuve des tremblements de terre. Les laboratoires de la section minière possèdent les instruments nécessaires à l’essai des minerais, des fourneaux à réverbères et à tuyères, une cuve d'amalgamation et autres appareils métallurgiques.
- Examinons maintenant comment les sujets du
- Mikado apprennent l’art de guérir. La Médecine comprend quatre ans d’études et la Pharmacie en comporte trois. Les futurs disciples d’Esculapc de l’Université impériale suivent, la première année, des cours d’anatomie, d’histologie, de physiologie et de pathologie générale. Ils exécutent en outre des dissections, puis ils abordent, l’année suivante, l’embryologie, la pharmacologie, la chimie médicale, la chirurgie générale et les travaux pratiques d’anatomie pathologique. On leur donne aussi quelques notions de gynécologie et d’ophtalmologie, mais ces parties du programme sont traitées plus en détail dans les troisième et quatrième années consacrées également à la dermatologie, à l'hygiène, aux manipulations bactériologiques et à la médecine légale.
- La pharmacie est du ressort de la même Faculté,
- mais les études sont naturellement différentes de celles exigées pour l’obtention du diplôme de médecin. Elles portent principalement sur la chimie, la botanique médicale, les travaux micrographiques et la pharmacopée. D’autre part, deux hôpitaux pourvus de salles d’opérations admirablement aménagées sont annexées à l'Université et on y reçoit des malades gratuits et payants.
- Quant à la Faculté d’agronomie, elle a quatre subdivisions : l’agriculture, la chimie agricole, les lbrèts et la médecine vétérinaire. Les étudiants, après trois années de scolarité, peuvent obtenir un diplôme spécial assez recherché. La ferme annexée à cet établissement mesure 28 hectares et, pour montrer la richesse de scs collections scientifiques, il nous suffira de donner un chiffre relatif à la section ento-
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- LA NATURE.
- mologique : 11 090 insectes utiles et nuisibles y figurent. L’hôpital vétérinaire se compose de trois vastes bâtiments. Enfin les forets de Kiyoztuni, d’Okuzan, du llokkaïdo s’exploitent méthodiquement sous le contrôle des professeurs et leur superficie totale mesure plus de 20 000 hectares. Le Gouvernement japonais ne lésine pas quand il s’agit de l’instruction de ses nationaux! Jacques Royer.
- LES « EXPOSITIONS FLOTTANTES »
- Les (( Expositions flottantes » ont été organisées à Brême, il y a deux ans, par le syndicat allemand des négociants exportateurs.
- Voici en quoi consiste une « Exposition flottante ».
- Le syndicat adresse à tous les industriels et commerçants des circulaires exposant le but de l’opération et les conditions auxquelles chaque adhérent peut y participer.
- Quand les adhésions reçues sont suffisamment nombreuses, le syndicat frète un navire spécialement aménagé pour la circonstance, et les adhérents envoient au port d’embarquement leurs échantillons accompagnés d’un tableau indicateur des prix et conditions de vente.
- Le navire va de port en port, de pays en pays.
- À chaque station, des vendeurs désignés soit par le syndicat, soit par les exposants, donnent aux visiteurs tous les renseignements qui leur sont demandés. Ces vendeurs sont choisis parmi des jeunes gens et des jeunes filles sortant des écoles de commerce, et parlant au moins deux langues. Des interprètes sont choisis sur place dans chaque contrée de langue nouvelle. Outre les visites à bord, des vendeurs munis d’échantillons parcourent le pays à l’intérieur.
- Les participants paient au syndicat une commission ad valorem à débattre sur les produits vendus, plus une part proportionnelle du coût de l’affrètement du navire et des frais généraux (employés, interprètes, etc.)
- Le Moniteur officiel du Commerce, auquel nous empruntons ces renseignements, ajoute que ces expositions inaugurées il y a deux ans ont donné des résultats inespérés, soit un chiffre d’affaires de 22 millions de marcs (27 millions de francs) pour 800 000 marcs (1 million de francs) de frais.
- On ne voit pas pourquoi une combinaison qui a eu tant de succès en Allemagne ne réussirait pas en France aussi bien sinon mieux.
- Sous le rapport de la qualité, un grand nombre de produits français peuvent soutenir victorieusement la comparaison avec les produits allemands.
- De plus, pour l’art de (( parer la marchandise », de la faire valoir, de la présenter à l’acheteur, les Français ont des aptitudes unanimement reconnues et qui se sont manifestées avec éclat dans toutes nos expositions universelles ou autres.
- L’organisation des (( Expositions volantes » serait-elle plus laborieuse à Paris, au Havre, à Bordeaux, à Marseille qu’à Brème ? Nous ne le croyons pas ; il ne manque pas chez nous de compagnies de navigation qui pourraient mettre à la disposition des organisateurs, et à des prix relativement modérés, des navires confortablement et luxueusement aménagés.
- Prenons pour exemple deux catégories de produits « bien français », les produits gastronomiques et l’industrie du costume féminin.
- Imaginez un restaurant installé à bord et débitant aux
- visiteurs les meilleures marques des crus de Champagne, de Bordeaux, de l’IIermitage, etc..., les pâtés, terrines, etc.
- Imaginez les grands couturiers, les grands magasins de Paris organisant des expositions de robes, de modes, avec essayage, etc.
- On peut prédire hardiment le succès. Et ce succès ne profiterait pas seulement aux exposants. Les commandes donneraient à coup sur une impulsion à notre marine marchande en général, si éprouvée depuis si longtemps.
- Nous avons cru devoir signaler aux intéressés cette combinaison si fructueuse pour les Allemands et que rien n’empéche les Français d’utiliser à leur tour. G. G.
- ——
- CHRONIQUE
- L’acétylène et la télégraphie optique. — Pendant les dernières manœuvres de l’armée allemande, on a fait d’intéressantes applications de l’acétylène à la télégraphie optique : ce gaz, mêlé à une certaine proportion d’oxygène, a été reconnu donner une lumière trois fois plus intense que la lumière oxhydrique classique. Des signaux pouvaient être envoyés de la sorte, même de jour, à une distance de 8 kilomètres, et la nuit à 16 kilomètres. Il faut du reste une faible quantité d’oxygène, si bien qu’on peut le produire presque au moment des besoins, de même que l’acétylène.
- machine à vapeur d'acide sulfureux. — Trois grandes maisons d’électricité essayent de lancer un moteur à vapeur d’un nouveau genre, établi sur le principe jadis imaginé par du Trembley, c’est-à-dire à vapeurs combinées : ici le second liquide employé est l’acide sulfureux. Des expériences très suivies s’exécutent en ce moment à l’École technique de Gharlottenhourg sur ce moteur. Cette machine est un moteur compound, dont les dimensions du reste importent peu ; la vapeur sortant du cylindre à bassç pression passe dans un condenseur à surface où l’on emploie comme agent de réfrigération de l’acide sulfureux liquide. La chaleur de la vapeur, dégagée par la condensation, vaporise l’acide sulfureux, dont la vapeur va à son tour agir sur un troisième piston et dans un troisième cylindre : ce piston a même course mais non même diamètre que les autres, et il marche à raison de 77 tours par minute au lieu de 41,5 seulement; il actionne bien entendu un autre arbre, ce qui permet de bien apprécier le travail fourni. A la sortie de ce cylindre, l’acide sulfureux va se condenser dans un condenseur à surface, refroidi par de l’eau, et, par conséquent, le même liquide sert constamment. L’ensemble des expériences faites permet de conclure que, pour chaque kilogramme de vapeur passant dans la machine principale, on peut produire un cheval de force dans la machine auxiliaire. La combinaison du troisième cylindre, dans la machine que nous avons considérée, a réduit la dépense par cheval indiqué et par heure, de 8,60 à 5,51 kg. Avec une bonne machine compound on peut même descendre à 5 kg, et l’avantage obtenu est d’autant plus sensible que le moteur principal fonctionne d’une manière moins satisfaisante. On ajoute que l’emploi de cet acide sulfureux économise une grande quantité de matières grasses, parce qu’il agit par sa viscosité comme lubrifiant sur les parois des cylindres.
- La mensuration des vagues. — Au cours d’une conférence faite récemment par M. William Shield à l’Institut des ingénieurs civils d’Angleterre, ce savant professeur d’hydrographie a donné à ses collègues de très *
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- curieux renseignements sur les méthodes qu’il a imaginées pour calculer avec exactitude la hauteur, la largeur, la longueur et la vitesse des vagues. Ces méthodes, d’un caractère très technique, ont été expérimentées à I'eter-head, en Ecosse, sur la mer du Nord, pendant la dernière grande marée équinoxiale, et voici les chiffres enregistrés graphiquement par M. Shield. Les vagues avaient une hauteur moyenne de 14 mètres et leur périodicité variant entre 13 et 17 secondes. La largeur moyenne à la hase était de 5m,40 et la vitesse 10 kilomètres à l’heure. Les plus longues vagues atteignent 210 mètres. D’après la même méthode, M. Shield a calculé que, par mer un peu forte, les vagues de l’Atlantique pouvaient avoir 20 mètres de hauteur et jusqu’à 800 mètres de long. Leur vitesse dépasse souvent 18 mètres à la seconde.
- Les métaux considérés comme des combustibles. — Dans une lecture faite à la Royal Institution, sir Robert Àusten s’est proposé de montrer que les métaux peuvent être utilisés comme des combustibles et ne diffèrent sous ce rapport du combustible ordinaire, le charbon, qu’en ce que les produits de la combustion ne sont pas des gaz. De ce long travail que nous ne pouvons analyser ici, nous citerons seulement quelques nombres de calories résultant de la combustion des métaux. Un gramme de charbon en brûlant donne 8080 calories gramme-degré; d’aluminium, 7150; de magnésium, 6000 ; de nickel, 2200; de fer, 1790; de cuivre, 600; de plomb, 240; de chrome, 60; d’argent, 30.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séante du 23 septembre 1901.
- Présidence de M. Bouquet de la Grye.
- Dessins de l'époque paléolithique. —M. Henri Moissan présente une Note de MM. Capitan et Breuil sur une grotte dont les parois portent des figures peintes à l’époque paléolithique. Cette grotte située dans le département de la Dordogne, non loin de celle de Combarclles, est connue sous le nom de grotte de Front de Gaume ; elle s’ouvre à l’ouest, à mi-hauteur d’une falaise crétacée, le long de la route des Eyziès à Saint-Cyprien, à 20 mètres'environ au-dessus du fond de la vallée. Elle a la forme d’un long boyau d’une longueur totale de 325 mètres, avec trois ramifications très irrégulières de 15 mètres, 21 et 48 mètres de longueur. La largeur varie de 2 à 3 mètres et la hauteur dépasse parfois 7 ou 8 mètres. Les premières figurations d’animaux commencent à 65 mètres de l’entrée; presque toutes ces images sont formées d’un trait finement gravé et rehaussé d’une bande de couleur noire d’une largeur de 2 centimètres. Quelques animaux, tels qu’un renne de lm,50 de hauteur et un petit équidé de 0m,50, sont entièrement peints en noir formant de véritables silhouettes comme les figures des vases grecs primitifs. D’autres figurations sont entièrement enduites d’un ocre rouge. Le nombre total des figures est de 76. On relève des rennes, des aurochs parfaitement nets, des équidés, des antilopes et deux quadrupèdes qui sont sans doute des mammouths. Ce sont de véritables fresques qui semblent pouvoir être considérées comme magdaléniennes et qui vraisemblablement sont moins anciennes que les figures des grottes de Combarelles dont il a été question dans la dernière séance.
- Action physiologique de la lécithine. — M. Bouchard rappelle que M. Desgrez a signalé récemment l’action de la lécithine sur l’appétit des animaux qui reçoivent cette substance oar ingestion ou par injections. Cette augmen-
- tation d’appétit correspond à une augmentation de poids, à l’élimination d’une quantité d’azote supérieure à la moyenne et, au contraire, à la rétention du phosphore. De nouvelles recherches sur la lécithine viennent d’être effectuées dans le laboratoire de M. Bouchard par MM. Claude et Zaky ; elles ont confirmé les faits énoncés par M. Desgrez ; en outre, des essais ont été opérés sur l’homme, dans le traitement de la phtisie pulmonaire. Un groupe de 22 malades a été traité par la lécithine. Chez les sujets atteints au premier degré l’effet a confirmé les prévisions : les malades ont augmenté de poids et présentent, au moins momentanément, les apparences de la guérison. Chez les sujets atteints au second degré les résultats ont été moins brillants. On a observé une diminution des expectorations et une augmentation de poids, mais rien de plus qu’une amélioration de l’état général.
- Propriétés chimiques des diverses parties des plantes. — M. Gaston Bonnier présente une Note de M. Àstruc qui a étudié au laboratoire de Fontainebleau l’acidité relative des divers organes des végétaux. D’une manière générale les tissus sont d’autant plus acides qu’ils sont plus jeunes. Le fait est souvent très remarquable chez quelques Heurs comme celles de certaines borraginacées qui sont très riches en teinture de tournesol. Ainsi un alcali bleuit les boutons rouges de myosotis et un acide rougit les fleurs bleues développées de cette plante.
- Cn. de Villedeüil.
- LE BARIL
- GYMNASTIQUE AMÉRICAINE
- Une nouveauté qui ne manque pas d'originalité : la gymnastique au tonneau ! Un professeur américain, du nom de IraAVood, vient d’inventer un système de gymnastique qui est accueilli avec beaucoup de faveur de l’autre côté de l’Atlantique. Ce système consiste à faire usage d’un petit baril avec lequel on accomplit un nombre limité d’exercices tous des plus simples. L’emploi de ce baril produirait les résultats les plus salutaires. Non seulement il développerait les muscles et donnerait à tout le corps élasticité et vigueur, non seulement il faciliterait la digestion, apaiserait les nerfs, chasserait l’insomnie, donnerait la santé, mais encore, et c’est là le triomphe de l’invention, il combattrait avec la plus grande efficacité la terrible obésité. S’il en était réellement ainsi, le baril de gymnastique rendrait d’inappréciables services dont on ne saurait être trop reconnaissant à l’égard de M. Ira Wood.
- Yoici les divers exercices que le professeur américain recommande d’exécuter avec cet engin.
- Premier exercice. — On se met à plat ventre sur le baril, le corps droit, et on laisse reposer sur le sol le bout des orteils et les paumes des mains. On avancera alors à l’aide des mains jusqu’au moment où les genoux viendront en contact avec le baril. Arrivé à ce moment, on reculera toujours en s’aidant des mains jusqu’à ce que le baril vienne au contact des bras. On exécutera ce mouvement de va-et-vient plusieurs fois de suite. Il faut avoir soin de tenir à tout instant les jambes et le corps bien droits. Cet exercice est éminemment propre à déve-
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- L’A NATURE.
- lopper les bras, à élargir la poitrine et à assouplir les muscles de l'abdomen.
- Deuxième exercice. — Cet exercice est analogue au précédent, sauf qu’on se place le dos sur le baril au lieu de se mettre à plat ventre. Le mouvement de va-cl-vient se donne également en s’aidant des mains. Son amplitude est plus grande que précédemment et va des bras aux talons. Cet exercice donne de la vigueur au corps et de l’expansion aux poumons. Quand le baril arrive à la taille, en venant des talons, étendez bien les jambes pour ne laisser poser les talons à terre que le plus tard possible. Tenez les mains ouvertes de façon à donner de l'extension aux muscles de la partie supérieure du corps.
- Troisième exercice. — Encore un exercice du même genre, mais en appuyant sur le baril par le côté gaucbe. La main gaucbe appuie seule à terre, la droite étant tenue en l’air, prête à rétablir l’équilibre s’il tendait à se détruire. On avance à l’aide de la main gauche et on recule par le même moyen en tenant le corps constamment rigide. L’exercice ayant été fait sur le côté gauche, on l’exécute de même sur le côté droit.
- Quatrième exercice. — Reposer sur le baril par le dos, comme pour le deuxième exercice, mais avec cette différence que les bras, au lieu de s’appuyer à terre, doivent être plaqués le long du corps. On avance et on recule en se servant uniquement des pieds, le corps restant toujours droit et rigide. Le va-et-vient s’étend de la taille à la tête. Cet exercice doit être pratiqué avec grande attention et pas plus d’une fois ou deux de suite pour les commençants.
- Cinquième exercice. — Joignez les pieds. Ayez les jambes droites, l’estomac en dedans, la poitrine en dehors, les épaules hautes et en arrière et la tête droite. Les mains tiennent le baril à hauteur de la taille. Elevez-le alors le plus possible au-dessus de votre tête en conservant le corps bien droit, puis
- Gymnastique américaine.
- ramenez-le h la taille et ainsi de suite. Comptez chacun de vos mouvements, en aspirant l’air par les narines à tous les nombres pairs et en l’exhalant par la bouche à tous les nombres impairs.
- Ensuite, on amènera le baril à hauteur du menton et on le fera aller è droite, puis à gauche et ainsi de suite, en obliquant la tête de façon à le suivre constamment des yeux.
- ‘Sixième exercice. — Tenez les jambes fortement écartées et faites balancer le baril en l’amenant entre les jambes, puis au-dessus de la tête. Dans le premier de ces mouvements, on doit courber le dos, tout en ployant légèrement les genoux. On doit ensuite, les jambes toujours écartées, balancer le baril à gauche et à droite, à hauteur des épaules. Ne pas exécuter ces mouvements trop rapidement,
- de façon à ne pas se forcer. Essayez de tenir votre esprit constamment appliqué à votre travail et dirigez votre attention sur les parties du corps que vous sentez en mouvement. Aspirez toujours par les narines et exhalez avec force par la bouche. On recommande aussi de tenir toujours les poumons en partie remplis d’air de façon à mettre en jeu les muscles du thorax et de l’abdomen.
- Septième exercice.— Couchez-vous à plat ventre sur le baril, ce-dernier étant disposé en longueur, mettez les mains à terre et faites rouler ce dernier sous vous, à droite et à gauche. Exécuter le même exercice sur le dos. L. Gexty.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie I.ahiue, rue île Fleurus, 9.
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- N° 1480
- 5 OCTOBRE 1901.
- LÀ NATURE.
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- PERFORATRICE ÉLECTRIQUE A DIAMANTS
- Nos lecteurs n’ont certainement |>as oublié l’intéressante scie diamantée qui a, pour ainsi dire, débité toutes les pierres de taille ayant servi à construire les deux nouveaux palais édifiés sur les Champs-Elysées, à l’occasion de l’Exposition de 1900. L’inventeur, un ingénieur français, M. Fromholt, voyant les résultats précieux que donne l'emploi des diamants pour le sciage des pierres (procédé qui assure une économie de 80 pour 100 sur le sciage à la main), eut l’idée de recourir à une méthode analogue pour un instrument de perforation. Rien entendu, ce n’est point lui qui a inventé les perforatrices à diamants; mais, sans faire un historique qui serait hors de propos, nous pouvons dire que,
- d’une façon générale, ces appareils n’ont pas réussi. M. Fromholt a voulu tenter à nouveau le problème, (pii offre cet avantage considérable de permettre de recourir à des appareils relativement très légers, tournant à,très grande vitesse sous faible pression, et ne nécessitant pas ces porle-affùts coûteux et lourds qui sont obligatoires avec les outils à burins ou à couronnes d’acier.
- Les perforatrices diamantées Fromholt, qui sont en service effectif, comme nous le verrons, se déplacent sur rails et sont montées sur un petit chariot que montre le dessin d’ensemble que nous en donnons. En réalité, deux perforatrices se trouvent montées sur un même pied, et, par suite de leur
- La perforatrice électrique Fromholt,
- mobilité, elles peuvent couvrir et attaquer toute la surface du fond d’une galerie d’avancement, sur 2m,50 de large et 2 mètres de haut. Le chariot qui les supporte roule par quatre roues basses sur une voie de 1 mètre installée au milieu de la galerie ; une colonne verticale à crémaillère est fixée sur ce chariot, et une traverse horizontale et cylindrique porte les deux machines. Cette traverse peut d'ailleurs tourner dans un plan horizontal autour de la colonne, et comme, en outre, un petit treuil à bras et à manivelle permet de la faire monter ou descendre le long de la crémaillère de la colonne, on comprend que les deux outils prennent les positions et les directions les plus diverses pour répondre à tous les besoins de la perforation des trous de mines. La crémaillère tourne, bien entendu, avec la colonne, et c’est précisément ce qui permet d’orienter le tout à volonté sans empêcher le mouvement vertical.
- La colonne verticale et la traverse sont munies
- 29e anniT. — 2e semestre.
- l’une d’un vérin et l’autre de deux vérins à vis, et de la sorte on peut caler le tout sur le plafond et sur les parois de la galerie où l’on travaille, en immobilisant l’appareil. Les deux perforatrices, placées de chaque coté de la colonne, sont absolument indépendantes. Chacune d’elles est reliée à la traverse par un collier fendu qui peut, après desserrage convenable, tourner autour de la traverse et se déplacer sur toute la longueur entre l’extrémité de la traverse et la colonne verticale : par conséquent, ce collier et la perforatrice dont il est solidaire peuvent s’éloigner ou se rapprocher de la paroi de la galerie, et aussi s’incliner dans le sens vertical.*Le collier est muni d’une coulisse à coin circulaire qui permet la rotation de l’appareil dans le sens horizontal : ce coin circulaire porte le bâti de la perforatrice elle-même. Enfin, sur ce bâti, est fixée la machine dynamo réceptrice dont l’axe est un tube qui tourne avec l’induit, et est guidé dans les deux
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- LA NATIT.K.
- douilles dépendant du châssis et dans la boite d’arrivée de l’eau, qui se trouve former l’extrémité et comme la culasse de la perforatrice. Dans le tube axe, dont nous venons de parler, coulisse un second tube, c.elui-lh même (pii comporte la couronne dia-mantée et qui constitue la tige agissante de perforation : il est disposé pour tourner en même temps (jue le tube extérieur formant axe. Et comme il faut bien qu’une légère pression applique la couronne diamantée sur les parois qu’elle est chargée de forer, dans la boite à eau d’arrière arrive de l’eau à une pression de 6 atmosphères, qui fait avancer peu à peu le tube porte-couronne dans l’intérieur du tube axe. De plus, cette eau sert à refroidir la couronne et à débourrer Je trou foré.
- Sans entrer dans les détails d’établissement de cette machine, nous dirons que le premier tube est rainuré d’un bout à l’autre, afin de pouvoir coulisser tout en étant entraîné dans le mouvement de rotation de l’autre. L’eau agit sur son extrémité par l’intermédiaire d’un tube formant piston, mais en même temps rencontre un tube de faible diamètre qui lui permet de passer dans la tige et de se rendre à la couronne.
- Quand il s’agit simplement de forer de la roche de dureté ordinaire, on emploie des diamants cristallisés de très faible valeur, sertis sur des petites tiges cylindriques; ils sont rapportés sur la couronne dans des logements «A ce ménagés, et soudés à l’étain; le porte-diamant est de plus arrêté par un rivet. Le remplacement de ces diamants se fait à peü de frais et aisément. Pour attaquer des roches dilues, on recourt au diamant noir amorphe, qui est du reste assez coûteux, et l’on procède différemment pour son sertissage. Dans une barre de fer doux, on prépare un logement au diamant, et, après l’y avoir fixé par un léger matage, on comprime le tout à l’aide d’une presse hydraulique puissante. Le bide est ensuite façonné à la fraise et à la lime pour donner la forme voulue et faire affleurer le 1 diamant.
- La pression d’eau dont nous avons parlé est fournie par une petite pompe hydraulique à bras installée sur un chariot, que l’on attelle au truck portant les perforatrices. La dynamo tourne à 1500 tours environ.
- M. Fromholt songe actuellement à. combiner une disposition encore plus simple dans laquelle on supprimerait même le chariot, les perforatrices étant montées sur trépied et pouvant être déplacées par trois hommes.
- En tout cas, son type actuel est déjà en service dans le tunnel de la Colle, que l’on creuse pour une nouvelle ligne dans le sud de la France : l’appareil se fait remarquer par sa manœuvre facile, et par l’absence complète d’aucune installation accessoire importante, tout se bornant à un fil de transmission pour le courant électrique.
- D. Lebois.
- SUPERPHOSPHATES AZOTÉS
- ET
- SUPERPHOSPHATES ANIMALISÉS
- «r
- C’est en 1840 que l’illustre chimiste Liebig proposa de traiter les phosphates naturels tricalciques par l’acide sulfurique pour les transformer en phosphates acides, solubles dans l’eau. Ce fut là la découverte des superphosphates dont l’emploi a pris, depuis cette époque, une extension très considérable. En effet, sur les 1 018 000 tonnes d’engrais chimiques ou engrais minéraux, mis en œuvre en 1899 par l’agriculture française, les superphosphates entrent pour 975000 tonnes, soit plus de la moitié. Or, dix ans auparavant, c’est-à-dirc en 1889, nous n’utilisions que 425 000 tonnes de ces engrais, c’est donc une augmentation de 550 000 tonnes eu l’espace de dix ans.
- Les superphosphates ont deux origines : les uns proviennent du traitement de la poudre d’os, ce sont les « superphosphates d’os » ; les autres, dits « superphosphates minéraux», sont obtenus avec les phosphates naturels; ces derniers sont de beaucoup les plus employés. Leur richesse en acide phosphorique varie, cela va sans dire, avec la teneur en phosphate de calcium réel des phosphates naturels servant de matière première pour leur obtention, elle oscille entre 14 et même 20 pour 100.
- Il convient, de remarquer que les superphosphates n’apportent au sol que de l’acide phosphorique, de la chaux, ainsi que du plâtre. Lorsque ces engrais sont employés dans la fertilisation intensive, il faut donc toujours leur adjoindre de l’azote, soit sous forme de nitrate de soude, soit sous forme de sulfate d'ammoniaque. À ce point de vue, on préfère les superphosphates d’os, car quoique moins riches en acide phosphorique, d’une manière générale, celui-ci ne dépassant guère la proportion de 10 pour 100, ils contiennent de 2 à 5 pour 100 d’azote provenant de la matière organique des os; mais, nous le répétons, les superphosphates d’os sont d’un prix élevé en raison même de leur production limitée, et, d’ailleurs, ils ne dispensent pas non plus de l’emploi des engrais azotés dont il vient d'être question.
- Pour éviter l’emploi successif de deux matières fertilisantes et les frais assez élevés nécessités par leur épandage, le commerce des engrais chimiques livre depuis quelques années des superphosphates « azotés » et des superphosphates « animalisés ». Voyons à définir ces deux substances, qu’il importe de ne pas confondre.
- Les superphosphates azotés sont constitués, la plupart du temps, par des superphosphates ordinaires auxquels on a ajouté, après coup, une quantité variable de sulfate d’ammoniaque; leur teneur en azote varie donc énormément de ce fait et dans le commerce elle oscille entre 6 et 10 et 12 pour 100. L’achat des superphosphates azotés n’est pas à conseiller, car ce sont des engrais que le cultivateur peut parfaitement bien préparer lui-même, il lui suffit pour cela de mélanger du sulfate d’ammoniaque aux superphosphates, dans les proportions qu’il juge convenable.
- Les superphospates animalisés n’ont plus du tout la même origine, et, pour être fixé en ce qui les concerne, il nous faut tout d’abord voir, en quelques mots, la manière dont on obtient les superphosphates ordinaires.
- Le phosphate, après avoir été réduit en poudre fine sous l’action de meules puissantes ou de broyeurs, est amené
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- dans un malaxeur en fonte où arrive en même temps de l’acide sulfurique à 52° Baume. La proportion d’acide à employer varie avec la teneur du minerai en phosphate et carbonate de calcium1.
- Si, au lieu d’employer de l’acide sulfurique ordinaire, on emploie de l'acide dans lequel on fait dissoudre des cadavres d’animaux d’équarrissage, on obtient des superphosphates dits annualisés, dans lesquels la proportion d’azote est, il est vrai, plus faible que dans les superphosphates azotés, mais cet azote s’v trouve uni d’une façon plus intime, presque « combiné » chimiquement.
- C’est en 1885 que M. Aimé Girard a proposé de traiter les cadavres des animaux morts de maladies contagieuses par l’acide sulfurique à froid, sans dépeçage préalable. Un mouton, plongé ainsi dans l’huile de vitriol à 00° B., disparait complètement au bout de vingt-quatre à quarante-huit heures; on ne retrouve plus, au bout de ce temps, que les cornes, les onglons et les dents, qui demandent quelques jours pour se dissoudre complètement. L’acide acquiert une consistance visqueuse, il prend une coloration brune et dégage une forte odeur ; à la surface nage la graisse que la réaction naturelle a amenée à l’état de fusion. La quantité de matière animale que l’acide peut dissoudre est assez considérable; elle atteint et peut même dépasser les deux tiers du poids de l’acide em-ployé.'
- L’acide sulfurique ainsi enrichi de matière animale est employé pour l’obtention des superphosphates « anima-lisés », dans lesquels la proportion d’azote varie entre 2 et 5 pour 100.
- Ces engrais ont une puissance fertilisante remarquable ; en outre, il y a là un procédé d’utilisation des cadavres morts de maladies contagieuses qui mérite de fixer l’attention, car il est loin de présenter les dangers qui résultent de la nécessité de dépecer ces animaux, surtout lorsqu’il s’agit d’affections transmissibles à l’homme, comme par exemple le charbon ou sang de rate.
- Dans les fabriques d’engrais où ce procédé est appliqué, l’acide sulfurique passe méthodiquement dans une série de vases en plomb remplis de débris animaux divers. On peut, en outre, accélérer beaucoup l’opération en faisant chauffer l’acide.
- Voici, à titre d’indication, l’analyse comparative d’un superphosphate naturel et d’un superphosphate animalisé obtenu avec le même phosphate naturel.
- SUPEKPUOSPIUTE
- Naturel. Animalisé.
- Eau...............................18,50 16,50
- Matière organique................. 6,15 15,90
- contenant en azote............. 0,87 5,00
- Matières minérales............... 75,55 67,80
- Acide phosphorique total . . . . 17,05 17,00
- Nous insistons sur ce point, que les superphosphates « animalisés » ont une valeur fertilisante beaucoup plus considérable que les superphosphates « azotés ». Il est donc de la plus haute importance de ne pas confondre ces deux engrais, les deux termes, comme on vient de le voir, n’étant nullement synonymes. A. L.
- 1 Pour 100 de phosphate de calcium, il faut 95 parties d'acide à 52° B., et pour 100 de carbonate de calcium ou compte 148 d’acide au même degré de concentration.
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- LE ELUS GRAND HÔTEL DU MONDE
- A l’occasion de l’exposition de Buffalo, une Société américaine a construit, en cette ville, un hôtel que l’on peut, sans risquer de se tromper, considérer comme le plus grand et le plus vaste qui soit au monde. Il porte le nom d’hôtel Statler.
- Deux chiffres suffisent à donner l’idée de ses dimensions; sa façade est de 200 mètres et la surface qu’il couvre est de 9 acres carrés, ce qui équivaut à 56 416 mètres carrés ou plus de 5 hectares et demi. Heureusement que le terrain n’est pas cher à Buffalo. En revanche, si la construction s’étend sur une vaste surface, elle est loin d’atteindre une grande hauteur; elle ne comporte, en effet, qu’un rez-de-chaussée et un premier étage.
- Au milieu de la façade se trouve la porte monumentale, flanquée de deux hautes tours terminées par des observatoires. Le reste de l’architecture, qui consiste en longues lignes horizontales, serait assez monotone, n’étaient les nombreux pavillons qui flottent au vent tout le long du faite et donnent à l’ensemble l’animation et la vie.
- Le premier étage est réservé au logement des voyageurs avec tout le confort désirable : salle de bains, dé douches, salons de coiffure, etc. Au rez-de-chaussée sc
- Le plus granit hôtel du monde.
- trouvent les salons de lecture, de conversation, fumoirs, bars, billards, télégraphe, téléphone, poste et autres. Mais le clou est la salle à manger, pièce immense où peuvent être dressés 5000 couverts sans qu’il en résulte le moindre encombrement. Tout le service se fait par le* sous-sol où se trouvent les cuisines; de légers1 monte-charges amènent et remportent et ce qui est nécessaire et ce qui est devenu inutile. ..
- Du reste, tout est colossal dans cet établissement :* n’a-t-on pas calculé que les corridors mis à la file les uns des autres couvriraient une longueur de plus de 5 milles, soit 5 kilomètres et demi!
- 11 parait que lorsque l’hôtel s’ouvrit le 1er mai dernier, un voyageur se présenta aussitôt pour être le premier à l’inaugurer; cet original était M. Wilson, représentant à New-York d’une compagnie manufacturière de Boston. Pendant la première journée, il eut donc à sa complète disposition tout le nombreux personnel, maîtres d’hôtel et garçons, en tout environ 2000 personnes. Seul, il prit son repas dans l’immense salle à manger faite pour 5000 convives. Il a raconté ses impressions dans un journal de New-York et son amusant récit se termine par cette anecdote : « Je quittai, dit-il, l’hôtel Statler le lendemain matin, et, en acquittant ma note, je fis connaître au directeur que je n’avais pas été content du service. Le personnel, peu encore au courant, n’avait pas bien su s’employer quoique innombrable, et, sous les efforts divergents dont j’avais été l’objet, je m’étais trouvé dans l’obligation de me servir moi-même. » L. Genty.
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- L’ANATOMIE DES PLANTES
- L’anatomie des plantes ne s’étudie pas comme celle des animaux, en les disséquant; les tissus sont beaucoup trop étroitement réunis les uns aux autres pour cela. 11 faut les découper en tranches, en coupes excessivement minces et les examiner au microscope. Et encore, dans ces conditions, ne voit-on pas beaucoup de détails de structure, chaque cellule se confondant facilement avec sa voisine. Pour avoir de bonnes préparations, il faut nettoyer les coupes, c'est-à-dire enlever de chaque cellule le protoplasme intérieur et ne laisser subsister (pie la membrane de cellulose. Pour cela on les traite par l’hypochlorite de chaux où on doit les laisser plonger de cinq à dix minutes. Après quoi on les lave avec de l’eau renfermant un peu d’acide acétique. Ce n’est pas tout : la forme des éléments cellulaires ne renseigne pas toujours sur leur véritable nature.
- Pour les bien distinguer il est nécessaire de faire agir sur eux des réactifs colorants : à cet effet on les passe successivement dans une solution de vert d’iode, dans de l'eau, et enfin dans du carmin à l’alun. De cette façon, toutes les membranes de çellulose se colorent en rouge, tandis que tout ce qui est ligneux, c’est-à-dire les vaisseaux et les fibres, notamment, se colore en vert.
- On voit quel travail représente la coloration d’une seule coupe. 11 faut, en effet, la faire passer successivement dans six réactifs au moins et la transporter pour cela avec une aiguille plate. Cette « pêche» des coupes est d’autant plus difficile qu’elles sont plus petites. 11 faut aussi veiller constamment au temps (jne doivent rester les coupes dans les réactifs, d’où une contrainte de l’esprit des plus fatigantes.
- Ce sont ces considérations qui ont engagé notre collaborateur, M. Henri Coupin, à imaginer un appareil permettant aux opérations, dont nous venons de parler, de se pratiquer automatiquement. Son appareil se compose essentiellement d’un mouvement d'horlogerie faisant tourner un axe vertical en une heure. A cet axe s’articulent quatre leviers légers
- qui reposent vers le milieu sur un cercle portant alternativement 50 dents et autant d’encoches. Tout à l’extrémité de chaque levier on attache un petit panier en toile très fine de laiton, panier dans lequel on jette les coupes à colorer. Les réactifs sont disposés tout autour de l’appareil, suivant un cercle, dans trente verres de montre ; en voici le dénombrement : 7 (hypochlorite), 0 (eau acétique), 1 (vert d’iode), 5 (eau), 7 (carmin aluné), A (eau), 2 (alcool).
- On voit facilement ce qui se passe : le levier en tournant fait passer le panier qu’il soutient d’un réactif dans l’autre. Celui-ci pénètre dans les mailles de la toile métallique, par-dessous, et agit sur la coupe. Le temps d’action des réactifs est proportionnel au nombre de verres de montre qui en contiennent. Dès le moment où les coupes sont placées dans les paniers, on n’a donc plus à s’en occuper que pour les retirer et les monter définitivement. Remarquons aussi qu’on peut placer, en dedans du cercle des verres de montre, un deuxième cercle de verres plus petits et colorer ainsi le douille des coupes que précédemment . On peut enfin faire construire l’appareil avec six ou huit bras de levier au lieu de quatre. Les leviers non en travail peuvent être relevés à la verticale pour ne pas fatiguer inutilement le mouvement d’horlogerie.
- Le fonctionnement de l’appareil est d’ailleurs parfait. Avec lui, il est facile de colorer une quarantaine de coupes dans une matinée, alors que, par la méthode ordinaire, on ne pouvait en colorer que cinq ou six. La différence est sensible et sera certainement bien vue des botanistes pour lesquels, aussi bien que pour le commun des mortels, le temps est de l’argent.
- Ajoutons qu’après avoir coloré les coupes comme nous venons de le dire, il faut, pour les conserver, les monter au baume, mais cette opération ne peut s’opérer qu’à la main. On les déshydrate d’abord par l’alcool absolu, puis on chasse celui-ci en plongeant les coupes dans du xylol ou de l’essence de girofle. Finalement, on les place sur une lame dans une goutte de baume de Canada que l’on recouvre d’une lamelle mince. Victor de Crèves.
- Appareil pour colorer les coupes végétales. — A. Bras île levier eu travail. — B. Bras île levier, au repos, relevé à la verticale. — C. Ressorts maintenant les leviers à la verticale et axe faisant tourner les leviers horizontaux. — L. Dents obligeant les leviers à descendre et à monter successivement. — E. Caisse renfermant le mouvement d’horlogerie. — F. Panier de laiton, suspendu, et baignant dans un verre de montre.
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- L’ONDOGRÀPHE
- ENREGISTREUR DIRECT DES PHÉNOMÈNES ÉLECTRIQUES PÉRIODIQUES
- Los courants alternatifs jouent, depuis quelques années, un rôle très important dans l’industrie électrique ; il est donc nécessaire de connaître les lois et les règles qui les régissent. A la suite des premières études faites en 1881 et les années suivantes,on avait admis la forme sinusoïdale pour les courants alternatifs. Mais aujourd’hui que les études sont plus approfondies, que les applications descourants alternatifs se sont étendues, on trouve souvent que la loi sinusoïdale est en défaut quand il s’agit de faire des essais sur des moteurs, sur les lampes à arc, etc. Il est donc nécessaire d'avoir tout d’abord un appareil permettant de déterminer d’une manière pratique, industrielle, la forme du courant alternatif produit par un alternateur quelconque.
- Cet appareil n’existait pas encore il y a quelques mois. Cependant en 1881, dans des études sur les
- machines magnéto-électriques, M. Joubert employait la méthode des points successifs qui consistait à mettre en circuit un appareil de mesure à un instant déterminé. Il obtenait ainsi une série d’ordonnées à des instants différents. En 1885, M. E. Hospitalier appliquait la méthode du condensateur pour l’étude des dynamos à courant redressé de M. Anatole Gérard. En 1891, M. Blondel réalisait l’oscillographe ou appareil permettant d’enregistrer photographiquement les courbes périodiques des courants alternatifs. Depuis cette époque plusieurs autres appareils ont été réalisés par MM. Abraham, Drex-ler, Laws, Callen-dar. Mais il n’existait pas, jusqu’à ces mois derniers, un appareil simple, portatif, se branchant en un point quelconque d'un réseau à courants alternatifs et donnant une courbe continue du fonctionnement de l’alternateur.
- Cet appareil a été réalisé, il y a peu de temps, par M. E. Hospitalier et porte le nom d’ondographe. Son but est d’enregistrer directement à l’encre, sur une bande de papier, les courbes représentatives d’un phénomène électrique périodiquement et rapidement
- Fig-. 2. — Courbes obtenues avec l’omlographe sur divers alternateurs. — 1. Alternateur Aliotli à flux ondulant. 2. Alternateur Ganz nouveau modèle. — 5. Alternateur Zipernowsky ancien modèle.
- variable, telles que forces électromotrices, intensités, différences de potentiel, puissances.
- Pour obtenir ce résultat, il suffit d’envoyer successivement dans le cadre d’un galvanomètre enregistreur, une fois par période, une quantité d’électricité proportionnelle à une série d’ordonnées très rapprochées les unes des autres (un millier environ pour la période complète). Le galvanomètre prend à chaque instant une position d’équilibre correspondant à l’ordonnée et décrit la période en 20 ou 50 secondes (suivant la fréquence), pendant que le papier de l’enregistreur se déroule sous la plume, comman-
- dée par le galvanomètre d’un mouvement uniforme.
- L’ondographe comprend d’abord un moteur synchrone 1) à courants alternatifs simples mis en marche par la source électrique dont on veut tracer les variations périodiques des éléments. Le moteur actionne un train d’engrenages qui à son tour commande un coupleur automatique F. La vitesse angulaire du coupleur automatique est toujours un peu inférieure à la vitesse angulaire du moteur. On obtient ainsi l’inscription de la courbe dans le même sens que l’écoulement du temps, et on évite de faire tourner les balais du coupleur.
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- Le coupleur automatique F est formé d'un noyau cylindrique en matière isolante portant un tube de cuivre convenablement découpé contre lequel appuient trois balais. Ces dispositions permettent de coupler successivement un condensateur: 1° entre deux points E du circuit où se passe le phénomène à enregistrer : 2° dans le circuit d’un appareil de mesure R. L’enregistrement est fait sur un cylindre A commandé directement à la vitesse convenable par le moteur synchrone. Dans le premier modèle, qui a servi à tracer plus de 300 courbes, le moteur synchrone était un moteur à courants continus Blondeau, excité séparément par deux accumulateurs et dont l’induit Gramme recevait le courant alternatif par deux frotteurs et deux bagues reliées respectivement aux deux extrémités d'un même diamètre de l’enroulement. Ce moteur était alimenté par un transformateur à tension variable de M. Gailfe. Dans le nouveau modèle, le moteur synchrone fonctionne sans excitation h 100 volts. Le moteur est lancé à l’aide d’une manivelle H et accroché sur le réseau dès qu’un disque C, formé de secteurs alternativement blancs et noirs, indique le synchronisme par son immobilité apparente.
- L’ondographe peut être également disposé pour inscrire les puissances.
- Nous avons réuni, dans la figure 2, trois courbes reproduites en fac-similé des tracés obtenus à l’ondo-graphe, qui nous montrent les lois de variation des phénomènes sur trois alternateurs différents. La courbe du centre (n° 2) est la courbe fournie par des alternateurs Ganz nouveau modèle, qui fonctionnent sur le secteur de la Rive gauche à Paris; la loi de variation de la force électromotrice est très sensiblement sinusoïdale. La courbe (n° 1 ) a été prise sur un circuit alimenté par une ancienne machine Ziper-nowsky, sur le secteur de la Rive gauche ; cette courbe s’éloigne beaucoup d’une sinusoïde.
- Enfin dans le n° 3, nous trouvons une courbe aplatie, dont l’ordonnée prend rapidement une valeur donnée, et se maintient sensiblement constante ; cette courbe est fournie par un alternateur à flux ondulant. On voit que la loi de variation de la force électromotrice s’éloigne beaucoup de la loi sinusoïdale.
- L’ondographe nous fournirait encore des observations plus intéressantes si nous passions en revue les courbes obtenues dans des circuits où se trouvaient des arcs voltaïques avec charbons homogènes, des bobines de self avec et sans noyau de fer, et si nous analysions les courbes donnant la mesure de la puissance.
- Celte courte description nous suffira pour montrer à nos lecteurs que l’ondographe peut être très utile permettant d’enregistrer facilement la loi de variation des différents phénomènes périodiques. On peut ainsi vérifier expérimentalement si les lois que la théorie donne souvent, sans aucune base et seulement à l’aide de calculs plus ou moins hypothétiques, s’appliquent en réalité aux faits qui résultent directement de l’expérience. J. Laffargue.
- •——
- GRAVURES PRÉHISTORIQUES
- DE L'ÉPOQUE PALÉOLITHIQUE
- SCR LES PAROIS d’uXE GROTTE
- Tout le monde connaît ces étonnantes gravures sur os exécutées par nos très éloignés ancêtres de l’époque magdalénienne, il y a certainement pas mal de milliers d’années, et représentant le plus souvent des animaux variés. Mais ces antiques artistes ne gravaient pas seulement des os, ils gravaient parfois les parois des grottes qu’ils habitaient. C’est là une constatation récente qui a été faite à la grotte de la Mouthe (Dordogne), par Rivière, dans celle de Pair non Pair (Gironde), par Daleau, et sur les parois de la grotte Chabot, par Clùron, puis par Capitan. Mais ces figures étaient, en somme, peu nombreuses, les traits souvent d’aspect très frais, les animaux assez peu variés.
- Or voici que notre collaborateur, le Dr Capitan, vient, avec son élève Breuil, de découvrir un grand nombre de ligures gravées sur les parois d’une grotte sise aux Com-barelles, commune de Tayac (Dordogne), à 3 kilomètres de la station classique des Eyzies, à 2 kilomètres de la grotte de la Mouthe, en plein pays d’artistes magdaléniens.
- Qu’on se figure un long boyau de lm,50 en moyenne de largeur avec une hauteur s’abaissant parfois à 0m,50 à peine pour se relever en d’autres points jusqu’à 5 ou 4 mètres. Ce long couloir serpente sur une longueur de 225 mètres. Ses parois sont presque partout enduites de stalagmites souvent fort jolies et très épaisses à l’entrée de la grotte. A 118 mètres de cette, entrée, on commence à apercevoir quelques traits, puis, au fur et à mesure qu’on avance, ces traits deviennent de fort jolies figures qu’on peut suivre jusqu’à l’extrémité même de la grotte, par conséquent sur une longueur d’environ 100 mètres et de chaque côté de la galerie.
- MM. Capitan et Breuil ont examiné une à une toutes ces figures, les unes d’une netteté incroyable avec traits profondément gravés, les autres formées de traits plus légers mais qu’on peut suivre néanmoins au milieu de nombreux traits enchevêtrés. Certaines figures sont gravées sur la roche vive, d’autres — et c’est là un fait tout nouveau — sont entièrement recouvertes d’un enduit stalagmitique remplissant les traits et formant sur toute la figure comme un vrai glacis. Parfois la stalagmite est plus épaisse et masque les traits.
- Les auteurs ont pu ainsi reconnaître 109 figures absolument évidentes, sans compter des traits innombrables, des portions d’animaux (croupes ou pattes) et des ensembles de traits non interprétés. Si bien que certainement, parmi ceux-ci, on finira par trouver d’autres figures.
- Or, ces 109 figures se décomposent ainsi : 04 animaux entiers et 45 tètes. Parmi les animaux entiers, ces figurations sont variées, et un grand nombre d’une perfection de dessin telle qu’il est on ne peut plus facile de reconnaître l’animal figuré avec une vérité frappante.
- Mais les auteurs n’ont indiqué que les identifications absolument évidentes. C’est ainsi qu’ils signalent 19 animaux non identifiés, puis 23 équidés. De ces derniers les uns sont des chevaux souvent admirablement reproduits ; tel un grand cheval d’un mètre de longueur recouvert de son enduit stalagmitique et dont on peut admirer à distance la facture absolument artistique, comparable à celle des plus belles gravures sur os magdaléniennes et exactement de même caractère. D’autres équidés ressemblent aux hémiones actuelles et diffèrent du cheval et par la tête avec partie supérieure du cou
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- très convexe avec crinière droite et par la queue implantée très bas et dépourvue de poils sauf à l’extrémité ;
- 5 bovidés ont les caractères de l’espèce admirablement rendus avec longues cornes; 2 bisons ne peuvent être méconnus tant leur bosse dorsale, leur museau et leurs cornes sont marqués ; 5 rennes sont supérieurement dessinés avec tous les détails des cornes indiqués. Enfin, et c’est là certainement la trouvaille la plus curieuse, il y a 14 représentations de mammouths tellement nettes que le doute n’est pas possible et souvent la figure est recouverte de l’enduit stalagmitique. Les longs poils marqués par de nombreuses striations de la roche, le haut front avec sa concavité médiane, les longues défenses recourbées, la grosse trompe soit pendante, soit recourbée en arrière, les pieds typiques, tout est rendu avec un soin extrême qui permettra une étude détaillée de nombre de points de détail.
- Enfin, parmi les 45 tètes, 5 se rapportent au bouquetin avec ses longues cornes recourbées en arrière, 4 à l’antilope saïga avec ses longues cornes toutes droites. Parmi 30 autres tètes variées, qu’on n’a pu nettement rattacher à des corps d’animaux, la plupart se rapportent au cheval. Enfin une singulière figure, ressemblant à la figuration grossière d’une face humaine ou d’un crâne, termine la série, en y ajoutant quelques cupules.
- Tel est cet ensemble de figures dont la haute antiquité ne peut être niée : œuvre évidente d’artistes reproduisant, avec une fidélité parfaite et une habileté graphique étonnantes, b s animaux qu’ils voyaient. On comprend donc que, abstraction faite de sa valeur archéologique, cette découverte pourra donner, par l’étude détaillée des figures, de précieux renseignements paléontologiques sur nombre de caractères des animaux vivant alors et qui naturellement ne peuvent nous être fournis par l’étude seule de leurs ossements. C’est pour cela que MM. Capitan etBreuil ont tenu à communiquer à l’Académie des sciences, par l’intermédiaire de M. Moissan, très intéressé par ces faits, une note préalable qui a été commentée par le présentateur à la séance du 1(5 septembre 1901.
- Cette découverte n’est pas la seule. MM. Capitan et Breuil ont trouvé encore des figures peintes, dans une autre grotte dite grotte de (( Fonl-de-Gaume », située à 2 km de la grotte des Combarelles, à lkm,500 de Eyzies. Nous consacrerons un second article à ces peintures murales de Font-de-Gaume. A....
- HALO SOLAIRE
- OBSERVÉ I.E 15 SEPTEMBRE 1901, A CHATEAUBUiV
- Le dimanche 15 septembre 1901, vers 8 heures du matin, un halo solaire,, fort remarquable par sa complexité et par l’éclat de ses couleurs, a été observé à Chàteaudun.
- Dès 7h 30, la partie supérieure du halo ordinaire ou de 22° apparaissait avec une assez grande vivacité de couleurs ; la plus grande partie du ciel était légèrement voilée, au même moment, de cirrus épais, très fins, s’étendant en forme de nappe composée d’un grand nombre de bandes parallèles semblant venir très lentement du N. ou du N.-N.-O. A 7h 45, le parhélie de gauche se montre ; à 7k 55, il est très vif et très irisé, d’une lumière éblouissante même avec un beau faisceau de rayons lumineux d’un blanc vif; en même temps le halo circonscrit commençait à se dessiner; ce dernier, tangent au point le plus élevé du cercle de 22°, apparaît en deux branches recourbées vers le bas dont l’éclat décroît rapidement vers les extrémités. Au point de contact, c’est-à-dire sur la verticale du soleil,
- un renfoncement lumineux très accusé se manifeste.
- A 8 heures, la partie supérieure du halo extraordinaire, ou grand halo de 4fi°, apparaît à son tour, concentrique au cercle de 22°, mais plus large que ce dernier ; il laisse nettement voir, à sa partie la plus élevée principalement, les couleurs de l’arc-en-ciel; ces couleurs sont mieux séparées, mais leur intensité lumineuse est moindre qu’au halo ordinaire. Tangent au sommet du halo de 46°, on aperçoit alors un arc très vivement coloré sur une amplitude d’environ 40 ou 45°; c’est l’arc eircumzénithal, dont les couleurs d'uu grand éclat et d’une grande vivacité en font un véritable arc-en-ciel, mais avec le rouge tourné du côté du soleil et le violet à l’opposé.
- Vers 8h 15, le ciel devenant de plus en plus nuageux, des alto-cumulus gris un peu épais, venant du N., ayant commencé à passer déjà devant le so’eil, le halo de 40° disparut peu à peu, celui de 22° devint moins apparent.
- De 8h 15 à 8h35, la partie occidentale du grand cercle parhélique blanc fut visible; elle s’était dessinée brusquement comme tracée d’un vigoureux coup de pinceau sur le fond devenu blanc laiteux du cirro-stratus. Elle n’était visible que de ce côté du ciel et elle se présentait sans interruption jusque vers l’O. seulement. Sur ce cercle blanc et large, au S.-O. exactement, à environ 95° ou peut-être 100° du soleil, on put voir pendant un certain temps un paranthélie (faux soleil) d’un blanc diffus et plus large que le cercle. Un peu avant 9 heures, le. ciel s’étant presque complètement couvert de nuages bas et épais venant du N., il ne fut plus possible d’observer le phénomène.
- Les circonstances météorologiques à 8 heures du matin, étaient les suivantes : >•.
- Pression barométrique : 757“”’,7 (réduite au niveau de la mer) en hausse de lmm,2 sur la veille au soir. Température : 12°,5 ; le minimum de la nuit 9°,5. Humidité relative : 79. Vent N.-N.-O. faible. Rosée le matin. Ém. Roger.
- Directeur de la station météorologique de Chàteaudun.
- ——
- NOUVEAU DISPOSITIF D’ANCRAGE
- On n’ignore pas sans doute que le plus grand danger pour un navire, pendant un mauvais temps, c’est de « chasser » sur ses ancres : ce qui revient à dire que le fond de la mer n’olfre pas une résistance suffisante aux pattes des ancres, et que le navire s’en va, {toussé par le vent, en labourant ce fond, sans que l’ancre y rencontre un obstacle où elle puisse se crocher. Le même danger existe pour ce qu’on nomme les « corps-morts » et les coffres des ports et des rades : ce sont des ancrages fixes préparés à l’avance, où la chaîne d’ancre vient se rattacher à un Ilot tour,
- Un inventeur américain, M. Langston, s’est dit qu’on pouvait précisément tirer parti de la mobilité de ces fonds où les ancres chassent, et cela en en profitant pour y noyer des plaques métalliques épaisses et massives, qui opposeraient une résistance considérable à un elfort d’arrachement, quand elles seraient sous une bonne épaisseur de ce sol mobile, sable ou vase.
- Sa plaque, son bloc d’ancrage, les figures que nous en donnons, d’après notre excellent confrère Scientific American, suffiront à en faire comprendre la forme et la disposition ; c’est un disque
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- de fonte qui peut avoir jusqu’à 0m,60 de diamètre, et (jue l’on suspend à une chaîne par un anneau passant dans deux oreilles qu’il offre à sa surface supérieure ; ce disque présente un trou en son milieu. Pour qu’il creuse son chemin dans les sahles ou les vases, on fait pénétrer dans ce trou l’extrémité d'un tuyau métallique d’une certaine longueur réuni à un tuyau llexihle quelconque, qui amène de l’eau sous pression venant d'une pompe installée à hord du navire désirant assurer son ancrage. On comprend bien que le courant d’eau, qui sort sous le disque et qui a tendance à remonter à sa partie supérieure, ne peut manquer d’excaver immédiatement sahles et vases, et d’assurer un rapide enfon-
- cement du disque, comme cela se présente dans le fonçage des pilotis par la méthode hydraulique. On prend naturellement des dispositions pour tixer le tuhe en position, et quand l’enfoncement est estimé suffisant, on rend libre ce tuhe métallique ; le disque d’ancrage, avec un bon bout de chaîne, se trouve noyé sous les sahles ou les vases qui ont comblé le trou au fur et à mesure que le bloc d’ancrage s’y enfonçait.
- Le relevage d’un ancrage de cette sorte (opération nécessaire quand le disque a été descendu par un navire pour son usage personnel, et non pour un colire d’amarrage) se fait de façon inverse, c’est-à-dire qu’on descend, en le faisant couler le long de la chaîne d’ancre au moven d’une sorte de coulant mé-
- U» vapeur à l’ancre sur le nouvel appareil. L’enlbncemeiit et l'enlèvement à l'ancrage.
- tallique, le tuyau, métallique également, qu’on a employé tout à l’heure, et qui, ici encore, est relié à une pompe de compression par un tuyau llexihle. Lorsqu’il touche le fond, on y lance le jet d’eau comprimée ; celui-ci rend le sable mobile, et le soulève en faisant une excavation ; et comme on laisse descendre peu à peu le tuyau, il creuse tant et si bien tpi’il arrive à mettre à nu le disque. On s’assure, au fur et à mesure, de l’avancement de ce travail d’excavation en tirant sur la chaîne d’ancrage, et il arrive un moment où l’on peut enfin la remonter quand l’excavation a été menée assez profondément.
- 11 ne s’agit point là d’une invention encore dans la période des essais : bien au contraire elle a fait ses preuves et, notamment, durant une tempête qui est survenue à New-York en septembre. Une série de
- yachts du iYaeht-Club de New-York ont parfaitement tenu sur leurs chaînes et sur des disques de cette sorte, tandis que 40 bateaux chassèrent sur leurs ancres du type ordinaire et furent jetés à la cote. I)e plus, le service des phares des Etats-Unis, particulièrement intéressé par cette invention pour les bateaux-feux, s’est livré à des expériences curieuses de traction au moyen d’un puissant remorqueur sur un disque de ce genre, ayant seulement 30 centimètres de diamètre et immergé par une profondeur d’eau de 6 mètres et sous 2m,40 de sahles argileux : une heure après l’immersion, le remorqueur exerça tous ses efforts de traction sur la chaîne frappée sur le disque, et il lui fut impossible de faire bouger cet ancrage Daniel Bellet,
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- LA RACE BOYINE DE JERSEY
- Les îles anglo-normandes de Jersey, Guernesey, Alderny, possèdent une population bovine qui fait l’admiration des nombreux touristes visitant tous les ans ces régions. Tout récemment encore, lors du Concours régional agricole qui s'est tenu à Nantes (juin 1901), elle a été très remarquée sous le nom de « race jersyaise ». Rien de plus curieux que ces mignonnes petites bêtes, dont la hauteur au garrot ne dépasse guère lm,50 chez le male et oscille, chez la femelle, entre lm,20 et lm,25. Ces animaux ont la tête fine, les yeux saillants, à fleur de tête et le mufle étroit; les cornes sont courtes et grêles.
- L’encolure est fine et très mobile, son attache
- avec la tête se fait sous un angle assez ouvert, ce qui donne aux animaux une démarche fière et élégante. La croupe est courte, oblique et pointue; la queue est fine, longue et enfoncée ; l’échine légèrement infléchie dans la région lombaire; enfin, toute l’ossature est d’une remarquable finesse.
- Le seul défaut qu’on puisse reprocher à ces charmantes bêtes à l’aspect fémelin est d’avoir la poitrine étroite et peu profonde.
- L’ensemble de ces caractères n'est pas, comme on le voit, favorable pour la production de la viande, mais approprié par contre au plus haut point à la lactation, qui est d’ailleurs l'aptitude prédominante chez cette race. La couleur de la robe est essentiellement variable; les pelages les plus communs sont le brun, le fauve et le gris; après viennent les robes
- Vache jersyairo.
- froment et souris. Enfin, nombre de robes sont marquées de taches blanches. La peau, mince et souple, est de couleur orangée, ce qui se voit fort bien autour des orifices naturels et aux mamelles; ces dernières présentent un développement considérable.
- En France, bien des éleveurs sont convaincus que les bêtes bovines de Jersey ont une couleur uniforme, fauve ou froment sans taches, avec la langue et le bout de la queue noirs. Ainsi que le fait observer M. À. Montoux, directeur de l’École d’agriculture de Grand-Jouan, qui a fait de cette race une étude très approfondie, c’est là une erreur et un préjugé, car dans l’île de Jersey on trouve des animaux ayant les robes les plus diverses. Quant à la langue et à la queue elles sont tantôt noires, tantôt blanches.
- 11 n'est d’ailleurs pas étonnant que cette race, qui provient selon toute probabilité, du croisement des races bretonne et normande aux robes si variées,
- ait pris elle-même une variété si grande de pelages.
- Si dans les Jersyais, certains caractères de conformation et d’aptitude se reproduisent maintenant presque toujours invariables, cela tient, d’une part, à la sélection constante qui a été pratiquée dans ce but, et, d’autre part, aux améliorations sans nombre qu’apporte à cette race la Société royale d’agriculture de Jersey, car l’importation de tout reproducteur étranger, mâle ou femelle, est formellement interdite, et cela a existé de tout temps. Pour rendre l’interdiction plus formelle encore, les États de Jersey prohibèrent, en 1771, l’importation de vaches, génisses et taureaux, de n'importe quelle race, venus de l’étranger, mi frappant les délinquants d’une amende de 1000 livres ou 25 000 francs, pour l’introduction de chaque animal vivant, plus la confiscation; la loi de 1864 a considérablement diminué l’amende en la réduisant à 100 livres par tête, soit 2500 francs; ce qui, il faut en convenir, est encore assez gentil!
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- Pour activer autant que possible l’amélioration de leurs animaux, les habitants de Jersey ont créé un livre généalogique ou Herd-Ilook1, sur lequel sont seuls inscrits les animaux approuvés par un jury très sévère. Pour être inscrit, il ne suffit pas, comme en France, qu’un animal soit sorti de parents déjà inscrits eux-mêmes, les males ne peuvent pas être examinés avant l’àge d'un an et les femelles avant deux ans, afin que la Commission soit mieux en mesure d’asseoir son jugement sur les aptitudes laitières.
- La vache jersyaise est très précoce; elle peut donner son premier veau un peu avant deux ans et fournit, en général, de douze à quatorze litres de lait par jour. C’est un beau rendement, mais ce qu’il y a de mieux c’est la forte teneur de ce lait en beurre.
- Voici, à ce sujet, ce que dit M. A. Ihibourg :
- « Il est difficile d’apprécier le lait d’une vache jersyaise sur un simple échantillon2; les globules butyreux étant relativement très volumineux montent plus rapidement que ceux des autres races. Trois échantillons prélevés immédiatement après la traite à différentes profondeurs du seau ont montré entre eux de grands écarts : le lait pris à la surface fut de beaucoup le plus riche en matière grasse, et le plus pauvre fut celui provenant du fond.
- « C’est pour cette raison, sans doute, que certains éleveurs anglais prétendent que le lait de deux ou trois vaches jersyaises, mélangé à celui du troupeau d’une autre race, non seulement fait monter la crème plus rapidement, mais qu’il contribue à épuiser d'une manière plus complète le lait avec lequel il est mélangé, les globules butyreux des jersyaises étant plus gros, plus élastiques, entraîneraient avec eux les globules du lait des autres vaches.
- « Si le fait était reconnu exact, il vaudrait bien la peine de faire le mélange. La densité du lait d’une vache jersyaise est généralement un peu plus faible que celle des autres races; cela s'explique par la plus grande proportion de matière grasse qu’il contient. »
- La race jersyaise est peu répandue en France, et il y a lieu de le regretter; toutefois, on en rencontre de très belles dans quelques étables des départements d’Ille-et-Yilaine, de la Manche, de la Loire-Inférieure, du Calvados et de la Charente-Inférieure. Par contre, depuis une vingtaine d’années, elle a
- ♦
- 1 C’est en 1878, après le Concours agricole de Bristol, que fut commencée la rédaction du Herd-Ilook, par les soins de M. Jornton. Le premier volume parut en 1880.
- , Voici, à titre comparatif, la composition du lait d’une vache jersyaise et d’une vache parthenaise, placées dans des conditions absolument identiques :
- Jersyaise. Parthenaise.
- Eau 902.50 904.40
- Beurre 45.10 40.15
- badine 51.90 50.00
- Sels 7.70 7.00
- Matières protéiques. . . 25.00 24.10
- pris une grande extension en Angleterre et en Amérique. En ce qui concerne les États-Unis, M. 11. Gros-jean, inspecteur général de l’agriculture, nous apprend que les jersyaises forment la majorité de l’espèce bovine dans l’est de l’Amérique et que les étables de toutes les fermes produisant du beurre ne sont composées que de ces animaux.
- D’ailleurs, de 1875 à 1882, les Américains ont acheté à des prix fabuleux des animaux primés aux concours de Jersey; on cite notamment un taureau qui a été payé 25000 francs et une vache 57 000 francs. Tout en faisant la part de l’esprit sportif américain dans ces sortes de choses, il faut bien admettre que pour consentir à payer de pareils prix, les éleveurs doivent reconnaître de sérieuses qualités aux bêtes de race jersyaise.
- A. Larbalétrier.
- RÈGLE A CALCUL CIRCULAIRE
- L’expressiou est bien un peu audacieuse que celle de règle circulaire, mais nous l’avons choisie pour faire saisir immédiatement la particularité du petit, instrument que nous voulons décrire et qui est dù à M. Pouecli, un constructeur parisien d’appareils de précision. En effet, tout le monde connaît au moins de vue les règles à calcul, qui sont, comme l’indique leur nom, des réglettes droites permettant de faire, par déplacement d’une partie mobile le long d’une partie fixe, la lecture directe et la résolution d’un certain nombre d’opérations : division, multiplication, extraction de racines, etc. Comme de juste, ces réglettes ne peuvent présenter un grand développement sous peine de se rendre particulièrement encombrantes ; et cependant leurs faibles dimensions ont l’inconvénient de ne donner que peu de longueur aux échelles, en même temps que de resserrer considérablement les divisions de ces échelles, ce qui rend les lectures difficiles et confuses. C’est pour cela que M. Pouech a eu l’idée de recourir à la disposition en demi-cercle ; il obtient ainsi un cercle à calcul, dont les dispositions sont, du reste, fort ingénieuses. Les avantages de cette forme circulaire doivent se saisir immédiatement : ce cercle, qui n’a que 0m,12 de diamètre et qui peut, par conséquent, se mettre aisément dans la poche d’un vêtement, comporte des échelles de multiplication et de division qui ont à peu près le même développement que celles d’une règle de Mannheim de ûm,56 de long; de plus, comme la fin de ces échelles vient en rejoindre le commencement, en formant un cercle fermé, on a une suite continue d’échelles qui permettent le calcul des proportions et l’exécution de multiplications successives, sans qu’on ait jamais à revenir en arrière. L’échelle des racines carrées, qui forme deux spires, mesure 0m,50 de développement; et à chaque spire correspond, pour la lecture des carrés, une échelle de près de 0"1,55, au lieu de la longueur de 0m,25 seulement pour une règle de 0m,50. L’échelle des racines cubiques qui, comme la précédente, permet la solution des opérations, par une simple lecture après déplacement d’un curseur, a trois spires qui ont encore un développement énorme, au centre du cercle. Au revers du cercle des opérations ordinaires, est une échelle des nombres à employer pour la recherche des logarithmes, et qui mesure O"1,65 ; elle est graduée en conséquence, et le dernier tracé sur le curseur donne une
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- quatrième décimale ; l'échelle des sinus est graduée de 10 en 10' depuis 0 jusqu’à 60°, de 20 en 20' entre 00 et 75, et alors que sur la grande règle de 0m,50 la division de degré en degré commence dès l’angle de 50°.
- Nous ne voulons ni ne pouvons insister davantage sur les avantages de cette règle au point de vue théorique, et nous allons rapidement donner quelques exemples de la facilité avec laquelle elle permet de faire de multiples opérations.
- Voulez-vous faire une multiplication, par exemple multiplier 45 par 57 ? Vous commencez par amener en face de l’un des chiffres, soit 45, pris sur l’échelle la plus extérieure de la face de la règle réservée aux opérations ordinaires, le chiffre 1 de l’échelle qu’on appelle mobile, parce que c’est la première qui se trouve au pourtour du cercle mobile se déplaçant au centre du cercle à calcul considéré dans son ensemble (ce cercle mobile est une plaque de laiton incrustée à niveau dans la plaque d’épaisseur double qui, elle, forme le corps même de la règle, et il contient en réalité toutes les échelles sauf celle de l’extrême bord).
- Après avoir amené cette coïncidence, on lit le produit cherché dans l’échelle regard du facteur lu dans l’échelle mobile ; et on constate ainsi que ce produit est •1(505, Pn tenant compte, pour opérer cette lecture, d’abord de ce fait que le produit doit avoir 4 chiffres et que le chiffre final ne peut être que 5, puisque 5 fois 7 donnent 55. A propos du nombre des chiffres du produit, il est une règle bien simple, qui est que ce produit contiendra autant de chiffres qu’il y en a dans les deux facteurs quand, pour le trouver, il faut, en suivant sur l’échelle à partir du premier facteur choisi l’ordre naturel des divisions, dépasser la division de l’échelle fixe (et par conséquent extérieure) ; quand, au contraire, on ne dépasse point cette division dans cette recherche, c’est que le produit aura un chiffre de moins qu’il n’y en a dans les deux facteurs.
- Nous pourrions dire qu’on peut aussi opérer une multiplication en amenant le premier facteur pris dans l’échelle mobile en face de l’échelle fixe, et en lisant le produit dans l’échelle mobile vis-à-vis du second facteur pris dans l’échelle fixe. Pour une division, on place le dividende et le diviseur en regard l’un de l’autre, et le quotient se trouve dans la même échelle que le dividende en regard du 1 de l’autre échelle ; on peut aussi prendre le dividende et le diviseur dans la même échelle, dans l’échelle
- fixe, et on aura le quotient en regard du dividende, une fois qu’on aura amené le 1 de l’échelle mobile en face du diviseur. Quand on se servira de cette règle, on verra qu’elle donne une foule de résultats intéressants et ingénieux autant que précieux dans la pratique.
- C’est ainsi que les nombres, qui deux à deux se trouvent en regard dans l’échelle fixe et dans l’échelle mobile, forment des rapports égaux, et qu’on a de la sorte la possibilité de substituer immédiatement à un rapport dont les termes sont des nombres un peu élevés, un nouveau rapport sensiblement plus simple.
- On comprend que, dans ces conditions, l’échelle Pouech donne le moyen rapide autant que simple de calculer des proportions, et c’est peut-être une des utilisations les plus indiquées de cet appareil : on place en regard l’un de l’autre les deux termes du rapport connu, et, en regard du
- terme connu de l’autre rapport pris d a n s 1 a m è m e échelle que le numérateur du premier rapport, on lit le quatrième et dernier terme. L’inventeur a eu le sens pratique, et il a imaginé pour ainsi dire des petits manuels imprimés sur deux pages seulement, qui permettent au premier venu d’appliquer ces principes au calcul des feuilles de paye des ouvriers. Ces feuilles reposent toujours sur une proportion par rapport au prix de l’heure ou de la journée de travail. Il donne aussi le moyen d’appliquer très simplement ce calcul immédiat des proportions aux conversions de mesures étrangères, aux règles d’intérêt, au cubage, etc. Il a même disposé une de ses règles pour le cubage des bois en grume, qui donne ordinairement beaucoup de peine, et qui se fait naturellement en utilisant les spirales des racines dont nous avons dit un mot tout à l’heure, et sur lesquelles nous allons ajouter quelques explications.
- L’échelle des racines carrées avec ses deux spires comprend respectivement, dans chacune de celles-ci, les nombres pour lesquels le carré ou sa tranche de gauche contient un ou deux chiffres ; quant à l'échelle des racines cubiques, elle est formée de trois spires comprenant de même les nombres pour lesquels le cube ou sa tranche de gauche contient 1, 2 ou 3 chiffres. On se sert cette fois du curseur en cuivre avec lame de corne que montre la figure : son trait, placé sur un nombre pris dans une échelle de racines, marque dans l’échelle mobile (celle qui est sur le bord du cercle mobile, rappelons-le) son carré ou son cube ; et réciproquement un nombre de cette
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- échelle mobile se trouve en regard de sa racine carrée ou cubique, bien entendu dans l'échelle des racines carrées ou cubiques. La position du nombre dans l’échelle des racines (première, deuxième spire, etc.) détermine le nombre des chiffres du carré ou du cube, et inversement de ce nombre se déduit la position de la racine dans son échelle. Nous ne pouvons nous attarder plus longtemps sur cet élégant petit appareil, mais nous l’avons entre les mains et le pratiquons couramment, et nous en sommes tout à fait satisfait. L. Beu.
- CONCOURS DE FREINS POUR BICYCLETTES
- Nous avons annoncé aux <( Informations » que, sous les auspices du Touring-Club, un concours de freins avait été institué dans le but de savoir quel était le mécanisme le plus sûr et le plus puissant à appliquer aux bicyclettes en cas de fortes pentes. Une Commission, nommée à cet effet, désigna les deux parcours de Chambéry à Grenoble par le massif de la Chartreuse et de Laffrey à Vizille pour poursuivre les expériences. Le concours eut lieu à la tin d’août. En voici les principaux résultats d’après le rapporteur de la Commission, >1. Carie Bourlet, dont l’autorité dans la matière est bien connue.
- 11 ressort des essais un fait capital: c’est la supériorité, au point de vue de l’endurance, des freins sur jante, car tous ont supporté aisément l’ensemble des épreuves, et plusieurs auraient pu subir à nouveau, au moins une dizaine de fois, ces mêmes épreuves sans changer les patins. L’usure assez variable suivant la nature du patin s’est montrée minima dans le frein « Stopp » de la maison Dunois, muni de blocs de cuir placé en bout.
- Les patins peuvent être placés soit sur la fourche arrière près du pédalier, soit sur les montants qui relient le moyeu de la roue arrière à la selle. La Commission ne juge pas qu’il y ait lieu de préférer, en principe, un mode à l’autre. Les concurrents ont employé deux modes distincts d’attaque de la jante par le patin : dans le premier, les patins se déplacent parallèlement au plan moyen de la roue et, au repos, ils sont en face 'des têtes des rayons ; dans le deuxième mode, le patin s’applique sur la jante en tournant autour d’un axe latéral, et il peut être disposé de façon à rester toujours en face de cette jante ; par suite, les déformations de celles-ci ne peuvent plus entraîner d’accidents sérieux. La Commission est donc d’avis que le second mode doit être préféré au premier. Les jantes en fer ne paraissent pas souffrir de l’emploi de patins, même en fibre dure, mais leur forme actuelle n’en facilite pas l’application. Il serait donc désirable que celte forme fût modifiée à l’avenir par les constructeurs. Sur les jantes en bois, seul le cuir n’entraîne aucune dégradation sérieuse; par contre, le patin s’use alors assez rapidement. Quant à la fibre dure, elle est peu recommandable, dans ce cas, car elle entame assez nettement le bois. D’une façon générale, tous les freins appliqués au voisinage du moyeu et qui ont effectué les trois épreuves jusqu’au bout, ont donné lieu à un échauffement très notable. Pour éviter tout accident, certains d’entre eux ont dû graisser à l’excès et même employer un appareil de graissage continu, ce qui, évidemment, est inadmissible en pratique.
- Les freins pour lesquels la friction s'exerçait de métal à métal ont mieux réussi que les suivants; on peut donc admettre que, s’ils présentent de grandes surfaces de refroidissement, ils pourront, dans les pays moyens, rendre de meilleurs services qu’en montagne.
- Quant à ceux qui agissent par frottement d’une partie en cuir, en fibre ou autre corps non métallique sur une pièce en métal, ils ont accusé à la fin du concours une fatigue telle que leur mise hors de service semblait être prochaine. Ce type de frein n’est donc admissible en montagne qu’à condition de pouvoir remplacer aisément la fibre ou le cuir. Ce qui, dans tous les modèles de freins, a été généralement le moins bien étudié, c’est la commande.
- Un dispositif de serrage fixe s’impose donc ; mais, d’autre part, il faut pouvoir supprimer instantanément ce serrage et aussi le faire varier à tout instant suivant les changements de pente de la roue. Certaines machines n’étaient munies que d’une commande ordinaire, sans serrage fixe ; d’autres, au contraire, n’avaient qu’une commande à serrage continu, mais qu’il était peu commode de faire varier rapidement, de telle sorte qu'on n’obtenait ni arrêt brusque en cas d’accident, ni un desserrage immédiat au bas d’une côte. L’arrêt brusque, pour ce dernier type, pourrait être obtenu au moyen d’un second frein; mais l’inconvénient de la lenteur du desserrage subsisterait toujours.
- Quelques concurrents ont fait des essais louables de double commande donnant sur le même frein. Les commandes à contre-pédale entraînent toujours une complication dans la construction, car elles exigent l’installation d’un dispositif analogue à celui d’une roue libre. Si ce dispositif est à galets ou à billes, il peut arriver que le coincement intempestif ou trop violent des galets produise le bloquage du frein. S’il est à rochets, il offre souvent un certain temps mort dans l’action qui peut être préjudiciable dans l’arrêt instantané. Ce dernier système paraît cependant préférable, car on pourrait supprimer presque totalement le temps mort.
- En somme, le concours, très bien organisé par le Touring Club, permettra d’élucider diverses questions relatives au freinage assez mal connues. Ce concours aura eu son utilité ; il a prouvé notamment que l’ingéniosité des inventeurs devra s’occuper tout particulièrement du problème difficile du freinage. En plaine, nos freins suffisent bien, comme on sait, mais en route accidentée, et dans les pays montagneux, ils ont besoin d’être encore perfectionnés. On peut donc souhaiter que les expériences de 1901 deviennent le point de départ de transformations heureuses dans le dispositif des freins de bicyclettes. J.-F. G.
- UN HÔPITAL POUR RUÉS MALADES
- C’est encore mieux vraiment que les hôpitaux pour chiens que nous avons eu parfois l’occasion de signaler; cet hôpital surprenant se trouve, comme de juste, dans l’Amérique du Nord, non pas toutefois aux États-Unis, mais au Canada, dans cette région de l’Ontario où la culture des céréales joue un rôle prédominant.
- On doit savoir que le blé est sujet à un certain nombre de maladies, comme le charbon par exemple; et une bonne partie de ces maladies, si l’on ne réussit pas à en détruire les germes quand ils ne sont encore que dans la première enveloppe du grain, rendent le blé invendable par la suite, tout simplement parce qu’il est impossible d’en utiliser la farine. Aux blés malades proprement dits et infectés par un germe, on peut assimiler ceux qui ont subi certaines avaries, par exemple ceux qui ont été par-
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- ticulièrement mouillés, et qui seraient susceptibles de pourrir, au moins de moisir, si on les expédiait dans cet état sur les marchés de consommation.
- Un des médecins des blés malades.
- Maladies et avaries, l’hôpital dont nous voulons parler les soigne et les guérit.
- 11 se trouve dans la petite ville de Port-Arthur, qui est un port des grands lacs d’où se font d’importantes expéditions de céréales ; et il se présente sous l’aspect et avec les caractéristiques principales des élévateurs à céréales : il peut donc recevoir directement le froment des wagons ou des navires, et le recharger ensuite au moyen des chaînes à godets et des courroies porteuses classiques — mais après ({ue les soins voulus ont été donnés aux grains.
- Les blés humides ou plus ou moins mouillés arrivent en masse dans cet hôpital, qui possède une installation des plus complètes pour les traiter, une vaste étuve, peut-on dire, susceptible d’en sécher quotidiennement 6500 boisseaux (de 55 litres). En réalité, cette étuve est partagée en un nombre considérable de casiers plats dont les parois sont faites de tôles perforées, et qui sont disposées verticalement à une certaine distance les unes des autres ; dans les intervalles on fait passer des courants d’air chaud. Du reste, la longueur du traitement est proportionnée à la quantité d’eau que contient le grain : celui-ci se classe en effet en trois catégories, suivant qu’il contient 4 1/2 pour 100, 7 1/2 ou 11 1/2 pour 100 d’eau, la proportion normale ne dépassant point 4 pour 100.
- Pour les blés simplement sales, dont l’enveloppe seule est noircie, on les « récure » littéralement, si on veut nous permettre ce mot, en les faisant passer entre deux plaques de métal qui frottent les grains dans tous les sens. On traite aussi les froments atteints du noir en les projetant violemment contre des surfaces où ils subissent un choc qui en détache l’enveloppe malade et noircie. On a imaginé enfin
- toute une série d’appareils et de traitements qu’on affirme parfaitement réussir, et laisser des grains {dus propres et engageants que ceux-là mêmes qui n’ont jamais été malades. Rien entendu, toutes ces manipulations engendrent* des poussières particulièrement malsaines, et le personnel de l'hôpital est obligé de porter constamment des lunettes et des masques respiratoires. Pierre de Muriel,
- —
- UNE COLONIE D’ABEILLES1
- AU JARDIN DES PLANTES
- L’article que nous avons donné précédemment sur ce même sujet nous a valu de M. A. Giard, l’éminent membre de l’Académie des sciences, une très intéressante lettre dans laquelle le savant et sympathique professeur nous signale l’existence dans cet établissement d’une seconde colonie d’abeilles non moins florissante que celle dont nous avons déjà parlé.
- « L’essaim du sophora de la bibliothèque, nous écrit M. Giard, n’est pas le seul qui existe au jardin. \ous en trouverez un autre {dus facilement observable dans l’école de botanique.
- « Au milieu du deuxième carré, en face des nouvelles galeries de Paléontologie, entre deux rangées de plates-bandes consacrées à la famille des légumineuses, il existe une cabane fermée, ombragée par
- Catalpa du Muséum habité par une colonie d'abeilles.
- un vieux Catalpa, C’est dans cet arbre que se trouve un nid d’abeilles que je connais depuis aussi long-1 Voy. n° 1474, du ‘24 août 1901, p. 204.
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- LA NATURE.
- temps que celui du Sophora, ce qui ne veut pas dire, d’ailleurs, qu’il soit du même âge.
- « 11 me semble bien que ce nid existait déjà quand j’étais étudiant vers 1869-72, mais je n’oserais l’affirmer d'une façon précise. Chaque année je retrouve l’essaim prospère, le nid est presque à hauteur d’homme.... »
- Nous donnons ci-jointe la figure de cet arbre. L’entrée et la sortie des abeilles se font par un petit trou situé à moins de 5 mètres au-dessus du sol et qui s’est formé au centre de la cicatrice d’une grosse branche sectionnée anciennement au ras du tronc. Il n’est pas douteux pour nous que ces deux colonies d’abeilles aient la meme origine, et leur longue existence au Muséum, abandonnées à elles-mêmes et sans soins, nous fait vivement regretter que quelques ruches n’aient pas été conservées dans cet établissement (où l’abeille semble si bien se plaire) pour l’enseignement du nombreux public qui le fréquente. L’apiculture, en effet, prend de nos jours un développement très important ; les services qu’elle peut rendre à l’économie domestique par la consommation du miel, des hydromels, ou produits dérivés qu’on en peut obtenir, sont de plus en plus appréciés, et le rôle des abeilles dans la fécondation des fleurs, qui n’est plus aujourd’hui un mystère pour personne, établit nettement l’importance de leur élevage au point de vue agricole.
- Quoi qu’il en soit, espérons que ces deux colonies d’abeilles vivront encore longtemps dans notre Muséum. Leur observation attentive présentera certainement le plus vif intérêt au point de vue apicole comme au point de vue entomologique.
- A.-L. Clément.
- Yice-prcsiilenl de la Société centrale d apiculture et de zoologie agricole.
- CHRONIQUE
- les menteurs A gaz comme machines marines.
- — Avec une audace qui semblera peut-être fort grande à bien des gens, M. It. Mewes affirme qu’on aurait les plus sérieux avantages à substituer aux machines à vapeur marines des moteurs à gaz de forte puissance. Tout en reconnaissant les dangers d’incendie, les défauts divers de ces moteurs, il affirme que ce sont là des inconvénients dont il serait aisé de triompher ; par contre, quelle simplification dans l’encombrement, quelle diminution dans les espaces occupés ! A bord du Kaiser Wilhelm der Grosse, par exemple, il faut actuellement 7500 mètres cubes, le tiers du déplacement du navire, pour la machinerie motrice et ses annexes : avec 50 moteurs à gaz de 1000 chevaux, on économiserait la moitié de la place nécessaire aux approvisionnements, on supprimerait les chambres de chauffe, finalement on gagnerait 4000 mètres cubes.
- Le fusil de guerre chinois. — Le plus lourd fusil de guerre, et aussi le plus incommode, de beaucoup, serait celui dont sont armées, depuis les derniers événements, les troupes d’infanterie du Céleste Empire. Avant son départ de Pékin, un officier allemand a pu voir ce nouvel engin qui est fabriqué par l’arsenal chinois de
- Shanghaï, et qui, chose curieuse, a été copié presque exactement sur le Mauser modèle 1888, mais à une échelle trois fois plus grande environ. Le calibre est de 15 millimètres; la longueur, sans compter la baïonnette, atteint 2m,55 ; quant au poids, il dépasse 20 kg ! Aussi pour manier ce fusil faut-il trois soldats au lieu d’un : deux hommes le portent sur l’épaule droite, dans la position horizontale, et le troisième pointe l’arme et fait partir le coup. Par exemple, sa portée est celle d’un petit canon : 4000 mètres. La balle cylindro-ogivale ressemble à un projectile d’artillerie; elle est en acier et pèse une centaine de grammes. Sa vitesse initiale atteint 700 mètres à la seconde. En somme, s’il n’était pas d’un maniement si difficile, le fusil chinois serait certainement une arme très dangereuse, doué comme il est des propriétés balistiques remarquables.
- Les avantages du chauffage au combustible pulvérisé. — Nous avons eu occasion de parler du chauffage des foyers avec de la houille pulvérisée ; comme, malgré tout, ce procédé est pratiquement inconnu en France, nous pensons utile de citer un exemple des résultats qu’il donne dans les usines de ciment Alpha, dans le New-Jersey. Le charbon brûlé est de la houille bitumineuse tout-venant, qui est d’abord pulvérisée en grains de la grosseur d’un grain de blé, puis passée dans un cylindre sécheur, et enfin traitée par un broyeur à boulets. D’ailleurs, pendant l’alimentation des foyers, les grosses particules sont mises automatiquement de côté pour un nouveau broyage. La combustion est presque parfaite quand on fournit 14 kilogrammes d’air pour 1 kilogramme de charbon ; on peut forcer la vaporisation en donnant à l’air une vitesse suffisante et en poussant l’injection de charbon. La pulvérisation ne coûte du reste guère que de 0tr,50 à lfr,25 à la tonne, et la commande de la machinerie nécessaire au broyage ne consomme que le centième de la puissance que peut produire, sous une bonne chaudière, le combustible pulvérisé : c’est négligeable,
- Palplanches en béton armé. — Les palplanches ne sont guère autre chose que des sortes de pilotis plats et secondaires, que l’on enfonce en terre pour former des enceintes étanches où l’on puisse exécuter des épuisements ; comme le bois, surtout‘dans les ouvrages à la mer, est exposé à une destruction rapide sous le climat des colonies, on a songé à former des palplanches d’une résistance considérable tout simplement avec du béton armé, du ciment enrobant une ossature métallique. L’idée vient d’être mise en pratique pour la construction des quais de Kiaou-Tchéou, la nouvelle possession des Allemands en Chine. Ces palplanches sont munies de rainures latérales qui leur permettent de s’engager les unes dans les autres et de constituer un rideau parfaitement étanche. Elles offrent une résistance toute particulière et ne coûtent pas finalement plus cher que celles qu’on fait en bois.
- Chemins de fer à bon marché. — Les habitants de la Nouvelle-Galles du Sud sont comme les Américains, et préfèrent une voie ferrée construite à la légère, avec des matériaux qui ne dureront sans doute pas longtemps, à l’absence de moyens de transport rapides : aussi multiplient-ils, à l’heure actuelle, les chemins de fer sur leur territoire, tout en les construisant avec la plus stricte économie. Ils arrivent ainsi à des résultats qui semblent fantastiques, surtout dans un pays où la main-d’œuvre est chère : souvent le prix du kilomètre construit n’atteint
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- pas 30Q00 francs! Il est vrai que, pour atteindre ce tut, on évite autant que possible déblais et remblais, on supprime presque partout le ballast, les bâtiments des gares sont en bois, comme la plupart des ouvrages d’art, les rails sont légers. Néanmoins des trains marchent et permettent la mise en exploitation du pays.
- La valeur du eharhon américain. — On parle beaucoup, depuis quelque temps, de la possibilité d’introduire les charbons américains sur les marchés européens, pour faire concurrence aux houilles britanniques en particulier ; mais on se demande si l’on peut trouver normalement en Amérique des combustibles minéraux ayant la même puissance évnporatoire que le meilleur charbon anglais du Cumberland. Or, un ingénieur de Boston, M. Haie, s’est livré à ce sujet à des expériences intéressantes. Il a d’abord pu constater que la houille américaine de Bocahon-tas vaut absolument ce combustible de Cumberland ; si, d’autre part, on prend cette valeur comme unité en la représentant par le chiffre 100, on constatera que le charbon de New-River est représenté par 97, alors que la cote relative du Cumberland est de 98 ; nous trouvons de même le coefficient 89 pour la houille de Bittsburg, de 82 pour celle de l’Ohio, et de 81 pour celle de la Nouvelle-Écosse.
- Un train de wagons-restaurants. — R y a
- quelque temps le duc de Marlborough organisait une réception dans son palais de Blenheim, et, parmi ses invités, il avait 194 personnes qui venaient de régions relativement éloignées, du Comté d’York et des Midlands. Pour ne point les obliger à prolonger leur voyage, le duc leur offrait le matin à déjeuner et le soir à dîner dans le train, qui les amenait pour les remmener ensuite. Dans ce but ce train était composé de 9 wagons-restaurants, dont une partie seulement de lrs classe pour les invités de marque, et le reste de 3° classe. Les voyageurs demeuraient dans le wagon durant tout le parcours, qui était d’un peu moins de 5 heures dans chaque sens.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 50 septembre 1901.
- Présidence de M. Bouquet de i.a Giive.
- L'évolution dentaire chez les animaux et les dents humaines. — M. Albert Gaudry présente une Note intitulée : « Sur la similitude des dents de l’homme et de quelques animaux ». Il est parfois difficile aux paléontologistes de déterminer avec des dents isolées s’ils sont en présence de restes humains ou de dents de singes anthropomorphes. Pour reconnaître la provenance, dit M. A. Gaudry, il faut réfléchir que l’homme étant la créature dont la face est la moins proéminente doit avoir des mâchoires plus raccourcies. Le raccourcissement des molaires supérieures a porté surtout sur le denticule externe du second lobe. M. A. Gaudry dessine devant l’Académie des croquis de molaires d’un ancien singe, l’oreopithecus ; d’un singe un peu moins ancien, le dryopithecus ; d’un orang-outang, d’un gorille, d’un chimpanzé, d’un nègre et d’un homme blanc, pour montrer comment les dents ont été successivement simplifiées, le second denticule interne devenant de plus en plus petit. Ainsi, alors que les dents se sont agrandies et compliquées chez les animaux des temps géologiques dont l’occupation principale était de se nourrir, elles se sont simplifiées chez les êtres qui pensent et dont les os qui enveloppent le cerveau ont pris un développement tout à fait prédominant.
- L’antimoine dans l’organisme. — M. Brouardel résume une Note de M. Gabriel Bouchet, relative à la dissémination et à la localisation de l’antimoine dans l’organisme. A la différence de l’arsenic, l’antimoine se localise dans l’intestin. On ne constate que des traces extrêmement légères dans les centres nerveux où volontiers l'arsenic se rencontre. Enfin, on ne le rencontre pas dans les poils ni dans les cheveux où l’arsenic apparaît pour être éliminé de l’organisme.
- Les dessins de la grotte de la Mouthe. — M. E. Rivière lit un Mémoire sur les dessins gravés et peints sur les parois de la grotte de la Mouthe, l’une des plus curieuses du Bérigord par ses figurations d’animaux, les premières signalées en France comme remontant, en toute certitude, à l’époque préhistorique dite magdalénienne ou de l’àge du renne. Après avoir rappelé les diverses communications qu’il a faites sur ce sujet depuis l’année 1895, époque à laquelle il a mis à découvert ces premières gravures, M. Rivière présente l’ensemble des résultats de ces recherches jusqu’à présent. La. grotte de la Mouthe, située sur la commune de Tayac (Dordogne), était presque complètement oblitérée, lors de sa découverte, ne laissant qu’un passage tellement étroit que, pour y pénétrer, il fallait passer absolument à plat ventre. Longue de 200 mètres environ, elle est aujourd’hui ouverte sur une longueur de 128 mètres, une hauteur minima de 2 mètres et une largeur de 2 à 5 mètres, grâce aux fouilles de M. Rivière qui y a découvert, dans les foyers de ses habitants primitifs, une faune représentée par des milliers d’ossements, de dents associés à des milliers de silex taillés et d’instruments en os. Mais ce qui fait surtout l’importance de cette grotte, ce sont les gravures qui recouvrent ses parois formant, à 95 mètres de l’entrée, de véritables panneaux. Ces gravures représentent toutes, une seule exceptée, des animaux, entiers ou non, contemporains de l’artiste préhistorique. Ce sont des équidés dont l’hémione, des bovidés dont le bison, d’autres ruminants tels que le renne, le bouquetin, etc., probablement aussi l’antilope, le mammouth et un oiseau. Une des figures les plus intéressantes paraît représenter une sorte de hutte. Certains traits gravés ont été passés à l’ocre, revêtant ainsi une coloration rouge brun plus ou moins foncée des plus curieuses.
- Varia. — MM. Berthelot et André ont étudié la formation des acides dans les végétaux. Cii. de Villedecil.
- UN INGÉNIEUX SOUFFLET DE FORGE
- Les .Américains, toujours à la poursuite de ce qui peut diminuer l’effort, et par suite augmenter la productivité de l’ouvrier, perfectionnent constamment les moindres parties de l’outillage mécanique : c’est dans cet esprit qu’une maison spéciale a imaginé le soufflet de forge portative dont nous donnons une figure.
- C’est un véritable ventilateur dont toutes les dispositions ont été fort bien étudiées, et dont la mise en marche est aussi aisée que le rendement en est satisfaisant. Cette mise en mouvement se fait par une manivelle, équilibrée du reste par un contrepoids, et qui commande une première roue à dents £ celle-ci agit sur le pignon claveté sur l’axe de la roue voisine, qui porte elle-même des dents venant engrener avec une vis sans fin fixée sur l’axe du
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- LA NATURE.
- ventilateur souftleur. L’air aspiré à l’extérieur est refoulé vers le foyer de la forge, d’autant mieux que l’emploi des engrenages permet de faire tourner le ventilateur à une grande vitesse. Les pertes par frottement sont très faibles, d’abord parce (pie tous les engrenages sont soigneusement taillés à la machine, et que les roulements sont h billes, avec un dispositif assez spécial du reste, puisque ces billes sont montées dans une sorte de cage en acier qui tourne avec elles et les maintient bien ensemble.
- Les engrenages sont enfermés dans une boîte
- étanche à la poussière qui forme bain d'huile, les parties susceptibles de s’user sont en bronze phosphoreux ou en acier à outils; et enlin tout l’appareil avec ses annexes ne pèse pas 45 kilogrammes. A. Chu su.
- LES FOUETS DE LA JAMAÏQUE
- Rien peu de personnes sans doute ont entendu parler du fouet dont nous donnons la gravure ci-dessous.
- La fabrication est loin d'être, en eüet, ordinaire.
- A la vue de la gravure, on pense que la houppe qui orne le bas du manche et que la longue mèche nattée du fouet sont ajoutées, comme cela se fait
- habituellement ; il n’en est rien cependant.
- Ici, le manche, la houppe ornementale et la longue mèche sont tous taillés dans une seule branche d’arbre.
- Pour le manche, l’ouvrier a conservé intacte toute l’écorce de la branche choisie. 11 l’a enlevé ensuite dans toute la longueur qui constitue la mèche et a taillé en lanières de plus en plus minces les fibres du bois jusqu’à en faire presque des fils qu’il a pu tordre. L’ouvrierlaisse toute son épaisseur à la cordelette ainsi formée, dans sa partie supérieure près du manche ; mais pour constituer une vraie mèche de fouet, il a soin de détacher soigneusement et graduellement ensuite quelques-unes des fibres afin d’obtenir à l’extrémité inférieure l’amincissement nécessaire.
- La houppe qui est au bas du manche est faite
- Foucl de la Jamaïque.
- comme la mèche du fouet, les libres de bois étant coupées suivant le goût de l’ouvrier.
- Un fouet ainsi fabriqué est d’une solidité extrême, puisque manche et mèche sont pris dans une unique pièce de bois. 11 a aussi l’avantage d’être léger. Le manche est de lm,20 de longueur, la mèche tout entière
- est d’un développement de 2,u,10. Le bois employé provient d’un arbre assez répandu dans la Jamaïque, c’est le Daphné Lagetto. Aubert Tissandier.
- Le Gérant : P. Masson. '.
- Paris. — Imprimerie Laiiude, rue de Fleurus, 9.
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- N'° 1481. — 12 OCTOBRE 1901.
- LA NATURE.
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- FABRICATION DE L’HUILE D’AIGUILLES DE PIN
- Nous n'apprendrions rien au lecteur en lui disant que les pins donnent lieu à une industrie énorme, en France, aux États-Unis et ailleurs, pour la récolte de la résine, de la térébenthine et d’une série de sous-produits; mais comme le pin, par suite des résines que contient sa sève, a la réputation de répandre des vapeurs balsamiques auxquelles on attache une influence bienfaisante sur la gorge, les bronches et les [tournons, on a songé à en extraire des huiles médicales diverses. On connaît l’essence tirée des bourgeons, mais ce qu’on connaît moins, c’est l’huile extraite des aiguilles, autrement dit des feuilles de pin, qu’on produit sur une assez grande échelle sur la cote américaine du Pacifique.
- La matière première ne manque point dans cette région, car on y rencontre d’immenses forêts, aisément accessibles grâce aux voies de communication, et un Allemand des forêts de la Thuringe en profita pour fonder l’industrie en question, il y a une quarantaine d’années. Le pin que l’on met à contribution pour cette industrie, est le pin d’Orégon, P inus Fonder osa. Les aiguilles en ont au surplus des proportions remarquables , car il n’est pas rare qu’elles atteignent une longueur de 50 centimètres et même souvent davantage. Le fabricant, qui s’est installé ainsi dans l’Orégon, avait bien de la matière première en Thuringe, mais ici la législation forestière ne permet que de ramasser les aiguilles mortes et tombées à terre, tandis que dans l’ouest des États-Unis on permet normalement de dépouiller l’arbre, qui s’en trouverait fort bien, la cueillette se faisant, bien entendu, à des époques déterminées.
- Ces époques sont généralement avril et octobre, d’une part, au moment où la végétation va faire [tousser de nouvelles feuilles en chassant les anciennes, et, de l’autre, quand la végétation va se ralentir et que les nouvelles feuilles sont arrivées à leur plein développement. La seconde récolte donne généralement plus que la première; en outre on préfère les feuilles des jeunes arbres, qui fourniraient une uieilleure huile.
- L’arrachage des aiguilles sur les arbres est le plus ordinairement exécuté par des femmes et des enfants,
- mais aussi par des hommes, dont on loue les services temporairement, et qui sont payés 25 cents les 100 livres d’aiguilles, ce qui revient à lfr,25 les 45 kilogrammes; en moyenne, chacun peut en récolter dans sa journée 500 livres. Aussitôt que cueillies, les aiguilles sont empilées dans des sacs et envoyées en hâte à l’usine, car si elles étaient exposées au soleil, elles se flétriraient et cela nuirait considérablement aux qualités de l’huile qu’on en extrairait. La cueillette doit se faire avec un certain discernement : on prend les bouquets de feuilles épais et on laisse ceux où les aiguilles ne sont que rares.
- Les aiguilles arrivent à la fabrique, qui peut en traiter 2000 livres par jour, et le procédé employé permet de retirer 10 livres d’huile (4,5 kg) de ces 2000 livres de feuilles; d’ailleurs, la méthode
- d’extraction n’a rien de bien particulier, puisque c’est celle de la distillation ordinaire. Cette huile est employée pour donner une saveur balsamique et aussi, espé-rons-le, une vertu calmante et curative à des pastilles et des bonbons; on l’emploie aussi à parfumer des savons de toilette.
- Mais l’aiguille de pin a encore une utilisation, même une fois quelle a [tassé par la distillation : elle donne une fibre élastique, sorte de crin végétal, à odeur très prononcée, qui se conserve pour ainsi dire indéfiniment; mélangée ou non à du crin véritable, elle sert à garnir des coussins, des oreillers, des matelas qui ne sont jamais attaqués par aucun insecte. Pour être employée sous cette forme, la feuille (qui est même parfois utilisée directement dans ce but sans distillation préalable) passe par toute une série d’opérations, étuvage, lavage, séchage, etc., qui ne demandent pas moins de quatre jours.
- Nous pourrions même ajouter, quoique cela ne se fasse point, croyons-nous, en Europe, dans les fabriques d’Allemagne, que parfois on enferme quelques-unes de ces fibres de pin dans l’intérieur des cigares pour leur donner un arôme spécial et aussi une vertu calmante combattant l’âcreté du tabac. P. de Mkiuei,.
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- représenté debout tenant la cornue d’où sort la llamme du gaz. Une imposante cérémonie a eu lieu à cette occasion.
- La petite-tille du grand inventeur existe encore. Jean-François Lebon, seigneur de Blumery, officier de la maison du roi Louis XV , avait eu cinq enfants, sur lesquels Philippe Lebon, dit d'Ilumbersin, auteur de la découverte du gaz, et une fille qui a été ma grand’mère. Philippe Lebon a laissé un fils, devenu lieutenant-colonel d’artillerie, que je voyais souvent dans mon enfance ; c'était un brave et beau militaire. 11 a eu deux tilles que j’ai connues charmantes. Celle qui vit actuellement a été mariée à M. Lamache, professeur à la Faculté de droit de Grenoble; ù la mort de son mari, elle est restée dans cette ville, à la tête d’une nombreuse famille, avec peu de fortune. Je l’ai retrouvée l’année dernière, vieille, malade, mais gardant un esprit très élevé et une bonté séduisante. Sa maison est dans un quartier solitaire. On y remarque le portrait de Philippe Lebon qui ressemble singulièrement au général Bonaparte ; ce portrait a aidé M. Péchiné pour la statue dressée à Chaumont. Je ne peux aller à Grenoble voir la petite-fille de l’inventeur du gaz sans quelque tristesse, constatant que sa position modeste fait un étrange contraste avec l’éclat des services rendus à toute l’humanité par son grand-père et avec les milliards que son invention a mis en circulation. Albert Gaudry.
- de l’Iuslilut.
- PHILIPPE LEBON D’HUMIIERSIN
- INVENTEUR DU GAZ
- M. F. Obalski vient de publier dans La Nature 1 un article intitulé: « Le Centenaire du gaz, Philippe Lebon d’Ilumbersin », où il rappelle les travaux de Philippe Lebon, et s’étonne justement qu’on ait oublié en 1899 de fêter son centenaire. Comme Philippe Lebon d'Ilumbersin était mon grand-oncle, je peux ajouter quelques renseignements intimes2.
- Bans ma jeunesse, mon père m’a conduit en Champagne, dans la jolie vallée du Blaiseron, à Brachey, non loin de Joinville. J’ai visité la maison oii mon grand-oncle a découvert le gaz; les vieillards se souvenaient encore de l’enthousiasme de l’inventeur qui leur disait : « Mes amis, je vous chaufïerai et je vous éclairerai si bien que la nuit vous verrez comme dans le jour ». 11 avait alors trente ans. Etant ingénieur des ponts et chaussées et chargé de cours «à l’école, il devait habiter Paris ; mais il aimait à revenir dans le village où il était né, et c’est ainsi qu’il a fait à Brachey ses principales découvertes. Mon père a publié en 1856 dans le journal l'Invention une note intitulée : « Sur l’invention de l’éclairage par le gaz hydrogène carboné et sur Philippe Lebon d’Ilumbersin, inventeur, par M. Gaudry, ancien bâtonnier de l’Ordre des avocats à la Cour impériale de Paris ». Mon frère, M. Jules Gaudry, ancien ingénieur aux chemins de fer de l’Est, a fait paraître en 1862, dans le journal l'Invention, une notice « Sur les travaux de Lebon d’Ilumbersin, inventeur du Thermolampe », et en 1865, dans la Revue contemporaine, un autre travail, sous le titre « Lebon d’Ilumbersin, ses travaux dans l’invention du gaz et des machines à vapeur ». Je ne crois pas qu’on puisse rien lire de plus intéressant que cette notice où l’on voit Philippe Lebon sorti le premier de l’Ecole des ponts et chaussées, dévoré de la passion d’inventer, trouvant sans cesse quelque chose de nouveau, perdant dans ses recherches le peu d’argent qu’il avait, manquant d’être destitué parce qu’on lui reproche de s’occuper de découvertes au lieu de faire son métier d’ingénieur, triomphant dans l’hôtel de la rue Saint-Dominique décoré de milliers de jets de lumière sous forme de gerbes, de rosaces, de Heurs, appelé comme ingénieur en chef pour assister au sacre de l’Empereur le 2 décembre 1804, et le soir même de ce jour, à l’àge de trente-six ans, trouvé mort dans les Champs-Elysées, frappé de treize coups de couteau par des mains restées inconnues.
- On a élevé en 1887, par souscription, à Chaumont une belle statue de Philippe Lebon d’Ilumbersin ; elle est due à l’habile artiste, M. Péchiné3. Lebon est
- 1 Yoy. n® 1475, du septembre 1901, p. ‘20‘2.
- 2 ('/est par suite, d'une erreur typographique que dans un précédent article ou a imprimé : d’Hambersin.
- 5 M. l’échiné a fait une réduction de cette slatuc, tirée à plusieurs exemplaires.
- SIGNAUX OPTIQUES
- DE BUFFALO A TORONTO
- Malgré les progrès de la télégraphie sans fil, il est clair que les signaux optiques ne sont pas à délaisser. Ilest des cas où ils peuvent rendre des services. Ils portent par temps clair à des distances assez considérables, si on a soin d’envoyer les rayons lumineux sur les nuages. L’illumination des nuées peut s’apercevoir à plus de 15 lieues de distance. On vient de constater une portée encore plus grande en Amérique, d’après Y Électricien.
- Le grand projecteur électrique de 0m,70, qui surmonte le Palais de l’électricité à l’Exposition américaine de Buffalo, ne reste pas inactif : il vient de servir à des expériences de transmission de signaux optiques de Buffalo à Toronto sur une distance de 58 milles (95km, 520). M. le professeur Georges Sever, directeur général de la section d’Électricité, a voulu ainsi démontrer à une Commission spécialement instituée la possibilité de transmettre par ce moyen des signaux à grande distance.
- Un premier essai de communication fut tenté le 9 août dernier à 9 heures du soir; M. William Aldriels, ingénieur électricien conseil de Toronto, était au poste récepteur. Il perçut parfaitement les signaux. L’illumination locale des nuées par les faisceaux électriques au-dessus de Toronto fut constatée par tout le monde. Quatre jours après, par un temps clair, les essais recommencèrent de 9 à 10 heures du soir et les signaux furent distinctement compris par des observateurs placés en haut de la tour de Pilote! de Ville de Toronto. Flamel.
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- LA NAT LH L.
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- LES MINES D’ARGENT D’ÀSPEN
- AU COLORADO
- 11 est toujours curieux d'étudier un grand centre minier américain; c’est un bouillonnement de vie, une fièvre industrielle, qui ne sauraient laisser indifférent : des villes poussent ; des usines se fondent ; des chemins de fer accourent au-devant des minerais ; des kilomètres de galeries perforent les montagnes ; on croit assister à la naissance d’une de ces mines quasi éternelles, comme notre vieux monde en a connu, où une population industrieuse s’installe à demeure et trouve, pour des siècles, un travail lucratif. Point du tout ; avec une rapidité non moins grande que celle de son développement, l’industrie se tarit, s’étiole; les chiffres de production fondent d’année en année, de jour en jour; un beau matin, on apprend qu’on a découvert un nouveau camp minier plus riche, quelque part dans le désert, au nord, au sud, à l’est ou à l’ouest. Les derniers mineurs s'envolent et voilà un gisement abandonné. Ce n’est pas un tableau qu’il faudrait pour reproduire cette histoire, ni même une photographie instantanée : c’est un véritable cinématographe.
- La ville d’Àspen n’est pas encore assez vieille pour être bien connue en Europe; elle date seulement de 1879 : mais elle a déjà eu le temps de croître, d’atteindre son apogée en 1892 et de redescendre la pente.
- Elle est située dans cet état du Colorado (Pitkin County), qui est, depuis quelques années, le principal centre de production de l’argent aux États-Unis, au sud-ouest de Leadville, la grande ville minière qui, de 1877 à 1884, a produit pour 500 millions d’argent et d’or, sur le flanc ouest des monts Sawatch, dont Leadville occupe le flanc est. Pour la trouver, il faut prendre une carte qui ne soit point trop vieille et chercher la rivière de Roaring Fork, affluent de la Grand River, par 106° 50' de longitude et 39° 10' de latitude, sur le prolongement de l’Elk Mountain et sur le liane ouest d’une crête qui, à l’est, descend aux Tvvin Lakes, dans la vallée de l’Arkansas. L’altitude moyenne y est de 2700 mètres.
- Le pays d’Àspen, dont notre figure 2 peut donner une idée, présente, paraît-il, un agréable contraste avec le flanc est si dénudé des Montagnes Rocheuses; les pluies y sont plus abondantes et la végéta-' lion y prend un caractère alpestre.
- C’est dans l’été de 1879 que des mineurs, partis de Leadville, piquèrent les premiers daims à Aspen, qui s’appela, dans les premiers temps, Ute. L’hiver suivant, une révolte des Indiens arrêta les explorations, qui furent reprises en 1880. Ces premiers pionniers savaient qu’à Leadville l’argent se trouve surtout dans un certain calcaire dolomitique, au contact de micrograniles; ils suivirent, sur 00 ou 70 kilomètres de long, une bande de calcaires analogues, et s’établirent d’abord à Ashcroft, sur le Castle Peak, à près de 4500 mètres d’altitude, où
- des gisements, qui n’ont pas produit grand’ehose, semblaient fort encourageants. Les minerais d’Aspen même, étant peu ferrugineux, n’attiraient pas les regards par leur couleur, et c’est en 1884 seulement qu’on en reconnut la richesse. Dans l’enthousiasme (pii suivit cette découverte, on n’hésita pas à transporter toute la ville, qu’on avait déjà construite à Aschroft, sur le Castle Peak, jusqu’à Aspen, malgré la distance de près de 20 kilomètres entre les deux points.
- On se mit alors au travail, mais, pendant six ans, sans grand succès. Le district était à peu près inaccessible. Les premiers minerais, transportés d’Àspen à Granité ou à Leadville pour être fondus, coûtèrent 250 à 500 francs de transport par tonne.
- Sur ces entrefaites, deux compagnies de chemins de fer ayant compris l’avenir du district, résolurent de le desservir : d’une part, le Colorado Midland Railroad, qui venait de faire la ligne de Colorado Springs à Leadville; de l’autre, le Denver and Rio Grande Railroad, (pii avait une ligne jusqu’à Red Cliff. Afm d’arriver bon premier à Aspen, elles engagèrent un de ces matchs de vitesse, comme on n’en voit qu’en Amérique; les deux tracés étaient longs, compliqués, comportaient de nombreux tunnels; néanmoins le Denver and Rio Grande Railroad atteignit Aspen en octobre 1887; cinq mois après, le Colorado Midland y touchait également ; les frais de transport à Leadville, Pueblo ou Denver tombèrent, tout d’un coup, à 50 ou 60 francs la tonne et même, par suite de la concurrence, ils finirent par descendre à moins de 25 francs. L’essor, qui se produisit alors, fut colossal. En 1886, Aspen avait extrait seulement 14 100 kg d’argent et en 1887, 19840; en 1888, la production fut presque décuple, on atteignit 171 700 kg, représentant 36 millions de francs. Puis la production grandit encore peu à peu jusqu’en 1892 : 256000 kg, ou 51 millions.
- Mais, en 1892, le cours de l’argent, qu’on avait artificiellement maintenu jusque-là aux Etats-Unis, s’effondra soudain; en outre, une grande partie des gisements riches, qu’on avait gaspillés sans aucune prévoyance, à l’américaine, étaient déjà épuisés : la production tomba d’environ moitié : à 137 800 kg, ou 29 millions en 1895; en 1894, elle a été de 181000 kg; en 1895 de 155000. Au total, on a extrait, de 1881 à 1895, 1528 tonnes d’argent valant, au cours légal, 324 millions. De 1897 à 1899,1a statistique américaine porte, pour le district d’Aspen :
- Or. Argeul. Plomb.
- 1807. . . 858 000 fr. 14*2 000 kg ‘2000 tonnes
- 1898. . 582 000 fr. 1*24 200 kg »
- 1899. . . 280 000 fr. 129 400 kg » *
- Les principales mines autour d’Aspen sont Molly Gibson1 et Smugglcr, puis I’ark Rcgent, le groupe de Tourtelotte Park; enfin, au nord, Lenado.
- Les exploitations ont été poussées à Aspen avec un esprit très entreprenant; mais, en raison de
- 1 Celte mine a envoyé, à l’Exposition universelle île 1900, un échantillon d’argent natif pesant 15*2 kg.
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- L A NA T UH K.
- l’extrême complication géologique, dont nous parlerons {dus loin, elles se sont trouvées, plus d’une fois, gênées par le défaut capital de la loi minière américaine. 11 est, en elfet, singulier que, dans un pays qui passe pour pratique, on ait eu l’idée d’attribuer au propriétaire de l’affleurement d’un gîte, toute sa continuation en profondeur, tout ce que l’on appelle ses « deep levels », alors (pie, presque partout ailleurs, la propriété est beaucoup plus simplement limitée par quatre {dans verticaux. Il en est résulté que les tribunaux, mis en présence de failles, de renversements ou d’autres accidents tectoniques compliqués, se sont trouvés appelés à résoudre, par la voie judiciaire, des problèmes devant lesquels les savants les plus autorisés se seraient récusés.
- Dans l’ordre métallurgique aussi, on a fait à Aspen quelques tentatives, qui n’ont pas toutes été heureuses.
- Dès 1882, quand Aspen était sans com munications faciles avec le reste du monde, on y avait installé des fours de fusion; ceux-ci avaient déjà quelque peine à marcher avec les minerais d’un seul district ; l’arrivée du chemin de fer en 1887 causa nécessairement leur ruine. On installa alors, en 1891, des usines de lixiviation par le procédé Russell, qui vécurent deux ans sans grand succès jusqu’au krach de 1895.
- 11 existe aujourd'hui deux usines pour échantillonner et déterminer les teneurs moyennes par des méthodes précises et scientifiques, servant ainsi d’arbitres entre les mineurs vendeurs de minerais et les fondeurs qui les achètent.
- J’arrive à la constitution géologique des gisements qui est vraiment curieuse.
- Quand on examine une carte géologique du district d‘Aspen, on est frappé de la complication tout à fait extraordinaire qu’y introduit tout un réseau de failles, formant deux systèmes à peu près orthogonaux h
- A l’est, c’est du granité ; «à l’ouest, du carbonifère, débutant par les calcaires, dits de Leadville, sur
- 1 Le Service géologique des Élals-L'nis a publié, en 1898, une monographie du district d’Aspen par Josiath Edward Spurr, avec grand atlas in-folio.
- lequel reposent à peu près régulièrement, en continuant vers l’ouest, le trias, le jurassique (réduit à presque rien) et le crétacé. Entre le granité et le carbonifère, une longue traînée de terrains primaires, cambrien, silurien, dévonien, à plongement ouest, a subi des rejets, qui en isolent de petits lambeaux de distance en distance sur le granité. Enfin, au sud et à l’est d’Aspen, apparaissent, comme à Leadville, des microgranites (porphyres quartzifères) analogues au porphyre blanc de Leadville, que l’on rattache à la fin du crétacé. Deux coupes ci-jointes, prises l’une à Molly Gibson, l’autre à Smuggler, montrent comment les minerais se présentent sous forme d’amas tout à fait discontinus, le long des failles, particulièrement dans le calcaire carbonifère de Leadville, postérieurement dolomi-
- tisé par du chlorure, du carbonate ou du sulfate de magnésie, où ils semblent avoir pénétré par substitution; quelquefois aussi, on en trouve dans des dolomies siluriennes ; très rarement, dans des quartzites cambriens. Les minerais cimentent constamment les brèches produites par l’ouverture des failles ; on les trouve notam -ment à l’intersection de deux failles principales, dites de l’Argent et du Contact, avec des failles transversales, surtout quand celles-ci sont à peu près horizontales et ont dû arrêter les eaux métallifères ascendantes.
- Au voisinage de la surface, les minerais d’Aspen sont des oxydes, sulfates et carbonates, dérivant manifestement de sulfures, dont il reste des traces au milieu d’eux. Plus les gisements sont situés haut dans la montagne (Tourtelotte Park, etc...), plus, suivant la loi ordinaire, la zone altérée au-dessus du niveau hydrostatique est importante. On a alors : cérusite, anglésite, oxydes de fer, cuprite, argent natif, etc.
- Quand on s’enfonce, ces sulfures primitifs dominent de plus en plus. Le plus important est la galène argentifère, puis la blende, plus rarement de la pyrite, de la chalcopyrite et du cuivre gris. A Molly Gibson et Smuggler, on trouve beaucoup de polyba-site, localement transformée en argent natif, avec de
- Alèü'C
- vsa Terrain primaire •
- I C Calcaire de Leadville ]
- ÿ=] > Carbonifère-
- ~-h Dolomite de Leadville I
- Formation de- IVeber carbonifère (Bancs minces de calcaires et schistes calcariferes) + ♦ ♦ • ♦y-3 iïfbcrogrcuxite.
- Afincrai .
- Fig. 1. — Mines d'argent à Aspen.
- 1. Coupe des terrains à Molly Gibson. — 2. Coupe à Smuggler.
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- la barytine; le plomb, au contraire, était rare dans ces amas. 11 en est résulté des minerais d'une richesse exceptionnelle. Des traces de manganèse ont donné, par endroits, des oxydes noirs à la surface.
- La gangue est, presque partout, du quartz, rarement de la dolomie ferrilère ou, à Molly Gibson, de la barytine. Rien que, dans ce cas, la barytine accompagne des minerais très riches en argent, ailleurs, il y a de grandes masses de barytine tout à fait stériles (Tourtelotte Park, etc...), les deux dépôts de la barytine et du minerai d’argent étant, comme nous le verrons, peut-être indépendants l’un de l’autre.
- Le tableau suivant jdonne les” analyses moyennes
- de minerais recueillis à diverses altitudes :
- Mètres. Silice. Chaux. Oxyde de fer. Barytine. Zinc. Soufre. Plomb. Argent (gr. par tonne).
- 2370 23,2 13,1 1,8 12,6 2,4 » 17,5 14260
- 2530 19,7 17,3 2,7 13,3 2,6 2,6 5,6 7250
- 2670 17,4 17,5 5,5 25,6 1,8 5,2 1,8 1829
- 3333 23,0 11,1 8,9 24,2 2,1 0,8 4,4 1581
- 3170 27,3 7,5 10,3 21,8 3,2 6,6 6,7 1922
- L’auteur américain, qui a dressé ce tableau, l’avait fait avec l’espoir de voir apparaître une variation théorique avec la profondeur, qui, sur cette différence de niveau de 1100 m., aurait pu, en effet, se manifester si elle avait existé. En réalité, on ne constate aucune variation graduelle de ce genre. Il y
- Fi
- — Vue des
- environs d’Aspen.
- a seulement, à la base, une zone particulièrement riche en argent (peut-être par un phénomène de cémentation superficielle), puis, de 2000 à 5600 m. d’altitude, la teneur moyenne en argent oscille entre 800 et 2000 gr à la tonne d’une façon tout à fait irrégulière.
- La genèse de ces gisements est intéressante. Souvent la barytine y semble très antérieure aux minerais.
- Ainsi, à Smuggler Mountain, un minerai, très riche mais très local, dit « crisscross spar » (baryte à étoi-lements) est formé de barytine crevassée, dans les gerçures de laquelle s’est déposée de la tétraédrite ou de la tennanlite ; les mêmes crevasses se retrouvent au voisinage dans les quartz des granités et ont été attribuées, par suite, à un phénomène de dislocation.
- C’est évidemment le système des failles, si importantes d’Aspen, qui a déterminé la venue et la localisation des minerais par une action fdoniennc. En effet, quand on sort de la région disloquée, les mêmes terrains ne sont plus métallifères. Il a dù circuler, dans les fissures, des eaux qui contenaient de la silice, des sels de magnésie et de fer et accessoirement des sulfures métalliques. Ces eaux ont produit, par simple incrustation, souvent dans des interstices très minces, une partie des depots que l’on exploite aujourd’hui. La substitution des éléments en dissolution au calcaire primitif, molécule par molécule, a joué, en outre, un rôle considérable, qui contribue sans doute à expliquer pourquoi les minerais se trouvent presque uniquement dans les calcaires, roches éminemment attaquables
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- par des eaux acides et à peu près jamais dans des terrains inattaquables. Les minerais sont, par suite, souvent de simples calcaires altérés ou imprégnés et l’on y a observé des gastéropodes fossiles, transformés en argent natif ou en sulfures métalliques. On peut affirmer, en outre, que les réactions secondaires, dues h la circulation des eaux superficielles, ont eu une grande importance dans la constitution de ces gisements. Leur rôle a été bien observé dans la zone d’oxydation, qui occupe toujours les affleurements d’un gîte quelconque; il aurait peut-être pu être également mis en évidence, au-dessous de cette zone oxydée, dans la seconde zone, où se produisent les phénomènes de cémentation, qui amènent d’ordinaire un enrichissement en cuivre et en argent.
- Les érosions récentes ont eu, à Aspen, une intensité énorme, dont on peut se rendre compte en remarquant qu’elles y ont fait disparaître presque entièrement, dans le district métallifère, les 5000 m. de sédiments, qui ont existé sur le granité, et qu’on retrouve encore, près de là, à l’ouest de la faille de Castle Creek. Ces érosions ont été certainement accompagnées d’une pénétration souterraine des eaux, dans laquelle il a pu se produire, sur les minerais primitifs, les réactions les plus fortes et les plus complexes. De toute manière, les coupes du district d’Aspen montrent bien comment ces gîtes, qui resssemblent, à certain égards, à ceux des centres fameux de Leadville, au Colorado ou d’Eureka au Nevada, sont appelés à une réduction rapide en profondeur. L. de Launay.
- GROTTE PALÉOLITHIQUE
- A FICHUES PEINTES SUR LES PAROIS
- Nous avons, dans le numéro du 5 octobre, donné quelques indications sur la toute récente découverte, faite par MM. Capitan et Breuil, de gravures exécutées à l’époque préhistorique ancienne, sur les parois de la grotte des Combarelles, à 5 kilomètres des Evzies (Dordogne). Les mêmes archéologues viennent de communiquer à l’Académie des sciences, dans la séance du 25 septembre dernier, les résultats de nouvelles investigations dans une autre grotte, la grotte de Font-de-Gaume, située à 2 kilomètres environ de la précédente et à 1 kilomètre et demi seulement des Evzies. Cette grotte s’ouvre à mi-hauteur d’une haute falaise crétacée. Elle a aussi la forme d’un hoyau mesurant seulement 125 mètres de longueur, sur une largeur moyenne de 2 à 5 mètres et une hauteur qui varie de 5 à 8 mètres. A 65 mètres de l’entrée, après un passage fort étroit, on peut observer les premières figurations sur les parois de la grotte. Elles ont été découvertes par M. Peyrony qui s’est empressé d’y conduire MM. Capitan et Breuil afin qu’ils pussent en faire l’étude. Ces figurations ne sont pas, comme à la grotte des Combarelles, gravées sur les parois, mais elles sont presque toutes peintes au moyen d’ocre rouge ou d’une couleur noire. Parfois seulement, il existe des traits finement et peu profondément gravés, ordinairement recouverts par un large trait de couleur. Tantôt les figures ont leurs contours dessinés par un simple trait soit noir, soit reuge; tantôt, au contraire, toute la surface ainsi circon-
- scrite par le Irait noir est enduite d’une couche d’ocre rouge mélangé parfois en certaines parties, comme la tête ou les pattes des animaux représentés, avec la couleur noire, ce qui donne une coloration brune. Enfin, certaines figures sont uniformément noires formant de vraies silhouettes comme les représentations sur les vases peints grecs primitifs. Quelques images ont jusqu’à 2"',50 de longueur sur 1 mètre de hauteur, tel un grand aurochs entièrement peint en rouge. D’autres seulement 0m,50 de longueur, comme un charmant petit cheval peint en noir. Les traits comme la peinture sont très fréquemment recouverts par un enduit stalagmitique.
- Les animaux représentés sont un peu différents de ceux de la grotte des Combarelles. Ce sont surtout des aurochs (bisons européens). MM. Capitan et Breuil ont pu en distinguer très facilement 49 représentations presque toujours peintes en.rouge, avec la tète et les pattes brunâtres et d’assez grandes dimensions (1 mètre à 2m,50). Elles sont d’une fidélité d’exécution et d’une correction de dessin surprenantes. Ils ont reconnu aussi 11 animaux indéterminés ; 4 rennes dont les cornes sont peintes avec un tel soin qu’elles seules permettraient de reconnaître l’animal. En outre il y a un cerf, 2 équidés; 5 antilopes, et 2 mammouths seulement, puis des ornements et des signes identiques à d’autres trouvés antérieurement dans des grottes d’époque magdalénienne par divers savants, par exemple parM. Uiette. Soit en tout 77 figures. Quant à leur âge, elfes sont paléolithiques, probablement magdaléniennes, peut-être toutefois un peu moins anciennes que les gravures de la grotte des Combarelles.
- C’est en somme la première fois qu’on trouve un pareil ensemble de figures peintes remontant à l’époque préhistorique ancienne (paléolithique). Jusqu’ici à Altamira (Espagne), on avait signalé quelques figures peintes qui n’ont jamais été étudiées et à la grotte de la Mouthe M. Rivière avait trouvé quelques grands animaux gravés et portant uniquement quelques taches d’ocre sur le corps, mais jamais on n’avait trouvé de vraies peintures à fresques comme celles que viennent de signaler MM. Capitan et Breuil. Nous compléterons plus tard ces détails en mettant sous les yeux de nos lecteurs quelques spécimens de ces si curieuses figures. X.
- PERSISTANCE DE LA YISION
- Un physicien anglais bien connu, M. Allen, vient de faire des recherches intéressantes sur la persistance de la vision pour l’œil exposé à diverses radiations. Voici ses conclusions telles qu’elles sont données dans le Journal de physique. 1° La persistance des impressions colorées est maximum, quand l’œil a été maintenu ouvert à l’obscurité. La durée de cette persistance, variable avec la réfrangibilité, est minimum pour le jaune et croît avec le rouge et le violet. 2° La persistance des impressions colorées est minimum quand l’œil a été maintenu à la lumière blanche diffuse. La courbe de ces persistances en fonction des longueurs d’onde s’appelle courbe normale ordinaire. 5° Quand l’œil a été préalablement maintenu fermé, la courbe des persistances est intermédiaire entre les courbes normales ordinaire et extraordinaire. 4° Quand la rétine a été exposée préalablement à la lumière rouge, verte ou violette, la persistance des impressions pour la même couleur est notablement accrue. Au contraire, quand la rétine a été fatiguée par le jaune ou le bleu, il n’y a pas d’accroissement dans la persistance des impressions pour la même couleur ; en revanche, il y a accroissement de
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- persistance pour les couleurs voisines (rouge et vert pour la lumière jaune, vert et violet pour la lumière bleue). Ces elîets concordent entièrement avec les théories des sensations colorées de Voung et llelmholtz. 5° Quand la rétine a été fatiguée par la couleur blanche, la persistance des diverses impressions colorées est accrue inégalement, suivant les couleurs. Ce résultat, en désaccord apparent avec les théories de Young et de llelmholtz, paraît indiquer l’existence d’une sensation indépendante pour le blanc. 0° Le repos, aussi bien que la fatigue de la rétine, cause un accroissement de persislance pour toutes les couleurs. Ce fait reste jusqu’ici inexpliqué. 7° Dans le cas de daltonisme, la persistance des impressions relatives aux couleurs pour lesquelles la rétine est insensible éprouve un accroissement anormal; ceci fournit un moyen de déterminer les longueurs d’onde pour lesquelles l’œil est constitué anormalement. 8° En plus de la perte d’une des sensations colorées fondamentales, l’œil daltonique peut aussi être aveugle pour un groupe de longueurs d’onde correspondant à une des autres sensations.
- IN CHEMIN DE FER PAYSAN
- Nous ne voyons pas d’autre titre plus exact pour désigner la curieuse entreprise, toute d’initiative particulière, qui a été récemment menée à bien dans le grand-duché d’Oldenbourg, et qui est bonne à citer non seulement comme curiosité, mais comme un exemple prouvant bien ce que peut la persévérance, même quand on ne dispose que de modestes capitaux. Il faut dire que d’une façon générale le grand-duché manque non pas précisément de capitaux, mais de capitalistes, c’est-à-dire de gens qui cherchent des entreprises industrielles où placer leur argent : on ne pouvait donc pas s’attendre à voir quelque Compagnie se fonder pour doter de voies ferrées certaines parties du duché, comme le district de Cloppenburg, où les paysans sont à leur aise, mais auraient besoin de moyens de transports faciles et peu coûteux pour apporter leurs produits sur les centres de consommation. Les moyens de transport sont d’autant plus nécessaires que la population est très dispersée dans cette région, elle est composée de paysans possédant des petites fermes, des moulins à farine et des briqueteries. Le gouvernement, se demandant si, dans ces conditions, une ligne même d’intérêt local payerait les dépenses engagées, n’était nullement disposé à établir une voie ferrée dans le pays; mais il se trouvait précisément à Cloppenburg un partisan convaincu des chemins de fer légers en matière agricole, et aussi de l’initiative privée, le conseiller Von Heimbourg : il se mit à la tête d’un mouvement et réussit à décider les paysans du pays à s’associer pour faire les frais, et on peut dire aussi tous les travaux, du chemin de fer dont ils avaient besoin, et qui devait mettre en relations avec Cloppenburg, directement desservi par les chemins de fer de l’Etat, toute la région intéressée jusqu’au petit centre de Lindern. C’est ainsi qu’a été établie la petite ligne d’intérêt local, s’il en fut jamais, de Cloppenburg à Lindern, par la main-d’œuvre des seuls intéressés, uniquement dirigés au point de vue technique par un ancien fonctionnaire retraité d’une Compagnie de chemin de fer. Ce qu’il y a de plus curieux, et ce qui est à l’éloge du libéralisme du gouvernement du grand-duché, c’est que les projets dressés par ce comité de paysans furent approuvés par les autorités administratives, et les travaux pour ainsi dire immédiatement autorisés. La ligne a 25 kilomètres de développement et la voie est à écartement de 0m,76; l’enthousiasme des
- paysans constructeurs, en particulier du comité d’études et de travaux, était tel qu’on avait résolu de la mener à bien en six mois : on mit plus longtemps, mais la cause de ce retard fut pour ainsi dire uniquement la lenteur avec laquelle on fournit les rails et aussi les deux locomotives qui constituent tout le matériel de traction de la ligne, et qui furent naturellement achetées à des manufacturiers spéciaux. On avait d’abord évalué à 500 000 francs la dépense de premier établissement de ce curieux petit chemin de fer; mais, bien qu’on ait introduit des améliorations dans les plans primitifs, et que notamment on ait allongé un peu le parcours pour mieux desservir les fermes, on a économisé quelque 75 000 francs sur ce budget primitif, pourtant bien modeste.
- Jetons un coup d’œil rapide sur ce chemin de fer si original à tous les points de vue : nous verrons qu’il s’embranche sur la ligne de l’Etat à Cloppenburg, ainsi que nous l’avons dit tout à l’heure; il compte de plus 10 stations ou haltes, ce qui n’est pas mal pour un si faible parcours, mais répond bien aux services qu’on attend de celte voie. Les stations sont organisées de la façon la [dus simple, un hangar ou quelque maisonnette isolée dans la campagne en fait l’office; souvent, des membres du fameux comité d’organisation et d’administration, peut-on dire, se chargent des fonctions de chef de gare, sans rémunération aucune. Le personnel régulier de cette ligne comprend d’abord un administrateur général, qui remplit en même temps les fonctions de chef de la gare principale et terminus de Cloppenburg, puis un adjoint, un employé aux écritures, enfin deux mécaniciens et autant de chauffeurs, un inspecteur et dix agents divers. Les salaires de tout ce personnel représentent ensemble une somme modeste de 17 500 francs. On ne délivre que deux sortes de billets, les billets pour grandes personnes et les billets pour enfants, ces derniers billets se trouvant établis à moitié tarif ; pour une place en troisième classe, on achète un ticket à plein tarif, et un ticket et demi pour une place de seconde : on n’a [tas encore éprouvé le besoin d’avoir des voitures de première classe. Pour les marchandises, il faut distinguer entre les expéditions qui ne représentent [tas un poids de plus de 100 kilogrammes et celles qui pèsent plus de 100 kilogrammes : pour les premières, on applique un tarif uniforme, quelle que soit la distance, tandis que pour les autres on a prévu un tarif à deux zones.
- Quant aux résultats financiers de cette ligne, on ne peut encore que les préjuger imparfaitement, car l’exploitation arrive seulement à la fin de sa première année. Néanmoins il semble que ce premier exercice ne se présentera pas avec un déficit de plus de 2500 francs, en dépit des dépenses extraordinaires qu’entraîne la mise en train d’une entreprise de ce genre, quelque modestes qu’en soient les proportions. 11 faut dire du reste que le Gouvernement a confié le transport de ses correspondances à la ligne nouvelle, ce qui était avantageux et pour lui et pour le chemin de fer. D’une façon générale et jusqu’à présent, le trafic voyageurs rapporte bien plus que le trafic marchandises, et cela s’explique aisément : les paysans n’ont pu se défaire du jour au lendemain des attelages qu’ils possédaient et qui leur étaient absolument nécessaires auparavant, en l’absence de tout moyen de transport dans la campagne, et ils ne se servent encore que partiellement de la voie ferrée. Mais ils ont compris les avantages qu’ils en peuvent tirer, et l’on a toutes raisons de penser que cette entreprise d’initiative privée est appelée à rencontrer le succès. Souhaitons que cela suscite des imitateurs. Daniei. Heleet.
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- a l 'Z
- LA CHASSE A LA BALEINE A L’ARBALÈTE
- Dans tous les pays d’Europe, même les plus élevés en civilisation, se sont maintenues de curieuses survivances des âges primitifs dans les régions demeu-
- rées à l’écart des grandes voies de communication et par suite du progrès niveleur. En France, s’il n’est pas rare de trouver encore en usage des instruments qui sont un legs du passé le plus lointain, on comprend qu’en Norvège, où une grande partie de la population vit isolée, de pareilles survivances sont fréquentes. Le Dr Brunchhorst, le savant directeur du musée de Bergen, en a signalé une très curieuse dans un mode de capture de la baleine pratiqué aux environs de cette ville qu’il nous semble intéressant de rapporter1.
- A certaines époques de l’année, notamment en été, des balænoptôres à bec (Balænoptera rostrata) apparaissent sur la côte ouest de la Norvège. Autour de la Store Sartor, une île voisine de Bergen, leur présence est particulièrement fréquente; aussi bien les habitants n’ont-ils garde de laisser échapper pareille aubaine et, pour s’en emparer, se servent, au vingtième siècle, de procédés et d’engins absolument préhistoriques comme en emploient les Esquimaux.
- Dans trois baies de la Store Sartor, l’Ostfjordspol, le Tellevaag et le Skogsvaag, les procédés primitifs de capture de baleine que nous allons décrire, d’après M. Brunchhorst, sont en usage. Le Skogsvaag est le meilleur terrain de chasse ; presque tous les ans des balænoptères se montrent dans cette baie et presque
- 1 Dr J. Brunchhorst, Ilvalf angst med bue og pii, in Nalu-rcn. XXIII, 5 et 6, Bergen.
- toujours les indigènes en prennent quelques-uns. Au contraire, dans l’Ostfjordspol, dans le Tellevaag, leur venue est plus rare et plus irrégulière.
- Les baleines arrivent généralement en mai et juin, vers le solstice d’été, d’autres fois aussi, mais beaucoup plus rarement, en automne et même en hiver. Lorsque l'époque de l’apparition probable du gibier approche, des vigies s’établissent sur les montagnes pour « veiller » l’horizon. Dès qu’un cétacé est en vue, immédiatement l’alarme est donnée à tous les riverains du fjord. La baleine entrera-t-elle dans la baie ou n’en-trera-t-elle pas? Et l’émoi est grand parmi ces pauvres pêcheurs, comme bien vous le pensez. « Embouque-elle » la passe d’entrée ; de suite tout le monde court préparer les engins. Mais le succès est loin encore d’être assuré. Pour que la capture du monstre puisse être tentée, il faut qu’il s’engage dans l’étroit goulet qui s’étend vers le sud jusqu’à Sandgelt et dont l’entrée est singulièrement étroite et peu profonde (voir la carte). Une fois le cétacé engouffré dans ce fjord, immédiatement on ferme le goulet au moyen d’un solide filet, immergé à l’aide de grosses pierres et maintenu à la surface par une corde attachée aux deux rives et que soutiennent dans l’intervalle trois canots. La baleine se trouve ainsi prise comme dans une cage. Désormais, aucun danger qu’elle puisse échapper. Dès qu’elle aperçoit le barrage, elle recule,
- Fig- 2. — 1. Arbalète pour la chasse à la baleine. 2. Fourchette servant à armer l’arbalète. (D'après un cliché de Naturen. Bergen.)
- effrayée ; mais la cage est grande, et avant de pouvoir s’emparer du gibier, les chasseurs seraient exposés à jouer longtemps à cache-cache avec lui s’ils ne le poussaient dans quelque crique où ils le cernent au moyen d’un second barrage de filet. Une fois seu-
- % T o s 6
- Kirkhl
- Skottcnœs
- Fig. 1. — Carte du Skogsvaag sur la côte de la Store Sartor. — La passe entre Stegholm et Skoge marquée d'une croix est barrée par un filet pour empêcher la baleine de sortir de ce goulet. (D’après un cliché de Nnturen. Bergen.)
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- LA NATURE.
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- lement ce résultat obtenu commence la chasse proprement dite.
- Deux mots d'abord sur le cétacé en question et sur les engins qui servent à l’attaquer. Le balæno-ptère à bec n’a point les dimensions colossales du balænoptère de Sibbald ; sa taille ne dépasse pas une dizaine de mètres. Mais ce n’en est pas moins une bète monstrueuse par rapport à l’arme dont disposent les chasseurs. Cette arme n’est ni plus ni moins qu’une arbalète de construction très primitive et très curieuse (lig. 2). L’arc une fois bandée, la llècbe est placée dans la rainure et la corde amenée dans le creux t. Dans ce creux se meut un taquet en
- bois dont la partie supérieure presse la corde de l’arc et la partie inférieure dépasse la monture de l’arbalète. En rapprochant le montant b de A, le taquet se trouvant pressé par en bas, fait sortir la corde du creux / et détermine par suite le déclenchement de l’arc. Pour tendre l’arbalète, on emploie la fourchette figurée à gauche de l’arc. La llèche lancée par l’arbalète est armée d'une pointe en fer longue de 15 centimètres.
- Dès que la baleine se trouve enfermée dans la seconde enceinte de filets, les arbalétriers prennent place dans des canots au milieu du bassin pour guetter la venue du céfacé. Leur arme n’est ni précise,
- Fig. 5. — Un arbalétrier à l’affût de la haleine. (D’après un cliché de Naturen. Bergen.)
- ni à longue portée ; de plus, sa construction ne permet pas de viser. Il s’agit donc de choisir juste le moment favorable. Lorsque le cétacé a besoin de respirer, il remonte à la surface, en général, trois fois de suite, à de courts intervalles, et pendant ces plongeons successifs, marche presque toujours suivant la même direction. Les chasseurs connaissent cette habitude, aussi à la première apparition du cétacé, se gardent-ils de tirer et prennent-ils simplement leurs dispositions pour ne presser la détente qu'à la seconde ou à la troisième montée de l’animal. Le projectile manque de force de pénétration, par suite, ne peut atteindre les organes vitaux protégés par une épaisse couche de chair et de graisse, et ne détermine qu’une écorchure superficielle. Donc que la baleine reçoive une ou plusieurs llèches, elle
- ne s’en porterait pas plus mal, si les chasseurs n’avaient empoisonné les armes primitives dont ils se servent et cela par un procédé très simple.
- Les habitants de Sartor se gardent de nettoyer leurs flèches et en les laissant couvertes de rouille et de sang déterminent le développement de colonies de bacilles qui rendent mortelle l’écorchure qu’elles forment. Ces germes produisent bientôt dans la blessure une purulence très active et, après un laps de temps relativement très court, l’empoisonnement de l’animal.
- Aussitôt que la baleine a été frappée d’un certain nombre de flèches, les chasseurs se retirent, laissant au [toison le temps d’agir et à des guetteurs le soin d’empêcher le gibier de franchir le barrage de filets et de s’échapper. Après un intervalle de
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- vingt-quatre ou de trente-six heures le cétacé donne généralement des signes évidents de malaise qui se traduisent par ses fréquentes apparitions à la surface. Si H effet du poison ne se produit pas, on décoche de nouveaux projectiles jusqu’à ce (pie leur action morbide devienne manifeste. Alors commence un nouvel épisode de la lutte. Les pêcheurs remontent dans leurs canots et essaient de harponner le monstre.
- Ces paysans ne sont pas très adroits dans cet art difficile, et l’attaque du monstre est parfois accompagnée d'incidents dramatiques. Il y a quelques années, un choc ayant déterminer la rupture du câhle qui retient le harpon au canot, la haleine alla s’engouffrer avec force dans le filet qui lui fermait l’issue de la mer, le rompit et réussit à s’enfuir. Généralement la lutte est moins difficile. Lorsque plusieurs harpons ont « pris », l’énorme mammifère, bientôt affaibli par la perte de sang, n’oppose plus une grande résistance et, après quelques convulsions finales, il devient possible de le remorquer, moribond, dans une anse. Dès que la bête est morte, on la hàle à terre au moyen d’un cable, non sans de grosses difficultés, cela va sans dire, ces primitifs ne disposant pas de treuils capables de soulever un pareil poids.
- Une fois la haleine à terre, on enlève d’abord les flèches encore fichées dans son corps, puis les morceaux de chair entourant les blessures et (fui se trouvent plus ou moins attaqués par l’infection. Ces parties sont soigneusement mises à part et de suite on y enfonce toutes les flèches qui n’ont pas servi, afin de les empoisonner, elles aussi. Après quoi on procède au dépeçage et au partage du butin, (fui se fait suivant d’anciennes traditions toujours soigneusement observées.
- C’est ainsi que, sans le savoir, de primitifs pêcheurs emploient les procédés de la bactériologie pour se rendre maîtres d’un gibier dont ils ne pourraient s’assurer la possession avec les faibles armes dont ils disposent. Charles IIabut.
- IA VITESSE DE L’AIR
- A DIFFÉRENTES HAUTEURS
- M. J. Joubert, directeur des Observatoires municipaux de la Tour Saint-Jacques et de Montsouris, a publié, sur la vitesse de l’air à Paris, à différentes hauteurs, des observations d’un très grand intérêt pour tous ceux qui s’occupent de navigation aérienne. En voici le résumé :
- A l’Observatoire de Montsouris il a été constaté, après trente ans d’observations, que la vitesse moyenne du vent à 50 mètres de hauteur est de 4 mètres par seconde en janvier, 4ra,2 en février, 4 mètres en mars, 4m, 1 en avril, 4 mètres en mai, 5m,05 en juin, 3ra,04 en juillet, 5“,06 en août, 3"',05 en septembre, 3m,07 en octobre, 4 mètres en novembre et 4m,01 en décembre.
- Avec la hauteur, la vitesse moyenne croît rapidement. Ainsi, au sommet de la Tour Eiffel, à 500 mètres, la vitesse moyenne est d’environ 8m,7 par seconde. En hiver elle s’élève à 10 mètres et la vitesse minima a été
- de 7m,06. Il s’ensuit qu’un appareil destiné à s’élever au-dessus de Paris de 200 à 500 mètres de haut doit être organisé de façon à réaliser une vitesse supérieure à 8 mètres par seconde, sous peine de ne pouvoir fonctionner qu’une fois sur deux. Ces couches supérieures de l'atmosphère atteignent généralement une vitesse encore plus grande ; au niveau du sol et jusqu’à environ 100 mètres de haut, le frottement de l’air sur la terre ralentit la vitesse du vent. Plus haut, cette influence devient rapidement négligeable. Il est donc très difficile jusqu’ici d’arriver à se mouvoir dans l’air à plus de 500 mètres ; il faudrait que les organes moteurs développassent une pression d’au moins 27 kilogrammes par mètre carré. Maintenant est-il absolument nécessaire de s’élever si haut? Après tout, les oiseaux, dont nous sommes à bon droit jaloux, ne dépassent guère une hauteur de 100 mètres. Entre 50 et 100 mètres, les appareils expérimentés actuellement devraient se diriger, hors les cas de vents exceptionnellement forts.
- Une observation intéressante aussi consiste en ce que, le plus souvent, l’air se meut parallèlement à la terre. La résistance à l’ascension ou à la descente est simplement une fonction du poids et de l’air calme. On pourrait donc concevoir un aérostat qu’une hélice horizontale (ou plutôt deux hélices l’une dextrorsum, l’autre sinistrorsum) permettrait de faire monter ou descendre sans faire varier la quantité de gaz et qui, au moyen de plans inclinés, pourrait modifier sa direction en descendant comme le font les oiseaux qui planent.
- Enfin une autre idée, dont l’origine remonte au mathématicien Abel Tremson, consiste à utiliser la différence de vitesse ou de direction qui existe pour les vents à différentes hauteurs. Supposons deux ballons solidaires, ou mieux, un ballon muni d’une traîne en papier, au besoin, maintenue au-dessous de lui à quelque 40 ou 50 mètres. La vitesse différant de grandeur ou de direction, ou des deux à la fois, dans les couches qui contiennent respectivement le ballon et sa traîne, il en résulterait pour le premier un mouvement propre distinct de celui de la couche où il se trouve, et il pourrait utiliser cette différence pour se diriger ou se mouvoir, au moins dans une certaine mesure. Ce serait là une sorte de navigation aérienne à la voile. Mais surtout ne soyons pas trop exigeants pour « l’enfant qui est en train de naître ». Le premier qui, (( le cœur couvert d’un triple airain », osa s'aventurer sur un bateau à voiles ou à rames, ne songeait certainement pas à lutter contre les vents trop forts, à
- sortir par la tempête. ' G. G.
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- ÉTOILES 'VARIABLES
- Il existe des étoiles variables dont le changement est extraordinairement rapide. Il ne s’agit plus de variations dont la période est de plusieurs jours ou de plusieurs heures. Celles auxquelles nous faisons allusion varient d’éclat en une heure et même en une demi-heure.
- M. E. Uickering, le savant astronome des États-Unis, a appelé l’attention, notamment, sur trois étoiles de l’amas de Messier. Il a pris à l’observatoire Lick et à l’observatoire d’Aréquissa de belles photographies qui permettent de conclure que ces étoiles varient d’éclat en des temps compris entre 50 minutes et 60 minutes. La variation d’intensité est considérable, puisqu’elle atteint parfois deux grandeurs et demie en moins d’une heure. Ces variations
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- sont certainement les plus grandes que nous connaissions.
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- LA NATURE
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- LA. VÉGÉTATION DU LUPIN
- EN SOLS CALCAIRES
- Les lupins ne prospèrent pas en sols calcaires. C’est là un fait d’expérience pratique. A quelles causes physiologiques peut-on rapporter la végétation précaire de cette espèce botanique en de tels sols? Quelques auteurs ont pensé que la variété de bacilhis radicicola qui vit en symbiose avec le lupin devait faire défaut ou ne pouvait prospérer dans les sols calcaires. Si les bactéries du lupin sont absentes dans ces sols, rien n'est plus facile que de les leur apporter en ensemençant ces terrains avec de la terre granitique ayant porté du lupin ou cultiver plusieurs années de suite le lupin sur le même sol largement pourvu d’éléments minéraux essentiels. D'autres agronomes ont supposé que le taux de calcaire était la cause déterminante du mal : les racines des [liantes et celles des légumineuses en particulier secrétent constamment de l’acide carbonique et des acides organiques qui, en contact avec les éléments insolubles du sol tels que carbonates, phosphates, sulfates, etc., les solubilisent et favorisent ainsi leur assimilation (expériences de Zœller et Nægeli, Stoh-mann, Sachs, etc.). 11 se pourrait que l’absorption des sels organiques à base de chaux se produisît en trop grande quantité et que leur accumulation dans les cellules des [liantes tendrait à les ossifier et à gêner leur fonctionnement. Ou encore la saturation des acides organiques au fur et à mesure de leur formation contribuerait-il aussi à l'épuisement des cellules ? 11 y avait là toute une série de curieuses recherches à tenter. Je me livrai à ces recherches, au printemps de 1899, à Nomeny (Meurthe-et-Moselle), mais je dois dire de suite que j’ai obtenu pour cette expérimentation le concours dévoué de MM. bourgeois, professeur départemental d’agriculture de Meurthe-et-Moselle; Colomb-Pradel, directeur de la station agronomique de Lorraine ; Houdaille, professeur de physique à l’Ecole nationale d’agriculture de Montpellier et E. Gain, professeur de sciences naturelles à la Faculté des sciences de Nancy.
- Je savais par expérience que le lupin à Heurs blanches venait assez bien dans certains sols calcaires, notamment dans ceux de la Haute-Marne, riches en calcaire total, mais «pauvres en calcaire tin. A cet effet, je voulus vérifier aussi si « la vitesse d’attaque spécifique du calcaire » avait une intluencc sur la végétation de cette variété de lupin.
- Je fis choix des terres calcaires suivantes : 1° Terre à 51 [jour 100 de calcaire très attaquable1, provenance : M. Prosper Gervais, à Mass des Causses (Hérault; 2° Terre à 45 pour 100 de calcaire très [jeu attaquable, provenance : M. Donadille, à Bédarieux (Lot) ; o° Terre à 18 pour 100 de calcaire faiblement attaquable, provenance : champ d’études de l’École d’agriculture de Montpellier (Hérault) ;
- 1 La détermination du taux de calcaire et de sa vitesse d’attaque furent exécutés par M. Houdaille.
- 4° Terre à 1 pour 100 de calcaire faiblement attaquable, provenance : Nomeny (Meurthe-et-Moselle).
- De [dus je fis venir du champ d’études de l’Ecole nationale d’agriculture de Rennes, de la terre schisteuse contenant das traces insignifiantes de calcaire et ayant porté du lupin l’année précédente.
- A part un pot de terre calcaire- à 51 [Jour 100 qui fut employée telle quelle, un pot de terre également jmre à 18 [jour 100, dont les plantes furent soumises à des pulvérisations liquides de dissolution de sulfate de fer à 1 [jour 100 et un pot rempli de sol schisteux devant servir de témoin ; les terres à 45 [Jour 100, 18 pour 100 et 1 [tour 100 de calcaire furent chacune soumises à la même série d’essais suivants : Le 1er pot rempli de terre calcaire pure; le 2e pot, rempli également de terre calcaire juin1, fut arrosé pendant la végétation avec de l’eau chargée d’acide carbonique; le 5e pot fut rempli avec de la terre calcaire additionnée de 1/10 eu poids1 de terre schisteuse ayant porté du lupin.
- Tous les pots indistinctement reçurent une forte fumure minérale, sauf l’azote.
- Le semis fut effectué le 10 mai, à raison de trois grains de lupin blanc bien conformés par pot. La levée eut lieu du 5e au 7e jour. Dès le 10e jour, après la levée, les pots nos 5, 6, 10 furent arrosés régulièrement avec de l’eau chargée d’acide carbonique. Le 20e jour après la levée, j’arrachai un pied par pot (le moins vigoureux) et les échantillons analysés microscopiquement à Nancy, par M. Gain, ne relevèrent rien de particulier dans la forme et le contenu des cellules de pieds chlorosés ou non. Tout ce que je puis affirmer c’est que les plantes venues en sols très calcaires ou moyennement calcaires possédaient déjà une teinte moins foncée et devaient renfermer moins de grains de chlorophylle dans leurs cellules. Au bout de six semaines de végétation, je fis prendre des vues photographiques de tous les pots, mais le cadre de ce travail ne nous permet pas de les reproduire ici. D’une manière générale les pieds venus en sols calcaires sont beaucoup moins vigoureux que ceux portés par les terres peu calcaires, les pots ensemencés avec de la terre schisteuse présentent une bien meilleure végétation que ceux garnis de terre calcaire pure; mais ce qui est déjà intéressant à noter c’est que les pieds arrosés avec de l’eau chargée d’acide carbonique accusent une dépression végétale et un teint chlorotique nettement marqués.
- A la fin du deuxième mois, un nouveau pied (toujours le moins vigoureux) fut enlevé à chaque pot, et j’allai les analyser à la station agronomique de Lorraine, à Nancy. Les [liants arrachés furent répartis en deux lots : 4° le lot des plants chlorosés ; 2° celui des plants bien venant.
- A l’analyse, 100 grammes de matière verte donnèrent les résultats suivants en acides libres, résultats exprimés en acide sulfurique :
- 0»%0i 13..........pour les pieds chlorosés.
- 08',0728.......... — , non chloroses.
- 1 200 grammes par pot.
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- Une chose est certaine c'est que les acides végétaux libres sont en proportion beaucoup moindres dans les plants chloroses.
- Trois mois après la levée des plants, j’arrachai les pieds restants et écartai les échantillons 1 et 8 qui faisaient doublé emploi dans les séries. De sorte qu’il me restait trois séries de trois échantillons chacune (n° 1 terre [tore, n° 2 terre pure arrosée avec de l'eau chargée d’acide carbonique, n° o terre ensemencée en bactéries) dans lesquelles le meme dispositif se retrouve toujours. Ajoutons à ces trois séries un plant témoin venu sur sol schisteux.
- l,e sérié : terre calcaire à 4o pour 100 (fig. 1, nos 1, 2 et o). Le n° 1 de la ligure 1 est bien chétif: il eut à soulfrir des ravages des fourmis ; le n° 2, qui semble assez bien [développé, est cependant
- moins trapu et beaucoup moins fouillé que le n° o ; 2e sérié : terre calcaire h 18 pour 100 (fig. 2, nos 4, 5 et 6) et o® série : terre à 1 pour 100 de calcaire (fig. o, nos 7, 8 et 9). Dans ces deux séries la végétation est d'une régularité mathématique : les nos 5 et 8 qui ont été arrosés à l’eau chargée d’atide carbonique, pour favoriser la dissolution du calcaire, sont nettement inférieurs à ceux de leurs voisins de droite et de gauche et toujours dans ces deux séries le pied venu sur terre ensemencée est plus feuille et plus vigoureux que celui qui s’est développé dans la terre pure. Chose curieuse que j’ai déjà fait constater, les échantillons arrosés avec des siphons ont un teint chlorotique bien accentué. Pour ce qui est de l’échantillon n° 10 ayant poussé sur la terre schisteuse à lupin, il était de tonte
- Fi*. i.
- Fix. 2.
- beauté, très vert, très vigoureux, très convenablement feuille dès sa hase. Les échantillons chlorosés et ceux non chlorosés offrirent une teneur bien différente en chaux à l'analyse, en voici les résultats :
- 1° Chaux sur la matière sèche pour les échantillons chlorosés. 2,136 ”/. 2“ — — non chlorosés. 1,68
- On le voit, la quantité de chaux renfermée par les liquides des deux séries varie dans des proportions inverses avec celle des acides organiques végétaux libres.
- M. Dehérain, membre de l’Institut, professeur à l’École nationale d'agriculture de Grignon, s’est livré, de son coté, à des recherches sur les causes de la végétation précaire des lupins en sols calcaires et il en arrivait tout dernièrement à cette conclusion que le lupin blanc ne prospérait pas en de tels sols faute de bactéries convenables. Mais alors pourquoi les pots de terre calcaire copieusement ensemencés avec de la terre à lupin ne végétaient-ils [tas normalement?
- Je n’ose tirer une conclusion prématurée de mes essais, mais de ces faits que l’arrosage à l’eau chargée d’acide carbonique fait baisser le rendement et que les pieds chlorosés sont moins riches en acides végétaux libres et plus riches en chaux totale que les pieds à végétation normale, j’incline à croire que la saturation des acides organiques par la chaux doit être une des causes principales de la chlorose des lupins. J’irai même plus loin, je pense qu’il y a une corrélation entre la chlorose de la vigne et celle des lupins : d’après les recherches de MM. Gastine et Dcgrullv, les feuilles de vigne chlorosées sont [dus riches en chaux et renferment moins d’acides végétaux libres que les feuilles saines.
- En somme, les diverses variétés de lupin (à des degrés différents) seraient avant tout des plantes ealeifuges au même titre que les fougères, les bruyères et les genêts. R. Dumont.
- Professeur <l’;i'inculture à Cambrai.
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- LA NAT U HE.
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- L’ANALYSEUR D’INDUCTION1
- Le professeur Walter, de Hambourg, a publié en novembre 1900 les recherches qu’il venait de terminer sur un inducteur à trois entrées, dont le condensateur, de faible capacité, est le môme pour les trois enroulements. Par son emploi, une bobine d’induction allemande présente trois décharges principales dont l’application par M. Walter a été faite à l'excitation de trois catégories de tubes de liontgen, mous, moyens ou durs.
- L’inducteur de M. Walter est facilement adapté à une bobine allemande quelconque, car dans tous ces appareils l’induit a la forme d’une couronne épaisse enfermée dans une boîte en ébonite, tandis que l’inducteur affecte celle d’un cylindre, entrant exactement dans le vide de la couronne. Les laboratoires allemands n’ont eu qu’à se munir des inducteurs nouveaux pour répéter les expériences de M. Walter.
- En France les bobines d’induction sont formées d'un seul bloc comprenant : inducteur et induit ; on ne peut donc leur appliquer l’inducteur Walter à self-induction variable.
- Mais, depuis 1898, l’appareil que nous avons appelé d’abord Régulateur de résistance, puis Analyseur d'induction, permet d’obtenir, en employant les bobines d’induction françaises, les résultats que les journaux allemands présentent aujourd’hui comme nouveaux2.
- Dans ces bobines, l’inducteur est unique, mais le condensateur est le plus souvent cloisonné ; en faisant varier sa capacité suivant la tension et la quantité du primaire employé, on arrive dans chaque cas à un fonctionnement régulier.
- Nous donnons simultanément la description de l’Analyseur d’induction et son mode d’emploi : les pôles — et -1- de l’induit sont respectivement réunis
- 1 Brevet A. Rémond, ‘21 novembre 1898; construit actuellement par MM. Radiguet et Massiot.
- 2 L’Analyseur d’induction a de nombreuses propriétés relevant de la physique pure, qui, présentées à la Société de Physique en décembre 1898, au Congrès de TARAS à Boulogne-sur-Mer, en 1899, ont été répétées à l’Exposition universelle de 1900, classe 10, etc., etc.
- aux pièces métalliques supérieures de deux colonnes de verre A et 1), munies d’une boule E et d’une pointe
- F. Deux autres colonnes de verre B et C portent des tiges métalliques G et H, mobiles dans des glissières ; elles sont reliées aux bases métalliques des colonnes, et à la lame de sol L, au moyen de tringles mobiles t, tx. On met la vis V en connexion parfaite avec une conduite d’eau ou de gaz et on tire à fonds les tiges G et H.
- Au moyen du bouton moleté M, on règle l’étincelle de la bobine pour un primaire donné, ou bien on fait l’opération inverse. On écarte P de p.
- lrc Expérience. — On amène au contact E et
- G, F et II; puis, procédant avec lenteur, on tire peu à peu les tiges dans leurs glissières; des décharges partent entre E et G, F et H, et donnent ainsi les composantes de la décharge totale. Quand l’équilibre est établi on reconnaît notamment si la
- bobine étudiée est symétrique ou dissymétrique, c’est-à-dire à tensions polaires égales ou inégales.
- 2eExpérience. — Ayant fixé la distance EG, par exemple, on constate qu’en faisant mouvoir la tige 11 on modifie dans des limites très étendues les qualités de la décharge EG. L’aspect de l’étincelle, le bruit qu’elle produit, ses propriétés calorifiques, sont variables dans des limites très étendues, pour chaque valeur du primaire employé.
- 5e Expérience. — Si l’on place dans le sens convenable un tube de ltôntgen sur l’un des circuits en EG, ou Eli, on peut, au moyen de l’autre circuit, régler expérimentalement les qualités de la décharge excitatrice, de façon à obtenir le fonctionnement le meilleur de ce tube, qu’il soit mou, moyen ou dur pour l’étincelle employée.
- 4e Expérience. — En plaçant un tube de Hont-gen sur le circuit EG, la cathode reliée à E et l’anode à G, on peut tenir à la main le tube par sa partie anodique, préalablement recouverte d’une feuille de papier d’étain, sans aucune sensation, si les connexions au sol sont bien faites et la résistance du tube inférieure à sa distance catho-anodique. A. Rkmond.
- Analyseur d’induction.
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- LA NAT U H K.
- CULTURE ET PRODUCTION DE L\ COCA
- EN BOLIVIE
- La coca, dite du Pérou, ne pousse pas seulement dans ce pays, cette plante précieuse croit parfaitement en Bolivie, et y donne lieu à des cultures importantes. Les Indiens l’ont de tout temps consommée dans le pays, mais maintenant elle fait l’objet d’une exportation sérieuse qui se dirige principalement sur la France, et qui se fait d’une part par voie de mer dans les ports de Mollendo, Arica et Antofogasta, et de l’autre par voie de terre suivant la route de Tupira dans la République Argentine. La plante se cultive principalement dans les départements de La Paz et de Cochabamba, dans la portion tempérée du versant oriental des Andes, dans cette région que l’on nomme les Yungas. En fait, les trois quarts de la production totale viennent de la province portant ce nom, et le reste des provinces de Larecaja, d’Inquisitivi, de Caupolican et de Cochabamba. Les plantations de coca sont divisées en « catos )), comme on dit, de 50 mètres environ de côté, ce qui donne une surface de 900 moires carrés, et chaque « cato » produit, suivant la nature du sol, Page des plants et les conditions atmosphériques, de 2 à 7 arrobas (l’arroba espagnole représentant un poids de llkE,5), et cela par récolte; or, on compte généralement qu’il peut se faire en moyenne quatre récoltes par an. Si donc on évalue le prix de l’arroba à
- 10 boliviens, et que l’on table sur une récolte totale de
- 12 à 10 arrohas par an, on voit qu’une plantation d’un hectare produirait pour une valeur de 2000 à 5500 francs. Le gouvernement prélève un impôt sur la récolte de la coca, impôt qui est de 4 francs par quintal, et qui rapporte annuellement 500 000 francs dans les caisses de l’Etat. Il faut noter encore que la durée des plantations est fort variable, suivant le terrain où elles se trouvent : dans les plus mauvais elles se maintiennent dix années, et dans les meilleurs on a vu de ces « cocales » persistant pendant cinquante années, et même un siècle tout en continuant à fournir un bon rendement. R.
- CHRONIQUE
- La mortalité chez les Boers. — L’agglomération forcée, dans les camps de concentration, des femmes et des enfants brutalement transportés au loin, le manque de nourriture, le désespoir et la mélancolie entraînent une mortalité qui dépasse celle des grandes épidémies. Au mois de juin, il y avait 85 410 concentrés ; la mortalité avait été de 777, ce qui équivalait à un taux annuel de 109 pour 1000. Au mois de juillet, sur un total de 95940,
- 11 y eut 1412 morts équivalant à une mortalité annuelle de 180 pour 1000. Au mois d’aoùt, sur un effectif de 105 547, il y a eu 1878 morts équivalant à une mortalité de 214 pour 1000. On peut, par ces chiffres, prévoir l’avenir. Il y a eu en août 52 000 enfants blancs enfermés dans les camps; il en est mort 1500, ce qui équivaut à l’extinction de la race en moins de trois ans. L’horreur de ces moyens de restriction est indigne de notre civilisation. Les Anglais eux-mêmes commencent à réagir contre ces abominations et à lutter contre elles pour le renom de leur patrie et pour le salut des victimes.
- L'acide sulfurique de l'atmosphère. — Dans sa belle étude sur les fumées de Paris, M. Armand Gautier a noté la présence en grande quantité de l’acide sulfu-
- rique dans l’air de certains quartiers. C’est l’acide sulfureux, dégagé par les cheminées industrielles, qui se transforme en acide sulfurique. Mais on en trouve un peu partout, aujourd’hui, surtout en hiver. 11 est aisé d’en déceler la présence par un procédé mis en pratique par M. Ost, professeur de chimie, dans diverses régions de Hanovre. M. Ost dispose dans les branches des arbres, sur les murs des maisons, des linges de coton imprégnés de baryte caustique fortement tendus par des agrafes à chaque coin. Ces nappes d’épreuve mesurent 0m,2ü sur 0m,50. Elles ont absorbé en montagne, du 5 mai au 5 octobre, de 0er,055 à 0fr, 180 d’acide sulfurique anhydre, puis, du 29 mars au 8 octobre, dans une vallée, de 0*r,118 à 0er,525. Du 18 mars au 9 septembre, on a, dans une autre vallée, relevé de 0gr,54 à 0Er,79.Lc mode de dosage est simple et il-serait intéressant de s’en servir de temps en temps pour déceler la pollution comparée de l’atmosphère dans les grandes villes et à la campagne.
- Le tunnel sous-marin d’Éeossc en Irlande. —
- On a déjà parlé beaucoup du projet d’un tunnel sous-marin à établir entre la Grande-Bretagne et l’Irlande : aujourd’hui nous sommes à même de donner des détails sur ce projet, en nous référant à une communication de l’ingénieur anglais bien connu, M. James Barton. Le seul tracé réellement pratique serait celui qui partirait de la côte écossaise du Wigtonshire, en face de la baie de Belfast, et en un point où les deux côtes ne sont qu’à une distance de quelque 40 kilomètres. En cet endroit on rencontrerait des profondeurs variant de 150 à 270 mètres, suivant la direction exacte que l’on suivrait. Bien que cela puisse sembler bizarre, on ne doit pas songer au projet reliant le Mull of Cantyre au comté d’Antrim, quoique la distance soit beaucoup plus faible, parce que cela ne desservirait pas des régions qui aient intérêt à être reliées, et qui possèdent des voies de fer. La ligne qu’on peut considérer comme adoptée part de la gare de Stranraer, entre en tunnel 8 km plus loin, descend suivant une pente de 1/75 et atteint le rivage ou plutôt l’aplomb du rivage après un parcours de 15 à 14 km. Elle suit une courbe de 1000 mètres de rayon, pour éviter une vallée sous-marine profonde que l’on nomme Beaufort Dyke, puis elle atteint la ligne du littoral irlandais au point kilométrique 55, en dessous de l’ile Magce. Elle remonte ensuite avec la même pente que dans l’autre approche, sort du tunnel au point 59 km, et rejoint la voie ferrée de Belfast au point 05km,5. Pour assurer son drainage, la ligne présentera une pente à chacune de ses extrémités en arrivant à l’aplomb du rivage. La clef du tunnel serait à 45 mètres au-dessous du fond de la mer; on traversera le silurien inférieur. Quant aux dépenses de construction, elles seront ou du moins elles sont estimées devoir être de 250 millions de francs.
- In réservoir monstre. — Il n’y a pas qu’à Paris qu’on se plaint de l’insuffisance du service des eaux. Londres, dont la population dépasse aujourd’hui cinq millions d’àmes, est peut-être encore plus mal partagée à cet égard, et depuis lengtemps la question s’est posée de filtrer sur une très grande échelle les eaux de la Tamise pour alimenter la métropole anglaise. Celte solution ayant été enfin admise, les sept ou huit Compagnies, qui sont chargées de pomper, de clarifier et de distribuer aux Lon-donniensle précieux liquide en question, ont dû construire à Staines, dans le comté de Middlexex, non loin de la Tamise, un ou plusieurs réservoirs gigantesques qui seront terminés, assure-t-on, en 1905. On comprendra
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- loul de suite l’importance des travaux en cours quand nous aurons dit que les réservoirs de Staines, établis dans les conditions les plus perfectionnées, mesureront huit kilomètres de circonférence, sans compter les annexes, et contiendront 150 milliards de litres d’eau liltrée, de quoi abreuver toute la capitale pendant trois mois et demi. Les travaux coûteront près de 50 millions.
- Le vin artificiel. — C’est en Allemagne que vient de naître ce nouveau produit, qui ne doit nullement se confondre, comme on pourrait peut-être le penser, avec le vin de raisins secs et de sucre. Ce produit est vendu par une maison de AVandsbeck, en Holstein, sous le nom de Malton, et l’on fait du Tokay au malton tout comme du Xérès. Le nom donné à ce composé vient de ce qu’il est formé essentiellement de malt, additionné de sucre de canne et de levure pure. Et ne croyez pas que ces tokays et ces xérès de contrebande soient désagréables au goût ni malsains. Voici l’opinion exprimée par le laboratoire de l’Ecole royale d’horticulture et de viticulture de Geisenheim : a Les échantillons de malton (Tokay ou Xérès) qui nous ont été soumis se distinguent nettement, pour les connaisseurs, des vins sirupeux de dessert, des vrais vins de raisins; on sent que ce sont des imitations et il est certain que, même les vins de Xérès ou de Tokay à bon marché offrent, à un prix peu supérieur, une linesse de goût qui ne supporte point de comparaison. » Si, toutefois, on remarque la façon dont est rédigé cet avis, on comprend qu’en somme le fameux malton joue assez bien le vin fait avec du raisin. D’autre part, le bureau de médecine du royaume de Prusse a émis l’opinion que cette boisson n’est nullement nuisible à la santé et qu’il suffit qu’elle porte de façon bien visible l’indication de vin de malt ou vin Malton.
- Kanguroos inséparables. — Tout comme certaines perruches, les kanguroos en captivité ne peuvent vivre que par couples. Gela n’a pas lieu d’étonner de la part d’un animal aussi doux et aussi attentionné à l’égard de sa progéniture. Les journaux d’Australie signalent, cependant, qu’une dame de Melbourne a réussi à conserver un unique Kanguroo dans son parc. L’animal ne la quitte jamais.
- La brique «lu t'aiiaria. — M. Ewart, architecte en chef du gouvernement fédéral, avait été dernièrement envoyé en mission en Europe afin de procéder à un examen des divers matériaux de construction fabriqués dans l’ancien monde. Cet architecte avait demandé à faire cet examen avant d’entreprendre la construction du grand Palais géologique qui doit être élevé prochainement à Ottawa. Le premier rapport de M. Ewart vient d’arriver et traite de la brique réfractaire. Il conclut à la grande supériorité de la brique du Canada sur toutes celles de tous les autres pays.
- Le mercure dans le monde. — Le principal producteur de mercure dans le monde entier est certainement la Compagnie des mines de l’Almaden, en Espagne, qui en fournit annuellement pour son compte quelque 45000 bouteilles. Au deuxième rang des producteurs viennent les États-Unis, dont les exploitations de New-Almaden, New-Idria, Mapa, Etna, Altoona, en Californie, etc., en donnent de 22000 à 28 000 bouteilles, et dont les produits décroissent du reste en valeur au fur et à mesure que l’exploitation descend [dus bas. Mais il semble maintenant que les colonies australiennes sont sur le point d’entrer au nombre des producteurs, ce qui aurait une importance particulière pour les mines d’or qui se rencontrent dans ces pays et qui font encore couramment
- appel au mercure pour le traitement de l’or. Une compagnie s’est fondée pour exploiter les gisements de cinabre de Gudgegong, dans la Nouvelle-Galles du Sud. Des dépôts qui semblent promettre ont été mis au jour à Aulgibar. Dans le Queensland, il y a toute une bande de terrain à mercure, aux environs de Wild lia y Creek ; dans la province de Victoria, une petite Société a commencé une exploitation, assez modeste du reste, depuis 18119. Enfin, les dépôts d’ühaeawaï, en Nouvelle-Zélande, sont exploités avec d’assez bons résultats.
- La production du pétrole dans le momie. —
- La production générale en 1900 a été de 158 millions de barils, ce qui fait 578 000 barils par jour. La Russie a produit 08 millions, les États-Unis 58 millions, l’Inde néerlandaise 5 millions, l’Autriche-llongrie 2 millions et demi et la Roumanie 2 millions. Ue solde est produit par huit pays différents qui consomment leur extraction; ils n’exercent aucune influence sur le marché international. Les champs pétrolifères du Japon commencent à attirer l’attention en raison de leur avenir ; mais, pour le moment, la production ne dépasse pas un million de barils. Aux États-Unis, les Etats d’Ohio, West-Virginie, Pennsylvanie, Indiana et New-York produisent 55 millions de barils, soit 92 pour 100 de la totalité; la Californie fournit 4 millions de barils, le Texas environ 1 million; le restant est produit dans le Colorado, Kansas, Kentucky et XVyoming. La production totale des Etats-Unis, depuis l’année 1859, date où l’on a foré le premier puits, atteint plus d’un milliard de barils, d’une valeur de 1200 millions de dollars. La production s’est constamment accrue : en 1860, elle ne comportait que 500 000 barils; en 1870, déjà 5 260 745 barils; en 1880, l’extraction montait à 26 286125 barils; en 1890 5 45 825 572 et en 1900 à 58 millions.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 7 octobre 1901.
- Présidence de M. Bodquet de la Guye.
- L'origine des /leurs doubles. — M. G. Bonnier résume un travail de M. Molliard relatif à l’origine des fleurs connues sous le nom de fleurs doubles, c’est-à-dire de la plupart des fleurs de jardin. C’est à l’attaque par des parasites animaux et végétaux qu’est due cette transformation des étamines ou des carpelles en pétales ou la production de fleurs vertes. L’effet n’a pas besoin d’être direct. Dans beaucoup de cas l’attaque des racines suffit pour produire à distance cette modification des fleurs. Les procédés horticoles consistent sans doute à entretenir ces suites de maladies qui produisent ces fleurs monstrueuses, c’est-à-dire la plupart de celles que nous admirons dans les jardins.
- Varia. — M. Kœnigs dépose une Note formant un complément de ses travaux sur le classement des mécanismes. Cette Note est intitulée ; « Des couples d’éléments cinématiques ». — M, le Ministre de la guerre invite l’Académie à désigner deux de ses membres pour siéger au Conseil de perfectionnement de l’École polytechnique. — M. le prince de Monaco fait hommage des 19e et 20° fascicules des publications consacrées aux résultats scientifiques des campagnes d’explorations sous-marines qu’il poursuit sur son yacht. — M. Moissan présente une Note de M. Simon relative à l’action de l’uréthane sur l’acide pyruvique. Cu. de Yilledeuil.
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- LA NA T U HE.
- UNE MLLE DE MUSONS ROULANTES
- Le mot de ville est peut-être ambitieux, mais il
- agglomération
- Fis. 1.
- ne s'agit pas moins de toute une dont les maisons avaient été primitivement construites pour rouler sans paix ni trêve, et que leurs constructeurs 11e s’attendaient certes pas à voir se river au sol.
- Nous voulons parler de Car-lown, aux Etats-Enis, dont le nom est bien caractéristique, puisqu’il est formé des deux mots town et car,
- « ville » et « voiture de tramways », simplement parce que les maisons en sont près qu e uniquement des anciens véhicules de tramways réformés. S a 11 s doute avons-nous vu, et La Nature
- a-t-elle signalé d’anciens wagons de chemins de 1er que l’on transforme en maisonnettes dans la banlieue de Paris eu leur enlevant les roues ; mais ici ce n’est plus un véhicule isolé dont on a ainsi tiré parti, il y en a toute une série dont plusieurs sont, du reste, demeurés sur leurs roues.
- Cette ville merveilleuse se trouve dans la banlieue immédiate de San Francisco, sur le bord de la mer, à l’extrémité du fameux Parc de Golden Gâte.
- Avant même la fondation de Car town, et il y a
- déjà quelques années, un émigrant italien qui avait économisé de quoi acheter un terrain, mais non de quoi bâtir une maison, se procura à bon compte un ou deux wagons de tramways, les amena sur son lot de terre, dans une rue écartée de San Erancisco, et, en les réunissant, se fit un domicile fort économique, pittoresque et suffisamment confortable. L’exemple fut ensuite suivi par beaucoup d’autres modestes propriétaires. C’est ainsi que germa l’idée de Car-
- Une maison dont l’étage supérieur est fait de wagons.
- town, dont remplacement est d’autant mieux choisi qu’il est en bon air, sur des terrains de peu de valeur actuellement, mais le long d’une belle promenade et à peu de distance de la ville.
- O11 comprend si l’aspect de celle agglomération doit être curieux : le plus souvent les habitants n’ont point fait repeindre les véhicules, et leur habitation porte par conséquent les indications les plus troublantes de parcours et de direction, souvenirs des anciennes lignes que desservaient les cars durant leur vie active. Tantôt on s’est contenté d’immobiliser les roues et de laisser les caisses intactes et isolées, tantôt au contraire on a monté les caisses sur des charpentes primitives; parfois on a réuni
- deux voitures par une construction en planches formant le centre de l’édifice, ou encore on a disposé trois voitures en fer à cheval avec un escalier commun desservant une plate-forme qui les réunit. Dans
- certains cas on a monté une caisse sur une autre voiture qui forme rez-de-chaussée, ou même sur une construction primitive en bois. Les plates-formes ont été fréquemment transformées en balcons, en mirador es fermés à glaces, garnis de plantes grimpantes, d’où les habitants peuvent regarder la
- vague déferler sur la côte. Certaines de ces habitations bizarres abritent leur propriétaire toute l’année, d’autres ne sont qu’un pied-à-terre à la campagne; plusieurs sont des bars ou des cafés; mais de presque toutes 011 a réussi à tirer bon parti en les meublant avec goût. I). H.
- Fig. 2. — Vue générale de Cartown.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imnrimeric Uaiiiiif,, rue de Fleuras, 9.
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- N° 1482. — 10 OCTOBRE 1901.
- LA NATURE.
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- GÉNÉRATEURS RICHMOND
- POUR CHAUFFAGE PAR L\ VAPEUR A BASSE PRESSION ET PAR L EAU CHABPE
- 1. Délai! de construction d'un générateur Richmond. Quelques sections isolées. — Fig. 2. Coupe d’un générateur.
- BIBLIOTHEQUE-
- Les grands établissements aux État-Unis se sont trouvés dans l’obligation d’adopter, pour le chauffage, des appareils présentant non seulement la plus grande économie d’installation et de combustible, mais encore écartant toute cause d’incendie.
- Ce qu’il y a de curieux, c’est que cette obligation d’un mode spécial de chauifage a été imposée par les Compagnies d’assurances refusant d’assurer les locaux chaudes par une combustion vive.
- De tous appareils
- les
- de
- Fig. 3. — Générateur Richmond pour chauffage à vapeur à basse pression.
- chauifage ceux qui répondent le mieux à ces nécessités sont, au moins jusqu’à présent, les générateurs de vapeur à basse pression ou ceux à eau chaude faisant circuler partout, sans W année. — ï' semestre.
- aucun danger, une chaleur constante et hygiénique. Nos modes usuels de chaufïagc présentent bien
- des défectuosités. Dans nos cheminées une très faible partie de la chaleur rayonnée par le combustible est utilisée : pour le bois elle n’est que de 0,06 à 0,07, pour la houille et le coke 0,15 de la chaleur totale développée par la combustion. A ce faible rendement il faut ajouter l’inconvénient parfois d’un mauvais tirage occasionnant d e la fumée et aussi des dangers d’incendie.
- Le chauifage par les poêles donne une plus grande quantité de chaleur fournie par le foyer ou poêle proprement dit et par le tuyau oîi circule la fumée. La moyenne pour la
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- LA NATURE.
- surface d’un mètre carré en contact avec l’air extérieur est, pour une heure et pour une différence d'un degré, 5,Un unités de chaleur pour la tôle, 9,9 pour la fonte, 5,85 pour la terre cuite de 0,01 d’épaisseur. Ce mode de chauffage surchauffe et dessèche l’air ambiant et laisse dégager, quand les parois du foyer sont portées à une haute température, de notables quantités d'oxyde de carbone, gaz éminemment toxique qui détermine de graves accidents asphyxiques.
- Supérieur aux précédents le système de chauffage par l’air chaud utilise 0,50 à 0,75 de la puissance calorifique du combustible ; mais l'air, en arrivant de la chambre de chauffe dans les appartements, est absolument desséché et est mélangé de gaz délétères.
- De tous les appareils, il est reconnu que ce sont ceux à circulation d’eau chaude ou ceux à vapeur à basse pression qui résolvent le mieux la question du chauffage hygiénique ainsi que de l’économie de combustible. L'air s'échauffe graduellement jusqu’à une température constante et douce en conservant une quantité d’humidité suffisante; l’absence d’oxyde de carbone éloigne tout danger d’asphyxie et aucun gaz actif ne vient détériorer les draperies, tableaux et objets d’art précieux ornant les appartements.
- Dans les.générateurs à vapeur à basse pression ou à eau chaude, la quantité de combustible à brûler par heure se détermine en comptant, pour un bon appareil, que 1 kilogramme de houille, de coke ou d’anthracite transmet à la chaudière 5500 à 4000 calories, 1 kilogramme de bois environ 1650 calories, 1 kilogramme de tourbe 1250 à 1500 calories. Ce mode de chauffage est de tous le plus avantageux : l’eau en se vaporisant rend latente une quantité considérable de chaleur, et la vapeur en se condensant fournit à peu près 560 calories par kilogramme qui peuvent être utilisées. Le chauffage à vapeur est de plus le plus puissant, le plus rapide et le plus économique moyen de transport de chaleur qui existe, aussi cherche-t-on, avec raison, à le généraliser.
- Une question importante est de produire la vapeur avec des appareils résistants et surs et d’une façon simple et économique. C’est pour résoudre ce problème que sont construits les générateurs Richmond répandus aux États-Unis et qui tendent à s’établir en Europe pour le chauffage des administrations, des hôtels, des écoles, des hôpitaux, etc.
- Ces générateurs se composent d’une hase munie de grilles et surmontée d’une série de cadres formant voûte au foyer et dans lesquels circule l’eau à échauffer et à vaporiser. La disposition du foyer fournit une grande capacité et une circulation rationnelle des gaz de la combustion.
- La voûte du foyer se compose de compartiments ou sections fondus d’une seule pièce qui sont juxtaposés et réunis par des joints en amiante. Toutes ces sections communiquent entre elles par deux collecteurs d’eau qui sont placés latéralement dans le bas de l’appareil; un collecteur, situé à la
- partie supérieure, emmagasine la vapeur produite pour de là la distribuer.
- Ce dispositif permet une circulation continuelle de l’eau qui prend contact avec les grandes surfaces échauffées par le foyer, aussi la masse élève rapidement sa température jusqu’à l’ébullition.
- Le système de joints unissant les cadres les uns aux autres permet d’isoler instantanément n’importe quelle section de l’appareil, dans le cas où pour un motif quelconque elle se trouverait détériorée ; on peut alors continuer à chauffer, comme si l’appareil n’avait subi aucun accident.
- Les gaz, en sortant du foyer, circulent autour d’une série de tubes correspondant aux sections ; ils sont ensuite divisés à l’arrière de l’appareil et reviennent à l’avant par des carnaux latéraux, puis retournent à la cheminée par un carnau central. Ce dispositif, en plus de l’avantage qu’il présente au point de vue de l’utilisation parfaite du combustible, permet un nettoyage facile des carnaux, à l’aide d’une porte placée au-dessus de celle du foyer; il n’est donc pas nécessaire d’avoir recours au démontage d’un organe pour effectuer un nettoyage.
- Les grilles de ces générateurs sont établies de telle sorte que l’on n’a point besoin de tisonner pour activer le feu ; leur surface est formée d’une série de grilles triangulaires mauœuvrées de l’extérieur au moyen d'un levier qui, en lui donnant un léger mouvement de rotation, permet de faire tomber les cendres, sans briser le charbon et le faire passer au travers de la grille. Le réglage de la pression et de la combustion s’obtient automatiquement, au moyen d’une soupape à régulateur.
- Ces générateurs de vapeur à basse pression peuvent aussi donner le chauffage par l’eau chaude et eu distribuer, et cela avec une légère modification.
- Toutes les sortes de combustibles peuvent être utilisées, mais il est préférable d’employer le coke ou l’anthracite qui fournissent une marche plus avantageuse et une conduite plus facile, puisque deux charges en 24 heures peuvent suffire.
- Ces générateurs Richmond à sections présentent non seulement l’avantage d’une grande économie de combustible, mais encore une facile élasticité de production et une sécurité complète. Leur division en compartiments ou sections les met à l’abri de tout arrêt et le sectionnement des pièces permet de les monter avec la plus grande facilité dans les endroits difficilement accessibles. T. Obalski.
- —-x^-c—
- LE PROBLÈME GÉOGRAPHIQUE
- 1)E LA FRONTIÈRE DU CHILI ET DE L’ARGENTINE
- La théorie géographique surannée des chaînes de montagnes formant lignes de partage des eaux, dont les géologues ont eu tant de peine à démontrer la fausseté, vient de recevoir le coup de grâce par suite d’un conflit politique pendant entre la République Argentine et le Chili. A l’époque, bien peu lointaine, où l’on se figurait encore que la grande Cordillère des Andes envoyait nor-
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- roulement toutes les eaux courantes de son versant oriental a l’océan Atlantique et celles de l’ouest à l’océan Pacifique, il fut conclu, en 1881, entre les deux républiques, un traité de délimitation, aux termes duquel la frontière, jusqu’au 52° de latitude sud, devait être formée par « la plus haute crete de la Cordillère des Andes, sur laquelle passe la ligne de partage des eaux ». Inspirée par les anciens errements de la géographie théorique, cette rédaction a donné lieu à une contestation des plus curieuses et intéressantes, lorsqu’on est passé, dans la pratique et sur le terrain même, à la fixation matérielle des points limites. Le traité prévoyait bien que des difficultés pouvaient naître « en raison de l’existence de certaines vallées, formées par une bifurcation de la Cordillère sur laquelle la ligne de partage des eaux est indistincte » ; il avait soin de stipuler que deux arbitres et, au besoin, un tiers arbitre seraient chargés de résoudre ces difficultés; mais nul ne se doutait, en 1881, de l’extension qu’elles devaient prendre.
- Quand, en effet, les explorations de détail, confiées à des géologues et topographes de premier ordre, eurent débrouillé la configuration, jusqu’alors fort mal connue, de la région frontière au sud du 40° de latitude, on s’aperçut que la grande Cordillère des Andes ne formait pas du tout une ligne de partage des eaux, et que celle-ci était, au contraire, reportée jusqu’à parfois 200 km à l’est, en plein territoire argentin, par suite de phénomènes de capture absolument extraordinaires; bien plus, cette ligne de faite, au lieu d’ètre une chaîne de montagnes, se trouvait caractérisée par une absence de relief presque complète, au milieu d’anciennes moraines glaciaires ou même de plates alluvions à peine élevées au-dessus des terrains environnants. M. de Lapparent n’a pas manqué d’appeler l’attention1 sur le remarquable phénomène d’érosion régressive qui, grâce à la pente considérable du versant occidental des Andes, a forcé plusieurs rivières de ce versant à scier, de façon rétrograde, l’ancienne crête et à empiéter sur le versant atlantique primitif; coulant beaucoup plus rapidement, les torrents du coté pacifique ont agrandi leurs thalwegs singulièrement plus vite que ceux du coté atlantique; selon les heureuses expressions actuellement consacrées, leur profil d’équilibre a tendu plus promptement vers leur niveau de base, parce que le versant Est était beaucoup plus large que le versant Ouest ; les gorges de ce dernier ont progressivement reculé, au point que leur tète ou source a fini par se trouver sur l’autre versant et par drainer une partie de ses eaux, provenant de lacs sur de hauts plateaux dépourvus de pente; c’est ainsi que des lacs atlantiques ont été capturés par des torrents pacifiques (cette alliance de mots n’est-elle pas une réelle ironie des choses?) et que leurs déversoirs se sont déplacés d’une demi-circonférence! En Europe, on peut citer comme exemples de captures analogues, produites également par l’écart extrême des déclivités de part et d’autre d’une crête, la vallée de la Maira Orlegna (Val Bregaglia), au col de la Maloja (Engadine, Suisse) qui a détourné de l’Inn plusieurs torrents du massif de Forno et des montagnes duSeptimer — et la haute vallée de l’Hérault dans les Cévennes qui, au col de la Sereyrède (Gard), s’est assurément adjugée peu à peu plusieurs torrenticules jadis tributaires du Tarn par le Trévezel et la Dourbie. On connaît même des phénomènes de captures souterraines dans les pavs calcaires, telles les pertes du Danube dans le duché de Bade qui mènent une partie des eaux de ce fleuve à la source de
- 1 Comptes rendus de l'Académie des sciences, 3 juin 1901.
- l’Aach (près Constance), affluent du Bliin; celles du Dru-geon et du Doubs à Arçon (Doubs) qui alimentent partiellement la résurgence dé la Loue, etc.
- Certaines captures andines sont fort récentes, remontant seulement au seizième ou même au dix-huitième siècle. Elles se sont trouvées préparées par de grandes fractures volcaniques pléistocènes, que les eaux n’ont eu qu’à utiliser pour leur travail d’érosion approfondissante. Et c’est ainsi que le « continental divide » réel et actuel est devenu une plaine accidentée de terrasses morainiques peu saillantes, tandis que le continental divide théorique et ancien des hautes crêtes montagneuses se voyait coupé en plusieurs tronçons par les profondes « cluses » ou Flammes transversales des rivières Rico, Carreu-Leufu, Prias, Laguna-Blanca, Fetaleufu, etc., tumultueusement encaissées maintenant au fond de véritables « étroits ». La plupart de ces cours d’eau sortent de lacs où, comme au lac Buenos-Ayres, le lit de l’ancien émissaire atlantique est nettement visible. Et même, à titre de curieuse démonstration expérimentale, M. Moreno a pu, en février 1890, faire rétablir un de ces émissaires atlantiques supprimés par la nature, le rio Fenix : pour lui rendre son cours primitif vers l’Est, vei's les pampas argentines, il a suffi que six hommes travaillassent pendant huit jours à enlever moins de 1050 yards cubes de déblais. Les géographes sont impatients de savoir comment le tiers arbitre choisi en 1896, qui n’est autre que la Grande-Bretagne, résoudra ce grave problème géologico-politique : admettra-t-il. avec le Chili, que la frontière, épousant l’actuelle « ligne de partage » des eaux, doit suivre la plaine au lieu de la crête; conclura-t-il, comme l’Argentine, selon l’esprit du traité de 1881, mais au mépris des lois de la géographie physique, que la suite « discontinue » des grandes cimes doit être la démarcation conventionnelle? 11 est fort intéressant d’étudier les éléments de cette embarrassante contestation dans les quatre gros volumes, magnifiquement illustrés de cartes et de panoramas photographiques1, que vient d’v consacrer le gouvernement Argentin. On trouve là non seulement tous les documents diplomatiques, résumés historiques, exposés géographiques, récits d’explorations, discussions politiques et reproductions de cartes antérieures, nécessaires à l’étude complète du litige, — mais encore une foule d’enseignements géographiques sur la partie méridionale de la Chaîne des Andes : on y apprend par exemple que de grands glaciers suspendus descendent, comme ceux de Norvège, jusque dans les flots mêmes du lake Argentine, et que les deux plus hauts sommets des Andes (récemment gravis par les expéditions Fitz Gerald et Conway) ont été exactement mesurés à 7130 mètres (25 593 pieds), pour 1’ « Aconca-gua », et à 6830 mètres (22 408 pieds) pour le « Tupun-gato ». E.-A. M autel.
- EMBARQUEMENT MÉCANIQUE
- UES CHARBONS UES MINES DE MALLES
- On vient d’appliquer à Béthune, pour le chargement du charbon des mines de Maries, un procédé d’une très grande simplicité qui a l’avantage d’économiser du temps et de l’argent, presque sans dépense de force motrice.
- La Compagnie des mines de Maries a construit un
- 1 Argentine Chilian limmdarij (Argentine Évidence), 4 vol. in-4°, Londres, 1900, en 30 chapitres. 1 ’
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- La N AT Uiî E.
- rivage sur le canal à Béthune, afin de pouvoir opérer la livraison de ses produits par la voie navigable. Les charbons arrivent sur les quais par des wagons circulant par des voies ordinaires.
- Pour éviter des dépenses de force motrice, en partie inutiles, et pour éviter un travail de manutention sans effet, on a eu recours simplement «à la gravité qui a l’avantage de ne causer aucune dépense. Les trains arrivent sur le quai supérieur, construit à une hauteur suftisante au-dessus de l’eau,
- pour que le déversement du charbon puisse s'opérer dans les chalands.
- Afin de permettre une exploitation facile et d’assurer un rendement suffisant, il fallait posséder un basculeur automatique permettant de procéder aux opérations très rapidement. MM. Taza-Yillain, à Anzin, ont trouvé au problème une solution fort élégante, dans une disposition très pratique qu’on a pu voir à la dernière Exposition.
- L’appareil se compose, en principe, d’une plate-
- Fig. 1. — Appareil <le bascule, à redressement automatique, pour le chargement des charbons dans les chalands.
- forme métallique supportant deux rails à écartement normal, sur lesquels peut venir s’arrêter le wagon rempli de charbon. Un petit mouvement imprimé Ætu système en opère le renversement : le charbon s’écoule par une trémie à couloir jusque dans les cales des chalands; enfin, le système reprend automatiquement sa position primitive, afin qu’on puisse pousser le wagon sur une voie de garage, et ma-«œuvrer un nouveau chargement.
- En théorie cette question semble très aisée à traiter, mais en réalité elle était assez difficile à cause des précautions qu’il fallait prendre, premiè-.rement pour éviter les chocs de se produire, deuxiè-
- mement pour permettre le retour automatique de la plate-forme à sa position primitive après le déchargement. .
- Pour chacune de ces précautions on a muni l’appareil d’organes spéciaux : un frein hydraulique et un pendule différentiel.
- Le frein se compose d’un cylindre en fonte de quarante centimètres de diamètre, installé en une fosse ménagée dans l’épaisseur du mur de quai; dans ce cylindre peut se mouvoir un piston dont la tige est solidaire de la plate-forme. Les deux faces du piston sont en .contact, dans le cylindre, avec de l’eau sous pression fournie par une canalisation spé-
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- ciale. Lorsque la plate-forme basculera pour décharger le charbon du wagon, le piston viendra comprimer l’eau située au-dessus de lui; il y aura donc de ce fait un effort résistant qui empêchera l’appareil do venir basculer avec violence et occasionner des désordres. 11 pourrait même arriver qu’à force d’être comprimée, l’eau ne devînt un obstacle au mouvement de l’appareil et ne l'arrêtât complètement au milieu de sa course.
- Aussi a-t-on ménagé des robinets qui permettent de régler comme on l’entend les pressions dans les deux chambres du cylindre, afin d’obtenir toute la douceur voulue pendant le renversement de l’appareil.
- Le redressement de la plate-forme est produit par le pendule différentiel. Le wagon, muni de son chargement pesant 10 tonnes, vient se ranger sur la plateforme qui est articulée par deux forts tourillons de O1",020 de diamètre placés en dehors de son axe, de sorte que, par le simple fait du poids, tout le système est sollicité à s’incliner du côté du canal. Le pendule différentiel se compose de deux contrepoids accrochés par des bielles à la partie inférieure de la plate-lorme, ils pèsent 5000 kilogrammes, poids supérieur au wagon vide, de sorte que dès le déchargement opéré, c’est-à-dire lorsque le poids du charbon n’agit plus, la plate-forme et son con-
- tenu sont rappelés en arrière par l’action des pendules. Ceux-ci ont joué un rôle négatif pendant la première partie de l’opération en retardant le déversement, mais ils deviennent éminemment actifs pendant la seconde.
- On a apporté une disposition particulière aux wagons; ils sont construits de façon que la paroi latérale soit mobile autour de l’arête supérieure ; la face articulée forme une sorte de trappe qui peut s’ouvrir, au moment voulu, en agissant sur un levier convenablement disposé : lorsque l’appareil bascule, le poids du charbon venant porter sur la paroi, il s’ensuit que celle-ci tend à s’ouvrir, ce qui facilite considérablement le mouvement du levier de manœuvre.
- Toute la charge de 10 tonnes tombe d’un seul
- coup dans la trémie qui est assez grande pour la contenir : elle est en relation directe avec un couloir distributeur qu’on peut faire mouvoir à volonté, de façon à produire un chargement uniforme dans le chaland. Le temps que le charbon met pour se déverser est suffisant pour permettre le retour de la plate-forme-basculeur et la mise en place d’un nouveau wagon plein, prêt à une nouvelle opération.
- On a installé contre le mur du quai un système de touage, à l’aide de câbles tendus sur des tambours. Cette disposition est faite en vue du déplacement rapide du chaland dès qu’il est rempli et son remplacement par un autre ; un seul homme agissant sur les cordes suffit pour faire mouvoir l’embarcation. D’autre part, la disposition de ce procédé de touage sur le mur de quai prend peu de place,
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- LA NATURE.
- et ne gène en rien la manutention des wagons sur la berge supérieure.
- il existe au port de Béthune deux basculeurs semblables; avec des équipes bien dressées, on peut arriver h décharger par plate-forme 25 wagons, soit 250 tonnes h l'heure, c’est-à-dire 5000 tonnes par journée de dix heures pour les deux appareils. Ces chiffres suffisent à eux seuls pour montrer les grands services que peut rendre à l’exploitation des mines l’emploi des basculeurs automatiques.
- ___ A. DA CCXHA.
- LES POISSONS RUSSES
- ‘ La valeur de la production des pèches en Russie (200 millions de francs) dépasse celle des autres pays, à l’exception toutefois des Etats-Unis, qui retirent de cette industrie plus de 500 millions de francs. Mais ce qui la distingue particulièrement, c’est que les poissons formant la base de la pêche en Russie appartiennent aux espèces fluviales et lacustres, ou du moins à des espèces, qui, quoique marines, préfèrent une eau saumâtre à une eau franchement salée. D’après une étude statistique de M. AVeschniakofî, à laquelle nous empruntons les éléments de cet article, les poissons les plus importants au point de vue commercial sont les cinq espèces d’Esturgeons connues sous le nom général de « Poisson rouge », c’est-à-dire la Bélouga, l’Esturgeon proprement dit, le Sévriouga, le Schyp et le Sterlet. Le total de la pêche Oux Esturgeons est de plus de 55 millions de kilogrammes. Outre leur chair fraîche ou gelée, ces poissons procurent encore le caviar, l’ichtyocolle, le vérica (corde dorsale) et le balyk (dos d’Eslurgeon essoré).
- Les différentes espèces de la famille des Salmonidés, à laquelle appartiennent les diverses variétés de Corégones, habitent principalement les bassins du Nord. Presque le tiers de la production totale appartient à l’Eperlan lacustre. Ce poisson se vend pour la plus grande partie gelé et sert de nourriture comme assaisonnement de potage pendant le carême.
- Les différentes espèces de hareng appartiennent à la race Blanche. Autrefois les harengs qui remontaient la Volga ne servaient qu’à l’extraction de l’huile ; car un préjugé populaire, fondé sur ce que le hareng tourne sur lui-même quand il fraye, lui avait donné le surnom de poisson enragé et l’avait fait considérer comme ne pouvant servir à la nourriture de l’homme. On n’en salait qu’une petite quantité dans quelques pêcheries. Un naturaliste bien connu, Von Baer, pendant ses explorations de la mer Caspienne, essaya de faire comprendre aux pêcheurs que le poisson si méprisé pouvait être préparé et mangé tout aussi bien que les autres poissons. Ses conseils furent suivis. En 1885-1890, on en prit de 550 à 200 millions de pièces; en 1890-1896, de 150 à 100 millions; en 1897, 71 millions et, en 1898, 58 millions seulement. Parmi les espèces demoindre importance,*qui sont connues dans le commerce sous la dénomination de poisson blanc, ou poisson de filet à mailles fines, il faut noter la Sandre, la Carpe, la VVobla, la Brême, la Tarane, que l’on prend en très grandes quantités dans la basse Yolga, le Delta de Coubane, l’Oural, le Don, les lacs et les tleuves intérieurs. On estime la quantité de tous ces poissons à près de cinquante millions de pouds.
- Quant au poisson de mer, il faut nommer la Morue qui ne trouve de débouché que dans les trois provinces
- septentrionales (Arkhangel, Yologda et Olonetz) et, en moindre quantité, à Saint-Pétersbourg. Une espèce, spéciale au nord de la Russie, que l’on pèche dans les golfes peu profonds de la mer Blanche et près des embouchures de la Petschora, jouit d’une grande renommée partout en Russie, où on la présente sur les meilleures tables. — Les Maquereaux et les Muges ne se trouvent que dans la mer Noire.
- Les pêcheries russes peuvent être divisées en deux catégories, quant à leur organisation économique. Les unes appartiennent à l’État, aux apanages, aux différentes associations et communes ou aux simples particuliers: ce sont les pèches dans les différents fleuves et cours d’eau intérieurs. Les autres ne peuvent pas constituer de propriété privée : ce sont les mers et les lacs d’une certaine étendue. L’Etat et les grands propriétaires afferment ordinairement leurs pèches à des entrepreneurs qui organisent des établissements spéciaux pour la pêche et la préparation des poissons. Les établissements affermés par l’Etat dans la Volga inférieure lui rapportent plus de 550 000 roubles, et ceux de la Coura, 1 500 000 roubles. Pour juger de l’extension de la pèche dans la basse Yolga, il suffit de citer les chiffres suivants : En 1896, 825 établissements employaient, au printemps, 46 000 ouvriers et, en automne, 26 865 et possédaient 52 000 cuves de salaison. Mais il existe, en outre, 210 établissements sur lesquels on n’avait pu recueillir des renseignements.
- Une grande partie de la mer Caspienne et de la mer d’Azof, ainsi que des portions considérables des fleuves qui s’y jettent, appartiennent aux corporations des Cosaques. La pèche, dans ces eaux, est considérée comme une propriété indivisible et collective de ces corporations, reçues des souverains en rémunération de leurs services militaires. Dans la région des Cosaques de l’Oural, toutes les pêches doivent se faire collectivement, d’après un plan fixé une fois pour toutes. Leur valeur totale est près de 15 millions de francs. La plus grande partie de ces produits est exportée dans l’intérieur de la Russie ou à l’étranger. Le nombre des Cosaquesequi prennent directement part à la pêche est 55 571. fous les produits de leur pêche sont frappés d’un impôt de 5 pour 100 de leur valeur en moyenne, et perçu au profit de la cause commune des Cosaques. L’administration des apanages (biens de la famille impériale) reçoit de ses pêches près de 109 000 roubles; les villes, presque autant.
- Malgré la grande abondance de poisson, la Russie en importe annuellement de grandes quantités; car le peu d’étendue de ses côtes, relativement à son énorme masse continentale, peuplée par une population de 125 millions d’habitants, ne suffit pas pour approvisionner de poisson le peuple russe, qui, pendant cent cinquante jours de carême, ne prend que du poisson pour toute nourriture animale. L’importation, en Russie, des produits des pêches étrangères, qui ne dépassait pas autrefois la valeur de 2 millions de roubles, est montée en 1877-1890 à 8 millions; en 1898, elle a été de 15 millions. Quant à l’exportation, elle n’est que de 1 million de pouds de la valeur de 4 à 5 millions de roubles.
- Les principaux produits d’exportation sont : le caviar et le poisson salé et fumé; quant à l’importation, c’est le hareng qui occupe la première place : 80 pour 100. Les pays d’importation du hareng en Russie se répartissent de la manière suivante : la Grande-Bretagne, 47 1/2 pour 100; la Suède et la Norvège, 57 1/2 pour 100; l’Allemagne, 12 1/2 pour 100; la Hollande, 11/2 pour 100; les autres états 1 pour 100.
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- LA NATl RK
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- En Finlande, c’est l’exportation du poisson frais qui domine sur l’importation; la première atteint la valeur de 2 millions et demi de francs, dont près de 2 millions pour la Russie; la seconde est de 1 million un tiers.
- La moitié de tous les produits de la pèche de la Russie d’Europe est consommée sur place ou transportée par voie de terre à l’état gelé; 56 pour 100 sont transportés par le chemin de fer, et 17 pour 100 par les cours d’eau.
- L’industrie des conserves et la pisciculture ne sont pas encore développées en Russie autant qu’elles pourraient l’être. VicToii de Crèves.
- SÉPARATEUR DE GAZ
- La fabrication industrielle de l’oxygène fait chaque jour l’objet de nombreuses recherches. On sait bien produire l’oxygène, mais c’est à qui le produira à meilleur compte. Il y a le procédé électrique par décomposition de l’eau. Il y a le procédé par liquéfaction de l’air, etc. Le problème est, en effet, de haute importance pour l’industrie, car l’air ne vaut que par son oxygène dans le chauffage métallurgique, dans la production de la lumière, etc., et dans l’air on ne trouve que 21 pour 100 d’oxygène et 79 pour 100 d’azote. M. Le Verrier, ingénieur en chef des Mines, vient de signaler, d’après M. de Yulitch, ingénieur civil des mines, un bien singulier appareil d’enrichissement de l’air en oxygène *. L’appareil sépare, autant que possible, l’azote de l’oxygène et, par suite, on peut obtenir un mélange à au moins 26 pour 100 d’oxygène. Est-ce le meilleur procédé de production? Nous ne le croyons pas. Cependant, dans beaucoup de circonstances, la méthode étant simple, elle pourrait rendre de véritables services.
- L’appareil fonctionne déjà en Italie et il a été inventé par M. Mazza. 11 s’agit simplement — et c’est là l’originalité dn système — d’un ventilateur qui aspire d’un côté de l’air et de l’autre rend cet air appauvri en azote et enrichi en oxygène. Ce ventilateur fait plus ou moins bien le triage des gaz lourds et légers et les envoie séparément dans une conduite spéciale. Il ne faudrait pas plus de deux chevaux pour actionner un ventilateur Mazza débitant 500 mètres cubes d’air enrichi de 25 pour 100 par heure. Ce qui remet le prix du mètre cube à environ vin cinquième de centime.
- En utilisant cet air suroxygéné, des essais effectués sur une chaudière Sulzer ont fait ressortir une économie de 25 pour 100 de charbon. On brûlait du charbon à gaz ayant un peu plus de 7000 calories de pouvoir calorifique et le poids d'eau vaporisée par kilogramme a dépassé 12 kilogrammes au lieu de 9k*,500 avec le tirage naturel. 11 est clair que l’appareil Mazza doit augmenter la température de combustion d’environ 20 pour 100. Les applications ne manqueront pas et l’invention a son importance. Rien de si facile d’ailleurs que d’établir des batteries de ventilateurs et de reprendre successivement l’air enrichi de proche en proche. Cet enrichissement progressif donnerait le moyen de préparer de l’oxygène à 90 pour 100.
- Le même système servirait tout aussi bien pour séparer des gaz quelconques de densité différente, par exemple l’acide carbonique, l’oxyde de carbone, l’hydrogène. On pourrait ainsi purifier de son excès d’oxyde de carbone le gaz à l’eau. Il semble donc que le nouveau système réalise un progrès important qu’il nous a paru utile d’indiquer aux industriels. F.-G. Gall.
- 1 Le génie civil. ______ » ___
- LES PORTE-MONTRE -
- Le porle-monlre n'a pas toujours été le banal objet il’aujourd’hui, il a son histoire : nous allons en esquisser les diverses phases. Nous le pouvons à l’aide des centennales de l’Exposition, qui en possédaient de foutes les époques; et en particulier dans notre collection personnelle.
- Le porte-montre n’existe plus aujourd'hui connue objet artistique; il a suivi, hélas! depuis la fin du dix-huitième siècle, la décadence de la pendule.dont on pourrait dire qu’il est le fils aîné. En effet, le porte-montre n’est en réalité qu'une caisse de pendule dans laquelle la place du mouvement est laissée libre pour y déposer une montre ; cependant, dès la fin du dix-huitième siècle, on y fixa à demeure des mouvements de montre; nous en reparlerons plus loin. Les dimensions du porte-montre furent dès le principe celles d’une pendule de grandeur moyenne; elles ne devinrent réduites que plus tard. Sa forme générale se conforma au style et aux modes de chaque époque. Il fut construit, avec les matériaux les plus divers.
- Les premiers porte-montre que nous trouvons datent de la fin du dix-septième siècle, peut-être même du commencement du dix-huitième seulement. 11 n’est pas venu à notre connaissance que les premières montres aient été placées dans des porte-montre : aucun document en nature ou graphique ne nous l'indique.
- Les montres Renaissance se plaçaient dans des étuis ou dans des sacs de peau. Les étuis étaient de cuir de couleur ornés de gaufrures d’or au petit fer; souvent encore ils étaient ornés de petits clous, soit en argent, soit en cuivre, disposés de telle sorte qu’ils formaient des arabesques, des monogrammes, des couronnes de noblesse, etc.
- Au seizième siècle, il n’y avait pas de raison pour se servir des montres comme horloges portatives, car la vogue était aux petites horloges de table remplissant le même office. Pendant tout ce siècle et une partie du dix-septième siècle, en effet, les horloges de table ont été le plus communément employées et à beaucoup près le plus belles; on les avait sous les yeux.
- Mais au milieu et surtout à la fin du dix-septième siècle, la mode change ; les pendules sont de grande dimension, on les place sur la cheminée et plus particulièrement suspendues au mur. Dès lors une montre mise à portée de la vue était utile : d’où là raison d’être du porte-montre. À
- Les porte-montre que nous considérons comme les plus anciens sont relativement grands. Cela s’explique par le grandiose des appartements et de l’ameublement sous Louis XIV. Leurs dimensions se sont réduites h l’échelle pour correspondre à des époques d’ameublement mièvre. Ces premiers types sont généralement en bois sculpté soit doré, soit peint.Le porte-montre que nous reproduisons figure 8
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- LA N A TU H K.
- est eu bois doré avec des panneaux en places biseautées. Sa taille est celle d’une pendule de cheminée moderne. Celui de la figure 5 est delà même époque,
- en bois laqué et doré. Il représente un Neptune, dont le bras droit a été brisé, et un triton soufflant dans
- Porto-montre liestanralion.
- Sa conque. La sculpture en est bonne et l'ensemble, d'un grand mouvement, en est très décoratif. Ces deux pièces de notre collection particulière étaient expo-
- sées à la centennalc de la classe 96 (Horlogerie).
- Les porte-montre en marqueterie de Boule commencent à se faire sous Louis XIV et se perpétuent sous Louis XV et Louis XVI avec des modifications de style. Les cuivres en sont ordinairement d’une sculpture fruste et peu ciselés.
- Sous Louis XV le porte-montre se modifie au goût de l'époque. Ainsi la figure 6 représente un cavalier polonais à cheval, c'est une allusion au roi Leczinski; la figure \ est celle d’un porte-montre assez particulier en forme d’ostensoir, dont le genre de structure s’est fait jusqu’au commencement du dix-neuvième siècle. Cet objet est en bronze doré. La ciselure en est négligée, mais l’ensemble et les détails de sculpture sont charmants : les costumes
- Fig. 3.
- Porto-montre liévohiliomimre.
- sont dessinés avec le [tins grand soin. Le corps du porte-montre repose sur un trépied large et massif qui donne l’assiette nécessaire à la stabilité. Ces deux pièces sont déjà moins grandes que les précédentes.
- Au milieu du dix-huitième siècle, on fait beaucoup de porte-montre en forme de cartels, destinés à être suspendus ; les plus communs sont en bronze ciselé.et doré, d’autres sont en bois doré comme précédemment. On imite aussi les pendules au corps galbé, forme violon : on les fait non seulement en marqueterie, mais en bois, en cuir gaufré, voire môme en carton repoussé !
- Sous Louis XVI, les porle-montre sont encore plus nombreux qu’aux époques précédentes : cela s’explique facilement, car les montres étaient beaucoup plus répandues. On en fit alors avec sujets en ronde-bosse soit en bronze, soit en bois comme sous Louis XIV, puis aussi en terre cuite, en faïence, en porcelaine, etc. Les grands maîtres décorateurs du dix-huitième siècle n’ont pas dédaigné d’en dessiner. Il y en eut de réellement très beaux. Nous allons
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- en signaler quelques types particuliers et curieux. I commode, faite en bois de noyer. L'idée d’un porte-La ligure 1 en représente un en forme de petite | montre en forme de meuble a été assez fréquem-
- Fig. 4. — Porto,-montre Louis XV.
- ment appliquée. Celui-ci, qui nous appartient, a de spécial qu’il est fait pour recevoir deux montres : or, chacun sait qu’au dix-huitième siècle il était d’une suprême élégance de porter deux montres; il fallait donc les loger ensemble en les quittant. Ce petit meuble a une particularité amusante : il est à secret. Pour mettre les deux montres en place, il faut faire glisser le
- Fig. 8. — Porte-montre Louis XIV.
- Fig. P. — Porte-montre Louis XIV.
- Fig. 7. — Porte-montre Empire.
- tenant à M. Albert Tissan-dier ; il représente une montgolfière au milieu des nuages, surmontée d’un nœud, il est daté de 1785. Entièrement en bois, il a dù être doré.
- C’est sous Louis XVI que l’on a commencé à utiliser des mouvements de montre datant de la première moitié du dix-huitième siècle et dont les boites énormes n’étaient plus de mode, en les fixant dans des porte-montre que l’on transformait ainsi en petites pendules. Cet usage a persévéré avec plus de fréquence pendant et surtout après la Révolution; car à cette époque, après avoir détruit au creuset quantité de boîtes, on s’est trouvé avoir
- Fig. Porte-montre Louis XV.
- plateau qui .-ferme le dessus du meuble ; or, ce plateau est retenu par un verrou que l’on ouvre en tirant un cordonnet caché sous le meuble. Un autre cordonnet semblable permettait d’ouvrir le tiroir placé devant la commode sous les montres et dans lequel on devait ranger les chaînes et les breloques.
- La ligure 9 nous donne un porte-montre, appar-
- Fig. 9. — Porte-montre au Ballon, daté de 1783.
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- à utiliser des mouvements dont on ne pouvait trouver aucun prix.
- L'époque révolutionnaire eut aussi ses porte-montre. Nous en reproduisons un (lig. 5) qui se trouvait à l’exposition rétrospective de la Ville de Paris. 11 représente un Septembriseur. La figurine et les accessoires sont peints, le tout assez naïf, 11 appartient à M. Poilpot.
- Sous l’Empire, le porte-montre devient de plus en plus commun. Il se fait en bronze doré, quelquefois avec des parties bronzées, et porte presque toujours un ancien mouvement de montre fixé à demeure. Tel est celui de la figure 7 qui représente une Cérès assise sur son char, le tout est en bronze doré.
- Sous la Restauration, ou continue à faire des porte-montre, mais, bêlas! de moins en moins bons. Témoin celui que nous reproduisons figure 2. Cette pièce est entièrement en os blanc découpé à jour, connue une dentelle, sur un fond de papiers glacés de diverses couleurs. Elle est datée de 1818. Chose curieuse, nous avons trouvé des co tiret s faits de même matière, traités de la même façon, à l’exposition rétrospective* russe : ils étaient attribués au dix-septième siècle.
- Sous la Restauration et le Second Empire le porte-montre devint insignifiant : la pendule de-voyage en avait enlevé toute l’utilité.
- L’histoire décorative du porte-montre a été un peu celle de la pendule. Il était intéressant, avec les types (pie nous avons pu réunir, d’en retracer les périodes d’éclat et d’en suivre la décadence.
- Mathieu I'ianchon.
- LE CHAMPIGNON DES MAISONS
- Les solives des maisons sont parfois détruites de fond en comble, depuis ta cave jusqu’au grenier, par un champignon qui tes émiette, les dissocie et, finalement, les fait écrouler. Quand cet accident se produit, le propriétaire accuse l’architecte, celui-ci, l’entrepreneur et ce dernier, le marchand de bois, lequel tombe à bras raccourcis sur le malheureux paysan qui lui a vendu ses coupes. D’où une multitude de procès où la justice a toutes les peines de se reconnaître.
- Ces dégâts ont été observés de tous temps, mais ils ont augmenté manifestement dans ces dernières années. Ce redoublement de fréquence est évidemment dù en grande partie aux nouveaux errements du commerce des bois et à la façon défectueuse, imprévoyante et trop hâtive dont sont menés, en général, les travaux de construction. On a institué en 1898, une Commission internationale spéciale pour l'étudier, mais elle ne paraît pas avoir donné jusqu’ici beaucoup de résultats. Elle nous a cependant valu un opuscule de M. E. Henry, professeur à l’École forestière de Nancy, où la question est fort bien mise au point ; nous allons la résumer.
- Le champignon en question appartient au même groupe que les champignons à chapeau, comme l’Agaric champêtre et tant d’autres. Mais il est intéressant surtout par son « blanc », son « mycélium », comme disent les botanistes. Là où il se trouve de l’air humide, stagnant, dans les caves, par exemple, les filaments sortent du bois, très
- blancs, peu serrés, formant de grands tapis de laine blanche très molle, qui recouvrent non seulement la surface du bois, mais peuvent aussi s’étendre sur d’autres objets voisins dont ils ne tirent aucun aliment; ils montent ainsi le long de la maçonnerie, recouvrent le sol humide, les dalles de pierres, etc. Souvent à la surface, on voit des gouttelettes d’eau, ce qui a fait donner à l’espèce le nom de Merulius laerymans, c’est-à-dire champignon « qui verse des larmes ». Bientôt on voit apparaître, sur ce blanc tapis d’ouate, les fructifications étalées le plus souvent en forme d’assiette.
- Les filaments se développent dans l’intérieur du bois; ils sont invisibles à l’œil nu. Ils enlèvent au bois les matières protéiques dont ils ont besoin pour s’accroître; tant que le mycélium végète dans le bois sain, il trouve de la nourriture; mais, une fois cette provision épuisée, le champignon doit périr. Les filaments se dissolvent et disparaissent complètement, si bien qu’il est souvent difficile de trouver des traces de mycélium dans le bois fortement altéré.
- Le bois, épuisé par le champignon, s’est transformé en une substance brune consistant en lignigomme, en tanin et en oxalate de chaux. Tant que le bois contient de l’eau en abondance, il garde son volume primitif, mais quand elle a disparu, il prend un tel retrait qu’il se produit des crevasses à angle droit l’une sur l’autre, et que le bois tombe par fragments cubiques réguliers. Cette destruction est accompagnée d’une coloration brune ; il devient friable et se réduit, quand on le broie entre les doigts, en une poudre jaune très fine.
- Parmi les filaments du champignon, on remarque des cordons très solides qui contiennent des tubes qui transportent évidemment depuis le substratum nourricier, c’est-à-dire la charpente, jusqu’au mycélium qui se développe à l’extérieur, non seulement l’eau, mais encore les aliments nécessaires au développement des tissus, et comme ces cordons atteignent une longueur considérable, qu’ils vont en profitant des interstices de la maçonnerie, depuis la cave jusqu’aux étages supérieurs, on s’explique comment le champignon, sans rencontrer en chemin aucun aliment, apparaît dans les parties du bâtiment où il ne se trouve point de bois. Le Merulius peut même détruire de la boiserie sèche parce que, grâce à ses cordons, il attire des autres parties humides du bâtiment autant d’eau qu’il est nécessaire pour humecter d’abord le bois sec et le rendre ainsi accessible à la destruction. 11 est même tellement avide d’eau que, quand il ne peut la céder à du bois, il l’élimine, comme nous le disions tout à l’heure, sous forme de larmes, propriété qui lui a valu sou nom de « laerymans ».
- On a cru longtemps que ce champignon se propageait toujours par contagion, d’une maison à l’autre. On sait aujourd’hui qu’il existe, dans les arbres eux-mêmes, sur pied. Il v a des forêts plus ou moins contaminées. Ainsi, en Russie, il y en a dont on se garde d’employer les arbres comme bois de construction, parce qu’ils sont envahis à très bref délai par le champignon, malgré les plus grandes précautions.
- 11 serait donc d’un intérêt de premier ordre de pouvoir reconnaître si les bois que l’on se propose d’utiliser renferment ou non des germes d’infection, soit des spores, soit des champignons. Malheureusement, la science est encore muette à cet égard.
- En attendant, on peut, à l’aide de quelques précautions, empêcher le champignon, même s’il existe déjà dans le bois, de se développer. En n’employant que des bois bien
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- LA NATURE.
- secs, en encastrant les poutres dans des murs liien secs et assez épais pour s'opposer à la pénétration de l'humidité extérieure, en prenant la précaution d’imprégner l’extrémité des poutres d’une, substance antiseptique énergique et pénétrante, et de n’appliquer la peinture que quand le lmis est parfaitement sec, en n’employant que des matériaux de remplissage bien secs n’attirant pas l’humidité, en aérant suffisamment les caves, surtout celles où il y a un calorifère, en évitant tout contact entre le bois et les liquides alcalins (lessives, urines, cendres humides, etc.), on a beaucoup de chances de se mettre à l’abri de l’invasion. Pour montrer l’importance de ces précautions, voici trois exemples pris à Nancy et qui montreront que le Merulius peut entraîner des pertes sérieuses.
- 1° Un négociant en vin fait établir autour des murs d’un grand cellier un contre-mur distant de 20 centimètres, afin de maintenir une lame d’air isolante contre les variations de température. Cette couche d’air stagnant et humide était un milieu des plus favorables à l’évolution des spores ou du mvcélium ; on eut l’imprudence de faire porter les poutres sur les deux murs sans recouvrir hermétiquement au préalable celte couche d’air si dangereuse et l’empêcher ainsi d’apporter aux poutres des spores et son humidité. Cette précaution était surtout commandée dans un cellier où il y a de si grandes chances d’infection tenant aux arrivées fréquentes de matériaux et d’ouvriers venant des caves. Ainsi, en moins de deux ans, le champignon avait envahi toutes ces poutres neuves au niveau de leur encastrement dans le mur; on dut les sectionner à une certaine distance du mur et les faire reposer sur des piliers de fer. L’architecte et l’entrepreneur supportèrent les dépenses.
- 2° Le propriétaire d’une maison neuve du quai Claude-le-Lorrain dut, au bout de trois ans, faire remplacer toutes les poutres du troisième étage qu’il habitait. Elles étaient envahies par le Merulius et pourries; celles des autres étages étaient restées saines. L’accident, ici, était certainement dù à la trop faible épaisseur des murs qui, à cette hauteur, n’avaient que 55 centimètres d’épaisseur et étaient construits en pierre de Savonnières, tendre et poreuse. Ces murs si minces, exposés en plein au vent de pluie, au vent d’ouest, laissèrent arriver l’humidité jusqu’aux poutres où purent se développer vigoureusement les spores ou le mycélium qu’elles contenaient primitivement ou qui leur avaient été apportés. L'architecte, étant dans les délais de garantie, dut payer toutes les réparations, sauf recours contre les entrepreneurs.
- 5° Le même propriétaire eut en même temps maille à partir avec ce champignon dans une autre maison neuve, à destination du cercle militaire, où, par un vice de construction des cabinets, le bois prenait contact avec l’urine. Sous l’influence du liquide alcalin, toutes les poutres avoisinantes furent bientôt détruites. Des experts furent nommés ; l’architecte dut encore payer les frais.
- On cite aussi une maison, en Russie, détruite en moins de six mois. Henri Coupin.
- PAPILLONS ET TEMPÉRATURE
- Autrefois, il y a bien trente ans, le naturaliste Weiss-mann annonça ce fait très singulier que des chrysalides de Lépidoptères pouvaient produire des insectes ailés de couleurs variées suivant la température à laquelle elles avaient été exposées. Ces recherches, un peu oubliées, ont été reprises dernièrement par M. Standfuss, de Zurich, et les
- résultats obtenus, s’il n’y a illusion, mériteraient bien de fixer l’attention des zoologistes.
- Au cours de ses recherches, M. Standfuss a pu constater que des chrysalides, suivant la température à laquelle elles avaient été tenues, ont donné naissance, non à l’insecte dont elles dérivaient, mais bien à des papillons particuliers à des contrées très éloignées de Zurich. Ainsi des pupes de Vanessn urtica (commun en Suisse) qui avaient été conservées à une température de 4 à 6°, ont produit des Van°ssa polaris, espèce propre à la Laponie et à d’autres régions septentrionales. D’autres, sous l’influence d’une température de 57 à 3t>°, produisirent la variété ichnusa qu’on ne rencontre qu’en Corse et en Sardaigne. Une autre série, exposée journellement à une température de 42 à 45° pendant deux heures et cela pendant trois ou quatre jours, a donné la variété ichnu-soides. Ces dernières variétés se montrent parfois dans les régions tempérées lors d’un été très chaud.
- Des pupes de papillon Machaon, commun dans les régions à climat tempéré, ont produit une variété qu’on trouve en Syrie aux mois de juillet et août. D’autres chrysalides se sont changées en papillons inconnus jusqu’à ce jour.
- Somme toute, ces recherches intéressantes montrent qu’une basse température fait naître des variétés de papillons particulières aux pays froids, tandis qu’une chaleur assez forte entraîne la naissance de variétés tropicales ou propres aux climats chauds.
- Peut-être expliquera-t-on ainsi l’apparition dé variétés nouvelles observées en Suisse cet été ; par exemple on a rencontré le CuculUa Prenanthis qui habite la Syrie, le Crocallis Tusciara, VEuphitecia subeiliata seulement connu en Angleterre, etc. J.-F. G.
- Les Mozabites sont les réformés de l’Islam et appartiennent à la secte de l’assassin d’Ali. Leur religion diffère sur quelques points de celle que pratique la masse des indigènes musulmans.
- 11 est admis — jusqu’à preuve du contraire — qu’ils descendent des Moabites, lesquels refusèrent le passage aux Israélites alors qu’ils entraient dans la Terre promise. On croit qu’en quittant l’Asie Mineure, après leur conversion à l’Islam, ils vinrent se fixer dans le Tell algérien ; puis que, chassés par les musulmans orthodoxes, ils durent céder leur territoire à ceux-ci et que c’est alors qu’ils fondèrent la colonie de Sedrata (dans le voisinage de l’oasis actuelle d’Ouargla).
- Plus tard, et toujours pour fuir leurs persécuteurs, ces schismatiques se réfugièrent dans la contrée isolée et particulièrement sauvage qui porte le nom d’Oued M’zab et qu’on trouve sous le méridien de Dellys et de Bou-Saada, à 150 km S.-E. de Laghouat et à 120 km N.-O. de Ouargla (soit à environ 000 km de la cote), dans le lit d’une rivière de plus de 00 lieues de cours, mais qui ne renferme plus aujourd’hui une seule goutte d’eau.
- C’est là qu’ils fondèrent cinq des sept villes qui composent la confédération mozabite : Gardaïa, la capitale, qui compte plus de 40000 habitants; Béni
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- LA NATURE.
- Isguen, la ville sainte; Melika la Royale; Bou-Noura et El Attef. Guerara est plus au nord et Ilerrian plus à l’ouest.
- Les Mo/abites sont essentiellement commerçants; presque tous s’expatrient dès qu'ils deviennent nubiles et vont créer ou continuer des établissements dans les villes du Tell et du littoral. Ils se sont donnés volontairement à la France, en 1882, moyennant certaines capitulations spéciales qui les différencient du reste des indigènes algériens. Ce sont des gens de couleur blanche, de taille moyenne, trapus, très barbus et qu’on reconnaît dans les villes du Tell à leur gandourah de laine bleue, rayée de larges bandes
- de couleur et sans manches. Lorsque le Mozabite a réalisé quelques économies dans les grands centres du Nord il revient dans son pays natal et met tous scs efforts à acquérir un petit jardin complanté de palmiers ou h augmenter l'héritage paternel au moyen de plantations nouvelles.
- Ces palmeraies nécessitent naturellement une certaine quantité d’eau que les Mozabites obtiennent en forant des puits dont quelques-uns dépassent GO mètres de profondeur. Leur entretien est assez dispendieux et ils constituent une richesse qui n’est pas à la portée de toutes les familles.
- Les nuits. — La façon dont ils puisent l’eau dans
- N° I I H
- Mejbed ou jcraîa (rampe pavée) 25
- //os. ri ou Bit , / Puits' y .
- Piliers porte, - pou Lie .
- Moyen srii f Petit bassin, j . Majerv Kcibir ( GrttncL bassin. J
- Delou
- F J^oum et Alajejo ( lajuie j
- F* _________ieL______________id,____
- Seguia Cariai- et'irrigations
- Corde
- Monticule artificiel
- tu.
- Au jiiiys des Mozabites. Dispositifs pour puiser de l’eau.
- ces puits est des plus curieuses, et la manœuvre du seau qui sert à monter le bienfaisant liquide est d’une complication qui fait honneur à l’imagination primitive de ces braves gens.
- Voici, aussi clairement décrite que nous le pouvons, la méthode universellement employée.
- Le puits se compose de trois parties distinctes : le puits proprement dit, dont la profondeur varie suivant les lieux ; la margelle, le système de suspension des poulies et les bassins; la rampe d’accès.
- La rampe a nécessairement une longueur variable, qui est toujours égale à la profondeur du puits, et les bassins sont de dimensions proportionnées au rendement du puits et à l’étendue des jardins à arroser.
- Quant au système ascenseur, il comprend essen-
- tiellement deux poulies dont une fixée à hauteur de la margelle et dont l'autre se meut à 2 mètres environ au-dessus de la première. Deux cordes glissent autour de ces poulies et vont s’attacher, l’une et l’autre, au bat d’un bourriquot dont l’unique exercice consiste à monter et à descendre sans cesse la rampe dont nous avons parlé. Comme les deux autres extrémités des cordes sont fixées à un seau, on saisit immédiatement que les allées et venues du bourriquot vont faire monter et descendre alternativement ce seau, qui se remplit dans le puits poui se déverser ensuite dans les bassins.
- Or, pour opérer le versement automatique du seau (qu’on nomme delou en langue mozabite), voici ce que les indigènes ont imaginé :
- Le delou a la forme d’une énorme tulipe, de la
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- contenance de 10 à 15 litres (25 à 50 si le propriétaire dispose d’un mulet) ; il est en cuir, en façon de poche ouverte par en haut, et terminé dans le bas par un fourreau également en peau de chèvre, non fermé. Le tout peut avoir une longueur d’un mètre. Une des deux cordes est attachée à la partie supérieure de la tulipe et l’autre à l’extrémité inférieure de la queue, qui ressemble assez à la trompe d'un éléphant. Cette dernière corde est plus courte que là première de toute la longueur du delou : nous allons voir pourquoi.
- Lorsque le delou est dans l’eau, il se remplit de liquide. Quand le bourriquot tire sur les cordes, celle du haut enlève la tulipe et celle du bas, plus courte, relève brusquement la trompe ou appendice — empêchant ainsi l’eau de s’échapper par l’orifice inférieure. Quand l’animal parvient au bout de sa course, soit au pied de la rampe, il rencontre un mur qui l’arrête ; en même temps la tulipe reste suspendue entre les deux poulies, mais la queue — maintenant tendue par la seconde corde plus courte — s’abaisse, s'étend sur la poulie inférieure et laisse échapper le liquide, qui tombe alors dans le bassin construit en dessous de ladite poulie. La montée du seau plein et la descente de ce même seau vide ne demandent guère plus de deux minutes. Quand par hasard la rivière, grossie par les pluies, renferme un peu d’eau, des barrages établis de distance en distance retiennent cette eau et permettent d’inonder les jardins : car les palmiers adultes ne craignent pas de rester plusieurs jours et même plusieurs semaines dans l’eau, étant donnée la façon plutôt insuffisante dont ils sont arrosés d'habitude. Mais ces inondations bienfaisantes sont malheureusement trop rares et ne se renouvellent, le plus souvent, qu’à de longues années d'intervalle.
- Il est bien évident que le procédé dont se servent les Mozabites pour se procurer de l’eau et pour arroser est un peu primitif, mais il faut tenir compte du milieu, et pour ces régions, il ne paraîtra pas dépourvu d’ingéniosité. L. Jacquot.
- —«.'><—
- UNE NOUVELLE LAMPE A ARC
- 11 s’agit de la lampe électrique « llackl », construite par la maison Ganz de Budapest, lampe qui se fait pour un courant alternatif de 10 ampères sous une tension de 28 à 50 volts, et qui se présente sous un aspect assez particulier, par suite même de la façon dont y sont disposés les charbons. On a cherché une bonne distribution de la lumière, spécialement au-dessous des charbons.
- Ceux-ci sont inclinés l’un par rapport à l’autre suivant un angle de 90° environ, si bien que la plus grande partie des rayons qui en émanent sont projetés vers en bas, et ceux qui se dirigent vers le
- haut sont renvoyés par un réflecteur disposé juste au-dessus de l’arc. Les diagrammes d’éclairement d’un appareil de ce genre sont des plus satisfaisants, et bien supérieurs à ceux des lampes classiques ; d’autant, que, suivant le but effectivement poursuivi, la lumière se perd beaucoup moins dans les régions supérieures. Si nous en croyons les renseignements donnés par MM. Ganz eux-mêmes, tandis qu’une lampe ordinaire à globe consomme 1,56 watt par bougie normale, la consommation correspondante d’une lampe Hackl ne serait que de 0,52 watt.
- Le mécanisme est très simple et comprend seulement deux crémaillères, une pour chaque charbon; ces crémaillères comportent une série de pignons et un système à levier pour assurer le mouvement régulier des charbons. Tout le mécanisme est commandé par le poids des charbons et des porte-charbons, et ce mouvejnent est sous le contrôle d’un solénoïde. Celte lampe demande seulement de 28 à 30 volts, ce qui permet, avec une tension de 100 à 105 volts, de placer 3 lampes en série. Elle n’occupe qu’assez peu de place, ne fait point de bruit, et la simplicité du mécanisme évite toutes les irrégularités qui résultent, par exemple, du mauvais fonctionnement des chaînes. Nous n’insistons pas sur les dispositions de ce mécanisme, qui se comprennent
- Nouvelle lanijie à arc.
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- aisément au simple examen de la ligure. Notons que ce système n'est pas fort recommandable pour les courants continus. I). L.
- L’IMPËRIVLE DES OMNIBUS
- Même en ses moindres actions, l’homme se laisse guider par le raisonnement, son instinct, ses goûts; ce n’est, pour ainsi dire, jamais le hasard qui le conduit. A l’appui de cette assertion, il serait facile de multiplier les exemples. Prencz-en un : celui que nous fournit l’impériale des omnibus parisiens.
- Un serait tenté de supposer, de prime abord, que les gens, qui voyagent sur ces véhicules, choisissent leurs places au hasard ; combien l’on se tromperait ! La statistique, que nous en avons faite, nous démontre le contraire avec la plus grande évidence; en fait aucune action n’est plus raisonnée que celle qui consiste pour un Parisien à s’asseoir sur l’impériale d’un omnibus, comme on va pouvoir s’en convaincre.
- Nos observations ont été faites dans les conditions et de la façon suivante : Prenant chaque jour l’omnibus I’assy-Bourse, non loin du premier de ces points de départ, je trouvais toujours place sur l’impériale et j’avais soin de me mettre autant que possible un peu partout de façon à ne pas occuper toutes les fois la même place. La voiture ne tardait pas à se remplir, en général, dans l’avenue Victor-Hugo et je notais, à chaque voyage, la place après laquelle l’impériale se trouvait au complet. On pouvait alors poser en principe que cette place avait été la moins recherchée puisqu’elle avait été précédemment dédaignée, par 15 voyageurs et n’avait été prise par le 14e que contraint et forcé. J’ai ainsi effectué 118 observations qui m’ont fourni les résultats ci-après au sujet du nombre de fois que chaque place a été occupée la dernière.
- En partant du conducteur, à gauche : première place 2 ; deuxième 1) ; troisième 7 ; quatrième 1 ; cinquième 2 ; sixième 4; septième 1. En partant du conducteur, à droite : première place 0 ; deuxième 20 ; troisième 25 ; quatrième 2; cinquième 2; sixième 16; septième 5.
- Voici les diverses constatations auxquelles ces chiffres semblent devoir conduire.
- On peut d’abord remarquer la grande disproportion entre le côté droit et le côté gauche. Le côté droit a fourni la dernière place occupée 72 fois; le côté gauche 20 seulement ; l’un des chiffres est près de trois fois plus grand (jue l’autre. Il en ressort évidemment que les voyageurs manifestent une tendance marquée à se placer à gauche plutôt qu’à droite. L’explication de ce fait réside, croyons-nous, dans la position de l’escalier qui permet d’accéder à l’impériale. Cet escalier débouche vis-à-vis des places de gauche, qui sont ainsi plus faciles à gagner que celles du côté opposé qui exigent un plus long parcours, rendu souvent difficile en raison des cahots de la voiture. Les voyageurs, en se mettant plutôt à gauche qu’à droite, obéissent donc à ce sentiment bien naturel qui consiste à préférer, entre deux actes à accomplir, celui qui se fait avec le plus de facilité.
- Si cette raison est valable, il faut nous attendre à constater que les places préférées doivent être celles de l’arrière plutôt que celles de l’avant. Or, il en est bien ainsi. Laissant de côté les quatrièmes places qui occupent le milieu, on trouve que les premières, deuxièmes et troisièmes places, tant de gauche que de droite, ont été occupées en dernier lieu fi7 fois et que le chiffre correspondant n’est que de 28 pour les autres.
- On sait que de chaque côté de l’impériale se trouvent trois barres de séparation, l’une en avant, l’autre en arrière et la troisième entre la troisième et la quatrième place. Il en résulte qu’il y a de chaque côté 4 places en contact avec une barre de séparation et 3 autres qui en sont éloignées. Or, il est à remarquer que les voyageurs manifestent une préférence marquée pour la première sorte de ces places. On trouve, en effet, que les 8 places de cette catégorie ont été occupées en dernier lieu 59 fois tandis que les fi autres places l’ont été 59. Comment expliquer une semblable tendance? Ce ne peut être que parce que tout voyageur qui a occupé une place en contact avec une barre peut se considérer comme assis définitivement et évite d’avoir à se lever plus tard pour faire place suffisante à un nouveau venu. L’explication de ce dernier point réside donc dans un senlimen. de tranquillité qui ne peut que sembler très logique.
- En résumé, les voyageurs d’impériale préfèrent prendre place à gauche plutôt qu’à droite, en arrière plutôt qu’en avant et près des barres de séparation plutôt que loin de ces dernières. Ces préférences découlent de ce que les voyageurs cherchent à accomplir leur acte avec facilité et de façon à y trouver leur commodité.
- D’après les trois points qui viennent d’étre établis, il est aisé d’en déduire la place qui serp l’objet de la plus grande répugnance; elle devra, en effet, se, trouver dans la rangée de droite, en avant et loin de toute barre de séparation. La deuxième place à droite est la seule qui satisfasse à cette condition; et on trouve, en effet, que c’est elle qui a été occupée en dernier lieu le plus souvent, soit 2fi fois au lieu de 8, chiffre moyen. I).
- CHRONIQUE
- Une ville qui disparait. — Nous avons jadis parlé des sables boulants et en particulier de ceux qu’on rencontre dans certaines régions d’Autriche, où des agglomérations de maisons s’engloutissent plus ou moins rapidement dans des excavations du sol : un phénomène un peu analogue se produit en ce moment dans la petite ville anglaise de Norlhwich, mais pour une raison différente. Cette ville se trouve dans la région salifère de l'Angleterre* tout le sous-sol n’est pour ainsi dire qu’un bloc de sel gemme, qu’on exploite fort activement en forant des puits qui permettent d’aller chercher la saumure à une certaine profondeur, et Northwich en particulier exporte chaque année au moins 1 200 000 tonnes de sel. On a bien tendance maintenant à remplacer le pompage de la saumure par l’exploitation en carrière, mais en fait on est arrivé à ce résultat que la ville repose sur une croûte qui recouvre une vaste excavation d’où l’on a extrait toute la roche saline. Naturellement il se produit des éboulements dans la voûte, dans la croûte superficielle dont nous venons de parler, et à chaque instant une maison se met à pencher brusquement hors de son aplomb, et bientôt s’enfonce plus ou moins dans le sol, qui se creuse parfois même jusqu’à l’engloutir complètement. Du reste, le phénomène varie essentiellement suivant la place où il se produit : tantôt le sol d’une rue mettra des années à s’abaisser de quelques mètres, tantôt au contraire une construction se renversera complètement sur le côté en une seule nuit, ou s’enfoncera dans la terre de plusieurs mètres. On comprend que dans ces conditions, et avec la continuité de ce phénomène, l’aspect de la ville est des plus curieux ; ici c’est une rue dont le sol pré-
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- sente des montées et des descentes inattendues, qui correspondent à autant d’éboulements souterrains, là c’est une maison dont les fenêtres du premier étage sont à la hauteur du trottoir ; plus loin, il a fallu abandonner une maison que l’on venait d’achever et dont déjà la façade menace de s’abîmer dans la rue. On peut dire du reste qu’il n’y a pas une seule muraille réellement perpendiculaire dans tout Northwich. Quand les constructions se renversent, comme on les bâtit avec des charpentes entretoisées qui les maintiennent d’une seule pièce, on les relève au moyen de crics et de vérins, on remblaye le sol par en dessous et on les rétablit dans leur aplomb jusqu’au prochain incident.
- Les nouveaux cuirassés italiens. — On vient de mettre sur chantier, à la Spezzia et à Castellamare, deux nouveaux cuirassés, le Vittorio Emanuele lll et la Regina Elena. Le premier aura une longueur de 144"',‘20 au total et de 152l",fi0 entre perpendiculaires, pour une largeur de 22m,54. Son déplacement sera de 12 024 tonneaux; ses machines, d’une puissance de 20 000 chevaux, lui donneront une allure de 22 nœuds, son rayon d’action sera de 12 000 milles, et son armement comprendra 2 canons de 50 centimètres, 12 de 20, autant de 70 millimètres, et enfin une douzaine de petites pièces et 4 tubes à torpilles. Pour la Regina Elena, ses dimensions seront respectivement de 144m,90, de 152m,07 et de 25 mètres. Son déplacement ne sera que légèrement inférieur ; quant à ses machines, elles auront identiquement la même puissance, et l’on compte qu’elles assureront même allure. Toutefois, son rayon d’action n’atteindra que 10 000 milles. Par contre, son armement comprendra un canon de 50 centimètres de plus, et 12 pièces de 45 millimètres. Sa cuirasse aura une épaisseur maxima de 209 millimètres.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 14 octobre 1901.
- Présidence de M. Bouquet de la Gkye.
- MM. Mendeléif, Forster, Blaserna et Vonland, correspondants de l’Académie, assistent à la séance.
- Découverte d'hémogrégarine, chez les poissons. — M. Laveran annonce qu’il vient de découvrir, en collaboration avec M. Mesnil, des hémogrégarines propres aux poissons. L’une de ces hémogrégarines a été trouvée dans le sang de la sole où elle est libre; elle ne s’introduit dans le globule sanguin qu’au moment de la division qui se fait en huit organismes. C’est une sorte de ver minuscule, long de 20 microns et large de 2 microns. L’autre hémogrégarine a été rencontrée dans le sang des blennies ; elle a aussi l’aspect vermiculaire, mais ne mesure que 12 microns de longueur. Elle est tantôt libre dans le sang, tantôt enfermée dans les globules rouges.
- Modi(icalio?i spontanée des races.— A l’occasion d’un travail de M. Molliard présenté à la dernière séance, dans lequel l’auteur avait montré que, sous l’eflet d’un micro-organisme agissant sur les racines, des plantes se modifiaient au point de donner des fleurs doubles, M. A. Gautier dépose une Note dans laquelle il rappelle qu’il a signalé certaines particularités du mécanisme des variations des espèces végétales qui l’ont conduit à penser que ces variations devaient être subites et non à lente évolution, comme l’exige la théorie darwinienne. Parti des faits connus de pollénisation, notamment de la formation d’une espèce de vigne issue de l’aramon et d’un autre
- ceps riche en couleur, ainsi que de l’apparition subite de changements dans la distribution des feuilles sur des rameaux de rosiers ou dans la production de fleurs différentes sur ces rameaux, M. Gautier avait constaté des variations dans les éléments chimiques des cellules et avait conclu que les cellules de la plante modifiée avait l’aptitude de communiquer la modification aux cellules voisines. Les expériences de M. Molliard sont venues confirmer les vues de M. Gautier; il y a symbiose du végétal et du microbe qui a envahi les racines. L’un et l’autre se sont modifiés, et la graine elle-même a subi l’impression des changements. A l’appui de cette opinion, il rappelle que chez de jeunes plantes, le plasma de l’une peut agir sur le plasma de l’autre et modifier le végétal impressionné ainsi qu’il a été constaté expérimentalement.
- Action de la tempérât tire sur révolution de la tuberculose. — M. Lannelongue fait connaître de nouvelles recherches sur l’évolution de la tuberculose expérimentale. Trois lots de cobayes égaux en poids, inoculés dans la plèvre le même jour, avec la même dose de virus, ont été placés, l’un à l’intérieur du laboratoire, le second exposé à l’air nuit et jour, le troisième dehors pendant le jour et dedans pendant la nuit. Les injections avaient été pratiquées en octobre 1900 ; la mortalité a été faible, mais l’hiver 1900-1901 a été doux; les écarts extrêmes de température n’ont atteint que deux fois 10° en janvier et deux fois 12° eu février. Dans une seconde expérience, on a provoqué des changements brusques de température eu plaçant, pendant neuf heures par jour, dans une étuve à 58° dont on renouvelait l’air, un lot de cobayes rendu tuberculeux, tandis qu’un lot témoin restait hors de i’étuve; enfin un lot non tuberculeux a été soumis au régime de l’étuve. Au bout de 100 jours, les animaux tuberculeux de l’étuve sont tous morts; aucun des animaux sains, soumis au régime de l’étuve, n’est mort. Dans le lot tuberculeux témoin, on n’a relevé qu’un mort. 11 résulte de ces expériences que le froid modéré et les variations thermiques brusques et considérables, quoique compatibles avec la vie des cobayes, ont précipité d’une manière remarquable la marche de l’infection.
- Varia. — M. Bouchard présente une Note de M. Ma-galhaes sur une maladie du cuir chevelu d’origine parasitaire. __ Ch. OE \ ILI.KOEIIL.
- RÉFRIGÉRANTS A CHEMINÉE
- SYSTÈME KLEIN
- Les machines à condensation sont très employées dans l’industrie, or tout condenseur nécessite Remploi d’importantes quantités d’eau lroide qu'il laut souvent aller chercher à d’assez grandes profondeurs, ce qui occasionne une dépense mécanique assez forte. Aussi serait-il souvent économique de récupérer l’eau sortant du condenseur pour l’envoyer dans un réfrigérant où elle perdrait une partie de la chaleur qu’elle a entraînée.
- Les types de réfrigérants que l’on employait en France jusqu’à ces dernières années peuvent se ramener à trois types :
- Les réfrigérants à air libre, à fascines ou à gradins;
- Les réfrigérants pulvérisateurs à tuyères;
- Et les réfrigérants clos à ventilateurs.
- Or ces différents systèmes présentent de sérieux inconvénients ; les premiers exigent, pour les grandes
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- forces, un espace de terrain considérable et, par suite, une dépense dj premier établissement relativement élevée ; de plus, ils font beaucoup de pluie, de buée et de boue et saturent d’humidité l’atmosphère de l'usine. Dans les réfrigérants pulvérisateurs à tuyères, il faut ajouter aux inconvénients précédents l’encrassement rapide des tuyaux et des tuyères. Enfin les systèmes à ventilateurs, s’ils prennent peu de place, absorbent en revanche une force motrice importante pour la mise en marche des ventilateurs. Il est donc intéressant de signaler un nouveau genre de réfrigérants dont l'emploi commence à se répandre en France,
- ment suffisant pour assurer une marche parfaitement régulière du condenseur avec un vide variant de 60 à 70 centimètres.
- D’autre part, il faut prévoir une circulation d’eau récupérée de 55 kilos par kilogramme de vapeur à condenser dans un condenseur à injection par exemple. La chaleur à éliminer sera donc d'environ 17 calories par kilogramme d’eau à refroidir. Or, la cheminée permet, d'obtenir ce résultat, car l’eau entrant dans le réfrigérant entre 45 et 50°, sa température se trouve abaissée entre 25 et 50°. Si la
- température venait à s’élever dans le condenseur , le tirage augmenterait dans la
- les réfrigérants à cheminée. Nous prendrons comme type le réfrigérant du système Klein.
- 11 se compose en principe d'un coffre en bois suffisamment haut pour créer un tirage naturel (pii résulte de la différence de température, et, par suite de densité, de l'air à son entrée dans le bas de l’appareil et à sa sortie par le haut. A l’intérieur de ce coffre est disposé un réfrigérant à gradins au-dessus duquel l’eau chaude -est distribuée uniformément et chemine en sens inverse du courant d’air.
- L’appareil étant clos sur les côtés ne produit plus de pluie, de huée ni de boue et l'atmosphère de l’usine est beaucoup moins souillée et même renouvelée par le courant d’air, ce qui a son importance au point de vue hygiénique.
- L’appareil est entièrement en bois et ne comporte aucune partie susceptible de s’oblitérer. D’autre part le refroidissement se faisant naturellement, il n’y a d'autre dépense de force que celle nécessaire pour élever l’eau au sommet des gradins. Cette hauteur de refoulement n’est (pie de 6 mètres et si nous supposons qu'il faille 55 ou 40 litres d’eau par kilogramme de vapeur condensée, la force absorbée par la réfrigération n’est que d’environ 1 pour 100 de la force du moteur.
- cheminée et le refroidissement deviendrait plus intense.
- En fait, ainsi que nous avons pu' le constater, la température de l’eau refroidie est très régulière et pendant les grandes chaleurs elle est à peine supérieure à celle de l’air-ambiant.
- 11 convient de remarquer que l’eau qui a passé plusieurs fois au condenseur est privée d’air et n’a pas le temps d’en absorber une quantité appréciable pendant son passage à travers le réfrigérant. Dans ces conditions le vide obtenu dans un condenseur à injection, quand on y emploie de l’eau récupérée dans une cheminée à 50°, est aussi bon que le vide obi t nu avec de l'eau fraîche et de [dus le travail de la pompe à air devient presque nul.
- Ajoutons que ces appareils sont aussi employés dans beaucoup de fonderies pour le refroidissement des eaux de circulation dans les tuyères et les water-jackels.
- La figure ci-dessus représente l’installation de deux réfrigérants à cheminée du type Klein qui sont installés à la station électrique de Yinccnnes où ils donnent d’excellents résultats.
- Georges Cave.
- Le Géraitl ; P. Masson.
- Réfrigérants à cheminée, installés à la station électrique de Viucennes.
- - Ges appareils permettent d’obtenir un relroidisse-
- Paris. — Imprimerie I.autre, rue de Fleuras, 9.
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- N° 1485.
- LA NATURE.
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- — 2i> OCTOBRE 1901.
- LE BIBÀSSIER
- Parmi les conquêtes nombreuses de végétaux de l’Extrème-Orient, qui a tant fourni à l’horticulture européenne, le Cibassier est une de celles qui se sont maintenues dans la région méditerranéenne avec le plus de succès.
- Petit arbre de la famille des Rosacées-Pomacées, le Bibassier est gracieux par son port; avec ses grandes feuilles persistantes, ses Heurs parfumées auxquelles succèdent des fruits comestibles de couleur jaune et de la taille d’une grosse prune, voilà plus qu’il n’en faut pour attirer l’attention sur ce végétal dont le nom botanique est Eriobotrya japonica Lindl.
- Ce nom générique, quelque peu barbare à première audition, signifie que ses Heurs sont en grappes laineuses. En effet, l’axe qui porte ces Heurs, ainsi que leur portion calicinale, sont garnis d’un tomentum roussâtre, caractère qui parait propre à cette espèce. Pour d’autres botanistes c’est dans le genre Photinia que l’on doit faire entrer le Bibassier, mais c’est pure affaire d’appréciation.
- Decaisne, dans sa « Monographie des Pomacées », admet cinq espèces d’Eriobotrya et il ne semble pas qu’aucunes d’elles, sauf YE. japonica, soient recherchées pour leurs fruits
- comestibles.
- Les Japonais appellent cet arbre de petite taille « Biwa » et ils ont obtenu
- Fig. 2. — Hameau ileuri.
- g. 1. — Vue d'ensemble d une brandie de Bibassier.
- plusieurs variétés dont les fruits varient de taille et de qualité.
- La première apparition du Bibassier1 en Europe date de loin. On le trouve en échantillon fort réduit dans un curieux petit herbier, qui faisait partie de l’immense collection des de Jussieu, conservé au Jardin des Plantes de Paris et venant du Père d’in-carville, missionnaire à Pékin, où il résida longtemps dans la première moitié du dix-huitième siècle.
- Ceci prouve que l’Eriobotrya était cultivé, depuis une époque fort ancienne sans doute, en Chine, où il porte le nom de « Pipa ». On trouve aussi dans la Flore de Cochinchine de Loureiro, daté de 1790, le même végétal décrit sous le nom de Cratægus Bibas Enfin, on le constate aussi dans certaines régions de l’Inde et des îles adjacentes, mais toujours cultivé*
- 1 Ce nom nous vient des habitants de Bourbon et de Maurice.
- 2 Loureiro fait remarquer que ce nom de Bibas, d'où nous avons fait Bibasse et Bibassier, vient d’une corruption du nom chinois « Pipa ». Mais on reconnaît facilement que ce dernier lui-même est dérivé du nom japonais « Bisva ».
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- 2l)c auuiT. — 2“ semestre.
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- LA NATURE.
- Quoi qu'il en soit, on ne voit le Bibassier entrer dans les cultures en France que vers le commencement du dix-neuvième siècle, et on lui donna alors improprement le nom de « Néilier du Japon » qu’il a conservé concurremment avec celui de Bibassier.
- Nous lisons, dans un Almanach du Bon Jardinier de 1808, qu’il a été apporté de Canton en 1784, et que sa beauté l’a fait multiplier. « Il est prudent de le tenir en orangerie (sous la latitude parisienne) quoique M. Lezermes, directeur de la Pépinière impériale du Houle, l’ait risqué en pleine terre, ce qui prouve qu’au moins on peut le tenir en pleine terre dans les parties méridionales de la France.
- « On le multiplie de semences, pour avoir de plus beaux sujets, ou de marcottes. Enfin on peut le greffer en écusson sur Aubépine ou sur Cognassier et celui-ci fait durer plus longtemps la greffe. Cependant Noël, chargé des pépinières au Jardin des Plantes, s’est procuré de fort beaux Bibassiers en le greffant sur Aubépine et on en voit un auquel, depuis plusieurs années, il fait passer l’hiver en pleine terre, avec la simple précaution de le couvrir de litière dans les très grands froids ».
- Dans le nord de la France, le Bibassier ne peut être cultivé que comme arbuste d’ornement. Ses grandes feuilles lancéolées, h nervures saillantes, fixent l’attention ; mais s’il fleurit dans les premiers mois de l’année, rarement il arrive à donner des fruits.
- C’est donc dans la région méridionale, et au voisinage de la Méditerranée, qu’il se développe amplement et atteint une hauteur moyenne de 5 à 7 mètres. En Italie, dans les îles de l’Archipel, et en Algérie surtout, il fait merveille. Il entre en floraison d’octobre à novembre, ses fleurs répandent une odeur analogue à celle de l’Aubépine et sont très recherchées des abeilles, ce qui avait fait recommander de planter là où l’on veut placer des ruches quelques pieds d’Eriobotrya. La maturité des fruits a lieu au commencement d’avril et se continue jusqu’en mai, suivant l’état atmosphérique.
- La saveur de la pulpe est acidulé et fraîche et rappelle assez celle d’une pomme de bonne qualité. L’époque hâtive de ce fruit le fait rechercher, alors qu’aucun autre n’est mûr encore en cette saison. Le seul inconvénient qu’on lui reproche, c’est d’avoir son centre garni de gros pépins qui tiennent trop de place comparativement aux autres fruits que nous connaissons dans nos régions septentrionales.
- On ne manque jamais de trouver sur les tables d’hôtels, au dessert, ou sur celles des bateaux qui font la traversée* des bibasses, lorsqu’on est dans le midi au printemps. Les marchés algériens en sont abondamment pourvus et il s’en exporte beaucoup sur le littoral européen.
- C’est un vrai régal pour les yeux que de voir dans la campagne d’Alger les Eriobotrya chargés de fruits jaunes et couvrant les branches à les rompre. Une photographie du Bibassier en cet état eût été tentante pour les lecteurs de La Nature, mais nos recherches
- ont été vaines. Quand l’occasion se présentera nous croyons qu’il ne serait pas superflu de la leur présenter.
- Un des avantages du fruit dont nous parlons est de pouvoir être mangé impunément sans crainte d’être incommodé.
- Dans le beau a Traité de l’Agriculteur Algérien », de MM. Ch. Rivière et Lecq, on trouve d'importants renseignements sur la culture et la multiplication du Bibassier. Celui-ci peut être greffé après deux ans de semis avec l’une des variétés améliorées obtenues par sélection, et dont le fruit plus gros et sa pulpe plus abondante est préféré à l’espèce type. Dans un récent numéro de la « Revue horticole » M. Porcher, secrétaire général de la Société d’Horticulture d’Alger, indiquait une douzaine des meilleures variétés à préconiser et qui ont été, comme greffons, gracieusement mises à la disposition des amateurs par la Société d’Horticulture.
- Enfin, détail qui n’est pas à négliger, terminons en disant que l’on fait d’excellentes confitures avec les fruits de Y Eriobotrya japonica. J. Poisson.
- TYCHO BRAHÉ1
- Ce fut une belle et noble figure que celle de cet astronome. Le troisième anniversaire de sa mort appelle à nouveau l’attention sur lui. De plus, comment ne pas se souvenir de la belle Etoile temporaire qu'il observa dans Cassiopée alors qu’il y a quelques mois brillait dans le ciel la Nova de Persée?
- Sa vie ne présente point le calme et la sérénité de celle de tant de savants et surtout de tant d’astronomes. Il était né le 15 décembre 1540, à Knudstrup en Seanie; ce ne fut qu’en 1559 qu’il commença ses études. Son oncle, Georges Brahé, le fit entrer alors à l’Université de Copenhague et un an après, le 21 août 1560, une magnifique éclipse de soleil donnait pour toujours à Tycho Brahé le goût de l’astronomie. Ici les difficultés commencèrent. Il semblait peu convenable en ce temps-là qu’un gentilhomme s’adonnât à ce genre d’études. Aussi le père de Tycho l’envoya avec son précepteur, André Sverensen, étudier le droit à Leipzig. Tycho ne se découragea pas, travailla beaucoup plus l’astronomie que le droit et, à l’aide d’un globe céleste et de quelques cercles qu’il possédait, il constata des irrégularités dans les tables en usage.
- On le laissa libre de suivre sa vocation. 11 visita les observatoires d’Italie et de Suisse et ne rentra en Danemark qu’à la mort de son père (1571). 11 s’établit au monastère d’JIerritzwald, appartenant à son oncle Stenon Bille, et y observa l’étoile temporaire de 1572.11 se maria l’année suivante avec une paysanne, Christine, que sa famille ne voulut pas reconnaître. Il en eut six enfants. En cette même année le roi Frédéric II l’invita à professer l’astronomie à Copenhague. Au retour d’un nouveau voyage qu’il fit en Suisse, il reçut en présent du roi, sur la proposition du savant chancelier Pierre Oxe, l’ile de Hveen, un fief en Norvège et un canonicat dont les revenus étaient de 2000 écus. Le roi lui assura, en outre, une pension de 5000 écus. Tycho Brahé fit construire alors son
- 1 Yoy. n° 205, du 21 avril 1877, p, 321.
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- château d’L'ranienborg et, plus tard, son observatoire de Stalleborg. Pendant des années sa vie est toute de travail et de recueillement scientifique.
- En 1588 les misères recommencent.
- Le protecteur Frédéric II est mort. Poursuivi par les persécutions de Christophe Yalkendorf, un ennemi qu’il s’était lait par son caractère malheureusement violent et emporté, il dut prendre le 27 avril 1597 la route de 1 exil. Il dut gagner l’Allemagne avec ses livres et ses instruments. Henri de Rançon lui donna asile dans son château de Wandesbourg à un demi-mille de Hambourg. L’empereur Rodolphe lui olïrit, en 1599, un asile à Prague avec le château de Ber. a ch pour résidence et une pension de oOOO ccus d’or ; mais Tyclio était brisé par les chagrins et les douleurs, il s’éteignit doucement le 24 octobre 1601, répétant dans son délire « ne frustra vixisse videar )).
- Sa veuve mourut dans la misère à Meissen en 1604. Ses enfimts ne revirent jamais la terre où ils étaient nés. Nombreux sont les travaux qu'il laissa! Parmi les œuvres imprimées nous citerons : De Nom Stella Anni 1572 ; Aslronomiæ instauratæ mechanica (1518); Proç/ymnas-mata (Urameniborg (1587-1589), et enfin Collectanea historiæ cœlestis, ouvrage confié par ses soins à Kepler et imprimé beaucoup plus tard. Comme son élève Kepler il prit trop aux sérieux malheureusement les erreurs de l’astrologie et de plus il combattit le système de Copernic dans son plus important ouvrage, les Progymnasmata. On sait qu’il érigea un nouveau système auquel il tenait fort, mais il ne parle jamais de Copernic sans le plus grand respect. Il a trouvé l’année de 565 jours 5 heures 49 minutes. Il dressa une table pour faire la correction nécessitée par le phénomène de la réfraction, et ses erreurs dans cette table ne dépassent pas deux degrés. Il rectifia la valeur de l’obliquité de l’écliptique qu’il trouva de 25° 31' et demie. Les recherches de Tycho sur la lune sont encore plus belles. Tycho s’attacha aux octants et découvrit la variation addjtive dans le premier et le quatrième octants, soustractive dans les deux autres. Il découvrit l’inégalité de l’obliquité de l’orbite lunaire et l’équation du nœud.
- Son observatoire de Stalleborg était magnifiquement installé. 11 y avait consacré 100 000 écus danois de sa bourse. Une partie des instruments qu’il possédait est conservée à l’observatoire de Prague. Dans un premier observatoire, on trouvait un demi-cercle d’un diamètre de 6 coudées supporté par un cercle azimutal dont le diamètre était de 6 coudées, supporté par un cercle azimutal dont le diamètre était de 4 coudées, un sextant astronomique, un quart de cercle en cuivre, des règles en cuivre semblables à celles de Ptolémée, un quart de cercle avec son horizon et ses alidades, une horloge à secondes.
- Dans un second observatoire, il y avait l’armille équatoriale en cuivre de quatre coudées ; le troisième observatoire contenait des règles parallactiques, un demi-sextant de quatre coudées de rayon, un sextant entier et les règles parallactiques de Copernic. Il y avait également un quatrième observatoire qui renfermait des armilles équatoriales. C'est le troisième anniversaire de la mort de ce fondateur de l’astronomie, qui fut aussi un véritable apôtre, que P Académie des sciences de Suède a célébré le 21 de ce mois-ci en une séance solennelle. Du château d’Ura-nienborg, d’où il explorait le ciel, il ne reste plus que les ruines : un puits et quelques caves. Cette année on a observé sur cet emplacement les Perséidcs, ces messagères fugitives des nuits d’été. L. Lucien Libert.
- Lauréat de la Société astronomique. ——
- GÉNÉRATEUR A VAPEUR D’ÉTHER
- L’idée de l’emploi d’un corps volatil dans les chaudières n’est pas nouvelle. Dès l’année 1852, une petite flottille de navires1 fut équipée avec un système de moteurs dits à vapeurs combinées, on binaires, et qui avait été imaginé par M. Du Tremblay dans le but de diminuer la consommation du combustible des machines, et par suite la capacité des soutes. Le liquide volatil employé fut l’éther sulfurique, que l’on vaporisait par l’échappement de la machine à vapeur et qui agissait ensuite dans un cylindre spécial. L’économie espérée se trouva réalisée, mais un accident vint mettre brusquement fin à l’extension de ce procédé plein d’avenir : une bonbonne contenant l’éther nécessaire à l’entretien de l’appareil se brisa dans la cale, et les vapeurs dégagées à la température ambiante s’étant enflammées à la llamme d’une lanterne, pendant le travail de nuit, le navire fut incendié. Bien que cet accident ne fut pas, en bonne justice, imputable au fonctionnement du moteur à éther, il ne fut pas sans porter un coup fatal à l’invention de Du Tremblay.
- Frappé‘des avantages théoriques de l’éther sur la vapeur d’eau, M. de Susini reprit, en 1892, l’étude de l’application de cette substance à la production de la force motrice, et il fit construire un appareil que représente notre figure 5. Comme son prédécesseur, M. de Susini employait, pour le chauffage de l’éther, la vapeur d’échappement d’une machine à vapeur ordinaire; cet éther, après avoir travaillé dans un cylindre, sur la face d’un piston suivant les procédés connus, était envoyé, par les tuyaux 1), B, C, dans un condenseur à surface où il se liquéfiait et où il était repris par une pompe qui le renvoyait à la chaudière par le tuyau A. Mais il fallait encore faire usage de la machine à vapeur, M. de Susini n’ayant pas osé chaulfer directement, à feu nu, l’éther. Il en résultait une assez grande complication d’organes, et cet appareillage, malgré l’incontestable économie réalisée, ne put supplanter la bonne vieille chaudière à vapeur de Papinet de Watt.
- Aujourd'hui le problème semble résolu : un inventeur est parvenu à résoudre victorieusement les difficultés qui avaient arrêté ses devanciers. Le générateur à éther réellement pratique est désormais réalisé, et quand ses qualités auront été démontrées aux ingénieurs, nul doute qu’il ne conquière immédiatement la faveur universelle. Nous avons pu voir fonctionner les premiers modèles construits chez l’inventeur, M. Desvignes de Mala-pert, et constaté leurs qualités.
- On a reconnu depuis longtemps l’énorme disproportion qui existe entre le travail théorique fourni sous forme de chaleur à une chaudière à vapeur,
- 1 Les navires munis de moteurs binaires à vapeur d’eau et d'éther, qui furent construits et naviguèrent de 1847 à 1855, sont le Du Tremblay, la France, le Brésil, le Zouave, le Kabyle et le Sahel.
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- et le travail effectif produit par la machine. Autrement dit, le rendement réel, mesuré par rapport à la quantité du combustible consommé, n’est qu’une très faible fraction de l’unité qui serait le rendement total, et la transformation de l’énergie calorifique en énergie mécanique s’opère avec une perte des neuf dixièmes, c’est-à-dire dans des proportions fantastiques. Ce vice est inhérent au principe même de la construction des machines à vapeur. La force utile s’y trouve, en effet, empruntée à la dilatation considérable de l’eau passant de l’état liquide à l'état gazeux suivie de la contraction de la vapeur revenant à l’état liquide. Or, ces différences de volume ne peuvent être obtenues qu’en fournissant d’abord à l’eau
- présentant une chaleur latente moins élevée, ce qui est le cas, bien entendu, pour les éthers et le chloroforme entre autres.
- Ainsi, tandis que l’eau demande 536 calories pour arriver à la température de 100° et 656 calories pour se transformer en vapeur à 1 atmosphère de pression, l’éther sulfurique ne demande que 91 calories pour être porté à l’ébullition, et, à la température de 56°, il a une pression de 1 atmosphère pour une absorption totale de 109 calories. Son emploi, substitué à celui de l’eau dans les machines, permettrait donc, théoriquement, une économie des quatre cinquièmes de combustible pour une production de travail identique.
- Mais l’éthèr est un corps volatil et contre la mobilité duquel on ne sâurait trop prendre de précautions si on l’expose directement aux flammes d’un
- l’énorme quantité de chaleur nécessaire à sa vaporisation et en lui reprenant ensuite cette chaleur. On conçoit donc que, lorsque la vapeur quitte le cylindre pour se rendre soit au condenseur, soit à l’atmosphère, elle a bien restitué, sous forme de travail, la quantité de chaleur qui avait servi, en élevant sa température, à porter sa tension de celle de l’eau bouillante à celle du régime de la machine, mais elle laisse perdre sans utilité les 540 calories fournies à chaque kilogramme d’eau pour le faire passer de l’état liquide à l’état gazeux.
- Cette perte, cette absorption sans profit d’une énergie précieuse peut être notablement diminuée en laisant usage, au lieu d’eau, d’un liquide volatil
- foyer. La montée en pression est extrêmement rapide, elle atteint une atmosphère en quarante secondes. Cette rapidité peut être un avantage, à la condition que les variations imprévues se trouvent automatiquement corrigées dès qu’elles se produisent, et c’est à la solution de ce problème délicat que M. Desvignes de Malapert s’est attaché, de façon à rendre son générateur pratiquement inexplosible et à lui donner une entière régularité de fonctionnement. Notre figure ci-dessus montre en coupe les éléments composant le générateur à éther Desvignes. On voit qu’il affecte la disposition générale d’une chaudière tubulaire Belleville, car il se compose d’une série de tubes, disposés côte à côte, serrés entre deux plaques de jonction, et inclinés obliquement. Le foyer, placé à la partie inférieure, est constitué par une rampe à trous alimentée de gaz
- dépréssion
- Fig-, 1. — Coupe du générateur à éther Dcsvignes de Malapert. — A, Faisceau tubulaire; B, Béservoir de prise de vapeur;
- C, Appareil de niveau; D, Régulatcur-alimentateur ; F, Rampe à gaz d’essence; F, Réglage à pointeau de la rampe ; G, G, manomètres; T, Flotteur à contrepoids équilibré; a, tuyau extracteur des vapeurs; b, raccord.
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- d'éclairage ou d’air carburé, suivant le cas. L’organe essentiel, caractéristique de l’invention, est le régulateur détendeur alimentateur, qui a pour but de limiter la pression dans le générateur à un point
- fixé d’avance, et empêcher toute surpression intempestive. C’est un réservoir clos, réuni au générateur par un tuyau, et contenant une certaine quantité d’éther. Avant la mise en marche de l’appareil, on
- Fig. 2. — Voiture à moteur à éther.
- comprime de l’air dans ce réservoir au moyen d’une pompe à main. Le tuyau de jonction est fermé par une soupape appliquée sur son siège par un poids fixé sur un bras de levier portant un flotteur à son autre extrémité.
- Le jeu de ce dispositif se conçoit : lorsque la pression dans le générateur dépasse la normale, c’est-à-dire celle du régulateur, le flotteur se soulève, la soupape s’ouvre et l’éther est refoulé dans le réservoir, ce qui ne peut avoir lieu tant que la pression reste dans la chaudière au-dessous du maximum déterminé. Cet agencement donne une entière sécurité, et aucune explosion n’est possible, le générateur se vidant instantanément de son contenu en cas de surproduction de chaleur.
- Le foyer est d’ailleurs réglé automatiquement, de façon à proportionner constamment la consommation
- de calorique à la quantité de travail exigée en dépense.
- Le générateur est complété par un appareil électromagnétique de niveau, composé d’un flotteur agissant sur une aiguille aimantée, et par un conden seur tubulaire en serpentin, où l’éther retrouve sa forme liquide après avoir travaillé dans les cylindres du moteur. Une pompe d’alimentation le reprend alors pour le renvoyer au générateur et recommencer le cycle de ses opérations. Le condenseur, de faibles dimensions (0m,30x0m,60 X0m,50 pour un moteur de 10 chevaux), est refroidi soit par un courant d’eau froide, soit par simple ventilation. Dans ce dernier cas, on a constaté que 1 mètre carré de surface de chauffe à la chaudière nécessitait 1 m2,05 au condenseur avec un courant d’air de 2 mètres par seconde seulement. Après avoir essayé cet agencement comme machine
- Fig. 5. — Vue d’ensemble du moteur à éther du Dr P, de Susini.
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- fixe, M. Desvignes de Malapert l'a installé sur un châssis d’automobile, et, dans les deux cas, le générateur à éther a fourni un fonctionnement satisfaisant et conforme à ce que la théorie permettait d’espérer.
- Le générateur de cette voiture est disposé à l’arrière, entre les roues motrices ; son poids ne dépasse pas 120 kilogrammes, et cependant il peut suffire à alimenter un moteur de 100 chevaux. Le faisceau tubulaire est chauffé par une lampe brûlant de l’air carburé par de l'essence ; il est surmonté d’un dôme ou réservoir de vapeur. Le régulateur détendeur est installé à droite et le niveau est en avant, de manière que le conducteur de la voiture ait constamment sous les yeux les indicateurs de marche et appareils de sécurité.
- L’agencement de ce véhicule d’expérience est encore défectueux, car on ne peut lui reprocher un excessif confort, et les organes mécaniques s’y trouvent juxtaposés sans aucun souci de l’art. Mais le point principal, c'est que cet appareillage, un peu primitif, fonctionne, et c’est ce qu’il importait de prouver.
- Maintenant la démonstration est faite, et l’on peut dire que le moteur à éther est devenu pratique et constitue une nouvelle ressource pour l’industrie, menacée dans son existence par la cherté sans cesse croissante des combustibles. Un moteur ayant un rendement organique très supérieur à celui que fournissent la vapeur d’eau ou les gaz tonnants, et permettant de réaliser une économie considérable sur le combustible, ne saurait manquer d’être bien accueilli, surtout si ses dispositions mécaniques sont rationnelles. Or, c'est le cas pour le générateur à éther, appliqué pour la première fois par Du Tremblay à la navigation en 1852, et perfectionné et rendu pratique par Desvignes de Malapert qui a su vaincre toutes les difficultés du problème. Peut-être sommes-nous à la veille d’une véritable révolution industrielle, et sans doute assisterons-nous dans un prochain avenir à la transformation complète des procédés en usage actuellement pour produire économiquement la force motrice. Henry de Graffjgny.
- LES EXPÉDITIONS ANTARCTIQUES
- ALLEMANDE ET ANGLAISE
- Dans' la première quinzaine d’août, les deux expéditions antarctiques allemande et anglaise, dont les préparatifs préoccupaient depuis si longtemps le monde savant, ont pris la mer. Une troisième mission, organisée en Suède et commandée parle Dr Otto Nordenskjôld, vient également de partir; enfin une quatrième exploration antarctique, qui serait dirigée par M. Bruce, est en préparation en Écosse. Ainsi donc un grand assaut va être prochainement livré aux glaces australes pour leur arracher les secrets qu’elles ont jusqu’ici gardés à l’abri de leur muraille invincible.
- Au succès de cette entreprise s'attache un intérêt de premier ordre. De l'immense zone antarctique nous ne savons rien ou du moins très peu de choses. A partir de 50° parallèle Sud, c’est-à-dire à partir d’une latitude correspondant à celle d’Amiens dans notre hémisphère, nos connaissances sont très vagues. Consultez, du reste, un planisphère, à première vue notre ignorance de cette région apparaît, mise en évidence par le petit nombre des indications portées sur la carte. Le long du cercle polaire antarctique sont simplement dessinées quelques amorces de terres.
- Ces amorces sont-elles la lisière d’un grand continent qui occupe la calotte antarctique, par opposition à la grande dépression océanique de la calotte arctique?
- Nombre de faits scientifiques rendent cette hypothèse très vraisemblable, mais on n’a encore à cet égard aucune certitude. Ce sera une des tâches principales des explorateurs anglais, allemands et suédois de nous renseigner sur la distribution des terres dans cette région.
- Les quelques lambeaux de territoire antarctique que nous connaissons sont soumis à une glaciation singulièrement plus intense que celle qui se manifeste dans l’hémisphère nord, au Gronland ou au Spitzberg. Entièrement empâtés sous une épaisse carapace cristalline, ils donnent le spectacle d’une période glaciaire encore très intense. L’étude de ce phénomène n’est qu'un des nombreux problèmes qui, dans cette région, sollicitent l’attention des explorateurs. Sur les conditions océanographiques, bathy-métriques des mers antarctiques, sur le climat, sur la biologie, enfin sur la géologie des terres qu’elles enveloppent, les notions que nous possédons sont également très vagues. Concernant la plus grande partie de la zone polaire australe, nous n’avons pas la moindre observation topographique ou scientifique. L’Antarctique est demeurée la dernière grande tache blanche du globe.
- Très peu nombreuses, en effet, ont été les expéditions dirigées vers les terres glacées australes. Il ne saurait entrer dans le cadre de cet article d’en donner un historique même résumé. Aussi, après avoir rappelé le mémorable voyage de Cook (1772-1775-1774), nous bornerons-nous à citer les principales entreprises dans cette partie du globe au dix-neuvième siècle. En 1819 et 1820, le Russe Bellinghausen exécute un voyage de circumnavigations autour de la zone polaire antarctique et découvre les îles Pierre-le-Grand et Alexandre-Ier. En 1825, le chasseur de phoques anglais Wedell atteint le 74° 15' de lat. S., à l’est de la pointe méridionale du continent américain, et, en ce point, rencontre une mer libre à perte de vue ; s’il n’avait été retenu par le mauvais état de son navire, Wedell aurait pu avancer très loin. De 1850 à 1852, John Biscoe accomplit une fructueuse circumnavigation de l’An-tarctique; en 1858-59, Balleny découvre les îles qui portent son nom et aperçoit plusieurs autres terres.
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- De 1857 à 1841 fut livré un véritable assaut aux glaces australes, pareil à celui préparé actuellement. Pendant cette période pas moins de trois grandes expéditions, organisées par la France, les États-Unis et l’Angleterre, sont à l’œuvre.
- De 1857 à 1840, notre grand Dumont d’Urville explore l’extrémité septentrionale de la Terre de Graham, puis, dans le sud de l’Australie, découvre les terres d’Adélie et Clarie. De 1857 à 1840, l’Américain W'ilkes parcourt l’Océan antarctique, et, dans le sud de l’Australie, signale plusieurs masses continentales qui sont portées sur les cartes sous le nom de Terre de Wilkes, bien que l’honneur de leur découverte n’appartienne pas complètement à cet explorateur. Enfin, pendant les années 1859, 1840 et 1841, James Ross accomplit son célèbre voyage, le plus fécond qui ait été exécuté jusqu’à ce jour dans l’Océan polaire austral. Au cours de cette expédition, il découvrit, dans le sud de la Nouvelle-Zélande, la Terre Victoria, le plus important fragment du continent antarctique connu jusqu’à présent. James Ross pénétra jusqu’au 78° 10'de latitude S., le point le plus sud atteint jusqu’ici; au delà, tout progrès fut interdit par une gigantesque falaise de glace, longue de plus de 200 kilomètres, front d’un immense glacier qui recouvre les terres plus au sud.
- Après ces mémorables campagnes, les marins éprouvèrent comme une lassitude et pendant plus de cinquante ans ne firent plus aucune tentative vers le sud. Seulement en 1895 la question de l’exploration des régions antarctiques fut posée de nouveau devant l’opinion publique scientifique.
- L’Allemagne et l’Angleterre décidèrent alors d’organiser chacune une expédition; mais ce fut la moins maritime des nations d’Europe, la Belgique, qui fut la première prête, grâce à l’initiative et à l’activité de M. de Gerlache. Sous la direction de cet officier distingué, qu’assistaient le lieutenant Lecointe et deux naturalistes de valeur, MM. Arctowski et Racovitza, l’expédition belge, montée sur la Bel-gica, exécuta, comme on sait, en 1898 et 1899, au sud du cap Horn, une campagne d’une importance scientifique considérable. D’autre part, une expédition était équipée par un des grands éditeurs de Londres, sir Georges Newnes, pour assurer aux périodiques qu’il publie une relation de voyage dans la zone antarctique, au moment où cette région occupait l’attention en Angleterre. Conduite par le Norvégien Rorchgrevink, cette mission visita la Terre Victoria et y passa l’hiver 1898-1899, le premier hivernage accompli sur une terre antarctique.
- La grande œuvre, inaugurée par de Gerlache et Borchgrevink, va être brillamment poursuivie par les missions allemande et anglaise qui viennent de se mettre en route. Ces explorateurs se proposent, non point de faire une tentative vers le pôle sud, mais de poursuivre l’étude, scientifique de la calotte antarctique, de reconnaître la distribution des terres et des mers dans cette partie du globe,
- et d’étudier les phénomènes dont elle est le théâtre. Toutes les mesures ont été prises à l’avance pour ([ue cette entreprise donnât le plus grand rendement scientifique possible. Un programme de recherches a été arrêté de concert entre les deux missions et le champ d’exploration confié à chaque expédition nettement circonscrit. La calotte antarctique a été divisée en quadrants correspondant à autant de sphères d’activité scientifique. Ces quadrants, dont il sera désormais souvent question dans les travaux géographiques, portent respectivement les noms d’Enderby. (0° au 90° de long. E. de Gr.), de Victoria (du 90° au 180° de long. E. de Gr.),de Ross (du 180° au 90° de long. O. de Gr.), de Wedell (du 90° de long. 0. de Gr. au 0° de Gr.). Les Allemands travailleront dans le quadrant d’En-derby, les Anglais dans ceux de Victoria et de Ross. Enfin, pour suivre la marche des phénomènes magnétiques et météorologiques observés par les explorateurs en dehors de la zone antarctique, des observations seront faites dans un grand nombre d’observatoires.
- L’expédition antarctique allemande, dirigée par le professeur E. von Drygalski, a pris le large le 12 août. Elle est montée sur le Gauss, navire spécialement construit en vue de la navigation au milieu des glaces. Ce bâtiment, comme tous ceux affectés à une pareille entreprise, est mixte, c’est-à-dire muni d’une grande voilure pour économiser le charbon et pour pouvoir se tirer d'affaire en cas d’avarie à la machine ; il a une coque très solide afin de résister aux chocs des glaces et est relativement de petite dimension, pour pouvoir évoluer facilement dans les canaux de la banquise. Son déplacement en pleine charge est de 1450 tonnes.
- Le personnel de l’expédition comprend, outre son chef, vingt-huit hommes ; quatre savants : les docteurs Vanhôffen (zoologiste et botaniste), Philippi (géologue), Bidlingmaier (météorologiste), Gazert (bactériologiste), cinq officiers et vingt matelots. L’expédition a été organisée aux frais de l’État sous le patronage de l’Empereur Guillaume II, qui n’a cessé de manifester pour cette campagne maritime le plus vif et le plus constant intérêt.
- De l’embouchure de l’Elbe le Gauss a fait route vers Kerguelen où doit être établie une station destinée à servir de base d’opérations et d’observatoire scientifique. Trois savants et deux matelots occuperont ce poste et y exécuteront des observations magnétiques et météorologiques conformément au programme international. La station sera installée à Three-Islands- Harbour, dans le Royal Sound (côte est de l’île).
- A la fin de 1901, le Gauss se dirigera, d’abord, dans l’est jusqu’au 90° de Long. E. de Greenwich, puis dans le sud. Il devra s’efforcer d’atteindre les terres antarctiques et d’y établir une nouvelle station près laquelle le Gauss hivernera. Si les circonstances sont favorables, l’expédition allemande, composée de savants distingués, entraînés aux
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- recherches sur le terrain, remportera un très grand succès.
- Le fi août dernier, l’expédition anglaise, organisée par la Royal Society et par la Société de Géographie de Londres, avec le concours du gouvernement anglais, a mis à la voile. Elle est embarquée sur la Discovery qui a été, comme le Gauss, spéciale-
- ment construite en vue de ce voyage. Les dimensions de ce navire sont légèrement supérieures h celles du bâtiment allemand (déplacement 1750 tonnes). Elle est commandée par un officier de la marine royale, le capitaine R. Scott, et comprend cinquante hommes, dont quatre naturalistes : M. George Murray, M. J. V. Hodgson (biologiste), M. 11. T. Ferrer
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- Eckelle des Latitudes
- Fig. 1. — Carte de la calotte antarctique.
- (géologue), M. Louis C. Rernacchi (météorologiste); M. George Murray accompagne l’expédition jusqu’à Melbourne ; pendant la traversée, il devra mettre les savants de la Discovery au courant des recherches à entreprendre.
- La mission anglaise a pour destination la Terre Victoria. Pendant l’été 1901-1902 elle examinera la grande barrière de glace découverte par Ross et reconnaîtra si, à l’est, elle ne se trouve pas flanquée par une terre. À moins que les circonstances ne
- s’y opposent, la Discovery hivernera sur la côte ouest de la Terre Victoria. Pendant cette détention, des excursions en traîneaux seront entreprises, d’une part vers le sud sur les glaciers, de l’autre vers la région volcanique du mont Erebus. En 1905, l’expédition, aussitôt sortie de la banquise, opérera son retour.
- Les deux expéditions qui vont essayer de percer l’inconnu antarctique comptent l’une et l’autre des explorateurs qui ont l’expérience des glaces. Le chef de
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- Fig. 5. — Le Gainss, navire de l’expédition antarctique allemande.
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- LA NATURE
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- la mission allemande, le professeur E. von Drygalski, a accompli au Gronland un voyage particulièrement fécond en résultats scientifiques. Le second et le médecin de la Discovery, le lieutenant Armitage et le docteur Kôtllitz, ont pris part à l’exploration de la Terre François-Joseph dirigée par M. Jackson qui n’a pas duré moins de trois ans. Enfin un autre membre de cette mission, M. L. Bernacchi, vient de passer neuf mois à la Terre Victoria avec Borchgre-vink. Toutefois, au point de vue de l’étude des sciences naturelles et géophysiques, l’expédition anglaise est peut-être moins solidement constituée que la mission allemande.
- Ces croisières rapporteront une ample moisson d’observations du plus haut intérêt et augmenteront dans une large mesure le patrimoine scientifique de l’humanité pour la plus grande gloire des nations qui auront entrepris cette noble tâche. Aussi doit-on déplorer que la France, la seconde puissance maritime, la patrie de Dumont d’ürville, n’ait pas même songé à se joindre à cette croisade. Dans nos Sociétés de géographie, si nombreuses et si souvent verbeuses, pas une voix ne s’est élevée pour essayer de secouer la torpeur générale, pour montrer l’importance nationale d’une telle entreprise.
- Chaules Radot.
- LOIN DES VOIES FERRÉES
- Le chemin de fer d’intérêt local de Toulouse à Bou-logne-sur-Gesse a été, le 1" mai dernier, inauguré jusqu’à bombez. Voilà encore une sous-préfecture dégagée de son isolement. Trouve-t-on encore d’autres chefs-lieux d’arrondissement dépourvus de chemins de fer? Il en reste quatre aujourd’hui, dont deux dans les Alpes, Cas-tellane et Barcelonnette, et deux dans les Cévennes, Florac et Espalion. Si même on considère non le centre administratif, mais le territoire en dépendant, Castellane et Espalion rentrent dans la règle générale, grâce au chemin de fer du Sud de la France dans un cas, à la grande ligne Béziers-Neussargues dans l’autre.
- Descendons d’un degré. Existe-t-il des départements dont tous les centres cantonaux soient desservis par les voies ferrées et cela sans exception? Cela se pourra présenter a priori dans des régions assez plates dans leur ensemble, à vallées bien larges, communiquant entre elles sans difficulté, habitées d’une façon homogène par une population plus agricole qu’industrielle, groupée en assez gros villages.
- Lors de la réorganisation administrative de la France sous le Consulat, le gouvernement désigna pour chef-lieu les agglomérations les plus favorisées au double point de vue du chiffre d’habitants et de la facilité de communications et elles ont conservé depuis leur suprématie dans les pays dont nous venons de parler. Pour des raisons contraires, un bourg peut, il y a cent ans, avoir été honoré d’un siège de juge de paix, avoir même conservé par la force de l’habitude tous les privilèges attachés à cette dignité et se montrer inférieur aujourd’hui à des localités voisines, où fonctionnent des manufactures, où se creusent des mines, où se développent des cultures intensives. Si par-dessus le marché, le chef-lieu traditionnel est difficile d’accès, il n’aura que trop
- de chances d’être délaissé dans la constitution du réseau.
- Les conditions favorables entre toutes se rencontrent justement dans « le jardin de la France, c’est la Touraine». En Indre-et-Loire, grâce à la Compagnie d’Orléans, grâce aux lignes de l’État, grâce enfin aux chemins de fer départementaux, aucun bourg cantonal n’a été oublié. Nul autre département ne se trouve rigoureusement dans ce cas, pas plus le Nord et le Pas-de-Calais, malgré leur population surabondante, pas plus Meurthe-et-Moselle et les Vosges, malgré la proximité de la frontière qui impose des lignes stratégiques, que l’Oise, Seine-et-Oise, Seine-et-iVlarne en dépit du voisinage de Paris.
- Enfin, dans un pays peu accidenté, une distance de f) à 10 kilomètres, voire de 20 au maximum, à franchir en diligence, n’a rien d’effrayant. Mais si l’on examine une carte de France, on s’aperçoit que des chefs-lieux de canton, avec juge de paix, huissier, gendarmes, percepteur et notaire, demeurent encore bien isolés des chemins de fer.
- Fit encore les sinuosités et les accidents des vallées, le passage des cols, allongent-ils singulièrement le trajet estimé en ligne droite sur le papier. Les petits fonctionnaires qui désirent vivre aussi loin que possible du tracas de ce monde et des importuns, n’ont qu’à solliciter des résidences telles que Saint-Paul-sur-l’Lbaye, à 20 kilomètres en amont de Barcelonnette déjà relégué lui-même à plus de 4 heures de voiture de la station de Prunières, sur la ligne de Veynes à Briançon, telles qu’ÀIIos dans le même arrondissement bas-alpin, telles que Sault-de-Vau-cluse au nord-est du massif du Ventoux. Enfin nous décernerons trois « prix d’isolement ». Nous appliquerons le premier à la zone frontière du sud-est en nommant Saint-Etienne-de-Tinée relégué à 56 kilomètres au nord de la gare de la Tinée, desservie par le Sud-France. Un autre revient de droit à Saillagousse, dans la Cerdagne française.
- Dans le cas où le ministère de l’Intérieur lancerait une circulaire adressée simultanément à tous les maires de canton de F’rance, nous ne saurions dire si la municipalité de Saillagousse serait prévenue la dernière ou celle de Saint-Étienne, mais il nous semble que le trajet en ligne brisée Paris-Marseille-Nice-La Tinée-Saint-Etienne compté en kilomètres, est certainement le plus long qu’une correspondance adressée de Paris en province parcoure sur le sol français. Une troisième mention s’appliquera à la zone du plateau central et au bourg de la Guiole qui occupe à peu près le milieu de l’énorme hiatus qui s’ouvre entre Aurillac, lîodez et Saint-Flour; les montagnards de la Guiole ne communiquent avec chacune de ces trois villes qu’au prix de 6 heures de voiture.
- Quittons l’intérieur pour les cotes. Il existe deux communes en France, maritimes toutes deux, toutes deux exclusivement habitées par des agriculteurs ou des pêcheurs, mais présentant un frappant contraste dont le lecteur jugera aussi bien que nous lorsqu’il saura que l’une d’elles est Sarzeau dans le Morbihan, au sud de Vannes, l’autre est Saint-Laurent de la Salanque, au nord de Perpignan. Pays, climat, cultures, rivages, habitants, tout diffère. Eh bien, pourtant Sarzeau et Saint-Laurent ont cela de commun, que réduits encore aux charrettes et aux diligences, ils représentent en France, Sarzeau la commune la plus peuplée et Saint-Laurent la plus forte agglomération, dépourvues de chemins de fer!
- Les localités que nous avons citées au cours de cet article, doivent-elles se lamenter au point de vue de leur
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- avenir? Nullement, car plusieurs d’entre elles, tirant bénéfice de leur altitude, constituent déjà des séjours d’été fort appréciés. D’autre part, en fait de chemins de fer, les derniers servis ne sont pas toujours les plus mal partagés plus tard. Tel Cahors resté si longtemps isolé et maintenant traversé par les express de la grande voie Paris-Toulouse ; tel Brest où les diligences fonctionnèrent seules jusqu’en 4806; tel enfin Saint-Claude, naguère oublié dans sa vallée du Jura et que vivifiera un jour la ligne internationale Paris-Genève-Milan par Lons et la Faucille.
- Fournissons à présent quelques preuves à l’appui de nos affirmations. N’ont pas de chemin de fer en etlet les chefs-lieux de canton suivants : Wormhoudt (Nord), Norren-Fontès (Pas-de-Calais), Nivilliers (Oise), Milly (Seine-et-Oise), etc. A l’inverse, si on assimile leurs tramways à de vrais chemins de fer, les Deux-Sèvres sont presque aussi bien desservis que l’Indre-et-Loire.
- En descendant des chefs-lieux de canton aux simples communes, on trouverait dans les Alpes (Basses, Hautes ou Maritimes), dans la Tarantaise, de simples villages ou hameaux encore plus reculés que les petits centres auxquels nous avons fait allusion, mais une pareille discussion nous mènerait trop loin.
- Enfin, si le lecteur étudie la carte de l’arrondissement de Nice, il constatera que l’éloignement de certaines localités de la gare la plus voisine, ne peut se discuter sans poser ou rejeter au préalable la restriction de fester sur le territoire français.
- Les fluctuations des recensements peuvent modifier certaines de nos conclusions. Capestang (Hérault) n’est-il pas bien voisin comme importance de Saint-Laurent-de-la-Salanque? Nous n’avons pas mentionné Hasparren (Basses-Pyrénées) et Puylaurens (Tarn), parce que ce sont communes populeuses, mais à faible agglomération. Espalion est-il plus ou moins perdu que Florac, alors que les distances à parcourir pour descendre à Rodez ou à Balsièges ne diffèrent pas? Castellane est en somme plus rapproché de Saint-André-les-Alpes.
- Aux correspondants de La Nature, encore si nombreux dans les régions les plus solitaires de notre pays, de fixer les points douteux relatifs aux questions d’ensemble examinées ici. , Aktoine de Saporta.
- L’ALLOTROPIE THÉRAPEUTIQUE
- On sait qu’on désigne en chimie sous le nom d'allotropie (ancienne isomérie de Berzélius) une singulière propriété de certains corps simples de pouvoir se présenter sous des états différents et, suivant ces états, de posséder des propriétés physiques et chimiques distinctes.
- Les exemples sont classiques et bien connus; le carbone : diamant ou graphite ou charbon ordinaire; le phosphore : blanc ou rouge; le chlore : préparé dans l’obscurité, ou insolé ; le soufre ordinaire, mou, précipité, etc., etc.,.. Ces cas sont connus, même avec beaucoup de détails; mais leur raison d’être n’est pas encore bien établie et l’intervention que l’on invoque du rôle de la chaleur spécifique, du travail moléculaire, etc..., ne nous satisfait que de loin.
- Par exemple, on sait bien que le phosphore rouge contient moins de chaleur que le phosphore blanc; la chaleur spécifique du phosphore blanc est de : 0,1813 et celle du phosphore rouge est de : 0,1668. Cette
- différence est assez notable (0,0145); en revanche, la densité du phosphore blanc est de 1,83; celle du phosphore rouge est de 1,964 (Schroetter) et peut même atteindre 2,25 (procédé Brodie), et 2,54 (procédé Hittorf).
- Or, par suite de ces différences, purement physiques, le phosphore rouge devient insoluble dans le sulfure de carbone, tandis que le phosphore blanc y est très soluble ; d’autre part, le phosphore rouge peut être ingéré sans inconvénient, tandis que le phosphore blanc est un violent poison.
- Dans les combinaisons, ces états allotropiques s’accentuent davantage. Ainsi les arsénites sont plus toxiques que les arséniates; le cacodyle, bien que contenant beaucoup d’arsenic, est peu toxique; le protochlorure de mercure (calomel) est peu toxique, tandis que le bichlo-rure de mercure (sublimé corrosif) l’est extrêmement. Le cyanure de potassium est un poison foudroyant, tandis que le ferro-cyanure est inoffensif. La morphine est un soporifique, tandis que l’apomorphine, qui n’en diffère que par une molécule d’eau en moins, est un vomitif des jdus énergiques.
- Il serait facile de multiplier les exemples ; mais la cause de ces différences reste encore à trouver et, dans ces cas, la thérapeutique pratique doit passer avant la thérapeutique théorique. Cependant, ici, la théorie peut un peu guider la pratique et c’est ainsi que M. le Dr L. Prunier, membre de l’Académie de médecine, professeur à l’Ecole supérieure de pharmacie, vient d’obtenir un nouveau composé intéressant, le soufre iodé, différent de l’ancien iodure de soufre.
- C’est toujours bien de l’iodure de soufre, mais préparé à une température déterminée et incorporé ensuite à une proportion étudiée de soufre précipité, lavé et séché à 110°. Ce soufre iodé de M. le professeur L. Prunier possède une action thérapeutique remarquable, tant interne qu’externe ; il a donné dans beaucoup de cas des résultats satisfaisants. Yoici ce qu’en pense le professeur Albert Robin : « Le soufre iodé de L. Prunier (Études comparées des formes sous lesquelles le soufre est employé en médecine (Bulletin de l’Académie de médecine, tome XXXIV, 3e série) m’a rendu de grands services quand les fermentations affectent le type gazeux. Mon éminent collègue et ami avait conclu de ses recherches que le soufre iodé, facilement dissociable, paraissait devoir présenter l’iode et les diverses variétés allotropiques du soufre dans des conditions favorables d’application médicale. La dissociation facile de ce produit, qui donne de l’iode à l’état naissant et possède, par conséquent, une grande activité chimique, me conduisit à l’employer dans les fermentations gastriques.... » (Albert Robin : « Les maladies de l’estomac », 1er fascicule, p. 512.)
- Ainsi qu’on le voit, le produit de M. le professeur L. Prunier est non seulement intéressant au point de vue pratique, mais aussi au point de vue théorique. Car, suivant que l’iodure de soufre est préparé dans des conditions différentes, il a des actions thérapeutiques également différentes et son activité peut aussi varier beaucoup suivant les cas examinés.
- Ces points de la thérapeutique, points cependant très importants, n’ont guère été étudiés quant à présent et on les soupçonnait à peine. Il y a là un vaste champ qui mérite d’être exploité et nous pensons que les chercheurs pourront trouver une voie féconde dans l’étude des « médicaments allotropiques ». E. Varenne.
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- UNE CURIEUSE EXPLOITATION SALINE
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- L’industrie du sel est fort importante aux États-Unis, surtout en ee qui concerne le sel gemme, et il serait certainement intéressant de montrer les procédés fort perfectionnés et ingénieux qu'on emploie dans l'exploitation des mines, soit pour le forage des puits, et ce avec des moyens en apparence très primitifs, soit pour la cristallisation du sel, l’emmagasinage, etc. Nous aurions par exemple h citer les salines de Manistee, dans l’Etat de Michigan, où l’on va chercher les dépôts de sel à une profondeur de plus de 000 mètres.
- Mais comme pittoresque et comme singularité dans des procédés d’exploitation, rien ne vaut ce
- qu’on appelle un peu pompeusement la « Mer de Salton ». L’attention avait été attirée particulièrement, il y a quelques années, sur cette sorte de lagune salée, parce fait que la rivière Colorado, dans un de ses débordements périodiques, avait envahi la cuvette où se trouve la lagune, et avait couvert des centaines de kilomètres carrés : si bien qu’on avait pensé un instant que le climat de ce désert en serait complètement modifié. En fait, les eaux de l’inondation se sont retirées, on a reconstruit les digues qui maintiennent le Colorado, mais la « Mer de Salton » a subsisté dans sa dépression, qui est ù près de 100 mètres au-dessous du niveau de la mer, et qui a dù être jadis une indentation même du golfe de Californie.
- Quand on passe en wagon tout près âcSallon Sea, on aperçoit comme une vaste étendue de neige, qui n’est pas autre chose qu’une mince nappe d’eau
- La récolte du sel dans la mer de Salton.
- dont la surlace est recouverte d’une épaisse croûte de sel. C’est qu’en effet le sol formant le fond de la lagune est superficiellement composé d’une masse de chlorure de sodium : les ruisseaux et les sources de la région déversent leur eau dans la cuvette, puis, grâce à la chaleur considérable qui règne constamment dans ce désert, cette eau s’évapore, et il se forme alors une croûte de sel à peu près pur qui a une épaisseur de 25 à 50 centimètres. La récolte même de ce sel se fait de la façon la plus originale : pour rompre cette croûte, qui prend rapidement une dureté et une homogénéité assez grandes, on la laboure, on y trace de véritables sillons, parallèles ayant comme profondeur l’épaisseur de la couche salée ; on emploie pour cette opération une charrue à quatre roues d’une forme un peu particulière, qui est tirée d’un bout à l’autre de la lagune par un câble s’enroulant sur un treuil (pie commande une petite machine à vapeur installée sur la rive. Le sel
- est donc rejeté latéralement, de manière à former des gros bourrelets (pie l’on ramasse à la pelle pour les accumuler en des tas qui sont ensuite transportés à l’atelier de séchage. Toute la main-d’œuvre, depuis la conduite de la charrue, est demandée à des Indiens, qui, bien mieux que les blancs, supportent la chaleur de -48° en moyenne régnant dans le désert, et aussi le reflet éblouissant du soleil sur le sel.
- Chaque charrue peut ainsi quotidiennement préparer la récolte de 700 tonnes de sel : ce sel est porté dans un séchoir formé par un vaste bâtiment de 180 mètres de long, puis il est passé au moulin de broyage, enfin il est soumis à l’action d’un crible qui ne laisse traverser (pie les fines particules, et d’un aspirateur qui le nettoie de toutes les impuretés qu’il peut encore contenir. Ces curieuses salines fournissent annuellement une quantité considérable d’un sel dont le prix de vente varie suivant la qualité, entre 50 et 170 francs la tonne. 1*. df. Mérif.l,
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- LES LOCOMOTIVES A AIR COMPRIMÉ
- 1)E LA COMPAGNIE DES CHEMINS DE FER DE 1,’oi'EST
- La gare des Invalides que la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest vient de construire a pour principale mission, comme on le sait, de desservir les grandes lignes de Bretagne et de Normandie et de soulager, par conséquent, les services des gares Saint-Lazare et Montparnasse. A cet elfet, il a fallu établir un tronçon " nouveau entre l'ancien raccordement (jui longe la Seine et la station de Yiroilay un peu en deçà de celle de Versailles (rive gauche). A cet endroit les trains trouveront la grande ligne par laquelle ils pourront tiler dans toutes les directions. Ce tronçon, dont la partie comprise entre les Invalides et Meudon est d’ailleurs déjà en exploitation, est entièrement établi pour la traction électri-
- que. 11 constitue la première ligne de chemin de fer en France dont les trains sont couramment mis en mouvement par des électromoteurs. Nous ne pouvons, en ellet, considérer comme une exploitation proprement dite les trois kilomètres de la Compagnie d’Orléans compris entre les gares d’Orsay et d’Austerlitz.
- On sait que l’électricité est fournie par une usine centrale installée à Issy et que le courant est apporté par un troisième rail qui accompagne la ligne, sur tout son parcours et sur lequel les frottoirs de l élec-tromoteur viennent appuyer pour y recueillir la force dont ils ont besoin. Ce système offre une foule d’avantages que nous n’avons pas à énumérer ici ; mais il présente un inconvénient, c’est celui de provoquer des interruptions du conducteur aux changements et aux croisements des voies ; sur la ligne proprement dite et à l’approche des stations, ce fait n’a guère grande
- Vue de face d'uue locomotive à air comprimé de la Compagnie des chemins de 1er de l'Ouest.
- importance, car la vitesse acquise du train permet facilement de franchir les solutions, sans ralentissement sensible ; mais il n’en est plus de même pour la manœuvre des trains dans les gares et pour leur formation. Or, comme la Compagnie ne peut pas, en raison de son cahier des charges avec la Ville, employer des machines à vapeur, à l’intérieur de la gare des Invalides, elle a dù chercher un modèle de locomotive sans fumée pouvant opérer le service intérieur. C’est dans ce but qu’elle a fait construire dernièrement quatre tracteurs à air comprimé qui théoriquement remplissent toutes les conditions voulues. Ces appareils sont également destinés à secourir les trains qui se trouveraient momentanément en détresse sur la ligne par suite d’interruption dans le circuit électrique ; ils ont été prévus de façon à pouvoir faire le parcours, aller et retour, sans rechargement, de la distance qui sépare la gare des Invalides de la station de Versailles.
- L’air comprimé, employé comme force motrice,
- notamment pour la traction des tramways, n’a pas donné de très bons résultats, à tel point que, sur certains parcours, il a fallu y renoncer malgré les installations existantes. Le rendement était déplorable. Pour les locomotives de l’Ouest, on ne se trouve plus dans les mêmes conditions, car celles-ci n’ont pas pour mission de concourir à une exploitation régulière, elles ne doivent servir (pi exceptionnellement pour les grands, trajets et n’ont d’intérêt que pour les besoins de la manutention intérieure. Les inconvénients constatés pour les services réguliers ne sauraient donc leur être appliqués.
- L’air comprimé nécessaire à ces locomotives est produit dans une petite usine installée en contrebas de l’Esplanade des Invalides, au niveau des voies souterraines de la nouvelle gare. Celte usine se compose de trois groupes indépendants formés chacun d’un moteur électrique à courant triphasé asynchrone recevant le courant à 5000 volts, qui est amené d’Issy.par le circuit général, et d’un compresseur
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- d’air vertical, type Markeski, de 200 chevaux tournant à 100 tours par minute et portant à la pression de 100 kg l’air déjà légèrement comprimé à 6 kg (pie la Compagnie de l’Ouest achète à la Compagnie Parisienne d’air comprimé. Chaque compresseur se compose de quatre cylindres montés deux à deux en tandem, de sorte que la même hielle sert à actionner les deux [listons du même groupe. Les deux cylindres de chacun de ces deux groupes n'ont point les mêmes rôles h jouer : le cylindre supérieur n opère la compression de l’air que dans la portion située nu-dessus du piston, tandis que le cylindre inférieur n’agit que pour celle de la partie comprise au-dessous de son piston. On peut donc considérer, au point de vue du travail, les deux cylindres d’un tandem comme un seul et même cylindre. Voyons maintenant comment s’opère la compression : le cylindre inférieur aspire l’air à C kg acheté à la Compagnie Parisienne, et le comprime à une pression intermédiaire, puis l’envoie dans un réservoir d’où il est aspiré par le cylindre supérieur où la compression achève pour parvenir au chiffre des 100 kg désiré. Afin d’éviter réchauffement du métal, on a entouré les cylindres de gaines dans lesquelles circule un courant d’eau froide; d’autre part, o:i laisse également couler de l’eau dans l’intérieur des cylindres, de sorte que l'air qui sort du compresseur est toujours accompagné d’humidité. 11 faut le faire sécher avant de l’employer.
- L'air ainsi comprimé est emmagasiné dans un accumulateur composé de six groupes de 20 réservoirs. Les tracteurs viennent, suivant leurs besoins, s’approvisionner de force pneumatique auprès de ces réserves. 11 était indispensable d’adopter un système à accumulateurs d’air comprimé comme celui que nous venons d’indiquer ; car, ainsi que nous l’avons vu, l’usine est alimentée par la force électro-motrice de la ligne et, comme les tracteurs sont destinés à secourir les trains électriques dans le cas d’arrêt de courant, il s'ensuivrait que l'usine ne pourrait pas fonctionner en ces cas de détresse et se trouverait dans l’impossibilité de rendre les services pour lesquels elle a justement été installée, si on voulait employer de l’air récemment comprimé.
- Chacun des trois groupes de compresseurs peut donner à l’heure 2000 kg d’air sous pression. Ajoutons ({lie l’usine est disposée de façon à fournir des bouillottes spéciales destinées à réchauffer l’air comprimé sur des locomotives.
- Ces locomotives sont portées par deux bogies à deux essieux ; elles ont la forme d’un fourgon à bagages, muni de deux cabines, une à chaque bout, pour le mécanicien. Cette disposition évite l’obligation de retourner le tracteur pour les marches dans les deux sens, comme cela se pratique généralement avec les locomotives à vapeur.Tout le mécanisme, qui d ailleurs est fort simple, se trouve situé sous la caisse du tracteur, ce qui facilite considérahlèment la visite, le nettoyage et les réparations.
- La partie pleine de la locomotive sert ù contenir
- oo réservoirs d air comprimé que le mécanicien placé dans 1 une ou l’autre des deux guérites peut, suivant les besoins, envoyer dans les cylindres des moteurs. Ceux-ci sont au nombre de deux et sont situés auprès de chacun des deux bogies. L’air passe d’abord dans un réservoir intermédiaire avant de pénétrer dans les moteurs qui comprennent chacun deux cylindres placés à l’extérieur des longerons : le premier est à haute pression, 20 kg par cm2 et le deuxième à basse pression, 10 kg par cm2.
- La locomotive est munie à ses deux extrémités de dispositifs spéciaux pour le chargement d'air comprimé; elles comportent également des bouillottes à vapeur de réchauffage de Pair.
- Les postes de commande des mécaniciens comprennent des manomètres en relations avec les différents espaces où se trouve l’air comprimé à différentes tensions, les robinets nécessaires à la mise en marche, enfin les organes de commande de freins Westinghouse et de freins à main. A. da Cuxha.
- CHRONIQUE
- Le nouvel observatoire magnétique aniéri-eain. — Jusqu’à ces derniers temps, l’Amérique du Nord ne possédait que deux observatoires magnétiques,
- 1 un à Toronto, au Canada,*et l’autre sur les hauteurs de Georgetown, à Washington. Or, on a dù y suspendre les observations par suite des troubles que causent les courants qui s’échappent des réseaux électriques des deux villes; c’est pour cela qu’on a décidé d'abandonner l’ancien établissement et d’en créer un nouveau à Chel-tenham, à 25 kilomètres au S.-O. de Washington. La même chose est arrivée en France aux environs de Paris. L’observatoire magnétique du Parc Sl-Maur a été conservé, mais comme contrôle on a installé une succursale au Val-Joyeux, près de Villepreux, aux environs de Versailles, loin de tout tramway électrique. On sera forcé de déménager de même le Pavillon magnétique de l’observatoire de Nice, à cause de son voisinage avec la nouvelle ligne de tramway qui passe en contre-bas du mont Gros. L’observatoire américain, qui est aujourd’hui terminé, se trouve sur un terrain de deux hectares et demi, entouré lui-même par un immense terrain de plus de 500 hectares appartenant à 1 État de Maryland; la ligne électrique la plus voisine en est à une distance de plus de 16 kilomètres. Les batiments ont été disposés un peu à la façon de ceux de l’observatoire d’L’trecht ; bien entendu, on n’a pas employé la moindre matière magnétique : les clous sont en cuivre, tout le métal dont on s’est servi est du laiton ; les socles des instruments sont faits d’un marbre qui a été éprouvé au préalable. Les murailles sont isolées au papier et à la sciure de bois, on a prévu des portes à tambours multiples pour qu’il ne se produise à l’intérieur aucunes variations de température.
- Théories sur l’origine du pétrole. — Les chimistes français et russes admettent, pour le pétrole, une origine inorganique; Berthelot et Mendeleeff, qui soutiennent cette théorie, supposent que l’huile s’est formée par la condensation sous la pression des gaz engendrés par l’action de la vapeur d’eau sur les carbures métalliques. Les géologues américains et allemands, au contraire, tiennent pour l’origine organique du pétrole. Les partisans de cette seconde théorie sont eux-mêmes divisés en
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- deux camps. Les Allemands attribuent au pétrole une origine purement animale : Kramer, par exemple, croit que le pétrole est formé par la décomposition, sous pression, au fond des lacs et de la mer, de la cire qui existe dans les cellules diatomiques; une sorte de terreau formé de squelettes de Bacillaricées existe en couches d’une énorme étendue dans toutes les régions où l’on rencontre le pétrole. Engler émet l’idée que le pétrole provient originairement de la décomposition sous-marine des cadavres de poissons. Il a tiré des gouttes de pétrole de bivalves fossiles dans le lias de Rothmasch. On peut admettre qu’il y a du vrai dans ces trois théories.
- Le « Prince Edouard i). — Le Prince Edouard est un superbe diamant trouvé en 1894 à Kimberlcy et qui, taillé à Amsterdam, pèse aujourd’hui 00 carats 1/4. On espérait qu’il pourrait figurer dans la couronne du roi d’Angleterre lors de son prochain couronnement; un syndicat anglais s’était même formé pour en faire l’acquisition et avait offert 57 500 francs d'arrhes au trust du diamant. Mais, comme d’habitude, les Américains avaient pris les devants. Une compagnie de New-York s’en était rendue acquéreur pour le prix de 500 000 francs payés comptant. On ne sait si ce diamant a été acheté par le milliardaire Morgan ou par son collègue Aston.
- Bains municipaux à Gond. — Nous avons jadis, à plusieurs reprises, signalé les établissements de bains publics créés dans plusieurs villes de France et de l’étranger: pour compléter ces indications, nous dirons aujourd’hui quelques mots des bains publics de Gand. Non seulement l’Administration des Hospices a ouvert au public, moyennant un tarif modeste réduit à 0fr,20 pour les personnes envoyées par le Bureau de Bienfaisance, des installations dépendant de l’Hôpital général, mais encore la municipalité exploite en régie un vaste établissement avec bains ordinaires, piscine, douches, créé jadis par une Société particulière. Le bassin de natation contient 10000 mètres cubes; il n’a pas moins de 56 mètres de long, et, ce qu’il y a peut-être de plus curieux, c’est qu’en hiver il est recouvert d’un plancher et que son emplacement est loué pour des fêtes et concerts. Le dimanche, le bain ne coûte pas plus de 0fr,15, y compris le linge. Dans 10 écoles communales, on a construit des cabines de douches à l’usage des élèves, et peu à peu on les rend accessibles au public ordinaire, moyennant ce même prix infime de 0,r,15. On vient de plus d’ouvrir un établissement de bains à ciel ouvert, alimenté par de l’eau de rivière filtrée et constamment renouvelée, formant un bassin de 89 mètres de long sur 40 de large et une profondeur maxima de 1m ,90, et, sauf deux jours exceptionnels, le prix du bain et du linge est encore de 0fr,15. La municipalité étudie encore l’établissement d’autres bains populaires ; on comprend que, dans ces conditions, l’habitude hygiénique du bain s’est développée dans la- grande agglomération belge.
- Le chemin de fer du Klondyke. — La première section du chemin de fer du Klondyke, commencée en 1898, a été achevée cet été. Elle va du port de Skagwav au lac Benett par le White Pass, franchissant ainsi la partie la plus difficile de la route de Dawson. Les obstacles ont été considérables, mais on a trouvé une main-d’œuvre abondante parmi les mineurs déçus et ruinés dans la recherche de l’or. Cette section de voie ferrée est de 177 km; il en faudra construire encore 720 pour arriver jusqu’à Dawson, mais les difficultés ne sont pas à comparer avec celles qui viennent d’être vaincues.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 21 octobre 1901.
- Présidence de M. Bouqdet de la Grye.
- Découverte d'un gisement de fossiles. — M. A. Gau-drv présente de la part de M. Depéret, professeur à la. Faculté des sciences de Lyon dont il est le doyen, une Note relative à des fossiles provenant d’un gisement nouvellement découvert à Robiac, près de Saint-Mamert (Gard). Les pièces extraites de ce gisement sont dans un état de conservation admirable; elles appartiennent à l’àge du calcaire grossier parisien. M. Depéret en a fait don à la Faculté des sciences de Lyon. On y voit des ossements provenant du grand lophiodon appelé rhinocerodes, cinq têtes étonnamment intactes de lophiodon isselensis, de beaux échantillons de deux espèces de paloplotherium, de pachynolophus, à'anchilophus, d'hyopotamus. C’est, ajoute M. le professeur Gaudry, la plus importante collection de débris, remontant à l’époque précitée, qu’on ait rassemblée jusqu’à ce jour. Les fouilles de Robiac ont, en outre, un intérêt tout particulier à cause de l’intégrité des pièces mises au jour, intégrité qui permet de bien établir des types curieux et très imparfaitement connus; elles sont spécialement intéressantes pour le géologue parisien parce qu’elles lui montrent ce qu’a été réellement le lophiodon cité comme le fossile le plus caractéristique de notre calcaire grossier. M. A. Gaudry expose ensuite une autre découverle paléontologique faite sur le territoire delà république de San Marin par les ouvriers qui creusaient le sol pour l'installation du bâtiment de la régence. Le squelette mis au jour est cette fois celui d’un cétacé de la famille des baleines, l’aulocelus Balenoptera San Marinensis. On a pu voir à l’Exposition universelle de 1900 un moulage de la tète de ce cétacé ; ce moulage est aujourd’hui au Muséum de Paris. En 1900, la tète à peine se trouvait dégagée du calcaire miocène dans lequel le squelette est inclus; depuis cette époque M. le sénateur Capellini, géologue distingué, a pu, grâce aux subsides du gouvernement Italien, achever l’extraction des restes de l’animal. Ce gros travail a été mené à bonne fin et le squelette bien préparé forme une des curiosités du musée paléontologique de Bologne.
- Varia. — MM. Lortet et Hugounenq adressent une Note sur les poissons momifiés de l’ancienne Égypte.
- __^ ^___ Ch. de Vii.ledeuil.
- DESSECHEMENT DU ZUIDEKZÉE
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- Après bien des hésitations et des études diverses, voici qu’enfin le Parlement hollandais vient d’être saisi d’un projet gouvernemental ayant pour but le dessèchement partiel du Zuiderzée; la Gazette de Lausan ne a publié à ce sujet une correspondance de La Haye qui précise les conditions dans lesquelles s’exécuterait l’important travail dont il s’agit. Le projet est bien plus radical que ceux dont il avait été question jadis, en ce sens qu’on ne rattacherait point à l’ile d’Urk les digues de dessèchement : c’est, en effet, la plus grande portion du Zuiderzée qui sera isolée de la mer du Nord et qui, sous le nom de Ysselmeer, formerait à nouveau le lac que les An-1 ciens connaissaient sous le nom de Flevo. Deux j digues seraient construites : l’une partirait de la
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- LA NAT LUE.
- pointe Sud-Ouest de Elle de Wieringen, à l’est du llelder, et aboutirait à Ewijicksluis, dans la province de Nord-IIollande; tandis que l'autre, partant de la pointe nord-est de la même île, se terminerait au petit village de Eiam, dans la Frise, entre Stavoren et Harlingen. Les deux digues représenteraient un développement de 50 km, leur hauteur serait de 5m,40 pour une épaisseur au faite de 2 mètres; leur massif de pied permettrait du reste d’établir une route et une voie ferrée. L'écoulement des eaux de l'Ysselmeer se ferait par des écluses de 500 mètres, construites à la pointe de Elle de Wieringen. La superficie de cette Ysselmeer serait de 5600 km2, mai^ elle sera réduite à 1450 parce qu’on y créera quatre folders (bons à mettre en culture immédiate).
- Lien entendu, les pécheurs de Zuiderzée seront privés de leur industrie par cet endiguement, et le gouvernement compte leur donner comme indemnité des embarcations pouvant tenir et pécher sur la mer du Nord. On compte que les travaux demanderaient trente-trois ans pour être menés à bien ; le prix en serait de 189 millions de florins, soit plus de 59G millions de francs. On procéderait comme de juste graduellement ; la grande digue serait terminée au bout de neuf années; on. continuerait par le dessèchement des polders delloorn (dans le sud-ouest, au-dessous de l’Enkhinzen) et de Wieringen (près de Elle du même nom), dès que le Zuiderzée serait fermé, et l’on poursuivrait peu à peu jusqu’à achèvement définitif du travail entrepris. P. Laret.
- APPAREILS À TRACER LES C0URRES
- On a bien souvent besoin, dans les ateliers de dessinateurs, dans les bureaux de projets des Compagnies de construction ou autres, de reporter sur le papier des courbes plus ou moins irrégulières qu’il est impossible de tracer au compas % On a imaginé divers dispositifs de règles flexibles pour ces tracés, et un constructeur de Londres, M. Brooks, vient d’en inventer trois types tout à lait nouveaux qui nous semblent pouvoir rendre de réels services.
- L’une de ces règles est entièrement faite de celluloïd (cette matière flexible qu’on emploie à tant
- d'usages); elle porte latéralement, soudés à elle et disposés de manière à pouvoir s'appliquer sur le papier quand la règle est placée verticalement pour un tracé, cinq petits anneaux sur lesquels viennent s’appuyer les doigts. On comprend que, grâce à eux, on peut, d’une main, maintenir la règle suivant une courbure quelconque, tandis que l’autre main conduit la plume ou le crayon le long de la règle pour tracer la courbe.
- La deuxième des figures ci-jointes montre une règle analogue, mais quelque peu plus compliquée ; ici la lame llexible est une bande d’acier ; par des anneaux latéraux lui sont attachées des lames plates, qui forment dans leur ensemble comme une chaîne ; la courbure de, la lame d’acier résulte de la position relative de ces chaînons plats successifs. Du reste, les articulations des maillons sont à frottement dur, si bien qu’une fois qu’on a donné une courbure
- quelconque à la bande métallique, elle la garde jusqu’à ce qu’on fasse l’effort nécessaire pour la modifier. On a donc ainsi un véritable gabarit qui permet de tracer deux courbes symétriques de part et d’autre d’un même axe, en les renversant ou non.
- Signalons enfin un troisième type d’appareil qui, bien qu’analogue, est plus compliqué et plus perfectionné. Ici la lame plastique (si on veut nous passer ce mot) le plus souvent est en bois, parce qu’elle est de plus grandes dimensions et n’a pas besoin d’autant de flexibilité ; elle est rattachée en une série de points, par des articulations, avec des tiges métalliques carrées qui peuvent glisser dans des douilles métalliques, en faisant faire à la lame de bois des concavités ou des convexités plus ou moins accentuées. Les douilles sont du reste fixées sur une tige métallique droite, qui forme comme le châssis de l’instrument, et qui permet de plus de rapporter la courbe à un axe longitudinal. On comprend qu'ici encore, comme dans le cas précédent, l’appareil peut se renverser pour le tracé d’une courbe symétrique.
- Ces trois petits appareils nous ont semblé intéressants à signaler. D. B.
- Le Gérant : P. Masson.
- Règles flexibles diverses jioui' le tracé des couibes
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- 2 NOVEMBRE 1901.
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- CANON DE CAMPAGNE A TIR RAPIDE
- MODÈLE 1901, DE LA MAISON KHUPP
- La célèbre usine Krupp, d’Essen, qui, pendant de si longues années, avait été à la tête de la fabrication des canons et du matériel de guerre, au point que son ancien directeur avait pu prendre à juste titre le surnom de « Roi du canon », l’usine Krupp, disons-nous, s’est laissé devancer par des rivaux plus actifs et plus entreprenants : le Creusot et Saint-Chamond en France, Vickers en Angleterre ; il n’est pas jusqu’en xVllemagne, où la maison Ehrardt ne fasse les progrès les plus rapides.
- Krupp a eu le tort de vouloir trop agrandir le cercle de ses opérations ; il s’est lancé dans la construction des navires de guerre et de comfnerce; il a même fait des ‘affaires de banque avec certains gouvernements, la Turquie entre autres, et l’artillerie en a souffert grandement.
- Cependant, quand on a eu la gloire d’avoir été le premier à produire des canons en acier, et que c’est à cette initiative hardie que lurent dus les foudroyants succès allemands de 1870, on se doit de ne pas se désintéresser de la question balistique. Aussi, devant l’adoption, qui parait aujourd’hui définitive, de l’artillerie à tir rapide par les armées en campagne, la maison Krupp a-t-elle cru devoir procéder à la fabrication d'une arme de ce genre.
- Cette pièce est actuellement en essai dans l’artillerie allemande, conjointement avec une autre, celle de la maison Ehrardt, au sujet de laquelle nous avons précédemment donné quelques renseignements1. C’est entre ces deux bouches à feu que la question se videra de savoir celle qui devra être définitivement adoptée pour l’armée de la Confédération allemande.
- La maison Krupp tient aussi secrète que possible la construction de son nouveau canon ; on a pu néanmoins réunir quelques renseignements, bien incomplets, il est vrai, mais néanmoins suffisants pour en donner quelque idée. La pièce est en acier et du calibre de 75 millimètres. Elle est munie de la fermeture à coin. Le principe, sur lequel elle est établie, est celui adopté universellement : le canon recule
- 1 Yoy. il® 1478, du 21 septembre 1901, p. 257.
- 29e anm'e. — 2e semestre.
- sur un berceau, et l’affût, prenant son point d’appui sur une bêche de crosse fixée dans le sol, reste immobile. Le recul du canon produit son action sur un frein hydraulique, qui a pour effet d’en diminuer l’ampleur, et sur un ressort récupérateur qui, par sa détente, ramènera la pièce à sa position primitive. Le ressort récupérateur serait constitué, paraît-il, par un ressort à boudin entourant le cylindre de frein, et il y aurait un dispositif composé d’une poulie mobile et d’un câble métallique dans le but d’en réduire la longueur. Le berceau reposerait par deux tourillons sur un pivot fixé dans l’affût, de sorte qu’il serait possible de changer, dans une certaine mesure, la direction du tir sans se trouver dans l’obligation de déplacer l’affût, déjà ancré dans le sol.
- La bêche de crosse serait à rabattement et faite de façon à offrir une grande surface d’appui sur le sol
- afin d’empêcher tout dérapage. Deux sièges pour les servants sont installés sur l’essieu, ou de chaque côté de la pièce ; ils ont pour objet d’alourdir l’affût du poids de ceux qui les occupent afin de donner plus de stabilité au système. Aucun masque, jusqu’à présent, n’a été adopté, comme cela a eu lieu pour le canon français. Les charges sont constituées par des cartouches.
- Les seuls renseignements numériques connus au sujet de cette nouvelle bouche à feu sont les suivants : poids de la pièce seule, 577 kg; poids de l’affût, 585 kg; poids de l’obus, 6ks,500. La vitesse initiale du projectile est de 500 mètres par seconde.
- Les essais entrepris au polygone d’Essen auraient fourni des résultats satisfaisants tant au point de vue du fonctionnement du matériel qu’à ceux de la rapidité du tir et de la justesse. (Jn aurait tiré 20 coups consécutifs le plus vite possible sans rectifier en rien le pointage et ce tir n’aurait pas exigé plus de 22 secondes de durée, ce qui équivaut à une vitesse de 23 coups à la minute. De plus, le relevé des points de chute, obtenus à une distance d’environ 5000 mètres, aurait donné lieu à un rectangle comprenant tous les coups dont les dimensions n’auraient pas excédé 20 mètres en largeur et 100 en longueur. Il est évident qu’une telle pièce aboutissant à de semblables résultats ne peut être considérée qtte comme étant d’une qualité supérieure. II semble cependant
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- que la bouche à feu Ehrardt fournisse des résultats tout aussi satisfaisants. Le gouvernement allemand va donc probablement se trouver on ne peut plus embarrassé pour fixer son choix. Le bruit court qu’il se tirerait d'affaire en n’adoptant ni l’une ni l’autre; il se bornerait à modifier le canon actuellement réglementaire. L'-Colonel Delauney.
- ACTION PHYSIOLOGIQUE DE L’EAU DE MER
- SUR LES POISSONS D’EAU DOUCE
- Est-il possible de faire vivre des poissons d’eau douce dans l’eau salée et sursalée ? Cette question, d’un grand intérêt scientifique, revient à examiner l’action physiologique de l’eau plus ou moins chargée de sels sur les espèces plus spécialement adaptées aux eaux douces. Elle a déjà fait l’objet de recherches très intéressantes de la part de P. Bert, de Plateau, de Regnard, de Richet, etc., et tout récemment encore elle a été reprise à la Société de Biologie, par M. Cololian. On sait que toute une série de poissons d’eau douce, tels que l’Anguille, vont frayer à la mer: ces espèces sont dites « catadromes » ; d’autre part M. L. Cuénot nous apprend que le Brochet, qui est pourtant une espèce d’eau douce par excellence, a été péché dans l’océan Glacial et dans les lagunes de l’Adriatique. Brchm et le l)r Sauvage constatent que « l’on trouve la Carpe dans la mer Caspienne et dans ses affluents, en quantités considérables, car elle s’accommode parfaitement des eaux saumâtres ».
- 11 n’y a qu’un nombre limité d’espèces qui peuvent passer impunément de l’eau douce dans l’eau salée, la grande majorité s’y refuse absolument et il semble y avoir, pour chaque espèce, un point critique qu’elle ne peut guère dépasser. 11 est probable, dit à ce sujet M. Cuénot, que les espèces, d’ailleurs peu nombreuses, qui vivent à la fois dans les eaux douces et salées, ont un protoplasma résistant qui peut perdre ou regagner du sel sans se désorganiser ; il ne doit pas en être de même pour celles qui sont localisées dans un milieu donné.
- M. Cololian, dans ses expériences, a pris comme critérium la vie de l’animal pendant vingt-quatre heures dans le milieu considéré, car il a constaté, avec M. Ch. Richet, que le poisson peut indéfiniment s’acclimater au milieu où il a vécu vingt-quatre heures. Ses expériences ont porté sur des poissons pesant 20 à 100 grammes, et à la même température 10 ou 18°.j
- Avant mis des Carpes, Tanches et Gardons dans de l’eau additionnée de chlorure de sodium, cet expérimentateur est arrivé aux résultats suivants :
- Avec 10 grammes . . . survie.
- — 11 — ... —
- — 12 — ... — mais très malade.
- — 15 — ... mort.
- M. Cololian fixe le point critique à 12 grammes *.
- Nous avons voulu contrôler ces expériences, tout au moins en partie, car nous n’avons pu nous procurer que des Gardons du poids de 00 à 150 grammes.
- « Immédiatement » après sa sortie de l’eau douce, un Gardon, placé dans l’eau additionnée de 11 grammes de
- ' Les poissons de mer supportent sans inconvénients d’énormes quantités de chlorure de sodium. L’eau de mer contient de 20 à 31 grammes, par litre, de chlorure de sodium, et, d'après les expériences de M. Richet, la limite de toxicité de ce 'sel est de 40 grammes, lesquels, ajoutés aux 31 ^grammes de chlorure de l'eau de mer, (tonnent le chillre de 71.
- chlorure de sodium, est mort après 24 heures. Un autre Gardon, à peu près du même poids, placé dans cette même eau, salée à 11 de chlorure de sodium, cinq minutes après sa sortie de l’eau douce, a parfaitement vécu.
- D’autre part, ayant mis plusieurs Gardons, immédiatement après leur sortie de l’eau douce, dans de l’eau additionnée de 4 grammes de chlorure de sodium, ils s’y sont parfaitement comportés. Nous avons ajouté successivement « 1 gramme » de sel tous les trois jours en divisant cette dose en trois portions quotidiennes, et nous sommes arrivé ainsi à faire vivre ces poissons dans de l’eau contenant « 14 grammes » de chlorure de sodium. Bar contre, avec 15 grammes ils sont morts au bout de 7 heures.
- De ces expériences, il résulte que l’adaptation se fait bien plus facilement lorsqu’on procède graduellement, puisque nous avons pu passer de 5 grammes à 14 grammes, en l’espace de « vingt-sept jours », dépassant ainsi de 2 grammes la lùnite critique fixée par M. Cololian.
- Ces résultats confirment ceux obtenus par Regnard, qui a réussi à faire vivre une Carpe dans une eau renfermant 5 pour 100 de sulfate de magnésie (il n’y en a que 2,5 pour 100 dans l’eau très salée de la Méditerranée), et une autre dans de l’eau contenant 4 pour 100 de sulfate de soude, sel qui ne se trouve pas dans la mer1.
- D’après Brelim et Sauvage, l’Écrevisse à pieds rouges, indigène des cours d’eau affluents de la Baltique, est assez souvent capturée par les pêcheurs Livoniens, dans la mer, à une grande distance des côtes. D’après Huxley, l’Écrevisse à larges pieds (Astacus pachypus) se rencontre également dans la mer Caspienne et dans les eaux saumâtres des estuaires du Bug et du Dniester. Alü. Larbalétriek.
- L’ÉTHÉRISATION DES PLANTES
- EN CULTURE FORCÉE
- Une des phases, je dirai même une des règles les plus importantes et les plus critiques de la culture forcée en première saison est l’état de la végétation des sujets que l’on soumet au4orçage.
- Il est absolument nécessaire, et cela est reconnu depuis longtemps, que la végétation soit complètement arrêtée et que les végétaux soient nettement -entrés dans la période de repos, si l’on veut obtenir des résultats favorables, c’est-à-dire que ces végétaux fleurissent convenablement. Si cette condition n’est pas observée, malgré les meilleurs procédés de forçage utilisés : un matériel perfectionné, une mise en végétation normale et des soins rationnels, les plantes développent bien des feuilles, mais les boutons avortent aussitôt.
- On attend donc, en pratique, qu’une petite gelée ait fait tomber les feuilles, en préparant et en provoquant même cet arrêt de végétation. A cet effet on arrache les arbustes de très bonne heure et on les laisse entièrement exposés à l’action de l’air.
- Il est possible d’avancer en septembre cette période de repos, qui n’existe en fait qu’à partir du mois de novembre, en plaçant les plantes dans un appareil frigorifique, ou dans une glacière. Mais il faut
- 1 Les eaux fortement salées du golfe de Cara Boghoz, dans la mer Caspienne, ne contiennent pas d’animaux ; d'après Reclus, les Poissons qui v sont entraînés par les courants y deviennent aveugles au bouï de quelques jours, par suite de l’action du sel sur le cristallin.
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- compter avec les insuccès de cette opération : les rameaux étant en pleine végétation sont gontïés de sève et risquent fort, par cette brusque transition du chaud au froid, que la congélation en fasse craquer les tissus et, par conséquent, rende tout forçage impossible.
- Ce repos anticipé ne peut donc être tenté qu’au-tant qu’à ce moment la circulation de la sève est peu active, par suite de la sécheresse.
- Et puis, d’ailleurs, cette façon d’opérer n’est applicable que si l’on possède une glacière ou des appareils frigorifiques ne pouvant être installés que dans les grandes forceries de Heurs comme celles des environs de Paris, de Londres, de Berlin, de Hambourg et du littoral méditerranéen.
- En raison des demandes incessantes de fleurs que l’on veut avoir épanouies à contre-saison, des savants ont recherché les éléments qui, en dehors du froid, étaient susceptibles de provoquer un arrêt de végétation et les mêmes symptômes de repos. Après maints essais on a reconnu que l'éther avait une action toute particulière, car il produit une très grande accélération des fonctions vitales et est susceptible de modifier l’évolution végétative.
- En 1895, M. Johannsen, professseur à l’École supérieure d’agriculture Danoise, fit, à ce sujet, une communication des plus intéressantes à l’Académie royale de Copenhague et présenta, à l’appui de cette communication, des lilas épanouis à contre-saison, par suite d’un traitement à l’éther. 11 consigna plus tard les résultats de ses recherches et de ses expériences dans une brochure qui attira l’attention du monde horticole savant d’Allemagne. Les travaux du distingué professeur servirent de base à de nouveaux essais dont les résultats sont des plus concluants. D'après M. llolm, qui a repris les expériences de M. Johannsen, l’éther employé est l’éther sulfurique ou éther éthylique dont l’action anesthésique rentre dans le domaine de la médecine. Etant employé pour le traitement des plantes, ses propriétés résident en ce fait qu’elles semblent précipiter les combinaisons et échanges de matières nutritives et autres qui se trouvent dans les vaisseaux des plantes pendant la ])ériode de vie active, de mars à octobre, et d’arrêter la circulation de la sève.
- Si l’on place sous un Lilas, une Azalée, un Hortensia ou sous tout autre arbuste, consommant une certaine quantité d’eau, une fiole d’éther, il se produira le fait suivant : les vapeurs de ce liquide très volatil en enveloppant les rameaux de l’arbuste feront faner les feuilles, en activeront peu à peu la végétation qui, à un moment donné, s’arrêtera comme sous l’action du froid. Dans ces conditions l’éther abrège la période végétative et produit Sensiblement le même effet que les premières gelées qui font jaunir et tomber les feuilles et interrompent la circulation de la sève dans les parties aériennes.
- Du moment qu’un arbre, un arbuste, quelle que soit la cause qui a arrêté la circulation de la sève, perd ses feuilles dans le courant de l’été, ses rameaux de l’année, d’herbacés qu’ils étaient, se ligni-
- fient, s’aoûtent comme l’on dit en pratique ; ce fait se remarque fréquemment lors des années de sécheresse. Pour peu qu’avec la fin d’août ou le commencement de septembre corresponde une période pluvieuse^ les bourgeons qui, enserrés dans les écailles, doivent normalement passer l’hiver ainsi et ne s’ouvrir qu’au printemps suivant, se développent à ce moment et produisent des fleurs et des feuilles. On observe ce fait sur les Lilas, et il est donné annuellement de voir les Marronniers des boulevards parisiens refleurir en août-septembre.
- Les causes qui déterminent l’arrêt anormal comme l’arrêt normal de la.végétation et, par conséquent, la période de repos qui est quelquefois relative, sont d’ordre interne; elles correspondent avec l’état extérieur de la température, puisque sur certaines plantes la sécheresse et la chaleur produisent, dans les pays chauds, le même effet que le froid dans nos contrées tempérées. Si la période de sécheresse en été, comme le froid au printemps, ont une durée plus grande, ils continuent à agir sur les bourgeons; ceux-ci, bien que^l’époque de repos soit virtuellement terminée, resteront néanmoins inertes. Que l’époque des pluies arrive ou que les froids cessent, ils s’ouvriront et se développeront. Dans ce dernier cas, les plantes, ou simplement les branches coupées et mises dans l'eau étant transportées dans une serre ou dans une pièce chaufïée, aidées par l’humidité, se développeront et fleuriront.
- C’est de juillet au commencement de septembre que les effets de l’éthérisation paraissent donner des résultats très appréciables. Ceux tentés en octobre paraissent avoir été moins concluants. -
- Voici comment il convient d’opérer pour faire subir aux plantes l’action de l’éther dans les meilleures conditions d’efficacité possible.
- D’abord, il faut faire l’éthérisation dans un milieu exempt d’humidité, en ayant soin que la terre des plantes, le sol sur lequel elles reposent soient parfaitement secs, ce qu'il est facile d’obtenir, en privant les plantes en pots d’arrosages pendant quelques jours, et en exposant au soleil les mottes de celles qui ont été arrachées dans le jardin. On sait, en effet, que l’humidité absorbant l’éther, ce produit pénétrerait jusqu’aux racines qu’il pourrait endommager et son action se trouverait de plus diminuée parce que les vapeurs seraient en partie neutralisées.
- On place donc les plantes dans une pièce ou mieux dans une caisse qui peut être parfaitement close, dont la température ne doit pas être inférieure à 17° ou 18°. L’éther est versé du dehors dans un récipient suspendu à l’intérieur, en fermant avec soin l’ouverture afin d’éviter la déperdition des vapeurs au dehors de la caisse. Cela doit être fait le jour, car on ne doit pas oublier que ces vapeurs sont éminemment inflammables.
- Quant à la quantité d’éther à utiliser, on a évalué que quatre cents grammes suffisaient pour un mètre cube d’air. La durée d’exposition des plantes à l’éthérisation est d’environ cinquante heures. Ce
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- temps suffit amplement, caron a remarqué plusieurs lois que les bourgeons se gonflaient et commençaient à pousser, tant l’action est rapide.
- Aussitôt sorties de la caisse les plantes sont mises en serre chaude, arrosées et traitées comme on a coutume de le faire pour les autres. Elles poussent et fleurissent plus rapidement que celles forcées par les procédés ordinaires, ce qui se conçoit aisément, puisque le temps qu’elles mettent à entrer en végétation, dans ce dernier cas, n’existe pas par suite de l’action de l’éther.
- M. Johannsen a fait épanouir normalement, pendant la première quinzaine de septembre, des Lilas éthérisés un mois auparavant, et M. Franz Ledien, directeur du Jardin botanique de Dresde, a présenté, dans les premiers jours de décembre dernier, des
- Lilas parfaitement fleuris et couverts de feuilles, alors que les bourgeons de ceux forcés sans avoir été soumis à l’action de l’éther ne s’étaient même pas entr’ou verts. Il en a été de même pour des Boules de Neige qui, le 14 décembre, étaient épanouies tandis que les bourgeons de celles qui n’avaient pas été éthérisées n’avaient pas encore bougé. D’autre part, un des grands forceurs hambourgeois, M. Seyderhclm, a obtenu des résultats analogues qui lui fout considérer cette découverte comme devant modifier totalement la pratique ordinaire du forçage des arbustes à feuillage caduc.
- C’est qu'en effet, en plus de la faculté que l’on aura de limiter la période végétative et faire fleurir des arbustes dès que les bourgeons qui contiennent les rudiments des fleurs seront entièrement lormés,
- Yiburnum tomentosum plwalum ; ïi gauche, sujet soumis à l’action de l’éther et fleuri après 12 jours de forçage ; à droite, sujet non soumis à l’action de l'éther, étant au même point après 12 jours de forçage.
- l’éthérisation abrégera considérablement la durée du forçage des arbustes entrés dans la période de repos et qui seront traités, ainsi que l’a fait le professeur Franz Ledien. Ce sera également, une révolution dans la production des fleurs coupées et des plantes en pots, puisque cela permettra d’intervertir davantage l'ordre des saisons, de produire plusieurs séries successives de fleurs avec le même matériel et sans plus de dépense de calorique.
- Mais, ces résultats ne peuvent être obtenus, quant à présent, que pour les végétaux dont les fleurs, s’épanouissant naturellement au printemps, naissent sur le bois de l’année précédente et se trouvent, dès le mois de juillet, à l’état latent dans leurs enveloppes. Ce sont les arbustes de cette catégorie : Azalée molle et Azalée pontique, Spirée, Roule de Neige, Faux Pistachier, Lilas, Xanthoceras, Deutzia, Prunier, Glycine, Pivoine en arbre, etc., qui ont
- été soumis aux expériences et qui ont donné les résultats que nous signalons.
- Nous n’avons pas connaissance que les forceurs, pourtant si habiles, des environs de Paris, aient tenté de semblables essais; mais nous devons l’hiver prochain, avec un des plus grands forceurs parisiens, faire quelques expériences de ce genre avec l’éther, et des produits ayant des propriétés anesthésiques équivalentes, sur les arbustes de la catégorie dont nous parlons plus haut et sur les Rosiers. Qui sait si cette découverte, pleine de conséquences pour l’avenir, n’est pas susceptible de favoriser le forçage des arbres fruitiers en pots et notamment celui de la Vigne, du Cerisier et des autres arbres à fruits à noyaux que l’on ne peut mener à bien qu’après l’arrêt absolu de la végétation et un repos parfaitement déterminé. Albert ALujiem';.
- ___a. ___ Professeur <1 Horticulture.
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- LAMPE A ALCOOL ET POSTE DE PROJECTION DU MIROGRAPHE
- Les projections photographiques, qui ne sont qu’un perfectionnement de l’antique lanterne magique, ne peuvent être satisfaisantes (pie si l’on dispose d’une salle bien obscure, d’un bon écran et d’une bonne source de lumière.
- Le premier point est facile à réaliser en général, car c'est le plus souventdans la soirée qu’on se livre à ce genre de distraction ; mais l’écran laisse souvent à désirer. Si l’on opère par réflexion, il est généralement trop transparent et si l’on opère par transparence il
- est presque toujours trop opaque. Dans le premier cas, c’est-à-dire quand les spectateurs sont placés
- Fig. 1. — Lanterne du mirographe de JIM. Reulos et Gondeau disposée pour l’emploi de la lampe à incandescence par l’alcool.
- à ces inconvénients en mouillant l’écran, mais c'est une complication. L’amateur, qui n’a pas besoin de faire grand, et se contente facilement d’une image
- de lm,50 de coté, emploiera de préférence le papier dioptrique qui se fabrique en longueur indéfinie, mais ne dépasse pas cette dimension de •lm,50en largeur.
- Cette question des écrans est surtout importante quand on n’a pas un puissant éclairage comme l’arc électrique et qu’il faut utiliser toute la lumière dont on dispose. Les lampes qui donnent de bons résultats, en dehors de l’électricité et de la lumière oxhydrique, ne sont pas nombreuses, surtout quand on
- entre l’écran et la lanterne, un mur blanc est ce qu’on peut rêver de mieux ; une toile de lin ou de coton, nappe de table ou drap de lit, laisse passer beaucoup plus de lumière qu’on ne croit et c’est autant de perdu pour le spectateur; une toile peinte à l’huile au blanc de zinc ou de céruse forme un excellent écran.
- Dans le cas où le spectateur doit voir par transparence, c’est-à-dire quand c’est l’écran qui se trouve entre lui et la lanterne, c’est le verre dépoli ou le papier dioptrique (papier à calquer) qui donnent les meilleurs résultats. Pour les grandes dimensions ils sont inapplicables ; on se contente alors d’une toile fine qui présente comme premier inconvénient de laisser voir la lanterne au travers du tissu pour le spectateur placé dans le voisinage de l’axe de l’objectif. Ensuite, si fine que soit l’étoffe sa transparence laisse toujours à désirer. On remédie en partie
- veut avoir une lanterne pouvant s’installer n'importe où, ce qui est le plus souvent le cas de l’amateur. Aussi, pensons-nous lui être utile en signalant ici la disposition adoptée par MM. Reulos et Goudeau pour leur poste de projections animées avec le mirographe, appareil que nous avons décrit dernièrement1.
- Leur lanterne (fig. 1 ) est disposée de façon à recevoir la lampe à arc, le chalumeau oxhydrique ou oxyéthérique, mais quand l’électrioité et le gaz font défaut ils se servent du manchon Auer porté à l’incandescence par un chalumeau à alcool. II y a déjà, depuis un certain temps, des lampes d’appartement basées sur ce principe, mais on aurait tort de croire que leur intensité lumineuse peut être utilisée complètement dans une lanterne à projections. Ce qu’il faut dans ce cas c’est un manchon très petit,. 1 Yoy. n° 1438.rdu 15 (lémnhrc 1900, p. 43.
- Fig. 2. — Lampe à incandescence par l alco<d disposée pour lanterne à projections.
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- donnant un point très brillant et de peu d’étendue qui puisse être placé au foyer du condensateur; toute lumière émanant des autres points est inutile.
- C’est ce qu’ont fort bien compris MM. Reulos et Goudeau en faisant disposer leur lampe (fig. 2). Le réservoir est plat et muni d’un rebord qui s’adapte à la coulisse de la lanterne; le chalumeau est disposé de façon à supporter un très petit manchon qui donne un point très brillant, dont on peut augmenter encore l’éclat en donnant une légère pression au moyen d’une poire en caoutchouc s’adaptant sur le bouchon de remplissage. L’allumage se fait très facilement en versant un peu d’alcool dans la gouttière circulaire placée vers le haut du chalumeau; au bout d’une à deux minutes celui-ci fonctionne et l’incandescence se produit. On introduit alors la lampe L dans la lanterne (fig. 1 ) et on fait varier sa distance au condensateur C jusqu’à ce qu’on obtienne le maximum d’éclairage de l’image placée dans le mirographe M, fixé sur la même planchette à distance convenable de la lanterne et muni d’un objectif R à grande ouverture. Quand on constate sur l’écran que l’éclairage est bien uniforme on augmente l’intensité en pressant deux ou trois fois sur la poire en caoutchouc, ce qui suffit pour maintenir la pression pendant un temps plus que suffisant pour faire passer la bande.
- Dans ces conditions, on peut faire n’importe où des projections animées et, surtout si l’on se sert d’un écran transparent, la lumière est très suffisante; l’alcool présente sur le pétrole le grand avantage de ne pas donner de fumée ou de mauvaise odeur. Ainsi disposé de façon à le rendre très portatif et d’un maniement très simple le poste de projection du mirographe constitue un appareil très pratique à la portée de tous. G. Maheschal.
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- LA PÊCHE DES ÉPONGES
- L’éponge, objet de toilette presque universellement employé, constitue une des richesses de la Méditerranée : pour ne citer qu’un chiffre, elle donne lieu, dans le seul port de Sfax, à un mouvement annuel d’affaires d’environ trois millions de francs. Malheureusement, les bancs où on la récolte s’épuisent tous les ans et leur importance décroît sans cesse. Cette déchéance provient évidemment d’une pêche trop intensive et mal réglée. Un coup d’œil sur ce point ne sera pas sans intérêt ; nous allons le faire brièvement en suivant un travail que M. L.-G. Seurat vient de présenter à la Société d’acclimatation.
- Dans l’archipel ottoman, la pêche est effectuée par les habitants de certaines îles qui frètent des barques appelées « scafi », jaugeant en moyenne dix tonnes, et montées par sept hommes, dont trois, payés à la journée, sont occupés à ramer, et quatre qui pèchent et s’en partagent le produit. Dans les endroits où les éponges ne sont pas très profondes, on se contente de les couper, sans quitter la barque, avec un trident à lames tranchantes et munies d’un fdet : les échantillons ainsi récoltés sont toujours plus ou moins détériorés et leur texture est, d’ailleurs, toujours plutôt grossière. Les éponges fines
- vivent à une profondeur plus grande. Ce sont des plongeurs presque entièrement nus qui vont les chercher. Pendant que ses camarades se reposent, un des pêcheurs plonge la tète la première et active sa descente à l’aide d’une grosse pierre, attachée à une longue corde, dont l’extrémité est amarrée au bateau. Les éponges sont détachées du rocher auquel elles adhèrent à l’aide d’un couteau à forte lame et mises dans un filet ; le filet rempli d’éponges, la pierre à plonger et le plongeur sont ramenés à la surface par les hommes restés dans le bateau. Cette pèche donne de bons résultats en ce que les plongeurs ne prennent que les plus beaux échantillons et laissent les plus petits se développer. Elle est, par contre, très pénible et les hommes reviennent toujours à la barque plus ou moins asphyxiés, et cela malgré un long entraînement. Dans ces derniers temps, on a essayé l’emploi du scaphandre qui, naturellement, a donné des résultats très supérieurs : mais il demande une mise de fonds considérable et rencontre l’hostilité des indigènes auxquels il vient retirer le pain de la bouche. Il faut aussi savoir bien s’en servir ; si l’on sort trop brusquement de l’appareil, on contracte une fluxion de poitrine : de très nombreux cas se sont ainsi produits et ont jeté sur l’engin un certain discrédit. Sur les côtes de Syrie se récoltent principalement les éponges fines et de taille moyenne. Les éponges communes viennent plutôt des côtes d’Afrique.
- La pêche des éponges en Tunisie donne lieu à un important commerce d’exportation dont le centre est à Sfax. Cette pêche a lieu dans le golfe de Gabès, dans le voisinage de l’île de Djerba et des îles Kerkennah ; la saison commence en octobre et finit en fin janvier; durant les autres mois de l'année, les lieux où se trouvent les éponges sont couverts de masses compactes d’algues ; les tempêtes de novembre et de décembre ont pour effet d’enlever celles-ci en sorte qu’il est alors possible d’explorer les fonds spongifères. La pêche est presque entièrement entre les mains des étrangers : Grecs, Maltais, Italiens qui, l’heure venue, envahissent littéralement le golfe de Gabès, au nombre d’environ cinq mille, montés les uns sur leurs scolèves, forts et élégants bateaux^ de pèche construits pour tenir la mer, les autres sur de lourds tartanes ou d’énormes « skounafs » de quatre-vingts tonneaux venant des Cvclades. Les scolèves pèchent à l’aide de la gangava, qui est une sorte de chalut semblable à celui des pêcheurs de nos côtes ; la gangava est constituée par un filet en corde, à larges mailles, formant une poche profonde de deux à trois mètres, qui vient s’enverguer sur un cadre long de six à douze mètres, dont l’un des grands côtés, celui qui rase le sol, est formé d’une solide barre de fer, tandis que l’autre est une pièce de bois qui maintient l’appareil vertical lorsqu’il est en action. Un fort câble relie la gangava au bateau qui la remorque. Cet engin enlève tout sur son passage et arrache les éponges petites et grosses; les petites éponges passent à travers les mailles du filet et vont mourir au fond de la mer, étant arrachées à leur support. La pêche à la gangava est prohibée du 1er avril au 1er juin. Les Maltais et les Siciliens pêchent à l’aide du trident ou foëne, instrument muni de trois à cinq dents, fixé au bout de longs et forts bâtons; la foëne permet de pêcher par des fonds de dix à douze mètres au plus. Pour cette pêche, il est nécessaire de voir l’éponge au fond de l’eau : les pêcheurs se servent, à cet effet, du « miroir », qui est un cylindre creux en fer battu, de la forme et de la capacité d’un seau ordinaire, dont l’une des extré-
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- mités est fermée par une vitre; cet instrument remplace avantageusement l’huile que les pêcheurs jetaient autrefois à la surface de l’eau pour atténuer les rides qui en diminuent la transparence ; il suffit de l’enfoncer de quelques centimètres pour voir très distinctement le fond, jusqu’à des profondeurs de huit à dix mètres. Les pêcheurs utilisent de petites barques arabes, montées au plus par trois hommes, qu’ils louent pour toute la durée de la saison; l’un se tient aux avirons, l’autre en avant dans une échancrure du faux-pont, percée à cet effet, appelée trou d’hommes; ce dernier explore le fond de la mei à l’aide du miroir, se tenant ainsi immobile pendant des heures entières ; aussitôt qu’il aperçoit la masse sombre d’une éponge, il lance avec force le trident dont il est armé et d’un seul coup la détache et l’enlève. Les déchirures que cause l’usage du trident aux éponges n’ont pas une grande influence sur la valeur marchande de l’éponge tunisienne, dont le tissu est assez grossier. (L.-G. Seurat.)
- On a essayé, mais sans grands succès, de cultiver l'éponge artificiellement, en découpant les gros exemplaires en petits fragments et en favorisant la (( reprise » de ceux-ci. IIekri Cour in.
- LA LIQUÉFACTION DES GAZ
- La méthode des refroidissements successifs est classique maintenant pour la liquéfaction des gaz. Or le principe de cette méthode serait dù à Édelcrantz qui aurait eu le premier l’idée, vers 1820, de liquéfier l’air par ce procédé. Ce point intéressant est rapporté par Berzélius dans son Traité de Chimie, au chapitre du Calorique. Voici d’ailleurs le texte même de l’illustre chimiste :
- « Édelcrantz avait proposé, il y a quelques années, de condenser l’air dans un instrument particulier de son invention, afin de pouvoir ensuite le refroidir autant que possible, puis de lui permettre de le dilater, et de pousser ainsi le refroidissement presque à l’infini par le concours de plusieurs appareils se refroidissant mutuellement. Mais ce projet n’a point été mis à exécution. On a dit, dans ces derniers temps,* que Hutton, à qui l’idée d'Édel-crantz n’était assurément pas connue, avait réussi à produire, au moyen d’un appareil construit d’après des vues analogues, un degré de froid si considérable, que l’alcool, le seul liquide presque qu’on n’ait point encore pu solidifier, s’v était congelé. » (Berzélius, Traité de Chimie, traduction de Jourdan de 1829, page 98.)
- Ce passage nous paraît fort intéressant d’abord au point de vue historique. De plus, il semble établir que bien des progrès auraient été réalisés plus tôt en chimie, si les savants du temps des Lavoisier, Berthollet, Scheele, Fourcroy, Vauquelin, Dalton, etc., avaient eu entre les mains notre outillage moderne ; et il est même très probable que nos instruments de précision actuels n’auraient pas été déplacés entre les mains des Nicolas Flamel, des Raymond Lulle, de Kunckel et de tant d’autres du moyen âge. E. Varexne.
- ÉLÉVATEUR A CÉRÉALES
- On sait le développement prodigieux qu’a pris l’emploi des élévateurs à céréales et des greniers à silos dans les grands ports d’exportation, notamment aux États-Unis et en Russie (et malheureusement point du tout en France). Mais si ces constructions sont généralement de belles dimensions, elles ne peuvent certainement se comparer à
- celle que l’on achève d’élever, tout à fait suivant les principes ordinaires, à l’extrémité du Lac Supérieur.
- Cette installation gigantesque permet de décharger simultanément 18 wagons, 9 sur chacune des deux voies qui pénètrent sous le bâtiment et où les trains sont amenés par la traction funiculaire. Chaque wagon vient ainsi se placer devant une trémie en béton au fond de laquelle passent les courroies qui portent les godets destinés à recueillir le grain. Ces trémies sont larges de 6 mètres, ce qui leur permet de recevoir simultanément le contenu des deux wagons se trouvant sur chacune des voies, et elles se touchent pour ainsi dire toutes. Le déchargement des wagons et du blé en vrac qu’ils contiennent se fait au moyen de pelles automatiques. Le grain, suivant la coutume, est pris au fond des trémies et emporté au sommet du bâtiment, d’où il tombe dans les greniers, puis sur les balances. Et finalement, après avoir été repris un plus ou moins grand nombre de fois pour subir les nettoyages,
- 11 vient s’emmagasiner dans les silos. Une partie de ces derniers se trouvent sur une façade du bâtiment bordant un quai de chargement, et ils permettent de charger pour ainsi dire d’un seul coup un navire d’une capacité de 160 000 boisseaux.
- Les silos sont au total au nombre de 607 : ce sont des chambres cubiques de 28 mètres de haut, se terminant à leur partie inférieure par une trémie conique. La capacité de ces silos varie de 2000 à 1200 boisseaux.
- Tout l’élévateur est construit en excellent acier sur tôle; les charpentes et les moindres pièces sont enduites au moins d’une couche d’huile bouillie et de noir de fumée. Les magasins proprement dits sont montés sur des colonnes de plus de 12 mètres de haut. La construction dans son ensemble, et avec ses magasins pleins, pèsera 104 000 tonnes, et on a dù l’asseoir sur 4600 pilotis de
- 12 à 15 mètres de long enfoncés à refus. Dans le poids de la construction, il faut mentionner 10 000 tonnes rien que pour les cornières et profilés divers, et 400 tonnes pour les tôles. La contenance de cet élévateur monstrueux est de 3100 000 boisseaux; il est fait pour recevoir et décharger chaque jour 500 à 600 wagons ; il nettoiera et pèsera plus de 12 000 boisseaux à l’heure, et en pourra embarquer au moins 300 000 chaque jour. Bien entendu, toute la force motrice nécessaire est fournie par le courant électrique engendré dans une usine spéciale. L’élévateur en lui-même, et indépendamment de ses annexes, couvre un terrain long de plus de 410 mètres, large de 37, et il a une hauteur totale de 76 mètres. D. B.
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- PERCEUSE A AIR COMPRIMÉ
- Nous avons eu occasion de parler des appareils, ou plus exactement des outils à air comprimé, qui ont été créés pour la plupart en Amérique et qui commencent de se vulgariser un peu partout ; mais ceux que nous avons cités sont plutôt des marteaux de forme et de rôle variés, servant par exemple au maltage des tubes, au piquage des chaudières, ou commandant un ciseau et permettant la sculpture rapide, ou bien encore des machines à river, qui procèdent soit par martelage, soit par compression. Toutefois on applique maintenant la commande à l’air comprimé à d’autres genres d’outils, notamment à des instruments qui doivent prendre un mouvement de rotation, et nous voudrions en signaler un
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- qui est construit en Angleterre par la maison Ross de Glasgow, qui s’est fait une spécialité de ce matériel.
- Il s’agit d’une perceuse, mais d’une perceuse à main, qui peut se déplacer pour forer les trous sur place, en s’attaquant à toutes les substances suivant qu’on arme son porte-outil de telle ou telle mèche. Quand nous aurons dit que cet appareil comporte un moteur composé de trois petits cylindres oscillants, disposés de manière à former un angle de 120° les uns par rapport aux autres, et que l’on aura jeté un coup d’œil sur le dessin que nous en donnons, on comprendra rapidement le fonctionnement de cet appareil ingénieux. Chacune des trois tiges de piston agit directement sur une manivelle unique, qui forme vilebrequin par rapport au tube du porte-outil, et de la sorte il n’y a pas de point mort dans la rotation de l’instrument. Les cylindres ont une forme très spéciale que l’on voit dans le dessin, si bien que leurs trois logements affectent assez bien l’apparence d’un trèfle ù l’intérieur de l’enveloppe qui abrite tout le mé-canisme. Empressons-nous d’ajouter que l’on a prévu un engrenage réducteur de vitesse, pour que l’outil de perçage ne tourne pas à une allure exagérée.
- L’arbre de la manivelle s’étend du reste d’avant en arrière jusque dans la chambre de l’engrenage réducteur, chambre qui se trouve immédiatement en dessous du logement des cylindres; il pénètre même partiellement dans le porte-outil, qui lui sert ainsi de coussinet; fixé sur cet arbre de la manivelle est un excentrique sur lequel vient s’adapter un double engrenage. Celui-ci est en deux pièces, de façon qu’on trouve deux roues à dents droites de diamètres différents, mais solidaires l’une de'l’autre; la roue la plus
- grande de ce double engrenage engrène avec une roue fixe à denture intérieure attachée à l’enveloppe de l’outil, tandis que la petite roue engrène avec une autre roue, également à denture intérieure, disposée sur le porte-outil. Le double engrenage est libre de tourner sur l’excentrique, de sorte que, au fur et à mesure de la rotation de l’arbre de manivelle avec l’excentrique, chacune des dents du double engrenage
- est amenée successivement à engrener avec les roues à denture intérieure. On comprend que, en variant le nombre des dents des roues, on peut retarder de beaucoup le mouvement de l’outil par rapport à celui de la manivelle : généralement on dispose les choses de manière qu’il se produise un déplacement d’une ou deux dents durant chaque révolution complète : L’entrée de l’air comprimé, qui commande les pistons, se fait par un« des deux poignées horizontales qui se présentent sous l’aspect de tiges droites. Il pénètre naturellement par une soupape de régularisation, et il arrive dans la chambre qui contient
- le moteur. Ce sont les oscillations mêmes des cylindres qui ouvrent et ferment les orifices d’introduction ou d’échappement du fluide moteur. les orifices d’échappement consistent d’ailleurs tout simplement dans des petits trous communiquant avec l’atmosphère. Tout est fort simple.
- Pour diminuer les frottements, on a eu soin d’interposer un palier à billes au point où le porte-outil exerce sa poussée sur l’enveloppe de l’appareil.
- L’ensemble fonctionne très bien et assure un travail rapide avec un minimum d’effort; bien entendu, on a prévu sur l’arrière de l’instrument une vis qui permet de pousser tout l’outil en avant au fur et à mesure que se creuse le trou. J. Morat.
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- L’ÉCLAIR EN BOULE
- L’éclair en boule constitue une des plus curieuses manifestations de l’électricité. L’observation si inté-
- ressante communiquée par M. Yiolle, à une des dernières séances de l’Academie des sciences, a éveillé
- tig. 1. — Apparition d’un éclair en boule dans les Gorges du Loup, près de Nice. (Le trait blanc indique le trajet du météore.)
- de nouveau l’attention du monde savant et incité les physiciens de tous les pays à trouver la clef du mystérieux problème posé par la nature.
- Ainsi que l’a fait observer M. Darboux, on a peu d’observations récentes de ce phénomène dues à des savants. Il est évident que ces observations seraient du plus grand intérêt et aideraient, dans une large mesure, à la découverte de la vérité.
- C’est pour cela que je crois utile d’apporter ici le résumé d’un fait précis, dont mon père, M. Louis Otto, ingénieur, et trois personnes de ses amis, dont je pourrais citer les noms, ont été les témoins, il y a peu d’années, dans les gorges du Loup, au moment de la construction de la voie ferrée qui relie Grasse à Nice :
- « Le temps était à l’orage. De larges gouttes de
- pluie commençaient à tomber. Mon père et ses amis déjeunaient dans une des salles de Dhôtel des
- « Gorges-du-Loup », dont la fenêtre était ouverte. Soud ain, poussé par une rafale, un globe de feu de 20 centimètres environ de diamètre, pénétra dans la pièce où étaient les convives. Pareil à une bulle de savon légère, le globe de feu, se balançant doucement et paraissant flotter dans l'atmosphère, fit le tour de la pièce sans toucher à aucun objet (fig. 2). « Emporté par un courant d’air, il ressortit par la fenêtre, avant que mon père et ses amis, en proie à une émotion bien légitime, eussent pu essayer de fuir. L’apparition avait duré cependant 10 secondes.
- « Les convives suivirent du regard la boule mystérieuse. Chassée par le vent, elle franchit, en une
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- minute, la distance qui sépare l’hôtel des rochers à pic qui surplombent le torrent du Loup.
- « Une explosion formidable retentit, au moment où le météore heurta les rochers (fig. I ). Des grondements, pareils à ceux que provoque un violent coup de tonnerre, ébranlèrent l'espace. Puis tout se tut : le globe de feu s’était évanoui. »
- De ce fait précis, il y a des conclusions intéressantes à tirer. La première est que l’énergie électrique peut être condensée sans l’intervention d’aucun lien apparent avec un solide, sous forme de sphère lumineuse d'une densité apparente à peu près égale à celle de l’air.
- La seconde est que le simple contact avec un corps solide, comme la paroi d’un rocher, suffit pour détruire les liens invisibles qui tiennent agrégées les molécules dont le groupement constitue le météore, pour rompre l’équilibre du système et provoquer une décharge dont la violence est identique à celle du tonnerre. L’éclair en houle ne saurait être mieux comparé, à mon avis, qu’à quelque redoutable combinaison exothermique dont la constitution moléculaire nous échappe et qui serait, au point de vue physique, ce que la mélinite est au point de vue chimique.
- Plusieurs expérimentateurs ont essayé de reproduire, dans les laboratoires, le curieux phénomène dont je viens de parler.
- Au cours de mes recherches sur l’électricité à haute tension, j’ai découvert un procédé expérimental très simple qui permet d’atteindre, dans une certaine mesure, le résultat cherché.
- Il suffit pour cela de disposer parallèlement, à une distance de 50 millimètres environ, deux lames métalliques et de les porter à un potentiel élevé (50000 volts environ). Dans ces conditions, l’eftluve ne jaillit pas; mais, dès que la tension dépasse une limite déterminée, un petit globe de feu prend naissance, surmonté de flammes multiples, et se promène, avec un sifflement particulier, entre les deux lames métalliques. En disposant l’expérience d’une manière analogue, mais en séparant les deux lames conductrices par un diélectrique ou en munissant une des plaques métalliques d’une série de pointes, on obtient un effluve violacé du plus bel effet, avec dégagement abondant d’ozone. Marius Otto,
- Docteur es sciences.
- LES DERNIERS PROGRÈS
- DE LA MÉTALLURGIE DE L’ACIER
- On a souvent fait remarquer que le développement de la production sidérurgique est intimement lié aux progrès de la civilisation. Rien ne le montrera mieux que les chiffres suivants : la production du fer dans le monde entier, qui était inférieure à 1 million de tonnes en 1800, s’élevait à près de 5 millions de tonnes en 1850, et atteint aujourd’hui près de 40 millions de tonnes.
- Une partie de l’augmentation revient à la fonte employée en seconde fusion pour l’obtention de moulages. Mais la plus grande partie de l’accroissement s’applique
- aux produits d’affinage, et surtout à l’acier. La production du fer est en rapide décroissance au profit de son concurrent. Pour la France, la diminution du fer a été de 88 000 tonnes pour la seule année 1900, tandis que l’acier augmentait de 125 000 tonnes. On peut prévoir un temps assez prochain où la production du fer, qui est encore en France moitié de celle de l’acier, tombera à des quantités bien moindres. L’industrie de l’acier a marché à pas de géants dans le monde entier, et dans la seule période de 1889 à 1900 «elle a plus que doublé ».
- On sait qu’on désigne sous le nom de fer le métal obtenu par puddlage ou par laminage de déchets réchauffés. C’est dans tous les cas un métal « soudé », peu homogène et présentant toujours à l’intérieur des scories. Les aciers, au contraire, obtenus par fusion peuvent aujourd’hui être fabriqués très exactement à une nuance déterminée. L’acier a été connu de tout temps, mais n’est devenu d’un emploi vraiment courant qu’après la découverte de l’appareil Bessemer et du four Martin (vers 1860), qui ont permis de livrer le métal en grandes masses à des prix abordables. Ces deux appareils, ayant été à l’origine construits avec des revêtements en terre siliceuse, ne permettaient pas l’expulsion du phosphore. C’est vers 1878 que l’on eut l’idée de munir la cornue Bessemer d’un revêtement basique (procédé Thomas), permettant l’élimination de ce corps. On put, à partir de ce moment, mettre en valeur les immenses gisements de minerais phosphoreux de l’Est de la France.
- Les quatre procédés : Martin acide et basique; Bessemer acide et basique, se partagent aujourd’hui la fabrication suivant les conditions économiques locales et suivant aussi la qualité des produits à obtenir : les appareils acides sont plutôt réservés aux produits demi-durs et durs, le garnissage basique étant au contraire employé de préférence pour les produits doux. De plus, le four Martin, et surtout les fours à creusets, réussissent mieux pour les fabrications soignées. Mais quel que soit l’appareil producteur, les propriétés mécaniques de l’acier sont en relation étroite avec sa composition.
- Parmi les corps simples dont l’alliage avec le fer constitue l’acier, les plus usuels, sont : le soufre, le phosphore, le carbone, le manganèse, le silicium.
- Le soufre et le phosphore sont dans tous les cas des éléments nuisibles qu’il faut laisser en quantités aussi faibles que possible.
- Le carbone était jusqu’à ces derniers temps l’agent essentiel; dire acier tout court équivalait à dire, acier « au carbone », si bien qu’on pouvait établir une échelle de dureté de l’acier, suivant la quantité de carbone contenu. Ce métal constitue déjà un notable progrès sur ce qui l’avait précédé. A l’état de métal extra-doux ou fer fondu, il remplace avantageusement le fer, ainsi qu’on en jugera par les chiffres suivants, arrêtés par l’Union des maîtres de forges allemands :
- AU MINIMUM
- Résistance à la rupture
- en kg par mm*
- Allongement après rupture.
- Fer pour constructions (obtenu par soudage). ... 5-i kg 12 p. 100
- Fer fondu (ou acier extradoux) pour le même
- usage................... 57 — 20 —
- Les chiffres donnés pour l’acier sont aisément dépassés. Ce métal est donc beaucoup plus ductile et tenace que le fer.
- L’acier demi-dur et dur, obtenu économiquement en grandes masses, a trouvé une foule d’emplois (canons, coutellerie, taillanderie, ressorts, rails de chemins de fer,
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- outils de toute sorte, etc.). Après avoir obtenu de l’acier au carbone toutes les qualités qu’il était capable de donner, on a dû chercher à améliorer encore les propriétés mécaniques de manière à diminuer les dimensions des pièces et par suite leur poids. Cela a une importance toute particulière pour le matériel destiné à être transporté (marine, chemins de fer, artillerie, etc.). C’est donc sur la composition chimique que se sont portés, depuis plusieurs années, les efforts des ingénieurs métallurgistes.
- Reprenant la liste des corps habituellement contenus dans l’acier, on étudia d’abord les « aciers au manganèse ». À la suite d’expériences nombreuses, on avait été amené à reconnaître que si la dose de manganèse dépassait 2 pour 100, l’acier devenait trop fragile et ne pouvait pas être employé. On s’était arrêté à une proportion maximum de 7 pour 100 que l’ingénieur anglais Ilad-field eut l’idée de dépasser. Il obtint alors une série d’aciers des plus curieux, qui, contrairement à ce que l’on connaissait pour les aciers au carbone, s’adoucissent par la trempe et reprennent leur dureté par réchauffage au rouge vif. Le seul inconvénient de ces aciers est qu’ils sont difficiles à travailler. Ils donnent d’excellents moulages, très résistants. Les recherches de M. Hadfield, vérifiées par la pratique d’un grand nombre d’usines, ont porté sur des teneurs de 7 à 21 pour 100 de manganèse.
- Les aciers au « silicium » ont trouvé une application importante dans la fabrication des bandages de roues pour chemins de fer. On put avoir ainsi une résistance extraordinaire (fabrication Vickers, à Sheffield). Les aciers au silicium donnent d’excellents outils.
- Abandonnant ensuite les corps simples qui se rencontrent naturellement dans l’acier, on essaya d’incorporer au fer divers autres métaux ou métalloïdes produisant les effets les plus variés. Depuis longtemps déjà on fabrique des aciers au (( tungstène » qui sont les plus durs. Si le tungstène est en proportion de 6 à 8 pour 100, la cassure perd tout grain pour prendre l’aspect de la porcelaine. Ces aciers sont très difficiles à travailler. Ils ne sont pas trempés, leur dureté étant telle que le simple refroidissement dans l’air produit l’effet d’un bain de trempe. Ces aciers ne sont employés que pour faire des outils. Le « molybdène » est également employé pour la préparation d’aciers à outils, très analogues aux aciers au tungstène. Le « chrome » à dose modérée donne des aciers un peu moins durs que le tungstène, mais capables cependant de travailler les métaux les plus résistants. En augmentant la dose de chrome, on obtient des résultats très intéressants, en élevant la résistance à la rupture sans pour cela diminuer l’allongement.
- Mais c’est surtout le « nickel » qui, allié au fer, a donné les résultats les plus curieux.
- Proposé, dès 1821, par les aciéries Sanderson, à Sheffield, repris ensuite scientifiquement par le savant français Berthier, le mélange nickel et fer a été souvent étudié depuis 1885 dans diverses usines françaises. Au début, on a réalisé surtout l’acier à faible teneur de nickel (de 1 à 5 pour 100) avec ou sans chrome. Lors du concours international de plaques de blindages en 1890, à Annapolis (États-Unis), la plaque française victorieuse tenait 5 pour 100 de nickel. Depuis 1894, on étudia l’acier à haute teneur en nickel (20 à 25 pour 100).
- Quand on arrive à ces hautes teneurs, on constate les propriétés les plus intéressantes au sujet de la dilatation et du magnétisme. Le coefficient de dilatation diminue en effet rapidement, et, à 44 pour 100, est le même que
- celui du cristal. On peut donc avec avantage employer l’acier au nickel dans les instruments de précision. Il remplace le platine dans les lampes à incandescence.
- Au point de vue du magnétisme, l’acier naturel n’est pas magnétique ; il le devient par un refroidissement suffisant, et perd de nouveau son magnétisme par un chauffage au rouge. Il y a d’ailleurs une certaine corrélation entre le magnétisme et les propriétés mécaniques de l’acier : on a constaté, en effet, un grand durcissement lors du passage de l’état non magnétique à l’état contraire. L’acier au nickel tenant moins de 10 pour 100 donne une limite d’élasticité plus élevée que l’acier au carbone; il est employé avantageusement pour les plaques de blindage. Lorsqu’on augmente la teneur en nickel, on constate comme pour les aciers au manganèse cette curieuse propriété de l’adoucissement par la trempe et du durcissement par le recuit : ces aciers, en un mot, se comportent d'une manière exactement opposée à celle des aciers au carbone. Mais leur propriété la plus intéressante est qu’ils peuvent, tout en résistant à de hautes charges de rupture, présenter des allongements énormes.
- Le service de l’artillerie exigeait pour des tôles de 2mm d’épaisseur :
- Résistance à la rupture minimum........... 70 kg.
- Allongement minimum. 30 p. 100
- Devenant après trempe :
- Résistance à la rupture minimum...........67k«,5 )
- Allongement minimum. 58 p. 100 ( s. m n ).
- Ce sont là d’ailleurs des minima imposés. On trouverait fréquemment des essais donnant des résultats beaucoup plus remarquables. Notons que l’acier au carbone donnant 70 kg de résistance n’aurait guère plus de 15 pour 100 d’allongement. On voit donc que l’acier au nickel permet de réduire notablement le poids des pièces, puisqu’il présente réunies les qualités des aciers durs et des aciers doux. 11 a trouvé un grand emploi dans le matériel d’artillerie; il trouvera certainement de nombreuses applications dans l’avenir et serait déjà d’un emploi beaucoup plus courant si la valeur du nickel (environ 4 francs le kg) ne venait en augmenter notablement le prix.
- V « aluminium » n’a été employé couramment dans l’acier que pour empêcher après la coulée la formation des soufflures, il a souvent remplacé le silicium.
- Les recherches sur la composition chimique des aciers ont donné lieu ces dernières années à des études intéressantes. On peut affirmer que les ingénieurs français ont joué dans cette occasion un rôle très important.
- Paul Aimé.
- BIBLIOTHÈQUE À SUPPORTS COULISSANTS
- Les livres, les revues hebdomadaires ou mensuelles, les brochures, etc., ont pris de nos jours des proportions désespérantes; tout le monde écrit, tout le monde se fait imprimer. Il est vrai que dans ces nombreux produits de la presse il y a une foule de choses à mettre au panier; mais quand on a fait un choix, quand, au bout de l’année, on n’a gardé que l’œuvre qui mérite d’être consultée en temps utile, relue à loisir, la place manque encore dans la bibliothèque. Il faut éliminer les livres anciens,
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- LA NATURE.
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- les remplacer par de nouveaux, et les formais divers forcent à. des remaniements qui nécessitent le déplacement des tablettes. C’est alors qu'on s’aperçoit combien les crémaillères en bois, sur lesquelles on
- a coutume de les monter, sont défectueuses et rendent tout déplacement difficile à ce point qu’on hésite le plus souvent à faire un changement quelconque. Ces crémaillères, placées aux quatre angles de la caisse formant le buffet du meuble, sont formées de tiges en bois dans lesquelles sont pratiqués des crans à 2 ou o centimètres de distance les uns des autres. C’est sur la partie horizontale de ces crans qu’on place les tasseaux destinés à supporter la tablette; mais malheureusement il arrive trop souvent que les crans ne sont pas exactement à la même hauteur pour chaque coté et la tablette est alors de travers; ou bien, le bois ayant joué, la distance entre les crémaillères a varié et le tasseau n’entre plus dans les crans. C’est pour remédier à ces inconvénient que M. Calante, le fabricant d’instruments de chirurgie bien connu, a imaginé un mode de support très pratique, qui permet le déplacement des tablettes avec la plus grande facilité.
- Les deux côtés de la bibliothèque sont garnis de tringles en fer A et B (fig. 1) qui passent dans des entailles pratiquées à chaque bout des tablettes en bois. Sur ces tringles, viennent s’appuyer les supports P, dont la figure 2 montre le détail. Us sont constitués par une traverse munie de deux guides II s’appuyant contre les tringles sur lesquelles ils peuvent glisser; mais une lame d’acier, courbée en arc de cercle, vient s’arc-bouter par ses extrémités sur
- les tringles AB et empêcher tout glissement vers le bas; plus le support est chargé, plus il tient solidement en place. Pour le déplacer vers le haut, il n’y a qu’à le pousser; pour le déplacer vers le bas on passe les doigts dans les anneaux CD, fixés aux extrémités du ressort, et on les ramène l’un vers l’autre; les extrémités quittant alors le contact en A et B avec les tringles on peut descendre le support ; arrivé au point voulu il suffit de lâcher les anneaux C et D pour qu’il se trouve de nouveau fixé.
- Cette disposition peut se placer dans toutes les bibliothèques ; mais afin de répondre au besoin d’extension toujours croissant, dont nous parlions tout à l’heure, il est bon de pouvoir placer des rayons un peu partout et, dans ce but, M. Galante a fait disposer tout un matériel très pratique (fig. 1).
- Les cadres CD qui portent les tringles AB sont en chêne et se fixent à la hauteur voulue sur des consoles, et contre le mur au moyen d’équerres IL Les montants de côté C sont garnis d’une feuillure rapportée qui est peu épaisse et qu’on découpe facilement pour lui faire épouser les moulures des boiseries; quant à l’avant D il se garnit à volonté de bois plus ou moins ouvragé et le dessus se couronne d’une corniche en rapport avec le reste de la décoration. Tout cet ensemble est fort bien combiné, facile à monter, démonter et assortir au reste de l’ameublement, de sorte qu’on peut le placer même dans les pièces les plus élégantes.
- Le support, imaginé par M. Galante pour soutenir les tablettes de sa bibliothèque, est très intéressant d’une façon générale et pourrait recevoir d’autres applications.
- Il trouvera son emploi dans les vitrines de toutes sortes et pourrait rendre des services, notamment
- Fig. '1. — Détail (lu support coulissant. — H, glissières;
- F. partie supportant la tablette; A, B, ressort arc-boutant; C, D, anneau agissant sur le ressort.
- dans les étalages des magasins où il permettrait d’effectuer de fréquents remaniements avec une grande facilité. G. Chalmarès.
- Fig. 1. — Bibliothèque à supports coulissants de M. Galante. CD,cadre en bois; AB, tringles en fer, 1‘, support coulissant; II, équerre de fixage.
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- INTERRUPTEUR-TURBINE POUR COURANTS ELECTRIQUES
- pour devenir brusquement nulle. A ce moment, le liquide isolant, entraîné par la rotation du système
- Fig. 1. — luteiTUjiteur-luibuie (vue d’ensemble).
- Après avoir reconnu que les interrupteurs à contacts métalliques ne pouvaient actionner les grandes bobines d’induction, Foucault a imaginé l’interrupteur à mercure qui porte son nom. On cherche maintenant à utiliser des courants de différence de potentiel plus élevée, tels que ceux qui sont fournis par les secteurs électriques pour lesquels l’interrupteur de Foucault devient lui-même insuffisant. 11 a donc fallu revenir aux interrupteurs à contacts métal sur métal. Mais beaucoup de ces appareils sont défectueux en ce sens qu’ils s’échauffent, sont irréguliers et ne peuvent fonctionner suffisamment longtemps.
- MM. Lecarme et Michel s®nt arrivés, après beaucoup d’essais, à construire un interrupteur qui donne satisfaction sous tous les rapports et qui est d’un fonctionnement qui s’approche de la perfection (fig. 1).
- Cet appareil est disposé comme une turbine centrifuge, avec cette différence que les aubes portent des prolongements métalliques souples et élastiques (fig. 2) p, p', de façon que les prolongements des aubes mobiles puissent venir en contact avec ceux des aubes fixes pendant la rotation.
- Par cette disposition, les prolongements qui tournent viennent fouetter avec force les prolongements mobiles, et pendant la durée de chaque contact la
- Fig. 2. —"Disposition en plan île l’interrupteur.
- pression des prolongements lixes sur les prolongements mobiles augmente jusqu’à devenir maximaau moment de la rupture ; ce qui fait que l’intensité du courant augmente pendant toute la durée du contact
- comme dans une pompe centrifuge, vient souffler l’étincelle de rupture, et en même temps refroidir les contacts. Ce mouvement du liquide qui se renouvelle continuellement vers le bord des aubes maintient les contacts dans un état de propreté parfaite tout en évitant leur oxydation.
- La disposition indiquée sur la ligure 2 comprend :
- 1° Une partie fixe constituée par un cylindre métallique a, portant sur sa surface intérieure un certain nombre de contacts fixes c, c et rempli d’un liquide isolant ;
- 2° Une partie mobile constituée par un axe b, disposé suivant l’axe du cylindre et portant une pièce de bronze t. Cette pièce en forme de turbine porte autant d’aubes que le cylindre a de contacts fixes (quatre sur la figure). Lorsque l’on imprime à l’axe b un mouvement de rotation, tous les contacts mobiles p, p, viennent simultanément en regard des contacts fixes p', //.
- Le cylindre a et l’axe b (parfaitement isolés électriquement l’un de l’autre) sont intercalés sur le circuit du courant à interrompre, et le courant s’établit chaque fois que les contacts mobiles touchent les contacts fixes.
- On voit, par cette disposition, que l’on peut faire passer un courant d’une très grande intensité en multipliant le nombre des aubes et en augmentant leur longueur, par conséquent la surface de contact. L’étincelle de rupture se trouve ainsi dispersée et également répartie à raison de 1 ampère par exemple par centimètre de longueur du contact ; tout échauflement est donc évité.
- D’autre part, lorsque la vitesse de rotation devient
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- très considérable, ce qui donne lieu h des interruptions très fréquentes, au lieu que l’intensité moyenne du courant diminue comme dans les autres interrupteurs, la force centrifuge tend à écarter les aubes mobiles et par suite augmente leur pression sur les contacts fixes : l’intensité reste alors sensiblement constante quelle que soit la vitesse. Aussi une grosse bobine, actionnée par cet interrupteur et un courant de 110 volts, donne-t-elle une gerbe d’étincelles entre les bornes pour 10 interruptions par seconde comme pour 200. 11 faut noter cependant que si l’on conserve au condensateur de la bobine une capacité constante, l’intensité du courant varie légèrement avec la vitesse. Avec des condensateurs variables on arrive à la maintenir rigoureusement constante.
- Après des essais nombreux, voici les résultats obtenus au moyen d’un appareil à 4 aubes de 5 centimètres de longueur. Le courant fourni par une dynamo de 120 volts, traversant une bobine de 1 mètre d’étincelle, était d’une intensité moyenne de 20 ampères. Au bout d’une heure de fonctionnement, la température était de 55°. On a meme fait fonctionner le même appareil avec un courant de 40 ampères sans que les contacts présentassent d’usure appréciable. Un grand dispositif de Tesla, actionné par la même bobine, donnait lieu à un flot d’étincelles de décharge tellement bruyantes qu’il était impossible de se parler, même à l’autre extrémité de l’atelier, et qu’on ne percevait plus le bruit des machines.
- Nous pensons (pie ces expériences permettent d’espérer que la télégraphie sans fil en tirera profit, et que par l’emploi de ces puissants appareils on pourra accroître la portée des signaux à transmettre. H. Devis.
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- CHRONIQUE
- L'air du Métropolitain. ;— Notre collaborateur, M. le I)r Gréliant, professeur de physiologie générale au Muséum, a été chargé d’examiner l’air des souterrains de la ligne du Métropolitain ; il vient d’adresser au Préfet de Police le résultat de ses premières analyses/qui est très rassurant pour les voyageurs. «Depuis le 1er octobre, écrit M. Gréliant, je m'occupe avec mon personnel de l’air pris dans les wagons ou dans les tunnels du chemin de fer métropolitain, analyse que vous avez bien voulu me confier. Nous avons fait environ cent analyses, dont les résultats sont importants. L’air dans les wagons de 2e classe, qui sont quelquefois tellement remplis que les voyageurs se trouvent tète à tète, ne m’a jamais donné jusqu’ici 1 pour 100 d’acide carbonique et 1 pour 100 d’oxygène en moins; 19,8 au lieu de 20,8, tandis que l’air pris en dehors des wagons ou de l’entrée des souterrains ne renferme pas d’acide carbonique dosable par le procédé que j’emploie et qui permet de reconnaître 1 /500° de ce gaz ; cet air renferme une diminution à peine sensible du chiffre normal de l'oxygène.•Je conclus de cette comparaison que la seule cause de viciation de Pair dans le Métropolitain résulte de la respiration des voyageurs, tandis que les trains si fréquents et animés
- d’une grande vitesse, marchant en sens inverse, constituent le plus puissant ventilateur que je connaisse en déterminant une active propulsion de l’air par les portes d’entrée et de sortie ou un appel actif d’air extérieur, qui se traduisent par les violents courants d’air que tout le monde a constatés. » M. Gréhant se propose d’exposer ultérieurement, ici même, la série de ses recherches et décrira les appareils dont il s’est servi.
- L'éventail sirocco. — Le steamer Marina de Belfast est muni d’un système de ventilation à la vapeur qui donne, parait-il, les meilleurs résultats. Ce système consiste en éventails sirocco, qui ne sont autre chose que des boites dans lesquelles se meuvent avec une grande rapidité des turbines ; celles-ci aspirent l’air des divers compartiments du navire pour le renvoyer dans les ventilateurs du pont. Le renouvellement de l’air se ferait avec une extrême rapidité; 15 à 20 secondes suffiraient pour enlever l’air d’uiie grande cabine. Ce nouvel appareil est de l’invention de MM. Davidson de Belfast.
- Les bulbes de jacinthes et les maux d’yeux.
- — Le Dr Zeper vient tout récemment (dans la Klin. Mo-nalsschrift fiir A ufjenheilk) d’attirer l’attention sur l’irritation de la conjonctive qui se produit souvent, en même temps que des démangeaisons aux mains et à la figure, chez les jardiniers qui ont pour mission, dans les grandes exploitations horticoles, de séparer en août et septembre les bulbes séchés de jacinthes. L’action sur la conjonctive va souvent jusqu’à donner de la conjonctivite.
- L’or de l'Alaska. — D’après des renseignements venus de Washington, les quantités d’or reçues de l’Alaska présenteraient, cette année-ci, une tendance marquée à décroître. Les quantités de métal précieux recueillies en juin et en juillet 1900 avaient été, respectivement, de 5645770 et 31 725525 francs; en 1901, les quantités des mois correspondants n’ont été que de 4 833195 et 16 721 505 francs. On ne sait à quelle cause attribuer une diminution aussi marquée de la production.
- Les recherches chimiques dans les différents pays. — D’après une bibliographie chimique publiée à Boston par M. Bolton, et comprenant un intervalle de quatre siècles (1492 à 1897), il aurait paru pendant cette période, en Allemagne, environ 5000 thèses sur des recherches chimiques. La France vient ensuite avec 1500 mémoires, puis la Suisse avec 600, la Russie 120. Toutes les autres nations en ont publié moins de 100.
- La protection des ruines des C’IifV-Dwcllers américains. — Nous avons autrefois signalé ces ruines si intéressantes qu’on rencontre dans la région de la Mesa Verde, au Colorado, maisons de pierre accrochées aux falaises vertigineuses des canones de ce pays, et qui sont le seul souvenir subsistant d’une population qu’on a désignée sous le nom caractéristique de Cliff-Dwellers ou habitants des falaises. Après être longtemps demeurées pour ainsi dire inconnues des touristes, ces habitations sont maintenant couramment visitées, et l’on y causait des dégâts irréparables. Pour mettre un terme à ces ravages, le Congrès des Etats-Unis a décidé que la région en question serait classée comme Parc National et que, par conséquent, les ruines qu’on y rencontre deviendraient’intangibles.
- L’alose en Amérique. :— On n’est pas sûrement fixé sur l’habitat maritime de l’alose; on a lieu de croire cependant qu’elle se tient pendant l’hiver dans des fonds voisins de l’équateur qu’elle quitte chaque printemps
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- pour se diriger vers la côte américaine et en remonter les fleuves. On la voit, en effet, arriver par bancs nombreux, vers la fin d’avril, sur les côtes de la Floride, d’où elle s’avance vers le nord. Vers le milieu de mai, elle atteint la baie de Chesapecke, puis le cap Cod, au sud de Boston, et la baie de Fundv, au Nouveau-Brunswick. Enfin, elle arrive, tout au commencement de juin, dans le golfe du Saint-Laurent et termine sa course en remontant le fleuve. L’alose, si commune autrefois qu’elle était par excellence le poisson du pauvre, est plus rare aujourd’hui; aussi s’est-il établi, depuis plusieurs années, des maisons de pisciculture à Delawarc et à Hudson pour sa reproduction artificielle. On a aussi édiclé des règlements destinés à la protéger; c’est ainsi que, sur la rivière Hudson, les pécheurs doivent retirer leurs filets le vendredi soir de chaque semaine pour ne les retendre que le lundi suivant. Actuellement, grâce à ces diverses mesures, le rendement de la pèche de ce poisson se montre sensiblement constant d’une année à l’autre.
- Les coinmunicatUms téléphoniques dans les divers pays. — On se figure communément que le téléphone, qui est né en Amérique, doit être plus employé dans ce pays que partout ailleurs : et cependant cela n’est pas exact. A New-York, on compte seulement un appareil téléphonique par 120 habitants, il est vrai qu’à Boston la proportion, beaucoup plus élevée, atteint un appareil pour 60 habitants; mais ce dernier chiffre est de 40 à Berne, de 50 à Zurich, de 58 à Trondhjem, de 50 à Christiania, et même de 23 à Stockholm. Par contre, la proportion n’est que de 170 à Paris. Et l’explication fort simple de ces différences, c’est que le prix de l’abonnement téléphonique annuel est encore de 400 francs à Paris, de 450 à 1500 francs à Ncxv-York, et seulement de 100 francs à Stockholm, ou de 65 francs à Trondhjem.
- Soulèvement d’une maison de sept étages. —
- Bien que nous ayons souvent parlé ici du transport des maisons aux Etats-Unis et des hauts faits des « house-movers » (et non house-mowers, ainsi que l’on dit dans quelques; journaux, ce qui signifierait faucheurs de maisons), nous signalerons encore une opération fort remarquable, qui vient d’étre exécutée à Chicago. On a relevé de 6m,40 'environ une maison de sept étages, et cela non seulement sans fissurer la moindre muraille, mais encore sans fèlèr un carreau de ses innombrables fenêtres. Pour exécuter te travail, il fallut mettre en position 1500 vé-tfins, et l'opération ne demanda pas moins de. 21 jours. -
- lu nouvel emploi «les gargunlct<«‘$). — Tout le monde connaît de nom et même de vue ces vases en terre poreuse qui, dans les pays chauds, servent à rafraîchir l’eau, grâce à l’évaporation intense se produisant à travers les parois du récipient. On les appelle encore alca-raza. Un Algérien, M. Porcher, qui journellement fait usage de ces vases, en a signalé récemment à la Société d’horticulture d’Alger un emploi jusqu’ici inconnu, pour l’irrigation souterraine et continue des caisses à fleurs sur les terrasses et les balcons. Au milieu de chaque caisse, on enterre une gargoulette, en s’arrangeant de façon que le goulot dépasse la surface de la terre de quelques centimètres, et on remplit le vase tous les matins : l’eau va s’évaporer constamment par la paroi poreuse et donner à la terre une humidité toujours égale. Les racines des plantes qui garnissent la caisse viennent du reste d’elles-mêmes au contact de la gargoulette et les entourent. Dans ces conditions, l’arrosage demande bien moins d’eau, tout est utilisé, on évite complètement d'arroser les
- passants en dessous des balcons, le liquide n’étant jamais en excès ainsi que cela arrive quand on arrose à l’arrosoir, et l’on peut aisément faire dissoudre des engrais chimiques dans le récipient de terre.
- Coût des irrigations dans l‘Indc. — Rien que jusqu’à la fin de l’exercice 1899, les travaux d’irrigations, barrages, canaux, réservoirs, etc., entrepris dans l’Inde par les Anglais, représentent un capital formidable de 835 millions de francs, dont la plus grosse part dans l’Oudh, les provinces du nord-ouest et le Pundjab.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 28 octobre 1901.
- Présidence Aq M. Bouquet de la Grye.
- Propriétés chimiques des radiations du radium. — M. Berlhelot expose qu’il a étudié les actions chimiques exercées par les radiations du radium. M. Curie lui a remis un échantillon émettant des radiations plusieurs centaines de milliers de fois plus actives que celles de l’urane. Cette solution est enfermée dans un tube de verre placé lui-même à l’intérieur d’un autre tube de verre, de telle sorte que les radiations traversaient deux épaisseurs de verre, circonstance qui n’était pas, fil est vrai, favorable, ainsi que le remarque M. Bertbelot. Les actions chimiques des radiations de l’uranium sont toutes lentes, et certaines au moins sont du même ordre que celles de la lumière. L’auteur cite l’exemple de l’acide iodique qui, sous l’influence des radiations du radium ou de la lumière, se dédouble en iode et en oxygène. L’opération dans le premier cas demande dix jours. Le tube à radium est entouré d’acide iodique et enfermé dans une armoire à l’abri de la lumière ; un tube témoin, également recouvert d’acide iodique, est enfermé dans la même armoire et reste blanc, attestant ainsi que la décomposition de l’acide iodique n’est pas due à un effet de lumière. Une expérience analogue réussit très bien sur l’acide azotique et demande également dix jours. L’acide oxalique donne des résultats négatifs. Le radium exerce sur le verre plombé une double action : le plomb se réduit, circonstance qui tend à noircir le verre, alors que le manganèse s’oxyde, et tend à le bleuir.
- Le mécanisme du développement du principe odorant de la vanille. — M. Guignard présente *une Note de M. Lecomte, professeur au lycée Saint-Louis, qui s’étant occupé de recherches sur la culture du vanillier, a constaté qu’on ne savait rien sur les conditions de la formation du principe odorant de la vanille au cours des manipulations du fruit. Ce fruit est vert quand on le cueille et ne possède point ce principe. On le soumet à des manipulations variées qui ont pour effets de le colorer en noir, en faisant apparaître l’odeur. Tantôt on plonge le fruit pendant vingt secondes dans de l’eau à 85°, tantôt on le met au four, tantôt on le chauffe en étuve. C’est par l’action d’un ferment interne que le principe odorant se développe; M. Lecomte indique les réactions qui se manifestent.
- Varia. — M. Cailletet présente une Note de M. Hervé sur ses appareils aéronautiques maritimes inventés pour la traversée de la Méditerranée. — M. Lippmann analyse une Note de M. Sagnac expliquant géométriquement la raison pour laquelle on voit, dans certaine circonstance, un rayon solaire partir d’un point de l’horizon opposé au soleil. Cu. de Yilledeuil.
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- UNE AUTOMOBILE LILLIPUTIENNE
- Nous avons dit quelques mots ici même1 d’une bicyclette lilliputienne, construite par une des grandes maisons françaises, et que nous avions pu comparer avec un cycle monstre sorti d’un atelier américain. Assurément ces machines minuscules, tout comme les machines géantes, n'ont pas toujours une utilité bien déterminée, quoique pourtant la bicyclette que nous avons décrite se fabrique industriellement et qu’il se trouve assez souvent des cyclistes de 4 ou 5 ans pour chevaucher pareil cheval d’acier; mais ce sont là de vrais merveilles de mécanisme, qui intéressent en raison de leurs petites proportions, car leurs parties constitutives deviennent souvent presque des pièces d’horlogerie.
- Il était naturel qu'on songeât, en automobilisme tout comme en cyclisme, à faire quelque chef-d’œuvre de petitesse : et on le trouve en ce moment à l’Exposition de Buffalo, à cette exposition où toute la fantaisie américaine a voulu faire ses preuves.
- L’automobile minuscule en question a été construite par la Compagnie Jen-kins Automobile Co de Washington, et elle circule dans l’enceinte de l’exposition, conduite par sa ehaulfeuse non moins minuscule, Mlle Chiquita, qui porte bien son nom.
- Comme de juste, il fallait une voilure de conduite facile pour une chauffeuse de celte sorte, et d’ailleurs rien n’empêchait ici de recourir au courant électrique, puisqu’il ne s’agissait guère en somme que d’une affaire de réclame. On a donc construit une jolie petite Victoria électrique, bien complète, avec sa capote mobile, ses garde-boue, ses coussins soigneusement rembourrés, etc. On n’a pas oublié non plus la sonnette d’avertissement pour les piétons, ni les lanternes électriques pour la circulation de nuit. On a reproduit si exactement toutes les caractéristiques d’une voilure de taille normale qu’au premier coup d’œil, quand on aperçoit le
- 1 Yoy. n0 1405, du ‘28 avril 1000, p. 550.
- véhicule de Mlle Chiquita sans rien auprès qui puisse servir d’échelle, comme disent les dessinateurs, on ne se rend nullement compte de ses proportions infimes : mais notre lecteur peut en juger aisément en J# comparant à la roue d’une automobile de proportions courantes, que nous avons fait figurer à côté. Les roues de la voiture lilliputienne ont seulement 0m,50 de diamètre, les coussins du siège sont longs de O"1,55 sur 0,n,2l de large, et la chauffeuse n’est assise qu'à une hauteur modeste de 0m,55 environ au-dessus de la terre. Le cadre même du véhicule n’est large que de 60 centimètres, et d’axe en axe les deux essieux sont éloignés de la même distance. Le moteur électrique est suspendu en dessous du coffre et sur le châssis, et il commande directement le différentiel sur l’essieu arrière, par l’intermédiaire d’un engrenage.
- Les deux roues arrière sont par conséquent motrices, et tout a été particulièrement étudié dans ce joli petit véhicule pour en rendre le fonctionnement aussi sur que simple; on garantit même que, eu égard à la faible vitesse qu’on lui donne et au poids très réduit qu’il traîne, il est susceptible de circuler fort longtemps sans le moindre rechargement et sans des soins particuliers. L’enfant n’a qu’à tenir le guidon de direction et à pousser la manette dans un sens ou dans l’autre pour mettre en marche ou pour arrêter, et les constructeurs ont la prétention de lancer ce type de voiturette (s’il en fut jamais) comme jouet intéressant et très pratique pour les promenades dans les jardins et même dans les appartements. Il n'y a pas de danger de feu, pas de chaudière, pas de brûleur, pas d’explosion possible, et cela remplacerait le modeste cheval mécanique de notre enfance, ou même le bicycle de l’enfant d’aujourd’hui. Peut-être même est-ce qu’on se dispensera un jour de pousser devant soi la classique voiture d’enfant, en la laissant marcher seule. I). Lebois.
- Le Gérant : P. Masson.
- Exposition do llullalo. Autoinoljile électrique lilliputienne.
- Pans. — Imprimerie Laiicre, rue de Fleuras, 9.
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- La Commission scientifique de l’Aéro-Club, présidée par le prince Roland Bonaparte, a décerné le grand prix de cent mille francs de M. Henry Deutsch
- à M. Santos-Rumont; lo voix ont été acquises sans réserves à M. Santos-Dumont ; 9 ont voté contre. Depuis la fameuse expérience du 19 octobre, l’opi-
- 1. Le « Sautos-Dumont n° 7 » doublant la Tour Eill'el, le 19 octobre 1901. — 2. Escale du « Santos-Dumont n° 6 » à Longcbamp. — 3. Le « Santos-Dumont n° 5 » rentrant dans son hangar. — i. Portrait de M. Santos-Dumont. — 5. Retour au Parc. — fi. Sur la pièce d'eau dtf la propriété de M. le baron Edmond de Rothschild, le 0 septembre 1901. — 7. Dans les airs. — 8. Dégonflement du ballon après sa chute à la station des Coteaux, 0 septembre 1901. — 9. M. Santos-Dumont dans sa nacelle. — 10. Le ballon engagé dans les arbres. — 11. Une manœuvre avant le départ. — 12. Contre le mur des grands hôtels du Trocadéro, le 8 août 1901.
- nion de la Commission était en effet partagée.
- Nous avons déjà dit ici à plusieurs reprises ce que nous pensions du dispositif adopté par M. Santos-Dumont; la forme du ballon-n’est pas à l’abri de la 29" annw*. — 2" semestre.
- critique; l’équilibre est précaire; le ballon tangue quand la résistance du vent s'accentue un peu. En outre le ballon ne peut emporter que très peu de lest en raison de sa limite de force ascensionnelle,
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- ce qui est toujours peu rassurant. La forme, la répartition du centre de figure et du centre de gravité, le rendement de l’organe de propulsion, tout cela ne parait pas très avantageux. La vitesse du « Santos-Dumont n° 7 » en bonne marche paraît voisine de 6'n,50 à 7 mètres par seconde. Cette aéronef a 6m,40 de diamètre pour un volume de 600 mètres cubes et emporte une machine de 16 chevaux. Si par la pensée on agrandit jusqu’à 1850 mètres cubes le « Santos-Dumont » en le laissant tel quel, on trouve par le calcul qu’il faudrait 27 chevaux pour lui communiquer la même vitesse. Or, 1852 mètres c’était le cube du ballon « La France » de Chalais-Meudon en 1884-85. La vitesse de ce ballon était aussi d’environ 6m,50 à 7 mètres par seconde. La puissance motrice cependant n’était que de 9 chevaux, disponibles pendant près de 5 heures.
- Mais, d’autre part, M. Santos-Dumont a pour lui d’avoir employé le premier le moteur à pétrole. Avec M. Lachambre, son constructeur, il a créé un type qui a été en progressant. Enfin, il est sorti et il a pu rentrer souvent. Finalement il a bien doublé la tour Eiffel dans le temps voulu. Ingéniosité, persévérance, volonté immuable, audace et bravoure, il a tout pour lui. On manquerait de justice en ne reconnaissant pas le mouvement intense qu’il a provoqué en faveur de la navigation aérienne. Le triomphe du 19 octobre doit rester une date mémorable dans l’histoire de l’aéronautique. J. C.
- LA CIRCULATION DE LA ME
- L’organisme peut être considéré scientifiquement comme une machine; la comparaison est classique, et bien des expérimentateurs modernes ont appuyé à plusieurs reprises avec des documents scientifiques la justification de cette comparaison. Elle a fait d’ailleurs fortune dans le monde des constructeurs d’hypothèses et il y a bien peu de savants qui ne laissent pas échapper sous leur plume cette métaphore comme une donnée acquise et de nature même à spéculer sur ses données et conséquences. La Mettrie, au dix-huitième siècle, avait esquissé toute une philosophie sur la « machine animale » et, depuis, la philosophie positive a bien des fois recours à cette belle image, et surtout utile pour nos conceptions sur la vie et la nature intime des conditions biologiques de l’organisme. L’organisme, selon cette conception classique, fondamentale d’après les sciences expérimentales, serait parfaitement comparable à une machine, qui transforme les forces du combustible dans une forme dépendante de son système de transmission et selon le mécanisme de ses rouages. Au dernier Congrès international de physiologie, le cinquième de cette savante réunion, qui vient d’avoir lieu à Turin (17-21 septembre), un physiologiste suisse, M. J. Gaule de Zurich, a fait connaître le résultat de ses recherches expérimentales, extrêmement intéressantes et qui plaiderait contre cette comparaison, qui avait assuré et assure la tranquillité de bien des esprits. Sa communication est intitulée : « L’évolution périodique de la vie ». (lier periodische ablauf der Lebens).
- La loi de la conservation de l’énergie gouvernant le
- mécanisme des machines a été trouvée applicable, écrit M. Gaule, aussi aux organismes; il résulterait de ce fait un appui de plus et fondamental à l’intelligence de la comparaison de l’organisme à une machine. L’auteur ne veut pas ébranler cette loi, il ne veut pas non plus introduire une doctrine vitaliste dans la physiologie, il trouve erronée la comparaison de l’organisme vivant à une machine. Pour justifier ses doutes, il les appuie sur une documentation expérimentale faite sur les grenouilles et qui feront réfléchir bien des biologistes.
- L’invariabilité des organes et cellules n’est pas, selon Gaule, et à juste raison, catégoriquement démontrée; on l’admet généralement et on considère habituellement que les échanges organiques se font durant une longue durée. On croit que cette durée n’est pas si considérable. Si on étudie les échanges des organes de la grenouille, comme l’a fait Gaule, au point de vue de la croissance et de la décroissance des cellules, on constate l’existence d’une période annuelle. Dans un autre ordre d’idées il a trouvé que la graisse accompagnant les organes génitaux toujours chez la grenouille diminue pendant la nuit, augmente pendant le jour ; il s’agit là d’une période journalière. En troisième lieu l’auteur a avancé au Congrès de Berne, il y a dix ans, que les muscles du lapin augmentent pendant quinze jours et diminuent pendant quinze autres. Les périodes annuelle et journalière paraissent dues aux échanges extérieurs et la période semi-mensuelle ne peut avoir de cause que les processus vitaux.
- Pour connaître les causes de cette dernière période, Gaule a étudié la période la plus semblable : la menstruation. Il a trouvé en]outre dans le sang de la grenouille (mâle) une variation énorme des corpuscules sanguins, constituant pendant l’hiver une période mensuelle ; cette période devient semi-mensuelle pendant l’été. Chez la femelle la transformation de la période commence plus tôt que chez le mâle. Un procédé personnel de l’auteur, appuyé sur des démonstrations au Congrès, permet de déterminer le nombre total de corpuscules sanguins qu’une grenouille contient. Par ce procédé, furent déterminés chez la Rana esculenle et chez la Rana tempo-raria, mâles et femelles, le nombre des corpuscules sanguins une ou deux fois par semaine. 11 résulte de ces pesées, une confirmation des vues de Gaule, à savoir l’existence d’une période demi-mensuelle. On ne peut pas douter, d’après Gaule, que cette périodicité existe aussi chez l’individu. Comme les variations sont énormes, dans un cas de 1 000 000 à 35 000 000 par gramme-poids du corps, on doit conclure avec cet auteur que le sang est en état continuel de transformation, il modifie ses cellules pendant toute l’année. Au moins douze fois par an cette transformation doit se compléter. Les cellules ne sont donc pas fixes et l’organisme ne se comporte pas comme une machine qui transmet par son acier les forces communiquées. L’organisme se transforme lui-même par les processus vitaux. On peut dire, que l’organisme est un laboratoire chimique dont les parois se forment par les réactions qui se produisent dans l’intérieur, et, comme ces réactions changent, les parois aussi sont en transformation continuelle. En d’autres ternies, selon Gaule, la vie subirait des évolutions périodiques, phénomènes qui n’impliquent pas un fonctionnement mécanique. Des modifications chimiques entreraient en jeu suivant des lois qui restent à déterminer. La vie biologique serait le théâtre des évolutions et des révolutions chimiques qui auraient lieu dans des étapes, dont la périodicité s’impose à plus d’un titre et qui peut-être un jour nous
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- éclairera sur ce mystère du rythme, qu’on saisit à chaque manifestation de la vie : pensée, structure organique et mécanisme fonctionnel. La circulation de la vie telle qu’elle est comprise par Gaule entre dans une nouvelle phase scientifique ; il ne s’agirait plus de cette transformation continuelle et à l’infini de l’organisme vivant, conception plausible surtout avec la métaphore de la comparaison avec une machine et dont le système nerveux serait le régulateur, l’agent principal, mais la vie organique circulerait selon des périodes bien déterminées, évoluant capricieusement selon des leit-motiv organiques d’ordre chimique. ____________ N. Vaschide,
- VARIATIONS DE LONGUEUR DES GLACIERS
- DANS LES RÉGIONS ARCTIQUES ET BORÉALES
- Les glaciers subissent des variations de volume. Pendant dix, vingt, trente ans, ils augmentent, devenant plus épais dans leur partie supérieure et allongeant leur langue terminale dans les vallées, puis un beau jour ce mouvement s’arrête et durant une seconde période, progressivement les masses de glace diminuent d'étendue, se recroquevillant en quelque sorte sur elles-mêmes. Nos nombreux lecteurs qui ont visité les Alpes ont très certainement observé ces phénomènes. Après une courte phase de progression sans grande importance, tous les glaciers de la Suisse, de la Savoie et du Dauphiné sont aujourd’hui en décroissance manifeste. Ces oscillations sont-elles simplement régionales ou bien affectent-elles toutes les chaînes de montagnes de la terre? Pour répondre â cette question s’est constituée une Commission Internationale des Glaciers, dans laquelle chaque pays est représenté par des spécialistes, et qui a pour objet de centraliser toutes les observations sur le régime des glaciers.
- 11 était au plus haut point intéressant de savoir si les immenses nappes de glace que recouvrent certaines parties des régions arctiques et boréales subissaient, elles aussi, des variations périodiques, et si leurs variations étaient concomitantes à celles survenues dans nos régions tempérées. C’est à cette tâche que s’est attelé notre collaborateur M. Charles Rabot, et qu’il vient de mener à bonne fin au prix d’un long travail. M. Charles Rabot a compulsé toute la littérature arctique, afin d’en extraire les renseignements donnés par les explorateurs sur le régime des glaciers ; à ces informations il a ajouté les observations qu’il a faites lui-même au cours de ses nombreux voyages au Spitzberg, au Grônland et en Laponie, et cette documentation, déjà très complète, a été encore augmentée par des communications inédites de voyageurs et de naturalistes. Dans cette dernière catégorie d’informations une mérite une mention particulière, en raison de la haute personnalité de son auteur. On sait que l’Empereur d’Allemagne voyage tous les ans en Norvège ; à deux reprises, il avait visité le Svar-tisen, un grand glacier qui descend jusqu’à quelques mètres de la mer, et, lors de chacune de ses excursions, avait soigneusement noté la position du front du courant glacier. Ces observations, communiquées à M. Rabot par le prince de Monaco, lui ont permis d’indiquer la valeur du recul éprouvé par le Svartisen, de 1889 à 1898. On connaissait déjà Guillaume II comme musicien, comme peintre, comme auteur; l’étude de notre collaborateur nous montre que les problèmes de l’histoire naturelle ne préoccupent pas moins l’empereur allemand que les lettres et les beaux-arts..., lorsqu’il est en vacances.
- Dans un précédent mémoire, M. Charles Rabot avait fait connaître le régime des glaciers du Grônland, de
- l’Islande et de Jan Mayen ; le nouveau volume qu’il vient de publier sous les auspices du Ministère de l’Instruction publique1 se réfère au Spitzberg et à la Scandinavie et renferme les conclusions de l’auteur, qu’il nous paraît intéressant de reproduire.
- Au Grônland, en Islande, à Jan Mayen, au Spitzberg, en Scandinavie, antérieurement au dix-huitième siècle, les glaciers étaient beaucoup moins étendus qu'aujourd’hui et cet état de minimum durait depuis des siècles.
- En Islande notamment d’anciens textes mentionnent l’existence d’églises, d’habitations, de pacages, avant le dix-huitième siècle, sur l’emplacement actuel de l’extrémité inférieure de plusieurs glaciers.
- Plus tard, dans le courant du dix-huitième siècle et pendant les premières années du dix-neuvième, les glaciers éprouvèrent une crue énorme dans tout l’hémisphère nord, envahissant des territoires qu’ils n’avaient jamais occupés auparavant durant la période actuelle. Au Spitzberg des glaciers ont obstrué des baies jusque-là libres et recouvert des îles dont ils étaient séparés précédemment par des bras de mer. En Islande une poussée formidable en avant s’est également produite vers la même date. De 1742 à 1880, un glacier s’est allongé de 10 kilomètres environ. En Norvège, de 1720 à 1742, plusieurs glaciers ont littéralement débordé, recouvrant des pâturages, renversant des fermes, occasionnant, en un mot, de véritables cataclysmes pour les riverains, De 1730 à 1742, différents courants de glace de la Scandinavie méridionale ont avancé de 5 kilomètres environ. Dans le cours du dix-neuvième siècle, le régime des glaciers des Alpes est très net. Jusque vers 1860 on relève une crue notable, en tout cas, un état de maximum stationnaire, ensuite survient un mouvement de décroissance général, très considérable. D’après certains géologues, pendant cette période, les glaciers, seulement en Suisse, auraient perdu une surface de 200 kilomètres carrés. Dans les régions boréales et arctiques, ce phénomène ne s'est point produit. Dans quelques régions, comme en Islande, la crue du dix-huitième siècle a persisté jusqu’à nos jouis, suivie d’une faible diminution, tandis que, dans d’autres contrées, depuis une quarantaine d’années il y a un recul des glaciers général, mais trèspeu accentué. En un mot, dans le nord, la décroissance de la glaciation a été extrêmement faible et actuellement il y aurait tendance, semble-t-il, à l’augmentation.
- Quelle est la cause de ces variations de volume des glaciers. Dans les Alpes elles semblent la conséquence de variations de climat. A chaque période froide et pluvieuse correspondrait une progression des glaciers et à une série d’années chaudes et sèches une régression. Et comme ces variations climatériques se reproduisent périodiquement, les phases de crue et de décroissance des glaciers ont également une allure rythmique. Dans les régions boréales et arctiques le parallélisme entre les deux phénomènes est loin d’ètre aussi apparent que dans nos pays. A Copenhague, du commencement du siècle à 1850, la température a été supérieure à la normale, et depuis 1850 s’est abaissée, au contraire, en dessous de la normale d’une valeur importante. Après 1860, les hivers ont été plus chauds de 0°,4 et les étés plus froids de 0°,5. Pendant ce siècle, à Lund (Suède méridionale), à Stockholm et àllapa-randa (fond du golfe de Bothnie), le mois de janvier est devenu plus chaud d’un degré et le mois d’août un peu plus froid que dans la période précédente. Des étés plus frais, des hivers plus chauds, partant plus humides, auraient
- 1 Charles Rabot. Les Variations de longueur des glaciers dans les régions arctiques et boréales (pas dans le commerce).
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- dû déterminer un allongement considérable des glaciers; or, c’est le contraire qui s’est produit. Aussi bien, avec plusieurs géologues, M. Charles Itabot ne parait-il pas loin d’admettre comme cause de la progression des glaciers, non point le froid et l’humidité, mais la chaleur. Rendant les périodes froides et pluvieuses, les glaciers augmenteraient de volume dans leur partie supérieure, et seulement, pendant la phase chaude suivante, on verrait leurs langues inférieures s’allonger, l’élévation de la température déterminant une augmentation de la mobilité de la glace et par suite de sa vitesse d’écoulement.
- En tout cas, l’augmentation considérable des glaciers eu Norvège, en Islande et au Spit/berg pendant la période historique serait la conséquence d’une variation de climat multi-séeulairc, laquelle aurait pour effet de donner à l’Europe occidentale et nord-occidentale un caractère moins continental et plus maritime. L. Parains.
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- Fig. 1. — Mitrailleuses Maxim s
- sur les routes, mais en France et en Allemagne, les chemins de grandes et petites communications sont si abordables que son emploi sera susceptible de généralisation.
- I)u reste, les récentes manœuvres ont montré combien celte machine était précieuse; grâce à cet utile auxiliaire, les troupes ont pu manœuvrer avec une netteté et une précision jusqu’alors inconnues. Il est donc évident que les cyclistes militaires sont en train de se faire dans les armées une place de la plus grande importance, étant naturellement appelés à devenir les éclaireurs par excellence.
- Dans le service de reconnaissance, il est nécessaire d’aller le plus loin possible et par conséquent de ne pas être arrêté par de légers obstacles. Meme si l’on vient à rencontrer un obstacle sérieux, mais surmontable, il peut quelquefois y avoir avantage à le briser pour passer outre. Or les carabines dont disposent les cyclistes, toujours en petit nombre, ne
- L’ARTILLERIE CYCLISTE
- Il est un corps militaire, de récente création, qui parait appelé à un grand avenir, c'est celui des cyclistes. Il est, actuellement, en passe de conquérir le service des reconnaissances aux dépens de la cavalerie. Combien, en effet, le cycliste est supérieur au cavalier ! Il est toujours prêt à partir immédiatement tandis qu’il faut que ce dernier selle et harnache son cheval. La bicyclette est plus rapide que le coursier. Elle exige moins de soins et surtout n’a besoin d’aucune nourriture, ce qui constitue un avantage inappréciable en campagne où le service des approvisionnements rencontre tant de difficultés. Il est vrai que la bicyclette ne peut être utilisée que
- tricycle. La machine en marche.
- sauraient constituer une force suffisante pour obtenir le résultat précédent. D’où cette conséquence naturelle qu’il serait indispensable de renforcer le feu des éclaireurs. Le procédé le plus simple, qui s’offre à l’esprit dans cette occurrence, est de doter les cyclistes de mitrailleuses, ces engins à la fois si légers et si puissants. Une mitrailleuse ne pèse pas, en effet, plus d’une douzaine de kilogrammes et ses munitions ne sont autres que des cartouches d’infanterie; elle peut tirer facilement 600 coups à la minute avec une précision d’autant plus grande que l’arme repose sur un affût fixe. Aussi estime-t-on qu’une mitrailleuse bien servie équivaut, comme feu efficace, à une demi-compagnie d’infanterie.
- Ces considérations ont conduit l’importante maison anglaise Wickers, Sons et Maxim à établir un Iricycle à mitrailleuses, dont nous donnons ci-joint la représentation. Deux mitrailleuses Maxim sont
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- montées sur le tricycle. Le poids de ce dernier est de 55 kilogrammes; celui des deux engins réunis de 24ks,494; les trépieds pèsent 48 kilogrammes; les pièces de rechange oks,028 ; et un approvisionnement de 1000 cartouches encaissées 59ks,690. Tout cela constitue un poids total de 171 kilogrammes, auquel s’ajoute encore celui des deux hommes chargés de monter sur la machine. 11 paraîtrait cependant qu’un semblable tricycle est susceptible de marcher à une très vive allure en terrain plat. Dans les montées, par exemple, on est forcé d’en descendre et de le pousser à bras.
- La mise en batterie et celle hors batterie des deux mitrailleuses se feraient avec la plus grande promptitude, deux minutes à peine. Il est clair qu’une semblable machine pourrait aisément être
- allégée. Tout d’abord, il serait possible de ne la munir que d’une seule mitrailleuse, ce qui entraînerait une réduction de moitié sur tous les poids supplémentaires, soit de 58 kilogrammes. D’un autre côté, il serait facile de répartir ce dernier poids, qui représente le matériel d’une seule mitrailleuse, sur plusieurs machines au lieu d’être placé complètement sur une seule. La mitrailleuse serait portée par une machine, le trépied par une seconde et les munitions par une troisième. Cela pourrait faire, en somme, un surcroît de charge ne dépassant pas 20 kilogrammes par machine.
- Trois tandems permettraient de ne pas s’apercevoir de cette augmentation de poids, et, de cette façon, la mitrailleuse serait toujours à même d’accompagner les bicyclettes des éelaircurs.
- Les trois tandems, destinés à transporter la mitrailleuse, ses accessoires et ses munitions, ne devraient pas, à notre avis, être des tricycles comme la Compagnie Wickers a cru devoir en proposer l’adoption. Le tricycle est une machine qui ne saurait réaliser qu’une vitesse relativement médiocre et qui se plie peu aux difficultés de la route. La compagnie anglaise s’y est ralliée afin de pouvoir l’utiliser pour l’exécution du tir; c’est le tricycle, comme on peut le voir par la figure 2, qui sert de véritable trépied à la mitrailleuse. Mais cet emploi n’est nullement obligatoire et l’arme peut encore mieux être mise en action sur un trépied indépendant, comme cela se passe dans les conditions habituelles. Nous serions donc d’avis que les machines de transport de la mitrailleuse et du matériel qui l’accompagne, fussent des bicyclettes-tandems, qui jouissent de l’avantage d’être plus rapides, plus malléables et plus sûres.
- La mise en batterie de la mitrailleuse, d’après l’expérience qui en a été faite, ne semble pas devoir excéder deux minutes; c’est le même temps qui serait nécessaire pour la remettre sur la machine. Si on compte devoir exécuter un tir d’une minute, on voit qu’il suffit, en somme, d’environ cinq minutes pour envoyer à l’ennemi qu’on surprendrait une volée d’un millier de balles.
- En résumé, la mitrailleuse Ilotchkiss, qui a été adoptée pour l’armée française et dont sont dotés quelques bataillons de chasseurs à pied, aurait un emploi tout indiqué dans le service que les compagnies cyclistes sont appelées à fournir. L’expérience a déjà été favorable aux cyclistes militaires un peu partout. La question a une importance réelle.
- Il serait donc désirable que le Ministre de la guerre mît ce projet à l’étude pour s’assurer du grand avantage qu’il pourrait y avoir à l’adopter.
- L’-Colonel Dei.auxey.
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- LE COLCHIQUE
- En faisant les grandes manœuvres d’automne, bien des réservistes ont été étonnés de rencontrer dans les prairies des Ardennes quantité de fleurs violacées, ressemblant à des tulipes, et sortant de terre toutes nues, sans feuillage. C’est l’étrange colchique d’automne, plante vénéneuse, qui infeste les pâturages au grand détriment des bestiaux qu’il empoisonne. On passe souvent, sans le savoir, près de plantes vénéneuses et il y a tout intérêt à les faire connaître. Les enfants et même les grandes personnes les cueillent, les mettent entre les lèvres, dans la bouche. 11 faut recommander la prudence en face de fleurs ignorées.
- De la famille des Colehicacées, voisine des Liliacées, le colchique, au mois de septembre, fait sortir de ses bulbes noirâtres, à ras de terre, des fleurs roses ou lilas, d’un coloris tendre et frais, montées sur un frêle pédoncule que n’accompagne aucune feuille. Les fleurs durent trois semaines environ, se fanent, et les premiers aquilons d& l’hiver les emportent. Il ne reste plus trace de ce que fut le colchique. Cette plante mérite-t-elle donc si bien ce nom d’Ephémère (Ephemeron) dont l’avaient gratifiée les Grecs. IN’a-t-elle paru que pour nous charmer pendant quelques jours et disparaître à tout jamais? Patience, attendons le printemps, nous verrons pousser ses robustes feuilles lancéolées, réunies en rosette, au centre de laquelle se trouve une grosse capsule renfermant GO à 80 graines brunes. Autant de fleurs à l’automne, autant de capsules au printemps. C’est ainsi qu’un seul bulbe peut produire ‘250 à 300 graines qui le plus souvent donnent autant de pieds de colchique.
- « Cette plante, dit poétiquement Mme de la Tour, renversant l’ordre accoutumé des saisons, mêle ses fruits aux fleurs du printemps et ses fleurs aux fruits de l’automne. »
- Autrefois, on croyait que les feuilles appartenaient à une plante qu’on n’avait jamais vue fleurir.
- Le Colchique tire son nom de la Colchide où il abondait. 11 a reçu des dénominations vulgaires qui sont toutes significatives. On l’appelle : veilleuse, veillote, en raison de la forme de sa fleur et aussi parce que sa présence annonce les soirées d’hiver. — Safran des prés, parce que ses fleurs ressemblent à celles du safran, Crocus vernus. A l’inverse de celui-ci qui fleurit au printemps, il est la dernière des fleurs des prairies et, loin de nous inspirer la joie et l’espérance, il annonce à toute la nature la perte des beaux jours. « Tue-chien, mort-chien », parce que les chiens terriers, en creusant des trous dans les prairies, mangent souvent des bulbes de colchiques emmagasinés par les taupes et peuvent en mourir.
- Bernardin de Saint-Pierre, dont les « Études de la Nature », sont, à notre avis, injustement oubliées, a écrit sur les « harmonies » entre la taupe et le colchique une page curieuse que nous croyons devoir rappeler.
- « Je ne citerai ici qu’un exemple, qui prouve incontestablement l’existence de ces lois harmoniques de la nature : c’est qu’elles subsistent dans les lieux mêmes qui ne sont pas vus du soleil. On trouve toujours, dans les souterrains de la taupe, des débris d’oignon de colchique auprès du nid de ses petits. Or, qu’on examine toutes les plantes qui ont coutume de croître dans nos prairies, on n’en verra point qui aient plus d’harmonies et de contrastes avec la couleur noire de la taupe que les fleurs blanches, purpurines et liliacées du colchique. Le colchique donne encore un puissant moyen à la faible taupe contre le chien, son ennemi naturel, qui quête toujours après elle dans les prairies; car cette plante l’empoisonne s’il en
- mange. Voilà pourquoi on appelle aussi le colchique tue-chien. La taupe trouve donc des vivres pour ses besoins et une protection centre ses ennemis dans le colchique. »
- Au moment de la fécondation, les fleurs d’un grand nombre de plantes présentent des phénomènes très curieux. La fraxinelle s’entoure d’une essence inflammable, et la spathe en cornet de l’Arum devient brûlante. Le colchique, bien que fleurissant à une époque tardive, présente des manifestations remarquables.
- Si dans une de vos promenades vous rencontrez cette fleur charmante, approchez-en la main, très près, mais sans y toucher. Presque immédiatement, et à votre grande surprise, vous verrez que vos doigts prennent la teinte verdâtre et livide du cadavre, et cette coloration persiste pendant quelques instants.
- Vous ne réussirez que si la plante est en pleine floraison; une heure après ce serait peine perdue ; mais, comme les prés en sont couverts, il vous sera facile, si la première ne vous a rien donné, d’essayer sur un grand nombre de fleurs, et vous parviendrez certainement à faire teindre votre doigt.
- Cette coloration mystérieuse est évidemment due à une matière gazeuse émise par les anthères au moment de la fécondation.
- Il est certain que le colchique nuit à la récolte des foins et sa nature bulbifère fait qu’elle est d’une destruction difficile.
- Pourtant, un moyen simple et peu coûteux est de faire enlever les fleurs en automne au fur et à mesure qu’elles paraissent, tous les matins, sans jamais leur donner le temps d’être fécondées. C’est un travail d’enfant ou de femme qui n’exige qu’un peu d’exactitude et d’attention. On prétend que l’avortement des fleurs empêche la reproduction d’un nouveau bulbe. C’est un fait qu’il serait intéressant de vérifier. D’autres recueillent au printemps les capsules avec les feuilles dont elles sont entourées. 11 faut se garder d’offrir cette nourriture verte à des vaches, elles mourraient empoisonnées.
- Si l’opération se fait sur un sol mou et humide, on parvient à extraire le bulbe en arrachant la rosette de feuilles qui entoure les capsules. Dans ce cas, l’opération est parfaite et le terrain se trouve complètement purgé de colchique *. Sur les terrés tenaces, l’extraction du bulbe à une profondeur de 13 à 20 centimètres ne peut se faire qu’à la pioche et devient coûteuse quand la plante occupe de larges espaces. Dans ce cas, si la prairie n'est pas submersible, le défrichement et la mise en culture pour une durée de deux ou trois ans est le moyen le plus simple à employer pour détruire complètement cette mauvaise plante. On peut essayer l’arrachage avec une sorte de fourchette dont la tige forme un coude pouvant servir de point d’appui. Ces fourchettes, fréquemment usitées en Angleterre sous le nom de « Daisy Grubber », rendent de réels services.
- La Revue horticole a autrefois décrit une sorte d’extir-pateur spécialement adapté à l'enlèvement du colchique.
- Si le colchique occasionne parfois la mort des bestiaux, il peut, par contre, rendre service au cultivateur en lui permettant de déceler des fraudes dans les fourrages. La présence, en effet, des fleurs de colchique qui ont pris en séchant la couleur brune du tabac indique qu’on a mélangé aux fourrages du regain, ou fourrage de deuxième coupe, laquelle ne s’effectue qu’en septembre, époque de la floraison de notre plante.
- On cultive dans les jardins des variétés du colchique
- 1 Boitel. Herbages et prairies naturelles.
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- d'automne à fleurs Hanches, à fleurs pourpres, à fleurs panachées, dont les fleurs bigarrées sont piquetées de taches formant une sorte de damier.
- Vilmorin recommande de planter le colchique dans les pelouses, d’en constituer des touffes au sein des parterres ou encore d’en former des bordures, dans les parties fraîches et même un peu humides.
- Les colchiques peuvent, mieux peut-être encore que les jacinthes, se conserver sur les cheminées et y pousser de très belles fleurs à nu et à sec. Mais cette culture épuise naturellement les bulbes et on n’obtient pas de caïeux de remplacement. V. Brandicoürt,
- Secrétaire de la Société I.innéenne du nord (te la France.
- VOITURES AUTOMOBILES
- POUR CHEMINS DE .FER1
- Depuis les derniers progrès de la construction des voitures automobiles, on devait tout naturellement en étudier l’emploi sur les voies ferrées.
- Les voitures automobiles sur rails peuvent être utilisées dans les circonstances suivantes : 1° Sur certaines lignes où on est obligé de faire partir à des heures très matinales ou très tardives des trains motivés surtout par le service de la poste ; 2° sur les lignes à faible trafic, où le nombre des places occupées dans les trains réguliers est souvent très réduit ; 3° sur les grandes lignes, où il y a souvent difficulté à assurer d’une manière commode le service des trains secondaires qui ont pour rôle d’amener les voyageurs au train direct, ou de les conduire du train direct à leur destination définitive; 4° dans les centres industriels, aux environs des villes, où la circulation des trains-tramways prend de plus en plus d’importance.
- Les voitures automobiles répondraient assez bien aux exigences du service dans les cas qui précèdent, et dans d’autres cas à déterminer suivant les besoins locaux. En effet, il y a économie évidente à transporter une voiture isolée plutôt que le train même le plus réduit dans sa composition : cette économie porte sur le personnel du train, sur les frais de traction, sur le matériel (intérêt du capital engagé, entretien). La voiture automobile, plus légère, permettrait un service plus rapide, tout en augmentant la possibilité des stationnements fréquents, en raison des facilités d’arrêt et de démarrage. Ayant des services plus rapides, et plus économiques, on pourrait multiplier les départs et, par ce moyen, augmenter le rendement des lignes en facilitant les voyages.
- La voiture automobile pourrait d’ailleurs être attelée au départ dans un train à marche rapide, puis être dételée à une gare de bifurcation pour marcher isolément. Ou inversement marcher isolément pour être ensuite attelée au train direct.
- Les voitures construites jusqu’à ce jour (peu nombreuses d’ailleurs) sont à vapeur ou électriques.
- Voitures à vapeur. — Les chemins de fer de l’État Belge ont fait construire des voitures ayant 15 mètres de longueur, pesant 30 tonnes, pouvant transporter 53 voyageurs. La voiture est accompagnée par deux ou trois agents suivant les cas. Elle peut marcher à la vitesse moyenne de 30 à 35 kilomètres et à la vitesse maxima de 55 kilomètres.
- Les « Baldwin Locomotive Works » construisent des
- 1 Yoy. le Bulletin de la Commission internationale du Congrès des chemins de fer. (Session de Paris, 1900.)
- voitures de lfim,50 de longueur, à bogies. Ces bogies ont des roues motrices de lm,10 et des roues porteuses de 0ra,90. Le moteur est une machine compound à 4 cylindres. C’est donc plutôt une locomotive qu’une automobile proprement dite. Le poids de la voiture est de 50 tonnes; elle peut en remorquer 170 à la vitesse de G4 kilomètres en palier. — Le nombre de places est de 41 dans la voiture automobile.
- Les chemins de fer de l’État Russe (ligne Nicolas) emploient deux voitures à vapeur pour l’exploitation de la ligne à faible trafic de Saint-Pétersbourg au nouveau port. La voiture, qui est à deux étages, a 20 places de lre classe, 20 de 2e, 40 de 3e. Elle est accompagnée par trois agents. Elle marche à 17 kilomètres en moyenne, 22 au maximum. La chaudière est à tubes horizontaux ; elle est alimentée avec du naphte.
- Les chemins de fer vicinaux de Belgique emploient deux voitures Rowan pour le service des trains-tramwavs dans la banlieue d’Anvers. La voiture est à 46 places, elle pèse en charge 18 000 kilogrammes ; elle peut marcher à 30 kilomètres. La chaudière est verticale avec tubes inclinés à circulation d’eau. Cette voiture est déjà connue comme étant en service sur les lignes de la Compagnie des Omnibus de Paris.
- Le chemin de fer du Nord a fait construire une voiture postale à vapeur, à générateur Serpollet. Le poids est de 15 tonnes en ordre de marche; l’arrière de la caisse présente seulement un compartiment de 12 places.
- Le chemin de fer d’intérêt local de Vienne a essayé un tracteur Le Riant, rentrant plutôt dans la catégorie des locomotives.
- Voitures électriques. — Les chemins de fer de l’État Belge ont mis à l’essai 5 voitures automotrices à accumulateurs pour le service des trains-tramways sans bagages. Le nombre de places offertes est de 78, le poids est de 51 tonnes en ordre de marche. Cette voiture peut faire sans rechargement 100 à 150 kilomètres avec des arrêts tous les 5 kilomètres et une vitesse commerciale de 30 kilomètres à l’heure sur des profils peu accidentés.
- Les chemins de fer Italiens de la Méditerranée ont mis en service des voitures à accumulateurs sur la ligne de Milan à Monza. La voiture peut contenir 90 voyageurs, dont 16 assis; elle marche à 43 kilomètres à l’heure, et doit être rechargée après un parcours de 78 kilomètres.
- La Compagnie du Nord a fait construire, en même temps que la voiture à vapeur dont nous avons parlé, une voiture électrique comportant un compartiment de 12 places : le poids en est de 20 tonnes, le projet a été établi pour une vitesse de 50 kilomètres à l’heure en palier et la possibilité de faire sans rechargement un parcours de 120 kilomètres.
- L’étude des voitures automotrices présente sans contredit un grand intérêt pour l’exploitation des chemins de fer dans l’avenir. Les essais faits jusqu’à ce jour sont encore trop peu nombreux et trop récents pour que l’on puisse réellement en tirer dès maintenant des conclusions définitives.
- On ne peut pas établir de supériorité entre les deux systèmes actuellement à l’essai avec moteur à vapeur ou moteur électrique. La vapeur donne une solution commode, mais l’électricité permet d’arriver au même résultat si l’on a à proximité des usines électriques. Le chargement des accumulateurs sur la voiture même, au moyen d’une prise de courant, semble donner une solution pratique. Paii, Aimé.
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- LA NATURE.
- LES TRAINS THOMSON-HOUSTON
- La Compagnie Française pour l’Exploitation des Procédés Thomson-Ilouston a donné ce nom à tout
- Fig. \. — Inverseur de marche commandé à distance.
- train susceptible de réaliser, par la réunion de plusieurs automotrices placées ad libitum, les mêmes avantages généraux d’exploitation que les trains Sprague déjà décrits1.
- Ceci dit pour éviter d’y revenir en détail, nous allons examiner les moyens fort différents auxquels la Compagnie Thomson-Ilouston a fait appel pour apporter au même problème que Sprague une solution offrant le même degré de généralité.
- Nous aurons sans doute l’occasion de revenir plus tard sur les diverses solutions particulières qui en ont encore été données dans des cas particuliers, dont l’exemple nous est déjà fourni en France par les chemins de fer de l’Ouest et le Métropolitain de Paris, sans parler des applications du même genre à l’étranger.
- Pour abréger rappelons que les combinaisons des moteurs entre eux et avec leurs résistances de réglage sont les mêmes dans les équipements Thomson des chemins de fer de l’Ouest que dans les équipements Sprague. C'est le système bien connu sous le nom de « régulation série parallèle », parce qu’on met d’abord les moteurs en série pour soumettre chacun d’eux à un voltage moitié moindre, et qu’après l’usage graduel des résistances dont on dispose on met les moteurs en parallèle sous le voltage du réseau, quand leur force contre-électromotrice est suffisante.
- Le même sens de marche est donné à chaque équipement par la mise en position d’un inverseur (fig. 1 ) analogue en principe à celui du Sprague : c’est-à-dire un cylindre à touches commandé par deux solénoïdes recevant leur courant du mécanicien.
- Nous avons vu que le système Sprague avait conservé au régulateur série parallèle la forme usuelle du régulateur à main des tramways électriques, celle d’un cylindre à touches conductrices tournant en regard de frotteurs fixes, en communication avec la ligne, les moteurs et les résistances. Ce cylindre était
- 1 Voy. n° 1472, du 10 août 1001, p. 170.
- A UNITÉS MOTRICES MULTIPLES
- entraîné par un moteur pilote dont le mécanicien provoquait la mise en marche, et qui se portait ensuite de lui-même, graduellement et synchroniquement sur toutes les voitures, à la position de marche en série ou en parallèle, suivant que le mécanicien provoque l’arrêt du moteur pilote dans l’une ou l’autre position.
- Le système Thomson lui substitue des électro-aimants qui font les mêmes combinaisons dans chaque équipement, mais indépendamment, chacun à son tour, et en suivant pas à pas les mouvements que le mécanicien imprime à son appareil de commande. Celui-ci est un simple combinateur de tramway, de dimensions très réduites, puisqu’il ne donne passage qu’aux courants de commande des électros, qu’il met en mouvement tour à tour, suivant les diverses positions d’arrêt qu’il présente.
- Le mécanicien commande donc en quelque sorte pas à pas, c’est-à-dire par degrés successifs sans en excepter un seul, la mise en marche des équipements du train, que le moteur-pilote rend en grande partie automatique dans le système Sprague (fig. 2).
- D’après ce qui précède, on conçoit que chaque
- Fig. 2. — Appareil de mise en marche.
- automotrice comporte : 1° un circuit principal, alimenté par les frotteurs même de la voiture, et comprenant les moteurs de traction, les résistances, les contacts de rupture actionnés par les divers relais et les bobines de soufflage de ces relais (le tout en gros trait, fig. 4).
- 2° Un « circuit de commande », contenant les
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- LA NATURE.
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- bobines primaires des relais recevant le courant du controleur manœuvré par le mécanicien (circuit en trait fin, fig. 4).
- En tout point d’où on peut avoir à commander le
- train, doit être placé un semblable controleur. La figure 4 en représente un sur chaque plate-forme. Les touches du combinateur principal, remplacées par des interrupteurs électro-magnétiques à soufflage
- Fig. 3. — Train Thomson-Houston de 2 voitures automotrices et i moteurs.
- tant pour le couplage que pour les combinaisons des résistances Rt à Rc, y sont représentées à droite entre A et R; l'interrupteur de renversement est représenté à gauche entre A et C, et comporte les interrupteurs à main ordinaires, qui servent à isoler un moteur en cas d’avarie, et à ne permettre la marche du moteur restant qu’aux positions de marche en parallèle de l’équipement.
- Dans les équipements à 4 moteurs groupés par 2 en parallèle, comme ceux qu’on à vus fonctionner sur les lignes de l’Ouest etdel’Orléans, on a pris de même la précaution de munir l’inverseur électro-magnétique des interrupteurs à main qui permettent d’éviter la mise en série d’un seul moteur avec un groupe de 2 en parallèle.
- Le train Thomson-IIouston qu’on a pu voir fonctionner aux chemins de fer de l’Ouest et de l’Orléans était composé de deux voitures automotrices à 4 moteurs de 80 chevaux, que représente la figure 5.
- Deux automotrices analogues sont en montage aux chemins de fer de l’Ouest, pour la constitution d’un
- train symétrique de 8 voitures. 11 arrivera souvent qu’on pourra se contenter de 2 moteurs par voiture : c’est le cas des équipements Thomson-Houston en construction pour le Manhattan Ele-vated de New-York, où il sera fait usage de 800 équipements à 2 moteurs de 1 aO chevaux.
- Nous n’aurons pas la témérité de vouloir préjuger l’avenir réservé à ce système de traction sur nos réseaux de chemins de fer ou de métropolitains, mais il est permis au moins de penser que le public et les Compagnies exploitantes auraient très grand intérêt à l’adopter dans certains cas, notamment pour la réalisation d’un service très variable suivant les heures de la journée, et on n’y gagne pas seulement l’avantage de pouvoir proportionner toujours les dépenses de traction aux recettes correspondantes, mais on simplifie grandement l’ex-
- Fig. &. — Schéma d’un équipement à 2 moteurs.
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- LA NATURE.
- ploitation, les manœuvres, etc., et on réalise une économie de temps considérable, ce qui devrait être, en définitive, un des désiderata les plus impérieusement compris et du public et des Compagnies. A. Letambe.
- PHARMACIE ARABE
- Sur tous les marchés arabes on peut voir sous de petites tentes très basses, accroupi au milieu d’une série de sacs et de boîtes minuscules, le pharmacien arabe (taleb addoua).
- L’installation de ce marchand de drogues n’a rien de comparable avec nos luxueuses officines; elle est d’une exiguïté inouïe, forçant le maître du lieu à se tenir accroupi et le client à rester dehors. C’est là que l’Arabe va souvent acheter des drogues dont il croit avoir besoin. Un n’y rencontre pas le moindre médicament composé ; les simples et quelques sels constituent tout l’arsenal de ces nomades (( savants des médicaments » qui vont de marché en marché vendre souvent fort cher leurs drogues. 11 en vient assez régulièrement deux ou trois au marché de Sétif. Installés près les uns des autres, ils possèdent tous les mêmes médicaments.
- À coté de quelques mouchoirs arabes et de flacons de parfums plus ou moins douteux, s'étalent, sous la plus grande partie de la tente, les simples, les résines et les sels. Ce sont les médicaments excitants qui dominent. On y trouve : le cumin, la coriandre, le carvi, l’anis et en général toutes Ips ombellifères, puis le zédoaire, le cur-cuma, le gingembre, la noix muscade, le macis. Ils possèdent avec ces plantes un certain nombre de résines telles que celles d’aloès, de scamonée et surtout l’asa fétida. La chimie est peu représentée dans ces officines volantes, nous n’avons pu y trouver que du sulfate de fer, du sulfate de cuivre et du carbonate de soude. Inutile de dire que ce s sels sont les plus impurs que l’on puisse trouver dans le commerce. On peut se procurer là pour quelques sous un petit paquet de toutes les drogues contenues sous la tente.
- Si l’Arabe propriétaire possède quelque poison métallique ou végétal, il a grand soin de le cacher et répond à tout indiscret européen qui lui en demande : « sais pas, comprends pas ». Une seule fois nous avons cru apercevoir, sous l’une de ces tentes, de l’antimoine métallique.
- Une particularité à noter, c’est que pas un médicament n’est étiqueté soit en français, soit en arabe. Cela tient, sans doute, à ce que chaque taleb est fort jaloux de la dénomination qu’il donne à une drogue quelconque et qu’il a bien soin de ne pas l’afficher.
- Le taleb addoua nomade est aussi un « toubib » ; on lui apporte peu d’ordonnances arabes, car toujours il prescrit lui-même.
- Dans les grands centres ce sont les Mozahites, commerçants intelligents, propriétaires de véritables bazars bien achalandés qui font les ordonnances arabes. Plusieurs d’entre eux connaissent les plantes toxiques et les poisons minéraux préférés qu’ils savent dissimuler et ne vendre qu’à coup sur. L’arsenic et ses composés sont les plus recherchés.
- Si certains indigènes s’adressent encore au « taleb addoua » ou au Mozabite, le plus grand nombre fréquente nos officines et l’on en voit toujours dans nos pharmacies. Ils apportent là les ordonnances de nos médecins et de leurs « toubibs ». 11 est donc de toute impor-
- tance pour le pharmacien qui désire s’établir en Algérie de connaître la langue et la matière médicale arabe. Cette dernière, comme nous l’avons déjà dit, est excessivement difficile, non parce qu’elle comporte beaucoup de médicaments, mais parce que le même médicament porte souvent les noms les plus divers et que ces noms sont tous employés. Dr F. Malméjac.
- Pharmacien aide-major de 1" classe.
- LA POPULATION DES ÉTATS-UNIS
- Le gouvernement fédéral vient de publier les résultats du dénombrement de la population en 1900. Cette statistique peut présente!* de l’intérêt à un certain nombre de nos lecteurs et nous en présentons un résumé succinct.
- La population totale des États-Unis, qui était, en 1890, de 03 037 704 âmes, s’élève aujourd’hui à 76148 570, soit une augmentation de 15 110 872 ou de 21 pour 100. Si cela continue de la sorte pendant un siècle, il y aura 200 millions d’Américains en l’an 2000.
- Les six États les plus peuplés sont :
- New-York, 7 208894; Pensylvanie, 6502115; Illinois, 4821550; Ohio, 4157545; Missouri, 5100 065; Texas, 5048 710.
- Les villes, comptant plus de 100 000 habitants, sont au nombre de 57. En voici la liste :
- New-York (New-York). 5457 202; Chicago (Illinois),
- 1 098575; Philadelphie (Pensyhanie), 1293097 ; St-Louis (Missouri), 575 258; Boston (Massachusetts), 560892; Baltimore (Maryland), 508 957 ; Cleveland (Ohio), 381 708 ; Buffalo (New-York), 352587; San Francisco (Californie), 342 782; Cincinnati (Ohio), 325902; Pittsburg (Pensylvanie) 521016; Nouvelle-Orléans (Louisiane), 287 104 ; Détroit (Michigan), 285 704; Mihvaukee (Wisconsin), 285315; Washington (D.-C.), 278718; Newark (New-Jersey), 246070; Jersey-City (New-Jersey), 206455; Louisville (Kentucky), 204751; Minneapolis (Minnesota), 202 718; Providence (Rhode-Island), 175597; Indianapo-lis (Indiana), 109104; Kansas-City (Missouri), 105 752; St-Paul (Minnesota), 163005; Rochester (New-York), 162008; Denver (Colorado), 155859; Toledo (Ohio), 131822; Allegheny (Pensylvanie), 129896; Columbus (Ohio), 125560; Worcester (Massachusetts), 108374; New-Haven (Connecticut), 108027 ; Paterson (New-Jersey), 105171 ; Fall-River (Massachusetts), 104863; St-Joseph (Missouri), 102979; Omaha (Nebraska), 102555; Los Angeles (Californie), 102479; Memphis (Tennessee), 102 320 ; Scrauton (Pensylvanie), 102026.
- En tenant compte des possessions des Etats-Unis : Antilles, Alaska, Hawaï et Philippines, ces dernières étant évaluées à 10 ou 15 millions d’habitants, on peut estimer à 100 millions le nombre des personnes vivant à l’abri du drapeau étoilé.
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- L’EXPLOITATION
- DU MÉTROPOLITAIN PARISIEN
- Nous avons donné des détails fort circonstanciés sur la construction de la première ligne métropolitaine dont ait été doté Paris; sachant comment’a été construit et comment fonctionne ce chemin de fer, on sera peut-être curieux de connaître ce qu’en a coûté l’établissement, le trafic qu’il assure, en même temps que les dépenses qu’entraîne une ligne ferrée de cette importance.
- Rappelons d’abord que la ligne principale avec ses
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- deux embranchements, telle qu’elle a été exploitée durant le second semestre de 1900 et pendant les premiers mois de 1901, représente une longueur totale de 15500 mètres. Or, l’infrastructure de cette ligne, faite pour le compte de la Ville de Paris, a entraîné une dépense de 50 941 000 francs. A ce chiffre il faut ajouter le total des dépenses d’établissement faites au compte de la compagnie exploitante, et qui sont dans leur ensemble de 19 525000 francs : donnons du reste quelques éléments qui nous paraissent assez intéressants. C’est ainsi que les gares, dont les aménagements devaient être aux frais de la compagnie concessionnaire, ont coûté 2 449 000 francs (nous pouvons dire au moins, car les comptes de ces travaux ne sont pas encore tous réglés, ainsi qu’il en est pour la plupart des travaux dont nous parlons ici). La voie, si simple qu’elle paraisse, a exigé une dépense de 5 556 000 francs, ce qui n’est pas étonnant quand on songe avec quel Soin doit être posé tout l’équipement électrique, et les dépenses qu’entraînent notamment les signaux. C’est ensuite une somme considérable de plus de 2 551 000 francs pour le matériel roulant, puis 1 686 000 pour l’édification et l’achat des terrains, des ateliers et du dépôt de Charonne ; enfin, en ce qui concerne la production même du courant, 7 792 000 francs pour l’établissement de la grande usine génératrice de Bercy et 1 025 000 francs pour la sous-station de transformation de l’Étoile.
- En somme, et en totalisant la part de dépenses de la Ville avec celle de la Compagnie, on arrive à une somme générale de 57 à 58 millions (comprenant seulement les comptes arrêtés). Cela correspond à bien près de 4 300000 francs au kilomètre et cela montre combien sont coûteux les chemins de fer métropolitains, même quand on les construit entièrement sous terre, sans avoir besoin d’exproprier personne.
- Cherchons maintenant le trafic sur lequel peut compter une ligne de ce genre. De juillet à décembre 1900, le nombre des voyageurs transportés a été de 15891000; mais il ne faut pas oublier qu’en juillet et même ultérieurement le réseau n’était pas complet, et pour juger sainement des choses il vaut mieux se reporter aux premiers mois de 1901 et en tirer des moyennes. Pendant les quatre premiers mois de cette année, le nombre de voyageurs transportés a été de 15 621 000, ce qui ressort à environ 47 millions par an ; quant aux recettes, qui avaient été de 2 695 000 francs en 1900, elles ont atteint 2 688 000 francs durant la période du début de 1901 , ce qui correspond à un peu plus de 8 millions de francs pour l’année entière. En nous reportant à des bases analogues pour le mouvement des trains, nous verrons que le chiffre des trains kilométriques, autrement dit des kilomètres parcourus par les trains, ramené à l’année entière, est de 2582000. Nous devons ajouter comme élément d’appréciation des plus importants, la valeur des dépenses d’exploitation : elle est environ de 2 435 000 francs, et si l'on refranche en outre, des recettes que nous avons indiquées tout à l’heure, la redevance que touche la Ville de Paris, à titre de compensation des frais qu’elle a faits pour la construction de l’infrastructure du chemin de fer, nous voyons que ce métropolitain donne, par an, un produit net approximatif de 1 928 000 francs, ce qui correspond à un produit net de 145 000 francs par kilomètre exploité.
- Ce sont évidemment des chiffres imposants par eux: mêmes, et qui montrent quelle circulation intense se fait sur une voie métropolitaine et quelles sommes rela-
- tivement énormes peut donner cette fréquentation, même avec des billets à prix extrêmement réduit ; mais il sera curieux, en quelques lignes, de faire une comparaison entre un chemin de fer électrique de ce genre et une voie ferrée ordinaire. Pour ce qui est des voyageurs, par exemple, on en compte ici dans l’année un peu plus de 3 millions et demi par kilomètre, tandis que sur les réseaux d’intérêt général français la fréquentation correspondante n’est que de 10 500 ; de même, les recettes (nous ne parlons que des voyageurs — puisque le Métropolitain ne transporte pas de marchandises) — sont, dans le premier cas, de 600 000 francs et dans le second de 15 900 francs seulement. Nous eussions voulu continuer la comparaison pour ce qui est des dépenses de l’exploitation, mais il nous serait impossible de rechercher, en ce qui concerne les chemins de fer d’intérêt général, les seules dépenses relatives au trafic des voyageurs. D. B.
- LE PELAGE BLANC DES ANIMAUX ARCTIQUES
- M. R. Lydekker vient de se livrer, dans la publication Knowledge, à une critique très intéressante des expériences faites par Sir John Boss sur le lemming arctique, et sur le phénomène du blanchiment de son poil, en relation avec la température froide qu’il peut supporter.
- On avait gardé un de ces petits animaux dans une chambre chaude jusqu’à ce que l’hiver fût bien venu, puis on l’avait exposé subitement à une température de 50° au-dessous de zéro; il mourut du reste à la suite de cette exposition au froid durant un certain temps.
- Comme conséquence des conditions dans lesquelles on l’avait maintenu, il se trouvait encore brun de pelage au milieu de l’hiver, alors qu’il aurait dû être blanc; mais, dès la première nuit de son exposition au froid, son pelage avait commencé de blanchir sur certaines parties du corps, pour être complètement blanc partout, du moins superficiellement, au bout d’une semaine.
- C’étafent uniquement les extrémités des poils qui étaient blanches, et les poils avaient poussé beaucoup en blanchissant.
- On avait conclu de cette expérience que les animaux arctiques voient leur poil allonger au moment de la venue de l’hiver, tout en blanchissant, et que ce changement de coloration est sous la dépendance même de l’animal considéré. Mais, pour M. Lydekker, il y a un point faible dans cette argumentation : si les choses se passaient ainsi dans les conditions normales, on aurait déjà certainement capturé des animaux arctiques dont le pelage présenterait cette particularité d’avoir les poils blanchis seulement à l’extrémité ; or, jamais cela ne s’est produit ou n’a jamais été signalé. Par Conséquent le problème ne saurait passer pour résolu selon M. Lydekker. Il est clair que le temps doit jouer son rôle dans l’influence du froid et les expériences pèchent de ce côté. Il y aura donc lieu de poursuivre et les observations et les expériences. J. C.
- LA CONSOMMATION DU CHARBON
- EN FRANCE
- Au moment où les questions se rattachant au charbon sont à l’ordre du jour, il n’est pas sans intérêt de se* rendre compte du mouvement industriel et commercial de la houille en France, de connaître la
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- LA NATURE.
- consommation, l’importation et l’exportation de cet élément essentiel du progrès de l’industrie.
- Les pays les plus grands producteurs de charbon
- sont les États-Unis et le Royaume-Uni qui se disputent le record, puis vient l’Allemagne avec une production qui n’atteint pas la moitié des précédents, puis la France avec le tiers environ de la production allemande; la Belgique passe ensuite.
- La France, d’après les dernières statistiques officielles, celles concernant 1899, extrait de son propre sol 52865000 tonnes de combustibles d’une valeur de 407546000 francs (sur le carreau des mines).
- Cette houille est retirée de 52 bassins distribués dans 59 départements parmi lesquels les principaux : le Pas-de-Calais a extrait 14 millions, le Nord 5, la Loire 5, la Saône-et-Loire, le Gard et l’Aveyron plus d’un million chacun.
- La consommation française s’élève à 45228000 tonnes de combustibles et nous n’en produisons que 52865000; notre production n’atteint donc que les trois quarts (75 pour 100) de ce qui nous est nécessaire.
- Les départements qui consomment le plus de charbon sont ceux où existent des centres métallurgiques ou de grands ports de mer : le Nord brûle 6 millions de tonnes, la Seine 4, Meurthe-et-Moselle 4, Pas-de-Calais 2, la Loire, la Seine-Inférieure, les Bouches-du-Rhône, le Rhône, la Saône-et-Loire chacun 1 million.
- Les cartes que nous donnons d’après des graphiques exécutés sous la direction du savant statisticien IL Sullivan Alexander, qui s’est spécialisé dans l’étude générale de la production houillère compléteront utilement les données forcément réduites de cet article.
- Notre importation en charbon qui est de 15570000 tonnes nous est fournie par :
- Angleterre . G.720.000 soit 50.5 p. 100 Belgique . . 4.752.000 — 55.5 —
- Allemagne . 1.871.000 — 14.0 —
- Autres pays. 27.000 — 0.2 —
- Comme on le voit, l’Angleterre fournit à elle seule la moitié de l’importation totale ; la Belgique et l’Allemagne l’autre moitié.
- Les houilles étrangères représentent très approximativement 29.5 pour 100 de notre consommation.
- Les charbons européens ne suffisent plus aux besoins toujours croissants de l’industrie et déjà les Etats-Unis commencent à nous envoyer de la houille faisant concurrence à l’Angleterre, l’Allemagne, la Belgique ; l’importation des houilles amé-
- ricaines en France s’est élevée l’année dernière à près de cent cinquante mille tonnes.
- - Soixante-cinq départements ont fait usage de
- /ALLEMAGNE
- ^v"jü33nr.
- MEDITERRANEE
- de o ci So-ooo So.ooo 200.000 200.000 Soo-ooo pïu-j' cL&
- tOTCn&P CO ZOO-OOO CL 200.000 cl Soo. ooo CO 2.000.000 z. 000.000.
- Fig. 1. — Consommation totale du charbon, dans chaque département, exprimée en milliers de tonnes.
- (D’après les cartes houillères dressées par M. fiullivan-Alexander.)
- ANG LE T ERRE
- BELGIQUE
- C h £
- ALLEMAGNE
- LOIRET )
- YONNE 8
- OCEAN
- SUISSE
- ATLANTIQUE ^
- Fig. 2. — Consommation du charbon belge en France.
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- LA NATURE.
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- houille étrangère : 55 départements ont utilisé du charbon anglais, 26 du belge, 16 de l’allemand ; nos cartes montrent bien cette distribution de combustibles.
- Quoique nous ne nous suffisons pas, puisque nous sommes obligés d’importer, nous exportons cependant.
- L’exportation s’élève à 1026000 tonnes dirigées vers la Belgique, la Suisse, l’Espagne, l’Italie, l’Algérie et employées aussi pour le chargement des bâtiments à vapeurs étrangers.
- Cette exportation se monte à 5.1 p. 100 de l'extraction.
- Certaines industries absorbent une quantité considérable de houille.
- Industrie des mines. . . . 3.002.000 t.
- Métallurgie............. 7.998.000 I.
- Chemins de 1er.......... 5.404.000 t.
- Il y a en France 202 concessions exploitées, 245 ont fourni de la houille ou de l’anthracite, 47 du Parmi les concessions de houille et d’anthra-
- lignite
- Total....... 10.404.000 t.
- Cet ensemble dépasse le tiers de la consommation totale en France.
- Les grandes compagnies du chemin de fer dépensent : Paris-Lyon-Méditerranée 1417000 tonnes, Nord 954000, Ouest 721000, Orléans 720000, Est 692000, Midi 554000,
- État 214000.
- La bouille en France est exploitée dans 52 gisements distribués dans diverses couches géologiques à des pro-, fondeurs variables. Le nombre de travailleurs employés à l’extraction est de 155900.
- Dans les chiffres précédents l*anthracite entre pour 1645000 tonnes, soit 5 pour 100. Cet anthracite provient surtout des départements du Nord (860000 tonnes), de l’Isère (249000), de la Saône-et-Loire
- Fig. i. — Consommation du charbon allemand en France.
- (244000), de la Loire (91000 tonnes). Le lignite y entre pour 607000 tonnes, soit 1.9 pour 100; les cinq sixièmes sont tirés des Bouches-du-Rhône.
- Fig 3. — Consommation du charbon anglais eu France.
- cite, 71 sont exploitées par galeries débouchant au jour; de même 20 concessions du lignite. Dans les autres mines, on compte 569 puits d’extraction en service et 290 affectés à d’autres usages.
- Les machines à vapeur fonctionnant sur les char-
- _____________bonnages ont été au nombre de 2619,
- d’une puissance totale de 170000 chevaux-vapeur; parmi ces machines, 520 d’une force de 16000 chevaux environ ont été spécialement affectées à l’aérage des mines.
- Les puits les plus profonds se rencontrent dans le Gard où il existe un puits de 810 mètres; dans la Haute-Loire, où il y en a de 795 et 591 mètres; dans la Loire, où les profondeurs atteignent 777, 650, 650 et 606 mètres. Ces bas niveaux sont exceptionnels. Le niveau moyen des chantiers est loin, d’ailleurs, de se trouver à une aussi grande profondeur.
- Les travaux portent généralement sur un petit nombre de couches dans les bassins appartenant à l’étage houiller supérieur ; le nombre des couches est beaucoup plus considérable à l'étage houiller moyen, mais avec une moindre puissance.
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- LA NATURE.
- La production delà tourbe a été de 99000 tonnes; le département de la Somme est le principal siège d’exploitation de ce combustible (52000 tonnes); la Loire-Inférieure en a fourni 15000, l’Aisne 10000, l'Isère 8500, le Pas-de-Calais 7000, le Doubs 6000.
- Au sujet du charbon de bois dont pourtant le commerce est très développé, aucun chiffre officiel ne peut être indiqué. T. Obalski.
- CHRONIQUE
- Le eift<fiimifenaire «le la télégraphie sous-marine. — Il y actuellement cinquante ans que fut posé le premier câble sous-marin qui réunit Calais et Douvres. L’événement a été célébré en 1851 par un grand banquet donné à l’hotel de ville de Calais en l’honneur de MM. Wollaston et Crampton, ingénieurs de la ligne, et Brelt, qui avait obtenu le décret de concession. La pose du câble avait déjà réussi en 1850. Mais la ligne avait été coupée accidentellement par un pêcheur et on avait dù la rétablir. C’est seulement le 13 novembre 1851 que la ligne télégraphique Calais-Douvrcs fut ouverte au public.
- Luc aurore boréale. — Un astronome allemand, IJerr Sehaper, ayant spécialement étudié une récente aurore boréale qui s’était produite entre Gœttingen, Hambourg et Warnemünde, est arrivé à des conclusions neuves et intéressantes sur la hauteur et la vitesse de rayonnement de ces curieux phénomènes, encore inexpliqués. D’après le savant que nous citons, l’aurore boréale dont il s’agit serait constituée par une sorte d’arc-en-ciel de dimensions extraordinaires, puisque ses deux extrémités auraient touché le sol de notre planète à Liverpool, d’une part, et, d’autre part, à Liban, en Courlande. La hauteur de l’arc, en outre, était de 70Ü00 mètres au-dessus de la terre. Cette aurore boréale a émis, à plusieurs reprises, d’immenses fusées rouges, comme des langues de feu, qui ont été particulièrement visibles à Lubeck et à Ilirschberg, en Sibérie. Or, ces irradiations mesuraient, l’une 670 000 mètres, l’autre 800 000 mètres d’altitude, et la vitesse du rayonnement atteignait 70 km à la seconde.
- , Le port «le Paris. — On annonce l’agrandissement prochain du bassin de la Villette, qui est le centre le plus important de la navigation fluviale en Fiance, et le plus fréquenté de ces multiples débarcadères dont se compose l’immense port de Paris. C’est un fait assez ignoré, même des Parisiens, que le tonnage total des marchandises annuellement embarquées ou débarquées à Paris, dépasse de beaucoup le tonnage du port de Marseille. En 1872, le tonnage total du port de Paris était de 1 075 807 tonnes; en 1896, année de grande circulation fluviale, le tonnage montait au chiffre formidable de 8 815 752 tonnes. Les relevés commerciaux des deux récentes années pour les ports de Paris et de Marseille sont tout à l’avantage de la capitale : 1897, Paris, tonnage total 0162 265 tonnes; Marseille 5 202 601 tonnes. — 1898, Paris, 7 millions 515 134tonnes; Marseille, 5 594 647 tonnes. Le dernier recensement de 1896 constatait l’existence, en France, de 15 795 bateaux fluviaux montés par 41 579 personnes, et représentant 3 442 000 tonnes. Pourtant, on compte que le port de Paris est visité annuellement par environ 75 000 embarcations de tous les tonnages et de toutes les formes. C’est que beaucoup d’entre elles reviennent plusieurs fois par an dans la grande ville. Plus de la moitié de ces embarcations sont montées et manœuvrées par leur propriétaire, aidé de sa femme et de ses enfants. Le port
- de Paris se compose de quinze quais principaux établis le long de la Seine et dont certains sont réservés à des arrivages spéciaux. Le bassin de la Villette, véritable succursale parisienne du port du Havre, est entouré d’immenses balles, de vastes magasins loués par les Compagnies, et dans lesquels des stocks de blé et d’autres marchandises sont conservés.
- Le slx-màts américain « George-Wells )). —
- Quant à présent, on n’avait jamais songé à mettre plus de cinq mâts à un voilier, et même certains trouvaient que c’était déjà beaucoup. Nombreux, en effet, sont les bateaux ainsi gréés qui ont fait naufrage sous les coups répétés du vent, ou qui se sont brisés en pleine mer, en quelque sorte sous leur propre poids. Les Américains, eux, restent persuadés que plus un navire a de voiles, mieux il doit marcher. Pour donner à cette théorie la sanction de l’expérience, un armateur du Maine, aux États-Unis, vient de faire construire le George-Wells, un six-mâts en acier, d’une capacité de 5500 tonnes. Ce voilier extraordinaire mesure 118 mètres de long, 14m,55 de large, et
- 10 mètres environ de creux sur quille. Avec ses cinq focs,
- 11 offre au vent une surface de 8200 mètres carrés de toile. Mis bout à bout, les six-mâts du George-Wells, composés de tubes d’acier ajoutés les uns aux autres, représenteraient une longueur de 299 mètres, presque la hauteur de la tour Eiffel.
- La médecine par pigeon-voyageur. — Il existe à Boston un médecin plein d’originalité pratique. Ce praticien ne va faire ses visites qu’accompagné d’un immense panier rempli de pigeons-voyageurs. Quand il a bien examiné le cas d’un malade et qu’il est fixé sur la maladie et le traitement à appliquer, il rédige son ordonnance sur papier pelure, puis l’attache sous l’aile d’un pigeon à qui il donne sa liberté. Comme les pigeons appartiennent à un colombier installé justement chez un apothicaire, associé du docteur, l’ordonnance arrive vite à son adresse. Le médicament est aussitôt préparé et apporté par un bicycliste. Le malade peut être soigné sans aucune perte de temps et il y a ainsi avantage et bénéfice pour tout le monde. Ce système, avant d’être employé à Boston, l’avait déjà été en France.
- Les loueurs à turbines sur le tleiu. — Pour assurer l’amélioration de la navigation sur le Haut-Mein, le gouvernement bavarois non seulement a fait exécuter des travaux importants, mais encore a mis en service un certain nombre de loueurs qui sont intéressants à plusieurs égards. L’entraînement de la chaîne, au lieu d’être assuré par des tambours lisses, comme le plus souvent, ou des poulies magnétiques comme dans le système de Bovet, l’est par des poulies à griffes du type employé sur J l’Elbe, qui usent moins la chaîne, et avec lesquelles celle-! ci peut se nouer sans avarie. Mais, de plus, ces poulies et la chaîne ne servent à la propulsion que pour la montée,
- * et la descente se fait avec des propulseurs peu usités I généralement, des turbines, par suite du très faible tirant | d’eau du bateau. Ces turbines sont placées de chaque coté du bateau et à peu près au milieu de la longueur de la coque ; elles sont commandées chacune par une machine compound, et tournent à 250 tours par minute environ. Elles aspirent l’eau par un canal intérieur à la coque, débouchant naturellement à l’extérieur, et elles la refoulent dans un conduit analogue débouchant vers l’arrière. Pour la marche en arrière, les turbines continuent bien de tourner dans le même sens, mais on détourne l’eau de son chemin direct, par le raccordement instantané d’un tuyau courbe avec le tuyau normal de fuite, et delà
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- sorte l’eau aspirée revient vers l’avant et produit le recul du bateau. A la montée, la vitesse est de 4 à 0 kilomètres, à la descente elle atteint 12 à 14 kilomètres.
- Longueur totale des chemins de fer du monde. — D’après le bilan dressé par une grande revue allemande, la longueur totale des chemins de fer du monde à la lin de 1899 était de 772 000 kilomètres, ou plus de neuf fois le diamètre du globe à l’équateur et le double de la distance de la terre à la lune. A remarquer, en outre, que ce chiffre de 772 000 kilomètres exprime la longueur des lignes et non pas celle des voies. Si l’on y comprenait celle-ci, il serait considérablement augmenté; de très nombreuses lignes en Europe et en Amérique surtout étant à double voie. Des cinq parties du monde, c’est l’Amérique qui possède le plus grand réseau, plus de la moitié de la longueur totale, soit 595 000 kilomètres, et, bien que, au point de vue de la superficie, l’Europe n’atteigne que le quart de celle de l’Amérique, elle vient immédiatement après celle-ci comme longueur des chemins de fer; elle en possède 278 000 kilomètres, tandis que l’Asie n’en compte que 58 000 kilomètres, l’Australie 24 000 et l’Afrique 20000. Si l’on répartit le nombre total des kilomètres de lignes par pays, on trouve en premier rang les États-Unis, 504 576 kilomètres ; viennent ensuite : l’Allemagne, 50 541; la Russie, 45998; la France, 42 211; l’Autriche-Hongrie, 56 275; les Indes britanniques, 56188; la Grande-Bretagne et l’Irlande, 54868; le Canada, 27755 kilomètres. Mais, au point de vue de la superficie terrestre desservie, c’est-à-dire de la densité des lignes ferrées, la Belgique l’emporte sur tous les pays du monde avec 21 kilomètres de chemins de fer par 100 kilomètres carrés. Elle est suivie de près par la Saxe, avec 18,8 kilomètres. De 1895 à 1899, la longueur des voies ferrées du monde s’est accrue de 10,2 pour 100; mais, depuis 1890, cet accroissement s’est tenu entre 5,5 et 2 pour 100. Si l’on tient compte qu’en Europe le coût du kilomètre de chemin de fer ressort à 375 000 francs, on peut donner au réseau européen une valeur de 104 milliards de francs; et, si l’on y ajoute 90 milliards de francs pour les lignes ferrées des réseaux situés hors d’Europe, on arrive au chiffre de 194 milliards de francs comme valeur d’établissement de l’ensemble des chemins de fer terrestres.
- Les pierres précieuses en Australie. — Bien qu’on ne s’en doute guère communément, l’Australie, en dehors de ses riches gisements aurifères, possède des pierres précieuses en assez grande abondance, dont on n’a pas encore tiré grand parti, tout simplement parce que celles qu’on a trouvées jusqu’ici n’offrent pas une valeur commerciale fort élevée. C’est ainsi que, dans la Nouvelle-Galles du Sud, se rencontrent des saphirs, qui ont toutefois le tort d’étre souvent verdâtres, ou alors d’une teinte tellement foncée qu’elle en paraît presque noire. De même on rencontre des rubis et aussi des topazes : ces dernières se présentent fréquemment, mélangées à des émeraudes, avec une belle nuance et parfois même sous un volume relativement considérable. Nous venons de parler d’émeraudes, et précisément durant quelques années on en a expédié une assez grande quantité sur le marché de Londres : le tort qu’elles ont, et qui en fait abandonner en partie l’exploitation, c’est qu’elles se trouvent dans une gaine encaissante d’une dureté véritablement extraordinaire. Nous aurions aussi à citer le zircon (ou hyacinthe), les grenats, des opales, des améthystes, des chrysolites, des onyx, etc.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 4 novembre 1901.
- Présidence de M. Bouquet de la Grye.
- Action chimique des radiations du radium. — M. Becquerel apporte un nouveau fait à l’appui de l’analogie des pouvoirs chimiques de la lumière et des radiations du radium, c’est la transformation du phosphore blanc au phosphore rouge obtenue à l’aide de radiations. H appelle également l’attention sur une expérience de son préparateur relative à l’action des radiations du radium sur les graines. Une influence de vingt-quatre heures n’a exercé aucun effet sur le pouvoir germinatif de graines de cresson alenois eide moutarde ; mais une intervention, prolongée suffisamment, a détruit entièrement ce pouvoir.
- Tentative de préparation de l'ammonium. — M. II. Moissan présente un Mémoire sur l’action des métaux ammoniums sur le chlorhydrate d’ammoniaque. Ayant étudié la solubilité de ces corps dans l’ammoniaque liquéfié à — 80°, il a remarqué que leur décomposition se faisait facilement et complètement. Seulement le radical ammonium que l’on aurait dû pouvoir isoler dans ces expériences n’apparaît pas et l’on ne recueille que du gaz ammoniac et de l’hydrogène. Ce dernier gaz est pur et la quantité vérifie l’équation chimique. La non-existence du radical ammonium semble confirmée d’autre part par des expériences d’électrolyse du chlorhydrate d’ammoniaque en solution dans le gaz ammoniac liquéfié à — 90°. Dans ces conditions, il se dégage du chlore au pôle positif et de l’hydrogène au pôle négatif.
- La chronophotographie et les sports athlétiques. — M. Mare y présente un rapport dans lequel les différents sports athlétiques sont étudiés au point de vue physiologique et hygiénique. Cette analyse, qui repose sur les données de la chronophotographie, montre que le succès des champions n’est point une question du hasard mais bien une question de meilleur emploi des forces humaines, Tel est le cas du champion américain pour le lancer des poids. Dans ce sport le champion américain lance le corps par un saut à la fin duquel a lieu la détente du bras. De même en ce qui concerne le saut d’un obstacle en hauteur, il faut constater la supériorité du procédé américain sur le procédé français. L’Américain enjambe surtout l’obstacle, ce qui nécessite un moindre déplacement du centre de gravité que dans le saut français. Le canotage a été également étudié. On a constaté deux maximums de vitesse, l’un au moment où l’aviron frappe l’eau, l’autre au moment où l’aviron étant hors de l’eau le corps se porte en avant et déplace ainsi le centre de gravité.
- État du carbone fixé par les plantes. — On sait que sous l’influence de la lumière solaire les plantes décomposent l'acide carbonique et utilisent le résidu que l’on croit être de l’aldéhyde méthylique pour la formation de leurs tissus. M. Boulhac a entrepris de fournir la preuve directe de cette dernière hypothèse. 11 a introduit des algues dans une solution nutritive (phosphate, sels de potasse, nitrate) exposée à l’action d’une lumière trop faible pour qu’elles puissent germer. Dans ces conditions, elles périssent ; mais il n’en est plus de même si, maintenues à cette faible lumière, on ajoute à la dissolution quelques gouttes de méthylol, combinaison d’aldéhyde formique et d’alcool méthylique. M. Boulhac a pu obtenir ainsi jusqu’à (1er,30 de matière sèche. L’expérience ne
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- réussit pas dans l’obscurité ; elle est particulièrement intéressante parce qu’elle montre la formation de la matière végétale à l’aide d’une substance contenant l’aldé-hvde formique qu’on supposerait être en effet le point de départ de toute synthèse végétale. Cu. de Vuledeuil.
- UN BUREAU TÉLÉPHONIQUE CHINOIS
- Si les télégraphes ont acquis, depuis déjà assez longtemps, droit de cité en Chine (un code spécial a même été inventé à seul lin de pouvoir transmettre les caractères de la langue), les réseaux téléphoniques sont encore inconnus dans l’Empire du Milieu. Entendons-nous pourtant sur cette affirmation, en ce sens qu’il n'existe réellement pas en Chine d’entreprise chinoise de téléphones, ni rien de comparable au réseau des télégraphes, alors pourtant qu’il serait si commode de remplacer de fastidieuses transmissions télégraphiques (qui exigent ensuite de longues traductions au moyen du code dont nous parlions à l’instant) par des transmissions téléphoniques. Cependant, pour être absolument exact, nous devons dire que, dès 1882, des appareils ont été installés à Hong Kong et à San-ghaï par les soins de la « Oriental téléphoné Co », et que, dès 1890, ces deux réseaux comptaient plus de 500 abonnés. Nous n’avons pas les chiffres actuels, mais ils sont certainement et sensiblement supérieurs. Nous pouvons ajouter qu’un réseau analogue a été créé à Tien-Tsin; et qu’il était, avant la guerre, relié à Takou (à l'embouchure de la rivière), et même à Chefoo et aux mines de Kaïping. Mais ce sont des entreprises étrangères, et non chinoises.
- Et pourtant il existe bel et bien un réseau téléphonique exploité et administré uniquement par des employés à longue queue.
- 11 se rencontre tout simplement dans cette agglomération, unique en son genre, qui porte le nom caractéristique de « Chinatown », et qui forme un des (juartiers de San-Erancisco. Cette « ville chinoise » ne renferme pas moins de 18 000 Célestes, parmi lesquels
- on compte 1500 négociants, le plus souvent à la tête d’importantes affaires. Rien qu’on affirme volontiers que le Chinois est essentiellement conservateur et réfractaire aux inventions des « diables d’Occident », en fait, quand il lui est bien démontré qu’une de ces inventions est susceptible de lui faire gagner de l’argent, il n’hésite point à l’adopter; et ce fut le cas d’une bonne partie des négociants de « Chinatown », que leurs fréquentations américaines ont convaincus de la valeur du temps. Au début de l’entreprise, il y eut bien à lutter contre la crainte superstitieuse des employés subalternes, notamment; mais tout cela n’est plus maintenant que du passé, et une compagnie se fonda pour créer un réseau téléphonique à l’usage unique de la ville chinoise, et absolument indépendant du réseau propre de San-Erancisco. Rien entendu, il est relié à celui-ci ; mais ses abonnés doivent payer une taxe supplémentaire pour échanger des conversations avec les abonnés américains proprement dits, et les choses se passent de même en sens inverse. Pour l’instant, on ne compte que 270 négociants jaunes abonnés ; cela simplement parce que le bureau central était de dimensions trop exiguës; la compagnie vient dernièrement d’acheter un nouveau local,pour se mettre à même de satisfaire aux besoins les plus étendus.
- Le personnel de cette compagnie comprend un chef, puis sept employés téléphonistes qui connaissent admirablement leur métier, enfin trois aides et trois jeunes commissionnaires ; le service fonctionne du reste (supériorité incontestable sur beaucoup de nos réseaux) jour et nuit. Notons en passant que, à ce qu’on nous affirme, la voix des Chinois s’entend de la manière la plus distincte au téléphone, ce qui n’est pas non plus le cas général en Erancc.
- Et il paraît que ce petit réseau chinois fait d'excellentes affaires pécuniaires. Au. Ckoxe.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris, — Imprimerie Lahiiie, rue de Fleurus, 9.
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- iV 148 fi.
- 16 NOVEMBRE 1901.
- LA NATURE.
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- L’HYPNOSE CHEZ LES GRENOUILLES
- L’hypnose chez les animaux est une question extrêmement peu étudiée ; on peut citer tout au plus quelques observations scientifiques, le reste de nos connaissances se réduit aux données de lu légende courante dont le leit-motif est constitué par l’évocation de l’Inde ou de l'Orient mystérieux avec ses dormeurs de serpents.
- Au cinquième Congrès International de Physiologie qui vient d’avoir lieu à Turin, Mlle M. Stefa-nowska, de Bruxelles, a fait une communication sur ce sujet, recherches toujours bienvenues connaissant l’importance et l’originalité de la question.
- M11,3 Stelanowska a entretenu le Congrès « sur les conditions favorables et défavorables à l’hypnose chez les grenouilles », dont voici un résumé succinct.
- Les grenouilles qui ont séjourné l’hiver dans U aquarium présentent un matériel
- remarquable pour l’étude de l hypnose, au moment où elles sont très épuisées par un jeûne prolongé, c’est-à-dire au printemps et en été. Dès qu’on les renverse sur le dos, elles tombent dans l’état hypnotique, poussé souvent jusqu’à la catalepsie. Dans l’état d’hypnose profonde, les organes des sens suspendent leur action, le sens kinesthésique est très émoussé, ainsi que la sensibilité à la douleur. Les pupilles sont toujours rétrécies : elles se dilatent aussitôt que l’animal se réveille; les mouvements cardiaques sont ralentis et les mouvements respiratoires souvent à peine perceptibles. Cet état peut persister pendant une demi-heure et meme davantage.
- L’état d’hypnose profonde est encore plus accentué chez les grenouilles d’hiver dont le corps a perdu beaucoup d’eau par suite d’un séjour dans un endroit sec. On ne parvient pas toujours à réveiller ces grenouilles au moment voulu.
- Les grenouilles fraîchement recueillies au printemps subissent dans les mêmes conditions l’hypnose, mais résistent plus. Elles deviennent de plus en plus hypnotisables à mesure que leur jeûne dure plus longtemps. Ce fait concorde avec l’observation de Cley, que„T’hypnose est aisément produite
- Différentes altitudes de grenouilles hypnotisées.
- chez les grenouilles amaigries. L’épuisement, le jeûne prolongé et la soustraction d’eau paraissent être, selon Mlic Stelanowska, les conditions les plus favorables à la production de l’hypnose et de la catalepsie chez les grenouilles adultes.
- Remarquons encore que dans les recherches de cet auteur les grenouilles à l’état d’hypnose profonde et prolongée se réveillent immédiatement dès qu’on les entoure de vapeurs d’éther, de chloroforme ou d’alcool, agissant en premier lieu et tout d’abord comme excitants. De la même façon agissent les vapeurs d’ammoniaque. L’élévation brusque ou progressive de température interrompt toujours l’état d’hypnose ; par contre l’abaissement de température ne réveille pas les grenouilles et paraît même favorable à l’hypnose. Les trois figures reproduites ci-dessus, et que MUe Ste-fanowska a bien voulu mettre à notre disposition, représentent quelques attitudes caractéristiques des grenouilles en état d’hypnose. En lés regardant on ne Î9e annûe. — 2° semestre.
- peut pas s’empêcher de songer aux altitudes des hystériques plongées dans le sommeil hypnotique ; les grenouilles présentent à peu près les mêmes positions spasmodiques figées sur place que les sujets hypnotisés, ces autres « grenouilles du laboratoire » comme les a si pittoresquement baptisés Ch. Féré. La différence réside dans la souplesse des attitudes : purement muscylaircs et générales chez les grenouilles, plus délicates et plus nuancées et en même temps avec plus d’expression chez les hystériques. 11 est vrai que l’échelle animale compte bien des types de vertébrés depuis la nerveuse grenouille, qui a aussi ses hystériques, comme J. de Tarchanofl* vient de le démontrer, jusqu'à l'hystérique noble appartenant au dernier échelon de l’évolution bio-organique.
- J’ai insisté sur les recherches de Mlle Slefanowska, en dehors de l’importance de la question en elle-même, parce que inoi-mème j’ai fait des expériences sur l’hypnose chez les grenouilles et particulièrement
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- LA NATÜI1E.
- sur l'espèce « Ilana temporaria ». J’esquisserai ici les faits principaux de ces recherches d’une manière succincte pensant revenir plus tard dans un travail d’ensemble sur l’hypnose chez les animaux; en effet j’ai expérimenté, et je continue à le faire, sur des chiens, des cobayes, des chats, des lapins, des poules et des serpents. A ma connaissance il n’y a aucun travail entrepris sur de si nombreuses espèces animales. Cette fois je ne m’occuperai que de l’hypnose chez les grenouilles.
- Gley a fait une observation juste remarquant que l’hypnose est particulièrement favorable chez les grenouilles amaigries. Le fait est vrai et mes observations concordent avec celles de Mlle Stefanowska. Mes grenouilles, amaigries ou k jeun, s’hypnotisaient facilement et bon nombre d’entre elles allaient jusqu’à la catalepsie; les sensibilités étaient presque abolies, les pupilles punctiformes, la circulation était ralentie et la respiration devenait autant superficielle que l’hypnose devenait profonde et cela avec une crise de respiration interne, correspondante à une accélération notoire du cœur. J’avais recueilli même des tracés. Ce qui est nouveau dans mes expériences c’est l’essai d’hypnotiser les grenouilles avec le regard et en dehors de tout jeûne et de phénomène d’amaigrissement. J’ai fait l’expérience en plein été, ayant soin de nourrir les grenouilles de l’aquarium où elles vivaient plongées dans l’eau ; les grenouilles étaient de la sorte dans les meilleures conditions de vitalité et devaient représenter un état sensiblement près de leur vie normale.
- Dans une première série de recherches j’ai essayé d’hypnotiser la grenouille en la tenant dans les mains renversée sur son dos. 11 est extrêmement difficile de saisir le regard de la grenouille. La coloration de la peau, la couleur de ses yeux et l’absence de l’expression du regard, le plus terne regard d’animal à mon avis, rend difficile la fixation du regard. Il faut chercher le plus possible de faire l’expérience dans des conditions de lumière uniforme; j’ai expérimenté à la lumière du jour et à la lumière artificielle. Celle-ci constitue souvent une source de causes d’erreur agissant comme élément de fatigue. Quelques précautions se recommandent à l’expérimentateur pour tenir la grenouille dans les mains; elle gesticule, fait des mouvements, son cœur bat rapidement et son corps glisse facilement entre les doigts, autant de coefficients qui influent sur la réussite de l’expérience. Les grenouilles s’endormaient assez facilement tout en résistant longuement; j’ai eu entre mes mains des grenouilles que je n’ai pu endormir qu’au bout d’une heure et d’autres que j’ai réussi seulement à assoupir légèrement. Le regard agissait donc, comme chez les sujets humains, en dehors de toute condition expérimentale spéciale.
- Dans une seconde série de recherches j’ai voulu Essayer d’endormir les grenouilles en état de liberté et cela dans deux conditions différentes : la grenouille était déposée sur la table du laboratoire ou nageant dans une cuvette en verre avec les parois assez hautes
- et où je pouvais la poursuivre à mon aise. L’hypnose devient alors plus difficile; je veux dire par cela que le temps est plus long. On sait que les grenouilles à l’état de repos ont une attitude assez propre pour l’hypnose ; elles ont le regard en haut et la tète fait songer à une attitude d’extase ou d’attention. La difficulté réside encore à pouvoir être maître de son regard. Je suis arrivé expérimentalement à les endormir sur place dans l’attitude respective et de percer leur peau avec une aiguille, ou fer rouge, sans qu’elles manifestent la moindre réaction. L’hypnose, quoique profonde, ne dure pas longtemps; elle est plus courte et l’animal se réveille souvent en faisant un saut brusque.
- Si les grenouilles nagent dans un cristallisoir l’hypnose est également possible, mais elle exige du temps et une adresse que l’expérience seule peut donner. Un fait assez caractéristique est à remarquer, que quoique hypnotisant les grenouilles je n’ai jamais pu arriver à les faire plonger dans l’eau. L’hypnose n’était pas profonde quoique la sensibilité devenant obtuse, il semblait que l’animal fût automatiquement maître de son attitude kinesthésique. Les changements de position étaient délicals quoique possibles et ne pouvaient pas s’étendre sur des changements d’ensemble. Ce qui caractérisait l’état le plus profond d’hypnose que j’ai pu obtenir, c’était un léger plongement dans l’eau avec quelques rares assoupissements, suivis généralement du réveil. Si l’on chauffait l’eau sensiblement et doucement l’hypnose était interrompue; mais, au contraire — Mlle Stefanowska a observé ce fait dans d’autres états, — quand la température baissait progressivement il paraissait que les grenouilles cessaient, dans certaine mesure, d’être maîtresses de leur position dans l’eau.
- Ces faits rapprochés de ceux de Müe Stefanowska, dont j’ignore complètement les détails, et surtout de celles de E. Gley, parlent péremptoirement en faveur de la possibilité de l’hypnose chez les grenouilles et démontrent une fois de plus la puissance anesthésique, pour ainsi dire, du regard humain, ce facteur si complexe et qui paraît synthétiser toute notre cérébralité dynamique lorsqu’il est en action. 11 faut conclure donc que ce regard n’agit pas seulement sur l’homme, mais aussi sur les grenouilles; il y a là des rapprochements psycho-physiologiques importants et qui nous font songer à la nature de cette mystérieuse force qui se glisse par les fenêtres de notre vie psycho-organique et agit comme un vrai anesthésique figeant les attitudes des animaux comme celles de l’homme et paralysant toute vie cérébrale. N. Vaschide.
- Chef des travaux au laboratoire de psychologie expérimentale de l’École des Hautes-Études.
- L’ALCOOL MOTEUR
- Depuis quelque temps, l’opinion publique est saisie d’une question nouvelle, intéressante au point de vue de l’ingénieur, passionnante au point de vue
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- économique, éminemment française : la question de l’alcool dans ses emplois domestiques et industriels. Parmi ces derniers, l’utilisation de ce combustible dans les moteurs à explosion est des plus intéressantes, et c’est pourquoi on veut essayer actuellement de substituer au pétrole étranger un produit national, résultat de notre culture française ou coloniale. Un des avantages incontestables de l’alcool sur l’essence, c’est que l’alcool est un produit fixe, quelle qu’en soit la provenance, et personne n’ignore qu’on peut extraire de l’alcool, après fermentation, d’un grand nombre de plantes et produits sucrés ou féculents : betteraves, cannes à sucre, mélasses de sucrerie, vins, marcs de raisin ou de fruits, pommes de terre, riz, maïs, sorgho, manioc, déchets de brasserie, levures, racines, lies, etc. On peut donc produire le même alcool moteur à toute la surface du globe, et la provenance ne se révélera que par des arômes spéciaux qui sont indifférents pour la force motrice.
- Dans ces conditions, la première question que se pose le public est celle-ci : « L’emploi de l’alcool est-il avantageux? » Or, si on compare la consommation des moteurs à essence et celle des moteurs à alcool dénaturé, on voit que ces derniers consomment incontestablement plus que les autres, et comme le combustible coûte plus cher, il résulterait a priori qu’il y a là un problème insoluble à résoudre au point de vue économique; et cependant il n’en est rien.
- En effet l’alcool dénaturé pur ne contient que 5100 calories au kilogramme, tandis que l’essence en contient 11 400, c’est pourquoi on a dû chercher à élever le pouvoir calorifique du premier tout en abaissant son prix, et l’on y est arrivé en le mélangeant avec de la benzine de gaz rectifiée ou « benzol », qui contient 9200 calories au kilogramme et qui brûle dans de bonnes conditions avec un prix de revient peu élevé. On a fait des mélanges à 50 % et à 75 °f0 d’alcool; mais c’est le mélange à 50 %, dont le pouvoir calorifique est de 7145 calories, qui semble le plus avantageux, en l’état actuel de la question. Il résulte, en effet, des essais nombreux faits en France que la consommation d’alcool carburé à
- 50 % est à peu près la même que celle de l’essence à puissance égale, et ceci malgré la différence des puissances calorifiques théoriques des deux combustibles, ceci tient à ce que le rendement du moteur à alcool est supérieur au rendement du moteur à essence.
- Les expériences très précises faites à Berlin par le professeur Musil ont montré, en effet, que les rendements sont les suivants :
- Moteurs à gaz de ville (suivant les types), 18 à
- 51 °/0 ; moteurs agricoles à vapeur, 15; moteur à pétrole, 13; moteur à essence, 16; moteur à alcool (chiffre moyen), 25,8 %.
- Ce rendement élevé est dû évidemment à la grande élasticité que donne la détente de la vapeur d’eau contenue ou produite dans l’alcool au moment de sa combustion, cette détente de la vapeur d’eau évite
- les chocs violents dans les cylindres, qu’on constate avec l’essence, chocs peu favorables à la conservation des organes du moteur; ceci est si vrai qu’glin d’augmenter cette action bienfaisante de la vapeur d’eau, la Société de construction allemande de Marienfelde recommande un mélange comprenant 20 % d’eau, et elle construit des appareils en vue de cette utilisation ne consommant que 0,575 kg par cheval-heure. Il ne faut pas oublier, en effet, que pour avoir un bon rendement avec l’alcool pur et même l'alcool carburé il convient d’avoir recours à des moteurs spéciaux dont les caractéristiques doivent être ; la course voisine du double du diamètre, compression forte et allumage intensif, et sur ces points, essentiellement techniques, nous prierons nos lecteurs de se reporter au mémoire paru en juillet dernier, dans le « Bulletin de la Société des Ingénieurs civils de France », sur les moteurs à alcool.
- Il résulte enfin des dernières expériences faites tout dernièrement en France sur le moteur « l’Éco-nomique », qui a été construit spécialement en vue de l’emploi de l’alcool, que la consommation est descendue à 0,272 kg par cheval-heure avec les puissances moyennes en employant l’alcool carburé à 50 %; pour les moteurs fixes la question est donc résolue.
- Quand il s’agit d’automobiles, la substitution de l’alcool carburé à l’essence de pétrole présente également un réel intérêt, car il résulte des statistiques que, si du jour au lendemain on utilisait dans les voitures mécaniques un liquide contenant 50 °/o d’alcool dénaturé, on doublerait immédiatement la production de la distillerie française.
- 11 ne faut pas douter que si les acheteurs d’automobiles exigeaient des constructeurs que les voitures fonctionnent indifféremment à l’alcool carburé à 50 % ou à l’essence, ceux-ci trouveraient des dispositifs pratiques et simples pour substituer immédiatement l’un à l’autre combustible et dès lors les dépôts d’alcool carburé se créeraient en peu de temps dans toute la France, comme se sont créés en quelques mois les dépôts d’essence pour automobiles.
- 11 suffira donc d’un peu de ténacité et de volonté pour faire prospérer en France l’emploi de l’alcool moteur, comme cela s’est fait depuis deux ans en Allemagne, grâce à deux associations spécialement créées à cet effet, l’une technique, « l’Institut des fermentations de Berlin» et l’autre commerciale, « le Syndicat central pour la mise en valeur de l’alcool ».
- Le Ministère de l’Agriculture a si bien compris quels intérêts de premier ordre étaient engagés dans cette question pour l’avenir de la culture française, qu’il a organisé des concours officiels d’appareils utilisant l’alcool : éclairage, réchauds, moteurs fixes, moteurs d’automobiles,moteurs de bateaux. Bans un prochain article nous rendrons compte de l’Exposition qui s’est ouverte cette semaine, où figurent les appareils ayant pris part à ces concours en faisant connaître les résultats de ceux-ci. Lucien Périsse.
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
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- LA A'ATI 15E.
- L’OKAPI
- Le 18 mai, sous le litre : Un fossile qui ressuscite, j'ai raconté aux lecteurs île La Nature la
- découverte, dans l'Afrique centrale, sur les contins du Congo et de l'Ouganda, d’un grand Mammifère
- des plus curieux. Cet animal, connu des indigènes sous le nom d'Okapi, présentait, disait-on, un curieux
- mélange de caractères qui le faisait ressembler à la fois à un Cheval zébré, à une Antilope et à une Girafe.
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- LA N AIT RK.
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- D’après Sir Ilarry Johnston, gouverneur de l’Ouganda anglais, qui avait chassé l’animal et s'était procuré ses dépouilles, l’Okapi devait être le survivant d’un genre de Ruminants découvert par
- M. Albert Gaudry dans les limons miocènes de Pikermi, près d’Athènes. Nous avons présenté h nos lecteurs les pièces à'Uelladotherium rapportées de Grèce par le savant professeur du Muséum et nous avons ter-
- C(W ighi.
- Fii?. 5. — TV!p de TOkapi. (l’iioto coinuuumjiuV par « The Sphcrn ».)
- miné notre article en espérant que nous pourrions bientôt montrer «à nos lecteurs le portrait, véridique et authentique de l’Okapi de l’Ouganda.
- C’est ce que nous faisons aujourd’hui.
- Une peau et des crânes d’Okapi, expédiés le 19 avril 1901 de Mombasa par Sir Ilarry Johnston, sont arrivés en Angleterre le 17 juin.
- Le 18, la Société zoologique de Londres tenait une de ses séances ordinaires et M. Ray-Lankester, directeur du liriiish Muséum, présentait h ses confrères les dépouilles de l’animal énigmatique. C’était pour les membres de la Société une attraction de premier ordre. 11 arrive en effet, tous les jours, que les zoologistes trouvent de nouvelles espèces d’ani-
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- LA NATURE.
- maux de petite taille ou créent de nouvelles variétés d’espèces déjà connues. Mais les découvertes de grands Mammifères, inconnus jusqu’à ce jour, sont devenues très rares et l’exemple de l’Okapi est d’autant plus extraordinaire qu’il s’agit ici d’un type notablement différent des herbivores de la nature actuelle, voisin au contraire d’une grande créature des temps passés.
- Aussi l’affluence était-elle considérable le soir du 18 juin dans la salle des séances de la Société zoologique de Londres ; il n’y avait plus un siège disponible quand M. le Professeur Howes prit possession de la présidence et donna la parole à M. Ray-Lankester.
- Le savant Directeur du British Muséum fit voir à scs confrères la peau et les deux crânes expédiés par Sir Harry Johnston. Le plus fort des crânes et la peau appartiennent à un même individu mâle dont la croissance n’était pas encore terminée.
- Un premier coup d’œil sur ces pièces montre que l’Okapi a des pieds fourchus et ne saurait par suite se rapprocher des Chevaux ou Solipèdes, malgré les zébrures de sa robe. C’est bien, comme on l’avait dit, un animal voisin à la fois des Girafes et des Antilopes et très proche parent de Y Helladotherium de Pikermi.
- Depuis le jour où eut lieu cette mémorable séance de la Société zoologique de Londres, la peau de l’Okapi a été préparée et montée par un habile préparateur, M. Rowland Ward. Nous reproduisons ici (fig. 2) la photographie de l’animal entier vu de profil et une photographie de la tête vue des trois quarts (fig. 5). En comparant le profil de l’animal vivant et le profil du squelette de Y Helladotherium, tel qu’il a été restauré par M. Albert Gaudry (fig. 1), on verra que la forme générale est sensiblement la même et que les rapprochements établis tout d’abord par M. Johnston entre la curieuse créature de l’Ouganda et le fossile de Pikermi sont bien confirmés. Pourtant les anatomistes du British Muséum ont relevé quelques différences dans la conformation du crâne de Y Helladotherium et de YOkapi. C’est ainsi que ce dernier a des fosses lacrymales et des rudiments de cornes qui sont inconnus chez le premier. Il présente, en outre, quelques particularités dans la forme de la première arrière-molaire.
- 11 y a aussi des fossettes lacrymales et des cornes chez la Girafe, mais cet animal a le cou beaucoup plus long et sa robe est ornée de taches et non de zébrures.
- Bref, on a créé, pour l’animal de l’Ouganda, un genre nouveau que l’on désignera sous le nom d'Okapiael qui ne comprend encore qu’une espèce : YOkapia Johnstoni, en l’honneur de Sir Harry Johnston qui l’a découverte.
- N’ayant pas vu les pièces, nous ne saurions décider si les savants anatomistes du Bristih Muséum ont bien fait de créer ce nom de genre nouveau pour désigner scientifiquement l’Okapi. Il est probable que cet animal présente des caractères qui justifient cette nouvelle dénomination. Pourtant nous ne pouvons
- nous empêcher de regretter que la ressemblance avec Y Helladotherium, qui est indéniable et que nos savants confrères ont été les premiers à reconnaître, n’ait pas paru suffisante pour faire appliquer à l’espèce vivante le nom du genre fossile. Ainsi comprise, la nomenclature eût rappelé les affinités curieuses qu’on observe entre le fossile de Pikermi et son proche parent actuel. Les liens du présent avec le passé eussent été rendus ainsi plus tangibles ; les enchaînements du Monde animal dans les temps géologiques eussent été affirmés une fois de plus et rendus plus compréhensibles aux yeux de tous.
- II nous paraît utile de revenir sur les caractères de la robe de l’Okapi; les photographies jointes à cet article ne sauraient en donner qu’une idée affaiblie. M. Sclatera publié, dans le « Bulletin de la Société zoologique de Londres », une planche en couleurs représentant un groupe de deux Okapis, à l’état vivant, dans des poses plus souples et plus élégantes que celle qu’on a donnée à Londres à l’individu empaillé. Cette planche est la reproduction d’une aquarelle de M. Johnston.
- Les couleurs en sont beaucoup plus vives que sur la peau qu’on peut voir aujourd’hui au British Muséum, et qui est devenue terne depuis la mort de l’animal. La tête est d’un blanc jaunâtre ou crème, sauf le sommet qui est rouge brun assez vif et le museau qui est bleuâtre. La plus grande partie du corps est aussi rouge brun, d’un ton très chaud. Les zébrures des membres sont alternativement crème et gris bleu très foncé.
- Je dirai, en terminant, qu’à la séance du 18 juin, à laquelle assistait Sir Harry Johnston, le gouverneur de l’Ouganda anglais a annoncé que, durant sa dernière excursion au nord du mont Elgon, il avait vu de grands troupeaux d’une espèce de Girafe se distinguant de l’espèce ordinaire parce qu’elle aurait cinq cornes, quatre disposées en deux paires et une cinquième placée en avant sur la ligne médiane. On a pu tuer quatre individus qui seront bientôt soumis à l’examen des zoologistes.
- Si nous ajoutons que Sir Harry Johnston prétend avoir observé, dans les mêmes parages, une race d’hommes présentant des caractères de singes et très différents de toutes les races connues jusqu’à ce jour, on conviendra que l’Angleterre a, dans ses colonies, des gouverneurs qui méritent bien la reconnaissance des amis de l’histoire naturelle.
- M. Boule.
- LES YENINS CHEZ LES BYTRYCIENS
- Les batraciens sont fort bien pourvus en fait de venins. Beaucoup d’entre eux, les crapauds par exemple, possèdent des organes saillants, pustules ou cordons localisés sur les côtés du cou, sur le dos et à la partie supérieure des flancs. Mais ce ne sont pas là les seuls tissus producteurs de venin : les parties lisses de la peau sécrètent elles-mêmes des principes toxiques différents de ceux qui se trouvent dans les pustules, et ces poisons se retrouvent, en
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- LA NATURE.
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- général, dans le sang. Des animaux à peau tout à fait lisse, comme la rainette, possèdent eux-mêmes un venin très complexe. Le fait à retenir est donc (pie les batraciens sont pourvus de venins multiples qui ne restent pas localisés dans la peau, mais qui imprègnent tout l’organisme, et notamment le sang. Ces principes toxiques ne résistent pas à la cuisson, ce qui explique qu’on puisse manger sans inconvénient de la chair de grenouille.
- Si l’on cherche à se représenter l’utilité de ces divers poisons pour l’animal qui en est porteur, il convient de scinder la question. Tout d’abord, les poisons du sang et des humeurs paraissent assurer aux batraciens une certaine immunité contre les venins d’autres animaux. On sait, en effet, qu’ils se nourrissent surtout d’insectes, de myriapodes, d’arachnides, chez lesquels la défense chimique est la règle, et ils ont besoin de pouvoir résister à leurs venins. Or, toutes les fois qu’on a examiné à ce point de vue des espèces non venimeuses elles-mêmes, mais réfractaires à l’action des venins, on a trouvé leurs humeurs fortement toxiques. Il en est ainsi du hérisson, de la mangouste, de l’ichneumon, de la couleuvre, de l’anguille. On peut supposer qu’il en est de même chez les batraciens et que les principes toxiques qui les imprègnent servent à les immuniser contre les venins d’autres espèces. Peut-être parviendra-t-on un jour à retirer de ces substances des anti toxiques utilisables en pathologie humaine.
- M, Gidon (Thèse de médecine de Paris, 1897-98) émet l’opinion que la sécrétion interne du venin a précédé sa localisation dans des glandes spéciales. Cette hypothèse est confirmée par Mme Phisalix-Picot (Thèse de médecine de Paris, 1899-1900) d’après des recherches entreprises sur l’embryologie de la salamandre terrestre. Quoi qu’il en soit le venin des glandes cutanées a un rôle nettement défensif : c’est une arme que la nature a donnée à ces animaux mal protégés par leur peau nue, et d’allures généralement lentes.
- Les batraciens sécrètent, dès qu’ils sont inquiétés, un mucus limpide et inodore qui les rend gluants et difficiles à saisir. Si on les pince et si on les blesse, des produits plus nettement défensifs font leur apparition. Les pustules du crapaud blanchissent en se couvrant de venin, l’alyte exsude un liquide qui sent l’ail, la rainette sécrète un enduit blanc à odeur de fourmi, le triton sent la suie, la grenouille verte le jus d’herbes et le sonneur répand une odeur indéfinissable en même temps qu’il se couvre d’un enduit savonneux. La salamandre n’émet pas de produit odorant, mais ses glandes entrent en tension et le moindre contact en fera jaillir à distance des gouttelettes de venin. La localisation des pustules sur le dos est très favorable à la défense. En effet, c’est la face dorsale qui s’offre tout naturellement à l’agresseur quand le batracien est sur le sol, et son aspect ou son odeur suffisent en général pour éloigner celui-ci. Si cependant l’animal était pris dans la bouche ou même avalé, il aurait encore toute chance d’en réchapper. Il suffit d’avoir vu un chien chercher à dévorer un crapaud pour savoir qu’il finit toujours par le rejeter et qu’il bave, tousse et a même parfois des efforts de vomissement.
- Si c’est un oiseau d’eau qui a attaqué le batracien, l’action du venin ne peut en général commencer qu’après la déglutition, car on sait avec quelle rapidité ces animaux saisissent et avalent leur proie. Mais dès que le venin commence à agir l’oiseau vomit et le bratacien a toute chance de survie; car l’oiseau ne l’a, en général, pas blessé en l’avalant.
- Ainsi, soit par son odeur qui écarte les ennemis, soit par son âcreté qui les fait recracher les batraciens avec dégoût, soit enfin par ses effets vomitifs, le venin cutané est un excellent moyen de défense des batraciens. Il supplée à l’insuffisance de leurs autres moyens de protection. Ses effets sont même à longue portée, en ce sens que le carnassier ou l’oiseau qui a une fois goûté du batracien, se contente, en général, de cette première expérience. Ainsi ces animaux inoffensifs et même utiles dans l’économie générale de la nature ont pu persister malgré leur faiblesse. Ils mènent même une vie assez heureuse, puisque le venin dont ils sont imprégnés empêche les parasites de se fixer sur eux, ou les mouches de les tourmenter. L’homme seul pourchasse les crapauds parce qu’il les trouve laids, il en fait d’ailleurs de même des autres auxiliaires de l’agriculture. Dr L. Laloy.
- EXPÉRIENCES D’AÉRONAUTIQUE MARITIME
- Les journaux quotidiens ont donné à la première heure des détails sur le voyage du « Méditerranéen ». En général on a incomplètement décrit nos appareils ou inexactement rapporté notre but. Il est utile de mettre les choses au point. Nos explications seront forcément un peu techniques et nous réclamons d’avance l’indulgence du lecteur.
- La série de recherches expérimentales que nous avons poursuivies depuis 1885 dans le but de rendre accessibles sans témérité aux aérostats les vastes étendues de la mer, comportait quatre points principaux constituant les bases de l’aéronautique maritime telle que nous l’avons conçue à l'origine de nos travaux : 1° 1’ « équilibre dépendant », c’est-à-dire au moyen d’organes en contact temporaire ou permanent avec la mer; 2° la « dirigeabilité partielle dépendante », obtenue dans les mêmes conditions, et limitée sensiblement à la moitié de l’horizon; 5° 1' « équilibre indépendant », réalisé à toute altitude requise, sans communication avec'la surface liquide ; 4° 1’ « application » des trois méthodes précédentes aux systèmes à dirigeabilité complète et indépendante.
- Le matériel que nous avons imaginé pour résoudre ces quatre termes du problème général, comporte autant de parties distinctes, et dont l’expérimentation s’impose dans l’ordre indiqué, sous peine de compromettre par des catastrophes l’avenir de cette nouvelle science. Il serait funeste, en effet, de conseiller, dans les conditions particulièrement rigoureuses des expéditions aéro-maritimes, l’essai des méthodes d’équilibre et de dirigeabilité indépendants sans avoir assuré la sécurité par la réalisation des fonctions dépendantes.
- On remarquera “enfin que les trois premières phases sont susceptibles d'être accomplies par de simples aérostats sphériques dépourvus de moteurs. Cette considération est importante, car de longtemps encore les aérostats dirigeables ne seront en mesure, par leur nature même, d’entreprendre des voyages aériens au long cours.
- C’est dans cet esprit que nous avons exécuté en
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- LA NATURE.
- 1886, sur la mordu Nord, notre première ascension maritime.
- Il n’existait alors aucun matériel efficace de navigation aéro-maritime. Quelques tentatives seules méritent d'ètre rappelées.
- Green, en 1857, avait muni son guide-rope terrestre de légers llottéurs simplement destinés à maintenir h la surface la corde, organe par conséquent nullement « intensif ». Le capitaine Sivel, en 1875, importa en aéronautique l’un des meilleurs types d’ancre flottante, le cone-ancre des bateaux de sauvetage, auquel on ne peut reprocher que l’invariabilité de sa
- Fig. 2 l,e ballon le Méditerranéen accosté par le canot de M. le commandant Serpette.
- ([lie, combinaison très ancienne. Mais la méthode des seaux, d’ailleurs laborieuse et trop lente, devient impraticable dès que la vitesse cesse d’ètre très faible, et la voile aérienne produit un effet à peine appréciable comme l’expérimentateur l’a déclaré lui-mème. L’utilisation prématurée que Lhoste voulut faire, lui
- résistance. Dix ans plus tard, un jeune et courageux aéronaute, F. Lhoste, pressentant l’impérieuse nécessité de moyens spéciaux d’action et de préservation, avant de chercher à utiliser les caprices du vent, réalisa un projet de Green consistant à prendre, au moyen de seaux, de l’eau de mer en guise de lest, lorsque l’influence solaire tend à entraîner l’aérostat vers les hautes régions. Il fit usage aussi d’un petit récipient traînant, à remplissage facultatif, improprement qualifié de flotteur et destiné à provoquer par sa résistance la formation d’un vent relatif susceptible d’agir sur une voile aérienne obli-
- Fi”. 3.
- Le ballon le Méditerranéen dans son hangar.
- aussi, des courants aériens sans avoir résolu les problèmes d’équilibre dépendant, finit par lui coûter la vie.
- Le problème complexe de l’aéronautique maritime restait donc à résoudre. L’emploi que nous fîmes dès celte époque d’organes extrêmement inten-
- Fig. 1. — La nacelle du Méditerranéen à bord du Du Chayla.
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- LA X ATI' H F..
- Fig. i. —
- Vue d'ensemble île la nacelle et du gréement de l'aérostat.
- Tir
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- sifs appelés « stabilisateurs », celui d’engins aquatiques de propulsion complètement immergés appelés « déviateurs », la séparation absolue des fonctions : résistance et équilibre, la prise d’eau de mer
- à toute allure et avec le minimum de travail au moyen du « compensateur », enfin de profondes modifications apportées aux diverses parties du matériel : suspension, gréement, forme, etc., firent du
- b
- VT/
- Fig. 5. — Déviateur lamellaire a minima du Méditerranéen.
- « National » le prototype sommaire des ballons maritimes. Ceux-ci, toujours en mesure de trouver la sécurité sur les stabilisateurs intensifs qui leur
- Fig. 6. — Stabilisateur articulé continu du Méditerranéen.
- procurent à la surface de la mer le plan d’équilibre dont ils étaient privés, aptes à évoluer par temps maniable dans un secteur atteignant déjà le tiers
- Cette
- Toulon
- GOLFE DU L / O N
- Ze"DuCh&yt&“porte des-
- nouvelles à> ujwapenr.
- MED
- ESPAGNE
- V T E R R A NE
- MER
- Fig. 7. — Carte du voyage du Méditerranéen.
- de l’horizon, pouvaient dès lors recevoir, dans des conditions favorables, l’application des méthodes d’équilibre indépendant.
- Des expériences confirmatives s’imposaient toutefois, mais leur prix trop élevé ne nous permit pas de les poursuivre. Il fallut pour les reprendre l’ini-
- tiative si méritoire de MM. le comte de La Yaulx et le comte de Castillon de Saint-Victor, aéronautes consommés, auxquels M. le lieutenant de vaisseau Tapissier apporta l’appui de sa compétence spéciale. Ils entreprirent de donner à la navigation aéro-maritime une énergique impulsion, choisirent pour
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- LA NATURE.
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- champ d’expériences la Méditerranée et voulurent bien nous confier l’établissement du matériel.
- Le tableau suivant permettra de comparer les conditions et les résultats des deux voyages du « National » et du « Méditerranéen » :
- Ballon Le National Le Méditerranéen
- Date de l'expérience. . . 12-13 sept. 1886 12-14 oct. 1901
- Capacité 1200 m* 3100 m3
- Gaz d’éclairage, spécial Hydrogène
- Poids ascensionnel initial. 864 kg 2600 kg
- F orme à cône d’écoulement sphérique
- Stabilisateur : type . . . funiculaire flexible articulé continu
- — poids . . , 80 kg 600 kg
- — intensité* . 8 120
- — fraction du
- poids initial 0,092 0,230
- Déviateur : type a maxima a minima
- — angle limite . 65° 40°
- Organes de manœuvre . Palans Treuils cannelés
- Compensateur : type . . hydraulique direct —
- — capacité. 80 d5 —
- Frein hydronautique . . funiculaire série de cônes
- Guide-rope : poids. . . . 12 kg 47 kg
- Nacelle ordinaire à magasin
- Suspension articulée articulée
- Cordages de manœuvre . Tresses carrées T. c. imperméables
- Altitude moyenne. . . . 8 m 3 m
- Écart des températures
- extrêmes 15°,5 8°
- Déperdition par 21 heures environ 3 0/0 environ 3,5 0/0
- Vitesse moyenne du ballon 3“,17 1",70
- Parcours kilométrique. . 280 km 250 km
- Durée du voyage .... 24” 30 41" 05
- Le déviateur du « National » (parti de Boulogne-sur-Mer) lui permit d’atterrir à Yarmouth alors que le vent tendait à entraîner l’aérostat dans l’axe de la mer du Nord ; celui du « Méditerranéen » (parti de Toulon) empêcha le ballon d’atterrir près de Marseille où le vent le conduisait et lui permit de prolonger son voyage jusqu’au fond du golfe du Lion.
- Le point put être constamment relevé avec exactitude par M. le lieutenant de vaisseau Tapissier.
- On a pu voir que, par rapport aux conditions de force ascensionnelle et de plénitude normales, il manquait environ 700 kg au départ, défaut de sustentation imputable en partie au remplissage incomplet de l’aérostat par suite de l’insuffisance finale des matières nécessaires, en partie à un affaiblissement du pouvoir ascensionnel du gaz, attribuable aux conditions particulièrement difficiles de sa préparation dans cette expérience.
- Il en est résulté qu'une partie importante du matériel de sécurité, d’équilibre, et de direction, dut être laissée à terre. Or ce matériel avait été composé de manière à permettre une instructive comparaison entre les engins employés à bord du « National » en 1886 et les types nouveaux des mêmes genres spécialement établis pour le « Méditerranéen ». Mais obligé de ne conserver qu’une de ces deux séries d’appareils, nous avons choisi, dans le seul intérêt scientifique de l’expérience, les instruments nouveaux, tels que le stabilisateur articulé et le déviateur a minima, à l’exclusion des stabilisateurs flexibles, du 1 Quotient du poids total par la longueur.
- déviateur a maxima, du compensateur, etc. Cette composition attribuait en outre, comme il convenait, une importance prépondérante aux moyens d’équilibre, mais en restreignant, par le choix du déviateur, celle des moyens de direction.
- Le nouvel essai réalisé par le « Méditerranéen » a confirmé les espérances qu’avait fait naître celui du « National ». Il reste dès maintenant acquis : 1° que la sécurité des voyages aéro-maritimes, jusque-là trop souvent meurtriers, est assurée par l’emploi des méthodes de stabilisation dépendante; 2° que la dirigeabilité partielle peut s’effectuer efficacement dans un secteur de 80 à 120 degrés suivant le type d’engin déviateur adopté.
- Le troisième terme du problème : lequilibre indépendant, pourra désormais être abordé sans témérité, en même temps que les deux premiers seront l’objet d’études complémentaires dans les diverses conditions de cette navigation très particulière à laquelle l’expédition de M. le comte de La Vaulx, féconde en résultats, aura donné l’essor.
- Henri Hervé.
- - —------
- LES VOIES DE COMMUNICATION
- DANS LA GUINÉE FRANÇAISE
- Depuis fan dernier, notre colonie de la Guinée possède une route carrossable, ce qui est une chose rare, et d’autant plus appréciable dans toute l’Afrique occidentale ou même centrale : c’est la route dite de Konakry au Niger, et qui est terminée et exploitée jusqu’à Frigniagbé ; les ponts en sont des ouvrages métalliques susceptibles d’assurer un important trafic. En même temps, du reste, qu’on poussait activement les travaux de cette route, on s’attaquait vigoureusement à ceux du chemin de fer de la Guinée, qui doit mettre en relations Konakry et Kou-roussa. On espère que cette voie ferrée atteindra aussi Frigniagbé en 1902. Mais comme les voies de transport sont une nécessité de premier ordre pour la mise en valeur d’un pays, en attendant le moment encore forcément lointain où la voie ferrée reliera la côte au Niger, et traversera les régions dont on veut développer le commerce en donnant accès aux importations et en permettant aux produits locaux de gagner la côte, on a résolu d’établir, aussi vite que possible, la partie restante de la route entre Frigniagbé et le grand fleuve de l’Afrique occidentale.
- Dans ce but on va se contenter d’abord de prolonger la route carrossable dont nous avons parlé tout à l’heure jusqu’à un affluent du Niger, le Tinkesso, navigable en toute saison, et grâce auquel les marchandises gagneraient assez aisément le fleuve par chalands. Cette route a été commencée en 1901, simultanément à ses deux extrémités, c’est-à-dire à Frigniagbé, puis à Toumanéah, point d’arrivée du tracé sur l’affluent du Niger ; une première section doit être en bonne voie d’achèvement entre Toumanéah et Timbo, et on espère que la seconde section, de Timbo à Frigniagbé, sera achevée en 1902, et même au commencement de cette année.
- Les voitures à ânes pourront de la sorte circuler entre la côte et le bassin du Niger et les échanges en prendront une expansion fort rapide en attendant qu’une voie ferrée vienne faciliter encore les relations commerciales. D. B. ——
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- LA NATURE.
- LES PAVAGES EN BOIS DE LA VILLE DE PARIS
- Depuis environ quinze ans que. l’on a adopté pour Paris le système de faire les chaussées avec des pavés rectangulaires en bois, on a exécuté pour plus de 25 millions de travaux, sans compter les sommes
- dépensées pour l’entretien et la réfection. Primitivement, les entreprises de cet ouvrage étaient confiées à différentes compagnies qui, en dehors de la fourniture et de la pose de la chaussée, avaient la charge de la conserver en bon état et de la rendre neuve h la Ville de Paris, à la. fin du temps de la concession. Tous ces privilèges seront périmés d’ici trois ans, et, à partir de ce moment, le service sera exclusivement confié h la Voirie qui d’ailleurs a déjà posé et entretenu en régie un nombre considérable de mètres carrés de pavés en bois.
- Aujourd'hui l'expérience est faite sur ce procédé et l’on peut se rendre compte exactement de ses avantages et de ses inconvénients. En deux mots, les avantages sont la douceur de la surface, l’agrément pour les piétons et l’économie de travail pour les chevaux ; les inconvénients résident dans le prix de l’entretien. Un pavage en bois ne dure que huit ans environ; au bout de ce temps, on peut considérer qu’il a été complètement refait par les remaniements auxquels il a fallu sans cesse procéder.
- La Ville de Paris possède actuellement une usine mporlante dans laquelle on s’occupe de cette industrie. Elle est dirigée par M. Josse, conducteur des travaux de Paris. Les bois y sont débités par des machines actionnées par de puissantes dynamos, et sont ensuite injectés de créosote avant d’étre appor-
- tés aux divers chantiers de pose. Le bois employé est de qualité très variable; plus de 50 essences provenant de tous les pays sont employées; toutefois, on peut les ranger en deux grandes catégories. Les bois durs : le karri (eucalyptus diver-sicolor) qui est très employé en Angleterre, le chêne français, le teck de Java, etc., et les bois tendres : pin maritime des Landes qui contribue à la majorité de notre pavage, puisqu’il y entre pour les trois quarts, le sapin du Nord, qui a l’inconvénient d’être cher, le pitchpin de la Floride, etc. On sait à quoi s’en tenir sur les bois tendres, puisqu’ils ont été les premiers employés pour nos pavages : on a derrière soi un temps assez long sur lequel on peut fixer son expérience. Quant aux autres, ils ne sont utilisés que depuis peu d’années et l’on ne sait pas encore si l’augmentation de leur résistance correspondra suffisamment à la plus-value de leur prix.
- Une des questions les plus intéressantes du pavage en bois est son entretien. Celui-ci est obtenu grâce à trois opérations qui sont indistinctement pratiquées suivant les besoins : « le repiquage », qui consiste, à rénover des portions de petite étendue particulièrement détériorées ; « le relevage à bout » ou retournement sens dessus dessous des pavés de toute une section; « le remaniement », qui n’est autre qu’une réfection complète du travail. Lorsqu’un pavé a servi déjà depuis un certain temps, l’extrémité des fibres dirigée du coté de la surface a subi un certain écrasement dù au passage des voitures, il ne peut plus servir dans l’état où il se trouve; mais le corps du bois est intact, et l’on conçoit que ce pavé puisse être encore employé si on le retourne. Mais, comme la barbe produite par l’écrasement des fibres empêcherait les pavés d’être rapprochés pour constituer une surface homogène, on est obligé de procéder à ce qu’on appelle « l’ébar-bage », c’est-à-dire rectifier les arêtes détériorées.
- Auparavant, cette opération était faite à la main, lorsqu’on avait affaire à un petit nombre de pièces ; mais, dès qu’il s’agissait d’une réparation plus importante, les pavés étaient apportés à l’atelier où on les èbarbait mécaniquement. L’ébarbage à la main est lent, dispendieux et généralement mal fait; d’autre part, L’ébarbage à l’atelier entraîne toujours à une dépense importante, puisqu’il faut considérer le prix du transport, aller et retour, du chantier à l’usine ; de sorte que l’on était souvent très embarrassé pour savoir lequel des deux systèmes pouvait être plus économique et mieux convenir pour cer-
- Fig. — Ébnrbeusp ii pélrolp.
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- tains cas particuliers. M. Josse vient d’imaginer un dispositif qui tranche la difficulté, puisqu'il permet de procéder à l’ébarbage mécaniquement et sur place. À cet effet, il a fait construire un appareil de petit volume qui est apporté sur le lieu même des travaux ; les pavés sont retaillés sur le chantier avec une très grande rapidité et une économie très considérable, de sorte que la question du pavage en bois vient d’entrer dans une ère nouvelle, puisque son gros inconvénient, la dépense de l’entretien, se trouve réduite dans des proportions très sensibles.
- L’appareil dont on se sert depuis quelques mois à Paris, et qu’on a pu voir fonctionner en plein vent, se compose de deux parties : la fraise et le moteur (fig. 2). La fraise est constituée par une large roue dentée sur laquelle sont fixées 10 lames mobiles (une par dent); celles-ci, qui sont rectangulaires, sont ajustées sur le corps de la fraise chacune à l’aide de deux vis. De sorte que lorsque les lames sont usées, le démontage en est très facile et chacune peut être affûtée mécaniquement suivant le dommage dont elle a eu à souffrir. Ces lames sont d’un prix très réduit, car elles proviennent simplement d’une tôle d’acier découpée aux dimensions nécessaires ; elles n’ont à subir aucune façon spéciale. Cette fraise est montée sur une table servant d’établi à l'ouvrier qui présente le pavé à ébarber devant les lames de l’instrument. Elle est mise en mouvement à l’aide du moteur. Celui-ci n’est autre qu’une petite dynamo directement calée sur l’axe de l’outil. L’appareil est complété par un rhéostat de mise en marche. Quant à la dépense, elle est assez faible, puisque la puissance électrique employée n’est que de 880 watts, 8 ampères, sous 110 volts; ce qui correspond à plus d’un cheval-vapeur.
- La difficulté est de trouver le courant électrique nécessaire et de s’y brancher. A Paris, celui-ci n’est point partout de même nature, de sorte qu’on est souvent obligé d’employer des intermédiaires afin de retrouver l’électricité sous la forme et sous les unités pour lesquelles l’appareil est construit ; d’autre part, on est quelquefois matériellement en peine pour rejoindre les conducteurs sur lesquels on veut se ramifier. Toutes ces circonstances ont conduit à l’installation d’une disposition qui nous semble très pratique et qui a donné d’ailleurs d’excellents résultats. Au lieu de s'adresser à l’électricité comme force motrice, on emploie un petit moteur à essence de Dion-Bouton placé sous le plateau de travail de l’appareil et enfermé dans une caisse à panneaux articulés garnie de tôle perforée, ce qui permet la circulation de l’air dans le système et évite l’élévation de la température (fig. 1 ; dans cette image la caisse est supposée enlevée).
- La transmission se. fait par courroie, circonstance
- très favorable empêchant d’avoir à redouter les chocs trop vifs qui se transmettraient au moteur, lors de la présentation d’un corps dur dans le pavé en travail. Le carburateur du type habituel reçoit l’essence d’un réservoir de 12 litres, procurant une marche d’environ 8 heures; toutefois, l’appareil doit être surveillé, car le refroidissement du cylindre et de la culasse est obtenu par de l'eau froide contenue dans un bac de 40 litres, qu'il faut renouveler toutes les trois heures.
- L’avantage de l’ébarbeusc munie d’un moteur à essence est considérable, puisque l’appareil, aussitôt apporté à pied d’oeuvre, peut être mis en action. Un n’a plus à redouter les ennuis du branchement électrique nécessaire avec l’autre système. Avec l’ébarbeuse mécanique les ouvriers un peu entraînés
- Fig. 2. — Ébarbeuse électrique.
- peuvent retailler 6 à 700 pavés à l'heure; quelques-uns sont même arrivés au chiffre de 1200, tandis qu’avec l’ancien procédé à la main, un homme muni d’une hachette ne pouvait guère traiter que 40 ou 50 pavés pendant le même temps. A. da Cuxiia.
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- L’EXPOSITION DES CHRYSANTHÈMES
- Celte Exposition annuelle a eu lieu en 1901 pour la première fois au grand Palais des Champs-Elysées. Le décor était favorable et l’Exposition a eu un très grand succès. Au centre, les fleurs ; sur les côtés, les fruits et les légumes. Les chrysanthèmes rappellent par leurs teintes toutes les couleurs de la palette la plus habile. Il y en a beaucoup d’inédites. Des chysanthèmes en or : le duc de Doudeauville, Madame Chauchard, Madame Camille Blanc, Madame Pel-lerin de la Touche, etc. Il y en a de bronzées : Le Président Kruger. Il y en a de bleus : Princesse Alice, Duchesse d’Orléans, Sada-Yacco. Il y en a de mauves : Le Sarah-Bernhard, etc. Il y en a de rouges : La reine d’Angleterre, Volcan, Figaro, Extase, etc. Il y en a de multicolores : Itèverie, Coquetterie, Madame Jean Dupuy, le duc d’Orléans, etc. Il y en a de grandes, comme frisées, de petites, de minuscules, depuis 55 centimètres de diamètre, jusqu’à 2 centimètres. On avait planté un véritable champ de chrysanthèmes dont la teinte allait du blanc au bleu.
- On s’est arrêté beaucoup devant un petit tableau composé avec des fleurs : Un chien en chysanthèmes jaunes, en arrêt devant un chat en chrysanthèmes blancs, qui bombait son dos. Les deux animaux se disputaient un oiseau mort gisant à leurs pieds.
- Puis comme toujours de magnifiques orchidées, des bégonias, des pensées, des asters, etc.
- Dans la section des fruits, à noter des poires Passe-Crassanne du poids de lk?,200 ; des pèches de toute beauté sur lesquelles le soleil avait gravé le nom du producteur; des raisins rouges, noirs, bleus, jaunes, gris, blancs, des grappes énormes. Puis à mentionner encore des fruits conservés par le froid. De petites armoires, où' la température est maintenue à — 1°, servent de fruitiers dans lesquels on place des pêches, des fraises, etc. Les pêches soumises au froid depuis le mois d’août sont aussi fraîches que si elles venaient d’être cueillies.
- Ailleurs des légumes aux dimensions colossales provenant d’écoles d’Agriculture ou d’asiles de fous. Haricots énormes, potirons gigantesques sculptés. Enfin de superbes spécimens de bananiers provenant du Jardin colonial de Nogent, des environs de Paris. On a remarqué le bananier rouge, spécimen unique rapporté du Haut-Congo par M. J. Dybowski qui dirige l’École coloniale. B. D.
- CHRONIQUE
- Projets de M. Santos-Dumont. — M. Santos-Duinont a gagné le grand prix de l’aéronautique et touché les 125 000 francs de M. 11. Deutsch. Et après? Est-ce fini? Non pas. M. Santos-Dumont va continuer ses études et faire mieux. Beaucoup mieux si ses projets se réalisent comme il l’espère. L’aéronaute va quitter Paris cesjours-ci pour se rendre à Monaco afin de surveiller la mise en construction d’un hangar et d’une usine d’hydrogène. Le Prince de Monaco met bâtiments et constructions à sa disposition. De plus un yacht du Prince sera tenu sous pression pendant les essais en mer qui se poursuivront de décembre en avril. Le hangar, qui abritera le Santos-Dumont n° 7 (c’est le Santos-Dumont n° 0 qui servit à gagner le prix Deutsch), sera construit au bord des flots, sur la grève. C’est sans la moindre difficulté que l’aéronaute pourra effectuer ses sorties. Il n’aura à redouter ni les arbres auxquels à Saint-Cloud s’accrochait le guide-rope, ni les maisons auxquelles peut se déchirer l’enveloppe du
- ballon, comme cela lui arriva : c’est la surface bleue, unie, des flots qu’il verra uniformément sous lui, de la hauteur qu’il voudra. Un cirque de montagnes enserre la baie et la met à l’abri des vents. Mais s’il prend à l’aé-ronaute la fantaisie de faire des tentatives plus hardies encore, il aura devant lui la haute mer.... Le Santos-Dumont qui a gagné le prix a été considéré avec raison par l’auteur comme une aéronef d’expérience. L’aéronaute va maintenant essayer d’entrer dans la pratique. Son nouveau ballon sera beaucoup plus puissant. Les deux moteurs qui actionnent les hélices sont terminés. Ils seront placés, l’un à l’avant, l’autre à l’arrière, et actionneront chacun une hélice de 5 mètres de diamètre, placées, l’une à l’avant, l’autre à l’arrière de la poutre armée. Ces moteurs pèsent chacun 160 kg et développent au total une force de 90 chevaux. Le ballon lui-même est presque terminé, il sera allongé; mais le petit axe restera le même; l’enveloppe sera renforcée. La longueur de la poutre armée sera portée de 18 mètres (Santos-Dumont n° 6) à 28 mètres. La nacelle sera placée au milieu, au lieu de se trouver à l’avant. Quand l’aéronaute aura éprouvé sa nouvelle aéronef, par des exercices répétés dans la baie de Monaco, il partira du boulevard de la Condamine, sur la baie, pour se rendre en Corse, à Calvi, d’où il reviendra à son point de départ. Il compte franchir cet espace de 200 km, environ, en moins de la moitié du temps que mettent à effectuer la traversée les bateaux qui font actuellement le service èntre Monaco et Calvi. M. Santos-Dumont espère obtenir une vitesse propre de 15 mètres à la seconde au moins, soit 55 km à l’heure. Par temps calme et vent de 5 mètres le ballon progresserait de 57 km environ, soit de neuf lieues terrestres par heure. C’est peut-être beau-c >up dire. En tout cas, cette fois l’aéronef pourra sérieusement lutter contre des vents moyens. Et ensuite? —
- « Eh bien, répond M. Santos-Dumont, je tenterai la traversée de la Méditerranée. — Et encore ensuite? Ensuite — et c’est mon rêve, — dit M. Santos-Dumont, je tenterai la traversée de l’Atlantique. Pour moi, avec de la persévérance, en augmentant graduellement le tonnage de mes ballons, j’espère pouvoir y parvenir avant trois ans. » M. Santos-Dumont voit tout en rose. — Les expériences projetées ne présentent pas moins un très haut intérêt et il faut souhaiter bonne chance au jeune et persévérant aéronaute.
- Torpilleur A combustible liquide. — Bien qu’aucune mesure générale n’ait encore été adoptée par une marine de guerre quelconque, pour substituer en principe le combustible liquide, autrement dit le pétrole ou ses résidus de distillation, au charbon pour le chauffage des chaudières, les expériences se poursuivent néanmoins, et toujours avec un succès qui doit de plus en plus attirer l’attention sur cette importante question. Voici qu’à son tour le Gouvernement hollandais vient de faire construire, aux chantiers Yarrow de Poplar, un torpilleur, le Pangrang, dont les foyers disposent d’un appareil auxiliaire de chauffage aux hydrocarbures : on a du reste considéré dans le projet que cet appareil serait tenu en réserve pour les cas spéciaux où il y aurait un coup de collier à donner, ce qui est fréquent en cas de guerre pour ce genre de bateau. En réalité, chaque chaudière comporte un injecteur à combustible liquide du système Holden, le pétrole descendant d’un réservoir installé sur le pont. Nous rappelons que, dans ces dispositifs Holden, l’entraînement du pétrole est assuré par un jet de vapeur, ce qui est tout à fait pratique dans un bateau où le chauf-
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- fage au combustible n’est jamais employé que comme un adjuvant de la vapeur. MM. Yarrow nous ont communiqué les résultats des expériences faites sur ce torpilleur, et elles montrent que, dès qu’on recourt à la combustion additionnelle de l’hydrocarbure, on augmente instantanément la vitesse de deux nœuds : elle passe, en effet, de 24 1/2 à 26/12. Nous disons instantanément, et ce n’est pas une figure, mais l’exacte vérité, la pression montant elle-même tout de suite, en quelques secondes, de deux kilos. Ce qui explique cette augmentation considérable, c’est que les jets de pétrole s’étalent beaucoup au-dessus de la grille au charbon, et cela fait le même effet que si on accroissait dans une forte proportion la surface de grille des chaudières.
- L’n village de sculpteurs. — Il s’agit de la petite agglomération de Saint-Ulrich, qui mériterait du reste plutôt le nom de ville, et qui est le chef-lieu, la véritable métropole du Grôdnerthal, dans le Tyrol, région qu’on atteint assez facilement par une bonne route, quand on descend à la station de Wiadburck, sur la rivière appelée Eisack. Tout le monde, hommes, femmes, enfants, à Saint-Ulrich et même dans l’ensemble de la vallée, vit de la sculpture : ce n’est pas toujours du grand art, car souvent ce sont des jouets, des poupées ou des têtes de poupées, des chevaux, des animaux de toute sorte, des petites charrettes, que scidptent ainsi les habitants du pays ; mais ce sont aussi des statues religieuses. Une curieuse spécialité du pays ce sont les Christs, et on affirme même que certains des sculpteurs de la région sont de vrais artistes, qui taillent de belles œuvres dans les troncs d’arbres que l’on fait venir parfois de fort loin pour suffire à la consommation locale.
- Les machines électriques d’extraction des mines de Comstoek. — Le groupe minier américain de Comstoek présente des difficultés considérables d’exploitation qui l’ont rendu célèbre ; il est d’autant plus intéressant de signale* qu’on y vient d’adopter l’électricité pour la commande des machines d’extraction. La station génératrice d’électricité est installée sur la rivière Truckee, près de Floriston, dans le Nevada, et à plus de 50 kilomètres des exploitations. A la station même, le potentiel est élevé de 400 à 24 000 volts, et c’est ainsi que le courant est traqsmis par des câbles de cuivre ; à la sous-station de Virginia City, ce potentiel est ramené à 2300 volts, et le courant arrive sous cette tension aux diverses compagnies minières; mais il est ramené à 450 volts pour toutes les machines d’extraction (sauf une). L’allure de l’ascension des cages est en moyenne de 90 mètres à la minute.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 11 novembre 1901.
- Présidence de M. Bouquet de la Grye.
- Manipulations et propriétés des gaz liquéfiés. — M. H. Moissan décrit une série d’expériences effectuées sur des gaz liquéfiés, rendues possibles grâce à un procédé de manipulations qu’il indique. 11 fait connaître qu’un mélange de neige, d’acide carbonique et d’alcool méthylique ou éthylique peut donner, sous l'action d’un courant d’air sec, une température de — 80° ; le mélange d’acide carbonique neigeux avec l’éther acétique donne une température de — 95°. La plus basse température est obtenue avec l’acétone et atteint —98° et même —110° si l’on emploie de l’air sec préalablement refroidi à — 95°
- dans un premier mélange réfrigérant. Grâce à la facilité d’obtenir et de conserver l’oxygène liquide à — 182°,5 on peut liquéfier et solidifier la plupart des gaz dans des tubes, puis sceller ces tubes à la lampe. C’est ainsi que l’on peut conserver l’ammoniac, le chlore, l’acétylène, l’oxyde de carbone et obtenir, en mettant ces substances en contact, des réactions curieuses lorsqu’il n’y a pas production d’hydrogène, car dans ce cas le tube cède à la pression. Mais il y a lieu dans ces expériences de prendre la précaution de ne point laisser le tube se réchauffer naturellement de — 182° à la température ambiante. Le cristal subit, en effet, à basse température, une trempe particulière. Il est nécessaire d’arrêter le refroidissement à — 100° et à — 50° et chaque fois de maintenir constante, pendant plusieurs heures, la température du tube.
- M. Moissan décrit ensuite une expérience ayant pour objet de rechercher l’action de l’hydrogène sulfuré sur le métal-ammonium. Deux tubes contenant, l’un de l’ammoniac liquéfié, l’autre de l’hydrogène sulfuré liquéfié, peuvent être mis distinctement en communication avec un 3° tube contenant du lithium. On fait passer par distillation l’ammoniac dans le tube du lithium maintenu à — 95°; il se forme du lithium-ammonium. On pompe l’excès d’ammoniac et l’on fait distiller l’hydrogène sulfuré. On voit apparaître du sulfure de lithium. Il se dégage également de l’hydrogène, mais il ne sé forme pas d’ammonium. Donc à la température de — 95° le métal-ammonium n’existe pas. . ^
- M. Cailletet rappelle qu’il a effectué, il?y a quelques années, des expériences dont il a rendu compte à l’Académie relativement aux refroidissements susceptibles d’être obtenus à l’aide de mélanges d’un liquide volatil et d’acide carbonique solide. 11 a trouvé comme M. Moissan que l’acétone donnait les meilleurs résultats.
- Origine de l'amidon dans le blé. — MM. Dehérain et Dupont présentent une Note relative à l’origine de l'amidon dans le blé. Le grain est essentiellement formé d’amidon et de gluten, mais tandis que l’élaboration de la matière azotée se produit pendant toute la première partie de la végétation du blé et qu’on la suit, les principes qui se concrètent dans le grain pour former le gluten émigrent lentement des feuilles aux tiges et de celles-ci au grain.
- On ignorait encore où et comment se faisait l’amidon. Les auteurs montrent que ce sont les tiges du blé restées encore vertes, quand les autres parties de la plante sont déjà jaunies, qui décomposent l’acide carbonique aérien et élaborent les hydrates de carbone qui s’accumulent dans le grain sous forme d’amidon. Cette production tardive de l’amidon n’est abondante que si la dessiccation des tiges n’est pas prématurée. MM. Dehérain et Dupont rappellent à ce sujet qu’à Grignon on a eu, en 1888, une récolte surpassant celle de 1889 de 4 quintaux par hectare, et que cette différence considérable était due à l’insuffisance de la production d’amidon. En 1888, année pluvieuse, on avait moissonné au milieu d’août ; le grain présentait une composition normale, tandis qu’en 1889 le blé ayant été coupé trois semaines plus tôt, à cause de la chaleur de l’été, l’amidon n’avait pas eu le temps de se produire.
- Varia. — M. le président donne lecture d’un télégramme de M. Janssen annonçant que M. de la Baume-Pluvinel, qui s’est rendu au Caire pour y observer l’éclipse solaire du 11 novembre, a pu prendre plusieurs photographies de spectres de rayons solaires rasant la lune et que ces photographies ne révèlent pas d’absorption.
- Ch. de Villedeuil.
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- LE SABLE ET SES MEFAITS
- Quiconque connaît la côte essentiellement sablonneuse des Landes, notamment en dessous de l'embouchure de la Gironde, a [tu voir des preuves du danger que le sable a fait courir à cette partie de la France, en menaçant d'envahir tout l’arrière-pays : ce mouvement du sable, [toussé constamment par lèvent de mer, a été enfin arrêté par les plantations, après avoir enseveli pourtant des villages, et même des églises presque jusqu’à la pointe de leur clocher, comme c’est le cas pour la célèbre église de Soulac. C’était là un déplacement continu, mais quelque peu lent, des particules sablonneuses, tandis que les choses sc passent tout autrement aux États-Unis, et d'une façon bien plus immédiatement dangereuse : nous voulons parler du phénomène connu dans ces [tarages sous le nom d’ « orages de sable ».
- Ces orages se produisent parfois à l'est du Mississippi, et ils sont fréquents dans les régions arides ou à demi arides de l’ouest de la Confédération,
- Californie, Arizona, Washington,
- Orégon, Colorado, Kansas, etc.
- A Ontario en particulier (dans la Californie), on en compte souvent une douzaine dans l’année.
- Nous n’avons [tas l’intention d’étudier par le menu ces curieux phénomènes météorologiques, mais nous ferons du moins remarquer que si leur durée se réduit fréquemment à quelques heures, parfois aussi ils se poursuivent 8 à 10 heures, et l’on en a vu atteindre 42 heures ! Tout le monde s'accorde à dire que, pendant ces ouragans, le vent transporte une masse réellement énorme de matériaux et si les évaluations n’ont pas une précision scientifique absolue, du moins on sait à n’en pas douter que les particules charriées par le vent pénètrent partout, même dans les maisons fermées, couvrent les tapis d’une couche qui en masque complètement les dessins, s’accumulent quelquefois sur une épaisseur de 5 centimètres sur les planchers. En pareil cas l’atmosphère est obscurcie comme par un brouillard fort dense, et le temps est tellement sombre qu’on est obligé d’allumer les lampes ; parfois même on ne voit plus à travers une rue de largei r ordinaire.
- Ce sable s’amasse en monticules, tout à fait à la façon de la neige dans ces ouragans qu on nomme « poudrins » au Canada ; en moins d’une heure il
- s’en accumule plus de 50 centimètres sur les rails de chemins de fer, les fossés sont comblés, et quand des buissons ou des arbres se trouvent sur le passage de l’ouragan, ils sont ensevelis, tant et si bien que nous avons gardé note d’une tempête de ce genre qui, au commencement de 1896, dans.lc New-Jersey, avait formé des accumulations de 6 mètres. Nous pouvons placer sous les yeux du lecteur une photographie prise par M. Mac llhenny dans la passe de San Corgonia, en Californie, et où on voit les maisons ensevelies partiellement sous le sable.
- Nous n’avons guère besoin de dire qu’il est dangereux de se trouver dehors par'un pareil temps, la respiration est rendue presque impossible, et, de plus, chaque grain de sable formant comme un petit projectile lancé à une vitesse énorme, on en sort la ligure et les mains criblées de trous minuscules. On peut ajouter que les méfaits de ces ouragans de sable montrent surabondamment la puissance rodante de ces jets de sable que l’on emploie couramment aux États-Unis pour le rodage et le nettoyage des surfaces métalliques, et que l’on a utilisés aussi tout dernièrement , à Paris, pour enlever la peinture du Pont de l’Europe, avant ([ue de le peindre à nouveau. Une preuve tangible de cet elïet, c’est la photographie que nous reproduisons d’un poteau télégraphique planté en terre depuis peu de temps dans cette région de Californie dont nous venons de parler. Les particules sableuses ont rongé le bois sur la moitié de son épaisseur, et les seules parties du poteau qui fassent saillie et qui aient quelque peu résisté, ce sont les nœuds, où le bois est toujours beaucoup plus dur.
- Souvent, les troncs des orangers que l’on cultive en grand nombre en Californie, les troncs d’autres arbres encore plus résistants, sont creusés de dépressions faites par le sable, et les vitres des wagons qui circulent dans ces parties de la Confédération sont dépolies comme si on les avait passées à l’émeri.
- On avouera que le fait est vraiment curieux. 11 donne une idée de la variété et de la puissance des moyens qu’emploie la nature pour modifier la surface de notre globe. P. de Mériel.
- Le Gérant : P. Masson-.
- Taris. — Imprimerie Lauure, rue de Flçurus, 9.
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- N° 1 487. — 25 .NOVEMBRE 1901.
- LÀ NATURE.
- ASCENSEUR POUR CANAUX
- Au fur et à mesure que l’on cherche à accélérer les transports de navigation intérieure, et cela en essayant de remplacer la traction animale des chalands par la traction mécanique, on s'efforce aussi de diminuer le temps perdu aux écluses. Pour cela on a imaginé les écluses à grande chute, mais on obtient des résultats bien meilleurs avec les ascenseurs.
- Des types assez nombreux en ont été imaginés, dont plusieurs ont été décrits ici ; mais en voici un qui est fort remarquable pour sa simplicité et qui fonctionne pourtant de façon pleinement satisfai-
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- santé; c'est l’invention de M. Gordon ('.aies Thomas, ingénieur en chef de la Grand Junction Canal O, et il est installé à Foxton, dans le Lcicestershire, où il existait une échelle de 10 écluses pour racheter une différence de niveau de plus de 22 mètres. Comme on peut le comprendre en examinant la photographie que nous reproduisons, on se trouve en lace d’un ascenseur équilibré, dont les deux cabines sont deux bacs se faisant contrepoids et se déplaçant sur des voies inclinées, à la façon de celles d’un slip en travers. Chaque bac peut porter 2 chalands de 55 tonnes disposés en prolongement l’un de l’autre, ou un seul de 70 avec, bien entendu, l’eau nécessaire pour le faire botter : la coque du bateau n’est
- L’ascenseur pour Canaux de Foxton (Leicestershire).
- point mise à sec et ne subit pas d’eborts anormaux.
- Chacun de ces bacs est supporté par huit paires de roues roulant chacune sur une file de rails, mais en réalité disposées deux par deux, de sorte que les rails sont eux-mêmes placés par files doubles côte à côte. Alin d’équilibrer le système, les deux bacs sont réunis par un câble métallique qui fait que l’un ne peut descendre sans entraîner l’autre : ce câble va passer à la partie supérieure du plan incliné sur lequel sont disposées les voies, et, par conséquent, à l’extrémité du bief supérieur de la voie d’eau. Comme les bacs sont constamment pleins d’eau, et que le poids de l’un ou de l’autre ne varie point suivant qu’il contient ou non un chaland (celui-ci déplaçant et, par suite, chassant hors du bac un volume d’eau exactement égal à son propre poids), 29e année. — 2e semestre.
- l’équilibre n'est jamais rompu. Ajoutons que les dimensions intérieures de ces bacs sont de 24 mètres de long sur 4m,60 de large et sur lm,52 de profondeur. Quand on veut y faire entrer un chaland, par exemple au bas du plan incliné, le chaland étant lui-même supposé en bas de course et à l’extrémité des voies de fer qui descendent sous l’eau, on ouvre, au moyen d’un dispositif hydrau-( lique, la porte du bout du bac; ce dispositif se présente sous l’aspect d’une sorte de porche en haut duquel passent des chaînes de renvoi. Lorsque le chaland a pris place, on redescend et, par conséquent, referme la porte, et on peut alors mettre en mouvement la machine qui assure la montée du bac inférieur le long du plan incliné. Quand ce bac arrive au sommet du plan, il est bien évident qu’il ne faut
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- LA NATURE.
- pas alors songer à l’immerger: on l'amène tout simplement en face d’une porte qui termine le canal supérieur, et il est pressé contre le cadre de cette porte par des cylindres hydrauliques qui assurent un joint absolument étanche. Cette porte, comme celle môme du bac, peut être animée d’un mouvement de soulèvement hydraulique, et bientôt la double ouverture exécutée fera passer le chaland du bac dans le bief supérieur.
- L’opération est terminée. Le temps nécessaire pour transporter de la sorte deux bateaux d’un bief à l’autre ne dépasse point 12 minutes, alors que cela demandait autrefois lh20 avec les anciennes écluses.
- Rien entendu, il faut une machine pour assurer l’enroulement du câble de soulèvement des bacs dans l’un ou l’autre sens ; mais cette machine n’a pas besoin d’une grande puissance, par suite de l’équilibrage des deux bacs. Elle est du type à deux cylindres et à haute pression, et commande, au moyen d’un engrenage à vis sans tin, le tambour de belles proportions sur lequel s’enroule le câble de traction, qui a 15 centimètres environ de diamètre. I)e plus, elle actionne une pOinpe hydraulique duplex, qui met sous pression de l’eau dans un accumulateur pouvant assurer le mouvement simultané de tous les cylindres décommandé des diverses portes des bacs et des biefs. Cette installation fort simple et robuste permet de répondre à un tratic de plus de 6000 tonnes par journée de 12 heures, et, dans ces conditions, la dépense journalière ne dépasse pas 51 francs, tout compris, sauf l’amortissement de l’installation même. Daxiel Bellet.
- LA CALA1TIE
- Il y a quelques années on voyait s’étaler, sur les murs de Paris et de la banlieue, des affiches curieuses : une tète d’homme avec une chevelure ébouriffée autant qu’ébouriffante. C’était l’IIérissé, réclame pour je ne sais quelle industrie. Chaque fois qu’un de mes amis passait devant une de ces images, il la contemplait avec mélancolie en pensant à son crâne glabre et dépoli et se disait : est-il heureux celui-là, avec cette forêt de cheveux digne d’un Samson. Chauve il était et depuis sa jeunesse; comme tous ses collègues en calvitie il avait épuisé la série des pommades, des lotions et il avait fini par croire que c’était une affaire de tempérament,
- Vous êtes arthritique, lui disait-on, et c’est la cause de la chute de vos cheveux. Et celui qui n’est pas arthritique, pourquoi devient-il chauve ? C’est qu’il s’est surmené, c’est qu’il est nerveux, c’est qu’il est névropathe. Tout autant d’erreurs. Causes adjuvantes, si vous voulez, comme toutes les tares de l’organisme ; elles apportent des conditions de résistance moindre des tissus, mais elles ne produisent pas à elles seules, la calvitie.
- La preuve, c’est le Dr Sahouraud qui nous la donne, dans un bel ouvrage *, fruit de recherches patientes qui remontent à plusieurs années. La calvitie est une maladie causée par un microbe. C’est une maladie contagieuse et que l’on contracte. Un point que l’auteur n’a pas tranché et qui paraît d’importance majeure, c’est de
- 1 Séborrhée, acnés, calvitie, par le Dr Sahouraud, librairie Masson et Cie, Paris, 1901. »
- savoir pourquoi tel sujet est apte à recevoir le bacille, à fournir sur son cuir chevelu un bon terrain de culture, tandis que le voisin gardera ses cheveux jusqu’à son heure dernière. La calvitie ne frappe pas les femmes ou, du moins, elle est exceptionnelle chez elles et produite dans la majorité des cas par des causes autres que celles de la calvitie vulgaire ; ce sont des alopécies parasitaires d’ordre spécial. Les rares femmes chauves par séborrhée sont des femmes à l’allure masculine.
- Doit-on invoquer, comme pour bien d’autres maladies, une résistance spéciale, un état particulier qui rend le sujet réfractaire? C’est probable. Nous n’avons pas tous, à un degré égal, une réceptivité pour les affections même contagieuses et il est bon nombre de sujets qui sont exposés à la contagion sans être frappés. 11 en est vraisemblablement de même pour la calvitie. Mais c’est égal c’est vexant de penser que les hommes seuls deviennent
- Fig. 1. — Altéraliou des follicules pilaires dans la calvitie constituée. (Figure empruntée à l’ouvrage de M. Sahouraud.) — cm, cheveu mort ; emb, colonie microbacillaire ; gs, glande sébacée ; cnis, colonies microbiennes superficielles ; op, orifice pilaire commun à trois follicules réunis par sclérose conjonctive de voisinage.
- chauves. Serait-ce les longs cheveux qui préserveraient les femmes? Alors il nous faudrait retourner aux habitudes de nos ancêtres, les vieux Gaulois, avec les longues barbes, les longues tresses, dont J.-P. Laurens nous a donné de si pittoresques reproductions. La calvitie est une maladie dont les causes générales et locales sont multiples, mais qui est étroitement liée à une dermatose fort commune, surtout dans l’adolescence; c’est la séborrhée.
- La peau contient avec les glandes sudoripares, chargées de sécréter la sueur, des glandes dites sébacées, qui donnent cette matière onctueuse, le sébum, destiné à lubrifier la peau. L’exagération de fonction de ces glandes produit la maladie dite séborrhée. Si vous exprimez, entre les ongles, un point de la peau d’une région ainsi atteinte, vous ferez sortir par tous les pores sébacés, avec quelques gros cylindres ampullaires à tète noire que l’on appelle des comédons, d’innombrables filaments vermi-'• formes à tête jaune : c’est là la lésion de la séborrhée.
- 1 Lavez, frottez la surface de la peau d’où vous venez de
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- chasser les filaments, celte peau est devenue sèche ; mais, quelques heures plus tard, les filaments se sont reproduits, sont chassés à nouveau de l’intérieur de la glande et déversés à la surface de la peau.
- Voulez-vous connaître la nature de cette lésion? Examinez ce filament gras au microscope, écrasez cet amas graisseux entre deux plaques de verre, lavez à l’éther, colorez-le et regardez. Au milieu d’amas de débris d’épiderme, de quelques globules de graisse, vous voyez des millions d’un fin bacille, répandu en amas, en nuages, en-fine poussière : ils sont légions. Ce microbacille prolifique et si ténu est l’agent de la séborrhée.
- Et comment se fait la transmission du bacille, comment se produit la contagion? par les mille hasards de la cohabitation, peut-être plus souvent qu’on ne pense par les « salons de coilfurc )) où les brosses, les peignes passent des centaines de fois d’une tète sur une autre sans le moindre nettoyage sérieux.
- Le microbe vient-il à tomber sur un terrain propice, il se développe, se multiplie dans la sueur, le sébum, gagne, par la production successive de ses colonies, l’orifice d’une glande, où il s’établit comme un vainqueur dans une ville conquise. Dès lors le développement de
- Fi;;. 2. — Préparation extemporanée du niicroliacitlc dans la séborrhée du cuir chevelu. — Écrasement d'un filament séborrhéique; coloration au bleu potassique de Lœtler.
- l’infection est assuré, la séborrhée se crée rapidement,, l’invasion graduelle des colonies microbiennes s’étend, et, après elle, progressivement, la calvitie, par l’altération concomitante du bulbe pileux et la chute du poil.
- La séborrhée est donc la maladie première ; c’est une maladie de l’adolescence, de l’àge sexuel, comme dit Sabouraud. Aussi, loin d’èlre une maladie de vieillards, la calvitie est une maladie des jeunes. La calvitie commence de bonne heure et, rapide ou lente, s’accentue vers la cinquantaine. Les vieux chauves ont été des chauves étant jeunes; leur calvitie n’a pas guéri, voilà tout. Laséborrhée, qui se traduit chez maints sujets par des éruptions désagréables du front, de la face, connues sous le nom d’acnés, détermine, quand elle s’attaque au cuir chevelu, une calvitie limitée, puis étendue, puis totale, le crâne d’ivoire, la calvitie dite hippocratique où il ne reste autour de la tète qu’une mince bande de rares cheveux.
- La calvitie est donc, qu’on le retienne bien, une maladie contagieuse, une maladie d’origine microbienne. Est-ce à dire que les causes d’ordre divers auxquelles ou imputait autrefois la production de la dépilation doivent être absolument rejetées? Aon certes, et la, meilleure preuve, c’est que les habitants des campagnes comptent
- beaucoup moins de chauves que les habitants des villes. Pourquoi? c’est que leur hygiène est, toutes choses égales, meilleure que la nôtre : pas de surmenage intellectuel, [tas de vie intensive, automobilique, comme on pourrait l’appeler; le séjour au grand air, une vie frugale donnent à l’organisme un ressort plus puissant un fonctionnement plus normal et plus régulier. Pas plus que la calvitie, on ne voit le diabète fréquent dans les campagnes. Ces troubles de la nutrition se traduisent du reste nettement. Chez 33 chauves, dont les urines ont été examinées [tarie DrSabouraud, il existait un ralentissement manifeste de la nutrition, hyperacidité, hyperchlorurie, et hypophos-phaturie. La mauvaise hygiène, le surmenage intellectuel, le défaut d’activité physique viennent donc ajouter leur action à l’action destructive du bacille de la séborrhée-Si la calvitie, née de la séborrhée, est une maladie microbienne, elle est donc curable; hélas! on ne peut donner aux nombreux patients qui attendent la guérison, cette espérance. La séborrhée est une infection chronique et vous ne pouvez compter détruire radicalement toutes les colonies microbiennes qui ont gagné les glandes sébacées ; mais si l’on n’arrive pas à un succès radical, on peut enrayer les progrès de cette invasion, limiter le champ du désastre. On a essayé mille et une préparations antiseptiques : toutefois on ne peut et on ne doit procéder qu’avec circonspection. Tel cuir chevelu réagit douloureusement, s’enflamme au contact de telle substance et l’on risque de créer une irritation plus grave que la maladie elle-même. II faut agir avec prudence et prendre, pour traiter la dermatose néfaste qui entraîne l’alopécie, le conseil d’hommes avisés. Peut-être un jour, la nature de la maladie étant bien déterminée, pourra-t-on, si les follicules pileux ne sont pas détruits, trouver un moyen de rétablir leur vitalité et de voir une forêt, fût-elle même fort éclaircie, remplacer la nudité du crâne chauve; pour le moment, on améliore, on diminue la séborrhée, on ne répare pas les désastres qu’elle a causés. Dr A. Cartaz.
- LE VENIN DES SERPENTS
- ET LE SÉRUM AMI VENIMEUX
- Les travaux bactériologiques entrepris dans ces dernières années ont montré qu’il existe de grandes ressemblances entre les poisons microbiens ou toxines et le poison sécrété par les glandes salivaires des serpents venimeux. Ils ont montré aussi que la sérothérapie, c’est-à-dire le traitement par le sérum du sang des animaux vaccinés, qui a donné de si brillants résultats contre la diphtérie et la [teste, est applicable avec une précision encore [dus grande à la thérapeutique des morsures venimeuses.
- Les serpents venimeux abondent surtout dans quelques pays de la zone tropicale. L'Inde et l'Australie se disputent le triste privilège d'abriter les espèces les plus redoutables. D'après les statistiques officielles du gouvernement anglais, dans l’Inde seule plus de 22 000 personnes succombent chaque année aux morsures des najas ou cobras capels, et des bungares. A la Martinique, le bothrops ou l'er-de-lance, en Algérie la vipère céraste, au Sénégal et au Soudan le naja noir ou serpent cracheur font encore beaucoup de victimes, surtout dans les populations indigènes. Et pour n’ètre pas très fréquentes ni
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- ordinairement très graves, les morsures des vipères de nos régions n’en constituent pas moins un réel danger dans beaucoup de cas, surtout pour les enfants.
- Le principe toxique de tous les venins est le même, quelle ([lie soit l’espèce du serpent qui le produit. 11 n’y a, entre les venins de diverses origines, que des différences de toxicité. C’est ainsi qu’on a pu reconnaître (pie, tandis qu’il faut en moyenne 4 milligrammes de venin de vipère de France pour tuer un lapin, il suffit d’un demi-milligramme de venin de cobra capel de l'Inde pour produire les mêmes effets dans le même temps.
- La morsure des serpents occasionne le [dus souvent une douleur très vive suivie d’engourdissement et de crampes rapidement propagées vers la racine du membre atteint et presque dans tout le corps.
- Des défaillances et des syncopes surviennent en peu d’instants. Lorsque la quantité de venin inoculée est assez considérable [tour donner la mort, la respiration ne tarde pas à devenir anxieuse, pénible. La bouche se contracte, devient baveuse; la langue se gonfle, les dents se resserrent, puis le malheureux blessé tombe dans le coma le [dus profond et expire en quelques heures.
- L’étude physiologique aussi complète que possible de l’envenimation et de la sérothérapie antivenimeuse ([lie j’ai poursuivie depuis dix ans à l’Institut Pasteur de Saigon d’abord, puis à Paris, cl enfin à l’Institut Pasteur de Lille, m’obligeait à me procurer de très grandes quantités de venins de toutes espèces.
- Pour conserver des serpents venimeux vivants, j’ai dù faire construire une serre chaude spécialement
- aménagée à cet effet. Les reptiles y vivent bien pendant plusieurs mois, à condition de les nourrir par gavage, car ils refusent presque toujours de s’alimenter spontanément en captivité.
- La récolte de venin se fait toutes les deux semaines environ, de la manière suivante : je fixe la tête du serpent au moyen d’une longue pince à mors plats et je le saisis ensuite par le cou, de la main gauche, de manière à lui supprimer tout point d’appui sur le sol ou sur les objets environnants. La tête est alors dégagée et rendue libre. Un aide introduit entre les deux mâchoires un large verre de montre. Je comprime alors de chaque coté du maxillaire supérieur les glandes venimeuses : le venin s’écoule par les crochets dans le verre de montre.
- Le produit de la récolte est aussitôt séché dans le vide pour être conservé, à l’état sec; le venin ressemble à de la résine broyée.
- Le gavage du serpent se fait ensuite en introdui-
- sant dans l’œsophage de l’animal un entonnoir en verre. On casse dans l’entonnoir deux ou trois œufs crus qui s’écoulent directement dans l’estomac, après quoi le reptile est réintégré dans sa cage.
- Le venin desséché dans le vide est redissous, pour l’expérimentation, dans un volume déterminé d’eau salée à 7 pour 1000. On prépare ainsi une solution exactement titrée à 1 pour 100 par exemple, qui permettra de déterminer la dose toxique par kilogramme d’animal vivant. D’ordinaire, pour le venin de cobra, une dose de la solution correspondant à 0msr,5 tue un lapin de 2 kilogrammes en deux ou trois heures par inoculation sous-cutanée.
- Celte dose, sûrement mortelle, étant fixée, on peut se servir d’une solution de même litre pour vacciner des animaux, lapins, chiens ou chevaux. On y parvient en injectant à ces animaux, plusieurs jours de suite, d’abord des doses très minimes de venin, incapables de produire des accidents graves, puis en
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- augmentant graduellement et avec beaucoup de prudence la quantité de venin injectée chaque fois. Au bout d’un temps plus ou moins long, — seize mois environ pour les chevaux, — on peut faire supporter
- à ceux-ci, sans qu’ils soient malades, des doses de venin deux cent fois mortelles, c’est-à-dire des doses capables de tuer 200 chevaux non vaccinés.
- Ces chevaux sont alors prêts à fournir un sérum
- préventif et curatit de l’envenimation. On peut les saigner toutes les deux ou trois semaines et leur extraire, à chaque saignée, de 0 à 8 litres de sang qui fourniront 2 ou 5 litres de sérum actif.
- Pour que l’activité antitoxique du sérum reste constante, il est nécessaire de renforcer après chaque saignée l’immunité des chevaux par une nouvelle injection massive de venin dilué. Le sérum, éprouvé d'abord sur des lapins, doit préserver ceux-ci au moins à la dose de I centimètre cube contre une dose de venin capable de tuer des lapins de même poids en vingt minutes, par injection intra-veineuse. On le répartit ensuite en petits flacons de 10 centimètres cubes de capacité; chaque flacon représente une dose thérapeutique prête pour l’usage.
- L’Institut Pasteur de Lille et l’Institut Pasteur
- de Paris expédient maintenant du sérum antiveni-meux dans tous les pays où il existe des serpents, principalement en Australie, dans l’Inde et dans
- 1 ’ Amérique du Sud. On l’a employé dans un grand nombre de cas, depuis 1896, et constamment avec succès. Il produit des effets curatifs si rapides qu’on est vraiment surpris de l’intensité de son action.
- Grâce à lui, le traitement des morsures venimeuses est devenu des plus simples. Il consiste à injecter 10 ou 20 centimètres cubes de sérum sous la peau du ventre de la personne mordue, et on pratique cette injection avec une seringue hypodermique de grand modèle, semblable à celles que l’on utilise dans le traitement de la diphtérie.
- Il n’est pas utile de faire l’injection du sérum au niveau de la morsure : le sérum s’absorbe mieux et
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- plus rapidement lorsqu’on l’injecte dans les tissus lâches de la peau du ventre. L'intervention est toujours efficace laûl que le malade n’est pas encore en état d’asphyxie et il importe de savoir que celle-ci met presque toujours au moins' quatre ou cinq heures à se manifester.
- La sérothérapie antivenimeusc ne présente donc aucune difficulté d'application pratique, et elle est maintenant h la portée non seulement des médecins, mais même des voyageurs, des chasseurs et de toutes les personnes que leur profession expose à être mordues par des serpents venimeux.
- J)1 Cauiktte,
- Hirerleur de l’Instiiut Pasteur île l.i'le.
- LE SPECTRE ET LA LUMIÈRE
- DE LA NOUVELLE ÉTOILE DE PEIîSÉE
- L’étoile temporaire de Persée aura été non seulement intéressante par les changements survenus dans son éclat, mais aussi par ceux qui se sont produits dans son spectre.
- Lors de la découverte de la Nova le spectroscope ne donnait qu’un spectre continu traversé par de légères raies d’absorption.t Le, spectre était celui d’une étoile Planche. L’astrejrenfermait alors de la matière solide ou liquide portée à la chaleur Manche et entourée d’une atmosphère gazeuse. Le 24 février le spectre avait déjà changé. Les lignes C et U étaient très foncées; dans le bleu on voyait trois lignes brillantes; dans l’indigo il y en avait deux autres et les lignes, dans le voisinage de F, étaient accompagnées de lignes d’absorption du côté du bleu. Ce spectre rappelait beaucoup celui de la Nova Aurujæ en 1892. Le 25 un nouveau changement s’était encore produit-
- Jusqu’au 5 mars, d’après M. Lockyer, les raies brillantes de l’hydrogène F et surtout G ont été les plus dignes d’attention ainsi que les raies caractéristiques du magnésium et du parhélium.
- Le G mars les raies de l’hydrogène ont grandi tandis que les autres raies se sont affaiblies. La raie C de l’hydrogène a atteint un grand développement le 10 mars. La raie du calcium K a diminué d’intensité jusqu’au 16 mars, date à laquelle elle a disparu presqu’en même temps que les raies de l’hydrogène.
- A partir de ce moment les observations ont surtout porté sur les trois raies vertes caractéristiques des nébuleuses. On pensait en effet, d’après les observations des étoiles temporaires précédentes, que l’état final de la Nova de Persée devait être l’état de nébuleuse. Jusqu’à cette date du 16 mars l’étoile n’avait présenté, dans la partie verte du spectre, que les raies du parhélium.
- Les principales recherches sur cet intéressant sujet sont dues à l’un de nos compatriotes, M. Deslandres, attaché à l’observatoire de Meudon. Le 17 avril la Nova de Persée lui sembla présenter la raie caractéristique des nébuleuses. Cette raie était plus forte que la raie de l’hydrogène le 14 mai. Ce jour-là l’étoile avait le spectre complet des nébuleuses superposé au spectre des protubérances solaires. Or comme le 19 août MM. Flammarion et Anto-niadi photographiaient à l’observatoire de Juvisy la région de la Nova avec leur objectif Fleury-Hermagis de 0m,lG d’ouverture utile et de 0“*,70 de distance focale, ils constatèrent que la Nova n’avait pas sur la plaque l’aspect des
- étoiles ordinaires. Autour d’un noyau noir on remarquait une zone pénombrale, au contour irrégulier, allongé dans le sens est-ouest.
- Le 20 août une nouvelle photographie confirma le résultat précédent. Ces photographies ayant été prises avec une pose de trente minutes, les opérateurs, dans cette même nuit du 20, prirent une photographie avec 5h 30"* de pose. L’auréole nébulaire précédemment obtenue était entièrement noircie sur ce nouveau cliché, mais on observait une nouvelle auréole très vaste à structure rayonnée. La nouvelle fut télégraphiée au Bureau central de Kiel. Cette auréole n’était pas visible dans la lunette équatoriale de Juvisy. l'eu auparavant, l’observatoire Lick avait indiqué que la Nova envoyait les radiations caractéristiques des nébuleuses. Le phénomène observé par MM. Flammarion et Antoniadi (les auteurs le reconnaissent eux-mêmes) n’a pas une réalité objective, mais bien une origine optique. Comment expliquer, en effet, que dans la formation de la nébuleuse la matière ait été projetée en six mois à la distance de 5' du centre d’explosion et seulement perpendiculairement au rayon visuel? De plus, pourquoi la nébuleuse, en se formant, aurait-elle choisi exactement la même forme optique que l’image de h Nova et des étoiles voisines? MM. Flammarion et Antoniadi pensent que la Nova émet des radiations lumineuses différentes de celles des étoiles normales et probablement d’une plus grande réfrangibilité allant jusque dans l’ultra-violet.
- M. Wolf a confirmé cette manière de voir à son observatoire d’Heidelberg. Il a couvert en partie son objectif par un écran opaque de telle sorte que la moitié seule de l’objectif recevait de la lumière, l’autre restant dans l’ombre. Sur le cliché obtenu le disque mat de la Nova est visible, mais réduit à un demi-cercle correspondant à l’écran. De plus, l’intensité de cet hémicycle était plus forte que sur un cliché pris la veille sans écran. Ces deux phénomènes montrent que la Nova rayonne une lumière pour laquelle l’objectif n’est pas corrigé.
- Sur la même plaque le D* Wolf a trouvé des traînées nébulaires même sous la partie recouverte et qui semblent avoir une existence objective.
- M. Deslandres pense que l’auréole est due au défaut d’achromatisme de l’objectif. M. de Gothard a photographié l’étoile avec une longue pose et un miroir concave à court foyer; il n’a pas obtenu le phénomène. Il a fait la photographie du spectre de l’étoile et trouvé une raie ultra-violette caractéristique des nébuleuses.
- M. Isaac Roberts, à son observatoire de Starfield, a d’ailleurs montré que le phénomène est bien dû au défaut d’achromatisme des réfracteurs. 11 a pris des photographies de la Nova. Or, dans les photographies obtenues à l’aide de réfracteurs, l’auréole est bien visible tandis que les photographies données par les réflecteurs ne montrent aucune trace du phénomène. La question peut donc être considérée comme définitivement élucidée par les travaux précédents.
- M. Pickering confirme d’ailleurs que l’étoile s’est transformée en nébuleuse et que son spectre ressemble beaucoup à celui de la nébuleuse N. G. C. 3918. C’est là une éclatante confirmation de l’hypothèse que les étoiles temporaires appartiennent à une classe toute spéciale d’astres dont l’état ultime est la transformation en nébuleuse.
- L. Lucien Libert.
- Secrétaire île la Commission des étoiles variables de la Société astronomique.
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- TRAMWAY ÉLECTRIQUE
- DE GRENOBLE A CHAPAREIM.AN
- On sait combien les tramways électriques se sont multipliés depuis deux ou trois ans en France : le mouvement a peut-être même été trop rapide, si l’on en juge par la crise actuelle; mais il est tout naturel que cet emploi de la traction électrique se généralise, surtout en pays de montagne, là où abondent les chutes d’eau, et où par conséquent on peut se procurer la force motrice et le courant à bon compte. C'est précisément ce qu’on s’est dit dans cette pittoresque vallée de l’Isère, dans ce Graisivaudan que ne connaissent pas la plupart des touristes qui vont visiter la Suisse, et où pourtant ils trouveraient des merveilles naturelles. Il s’agissait, d’ailleurs, non seulement de desservir le trafic temporaire de la saison d’été, mais de donner des moyens de communication à une série d’agglomérations plus ou moins importantes, comme Montbonnot et Saint-Ismier, qui sont séparées par l’Isère de la ligne de la Compagnie P.-L.-M., et l’on n’a pas oublié, dans l’établissement de ce tramway, de le relier par un embranchement avec la voie ferrée principale.
- Mais quel que soit l’intérêt du pays, nous n’eussions peut-être pas consacré un article à cette petite ligne, si elle ne présentait pas cette particularité tout à fait exceptionnelle, au moins dans l’état présent des choses, de voir son exploitation et sa traction assurées par du courant continu distribué à trois fils sur une longueur assez considérable de 43 kilomètres : l’installation électrique a été faite entièrement par la maison Schneider et Cie, et le succès même acquis durant la première année d’exploitation, nous autorise à signaler tout spécialement cette application.
- La station génératrice du courant est située à Lancey, sur la rive gauche de l’Isère, à 12 kilomètres de Grenoble, et à un peu plus de 3 kilomètres de la ligne même ; la force lui est fournie par une chute d’eau de 450 mètres. L’eau arrive à cette usine par une conduite en tôle rivée et sous une pression de 45 atmosphères ; précisément à cause de cette pression énorme, il a fallu imaginer des robinets-van nés spéciaux, commandant directement les ajutages des turbines centrifuges fournies par la maison Bre-nier et Neyrel de Grenoble. Ces turbines sont au nombre de 3, dont 1 de réserve; elles développent chacune 340 chevaux à la vitesse de 325 tours, et possèdent toutes un régulateur de vitesse à force centrifuge. Il y a trois génératrices à courant continu, du système Thury multipolaire à six pôles, et pouvant débiter chacune 417 ampères sous une différence de potentiel de 600 volts; l’une est pour la réserve. L’enroulement inducteur est compound, le circuit à fil fin comprend un rhéostat de réglage commandé par un régulateur automatique, qui maintient constante la différence de potentiel aux barres du tableau. Les deux génératrices simultanément en
- service sont accouplées en série avec un fil milieu, si bien qu’il y a entre les barres extrêmes du tableau une différence de potentiel de 1200 volts, ce qui revient à 600 volts entre chacune de ces barres extrêmes et la barre du milieu. Nous n’insisterons pas sur les dispositions du tableau de distribution, qui se comprennent d’clles-mêmes étant donnée la marche en série des deux génératrices. La barre neutre du tableau, barre milieu, est directement reliée à la voie du tramway, qui joue le rôle de conducteur de retour au moyen d’un câble en cuivre rouge de 125 millimètres carrés. Des barres du tableau partent trois groupes de 2 feeders alimentant la ligne aérienne, si bien qu’il y a trois points d’alimentation situés là où la consommation du courant et la perte en ligne sont le plus élevées. Pour compenser automatiquement cette perte en ligne, chaque feeder passe par un groupe survolteur composé d’un moteur et de deux génératrices. Les moteurs de ces survolteurs sont branchés sur les barres extrêmes du tableau, et ils sont à enroulement inducteur compound pour tourner à une vitesse à peu près constante; les génératrices sont à enroulement inducteur série, et l’élévation de potentiel qu’elles produisent est fonction du courant qui les traverse. Avant d’être reliés à la ligne de contact, les feeders passent par un deuxième tableau de distribution où l’on trouve notamment des déclencheurs automatiques maxima, protégeant les génératrices survolteurs contre les débits exagérés ou les courts circuits. D’autres déclencheurs par inversion de mouvement assurent la mise en court circuit automatique des induits de ces génératrices, dans le cas où leur moteur vient à être avarié, ce qui évite que ces génératrices recevant du courant ne s’emballent en fonctionnant comme moteurs.
- La ligne d’alimentation se compose de six conducteurs en cuivre nu, de section variant entre 65 et 125 millimètres carrés, et du câble de retour, d'une section de 125 millimètres. Tous ces conducteurs sont portés sur des poteaux métalliques par l’intermédiaire d’isolateurs à double cloche en porcelaine. La ligne de contact aérienne est faite de deux fils en cuivre rouge durci, de 9 millimètres de diamètre, espacés entre eux de 0m,70. Recevant le courant survol té, ils ont une différence de potentiel de 1200 volts. Dans les croisements, cette ligne a du être équipée à quatre fils et même davantage dans les gares importantes. Les fils sont supportés soit par des poteaux et des consoles, soit par des haubans tendus entre deux supports.
- La voie est constituée par des rails Vignole de 25 kilogrammes pour les tronçons en dehors des agglomérations, et, dans les autres sections, par des rails Broca de 40 kilogrammes; on a, bien entendu, prévu * un éclissage électrique. Tout en renvoyant au tracé de la ligne, nous ferons remarquer qu’on a cherché à emprunter les voies existantes chaque fois , que cela était possible, et que, sans atteindre une altitude très considérable, la ligne n’en offre pas moins des
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- pentes assez raides. Pour le matériel roulant, qui a été fourni par la Compagnie française de matériel de che-
- mins de fer d'Ivry, il comprend des véhicules à voyageurs et des wagons à marchandises, puisqu’il s’agit
- Fig. 1. — La gare de C.rolles.
- là, en somme, d'un vrai petit chemin de fer assurant automotrices et des voitures remorquées, afin de pou-tous les trafics. D’autre part, on a prévu des voitures voir former des trains plus ou moins longs suivant
- les besoins de la circulation quotidienne. Si nous examinons les véhicules à voyageurs (qui sont fermés l’hiver, ouverts l’été) nous voyons qu’ils sont à
- deux essieux rigides, portant des caisses susceptibles de contenir 36 personnes d’une même classe ou de deux classes différentes ; ils sont équipés avec deux
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- moteurs système Thury tétrapolaires, d'une puis- ponts du système à trois fds, autrement dit îi sance de 35 chevaux, fonctionnant chacun sur un des 300 volts. Ces moteurs sont indépendants, leur mise
- Fig. 5. — Usine génératrice de I.ancey.
- Fig. i. — Traversée du village de Touvet.
- en marche est placée sur le toit de la voilure et est actionnée de chaque plate-forme au, moyen d’un volant que le wattman emporte avec lui quand il est
- arrivé au bout du parcours et que le convoi doit repartir en sens inverse. La commande des moteurs sur les roues se fait par un pignon denté, calé sur l’arbre
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- LA NATURE.
- de l’induit, et attaquant directement une roue en acier calée sur l’essieu de la voiture. L’éclairage extérieur et intérieur de ces voitures est électrique et alimenté par une dérivation prise sur l’un des ponts ; le chauffage est également électrique, il est assuré par des résistances métalliques installées sous les banquettes. Le courant nécessaire à chaque voiture est recueilli par deux trolleys en tubes métalliques munis de cuillers en bronze, avec frotteurs ajustables en métal doux; la base de ces trolleys est en fonte avec isolateurs en porcelaine, et la pression des cuillers sur la ligne est de 40 kilogrammes.
- Ajoutons, comme détail intéressant, que les voitures automotrices et aussi les voitures de remorque sont munies d’un frein électromagnétique pouvant agir sur l’ensemble des trois véhicules qui composent un train normal : on peut employer ce frein quand les moteurs ne sont plus alimentés par le courant de la ligne aérienne et qu’ils tournent en génératrices sous l’action de la force vive du train ; une touche de la mise en marche permet alors le passage du courant ainsi débité par les moteurs dans les solénoïdes de gros clectro-aimants suspendus sous toutes les voitures. Si le conducteur du train, après avoir amené son volant sur cette louche, continue le mouvement, il atteint une touche qui met en court circuit les moteurs des automotrices : on freine de la sorte électriquement, ce qui forme un troisième moyen de freinage, si l’on tient compte du frein mécanique ordinaire.
- Toute cette installation est des plus intéressantes, et l’usine peut suffire à un trafic relativement important, puisqu'elle assure la circulation simultanée de 9 trains de 29 tonnes environ, dont 8 convois de voyageurs. _________ Pierre de Mérier.
- LÀ PERSICAIRE DU JAPON
- Dans un précédent article1, au sujet du Bibassier du Japon, je rappelais que notre continent européen avait beaucoup emprunté à la végétation des contrées de l’Extrême-Orient. Cela s’explique d’autant que les conditions climatériques étant sensiblement les mêmes, un bon nombre de tentatives d’introduction d’arbres ou de plantes herbacées de ces régions ont eu un plein succès.
- D’ailleurs, il se fait encore fréquemment des apports de plantes chinoises ou japonaises au moyen de graines venant d’explorateurs ou de missionnaires, mais beaucoup n’intéressent pas l’horticulture et restent dans le domaine purement scientifique.
- Un de nos abonnés, M. F. Verdier, ingénieur à Saint-Gervais, attirait récemment l’attention sur un végétal japonais, en nous soumettant des photographies prises aux différents stades de son développement, qui lui paraissait singulièrement rapide. En effet, la Renouée ou Persicaire du Japon (Polygonum Sieboldii des jardiniers ou mieux Polygonum cuspidatum2 des botanistes) est une plante à croissance remarquable, quand elle est placée dans un sol à sa convenance et que la douceur de la température s’en mêle. Ce n’est certainement pas une nouveauté pour
- 1 Voy. n°1483, du 26 octobre 1901, p. 537.
- * Ce nom spécifique vient de la pointe prolongée et aigue de la feuille.
- les vrais amateurs de plantes, mais un fort pied de cette Renouée bien situé au milieu d’un gazon est souvent un sujet d’étonnement pour ceux qui ne; sont pas ferrés en horticulture. Aussi a-t-on maintes fois tiré de son emploi décoratif d’heureux effets dans les parcs et les jardins d’un peu d’étendue, sans en abuser toutefois, car ce végétal est quelque peu envahissant, par ses bourgeons traçants que l’on peut facilement supprimer d’ailleurs, de façon à lui faire produire un faisceau de tiges de proportions convenables et gracieuses.
- Ce Polygonum existait depuis plusieurs années, vers le milieu du siècle qui vient de s’écouler, en Angleterre, où le botaniste Bindley l’avait introduit dans le Jardin de la Société d’Horticulture de Londres, mais il s’obstinait à ne pas fleurir ; aussi ne savait-on comment le baptiser. Ce n’est que plus tard lorsque M. de Siebold en rapporta du Japon à Leyde, qu’il fut, peu de temps après, introduit en France1.
- Je me souviens avoir vu dans mon enfance une touffe de cette Renouée au Jardin botanique de l’École de médecine, fleurissant pour la première fois à Paris, et l’enthousiasme communicatif du jardinier chef pour sa nouvelle conquête. Si l’engouement des premières années pour cette Persicaire a vieilli, elle n’en est pas moins restée comme une plante décorative de mérite quand on l’emploie judicieusement.
- On en a reparlé incidemment il y a quelques années, à propos d’une de ses congénères, le Polygonum Sahha-linense, dont le regretté Doûmet-Adanson avait un peu trop vanté les propriétés fourragères2. Les commerçants vinrent à la rescousse, et la publicité aidant fit l’affaire des horticulteurs détenteurs de cette Renouée, dont le moindre œilleton se vendait alors au poids de l’or; mais celte renommée a sombré deux ou trois ans après son éclosion, les acheteurs ne trouvant pas ce que la réclame leur avait promis avec la Renouée de Sakhalin.
- Cependant il y avait un fond de vérité dans cette allégation, puisque le P. cuspidatum, à frondaison moins ample que le précédent, était indiqué comme plante fourragère au Japon. De Siebold dit lui-même : « Cette plante que l’on peut faucher au printemps, à plusieurs reprises, fournit un fourrage excellent pour l’engraissement des bestiaux, qui la mangent de préférence, et les fleurs qui paraissent en automne sont très mielleuses et donnent aux abeilles leur provision d’hiver. Enfin, la racine amère et tonique est un médicament réputé chez les Chinois et les Japonais, etc., etc. »
- Ajoutons, pour compléter l’histoire de cette Polygonée, qu’on avait même proposé l’emploi de ses jeunes pousses comme succédanés de l’Asperge3. L’auteur de cette proposition, qui était un jardinier instruit et d’excellent conseil, assure qu’il l’a expérimentée lui-même avec succès et que, par surcroît, les feuilles développées, mais encore tendres, sont un excellent substitutif de l’oseille. Mais ces appréciations n’ont pas été partagées par tout le monde et, à ce point de vue, en tant que légume et fourrage, cette Renouée a besoin d’être essayée à nouveau pour que sa réputation soit réellement justifiée.
- La multiplication de ce végétal est facile. On prend en hiver les drageons qui se forment autour du pied mère, ou on divise celui-ci en autant de fractions qu’on désire d’exemplaires. L Poisson.
- 1 Voy. Revue Horticole, 1858, p. 650; 1894, p. 55.
- 2 Comptes rendus Acad, des se., 12 juin 1893.
- 3 Belhomme (in Fl. des serres et des jard. de F Europe,
- XIV, 148). ^
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- LA NATURE.
- 411
- ILLUSION D’OPTIQUE
- Le nombre des illusions d’optique est considérable, et nous en avons déjà signalé de nombreux exemples bien différents les uns des autres. Mais un de nos abonnés, M. P. Horsin-Déon, ingénieur chimiste à Paris, nous en a fait connaître récemment une qu’il a trouvée dans une épure et qui semble offrir un caractère de nouveauté. Celle-ci comprenait une série de cercles concentriques de 0,8 à G centimètres de diamètre, différant les uns des
- autres de 2 millimètres; à l’intérieur du dernier cercle était inscrit un triangle équilatéral.
- Les lignes de ce triangle coupant tous les cercles paraissaient toutes brisées, comme on peut le remarquer sur la figure ci-dessus. J. L.
- REMARQUES SUR LE CHOIX DES SEMENCES
- « La plupart des cultivateurs, dit P. Joigneaux dans son « Livre de la Ferme », croient à l’absolue nécessité du changement de semences ; en d’autres termes, ils croient qu’ils ont un avantage incontestable à prendre les graines de reproducteurs ailleurs que chez eux. Sous des climats ingrats et dans des terres médiocres, cette manière de voir est fondée ; mais lorsque nous avons pour nous la bonne terre et le bon climat, il n’est pas nécessaire de nous approvisionner de semence chez nos voisins. Il est aussi déraisonnable de poser en principe la nécessité absolue du changement de semence que d’en contester absolument l’utilité dans divers cas. A notre avis, chaque contrée est en position de créer les variétés et de les maintenir ainsi que les espèces propres à son climat et à son terrain. »
- J’ai fait, cette année, une étude comparative sur diverses graines céréales ou fourragères, d’où il résulte que le savant agronome ne s’était pas trompé.
- Les graines étrangères venaient de Norvège en droite ligne, des environs de Kristiania. J’ajoute qu’elles avaient passé sous les yeux et dans les mains d’un Président dé société d’Agriculture et d’un Professeur départemental, deux personnes très compé-
- tentes, avant d’échouer définitivement dans mon champ d’expériences.
- Tableau n“ 1.
- BEE NORVEGIEN. CIHDDAJI FRANÇAIS.
- Trempé au Non Trempé ait Non
- sullate de 1er. trempé. sulfate de 1er, trempé.
- / le 5 mai 6 2 5!) 27
- Nombre! !’ ~ S 15 D 8 59 59 29 57
- grains A ,cvt's- f —11 - 12 ys 158 15 21) 71 91 182 255 69 156 178
- \-22 — 218 75 501 225
- Hauteur le 2a juin. 45 cm 50 cm 55 cm 50 cm
- hpis formés le
- 25 juin Date de l’épiage 40 4 » »
- complet. . . . Nombre d'épis ra- 50 juin 5 juillet 12 juillet 16 juillet
- ries 14 12 17 19
- Grains récoltés. . Nombre des épis 5àol 2216 1002 515
- récoltés. . . . Poids moven par 174 110 68 50
- épi Rendement éva- 0 gr 59 0 gr 56 0 gr 50 0 gr 48
- lué à l'hectare. Poids de l liecto- 17 111 65 10 111 90 20 H1 06 14 111 4
- litre 69 K 69 K 75 R 75 Kl
- Tableau n° 2.
- l'EASFIEU) GREYS- POIS GUIS
- l'RING DE NORVÈGE. FRANÇAIS.
- Sulfatés. Non sulfatés. Sulfatés. Non sulfatés.
- Nombre 7 le 5 mai. . . 59 15 0 0
- de ) terre terre peu
- grains j fendillée fendillée
- levés ( le 6 mai. . . » 15 4 0
- Nombre de fleurs le 25 juin. 5 0 2 0
- Hauteur des tiges — 40 cm 55 cm 50 cm 10 cm |
- Nombre de grains récoltés . 216 59 192 0
- Volume des grains 2 d 5 0 cl 5 6 cl 4 0
- Poids des grains 16 gr 5 gr 50 gr 0
- — — à l’hectare.. 160 Kg 50 Kg 500 Kg 0
- Poids de fourrage sec.. . . 155 gr 40 gr llo gr 0
- — — à l’ha.. 1550 Kg 400 Kg 1150 Kg 0
- Tableau n° 3.
- VESCE DE NORVÈGE. VESCE FRANÇAISE.
- Sulfatée. Non sulfatée. Sulfatée. Non sulfatée.
- / le a mai. . . 5 0 4 0
- terre terre peu terre terre
- fendillée fendillée fendillée fendillée
- grains j lc fi m:u- Levée 5 28 4
- leu's /État de la levée pree gen. ‘
- complète assez inconv très m-
- V le 7 mai. . . avancée plète complète 5
- Nombre f le 25 juin . . 0 0 18 lf
- de < le 25 — . . 1 O 40 f ? 20
- fleurs ( le 26 — 5 0 45* 24
- Hauteur des tiges le 25 juin. 40 cm 55 cm 52 cru' 50 cm
- Nombre de grains récoltés.. 5250 950 1560 656
- Volume des — 19 cl 5 cl 5 9 cl 1 5 cl 7
- Poids des — 159 gr 50 gr 78 gr 55 gr
- Poids à l'hectare 1590 Kg 500 Kg 780 Kg 550 Kg
- Volume à l’hectare. . . 19 III 5 Hl 5 9 Ifl 10 5 111 7
- Poids de fourrage sec.. . . 555 gr 140 gr 270 gr 150 gr
- — — à l’ha. 5550 Kg 1400 Kg 2700 Kg 1050. Kg
- Tableau n° 4.
- Sulfatée. Non sulfatée.
- Quantité de semence nu m* Grains levés le 6 mai Hauteur le 25 juin 5 cm5 10 40 cm 5 etn3 7 50 cm
- 11 y avait du froment vaarkvède de printemps, de couleur brune, vilain d’aspect, assez semblable h
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- LA NATURE.
- notre seigle, faisant triste figure auprès du Chiddam de mars, qui devait lui être comparé. Il y avait des pois et de la vesce ; de la lléole, du trèfie, du ruta-
- Fi£. 1. — Epis formas dans 1rs deux parcelles A rt I» de Idr exotique.
- baga, des deux origines norvégienne et française.
- Tandis que l’avantage était en faveur des semences exotiques de pois et de vesce, les autres graines ne présentaient à l’œil, pour ainsi dire, aucune différence. Il y avait enfin de l’avoine blonde de printemps, récoltée en Artois, devant servir de rames aux tiges de légumineuses.
- Mon champ, c’est toujours un coin de ce jardin au sol pauvre et très calcaire, au sous-sol d’une perméabilité désespérante, dont j’ai déjà parlé plusieurs fois.
- j’affectai à chaque espèce de semence deux mètres carrés seulement, ne pouvant disposer d’une plus grande parcelle de terrain.
- Tout en poursuivant l’étude comparative que l’on m’avait demandée, je repris mes précédents essais sur le traitement des semences par le sulfate de fer. Je ne crois pas avoir à le regretter. Ne dit-on pas qu'il faut frapper plusieurs fois sur un clou pour l’enfoncer complètement ?
- Donc, pour chaque semence un mètre carré pour graines traitées au sulfate à 6 pour 100 et un autre pour graines non sulfatées; le tout disposé de la manière indiquée par la figure 2. Les hachures indiquent l’emplacement réservé aux graines de notre pays. Toutes les semences ont été mises en terre le 25 avril, par un beau temps, le sol étant bien ameubli et suffisamment humide.
- Avant de tremper dans le sulfate de fer le blé destiné aux parcelles R et R', toute la semence des carrés A, A', R, R' avait été chaulée par le procédé ordinaire à la bouillie bordelaise. Aussi le sulfatage eut-il pour effet la formation presque instantanée
- d’un dépôt noir, le fer ayant pris la place du cuivre dans la bouillie.
- Les grains furent disposés, à raison de deux tous les 2cml/2, en rayons espacés à 20,m et profonds de 5cm exactement. C’est ainsi qu’avait procédé M. Risler dans quelques-unes de ses expériences.
- La quantité de semence mise en terre, 400 grains au mètre carré représentait environ 2cl, soit 2m à l’hectare, pour le blé Chiddam français et un volume un peu moindre pour le froment étranger, dont les grains étaient plus petits.
- J’ai suivi très attentivement la marche de la végétation et en voici le détail (tableau n° 1).
- Ma récolte a été franchement mauvaise, comme l’on peut voir, les rats et les moineaux se moquant des pièges et des treillages protecteurs auxquels j’avais eu recours; et la sécheresse prolongée s’étant mise de la partie. Sans arriver à un rendement de 40,n à l’hectare, je pouvais espérer mieux.
- Tel qu’il est, mon tableau présente néanmoins quelque intérêt. Il me permet de constater une fois de plus : 1° que le sulfate de fer paraît garantir la graine de l’attaque des rongeurs; 2° qu’il réveille et active les facultés germinatives de la graine.
- 11 me permet, en troisième lieu, d’affirmer que le froment norvégien mûrit plus vite que le nôtre, mais qu’il lui est très inférieur comme rendement.
- L’épi de Vaarkvède du blé norvégien ressemble assez à celui de notre blé de Saumur. Il est plus petit que celui du Chiddam (fig. 5).
- Dans une année exceptionnellement pluvieuse où l’on ne pourrait semer que très tard, il pourrait y avoir avantage à semer du blé de Norvège, qui pourrait être récolté quinze jours avant le nôtre. Quant au rendement, c’est une autre question.
- La figure 1 montre les épis formés dans les deux parcelles À et R de blé exotique, alors qu’il n’y a pas d’épis dans les deux autres A'et R'. Elle reproduit un cliché pris le 25 juin.
- Les pois avaient été semés en rayons distants de r>5cm et à 9cm de profondeur à raison de 15cm3 de
- Blé
- Pois
- et avoine
- Vesce et avoine.
- Fléole
- I rèfl<
- Rutabaga
- Grains r I non A I sulfatés L____1
- Grains sulfatés
- ü
- U i_j y
- H
- Ü
- £Muni£u4 O
- Fis. 2.
- Disposition dos
- graine par mètre carré, soit lnl,5 à l’hectare.
- Voici ce qu’ils ont permis d’observer et ce qu’ils ont produit (tableau n° 2).
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- LA NATURE.
- 413
- (Quoique les pois français non suliatés aient été détruits complètement par les rats, il n’en reste pas moins établi que le pois de Norvège est supérieur au
- Blc norvégien Uiiiklam de mars
- non sulfaté. sulfaté. non sulfaté. sulfaté.
- Fig. 5. — Résultats
- nôtre comme fourrage, ainsi qu’on peut s’en rendre compte par les chiffres donnés dans le tableau de la page 411 et par la ligure 5 ci-dessous.
- t'ois de Norvège l'ois gris I nuirais,
- sulfaté. non sulfaté. sulfaté.
- la récolte (blé, chiddam, pois).
- Pour la vesce, les résultats sont plus probants, les graines mises en terre n’ayant presque pas été
- touchées par les rongeurs. La semence avait été répartie en trois rayons de 9cra de profondeur espacés
- Vesce française
- sulfatée. non sulfatée.
- à 35cm, elle représentait un volume de 15cm% soit lul,5 à l’hectare.
- Mes constatations, les voici détaillées (tableau n° o).
- L’avoine semée avec la vesce a donné (tableau n° 4).
- Il m’est impossible d’évaluer le rendement en grains ; mais la figure 4 donne une idée très suffi-
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-
- LA NATLUE
- ili
- saute des résultats à attendre du sulfatage. De plus, il a été fait des expériences comparatives avec l’avoine et l’orge de Norvège. Les résultats, paraît-il, sont tout à leur avantage.
- Je n’ai constaté aucune différence entre la lléole française et l’autre : la végétation est la même des deux cotés et les rendements sensiblement égaux.
- Quant aux autres semis, ils sont à recommencer, la sécheresse et les insectes les ayant lait manquer.
- N’importe, les faits que j’ai signalés à plusieurs reprises se trouvent confirmés de nouveau. L’intérêt qu’il y aurait à traiter les semences comme je l’ai indiqué n’est pas niable. L’emploi du sulfate de fer donnera toujours de bons résultats dans les sols calcaires, si répandus dans notre pays, grâce à l’action chimique du sel sur la chaux.
- Ce n’est pas la valeur absolue des nombres eux-mêmes qu’il faut envisager. Encore moins faut-il les isoler. Ce qu’il faut examiner de près, c’est le rapport, que j'indique, des termes qu’il convient de comparer. En ce qui concerne l’origine des semences à employer, je conclus : Gardons notre blé ; il vaut mieux que celui de nos voisins de Norvège. Mais achetons chez ces voisins un peu de semence de pois et beaucoup de la vesce que j’ai vue.
- D’autres vous diront d’acheter aussi de l’orge et de l’avoine. L’expérience vaut, je crois, la peine d’être tentée. E. Hekriot.
- CHRONIQUE
- Le concours des aviateurs. — Le concours des aviateurs a eu lieu, comme nous l’avions annoncé, les 13 et 14 novembre au Vélodrome du Parc des Princes. Jamais concours ne fut plus mouillé ; il eut lieu par pluie battante. Les cerfs-volants ne purent guère s’élever dans ces conditions. Un seul, ce jour-là, put remplir les conditions du programme, monter à 500 mètres et se maintenir à cette altitude pendant une demi-heure. C’est le cerf-volant à losange et à ailettes de M. Blin Desguée. 11 convient aussi de citer le cerf-volant multicellulaire de M. Lecornu qui fut primé à l’Exposition de Vincennes en 1900; les cerfs-volants de MM. Dupas, Munier, Ilerbester et Bréon, etc. Dans la section des jouets, quelques jolis oiseaux mécaniques. Puis à mentionner des appareils d’étude, celui de M. G. Claude en particulier, des hélicoptères, et enfin deux aviateurs, dont l’un d’étude de M. Villars et le second un planeur de M. Demouveaux. Ce dernier se compose île deux très grandes ailes au centre desquelles l’inventeur se place. Avec des cordages aux mains et aux pieds, il peut modifier l’angle des plans. M. Demouveaux a cherché à s’enlever; il s’est jeté d’une petite hauteur; une aile s’est brisée” et l’expérimentateur s’est blessé à la jambe. C’est en petit, à tous les points de vue, l’essai de Lilienthal «jui remonte déjà à plusieurs années. Après quelques succès Lilienthal a été tué. Sa machine s’est renversée et il est tombé d’une vingtaine de mètres pour ne plus se relever. En somme nous avions vu mieux il y a plus d’un quart de siècle, quand Nadar et Babinet avaient créé une sorte de mouvement eu faveur du « plus lourd que l’air ». On réalisa alors quelques appareils de démonstration d’une extrême ingéniosité. Rappelons, à ce propos, les noms très autorisés de Penaud, avant tout, puis de MM. Ponton
- d Amécourt, La Landelle, Talin, Dr llureau de Ville-neuve, etc. L’organisation du concours de 1901 n’en constitue pas moins une excellente tentative. C’est une revue de l’état actuel des appareils aviateurs, en France. L’effectif était pauvre, les circonstances mauvaises, mais il fallait commencer. On a semé cette année pour récolter les années suivantes.
- Les premiers fers laminés. — L’établissement de Fourchambaull, fondé au commencement de la Restauration par la famille Boigues, a été pendant longtemps une des plus belles et des plus importantes forges de notre pays. Un de ses enfants de la première heure, M. Jacques Courroux, au moment où il est question de l’arrêt de cette usine, nous rappelle quelques détails relatifs aux débuts de l’étirage des fers aux laminoirs. On sait que c’est à Trézy-sur-l’Aubois, près de la Guerche (Cher), que se fit le premier essai de la fabrication des fers à la houille par la méthode anglaise, et que c’est à la suite des résultats obtenus, que fut projeté et construit le grand établissement de Fourchambault. Dans plusieurs autres usines de France, on s’occupait aussi de cette fabrication nouvelle, et comme on était à la veille d’une grande exposition industrielle à Paris, chacun désirait arriver le premier à présenter ses produits. Pour gagner du temps, on voulut activer les essais de laminage et utiliser la transmission du train de fonderie. Au commencement tout alla bien, mais au passage dans la cannelure plate, les pignons furent brisés. L’essai était manqué et on allait cesser le chauffage des fours. Mais le chef lamineur improvisé était un tout jeune homme conscrit de 1811; il se rendit compte de la cause de l’accident. U modifia la transmission et le travail put être repris à la grande joie des propriétaires de l’usine. Lejeune lamineur fut mis à la tète du service de laminage des fers à Fourchambault. On parvint à obtenir d’un coup douze barres finies, les « douze apôtres » comme les appelèrent les ouvriers. Les 12 apôtres Turent immédiatement envoyés à Paris. Quand, dans un temps qui n’est pas très éloigné, on voudra fêter le centenaire de la fabrication des fers laminés, on rappellera avec honneur le nom des fondateurs de Fourchambault; songera-t-on aux « douze apôtres », au modeste lamineur de Trézv ? Le modeste lamineur de Trézv, le conscrit de 1811, c’était précisément le père de notre correspondant : M. Urbain Courroux, mort maître de forges à Guoiignon (Saône-et-Loire), eu 1844.
- La chasse à la haleine en Islande. — La mer
- d’Islande est aujourd’hui une des régions où la chasse à la baleine donne les meilleurs résultats. D’après le Verdens G(ui(/,da Kristiania, la saison de 1901 n’a pas été très propice pour cette industrie. Toutefois la Compagnie llerlofson n’a pas lieu de se plaindre. Avec trois vapeurs munis d’un outillage très perfectionné, elle a capturé pas moins de 132 baleines, la plupart des balénoptères de Sibbold, des cétacés longs de trente à quarante mètres. Comme un de ces mammifères marins représente une valeur défi à 7000 francs, le bénéfice sera considérable.
- La plus rapide des étoiles. — Nos lecteurs n’ignorent pas que les étoiles, qui semblent immobiles au ciel depuis le commencement du monde, sont, en réalité, animées d’un mouvement vertigineux, quoique invisible. Dans celte course à l’infini, sait-on quelle est la plus rapide des étoiles? Divers astronomes se sont essayés à calculer la vitesse effective d’un certain nombre de ces soleils, dont les plus rapprochés de nous mettent encore trois ans et demi à nous envoyer leur scintillement, et
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- LA NATURE.
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- de leurs patientes recherches, il résulte que c’est l’étoile dite Groombridge, de sixième grandeur, qui doit remporter le prix du match formidable que courent éternellement, au-dessus de nos tètes, quelques 60 millions d’astres. L’observatoire de Lick, aux États-Unis, nous apprend, en effet, que l’étoile de Groombridge se meut dans le ciel à une vitesse de 240 kilomètres à la seconde. Pour savoir, d’autre part, si cette étoile ne se rapprochait pas de la terre, dans son mouvement de translation, on a pris, à l’aide du spectrographe Mills, quatre photographies successives, qui ont permis de constater que l’astre en question se précipitait à notre rencontre avec une vitesse de 90000 kilomètres à l'heure.
- Télégrammes médicaux par pigeons. - Nous disions dans notre précédent numéro qu’un médecin de Boston ne faisait aucune visite un peu lointaine sans emporter un panier de pigeons-voyageurs. Il rédige son ordonnance sur papier pelure d’oignon. Un pigeon retourne au colombier installé chez le pharmacien et les médicaments sont apportes par un bicycliste. Nous ajoutions que l’idée était française. En effet, depuis 1898, M. le I)r Kaplan, de Janville, laisse un ou deux pigeons chez le malade qu’il a visité pour que l’un d’eux puisse lui donner des nouvelles de son client et que l’autre demande au pharmacien les médicaments dont il peut avoir besoin. Il y a colombier chez le médecin, colombier chez le pharmacien. Mme Kaplan étant elle-même docteur en médecine, il y a toujours au domicile de ce praticien quelqu’un pour répondre à sa place en cas d’absence. C’est donc à Janville tout comme à Boston !
- Les traverses de chemins de fer en hêtre créosote. — Tout dernièrement M. Schneidt a publié des données intéressantes, qui montrent la résistance toute particulière du bois de hèlrc créosoté pour constituer les traverses de voies ferrées, c’est-à-dire pour résister aux agents atmosphériques divers. C’est ainsi que, sur des lignes d’Alsace-Lorraine, on a vu les traverses faites de ce bois demeurer en service durant vingt-huit ans sans que plus de 14 pour 100 eussent été mises hors d’état d’être conservées; de même, sur les chemins de fer français de l’Est, quand on révisa une série de traverses posées depuis vingt et un ans, on eut à remplacer 52 pour 100 des traverses de chêne non imprégnées, 20,8 des traverses en chêne créosotées et seulement 0,4 de celles qui étaient faites de hêtre et créosotées. Et ce qui ajoute à l’intérêt de l’observation, c’est que les traverses en chêne créosotées ou non coûtent respectivement 0 francs ou 5rr,10, alors que le prix ne dépasse point 5tr,28 pour une traverse de hêtre ayant subi le traitement par la créosote. Nous pouvons dire encore qu’il résulte d’expériences poursuivies par un ensemble de Compagnies de chemins de fer anglaises, que le coût annuel par traverse (si l’on tient compte du prix d’achat et du renouvellement) ne ressort qu’a Ûfr,18 pour le bois de hêtre, alors que le coût correspondant est de 0f',25 pour le chêne et de 0fr,2G pour le pin. Bu reste il est nécessaire que le hêtre soit créosoté ; il absorbe énormément de ce conservateur, et c’est seulement à la créosote qu’il doit sa longue vie.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 18 novembre 1901.
- Présidence de M. fou ou:.
- U ammonium n'exisief pas. — M. Moissan expose de nouvelles recherches sur l’ammonium. La réaction clas-
- sique, qui consiste à produire ce corps par l’action de l’amalgame de sodium sur la solution aqueuse de chlorhydrate d’ammoniaque, donnait l’amalgame d’ammonium associé à l’eau dont il ne pouvait être séparé. Au contraire, en faisant réagir l’iodure d’ammonium sur l’amalgame de sodium dans l’ammoniac liquéfié à — 55°, on obtient l’amalgame d’ammonium complètement exempt d’eau. A l’air, cet amalgame se décompose par élévation de température; on recueille deux volumes de gaz ammoniac et un volume d’hydrogène. Néanmoins M. Moissan montre, par diverses considérations, que le radical ammonium n’existe pas. Dans l’expérience précitée la réaction est plus complète, et il se forme des hydrures dont il poursuit l’étude. Il mentionne l’action curieuse de l’hy-drure de sodium sur l’ammoniac.
- L'influence de Vusage du vin sur l'évolution de la tuberculose. — M. Muntz présente une Note de M. Itoos relative aux effets de l’ingestion du vin sur l’évolution de la tuberculose. L’auteur a formé deux lots de cobayes rendus tuberculeux dont l'un servait de témoin et l’autre de lot d’expériences. Les animaux de ce dernier lot ont reçu journellement une quantité de vin correspondant à 2 litres 1/2 par jour chez l’homme, c’est-à-dire à une consommation de vin exagérée. Les animaux de ce lot ne sont pas morts plus tôt que ceux du premier. M. Roos conclut que l’ingestion de l’alcool à l’élat où il est dans le vin n’est pas nuisible, au point de vue de la tuber-' culose.
- Mesure nouvelle de la vitesse de la lumière. —
- M. Perrotin annonce qu’il a entrepris à l’observatoire de Nice une nouvelle détermination de la valeur de la vitesse de la lumière. La méthode suivie est celle employée à l’Observatoire de Paris en 1874 par M. Alfred Cornu pour la détermination de cette vitesse par la distance de Paris à Montlhéry. M. Perrotin fait usage d’un sommet de l’Esterel situé à 6 kilomètres de l’observatoire de Nice. Les appareils employés sont ceux mêmes dont s’est servi M. Cornu. Toutes les difficultés matérielles que comportaient la préparation de l’entreprise et le fonctionnement de ces délicates expériences ont été vaincues grâce à l’infatigable générosité du fondateur de l’observatoire de Nice, M. Bischoffsheim. M. Perrotin espère que les précautions prises, auxquelles M. A. Cornu a prêté son concours, permettront d’obtenir la valeur de vitesse de la lumière avec une approximation plus grande que celle réalisée jusqu’à ce jour.
- Varia. — M. Becquerel dépose une Note relative à l’installation de l’appareil thermo-électrique de mesures . des températures, au laboratoire du Muséum. — M. J. Vinot signale un désaccord entre l’âge de la lune au 1er janvier — ou épacte — donné par la connaissance du temps et celui donné par l’Annuaire des marées en 1902. Or, d’après les règles du comput l’épacte sert à déterminer la date de la fête de Pâques. — MM. Lœvy et Hait sont chargés de fournir un rapport sur la question.
- Cil. UE NlLLEDEClL.
- LE ROI DES RËMNTS
- C'est celui que l'on a exhibé, cet été, à l'exposition de Buffalo. Ce géant est le nommé Edouard Beaupré, jeune Canadien français, qui n’a que dix-huit ans et dont la taille atteint déjà 7 pieds.
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- LA SATIRE.
- 8 pouces (2m,54). Il résulte de mesures qui ont été prises que sa hauteur d'aîne est de lm,14, que ses pieds ont 0"’,45 de longueur et ses mains 0m,28.
- On pourrait penser qu’il provient de parents ayant mie taille des plus élevées; il n’en est rien : son père mesure im,72, et sa mère lm,57; mais son grand-père était d’une très belle taille, qui atteignait 2m,01.
- Le poids du géant est de 587 livres, ce qui est considérable et équivaut à 194 kilogrammes.
- Le dessin que nous donnons de cet homme extraordinaire montre, à côté de lui, son barnum dont la taille est de 5 ]lieds, 4 pouces (lm,05) exactement.
- Le legs de plusieurs millions, que M. Saint-Ouen de Pierrecourt a fait à la ville de Rouen atin de constituer un prix annuel pour les géants qui voudront bien se marier ensemble, paraît devoir être gagné par Beaupré le jour oit il voudra se donner la peine de choisir une compagne qui lui soit proportionnée. L e géant canadien est réputé, en effet, être positivement l’homme le plus grand qui existe actuellement sur la terre.
- Beaupré a passé toute son enfance à la campagne où il a pratiqué d’une manière continue les exercices physiques ; peut-être est-ce à ce régime que sa stature doit son si extraordinaire développement.
- Lorsque son barnum, M. Patenaude, l’eut amené à Montréal, au commencement de cette année, il fallut songer à le faire habiller d’une façon convenable et à lui constituer un trousseau. Et ce n’était pas chose facile, car rien de ce qui lui était nécessaire ne se trouvait dans le commerce; il fallut donc tout faire sur mesure. Les fournisseurs se taillèrent une jolie réclame en exposant les divers objets d’habillement qu’ils lui confectionnèrent : le chemisier, le cordonnier, le chapelier surtout; la rue Craig, où se trouvaient leurs magasins, vit sa circulation presque entravée par l’agglomération des curieux devant les devantures où l’on avait exposé les diverses parties du gigantesque trousseau.
- Beaupré a passé toute la belle saison à l’Exposition de Buffalo, dont il a constitué une des attractions les plus courues. L’exposition terminée, il est revenu à Montréal, où il compte se reposer quelque temps avant de partir pour entreprendre une tournée en Europe. 11 est probable qu’il commencera son voyage parla France, dont il parle habituellement la langue et qu’il considère, de même que tous les Canadiens français, comme sa véritable patrie.
- Parmi les géants existants, on peut citer : Hugo, Français, né à Saint-Martin, près de Nice, dont la taille est de 2m,29 et le poids de 204 kilogrammes;
- le Suisse Constantin, âgé de dix-neuf ans, 2m,24; l’Allemand llérold, 2m,19 ; lady Anima, Anglaise, 21,1,19; Osvvald Bal-lins, Bavarois, vingt-quatre ans, 2m,19, 148 kilogrammes.
- Parmi ceux morts ou disparus, il convient de signaler le Chinois Chang-Yet-Sing qui se montra à Paris en 1878 et parcourut l’Europe à cette époque; il avait 2m,52. 11 y eut aussi le fameux Jean-Pierre de Montas-truc, Français, qui s'exhibait encore, il y a peu d’années, dans les foires, mais qui, parait-il, était peu à peu devenu bossu.
- Et maintenant, on peut se demander quel a été le géant le plus grand qui ait jamais existé. Ou a parlé d’hommes de 10 pieds et plus, mais on est d’accord pour considérer de tels chiffres comme exagérés ; la taille la plus élevée qui ait été enregistrée est de 8 pieds, 9 pouces et demi (2m,68) ; elle était celle d’un Irlandais, du nom de Charles Byrne, mort à Londres en 1785, à Page de 22 ans. Son squeleUe a été conservé et on nous affirme qu’il se trouve encore aujourd’hui dans la galerie de la Société de médecine de Londres.
- Byrne avait donc 54 centimètres de [dus que ne réalise actuellement le roi des géants Beaupré. Il ne semble pas que le record de 2"',08 établi par Byrne puisse être de si tôt dépassé. L. Gentï.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9. '
- Le Canadien français Édouard Beaupré, dit le « Iloi des Géants ».
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- V 1488. — 50 NOVEMBRE 1901.
- LA NATURE.
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- LE JUBILE SCIENTIFIQUE DE M. BERTHELOT
- Lu nouvelle Sorbonne conservera longtemps le souvenir de l’imposante cérémonie qui a eu lieu dimanche dernier à 10 heures du matin dans son grand amphithéâtre, magnifique et inoubliable fête en l’honneur de la Science, la plus belle, sans aucun doute à laquelle il nous ait jamais été donné d’assister. Le Président de la République, par sa présence, y a associé la Patrie tout entière, et il était juste que la France vibrât à l’unisson en face de la glorification du plus grand maître de la chimie française. Notre pays n’a pas perdu le culte passionné de ceux qui contribuent à sa gloire. Et M. Rerthelot, par la grandeur
- de son esprit, par l’étendue de ses découvertes, par les voies étincelantes qu'il a tracées à la Science, restera une des figures les plus extraordinaires du temps, une figure en ce moment encore pleine de vie, et qui pourtant appartient déjà à l’immortalité 1 C’est en 1851 que simple préparateur au Collège de France, M. Berthelot publia un premier mémoire. 11 y a cinquante ans. Quelques savants, MM. Dar-boux, Moissan, Troost, Bitte, Haller, Gautier, prirent l’initiative d’une souscription internationale dont le produit devait permettre aux admirateurs de M. Ber-thclot de lui offrir un souvenir à l’occasion du Cin-
- Revers. Plaquette de Chaplain. Face.
- 1° M. Berthelot devant sa table d’expériences. 11 est assisté dans la méditation par la Patrie et par la Vérité.
- 2” M. Berthelot.
- quantenaire de sa première publication. Ce souvenir, c’est la très belle plaquette de Chaplain que nous reproduisons ici. Elle a été remise par M. le Président de la République au grand chimiste dans la cérémonie du dimanche 24 novembre. M. Chauveau, au nom de la Société d’Agriculture, lui a remis ensuite la grande médaille d’or à l’effigie de Olivier de Serres. *
- A la Sorbonne, le Président de la République avait à sa droite le Président du Sénat, le Président de la Chambre, le Président du Conseil, le Garde des sceaux, etc. ; à sa gauche, M. Berthelot, M. le Ministre de l’Instruction publique, le Président de l’Académie des sciences, M. Darboux, secrétaire perpétuel, président du comité d’organisation, le Président de l’Académie de médecine, etc. Puis autour du Chef de l’État les délégations des deux Chambres ; le Président du 89e année. — 2e semestre.
- Conseil municipal, le Gouverneur militaire de Paris, les professeurs en robe des universités françaises, les directeurs des grandes Écoles, les délégations de l’Institut, des grandes Sociétés savantes, du Collège de France, du Muséum ; puis les délégués étrangers en grand nombre.
- C’est le Ministre de l’Instruction publique qui a pris le premier la parole, et il a su, dans un discours rapide, faire saisir à l’immense auditoire qui l’écoutait la grandeur de l’œuvre de Berthelot.
- Lavoisier avait écrit : « La chimie marche vers son but et vers la perfection en divisant, subdivisant et resubdivisant encore. La chimie est la science de l’analyse ». Mais la chimie de Berthelot est d’une autre envergure. « Vous répondez à Lavoisier, dit le Ministre : La chimie crée son objet ; elle a la puissance de refaire ce qu’elle a détruit. La synthèse
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- LA N ATI LL.
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- éfend ses conquêtes depuis les éléments jusqu’aux substances les plus complexes sans qu’on puisse assigner de limites à ses progrès. A'ous invente/ la synthèse. Vous reconstruisez l’éditice abattu par les forces chimiques. » llcrthelot est en effet créateur. C’est le maître de la synthèse.
- M. G. Darboux, en quelques mots non moins applaudis, a rappelé le travail de Bénédictin accompli par son confrère. Plus de mille mémoires, plus de trente-cinq volumes de science, de haute érudition, de philosophie, d’histoire de l’alchimie. En sa qualité de principal organisateur du Cinquantenaire il a remercié les nombreux savants qui ont répondu à son appel et les délégations étrangères.
- M. Moissan a retracé les grandes lignes de l’œuvre de l’illustre chimiste. C’est une page d’histoire que nous regrettons de ne pouvoir reproduire.
- « La chimie, dit M. Moissan, cette reine des sociétés modernes, a été surtout l’objet de vos travaux. D’un pas égal et ferme, vous avez parcouru toutes les parties de son domaine. Seul de tous les chimistes vivants, rien de ce qui touche à la chimie ne vous a été étranger. Choisissant de préférence les questions les plus difficiles ou les plus délicates, vous les avez abordées avec, cette persévérance opiniâtre et cette variété de moyens dans l’attaque qui sont les qualités les plus nécessaires des puissants chercheurs.
- « Vos travaux sur la synthèse, dont nous voyons, chaque jour les merveilleux développements, ont ellacé toute démarcation entre la chimie minérale et la chimie organique ; ils ont ainsi établi cette unité de la chimie, si longtemps niée ou mise en doute avant vous. Vos puissantes et fines méthodes, en vous donnant les moyens de reproduire les principes élémentaires qui se trouvent dans les êtres organisés, vous ont permis de devenir vous-même un créateur, et vous nous avez appris à construire une infinité de corps, inconnus avant vos recherches, parce qu’ils n’avaient jamais trouvé les conditions dynamiques nécessaires à leur formation.
- Citons encore ces quelques lignes, puisque la place nous est comptée :
- « Une belle synthèse avait déjà été faite; Wœhler, en 1828, avait reproduit l’urée. Mais cette expérience était restée solitaire, projetant sur notre science de laboratoire une lumière fugitive que les chimistes de cette époque Savaient su ni conserver ni entretenir. La méthode faisait défaut. Pour masquer leur ignorance, les savants avaient trouvé un de ces mots sans signification bien nette, mais qui possèdent une belle résonance. Si les êtres vivants savaient seuls grouper les éléments : carbone, hydrogène, oxygène et azote, pour édifier des matières complexes, ils le devaient à la force vitale. Production des corps gras, des acides végétaux, des alcools, des carbures, tout cela dérivait de l’intervention de cette force indéterminée. Vous avez détruit cette action mystérieuse de Ja force vitale et vous avez démontré que, si le savant ne peut faire une
- cellule ou un vaisseau, il peut reproduire certains principes immédiats formés dans cette cellule ou dans ces vaisseaux. » Ce discours est à lire d’un bout à l’autre. C’est un excellent précis de l’histoire de la chimie contemporaine.
- L’inlluence des travaux de M. llcrthelot sur le développement de la chimie industrielle a été immense. Le premier, il a reproduit synthétiquement les principes immédiats des végétaux, reconstitué ce que la vie avait fabriqué dans les cellules. Alors est venue une révolution industrielle inattendue. En partant des découvertes du maître, Graebe et Liber-mann, par exemple, obtiennent le principe de la garance, plus tard Baeyer obtient l’indigo. Et comment ne pas rappeler les études admirables de Berthelot sur la thermochimie qui a révélé le secret des combinaisons des corps entre eux, ses recherches qui dérivent des précédentes sur les explosifs qui ont rendu tant de services, etc. ? Et encore ses travaux plus récents sur l’assimilation de l’azote par les plantes sous l’influence de l’effluve électrique... et ses travaux incomparables sur les alchimistes et sur l’archéologie chimique.... Berthelot a tout embrassé; jamais savant ne fut plus général, tout en étant spécial. C’est le dernier des encyclopédistes. Il a suivi, par un labeur immense, tout le mouvement scientifique de son temps: chimie, physique, biologie, physiologie, botanique, agriculture.... Et il a trouvé le moyen de créer et de découvrir dans toutes les branches des connaissances humaines. Voilà pourquoi il a été grand et restera grand devant la postérité!
- Après M. Moissan, M. Fouqué, président de l’Académie des sciences, a insisté sur la puissance extraordinaire de travail de M. Berthelot. M. Gaston Paris, au nom du Collège de France, a rappelé l’entrée de Berthelot au Collège, le 25 février 1851. Puis jolis discours encore de M. Guyon, au nom de l’Académie de médecine, de M. Bouchard, au nom de la Société de Biologie. M. Troost a alors énuméré les adresses des Académies et des Universités étrangères. M. Fisher alu l’adresse de l’Académie royale de Prusse, M. Bamsay l’adresse de la Société royale de Londres, M. Lieben l’adresse de l’Académie impériale de Vienne. Puis encore lecture d’un télégramme du roi des Belges envoyant à M. Berthelot ses chaudes félicitations, lecture d’une dépêche du ministre d’Espagne, au nom de la reine régente, conférant à M. Berthelot le grand cordon de Charles HL
- Enfin, au milieu d’une véritable ovation, M. Berthelot, sous l’empire d’une émotion profonde, a remercié des hommages qu’on lui adressait et des honneurs que modestement il a rapportés à son âge et aux services qu’il s’est efforcé de rendre à sa patrie.
- Il a montré le vrai rôle du savant à l’époque moderne, ses devoirs, le but à atteindre et il l’a fait avec une hauteur de vue qui a impressionné l’auditoire.
- Cette fête, dans cette enceinte, dans ce palais de la Science française, restera una date mémorable. Elle honore le grand chimiste, mais elle honore aussi notre--pays;: Henri de Pauville.
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- LA NAT LUE.
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- LES DEUX SOLEILS
- Habituellement, pour voir les rayons solaires, on ne tourne pas le dos au soleil et l’on ne regarde pas dans la direction opposée. Et, cependant, occasionnellement, il peut en être ainsi. C’est ce qui est arrivé à M. Jean Mas-cart, le 9 septembre dernier. 11 se trouvait à Bréval, à 10 kilomètres de Mantes, quand à 0 heures du soir, alors qu’il tournait le dos au soleil, il aperçut, se détachant sur un ciel sombre et pluvieux, trois larges rayons lumineux divergents qui s’élevaient à la hauteur de 30 degrés sur l’horizon. On eût pu s’y tromper et admettre que le soleil était là, baigné dans les nuages. Ces rayons étaient larges, d’un blanc jaune, intermédiaire entre la lumière électrique d’un phare et celle d’un panache solaire aperçu entre les nuées. Le point d’émergence des rayons apparaissait comme sensiblement au-dessous de l’horizon. M. Jean Mas-cart, surpris par cette apparition, s’est demandé à quelle cause on pouvait rattacher ce curieux phénomène. C’est du vieux neuf. On a déjà observé, et plus d’une fois, les rayons antisolaires.
- M. W. I’rinz, de l’Université de Bruxelles, a été, lui aussi, témoin de cette illusion d’optique au sommet d’une des petites montagnes des environs de Salzborg, le Galsberg ( 1280 mètres). C’était en juillet, à la tombée du jour, après une bourrasque. Près de l’horizon, le soleil projetait des faisceaux lumineux par les déchirures des nuages jusque sur un fond noir formé par l’orage. Les gloires qui divergeaient du couchant pouvaient être suivies jusque près du zénith où elles se perdaient ; mais un peu au delà elles reprenaient avec intensité pour aller converger à l’opposé, à 180 degrés du point d’émission. A un moment donné, les hautes cimes des Alpes se dégagèrent de la brume et c’est sur elles que les rayons parurent se rejoindre, en les éclairant d’une lumière magique. L’éclat de ce second foyer apparent était tel qu’un observateur qui se serait trouvé inopinément devant ce tableau eût été embarrassé de dire de quel côté se trouvait le soleil1.
- L’explication du phénomène est simple. Elle a été donnée, il y a déjà longtemps. Eu égard à la grande distance qui nous sépare du soleil, l’astre nous envoie des rayons parallèles. S’il est bas sur l’horizon, les faisceaux lumineux s’en iront éclairer le côté opposé de l’horizon, et, par suite de la perspective, on les verra concourir vers un point unique, vers un « point de fuite », absolument comme nous apercevons la double rangée des arbres d’une avenue se rapprocher peu à peu avec la distance et se réunir à l’horizon. Les faisceaux lumineux divergents se rapprochent et se croisent en un point unique, comme celui que produirait en ce point un soleil fictif. Il y a donc à ce moment en apparence deux soleils situés à l’opposé l’un de l’autre.
- M. Sagnac, qui ne connaissait pas non plus ce qui avait été écrit sur ce sujet, a transmis à l’Académie une explication; c’est l’explication connue. Par un ciel couvert, dit M. Sagnac, avec une éclaircie du côté du soleil et des brumes du côté opposé, il peut arriver que le soleil envoie par les intervalles des nuages un certain nombre de faisceaux distincts; surtout si l’astre est bas à l’horizon, les laisceaux peuvent se diffuser dans les brumes atmosphériques situées du côté opposé au soleil et y apparaître d’autant plus nettement que le fond du ciel est plus sombre. Pour l'observateur, la « perspective » remplace les divers faisceaux parallèles entre eux par autant de
- 1 Ciel et Terre. 1er octobre.
- rayons concurrents vers un « point de fuite » diamétralement opposé au soleil.
- Le phénomène des rayons divergents à 180 degrés d’une source lumineuse, ajoute encore M. Sagnac, se produit, d’ailleurs, suivant un mécanisme analogue dans le cas des (( phares tournants » où l’observateur croit voir à l’opposé du phare réel un autre phare qui tournerait en sens inverse du premier. Telle est certainement la cause de l’apparition des deux soleils dans la nature.
- Mais nous sommes un peu en retard, en 11101, car le phénomène bien observé, entre autres par Günther, avait été décrit par Robert Smith1, dès 1758, avec explication; on le retrouve signalé, rappelle M. Prinz, dans beaucoup de vieux traités de météorologie. Notre jeune école néglige beaucoup trop les vieux livres. Arago lui-mème avait parlé des rayons solaires à 180 degrés.
- « Tout le monde a remarqué, dit Arago, l’apparence de divergence des rayons lumineux qui partent du soleil quand il est couvert par des vapeurs ou par des nuages. On a moins souvent l’occasion de voir que dans quelques dispositions de l’atmosphère ces régions prolongées convergent vers la région diamétralement opposée au soleil, en sorte que leur point de réunion se trouve tout autant abaissé au-dessous de l’horizon que l’autre est en dessus. » Et comme le physicien anglais Brewster, dans une note consacrée à ce sujet, croyait le phénomène extrêmement rare, Arago ajoute : (( Pour nos climats du moins, cette assertion manquerait de vérité. Pendant un séjour de deux mois à la petite île de Fermentera (Baléares), j’ai vu moi-même une vingtaine de fois, tant le matin que le soir, la convergence que Smith a signalée et expliquée le premier. » Ce serait donc à Robert Smith encore plus qu’à Günther que remonterait l’explication qui a cours aujourd’hui. M. W. Prinz rappelle dans sa note, par ordre alphabétique, les noms de ceux qui ont consigné leurs observations sur ce curieux phénomène : Arago, Brewster, Günther, Hammer, Ileis, Kriès, Lancaster, Liais, Mock, J. Mascart, Pechuel Loesche, Smith, Wrède.
- Dans le « Cours complet de météorologie » de Kaemtz que nous avons tous eu entre les mains, édition de 1845, et qu on laisse aujourd’hui un peu trop de côté, on trouve tout un chapitre relatif à la question sous le titre de (( rayons crépusculaires ». Kaemtz dit : « Quand le ciel est couvert en partie de nuages interrompus par des éclaircies, alors le soleil luit à travers, et l’air, la vapeur d’eau, la poussière et les autres corps qui nagent dans l’atmosphère, semblent des rayons plus ou moins lumineux. Si le soleil est peu élevé au-dessus de l’horizon, ces rayons partent du soleil; s’il est près de se coucher, ils s’élèvent dans l’atmosphère sous forme d’arcs de grands cercles qui se couperaient dans un point situé au-dessous de l’horizon et sur la droite qui joint le centre du soleil et l’œil de 1 observateur. Ces rayons sont parallèles entre eux et leur courbure apparente, de même que leur divergence dans le voisinage du zénith, ne sont qu’une*conséquence des effets de perspective ; plus ils sont éloignés de nous et moins leur écartement semble considérable, parce que l’angle visuel devient plus petit. C’est la même illusion qu on éprouve dans une allée bordée de deux rangées d arbres parallèles qui semblent cependant se rapprocher à leur extrémité. »
- Kaemtz rappelle que Necker de Saussure a traité avec détails du phénomène des rayons crépusculaires dans les Annales de chimie cl de physique. Tome, LXX, p. 122.
- Sous les tropiques, d’après Liais, l’apparition peut
- 1 'Traité d'optique.
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- LA NATURE.
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- se revêtir (le colorations splendides. M. Lancaster en a observé de telles, au Texas, et M. Pechnel Loesche, en Afrique. il s’agit donc d’un fait bien connu des physiciens et qui doit passer souvent inaperçu, parce qu’il faut, [tour qu’il soit relevé, que l’observateur se trouve en un endroit élevé ou au milieu d’une vaste plaine. En tout cas, ce sera maintenant aux amateurs de ces sortes de phénomènes de rechercher les deux soleils aux deux régions opposées de l’horizon. Henri de Parville.
- LES NOUVELLES DRAGUES
- I)E LA SEINE MARITIME
- Il y a encore bien peu d’années, les dragues les plus puissantes ne se présentaient guère que sous
- l’aspect de lourds bateaux, plus ou moins informes de coque, tout juste capables de se déplacer par eux-mêmes sur la gauche ou sur la droite en mettant en action leurs treuils sur lesquels s’enroulaient des câbles d’amarrage ; en même temps, le procédé, grâce auquel elles arrachaient ou plutôt ramassaient des matériaux et des déblais au fond de l’eau, était toujours celui de la chaîne à godets.
- Sans doute ne faut-il point être ingrat, ni mépriser les services rendus par ces appareils, qui du reste sont encore employés couramment dans bien des circonstances; mais il faut aussi se rendre compte que la drague a dù complètement évoluer pour répondre aux besoins nouveaux qu’on lui demande de satisfaire. Il est nécessaire qu’elle travaille beaucoup plus vite, qu’elle soit en mesure d’enlever
- Fig. 1. — Une des nouvelles dragues de la Basse Seine.
- effectivement les sables essentiellement mobiles qu'on rencontre dans tant d’estuaires de lleuves, et que les godets ramassent péniblement en faible quantité ; le dragage doit pouvoir s’exercer à de plus grandes profondeurs, puisque la navigation moderne exige ces profondeurs; et enfin, pour activer les travaux, pour permettre aussi à la drague d’opérer dans les parages les plus exposés au mauvais temps, où l’on ne pourrait la faire accoster par des chalands destinés à recevoir les déblais qu’elle extrait, il était de première importance de rendre la drague automotrice. En un mot, on avait à en faire un véritable bateau tenant bien la mer, en même temps qu’un porteur recevant dans ses lianes les sables et déblais, qu’elle irait elle-même déposer là où ils ne pourraient rien gêner ; pour lui donner, de plus, la possibilité de travailler à grande profondeur au milieu des bancs de sable, on y a remplacé les
- godets par un tuyau d’aspiration que l’on descend dans le fond de l’eau, et par lequel on aspire, au moyen d’une pompe, les sables qui se trouvent en contact avec l’extrémité du tuyau.
- La drague, ou plutôt les dragues que nous voulons présenter aujourd’hui au lecteur, réunissent précisément toutes ces particularités et tous ces perfectionnements, car ce sont des porteuses de très grande puissance, à aspiration, et susceptibles de prendre en route libre une vitesse qui eût satisfait un navire marchand il y a encore peu d’années. Sous le nom de Seine II et de Seine III, elles ont été construites par les anciens établissements Satre, de Lyon, qui se sont fait une spécialité de tous les appareils de dragage, et elles sont destinées à améliorer l’estuaire et les passes de la Basse Seine, entre Rouen et le Havre.
- Tout comme des navires de commerce, ces dragues, qui sont exactement semblables, possèdent
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- LA NATURE.
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- deux hélices ; leur vitesse aux essais a été de 8 nœuds et demi, avec le plein chargement des compartiments à déblais; de plus, ces bateaux sont venus par leurs propres moyens de l’embouchure du Rhône au Havre, en passant naturellement par Gibraltar, et ils ont supporté vaillamment les mauvais temps qu’ils ont rencontrés. Il faut dire que la coque en est établie de manière à satisfaire aux exigences de la première cote du Bureau Veritas. Les hélices sont à quatre ailes et peuvent être commandées, grâce au jeu d’un embrayage rapide, parles machines, qui ont également la mission de commander la pompe d’aspiration et de dragage. Les nouvelles
- dragues Satre présentent des proportions fort respectables pour des appareils de ce genre ; elles ont 00 mètres de long pour une largeur hors membrures de 10m,50, avec un creux de 4m,40. La coque est partagée en dix compartiments étanches, par conséquent au moyen de 8 cloisons, ce qui permettrait au bateau de llotter même avec l’avarie la plus grave à l’un de ses compartiments : ce n’est pas une précaution inutile pour un appareil qui est exposé à des collisions, par suite de ce fait même qu’il demeure presque constamment dans le chenal fréquenté par les navires remontant ou descendant la Seine. Les machines motrices sont très perfection-
- nées, car elles jouent un rôle de premier ordre tant pour les travaux ordinaires que pour le transport des déblais : aussi sont-ce deux machines verticales système compound et du type pilon, qui peuvent développer ensemble une puissance de 540 chevaux indiqués à 450 tours ; les pistons en ont respectivement 440 et 800 millimètres, pour une course commune de 450. Elles sont alimentées dans les meilleures conditions par deux de ces générateurs Belleville si universellement appréciés, avec économiseurs; on dispose à bord de réservoirs d’eau douce qui permettent de marcher sans interruption ni renouvellement durant 75 heures.
- L’appareil de dragage est fort simple, puisqu’il se compose essentiellement d’un tuyau d’aspiration placé sur le, flanc du bateau, et qui peut être
- descendu de manière que son extrémité touche un fond de 13 mètres. Par sa partie supérieure, munie d'un raccord flexible et d’un joint à la cardan, et enfin d’un tuyau horizontal disposé sur le pont, il est relié aux deux pompes centrifuges, actionnées chacune par une des machines. Nous négligeons, bien entendu, les détails un peu secondaires; mais nous devons dire qu’ils ont tous été étudiés pour rendre la marche de l’appareil aussi sure que possible et son entretien des plus aisés. Le fait est que les opérations de dragage peuvent se poursuivre même par une houle de 01",50, grâce au raccord flexible dont nous avons parlé. En 38 minutes seulement les pompes aspirent 500 mètres cubes de déblais, et cela avec une consommation f qui n’excède pas 775 grammes par cheval-heure.
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- LA NATüü K.
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- Les déblais aspirés sont refoulés dans des couloirs (jui s'étendent le long de passerelles dominant les sept puits qui, de chaque bord, forment la cale à déblais ; ces couloirs sont munis de portes correspondant aux puits et qui permettent de régler le chargement.
- Bien entendu, chaque puits comporte son clapet de vidange, qui est manœuvré par un treuil spécial installé à l’arrière de la grande trémie, dont la capacité peut être portée à 580 mètres cubes par adjonction de hausses.
- Le treuil que nous venons de citer est actionné par la vapeur produite dans une chaudière multitu-hulaire auxiliaire, qui en fournit également à d’autres treuils, soit pour le levage des ancres ou pour le touage par grosse mer ; elle assure aussi l’éclairage électrique et le chauffage à vapeur du navire. On a, en effet, disposé sur le pont des lampes à arc de 1000 bougies qui donnent la faculté de travailler fort commodément la nuit ; et quant au chauffage à vapeur, il fait partie de tout le confort qu’on a jugé nécessaire de donner à l’équipage, qui reste à la mer pour ainsi dire dans les conditions les plus dures. C’est dans le même esprit qu’on a ménagé à l’avant un poste où les huit hommes d’équipage sont relativement fort au large, puis des cabines et enfin un carré pour les officiers du bord et pour le conducteur qui suit et contrôle les travaux.
- On le voit, ces dragues nouvelles résument tous les perfectionnements modernes. Elles ont atteint aujourd’hui une puissance incomparable, et il n’y a pas de doute que, grâce à elles, on n’active fort heureusement les travaux d’amélioration de l’embouchure de la Seine. Daniel Bellet.
- FRUITS ET GRAINES BIZARRES
- Les fleurs n’ont qu’une existence éphémère. Après la fécondation, elles se fanent, se flétrissent, et leurs débris sont emportés par le vent. Si la plante a perdu alors cette brillante parure qui attirait et charmait nos yeux, elle prend une décoration nouvelle moins éclatante souvent que la première, mais qui a bien son intérêt. Aux blanches fleurs des pommiers, des poiriers, succèdent les fruits aux teintes engageantes. La neige parfumée, qui couvrait les pêchers au printemps, a fait place à la pêche au tendre duvet. En se dépouillant de leurs fleurs à la pénétrante odeur, les orangers nous présentent leurs fruits d’or. La verdure des moissons jaunit sous le soleil de juillet et les lourds épis chargés de fruits courbent le chaume flexible et souple.
- Les fleurs éveillent en nous le sentiment du bonheur et de la joie; les fruits nous annoncent l’abondance et la richesse.
- Le fruit une fois formé, la nature redouble de précautions au dedans et au dehors pour sa conservation : une mère n’a pas plus d’attention pour le berceau de son enfant. Toutes ces précau-
- tions maternelles avaient déjà frappé Rabelais1.
- « Voyez, dit-il, comment nature voulant les plantes, arbres, arbrisseaux, herbes et zoophytes une fois par elle créez, perpétuer, durer en tout succession de temps, sans jamais dépérir les espèces, encore que les individus périssent, curieusement arma leurs germes et semences esquclles consistent icelle perpétuité : et les ha muniz et couvertz par admirable industrie de gousses, vagines, tetz, noyaux, calicules, cocques, espicz, pappes (aigrettes), écorces, eschines, poignans qui leur sont comme belles et fortes braguettes naturelles (chausses). L’exemple y est manifeste en pois, febves, fascolz, noix, alberges, cotton, colocynthes, bled, pavot, citrons, châtaignes, toutes plantes généralement esquelles voyons apertement le germe et la semence plus estre couverte, munie et armée qu’aultre partie d’icelles. »
- Dans quelques espèces de plantes, lorsque la fleur est fanée, les pétales tombent, le calice se ferme et couvre le fruit : on trouve un exemple remarquable de cette disposition dans le Coqueret, de son nom scientifique, Physalis alkekengi, qui vient de l’arabe et auquel je préfère les appellations vulgaires beaucoup plus gracieuses : Amour en cage, Cerise en chemise, Coquerette lanterne. Le calice, d’abord très petit, prend peu à peu un développement tel qu’il finit par entourer le fruit, qui a la forme et la grosseur d’une cerise. Ce calice, vert à l’état jeune, se colore en rouge écarlate à l’automne ; il est ovale, vésiculeux et ressemble parfaitement à ces ballons de couleurs qui servent aux illuminations publiques. La baie est aussi couleur de tomate. Lorsque l’hiver arrive et qu’on laisse la plante sur pied, le parenchyme du calice se trouve rongé et détruit, en sorte que le fruit est visible à travers les mailles du tissu fibreux du calice.
- Les organes externes de YAtractylis cancellata, composée de l’Europe méridionale, forment une petite cage d’une grande délicatesse entourant le fruit.
- A propos de la déhiscence des fruits, c’est-à-dire de la manière dont ils s’ouvrent pour donner passage aux graines et assurer leur dissémination, nous avons eu autrefois l’occasion de signaler quelques fruits intéressants à ce point de vue : le Sablier élastique, le Géranium, l’Ecbalium qui se détache de son pédoncule et lance les graines à une grande distance avec un liquide visqueux2.
- Nous avons vu aussi que nombre de fruits sont munis de crochets, ce qui facilite leur transport par les animaux. Dans certaines espèces exotiques, ces crochets sont si forts que les animaux ont beaucoup 'de peine à s’en débarrasser et qu’ils peuvent causer leur mort. Tel Y Harpagophyton procumbem qui habite le sud de l’Afrique. Ses fruits roulent çà et là sur les plantes sablonneuses. Quelquefois, lorsqu’un lion cherche à enlever avec ses dents un fruit d’Harpagophyton accroché à ses poils, les crochets s’implantent dans sa gueule et la mort s’ensuit,
- 1 Pantagruel. Livre III. Chap. VIII.
- 2 Voy. n° 907, du 18 octobre 1890, p. 314.
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- LA N ATI’R K.
- Pour ne pas être funeste aux lions, le fruit du Marty nia proboscidea, avec scs deux longs appendices qui lui ont valu le nom pittoresque de cornaret, ongle du dialde, n'en est pas moins curieux. C’est ce fruit que Bernardin de Saint-Pierre appelait poisson végétal et qu’il décrit ainsi :
- « Mais la gousse qui enveloppe les graines du Martynia a un caractère nautique fort extraordinaire. Elle ressemble a un poisson à demi desséché, blanc et noir, avec une longue nageoire sur le dos. La queue de ce poisson est fort allongée et finit en pointe très aiguë, courbée en hameçon. Cette queue se partage ordinairement en deux, et présente ainsi deux hameçons. La configuration de ce poisson végétal est tout à fait semblable en grandeur et en forme à l’hameçon dont on se sert sur mer pour prendre des dorades, et à la tète duquel on figure en linge un poisson volant, excepté que l’hameçon à dorade n’a qu’un crochet et que la gousse de la Martynia en a deux, ce qui doit rendre son effet plus sûr. Cette gousse renferme plusieurs graines noires ridées, et semblables à des crottes de mouton aplaties1. »
- Que de formes bizarres dans les fruits ou dans les graines ! En voici qui ressemblent à des plumes d'oiseau. Ce sont les graines de YErodium ylaucophyl-lum. La base est roulée sur un certain nombre de spires, et varie avec l’état hygrométrique de l’atmosphère. Si l’on fixe ces graines verticalement, la base s’enroule ou se déroule suivant le degré d’humidité de l’air et l’on peut faire mouvoir l’extrémité de cet appendice sur un cadran gradué, absolument comme l’aiguille d’un hygromètre.
- Le Siipa pennata, plante de l’Europe méridionale, présente les memes phénomènes amplifiés, puisque la graine, avec la sorte de longue plume d’oiseau qui la prolonge, atteint une longueur de 50 centimètres au moins.
- Les graines des plantes épiphytes, qui vivent en parasites sur les arbres, sont visqueuses pour pouvoir adhérer aux branches des arbres et s’y implanter : telles les graines de notre gui. Le docteur Watt a décrit une espèce très curieuse qui appartient à une famille voisine. Le fruit de cette plante est encore formé par une pulpe visqueuse entourant une seule graine. Lorsqu’il se détache de la plante, il adhère au corps sur lequel il tombe. La graine germe, et la radicule, lorsqu’elle a atteint une longueur à peu près égale à 25 millimètres, élargit son extrémité en un disque aplati, puis se recourbe'jus-qu’à ce que ce disque soit venu en contact avec quelque objet voisin. Si les conditions sont favorables, la plante se développe; dans le cas contraire, la radicule se redresse, détache la baie visqueuse de l’endroit où elle s’était fixée et l’élève en l’air; puis elle se recourbe de nouveau et vient faire adhérer la baie avec un autre corps. C’est alors que le disque se détache à son tour de l’endroit où il était fixé, et est porté, grâce à la courbure de la radicule, à une
- 1 Éludes de la nature. Chap. XI.
- autre place où il se fixe de nouveau. Le docteur Watt prétend avoir vu ce fait se reproduire plusieurs fois. Les jeunes plantes semblent choisir l’endroit où elles se développeront.
- Il arrive souvent qu’elles quittent les feuilles sur lesquelles les fruits étaient tombés et viennent se fixer sur l’écorce d’une branche.
- Sir Joseph llooker a décrit un autre genre intéressant appartenant toujours à la même famille, le Myzodendron, parasite du hêtre. Le Myzodendron croît à la Terre de Feu. Ses graines ne sont pas entourées d’une substance visqueuse, mais elles possèdent quatre prolongements aplatis et flexibles, grâce auxquels elles peuvent être transportées,par lèvent, d’un arbre à un autre. Dès qu’elles rencontrent un petit rameau, leurs appendices l’entourent et elles se trouvent ainsi fixées.
- Je veux vous signaler maintenant les ressemblances curieuses que présentent certains fruits et certaines graines. Les gousses du Lotus, par exemple, figurent tellement bien les pattes d’un oiseau, munies de leurs doigts, qu’une espèce de ce genre est désignée sous le nom de L. ornithopodioides. Les gousses de Yllippocrepis simulent un fer à cheval ; celles du Trapa bicornis rappellent le crâne d’un taureau. Ces ressemblances singulières paraissent être purement accidentelles, mais il en est d’autres qui peuvent sans doute être utiles aux plantes. On connaît, par exemple, une espèce de Scorpiurus, le le S. subvillosa dont les gousses olfrent beaucoup de ressemblance avec le corps d’une scolopendre. Celles du S. verrniculata ont l’aspect d’une chenille. Ne peut-il pas se faire que les oiseaux, prenant ccs gousses pour des insectes ou des myriapodes, les emportent à une certaine distance avant de s’apercevoir de leur méprise?
- J’ai vu, dans un dîner, de ces fruits posés par plaisanterie sur une salade et pris par les convives, peu ravis, pour de véritables chenilles.
- La gousse du Bùerrula pelecinm offre une ressemblance frappante avec le corps d’une scolopendre ; tandis que les graines de YAbrus precatorius, par leur grosseur et leur couleur, rappellent un scarabée, Y Artémis circu musta.
- M. Moore a signalé d’autres cas analogues. C’est ainsi que les graines du Martynia diandra donnent bien l’idée des scarabées à longues antennes; tandis que celles du Lupin ont l’aspect d’une araignée et que celles du Dimorphoclamys rappellent de' petites ramilles desséchées. Les graines du Ricin commun pourraient être prises, à première vue, pour des scarabées ou des acariens. Chez beaucoup d’Euphor-biacées, le Jatropha, par exemple, la ressemblance est encore plus parfaite. Les graines possèdent une ligne médiane qui simule la ligne de séparation des élytres d’un insecte. Les graines du Trichosanthes anguina sont pendantes et peuvent être prises h distance pour des serpents, par leur forme, leur couleur, leur grosseur et leur position.
- Quelle peut -être la raison d’être de ces disposi-
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- LA NATURE.
- tions bizarres? « Ces ressemblances, dit John Lubboek, rapports. Si les graines germent plus facilement doivent être favorables à la plante sous un ou deux quand elles ont été avalées par les oiseaux, la res-
- Fig. 1. — 1. Harpagophyton procumbens. — 2. Myzodendron (d’aprcs llooker).
- 3. Biserrula pelecinus. — 4. liicin. — 5. Jatropha. — (5. Gousse du Scorpiurus subvillosa. 7. Gousse du Scorpiurus verni iculata.
- Fig. 2. — 1. Phvsalis alkekengi Coqueret. — 2. Alkekengi, calice ouvert montrant le fruit. — 3. Atractylis cancellata. 4. Graine de Stipa pennata. — a. Martynia proboscidea.
- semblance qu’offrent les gousses avec certains insectes et certains myriapodes constitue pour elles un avantage. D’un autre côté elle sera encore fort utile pour
- les graines, s'il est nécessaire qu’elles échappent aux oiseaux granivores. » Virgile Brandicouut,
- Secrétaire de la Société linnéenne du Nord de la France.
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- LÀ NATURE.
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- LE FROID INDUSTRIEL
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- Pendant que ie soleil llambe, que la chaleur ruisselle sur les toits, envahit les appartements, rejaillit sur l’asphalte, et rend insupportable la saison d’été dans la plupart de nos villes européennes, en Amérique, au contraire, sous un ciel plus ardent, les Yankees, pratiques, ont trouvé moyen de corriger les excès de cette saison, et rendre agréable la température de leurs logis même par les temps caniculaires. En s’inspirant des procédés de chauffage domestique actuellement en usage, ils sont parvenus à renverser le calorifère et à le remplacer,
- pendant l’été, par une canalisation frigorifique.
- On ne serait donc pas taxé d’exagération en affirmant que le froid « court les rues » du Nouveau Monde. En réalité ses applications sont prodigieuses. Depuis que les machines perfectionnées distribuent l’air froid, comme les chaudières la vapeur, il y a peu d’industries qui ne bénéficient pas de l’intervention des basses températures. Celles-ci n’ont pas réalisé seulement la conservation pour ainsi dire indéfinie de tous les produits comestibles1, mais aussi les progrès de l’industrie des parfums, le maintien en parfait état de laine, des tissus de soie, des fourrures, d'autres objets organiques, délicats et précieux.
- Ces applications récentes, mais si heureuses, du
- froid expliquent le nombre incalculable des usines frigorifiques. En Angleterre, au Canada, en Australie on les compte par centaines; aiix États-Unis,.je ne connais pas de ville de plus de 10 000 habitants n’ayant pas son entrepôt frigorifique qui devient ainsi une sorte de garde-manger pour l’agglomération. Beaucoup de ces établissements flanquent les voies ferrées et se distinguent par leur aspect sévère que l’absence de toute ouverture rend souvent morne.
- C’est dans ces usines que les œufs, le beurre, les volailles, les fruits et tant d’autres produits de la ferme conservent toute leur fraîcheur pendant des mois et des mois et viennent souvent livrer à Londres une lutte victorieuse aux produits venant de France. C’est ainsi que tous les ans le Nouveau Monde déverse à l’Ancien, pour un demi-milliard
- environ de denrées qui, sans les chambres froides des bateaux et des entrepôts, seraient dans l’impossibilité de quitter les rives de l’Atlantique.
- Mais le froid ne conserve pas seulement toutes les qualités des denrées, souvent il en affine le goût et en accentue la sapidité. Même dans l’Europe continentale, ainsi que j’ai pu m’en rendre compte, grâce à la mission que le Ministre de l’agriculture a bien voulu me confier, en Allemagne, en Belgique, etc., les applications du froid industriel ont pris une importance que nous ne soupçonnons même pas chez nous. Et cependant, il n’y a pas de pays, excepté peut-être l’Amérique du Nord, où les applications du froid peuvent paraître aussi profitables qu’en France. Si le producteur pouvait conserver ses denrées, il 1 Voy. n° 1457, du 8 décembre 1900, p. 19.
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- réglerait leur écoulement suivant les besoins du marché et diminuerait les cours plutôt que de se livrer au bon vouloir d’intermédiaires plus ou moins scrupuleux. De plus, il éviterait les déchets si préjudiciables pendant la saison chaude, et en échelonnant le débit de ces produits pendant toute l'année, il profiterait des prix forcément plus élevés de l’arrière-saison, tout en rendant à la consommation d’incalculables services. Enfin, le froid appliqué au transport, il augmenterait le bon renom de nos produits en meme temps qu’il permettrait leur pénétration dans des pays éloignés, mais capables de nous oll’rir des débouchés lucratifs.
- De ce (ju’il vient d’ètre dit, on peut se figurer facilement l’intérêt qui s'attache à la vulgarisation de ces procédés dans notre pays. Mais il importe avant tout de faire connaître de quelle façon on arrive aujourd'hui à produire ces basses températures.
- Et tout d’abord il faut écarter le moyen de conservation par la glace.
- Avant l’invention et le perfectionnement des machines à froid, la glace a pu rendre quelques services au point de vue industriel. En Amérique môme, vers 1856, le professeur Nyce est parvenu à conserver dans une maison-glacière de son invention, très ingénieusement construite, des pommes, du beurre, des œufs, des oignons, etc., pendant quelques mois, et à réaliser ainsi de grands béné-liccs commerciaux. Mais cette maison glacière était d’une construction compliquée et assez conteuse, et elle était loin de donner les résultats parfaits qu’on obtient aujourd’hui par l’application des procédés mécaniques. En elfet, malgré tous les perfectionnements apportés, les glacières ont le défaut de produire un froid humide. Cette humidité pénètre la plupart des produits qu’on y introduit et hâte leur décomposition dès qu’ils sont exposés à l’air. De plus la température de l’intérieur des glacières est variable, l’air s’y renouvelle mal et il est chargé d’humidité. Or, la bonne conservation exige une température constante et souvent très basse, mais sèche, une ventilation assez vive. La glace peut incontestablement rendre certains services aux usages domestiques, maisil ne faut pas songer à elle pour la conservation, ayant un caractère industriel.
- Les résultats merveilleux qu’on obtient aujourd’hui sont dus au perfectionnement des installations mécaniques capables de refroidir et de sécher l’air à volonté.
- Le principe de ces machines est connu depuis longtemps; déjà, en 1755, le IV Cullen, en Écosse, parvint à produire un froid intense, en évaporant de l’eau dans le vide et en 1810 Lavoisier réalisa le môme phénomène par l’évaporation de l’éther. En 1854, Jacob Perkins, de Londres, met à profit les expériences de Lavoisier pour construire une machine à éther qui devint — quoique bien imparfaite — le précurseur de tous les systèmes modernes, à compression. Enfin en 1850, Carré inventa en France un appareil qui réalisait d’une manière
- simple la production de froid. L’appareil Carré a servi de base à toutes les machines dites à absorption qui offrent certaines difficultés de fonctionnement.
- Mais, depuis 1850, on a vu successivement les inventions s’accumuler. Les nombreux inventeurs se sont basés sur le même principe, si bien qu’avec les principaux appareils en usage, la production du froid est fondée sur la suite des opérations suivantes : comprimer le gaz (ou l’air) au moyen d’une force motrice extérieure, leur enlever de la chaleur de manière à diminuer leur volume; faire détendre ensuite le gaz. Cette détente produit un abaissement sensible de la température. Le gaz ou l’air absorbe alors la chaleur du milieu ambiant pour revenir à son état initial. Cette absorption a pour conséquence la production du froid.
- En d’autres termes, la machine à froid est une sorte de machine motrice renversée. Si, au lieu de refroidir l’air ou le gaz comprimés pour diminuer leur volume, on les réchauffait, on obtiendrait par l’augmentation du volume un travail moteur.
- C’est pourquoi l’aspect d’une machine à froid ressemble à celui d'une machine à vapeur, — ainsi que l’on pourra s'en rendre compte au moyen de la figure que nous publierons dans la suite, — dont elle n’est pas inférieure au point de vue du perfectionnement. J. ne Loveisdo.
- LES VOILIERS
- Au Parlement, dans la discussion sur la marine marchande, les voiliers ont été assez maltraités. 11 est certain qu’au point de vue de la défense nationale, ils ne soutiennent pas la comparaison avec les bateaux à vapeur. Mais au point de vue commercial — qui intéresse surtout la marine marchande — ils ne sont pas aussi méprisables qu’on veut bien le dire. Dans un recueil spécial on a fort ingénieusement avancé que les voiliers sont aux bateaux à vapeur ce que les canaux sont aux chemins de fer. Utilisation gratuite d’une force de la nature, espace plus vaste affecté au logement des marchandises, itinéraire indépendant des stations de charbon; ce sont là, certes, des avantages qui ne sont pas à dédaigner. Il y a évidemment la vitesse qui est inférieure de beaucoup à celle des paquebots, mais qui peut, dans une certaine mesure, rivaliser avec celle des cargo-boats. Nous nous sommes laissé dire par un homme très compétent que, pour venir du Chili ou du Pérou en Europe, certains voiliers avaient fait en moyenne jusqu’à 12 nœuds, ce qui est très respectable et moins invraisemblable qu’on ne le croirait.
- Un marin de beaucoup de mérite, trop tôt enlevé, trop tôt oublié, le lieutenant de vaisseau Brault, ancien élève de l’École polytechnique, avait fait, il y a quelque vingt-cinq ans, un travail très curieux à cet égard. Il avait eu la patience de dépouiller un très grand nombre de journaux de bord qui donnent, comme on sait, la position du navire, la direction et la force du vent régnant. En chaque point correspondant de la carte, il avait tracé une ligne dans la direction moyenne du vent, et d’une longueur proportionnelle à la force de ce vent. En vertu de la lç»i de continuité, cette force et cette direction moyennes variaient suivant une courbe déterminée. Il en résulte J qu’en suivant une trajectoire qui n’est plus la loxodromie,
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- LA N A TIRE.
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- qui n’est pas un arc de grand cercle, un voilier est à peu près sur d’avoir toujours le vent pour lui. Il faut, par exemple, se garer d’une région où le vent est nul et que Brault avait dénommée le trou des calmes,
- 11 paraît que les navires à voile utilisent aujourd’hui ces indications. Les voiliers modernes à 4 et 5 mâts atteignent ainsi des vitesses relativement considérables. Nous avons vu ainsi au Havre, il y a quelques mois, à destination de Rouen, un navire américain’de Boston à cinq mâts chargé de pétrole. Les cinq mâts gréés en goélette à deux étages, sans vergues, étaient en sapin de leur pays. L’ensemble devait être très léger et très commode pour emmagasiner les marchandises. Grâce à des machines perfectionnées, il suffisait de treize hommes d’équipage.
- Nous ne voulons certainement pas contester la supériorité du bateau à vapeur, surtout quand il s’agit d’arriver rapidement et à jour fixe, mais il semble certain que pour les marchandises qui ne sont pas pressées, et pour les longs trajets qui comportent le passage du cap Ilorn, par exemple, l’emploi du navire à voiles perfectionné se justifie parfaitement. G. G.
- ÉLECTRICITÉ ATMOSPHÉRIQUE
- ET DÉCROISSANCE DE TEMPÉRATURE DANS LA VERTICALE
- Les observations sur l'électricité atmosphérique ne remontent guère qu’à un siècle et demi, mais c’est surtout depuis l’emploi de l’électromètre enregistreur de W. Thomson, modifié par M. Mascart, que les observations se sont répandues. À Perpignan, les mesures de l’électricité ont été entreprises par le Dr Fines, fondateur et directeur de l’Observatoire météorologique régional. Elles ont toujours été faites dans les mêmes conditions avec un électromètre à quadrants. Le collecteur à filet d’eau dépasse le mur de lm,50, à la hauteur de 8m,50. Les valeurs sont données en éléments de Vol ta.
- Quelques savants ont cherché à établir une relation entre les divers éléments météorologiques et l’électricité atmosphérique et souvent les résultats différaient suivant les observateurs, car la variation de l’électricité, comme d’ailleurs celle de tous les éléments météorologiques, dépend surtout de l’état général de l’atmosphère, lequel est caractérisé par la distribution de la température dans la verticale.
- A Perpignan, les relevés de l’électromètre ont été comparés à la différence de la température moyenne diurne observée entre le Pic du Midi et Perpignan. Les résultats qui ont servi à établir le diagramme ci-joint portent sur 796 journées d’observations horaires, sans lacunes, réparties sur les mois de décembre, janvier et février des années 1885 à 1900.
- C’est quand la décroissance de température suivant la verticale est très faible que se produit le maximum de l’électricité atmosphérique, tant dans sa variation diurne que dans sa valeur absolue. De nombreux observateurs avaient déjà remarqué que c’est pendant les jours de brouillard que les indications de l’électromètre étaient maximum : c’est aussi pendant cette situation atmosphérique que se produisent les brouillards, les brumes, les rosées, surtout s’il y
- a interversion de température à une hauteur relativement élevée dans la verticale.
- Pendant cette situation atmosphérique le baromètre est généralement bien au-dessus de la moyenne, la température et l’hygrométrie atteignent leur plus grande amplitude dans leur variation diurne, le vent est faible et de direction variable souvent mal déterminée et le ciel est clair surtout dans les couches supérieures. Le maximum de l’électricité est plus grand le matin que le soir, la décroissance de température dans la verticale étant plus faible au commencement qu’à la tin de la journée.
- A mesure que la décroissance de température augmente le potentiel électrique diminue, l’ampli-
- 0? 3? G? 9Î1 J215t> 13*? 21* 2ltl?
- h 15?
- S 15?
- Variation de l’électricité atmosphérique suivant la décroissance de température dans la verticale.
- tude de la variation diurne est moindre et le maximum du soir atteint une valeur plus grande que le maximum du matin.
- En hiver, quelle que soit la situation atmosphérique, le minimum de la nuit est toujours plus bas que celui de l’après-midi.
- La décroissance de température étant plus grande dans la saison chaude que dans la saison froide, les indications de l’électromètre, en été, doivent être plus faibles qu’en hiver; c’est en effet ce qui a lieu.
- La variation diurne du potentiel électrique paraît due à l’inégale distribution de la température dans les diverses couches de l’atmosphère, suivant les différentes heures du jour. Elle doit donc différer suivant l’altitude et les lieux.
- Le choix de l'emplacement de l’électromètre est des plus importants. Il est évident que pour obtenir tout ce qu’on peut attendre de cet admirable instrument, il doit être placé au-dessus des objets qui l’environnent, dans un endroit bien dégagé, loin des routes poussiéreuses, des cheminées d’usine. L’isolement des divers organes de cet appareil doit
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- LA NJATUBE.
- être aussi parfait que possible, ce qui est assez difficile h obtenir si on ne l’entoure pas de soins assidus.
- P. Cœurdevache.
- Météorologiste à l'observatoire de Perpignan.
- PYROMÈTRE A AIR BRISTOL
- Les bons pyromètres sensibles et sûrs, pouvant supporter les hautes températures, sont chose rare : aussi nous empressons-nous de signaler celui qui a été imaginé par M. William Bristol, en collaboration avec son frère, et qu’il a présenté devant 1’ « American Society ofMechanical Engineers ».
- Nous donnons d’abord un diagramme qui représente l’installation générale de l’appareil. Celui-ci comprend un tube en porcelaine, muni d’une cham-
- bre à air communiquant avec l’extérieur par un conduit capillaire ; puis un tuyau, capillaire également, qui le relie à l’enregistreur : ce dernier tuyau est en cuivre sans soudure ; le tube de porcelaine présente une longueur suffisante pour traverser un mur de four. L’enregistreur est construit sur le principe du manomètre Bourdon, mais on a pris des mesures pour se mettre à l’abri de l’influence des variations barométriques ou thermométriques.
- L’enregistreur en question comporte deux tubes de pression, deux ressorts Bourdon à section en croissant fort aplatie, et disposés en hélice pour former deux tours complets. Un de ces tubes est ce qu’on peut appeler l’indicateur, et il est réuni au bulbe de porcelaine par le tuyau capillaire dont nous avons parlé; il peut tourner axialement sous l’influence des variations de la température à mesurer. L’autre tube forme ressort compensateur, et se rattache mécaniquement à l’extrémité libre du tube indicateur; il peut tourner axialement, lui aussi,
- sous l’influence des variations barométriques ou lhermométriques, mais dans une direction opposée h celle que prendrait le premier tube sous les mêmes influences.
- Si l’on se reporte à une figure de détail et à grande échelle que nous donnons, on verra la disposition relative de ces deux tubes à l’intérieur de l’appareil enregistreur. Notons que l’un et l’autre sont exactement de même échantillon, ce qui leur assure un même mouvement angulaire sous une même pression intérieure ou extérieure. Le bulbe de porcelaine, le tuyau de cuivre et le tube indicateur sont presque vides d’air, si bien que, quand le bulbe est froid, il est soumis extérieurement à peu près exactement à la pression atmosphérique; mais, lorsqu’il est exposé à de hautes températures, le peu d’air qui y reste se dilate de manière à équilibrer en fait la pression extérieure, et il n’est plus soumis à aucun effort qui le puisse endommager. Nous voyons sur la figure de détail, en arrière, une sorte de gousset auquel est fixée l’une des extrémités du ressort enregistreur ; le commencement du tuyau capillaire de connexion avec l’enceinte formée par le bulbe de porcelaine, entre, comme de juste, dans l’extrémité fixe du tube indicateur. Le ressort ou tube compensateur est de plus grand diamètre que l’autre; il peut être disposé extérieurement à lui et concentriquement, et il est attaché de façon fixe. Bien entendu, aucune communication n’est établie entre les deux tubes. i\ l’extrémité libre du compensateur est soudée une lame, qui vient assurer une connexion rigide avec un arbre passant au centre des deux hélices de ressorts et portant, à son extrémité antérieure, un bras qui assure l’enregistrement sur le disque de papier. Nous n’avons guère besoin d’insister sur ce qui va se passer dans ce pyromètre. Quand le baromètre montera, la position du bras enregistreur ne sera point affectée, puisque le tube indicateur ne pourra point tourner à gauche, tout simplement parce que l’effort de rotation vers la droite du second tube contre-balanccra exactement ce mouvement. Il y aura également compensation pour les baisses barométriques, de même que pour les montées ou les baisses thermométriques. Il suffit, pour atteindre ce résultat, de laisser le volume d’air convenable dans le bulbe de porcelaine. Et les seuls mouvements auxquels obéira le bras enregistreur seront ceux que lui communiquera l’air enfermé dans le bulbe quand il sera soumis à une élévation de température sensible.
- L’appareil est peu compliqué, peu fragile, occupe peu de place ; on le calibre aisément d’après la théorie du thermomètre à air, et on le gradue sans peine jusqu’à une haute température. P. de M.
- Le pyromètre à air Bristol et le détail de ses deux ressorts.
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- LA NATURE.
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- LES HORLOGES PUBLIQUES
- Il n’est pas difficile de voir l’heure dans les grandes villes,... quand il fait jour; mais lorsque la
- Fig. 1. — Aspect la nuit (l'une des horloges de la gare du quai d’Orsay vue de la berge opposée de la Seine. 7 heures moins 6 minutes.
- nuit est tombée, c’est bien une autre affaire. Essayer !
- Les cadrans des horloges publiques les plus perfectionnées sont lumineux. De loin, on dirait la lune. D’un peu plus près, on distingue un brouillard noirâtre sur les bords du disque, quelque chose de confus qui porte ombre à partir du centre vers un ou deux points mal déterminés de la circonférence.... De plus près encore, de tout près, on voit enfin les aiguilles et les chiffres ; mais à ce moment il faut lever la tète, se donner le torticolis à travers la portière de la voiture et contempler de biais, de bas en haut, le mystérieux cadran aux allures planétaires. Les mauvais yeux s’y trompent trop souvent. Le temps a marché cependant, entraînant le progrès et c’est l’instrument même de sa mesure qui est resté en route !
- 11 semble qu’on pourrait améliorer à peu de frais les anciennes horloges à cadran lumineux. Lorsqu’il en sera fait de nouvelles, même de dimensions moins effrayantes que celles de la gare du quai d’Orsay et de la gare de Lyon, à Paris, on pourrait, semble-t-il, installer un appareil qui indique à l’œil nu et à grande distance l’heure exacte au voyageur pressé, au passant attardé.
- Tout d’abord pourquoi placer le cadran dans un plan vertical? Il n’est bien vu que de l’infini. Or de l’infini qui le regarde?
- Pourquoi alors ne pas incliner le plan du cadran vers ceux qui ont besoin de le voir? Si on suppose un monument de 20 mètres de hauteur et un observateur à 200 mètres, l’inclinaison du cadran pour le placer en face de lui sera de 1/10,
- et l’angle du plan du cadran avec le plan vertical de 9° 45' seulement.
- Cette inclinaison donnerait des lignes gracieuses pour les campaniles, clochetons, tourelles qui abritent ordinairement les horloges. D’ailleurs une ligne architecturale « motivée » n’est jamais laide. C’est à l’artiste de la faire servir précisément à l’harmonie de l’ensemble. Examinons maintenant ce que l’on pourrait faire pour indiquer visiblement l’heure la nuit. Actuellement, les horloges des gares, celles de certains monuments publics et les horloges pneumatiques, montrent, la nuit, un cadran lumineux, éclairé par-derrière, sur la surface duquel doivent théoriquement se détacher les aiguilles et les chiffres des heures. Or, les sources lumineuses placées ainsi derrière le cadran projettent sur lui l’ombre du bâti sur lequel sont centrées les aiguilles. Le cadran, recevant une lumière inégale sur toutes ses parties, offre des secteurs brillants et d’autres estompés. Dans les grands cadrans qui ont une monture comme les rosaces d’églises, les rayons et les portions circulaires de la monture se détachent en noir sur le cadran. Bref, il y a une confusion telle qu’à une petite distance (150 mètres) on peut à peine « deviner » l’heure des cadrans moyens. C’est le cas des horloges pneumatiques, au-dessus desquelles, pour comble de malechance, se dre.sse, monté sur le même support, un globe électrique aveuglant qui contribue, par contrastes, à assombrir leur cadran.
- Les horloges monumentales de la gare d’Orléans
- Fig. 2. — Aspect (l’une horloge nouvelle signalant l’heure sonnée et les minutes.
- du quai d’Orsay (4 mètres de diamètre environ), vues de la berge de la Seine, sur l’autre rive, c’est-â-dire à moins de 200 mètres de distance, ne laissent pas non plus voir l’heure convenable-
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- LA NATURE.
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- ment. Le dessin (lig. \) fait comprendre pourquoi.
- C’est à peine si l'on peut apercevoir un petit bout de l’aiguille des heures. Chacun des rayons de la charpente métallique du cadran a l’air de l’aiguille des minutes. Ce cadran n’a qu’une surface annulaire très petite dépourvue de toute surcharge et, par conséquent, réellement lumineuse. A quoi servent, dites-le-moi, ces gigantesques machines? Qu’on mette sur le quai des jumelles de théâtre à boites automatiques et pour 0fl,50 on pourra voir l’heure ! Ce sont là cependant les dernières grandes horloges construites à Caris ! La solution est pourtant bien simple. 11 faut « signaler » l’heure « de loin » et la faire « lire » sur le cadran « de près ».
- Prenons le cas d’une gare de chemin de fer.
- Qui empêche d’abord de faire paraître sur la façade en chiffres lumineux, comme une sim (de annonce électrique, l’heure qu’il est? Le chiffre des minutes changera toutes les minutes, celui des dizaines de minutes toutes les dix minutes, celui des heures toutes les soixante minutes.
- Il n’y a, par le temps qui court, aucune difficulté à régler mécaniquement cet allumage. Mais si, au nom de l’esthétique (et je serai le premier à m’incliner) ou pour toute autre raison, on ne veut pas prendre ce moyen en quelque sorte enfantin, on peut en employer un autre, fondé sur les observations suivantes : 1° La lumière sur le noir se voit mieux que le noir sur la lumière, car celle-ci mange les contours des objets qui se projettent sur elle. 2° Les lumières rouge et verte se voient de très loin, diffusent moins que la lumière blanche et s’en distinguent admirablement. Tout le monde sait reconnaître à distance la lumière de son tramway ou de son omnibus favori. Tous les fumeurs découvrent de très loin la lanterne du bureau de tabac. Le rouge et le vert ont été choisis pour les signaux de chemin de fer. 5° Quand on regarde l’heure à une horloge, on veut savoir : d’abord quelle est la dernière heure qui a sonné, ensuite de combien de minutes le temps a marché depuis. Or, l’aiguille des heures est, à peu de chose près, immobile sur le cadran. « Ce n’est pas avec elle qu’on lit le temps écoulé ». Elle vous donne une indication qui est, en somme, la même pendant 60 minutes, celle de « la dernière heure qui a sonné ».
- En se basant sur ces trois observations, on arrive facilement au système suivant : Rendre le cadran sombre. Ne conserver que l’aiguille des minutes et l’éclairer vivement en blanc ou en vert. Conserver éclairée une surface annulaire étroite sur le bord du cadran, lumière blanche vive. Indiquer la dernière heure qui a sonné par un point lumineux rouge placé contre le cadran, à « l’extérieur », langentiellement au chiffre de l’heure, lequel ne se voit pas, mais dont la place sur le cercle est suffisamment connue pour être appréciée sans erreur à n’importe quelle distance.
- L’aspect sera celui de la lig. 2. A distance l’heure est ainsi « signalée ». Les minutes seront lues avec
- une approximation de 2 et 1/2 environ, tant nous avons l’habitude de la place des chiffres sur le cadran. En se rapprochant, on verra, comme maintenant, les divisions de l’anneau lumineux, lesquelles sont faites comme d’habitude et on lira à une minute près. On facilitera l’observation en faisant dépasser l’anneau éclairé par les bouts, éclairés, eux aussi, des deux axes vertical et horizontal. Cette solution pourrait être appliquée aux horloges existantes, au moins déjà en ce qui concerne le signalement de l'heure.
- On peut faire une objection pour les horloges pneumatiques. Elles ne sont pas élevées. On confondra le point rouge de l’heure avec les lanternes des omnibus. Je répondrai que les horloges pneumatiques, n'étant pas hautes, sont déjà masquées par une foule d’obstacles. Il faudrait les élever et les mettre à la place des globes'lumineux à supprimer qui surmontent actuellement leur édicule. En tout cas, il y a vraiment lieu de modifier l’éclairage de nos horloges publiques. Dans le système actuel bien heureux qui peut lire l’heure! Jean Yézy.
- LE TRANSSIBÉRIEN
- La plus colossale entreprise que le génie humain ait encore tentée vient d’être achevée. Le gros œuvre du chemin de fer Transsibérien est terminé entre Moscou, au cœur de la Russie d’Europe, Vladivostock, le grand port de la mer Jaune, et Port-Arthur, sur le golfe de Petchili, à l’autre extrémité de l’Asie. La voie est faite, les rails sont posés. C’est le 19 mai 1891 que S. A. I. le tsare-witch a posé, au nom de son père l’empereur Alexandre III, la première pierre du tronçon de l’Est asiatique à Yla-divostock. Dix ans et demi plus tard, le Transsibérien est construit tout entier, avec un raccordement alors imprévu à travers la Chine septentrionale. La Russie a construit cette ligne gigantesque à raison de 000 kilomètres par an, en dépit des obstacles matériels et politiques. La guerre de Chine, les révoltes de Mandchourie n’ont pas arrêté les intrépides travailleurs, et cette œuvre de paix s’est poursuivie au milieu de la guerre ! Le Transsibérien, avec ses ramitications, couvre 8870 kilomètres, près de onze fois la distance de Paris à Marseille, presque le quart du grand cercle de la planète.
- Il a fallu construire plus de 48 kilomètres de ponts. Un seul, celui de l’Iénisséi, à Atchinsk, mesure 900 mètres, et la ligne traverse le lac Baïkal. Jamais ligne ferrée n’avait été construite si rapidement. Le Transcanadieh, (tour une longueur de 4700 kilomètres, avait coûté dix ans de travaux. Le Transsibérien traverse la Mandchourie en deux sens, de l’Ouest à l’Est entre Nagadan et Vladivostock, du Nord au Sud entre Mingouta et la nouvelle ville de Dalnv, près de Port-Arthur. La dépense totale dépasse deux milliards. La voie terrestre entre le Havre et Vladivostock est de 11 950 kilomètres. La durée du voyage sera de seize jours environ entre Paris, Londres et Shanghaï, et le prix du voyage de 800 francs. Le même trajet par mer dure 54 jours et coûte 2450 francs pour les voyageurs. On pressent les conséquences commerciales et politiques de la création de cette artère gigantesque.
- On peut s’enorgueillir à juste titre d’avoir vu aceom-
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- LA NATURE.
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- plir utïc œuvre si colossale, qui marquera une date dans l’histoire de la civilisation. J.-F. G.
- CHRONIQUE
- Ascensions scientifiques. — Tout est aux ballons depuis quelque temps. La semaine dernière, le jeudi 21 novembre, trois ballons sont partis des Tuileries dans le but de faire des expériences d’un véritable intérêt : 1° Echange respiratoire et gaz du sang, phénomène physique de la respiration, recherches faites dans le laboratoire de M. le professeur Chauveau par MM. Ilallion et Tissot; 2° Numération des globules du sang, par MM. Jollv, Portier, Guglielminetti, Henry, Lapieque, Calagarano; 5° Spectroscopie du sang par M. Raymond, dans le laboratoire de M. llénocque, Collège de France; 4° Etudes sur le vertige et sur la respiration d’oxygène en ballon, par M. Bonnier. Ces expériences ont été décidées sur l’initiative de MM. Chauveau de l’Institut, Dastre, Malassez, Robin, Vaquez, du Muséum, du Collège de France et de la Sorbonne. L'Aéro-Club a mis à la disposition des savants les trois ballons 1 ’Eros, le Centaure et le Titan. Un quatrième ballon, le Quo Vadis, était parti la veille. L’Eros jaugeant 2000 mètres cubes, piloté par M. de Castillon de Saint-Victor, emportait MM. Tissot et Ilallion du Collège de France. Le Centaure de 1600 mètres cubes, piloté par M. le ccmte de la Vaulx, a emporté M. le D1 Raymond, chef de clinique à la Faculté de médecine et Portier. Le Titan, de 2000 mètres cubes, est parti le dernier, dirigé par M. Tiarmann, avec le Dr Jollv, M. Bonnier et M. Guglielminetti. Ces divers aérostats ont été tomber, 1 ’Eros, à Vassy, le Centaure à Aulnay (Aube), le Titan à Arcy-sur-Aube après un voyage de cinq à six heures. Les altitudes atteintes ont été de 5600 à 4500 mètres. Les aéronautes sont satisfaits de leurs expériences et de leurs observations. Il faut attendre maintenant les résultats qui exigent, pour être déduits des analyses, plus de temps qu’on ne le suppose généralement.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 25 novembre 1901. —Présidence de M. Fouqué.
- Au début de la séance M. le Président rend compte de la cérémonie organisée le 24 novembre à la Sorbonne, en l’honneur de M. Berthelot. L’illustre savant prend ensuite la parole et exprime ses remerciements à tous les membres de l’Académie et à M. Fouqué président, son ancien camarade d’enfance. Il reporte les honneurs qui lui ont été rendus par le Président de la République, par le Parlement et les corps savants étrangers, à l’Académie qui l’a appelé dans son sein en 1875 et lui a confié en 1889 le poste de secrétaire perpétuel illustré avant lui par les plus célèbres savants du dix-neuvième siècle. Il ajoute qu’il est plus spécialement reconnaissant à MM. Darboux et Moissan qui ont assumé la tâche de l’organisation de son cinquantenaire scientifique.
- Préparation du baryum pur. — M. Haller présente une Note de M. Guntz relative à la préparation et aux propriétés du baryum à l’état de pureté presque complète. Plusieurs auteurs ont vainement tenté d’obtenir le baryum à ce degré de pureté, mais sans y réussir. M. Guntz. fonde sa méthode sur l’élcctrolyse du chlorure de baryum ; il est parvenu à préparer un métal contenant 98 pour 100 de baryum pur. Le métal est blanc d’argent, mou,
- mais plus dur cependant que le plomb ; des traces de mercure le rendent cassant.
- Comparaison de Thdladolherium cl de l'okapi. — M. Albert Gaudry soumet à l’Académie des dessins coloriés représentant l’okapi. L’animal de l’Ouganda a été remonté par M. Ray-Lankester à l’aide d’une peau et d’os que lui a adressés M. Harry Johnston. Ces dessins sont accompagnés de photographies de crânes et de dents. En même temps M. Gaudry essaie une restauration de l’hclla-dotherium d’après le squelette trouvé par lui à Pikermi, dans des fouilles pratiquées sous les auspices de l’Académie.
- II dessine le contour présumé du corps de cet animal; on peut ainsi apprécier la ressemblance de l’hella-dotherium avec son descendant actuel.
- Traitement de la surdité. — M. Marey dépose une Note de M. Marage décrivant un mode de traitement particulier de la surdité reposant sur les principes suivants : 1° Mesurer exactement l’acuité auditive en faisant entendre à une distance constante les sons d’une sirène reproduisant les vibrations fondamentales des voyelles ; 2° faire entendre à l’oreille les vibrations de la même sirène par l’intermédiaire d’un tube muni d’une membrane qui transmet toutes les vibrations sans introduire ni supprimer aucun harmonique. On a alors un massage fait avec les vibrations que l’oreille est destinée à entendre normalement. En aucun cas, le massage n’augmente la surdité ou ne donne de bourdonnements ; il n’est, de plus, jamais douloureux. Si les bourdonnements sont dus à une lésion de l’oreille moyenne, ils diminuent dès les premières séances et souvent ils ne reparaissent plus. Chez certains malades, alors même que la surdité est très prononcée, l’acuité auditive peut être ramenée à la normale. D’après des observations suivies pendant quatre ans, l’otite scléreuse en voie d’évolution pourrait être entravée dans sa marche.
- Élections. — M. Delage est élu membre de la Section d’anatomie et zoologie en remplacement de M. de Lacazc-Duthiers par 57 voix contre 25 données à M. Vaillant et 1 à M. Bouvier. M. Gouy, de Lyon, est élu correspondant de la Section de physique, en remplacement de M. Raoult. M. Sauvage est désigné en première ligne et M. Uetot en deuxième ligne pour la chaire de mécanique appliquée du Conservatoire des arts et métiers.
- Varia. — M. A. Cornu dépose une Note de M. le capitaine Lafay indiquant une très intéressante et très utile application de la Chambre claire de Govi à la réalisation d’un appareil de vérification des règles et des plans.
- Cil. DE VlLI.EDF.UIL.
- CONCOURS DAUIATION
- Nous avons dit1 que le concours qui avait eu lieu au Parc des Princes, les lo et 14 novembre, avait été organisé surtout en vue de l’avenir. Il fallait commencer et se compter. Beaucoup de cerfs-volants 1 Très peu d’appareils d’aviation, en dehors des modèles d’oiseaux mécaniques. Pour prendre date, nous avons fait dessiner les deux cerfs-volants qui ont eu le plus de succès : le cerf-volant Blin Desguée auquel le jury du concours a attribué le prix, et le cerf-volant Lecornu qui avait également eu le
- 1 Yov. n° 1487. du 25 novembre 1901, p. 414.
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- LA NATURE
- prix au concours de Yincennes à l'Exposition de 1900.
- Nous reproduisons de même l’appareil Villars destiné à l’étude expérimentale. L’appareil repose à terre sur son socle pointu. A l’extrémité de l’axe vertical une grande hélice de 7 mètres de diamètre ressem-
- blant à un parachute. En dessous un axe horizontal portant d’un coté une petite hélice, de l’autre un volant <[ue l’on fait tourner à main d’homme. Enfin à la base, d’un coté, une tige de suspension pour placer l’opérateur, de l’autre un moteur Buchet à
- Concours d’aviation au Vélodrome du Parc des Princes.
- 1. Aviateur Villars. — 2. Cerf-volant prismatique à ailettes Blin Desguée. — 3. Cerf-volant multicellulaire Lecoruu.
- 4. Aéroplane Desmouveaux.
- deux cylindres actionnant l’hélice supérieure. La grande hélice en tournant provoque l’ascension comme dans tous les hélicoptères. La petite hélice de gauche, mue à bras, est l’organe de propulseur et de direction. Il eût été intéressant de voir cet aviateur en fonction. Mais fonctionnera-t-il jamais ?
- Enfin, notre dessin n° 4 représente le grand planeur de M. Desmouveaux dont l’aile droite s’est
- brisée dès le premier départ à quelques mètres de hauteur. On ne peut que faire des vœux maintenant pour que le concours de 1902 soit mieux préparé, plus complet et aussi mieux favorisé par le temps. N. Demza.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- LA NATURE
- VINGT-NEUVIÈME ANNÉE— 1901
- DEUXIÈME SEMESTRE
- V
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Abeilles au Jardin des Plaides (lue colonie d’), '204, 501.
- Académie des sciences (Séances hebdomadaires de 1’), 15, 51, 47, 63, 79, 95, Ml, 127, 145, 159, 175, 191, 207, 223, 239, 255, 271, 287, 395, 319, 335, 551, 567, 585. 599. 415, 451.
- Acajou à Cuba (L’induslric de P', 115.
- Acaricn omnivore (En;, 197.
- Accumulateur Edison, 62.
- Acétylène et la télégraphie optique (I/j, 286.
- Acide sulfureux pur (Fabrication industrielle de F), 111.
- Acide sulfurique de l’atmosphère (I/). 318.
- Aéronautique (Le grand prix de F). 569.
- Aéronautique maritime (Expériences).
- 391.
- Affût de bord à éclipse pour canon automatique de 57 millimètres, 129.
- Agents physiques* et la ne des bactéries (Les), 118.
- Agriculture à la caserne, 223.
- Agriculture de Montpellier (Les annales de l’École d’), 239.
- Aiguille aimantée et la prévision du temps (I/), 122.
- Air au coidact d’un obstacle (L’éboulc-mcnl de F), 51.
- Air par les chutes d’eau (Compression directe de F), 209.
- Air à différentes hauteurs (La vitesse de F), 314.
- Air du Métropolitain, 566.
- Alcool moteur (L’), 386.
- Algue verte dans l’obscurité (Culture d’), 95.
- Alimentation parisienne en 1900 (L’), 127.
- Allotropie thérapeutique (L’), 547.
- Alose en Amérique (L’), 566.
- Alpes orientales (Nouvelles percées desi, 179.
- Aluminium pour les transmissions électriques (Les fils d’), 15.
- Amidon dans le blé (Originede F), 599. Ammonium (Tentative de préparation de F), 583, 415.
- Ancrage (Nouveau dispositif d'), 293. Anesthésie locale (Nouveau procédé d’), (9.
- Animaux et le mobilier .Les), 12. Antimoine dans l’organisme (L’), 503. Appareils pour sourds. 110.
- Arbre de vingt-deux siècles 'Un,, 127. Arbres fruitiers et les abeilles xLes;, 15. Arbres remarquables (Les), 95. Architecture navale (Progrès dans F), 254.
- Artillerie cycliste (L’), 572.
- Ascenseur pour canaux, 401.
- Ascensions scientifiques, 431.
- Asphaltes de Ponl-du-Château (Les), 103. Associations animales (épizoanthe et pagure), 97.
- Aurore boréale (Une), 382.
- Aurores boréales (L’origine des), 159. Aurores polaires (Les), 235.
- Australiens aborigènes (Origine et coutumes des), 142.
- Automobile de boulangerie militaire, 264. Automobile lilliputienne (Une), 568. Aviateur Roze (L’), 190, 274.
- Aviateurs (Le concours des), 414, 451.
- Xi
- Bains municipaux à Cand, 551.
- Baleine à l'arbalète (La chasse à lai, 512. Baleine en Islande (La chasse à la), 414. Ballon dirigeable Henry Dcutseh, 158. Ballon.« Santos-Dumont » (Le), 126. Ballons dirigeables (Les), 158.
- Baril (Le), gymnastique américaine, 287. Baromètre et préparations culinaires, 86. Baryum pur (Préparation du), 431. Bibassier (Le), 557.
- Bibliothèque à supports coulissants, 563. Biches du bois de Boulogne (Les), 259. Bicyclettes à deux développements, 251. Blé (La mouture du), 66.
- Bois de cèdre (La résistance du), 269.
- Bouquet monstre (Un), 174.
- Bouton de Heur (Caractères anatomiques des différentes parties du), 03.
- Bouturage en arcade et à l’envers (Le), 275.
- Bovine de Jersey (La race), 297.
- Bovines anglaises et françaises ( Races), 60.
- Brique du Canada La), 319.
- c
- Câble Marseille-Tanger-Oran (Un), 40.
- Calvitie (La), 402.
- Canal transeuropéen (Le), 127.
- Canon américain (Le nouveau), 281.
- Canon de campagne à tir rapide, 353.
- Canon de campagne Ehrardt en essai dans l’armée allemande (Le), 257.
- -Canons de fusils de chasse Éclatement de), 221.
- Caoutchouc (Production du), 271.
- Carbone fixé pjar les plaides (État du), 385.
- Carbonifère algérien (Le), 175.
- Carburateur (Nouveau), 192.
- Cellules au froid (Larésistance des), Ml.
- Ccratodus (Le), 89.
- Céruse ét blanc de zinc, 278.
- Champignon des maisons (Le), 550.
- Charbon américain (La valeur du), 503.
- Charbon du Cap Breton (Le), 78.
- Charbon en France (La consommation du), 379.
- • Charbon et la vitesse (La consommation de), 110.
- Chaudière solaire, 50.
- Chaudières et machines à vapeur, 282.
- Chauffage au combustible pulvérisé (Les avantages du), 502.
- Chemin de fer à bon marché, 302.
- Chemin de fer du lvlondyke (Le), 351.
- Chemin de fer électrique de la Yalteline (Le), 158.
- Chemin de fer électrique du I-’ayet à Chamonix (Le), 215.
- Chemin de for paysan (Un), 511.
- Chemins de fer anglais (Organisation militaire. des), 11.
- 28
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- Chemins de fer (Les bizarreries des accidents de), 49.
- Chemins de fer (Les premiers), 94.
- Chemins de fer du monde (Longueur totale des), 583.
- Cheval et la nourriture du chien (La viande de), 130.
- Cheval fossile (Le), 27t.
- Chiens (La maladie des jeunes), 114.
- Chili et de l’Argentine (Le problème géographique delà frontière du), 322.
- Chocs électriques à distance, 122.
- Chronophotographie et les sports athlétiques (La), 383.
- Chrysanthèmes (L’exposition des), 598.
- Cités aux Etats-Unis (Lesnoms de), 174.
- Climat de Bonneville et des environs, près du Mont-Blanc (Le), 20.
- Climat de Quito (Le), 47.
- Coca en Bolivie (Culture et production de la), 518.
- Colchique (Le), 574.
- Coléoptères intelligents, 82.
- Coléoptères routeurs de feuilles .Les),
- 101.
- Collecteur de poussières, 170.
- Collections de Baye (Les), 103.
- Combustible liquide (Essais de), 02.
- Comète de 1901 (Première), 58.
- Comète d'Encke (Réapparitionde la), 259.
- Congrès international de géologie (Le', 159.
- Coq gaulois (Le), 238.
- Coquilles d’œufs dans l'alimentation du bétail (Emploi des), 22.
- Correspondance, 94.
- Cottage à vapeur (Housc-boals;, 270.
- Coucou (L’origine de l’instinct du), 10.
- Courants sur les microbes (Action des', 127.
- Courants de haute fréquence sur la résistance électrique (Ëffet des), 191.
- Courbes (Appareils à tracer les), 552.
- Courroie transporteuse Robins (La), 85.
- Cuirassés italiens (Les nouveaux), 555.
- 1)
- Batte sans noyau (La;, 247.
- Dentaire chez les animaux et les dents humaines (L’évolution), 503.
- Dépression à rubans de grains, 91.
- Dessèchement du Zuiderzée, 351.
- Dessins préhistoriques (Découverte de), 271.
- Dessins de 1 époque paléolithique, 287.
- Dessins de la grotte de la Mouthe (Les), 503.
- Dirigeable de M. Santos-Dumont (Le), 182.
- Dirigeables et la sécurité publique (Les),
- 191.
- Dock flottant (Le plus grand), 142.
- Dragues de la Seine maritime (Les nouvelles), 420.
- Dynamo pour laboratoires, 245.
- E
- Eau de mer sur les poissons d’eau douce (Action physiologique de 1’), 354.
- Eaux minérales (Les), 250.
- Échantillon d'eau pour analyse, 70.
- Éclair en boule (!/', 142, 501.
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- Électricité atmosphérique, 427.
- Éléments magnétiques anciens, 127. Elévateur à céréales, 559.
- Embarcadères maritimes canlilevcr, 243. Embarquement mécanique des charbons des mines de Maries, 323. -Embouchure de l’Adour (Les travaux d’amélioration de U), 255. Empoisonnements par les infusions, 123. Enclenchements économiques dans les petites gares de chemins de fer, 268. Énergie électrique à Buffalo (Distribution de U), 82.
- Enfance (L’exposition de 1’), 03.
- Engin de sauvetage (Un nouvel), 47. Ennemi du café du Kouïlou (l’n), 4. Entomologie appliquée (La nouvelle salle
- • d’>’ 7L
- Éponges ( La pèche des), 558.
- Epuration domestique des eaux de boisson (Procédés d’), G.
- Escalier de six mille marches (Un), 239. Espéranto, langue internationale (L’), 50. Étoile de Persée (Le spectre et la lumière de la nouvelle), 406.
- Étoile nouvelle de Persée (L’), 79, 180. Etoiles (La plus rapide des), 414.
- Étoiles variables, 314.
- Étrangers en France (Les), 110. Euphorimétrie (L’), 260.
- Européens en Souahéli (Les surnoms des), 65.
- Éventail siroco (L’), 506.
- Excavateur en fouille de la Société A. P. Smulders, 17.
- Excursion universitaire de Paris au mont Mounier, 151, 167.
- Expéditions antarctiques allemandes et anglaises (Les), 342.
- Exploitation saline aux États-Unis (Une curieuse), 548. •
- Expositions flottantes (Les), 286.
- F
- Fers laminés (Les premiers^, 414.
- Fleurs coupées (La conservation des), 150. Fleurs doubles (L’origine des), 319. Flore microbienne du corps humain (La). 103.
- Foins, la douve et la coumarine L’odeur de), 134.
- Forces hydrauliques en France (Les),262. Fossilisation de l’impondérable (La), 210. Fouets de la Jamaïque (Les), 504. Fougère (Une curieuse), 113.
- Fouilles de Nippur en Babylonie (Les), 159.
- Fourmis (Destruction des), 42.
- Fourmis (Pluie de), 230.
- Fourrages (L’ensilage des), 87.
- Freins pour bicyclettes (Concours de), 500.
- Froid industriel (Le), 425.
- Fruits et graines bizarres, 422.
- Furcil (Encore le), 116.
- Fusil de guerre chinois (Le), 502. Fusion de l’or (Point de), 11.
- G
- Gants isolants (Les), 58.
- Gargoulettes (Un nouvel emploi des), 507.
- Gaz (La liquéfaction des), 359.
- Gaz (Le centenaire du), 262.
- Gaz (Séparateur de), 327.
- Gaz liquéfiés (Manipulations et propriétés des), 599.
- Géants (Le roi des), 415.
- Générateur à vapeur d’éther, 559.
- Générateurs Bidimond, 321.
- Générations (Cinq), 270.
- Géologiques actuels (Phénomènes), 54.
- Géologique en Australie occidentale (Etude), 23.
- Germination dans l’eau distillée (La). 19.
- Gisement de fossiles (Découverte d’un), 351.
- Glaciers dans les régions arctiques et boréales (Variations de longueur des), 571.
- Graissage (Un régulateur de), 28.
- Gravures préhistoriques de l’époque paléolithique, 294.
- Grotte paléolithique, 310.
- Grue pivotante électrique de 150 tonnes du pont de Bremerhaven, 145.
- H
- Halo solaire, 295.
- llelladotherium et okapi, 431.
- Hémogrégarine chez les poissons (Découverte d’), 355.
- Henri d’Orléans (Le prince), 190.
- Hérédité (Mécanisme de F), 93
- Heure dans le monde (L’), 62.
- llokousnï, artiste japonais, peintre et naturaliste, 225.
- Hôpital pour blés malades (lin), 500.
- Horloge monumentale de l’Ilôtel de Ville de Philadelphie (L’), 46.
- Horloges publiques (Les), 429.
- Hôtel du monde (Le plus grand), 291.
- Houiller dans le nord de l’Afrique (Le terrain), 95.
- Huile et les propriétés isolantes du mica (L’), 15. _
- Huile d’aiguilles de pin (Fabrication de U), 505.
- Hydrogène sur les carbures d’hydrogène (Fixation de F), 31.
- Hydrogène par le procédé Travers (Liquéfaction de F), 238.
- Hydrogène des ballons (Épuration de F), 254.
- Hypnose chez les grenouilles (L’), 585.
- I
- Ile de l’océan Atlantique (La plus petite), 271.
- Illusion d'optique, 411.
- Induction (L’analyseur d’), 317.
- Industrie minière en 1900 à Madagascar (L’), 166.
- Insecte des ormes (I/), 255.
- Insectes admirent-ils les couleurs des fleurs? (Les), 221.
- Interrupteur-turbine pour courants électriques, 365.
- Iode dans l’organisme (Rôle de F), 79.
- Ions (Vitesse des), 142.
- Irrespirable (Séjour dans un milieu), 79.
- Irrigation indien (Appareil d’), 111.
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-
-
-
- -INDEX ALPHABÉTIQUE.
- 435
- Irrigation aux Hawaï (Un curieux travail <!’), 271.
- Irrigations dans l’Inde 'Coût des), 567.
- J
- Jacinthes et les maux d’yeux (Les bulbes de), 506.
- Jonquières (Amiral de Fauque de), 207.
- Journal téléphoné de Budapest (Le), 124.
- Jours aux diverses latitudes (Les longs),
- 74.
- Jubilé scientifique de M. Berthelot (Le), 417.
- Jumelle universelle Bellicni (Nouveautés
- • photographiques), 256.
- K
- Kanguroos inséparables, 519.
- Kilimandjaro (Le), 179.
- L
- Lacaze-Duthiers (Henri de), 159.
- Lacs-réservoirs des Pyrénées (Les), 55.
- Lait stérilisé à Lyon (La distribution du), 259.
- Laminoir monstre (Un), 15.
- Lampe à alcool et poste de projection du mirographe, 557.
- Lampe à arc (Une nouvelle), 555.
- Lampe à incandescence Nernst, 195.
- Lavage aseptique du linge (Le), 117.
- Lebon d’ilumbersin (Philippe), inventeur du gaz, 506.
- Lécithine (Ellels physiologiques de la), 65, 287.
- Lettre inédite de Vauban (Une), 42.
- Ligne électrique des Invalides à Versailles (La), 107.
- Liquides (L’écoulement des), 51.
- •Locomotive à pétrole Une petite), 207.
- Locomotives à air comprimé (Les), 549.
- Loi de Gay-Lussac sur les combinaisons en volume, (La), 47.
- Lubrifiant (Un nouveau), 15.
- Lumière (Mesure nouvelle de la vitesse de la), 415.
- Lupins en sols calcaires (La végétation de), 515.
- M
- Machine à composer « La Monotype », 56.
- Machine à vapeur d’acide sulfureux, 286.
- Machine-outil pour douilles de porte-plume et de porte-crayon, 92.
- Machines électriques d’extraction des mines de Comstock (Les), 599.
- Maisons roulantes (Une ville de), 520.
- Médecine par pigeon-voyageur (La), 582.
- Médecine arabe, 251.
- Mercure dans le monde (Le), 519.
- Métallurgie de l’acier (Les derniers progrès de la), 562.
- Métaux considérés comme des combustibles (Les), 287.
- Métropolitain électrique de Kansas Citv (Le), 115.
- Métropolitain parisien (L'exploitation du), 578.
- Micro-organismes lumineux de l’eau de mer (Les), 111.
- Mine de lilhine en France (Une), 43.
- Mines d’argent d Aspenau Colorado (Les), 507.
- Mœurs cynégétiques du monde aquatique (Les), 147.
- Mont-Blanc, le climat de Bonneville et des environs (Près du), 26.
- Montagnes russes (Les nouvelles), 255-
- Mortalité chez les Boers (La), 518.
- Mortier romain i La composition du), 14.
- Mosaïque à Jérusalem (Découverte d'une ancienne), 79.
- Moteurs à gaz comme machines marines (Les'', 502.
- Momurs à gaz des hauts fourneaux (Les), 78.
- Motocyclettes (Les), 156.
- Moulons transhumants (Les), 154.
- Mouvements de l’air étudiés par la chro-nopliotographie (Les', 232.
- Mouvements invisibles (La photographie desi, 247.
- Mozabites (Au pays des). 551.
- Musée archéologique de Vieil (Le), 227.
- Musicotbérapic (La), 5.
- N
- Nain Puceto(Le), 272.
- Nappes de glace sous l’influence de la chaleur dans les volcans d’Auvergne (Formation de), 178.
- Nautilus (Le premier bateau sous-marin) (Le), 193.
- Navires les plus rapides (Les), 1 4.
- Nickel au Canada (L’exploitation du'. 23.
- Niobium (Propriétés du), 95.
- Nordenskiôbl (A.-K.), 206.
- Nuages (Vitesse des), 95.
- O
- Observatoire des Açores, 174.
- Observatoire magnétique américain (Le nouvel;, 350.
- Œufs et le beurre à Paris (Les), 218.
- Okapi (L’), 388.
- Omnibus (L’impériale des), 534.
- Ondographe (L’), 295.
- Or de l’Alaska (lé), 566.
- Or des tombeaux égyptiens (L’), 51.
- Orage du 29 mai 19J1 à Paris (L’). 59.
- Oranges (La maladie des), 13.
- Ordures ménagères et station électrique (Destruction des), 78.
- Oreille (Notre), 138.
- Oxyde de carbone du sang (L’), 47.
- P
- Pal planches eu béton armé, 502.
- Paludisme dans la région de Constantine (Le), 255.
- Papier de bois américain en France (Le).
- 15.
- Papillons et température, 531.
- Paquebots transatlantiques (Le tonnage des), 191.
- Parallaxe du soleil (La). 31.
- Pavages en bois de la Ville de Paris (Les). 596.
- Pelage blanc des animaux arctiques (Le), 579.
- Perceuse à air comprimé, 559. Perforatrice électrique à diamants, 289. Pcrsicaire du J-ipon (La), 410.
- Pétrole (Théories sur l’orieine du). 50tr Pétrole en France (Becbcrcbe du). 81. Pétrole dans le monde (La production du), 319.
- Pharmacie arabe, 578.
- Philatélie inconnue (La), 270. Phonographes et lélégraplmnes, 137. Photographie, 75.
- Photographie en ballon, 31. Photographique monstrueuse (Chambre', 224.
- Photographiques (Nouveautés), 100. Pierre de Broinplon Falls (La), 191. Pierres précieuses en Australie (Les), 3X3.
- Pipes minuscules de Gouda (Les), 16. Piste vélocipédique aérienne, 45.
- Plantes (L’anatomie des), 292.
- Plantes en culture forcée (L éthérisation des), 354.
- Plantes nouvelles du Congo, 136. Plantes (Propriétés chimiques des diverses parties des;, 287.
- Plasloscopc (Le), 203.
- Plateau central pendant les temps géologiques (Le), 207.
- Plomb radio-actif (Le). 40.
- Plombs fusibles de chaudières (Le danger des), 14.
- Poires (Tavelures et crevasses des),
- 220.
- Poissons (Soins donnés aux jeunes par les). 244.
- Poissons russes (Les), 526.
- Pôle Nord (Au), 174.
- Pôle Sud (Exploration au), 222. Polydactylie et son interprétation (La), 51.
- Pommes de terre (Une maladie des), 223.
- Pompe à l’alcool, 227.
- Pont en bdon armé (Un grand), 158. Pont tournant électrique, 62.
- Population des États-Unis (La), 578.
- Port de Bizerle et les pécheurs (Le), 131.
- Port de Paris (Le), 382.
- Port de flottage (Un grand), 158. Porte-montre (Les), 327.
- Prince Edouard (Le), 351.
- Prix des médicaments (Le), 30.
- Prostate et les réflexes urinaires (La), 175.
- Pseudo-cellules (Formation de), 63. Psoriasis (Traitement du), 207.
- Puissance hydraulique du Canada (La), 119.
- P vraies (La destruction des), 271. Pyromètre à air Bristol, 428.
- Q
- Quadrupède Tu nouveau). 270.
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-
-
- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- ir»(i
- H
- Races (Modification spontanée des), 355.
- H aces nègre et autochtone aux États-Unis (Les), 270.
- Radium (Action chimiques des radiations du), 383.
- Radium (Action physiologique du), 31.
- Radium (Propriétés chimiques des radiations du), 307.
- Recensement en Allemagne (Le dernier', 46.
- Recensement de 1901 (Le), 222
- Recherches chimiques dans les différents pays (Les), 366.
- Réclame électrique (La), 79.
- Réfrigérants à cheminée, 335.
- Règle à calcul circulaire, 298.
- Reliure des livres (La), 270.
- Remblai de chemin de fer ou travers d’un cours d’eau (Un), 145.
- Renne dans les forêts de l'Europe centrale (Le), 110.
- Reptiles au Muséum d’histoire naturelle (Les), 1.
- Reptiles au Muséum Nouveaux), 202.
- Réservoir monstre (Un), 518.
- Respiration chlorophyllienne des spiro-gyra (Sur la), 229.
- Respiration dans un milieu délétère (Appareil pour la;, 63.
- Rivière par un régiment d'infanterie (Traversée d’une), 187.
- Rivière souterraine (Une), 207.
- Roches à ligures animées, 240.
- Ituines dos Cliff-Dwcllers américains (La protection des), 566.
- S
- Sable et ses méfaits Le), 100.
- Santos-Dumont n° 6 (Le), 190.
- Sanlos-Dumont (Projets de M.), 598.
- Scie circulaire à inclinaison variable,
- 121.
- Science au Japon (La), 284.
- Sel marin et la longévité (Le,., 174.
- Sélecteur David et la métallurgie du cuivre (Le), 181.
- Semences (Remarques sur le choix des),
- 411.
- Serpents et le sérum aulivenimeux (Le venin des), 405.
- Service d’inccndie d’une compagnie gazière (Le), 175.
- Signaux optiques de Buffalo à Toronto, 306.
- Simplon (Percement du), 158.
- Six-màts américain George-Wells (Le), 382.
- Société d’histoire naturelle d'Autuu La), 175.
- Soleils 'Les deux), 419.
- Soufflet de forge (Un ingénieux), 503.
- Soulèvement d’une maison de sept étages, 567.
- Sources sous-marines d’eau douce (Des), 155.
- Sous-marins (Nos nouveaux), 175.
- Sous-sol de la place de T Hôtel-de-Ville (Le), 94.
- Station centrale électrique d’Issy-les-Moulineaux (La), 198.
- Statue de Chcvreul (La), 143.
- Superphosphates azotés et superphosphates annualisés, 290.
- Surdité (Traitement de la), 451.
- Switehback railway (Le), 107.
- Taches solaires et les invasions de sauterelles (Les). 74.
- Taille (Les variations de la), 18
- Tef d’Abyssinie (Le), 19.
- Télégraphe transafrieaiu du Cap au Caire, 191.
- Télégrammes médicaux par pigeons, 415.
- Télégraphie sanslil (La), 258.
- Télégraphie sans lîl (La). 70.
- Télégraphie sans lil par le sol (La), 106.
- Télégraphie sans fil par les couches terrestres, 142.
- Télégraphie sous-marine (Le cinquantenaire de la). 582.
- Télégraphique du temps (Service), 46.
- Télémètre de poche (Un), 186.
- Téléphoniques dans les divers pays (Les communications), 567.
- Téléphonique chinois (Un bureau), 381.
- Température de l’Océan, 158.
- Température d’ébullition de l’hydrogène liquide (Détermination de la), 46.
- Température sur l’alcool (Action d’une haute), 142.
- Température sur l’évolution de la tuberculose (Action de la), 555.
- Temps (De la prévision du), 50.
- Terrassier mécanique (Nouveau), 177.
- Tonnerre en boule (Le), 79.
- Torpilleur à combustible liquide, 598.
- Toueursà turbines sur le Mein (Les), 382-
- Traction mécanique à Paris (La), 74.
- Trafic d’une gare à Londres (Le), 175.
- Train de wagons-restaurants (Un), 505.
- Trains Sprague (Les), 171.
- Trains Thomson-Houston à unités motrices multiples (Les), 576.
- Tramway électrique de Grenoble à Cha-parcilïan (Le), 407.
- Tramways du monde )La plus longue ligne de), 110.
- Tramways électriques à contacts superficiels à Paris (Les), 35.
- Transbordeurs électriques pour locomotives, 171.
- Transmission rapide de dépêches, 271. Transport des cycles en chemin de fer (Le), 175.
- Transsibérien (Le), 450.
- Traverses de chemins de fer en hêtre créosoté (Les), 415.
- Trésor archéologique au fond de la mer (Un), 46.
- Tunnel sous-marin d’Ecosse en Irlande (Le), 318.
- Tunnels (L’aération des), 241. Tycho-Bralié, 338.
- Tycho-Brahé (L’exhumation des restes de). “ 142.
- U
- Usine ,hydro-électrique arrêtée par les feuilles (Une), 15.
- Y
- Vaches tuberculeuses (Les), 212.
- Vagues (La mensuration des), 286. Vanille (Le mécanisme du développement du principe odorant delà). 567. Venins chez les batraciens (Les), 390. Vers à soie (Sexualion des), 207, 225. Vie dans un milieu délétère (La), 127. Vie (La circulation de la), 370.
- Vignettes de recommandation (Les), 77. Vigueur (Coefficient de), 58.
- Village de sculpteurs (Un), 599.
- Ville qui disparait (Une), 554.
- Vin artificiel (Le), 519.
- Vin et les vinasses comme engrais J.e'. 214.
- Vin sur l’évolution de la tuberculose (L’influence du), 415.
- Vision (Persistance de la), 510.
- Voies de communication dans la Guinée française (Les), 595.
- Voies ferrées (Loin des), 346.
- Voiliers (Les), 426.
- Voitures automobiles pour chemins de fer, 575.
- Voitures « eleclricia » (Les), 59. Voiturctte mécanique en 1860 i.Unei, 134.
- Volcans géologues (Les), 99.
- w
- Wagons américains 'Les grands), 68. Wagons-aquariums, 110.
- Y
- Yacht à voiles moderne (Le), 212.
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- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- Aimé (Paul). — Les grands wagons américains, 68. — Enclenchements economiques dans les petites gares de chemins de 1er, 268. — Les derniers progrès de la métallurgie de l'acier, 562. — Voitures automobiles pour chemins de fer, 375.
- Axeitk (Alfred). — Les œufs et le beurre à Paris, 218.
- IL — Culture et production de la coca en Bolivie, 318.
- B. (I).;. — Scie circulaire à inclinaison variable, 124. — Collecteur de poussière, 176. — Une petite locomotive à pétrole, 207. — Embarcadères maritimes eantilever, 243. — Une ville de maisons roulantes, 3'iO. — Appareils à tracer les courbes, 352. — Elévateur à céréales, 359. — L’exploitation du Métropolitain parisien, 578. — Les voies de communication dans la Guinée française, 395.
- Balland. — Le tel' d’Abyssinie, 19.
- Bkllet (IL). — Piste vélocipédiquc aérienne, 45. — Nouveau terrassier mécanique, 177. — Un télémètre de poche. 186. — Le yacht à voiles moderne, 212. — Nouveau dispositif d’ancrage, 295. — Un chemin de fer paysan, 311. — Ascenseur pour canaux, 401. — Les nouvelles dragues de la Seine maritime, 420.
- Ber (L.). — Règle à calcul circulaire, 298.
- Berger (Dr E.). — Le plastoscope, 203.
- Bonjean (Edmond). — Procédés d’épuration domestique, des eaux de boisson, 6.
- Boule (M.). — L’okapi, 588.
- Boyer (Jacques). — Le journal téléphoné de Budapest, 124. — La science au Japon, 284.
- Brandicourt (V.). — Les mœurs cynégétiques du monde aquatique, 147. — Le colchique. 374. — Fruits et graines bizarres, 422.
- Bruyère (Henri). — Les reptiles au Muséum d'histoire naturelle, 1. — Le eéralodus, 89. — Nouveaux reptiles au Muséum, 202.
- Bull (L ' . — La photographie des mouvements invisibles, 247.
- C. (J.). — Le grand prix de l’aéronautique, 569. — Le pelage blanc des animaux arctiques, 379.
- Calmette (D’j. — Le venin des serpents et le sérum anlivcni-meux, 403.
- Capitan (Dr). — La musicothérapie appliquée à l’anesthésie provoquée, 5. — La polydaclylie et son interprétation, 51. — Les taches solaires et les invasions de sauterelles, 74.
- Cartaz (Dr). — Empoisonnements par les infusions, 123. — La calvitie, 402.
- Caye (Georges). — Excavateur en fouille de la Société A.-E. Smutders, 17. — Les lacs-réservoirs des Pyrénées, distribu-tion^des eaux de la Ncste, 35. — La courroie transporteuse Robins, 85. — Grue pivotante électrique de 150 tonnes du port de Bremerhaven, 145. — Le chemin de fer électrique du Fayet à Chamonix, 215. — Réfrigérants à cheminée, 335.
- Cualmarès (G.). — Les nouvelles montagnes russes, 255. — Bibliovhèque à supports coulissants, 565.
- Crarlon (A.). — Recherche du pétrole en France, 81.
- Clément (A.-L.). — La nouvelle salle d’entomologie appliquée du Muséum d’histoire naturelle, 71. — La statue de Chevreul au Muséum d’histoire naturelle, 143. — Une colonie d’abeilles au Jardin des Plantes, 204, 301.
- Elèves (Victor de). — L’anatomie des plantes, 292. — Les poissons russes, 326.
- Cœurdevaciie (P.)— Electricité atmosphérique et décroissance de température dans la verticale, 427.
- Corcelle (J.). — Les moutons transhumants, 154.
- Cornet (Lucien). — L’euphorimétrie, 266.
- Coupin (Henri). — Coléoptères intelligents, 82. — Notre oreille, 138. — Les coléoptères rouleurs de feuilles, 161. — Un acarien omnivore, 197. — les insectes admirent-ils les couleurs des fleurs? 221. — Le coq gaulois. 238. — La datte sans noyau, 247. — Le champignon des maisons, 330. — La pèche des éponges, 358.
- G rose (Ab.). — Un bureau téléphonique chinois, 384.
- Crusii (A.).,— Un ingénieux soufflet de forge, 503.
- CuxHA (A. da). — L’exposition de l’enfance, 63. — Les Irains Sprayuc, 170. — Traversée d’une rivière par un régiment d’infanterie, 187. — Embarquement mécanique des charbons des mines de Maries, 325. — Les locomotives à air comprimé de la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest, 349. —Les pavages en bois de la ville de Paris, 596.
- D. — Les navires les plus rapides, 14. — Les vignettes de recommandation, 77. — L’impériale dos omnibus, 534.
- D. R.'. — Pompe à l'alcool. 227. — L’exposition des chrysanthèmes, 598.
- Deiiéraix (Henri). — Les surnoms des Européens en Souahéli,65.
- Dei.auxey. — Les pipes minuscules de Gouda. 16. — La puissance hydraulique du Canada, 119.
- Dei.auxey (L’-colonel). — Le canon à tir rapide de 1792, 19. — Allât de bord à éclipse pour canon automatique de 57 millimètres, 129. — Le canon de campagne Ehrardt en essai dans l’armée allemande, 257. — Automobile de boulangerie militaire, 264. — Canon de campagne à tir rapide. 553. — L’artillerie cycliste, 572.
- Dejioussy (E.). — La germination dans l’eau distillée, 19.
- Denis (H.). — Interrupteur turbine pour courants éleelri-ques, 565.
- Deniza (N.). — Concours d’aviation, 431.
- Deuôme (J.). — L’aiguille aimantée et la prévision du temps, 122.
- Difflotii (Paul). — Races bovines anglaises et françaises, 00.
- Dr mont (R.;. — La végétation du lupin en sols calcaires, 515.
- Duquenoy (Gaston). — Un régulateur de graissage, 28.
- Durand Gré ville (E.). — Dépression à rubans de grain, 91.
- Espitallier (G.;. — Le port de Bizcrtc et les pêcheries, 151.
- — Le dirigeable de M. Santos-Dumonl, 182. — L’aviateur de M. Roze, 274.
- Ficatier. — Des sources sous-marines d’eau douce, 155.
- Flamel. — Le vin et les vinasses comme engrais, 214. — Signaux optiques de Buffalo à Toronto. 306.
- Fleutiaux (E.). — Un ennemi du café du Kouïlou, 4.
- G. (G ). — La flore microbienne du corps humain, 105. — Les agents physiques cl la vie des bactéries, 118. — Phonographes et télégraphones, 137. — Les expo.-itions flottantes, 284.
- — La vitesse de l’air à différentes hauteurs, 314. — Les voiliers, 426.
- G. (H. de). — Une voiturelte mécanique en 1800, 134.
- G. (J.-F.). — L’industrie minière en 1900 à Madagascar, 166.
- — Les vaches tuberculeuses, 242. — Concours de freins pour bicyclettes, 300. — Papillons et température, 331.
- Gall (J.-F.). — Céruse et blanc de zinc, 278. — Séparateur de gaz, 327,
- Garnier (Jules). — Étude-géologique en Australie occidentale, 23.
- Gaudry (Albert). — Philippe Lebon d’IIumbersin, inventeur du gaz, 506.
- Genty (L.). — Les animaux et le mobilier, 12. — Le nain Pnceto des îles Philippines, 272. — Le baril, gymnastique américaine, 288. - Le plus grand hôtel du monde, 201. — Le roi des géants, 416.
- Glangeaud (Ph.). — Formation de nappes de glace, 178.
- Graffigny (H. de). — Les motocyclettes, 156. — Générateur à vapeur d’éther, 339.
- Gréuant (N.). — Sur la respiration chlorophyllienne des spiro-gyra, 229.
- Guékoult (Georges). — L’espéranto, langue internationale, 50.
- Guillaume (Ch.-Ed.). — Encore le Furcil, 116.
- Henriot (E.). — Remarques sur le choix des semences, 411.
- Hervé (Henri). — Expériences d’aéronautique maritime, 391.
- Jacquot (L.). — Au pays des Mozabites, 331.
- Jaubert (Joseph). — L’orage du 29 mai 1901, à Paris, 59.
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- LISTE DES AUTEURS PAR ORDRE ALPHARÉTIQUE.
- Joi.y D‘ l’.-R. . — Phénomènes géologiques actuels sur la cote ouest de Madagascar, 54.
- Jullien (Ümeii). — Près du Mont-Blanc, 26.
- L. (A.). — Superphosphates azotés et superphosphates anima-lisés, 290.
- L. (I).). — Organisation militaire des chemins de fer anglais, 11. — Une nouvelle lampe à arc, 533.
- Ladcrant (P.). — Les voilures « elcctricia », système C. Contai, 59.
- Laffargue iJ.). — Les tramways électriques à contacts superficiels à Paris, 33. — Les gants isolants, 58. — La télégraphie sans (il, 70. — l a traction mécanique à Paris, 74. — Distribution de l’énergie électrique à Butfalo. 82. — Machine-outil, 92. — Chocs électriques à distance, 122. —Nouveau carburateur, 192. — Lampe à incandescence N’ern>t, nouveau dispositif, 193. — La station centrale électrique d’Issy-les-Moulineaux, 198. — L'aération des tunnels, 241. — Dynamo pour lab raloire, 245. — La télégraphie sans fil, système Marconi, d’Antibes à Calvi, 258. — Chaudières et machines à vapeur, 282. — L’ondographe, 293. — Illusion d’optique, 411.
- Laloy (Dr L.). — L’origine de l’instinct du coucou, 10. — Soins donnés aux jeunes par les poissons, 244. — Les venins chez les batraciens, 590.
- Lapparent (A. de). — Les volcans géologues, 99. — La fossilisation de l’impondérable. 210.
- Larbalétrier (Ai.isert). — fmploi des coquilles d’œufs dans l’alimentation du bétail, 22. — L’odeur de foins, la (louve et la coumarine, 134. — La race bovine de Jersey, 297. — Action physiologique de l’eau de mer sur les poissons d'eau douce, 354.
- Laret (P.). —Dessèchement du Zuiderzée, 351.
- Launay (L. de'1. — Une mine de lithine en France, 43. — Les asphaltes de Pont-du-Chàteau, 103. — Les mines d’argent d’Aspen au Colorado, 307.
- Leboîs (I).). — La réclame électrique, 79. — Compression directe de l’air par les chutes d’eau, 209. — Perforatrice électrique à diamants, 289. — Une automobile lilliputienne, 508.
- Leboîs (J.). — Les arbres remarquables, 95.
- Letambe (A.). — Les trains Thomson-Houston, à unités motrices multiples, 576.
- Libert (L. Lucien). — Tycho-Brahc. 537. — Le spectre et la lumière de la nouvelle étoile de Persée, 406.
- Loverdo (J. de). — Le froid industriel, 425.
- M. (E.-A.) —Le Kilimandjaro, 179. — Nouvelles percées des Alpes Orientales, 179.
- M. (C.). — Photographie, tirage des épreuves positives à la inioene, 75.
- M. (P. de). — La maladie des oranges, 15. — L’industrie de l’acajou à Cuba, 11 >. — Le sélecteur David et la métallurgie d i cuivre, 181. — La résistance du bois de cèdre, 269. — Le nouveau canon américain, 281. — Pyromètre à air Bristol, 428.
- Malméjac (D* F.). — Destruction des fourmis, 42. — Échantillon d eau pour analyse, 70. — Médecine arabe, 231. — Pharmacie arabe, 378.
- Mares (G.). — Bicyclettes à deux développements, 231.
- Mareschal (G.). — Machine à composer « La Monotype », 56. — Nouveautés photographiques, 10(». — Nouveautés photographiques, jumelle universelle Bellieni, 236. — Lampe à alcool et poste de projection du mirographe, 357.
- Mark? (E.-J.), de l’Institut. — Les mouvements de l’air étudiés par la chronopholograpide, 252.
- Martel (E.-A.). — Le musée archéo!ogique de Vieil (Catalogne), 227. —: t e problème géographique ne la frontière du Chili et de l’Argentine, 522.
- Maumené (Albert). — Une curieuse fougère, 113. — Plantes nouvelles du Congo, 136. — La conservation des fleurs coupées, 150. — Le bouturage en arcade et à l’envers, 273. — L’éthérisation des plantes en culture forcée, 354.
- Mériel (Pierre de). — Les bizarreries des accidents de che-
- mins de fer, 49. — Chambre photographique monstrueuse, 224. — Un hôpital pour les bics malades, 300. — Fabrication de l’huile d'aiguilles de pin, 305. — Une curieuse exploitation saline aux États-Unis, 348. — Le sable et scs méfaits, 400. — Le tramway à courant continu de Grenoble à Chaparcillan, 407.
- Montclavel (R.). — Les collections de Baye au musée Gui-met, 165.
- Morat (J.). — Perceuse à air comprimé, 359.
- N. (D. L.). — La philatélie inconnue, les timbres réclames commémoratifs, 279.
- N. (M.). — Boches à figures animées, 240.
- Neyrit (Joseph). — Éclatement de canons de fusils de chasse, 221.
- Oualski (T.). — La télégraphie sans fil, 106. — Le « Naulilus », le premier bateau sous-marin, 193. — Le centenaire du gaz, 262. — Générateurs Richmond, 321. — La consommation du charbon en France, 379.
- Otto (Marius). — L’éclair en hou e, 361.
- P. (11. de).— La maladie des jeunes chiens, 114. — Le ballon « Santos-Dumont », 126. — La viande de cheval et la nourriture du chien, 130. — Nécrologie. Le prince Henri d’Orléans, 190.
- Paimp rey (J.). — Un nouvel engin de sauvetage, 47.
- Parains (L.) — Variations de longueur des glaciers dans les régions arctiques et boréales, 571.
- Parville (Henri de). — Coefficient de vigueur, 38. — Baromètre et préparations culinaires, 86. — Ln arbre de vingt-deux siècles, 127. — Excur.-ion universitaire de Paris au mont Monnier, 151, 167.—Henri de Lacaze-Duthiers 160. — Les eaux minérales, 250. — Le jubilé scientifique de M. Berthelot, 417. — Les deux soleils, 419.
- Périsse: (Lucien). — L’alcool moteur, 5s6.
- Planchon (Mathieu). — Les porte-montre, 327.
- Poisson (J ). — Le bibassier, 337. — La persicairc du Japon, 410.
- Quénisset (F.). — La nouvelle étoile de Persée, 180.
- Rabot (Charles). — A.-E. Nordenskiôld, 206. — La chasse à la baleine à l’arbalète, 312. — Les expéditions antarctiques allemandes et anglaises, 342.
- Rémond (A.). — L’analyseur d’induction, 517.
- Rochas (Albert de). — Une lettre inédite de Vauban, 42.
- Roger (h m.). — Halo solaire observé le 15 septembre 1901 à Châtcaudun, 295.
- Roule (Dr Louis). — Les associations animales (épizoanthe et pagure), 97. — Hokousaï, artiste japonais, peintre et naturaliste, 225.
- S. (R.). — Production du caoutchouc, 271.
- Sapoiua (Antoine de). — Loin des voies fecrées, 346.
- Sic\rd (l)r H.). — Appareil d irrigation indien, 111.
- Stassano (Henri). — Les aurores polaires, 235.
- Tissanhier (Albert). — Photographie en ballon, 51. — Les fouets de la Jamaïque, 304.
- Tiiaz (J. de).— La ligne électrique des In validesà Versailles, 107.
- \arenne (E.). — L'allotropie thérapeutique, 347. — La liquéfaction des gaz, 359.
- Vaschide (N.). — La eircu ation de la vie, 370. — L’hypnose chez les grenouilles, 385.
- Vézy (Jean). — Les horloges publiques, 429.
- Videau-Perrière (A.). — Tavelures et crevasses des poires, 220.
- Vilcoq (Albert). — La mouture du blé, 66. — L’ensilage des fourrages, 87.
- Villedeuil (Ch. de). — Séances hebdomadaires de l’Académie des sciences, 15, 51, 47, 63, 79, 95, 111, 127, 143, 159, 175. 191, 207. 223, 25:», 255, 271, 287, 303, 319, 335. 351, 567, 383, 399, 415, 451.
- Vinot (Jose:ph). — Première comète de 1901, 58.
- Vitoex (Georges). — Les variations de la taille, 18.
- X. — Gravures préhistoriques de l’époque paléolithique sur les parois d’une grotte, 294. — Grotte paléolithique à figures peintes sur les parois, 310.
- Z (Dr). — Le lavage aseptique du linge, 117.
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- TABLE DES MATIÈRES
- N. B. Les articles de la Chronique, imprimés dans ce volume en petits caractères, sont indiqués
- dans cette table en lettres italiques.
- Astronomie.
- Première comète de 1901 (Joseph Vinot).................. 58
- Les taches solaires et les invasions des sauterelles (Dr Capital).................................................. 74
- Les longs jours aux diverses latitudes.................. 74
- Excursion universitaire de Paris au mont Mounicr : Henri 151
- de Parville).........................................167
- La nouvelle étoile de Persée (F. Quénisset).............180
- Etoiles variables...................................... 514
- Tycho-Lrahé (L. Lucien Libert)..........................538
- Le spectre et la lumière de la nouvelle étoile de Persée
- (L. Lucien Libert)...................................406
- La parallaxe du soleil ................................. 31
- L’étoile nouvelle de Persée............................. 79
- L’exhumation des restes de Tycho-Brahc..................142
- L’origine des aurores boréales..........................159
- Réapparition de la comète d’Encke.......................239
- La plus rapide des étoiles..............................414
- Physique générale.
- Point de fusion de l’or.......................... . . . 11
- lin télémètre de poche (Daniel Bellet)..................186
- Le plasloscope (Dr E. Berger)...........................205
- Les mouvements de l’air étudiés par la chronophologra-
- phie (E-.J. Marey, de l’Inslitut)....................252
- La photographie des mouvements invisibles (L. Beu.) . 217
- Persistance de la vision................................510
- Lampe à alcool et poste de projection du mirographe
- (G. Mareschal).......................................557
- Liquéfaction des gaz (E. Varenne).......................359
- Illusion d’optique (J. L.)..............................411
- Le froid industriel (J. de Loverdo).....................425
- Pyromètre à air Bristol (P. de M.)......................428
- L'écoulement des liquides............................... 31
- L’écoulement de l'air au contact d’un obstacle ... 31
- Détermination de la température d’ébullition de l’hydrogène liquide........................................ 46
- Le vlomb radio-actif.................................... 46
- La loi de (lay-Lussac sur les combinaisons en volume. 47
- Appareils pour sourds...................................110
- Action d'une haute température sur l’alcool .... 142
- Liquéfaction de l’hydrogène par le procédé Travers. 238 Mesure nouvelle de la vitesse de la lumière .... 415
- Électricité théorique et appliquée.
- Les tramways électriques à contacts superficiels à Paris
- (J. Laffargue).......................................... • 33
- Les voitures « électricia » système C. Contai ;P. Ladcrant). 59 Les gants isolants (.1. L.)................................... 58
- La télégraphie sans fil (J. L.)...................... 70
- La réclame électrique (D. Lebois).................... 79
- Distribution de l’énergie électrique à Buffalo (J. I.). . 82
- La télégraphie sans fil par le sol (T. Obalski)......106
- La ligne électrique des Invalides à Versailles (J. de Traz). 107
- Chocs électriques à distance (J. L.).................122
- Grue pivotante électrique de 150 tonnes du port deBre-
- merhaven (Georges Cayf.)............................145
- Lampe à incandescence Nernst (J. L.).................195
- La station centrale électrique d’Issy-les-Moulineaux (J.
- Laffargüe)........................................ 198
- Le chemin de fer électrique du Fayet à Chamonix
- (Georges Caye)....................................215
- Dynamo pour laboratoires (J. L.).....................245
- La télégraphie sans fil, système Marconi, d’Antibes à
- Calvi (J. Laffargüe) ...............................258
- Perforatrice électrique à diamants (D. Lebois).......289
- L’ondographe ; enregistreur direct des phénomènes électriques périodiques (J. Laffargüe).....................295
- L’analyseur d’induction (A. Rémond).................. 317
- Une nouvelle lampe à arc (D. L.)......................333
- Interrupteur-turbine pour courants électriques (H. Denis). 365
- Un bureau téléphonique chinois (Ab. Crône).............384
- Le tramway à courant continu de Grenoble à Chapareil-
- lan (Pierre de Mkriel)..............................407
- L’huile et les qualités isolantes du mica.............. 15
- Les fils d’aluminium pour les transmissions électriques. 15 Une usine hydro-électrique arrêtée par les feuilles. . 15
- Un câble MarseU Ic-Tanger-Oran......................... 46
- Pont tournant électrique............................... 62
- Accumulateur Edison.................................... 62
- Destruction des ordures ménagères et station électrique............................................... . 78
- Télégraphie sans fil par les couches terrestres . . . 142
- Vitesse des ions.......................................142
- Le métropolitain électrique de Kansas City.............143
- Le chemin de fer électrique de la Valteline .... 158
- Transbordeur électrique pour locomotives...............174
- Effet des courants de haute fréquence sur la résistance électrique..................................... 191
- Télégraphe (ransafricam du Cap au Caire................191
- Les communications téléphoniques dans les divers
- pays................................................367
- Le cinquantenaire de la télégraphie sous-marine. . 582
- Les machines électriques d’extraction des mines de Comstock...............................................399
- Photograp II le.
- Photographie en ballon (Albert Tissandier)............. 51
- Photographie, tirage des épreuves positives à la Minerve (G. M.)................................................ 75
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- 440
- TABLE DES MATIÈRES.
- Nouveautés photographiques, le sinnox Lcsucur, le jian-koras Dueom, le pliant Rom-Martin, l’appareil Fettcr
- (G. Mareschal)....................................
- Chambre photographique monstrueuse (1*. de Mériel . Nouveauté photographique, jumelle universelle Rellieni
- (G. Mareschal).....................................
- La chronopholograplne el les sports athlétiques . .
- Chimie générale,
- La germination dans l’eau distillée (E. Demodssy). . . . Échantillon d’eau pour analyse (l)r F. Malméjac) . .
- Le sélecteur David et la métallurgie du cuivre (P. de. M.).
- Céruse et blanc de zinc (J.-F. Gau,)................
- Superphosphates azotés et superphosphates annualisés
- (A. H............................................
- Fabrication de l’huile d’aiguilles de pin (P. de Mériel).
- Séparateur de gaz (J.-F. Galls...................
- Une curieuse exploitation saline aux Etats-Unis (P. de
- Mériel)..........................................
- Le papier de bois américain en France..............
- Fixation de l’hydrogène sur les carbures d'hydrogène...............................................
- L’oxyde de carbone du sang..........................
- Propriétés du Niobium...............................
- Fabrication industrielle de l'acide sulfureux pur. .
- Epuration de l’hydrogène des ballons................
- Propriétés chimiques des diverses parties des plantes. Les métaux considérés comme des combustibles. . .
- L’antimoine dans l'organisme...................
- L’acide sulfurique de l’atmosphère..................
- Le mercure dans le monde...........................
- Théories sur l’origine du pétrole..................
- Les recherches chimiques dans les différents pays .
- Un nouvel emploi des gargoulettes..................
- Propriétés chimiques des radiations du radium. . . Le mécanisme du développement du principe odorant
- de la vanille....................................
- Action chimique des radiations du radium...........
- Tentative de préparation de l’ammonium . . 585,
- Manipulations et propriétés des gaz- liquéfiés. . . . Préparation du baryum pur..........................
- Météorologie — Physique du globe Géologie. — minéralogie.
- L’exploitation du nickel au Canada.....................
- Étude géologique en Australie occidentale (Jules Garnier). Près du Mont-Blanc, le climat de Bonneville et des environs (Omer Jüllien)....................................
- Les lacs-réservoirs des Pyrénées (Georges Caye) ....
- Une mine de lithine en France (L. de Launay)...........
- Phénomènes géologiques actuels sur la côte ouest de Madagascar (Dr P R Joly).................................
- I/orage du 29 mai 1901 à Paris (Joseph Jaubert). . . Baromètre et préparations culinaires (Henri de Parville). Dépression à rubans de grain (E. Durand Gréville) . .
- Les volcans géologues (A. de Lapparent)................
- Encore le Furcil (Ch. Ed. Guillaume)...................
- L’aiguille aimantée et la prévision du temps (J. Derôme). Des sources sous-marines d’eau douce (Ficatier). . . . Formation de nappes de glace sous l’influence de la chaleur dans les volcans d’Auvergne (Ph. Glangeaud).
- Le Kilimandjaro (E. A. M.).............................
- La fossilisation de 1 impondérable (A. de Lapparent). .
- Les aurores polaires (Henri Stassano)..................
- Gravures préhistoriques de l’époque paléolithique sur les
- parois d’une grotte (X.).............................
- Halo solaire, observé le 15 septembre 1901 à Châteaudun
- (Em. Roger)..........................................
- Signaux optiques de Buffalo à Toronto (Flamel). . . . Les mines d’argent d’Aspen au Colorado (L. de Launay).
- 100
- 00.4
- 250
- 583
- 19
- 70
- 181
- 278
- 290
- 505
- 527
- 548
- 15
- 51
- 47
- 95
- 111
- 251
- 2*7
- 287
- 505
- 518
- 519 550 56 j 367 567
- Grotte pa’éolitbique, à figures peintes sur ".les parois (X). 510
- La vitesse de l’air à différentes hauteurs (G. G.) . . . 514
- Dessèchement du Zuiderzce (P. Larktî....................551
- L éclair en boule (Maiuus Oito)......................5fil
- N anations de longueur des glaciers dans les régions arctiques et boréales (L. Paraixs)............... 571
- Les deux soleils (11. de P.). . !....................449
- Electricité atmosphérique et décroissance de température
- dans la verticale P. C(eurdkvaciie'..................427
- De la prévision du temps................................. 30
- Géologie de l'Amérique du Sud. ........................ 31
- Service télégraphique au temps................................ 46
- Le climat de Quito...................................... 47
- Le tonnerre en boule.................................... 79
- Le sous-sol de la place de l'IIôlel-de-Viilc............ 94
- Vitesse des nuages...................................... 95
- Le terrain bouillir dans le nord de l’Afrique . . . 95
- Éléments magnétiques anciens............................127
- L'éclair en boule........................................142
- Percement du Simplon.....................................158
- Température de l'Océan.................................158
- Le congrès international de géologie.....................159
- Observatoire des Açores................................ 174
- Le carbonifère algérien.................................175
- La pierre de Brompton Faits.............................191
- Le plateau central pendant les temps géologiques . 207
- Le cheval fossile......................................271
- Dessins de l’époque paléolithique.......................287
- Les dessins de la grotte de la Mouthe.........................503
- Le nouvel observatoire magnétique américain . . . 550
- Découverte d'un gisement de fossiles....................351
- La protection des ruines des Gliff-Dwellers américains. 366
- Une aurore boréale......................................582
- Les pierres précieuses en Australie.....................585
- Physiologie. — médecine. — llyglénc.
- 567
- 383
- 415
- 399
- 431
- 25 23
- 26 35 43
- 54
- 59
- 86
- 91
- 99
- 110
- 122
- 155
- 17
- 179
- 210
- 235
- 8^
- 294
- 295 300 307
- La musicolhérapie appliquée à l’anesthésie provoquée
- (Dr Capitan)........................................ 5
- Procédés d’épuration domestique des eaux de boisson
- (Edmond Ronjean)....................................... (5
- Les variations de la taille (Georges Vitoux).......... 18
- Coefficient de vigueur (Henri de Parville) ...... 58
- La polydactylie et son interprétation (Dr Capitan) ... 51
- La flore microbienne du corps humain (G. G.) . . . . 103
- Le lavage aseptique du linge (Dr Z)...................117
- Les agents physiques et la vie des bactéries (G. G.) . . 118
- Empoisonnements par les infusions (Dr A. Cartaz). . . 125
- Notre oreille (Henri Coupix).............................158
- Médecine arabe (Dr F. Malméjac)..........................251
- Les eaux minérales (Henri de Parville)...................250
- L’allotropie thérapeutique (E. Varenne)..................547
- Action physiologique de l’eau de mer sur les poissons
- d’eau douce (A. Larbalétrier)..........................354
- La circulation de la vie (N. Vaschide)................370
- Pharmacie arabe (Dr F. Malméjac).........................578
- L’hypnose chez les grenouilles (N. Tascuidk)..........585
- Les venins chez les batraciens (Dr L. Laloy) .... 591
- La calvitie (Dr A. Cartaz)...............................402
- Le venin des serpents et le sérum anlivenimeux (Dr Cai,-
- mette).................................................403
- Action physiologique du radium........................... 31
- Effets physiologiques de la lécithine............. 63, 287
- .Appareil pour la respiration dans un milieu délétère. 03
- Séjour dans un milieu irrespirable.................... 79
- liolc de l'iode dans l’organisme......................... 79
- Nouveau procédé d'anesthésie locale...................... 79
- Mécanisme de l’hérédité.................................. 95
- La résistance des cellules au froid...................111
- Action des courants sur les microbes.................... 127
- La vie dans un milieu délétère...........................127
- La prostate et les réflexes urinaires....................175
- Traitement du psoriasis..................................207
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-
-
-
- TABLE DES MATIÈRES.
- 441
- Le paludisme dans la région de Constantim. . . 255
- Action de la température sur l'évolution de la tuber-
- culose............................................555
- L’air du Métropolitain.............................. 5GG
- Les bulbes de jacinthes et les maux d’yeux...........5GG
- La médecine par pigeon-voyageur......................582
- Télégrammes médicaux par pigeons.....................415
- L'influence de l’usage du vin sur l'évolution de la
- tuberculose.......................................415
- Traitement de la surdité.............................451
- Mécanique. — Art «le l'in^enicur. Construction.
- Excavateur en fouille île la Société A -F. Sniuldcrs
- (Georges Caye).......................-..............
- tin régulateur de graissage (Gaston Duqüenoy). - . . . Los bizarreries des accidents de chemin de fer (Pierre
- de Méiuel)..........................................
- Machine à composer « La Monotype » (G. Marksciiai.) . .
- Les grands wagons américains (Fade Aijié)..............
- La traction mécanique à Paris (J. L.)..................
- Recherche du pétrole en France (A. Ciiarlon)...........
- La courroie transporteuse Robins (Georges Caye) .... Machine-outil pour douilles de porte-plume.et de. porte-
- crayon (J. L.) .....................................
- Le sw'ilchbaclc railway................................
- La puissance hydraulique du Canada (Delauney) ....
- Scie circulaire à inclinaison variable (F. IL).........
- Une voiluretle mécanique en 1800 (IL de G.)............
- Les motocyclettes (II. de Graffigxy)...................
- Les trains Sprague (A. da Ccniia)......................
- Nouveau terrassier mécanique (Daniel Reflet)...........
- Nouveau carburateur ;J.-E.)............................
- Une petite locomotive à pétrole (1). R.)...............
- Compression directe de l’air par les chutes d’eau
- (1). Reçois)..............................., . . .
- Eclatement des canons de fusils de chasse (Joseph Neyret).
- Fompc à l’alcool (R. D.)...............................
- L’aérai ion des tunnels (J. Laffargue).................
- Bicyclettes à deux développements (G. Mares)...........
- Les forces hydrauliques en France......................
- Automobile de boulangerie militaire (L1 colonel DELAUNEY) ...............................................
- Enclenchements économiques dans les petites gares de
- chemins de fer (Facl Aimé)..........................
- Chaudières et machines à vapeur (J. L.)................
- Concours de freins pour bicyclettes (J.-F. G.).........
- Un chemin de fer paysan (Daniel Bellet)................
- Générateurs Richmond (T. Obalski)......................
- Embarquement mécanique des charbons des mines de
- Maries (A. da Cuxiia)...............................
- Réfrigérants à cheminée (Georges Caye).................
- Générateur à vapeur d’étlier (Henry de Graffigxy). . .
- Loin des voies ferrées (Antoine de Sa porta)...........
- Les locomotives à air comprimé de la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest (A. da Cüniia). ......
- Elévateur à céréales (I). B.)..........................
- Berceuse à air comprimé (J. Morat).....................
- Les derniers progrès de la métallurgie de l’acier (Face
- 17
- 28
- 5G
- 68
- 74
- 81
- 85
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- 559
- Aimé)...................................................562
- Voilures automobiles pour chemin de fer (Face Aimé). . 575
- Les trains Thomson-Houston à unités motrices nntlliples
- (A. Eetambe)............................................576
- L’exploitation du Métropolitain parisien (D. B.) . . . . 578
- L’alcool moteur (Lucien Périsse)..........................586
- Les pavages en bois de la ville de Paris (A. da Ccniia). . 596
- Ascenseur pour canaux (Daniel Bellet).....................491
- Les nouvelles dragues de la Seine maritime Daniel Bei.i.et............................................... 420
- Le danger des plombs fusibles de chaudières. ... 14
- La composition du mortier romain. . ..............*14
- Un nouveau lubrifiant............................. 15
- Un laminoir monstre,.....................»... 15
- Chaudière solaire. ............................. 50
- Essais de combustible liquide................... 62
- Les moteurs à gaz des hauts fourneaux........... 78
- Le charbon du cap Breton........................ 78
- Les premiers chemins de fer..................... 94
- La consommation de charbon et la vitesse........110
- La plus longue ligne de tramways du monde .... 110
- Un remblai de chemin de fer en travers d’un cours
- d'eau..........................................145
- Un grand pont en béton armé.....................158
- Machine à vapeur d’acide sulfureux................286
- Les moteurs à gai comme machines marines. . . . 502
- Les avantages du chauffage au combustible pulvérisé 302
- Chemins de fer à bon marché.......................502
- Un train de wagons-restaurants....................303
- Le tunnel sous-marin d'Ecosse en Irlande..........318
- Le chemin de fer du Klondyke......................351
- Coût des irrigations dans l’Inde..................367
- Le Port de Parts..................................582
- Les premiers fers laminés....................... 415
- Traverses de chemins de fer en hêtre créosolé. . . . 415 Le Transsibérien..................................430
- Sciences naturelles. — Zoologie.
- Botanique. — Paléontologie.
- Les reptiles au Muséum d’hisloire naturelle (Henri
- Bruyère)............................................. 1
- Un ennemi du café du Koudou (E. Fi.eutiaux).............. 4
- L’origine de l’instinct du coucou ;IF L. I.aloy) .... 10
- Les maladies des oranges (F. de M.)...................... 15
- Le tef d Abyssinie (Balland)............................... 19
- La germination dans l’eau dislillée (E. Demovssy). . . . 19
- Destruction des fourmis (Dr F. Malméjac)................... 42
- La nouvelle salle d’entomologie appliquée du Muséum
- d’histoire naturelle (A.-L. Clément)................. 71
- Coléoptères intelligents (Henri Couun)..................... 82
- Le ecratodus (Henri Bruyère)............................... 89
- Les arbres remarquables (J. Lerois)........................ 95
- Les associations animales (épizoanthe et pagure) (IF Loi t;
- Houle)................................................. 97
- Une curieuse fougère (Albert Macmenk)..................... 113
- La maladie des jeum-s chiens (IL de F.).................. 114
- La viande de cheval et la nourriture du chien (II. de F.) 159
- Plantes nouvelles du Congo (Albert Malmené) .... 136
- Les mœurs cynégétiques du monde aquatique (V. Bran-
- dicoirt)......................•........................147
- La conservation des Heurs coupées (Albert Malmené). . 150
- Les moutons transhumants (J. Corgelle)............... . 154
- Les coléoptères routeurs de feuilles (Henri Coupin). . . 161
- Un acaricn omnivore (Henri Cobpin).........................197
- Nouveaux reptiles au Muséum (Henri Bruyère) .... 202
- Une colonie d’abeilles au Jardin des Plantes (À. L. Clément) ............................................ 204, 501
- Les insectes admirent-ils les couleurs des Heurs? (Henri
- Coupin)..............................................221
- Sur la respiration chlorophyllienne des spirogyra (N. Gré-
- iiaxt)...............................................229
- Pluie de fourmis.......................................... 230
- Les vaches tuberculeuses (J.-F. G )......................242
- Soins donnés aux jeunes par les poissons (IF L. Laloy) . 244
- Une curiosité végétale, la résistance du Lois de cè ire (F.
- de M.)...............................................269
- Le bouturage en arcade et à l’envers (Albert Malmené). 275
- L’anatomie des plantes (Victor de Clèves)................292
- La chasse à la baleine à l’arbalète (Charles Bar.t). . . 512
- Culture et production de la coca en Bolivie (IL). . . . 518
- Les poissons russes (Victor de Clèves)...................520
- Le champignon des maisons (Henri Coupin)...................530
- Papillons et température (J.-F. G.)......................351
- Le bibassier (J. Poisson)................................537
- L’éthérisation des plantes en culture forcée (Albert Malmené) ..................................................554
- La pèche des éponges (Henri Coupin).................. 558
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-
-
-
- TABLE DES MATIÈRES.
- Ui
- Le colchique (V. Brandicourt).........................574
- Le pelage blanc «les animaux arctiques (J. C.)........579
- L’okapi (M. Boule)....................................388
- La persicaire du Japon (J. Poisson;...................410
- Fruits et graines bizarres (V. Braxdicouht)...........422
- Formation de pseudo-cellules.......................... 63
- Caractères anatomiques des différentes parties du
- bouton de fleur..................................... 63
- Culture d’algue verte dans l'obscurité................ 95
- Le renne dans les forêts de l’Europe centrale. ... 110
- Wagons-aquariums.......................................HO
- Les micro-organismes lumineux de l’eau de mer . . J11
- La Société d'histoire naturelle d’Autun...............175
- Sexuation des vers à soie..................... 207, 225
- Lite maladie des pommes de terre......................223
- L’insecte des ormes...................................255
- Un nouveau quadrupède.................................270
- La destruction des pgrales............................271
- L'évolution dentaire chez les animaux et les dents
- humaines............................................303
- Kunguroos inséparables................................319
- L’origine des fleurs doubles..........................319
- Découverte d’hémogrégarine chez les poissons. . . . 535
- Motlification spontanée des races.....................335
- L’alose eu Amérique. 7................................360
- Etat du carbone fixé par les plantes 383
- La chasse à la baleine en Islande.....................414
- Comparaison de l'helladolherium et de l’okapi. . . 431
- Géographie. — Voyages d’exploration.
- Les surnoms des Européens en Souahéli (Henri Deiiérain) 65
- Le port de Bizerte et les pêcheries (G. Espitall’ier). . 131
- Nouvelles percées des Alpes orientales (E. A. M.). . . 179
- Le problème géographique de la frontière du Chili et de
- l’Argentine (E.-A. Martel).............................522
- Les expéditions antarctiques allemandes et anglaises
- (Charles Rabot)........................................342
- Le canal traïucuropécn................................... 127
- Au pôle Sord..............................................174
- Une rivière souterraine...................................297
- Exploration au pôle Sud...................................222
- La plus petite île de l’océan Atlantique..................271
- Le canon de campagne Ehrardt en essai dans l’armée
- allemande (L*-Coli<nel Dei.auney).................257
- Le nouveau canon américain (P. de M.)................281
- Nouveau dispositif d’ancrage (Daniel Bellkt).........295
- Canon de campagne à tir rapide, modèle 1901, de la
- maison Krupp (L'-colonu, Delauney)................553
- L’artillerie eveli le (L'-colonel Dei.auney).........572
- Les voiliers (G.-G.) ................................426
- Le plus grand dock fin tant..........................142
- Un grand port de flottage............................158
- Nos nouveaux sous-marins............................. 175
- Le tonnage des paquebots transatlantiques............191
- Progrès dans l architecture navale...................254
- Les travaux d’amélioration de l’embouchure de VA- ,
- dour..............................................255
- Le fusil de guerre chinois...........................502
- Les nouveaux cuirasses italiens......................335
- Le « Piincc Edouard »................................351
- L’é.entait sirocco...................................566
- Le six-mâts air^main a George-Wells »................582
- Les loueurs à turbine« sur le Mein...................582
- Torpilleur à combmtil le liquide.....................398
- Aéronautique.
- Le ballon « Santos-Dumont » II. de P.)...............120
- Le dirigeable de M. Santos-Dumont iG. Espitallier;. . 182
- I/aviateur de M. Roze (G. Espitaliieii..................274
- Le grand prix de l'aéronautique (J C.)..................509
- Expériences d’aéronautique maritime 'Henri Hervé . . 391
- Concours d’aviation (N. Diniza).........................451
- Les ballons dirigeables............................... 158
- Ballon dirigeable fleuri Deutsch........................158
- Le Santos-Dumont n° 0...................................190
- L’aviateur ftoze........................................190
- Les dirigeables et la sécurité publique.................191
- Projets de M. Santos-Dumont.............................598
- Le concours des aviateurs. 414
- Ascensions scientifiques................................431
- Notices nécrologiques. Histoire de la Science.
- Anthropologie. — Ethnographie. Sciences préhistoriques.
- Le musée archéologique de Vieil (Catalogne) (E. A. Mar-
- tel)...................................................227
- Au pays des Mozabites (L. Jacquot).....................531
- L’or des tombeaux égyptiens............................ 31
- Découverte d’une ancienne hiosaïquc à Jérusalem. . 79 Origine et coutumes des Australiens aborigènes. . . 142
- Les fouilles de Nippur en BabyIonie....................159
- Découverte de dessins préhistoriques...................271
- Art militaire. — Marine. — Guerre.
- Une lettre inédite de Yauban (Albert de Rochas) . ... 42
- Un arbre de vingt-deux siècles (Henri de Pakwlle). . . 127
- La statue de Clicvreul au Muséum d'histoire naturelle
- (A.-L. Clément)........................................ 145
- Henri de Lacazc-Dut hiers (Henri de Parvii.le)..............159
- -Le prince Henri d’Orléans (11. de P.)......................190
- A. E. Nordenskiold (Charles Radot)..........................200
- Amiral de Fauque de Jonquièrcs..............................207
- Ilokousaï, artiste japonais, peintre naturaliste (Louis
- Roule)..................................................225
- Le centenaire du gaz (T. Odalski)...........................202
- Philippe Lebon d’Ilumbcrsin, inventeur du gaz (Albert
- Gaudry).................................................306
- Le jubilé scientifique de M. Berlhelot (Henri de Par-ville) ..................................................417
- Organisation militaire des chemins de fer anglais
- .D.L.)..............................................
- Les navires les plus rapides (D.)......................
- Le canon à tir rapide de 1792 (L'-colonel Delauney). . Affût de bord à éclipse pour canon automatique de
- 57 millimètres (L'-colonel Delauney)................
- Traversée d’une rivière par un régiment d’infanterie
- (À. da Cünha).......................................;
- Le Naulilus (Le premier bateau sous-marin) (T. Obalski;.
- Le yacht à voiles moderne (Daniel Berlet)..............
- Embarcadères maritimes cantilever (D. B.)..............
- 11
- 14
- 19
- 129
- 187
- 193
- 212
- 243
- Sociétés savantes. — Congrès et associations scientifiques. — Expositions.
- Séances hebdomadaires de l’Académie des sciences 15, 51, 47,63, 79,95. 111, 127, 143, 159, 175, 191,207, 223, 239, 255, 271, 287, 503, 519, 555, 551, 507,
- 583, 599, 415, 431................................
- Les expositions flottantes (G. G.)...................
- L’Exposition des chrysanthèmes (R. D.)...............
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-
-
-
- TABLE DES MATIÈRES.
- 445
- Agriculture. — Acclimatation. Pisciculture.
- Emploi des coquilles d’œufs dans l'alimentation du
- bétail (Ai.bert Larbalétrier)....................... 22
- Races bovines anglaises et françaises (Paul difflotii). • 00
- I.a mouture du blé (Albert Vilcoq). ................... 00
- L’ensilage des fourrages (Albert Vilcoq).................. 87
- l.’odeur de foins, la flouve et la coumarinc (Albert Lar-
- baléirier)............................................. 154
- Le vin et les vinasses comme engrais (Flamel)..........214
- Les œufs et le beurre à Paris (Alfred Anette' . ... 218
- Tavelures et crevasses des poires (A. Yideau-Perrière) . 220
- La datte sans noyau (Henri Coupin)................ 247
- L’euphorimétrie (Luch-n Cornet)...........................200
- La race bovine de Jersey (A. Larbalétrier).............297
- Un hôpital pour les blés malades (Pierre de Mériel). . 500
- La végétation du lupin en sols calcaires (H. Dumont;. . 515
- Remarques sur le choix des semences (E. Henriot). . . 411
- Les arbres fruitiers et les abeilles...................... 15
- Agriculture à la caserne..................................225
- Les annales de l'École d'agriculture de Montpellier. 259 Origine de l'amidon dans le blé...........................599
- Variétés. — Statistiques. — Généralités.
- Les animaux et le mobilier (L. Genty).................. 12
- Les pipes minuscules de Gouda (Delaü'ey)............... 10
- Piste vélocipédique aérienne (D. Bellet)............... 45
- Un nouvel engin de sauvetage (G. Paimparey............. 47
- L’espcranto, langue internationale (Georges Guérollt). 50
- L’exposition de l’enfance (A. da Cunha)................ 05
- Les vignettes de recommandation (D.)................... 77
- Correspondance.......................................... 94
- Les asphaltes de Pont-du-Cbàlcau (L. de Launay). . . 10)
- Appareil d’irrigation indien (D‘ H. Sicard]............ 111
- L’industrie de l’acajou à Cuba (P. de M.)..............115
- Le journal téléphoné de Budapest (Jacques Boyer) . . . 124
- Phonographes et tciégraphones (G. G.)..................157
- Les collections de Baye au musée Guimct R. Mont-
- clavel)............................................... 10.»
- L’industrie minière en 1900 à Madagascar (J.-F. G.). . 100
- Collecteur de poussières (D. IL;.......................175
- Le coq gaulois (Henri Coupin)..........................258
- Roches à figures animées (M. N.)..........................240
- Les nouvelles montagnes russes (G. Chalmarès) .... 255
- Production du caoutchouc (R. S.)..........................271
- Le nain Puceto des îles Philippines (L. GenIV;.........272
- La philatélie inconnue (D. L. N.)......................279
- La science au Japon (Jacques Boyer).......................284
- Le baril, gymnastique américaine (L. Gentv)...............287
- Le plus grand hôtel du monde (L. Genty)................291
- Règle, à calcul circulaire (L. Iîer).................298
- Un ingénieux soufllet de forge (A. Crush)...........505
- Les fouets de la Jamaïque (Albert Tissandieh).......505
- Une ville de maisons roulantes (D. B.)..............520
- Les porte-montre (Mathieu Planciion)..................527
- L’impériale des omnibus (D.)..........................554
- Appareil à tracer les courbes (I). B.)..............5o2
- Bibliothèque à supports coulissants (G. Chalmarès). . . 505
- Une automobile lilliputienne (J). Lebois).............508
- La population des Etats-Unis..........................578
- La consommation du charbon en France (T. Obalski). 579 Les voies de communication dans la Guinée française
- (D, IL)..........................................595
- Le sable et ses mèfaits'(P. de Mériel)..............400
- Le roi des géants (L. Genty)........................415
- Les horloges publiques (Jean Vézy)....................429
- Le prix des médicaments................................ 50
- L'horloge monumentale de VIIûtel de ville de Philadelphie .............................................. 40
- Un trésor archéoloi/ique au fond de la mer.......... 40
- Le dernier recensement en Allemagne.................... 40
- L'heure dans le monde.................................. 02
- Les étrangers en France................................MO
- L'alimentation parisienne en 1900..................... 127
- Un bouguet monstre.....................................1>4
- Les noms de cités aux États-Unis.......................174
- Le sel marin et la longévité........................174
- Le service d'incendie d'une compagnie gazière. . . 175
- Le transport des cycles en chemin de fer............175
- Le trafic d'une gare à Londres.........................175
- Le recensement de 1901................................ 222
- Un escalier de six mille marches....................239
- La distribution du lait stérilisé à Lyon............2o9
- Les biches du bois de Boulogne.........................259
- La reliure des livres..................................270
- Les races nègre et autochtone aux États-Unis. . 270
- « House-boais » cottage à vapeur.......................270
- Cinq générations.......................................270
- Un curieux h avait d'irrigation aux Hawaï..............271
- Transmission rapide de "dépêches.......................271
- L’acétylène et la télégraphie optique..................286
- La mensuration des vagues..............................286
- Palplanclies en béton armé............................<>02
- La valeur du charbon américain.........................305
- La mortalité chez les lloers..........................<)18
- Un réservoir monstre...................................318
- Le vin artificiel......................................519
- La brique du Canada...................................519
- La production du pétrole dans le monde.................319
- Une ville qui disparaît................................534
- Bains municipaux à Gand................................551
- L’or de l'Alaska.......................................366
- Soulèvement d'une maison de sept étages................367
- Longueur totale des chemins de fer du monde. . . . 583
- Un village de sculpteurs.............................. 399
- FIA 1>ES TABLES
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- ERRATA
- Page 4, col. I, titre de l’article. Au heu de : Konibon.
- Il faut : Kouïlou.
- Page 22, col. 1, ligne 22. Au lieu de : tous les ans.
- II faut ; tous les jours.
- Page 215, col. 1, ligne 55. Au lieu de : en 1895.
- Il faut : en juillet 1892.
- Page 215, légende de la lig. 2. Au lieu de : Poche incubatricc
- du mâle.
- Il faut : Hippocampe. Poche ineubatrice du mâle.
- Page 249, col. 1, légende de la lig. 5. Au lieu de : coupe d’embryon.
- Il faut : a, embryon; b, pédicule; c, d, vaisseaux nourriciers. Page 295, légende de la lig. 2. Au lieu de : 1. Alternateur Aliolli. — 5. Alternateur Zipernowsky.
- Il faut : 1. Alternateur Zipernowsky. — 3. Alternateur Alioth.
- Page 540, col. 2, lignes 57, 09, 02. Au lieu de : Sarzeau, Morbihan, Yannes.
- Il faut : Crozon, Finistère, Châteaulin.
- «
- l’ai is
- Imprimerie Lmu be, rue de Fieu rus, 9.
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-
-
- M. J. LAFF ARGUE, secrétaire de la" rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —g— L’Exposdidn générale annuelle d’Horticulture a ouvert ses portes le mercredi 29 mai. L’Exposition s’est tenue, comme les années précédentes, dans le Jardin des Tuileries. Elle est en ce moment en plein succès.
- —g— An Jardin des Plantes s’est ouverte lundi une exposition des plantes utiles des colonies. C’est la première tentative faite en -ce genre. Elle se tient dans la grande serre, appelée le « Jardin -d'hiver w. Cinq cenls spécimens environ y sont exposés, venus de tous lois coins du monde : d’Amérique et d’Afrique, de Chine et d’Indo-Chine, de Nouvelle-Calédonie et des îles océaniques. Il y a d’abord les plantes alimentaires : le vanilier aux énormes gousses, le caféier, le cacaoyer, l’igname, l’abricotier de Saint-Domingue, le faro, le manioc, et aussi, originaire du Soudan, un tubercule au nom étrange, Fossounifieng, qui remplace avantageusement la pomme de terre dans les pavs chauds. Il y a encore les plantes et arbres industriels, le < loutcfioue d'Amérique, l’ébène, l’acajou, le bois de fer, le palissandre, tous représentés naturellement par de graciles et menus arbrisseaux. Et ce sont aussi les plantes à parfum, l’odorant patchouli, le baume de Jamaïque, le ylang-ylang, le corvlopsis du Japon, etc.
- —g— Les jésuites de la mission de Shanghaï viennent de construire un observatoire astronomique au sommet de la colline de Zo-Cé. C’est le complément, depuis longtemps désiré, de l'observatoire météorologique de Zi-Ka-YYei, prés Sanghaï. Le Père Chevallier, qui, avec le concours du Père de Beaurepaire, ancien élève de l’Ecole polytechnique, dirigera la nouvelle fondation, recevait, il y a quelques jours, de la Société de Géographie, le prix Logerot (médaille d ur), pour son magnifique atlas du Yang Tsé. Les deux observatoires, éloignés l'un de l'autre d’environ 50 kilomètres, seront bientôt reliés par le télégraphe sans fil et on peut attendre de ces centres scientifiques les plus heureux résultats.
- —g)— Il n’est jamais superllu de rappeler les prescriptions pour la protection des petits oiseaux utiles à l’agriculture. Cette question a été récemment étudiée par deux congrès agricoles internationaux, réunis à Paris en 1889 et à la Haye en 1891. A la suite de tes congrès, le gouvernement français prit, en 1893, l'initiative de la réunion d’une conférence destinée à préparer un accord international pour la protection des oiseaux utiles et pour ht destruction des oiseaux nuisibles. Cette conférence s'est ouverte à Paris le 25 juin 1895. Onze états adhérèrent à la convention quelle proposa : l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie, la Belgique, l’Espagne, la France, la Grèce, le Luxembourg, Monaco, le Portugal, la Suède et la Suisse. M. Méline, président de la commission internationale d’agriculture, vient d’adresser aux sociétés d’agriculture une lettre, pour leur rappeler que la convention est sur le point d’être signée par les Etats adhé-reuts. M. Méline ajoute que si déjà onze Etats se sont ralliés à un même texte, un accord de tous les Etats sans exception n’est pas irréalisable et que c'est aux sociétés d’agriculture, dans ceux qui n'ont pas encore adhéré à la convention, que revient la tâche de rappeler la nécessité absolue de protéger les oiseaux.
- —g— L’éclairage de la côte de Faraman, dans les Bouches-du-Rhône, va être amélior é bref délai. Les études pour les modifications nécessaires viennent d’être terminées et l’on va commencer la construction d’un phare à 650 mètres de la balise actuelle au sud de Montilles. Le nouveau phare sera placé à vingt-six mètres au-dessus des basses eaux; il sera muni, en outre, d’un appareil sonore de brume produisant des détonations toutes les cinq minutes. Les éclats seront rouges et ne pourront pas être confondus avec ceux de Faraman qui sont blancs et verts. La dépense s’élèvera à 251 700 fr-
- —g)— Tremblements de terre. En Italie, à Coni, le 25, à 4h 59m ; à Turin, même heure. En Espagne, à Motril, province de Grenade,
- le 25, à 3h25m; grande panique et renversement de murs; pas de victimes. A Puebla Alcoeer, province de Badajoz, tempête violente avec inondations.
- —g— On annonce une violente éruption du volcan Kloet (ou Kaloet), situé à la limite des résidences de Kediri et de Pasoeroean (Indes Néerlandaises). Le volcan lance des torrents de cendre et de boue sur toute la partie orientale de Java, c’est-à-dire sur les résidences de Kediri, Madioen, Soerakarta, Djokjakarta, Kedoe et Sema-rang. Dans le cours du dernier siècle, on a déjà eu à enregistrer six fortes éruptions du Kloet, qui ont dévasté une partie assez considérable de 1 île, depuis couverte de lave et absolument improductive. La dernière éruption, en 1875, a fort éprouvé le district de Blitar, détruit beaucoup de plantations et fait périr une partie du bétail et de la population.
- —g— Le service des ambulances municipales est très rapide, mais encore insuffisamment. Le temps gagné pour le transport des malades ou blessés est presque toujours d'une grande importance sur l'issue du traitement ou des opérations. Notre confère Le Vélo annonce qu’on vient de mettre à l’étude la substitution de la traction automobile à la traction animale pour les ambulances. Des essais vont être faits; seuls les frais que coûteront ces expériences pourront retarder l’application de cette utile amélioration. L’Assistance publique doit introduire devant le conseil municipal deux mémoires, 1 un demandant la transformation totale, l’autre la transforma tiod partielle, c’est-à-dire au fur et à mesure de la mise à la réforme des voitures attelées. Si les essais réussissent, l'administration de l’Assistance publique demandera au conseil municipal de ne créer que des ambulances automobiles chaque fois que l’on devra en augmenter le nombre.
- —g— Nous connaissions déjà, pour les tramways, la traction animale, la traction à vapeur, à air comprimé; à l’électricité ; les Japonais viennent d'imaginer une nouvelle solution du problème, qui n’est pas très moderne, mais dont on ne fient nier l’originalité, à savoir : la traction humaine. Definis quelque temps il circule entre Atami et Yosihoma, deux villes assez importantes du littoral de la province Izie. un tramway sur rails qui est. traîné par deux robustes coolies japonais. Ces derniers tantôt s'attellent dans les brancards, tantôt poussent le véhicule par-derrière; s’accrochant parfois aux marchepieds dans les descentes, ce qui ne manque fias de .causer quelque émoi aux voyageurs lancés à toute vitesse sur une voie que rien ne garde. La ligne, dont la longueur est de douze kilomètres, ne comporte, ni stations ni relais intermédiaires. Le trajet total s’effectue en deux heures.
- —g— Notre collaborateur, M. le Dr Capitan. professeur à l’Ecole d’Anthropologie, fera le dimanche 2 juin 1901, une excursion à Villeneuve-Saint-Georges (Foyers néolithiques de l’époque du Bronze) et à Draveil (Sablières” quartenaires ayant fourni également des objets néolithiques, de l’époque de bronze, gallo-romains et mérovingiens). Rendez-vous gare de Lyon. 11h 45.
- —g— L'Écho de Madagascar, de Tahanarive, publie une dépêche d’Ambositra, 8 avril, d'après laquelle une pépite pesant 57 kilogrammes aurait été trouvée à Sahafaka. Après épuration, la valeur approximative en serait de 150000 francs.
- —g— La Société des Agriculteurs de France organise pour le 19 juin prochain une exposition publique de lampes à alcool françaises avec conférence explicative des résultats photométriques obtenus et des consommations. Four ce premier concours il ne sera pas établi de classement proprement dit avec primes ou médailles, la Société tient surtout à montrer aux inventeurs ou constructeurs qu’elle veut encourager les emplois de l’alcool en leur permettant une vérification facile et officielle de la valeur de leurs .appareils.
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- Adresses relatives aux appareils décrits. — L’inven-four du tendeur d’attelage à double articulation, que nous avons décrit dans le n° 1440, du 9 février 1901, p. 195, est M. L. Chaînon, 23, rue des Fêtes, à Paris. — Filtres d’épura-lion domestique : silica de M. Ilowatson, 88, avenue de N eu il 1 y (Xeuilly-sur-Seine) ; au saprodapt de M. Tillieux, 55, rue Taitbout; stérilisateur Lepage, 107, rue de la Convention; Eden-Filtre de MM. Grandjean et Prevet, 30, faubourg Poissonnière; filti'e pasteurisant de MM. Dame, Pottevin et Piat, 160, rue Oberkampf ; liltre chimique de MM. Lapeyrère, Delsol et Fillard, à Coulominiers (Seine-et-Marne); filtre Lutèce, de M. Trouette, rue des Immeubles-Industriels, Paris.
- Communications. — M. Jane Van den Broed, au château de Rutt, à propos des procédés pour la destruction des pucerons lanigères dont nous parlions dans le n° 1400 du 18 mai 1901, p. 594, nous fait connaître le procédé qu’il emploie depuis plusieurs années : « On prend un pinceau à poils raides, on l’imbibe dans du naphte et on piquote les endroits, de l’écorce attaqués, immédiatement les puces sont mortes et, si l’on veut surveiller pendant une saison (tous les huit ou quinze jours), il est certain que l’on en sera débarrassé ou, en tout cas, ils ne feront aucun mal à l’arbre, mais on doit prendre une brosse bien dure, de la sorte on entre bien dans tous les coins et recoins de la partie cancéreuse où ils résident généralement. Un de mes amis s’en est débarrassé ainsi; je n’ai pas eu la même réussite, mon enclos est très grand et il n’y a que de très grands et vieux pommiers qui étaient déjà attaqués bien longtemps avant que je n’ai essayé mon remède. Bien recommander de prendre du naphte (qui s’évapore), pas de pétrole ».
- J/. V. Turquan, à Lyon, à propos de la secousse de tremblement de terre ressentie à Grenoble le 13 mai à 8h21m40s du matin, et que nous avons mentionnée dans notre Chronique météorologique du n° 1461 du 25 mai 1901, nous fait connaître l’intéressante observation suivante : <( A 8h 20 du matin, le 15 mai, j’étais encore au lit (j’étais souffrant) lorsque je me suis senti balancé par une série de petites oscillations très régulières, qui ont duré à peu près 0 secondes. Elles étaient fort sensibles, mais personne ne s’en est aperçu chez moi. Elles paraissaient établies de l’est à l’ouest. Les premières et les dernières oscillations étaient plus faibles que celles du milieu de ce phénomène sismique. J’habite à Lyon (Croix Rousse), à une quinzaine de lieues de Grenoble. Peut-être mon observation aura-t-elle un certain intérêt pour les personnes dont l’attention aurait été attirée par le léger tremblement de terre signalé ».
- M. L. Vanvincq-Reniez, à Bayenghem-les-Eperlecques (Pas-de-Calais), nous a adressé la photographie d’un chrysanthème fleuri en ce moment. C’est un chrysanthème d’automne à pétales incurvés ; la fleur est actuellement parvenue à son complet épanouissement.
- M. Jean d’Agrain, à Dijon, à propos de la visibilité de la Corse vue de Nice, nous écrit : « Il est parfaitement exact qu’il n’est pas besoin de se trouver sur les hauteurs du littoral pour en apercevoir les montagnes. En avril dernier, j’étais en mer sur une embarcation de promenade .et par vent d’est violent, je vis très distinctement les montagnes de Corse se profiler sur l’alignement du cap Ferrât et du château. Nous étions au large du cap de Nice et les marins qui m’accompagnaient, amateurs et gens du pays peuvent affirmer le fait comme certain, l’horizon étant très net et sans aucun nuage, conditions rares avec le vent d’est qui, généralement, amène le mauvais temps. Je crois que l’on peut rapprocher cette vision de celle du Canigou vu de Marseille. Grâce à la réfraction du rayon visuel dans l’atmosphère, on peut voir des points réellement éloignés dont une ligne droite allant de l’œil au but passe au-dessous du niveau de la mer.
- Notre collaborateur M. V. Turquan, à Lyon, à propos de la communication de M. Caziot dans la Boîte-aux-Lettres du n“ 4460 du 18 mai 1901, nous envoie les notes suivantes :
- « Je connaissais le phénomène dont parle M. Caziot, et, de Lyon,, je constate que, un peu avant le lever du soleil, un peu à gauche du Mont Blanc (que je vois trop peu souvent, car à Lyon le brouillard est aussi fréquent qu’à Londres), on peut voir un sommet, celui'du Cervin, que mes calculs ne me permettaient pas de voir et qui se trouve très loin sur le 46e degré de latitude et à 5° 20' E. de Paris. Cela tient à ce que le rayon visuel s’infléchit quelque peu vers la terre, lorsqu’il s’approche de l’horizon, par suite de la réfraction subie par ledit rayon à travers les couches, d’air qu’il frappe très obliquement. Par le même phénomène, on voit une étoile se lever plus tôt, que ne l’indique son horaire officiel. Par un phénomène identique, les sorpmets de la Corse émergent de l’horizon au-dessous duquel ils sont en réalité. »
- Un ingénieur éminent, à Beaulieu, nous écrit la lettre suivante : « Un de vos lecteurs pose, dans votre numéro du 18 mai, la question de savoir si de Nice, au niveau de la Promenade des Anglais, on peut apercevoir la Corse. H [tarait certain, d’après de nombreux témoignages dignes de foi, qu’on l’aperçoit effectivement. Si les calculs auxquels s’est livré votre correspondant montrent qu’il n’en est pas ainsi, c’est qu’il a omis de tenir compte de la réfraction atmosphérique qui a pour effet de faire paraître les objets plus élevés qu’ils ne le sont en réalité. D’après les règles adoptées [tour la visibilité dans b* Mémoire du colonel Mangin, les formules employées couramment par le Service de la Guerre sont les suivantes :
- f/=3894y//i et h = 0,066 c/2
- dans lesquelles : d est la distance de l’œil de l’observateur an point de contact de son rayon visuel avec le niveau de la mer, et h la hauteur de l’œil de l’observateur au-dessus de ee même niveau. Nous partirons des chiffres indiqués par votre correspondant pour le Monte-Cinto, savoir : la hauteur de 2707 mètres et une distance de 201km,672, chiffres qui sont exacts. L’application de la première formule donne pour la distance d la valeur de 202km,532 supérieure de 660 mètres à la distance réelle, c’est-à-dire que pour un observateur situé au Monte-Cinto, Nice est visible et même un peu au delà, à partir du niveau de la mer. Si inversement on suppose un observateur à Nice dont l’œil est situé à 8 mètres au-dessus de la mer, son horizon s’étendra à 11 km,020 et d’après la deuxième formule, la hauteur h correspondant à la distance
- 201km,672 — 1 lkm,020 = 190km,652,
- sera de 2407 mètres. La hauteur du Monte-Cinto étant de 2707 mètres, il pourra donc voir 300 mètres de cette montagne à partir du sommet. On peut établir les mêmes calculs pour Beaulieu, localité voisine de Nice. La distance à Monte-Cinto est plus faible, soit 198km,530. La visibilité pour l’observateur de Monte-Cinto s’étend à 4km, 155 au delà de Beaulieu, et l’observateur de Beaulieu, placé à 8 mètres au-dessus du niveau de la mer, découvre 400 mètres du Monte-Cinto. Ainsi, d’après les formules couramment employées, on peut voir de Nice et de Beaulieu une partie de la Corse. Je dois ajouter cependant que la partie que l’on en voit dans des conditions spéciales d’atmosphère, parait très notablement supérieure à ce que donne la formule. Celle-ci suppose, en effet, une valeur moyenne constante pour la réfraction, tandis que l’Annuaire du Bureau des Longitudes donne des valeurs très variables suivant la hauteur apparente de l’objet. Pour une hauteur apparente de 2° la valeur de la réfraction est de 18', tandis que pour l’angle de 4° elle est de 24', et que pour un petit angle de 10' elle s’élève à 52'. L’effet de la réfraction augmente donc rapidement au fur et à mesure de la diminution de la hauteur apparente de l’objet, de sorte qu’en réalité son effet est d’augmenter très notablement la partie vue telle qu’elle résulte de la formule du colonel Mangin et d’exagérer la hauteur des parties inférieures en déformant l’image. Par suite de ces considérations on peut admettre que l’on voit de Nice ou de Beaulieu tous les sommets des montagnes de Corse, situés à moins de 200 km et ayant une cote d’altitude inférieure à celle trouvée plus haut d’environ 2300 mètres, » Tous nos remerciements.
- Renseignements. — M. .4. Le Mée, à bord du Formidable. — Yoici le renseignement que nous avons pu nous procurer auprès de M. A. Brochet : Un équivalent de base alcaline dissous dans 2 litres d’eau donne à 15° pour :
- Soude. Potasse.
- 4 équivalent d’acide carbonique 11,0 calories 11,1 calories 2 — — 20,2 - » 20,4 »
- Voir la suite de la Boite aux lettres page 5 des Nouvelles scientifiques.
- Dans la « Boite aux lettres » la Bédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les reni
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni a insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENT!ROLES.
- BOITE AUX LETTRES (Suite)
- MM. Leullier et Vignal, à Saint-Etienne. — Nous n’avons pas entendu parler de cette nouvelle découverte.
- M. A. Meyer, à Lille. — Nous avons vainement recherché la signification de ces nouveaux noms; nous n’avons rien trouvé.
- M. Py, à Perpignan. — 1° Le microscope est un appareil trop connu pour nécessiter une étude de ce genre. Nous l’avons du reste décrit, et nous avons signalé en temps et lieu toutes ' les nouveautés. — 2° Prière de ne pas oublier d’envoyer la bande du journal, comme le recommande expressément l’avis placé en tète de la Buite-aux-Lettres.
- M. C. V., à V. — Vous pourriez vous adresser à la librairie agricole de la Maison Rustique,-26, rue Jacob, à Paris.
- M. J. Sébert, à Saint-Brieuc. — Il faudrait vous adresser à M. l’archiprètre de l’église russe, 12, rue Daru, à Paris.
- M. E. Stratiyopoulos, à Constantinople. — Il existe un grand nombre d’appareils à produire du gaz qui vous seront utiles. Vous trouverez ces appareils chez MM. Faignot et Duval, 29, rue Baudin, à Levallois-Perret (Seine); chez MM. Gourd et Dubois, 4, rue Bréguet, à Paris; M. Janson, 9, rue de Chà-teaudun, à Paris, fabrique un gazéitîcateur universel, système j Lothannner.
- M. Marcellini, à Nice. — La première Boite-aux-Lettres a paru dans le n° 509 du 5 mai 1879.
- M. A. Jacquin, à Paris. .— Pour-détruire des guêpes et abeilles dans un local où l’on fait cuire des sucreries, le meilleur moyen est d’enduire de miel deux planchettes disposées l’une au-dessus de l’autre et maintenues par une simple baguette. Lorsque les planchettes sont recouvertes de guêpes, on les fait j tomber l’une sur l’autre en tirant la baguette à l’aide d’une ficelle, et on écrase ainsi toutes les guêpes et abeilles.
- M. D. L., à Paris. — Nous vous conseillons de vous adresser pour votre conférence à MM. Radiguet et Massiot, 15, boulevard des Fiiles-du-Calvaire. Cette maison a publié parmi différents livrets une Notice spéciale sur quelques applications de la radiographie et peut vous louer toutes les diapositives pour les projections.
- M. Ch. Guérin, à Caen. — Jusqu’ici le fait que nous avons signalé est un fait expérimental dont la raison reste problématique.
- M. A. Videau, à Bordeaux. — 1° Nous ne pensons pas qu’il se produise un courant électrique par suite d’une pile thermo-électrique. Nous croyons plutôt que l’érosion rapide du condenseur est due à l’attaque de l’eau de mer. — 2° Le tube do cuivre juxtaposé avec la coque de fer formera le couple voltaïque dont vous parlez. Il faudrait peindre la coque en fer juste au point de juxtaposition, et bien surveiller l’état de la peinture.
- M. Seynave-Dubocaye, à Roubaix. —11 faut soumettre votre échantillon à un spécialiste; nous ne pouvons nous charger de ces essais.
- M. le DT A. Fournier, à Paris. — 1° Le groupe électrogène que nous avons décrit dans notre dernier numéro vous conviendrait parfaitement. — 2° Pour un appareil à faire de la glace avec l’acide carbonique liquide, adressez-vous à la Société La Carbonique française, 20, rue Tiphaine, à M. Lambert, 73, nie Turbigo, ou à la Société des établissements Uringère et Marchand, 101, faubourg Saint-Denis, à Paris.
- M. V. de’V., à Perpignan. — Nous avons indiqué plusieurs moyens de détruire les fourmis et les fourmilières dans les petits livres des Recettes et Procédés utiles, 5e et 5e série, à la librairie Masson et Cie. Un des meilleurs procédés consiste à enduire, au moyen d’un pinceau, le pied de chaque arbre d’un mélange de 500' gr de graisse, 00 gr de goudron et 120 gr de térébenthine. On fait fondre d’abord la graisse et le goudron, on laisse refroidir et on ajoute la térébenthine.
- M. Carmelo Previtera, à Linguaglossa. — Nous ne connaissons pas de publication qui ait donné les renseignements que vous désirez.
- M. E. Cade, à Aude. — Adressez-vous à la Société française de l’acétylène dissous, 28, rue Saint-Lazare, à Paris.
- M. Guillemot, à Nancy. — L’adresse demandée est la suivante : 29, rue Yignon, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. P. R., à Lyon. Nous avons reçu votre projet; cet appareil ne pourrait être utilisé.
- — M. Dumont, au Havre. Votre formule renferme une erreur de calcul. — M. G. Leblanc, à Nantes. Nous ne croyons pas que cette dynamo puisse fonctionner dans les conditions que vous indiquez. —
- Jf. P. L., à X.; M. G. F., à Brives; M. Léon Dutnat, à Paris. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 110 série, à la librairie Masson et Cie. — M. Grand, à Paris. Ces recettes sont données dans le même petit livre que ci-dessus, 4' série, à la même librairie. — M. G. Revard, à Lille; M. R. S., à X. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- PETITES INTENTIONS1
- Siccographe et porte-craie. — Voici deux petites inventions qui sont déjà utilisées et qui rendent des services. Le siccographe que représentent nos ligures 1 êt 2 consiste en un porte-plume, muni à son extrémité d’un buvard à rouleau sans tin. Dès qu’une ligne est écrite, il est facile de retourner l’appareil et de sécher aussitôt l’écriture. On remarquera que la main qui écrit avec le siccographe ne le quitte pas pour sécher. On peut ainsi éviter d’avoir sur les bureaux encombrés des buvards que l’on est obligé de chercher, après avoir déposé la plume. Le siccographe est léger, il pèse à peine 15 gr; il est disposé pour permettre le remplacement facile du papier buvard.
- I.Vue d'ensemble du siccographe.
- 2. Coupe et Détail du même appareil. — 3 et i. Porte-craie.
- Comme le montre notre dessin n° 2, l’extrémité du porte-plumje est pourvue d’une mâchoire à deux bras e et d ; ce dernier est mobile et porte en f un petit fermoir. Deux petits rouleaux Ht et b à l’aide de supports sont fixés sur le bras e. Il fuffït, pour changer le buvard, d’enlever le papier usé, d’en remettre un autre tout prêt et de fermer le bras d en fixant le point f sur le point c.
- Le porte-craie que montrent nos dessins 3 et 4 est un instrument formé d’une réglette A portant à une extrémité (n° 5) un feutre et, de l’autre côté, se terminant en D (n° 4) par deux pinces entre lesquelles on fixe un morceau de craie C. La réglette A est mobile à l’intérieur d’un fourreau B. Il suffit de placer la craie en C entre les pinces D et l’on peut, lorsque Ton écrit avec la craie, effacer ensuite avec le feutre dont nous avons parlé. Cet instrument se recommande surtout pour les lycées, collèges, écoles, cercles, etc. — Pour le siccographe, s’adresser à la manufacture des siceographes, 13, quai Saint-Clair, à Lyon. Le porte-craie se trouve chez M. A. Duelaux, 150, rue Ober-kampf, à Paris.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Contre le lumbago.
- Pour les malheureux affligés d’un lumbago, maladie peu grave, mais bien douloureuse et fort gênante, voici, entre mille moyens, depuis le fer à repasser chaud, le massage, les liniments jusqu’aux pulvérisations de chlorure d’éthyle, un remède assez simple et qui est vivement recommandé, pour son efficacité, par le Dr Lafond-Grellety.
- C’est une simple friction avec un mélange à parties égales d’hydrate de chloral et d’huile d’amandes douces, en ayant soin de dissoudre préalablement le chloral dans une très petite quantité d’eau.
- Le chloral est un anesthésique, et un hypnotique des meilleurs. Aussi la friction, répétée deux ou trois fois par jour pendant une dizaine de minutes et faite par une main ferme et solide, amène une vive rougeur de la peau, une sensation douloureuse, presque de brûlure, mais qui s’atténue assez vite, et amène la sédation et la guérison du lumbago.
- Ces frictions agissent également bien dans la névralgie sciatique; elles sont moins efficaces dans le rhumatisme. Dr N.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- BIBLIOGRAPHIE
- 'Traité de physique biologique, publié sous la direction de MM. n’Arsonv.il, Chauveau, Gariel, Mabeï, secrétaire de la rédaction M. Weiss, t. 1er. I vol. in-8". Paris, Masson et Gie, éditeurs.
- Les orages à grêle et le tir des canons, par F. Houiiaille, professeur de physique et météorologie à l’Ecole nationale d’agriculture de Montpellier. 1 vol. in-8°. Paris. Félix Alcan, éditeur. Prix : r>fr,50.
- L'électricité à l'Exposition de 1900, sous la direction technique de MM. E. Hospitalier et J.-A. Montpellier. 11e fascicule. Electrothermie, par J.-A. Montpellier, A. Bainville et A. Brochet. 1 brochure grand in-8°. Vre Ch. Dunod, éditeur. Paris, 1901. Prix de la collection entière : 50 francs.
- La mécanique à l’Exposition de 1900. Les applications mécaniques de l’électricité, par P. Bunet. 1 brochure in-8°. VT0 Ch. Dunod, éditeur. Paris.
- La photographie sous-marine et les progrès de la photographie, par Colis Boutas, maître de conférences à la Faculté des sciences -de lTniversité de Paris. 1 vol. in-8°. Librairie Schleicher frères, 1901. Prix : 10 francs.
- Carnet-agenda du photographe pour 1901, par G. Bruxkl. 1 vol. in-10. Librairie J.-B. Baillière et fils. Paris. 1901.' Prix : 4 francs.
- Le répertoire photographique. Comment on obtient un cliché photographique. Notionsdechimie photographique. Technique et pratique du développement, par Marcel Molinié, licenciées sciences physiques. 1 vol. in-18. Librairie B. Brunei et Ci®. Paris. Prix : 2fr,75.
- La sphère de beauté. Lois d’évolution, de rythme et d'harmonie dans les phénomènes esthétiques, par Maurice Gri-veau. 1 vol. in-8°. Félix Alcan, éditeur. Prix : 10 francs.
- L’éducation physique en Suède. Mission de 1891, par Georges Devient, professeur du cours d’éducation physique de la Ville de Paris. 2° édition. 1 vol. in-8°. Société d’éditions scientifiques. Paris. Prix : 2fl,50.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HETRES di matin THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUE EN-MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 20 mai .... 12°.4 N. N. E. 1. Beau. 0,0 Beau.
- Mardi 21 12°,9 N. N. E. 2. Beau. 0,0 Beau.
- Mercredi 22 li°,l N. E. 2. Beau. 0,0 Beau.
- Jeudi 23 14°,3 N. E. 2. Beau. 0,0 Beau .
- Vendredi 24 158,7 N. E. 3. Peu nuageux. 0,0 Beau ; halo.
- Samedi 25 13°.9 N. N. E. 2. Beau. 0,0 Nuag. de 12 à 16 h. ; beau le reste du temps.
- Dimanche 26 . ll°.l N. N. E. 2. Couvert. 0.0 Couv. le matin; nuag. le soir; transp. alm. 2 km. à 4 II. : atm. ass. cl. à 19 b.
- MAI 1901 -— SEMAINE 1)E LUNDI 20 AU DIMANCHE 26 MAI
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent:_ courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- li© temps. — Le temps a été généralement beau eu France dans la semaine du 20 au 26 mai. Le baromètre a été presque partout supérieur à 762 mm; il a dépassé 765 mm dans le nord et l’ouest.
- La température moyenne a été de 12°,8 à Paris avec un maximum de 20°,7 le 20 mai, de 15°,8 avec un maximum de 22° le<21 mai, de 17°,3 avec uu maximum de 25°,2. ”
- On a signalé le 20 mai quelques pluies sur le littoral de la Baltique : en France on a recueilli 15 mm d’eau au Yeutoux, 1 au îuout Aigoual. Un orage a été signalé au mont Mounier.
- Le 21 mai, des orages ont eu lieu dans les stations élevées du sud, à Lyon notamment. Le 22 mai, uu orage a éclaté sur Biarritz, et ou a recueilli 4 mm d’eau.
- Le 23 mai le baromètre a baissé eu Europe, sauf dans le nord-ouest et le sud-est. Les pressions supérieures à 775 min se sont déplacées vers l’ouest; le maximum a été à Krisliansund (778 mm). Deux faibles dépressions’se sont trouvées sur l’Algérie et la mer Noire.
- Le vent a soufflé de l’est sur nos côtes; il a été assez fort sur la Manche, modéré en Bretagne, faible en Gascogne et en Provence. On a signalé quelques pluies eu Allemagne. En France, le temps est resté beau dans le nord, orageux dans le sud.
- PHASES DE LA Ll’.NE : P, 0. le 15 à 5 h. ÎP m. du uiatm.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —En récompense de ses belles recherches scientifiques, notre savant compatriote, M. Metchnikotf, de l'Institut Pasteur, a reçu la médaille Wilde pour l'année 1901.
- —#— M. Randolph Morgan, de Philadelphie, vient de donner à l’Université de Pennsylvanie un million pour rétablissement d’un laboratoire de physique. Le montant des dotations de l’Université de Cincinnati s’élève à plus de 16 millions de francs.
- —#— American Chemical Society a célébré les 12 et 13 avril, à New-York, le vingt-cinquième anniversaire de sa fondation. Cette Société a été fondée à la suite du Congrès des chimistes américains réunis à Northumherland (Pennsylvanie) le 1er août 1874 pour célébrer le centenaire de la découverte de i’oxvgène par Priestley. La Société américaine de chimie compte aujourd'hui 1800 membres; elle est présidée en 1901 par M. W. Carke, chimiste en chef du Service du relevé géologique, des Etats-Unis. Son Congrès d'hiver s’est réuni à la tin de décembre à Chicago, et le Congrès d’été se tiendra à Denver (Colorado), les 26 et 27 août prochain.
- —H— La course Rordeaux-Paris pour tes automobiles et voitu-rettes a eu lieu mercredi 29 mai. La performance du gagnant Fournier a été remarquable. Défalcation faite des temps neutralisés pour la traversée des villes, la vitesse atteinte par la voiture de Fournier a été de « quatre-vingt-dix kilomètres huit cent quinze mètres » à l'heure. C’est stupéfiant quand on remarque que les 557 km du trajet sont parcourus par le rapide de la Compagnie d’Orléans en 711 20m. Le rapide a donc été battu, puisque Fournier a franchi la distance en temps net de 6h 7m 44\ Des vitesses supérieures à 90 km sur route pendant des heures ! Qui l'aurait cru, il y a à peine dix ans. La Coupe Cordon Itennett a eu moins de chance. Les concurrents ont failli rester en route par suite de bris d'organes. Girardot seul est arrivé à Rordeaux en llh24m50s battant le temps de Charron en 4899, mais en retard de deux petites heures sur Fournier. Les grosses et puissantes voitures n'ont donc pas fait merveille et ce sont les dimensions moyennes qui ont triomphé.
- —Effets de l'orage du 29 mai à Paris. Notre collaborateur, M. Cli. Weisser, nous adresse les détails suivants : « Le mercredi 29 mai, à trois heures de l'après-midi, avenue de Montsouris, un immense nuage noir obscurcit complètement le ciel et s’abat subitement en une pluie diluvienne suivie bientôt d'une chute de grêlons d'au moins 0“,03 de diamètre, dévastant les arbres de l’avenue. Cet orage a duré environ une heure. À chaque éclair une tromhe de grêle s'abattait puis diminuait de violence quelques secondes jusqu'à un nouveau coup de tonnerre. Dans l'espace d une minute la partie basse de l’avenue se trouve inondée; les bancs disparaissent sous l’eau; au 33, où j'habite, l’eau entre en nappe dans mon atelier à une hauteur de 0m,15; l’entrée de la cave sous ta' porte cochère fut transformée en cataracte, l’eau entraînant des paquets de grêlons et de débris de feuilles. Encore aujourd'hui 1er juin l’entrée de la cave est obstruée par un tas de grêlons ayant 0“*,40 d’épaisseur. Cet amoncellement était de 1 mètre aussitôt après l’orage et les grêlons qui mesuraient 0m.03 ont actuellement encore 0m,01 de diamètre. La cave aurait été certainement remplie s’il ne s’était trouvé une bouche d’égout à la prise d’eau dans une des caves. »
- —H— La Compagnie des chemins de fer de l’Est vient d’expérimenter le système Vicarino pour l’éclairage électrique des wagons. Ce système comporte pour chaque véhicule une petite dynamo actionnée par frottement contre l’essieu, puis un accumulateur et un commutateur automatique : à l’arrêt, ce dernier réunit les lampes à l’accumulateur, qui a une capacité de 60 à 100 ampères-heure; puis quand la voiture repart et que la dynamo atteint une vitesse suffisante, le commutateur disjoint l'accumulateur et réunit la
- dynamo aux lampes, la génératrice tournant à une allure de 4200 tours à la minute pour une marche moyenne du train. Si l’allure s’abaisse au-dessous d’une certaine limite, le commutateur remplit son rôle et met en jeu l’accumulateur.
- —®— Il est toujours satisfaisant de voir les inventions des constucteurs français appréciées à l’étranger : c’est le cas pour les générateurs Rellevilte munis d’économiseurs, dans la marine britannique. On va encore en doter les croiseurs Encounter et Cornwall, qui ont une puissance calculée de 12 500 et de 22 000 chevaux, et les cuirassés Queen et Prince of Wales, dont les machines déveloj)-peront une puissance de 15 000 chevaux. Il y aura donc, quand ces navires seront achevés, 65 bâtiments de la marine de guerre anglaise qui seront munis de générateurs tubulaires, représentant ensemble une puissance formidable de 1046000 chevaux.
- —®— La Compagnie américaine bien connue « Pneumatie Crâne Co », de Pittsburg, a combiné récemment un type de grue d’atelier très ingénieuse, qui joue le rôle de transporteur en roulant sur un rail aérien avec la charge qu’elle a soulevée de terre. La grue en elle-même est à action directe, se présentant sous la forme d’un cylindre à la tige de piston duquel se fixe la charge par un crochet qui termine cette tige. Le cylindre est suspendu à un chariot muni de quatre galets roulant sur les deux côtés d’un rail établi au plafond de l’atelier et de ses diverses salles ; sous le chariot pend également une petite plate-forme où prend place l'ouvrier chargé de la manœuvre. L’air comprimé arrive d’une canalisation fixé disposée parallèlement au rail et entourée d’une enveloppe en tôle s’ouvrant dans le bas; celle-ci laisse passer un raccordement qui amènera l'air au cylindre en glissant le long du tube d’air ; bien entendu, l'air sort de celui-ci par une soupape qui ne s’ouvre que quand le raccordement est à son aplomb. C’est une disposition qui rappelle un peu celle de l’ancien chemin de fer atmosphérique de Saint-Germain.
- —La Compagnie des mines de Réthune se sert actuellement d’une lampe de sûreté Marsant qu'elle a munie d’un système de fermeture tout spécial et intéressant. Cette fermeture, à rivet de plomb, se compose d’une rondelle en acier portant trois languettes qui forment ressort et qui viennent pénétrer dans des encoches à ce ménagées dans la couronne inférieure de la lampe ; cette couronne, quand on ferme la lampe, se met en contact avec la rondelle d'acier. Celle-ci porte en outre une oreille percée d'un trou et qui, normalement, se trouve juste au-dessus d’une oreille semblable faisant corps avec le bas de l’appareil, c’est-à-dire avec le réservoir à huile (qui est lui-même en acier coulé). Rien entendu, les deux trous des oreilles sont faits pour être remplis par un rivet en plomb qui les soude en rendant solidaires les deux oreilles. Comme les encoches de l’armature supérieure sont en grand nombre, on peut, en réalité, effectuer un serrage gradué de la lampe sans jamais risquer de la casser.
- —Rien qu’on semble généralement abandonner l'air comprimé pour l’électricité dans l'exploitation des lignes de tramways, cependant, à New-York, un certain nombre de ces lignes sont exploitées au moyen de ce fluide. Maison a adopté des dispositions mécaniques un peu particulières qui méritent d'être signalées. Chaque voiture comporte quatre moteurs : deux à haute pression sur un essieu, deux à basse pression sur l’autre ; les cylindres à haute pression ont 0m,40 de diamètre et 0ra,155 de course, tandis que les autres, avec la même course,» ont un diamètre de 0m,20. Les réservoirs, placés sous les sièges, contiennent de l’air à une pression de 160 atmosphères, qui est réduite à 21 environ avant introduction à la haute pression; d'ailleurs, avant d’entrer dans le détendeur, puis entre cet appareil et le moteur, l'air traverse un réchauffeur contenant de l’eau à 200°; de plus, à la sortie même du détendeur, il se mélange par injection à une certaine quantité de vapeur provenant de ce réchauffeur. La mise en charge des voitures se fait en une ou deux minutes, au moyen d’un compresseur à 4 cylindres.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boite aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Errata. — Dans la chronique relative à la production de la laine dans le monde (n° 1460 du 18 mai 1901, p. 599), les chilfres donnés pour les poids de production doivent tous se lire en milliers de livres anglaises. La production du monde est, par conséquent, de 2 milliards 400 millions de livres. Dans l’article « Un ennemi du café du Ronilon (Congo) » (n° 1402 du 1er juin 1901, p. 4), il faut Kouilou, au lieu de llonilon. Les figures représentent en haut à gauche une cerise grossie, coupe médiane laissant à découvert l’insecte entré par le pédoncule ; au-dessous à gauche se trouve le « Stephanoderes grossi », et à droite sont des grains ravagés grossis et vus en coupe.
- Adresse relative aux appareils décrits. — Pour l’excavateur, s’adresser à la Société A.-F. Smulders, à Rotterdam (Hollande). — Pour le régulateur de graissage, s’adresser à MM. Muller et Roger, 108, avenue Philippe-Auguste, à Paris.
- Communications. — M. Miguel Marins, secrétaire de l’Académie des sciences exactes, phvsiques et naturelles de Madrid, à propos d’une réponse, faite par nous à un abonné dans nos « Renseignements » du n° 1459, du 11 mai 1901, qu’il n’existait pas d’ouvrage sur l'utilisation de la force motrice des vagues, nous a envoyé un Mémoire en 2 volumes de 900 pages, tome IX, publié en 1881 dans les Mémoires de l’Académie et qui a pour titre : « Movilizacion de la Fuerza del Mar. Aprovechamiento de los motores irregulares, como las mareas y las olas por el intermedio del aire comprimido con varias applicaciones. por Eduardo Benot y Rodriguez. » Nous sommes heureux de pouvoir signaler cet important mémoire et d’adresser tons nos remerciements à M. le Secrétaire de l’Académie dé Madrid.
- M. A. G., à Paris, à propos du Télautograpbe Ritchie que nous avons décrit dans le n° 1454 du 0 avril 1901, p..298, nous écrit : « Ce nouveau télégraphe écrivant, utilisant les ressources actuelles de l’outillage électrique, paraît résoudre pratiquement un problème intéressant. Le principe de ce nouveau télégraphe n’est cependant pas nouveau, en ce qui concerne la décomposition du mouvement du crayon transmetteur et la reproduction des composantes de ce mouvement pour obtenir un mouvement identique de la plume du récepteur. Les Annales télégraphiques de 1859 (mai et juin, t. II, p. 215) donnent, en effet, la description d’un Nouveau télégraphe écrivant ou Pantélégraphe qui, à part le moyen employé pour la reproduction à distance des mouvements élémentaires, est identique au Télautographe Ritchie. Le Pantélégraphe emploie également deux fils de ligne; mais, à cette époque (1859), on ne connaissait pas toutes les ressources de l’électricité, et, en particulier, le galvanomètre d’Arsonval n’était pas inventé ; la transmission des mouvements élémentaires avait lieu par un moyen plus primitif, sans doute moins parfait, c’est-à-dire par une série de courants successifs de sens variable suivant le sens du mouvement à reproduire. Mais l’idée première est bien évidemment la même, et, bien que tout le mérite de la réalisation de cette idée dans des conditions pratiques et avec des perfectionnements incontestables soit bien acquise à l’ingénieur américain, la priorité de l’idée première ne peut être contestée, en présence du document précité, à l’ingénieur français qui l’a exposée, il y a plus de quarante ans, et auquel vous trouverez sans doute qu’il est équitable de l’attribuer. »
- M. E. Fauvey, capitaine territorial au 10e régiment d’artillerie, nous écrit : << Le commandant Caziot trouvera des renseignements concluants dans la « Description géométrique de la
- France », tome I, p. 175-176. Nous n’avons pas sous les yeux ce volume pour le moment, mais si nos souvenirs sont exacts, le réseau qui relie la triangulation de la Corse à la méridienne comprend un grand triangle avant une base sur le littoral de Nice et pour sommet le Mont-Cmto. Ce triangle, dont l’angle, au sommet Mont-Cinto, a été conclu, repose sur une base de 78 756m,9, et les angles à la base réduits à l’horizon sont l’un de 82,2662 grades et l’autre de 96,2662 grades. En tenant compte de l’excès sphérique qui a été calculé et trouvé égal à 140 secondes. L’angle au sommet Monte-Cinto est de 21,6848 grades et los deux cotés qui le comprennent sont de 255 587m,5 et 266 491m,6. Pour obtenir exactement la différence de niveau, on peut employer les formules suivantes : on a, en appelant h la hauteur de niveau ' apparent au-dessus du. niveau vrai, a la distance horizontale et R le rayon terrestre
- et en tenant compte de la réfraction la correction à faire est donnée par la formule e = 0,16 h. (formule extraite des tabler de Congés). »
- Renseignements. — M. A. G ad au il, à Périgueux. — Col appareil ne se trouve plus dans le commerce.
- M. A. Fallût, à Lausanne. — 1° Pointures laquées : MM. Bernard frères, 148, rue du Fanbourg-Saint-Denis; Société Le Ri-polin, 24, rue du Quatre-Septembre, à Paris ; MM. Lassailly et Bichebois, 55, rue Camille Desmoulins, à Issv (Seine). — 2° Pour le bronzage du laiton, voyez le petit livre des Recettes el Procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie.
- L'abonné n° 72 149. — Vous pourrez vous procurer de l’acide chlorhydrique du commerce chez tous les marchands de produits chimiques, notamment chez MM. Pelliot et Hofman, 26, rue du Roi de Sicile, à Paris, à raison de 8fr,50 les 100 kg en tourie de 70 kg pour l’acide ordinaire à 20-22°.
- M. Rêne, à Toulouse. — Nous préparons un article que nous publierons à ce sujet.
- M. Ferdinand, à Saint-Etienne. — Nous ne croyons pas que cet appareil ait encore donné des résultats industriels; il faudrait vous adresser aux inventeurs, 15, rue Charlet, à Paris.
- M. Emile Gluck, à Mulhouse. — Remerciements pour vos renseignements complémentaires sur la production de la laine.. Comme vous le verrez par l’erratum que nous insérons, et qui était déjà prêt pour passer dans ce numéro, tous les chiffres* devaient être donnés et lus en milliers de livres anglaises, et l’on arrive à un chiffre très voisin de celui que vous avez bien voulu nous communiquer.
- M. J. Perez Mendoza, à Paris. — Les chiffres doivent être donnés en milliers de livres dans l’article. Effectivement, cela donne au total à peu près 11 milliards de kilogrammes.
- M. Personne de Sennevoy, à Toulon. — Vous aurez cette adresse en vous adressant au secrétaire de la Société française de physique, 44, rue de Rennes, à Paris.
- M. R. Caloïr, à Hâves. — Le fabricant de tube broyeur Dana, que nous avons décrit dans le n° 1457 du 27 avril, p. 550, est M. Davidsen, ingénieur, 5, rue Fénelon, à Paris.
- M. E. Pitison, à Mexico. — Il n’y a pas d’autres moyens pour détruire ces animaux que de leur donner la chasse.
- M. Ch. Rinet, à Paris; M. R. O. G., à Nantes. — Adressez-vous à MM. Chenal, Douilhet et Cie, marchands de produits chimiques, 22, rue de la Sorbonne, à Paris.
- M. J. Pierquin, à Charleville. — Moteurs à pétrole de faible puissance : Société « Le Gnome », 44, rue Lafayettc; Moteur Grob, 56, rue Lafayettc; Moteur A. (Juérey, 109, rue de Montreuil ; Moteur Chomeau, 55, passage du Havre, à Paris.
- M. Ch. Sachs, à la Plaine Saint-Denis. — Les outils pour l’entretien des chaudières dont vous parlez ont été décrits d*ms le n° 1409 du 26 mai 1900, p. 124. Les fabricants sont MM. Walker brothers and C°, 168, Oxford Street, Glasgow.
- M. A. Maurice, à Nantes. — Nous avons publié un article sur la culture de la vanille en serre pour la production des gousses dans le n° 1410 du 2 juin 1900, p. 5.
- M. Gobin, à Lyon; M. Uebès, à Lussac. — Nous avons bien reçu les communications que vous nous avez envoyées; nous les utiliserons dès qu’il nous sera possible de le faire.
- Accusés de réception. — Avis divers. — V. D. R., à Nice. Nous n'avons pas publié d’article sur ce sujet. — M. J. M., à Paris. Nous ne pouvons nous occuper de ces questions. — M. L. R., à Paris; M. Dubois, à Paris. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie — M. L. P., à Paris; M. J. M., à N. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui soîit demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à tontes tes questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- LA MÉMORABLE AVENTURE DE JOHN GILPIN: — Texte et dessins de A Robjim.
- 1. Pour fêter le vingtième anniversaire de son mariage, John Gilpin, honnête drapier de Londres, a décidé une bonne petite partie à la Cloche à Edmonton. Mistress Gilpin et les enfants sont partis en voilure, John monte vaillamment un tricycle à pétrole. — 2. L’agile coursier l’emporte. Diable! Cela va bien vite! Et les bouteilles de vieux vin qull porte en bandoulière en souffrent vivement ainsi que sa perruque*. Tout doux, lier coursier, un peu de prudence! — 3. Une inquiétude vague se glisse au coeur de mistress Gilpin. — 4. Rapide comme une (lèche lancée par un archer vigoureux, Gilpin hors d’haleine et contre son gré, dépassant la Cloche, va jusqu’à la mare d’Islinglon. —.5. Mistress Gilpin, à la Cloche, est de plus en plus dans les transes. — 6. Cependant à Islington, Gilpin a un ami fidèle qui lui prête une perruque et des habits. Gilpin remonte sur son coursier, calmé par le bain. Accident incompréhensible, dit-il, et qui narrive!a plus! — 7. Las! Quelle lubie a pris au véloce coursier de Gilpin. Encore une fois refusant de s’arrêter il dépasse la Cloche, effarouché sans doute j ar de s chiens importuns. — 8. « Sautez sur votre bicyclette, dite M“* Gilpin à un garçon de la Cloche, et tâchez de raltraj er mon mari, il y mua one shilling pour vous ! — 9. Mais le coursier cherchant l'écurie, ne voulut s’arrêter qu’au logis, et entré dans la boutique encore! La prcmicïe fois que John remontera dessus, puissions-nous tous être là pour le voir!
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Remèdes contre les coups de soleil. — On conviendra que c’est là une médication qui est toute de saison. Voici plusieurs formules qui sont indiquées par le Bulletin of Pharmacy pour soigner ce petit accident, qui est, du reste, souvent réellement douloureux. Première formule : 4 parties de borax, 2 (le chlorate de potasse, 10 de glycérine, 4 d’alcool et, enfin, assez d’eau de roses pour donner un total de 90 parties. Deuxième formule : carbonate de potasse 5 parties, chlorure de sodium 2 parties, eau de fleur d’oranger 15, et 65 d’eau de roses. Troisième formule : carbonate de soude 1 partie, et 7 parties d’un onguent à l’eau de roses.
- Impression couleur d’or. — Nous ne disons pas en or, parce
- qu’il s’agit naturellement d’or faux : la combinaison qui assure ce résultat est due à M. E. Maître et est brevetée. Elle consiste à composer une sorte d'encre d'or faux ou de bronze en broyant 1000 grammes de poudre de bronze de bonne nuance avec un vernis particulier que l’on fabrique en faisant bouillir ensemble 500 grammes d’huile de noix, 200 d’ail, 300 d’huile de coco, 100 de jaune de Naples et enfin autant de terre de Sienne.
- Pour préserver de la rouille les objets en nickel. — On recommande dans ce but de les tremper, mais seulement durant quelques secondes, dans un bain composé d’une partie d’acide sulfurique pour 50 d’alcool pur. On lave ensuite avec de l’eau fraîche contenant un peu d’alcool, et on sèche à la sciure de bois, suivant une méthode qui réussit fort bien en semblable matière.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- r1V OBSERVATIONS £7 HEURES DU MATIN [thermomètre VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUE EX MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 27 mai .... 13°,0 N. N. E. 1. Nuageux. 0,2 Couv. jusqu’à 6 b., puis nuag. ; beau après 15 h. ; nuag. à 23-21 h. ; pluie line de 4 à 5 h.
- Mardi 28 17°,4 W. N. W. 2. Quelques éclaircies. 5,1 Nuag. jusqu'à 19 b. ; beau ensuite ; pluie de 3 à 5 h. 30.
- Mercredi 29 .... . 20°,1 S. 1. Beau. 0,0 Beau jusqu’à 8 h.; puis nuag.; presque couv. après 14 h.; fort orage au N.-W. de 13 h. 50 à 15 h. 50; quelq. goût.
- Jeudi 30 18°,0 S. S. W. 2. Peu nuageux. 0,0 Nuag. le matin; couv. le soir; halo; quelquefois des gouttes.
- Vendredi 31 211°,2 S. 2. Très nuageux. 0.1 Très nuag. ; quelquefois des gouttes.
- Samedi l*rjuin . . . 18°,8 S. W. 1. Nuageux. 1,6 Très nuag. tonnerre de 16 h. 1/4 à 18 h. 1/4; quelques averses.
- Dimanche 2 18°, l W. S. W. 2. Très nuageux. 3,2 Très nuag. ; halo ; gouttes à 21 h. 15.
- MAI-JUIN 1901 --- SEMAINE DU LUNDI 27 MAI AU DIMANCHE 2 JUIN
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10: les flèches inferieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre A l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Orages. — Un orage d’une extrême violence s’est abattu sur Paris le 29 mai. La pluie a commencé à tomber à 2h2t). Elle a été mêlée de grêle à partir de 2”5'i. Les coups de tonnerre étaient violents et les éclairs nombreux. A Paris même, les grêlons ne paraissent pas avoir dépassé comme grosseur 1 centimètre et demi; mais on en a signalé, à Ivry, qui étaient gros comme des boules de naphtaline. L’observatoire de Montsouris en a observé dr 5 centimètres et demi. Au Jardin des Plantes les gréions avaient 4 centimètres. La quantité d’eau tombée est considérée aussi comme très important: on a relevé en certains endroits une chute de 80 millimètres eu 1 heure et demie, quantité d’eau tout à t’ait exceptionnelle. Du côté de Montsouris on a eu 50 millimètres en 50 minutes, soit 1. millimètre par minute. La caractéristique de l’orage du 29 mai, c’est la persistance très rare de l'averse de grêle.
- Pendant l’orage, le vent a été très variable, comme il arrive d’ordinaire. Sa direction générale paraissait être du sud-ouest. Cependant un souffle violent de l’est accompagna, à 3‘ 10, une recrudescence de l’averse de grêle.
- A 5h17 seulement on constata la cessation de la grêle. La pluie s’arrêta à 3" 45.' 11 cessa d’éclairer à 51150.
- Ce violent orage a causé les plus grands dégâts dans Paris. La Bièvre a débordé et a inondé tous les ateliers de peaux et de mégisserie qui se trouvent situées sur ses bords, notamment rue du Fer-à-Moulin, rue de la Clef, rue de la Glacière et rue Moulletard. Lorsque l’orage éclata, brusquement. le niveau de l’eau s’éleva, et en moins de dix minutes, noya tous les ateliers, submergea les cours, les magasins et vint rouler en torrent jusque dans la rue. Les ouvriers eurent à peine le temps de fuir pour échapper à la mort. Pendant une heure, le tuyau d’échappement ne suffisant pas à recevoir le trop-plein du ruisseau, l’eau monta, et, à certains endroits, atteignit près de 2 mètres. Les machines à vapeur disparaissaient sous une couche de vas? infecte, les cuveaux, les tables de travail, les trépieds, les voitures mêmes voguaient à travers les cours.
- Les égouts ont débordé en plusieurs points de Paris. Rue du Louvre, devant la maison Saint-Frères, la pression énorme de l’eau a fait sauter les conduites d’air comprimé.placées en égout.
- On a signalé plusieurs autres accidents dans Paris. Les dégâts atteindraient, dit-on, plusieurs millions.
- PHASES DE LA I.ILNE : P. L. le 2 à 10 h. 2 m. du malm.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
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- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment üe la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —g— M. M. Berthelot vient detre nommé membre honoraire «te l’Académie impériale des sciences de Vienne.
- —S— À la dernière réunion de l’Académie des sciences des Etats-Unis, M. Alexandre Agassiz a été élu président. La médaille Henry Draper a été décernée à M. William Huggins pour ses beaux travaux de physique céleste. Nous trouvons parmi les noms des nouveaux associés étrangers ceux de nos compatriotes, 5IM. Lœwy «t Janssen, directeurs des observatoires de Paris et de Meudon, E. Bornet et A. Cornq.
- —g— Au cours du Congrès international des bibliothécaires, tenu à Paris les 20, 21, 22 et 23 août 1900, >IIIe Marie Pell.echet, .bibliothécaire honoraire à la Bibliothèque nationale et membre du Congrès, a institué deux prix, l’un de 1000 francs, l’autre de 500 francs, destinés à récompenser les deux meilleurs mémoires relatifs aux insectes qui détruisent les livres. Ces prix seront décernés sous le nom de prix Marie Pellechet. Les mémoires, ainsi que les demandes de renseignements, doivent être adressés àM. Henry Martin, secrétaire général du Congrès des bibliothécaires, à la bibliothèque de l’Arsenal, rue de Sully, 1, à Paris,
- —g— On va commencer des essais de locomotives de construction américaine sur la ligne P.-L.-M. Ces locomotives auraient uné puissance de traction et une vitesse supérieures aux nôtres. Ces machines, tender compris, pèsent 60 tonnes, les nôtres 90 tonnes. Les vitesses moyennes seraient de 120 km., le poids remorqué de 250 tonnes, et les nôtres 190 tonnes aux vitesses moyennes de 90 km» Le sifflet dans ces machines est remplacé par une sirène. Tout cela est possible, mais il est prudent d’attendre les expériences.
- —g)— Après les locomotives, et aussi bien d’autres produits que nous envoient les industriels yankees, voici le papier de bois qui nous arrive d’Amériqiie. Jusqu’à présent, le grand producteur de pulpe et de papier de bois pour les industries européennes a été la Suède, grâce à ses magnifiques forêts ; mais, depuis quelques mois, ce pays lui-même reçoit des papiers des Etats-Unis, papiers faits avec de la "pulpe de pin et dont le prix est très bas malgré la bonne qualité. A l’heure actuelle, la Confédération exporte pour plus de 30 millions de francs de ces papiers. Peut-être qu’un de ces jours, La Nature sera tiré sur du papier de bois qui proviendra de l’Alaska. << Opposition, life of trade ! »
- —g)— La Société zoologique de France vient d’entreprendre une nouvelle publication qui a pour titre : « Causeries scientifiques de la Société zoologique de France ». Cette publication est destinée à faire connaître au public certaines questions d’actualité ou à publier certaines mises au point faites par des spécialistes. Le dernier numéro que nous venons de recevoir renferme une intéressante conférence sur l’expédition antarctique belge vers le pôle Sud, son but, ses aventures et ses résultats, faite à la Sorbonne par E. G. Racovitza, naturaliste de'l’Expédition.
- —g)— M. le docteur Capitan, professeur à l’École d’anthropologie, fera dimanche prochain, 16 juin, une excursion préhistorique au Pecq et à Carrières-sous-Poissy, et une visite au musée de Saint-Germain. Rendez-vous gare Saint-Lazare, guichet de la ligne de Saint-Germain, à midi. On sera de retour 6h,55. Dépense 2fr,65.
- —g!— Un rosier extraordinaire dans la vallée de Chevreuse, au hameau de Foureherolles, près de Dampierre. Ce rosier, greffé il y a quinze ans bientôt, par M. Jean-Baptiste Lesieur, atteint aujourd'hui 4m,70 de hauteur et sa circonférence peut être évaluée à 12 mètres. Le tronc a environ 29 centimètres de tour au-dessous de
- la greffe et 26 au ras du sol. Ce rosier appartient à la variété « Souvenir de M. Brod ».
- —g— Deux sous-lieutenants du 150’ d’infanterie viennent d'établir le record de la marche. Partis le 50 mai à lh40 du matin de Briançon, ils sont arrivés à Grenoble à 8h 5 du soir, après avoir pris un repos de trois heures en cours de route. La distance qui sépare Briançon de Grenoble est de 115 kilomètres.
- —g— De nouvelles lignes sous-marines sont projetées : aussi est-il intéressant de connaître les moyens dont on dispose pour effectuer le difficile travail de la pose des câbles. Il y a quarante vapeurs anglais uniquement occupés à placer et à réparer les câbles télégraphiques sous-marins qui reposent au fond des différentes mers. Sept appartiennent au gouvernement britannique et les autres à des sociétés commerciales. Dix de ceux-ci sont la propriété de trois manufactures anglaises de câbles. Le plus important jauge 5000 tonnes; il a posé en une seule fois 2500 milles marins de câbles. En France un seul navire est outillé pour la pose, c’est le Françoû-Arago, appartenant à la Société industrielle des téléphones et cinq ou six steamers pouvant faire des réparations.
- —g)— M. A. Nippa nous écrit de Iwanino, gouvernement de Koursk : « Le ministère des finances a envoyé au ministère des travaux publics la pétition des ingénieurs militaires Oszczevski-Krouglik et Zarakowsky en compagnie avec le sujet anglais Wilson, qui cherchent à obtenir la permission de la construction et de 1 exploitation du canal maritime entre les mers Noire et Caspienne. Les pétitionnaires comptent sur un trafic de 450 millions de ponds (à peu près 8 millions 1/2 de tonnes) et évaluent les dépenses de la construction à 500 millions de roubles (à peu près 1 milliard , de francs). La longueur du canal doit être 550 verstes (587 kilomètres) ».
- —1g— M. Moritz, de Wasquehal, a imaginé une combinaison qui lui donne les meilleurs résultats pour la fabrication de l’acide sulfureux. Il absorbe tout simplement par l’eau froide le gaz provenant de la combustion du soufre des pyrites, puis il réchauffe cette eau sulfureuse au moyen d’un échangeur de température et des gaz chauds des fours à pyrites ; il la porte à l’ébullition en la faisant passer en couche mince sur un serpentin en plomb contenant de la vapeur d’eau. Le gaz sulfureux ainsi obtenu est extrêmement riche et exempt de soufre, d’arsenic, d'acide sulfurique et d'air.
- —g— La Compagnie du Nord, dans un rapport statistique très intéressant, nous fait connaître le nombre de voyageurs étrangers qu’elle a été appelée à transporter pendant l'Exposition. lien résulte que l’Angleterre a donné 206358 voyageurs, contre 227 662 en 1889; la Belgique et la Hollande en "ont donné 419 438, contre 299 740 en 1889; l’Allemagne, 102 556, alors qu'elle n'en avait fourni que 56618 en 1889; enfin, la Russie, 28 020 contre 4683 lors de l'Exposition de 1889.
- —g— La compagnie des mines d'Aniche emploie pour la vérification de ses lampes de sûreté un dispositif aussi simple qu'efficace. C’est tout simplement un tube rectangulaire en fer, ouvert par un bout et muni à l’autre de deux robinets servant à faire arriver l'un du gaz d’éclairage, l'autre de l’air atmosphérique comprimé. Qu’on vienne à ouvrir les robinets, et on créera un courant gazeux dans cette sorte d’éprouvette, courant auquel on pourra donner la composition centésimale que l’on voudra en ouvrant les deux robinets suivant des graduations établies à l’avance. Généralement on introduit 10 à 12 pour 100 de gaz d’éclairage, qui se mélange intimement avec l’air, grâce à des chicanes que rencontrent les deux gaz sur leur route. On pose la lampe sur une petite table mobile qu’on peut incliner à volonté et qui est à cinquante centimètres de 1 arrivée du mélange gazeux; les observations se font par une fenêtre vitrée ménagée dans le tube, et l’explosion, si elle se produit, ne peut avoir qu’une faible importance.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boite aux Lettres et après réception de la bande du joiirnal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La perso-dine, dont il a été question dans le n° 1400 du 18 mai 1901, p. 387, est un produit fabriqué par MM. Lumière (plaques photographiques) et vendu comme spécialité dans les pharmacies de Lyon. — Pour les voitures « Eleetricia », s’adresser à | M. Contai, 28 bis, rue des Arts, à Lcvallois-Perret (Seine).
- Communications. —- M. H. Leroy, à Douvres, nous écrit : « En réponse à la communication de M. Caziot, chef d’escadron d’artillerie en retraite à Nice, dans le n° 1400, du 18 mai 1901 de votre journal, il a parfaitement raison, avec les données qu’il a acceptées, de soutenir que, de l’endroit où il s’est placé au mois de décembre, il peut voir la silhouette du mont Cinto, en Corse, si l’un des deux promontoires qui forment le golfe de Yillcfranehe ne vient pas lui arrêter la vue. En effet, avec les données fournies par M. Caziot, on arrive entre Nice et le mont Cinto à une distance à vol d’oiseau de 201 km (en réalité 200km,624). Mais pour la visibilité d’un objet éloigné, il faut augmenter l’angle à l’horizon de 90° de la réfraction, ce qui revient à diminuer l’angle des verticales des deux lieux considérés de la réfraction atmosphérique. La réfraction à 90° est de 33’ 46" (Delauanv. Cours d'astronomie, 1876, p. 109), 35'38" (Guéprate, 1839, p. 129). La réfraction atteint sa valeur minimum en été et sa valeur maximum en hiver (Dubois. Cours élémentaire d’astronomie et de navigation, 1881, p. 33). Je prends la valeur de Guéprate 33'58". Il est probable qu’on serait en droit de prendre une valeur supérieure à celle donnée par Delaunav, 35' 46", d’abord parce que le fait a été constaté en hiver, et ensuite parce que le point d’où le fait a été constaté est au-dessus du niveau de la mer de quelques mètres, peut-être une vingtaine ; cette dernière quantité venant s’ajouter à l’altitude de la montagne. Or, en retranchant 55' 58" de la différence des longitudes données V 40", on obtient la différence de longitude 1°06'22". Avec cet angle, que j’appellerai visuel, de 1°06' 22" on arrive par le calcul à une distance de 175km, 190, le ravoii de la terré étant
- 40 000000 ,no
- ---—-----= 6366km,198.
- Si donc la hauteur du mont Cinto permet de voir Nice à 185kra,000, à plus forte raison pourra-t-on voir cette ville à une distance de 175km,.190. Il est même probable eu égard à la saison et 3 la hauteur du point de l’observation que l’angle visuel devrait faire descendre la distance visuelle à 168 km. La'différence e^fre la sécante de cet angle de 1°06' 22" et le rayon terrestre va nous donner le point où la tangente d’un des côtés de cet angle coupe le rayon terrestre idéalement prolongé formant l’autre côté de cet angle. Or cette sécante est de 6568km,554, le rayon terrestre étant de 6566km,198. Il s’ensuit que cette différence 2km,556 reste au-dessous de l’horizon de, l’observateur et par conséquent lui est invisible; tandis qu’il peut voir la quantité de l’altitude du mont qui surpasse cette quantité 2km,356 mètres. De l’altitude donnée 2707 mètres, il pourra donc en voir 350 mètres. Pour savoir sous quel angle on peut voir ces 350 mètres, il faut revenir à la distance réelle et non jdus visuelle et par la tangente on trouve à peu près 6’ soit le cinquième du diamètre de la lune à peu près. »
- M. Ficatier, à Cbaillev ; M. Martin, à Balame-les-Bains; M. Rodrigo Sanz, à Le Ferrol (Coruna) ; M. Â. Glonda, à Athènes, nous écrivent également sur le même sujet et nous donnent des renseignements analogues à ceux que nous avons déjà publiés.
- M. Vanvincq-Reniez, à Bayenghem-lez-Eperlecques, nous fait connaître qu’à Montpellier, le 27 mai, la barque de pèche Sainte-Marie, patron Palmisade, a capturé un monstre marin extraordinaire. 11 mesure 5m,5Ü de longueur. Ce qui le rend surtout curieux, c’est la tête : elle est monstrueuse, surmontée d’une trompe qui fait ressembler ce poisson à un éléphant. La gueule a 0m,40 de diamètre. Elle est garnie de cavités longitudinales communiquant à des évents par où ce monstre marin rejette l’eau comme les baleines. La peau est aussi rugueuse que celle d’un rhinocéros ou d’un éléphant.
- Notre collaborateur, M. Henri Coupin, vient de fonder une Société du concours photographique. Les juges des concours-sont tirés au sort, chaque mois, parmi les membres mêmes de la Société. Le siège social est boulevard de Port-Royal, n° 21, à Paris. Envoi gratuit des statuts. Voici les sujets des quatre premiers concours : line carte postale illustrée par la photographie. — Lue scène de la vie cycliste. — Un monument. — ln bouquet de Heurs.
- M. Espinach, à Cardedeu, nous adresse la lettre suivante t « Permettez-moi de vous signaler un étrange record battu par un chien, qui m’a été raconté dernièrement. II s’agit d’un chien de taille movenne, nommé Mulev, âgé de deux ans, de race harrier (perdignero). 11 était allé un jour chasser avec son maître-et au retour ils traversèrent la voie du chemin de fer. Or, à ce moment, une locomotive seule filait à une vitesse de 20 km à l’heure. Le chien la vit, s’affola, et se mit à courir à toute vitesse, faisant ainsi 2 km de chemin, toujours courant devant la locomotive dont le mécanicien pressait la marche dans l’espoir de l’attraper et de l’écraser. Tout à coup, le chien tourne la tète à droite, voit un petit sentier et se rappelle qu’il l’avait franchi plusieurs fois avec son maître. Avec'la vitesse- de l’éclair, il s’élança à droite, quitta la voie, monta le sentier évitant le danger toujours pressant d’ètre écrasé et retourna à la maison. Quel ne fut pas l’étonnement de son maître, en retournant chez lui, de trouver le chien très fatigué, couché et encore vivant! Au bout de trois jours il était remis de cette course folle. Ce qui m’étonne en ce cas, c’est la rapidité de détermination, de voir le sentier et de le suivre, car il courait, lorsqu’il accomplit cet acte physiologique, à 50 mètres au-devant de La locomotive ».
- M. C. Guérin, au Havre, nous indique un moyen très-simple, très pratique et très économique de préparer des positifs pour projections : « On prend un verre mince 8 1/2 X 10, on étend dessus à la coulée un vernis à l’alcool (incolore), on applique sur ce vernis une gravure quelconque découpée dans-un livre ou dans un journal en ayant soin d’éviter les bulles d’air. On laisse sécher douze heures environ. Ensuite avec un chiffon humide on enlève le papier jusqu’à ce qu’il n’en reste plus; on termine l’opération avec le bout du doigt. On recouvre d’une couche d’alcool et la vue est prête. »
- Renseignements. —M. J. Fle-ury-Hermagis, à Paris. -1° Nous ne saisissons pas bien le sens de votre question. — 2° Il faudrait faire des essais pour pouvoir vous répondre. — 5° Ces charbons ne sont pas employés. — 4° Consultez les traités d’électrométallurgie, à la librairie Bérenger.
- • A/. R. G., à Saint-Brieuc. — 1° La pression est employée
- pour'enlever l’excès de lait. — 2° Aucun produit chimique n’est autorisé pour la conservation du lait.
- M. M. B., à Versailles. — Noms avons indiqué quelques formules d’insecticides dans le petit livre des Recettes et Procédés utiles, 5e série, à la librairie Masson et Cie.
- M. Richard Liiders, à Gorlitz. — Nous n’avons pas d’autres renseignements que ceux que nous avons publiés, et nous ne connaissons pas l’adresse des fabricants.
- M. Miguel Careaga y Escobosa, à Bilbao. — Il faudrait vous adresser à la Librairie agricole de la Maison rustique, 26, rue JacoC, à Paris.
- M. le D' Chavigny, à Chàlons. — La multiplication des souris blanches se fait aisément ; il suffit d’en acheter un couple, et de les mettre dans une boîte avec du son.
- M. l’abbé Boudon, à Beaucaire; M. Michel de Sozanski, à Lemberg. — L’adresse que vous demandez est donnée eu tète de la présente Boite-aux-Lettres.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. P. Carré, à Paris. Remerciements pour les faits que vous avez bien voulu nous signaler. — M. Reymond, à Paris. Nous ne comprenons pas l'appareil que vous décrivez. — M. Dumont, à Nice; M. J. R., à Blois; M. L. U., à Paris. Consultez les Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. D. Rameau, à Versailles. Cette recette est donnée dans lé même petit livre que ci-dessus, 5e série, à la même librairie. — M. G. V., à R.; M. D. L. ; à Paris. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes tes questions, ni à insérer toutes les communications. — IL n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Lampe Marquer. — La lampe Marquer est une petite lampe à allumage électrique qui peut rendre de très utiles services. Elle est formée de deux récipients superposés. Le récipient inférieur porte un cylindre de charbon, plongeant dans îe liquide formé de bichromate de potasse et d’acide sulfurique. l'n zinc Z peut venir plonger dans le liquide sous la pression d'un levier L dont nous allons parler. Dans le récipient supérieur est placée une mèche de lampe ordinaire sortant en A, et baignée dans de l’essence minérale. En appuyant sur le levier L, nous mettons la pile en action. Par suite de
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- Lampe à essence Marquer.
- L Vue _ d'ensemble. II. Coupc intérieure. — III. La lampe renversée.
- l’action d’un ressort B, un capuchon E s’écarte et met à découvert un fil de platine P qui rougit sous l’action du courant électrique et enflamme la mèche A. En quelques secondes, la lampe est allumée automatiquement. Cette lampe se distingue par son inversabilité complète, comme le montre le n° III de notre dessin. Les récipients et la pile sont en métal inoxydable, le platine est constamment protégé ; enfin les manipulations sont des plus aisées pour charger la pile, garnir la lampe d’essence, changer le zinc, etc. — Pour fout ce qui concerne cette lampe, s’adresser à M. A. Marquer, 51, rue Marcadet, à Paris.
- Attache-bourse. — Les pick-pockets se sont fait aujourd’hui une spécialité d’arracher brusquement des mains des
- L’attache-bourse. — Vue d'ensemble. — L attache-bourse iixé a la main.
- dames distraites les bourses et autres objets soit dans la rue, soit dans les magasins. Le petit dispositif ci-joint permettra d’éviter dorénavant cette désagréable surprise. Une
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Ntu-lelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- bourse ou porte-monnaie est relié à une petite attache qui se termine d’un côté par un anneau dans lequel on peut passer le doigt, et de l’autre côté se trouve un collier qui permet de fixer le tout autour du bras. De la sorte, le porte-monnaie est assujetti à la main et ne peut s’échapper. — L’attache-bourse sc trouve chez MM. Kirby, Beard et C°, 5, rue Auber, à Paris.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Traitement du zona.
- Le zona est une affection en général peu grave, mais fort douloureuse, caractérisée par une éruption de vésicules herpétiques se développant sur le trajet des nerfs intercostaux, formant ainsi, autour du tronc, une demi-ceinture (Çmvtj, ceinture) et s’accompagnant de névralgie aiguë de ces branches nerveuses.
- Par extension, on a donné également le nom de zona à des éruptions du même genre sur d’autres points du corps, sur le trajet du trijumeau (zona ophtalmique), des nerfs cervicaux, brachiaux, sciatiques, etc.
- La douleur est particulièrement pénible. Il est souvent nécessaire de recourir à la morphine pour la faire cesser. .
- Les vésicules d’herpès qui s’ulcèrent, et forment de petites plaies, viennent encore augmenter la sensation de brûlure, de gène et d’angoisse.
- On a songé, pour combattre ces phénomènes douloureux, à einplover le moyen si heureusement conseillé par Thierrv contre les brûlures, la solution d’acide picrique. En effet, ces applications ont amené la sédation des douleurs, diminué les phénomènes inflammatoires et favorisé la guérison rapide des plaies.
- 11 faut, pour le vrai zona, le zona intercostal, employer l’acide picrique en solution aqueuse à 1 pour 100. Des compresses de tarlatane ou de singalette ou même d’ouate hydrophile sous une faible épaisseur sont imbibées de cette solution, appliquées directement sur la plaie et fixées au moyen d’un gâteau d’ouate sèche et d’une bande. 11 ne faut pas se servir d’étoffes imperméables comme le caoutchouc, le taffetas ciré qui, en empêchant l’évaporation de l’eau, permettraient le ramollissement de l’épiderme et retarderaient la cicatrisation.
- Thierry se sert souvent de solutions alcooliques ou éthérées ; elles sont infiniment plus douloureuses au moment même de l’emploi, mais la cuisson ne dure pas beaucoup et elles ont l’avantage de pouvoir être étendues par un simple badigeonnage, sans compresses, ni ouate, ni bande. L’alcool ou l’éther s’évaporent rapidement et laissent en place l’acide picrique qui forme une sorte de vernis protecteur. D‘ X.
- BIBLIOGRAPHIE
- Le Puy-de-Dôme et Yichj. Guide du touriste, du naturaliste et de Tarchéoloque, par Marcellin Boule, docteur ès sciences; Bu. Glangeaud, maître de conférences à l’Université de Clermont; G. Bouchon, archiviste du Puy-de-Dôme; A. Vernière;, ancien président de l’Aeadémie de Clermont.
- 1 volume in-Hi, de la collection des Guides Boule, avec-108 dessins ou photographies, et 5 cartes en couleurs, cartonné toile. Masson et Cie, éditeurs. Prix ; ifr,50.
- Au moment où l’on élabore les plans de vacances, les itinéraires d’excursions, et où l’on échange des renseignements sur les localités dignes d’être visitées, il est nécessaire de signaler aux touristes instruits le nouveau volume de la Collection Boule. Deux volumes ont déjà été publiés précédemment : Le Cantal; la Lozère, causses et gorges du Tarn, et ont été très cbaleureusemei.t accueillis. Le Puy-de-Dôme et Vichy vient très heureusement continuer cette intéressante collection. Comme ses aînés, c’est à la fois une monographie et un guide. Après un tableau d’ensemble destiné à donner une idée générale de ce département si pittoresque, et des environs d’une de nos villes d’eaux les plus fréquentées, il comprend les indications nécessaires pour en apprécier sur place les détails.
- La locomotive'' ù vapeur. Résumé historique de la machine locomotive depuis sa création jusqu’à nos jours, par Robert Marie. 1 brochure in-8. Pans. Imprimerie Paul Dupont. 1901.
- Chimie des matières colorantes organiques, par R. Nieizki, professeur à l’Université de Baie, avec préfaces de G. Friedel et E. Vue (tin g, traduction sur l’édition allemande. 1 vol. ir.-8°. Paris, G. Carré et Naud, éditeurs, 1901.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Le système métrique des poids et mesures, par G. Bigoürdan, astronome titulaire à l’Observatoire de Paris. 1 vol. in-8°. Librairie Gauthier-Villars. Paris, 1001. Prix : 10 francs.
- Essai sur les fondements de la géométrie, par Bertràxo-A.-'W. Rüssei., M. A., Fellow of Trinity College, Cambridge. Traduction par Albert Gaiienat, licencié ès sciences mathématiques, professeur de mathématiques au Collège de Saint-Claude. 1 vol. grand in-8°. Librairie Gauthier-Villars, 1001. Prix : 0 francs.
- A l’aurore du siècle. Coup d’œil d’un penseur sur le passé
- et l’avenir, par Louis Buchner. Version française par le 1)' L. L.u.ov. 1 vol. in-8°. Schleicher frères, éditeurs. Paris, 1001. Prix : 4 francs.
- Corps gras industriels, par M. Auguste Perret, licencié ès sciences. 1 vol. in-10 de la petite Encyclopédie de chimie industrielle. 20e vol. E. Bernard et C’8. Paris, 1001. Prix : ltr,50.
- Le bois. 1 vol. in-10 de la petite Encyclopédie de chimie industrielle. 17e vol. E. Bernard et €'*. Paris, 1001. Prix : lfr,50.
- BULLETIN MÉTÉOROL CLIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- observations 7 HEURES DU MATIN' THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN' MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 3 juin 16°,9 N. 2. Quelques nuages. 0,0 Peu nuag. le matin; nuag. le soir; halo.
- Mardi 4 15°,8 N. 1. Nuageux. 0,0 Peu nuag. jusqu’à 18 h. ; beau ensuite ; halo.
- Mercredi 5 18°,0 Calme. Beau. 0,0 Nuag. de 10 h. à 17 h.; beau le reste du temps.
- Jeudi 6 17°,4 N. 0. Nuageux. 0,0 Nuageux ; halo.
- Vendredi 7 16°,0 N. N. E. 5. Beau. 0,0 Peu nuag. de 1 h. à 5 h. et de 11 h. à 14 h.; beau le reste du temps; halo.
- Samedi 8 14°,4 N. E. 2. Nuageux. 0,0 Nuageux; halo.
- Dimanche 9 j 16°,1 N. E. 2. Quelques nuages. 0,0 Nuageux jusqu’à 13 h. et à 17-18 h. ; beau le reste du temps ; halo.
- JUIN 1901 -- SEMAINE DU LUNDI 3 AU DIMANCHE 9 JUIN
- La courbe supérieure indique ta nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques Lûtes au Parc Maint-tfaur en mai 10O1
- par M. E. Resou
- Moyenne barométrique à midi 758n,“,54. Minimum 742”“,18 le 7, à 8 heures j du soir. Maximum 76l”",91 le 12, à 9 heures du matin. i
- Moyennes thermométriques : des minima 8°,61 ; des maxiuia 20°,63; du: mois 14°,65; vraie des 24 heures 14°,24. Minimum 2°,2 le 1". Maximum! 28°,6 le 29. Moveniie des minima sur le sol 5°,16. Minimum sur le sol — l°o le 1".
- Tension moyenne de la vapeur 7mm,79. La moindre 3”“,8 le 19, à 5 heures i du soir. La plus grande 14°,2 le 31, à 7 heures du matin.
- Humidité relative moyenne 66. La moindre 22 te 19, à 5 heures du soir, et ! le 24, à 4 heures du soir. La plus vrai)de 190 en 2 jours. Vents dominants du | N. au N.-E. !
- Pluie 20”m.O en 15 h. 3/4, réparties en 8 jours. Il y a eu de plus 5 jours de j gouttes, 1 jour de grêle, le 8. Un seul jour de brouillard de 500 mètres le ; 1", à 6 heures du matin; la transparence atmosphérique a été de 3 km le ; 11 et de 2 km le 26. Nébulosité moyenne 39. i
- 11 y a eu 7 jours de tonnerre : le 2, coup de tonnerre isolé au N.-W. un \ peu avant 6 heures du soir. Le 6, quelques coups au S.-W. aussi un peu 1 avant 6 heures du soir. Le 7, quelques coups au N.-W. vers 7 h. 1/2 du soir. ; Le 8, grand orage entre midi et 4 heures du soir. On a recueilli 5 mm d’eau avec un peu de grêle. Le 9, un coup de tonnerre au N.-N.-E.à midi 53 et un autre coup un peu après 1 heure du soir. Le 10. quelques coups au N.-N.-E. à 6 h. 1/2 du soir. Le 29, tonnerre du N. à l’W., très fréquent de 1 h. 1/2 à 5Ji. 1/2 du soir sans pluie.
- Température moyenne de la Marne : le matin 15°,57, l’après-midi 16e,20, :
- du mois 15°,88. Minimum 12°,45 le 2. Maximum 20°,82 le 31. Elle s’est éclaircie tout le mois en baissant progressivement. Elle a présenté pendant 3 jours une température de plus de 20.°.
- Relativement aux moyennes normales le mois de mai 1901 présente les résultats suivants : Raromètre plus haut de lm“,13. Thermomètre plus haut de 1°,31. Tension de la vapeur plus forte de 0“,11. Humidité relative de 4. Nébulosité moindre de 14. Pluie plus faible de 25”“,â.
- Relativement aux moyennes normales, le printemps de 1901 (mars, avril, mai; présente les résultats suivants :
- Moyennes. Écarts. Raromètre . . . 755"”".30 — 1,20 Thermomètre . 9°,76 -+- 0,15
- Tens. de la vap. 6 ““,35 —- 0,03
- Moyennes. Écarts. Humidité relative . 71,0 . — 0,2
- Nébulosité....... 55 O
- Pluie............122““,8 —6,5
- Floraisons : le l“r, pommier; le 5, lilas commun; le 4, cognassier; le 8, pivoine en arbre, ancholie, aubépine ; le 14, pivoine rouge commune; le 16, rhubarbe, leucanthemum ; le 17, alisier comestible; le 20, julienne simple, seringat, calvcauthus floridus; le 21, végélia rosea; le 22, sureau, sauge des prés; le 2ô, geum urbauum; le 21, sauge officinale, tradescantia; le 26, acacia ; lé 50, pivoine à odeur de rose ; le 51, escholtzia.
- Chant des oiseaux : le 1", pievert ; le 3, coucou, tourterelle ; le 11, caille.
- L’orage du 29, qui n'a donne que des gouttes au Parc-Saint-Maur, a donné à Paris des hauteurs d’eau très variables suivant les différentes stations : 32 mm à la tour Saint-Jacques et 80 mm au Jardin des Plantes. Cette hauteur est la plus grande qu'on ait jamais notée à Paris.
- M. Teisserene de Bort a eu à Trappes 4 mm d’eau. A Vendôme, il est tombé ce jour 26””,25 d’eau, d'après M”* Nouel. A Corcelles il n’a pas phi, d’après M. Masse.
- PHASES DÉ LA [.UNE : D. Q. le P, à 1 ) h. 9 m. du soir.
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- M. J. LAFF ARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— La Commission de contrôle de l’Observatoire de Nice, •choisie parmi les membres de l’Institut et de l’Université, vient de partir pour l’Observatoire du mont Gros et pour 1 Observatoire du mont Mounier. Elle est composée de MM. Gréard, Henri Poincaré, général Barrot, Cornu, Lippmann, Lœwy, Darhoux, Mascart, Troost, Bischoffsheim. Invités à suivre la commission : M. Sléphan, directeur de l’Observatoire de Marseille; M. Henri de Parville, directeur de La Nature.
- —(g)— M. Gnimet, directeur et fondateur du musée bien connu des Parisiens, a invité vendredi, 14 juin, la presse et de nombreux savants à venir visiter la nouvelle collection d’antiquités rapportées par M. Gayet des nécropoles d’Antinoé, ville gréco-romaine qui fut fondée, comme on sait, par l’empereur Hadrien. M. Gayet a entrepris déjà avec succès à Antinoé des fouilles très intéressantes. 'Commencés en 1896, grâce à l’initiative du musée Guimet, dans la ville purement égyptienne qui existait avant celle de l’empereur Hadrien, les travaux ont eu pour premier résultat le dégagement d'un temple de Itamsès II enclos dans l’enceinte de la ville nouvelle. En 1897, on découvrait deux temples romains. En 1898 et 1899, les travaux continuaient encore et mettaient au jour des spécimens d'étoffes, de soieries, de broderies et de costumes exhumés de nombreux tombeaux. Les fouilles faites en 1900-1901 dépassent de beaucoup en intérêt toutes les précédentes. On a découvert les tombes de Thaïs et de Sérapion qui.étaient situées dans le quartier nord-est de la nécropole. Elles appartiennent aux premiers temps du christianisme égyptien, qui ne pénétra en Egypte qu'après la persécution de Dioclétien pour s’y propager au commencement du quatrième siècle. Au musée Guimet, on peut contempler aujourd’hui Thaïs vêtue de ses robes curieuses en toile peinte. Elle tient dans sa main gauche un bouquet de fleurs d'immortelles et de roses de Jéricho. A scs côtés, «ont quatre étuis à gobelets* et deux corbeilles en joncs tressés, un compte-prière de bois et d’ivoire et des croix diverses. Placée sur une claie de branches de dattier servant de lit funèbre, elle est entourée de palmes tressées. Près de Thaïs, on a disposé le corps de l'anachorète Sérapion vêtu de sa robe en laine noire et de son étole de cuir repoussé. D’autres sépultures ne sont pas moins curieuses : •Celle d une femme, sans doute une institutrice, montre les planchettes constituant les feuillets et la couverture d'un livre. Le texte •écrit à la pointe sur un enduit de cire donne des leçons de grammaire •et de géographie. On remarque aussi un écritoire de bronze, un étui ù calames, un bracelet, un peigne, etc. Dans chacune des nombreuses vitrines, de nouvelles surprises sont réservées au visiteur •qui reste frappé du goût extrême qu'il voit partout soit dans les ornements des étoffes, soit dans les objets divers exposés.
- —(§)— Voici, d’après une statistique récente, le nombre des yachts «xistant en France, lesquels se divisent en deux catégories. Les voiliers sont au nombre de 1015 avec un tonnage de 9981 tonneaux, et les vapeurs sont au nombre de 554 avec un tonnage de 13 556 tonneaux, soit pour le total général 1369 vachts portant 23347 tonneaux. En estimant chaque tonneau à 1Ô00 francs, ce qui est certainement au-dessous de la vérité, la flotte des yachts français aurait ainsi une valeur de 23 millions. Les bateaux les plus petits, soit à vapeur, soit voiliers, ont trois tonneaux. Notons six yachts dont les machines sont actionnées par le pétrole.
- —8)— Pour résoudre le problème du reboisement, qui se pose,' depuis quelques années, aux Etats-Unis, avec une gravité particulière, comme d'ailleurs au Canada, les Américains ont imaginé de consacrer un jour, chaque printemps, à la plantation d’essences variées, dans les vastes « réserves » constituées à cet effet au Kansas, au Nebraska et au Colorado. Ces plantations sont faites collectivement, en masse, par les élèves de toutes les écoles, universités et institu-
- tions d’enseignement des Etats dont nous [tarions. L’Arbor Day, autrement dit le «jour des arbres», vient d'être célébré là-bas avec plus d’éclat encore que de coutume. Par décision du gouverneur, un congé général a été accordé, et. sous la conduite de leurs maîtres et des notabilités de la région, [très de trente mille enfants ont coopéré, cette année, au reboisement du territoire de l'Union. Chacun portait une bouture d’orme, de chêne, de sapin, de noyer, d'érable, de tilleul ou de frêne. Il ne faudrait pas croire que ce procédé, qui paraît puéril au premier abord, ne donne pas de résultats sérieux. Depuis l’institution de 1 ’Arbor Day, on a replanté ainsi plus de cent mille hectares de bois rien que dans l'Etat du lvansas.
- —®— M. Arlini, un professeur de déclamation italien, a accompli, à Naples, en présence d'un très nombreux auditoire composé en majeure partie d’auteurs, d'hommes de lettres et de journalistes, un tour de forcé''de mémoire qui mérite d’être signalé, ne fùt-ce qu'à titre de phénomène mental. U a récité, l'autre jour, les quinze mille trois cent cinquante vers qui composent la Divine Comédie, de Dante, depuis le premier jusqu’au dernier, sans la moindre défaillance et sans s’arrêter autrement que pour s’humecter le gosier, de temps à autre, avec un peu d'eau sucrée additionnée de rhum. Cette récitation extraordinaire, commencée à huit heures du soir, un samedi, s'est prolongée jusqu'à deux heures et quart dans la journée du lendemain dimanche. Elle a donc duré 1095 minutes, montre en main, la vitesse du débit ayant été uniformément de 830 vers environ par heure. Inutile d'ajouter que la prodigieuse performance dont il s'agit était le résultat d'un pari.
- —®— Une étude importante a été faite récemment par M. A. Garcia, à la Société des Ingénieurs civils, sur l'utilisation des forces motrices du Haut-Rhône. D'après les calculs de cet ingénieur, la puissance mise en jeu est très élevée. Sur un parcours du fleuve de 27 km, à partir de la frontière, il serait possible de capter une puissance de plus de 160000 chevaux au prolit de notre industrie nationale publique et privée.
- —8— M. Peter Cooper Ilewil. de New-York, vient de construire une lampe électrique à vapeurs. Dans cette lampe les radiations lumineuses sont émises par une vapeur raréfiée, telle que la vapeur de mercure, traversée par un courant continu dont l’intensité dépend de la distance des électrodes amenant le courant au tube en verre renfermant la vapeur, de la différence de potentiel, etc. Les expériences ont montré qu’avec une tension de MO volts et des courants d’intensité de 2 à 5 ampères,, il est possible de produire des foyers lumineux de 1000 bougies.
- —#— L Electrical World a décrit récemment une lampe électrique à incandescence fort curieuse, qui est dite à 2 éclairements, dont l’un remplit le rôle de veilleuse, tandis que l'autre correspond à la puissance lumineuse maxima. Il s’agit de la lampe Ilyld, dont nous ne connaissons pas du reste le fabricant. Elle contient deux filaments : l'un est qualifié du nom pittoresque de filament baby et n’a qu’une intensité d’uiie bougie; l'autre est de 16 bougies. Pour mettre ce dernier hors circuit et mettre au contraire l'autre sur le circuit, il suffit de légèrement dévisser la douille de la lampe. Le filament baby est fait pour brûler à une température plus basse que l’autre.
- —8— Voici, d'après une récente statistique, la population elt l’étendue du territoire des six grandes puissances sur le globe terrestre. Empire d’Angleterre, 420 millions d’habitants; 32 millions de kilomètres carrés. Empire de Chine, 400 millions d’habitants; 25 millions de kilomètres carrés. Empire de Russie, 140 millions d’habitants; 14 millions de kilomètres carrés. Empire de France, 110 millions d’habitants; 12 millions de kilomètres carrés. Empire des Etats-Unis du Nord-Amérique, 95 millions (l’habitants. 11 millions de kilomètres carrés. Empire d’Allemagne, 60 millions d'habitants ; 5 millions de kilomètres carrés.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la boite aux Lettres et après réceptioïi de la bande du journal de l’année.
- Erratum. — Dans notre article sur les « tramways électriques à contacts superficiels à Paris », paru dans le n° 1464 du 15 juin 1901, il faut ajouter deux nouvelles compagnies qui exploitent le système Diatto à Paris : la Compagnie des tramways de la rive gauche, et la Compagnie des tramways de Vanves. Il y a lieu aussi de modifier les itinéraires mentionnés dans le sens indiqué ci-après : Noisy-le-Sec—Opéra, Le Raincy —Opéra, Noisy-le-Sec — Square-du-Temple, Fontenay-sous-Bois — Opéra, Bonay—Concorde, Bonneuil—Concorde, Châtenay— Champ-de-Mars, Billancourt—Champ-de-Mars, Montreuil—Boulogne, Vanves—Champ-de-Mars.
- Communications. — M. Georges Duclou, à Bordeaux, nous envoie l’extrait d’un journal publié en 1856, établissant que le chauffage des vins était déjà connu et pratiqué en Italie pour le vieillissement des vins : « On lisait, dès 1856, dans le Moniteur des dames et demoiselles, numéro de juillet, p. 255, la recette suivante intitulée : Moyen pour donner a du vin nouveau Vapparence et le goût du vin vieux', ce procédé est fort usité en Italie par les marchands de vins, facile à essaver », dit ce journal, et dont voici le texte : « On verse le vin jeune dans une bouteille ayant contenu du vin vieux, en ayant soin de laisser vide la contenance d’un petit verre de vin. On bouche bien la bouteille ainsi incomplètement remplie et on la plonge jusqu’au collet du verre dans de l’eau chauffée à 75° centésimaux pour ne l’en retirer qu’une heure après; on laisse refroidir, on transvase dans une autre bouteille que l’on bouche avec soin. Le bouquet est tel, prétend le narrateur, après cette opération, qu’on croirait que du vin de l’année a dix ou douze ans d’àge. » On pourrait considérer cette méthode comme une antériorité à la Pasteurisation, bonne à mentionner.
- M. Henri Tiffaine, comptable de Oficina (gisement) «. San Antonio », à Zapiga, par Jquique (Chili), à propos de notre article sur les minéraux du Chili (n° 1457 du 8 décembre 1900, p. 25), nous adresse une notice très complète dont nous extrayons les renseignements suivants : « Les [torts du Chili qui exportent du salpêtre sont actuellement par ordre d’importance de la quantité exportée par chacun d’eux : fquique, Caleta Buena, l’isagua, Junin, Tocopilla, Taltal et Àntofagasta. Les gisements les plus importants sont ceux du département d’Iquique, viennent ensuite ceux du département de Pisagua, puis enfin ceux du Toco, de Taltal et d’Antofagasta. 11 faut ajouter l’iode, qui occupe un des premiers rangs dans l’exportation, car le pays fournit la presque totalité de la consommation du monde entier. Il existe actuellement dans toute la zone Salpétrière 79 gisements en exploitation; mais il n’v a généralement que les 2/5 environ en travail à la fois, car tour à tour, et pour des motifs différents, la plupart des gisements sont obligés de paralyser leurs travaux soit pour quelques mois, soit même pour plusieurs années. Tous les gisements ont produit en 1900 un total de 52155 855 quintaux espagnols de 46 kg chacun. La quantité de salpêtre exportée en 1900 a été de 51550 075 quintaux espagnols. Actuellement, le nombre des gisements est réduit à 78 par suite de la fusion récente des gisements « Santa Cata-lina » et (( Béarnés » du département ». Notre correspondant nous a adressé un état complet de la production de salpêtre par gisement pour les deux dernières années, ainsi qu’un tableau des quantités exportées des divers ports et un tableau des pays de destination. Nous l’en remercions vivement; mais à notre grand regret, nous ne pouvons reproduire ici ces tableaux.
- Un lecteur, à X., à propos des moyens pour conserver les
- œufs que nous avons indiqués, nous écrit qu’il en a vu employer un très simple avec un entier succès dans nos campagnes. On prend des œufs bien frais, on les entoure entièrement de papier et on les pose sur un des bouts, dans une boîte en bois, bien serrés les uns contre les autres. On ferme bien la boîte avec un couvercle. On peut mettre sans aucun inconvénient deux rangées d’œufs superposées. On a encore soin de remplir de papier (froissé entre les doigts) l’espace qui pourrait rester libre entre les œufs et le couvercle. Enfin, tous les huit jours, on place les œufs sur l’autre bout soigneusement et sans secouer. Notre correspondant a mangé d’excellents œufs ainsi conservés depuis trois et quatre mois.
- M. Duriac, à Paris, nous fait parvenir l’intéressante communication suivante : « J’ai plusieurs immeubles à Paris. Sur les toits, les cheminées sont surmontées de tuyaux en tôle. A la suite de chutes de ces tuyaux, qui heureusement n’ont pas causé d’accidents, j’ai fait enlever tous ces conduits en tôle. Voici deux hivers qu’il en est ainsi, et aucune cheminée n’a fumé. Donc, on peut admettre que les 5/4 des tuyaux placés,, dans ces conditions, sont inutiles et dangereux. Si le tirage d’une cheminée laisse à désirer, on peut en activer le fonctionnement par l’emploi, à l’intérieur du foyer, soit d’une grille avec pieds, au lieu de chenets, ou soit d’un foyer mobile. »
- Renseignements. — M. E. Foubert, à Champignolles. — Remerciements pour votre communication.
- M. E. P., à Barcelone. — Fils en aluminium : Société électrométallurgique française, M. J. Dreyfus, 50, rue du Rocher; M. G. Rupalley, 56, avenue de Wagram, à Paris.
- M. E. Bettig, à Barcelone. — On préserve un métal de la i'ouille en le recouvrant d’une substance ainsi formée : 25 parties de suif sec, 25 de cire blanche, 22 d’huile d’olive, 25 de térébenthine et 10 d’essence minérale.
- M. Dubois, à Bois-Colombes. — Vous trouverez un régulateur électrique pour photographies chez M. L. Gaumont et Cie, 57, rue Saint-Roch, à Pans.
- M. F. Andeleau, à Vannes. — Les fourreaux que vous nous avez envoyés sont des fourreaux de chenilles appartenant au genre Solénobie, que nous avons décrit dans le n° 1427, du 29 septembre 1900, p. 276. Pour préciser l’espèce, il faut attendre l’éclosion du petit papillon.
- M. À. Mauny, à Cerisy-la-Salle. — 1° En dehors des pâtes à polycopier, il existe l’automatic Cyclostyle, 44, rue du Louvre, à Paris. — 2° Nous ne connaissons pas d’ouvrage à ce sujet. — 5° Cet ouvrage est déjà ancien et ne se trouve pas dans le commerce.
- M. H. V., à Lodève. — Le robinet à débit réglable et évitant le coup de bélier est fabriqué par M. Bine, 9, rue de l’Aqueduc, à Paris.
- M. P. Darblay, à Saint-Germain-lez-Corbeil. —Le meilleur moyen est de remplacer l’eau le plus souvent possible, et de surveiller les queues des fleurs, en les coupant au fur et à mesure qu’elles se flétrissent. Quelquefois on met du charbon de bois dans l’eau.
- M. Bouty, à Paris. — Fibre de coco : M. Paulard, 57, rue de la Grange-aux-Belles, à Paris. «
- M. L. Petit, à Paris. — Pour les transformateurs W ydts et Rochefort, adressez-vous, 4, rue Capron, à Paris.
- M. Albarin Stefano, à Luserna-San-Giovanni. — Pour détruire les cafards, il faut répandre en divers endroits de la pâte phosphorée, préparée avec du sucre en poudre, de la farine et du phosphore dissous. On peut aussi mettre de la bière dans-des vases; les cafards, qui en sont très friands, viennent s’y noyer.
- M. H. Servage, aux Abrets (Isère). — 1° Nous ne connaissons pas la composition de la mélasine. — 2° Le dépolarisant dont vous parlez contient peut-être du graphite pour remplacer le charbon dans la formule ordinaire.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Dumont, à Paris. Il nous est impossible de traiter ces questions; il faut vous adresser à une agence de brevets. — M. Leroy, à Nîmes. Il est nécessaire de faire la mesure de la différence de potentiel dans les deux cas. — M. Dupuis, à Arras. Vos calculs sont erronés; la formule donnant l’intensité du courant n’est pas exacte. — M. D. L., à P.; M. G. V., à Lyon; M. Levant, à Paris. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 5e série, à la librairie Masson et Cio. — M. Lenfaut, à Libourne; M. Puiseux, à Lille. Remerciements pour vos communications. — M. Lebon, à Paris. Nous n’avons pu trouver ces renseignements ; regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes tes questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INTENTIONS1
- Couteau de poehe 4 ciseaux. — Le couteau représenté dans la ligure ci-jointe est un couteau ordinaire qui renferme tout d’abord une grande et une petite lame. Mais à coté se trouve une autre lame formant levier. Si on tourne cette lame dans un
- Couteau de poche à ciseaux
- sens déterminé, on fait sortir deux autres lames qui sont les branches d’une paire de ciseaux. Le couteau permet donc à l’occasion d’avoir également sous la main une paire de ciseaux par une manœuvre des plus simples. — Le couteau de poche à ciseaux se trouve chez MM. Ilaufeurt frères, 70, avenue de la Grande-Armée, à Paris.
- Bouilloire 4 lait 4 extinction automatique. — On
- a souvent cherché le moyen de faire bouillir le lait sans aucune surveillance. Voici un appareil qui a été imaginé dans ce but. Il se compose d’un récipient et d’un réchaud à alcool. On verse le lait dans la bouilloire F qui tient de un litre à un litre et
- ^Bouilloire à lait à extinction automatique.
- demi. Au-dessus du lait et dans la bouilloire vient se placer une petite bassine A de la forme d’une cuillère à pot dont la queue G vient se reposer sur le bord de la boudloire. On place la bouilloire sur le réchaud E, puis on ouvre le chapeau C du réchaud qui possède un petit butoir que l’on tient ouvert en y ajustant la tringle B qui correspond à la queue G. Alors
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- on allume le réchaud et il n’y a plus à s’occuper du lait qui arrive à bouillir et ne peut ni brûler ni se répandre en montant. Lorsque le lait arrive à bouillir, et par conséquent à monter, il emplira la petite bassine A qui par le propre poids du lait vient à basculer en dégageant la tringle du chapeau C du réchaud. Celle-ci étant à ressort se ferme et vient éteindre la lampe en arrêtant le lait de bouillir. — L’appareil se trouve chez M. M. Mathieu, 151, Galerie de Valois, au Palais-Royal, à Paris.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Pour enlever les taches d'encre. — Il faut généralement deux solutions pour mener à bien une pareille opération, et voici effectivement deux formules qui présentent celte complication apparente. On prend 1 partie d’acide citrique que l’on fait dissoudre dans 16 parties d’eau distillée, et on ajoute 2 parties d’une solution concentrée de borax. On prépare ensuite la seconde solution en mettant 5 parties de chlorure de chaux dans J6 d’eau; on secoue bien et on laisse reposer durant une semaine. On décante alors le liquide clair et on ajoute 2 parties d’une solution concentrée de borax comme tout à l’heure. S’agit-il d’opérer un nettoyage, on commence par saturer la tache avec la solution A, on enlève l’excès de liquide avec un buvard, et on applique la solution B. Quand la tache a disparu, on applique le buvard et l’on mouille la place avec de l’eau pure. On absorbe celle-ci au moyen du buvard, mais c’est pour recommencer cette application d’eau deux ou trois fois, afin d’enlever les produits chimiques qui se sont déposés dans le papier ; on termine l’opération en séchant définitivement entre deux feuilles de papier buvard. Cette formule réussit bien, mais en voici une seconde que l’on recommande davantage, et à laquelle aucune encre ne pourrait résister. Qn prépare une première solution en mélangeant par égales parties du chlorure et de l’hypochlorite de potasse avec de l’huile de pipermint. La seconde solution s’obtient par un mélange égal de chlorure de sodium, d’acide chlorhydrique et d’eau. Au moment de l’emploi, on mouille la tache avec la solution A, on laisse sécher, on frotte ensuite légèrement avec B, et on rince à l’eau claire.
- Un nouveau procédé de conservation des œufs. — Le problème reste toujours posé, puisque aussi bien aucun des procédés recommandés ët imaginés jusqu’ici ne donne satisfaction complète, et que pourtant la question est de toute première importance. M. Karl Reinhard, de Kaiserslautern, indique le traitement par l’acide sulfurique, qui produit dans la coquille des. changements tels, qu’elle se trouve absolument fermée à l’action de l’air extérieur. Les œufs sont, pendant un temps peu prolongé, exposés à cette action, et il en résulte que le carbonate de chaux est transformé en sulfate de chaux, dont la contexture très dense assure une fermeture janir ainsi dire hermétique.
- Ciment instantané. •— 11 s’agit d’une colle, d’un ciment qui peut servir à recoller et réparer les mille petits objets qui sont d'un usage courant dans la vie quotidienne. On le prépare chaque fois que l’on en a besoin (car il est nécessaire de l’appliquer à chaud) dans une cuiller en fer ou dans un récipient analogue, qui permdt de le faire fondre sur le feu en petite quantité, sans laisser une grande partie des éléments constituants aux parois du récipient.
- On compose le ciment en question de A à 5 parties de résine (ou mieux encore de gomme mastic) et d’une partie de cire d’abeille : il réussit particulièrement bien pour les objets en faïence, mais nous n’avons pas besoin de faire remarquer qu’il est incapable de supporter une forte élévation de température.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- L'iodipine.
- L’iodure de potassium est un des médicaments les plus utiles de la thérapeutique pour la guérison, non seulement de certaines maladies anciennes, mais pour l’asthme, le rhumatisme, pour combattre, l’artériosclérose, pour modifier l’état lymphatique, etc.... Malheureusement, il est quelquefois fort mal toléré; il est des sujets, susceptibles à l’excès, qui ne peuvent ingérer la plus petite dose d’iodure de potassium onde sodium, sans être pris de ce qu’on appelle les accidents d’iodisme, corvza épouvantable, conjonctivite, accès d’oppression, tuméfaction des glandes salivaires, c’est un véritable empoisonnement. Les exemples en sont nombreux avec des degrésHl’inten-
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- sitè variables. Chez d’autres personnes, l’iodure ne détermine pas des symptômes aussi bruyants, mais il provoque des accidents fort désagréables, des éruptions cutanées, de l’acné, tenace et long à disparaître.
- C’est pour ces malades rebelles à l’ingestion et à l’absorption des iodures que conviendra ce nouveau médicament, l’iodipine. On l’obtient en combinant l’iode métallique avec de l’huile de sésame. On sait que les corps gras ont la propriété de se combiner* avec les halogènes. L’huile de sésame a été choisie de préférence en raison de son insipidité, de son extrême digestibilité et de son bas prix. Suivant les doses de concentration, l’iodipine forme un liquide huileux clair ou un peu visqueux; à la dose de 25 pour 100, ce degré de viscosité est assez pro-
- noncé et la préparation ressemble à du miel. On l’administre pure, dans un véhicule alcoolique ou dans de la bière, ou en capsules gélatineuses.
- L’iodipine, administrée sous cette forme, traverse l’estomac sans se décomposer : ce n’est que dans l’intestin que l’iode est mis en liberté et non pas en totalité ; l’iodipine, au moins pour les deux tiers, se dépose telle quelle dans les divers tissus de l’économie, n'abandonnant l’iode qu’à la longue.
- On peut aussi administrer l’iodipine par la voie sous-cutanée, en injection dont le contenu se résorbe rapidement sans déterminer d’accident. Par l’une ou l’autre voie, buccale ou hypodermique, ce médicament ne détermine pas d’accidents d’io-dismc : c’est là un avantage appréciable. Pr X.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- VENT
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN-MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 10 juin .... 17°,9 W. 1. Couvert. 0,0 Nuageux jusqu'à 18 h.; beau ensuite ; quelquefois de»
- Mardi 11 gouttes le malin.
- 14°,9 W. S. W. 2. Quelques nuages. 0,0 Très uuag. de 8 à 22 h. ; beau avant et après.
- Mercredi 12 14°,1 S. S. W. 2. Beau. 0,0 Beau jusqu’à 7 Ii,; puis très îiuag,; couv. l’aprèî-mid*;
- Jeudi 13 pluie dans la soirée.
- 10°,1 N. W. 4. Nuageux. 5,9 Couv. jusqu’à 6 h. ; puis nuag. ; beau après 18 h.; ullite
- Vendredi 14 11°,0 S. S. w. 2. Nuageux. 0,0 jusqu’à 5 h. 1/2. Nuag.; gouttes à 11?11. 10.
- Samedi 13 10°,7 N. 2. Quelques nuages. 0,0 Nuag. ite 6 à 20 h. ; beau avant et ayrès.
- Dimanche 16 11°,3 S. S. W. 2. Couvert. ILQ Très nuaç. jusqu'à 2® h. ; beau ensuite ; halo.
- JUIN 1901 -- SEMAINE DU HINDI 10 Aï DIMANCHE M> JUIN
- cour,
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 « 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courb urbe épaisse les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer); courbe plus mince,
- Les courbes du milieu indiquent thermomètre à l'abri à
- IrlMIl ( - y r ---* ~ * A . ,. , •*» i 'Il
- boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre a l abri a boute mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Orages et tempêtes. — Une série d’orages et de tempêtes ont eu lieu le 9 juin dans le sud-ouest de la France, et ont causé de grands dégâts.
- Un orage, avec forte pluie accompagnée de grêlons énormes, s’est abattu sur la ville de Niort, de 3 à 4 heures du soir, brisant en grand nombre les vitres des maisons particulières, les verrières et les vitraux des éditjces publics, dévastant les vignes, les arbres fruitiers, les vergers de la banlieue et ceux des communes voisines. Les réco tes ont presque toutes ete anéanties. ,. ...
- A Mende également, la pluie et la grêle ont dévasté plusieurs communes. Toutes les récoltes ont été hachées, les arbres dépouillés de leurs feuilles. Aux environs de Mende, la grêle a été moins forte, mais les dégâts ont été importants dans certaines communes du canton par suite de trombes d’eau qui ont transformé les cours d’eau en torrents. ... .
- De violents orages ont éclaté dans différentes parties des \ osges ; les environs de Neufchâteau, de Xertigny et de Bains ont été ravagés par la grêle. A Kemireinont, une trombe d’eau a inondé les magasins. A Bellelontaine, une femme a été foudroyée ; au Ménil-Thillot, une ferme a été inceudiée.
- Dans la nuit du 9 au 10 juin, à Carmaux, la population a été réveillée par le tocsin. Par suite d’une crue subite, le Cérou inondait toute la vallée. L’eau
- un grand nombre d’habitants, s# sont transportés. sur les lieux. La violence du courant a emporté le pont de Moulin-Bas, sttrla limite des communes de Rosières et de Saint-Jean, et a détruit, sur une étendue de 200 mètres environ, la moitié d’un chemin de grande communication près de Rosières. Dans la commune de Carmaux, les prairies et les champs de blé bordant la rivière ont été couverts de limon ; les murs des jardins se sont écroulés ; le moulin de la Lande a été détérioré. Dans le vieux quartier de Carmaux, le Pont-Vieux a été sérieusement éprouvé. L’eau a envahi les maisons. On n’a eu à déplorer aucun accident de personne.
- Une brasserie a été envahie par l’eau ; les murs du vélodrome ont été renversés. Le quartier des usines Sainte-Barbe a été transformé en un véritable lac. L’ancien pont du chemin de fer a été avarié. Un contrefort construit depuis la crue de 1883 a été déplacé d’uii mètre sans être renversé. A Monestier et à Salles, en aval du Cérou, les dégâts ont été purement matériels, et il n’y a eu aucun accident de personne.
- Le même jour, un cyclone s’est abattu à 5 heures sur Gap, au momentoù la musique du 22e régiment d’infanterie donnait un concert â la Pépinière. La foule eifrayée s’est enfuie. Au moment où les musiciens passaient sous la voûte des noyers séculaires de l’avenue d’Embrun, une grosse branche s’est détachée et est tombée sur eux ; deux des musiciens ont été grièvement blessés et un certain nombre d’instruments ont été brisés. A la gare, un wagon de marchandises a été renversé, plusieurs peupliers ont été arrachés sur les avenues. L’ouragan venait de \eyres, où les dégâts ont été très importants. ____________
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 16 à 1 h. 42 m. du soir.
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- M. J. LAFF ARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —(§)— Notre collaborateur, M. Emile Cartailhac, correspondant «de l’Institut, est en ce moment à Monaco pour suivre le déblaiement •d'une des fameuses grottes de Menton. Les recherches se poursuivent depuis plusieurs années sous la direction de M. l’abbé de Villeneuve. Un a déjà retiré divers objets ouvrés et de nombreux ossements. Les grottes explorées sont à 1 kilomètre de la station Menton-Garavan. Un a découvert ces jours derniers trois squelettes entiers.
- —Après un coup de froid très remarquable qui s’est produit presque partout simultanément les 15, 16, 17 et 18 juin, nous -avons eu un coup de chaleur tout aussi exceptionnel. Pendant la période froide, la température moyenne est descendue de 5° au-dessous de la normale ; pendant la période chaude elle a monté de au-dessus. Le maximum est venu le 20 juin avec 53°,6 à Mont--souris. Ce chitfre est identique au maximum absolu de juin 1877 -qui n'avait pas été atteint depuis. Nous subissons un nouveau refroidissement depuis le 23.
- —®— De nouvelles dispositions vont être prises pour remédier aux excès de vitesse des automobiles. M. Walueck-Rousseau, président du conseil, ét M. Pierre Baudin, ministre des travaux publics, viennent d’envoyer au Conseil d’Etat un projet de décret tendant à modifier le décret de 1899 sur la circulation des automobiles. La vitesse maxima autorisée pour une automobile en rase campagne est <le 30 km à l’heure. D’après le projet, tout véhicule susceptible par sa construction de dépasser cette vitesse et de commettre une contravention devra être muni à l’avant et à l’arrière de deux plaques délivrées par l’administration, portant un numéro d’ordre et restant visibles en tout temps. Cette disposition, qui fonctionne déjà dans divers pays étrangers, permettra de reconnaître la voiture commettant une infraction et de dresser procès-verbal aussitôt. L’usage de la trompe est plus étroitement réglementé ; on ne devra plus s’en -servir que pour prévenir de l'approche du véhicule dans les endroits dangereux et pour éviter des accidents. Enfin, des prescriptions nouvelles et très minutieuses sont proposées pour les courses. Toutes les précautions jugées utiles seront prises, aux frais des organisateurs, quand il devra en résulter une dépense. De plus, la course ne pourra avoir lieu qu’après l’agrément des maires des communes -traversées.
- Au cours d’une séance de l’Académie de médecine, M. La-borde, chef des travaux physiologiques de la Faculté de Paris, avait présenté au vote formel de la compagnie les propositions suivantes relatives à la prohibition de l’absinthe et de certains apéritifs : 1° Prendre, sans plus tarder — en conformité de la motion votée par le Parlement — l’initiative, issue de sa haute compétence, de l’indication des liqueurs, apéritifs et boissons contenant les essences les plus dangereuses pour la santé publique, à l’effet d’en interdire la fabrication, la circulation, la publication et la vente ; 2° Charger de cette étude et de cette indication la commission de l’alcoolisme; 3° Communiquer, sous forme de vœu, aux pouvoirs publics et au Parlement, la délibération adoptée et prise par l’Académie, à ce sujet, après avoir entendu le rapport de la commission. Comme l’Académie n’était pas en nombre lorsque M. Laborde fit cette communication, le vote fut remis à la séance suivante. Dans la séance du 19 juin, M. le président a annoncé que, conformément à l’avis du conseil d’administration, il proposait d’accepter les conclusions proposées et de charger de l’étude de cette question la commission de l’alcoolisme; celle-ci se trouve ainsi composée : MM. Laborde, Lancereaux, Riche, Magnan, Motet et Cornil. Cette proposition a été mise aux voix et adoptée.
- —jj>— Le 15 juin a eu lieu à la salle des Ingénieurs civils, 19, rue Blanche, le congrès des membres du syndicat professionnel des usines d’électricité, sous la présidence de M. Ferdinand Meyer, assisté du bureau du syndicat. Après diverses communications relatives aux sujets examinés dans le Congrès de 1900, les questions
- ci-après ont été traitées cette année : les moteurs à gaz pauvre, par M. Deschamps; les moteurs à alcool, par M. Hérard; les turbines à plusieurs distributions, par M. Brillouin; les appareils de mesure et compteurs, par M. Roux; les canalisations, supports et isolateurs par M. Fontaine ; les applications médicales de l'électricité, par M. Brillouin; les nouveaux types de lampes électriques, par M. Fontaine; les applications de l’électricité dans l’industrie, par M. Derry. Dans la soirée, le syndicat offrait chez Ledoyen un banquet sous la présidence de M. 'Mougeot, sous-secrétaire d’Etat des postes et télégraphes. Au moment des toasts, M. F. Meyer a retracé magistralement les étapes successives du développement de l’électricité en France depuis 1889. Il a constaté combien il y avait encore à faire pour lui donner un état-civil acceptable. Il a insisté pour que cette initiative vînt du Gouvernement, de manière à permettre d’aboutir plus rapidement. Il a terminé en levant son verre à fa santé du président du banquet et des invités du syndicat. Dans sa réponse, M. Mougeot, sous-secrétaire d’Etat, a insisté sur les fruits féconds que doit donner une saine association du capital et du travail. Il a cité comme exemple du développement rapide de l’électricité les considérables accroissements tles communications téléphoniques interurbaines. Il a assuré le syndicat et les usines électriques du bienveillant appui du Gouvernement pour les projets de lois à letude. M. le sous-secrétaire d’Etat a ensuite, au nom de M. le ministre de l’Instruction publique, remis les palmes académiques à M. Thévenar, ingénieur de la compagnie continentale Edison, directeur de l’usine électrique du Palais-Royal et à M. Derry, directeur de l’usine électrique de Nantes. Il a ensuite distribué les médailles aux’ ouvriers les plus méritants proposés par le syndicat, notamment à MM. Dcs-douitils, Auvray, Monnerot. Moles, Martin. A l’issue du banquet, M. Hospitalier a fait la démonstration d’un ondographe, destiné à Fétude des courants alternatifs et qui trace les courbes de ces courants. Le 16 juin, les congressistes se sont réunis à Fontainebleau, pour assister officiellement à la mise en service des omnibus à trolley automoteur, transport automobile sur route, système Lombard-Gerin. Ces essais ont parfaitement réussi en terrain varié, avec des pentes, des rampes et ont démontré à tous, d’une manière frappante, le côté pratique et l’économie du système ainsi réalisé.
- —®— Nouvelle voiture due à la municipalité d’Akron, une des principales villes de l’Etat d’Ohio, en Amérique. L’omnibus de la préfecture de police «pie nous connaissons à Paris, avec sa lourde caisse et ses fenêtres grillées, ne ressemble en rien à l’élégante voiture automobile qui fait, depuis peu de temps, le service entre la « police station » d’Akron et la prison située à l’autre extrémité de la ville.
- Le journal américain, auquel nous empruntons cette nouvelle, donne même une description complète de ce véhicule, le premier de son espèce. C’est une voiture à 6 places de 3m,20 de long, sur 2 mètres de large, capitonnée et suffisamment confortable. A l’arrière, se trouve une sorte de plate-forme couverte pour le polieeman chargé du transport des prisonniers. Munie d’un moteur à pétrole de quatre chevaux, la voiture cellulaire d’Akron, qui pèse en ordre de marche près de 3000 kg et a coûté 15 000 francs, peut atteindre la vitesse maxima de 32 km à l’heure.
- —®— Entre Hjele et Grodaas, en Norvvège, se trouve le lac de Stryn. Ce lac, très poissonneux, attire, pendant la belle saison et surtout au printemps, un grand nombre de pêcheurs, dont quelques-uns même se sont fait construire sur ses bords de coquettes villas.
- Il s’est ainsi formé, des deux côtés du lac de Stryn, deux groupes assez importants de maisons qui, pour se mettre en communication, n’ont trouvé rien de mieux que d’établir entre eux une « ficelle ». Mais où commence l’originalité de la chose, c’est que, sur ce câble incliné d’un bord à l’autre, les riverains ont eu l’idée de suspendre, au moyen d’un trolley à deux roues, un solide fauteuil dans lequel on peut faire la traversée du lac, à 3 mètres seulement au-dessus de, la surface de l’eau, en quelques secondes «t sans le moindre danger.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La Minerve-photo-tirage, se trouve chez M. Rancoule, 100, rue Richelieu, ou chez M. Lantuéjoul, 8, rue du Temple, à Paris.
- Communications.— M. J.Dcchery, vétérinaire à Fismes, au sujet de notre article sur « Les tramways électriques à contacts superficiels à Paris » (n° 1404 du 15 juin 1901, p. 33), nous écrit :-« J’ai lu, avec le plus grand intérêt, l’article que vous venez de publier, sur le plot Diatto. Au nombre des inconvénients mis au compte de cet appareil, on nous avait habitués à ajouter le magnétisme rémanent; on lui attribuait même la plus grande partie des accidents. Or la commission technique, dont votre excellent article énumère les travaux, n’en parle même pas. Elle rapporte tous les inconvénients à_ cinq chefs différents : 1° Détérioration des plots; 2° Action des frotteurs; 3° Mauvais isolement des plots ; 4° Dépôt de noir de fumée ; 5° Mauvais isolement des cables. Se serait-on donc trompé en mettant en cause le magnétisme rémanent? Il semble cependant qu’il soit bien difficile d’attribuer à une autre cause cer-laine.s observations. Ainsi, par exemple, à la séance delà Société centrale de médecine vétérinaire du 20 janvier 1901, M. Mouquet, ayant eu l’occasion de faire l’autopsie d’un cheval foudroyé par le Diatto, raconte que cet animal, culbuté par la secousse, et resté en contact avec le plot pendant 5 à 6 minutes, présente, au niveau du point touché, une brûlure de la dimension de la main. Les'poils sont roussis, grillés, en partie disparus. Le derme, sur la coupe, se montre rouge, hvperhé-mié sur une même étendue. Le sang estincoagulé. L’intestin, le foie, l'estomac, le cœur, les poumons, plus ou moins fortement congestionnés (en cinq minutes). M. Blanchard, séance du 28 février, rapporte deux cas où les mêmes lésions se sont présentées de façon absolument identiques. Il est difficile d’admettre que des lésions de cette importance et de cette netteté aient pu se produire à l’aide de courants dérivés, nécessairement beaucoup plus faibles que le courant principal. )) Notre correspondant a raison de dire que quelques accidents sont survenus après un contact de plus ou moins longue durée avec les plots ; mais il ne faut pas attribuer ce fait au magnétisme rémanent. Par suite d’une des cinq causes que nous avons énumérées dans l’article, le plot a été mis en communication avec le câble venant de l’usine et amenant le courant, et il y est resté jusqu’au moment où, par une action quelconque, on l’a supprimé. C’est donc parce que le cheval est passé sur un plot au moment où le courant y était qu’il est tombé et tant que le courant a été en communication avec le plot, le cheval tombé et resté sur le plot a subi l’action du courant électrique. Aussi avions-nous raison de dire dans l’article que la plupart des accidents avaient la même origine : l’électrisation permanente des plots.
- M. H. Leroy, à Douvres, nous écrit que dans sa communication, parue dans le n° 1404 du 15 juin 1901, il faut écrire:
- pour le rayon de la terre
- 40000000 , 40000000
- —— au lieu de ——— >
- tu est le nombre qui indique le rapport du diamètre à la circonférence.
- M. E. Moitgin, à Roanne, nous adresse un calendrier perpétuel qui permet de trouver rapidement le jour d’une date quelconque.
- AI. Th. Hanhart-Honald, à Winterthur, nous envoie également quelques observations sur le même sujet.
- AI. L. de Roulet, à Los Angeles, Cal. lT. S. A., nous fait par-
- venir quelques timbres-poste d’une nouvelle série ; sur ces timbres sont représentés des bateaux et sur l’un d’eux se trouve une voiture automobile.
- M. de B., à Bruxelles, nous écrit que l’horloge de la tour de la cathédrale de Malines est plus grande que celle de l’hètel de ville de Philadelphie, dont nous avons parlé dernièrement. Ses cadrans ont un diamètre de 15m,70 et ils sont placés au sommet d’une tour qui a 99 mètres de hauteur.
- Renseignements. — M. A. Roisset,ii Paris. — Nous allons prendre des renseignements et nous vous répondrons.
- AI. E. Petit, à Paris. — La méthode pour utiliser les émulsions de pétrole ou huile de kérosène comme insecticide, est donnée dans le petit livre des Recettes et Procédés utiles, 3e série, à la librairie Masson et Cie. D’autres moyens sont également indiqués dans le petit livre, lre série.
- M. Py, à Perpignan. — 1° Pour trouver tous les articles que nous avons consacrés au microscope et à ses applications, il faut consulter toutes les tables des matières. Entre autres articles, nous vous signalerons l’Histoire des microscopes en 1889' (nos 825 et 828), le microphotoscope en 1895 (n° 1142), etc.
- — 2° Pour les ouvrages sur les microscopes, adressez-vous à la librairie Bérenger, 15, rue des Saints-Pères, ou à la librairie Bernard, 25, quai des Grands-Augustins, à Paris. Enfin, vous-aurez des renseignements auprès des fabricants de microscopes : M. Pellin, 21, rue de l’Odéon, M. Adnet, 2fi, rue Vauquelinr MM. Krauss et Cie, 21, rue Albouy, à Paris.
- AI. A. AL, à Lille. — l4 Nous ne connaissons qu’un journal qui a pour titre Nachrichten über Industrie; il se trouve au ministère du commerce, à Vienne. — 2° 11 serait nécessaire de compléter le titre. — 3° Ce journal nous est inconnu ; vous pourriez vous adresser à M. Lesoudier, 174, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- AI. J. Truffot, à Mulhouse. — Les chiffres que nous avons-publiés sont exacts; il suffit de lire à la ligne 6 « tous les jours » au lieu de « tous les ans ».
- M. le Dr Bernard, à Angers. — 10 Nous avons fait des recherches et nous n’avons pas retrouvé cet article. — 2° 11 faut consulter un fabricant de bateaux ; nous ne pouvons vous donner ce renseignement.
- AIAI. E. Mathieu et R. Vauthier, à Reims. — Les lampes à incandescence Auer à osmium ne se trouvent pas encore dans le commerce; pour les lampes Solignac, adressez-vous à la Société des lampes homogènes, 19, rue Didot, à Taris.
- M. L. Réranger, à Maxula Radès. — Pour ce qui concerne le froid industriel, vous trouverez des renseignements chez: MM. Biétrix, Leflaive, Nicolet et Cie à Saint-Etienne (Loire) ; chez M. Ch. Tellier, 128, rue de la Convention, à Paris; chez. M. Douane, 23, avenue Parmentier, et à la Compagnie des Procédés Raoul Pictet, 16, rue de Graminunt, à Paris.
- M. Roger, à Mantes. — On essaie, concurremment avec les canons, les fusils et les bombes. Jusqu’ici l’expérience n’a pas été favorable à cette dernière méthode.
- M. Trilles, à Agen. — Il sera publié un article sur le sujet.
- M. le Dr Veillon, à Toulouse. — Il faudrait vous adresser à notre collaborateur M. J. de Loverdo, 2, rue Chaptal, à Paris.
- M. A. de la Perrière, à Paris. — L’adresse que vous nous demandez a été donnée en tête de la Boite aux Lettres du n° 1442 du 12 janvier 1901.
- M. E. D., à Pernambuco. — Outillage pour la fabrication des boites métalliques en tous genres : MM. Ch. Lerov et C'% 91, rue Oberkampf, à Paris, et Société de soudage, 13, quai de Boulogne, à Boulogne-sur-Seine.
- L’abonné 1520, à Paris. — 1° Machines pratiques à faire la glace : M. J. Schaller, 332, rue Saint-Honoré; M. Douane, 23, avenue Parmentier; M. J. Bustin, 5, boulevard de La Chapelle, à Paris. — 2° Adressez-vous à la maison Bcyrolle, 46, rue du Bac, à Paris.
- M. Levasseur, à Le Vandreuil. — Il suffit d’enduire les œufs de vaseline, ou de les tremper dans une solution de silicate de soude ; prenez des pots de grès.
- AI. D. Héron, au Yésinet. — Nous n’avons pas l’adresse plus complète de ce correspondant. Nous avons toutefois expédié votre lettre.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. E. Julien, à Paris. Nous ne connaissons personne pouvant vous donner satisfaction.
- — M. D. II., h X. Nous ne pouvons vous répondre ; cette question ne nous concerne pas. — M. L. II., à Blois. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 3e série, à la librairie Masson et Cio, à Paris..— AI. Durait, à Brest ; AI. Lelong, à Nice. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui' sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Il)
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Dressé à l’Observatoire de Paris, d’après les publications du Bureau des longitudes
- JUILLET-AOUT-SEPTEMBRE 1901. — POSITION DES PRINCIPALES PLANETES.
- lOct.
- .Géinea
- Uiill:
- Bélier
- NEPTUNE
- C’Lion
- Poissons
- P îtit Chien
- Baleine
- Ér idan
- Lièvre
- Grand,
- Colombe
- : je au méridien à
- Passa
- B pilé ale”
- Hercu 1
- Poissons
- 'Ophiucus
- et Antinous
- Verseau
- Balance
- URANUS
- SATL
- lOct
- Capricorne
- Sagittaire
- Poi ssonAust yel
- PRINCIPAUX PHÉNOMÈNES ASTRONOMIQUES
- Occultations des Planètes et des Étoiles par la Lune,
- 1901. visibles à Paris. ttom de l’astre. Grandeur. Immersion. Temps moyen. Émersion. Temps moyen.
- Juillet 1 18508 A. Oe. 7,0 *7 h. 31 m, 8 8 1). 24 Ul, 0
- 2 6710 B.A.C. 5,8 9 h. 46 m, 4 ippulse i (l.'ldu bord.
- 3 7065 B.A.C. 6,4 10 h. 16 m, 0 ippulse P 0'2 da bord.
- . 10 892 B.A.C. 6,5 14 h. 0 in, 1 14 h. 51 ni, 0
- — 29 d Sagittaire. 5,6 8.h. 44 m, 6 9 h. 59 m, 0
- — 29 p* Sagittaire. 6,5 12 h. 16 m, 6 ippulse i P7 do bord.
- Août. 2 1052 Weisse (221) 6,2 13 h. 6 in, 6 14 h. 20 m, 0
- 3 X Poissons. 4,8 8 h. 46 m. 9 ippuse à P5 du bord.
- 3 22 Poissons. 5.8 4.8 14 h. 18 m, 0 ippulse i t a du bord.
- . 4 ô Poissons. 14 h. 50 m, 7 15 h. 55 m, 6
- — 4 62 Poissons. * L’étoile est sous l’horizon. 6,1 14 h. 52 m, 7 ippnlsr a5'î du bord
- 1C0J. Nom de l’astre. Grandeur tn k ersion. . Temps moyen. Fmersion. Temps moyen.
- Août. 6 1 29 Bélier. 6,4 10 h. 55 m, 5 11 h. 47 ni," 8
- 7 1096 B.A.C. 6,5 12 h. 6 m, 5 12 h. '59 m, i
- 8 1417 B.A.C. 6,7 13 h. 50 ni, 5 ippulse i 5'2 du bord.
- 24 6098 B.A.C. 7,0 8 h. 58 m, 7 10 h. 7 m, 3
- 25 35497 Lalande. 6,4 12 h. 55 m, 5 13 h. 39 m, 9
- — 28 c1 Capricorne. 5,5 13 h. 8 m, 2* 14 h. 8 m, 4
- 29 x Verseau. 5,2 12 h. 37 m, 5 13 h. 43 m, 2
- itpiifljre 4 2.48 Weisse (4*) 6,4 12 h. 50 m, 9 ippulse i 2'S du bord.
- 4 £ Taureau. 3.6 16 h. 19 m, 0 17 h. 3 m, 3
- __ 5 1651 B.A.C. 6,4 12 h. 55 m, 0 15 h. 21 m. 6
- 9 x Ecrevisse. 5,1 *14 h. 37 m, 2 15 h. 31 m, 8
- — 23 6992 B.A.C. 6.7 9 h. 51 m, 6 ippulse i 3 7 du bord.
- •—- 25 fi2 Capricorne. 3,3 9 h. 39 m, 6 ippulse i 2'(i du bord.
- — 26 1052 Weisse (2211) 6,2 7 h. 4 ni, 0 7 h. 51 m, 5
- — 27 25 Poissons. 6,6 6 h. 28 m, 3 7 h. 2 m, 5
- — 28 (M) Poissons. 6,2 5 h. 48 m, 8 ippulse à 0'7 du bord.
- — 28 62 Poissons. 6,1 6 h. 4 m, 8 6 h. 48 m, 1
- * L’étoile est sous l'liorizoi)»
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Satellites de Jupiter,
- OCCILTATIONS. 1901. Satellites. Immersion. Emersion.
- ECLIPSES. Commencement.
- Fin.
- OCCULTATIONS. ECLIPSES. Août 7 I 10 h. 44 m.
- Émersion. Commencement. Fin. 9 I 8 h. 19 m. 55 s.
- 1901. Satellites. Immersion. 9 IV 9 h. 22 m. 19 s.
- Juillet 1 I 9 b. 50 m. — 14 11 9 h. 2 m. 4 s.
- — 2 U 14 h. 29 m. — 23 1 8 h. 48 m.
- — 8 1 9 li. 16 m. 11 h. 43 m. 45 s. — 26 III 8 h. 47 m. 51 s.
- — 13 II 9 h. 16 m. 31 s. — 28 II 9 h. 8 m.
- U III 8 h. 44 m. 4 s. Supt. 1 I 8 li. 35 m. 30 s.
- — 15 I 11 h. 1 m. 13 h. 38 m. 18 s. *— 2- III 7 h. 55 m. 9 h. 44 m. 31s.
- — 20 II 11 h. 52 m. 57 s. — 8 I 6 h. 58 m.
- — 21 III 12 h. 44 m. 21s. — 9 III 8 h. 37 m.
- 22 I 12 h. 45 m. — 11 IV 7h. 9 m. 9 !i. 37 m.
- O? IV 9 h. 52 m. 12 h. 47 m. 14 s. — 15 I 8 h. 51 m.
- — 24 I 10 h. 1 m. 36 s. — 15 II 8 h. 52 m. 38 s.
- 27 II 10 h. 25 m. — 17 I 6 h. 52 m. 20 s.
- — 28 III 11 b. 1 m. — 24 1 8 b. 47 m. 23 s.
- — 31 I 8 h. 58 m. 11 h. 56 m. 20 s. — 29 II 8 h. 39 m.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 17 juin .... 13®,9 W. 2. Nuageux. 0,0 Nuag. le matin ; couv. l’après-midi.
- Mardi 18 11®,1 W. 3. Couvert. 1,2 Nuag. ; quelques coups de tonnerre vers 11 h.
- Mercredi 19 11®,0 N. N. W. 2.] Ti’ès nuageux. 0,6 Nuag. jusqu’à 18 b. ; couv. après.
- Jeudi 20 16®,1 S. S. W. 2. Couvert. 0,0 Couv. jusqu’à 8 li. ; nuag. ensuite.
- Vendredi 21 . . . . . 16®,9 S. E. 1. Nuageux. 0,0 Nuag. ; halo.
- Samedi 22 20®,4 S. S. E. 2. Très nuageux. 0,0 Nuag. jusqu'à 19 b.; beau ensuite.
- Dimanche 23 18®,9 W. S. W. 2. Couvert. 0,0 Nuageux.
- JUIN 1901 -- SEMAINE DU LUNDI 17 .AU DIMANCHE 23 JUIN
- La courbe supérieure indique la nébulosité de ü à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- l.a neige. — La neige est tombée le 18 juin à gros flocons à Gérardmer, h Bussang et sur toute la région des Ilautes-Vosges. La neige est également tombée en abondance, le 19 juin, en Alsace, dans la Suisse, dans le Tyrol, en Bohême et daus le nord de la Hongrie. A Berlin, le froid a été général! il est tombé de la neige dans le Nord. En Italie, l’Apennin a été couvert de neige. A Rome, la thermomètre est descendu jusqu’à 8® au-dessous de zéro.
- A Mende, le 20 juin, l’atmosphère s’est brusquement refroidie à la suite des orages de la première quinzaine de juin.
- Daus la nuit du 19 au 20 la neige a fait son apparition sur les plus hauts pics de la Margeride. Dans certaines communes de la haute Lozère, les blés ont été gelés ainsi que la feuille de divers arbres, notamment du fayard, qu’on dirait' carbonisé. L’eau s’était cristallisée au grand air. Les pardessus et les fourrures ont de nouveau fait leur apparition dans les rues de la ville. l'n tel froid ne s’était jamais vu eu juin.
- Orages. — La pluie est tombée sans interruption à Chambéry les 15, 10 et 17 juin; on a pu mime voir à 1200 mètres d’altitude de la neige sur les montagnes environnantes. Toutes les rivières, et notamment l’Isère, ont considérablement grossi. »
- A la même date, un violent orage s’est abattu sur la Corse, dévastant les
- récoltes qui s'annonçaient relativement bonnes. Les arrondissements d'Ajaccio, Sartène, Calvi ont été particulièrement éprouvés.
- Les 16, 17 et 18 juin, des pluies sont tombées dans l'ouest et le centre du continent. En France, le 17, on a recueilli 5““ d’eau à Belfort, 2 à Lyon, 2"”à Biarritz. Le thermomètre marquait le matin 8® à Stornoway, 14° à Paris, 21® à Moscou, 23® à Alger. On notait 2® au puy de Dôme et au mont Aigoual, — 3® au pic du Midi. A Paris, l’après-midi, le temps était couvert et il est tombé des gouttes,
- La température moveime, 13®,3, a été inférieure de 3®,8 à la normale (17®,1). _
- Le 18 juin, eu France, ou a recueilli 22”“ d eau à Besançon, 12 à Dunkerque, 6 à Toulouse, 1 à Paris. La température a monté sur les Iles-Britanniques et l’Allemagne; elle était le matin de 5® à Berne, 11® à Paris, 22® à Moscou, 24® à Alger. Ou notait — 1® au puy de Dôme, — 4® au pic du Midi, — 5® au mont Mounier. A Paris, il y a eu des ondées ; quelques coups de tonnerre vers onze heures du matin. La température moyenne, 11®,7. a été inférieure de 5",6 à la normale (17®,3). Le temps est resté nuageux et pluvieux toute la lin de la spmaine.
- Les 18 et 19 juin, une violente tempête a eu lieu dans la Méditerranée.
- PHASES DE LA LUNE
- t P. Q. le 23, à 9 h. 8 m. du matin.
- ) Solstice le 22 à 3 lt. 37 m. du matin.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —S— La fameuse course internationale de vitesse Paris-Berlin «des 27, 28 et 29 juin s’est terminée vendredi matin à l’avantage de d’industrie française. C’est Fournier avec une puissante voiture Mors •qui est arrivé hoir premier à Berlin; à 41h 45m. Fournier avait déjà •été vainqueur de la course Paris-Bordeaux. Déduction faite de la traversée des villes neutralisées où il ne fallait pas dépasser une vitesse de 12 km, le vainqueur de l’épreuve internationale a battu de temps du Nord-Express. Ce rapide met 18h 28” pour aller de Paris à Berlin. Fournier a fait le même trajet en 17h 3m 43*. Le second arrivé est Girardot 18h9m58'. Le troisième, René de Knytf, en l£h 12m 57% etc. Le classement pour les voitures légères est le suivant : Giraud en 20h54ai; Sineholle en 23h32m; Teste en 23h33m, etc. Yoiturettes : L. Renault en20h 33m 505; Crus en 24h 2m; Oury en 21k 5”. Motocyles : Osmont en 20h 18m. Bardeau en 22h 5“. Cormier en 23h 29m. L’épreuve de la course des Touristes a été également très satisfaisante avec un déchet de 20 pour 100 seulement sur les voitures qui sont restées en route. Dans la course de vitesse, le déchet a été de 38 pour 100, par conséquent bien supérieur.
- —®— Le 29 juin, nous avons assisté à l’ouverture de la ligne électrique des Invalides à Meudon-Yal-Fleury. La Compagnie des chemins de fer de l’Ouest va établir une ligne électrique des Invalides à Versailles; mais les travaux sont actuellement arrêtés au tunnel de Meudon qui doit avoir 5km,350. Pour toute cette installation, l’énergie électrique est fournie par l’usine des Moulineaux <i’Issy ; la transmission est à courants triphasés à 5000 volts, et l’utilisation est faite à 500 volts en courants continus à l’aide d’une série de sous-stations de transformation réparties sur la ligne. Le courant est recueilli par les trains à l’aide d’un frotteur sur un rail. Au départ, à la gare des Invalides, existe une première sous-station pour l’éclairage comprenant 3 moteurs générateurs Aliotli de 30 kcv. Nous prenons ensuite un train automoteur Sprague qui nous amène au Champ-de-Mars, où nous visitons une deuxième sous-station comprenant o moteurs générateurs de 60 kvv pour l’éclairage, 3 eommutatrices à 6 pôles Thomson-Houston de 300 kw chacune pour la traction, et 1 moteur synchrone actionnant une dynamo pour le démarrage des eommutatrices. Nous visitons ensuite le dépôt où sont installés les essieux moteurs des trains ordinaires avec moteurs électriques commandant par engrenage à l’aide de ressorts à boudins;, il y a également des dispositifs de commande directe. Tous les systèmes doivent être essayés, Thomson-Houston, Westinghouse, Brown-Boveri, etc. Nous repartons ensuite par un train Sprague, et en chemin nous suivons, dans une voiture, le fonctionnement satisfaisant du servo-moteur électrique qui assure la mise en marche du contrôleur commandant le groupement des moteurs de cette voiture. Nous descendons à Meudon-Yal-Fleury, pour revenir après à Issv dans un train automoteur Thomson-Houston. Nous aurons l’occasion de revenir sur ces diverses installations.
- —®— M. V. Popp a invité lundi dernier plusieurs savants à assister à des expériences de télégraphie sans fd par courants telluriques, à Saint-Germain, près Paris. Nous reparlerons de ces essais.
- —(§)— Les criquets envahissent en ce moment les départements de la Charente et de la Charente-Inférieure et y commettent de grands dégâts. D’après M. Giard, à qui des spécimens ont été soumis, la plus grande partie de ces ravageurs appartiennent à l’espèce Caloptenus italicus L. et à sa variété marainellus. Le journal La Charente nous apprend que M. Prioton, professeur départemental à Angoulême, a reçu mission de M. le ministre de l’Agriculture de se rendre, dans la Camargue où M. Kunckel d’Herculais, délégué officiel, organise la lutte contre les Acridiens. Dès son retour dans les Cha-rentes, M. Prioton publiera le résultat de ses observations, mais il est probable qu’alors les criquets auront disparu jusqu’à, une prochaine invasion.
- —g— Tout dernièrement, sur la ligne des raihvays départementaux, à la rampe de Douzat, le train partant de Rouillac à 6 heures et se dirigeant sur Angoulême a été arrêté par des sauterelles amassées en énorme quantité sur les rails. La machine patina pendant quelques minutes et ne put avancer. Sur les lignes ferrées de Niort, Poitiers, Ruffec et La Rochelle, il existe depuis quelques jours des bandes énormes de criquets. On les voit suivre les rails et les accotements de la voie, en bataillons épais, marchant vers l’ouest, et chaque train qui passe en écrase un nombre considérable. C’est à ce point que l’on sent durant tout le voyage une odeur infecte provenant de la putréfaction des cadavres de ces insectes le long de la voie. Leur abondance était telle du côté de Pamprou (Deux-Sèvres) et Loulay, arrondissement de Saint-Jean-d’Angély, qu’un train de marchandises a eu, de ce fait, plus de 20 minutes de retard. Ces insectes, broyés par les roues de la locomotive, formaient une masse gluante qui faisait patiner sur place les roues de la machine et l’empêchait d’avancer, malgré l’emploi du sablier. Il a fallu balayer la voie et nettoyer les roues de la locomotive pour lui permettre d’avancer.
- —(g)— On annonce de Californie que l’insecte connu sous le nom de Grape Leaf Beetle continue à exercer les plus grands ravages dans les vignobles. Il s’attaque aux feuilles de vigne, les dévore avec rapidité, et la plante, ainsi dénudée, ne tarde pas à mourir. La Commission d’horticulture de San-Francisco préconise le procédé suivant pour la destruction de cet ennemi redoutable : Arroser les plants avec une dissolution légère de sulfate de cuivre; les insectes ne tardent pas à se laisser choir et on les recueille sur des toiles pour les détruire. Ce procédé est long et dispendieux.
- --®— Nous avons le regret d’annoncer la mort de M. Joseph Hirsch, inspecteur général honoraire des Ponts et Chaussées, professeur au Conservatoire des Arts et Métiers, décédé à Conciles (Eure), à l’àge de 65 ans.
- (g— On vient de fondera Paris une Ecole pratique d’électricité industrielle. L’enseignement donné à l’Ecole a un caractère essentiellement pratique ; il s’adresse aux personnes qui désirent acquérir les connaissances utiles pour établir, diriger où conduire une installation électrique. L’enseignement est à la fois théorique et pratique, mais l’enseignement pratique est l’objet d'une attention toute particulière; il porte spécialement sur la construction, le montage, l’installation, la conduite, l’entretien, les réparations, etc., des appareils de production et d’utilisation d’énergie électrique. Il se compose : 1° de cours théoriques et de conférences sur des sujets d’actualité industrielle; 2° de démonstrations sur les machines et appareils; 3° de manipulations, mesures et exercices pratiques; 4° d’exercices de laboratoire et d’atelier, et 5° de visites d'usines. Tous les principes et les généralités d’électrotechnique sont étudiés successivement; les multiples applications de l’énergie électrique, font également l’objet d’une étude suivie. Les exercices pratiques sont très nombreux, comprenant des exercices d’atelier, de laboratoire, des essais de machines et d’appareils de transformation. Des cours spèciaux sont affectés à la construction d’éléments et d'organes de machines àinsi qu'à la construction et à l’établissement des machines. Un cours d’automobile est adjoint à l'Ecole d’Electrieité industrielle. Son enseignement porte sur la construction, le fonctionnement, l’entretien et la réparation courante des véhicules automobiles. Les horaires des cours d’Electrieité et d’Automobile sont déterminés de façon à permettre aux élèves de suivre simultanément les deux enseignements. Le directeur de l’Ecole est M. Charliat, ingénieur des Arts et Manufactures, 46, rue de Paradis, à Paris; il a pour collaborateurs des ingénieurs spécialement qualifiés pour chacune des branches enseignées. Nous ne pouvons qu’applaudir à la création d’une Ecole dont l’enseignement sera à la fois théorique et pratique; la pratique a, en effet, été trop souvent négligée, ue nos jours, particulièrement en France.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresse relative aux appareils décrits. — Pour la courroie transporteuse Robins, s’adresser à l’agent général en France, M. Henry La Burthe, 20, avenue Herbillon, à Saint-Mandé (Seine).
- Communications. — M. R. E., à Oullins, nous envoie une branche d’un curieux chèvrefeuille garnissant une barrière. La plante est très robuste et presque toutes les branches ont des feuilles de chêne et des feuilles de laurier. Les fleurs sont très odorantes.
- ' M. D. Tommasi, à Paris, nous envoie une brochure extraite du Bulletin de la Société chimique de Paris, et qui contient la communication qu’il a faite à cette Société au sujet des « phénomènes lumineux » produits par l’action de certains sels ammoniacaux sur l’azotite de potassium en fusion.
- M. F;, à X. (Belgique), à propos de notre article sur la destruction des fourmis (n° 1404 du 15 juin 1901, p. 42), nous fait connaître quelques recettes intéressantes : « Depuis quelques années j’emploie contre les fourmis avec beaucoup de succès le sulfure de carbone du commerce, produit que l’on se procure chez les droguistes et dont le prix est peu élevé. Comme ce liquide est très volatil, très inflammable, il ne faut pas le manier près du feu : il est aussi inflammable que le naphte. Je l’emploie également avec succès pour la destruction des nids de guêpes, ces ravageurs' de fruits. Voici comment j’opère pour les nids de fourmis. On place au-dessus des nids un pot à* fleur, renversé, plus ou moins grand suivant-la dimension du nid, de façon à emprisonner le nid complètement. On ferme le trou de fond en y plaçant une pierre, un morceau d’ardoise, etc. Au bout de 2 à 4 jours, surtout s’il y a du soleil échauffant les parois du pot, on trouve l’intérieur rempli de terre soulevée par les fourmis et formant le nid. On enlève l’ardoise posée sur le trou de fond et au moyen d’un petit entonnoir, d’une pipette ou petite seringue en verre, on introduit quelques centimètres cubes de sulfure de carbone, 4 à G pour un petit nid, un peu plus pour les grands nids. Au bout de 5 minutes environ toutes les fourmis sont asphvxiées. Comme la vapeur de sulfure est lourde, elle pénètre rapidement jusqu’au fond du petit tertre : les fourmis n’ont pas eu le temps de s’échapper et rarement on en trouvera une seule survivante. Lorsque l’on a découvert un nid de guêpes, on attend jusqu’au soir, jusqu’à ce qu’elles soient presque toutes rentrées au logis, ce qui a lieu quelque temps après le coucher du soleil. On ferme l’ouverture au moyen d’une motte de terre et, au-dessus de l’endroit où on présume devoir se trouver le nid, on éparpille un demi à un verre à vin de sulfure ; le lendemain, en déterrant le nid, on trouve toutes les guêpes mortes, asphyxiées. Si le nid est sur un talus, il faut verser le liquide un peu plus haut que l’entrée : généralement les guêpes arrivent au nid par une petite galerie, il est donc nécessaire de verser le sulfure en amont de l’ouverture. Ce procédé de destruction rapide et complète m’a toujours parfaitement réussi.
- Renseignements. — M. A. Boisset, à Paris. — 1° Les locomotives que la Compagnie P.-L.-M. a achetées en Amérique sont à simple expansion et à deux essieux couplés. — 2° Nous n’avons pas encore de renseignements sur la locomotive 2251.
- M. Ch. Rippert, à Nice. — On colle l’ébonite avec la gutta-percha qui forme un joint étanche; la résistance mécanique est faible.
- M. Chardin, à Pantin. — Nous ne connaissons pas d’ouvrage traitant de presses continues. 11 faudrait nous indiquer de quelles presses il s’agit.
- M. Arthur Schotsmans, à Seclin (Nord). — 1° Ces appareils ne se fabriquent plus. — 2° Une table générale des matières est publiée tous les dix ans. — 3° Ces échanges ne peuvent s’effectuer.
- M. A. T. de Costantini, à Trieste. — Votre lettre a été envoyée à destination.
- M. X. Y., à Caluire. — Le débit de cette chute d’eau.est beaucoup trop faible.
- M. iV. Klein, à Metzeral; il/. A. Ravaidte, à Marseille. — L’adresse de M. Contrai, constructeur de la voiture électrique-que nous mons décrite dans le n° 1464 du 15 juin 1901, p. 39, a été donnée en tête de la Boîte-aux-Lettres du même numéro.
- M. C. Hillereau, à Nantes. — Nous n’avons rien publié sur ce sujet.
- M. le Dr Vialle, à Beuzeville. — Renseignez-vous auprès des librairies Dunod, 49, quai des Grands-Augustins ; Bernard, 25, même quai ; Berger-Levrault, 5, rue des Beaux-Arts ; Lavauzelle, 10, rue Danton, à Paris.
- M. Simon Amédé, à Paris. — Nous n’avons pas d’autre adresse de M. Darcy.
- M. P. B., à Rouen. — 1° Il n’existe pas d’ouvrage donnant une description complète des diverses applications de l’énergie élèctriqùe ; plusieurs volumes ont été publiés sur divers sujets. Voyez à la librairie Bérenger, 15, rue des Saints-Pères et à la librairie Bernard, 25, quai des Grands-Augustins, à Paris. — 2° Pour les machines à vapeur, adressez-vous aux mêmes-librairies.
- Questions. — M. Guillemot,h Nancy, nous demande : « De quelle fabrication le chlorure de magnésium est-il un résidu T Quelles sont les usines qui en tirènt du chlore par l’électrolyse (procédé Lyte) ou autrement? »
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Dupont, » Paris. Nous avons déjà donné une description complète de cet appareil. — M. Lerand, à Nice. Nous publierons prochainement un article à ce sujet. — M. de Belinay, au château de Marèges ; M. Beurand, à Lille. Consultez le petit livre dès Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. Qosset-Dubrulle fils, à Lille. Remerciements pour votre communication.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- 1 Le bleu de méthylène. .
- Le bleu de méthylène est un produit chimique dérivé de la houille, employé d’abord comme colorant en histologie, puis comme médicament plus tard. C’est, en effet, un agent excellent pour colorer les hématozoaires du paludisme dans les préparations sèches et sur le sang frais. On en conclut un peu hypothétiquement qu’il devait avoir une action thérapeutique dans-la fièvre paludéenne et on le donna comme succédané de la quinine. Les résultats furent satisfaisants. Mais ce qui disparut le plus vite dans les manifestations paludiques fut l’élément douleur nerveuse, névralgie.
- En. effet, le bleu de méthylène a un pouvoir analgésiant considérable et on a eu peut-être tort de le laisser trop vite disparaître de la pharmacopée. On ne l’emploie plus guère, en effet, que pour se rendre compte de la perméabilité rénale dans les pyrexies graves ou dans les diverses variétés de néphrites.
- Comme antinévralgique, c’est un médicament qui a fait ses preuves depuis que Combemale a montré que des névralgies rebelles, même accompagnées de névrite, ce qui est toujours à peu près le cas, mais de névrite avancée, ont été toujours améliorées et souvent guéries. Klemperer vient de publier une statistique de 27 cas de sciatique absolument confirmative des assertions du professeur français. Les douleurs cèdent assez vite et la maladie guérit, et l’on sait si parfois la sciatique résiste aux moyens les plus énergiques.
- Il faut employer le bleu de méthylène avec prudence, de 25 à 30 centigrammes deux à trois fois par jour, puis monter graduellement la dose jusqu’à 2 et 5 grammes. Le bleu de méthylène doit être absolument pur, sans cela on peut observer des accidents sérieux. On trouve trop souvent dans le commerce des échantillons contenant de l’arsenic, du zinc, des produits organiques. Il faut un produit pur et on peut l’avoir tel.
- Un dernier détail, c’est de l’administrer dans des cachets bien solides et bien clos et de recommander au malade de les avaler d’un coup, sans les briser dans la bouche. Le danger ne serait pas grand, mais le patient s’expose à avoir la bouche et les lèvres peinturlurées en bleu d’une façon tenace; petit ennui, j’en conviens, mais qui suffirait pour beaucoup à faire repousser de parti pris cette médication. Dr X.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes tes questions, ni à insérer toutes les communications. —Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date «te la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Appuie-bras pour jeunes violonistes. — Cet appareil a pour but d’éviter une position défectueuse aux enfants qui commencent à jouer du violon, ou de rectifier la mauvaise tenue qu’ils auraient pu prendre. 11 les aide à tenir haut et droit leur instrument, au lieu de le laisser pencher et tomber de côté, comme cela leur arrive souvent au début: Il est dû à M. Altermann, violoniste'de profession distingué, et a été présenté à l’Académie de médecine par M. le Dr Laborde.
- L’appuie-bras consiste en un demi-cercle qui embrasse la partie inférieure du bras, un peu au-dessus du coude, et qui,
- 1. Appuie-bras pour jeunes violonistes, 2. Position correcte du violoniste.
- d’autre part, est fixé aune ceinture par une tige susceptible de s’allonger suivant la longueur du bras lui-même.
- L’appuië-bras, comme l’indique son dispositif (fig. 1), sert, en effet, de point d’appui au bras, prévient la fatigue musculaire, empêche l’élévation de l’épaule, enfin donne au bras, dès le début, la position classique qu’il doit avoir pour tirer de l’instrument tout le parti qu’on est en droit d’obtenir. On peut constater l’action de redressement immédiat et de ses conséquences sur l’attitude, à la fois artistique et de contention préventive. La figure nous montre le petit violoniste en tenue redressée et parfaite, grâce, à l’application de l’appareil. — L’appuie-bras se trouve chez M. Altermann, 50, boulevard Malesherbes, à Paris.
- E.e collier-douche. — On sait le rôle important que joue l’eau froide dans la thérapeutique comme dans l’hygiène générale. MM. Mantelet et fils ont inventé un collier qui permet de prendre facilement une douche. Cet appareil consiste en un tuyau métallique en forme ovale, percé de trous laissant passer l’eau. Un tuyau sur le milieu permet d’adapter un tube de caoutchouc pour recueillir l’eau au robinet d’arrivée. Notre figure montre l’emploi d’un collier-douche à pression. Il existe également d’autres modèles pour lesquels on n’a pas besoin de l’eau d’une distribution, mais que l’on emploie avec des réservoirs mobiles, ou avec des réservoirs et des siphons, etc. Le collier-douche peut être particulièrement utile en cette saison.
- Le collier-douche se trouve chez MM. Mantelet et fils, 79, rue Turbigo, à Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Les cavernes de la Grande-Chartreuse et du Vercors, par E.-A. Martel. 1 vol. grand in-8° avec nombreuses gravures. Grenoble, Imprimerie Allier frères.
- Cette plaquette, de notre collaborateur M. E.-A. Martel, est tirée de l’Annuaire de la Société des touristes du Dauphiné. Elle servira de guide utile à tous ceux qui veulent parcourir avec profit une des plus belles régions de notre pays.
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Les automobiles électriques, par Gaston Sencier, ingénieur des Arts et Manufactures et A. Delasalle, ingénieur, ancien élève de l’Ecole de physique et de chimie, avec une préface de Charles Jeantacd. 1 vol. in-8°. Yre Ch. Dunod, éditeur. Paris, 1901. Prix : 15 francs.
- Ce livre est le premier ouvrage vraiment complet qui ait été écrit sur ce sujet encore peu connu. Il vient à son heure, au moment où l’industrie des voitures, électriques, née en France, commence à prendre son essor, après avoir longtemps cherché sa voie. Il contient, en effet, sous une forme très concise, très claire, tout ce qu’une personne s’occupant d’électricité à un litre quelconque a besoin de savoir, en théorie et en pratique, sur les accumulateurs, les dynamos génératrices, les dynamos réceptrices, ainsi que sur la construction et l’utilisation de ces appareils divers.
- Chirurgie des tératopages. Opération de Maria-Rosalina. Observation d’un nouveau Xiphopage. Les frères chinois, par M. le Dr Ed. Chapot-Prévost, professeur à la Faculté de médecine de Rio-de-Janeiro (Brésil). 1 brochure in-8°. Paris, Institut international de Bibliographie scientifique, 95, boulevard Saint-Germain, 1901.
- Trois mille kilomètres en ballon, par Maurice Farman. 1 vol. in-8°. Paris, librairie Bernard Tignol, 1901.
- * Le Fer, la Houille et la Métallurgie à la fin du XIXe siècle, par-M. Georges Villain. 1 vol. in-18 jésus. Librairie Armand Colin. Paris, 1901. Prix : 5fr,50.
- Comment on défend ses droits à la Pêche fluviale et maritime, par Paul d’Enjoy. 1 vol. in-I6. Paris. L’édition mutuelle, 29, rue de Seine, 1901. Prix : 1 franc.
- La mécanique h V Exposition de 1900. Mécanique de la forge, par M. Gérard Lavergne, ingénieur civil des mines. 11e livraison. YTe Ch. Dunod, éditeur. Paris.
- Palladium, iridium, rhodium, par M. E. Leidié, professeur agrégé à l’Ecole supérieure de Pharmacie de l’Université de Paris. 1 vol. in-8° de 595 pages. (.Fait partie de YEncyclo-pédie chimique de Frémy, t. III, 17e cahier, 5e fascicule). V,e Ch. Dunod, éditeur, Paris. 1901.
- Causeries scientifiques de la Société zoologique de France. Vers le pôle Sud. Conférence faite à la Sorbonne sur l’Expédition antarctique belge, son but, ses aventures et ses résultats, par E. G. Racovitza, docteur ès sciences, naturaliste de l’Expédition. 1 brochure in-8°. Paris, Société zoologique de France, 28, rue Serpente. Prix : 3 francs.
- Les Ardennes françaises et belges. Le Grand-Duché de Luxembourg, par A. de Baroncelli. 1 vol. in-16 de la collection dès guides-routiers régionaux à l’usage des cyclistes et de la locomotion automobile. Paris. Firmin-Didot, rue Jacob, 1901.
- Les clichés sur zinc, en demi-teintes et au trait, par Ris-Pa'quot. 1 brochure in-8°. Ch. Mendel, éditeur. Paris, 1901. Prix : 2 francs.
- Nouveau Manuel complet de la distillation de la betterave, de la pomme de terre et des racines féculentes ou sucrées, par E. Hourier et F. Malepeyre. Nouvelle édition revisée et refondue, par A. Larbalétrier. 1 voL in-18 de l’Encyclopédie Roret. Paris, L. Mulo, éditeur. Prix : 3 francs.
- Le sel, les salines et les marais salants, par Albert Larbalétrier, professeur à l’Ecole d’agriculture de Grand-Jouan, 1 vol. petit in-8° de l’Encyclopédie scientifique des aide-mémoire. Masson et Cie, éditeurs. Prix : broché, 2fr,50; cartonné, 3 francs.
- Sexual dimorphism in the animal Kingdom, by J. T. Cunningham. 1 vol. in-8°. London, Adam and Charles Black. 1900.
- Entstehen und Vergehen der Welt als Kosmischer Kreispro-zess. Zweite umgearbeitete und erweiterte Auflage, von J. G. Yogt. 1 vol. in-8°. Leipzig. Ernst Wiest, imprimeur, 1901.
- A select bibliography of chemistry 1492-1897, by Henry Carrington Bolton. Section VIII. Academie Dissertations.
- 1 vol. in-8°. City of Washington, publised by the Smithso-nian Institution, 1901.*
- Studien über die Narkose zugleich ein Beitrag zur allge-. meinen Pharmakologie, von Dr E. Oveuton, Privât docent der Biologie und Assistent der Botanik an der Universitât Zurich. 1 brochure in-8°. Jena. Librairie Gustav Fischer.
- Le collier-douche.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- M
- Unterswchungen über heterogenese, par le Dr A.-P. Fokker, à Groningen. IV. Die granula die Milch, 1 brochure in-8°. Yerlag von P. Noordhoff, Groningen. 1901.
- Seventeenth annual report of the Bureau of American ethno-logy to the secretary of the Srnithsonian Institution 1895-90, by J.-W. Poavell, Director. Part. 2. 1 vol. in-4. Washington, Government Printing Office, 1898.
- Ucber'die achsendrehung des Planeten Venus, von P. Adolf Müller. 1 brochure in-8°. Munster. 1899, Druck und Verlag des Aschendorffschen Buclihandlung.
- Die fermente und ihre wirkungen, von Cari Oppei.nhei.uer.
- 1 vol. in-8°. Leipzig. W. VogeL 1900.
- Field Columbian Muséum. I. New minerai occurences. II. Crystal forms of calcite from Joplin, Missouri, by Oliver Cummings Farrington. 1 brochure in-8°. Chicago. 1900.
- Annual report of the Srnithsonian Institution H. S. National Muséum, 1897 et 1898. 2 vol. in-8°. Washington City. 1900 et 1901.
- A synopsis of the mammals of North America and the adja- |
- cent seas, by Daniel Giraud Elliot, eurator of départaient. Zoological sériés, vol. II. Field Columbian-Muséum. Chicago U. S. A. 1901.
- An aboriginal quartzite Quarry in eastern Wyoming, by George A. Dorsey, vol. 11, n° 4. 1 brochure in-8°. Columbian Muséum. Chicago U. S. A. 1900.
- Annual report of the Director to the Board of Trustées for the yeai: 1899-1900. 1 brochure in-8“. Field Columbian Muséum. Chicago U. S. A. 1900.
- Observations on Indiana caves, by Oliver Cummings Farrington. 1 brochure in-8°. Field Columbian Muséum. Chicago. U. S. A. 1901.
- List of mammals obtained by Thaddeus Surber, collector for the Muséum in the provinces of New Brunswick and Quebec, Canada, by D. G. Elliott. 1 brochure in-8°. Field Columbian Muséum. Chicago. 11. S. A. 1901.
- Report of S. P. Langley, secretary of the Srnithsonian Institution, for the year ending June 30, 1900. 1 brochure in-8\ Washington, Government Printing Office, 1900.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 •| ÉTAT DU CIEL PLUIE EN-MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 2i juin .... 14°,2 N. W. 2. Très nuageux. 0,0 Très nuag. jusqu’à 19 h. ; beau ensuite.
- Mardi 25 14°,5 N. W. 2. Beau. 0,0 Beau jusqu’à 8 h.; nuag. ensuite.
- Mercredi 26 14°,9 N. E. 2. Beau. 0,0 Peu nuag. de 12 à 14 h. ; beau avant et après ; brumeux.
- Jeudi 27 14°,8 N. E. 1. Beau. 0,0 Beau ; colonne verticale au-dessus du soleil.
- Vendredi 28 . 17°, 1 E. N. E. 2. Beau. 0,0 Beau le matin ; uuag. le soir; colonne vertic. au-dessus du soleil.
- Samedi 29 20°,0 E. N. E. 1. Nuageux. 0,0 Peu nuag. jusqu’à 17 h.; très nuag. ensuite; orage à partir de 18 n. ; un peu de pluie de 20 h. 30 à 21 h.
- Dimanche 50 20°,9 S. E. 1. Orage. 5,a Couv. ; orage jusqu'à 8 h. ; pluie à diverses reprises. ;
- JUIN 1901 -- SEMAINE DU LUNDI 24 AU DIMANCHE 30 JUIN
- La courhc supérieure indique la nébulosité de O u 10 : les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à Cabri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- Orage à Madriil. — Un violent orage a éclaté le 26 juin à Madrid et dans les environs. La foudre est tombée sur la Banque d’Espagne et sur l’hôtel du journal El Imparcial, interrompant l’arrivée de l'energie électrique pour la lumière électrique et la force motrice des machines. Sur la route de Légavès, une femme a été tuée par la foudre. ,
- Le temps. — Le temps a été très variable. Le 23 juin, en France, des orages ont été signalés au pic du Midi, à Perpignan et au mont Mounier. La température s’est abaissée dans l’ouest de l'Europe. Daus la matinée, le
- thermomètre marquait 11° à Stornoway, 15 à Paris, 24 ù Alger. On notait-12° au mont Ventoux, 9° au puy de Dôme et à l’Aigoual, 4° au pic du Midi.-A Paris, la température moyenne était de 20°,2, supérieure de 2°,6 à la normale (17°,6). Le 2i juin, la température s’est abaissée presque partout; elle était de 11° à Skudesuess, lotf à Paris, 25 à Païenne. On notait —10° au mont Mounier, —8U au puy de Dôme, —6° au pic du Midi.
- Le 25 juin, la température s’abaissait encore dans les pays du Nord; à à Paris, la moyenne a été de 15°,9, inférieure de 1°,9 à la moyenne.
- Le régime sec a cessé le 29. Pluies torrentielles et orages violents dans l’est et dans le nord. '
- PHASES DE LA LUNE : Néant.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- (g)— Le 11 juillet, à 10 heures du matin, on a inauguré au "Muséum, la statue de Chevreul en marbre blanc du sculpteur Faget. Des discours ont été prononcés par MM. Perrier, Fouqué et A. Gautier, de l'Académie des sciences.
- —Le ballon dirigeable que fait construire M. Henry Deutsch, <le la Meurthe, est terminé. Il n’attend plus que son moteur. Ce moteur est semblable à celui qu’avait Fournier dans Paris-Berlin, et qui lui a permis de faire le trajet non pas en 17 heures, comme on l’a imprimé par erreur, mais en 10 heures, d’après le relevé de la Commission de contrôle.
- --g)— Dans la dernière séance de la Commission permanente internationale d’aéronautique, M. Favé, ingénieur-hydrographe en chef, a indiqué une méthode reposant sur des observations astronomiques et magnétiques qui assurera la sécurité des aéronautes en ce
- 3ui concerne le danger d’être emporté en mer pendant les ascensions e nuit, ou quand on se trouve au-dessus des nuages.
- —g)— La course à pied Marathon organisée par le Vélo a eu pour gagnant Hurst. Parcours classique Paris-Conllans de 40 kilomètres. Temps : 2h54m52\ Charbonnel arrivé second : 2h55m,19*. Cent six coureurs s’étaient mis en ligne. En 1000, l’anglais Hurst avait franchi la même distance en 2h26m-47s.
- —gi— M. Rudolf Mjyer a récemment signalé, dans la publication Schweizerische Bauzeitung, un intéressant appareil portatif dyna-mométrique pour la mesure de la résistance des terrains : Tl se compose d'un tube creux prolongé en bas par une tige pleine qui se termine elle-même par un bloc cylindrique reposant sur le sol à expérimenter. Dans le tube creux se trouve un ressort à boudin, fixe en haut, mais en bas solidaire d'une douille glissant sur le tube : c’est cette douille qui porte deux poignées destinées à subir l’effort de l’expérimentateur. Une graduation permet de mesurer l’effort exercé sur les poignées en constatant le déplacement de la douille. En comparant cet effort à l’enfoncement, dans le terrain, du bloc cylindrique qui termine la tige, on a le moyen dévaluer la résistance de ce terrain. On dispose de blocs, dont la surface d'appui varie de 4 à 20 cm carrés, suivant la nature du sol à essayer.
- —g)— Tous les métiers où l’on manie le plomb sous forme de poudres faciles à absorber par l'organisme sont dangereux, et les efforts des industriels tendent à trouver des dispositifs préventifs. A ce titre, on doit signaler un appareil à cage, imaginé par M. Dar-moy, pour l'émaillage de la fonte. On pulvérise les émaux et on les tamise sur des pièces de fonte portées au rouge. M. Darmoy effectue cette opération dans une cage dont la partie supérieure est vitrée, pour qu’on puisse suivre le traitement, et qui présente naturellement des portes «introduction des pièces à traiter et aussi des portes de visite. Dans le plafond de la cage débouche le clapet d'un réservoir
- 3ui permet de faire tomber l'émail pulvérisé ; l’excédent de celte pou-re, qui n’est pas demeuré sur la pièce, tombe dans une trémie inférieure où un ventilateur est du reste disposé pour ramener ce déchet dans le réservoir supérieur. En haut de cette même cage, est une cheminée d’appel pour aspirer les poussières légères provenant de la manipulation de l’émail en poudre. En dessous du clapet du réservoir, sont disposés plusieurs tamis à larges mailles superposés et mis en oscillation par des frappeurs électriques. Ces tamis se trouvent naturellement placés au-dessus de la pièce à émailler, qui •est installée sur un plateau de fonte monté sur pivot et auquel on a la possibilité de donner les mouvements des plus divers.
- —g)— Depuis que l’Australie est constituée en gouvernement fédéral autonome, la question se pose de savoir qu'elle va être la capitale officielle et définitive de la nouvelle « Commonweath ». En etfet, chaque province-, jusqu’à présent, avait sa capitale : Brisbane, Sydnev, Melbourne, Pertli, Adélaïde ; mais d’apres Y Act du' Parlement britannique, aucune de ces villes ne saurait être érigée en métropole du continent australien. Le siège du gouvernement fédéral devra se trouver situé dans la New South Wales, à 160 kilomètres au moins de Sydney et autant que possible à proximité d’une grande rivière, telles sont les principales conditions imposées. Le commissaire supérieur, chargé par le ministre des colonies d'étudier sur place la question, vient d’envoyer son rapport dans lequel il pro-jiose, pour la métropole, trois emplacements à peu près équivalents : Canobolas en première ligne. Yass, enfin Bombala-Euen, dans le comté de Monaro (sud). La question est d'importance quand on songe qu’il s'agit de doter d’une capitale entièrement à construire un continent qui est presque aussi vaste que l’Europe. Attendons-nous donc à insérer prochainement dans nos atlas géographiques un nouveau nom à côté de Paris et de Londres.
- —®— L’opération du bourrage du ballast sous les traverses de chemins de fer est généralement longue et coûteuse, demandant des coups innombrables de pioches spéciales à bout large qüe l'on emploie dans ce but. Engineering News signale un appareil assez heureux, dont nous ne connaissons pas l'inventeur et qui permet d’effectuer ce travail assez vite en opérant le bourrage à peu près mécaniquement et simultanément des deux côtés de la traverse. L’appareil se compose de deux tiges en acier articulées autour d’un même axe horizontal et rappelant un peu par leur fonctionnement les leviers à poinçonner les fers en. I qu'on utilise sur les petits chantiers; l’extrémité de chaque tige comporte'un levier courbe analogue aux leviers simples dont on se sert souvent au lieu de pioches pour le bourrage ordinaire ; quand on abaisse simultanément et en sens inverse les deux tiges, les leviers chassent et compriment le ballast sous la traverse. Deux crochets fixent l'instrument à la traverse, et on peut les régler pour des largeurs variables de traverses.
- —®— La Grèce va posséder prochainement, paraît-il, un chemin de fer électrique, tout simplement la ligne bien connue du Pirée à Athènes, pour laquelle on ouvre un concours entre les sociétés d'électricité, afin de remplacer par la traction électrique la traction à vapeur qui a toujours fonctionné sur cette voie. On compte alors faire circuler les trains toutes les 15 ou toutes les 50 minutes, suivant la saison; chaque train assurera du reste le trafic marchandises en même temps que le trafic voyageurs, sans que cela empêche l’emploi de trains de marchandises proprement dits. Ces derniers seront remorqués par des locomotives, tandis que les trains ordinaires mixtes seront mis en marche au moyen d’automotrices. Il ne faut pas oublier que cette ligne est en rampe continua de 1,4 pour 100. Le courant sera distribué par un fil aérien.
- —jÈ— Nous avons décrit jadis le métal déployé (ou expanded métal) et la curieuse machine qui sert à le fabriquer en étendant des feuilles de tôle de manière à les découper en une sorte de réseau ressemblant assez à une toile métallique. Pour faire concurrence à cette ingénieuse machine de Holding, M. Lewis E. Curtis, de Chicago, vient d’en imaginer une autre qui donne un métal analogue, mais d’une façon différente. En réalité, elle comprend une première partie qui est spécialement destinée au fendage de la tôle, et dont les organes essentiels sont deux gros cylindres armés de rondelles tranchantes ; celles-ci se trouvent séparées par des rondelles d’écartement et alternent d’un cylindre à l’autre. La tôle fendue par eux se présente donc sous l’aspect d’une lame coupée de fentes alternantes, et elle est ensuite saisie par une déployeuse, par deux cylindres tournant en sens inverse, et qui étirent la lame en ouvrant largement ses fentes.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — L’appareil Sinnox se trouve chez M. Lesueur, 22, rue Rambuteau. — Le Pankoras, chez M. Ducom, 37, rue Lafayette. — Le Pliant, chez M; I)om Martin, 51 bis, boulevard Saint-Germain. — Le Fetter, 53, boulevard Montparnasse. — L’appareil pour sourds, M. Dussaud, 19, rue Guillaume Tell, à Paris.
- Communications. — M. G. Ricordi, à Milan, nous écrit : <( Dans les nouvelles scientifiques du n° 1485 de votre excellent journal, vous annoncez qu’aux Etats-Unis on consacre un jour à !a plantation d’arbres' de différentes espèces, — ce qui est, au fond, un système de reboisement. Depuis quelques années la même chose est pratiquée en Italie : c’est le ministre de L’instruction publique, M. Bacelli, qui a fixé : La festa degli Alberi, et c’est précisément la jeunesse des écoles primaires qui, chaque année, sacrifie à la Dea Silvana en plantant des arbres, soit sur les montagnes, soit dans le voisinage des villes. Pour cette fois donc, Titane est un peu... américaine! »
- M. G. Agamennone, à Rome, nous envoie une note qui a pour titre Gli strumenti sismici e le perturbazioni atmosfe-riche. Cette note a été présentée par M. P. Tacchini à l’Aca-demia dei Lincei et est extraite des comptes rendus.
- Renseignements. — il/. L. R., à Orléans. — Voici les adresses des fumivores que vous demandez : Fumivore Hinstin, 23, rue de Turin; Fumivore Muller et Roger, 108, avenue Philippe-Auguste; Fumivore Hawiey, M. Ckiandi, 1, rue de Rossini, à Paris.
- M. G. Assanis, à Paris. — Nous n’avons pu retrouver le procédé dont vous voulez parler.
- M. Dérogé, à Tunis. — Nous ne connaissons pas d’ingénieurs s’occupant de ces minerais.
- M. Wannebroucq, à Oran. — La chronique sur la chaudière solaire que nous avons publiée dans le n° 1465 du 8 juin 1901 a été empruntée au Scientific American (10 mars 1901, p. 169). Pour se procurer ce journal, il faut vous adresser à MM. Munn et C° publishers, 361, Broadway. New-York.
- M. P. D.,k Louviers. — 11 faut écrire directement à l’Ecole et demander le programme des conditions d’admission.
- M. D. Arnica, à Tunis. — 1° Cette compagnie n’existe plus. — 2° Adressez-vous à la Société « l’Eclairage électrique », 27, rue de Rome, à Paris.
- M. R. D., à Paris. — Vous trouverez chez JIM. Heller et Cie, 18, cité Trévise, tous les appareils nécessaires pour l’électricité médicale.
- M. Vincent Limongi, à Arles. — Ces charbons peuvent encore servir, s’ils sont en bon état.
- M. L. Lescœur, à Lille. — Pour préserver des reliures en cuir des taches de moisissure, il faut de temps en temps les enduire d’essence de térébenthine.
- M. F. Gorsse, à Grasse. — Les masques respirateurs contre les poussières industrielles, dus à M. Detroye, ont été décrits dans le n° 1294 du 19 mars 1898, p. 251 ; ils sont fabriqués par M. Jules Bellot, constructeur, à Champeix "(Puy-de-Dôme).
- M. J., à Douai. — Pour former plus rapidement les plaques d’accumulateurs au plomb, on peut, comme l’a proposé M. Planté lui-même, plonger les lames 24 à 48 heures dans un bain d’acide azotique étendu de la moitié de son volume d’eau. M. Parker a indiqué d’immerger les plaques dans une solution formée de 1 partie d’acide azotique, 2 parties d’acide sulfurique, et de 17 parties d’eau.
- M. Blerant, à Pau. — Nous pensons que l’on ne peut pas, én principe, adopter une disposition qui se trouve déjà utilisée
- dans un appareil breveté; mais nous vous conseillons, pour votre cas particulier, de consulter une agence de brevets.
- i/. Quentin, à Roanne. — Le constructeur de cet appareil est M. J. Carpentier, 20, rue Belambre, à Paris.
- M. Leroy, à Nantes. — Chauffage à vapeur ; M. Davène, 53, rue des Tournelles; JL Gandillot, 145, .boulevard Pereire ÿ MM. Jlathelin et Garnier, 26, rue Boursaulf, à Paris.
- M. Debroy, à Nîmes. — Nous avons publié un procédé de détatouage dans les Nouvelles scientifiques du n“ 1546 du 11 mars 1899.
- M. Dunaut, à Villeneuve-sur-Lot. — MM. Besnard père et fils, 28, me Geoffroy-Lasnier, à Paris, construisent un appareil pour badigeonner les vignes.
- M. Leroy, à X. — Veuillez nous indiquer les procédés dont vous voulez parler.
- M. F. Durot, à Arras. — Nous avons indiqué le principe de la chaudière Solignac dans le n° 1229 du 19 décembre 1896, p. 47.
- M. A. Royer, à Paris. — Adressez-vous à MM. Radiguet et Massiot, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire ; ils vous donneront tous ces renseignements.
- M. Durand, à X. —: Règles à calcul : JL Barbothen, 17, rue Béranger; Jl. Faber, 55, boulevard de Strasbourg; JI. Taver-nier-Gravet, 19, rue Mayet, à Paris.
- M. D. L., à Angers. — Vous trouverez des piles sèches che; M. James, 145, rue Saint-Antoine, et à la Société des Piles Bloc, 98, rue d’Assas, à Paris.
- M. A. L., à Arras. — Il n’y a pas d’ouvrage spécial sur cette question ; les renseignements sont éparpillés dans les livres.
- M. L. V., à Paris. — Vous trouverez ces produits chez. M. Gaumont, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. Dubois, à Brest. — Les alternateurs Labour sont construits par la Société « l’Éclairage Électrique », 27, me de Rome, à Paris.
- M. Delvan, à Lille. — Ces appareils téléphoniques ne se trouvent pas encore dans le commerce. L’inventeur est un employé supérieur des postes.
- M. D. G., à Rennes. — Vous trouverez ces renseignements-dans un petit livre ayant pour titre : « Comment on défend les ouvriers contre les éclats et les poussières de l’atelier », par Henri-JIamv. Cet ouvrage a été publié par l’Édition mutuelle, 29, rue de Seine, à Paris.
- M. Durand, à Paris. — Le chlorure de calcium est ordinairement employé pour dessécher.
- M. Dumont, à Ermont. — Le plomb a été attaqué par le sol, il s’est probablement formé un oxyde ou un carbonate qui s’est réduit en poussière. On a déjà constaté ce fait.
- M. Perrot, à Reims. — Adressez-vous à la librairie agricole de la Maison Rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Dubout, à Nancy. Cet objet ne se fabrique plus. — M. Durand, à Brest. Avant de faire la mesure, il faut préparer et essayer l'appareil. — M. G. D., à Paris. Cette formule est donnée dans le petit livre des Recettes et procédés utiles, 4e série; à la librairie Masson et Cie. — M. Lebierre, à Enghien. Des recettes sont données à ce sujet dans le même petit livre que ci-dessus, 5® série, à la même librairie. — Un lecteur, à Belfort. Nous avons reçu votre brochure; remerciements.
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- Entretien des objectifs.
- Ne jamais les essuyer avec une peau, mais avec un vieux linge de coton ou de lin propre et bien souple. Les poussières, qui se déposent sur les lentilles, sont parfois formées, de substances très dures, telles que le silex, qui raye très bien le verre. Il est bon de laver les lentilles à l’eau pure, les solutions contenant de l’ammoniaque ou de la potasse qui seraient indiquées pour dégraisser le verre, pourraient l’attaquer légèrement et lui enlever de son poli. S’il y a des taches de graisse, on lavera à l’alcool, à l’éther ou à l’essence de pétrole ; mais, dans ce cas, on fera attention qu’il ne pénètre pas de liquide entre les lentilles collées au baume de Canada, celui-ci étant soluble dans ces liquides. Pour atteindre la surface des petites lentilles sans les démonter, il est bon de se servir de moelle de sureau taillée en pointe.
- Au bord de la mer surtout, sur les plages de sable, on devra toujours protéger les objectifs avec un bouchon aussitôt qu’on a fini d’opérer. G. JL
- Sans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison,
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- BUFFON ILLUSTRÉ, Texte et dessins, par À. Robida.
- 1, La plus noble conquête que l'homme ait jamais faite est celle du cheval-vapeur (pétrole ou gazoline). — 2. Ce lier et fougueux animal qui partage avec lui les iatigues de la guerre et la gloire des combats. — 3. Aussi intrépide que son maître, le cheval-vapeur se fait au bruit des aimes, il l’aime,Je cherche et ranime de la même ardeur. — 4. Il partage aussi ses plaisirs à b1 chasse. — 5. Aux tournées. — G. A la
- course, il brille, il étincelle ! — 7. Docile autant que courageux, il ne se laisse point emporter à son feu et sait réprimer ses mouvements.
- — 8. Le cheval-vapeur est naturellement très doux et dis] osé à se familiariser avec l'homme; aussi n’arrive-t-il jamais qu’il quitte nos maisons pour se retirer dans les forêts. — ü. Il marque, au contiaiie, beaucoup d'empressement pour revenir au gîte où cependant il ne trouve qu’une
- nourriture grossière toujours la même, et mesurée plus sur l'économie que sur son appétit.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Pûtes dentifrices. — Nous avons déjà donné de ces recettes, mais il en faut en somme'pour bien des goûts. En voici une qui est assez bizarre, et qui nous est fournie par une publication spéciale, le Journal de la Parfumerie et de la Savonnerie françaises. On prend 225 gr de chaux pulvérisée, la même quantité de poudre d’iris, et on travaille bien avec 28 gr d’eau de rose, 50 gouttes d’essence de girofle, et la même quantité d’essence de muscade et d’essence de géranium ; on passe au tamis, puis on en fait une pâte de bonne consistance en ajoutant 225 gr de bon miel clarifié et une quantité convenable de sirop. On peut aussi se fabriquer ce qu’on appelle (nous ne savons pourquoi) de la pâte dentifrice chinoise : on mélange 525 gr de pierre ponce finement pul-
- vérisée, avec 85 gr d’empois, 40 gouttes d’essence de menthe poivrée et 1 gr de carmin comme colorant. Il faut passer au tamis avant d’employer, mais nous rappelons ce que nous avons dit de la pierre ponce, qui nettoie assurément bien, mais risque d’attaquer l’émail des dents.
- Moyen d'enlever l’odeur du carbure de calcium. — M.- G. Lenk recommande d’imprégner de pétrole le carbure de calcium tant que ses pores peuvent en absorber. Par ce traitement, d’une part le carbure est garanti contre l’humidité, et, d’autre part, on évite tout dégagement de gaz nuisible à la santé et explosif. On peut facilement conserver à l’air libre le carbure ainsi imprégné de pétrole. Pour enlever au carbure son odeur désagréable, il suffit d’ajouter au pétrole quelques gouttes de nitrobenzol. Le traitement du carbure par le pétrole n’exerce aucune influence sur sa décomposition par l’eau.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN-MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 1" juillet. . . 16°,4 S. W. 3. Nuageux. 14,4 Presque couv. le matin ; nuag. le soir; un peu de pluie.
- Mardi 2 13°,9 S. W. 2. Couvert. 2,9 Nuag. ; orage de 4 h. 35 à 5 h. 10; pluie de 1 h. à 6 h. et pendant l’orage.
- Mercredi 3 13°,5 S. E. 3. Couvert. 3,2 Couv. jusqu’à 17 h.; nuag. ensuite ; petite pluie de 1 h. à 7 h. Nuag. jusqu’à 20 h. ; beau après ; quelques gouttes.
- Jeudi 4 16°,2 N. W. 2. Couvert. 0,1
- Vendredi 5 18°,1 W. 1. Beau. 0,0 Peu nuag. de 13 à 16 h.; 21 à 23 h. ; beau le reste du temps.
- Samedi 6 14°,9 N. N. W. 1. Couvert. 0,0 Couvert de 4 à 9 h. ; nuag. de 10 à 21 h. ; beau le reste du temps. *
- Dimanche 7 16°,1 N. N. W. 2. Couvert. 0,0 Couv. de 4 à 10 li.; nuag. ensuite ; beau le reste du temps.
- JUILLET 1901 -- SEMAINE Dü LUNDI 1er AU DIMANCHE 7 JUILLET
- Lu courbe supérieure indique la nébulosité de 0 a 10: Les flèches inférieures. La direction du vent, i.cs courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Ln chaleur h New-York. — Depuis quinze jours, le thermomètre a oscillé entre 38° et 42°. La santé publique est très atteinte. Tous les hôpitaux sont pleins ; 4 à 5000 personnes ont couché dans Battry Park et plus de 5000 autres passent les nuits à Coney Island. Or à Philadelphie, le thermomètre a atteint dans la matinée 43° ; il y*a eu 25 décès dans cette ville et plusieurs centaines de malades ; à Pittsburg, 40 décès se sont produits en vingt-quatre heures. De tous côtés, les affaires sont suspendues. On a relevé en vingt-quatre heures plus de 350 décès à New-Vork causés par la chaleur, et plus de 195 dans d’autres villes.
- -es orages en "rance. — La période que nous venons de traverser a été remarquable par le grand nombre d’orages. Dans le Cher, à Cornuse, canton de Néroudes, le clocher de l’église a été renversé.
- A Dun-sur-Auron, des arbres immenses gisent à terre. Sur les promenades, sur les routes, des voilures ont été culbutées par le vent. Toutes les baraques ont été abattues. Une maison a été démolie, quantité de bâtiments découverts et une personne blessée. A Osmery, le clocher de l’église a cédé sous la violence du vent; une jeune fille a été blessée.
- Dans la Nièvre, au cours de l’orage, de grands incendies se sont déclarés sur divers points.
- A Pougues-les-Eaux, les arbres qui ornaient le parc de l’établissement thermal et l’avenue qui y conduit ont été presque tous brisés ou déracinés. Un énorme platane s’est abattu sur le casino et y a causé de graves dégâts.
- Températures. — Dans notre Bulletin du 29, il a été imprimé qu’à Rome la température, pendant la dernière période froide du 19juin, le thermomètre était descendu à —R0 au-dessous de zéro, il faut lire -+- 8° au-dessus de zéro.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 1" à 11 h. 27 m. du soir.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Suppléiqer>>, réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— Pour la première fois, la Compagnie cycliste, commandée <par le capitaine Gérard, dont nous avons décrit jadis la bicyclette pliante, a figuré à la Revue du 14 juillet. Les cyclistes militaires tsont venus de Sedan en trois étapes à la vitesse moyenne de 16 kilomètres. Cette infanterie montée a eu les honneurs de la Revue.
- —(§)— Après plusieurs journées de grande chaleur, un orage violent a traversé la région parisienne le 13 juillet vers 4 heures. Près de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois, la grêle est tombée pendant quelques minutes. On a relevé des grêlons gros comme des noisettes dont quelques-uns, à peine formés, avaient l’aspect de petits morceaux de glace.
- —8~- La température est restée extrêmement élevée la semaine dernière en Angleterre (33°) et surtout aux Etats-Unis (55°). On a relevé, dans certains états des températures voisines de 39° et même 40° à l’ombre. La santé publique s’en est ressentie et la mortalité Teste élevée.
- —®— Les touristes qui vont visiter le'mont Saint-Michel s’arrêtaient à Pontorson et devaient faire en voiture particulière ou en -diligence le trajet de 9 kilomètres qui sépare cette station de l’abbaye. Le 28 juillet, on inaugurera un petit chemin de fer qui longera la route et la digue qui réunit depuis plusieurs années, la terre ferme à l’ilot du mont Saint-Michel. Adieu les vieilles diligences de Pontorson! Elles auront pris fin en 4901.
- —8— Signaux d’alarme alpestres. Après entente internationale entre les différents clubs alpins, un Code établissant de communs signaux d’alarme vient d’être adopté. Les alpinistes en danger doivent avertir par cris, appels, sifflets, mouchoirs, coups de feu le jour, lumières ou lanternes la nuit. Chaque signal sera répété six fois, à «ne minute d’intervalle, pour demander du secours. Le signal trois fois répété signifiera : « Compris ». Le sextuple signal ne devra être «mployé qu’en cas de péril immédiat. Par contre, toute personne est tenue de répondre à cet appel extrême ou, tout au moins, de prévenir aussitôt les autorités.
- —8_ C’est déjà arrivé depuis Icare et cela arrivera encore. L'homme volant d’Amérique dont avaient parlé les journaux a été victime de son audace. Déjà M. Boby Bailey avait pu s’élever à une •certaine hauteur et redescendre sans accident. Il recommença l'expérience. A peine avait-il dépassé la hauteur des maisons qu’un fort coup de vent culbuta l’appareil qui fut précipité sur le sol avec son constructeur. M. Boley a été grièvement blessé.
- —(§!— M. Em. Roger, directeur de la Station météorologique de Châteaudun, nous informe que le vendredi 5 juillet 1901, à 8h 45 •du soir, un magnifique bolide a été aperçu à Châteaudun, dans la partie S. et S.-S.-W. du ciel. Sa trajectoire paraissait à peu près rectiligne, et le météore semblait la parcourir de l’est à 1 ouest, à environ 15 à 18° de hauteur au-dessus de l’horizon. La vitesse de propagation n'était pas très grande, car on a pu le contempler pendant peut-être trois ou quatre secondes. Ce bolide faisait, dans le ciel presque encore clair et très beau de ce côté, une tache approchant de la grosseur du poing d’un éclat très brillant et laissait derrière lui une belle traînée lumineuse. Au moment de disparaître, le météore igné projeta une lueur rougeâtre encore beaucoup plus vive. Aucun bruit n’a été perçu après sa disparition.
- —g)— Trente-sept enfants en dix-neuf ans, voilà qui est bien un record. Ce cas exceptionnel nous vient de Salzbourg, et le journal viennois, auquel nous empruntons les renseignements suivants, n’hésite pas à se porter garant de l’authenticité du fait, certifié, d’ailleurs, par toutes les sommités médicales de la ville. Johann Steiner, fermier, s’est marié à 55 ans en 1882, avec une jeune fille de Salzbourg,
- alors âgée de 25 ans. Celle-ci a eu d’abord deux jumeaux huit fois de suite, puis trois fois trois jumeaux, puis quatre fois deux jumeaux, puis quatre fois un enfant, ce qui fait bien trente-sept enfants au total. Le dernier est né, il y a peu de temps, le jour même où son père avait 72 ans. Trente-quatre enfants, dont vingt-six filles sont encore en vie.
- —8— Les ouvriers fondeurs sont souvent exposés, au cours de leur travail, à des brûlures cruelles, soit qu’ils soient atteints par un jet de métal en fusion, soit qu’ils marchent sur des matières non refroidies. Ces accidents sont souvent très graves. Désireuse de les éviter le plus possible, l’Association des Industriels de France contre les accidents du travail vient d’ouvrir un concours public international pour la recherche et la confection d’une chaussure spéciale pouvant garantir efficacement contre ces brûlures. "Un prix de 1000 francs sera attribué à celui des concurrents qui sera classé premier, ou bien sera réparti entre plusieurs inventeurs suivant le mérite de leur découverte.
- —8— VAmerican Machinist fait connaître un intéressant appareil de levage pneumatique et télescopique, qui permet par conséquent de réaliser un déplacement vertical d’une grande amplitude, lors même qu’on ne dispose effectivement que de peu d’espace. C’est essentiellement un cylindre mobile dans un autre et contenant un piston dont la tige comporte à son extrémité le crochet de soulèvement; cette tige traverse naturellement un presse-étoupe disposé au centre du couvercle inférieur du cylindre intérieur. La course entière est donc composée d'abord de celle de ce dernier cylindre formant piston dans le cylindre extérieur, puis de celle du piston proprement dit. Comme, du reste, l’espace annulaire compris entre la surface interne du cylindre extérieur et la surface externe de l’autre, a une section un peu plus grande que celle du cylindre intérieur, celui-ci, quand on ouvre l'admission, monte toujours au sommet de la course avant que le piston commence à se mouvoir. En sens inverse, et par suite de la disposition des orifices, le piston descend complètement avant que le cylindre qui l’entoure bouge’le moins 'du monde. La combinaison permet d’employer un nombrè considérable de cylindres concentriques, ce qui peut assurer un énorme déplacement vertical de la charge.
- —8— Le dernier recensement qui vient d'être opéré aux Indes anglaises a révélé l’existence d’une secte relativement très nombreuse et pourtant presque inconnue, les Jaïns, dont la principale occupation semble être... de ne rien faire et de jeûner pendant les quatre cinquièmes de l’année. Pour un Jaïn, rester six ou sept semaines sans prendre la moindre nourriture ne paraît pas tirer à conséquence : c’est le jeûne courant, imposé d’ailleurs par sa religion. Dans certains cas et à certaines fêtes, ce peuple hindou prolonge son abstinence pendant deux mois, sans en être le moins du monde incommodé. Les Jaïns, quand ils mangent, sont tous végétariens, et jamais ils ne tuent un animal, même pour se défendre. Lors du récent dénombrement, on en a compté 1416 638, vivant exclusivement dans le Bengale^t les provinces de Guzerat et de Radjpoutana. Leur principal lieu de pèlerinage est la montagne de Parasnath, près de Chota Nagpore, où ils se rendent en foule chaque printemps pour y commencer leur premier grand jeûne de l’année.
- —8— Il existe encore en France plusieurs localités ^où ont lieu des foires aux cheveux. Dernièrement à Limoges s’est tenue une de ces foires traditionnelles. Des acheteurs, venus des Etats-Unis et de Belgique, se rendent chaque année à cette foire où le total des transactions atteint souvent 100 090 francs. Cette année, il y a eu hausse sur les prix des cheveux, augmentation que l’on attribue aux changements récents de coiffures. Les cheveux noirs sont ceux qui ont le moins de valeur, tandis que les blancs atteignent le prix le plus élevé. Le kilogramme de cheveux, suivant la couleur et la longueur, est vendu, de 60 à 100 francs et au-dessus.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que -dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour la scie circulaire à inclinaison variable, s’adresser à M. James M. Carrisson, à Santa-Barbara, Californie (Etats-Unis).
- Communications. — M. l’ingénieur du service central du matériel de la traction au chemin de fer du Nord, à Paris, nous envoie l’intéressante lettre suivante à propos de la course Paris-Berlin : « J’ai sous les yeux le numéro de La Nature du 0 juillet 1901 ; aux « Informations » on lit : « Déduction faite « de la traversée des villes neutralisées où il ne fallait pas dépas-« serune vitesse de 12 km, le vainqueur de l’épreuve interna-« tionale a battu le temps du Nord-Express. Ce rapide met 18h 28m <( pour aller de Paris à Berlin. Fournier a fait le même trajet en « 17h 5m 43". » Sans vouloir atténuer le mérite du vainqueur de la course Paris-Berlin, ni celui du constructeur de la voiture qu’il a conduite à la victoire, il me paraît indispensable de ne pas laisser s'accréditer, par l’organe de votre intéressante Revue, une erreur qui a déjà fait son chemin dans la presse quotidienne. En effet, le Nord-Express quitte Paris à 1h 50 du soir et arrive à Berlin à 8h40 du matin (heure de l’Europe centrale), soit 7h44 (heure de Paris). La durée totale du trajet de Paris à Berlin est donc de 17h54. Or, la durée totale du trajet du vainqueur de la course paraît être de 23h15m, soit environ 5” 1/2 de plus que le Nord-Express. Si on fait le calcul en déduisant, pour le vainqueur de la course Paris-Berlin, la durée de la traversée des villes neutralisées (je ne sais pas au juste comment ori a fait ce calcul), on trouve, d’après vos chiffres, que le trajet a été fait en '17h3m 455. Mais alors il me paraît tout à fait raisonnable de retrancher de la durée totale de Paris-Berlin, pour le Nord-Express, la durée de ses arrêts dans les différentes gares, soit 140 minutes ou 2h20. Il reste donc, pour la durée totale de la marche du train Nord-Express. 45h54, au lieu de 17h 03, temps attribué au vainqueur de la course. Si maintenant l’on considère le parcours sur le réseau français, on voit que le Nord-Express, dont la charge remorquée atteint souvent 300 tonnes, effectue le trajet de Paris à Jeu-mont (258 km) en 2h44, soit une vitesse, sans déduction de l’arrêt à Saint-Quentin, de 87 km à l’heure. Or, si j’en crois les renseignements fournis par le journal VAuto-Vélo, le parcours de Champigny à Sedan (250 km), a été effectué en 4h 21, soit à une vitesse moyenne d’environ 58 km à l’heure. »
- M. Bosredoy nous transmet les intéressants détails suivants : « Les ormes des allées du parc de Saint-Cloud et ceux des avenues de Montretout-Saint-Cloud (notamment -l’avenue Magenta) sont ravagés par une véritable invasion de chenilles, appartenant toutes à la même espèce. Le parenchyme étant complètement rongé, il ne reste que la nervure des feuilles, et les arbres sont complètement roussis comme si le feu y avait passé. On ne trouverait peut-être pas dans le parc de Saint-Cloud, tout au moins dans le périmètre situé entre Saint-Cloud, Montretout et Ville d’Àvray, un seul orme qui ait échappé à la dévastation. Quant aux arbres des autres essences, ils sont absolument intacts. Dans l’avenue Magenta, toute la partie nutritive des feuilles avant été dévorée, les chenilles sont obligées d’aller chercher leur pâture ailleurs; aussi les voit-on par centaine grimper sur les murailles afin de pénétrer dans les jardins environnants. La ponte prodigieuse qu’implique le nombre énorme de ces chenilles, parait d’autant plus extraordinaire que dans la région dont il s’agit, les lépidoptères sont très peu abondants soit comme espèce, soit comme individus. »
- M. Vermorel, directeur de la station viticole, à Villefranche-sur-Saône, nous transmet de son côté une communication sui-le même sujet de M. Alexandre Promio, de Brunov (Seine-et-Oise). — Je tiens seulement à vous signaler, si vous ne la connaissez déjà, une épidémie qui depuis deux années, paraît-il,, frappe les ormes du département de Seine-et-Oise et aussi, m’a-t-on dit, ceux des départements limitrophes. Les feuilles de cet arbre sont complètement dépouillées de leur partie verte par un insecte dont l’apparition, au dire des habitants de ce pays, date de deux années. Cet insecte se présente sous la forme d’une chenille très petite dont je dos est noir et le ventre jaune, et quoique mon jardin comprenne des marronniers, des-platanes et d’autres essences, les ormes seuls sont la proie de cette vilaine petite bête. Les ravages qu’elle produit sont énormes et pas un seul orme de toute la région n’a été épargné-Nous arrivons à une époque où, les feuilles étant dévorées,. l’insecte tombe à terre, envahit les appartements, puis disparaît jusqu’à l’an prochain. Une particularité très curieuse que j’ai observée sur ce petit animal est la suivante : J’avais remarqué-que lorsque je dèscendais dans le jardin en manches de chemise blanche j’étais couvert de petites chenilles; au contraire,, si je mets une veste en alpaga noir, je remonte indemne de-l’ennuyeuse société de l’animal. J’ai fait à ce sujet une expérience concluante: j’ai étendu sous un de mes ormes, ou plutôt sous le squelette d’un de mes ormes, un torchon blanc,, puis à côté un voile de photographie noir. Au-dessus du voile-noir était tendue une corde passée à la craie, tandis qu’au-dessus du torchon blanc j’avais tendu une corde passée à la suie. Une heure après la corde blanche et le tablier blanc étaient couverts de petits insectes, tandis que sur le voile et la corde noires je n’ai relevé que six insectes. Je livre ce modeste essai à vos connaissances scientifiques reconnues de tous. En tout cas j’ai cru qu’il était intéressant de vous communiquer le-résultat d’une observation toute personnelle et que je vous-donne pour ce qu’elle vaut.
- Renseignements. — M. Bellais, à Paris. — Il n’a paru, encore aucun ouvrage à ce sujet.
- M. R. S., à Venise. — Le mica et d’autres isolants pourraient convenir parfaitement; il s’agit de faire des gants avec-ces substances.
- M. E. de Schamphelaere, à Gand. — Nous pensons que le-Comptoir général de Photographie, 57, rue Saint-Roch, pourra vous procurer une collection de toutes ces photographies.
- M. G. Volland, à Pantin (Seine). — Pour trouver le numéro-de ce brevet, il faut confier cette recherche à une agencé de-brevets. ' -
- M. J.-J. Mercier de Molins, à Lausanne. — Nous ne connaissons aucun moyen particulier pour obtenir cette dessiccation.
- L’abonné n° 2553, à Paris. — Tous les journaux ont parlé-de cette prétendue éruption d’un volcan au mont Féraud ; il va sans dire qu’il n’y a pas de volcan dans ce pavs-Ià. Les hypothèses qui ont été émises par quelques journaux n’ont aucune base sérieuse. En somme, on ignore exactement ce qui s’est passé.
- M. le Dr E. Grimard, àGauriac. — Il faudrait vous adresser* à la librairie agricole de la Maison Rustique, 26, rue Jacob, à. Paris.
- M. Robert Slruve, à Rio-de-Janeiro.— Agences de brevets : M. Armengaud jeune, 23, boulevard de Strasbourg ; M. A. Blouinr 43, boulevard Voltaire ; MM. Blétry frères, 2, boulevard de-Strasbourg, à Paris.
- M. Florentin Rodiguez, à Santarem. — L’ouvrage de-M. Mayet : « Les insectes de la vigne » a consacré une étude dp* deux pages au stauronotus marocanus ; cet ouvrage se trouve-à la librairie Masson et Ci0, le prix en est de 10 fr.
- Frère Bertrand, à Paris. — Il n’existe pas de grammaire ni. de dictionnaire ; une communication a seule été faite à l’Académie des sciences.
- M. L. P., à Sainte-Marie. —Pour pouvoir répondre à toutes-les questions que vous nous posez, il faut faire une étude complète et détaillée. Nous vous engageons à vous adresser pour ce travail à la Société « l’Éclairage Électrique », 27, rue de Rome, à Paris.
- Accusés de réception. —Avis divers. — M. Lepart, à Paris. Ce n’est là qu’une hypothèse que rien ne justifie. — M. Labar. à Nice. 11 y a là une question contentieuse que nous ne pouvons-examiner. — M. Dumont, à Taverny. Nous ne vous conseillons pas de faire cette installation. — M. L. D., à Bordeaux; M. Granjcmu à Blois. Consultez le petit livre des Recettes et Procédés utilesr lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. Gémont, à Engliien; M. Ilévin, à Paris. Remerciements pour vos communications.
- Dans in « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune-façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant lé lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- PETITES INTENTIONS1
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Nouveau porte-plume avec fourreau éjecteur.
- Lorsqu’on s’est servi d’une plume pendant un certain temps, celle-ci se trouve souvent rouillée et il est fort difficile de l’extraire. De plus, quelque précaution que l’on prenne, on est toujours sûr de se salir, sinon de s’abîmer les doigts. Aussi a-t-on imaginé toute une série d’arrache-plumes pour rendre pkis commode l’opération de remplacer la plume de son porte-plume ; mais des objets comme un arrache-plume se perdent rapidement, lorsqu’on en a besoin on ne le trouve pas. La meilleure solution est certainement de construire un porte-plume pratique muni d’un système éjecteur comme celui que nous
- Porte-plume avec fourreau éjecteur.
- présentons à nos lecteurs. Le fourreau de ce porte-plume est garni de caoutchouc à rainures, ce qui donne d’abord une excellente prise à la main et facilite énormément l’écriture. Ce fourreau est mobile et coulisse sur un noyau métallique, de sorte que la plume serrée entre les deux se trouve elle-même solidement maintenue tout en solidarisant le fourreau à ce noyau métallique. Lorqu’on veut changer la plume, il suffit de maintenir le fourreau en caoutchouc entre deux doigts d’une main et de tirer avec l’autre main le porte-plume, un léger effort suffit pour faire sortir immédiatement. — Le porte-plume éjecteur se trouve chez M.Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- Boîte-bobine pour fumeurs. — La boîte-bobine Molp consiste en une boîte en carton avec couvercle (n° 1 ) remplie d’allumettes; elle est enroulée d’une bande de papier à cigarette mince (n° 2). Pour prendre ce papier, on déplace du bout de l’ongle le couteau latéral de droite à gauche. On lejyléroulc
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- Boîte-bobine pour fumeurs. — 1. La boite à allumettes.
- 2. La boite dans l’étui. — 3. Le papier à cigarettes enroulé.
- et on le couche sur le couteau en tirant obliquement. On n’a ainsi aucun déchet de papier. Le couvercle de la boîte est pourvu d’un frottoir pour allumettes. Le tout est placé dans un petit étui (n° 2) sur lequel sont inscrites les instructions pour utiliser la bobine; le fumeur a ainsi sous la main, dans une petite boîte, allumettes et papier. — Les boîtes-bobines pour fumeur se trouvent chez M. Molp, à Oloron (B.-P.).
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles- scientifiques est étrangère aux annonces.
- Pour se préserver des moustiques.
- Les moustiques sont — nos lecteurs le savent — des insectes non seulement désagréables, mais dangereux; ils sont les agents propagateurs de la fièvre paludique. J’ai indiqué les moyens qu’avaient ingénieusement employés les expérimentateurs italiens pour se préserver des piqûres et rester indemnes de tout accès fiévreux en plein pays marécageux, en plein foyer tnala-rial. Ces moyens ne sont pas bien compliqués, mais si on ne s’en est pas préoccupé, si on ne s’est pas muni de moustiquaire, ou est à la merci de ces vilains insectes. Et c’est le cas dans nos pays où l’on ne songe pas à s’en garantir; les piqûres des moustiques de nos jardins sont la plupart du temps inolfensivos, j’entends comme danger de fièvre intermittente. Ce sont les culex pipiens et non les anophèles qui peuplent nos étangs, nos mares des environs de Paris;
- Pour être inoffensives en tant que paludisme, les piqûres sont-elles moins cruelles, moins douloureuses? Hélas, non. Eh bien, usez du moyen suivant employé longtemps par le Dr Wegg à Cobreville, à la Jamaïque. Chaque soir, avant de se mettre au lit, M. Wegg, après avoir avec soin éteint toute lumière, toulc-flamme, aspergeait le sol de sa chambre de quelques gouttes dé kérosène ou essence de pétrole ; puis, il imbibait un mouchoir ou une serviette de cette même essence et le laissait flotter comme un drapeau à la tête de son lit. Il est clair qu’avec cet agent inflammable, il ne faut pas avoir, dans le cours de la nuit, l’envie de griller une cigarette ou de battre le briquet. Mais, à part ce détail et en n’étant pas trop délicat pour l’odeur désagréable du pétrole, la protection est efficace. M. Wegg n’a jamais, quand il usait de ce procédé de défense, été mordu par les moustiques. 11 regarde ce moyen comme au moins égal sinon supérieur aux embrocations de savon phéniqué sur la face, les mains, les parties découvertes du corps. Le moustique n’attaque pas, en général, une peau imprégnée d’acide phéniqué, mais il résiste encore moins au pétrole; l’odeur pénétrante de ce corps l’éloigne du lit de sa victime.
- Notre confrère de la Revue scientifique, le Dr J. Héricourt, témoigne, par une expérience personnelle, de l’efficacité du pétrole. « 11 suffit, dit-il, de tenir une lampe à pétrole allumée dans une pièce pour n’étre pas piqué par les moustiques. Cependant tous les moustiques des environs envahissent la pièce ainsi éclairée, du plus loin qu’ils perçoivent la lumière. Mais le pétrole est tellement toxique pour les insectes, que l’influence des vapeurs de pétrole répandues dans la pièce, par l’effet de réchauffement de la lampe, suffit à les engourdir et à les paralyser. Ils ont tout juste la force de se venir brûler au-dessus du verre ou de s’approcher du récipient toujours plus ou moins recouvert, comme on sait, d’une mince couche d’huile. II suffit alors qu’ils aient, même du bout d’une patte, touché celte surface pour qu’ils tombent aussitôt comme foudroyés; c’est par milliers qu’on les ramasse autour de la lampe après quelques heures. Et l’on peut ainsi rester au milieu de ces innombrables moustiques, sans en avoir subi la moindre piqûre. » J’avoue que pour ma part, je n’ai pas jugé aussi efficace la protection de la lampe à pétrole. Les maudits insectes bourdonnent dans la pièce, malgré la lampe allumée. Ma lampe est peut-être d’un calibre trop restreint ou mon pétrole moins odorant. Mais je n’ai pas la chance de mon collègue Héricourt. Dr A. G.
- . L’aspyrine.
- Voici de quoi réjouir les pauvres rhumatisants, et Dieu sait s’ils sont légion. In nouveau médicament, l’aspyrine, aussi efficace que le salicylate de soude et n’en ayant pas les inconvénients.
- L’aspyrine est un acide acétylsalicylique qui peut être administré à la dose de 2 à 5 grammes sans provoquer de troubles digestifs, de dépression de la circulation et sans déterminer, comme le salicylate, la quinine, des bourdonnements d’oreille pénibles et douloureux. Elle a l’avantage, tout en étant un composé salicylique, de ne céder son acide que dans un milieu alcalin, l’intestin, ce qui explique la facilité avec laquelle les malades le tolèrent.
- Administrée dans des cas de rhumatisme articulaire aigu, l’aspyrine détermine un abaissement de la tension circulatoire, de la température, tout en faisant disparaître les manifestations douloureuses. Moins efficace dans le rhumatisme suraigu, elle a cependant l’avantage de calmer les douleurs par ses propriétés analgésiques. On l’a même utilisée à ce point de vue contre les névralgies, les crises pénibles du cancer et du tabes'. A la dose de 1 à 2 grammes elle est bien supportée; mais
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- presque toujours il se produit une sudation abondante, allant parfois jusqu’à la. transpiration profuse qui accentue notablement l’action antithermique. Dr X.
- Contre la goutte.
- Que de moyens divers préconisés contre la fâcheuse goutte, que de médicaments anciens et nouveaux ont été prescrits ! Et cependant les goutteux cherchent toujours la panacée qui les débarrassera de leur terrible ennemie. « Vivez avec trois francs par jour et gagnez-les », conseillait un médecin à un financier podagre. Et le conseil était sage et le seul efficace. Il comprenait à la fois exercice, entraînement, sobriété, toutes les conditions propices à la suppression des accès et à la restauration .de la santé.
- En attendant que les goutteux s’appliquent, ce que je ne
- crois guère, à suivre cette prescription, voici un médicament qui réussit à l’égal de la colchique et sans en avoir les inconvénients. C’est le citrophène.
- Le citrophène, découvert dans un laboratoire allemand, est une combinaison d’acide citrique avec la phénétidine. Il se présente sous la forme d’une poudre blanche, ayant le goût de l’acide citrique, soluble dans l’eau. Ses propriétés antithermiques et analgésiques l’avaient fait employer contre la fièvre dans la tuberculose, les états typhiques. Dans la goutte il amène la sédation des douleurs, ôn le donne à la dose de un gramme toutes les trois heures et en peu de temps, l’accès cède et disparaît. Il réussit même dans la forme chronique de la goutte en favorisant l’élimination des principes uratés.
- Signalons encore l’emploi du citrophène dans l’influenza ; l’attaque serait, paraît-il, jugulée en quelques heures et plus sûrement qu’avec l’antipyrine. Dr X.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49-,30). — Bureau central météorologique de Franco
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 8 juillet. . . . 15°, 9 N. N. E. 2. Beau. « 0,0 Beau. Brumeux.
- Mardi 9 17°,9 N. N. E. 2. Beau. 0,0 Peu nuag. de 15 à 16 h. et à 24 h. ; beau le reste du
- temps.
- Mercredi 10 19°,9 N. 2. Beau. O O Nuageux jusqu’à 4 h.; beau ensuite.
- Jeudi 11 19°,2 N. 2. Beau. 0,0 Nuageux jusqu’à 6 h.; beau ensuite.
- Vendredi 12 21°,0 N. 1. Beau. 0,0 Peu nuageux de 12 à 15 h.; beau avant et après.
- Samedi 15 20°,5 N. 1. Quelques nuages. 0,0 Nuageux, orage de 15 h. 1/4 à 19 h. avec pluie ; halo.
- Dimanche 14 16°,8 N. 2. Couvert. 4,9 Presque couvert; brouillard de qq. centaines de mètres
- à 5 h.; h. atin. 10 km à 16 h.
- JUILLET 1901 — SEMAINE DU LUNDI 8 AU DIMANCHE 14 JUILLET
- | Lundi I Mardi | Mercredi |
- Jeudi
- | Vendredi | Samedi | Dimanche |
- Résumé des* observations météorologiques faites au Parc Saint-Vfaur en juin 1901
- par M. E. Resoc »
- Moyenne barométrique à midi 759“”,50. Minimum 748”“,78 le 15, à 5 heures et 4 heures du matin. Maximum 768”",00 le 25, à 11 heures du soir.
- Moyennes therinométriques : des minima 11°,41 ; des maxima 24°,27 ; du mois 17°,81; vraie des 24 heures 17°,55. Minimum 5°,9 le 15 à 4 heures du matin. Maximum 55°,2 le 22 à 2 li. 20 du soir; autre maximum 52°,7 le 29. Moyenne des minima sur le sol 8°,12 avec minimum absolu 1°,0 le 15.
- Tension moyenne de la vapeur 9"“,04. La moindre 4““,5 le 15, à 2 heures du soir ; la plus grande 17”“, 1 le 1*', à 7 heures du soir, et le 50 à 10 heures ilu malin.
- Humidité relative moyenne 62 ; la moindre 24 le 22, à 4 heures et 6 heures du soir; la plus grande 99 le 50, à tl heures du soir.
- Pluie 59“",8 en 15 h. 1/4, réparties en 7 jours; un seul jour de pluie notable le 50, qui a donné 29“”,1 en plusieurs orages ; 6 jours de gouttes.
- Nébulosité moyenne 45.
- 4 jours de tonnerre : le i", de 4 heures à 6 heures du soir; le 18, quelques
- coups à l’VV. à 11 heures du matin ; grands orages du 29 à 6 heures du soir au oO à 8 heures du matin.
- Le vent a soufflé 12 fois de N.-W. à N.-E. et 12 fois de S.-W. à W. ; aucun coup de veut.
- Température moyenne de la Marne : le matin 20°,25, l’après-midi 21°,16, du mois 20°,71. Elle s’est éclaircie progressivement, avec un niveau peu variable.
- Relativement aux moyennes normales le mois de juin 1901 présente les résultats suivants : Baromètre plus haut de 1”“,12. Thermomètre plus haut de 0°,98. Tension de la vapeur moindre de 1“,11. Humidité relative moindre de 11. Pluie moindre de 17“",8. Nébulosité moindre de 9.
- Ce mois a été extraordinairement sec jusqu’aux deux derniers jours ; il a été très chaud au commencement, et à la lin avec 8 jours froids et presque sans pluie du 15 au 20.
- Ont commencé à fleurir : le 7, grand seringat d’Amérique; le 15, croix de Jérusalem; le 16, hémerocalle fauve; le 20, silphium perfoliatum; le 25, lis blanc, sumac de Virginie ; le 25, troène du Népal, spiroea callosa ; le 28 lupin, le 29, œnothère iaune odorante, yucca filamenteux, hélianthus cucutnéri-folus, clématite ue Jackmaun.
- PHASES DE LA LUNE : I». Q. le 9 à 5 h. 29 m. du soir.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —H— On ne sait pas assez qu’il existe maintenant à Paris, à ^Annexe de la Faculté des sciences, 3, rue Michelet, un Institut de «chimie appliquée, dirigé par M. Henri Moissan, de l’Académie des -.sciences. Ces jours derniers, sous la présidence de M. G. Darboux, a -eu lieu la distribution des médailles, des prix et des diplômes aux élèves de l’Institut. Cette fondation récente répond à un besoin de notre temps. Mais encore est-il qu’il faudrait ne pas laisser s’effondrer les laboratoires installés dans de bien pauvres conditions ; plu--sieurs fois l’eau a envahi les planchers ; des conduites d’eau et de gaz tse sont effondrées. Il sera nécessaire d’appeler l’attention sur la nécessité de trouver un autre local et d’établir une nouvelle construction. Cette année l’Institut a délivré 21 diplômes de chimistes
- —(§)— Nous avons le regret d’annoncer la mort, à 71 ans, de M. le général major russe VenukofF, membre de la « Conférence Scientia » qui suivait depuis longtemps à Paris le mouvement scientifique et communiquait à l’Académie des travaux intéressants de géographie et de géodésie.
- —Les journaux quotidiens ont signalé ces jours derniers l’ascension du mont Blanc par une Compagnie de chasseurs alpins. C’est bien la première fois qu’un corps de troupes avec armes et bagages parvient au sommet du mont Blanc (4810 mètres). On a ajouté que des salves avaient été tirées en l’honneur des vaillants soldats. Ils méritaient mieux que personne, en effet, ces honneurs. Mais c’est l’habitude à Chamomx de tirer le canon aussitôt que les ascensionnistes touchent le sommet. On suit leur avancement sur le dôme du Dromadaire et quand leur silhouette se profile tout en haut, le canon de Chamonix salue le succès de l’ascension.
- —®— La commission désignée par le ministre des travaux publics a procédé à la réception de. la ligne du Fa jet à Chamonix. La nouvelle ligne est à voie d’un mètre et comporte de très fortes rampes : la traction des trains s’y fait par l’électricité. Deux usines hydrauliques établies l’une près de Servoz, l’autre au Pont-Pélissier, fournissent l'énergie électrique nécessaire à la traction des trains, à l’éclairage des gares. Non loin de cette dernière usine, le chemin de fer borde des précipices, à une grande hauteur au-dessus du fond de la vallée et franchit l’Arve sur le beau viaduc de Sainte-Marie, d’où l’on jouit d'une vue splendide du mont Blanc. L’ouverture de la ligne a eu lieu jeudi 25 juillet.
- —Il— La Compagnie du Métropolitain met en circulation 80 voilures d’un nouveau modèle, dont 40 voitures motrices et 40 voitures d'attelage. Les voitures motrices, devant recevoir des Voyageurs comme les motrices actuelles, ont des portes doubles au heu des portes simples existant actuellement, et un peu plus rapprochées du «entre. Elles pèsent 18 tonnes au lieu de 10. Le système de frein adopté est le Westinghouse. Enfin, la loge du wattman est double de celle existant actuellement. Quant aux 40 nouvelles voitures d’attelage, elles ont des portes doubles également et rapprochées du centre, et elles sont aussi munies de freins westinghouse. Le nombre des places est le même, mais interverti : 20 assises et 50 debout au lieu de 50 assises et 20 debout.
- —@>— Le cuirassé léna a terminé ses essais ; la vitesse a été de 18 nœuds et les machines ont développé 10 500 chevaux, au lieu de 15500 prévus au marché. La consommation a été de 779 grammes de charbon par cheval-heure.
- —S— M. Mougeot, sous-secrétaire d’Etat au ministère des postes et des télégraphes, a décidé la substitution, dans tous les bureaux de poste, des timbres servant à la date et à l’oblitération des lettres, par des « blocs horaires ». Les deux blocs supérieurs du timbre
- indiqueront respectivement les heures et les minutes. Les heures seront numérotées de 0 à 24 et les minutes de 5 à 55 par fraction de 5 minutes. Pour désigner une heure sans fraction, le bloc des minutes sera remplacé par un bloc avec astérisque. Au-dessous, sur ime ligne, deux chiffres indiqueront le jour et le mois, et au-dessous se trouvera le millésime de l'année. On lira par exemple 20 | 42 -—28 | 7 —01. (20h 42m — 28 juillet 1901.) Ces nouveaux timbres donneront donc des renseignements sur les heures de départ et d’arrivée des lettres, à la condition que les indications soient « lisibles ». C’est en effet ce qui manque presque toujours aujourd’hui. Quand une lettre arrive en retard, on fait une réclamation à la Direction des Postes qui s’empresse de vous envoyer un employé supérieur. Celui-ci, affirme-t-il, a fait une enquête : mais, à quoi peut-elle aboutir? Timbre illisible? A l’étranger le timbrage est très net.
- —®— M. Fromholt, l’ingénieur qui a imaginé la scie diamantée que nous avons décrite et qui travaillait sur les chantiers de- l’Exposition, vient d’inventer une ingénieuse perforatrice à couronne diamantée, dont la couronne tourne à très grande vitesse, mais sous faible pression, et qui constitue une installation puissante sous un petit volume et un poids réduit. La pression et l’avancement sont obtenues par une pompe hydraulique à bras de proportions fort modestes, que l’on installe sur un chariot attelé au truc portant les perforatrices. Quant à la rotation de l’actif diamanté, elle est assurée par l’induit d’une dynamo fixée directement sur lui et tournant à 1500 tours.
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- —®— On a exposé à l’Exposition de Glasgow une turbine essoreuse centrifuge du type Watson Laidlaw, à commande par moteur hydraulique, qui donne d’excellents résultats. Quand, dans une usine, on dispose d’une série de turbines actionnées par un même arbre et par l’intermédiaire de courroies, on se trouve dans l’impossibilité de modifier séparément la vitesse d’une seule de ces turbines, ce qui est un grave inconvénient, principalement pour les travaux de sucrerie. Ici, au contraire, chaque turbine est commandée directement par son moteur hydraulique disposé au-dessus et jouit d’une indépendance absolue. Le mécanisme hydraulique qui permet de faire varier les vitesses et les accélérations consiste dans une roue à auget avec deux ajutages, dont l’un, celui qui donne l’accélération, se ferme automatiquement quand est atteinte la vitesse maxima nécessaire.
- —®— La réputation d’insalubrité de la campagne romaine est légendaire, et l’on sait que ce pays jadis absolument salubre, était devenu un véritable foyer des lièvres paludéennes. On y met bon ordre en ce moment, "et d’importants travaux sont exécutés dans tout le Delta du Tibre, principalement sur les territoires du Macarese, Ossia, Isola Sacra. Tout un réseau de canaux, petits et grands, conduisent les eaux soit au Tibre, soit à la mer ; de plus, une partie de ces eaux sont élevées par des pompes à un niveau supérieur à celui de la mer, et on a ainsi asséché une superficie de 5000 km3.
- —®— On emploie dans certaines usines de Philadelphie un système, de laminoir dit Barslett-Kent pour le laminage des tubes d’acier sans soudure. On fond d’abord des lingots creux et très courts tout spéciaux, puis on les fait passer entre trois cylindres extérieurs (dont les axes forment les côtés d’un triangle équilatéral et dont la forme extérieure correspond au profil extérieur du tube à obtenir) et trois galets intérieurs, dont les axes sont parallèles à ceux des cylindres, et dont la courbure suit le profil intérieur du tuyau. Ces galets sont portés par un tube à nervures reposant sur une file de galets disposés extérieurement au bâti; les cylindres extérieurs ont leurs tourillons sur trois cadres pouvant se déplacer simultanément suivant trois rayons. Le tube à laminer est déplacé, dans ses passages, sur son axe, autour de cet axe et parallèlement à lui.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En. présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — M. L. Segretain, à Poitiers, à propos de notre chronique sur la plus longue ligne de tramways du monde (n° 1468, du 13 juillet, p. 110), nous écrit : « La ligne de tramway à traction animale que vous signalez peut être la plus longue du monde entier, mais elle n’est assurément pas la plus rapide si, comme vous le dites, les express mettent douze heures pour faire le trajet de 82 kilomètres. Moins de 7 kilomètres à l’heure avec de nombreux relais! Les chevaux de la République Argentine ne coûtent pas cher, dites-vous. Us ne valent pas cher non plus si c’est leur grande vitesse. »
- M. F. Crestin, à Saint-Pétersbourg, nous adresse la lettre suivante : « L’an passé, à peu près à la même époque, je vous adressais une communication sur l’influence assez curieuse des daphnées et autres petits crustacés d’eau douce sur la végéta-tation microscopique des aquariums. Cette communication fut insérée dans le n° 1420, du 11 août 1900. Je vous signale aujourd’hui un nouveau fait, encore plus extraordinaire que celui rapporté l’année dernière. Au commencement de cet été, et dès mon arrivée à la campagne, mes premiers soins furent, comme à l’ordinaire, donnés à mes aquariums, dont l’un, déjà cité dans ma communication précédente et d’une capacité de 55 litres, devint le lieu de résidence de six petits poissons de rivière, de 6 à 7 centimètres de longueur, capturés deux ans auparavant et ayant par conséquent parfaitement l’habitude de vivre en captivité dans un aquarium. Comme compagnons, je leur donnai quelques dizaines de têtards de grenouille et quelques mollusques. Quant à la végétation, elle fut assurée par quelques tiges d’élodée du Canada, qui bientôt, sous l’influence de la lumière et de la chaleur, se développèrent pour former une véritable forêt sous-marine. Malheureusement, à cette végétation voulue et nécessaire, vint bientôt s’en adjoindre une autre, celle des algues microscopiques, qui faisait déjà mon désespoir l’an dernier et dont 30° au-dessous de zéro pendant l'hiver, n’avaient pu détruire les germes dans le sable laissé au fond de l’aquarium. Comme l’année précédente, les changements d’eau et les nettoyages revinrent de nouveau à l’ordre du jour, jusqu’à l’apparition des daphnées dans la mare voisine, que je mis de nouveau à contribution pour avoir raison de ces maudites algues microscopiques. D’abord, tout alla bien; les daphnées, peu nombreuses, étaient difficiles à capturer et ce n’est que par petites portions qu’elles pouvaient être introduites dans l’aquarium. Mais la chaleur augmentant, la pêche de ces petits crustacés devint plus fructueuse, si bien que le 23 juin dernier, vers les 4 heures du soir, je pus introduire du coup dans mon aquarium à peu près 2 centimètres cubes de daphnées, ce qui cependant ne paraît pas exorbitant pour 35 litres d’eau. C’est là une erreur, car deux heures après, l’eau ayant acquis la limpidité du cristal, mes six petits poissons, sans aucun signe précurseur et en quelques minutes, passèrent de vie à trépas, en coulant tous au fond de l’aquarium. Immédiatement retirés et placés dans de l’eau fraîche, je ne pus les rappeler à la vie, qui les avait bien quittés ; quant aux têtards et aux mollusques, ils n’avaient l’air de se douter de rien et en effet jusqu’à lundi matin, lors de mon départ de la campagne, ils étaient tous en parfaite santé. Comment expliquer ce nouveau phénomène de la mort foudroyante de ces petits poissons? Je pensai que peut-être, en face d’une table si abondamment servie, ils s’étaient gorgés de nourriture et, pour en avoir le cœur net, je fis, séance tenante,, l’autopsie du plus gros d’entre eux et j’examinai consciencieusement à la loupe le contenu de son estomac. Je n’y découvris rien d’anormal, comme je m’y attendais du reste, car en y réfléchissant, on doit conclure qu’une
- indigestion n’aurait pu avoir des résultats aussi brusques et aussi uniformes pour chacun de ces poissons. Il faut donc supposer que les daphnées ont agi sur eux, comme elles agissent sur les algues microscopiques, mais de quelle manière? voilà la question. »
- M. Radiguet nous transmet la lettre suivante : « Dans-le numéro 1464 du 15 juin 1901, nous lisons page 10 des-Nouvelles scientifiques que M. Guérin, du Havre, indique un moyen de faire des vues de projection en décalquant sur verre une gravure quelconque. Ce procédé est vieux. M. Molteni l’a employé il y a plus de vingt-cinq ans et il l’a indiqué à l’époque. Il est décrit page 242 de la brochure « Instruction pratique sur l’emploi des appareils de projections », et page 51 de la brochure (( Le guide pratique pour l’emploi des appareils pour projections lumineuses dans l’enseignement primaire n.
- Renseignements. — M, Carlos Ferez de la Sala, à Gizon.
- — 1° Toutes les recettes et procédés utiles publiés dans le supplément de La Nature ont été réunis dans cinq petits volumes, que vous trouverez à la librairie Masson et Cie. — 2° II est difficile de bien nettoyer le zinc; pour enlever toute l’oxydation, essayez de frotter avec un liquide légèrement acide, — 3° Aucune détermination n’a été encore prise à ce sujet.
- M. Pinel, à Paris. — Nous ne connaissons pas de procédé pour effectuer ces opérations.
- M. L. 0., à Versailles. — 1° Nous n’avons pas de renseignements à ce sujet ; mais vous pourriez essayer de brûler du soufre en poudre à l’entrée des terriers. — 2° L’acide sulfhydrique comprimé ne se trouve pas dans le commerce.
- M. Morin, à Paris. — Il n’y a là qu’un simple hasard, la température s’est probablement élevée brusquement. L’air s’est dilaté à l’intérieur du flacon, et le bouchon a été projeté.
- M. Federico R. Vidiella, à Montevideo. — Nous avons déjà parlé, il y a quelque temps, des fours électriques de M. Mois-san qui sont actuellement utilisés dans l’industrie électrique. On a essayé d’effectuer des opérations métallurgiques ; mais-les résultats ne sont pas généralement économiques. Ce ne sont encore que des essais.
- M. D. R., à Toulouse. — Pour les câbles d’une section de-500 millimètres carrés, il ne faut pas dépasser une densité de 2 à 3 ampères par millimètre carré.
- M. Lebois, à Paris. — Nous aurons l’occasion dans un prochain article de définir le rôle d’une commutatrice et d’en donner une description complète.
- M. Peraut, à Paris. — Il faut compter qu’un mètre de lit de cuivre de I millimètre carré de section a une résistance électrique de 0,02 ohm.
- M. Bellon, à Paris. — Pour tout ce qui concerne l’Ecole pratique d’électricité industrielle dont il a été question, adressez-vous au Directeur, M. Charliat, 46, rue de Paradis, à Paris.
- M. E. R., à Fayères. —L’adresse du constructeur a été donnée en tête de la Boite-aux-Lettres du numéro qui contient la description de la voiture.
- M. H. P., à Lons-le-Saulnier. — Nous pensons que le système préférable est le système à double vitre.
- M. L. Semel, à la Neuville-en-Nez. — Il n’y aura pas d’excursion cette année.
- M. J. Dechery, à Fismes. — 1° Tout au début, on a invoqué le magnétisme rémanent comme cause de l’électrisation permanente des plots ; c’était même la seule raison que l’on donnait alors. L’expérience a démontré que le magnétisme rémanent n’est pour rien dans les accidents ; le clou retombe toujours-par son propre poids et ne peut rester attiré. — 2° Le rapport n’a pas été publié.
- M. L. Bordier, à La Rochelle; M. de Koning, à Amsterdam.
- — Vous trouverez la description de l’appareil pour sourds dans le Bulletin n° 25 de l'Académie de médecine, contenant la séance du 25 juin 1901, à la librairie Masson et Cie.
- M. Durand, àBéziers. —11 n’estpasexact de dire que l’intensité est de 5 ampères, lorsque la forci? électromotrice de votre pi l'est de 10 volts, et la résistance du circuit de 2 ohms; il faut tenir compte également de la résistance intérieure de la pile.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. Refiant, à Paris. Nous ne pouvons vous donner tous ces renseignements; il faut faire faire'une étude par un ingénieur. — M. Dumont, à Nice. Nous n’arrivons pas aux mêmes conclusions que vous. — M. II. !>., à Paris; M. Lelong, à Brest. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie. — il/. Debois, à Lyon; M. Lelarge, à Toulouse. Ces recettes sont données dans le même petit livre que ci-dessus, 5e série, à la même librairie. — M. Dambar, à Tours; M. G. L., 5 X. Remerciements pour vos communications.
- Dans ta « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, étalonné de son mieiix les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre a toutes tes questions, ni à insérer toutes les communications. —- Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison,
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- PETITES MENTIONS1 * 1 2
- Nouveau filtre. Il s’agit d’un nouveau filtre portatif qui peut être placé sans l’intervention d’un plombier ou d’un ouvrier quelconque, partout et par tout le monde et qui, par son prix de vente extrêmement bon marché, est mis à la portée de toutes les bourses. Ce filtre forme une boule qui se dévisse au milieu en deux parties A et B pour enserrer une pastille D remplie, sous un couvercle d’étain perforé, de ouate
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- Nouveau filtre.
- de verre et de soie de chardonnet comprimées ensemble. Au-dessus est une rondelle de caoutchouc C. Les expériences du Laboratoire ont prouvé que ces matières possèdent à degré élevé les qualités filtrantes nécessaires. La partie supérieure du filtre est formée par un tuyau en caouchouc E qui, par son élasticité et sa forme, s’adapte à n’importe quel robinet R quelle que soit sa dimension. Une petite bague F avec écrou de serrage est destinée à l’adaptation du caoutchouc au robinet. Comme on le voit, l’installation de ce filtre est des plus simples et peut être faite par n’importe qui en moins d’une minute. Lorsqu’au bout de quelques mois d’usage la pastille a besoin d’être nettoyée, il suffit de dévisser le corps de l’appareil, de la retirer et de la tremper pendant quelques secondes dans l’eau froide avec du bi-borax et de faire couler l’eau en sens contraire. On replace ensuite la pastille et on referme l’appareil. Ce nouveau filtre convient pour l’épuration de toutes les eaux, et de toute petite taille, il peut se mettre facilement dans la poche. — Le nouveau filtre se trouve chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- 'Vaporisateur. — Ce petit vaporisateur très bon marché se compose d’un tube brisé au milieu et se terminant par un
- Vaporisateur. — 1. Vue de l’appareil. — 2. Mode d’emploi.
- dans le petit godet pour pouvoir le vaporiser immédiatement. Ce petit vaporisateur est très pratique soit pour rafraîchir les fleurs, soit pour répandre de l’odeur dans les appartements eu sur les vêtements. 11 a, en outre, l’avantage tout particulier de rendre d’énormes services pour assainir les chambres de malades en vaporisant des compositions antiseptiques. — Le vaporisateur se trouve à la même adresse que l’appareil précédent.
- Rond de serviette. — Le nouveau rond de serviette se compose d’une bande de matière plastique, de nuances variées, terminée par un fermoir à levier, de sorte qu’il permet d’enserrer immédiatement avec grande facilité toutes les.serviettes-quelles qu’en soient les dimensions. Ce rond de serviette est
- rond de serviette.
- particulièrement pratique pour les enfants qui ont toujours du mal à plier leurs serviettes en les serrant suffisamment pour qu’elles puissent entrer dans le rond. — Le rond de serviette se trouve à la même adresse que les objets décrits plus haut.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Enduit imperméable pour les souliers. — Nous n’avons pas besoin de dire qu’il est à base de caoutchouc. En effet on prend 28 gr de caoutchouc en morceaux que l’on enferme dans une bouteille, et sur lequel on verse 28 gr également du bisulfure de carbone : on bouche naturellement hermétiquement, pour empêcher l’évaporation, qui se ferait bien vite, et on laisse en contact durant plusieurs jours, jusqu’à ce que le caoutchouc soit particulièrement dissous ou gélatinisé. On ajoute alors 28 gr de pétrole, puis 4 gr environ d’essence de lavande, et enfin 500 gr d’alcool. Il ne reste plus alors qu’à mêler au tout 112 gr de gomme laque en écailles réduite en poudre fine, et à faire chauffer à une température de 50° C., en prenant autant de précautions que possible pour empêcher l’évaporation. Quand les diverses substances que nous avons énumérées sont suffisamment dissoutes, et que le liquide ainsi obtenu présente une clarté convenable, on additionne de 50 gr de noir de fumée, et on met dans des bouteilles de très faible contenance. Il ne doit pas être perdu de vue que ce mélange est essentiellement inflammable.
- Liquide tonique pour les lavages de la bouche. — Prendre 20 grammes d’acide borique, 10 d’essence de wintergreen, puis ajouter 110 centimètres cubes de glycérine, 150 d'alcool, et enfin assez d’eau distillée pour donner un volume total de .600 centimètres cubes.
- BIBLIOGRAPHIE
- Traité pratique de mécanique et d’électricité industrielles, par Georges Cayes et A. Saili.ard. lre partie : mécanique générale. 1 vol. in-8°. Berger-Levrault et Cie. Paris, 1901.
- Les auteurs en écrivant ce livre ont voulu faire un ouvra.ee exposant clairement les théories des machines et les mécanismes employés dans l’industrie, conservant un caractère rigoureusement scientitique, et cependant pouvant être compris de tous. Us ont eu soin d’en bannir les formules et les théories essentiellement mathématiques, les développements de pure abstraction, et se sont attachés à définir exactement les termes techniques. Ce nouveau traité sera certainement très utile à tous ceux qui voudront s’initier aux diverses branches de la mécanique,
- petit godet ; en soufflant, le liquide est aspiré et convenablement vaporisé en pluie. Il suffit alors de verser un liquide quelconque
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces. •
- Moteurs synchrones à courants alternatifs, par A, Bf.o.ndel.
- 1 vol. petit in-8° de l’Encyclopédie des aide-mémoire, Léauté-Gauthier-Villars, Massonet G1”, éditeurs. Prix : broché,
- 2,r,50; cartonné, 3 fr.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- La santé par le miel. Son usage dans l’économie domestique et la médecine usuelle, par A.-L. Clément et L. Iciies. 2' mille. Prix : 0fr,75. Paris. Chez les auteurs, 34, rue Lacépède. 1901.
- La télégraphie sans fil et les ondes électriques, par J. Boulanger, chef de bataillon du génie, et G. Ferrie, capitaine du génie, 2e édition. 1 vol. in-8° avec 30 gravures. Berger-Levrault et Cie, éditeurs. Paris. Prix : 2fr,50.
- Manuel pratique de l’agriculture, par Louis Beuret et Raymond Brunet. 1 vol. in-18 de l’Encyclopédie Roret. L. Mulo, éditeur. Paris, 1901.
- Curabilité de la tuberculose pulmonaire, par Lopo de Car-vai.iio. Conférence faite à Lisbonne dans la salle du théâtre de D. Maria, sur l’invitation de la ligue nationale contre la tuberculose. 1 brochure in-4°. Porto, Imprimerie portugaise, 1901.
- Nouveau Manuel complet de la fabrication des colles végé-
- tales, animales et composées, par F. Malepeyre. Nouvelle édition entièrement refondue, par H. Bertran, ingénieur des Arts et Manufactures. 1 vol. in-18 de l'Encyclopédie Roret. Paris, L. Mulo, éditeur. Prix : 3 francs.
- Les méthodes de développement, par Ach. Delamarre. 1 vol. in-18. Paris. IL Desforges, éditeur. Prix : lfr,50.
- Analyses nécessaires au chimiste métallurgiste, par J. Cadet, ingénieur des arts et manufactures, et G. Rodicq, chimiste métallurgiste. 1 vol. in-8°. Librairie Vro Ch. Dunod. Paris, 1901. Prix : 3 francs.
- L’éternité. La terre. Le ciel. La société, par Mme Jules Pierrel. 1 vol. in-16. Autun, Imprimerie Bligny-Cottot. 1900.
- L’année photographique 1900, par Albert Reyner. 1 vol. in-8°. Paris. Charles Mendel, éditeur. 1901. Prix : 3 fr.
- Essai de photographie binoculaire, par F. Boissonnas, à Genève. 1 brochure in-8°. Paris. Imprimerie Lemercier.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 15 juillet. . . • 16",9 N. W. 1. Couvert. 0,0 Couv. le matin ; beau le soir.
- Mardi 16 16°,8 N. 1. Beau. 0,0 Beau; un peu nuag. de 10 h. à midi.
- Mercredi 17 .20°,1 N. 0. Beau. 0,0 . Beau; quelques nuages de 12 b. à 15 h.
- Jeudi 18 20°,7 N. N. E. 1. Beau. 0,0 Beau ; peu nuag. de 12 h. à 18 h.
- Vendredi 19 ' 21 °,0 N. N. E. 0. Beau. 0,0 Beau; quelques nuages de 13 à 17 b.
- Samedi 20 21°,2 N. E. 1. Beau. 0,0 Beau.
- Dimanche 21 20°,2 E. N. E. 0. Peu nuageux. 0,0 Nuag. ; coups de tonn. à 3 h. 10 et orage de 7 à 9 h. du soir, avec un peu de pluie.
- JUILLET 1901 -- SEMAINE DU LUNDI 15 AU DIMANCHE 21 JUILLET
- Lundi I Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi . j Dimanche |
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 a 10: les flèches uii'encurs. m direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. an niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- M,a grêle. — De violents'orages'de grêle ont traversé, dans cetle dernière période, la région des Basses-Pyrénées, notamment les environs d’Oloron. Les dégâts ont été considérables. Un a également signalé des orages de grêle à Perpignan.
- La température. — Pendant toute la semaine, la température a été très élevée. Le 12 juillet, à l’Observatoire de Montsouris, on notait 31°, le 13, il y avait 30°. Enfin le 13 juillet dans l’après-midi, vers 5 heures, est survenu un fort orage. Ce fut (d’abord une avalanche de grêlons dont
- quelques-uns atteignaient la grosseur d’une' noisette, puis une pluie torrentielle qui a cessé vers 6 heures du soir. Cet orage a causé de grands dégâts dans la banlieue ouest de Paris. Le 15 juillet, le temps a été beau en France et la température élevée; le 16 juillet on notait une température moyenne de 20° ,9 et le 17 juillet une moyenne de 23°,2 avec des maxima respectifs de 28°,7 et de .,30°, 7. Les 18, 19 et 20 juillet, même température; 21 juillet, violent orage, abaissement jle la température. Eu Angleterre et aux Etats-Unis, température exceptionnelle : à Londres 33°, à New-York 35°.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 15 à 10 h. 20 m. du soir,
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —(f>— Le congrès international de la Tuberculose s’est ouvert cette année à Londres, à Saint-James Hall, sous la présidence du duc de Cambridge. Presque toutes les nations étaient représentées. Lord Lister a souhaité la bienvenue aux étrangers et, dans un beau discours, a rendu hommage aux travaux de Pasteur et de Koch. M. Brouardel, chef de la délégation française, a rappelé que dès 185(3 le français Laënnec et i'anglais Corswell avaient proclamé que la phtisie était curable : le français Villemin a montré qu’elle était contagieuse et a fait connaître ses modes de contagion. M. Brouardel a exprimé, en terminant, au duc de Cambridge et au roi la reconnaissance des hygiénistes de tous les pays d’avoir pris le Congrès sous leur patronage. Enfin, à la fin de la séance, on a donné lecture du télégramme suivant du roi Edouard au duc de Cambridge : « Je vous prie de souhaiter une bienvenue cordiale aux hommes éminents de presque toutes les nations assemblés sous votre présidence, et de leur exprimer l’espoir •que les travaux de ce Congrès international auront pour résultat •d’aider le monde à atténuer l’effroyable maladie qui pendant si longtemps a dérouté les efforts des médecins les plus distingués ».
- —®— La Compagnie Paris-Lyon-Méditerranée a eu une touchante sît juste idée. Elle a décidé quelastatue de Marc Seguin, l’inventeur de la chaudière tubulaire, qui rendit possible l’établissement des chemins •de fer, figurerait dans l’ornementation de la façade de la nouvelle gare. On sait que Marc Seguin, né à Annonay (Ardèche), en 1786 et mort en 1875, était le neveu des frères Montgolfier, les inventeurs sic l’aérostat. C’est lui qui construisit en France, en 1824, le premier pont suspendu (entre Tain et Tournon, sur le Bhône) et, en 1829, le premier chemin de fer (de Lyon à Saint-Etienne).
- —(§)— MUo Marie Pellechet, bibliothécaire honoraire à la Bibliothèque nationale, décédée au mois de novembre dernier, a fondé •un prix de 1000 fr. et un autre de 500 pour récompenser les deux meilleurs mémoires relatifs aux insectes qui détruisent les livres. Un second donateur, qui garde l’anonyme, a créé un prix de 1000 fr. à décerner à l’étude la plus sérieuse sur le même sujet, mais plus •spécialement sur les insectes qui s’attaquent aux reliures des volumes. Ces prix séront attribués l’année prochaine. Les mémoires devront être adressés, avant le 51 mai 1902, à M. Henry Martin, secrétaire général du Congrès des bibliothécaires, à la bibliothèque de l’Arsenal, 1, rue de Sully, à Paris.
- —®— Le 11 juillet a été inauguré’à Berlin le ballon de l’Institut météorologique de 8400 m5 monté par MM. Berson et Surving. On a commencé à faire des inhalations d’oxygène à 5000 m. La hauteur atteinte a été de 9200 m. On a fait une seconde ascension le 16 juillet, mais la hauteur à laquelle on est parvenu n’a été que de 7Ô00 m. •On a noté — 22° de température.
- —®— M. Krebs, qui fut le collaborateur de M. Renard pendant l’ascension de la France en août 1884, en franchissant 7 km en 20 minutes, étudie en ce moment un aéroplane composé de plans inclinés et d’hélices mus par un moteur à pétrole. Le moteur ne pèserait que 5 kg par puissance de cheval. On tient secrets jusqu’ici les divers dispositifs employés.
- —®— Des expérience^ intéressantes de télégraphie sans fil ont été faites récemment à Bruxelles avec le système du major espagnol Cervera. Les expériences ont parfaitement réussi entre Tarifa et Ceuta. Près d’Alicante, le major Cervera a déchargé des mines toujours sans fil. Il croit pouvoir provoquer l’explosion de la soute aux poudres des navires de guerre. S’il est réellement possible de produire ainsi à distance une étincelle, la télégraphie sans fil pourrait devenir un danger pour les magasins à poudre. M. le Ministre de la
- guerre a invité l'Académie des sciences à lui faire connaître son opinion à cet égard.
- ®— M. Franck vient d'imaginer un nouveau type de rail de tramway. Ce système est en réalité composé d'un raiU de roulement et d’un contre-rail qui forment ensemble l’ornière voulue, serrés qu’ils sont l’un contre l’autre au moyen de boulons et avec interposition d’une fourrure métallique séparative qui repose par en bas sur le patin des rails et par en haut sous leur tête portant un ressaut. Cette fourrure forme éclissage aux joints. Les deux files doubles d’une même voie sont reliées par des entretoises métalliques. Il reste entre les joues des rails et la fourrure un espace intérieur libre qu’on peut utiliser pour placer les connexions électriques, quand il s’agit d’une ligne électrique.
- • —®— Le Scientific American signalait récemment un réducteur de vitesse connu sous le nom de réducteur Grisou, et qui nous semble assez intéressant pour les cas où l’on a besoin d’un grand rapport de réduction et où l’on ne dispose que de peu de place. L’arbre à grande vitesse ne porte en réalité que deux dents, formées de deux cames montées à 180° l’une par rapport à l’autre, et non dans le même plan; en tournant, elles viennent en contact, on peut dire quelles engrènent, avec des galets montés en deux rangées parallèles, entre trois couronnes solidaires de l’arbre à vitesse réduite, chaque galet étant pris entre deux des couronnes. A la vérité, à faible vitesse, l’appareil fait un bruit assez intense, mais quand la vitesse croît, les galets sont encore en mouvement quand une des cames vient en prise avec eux, et le bruit disparaît.
- —®— Selon une revue spéciale américaine, le record de la distance pour les ’pigeons-voyageurs aurait été établi dernièrement par un volatile bien entraîné dans les circonstances suivantes : Deux pigeons ont été lâchés le même jour, à la même heure, il y a quelques semaines, de la ville de Grafton, dans la Virginie occidentale, après un entraînement prolongé, en présence de nombreux témoins appartenant aux divers « pigeon-clubs » de la région. Il s’agissait de couvrir l'énorme distance — 1524 milles, soit 2119 km, — qui sépare Grafton de Denver dans le Colorado. La difficulté se compliquait de ce fait que les deux villes en question sont, pour ainsi dire, aux deux extrémités du continent américain et qu’entre elles se trouvent trois grandes vallées : celle de l’Ohio, du Mississippi et du Missouri, où les vents souftlent sans cesse en sens contraire. L’un des pigeons s’est perdu, dès le début de la course ; l’autre épuisé de fatigue, mais sain et sauf tout de même, est arrivé à Denver en 722 heures, soit un peu plus de 50 jours, après son départ de Grafton. Record d’endurance sinon de vitesse qui intéressera tous les amateurs de colombophilie.
- —®— Un voyage d’études médicales aux stations du Dauphiné et de la Savoie aura lieu du 1er au 12 septembre sous la direction 'scientifique du Dr Landouzy, professeur de thérapeutique à la Faculté de médecine de Paris, qui fera sur place des conférences sur la médication hydro-minérale, ses indications et ses applications. Sont seuls admis à ce voyage les médecins français et étrangers, les étudiants en médecine et les femmes des médecins accompagnant leur mari. Pour les inscriptions et renseignements, s’adresser au Dr Carron de la Carrière, 2, rue Lincoln, à Paris (VIII0 arr.).
- --<§>— Une Exposition spéciale des moyens de défense contre le mal de mer, et un Congrès contre ce mal, vont avoir lieu cette année en août et septembre, à Ostende (Belgique), sous le patronage de l’administration communale et la haute protection de S. M. le roi des Belges. Les divers moyens, procédés, remèdes contre le mal de mer, présentés à l’Exposition ou discutés au Congrès spécial de la Ligue-, seront étudiés comparativement. Pour tous renseignements, s'adresser à la Ligue contre le mal de mer, qui envoie son journal franco à toute demande adressée 82, boulevard Port-Royal, Paris, Ve.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Motocyclette Chapelle : MM. Chapelle frères, à Saint-Ouen-1’Aumône (Seine-et-üise). — Pétrocvclette Macquart-Vexiau : M. E. Ar-nault, 23, boulevard Pereire, à Paris. — Àutocycle Salvator : M. Ilreodal, 50, rue Àmelot, à Paris. '— Motocyclette « Progrès » : Société anonyme le Progrès, à Vervins (Aisne). — Moteur Z. L. : M. Pécourt, rue Brunei, 29, à Paris. — Moteur et bicyclettes (Juérey : M. Quérev, 119, rue de Montreuil, à Paris.
- Communications. — M. de Sars, à Paris, nous écrit : « J’ai remarqué, dans la Boite aux Lettres du n° 1469, du 20 juillet 1901, deux articles concernant la destruction des ormes de Seine-et-Oise. L’auteur de cette destruction est un coléoptère : le Galeroca xanthomelœna Schrank, du groupe des chrysomélides. ))
- M. Lucien Jacquot, qui vient d’accomplir un voyage d’étude dans le Sahara algérien, nous communique la note suivante sur les dromadaires carnivores : « J’étais en route dans cette partie désolée du désert qui s’étend entre Tougourt et Ouargla quand, en traversant un chott desséché, je vis mon chameau ramasser quelque chose de blanchâtre, qu’il tourna et retourna dans sa bouche. C’était un os long, parfaitement nettoyé et ayant appartenu au squelette d’un dromadaire (en arabe : djemel) sans doute mort de faim ou d’épuisement. Quand la bête eut lacé convenablement ledit os entre ses deux mâchoires elle le irisa, conserva seulement un des morceaux et broya ce morceau entre ses dents ; puis elle en avala les débris sans effort apparent.
- « Très intrigué par ce que je venais de voir je surveillai attentivement les animaux de ma petite caravane et ne tardai pas à voir un autre chameau ramasser un second os (une omoplate cette fois); et, après l’avoir broyé et concassé, il l’avala comme avait fait le premier.
- « De plus en plus surpris j’appelai le guide et lui fit part de ce que je venais d’observer. « Tu as raison, me répondit-il. Le « djemel mange les os; mais c’est seulement quand il a faim. .( Alors il mange la viande aussi : je l’ai vu plusieurs fois « quand nous traversions des endroits privés d’herbe et où « nous trouvions des chameaux morts le long de la route. »
- Renseignements. — M. G. Coste, à Montpellier. — 1° Nous ne connaissons aucun traité de ce genre. — 2° Vous pourriez vous adresser à M. B. Henry, 117, boulevard de la Villette, à Paris. — 5° Il n’y a pas d’autre appareil que des détendeurs d’acide carbonique liquide : MM. Muller et Roger, 108, avenue Philippe-Auguste; MM. Venin, Seguin et Cie, 54, faubourg Saint-Martin; M. Dorian, 114, boulevard de Belleville, à Paris.
- M. Ap. Ch. Athemurseide, à Metelin. — 1° A propos de la décoloration des huiles et des graisses, nous n’avons pas d’autres renseignements que ceux que nous avons donnés. — 2° Nous n’avons pas l’adresse plus complète. — 5° Il faudrait consulter un chimiste. — 4° L’essence emplové par les automobiles est de 1 'essence légère.
- M. D. Janaiden, à Rome. — Il faut demander ces renseignements à de grands armuriers comme la maison Bariquand et Marre, 127, rue Oberkampf, et M. Guinard, 10, rued’Argdnteuil, à'TParis; nous ne connaissons pas les adresses que, vous désirez.
- M. Sanseverino, à Marche. — Vous trouverez une grammaire de « l’Espéranto » à la librairie Le Soudier, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. R. de B., à Nice. — 1° Cette marque n’existe plus depuis
- un mois environ, — 2° Nous ne pouvons entrer dans tous les détails des courses.
- M. Tessier, à Saint-Remy-de-Provence. — Cette question est trop générale. Dans chaque usine, on utilise le procédé le plus économique et le plus simple, suivant les diverses conditions locales.
- M. H. Tcelen, à Elberfeld. — Nous ne connaissons pas le fabricant de la cellulith.
- M. M. B., h Neuilly-sur-Seine. — Malgré toutes nos recherches, nous n’avons pu trouver l’interprétation que vous nous-demandiez.
- M. Guillemin, à Chalon. — Votre lettre a été envoyée à l’auteur.
- M. R. V., à M. — Il s’agit d’un récepteur simple qui écrit; l’appareil est bien connu.
- M. Deroye, à Tunis. — 4° On vous a envoyé le numéro manquant. — 2° Nous ne pouvons vous fournir les renseignements que vous nous demandez.
- M. P. Bailly, à Namur. — Il est possible d’obtenir sur uns papier une trace colorée au moyen de l’électricité. On dissout 250 grammes de salpêtre dans 1 litre d’eau. Le papier est plongé dans ce bain, puis séché, et on le trempe dans une solution de 5 à 6 grammes de phtaléine du phénol dans l’alcool. En appuyant sur le papier le pèle positif d’une pile, on peut écrire en rouge à l’aide d’une pointe reliée au pèle négatif.
- M. le Dr Polo, à Nantes. — Nous ne pouvons que vous indiquer : la Locomotion automobile, 4, rue Chauveau-Lagarde, à Paris.
- M. V. B., k Constantinople. — Pour tout ce qui concerne* cette chambre obscure portative, il faut vous adresser à M. La-pierre, 38, quai Jemmapes, à Paris.
- M. Boulte, à Paris. — Le moteur Huit a été décrit dans la Revue technique, du 25 janvier 1901, mais pas dans La Nature.
- M. Ch. Rivière, à Lille. — 1° Nous ne pouvons vous donner aucune adresse. — 2° Montures pour parapluies : M. Barbier,. 185, rue Saint-Denis; M. Charageat, 77, boulevard Voltaire, à Paris; MM. Lapointe et Cio, avenue d’Orléans, à Arcueil (Seine).
- M. le Dr James Moser, à Vienne. — Adressez-vous à MM. Radi-guet et Massiot, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, à Paris.
- M. P. Emanuel Dr Kacinni, à Padoue; M. A. Nicolas, à Nancy ; M. Bourke, à Alger ; M. Jules Henrot, à Paris. L’adresse où se trouve l’appareil pour sourds : M. Dussaud, 19, rue-Guillaume Tell, à Paris. Elle a déjà été donnée en tête de la Boîte aux Lettres.
- M. Joas Cruz, à Engenho d’Agua. — 11 n’existe pas de traité; mais vous trouverez des appareils chez M. Heller, 18, cité Tré-vise, à Paris.
- M. D. L., à R. — Comme engrais et pour l’épuration dit gaz, nous pouvons vous indiquer la couperose façon Beauvais-et la couperose mélassée, que vous trouverez chez M. Amédée-Digout, chimiste, 2, rue de Rieux, à Billancourt (Seine).
- M. Bucoté, à Fleurville. — Nous ne croyons pas que l’on trouve cette émulsion toute préparée ; il faut la préparer soi-même.
- M. G. L., à D.... — 1° La machine à écrire dont vous parlez est analogue aux télégraphes de bourse que nous avons fait connaître dès 1882. — 2° Pour tout ce qui concerne cette machine, il faut vous adresser à l’Agence Havas, place de ht Bourse, à Paris.
- Cercle français, à Diégo-Suarez. — Les concessionnaires en France des procédés de forage de la Compagnie américaine pour le puits de Vincennes, sont MM. Dumont et Gaudin, 205, rue Saint-Antoine, à Paris.
- M. A. B., à Verviers. — H faut vous adresser directement à l’Hèpital Pasteur de la rue d’i hn, à Paris.
- M. Ternyuk, à Villeguière-Aumont. — Adressez-vous à un fabricant de produits pharmaceutiques.
- M. P. Dupont, à Celles-sur-Plaine. — L’appareil se trouve chez M. Dussaud, 19, rue Guillaume-Tell, à Paris.
- M. le Dr H. Taillefer, à Châteauneuf. — Vous pourriez enduire de gutta l’intérieur du bassin en tôle destiné à la distribution de l’eau dans une petite localité.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. H. Leroy, à Douvres. Remerciements pour vos communications. — M. Lelong, à Lille. Cet objet ne se fabrique plus. — M. Durand, à Paris. Celle pile n'oifre aucun intérêt. — M. Halphen, à Boulogne-sur-Mer. Nous-ne vous conseillons pas de continuer ces essais; ils ne peuvent vous donner aucun résultat. — M. Joly, à Rpis-de-CoIombes ; M. Louvet. à Taverny; M. J. L., h Paris. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. Traçar, à Versailles; M. Dumont, à Paris. Nous avons bien reçu vos notes; mais nous n’avons pu les utiliser; tous nos regrets'.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-•ieijnemenis qui lui sont demandés, quand ils se, rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes .es questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Attache-savon. — Les petits godets aménagés sur les lavabos, dans lesquels on place le savon, sont toujours mouillés par les éclaboussures de l’eau pendant la toilette, de sorte que le savon, au lieu de sécher, se dissout. De plus, et cela arrive surtout dans les lavabos publics, dans les hôtels, etc., les morceaux de savon disparaissent et se perdent ; au momentutile, on ne trouve plus que des débris insuffisants 'pour A la toilette. Le nouveau suspendeur de
- savon, qui forme un appareil élégant, attache à l’aide d’une chaîne B le savon S à un manchon muni d’un anneau de sorte que lorsqu’on a fini de s’en servir on le suspend au crochet C de l’appareil et, ainsi suspendu, il sèche rapidement. L’appareil se fixe sur une plaquette A dans les lavabos, cabinets de toilette, etc., au-dessus de la cuvette et à une hauteur suffisante pour que la savonnette ne puisse pas être laissée dans l’eau.
- Pour charger l’appareil, on pousse le tube dans la cheminée de la savonnette et on introduit, du côté opposé, le fermoir à ressort fixé à la chaînette. On pousse le fermoir à fond et on tourne jusqu’à ce que les deux crochets rencontrent les trous correspondants du tube et s’y enclenchent, La savonnette est ainsi fixée à l’appareil sans pouvoir être détachée. Lorsque la savonnette est complètement usée, il suffit d’appuyer sur les deux crochets du fermoir et de donner en même temps à l’appareil un coup sec tournant en le maintenant par l’anneau. Par ce simple mouvement, le fermoir se dégage du tube et l'appareil est prêt à recevoir une nouvelle savonnette. — L’appareil se trtrnve chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- Appareil automatique de sauvetage sur l’eau. —
- M. L. Tissier a imaginé un très intéressant appareil automatique de sauvetage sur l’eau. Cet appareil a fonctionné en de nombreux concours, et il a donné partout les meilleurs résultats. Il se compose d’un sac en caoutchouc mince A (n° i ) relié par un bouchon en fer-blanc creux et un tube métallique E à
- Appareil automatique de sauvetage. — 1. Le sac en caoutchouc. 2. La sacoche en cuir. — 3. Ceinture munie de deux sacoches. 4. Ballon gonflé permettant la flottaison.
- une petite poire B en caoutchouc contenant de l’acétylène liquide. Le sac A et la poire B sont fermés par une pince dont les deux branches se trouvent serrées par un enroulement de papier à cigarette C. Ce dernier est lui-même protégé par un étui D qui empêche l’écartement. Cet ensemble est placé dans une sacoche en cuir souple (n° 2), et retenu par une ficelle plombée. Deux sacoches semblables peuvent être placées sur une ceinture (n° 5). Pour faire une promenade sur l’eau, on met la ceinture, on a soin d’enlever l’étui D dans chacune des
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangèie aux annonces.
- sacoches. Si l’on tombe à l’eau, celle-ci pénètre de suite dans les sacoches qui portent deux trous à cet effet. Le papier à cigarettes mouillé se fend, l’acétvlène se gazéifie instantanément et chacun des ballons se gonfle de 4 à 5 litres (n° 4). Ces ballons permettent alors la flottaison. — Cet ingénieux appareil est construit par M. L. Tissier, 56, rue Saint-Sabin, à Paris.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Solutions à noircir l'acier. — Notre excellent confrère d’Arlatan, dans la très bonne publication le Praticien industriel, donne une série de recettes intéressantes sur les traitements à faire subir à l’acier, et nous citerons notamment quelques-unes de celles qui se rapportent au noircissement de ce métal. — Une première recette consiste à faire une pâte composée par portions égales de beurre d’antimoine et d’huile de lin, puis à passer une certaine quantité de cette pâte, au moyen d’un chiffon ou d’une brosse, sur l’objet à noircir qui a été préalablement chauffé. Il ne me reste plus ensuite qu’à passer une couche de cire, à brosser et enfin à vernir à la gomme laque. — Dans un deuxième procédé moins simple, on passe sur l’objet à traiter un enduit composé de 80 parties de sulfate de cuivre, de 40 d’alcool, de 50 de chlorure de fer, de 20 d’acide nitrique, et enfin de 20 d’éther sulfurique, le tout étendu de 400 à 500 parties d’eau. — En troisième lieu, on peut employer une solution composée de 15 parties d’acide nitrique, de 8 de sulfate de cuivre, de 50 d’alcool et de 125 d’eau : on l’étend sur le métal une fois que celui-ci est bien nettové et dégraissé, puis on laisse sécher et l’on frotte avec un chiffon de laine. La teinte ainsi obtenue est d’un beau noir bleu. •
- Pommade à la lanoline et à la vaseline. — Nous aurions dû mettre le mot de pommade au pluriel, car il s’agit d’une série de recettes diverses qui permettent de se fabriquer des pommades à arôme ou à action variable, mais ayant toutes la qualité de contenir ces deux constituants précieux, qui ont une influence si bienfaisante sur les muqueuses. Nous donnons, du reste, les proportions pour opérer sur de grandes quantités, et telles qu’elles ont été récemment publiées par un journal de droguerie allemand; mais il est aisé de réduire proportionnellement les doses si l’on veut faire de petites quantités de ces pommades. — Pour obtenir de la pommade au magnolia, on mélange lkg,5 de lanoline et autant de vaseline blanche, puis 500 gr de pommade rosat, 250 gr de pommade de fleurs d’oranger, 125 de tubéreuses, autant de violettes, 10 gouttes d’huile d’amandes amères, et enfin 5 gouttes d’essence de peau de citron. — Pour avoir une pommade analogue parfumée' à la rose mousseuse, on prend les mêmes quantités de lanoline et de vaseline, mais 610 gr de pommade rosat, 310 de fleurs d’oranger, 40 de teinture d’ambre gris, 30 de teinture de musc et enfin 10 d’essence de rose d’Allemagne. — Tout aussi bien on peut se fabriquer une pommade au lilas blanc, en additionnant aux mêmes proportions de lanoline et de vaseline, 700 gr de pommade de jasmin, 174 de tubéreuses, 100 de pommade rosat, 20 de muguet, 5 d’essence d’ylang-ylang et finalement, 1 gr d’héliotropine cristallisée.
- Savon pour la bouche. — Ce savon, comme le nomme b» Journal de la parfumerie et de la savonnerie françaises, est en réalité une sorte de pâte dentifrice, à base de savon, qui peut agir assez efficacement comme désinfectant. On fait dissoudre dans de l’eau 225 gr. de savon blanc- lin, puis on y ajoute 112gr d’eau-' de rose; on mélange ensuite 112 gr de sucre blanc, 225 de racine d’iris, et la même quantité de chaux pulvérisée, et on broie soigneusement en additionnant de 60 gouttes d’essence de girofle et de 7 gr d’essence de mentbe poivrée. 11 ne reste plus ensuite qu’à mélanger les deux séries d’ingrédients.
- Enduit pour l’entretien des souliers. — Un journal allemand de cordonnerie recommande dans ce but la substance-grasse suivante : on fait fondre sur le feu, dans un récipient en fer émaillé, 400 grammes de vaseline, 100 de cérisine, et on coule cette graisse, qui n’en est pas une au sens exact du mot, dans des boîtes en bois ou en fer-blanc.
- Pour incombusiibiliser les étoffes légères. — Ce procédé, que le journal Pharmaceutische Post recommande comme réussissant sur les objets les plus essentiellement inflammables, consiste à saturer ces objets avec une solution composée comme suit : 8 parties de phosphate d’ammonium pur, 2,5 parties de carbonate d’ammonium, 5 d’aeide borique, 2 de borax, et enfin 0,4 de dextrine, le tout dans 100 parties d’eau.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Pour arrêter la montée des chenilles. — On peut empêcher les chenilles d’hiver de monter aux arbres en entourant le tronc de ceux-ci, à 1 mètre du sol environ, d’une bande de papier enduit d’une des mixtures suivantes. lre mixture : térébenthine de Venise 200parties,.résine 1000, térébenthine ordinaire 140, goudron 80, lard 500, huile de colza 240, suif 200; 2" mixture : 5 parties de résine, 4 d’huile de colza, 2 de lard,
- 1 de savon mon, 10 de goudron de bois; 5e mixture : 50 par-lies de résine et autant d’huile de colza, 20 de térébenthine de Venise, 5 de térébenthine ordinaire, et 5 de goudron de bois. Bien entendu, toutes ces mixtures se préparent à chaud et on les étend sur le papier avant qu’elles aient pu refroidir. Ajoutons que l’opération doit se faire vers la fin d’octobre ou le commencement de novembre.
- Remède pour la transpiration faciale. — Pendant les grandes chaleurs, et même par tout temps, quand on se livre à un exercice violent, certaines personnes sont exposées à la transpiration. La sueur coule en abondance sur le visage et il faut s’éponger sans cesse. Pour éviter cette sudation gênante, nous donnerons une recette qui est indiquée par la publication allemande Thérapie der Gegenwart. On fait un mélange de 50 grammes d’eau de lavande, et de la même quantité d’eau de limon, d’eau de menthe poivrée, de teinture de myrrhe et de teinture de guillaya, enlin on ajoute 20 grammes de carbonate de soude ; trois fois par jour, on mouille un coin de serviette dans de l’eau pure, puis on le tord, pour en faire sortir l’excès d’eau, et alors on y fait tomber quelques gouttes de cétte mixture dont on se frotte la figure.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN* MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 22 juillet . . . 17°,8 S. W. 1. Couvert. 0,7 Très nuag. ; éclairs dans l’est jusqu’après 1 h.
- Mardi 23...... . 16°,2 S. W. 1. Eclaircies. 0,0 Très nuag.; quelques averses.
- Mercredi 21 16°,4 S. S. E. 1. Nuageux. 1,0 Très nuag. ; pluie de 9 à 12 h.
- Jeudi 25 14°,3 S. 2.1 Eclaircies. 0,8 Très nuag.; tonnerre de 22 h. 2 à 11 m; pluie à diverses reprises.
- Vendredi 20 15°,8 Sï S. W. 2. Couvert. 7,4 Presque couvert ; petites averses.
- Samedi 27 14°,1 S. S. W. 2. Couvert. 0,3 Très nuag. ; halo.
- Dimanche 28 16°,1 S. 2. Beau. 0,0 Nuag. ; orage de 18 h. 50 à 20 h. 30; pluie de 19 h. 25 à 20 h. 30.
- JUILLET 1901 — SEMAINE DU LUNDI 22 AU DIMANCHE 28 JUILLET
- Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 d iû: les flèches inférieures, la a t rectum <,a ie.,n. Les courbes au milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la merj; courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche: couribe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- Pluies et orages. — Du 22 au 28 juillet, des pluies et des orages ont eu lieu dans de nombreuses régions, surtout dans le nord et l’ouest de l'Europe ; en France, le 22 juillet, on a recueilli 25"“ d’eau à Besançon, 2 à Toulouse. L’n orage a eu lieu à Nice et des éclairs ont été vus au mont Aigoual.
- La température s’est abaissée ; elle était le matin de 12“ à Stornoway, 16° à Paris, 30° à Alger. On notait 5° au puy de Dôme, au mont Ventoux et au pic du Midi. A Paris, le temps a été très nuageux; le matin, vers 11 heures, la pluie est tombée. La température moyenne (19u,5) a été supérieure de 0°,4 à la normale (18°,9). A midi, la température maxima était 23°,1. Le minimum du matin était de 11°,1.
- Le 23 juillet, des pluies orageuses ont été signalées sur le centre et l’ouest de l’Europe; en France, on a recueilli 9 mm d’eau au Mans, 5 à Brest, 3 à Besançon, 1 à Paris.
- t La température s'est relevée légèrement sur les régions du nord et de l’ouest; elle s’est abaissée presque partout ailleurs. Le thermomètre marquait 12° à Stornoway, 16° à Paris, 22° a Haparanda, 26° à Alger et à Brindisi, 270 à Stockholm.*) D
- Le 23 juillet, de nombreux orages accompagnés d’éclairs ont encore eu lieu dans le sud de la France. Ce même jour, l’eau est tombée en abondance à Paris. A Londres, il y a eu un orage d’une grande violence ; l’eau n’a cessé de tomber à torrent pendant trois heures; tout était inondé. Le veut avait enlevé les toitures et l’eau coulait dausjes immeubles.
- I,a foudre. — La foudre a causé plusieurs accidents. Pendant le violent orage qui s’est abattu, le 21 juillet, sur le territoire de la commune de Ponl-de-Montvert, près de Mende, la foudre est tombée sur un champ de blé que moissonnaient trois hommes : Rouraéjon et les frères Pantel. Uouméjon a été tué sur le coup; les deux autres ont été fortement contusionnés.
- A la même date, en Russie, dans le district de Chatsk, gouvernement de Tambov, un violent orage, accompagné de grêle, a détruit les récoltes dans un rayon de 20 verstes. Les grêlons pesaient jusqu’à 3 livres. Trois personnes et un grand nombre de bestiaux ont péri frappés par la foudre. Ou nous écrit que deux bergers et un troupeau de moutons tout entier ont 'été emportés par les eaux.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 23 à 2 h, 7 m. du soir.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —g— M. John Rockefeller, dont les libéralités scientifiques sont 'bien connues, vient de donner un million de francs pour les dépenses «courantes d’un Institut médical américain analogue à l’Institut Pasteur à Paris, et à l'Institut Jenner à Londres. Le nouvel établissement sera érigé à New-York.
- —g— A la mémoire de l’illustre géomètre, Charles Hermite, mort cette année, on va orner de son médaillon le fronton d’une •des grandes portes de la cour d’honneur de la Sorbonne. M. Nénot, architecte de la Sorbonne, a déjà fait graver au-dessous du cadre qui attend le portrait d'Hermite : « Charles Hermite, 1822-1901 ».
- —g— La cigale à Paris! M. Giard, l’éminent naturaliste de l’Académie des sciences, a entendu chanter la cigale en plein Paris. Le 3 août, vers 4h 30, il passait rue Barbet de Jouv ; il ne fut pas peu surpris en entendant chanter la cigale au haut des grands marronniers du jardin de l’hôtel de Chanaleilles. Les habitants du voisinage qu’il a interrogés lui ont dit qu’ils jouissaient depuis deux jours, aux heures chaudes de la journée, de ce concert dont au reste iis ignoraient l'origine. Le fait n’est pas ordinaire et plus d’un méridional exilé, aux bords de la Seine, fera sans doute volontiers le pèlerinage de la rue Barbet de Jouy pour saluer cette aventureuse compatriote.
- —g— Nouveau record. >1. Gaston Stiegler, envoyé par le journal le Matin, a fait le tour du monde, c’est-à-dire parcouru 54 448 km en (35 jours et 1(3 heures. Parti de Paris le 29 mai à lh50m de l’après-midi, il y est revenu le 1er août à 5h50 après avoir etfectué le trajet suivant : Berlin, Saint-Pétersbourg, Moscou, Irkoutsk, Strieiensk, Khaharowsk, Vladivostok, Yokohama, Victoria Seattle, Chicago, New-York, Queenstown, Londres, Paris. Il a fait 8678 km en wagons-lits et dans le transsibérien, 7493 km en trains ordinaires et 17 827 km en bateaux. A feon retour à Amiens, pendant un arrêt, Jules Verne a tenu à féliciter M. Stiegler. M. Turot, envoyé par un autre journal, a commencé son parcours par l’ouest, ce qui lui est défavorable. M. Stiegler a eu des concurrents en Europe et en Amérique, notamment M. Prince, journaliste canadien; mais celui-ci a accompli son voyage en 64 jours et 15 minutes. M. G. Stiegler a rencontré à Irkoutsk M. Fitzmorris. l’envoyé du Chicago American, chargé d’établir, lui aussi, le record du tour du monde. Son temps a été de 60 jours lh52m. Mais Fitzmorris a suivi un itinéraire plus au au nord et notamment plus court que celui de Stiegler.
- —g— Deux aéronautes du bureau météorologique, MM. Derson et Suchring, sont partis en ballon de Berlin à 10h 50 du matin et ont atterri à 6h 50 près de Cottbus. Ils ont atteint une altitude qu’on ne peut évaluer exactement, puisque les deux aéronautes se sont évanouis, mais qui est supérieure à 10 000 mètres. La température au moment où les deux aéronautes sont tombés sans connaissance était de 40° au-dessous de zéro.
- —g— Le contre-torpilleur Mistral a eifectué à Cherbourg, en présence de la commission de recettes, son essai officiel à grande vitesse. Les essais de bon fonctionnement à 22 nœuds ont bien réussi et la vitesse njaxima a été de 22 nœuds 10, supérieure de 2 nœuds 10 à celle exigée par le marché. Le nombre de tours d’hélice correspondant à la grande vitesse a été de 550.
- —g— Un journal allemand annonce que l’on construit, à Spandau, un nouveau canon de 10 centimètres pour tirer sur les ballons. Les armuriers de tous les régiments d’artillerie à pied sont détachés à Spandau pour étudier la construction de ce canon.
- — Le préfet de la Seine vient, par arrêté, de consacrer les résultats du concours, ouvert en 1899 entre les architectes parisiens,
- et d’attribuer les récompenses promises à ceux dont les maisons construites dans l’année ont été jugées les plus belles. Les six maisons primées sont les suivantes : rue de Lota, 8 (architecte, M. Bouvens) ; boulevard Baspail, 270 (architecte, M. Bruneau) ; avenue de Bre-teuil, 17 (architecte, M. Marcel) ; rue Le Peletier, 1 (architecte, M. Morin-Goustiaux) ; rue du Château-d'Eau, 45 (architecte, M. Rives) ; rue Edmond-Valentin, 11 (architecte, M. Sinellj. Dans un rapport M. Nénot a présenté, au nom de la commission que présidait M. Bouvard, les raisons qui ont déterminé les jurés dans leurs choix. Rue Lota, la façade de l’hôtel primé est d’une simplicité artistique charmante. Son caractère, un peu inspiré de l’architecture florentine', a été modernisé et rendu bien français par l’emploi judicieux de céramiques et de briques de couleur. Boulevard Raspail, la façade est de brique et de pierre ; sobre d’ornements et bien étudiée, elle est parfaitement en harmonie avec le quartier, et ses sept étages se superposent avec goût et sans monotonie.
- —g— Par les soins de M. Lépine, préfet de police, on a apposé ce matin sur tous les murs de Paris de petites affiches ainsi conçues :
- PRÉFECTURE DE POLICE
- AVIS
- « Il est expressément recommandé de ne pas cracher sur la voie publique, pour prévenir tout danger de propagation de la tuberculose et d’autres maladies contagieuses. »
- Cette mesure est prise en exécution d’une délibération du Conseil municipal du 5 juillet dernier.
- —g— Un premier Congrès égyptien de médecine se tiendra au Caire du 10 au 14 décembre 1902, sous le haut patronage de S. A. le Khédive. Les travaux du Congrès porteront surtout sur les affections particulières- à l’Egypte telles que la Bilharzia, l’ankylo-stome, la fièvre bilieuse, les abcès du foie, etc. Les questions relatives aux épidémies qui depuis quelques années visitent régulièrement l'Egypte, les mesures prophylactiques, les quarantaines seront également à l’ordre du jour.
- —g— Le capitaine Draulette, dn corps des Sapeurs-pompiers de la ville de Paris, a imaginé un système de robinet assez original et bien compris, où les organes de commande sont soustraits à l’action du liquide qui doit s'écouler par l’orifice. La pièce essentielle et obturante en est un- bouchon conique par son extrémité inférieure et fait d’une matière élastique : il peut être comprimé suivant son axe de haut en bas, de manière que sa partie conique repose sur un siège, en arrêtant le passage du liquide vers la tubulure extérieure du robinet; ou bien, au contraire, il se comprimera sur lui-même, la tige qui le traverse rappelant son extrémité inférieure, tandis que sa base supérieure repose sur une plaque métallique. Ces deux mouvements, différents de la tige qui traverse le bouchon plastique, sont commandés par un excentrique dépendant d’une manette. Il ne peut y avoir d'écrasement comme cela se produit avec les robinets à vis. L’étanchéité est parfaite quand le robinet est fermé, puisque la pression même de l’eau applique la matière élastique du bouetion contre les surfaces métalliques avec lesquelles il est en contact.
- —g— D’une étude de M. Lalande, dans la Revue maritime, sur. les altérations et piqûres des tubes de condenseurs des machines marines, il résulte qu’on doit autant que possible éviter l’accès de l’air dans ces tubes (car cet air entraîne des oxydations dangereuses), et cela en maintenant les tubes pleins d’eau salée ou d’eau douce. Et même quand les tubes ont été soigneusement étamès, il convient de mettre du zinc dans les coquilles des condenseurs, zinc qui demeure en contact galvanique avec les tubes, évite l’usure trop rapide de l'étamage, et contribue à protéger le laiton des tubes sur tous les points où il peut être dénudé.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Collecteur de poussières : M. Establie, 11 et 15, quai de Vahny, Paris.
- Communications. — La Société du filtre en porcelaine d’amiante de M. Garros, à propos de notre article sur les procédés d’épuration domestique des eaux de boisson (n° 1462, du 1er juin 1901, p. 0), nous écrit: « Nous avons lu votre article sur les (( Procédés d’épuration domestique des eaux de boisson » et nous y avons trouvé les appréciations suivantes : « Nous ne ferons que citer à titre de mémoire les anciens appareils de simple filtration représentés principalement par les bougies de porcelaine de M. Chamberland, la porcelaine d’amiante de M. Garros.... Ces filtres semblent avoir fait leur temps. » Nous ferons simplement remarquer que le filtre porcelaine d’amiante de M. Garros, qui seul a été caractérisé supérieur à tous autres quels qu’ils soient par le Prix Montyon décerné à M. Garros en 1893, a été depuis l’objet de maintes appréciations émanant des plus hautes personnalités scientifiques. Il suffira de citer M. Schutzenberger, membre de l’Institut; M. A. Gautier, professeur à la Faculté de médecine, membre de l’Institut; M. Lauth, ex-directeur de la Manufacture nationale de Sèvres qui ont, dans un rapport d’expertise, déclaré nettement le filtre porcelaine d’amiante de M. Garros supérieur à tous autres. Pareil jugement a été rendu par le Tribunal civil de la Seine et la Cour d’appel de Paris ces dernières années, et enfin par les clients médecins, pharmaciens, ingénieurs qui utilisent ce filtre. 11 était [alors bien inutile, après tant de jugements, de nous mettre encore en comparaison à l’Exposition de 1900; nous avons donc décidé de ne montrer quoique ce soit au Jury; rien d’étonnant dans ces conditions que, relativement à d’autres, certains filtres aient eu notamment des Grands Prix dont nous n’avions que faire après tant d’appréciations dont on nous avait honorés. Les filtres porcelaine d’amiante de M. Garros sont, on le voit, loin d’avoir fait leur temps.
- M. A. Drouault, à Épernay, nous a envoyé la description d’un nouvel appareil de natation. Il consiste en une sorte de gant que l’on peut adapter aux mains et aux pieds des nageurs afin d’augmenter la surface d’action sur l’eau. Ce système permettrait une vitesse de propulsion plus grande.
- M. J. Chatanay, à Moulins-sur-Allier, à propos de la com-' munication de M. Bosredov parue dans le n° 1469 du 20 juillet 1901, nous écrit : « Je viens de lire la communication de M. Bosredov sur les chenilles de Forme, et je crois être à même de la compléter. L’abondance extraordinaire de ces larves semble cette année un fait général. Personnellement, j’ai pu le constater à Autun, à Mâcon, à Moulins et à Issoire. Partout les ormes attaqués présentent les mêmes caractères; feuilles rongées jusqu’aux nervures, cadavres de chenilles amoncelés par milliers au pied de chaque arbre. Il convient de rapporter ces dégâts non pas à un Lépidoptère, mais à un Coléoptère du groupe des Phvlophages, la Galeruca xanthomelæna. Il n’y aurait pas lieu de s’étonner de cette abondance de larves, si l’on avait constaté, comme il m’a été permis de le faire moi-mème, l’abondance des adultes, l’hiver dernier, sous les écorces. Outre cette espèce, un Lépidoptère du groupe des Bomby-cites, le Liparis chrysorrhœa, est aussi, cette année et sur les mêmes arbres, très abondant à l’état de chenilles : mais chaque femelle pouvant pondre plusieurs milliers d’œufs, l’ahondance des chenilles n’est nullement en contradiction avec la rareté relative des adultes. En compagnie des deux espèces précé-
- dentes se trouve à Moulins, presque aussi commun, un Hémi-ptère (Arocatus), qui a peut-être sa part dans les dégâts signalés. 11 serait intéressant d’éclaircir ce point. J’ajouterai qu’un certain nombre de carnassiers ont commencé la lutte contre ces chenilles : des Carabiques, des Staphylinides, et surtout des-lchneumoniens et des Eulomobies, que l’on trouve en grand nombre et d’espèces très variées sur le tronc des Ormes ».
- M. H. Benoit, à Paris, nous envoie la lettre suivante « Dans la Boîte aux Lettres du n° 1466, vous indiquez à « M. Py, à Perpignan », trois fabricants de microscopes. Je m’étonne que vous n’ayez pas fait mention des maisons \erick (Stiassnié successeur), 204, boulevard Raspail, et Nachet, 17, rue Saint-Séve-rin, qui sont deux maisons principales de Paris et les plus renommées de France, à juste titre, pour la fabrication desmicroscopes. Votre correspondant vous demande de lui indiquer des ouvrages concernant la microscopie ; voulez-vous lui signaler le Micrographe préparateur, journal de micrographie fondé en 1895 et dont le directeur est M. J. Tempère, 61, rue Saint-Antoine, à Paris. Gette revue, qui est aujourd’hui dans sa 9° année d’existence, est précieuse pour les micrographes et je la recommande fortement à tous ceux que les études microscopiques intéressent. J’en parle en connaissance de cause, y étant abonné depuis sa fondation. Ne voyez pas dans ce que je vous écris une réclame pour les constructeurs de microscopes et pour le journal cités plus haut : je me livre aux études micrographiques depuis plus de 10 ans et je suis toujours heureux de pouvoir donner un renseignement utile à ceux qui s’occupent aussi de cette science ; c’est là la seule raison qui m’a fait vous envoyer ces lignes. »
- M. F. Mulard, à Saint-Pol (Pas-de-Calais), nous fait connaître un intéressant phénomène qu’il vient d’observer : « 11 était 7h 55 du soir, heure moyenne de Paris, nous dit-il, le ciel était couvert de nuages surtout au sud et à l’est et ils étaient colorés de rouge. Nous avons pu alors observer vers le sud-sud-est un arc-en-ciel qui s’élevait presque verticalement et tenait environ 50°. Il était formé uniquement de nuances rouges-à l’exclusion des autres couleurs. Je suppose que cela est dû à ce que les rayons du soleil n’arrivaient plus que par réfraction et seulement les rayons rouges. Le phénomène a duré 5 à 6 minutes. Il a cessé en même temps que les nuages perdaient leur coloration. »
- Renseignements. — M. V. Callebanl, à Termonde. — Il n’existe pas d’enduit spécial; mais vous pourriez essayer déformer une pâte composée de 2 à 3 parties de résine fondue à feu doux dans 1 partie d’huile de lin bien cuite et contenant l/10e de litharge. Vous appliqueriez ensuite cette pâte sur le ciment.
- M. Morin, à X. — 1° Cette question est en discussion en ce moment au Congrès international de la tuberculose, à Londres. — 2° Tout bût qui ne renferme pas le bacille ne peut transmettre la tuberculose.
- M. J., à Y. — L’information relative aux signaux d’alarme alpestres est d’origine allemande ; nous ne pourrions préciser. Mais il est probable que votre interprétation est la bonne.
- M. C. D., à Soissons. — La déclinaison magnétique occidentale pour Soissons a pour aleur 14.38 d’après l’Annuaiie du Bureau des longitudes.
- M. A. Bontempi, à Ponilippo. — Fraises : M. Bouhey, 43, avenue Daumesnil; M. Pradel, 105, boulevard Brune; M. Prétot, 42, avenue Philippe-Auguste; et Denis Poulot, 50, même avenue, à Paris.
- M. H. Dubois, à Lille. — Il faudrait vous adresser à M. le Dr Cartaz, 59, boulevard Haussmann, à Paris.
- M. P. Cotte, à Saïda. —Appareils distributeurs : M. P. Lconi, 3, boulevard Magenta, à Paris.
- M. Gosselin, à Bougival. — Nous ne croyons pas que ces-appareils se trouvent dans le commerce.
- M. Cli. F., à Sèvres. — Il faut augmenter la souplesse du cuir; à cet etfet on peut le mouiller légèrement avec un peu d’eau, et, avant qu’il ne soit sec, passer par-dessus une légère couche d’huile de baleine.
- M. le colonel de Teixera Mcichado, à Lisbonne. — Nous ne connaissons pas le moufle de M. Antony Prévôt pour la cuisson automatique des vitraux et de la peinture sur porcelaine ; mais vous pourriez vous renseigner chez M. Chabaud, 56, rue Mon-sieur-le-Prince ou chez M. Lequeux, 64, rue Gay-Lussac, à Paris.
- M. Bouret, à Vincennes. — Nous n’avons pas encore parlé de cette question; mais nous publierons plus tard un article.
- Voir la suite de la Boite aux lettres page3” des Nouvelles scientifiques.
- Bans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes tes questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison,
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- BOITE AUX LETTRES {Suite}
- M. .4. Boisset, à Paris. — Les locomotives du Nord n° 2251 sont en construction dans les ateliers de La Chapelle. Elles serviront à la grande banlieue; elles dérivent du type ordinaire.
- M. Girard, à Saint-Remv. — Vous trouverez peut-être un ouvrage de ce genre à la librairie Ilunod, 49, quai desGrands-Àugustins, à Paris.
- M. Louis Quin, à Pile Madère. — Les émulsions que nous avons fait connaître dans le n° 1464 du 15 juin ne se trouvent pas dans le commerce; il faut les préparer soi-même.
- M. Florentino José Rodrigues, à Santarem. — 11 vous a été répondu dans la Boîte-aux-Lettres du n° 1409 du 20 juillet 1901.
- M. le Dr H. Van Heur ch, à Anvers. — Nous pouvons vous indiquer l’adresse suivante : M. Wuilleumier, 14, rue Ober-kampf, à Paris.
- M. Pilippo Re, à Messine. — Votre lettre a été envoyée.
- M. 1 avernier, à Savenay. — 1° Tous ces chiffres se trouvent dans les formulaires, annuaires de mécanique, de vélocipédie. — 2° Nous ne pouvons vous donner ici la solution de ce problème. — 5° Le Formulaire de l’électricien est modifié tous les ans, de façon à être au courant des derniers progrès de la science.
- M. B. Jauiin, à Gensac-la-Pallue. — 1° La gazoline est une essence légère et très inflammable que l’on obtient par la distillation des pétroles bruts. — 2° Nous n’avons pas décrit ces appareils.
- M. J. Empl, à Mulhouse. — 11 u’est guère possible de donner tous ces chiffres avec une grande exactitude.
- M. À. L., à Charleville. — Vous trouverez de bons traités de pisciculture à la librairie agricole de la Maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- M. P. S., à Nanev. — Vous pouvez vous adresser à l’hôpital Pasteur de la rue d’ilm, à Paris.
- M. L. Corpechot, à Mouv. — Nous avons vu plusieurs photographies analogues; il s’agit d’un halo.
- if. le Dr Joao Salema, à Castello-de-Paiva. — Le moyen le plus simple pour attirer les mouches et les tuer est de mettre sur les tables des assiettes remplies de jus sucrés.
- M. Victor Lorrin, à Dax. — On peut se débarrasser des courtillières en faisant de distance en distance des petits tas de fumier et en visitant ces tas pour écraser les courtillières qui s’y précipitent rapidement.
- M. L. Spadi, à Spezia. — Adressez-vous à M. Dussaud, 49, rue Guillaume Tell, à Paris.
- M. A. Rivaud, à Mulhousç. — Il faudrait vous adresser à M. Huet, 414, rue du Temple, à I'aris.
- M. Paul Loubière, à Oloron-Sainte-Marie. — L’installation que vous projetez nous paraît possible; il faudrait demander un devis des travaux à exécuter à la Société « L’éclairage électrique », 27, rue de Rome, à I’aris.
- M. Hervochon, à Nantes. — La formule que nous avons donnée est très bonne; il faut de la chaux vive, bien faire les mélanges tels que nous les avons indiqués, et bien agiter.
- M. J. de Priestley, à Lyon. — Vos projets ne sont pas pratiques.
- M. Joaguim do Valle Cabrai, à Bahia. — Adressez-vous à la librairie Gauthier-Villars, 55 bis, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — Un lecteur, à Paris. Nous avons lu avec intérêt le compte rendu de vos observations. — M. Jean Caratsch, à X. Ce tour est bien connu, remerciements. — M. H. d’IIagerne, à Rennes. Nous n’avons pas l’adresse que vous demandez. — M. Dumont, à Blois. Nous vous conseillons de faire d’abord un essai de laboratoire ; tous continuerez ensuite suivant les résultats obtenus. — M. L. D., à X.; M. D. M., à Paris; M. G. N’., à Paris. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. Raymond Lanier, à Lisieux; M. P. Carré, à Paris. Remerciements pour vos communications.
- PETITES MENTIONS1
- TVonvcaii tourne-pages de musique. — Cet appareil est un nouveau carton destiné à tourner automatiquement les feuilles d’un cahier de musique, par une simple pression du pied de la pianiste sur une petite poire G en caoutchouc posée sur le parquet. L’air comprimé dans la poire se rend, par un tube de caoutchouc, à un déclenchement très simple, et, à chaque pression du pied, une page se tourne avec la plus grande régularité. Le carton tourne-pages étant posé sur le
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- pupitre (pupitre de piano, pupitre à violon, etc.), on engage le dos de la partition dans des agrafes et l’on pince les feuilles sur
- Nouveau (ounie-pages.
- 1. L’appareil sur un pupitre. — 2. Emploi avec le piano.
- les tiges correspondant à chacune d’elles. Puis on engage successivement chaque tige dans la fente de la boite. — S’adresser à MM. G. Renaut et Cie, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- Nouvelles échelles pliantes.— Partout, dans les ménagés, aussi bien que dans les maisons de commerce, on recherche une échelle légère, pratique et solide ; nous croyons utile d’en signaler un muveau modèle. Ce s échelles construites en véri-
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- Fig. 1. — Échelle pliante à escalier d’un seul coté.
- table bambou (fig. 1 et 2) se plient par un seul mouvement, de façon à ne pas encombrer lorsqu’on ne s’en sert pas.
- Quand elles sont ouvertes, elles forment de véritables escaliers avec des marches confortables permettant déposer le pied. Ces échelles, qui se construisent de différentes tailles et avec un nombre différent d’échelons, sont très solides et très légères a la fois. — S’adresser à M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à I’aris.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Contre la migraine.
- Le traitement que préconise le Dr Whitehead, chirurgien de l’infirmerie royale de Manchester, ne conviendra guère aux migraines ordinaires, peu graves et surtout peu fréquentes comme récidives. Le chirurgien anglais a soin d’indiquer qu’il l’applique aux cas de migraines graves et rebelles; depuis vingt-cinq ans qu’il y a recours il n’a pas vu d’insuccès. C’est l’application d’un séton à la nuque.
- Le procédé n’a rien de moderne, rien d’antiseptique et ne sera guère goûté de la génération des chirurgiens actuels. Mais entin s’il réussit, là où toutes les drogues échouent, les malades n’hésiteront pas à y avoir recours, d’autant que le chirurgien qui le conseille est loin d’être le premier venu.
- Le séton est un vieux reste de la chirurgie et de la médecine de nos aïeux. A l’aide d’une forte aiguille,que je compa-
- rerais volontiers à la vulgaire aiguille à emballage, on embroche un pli épais de la peau de la nuque et on glisse dans cette plaie une lanière de fil de coton. C’est une variété de cautère; la plaie irritée par les corps étrangers et infectée par les microbes suppure et forme uu dérivatif ; tous les sujets aux congestions, tous les sanguins du siècle passé ont connu ce traitement. 11 heurte trop de front les données modernes de l’asepsie pour avoir quelques chances de se propager. On pourrait peut-être le remplacer par une cautérisation ponctuée, par un révulsif instantané soigné avec des pansements propres et antiseptiques.
- Quoi qu’il en soit, Whitehead cite le cas d’un Américain et celui d’une dame sujets à des attaques terribles de migraine, revenant à des intervalles de quelques jours avec céphalées, nausées, prostrations telles que la vie était un long martyre. Leur guérison fut rapide et définitive. En pareil cas le mal est assez pénible et la santé assez gravement compromise pour qu’on puisse essayer. Whitehead garantit le succès. Dr X.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 29 juillet. . . 16®,1 S. 1. Beau. 12,3 Beau jusqu'à 8 h. et à 25-24 h. ; nuag. le reste du temps; quelques coups de tonnerre auTV-W. de 7 h. à 19 h.
- Mardi 30 17®, 1 N. E. 1. Beau. 0,6 Beau jusqu'à 9 h.; nuag. ensuite; halo; quelques coups de tonnerre à l’W. à 17 h.
- Mercredi 31 17»,1 N. 2. Nuageux. 0,0 Beau à 1 h. ; très nuageux ensuite; quelques coups de tonnerre dans l’E. à 17 h.
- Jeudi 1" août .... 17®,9 N. N. W. 2. Couvert. 1,1 Quelques éclaircies; pluie le matin.
- Vendredi 2 15®,8 N. W. 1. Couvert. 9,1 Nuag. jusqu’à 17 h. ; beau après; halo.
- Samedi 5 14®,6 N. E. 2. Couvert. 0,0 Nuag. jusqu’à 19 h. ; beau ensuite.
- Dimanche 4 16°,0 Calme. Beau. 0,0 Beau jusqu’à 12 li.; nuag. ensuite.
- JUILLET-AOUT 1901 -- SEMAINE DU LUNDI 29 JUILLET AU DIMANCHE 4 AOUT.
- Lu r.iurbe sup . o-uee indique la nébulosité de 0 a 10: les flèches inférieures, la direction au reut. l.es courbes du milieu indiquent: courbe c/uiisse. tes pressions barométriques (baromètre ramené A 0. au niveau de la mer): courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblement de terre en Italie. — Le 51 juillet, ù ÎPSS du matin, on a ressenti à Rome, à Velletri, à Cassiuo, à Rocca-di-Papa une légère secousse de tremblement de terre.
- A la même heure, à Avezzano une forte secousse s’est produite mais n’a occasionné aucun dommage. On a signalé, toujours à la même heure, des secousses à Settefrati (province de Sora) et à Portici (province de Padoue).
- Dans l’après-midi, à l* 26, à Rome, une nouvelle secousse, mais plus faible, s’est fait sentir.
- Te temps. Pluies et orages. On a signalé en France des orages de tous côtés, mais la température s'est relevée partout.
- Le 29 juillet, on a recueilli 17 mm d’eau à Besançon, 12 à Paris, 7 à Roche-fort, Perpignan. La température était le matin de 13° à Stornoway, 16° à Paris, 21® à Moscou, 27° à Alger. A Paris, il y a eu.un orage de 6 à 8k 30 du soir. La température moyenne était de 17°,2 avec un nuximum de 22*,7.
- Le 30 juillet, même temps. Pluie à Paris (t2 mm), à Nice (6 mm), à Belfort (3 mm). A Paris, température moyenne de 17°, avec un maximum de 23°,6 et un minimum de 13°,3.
- Le 31 juillet, des pluies très abondantes sont tombées dans le centre et le sud de la France; on a recueilli 54 mm d’eau à Marseille, 50 à Perpignan, 55 à Limoges, 28 à Nice. La température a baissé dans le sud-ouest du continent ; elle était le matin de 12° à Christiansund, 17® à Paris, 30® à Athènes. On notait : 9“ au puy de Dôme, 5® au mont Mounier, — 1° au pic du Midi.
- A Paris le temps a été nuageux; il y a eu un orage dans la soirée.
- La température moyenne (20°,5) a été supérieure de 1°,6 à la normale (18°,9). La température maxiina a été de 27®,2.
- Le 1" août, des pluies abondantes sont encore tombées dans l'est et le sud de la France ; on a recueilli 87 mm d’eau au pic du Midi. 43 à Nancy, 35 a Nice, 30 à Lyon. A Paris, le temps s’est maintenu beau, frais le matin et le soir, avec petites brises du Nord-Est à 1 Est. A partir du o.la température s’est franchement abaissée. 12® à Paris à 6 heures du matin.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 51 à 10 h. 43 m. du matin.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— On va élever à Marnes, près de Saint-Cloud, une statue à Pasteur. Marnes est la commune où Louis Pasteur passa les dernières années de savie. Le comité d’honneur a été. placé sous la présidence de MJI. Henry Roujon, directeur des beaux-arts, et Poirson, préfet de Seine-et-Oise. Le comité d’exécution est présidé par M. Duparquet, maire de Marnes.
- . -®- L’assemblée constituante de l’Association internationale des botanistes s’est réunie à Genève, le 7 août, à l’Université. La France était représentée par de nombreux savants, notamment par . des .botanistes des Universités de Paris, Montpellier, Grenoble, Caen, Toulouse, des Académies de Besançon et Dijon, de la Faculté des sciences de Nancy et de l’Ecole des hautes études. Les Universités et Sociétés étrangères étaient également représentées, notamment Oxford, Cambridge, Glascow et Trinity College de Dublin. Le président d’honneur est .M. Casimir de Candolle; le président effectif, le professeur Chodat, de Genève.
- - —®— M. A. Tournouër vient de partir en Patagonie chargé d’une mission par le Ministre de l’Instruction publique afin de poursuivre ses recherches sur les mammifères tertiaires de l’Amérique du Sud. Espérons que le sympathique explorateur nous donnera bientôt des nouvelles de U « animal mystérieux » que dans un voyage précédent il a cru entrevoir.
- —®— Tandis qu’une intrépide nageuse viennoise, Mme Walhurga de Isacescu, projette de franchir le détroit du Pas de Calais, deux autres jeunes femmes renouvellent, éclipsent môme les exploits de lord Byron, qui, au commencement du siècle dernier, traversa l’ilel-lespont à la nage. Les journaux de Constantinople annonçaient, en effet, ces jours-ci, que Mœe Senbert, la jeune femme de l’attaché militaire allemand à l'ambassade, et son amie, miss Woods, venaient d’aceomplir, à la nage, et en temps relativement très court, la traversée du Bosphore. Elles avaient môme choisi, pour leur record, un des endroits les plus larges du détroit, à savoir entre Therapia et Beicos, où les deux rives — asiatiques et européennes — sont séparées par un bras de mer de 2 kilomètres et demi environ. L’illustre poète anglais, lui, avait effectué son passage entre Sestos et Abydos, où l'IIellespont n'a que 1100 mètres; aussi ces dames ont-elles été déclarées les reeordwomen du Bosphore.
- —g— L’Association des industriels de France contre les accidents du travail ouvre un concours public international pour la création d'un protecteur garantissant les ouvriers fondeurs contre les brûlures pouvant atteindre les pieds et le bas des jambes. Pour tous renseignements, s’adresser au siège de l’Association, 3, rue de Lutèee, à Paris.
- —®— M. L. David, dont malheureusement nous ne connaissons pas l’adresse, a imaginé un procédé qui nous semble bien combiné, •au moins au point de vue théorique, et qui permettrait de fabriquer les feuilles de plomb à la presse. On fait tomber le plomb en fusion dans une lingotière qui est fermée inférieurement par une filière ayant précisément la largeur et l’épaisseur de la leudle qu’il s’agit de fabriquer. Sous l’action d’un piston hydraulique, le métal sort par la filière sous une épaisseur mathématiquement exacte et constante, et, comme il se refroidit aussitôt, la feuille obtenue va s'enrouler immédiatement sur un tambour.
- —®— On commence de pratiquer en Allemagne un procédé fort simple (mais qui n’est jxiint d’une application générale) pour la production de certains articles en verre obtenus par soufflage et moulage : il s'agit du procédé Sievert. On répand la masse vitreuse, qui va former la matière première des divers objets à produire simultanément, sur une plaque où on la lamine et la soumet à une pression la rendant parfaitement homogène. Mais cette plaque est percée de trous dont on peut ouvrir à volonté les orifices, et sous lesquels se trouve un récipient où il est possible d’introduire de l’air comprimé .qui y amortit ses vibrations. Quand le laminage est en effet terminé,
- on laisse arriver l’air comprimé, qui soulève la masse vitreuse à l’aplomb de chaque trou et vient l’appliquer sur le moule qu’on a eu soin de disposer au-dessus.
- —®— Les établissements Pœtter et Cie, de Dortmund, possèdent un chariot électrique des mieux compris pour le transport des poches de coulée contenant l’acier en fusion. Des moteurs assurent et la translation du chariot, et les mouvements verticaux de la charge, et la rotation de la plate-forme supportant le bras au bout duquel se trouve la poche : ce bras est du reste équilibré. Ces divers mouvements peuvent se combiner pour répondre à toutes les circonstances. Seul le renversement de la poche s’effectue à la main au moyen d’une manivelle agissant sur une vis sans fin et une roue dentée.
- —®— On se met à employer le sidéro-ciment. autrement dit du ciment armé de toile métallique, pour fabriquer, à prix réduits, dans les casernes, une fouie d'accessoires, mangeoirs, lavoirs, abreuvoirs, etc. ; et l’on s’en trouve au mieux. C'est ainsi qu’un abreuvoir construit tout dernièrement à Maison ' Carrée, prés d'Alger, abreuvoir profond de 35 centimètres, large de 55 et épais de 5, posé sur une murette en maçonnerie, n’est revenu qu'à 17 francs du mètre courant.
- - -—®—. Des terrains pétrolifères ont été découverts dans le comté de Challam sur la côte du Pacifique des Etats-Unis. O11 s’occupe dès maintenant, avec une agitation fébrile, au forage des puits et à l’extraction du précieux liquide qui est fourni en grande, abondance. Il paraît, d'ailleurs, que l’existence du pétrole avait déjà ôté signalée dans ces parages, mais comme on ne croyait pas que l’exploitation pût être suffisamment rémunératrice, on ne s’en était pas autrement préoccupé. ' . '
- —®— D’après de récentes non velles venues de Tacoma, Washington,-on viendrait de trouver aux Iles Aléoutiennes des minerais aurifères d’une incomparable richesse ; il y existerait des veines encore plus remarquables que celles, rencontrées au cap Nome et à Circle City. Ces îles, qui, comme on le sait, sont un prolongement, vers le sud-ouest dé la presqu’île d’Alaska et forment la limite méridionale de la mer de Béring, ont l’avantage de jouir d’un climat relativement clément ; il pourra en résulter que beaucoup de mineurs de l’Alaska, où la température est si rude, n’hésiteront .pas à se transporter dans ces îles.
- —®— U11 Américain du nom d’Hobson a inventé une automobile à deux roues. Il prétend avoir réalisé de la sorte l’avantage de pouvoir passer par les plus mauvais chemins sans aucun inconvénient. Les roues seraient très élevées, leur diamètre dépassant 2 m. Le moteur, dont le poids est de (RIO kg. est fixé librement au-dessous de l’essieu et maintient par son seul poids l’équilibre de la caisse où deux voyageurs peuvent prendre place. La vitesse obtenue dans les essais a été de 10 milles à l’heure.
- —®— M. A. Friedeberg, de Berlin, a imaginé un compteur de vapeur qui a pour luit de condenser et de mesurer continuellement une portion déterminée d’un flux de vapeur s’écoulant, dans une conduite. A l’intérieur d’une section horizontale de eette conduite, est un volet pouvant osciller autour d’un axe horizontal, et actionnant, par l’intermédiaire d’un secteur denté et d’une crémaillère, une soupape conique commandant elle-même une ouverture ménagée au sommet de la conduite. Quand il 11e passe point de vapeur, le volet est vertical et la soupape fermée; quand, au contraire, la vapeur passe suivant l’intensité du llux. le volet se relève plus 011 moins et la soupape est plus ou moins ouverte : la vapeur qui s’échappe vient se condenser dans un serpentin. On peut faire écouler cette eau de condensation dans un réservoir gradué et calibré, on bien la faire tomber sur une roue à augets dont le nombre de tours sera compté dans un temps donné. On comprend que, dans ces deux cas, au moyen d’essais préalables, on a le moyen île savoir à quel écoulement de vapeur dans la conduite correspondent les tours de la roue ou le volume de l’eau condensée.
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- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour le télémètre de poche, s’adresser à M. Pouech, constructeur, 514, rue des Pyrénées, à Paris. — Le carburateur se trouve chez M. A. Quérev, 119, rue de Montreuil, à Paris.
- Communications. — M. J. H ermite, à Paris, a appelé récemment l’attention sur la possibilité de prendre des vues stéréoscopiques astronomiques. Un de nos abonnés, M. L. Ot-tenheim, vice-président de la Société de photographie de Versailles, nous rappelle à ce propos qu’il y a deux ou trois ans il nous a écrit à ce sujet. 11 se demandait si, en opérant à six mois d’intervalle, c’est-à-dire aux deux extrémités d’un diamètre de l’orbite terrestre, on n’obtiendrait pas la reproduction stéréoscopique des étoiles, au moins pour celles qui sont les plus rapprochées de nous. On tentera l’essai.
- ih. P. Yignon, préparateur de zoologie à la Sorbonne, nous envoie le n° 7 des « Causeries scientifiques » de la Société zoologique de France contenant une conférence de lui sur « La notion de force, le principe de l’énergie et la biologie générale à propos d’un livre récent ».
- Un chasseur roumain, à Tocsani, nous écrit : « Je viens de lire dans le n° 1469 du 20 juillet votre article sur « la maladie des jeunes chiens ». Certainement l’article intéressera beaucoup les chasseurs, les amateurs et les éleveurs de chiens; mais, comme vous le faites très bien remarquer, le côté pratique n’est pas encore trouvé. Faire vacciner ses chiens n’est pas à la portée de tout le monde. Voulez-vous bien me permettre de vous indiquer un moyen excellent non pas pour éviter la maladie, mais pour la guérir? Je l’ai employé avec succès sur plus de soixante chiens. Le voici : Je fins prendre au chien malade tous les trois ou quatre jours une bonne poignée de sel de cuisine. Pour la lui faire avaler j’ouvre la gueule du chien et laisse tomber le sel au fond du gosier ; ensuite j’empoigne le museau jusqu’à ce que le chien ait avalé le sel ; presque aussitôt le sel lui produit des vomissements et le chien rend des glaires jaune-verdàtres. En même temps je lui fais prendre trois fois par jour une cuillerée de la solution suivante : 3 gr. hydrate de terpine, 100 gr. alcool, 100 gr. glycérine. Au bout de deux à trois semaines de traitement, le chien est complètement guéri. Pendant ce temps la nourriture que je donne au chien consiste en lait et soupe et de temps en temps du café noir légèrement alcoolisé à l’eau-de-vie. »
- M. .4. Tripier, à Souppes, nous écrit: « Je lis dans le journal dont je suis un fidèle lecteur depuis plus de vingt ans la description d’une voiture mécanique en 1860. Le fait n’était pas isolé, car il me souvient d’avoir vu à Plessis-Chenet (S.-et-O.) un vieux charron du nom de Roncière conduire une voiturette à
- f»eu près semblable avec cette différence qu’elle n’avait qu’un evier' articulé à l’essieu. II avait également imaginé de placer des billes au moyeu des roues. Cette petite voiturette, qui roulait encore vers 1875, existe peut-être encore chez son fils également charron à Àuxonnettes par Ponthierry (Seine-et-Marne). » M. A. Menigaux, assistant au Muséum dilistoire naturelle, à Paris, nous écrit: « Dans les derniers numéros de ha Nature, plusieurs correspondants vous mentionnent les dégâts faits aux ormes par une chenille dont le nom leur paraît inconnu. C’est évidemment celle que je vois depuis quatre ans anéantir les feuilles de l’orme champêtre dans la région sud dé Paris, que ces ormes soient en bordure des routes ou dans des parcs. Elle a été signalée à Fontainebleau, Auxerre, Genève, etc., donc dans une aire d’une immense étendue. Elle Vit aussi sur les
- autres ormes, mais elle se nourrit de préférence du parenchyme chlorophyllin des feuilles de l’orme champêtre dont elle respecte l’épiderme supérieur. Elle est d’abord brun foncé, puis verdâtre ; c’est la larve d’un coléoptère, voisin des chrysomèles, la Galénique des feuilles de l'Orme, à laquelle les entomologistes ont constitué les nombreux états civils suivants : Gale-ruca (chnjsomela ou Galerucella), xanthomelæna (ou cal-mariensis ou eratæyi). L’adulte pond en mai, sur les feuilles de l’orme, des œufs fixés par leur base large et disposés régulièrement sur deux ou trois rangs. Il a environ 7 millimètres de long, et il se reconnaît facilement à son corps noir, allongé, à ses élvtres jaunes présentant au bord libre une large bande-noire longitudinale, à ses pattes jaune brun. Ces attaques répétées amènent le dépérissement des arbres, en épuisant les réserves. Cette année de nombreux rameaux, sur de magnifiques-ormes, n’ont pu produire de feuilles et il est fort probable que l’an prochain le mal sera encore plus visible. La destruction, n’est pas facile, car les attaque? sont trop généralisées pour que des pulvérisations de liquides caustiques puissent être de quelque efficacité. Il vaudrait mieux, avant la ponte, chercher à détruire les adultes en secouant les branches au printemps le matin avant que la chaleur solaire ne leur ait rendu leur vivacité ou bien chercher à découvrir leur retraite hivernale. C’est ainsi qu’au lycée dans les greniers, dans le sable des manipulations et surtout dans la tour de l’horloge on a pu en détruire des boisseaux ».
- Renseignements. — M. L. Simonet, à Nancy. — Il est nécessaire de soumettre votre huile à un chimiste.
- M. V. Faul, à Paris. — La jumelle télémètre du commandant Souchier est fabriquée par M. Deraisme, 467, rue Saint-Maur, à Paris.
- M. le Dr A. Sorel, à Pont-de-1’Arche. — Pour le forage de-puits, s’adresser à MM. Dumont et Gaudin, 205, rue Saint-Antoine, à Paris.
- M. P. Déguilhem, à Monbahus. — S’adresser à M. Dussaud, 19, rue Guillaume Tell, à Paris.
- M. E. Henniquet, à Paris — Nous avons fait plusieurs recherches; nous n’avons pu retrouver l’article en question-
- M. Buchheim, à Smela (Russie). — Nous avons déjà donné cette adresse à de nombreuses reprises.
- M. L. Jadot, à Millau. — Vous pourriez essayer un cirage formé de 60 gr. de cire jaune fondue au bain-marie, 20 gr, de-vernis noir et 20 gr. d’essence de térébenthine.
- M. E. Thirisz, à Liège. — Nous ne croyons pas qu’un ouvrage ait été écrit sur cette matière ; voyez à la librairie Bérenger, 45, rue des Saints-Pères, à Paris.
- M. G. Lange, à Beuzeviîle-la-Guérard. — 1° L’unité de puissance ou le cheval-vapeur est la puissance nécessaire pour élever un poids de 75 kg à la hauteur de 1 m. en une seconde, soit 75 kilogrammètres par seconde. Si vous désirez élever ui> poids de 100 kg ou un poids de 500 kg à la même hauteur dans le même temps, il vous faudra une puissance de 100 et 500 kilogrammètres par seconde, soit 1,55 et 5,66 chevaux-vapeur. — 2° Nous ne pouvons développer ici toutes les considérations qui seraient nécessaires.
- M. A. Scliotsmans, à Seclin. — Si nous ne vous avons pas répondu, c’est que nous n’avons pas reçu votre lettre. Veuillez nous renouveler l’objet de votre demande.
- Un soldat, à X. — On trouve partout du chlorure de mé- . thylc; mais le procédé est insuffisant pour rafraîchir et très coûteux.
- M. Giovanni Rossari, à Varallo Sessia. — Adressez-vous à M. Ducretet, 75, rue Claude-Bernard, ou à la maison G aille, rue Saint-André-des-Arts.
- M. Angel Rovcrano, à la Boule-sur-Mer. — Nous n’avons pas l’adresse ; mais nous allons la rechercher.
- M. le Dr D., à X. (Algérie). — Ce système en principe peut très bien fonctionner; vous trouverez la description complète d’un système analogue dans le n° 822 du 2 mars 1889, p. 215.
- M. R. Mangiamarchi, à Rosario. — Ce groupe électrogène se trouve chez M. Chomeau, 33, passage du Havre, Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. L., à N. On ne peut juger un appareil qu’après un certain nombre d'expériences faites dans diverses conditions. — M. H. G., à Lille. 11 faut vous adresser à un constructeur. — M. Dumont, à Paris; AJ. Leroy, à Nantes; AJ. Duplat, à Brest. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson etC1'. —AJ. Dufont,. à Paris. Nous ne pouvons donner une appréciation sur un simple projet. — AJ. Gentil, à Saint-Jean-Villefrancbe-sux--Mer. Remerciements pour votre communication.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES MENTIONS1
- Porte-allumettes allumoir. — Voici un porte-allumettes allumoir original et réussi. 11 forme un tambour dans lequel on place les allumettes de façon à ranger les tètes du côté du levier qui le fait mouvoir. En appuyant sur ce levier, le tambour tourne et dépose dans une rainure une allumette qui,
- Porte-allumettes allumoir.
- aussitôt, s’engage dans les griffes, passe sur un frottoir métallique et se trouve relevée au moyen d’une petite griffe pour se présenter toute allumée. La construction de ce petit appareil est excessivement simple et le mécanisme n’est sujet à aucun dérangement — Le porte-allumettes se trouve chez M. Kratz-Boussae, 14, rue Martel, à Paris.
- Le Météoroscope. — Deux instruments d’observations, le baromètre et le thermomètre, sont aujourd’hui très répandus dans le public. Mais l’observation de ces deux appareils est insuffisante pour pronostiquer le temps. Les causes des variations atmosphériques sont, en effet, très nombreuses et il faut ajouter, à la pression atmosphérique et à la température, l’état hygrométrique, l’état du ciel, la direction du vent, etc....
- Composer les variations de ces divers éléments en conservant, à chacune de ces causes, son importance relative, et déduire de cette composition le temps probable, tel est le but que l’on s’est proposé en imaginant le « Météoroscope ». Il suffit d’amener
- Le Météoroscoj e.
- les aiguilles de quatre cadrans de leurs points de repère à la division qui correspond à l’observation laite, et il n’y a plus qu’à lire le temps probable par la position, sur son cadran, d’une aiguille centrale que les premières ont mise en mouvement.
- Le « Météoroscope » permet ainsi à toute personne, par une manipulation de quelques. secondes, de pronostiquer le temps pour 24 ou 48 heures. Un hygromètre à cheveu ou à sels de cobalt est joint à l’appareil qui devient ainsi, avec le baromètre et le thermomètre si répandus, un instrument précieux pour tous ceux qui s’intéressent aux variations du temps. — Les renseignements sur cet appareil nous ont été envoyés par M. A. Caude, professeur au lycée de Tarbes.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Vernis pour chapeaux de paille. — Il est assez délicat de passer un chapeau de paille au vernis quand on n’est pas du métier; mais nous pensons néanmoins intéresser nos lecteurs en leur mettant sous les yeux les conseils que donne sur la matière la publication Farben Zeilung. Pour préparer du vernis blanc qui doit être, comme tous les vernis à chapeaux, flexible et résistant sans casser, il faut prendre 1550 grammes de sandaraque, 450 de résine élémi, autant de résine de pin, 110 grammes d’huile de ricin et enfin neuf litres d’alcool méthylique. Toute cette préparation doit se faire à froid, et on laisse complètement digérer les substances constituantes en brassant de temps à autre et en filtrant au besoin.
- Pour colorer ou du moins donner certains reflets à ce vernis blanc, il faut, par neuf litres du mélange, ajouter les matières suivantes : pour obtenir le jaune d’or par exemple, on additionne de 55 grammes de chrysoïdine et de 55 de jaune d’aniline ; pour le vert pale, on met cette même quantité de vert brillant et 7 grammes seulement de jaune d’aniline.
- Pour les vernis foncés, on prend comme base une composition faite avec 900 grammes de gomme laque en écailles, 225 de copal mou de Manille, autant de sandaraque, puis 5 d’huile de ricin, et enfin de l’alcool méthylique comme dissolvant. On obtient les colorations diverses en se servant de colorants d’aniline solubles dans de l’alcool. Les couleurs les plus souvent employées sont le noir d’ivoire, le brun de Bismarck, le^ jaune d’aniline, la safrariine, et tontes ces couleurs devant être de ualité supérieure. Au point de vue des proportions, nous irons par exemple qu’il suffit de 55 grammes de noir d’ivoire pour neuf litres de vernis; on produit une belle nuance brune couleur noix avec 55 grammes de brun de Bismarck et 15 de nigrosine.
- Pour blanchir les cuirs. — Il s’agit, disons-le tout de suite, non pas de leur donner une coloration absolument blanche, mais de rendre plus claire leur teinte si elle est trop foncée : la recette nous est du reste fournie par une feuille tout à. fait spéciale, la Halle aux cuirs, et elLe nous semble appuyée sur une autorité. Le procédé consiste dans l’emploi du bioxvde de sodium, que l’on utilise déjà pour le blanchissage de beaucoup d’autres substances. On fait à chaud une solution de 900 grammes de sulfate de magnésie dans 10 litres d’eau, on la laisse refroidir et on y ajoute peu à peu 300 grammes de bioxyde de sodium : on frotte ensuite le cuir avec cette solution jusqu’à ce que la décoloration ait atteint le degré que l’on désire. Au besoin, on peut aider la, transformation à se produire en lavant d’abord le cuir avec de l’eau contenant une faible quantité d’acide acétique.
- Enlèvement des taches d’encre sur le damas. — Un de nos confrères de la presse allemande recommande le procédé suivant comme donnant d’excellents résultats. Un jette sur la tache du sel de cuisine très finement pulvérisé, puis on le mouille bien avec du jus de citron, et on laisse sécher. On renouvelle ce traitement une seconde fois, et quand la dessiccation s’est de nouveau produite, on traite la tache avec du savon commun, mais à sec ; on lave ensuite tout le tissu comme une étoffe ordinaire.
- Nettoyage de l’acier. — U existe toute une série de recettes et de procédés pour nettoyer l'acier, et il est bon de les connaître, car les machines et appareils en acier ne se conservent en bon état de fonctionnement que si l’on tient minutieusement à leur propreté. Voici diverses recettes qui étaient récemment rappelées par notre confrère le Praticien Industriel. La plus effective peut-être, sinon la plus rapide (puisque le temps est un facteur important dans la réussite finale), est d’enduire l’objet en acier d’huile où plutôt de pétrole, qu’on laisse pendant quelques jours pénétrer dans la surface du métal : ensuite on frotte vigoureusement avec une flanelle ou un morceau de bois de saule. On réussit également bien en frottant la surface métallique avec une sorte de pâte faite d’huile d’olive, de fleur de soufre et de tripoli. On peut encore recourir à une pâte analogue composée de terre pourrie et d’huile. Enfin on peut employer un enduit fait de 10 parties de cyanure de potassium et d’une de crème de tartre, ou bien de 2o parties de cyanure de potassium additionnées de 55 de carbonate de chaux et de 20 de savon blanc.
- Imperméabilisation des étoffes. — Il y a de nombreuses recettes pour obtenir l’imperméabilisation d’une étoffe : nous en citerons deux seulement qui nous semblent assez simples. — Première recette. Dissoudre 1 partie de litharge pulvérisée
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- dans 2 d’essence de thérébeiitine et 5 d’huile de lin ; faire bouillir naturellement au bain-marie et employer simplement en passant deux couches successives sur l’étoile que l’on veut traiter. — Deuxième recette. Celle-ci repose sur un autre principe et ne recourt pas non plus au caoutchouc, dont on a donné bien souvent des formules d'utilisation en la matière. On prépare un mucilage un peu épais en faisant bouillir de la graine de lin dans de l’eau, ce qui extrait en somme les principes essentiels de l’huile de lit), puis on débarrasse ce mucilage des parties solides en le passant au tamis de soie. Ou lui incorpore ensuite 10 pour 100 d’une poudre inerte, mais qui puisse se pulvériser extrêmement tin, et le blanc d’Espagne répond bien à ce but, ainsi que le talc. Cette sorte de bouillie est appliquée au pinceau sur l’étoffe, mais il faut finalement passer par-dessus deux ou trois couches d’huile de lin crue, que l’on aura additionnée de 2 1/2 pour 100 de cire et d’un
- peu de siccatif (cette dernière opération ne devant se faire que quand l’enduit à base de blanc d’Espagne est parfaitement sec). - - •- ' ‘
- Pour nettoyer le cuivre. — 11 existe un moyen classique qui consiste tout simplement à se servir de tripoli, mais c.ette substance ne réussit pas toujours, et voici d’autres recettes variées susceptibles de rendre service en la matière. On peut notamment prendre ce qu’on nomme du bol d’Arménie et en faire une pâte avec de l’acide oléique. On prépare également une sorte de pommade avec une quantité suffisante de graisse; de porc et une partie de terre pourrie additionnée de 5 parties de sous-carbonate de fer. Enfin, on peut recourir à un mélange de 10 parties d’oxyde de fer et de 52 parties de pierre ponce dans une quantité suffisante, d’acide oléique.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 5 août 15°,9 N. 1. Couvert. 2,4 Couv. jusqu’à 7 h.; très nuag. ensuite; halo; pluie de 3 à 4 b.
- Mardi 6 ...... . 14°,1 S. W. 2. Couvert. 0,0 Très nuag. ; petite pluie vers midi.
- Mercredi 7 17°,9 N. W. 2. Peu nuageux. 0,1 Nuag. jusqu’à 17 b. ; beau ensuite.
- Jeudi 8 16°,5 S. W. 1. Beau. 0,0 Beau.
- Vendredi 9 17°,9 N. E. 0. Beau. 0,0 Beau.
- Samedi 10 20°,5 S. S. W. 2. Couvert. 0,0 Très nuageux ; halo.
- Dimanche 11 15°,3 N. N. E. 2. Couvert. 0, Beau à 1 et 24 h. ; couv. jusqu’à 12 b. ; nuag. ensuite.
- AOUT 1901 -- SEMAINE DD LUNDI 5 AOUT AU DIMANCHE il AOUT.
- I Mardi -I
- niuiredi | Samedi I Dimanche
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- B>>SSSS5S55S3S5£S5235£55S3=5SSSS33=5=S=r,3r:2535335S2S=S5SS;SSS&3S33 5'482ü*55'jm35SSShm5mS5! ^"25£555£55525££55523£2££2££2E££££££Z±Z£E££Z££2S££3£££5^£35S££fi££52X52i£2£SE555555SS!
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10: les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche, courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé des* observations météorologiques faites au Parc Saint-Maur en juillet 1901
- par M. E. Renou:
- Moyenne barométrique à midi 757““,47. .Minimum 747“",50 le 21, à 6 heures du soir. Maximum 764m“,68 le 17, à 8 heures du matin.
- Moyennes thermométriques : des minium 14°,40; des maxima 26°,08; du mois 20°,24; vraie des 24 heures 19°,86. Minimum 11°,1 le 23. Maximum, 52°,0 les 12 et 21 ; deux autres maximum de 31°,9 les 18 et 19. Minimum sur le gazon 8°,5 le 23. Moyenne des mininm sur le gazon 12°,22.
- Tension moyenne de la vapeur 11“”,70; la moindre 8”“,0 le 2 et le 27 à 2 heures du soir ; la plus grande 15“”,8 le 21 à 10 heures du soir.
- Humidité relative moyenne 71; la moindre 24 le 19, à 3 heures du soir; la plus grande 100 les 14, 28 et 29.
- Pluie 44““,7 en 22 h. 45, réparties en 11 jours; plus 3 jours de gouttes. Nébulosité moyenne 44. Les vents dominants ont soufflé du N. au N.-E., puis ceux du S. et de l'W.
- 8 jours d’orage ; le 2, tonnerre au N'.-W. de 4 h, 1/2 à 5 heures du soir ;
- le 13, orage assez fort de 4 heures à 7 heures du soir; le 21, orage de 3 à 9 heures du soir; le 25, quelques coups de tonnerre au N.-W. à 10 heures du soir ; le 28, violent orage avec nombreux coups à éclats de 6 heures à 9 heures du soir; le 29, quelques coups de tonnerre au N.-W. de 5 h. 1/4 à 7 h. 1/2 du soir; le 30, quelques coups dans l’W. de 5 h. à 7 heures du soir; le 31, tonnerre à l’E. à 5 h. du soir.
- 2 jours de brouillard faible les 7 et 14 au matin. Brouillard partiel bas et épais le 29 au matin.
- Température moyenne de la Marne : le matin 22°,70 ; l’après-midi 23°,44 ; du mois 23°,07. Basse et claire tout le mois.
- Relativement aux moyennes normales le mois de juillet 1901 présente les résultats suivants : Baromètre plus bas de 0““,62. Thermomètre plus haut de 1°,87. Tension de la vapeur plus grande de 0””,76. Humidité relative moindre de 2. Nébulosité moindre de 9. Pluie moindre de 9“,7.
- Floraisons : le 2. aconit napel; le 3, saponaire sauvage, millepertuis à grandes fleurs; le 18, echinops sphœrocepbalus, phlox, hibiscus syriacus; le 23, tanaïsie à feuilles persillées ; le 28, plumbago larpentae, glaïeul.
- PHASES DE LA LUNE : D, Q. le 7 à 8 h. 11 m. du matin-i
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- Le congrès international de zoologie s’est ouvert à Berlin le 12 août. On remarquait, en dehors des hauts fonctionnaires de l’Empire, de nombreux représentants des Etats étrangers. C’est HI. Perrier, directeur du Muséum de Paris, qui a répondu aux souhaits de bienvenue du conseiller intime Mœbius au nom des délégués français.
- —(g)— Le 16 août sont arrivés à Clermont-Ferrand les membres de l’Association géologique de Londres, venus pour étudier le massif <iu Plateau central. La délégation de l’Association géologique et sir .Holmes, directeur du service géologique de Grande-Bretagne, ont été reçus à Clermont, par MM. Glangeaud et Giraud. Après avoir visité le département du Puy-de-Dôme, la délégation parcourra le -Cantal, sous la direction de notre collaborateur M. Boule, du Muséum •de Paris.
- —® — On vient d’annoncer la mort de M. Tait, l’illustre physicien et mathématicien d’Edimbourg. La philosophie naturelle lui doit une partie de ses plus importants progrès.
- —®— Après dix ans d’intervalle, nouvelle course de cyclistes Paris-Brest et Brest-Paris. Où s’arrêtera l’endurance humaine? Départ vendredi 16 août à 4h 53m du matin. Retour dimanche 18 août dès D heures pour le premier arrivé. Le coureur Lesna a mené le train rapidement, trop rapidement même; car malgré ses deux heures d'avance, il a tout reperdu au retour et s’est tait dépasser après le 760e km entre Lamballe et Rennes par Garin, qui est arrivé bon premier au Vélodrome du Parc des Princes à 9h 4m du matin. Le dernier kilomètre a été fait autour de la piste en 2m 10". Garin a mis exactement 52h llm ls pour parcourir les 1200 km Paris-Brest et retour. On avait beaucoup compté sur la victoire de Rivierre qui a eu le tort de ne pas faire un cas suffisant de l’étonnante énergie de Garin. Rivierre avait établi son temps avec une si rigoureuse exactitude qu’il a accompli le trajet en 54h 0m 16% en retard seulement sur son horaire de 14*. Et le dernier kilomètre, il l’a fait en lm47a 1/5. C’est une vitesse de plus de 50 km à l’heure... après 1200 km sans arrêt. Et le coureur ne paraissait pas plus fatigué que s’il venait de faire le tour de Longchamp. Après Rivierre, Aucouturier et Fré-dérick. etc. Garin a -accompli le parcours avec 2h 26m d’avance sur le tableau de marche prévu. Il bat le temps de Terront en 1891 de 20 heures. Il a mis 52 heures quand Terront avait mis 72 heures! Ouelle machine que la,machine humaine! Environ 52 heures de marche pour effectuer 1.200 km, soit une moyenne d'un peu plus de 25 km par heure. >'ous voilà loin de ce que l’on aurait pu soupçonner il y a même une dizaine d'années.
- —®— Une des plus célèbres Académies étrangères, l’Académie royale du Lincei de Rome, vient de conférer à M. Emile Picard, membre de l'Académie des sciences de Paris, le titre envié d’ « Associé étranger », en raison de son œuvre mathématique. Les Académies italiennes de Turin et de Bologne avaient déjà décerné à M. Picard la même distinction.
- —®— Pour faire suite à l’interdiction de M. le Préfet de Police de cracher dans les rues, la Commission des écoles municipales de Berlin a décidé de faire placer, dans les salles et les corridors des écoles, des crachoirs à eau. Il est interdit formellement de cracher par terre. En outre, tout professeur ou élève atteint de toux chronique avec expectoration devra être muni d’un crachoir de poche. Dans les crises de toux, il devra avoir soin de tenir son mouchoir devant sa bouche.
- —®— Après avoir dévasté le Languedoc, la Gascogne, la Bourgogne, la Champagne, le phylloxéra s’est installé sur les confins de la capitale. Il menacerait les clos de Saint-Ouen et de Saint-Denis. En effet, par arrêté du ministre de l'agriculture, en date du 12 août
- 1901, les territoires des communes de Saint-Ouen et de Saint-Denis, canton et arrondissement de Saint-Denis, département de la Seine, sont déclarés phylloxérés.
- —®— Une nouvelle ligne de navigation maritime va sous peu assurer un service direct de marchandises entre La Palliee-Rochelle et les Indes anglaises. Les navires iront charger d’abord à Anvers, parce que, malheureusement, des habitudes prises, et aussi les facilités que trouvent les chargeurs à transiter par la Belgique, font converger vers ce port la majeure partie des marchandises du nord et de l’est de la France destinées à l’exportation, ainsi qu’une quantité importante de marchandises allemandes. Les navires viendront ensuite se compléter à la Rochelle, avec des marchandises provenant de l’ouest et du centre. Au retour, on estime qu’ils auront leur plein chargement pour La Pallice-Rochelle. À l’importation, le jute, le chanvre, les os bruts, l’indigo, les graisses oléagineuses, etc., formeront les. principaux éléments du trafic. Les Indes anglaises fournissent d’importantes quantités de ces matières premières, utilisées dans un grand nombre de fabriques françaises, qui désormais n’auront plus besoin de s’adresser à l’étranger pour leurs approvisionnements.
- —(g)— En attendant que les Anglais se rallient à la proposition de construire un tunnel sous la Manche, ils viennent de se décider à en établir un pour relier File de Wight à la côte. Ce tunnel, qui aura 40 km de longueur, ne coûtera guère plus de 12 millions de francs. Les travaux en seront entrepris au uiois de septembre prochain et seront vraisemblablement terminés en une année. Il résultera du nouvel état de choses qu’il sera possible d’aller de Londres à l'ile de Wight en deux heures et demie de chemin de fer.
- —®— Les usines Krupp recourent à un procédé nouveau pour la fabrication à la presse des plaques en métaux plastiques qu’on découpe ensuite rapidement suivant le contour voulu pour les relier et en constituer un accumulateur. Le métal fondu tombe du creuset dans le cylindre d’une presse .d’où il est refoulé par un piston à mandrin strié an travers d’une filière. Il sort ainsi de celle-ci deux plaques dont les profils sont donnés par ceux de la filière, et divisées en sections alternativement pleines et évidées correspondant aux passages des creux et des pleins du mandrin.
- --®— Les charbonnages belges d’Oignies-Oiseau ont mis en service des fermetures de cages d'extraction qui répondent à tous les besoins de sécurité, sont fort légères et n'occupent qu'un espace extrêmement restreint une fois qu'elles sont fermées. Ce sont des séries de losanges articulés, tels qu’on en emploie couramment, comme portes de plates-formes sur les tramways américains; mais le repliement et l’extension, se font dans le sens vertical. Une fois repliées complètement les lames des losanges se recouvrent les unes les autres.
- —®— Lorsque le nouveau chemin de fer souterrain de New-» York sera terminé, il y aura un point de la ville où se croiseront trois voies ferrées superposées : l’une souterraine, l’autre sur le sol et la dernière aérienne; ce point sera situé à l’angle de la 42e rue et de la 6e avenue. La ville de Londres présente la même particularité à l’extrémité nord du Blackfriars Bridge; mais il n'y a pas d’autre exemple à citer.
- —®— Il existe aux environs du cap Thoms, au Brésil, un écueil sous-marin qui est marqué sur les cartes par une profondeur de. 55 brasses, et dont on ne s'expliquait guère la présence : or, il paraîtrait que c’est tout simplement un grand navire naufragé, qui ilotte entre deux eaux, la quille en l'air et maintenu par ses ancres.
- —H>— Un fermier des environs de Toronto, au Canada, a déclaré que du bitume venait à la surface de l'un de ses champs. Le chimiste Spolier en a examiné les échantillons et a déclaré qu’il était absolument semblable à celui qui fut autrefois fourni par le fameux Lac de bitume.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresse relative aux appareils décrits. — Le Sélecteur David, décrit dans le n° 1475 du 17 août 1901, se trouve chez M. P. David, Usines d’Eguilles, près Sorgues (Vaucluse). — Le plastoscope se trouve chez M. Tissot, 18, galerie d’Orléans, Paris. — Pour la petite locomotive à pétrole, s’adresser à la Société des anciens Etablissements Panhard-Levassor, 19,'avenue d’ivry, à Paris.
- Communications. — M. X., à Paris, nous a écrit à propos de notre article sur la viande de cheval et la nourriture du chien, paru dans le n° 1470, du 27 juillet 1901, p. 150. Nous avons analysé récemment des expériences physiologiques de l’éminent physiologiste Pllüger sur les dangers d’une alimentation exclusive en viande de cheval. D’après ces expériences les animaux ainsi nourris diminuent de poids progressivement et il survient des troubles intestinaux. Nous avons simplement attiré l’attention sur le travail de M. Pflüger, en ajoutant que nous avions remarqué, en effet, sur un chien du St-Bernard, que, quelle que soit le poids de la viande ingérée, ce chien restait maigre. Oui n’entend qu’une cloche n’entend qu’un son. 11 nous paraît utile de reproduire la contre-partie de l’opinion de M. Pflüger. Nous la trouvons dans un article d’un savant autorisé, M. P. Mé-gnin, de l’Académie de Médecine, paru dans l'Eleveur. Voici les observations de M. Mégnin. « Aussitôt que je vois une question d’hygiène alimentaire s’appuyer sur des expériences de laboratoire, j’entre immédiatement en méfiance. Je me souviens trop des fameuses provendes chimiques, composées par des savants émérites, qui devaient donner force et vigueur aux pauvres chevaux de la Compagnie générale des Omnibus de Paris, et qui les conduisaient tout doucement chez l’équarrisseur. C’est un peu tard que Yéminent physiologiste allemand Pflüger vient débiner la viande de cheval"; il y a des siècles que la vieille expérience — pas celle du laboratoire — a prononcé. Depuis l’époque où le grand Larrey faisait du bouillon de cheval pour soutenir ses blessés, combien de valeureux soldats ont été sauvés par ce précieux aliment. Nous étions deux ^cent mille à Metz qui, pendant trois mois, n’avons mangé que du cheval; nous le mangions sous toutes les formes, même sous celle de bouillon et nous aurions trouvé celui-ci délicieux si nous avions pu y ajouter du sel, dont l’absence fut la plus cruelle privation dont nous ayons souffert pendant le blocus. Ni moi, ni aucun de mes compagnons de misère n’-avons été indisposés par ce régime. Les boucheries hippophagiques augmentent chaque année à Paris, il y en a actuellement plusieurs centaines et c’est par milliers qu’on peut compter les personnes qui se nourrissent de cheval. A-t-on jamais signalé des inconvénients à ce genre de nourriture? jamais que je sache. Arrivons maintenant aux chiens. Sans compter les chiens isolés, je connais des centaines de meutes nourries exclusivement à la viande de cheval. J’ai eu particulièrement sous ma surveillance la meute de M. Servant, composée de cent vingt chiens. Ils consommaient chaque semaine quatre chevaux pendant la période de la chasse et deux seulement hors de cette période. La viande de ces animaux était cuite et mêlée au bouillon et au pain. J’ai suivi ces chiens pendant plusieurs années et je n’ai jamais constaté chez eux la moindre indisposition, ni la moindre tendance à la maigreur provenant de cette alimentation. Je pourrais multiplier les exemples à foison, mais je pense que cela suffit pour réfuter complètement les assertions du l)r Pflüger, qui probablement ne donnait pas de la viande fraîche à ses chiens. On a tellement l’habitude des conserves en Allemagne ! Ne vient-on pas de voir, pen-
- dant les manœuvres d’un corps d’armée, plus de quatre-vingts-officiers tomber malades par suite de la consommation de viande malsaine ? »
- M. le lieutenant A. Bacot, à Orléans, nous écrit : « Je lis dans La Nature un article sur le plus long tramwav à chevaux du monde. Long de 82 kilomètres il est en Amérique. Nous avons pendant longtemps tenu le record en Tunisie où, pendant quinze ans environ, Kairouan, la ville sainte, était reliée à Sousse par une voie Decauville sur laquelle les wagons étaient traînés par des chevaux. Les trains n’étaient pas très fréquents : 3 par semaine ; mais le trajet de 60 kilomètres ne durait que quatre heures environ ou quatre heures et demie, ce qui est assez, bien marcher. J’ai également vu citer les tramways à traction humaine du Japon. Nous en avons autant au Soudan, h’ayes, en effet, l’ancienne capitale du Soudan, est divisée en plusieurs groupes d’habitations : d’une part, la ville même située au bord du Sénégal ; d’autre part, à des endroits plus élevés et plus sains, l’habitation du gouverneur et les locaux de l’administration, puis l’hôpital, enfin l’administration du chemin de fer. Tous ces-groupes sont reliés entre eux par une voie ferrée où circulent, à des heures fixes et assez fréquentes, des wagonnets à voyageurs appelés Lorry s qui sont poussés par des noirs. Ces derniers courent très vite en marchant sur les rails et, aux descentes, s’assoient tout simplement sur le marchepied du wagon. »
- M. Thiot, à Marissel par Beauvais (Oise), nous écrit : « Dans les Communications du n° 1422, du 25 août 1900, vous avez bien voulu reproduire une lettre dans laquelle je disais posséder dans mon jardin un géranium zonale à fleurs blanches simples, garni de nombreuses ombelles, parmi lesquelles se détachait une ombelle de fleurs d’un rouge vermillon. Cette année, le même pied a eu deux ombelles rouges, et une fiche faite l’an dernier a produit un pied sur lequel il y a cette année des ombelles blanches et une ombelle bien fournie, composée de fleurs aux pétales tout à fait blancs, d’autres fleurs aux pétales entièrement rouges et enfin d’autres dont sur cinq pétales, deux sont blancs et deux sont rouges, et le cinquième moitié blanc et moitié rouge. »
- Renseignements. — M. V. Callebant, à Termonde. — 1° Nous vous avons répondu dans la Boîte aux lettres du n° 1472, du 10 août 1901. Un grand nombre de lettres antérieures à la vôtre nous a contraint à retarder notre réponse. — 2° Nous demandons que l’on nous retourne, avec une demande, la bande d’envoi du journal, qui nous montre que le demandeur est bien abonné au journal. Lorsque le journal est envoyé de l’étranger, il suffit, comme vous l’avez fait cette fois, de nous faire parvenir la bande d’envoi avec le cachet de la librairie étrangère.
- M. R. Gaillard, à Urbillac (Ardèche). — Par prudence nous ne le ferions pas.
- M. Paul Ferry, à Lunéville. — Nous ne pouvons, à notre regret, nous occuper de cette affaire.
- M. Watelin, à Campagnac. — M. Henri de Parville n’a pas condamné la viande de cheval. 11 a simplement, à titre documentaire j fait connaître aux physiologistes l’expérience de M. Pflügger; voyez du reste la communication donnée plus haut.
- M. M. D., à Pierrefitte-sur-Seine. — Adressez-vous • au-Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Koch, à Paris.
- MM. Günter et Schultz, à Hambourg. — L’adresse que vous demandez est la suivante : Hôpital militaire de Sétif (Algérie).
- M. P. Moreau, à Avoir. — Nous n’avons pas l’adresse, mais nous reviendrons sur cette invention, s’il y a lieu.
- M. Anyel Roverano, à La Boule-sur-Mer. — American Ma-chinist, 218, William Street, New-York.
- il/. P. Tiébucien, à Paris. — La Yivonnaise, roue de pleine eau à godets syphoïdes, que nous avons décrite dans le n° 1454 du 6 avril 1901, p. 504, est construite par M. de Cour-sac, ingénieur au château de la Planche, à Vivonne (Vienne).
- M. le Dr G., à B. — 1° Nous vous avons toujours répondu dans la Boîte aux lettres, peut-être pas dans le numéro suivant; la place nous fait quelquefois défaut. — 2° Consultez l’article de M. Henri de Parville sur les hvgromètres Lambrecht, dans le n° 1450, du 9 mars 1901, p. 2Sl.
- Accusés de réception. —Avis divers. — M. R. B-, à Paris. Il est absolument nécessaire que vous renouveliez entièrement le vase poreux. — M. Leblois, à Asnières. II doit y avoir une connection défectueuse; il faut la chercher méthodiquement. — M. Legrand, au Havre. Il est nécessaire de vous adresser à une agence de brevets. — il/. L. V., à Nice; M. J. D., à Nancy. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 5e série, à la librairie Masson et Cie, à Paris. — M. Pudard, à Lille; M. Buart, à Ermont. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes Us questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES MENTIONS1
- Boule masseuse japonaise. — Le massage est très en faveur au Japon et La Nature a déjà publié un article assez complet sur ce sujet (n° 1277 du 20 novembre 1897). 11 y est fait mention d’un petit appared formé d’un bloc de bois dans lequel roule une bille de même matière et qui, promenée sur
- Boule masseuse japonaise.
- la peau, produit un excellent effet. Un constructeur^d’instruments de chirurgie de Paris, V. Galante, a fait venir un certain nombre de ces petits appareils (fig. 1) et leur construction nous a paru intéressante et au premier abord inexplicable, d’autant plus qu’ils sont vendus là-bas quelques centimes. Le bloc de bois est d’un seul morceau et on se demande comment la bille a pu y être introduite. Les Japonais aussi bien que les Chinois sont d’habiles tourneurs, mais si on coupe en deux l’un de ces blocs (fig. 2) on voit nettement que la pointe d’un outil a pénétré au centre de la cavité qui y est creusée pour ménager la place de la bille et il parait difficile qu’on ait pu introduire cet outil par-dessous la bille. 11 nous semble plus probable, étant donné surtout le prix infime auquel se vend le petit appareil, que la bille et le bloc sont tournés séparément et que, par un procédé inconnu de nous, le fabricant japonais a trouvé le moyen de dilater momentanément le bois du bloc pour permettre l’introduction de la bille. Mais c’est là une simple hypothèse et nous accepterions volontiers une autre explication.
- Classeur de lettres, papiers et relieur. —- Un classeur est un appareil très utile pour mettre en ordre tous les papiers, toutes les lettres, tous les documents par ordre
- Fig. 1. — Le perforateur des feuilles.
- alphabétique ou par matières. Le classeur que nous allons décrire est des plus simples. Il est formé par une couverture qui porte deux tiges verticales dans lesquelles on peut placer par ordre
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est^étrangère aux annonces.
- alphabétique les lettres reçues. Le perforateur que montre la» figure 1 permet d’effectuer les trous nécessaires aux endroits et à la distance voulue pour faire entrer la lettre. La feuille de papier est ensuite placée dans le classeur suivant l’ordre qu’elle doit occuper. Les deux tiges verticales entrent dans des fourreaux recourbés, et sont fixés par l’arrète-feuilles. On peut alors feuilleter, compléter le classeur et rechercher tous les documents par ordre alphabétique. Le classeur est complété par
- Fig. 2. — Le classeur. Fig. 5. — Le relieur.
- un relieur qui permet de reprendre toutes les lettres et de les fixer définitivement. Deux tiges horizontales et légèrement recourbées sont fixées sur la couverture et restent parallèles au dos de celle-ci. Elles peuvent s’allonger à volonté en pénétrant dans des fourreaux disposés à cet effet. On peut ainsi fixer les feuilles ou papiers divers. — Ces appareils se trouvent chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Cent ans aux Pyrénées, par IIesri Beraldi, in-8°. Paris, 1901.
- M. H. Beraldi vient de faire paraître le quatrième volume de Cent ans aux Pyrénées. Nous annoncions, à pareille époque, l’an dernier, l’apparition du troisième volume. La lecture de celui-ci est plus attachante encore que celle des autres déjà parus. L’auteur décrit les excursions et les travaux des savants touristes bien connus : le commandant Prudent, MM. Vallon, Gourdon, le comte de Saint-Saud, etc.,-et nous*donne entre autres les curieux détails de la découverte de la merveilleuse vallée du Niscle (Haut Aragon). Parcourue,par MM. Schrader et Lequeutrc, en août 1875, cette vallée reste, malgré tout, malheureusement presque inconnue des touristes qui vont à Gavarnie. Ils perdent ainsi l’occasion de visiter des régions grandioses d’une beauté tout'à fait exceptionnelle.
- La photographie ati charbon. Traité pratique et simplifié, par Paul Darby, photographe professionnel. 1 vol. in-16. Paris. B. Brunei.
- Catalogue des plantes contenues dans le jardin botanique alpin de la Linnæa, à Bourg-Saint-Pierre (Valais), par Henry Correvon, directeur du jardin. N° 1, brochure in-8°. Genève, imprimerie "W. Ründig et fils. 1901.
- Recherches sur la préhistoire de Chatel-Censoir et des territoires voisins, par Emile Pallier. 1 vol. in-8°. Clamecy. Imprimerie Staub, 1900.
- La question de la pêche dans le bassin de la Loire, par M. Paulze d’Ivoy de la Poype, délégué général de la Commission interdépartementale de pêche des conseils généraux du Bassin de la Loire. 1 brochure in-8°. Poitiers, Maurice Bousrez, éditeur.
- L’ Electricité à VExposition de 1900. Publié avec le concours et sous la direction technique de MM. E. Hospitalier et J.-A. Montpellier. 9e fascicule. Téléphonie et télégraphie, 2e section : télégraphie, par L. Montillgt, inspecteur des postes et télégraphes. Paris, Ve Ch. Dunod, éeliteur, 49, quai des Grands-Augustins. 1901.
- La mosaïculture pratique. Guide de V ornementation des jardins, par Albert Malmené, professeur d’horticulture. 1 vol. petit in-8°. 3° édition, Paris, Librairie et imprimerie horticoles, 1901.
- La photographie vitrifiée, recueil de procédés complets pour l’exécution, la mise en couleurs et la cuisson des émaux photographiques, miniatures, céramiques, vitraux, etc., par Bené d’IIéliécourt, rédacteur en chef de la Photo-Revue. , 1 vol. in-16. Prix : 3 fr. Paris. Charles Mendel, éditeur, 118, rue d’Assas.
- Le gouffre et ta rivière souterraine de Padircic (Lot). Historique, description, exploration, aménagement (1889-1900), par E.-A. Martel. Paris, librairie Ch. Delagrave, 1900.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Galvanoplastie et galvanoslégie, par Ad. Minet, ingénieur-chimiste. 1 vol. petit in-8° de l’EnCyclopédie scientifique des Aide-mémoire. Librairie Gaufhier-Villars. Paris. 1901. Prix : broché, 2fr,50 ; cartonné, 3 fr.
- Les littératures populaires. Tome XIJH. Le folk-lore des pêcheurs. 1 vol. in-10. Paris. J. Maisonneuve, éditeur. 1901.
- L’espèce et la race en biologie générale, par André Sanson, professeur honoraire à l’Ecole nationale de Grignon et à l’Institut national agronomique. 1 vol. in-8°. Scldeicher frères, éditeurs. Paris. 1901.
- La photographie sous-marine et les progrès de la photographie, par M. L. Boutan. 1 vol. in-8°. Schleiclier, éditeurs. Paris. 1901.
- La géologie, par H. Guère. 1 vol. in-8°. Paris, Schleiclier frères, éditeurs. 1901. Prix : 8 fr.
- Comment on se défend de la douleur. La lutte victorieuse, par le J)r Henry Garonne. Paris. 1 brochure in-8". L’Édition médicale française. 1901.
- Les bêtes dans l’art japonais, par le TP Louis Roule, professeur à la Faculté des sciences de Toulouse. 1 brochure in-8°. Toulouse,' imprimerie Lagarde et Sébille. 1901.
- Comment on se défend contre les maladies coloniales. Guide du voyageur et du colon, par le Dr J. Cerspin. 1 brochure in-18. Paris. L’Edition médicale française. Prix : 1 fr.
- Les blindages à l’Exposition de 1900, par L. Bâclé, ingénieur civil des mines. 1 brochure in-8°, extraite du Génie civil. Paris, 1901.
- La télégraphie sans fil à travers les âges. Conférence faite à la Société belge d’électriciens, parM. Em. Pierard, ingénieur des télégraphes belges. 1 brochure in-8°. Y,e Ch. Dunod, éditeur. Paris, 1901. Prix : lfr,50
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL pluie EN-MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 12 août.... 15u,9 S. W. 2. Beau. 0,0 Peu nuag. jusqu’à 10 11.; puis nuag.; beau après 18 b.
- Mardi 13 14°, 9 N. E. 1. Quelques nuages. 0,0 Nuag. de 11 b. à 16 h. ; beau avant et après.
- Mercredi 14 15°, 5 E. N. E. 0. Beau. 0,0 Beau jusqu’à 10 h.; puis nuag.; couv. après 16 h.; goût, à partir de 21 b.
- Jeudi 15 16°,1 W. S. W. 1. Couvert. 2,0 Presque couv. jusqu’à 18 b.; beau ensuite; trois coups de tonn. S.-S. S. E. à 1 h. 38-40; pl. à diverses reprises.
- Vendredi 16 15°,0 N. N. W. 2. Quelques éclaircies. 1,8 Presque couv. jusqu’à 8 11.; puis nuag.; beau après 17 h.
- Samedi 17 13°,9 N. E. 1. Quelques nuages. 0,0 Nuag. ; halo.
- Dimanche 18 16°,1 N. N. E. 1. Peu nuageux. ,0 Nuag. ; beau après 10 h. ; lialo.
- AOUT 1901 — SEMAINE DU LUNDI 12 AOUT AU DIMANCHE 18 AOUT.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du rem. Les courues du milieu tuuiqueul courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer): courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boute mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Lu température à Biskra. — Un de nos abonnés à Biskra nous envoie la courbe des températures observées dans cette région pour le mois de juillet. Le maximum a été de 48°,2 et a eu lieu le 9 juillet; le minimum a été de 21°,9 le 15 juillet.
- La Tondre. — Le 12 août, la foudre, au cours d’un violent orage à Ihuus-Neste, près de Ragnères-de-Bigorre, est tombée dans une maison et est ressortie par la fenêtre en bouleversant tout mais sans blesser personne.
- La pluie. - Pendant cette semaine, la pluie est tombée en abondance dans toate la France. Le 12 août, on a recueilli 45 mm d’eau à Clermont,
- 24 à Nancy, 12 à Biarritz, 7 à Lorient. A Paris le temps était nuageux, et la température moyenne de 18°,5. Le 15 août, on a signalé de nombreuses pluies à la pointe de Bretagne. A Paris, le temps était chaud et orageux. Le 14 août, des pluies sont tombées à Brest, où l’on a recueilli 51 mm d’eau, à Cherbourg, à Biarritz.
- A Pans, toute la journée du 14 août, le temps a été orageux et nuageux. Une légère pluie est. tombée dans la soirée. Le 15 août, dans la matinée, une pluie abondante est tombée, mais ii’a- pas duré Longtemps. Dans la journée, il y a eu quelques gouttes d’eau alternativement avec quelques rayons de soleil.
- Le 16 août, on a recueilli 8 mm d’eau à Belfort, 4 mm à Biarritz, 3 mm à Lyon. A Paris la température a baissé; la moyenne n’était que de 17°,2. Le 17 août, temps chaud et orageux. .
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 14 à 8 h, 37 m, dujmatin.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- D'importantes découvertes paléontologiques viennent d’être faites à Pikermi, près d’Athènes. La localité de Pikermi est depuis longtemps connue dans le monde des savants comme formant un dépôt d’ossements palèontologiques. L’abbaye de Pikermi, domaine d’un riche couvent, se trouve sur le versant est du mont Pentélique sur la route de Marathon. C’est en 1838 qu’un soldat bavarois appartenant aux troupes venues en Grèce avec Othon, premier roi des Hellènes, trouva dans un ravin quelques ossements fossiles. Roth, de Munich, qui avait vu les ossements, fit aussitôt entreprendre des fouilles couronnées de succès. L’Université d’Athènes, nouvellement fondée, fit de son. côté des recherches sous la direction du professeur Mitsopoulo. Puis, en 1860-1861, M. Albert Gaudry obtint aussi l’autorisation de pratiquer des fouilles. On sait quelle récolte d’ossements et de débris de toute nature fut faite par l’éminent paléontologiste français. Le nom de M. Gaudry restera éternellement lié au grand gisement de Pikermi. Après M. Gaudry, il est juste de citer aussi les travaux des Anglais, des Allemands, des Autrichiens, <h-s Grecs. Ce gisement de Pikermi est d’une richesse extraordinaire «m fossiles de grands quadrupèdes dont un grand nombre sont déjà venus enrichir les musées d’Europe,
- —Les épreuves du concours des freins organisé par le Touring-Club sont terminées. Sur 32 inscrits, 10 freins sur jante, 1 à mâchoire sur tambour, 2 à rubans, 4 à galets, et 2 au moyeu par contrepédalage ont seuls pu subir les dures épreuves q”ui leur ont été imposées pendant les trois journées du concours. Il faut attendre le rapport de la commission pour connaître les chiffres définitifs.
- —®— L’étendue des vignobles du département de la Seine, dans lesquels se trouvent les vignes phylloxérées de Saint-Denis et de Saint-Ouen dont nous avons parlé récemment est de 370 hectares.
- Il faut compter 15 000 pieds de vigne par hectare, soit au total S500 000 pieds.
- —Le soleil de l’été de 1001 aura laissé des traces de son passage. Tout ce qui était coloré avec des oxydes métalliques à teintes vives ou avec les teintures chimiques actuelles a été décoloré et a passé au gris. Dans les intérieurs des maisons où des volets n'ont pas entravé le rayonnement, les rideaux, les tentures, les papiers sont partiellement ou totalement décolorés. Dans la banlieue de Paris, les maisons en simili-brique qui rougeoyaient au printemps semblent avoir été passées à la lessive, les façades sont déteintes, les persiennes grisâtres. Les miroirs à barbe ont joué des tours à j leurs propriétaires. Les rayons rélléchis par les glaces grossissantes mit mis souvent le feu aux rideaux.
- —®— On croyait jusqu’à ces derniers temps qu’on pouvait toucher presque impunément, et en tout cas sans danger mortel, des conducteurs soumis à des tensions alternatives inférieures à 250 volts. Le « Bulletin de la Société de Mulhouse » nous fait connaître qu’une longue série d’accidents mortels est venue infirmer cette opinion. Le «langer que présentent les courants alternatifs pour l’homme dépend surtout du contact et de la nature de l’épiderme par lequel ce contact a lieu. Dans les locaux humides, dont l’air est chargé de vapeurs et souvent de sels ou d’acides, comme dans les sucreries, les papeteries, les teintureries, les fabriques de produits chimiques, etc., la -résistance des ouvriers est considérablement diminuée, et par ce fait il sont exposés à «les accidents mortels même aux plus basses 'tensions alternatives. Dans la plupart des cas qui se présentent dans l’industrie, le courant alternatif, appliqué brusquement, agit par inhibition de certains nerfs; les fonctions du cœur ou de la respiration sont alors arrêtées. Très souvent on peut ranimer les
- victimes par la respiration artificielle qu’il faut toujours appliquer au moins pendant deux heures. De nombreuses mesures de précaution ont déjà été indiquées. D’autres bonnes mesures consistent à faire communiquer à la terre le bâtis des machines, et à veiller à ce que le sol soit propre et sec.
- —® — On vient de découvrir dans le district de Cassiar (Colombie anglaise) une montagne qui présente une formation géologique des plus curieuses. Elle est composée de couches superposées et alternativement de soufre presque pur et d’un minerai contenant en quantités exploitables de l’or, de l’argent et du cuivre.
- —®— La Compagnie Marconi a établi des stations reliées au réseau du Post Office et qui permettent aux passagers des paquebots d’envoyer, au passage, des télégrammes. Ces stations encore peu nombreuses, existent à Holyhead, distant déjà de plus de 100 kilomètres de Liverpool, à Itosslare, pointe sud-est de l’Irlande, et enfin à Crookhaven. Ces diverses stations sont utilisées avec empressement par les passagers des paquebots au départ de Liverpool et aussi par les passagers venant «le Montréal. Les propriétaires des bateaux ont [tu également transmettre des ordres à leurs capitaines alors que les bateaux se trouvaient encore à 70 kilomètres de la côte.
- —®— On a procédé ces temps derniers à des travaux d’élargissement du canal de l’Oder à la Sprée, et l’on a suivi pour ce faire une méthode assez originale, en particulier pour enfoncer les pilotis et palplanehes soutenant les talus. On avait résolu «le n’effectuer l’élargissement en question que d'un seul côté, en rendant la rive très aceore, en dépit de la nature sablonneuse des terres qui la forment. Pour la partie supérieure des talus, on la maintint avec . des dalles en ciment armé ; pour le bas, on fonça «les pilotis suivant une inclinaison de 1 /10e en les disposant à 1 mètre d’intervalle, et quand leur tète ne fut plus en saillie que de 0m,50, on les réunit et les recouvrit par une forte poutre sur laquelle agissaient simultanément des moutons au droit des pieux : au bas des palées, de l’eau sous pression était injectée en même temps par une série de tuyaux dépendant tous d’un tube transversal commun. Contre ces palées, on fit ensuite glisser et descendre des panneaux de palplanehes disposées à recouvrement, l’enfoncement des panneaux étant déterminé par des moutons frappant sur une poutre à double T, fixée en haut des panneaux pour former sommier interposé.
- —®— On emploie en Russie, pour les poteaux soutenant les conducteurs électriques aériens, une combinaison qui évite complètement la pourriture de la partie du poteau qui se trouve en terre : pour cela on recourt à des poteaux mixtes, bois et métal. Toute la partie qui est hors de terre est en bois, comme de coutume, et elle | repose par son extrémité inférieure dans une sorte d’embase, il’ene plauture constituée par trois ou quatre étais métalliques faits de fers cornières disposés en triangle. Chaque triangle offre un angle extrêmement ouvert qui vient au contact de la base même du poteau de bois et, d'ailleurs, cpielques goussets entrent dans sa constitution. Les étais sont réunis à leur partie supérieure par un cache métallique, ils sont noyés en terre sur une grande partie de leur hauteur, mais dépassent pourtant suffisamment pour donner un bon appui au poteau de bois.
- —®— L’économiseur de vapeur Taylor, qui était récemment signalé par Engineering Record, est à la fois un condenseur partiel, un réchauffeur détartreur d’eau d’alimentation et de plus un réchauffeur d’air, quand il est appliqué à des foyers comprenant une soufflerie. C’est une chambre parallélépipédique en tôle, divisée en trois parties par «leux cloisons horizontales. Dans le haut une cloison transversale forme des bacs de dépôts pour les impuretés; la partie moyenne de l’appareil, présentant une succession de passages en chicane, forme condensateur à air en même temps que réchauffeur. La partie inférieure sert de réservoir à l’eau épurée.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — M. le DT Ph. Maréchal, à Paris, nous adresse une notice ayant pour titre « Contre la vivisection » ; c’est le discours qu’il a prononcé à la séance plénière du XliP congrès international de l’union protectrice des animaux.
- M. le DT A. Moreau, Président de la Société vétérinaire pratique, à Paris, nous écrit : « La Nature du 15 juin dernier renferme un article de M. J. Laffargue sur les tramways électriques à contacts superficiels; article particulièrement intéressant, mais rééditant au sujet de la sensibilité électrique du cheval une croyance qui se trouve être aujourd’hui nettement eontrouvée. Des expériences récemment faites ont démontré que le cheval ne possède à l’égard de l’électricité aucune sensibilité particulière. La Société de Médecine vétérinaire pratique, émue par les nombreux accidents qui survinrent en 1900 du fait des tramways à plots, décida de rechercher expérimentalement, au double point de vue physiologique et médico-légal, quels phénomènes et quelles lésions l’électrisation déterminait sur les chevaux. Ces expériences portèrent sur quatre chevaux. Elles eurent lieu, les 5 et 25 mars 1901, à l’usine électrogène de Saint-Mandé, mise gracieusement à la disposition des expérimentateurs par M. le Directeur de la Compagnie générale des Tramways-Sua. Un dispositif assez simple, deux plaques métalliques posées sur le sol et reliées respectivement aux pôles -j-et — des dynamos, représentait le plot et le rail. L’animal, non déferré, fut placé de telle manière qu’un pied posait sur l’une des plaques et l’un des autres pieds sur la seconde plaque. Les phénomènes observés démontrèrent l’inanité des notions jusqu’alors admises. Des courants de 200, 400, 550 et 700 volts donnèrent lieu à de simples commotions, avec ou sans chute sur le sol. Ces commotions et les mouvements réactionnels avaient généralement pour résultat la perte des contacts. On pouvait alors observer quelques troubles circulatoires et respiratoires ; mais, après quelques minutes, l’animal était revenu à son état normal. La mort n’a été déterminée que lorsque l’animal put tomber, le corps en contact avec les deux plaques et qu’il ne réussit pas à se dégager. Alors se produit l’arrêt de la respiration, avec la tétanisation générale du système musculaire, et la mort arrive par asphyxie. Une jument subit, dans ces conditions, un courant de 550 volts — le courant distribué aux plots — pendant plus d’une minute. Tombée sur le sol, elle perdit l’un des contacts en se débattant et, après quelques efforts, elle se releva. Elle fut placée en observation à l’Ecole d’Alfort et survécut sans présenter aucun accident imputable aux chocs terribles qu’elle éprouva. Ces résultats expérimentaux ne sont pas, comme ils le paraissent, en contradiction avec les trop nombreux accidents mortels observés sur la voie publique. Si le cheval est si souvent victime du plot électrisé, c’est que, presque toujours, il est attelé, c’est-à-dire entravé par ses harnais et les timons de la voiture. S’il met le pied sur le plot électrisé et si la secousse le fait tomber, il ne peut se dégager et reste fort souvent le corps en contact avec le plot, tandis que l’un des membres touche le rail : le courant continue son action et tue l’animal. 11 n’y a donc pas de susceptibilité particulière au cheval; mais simplement des conditions spéciales de chute et d’immobilisation sur les contacts métalliques électrisés. Ces faits et ces explications ont été publiés en détail dans le Bulletin de la Société de Médecine vétérinaire pratique par M. Lucien Rossignol, rapporteur de la Commission d’expériences (Presse vétérinaire des 51 mars et 50 avril 1901). Us méritent peut-être d’être portés devant le grand public auquel s’adresse La Nature. »
- M. L. Watelin, à Campagnac, à propos de notre article sur l’oreille, paru dans le n° 1470 du 27 juillet 1901, p. 15b, nous écrit : « Dans l’Inde et dans beaucoup d’autres- parties de l’Asie, les Indiennes surtout, très civilisées de l’Inde anglaise, portent des pendants d’oreille d’un poids énorme, en métal, avec pierres, et tels que le lobe de l’oreille est distendu jusqu’à toucher l’épaule, et va même quelquefois plus bas; de plus, ce lobe prend une ampleur hors de proportion, et des enfants de 10 à 12 ans, qui sont des jeunes filles là-bas, ont déjà des lobes d’oreilles énormes. C’est une coutume qui s’applique à des milliers d’individus, et que vous rencontrez à chaque pas dans les villes et la campagne. En Afrique également, les-oreilles des peuplades sont soumises au même régime et il y a des tribus où hommes et femmes portent des fardeaux aux lobes déformés de l’oreille. »
- M. le Directeur de la Compagnie du gaz des villes dit Mans et de Vendôme, à la suite de la chronique sur « le service d’incendie d’une Compagnie gazière » (n° 1472, du 10 août 1901, p. 175), veut bien nous envoyer les divers tableaux composant le poste de secours créé par la Compagnie et fonctionnant depuis-plus de vingt ans.
- Renseignements. — M. J. S. 1167. — Nous n’avons pas^ l’adresse de M. Poitrineau, qui faisait les constructions mobiles dont vous parlez ; mais il existe aujourd’hui une série d’autres maisons faisant le même genre de constructions : Compagnie des constructions démontables, 54, rue Lafayette ; Société desconstructions économiques, 11, avenue de l’Opéra; Société de conslructions portatives, 80, rue Taitbout, à Paris.
- M. R. de Bantel, à Paris. — Nous allons prendre des informations et nous vous répondrons.
- M. Herrgott, à Valdoie-Belfort. — Nous ne pouvons vous-fournir ce renseignement; mais vous pourriez vous adresser ;V M. le général Bassot, directeur du service géodésique de l’armée, 16, rue Chauveau-Lagarde, à Paris.
- M. E. B., à Saragosse. — Vous trouverez des ouvrages sur le travail des métaux, à la librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. E. Coudray, à Paris. — Nous n’avons pas d’autres renseignements que ceux que nous avons déjà publiés.
- M. P. Marqueris, à Saint-Georges. — Il n’existe pas d’ouvrage sur cette question ; les diverses données ont été publiées-dans les différents journaux. .
- L’abonné 566, à N. — Nous avions déjà eu cette idée comme vous. Mais en pratique nous avons reconnu que nous-échouerions. 11 y a déjà du reste l’avion Ader réalisé mais ne pouvant se terminer complètement faute de fonds. Et nous-croyons savoir que les dépenses atteignent bien près du demi-million.
- M. E. Bollens, à Niangara (Congo). — 1° Cet appareil n’est, plus dans le commerce. — 2° Ce petit livre n’a pas été réédité.
- M. E. Fabre, à Bizanet. — Pour détruire les vers blancs, arroser avec de l’eau contenant du sulfure de carbone. Pour détruire les courtilières, arroser avec du jus de fumier en putréfaction.
- M. le Dr Briand, à Villejuif. — Vous pourriez essayer de recouvrir, à plusieurs reprises, le mur d’une solution de silicate de potasse. On recommande aussi parfois de faire un lait de chaux contenant 20 kg de chaux pour 25 litres d’eau et d’y ajouter 20 à 50 grammes d’alun par litre.
- M. Brémond, à Toulon. — Il est préférable de prendre du cuivre ou de la tôle de fer étamés ; le zinc pourrait donner naissance à des produits plus ou moins toxiques.
- M. F. Sutterlin, à Mutzig. — Nous n’avons pu retrouver la description de l’appareil dont vous parlez ni en 1900, 1899, 1898, 1897.
- Cercle Fragonard, à Grasse. — 1° Ces lampes ne sont pas encore fabriquées. — 2° Les lampes Gérard ont disparu depuis longtemps.
- M. C. Lange, à Etampes. — Pour détruire les cafards, il faut employer une pâte phosphorée que l’on prépare avec du sucre en poudre, de la farine et du phosphore dissous. On place cette pâte dans des soucoupes que l’on répartit de tous côtés.
- M. J. L..., a Toulouse. —Nous ne connaissons pas d’autre nom pour cette teinture.
- M. H. d’Bai/erne, à Rennes. — L’adresse est donnée à la fin du petit article.
- M. le Dc Guillaume, à Chaumont. — Passer un bon vernis à la gomme-laque et ensuite une couche légère de paraffine.
- Voir la suite de la Boite aux lettres page 3 des Nouvelles scientifiques.
- Dans ta « Boite aux lettres *> la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- BOITE AUX LETTRES {Suite)
- M. Gautier, à Saint-Beauzire. — Vous trouverez peut-être une notice à la librairie Agricole de la maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- M. Moreau, à Yvoir. — Ces renseignements peuvent être donnés dans l’Agenda du chimiste, à la librairie Hachette et Cie, à Paris.
- M. Julio Villars, à San Juancito (Rep. de Honduras). — Adressez-vous à la maison Ch. Mildé et Cie, 60, rue Hesrenaudes, à Paris.
- M. A. Dronault, à Epernay. — Nous connaissons depuis longtemps l’emploi de ces appareils aimantés.
- M. L.-C. Cercler, à Dixme. — Nous ne pensons pas que ce livre existe; nous ne pouvons vous donner aucun renseignement à cet égard.
- M.-H. Gahéru, à X. — Il n’existe pas d’ouvrage sur cette question.
- M. R. de Bantel, à Paris. — L’adresse que nous avons indiquée est bien l’adresse portée sur la boite.
- Questions. — N° 1251. Un de nos abonnés, M. Ch. Cadiot, à Paris, nous demande de quel produit chimique il pourrait se servir pour faire venir du Brésil jusqu’en Europe, à l’état liquide, en parfait état, le lait des caoutchoucs, tels qu’ils se récoltent.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Leront, à Nancy. Nous n’avons jamais vu l’appareil dont vous nous parlez. — M. Dubnr, à Lille. La formule que vous appliquez n’est pas exacte; refaites vos calculs. — M. Lelong, à Blois. Nous ne pouvons insister sur tous ces détails. — M. G. Z., à L.; M. Yerant, à Boulogne. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 2e série, à la librairie Masson et Cie, à Paris. — M. Lepardon, à Bordeaux. Remerciements pour votre communication. — M. Dupierre, à Oloron. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- PETITES INVENTIONS1
- Abat-jour de bureau. — Ce nouvel abat-jour est construit d’après le principe de la lanterne sourde ; il forme un tambour rornl à deux rouleaux B et C qui s’ouvrent et se ferment à volonté, de façon à projeter la lumière à l’aide d'une lampe A sur un bureau, sur une table ou partout où l’on en a besoin, mettant les yeux complètement à l’abri. A l’intérieur se trouve la lampe à incandescence E avec le fil D pour l’alimenter. Le rouleau est supporté par une tige F. Cette
- Abat-jour <Ie I urcau.
- lampe peut se monter de manières différentes : debout pour un bureau plat et horizontalement pour les nouveaux bureaux américains, dits à rouleau. Cette nouvelle lampe est très appréciée par toutes les personnes qui ont besoin de lumière pour travailler le soir, car tout le monde se plaint des inconvénients que présente la projection directe de la lumière dans les yeux. En outre, elle a l’avantage de concentrer la lumière sur la table au point où l’on en a besoin. — L’abat-jour de bureau se trouve chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Affiloir pour couteaux, canifs et ciseaux. — Le
- petit appareil ci-contre comp mant un certain angle peut servir d’affiloir pour couteaux, canifs et ciseaux. Pour repasser les couteaux de table, à découper et les canifs, il suffit de passer la lame deux ou trois fois par un mouvement de va-et-vient et légèrement, entre les molettes disposées en angle au milieu. Pour les ciseaux on opère sur le côté, le plat de la lame du ciseau reposant sur la partie en bronze. Les molettes en acier trempé sont rendues mobiles par une vis, de sorte que s’il arrive par l’usage que les molettes ne mordent plus, on les change de côté. — Le petit affiloir se trouve chez M Palais-Royal, à Paris.
- é de deux molettes en acier for-
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- Affiloir pour couteaux et ciseaux.
- Mathieu, 151, Galerie de Valois,
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Les amers sont-ils apéritifs?
- Autrefois on donnait le nom d’amers à une assez grande quantité de médicaments ; mais, peu à peu, on a restreint ce titre à un certain nombre de produits d’origine végétale, doués d’une amertume franche, mais sans astringence marquée et qu’on employait pour stimuler l’appétit, favoriser la digestion et ranimer les forces.
- D’après Camboulives, ces médicaments, introduits dans les voies digestives, augmentent la sécrétion salivaire, modèrent la soif, activent les fonctions gastriques. On les a employés comme stomachiques dans les dyspepsies, gastralgies, gastrites chroniques, chlorose, scrofule, goutte, etc.... Ils formaient autrefois la base de la « Poudre du duc de Portland », qui fut célèbre contre la goutte ; il paraît, toutefois, qu’il fallait en continuer l’usage quotidien pendant deux ou trois ans sans arrêter, ce qui laisse rêveur sur l’effieacité du produit.
- Aujourd’hui, beaucoup admettent que les amers augmentent l’appétit, accroissent la sécrétion des sucs digestifs et excitent la contraction des fibres musculaires de l’intestin et il y a certainement du vrai, bien que quelques auteurs contestent ces faits.
- Manquât, dans son traité de thérapeutique, divise les amers en cinq catégories: I. Amers purs ou francs: Colombo, gentiane, quassia amara, petite centaurée, etc. — II. Amers aromatiques : absinthe, camomille, angusture, casearille, etc. — III. Amers astringents : quinquina, écorce de saule, café, etc. — IV. Amers purgatifs : aloès, coloquinte, rhubarbe, etc. — V. Amers spastiques ou hypercinétiques : noix vomique, fausse angusture, picrotoxine, etc.
- On voit que le choix est vaste et facile ; les produits ne coûtent pas cher et pourtant les amers ont des détracteurs. Par exemple, Nothnagel et Rossbach les considèrent presque tous comme sans action utile. Tchelzof prétend qu’ils entravent la digestion d’un estomac sain. Bucheim et Engel estiment que la digestion chimique des albuminoïdes et des amylacés n’est pas accélérée par les amers. Cependant un certain nombre d’autres auteurs reconnaissent une action apéritive avantageuse.
- Le professeur Soulier donne une ingénieuse explication au sujet de l’action que peut produire l’absorption d’un amer et voici comment il résume le processus apéritif : Au fait périphérique du siège buccal, connexe de la sensation amère, paraît correspondre un stade préparatoire de la sécrétion gastrique ; la sensation amère est comme l’équivalent de la faim.
- Le docteur Schefller dit avec raison : « Si la sensation ressentie n’est pas celle de la faim physiologique, c’est néanmoins une sensation qui fait éprouver le besoin d’ingérer des aliments, et qui s’accompagne du désir de manger. C’est une faim artificielle si l’on veut, mais le résultat est en somme le même que celui d’une faim légitime : le sujet absorbe plus volontiers des aliments, et en plus grande quantité.
- Reichmann est également partisan des amers et admet qu’ils augmentent l’activité sécrétoire ; d’après lui, pour qu’ils pyo-duisent leur maximum d’action utile, il faut les faire prendre une demi-heure avant le repas. Ce délai généralement bon est cependant un peu trop long dans un certain nombre de cas; c’est une question individuelle qu’il est facile de régler en trois
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- ou quatre jours. Elle dépend et des estomacs et de la nature des amers, l’ius récemment, Mareone a remarqué qu’en ajoutant des amers aux aliments, la quantité du suc gastrique était augmentée ; et il estime que la digestion est plus rapide.
- Terray semble également favorable aux amers et il admet qu’ils rendent les contractions de l’estomac plus fréquentes et p'us fortes; à cet égard, la simple gentiane tiendrait la tète des amers, puis viendraient le condurango et le quassia amara.
- En somme, nous pouvons admettre que les amers ont, en général, une action thérapeutique réelle et que leur emploi ne doit pas être rejeté. Le mode d’administration a son importance et c’est souvent de lui que dépendent les succès ou insuccès. Le plus souvent, ces médicamenls doivent être pris avant les repas ; en dehors des repas, ils fatigueraient inutilement l’estomac sans aucun avantage.
- En général, ces produits se prennent sous forme de vins ; mais dans certains cas où le vin ne peut être employé, on peut les donner sous forme de décoctions et de macérations (de cinq à vingt grammes de plante par litre d’eau).
- Quant à la forme pilulaire, il faut l’éviter autant que possible... car on connaît nombre de pilules qui se sont contentées de traverser le tube digestif sans s’y dissoudre. De plus la sensation amère qui est la principale raison apéritive des amers ne peut exister avec les pilules.
- Les amers qu’il faut employer de préférence sont encore les plus anciens ; ce sont la gentiane, le quassia amara, le Colombo. Les principes actifs de la gentiane sont surtout la gentianine ou gentiopicrine (glucoside cristallisable) et l’acide gentianique. Le quassia amara doit surtoutson action à la quassine, produit très actif. Le Colombo doit ses propriétés à la colom-bine, à la berbérine et à l’acide colombique.
- Depuis quelque temps on vante le condurango parmi les amers, mais cet intéressant produit a une action thérapeutique complexe qui mérite une étude spéciale. En résumé l’emploi des amers est à conseiller en tant qu’apéritifs ; mais, suivant les cas, il faut choisir et la substance amère et son mode d’administration. E. Yarexne.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 19 août.... lcSu,5 N. N. E. 1. Beau. 0,0 Quelques nuages.
- Mardi 20 16°, 9 N. N. E. 1. Beau. 0,0 Beau.
- Mercredi 21 11° ,9 N. E. 5. Beau. 0,0 Peu nuag. ; halo.
- Jeudi 22 15°,0 N. E. 2. Beau. 0,0 Quelques nuages de 17 à 20 h.
- Vendredi 25 16°,1 N. E. 2. Nuageux. 0,0 Peu nuag. de 7 à 18 h.; beau avant et après.
- Samedi 21 1()°,7 N. E. 1. Beau. 0,0 Beau.
- Dimanche 25 18°,8 • N. E. 1. Peu nuageux. 0,0 Nuag. le matin; très nuag. le soir. Fort orage de 12 à 1 i li. avec forte pluie.
- AOUT 1901 -- SEMAINE Dü LUNDI 19 AOUT AU DIMANCHE 25 AOUT.
- Lundi
- Mardi
- Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- I
- Dimanche
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- La' courbe courbe épais, boule sèche:
- supérieure indique la nébulosité de 0 ù 10: les fléchés mierieures. la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: se, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mery courbe plus mince, thermomètre à l’abri à courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boute mouillés.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tempêtes. — Une tempête s’esl déchaînée brusquement le 19 août sur les côtes de Cherbourg. Le temps s’est couvert tout à coup et le vent, soufflant du nord-est, s’est subitement élevé. La mer est très grosse au large et très agitée à la Hague.
- Vers 7 heures, le 20, au matin, le yacht anglais Rhodesia, capitaine Cowfard, est venu à la côte sur la pointe du Béton après avoir chassé sur ses ancres. D’autre part, le sémaphore Querqueville signale qu’une grande
- barque anglaise mouillée sous le raz des Bannes est venue se mettre à la cote dans l'ouest dTrville. On a signalé encore de nombreux dégâts.
- Le 21 août, à la suite d’une violente tempête, quarante maisons du village de Villanueva Jiloca, près de Saragosse, se sont effondrées. Six personnes ont été tuées. Les pertes matérielles ont été évaluées à plusieurs millions.
- Température. — Le temps est toujours resté au beau. On a seulement signalé quelques orages à Biarritz et au pic du Midi. La température s’est toujours maintenue à nue moyenne de 18° avec des maxima de 28°,7 et un minimum de 12°, 1. La pluie est tombée eu abondance à Paris le 25 août.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 22 à 8 h. 1 m. du malin.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux. acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— Que devient le prix Osiris? C’est seulement en 1903 que l’Institut décernera ce prix de la valeür de 100 000 francs. Nous rappelons que c’est en décembre 1899 que M. Daniel Osiris fît don à l’Institut d’un capital productif de 32 000 francs de rente annuelle. Ces arrérages devront servir à la création d’un prix triennal de 100000 francs - destiné à récompenser la découverte ou l’œuvre la plus remarquable qui se sera produite au cours des trois années écoulées, dans les sciences, dans les lettres et dans l’industrie.
- ‘ —®— Le Santos-Dumont n° 0 est prêt à partir. Il va faire ses essais de machine et d’équilibre avant de tenter de contourner la tour Eiffel.
- —®— On parle beaucoup eh Angleterre du navire aérien qui doit franchir la Manche aussitôt qu’il sera terminé. M. Buchanan, son inventeur, lé fait construire dans les ateliers de M. Spencer. Il s’agit d’un ballon forme oiseau simplement gonflé d’air. La machine motrice et le propulseur sont à. l’intérieur du ballon. Jusqu’ici, les détails publiés sont trop incomplets pour qu’on puisse juger de la valeur de cet engin. Nous y reviendrons s’il y a lieu.
- —-®— M. Montagne Ilolbein, le célèbre nageur, a tenté le 23 août la traversée de la Manche, du cap Gris-Nez à Douvres. Il a quitté le cap Gris-Nez à quatre heures quinze de l’après-midi, par un temps assez calme. Mais, au bout de deux heures de nage, la mer devint trop houleuse. M. Ilolbein continua cependant et vers quatre heures et demie du matin il fallut le tirer de l’eau. Il n’était plus qu’à six milles marins de la côte anglaise. La distance du cap Gris-Nez à Douvres est de seize milles environ.
- —®— Il existe dans un vignoble de Louchy-Montfand, près de Saint-Pourçain (Allier) un cep de vigne qui couvre une surface de 58 mètres carrés et porte exactement 774 grappes de raisin. A Do-mérat, on signale aussi un cep portant 594 grappes.
- —®— M. L. Périssé a fait récemment à la Société des Ingénieurs civils une étude très complète des moteurs à alcool. Il a montré tout l’intérêt qu’il y a à utiliser dans les moteurs à explosion, au Heu des pétroles et autres hydrocarbures d’origine étrangère, un produit de notre sol national qui a l’avantage de pouvoir être fabriqué avec n’importe quel végétal ou résidu sucré, et qui est constant de composition, quelle que soit son origine. Après avoir rappelé les principales propriétés physiques et chimiques des alcools industriels, c'est-à-dire qui ont été dénaturés selon la formule exigée par la Régie, puis carburés au moyen de benzol pour élever le pouvoir calorifique, M. Périssé a donné quelques renseignements statistiques et législatifs sur la situation en France et à l’étranger. Il a fait une monographie avec projections des principaux appareils employés, les carburateurs Pétréano, Delabaye, Le Bion, Martlia, Koerting, Lon-guemarre, G. Richard, de Dion-Bouton, Duplex, le distributeur Gobron-Brillié, etc. Il a passé ensuite en revue les expériences faites sur les moteurs fixes depuis qu’on s’occupe de cette question ; il a donné de très nombreux renseignements numériques sur les résultats obtenus, tant en France qu’en Allemagne, au Concours agricole de Paris et au Concours agricole de Halle-sur-Saal. A côté des moteurs fixes, l’alcool a été utilisé dans les automobiles et trois grandes manifestations sportives ont permis d’étudier la marche des automobiles avec l’alcool. Ce sont les courses de Paris-Chantilly en 1899, Paris-Rouen en 1900 et Paris-Roubaix en 1901. Des tableaux de. consommation à la tonne kilométrique ont permis de comparer les résultats obtenus par les différents véhicules marchant, les uns à L’alcool dénaturé, les autres avec les mélanges carburés à 50 et 75 pour 100. Enfin, dans un dernier chapitre, M. L. Périssé a fait ressortir les avantages et les inconvénients de l’alcool moteur, en indiquant les conditions les meilleures, d'après lui, pour obtenir un eîfet utile maximum, et décrit le carburateur à brassage et réchauf-
- fage convenables, les moteurs à longues courses et à forte compression, etc. Il a fait connaître les chiffres de prix de revient du cheval-heurè qui ont été obtenus en France dans des expériences offrant toutes garanties, et, rappelant les conclusions dé sà communication de juin 1899, il a montré comment les expériences répétées faites depuis quelques mois permettent de les modifier.
- —®— Au moment où l’on vient d’inaugurer, sur la grande route de Yalloire-en-Dauphiné, le monument élevé au malheureux capitaine de France, dont on se rappelle la fin tragique, il est intéressant de relever, d’après le Club alpin suisse, le chiffre des accidents de montagne, l’année dernière. 11 n’y en a pas eu moins de 30, ayant occasionné la mort de 48 personnes. C est une augmentation de près du double sur l’année précédente. Depuis dix ans, le nombre des accidents a été de 219 et ils ont coûté la vie à 313 personnes; 18 de ces catastrophes seulement ont été déterminées par le brouillard, le froid, les avalanches et les tempêtes de neige. Toutes les autres ont été provoquées par l’imprudence des voyageurs ou l’inexpérience des guides, et elles ne se sont produites que sur des montagnes tout à fait secondaires, d’une altitude peu élevée, telles que le Pilate, le Storkborn et les Rochers-de-Naye. Il y a quelque chose à faire pour la protection de la vie humaine dans l’organisation et la surveillance des ascensions alpestres. L’ignorance et l’insuffisance des guides appelleraient une intervention de police plus sévère.
- —®— Les vipères se multiplient, cette année, d'effrayante façon dans la Meuse, notamment dans les environs de Bar-le-Due, de Ligny-en-Barrois et de Saint-Mihiel. Dernièrement, le nommé Muller (de Ligny) a apporté à la mairie 65 vipères, et un de ses camarades 22. Le total des dangereux reptiles pris par ces deux habitants du pays, depuis le commencement de cette année, s’élève à 940. A Saint-Mihiel, un autre terrible destructeur de vipères, M. Jules André, en a détruit 93 dans les bois de Marsoupe et de Gobessart.
- —®— La Compagnie P.-L.-M. a mis en service à sa gare de Paris, un chariot électrique de transbordement des wagons qui rend de grands services. Son ossature est la môme que celle'des chariots déjà existants et employés pour des véhicules de 7m,35 d'empattement. Pour le déplacement, on a prévu une dynamo à grainage électrique dont l’arbre commande par courroie un tram d’engrenages réducteur de vitesse ; et celui-ci, à son tour, actionne un des essieux du chariot par l'intermédiaire d’un arbre muni d’un débrayage et d’une chaîne Galle. Les autres essieux sont accouplés au premier par chaîne. La prise de courant, étudiée par la maison llillairet, se fait par frotteurs et contacts successifs. La translation d’une voiture de 11 tonnes s’opère à une vitesse de Û'°,75 par seconde en demandant 70 à 75 ampères sous 115 volts au démarrage, et 40 à 45 ampères en marche normale.
- —®— Les poteaux télégraphiques les plus hauts qui soient au monde, sont certainement ceux qui viennent d’être posés à Beaumont, dans le Texas. Leur sommet se dresse à 150 pieds au-dessus du sol. Ils ont été mis en place par la Western Union C“ sur les deux bords de la rivière des Pêches Nèches, et supportent un câble qui la traverse sur une longueur de 144 pieds. La hauteur des poteaux permet ainsi au câble de laisser passer sans être touché les navires dont les mâts ont 100 pieds et plus,
- —®— On commence d’employer aux Etats-Unis un excavateur imaginé par M. Hetleseater, et d’un type curieux. Il comporte d’abord une plate-forme montée sur deux bogies et où l’on trouve, d’une part, une chaudière verticale et un moteur commandant les' mouvements de l’excavateur proprement dit et, de l’autre, cet excavateur : celui-ci est une cuiller du type assez connu, élevée sur une sorte de cône-alfùt comme on en emploie pour certains canons de marine à tir rapide. Elle y peut prendre un mouvement de rotation dans tous les sens, en meme temps que se relever, s’abaisser pour-toutes opérations de piochage ou de déchargement.
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- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- nous avons demandé à M. Morieu de les graver. On remarque dans le dessin une grosse cerise avec une petite à côté, branchées sur la même tige ; on voit également des spécimens de
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La jumelle universelle Bellieni se trouve chez M. Bellieni, 17, place Carnot, à Nancy.
- Communications. — M. Paul A. Dubey, à Mulhouse, à propos de notre chronique sur « L’éclair en boule » (n° 1470, du 27 juillet 1901, page 142), nous écrit : « C’était en 1895, au mois d’août, au pied des Crazy Mountains, près Big Timber Mount (altitude environ 4500 pieds=1240 mètres au-dessus de la mer), dans les Montagnes Rocheuses (U. S. A.). J’étais en « buggy » avec un fermier des environs, et nous trottions depuis environ 1 heure par le beau temps habituel de ce pays, en été. Il était environ 5 heures de l’après-midi, très chaud et lourd. Le temps s’obscurcit soudain en un quart d’heure, il était évident qu’un orage allait éclater. Pensant que ce ne serait pas grand’chose, nous continuâmes comme si de rien n’était, malgré trois ou quatre coups de tonnerre avertisseurs, quand, dans l’espace de deux ou trois minutes environ, il parut évident qu’il se passait quelque chose d’extraordinaire, les coups de tonnerre se succédaient rapidement et étaient tout autres que les premiers, c’est-à-dire beaucoup plus forts, plus secs et presque sans roulements. En levant les yeux nous vîmes de nombreux éclairs en forme de boules de*feu, bien distinctes, éclater en l’air, en même temps se produisit un de ces fameux « cloud-burst », c’est-à-dire trombe d’eau, assez fréquents dans ces parages, et nous n’eûmes que le temps de trotter jusqu’à la barrière d’une ferme abandonnée que nous avions la chance de trouver là, d’y abandonner notre équipage, et de sauter dans la vieille masure, après avoir laissé tomber par terre les rênes de nos chevaux pour qu’ils ne s’en aillent pas. Là-dessus, il fit si froid que nous avons tout simplement démoli l’intérieur de la vieille cabane et y avons mis le feu au milieu de son « plancher » (en terre nature) pour nous réchauffer. J’estime, approximativement, n’ayant pas eu de thermomètre avec moi, la température ambiante avant l’orage à + 32°-34°C., air très sec comme c’est la règle dans ce pays, en été; après la trombe à -j- 8°-10° C. au plus, température qui s’est un peu échauffée avant le coucher du soleil. Nombre d’éclairs en boules vus par nous deux, environ 17 à 20 ! En l’espace d’une demi-heure nous avons pu nous préparer à partir et nous considérer bien heureux de l’avoir échappé à si peu de frais, de trouver nos chevaux et buggy en bon ordre, et de constater que nous avions passé le pont que la trombe d’eau venait d’emporter à quelque 30 mètres derrière nous.
- « C’est la seule fois que j’aie vraiment vu un ou plusieurs éclairs en boules. J'ai cru en avoir vu deux ou trois fois, depuis, mais jamais d’une façon absolument certaine.
- « Mais ce qui précède m’a toujours fait penser, depuis, qu’il ne serait pas impossible que ces trombes d’eaux qui font tant de dégâts aux atats-Unis, fussent toujours créées par des éclairs sphériques, ou en boule. »
- M. G. X..., à Bruxelles, nous fait part de l’observation suivante : «Le 16 août, à 9 heures 12 minutes (heure belge) du soir, Bruxelles a été illuminée par un météore pendant cinq ou six secondes. Ce bolide, passant près du zénith dans la partie Est du ciel, se dirigea vers nord-est, semblant tomber vers l’horizon après avoir éclaté en traversant la constellation de Cassiopée. Sa lumière, extrêmement vive et bleutée, éclairait plus fort que la lune en son plein. »
- Notre collaborateur M. Morieu, à Paris, nous a fait parvenir quelques types curieux de cerises anormales. Nous avons pensé qu’il était intéressant de faire connaître ces différents types, et
- 3 cerises, dont un spécimen de trois grosses réunies sur une tige et un spécimen de deux grosses et une petite, enfin dans un autre type deux grosses cerises, une de forme ovale, et une quatrième plus petite.
- L'abonné 566 nous écrit : « Les expériences actuelles, que continue avec une grande énergie et une ténacité remarquable M. Santos-Dumont, doivent rendre manifeste pour tout le monde la difficulté de la direction du plus léger que l’air. Et quand même M. Santos-Dumont accomplirait le programme du prix Deutch, il n’en resterait pas moins indiscutable qu’il faut choisir son temps pour sortir, que la moindre saute de vent est à redouter, que la force ascensionnelle, dans la plupart des cas, ne compense pas les efforts absorbés par la résistance d’un immense volume, que l’aérostat ne peut prétendre élever que trois ou quatre voyageurs; ce n’est pas ainsi qu’il faut être maître des espaces aériens. »
- Renseignements. — M. L. Gerçais, à Caudebec-en-Caux. — Nous n’avons pu trouver aucun renseignement sur cette brasure.
- M. W. Rermay, à Yercdas. — Nous n’avons pas encore reçu votre envoi ; nous le mentionnerions volontiers.
- M. H, Zobel de Ayala, à Luchon. — Nous n’avons pas eu d'autres renseignements au sujet de cette exposition.
- M. Vassei, à Donchery. — Les deux accumulateurs dont vous parlez sont sulfatés; il faut les soumettre pendant quelques jours à une charge prolongée.
- M. Besse,h Le Donjon. —1° Nous avons remis à la librairie Masson votre demande d’abonnement. — 2° Nous pouvons vous indiquer les lampes à alcool « Bec 1900 », place de l’Opéra; vous pourriez encore vous adresser à M. Bivort, au Bulletin des Halles, rue Jean-Jacques-Rousseau. — 3° Il existe des petites lampes électriques portatives, mais elles ne sont pas pratiques. Adressez-vous à MM. Ileller et Cie, 18, cité Trévise, ou à M. Chomeau, 33, passage du Havre, à Paris. — 4° On emploie souvent le camphre et la poudre de pyrèthre.
- M. Paul Negrin, à La Bocca. — Nous pourriez vous adresser à M. E. Turbot, fabricant d’ancres de toutes espèces, à Anzin (Nord).
- M. Sérapio Galvan, à Guadalupe de Zacatecas. — L'amplificateur audiométrique se trouve chezM. Dussaud, 19, rue Guillaume-Tell, à Paris.
- M. le lieutenant Soubeyrand, à Tlemcen. — L’adresse de M. Pouech, constructeur du télémètre de poche, a été donnée en tète de la « Boîte-aux-Lettres » du numéro qui contient la description de l’appareil.
- M. P. Dessaigne, à Villefranche. — Adressez-vous à la librairie Lavauzelle, 10, rue Danton, ou à la librairie Berger-Levrault, 5, rue des Beaux-Arts, à Paris.
- M. le comte de Saint-George, à Changins-sur-Nyon. — 1° L’huile lourde de houille est un des produits de la distillation de la houille de 200 à 350°. — 2“ Tous les détails sont donnés dans l’article que vous rappelez; indiquez-nous le point qui vous embarrasse.
- M. A. Caille, à Bordeaux. — Nous ne connaissons pas le nom de la Compagnie, mais la ligne de navigation maritime ira de La Pallice-Rochelle aux Indes Anglaises.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Dulong, à Nice. Pour pouvoir vous renseigner, il nous laut des données plus complètes. — M. P. Ii., à N ; M. D. G., â Paris. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 3e série, à la librairie Masson et Cie. — M. Lerond, à Paris. Remerciements pour votre communication.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de soit mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INVENTIONS1
- Éventail à main et ventilateur à mouvement d'horlogerie. — Le petit éventaiL A (fig. 1) que nous pré-
- 1, Éventail à main. — 2. Ventilateur ;V mouvement d'horlogerie.
- L’affile-rasoir. — L’affile-rasoir dont il est question se compose de deux lames de cuivre portant chacune une pierre et placées en regard l’une de l’autre. Une troisième pierre est intercalée et deux vis permettent de régler l’écartement des lames. On met deux gouttes d’huile d’olive sur chaque côté du rasoir, puis on place les deux tiers de la lame du rasoir entre les trois pierres de manière que le dos du rasoir reste en dehors, afin que les pierres affilent dans l’évidement de la lame. On règle à volonté par la vis de pression qui appuie sur l’autre à ressort. La lame placée dans cette position doit être à l’aise sans être serrée. On tient la lame au rivet et on opère par un
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- Afii.'e-rasoir.
- mouvement de va et vient en appuyant très légèrement en. tirant à soi et sans sortir la lame. Ceci fait sept à dix fois, on refait pareillement dans un autre sens en retournant l’affiloir, puis on passe le rasoir sur le cuir. — Cet affiloir se trouve également chez M. Mathieu.
- sentons à nos lecteurs a l’avantage d’être d’un volume très réduit et de pouvoir fonctionner très facilement. Sa forme est celle d’une face à main. A l’intérieur se trouve un petit mécanisme tel qu’il suffit d’appuyer sur un bouton extérieur pour mettre en rotation un petit arbre sur lequel sont fixées trois ailettes L, L', L". Tant que l’on agira sur le bouton, l’arbre restera en mouvement et les ailettes tourneront. On peut même obtenir une très grande vitesse. Il en résulte un grand déplacement d’air. La figure 2 nous montre un deuxième modèle B. Un mouvement d’horlogerie est renfermé dans une petite cabane, les ailettes sont également montées sur un axe que le mouvement d’horlogerie entretient en rotation. Ce deuxième modèle peut servir facilement pour ventiler une salle, une pièce d’un appartement. — Ces appareils se trouvent chez M. Mathieu, 131, galerie de Valois, au Palais-Royal, à Paris.
- Glacière de table. — Nous avons fait connaître, il y a peu de temps, un modèle de glacière pour table. Le nouveau modèle dont nous allons parler présente plusieurs avantages : il est simple et solide. Il se compose d’un récipient en nickel D, à l’intérieur duquel est fixé un autre récipient en nickel. Dans
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- A
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- Glacière de table.
- ce dernier récipient se pose un verre A avec son couvercle B. Le verre A renferme la boisson E. Pour la rafraîchir, il suffit de remplir de glace concassée la partie C C. Il n’y a jamais confiact entre.la glace et le liquide à'refroidir, ce qui est essentiel. Ce petit appareil peut également servir si l’on désire boire chaud; on remplace la glace C C par de l’eau chaude. — La glacière de table se trouve à la même adresse que l’objet précédent.
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Des moyens de modifier le plumage des poules. — Une feuille agricole de province 1 vient de publier une élude intéressante sur les divers procédés d’alimentation qu’on peut mettre en oeuvre pour changer la coloration du plumage des volailles. D’après des expériences poursuivies tant en France qu’en Angleterre, il est loisible aujourd’hui d’arriver à cet égard aux plus curieux résultats. On connaît depuis longtemps l’influence exercée par la graine du mais sur la coloration des poules. Les races blanches voient par cette alimentation leur plumage passer, au bout dé peu de temps, au jaune safran. Le même effet se produit également en partie sur les plumes bigarrées, ravées ou cailloutées comme en offrent les races de Iloudan et d’flambourg. L’action n’est, au contraire, que locale chez d’autres races ; c’est ainsi que pour les Plymouth-Roek, qui sont à livrée blanche barrée de gris, le maïs ne teinte en jaune que les seules plumes de la queue. Les graines de lin et de coton jouissent de la propriété de donner au plumage un brillant particulier et des reflets soyeux. Cette action est analogue à celle qui s’observe pour les chevaux auxquels on donne de la graine de lin et dont le poil devient lustré et brillant ; ce sont évidemment là des phénomènes du même ordre. Il y a une quantité d’épices et de condiments qui jouissent de la pro-
- Eriété d’accentuer singulièrement la coloration du plumage.
- e pigment colorant du sang des poules prend à la suite de l’ingestion de ces épices une intensité beaucoup plus considérable. Mais il est nécessaire d’ajouter que cette action ne peut être efficace que si les épices sont absorbées au moment de la mue. Les nouvelles plumes sont alors plus vigoureusement teintées. Les substances les plus utilisées sont le poivre de Cayenne, le clou de girofle, le cachou, l’écorce de quinquina et curcuma, le rocou, la garance, le safran et le bois de cam-pêche. A cette énumçration on peut ajouter les fleurs de souci, la carotte et les vins de Porto et de Xérès. Ces diverses substances jouissent aussi de la propriété de faire passer le plumage blanc au jaune clair à l’ocre foncé, au chamois et même au rouge.
- Yoici, par exemple, une recette pour obtenir un plumage rouge : Mélanger intimement quatre parties de poivre de Cayenne, deux de poivre ordinaire, deux de bois de santal et huit de sucre ou de mélasse. Humecter avec une solution de safran dans de l’alcool. Cette mixture est mélangée à la pâtée ordinaire et les poules s’y habituent très facilement. Il arrive bien, les premières fois, qu’elles secouent la tète et vont boire en éternuant à plusieurs reprises, mais cela ne dure pas. La nuance cannelle s’obtient en ajoutant à la mixture précédente quatre parties de garance pulvérisée. On arrive au jaune foncé avec un mélange d’une partie de poivre de Cayenne, (rois de curcuma et quatre de mélasse; on humecte avec une décoction
- 1 I.e Progrès agricole d’Amiens.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- de safran dans du vin de Xérès. Le fer a pour effet d’augmenter et de fixer les colorations obtenues. Avec le bicarbonate de fer, par exemple, même employé à très petite dose, les couleurs des plumes ne tardent pas à devenir plus nettes et plus intenses. Les plumes à reflets métalliques prennent, avec le fer, l’appa-. rence la plus merveilleuse. La couleur des pattes est développée et amplifiée. L. Genty.
- Teintures pour cheveux. — M. Broer a poursuivi tout dernièrement une série d’expériences assez intéressantes sur l’action de certaines substances au point de vue de la coloration artificielle de la chevelure. 11 a constaté de la sorte que, si une application de sulfure de sodium et de sous-nitrate de bismuth rend les cheveux d’une vilaine teinte grise, par contre le permanganate de potasse en solution aqueuse (à 1 pour 100) donne une coloration d’un blond brunâtre qui tient bien. Avec les
- extraits de coquilles ou de feuilles de noyer on n’obtient aucun résultat appréciable, mais il en est tout différemment desfeuilles de Lawsionia inermis. On les emploie sous forme de poudre que l’on mêle avec de l’eau pour en faire une pâté, et que l’on étend dans la chevelure'au moyen d’une brosse, pour l’enlever ensuite par lavage. La couleur que l’on peut obtenir .variera du brun pâle au rouge orange, suivant le temps durant lequel on laissera la pâte en contact avec la chevelure : au bout de 45 minutes seulement c’est du brun clair, tandis que, après 4 heures de temps, les cheveux ont pris cette teinte faite d’un mélange de brun rouge et de blond doré qui est si fort à la mode. Mais qu’on se garde de prolonger le contact durant 24 heures, car alors on arriverait au rouge orange qui ne serait généralement pas fort apprécié. Reste à savoir si ces applications de matières tinctoriales actives n’exercent pas à la longue d’intluence sur la santé.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- observations 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 26 août.... 17u,0 S. W. 5. Couvert. 16,7 Presque couv. le matin ; nuag. le soir ; petit orage au N. à 17 h. ; quelques averses.
- Mardi 27 : 12°,9 S,W. 3, Très nuageux. 5,1 Presque couv. ; quelques averses.
- Mercredi 28 13°,0 N. N. W. 5. Couvert. 2,2 Couvert jusqu a 7 h. ; puis ijuageux; beau après 19 Ji. ; averses jusqu'à 4 h.
- Jeudi 29 llu,l S. 1. Couvert. 0,0 Très nuag. jusqu’à 18 h. ; beau ensuite.
- Vendredi«50 . . . 101,4 . Calme. - > Beau. 0,0 Beau.
- Samedi 31 », 13°,8 N. 1. Beau. 0,0 Nuag. ; halo et grand halo.'
- Dimanche 1" sept. . 13°,9 N. 1. Couvert. 0,0 Très nuag. ; halo.
- AOUT SEPTEMBRE 1901 — SEMAINE DD LUNDI 26 AOUT AU DIMANCHE lel SEPTEMBRE.
- l.a tourbe supérieure i adapte ta vrotuo»ne de U à 10: les firme» intérieures, la direction du vent, i.es courues du imueu luuiqaent. courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené A 0. au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche : courbe en point lié. thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Orages^ tempêtes, inondations. — Dans la dernière'semaine du mois d’août, on a eu à enregistrer de nombreux orages et tempêtes. Le 23 août, pendant un orage, à Bacdalan, près de Pessac, la foudre est tombée sur une ferme et l’a incendiée. En quelques instants, le feu a détruit 3500 bottes de foin et une quantité de céréales, et s’est communiqué aux écuries, aux remises et à la maison d’habitation. En moins d’une heure, il ne restait que les murs de cette importante exploitation.
- A la même date, à Yigo, au cours d’une terrible tempête, la foudre est tombée sur l’église San Andres pendant la messe; une femme a été tuée et deux personnes blessées. .
- A la suite de pluies torrentielles à Hendaye, la voie ferrée a été coupée sur le Nord Espagne entre Estepar et Villaquiran, daiis la province de Iturgos. La circulation des trains a été interrompue.
- Les 23 et 24 août, de grandes inondations ont eu lieu à Saragosse ; des ouvriers ont disparu. Les pertes sont évaluées à 4 millions.
- Les orages et les ouragans ont été également terribles en certaines régions de la France.
- A Tarbes, un ouragan s’est abattu le 25 août dans la région environnante pendant les courses. 11 a dévasté les vallées de l’Adour, de l’Echez et de î’Arros. De nombreux équipages qui se trouvaient sur le champ de courses ont été gravement détériorés',’ des chevaux frappés par d’énormes grêlons se sont emballés, renversant les voitures. Trois personnes ont été tuées. Les récoltes ont été perdues dans toute la contrée. Le village de Salles-Àdour a considérablement souffert ; la grosseur des grêlons était en moyenne celle d’un œuf de pigeon. Un grand nombre d’habitants ont été blessés et transportés à l’hôpital. A Lamalou-les-Bains, à la suite de ce violent orage qui s est propagé dans les vallées du Cernon et du Tarn, 8 kilomètres de la voie ferree de Millau à Bédarieux ont été emportés aux environs de Saint-George s-de-Lu z encon.
- Le 25 août, au Havre, une tempête de nord-ouest a soufflé toute la journée sur le port. La mer était très houleuse et mauvaise.
- Du 26 au 31 août, le temps s’est remis au beau et au chaud. Les matinées et les soirées étaient fraîches.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 29 à 8jh. 30 jm. du soir.
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- N° 1477 (14 septembre 1901), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- -g- L Association française pour l’avancement des sciences a 1 tenu cette année sa session ordinaire à Ajaccio. C’est la 50° session -de l’Association fondée au lendemain de la guerre. Le Congrès a un intérêt spécial en raison du lieu de réunion qui a été choisi; il aidera à faire apprécier les ressources d’un pays encore trop peu •connu des Français. Un grand nombre de savants se sont rendus à Ajaccio et l’Institut a été représenté à la réunion par M. Giard et Al. Hamy. Nous relevons aussi les noms de MM. le prince Roland Bonaparte, Collignon, Bonafous, Léveillé, Liégeois, de Nancy; Raphaël Dubois, Bélial, Letourneau, Phisalix, Saugrain, Ladureau, l’abbé Maze, Bouveault, etc.
- —g— Le 17 septembre s’ouvrira aussi, à Turin, le Congrès de Physiologie avec exposition des appareils scientifiques employés dans tous les laboratoires du monde. Plusieurs savants français sont déjà partis pour Turin.
- —®— Un des premiers actes de la nouvelle république australienne va être, vraisemblablement, d’adopter le système métrique.
- La Chambre des représentants des divers états a nommé une commission pour cet objet, et te rapport qui en est résulté a reçu l’approbation du gouverneur britannique.
- —g)— M. Koch ayant mis en doute la transmissibilité de la tuberculose humaine aux bovidés et réciproquement, une ordonnance royale vient de nommer en Angleterre une commission chargée de faire une enquête et d établir un rapport indiquant :
- 1° si la tuberculose est identique chez les animaux et chez l'homme ; 2° si la transmission de la tuberculose est possible réciproquement entre les animaux et l’homme, et 5° dans quelles conditions la transmission peut-elle se produire des animaux à l’homme et quelles circonstances lui sont favorables ou défavorables. La commission est composée de cinq professeurs de pathologie, dont un au Collège vétérinaire royal. Le professeur sir Michaël Foster a été nommé président.
- —g— La construction des sous-marins se poursuit toujours avec activité. Ou vient de lancer, à Cherbourg, le submersible Espadon, construit sur les plans de l’ingénieur Laubeuf. Ce sous-marin est le troisième d’une série de quatre, comprenant : la Sirène et le Triton, actuellement en cours d’armement. Ces sous-marins sont dérivés du type Narval. La rapidité de la plongée se fait aujourd’hui trois l'ois plus vite qu'au début.
- —g— Un nouveau paquebot de la Compagnie transatlantique, La Savoie, vient d’effectuer la traversée du Havre à New-York. Ce paquebot a une longueur de 170 mètres, une largeur de 18m,20; son tonnage est de 11 869 tonneaux. La puissance de ses machines est de 22000 chevaux. Sa vitesse peut atteindre 20 nœuds à l’heure, soit près de 35 kilomètres. Sa valeur est de 14 millions de francs.
- —g— Le hangar de M. Deutsch, sur les coteaux de Saint-Cloud, est complètement monté et M. Tatin procède avec activité à la mise debout du navire aérien. I/enveloppe a la forme d’un ellipsoïde de révolution dont le grand axe a 60 mètres et le petit 8 seulement.
- M. Tatin se préoccupe surtout des conditions nécessaires pour maintenir l'équilibre de son ballon. Sa nacelle, qui a une longueur de .50 mètres, est presque entièrement montée. On y voit le moteur Morse avec ses culasses à eau. L’appareil, d’une puissance de 60 chevaux, est identique à ceux qui ont gagné les prix dans les courses de Paris-Bordeaux et de Paris-Berlin. La nacelle de M. Tatin sera rattachée à l’enveloppe tenue constamment rigide par une série de tils d’acier disposés sur le ballon. On remarque surtout un chariot mobile dans l’intérieur de la nacelle sur deux rails latéraux au moyen d’un treuil. Ce chariot, chargé de 250 kg de lest, est destiné à rétablir l’équilibre et à faire varier à volonté l’inclinaison de l’axe.
- —g— Deux tentatives d’ascension ont été faites récemment par M. Roze. Dans la première expérience, l’aviateur étant trop lourd n’a pu s’élever en l’air. Dans la seconde expérience, M. Roze avait confié la direction du ballon à M. Lemoine, aéronaute. Le baliori avait été allégé ; mais, malgré le bon fonctionnement du moteur et des hélices, l’aviateur insuffisamment gonflé et encore trop lourd est retombé sur le sol.
- —g— Sur les murs de la manufacture des Gobelins, à droite et à gauche de l’entrée principale, deux tables de marbre blanc viennent d’être scellées qui rappellent les origines de l’établissement. La première porte l’inscription suivante : « Jean et Philibert Gobelin, marchands teinturiers en écarlate, qui ont laissé leur nom à ce quartier de Paris et à la manufacture de tapisseries, avaient ici leur atelier, sur les bords de la Bièvre, à la fin du quinzième siècle b). Sur la seconde on lit : a Avril 1601. Marc de Comans et François de La Planche, tapissiers flamands, installent leurs ateliers sur les bords de la Bièvre. Novembre 1667. Colbert établit dans les bâtiments des Gobelins la manufacture royale des meubles de la couronne, sous la direction de Charles Le Brun. »|
- —g— La Société artistique et industrielle de Cherbourg a fait sceller, sur la place Divette, une plaque en marbre noir portant, gravée en or, l’inscription suivante : « Dans la.nuit du 29 au 50 juillet 1886, les aéronautes F. b’Hoste et J. Mangot, partis de cette place, sont allés atterrir à Londres. La Société artistique et industrielle de Cherbourg, en souvenir de cette première traversée de la Manche en ballon, a fait poser cette plaque en l’honneur de ces aéronautes. »
- —g— Un journal allemand annonce qu’on vient de décider d’établir à Berlin une nouvelle usine à gaz. Cette usine desservira la partie nord-ouest de Berlin et sera élevée sur les bords du lac de Tegel, auprès des localités de Tegel et de Dalldorf. La production de gaz sera, au début, de 260 000 mètres cubes par jour et devra être ensuite portée à 780 000 mètres cubes. Il y aura 10 batteries de 8 fours à 9 cornues. Des installations spéciales ont été prévues pour la condensation du goudron, pour la purification du gaz et pour l’obtention du cyanure et de la naphtaline. Trois gazogènes de 140000 mètres cubes recueilleront le gaz produit. La dépense prévue pour l’ensemble de l’installation s’élève à 50 millions de francs environ.
- —g— M. Ostergrcn a inventé un ventilateur à air liquide assez intéressant : l’air liquide y sert à la fois de réfrigérant et aussi de moteur. Il est contenu naturellement dans un réservoir à double enveloppe, l’espace entre ces enveloppes étant occupé par une substance non conductrice ; si même ce liquide s’évapore un peu par la soupape qui a dû être prévue, c’est pour s’en aller dans la double enveloppe, où il contribue au refroidissement. Quand, d’autre part, on ouvre la soupape spéciale de marche, l’air sort par un serpentin et vient actionner une turbine, qui commande à son tour le ventilateur. C’est réchauffement et l’évaporation qui assurent la rotation de la turbine.
- —g— Le service des mines de Californie vient de publier les chiffres delà production de cet Etat pendant l’année 1900. Le chiffre total de cette production est de 52 millions de dollars, soit une augmentation de plus de 3 millions sur l’année précédente ; elle se répartit, entre les diverses exploitations, de la façon suivante : or. 15 millions ; cuivre, 4 millions ; pétrole, 4 millions ; argent, 1 million et demi; mercure, 1100 000; borax, 800000; asphalte. 250 000. Les autres produits sont: la chaux, les eaux minérales, les pierres à bâtir et le sel. Les comtés qui ont pi-oduit le plus de ces richesses minérales sont, par ordre d’importance, ceux de Shasta. Los Angeles, San Bernardino, Nevada, Calaveras, Kern, Tuolômne, Amador, Placer et Siskivou, dans chacun desquels la production a dépassé un million de dollars. Shasta tient la tete avec 5 millions \ il est suivi par Los Angeles avec 2 millions.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Dans les adresses données en tète du n° 1474, du 24 août 1901, pour le plastoscope, il faut ajouter Palais-Royal après galerie d’Orléans. — La dynamo à courant continu, alternatif simple et triphasé, a été construite, sur les indications de M. Ancel, par la Compagnie générale électrique de Nancy, rue Oberlin, à Nancy.
- Communications. — M. C. Naudin, à Écueillé (Indre), nous écrit : « A propos d’un article de La Nature du 20 juillet, intitulé : « Empoisonnements par les infusions », per-mettez-moi quelques observations Nous trouvons dans l’article la phrase suivante : « La macération prolongée avait entraîné la dissolution complète des essences, ce que ne fait pas une infusion rapide »..., et on attribue cet accident à l’essence de badiane. Je crois qu’en la circonstance, l’essence de badiane ne peut être mise en cause ; car, étant volatile et insoluble dans l’eau, la majeure partie — sinon la totalité — avait été évaporée. A mon avis, l’accident peut tenir à deux causes : 1° soit à l’huile fixe et âcre que contient la badiane ; 2° soit surtout à ce que celle-ci contenait de la fausse badiane qui est vénéneuse et à laquelle on doit déjà quelques cas de mort. Les badianes (très rares, du reste) qui nous arrivent de la Floride (lllicium Floridianum et Parvifîorum) sont très pures. Il n’en est pas de même de Ylllicium anisatum de provenance chinoise ; à cause de son bas prix sans doute, puisque c’est un produit inutile, Y lllicium Religiosum sert à la frauder. On peut facilement reconnaître ces différentes badianes aux caractères suivants :
- lllicium anisatum.
- (Badiane vraie).
- Odeur. — Très fine d’anis.
- I 6-12 contenant cha-
- n \ cun un fruit brtin-
- Carpelles. -, . ,
- r 1 rouge a amande
- ( blanche.
- „ _ . j de 30 à 35 mm. de dia-
- I. Religiosum.
- (Fausse badiane).
- Faible de laurier ou de cubèbe ; nulle dans la plante ancienne.
- 8 dont un petit nombre seulement arrive à maturité.
- 1(3 plus petit.
- De même pour l’infusion concentrée de 300 grammes de thé dans 300 grammes d’eau, fait observé par M. Spillmann et dont parle le même article.
- Si l’on pense que le thé contient de 2 à 3 pour 100 d’alcaloïdes (caféine et théine) dont une bonne moitié a pu passer dans l’infusion, il sera plus logique d’attribuer l’accident à cés alcaloïdes qu’au parfum souvent problématique du thé ».
- M. Fernand Marchand, à Neris, nous adresse la communication suivante : « Suivant le désir exprimé dans le n° 1474 du 24 août 1901 du journal, au sujet de la construction de la boule masseuse japonaise, voici le procédé employé pour introduire la boule dans le bloc : La boule étant d’un diamètre très légèrement supérieur à l’orifice pratiqué dans le bloc, il suffit, après l’avoir posée sur cet orifice, d’un coup sec appliqué au besoin avec la paume de la main pour la faire entrer dans son alvéole d’où elle ne peut plus sortir, la même opération ne pouvant se produire du dedans au dehors, d’une part, et, d’autre part, la partie saillante de la boule n’offrant aucune prise permettant de l’arracher. »
- M. L. Gervais, à Caudebec-en-Caux, nous écrit également, à propos de la boule masseuse japonaise décrite dans le n° 1474, du 24 août 1901, qu’il est à peu près certain que la boule est introduite après avoir été chauffée et mouillée d’après le procédé employé pour fabriquer les presses d’établi de menuisier.
- M. M. Théry, à Paris, à propos d’une information parue dans
- le n” 1474 du 24 août 1901, relative aux croisements de trois voies ferrées superposées à New-York, nous écrit : « Je vous ferai remarquer que le même fait se présente à Paris, au croisement du boulevard Diderot et de l’avenue Daumesnil. En effet, on trouve là : 1° une voie ferrée souterraine (la ligne du Métropolitain qui suit le boulevard Diderot de la place de la Nation à la gare de Lyon) ; — 2° une voie ferrée sur le sol (ligne du tramway électrique « Charenton-Bastille » qui suit l’avenue Daumesnil) ; —3° une voie ferrée aérienne (ligne du chemin de fer de Vincennes qui longe en viaduc la même avenue Daumesnil). »
- M. Lombroso, à Turin, au sujet de notre récent article sur « Notre oreille » (n° 1470 du 27 juillet 1901, p. 139), dans-lequel l’auteur a dit que Lombroso et son école ont voulu trouver dans l’oreille des caractères indiquant une disposition au crime, nous écrit que la proportion des oreilles normales qu’il a étudiées est de 200 et que l’anomalie est seulement de 20 pour 100. 11 a toujours étudié les oreilles anormales par comparaison avec les oreilles normales, comme l’a fait II. Marro Frigerio Gradenigo dans les autres études sur b*s oreilles.
- Renseignements. — M. G. Merlin, à Malakoff. — 1° L’épaisseur devrait être environ de 0m,50 à 0m,60. — 2° On met en général parties égales de sel et de glace.
- M. l'abonné 566. — A notre grand regret, nous sommes obligés de vous répondre une deuxième fois que nous ne pouvons entrer dans cette voie.
- M. D. Ch., à Rivera (Rep. del Uruguay). — Nous avons publié des formules pour donner à un corps l’imitation de l’ardoise dans le petit livre des Recettes et Procédés utiles, lre série.
- M. J. Laurent, à X. — Pour avoir ce renseignement, il faudrait vous adresser à l’Ecole vétérinaire d’Alfort.
- M. M. D., à Sens. — Nous ne connaissons pas le système de reproductions de copies dont vous nous parlez. Nous vou^-recommandons le Polycopie de >1M. Dagron etCie, 74, rue Amelot, à Paris.
- A/. A. Brust, à Vassy. — Nous ne pouvons décrire cet appareil avant que des expériences sérieuses aient été faites ; il nous-faudrait du reste avoir les documents pour apprécier l’invention;
- M. Ichera Raffaele, à Giarre (Sicile). — Nous ne pouvons que prendre note de la description que vous nous envoyez.
- M. E. Audinel, à Versailles. — Le nom de captol est bien-exact. Ce médicament, comme vous dit l’article, est un produit de la condensation du tanin et du chloral. Vous le trouverez-certainement chez des marchands de produits pharmaceutiques ; MM. Adrian et Cie, 9, rue de la Perle; MM. Chenal, Douilhet et Cie, 22, rue de la Sorbonne; MM. Poulenc frères, 92, rue Yieille-du-Temple, à Paris.
- M. M. H., à Neuchâtel. — Nous ne croyons pas qu’il existe-d’ouvrage sur l’élevage des escargots; adressez-vous toutefois à la librairie agricole de la maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- M. R. de Sevelinges, à Paris. — 1° Nous examinerons la question. — 2° Remerciements pour votre envoi.
- M. L. S., k Nancy. — Pour avoir une bonne colle servant à coller le papier sur le métal, on met 1ÜOO gr d’amidon dans 1200 gr d’eau, on ajoute 50 gr d’acide azotique. On place le tout au chaud pendant 48 heures en remuant de temps à autre. On fait ensuite bouillir et on ajoute sous forme de poudre 2 parties de chlorhydrate d’ammoniaque et 1 partie de fleur de soufre.
- M. F. Bonard, à Paris. — Il n’y a pas de moyen très simple de fabriquer l’eau oxygénée; mais on peut la conserver, en mettant dedans 1 pour 100 de canforène, carbure d’hydrogène' de la série du naphtalène. On peut la conserver deux mois en ajoutant un peu d’éther, et quelques semaines en mettant 2 pour 100 d’alcool.
- Réponses — N° 1251. — M. Cadiot demande un procédé pour conserver le caoutchouc liquide et pouvoir l’expédier du Brésil en France. Voici un procédé : on mélange au Lutex 6 pour 100 d’ammoniaque liquide. (Communiqué par M. E. Marion, pharmacien à Buxy (Saône-et-Loire).
- ^ Accusés de réception. — Avis divers. — M. Riant, à Paris. Nous avons déjà publié plusieurs articles à ce sujet. — M. Puech, à Paris. Il ne faut compter qu'un ampère par millimétré carré. — M. Joly, à Pontoise. Votre description n’est pas exacte. — M. B. R., à Blois; M. J. M., à Orléans; M. S. T., à Versailles. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 2e série, à la librairie Masson et Cie. — M. Rudard, à Lille. Regrets de ne pouvoir vous renseigner. — M. P. R-, à Paris; M. J. D., h Compiègne. Remerciements pour vos communications.
- Mans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants gui lui sont signales par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes 'les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précédé la date de la livraison.
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- UNE PROCHAINE SÉANCE A L’ACADÉMIE DE MÉDECINE
- Texte et dessins, par He-nriot.
- 1. « Les savants eut beaucoup admiré un individu 'présenté par l'éminent docteur Z.... C'est un Chinois complètement remis à neuf : ce prince ayant été condamne à la peine du dépeçage complet. — 2. Avait vu, non sans soulever quelques objections, ses membres jetés au vent, mais — 5. Immédiatement ramassés et reficefés par un médecin militaire. —.4. Quelques désordres s'étant produits dans la reconstitution du prince finnois, celui-ci a pu reprendre vie, ce qui est déjà beaucoup. — 5. Mais la science a dû immédiatement remplacer quelques parties du corps probablement emportées par des Boxers, comme fétiche. — 6. Le nez a été refait à laide d'un museau de chien, ce qui a doublé le sens olfactif du Prince. — 7. Le pied droit a été remplacé par un pied de veau, et la gorge par une membrane de grenouille. — 8. L’estomac ayant été complètement refait à l aide d’un estomac d'uutiuche. le Chinois peut tout digérer, même les remontrances européennes. — 9. Le bras droit ayant été reconstitué à l’aide d’un nerf de bauf, les dents avec des défenses d’éléphant. — 10. Et la peau du dos avec de la peau de crocodile, le' Chinois a reçu un œil d’aigle, à la place d'un œil disparu. —fl. 11 peut regarder le soleil en face : enfin le Chinois ayant été trèÿ amaigri pendant les jours qui ont précédé l'exécution, on l'a engraissé avec des injections de vaseline, ce qui a donné les meilleurs résultats.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUE.-'.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- La quinine dans le cancer.
- Contre cette maladie terrible, souvent impossible à enrayer, même au prix d’opérations chirurgicales, on tente toute médication. Les douleurs atroces qui accompagnent certaines formes de cancers, les plaies épouvantables qui résultent de l’invasion et de la destruction des tissus ne comportent la plupart du temps que l’emploi des narcotiques destinés à engourdir la souffrance. Aussi doit-on accueillir avec enthousiasme toutes les tentatives de lutte contre ce redoutable mal. Le Dr Jaboulay, chirurgien de Lyon, a obtenu dans bien des cas des résultats heureux de l’emploi de la quinine. Ne croyez pas qu’il prétende guérir par ce médicament; jusqu’ici il n’a vu que des améliorations, des modifications, mais modifications telles qu’elles équivalent presque pour les malades à une guérison. Dans plusieurs cas de cancer du sein, la tumeur a diminué, la
- plaie qui dégageait une odeur insupportable s’est transformée et a pris les caractères d’une plaie ordinaire ; les douleurs ont cessé, l’œdème des membres a disparu. Il y a, sous l’action de la quinine, une transformation complète et en peu de temps, surtout quand il s’agit de tumeurs récidivées, après des opérations.
- La quinine doit être donnée en cachets à la dose de un gramme par jour, cinq jours de suite; on suspend deux jours et on reprend ainsi pendant environ un mois au plus. §i la quinine, ce qui arrive assez souvent, est mal tolérée par l’estomac, il faut l’administrer en injections sous-cutanées, mais il faut, dans ce cas, prendre avec soin des précautions antiseptiques usitées pour la thérapeutique hypodermique, car s’il survient des abcès à la suite des piqûres, le bénéfice est perdu et, même plus, il seproduitune sorte de poussée du côté des tumeurs. La quinine n’est pas un médicament dangereux et ce traitement peut être essayé avec profit par les malheureux atteints de cette affection. Dr X.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN-MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 2 septembre. . 11°,9 N. E. 2. Presque couvert. 0,0 Nuageux; halo; gouttes à 17 h. 1/2.
- Mardi 3 10°,7 . N. E. 2. Peu nuageux. 0,0 Beau jusqu’à 5 h.; nuageux ensuite; halo; gouttes à 18 h. ; éclaircie à 20 h. au S. E.
- Mercredi 4 12°,3 N. N. E. 3. Couvert. 0,0 Presque couvert; gouttes le matin; halo.
- Jeudi 5 9“,0 N. 1. Beau. 0,0 Beau jusqu’à 12 h. ; nuageux ensuite.
- Vendredi 6 9?, 9 E. N. E. 2. Peu nuageux. 0,0 Nuageux le matin ; beau le soir.
- Samedi 7 8°,0 N. E. 0. Peu nuageux. 0,0 Peu nuag. de 4 à 7 h. ; presque couv. de 19 à 24 h. ; beau le reste du temps; halo.
- Dimanche 8 15°,1 S. E. 1. Nuageux. 0,0 Très nuageux ; arc circumzénithal seul.
- SEPTEMBRE 1901 — SEMAINE DU LUNDI 2 AU DIMANCHE 8 SEPTEMBRE.
- l.umii
- Mann | Ai'icmii | Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche |
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; tes flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveav de la mer); courte plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé de» observations météorologiques faites au Parc Saint-Maur en août 1901
- par M. E. Renou.
- Moyenne barométrique à midi 759”",65. Minimum 717"“,49 le 26, à 6 heures du matin. Maximum 765"“,26 le 21, à 1 heure du malin.
- Moyennes thermométriques : des minima 12°,89; des maxima 25°,03; du mois 18°,96; vraie des 24 heures 18°,47. Minimum 6°,9 le 30 à 5 h. 1/2 du matin. Maximum 51°,6 le 9 vers 2 heures du soir. Moyenne des minima sur le gazon 9°,92. Minimum sur le gazon 5°,0 le 15 alors que le minimum sous l’abri était 9°,2; le 50 le minimum sous l’abri a été 6°,9, tandis que le minimum sur le gazon était 7°,2, c’est une anomalie remarquable.
- Tension moyenne de la vapeur 10““, 14; la moindre 5““,8 le 28 à 5 heures du soir ; la plus grande 16“™,8 le 25 à 6 heures du soir.
- Humidité relative moyenne 67; la moindre 55 le 9, à 2 heures du soir; la plus grande 100 en 3 jours.
- Pluie 29““,8 en 14 h. 3/4, réparties en 8 jours. Un seul jour de pluie abondante 16"“,7 en 1 h. 3/4 le 25. Il y a eu 2 jours de gouttes. Nébulosité moyenne 57.
- 3 jours de tonnerre : le 15, quelques coups au S. S.-S.-E. à 1 h. 38 du soir; le 25, grand orage zénithal avec forte pluie de près de 2 heures, comme nous l’avons dit tout à l’heure; le 26, tonnerre au N.-W. peu avant5 heures du soir. Vents du NV à l’W. dominants.
- Température moyenne de la Marne : le matin 21°,24; l’après-midi 21°,90; du mois 21°,57. Elle a varié de 18°,83 le 30 à 23°,00 le 4. La rivière a été tout le mois basse et claire.
- Relativement aux moyennes normales le mois d’août 1901 présente les résultats suivants : Baromètre plus haut de 1““,83. Thermomètre plus haut de 0°,82. Tension de la vapeur moindre de 0"",90. Humidité relative moindre de 8. Pluie moindre de 25"",6, c’est-à-dire qu’elle a été à peu près la moitié de la hauteur ordinaire. Nébulosité moindre de 13.
- Relativement aux moyennes normales, l’été de 1901 (juin, juillet, août) présente les résultats suivants ;
- Moyennes. Écarts.
- Baromètre . . . 7o8“",80 -t- 0,77 Thermomètre . 18°,63 -t- 1,23 Tens. de la vap. 10”“,29 — 0,42
- Ce mois a été très chaud jusqu'au moment du grand orage du 25 suivi alors d’un grand refroidissement.
- Floraisons : le 2, tabac commun; le 3, montbretia; le 26, hémérocalle du Japon; le 31, soleil esarpalium.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 5 à 1 li. 56 m. du soir.
- Moyennes. Ecarts. Humidité relative. 67—7
- Nébulosité....... 42 —10
- Pluie............114”“,3 —55,1
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— La Commission de l’Aéro-Club pour le concours du prix Deutseh a dernièrement modifié les conditions du concours. Elle a décidé que désormais tout concurrent devra non seulement revènir à son point de départ en trente minutes, après avoir doublé la tour Eiffel, mais encore toucher terre dans l’enceinte du parc, de l’Aéro-Club. « Le temps de l’épreuve commencerait à partir du moment où ,1e guide-ropc ou un cordage quelconque, attenant au ballon, aura été lâché; il se terminerait lorsque le cordage aura été saisi par un homme placé dans l’enceinte. Il a été décidé que les convocations devraient toucher les membres de la Commission au plus tard dans la soirée du jour qui précédera les expériences. Cinq membres, au moins, de la Commission assisteront à l’ascension, sans quoi la durée du parcours aérien ne saurait être homologuée. La Commission pren-dra des mesures pour qu’une vigie soit établie à la tour Eiffel, afin de s’assurer qu’elle a été en réalité doublée, comme le veut le programme. » M. Santos-Dumont a écrit au président de la Commission pour protester contre les décisions prises et, en particulier, contre . celle qui oblige l’aéronaute non plus seulement à revenir au parc d’aérostation après avoir doublé la tour Eiffel, mais à atterrir au point de départ. M. Santos-Dumont n’en continuera pas moins ses ' essais et s’il gagne le grand prix et que la Commission de l’Àéro-Club ne le lui accorde pas, il le regrettera d’autant plus que son . intention était de, distribuer ce prix moitié aux. pauvres de Paris, moitié aux hommes désintéressés qui l’ont aidé dans ses essais.
- —Nouveaux ballons dirigeables. Un Anglais, M. Smitter, s’est ' fait inscrire pour le grand prix de l’Aéro-Club. Son ballon, en coton ' verni, se compose d’une partie cylindrique ayant 8 m. de diamètre -sur 12 m. de long, se terminant par deux cônes de 6 m. de hauteur. A chaque extrémité du cylindre se trouvent deux poches à air de 28 m3 chacune, alimentées par un ventilateur mû à bras d’homme. Un autre inventeur anglais, 51. 5Villiam Beedle, va également se présenter pour le concours du prix Deutseh. 5Iais il n’a réalisé jus-' qu’iei qu’un modèle réduit de son ballon. Le modèle définitif, de forme cylindrique, aura une longueur de 50 m. et un diamètre de 5 m. I/bélice sera mue par un moteur de 28 chevaux à 4 cylindres. 51. Beedle espère pouvoir donner à son ballon une vitesse de 05 km à l’iieure. Avec 28 chevaux! Nous avons tout le temps d’y revenir.
- —®— Le concours pour l’obtention du prix Polloek s’est ouvert au Havre le 0 septembre. Les modèles d’appareils sont exposés sous un hangar, quai de 5larseille. Ils sont au nombre de 528. On sait que 51. Polloek est mort dans le naufrage delà Bourgogne. Ses héritiers. 51. Osthemer, 51. leDr Richelot, 51. Paraf, ont fondé un prix de 100000 francs pour récompenser l’auteur du meilleur moyen d’éviter les collisions en mer.
- : —®— Un journal américain signale un arbre qui serait, d’après
- lui, le plus gros de la terre. Sa circonférence, à 2 mètres du sol, est de 47m,2. Il se trouve au 5Iexique, dans l’état d’Oaxaca, non loin des fameuses ruines de 5Iitla. à quelques heures de la ville de Mexico. Il appartient à la famille des cyprès. Les habitants l’ont surnommé le Grand Arbre. Son âge est estimé à un millier d’années ut cependant aucun souvenir historique connu ne se rapporte à lui.
- —On croyait jusqu’à ce jour que le Kohinoor était le plus gros diamant connu. Il en existe un qui est trois fois plus considérable et qui se trouve en la possession du rajah de 5Iatlan. Son poids atteint 507 carats.
- —®— Un Anglais, nommé Charles 5Iorning, vient d’acheter le Mont Sinaï, convaincu que cette célèbre montagne renferme dans son sein d’incalculables richesses. Il est certain qu’il n’a fait cette
- acquisition qu’après avoir parcouru et fouillé cette montagne pendant tout l’hiver dernier. D’après une encyclopédie anglaise, les Egyptiens auraient retiré autrefois du Sinaï nombre de pierres précieuses, notamment des émeraudes ainsi que de la malachite.
- —®— L’usine de Duffiedland, en Angleterre, fait usage pour ses transports d’une locomotive des plus petites, puisqu’elle a à peine 1 mètre de hauteur et 2 de longueur. Son mécanicien est un enfant d’une douzaine d’années. Ce moteur minuscule fait néanmoins un service des plus sérieux, puisque, chaque année, il accom-ilit des transports de matériaux qui se chiffrent par plus de 5 mitions de kilogrammes.
- —®— 51. Paul 5Ialherbe vient de publier, dans la « Revue de Physique et de Chimie », une étude intéressante sur la coloration des métaux. On peut colorer les métaux usuels et leurs alliages : le fer, l’acier, la fonte, le cuivre, le laiton, le bronze par plusieurs procédés que l’on peut ranger en cinq catégories principales. Procédé par oxydation (chaleur, agents chimiques), par sulfuration, par dépôt d’un métal ou d’un composé non oxydable, par dépôt d’une couleur et d’un vernis, et par électrolvse. Il a étudié chacun de ces procédés, et donné des formules que l’on peut appliquer dans l’industrie.
- —S— Les fameuses aciéries de Bochum fabriquent un nouveau genre d’éclisse qui donne une grande rigidité à l’assemblage de deux rails successifs. Chaque moitié de cette éclisse se compose de deux pièces : une qui appuie directement sur les côtés du rail, sous le rebord inférieur de la tête et sur le haut du patin, une seconde qui vient se poser sur la surface extérieure de la première (sans s’y adapter étroitement par suite d’une nervure), et qui se recourbe de manière à entourer le patin à peu près jusqu a sa moitié. Des boulons maintiennent le tout, en laissant une certaine élasticité.
- —®— Un prêtre bouddhiste, nommé Sliuye Sonoda, est actuellement à Londres en tram de mettre la dernière main à une brochure qui promet d’avoir un certain retentissement. Il se propose de prouver que, bien avant Christophe Colomb, l’Amérique avait été découverte... par les Japonais. Ces derniers seraient venus aborder au 5Iexique dès l’an 499. Sliuye Sonoda aurait trouvé la preuve de ce fait dans la chronique de Hoei-Shin, talapoin japonais, qui aurait, au retour d’un grand vovage maritime exécuté à la fin du cinquième siècle, fait une relation d’un pays qui ne serait autre que le 5Iexique. Le prêtre bouddhiste, après avoir [iris connaissance de cette relation, s’est rendu sur la côte occidentale du 5Iexique et y aurait trouvé la confirmation des dires de Hoei-Shin.
- —®— La taxe sur les vélocipèdes a donné, en 1990, un produit total de 5 474975 francs. Le nombre des vélocipèdes imposés s’est élevé à 987 150. Depuis 1894, année de la première application de la taxe le nombre des vélocipèdes n’a cessé de croître. Il était de 205 026 en 1894, 256 084 en 1895, 529 816 en 1896, 408 869 en 1897, 485 414 en 1898, 858 856 en 1899. C’est le département de la Seine qui figure pour la plus grande part dans ce total. En 1900, le nombre des vélocipèdes de ce département s’est élevé à 215 959, soit le quart de toute la France. Autre détail curieux, le nombre des voitures automobiles, imposées durant l’année 1900 s’est élevé à 2897 dont 1658 à plus de deux places et 1259 à deux places.
- —®— Au musée céramique de Sèvres, on vient d’installer une. salle historique, au premier étage. Dans cinq grandes vitrines se trouvent des pièces type de l’époque Louis XV. remontant à la fondation de fa manufacture, à Yincennes, et des pièces Louis XVI, des pièces Empire et Restauration; des pièces Second Empire et des productions céramiques avec pâtes d’application ; enfin, des pièces de la période qui va ue 1889 à 1900.
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- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Erratum.— Dans notre article « Le chemin de fer électrique du Fayet à Chamonix » (N° 1475, du 51 août 1901, page 215), au lieu de : en 1895, page 215, lre colonne, ligne 54, il faut : en juillet 1892. Page 218, lre colonne, ligne 57, au lieu de : Chedde, charmant petit village situé au fond de la vallée de Saint-Gervais et au pied des aiguilles de Warens, il faut : Le village de Chedde est situé dans la vallée de l’Arve, sous le col du Dérochon, chaîne de Fiz.
- Communications. — M. A. Inchcmsvê, à Buenos-Ayres, nous écrit à propos de la chronique sur la plus longue ligne de tramways du monde (n° 1468 d» 15 juillet 1901, p. 110). 11 nous dit qu’il n’existe pas de ligne de tramway entre Buenos-Ayres et San Martin, qui est seulement à 20 kilomètres de Buenos-Ayres. San Martin n'est pas de création nouvelle et ri’a pas de poit d’embarquement. San Martin est reliée à Buenos-Ayres par le chemin de fer. Les chevaux coûtent à San Martin plus cher que l’électricité. Toutes les lignes de tramways de Buenos-Ayres changent la traction animale pour la traction électrique.
- M. N. Levât, à Lyon, à propos des boules masseuses japonaises (Petites inventions, n° 1474 du 24 août 1901), [nous écrit : « L’auteur de l'article semble voir un mystère dans la présence d’une sphère en bois sertie, pour ainsi dire, dans une chappe de même matière. Il s’agit là, tout simplement, d’un petit tour de main très souvent mis à contribution dans l’art au tournage d’objets en bois. Ces travaux plus ou moins remarquables sont rendus plus faciles chez les Japonais par la nature de certaines essences de bois. Voici, en tout cas, comment l’objet en question peut très bien s’exécuter. La sphère est tournée à l’état de siccité aussi parfaite que possible et, au besoin, éluvée au moment de son introduction dans la cavité de la pièce femelle. Celte dernière est tournée au vert avec une ouverture égale au grand cercle de la sphère, ou bien tournée au sec avec un diamètre plus petit, puis ensuite mise à gonfler dans un bain tiède pour la dilater. La sphère s’introduit alors facilement et, le tout étant sec, la sphère se trouve très naturellement emprisonnée avec le jeu qu’on aura bien voulu lui laisser. »
- Renseignements. — AI. l'abbé J. Bonnal, à Marvéjols. — Nous ne pensons pas que ce siphon ait quelque chance de succès. Il est si facile d’amorcer à volonté un siphon quelconque.
- AI. A. Alauny, à Cerisy-la-Salle. — Dans le lait que vous citez, il y a certainement une illusion d’optique. Il est bien évident que deux images réellement stéréoscopiques offrent une impression de perspective et de relief que ne donnent pas les autres images.
- AI. J. D., à Tunis.— Il existe, en effet, une peinture nouvelle à base de goudron, antiseptique et hydrofuge, qui a donné de très bons résultats; mais nous n’en connaissons pas la formule. Il faut vous adresser à MM. Lassailly et Bichebois, 55, rue Camille Desmoulins, à Issy (Seine).
- AI. M étrier, à X. — 1° Nous n’avons pas encore entendu parler de cet appareil. — 2° Nous avons décrit les premiers travaux en 1899; nous aurons l’occasion d’y revenir. — 5° Veuillez lire l’avis placé en tête de la « Boîte aux Lettres» et n’oubliez pas de nous, envoyer la bande de votre journal.
- AI. L. Scandroglio, à Legnano. — L’air liquide se trouve dans le commerce; adressez-vous à M. A. Desvignes, représentant à Paris de la Société Linde, 99, avenue de la Bourdonnais, à Paris.
- AI. L. A., à Bourges. — Nous n’avons jamais traité ces
- questions ; il faudrait plutôt consulter des livres de voyage.
- AI. H. Chaponnier, à Genève. — Remerciements pour les renseignements que vous avez bien voulu nous envoyer.
- AI. Guiauchain, à Birmandreis. — 1° Adressez-vous à la maison Christophe, 10, rue Thimonnier, et à la maison llénin aîné, 5, cité Dupetit-Thôuars, à Paris ; elles ont des appareils de production d’acétylène et des épurateurs. 2° Vous trouverez de bons becs à la maison du bec B. A, 17, rue Fontaine-au-Boi, et à la maison du bec B. K., 46, rue de Paradis, à Paris.
- M. C. T., à Lafère. — Il faudrait essaver l’action des acides chlorhydrique et sulfurique sur le nickel à enlever seulement.
- AI. Carcanagues, à Paris. — 1° Vous pouvez vous adressera M. Bardou, 55, rue Caulaincourt, à M. IL Morin, 5, rue Bour-sault, et à M. Radiguet, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, à Paris.— 2° Nous avons transmis les corrections à la librairie.
- AI. P. AI., à B. — H y a lieu de visiter d’abord la dynamo et surtout l’induit en cherchant s’il n’v a pas de fil coupé, puis de vérifier le collecteur. Pour la batterie d’accumulateurs, il serait préférable de faire une visite complète des éléments. En tout cas, essayez de les soumettre à une charge prolongée.
- M. Ch. Mantélier, à Villechenève. — Il n’existe pas de procédé permettant de garder la couleur; mais on doit faire des collections colorées. Adressez-vous à la maison Devrolle, 46, rue du Bac, à Paris.
- il/. W. Lambrecht, à Abbazia. — Remerciements pour votre envoi.
- il/. Ev. C., à Péronnes-lez-Binche. — Le gaz arrivant sous pression sur de la mousse de platine s’enflamme; c’est un phénomène physique bien connu qui se produit par suite de la quantité de chaleur dégagée par la condensation. Pour les becs self-allumeurs dont vous parlez, on utilise peut-être l'électricité, et l’appareil alors est analogue à l’Auto-lux que nous avons décrit dans le n° 1557, du 7 janvier 1899, p. 96.
- il/. G. José dos Sanlos, à Porto. — Les prismes Luxfer, que nous avons décrits dans le n° 1568 du 24 juin 1899, étaient fabriqués par la Société des prismes Luxfer, 201, quai Valmy, à Paris.
- M. X., à Paris. — 11 s’agit de phénomènes d’optique dont la cause n’est pas bien déterminée.
- AI. A. Billion, à Villiers-sur-Marne. — Dès que nous aurons des documents sérieux, nous ferons un article sur ce sujet.
- AI. A. D., à Malo-les-Bains. — Nous n’avons pas cette adresse.
- AI. R. Hervineau, à Noirmoutier. — Nous ne connaissons pas de procédé spécial pour nettoyer les coquillages; il sulfit de les laver à l’eau et de bien les essuyer.
- ilI. G. Lange, à Etampes. — Nous vous avons déjà répondu dans la Boîte-aux-Lettres du n° 1475 du 51 août 1901.
- ,17. AI. Théry, à Boulogne-sur-Seine. — La fumée bleuâtre mêlée aux gaz d’échappement provient de la décomposition des huiles minérales en excès dans le cylindre ou dans le pot d’échappement.
- 1/. J. Widmer, à Paris. — Pour remettre à neuf les rideaux de cheminée, on les peint avec du coaltar, et ensuite on remplit les cheminées de copeaux auxquels on met le feu. Le goudron brûle et se calcine en formant une légère croûte de carbone adhérent.
- AI. M. Dugas, à Pont-Audemer. — MM. Radiguet et Massiot éditent une série de conférences scientifiques avec projections ; adressez-vous à la maison, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, à Paris.
- Réponses. — 7V° 1251.— Le latex des arbres à caoutchouc est de conservation plus ou moins difficile selon l’espèce d’arbrç dont il provient. Mais ce lait est parfaitement conservé à l’état liquide lorsqu’avant l’expédition, on l’additionne d’Hne certaine quantité d'ammoniaque. Cette conservation est extraordinairement facile pour le latex du Landolphia Perrieri, mais le procédé réussit moins bien, par exemple, pour celui du Landolphia sphærocarpa, quoiqu’il donne parfois de bons résultats. (Communiqué par M. Isida Maranne.)
- Accusés de réception. — Avis divers. — AI. Durand, à Lyon. Nous avons reçu votre lettre ; nous allons prendre les renseignements, et nous vous répondrons. — M. Bestrand, à Paris. Nous ne pensons pas qu’il y ait lieu de prendre un brevet ; consultez cependant une agence de brevets. — M. Leroy, à Paris. Cet appareil ne se trouve pas dans le commerce. — Al. G. D., à X; M. F. M., à-L. Consultez le petit livre des Recettes et j>rocédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie, à Paris. — AI. Leroy, à Nantes. Cette formule est donnée dans le même petit livre que ci-dessus, 4e série, à la meme librairie. — M. Laurent, à Sceaux; AI. Simon, à Asnières. Remerciements pour vos communications. — M. ZL,à K.; AI. G. V-, à Z. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- Mans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES MENTIONS1
- Réchaud pour bougie. — Nous avons récemment fait connaître un réchaud pour bougie ; en voici un autre modèle, basé sur le même principe, mais qui présente divers avantages. Le réchaud se compose dun support en métal, découpe et d'une forme artistique, que l’on pose simplement sur la bougie sur
- Réchaud pour[_bougie.
- laquelle il descend par son propre poids au fur et à mesure de la combustion. Sur ce réchaud se place une petite casserole spéciale dont le fond forme une cavité, ce qui augmente considérablement la surface de chauffe. Celte casserole est en aluminium très mince pour bien conduire la chaleur. Au moyen de ce petit appareil, on est à même de porter à ébullition un liquide quelconque en moins de deux minutes et cela partout où l’on se trouve, car partout on a sous la main une bougie ordinaire. Ce réchaud se trouve chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- Bonteillc-tfmhale-goheict. — 11 existe déjà un grand nombre de timbales ou bouteilles portatives; mais celle que nous décrivons présente plusieurs avantages. Elle est en aluminium, ne pèse que 0gr,70 et a une contenance d’un huitième de litre. On voit en 1 la vue d’ensemble de la bouteille; en 2 sont figurées les principales parties. La bouteille propre-
- Bouleille-timbale-gobelet.
- 1. Vue d’ensemble. — 2. Détail des pièces de la bouteille. 3. Timbale et gobelet.
- ment dite est en A, en B se trouve un anneau avec un pas de vis en C sur lequel vient se visser le bouchon D. Le gobele t B se visse ensuite par-dessus. Bans le n° 3 nous trouvons la timbale E qui affecte la forme de la bouteille et qui vient s’emboîter sur celle-ci. — Cette bouteille-timbale-goblet se trouve chez M. Mathieu, 131, galerie de Valois, Palais-Boval, Paris.
- Bouchon universel en liège de sécurité. — Le bouchon B est en liège, d’une forme conique, permettant de s’a-
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelle» scientifiques est étrangère aux annonces.
- dapter à toutes les grosseurs de bouteilles ; l’intérieur du bouchon est garni d’un godet métallique B, fileté intérieurement, et ce godet est muni, à son extrémité, de deux tiges inclinées C; on bouche une bouteille comme avec un simple bouchon de liège ordinaire, et à l’aide d’une tapette on l’enfonce entièrement. Pour déboucher ainsi cette bouteille il faut posséder le le tire-bouchon spécial A qui porte un même pas de vis B que celui contenu à l’intérieur du bouchon, il faut visser dans le bouchon, puis le tirer.
- Ce bouchon peut servir indéfiniment, et trouvera son appli-
- Bouehoii universel. — 1. Vue d’ensemble. — 2. Vue de détail.
- cation aux bouteilles contenant des grands crus de marque, vins, liqueurs, etc..., également il pourra s’utiliser à boucher des liquides dangereux, car personne ne pourra déboucher une bouteille fermée avec ce nouveau bouchon- — L’appareil se trouve chez M. Mathieu, 131, galerie de Valois, Palais-Boyal, Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Les orages et la grêle avec une introduction sur « Le tir du canon contre la grêle », par J.-R. Plumandon. 1 vol. petit in-8° de l’Encyclopédie scientifique des Aide-mémoire. Masson et Cie, éditeurs. Paris. Prix : broché, 2,r,50; cartonné, 3 fr. 1901.
- Ce livre, publié par notre collaborateur, est de parfaite actualité et s’adresse non seulement aux météorologistes et aux agriculteurs, mais encore à tous ceux qui sont intéressés par les grands phénomènes de la nature. Les orages et les lois qui les régissent, la formation des principaux hydrométéores et la production de la grêle y sont expliqués très simplement, de manière à satisfaire l’esprit le plus rationnel, par fa seule action des mouvements atmosphériques.
- Recherches minières. Guide pratique de prospection et de reconnaissance des gisements à Vusage des ingénieurs et propriétaires de mines, par Félix Colomer, ingénieur civil des mines. 1 vol. in-8°. VTe Ch. Bunod, éditeur. Paris, 1901. Prix : 7fr,50.
- L’ouvrage est divisé en trois parties : 1° Etude de la surface; 2° Sondages de recherche; 3° Etude économique d’un gîte Dans la première partie l’auteur donne rapidement les définitions géologiques et minéralogiques. Puis il s’étend longuement sur les travaux de recherche à la surface. La seconde partie examine les diverses méthodes de sondage employées aujourd'hui et donne des renseignements sur la marche de ces sondages et sur les accidents auxquels ils sont exposés, ainsi que sur le prix de revient des méthodes et sur leurs avantages ou inconvénients. La troisième partie débute par des indications sur les levés topographiques au moyen de la photographie, définit les principaux minerais avec leur teneur industrielle et donne les moyens les plus ordinaires d’évaluation de la richesse des gisements.
- La lutte sociale contre la tuberculose, par le Br Romme, préparateur à la Faculté de médecine de Paris. 1 vol. petit in-8° de Y Encyclopédie des Aide-Mémoire. Masson et C'10, éditeurs. Paris, 1901. Broché : 2fr,50; cart. toile : 3 francs.
- La série de Taylor et son prolongement analytique, par J. Hadamard. 1 vol. in-lfi, n° 12. Scientia. C. Naud, éditeur.
- L'électricité au service de la photographie, par A. Bertiitf.r. Lne brochure illustrée in-8°. Prix : 1 franc. Paris, Charles Mendel, éditeur, 118, rue d’Assas. 1901.
- Production et emploi des courants alternatifs, par L. Bar-billion, docteur ès sciences. 1 vol. in-16, n° 11, Scientia. C. Naud, éditeur.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Le verre, par Paul Frick, ingénieur des constructions navales, 1 volume in-18 de la collection des Livres d’or de la Science, Schleicher frères, éditeurs. Paris 1901. Prix : broché, lr',50; relié, 2 fr.
- Leçons sur les moteurs à gaz et à pétrole, faites à la Faculté des sciences de Bordeaux par L. Marcius. 1 vol. in-10, librairie Gauthier-Yillars. Paris, 1901. Prix : 2fr,75.
- Lui de pratique pour les calculs de résistance des chaudières à vapeur et l'essai des matériaux employés, publié par l’Union internationale des associations de surveillance d’appareils à vapeur. Traduit sur la 7e édition allemande, par G. Iluix, et E. Maire, avec la collaboration de M. 11. Walther-Meunier. 1 vol. in-12. Gauthier-Villars, imprimeur-libraire, 1901.
- Aéroplane et propulseur Pompéien, par L. Orcel, ingénieur. 1 brochure in-8°. Henry Georg, libraire éditeur, Lyon, 1901.
- Histoire du ciel, par Clémence Royer. 1 vol. in-18 Librairie C. Rienwald, Schleicher frères, éditeurs. Paris. 1901.
- La conquête des mers, par Georges Toudouze. 1 vol. in-18. Librairie C. Rienwald, Schleicher frères, éditeurs. Paris. 1901.
- Agenda aide-mémoire de l'électricien 1901-1902. J. Lou-bat et Cie, 15, boulevard Saint-Martin, Paris.
- Annuaire astronomique de l'observatoire royal de Belgique, publié par les soins de L. Niesten, astronome chef de service. 1901. 1 vol. in-10. Bruxelles, Rayez, imprimeur de l’Académie royale de Belgique.
- Annuaire de l'observatoire royal de Belgique. 1899. 00" année. Supplément. 1 vol. in-10. Bruxelles, Rayez imprimeur, 1900.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES OU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN-MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 9 septembre. . 19",0 Calme. Très nuageux. 0,0 Nuag. le matin: presque couv. le soir. Orage de 13 h. à 19 h. avec forte pluie.
- Mardi 18 14°,6 Calme. Couvert. 18,9 Couv. de 4 à 12 h. ; très nuag. le reste du temps; brouil.; éclairs à 22 h.
- Mercredi 11..... 14°,0 N. W. 2. Couvert. 0,0 . Couv. de 4 à 22 h. ; très nuag. le reste du temps ; pluie.
- Jeudi 12 11°,8 N. W. 2. Couvert. 3,2 Très nuag.
- Vendredi 15 14°,2 N. N. W. 3. Nuageux. 0,0 Très nuag. le matin ; nuag. ensuite ; beau de 19 h. à 24 h.
- Samedi 14 13°,0 N. W. 2. Couvert. 0,0 Très nuag. ; petite pluie.
- Dimanche 15 » 11°,1 W. 1. Couvert. 0,4 Très nuag. jusqu’à 18 h. ; beau ensuite; halo.
- SEPTEMBRE ISO!. SEMAINE DU LUNDI 9 AU DIMANCHE la SEPTEMBRE.
- I I.iiimii Mardi . . reiii | Jeudi j \nuiredi | samedi Dimanche
- La courbe supérieure indique ta nébulosité de O u 10: les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillés.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Orages. — Le 9 septembre, vers 1 h. 1/4 de l'après-midi, un violent orage s'est abattu sur Paris. Le ciel, jusque-là très clair, s’est obscurci tout à coup, et l’on a dû, en maints endroits, allumer des lampes, le gaz ou 1 électricité. Quelques éclairs, des roulements de tonnerre, et la pluie, par instants mélangée de grêle, est tombée, transformant en torrents les ruisseaux des rues ou en iacs les ruelles étroites. La première averse, extraordinairement abondante, a duré une demi-heure environ, après quoi le soleil a lait sa réapparition. Mais les nuages n’avaient pas disparu et l’orage a continué à menacer et l’eau est tombée, quelques instants après, à plusieurs reprises en grande quantité. '
- , Les averses torrentielles qui sont tombées ont causé un Certain nombre d'accidents plus ou moins graves. Dans le troisième arrondissement, des dégâts ont été constatés dans les boutiques des marchands du Temple qui ont été envahies par les eaux. De nombreux vêtements ont été mouillés par 1 eau qui Hltrait enlre les interstices de la toiture. Dans le quatrième arrondissement, la fabrique de produits pharmaceutiques Michelet et Souillard,
- rue du Marché-des-Blancs-Manteaux, a eu son sous-sol inondé ; une certaine quantité de marchandises a été détériorée.
- Dans la banlieue de Parts, les conséquences de l’orage ont été plus graves. A Saint-Cloud, la loudre a provoqué un commencement d’incendie au dépôt des tramways du Val d’Or. Un instant plus tard, elle est tombée sur les tribunes du champ de courses, détruisant de nombreuses banquettes.
- Dans les parages de Saint-Ouen, des champs ont été abîmés par l’ouragan. Les vignobles du vieux Saint-Ouen et des grandes carrières ont été particulièrement frappés. A Saint-Denis, la foudre a fait deux victimes. A Meudon, à Epinay, le tonnerre a détruit plusieurs arbres. Dans cette localité, en face du château de don François d’Assises, un vieux chêne a été coupé en deux. Trois personnes qui avaient cherché un abri dans une petite grange voisine ont été toutes trois projetées sur le sol et ont ressenti une très vive commotion, à la suite d'un coup. de foudre.
- Les orages ont été nombreux en France. A Chartres, la grêle est tombée en abondance. A Angers, un ouvrier jardinier a été tué par la foudre. On a recueilli 35 mm d'eau à Charleville, 8 à Limoges, 4 à Brest; 33 à Perpignan, 22 à Lyon.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 12 à 9 h. 28 m. du soîïr.
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- N° 1479 (28 septembre 1901), au journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- Un nouveau décret sur la circulation des automobiles vient «de paraître. Ce décret ne modifie en rien le décret de 1899, aux termes duquel la vitesse de ces véhicules ne doit jamais, sauf en cas •de courses régulièrement autorisées, excéder 50 kilomètres à l’heure en rase campagne et 20 kilomètres dans les agglomérations. Il con-•saere au contraire les règles existantes, mais il a pour but d’en assurer une plus stricte observation que par le passé en facilitant l'identification des chauffeurs qui viendraient à les enfreindre. En effet, les •automobiles reconnues capables, par suite de leurs dispositions mécaniques, de marcher en palier à une vitesse supérieure à 50 kilomètres par heure, devront porter dorénavant des numéros distinctifs. De nouvelles dispositions sont prises également en ce qui concerne les courses sur routes nationales; des autorisations devront être accordées par les maires des communes traversées, par les préfets, etc.
- —®— M. G. Latruffe, parti en ballon de Dunkerque le 25 septembre, à 2 heures de l’après-midi, est arrivé le soir à 8 heures, à Southminster, en Angleterre, après un vovage très mouvementé. Poussé d’abord par le vent dans la direction du nord jusqu’à Glacton, le ballon a ensuite rebroussé chemin jusqu’à l’embouchure de la Tamise, où l'aéronaute a atterri. La distance entre Dunkerque et le point où M. Latruffe a touché terre est de 160 kilomètres environ.
- —g;— Les membres du jury international désignés par les chambres de commerce des principales villes maritimes pour décerner le prix Pollock dont nous parlions récemment, se sont réunis «u Havre. Se conformant aux conditions imposées par les fondateurs du prix, ils ont écarté les projets qui ne visaient pas une des trois conditions suivantes : 1° Prévenir les collisions en mer; 2° sauver les navires en cas de collision; 5° réaliser, en cas de porte du navire, le sauvetage collectif des passagers et de l’équipage. Le jury, tout en constatant les efforts faits pour arriver à une sécurité plus grande dans la navigation, a estimé qu’aucun des projets présentés ne répondait à une au moins des conditions imposées, et qu’il n’y avait pas lieu de décerner le prix.
- —®— Le 19 septembre, vers 7 heures, le Santos-Dumont n® 6 appareillait au parc d’aérostation. Il quittait terre à 8h20 et se rendait au-dessus du champ de course de Longehamp. Pendant une heure, M. Santos-Dumont évolua à l’altitude d’environ 50 mètres. A un moment, il fit signe à ses amis de se réunir au milieu de la pelouse. Puis M. Santos-Dumont essaya de faire le tour du groupe vers l’extrémité sud de la pelouse. Le ballon, dans un virage trop court, fut projeté sur des arbres voisins, crevé et vidé en un instant. Il doit être prochainement réparé.
- —g— Nous apprenons avec regret le décès de M. Louis Breitcl, ancien typographe à l’imprimerie Lahure, devenu sculpteur, et dont nous avons parlé, à propos du monument qu’il a offert à La Nature, dans le n° 1265, du 14 août 1897.
- —8>— M. Henry, professeur à l’Ecole forestière de Nancy, vient de signaler les ravages de plus en plus grands du champignon des caves ou des maisons (comme on l’appelle souvent), qui est de son nom savant le Mendias lacrymans, et qui se propage rapidement dans les charpentes qu’il a une fois commencé d’envahir, en en rendant le remplacement nécessaire à bref délai. Dans un milieu humide, <iui est essentiellement favorable à cette végétation, apparaissent des filaments mycéliens qui sortent du bois en formant de grandes surfaces blanches et molles ; quand les fructifications apparaissent, la masse se colore en brun orangé et se couvre de spores minuscules, surtout là où se rencontrent des liquides alcalins. Bientôt toutes les fibres du bois sont traversées de perforations extrêmement fines, qui échappent totalement à l’œil; et quand le mycélium périra parce qu’il ne trouvera plus de matières azotées dans le bois, le bois se sera transformé en une substance brune qui se crevassera et se déta-
- chera en fragments cubiques dès que l’eau viendra à disparaître de sa masse. Ajoutons que les cordons mycéliens cheminent même à travers les maçonneries pour aller partout porter la contagion. Le meilleur remède contre cet envahisseur, c’est encore la dessiccation, aussi complète que possible, des matériaux de construction et par suite l’aération des caves.
- —®— Le dernier recensement qui vient d’être fait de l’autre côté du détroit a permis de constater qu’il y avait, en Angleterre, 1082 619 femmes de plus que d’hommes. Les chiffres officiels, publiés tout récemment donnent en effet 15 721 728 habitants du sexe masculin, contre 16 804 547 personnes féminines. Or l’on fait remarquer à ce propos que, depuis 1851 (il y a, par conséquent, juste un'demi-siècle), tous les recensements anglais ont accusé une augmentation régulière et périodique du nombre des femmes, ce qui n’est pas sans déconcerter un peu les démographes. Alors qu’avant 1851 la proportion des hommes et des femmes était sensiblement égale, elle s’est élevée graduellement de 104 femmes pour 100 hommes., à 105 en 1871, 106 en 1881 et finalement à 107 contre 100 eu 1901.
- —D’après la « Revue municipale », en 1899, il y avait à Paris 1701 sapeurs-pompiers, le nombre des incendies par an était de 1455, soit 1 incendie par 6 heures, et 11 grands feux dans l’année. La population de Paris était de 2 540 000 habitants et le budget atteignait 2 628 045 francs. En 1879, c’est-à-dire vingt ans auparavant, les pompiers étaient au nombre de 1690, la population de Paris était de 2126 250 habitants. Le nombre des incendies n’était que de 878, soit 1 incendie par 10 heures, et 14 grands feux dans 1 année. Le budget était de 1 825 159 francs. Il est intéressant de constater qu’avec un effectif sensiblement le même, une augmentation de budget inférieure à la moitié du budget annuel, on soit arrivé, par l’amélioration du matériel, des manœuvres, etc., à combattre un nombre d’incendies qui est passé de 878 à 1455.
- —®— Le service municipal du pavage de la Ville de Paris emploie depuis quelque temps un petit appareil électrique destiné à « ébarber » les pavés de bois qui sont encore sains, mais dont la tranche supérieure a été quelque peu écrasée par le passage des véhicules. L’outil a l’apparence d’une fraise et porte sur sa périphérie, suivant une certaine inclinaison. 16 lames rectangulaires affûtées en chanfrein, découpées dans de la tôle, et facilement amovibles. Il tourne à raison de 1600 révolutions sous l’action d’une petite dynamo, et enlève le bois écrasé autrement plus vite qu’un ouvrier muni d’une hachette. L’ébarbeuse s’installe dans la rue même, où maintenant l’on peut toujours se procurer aisément le courant nécessaire.
- —®— M. Vassilièrc, un propriétaire de l’Armagnac, vient de se livrer à des expériences qui prouvent que les bestiaux, à défaut de foin, consomment très volontiers des sarments de vignes récoltés chaque jour sur la souche, et où l’on a éliminé au sécateur les bois de plus de 8 à 9 millimètres de diamètre. On les passe au hache-paille en même temps que de la paille, puis on foule le mélange, on l’arrose d’eau salée, dans la proportion de 50 litres par mètre cube, et on laisse fermenter de 40 à 48 heures.
- —®— La publication spéciale allemande Organ fur die Forl-schritte des Eisenbahnivesens vient de décrire un appareil ingénieux pour opérer à chaud le rétreignage des tubes de chaudières. Il se compose d’un petit marteau mû mécaniquement par un plateau-manivelle dont l’arbre est actionné par une courroie (le débrayage s’en réalise par un cône de friction commandé par une pédale). La frappe du marteau, de même que l’enclume qui est également prévue, a la forme d’une étampe demi-circulaire : entre ces étampes, on engage le bout du tube à rétreindre préalablement chauffé au rouge ; on peut régler la course du marteau de manière à donner à la partie rétreinte . la longueur et le diamètre voulus. Ce procédé coûte le tiers du procédé à la presse hydraulique, à ce qu’on nous affirme.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — M. L. Prat, ingénieur des Arts et Manufactures, à Paris, à propos de notre récent article sur « l’Aération des tunnels », n° 1477 du 14 septembre 1901, p. 241, nous écrit la lettre suivante : « Dans le numéro de La Nature du 14 septembre j’ai vu, avec quelque surprise, l’auteur de l’article sur l’aération des tunnels attribuer à M. Saccardo la priorité du système de ventilation par entrainement, avec couronne d’air annulaire, qui y est décrit. Si vous voulez bien vous reporter cependant à l’article de La Nature du 4 mai 1901, p. 364, relatif à l’usine de la Compagnie générale des Omnibus, à Billancourt, vous verrez que j’ai appliqué un procédé analogue au tirage artificiel des cheminees; et qu’en fait la connaissance approfondie de ce système de ventilation m’a permis d’en faire les applications les plus diverses parfois sur des orifices équivalents même plus considérables que celui des tunnels. J’ajouterai que le brevet de M. Saccardo, que je me trouve avoir sous la main, est du 24 janvier 1898 et que le mien, dans lequel j’ai décrit tous les organes que doit comporter ce genre d’appareils, remonte au 23 septembre 1895. »
- Un abonné, à Bruxelles, à propos de notre récent article sur les « bicyclettes à deux développements » (n° 1477 du 14 septembre 1901, p. 251), nous écrit : « Permettez-moi de vous signaler un modèle de ce genre de bicyclette construit par la maison G. B. M., rue du Cornet, à Bruxelles, il y a plus de deux ans. Cette bicyclette est à deux chaînes; le changement de vitesse s’obtient non pas au moyen d’un levier fixé au guidon, mais par la pression du pied sur un ressort placé sur la manivelle droite. Il n’y a pas de roue folle, mais une roue libre avec frein sur le bandage ; le serrage de ce dernier s’obtient en abaissant la pédale gauche. Le mécanisme est très simple et très robuste. »
- Renseignements. — M. B. L., à Fontenay-le-Comte. — Pour avoir ce renseignement il faudrait vous adresser à M. No-car d, professeur à l’Ecole vétérinaire d’Alfort (Seine). Un livre a été publié par M. Nocard sur les maladies microbiennes des animaux à la librairie Masson et Cie.
- M. And. Kerchove-Vuillaume, à Renage. — 1°-Nous n’avons pas l’adresse du constructeur. — 2° Nous ne mettons jamais dans le texte les adresses des constructeurs, mais toujours en tète de la « Boîte-aux-Lettres ».
- M. E. R., à Paris. — Nous ne connaissons pas de lotion souveraine contre la chute des cheveux; la question est d’ailleurs complexe. Nous vous conseillons de lire un ouvrage du l)r Sabouraud sur ce sujet, qui paraîtra dans deux ou trois semaines à la librairie Masson et Cie.
- MM. Dechesne et Moreau, à Buenos-Aires. — 1° Il nous paraît impossible de se procurer la composition de ce verre. On peut seulement mesurer les constantes physiques (indices de réfraction, dispersion, etc.) d’un échantillon, et essaver de fabriquer un verre qui ait des constantes presque semblables. — 2° Le verre pour lampes à incandescence est le verre pour souffleur au chalumeau. — 5° Pas de manuel sur ce sujet.
- M. Thibault, à Bueharest. — Nous n’avons pas trouvé d’ouvrage sur le glucose.
- M. L. Gaumel, à Paris. — Nous avons décrit plusieurs modèles de moteurs à pétrole, mais vous trouverez des renseignements complets dans « l’Automobile théorique et pratique » de M. Baudry de Saunier, 22, boulevard de Villiers, à Neuilly-Levallois, et dans les ouvrages de M. Gérard Lavergne, à îa librairie Bérenger, 15, rue des Saints-Pères, à Paris.
- M. E. Duvivier, à Dourdan. — Il est nécessaire de consulter des traités de minéralogie pour trouver les diflérents moyens, employés.
- M. Seyert, au Mans. — La recette pour boucher les fentes-du parquet a été publiée dans les « Nouvelles scientifiques » du n° 1450 du 9 mars 1901.
- M. G. Steinheil, à Robhau. — Nous ne publions jamais les-projets d’appareils; nous donnons seulement la description de ceux-ci quand ils ont fait leurs preuves et qu’ils ont fonctionné.
- M. J. Faguerdo da Sil, à Santarem. — Nous avons reçu la photographie de votre appareil générateur d’acétylène; mais-nous avons déjà décrit plusieurs appareils différents, et nous ne saurions revenir sur le sujet.
- M. E. M., à Charleroi. — Nous ne croyons pas que] cet établissement soit bien sérieux.
- MM. Herrburger-Schwander, à Paris. — Pour tout ce qui concerne notre article sur « Les œufs, leurs qualités et leur commerce », paru dans le n° 1445 du 2 février 1901, p. 152r veuillez vous adresser à l’auteur de l’article 2, rue Chaptalr à Paris.
- M. le Dr Regud, à Antibes. — Vous trouverez un manuel' de pisciculture dans la collection des Manuels Roret et vous-pourrez vous procurer d’autres ouvrages à la librairie Agricole de la maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- Questions. — N° 1252. — M. Celupoul, à Liège, nous-demande la composition d’une encre blanche destinée à inscrire, sur les bandes noires des diapositives pour projections ou pour stéréoscope, les titres des sujets représentés.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. R., à Lille. Nous n’avons pas reçu la première carte dont vous parlez, nous avons-reçu la seconde et nous allons faire les recherches que vous demandez. — M. L. J., à Nancy. Nous ne pouvons vous donner de conseils; adressez-vous à un notaire. — M. Girard, à Paris; M. Leroy, à Arras. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série,, à la librairie Masson et Cie. — M. Brunet, à Paris. La recette que vous demandez est donnée dans le même livre que ci-dessus, 5e série,, à la même librairie. — M. Pérant, à Nantes. Remerciemenls pour votre communication.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Traitement de l’insomnie.
- Heureux les gens qui dorment, comme l’on dit, du sommeil du juste ! Heureux ceux qui ont le privilège de s’endormir, comme ils veulent, en s’asseyant dans un fauteuil, se bloquant dans un coin d’appartement et profitant de la demi-heure, de l’heure de quiétude pour prendre un moment de sommeil.
- Combien, par contre, vont se mettre au lit et ne peuvent, avant de longues heures, goûter un instant de repus. L’insomnie, la fâcheuse insomnie les guette ; le cerveau en éveil rumine les pensées les plus extravagantes et le patient, tourne, retourne sur son lit sans pouvoir s’endormir. De plus en plus répandue de nos jours, par suite de la tension d’esprit, de la nervosité des sujets, l’insomnie résiste souvent aux médications les plus réputées. Opiacés, trional, chloral, toute la gamme des anesthésiques et des narcotiques n’arrive pas à provoquer le sommeil bienfaisant, ou s’il l’amène, c’est avec des doses de plus en plus fortes qui laissent le malade au réveil plus fatigué que s’il n’avait pas dormi.
- Contre cette insomnie d’origine nerveuse, un médecin, le I)r Floan, a essayé avec succès l’emploi des courants faradiques. D’autres avant lui avaient employé déjà ce moyen et s’en ' étaient bien trouvés. Le médecin anglais a mis en pratique cette méthode d’une façon plus systématique. Il applique l’électrode positive sur le front, cette électrode doit être large de 4 à 5 centimètres; l’électrode négative, moitié moins grande, est appliquée sur la nuque. Le courant doit être très faible, ne pas dépasser un milliampère et encore doit-on commencer par un quart, un tiers de milliampère ; l’application dure de 10 à 15 minutes, et, en une dizaine de séances, on voit disparaître l’insomnie, les céphalées, les cauchemars.
- Inutile de dire qu’il faut veiller à l’hygiène de ces malades et avant de recourir a l’électricité, essayer de k suppression des causes d’excitation physiques ou morales, recommander l’exercice, la vie active, le massage. Quand on aura épuisé sans succès ces divers moyens, la faradisation ainsi pratiquée donnera de réels succès. C’est un pendant de l'ajqdication de casque vibratoire conseillé par Charcot contre la migraine, dont j’ai parlé jadis dans ce journal. Dr A. C.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Dressé à l’Observatoire de Paris, d’après les publications du Bureau des longitudes
- OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1901. — POSITION DES PRINCIPALES PLANÈTES.
- ! iDéc
- iNav.
- minuit
- Passage au méridien à
- Bélier
- «Cancer
- Poissons
- Petit Chien
- ion
- Lièvre
- Colombe
- Boréale"
- Herculb
- Dauphin
- Pégase
- Poisson s
- Verseau
- Balance
- lOct.
- Poi 3sonAust *al
- PRINCIPAUX PHÉNOMÈNES ASTRONOMIQUES
- Occultation* de* Planètes et des Étoiles par la Lune, visibles à Paris.
- 1901. Nom de l’astre. Grandeur. Immersion. Temps moyen. Émersion. Temps moyen.
- Octobre i 1210 B.A.C. 6,2 H h. 27 m, 7 11 li. 52 ni, 5
- 2 1563 B.A.C. 6,8 13 h. 15 ni, 3 ippulse à O'O du bord.
- > 2 107 Taureau. 6,7 11 h. 12 m, 8 15 h. 8 m, 2
- 5 71 Or ion. 5,5 17 h. 19 in, 9 18 h. 26 ni, fi
- — 1 1650 Weisse (611) 64 12 h. 5 m, 1 12 li. 11 in, 9
- — 6 60 Ecrevisse. 5,6 11 h. 15 m, 1 15 h. 27 m, 5
- — 17 ç Ophiucus. 5,1 5 li. 26 m, 6 5 li. 12 ni, 5
- — 18 16 Sagittaire. 6,6 6,7 6 li. 56 m, 9 7 h. 15 ni. 1
- — 19 B.D. 18“ 5206 7 li. 1 ni, 8 8 li. lfi ni, 8
- — 22 c1 Capricorne. 5,5 9 h. 18 m, 1 ippulse i î'3 du bord.
- — 25 y. Verseau. 5,2 9 h. 1 m, 6 10 h. 17 m, 7
- — 25 11337 Lalande. 6,4 11 h. 51 m, 7 12 11. 5 m, 7
- — 27 29 Bélier. 6,1 12 h. 22 in, 1 13 h. 25 m, 9
- — 27 o Bélier 6,1 17 li. 16 ni, 7 18 li. 51 m, fi
- — 28 1096 B.A.C. 6,5 11 h. 22 m, 2 12 h. 12 m, 8
- — 29 e Taureau. 3,6 7 h. 39 m. 3 ippuise à 3 2 du bord. 11 h. 25 ni. 9
- — 51 13021 Lalande 6,6 15 li. 17 ni, fi
- Nov. 2 A2 Ecrevisse. 6,1 17 h. 38 in, (1 18 h. 20 ni, fi
- — 3 w Lion. 5,6 12 h. 1 ni, 3 12 h. 12 ni. 9
- — 5 2>s Lion. 5,7 17 h. 40 ni, 1 ippulse i 0 7 du bord.
- KOI. Nom de l'astre. Grandeur Immersion. Temps moyen. Émersion. Temps moyen.
- Nov. 11 6081 B.A.C. 6,7 6 h. 5 m, 6 7 h. 11 m, 1
- 17 7087 B.A.C. 6,5 7 h. 56 m, 5 8 h. 10 m, 9
- 22 62 Poissons. 6,1 3 h. lfi m,‘5 4 li. 12 m, 1
- 22 5 Poissais. 1,8 1 h. 56 m, 1 ippulse i Î 9 du bord.
- — 25 1210 B.A.C. 6,2 6,1 8 h. 22 m, 8 9 h. 5 m, 5
- — 25 218 Weisse (lh) 17 h. 28 m, 5 18 h. 18 m, 3
- 26 1651 B.A.C. 6,1 16 h. 3 m, 9 ippulse i 3'4 du bord.
- 27 71 Orion. 5,5 10 h. 37 ni, 0 11 h. 15 m, 1
- 28 68 Gémeaux. 5.5 19 h. 33 ni, 8 20 h. 18 m, 7
- 30 /. Ecrevisse. 5,1 9 h. 51 m, 9 10 h. 55 m, 7
- Déc. 1 11 Sextant. 6,1 11 h. 10 ni, 0 15 li. 17 ni, 1
- 1 19 Sextant. 6,1 19 h. 12 in, 5 ippulse 1 5'4 du bord.
- 2 p2 Lion. 6,1 20 h. 53 ni, 9 ippu'se il 5 0 du bord.
- U 6992 B.A.C. 6,7 fi h. lfi ni, 3 *7 h. 15 m, 3
- 14 p2 Capricorne. 5,5 fi h. 52 m, 7 *7 h. 52 ni, 7
- 15 v Verseau. 1,7 fi h. 26 ni, 5 7 li. 3 ni, 5
- 18 7, Poissons. 1,8 7 h. 30 ni, 2 8 h. 26 m, 5
- 21 29 Bélier. 6,1 10 h. 21 m, 0 11 h. 10 m, 9
- 21 o Bélier. 6,1 15 h. 25 m, 2 *16 h. 13 ni, 2
- 22 1096 B.A.C. 6,5 10 h. 10 m, 7 11 h. fi ni, 9
- 23 s Taureau. 5,6 5 h. 51 ni, 3 6 h. 26 m, 7
- 25 13021 Lalande. 6,6 10 h. 29 ni, 1 11 h. 11 m, 9
- 27 A1 Ecrevisse. 5,9 9 h. 22 ni, 1 ippulse i O U du bord.
- 27 A2 Ecrevisse. 6,1 10 h. 51 ni, 5 11 li. 59 ni, 7
- 27 60 Ecrevisse. 5,6 lfi h. 28 m, 7 ippulse i 4 7 du bord.
- — 29 36 Sextant. * L’ctoilè est sous l’horizon. 6,1 19 h. 28 m, 1 ippulse à PO du bord.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Satellites de Jupiter.
- OCCULTATIONS. ÉCLIPSES.
- 1901. Satellites. Immersion. Émersion. Commencement. Fin.
- Oct. 1 I 7 b. 8 m.
- — 8 III 5 h. 44 m. 49 s.
- — 10 11 6b. 6m. Os.
- — 10 1 7 b. 6 m. 13 s.
- — 15 IV 6 h. 51 m. 20 s.
- — 15 111 7 ii. 47 m.
- — 17 I 5 b. 30 m.
- - 24 II 6 b. 5 m.
- Nov. 9 I 5 b. 56 m.
- — 11 II 5 h. 58 m. 50 s.
- — 13 111 4 b. 57 m. 37 s.
- — 18 1 5 h. 58 m. 29 s.
- — 20 111 5 b. 18 m. 5 b. 4i m. 20 s.
- — 25 1 4 h. 27 m.
- Éclipse partielle de Lune, 27 octobre 1901, visible à Paris.
- Temps moyen de Paris.
- Entrée de la Lune dans la pénombre, 27 octobre...............1 b. 13 m. 2.
- Entrée dans l’ombre, 27 octobre..............................2 h. 34 in. 3.
- Milieu de l’éclipse, 27 octobre..............................5 h. 21 ni. 7.
- Sortie de l'ombre, 27 octobre................................4 ïi. 15 ni. 1.
- Sortie de la pénombre, 27 octobre............................3 h. 3(1 m. 2.
- Grandeur de l'éclipse = 0,227 le diamètre de la Lune étant un.
- Éclipse annulaire de Soleil, le 10 novembre 1901, partiellement visible à Paris.
- Temps moyen de Paris.
- Commencement de l’éclipse générale.....................16 b. 30 ni. 1.
- Commencement de l'éclipse annulaire....................17 h. 19 ni, 5.
- Commencement de l’éclipse centrale.....................17 b. 35 ni. 1.
- Eclipse centrale à midi vrai...........................19 b. 27 m. 1.
- Fin de l'éclipse centrale..............................21 b. 22 ni. 6.
- Fin de l'éclipse annulaire.............................21 h. 26 ni. 2.
- Fin de l’éclipse générale..............................22 h. 36 m. 6.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN-MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 16 septembre. 8Ü,2- S. S. W. 2. Peu nuageux. 1,5 Nuageux de 7 à 20 li. ; beau avant et après.
- Mardi 17 12°,4 S. S. E. 3. Couvert. 0,5 Couv. de 5 à 16 h.; très nuag. avant et après; pluie la moitié du temps.
- Mercredi 18 13°,9 S. W. 2. Couvert. 14,0 Couv. jusqu à 14 h. ; puis très nuag. ; beau après 20 h.
- Jeudi 19 9”,2 S. S. E. 1. Quelques nuages. 0,0 Nuageux; brouillard sur la Marne à 5 h.
- Vendredi 20 14°,1 S. S. E. 2. Couvert. 0,3 Nuag. de 10 à 17 b.; couv. avant et après; pluie à diverses reprises ; halo. Couver! ; pluie à diverses reprises.
- Samedi 21 16°,0 S. E. 2. Couvert. 13,3
- Dimanche 22 14°,1 S. S. W. 1. Très nuageux. 1,2 Presque couverl jusqu’à 16 h. ; nuageux ensuite.
- SEPTEMBRE 1901. — SEMAINE Dü LUNDI 16 AU DIMANCHE 22 SEPTEMBRE.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10: les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriquék (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Orages et pluies, température. — De fortes pluies ont été signalées partout eu Europe pendant toute la semaine.
- En France, le 17 septembre, on a recueilli 18 mm. d’eau à Toulouse, 12 à Biarritz, 11 à Charleville, 4 à Lyon, 1 à Paris. La température moyenne à Paris a été de 12°,6, inférieure de 2°,7 à la normale.
- Le 18 septembre, des mauvais temps régnaient vers le pas de Calais. Le vent a soufflé très fort de l'ouest-sud-ouest vers le pas de Calais ; puis il s'est modéré du nord-ouest sur la Manche. Des pluies sont tombées sur le nord, le centre et l’ouest de l'Europe ; en France, elles ont été générales. La température s’est abaissée sur les Iles Britanniques et sur nos régions de l'ouest. On a noté 5° à Moscou, 14° à Paris, 2i° à Alger. A Paris, la température minima a été de 13u,9 et la température maxima de 18°,7.
- Le 19 septembre a été beau en France ; on a noté seulement 1 mm d’eau à Charleville.
- Le 20 septembre, des pluies sont tombées sur l’ouest de l'Europe ; en France, elles ont été accompagnées d’orages ; on a recueilli 36 mm d'eau à Perpignan, 55 à Biarritz et à Limoges, 50 à Ouessant, 13 à Paris.
- Le 22 septembre des pluies sont encore tombées sur l’ouest et le sud de l’Europe; en France, on a recueilli 63 mm d’eau à Nice, 27 à Clermont, 12 à Perpignan; on a signalé des orages au mont Aigoual, de la neige au pic du Midi, au mont Mounier et sur les hauteurs près de Perpignan. La température s’est abaissée. Le matin, le thermomètre marquait 7° à Uléaborg, 14u Paris, 23° à Alger et à Cagliari. On notait ; 7° au puy de Dôme, 6° au mont Aigoual, 0° au pic du Midi,
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 21 à 1 h. 13 îu. du matin.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- —J|— Dimanche dernier, 29 septembre, a eu lieu à Àrbois la cérémonie d'inauguration du monument de Pasteur. L’illustre savant n’était pas né à Arbois, mais il y était venu à l’âge de trois ans avec •ses parents et il y avait passé toute sa jeunesse ; c’est encore à Arbois que, dans la plénitude de sa renommée, il venait se reposer le plus souvent de ses fatigues. Sous les auspices de la ville d’Arbois, on ouvrit une souscription qui'dépassa vite la somme de 50000 francs. Le monument fut confié à M. Paillon, titulaire de la médaille d’or du Salon. Il est simple et très réussi. Pasteur est assis, tenant en main •son lorgnon, comme il avait l’habitude de le faire; il semble expliquer une de ses expériences. La statue est posée sur un piédestal ; sur les côtés deux bas-reliefs; l’un représente la Vaccination contre la rage, le second un groupe représentant l’Agriculture et les maladies des bestiaux. La cérémonie a été présidée par M. Decrais, ministre des colonies, et par M. Liard, représentant le ministre de l'instruction publique empêché. MM. Decrais et Liard ont prononcé des discours très applaudis. MM. Louis Pasteur et Yallery-Radot représentaient la famille du maître, peut-être celui qui a le plus honoré la science française.
- —®— M. le Ministre de ^agriculture a décidé que, du 10 au 24 novembre 1901, il y aura au grand Palais des Champs-Elysées une exposition de moteurs et d’appareils utilisant l’alcool dénaturé. Dans le but de vulgariser autant que possible les divers emplois industriels de l’alcool, des appareils utilisant d’une façon quelconque l’alcool, les récipients pour l’emmagasinage et le transport de ce produit, les spécimeus réduits d’appareils producteurs d’alcool industriel, les alcools dénaturés, sans distinction d’origine, pourront être admis à l'exposition. Cette disposition complémentaire ne modifie en rien l’arrêté ministériel du 0 septembre 1901 réglant les conditions de concours de moteurs et d’appareils utilisant l’alcool dénaturé. M. Jean Dupuv a signé un décret constituant la Commission chargée d'organiser le concours entre les appareils utilisant l'alcool dénaturé, et de décerner les récompenses. Cette Commission est répartie en deux divisions. La première, présidée par M. Michel Lèvv, s'occupera des appareils moteurs; la seconde, présidée par M. Violle, examinera les appareils d’éclairage et de chauffage.
- •^-v§)— C’est M. Mougeot qui aura introduit en France de sa propre autorité le numérotage des heures de 0 à 24 en usage iiéjà pour les chemins de fer en Italie et en Belgique. Il s’agit, bien entendu, seulement de l’horaire postal. Bientôt, les timbres apposés par les bureaux de poste indiqueront l’heure de départ et le jour. Au centre du cachet se liront des chiffres exprimant la date du jour, le mois et l’heure de 0 à 24.
- —Le buste d’Armauer Hansen, l’éminent auteur de la découverte du bacille de la lèpre, vient d’être inauguré dans le jardin du Muséum de Bergen. On sait qu’Ilansen, né en 1841, à Bergen, publia ses premières recherches sur la nature contagieuse et spécifique de la lèpre dès 1869. Grâce aux subventions que lui fournit la Société de médecine de Christiania, il arriva à établir nettement la nature parasitaire de la maladie et à isoler son bacille dès 1873, dix ans par conséquent avant la découverte du bacille de la tuberculose par Koch.
- —®— La vaccination est l’une des premières mesures qu’on doit assurer quand on prend possession d’une colonie; c’est ce qui a été fait à Madagascar. Il résulte d’un rapport tout récent, sur le fonctionnement de l’Institut Pasteur de Tananarive, que, du 1er janvier au 31 décembre 1900, 82 génisses ont été inoculées et qu’ii a été fourni à la colonie 12247 tubes de vaccin, soit de quoi pratiquer 244940 vaccinations; 25000 travailleurs ont été vaccinés sur les chantiers de la route de Tamatave. Le service de la vaccine mobile
- a été assuré par les médecins indigènes formés à l’Ecole de médecine de Tananarive. Déjà, on peut se rendre compte des résultats obtenus par cette large vulgarisation de la vaccine. Dans la ville de Tananarive. où l'on comptait, en 1898, 490 cas de variole et 70 décès; en 1899, 253 cas de variole et 46 décès, il n’v avait plus, en 1900, qu'un seul cas non suivi de décès. Ce sont là des résultats précieux qui attestent notre influence bienfaisante aux yeux de la population indigène et qui servent grandement la cause de la colonisation.
- —-®— Les villes de Nogaro (Gers) et de Cloycs (Eure-et-Loir) viennent d’inaugurer l’éclairage par le gaz acétylène. A Paris et dans la banlieue, M. le préfet de police a adressé aux commissaires de police une circulaire leur demandant d’indiquer les noms et les adresses des commerçants et industriels qui fabriquent du gaz acétylène pour l’éclairage de locaux accessibles au public. Cette mesuré a pour but d’inviter ces commerçants et industriels à régulariser leur situation dans l’intérêt de leur sécurité et de celle du public.
- —L’administration des téléphones a publié le nombre et le produit des conversations téléphoniques [tendant les trois années 1898, 1899 et 1900. En 1898, le nombre total des conversations interurbaines a été de 5098 801; il est monté à 4 774 824 en 1899 et à 5955545 en 1900. Pour les mômes années, le produit de ces conversations a été respectivement de 2 470 049fr,50 ; 2 millions 757 559tr,50; 3 510 509fr, 15. Le nombre des avis d'appel téléphonique dont la mise en pratique rémonte au mois de février 1899, a été de 42 214 en 1899 pour onze mois et de 74146 pour 1900.
- —La régie a donné des chiffres intéressants concernant la vente et la consommation des allumettes. 53 160 211 140 allumettes sont sorties des manufactures de l’Etat, dont 51 748775100 allumettes en bois et 1411 456010 en cire, pour la fabrication desquelles on n’a pas employé moins de 56567 806 588 bûchettes et 48 millions 869 829 mètres de bougie lilée. Pour l’acquisition, le transport et le traitement des matières premières entrant dans la confection des allumettes, l’Etat a dépensé 8 269 865 francs. Les recettes se sont montées à 28 711 435 francs, d’où un bénéfice net d’un peu plus de 20 millions. On évalue la consommation annuelle des allumettes en ^France à 900 allumettes environ par habitant, 2 allumettes et demie par jour.
- —(§>— La maison Leroy construit et a fourni récemment au nouvel hôpital Trousseau une machine à laver des plus ingénieuses, qui permet d’effectuer en vase clos, et avec le secours d’une personne seulement, toutes les opérations du lavage le plus complet, et cela par la simple manœuvre d’un robinet. On met le linge dans l’appareil principal, qui se compose de deux cylindres, l’un extérieur fixe et en tôle galvanisée, 1 autre intérieur en cuivre. Un mécanisme spécial communique automatiquement à celui-ci un lent mouvement de rotation, alternativement dans un sens puis dans l’autre. Chaque cylindre est muni d’une porte de chargement; le cylindre extérieur porte à l’une de ses extrémités des tubulures d’arrivée d’eau froide, et un dispositif spécial d’injection de vapeur permet réchauffement de la masse et, par conséquent, la désinfection du linge. A l’autre extrémité se trouvent un indicateur de niveau, un robinet de vidange et enfin un trop-plein. L'appareil comporte comme annexes deux petits réservoirs où l’on fait, au fur et à mesure des besoins, les dissolutions à chaud de lessive et de savon. Au bout d’une heure de traitement, le linge sort parfaitement blanchi et désinfecté. L’installation est complétée par une essoreuse-toupie et par un séchoir chauffé à la vapeur composé de petits tiroirs roulant par des galets sur des tringles suspendues au plafond.
- —®— Les Américains semblent devenir de plus en [dus favorables à l’usage des conducteurs en aluminium pour les transmissions électriques; et voici la Compagnie des Chutes de Snoquahnie (une station électrique importante) qui vient de commander [dus de 100000 kg de ces fils pour doubler la puissance de son réseau de distribution.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La perforatrice électrique à diamants se trouve chez M. Fromholt, 44, rue Montmartre, Saint-Ouen (Seine). — Le constructeur de l’appareil pour l’anatomie des plantes est M. Verdin, 7, rue Linné à Paris. — L’ondographe de M. E. Hospitalier est construit par la Compagnie des compteurs, 18, boulevard de Vaugirard. — La règle à calcul circulaire se trouve chez M. Pouech, constructeur, 314, rue des Pyrénées, à Paris. — Pour l’ingénieux soufflet de forge, s’adresser à la Compagnie Champion Blower and Forge C°, de Lancaster (Pennsylvanie), Etats-Unis.
- Communications. — M. Th. A. Sautel, à Aubais, nous écrit : « Relativement à l’article paru dans le n° 1476 de La Nature, intitulé : « Pompe à l’alcool », permettez-moi de vous informer que j’ai vu chez M. Mause, d’Aubais, depuis près d’une année, fonctionner un appareil où l’eau s’élevait à 9 mètres, au moyen du vide obtenu par l’application d’un simple fourneau à pétrole. La dépense pour un récipient de 70 litres était peu appréciable. J’ai vu même une lettre adressée par M. Mause, qui avait alors l’intention de faire breveter son système à une agence de Paris, au sujet de recherches tendant à savoir s’il n’existait pas de brevets ayant pour titre : Elévation des eaux par l’application de la chaleur aux vases clos.
- , M. E. Rodocanachi, à Andillv, par Montmorency (Seine-et-Oise), nous envoie la photographie d’un poirier qui est adossé au mur du monastère d’Engelberg, en Suisse, à 1000 mètres d’altitude. Il portait quantité de fruits au mois d’août.
- M. Onofrio, à Coulanges-sur-Yonne, nous envoie la description d’un phénomène dont il vient d’ètre le témoin aux environs de Coulanges-sur-Yonne (Yonne) et qui rappelle en tous points le spectre de Brocken si souvent observé en montagne ou en ballon : « Le jeudi 19 septembre je quittais cette localité à 7 heures du matin par un brouillard assez épais (visibilité 100 m) et je m’éloignais à bicyclette sur la route de Courson qui monte en pente douce, perpendiculairement à la vallée de l’Yonne. Au bout d’une dizaine de minutes le soleil commençait à percer, mon ombre portée prenait sur le sol une teinte de plus en plus foncée, et la région zénitale d’un bleu intense allait en s’agrandissant. J’étais parvenu presque à la lisière nord de la masse brumeuse — dont je devais sortir complètement à 500 mètres plus loin — et je me trouvais alors à 2800 mètres de mon point de départ. Je descendis de machine et j’aperçus à ma gauche un superbe arc-en-ciel, dont le centre se trouvait exactement dans le prolongement de mon ombre. Le plus curieux, c’est que cet arc, composé d’une bande d’environ 10 mètres de large, se détachait en blanc vif et sans aucune coloration sur le fond gris de fer et quelque peu violacé de la masse brumeuse. Les parties inférieures qui plongeaient dans cette masse étaient surtout bien apparentes ; elles paraissaient reposer sur le terrain à une distance de 200 mètres environ (distance actuelle de visibilité). La portion supéreuré de l’arc, interrompue par places, se distinguait un peu moins nettement au milieu de vapeurs légères, s’échappant de la surface supérieure du brouillard, dont le niveau était situé à 50 mètres seulement au-dessus du sol, tandis que le point culminant de l’arc se trouvait à 100 mètres. En continuant ma route, je remarquais que l’arc-en-ciel se déplaçait parallèlement en conservant toujours son centre dans la direction de mon ombre. Il disparut bientôt peu à peu, et, au bout de 500 mètres, je me trouvai presque tout à coup dans une région inondée de lumière au milieu d’une atmosphère absolument claire avec vue illimitée. Derrière moi, le brouillard dont je venais de
- sortir, apparaissait comme un cumulus blanc, reposant sur le sol et, un peu au-dessus de sa frange supérieure, le soleil brillait d’un pur et vif éclat. Revenant sur mes pas, j’ai revu l’arc-en-ciel et de nouveau j’ai pénétré dans le brouillard dont l’intensité n’avait pas varié clepuis mon départ. Je retiens de celte communication deux ordres de phénomènes : 1° l’existence d’arcs-en-ciel absolument blancs et sans aucune coloration ; 2° la confirmation de ce fait qu’une nappe brumeuse, provenant des brouillards d’une rivière, ne s’étend qu’à une distance limitée de ses bords. »
- Renseignements. —M. R. L., àCharleroi. — 1° Adressez-vous à la librairie Gauthier-Villars, 55,. quai des Grands-Augustins. — 2° Renseignez-vous au Comptoir de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. A. C., à Paris. — Ces valeurs des volts et des ampères dans le circuit primaire des bobines Ruhmkorff pour une longueur donnée d’étincelle au secondaire varient suivant les divers modèles; demandez ces renseignements aux constructeurs.
- M. J. E., à Yunnan. — Nous pensons que ces pellicules se comportent bien et sont très pratiques.
- M. Piganneau, à Mios. — L’adresse de M. Le Rov, ingénieur, s’occupant des applications du chauffage électrique, est 60, rue Cortambert, à Paris.
- M. Geo Maurice, au Havre. — Ebonite en lames minces : Société industrielle des téléphones, 25, rue du Quatre-Septembre; M. Langet, 22, rue Yiolet, à Paris.
- M. A. Immer, à Sultzeren. — Pour les appareils de chauffage électrique, adressez-vous à MM. Parvillée frères, 29, rue Gauthev, à Paris.
- M. Â. Car dot, à Alger. — Les dissolvants du caoutchouc, en dehors du sulfure de carbone, sont la benzine, le naphte, le chloroforme, l’élber sulfurique, les huiles de naphte à l’éther, l’essence de térébenthine. On ajoute quelquefois aux dissolvants 5 pour 100 d’alcool.
- M. Serapio Galvan, à Guadalupe de Zacatecas. — Il vous a été répondu dans la Boîte-aux-Lettres du n° 1476 du 7 septembre 1901. II faut vous adresser au constructeur ou à l’inventeur. Nous ne pouvons entrer dans les détails des prix.
- M. A. Bonnine, à Narbonne. — Cette machine existe dans le commerce ; vous en trouverez divers modèles chez Mme veuve Bernier et Cie, 12, rue Corbeau, M. E. Coignet, 20, rue Londres, ou chez MM. Navet et Nouguier, 45, rue des Tournelles, à Paris.
- M. Luis ciel Valle, à Oviedo. — L’étude sur la coloration des métaux de M. Paul Malherbe, que nous avons signalée dans les « Informations » du n° 1478, du 21 septembre a paru dans les nos 8 et 9 des 15 août et 15 septembre de la Revue de Physique et de Chimie, à la librairie Octave Doin, 8, place de l’Odéon, à Paris.
- L’abonné 960-882, à Pierrefitte-sur-Seine. — 1° Oui. — 2° La pellicule peut alors être plongée dans un vernis.
- M. Commier, à Toulon. — Nous n’avons pas sur ce corps d’autres renseignements que ceux que nous avons publiés; nous ne croyons pas qu’il soit encore dans le commerce.
- M. A. Kerchove-Vuillaume, à Renage. — Nous vous avons répondu dans la précédente Boîte-aux-Lettres.
- M. F. D., h Genève. — Les recettes sur l’imperméabilisation, des étoffes ont été données dans « Les Nouvelles scientifiques » du n° 1473, du 17 août 1901.
- M. E. H., à Neuilly; M. Wybo, à Paris. — Nous avons feuilleté les quatre derniers volumes et nous n'avons pas trouvé les renseignements que vous demandez.
- M. L. Godfrin, à Gerbeviller. — 1° Lampe à incandescence Denayrouze, 6, place de l’Opéra, à Paris. — 2° Cette lampe n’est plus dans le commerce. — 3° Veuillez ne pas oublier de joindre à votre demande la bande du Journal.
- M. L. Vergniol, à Gensac. — 1° Nous n’avons pas publié d’article à ce sujet.— 2° Pour le traité de projection, adressez-vous à MM. Radiguet et Massiot, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Levant, à Paris. Nous ne comprenons pas votre question; veuillez nous donner des explications complémentaires. — M. de Meul, à Lille. Cette recette a été donnée dans le précédent numéro. — M. J. R., h B. Nous ne pouvons faire toutes ces recherches bibliographiques. — M. G. D., à Paris; M. Dubreuil, à Nantes. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 5e série, à la librairie Masson et Cie. — M. Dubois, à Orléans; M. Renant, à Lyon; M. Gérand, à Paris. Remerciements pour vos communications. — M. Luand, à Toulon; M. Gré-gmard, à Brest. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- Dans ta « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES MENTIONS1
- IVomeaux cerfs-volants. — Le cerf-volant est un jouet qui amuse beaucoup les enfants et souvent même les grandes personnes. Nous avons déjà décrit précédemment le cerf-volant
- Fig. 1. — Ceio-voiant à monture métallique.
- 1. Les tiges d'attache. — 2. Vue d'ensemble. — 5. Détail de l’écrou.
- Sentagonal d’origine américaine. La monture était formée par es morceaux de bois qui n’offraient pas toutes les conditions de solidité désirables. La nouvelle monture est copiée sur celle d’un parapluie qui s’écarte en serrant un écrou. La figure 1 nous montre tous les détails de construction. En C et B (n° 1) se trouvent les écrous qui supportent les tiges A B fixées par leurs extrémités aux cinq baguettes formant les supports des
- Fig. 2. — Cerf-volant, modèle plat.
- 1. Vue à plat. — 2. Vue des poches d’engouffrement. — 3. Tiges. 4. Mode d’attache.
- toiles. Ces écrous (n° 3) se resserrent jusqu’à ce que les baguettes deviennent horizontales. Le cerf-volant est alors monté d’une façon très solide.
- Un autre modèle de cerf-volant est le modèle plat (fig. 2), dont la monture est formée par 3 tiges (n°" 1 et 5) avec des poches d’engouffrement d’air placées sur la tige centrale (n° 2). Le mode d’attache des extrémités du cerf-volant aux différentes tiges est représenté dans le n° 4. — Le cerf-volant à monture métallique se trouve chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, le cerf-volant modèle plat est en vente à la maison Benaut, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- Ressort pour col de vêtement. — Voici un petit appareil tout simple et qui cependant peut être utile en bien des circonstances. C’est un simple ressort en acier plat (n° 1) ayant
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- la forme du col. Il se place sous le col des vêtements, jaquette, veston, redingote, habit, etc., etc., et maintient le vêtement toujours dans la forme du neuf, il évite les faux plis que les vêtements prennent si rapidement et donne au vêtement la.
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- Ressort pour col de vêtement.
- 1. Vue du ressort. — 2. Mode d’emploi.
- forme que nos tailleurs s'appliquent à leur donner.”— Le ressort se trouve chez M. Mathieu, 131, gderie de Valois, Palais-Royal, Paris.
- Bougeoir à spirale. — Il arrive souvent qu’une bougie n’est pas bien fixée dans le bougeoir ; il en résulte des taches de bougie par terre, la bougie elle-même tombe causant des dégâts. Dans le bougeoir à spirale, la bougie A est vissée dans le bougeoir B ; car on remarque que la bobèche du bougeoir est conique et à spirale formant vis. La bougie brûle jusqu’au bout, car elle est peu enfoncée et la lumière reste jusqu’à la fin.
- Bougeoir à spirale.
- Ajoutons que le bougeoir à spirale est en métal laqué inattaquable par la chaleur. — Le bougeoir à spirale se trouve chez M. Mathieu, 131, galerie de Valois, Palais-Royal, à Paris.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Moyen électrochimique pour découper les surfaces métalliques. — La Société « Verein Elektricitats » pour décaper emploie les objets à décaper comme électrodes dans une solution d’un sel alcalin. Ils servent d’abord comme cathodes, ce qui amène leur dégraissage sous l’influence de l’alcali libre, et ensuite ils sont employés comme anodes et décapés par l’acide libre. Le métal, qui entre en solution, est précipité à l’état d’oxyde hydraté par l’alcali libre au pôle négatif. Le liquide circule constamment et passe par un filtre, qui retient l’oxyde et autres impuretés, avant de retourner à l’électrolyseur.
- Pommade à la quinine. — Le Journal de la parfumerie et savonnerie française a donné une recette, simple et utile de pommade à la quinine. On commence par faire fondre ensemble au bain-marie 325 gr de moelle de bœuf, puis 225 de lard préparé et 55 d’huile d’amandes. On y ajoute ensuite 3 gr de baume du Pérou et la même quantité de sulfate de quinine, puis on parfume avec 7 gr d’essence de girofles et 30 gouttas d’essence de roses ; quand la pommade est refroidie, elle est bonne à employer.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Les érythèmes infantiles.
- Los êrvthèmes, avec inflammation plus ou moins profonde et étendue du tégument, ne sont pas rares chez les enfants en bas âge. Résultat de la malpropreté, dos conditions mauvaises de la nutrition, une petite écorchure devient en peu de temps le point de départ d’une dermite avec suppuration qui est très rebelle. Le I)' Marfan a eu l’idée d’employer un agent antiseptique des plus efficaces, l’eau oxygénée à douze volumes pure ou étendue d’une ou deux parties d’eau suivant les cas. Dans les éruptions superficielles, quand il n’est pas encore survenu de suppuration, la guérison est en général très rapide. On emploie cette eau oxygénée en lotions deux ou trois fois par jour et en applications locales, en compresses. Jamais on n’a constaté d’action caustique par l’emploi de cet agent. I)1' X.
- Traitement du zona.
- J’ai indiqué comme traitement du zona les applications de solution d’acide picrique que l’on dispose comme pour le pansement des brûlures. La solution alcoolique est plus efficace que la solution aqueuse, mais peut-être un peu plus douloureuse.
- L’alcool pur agit aussi bien que l’alcool contenant de l’acide picrique en solution. On l’a employé avec succès contre cette douloureuse affection. Il suffit d’imbiber des compresses de gaze stérilisée, pliées en quatre, avec de l’alcool absolu. On les applique sur les surfaces douloureuses en les recouvrant de taffetas chiffon, puis d’une couche d’ouate, pour éviter l’évaporation. Le pansement est maintenu en place avec une bande de crépon et n’est renouvelé qu’après vingt-quatre heures.
- Ce pansement, un peu pénible au début, fait cesser en peu de temps les douleurs névralgiques et cicatrise les vésicules ulcérées. Dr X.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49*,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES RU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN-MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 23 septembre. 14°,0 S. 2. Nuageux. 0,0 Nuag. le matin; couv. l’après-midi; halo; petite pluie.
- Mardi 24 15°,0 E. S. E. 0. Couvert. 0,3 Presque couvert ; petite pluie le matin ; forte pluie de 18 h. 1/2 à 19 h.
- Mercredi 25 13°,9 Calme. Couvert. 12,1 Très nuag. ; brouillard le matin ; halo.
- Jeudi 26 10°,0 S. 1. Peu nuageux. 0,0 Nuag. ; brouillard le matin ; halo.
- Vendredi 27 14°,1 N. N. W. 2. Couvert. 0,0 Couv. le matin ; beau ensuite.
- Samedi 28 8°,8 N. 1. Beau. 0,0 Beau.
- Dimanche 29 10°,0 N. 1. Brouillard. 0,0 Nuag. de 5 à 91i. et de 22 à 24 h.; beau le reste du temps; petite pluie à 22 h. ; brouill. le matin.
- SEPTEMBRE 1901. --- SEMAINE DU LUNDI 25 AU DIMANCHE 29 SEPTEMBRE.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10: les flèches inferieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri â boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- O rase en Algérie. — Dans la nuit du 23 au 24 septembre, yn orage d’une grande violence a éclaté sur Constantine et les environs. Des grêlons énormes ont brisé la plupart, des vitres et de nombreuses branches d’arbres, lin grand nombre d’arbres des allées ont ère déracinés.
- Dans certains quartiers, a grêle pénétrant dans les maisons a brisé des objets placés sur les cheminées.
- De nombreuses personnes, surprises dans les rues, ont été blessées : une jeune fille a dû être transportée dans une pharmacie ; un cirque a été com-plètemeait détruit.
- Toutes les communications ont été interrompues.
- ï.a pluie. — Au commencement de la semaine, des pluies ont été signalées sur l’Italie ainsi que sur les Iles-Britanniques; en France, le 23 sep-
- tembre, on a recueilli 12 mm d’eau à Nantes, 6 à Brest et à Limoges, 5 à Cherbourg, 2 à Cliarleville. La température s’est abaissée eu Italie; elle est montée presque partout ailleurs. Le thermomètre marquait 8° à Moscou, 14“ à Paris, 21° à Alger. On notait : 10° au mont Aigoual, 9° au puy de Dôme, — 2° au pic du Midi.
- A la même date, à Paris, le temps était très nuageux. La température moyenne (15°,0) a été supérieurs de 1°,2 à la normale (14°,4).
- Le 24 septembre, des pluies ont été abondantes sur les régions du centre et du sud; on a recueilli 53 mm d'eau à Clermont, 51 à Marseille, 20 à Lyon, 18 à Nice, 16 à Itochefort. La température était de 6° à Moscou, 13° à Paris, 21° à Alger. A Paris, il est tombé une pluie line.
- Le 25 septembre, des pluies ont eu lieu également; on a recueilli 15 mm d’eau à Besançon, 12 à Paris, 10 à Biarritz, 5 à Dunkerque.
- Les 26 et 27 septembre, la pluie est encore tombée à Besançon, à Limoges, à Belfort et à Biarritz. Le 28, pluie à Cliarleville.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 28 à 5 b. 45 m. du matin.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —î®^ C'est en 1851 que M. M. Berthelot commença sa carrière Scientifique au Collège de France comme préparateur de M. Balard. Pour fêter le mois prochain ses noces d’or, ses amis et élèves ont «u la bonne pensée de lui offrir une plaquette commémorative qu’ils •ont demandée à Chaplain. L’éminent artiste s’est attaché à interpréter la dernière phrase du discours prononcé par Jules Lemaître lors de la réception de Berthelot à l’Académie française : « Quiconque vous connaît sait combien vous tenez peu à tout ce qui n’est pas la patrie et la vérité ». Et, au revers d’un superbe profil de Berthelot, il a montré le savant assis à sa table de travail, entre <leux apparitions : la Vérité, qui de son flambeau lui fait une auréole, et la Patrie, qui lui présente une couronne de laurier en inclinant devant lui son drapeau. L’hommage de cette plaquette sera fait à M. Berthelot ces jours-ci.-
- —®— L'imprimerie nationale a publié récemment le rapport annuel dé l’administration des monnaies et médailles. La production monétaire de la Monnaie de Paris a été moindre en 1900 que dans les années précédentes. Les frappes d’or français avaient dépassé 100 millions de francs en 1895 et 1896; .elles s’étaient élevées à 221 millions en 1897 et 177 millions en 1898. En 1899, elles n’ont atteint que 51 millions et sont tombées à 30 millions en 1900; de ce chef, la valeur totale des fabrications se trouve considérablement réduite. Les émissions de pièces divisionnaires d’argent se sont également ralenties : 6 millions de francs environ en 1900, contre 27 millions en 1899 .et 40 millions en 1898. Par suite, de nombreuses fabrications coloniales ou étrangères, les ateliers ne sont pas restés inoccupés. La production en 1900 a été de 24 722 074 pièces françaises, 24 477 970 pièces coloniales et 13 420 940 pièces étrangères; soit, au total, 02 620 984 pièces, qui représentent une valeur de 120916085fr,17. Toutes les pièces françaises ont été frappées au nouveau type de M. Roty. Pour que la série des unités monétaires aux nouveaux types d'or "et d’argent soit complète, il ne reste plus à créer que les pièces d’or de 100 francs et de 50 francs dont l’usage est peu répandu, ainsi que l’éeu de 5 francs en argent, dont la frappe est provisoirement suspendue de par les conventions internationales. Parmi les frappes effectuées pour le compte des gouvernements étrangers, la fabrication des monnaies crétoises entre pour une part importante. L'a grand nombre de médailles et de plaquettes ont également été frappées; les commandes se sont élevées au nombre de 9673. Parmi les dernières plaquettes ou médailles mises en vente, il faut mentionner la plaquette de O. Roty pour l’inauguration des prisons de Fresnes, et la médaille de Patey pour le vingt-cinquième anniversaire de Marseille.
- —®— On sait qu’au fur et à mesure des besoins, on va remplacer à Paris les anciennes voitures de transport des lettres par de petites automobiles. Les premières essayées étaient à pétrole. M. Daboys, directeur de ce service, vient de faire expérimenter une première automobile ; l’alcool. On la verra certainement à la prochaine exposition en novembre des moteurs à alcool au Grand Palais des Champs-Elysées.
- —®— Les services publics d’automobiles se multiplient avec une rapidité extraordinaire depuis quelques mois : Londres est maintenant doté d'un service régulier entre Picadilly et Putney, et Southampton ainsi que Wellingborougli sont sur la liste des villes qui doivent confier prochainement tout leur service de voirie aux fourgons automobiles.
- —®— Une circonstance exceptionnelle ayant empêché la tenue du quatrième congrès en 1901, l’Union française des acôtylénistcs en a profité pour convier les acétylènistes français et étrangers à une Convention internationale qui se tiendra à Paris, en l’hôtel de la Société des ingénieurs civils, les 21 et 22 octobre prochain, et dans laquelle seront discutées des questions commerciales relatives à
- l’acétylène et à la défense des intérêts de cette industrie aux points de vue français et international,
- —®— M. Couturier, gouverneur de la Guinée française, vient d’envoyer à la ménagerie du Jardin des Plantes huit autruches acquises d’une caravane venue de Tombouctou à Konakry, et une jeune panthère provenant du Fouta-Djallon. D’autre part, M. Har-mand, ministre plénipotentiaire au Japon, a fait parvenir à M. Edmond Perrier, directeur du Muséum, pour le laboratoire d’entomologie, une collection d’insectes du Japon qui comprend plus de 6000 individus. Cette collection est de premier ordre non seulement par la multiplicité des spécimens, mais aussi à cause de la rareté des espèces qu’elle renferme. C’est, de beaucoup, une des plus importantes qui aient été offertes depuis longtemps au Muséum d’histoire naturelle. Enfin, M. Edmond Perrier a annoncé, au cours de la dernière réunion des naturalistes, que M. Leygue3 avait commandé pour la décoration du Muséum, les bustes en marbre d’Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, de Latreille, de Deshayes, de De Quatrefages, de Bréau, d’Emile Blanchard, de Henri Milne-Edwards et d’Alphonse Milne-Edwards, le dernier directeur du Jardin des Plantes.
- —®— On signale la mort à Lombreuil (Loiret) d’une femme nommée Angélique Delaveau, veuve Thiollier, décédée à l’âge de 102 ans 10 mois et 9 jours. La veuve Thiollier apartenait à une honnête famille de cultivateurs. Elle a eu la joie de contempler ses 92 enfants et petits-enfants, jusqu’à la quatrième génération.
- —®— La flamme de l’acétylène donne la lumière qui se rapproche le plus de celle du jour; elle se prête donc au tirage sur papier sensible des épreuves de dessins originaux et clichés photographiques. Le comptoir de l’acétvlène, 233, rue Saint-Martin, à Paris, a établi un dispositif très simple pour insoler la nuit et par tous les temps le papier héliographique. Cette application sera très appréciée des ingénieurs et architectes par suite de sa commodité et ue l’économie de temps qu’elle permet de réaliser.
- —®— En décrivant, au mois de juillet, .a ligne électrique des Invalides à Versailles, nous avons parlé des difficultés que la Com: paguie des chemins de fer de l’Ouest a rencontrées dans la construction du tunnel d’Frsine, en traversant la forêt de Meudon sur une longueur de 3600 mètres. La persévérance des ingénieurs et des ouvriers a eu raison finalement des nappes d’eau souterraines et de sable siliceux pulvérulent sous lesquelles on ne pouvait établir en sécurité la moindre assise de pierres. Grâce à un système de caissons, on a réussi à terminer l’ouvrage et le triomphe parait cette fois définitif.
- —®— On a montré, au Congrès international zoologique à Berlin, un gorille de grandes dimensions et dont l’originalité consiste à avoir ôté tué dans la colonie allemande du Cameroun. On croyait généralement jusqu’ici que le gorille n’existait qu'au Gabon et dans la région du Congo français placée immédiatement sous l’Equateur.
- —®— On annonce la mort de M. Kœnig, très habile constructeur d’instruments de physique et surtout d’acoustique.
- —®— Une église éclairée... par une automobile, en Amérique, d’après le \élo. Le pasteur Cyrus Stinson, de l'église de Brigdeport (Connecticut), venait de commencer son sermon quand les lampes électriques qui éclairaient l’enceinte sacrée vinrent à s’éteindre. Renseignements pris, la force motrice faisait défaut. Le personnel de l’église s’occupait déjà de chercher en hâte de problématiques lampes à pétrole quand un des assistants, M. Fréd Beach, se leva et s’avançant vers le clergyman l’informa qu’il avait une automobile électrique à la porte et suffisamment d’« énergie » en réserve pour éclairer l'église, du moins pendant quelque temps. Cette offre très originale fut acceptée, la batterie de la machine fut mise en contact avec les appareils de l’église, ainsi éclairée suffisamment pour que le service se terminât sans autre accroc. Le pieux chauffeur en a été quitte pour retourner chez lui à pied, non sans avoir reçu les félicitations de tous les fidèles.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence dü nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — M. de Brandner, à Ghistelles, nous fait parvenir deux vues photographiques représentant un tilleul de 18 mètres de hauteur, qui se trouve dans une prairie à Moerdijk, près Ghistelles (Flandre occidentale, Belgique). Il se compose de deux troncs obliques, parfaitement sains et absolument distincts, qui se rejoignent à 1m, 70 au-dessus du sol, où ils forment une masse d’où s’élèvent trois superbes branches verticales. Il ne s’agit pas d’une « arche » formée accidentellement par une fissure du tronc, mais deux arbres séparés, qui se sont soudés au cours de leur croissance. L’aspect de ce végétal est des plus bizarres.
- M. A. Labrosse, à Paris, au sujet des « Aurores polaires » dont il a été question dans le n° 1476 du 7 septembre 1901, p. 235, nous transmet les observations suivantes : « La figure des vents alizés et contre-alizés est bien ainsi d’après le phénomène météorologique, mais son explication par la force centrifuge est, pour moi, absolument fausse; en météorologie, l’explication en est donnée très clairement sans avoir besoin de faire intervenir la force centrifuge; d’ailleurs, il est assez curieux de voir la force centrifuge transporter l’air du pôle à l’équateur pour l’y ramener ensuite. Je vois aussi : « l’air raréfié dans les « régions polaires doit s’embraser, devenir lumineux comme <( dans les tubes de Geissler », je ne crois pas à l’air raréfié des régions polaires et le phénomène lumineux n’en a pas besoin pour être expliqué; l’attraction terrestre, la moyenne barométrique et la température dans ces régions ne justifient en rien l’hypothèse de l’air raréfié, tout au contraire; quant au phénomène lumineux, il est dépendant en grande partie de la température, c’est-à-dire qu’étant donné une quantité d’électricité, le thermomètre étant à zéro, pas d’aurore; à —10° elle apparaît et, à mesure que la température s’abaisse, l’aurore devient de plus en plus resplendissante, et si l’on a remarqué que « les aurores semblent descendre ou remonter avec la limite « des glaces » c’est qu’elles suivent les minima thermométriques. A l’appui de ce qui précède, c’est qu’au pôle sud, pour les mêmes raisons qu’au pôle nord, les aurores y sont visibles à des latitudes beaucoup plus basses. L’expérience suivante est bien faite pour confirmer ma manière de voir. M. d’Arsonval, dans une conférence sur l’air liquide, nous a montré une lampe à incandescence reliée à une batterie d’accumulateurs dont la charge était insuffisante pour déterminer l’allumage ; au milieu du fil la reliant aux accumulateurs était intercalée une bobine qu’il trempa dans l'air liquide, presque aussitôt la lampe s’alluma ; ayant ensuite retiré la bobine, à mesure que l’air s’évaporait, la température de la bobine remontait et l’intensité lumineuse diminuait pour ensuite s’éteindre. Il y a encore les expériences du professeur Lernstrôm dans le nord de la Finlande où il provoqua une aurore artificielle et, comme il le dit,
- « favorisée par une température de — 52° ».
- M. G. de Rocquigny Adanson, à Moulins, à propos d’une récente chronique sur la plus petite île de l’océan Atlantique (n° 1476 du 21 septembre 1901, p. 271), nous écrit que l’îlot dont il est question ne lui est pas inconnu. Il y a quelque trente ans, ajoute notre correspondant, au cours de Saint-Cyr de la rue des Postes, notre savant professeur, le R. P. Lecoq, nous a signalé le Rockall et nous a même fait un croquis de ce rocher sur le tableau sans oublier les oiseaux de mer qui y ont élu domicile.
- Un abonné, en Espagne, nous adresse les écosses sèches de trois haricots ayant l’une 0m,60 de longueur et les deux autres 0m,50 et 0m,50. Remerciements.
- M. h baron E. Van Egld, à Bruxelles, nous a envoyé une-photographie représentant deux arbres immenses, un chêne et un hêtre jumelés, qui se trouvent dans la forêt de Mervael,[près de Louvam.
- M. P. //orsm-Déon,à Paris,àproposde l'article deM. E.-J. Marev sur les mouvements de l’air étudiés par la ehronophotographie (n° 1476 du 7 septembre 1901, p. 232), et à propos de l’article de M. L. Bull sur la photographie des mouvements invisibles-(n° 1477 du 14 septembre 1901, p. 247), nous écrit pournous faire connaître des expériences analogues qu’il a exécutées en 1897 pour se rendre compte de la circulation de la vapeur dans-les tuyaux, soupapes, ralentisseurs, etc. Notre correspondant nous a envoyé le Bulletin de l’Association des chimistes de sucrerie et de distillerie (n°‘ 1 et 2, juillet-août 1897), qui contient tout au long son intéressante communication.
- Renseignements. — M. de Rusconi Maggi, à Florence. —- 1° Cartons pour toitures : M. Desfeux, 40, rue Meslay; M. Pelletier, 147, boulevard Sérurier, à Paris. — 2° La photographie française à la librairie' Masson ; Photogazette à la librairie Carré, 2, rue Racine. — 3° « L’Electricien » et l’Eclairage électrique se trouvent à la librairie Carré; Journal de l’Eclairage au gaz, 4, rue de la Bourse ; Journal de la Meunerie, 33, rue J.-J. Rousseau, à Paris. — 4° Les lignes du métropolitain par les boulevards extérieurs sont en construction. — 5° Nous avons transmis votre demande à la librairie Masson et Cie.
- M. Et. Gohierre, à X. — *1° Si nous ne vous avons pas répondu, c’est que nous n’avons pas reçu votre lettre. Vous avez peut-être aussi oublié d’envoyer votre bande du Journal. — 2° Nous n’avons pas de renseignements sur ce travail ; il y a une série de fabrications différentes. — 3° Il n’y a pas de société pour le Brésil.
- Mm“ H. L. D., à Paris. — Nous avons cherché dans la collection et nous n’avons rien trouvé qui se rapporte à la culture dont vous parlez. Tous nos regrets.
- M. D. X., à Paris. — Nous ne publions que les descriptions des appareils que nous avons vu fonctionner; mais nous ne pouvons être rendus responsables des défauts de fabrication qui peuvent survenir.
- M. F. Gnuli, à Fribourg. — 1° Le fabricant du carburateur décritdansle n° 1473 du 17 août 1901, p. 192, estM. A. Quérey, 119, rue de Montreuil. — 2° Pour le Plastoscope, il faut vous adresser à M. Tissot, 18, galerie d’Orléans, à Paris.
- M. Vandemberg, à Paris. — Remerciements pour votr# proposition.
- M. J. L., à Montastruc. — Nous avons donné récemment des procédés pour l’imperméabilisation des étoffes dans les Nouvelles scientifiques du n° 1473 du 17 août 1901.
- M. Grellon, à Paris. — Nous ne pouvons vous répondre; il faut demander ce renseignement à un vétérinaire.
- M. Thévin, à Paris. — Nous avons fait plusieurs recherches et nous ne pouvons vous donner aucune indication sur le mastic ou le ciment à employer ; nous ne connaissons pas de livre contenant des formules de ce genre.
- M. Romand, à La Mothe-Gurgy (Yonne). — Pour ce qui concerne la pompe à alcool, que nous avons décrite dans le n° 1476 du 7 septembre 1901, p. 227, il faut vous adresser à M. E. Billet, à Marly-lès-Valenciennes (Nord).
- M. le Dt Mutel, à Lyon. — Les piles Leclanché à agglomérées mobiles, comme les monte actuellement la maison Leclanché et C“, 158, rueCardinet, à Paris, donnent des débits intenses ; mais les chiffres que vous citez nous paraissent bien élevés. Dans toutes les piles Leclanché le liquide excitateur est le chlorhydrate d’ammoniaque.
- Mm<? de Tewalle, à Paris. — 1° Pour faire disparaître les taches d’encre violette, vous pourriez essayer le procédé suivant : baigner les taches dans l’acide acétique, puis dans du chlorure de chaux suffisamment étendu et laver ensuite. — 2° Le savon noir peut être employé.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. L., à Paris. Nous ne pouvons nous occuper de la construction de cet appareil. — M. Leroy, à Paris. Nous vous conseillons de vous adresser à un ingénieur-conseil et de lui demander de vérifier vos calculs. — M. J. R., à X. Il est absolument nécessaire de mettre un bâton de zinc dans votre pile. — M. Delaroy, à Nice ; M. Delong, à Lille. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. Dupont, à Pontoise. Cette recette a été donnée dans le même petit livre que ci-dessus, 3° série, à la même, librairie. — M. R. D., à Z.; M. G. Verat, à Blois. Remerciements pour vos communications. — M. L. Durand, à Paris; M. G. M., à X. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES MENTIONS'
- Armature mobile et articulée pour manche à balai. — Ce nouvel appareil s’adapte à tous les manches à Lalai et permet de leur donner une inclinaison ; dans bien des cas on a besoin que le balai soit incliné, soit pour balayer sous les meubles, soit en hauteur pour enlever la poussière sur dès
- 1. Vue du balai incliné. — 2. Position îles douilles pour l’inclinaison.
- 3. Position des douilles pour l’arbre vertical.
- tentures, sur des corniches, etc., etc., pour balayer sur des stores, marquises, vérandas, etc. Il évite de monter sur des échelles et permet d’atteindre des endroits peu accessibles. Ce petit appareil se compose de trois douilles en cuivre, A, B, C, s’emboîtant les unes sur les autres, la troisième qui voyage sur les deux autres vient les maintenir soit dans une position droite, soit dans la position inclinée. — Cette armature se trouve chez M. Mathieu, 131, galerie de Valois, Palais-Royal, Paris.
- Cliquet A percer. — Un de nos abonnés, M. Louis Métal, ajusteur, nous a envoyé la photographie d’un cliquet à percer que nous reproduisons ci-dessous. L’appareil marche verticale-
- IIBIIBII!
- Cliquet à percer.
- ment et horizontalement. La mèche ou le foret travaille toujours. M. Métal a disposé des quarts d’engrenage à charnière qui agissent simultane’ment sur la roue dentée; cette disposition paraît nouvelle et nous semble intéressante. — Pour ce qui concerne ce cliquet, s’adresser à M. L. Métal, à llérimon-court (Doubs).
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles sthentifiques est étrangère aux annonces.
- diagnostiquait pas et elle a dù etre souvent 1 origine d’accidents graves qu’on étiquetait péritonite aiguë, coliques de miserere.
- Quoi qu’il en soit, il apparaît certain que l’appendicite est devenue depuis une dizaine d’années beaucoup plus fréquente, d’allures beaucoup plus insidieuses et plus foudroyantes. Pour-uoi? Le Dr Faisans pense que la grippe à créé un état épi-émique prédisposant à ces accidents par une sorte d’infection générale.
- Le Dr Championnière a émis une opinion qui me parait plus conforme à la vérité. C’est que l’antisepsie des voies intestinales se faisait autrefois bien plus largement par les purgatifs, par les irrigations à la Diafoirus. La constipation chronique est un grand facteur des infections intestinales; l’alimentation carnée beaucoup plus répandue que jadis y prédispose beaucoup. Et on a moins recours que du temps de nos aïeux aux moyens simples et efficaces de la combattre.
- Sous prétexte d’antisepsie, on bourre l’estomac et l’intestin de composés phéniqués, irritants, antimicrobiens mais qui ne valent pas une bonne bouteille d’eau de Sedlitz pour ramoner les voies digestives et rejeter au dehors toutes les impuretés. Je n’ai pas présent à la mémoire le nom du bactériologiste (Gilbert, je crois) qui calcula le nombre des microbes évacués après une purgation, le chiffre montait à des milliards.
- Une autre cause de l’appendicite vient de nous être révélée par M. Metchnikoff. Dans les sellesde plusieurs sujets menacés d’appendicite, il a trouvé des œufs d’ascaris et de tricocéphales. Dans un cas en particulier, la tille d’un de ses amis, médecin lui-méme, les crises avaient été si répétées, les symptômes étaient si nets et si menaçants qu’on avait décidé à bref délai d’intervenir par une opération. Metchnikoff examine les selles, y trouve des œufs d’ascaris; on donne un vermifuge. L’enfant expulse une série de lombrics et les crises appendiculaires disparaissent à tout jamais.
- Est-ce à dire que toute appendicite va guérir par une purgation ou l’administration d’un vermifuge. Non celtes, et ce serait inepte de croire à l’efficacité absolue de tels moyens. Mais ce qu’il faut retenir, c’est qu’on a trop délaissé, chez les enfants qui mangent beaucoup, qui ont des troubles intestinaux répétés, l’emploi des purgatifs. De même on a trop oublié qu’il y a souvent, comme cause à des troubles les plus divers, la seule présence d’un ver dans l’intestin. On administrait autrefois à bouche que veux-tu les vermifuges de toute espèce, poudres, sirops, pastilles; on y a trop renoncé aujourd’hui en regardant cela comme remède de bonne femme.
- Ce sont d’excellents moyens préventifs, voilà ce qu’il faut retenir; si le ver intestinal ne crée pas l’appendicite, il peut la préparer en érodant, ulcérant la muqueuse, préparant une perforation et une invasion microbienne. Donnez à vos enfants, quand il est nécessaire, un peu de limonade magnésienne et un peu de santonine et vous verrez peut-être par ce moyen diminuer la tendance à cette maladie si grave. Dr A. Cartaz.
- BIBLIOGRAPHIE
- Traité pratique pour la pose des sonneries, tableaux, téléphones et paratonnerres, parM. E. Bellanger, constructeur-électricien, et M. M. Schlesikger, chef monteur électricien. 1 vol. in-16. Librairie centrale des sciences L. Gotty. Paris. 1901. Prix : 4 fr.
- Exposition universelle internationale de 1900. IIIe Congrès international de l'acétylène tenu à Paris du 22au 28 septembre 1900 sotis la présidence de M. le général Sébert, membre de l’Institut. Rapports, discussions, travaux et résolutions du Congrès. 1 vol. in-8. Paris. Société des publications scientifiques et industrielles.
- Les agrandissements photographiques, par A. Chhjkrèges.
- 1 vol. in-18. Librairie Gauthier-Villars. Paris, 1901. Prix :
- 2 francs.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- L’appendicite.
- Ce mal qui répand la terreur, tant par sa fréquence que par sa rapidité d’évolution et la violence des accidents, est-il donc-une maladie nouvelle? Les vieux médecins vous diront qu’on n’en parlait guère autrefois : on connaissait des équivalents, comme la typhlite, la pérityphlite, donnant parfois naissance à des inflammations péritonéales ou à des abcès de la fosse iliaque. Les modernes répondent que le mot est peut-être nouveau, mais que la maladie est ancienne. Seulement on ne la
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- Le téléphone à la portée de tout le monde, par L.-B. Fanor. Installations domestiques. II. Desforges, éditeur. Paris, 1901. Prix : ‘2 francs.
- Le .système solaire et la force d’attraction, par IIaroutiun Makcak Tercian. 1 vol. in-10. Paris. Imprimerie V. Villerelle.
- Le carnet dit chauffeur, par le comte 11. de La Valette, ingénieur des mines et Lucien Périsse, ingénieur des arts et manufactures. 5e année. In-16. J. Itueff, éditeur. En dépôt à la « Locomotion automobile », 4, rue Chauveau-Lagarde, Paris. 1901.
- Comment on défend son vin. La lutte contre les maladies et altérations des vins, par André Lièvre. 1 vol. in-16. 2e édition. Paris. L’Edition mutuelle. Prix : 1 franc.
- Aérolocomotion et aérautomobiles. Etude par le Dr A. Mora. 1 brochure in-8°. Paris. F. Bouchv et Cie. 1901. Prix : 1 fr.
- L'a manipulation des pellicules, par M. Riesling. Traduit de l’allemand par Léopold Lobel. 1 vol. in-8°. Paris, Charles Mendel, éditeur. Paris. Prix : l,r‘25.
- Beitrag zur systematik und généalogie der Reptilien, von Max Furbringer. 1 brochure in-8°. Jena. Gustave Fischer, éditeur. 1900. Prix : M. 2,50.
- Die pflanzen-alkaloïde, von Jcl. Wiiil. Bruiil en collaboration avec MM. Evard IIjelt et Ossian Aschan. 1 vol. in-8". Braunsclnveig. Imprimerie Friedrich Vieweg 'et fils. 1900.
- Zoologisches adresshuch. Almanach international des zoologistes. 1 vol. in-8°. Publié par R. Friedlander et fils, t. II. Berlin, 1901. Prix : 0 marks.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49’,30). — Bureau central météorologique de France
- observations 7 HEURES PU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE E>' MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi30 septembre. 13°,2 S. S. E. 2. Nuageux. 0,1 Nuageux jusqu’à 9 h. ; beau ensuite.
- Mardi 1" octobre . . 11°,2 N. 0. Beau. 0,0 Peu nuag. jusqu’à 14 h.; puis très nuag., couvert après 16 h.; halo ; pluie à partir de 20 h. 30.
- Mercredi 2 14°, 9 S. E. 2. Couvert. 2,7 Couvert jusqu’à 22 h. ; très nuageux ensuite ; pluie à plusieurs reprises.
- Jeudi 5 9”, 7 S. 1. Nuageux. 1,0 Nuageux jusqu’à 16 h.; beau ensuite.
- Vendredi 4 10°,2 » 0. Couvert. 0,0 Beau jusqu a 4 h.; couv. ensuite; pluie dans la soirée.
- Samedi 5 12°,1 S. S. W. 2. Couvert. 1,1 Presque couvert ; très beau ; gouttes à 5 h.
- Dimanche 6 11°,6 S. W. 3. Peu nuageux. 0,0 Très nuageux; pluie à plusieurs reprises.
- SEPTEMBRE-OCTOBRE 1901. — SEMAINE Dü LUNDI 30 SEPTEMBRE AU DIMANCHE 6 OCTOBRE.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouilles.
- Résumé des observations météorologiques faites au Parc Saint-Maur en septembre 1901
- par M. E. Renoc.
- Moyenne Barométrique à midi 755”",90. Minimum 745"”,78 le 21, à 2 heures du soir. Maximum 767““,02 le 28, à 8 et 9 heures du matin.
- Moyennes thermométriques : des minima 11°,02; des maxima 20°,64 ; du mois 15°,83; vraie des 24 heures 15°,18. Minimum 5°,5 le 7 à 5 heures du matin. Maximum 29°,1 le 8 à 2 h. 1/4 du soir. Moyenne des minima sur le sol 9°,2i. Minimum 2°,8 le 7.
- Tension moyenne de la vapeur 10”“,05; la moindre 5"”,8 le 2 à 2 heures du soir ; la plus grande 14"“,7 les 10 et 17 à 6 heures du soir et le 20 à 8 heures du soir.
- Humidité relative moyenne 79; la moindre 55 le 2, à 2 heures du soir; le 7 à 4 heures du soir et le 8 à 5 heures du soir ; la plus grande 100 en 8 jours.
- Pluie 65“”,6 en 34 h. 1/2, réparties en 10jours; la plus forte pluie 18””,9 est tombée le 9 en 5 h. 1/2. Il y a eu de plus 3 jours de gouttes.
- Nébulosité moyenne 56. Vents dominants de N.-W. à N.-E ; puis de S.-W. à S.-E.
- Le 5, éclairs au S.-E. à l’entrée de la nuit; le 10, éclairs au S.-W. et N.-W. de 9 ii 10 heures du soir. Grand orage le 9 de 1 à 9 heures du soir.
- Tempéralure moyenne de la Marne : le matin 17°,34; l’après-midi 17°,72;
- du mois 17°,55. Elle a varié de 15°,41 le 2i à 20°,15 le 1". Elle est restée tout le mois basse et claire. Elle a présenté cette année 87 jours où sa température a dépassé 20°.
- Mai........................
- Juin . .
- Juillet.........
- Aoàt.......................
- Septembre..................
- Total
- le nombre moyen est depuis 29 ans de 61 jours.
- Relativement aux moyennes normales le mois de septembre 1901 présente les résultats suivants : Baromètre plus bas de 2““,81. Thermomètre plus haut de 0°,44. Tension de la vapeur égale. Humidité moindre de 2. Pluie plus forte de 15“”,2. Nébulosité plus grande de 6.
- Le 3, floraison d’un aster précoce à Heurs violet pâle ; le 23, d’un autre aster violet loncé.
- Nous avons oublié dè noter au mois d’août la disparition des martinets, les derniers ont été vus le 21 juillet, en assez grand nombre, dans fa soirée, pendant un orage.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 4 à 9 h. 1 m. du soir.
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- . . . 87 jours.
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- M. J. LAFF ARGUE, secrétaire de la rédaction.;
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au- numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMIONS
- —®— Dans la soirée de samedi .42 octobre à 11 heures s’est «levé le fameux ballon le Méditerranéen, de MM. de la \aulx et Hervé dont il a été tant question dans ces derniers temps. Il s’agit •de traverser la Méditerranée, ce qui, au point de vue militaire, aurait son importance. Le ballon, poussé par un vent d’est, a gagné le large. A bord se trouvaient MM. de la Vaulx, de Castiüon de Saint-Victor, Henri Hervé et le lieutenant de vaisseau Tapissier. L’aérostat est convoyé par. le croiseur Du Chayla par ordre du Ministre de la marine. Le Méditerranéen a été très’ étudié. Son volume dépasse 5000 m3. La nacelle a été installée de façon à conserver toujours l’horizontale; elle mesure 2m,20 de longueur, lœ,t>0 de largeur et lm,50 de hauteur. Tout autour, on a placé les appareils destinés aux expériences. A l’intérieur, on a disposé une batterie d’accumulateurs qui alimenteront des iampes électriques destinées à faire des signaux [jour rester en correspondance avec le croiseur de l’Etat. En outre, des paniers emportent des pigeons-voyageurs. Le ballon est muni des appareils de'viateurs et stabilisateurs de M. Hervé. Les premiers/comme leur nom l’indique, sont destinés à faire dévier le ballon de sa route et de modifier la direction. Ce sont de grandes persiennes dont les bois peuvent S’incliner plus ou moins pour faire résistance dans l’eau. Ces persiennes pendent au bout de cordes attachées à l’aérostat. On les fait plonger plus ou moins de façon à accroître l’effet produit. Le ballon est lesté de manière à monter très peu au-dessus de la mer. Quand il est parti, il se trouvait tout au plus à 20 mètres au-dessus de la surface des eaux. Les stabilisateurs sont destinés à permettre aux aéronautes de prendre ou de jeter du lest en route. Ce sont des cylindres de cuivre de 150 litres chacun que l’on peut emplir d’eau de mer en y faisant avec une pompe à bras un vide relatif. Ce sont encore des morceaux de bois épousant la forme des vagues ue l’on maintient dans l’eau, que l’on fait flotter ou que l’on retire e l’eau. Il est évident que l’on peut changer ainsi le lest utile de l’aérostat. Enfin, un ventilateur à main installé dans la. nacelle donne le moyen d’envoyer plus ou moins d’air dans le ballonnet et, par suite, de maintenir la rigidité de l’aérostat. On espère, avec ces irécautions et ces dispositifs, rester en l’air plusieurs jours, modifier 'itinéraire imposé au ballon par le vent et, finalement, arriver à atteindre le littoral africain. Mardi, jour où nous mettons sous presse, le ballon a déjà franchi une partie du trajet ; il avance len-• tement, en louvoyant, à 20 mètres de hauteur au-dessus des vagues.
- —®— Encore une nouvelle tentative aéronautique pour gagner la Russie en ballon, par les aéronautes Glorieux et Boulanger, Te ' Tt octobre dernier. Ils ont parcouru, en 10 heures et demie, 830 kilomètres, passant au-dessus de Bruxelles, des montagnes de Maestricht en Hollande, traversant le Rhin entre Dusseldorf et Cologne, le Weser à Cassel, l’Elbe à Magdebourg, planant au-dessus de la résidence impériale de Potsdam et dè Berlin. Ils sont allés descendre de l’autre côté de l’Oder, en pleine province de Brandebourg. Si le temps n’avait été détestable, le voyage en Russie était accompli, mais une pluie persistante a obligé à dépenser d’énormes quantités de lest. Il
- fallu s’arrêter à 280 kilomètres de la frontière russe.
- —®— Le Sanlos-Dumont n° 7 continue à partir et à tomber non loin de la tour Eiffel. Un organe quelconque se brise toujours •en l’air et oblige le persévérant aéronaute à revenir au hangard de Saint-Cloud. Aux derniers essais, c’est l’axe de l’hélice-qui s’est rompu deux fois. A force de lutter contre la malechance, le jour de gloire finira bien par arriver.
- —®— M. Kress, de Vienne, l’inventeur de l’aéronef dont nous avons déjà parlé, a entrepris récemment un nouveau voyage aérien, au-dessus du réservoir de Tullnerbaeh. Le résultat a été désastreux.
- M. Kress, actionnant ses moteurs à toute vitesse, avait fait émerger la partie avant de son appareil de 55 centimètres au-dessus de la nappe liquide, quand tout à coup la machine perdit l’équilibre, chavira, s’emplit d eau et coula instantanément au fond au réservoir. M. Kress fut entraîné au fond; mais, grâce à un appareil de sauvetage qu’il avait revêtu, il revint à la surface et put être secouru. Le malheureux inventeur, qui a plus de soixante-dix ans, était dans un état pitoyable.
- —®— Les journaux de Berlin célèbrent le 80e anniversaire de la naissance de Virchow. I/illustre savant se reposait en Suisse, à Felsnegg, au mois de septembre, et se portait très bien. Ses admirateurs ont tenu à fêter ses 80 ans révolus. Les médecins les. plus éminents du monde entier ont été lui porter leurs hommages, et dans une plaquette ont rappelé les services que Virchow a rendus à la science médicale. Une dédicace en latin est placée en tête de la plaquette; M. le professeur Cornil, de Paris, a parlé au nom des médecins français, et a insisté sur le rôle de Virchow dans la création de la pathologie cellulaire. Lord Lister, que la Conférence Scientia fêtait, à Paris, en juillet 1900, a apporté une adresse de la Société royale de Londres et de six autres Sociétés de science anglaises. Plus de 200 convives assistaient au banquet donné en l’honneur de Virchow.
- —®— Est-ce que M. Marcel Bertrand avait raison en démontrant ici même le peu de stabilité du Nicaragua et les inconvénients de la région pour l’établissement du canal interocéanique. Le 8 octobre, des secousses de tremblement de. terre ont été ressenties, sur plusieurs points du littoral du Nicaragua sur l’océan Pacifique. Le sol environnant setant soulevé, ces points ont été couverts de 8 pieds d’eau. Les dégâts sont considérables. On dit que le petit port dé Sah-Juan-del-Sur a/gravement souffert.
- —®— On va bientôt recevoir au musée du Louvre, à Paris, les antiquités envoyées par M. de Morgan, ingénieur, chargé par le gouvernement français des fouilles en Susiane. On sait que la France a le monopole des fouilles en Perse. Elle a obtenu ce précieux avantage du gouvernement de Téhéran, il y a trois ans, moyennant le versement d’une somme de 100 000 francs et le don d’une tapisserie des Gobelins. M. de Morgan fut envoyé en Perse avec la mission d’exhumer les restes de Suse, qu’avaient déjà explorée M. et Mme Dieulafoy. Un bâtiment de l’Etat doit apporter en France dix-huit tonnes d’objets précieux qui formeront, au Louvre, une collection unique.
- —®— Une exposition générale de chrysanthèmes, de fruits, arbres fruitiers, plantes fleuries et légumes de la saison aura lieu, par les soins de la Société nationale d’horticulture de France, du 0 au 11 novembre, à Paris, au Grand Palais des Champs-Elysées.
- —®— Le comble de Y Officiel ! On nomme maintenant les concierges des établissements scientifiques par décret ! Les temps changent. La preuve : Le Président de la République française, sur le rapport .du ministre de l’instruction publique et des beaux-arts, vu l’article 50 de la loi de finances du 25 février 1901, décrète : — Art 1er. Le logement composé de deux pièces, laissé vacant par le sieur Perreault, concierge à l’Observatoire du parc Saint-jMaur, dépendant du bureau central météorologique, est attribué au sieur Loistron, son remplaçant. — Art. 2. Cette concession est révocable de plein droit si les besoins du -service l’exigent. — Art. 3. Le Ministre de l’instruction publique et des beaux-arts est chargé de l’exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel et inséré au Bulletin des lois. Fait à Rambouillet, le 6 octobre 1901.
- Emile Loubet.
- Par le Président de la République : Le ministre de Vinstniction, publique et des beaux-arts, Georges Levgues.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour les Générateurs Richmond décrits s’adresser à MM. L. Liais et II. Sullivan-Alexander, 2 ter, Square de l’Opéra (Rue Boudreau), Paris. — La nouvelle lampe à arc se trouve chez MM. Ganz et Cie, Budapest. — Pour les réfrigérants à cheminée, s’adresser à M. Mevnier, représentant à Paris, 25, boulevard Poissonnière.
- Communications. — M. le Dr R. P. Joly, médecin de la marine, médecin-major des troupes de Nouvelle-Calédonie, à Nouméa, nous adresse une étude sur Les moustiques, extraite des Archives de Parasitologie. Dans cette étude, M. P. R. Joly examine le rôle des moustiques sur la cote malgache, leurs piqûres, les moyens de les éviter, etc. « Tout le monde, dit-il, ne réagit pas de même façon aux piqûres de moustiques. En général, aussitôt que l’insecte s’est retiré, on voit les téguments blanchir; puis, au bout d’une minute ou deux, prendre une coloration rose vif, et, quelques instants après, se tuméfier, formant une sorte de petite pustule de consistance indurée et de coloration rouge. La première sensation éprouvée est celle de brûlure; puis, à mesure que la pustule tend à s’affaisser davantage, viennent les démangeaisons, qui sont d’une telle violence, que certains sujets impatients déterminent, par le grattage, des plaies parfois longues à guérir. Qu’elles soient infectieuses ou non, il est bon d’agir contre ces infimes mais douloureuses plaies. Voici la mixture qui m’a toujours réussi, employée sur moi-mème et sur tout le monde à bord :
- Formol (solution 40 pour 100) . 15 grammes.
- Xylol........................ . 5 —
- Acide acétique................0e',50 ou mieux acétone i grammes.
- Baume de Canada............... 1 gramme.
- Essence parfumée...............Quantité suffisante pour parfumer.
- « Aucune de ces substances, prise isolément, ne suffit. Pour appliquer la mixture, agiter vivement, et toucher la piqûre avec le bouchon, imbibé, ou un petit tampon, laisser sécher. Le soulagement est immédiat, et je n’ai jamais observé d’accidents par l’application de cette mixture, même sur le visage. »
- M. le D1 H. Dor, à Lyon, nous envoie deux photographies de silhouettes de montagne qu’il vient de faire en Corse pendant des excursions avec les membres de l’Association française pour l’avancement des sciences. Il s’agit de silhouettes de roches figurant des animaux. La première représente un chien couché et est prise à l’entrée de la célèbre route des Colombes en allant de Porto à Piana à 73 km au nord d’Ajaccio. La seconde, moins intéressante parce qu’elle est prise de trop loin de la maison cantonnière de Roccapina (11 km nord de Bonifacio), représente un lion couché, le lion de Roccapina.
- M, le lieutenant-colonel Baudouin, à Paris, nous fait parvenir un exemplaire d’une brochure qu’il vient de publier sur la pluie artificielle précédée de considérations sur la nature et l’origine de la chaleur, la lumière et l’électricité. Cette brochure est en vente à la librairie VTe Ch. Dunod.
- 31. E. Prébost, à Lyon, nous fait connaître un nouveau transformateur (à usages médicaux) qui utilise le courant alternatif triphasé des secteurs urbains. Ce transformateur à différence de potentiel et à intensité variables, ne dépassant pas 10 ampères et 10 volts, actionne simultanément les cautères, les lampes d’explorations et les bobines pour l’induction. Il ne possède pas de rhéostat, par conséquent, il n’y a pas d’échauffe-ment ni de perte de courant. Il est d’un volume réduit 50x20x 15, et pèse environ 6 kilogrammes. Facilement transportable, le médecin peut l’emporter avec lui chez les ma-
- lades abonnés au secteur et opérer à domicile; il se branche-instantanément et sans peine sur une prise de courant ou sur une douille de lampe.
- Renseignements. — M. Antonio J, Yusausti, à Barquisi-meto. — Nous n’avons pu nous procurer l’adresse du fabricant; nous pensons qu’il s’agit d’un appareil de laboratoire,
- 31. J. Balsan, à Le Parc, Chàteauroux. — Regrets de ne pouvoir vous donner satisfaction; le temps nous manque pour entreprendre des recherches bibliographiques de ce genre.
- 31. M. B., à Neuilly. — 1° Nous croyons qu’une solution à J pour 100 de formol suffirait pour détruire ces insectes sur les parquets et les boiseries. — 2° Ces insectes sont attirés dan& cette pièce pour des raisons que nous ne pouvons apprécier; il faudrait voir sur place.
- M. Terreaux, à Mâcon. — 1° Nous n’avons pas l’adresse de la librairie. — 2° Veuillez nous indiquer un article dans lequel nous avons parlé de la brochure dont vous parlez.
- 31. Desmazières, à Auby (Nord). — 1° On donne le nom de mastic en larmes à un mastic qui s’applique à chaud. Il est formé d’un mélange de 4 à 5 gr de résine, 1 de cire et 1 de colcotar que l’on fait fondre. — 2° Nous ne connaissons pas de procédé.
- 31. J. F., à Armentières. — 1° On emploie généralement le chauffage à la vapeur et le travail au fer. — 2° Feutres-divers : M. P. Kleinhans, 39, rue Turenne; MM. Revillard etC'% 43, rue Greneta; M. Fortin, 33, rue Meslav, à Paris.
- 31. Fortuné Pégulu, à Granada (Espagne). — Nous avons donné la description du puits artésien de Vincennes dans le n° 1438 du 15 décembre 1900, p. 37.
- M. J. 31. P., à Paris. — Il faut vous adresser directement à la Société Volta, à Gênes.
- 31. de G., à Biarritz. — Il n’y a pas d’adresse spéciale ; ces capsules se trouvent chez les marchands de produits chimiques.
- 31. Delarue, à Paris. — On a déjà publié plusieurs ouvrages sur les champignons comestibles ou vénéneux; nous ne pouvons recommencer une étude sur ce sujet.
- M. Olivier, à Paris. — Cette question est toute spéciale et ne peut être traitée que dans les journaux de médecine.
- 31. R. de Sevelinges, à Paris. — 1° Toutes nos recettes photographiques sont réunies et publiées dans un chapitre d’un des volumes des Recettes et Procédés utiles. — 2° Remerciements pour vos recettes.
- 31. Kémal, à Constantinople. — Pour les livres de médecine vétérinaire, il faut vous adresser à MM. Asselin et Houzeau, libraires, place de l’Ecole-de-Médecine. La librairie Masson et Cie a publié un Précis de pathologie vétérinaire, par Le-clainche; le prix en est de 9 francs.
- 31. le Dr Joâo Salema, à Castello de Paiva. — Un de nos-abonnés nous a déjà adressé la même demande. Nous avons consulté l’auteur de l’article; il faut préparer le mélange comme nous l’avons indiqué avec les quantités d’eau successives de 120 et 40 li'res.
- 31. H. Lapointe, à Montrouge. — La règle à calcul circulaire décrite dans le n° 1480 du 5 octobre 1901, p. 298, se trouve chez M. I’ouech, constructeur, 514, rue des Pyrénées, à Paris; cette adresse a déjà été donnée en tête de la Boîte-aux-Lettres.
- ilI. J. Vacher, à Paris. — Le projet de perceuse électromagnétique que vous nous soumettez ne présente aucun avantage sur les perceuses électriques actuellement en fonction.
- Uabonné 914-8375, à X. — Nous ne connaissons pas de* machine, mue à bras d’homme, capable de fouiller des trous de 0m,60 de diamètre sur une profondeur de 0m,60 à 1 mètre.. Mais vous pourriez vous adresser à la Société française de matériel agricole et industriel à Vierzon (Cher), à M. P. Viaud, constructeur, à Barbezieux (Charente), ou à MM. Wallut et C’% 168, boulevard de la Villette, à Paris.
- 31. de Monticel, à Saint-Cloud. — 11 faut vous adresser au Ministère de la marine, rue Royale, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Durand, à Lille. Nous avons reçu votre lettre ; nous ne pouvons vous renseigner. — M. Bérard, à Paris. Il y a une erreur d'impression ; l’auteur a voulu parler de la pile Leclanehé. — M. Pierron, à Orléans. Les chiffres que nous avons donnés ont été trouvés expérimentalement. — M. D. /?., à X; M. Perart, à Paris. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 1" série, à la librairie Masson et Cie. — M. Girard, à Nancy. Voyez le même petit livre que ci-dessus, 5e série, à la même librairie. — M. Dupeux, à Paris; M. Bigots, h Chartres. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INTENTIONS1
- La petite boite ci-jointe permet de remédier à ces inconvénients; elle est en celluloïd transparent, et est formée de
- Nouveau casse-noix. — Ce casse-noix consiste, comme le montre le n° 1 du dessin ci-joint, en un plateau C fixé à l’intérieur d’une circonférence métallique. Un deuxième plateau B est placé en regard et c’est entre les deux plateaux que se placent les noix, les noisettes, les amandes, etc. Le pla-
- Oasse-uoix. — 1. Vue d’ensemble. — 2. Mode d’emploi.
- teau B est fixé à l’extrémité d’une vis qui traverse la circonférence métallique et que l’on peut faire manœuvrer en agissant sur le manche A. On peut ainsi exercer sur les noix une pression graduée qui permet de ne casser que l’enveloppe sans toucher à la noix ou aux amandes. — Ce casse-noix se trouve chez M. Mathieu, 131, galerie de Valois, au Palais-Royal, à Paris.
- Pince pour la pose des boutons. — La figure ci-jointe (n° 1) représente un nouveau modèle de pince pour la pose des boutons de bottines. Cette pince à ressort b présente une encoche a dans laquelle se place le bouton à poser (n° 2).
- Pince pour la pose des boutons de bottines. — 1. Vue de la pince. — 2. Le bouton. — 3. Mode d’emploi.
- Celui-ci est muni d’une agrafe disposée comme le montre la figure. Lorsque le bouton est dans l’encoche a, on place la pince sur la bottine (n° 3) et l’on appuie fortement. L’agrafe pénètre dans le cuir et les extrémités se recourbent au-dessous en fixant le bouton. La pince présente sur les côtés en r et en m des parties coupantes qui permettent de détacher un bouton pour le replacer autre part. — S’adresser à la même adresse que plus haut.
- Boite à timbres-poste. — On a toujours besoin d’avoir sous la main une petite réserve de timbres-poste. Le plus souvent, on les "place dans le porte-monnaie ou le portefeuille. Mais s’ils y restent quelques jours, ils s’abîment bientôt et s’encrassent.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.}
- Boîte à timbres-poste.
- 5 cases de la grandeur des timbres-poste à placer. — S’adresser à M. Mathieu, à l’adresse déjà donnée.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Imitation du bois de rose. — Pour faire du faux bois de rose, rien ne vaut le bois d’érable et surtout le buis, après le traitement convenable bien entendu : ce traitement, en voici l’indication, d’après le journal Wiener Moebelhalle. Quand l’objet en soi-disant bois de rose est achevé, on le polit soigneusement, puis on le recouvre d’une solution faite d’une partie de gélatine dans 4 à 6 parties d’eau; on laisse sécher, et on polit de nouveau avec de la ponce en poudre, de l’eau et du feutre. On a préparé, d’autre part, les teintures suivantes : 1° une partie de rouge d’aniline (ou coralline) dans 20 d’esprit-de-vin; 2° une partie de coralline dans 10 d’esprit-de-vin; 3° une partie de cet autre rouge d’aniline qu’on nomme roséine dans 10 à 12 parties d’esprit-de-vin, avec addition de brun d’aniline pour foncer la solution. Au moyen d’un pinceau plat et flexible, et avec la solution n“ 2, on trace sur le bois clés veines écartées entre elles de la largeur d’un doigt, puis parallèlement on trace, des veines avec la solution n° 1, en laissant transparaître la couleur naturelle du bois sous-jacent. Avec de légères touches transversales d’une autre brosse, on fond la limite commune des veines de nuance différente, afin d’arriver à un dégradé. Enfin, avec la solution n° 3, on fait de nouvelles veinures recouvrant à peu près complètement les plus foncées de celles qu’on a tracées antérieurement, et on procède également au dégradé. On laisse finalement sécher dans un endroit tiède. Pour polir, on étend une couche d’un vernis d’ambre à l’alcool, et cela avec beaucoup de soin, puis on laisse sécher; on polit ensuite à la ponce en poudre et enfin avec un vernis au copal.
- Ciment pour bois et fer-blanc. — Pour réunir intimement le fer-blanc au bois (ce qui peut être souvent utile, par suite des usages innombrables du fer-blanc), on se trouve bien d’employer un ciment ainsi composé. On fait fondre, dans un récipient de fer à parois épaisses, une partie de cire jaune ; on y ajoute, en brassant bien, deux parties de gutta-percha coupée en petits morceaux, et on laisse bien dissoudre ; on fait ensuite fondre dans le tout deux parties de gomme-laque en écailles, et 0,10 partie d’huile de lin bouillie. Une fois toute la masse bien refroidie, on la renverse sur une plaque de métal ou un marbre légèrement mouillé, et on la débite en barres, en pains très allongés. Quand on veut unir ensuite un objet de fer-blanc et une surface en bois, on commence par gratter le fer-blanc avec de l’émeri, puis on fait bien sécher les deux surfaces à réunir et on les enduit l’une et l’autre de ciment fondu. On presse modérément et on laisse sécher 24 heures, en évitant d’exécuter toute l’opération dans un endroit trop frais.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- La danse de Saint-Guij.
- La névrose, connue médicalement sous le nom de chorée et dont l’appellation vulgaire aujourd’hui de danse de Saint-Guv lui avait été donnée par Sydenham, est une affection assez commune chez les jeunes enfants, et surtout les fillettes. On croyait beaucoup, au moyen âge, à l’intervention efficace de saint Guv dans les maladies convulsives de tous genres : c’est de cette croyance qu’est venu le nom.
- La maladie, très fréquente chez les sujets émotifs, à hérédité nerveuse, s’accompagne parfois de tics, de mouvements bizarres et peut exposer à des complications sérieuses. C’est une
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- manifestation nerveuse assez grave, et quelquefois assez rebelle' pour qu’on s’en occupe activement.
- Une foule de moyens ont été préconisés contre la chorée, traitement hygiénique ; c’est le premier et le plus important, mais il ne suffit pas toujours. On y joint l’hydrothérapie, les frictions; on a même conseillé les pulvérisations d’éther sur la colonne vertébrale et je me souviens qu’aux temps lointains de mes études médicales c’était le traitement à la mode. La médication interne par l’antipyrine ou par l’arsenic est sans contredit la plus active. La liqueur de Fowler (solution d’arsé-nite de potasse) est donnée dans bien des cas avec succès. Malheureusement, comme il faut donner des doses assez élevées, et pendant longtemps, bien des estomacs se refusent à tolérer cette ingestion quotidienne de 5, 6 à 10 milligrammes de sel arsénique.
- Le l)r Cannois a pensé que le cacodylate de soude,
- préparation arsenicale nouvelle, rendrait les mêmes services et serait toléré à de très fortes doses. On peut en effet, comme je l’ai indiqué, donner le cacodylate de soude à la dose de deux, cinq centigrammes et plus, sans crainte d’intoxication et sans grande fatigue de l’estomac. Pour plus de sûreté et pour permettre un traitement de longue durée, sans irritation fâcheuse de l’appareil digestif, Lannois recourt à la pratique des injections sous-cutanées. Il injecte tous les jours, pendant une quinzaine, de 1 à 2 centigrammes de cacodylate suivant l’àge du sujet ; suspend le traitement pendant quatre à cinq jours et le reprend pendant une nouvelle quinzaine. Il a réussi par cette méthode à guérir des cas de chorée grave et ancienne, j’entends la chorée simple, dite de Sydenham. Dans d’autres formes, chorée hystérique, chorée chronique héréditaire, ce traitement n’a pas eu plus de succès que bien d’autres.
- I)r A. C.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS ? HEURES DU MATIN*. THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN* MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 7 octobre . . . 7°,5 W. S. W. 2. Nuageux. 4,5 Nuageux jusqu’à 18 h.;'beau ensuite; petite pluie à 12h.
- Mardi 8 7°,2 S. W. 2. Couvert. 0,2 Beau à 1 h.; couv. ensuite; pluie fine à 16 h.
- Mercredi 9 14°,8 S. W. 4. Couvert. 0,7 Très nuag. ; pluie à 3 h.
- Jeudi 10 6°,9 N. 1. Nuageux. 0,0 Peu nuag. de 4 à 16 h. ; beau avant et après.
- Vendredi 11 4°,4 N. E. 0. Presque couvert. 0,0 Nuag. de 4 à 18 h. ; beau le reste du temps.
- Samedi 12 5°,9 - N. N. E. 2. Beau. 0,0 Beau; lumière zodiacale; halo.
- Dimanche 13 5°,2 N. E. 2. Nuageux. 0,0 Nuag. de 6 à 17 h.; beau le reste du temps; lumière zodiacale ; halo.
- OCTOBRE 1901. — SEMAINE Dü LUNDI 7 AU DIMANCHE 13 OCTOBI1E.
- l.iiiiüi I Mardi | Mercredi | Jeudi ( Vendredi I Samedi I Dimanche
- La cwia be supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- Lu neige. — La première neige en France est tombée à Pontarlier le 7 octobre, à 8 heures ou matin.
- Tempêtes et ouragans. — Le 6 octobre, une violente tempête s’est abattue dans la soirée sur la région du nord de la France. La foudre est tombée sur l’église du Vieux Berquin, près d’Hazebrouck, à laquelle elle a mis le feu. A Dunkerque, la mer était démontée ; de nombreux navires sont entrés en relâche dans le port.
- Au Havre, la tempête a duré toute la journée avec une grande violence. La mer très grosse déferlait avec furie sur les forts et les ouvrages de protection. (’e n’est que vers minuit que l’accalmie s’est produite, et une pluie torrentielle est tombée. Plusieurs accidents maritimes ont eu lieu dans le port, et les travaux du nouveau port ont beaucoup souffert. Dans la ville, il y a eu de nombreux dégâts.
- A la même date, les Vosges ont été durement éprouvées par la tempête. Une trentaine d’arbres bordant la route d’Epinal à Tahon ont été abattus. La circulation des voitures a été interrompue une partie'de la matinée.
- A Uemiremont, un ouragan de pluie, de neige et de grêle a sévi pendant deux jours, les 6 et 7 octobre ; les forêts et les propriétés des environs ont été dévastées.
- A Belfort, la tempête a brisé u» grand nombre d’arbres et de poteaux télégraphiques. Les communications télégraphiques et téléphoniques ont été en grande partie interrompues pendant la matinée du 6 octobre.
- Un ouragan s’est également déchaîné sur Metz le 6 octobre et a causé de grands dégâts à la cathédrale. Les échafaudages qui servaient à édifier le nouveau po«tail gothique ont été détruits partiellement, *et un passant a été mortellement blessé par la chute d’un wagonnet lancé par le vent du haut d’un échafaudage.
- Ce même ouragan s’est fait sentir jusqu’aux confins de l’Allemagne. De grands dégâts ont signalé son passage à Francfort-sur-le-Mein, et à Essen en Westphalie. Aux environs, à Bergeborbeck, le cintre d’une église s’est effondré, blessant mortellement deux enfants. A Francfort-sur-l’Oder, l'ouragan a détruit à l’Exposition un certain nombre d’appareils et de dessins. A Kœuigsberg, on signalait également la tempête.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 12 ù 1 h. 21 m. du soir.
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- H° 1483 (26 octobre 1901), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la - publication du journal.
- INFORMATIONS
- —g)— Il y aura une éclipse partielle de lune le 27 octobre, en {partie visible à Paris. Mais notre satellite ne se lèvera en France ce jour-là qu’après la sortie de l’ombre, de sorte que le phénomène manquera d’intérêt pour nous. Lever de la lune : 16h 44m. Sortie de la pénombre : 17h 5tim. On ne verra donc la lune que légèrement voilée à droite.
- —g)— Les résultats obtenus par le Méditerranéen ont été nuis au point de vue de la traversée, but principal de l’expérience. Le vent a rejeté le ballon vers la côte de France, à la hauteur de Perpignan. Si le voyage avait continué, il eût fallu atterrir en Espagne. Il était préférable de s’arrêter en route et de voir jusqu’à quel point le croiseur Du Chayla qui convoyait le ballon pourrait le recueillir -en mer. L’opération a parfaitement réussi. Cette tentative sans issue n’en a pas moins son importance. Le ballon, après 41 heures de séjour à la mer, avait conservé assez de force ascensionnelle pour naviguer encore au moins une vingtaine d’heures. Les appareils déviateurs ont bien fonctionné. On a pu s’écarter de la ligne du vent de 25° à 30°. L’équilibre a été maintenu assez rigQureusement pour que le ballon soit constamment resté entre 2 et 4 mètres au-dessus de la surface des eaux. L’expérience, au point de vue technique, n’a donc pas manqué d’intérêt et l’on peut en tirer de bons pronostics pour l’avenir.
- —(D— Le Santos-Dumont a fini par réussir à doubler la”tour Eiffel le samedi 19 octobre par temps calme en 30 minutes. Seulement, le guide-rope n’a été repris qu’après 50m 40s et 1/5. D’où discussion, parce que, d'après les conditions imposées pour le prix, le temps comptait entre le lâchage et la reprise du guide-rope. M. Deutseh, le donateur du prix, le considère néanmoins comme acquis à M. Santos-Dumont. La Commission du Prix parait, jusqu'à présent, d’avis contraire. En fait on peut dire que M. Santos-Dumont a gagné le prix qu'il a l’intention de donner aux pauvres. Et la question pratique de la direction des ballons reste debout tout entière plus que jamais, puisqu’il a fallu des mois pour arriver à doubler la tour Eiffel avec retour à Saint-Cloud en 30 minutes par temps favorable. En tout cas, on devra à M. Santos-Dumont le mouvement formidable qui se produit partout en faveur de la navigation aérienne.
- —g)— Nous avions annoncé récemment que l’on ne restait pas inactif, comme on le croyait, au parc militairè de Chalais-Meudon. On a pu apercevoir le 19 octobre, quand le Santos-Dumont doublait la tour Eiffel, un autre ballon qui se promenait à l’horizon ouest. C’était le nouveau dirigeable de MM. Renard. Ce ballon est assez volumineux à enveloppe noire. On dit que les premiers essais ont été excellents.
- —g>— Il vient de se former un Comité en vue d’organiser pour le mois de novembre un concours d’aviateurs. Ce concours aurait lieu au Parc des Princes. Il sera divisé en trois catégories : 1° concours d’appareils d’aviation montés ; 2° concours d’appareils d’aviation non montés ; 5° concours de cerfs-volants.
- —(§)— Au musée du Trocadéro, la dernière Exposition avait réuni des pièces ethnographiques, venant des quatre parties du monde. Un grand nombre de ces pièces sont arrivées, sous forme de dons, au musée d’ethnographie du Trocadéro, et l’on profite de cette aubaine pour remanier un grand nombre de salles. Actuellement, c’est la «. salle de France » qui vient d’être transformée. Les collections complétées (le musée, qui ne possédait guère que 10000 pièces il y a 20 ans, en possède maintenant plus de 91 000) ont été réunies par province, et les provinces par groupes ethnographiques, ayant des communautés ou des parentés de coutumes. C’est ainsi que des provinces voisines, comme la Bretagne et la Normandie, qui étaient aux deux extrémités de la salle, ont été mises à côté l’une de l’autre. L’ensemble forme deux grandes divisions, les pays gallo-latins et les
- pays gallo-celto-francs. La « salle de France », ainsi transformée, sera ouverte au public dans une huitaine de jours.
- —®— Le service de la navigation de la petite Seine, entre l’Aube et l’Yonne, emploie maintenant, pour l’entretien des profondeurs et l’enlèvement des sables dans le lit du fleuve, une petite drague à moteur à pétrole qui donne les meilleurs résultats avec une grande économie. Le moteur vertical tourne à 315 tours par minute et fournit une puissance de 5 chevaux. Il commande par courroie le tambour de la chaîne à godets, qui porte 28 godets d’une capacité de 20 litres environ chacun.
- —g;— Le nouveau chemin de fer souterrain de New-York, dont la longueur totale dépasse 30 kilomètres, et dont le nombre des stations sera de 48, va être installé électriquement. L’énergie électrique sera produite par des alternateurs polyphasés et transmise en courants alternatifs polyphasés ; mais ces derniers seront transformés en courants continus, et l’alimentation de la ligne de chemin de fer sera faite en courants continus d’après le système à rail central. L’ensemble du matériel, génératrices, excitatrices, commutatrices et trans-formateurs, est prévu pour une puissance de 150 000 chevaux; la dépense prévue s’élève à 6 250000 francs. La Compagnie-Westinghouse est chargée de l’installation électrique.
- —S;— Il résulte d’expériences faites en France par MM. Andouard et Gouin que la poudre d’os vert pourrait être employée avantageusement dans l’alimentation des veaux. Ces animaux, avant le sevrage, trouvent dans le lait les phosphates qui leur sont nécessaires; mais une fois sevrés, ils n’en trouvent pour ainsi dire plus dans l’herbe qui devient le fond de leur nourriture. La poudre d’os a pour effet île continuer à leur fournir les phosphates indispensables. Les expériences ont mis en évidence que remploi de cette poudre a pour résultat de porter l’accroissement des veaux de deux livres et (juart à deux livres et denÉe par jour, chiffres moyens. .
- —g)— l;n aveugle de naissance, Louis Bouquin, a fait, cet été, l’étonnement de la population balnéaire de Pioyan. Quoique n’ayant jamais vu une carte géographique, il arrive, à force de mémoire et de patience, à pouvoir représenter sur le sol les divers pays dans leur situation respective à l’aide de piquets et de petits drapeaux. Dès qu’un auditoire suffisant se trouve réuni autour de lui, il commence son cours de géographie en plein vent, sur le pays qu’on lui indique, au hasard. On peut alors admirer son étonnante mémoire. Ses notions de géographie physique, politique et économique sont d’une précision remarquable. Pas de pays au monde dont il ne puisse donner la superficie, la population, le gouvernement, les religions, le budget, la dette, les forces militaires et maritimes, les voies de communication, le mouvement économique, etc. Il en décrit les principaux centres, les productions et, notamment, il connaît admirablement son histoire coloniale. Ce sujet extraordinaire n’a point été instruit aux Jeunes-Aveugles : c’est à lecole communale de Ménétrol-sur-Sauldre (Cher), qu’il a fait son instruction. L’été, il fait ainsi ses conférences en plein air et, chaque hiver, il retourne sur les bancs de l’école, bien qu’il soit âgé aujourd’hui de trente-trois ans.
- —g)— American Machinist décrit, sans donner le nom de son inventeur, une ingénieuse machine qui a pour but spécial d’enrouler les fils sur les bobines d’inducteur des dynamos ou des moteurs; elle est du reste actionnée électriquement. L’avancement du fil y est automatique et commandé par des galets de friction ; l’enroulement peut se rectifier durant la marche. L’arbre portant la bobine est pourvu d'un compteur qui peut mesurer jusqu’à 10 000 tours.
- —g)— Il vient de paraître, à la librairie Dunod, un nouveau journal d’automobilisme et de cyclisme qui a pour titre : a La Locomotion ». La rédaction en est confiée à MM. Baudry de Saunier et Gaston Sencier, ce qui est un gage de succès.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour les appareils à tracer les courbes, s’adresser à M. William J. Brooks, 3, Compton Street, Brunswick square, Londres W. C.
- Communications. — AI. Émile Sorel, au Havre, nous écrit : « Dans votre Journal et dans le n° 1476 du 7 septembre, page 230, je lis la relation d’une « Pluie de Fourmis ». Le phénomène n’a rien que de très ordinaire et ne nécessite l’intervention d’aucun mouvement tourbillonnaire. Dans les circonstances exactes, décrites par M. le chevalier A. de Longrée, les fourmis essaiment comme les abeilles, et envahissent les environs. J’ai vu l’un de ces essaims sortir subitement de dessous le perron de mon pavillon ; un autre, sortir de derrière mon fourneau de cuisine, etc.; enfin j’ai observé en grand le phénomène dans la Suisse Saxonne, où les montagnes de six à sept cents mètres de hauteur sont parfois couvertes de milliards de fourmis, grandes ou petites, ailées ou non. ))
- AI. Albert Bahlit, au Puy, nous écrit ; « L’idée du Cercle à calcul n’est pas aussi nouvelle que l’article paru dans le n° 1480 du 5 octobre 1901, page 299 de votre Journal, sur la règle circulaire, pourrait le laisser croire. Il existe dans la marine un petit instrument de ce genre dû au commandant (iuyon, de l’Institut. Bien que spécialement affecté aux mesures de distances, il est cependant un véritable cercle à calcul.... Cet instrument s’adapte au micromètre Fleuriais et a été construit par la maison Hurlimann, à Paris. » '
- AJ. C. Pellissier, à Paris, à propos de l’article « Une ville de maisons roulantes » (n° 1481 du 12 octobre 1901, p.320), nous écrit la lettre suivante : « La transformation des voitures de tramways réformées en habitations économiques est beaucoup plus commune aux États-Unis qu’on ne le croit généralement; elle ne date pas d’hier. Dans le numéro du 3 décembre 1896 de rEclairage électrique (page 477), notamment, vous pourrez trouver la note suivante : « Dans l’Etat de Connecticut, les anciennes voitures de tramways sont employées comme habitations d’été, pavillon de chasse, etc. Plus de 600 voitures sont employées à cet usage. Le long des côtes de Long-Island, au bord de l’Océan, de Watch-Ilill à Larchmont, ces roulottes sans roues sont disposées sur la grève ou à l'ombre des arbres et servent d’habitation, le plus souvent temporaire, à des baigneurs, des pécheurs ou des chasseurs. A Norwich, quatre voitures sont disposées en carré ; la cour intérieure est couverte d’une tente : une des voitures est aménagée pour la cuisine, les autres servent de chambres à coucher, de salle à manger, de salon ; à Block-Island, un même propriétaire a formé son appartement de 5 voitures disposées à la file, comme les wagons d’un train. »
- AI. Gruzelle, à Paris, à propos de la boule masseuse Japonaise (n° 1474 du 24 août 1901) et des diverses réponses que nous avons reçues à ce sujet, nous écrit qu’il n’est par partisan du mouillage pour dilater le bloc, car il en résulte un soulèvement des fibres tranchées par l’outil et qui surtout dans l’alvéole de la boule ne reprendraient pas leur place en séchant; d’où il s’en suivrait un frottement plus grand jusqu’à complète usure de ces aspérités. 11 est donc préférable d’entrer de force la boule dans la cavité qui doit avoir un jeu suffisant, facile à calculer et à régler.
- Renseignements. — Al. P. Lescornez, à Armentières. — L’échelle démontable en bambou a été décrite dans le n° 753 du 2 juillet 1887, page 80;.mais l’adresse du fabricant n’a jamais été donnée, et nous ne la connaissons pas.
- M. R. Convreur-Périn, à Rilly. — Adressez-vous à. MM. G. Van de Casteele et Cie, rue du Moulin, à Ledeberg-lez-Gand en Belgique; ils entreprennent de supprimer, dans les-installations mécaniques, les trépidations, vibrations et bruits provenant de moteurs.
- Al. Léon Delhez, à Bruxelles. — L’adresse de M. Pouech » été donnée en tête de la Boite aux Lettres du n° J 480 dus 5 octobre 1901.
- M. F. Perd al, à Menin. — Pour tout ce qui concernp la roue de pleine eau à godets svphoïdes que nous avons décri te-dans le n° 1454 du 6 avril 1901, p. 504, il faut s’adresser à M. de Coursac, ingénieur, au château de la Planche, à Vivonne-(Vienne).
- AJ. A. Zavarro, à Paris. — 1° On ne peut déterminer facilement le poids du moteur; il faut aussi ajouter le poids du générateur électrique. — 2° L’expérience seule peut indiquer ce chiffre.
- M. Augusto Bontempi, à Naples. — Vous pourriez vous-adresser directement à M. Fromholt, 44, rue Montmartre, à Saint-Ouen (Seine). Le « Bulletin de la Société d’encouragement », 44, rue de Rennes, a aussi publié une description de la perforatrice à diamants.
- AI. Chardin, à Paris. — Pour rendre des mousselines et des toiles incombustibles, il faut les tremper dans une solution aqueuse de phosphate d’ammoniaque.
- AJ. Loubers, à Montastruc. — Voici la recette que vou^ demandez pour imperméabiliser les étoffes par le procédé du Dr Cathoire. Les étoffes, préalablement décaties, sont aluminées par l’immersion dans un bain chaud à 6 pour 100 d’acétate d’alumine et par le passage dans un bain de carbonate de soude de la même teneur ; après séchage on les paraffine en les trempant dans une solution formée de : paraffine ordinaire fusible à 52°, 20 grammes, vaseline naturelle Chesebrough 10 grammes, essence légère de pétrole 1 litre.
- AJ. H. Winlsch, à Thüringen. — La lampe électrique à osmium n’est pas encore dans le commerce et toutes ses constantes, consommation, durée, etc., n’ont pas été publiées.
- M. J. Chelli, à Zongouldak (Turquie). — Pour tout ce qui concerne les abeilles, et le miel, nous vous conseillons de vous adresser à notre collaborateur M. Clément, 34, rue Lacépède, à Paris; il est spécialement compétent en cette question.
- Al. le Dr L. Polo, à Nantes/— Tous nos vifs remerciements.
- Un abonné, à Beauvais. — L’essence de térébenthine dissout très bien le goudron ; vous pourriez essayer.
- AI. E. Blanc à, Mariy-le-Grand. —Nous n’avons pu retrouver la description de cette lampe.
- AI. A. Lepezel, à Alençon. — Pour des petits cylindres de machines à vapeur, vous pourriez vous adi’esser à M. II. Carpentier, 75, boulevard Soult, à M. Dehaître, 6, rue d’Oran, à M. Mora, 67, rue d’Argoût, MM. Pignet et C‘% 109, boittevaVd Richard-Lenoir, à Paris.
- AI. L. Delafons, à Paris. — 1° Les taches ne proviennent pas du développement, mais de plaques mal emballées ou trop vieilles, ou voilées dans les châssis. — 2° Laissez le flacon de sulfate de fer à la lumière ; ne pas mélanger le dépôt, dans le virage non plus.
- Al. H. Carpentier, à Paris. — Il n’existe aucun ouvrage traitant de la séparation industrielle de l’albumine du sang; nous ne connaissons aucun procédé ou appareil à vous indiquer.
- Al. L. R., à X. — Pour nickeler instantanément sans appareil et à peu de frais les objets métalliques les plus divers, nous pouvons vous indiquer la nickléine ou produit spécial qu’il suffit de frotter sur le corps à nickeler. Le produit se trouve à la Société « L’Universelle », 22, rue Saint-Vincent-de-Paul, à Paris.
- AI. AI. J., à Vincennes. — Voyez la description du poêle à pétrole Sépulchre que nous avons donnée dans le n° 1453 du 50 mars 1901, page 275, et adressez-vous au dépositaire M. Félix Minette, 147, avenue Malakoff, à Paris. s: ’ AI. L. Alario Alolina, à Veracruz. — Il faudrait vous adresser directement à l’auteur de l’article.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. P. Lerant, à Bordeaux. Il faut faire un croquis et des plans pour décrire votre appareil. — AI. L. Dumont, à Nantes. Le sulfate de zinc employé doit être légèrement acide; il n’en est pas ainsi pour l'échantillon ue vous nous avez envoyé. — M. ü. AI., à Paris. Il y a erreur ans vos calculs. — M. Lerart, à Vincennes; AI. Paurot. à Agen. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 1r® série, à la librairie Masson et Cie. — AI. Dubois, à Paris; AI. J. R., à Nancy. Voyez le même petit livre que ci-dessus, 5e série, à la même librairie. M. Forti, à Puenze. Remerciements pour votre communication.
- Dans ta « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-seiqnemenls qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s enqaqe en aucune façon a repondre a toutes les questions, ni à insérer toutes les communications, — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précédé la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- E.e fixe-chapeau. — On est souvent embarrassé pour poser son chapeau, à la campagne surtout. On ne veut le mettre par terre : il serait exposé et pourrait être détérioré. On prend alors une pince analogue à celle que montre notre dessin
- Le fixe-chapeau, <—> 1# La pince. — 2. Mode d’emploi.
- (fig. 1). A la partie inférieure en B est une partie plate dans laquelle on place le chapeau, et en haut se trouve un petit crochet G qui permet de fixer la pince sur une branche d’arbre. l'n dispositif analogue est actuellement employé dans les théâtres [>our permettre de suspendre les chapeaux. — Gette
- {lince se trouve chez M. Mathieu, 131, galerie de Valois, au 'alais-Royal, Paris.
- Pédale le» ier I. a garde, pour bicyclette. — La posi- -lion du pied sur la pédale d’une bicyclette n’est pas déterminée d’une façon absolue. Les uns appuient par l’extrémité antérieure, les autres par le milieu et les débutants presque par le talon. Cette position est certainement défectueuse et il semble
- Pédale, levier Lagarde pour bicyclette.
- que la partie du pied qui doit reposer sur la pédale, doit être plutôt celle située vers l’extrémité antérieure, car c’est ce que font instinctivement tous les cyclistes. Il reste en arrière une grande partie inutilisée du pied et M. Lagarde a pensé qu’on pouvait taire travailler le talon d’une façon utile en ajoutant à la pédale le petit dispositif spécial que représente notre gravure et qu’il fabrique de façon que chacun puisse l’adapter à sa machine. I ne semelle CD, d’environ 50 centimètres de long, se fixe
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- au moyen de boulons sur la pédale et elle porte à chaque extrémité deux tringles articulées qui se réunissent de façon à former un triangle. Au sommet B de celui-ci s’attache une troisième tringle dont l’autre extrémité A est attachée en un point fixe du cadre, au moyen d’un collier. Par ce système de tringles articulées on voit, en considérant par exemple la pédale droite de notre gravure, qu’en appuyant avec le talon sur la semelle on actionne un levier du deuxième genre qui a son point d’appui en A qui agit sur l’extrémité de la manivelle, alors que par l’action de la pointe du pied on n’agit presque plus d’une façon utile sur cette même manivelle.
- On se rend très vite compte de l’utilité de cette modification quand on fait un démarrage en rampe et quand on monte les côtes. On s’habitue assez vite à poser le pied entier sur la semelle, c’est l’affaire de quelques heures de route. — S’adresser à M. Lagarde, 11, quai Bourbon, ou à MM. Rousseau frères, 103, boulevard Richard-Lenoir.
- BIBLIOGRAPHIE
- La pose des sonneries électriques et des tableaux indicateurs, par G. Bénard, constructeur électricien, président du Syndicat des entrepreneurs et constructeurs électriciens de Paris. 1 vol. in-8°, chez l’auteur, 12, rue Bridain, Paris, Prix : 4tr,50. Franco : 5 francs. 1901.
- Ce livre, écrit par un habile praticien, est rempli de renseignements utiles. Il est exempt de formules et termes savants^ mais il est mis à la portée de tous. Le texte en est clair et précis, les croquis explicatifs faciles à comprendre au premier coup d’œil. Tous ceux qui sont appelés à poser des sonneries électriques y trouveront les renseignements dont ils ont besoin pour les cas les plus simples comme pour ceux qui, en apparence, semblent les plus compliqués. Cet ouvrage rendra des services.
- Cours de mathématiques à l'usine des élèves-architectes et ingénieurs professé à l'Ecole des Beaux-Arts, par Carlo Bolrlet, docteur ès sciences. 1 vol. in-8°. C. Naud, éditeur. Paris, 1901. Prix : 8 francs.
- Éléments d’automobile. Voitures à vapeur, voitures électriques, voitures à pétrole, par L. Bacdry de Saunier. 1 vol.' in-8°. En vente chez l’auteur, 22, boulevard de Villiers, à Levallois (Seine), 1901.
- En publiant ce livre, M. Baudry de Saunier vient d’ajouter à la très remarquable collection de ses ouvrages qui ont si vigoureusement contribué à la diffusion de la locomotion mécanique, un volume de prix très minime, dans lequel il explique avec netteté le mécanisme des voitures à pétrole, à vapeur et à électricité. Il montre de plus l’importance qu’à tous les points de vue possède pour notre pays la question des automobiles, etc. C’est un livre qui sera de grande utilité à tous ceux de nos lecteurs que l’automobilisme passionne.
- Annuaire statistique de la ville de Buenos-Atjrcs, par M. Ad. Buluuch, intendant municipal, et M. Albert B. Martinez, directeur général de la statistique municipale. Xe année, 1900.
- 1 vol. in-8°. Buenos-Ayres, Compagnie Sud-Américaine de billets de banque, 1901.
- Répertoire bibliographique des principales revues françaises pour l’année 1899, rédigé par I). Jordell; 5e année; 1 vol. in-8°, Paris. Per Lamm, libraire commissionnaire (librairie Nilsson), 7, rue de Lille, Paris, 1901.
- Nouveau système de conclu/lioculture. Ostréiculture etmyti-culture intensives, par le baron E. Tanneguy de Wqgan.
- 1 brochure in-8°. Sauvaitre,* éditeur. Paris, 1901.
- Des anomalies de la sécrétion lactée, par Henri Noël. 1 brochure in-8°. Nîmes, Imprimerie coopérative La laborieuse, rue Godiii Nîmes. 1901.
- Tapissier-décorateur,pur H. Lacroix. 1 vol. de l’Encyclopédie Roret. L. Mulo, éditeur. Prix : 2 fr. 1901. Paris.
- La fin du monde, par Léon Dumas. 1 brochure in-8°. Chez l’auteur, 71, rue de la Motte, à Huy (Belgique). Prix ; lr‘,50.
- Harriman Alaska Expédition with coopération of Washington Academy of sciences. Alaska, vol. I. Narrative, glaciers, na* Vives, by John Burroughs, JoiinMuir and George Bird Srinnell. Vol. IL History, geography, resources, by William H. Hall, Charles Keeler, Henry Gannet, William IL Brewer, C. Haut, Merriam, George Bird Grinnell and M. L. Washbvrn. 2 vol. in-8°. New-York, lloubleday, Page et Company, 1901.
- The alcliemistic symbols. A brief account of their origin and meaning, by J. Lewis Howe. Washington and Lee University. Baher and Company. Newark. N. J.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Report on the Geology of the Philippine Islands, bv George F. Becker, followed by a version of iiber tertiare fossilien von den Philippinen (1895), by K. Martin U. S. Geological Survey. Washington, Government Printing Office. 1901.
- Roscoe-Schorlemmer's. Ausführliches Lehrbuch der Chemie, von J. Wjlh. Brühl, professeur à l’Université d’Heidelberg. Achter band. Dit; Kohlenwasserstofïe und ihre derivate oder orgamsche chemie, par E. Hjei.t et Ossian Aschan, professeurs à l’Université d’Helsingfors. Braunschweig. Imprimerie et librairie de F. Vieweg et fils, 1901.
- Rulletin of the philosophical Society of Washington. Vol. 15. 1895-1899. 1 vol. in-8°. Washington. 1). C. Judd et Detweiler, Printers, 1900.
- Nineteenth annual report of the United States geological survey to the secretary of the Interior. 1897-1898. Ch. I). Walcott, director. Part. 11. Washington Government Printing office. 1899.
- Unlersuchungen sur Blutgerinnung. Bcitragc sur chemie and morphologie der coagulation des Blutes, par le Dr Ernst Schwai.be. J brochure in-8°. Librairie de F. Vieweg et fils. Braunschweig. 1900.
- Organographie der p flan zen insbe^ondere der archegoniaten und samenpflansen, von l)r K. Goebf.l, professeur à l’Université de Munich. 1 vol. in-8% lena, Gustave Fischer, éditeur. 1900. Prix : 8fr,75.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT . DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 14 octobre. . . 1°,8 N. N. W. 1. Beau. 0,0 Beau le matin, peu nuag. le soir; gelée blanche; halo; brouill. le matin.
- Mardi 15 8°, 8 N. 0. Couvert. 0,0 Couv. ; pluie dans la soirée ; brumeux.
- Mercredi 16 7°,9 S. S. E. 2. Beau. 3,7 Nuag. le matin; très nuag. le soir; brumeux le matin; halo.
- Jeudi 17 llu,l S. 2. Eclaircies. 0,0 Presque couv. le matin; puis nuag.; beau après 17 h.; gouttes à 13 b. 30.
- Vendredi 18 9°,9 S. 2. Très nuageux. 0,0 Très nuag. jusqu’à 10 h. : couv. ensuite ; pluie dans la soirée.
- Samedi 19 9°, 2 S. W. 1. Peu nuageux. 0,8, Très nuag. ;_gouttes à 4 b,; bcumeux.
- Dimanche 20 5°,5 N. E. 0. Peu nuageux. 0,0 Nuag. le matin; couv. le soir; petit brouillard avant le jour; halo; pluie à partir de 21 b. 50.
- OCTOBRE 1901. -- SEMAINE DU LUNDI 14 AU DIMANCHE 20 OCTOBRE.
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- Mercredi
- Jeudi
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- Samedi
- Dimanche
- La mnube supérieure indique la nébulosité de Où 10; les flèches inférieures, la direction du venl. Les courbes du milieu indiquent.y courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Le leinp». la température et la pluie. — Le 14 octobre, le temps a été beau à Paris: la température s’est abaissée, la moyenne a été de 8°,3, intérieure de 2°,7 à la normale, il y a eu un minimum de 1°,4 avec gelée blanche. Le 15 octobre, la température moyenne à Paris n’a été que de 7°,4. En France, il a plu dans le Sud et l’Ouest, où l’on a recueilli 41 mm d’eau à Cette, 21 mm à Marseille, 8 mm à Biarritz et 1 mm à Rochefort. La pluie est encore tombée le 16 octobre, et l’on a recueilli 66 mm d’eau à Lyon, 26 mm au mont Aigoual, 4 mm à Paris et 2 mm au Havre. La température moyenne s’est élevée et a atteint 10°,9. Le 17 octobre, il a plu à Lyon, Marseille, Biarritz, Cherbourg et Boulogne; les 18,19 et 20 octobre, pluies en France également.
- li« neige el le froid aux environs du Mont-Rlane. — M. 0.
- Jullien, licencié ès sciences, nous a envoyé quelques renseignements intéressants sur les phénomènes météorologiques survenus au commencement du mois d’octobre aux environs du Mont-Blanc. Dans la vallée de l’Arve, le Môle, mont dont la cime domine Bonneville et qui atteint l’altitude de 1869 mètres, a été recouvert de neige dès le 8 octobre, ainsi que les sommets du mont Andev (1879 m), du mont Bargy, etc. Il en était de même dans la plupart des régions savoisiennes. et, partout, la neige descendit à 1000 mètres d’altitude. On en signalait une couche légère à Chamonix. Durant plusieurs années précédentes, on a vu la neige descendre jusqu’à la limite des vignobles bonnevillois en septembre et parfois même en a»ût. Aussi croyons-nous intéressant de signaler ici ces phénomènes tardifs
- ' cette année. Ils ont été occasionnés par une violente tempête qui s’est abattue sur les parages alpestres le 6 et le 7 octobre. Des ouragans et des tempêtes d’une grande violence s’abattaient alors sur Calais, sur Dunkerque, en Belgique et jusqu’à Belfort. La région du Mont-Blanc qui nous occupe se trouvait au large du bord dangereux du cyclone, c’est ce qui explique le régime des vents S.-W. qui a spvi à cette époque. D'autre part, la dépréssion de la Scandinavie s’est développée jusqu’en Italie, le baromètre a baissé de 15 mm à Nice où régnait un vent violent. Il eu est résulté dans toute la France des averses avec temps frais.
- Il s’en est suivi tout d’abord une crue de l’Arve, bientôt arrêtée parle refroidissement des couches élevées de l’atmosphère et par la chute des neiges sur le massif du Mont-Blanc. A Bonneville, le baromètre a subi des oscillations fréquentes et brusques (725 mm à 715""“,5 en 3 jours) ; le régime des vents a sauté du S. au S.-W. et au N.-W. et des averses violentes se sont abattues sur la contrée. Cet état de choses prématuré ne laisse pas que d’être fort préjudiciable à l’agriculture, les travaux des champs ont été interrompus. La température a sensiblement baissé. Ces divers phénomènes coïncidaient avec le passage d’une dépression sur les Pays-Bas et sur la Norvvège (Christiansund 732 mm), ainsi qu’avec l’existence d’une dépression secondaire en Algérie. Dans toute la France, le Bureau central météorologique signalait des mauvais temps d’Ouest avec averses et refroidissement. Le vent était violent dans nos régions occidentales ainsi que sur les Iles Britanniques. Sur les montagnes des Alpes, la neige descendait peu à peu, la température s’abaissait graduellement pour se relever dès le 9 au matin, avec averses.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 20 à 6 h. 7 m. du soir.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —® — C’ost le dimanche 24 novembre prochain qu’aura lieu dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne le jubilé scientifique de 31. Berlhelot. Un grand nombre de savants de toutes les grandes. Universités étrangères prendront part à cette solennité.
- —®— Cent kilomètres à l’heure en motocycle ! Cette performance remarquable vient d’être obtenue par Osmont sur la route du Parc agricole d’Achères qui vit déjà les prouesses fameuses de Jenatzy et de sa voiture électrique. Il a couvert le kilomètre exactement en 36 secondes. Il a couvert ensuite le mille, 1609m,32 en 58s,3/5. Le temps du kilomètre constitue un record du monde en motoeyle; cependant avec sa voiture électrique Jenatzy avait fait le kilomètre en 54s,l/5. Mais le temps pour le mille est bien un record du monde pour tout genre de véhiculés.
- —®— Toujours des ballons dirigeables qui auront de la peine à se diriger. Citons parmi les derniers réalisés, « le Smitter », qui, dit-on, serait prêt à partir. Système ordinaire, ballon allongé et moteur de 8 chevaux. Citons « le Bradowsky », que M. le baron de Bradowsky a commencé à gonfler au parc de Yaugirard. Il est cylindrique sur 22 mètres de diamètre. L’avant est terminé par un cône de 8 mètres de haut et l’arrière par un cône de 4 mètres. La poutre armée, qui a 17 mètres de longueur, est un tube d’acier et porte une nacelle de 5 mètres. Le poids de la nacelle est de 130 kg et les aèronautes, en se déplaçant, peuvent faire varier le centre de gravité du système. Le moteur est de 16 chevaux. L’hélice propulsive a un diamètre de 4 mètres et tourne à 350 tours ; elle est placée à l’arrière du ballon, ainsi que le gouvernail à axe vertical d’une surface de 4 mètres carrés. L équilibré vertical est assuré par une hélice fixée au-dessous de la nacelle, du diamètre de 2m,50, et qui tourne à 450 tours. Un peu au-dessous de l’équateur du ballon sont disposés des plans ayant une longueur de 12 mètres sur une largeur de lm,50. Ces surfaces planes ont pour but défaire varier à volonté, concurremment avec l’hélice à axe vertical, l’équilibre du ballon. M. Debrayeux a terminé un dirigeable devant lequel il fait le vide; ce ballon progresserait par la pression atmosphérique. Un moulinet est disposé en avant de la pointe du ballon. Une première expérience a été tentée à l’usine â gaz de Rueil avec un ballon sphérique de 700 mètres cubes. Mais le ballon s’est déchiré. Enfin, en Italie, d’après la France automobile, M. le comte Almerico da Schio aurait entrepris la construction d’un dirigeable de 12 chevaux actionnant une hélice placée à l’avant. L’inventeur a réuni un groupe de 200 actionnaires en tête desquels sont inscrits le roi et la reine d’Italie.
- —®>- Indépendamment du prix de 100000 francs qui n’est pas encore attribué, M. Henry Deulsch vient de donner à M. Santos-Dumont une somme de 25000 francs que celui-ci a immédiatement envoyée au Préfet de Police pour être distribuée aux pauvres.
- —®— On annonce la mort d’une centenaire, Mme Catherine Brown, décédée à New-York, à l’âge de 102 ans. Elle fut une des femmes les plus élégantes de Philadelphie ; elle dansa avec La Fayette, quand celui-ci visita en 1824 les Etats-Unis.
- —®— Le croiseur cuirassé, le Léon-Gambetta, vient d’être^ mis à l’eau le 26 octobre dernier, à Brest; le navire de cette espèce est le plus puissant de notre flotte. Son déplacement est de 12 550 tonneaux, soit environ 1250 de plus que la Jeanne-d’Arc. Sa longueur est de 146m,50, sa largeur de 21m,40 et son tirant d’eau de 8m,20. L'appareil moteur comprendra trois machines verticales à triple expansion, actionnant trois hélices et ayant une puissance totale de 27 500 chevaux, pouvant fournir une vitesse de 22 nœuds. Le rayon d’action pourra atteindre 12 000 milles à ’ 10 nœuds et 1590 milles à 22. La protection du bâtiment est com- posée d’une ceinture cuirassée de 170 millimètres d’épaisseur à la flottaison et de 56 au-dessus; l’épaisseur du pont supérieur est de
- 34 millimètres et celle du pont inférieur de 65. L’artillerie se compose de 4 canons de 194, sous tourelle, deux à l’avant, deux à l’arrière, de 16 canons de 164,7, dont 12 sous tourelle et 4 en réduit, de 22 canons de 47 et 2 de 37 ; il y aura, en outre, 5 tubes lance-torpilles. Le prix du Léon-Gambetta sera de près de 30 millions de francs. Le tableau suivant permettra la comparaison avec les constructions précédentes :
- Nombre (le Poids de coque Nombre de journées au lancement. journéts dépensées. — par tonne.
- Charlemagne .... 315,630 2.706 116,9
- Gaulois.................... 315.908 2.488 116.4
- Iéna...................... 281,441 2.828 99.4
- Suffren................... 284.960 3.070 92,8
- La Marseillaise . . . 267,000 2,905 91,9
- Léon-Gambetta . . . 500,000 3 480 86,2
- —®— Record des torpilleurs de haute mer. Le torpilleur Bourrasque, parti du Havre le samedi 26 octobre à 10ll45,n du matin, est arrivé à Cherbourg à lh 15m, soit après 2 heures et demie de traversée, à l’allure moyenne de 29 nœuds, soit 53km,708m par heure. La Bourrasque détient le record sur tous les torpilleurs qui ont effectué le même parcours.
- —®— Huit sous-officiers appartenant au 24e de ligne, en garnison à Bernay, ont récemment couvert à pied, en moins de 22 heures, 118 kilomètres, c’est-à-dire le parcours de Bernay à Rouen et retour. L’un d’eux, le sergent Lœuil, a ajouté à ce parcours la distance Bernay-Brionne et retour, et a couvert ainsi 140 kdomètres en 23h 35m, battant les records de temps et de distance précédemment établis par deux sous-officiers du 143e de ligne, qui avaient fait 135 kilomètres en 25h 35m.
- —®— Le 20 octobre, à Bordeaux, a eu lieu un concours de marche, sous la présidence de M. Ch. Cazalet, président des sociétés de gymnastique de France, et auquel ont pris part toutes les sociétés de la région avec un effectif d’environ 200 jeunes gens. L’épreuve comportait une marche de nuit. Partie à 8 heures du soir, de la Bastide, la colonne est arrivée à lh30* du matin à Castelnau, soit environ 30 kilomètres du point de départ. Les marcheurs portaient le sac chargé de 8 kilogrammes. Malgré les difficultés d une marche de nuit et le mauvais état des routes détrempées par les pluies, il n’y a pas eu un traînard, pas un malade. Après un repos de quatre heures, la colonne s’est remise en route à 6 heures du matin. Cette seconde partie de l’épreuve comportait 50 kilomètres. La colonne est rentrée à Bordeaux dans l’après-midi, ayant effectué^ un parcours total de 80 kilomètres, avec effectif presque complet. Les marcheurs ont fait preuve d’une endurance et d’un entraînement peu communs. Le jury militaire de la course était présidé par M. le colonel Massenet, chef d’état-major du 18e corps; le Dr Matignon a suivi les opérations du concours.
- —®— Un congrès international de défense contre la grêle aura lieu à Lyon les 15, 16 et 17 novembre 1901.
- —®— D’après les renseignements publiés par le Ministère de l’agriculture, la récolte de 1901 a été de 13 702 609 hectolitres d’orge, soit 8 695412 quintaux, et de 75 273 599 hectolitres d’avoine, soit 34940 291 quintaux. En 1900, on avait recueilli 14 394320 hectolitres d’orge, soit 9194 230 quintaux, et 88 309 920 hectolitres d’avoine, soit 41 413 450 quintaux.
- —®— On signale de Kingston (Jamaïque), que vers le 20 octobre un grand glissement de terrain s’est produit à la Barbade et a affecté plus de 200 hectares. Les plantations et les constructions du district de Boscobel ont été détruites. Quatre-vingt-cinq maisons ont été entraînées dans la mer et 400 personnes sont sans abris. Les routes et les bornes ont disparu.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Erratum. — Dans l’article sur un générateur à vapeur d’éther (n° 1485, du 26 octobre 1901, p. 339, ligne 27 et suivantes), il y a lieu de compléter ainsi la description : M. de Susini employait, pour le chauffage de l’éther, la vapeur d'échappement d’une machine à vapeur ordinaire venant par le tuyau A dans un condenseur; cet éther sortait par un tuyau B, se rendait au moteur et après avoir travaillé dans un cylindre, sur la face d’un piston suivant les procédés connus, était renvoyé au condenseur à travers un séparateur D par un tuyau C.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le miro-graphe se trouve chez MM. Reulos et Goudeau, 4, cité Rougemont, à Paris. — La bibliothèque à supports coulissants, rue de l’Ecole-de-Médecine, 2, à Paris. — La perceuse à air comprimé est fabriquée par R. G. Ross and Sons, à Glasgow. — L’interrupteur-turbine pour courants électriques est construit par MM. Lecarme et Michel, 118, rue de Vaugirard, à Paris.
- Communications. — M. J. de Rey-Pailhade, ingénieur civil des mines à Toulouse, nous adresse une brochure qu’il vient de publier sur « Les principes de l’emploi de la division décimale du jour aux mesures électromagnétiques », et un extrait donnant la communication qu’il a faite au Congrès de géographie de Nancy (1-5 août 1901) sur « L’unification des mesures angulaires pour les cartes de l’armée de terre et pour les cartes de la marine ».
- .1/. C., abonné, à Paris, nous écrit : « J’ai lu l’article :
- « L’impériale des omnibus » donné par votre journal dans le n° 1482, du 19 octobre 1901, p. 534. Il y a, à mon avis, un motif, peut-être plus puissant que celui qu’indique l’auteur de l’article, à la préférence donnée au côté gauche de l’impériale. C’est celui qui résulte de ce que, la voiture prenant sa droite et la chaussée étant généralement en dos d’àne, les voyageurs occupant le côté gauche de l’impériale ont le dossier incliné comme celui d’un fauteuil, tandis que du côté droit, ils sont obligés de se pencher en avant. Je vous donne cette explication pour ce qu’elle vaut, tout en ajoutant que personnellement, j’ai souvent choisi le côté gauche pour être mieux assis. »
- M. G. M., ancien élève de l’École polvtechnique, à Saint-Omer, à propos de l’article « L’Impériale des Omnibus » (n° 1482, du 19 octobre 1901, p. 554) signé par M. I)., lui-même ancien élève de l’École polytechnique, nous envoie la Note suivante : « De la statistique publiée, il résulte que le côté gauche de l’impériale des omnibus est beaucoup plus recherché que le côté droit, et l’auteur de l’article vous en donne une explication dont je ne veux pas discuter la valeur, mais per-mettez-moi de vous en soumettre une autre que je crois plus probante.
- Moi-même je choisis de préférence le côté gauche, parce que je m’y trouve mieux, et il est bien facile de s’en rendre compte. Et d’abord je reconnais qu’arrivé sur la plate-forme au haut de l’escalier, il est plus simple d’aller tout droit devant soi que d’obliquer à droite. Mais, remarquez que les véhicules tenant la droite de la chaussée, la voiture suit l’inclinaison de celle-ci et penche, par conséquent, de gauche à droite. Par suite l’appui des reins sur le dossier, qui se trouve en arrière de la verticale, constitue pour le voyageur une position autrement agréable que celle qu’il aurait à droite, et où le dossier semble venir s’appuyer sur lui. D’autres que moi ont dû éprouver ces différences de position, et c’est là qu’est tout le secret de la recherche du côté gauche.
- Voici la saison des pluies qui va commencer, et pour se
- convaincre que mes explications sont justes, j’engage M. D. à établir une statistique sur les places recherchées à Y intérieur des omnibus. 11 trouvera certainement que ce sont celles du côté droit. Il est bien entendu que dans les considérations ci-dessus, je fais abstraction de la position du soleil auquel on tourne le dos quand il est trop éblouissant. »
- AI. le chevalier A. de Longrée, à Bruxelles, à propos-de la lettre de M. Emile Sorel, au sujet d’une pluie de fourmis (lettre que nous avons publiée dans les Communications du n° 1485, du 26 octobre et dont il a reçu une copie), nous écrit : « 11 semble très probable que les fourmis tombées à Bruxelles cet été avaient pour origine les essaims des montagnes saxonnes dont parle M. Sorel. En effet, dans aucune partie de la Belgique nous n’avons des fourmilières e» abondance suffisante pour fournir les myriades d’insectes dont j’ai constaté la chute en juillet dernier. On peut supposer qu’un coup de vent, une trombe, les aura enlevées sur ces montagnes et transportées, par les hautes régions de l’air, jusqu’en Belgique?... Le vent serait, par conséquent, un puissant véhicule de diff usion pour transporter à des distances immenses, et dans des contrées où ils étaient précédemment inconnus, les germes, bactéries, infusoires et semences. Ce phénomène me paraît intéressant au point de vue de la météorologie comme aussi à celui de la recherche de l’origine et de la propagation des espèces. »
- Un abonné, à X,, nous écrit : « La communication faite à l’Académie des sciences par M. Moissan, au mois de septembre dernier, concernant les dessins découverts par MM. Capitan et Breuil dans une grotte de la Dordogne, mérite d’attirer l’attention du monde savant. II serait utile que les dessins observés par ces messieurs fussent publiés et il serait peut-être aussi très intéressant de les comparer aux dessins rupestres de Tiout (signalés par le Dr F. Jacquot en 1847) ainsi qu’aux dessins relevés par le professeur Blanchet dans l’extrême Sud algérien, et à ceux observés au Transvaal par M. Desuzinges et signalés par M. le juge Jacquot. Ce dernier a également entendu parler de dessins analogues qui auraient été récemment découverts dans une grotte, aux environs de Bougie (Algérie),: et lui-même a copié des figures du même type charbonnées-sur les murs d’un bordj, dans une oasis du Sahara. Il y aurait lieu, nous semble-t-il, de centraliser toutes ces communications. »
- Renseignements. — M. J. Royer, à Enghien-Ies-Bains. — Vous pourriez consulter l’ouvrage « Briquets, allumettes chimiques, soufrées, phosphorées », par MM. Maigne et A. Bran-' dely, dans l’Encyclopédie Roret, à la Librairie L. Mulo 12, rue Ilautefeuille, à Paris.
- M. le D' Taille fer, à Chàteauneuf. — Nous avons parlé du pégamoïd dans le n° 1275, du 6 novembre 1897, p. 562. Ce produit a été utilisé à l’état de cuir pour carrosserie, ameublement, reliure et chaussures. Nous n’avons pas entendu parler d’applications nouvelles à signaler.
- Cercte Fragonard, à Grasse. — Il est depuis longtemps-reconnu que les lampes à incandescence à basse tension donnent des intensités lumineuses plus élevées ; mais elles ont l’inconvénient d’exiger un couplage en tension sur les distributions actuellement employées. Vous pourrez vous procurer des lampes-à basse tension chez M. James, 145, rue St-Antoine; M. A. Lar-naude, 54, rue Godot-de-Mauroi; à la Société électro-chimique, 20, rue Taitbout; ou à la Cie générale des Lampes à incandescence, 5, rue Boudreau, à Paris.
- M. Lavanchy Clarke, à Cannes. — Nous avons indiqué, dans le n° 1465, du 22 juin 1901, p. 62, les premiers résultats donnés par le premier accumulateur Edison Nickel-fer-potasse caustique. Depuis cette époque, M. Edison a breveté un accumulateur cadmium-potasse-oxydule de cuivre, et un accumulateur fer-potasse-peroxyde de nickel qui, malgré tous les perfectionnements dont ils ont été et sont l’objet, n’ollrent pas encore d’avantages marqués sur les accumulateurs au plomb.
- M. P. de Sennevoy, à Toulon. — L’adresse de M. Prébost est 15, cours Lafayette, à Lyon.
- M. E. Anadyt, à X. — Ces assertions ne sont pas exactes.
- AI. Chardin, à Paris. — On compte en général qu’une houille de qualité moyenne donne de 6 à 8 kilogrammes de vapeur à 100° par kilogramme. Dans votre cas particulier, et avec votre installation, une expérience seule pourra vous fixer un chiffre exact.
- * AI. C. R., à Nancy. — Phonographe Lioret, 18, rue Thi-baud, à Paris.
- Voir la suite de la Boîte aux lettres page 3 des Nouvelles scientifiques
- Dans la « Boite aux lettres * la Bédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements nui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- BOITE AUX LETTRES [Suite]
- Sporting-Club de Smyrne. — Voici une recette de lionne moutarde aromatique. Pour 12 litres de graine de moutarde, on prend une demi-botte de persil, autant de cerfeuil, autant de céleri, autant de ciboules, 250 gr. de sel en poudre, 5 têtes d’ail, 125 gr. d’huile d’olive, 60 gr. des quatre épices fines, 40 gouttes d’essence de thym, 30 gouttes d’essence de cannelle,
- 5 gouttes d’essence d’estragon. On épluche les plantes et les racines, on les hache et on les fait macérer pendant 15 jours dans une quantité suffisante de bon vinaigre blanc. Ou les retire ensuite, on les broie au moulin à moutarde ; on broie également, très finement, 12 litres de moutarde, et on mélange le tout. On ajoute ensuite le sel, l’huile d’olives, les épices, les essences; on délaye le tout avec le vinaigre dans lequel les plantes et racines ont macéré. On attend deux ou trois jours que le mélange s’opère bien, et l’on met ensuite la composition dans des pots de faïence.
- M. B., Cercle militaire, à Givet. — Un des bons procédés pour imperméabiliser toute espèce de tissu, consiste à faire dissoudre 1 kg d’alun dans 32 kg d’eau, et à préparer à part une solution de 1 kg d’acétate de plomb dans 1 kg d’eau. On mélange les deux liquides. Il se forme un précipité de sulfate de plomb sous forme de poudre qui tombe au fond du vase. On décante le liquide qui renferme l’acétate d’alumine et l’on y plonge l’étofl'e que l’on veut imperméabiliser. On la remue quelques instants dans le liquide et on la laisse sécher à l’air libre.
- M. A. Flach, à Marseille. — Pour faire disparaître les vers des meubles, un bon moyen consiste à injecter du sulfure de carbone avec une seringue hypodermique dans les trous même des vers, et après l’injection, à boucher immédiatement les trous avec de la cire.
- M. Hoffen, à Paris. — Les poêles à combustion continue. brûlent en général de l’anthracite, très supérieur pour cet usage au coke ou à la houille. Parmi cés poêles nous vous citerons :
- « La Salamandre », 77 bis, rue de Richelieu; « La Radieuse », 3, boulevard des.Italiens ; (( Le Régent », 15, passage Saint-Sébastien, à Paris. Vous devez connaître les inconvénients des poêles à combustion continue.
- M. S. R., à Vierzon. — 1° Pour ce transformateur, il faut vous adresser directement à M. E. Prébost, ingénieur-électri-cièn, 13, cours Lafayette, à Lyon. — 2° La maison Hartmann et Braun est à Francfort-sur-le-Mein ; les représentants à Paris sont MM. Relier et Cio, 18, cité Trévise.
- M. J. Bancelin, à Paris. — 1° Le transformateur dont vous parlez est construit par M. 0. Rochefort, 4, rue Capron, à Paris. — 2° Il faut demander ce renseignement au constructeur.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Leroux, à Paris. Cette invention a été abandonnée par le constructeur dés les premiers modèles. — M. Dubois, à Paris. Vos explications ne sont pas suffisamment claires, nous ne comprenons pas la description de votre appareil. — M. X. R., à Paris. L’affiche de la préfecture de police pour le concours des jouets est apposée dans tout Paris; voyez les différentes conditions, nous ne pouvons les publier. — M. A. R., à X. ; M. B. L., à Paris; M. G. D., à Paris. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 5e série, à la librairie Masson et Cie. — M. L. G., h Nice. Remerciements pour votre communication. — M. L. V., à P.; M. D., à Versailles. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Le meilleur dentifrice.
- Le dentifrice le meilleur est non pas celui qui a l’arome le plus fin, le parfum le plus délicat et le plus agréable à la bouche, mais celui qui agit de la façon la plus puissante sur les microbes sans nombre que contient la bouche, dans les replis et les anfractuosités de la muqueuse, dans les gencives, aux bords des dents. Le sublimé ou tout autre sel mercuriel réaliserait à cet égard l’antisepsie la plus complète, mais il la réaliserait au prix de gros inconvénients dont le moindre serait, à défaut d’empoisonnement grave, une stomatite intense.
- 11 faut donc que la dose d’antiseptique ' soit graduée. Une
- Sortion de 5 à 10 centigrammes de sublimé dans 150 ou gr d’alcool est des plus efficaces ; il lue la presque totalité des bactéries, mais il a l’inconvénient d’être désagréable au goût.
- Le formol à la dose de 1 /2 pour J 00 est encore très actif, mais il a une action caustique sur la muqueuse et ne peut être recommandé que dans certains cas bien définis.
- L’alcool a par lui-même des propriétés bactéricides; en y joignant l’action de l’essence de menthe et en additionnant le mélange d’un peu d’acide phénique on obtient une préparation qui a l’action la plus favorable comme antiseptique, sans dépasser la mesure nécessaire.
- Voici une formule que je conseille souvent : on en verse une cuillerée à café dans un demi-verre d’eau bouillie. On trempe la brosse dans ce mélange pour frotter les dents et la dernière gorgée du verre est employée comme gargarisme pour aseptiser la gorge et le pharynx.
- Essence d’anis.............
- Essence de girofle . . . . Essence de cannelle . Essence de menthe . . . Teinture de benjoin . . . Acide phénique neigeux. .
- Alcool à 80°...............
- Carmin (teinture de). . .
- 2 grammes X gouttes
- XXX -2 grammes
- I
- 150 —
- Qq. gouttes
- On peut encore simplifier la formule en faisant ajouter 1 gr d’acide phénique à 150 gr de l’eau dentifrice dont on se sert habituellement (eau de Botot, eau de Pierre, eau de Suez, etc.) à la condition qu’elles ne contiennent pas déjà quelque substance microbicide.
- Les soins réguliers de la bouche, le lavage et le brossage bi-quotidien constituent du reste un des meilleurs moyens d’entretenir la pureté et la propreté de la bouche et des dents. L’eau dentifrice antiseptique ajoute à la perfection de ces moyens de simple toilette. Dr X....
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Durcissement du plâtre de Paris. — Pour obtenir ce résultat, et pour empêcher que les objets moulés en plâtre ne restent poreux, hygroscopiques, cassants, la publication Phar-maceutische Centralballe recommande le procédé suivant. On mélange six parties de gypse avec une partie de chaux fraîchement éteinte, et on opère les moulages voulus avec la matière plastique ainsi obtenue ; puis on sature les objets moulés avec une solution saturée elle-même de sulfate de magnésie.
- Absorbant pour la poussière. — Il s’agit d’un absorbant destiné à empêcher la formation de la poussière quand on balaye les planchers. La préparation en question se fait comme suit : on mélange d’une manière intime 12 parties en poids1 d’huile de spermaceti avec 88 parties de ciment romain ou de1 Portland, et l’on ajoute quelques gouttes d’essence de mirbane, qui n’a pas d’autre but sans doute que de parfumer la mixture. On brasse bien, et l’on obtient une masse homogène d’abord, qui prend ensuite une apparence sableuse. Quand on veut nettoyer un plancher, on y jette des particules de cette masse, comme on le fait normalement avec le sable mouillé, et on balaye : la poussière s’agglomère parfaitement avec la composition, et le tout se laisse ramasser sans que la poussière se répande dans l’atmosphère.
- L'enlèvement des taches de poussière. — La poussière arrive fort bien, pour peu qu’elle soit mouillée, à faire de très vilaines taches sur les étoffes. On recommande pour les enlever de se servir d’un peu d’alcool avec du jaune d’œuf. On laisse sécher sur place, puis on enlève la tache; le peu de jaune d’œuf qui demeure est délayé à l’eau tiède et au moyen d’un chiffon.
- Pâte à polir. — 11 s’agit d'une pâte pour métaux, qui contient une certaine quantité d’acide et qui, par conséquent, doit être parfois employée avec discrétion, four la préparer, il faut d’abord quelque 1er,50 de terre pourrie, puis un peu moins de brique cassée, enfin 12 kg d’ocre rouge, fi kg environ de fleur d’émeri et de safran de Mars, un [jeu moins de 5 kg d’acide oxalique, 23 kg de gelée de pétrole, enfin 5 litres d’huile minérale et une centaine de grammes d’essence de citronnelle. On pulvérise bien les diverses matières terreuses, ainsi que l’acide oxalique, on passe au tamis pour que les poudres soient fines, et on écrase encore en mélangeant avec les substances huileuses ; on ajoute au besoin de l’huile minérale de manière que la pâte ait finalement la consistance du beurre on hiver.
- Préparation de l'essence de café. — On prend 600 grammes de café nouvellement grillé et on le moud finement ; puis on sature cette poudre avec la quantité voulue d’un mélange fait de 120 centimètres cubes d’esprit-de-vin à 90° et de 560 centimètres cubes d’eau distillée. On la met ensuite dans un percolateur, et, au bout de 24 heures, on verse par-dessus d’abord tout ce qui reste du mélange d’eau et d’alcool, et ensuite de l’eau distillée, et ce de manière que le filtrage donne définitivement 480 centimètres cubes de liquide. On met celui-ci de côté, et l’on épuise ensuite le café demeuré dans le percolateur avec de l’eau chaude ; on évapore ce second produit jusqu’à la consistance d’un extrait; on mêle les deux produits du filtrage, puis, au besoin, on laisse déposer et l’on filtre.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- Remède contre les piqûres de moustiques. — Il est donné par le Dr Voges, directeur du Comité national d’hygiène de Buenos-A y res, : il l’a découvert dans un voyage récent qu’il a fait au Paraguay, pour y éludier la peste. Il avait emporté toute une série de remèdes plus ou moins empiriques, dont il voulait néanmoins essayer l’effet, et notamment de la naphtaline, qui se révéla rapidement comme n’étant d’aucune efficacité contre le terrible mal. Mais il songea à en tenter des applications ou plutôt des frictions sur les piqûres de moustiques, immédiatement après que l’animal venait de transpercer la peau, et il constata à son grand étonnement que cela suffit à neutraliser complètement le poison, lors même que la piqûre semble fort enflammée.
- Pour noircir des outils en acier. — On commence par polir l’outil quand il vient d’ètre trempé à l’eau, puis on le orte à la température voulue pour la trempe, jaune, violet, leu, en le plaçant sur un gril ou sur une plaque chauffée par en dessous. On le trempe ensuite dans de la cire jaune fondue, mais pas trop chaude : on fait flamber au feu la cire qui est
- demeurée adhérente, sans cependant chauffer l’outil. On le plonge de nouveau dans le bain de cire, on recommence à brûler l’excès de cire, et quand l’action de la flamme a donné une belle nuance noire brillante, on refroidit l’outil dans l’eau. Il ne faut pas perdre de vue que ce procédé de noircissement enlève une partie de sa dureté à l’acier.
- Peinture résistant auv acides. — Pour l’obtenir, on commence par faire sécher du caoutchouc dans une enceinte fermée et à une température de 70 à 80° C., puis on débarrasse de toute humidité de la colophane, en la mettant fondre à plusieurs reprises. On peut alors les faire fondre ensemble à une très basse température, et quand ces substances sont encore à l’état liquide, on y ajoute du blanc de zinc (si l’on veut une peinture blanche ou un autre colorant), et on éclaircit le tout à la consistance voulue au moyen d’un vernis spécial à la colophane. Ce vernis s’obtient en mélangeant 50 parties de colophane parfaitement anhydre, 40 d’alcool absolu et autant de benzine; le mélange se fait dans un moulin à couleur.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 À 9 ÉTAT Dü CIEL - PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 21 octobre. . . 8°,3 » 0. Couvert. 3,i Couv. jusqu’à 16 h.; beau ensuite; pluie la moitié du , temps.
- Mardi 22 5°,0 E. 1. Couvert. 0,6 Eclaircies avant 5 heures et de 15 à 20 heures ; couv. le reste du temps; brouill. jusqu’à 10 h. et après 20 h.
- Mercredi 23 5°,0 >» 0. Couvert. 0,0 Couv. le matin; nuag. le soir; brouill. jusqu’à 10 h.; brumeux ensuite ; halo.
- Jeudi 24 2“,0 S. S. W. 2. Beau. 0,0 Beau de 5 à 11 h.; nuag.av. etap. jusq,17h.; couv. ens.; halo; brouill. avant le jour; gelée bl. ; averse à 20 h.
- Vendredi 2’i 10°,0 [S. W. 2. Couvert. 5,5 Couv.; pluie de 2 à 6 h. et de 11 à 22 h. ; brumeux.
- Samedi 26 3°,0 N. t. 0. Beau. 12.5 • Nuag. à 1 h. et de 12 à 16 h; beau le reste du temps; gelée blanche.
- Dimanche 27 5°,9 N. 2. Beau. 0,0 Beau; tr. atm., 2 km à 7 h. matin; atm. cl. l'après-midi.
- OCTOBRE 1901. -- SEMAINE DU LUNDI 21 AU DIMANCHE 27 OCTOBRE.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre, ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- Fa neige en France. — La neige est tombée abondamment, le 21 octobre, sur le mont Canigou et sur les montagnes de l’arrondissement de Prades.
- Fa pluie et la température. — Les pluies ont été générales et continues. Le 21 octobre, en France, on a recueilli 55 mm d’eau à Lyon, 31 à Clermont, 28 à Cette, 3 à Paris. On a signalé des orages à Nice et à Biarritz. La température a baissé dans le nord-ouest et le sud-est de l’Europe ; elle était de : — 4° à Moscou, -+- 9° à Paris, 19° à Lésina. On notait : — 1° au puy de Dôme, — 2° au mont Ventoux, — 9° au pic du Midi. A Paris, la pluie est tombée dans la nuit du 2<) au 21 octobre. La température moyenne, 9°,7, a été inférieure de 0°,2 à la normale (9°,9).
- Les pluies diluviennes à Privas ont occasionné des crues importantes aux rivières du département : le Doubs, l’Eyrieux et l'Ardèche. Le Rhône a inondé des îles et des plaines.
- Le 22 octobre, il a plu à Biarritz, où il y a eu 13 mm d’eau, à Lorient, à Dunkerque (9 mm) et à Paris (2 mm). Dans la matinée, la température est tombée à 3° à Paris. Le 23 octobre, pluies à Besancon (17 mm d’eau), à Rochefort (7 mm), et à Nancy (6 mm). Le 21 octobre, pluies à Biarritz (10 mm), à Marseille (2 mm), à Nice (1 mm). La température moyenne à Paris a été de 7°,1, inférieure de 2°,5 à la normale; la température minima a atteint 1°,9. Les 25 et 26 octobre pluies à Nantes (11 mm), Cherbourg (7 mm). Rochefort (20 mm) et Paris (12 mm). Le 26 octobre, la température était le matin de -t- 3° à Paris.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 27 à 3 h. 15 m. du soir.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —L’été de la Saint-Martin a lieu, comme on sait, les 11, 12 et 15 novembre. Nous avons déjà fait remarquer que ces trois jours à élévation de température en novembre coïncidaient avec les trois jours à abaissement de température des Saints de glace, en mai. Si on distribue les mois de l’année sur line circonférence, on constatera que novembre correspond à mai; les deux mois sont sur le même •diamètre. On sait d’ailleurs qu’il n’y a rien d’absolu dans l’élévation -ou l’abaissement des températures au moment de l’été de la Saint-Martin ou des Saints de glace.
- —<g— On pouvait voir encore ces jours derniers de nombreux marronniers avec des feuilles vertes, seconde pousse de l’année, à Paris, boulevard Saint-Germain, place du Théâtre-Français, Champs-Elysées, jardins publics, etc. Si, à côté d’eux, le regard n’avait rencontré des arbres déjà dépouillés, on aurait pu se croire au printemps. Depuis le 2 novembre, où la température nocturne est descendue à — 4°, la physionomie des arbres est bien changée. Les feuilles nouvelles ont roussi et les branches se dépouillent avec rapidité. La chute des feuilles est générale. Après les brouillards qui avaient humecté les feuilles, le froid les a détachées des branches. Dans les grands bois, sur les promenades, les feuilles jonchent la terre d’une couche très épaisse. C’est fini des beaux jours. C’est la chute des feuilles.
- —®— Secousses sismiques à Grenoble et environs le 29 octobre. Le mouvement est le même que celui qui a affecté l’Italie, notamment à Salo (lac de Garde) où les habitants, pris de terreur, ont abandonné leurs maisons.
- —D’un rapport officiel qui vient d’être publié, il résulte que les accidents alpestres se sont élevés en 1991, rien que pour la Suisse, à cent dix-neuf. Tous ont entraîné la mort; ce chitfre de 119 est double de celui de 1900 et se trouve être le total le plus considérable constaté jusqu’ici. Presque tous se sont produits aux environs de Chamomx.
- —(§)— Il vient de mourir à Gloucester, de l’autre côté du détroit, à l’àgc de cent neuf ans, une pauvre femme qui avait passé plus de cent ans de son existence dans une de ces roulottes où les forains traînent de ville en ville leur primitif domicile, leur matériel caduc et leurs tréteaux. Elle s’appelait Ann Smith et était née à Char-grove, non loin d’Oxford, pendant une tournée que faisaient ses parents,bateleurs assez réputés dans toute la région duMidland. Jusqu’à l’âge de cent ans passés, Ann Smith ne connut pas d’autre toit que celui de la maison roulante où, durant l’hiver de 1792, elle avait vu le jour. C’est dans sa roulotte qu’elle parcourut l’Angleterre et l’Ecosse du nord au midi, quelle se maria et mit au monde ses seize enfants, dont sept sont encore vivants.
- —On écrit de New-York : Le Secrétaire de l'Agriculture Wilson et l’ancien secrétaire de la Marine W’hitney ont visité les champs du Connecticut où les planteurs de tabac ont fait sur une vaste échelle des essais de culture du tabac sous châssis. Ils sont d’avis, paraît-il, que la nouvelle méthode est appelée à révolutionner l’industrie du tabac. On prétend même qu’ils ont l’intention d’acheter de nombreuses terres dans le Connecticut, afin d’en retirer les merveilleux résultats qu’ils prophétisent.
- —L’exposition pan-américaine de Buffalo s’est close le 2 novembre. Depuis son ouverture, en mai, elle a été visitée par huit millions et demi de personnes. Elle laisse le souvenir du drame de septembre qui s’est terminé par la mort du président Mac Kinley et l’exécution de Czolgosz. Le Congrès sera appelé à voter un crédit pour aider à faire face au déficit de près de vingt millions qu’elle a laissé derrière elle.
- —(g— Dans l’Exposition régionale et internationale d’agriculture qui aura lieu à Mons l’an prochain, il y aura un concours spécial pour les applications de l’automobilisme à la traction des instruments de culture, de récolte et de transport à la ferme. Les principaux instruments de culture dont il s’agit ici sont : les charrues, les extirpateurs, les herses, les rouleaux, les machines à épandre les engrais, les semoirs, les houes attelées. Comme instruments de récolte, il y a principalement les machines à faucher l’herbe, les moissonneuses, les machines à arracher les pommes de terre, les machines à arracher les betteraves et autres plantes-racines. Les principaux transports agricoles consistent dans les transports du fumier de la ferme aux champs et des récoltes des champs à la ferme, à la gare ou à l’usine. Pour le programme, s’adresser à M. Albert Mahieu, secrétaire, à Erquennes par Dour (Belgique).
- —®— On vient de découvrir, au Brésil, une curieuse grenouille. La femelle bâtit toujours un nid pour y déposer ses œufs. Quand le temps de l’incubation approche, elle se retire dans le fond d’un marais et se met à la construction d’un mur circulaire ayant O01,50 de diamètre. Le mur est terminé lorsqu’il arrive à être à 10 centimètres au-dessus du niveau de l’eau. Cette construction, pour être menée à bien, ne demande pas plus de deux nuits à la grenouille. Elle dépose alors dans cette véritable tour des œufs qui se trouvent être ainsi à l’abri de toute atteinte.
- —®— En se référant à une statistique anglaise, nous voyons que le capital de l’Europe, c’est-à-dire sa richesse totale mobilière et immobilière, s’élève à 1175 milliards; le capital mobilier seul représente environ 500 milliards. Au point de vue de la richesse totale, les principaux Etats européens se succèdent dans l’ordre suivant : Angleterre 295 milliards, France 247, Allemagne 201, Russie 160, Autriche 105, Italie 79, Belgique 25, Hollande 22. Au cours du dix-neuvième siècle, l’accroissement de la richesse publique a été particulièrement rapide en Angleterre, et c’est en France qu’il a été proportionnellement le moindre. Voici maintenant les charges budgétaires des mêmes pays : Allemagne, 4 milliards ou 2 pour 100 de sa fortune globale ; Angleterre, 5 milliards (il s’agit du budget d’avant la guerre sud-africaine) ou l.pour 100; France, 5 1/2 milliards ou 1,4 pour 100; Russie, 2700 millions ou 1,7 pour 100; Autriche,
- 2 milliards ou 1,8 pour 100; Italie, 1800 millions ou 2,5 pour 100; Belgique, 575 millions ou 1,5 pour 100; Hollande, 500 millions ou 1,4 pour 100. D’où il résulte que c’est l’Italie qui est le plus pressurée par l’Etat et que les autres nations suivent ensuite dans cet ordre : Allemagne, Autriche, Russie, Belgique, France, Hollande, Angleterre.
- —<§>— En accident très grave est arrivé dernièrement sur le réseau de l’usine électrique d’Aïn-Fekan en Algérie. Cette usine est reliée par le téléphone à la station de Mascara. Dans cette dernière station, un ingénieur ayant examiné l’appareil téléphonique, constata qu’il était brûlé, et, voulant le détacher, il reçut une violente décharge. On suppose qu’un fil du réseau, primaire de transmission à 10000 volts sera tombé sur le fil du téléphone. Cet accident est déjà arrivé à plusieurs reprises ; on ne saurait recommander de prendre trop de précautions pour éviter les rencontres de fils à haute tension et les fils téléphoniques ou télégraphiques.
- —<§>— Le système métrique va, dit-on, être appliqué en Russie ; on doit très prochainement, pour commencer, l’adopter dans tous les établissements scolaires.
- —D’après les dernières statistiques, la proportion des illettrés en France est tombée, en 1898, à 4,7 pour 100 pour les hommes, et à 7,2 pour 100 pour les femmes, alors qu’en 1870 elle était de 25 pour 100 pour les hommes et de 57,7 pour 100 pour les femmes. Il faut observer que la loi de 1882 sur l’enseignement obligatoire n’a encore reçu qu’une application partielle et qu’en certaines régions elle n’est pas réellement appliquée.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — M. Thoré, conducteur des Ponts et Chaussées, à Mussidan, nous fait connaître un fait intéressant : « Il a été capturé dans l’Isle (département de la Dordogne), nous écrit-il, un brochet de fortes dimensions (0m,55 de longueur environ) qui présentait une gibbosité très apparente : vers les trois quarts de sa longueur, à mi-distance des nageoires latérales et de la nageoire dorsale, l’épine dorsale s’infléchissait brusquement vers le bas et à droite occasionnant une déviation très marquée du corps du poisson. Curieux de connaître la cause de ce phénomène, j’ai disséqué cet animal et j’ai reconnu que cette déformation était due à la présence d’un fragment d’hameçon. Ce poisson a dù, jeune encore, être pris à une ligne; en se débattant il a rompu le harpon et n’a pas été capturé ; mais le fragment de l’hameçon brisé a piqué une arête et est ainsi resté engagé dans le squelette de l’animal. En croissant, cette arête à produit autour de l’hameçon une ossification relativement volumineuse qui a occasionné l’atrophie de la vertèbre correspondante et le déplacement des vertèbres voisines. »
- M. G. Lion, ingénieur à Paris, nous envoie la lettre suivante : « J’ai lu avec beaucoup d’intérêt l’article de M. de Graf-fignv sur la chaudière à vapeur d’éther de M. Desvignes de Malapert; la question m’a, en effet, beaucoup passionné naguère. Aussi j’espère que ces messieurs pardonneront à un travailleur de la première h*eure, de relever une erreur d’appréciation capitale. Il est dit, en effet, que grâce à la différence des chaleurs totales, absorbées par un kilogramme des deux liquides pour se transformer en vapeur sous la même pression, l’économie théorique de combustible serait des quatre cinquièmes environ pour une production de travail identique. Cela ne serait vrai que si la densité de la vapeur d’éther était la même que celle de la vapeur d’eau et par conséquent que si les cylindrées admises dans le même moteur, à la même pression initiale, étaient de même poids. Or, il n’en est rien malheureusement. En effet, le poids d’un mètre cube de vapeur d’eau sous une pression effective d’une atmosphère, c’est-à-dire à la température de 120°,64 est 1116 kg. La densité de la vapeur d’éther étant 2,565, le poids d’un mètre cube de vapeur d’éther à 36°, c’est-à-dire sous la même pression effective d’une atmosphère, est de 6kg,500 en chiffres ronds. Ce qu’il y a donc lieu de comparer ce sont les chaleurs totales absorbées par lkg,116 de vapeur d’eau et par 6kg,500 de vapeur d’éther, c’est-à-dire les chaleurs à volumes et non à poids égaux. La première est représentée par l’expression :
- 1,116(606,5 + 0,305 x 120,64)= 717,9 calories.
- En admettant avec l’auteur de l’article le chiffre de 109 calories pour la quantité de chaleur absorbée par kilogramme de vapeur d’éther à 56°, nous trouvons pour la seconde quantité de chaleur :
- 6,500x109=708,5 calories,
- valeur très voisine de la première, ce qui est d’ailleurs conforme à la théorie. Si d’ailleurs les meilleurs corps évoluants devaient être ceux dont la chaleur de vaporisation est la plus faible, les gaz présenteraient une supériorité énorme sur toutes les vapeurs, or on sait qu’il n’en est rien. En réalité on peut espérer un certain bénéfice de l’emploi des vapeurs lourdes, mais ce bénéfice est attribuable à une tout autre cause qui est la suivante :
- Dans leur détente adiabatique les vapeurs denses se sur-
- chauffent au lieu de se condenser partiellement comme la vapeur d’eau; et cette surchauffe provient de ce que, pour un poids donné de vapeur, la quantité de chaleur consommée par la somme des travaux externe et interne de sa détente est plus faible que la quantité de chaleur qui serait restituée par la même vapeur, supposée se détendre en restant saturée sans condensation entre la température initiale et celle qui correspond à la fin de la détente . »
- Renseignements. - M. F. Hombre, à Cadix.— L’adresse de M. Pouech est 314, rue des Pyrénées, à Paris; elle a déjà été donnée en tète de la Boite aux Lettres.
- M. J. P., à Paris. — lp Une lampe électrique à incandescence consomme de 5 à 4 watts par bougie, soit de 48 à 64 watts pour 16 bougies; dans une heure, elle dépense de 48 à 64 watts-heure. — 2° un cheval vaut 756 watts, et un cheval-heure vaut 736 watts-heure. — 5° les pertes admises dans une transmission de force motrice sont variables suivant les conditions de premier établissement; on admet en général une perte de 8 à 10 pour 100.
- M. L. Muret, à Paris. — Cette formule est exacte; l’auteur l’a déjà vérifiée.
- M. F. Dujardin, à Paris. — Nous allons prendre des renseignements sur cette nouvelle locomotive, et, s’il y a lieu, nous en donnerons la description.
- M. Derotje, à Tunis. — 1° On ne peut fixer à l’avance la température qui sera atteinte; il est nécessaire de faire desexpériences. — 2° Nous n’avons pas l’adresse que vous demandez; mais l’appareil employé était un réflecteur parabolique.
- M. Ch. Relier, à Nancy. — Vous trouverez la composition de plusieurs poudres phosphorescentes dans le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et 0e.
- M. A. Boutonnel, à Nantes. — Le. phénomène dont vous parlez est très connu; la foudre imprime par contact les objets sur la peau. Vous en trouverez l’explication dans tous les traités de physique.
- M. L. E. O., à Tournai. — 1° 11 faut vous adresser directement à M. le Dr Luton, à Reims. — 2° Vous pourriez vous renseigner auprès de MM. Pelliot et Ilofman, 26, rue du Roi-de-Sicile, à Paris.
- M. Sarlleau, à Pithiviers. — Vous trouverez probablement des instruments pour tailler les plumes d’oie à la maison Cabasson, 29, rue Joubert, à la maison Fortin et Cie, 59, rue des Petits-Champs, ou à la maison II. Morin, 5, rue Boursault, à Paris.
- M. Enjobras, à Venissieux. — Il serait nécessaire, croyons-nous, de. faire passer l’eau de décantation à travers un tamis très fin, formé peut-être par un linge ou une mousseline appropriés. Nous pensons qu’il vous serait utile d’avoir les conseils d’un chimiste industriel.
- M. R. Gaillard, à Urbillac. — Pour faire disparaître la mousse sur les murs, on se sert ordinairemçnt de la chaux en poudre.
- M. G. Pelissier, à La Garenne (Seine)'. — Nous ne connaissons pas de procédé spécial. Ne pourriez-vous essayer une des recettes que nous avons indiquées pour colorer le marbre dans le petit livre des Recettes et procédés utiles, 2° série, à la librairie Masson et Cio.
- M. le Dr M., à Nantes. — 1° et 5° Nous ne pouvons vous renseigner. — 2“ Pour le congrès de pisciculture, il faut vous adresser à M. le Professeur Fabre Domergue, 207, boulevard Raspail ou à M. le Dr Jolyet, à Arcachon (Gironde).
- M. G. Schott, à Raon-l’iUape. — Pour le ventilateur mentionné précédemment, vous pourriez vous adresser à M. Le Verrier, ingénieur en chef des Mines, professeur au Conservatoire des Arts et Métiers, à Paris.
- M. E. Blanc, à*Marly-le-Grand. — C’est bien de la description de la loupe indiquée que nous avons voulu parler. Nous avons fait de nouvelles recherches qui ne nous ont donné aucun résultat. Nous ne croyons pas avoir décrit cette loupe ; nous avons publié seulement, la description de prismes Luxfer dans le n° 1561 du 24 juin 1899, p. 52.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M- E. Jansen, à Anvers. Nous n’avons pu retrouver l’annonce dont vous parlez. — ,)1. Durand, à Lille. Avant d’entreprendre la construction, il est nécessaire d’établir un projet complet avec toutes les données. — M. Pirard, à Nîmes; M. P. L., à Paris; M. G. U., à Paris. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. Lancet, à Bourges; M. Rubard, à .Toulouse. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’enqage.en aucuue.façon à répondre à toutes
- les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le hindi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES MENTIONS1
- Pompe à eau Lemaire. — M. Lemaire vient d’inventer un système de pompe noria très pratique, formée d’une chaîne sans fin qui supporte une série de petits godets d’une contenance de 50 centimètres cubes environ. Chacun des godets est articulé au-dessous de son fond sur un axe transversal rivé aux deux joues d’un maillon de la chaîne sans fin. Au-dessus d’un puits sont installés deux supports portant une roue que l’on peut faire mouvoir à la main, à l’aide d’une manivelle ou
- Pompe à eau Lemaire.
- à l’aide d’un moteur électrique. La chaîne sans fin passe sur eette roue formée de deux tourteaux laissant entre eux un vide pour le passage des godets. En arrivant sur la roue, les godets s’inclinent et basculent dès que leur centre de gravité dépasse la verticale de l’axe d’articulation. La chaîne est libre dans l’eau, on peut puiser dans un puits où la nappe ne serait que de 10 centimètres. La profondeur des puits peut atteindre 50 mètres et au delà. — Le constructeur de cette pompe est M. Lemaire, 150, rue de Rivoli, à Paris.
- Appareil de protection des serrures. — Ce nouvel appareil a pour but de protéger les serrures, en mettant leur mécanisnjp à l’abri de toute tentative de crochetage. Il se compose d’un cadre de métal fixé par quatre vis autour de la serrure à protéger. Par-dessus se pose une plaque protectrice qui
- Appareil pour la protection des serrures. — 1. Cadre extérieur avec la plaque protectrice portant les boutons. — 2. Intérieur de la plaque avec les quatre pênes. — 3. Modèle pour serrures de malles. Vue extérieure. — 4. Le même. Vue intérieure.
- s’encastre exactement dans le cadre, dont elle recouvre les vis d’attache, ainsi que le trou de la serrure. Cette dernière plaque porte extérieurement quatre vis ABCD (n° 1) qui maintiennent des pênes rotatifs à combinaison (n° 2). Elle est fixée au cadre d’un côté par deux tenons, et de l’autre côté par les pênes dont nous venons de parler. Ces pênes peuvent être déplacés à volonté à l’aide d’une clef que l’on place exté-
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- rieurement dans les fentes des têtes de vis formant boutons,. Pour régler l’appareil on choisit un chiffre ou un mot que l’on chiffre. On sépare la plaque protectrice du cadre, on ramène chaque bouton à zéro, à la butée d’arrêt, on compte le nombre adopté, et on retourne la plaque. Il faut ensuite dévisser l’écrou au moyen d’une clé en ayant soin de maintenir fixe le bouton correspondant, soulever d’aplomb le pêne rotatif pour dégager le ressort compteur, faire tourner le pêne et le placer en engageant la division centrale du pêne sur les goupilles de l’axe, et resserrer l’écrou avec soin. Le nombre de tours de chaque pêne se compte facilement; car il se produit un choc à chaque tour. Pour compter, on ramène d’abord le pêne au zéro, à une butée d’arrêt en le déplaçant de droite à gauche; puis on compté les chocs en tournant en sens inverse. Il faut appuyer franchement, en faisant tourner chaque vis soit à la main, soit avec une pièce qu’on engage dans la fente du bouton. La butée d’arrêt correspond extérieurement à la position verticale de la fente. Cet appareil d’une grande simplicité se prêle à dix mille combinaisons ; il assure par suite une grande sécurité, car il ne s’ouvre que pour une seule de ces combinaisons. Les nos 3 et i du dessin ci-joint montrent la disposition adoptée pour les serrures de malles. — L’appareil de protection de* serrures se trouve à l’adresse suivante Les Inventions d’intérêt général, 118, galerie de Valois, Palais-Royal, Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Traité de microbiologie, parE. Duclaux, membre de l’Institut, directeur de l’Institut Pasteur, professeur à la Sorbonne et à l’Institut agronomique. Tome IV : Fermentations variées des diverses substances ternaires. 1 vol. grand in-8°. Masson et Cie, éditeurs. Prix : 15 francs.
- Ce volume contient l’étude des fermentations des sucres, des amidons, des celluloses et des corps gras. Il passe en revue les principes des diverses industries de fermentation afférentes à ces matières (fermentation du lait, fermentation du pain, fermentation des vins, maladies des vins, vieillissement des vins, fermentation et maladies des boissons fermentées, étude de la crème et du beurre, etc.), et aborde le problème de la formation de la houille. Il fait suite au volume sur la fermentation alcoolique des sucres et précède celui qui sera consacré à l’étude des fermentations des matières albuminoïdes.
- L'Année technique du Répertoire Général 1900-1901, par À. da Cr.xif.4, préface de Max de Xaxsouiy, à la Librairie de Publications officielles, 8, Chaussée-d'Antin, Paris. 1 vol. in-8°jésus. Prix: 5fr,50. ,
- Cet ouvrage illustré de près de 100 gravures nouvelles, s’adresse aussi bien aux techniciens qu’aux personnes moins verséi s dans les questions de construction et de science. I n chapitre tsl consacré à l’étude des perfectionnements modernes apportés à l’industrie des chemins de fer, à la traction électrique et aux grandes gares récemment construites dans Paris, l'n autre a trait à l’armement en général et spécialement à l’armement de la marine de guerre ; nous y lisons la description des puissantes pièces d’artillerie installées récemment à bord de nos cuirassés, des torpilleurs et des engins actuellement en usage.
- Annales de l’École nationale d’agriculture de Montpellier. Tome I, fascicule 1, 1er juillet 1901. Fascicule 2, 1er octobre 1901. Montpellier, Coulet et fils, libraires-éditeurs, 1901.
- Le domaine aérien et le régime juridique des aérostats, par Paul Fauciiille. directeur de la. « Revue générale de droit international public ». 1 brochure in-8°. Paris, A. Pedone, éditeur. 1901.
- Les moteurs à alcool, par Lucien Périsse, arbitre-rapporteur près le Tribunal de Commerce delà Seine. 1 brochure in-8°. Extrait des Mémoires de la Société des ingénieurs civils de France. Paris, Vve Ch. Dunod, éditeur, 1901,
- Le vanillier, par Henri Lecomte, agrégé de l’Université, docteur ès sciences, avec la collaboration de Ch. Chabot, directeur du jardin d’essais de Libreville. 1 vol. in-8°. C. Naud, éditeur. Paris. Prix : 5 francs.
- La tuberculose est curable. Moyens de la reconnaître cl de la guérir. Instructions pratiques à l'usage des familles, par le I)r Elisée Ribaro, Préface du Dr Maurice Letulle. 1 vol. în-lti. C. Naud éditeur, Paris. 1900.
- La psychologie du rêve au point de vue médical, par N. Yas-chide et II. Piéron, chefs des travaux au laboratoire de psychologie expérimentale des Hautes-Etudes. 1 vol. in-18. Librairie J.-IL Baillière et fils. Paris, 1901. Prix : lfr,50.
- Recueil de problèmes d’électricité, par A. Raudot, ingénieur.
- 1 vol. in-8°. A. Manceaux, éditeur. Bruxelles, 1901.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Enduit pour le chevreau ou le marocain. — On recommande de faire digérer 2 parties de Jaque en écailles, autant de benjoin, puis 5 parties de cire jaune et enfin 7 d'un Uniment au savon dans 000 parties d’alcool: on attend que la solution soit complète, et on laisse reposer durant 12 heures dans un endroit frais. On filtre finalement. Pour appliquer sur le cuir, on prend un chiffon ou mieux une éponge douce, et l’on étend en couche mince et uniforme autant que possible sans frotter. Bien entendu, si l’on se trouve en présence d’un cuir sale, il faut commencer par laver avec un peu de savon mou dans de l’eau tiède, et laisser complètement sécher avant que d’appliquer l’enduit.
- Potion effervescente de sulfate de quinine. — On sait le goût horrible vraiment du sulfate de quinine, et pourtant il y a
- souvent intérêt à le donner dans un liquide plutôt qu’en cachet, parce que ainsi il Se dissout immédiatement et agit tout de suite. Voici la formule d’une solution ou potion effervescente que Scien-tific American conseille d’employer pour masquer le goût du médicament. On prend 4gr,36 de sulfate de quinine et l’on y ajoute 10gr,00 d’acide citrique, puis 2*r,18 seulement de sirop d’écorce d’orange et l’on additionne le tout d’assez d’eau pour faire un poids total de 21er,80. La composition est prête qui doit cacher l’amertume caractéristique de la quinine; il ne faut pas oublier qu’une goutte de la mixture contient sensiblement 6 1/2 centigrammes de quinine. Sur cette base, on prend, du liquide, la quantité correspondant au médicament qu’on désire faire absorber au malade ; puis on fait dissoudre, dans quelque 80 ou 100 grammes d’eau, environ 20 centigrammes de bicarbonate de soude pour chaque 0 1 /2 centigrammes de quinine : et quand on ajoute cette dernière préparation à la potion de quinine, cela sans perte de temps, on a une potion effervescente qui s’avale aisément.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49*,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DD CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 28 octobre. . . <>M Calme. Brouillard. 0,0 Couvert de 0 à 8 h. ; beau le reste du temps; gelée bl.
- Mardi 2? 0U,0 Calme. Brouillard. 0,0 Couv. de 6 à 10 h. ; beau le reste du temps.
- Mercredi 50 2°,9 N. N. E. 2. Beau. 0,0 Beau jusqu’à 11 h. ; nuag. ensuite ; couv. de 21 h. à 24 h.
- halo : gelée bl.
- Jeudi 31 10\1 E. N. E. 4. Couvert. 0,0 Couv. jusqu'à 9 h. ; nuag. ensuite. Beau de 18 à 24 h.
- Vendredi 1" novembre 5”,8 E. 2. Beau. 0,0 Nuag. de 7‘à 12 h. ; beau le reste du temps; gelée bl.
- Samedi 2 — 0n,5 N. N. E. 2. Beau. 0,0 Beau.
- Dimanche 5 3 N. N. E. 2. Beau. 0,0 Beau.
- OCTOBRE-NOVEMBRE 1901. - SEMAINE DE LUNDI 28 OCTOBRE AU DIMANCHE 5 NOVEMBRE.
- Lundi I Mardi I Mercredi I Jeudi I Vendredi I Samedi | Dimanche (
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- V
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Pluie de poissons et de grenouilles. — Nous avons déjà signalé à plusieurs reprises les pluies de ce genre. Le journal « Monthly Weather Review », du Bureau du temps des Etats-Unis mentionne qu'un observateur, à Tillers Ferry (Caroline du Sud), a signalé en juin que, pendant une forte tluie, il tomba des centaines de petits poissons (perches, truites, etc.) que 'on trouva ensuite nageant dans les flaques d’eau entre les rangs de cotonniers. « C’est un fait bien connu, ajoute la revue, que, durant ces sortes de pluie, des matières étrangères, brandies, pierres, grenouilles, poissons, ou mêmes débris de maisons détruites, de moissons emportées, tombent non seulement en Amérique, mais aussi en Europe et partout ailleurs. Il est très rare qu’on puisse remonter jusqu’à leur point de départ : mais on ne peut
- raisonnablement douter qu’elles n’aient été enlevées de terre par des coups de vent violents comme les orages et les tourbillons. »
- ir Tremblement de terre en Italie. — Plusieurs secousses de tremblements de terre ont été ressenties le 31 octobre dans le nord de l’Italie ; la plus forte a été constatée à Salo (lac de Garde). Elle était accompagnée d’un bourdonnement semblable à un coup de vent. Il y a eu quatre secousses. Deux personnes ont été légèrement blessées. A Cacavero, il y a eu un mort et plusieurs blessés. A Milan, il y a eu une secousse, mais aucun accident.
- Tempête sur la Manche. — Une violente tempête a sévi le 31 octobre sur la Manche ; le service des paquebots de Calais a dû être suspendu. Cette tempête a causé de nombreuses avaries à Cherbourg ; plusieurs navires se sont échoués.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 5 à 7 h. 31 m. du matin.
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- M.. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —JJ— La réunion des naturalistes du Muséum aura lieu pour la première lois de cette année, le 26 novembre à 4 heures, dans la salle des cours de la galerie de Zoologie, sous la présidence de M. Edmond Perrier.
- —®— Le concours d’aviateurs a commencé au Parc des Princes, le 14 novembre. On a fait fonctionner des appareils à hélices, des hélicoptères, des oiseaux mécaniques, des planeurs. Dans une autre catégorie on a placé les cerfs-volants envoyés en grand nombre. M. Teisscrenc de Bort a envoyé les cerfs-volants dont il se sert à Trappes pour élever des instruments de météorologie. Les cerfs-volants qui auront été primés au concours procéderont, à l’observatoire de Trappes, à des expériences scientifiques. M. Teisserenc de Bort offre une médaille d’or de 100 francs à l’inventeur du cerf-volant ui se sera le mieux comporté dans les essais de Trappes. Nous revien-rons, s’il y a lieu, sur le concours des aviateurs.
- —®— Toujours la locomotion aérienne. M. Campos-Salles, président de la République du Brésil, a ordonné de frapper une médaille unique, en or. Cette médaille sera offerte à M. Santos-Dumont en récompense de ses travaux aéronautiques et en souvenir de l’ascension du 19 octobre.
- —®—• D’autre part, on annonce un nouveau concurrent aux prix de l’année prochaine de l’Aéro-Club. C’est encore un Brésilien qui se prépare à décrocher la timbale, M. Augusto Severo, député au Parle-, ment du Brésil. Il compte bien gagner aussi le prix de 125000 francs u a l'instar de )I. Deutsch, le gouvernement Brésilien a institué emiôrement. M. Severo se propose de partir dç Lisbonne et de traverser le golfe de Gascogne. L’aéronef Severo a déjà été se promener au-dessus de la baie de Rio-Janeiro. Le ballon, baptisé du nom de Paz, cube 2000 mètres et mesure 50 mètres de long. Il diffère sensiblement, comme forme et. comme aspect, du Sanlos-Dumont. Le ballon ne supporte aucune charpente rigide, et sa nacelle peut recevoir plusieurs personnes. C’est à Yaugirard que M. Severo Ta remisé, et c’est de là qu’il se propose de partir, par jour favorable, pour faire le tour de Paris.
- —®— Cette semaine, à Lyon, l’Association internationale pour la protection de la propriété industrielle a ouvert ses séances et a discuté d'importantes questions. Le Congrès a décidé de se tenir en 1902 à Turin, à l’occasion de l’Exposition des arts décoratifs. L’assem-hlée a nommé président d'honneur M. Tommazo Villa, président effectif l’avocat Bosia, de Turin ; secrétaire l’avocat Fernancio Foa, de Milan.
- —®— Ces jours derniers, pour la première fois, et à titre d’expérience, le train rapide 7 a été remorqué d’Avignon à Marseille par une des nouvelles locomotives construites en Amérique et montées aux ateliers d’Arles. Cette machine portait le numéro 2999 et le convoi remorqué était composé de quatre grandes voitures de première classe, pesant 54 tonnes, et de deux fourgons, soit un poids total de 181 tonnes. Les ingénieurs des mines chargés du contrôle ont fait ces jours-ci, de concert avec le chef de dépôt d’Avignon et plusieurs autres agents principaux du service de la traction, des expériences de vitesse avec ces machines entre Miramas et Arles. Ces vitesses ont atteint et dépassé à certains moments 125 et 150 kilomètres à l'heure, sur cette partie de la voie qui, par son profil, ses lignes droites et ses rampes moyennes, se prête plus que toute autre ù ces intéressantes etimportantes expériences. Les résultats, au point de vue de la régularité de marche et de la stabilité générale des nouvelles machines, ont été des plus satisfaisants.
- —8— On vient d’expérimenter à Anvers une nouvelle balayeuse qui semble présenter de grands avantages sur les appareils du même genre. C’est une machine qui comprend d’abord un tonneau à arroser,
- puis un gros balai-rouleau, enfin une sorte d’élévateur. Dès qu’ôn la met en marche, l’arrosage fonctionne, le balai roule, l’élévateur recueille les immondices ainsi balayées et les jette dans un tombereau attaché derrière. Cette machine, qui est de fabrication allemande, fonctionne déjà avec grand succès à Cologne et à Elberfeld.
- —®— Pour célébrer le jubilé scientifique du professeur Lanne-longue, un comité s’est formé’sous la présidence de M. Fallières, président du Sénat, et a demandé à l’éminent graveur Chaplain une médaille commémorative. Au revers d’un buste en profil du célèbre chirurgien revêtu de sa robe professorale, Chaplain a représenté un père et une mère groupés, celle-ci serrant son fils dans ses bras, tous deux anxieux et attendant dans l’angoisse le mot d’espoir et le geste de salut d'une femme, la Chirurgie, penchée sur l’enfant et tenant l’instrument de l’opération du trépan. Au-dessus de cette composition est gravée cette devise nouvelle de la chirurgie : Mentis manusque par opus. La dédicace de l’avers est la suivante : « Au professeur O.-M. Lannelongue, membre de l’Institut et_de l’Académie de médecine, scs élèves, ses amis ». ;•
- —®— L’Observatoire de Paris a été informé, le 7 novembre dans la matinée, de la découverte d’une petite planète à Heidelberg par les collaborateurs de M. W’olff, qui s’est consacré depuis dix ans à la recherche de ces petits corps célestes par la photographie. Le soir du même jour, le même établissement en découvrait une autre. Cette .petite planète était la vingt-huitième enregistrée depuis le mois de mars 1901. Le groupe est loin d’être épuisé; les découvertes se succèdent avec une vitesse d’environ quarante par an, et toutes presque sans exception sont faites dans le même établissement astronomique, le seul qui s’en occupe d’une façon régulière. L’observatoire de Berlin a pris l’engagement de calculer les orbites de tous ces astres.
- —-®— Le lieutenant américain' Peary, qui était parti à la conquête du pôle nord au commencement de 1900 et dont on n’avait plus eu de nouvelle depuis cette époque, a été retrouvé par sa femme qui était allée à sa recherche. Les deux époux se sont rencontrés âu cap Sabine le 6 mai dernier, d’où ils sont revenus à Sydney, cap Breton. Le vaillant explorateur, après avoir passé l’hiver de 19Ô0 au fort Conger, s’était avancé vers le nord, mais n’avait pu dépasser la baie de l’Indépendance. Il va hiverner dans ces parages et, au printemps prochain, il se remettra de nouveau en route. On ne saurait trop rendre hommage à une aussi héroïque obstination.
- —8— Le Ministère des Postes et Télégraphes d’Italie a inauguré au commencement de ce mois la grande ligne téléphonique qui doit relier Milan et Turin avec Paris et Lyon et dont les essais définitifs ont été satisfaisants. La ligne passe imr-dessus le mont Cenis, des considérations techniques ayant fait renoncer à emprunter le tunnel du Fréjus. La station centrale a été créée à Voghera, pour faciliter le raccord ultérieur avec Gênes, Rome et Naples. A Milan et Turin, on pourra communiquer de chez soi, ou de la Bourse, ou de l’Office central. Le prix des communications a été fixé à 4 francs de Milan-à Lyon, .et de 5 francs de Turin à Lyon et Paris, pour une durée de trois, minutés.
- —®— Le torpilleur, neuf Typhon, venant du Havre, où il a été construit, est arrivé le 9 novembre 1901 à Cherbourg, à ih 5m ; il était parti du Havre à 10h 5üm ; il a accompli ce parcours, qui est de 72 milles, en 2h 15m, ce qui donne une vitesse de 52 nœuds, soit un peu plus de 59 kilomètres à l’heure. La plus rapide traversée avait été faite tout récemment, comme nous l’avons annoncé dans les Informations du n" 1484 du 2 novembre 1901, par le torpilleur de haute mer Bourrasque, qui avait effectué le trajet en 2h 50m.
- —®— Deux légères secousses de tremblement de terre ont, été ressenties le 7 novembre dans la région du lac de Garde, non loin de Brescia.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — M. J. A. Welsch, capitaine-commandant des sapeurs-pompiers de Gand, nous envoie deux brochures qu’il vient de publier et qui ont pour titre, l’une : Les appareils anti-fumée, et l’autre : Les mesures préventives contre le feu.
- M. Georges Verhas, à Bruxelles, nous écrit la lettre suivante : « J’ai pu récemment voir le rayon vert, et je m’empresse de vous communiquer mon observation. Je me promenais le 20 octobre dernier sur la plage de Knocke-sur-Mer (Belgique) en compagnie du Dr Lamoral, de sa dame et de M. Steens, ingénieur (je cite à dessein le nom de mes compagnons, qui ont observé le phénomène aussi bien que moi). Le coucher du soleil était admirable; la mer paraissait verte, avec les parties foncées violettes; au-dessus du soleil, de légers nuages jaunes orangés. L’air était très pur; à peine un léger brouillard estompait-il l’horizon vers le Nord-Est. Contrairement à ce qui se passe d’habitude, le disque solaire, au moment de disparaître, n’était pas rouge, mais jaune blanc éblouissant ; et la dernière portion de l’astre, qui semblait plonger dans la mer, nous est apparue brusquement vert émeraude intense, pendant une seconde et demie environ pour s’atténuer très rapidement et puis disparaître : le soleil était couché. Il était 4h 50*. Connaissez-vous une explication scientifique du phénomène? Il ne s’agit évidemment pas de couleurs complémentaires, puisque le soleil n’était pas rouge. » L’explication de ce phénomène a été donnée très souvent ; au coucher du soleil, il n’y a plus d’apparents que les rayons rouges et verts, lorsque les premiers manquent, les rayons verts restent seuls visibles.
- M. A. Arniel, à Paulhan (Hérault), nous a adressé une notice descriptive d’un aiguillage à bascule qu’il vient d’inventer.
- M. Dœthe, directeur de l’Ecole royale d’horticulture et de viticulture de Geisenheim, au sujet de notre chronique sur le vin artificiel parue dans Ien° 1481 du 12 octobre 1901, p. 519, nous écrit la lettre suivante : « Notre station physiologique pour les plantes a évité de donner toute preuve dans cette affaire, et la station œnochimique a combattu énergiquement les vins de Malton. Il y a donc eu erreur dans la citation qui a été faite. »
- M. le IY Regarni, professeur agrégé à la Faculté de médecine, à Lyon, à propos de la communication de M. E. Prébost, à Lyon, au sujet d’un transformateur à usages médicaux (Boîte aux Lettres du n° 1482 du 19 octobre 1901), nous écrit qu’il existe, depuis le mois de mars 1901, un appareil analogue répondant aux mêmes usages, construit par M. S. Maury, mécanicien-électricien à Lyon. Le transformateur Maury est spécialement construit dans le but de transformer les courants alternatifs à tension de 100 à 120 volts des stations (courant de la Compagnie de Jonage par exemple), en des courants de 4 à 10 volts nécessaires et suffisants pour la galvanocaustique thermique et l’endoscopie.
- Renseignements. — L’abonné 0000, ingénieur à Paris. — Nous avons tenu compte de quelques-unes de vos observations, mais elles ne sont pas toutes entièrement justifiées. En particulier pour ce qui concerne l’article sur les derniers progrès de la fabrication de l’acier, nous avons communiqué votre lettre à l’auteur, et il nous répond que tous les renseignements donnés sont exacts. On a essayé d’abord les aciers au manganèse à des teneurs très faibles et l’on a constaté que si l’addition de manganèse I présente un avantage jusqu’à une teneur de 2 pour 100, l’acier |
- devient difficilement utilisable à une teneur supérieure. Mais, à cette époque, on n’avait poussé les essais que jusqu’à la teneur de 7 pour 100. Surv ient Hadfield, qui a l’idée de dépasser cette proportion et qui trouve alors une série nouvelle d’aciers au manganèse, série la plus curieuse et qui s’étend de 7 à 21 pour 100 ; autrement dit, Hadfield, en explorant un champ inconnu jusqu’alors, arrive à cette conclusion : 1° La proportion de manganèse étant comprise entre 0 et 2 pour 100, on a des aciers intéressants, 2° Cette proportion variant de 2 à 7 pour 100, limite des premières recherches, on a des aciers d’un emploi très difficile, 5° La série de 7 à 21 pour 100, étudiée par Hadfield, donne de nouveau des résultats intéressants et d’ailleurs inattendus.
- M. A. Athanassiadi, à Metelino. — 1° Le plâtre à modeler est un plâtre très fin que l’on trouve spécialement dans le commerce ; nous vous indiquerons la fabrique de MM. Lagogué et fils, MM. Morel et fils, et la manufacture de M. Paul Matringhen, à Montreuil-sous-Bois (Seine). — 2° Il existe un grand nombre de modèles divers pour modelages chez MM. Digeon et fils, 15, rue du Terrage, M. P. Regnard, 55, rue Bayen, à Paris.
- M. F. Brandon, à Fraisse. — Nous n’avons pas sur ces appareils d’autres renseignements que ceux que nous avons publiés.
- M. Yletsac, à Nice. — 1° Adressez-vous à M. Bourguet, constructeur, 19, rue des Envierges, à Paris; vous trouverez, des poulies de ce genre. — 2° Compteurs de tours : M. A. Darras, 125, boulevard Saint-Michel; M. Klein, 86, rue Saint-Denis, à Paris. — 5° Nous ne connaissons pas le fabricant de ce réchaud. — 4° Réchaud à essence et à pétrole : M. Besnard, 28, rue Geoffroy-Lasnier ; M. E. Paillard, 58, me de l’Orillon, à Paris. — 5° Bec Auer à incandescence pour lampe à pétrole où à alcool, 9, rue du Louvre, à Paris.
- M. Pantel, à Marvejols. — Il faut prendre de la poudre de pyrèthre de bonne qualité.
- M. Thibaudeau, à Pons. — 1° Nous ne pouvons vous indiquer aucune adresse pour vendre ces appareils. — 2° Adressez-vous à MM. Radiguet et Massiot, 16, boulevard des FilIes-du-Calvairer à Paris.
- M. J. Levasseur, à Paris. — Nous avons parlé à de nombreuses reprises de la photographie en cerf-volant, notamment dans le n° 825, du 25 mars 1889, p. 257, et dans le n° 956, du 26 septembre 1891, p. 261.
- M. F. Roger, à Mantes. — Il faut demander ce renseignement au constructeur que nous avons fait connaître en tète de notre Boîte aux Lettres.
- M. J. R. D., à Bordeaux. — Vous pourriez vous procurer un bibassier en vous adressant à MM. Vilmorin-Andrieux,
- 4, quai de la Mégisserie, à Paris; ou à MM. Baltet, à Troyes. M. A. F. B., à Bucarest. — Compteurs à eau : Compagnie
- our la fabrication des compteurs, 16 et 18, boulevard de augirard; Compagnie anonyme continentale, 15 et 15, rue Pétrel le, à Paris.
- M P. Dufour, à Lausanne. — Pour tous les détails concernant ces appareils, adressez-vous à M. William J. Brooks,
- 5, Crompton Street, Brunswick square à Londres W. C., comme nous l’avons indiqué en tête de la Boîte aux Lettres du n° 1485 du 26 octobre 1901.
- Un abonné, à Paris. — Nous avons indiqué différents modes de préparation des peaux dans les petits livres des Recettes et procédés utiles, lre, 2e et 5e série à la librairie Masson et Cïe.
- M. Pradel, à Oran. — II faut demander ces renseignements à des émailleurs, M. A. Juin, 157, rue du Faubourg-Poissonnière, MM. Allez frères, 1, rue Saint-Martin, M. Dunois, 25, » me des Amandiers.
- M. J. Goffart, à Tanger. — 1° Remerciements. — 2° Vous pourriez essayer de vous procurer des peintures lumineuses à la Société des peintures françaises, 68, rue de la Chaussée-d’Antin, chez M. A. Bouché, 155, rue de Rennes, à Paris, ou chez MM. Deschamps frères, à Vieux-Jean-d’Heurs, Renesson (Meuse).
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. A. Delong, à Paris. Il est nécessaire de faire faire l’analyse chimique complète du liquide. — M. Leroy, à Nantes. Nous ne croyons pas que ce produit se trouve dans le commerce. — M. Dubreuü, à Lyon. Nous ne pouvons organiser un concours de ce genre. — M. L. R., à I).;. M. G. M., à Paris. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles) lre série, à la librairie Masson et Cie. — JH. Duront, à Lille; M. J, F., à Paris. Cettè recette est donnée dans le même petit livre que ci-dessus, 4e série, à la même librairie. — M. L. D., à Paris. Remerciements pour votre communication.
- Dans ta « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements oui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes lesqueslions1 ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PREMIÈRE LEÇON D AÉROCLETTE.
- Texte et dessins par A. Robida.
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- 1. Le professeur de 1 Aérodrome au départ : « Toujours tout droit devant vous et ne tassez |as votre frein! » — 2. « Attention aux descentes trop rapides! » — 3. Emballement. Procès-verbal pour trop de vitesse. — 4. « Prenez donc votre droite! » — 5. Réparations e» route. Apprenez a vous contenter même dun paratonnerre pour station provisoire. — t>. Attention à ne pas emjorter les cheminées en passant. — 7. Bu sang-froid aux rencontres de bestiaux. — 8. Et surtout ne vous jetez pas dans les aéroteufs!
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Enduit noir pour fourneau. — On mélange 2 parties de graphite, 4 de couperose et 2 de noir d’os dans de l’eau, de manière à former une pâte crémeuse : la couperose est donnée comme ayant cet avantage de faire adhérer le graphite au fer, de manière à former une sorte d’émail couleur de jais. Le graphite vaut du reste beaucoup mieux que le noir de fumée, parce qu’il brûle bien moins rapidement et que, par conséquent, l’enduit tient mieux.
- Nettoyage des grandes vitres. — Pour nettoyer et rendre absolument limpides les grands panneaux de glace des devantures de magasin (et à plus forte raison par conséquent des vitres ordinaires), on conseille d’employer une pâte semi-
- liquide faite de magnésie calcinée dans de la benzine purifiée. On frotte les panneaux avec cette pâte, en employant un tampon de chiffons de coton, et ce jusqu’à ce que le verre ^oit bien brillant.
- Boisson d'oranges. — Prendre 5k,,6 de sucre, puis le faire dissoudre à une douce chaleur dans 13 litres environ d’eau ; on exprime ensuite le jus de 15 oranges, et l’on ajoute et ce jus et les peaux mêmes au sirop préparé d’abord. On enferme toute la mixture dans un tonneau qu’on place dans une pièce chaude; on laisse ainsi trois ou quatre jours, en agitant fréquemment. On peut alors mettre la bonde du tonneau, tenir au frais dans une cave, puis soutirer le liquide éclairci. Pour compléter la boisson, les formulaires américains recommandent d’y ajouter de l’acide phosphorique dilué, dans la proportion de 129 gr. pour 4 litres et demi de la boisson.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT Dü CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 4 nover.i’.ra . — 2°,5 N. 2. Beau. 0,0 Pas trace de nuage ; brumeux.
- Mardi 5 - 1“,5 N. E. 1. Beau. 0,0 Pas trace de nuage ; brumeux.
- Mercredi 6 - 5°,7 N. E. 1. Beau. 0,0 Beau jusqu’à 25 h. ; couv. ensuite; brouillard jusqu’à 7 h. et dans la soirée.
- Jeudi 7 . — 2“,7 N. 1. Couvert. 0,0 Couvert; brouillard toute la journée, de 50 à 200 m.
- Vendredi 8 - 1°,6 N. W. 2. Couvert. 0,0 Couvert ; brouillard toute la journée, de 200 à 800 m.
- Samedi 9 5°,2 S. 1. Couvert. 0,0 Couvert; brouillard le matin; tr. atm., 2 km. à 16 h.
- Dimanche 10 5°,8 S. S. \Y. 2. Couvert. 0,0 Couvert ; brumeux.
- NOVEMBRE 1901. -- SEMAINE DU LUNDI 4 AU DIMANCHE 10 NOVEMBRE.
- Lundi I Mardi | Mercredi I Jeudi I Vendredi | Samedi | Dimanche |
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de ’a mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé «les observations météorologiques faites au Parc Saint-Maur en octobre 1901
- par M. E. Re.nou.
- Moyenne barométrique à midi 756"“,97. Minimum 739”“,98 le 4, à 1 heures du soir. Maximum 768“”,53 le 27, à 10 heures.
- Moyennes thermométriques : des minima 6°,44; des maxima 14°,92; du mois 10°,68 ; vraie des 24 heures 9°,95. Minimum — 1°,2 le 29 à 5 h. 20 du matin. Maximum 23°,7 le 1*' à 1 h. 40 du soir. Moyenne des minima au ras du sol 4°,04: minimum — 2°,1 le 30. H y a eu 2 jours de gelée et 5 jours de gelée blanche.
- Tension de la vapeur ; moyenne 7“”,82. Minimum 2"”,8.le 51 à 5 heures du soir. Maximum 15””,2 le 2 à 1 heure du soir.
- Humidité relative moyenne 85. Minimum 50 le 31 à 4-5 heures du soir. Maximum 100 en 18 jours.
- Nébulosité moyenne 51. Pluie 36“”,8 en 56 heures, réparties en 13 jours ; un seul jour de pluie notable 17““,4 en 15 heures le 25, plus 3 jours de gouttes.
- Il y a eu 9 jours de brouillard ; le 28 il a atteint 80 mètres à 7 heures du matin, et 60 mètres le 25 a 7 heures du matin ; 5 jours de transparence de l’air de 1500 à 5000 mètres. On a vu la lumière zodiacale pendant 4 jours.
- Les vents dominants ont soufflé du N.-E. (9 fois), puis ceux du N. et du S. au S.-W.
- Température moyenne de la Marne : le matin 12°,63 ; l’après-midi 12°,80; du mois 12°,72. Elle a varié de 9°,42 le 50 à 17°,15 le 2. Claire les 9 premiers jours, ensuite légèrement trouble, avec une petite crue qui a atteint son maximum le 16.
- Relativement aux moyennes normales le mois d’octobre 1901 présente les résultats suivants : Baromètre plus haut de 0““,03. Thermomètre plus haut de 0°,26. Tension de la vapeur plus forte de 0°,03. Humidité relative plus faible de 0,4. Nébulosité plus faible de 8. Pluie plus faible de 2à°,8.
- Dernières hirondelles le 25,
- Floraisons : le 3, aster multiflore ; le 9, topinambour.
- PHASES DE LA LUNE : Néant.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- AVIS VE K/ADUliVISTRATIOM. — L’échéance du 30 novembre étant la plus chargée de l’année, nous prions instamment UM. les abonnés dont l’abonnement se termine avec le numéro du 50 novembre (n° 1488) de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montaat de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée dès les premiers jours de juin aux abonnés qui, préférant ce mode de. recouvrement, n’auront pas avant le 3 décembre •renouvelé ou donné ordre' contraire. — Tout abonné à La Natürë peut, en renouvelant son abonnement'pour une année entière, recevoir les Tables décennales (i volumes, 1873 à 1882 — 1883 à 1892), au prix de 12 francs au lieu de 20 francs.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction et à la « Boite aux lettres » doivent être adressées à la Direction de « LA NATURE », 420, Boulevard Saint-Germain, à Paris.
- INFORMATIONS
- —®— L'Exposition de l’alcool, installée au Grand Palais des Champs-Elysées, a ouvert ses portes samedi dernier 16 novembre. Elle a été "visitée par le Président de la République. Moteurs pour l'industrie, moteurs pour voitures, lampes pour l’éclairage de grande intensité et de petite puissance, etc. Tout a été bien groupé de façon à montrer au public l’avenir de l’alcool dénaturé. Nous consacrerons, bien entendu, dans lé corps du journal, une étude à l'importante question de l’utilisation de l’alcool.
- —S— L’assemblée des professeurs de la Faculté de médecine a procédé récemment à l’élection d’un doyen en remplacement de M. Brouardel qui, par suite de réélections successives, a occupé ce poste pendant 15 ans et qui n’a pas- sollicité le renouvellement de son mandat. M. le Dr Debove a été élu par 48 voix. Les amis de l'éminent professeur Brouardel ont décidé de lui offrir, en reconnaissance des services qu’il a rendus à la science et à la Faculté de médecine, une plaquette de souvenir. C’est au maître graveur Roty qu’ils ont demandé de la graver. •
- —®— Le Congrès pour l’examen de l’efficacité du tir contre la grêle s’est ouvert à Lyon le 15 novembre. On a groupé un grand nombre de canons que le jury examine successivement. On a tiré déjà plus de 500 coups. L’opinion des étrangers et notamment «les Italiens, d’après les observations déjà faites, est très favorable à l’influence du tir sur la dissolution des nuages.
- —®— Le 11e Congrès des naturalistes et médecins russes se réunira à Saint-Pétersbourg du 2 au 12 janvier 1902. Il comporte les sections suivantes : mathématiques et mécanique, astronomie et géodésie, physique, géographie physique, chimie, géologie et'miné-ralogie, botanique, anatomie et physiologie, zoologie, géographie, médecine et hygiène, agronomie.
- —®— Le gouvernement fédéral vient de publier les résultats du recensement qui avait été opéré le 1er décembre 1900 sur tout le territoire de la Confédération. Il en résulte que la population totale de la Suisse est aujourd’hui de 3 327 207 âmes, soit une augmentation de 393 873 sur le total constaté en 1888 et de 1 million environ sur celui enregistré au milieu du dernier siècle. Cette augmentation de population, qui se chiffre par 15 pour 100, provient en. grande partie de l'immigration qui a crû d’une façon relativement considérable. Les étrangers, qui n’étaient en 1888 qu’au nombre de 229 650, sont aujourd’hui 389000, soit une augmentation de 70 pour 100. La répartition entre les divers idiomes usités en Suisse «st la suivante : 2 510 105 personnes parlent l'allemand; 735 220 le français; 222 247 l'italien; 58 677 le romanche. Les 14000 restants se divisent en anglais, russes, polonais, arméniens, turcs, grecs, bulgares, roumains, etc.
- —8>— Le 27 octobre a eu lieu, à Argenteuil, la réunion d’automue de l’Hélicc-Club de France. Le parcours à effectuer était de 18 500 mètres entre la pointe aval de File Saint-Denis et le pont de Bezons (amont). Dans les différentes catégories le meilleur temps a été fait par Y Abeille, à M. Dalifol, canot de 8 mètres, muni d’un moteur & Abeille » de 6 chevaux. La distance a été couverte en 50m40’.
- —®— L’administration du Post Office a publié récemment son rapport annuel sur le transport de la correspondance officielle pendant l’exercice 1900-1901. Nous y relevons quelques totaux intéressants, qu’on voudrait pouvoir comparer à ceux que doit fournir, également chaque année, l’administration des Postes en France. De l’autre côté du détroit, c’est le service des Finances, ou Inland Revenue, qui a envoyé en franchise le plus volumineux courrier, 594 500 kg. Aucun autre ministère ne peut lutter avec celui-là; le AYar Office, qui vient après, n'a expédié que 169 800 kg de lettres et avis divers. L’Amirauté — Ministère de la marine — en a envoyé pour 114 250 kg, l’Educational Office. 113 000 kg et le Foreign Office — Affaires étrangères — 14 160 kg seulement. Enfin le Secrétariat des colonies n’a expédié en franchise que 14 000 kg de papier officiel. Toute la correspondance officielle transportée par les postes anglaises en 1900-1901 représente un poids global de 2149 tonnes.
- —®— A un moment où l’emploi des gaz pauvres semble devoir se généraliser, il est intéressant de signaler un nouveau gazogène susceptible d’une marche continue avec une régulation remarquable, la surface de grille étant aussi étendue que le nécessite le combustible, indépendamment de la grandeur de la cuve. C’est le gazogène For ter, qui est construit par la Forter-Miller Co, de Pittsburg. Le corps de cet appareil est une caisse en tôle cylindrique portée par 4 colonnes de fonte, et garnie intérieurement de briques réfractaires; en haut se trouve la trémie de chargement ordinaire dans une plaque en fonte Le foyer est un tronc de cône en tôle se raccordant inférieurement avec le cylindre dont nous avons parlé, et plongeant dans une cuve à eau ; au milieu de sa hauteur et sur son pourtour sont des grilles inclinées, qu’entoure extérieurement un conduit circulaire étanche permettant de forcer l'air.
- —®— On a dressé, en Angleterre, le relevé officiel et complet de tous les gens vivant plus d’un siècle, dans les divers pays d’Europe. L’Allemagne compte 718 centenaires ; la Serbie, 575 ; l’Espagne, 401 ; la France, 215. Ensuite viennent, dans l’ordre, l’Angleterre avec 146, la Norvège avec 23, la Suède avec 10 et la Belgique avec 5. Le plus vieux centenaire du monde est un nommé Bruno Cotrim, vivant actuellement à Itio-de-Janeiro et âgé de 150 ans. La douaiT rière lady Carew vient de mourir à Londres à lage de 103 ans. Elle était née en 1798 et le cycle de son existence s’est étendu sur trois siècles successifs.
- —®— L’Université de Chicago a offert un emplacement pour l’école qu’on projette de fonder à l’intention des jeunes Français qui voudront étudier le mouvement industriel et commercial à l'Etranger. La Commission, chargée detudier l’organisation de . cette école de perfectionnement pour les jeunes ingénieurs et industriels-s’est réunie récemment sous la présidence de M. Millerand, ministre du commerce. Elle a émis à Funanimité un vote favorable au principe de la création d’une école de ce genre et a résolu que le premier groupement serait établi aux Etats-Unis pour l’étude.dé. deux spécialités industrielles :1a construction métallique et les applications de l’électricité. ,
- —®— Le New-York Central vient de mettre en service, sur la voie des Adirondacks, trois énormes locomotives du poids, de 165000 livres. Elles sont destinées à améliorer, entre New-York et Montréal, le service qui était réellement plus qu’encombré. Ces locomotives seraient les plus puissantes de toutes celles construites jusqu’à ce jour.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — M. E. Bucretel, ingénieur-constructeur à Paris, nous adresse deux brochures qu'il vient de publier et qui ont pour titres : Guide pratique de télégraphie hertzienne sans fil aux grandes distances et La télégraphie hertzienne sans fil. Les appareils Popofif-Ducretet assurent ' les communications sans fils à plus de 120 kilomètres. Ils fonctionnent régulièrement par tous les temps.
- il. P. Diamandi, à Genève, nous envoie un calendrier qu’il a combiné et qui permet de trouver à quel jour de la semaine correspond une date quelconque comprise entre le 1er janvier 1700 et le 51 décembre 1992.
- M. Haratsch, à La Rochelle, nous a fait parvenir , une photographie d’un grand cèdre du Liban qui existe dans cette ville. Cet arbre se trouve dans une propriété et ombrage la rue ; les voitures passent à peine dessous.
- M. P. Tavernier, à Bordeaux, nous signale un cas particulier de longévité. Il nous écrit qu’il vient de mourir à Bordeaux à l’âge de 107 ans et un mois une personne qui a passé sa vie à soulager les malheureux. Elle était fondatrice d’un important orphelinat dont elle s’est activement occupée jusqu’à l'âge de 104 ans.
- M. L. Morel Fredel, président de la section du Mont-Blanc du Club Alpin français, à Bonneville (Haute-Savoie), à propos de la note relative .aux accidents alpestres (Informations du n° 1485 du 9 novembre 1901), nous écrit : «La note que vous avez reproduite relativement aux accidents alpestres laisserait croire que Chamonix est en Suisse et que c’est dans ses environs que ces accidents sont presque tous survenus. Permettez-moi.en ma qualité de président de la section du Mont-Blanc du Club Alpin français, de vous adresser une rectification : — Grâce à la prudence des guides de Chamonix, les accidents ont été en 1901 très rares, non seulement au Mont-Blanc, mais encore dans tout son massif, qui est situé en France, département de la Haute-Savoie (que ce soit bien entendu pour les géographes) : à ma connaissance, il n’y en a eu que deux mortels. On croit encore généralement beaucoup trop non seulement à l’étranger, mais encore chez nous, Français, que le Mont-Blanc n’est pas en France. Sur ce point, notre patriotisme local est très chatouilleux. » Il y a dix ans, peut-être, faisait-on encore la méprise.signalée par M. Fredel. Mais, aujourd’hui, qui ne sait que Chamonix est en France ?
- M. L. Thiry, à Tomblaine, près de Nancy, à propos de notre article « Au pays des Mozabites » (n° 1482 du 19 octobre 1901, p. 351), nous adresse la lettre suivante :
- « J’ai lu avec beaucoup d’intérêt l’article publié sur le Mzab et les Mozabites. Je ne veux qu’attirer l’attention sur la machine à élever l’eau qui y est mentionnée. Celte machine que l’auteur désigne sous le nom berbère de delou est très employée dans la Tunisie, partout où il y a du sang berbère, c’est-à-dire partout où il y a une population sédentaire, attachée à la culture du sol. A Tunis cet appareil prend le nom de Guerba. Ayant habité la Tunisie, j’ai cherché à me rendre compte du moyen le plus économique pour élever de l’eau et j’ai trouvé que c’était précisément cette Guerba qu’employaient lès indigènes; Outre les frais de construction du puits et des bassins qui sont les mêmes pour tout autre système, le prix de revient de cet appareil est de 50 à 40 fr. pour l’outre et de 50 fr. environ pour les cordes. Ces fournitures peuvent durer un an. Dans une ferme où j’ai étudié cette question, le puits avait 40 m. de profondeur et les données de rendement ont été les suivantes : coût de l’appareil, 100 fr. environ; coût d’une journée de 40 h., 4 fr. pour le
- I mulet et 2 fr. pour l’homme; temps de la durée d’un voyage (montée, déversement et descente), 2 min. ; capacité de l’outre, 80 lit. Il y avait donc 50 montées par heure ou 300 par jour à 80 lit. = 24000 lit., pour la somme de G fr., montés à 40 m. de hauteur : l’amortissement est presque nul. Aucune autre machine rustique ne saurait fournir un travail semblable dans les mêmes conditions. »
- M. F. Crestin, à Saint-Pétersbourg, nous adresse la lettre suivante : « Je désire vous faire connaître un nouvel exemple surprenant de l’intelligence d’un chien, rapporté par le journal russe Nowosti dans son numéro 295 du 8 novembre. Voici la traduction textuelle de la dépêche téléphonique du correspondant de ce journal à Moscou, concernant ce fait extraordinaire. « Un marchand d’animaux, M. Knach, avait vendu à un cer-« tain M. Ouschakoff un jeune chien de la race des Saint-« Bernard. Mais ce chien ne voulut d’aucune façon rester chez « son nouveau maître ; il s’enfuit chez l’ancien et renouvela « cette fugue systématiquement autant de fois que M. Knach « le ramena à son acheteur, si bien, qu’il fallut rompre le « marché, rendre l’argent et garder l’animal entêté. Un jour,. « après s’être couché comme à l’ordinaire, M. Knach se réveilla « au milieu de la nuit, la tête lourde et sous les efforts que « faisait son Saint-Bernard pour le tirer du lit après lui avoir « égratigné toute la peau du dos avec ses pattes et mis dans un « piteux état l’oreiller, les draps et la couverture. A cette vue, « la première pensée de M. Knach fut que son chien était « devenu enragé ; mais ensuite, sentant dans la chambre une « forte odeur de gaz asphyxiant il comprit alors que le chien « ayant senti le danger, avait fait tous ses efforts pour sauver « son maître, que la mort commençait à engourdir pendant « son sommeil. ))
- Renseignements. — M. A. Pictet, à Genève. — Pour avoir ces renseignements, il faut vous adresser directement à M. Le-verrier, professeur au Conservatoire des Arts et Métiers, à Paris.
- M. H. Debenesse, au château de Sonnenberg, à Carspach (Haute-Alsace). — 1° Pour ce qui concerne les poêles à pétrole, dont nous avons donné la description dans le n° 1453, du 30 mars 1901, p. 273, il faut vous adresser à la Société anonyme de chauffage et d’éclairage Sépulchre, à Herstal-lès-Liège, en Belgique. Le dépositaire à Paris est M. Félix Minette,. 147, avenue Malakoff. — 2° .Nous ne répondons que dans la Boîte-aux-Lettres et après envoi de la bande d'abonnement de l’année.
- M. P. B., à Caen. — Vous trouverez un ouvrage sur le dégraissage dans la collection des Manuel Jlorct, à ht librairie Mulot, 12, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. de Montiel, à Saint-Cloud. — Il faudrait vous adresser à la Société la Carbonique Française, 20, rue Tiphaine, ou à la Société des établissements Meringer et Marchand, 101, nie du Faubourg-Saint-Denis, à Paris.
- M. Durart, à Lyon. — Pour tout ce qui concerne la « Revue générale de Chimie pure et appliquée », adressez-vous à M. George F. Jaubert, directeur, 155, boulevard Malesherbes, à Paris.
- M. Depaulis, à Chàtillon. —, 1° On prépare l’oxygène industriellement par le protochlorure de cuivre que l’on transforme à l’air en oxychlorure, et que l’on ramène sous l’action de la chaleur à l’état de protochlorure, en le forçant à céder de l’oxygène. — 2° On peut se procurer de l’oxygène pur à la Société l’Electrolyse, 31, rué des Abondances, à Boulogne-sur-Seine (Seine), ou à la Société de l’Oxygène, 12, rue Laffitte, à Paris.
- M. Elner, à Saint-Maixent. — 1° Nous pouvons vous indiquer le livre Aérostation, de la collection de l'Encyclopédie Roret, à la librairie L. Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris. — 2° Vous pourriez vous adresser à M. Louis Godard, 57, rue Boursault, ou à M. Surcouf, 2, avenue de la Bourdonnais, à Paris.
- M. le Dc L. Lucas, à Concarneau. — Renseignez-vous auprès des horticulteurs dont nous avons donné les adresses dans la Boîte-aux-Lettres du n° 148G, du 10 novembre 1901.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. F. Gavidiu, à Bilbao. Nous avons le regret de ne pouvoir vous flonner satisfaction: nous ne nous occupons pas de ces questions. — M. Lerunt, à Paris. Il faut soumettre ces observations à une agence de brevets. — M. Durand, à Brest. Il est nécessaire de taire l’expérience pour trouver le chiffre que vous demandez. — }i. Dupvez, à Bordeaux:
- IM. L. V., à Paris. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 4e série, à la librairie Masson et Cie. — .1/. Dupont, à Sou-lac. Remerciements pour votre communication.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui soûl demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le' hindi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INTENTIONS1
- Entonnoir automatique (( le Stop >. — Tout chacun sait l’attention qu’il faut apporter, pour éviter que le liquide ne déborde, lorsqu’on remplit une bouteille à l’aide d’un entonnoir.
- Beaucoup d’inventeurs ont cherché à remédier à cet inconvénient et ont partiellement réussi. Les uns y sont arrivés en disposant sous l’entonnoir un obturateur, qu’au moyen de leviers on fait jouer avec les doigts lorsque le récipient est plein. D’autres ont placé, autour du tube de l’entonnoir, un bourrelet de caoutchouc, de manière à former une chambre d’air comprimé, s’opposant à la descente du liquide. Ce système a, sur le précédent, l’avantage de faciliter l’écoulement, mais il demande un joint parfait entre l’entonnoir et la bouteille; joint qu’il est difficile d’obtenir pratiquement, et qui cause souvent des ratés.
- De plus, ce bourrelet, bien que de forme conique, ne peut s’adapter à toutes les ouvertures, et ne permet l’usage de l’entonnoir qu’au remplissage d’un nombre limité de récipients. L’entonnoir « Stop », inventé par l’ingénieur italien Bonafète, nous paraît donner la meilleure solution du problème, en évitant les inconvénients signalés ci-dessus, par l’originale application d’un phénomène physique aussi intéressant que discutable à première vue.
- Notre dessin représente une coupe de cet instrument qui se compose, comme les entonnoirs ordinaires, d’une cuvette hémisphérique et d’un tube cylindrique.
- Le fond de la cuvette porte, fixée en son milieu, une grille
- Ëi.tomioir « Le Slop ».
- ou rondelle assez épaisse percée de trous. Le tube et la grille sont traversés par une tige centrale, portant à son extrémité inférieure un petit cône de caoutchouc, formant obturateur, et se terminant à l’autre extrémité par un anneau.
- Disons tout d’abord que cette tige et son cône n’interviennent en aucune façon dans l’arrêt automatique; ils n’ont d’autre fonction que de servir à transporter l’entonnoir d’un récipient sur un autre, en conservant, sans en perdre une goutte, le liquide resté dans la cuvette. Veut-on se servir du « Stop » ? Il suffira de le poser simplement comme tout entonnoir ordinaire, sur le récipient et de verser le liquide ; celui-ci passe au travers de la grille, retenant les matières étrangères, et la bouteille s’emplit normalement, jusqu’au niveau du bas du tube. C’est à ce moment précis que se produit le phénomène physique dont nous avons parlé. Si nous considérons l’état du liquide à ce moment, nous comprendrons facilement que, s’il continue à descendre dans la cuvette, son niveau s’élèvera différemment dans la bouteille et dans l’intérieur du tube, à condition que l’air contenu dans celui-ci ne puisse trouver à se dégager, et, par suite, arrive à se comprimer. Or, il semble Jogique de croire que cet air va s’échapper par les trous de la grille et au travers du liquide qui la recouvre.
- Eli bien! les choses ne se passent pas ainsi. L’air, malgré sa faible densité, qui lui fait toujours rechercher un dégagement à la surface, trouve au passage, par les trous de la grille, une telle résistance qu’il ne peut la vaincre et doit rester con-
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- finé dans l’espace A, maintenant en équilibre la colonne d’eau de la cuvette. L’écoulement s’arrête alors, quelle que soit la quantité de liquide restée dans l’entonnoir, et celui-ci, une fois retiré, ne laisse dans la bouteille que le vide nécessaire au logement du bouchon. Il résulte de cette intéressante combinaison un certain nombre d’avantages que nous résumerons ainsi : toute perte dans le transvasement des liquides est évitée et l’entonnoir « Stop » peut s’appliquer à tous les récipients quelle que soit leur ouverture. 11 permet de remplir sans surveillance et sans interruption un grand nombre de bouteilles en même temps, en employant plusieurs entonnoirs à la fois. Il offre une grande sécurité dans le remplissage de récipients des liquides inflammables, tels que : pétrole, alcool, essences, etc., en évitant tout débordement. Ces avantages intéressent tous les ménages, en dehors de l’intérêt scientifique que présente l’invention. Et si le Préfet de Police, qui s’intéresse aux jouets, mettait au concours un appareil pratique et peu coûteux pour les usages des familles et des manipulateurs de liquides, l’entonnoir de M. Bopafède aurait des chances de remporter un prix. Yves Guédon.
- Appareil pour la mise en perspective à l’usage des dessinateurs. — Cet appareil, dénommé « diapason du dessin » par l’inventeur, M. M. Picard, permet de lire et d’écrire instantanément d’après nature ou autrement tous genres de dessin. Nous en avons décrit un- premier modèle dans les « Nouvelles scientifiques » du n° 1110 du 20 octobre 1894. Le nouveau modèle se compose de trois réglettes en cuivre articulées et d’un fil à plomb. Ces trois réglettes se déplacent à
- a; v,
- Ajij arei! « Le ou du dcs.-i.i
- volonté et prennent différentes positions suivant les opérations à effectuer ; le fil à plomb permet de retrouver toujours la direction verticale. La figure ci-jointe représente au centre une jeune fille cherchant, à l’aide du diapason, la direction de la ligne noire A. A cet effet, elle tient verticalement la réglette du milieu, ce qui est facile, grâce au fil à plomb et elle élève de la main gauche la réglette du haut doucement, jusqu’à la rencontre parfaite de la ligne pointillée terminée à gauche en A. On peut ainsi avec cet appareil effectuer toute une série d’opérations très utiles : trouver des verticales, viser avec précision, reporter et tracer un ensemble de dessin exact pris sur le modèle, reconnaître et préciser l’horizon. Il est également possible, en suivant certaines instructions, de dessiner tous les objets usuels, de faire l’étude du mouvement des lignes courbes, de faire l’étude des réductions en dessin à vue, etc. — Le « Diapason du dessin » se trouve au siège de la Société, 19, rue Godot-de-Mauroi, à Paris.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Sel de Vichy artificiel. — Bien que rien ne vaille les eaux minérales naturelles, par suite des substances secondaires qu’elles contiennent et que ne peut guère révéler complètement l’analyse chimique, donnons, d’après une publication spéciale, la formule d’un sel de Vichy artificiel. On prend 84G
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- parties de bicarbonate de soude, 58,5 de carbonate de potasse, la même quantité de sulfate de magnésie sec, enfin 77 parties de chlorate de soude. Si l’on veut préparer de la pséudo eau de Vichy, au moyen de ce sel, on en fait dissoudre 1 partie dans 200 d’eau.
- Éponges stérilisées. — 11 est une foule de circonstances (en dehors même des opérations chirurgicales proprement dites), où il est besoin de recourir à dos éponges stérilisées. Voici un moyen recommandé pour les préparer. On les laisse baigner durant 24 heures dans une solution d’acide chlorhydrique à 8 pour 100, pour en éliminer la chaux et les impuretés grossières ; puis on les lave à l’eau pure, et on les met dans une solution faite de 10 grammes de potasse caustique et autant de tanin dans un litre d’eau. Au bout de 5 à 20 minutes, quand elles ont bien absorbé la solution en question, on les en
- débarrasse en les lavant soit dans de l’eau stérilisée, soit dans une solution d’acide phénique ou de sublimé, jusqu’à ce u’elles aient perdu totalement la coloration, que leur avait onnée le traitement au tanin. Pour les conserver ensuite à l’état stérile, on fait bien de les maintenir dans une ^solution d’acide phénique de 2 à 15 pour 100.
- Enduit préservateur des fûts en bois. — La publication allemande N eues te Erfindungen und Erfahrungen, à laquelle nous avons souvent • occasion de faire des emprunts, recommande la recette suivante pour préserver les futailles en bois de la pourriture et des attaques des insectes. Leur donner deux couches de la composition suivante : lard 16 kilos, cire jaune 2, colophane 5, sable vitreux autant, enfin 250 grammes d’arsenic (on peut ajouter un colorant si bon semble). Il est évident que l’enduit s’applique à chaud.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de Franco '
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 11 novembre. 6°,1 S. S. XV. 2. Couvert. 9,0 Presque couvert.
- Mardi 12 4°,4 S. S. W. 5. Couvert. 0,0 Nuag. de 10 à 15 h. ; couv. avant et après.
- Mercredi 13 . 9°,0 S. S. XV. 4. Couvert. 0,6 Couv. ; beau à 24 h, ; pluie de 7 à 20 h.
- Jeudi 14 S".0 S. XV. 4. Nuageux. 6,7 Très nuag. ; uii peu de pluie.
- Vendredi 15 5°,U S. XV. 2. Couvert. 2,0 Couv. jusqu’à 8 h.; nuag. jusqu’à 16 h.; beau ensuite.
- Samedi 16 ! — 0°,5 N. 2. Couvert. 0,0 Très nuag. jusqu’à 13 h. ; beau ensuite.
- Dimanche 17 ! 1 — 4°,9 Calme. Beau. 0,0 Beau ; couv. à 21 h.
- NOVEMBRE 1901. -- SEMAINE DU LUNDI 11 AU DIMANCHE 17 NOVEMBRE.
- Lundi I Mardi ( Mercredi | Jeudi j Vendredi | Samedi | Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10: les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉ0R0L0GIQDE
- lia neige. — La neige est tombée en abondance dans les Vosges et dans le Maçonnais le 16 novembre. Ori a egalement signalé à la même date plusieurs chutes de neige dans le qord 'de la France. Une tempête de neige s’est abattue sur Pékin le 12 novembre.
- Tremblement «le terre en Turquie.— Les 10,11 et 14 novembre 1901, on a ressenti plusieurs secousses de tremblement de terre à Erzeroum eu Turquie. Un grand nombre de maisons se sont écroulées. Beaucoup d'autres, parmi lesquelles plusieurs habitations consulaires, ont été lézardées. 11 y a eu de nombreuses victimes ; les dégâts ont été importants.
- Tempêtes. — lue tempête violente a régné les 12 et 15 novembre sur la Manche, et les bateaux qui font la traversée entre la France et l’Angleterre ont eu une mer très mauvaise. On a signalé de tous côtés des sinistres. Le vent a soufflé avec violence toute la nuit, et on a eu à déplorer plusieurs accidents, de nombreux naufrages et un grand nombre de victimes.
- Le bateau le Nord, parti de Douvres le 13 novembre à 11 heures du soir, heurtait, à la sortie du port, le bateau-phare, qui coulait en quatre minutes;
- son équipage a pu se sauver dans un de ses canots. Le Nord, incapable de se diriger, a dû rester toute la nuit à l’entréë du port, et ce n'est que le lendemain matin à 8 heures que les passagers ont été ramenés à leur port de départ. Deux remorqueurs français sont arrivés à. Douvres pour ramener le Nord en France ; une de ses roues a été complètement brisée. Un autre bateau, le Quillota, a fait naufrage près de Ilendon aux environs de Sun-derland, au nord de l’Angleterre. C’était un vaisseau de Dunkerque chargé de grains. On a retrouvé quatre des marins enterrés dans le sable et c’est avec la plus grande difficulté que l’on a pu les retirer ; l’un d’eux n’a pas tardé à expirer. Le reste de l’équipage, soit 18 hommes, manque, et a été emporté par la mer. démontée.
- A Folkestone, la jetée a été très endommagée, les vagues y ayant creusé des trous énormes. Le désastre le plus important que l’on signale est la perte du canot des douanes l'Active, à Granton (Ecosse). L’équipage se composait de 26 hommes ; 5 seulement ont été sauvés. La tempête a été aussi terrible dans la mer d’Irlande.
- Les mauvais temps ont persisté sur la Manche et sur la Bretagne, et se sont propagés vers la Gascogue et vers le littoral de la Méditerranée.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 11 à 7 h. 43 m. du matin.
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- A® 1488 (30 nooembre t90l), du journal « LA MATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFF ARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- AVIS DE Ii’ADMOilSTRATlOM. — L’échéance du 30 novembre étant la plus chargée de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés dont l’abonnement se termine avec le numéro du 30 novembre (n° 1488) de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée dès les premiers jours de juin aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auroiit pas avant le 5 décembre renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales i 2 volumes, 1873 à 1882 — 1883 à 1892), au prix de 12 francs au lieu de 20 francs.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction et à la « Boîte aux lettres » doivent être adressées à la Direction de « LA NATURE », 120, Boulevard Saint-Germain, à Paris.
- INFORMATIONS
- —®— Le record de la hauteur des viaducs, détenu par le célèbre viaduc de Garabit, va être battu, mais en France. Le Ministre des travaux publics vient, en effet, d’approuver le projet du viaduc de Fades, sur la ligne de Saint-Eloi à Pauniat. Ce viaduc, destiné à franchir la profonde vallée de la Sioule, aura 376 mètres de longueur. Sa hauteur, depuis le fond de la vallée jusqu’au tablier, sera de 132“,,17. La célèbre pyramide de Chephron ne dépassera le tablier que de quelques mètres. Les plus hauts viaducs déjà construits sont celui de Garabit -124 mètres) et celui de Tanus (116 mètres).
- —Au cours des fouilles que l’on a faites sur la place Jussieu, entre les rues Jussieu et Linné, M. Charles Sellier, de la commission du Vieux-Paris, vient de découvrir toute la partie en soubassement de l’angle nord-ouest de la vieille église abbatiale de Saint-Victor et un certain nombre de sarcophages présentant un grand intérêt. C’est dans cette ancienne église de Saint-Victor qu’avait été inhumé le poète Santeuil, auteur des inscriptions latines et des distiques des fontaines d’eau claire construites sous Louis XIV. Les restes retrouvés lors de la démolition de l’église furent transférés à Saint-Nicolas-du-Chardonnet. Quant aux autres sarcophages que vient de découvrir M. Charles Sellier, ils sont d’une époque très antérieure à celle de Santeuil. La découverte de M. Sellier permet de déterminer l’emplacement exact de l’église Saint-Victor et cet emplacement sera marqué par une plaque indicatrice.
- —Encore un dirigeable. Celui du comte Almerico, de Sehio. Ce ballon a la forme d’un cigare. Il est en soie vernie et mesure 35 mètres de longueur. Son diamètre est de 6 mètres seulement. Son volume est de 600 mètres cubes. La nacelle est formée de cylindres creux, en aluminium. Elle comporte trois sièges pour les aéronautes. Le moteur se trouve au milieu et actionne une grande hélice, placée à la proue. On va commencer à Sehio les expériences avec un moteur horizontal provisoire à benzine, qui sera ultérieurement remplacé par un moteur vertical de la puissance de 6 chevaux, presque entièrement en aluminium, et au poids de 150 kilogrammes.
- —®— Lu inventeur a imaginé une disposition originale et pratique, tout en étant fort simple, pour monter les outils dans les manches en bois, ou plus exactement pour que la queue de l’outil n’ait point de tendance à sortir du manche, sans que cependant on ait besoin de recourir à une virole. Le trou percé dans l’intérieur du manche affecte la disposition de trois cylindres successifs se prolongeant, et dont le diamètre est de plus en plus petit; en outre, la longueur du premier, qui est de beaucoup le plus large, est bien inférieure à celle du deuxième, et de même celle du deuxième est bien plus faible que celle du troisième. Les diamètres et les longueurs sont calculés de telle sorte que la queue d’une lime, par exemple, peut pénétrer presque jusqu’au fond de la succession de trous, mais cela e# écrasant partiellement les redans qui^se font entre le premier et le deuxième, puis entre celui-ci et le troi§n»m£a* trou; et le métal de la queue entre dans le bois de façon à y être solidement maintenu.
- —®— On mande de La Porte (Indiana) que sur l’avis du conseil d’hygiène, tous les chats du comté de Sfarke ont été massacrés dans le but d’enrayer l’épidémie de diphtérie qui désole le pays. On avait, en effet, constaté que les chats étaient universellement atteints de cette maladie et on a supposé que c’étaient eux qui la communiquaient aux habitants.
- —®— On connaît les cadres de bois munis d’une vitre, employés dans certaines pêches, et que l’on enfonce un peu à la surface de l’eau pour regarder les fonds sans être incommodé par les rides ni les reflets qui se forment à cette surface. Or, pendant la construction récente d’un brise-lames à Buffalo, on a eu recours à un appareil quelque peu analogue pour suivre la pose des enrochements sous l’eau. Cet instrument, auquel on a donné le nom de télescope à eau, se compose de plusieurs tubes en tôle d’acier, de forme conique, réunis entre eux par des joints étanches, et constituant ensemble un cône fort allongé. La petite extrémité demeure toujours hors de l’eau, et c’est par là que l’on regarde ; l’autre bout est fermé par une glace bien transparente. Cet instrument a rendu de grands services pour suivre les travaux à quelques mètres de profondeur, alors que d’ordinaire en la matière on procède à l’aveuglette.
- —®— En effectuant des fouilles dans les terres de l’Asie Mineure, on a mis à découvert près de Konia un magnifique sarcophage, que quelques-uns disent être le tombeau d’Antipater. Ce monument, bien qu’ayant séjourné près de vingt siècles sous terre, est bien conservé; on remarque surtout les statues et les bas-reliefs, qui sont d’une grande finesse. Il doit être déposé au Musée Impérial de Londres.
- —®~- On a découvert dans les gisements de pétrole de Beaumont (Texas) la source la plus abondante qui soit connue dans le monde entier. Le nouveau puits a un débit de deux cent mille barils par jour et projette le liquide jusqu a 90 mètres de hauteur. Sa production seule dépasse celle de toutes les sources de pétrole des Etats-Unis en dehors du Texas.
- —®— M. R. Labbé de Montais a imaginé une ingénieuse transmission à vitesse variable, établie entre deux arbres parallèles : la vitesse angulaire de l’arbre conducteur demeure constante, mais on peut faire varier à volonté celle de l'arbre conduit. Cette transmission se compose de deux poulies extensibles sur lesquelles est passée une courroie : en agissant sur une manivelle, on augmente le diamètre d’une des poulies, mais en même temps on diminue d’autant celui de l'autre, ce qui fait que la tension de la courroie reste constante pendant que la vitesse des deux axes varie. Les ravons de chaque poulie sont remplacés par des lames d'acier artieufées qui se relient par en haut à la jante de la poulie et par en bas à aes articulations également, fixées sur des moyeux mobiles. La poulie comporte, du reste, un moyeu fixe qui sert à son entraînement, et qui se relie par des branches obliques et articulées, elles aussi, aux premières lames. Que l'on vienne à écarter les moyeux mobiles, et la poulie diminuera de diamètre tout en continuant d'être entraînée par son moyeu fixe et par son arbre. Notons que la seule tension de la courroie' tendrait normalement à écraser la poulie, aussi cette tendance est-elle combattue par des ressorts à boudin entourant l’arbre de chaque côté et repoussant les moyeux vers le centre. Et c’est pourquoi, dès qu’on modifie par une manivelle convenable lé diamètre aune des poulies, grâce à l’action des ressorts, la courroie, par sa traction, produit automatiquement et au degré voulu la modification de la seconde poulie.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour le pyromètre à air, s’adresser à M. William Bristol, C. 0. American Society of Mechanical Engineers, New-York. — Aviateurs : M. Blin, 187, rue du Temple, à Paris ;M. Lecornu, promenade du Fort, à Caen ; M. Desmouveaux, 13, rue Cavé, à Paris ; M. Villard, 67, rue Boulainvilliers, à Paris.
- Communications. — M. Turquan, à Lyon, nous adresse la lettre suivante : « Dans la Boite-aux-lettres du n° 1486 du 16 novembre 1901, M. Georges Verhas, de Bruxelles, vous a fait une communication au sujet du rayon vert qu’il a observé le 20 octobre dernier sur la plage de Knoke-sur-Mer (Belgique). Le soleil est apparu à M. Verhas et à ses compagnons, en se couchant d’une lumière vert émeraude intense. « Il ne s’agit « pas, ajoute votre correspondant, de couleurs complémentaires, « puisque le soleil n’étaii pas rouge. » Permettez-moi de revenir sur ce sujet qui m’est familier, car j’ai eu souvent, notamment cette année, le plaisir d’observer le rayon vert, j’ajouterai même, aussi souvent sur terre que sur mer, aussi souvent sur des forêts lointaines que sur plaines, que sur montagnes arides aussi souvent au lever du soleil qu’à son coucher. Il y a un mois à peine, je revenais de Fiume (Hongrie), à Venise, par le paquebot, et parti le matin à huit heures de Fiume, le bateau arrivait à Venise, dans l’avant-port (le Lido) juste au moment du coucher du soleil ; j’étais avec ma femme et ma sœur et je leur ai fait observer parfaitement le rayon vert, à l’extrèiqe bord du soleil se couchant derrière les maisons de Venise. Un mois auparavant, j’observais, arrivant en vue de la Corse au moment où se levait le soleil, le rayon vert, premier rayon lancé par l’astre non plus à son lever exact, mais à son apparition derrière les montagnes de la Corse. J’ajoute que j’ai observé, quelques secondes après, très nettement, le rayon rouge, émanant du bord inférieur de l’astre, lorsque le limbe complet du soleil apparut au-dessus de la montagne. J’avais déjà, de ma fenêtre, à Lyon (Croix-Housse), observé plusieurs fois le « rayon rouge » après avoir vu le « rayon vert » sur les Alpes; celui-ci apparaît le premier, au lever du soleil; quant au rayon rouge, il est très visible lorsque le disque aplati du soleil quitte définitivement l’horizon, quel que soit cet horizon, mer, terre, montagne, plaine. Je conclus de ces diverses observations, qu’il s’agit là simplement d’un phénomène de réfraction, et de décomposition de lumière. Seulement il est infiniment plus difficile de saisir le rayon rouge le soir, car il faut connaître exactement le moment où le premier bord du soleil semble toucher l’horizon, tandis que le matin on peut, en cachant la partie supérieure du disque une fois paru, saisir assez facilement le « rayon rouge », que je persiste, quant à moi, à croire le complément pur et simple du « rayon vert » si vanté et si fugitif. Pour être aujourd’hui plus ordinaire et plus facile à expliquer, le « rayon vert » n’en est pas moins un très beau spectacle, il se réduit toutefois à un phénomène de simple réfraction. »
- Renseignements. — M. Ch. Leroy, à Mortagne. — 1° Il n’y a pas d’appareils spéciaux pour le chauffage au bois ; nous vous citerons toutefois le poêle construit par M. IL Faye, à Juvisy (Seine-et-Oise). —2° Nous ne croyons pas que ce concours a eu lieu. — 3° Il n’y a pas eu d’ouvrage semblable.
- M. E. V. Mont, à €. — Votre notice n’est pas explicite ; elle est au contraire très embrouillée, et nous ne pouvons rien y comprendre.
- M. P aul Régnier, à Paris. — Il serait nécessaire de consulter un minéralogiste ; vous pourriez vous adresser à MM. Bérus
- et Cie, 53, rue Monsieur-le-Prince ; à M. Stuer, 4, rue Castel-lane, ou à M. Werlein, 27, rue de l’Estrapade, à Paris.
- M. Enrique Fretin, à Juarez (Buenos-Ayrcs). — Ce moteur ne se trouve plus dans le commerce.
- M. C. R., à L. — Le hérisson ne se nourrit que d’insectes-nuisibles et de petits reptiles.
- il/. Marcillat, à Lyon. — Le groupe électrogène de faible puissance qui a été décrit dans le n° 1461, du 25 mai 1901, p. 416, est construit par M. Chomeau, 33, passage du Havre, Paris.
- M. P. Déyuilhem, à Monbahus. — 11 faut vous adresser directement aux constructeurs, par exemple à M. Blériol, 41, rue de Richelieu; à M. Carpentier, 73, boulevard Soult; à M. Chasles, 7 bis, rue du Louvre; à M. J. Sabatier, 253, rue Saint-Martin, à Paris.
- M. Laurente, à Commercy. — Nous ne connaissons que M. Lagarde, l’inventeur de la pédale-levier que nous avons décrite dans les Petites Inventions du n° 1483 du 26 octobre 1901 ; son adresse est 11, quai Bourbon, à Paris.
- M. H. Reynier, à Lyon-Monplaisir. — La résine est soluble dans l’alcool, l’éther et les essences volatiles.
- M. R. Lemoine, à Paris. — 1° Peintures et enduits hydro-fuges : MM. Toussaint et Chevallier, 42, boulevard Ornano, à Saint-Denis (Seine), et M. Sergent, 139, rue du Faubourg-Saint-Denis, à Pans. — 2° Peinture-émail : MM. Bonneville et C‘% 50, boulevard Magenta; M. Bourgeois aîné, 18, rue Croix-des-Petits-Champs ; M. Caron, 58, rue du Cherche-Midi, à Paris. Vous pourriez aussi vous adresser à la Société pour une peinture nouvelle à base de goudron, 35, rue Camille-Desmou-lins, à Issy (Seine).
- M. le l)r Gautier, à Paris. — La paraffine est généralement employée comme hydrofuge pour le cuir. In inventeur, M. Neulat, à Asnières (Seine), fabrique un enduit spécial auquel il donne le nom de molli-cuir.
- M. J. Girardot, à Paris. — Vous trouverez une peinture hydrofuge contre l’humidité pour les plâtres chez M. Luce, 24, rue de Campo-Formio, à Paris.
- M. J. Maranne, à X. — Nous avons reçu votre étude qui est très intéressante, mais trop technique.
- M. P. A., à X. (Yonne). — On a souvent observé cette lueur en cassant du sucre dans l’obscurité ; elle est due à un phénomène électrique provenant du choc. De même les parcelles de chocolat, quand on le râpe, sont électrisées par frottement, et restent quelques instants attachées à la feuille de papier.
- M. le Dr A. Fournier, à Paris. — Le pronostic ou sturm-glass des Anglais a été décrit dans le n° 182 du 25 novembre 1876, p. 409. La formule est la suivante : alcool à 80°, 80 grammes ; salpêtre, 6 grammes ; sel ammoniac, 6 grammes ; camphre, 6 grammes ; eau distillée, 200 grammes.
- M. Jehenne , à Bois-Colombes. — Nous n’avons pu retrouver la description de l’outil que vous mentionnez.
- M. Chardin, à Paris. — Nous avons donné la composition d’encre au violet d’aniline pour polycopie dans le petit livre des Recettes et Procédés utiles, lro série, à la librairie Masson et C10.
- R. off. 84, à X. — Vous pouvez consulter avec avantage la bibliothèque d’hygiène thérapeutique, dirigée par M. le professeur Proust et publiée à la librairie Masson et Cie. La collection comprend l’hygiène des asthmatiques, du tuberculeux, du dyspeptique, du neurasthénique, du goutteux, des diabétiques, des albuminuriques, etc.
- M. Gemma, à Constantinople. — On voit quand un mur est humide aux taches de moisissure qui se forment de tous côtés. Mais il n’existe pas de procédé simple pour révéler l’humidité même du mur. On emploie des produits hydrofuges contre l’humidité ; nous en indiquons plus haut dans cette Boîte-aux-Lettres.
- M. Serot, à Nancy. — Nous avons publié quelques renseignements à ce sujet dans noire dernier numéro ; si nous pouvons nous procurer des documents suffisants, nous publierons un article.
- Accusés de réception. — Avis divers. — .V. Dubron, à Nancy. Nous ne connaissons pas d’appareil de ce genre; nous ne croyons pas qu’il en existe. — M. G. Laurent, à Nantes. Votre batterie d’accumulateurs est complètement détériorée; il faut la changer. — M. G. II., à Paris. La poudre de pyrèthre de bonne qualité peut suffire. — M. Léron, à Paris; M. Uumatn, à Lille. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie, à Paris. — M. Dubart, à Paris. Le même petit livre que ci-dessus, 5e série, à la même librairie, donne plusieurs des formules que vous demandez. — M U. G. d'Otivcira. à Cuyaba. Remerciements pour votre communication.
- Dans ta « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à tontes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INVENTIONS1
- «livre-enveloppes. — Cet appareil est destiné à ouvrir les enveloppes très rapidement. Il se compose d’un couteau porté par une lame métallique AB qui est maintenue par un ressort et que l’on peut faire déplacer, en appuyant sur un plateau C, le long du rebord d’une plate-forme. On place une enveloppe sur cette
- Ouvre-enveloppes.
- plate-forme, de façon que la partie à ouvrir affleure le bord. On appuie sur le plateau C. Le couteau s’abaisse et détache une partie de l’enveloppe qu’il coupe; la lettre est ouverte. Cet appareil permet d’aller très vite, et écarte tout danger de couper les lettres, chèques, traites, comme il arrive si souvent avec les couteaux ou coupe-papiers. — L’ouvre-enveloppes se trouve chez MM. Charron, Girardot et Yoigt, 47 venue de la Grande-Armée, Paris
- Interrupteur de sûreté pour automobile. — L’interrupteur construit par M. Guenet et représenté’par les figures
- Fig. 1. — Vue d’ensemble ue Fiutemipteuv.
- ci-dessous, est un appareil de sûreté qui empêche de mettre une automobile en marche si l’on ne possède pas une clé spéciale
- Fig. i. —• L’interrupteur ouvert.
- 1. Partie inférieure. — 2. Partie supérieure. — 3. Clé.
- permettant de fermer le circuit primaire d’un allumage électrique. La figure 1 montre l’appareil fermé : la figure 2 montre
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles. scientifiques est étrangèie aux annonces.
- les détails de l’appareil ouvert et démonté. Les conducteurs C sont reliés à deux lames métalliques à ressort FF isolées entre elles et passant sous la plaque métallique E sans la toucher. Pour fermer le circuit entre ces 2 lames FF, cachées dans la boite d’ébonite LK, on se sert d’une clé A (fig. 2, n° 3) de* forme spéciale. Cette clé présente 2 petits ergots D qui, lorsque elle est en place, passent dans les ouverture de E et vont en dessous presser les deux lames à ressort FF. Cette clé remplace donc la fiche de sûreté, et nulle autre pièce métallique ne peut la remplacer en raison de sa forme. 11 faut, en effet, que la distance entre les ergots D soit la même que celle qui existe entre les deux ouvertures de E ; que la longueur totale de la clé soit bien déterminée et qu’elle présente à son extrémité une ouverture de longueur suffisante pour laisser passer le petit guide métallique autour duquel est enroulé le ressort C. En II sur la couverture K a été placée une plaque de libre qui sert de guide à la clé et permet à l’extrémité de laisser entrer le petit guide C sans tâtonnements.
- Lorsqu’on veut se servir du motocyle ou de l’automobile on introduit la clé A dans l’ouverture de la plaque B qui la laisse juste passer, on appuie un peu sur elle pour presser le ressort et faire entrer le guide C jusqu’au fond du trou percé suivant son axe et on tourne la clé pour appuyer les ergots D sur les lames F à travers les ouvertures E. L’inventeur a tenu à ne pas construire deux clés identiques, de sorte que chacune ne peut être utilisée que pour un seul appareil. Si ces interrupteurs sont destinés à être montés sur un motocyle, ils sont munis d’un collier J qui permet de les attacher au cadre ; pour l’automobile de petites cornières, percées de trous pour le passage des vis, sont fixées à la boîte L. — L’appareil est construit par M. J. Guenet, 5, rue de Montmorency, à Paris.
- Tire-bouchon à levier. — Le bouchage des bouteilles se fait presque partout mécaniquement aujourd’hui. 11 en résulte que l’on éprouve souvent de grandes difficultés à les déboucher ; il est nécessaire d’avoir un tire-bouchon spécial. Celui que nous décrivons mérite une mention particulière. Il est
- Tire-bouchon a levier.
- I. Tire-bouchon sur le bouchon. — II. L'extrémité du levier contre la bouteille. III. Enlèvement du bouchon. — IV. Ensemble de l'appareil.
- formé d’un pas de vis avec clé ordinaire et porte une branche transversale composée elle-même d’un petit levier mobile autour de l’extrémité antérieure.. On place d’abord le lire-bouchon sur le bouchon (I), la tige transversale placée horizontalement. On enfonce ensuite le tire-bouchon à fond, on recourbe la partie antérieure de la tige transversale et on la fait appuyer contre la bouteille (II). Il suffit ensuite de relever la poignée (III) pour retirer le bouchon. L’ensemble du tire-bouchon est représenté dans la figure IV. — Le tire-bouchon à levier se trouve chez M. Mathieu, 131, galerie de Valois, Palais-Royal, à Paris.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Contre les furoncles.
- Quand l’éruption est multiple et se reproduit à distance, quand un furoncle est à peine éteint qu’un autre se développe, on se trouvera bien des badigeonnages suivants conseillés par Unna.
- Ichtyol....................... 0 grammes
- Ether sulfurique. ...... 6 —
- Alcool dilué.........; . . . 10 —
- Il faut lotionner la région furoncnleuse, la bien nettoyer, la
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- raser s’il y a des poils, puis appliquer ce liquide trois à quatre fois par jour sur le furoncle. L’évaporation de l’alcool éthéré laisse à la surface une couche d’ichtyol pur, qui est bien étalée et devient peu à peu très adhérente. On la laisse à demeure, après deux ou trois badigeonnages; puis le second jour, on enlève l’ichtyol au moyen d’un peu d’éther et on fait une nouvelle série de badigeonnages.
- Sous l’influence de ce traitement en très'peu de temps, le furoncle s'affaisse, se dessèche et il ne reste à la place qu’un petit noyau d’induration qui disparaît graduellement.
- I)r X.
- Contre la coqueluche.
- Nombreux sont les médicaments employés contre cette maladie; j’en ai indiqué ici un bien grand nombre; mais ce qui réussit aux uns ne réussit pas aux autres et on ne peut avec certitude conclure d’un cas au similaire, comme résultat thérapeutique. Or, la coqueluche est uné maladie si rebelle qu’il faut accueillir avec attention toutes les tentatives.
- On a essayé un médicament nouveau, la dionine. La dionine est un dérivé de la morphine, moins toxique ; c’est une poudre blanche, cristalline, qui se dissout aisément dans l’eau et la solution reste longtemps limpide, sans s’altérer.
- Chez 52 enfants, atteints de coqueluche, un médecin allemand, Gottschalk, a donné la dionine à doses progressives, pendant trois à quatre semaines, il faut commencer par des doses très faibles, proportionnées à l’àge de l’enfant ; toutes les trois heures une cuillerée à café d’une solution de 10 centigrammes pour 100 (soit quatre à cinq cuillerées au plus par jour).
- Le résultat le plus constant est la diminution de violence de la toux; les accès s'atténuent, sont moins pénibles, puis ils s’espacent ; le nombre des quintes diminue. Ce n’est pas, on peut le dire, un remède spécifique; mais c’est un calmant particulièrement efficace et qui, administré prudemment, aux doses indiquées, ne présente pas de danger.
- Dans quelques cas, où il y a un peu d’excitation fébrile, on se trouvera bien de l’associer à une petite dose de quinine. L’effet est plus^ûr et plus durable. Dr X.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49*,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 18 novembre. — 5°,O S. S. W. 1. Très nuageux. 0,0 Nuag. le matin ; presque couv. le soir; très brumeux.
- Mardi 19 5°,t S. S. W. 4. ' Couvert. 0,0 Couvert.
- "Mercredi 20 8°,0 S. W. 5. Couvert. 0,0 Eclaircies de 8 à 11 h. ; couv. avant et après.
- Jeudi 21 8“,5 S. W. 3. Couvert. 0,0 Presque couv. ; éclaircies dans la soirée; gouttes qui mouillent le pavé de 14 h. à 14 h. 50.
- Vendredi 22. 8°, 9 S. W. 3. Couvert. 0,0 Très nuag. ; averses l’après-midi avec grêle.
- Samedi 25 1°,1 N. .N. E. 3. Beau. 0,4 Beau; gelée bl.
- Dimanche 24 — 2°,8 N. N. E. 2. Beau. 0,0 Beau.
- NOVEMBRE 1901. -- SEMAINE DU LUNDI 18 AU DIMANCHE 21 NOVEMBRE.
- Lundi Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche |
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu maïquenl: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre a l abri a boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblements de terre en France. — Dans la nuil du 18 au 19 novembre, une secousse de tremblement de terre très sensible a été ressentie dans les arrondissements de RuIl'ec et de Confolens et dans une partie de l’arrondissement d’Angoulême. Le' phénomène s’est produit à 10 b. 1/1 et a duré quinze à vingt secondes. Il était accompagné dun sourd grondement, comme le bruit du tonnerre lointain. Les vitres des maisons ont résonné fortement ; les meubles ont été quelque peu déplacés. A Limoges le même phénomène s’est produit. Pendant quelques secondes, dans les quartiers du haut de la ville, on a pu constater des oscillations très nettes dans les meubles des habitations particulières. Les m unes constatations ont été faites à Saint-Yriei.x et à la Souterraine (Greuse). Il y a eu deux seçousses qui ont duré chacune deux ou trois secondes.
- Meige; pluie^ brouillard. — La neige est tombée à Belfort le 18 novembre et à Saint-Etienne le 24. Dans la semaine du 18 au 24 novembre, il a plu en différents endroits en France. Le 18 novembre on a recueilli 1 mm d’eau à Celte et à Biarritz ; le 19 novembre il y a eu 9 mm d’eau à Dunkerque, 5 mm à Boulogne ; le 20 novembre, il y a eu 21 mm d’eau à Dunkerque, 1 mm à Nancy. La pluie est tombée en faible quantité a Paris le 21 novembre. Le 22, il y a encore eu 6 nun d’eau à Limoges, 5 mm à Charleviltè, 2 mm au Havre, et le 23 on en a recueilli 12 mm au Havre et 9 mm à Bordeaux.
- Nous mentionnerons particulièrement le brouillard persistant qui a enveloppé Paris pendant toute la journée du 18 novembre. Vers 4 heures, il a pris une intensité telle que, dans plusieurs quartiers, à Ménilmontant, aux Ternes, à Batignolles, la circulation se trouvait entravée. Sur le boulevard Malesherbes, les agents, portant des torches de résine, se tenaient en permanence sur les refuges. ——.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 11 à 8 h. 33 m. du matin.
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